city:abbeville

  • Revue de presse continue spéciale Gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Grand débat : les jeunes surtout intéressés par la transition écologique

    « Les gilets jaunes que je connais sont des super-héros »

    “Je ne lâcherai pas mon gilet jaune”

    « Gilets jaunes » : la laborieuse séduction des syndicats, partis et associations

    GJ Info, le faux média des Gilets jaunes aux mains de l’extrême-gauche

    Grand débat : le gouvernement prévient déjà qu’il y aura beaucoup de déçus

    Le mépris de classe des années 1930 à nos jours

    Treize personnes au grand débat d’Abbeville

    Gilets jaunes : a-t-on vu des « sulfateuses » à acide dans les manifs, comme le dit un syndicaliste policier ?

    Donner à voir les gilets jaunes

    La thèse de l’individu déviant

    Battes de baseball, « safe room » : quand grands patrons et élus se préparent à l’affrontement avec les gilets jaunes

    Battes de baseball, « safe room » : quand grands patrons et élus se préparent à l’affrontement avec les gilets jaunes

    Grand débat national à Colmar : quelles sont vos revendications ?

    (...la suite...)

    *

    Présentation/Archives/Abonnement

  • Lettres au Pape et à la Congrégation du Bon Secours 2 janvier 2019 - FNLP (Fédération Nationale de la Libre Pensée)
    https://www.fnlp.fr/news/625/17/Lettres-au-Pape-et-a-la-Congregation-du-Bon-Secours.html

    Nous avons écrit à deux reprises, le 17 octobre 2014, puis le 12 janvier 2015 (courriers joints), à la Congrégation du Bon-Secours pour lui demander de prendre ses responsabilités ses responsabilités dans l’affaire des morts cachées et de l’inhumation massive sans aucune autorisation d’environ 800 très jeunes enfants dans les bâtiments appartenant à la congrégation à Tuam en Irlande dans les années 1925 à 1961. Nous n’avons reçu aucune réponse à ce jour, ceci laissant entendre que la Congrégation du Bon-Secours considère qu’elle n’a aucune responsabilité morale ni aucun remords quant à ce scandale.

    La ministre de la Jeunesse du gouvernement de la République d’Irlande, Madame Katherine Zappone, a remis une lettre en main propre au pape François lors de la visite qu’il a effectuée cette année en Irlande, demandant à ce que l’Eglise « contribue de manière substantielle aux dépenses » pour les recherches et l’inhumation décente, lesquelles sont estimées aux environs de 12 millions d’euros. En réponse, le pape n’a apparemment offert que ses prières, mais a décliné toute contribution financière.

    Il est tout à fait abusif que la totalité du coût de ces opérations soit à la charge des contribuables irlandais, en particulier au vu de la richesse immense de l’Eglise. Selon le quotidien australien The Australian du 14/7/2018, le Cardinal Pell avait apparemment découvert 1,1 milliard d’euros d’actifs non comptabilisés pour le seul Vatican.

    Peu importe quel bras de l’Eglise paie, alors nous demandons au Pape François de montrer de manière tangible que ses paroles sont sincères en versant rapidement 6 millions d’euros au gouvernement irlandais. Sinon ces mots seront interprétés comme vides et dénués de repentir quant à l’obscénité des actions commises par l’Ordre du Bon-Secours à l’égard de ces enfants innocents.

    Christian Eyschen, Porte-Parole de l’AILP
    Paris, le 2 janvier 2019

    #Tuam #Irlande #religions #pape #inhumation #église #argent #enfants #évêques #silence #crimes #Paris #bon_secours
    ------------------------
    L’Association internationale de la Libre Pensée interpelle monsieur Jorge Mario Bergoglio dit le pape François

    Monsieur l’Evêque de Rome,

    Vous êtes par cette dénomination de votre fonction le chef de tous les catholiques dans le monde et vous avez sous votre responsabilité l’ensemble des épiscopats catholiques et des congrégations religieuses relevant de votre obédience religieuse.

    Vous n’ignorez pas le drame épouvantable du couvent de Tuam en Irlande où le monde entier a appris que des squelettes d’enfants et de nouveau-nés ont été découverts dans une cuve en béton, à côté d’un ancien couvent catholique dans le comté de Galway. Entre 1925 et 1961, ce lieu, le Centre Sean Ross , a accueilli des jeunes mères célibataires tombées enceintes hors mariage. L’historienne Catherine Corless , en réalisant des recherches sur les archives a découvert que 796 enfants avaient été enterrés sans cercueil ni pierre tombale, secrètement par les sœurs du couvent de Bon-Secours.

    La responsabilité de la congrégation catholique du Bon Secours , dont le couvent de Tuam dépendait et dont le siège est à Paris, est totalement engagée. L’épiscopat catholique d’Irlande a déclaré vouloir apporter sa totale participation à l’établissement de la vérité en apportant son concours à la Justice.

    La Fédération nationale de la Libre Pensée française avec le soutien de centaines de personnalités françaises a interpellé la Congrégation du Bon Secours à Paris pour qu’elle ouvre toutes ses archives à la justice. L’accusé de réception en recommandé fait foi que cette demande a été bien reçue par son destinataire. Mais cette congrégation garde le silence depuis.

    La Libre Pensée française, devant ce silence inadmissible, a publié et envoyé une lettre ouverte à l’Archevêque Georges Pontier, Président de la Conférence des Evêques de France pour lui demander d’exiger auprès de cette Congrégation l’ouverture de ses archives. Nous avons aussi l’accusé de réception en recommandé de cette demande.

    Par l’intermédiaire du journal catholique La Croix en date du 26 février 2015, la Conférence des Evêques de France a répondu à la Libre Pensée : « La congrégation des Sœurs du Bon Secours de Notre-Dame Auxiliatrice de Paris est une congrégation de droit pontifical fondée à Paris en 1824. Elle n’est donc dépendante, en droit ecclésiastique, ni de l’évêque de Paris, ni du Président de la Conférence des évêques de France. » 

    En clair, la responsabilité émane directement de vos services au Vatican. L’Eglise catholique fonctionnant sur le principe hiérarchique d’autorité, l’Association internationale de la Libre Pensée vous demande d’ordonner à la Congrégation du Bon Secours d’ouvrir ses archives pour aider la Justice à faire toute la lumière sur les véritables responsables de cette tragédie.

    Recevez l’expression de notre profond attachement à l’établissement de la Justice humaine.
     
    Christian Eyschen, pour l’AILP
    Paris, le 3 avril 2015

    ------------------------
    Interpellation
     
    La presse a largement fait état d’une découverte horrible  : On estime à près de 800 le nombre de cadavres d’enfants morts entre 1925 et 1961 ensevelis dans une cuve en béton dans un ancien couvent catholique de la ville de Tuam en Irlande, dans l’ouest du pays. Géré par les Sœurs du Bon-Secours-de-Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Paris, une congrégation religieuse catholique française, le centre Sean Ross était spécialisé notamment dans l’accueil des enfants abandonnés par leur mère après leur naissance hors mariage. Il a fermé en 1961 avant d’être détruit. « Quelqu’un m’avait mentionné l’existence d’un cimetière pour nouveau-nés, mais ce que j’ai découvert était bien plus que cela », a déclaré l’historienne Catherine Corless, à l’origine de cette découverte. C’est en réalisant des recherches sur les archives de cet ancien couvent de Tuam, aujourd’hui reconverti en lotissement, que l’historienne a découvert que 796 enfants avaient été enterrés sans cercueil ni pierre tombale.

    La congrégation Notre-Dame-du-Bon-Secours est une congrégation française, plus précisément qui a son siège à Paris. Bon-Secours-Generalat est le siège social de la Congrégation International du Bon Secours situé dans la Maison Mère au 28 rue Notre-Dame-des-Champs dans le Vème arrondissement.

    Il est impossible qu’il n’y ait aucune archive de la « province d’Irlande » et plus particulièrement du couvent de Tuam sur une aussi longue période (1925-1961) au siège social. L’Eglise catholique en Irlande a déclaré vouloir participer à l’enquête.

    Alors les responsables de la Congrégation doivent transmettre spontanément l’ensemble des archives relatives à cette question aux autorités de la République d’Irlande. S’ils ne le faisaient pas, ils se rendraient complices de ce crime. La Congrégation du Bon-Secours a-t-elle quelque chose à répondre ? Nous attendons, avec intérêt, sa réponse ou son silence. 
     
    Premiers signataires :
    Baubérot Jean, Historien et sociologue
    Bonnemayre Jean-Marie, Président du Comité National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL)
    Besson Philippe, membre du Conseil International de l’Association Internationale de la Libre Pensée
    Bougelot Michelle-Marie, auteur du livre « Le Bon Pasteur, nous y étions ! ».
    Bourget Jacques-Marie, journaliste et écrivain
    Brito, dessinateur de presse
    Combes André, historien
    Dauphiné Quentin, syndicaliste enseignant
    Eyschen Christian, Porte-parole de l’Association internationale de la Libre Pensée
    Forget Philippe, essayiste
    Gauthier Florence, historienne
    Godicheau François, historien
    Gozlan David, Secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée
    Guglielmi Philippe, Président d’honneur de Laïcité-Liberté
    Lacroix-Riz Annie, historienne
    Lalmy Pascal-Eric, Secrétaire national du PRG à la laïcité
    Lengagne Guy, ancien ministre
    Mac Kenna Anthony, Professeur des Universités
    Masson Henri, Vice-président (ex-président) d’Espéranto-Vendée, auteur.
    Olivier-Utard Françoise, historienne
    Pierre Jean-Sébastien, Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée
    Pras Yves, Président du Mouvement Europe et Laïcité (CAEDEL)
    Quillardet Jean-Michel, Président de l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires
    Raynaud Jean-Marc, responsable des Editions Libertaires
    Riedinger Jean, Secrétaire de l’Observatoire Chrétien de la Laïcité
    Robyn Johanès, Président de l’Union des Athées
    Romero Jean-Luc, conseiller régional d’Île-de-France, responsable associatif
    Ruff Pierre-Yves, responsable des Editions Théolib
    Schiappa Jean-Marc, Président de l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée (IRELP)
    Sodoyez Bernard, Président du Groupe La Barre d’Abbeville
    Turbet Jean-Laurent, bloggueur
     
    Paris, le 17 octobre 2014

  • « Le mouvement des “gilets jaunes” n’est pas un rassemblement aux revendications hétéroclites », Jean-Yves Dormagen et Geoffrey Pion
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/27/le-mouvement-des-gilets-jaunes-n-est-pas-un-rassemblement-aux-revendications

    D’après une étude de terrain réalisée à Dieppe, les deux chercheurs Jean-Yves Dormagen et Geoffrey Pion estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il existe un socle de #revendications sociales et politiques parmi les militants.

    Tribune. Dieppe (Seine-Maritime), 30 000 habitants, premier port pour la coquille Saint-Jacques en Normandie, se trouve être un bastion du mouvement des « #gilets_jaunes ». Un des tout premiers groupes Facebook appelant à la manifestation du 17 novembre y a été créé. Il comptait près de 16 000 membres à sa fermeture, le 25 novembre.
    Ici, le mouvement a été immédiatement d’une ampleur exceptionnelle : le 17 novembre, plus de 1 000 personnes garnissaient la dizaine de ronds-points bloqués à l’entrée de la ville (dont 405 sur le rond-point d’Auchan, selon un comptage policier) et sur les départementales en direction d’Abbeville, de Beauvais, de Rouen et de Fécamp. Nous avons voulu profiter d’une présence sur le terrain pour évaluer et mesurer dès le départ ce qui se passait sous nos yeux.

    Rapidement, les chiffres proposés par le ministère de l’intérieur nous ont paru bien faibles. On citait des chiffres concernant le nombre de manifestants relevés à une heure H. Mais contrairement à ce que nous observions directement au quotidien sur le terrain, rien ne rendait compte de l’important roulement des « gilets jaunes » sur les #ronds-points, ni de la solidarité active de la population envers le mouvement – en lui apportant bois, nourriture et encouragements – comme du soutien passif que manifestaient de très nombreux automobilistes en mettant leur gilet jaune sur le pare-brise.

    Etonnant soutien populaire
    Nous nous sommes alors donné les moyens de mesurer précisément ces différentes formes de soutien. Les 26 et 27 novembre par exemple, nous avons réalisé un comptage à partir de 900 véhicules passant sur le rond-point d’Intermarché à Rouxmesnil-Bouteilles : 44 % d’entre eux arboraient un gilet jaune. Un nouveau comptage portant sur 3 291 véhicules était réalisé dans une cinquantaine de quartiers dieppois et de villages alentour, les 2 et 3 décembre : 38 % des véhicules ont alors le gilet jaune sur le pare-brise.

    Cette #solidarité n’a pas cessé de s’afficher depuis, comme en attestent les 32 % de gilets jaunes toujours présents sur les pare-brises des véhicules dieppois le 19 décembre. Le succès des pétitions contre l’augmentation des taxes débuté le 26 novembre à Arques-la-Bataille apportait une autre confirmation de cet étonnant soutien #populaire. En moins d’une semaine, les autres ronds-points l’avaient reprise et près de 14 000 personnes l’avaient déjà signée.

    Nous avons mené une étude systématique de ces signatures, pour ne pas en rester à de simples impressions qui se révèlent parfois trompeuses. Il ressort de l’analyse spatiale des signataires que 22 % des Dieppois et 15 % des Dieppoises ont signé cette pétition. Ce soutien d’un niveau très inhabituel se révèle maximal chez les 18-39 ans (24 %) et décroît l’âge avançant.

    Face à la nécessité de se structurer, de trouver un mode démocratique de désignation de #messagers et de hiérarchisation des revendications, des « gilets jaunes » nous ont alors sollicités pour les aider à mettre en place une consultation citoyenne. Celle-ci est réalisée le 9 décembre par des questionnaires-papier sur les quatre ronds-points toujours occupés à Dieppe (Arques-la-Bataille, Leclerc Rouxmesnil-Bouteilles, Euro Channel Neuville-lès-Dieppe et Auchan Dieppe).

    Plusieurs dizaines de « gilets jaunes » proposent durant toute la journée aux automobilistes et aux piétons de remplir ce questionnaire, dans leur voiture ou dans les abris de fortune construits sur les ronds-points. Le succès, là encore, dépasse les attentes et face à la volonté de répondre de nombreuses personnes, des questionnaires devront être réimprimés tout au long de la journée.

    Un premier mouvement social pour 54 %
    Nous avons analysé ces questionnaires qui représentent un matériel de première main tout à fait inédit sur les « gilets jaunes » eux-mêmes. Nous nous concentrerons ici sur les 822 répondants (sur 1 549) qui déclarent avoir participé « au moins une fois » à un rassemblement sur un rond-point depuis le 17 novembre. Parmi ces 822 « gilets jaunes » « actifs », 58 % sont des hommes et 42 % des femmes. Les 25-54 ans en représentent 60 %, quand les très jeunes adultes (18-24 ans) comptent pour 10 % et les plus de 65 ans, 9 %. Les salariés forment le gros des « gilets jaunes » (61 %) suivis par les #retraités (16 %), les #travailleurs_indépendants (6 %) et les #chômeurs (6 %) [là encore, l’hybride "chômeur en activité à temps réduit" semble passer à la trappe, misère de la #sociologie, ndc] .

    Il s’agit de leur première participation à un mouvement social pour 54 % d’entre eux. Ce qui montre à quel point ce mouvement rassemble des citoyens peu habitués à l’#action_collective et souvent éloignés de la politique. Un noyau dur de quasiment 14 % de « gilets jaunes » est présent presque tous les jours, soutenus par plus de 40 % qui sont présents régulièrement. Les 46 % restant ont fait acte de présence au moins une fois.

    Le soutien au mouvement, la détermination à durer dans le temps, donc à s’organiser et à se trouver démocratiquement des porte-parole fait l’objet d’un puissant consensus. C’est là un point très important qui démontre que le mouvement des « gilets jaunes » n’est pas vécu par ses principaux protagonistes comme un simple mouvement revendicatif et ponctuel : 91 % des « gilets jaunes » souhaitent s’organiser en un mouvement structuré et durable et 80 % pensent même qu’ils doivent se doter de messagers/porte-parole démocratiquement élus pour les représenter.

    « Très mauvaise » opinion du gouvernement
    Contrairement à une idée reçue qui a beaucoup circulé, le mouvement des « gilets jaunes » n’est pas un rassemblement hétérogène réunissant des revendications hétéroclites. Bien au contraire, ce mouvement s’organise autour d’un socle de revendications sociales et politiques qui font la quasi-unanimité parmi les participants actifs. La consultation organisée à Dieppe et alentour le confirme. Treize revendications ont été soumises à l’avis des « gilets jaunes » dieppois pour mieux déterminer leurs priorités.

    Le rétablissement de l’ISF, la revalorisation du smic, l’annulation de l’augmentation du prix du carburant, l’augmentation des retraites, la baisse des impôts directs, l’augmentation des impôts pour les plus grosses entreprises, le maintien et le soutien des petits commerces locaux, la réforme des rémunérations des élus et l’interdiction des délocalisations d’entreprises sont plébiscitées par plus de 90 % des « gilets jaunes » comme « prioritaires » ou « très prioritaires ».

    Enfin, le rejet du gouvernement et du chef de l’Etat contribue lui aussi à cimenter le mouvement : 77 % des « gilets jaunes » dieppois ont une « très mauvaise » opinion du gouvernement et plus des deux tiers d’entre eux jugent comme « très prioritaire » la démission ou la destitution du président de la République. Ce qui confirme encore une fois combien ce mouvement mêle indissociablement dimension sociale et dimension politique. D’ailleurs aujourd’hui, c’est le « RIC » – le référendum d’initiative citoyenne – qui a remplacé la suppression des taxes sur le diesel comme revendication prioritaire des « gilets jaunes » présents sur les ronds-points.

    Cette monographie du mouvement des « gilets jaunes », dans une ville typique de la France périphérique, montre son ampleur à l’échelle locale, la profondeur du soutien populaire dont il bénéficie, son homogénéité, et surtout – ce qui est peut-être le plus important – sa volonté de se structurer et de durer au-delà des premières revendications conjoncturelles qui lui ont permis d’émerger.

  • François Ruffin : « Mon samedi jaune » François Ruffin - 19 Novembre 2018 - Le blog de François Ruffin
    https://francoisruffin.fr/mon-samedi-jaune

    Je suis un cahier de doléances ambulant, ce samedi 17 novembre, au milieu des gilets jaunes. C’est bien là ma place, c’est bien ça mon rôle.

    « Oh ! Un à la fois, je suis pas en stéréo ! »
    Sur le barrage « ouest », à Flixecourt, ce samedi 17 novembre, je suis assailli par les gilets jaunes. A mon oreille droite, un routier redoute pour son permis à points : « On vit dans le stress, dans la peur, avec tous les radars, le 80 kilomètres, ça met des familles dans la misère », dans la foulée il me cause de son fils : « Il faisait du juridique, pour devenir avocat, ou juge, mais nous on n’a plus les moyens de l’aider, on n’y arrive plus… Maintenant, il est entré chez Auchan. C’est un gâchis. » J’essaie de lui dire que c’est un gâchis pour lui, mais aussi pour le pays. J’essaie seulement.

    Dans mon oreille gauche, une dame, cheveux blancs, qui a travaillé dans le bâtiment, qui a conduit un camion poubelle, qui a donné naissance à six enfants, me détaille sa retraite, 1013 €, sa Carsat, sa complémentaire, sa CSG, (je n’y comprends jamais rien, je fais toujours semblant, avant de poursuivre, et ça je comprends beaucoup mieux) :
    « Je mange du pain et du lait, du pain et du lait… Et ma fille, elle habite Troyes, elle étudie la gestion des entreprises, son APL a baissé mais son loyer a augmenté ! Alors que l’autre avait promis que ça baisserait. Et je ne peux pas la soutenir, je suis à zéro, rien qu’aller la voir, en essence, en péages, ça me coûterait cent euros… »

    Je suis un cahier de doléances ambulant, ce matin, « notez bien » qu’on me dit, « allez leur remonter à Paris », et je relève à la volée :

    « On n’arrive pas à avoir 200 € pour payer le fioul, et ils veulent qu’on change notre cuve ? »,
    « Ma voisine, elle a préparé son contrôle technique, le nouveau, 1 500 € de réparations. Sa voiture, recalée. Elle pleurait »
    « Je travaille dans le périscolaire, et là, cette rentrée, j’ai perdu sept heures. Je suis à 400 € par mois, toujours pas titulaire, après vingt ans d’ancienneté. »

    On m’entoure, on m’enserre.
    « Derrière la ligne jaune ! je gueule. Comme à La Poste ! Et prenez votre ticket ! » Ca les fait marrer. Moi aussi, ça me fait marrer. Je suis bien, dans ce bain de foule. C’est ma place, c’est mon rôle, au milieu de ces gens, je ne me suis pas planté.

    Ce sont des messages sur Facebook qui m’ont fait réagir, au départ. Genre : « Le 17, ce sera sans moi ! Pas avec les fachos ! » Des camarades de la CGT, de SUD, qui postaient ça. Et ça me semblait une cata. Eux poursuivaient : « Où ils étaient, les gilets jaunes, quand on manifestait contre la loi travail ? Pour les retraites ? Pour les salaires ? Y a rien de plus important que le gasoil ? » Aie aie aie, ça sentait le snobisme de gauche, qui a raison avant le peuple, sans le peuple…
    En rester à ma méthode, juste : l’enquête d’abord.
    Ecouter.
    Regarder.
    Comprendre, essayer, s’y efforcer.
    Avant de juger, du haut d’une estrade, dans le huis clos d’un studio.
    Depuis vingt ans, on s’efforce de ne pas l’écouter, de ne pas la regarder, cette France-là, périphérique, loin du pouvoir, loin des médias, disqualifiée d’office : « beauf », « raciste », « populiste ». Et aujourd’hui, nouveau motif, « anti-écolo ».
    Qu’ai-je entendu, qu’ai-je vu, donc, lors de cette balade sur les sept barrages de ma circonscription ? Voici mes petites notations.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=WJjwOIY2Eko

    8 h. Carrefour d’Amiens-Nord
    Il fait encore nuit, presque. Au rond-point, les caddies servent à boucher les entrées. A peine descendu de moto, à la hâte, inquiet, j’interroge deux personnes, plutôt âgées : « Vous êtes là pour ?
    – On vient de Flesselles.
    – Mais vous êtes là pour ?
    – Ah, c’est pas que pour le gasoil. C’est un ras-le-bol général. »
    C’est l’expression qu’on va me répéter toute la journée.

    9 h. Flixecourt.
    Alors qu’on traverse un blocage, une grosse cylindrée – genre Laguna, Scénic, je sais pas -, immatriculée 76 (Seine-Maritime) tente de forcer. Un gilet jaune se jette sur le capot, pète le pare-brise. Un jeune gars plutôt bien sapé sort de la bagnole, et avec du cran : « On va faire un constat !
    – Tu savais qu’il fallait pas forcer ! Pas rouler aujourd’hui !
    – Je m’en fous.
    – T’as les sous, toi !
    – Vous aviez qu’à faire des études ! « 
    Ca chauffe, après cette réplique.
    Et ça m’évoque un sondage BVA, qui raconte ça : qui soutient ce mouvement ? Les ouvriers/employés, à 78 %. Les cadres, à 44 %. C’est rebelote la France du oui et la France du non de 2005.

    10 h. Abbeville.
    Sur le premier rond-point, à une sortie, une camionnette, avec une grosse sono, balance une chanson avec « patriotard » dedans : une ode à la Corrèze, rien de méchant mais identifié FN. Les coupes de cheveux sont un peu plus courtes qu’ailleurs, c’est le seul endroit où on me salue du bout des doigts…

    Une dame : « C’est la première fois de ma vie que je manifeste, à 62 ans. Y a une quinzaine d’années, avec la pension invalidité, j’y arrivais encore. Mais là, je ne peux plus. »

    Un homme : « J’aimerais bien, moi, avoir qu’à traverser la rue pour trouver du boulot, mais non, j’ai trente bornes à faire. Soixante aller-retour. Et pour le Smic, à 1200 €, c’est pas honteux ? »

    Une femme : « Mon compagnon, il veut changer sa voiture, la banque ne lui prête pas, parce qu’il gagne 1 000 €. Mais Cofidis, eux, ils sont d’accord. Ca veut dire quoi ? Que pour l’ouvrier, on ne prête pas à 2 %, mais à 20 % oui ? »

    Nolan, 24 ans, père de famille, voix chevrotante :

    « J’étais en contrat aidé, dans un collège, et du jour au lendemain, ils m’ont arrêté. C’est le gouvernement, ils m’ont expliqué, ils n’en veulent plus. Ca m’a mis en colère, je me sens abandonné, et on est douze dans ce cas-là, douze jeunes, avec pas grand-chose comme bagages, l’école c’était pas mon truc, et j’avais pas tellement foi dans la République… Là, mon métier, je l’aimais… Et maintenant, ça m’a fragilisé, je suis précarisé, perdu. Y a des copains, c’est la délinquance derrière. »
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=cYvBncBvxM8

    11 h Flixecourt (sur le retour)
    Partout, j’ai oublié de signaler, partout, des pancartes « Macron démission ! », ou c’est inscrit sur les chasubles avec le doigt d’honneur. Et c’est le point commun, plus que le gasoil :
    « Nous, si on veut du boulot, il faut cinq ans d’expérience. Mais eux, ils devraient vivre cinq ans à Etouvie, en HLM, avec le Smic et faire les 3 X 8 avant de devenir ministres… »

    « Macron, quand il a passé le premier tour, pour aller fêter dans son restau de luxe, il a grillé tous les feux rouges. Alors qu’il était pas encore président… »

    « Edouard Philippe, en rentrant du Havre, il roulait à 180 sur l’autoroute. »

    « Combien qu’il y en a, de ministres, qui ont une voiture électrique ? »

    A deux reprises, c’est parti sur les immigrés : « A Calais, on leur paie le permis, me dit un retraité.
    – C’est pas vrai, je corrige.
    – C’est le responsable d’une association qui l’a dit.
    – Ce sont des gens misérables, et au fond de vous, vous le savez. Il faut pas que les pauvres se déchirent entre eux, je fais la leçon. C’est pas eux qui vous coûtent des dizaines de milliards. Regardez en haut. »

    13 h. Camon.
    Ici, les bloqueurs sont de « Roquette », un fabricant de féculents, à Daours : « C’est moi qui ai lancé le truc, me raconte un jeune barbichu, à pantalon rouge. J’ai motivé les copains. C’est pas que l’essence, y a nos salaires surtout… »
    Ca me paraît tellement symbolique : à la place de la grève, du conflit social dans la boîte, le conflit social s’est déplacé là, sur le bitume…

    Evidemment, qu’il y a tout et son contraire, là-dedans.
    C’est pas la pureté révolutionnaire.
    Et qu’est-ce que ça donnera demain ?
    Mais aujourd’hui, déjà, aujourd’hui ça a existé, et jamais je n’aurais cru, comme député, vivre une journée comme ça, cette aventure de proximité, convoyé en Harley-Davidson (spéciale dédicace aux camarades motards, à Fabien, à Didier) sur les routes désertes de la Somme (pas toujours à 80 à l’heure…), avec, sur les bas-côtés, les couleurs d’automne, les arbres aux reflets mordorés.
    Et c’est peut-être ce qui a motivé des bloqueurs, aussi : qu’il se passe quelque chose, enfin, dans cette France endormie.

    #françois_ruffin #ruffin #france #politique #médias #macron #travail #journalisme #emmanuel_macron

  • #Recy_Taylor, Who Fought for Justice After a 1944 Rape, Dies at 97

    Recy Taylor, a 24-year-old African-American sharecropper, was walking home from church in Abbeville, Ala., on the night of Sept. 3, 1944, when she was abducted and raped by six white men.

    The crime was extensively covered in the black press and an early catalyst for the civil rights movement. The N.A.A.C.P. sent a young activist from its Montgomery, Ala., chapter named Rosa Parks to investigate. African-Americans around the country demanded that the men be prosecuted.
    But the attack, like many involving black victims during the Jim Crow era in the South, never went to trial. Two all-white, all-male grand juries refused to indict the men, even though one of them had confessed.


    https://www.nytimes.com/2017/12/29/obituaries/recy-taylor-alabama-rape-victim-dead.html
    #histoire #résistance #viol #USA #Etats-Unis #racisme #viols #femmes #femmes_noires #intersectionnalité

  • A Abbeville, l’union sacrée pour sauver « le #train des oubliés de la République »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/221217/abbeville-lunion-sacree-pour-sauver-le-train-des-oublies-de-la-republique

    Les députés #François_Ruffin et Sébatsien Jumel (à droite) prennent la parole avec d’autres élus pour défendre la ligne Abbeville-Le Tréport, le 21 décembre 2017. © MJ Sous la houlette du député communiste #Sébastien_Jumel, des élus de tous bords ont participé à un rassemblement pour sauver la ligne de chemin de fer qui relie Abbeville à la station balnéaire du Tréport. Un enjeu de cohésion territoriale et sociale.

    #France #SNCF

  • François Ruffin chez Bourdin : « Je sais pourquoi je suis là » - Chroniques du Yéti
    http://yetiblog.org/index.php?post/2532

    « Je sais pourquoi je suis là. Je suis là parce que samedi dernier je me trouvais à Abbeville, où j’ai croisé la famille d’un ex Goodyear qui risque l’expulsion à la fin du mois de juillet. Je suis là parce que je vois un vigile qui vient sur Paris pour surveiller des concerts et qui termine sa nuit à deux heures matin sur les bancs de la gare du Nord pour reprendre le train le lendemain parce qu’il n’a pas de quoi se payer l’hôtel. Je sais que je suis là pour ces gens-là, et je ne suis pas là pour discuter de Manuel Valls, de Jean-Pierre Raffarin, du Smic, de cravate et ainsi de suite. »

  • Dans la #Somme, « la marche est haute » pour Ruffin
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030617/dans-la-somme-la-marche-est-haute-pour-ruffin

    Un journaliste engagé et documentariste star, un acteur un peu ringard, une ex-ministre et un chef d’entreprise tentent de résister au maire d’Abbeville, qui entend bien profiter de « l’effet Macron » aux prochaines législatives. © D.I.

    #France #élections_législatives_2017 #Emmanuel_Macron #FN #Franck_de_Lapersonne #François_Ruffin #Pascale_Boistard #Picardie

  • Mary, "patronne” du “Kid’s café” dans la jungle
    http://mariegoudeseune.tumblr.com/post/151514215625/mary-patronne-du-kids-caf%C3%A9-dans-la-jungle

    Mary n’avait pas forcément beaucoup de temps à me consacrer. Elle a accepté tout de suite qu’on se rencontre. Quand elle n’est pas sollicitée au téléphone, Mary est accompagnée par des journalistes anglais qu’elle guide dans la jungle, ou occupée à amener des mineurs au Legal center (centre juridique), ou auprès des équipes de Médecins sans frontières. Cette Britannique parfaitement bilingue vit près d’Abbeville, donc loin de Calais. Elle fait la route quasiment tous les jours pour venir à la jungle. Son endroit de prédilection, celui qu’elle a créé il y a un an et demi, peu de temps après la création de la (...) Source : Les gens de (...)

  • Des agriculteurs bloquent un camion transportant du lait de la ferme des mille vaches à la frontière franco-belge RTBF 9 Septembre 2016

    http://www.rtbf.be/info/economie/detail_des-agriculteurs-bloquent-un-camion-transportant-du-lait-a-la-frontiere-

    Une trentaine d’éleveurs français, membres de la Confédération paysanne, et belges, membres de la Fugea et du MIG, ont stoppé vendredi à la frontière franco-belge, à hauteur de Nieuwkerke (Flandre Occidentale), un camion collectant du lait pour la coopérative Milcobel, a annoncé la Fédération Unie des Groupements d’Eleveurs et d’Agriculteurs (Fugea). L’objectif de l’action était se sensibiliser le grand public au prix du lait trop bas aux yeux des agriculteurs.

    D’avantage de régulations dans le secteur du lait
    Ces agriculteurs entendaient également protester contre la ferme dite  » des mille vaches" située à Abbeville, dans la Somme (France), d’où provenait le lait transporté dans le camion.  » Cette ferme usine est le symbole vivant de la surproduction et du phénomène catastrophique d’industrialisation de notre agriculture" , a dénoncé la Fugea, selon qui cette usine compte  » beaucoup d’employés mais aucun agriculteur".

    #vache #lait #mille_vache #agriculture

    • Action 1000 vaches / Crise laitière : Le lait de la colère !
      http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=4996


      09.09.2016 Une trentaine d’éleveurs français (Confédération paysanne) et belges (MIG/FMB, FUGEA et MAP) viennent de stopper à la frontière franco-belge le camion qui collecte pour la coopérative Milcobel l’usine des 1000 vaches, symbole de la surproduction qui casse les prix au détriment des éleveurs européens.

      Déjà en juin dernier, ils avaient bloqué l’entrée de la coopérative, tentant de sensibiliser ses dirigeants aux ravages engendrés par l’industrialisation de l’agriculture.

      Depuis, la crise n’est allée qu’en s’amplifiant.

    • 23 000 litres de lait de la ferme des mille vaches déversés sur la chaussée La voix du Nord
      http://www.lavoixdunord.fr/region/23-000-litres-de-lait-de-la-ferme-des-mille-vaches-ia0b0n3722333

      Des éleveurs de la Confédération paysanne épaulés par des Belges ont vidé à la frontière, près de Bailleul, un camion rempli de lait venant de la ferme dite des mille vaches dans le Nord.
      La dernière tentative de blocage d’un camion pour le vider sur la route avait échoué le 21 juin mais cette fois c’est fait : une trentaine d’éleveurs de la Confédération paysanne et des syndicats de paysans belges MIG, FUGEA et MAP ont pu stopper ce vendredi après-midi à Neuf-Eglise, à la frontière belge près de Bailleul, le camion qui collecte le lait de l’usine dite des « mille vaches » ouverte il y a deux ans par l’industriel du bâtiment Michel Ramery à Drucat, près d’Abbeville.

      Plus de 23 000 litres ont été déversés sur la route, ils devaient alimenter la coopérative belge Milcobel dont l’accès avait déjà été bloqué en juin. « Les fermes-usines doivent arrêter d’inonder le marché du lait à bas coût, elles sont plus que les autres responsables de la surproduction qui fait chuter les prix payés aux éleveurs », estime Antoine Jean pour la Confédération paysanne régionale. « Il n’y a pas trop de lait partout, il y en a trop dans les fermes-usines », ajoute-t-il en craignant une « catastrophe sociale » dans les petites exploitations.

      Le lait conventionnel (non bio) s’évalue entre 240 et 300 € les 1 000 litres en France contre moins de 200 € en Belgique alors qu’on estime un prix de revient nécessaire pour vivre à 350 €.

      « Milcobel est engagé dans un programme d’extension de ses activités et la laiterie doit chercher du lait partout, jusqu’aux 1000 vaches et ses 25 000 litres par jour », explique Antoine Jean. « Lactalis a les moyens de payer plus cher son lait, sous la pression, mais les autres ? Rien n’est résolu pour les éleveurs », dit-il. On reparlera le 20 septembre de l’industrialisation de la filière lait avec une journée d’information utilement initiée à Arras par le Crédit Agricole. Au moins poserons-nous la question.

  • 3ème fête anti-mille vaches
    http://zad.nadir.org/spip.php?article4005

    A tou-te-s : Novissen vous invite à rejoindre et participer à la Troisième fête Anti-Mille Vaches A faire circuler ! merci et bienvenu(e)s ! Proposition de covoiturage à partir du Nord : écrire à comitezadslille@riseup.net Le Dimanche 11 septembre à Drucat Le Plessiel ( 80, près d’Abbeville ) 3ème fête anti mille vaches - organisée par NOVISSEN 09h30 Marche vers l’usine au départ de la salle polyvalente de Drucat-le-Plessiel 10 H 30 Inauguration d’une stèle dédiée à la Résistance à l’élevage (...)

    #Autres_luttes_contre_l'aménagement_capitaliste_du_territoire

  • Un petit #livre qui se lit en un souffle... et qui mérite !
    #Agota_Kristof
    L’#Analphabète

    #Agota_Kristof est née en 1935 en #Hongrie, à Csikvand. Elle arrive en #Suisse en 1956, où elle travaille en usine. Puis elle apprend le français et écrit pour le théâtre. L’Analphabète est son seul récit #autobiographique.

    Onze chapitres pour onze moments de sa vie, de la petite fille qui dévore les livres en Hongrie à l’écriture des premiers romans en français. L’enfance heureuse, la pauvreté après la guerre, les années de solitude en internat, la mort de Staline, la langue maternelle et les langues ennemies que sont l’allemand et le russe, la fuite en Autriche et l’arrivée à Lausanne, avec son bébé.

    Ces histoires ne sont pas tristes, mais cocasses. Phrases courtes, mot juste, lucidité carrée, humour, le monde d’Agota Kristof est bien là, dans son récit de vie comme dans ses romans.

    http://www.editionszoe.ch/livre/l-analphabete
    #migrations #exil #réfugiés #asile #langue #intégration
    #ressources_pédagogiques (peut-être surtout pour des profs qui enseignent en #Suisse) : le livre est bref, se lit très bien et peut donner une perspective historique intéressante (v. notamment les citations que j’ai mis plus bas, dans les commentaires, où on explique comment les réfugiés hongrois étaient accueillis avec du chocolat et des oranges quand ils arrivaient à la frontière suisse...)

    • Disons... que j’étais très choquée et gênée... je ne me rappelle plus vraiment le contenu du livre, la trame, mais je me rappelle des deux frère et soeur et de la scène obscène avec le chien... c’est à peu près tout dont je me rappelle...

    • Avec plaisir, si ce n’est pas trop demandé. Et pour ce qui est du choc que tu mentionnes, il faut savoir que j’ai découvert cette auteure extraordinaire suite à une polémique en 2002 à Abbeville dans la Somme qui avait vu un professeur de Français être très inquiété par la police puis par la justice pour avoir donné ce livre à étudier à ses élèves qui avaient entre 14 et 15 ans. Du coup j’avais lu le livre pour me faire une opinion et quel livre !

    • Je l’ai lu à l’école de comm’, je devais donc avoir quelques années de plus... 15-16 ans environ.
      Et c’était en... 1992-93... dans le Tessin conservateur, mais pas de polémique pour la prof...

    • Quelques citations choisies tirées du livre l’Analphabète :

      « J’ai laissé en Hongrie mon journal à l’écriture secrète, et aussi mes premiers poèmes. J’y ai laissé mes frères, mes parents, sans prévenir, sans leur dire adieu ou au revoir. Mais surtout, ce jour-là, ce jour de fin novembre 1956, j’ai perdu définitivement mon appartenance à un peuple »

      Agota Kristof, L’Analphabète, Zoé, 2004, p.35.

      « Noël approche quand nous prenons le train pour la Suisse. Il y a des branches de sapin sur la tablette devant la fenêtre, du chocolat et des oranges. C’est un train spécial. A part les accompagnateurs, il n’y a que des Hongrois dedans, et ce train ne s’arrête qu’à la frontière suisse. Là, une fanfare nous accueille, et de gentilles dames nous passent par la fenêtre des gobelets de thé chaud, du chocolat et des oranges »

      Agota Kristof, L’Analphabète, Zoé, 2004, pp. 38-39.

      « Le dimanche, après le match de football, les spectateurs viennent nous voir derrière la barrière de la caserne. Ils nous offrent du chocolat et des oranges, naturellement, mais aussi des cigarettes et même de l’argent. Cela ne nous rappelle plus les camps de concentration, mais plutôt le jardin zoologique. Les plus pudiques d’entre nous s’abstiennent de sortir dans la cour, d’autres par contre passent leur temps à tendre la main à travers la barrière et à comparer leur butin »

      Agota Kristof, L’Analphabète, Zoé, 2004, pp.39-40.

      « Quelle aurait été ma vie si je n’avais pas quitté mon pays ? Plus dure, plus pauvre, je pense, mais aussi moins solitaire, moins déchirée, heureuse peut-être »

      Agota Kristof, L’Analphabète, Zoé, 2004, p.40

      « C’est ici que commence le désert. Désert social, désert culturel. A l’exaltation des jours de la révolution et de la fuite se succèdent le silence, le vide, la nostalgie des jours où nous avions l’impression de participer à quelque chose d’important, d’historique peut-être, le mal du pays, le manque de la famille et des amis.
      Nous attendions quelque chose en arrivant ici. Nous ne savions pas ce que nous attendions, mais certainement pas cela : ces journées de travail mornes, ces soirées silencieuses, cette vie figée, sans changement, sans surprise, sans espoir.
      Matériellement, on vit un peu mieux qu’avant. Nous avons deux chambres au lieu d’une. Nous avons assez de charbon et une nourriture suffisante. Mais par rapport à ce que nous avons perdu, c’est trop cher payé ».

      Agota Kristof, L’Analphabète, Zoé, 2004, pp.42-43.

      « Comment lui expliquer, sans le vexer, et avec le peu de mots que je connais en français, que son beau pays n’est qu’un désert pour nous, les réfugiés, un désert qu’il nous faut traverser pour arriver à ce qu’on appelle ’intégration’, ’l’assimilation’. A ce moment-là, je ne sais pas encore que certains n’y arriveront jamais »

      Agota Kristof, L’Analphabète, Zoé, 2004, p.44.

      « Cinq ans après être arrivée en Suisse, je parle le français, mais je ne le lis pas. Je suis redevenue une analphabète. Moi, qui savais lire à l’âge de quatre ans.
      Je connais les mots. Quand je lis, je ne les reconnais pas. Les lettres ne correspondent à rien. Le hongrois est une langue phonétique, le français, tout le contraire »

      Agota Kristof, L’Analphabète, Zoé, 2004, pp.52.

  • Inversion des valeurs : Quand un voleur agit en état de légitime défense !
    http://www.brujitafr.fr/2015/01/inversion-des-valeurs-quand-un-voleur-agit-en-etat-de-legitime-defense.htm

    Drôle de fin de réveillon, pour une famille de la Chaussée de Rouvroy, à Abbeville. Le repas a eu lieu chez un des fils. À 2 heures, le 1er janvier, il est temps de se quitter. Le père met en route le moteur de sa voiture afin de dégivrer le pare-brise et de réchauffer l’habitacle, puis il rentre à la maison. Quelques minutes plus tard, un de ses enfants découvre qu’un homme s’est glissé à la place passager et qu’il fouille dans la boîte à gants.

    Il reçoit le premier des coups de poing

    L’explication qui suit est assez houleuse. Christophe Bertrand, 20 ans, reçoit le premier des coups de poing avant de se rebeller et de frapper à son tour. « J’étais énervé », reconnaît-il à l’audience d’hier vendredi, tout en soutenant qu’il n’est pas vraiment entré dans la voiture et que son seul but était de demander à (...)

  • Oh ! Le vilain cochon ! | Raconte-moi l’#Histoire
    http://www.racontemoilhistoire.com/2014/12/10/oh-vilain-cochon
    Comme quoi, la #peine_de_mort, ce n’est pas pour ses vertus « pédagogiques » qu’elle est le plus souvent utilisée.

    Il existe entre le XIIIème et le XVIème siècle de nombreux exemples de ce genre de pratique judiciaire. En 1266, un pourceau est brûlé à Fontenay-aux-Roses pour avoir dévoré un enfant, pareil en 1404, mais il y a trois coupables. En 1414, un cochon est traîné dans toute la ville puis pendu par les jambes arrières pour meurtre d’un enfant à Abbeville. En 1497 une truie qui a été vue entrain de manger un enfant est assommée. Puis on la coupe en morceaux et on la donne aux chiens, mais en plus, les propriétaires de l’animal doivent faire le pèlerinage de Notre-Dame de Pontoise.

    Toujours les exécutions étaient publiques et solennelles. C’était jamais des blagues. De temps en temps, les animaux portaient des vêtements d’homme ou femme. C’est le cas en 1386, la truie a attaqué un enfant à la tête et au bas avant de le tuer. La #justice a été claire. La #loi du Talion. On a blessé l’animal à la patte et à la tête avant de de la pendre. Le jour de l’exécution, elle portait des habits. Des notes de frais étaient également faites aux propriétaires, les dépenses de geôles, 6 sols parisis, celles du déplacement du maître des hautes œuvres, 54 sols parisis. Ou encore le prix du transport en voiture, des cordes et des gants pour le bourreau.

  • Tous feux éteints, Abbeville y voit plus clair
    http://www.courrier-picard.fr/region/tous-feux-eteints-abbeville-y-voit-plus-clair-ia0b0n357915

    via @lovlamour

    La première ville entièrement dépourvue de feux tricolores

    Si bien qu’en 2016, la capitale du Ponthieu deviendra la première ville de France entièrement dépourvue de feux tricolores. Les quatre derniers, installés au croisement de la route d’Amiens et de la route de Doullens, seront remplacés par un rond-point. Au-delà des effets bénéfiques sur les flux de circulation, l’objectif d’embellissement urbain semble également atteint. Tous les automobilistes interrogés ce jour-là semblent en tout cas apprécier le changement : plus rapide, plus simple, plus efficace. « Je ne comprends pas pourquoi les autres villes ne font pas la même chose », s’interroge ce restaurateur du centre-ville. Justement, le modèle abbevillois, qui semble faire ses preuves, est-il transposable dans d’autres villes picardes ? « Nous n’avons pas vocation à dire que c’est la solution miracle, nuance le maire d’Abbeville. Les feux n’étaient pas adaptés à la taille de notre ville qui reste une ville à la campagne. Et nous avons pu réaliser ces aménagements car la configuration le permettait. C’est certainement plus difficile à faire dans des espaces urbains plus restreints. »

    #feux_rouges #circulation_routière_intelligente #bonne_nouvelle

  • Ferme des 1 000 vaches : l’exploitation a démarré à Drucat
    http://www.brujitafr.fr/article-ferme-des-1-000-vaches-l-exploitation-a-demarre-a-drucat-124566622

    Au grand dam des opposants de la ferme dans la Somme, la première traite a eu lieu après l’arrivée des 150 premières vaches laitières du projet. Les 150 premières vaches laitières du projet controversé de ferme dite des 1 000 vaches à Drucat, près d’Abbeville (Somme), sont arrivées dans la nuit et la première traite a déjà eu lieu samedi matin, marquant le démarrage de l’exploitation, a annoncé la direction, au grand dam des opposants. « Ce matin, la ferme dite des 1 000 vaches (...) a accueilli une première partie de son troupeau. Cent cinquante des cinq cents vaches ont ainsi rejoint l’étable dans un climat serein, après un transfert organisé durant la nuit afin de garantir la sécurité des hommes et le confort des animaux », (...)

    #NATURE_/_ECOLOGIE

  • L’exploitation de la ferme des Mille Vaches a commencé
    Le Monde.fr avec AFP | 13.09.2014
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/09/13/l-exploitation-de-la-ferme-des-mille-vaches-a-commence_4487009_3244.html

    La première traite a eu lieu samedi 13 septembre au matin à la ferme des Mille Vaches, marquant le départ de l’exploitation de ce projet controversé. Comme le précise la direction de cet établissement situé à Drucat, près d’Abbeville, dans la Somme :

    « Cent cinquante des 500 vaches ont rejoint l’étable dans un climat serein, après un transfert organisé durant la nuit afin de garantir la sécurité des hommes et le confort des animaux. »

    Michel Kfoury, le président de Nos villages se soucient de leur environnement (Novissen), une association opposée à cette exploitation sans précédent par sa taille, a déclaré que « la gendarmerie était présente, une de ses patrouilles ayant notamment questionné certains de nos membres sur place ».

    « PASSAGE EN FORCE »

    Il s’est par ailleurs indigné de ce qu’il a qualifié de « passage en force » , alors que Novissen avait déposé un référé en suspension d’exploitation devant le tribunal administratif d’Amiens. Des questions relatives à l’accès routier à la ferme et des clôtures l’entourant sont en outre toujours en discussion entre les promoteurs du projet et le conseil général de la Somme.

    La Confédération paysanne, elle aussi opposée à ce projet, a dénoncé un acte « illégal » , et prévenu que la « mobilisation » qui s’est « immédiatement organisée, allait grossir pendant les heures qui viennent » .

    #novissen = NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement

  • Mobilisation contre la folie des fermes-usines - Politis
    http://www.politis.fr/Mobilisation-contre-la-folie-des,25123.html

    .....

    Derrière l’exemple extrême de la « ferme aux 1 000 vaches », étable géante qui sort de terre sur deux communes proches d’Abbeville, dans la Somme, c’est une tendance de fond que dénonce cette semaine une partie des organisations écologiques et agricoles.

    L’industrialisation des élevages n’est pas un phénomène nouveau, mais « il s’accélère, témoigne Laurent Pinatel, porte-parole de la confédération paysanne :

    « Les jeunes qui s’agrandissent obtiennent des droits de produire. On leur colle un emprunt sur le dos au nom de la modernisation des bâtiments. Ils se retrouvent contraints à toujours plus de productivité. Nous sommes en train de perdre le fil du métier de paysan ! »

    C’est la fuite en avant productiviste. Les fermes-usines obligent les producteurs à se tourner vers un modèle axé sur l’exportation et font craindre d’importants risques sanitaires. Développement accéléré des maladies, recours massifs aux antibiotiques ou aux anti-inflammatoires, qui se retrouvent, une fois le lisier utilisé comme engrais, dans les sols. En faisant monter la pression sur le foncier, ces mastodontes de la production paysanne sont aussi des freins au développement d’une agriculture à échelle humaine.....

    #agriculture
    #fermes-usines
    #ferme-aux-mille-vaches

  • Un projet d’usine à vaches dans la Somme près d’Abbeville pour produire du lait, de la viande et aussi de l’énergie grâce la méthanisation. Encore un bel exemple de #Greenwashing

    1000 vaches,association,NOVISSEN,novissen,drucat,Abbeville,ferme,Ramery,
    http://www.novissen.com/Pages/default.aspx

    L’association NOVISSEN a été créée le 17 novembre 2011.

    Son nom est l’acronyme de NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement.

    Comme il se prononce « Nos vies saines ! », il rappelle avec force notre souhait à tous.

    Pourquoi cette association ?

    Fin août 2011, la population d’une petite commune de la Somme apprend que sur ses terres (et celles de la commune voisine) va être installée, sous peu, la plus grande ferme-usine de France. Un élevage laitier géant (qui donne son nom au projet, dit des « Mille vaches ») sera associé à un méthaniseur de puissance industrielle (sous couvert agricole).

    Les risques évidents alertent aussitôt la population ! La lutte s’organise pour faire annuler pareil projet qui met en péril la santé, la sécurité, l’environnement, l’emploi, qui pose la question de la condition animale, et montre de façon évidente les dérives de tout un système !

    Il en parle aussi : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/10/10/une-sacree-vacherie

    Bel exemple d’horreur agro-industrielle recouverte de peinture verte malodorante : le chantier, qui a démarré, de la « ferme/usine des 1000 vaches » près d’Abbeville, est un cas d’école des grands projets nuisibles selon tous les critères, sauf peut-être celui des intérêts financiers du propriétaire, un entrepreneur… de BTP, auxquels on peut ajouter l’intérêt politique à courte vue de certains barons locaux.

  • 1000 vaches : les trois scénarios du ministère de l’Écologie
    http://blogs.mediapart.fr/edition/le-telescope-damiens/article/231112/1000-vaches-les-trois-scenarios-du-ministere-de-lec

    Plus d’un an après le début de l’enquête publique, le suspense n’en finit plus. Personne ne sait sous quelle forme et quand le projet des 1000 vaches pourrait bien voir le jour.

    En coulisses, les négociations sont âpres. Ni le porteur du projet, Michel Welter, ni le sous-préfet d’Abbeville, Philippe Dieudonné, ni les services de la DGPR, la Direction générale de la prévention des risques, affiliée au ministère de l’Écologie, ne peuvent aujourd’hui prédire l’issue de ce dossier brûlant.

    Le 6 novembre dernier, représentants de l’État et porteurs de projet se sont rencontrés autour d’une même table. Un nouveau round de négociation durant lequel des recommandations nouvelles du ministère de l’Écologie ont été présentées.

    Selon une source proche du dossier, le Ministère aurait proposé trois scénarios pour que le « projet des 1000 vaches » puisse voir le jour :

    – un atelier de 1000 vaches laitières sans unité de méthanisation.
    – une unité de méthanisation sans atelier de vaches laitières.
    – un atelier de 500 vaches laitières avec unité de méthanisation.

    #agrobusiness #la_vache