city:allons

  • “Que la Force soit avec Nous”

    Depuis ce que d’aucuns appellent l’Acte IV, les appareils centraux de répression de l’ordre bourgeois et de l’État capitaliste ont véritablement pris la mesure de l’ampleur du mouvement social en cours se déroulant devant nos yeux. Ce jour-là (le 8 décembre), ils ont fait fort et ont eu la prétention de ne plus laisser se développer « les débordements » du week-end précédent : 89.000 flics, gendarmes, CRS ont été déployés dans toute la France, dont 10.000 à Paris, quadrillant les principales métropoles du pays, arrestations massives et préventives, véhicules blindés pour disloquer les barricades, tirs tendus de milliers de grenades, « grenades de désencerclement », « grenades assourdissantes », « grenades GLI-F4 » (présentées comme une « arme non-létale » contenant une charge explosive constituée de 25 grammes de TNT)…

    Face à cet arsenal impressionnant, les « gilets jaunes », ou du moins les plus radicaux, ne se sont pas laissés faire et ont réagi avec force et détermination. Rejoints en cela par d’autres franges et secteurs de la population qui s’emportent et se laissent emporter dans cet appel d’air frais que constitue ce mouvement salutaire, ce processus de lutte, cette dynamique de refus de la pauvreté et de la misère, bref ceux que « les puissants » de ce monde et « les nantis » ont de tout temps appelés dédaigneusement « la vile populace », « la plèbe », « la racaille », « la canaille »… Et cette fois, ce n’est pas seulement Paris qui a brulé mais la colère s’est répandue telle une trainée de poudre à Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille, Saint-Etienne… : barricades et voitures en feu, affrontements directs très violents avec les milices de l’ordre capitaliste, pillages de magasins de luxe, et donc réappropriation d’une petite partie de la richesse sociale produite par notre classe, par nous autres prolétaires, juste un minuscule et infime moment du processus général d’expropriation des expropriateurs, de négation de la propriété privée des capitalistes que le mouvement de la révolution sociale devra assumer dans les prochaines et futures confrontations…

    Plus que jamais, nous avons raison de refuser la misère, la déshumanisation et la guerre permanente, qui sont notre lot quotidien, nous avons raison de nous affronter à toutes les forces coalisées de la dictature sociale du capitalisme (gouvernement, police, milices, armée, partis politiques, syndicats, églises, médias aux ordres, associations caritatives…) qui ne cherchent qu’une seule chose :nous faire rentrer dans le rang, nous soumettre, soit par la force brutale policière et militaire, soit par la dissuasion, la discussion, la négociation, la désinformation…

    Nous avons mille fois raison de vouloir reprendre nos vies et nos luttes en mains. Continuons de refuser tout « représentant » qui ne représentera que lui-même et les intérêts économiques et politiques de sa classe, de sa clique de gangsters. Tous nos ennemis de classe nous appellent à nous « structurer », à nous « organiser », à « formuler des revendications », à « négocier », etc. Nous leur crachons bien fort à la gueule l’expression de notre mépris : notre spontanéité et notre mouvement, nous allons les structurer et les organiser à notre façon…

    Plus que jamais, nous avons raison de refuser de négocier avec nos maîtres, avec nos exploiteurs, avec nos oppresseurs, avec les dominants, car nous autres prolétaires, nous n’avons RIEN à négocier au risque de nous perdre dans le tourbillon du renoncement : nous n’avons à perdre que nos chaînes (certes quelque peu dorées, prétend-on dans les salons huppés de la bourgeoisie !) et nous avons tout un monde (nouveau) à gagner ; nous en avons marre de survivre, nous voulons VIVRE ! Négocier ? C’est déjà un peu mourir ! Alors, continuons à tenir ferme le gouvernail de notre radicalité car l’histoire passée et à venir, les générations d’hier et de demain nous observent et comptent sur nous pour que l’humanité triomphe enfin du sordide…

    Et face aux chiens de garde « des nantis », « des riches », « des jouisseurs », face à leurs milices armés jusqu’aux dents, face à leurs média et pacificateurs, continuons d’opposer notre rage et notre détermination, et faisons-leur rompre les rangs. Qu’ils désertent s’ils ne veulent pas rester des salauds. Nous ne voulons pas que notre sang coule, nous voulons simplement la fin de leurs privilèges…

    Nous avons mille fois raison de continuer à nous radicaliser, à ébranler leur monde fait de richesses pour eux (richesses que nous autres prolétaires, nous produisons) et de misère, de « bas salaires », de « fins de mois » difficiles, pour nous, « les sans-dents »…

    Continuons à refuser les miettes « généreusement » accordées par Macron et sa clique (« de la poudre de perlimpinpin ») comme nous avons refusé de nous laisser berner par l’instrumentalisation de « l’attentat de Strasbourg » et tous les appels à ne plus manifester ; continuons à résister aux évacuations par la force policière et militaire de nos points de blocage : ronds-points, centres commerciaux,…

    Tous les jours, nous voyons cette évidence : la violence, c’est le capitalisme et son État, nous on ne fait que se défendre. C’est la société capitaliste, où « les riches » écrasent « les pauvres » qui dans son ensemble est brutale, qui casse et brise nos vies. Nous autres, on ne fait que réagir par une saine et vigoureuse violence qui exprime notre humanité. Alors, haut les cœurs, camarades, amis, frères et sœurs de lutte, mettons à bas les forteresses de nos maîtres…

    Parmi les « gilets jaunes », beaucoup appellent de leurs vœux à la démission de Macron, et même si nous comprenons la haine de classe que ce « bouffon » peut catalyser dans le mouvement, cela non seulement ne suffit pas mais de plus constitue une fausse alternative, un dérivatif par lequel « le pouvoir » compte bien neutraliser nos énergies. Le problème si Macron démissionne (ou même mieux si par nos luttes nous le démissionnions), c’est que pas plus tard qu’au même moment la classe dirigeante, la bourgeoisie nationale et internationale, lui trouvera immédiatement un successeur, plus « propre », plus « honnête », plus « proche » de nos préoccupations, à nous autres, « les bouseux », la « lie de l’humanité », « les affamés », « les damnés de la terre », nous autres prolétaires qui n’avons que nos bras et notre tête à vendre chaque jour au patron, qui n’avons qu’à aller chaque jour au chagrin pour un salaire minable. Le véritable problème, c’est toute cette société capitaliste qu’il faut bousiller pour qu’enfin nous puissions instaurer des rapports véritablement humains sans plus jamais de dominants et de dominés, sans oppresseurs et opprimés, sans exploiteurs et exploités…

    Parmi les « gilets jaunes », beaucoup en appellent encore à la légalité (RIC, etc.). Disons simplement ceci :« le droit » bourgeois n’est que la codification juridique des rapports de production, des rapports de domination d’une classe sociale (la bourgeoisie, les propriétaires des moyens de production de la vie, ou mieux dit encore la classe des capitalistes) contre une autre classe sociale (nous, les dépossédés des moyens d’existence) ; ce droit bourgeois n’est en fin de compte que l’exercice féroce de leur violence de classe sous couvert de participation plus ou moins passive des dominés à leur propre domination. Mais de plus en plus, ça craque de toutes parts et le mouvement des « gilets jaunes » n’est qu’une des expressions de ce processus salvateur et régénérateur…

    Allons jusqu’aux conséquences finales de notre critique !
    Organisons-nous, discutons, nourrissons ensemble le feu de la révolte !
    Ami, entends-tu au loin la révolution qui sourde !?

    “Merry CRISIS and Happy New FEAR” (Athènes, 2008)

    31 décembre 2018
    nosotros.proletarios


  • ALLONS ENFANTS FRENCH WEBRIP 2019


    https://www.cpasbien.news/21491-allons-enfants-french-webrip-2019.html Dans les jardins de la Villette, Cléo (3 ans et demi) joue avec son frère jumeau Paul. Cléo s’éloigne et se perd. Puis c’est au tour de Paul de se retrouver seul. Perdus dans Paris, Cléo cherche Paul et Paul cherche Cléo. Comment les enfants vont-ils vivre ces quelques heures buissonnières ?


  • affordance.info: La guerre des tétons. From (censoring) Tits to (Freedom of) Speech
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/12/la-guerre-des-nichons-1.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef022ad37f1070200c-600wi

    Sociétalement - et un peu plus sérieusement aussi - les trois grands fléaux des internets, les trois grands « risques » actuels qui se disputent la une de l’actualité, sont constitués du tiercé gagnant suivant :

    la désinformation (les Fake News mais pas que, les logiques d’influence, les rumeurs et hoax, etc)
    les contenus haineux
    les tétons la pornographie (et les tétons aussi, et surtout quand même)

    Donc :

    Fake News
    Hate News (se déclinant d’ailleurs majoritairement en Hate Jews)
    Pr0n News.

    Or ce contre quoi les plateformes propriétaires - les « jardins fermés » comme les appelle Tim Berners Lee - luttent le plus activement et le plus efficacement ne sont ni les discours de haine ni le stratégies de désinformation, mais bien les contenus relevant de la nudité (souvent extensivement assimilée à de la pornographie).

    Et ce que j’entends vous démontrer dans cet article est que qui vole un oeuf vole un boeuf et que qui censure des tits censure aussi des speechs. Allons-y.


  • Les meilleures campagnes marketing avec GNU/Linux
    https://linuxfr.org/news/les-meilleures-campagnes-marketing-avec-gnu-linux

    J’ai longtemps pensé que l’un des plus gros problèmes qui empêchent les systèmes basés sur Linux de dominer (en termes de parts de marché) dans le secteur des ordinateurs de bureau… est celui du marketing. Notre manque de marketing qui attire l’attention, qui fait battre les cœurs et les esprits, est, à mon avis, l’une des faiblesses les plus flagrantes du monde du logiciel libre et open source.

    Mais, d’une certaine façon, ce n’est pas juste.

    La réalité, c’est que nous avons eu des campagnes marketing vraiment fantastiques au fil des années. Quelques-uns ont même réussi à sortir de notre propre communauté de passionnés de Linux. Allons faire un tour parmi mes préférés… lien n°1 : Best Linux Marketing Campaigns (article original)lien n°2 : Source complémentaireDe mon point de vue, le meilleur marketing est (...)


  • Les meilleures campagnes marketing avec Linux
    https://linuxfr.org/news/les-meilleures-campagnes-marketing-avec-linux

    J’ai longtemps pensé que l’un des plus gros problèmes qui empêchent les systèmes basés sur Linux de dominer (en termes de parts de marché) dans le secteur des ordinateurs de bureau… est celui du marketing. Notre manque de marketing qui attire l’attention, qui fait battre les cœurs et les esprits, est, à mon avis, l’une des faiblesses les plus flagrantes du monde du logiciel libre et open source.

    Mais, d’une certaine façon, ce n’est pas juste.

    La réalité, c’est que nous avons eu des campagnes marketing vraiment fantastiques au fil des années. Quelques-uns ont même réussi à sortir de notre propre communauté de passionnés de Linux. Allons faire un tour parmi mes préférés… lien n°1 : Best Linux Marketing Campaigns (article original)lien n°2 : Source complémentaireDe mon point de vue, le meilleur marketing est (...)


  • Allons enfants… Le chercher ! ‹ Salimsellami’s Blog ‹ Reader — WordPress.com
    https://wordpress.com/read/blogs/62543613/posts/70046

    1°) Une personne regarde la photo tout en ignorant les activités et la fonction des dits jeunes. Une telle personne pensera, par exemple, que se sont des amis, heureux de s’être retrouvés. Une photographie parmi des millions d’autres qui inondent la ’’toile’’.

    2°) La personne qui regarde la photo sait que l’un est un braqueur et celui qui rit à plein dent représente l’Etat français. Elle est aussi au courant qu’ après avoir sermonné le braqueur en lui apprenant que voler n’est pas bien, le jeune bien habillé accepte d’être photographié avec lui. Enfin, la personne qui regarde la photo n’ignore rien de la prise de la bastille, de la Commune de Paris. Et de tous ceux qui ont donné naissance à la République… Robespierre… Clemenceau… De Gaulle…

    A partir d’une telle hypothèse la dite personne aboutirait à la conclusion suivante:celui qui représente l’Etat français est un minable représentant de la République. Il n’est pas à sa place…


  • Bloc-notes de liens lus ou survolés ou que j’ai envie de lire / écouter parce qu’ils semblent analyser ou déconstruire le mouvement "Gilets Jaunes" du 17 novembre sans tomber pour autant dans un dédain anti-beaufs ou une lutte classes-pauvres vs classes-moyennes, etc. [màj : 18nov, 11h]


    Si vous en repérez aussi, ou si une autre compile (sur cette base filtrante) existe, je suis preneuse ;) Je mettrai à jour au fur et à mesure

    Selection du portail #mediaslibres de @Bastamag : https://portail.bastamag.net/Mouvement-des-gilets-jaunes

    "Chantage vert, colère noire, gilets jaunes" : https://dijoncter.info/?chantage-vert-colere-noire-gilets-jaunes-671

    Entretien avec deux gilets jaunes bretons : « pas de politique ni de syndicats » : https://radioparleur.net/2018/11/16/entretien-gilets-jaunes-bretons

    Un k-way noir chez les gilets jaune, l’histoire d’un vilain petit canard. : https://paris-luttes.info/un-k-way-noir-chez-les-gilets-11047

    Gilets jaunes et écolos, pas le même maillot, mais la même récupération : https://rebellyon.info/L-ecologie-est-t-elle-un-concept-ethere-19782

    Sur le 17 novembre – Les révolutionnaires ne font pas la révolution : https://nantes.indymedia.org/articles/43595

    À propos de la manif du 17 novembre  : https://diacritik.com/2018/11/15/a-propos-de-la-manif-du-17-novembre

    C’est jaune, c’est moche et ça peut vous pourrir la vie… : https://defensecollective.noblogs.org/post/2018/11/14/cest-jaune-cest-moche-et-ca-peut-vous-pourrir-la-vie

    17 novembre – Les 8 gilets incontournables Lequel porteras-tu ? : https://rouendanslarue.net/17-novembre-les-8-gilets-incontournables

    Gilets jaunes : en voiture ! Notes sur le 17 novembre : https://rouendanslarue.net/gilets-jaunes-en-voiture-notes-sur-le-17-novembre

    Mouvement du 17 novembre - Que faire ?  : https://nantes.indymedia.org/articles/43450

    Pourquoi il faut parler d’écologie le 17 novembre. : https://nantes.indymedia.org/articles/43520

    Éléments de la Commission Nationale Ecologie du NPA sur la mobilisation du 17 novembre : http://npa29.unblog.fr/2018/11/14/carburant-et-taxtes-npa

    Prix des carburants : des contradictions sociales surmontables : https://www.alternatives-economiques.fr/prix-carburants-contradictions-sociales-surmontables/00086912

    Les petits-commerçants « étouffés par les taxes » : le mouvement Poujade : https://paris-luttes.info/le-mouvement-poujade-11039

    L’idéologie sociale de la bagnole : https://infokiosques.net/lire.php?id_article=346

    ++ Livres :
    Nathalie Quintane "Que faire des classes moyennes ?"
    Alain Accardo "Le Petit Bourgeois-Gentilhomme".

    #mouvement_social #recuperation #poujadisme #colere_populaire #giletsjaunes #gilets_jaunes #gilets #jaunes #17novembre #17novembre2018 #la_revolution_mais_pas_trop mais aussi la force des #medias_Libres #mediaslibres et #automedias

    • Des gouts découlent heurts !

      Des goûts et des couleurs avec Michel Pastoureau (5/5) Le jaune France Culture
      https://www.franceculture.fr/emissions/hors-champs/des-gouts-et-des-couleurs-avec-michel-pastoureau-le-jaune-et-lor-55

      Le #jaune serait donc la couleur la moins appréciée ? Alors que l’ensemble des aux autres couleurs de base ont toutes un double symbolisme, le jaune est la seule à n’avoir gardé que l’aspect négatif.

      Des goûts et des couleurs …, on peut discuter à l’infini, et tout le monde reconnaît la force de la subjectivité dans ces domaines. Mais saviez-vous que les couleurs ont une histoire culturelle, politique et psychique ? Imaginiez-vous qu’il existe des couleurs qui nous font chaud au cœur et d autres qui nous font peur et ce, par delà les latitudes et les origines religieuses ? Toute cette semaine « Hors-champs » tente de faire la cartographie amoureuse des couleurs grâce à un historien amoureux des ours, des emblèmes héraldiques et de … certaines couleurs.

      Comme toujours avec des archives et des chansons, balade dans l’histoire de la peinture, des mentalités et de nous mêmes...

    • https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10155665502096960&set=a.49908841959&type=3&theater

      J’avais un oncle il s’appelait Gaby. Je l’aimais bien. Il était gazier. J’étais gauchiste. Il avait un grand poster de JM Lepen dans son garage. On buvait des bières en réparant des bagnoles. Passons. Des années plus tard, j’avais fait un grand papier dans Libé pour expliquer comment le FN et Lepen arrivait à monter la tête de types bien comme Gaby. Deux pages. July (Serge) le patron m’avait félicité genre : « Enfin un journaliste qui ne les prend pas avec des pincettes ». Pourquoi je parle de Gaby et pourquoi je pense à lui en ce moment ? A cause des gilets jaunes. Gaby bossait à Gaz de France (son cousin, mon pater, bossait à EDF). Ils bossaient 7 jours sur 7 sans trop compter. Il y avait les lignes à réparer, les tuyaux à aligner. La chaleur des pauvres à assurer. Ils étaient fonctionnaires. On partait en vacances dans les tentes bleues de la CCAS. Passons. Pourquoi j’en viens à évoquer ce passé vermoulu ? Le gilet jaune… L’injustice fiscale. La plupart des éditorialistes et des politiques n’y comprennent que dalle à cette colère. Emmanuel Macron et son armée de républicains en marche ont compris eux. Et ils commencent à flipper. A passer des consignes. A jouer de la carotte et du bâton. Vu d’ici, c’est pitoyable. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de ce mouvement basique et populaire, si la stratégie du pouvoir va fonctionner, mais cette colère n’a rien à voir avec le réchauffement climatique et très peu avec le diesel. Les gens à l’origine du gilet jaune le disent depuis le début. Ils en ont assez d’être pris pour des pigeons, des vaches à traire, des décérébrés du bulbe, des sans honneur. Ils veulent se révolter. Il se révoltent. Gaby bossait à Gaz de France donc. Il y a usé sa santé. Il est parti en retraite sans se douter qu’on allait vendre Gaz de France à Suez en 2007. Quand je dis vendre, je déconne. Offrir serait plus adéquat. Une histoire de prédateurs et d’hommes politiques très compromis. Sarkozy, Hollande Villepin, Royale, Coppé, Longuet… Tous vont oeuvrer avec des responsabilités diverses à cette prédation consentie. Je ne vais pas développer ici (lisez notre livre, « les prédateurs » en vente partout). Tonton Gaby casse sa pipe. GDF devient Engie. Méthode Suez, extrême capitalisme. On pressure et on défiscalise à mort. Non seulement, se chauffer devient un luxe mais Engie, avec la bénédiction des politiques, Macron de chez Rothschild en tête, envoie ses bénéfices au Luxembourg (27 milliards en 2015, passez l’info à Google). L’État français se prive de 2 milliards d’impôts. Alors que nous, cochons de payeurs, on raque. On raque. Et on regarde passer les trains et les prédateurs qui se goinfrent. Et on ne doit rien dire. Et on doit – sous prétexte de réchauffement climatique, sous prétexte de récupération politique- fermer sa gueule. Ben non. Ce qui se prépare ici, c’est une Jacquerie. Le message est clair et éminemment politique. Les pauvres en ont marre d’avoir froid, de jouer du crédit le 15 du mois, de faire des demi pleins. Alors qu’à la télé, ils entendent chaque jour se raconter une histoire qui n’est plus la leur. Alors que leur président déroule le tapis rouge à ceux qui ne paient pas d’impôts, Frère, Desmarais, Bolloré, Arnault… Ceux qui font croire qu’ils nous sont indispensables, qu’ils sont des premiers de cordées. Foutaise. Demain, avec le fantôme de Gaby je serai gilet jaune à donf.
      Les beaufs et les cols blancs de Saint Germain n’ont rien compris, ce n’est pas un mouvement marqué à droite. Ni vraiment à gauche. C’est punk. No future dans ce monde-là

      #Denis_Robert
      https://seenthis.net/messages/736344

    • Les « gilets jaunes », ou la révolte de la France des ronds-points

      Jean-Laurent Cassely

      http://www.slate.fr/story/169626/blocage-17-novembre-gilets-jaunes-revolte-ronds-points-france-peripherique-die

      « Nous allons nous rejoindre sur un parking de centre commercial à Sens », témoigne encore le créateur d’un groupe Facebook local appelant au blocage. Dans le territoire marqué par l’étalement urbain, le rond-point devient l’équivalent logistique et symbolique du rôle joué par la place dans les mouvements de protestation de centre-ville, dont l’expression française fut la tenue, place de la République à Paris, du rassemblement Nuit Debout. La place conserve, à gauche, une connotation politique forte, comme en témoignent encore récemment le cas de l’aménagement du quartier de La Plaine à Marseille, ou le mouvement politique lancé par Raphaël Glucksmann, baptisé « Place publique ».

      À l’opposé de cette culture politique, en tout cas assez loin de ses habitudes, l’automobile devient le langage de la protestation des mouvements périphériques. Si les unes et les uns se réunissent en grappes humaines, forment des assemblées et des cortèges, nourrissant une culture politique marquée par les grands mouvements sociaux, les luttes passées qui peuplent l’imaginaire collectif du « peuple de gauche » et un idéal de démocratie directe et participative, les autres, dans un rapport au corps et à l’espace différent, forment des « opérations escargot » et autres figures chorégraphiques d’un grand ballet motorisé qui se danse depuis l’intérieur de son habitacle. C’est par le « périph » que les manifestants ont prévu de rouler (et non de marcher) sur Paris. C’est aussi sur le périphérique des grandes villes que se sont réunis plusieurs groupes locaux pour préparer la journée du 17 novembre.

    • De la France périphérique à la France des marges : comment rendre leur juste place aux territoires urbains marginalisés ?

      https://urbs.hypotheses.org/411

      Samuel Depraz, enseignant-chercheur, géographie, Université Jean Moulin Lyon 3, UMR Environnement, Villes et Sociétés

      La France périphérique, ou la paresse intellectuelle de la dichotomie

      C’est, d’abord, une lecture simpliste qui nie ce qui fait l’essence même de la géographie, c’est-à-dire l’attention à la nuance et à la diversité des territoires. « Décrire la terre », c’est être sensible aux différences et à la pluralité des mondes sociaux. Ainsi, dans les périphéries, les situations de pauvreté ne sont jamais identiques d’un espace à l’autre, et on trouvera tantôt de la pauvreté monétaire, tantôt de la précarité matérielle, parfois aussi un déclassement social et un isolement des personnes. La pauvreté, c’est aussi un rapport social défavorable, souvent entretenu par des politiques publiques défaillantes. Le tout se recoupe souvent, mais pas toujours : on rappelle ainsi les dimensions – complexes – de la pauvreté, au sens de Serge Paugam (2005) ; ceci nécessite une lecture plus détaillée des territoires, comme le propose par exemple Catherine Sélimanovski dans son analyse de « la frontière de la pauvreté » (2008) ou encore l’analyse de Raymonde Séchet sur la relation entre espaces et pauvreté (1996). Et l’idée de périphérie, souvent réduite à sa dimension économique, s’appréhende également par de multiples autres outils : mobilités et transports, flux migratoires, modes de vie alternatifs et contestation sociale ou électorale – sans que l’on puisse raisonnablement combiner tous ces indicateurs thématiques, au risque de produire des corrélations hasardeuses et des indices agrégés absurdes.

    • Le thread d’un journaliste-photographe avec des portraits de vraies tronches de vies jaunes :

      [THREAD] Quelques réflexions à propos des #giletsjaunes. Hier, je ne me suis pas mêlé à mes confrères journalistes pour « couvrir » cette journée du #17novembre2018. Faire des images de cette journée était tout à fait respectable. Mais je m’interroge sur le sens de ces images. Je m’explique. L’action de ces #giletsjaunes échappe aux politiques et marque une défiance à l’égard des médias. Le gilet jaune est devenu un symbole mais un symbole réducteur sur le sens de ce mouvement. Il symbolise la voiture et les carburants. Or, la colère va bien au-delà...

      https://twitter.com/VinceJarousseau/status/1064157135150465026

    • La vie en jaune
      http://www.dedefensa.org/article/la-vie-en-jaune

      18 novembre 2018 – Hier, j’avais très mal au dos, attaque pernicieuse et violente à la fois d’une sciatique irréfragable, une du grand âge.... Alors, j’ai sacrifié pas mal de mon temps sur un fauteuil à dossier très droit et, avec peu de courage pour lire, j’ai laissé aller l’“étrange lucarne”. Il n’était question que de cette “journée en jaune”

      Je me fixe sur le “centre de crise” de la chaîne, Arlette Chabot aux commandes, conduisant un talk-show permanent avec deux vieilles badernes de ma génération, dont l’incurablement pontifiant d’Orcival, de Valeurs Actuelles, avec en arrière-plan les reportages constants sur les divers points stratégiques choisis comme références de cette “journée en jaune”.

      Vers la fin de l’après-midi, l’habituel “tour de France” des correspondants était ramené aux points (...)

      repéré sur https://seenthis.net/messages/736556

    • À qui appartient la mort d’une femme, qui a le droit de l’arracher à l’anecdote d’un accident ? | Slate.fr
      http://www.slate.fr/story/170049/chantal-mazet-gilets-jaunes-morte-savoie-17-novembre

      Elle n’a pas trouvé la force, explique-t-elle, de prendre la route, ni d’annoncer à sa fille que sa grand-mère était morte ; elle a trouvé un « soutien moral » chez les gilets jaunes et ses « amis de l’instant ». Et sa maman, « décédée SUR LE MOUVEMENT », « APPROUVE DONC NOTRE ACTION !!!! ». Ces capitales et ces points d’exclamation sont le cri de l’heure. Ils ne disent pas seulement une souffrance, mais ce que cette souffrance construit politiquement.

      Vers une heure du matin, Alexandrine Mazet, ajoutait ceci, dans le désordre de la nuit : « Qu’ils aillent tous se faire tater les castaner de rugy macreux & co !!echec du rassemblement ??? échec de votre tentative de manipulation !!!VOUS NOUS AVEZ POUSSÉS DANS NOS RETRANCHEMENTS ! VOUS SEMEZ LA DISCORDE AU SEIN MÊME DU PEUPLE FRANÇAIS !VOUS ÊTES LA CAUSE DE CE RASSEMBLEMENT ! DONC DE CAUSE À EFFET VOUS ÊTES RESPONSABLES !!! ».

    • https://soundcloud.com/user-898678423/entretien-avec-deux-gilets-jaunes-bretons-pas-de-politique-ni-de-syndica

      Qui sont les anonymes qui appellent aux blocages samedi 17 novembre et se réclament du peuple ? Loin d’être limitée à la hausse du diesel, leur colère est celle d’une France moyenne, éloignée des métropoles et de la participation politique, et qui croit aux vertus révolutionnaires de Facebook. Rencontre avec deux porte-paroles bretons d’un groupe de gilets jaunes en colère.

      source : radioparleur.net 2nd lien cité par @val_k

    • https://twitter.com/LaMulatresse_/status/1064195118813650945

      Je viens de la case en dessous du prolétaire moyen,

      Le prix de l’essence nous concerne pas vu qu’on a pas de voiture, nous on se tape le bus et les trains dont tout le monde se fout totalement

      Les gilets jaunes = les gens qui nous méprisent le plus. On est des profiteurs et on vole leurs travail de merde sous payé selon eux. Donc si j’ai envie de dire que ce sont de gros beaufs racistes et sexiste personne ne m’en empêchera.

    • À la cour du président des riches, on s’interroge. Qui sont ces gueux sous nos fenêtres ? Pourquoi ces brailleries et ce grabuge alors que nous faisons tout pour leur bien ? Du côté des experts médiatiques et des voyantes ultra-lucides, on se demande quelles sont ces gens-là, des beaufs racistes et violents ou juste des ploucs avec leurs bagnoles qui puent ? Des fachos ou des fachés ? Faut-il les lécher ou les lyncher ?

      Selon les sondages, ils ont la faveur de l’opinion, donc ils ont nos faveurs [1]. Il sera toujours temps de les lâcher ; une bavure, une violence et on les repeint en rouge brun. Mais avant tout, la question est : qui est derrière ça ? Qui ? Le FBI, la Russie ? L’extrême droite ? Le lobby du pétrole ? De la bagnole ? Les Chinois qui fabriquent les gilets jaunes ?

      Et non, les amis, celui qui est derrière ça, c’est Macron lui-même, le Robin des Bois à l’envers, celui qui prend aux pauvres pour donner aux riches. C’est lui qui est à l’origine de tout ça, au départ, la violence, c’est lui. Lui et son monde. La violence de l’injustice et de l’arrogance, c’est eux. Sauf que les gueux ont fini par se lasser. Abusés, humiliés, invisibles et tondus jusqu’à l’os, la goutte d’eau a allumé l’étincelle. Alors que règnent la résignation et le repli, voilà qu’ils se lancent de partout, en jaune, depuis le plus profond du pays. Surprise générale devant ce grand cahier de doléances. Près de 300 000 ce samedi à travers l’hexagone.

      Bon mais, c’est bien joli, spontané, auto-organisé, mais sans structure organisée, vous croyez que ça peut marcher ? On sait en tout cas qu’avec les partis et les syndicats organisés, pour la loi Travail et pour les cheminots, la victoire n’a pas vraiment été au rendez-vous. Alors ? C’est vrai, pas de drapeaux rouges avec les gilets jaunes. Pas de République, ni de Bastille, on fonce tout droit sur l’Élysée en repassant par où la foule était massée lors des funérailles de Johnny. Un hasard, sans doute. Et partout, dans le pays, les ronds-points, les péages, les parkings de supermarchés. D’autres espaces, d’autres lieux de lien.

      La suite ? Un coup d’épée dans l’eau ou la prise de la Bastille ? Un défoulement sans suite ou un mouvement de fond ? Bien sûr, la droite racole à fond et l’extrême droite est à la manœuvre, normal, bien sûr la gauche doit soutenir et porter cet étonnant élan. Oui, un élan aussi étonnant, c’est pas si souvent. Samedi, vers l’Élysée, entre grenades et lacrymos, notre reporter Dillah Teibi a rencontré quelques-unes et quelques-uns de ces gueux.

      Daniel Mermet

      https://seenthis.net/messages/736858

    • Les gilets jaunes à l’épreuve des agressions racistes et homophobes

      https://rouendanslarue.net/les-gilets-jaunes-a-l-epreuve-des-agressions-racistes-et-homophobes

      L’expression terrifiante du sexisme, du racisme et de l’homophobie. Des humiliations, des agressions et parfois des lynchages d’une violence à vomir comme à Saint-Quentin où une femme a été forcée de retirer son voile, ou encore à Bourg-en-Bresse où un couple homosexuel a été attaqué. Précisons que dans le premier cas d’autres gilets jaunes ont tenté d’aider et de protéger cette femme avant d’être pris à partie à leur tour.

      Les organisateurs-administrateurs de page facebook condamnent et se désolidarisent de tels actes, à Saint-Quentin mais aussi à Cognac où c’est une femme noire qui s’est fait agresser. On peut supposer qu’ils sont réellement choqués par de tels gestes. Ils sentent bien aussi, comme beaucoup, que même si ces faits sont minoritaires et qu’ils ne sont pas publiquement assumés (au contraire, les administrateurs suppriment régulièrement les propos racistes sur les pages Facebook), ils fragilisent cette mobilisation en la montrant sous son pire aspect – dont se repaissent évidemment les médias.

      En effet, ce ne sont pas les prétendus casseurs ou les éléments extérieurs qui sont une menace pour ce mouvement. Mais tous ceux qui sont prêts à agresser d’autres personnes pour des motifs racistes, sexistes et/ou homophobes. Nous continuons de penser, avec d’autres (Nantes Révoltée, LaMeute et Dijoncter notamment) que ce mouvement mérite notre attention et que cette lutte est légitime. Les affects racistes et homophobes, s’ils sont bien présents, ne sont ni hégémoniques ni le moteur de cette colère – comme c’était le cas par exemple dans la manif pour tous. Sinon il faudrait effectivement la déserter sur le champ.

    • affordance.info : Les gilets jaunes et la plateforme bleue.
      https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/11/gilets-jaunes-facebook-bleu.html
      https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef022ad3a15778200d-pi

      Gilets Jaunes et plateforme bleue.

      Du point de vue qui est le mien sur ce blog, à savoir l’observation des phénomènes culturels et sociétaux liés au numérique, l’opération gilets jaunes est un exemple de plus de la manière dont Facebook en particulier, « les réseaux sociaux » et internet en général, ont « facilité l’organisation des révolutions sociales mais en ont compromis la victoire » comme l’expliquait Zeynep Tufekci il y a déjà 4 ans.

      Le journaliste Jules Darmanin a publié sur Twitter ce qui me semble être, avec celle de Zeynep ci-dessus, l’autre analyse la plus pertinente de ce mouvement de mobilisation en ligne :

      « Les gilets jaunes se sont constitués grâce aux groupes facebook, il est donc logique qu’ils finissent comme des groupes facebook : mal modérés, pourris par des éléments toxiques et remplis de gens qui ont des visions différentes pour le même groupe. »

      Gilets Jaunes et Nuit Debout.

      Cette mobilisation sans réelle revendication claire, semblant ne reposer sur aucune base syndicale ou politique, sans leader ou porte-parolat identifiable (à part Jacline Mouraud ...) est un peu à la France des déclassés ce que le mouvement Nuit Debout avait été à la France des jeunes sur-diplômés. En tout cas du point de vue de la réception médiatique et sociologique du phénomène.

      Personne n’a encore bien sûr conduit d’analyse sur la composante sociologique des gilets jaunes à l’image de ce qui avait pu être fait pour le mouvement Nuit Debout mais il apparaît clair, tant dans le traitement médiatique que dans les ressentis exprimés sur les réseaux sociaux, qu’il y a autant de « beaufs, connards, racistes » dans les gilets jaunes pour les uns qu’il pouvait y avoir de « bobos, gauchos, droitdelhommistes » dans Nuit Debout pour les autres.

    • Merci pour les liens vers l’analyse de #Olivier_Ertzscheid, @unagi, c’est une des personnes qui me fait le plus réfléchir actuellement. Un autre est #André_Gunthert, avec cette excellente analyse de l’image sociale, comme souvent, autour des dessins assez minables de #Xavier_Gorce :

      A l’instar de nombreux éditorialistes, le mouvement des gilets jaunes a inspiré à Gorce une incompréhension et une raillerie mordante. L’épithète d’« abrutis » franchit un seuil de virulence rarement observé dans la presse des classes favorisées

      Il aura suffi du soutien empressé de Marine Le Pen pour effacer la substance du symptôme manifesté par la jacquerie : celui de la paupérisation qui atteint les classes moyennes françaises comme elle a envahi celles des Etats-Unis, portée par les politiques de transfert des ressources vers les plus riches.

      Faut-il aider des pauvres de droite (selon la lecture opportunément politique de leur apolitisme) ? Allons donc ! Il suffit de les insulter.

      « On n’a pas fini de se moquer des pauvres » : http://imagesociale.fr/6717

    • J’étais en train de le lire, @unagi (càd de faire un enregistrement pour @karacole ) mais ce passage m’a vraiment fait bloquer (je mets en gras la partie) :

      L’effondrement de leur foyer, celui de leurs fins de mois, celui de leur niveau de vie, de leurs sorties au restaurant, de leurs cadeaux à leurs enfants, celui de leur quotidien à chaque fois amputé de ces quelques euros qui te maintiennent dans une forme de dignité et d’attention à l’autre et à des causes qui te dépassent, mais qui, lorsqu’ils viennent à manquer, t’enferment dans les plus grégaires de tes instincts, dans les plus vaines de tes colères .

      Je suis très mal à l’aise avec cette partie parce que je la trouve glissante : ce n’est pas perdre des euros qui te fait basculer, c’est paniquer, c’est perdre espoir, c’est se sentir menacé, mais surement pas quelques euros ou même la pauvreté, et c’est la que le glissement est dangereux, même si je ne crois pas que l’auteur pense que les pauvres ne sont pas dignes, je crois qu’il aurait été judicieux de le formuler autrement... Du coup, comme je n’ai pas pu m’empêcher de commenter, j’hésite à mettre en ligne l’enregistrement ... :/ P’t’être que je vais faire une sélection et en mettre en ligne plusieurs en même temps.

    • Gilets jaunes : Le soulèvement de la France d’en-bas
      https://lvsl.fr/gilets-jaunes-le-soulevement-de-la-france-den-bas

      Le mouvement des gilets jaunes se résumerait-il à une « grogne » des Français moyens, qui regardent Auto-Moto et Téléfoot le week-end en attendant le retour de la saison des barbecues ? C’est l’image qu’en donne la majorité des médias et des commentateurs politiques. Cette « grogne » n’est en réalité que la partie émergée d’un iceberg : celui d’une crise profonde qui fracture la société et le territoire français.

    • « Depuis samedi, nous nous sentons un peu moins seuls et un peu plus heureux »

      Avant même que nous agissions, la plupart des médias et de nombreux politiciens nous on décrit comme des gros balourds anti-écologiques qui voulaient préserver le droit à polluer tranquille. Sur quelle planète pensent-ils que nous vivons ? Contrairement à eux, nous avons les pieds sur terre. Non, nous ne réclamons pas le droit à polluer chaque jour un peu plus une planète déjà bien mal en point. Ce que nous refusons c’est ce chantage dégueulasse qui consiste à faire peser sur nos épaules la responsabilité du carnage écologique et son coût. Si la planète est dans cet état, si on n’est même pas certains que nos petits enfants y survivront, c’est pas parce que nous utilisons notre voiture pour aller au boulot mais parce que des entreprises, des dirigeants et des hommes politiques ont jugé pendant des années qu’il fallait mieux faire tourner l’économie à toute blinde plutôt que de se préoccuper des animaux qui disparaissent, de notre santé, de notre avenir.

      https://lundi.am/Depuis-samedi-nous-nous-sentons-un-peu-moins-seuls-et-un-peu-plus-heureux

    • @val_k Je comprends ton questionnement, « et à des causes qui te dépassent » est aussi sujet à interprétations. Il me semble le passage est batit sur une illusion et sur l’absence de connaissance de ce qu’est être pauvre, vraiment pauvre. Si ton enregistrement donne à débattre, ou non, je pense que c’est intéressant de le partager et que tu en exprimes les limites.

    • S’il y a plus de 300 000 fachos actifs dans l’hexagone il est grand temps de prendre son passeport et de quitter le pays. Mais tel n’est pas le cas !

      UNITÉ DE CEUX QUI COMPTENT EN CENTIMES

      CONTRE CEUX QUI COMPTENT EN MILLIARDS

      Ce qui ne passe plus c’est l’injustice, l’incohérence et l’hypocrisie.

      Car la réalité de l’année 2018 est celle-ci : Frais bancaires : +13%, Carburant : +12%, PV stationnement : +130%, Assurances : +3 à 5%, Mutuelle : +5%, Timbres poste : +10%, Carte grise : +15%, Tabac : +10%, Abonnement bus : +3%, Péage routier : +1,3%, Gaz : +7%, Forfait hospitalier : +15%, Abonnement vélib : +30%, Contrôle technique automobile : +23%, Cantine scolaire : +1 à 3%, Fioul domestique : +36%, Électricité : +17%, CSG : +21,7%....

      Quant aux retraites, c’est -1,7% et le smic : +1,2%, tandis que les salaires stagnent globalement.

      http://www.rennes-info.org/Gilets-jaunes-Syndicalement

    • Gilets jaunes : on y va ? Expansive.info
      https://expansive.info/Gilets-jaunes-on-y-va-1282

      Dresser un profil ethnique et générationnel de ce mouvement en moins d’une journée en dit long sur les capacités intellectuelles omniscientes de l’intelligenstia radicalisée pour laquelle ces initiatives sont soit directement pilotées par l’#extrême-droite, soit réactionnaires par essence donc essentiellement le terreau sur lequel l’extrême droite va se renforcer. Étant données les positions qui relèvent d’un marxisme orthodoxe éculé pour lequel le seul vrai sujet révolutionnaire est le prolétariat industriel (et la seule vraie lutte celle liée à la production ou au travail), ou pour les plus "post-modernes" le sous-prolétariat « racisé » qu’on ne cesse d’opposer aux "blancs privilégiés", il semble effectivement que ce mouvement soit du pain béni pour l’extrême droite à laquelle nous laissons, par notre mépris et distance, tout un #espace_politique à prendre.

      « Gilets jaunes », un peuple qui vient  ? Patrick Cingolani
      https://www.liberation.fr/debats/2018/11/20/gilets-jaunes-un-peuple-qui-vient_1693139

      On aura beau dénoncer la dimension d’arriération du mouvement quant à l’enjeu écologique, c’est bien l’#égalité_sociale contre l’iniquité du traitement de faveur fait aux plus riches qui est l’objet central de cette contestation.

      Gilets jaunes : des signaux alarmants, selon les renseignements, #DCRI
      http://www.leparisien.fr/economie/gilets-jaunes-des-signaux-alarmants-selon-les-renseignements-20-11-2018-7

      Radicalisation des Gilets jaunes, convergence des luttes, ou effet d’aubaine ? Observateurs et analystes peinaient à y voir clair ce mardi soir sur l’évolution de ce mouvement hétérogène et non coordonné dont chacun s’accorde sur le caractère inédit.
      Une chose est sûre : pour le ministère de l’Intérieur, le #maintien_de_l’ordre est extrêmement compliqué à organiser...

    • peut-être que ce billet de @lieuxcommuns t’as échappé @val_k

      « Gilets jaunes » : la démocratie directe en germe ?
      Le mouvement populaire en cours, qu’il le sache ou non, défie toute l’organisation de la société et récolte un mé­pris officiel à la hauteur. Le surgissement de cette colère réveille des questions enfouies depuis si longtemps que leur simple formulation effraie. Pourtant la dégradation de la situation générale est telle qu’un choix s’impose entre le chaos qui s’avance et la reconquête, lente et laborieuse, d’une souveraineté véritablement collective.

      https://seenthis.net/messages/737319
      une analyse du collectif @lieuxcommuns en + de leur impeccable #revue_de_presse


      en bonus, leblogalupus.com trouvé sur leur site.
      https://leblogalupus.com/2018/11/19/les-revoltes-du-week-end

    • "Les gilets jaunes et les « leçons de l’histoire »
      http://lenumerozero.lautre.net/Les-gilets-jaunes-et-les-lecons-de-l-histoire

      Néanmoins, ces similitudes entre des luttes sociales de différentes époques masquent de profondes différences. Je vais m’y arrêter un moment car elles permettent de comprendre ce qui fait la spécificité du mouvement des gilets jaunes. La première différence avec les « jacqueries » médiévales tient au fait que la grande majorité des individus qui ont participé aux blocages de samedi dernier ne font pas partie des milieux les plus défavorisés de la société. Ils sont issus des milieux modestes et de la petite classe moyenne qui possèdent au moins une voiture. Alors que « la grande jacquerie » de 1358 fut un sursaut désespéré des gueux sur le point de mourir de faim, dans un contexte marqué par la guerre de Cent Ans et la peste noire.

      La deuxième différence, et c’est à mes yeux la plus importante, concerne la coordination de l’action. Comment des individus parviennent-ils à se lier entre eux pour participer à une lutte collective ? Voilà une question triviale, sans doute trop banale pour que les commentateurs la prennent au sérieux. Et pourtant elle est fondamentale. A ma connaissance, personne n’a insisté sur ce qui fait réellement la nouveauté des gilets jaunes : à savoir la dimension d’emblée nationale d’un mouvement spontané. Il s’agit en effet d’une protestation qui s’est développée simultanément sur tout le territoire français (y compris les DOM-TOM), mais avec des effectifs localement très faibles. Au total, la journée d’action a réuni moins de 300 000 personnes, ce qui est un score modeste comparé aux grandes manifestations populaires. Mais ce total est la somme des milliers d’actions groupusculaires réparties sur tout le territoire.

    • Gilets jaunes. Affrontements à Langueux : la rumeur [#DCRI / Parisien Libéré, ndc] de l’ultra-gauche démentie
      https://www.letelegramme.fr/france/affrontements-a-langueux-la-rumeur-de-l-ultra-gauche-dementie-21-11-201

      Les « casseurs » langueusiens n’ont aucun lien connu ou déclaré avec l’ultra-gauche. Ils n’expriment aucune accointance politique particulière, au-delà de leur intention de se frotter au système sans ménagement. Et c’est plutôt ce caractère nouveau d’une radicalité plutôt rurale, capable de se donner des moyens d’action (barre de fer, cocktails Molotov) dans une certaine improvisation, qui a fait tiquer les services de renseignement. Leur point commun : ils ont un casier. Mais là encore, pas de quoi en faire des caïds d’habitude. En témoignent les peines dont trois d’entre eux ont écopé, ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc. Quatre mois ferme sans mandat de dépôt pour l’un. Des peines de 4 et 6 mois de sursis assorties d’une obligation de travaux d’intérêt général pour les deux autres.

      #punks

    • @vanderling méfiance avec l’article de blog mediapart que tu mets en lien... L’auteur est un abonné qui squatte allègrement les commentaires de pratiquement tous les articles. C’est un obsédé, il a un problème : il voit des totalitarismes partout, jusqu’à l’hallucination, et fait des amalgames absolument infects.

      D’ailleurs si tu lis « l’article » en question, en gros c’est : je copie/colle des bouts d’articles de mediapart et j’en fait mon beurre (insinuations, inférences foireuses, etc.). Pas vraiment une référence le gars...

    • Quand les « gilets jaunes » dérapent...
      https://www.cgtdouanes.fr/actu/article/propos-sur-la-douane-des-manifestants-gilets-jaunes-a-flixecourt
      Les douaniers en colère (et on les comprends)

      Dans un post abject sur Facebook et des vidéos qui circulent sur tous les médias ce jour, des manifestants appartenant au « mouvement » des gilets jaunes se félicitent d’avoir traqué des migrants dans la cuve d’un camion. Ils s’enorgueillissent même de faire « mieux que la douane et de pouvoir (y) postuler, CV et lettre de motivation ». D’autres propos, absolument ignobles, ne peuvent être repris ici.

      Forts de leurs convictions racistes, ils ont préféré appeler la gendarmerie plutôt qu’une association d’entraide pour les secourir. Dans cette vidéo, les protagonistes appellent à « un barbecue géant ». Tout ceci rappelle de bien tristes et peu glorieux événements de notre histoire…mais c’est surtout un appel clair à la haine raciale.
      Est-ce donc de ce monde là que nous voulons ? Un monde de haine, de bêtise, d’ignorance, de division…
      N’oublions jamais que le racisme est un délit.

    • http://mondialisme.org/spip.php?article2714

      Alors que l’extrême gauche (voire au-delà) se pâme devant les « gilets jaunes » (le jaune étant pourtant traditionnellement dans le mouvement ouvrier la couleur des briseurs de grève) quelques voix isolées se dressent devant le consensus médiato-politique comme celle du site « Ligne de crêtes » en avançant des arguments solides. On peut ne pas être d’accord avec tout ce que contient l’article ci-dessous, mais approuver l’essentiel : non à l’union sacrée des autonomes radicaux à Marine Le Pen, en passant par Dupont-Aignan, Laurent Wauquiez, Mélenchon, Lutte ouvrière, le NPA, Besancenot et les Identitaires !
      Celles et ceux qui dénoncent Trump et Bolsonaro ne voient pas que ce mouvement des gilets jaunes repose sur les mêmes bases sociales hétérogènes qui les ont portés au pouvoir, la même confusion idéologique (dans laquelle se reconnaissent l’extrême droite et l’extrême gauche, cette dernière ayant abandonné toute ligne de classe), les mêmes moyens (les réseaux sociaux où les fascistes masqués pratiquent le dévervelage depuis des années), le même programme (en réalité supprimer toutes les conquêtes sociales, résultat de luttes collectives, au nom d’une prétendue critique radicale de l’Etat et de la défense des droits des contribuables), les mêmes théories du complot (Macron et les « banques ») et les mêmes pulsions nationalistes et xénophobes.

      YC, Ni patrie ni frontières, 23 novembre 2018.

      https://www.lignes-de-cretes.org/de-la-difference-entre-boucher-une-artere-et-creer-un-coeur

    • Cela fait plus d’une semaine qu’a débuté le mouvement des « gilets jaunes ». Ce mouvement social prend une ampleur et des dimensions inédites en France depuis de nombreuses années. C’est un mouvement dans lequel il semble difficile de s’impliquer pour une grande partie des militants révolutionnaires, syndicaux, de gauche, écolos… Bien qu’avec les jours qui passent de plus en plus de personnes et de groupes s’y investissent.

      Exploités énervés est jusqu’à ce jour resté muet sur le sujet. Comme tant d’autres nous avons pu être surpris, mais suffisamment curieux pour aller voir. Nous sommes allés sur différents blocages à Alès et ce que nous avons vu, c’est des travailleurs, des chômeurs, des retraités, des lycéens… qui en ont marre de voir leur conditions d’existence se dégrader quotidiennement, de n’avoir aucun contrôle sur les décisions, tandis qu’une minorité s’enrichit toujours plus.

      Il est certain que ce mouvement est traversé de contradictions. Il porte en lui les contradictions du temps présent. Nous pensons que c’est dans l’échange, dans la lutte, que les dépassements pourront se produire.

      https://exploitesenerves.noblogs.org/gilets-jaunes-mobilisation
      https://exploitesenerves.noblogs.org
      https://www.youtube.com/watch?v=gJV1gy9LUBg

    • Incursion en France jaunie où la colère est nourrie et exploitée
      Un article très bien documenté et qui devient indispensable tant le déni se développe chez les « camarades » qui préfèrent tenter le zbeul plutôt que se retenir en pariant, une fois encore, sur le moindre mal. A lire sur Le blog de Sauvergardons bocage : https://blogs.mediapart.fr/sauvergardons-bocage/blog/211118/incursion-en-france-jaunie-ou-la-colere-est-nourrie-et-exploitee

      Réseaux sociaux et médias ont boosté les « gilets jaunes » comme aucune lutte ne l’a jamais été auparavant. Un peu d’investigation révèle à quel point l’extrémisme de droite est dans la place donc ancré dans ce mouvement qu’on respecte parce qu’il porte du déclassement ou par culpabilité ? Pourquoi nous en sommes là ?

    • Classes d’encadrement et prolétaires dans le « mouvement des gilets jaunes »
      https://agitationautonome.com/2018/11/25/classes-dencadrement-et-proletaires-dans-le-mouvement-des-gilets-

      La « colère populaire » qui se fait entendre est un funambule sur une ligne de crête. Tout dépendra de l’abnégation de certains blocages à perdurer dans leur essence, c’est-à-dire une négation de la politique comme pratique collective, syndicale ou autonome, et à leur préférer une horizontalité confuse débouchant sur un commun plus populiste et nationaliste type M5S (malgré de réelles dissemblances) qu’émancipateur. Si c’est cette optique qui l’emporte, le fait d’investir ces espaces donnera à ces derniers une respectabilité déviant toute critique. Alors, le « mouvement » cherchera à se trouver des leaders, tendant la joue à toute une partie du spectre politique parlementaire. A l’inverse, si l’ensemble des franges du « mouvement social » (en particulier syndicales) tentent de mobiliser et de charpenter ce mouvement des gilets jaunes sur des bases saines (notamment antiracistes, comme certaines Union Locales et Fédérations le tentent actuellement), il est fort probable qu’il y ait un intérêt stratégique dans certains espaces pour structurer la contestation sur des bases classistes (prolétariennes).

      Il s’agira de dépasser les objectifs antifiscaux éloignés de notre camp social pour se focaliser dans un premier temps sur les attaques actuelles de la bourgeoisie contre les travailleurs. Cela signifie la grève générale comme premier moyen de lutte.

      La revendication du droit à la mobilité, telle qu’elle, reste bien entendu encore prise au piège dans les filets de la reproduction négociée du capital, et nous ne savons qu’une chose : dans la phase politique actuelle, seules deux perspectives se dégagent. Celle du fascisme, ou celle du communisme.

    • Retour sur le parcours d’un agriculteur star devenu « gilet jaune »
      https://labogue.info/spip.php?article302

      Il n’est pas question ici d’analyser le mouvement des gilets jaunes mais il nous a semblé important de pointer du doigt ceux qui veulent se réapproprier un « mouvement #citoyen » en prenant le masque de la respectabilité.

      Focalisons-nous donc sur l’un des organisateurs autoproclamés des « gilets jaunes » à #Limoges : Christohe Lechevallier.

    • « Gilets jaunes », la nouvelle Jacquerie ?
      26/11/2018
      https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/gilets-jaunes-la-nouvelle-jacquerie

      Les Gilets Jaunes, une révolte populaire ? Une jacquerie 2.0 ?

      Après un week-end de mobilisation, et alors que les blocages se poursuivent aujourd’hui dans toute la France, tentative de clarification d’un mouvement et de ses revendications, avec le grand historien de l’immigration et de la classe ouvrière Gérard Noiriel , auteur d’Une Histoire populaire de la France (Agone, 2018).

      Directeur d’études à l’EHESS, il est aussi l’auteur de Le Creuset français. Histoire de l’immigration (Seuil, 1988) et de Qu’est ce qu’une Nation ? (Bayard, 2015).

      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12360-26.11.2018-ITEMA_21902640-1.mp3?track=false

    • La création d’une « délégation » de huit gilets jaunes a été annoncée ce matin dans un communiqué.
      https://www.liberation.fr/checknews/2018/11/26/qui-a-choisi-les-huit-porte-parole-des-gilets-jaunes-que-veulent-ils_1694

      Vu la taille du morceau, très teinté brun, j’ai fais une publication spécifique de l’analyse complète de ces profils : https://seenthis.net/messages/738886

      et sinon, @mad_meg la video marche très bien si on clique sur le lien, je sais pas pourquoi la vignette déconne... et non, justement, ça n’est pas civitas, mais juste des braves gens...

    • Des gilets jaunes à ceux qui voient rouge
      https://agitationautonome.com/2018/11/22/des-gilets-jaunes-a-ceux-qui-voient-rouge

      La diversité des gilets jaunes selon les points de mobilisation a permis à tout un chacun d’y apposer son petit drapeau idéologique en ne retenant que ce qui l’arrange. Ainsi l’Action Française, le Bastion Social (ex-GUD), le Rassemblement National, Les Républicains mais aussi la France Insoumise, divers groupes trotskistes du NPA à Lutte Ouvrière, ou même des anarchistes partis répandre la bonne parole ont tous pu prétendre à la victoire et se galvaniser de la réussite toute relative de cette journée d’actions du 17 novembre – rappelons que 250 000 manifestants dans toute la France, c’est considéré comme une défaite lors d’une mobilisation syndicale, et encore ici ils ne font même pas grève.

      Quoi qu’en disent certains manifestants isolés exprimant leur ras-le-bol de façon désordonnée à des caméras en quête de déclarations choc, le mouvement s’est construit autour d’un discours poujadiste de protestation contre « les taxes » et « les impôts » qui « étouffent le peuple », ce qui est loin d’être un combat de classe (et contrairement à ce qui est avancé, près de 70 % de la hausse du prix vient des fluctuations du cours du pétrole et non pas d’une politique délibérée de l’Etat).

    • Deux sociologues dans les beaux quartiers avec les gilets jaunes
      https://www.humanite.fr/deux-sociologues-dans-les-beaux-quartiers-avec-les-gilets-jaunes-664163

      En ce samedi 24 novembre 2018, nous partons rejoindre le mouvement des gilets jaunes pour nous faire notre propre opinion. Nous pressentons que l’instrumentalisation de l’extrême droite est une manipulation de plus pour discréditer la colère des « gueux », pour reprendre une expression souvent employée par des manifestants qui se sentent dépouillés non seulement financièrement, mais jusque dans leur humanité même. Le mépris et l’arrogance d’Emmanuel Macron reviendront plus souvent dans les témoignages que nous avons recueillis que la hausse des taxes sur le carburant. Cette hausse est en réalité le déclencheur d’une colère beaucoup plus profonde, qui réunit les hommes et les femmes dans une révolte dont ils savent parler. Ils contestent la légitimité d’Emmanuel Macron à l’Élysée, son élection n’étant que le résultat du pouvoir de l’argent sur le monde politique : « Nous ne sommes pas dans une démocratie mais dans une dictature ! » « Nous allons faire en sorte que Macron ne puisse plus se présenter comme le chef du monde libre et de la démocratie. » « Plus rien n’est cohérent, on ne peut plus faire de projets. » Quant aux violences commises, notamment sur les Champs-Élysées, elles sont « la réponse à la violence de l’oppression que nous subissons chaque jour ».

      « C’est nous qui vous engraissons »
      Les gilets jaunes choisissent de manifester dans les beaux quartiers, de façon visible, avec ce jaune fluorescent comme symbole de leur chaleureuse détermination à renverser les rapports de forces, puisque « c’est nous qui vous engraissons : rendez-nous notre pognon ! », comme ils l’ont dit aux clients du restaurant de l’Avenue, à l’angle de la rue de Marignan et de l’avenue Montaigne, juste en face de chez Dior. La préfecture de police voulait les cantonner au Champ-de-Mars, qu’ils ont boudé tout au long de la journée au bénéfice des lieux de pouvoir, le plus près possible de l’Élysée.

      Pour nous deux, la confrontation entre les gilets jaunes et les clients chics de ce restaurant cher du 8e arrondissement a constitué un moment d’observation sociologique exceptionnel. Poussés par les gaz lacrymogènes, les bombes assourdissantes et les canons à eau, nous avons fui par la rue de Marignan avec le slogan repris en chœur : « Macron démission ! » Il est aux environs de 13 heures et la terrasse du restaurant de l’Avenue est pleine à craquer d’hommes et de femmes des beaux quartiers qui portent sur leur corps et leur tenue vestimentaire la douceur et la richesse d’une vie quotidienne embaumée par les pétales de roses. Les gilets jaunes encerclent la terrasse avec leur corps malmené par des conditions de vie difficiles, et ce fameux gilet jaune, symbole du prolétariat et des gagne-petit. Il n’y aura aucune violence physique mais les paroles seront franches dans cette confrontation de classe entre les premiers et les derniers de cordée. « Profitez-en, cela ne va pas durer », « Picolez car vous n’allez pas rire longtemps ! » Les femmes minces et élégantes et leurs maris en costume croisé se lèvent peu à peu pour se réfugier à l’intérieur du restaurant, « Ah bon ! alors on vous dérange ? » demande un gilet jaune. Qu’à cela ne tienne, les manifestants se collent aux baies vitrées et poursuivent leurs invectives de classe : « L’ISF pour les bourgeois ! », « Ils sont en train de bouffer notre pognon ! » C’en est trop, les clients du restaurant ferment alors les rideaux. « Ah ! vous ne voulez plus voir les gueux ? » Ceux-ci se sont peu à peu éloignés pour manifester toujours et encore leur colère.

      Colère de classe contre assurance de classe
      Nous avons été frappés par le calme des grands bourgeois et surtout par leur détermination à déjeuner dans ce restaurant, le lieu où ils avaient décidé de retrouver leurs amis et où ils avaient réservé leur table, dans un entre-soi qu’ils savaient au fond d’eux-mêmes garanti par les forces de l’ordre. Au point même que, vers 13 h 30, quelques clients faisaient la queue à l’extérieur en attendant de pouvoir bénéficier d’une table à l’intérieur. Ils ont affiché une assurance de classe qui ne doit pas présenter de faille, tant que leur vie n’est pas en danger.

      Nous avons été surpris par la reconnaissance de notre travail sur la violence des riches : « Vous avez mis des mots sur notre souffrance et tout ce que vous dites, c’est la vérité ! », « Vous êtes vraiment nos porte-voix ! » Nous avons fait des selfies, il y a eu des embrassades amicales, nous avons échangé et longuement discuté avec les personnes qui nous ont reconnus et abordés. Avant de partir pour le salon du livre de Radio France à la Maison de la radio dans le 16e arrondissement, nous avons rencontré un militant de la fédération CGT des dockers qui leur a conseillé « de rallier les gilets jaunes pour participer à ce mouvement », en disant qu’il « fallait savoir prendre le train en marche pour l’orienter et le soutenir dans ses aspects de confrontation entre les intérêts du capital et ceux du travail ».

      Notre témoignage sûrement incomplet ne se veut pas une analyse péremptoire de ce mouvement des gilets jaunes. Il s’agit plutôt d’attirer l’attention sur les processus de stigmatisation qui ont été mis en œuvre dès le départ afin de masquer une colère de classe en casse séditieuse d’extrême droite. Lorsque nous sommes arrivés à Radio France, la fouille de nos sacs à dos a révélé la présence de nos deux gilets jaunes, dont nous avons dû nous séparer le temps de nos dédicaces mais que nous avons récupérés à la sortie. Nous avons été accueillis par de nouveaux gilets jaunes nous annonçant leur volonté de s’en prendre aux médias publics. Ils avaient le projet d’occuper le lendemain, dimanche 25 novembre, l’esplanade devant France Télévisions.

      Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.

    • Une compilation d’articles pour réfléchir autour de ce mouvement populaire ambivalent et clivant.

      Est-il possible de poser un angle de lutte de classe au sein de ce mouvement ?
      Y-a-t-il possibilité de diffuser au sein de ce mouvement des problématiques autour du genre ou des questions de racisme ?
      Comment ?
      Quels avantages le camp de l’émancipation peut-il tirer de ce moment ?
      Les fachos ont-ils déjà pris le contrôle ?
      Est-il possible de les isoler politiquement au sein du mouvement ?
      Doit-on abandonner tout espoir d’influer positivement sur le cours de ce mouvement ?
      Doit-on le combattre ?
      Comment ?


      https://bourrasque-info.org/spip.php?article1261

    • LE TEXTE que j’attendais : Gilets jaunes : questions pour ceux qui cherchent des alliances : https://carbureblog.com/2018/11/27/gilets-jaunes-questions-pour-ceux-qui-cherchent-des-alliances
      Lecture audio chez @karacole : https://archive.org/details/GiletsJaunes


      Merci @arnoferrat pour le repérage !

      /.../ Et qui va sortir gagnant de cette alliance ? Est-ce que la lutte des classes, c’est seulement entre le « peuple » et le pouvoir ? Est-ce que l’interclassisme ça n’est pas aussi une lutte des classes dans leurs alliances même ? Est-ce que le problème c’est Macron ? Est-ce qu’il faut « dégager Macron » et refaire des élections ? Et dans ce cas qui sera élu à sa place ? Est-ce que les quartiers populaires ont quelque chose à y gagner ? Est-ce que la France blanche-d’en-bas a quelque chose à y gagner ? Est-ce que les plus pauvres ont quelque chose à y gagner ? Pourquoi quand les quartiers manifestent leur colère il y a couvre-feu, alors que quand la France blanche-d’en-bas le fait elle est reçue dans les ministères ? Est-ce qu’on a jamais demandé aux émeutiers de 2005 de se choisir des représentants ? Est-ce qu’il y a seulement entre les quartiers et la France blanche-d’en-bas de l’incompréhension et de vagues préjugés hérités de la colonisation ? /.../


  • je fais passer ce message, dont l’objet est de consolider le boulot largement entamé et fructeux à Tarnac :

    TARNAC : Participez au rachat du Magasin Général-Club Communal

    Vous connaissez sûrement le « MAGASIN GÉNÉRAL DE TARNAC », vous êtes des habitués de ce lieu, vous êtes venus y jouer ou y présenter un livre, vous y êtes passés par hasard, pour manger, boire un coup, rencontrer les amis que vous ne connaissiez pas encore, ou encore vous en avez entendu parler et n’avez pas encore eu l’occasion d’y passer…

    C’est en septembre 2007, que l’épicerie-bar historique du village
    est devenue le « MAGASIN GÉNÉRAL DE TARNAC ». Rendez-vous quotidien pour nombre d’habitants du bourg et des alentours et tout un tas de personnes complices venues régulièrement du monde entier. C’est à la fois un espace de vie quotidienne, et un espace d’activités pour toutes celles et ceux qui cherchent à s’organiser collectivement sur la commune de Tarnac et au-delà. Le Magasin Général-Club Communal est un endroit de rencontre et de réflexion permanent à la fois enraciné et soucieux du monde.

    POUR POUVOIR NOUS LANCER DANS LA RÉNOVATION, LE RÉAMÉNAGEMENT ET LA MISE AUX NORMES DES LIEUX, NOUS ALLONS RACHETER, APRÈS 11 ANS DE LOCATION-GÉRANCE, LE BÂTIMENT QUI ABRITE LE MAGASIN GÉNÉRAL DE TARNAC, SOUS LA FORME D’UNE SOCIÉTÉ CIVILE IMMOBILIÈRE DÉNOMMÉE « SCI CLUB COMMUNAL ». Pour payer la première tranche qui rendra l’acquisition définitive (avant décembre) nous lançons un appel à dons via un site de crowdfunding dont voici le lien :

    https://www.ulule.com/magasin-general-tarnac

    Même si vous ne pouvez pas contribuer, n’hésitez pas à faire
    circuler autour de vous …


  • Pamela Anderson déçue d’Adil Rami : elle ne veut plus vivre à Marseille
    https://www.voici.fr/news-people/actu-people/pamela-anderson-decue-dadil-rami-elle-ne-veut-plus-vivre-a-marseille-649519

    Ami très intime de l’actrice, le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, ne serait « pas un fan d’Adil » et essaierait même de lui trouver un nouveau compagnon : « Il a présenté Pamela au philosophe croate Srecko Horvat ». L’activiste, qui aurait tenté de séduire Pamela Anderson avant sa rencontre avec le footballeur, préfèrerait la voir avec « quelqu’un d’intelligent et d’intéressant ».

    #wtf


  • http://www.liberation.fr/debats/2018/07/23/benalla-ou-la-persistance-d-une-archaique-police-d-etat_1668242

    L’affaire Benalla semble tourner à l’affaire d’État, trois hauts responsables de la Préfecture de Police sont suspendus, un autre est accusé d’avoir laissé faire, et la presse évoque jusqu’à l’hypothèse de la démission du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui aurait délibérément couvert le conseiller d’Emmanuel Macron. Néanmoins, il serait triste que ce buzz fasse passer à côté de l’essentiel : l’idée que les gouvernements français successifs et la haute hiérarchie policière se font du rôle et des missions de la police.
    « Quand l’Elysée demande, on exécute »

    Si cette affaire existe, c’est évidemment grâce à l’acharnement, qu’il faut saluer, d’une génération de journalistes qui a compris que la révérence envers le pouvoir, qui a longtemps caractérisé la presse française, mettait en péril la démocratie elle-même. Dans plusieurs médias, il est intéressant de remarquer que ce sont plus souvent des femmes, parfois jeunes journalistes, qui portent cette petite révolution, sur le sujet des migrants et de la crise de l’accueil, sur celui des minorités de genre ou raciales, ou encore sur les affaires concernant la police. Au-delà, s’il a été possible qu’Alexandre Benalla commette les gestes violents que chacun·e a pu voir ces jours-ci, c’est parce qu’au sein de l’ensemble du gouvernement, à l’Élysée, comme dans l’état-major de la préfecture de police, l’idée la plus commune est que le rôle de la police est de protéger l’Etat, c’est-à-dire le pouvoir et ses intérêts. Rien d’étonnant alors à ce que Jean-Paul Megret, secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police, interrogé par Le Monde (1) déclare sans façon : « Quand l’Elysée demande, on exécute. »

    Disons d’emblée qu’il ne s’agit ici ni de mettre en cause ni de dédouaner les policier·e·s de terrain, dont certains commettent des violences illégitimes et parfois très graves, notamment en banlieue. Simplement dans cette affaire, ils ne sont pas concerné·e·s, la « bavure » a eu lieu à un tout autre niveau. Mais les agent·e·s de terrain et leurs commandants locaux sont-ils vraiment concernés dans les autres cas, lorsqu’un·e adolescent·e des cités, généralement racisé·e, perd un œil ou même la vie ? Sont-ils et elles responsables de leurs missions, des doctrines d’emploi de leurs armes, des modalités de leurs interventions, de la faiblesse de leur formation, des cibles qui leur sont désignées (les jeunes de banlieues qui traînent, les migrant·e·s, les manifestant·e·s…), ou même de leur sous-effectif chronique ?

    Les policier·e·s et gendarmes sont des citoyen·ne·s qui ont le droit comme tous les autres d’avoir leurs opinions, et il n’y a rien de surprenant à ce qu’ils et elles préfèrent majoritairement des partis qui valorisent l’ordre et la discipline. Ce qui compte est à qui ils obéissent. Il y a des flics de gauche, femmes, homosexuel·les ou racisé·e·s, sans que ça ne change profondément la situation, quand bien même ce serait le ou la commissaire, car sa hiérarchie ne lui délègue pas le pouvoir ni les moyens de faire la police vraiment autrement, hormis mettre un peu l’accent sur la prévention ou l’amélioration des relations police-population. L’inquiétude en revanche est légitime, en l’état actuel, sur ce que feraient la police et la gendarmerie dans l’hypothèse de l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite.
    Travail inefficace

    Allons plus loin : policier·e·s, gendarmes et simples citoyen·ne·s sont ensemble victimes de la façon archaïque de faire police en France. Les jeunes agent·e·s s’engage pour défendre leurs concitoyen·ne·s, c’est à dire pour être la police de la nation, au service de la nation. Mais les voilà rapidement contraints de faire la police de l’État, contre la population en maintien de l’ordre, contre des personnes faibles mais jugées indésirables par l’État, migrants ou prostitué·e·s, contre une partie de la jeunesse populaire dans les cités. En retour de ces missions non choisies, ils et elles subissent l’hostilité de larges segments de la population, tandis que la majorité des Français·es les soutient.

    Car évidemment, les Français·es de tous âges, origines ou territoires, souhaitent une police qui les protège – sans pourtant les estimer –, jugeant leur travail largement inefficace, ce qui est juste en matière de lutte contre la délinquance du quotidien : qui croit une seconde que la police va retrouver le smartphone, la voiture ou les bijoux qu’on s’est fait voler, ou qu’elle va défendre efficacement une femme victime de violence domestiques ? Ces sujets qui devraient concerner au premier chef une police (au service) de la nation n’intéressent naturellement pas la hiérarchie policière française, dédiée au seul service du pouvoir, et pas plus les ministres de l’Intérieur qui se sont succédé depuis les années 1980 au moins. Au commissariat de Saint-Denis (93), il y a une cellule anti-cambriolage. Les enquêteurs qui l’animent savent bien qu’un cambriolage est extrêmement traumatisant, sans doute plus encore pour les victimes des classes populaires qui perdent le peu qu’elles avaient ; mais chacun d’eux a actuellement 300 dossiers. Trois cents !
    La préfecture de police, véritable Etat dans l’Etat

    Pour tirer quelque chose d’utile de ce que mettent en lumière les lamentables exactions du lamentable Alexandre Benalla, il faut donc orienter de façon radicalement différente la politique d’emploi de la police nationale et de la gendarmerie, et mettre au pas leurs hautes hiérarchies pour que leur action redevienne conforme aux attentes de la population comme des agent·e·s. Il y aura là de puissantes résistances à briser, n’en doutons pas, tant il y a de privilèges à défendre… Il est pourtant urgent de rendre les services de police au service de la nation, et non de l’État. Quelques mesures sont pour cela indispensables.

    Démanteler la préfecture de police, véritable Etat dans l’Etat, serait le tout premier pas. Au XXIe siècle, la police spéciale de la capitale, de tout temps pensée pour réprimer les insurrections parisiennes et désormais étendue à sa proche banlieue, n’a plus lieu d’être. Le pouvoir policier est plus sain lorsqu’il est partagé, entre le maire élu, le préfet, et l’administration. Mais l’essentiel est de remettre au tout premier plan la mission de police judiciaire : l’enquête, à rebours de la valorisation du seul flagrant-délit et de la police de rue, depuis Nicolas Sarkozy, ou des dénonciations aujourd’hui à la mode de la « paperasserie » que représenterait la procédure pénale en particulier. Les règles de la procédure pénale sont aussi importantes en démocratie que celles qui régissent les élections, car il y est question de libertés fondamentales. Pour redonner les honneurs à la police judiciaire, il faut briser le pouvoir exorbitant du ministère de l’Intérieur, qu’il s’agisse de la strate politique (le ministre et son cabinet) ou de la strate administrative (les directeurs généraux).
    Modèle britannique

    Une solution radicale, mais pourtant souhaitable, serait de la création d’une police judiciaire distincte, formellement rattachée au ministère de la justice comme l’est le FBI américain par exemple (tandis qu’au Royaume-Uni, le National Crime Agency est une autorité indépendante de tout ministère, les polices locales dépendant des police and crime commissioners, qui sont des élus locaux), et confier l’autorité sur cette police judiciaire à un procureur de la nation, nommé par le gouvernement pour un mandat unique et non révocable parmi les procureurs de la République, afin de garantir totalement son indépendance. Par délégation, les chefs des parquets dirigeraient dans les territoires cette police d’enquête. Elle devrait naturellement inclure les services de renseignement, dont l’objectif serait alors enfin clairement de prévenir les crimes et délits, notamment terroristes, et de les judiciariser, et non de défendre les secrets d’Etat. À côté subsisterait une police administrative, chargée notamment de la protection des institutions et du maintien de l’ordre. Devrait-elle relever d’un ministère, ou plutôt des Métropoles ou des régions ? La compétence sur cette police administrative pourrait sans doute utilement être partagée entre les pouvoirs centraux et décentralisés.

    Ceci nous rapprocherait du modèle britannique où, rappelons-le, les bobbies ne sont pas armés lors d’une simple patrouille, et permettrait aux élus locaux de négocier avec le gouvernement et sous le contrôle du pouvoir judiciaire une politique locale de sécurité, éventuellement fondée sur la prévention, le community policing ou police de proximité, la prévention situationnelle ou encore la désescalade, toutes stratégies qui ont fait leurs preuves ailleurs. Car l’un des éléments clefs d’une telle réforme, c’est que la police judiciaire enfin organiquement séparée de la police d’ordre public pourrait sérieusement enquêter sur les agissements qui pourraient être reprochés à cette dernière. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, puisqu’il n’y a qu’une police, depuis le rattachement de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur à l’initiative de Nicolas Sarkozy, et cette police n’est pas au service de la Justice mais du gouvernement. Il s’agirait donc de garantir enfin l’indépendance de la Justice et du Parquet en particulier à l’égard… de la police autant que du politique !

    Bref, ce que l’affaire Benalla expose au grand jour, c’est qu’en matière de police, le problème c’est la privatisation des forces de police par l’Etat central, incarné dans l’alliance entre la haute hiérarchie policière et gendarmesque et les politiques. En démocratie, la police devrait plutôt obéir à des magistrats qu’au gouvernement ; les citoyen·ne·s quant à elles et eux sont légitimes à débattre de la politique d’emploi de la police et de ses méthodes, et tant que leurs actes ne constituent pas une menace sur la sécurité d’autrui, ils et elles n’ont pas à risquer une répression violente pour avoir refusé de lui obéir. Deux ans après le décès d’Adama Traoré dans la cour de la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise, sa sœur Assa Traoré, sa famille, ses proches et des milliers de citoyens rassemblés samedi 21 juillet pour exiger que la justice progresse, une pancarte affichait : « l’Etat protège les Benalla, nous on veut sauver les Adama. »

    (1) https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/07/21/affaire-benalla-ce-ne-sont-pas-des-barbouzes-qui-doivent-assurer-la-securite
    Jérémy Robine Maître de conférences à l’Institut français de géopolitique (IFG), université Paris-VIII


  • Antivirus scan for 1e3560602974c3852bfefc72dc7071b513f1b3e681c823aa82e770eb99a312a3 at 2018-06-14 11:09:11 UTC - VirusTotal
    https://www.virustotal.com/de/file/1e3560602974c3852bfefc72dc7071b513f1b3e681c823aa82e770eb99a312a3/analysis


    Je viens de recevoir Rechnung-04-241.doc dans un mail qui prétend contenir une facture. Allons voir ....

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    Dateiname: Unsere-Rechnung#083-914-0732-54.doc
    Erkennungsrate: 16 / 59
    Analyse-Datum: 2018-06-14 11:09:11 UTC ( vor 30 Minuten )

    Bingo, ce fichier contient ...

    Arcabit HEUR.VBA.Trojan.e 20180614
    Baidu VBA.Trojan-Downloader.Agent.czz 20180614
    Fortinet VBA/Agent.A7D0!tr.dldr 20180614
    Ikarus Trojan-Downloader.VBA.Agent 20180614
    K7AntiVirus Trojan ( 0053456c1 ) 20180614
    K7GW Trojan ( 0053456c1 ) 20180614
    McAfee W97M/Downloader.cqc 20180614
    McAfee-GW-Edition BehavesLike.Downloader.cl 20180613
    Microsoft Trojan:Script/Cloxer.D!cl 20180614
    NANO-Antivirus Trojan.Ole2.Vbs-heuristic.druvzi 20180614
    Qihoo-360 virus.office.qexvmc.1095 20180614
    Symantec ISB.Downloader!gen80 20180614
    TACHYON Suspicious/W97M.Obfus.Gen 20180614
    Tencent Heur.Macro.Generic.Gen.f 20180614
    TrendMicro HEUR_VBA.O.ELBP 20180614
    Zoner Probably W97Obfuscated

    Si ja l’avais ouvert sous Microsoft Windows avec leur logiciel de traitement de texte standard mon écran aurait affiché de jolis messages du style ...

    Heureusement je n’utilise les deux que pour tester des failles de sécurité. Ouf.

    #virus #sécurité #Microsoft


  • Une référence historique de #Montpellier, c’est Jean-Jacques-Régis de Cambacérès.

    Connu pour être l’un des principaux artisans du Code civil (France) :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_civil_(France)

    En 1793, 1794 et 1796, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès présenta successivement trois projets de Code civil qui échouèrent devant les assemblées révolutionnaires :

    Le 25 juin 1793, la Convention décréta que le comité de législation lui présenterait un projet de Code civil dans un mois. Toutefois, la discussion, engagée par un rapport de Cambacérès le 9 août, fut abandonnée en novembre après l’adoption de quelques articles, le projet étant renvoyé à une commission de six « philosophes » chargés de « purger » le code des préjugés des hommes de loi2.
    Puis, conformément au décret du 27 germinal an II (16 avril 1794), la Convention élit le 3 floréal (22 avril 1794) une commission parlementaire composée de Cambacérès, Couthon et Merlin de Douai (Cambacérès et Merlin appartenant l’un et l’autre au comité de législation) et « chargée de rédiger en un code succinct et complet les lois qui ont été rendues jusqu’à ce jour, en supprimant celles qui sont devenues confuses »3. Le 23 fructidor an II (9 septembre 1794), Cambacérès présenta un rapport sur le second projet de code, composé de 297 articles, qui conservait les grandes lignes du précédent projet, au nom du comité de législation. En frimaire an III (décembre 1794), la Convention adopta les dix premiers articles, puis la discussion s’enlisa sur le droit des enfants naturels. Au bout du compte, en fructidor an III (septembre 1795), l’examen du code fut renvoyé devant une commission chargée de « réviser et coordonner » les articles adoptés durant les diverses discussions, enterrant le second projet.
    Enfin, à la fin de 1795, une commission de classification des lois, présidée par Cambacérès, fut élue ; Jean-Étienne-Marie Portalis en était membre. En messidor an IV (juillet 1796), un troisième projet, plus complet, avec 1 104 articles, fut présenté. Après une intervention de Cambacérès à la tribune le 26 août 1796, un ordre de discussion fut adopté en l’an V et quelques articles adoptés, avant l’ajournement du débat en ventôse (mars 1797)4.
    En fait, le Code civil uniforme était déjà presque entièrement rédigé à l’arrivée de Bonaparte au pouvoir (Coup d’État du 18 brumaire), mais les turbulences révolutionnaires n’avaient pas permis de valider le texte rédigé par Cambacérès.

    Le régime du Consulat ayant enfin apporté à partir de 1799-1800 une certaine stabilité politique, le contexte était propice à la mise en forme effective de la codification du droit civil :

    Bonaparte possédait la volonté d’un grand chef d’État, volonté d’unification politique et de puissance de l’État qui implique l’unification du droit,
    la Révolution de 1789 a « contribué » au renouvellement des idées,
    la nécessité de concrétiser le règne de la Loi semblait un impératif,
    sur le fond, après dix années de Révolution, les Français aspiraient à la paix sociale et à la stabilité,
    Bonaparte désirait en outre garantir un minimum de libertés civiles au citoyen.

    Jacques, marquis de Maleville (1741-1824), président du tribunal de cassation, Auguste Gaspard, baron Boucher-Desnoyers (1779-1857), huile sur toile (1re moitié xixe siècle), Musée de l’Histoire de France (Versailles).
    On peut voir derrière le magistrat un volume du « Code Napoléon ».
    Ce fut le 14 août 1800 que le Premier consul désigna une commission de quatre éminents juristes : François Denis Tronchet, Félix Julien Jean Bigot de Préameneu, Jean-Étienne-Marie Portalis et Jacques de Maleville pour rédiger le projet de « Code civil des Français », sous la direction de Cambacérès.

    Il est désormais également revendiqué par la municipalité de Montpellier pour son homosexualité (c’est un aspect important de l’image de la ville) :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques-R%C3%A9gis_de_Cambac%C3%A9r%C3%A8s#cite_note-13

    L’hypothèse de son homosexualité et de son attirance pour les jeunes garçons repose sur des anecdotes et des allusions satiriques ; ainsi, on rapporte qu’alors que Cambacérès arrivait en retard, disant à l’empereur qu’il avait été retenu par des dames, Napoléon aurait eu ce bon mot : « Quand on a rendez-vous avec l’Empereur, on dit à ces dames de prendre leurs cannes et leurs chapeaux et de foutre le camp. » On cite aussi l’anecdote selon laquelle Talleyrand, voyant passer les trois consuls Bonaparte, Cambacérès et Lebrun, les nomma hic, haec, hoc (en latin : celui-ci, celle-là, ça), faisant référence à l’homosexualité de Cambacérès et à l’insignifiance de Lebrun7. Dans une pièce satirique parue en 18158, Cambacérès ne reconnait pas un jeune homme. « Allons, dit Napoléon à ce dernier, retournez-vous, que son altesse sérénissime vous reconnaisse. » Selon Frédéric Martel, il avait reçu le sobriquet de Tante Turlurette9. Pour des biographes comme Chatel de Brancion, cette réputation serait due à ses nombreux ennemis politiques qui avaient trouvé ce moyen pour l’atteindre à partir de sa situation de célibataire10.


  • Origine et nature du patriarcat - une vision féministe, par Nadia de Mond | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/130717/origine-et-nature-du-patriarcat-une-vision-feministe-par-nadia-de-mo

    Cet article est la transcription de l’exposé donné par Nadia De Mond lors de l’École Écosocialiste de novembre-décembre 2012 à l’IIRE. L’oppression des femmes y est discutée sur la base d’une analyse marxiste et féministe. La dernière partie parle des minorités sexuelles et des développements récents concernant les identités sexuelles.


    (Femme sapiens (reconstitution) | Musée des Confluences)

    1ère PARTIE : L’origine de la subordination des femmes

    Les réactionnaires (et une majorité de l’opinion publique) disent : « C’est dans la nature ; ça a toujours été comme ça ». « Les différences biologiques, indéniables, mènent automatiquement à des différences sociales, culturelles et donc à une hiérarchie entre les sexes. » ou encore « La force musculaire majeure de l’homme l’amène à la domination. »

    A cela nous, en tant que matérialistes historiques, répondons facilement

    1) Que la force masculine est très relative et dépend du contexte, de l’entrainement, de la nourriture etc.

    2) Que dans nos sociétés actuelles la force physique est totalement secondaire pour la satisfaction des besoins par rapport aux technologies utilisées.

    Si par contre on veut renvoyer aux origines de l’humanité alors il faut vraiment étudier la préhistoire et ne pas se baser sur des mythes comme « l’homme en tant que chasseur » qui aurait développé des caractéristiques physiques mais aussi psychologiques de suprématie comme tels que l’agressivité, l’astuce, la planification stratégique etc.

    Allons donc voir les œuvres de base en nous posant la question : est-ce que la domination masculine a toujours existé ?

    Dans la littérature marxiste on renvoie à une œuvre classique écrite par Engels à la fin du 19e siècle, « L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat »1 (basée sur des discussions avec, et des notes de Marx – qui n’a plus eu l’occasion de les systématiser).

    Engels n’est pas d’accord avec l’idée que l’inégalité (l’oppression, l’exploitation) entre les personnes a toujours existée. Sur la base des premières études ethnologiques, notamment de

    1 Friedrich Engels, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat, 1891 1

    IIRE Working Paper no 34 Origine et nature du patriarcat – Nadia DE MOND

    Lewis H. Morgan, Engels part de l’hypothèse de l’existence d’une société primitive égalitaire, communautaire, sans classes, qu’il appelle « communisme primitif » où la position des femmes n’était pas subordonnée aux hommes. Il pense au contraire, que ces sociétés étaient des matriarcats. Les femmes constituaient les noyaux stables des clans, la descendance était déterminée par elles. En conséquence, elles avaient beaucoup de pouvoir et jouissaient d’une grande considération de la part des hommes.

    Les études anthropologiques suivantes ont démontré que ceci était une erreur. On ne peut pas parler de sociétés matriarcales, mais bien matrilinéaires – où la descendance était déterminée par les femmes – et souvent matrilocales – où ce sont les hommes qui se déplacent chez les femmes quand ils s’unissent. De toute façon il s’agit de sociétés plus égalitaires.

    On ne peut parler d’un véritable matriarcat que si les hommes sont subordonnés aux femmes, pas seulement quand elles ont un rôle important dans la division du travail, dans l’économie domestique ou dans la prise de décisions concernant le ménage (comme par exemple encore maintenant chez les Moso en Chine2), mais quand leur pouvoir inclut le domaine public et celui des relations extérieures ; quand elles prennent des décisions essentielles pour la communauté y compris le pouvoir de normer et de contrôler le comportement sexuel des hommes. Cela entraine aussi le pouvoir de définir des valeurs et des systèmes symboliques d’explication.

    De cela on n’a pas de preuves dans aucune société existante ou passée. Donc là Engels s’est trompé.

    Mais ce qui est important, c’est la méthode qu’il a utilisée.

    D’abord le fait de lier la position des femmes au contexte matériel, économique et social, à la division sexuelle du travail et à la contribution de chaque sexe à l’alimentation de la tribu.

    Ensuite, et ceci est tout à fait pertinent, le fait d’avoir reconnu la reproduction biologique et sociale comme un facteur, un enjeu, tout aussi important que la production matérielle.

    Parenthèse : c’est un débat tout à fait actuel dans le féminisme et dans les écoles de matérialisme dialectique qui reconsidèrent maintenant la valeur du travail de production et de reproduction dans le troisième âge du capitalisme.

    Enfin, une autre prise de position originale pour son temps : l’identification de la famille monogame actuelle comme noyau de l’oppression des femmes dont il déduit la nécessité de la dépasser.

    pas encore lu


  • Rêve
    D’apnées
    Heureuses !

    Faute de pain frais
    Il fait froid, pas envie de m’habiller
    Des biscottes font l’affaire, souvenir paternel

    Je remonte dans ma chambre
    Café en main
    Prêt à en découdre

    http://www.desordre.net/musique/tom_waits.mp3

    Tom Waits
    Me tient compagnie
    God’s away on business

    Les aubes paresseuses
    De l’hiver sont excellentes
    Pour ma concentration

    Le sentiment
    Que le jour ne se lève pas
    Mon écriture est anormalement fluide !

    Une demi-douzaine
    De pages
    Sans effort, presque

    Longue conversation
    Téléphonique avec Julia
    Une heure et dix-sept minutes !

    Coquillettes au beurre
    Je suis allé vérifier la recette
    Dans Une Fuite en Égypte

    Café
    Sieste
    Métropolitain

    Vers la gare Saint-Lazare
    Je suis accosté par une très belle femme
    B. ! Comme moi en avance

    Nous prenons un café
    Au Mistral
    La serveuse a l’accent du Ch’Nord

    Les idées si souvent surprenantes de B.
    Allons à la chapelle exutoire de Louis XVI
    Visiter l’exposition de Simone Pheulpin

    Les sculptures de Simone Pheulpin
    Surprennent à tant d’égards
    Et cachent une mine d’épingles

    La chapelle exutoire de Louis XVI
    Drôle d’endroit pour une exposition
    Drôle d’endroit tout court

    On marche d’un bon pas
    Jusqu’au Jeu de paume
    Pour les vidéos d’Ali Kazma

    Découverte d’un travail très singulier
    À la fois formel, plastique, narratif
    Et finalement documentaire : beau surtout

    Ali Kazma va chercher la beauté
    Partout, tout simplement partout
    Et il la trouve ! Et la souligne

    Dans un même regard
    On peut voir la neige tomber
    Dans une cour de prison et

    Dans un même regard
    On peut voir deux robots
    Tentant d’interagir et

    Dans un même regard
    On peut voir une patiente
    Se faire opérer du cerveau, consciente

    Et, dans ce même regard
    On peut voir des étudiants de médecine
    Suivre un cours d’anatomie et disséquer un homme

    Voir
    Une usine
    De verres

    Sur
    Trois
    Écrans

    Un atelier de céramique
    Une usine de pipeline
    Une station polaire abandonnée

    Un clerc qui tamponne très vite
    Un tatoueur
    Un calligraphe lent

    Un taxidermiste au travail
    La sauvegarde des graines du monde
    Une fouille à Bibracte

    La maison d’Alberto Manguel
    Un musée d’avions
    En fait tout un monde

    Un
    Art
    Vidéo

    Tofu frais et poissons séchés
    Riz et beignets de crevettes et de légumes
    Et une immense bouteille de bière japonaise

    On marche jusqu’au palais Garnier
    Regard rapide sur la façade
    Et déjà le temps de se dire au revoir

    Échange de messages
    Dans le métropolitain
    Avec Clément

    http://www.desordre.net/musique/brahem.mp3

    Sitôt arrivé à la maison
    Sitôt première écoute
    Du dernier Anouar Brahem

    Batterie de Jack DeJohnette
    Et contrebasse de Dave Holland
    Django Bates fameux pianiste

    Et toujours
    L’oud
    Tout doux

    #mon_oiseau_bleu


  • Je prends la défense de Léo
    Qui se fait lyncher
    Par le président du club

    Du coup
    Je dois jouer dimanche
    Je pète de trouille

    En passant devant le terrain de rugby
    Zoé fait une excellente imitation
    De l’accent du Sud-Ouest, Petiteuh !

    Je dépose Zoé
    Devant son collège
    Hilares, comme chaque matin

    Je prends les informations
    Louanges du gamin président
    Comme chaque matin, j’éteins

    Aube orgiaque
    Sur l’Est de Montreuil
    Depuis les fenêtres de l’open space

    En relisant
    Mais qu’est-ce que je foutais
    Sur une péniche portugaise ?

    Dernière journée de l’année
    Dans l’open space
    J’expédie les affaires courantes

    Quand je pense que mon bilan
    Annuel est bon
    Jugé excellent même !

    Allons déjeuner dehors
    Tête de mes collègues
    Ben oui c’est mon dernier jour de 2017 !

    Avec Julien
    Nous faisons un sort
    A une bouteille de Chinon

    Soupe de tomates
    Rougets et ratatouille
    Crêpe à la framboise et chocolat blanc

    C’est peu dire
    Que je ne fais pas grand-chose
    De toute l’après-midi, c’est fini !

    C’est la fin de l’année
    La maison porte les stigmates
    D’une sacrée traversée

    Se rappeler
    Qu’une fois de plus
    Arrivés sur l’autre berge

    Je m’allonge
    Un quart d’heure
    Qui dure une demi-heure

    Je descends au métropolitain
    Dans la rame j’envoie
    Des messages à mes trois filles

    Toujours ce décalage
    À l’espace Selmer, entre les cuivres
    Qui brillent et ceux, patinés, des musiciens

    Trio de saxophonistes
    Qui a la particularité
    De ne pas jouer ensemble

    Jean-Luc Guionnet
    Seymour Wright
    Pierre-Antoine Badaroux

    Jean-Luc Guionnet
    Installe le contraste
    Et la tension

    Seymour Wright
    Charpente une musique savante
    Pourtant indomptable

    Pierre-Antoine Badaroux
    S’aventure presque
    Dans des tonalités majeures

    Comme dit un habitué
    Du Tracé provisoire
    On repart avec à manger

    Bref échange avec Lotus
    Je lui dis qu’elle est devenue
    Une référence, un repère, pour Zoé

    Je croise Gilles
    Je le complimente
    Pour le concert de mercredi

    On part boire un coup au bar
    Au zinc échange amical
    De pensées essentielles

    Gilles m’apprend
    Que ce que je décris porte le nom
    En jazz de laid-back. I like that

    Dans le métropolitain du retour
    Je relève les réponses
    De mes trois filles !

    Dans le métropolitain
    Je croise une sosie de Sarah
    Mais très grande, plus grande que moi !

    Je me bricole une soupe
    Avec de la mozarelle
    J’écoute un peu de musique

    Je me couche
    De bonne heure
    De bonne humeur

    #mon_oiseau_bleu


  • Je monte au plomb
    Une revue d’astrologie
    Désordre dans les caractères

    Désordre dans les caractères
    Les signes se mélangent
    Grand désordre dans les astres

    Le désordre dans le salon
    Après la répétition d’hier soir
    Je pousse le vidéo proj pour boire le café

    Un peu de musique
    Et c’est parti
    Je travaille tous azimuts

    Je tente de prendre contact
    Avec les personnes célèbres croisées
    Dans Frôlé par un V1

    Dans ma boîte de réception
    Je reçois des mails
    De musiciens, de quoi faire de beaux trios

    Jean-Luc Guionnet
    Sarah Murcia
    Régïs Boulard

    Chouette échange par mail
    Avec Régïs
    Découverte d’un ami commun

    Mail de B.
    Allons massacrer
    Quelques innocents !

    Ancien sillon
    Ruban Nord
    De la A86

    Sur la pelouse devant le château
    Une famille de quatre personnes
    Se fait prendre en photo

    Et je ris qu’ils ne sont que quatre
    Je pense au gang de mes cousins
    Sur la même pelouse, années 80

    Exposition du massacre des innocents
    De Poussin, le tableau point de départ
    Qui ne trouve pas grâce à nos yeux

    En revanche sa gravure préparatoire
    Toute petite mais grand moment
    De même un tableau plus petit

    Etonnante répétition de ces scènes
    De massacres, ici une tête coupée
    Là une main, des cadavres et tant de beauté !

    L’exposition passe sans souplesse
    Du XVIIIème pompeux, un peu
    Au XXème à Berlin

    Ernest Pignon-Ernest
    Se regarde peindre
    Tellement plus beau in situ

    Picasso convoqué
    Parce que Picasso
    Mais pas vraiment innocents

    Un tout petit tableau de Francis Bacon
    Et c’était presque sur la foi de ce seul nom
    Que nous étions venus : beau malgré tout

    Jérôme Zonder
    Tente un exercice difficile
    Collage pas entièrement réussi

    La partie des jardins anglais
    Du château tellement chaleureuse
    Des arbres en liberté, et quelle !

    Marchant dans les lumières d’automne
    Nous échangeons avec B.
    À propos de la Catalogne

    À peine rentrés nous nous jetons
    Sur le programme de l’Utopia
    Et partons en courant, juste à temps

    Logan Lucky de Steven Soderbergh
    Devrait être remboursé par le CPAM
    Thérapie par le rire tellement efficace

    Les soles de B.
    Gratin de potiron
    Poire

    Belle discussion
    Difficile de s’en aller
    Envie de rester

    Circulation
    Nocturne
    Fluide

    Je rentre à la maison
    Et vais me coucher
    Sans allumer une seule lampe

    Massacres d’innocents
    Logan Lucky
    Soles farinées

    #mon_oiseau_bleu



  • En 1840, Etienne Cabet rêvait un paradis rouge

    http://www.lemonde.fr/festival/article/2017/08/25/en-1840-etienne-cabet-revait-un-paradis-rouge_5176317_4415198.html

    COMME SUR L’ÎLE D’UTOPIE DE THOMAS MORE OU DANS LA CITÉ DU SOLEIL DE CAMPANELLA, RIEN NE SE VEND, RIEN NE S’ACHÈTE : L’USAGE DE LA MONNAIE EST INTERDIT AUX PARTICULIERS

    Il fallait oser. Ecrire un récit de voyage au XIXe siècle, une époque où le genre semble avoir fait long feu, n’a rien d’évident. En ce temps-là, plus personne ne s’assume utopiste – sauf Etienne Cabet, l’auteur de Voyage en Icarie, d’abord paru en 1840 sous le titre de Voyage et aventures de lord William Carisdall en Icarie. Contrairement à la plupart de ses contemporains, cet ancien militant républicain qui a lutté contre la monarchie de Juillet ne craint pas de revendiquer l’héritage du premier utopiste, Thomas More, pour expliquer sa conversion au communisme.

    Alors que Thomas More s’adressait, au XVIe siècle, aux humanistes, le livre d’Etienne Cabet est, lui, à destination des ouvriers. « Il a dans l’idée qu’il faut d’abord remodeler les imaginaires afin de pouvoir transformer le réel », affirme François Jarrige, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Bourgogne. Pour faciliter la lecture de son livre, il choisit de recourir à la forme éprouvée du récit de voyage et il adopte un style simple, sans se perdre dans des analyses austères. A rebours d’un Charles Fourier dont l’écriture est empreinte d’une sécheresse mathématique, il met en œuvre une « stratégie publicitaire », estime encore l’historien.

    Langage des masses

    A la fin de son utopie, Etienne Cabet s’en explique : « Il y a deux manières d’écrire pour le Peuple ; l’une, (…) d’embrouiller et d’obscurcir les choses simples et claires, souvent pour avoir l’air d’être savant ; l’autre, d’éclaircir les choses les plus embrouillées, de faire de la science sans le dire et de tout faire comprendre en employant la langue vulgaire. » Il choisit la deuxième option : parler le langage des masses exige, selon lui, des compromis. « Cabet n’est pas anticlérical mais, dans une société encore très chrétienne, tenir un discours religieux en expliquant que le vrai christianisme est en Icarie vise à gagner le peuple à sa cause sans l’effrayer », poursuit l’historien François Jarrige.

    La mise en scène de Voyage en Icarie sera on ne peut plus classique : parti le 22 décembre 1835, Lord William Carisdall arrive au port de Camiris, sur la côte orientale du pays imaginaire des Marvols. Icarie, dont le nom évoque une île grecque de la mer Egée, en est séparé par un bras de mer qui se traverse en six heures. Dans cette contrée passionnée d’égalité qui ne figure sur aucune carte, seuls sont admis les étrangers parlant la langue icarienne. Très facile à apprendre, elle est destinée à devenir « la langue de toute la terre » : « parfaitement rationnelle, régulière et simple », elle « s’écrit comme elle se parle et se prononce comme elle s’écrit ». Les règles y « sont en très petit nombre, et sans aucune exception » et « tous les mots (…) ont une signification parfaitement définie ».

    Le navigateur débarque dans la ville « neuve et régulière » de Tyrama, avec ses rues « droites, larges et parfaitement propres » qui rappellent au narrateur la rue de Rivoli, à Paris. Tout y est « charmant » – les maisons, les jardins, les fermes, les villages, les coteaux, les enfants… « C’était la plus jolie de toutes les villes que je connaissais », écrit Etienne Cabet, non sans une pointe de naïveté. A l’arrivée de Lord William Carisdall, les autorités du pays lui demandent de s’acquitter de la somme de deux cents guinées : la nation se chargera ensuite de lui fournir ce dont il a besoin pendant ses quatre mois de séjour. Car en Icarie, comme sur l’île d’Utopie de Thomas More ou dans la Cité du soleil de Campanella, rien ne se vend, rien ne s’achète : l’usage de la monnaie est interdit aux particuliers.

    A la pointe de la technologie

    Voyage en Icarie ne fantasme pas un mode de vie simple et champêtre, comme c’est souvent le cas dans le genre utopique. « C’est l’une des premières utopies communistes fondée sur la technique et sur le déploiement de machines », relève François Jarrige. Cabet raconte l’émerveillement de son voyageur. « Nous atteignîmes un grand chemin de fer sur lequel la vapeur nous transporta avec la rapidité du vent ou de l’éclair. » Plus surprenant pour l’époque, les Icariens ont des sous-marins et voyagent en ballon. « Le voyage aérien est non seulement le plus rapide et le plus agréable, mais encore celui qui présente le moins d’accidents et de dangers », pressent l’auteur. Autant dire qu’il préfigure l’avion, inventé à la toute fin du XIXe siècle.

    Ce pays à la pointe de la technologie vit sous le régime d’une démocratie absolue. En Icarie, les deux mille députés qui sont élus pour deux ans sont choisis parmi les citoyens les plus habiles. Le peuple souverain donne mandat à cette représentation nationale. Chargé d’exécuter les décisions du pouvoir législatif, le pouvoir exécutif est quant à lui « comptable, responsable et destituable ». On ne le confie pas à un seul homme mais à un corps qui inclut le président.

    Les citoyens forgent leur sens politique et débattent des affaires publiques dans mille assemblées populaires. On y traite d’importantes questions : « pour jouir plus souvent de la campagne », faut-il travailler sept heures et trente minutes par jour au lieu de sept afin d’avoir un jour de repos tous les cinq jours, et non tous les dix jours ? Dans ce débat, Cabet est en avance sur son temps : en France, les premières réglementations sur la durée du travail des enfants sont adoptées un an après la publication de son livre, en 1841 – la journée de dix heures à Paris et onze heures en province sera, elle, actée en 1848 par le gouvernement provisoire de la République.

    Réseau de disciples

    Davantage propagandiste que philosophe, Etienne Cabet maîtrise à la perfection les outils de la communication politique. Il possède un réseau de disciples dévoués qui compte beaucoup de femmes et d’ouvriers. Organisés autour de son journal, Le Populaire, ils sont présents dès 1846 dans tous les départements français. Cabet désigne en outre des « correspondants » qui récoltent des signatures pour des pétitions et collectent des fonds. Surtout, « ils veillent au respect des principes icariens : la réprobation des sociétés secrètes, le refus absolu de participer aux actes de violence », rappelle François Fourn, docteur en histoire, contributeur du Dictionnaire des utopies (Larousse, 2002).

    La diffusion des idées d’Etienne Cabet est telle qu’avant 1848 la plupart des communistes français sont icariens, constate François Fourn. « Jusqu’à la caricature, [Cabet] donne à son Icarie toutes les apparences d’un incroyable pays de cocagne, d’un paradis terrestre pour les ouvriers », résume-t-il. Cabet souhaite cependant que ce rêve devienne réalité : le 9 mai 1847, il lance un cri enthousiaste dans les colonnes de son journal : « Allons en Icarie ! » Depuis un an, la France est en proie à une crise économique, le communisme fait peur et cet utopiste revendiqué est en mauvaise posture – le pouvoir l’accuse d’être la cause de la moindre émeute et il est lâché par les réformateurs.

    Son appel s’adresse aux Icariens. « Persécutés comme Jésus et ses disciples par de nouveaux Pharisiens, retirons-nous comme eux dans le désert, dans une terre vierge, pure de toute souillure, qui nous offrira tous les trésors de sa fécondité. » Des terres sont achetées aux Etats-Unis et soixante-neuf hommes partent du Havre le 3 février 1848 pour rejoindre le nord du Texas. Trois semaines plus tard, la révolution éclate en France : Cabet y participe mais finit par rejoindre ceux qui ont émigré de l’autre côté de l’Atlantique.

    Là-bas, c’est le fiasco. Mal préparés, les ouvriers qui rêvent d’une république idéale se retrouvent plongés dans des marais. Après avoir marché pendant des semaines et contracté des maladies, ils finissent par battre en retraite et se replier sur La Nouvelle-Orléans (Louisiane). D’autres les rejoignent, sans savoir ce qui les attend. Et, quand Cabet arrive à son tour, il fonde avec les disciples qui n’ont pas baissé les bras la communauté de Nauvoo, une ville située dans l’Illinois. Considéré comme un petit dictateur, il est cependant mis en minorité en 1856. Son rêve américain tourne court puisqu’il meurt la même année.

    Très célèbre de son vivant, plus connu que Proudhon et même que Marx, Etienne Cabet est oublié aussitôt après sa disparition. Au XXe siècle, seuls les communistes de Russie, où son livre est traduit, continuent de s’intéresser à son modèle centralisé et étatiste. Sans doute l’expérience de l’URSS a-t-elle joué en sa défaveur. Mais, par-delà les réinterprétations anachroniques, Etienne Cabet soulève une question toujours d’actualité : il prétend que les machines vont permettre, en remplaçant les ouvriers, de réduire la durée journalière du travail. Près de deux siècles plus tard, le débat sur l’automatisation de l’emploi agite plus que jamais le débat politique.


  • Le Myanmar défie la « communauté internationale » PAR WILL SUMMER le 2 AVRIL 2017 • ( 1 ) - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2017/08/le-myanmar-defie-la-communaute-internationale-par-will-summer-le-2

    Aung San Suu Kyi, dirigeante de facto du Myanmar, a rejeté les appels de l’ONU pour enquêter sur la situation vécue par la soi-disante minorité ethnique Rohingya du pays. Il y a eu une éruption de violence dans la province d’Arakan en octobre 2016, lorsque des terroristes djihadistes ont attaqué un barrage de police le long de la frontière bangladaise, tuant neuf policiers.

    Cet attentat fut imputé à l’Organisation de Solidarité Rohingya (RSO, Rohingya Solidarity Organisation), une organisation terroriste djihadiste pourvue de liens avec l’Arabie Saoudite. Des groupes de défense des droits de l’homme en cheville avec le State Department US ont lancé un appel concerté à la « communauté internationale » pour qu’elle agisse afin de prévenir le « génocide » de la minorité Rohignya, après que les troupes birmanes aient déclenché une opération militaire visant à écraser l’insurrection islamiste. Le Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés (UNHCR) a accusé le gouvernement du Myanmar de génocide, sur les bases des rapports douteux des organisations sus-mentionnées qui possèdent un historique étoffé de diffusion de mensonges et de désinformation, visant à justifier des guerres d’agression grimées en « interventions humanitaires ».

    Le gouvernement birman a nommé une commission pour investiguer les allégations de crimes d’état en province d’Arakan. Le sort des Rohingyas a reçu une couverture médiatique touffue ces dernières années. Les Rohingyas sont en réalité des Musulmans bengalis qui migrent vers l’ancienne province britannique d’Arakan depuis le 19ème siècle, lorsque l’Empire Britannique y installa des propriétaires terriens venant des « Chittagong Hill Tracts » (région montagneuse de Chittagong, au sud-est du Bangladesh) pour cultiver la terre. La province possède bien une histoire islamique glorieuse, remontant au XVème siècle ; mais la population bouddhiste n’est devenue minoritaire dans l’Arakan septentrional qu’au cours des dernières décennies.

    Des milliers de femmes bouddhistes ont été violées et assassinées par des Musulmans bengalis ; de cela, les médias occidentaux ont à peine parlé, voire pas du tout. En lieu et place, l’attention a été portée sur la diabolisation des moines nationalistes qui œuvrent à favoriser un boycott de ce qu’ils perçoivent comme une tentative, menée par les Musulmans bengalis, pour procéder au nettoyage ethnique de la province. Aucune investigation objective des violences ethniques ensanglantant la province n’a été menée par la presse occidentale. Au lieu de cela, les moines nationalistes ont été décrits comme étant « racistes », et de nombreuses vidéos mal traduites et hors de contexte ont été produites pour appuyer ce discours.

    Aung San Suu Kyi a été un atout de l’impérialisme britannique et étasunien depuis le soulèvement 8888 appuyé par la CIA de 1988, qui visait à renverser le régime nationaliste et à installer un dirigeant fantoche favorable à l’Occident à sa place. L’espoir avait toujours été qu’elle ouvre le pays riche en minéraux aux entreprises occidentales. Cependant, la « communauté internationale », c’est-à-dire les USA et leurs états vassaux, a récemment exprimé ses regrets face au rythme jugé lent des réformes économiques dans le pays, depuis qu’elle a été élue pour le diriger en 2015 : Aung San Suu Kyi devait livrer le Myanmar sur un plateau aux intérêts occidentaux, mais jusqu’ici elle n’a pas encore livré la marchandise.

    À la tête de la Ligue Nationale pour la Démocratie, Aung San Suu Kyi semble désormais défier la communauté internationale – en jouant la carte nationaliste. Avec l’Occident en déclin terminal, il est probable que Suu Kyi ait compris que les réels intérêts du pays se situent dans le rapprochement avec la Chine. Terreau de tensions ethniques, la Birmanie pourrait aussi avoir à faire face, entre autres, à une insurrection provoquée par l’État Islamique et l’Armée pour l’Indépendance Kachin. Le pays tient ses premières élections partielles depuis l’avènement d’Aung San Suu Kyi au pouvoir en 2015 et les tensions ethniques sont déjà palpables. Selon des rapports, des activistes du NLD auraient été menacés dans l’État de Shan par l’armée de l’État de Shan. L’Union du Myanmar est fragile et des puissances étrangères pourraient facilement déstabiliser le pays si le NLD choisissait de rejeter l’Occident au profit de la Chine.

    Les Rohingyas ont reçu le soutien du milliardaire des fonds spéculatifs George Soros, dont les Fondations « Open Society » promeuvent un agenda néolibéral vendu sous l’habit de « droits de l’homme » et de « démocratie ». Des défenseurs du récit des Rohingyas ont souligné que l’armée birmane entretient des liens étroits avec Israël, et que la violence à l’encontre de la minorité Rohingya a été attisée par Tel-Aviv. De fait, les militaires birmans ont des rapports étroits avec Israël et des agents israéliens attisent l’islamophobie dans le pays ; mais la Russie et la Chine ont aussi des rapports étroits avec Israël. Cela signifie-t-il que la répression chinoise contre les terroristes ouïghours soutenus par l’Occident, et la guerre en cours de la Russie contre des djihadistes au nord du Caucase font également partie d’une conspiration sioniste ? Allons donc…

    Le conflit au Myanmar est extrêmement complexe mais le récit construit par le complexe militaire/industriel/médiatique/du renseignement/humanitaire imputant tous les problèmes du pays au gouvernement ressemble aux premiers stades de la campagne terroriste appuyée par l’Occident contre la Libye, la Syrie et plusieurs autres pays. Aung San Suu Kyi travaille peut-être toujours pour le compte de ses sponsors occidentaux ou elle a pu choisir de suivre dans les pas de son père, qui avait trahi ses soutiens impérialistes japonais pour suivre une ligne nationaliste.

    Peut-être Aung San Suu Kyi a-t-elle appris une leçon importante pendant ses années sous résidence surveillée, aux mains du régime militaire : le pays ne se développera jamais s’il se vend complètement à la « communauté internationale ». Au cours du siècle chinois il n’y a qu’une ceinture, et qu’une route – One Belt, One Road.

    Plusieurs cercles élitistes d’Europe et des États-Unis appellent à la révocation du Prix Nobel d’Aung San Suu Kyi. Elle est confrontée à un choix clair : expulser toutes les ONGs étrangères et s’orienter plus près de la Chine économiquement et militairement, garantissant ainsi un avenir au pays, ou alors ployer devant la pression néocoloniale occidentale, en cédant du terrain sur le thème des Rohingyas. Si elle opte pour la première option, elle rejoindra Qaddafi et Assad dans la galerie occidentale des affreux. Mais elle peut remporter la guerre si elle campe fermement sur ses positions, et pourrait devenir une bonne candidate pour le Prix Confucius de la Paix – la médaille arborée par ceux qui sont vraiment en pointe, dans la voie de la paix et du développement.

    Source : http://www.gearoidocolmain.org/myanmar-defies-international-community

    Traduit par Lawrence Desforges


  • Comment le terme de « travail sexuel » écrase les victimes | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/06/14/comment-le-terme-de-travail-sexuel-ecrase-les-

    Beaucoup de gens bien intentionnés utilisent les termes « travail sexuel » et « travailleuse du sexe » parce qu’ils pensent que c’est politiquement correct et que cela donne une forme de dignité aux femmes et jeunes prostituées. Ces gens estiment qu’en décrivant la prostitution avec une sorte de langage professionnel, elles et ils sont respectueuses et progressistes comme il faut. Elles et ils semblent tous oublier que les droits professionnels (c’est-à-dire du travail) impliquent certains standards et requièrent des responsabilités des travailleurs.

    Si les jeunes ados de l’État Unité au Soudan du Sud sont des travailleuses du sexe plutôt que des enfants vulnérables, cela implique-t-il que n’importe lequel des hommes qui payent pour accéder à leurs corps peut demander un remboursement de son « moins d’un dollar » s’il trouve que l’acte sexuel n’a pas été correctement effectué à son goût ?

    Allons droit au but : que disons-nous exactement quand on appelle une jeune de quatorze ans vivant dans une pauvreté abjecte une « travailleuse du sexe » ?

    Comment peut-on voir des très jeunes filles, vivant dans une sombre pauvreté et payées par des hommes moins d’un seul dollar pour un accès sexuel à leurs corps, comme des « travailleuses du sexe » au lieu d’enfants vulnérables et abusées ?

    #vocabulaire #prostitution #viol #culture_du_viol


  • « Là où les inégalités sont fortes, le Front national est fort » | Courrier des maires
    http://www.courrierdesmaires.fr/69092/la-ou-les-inegalites-sont-fortes-le-front-national-est-fort

    L’analyse cartographique de l’élection présidentielle a mis en exergue la fracture territoriale entre métropoles et « France périphérique ». Politiste à Aix-Marseille, Joël Gombin s’inscrit en faux contre les images d’Epinal faisant du vote Macron le miroir inversé du vote Le Pen. Ce spécialiste du vote Front national préconise une socio-géographie plus fine, pour comprendre les pratiques électorales de nos concitoyens, apaiser le débat territorial et concilier les intérêts des grandes villes et des territoires ruraux.

    #géographie_électorale #cartographie


  • LE CRIMINEL, C’EST L’ÉLECTEUR !

    C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime.
    Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ?
    Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries.

    Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ? Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, - par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, - par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ?

    Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.

    Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !
    Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ? Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ?

    Tu élabores tout et tu ne possèdes rien ? Tout est par toi et tu n’es rien.

    Je me trompe. Tu es l’électeur, le votard, celui qui accepte ce qui est ; celui qui, par le bulletin de vote, sanctionne toutes ses misères ; celui qui, en votant, consacre toutes ses servitudes.
    Tu es le volontaire valet, le domestique aimable, le laquais, le larbin, le chien léchant le fouet, rampant devant la poigne du maître. Tu es le sergot, le geôlier et le mouchard. Tu es le bon soldat, le portier modèle, le locataire bénévole. Tu es l’employé fidèle, le serviteur dévoué, le paysan sobre, l’ouvrier résigné de ton propre esclavage. Tu es toi-même ton bourreau. De quoi te plains-tu ?

    Tu es un danger pour nous, hommes libres, pour nous, anarchistes [sic]. Tu es un danger à l’égal des tyrans, des maîtres que tu te donnes, que tu nommes, que tu soutiens, que tu nourris, que tu protèges de tes baïonnettes, que tu défends de ta force de brute, que tu exaltes de ton ignorance, que tu légalises par tes bulletins de vote, - et que tu nous imposes par ton imbécillité.
    C’est bien toi le Souverain, que l’on flagorne et que l’on dupe. Les discours t’encensent. Les affiches te raccrochent ; tu aimes les âneries et les courtisaneries : sois satisfait, en attendant d’être fusillé aux colonies, d’être massacré aux frontières, à l’ombre de ton drapeau.

    Si des langues intéressées pourlèchent ta fiente royale, ô Souverain ! Si des candidats affamés de commandements et bourrés de platitudes, brossent l’échine et la croupe de ton autocratie de papier ; Si tu te grises de l’encens et des promesses que te déversent ceux qui t’ont toujours trahi, te trompent et te vendront demain : c’est que toi-même tu leur ressembles. C’est que tu ne vaux pas mieux que la horde de tes faméliques adulateurs. C’est que n’ayant pu t’élever à la conscience de ton individualité et de ton indépendance, tu es incapable de t’affranchir par toi-même. Tu ne veux, donc tu ne peux être libre.

    Allons, vote bien ! Aies confiance en tes mandataires, crois en tes élus. Mais cesse de te plaindre. Les jougs que tu subis, c’est toi-même qui te les imposes. Les crimes dont tu souffres, c’est toi qui les commets. C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime.

    Nous autres, las de l’oppression des maîtres que tu nous donnes, las de supporter leur arrogance, las de supporter ta passivité, nous venons t’appeler à la réflexion, à l’action.
    Allons, un bon mouvement : quitte l’habit étroit de la législation, lave ton corps rudement, afin que crèvent les parasites et la vermine qui te dévorent. Alors seulement du pourras vivre pleinement.


    Placard anti-électoral, 1er mars 1906. 
Publié par l’anarchie n°47 et signé Albert Libertad.

    https://infokiosques.net/spip.php?article412


    • Oh moi, non.
      Ceux qui dirigent le monde, ou ont l’ambition de, n’ont pas besoin d’âge pour être séniles.
      Je vois juste que dans 20 ans, « ma génération » aura 70 ans, et l’ordre actuel des choses veut que ceux qui s’accrochent à leurs privilèges auront alors gagné le cimetière. Elle accédera au pouvoir totalement sénile, c-a-d sans pensée, ni aucune créativité ou envie de changement.
      #déprime #sénilité


  • Pas de pot pour Kamel Daoud : Hambourg relaxe les « violeurs ».Hambourg relaxe les « violeurs ». 15 novembre 2016 - 08:35 Aguelid Source : Mediapart - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2016/11/pas-de-pot-pour-kamel-daoud-hambourg-relaxe-les-violeurs.hambourg-

    Une fois la justice passée par là, tout s’est finalement dégonflé comme une baudruche. L’incroyable battage médiatique autour de prétendues hordes sauvages composées de réfugiés musulmans frustrés s’attaquant en masse à la gente féminine allemande, un soir de la Saint-Sylvestre, s’est révélé être un bluff, une grossière manipulation sous-tendue par des considérations internes germano-germaniques, purement politiciennes. Le plus grave dans cette affaire, c’est l’implication des policiers et du ministère public, soutenus par des politiques de droite et une caste médiatique avide de sensationnel et prompte à casser du muzz. Cette décision de justice vient, à point nommé, réduire à néant les divagations de l’homme lige de l’incorrigible sioniste Botul Henri Lévy, le sinistre et funeste homme de paille Kamel Daoud et ses semblables (B. Sansal…). Une sagesse prophétique résume bien leur triste cas : Fa in lam tastahi, faf3al ma chi’ta ! Traduite, cela veut dire : « Si tu n’as pas de pudeur et que tu es réfractaire au sentiment de honte, alors fais ce que tu veux » !

    Dieu sait si tous les racistes et ceux qui se sont sentis libérés par l’info se sont lâchés : les musulmans sont des frustrés qui attaquent les femmes à Cologne le soir du réveillon. Allons bon, voilà que la justice nous dit que cela était une rumeur. Merde alors. BHL s’est encore trompé ! 

    Le tribunal de Hambourg relaxe les accusés de la nuit du Nouvel An à Cologne

    Rarement des événements de l’histoire récente ont provoqué une controverse aussi intense en Allemagne que ceux survenus à Cologne, à Hambourg et dans d’autres grandes villes, le soir du Nouvel An 2015-2016, où des étrangers et des réfugiés auraient harcelé et violé des femmes en masse.

    L’indignation exprimée par les médias et les politiciens avaient fait partie d’une politique délibérée visant à saper la solidarité manifestée par de vastes couches de la population à l’égard des réfugiés originaires de Syrie et d’autres pays où une guerre civile fait rage, et à transformer la culture de l’accueil en une culture de l’hostilité.

    Le WSWS avait prévenu à l’époque que les événements étaient démesurément exagérés. (Voir : « Les agressions de Cologne et l’appel à un État fort », « Nouvel An à Cologne : de plus en plus d’incohérences » et « Les médias allemands incitent à l’hystérie raciste »).

    La décision du tribunal de Hambourg vient maintenant confirmer que les accusations et les preuves avancées avaient été trafiquées par la police. En plus du petit nombre de ceux condamnés pour agression, la décision du tribunal laisse entendre que les « événements survenus la nuit de la Saint-Sylvestre » ont été en grande partie une invention des médias.

    Le tribunal de Hambourg a acquitté les trois derniers auteurs présumés de la nuit de la Saint-Sylvestre. La juge Anne Meier-Göring a décidé qu’il avait été prouvé qu’Alireza N., Abidi A. et Aydub B. n’avaient pas commis les délits dont ils étaient accusés. Le ministère public avait lui aussi préconisé l’acquittement.

    La juge a porté de graves accusations contre l’enquête menée par la police et le ministère public pour avoir maintenu les trois hommes en détention pendant près de six mois durant le temps de l’enquête. Les prévenus furent accusés d’avoir commis ensemble des attouchements sur des femmes dans la rueGroße Freiheit dans le quartier de St Pauli à Hambourg. Ils auraient commis des attouchements sur l’étudiante Merle N. en lui touchant les fesses, l’entrejambe et la poitrine.

    La jeune femme n’avait signalé l’incident à la police que plusieurs jours après la veille du Nouvel An, une fois parus les premiers articles des médias faisant état d’agressions sexuelles. Le soir des prétendues agressions, elle avait continué à participer aux festivités jusqu’à 4h30 du matin. Par conséquent, la victime n’avait pu subir le traumatisme allégué lors du procès.

    La jeune femme avait dit par téléphone au policier ne pouvoir décrire aucun des auteurs. La seule chose dont elle se souvenait était une veste noire et une bague. Au tribunal, elle relata l’interrogatoire de la police. Elle eut d’abord l’occasion d’examiner toute seule et en toute tranquillité des photos prises par un photographe lors de la soirée du Nouvel An.

    La commissaire en charge de l’enquête était alors assise dans une autre pièce. Zeit Online a indiqué que cette procédure allait à l’encontre des règles du code de déontologie des enquêteurs. « Au moment de visualiser des photos d’identité judiciaire au commissariat de police, c’est le tout premier instant qui importe. Comment la jeune femme témoin réagit ? La mémoire revient-elle rapidement ou bien est-elle en train d’affabuler quelque chose ? » Au tribunal, la commissaire a admis après coup que son comportement « manquait de professionnalisme ».

    La juge a reproché à une autre femme policier d’avoir posé des questions pendant l’interrogatoire de façon suggestive en fournissant des « prétextes fallacieux », communément appelés mensonges. C’est ainsi qu’elle avait par exemple demandé à une jeune femme ce que les hommes qui se trouvaient sur la photo avaient fait. Elle n’a pas demandé si, ils avaient vraiment fait quelque chose. Elle avait aussi omis de dire à la jeune femme que les photos n’avaient pas été prises au moment où se seraient déroulés les faits.

    Durant l’interrogatoire, elle a trompé l’accusé par de « fausses preuves ». Selon les documents, la policière a prétendu savoir durant l’interrogatoire que l’accusé avait fait des attouchements aux femmes dans la rue Große Freiheit. C’était un mensonge. En réponse à la question de la juge de savoir comment elle justifiait le recours à de telles méthodes d’interrogatoire interdites, la policière a répondu : « Je ne partage pas ce sentiment d’indignation et je n’estime pas que c’est une méthode d’interrogation interdite ».

    Le seul « crime » commis par les trois accusés a été de célébrer le réveillon du Nouvel An à St Pauli. Ils ont pourtant passé, avec seulement une brève interruption, près de six mois en garde à vue en raison de soupçons. Un avocat a qualifié cet état de fait de privation de liberté.

    Au bout d’environ trois mois, le tribunal régional de Hambourg leva les mandats d’arrêt émis contre les trois jeunes gens faute de preuves suffisantes contre eux. Le tribunal régional supérieur de Hambourg les renouvela pour trois mois après une plainte formulée par le ministère public.

    La juge Meier-Göring qualifie à présent cette décision de « bizarre » et de « faute flagrante ». « Cela a coûté aux accusés trois mois [additionnels] de leur vie et à Hambourg beaucoup d’argent ».

    Les trois personnes mises en cause furent indemnisées pour le temps passé en prison en recevant chacun 4500 euros (25 euros par jour). Outre les trois jeunes gens maintenant acquittés, d’autres innocents furent placés en détention préventive, dont certains pendant plusieurs mois.

    Les accusations qui, pour des raisons de propagande, avaient été portées en début d’année contre des étrangers et des réfugiés par la police, les médias et les politiciens, se sont volatilisées.

    À l’origine, il avait été allégué que 400 femmes avaient subi des attouchements le soir de la Saint Sylvestre à Hambourg. Il y eut 243 plaintes pénales et 21 suspects mis en examen. Dans l’affaire qui vient maintenant d’être tranchée, l’on peut voir comment une suspicion de crime a été créée : au moyen de mensonges et de manipulation par la police et les autorités chargées de l’enquête. À Hambourg, un seul accusé fut reconnu coupable de délit de nature sexuelle et condamné.

    À Cologne, où la campagne contre les réfugiés et les étrangers avait débuté après le soir du Nouvel An, le parquet recensa près de 1300 victimes supposées. 1182 plaintes pénales furent déposées, dont 497 pour agressions sexuelles et cinq pour viols. Sur un total de 183 prévenus, seuls 22 furent accusés, le plus souvent de délits de vol. Un seul procès seulement se solda par une condamnation pour insulte sexuelle.

    Les événements survenus la veille du Nouvel An furent grossièrement exagérés et utilisés comme prétexte pour faire basculer le climat politique vers la droite. D’une manière raciste, les médias et les politiciens ont dépeint une image de hordes criminelles et dangereuses d’étrangers harcelant les femmes les jeunes filles allemandes. Cette propagande servit alors à renforcer l’appareil policier, à étendre la surveillance de la population et à durcir les lois visant les étrangers et les réfugiés dans le but de pouvoir expulser aussi rapidement que possible les réfugiés du pays. Tous ceux qui ont participé à cette campagne de propagande doivent en assumer les conséquences.

    Et pourtant, l’État et les médias ne se contentent pas du résultat. Le journalHamburger Abendblatt a critiqué ce récent acquittement parce que le tribunal avait défendu les principes fondamentaux de l’État. Ces jugements ont un sens lorsqu’ils sont prononcés individuellement, a écrit le journal. Toutefois, conformément à la logique grossière du commentaire, « dans leur totalité » les jugements sapent la « confiance » dans l’État de droit. Finalement, insiste le journal, cela profiterait à l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

    L’auteur de l’article, Matthias Iken, s’en prend vigoureusement à la décision prise par le tribunal à l’égard de la police : « Incontestablement, de sérieuses erreurs ont été commises. Mais, comment appréhender des coupables qui commettent collectivement des crimes en faisant partie d’un grand groupe ? Comment une victime peut-elle reconnaître dans une situation exceptionnelle des visages individuels au bout de plusieurs mois ? »

    Il ne répond pas à sa propre question mais la réponse est pourtant claire : pour lui, des auteurs présumés doivent être appréhendés même sur la base de « prétextes fallacieux ». Des préjugés racistes en lieu et place de faits – telle est en vérité la vision du monde défendue par l’AfD.

    Dietmar Henning

    8 novembre 2016

    (Article original paru le 5 novembre 2016)


  • Comment parler à la « Génération No Bullshit » ? 7 conseils - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2016/11/comment-parler-a-la-generation-no-bullshit-7-conseils.html

    Pourquoi la plupart des dirigeants de médias font-ils comme s’ils n’avaient pas d’ados à la maison ?

    Demandez-leur donc si leurs enfants regardent la télé, écoutent la radio, lisent un journal, parcourent un magazine.

    La réponse est quasi toujours la même : « Heu… non ! Ils sont sur YouTube, Facebook, Snapchat, Instagram, Netflix, Spotify … ou un jeu vidéo », via smart phone ou ordi.

    Et pourtant ces dirigeants — qui savent bien que leur monde change très vite – semblent continuer de privilégier leur audience vieillissante aux usages déclinants, en négligeant la génération montante, celle qui s’apprête à prendre les commandes, celle qui est déjà là.

    Comme si une petite voix intérieure cynique, l’emportant sur l’indispensable lucidité, leur disait : « ça tiendra bien jusqu’à ma retraite ! ».

    L’indispensable lucidité leur soufflerait pourtant que ces jeunes ne reproduiront bien sûr pas leur manière de s’informer, se divertir, se cultiver, tant profonde est la mutation actuelle de la société, tirée par la technologie. Elle leur indiquerait aussi que leurs personnels n’ont pas vocation à travailler dans l’accompagnement de fin de vie.

    Alors comment cet étrange aveuglement peut-il persister plus de 20 ans après l’arrivée du web et 10 ans après celle de l’iPhone ?

    Réflexe de repli sur le cœur de métier ? De défense personnelle liée à la fracture numérique ? Déni de réalité face au monde tel qu’il est ? Face à la rapidité des bouleversements ? Incapacité à imaginer des contenus modernes pour renouer avec ces nouvelles générations, à proposer des modèles d’affaires pertinents, à favoriser des écosystèmes générant création et innovation ? Difficulté à saisir le passage d’un monde de ressources rares et régulées à un monde d’abondance sans frontière ?

    Une absence de vista qui encourage aussi les écoles de journalisme à continuer, hélas, d’éduquer des jeunes toujours formatés au tamis des débouchés classiques : presse écrite, TV, radio (et désormais web).

    Bagarre d’anciens contre modernes ? Même pas. Ces jeunes ne se battent pas contre le vieux monde. Pas la peine ! Ils sont en train de le ringardiser. Ils ne sont pas en mode rejet, mais en mode projet.

    Tenez, en France, près de la moitié des parents s’estiment aujourd’hui incapables d’effectuer le travail de leurs enfants, selon une étude de LinkedIn montrant aussi qu’ils méconnaissent tout simplement certains des principaux métiers actuels.

    La vérité, avouent la plupart des responsables de médias dans le monde, c’est que c’est justement cette déconnexion avec les jeunes qui les réveille au milieu de la nuit.

    Contrairement à eux, les milléniaux n’ont pas à s’adapter au numérique : ils n’ont jamais connu la vie sans Internet. Or les responsables médias eux doivent avancer, de manière très inconfortable, sur deux montures à la fois : le format historique qui décline, et le numérique qui, non seulement s’impose, mais continue de muter à grande vitesse, au fil des changements d’écran.

    En 2017, la publicité digitale dépassera celle de la TV. Dores et déjà les 18-35 ans sont devenus la priorité des annonceurs alors que la moyenne d’âge des chaînes de télévisions est en train de dépasser 60 ans. Aux Etats-Unis, la moitié de l’audience de Fox News a plus de 68 ans, essentiellement des hommes blancs dans des maisons de retraite.

    Pas facile de répondre en même temps aux aspirations d’une génération qui porte le monde dans sa poche, qui a la planète au bout des doigts, qui consomme ses contenus quand elle le souhaite et où elle le souhaite. En marche depuis quelques années, la tendance mobile et sociale n’est pas prête de s’évanouir. L’an dernier la majorité des éditeurs ont déjà vu l’essentiel de leur trafic en ligne basculer pour provenir de terminaux mobiles.

    Tunnels de pubs, audiences mesurées par panel, « carpet bombing » de contenus identiques déversés à heure fixe pour tous, bouquet onéreux de chaînes payantes :comment voulez-vous que les jeunes du 21ème siècle numérique, sollicités de toutes parts, se retrouvent dans un paysage TV caduque qui a si peu bougé depuis des décennies ?

    “Les baby boomers ont étranglé le monde des médias et de la publicité pendant toute une génération (…) Leur étau est finalement brisé par une génération très éduquée, diverse ethniquement, difficile à atteindre, et qui pense mondialement. Les médias ont du mal à s’adapter à ce changement rapide », a résumé fin août le patron de Vice Media, Shane Smith, à Edimbourg.

    Comment alors rester pertinent et attrayant ? Quelles sont les clés de l’engagement et de la connexion émotionnelle ? Est-ce donc si difficile de produire des choses qui intéressent cette génération à la demande, puis de les livrer là où ils vivent ? Nous allons voir que ce n’est pas si simple, mais qu’il y a des pistes.

    QUI SONT-ILS ?

    Ils ont entre 18 et 35 ans.

    Aux Etats-Unis, les milléniaux sont devenus majoritaires. Avec 80 millions de personnes ils représentent désormais une catégorie ethniquement et racialement très diverse de la population.

    Volontiers audacieux, optimistes, pragmatiques, dotés d’une forte capacité d’étonnement, d’émerveillement, d’altruisme (réfugiés, figures du pape François et du Dalai Lama), voire de bienveillance (allocation universelle), ils sont avant tout soucieux d’authenticité et de transparence, de plus en plus difficile à simuler.

    Une attitude souvent résumée par les hashtags #nobullshit et #nofilter

    Assurant renifler le « fake » à 100 mètres, ces fans de culture urbaine aiment aussi la surprise, la découverte et sont très « orientés monde ».

    Baby-boomers sur la sellette

    Les milléniaux ne sont pas l’avenir de notre société, ils en sont déjà les principaux acteurs.

    En Amérique du Nord, ils ont élu Barack Obama et Justin Trudeau. Et n’auraient pas élu Trump.

    (La carte du collège électoral US si les milléniaux avaient voté)
    (La carte du collège électoral US si les milléniaux avaient voté)

    Ils représentent la plus vaste génération dans l’histoire de la population active américaine. Dans les grandes villes d’Asie et d’Afrique, où ils sont brutalement majoritaires et totalement connectés, leurs habitudes numériques se propagent dans le reste de la population. Sur le vieux continent, c’est une jeunesse qui se sent profondément européenne, même au Royaume Uni. En France, ils déplorent un pays « champion du déclassement de la jeune génération ».

    Pour eux, ceux qui sont nés avant 1982 appartiennent à l’histoire.

    Ils sont en opposition avec l’héritage politique laissé par les baby-boomers qui ne leur laissent pas un monde très folichon et dont les choix sont remis en cause. A commencer par l’héritage du Brexit, de l’arrivée de Trump, en passant par les terribles legs environnementaux, de la dette, du chômage, de l’injustice sociale, de l’écart des revenus, des discriminations sexuelles et raciales. Et in fine — et pour la première fois— la perspective de futures générations moins bien loties que leurs aînées.

    Ils rejettent l’ordre établi, les vieux modèles, les corps intermédiaires jugés dépassés, bidons.

    Soucieux de leur impact sur le monde, ils s’engagent volontiers, croient dans l’intelligence collective, prennent au sérieux les mouvements citoyens, n’hésitent pas à transgresser (parti Pirate en Islande) et à défier (parlement de Hong Kong).

    Leur enthousiasme n’est pas uni-générationnel : Bernie Sanders, nouvelle rock star, et Alain Juppé, ont dépassé les 70 ans !

    Co-working, co-locs, co-voiturages

    Mais même s’ils ont la fibre entrepreneur, ils croient de moins en moins dans les vieux logiciels économiques qui ont fait marcher les pays ces 40 dernières années.

    Dans un monde digitalisé et dématérialisé, les attentes des jeunes envers le monde du travail et de l’entreprise ont changé.

    Ils n’attendent pas de travailler dans des bureaux prestigieux en dur et à proximité de leurs collègues. En quête de sens pour leur activité professionnelle, aligné sur leurs valeurs et leurs aspirations, ils n’entrent plus pour faire carrière, mais pour participer à un projet et changent de jobs -tous les trois ans en moyenne- pour avoir plus d’expériences dans leurs vies. La quasi-totalité d’entre eux veut choisir son métier par passion et non par raison, quitte à conserver des boulots alimentaires à côté.

    D’ici 2020, les milléniaux représenteront un tiers de la population active. Ils changent donc déjà l‘entreprise et imposent leurs codes.

    Mais les entreprises ont du mal à faire face aux nouveaux besoins.

    L’essentiel, pour ces jeunes, n’est ni dans l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, ni dans la souplesse demandée à l’employeur, ni dans un emploi du temps flexible. Mais dans le sens qu’ils trouveront dans la mission. Ils ne comptent alors pas leurs heures. Ils souhaitent vivre où ils veulent, travailler depuis n’importe où, aller et venir comme bon leur semble.

    A la recherche d’une culture d’entreprise « fun & serious », ils privilégient l’éthique, la confiance, l’intégrité et l’honnêteté. Et ils veulent avant tout apprendre quelque chose de nouveau. Avant le salaire, et préférant l’empathie à l’autorité, ils réclament un mode de management plus engageant et respectueux, voire un leadership partagé.

    Créatifs, collaboratifs, ils ont plaisir à travailler ensemble, mais pas forcément au même endroit, à partager un open space, mais pas forcément avec ses collègues. Un casque et de la musique dans les oreilles ; le travail étant devenu aussi un style de vie.

    Ce sont de plus en plus souvent des « slashers », ceux qui ont plusieurs activités en même temps. Et celui qui n’a pas de profil LinkedIn ou un compte Github n’existe pas, ou n’est pas légitime pour postuler.

    Posséder son appartement ou son automobile n’est plus un signe de réussite. Moins propriétaires, ils louent. Et souvent partagent. Plus qu’une voiture, ils veulent un accès à un mode de transport. L’industrie vestimentaire est aussi victime de leurs nouveaux arbitrages vers le restaurant ou les voyages.

    Leur succès est mesuré désormais dans les expériences : monter sa start-up, bourlinguer, pratiquer des sports extrêmes. Ils travaillent avant tout pour s’offrir la découverte du monde. Aujourd’hui, leurs parents fument plus d’herbe qu’eux !

    La techno pilote leur culture

    Digital natifs, ces jeunes font de la technologie un mode de vie. Ils ont confiance en elle et en attendent beaucoup, notamment quand Internet et le numérique leur donnent plus de contrôle sur leur vie.

    Toujours connectés, accros à leurs smart phones, ils passent plus de 30 heures par mois sur les réseaux sociaux et ont plus d’interactions via leur mobile que physiquement.

    Les marques les plus pertinentes pour les milléniaux américains sont d’ailleurs toutes technologiques : Amazon, Apple, Android, Netflix, Google et Samsung.

    Génération d’« early adopters », ils sont sensibles « au mieux et moins cher », « au good enough is perfect » des géants du web et aspirent souvent à travailler pour eux. Ceux qui réussissent le mieux ont d’ailleurs un bagage technologique.

    Ils privilégient un enseignement en mode projet qui vient du monde des start-ups.

    Les changements liés aux usages vont parfois tellement vite que des jeunes de 25 à 30 ans avouent ne pas parler le même langage que leur jeunes frère ou sœur de 18 !

    La télé vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ...

    Cette révolution en cours dans la manière d’apprendre, de se socialiser, de travailler, s’étend bien évidemment aux nouveaux usages dans la manière de s’informer, se cultiver et se divertir. En d’autres termes, les jeunes dictent aussi - ô combien désormais - leurs nouvelles lois aux médias.

    Une consommation de médias qui segmente aussi la société en réalités parallèles, y compris pour les milléniaux : celles de Fox News vs. MSNBC, de Facebook vs. Twitter.

    Une génération aussi qui en consomme le plus : plus de 6 heures par jour ! Elle a gros appétit mais peu de patience. Et surtout, elle abandonne les médias traditionnels, dans leur forme historique, dont la télévision.

    Le temps dédié à la TV des jeunes Américains s’est effondré de 40% en 5 ans, soit une baisse de plus de 9 heures par semaine, ou près d’une heure et demi par jour, désormais consacrées à d’autres activités. Reste un peu de téléréalité, un peu de sport et de l’info.

    En un an, les 18-24 ans américains ont diminué leur consommation hebdomadaire de TV de plus de 2 heures, selon Nielsen.

    La rentrée 2016 de la TV américaine fut sombre, même pour le football US. Les chaînes de TV payante subissent une hémorragie : -620.000 abonnés pour le seul mois d’octobre pour ESPN, chaîne sportive vedette de Disney. Pour la première fois cette année, YouTube a dépassé les chaînes du câble US en temps passé.

    Les milléniaux étaient ainsi à 86% plus susceptibles de se tourner vers Internet que vers la TV pour apprendre ce que les autres pensaient du débat présidentiel américain, selon un sondage Ipsos pour Google.

    En France aussi, la fuite de la télé des adolescents s’est accélérée à la rentrée 2016. Aux Etats-Unis, les jeunes adultes boudent le câble pour privilégier les plateformes de streaming, qui répondent mieux à leurs attentes. D’après les derniers chiffres de Médiamétrie, les jeunes Français passent une heure et demi moins de temps devant la TV que la moyenne de la population. Le temps télé des jeunes britanniques se fait déjà à 20% en différé. Des audiences qui sont à 20% au moins non pas en linéaire mais en ligne comme Love Island de la chaîne ITV.

    Même le sport est touché : lors des derniers JO de Rio, l’audience TV des moins de 50 ans a plongé de 25%. Et le phénomène est mondial. Aux US, l’âge moyen des téléspectateurs de football américain et de baseball a grimpé respectivement de 4 et 7 années, durant la décennie écoulée, pour atteindre 47 et 53 ans !

    Deloitte
    C’est une génération qui a grandi avec Netflix et Youtube et non avec MTV et Canal+.

    Sans surprise, leurs goûts vont avant tout vers la musique et la comédie.

    Mais leurs passions portent aussi sur des sujets sérieux d’informations :l’environnement, les droits civiques, la justice sociale, l’inégalité des revenus, les droits des minorités, la cyber-sécurité… Ils peuvent ainsi regarder des documentaires de 10 heures sur Netflix.

    Et Netflix arrive d’ailleurs largement en tête de leur consommation vidéo :

    Piper Jaffray
    YouTube de son côté touche plus de 18-49 ans que n’importe quelle chaîne de télévision aux US. Ses budgets pour des séries originales sont désormais les mêmes que pour des chaînes du câble, et, pour les films, équivalents à ceux au cinéma indépendant. Après Los Angeles, la filiale de Google a ouvert des studios de production à Londres, Paris, Tokyo, Bombay et Sydney.

    De la programmation à la curation : pour trouver le bon contenu, les milléniaux se reposent très fortement sur les conseils émanant de leurs réseaux sociaux dans une nouvelle société de la recommandation. Le pouvoir passe ainsi des directeurs de programmes qui décidaient tout à une curation faite par des tiers, voire par des machines (algorithmes). Un tri décentralisé où des individus agrègent des communautés, où d’autres remixent des contenus. Avec le danger de rester enfermés dans ses propres goûts et intérêts, et d’être surpris quand ceux qui ne sont pas dans leur cercle d’amis votent pour l’autre côté...

    L’info reste très importante

    Sous de nombreuses formes, à tout moment, sur de multiples canaux, l’info fait bien partie du régime média des jeunes, surtout si elle est sociale et fun. Mais à l’âge de l’info distribuée (Snapchat, Instant Article de Facebook, Instagram, AMP de Google) si l’actu n’est pas dans leur « newsfeed », c’est qu’elle n’est pas importante. Si ce n’est pas important, pourquoi aller voir ?

    Ils attendent donc que l’info passe sur leur flux social et leur mobile. Les réseaux sociauxviennent ainsi de ravir la 1ère place comme source d’infos pour les 18-24 ans dans le monde. Les acteurs les plus récents dans l’informations l’ont bien compris et adoptent unmodèle de médias distribués sur d’autres plateformes : AJ+, NowThis, BuzzFeed, Melty, etc.. L’info par le jeu (newsgames) se développe aussi.

    Avec son tempérament exalté et brut de décoffrage, Vice, qui entend être « tout à la fois MTV, CNN et ESPN », mais aussi « le Time Warner de la rue », vient de lancer son journal TV sur HBO destiné aux milléniaux et à bouleverser l’info télé. Pas de présentateur, ni de gros titres sur Vice News mais de la musique, des sujets « in your face » décalés, dans l’air du temps, en sur-jouant l’authenticité.

    Enfin les jeunes sont aussi acteurs de leur info : avec leur propre smart phone, ils parviennent à forcer la conversation sur des crimes filmés en direct lors d’incidents ou de manifestations.

    Tri algorithmique préféré au choix d’une rédaction ?

    Les jeunes s’informent avant tout sur Facebook. Et de plus en plus souvent préfèrent que des algorithmes – jugés plus démocratiques - choisissent pour eux les infos plutôt qu’un éditeur en raison de leur supposée absence d’agenda politique, de la variété de leurs sources et de leur capacité à personnaliser l’offre. Des jeunes qui se voient aussi de plus en plus comme éditeurs de leur propre flux d’actualités et qui souvent préfèrent le textepour être informés.

    Après le journalisme mobile, on commence à parler aussi de nouveaux formats : drone-journalism, le journalisme VR, journalisme snap, et même de glance journalism (pour les notifications sur wearables ou smart phone).

    Mais de grosses différences subsistent parmi ces milléniaux : les plus aisés d’entre euxont un penchant plus marqué pour des contenus plus internationaux, plus sensibles aux problèmes environnementaux et aux marques qui redonnent quelque chose à la société. Ces jeunes-là, pus diplômés, n’hésitent pas à aller directement sur les versions en anglais et veulent désormais leurs propres contenus sur la TV de l’hôtel !

    Leurs médias sont des réseaux sociaux : Snapchat, Instagram…

    Illustration by Tim Enthoven (NYT Magazine)
    Illustration by Tim Enthoven (NYT Magazine)

     Leurs médias obéissent à trois règles simples : 

    Ils proposent des contenus qui les intéressent
    Ils sont forcément mobiles (donc disponibles partout), sociaux (pour le partage) et contiennent beaucoup de vidéos.
    Leur staff est le reflet de leur audience, et leur audience est le reflet de leur staff.
    L’âge moyen des milléniaux est de 26 ans. C’est aussi l’âge moyen des employés de Facebook, Mic, Vice ou AJ+.

    Leur porte d’entrée du web, n’est plus Google mais Snapchat, Instagram ou Facebook, qui sont en train de gagner la bataille de l’attention. D’ailleurs pour de nombreux jeunes,Facebook EST l’Internet, et non plus seulement une plateforme. C’est aussi le live de tous pour tous !

    C’est toutefois une audience à durée d’attention réduite, qui regarde son smart phone de manière verticale, qui filme en mode portrait, qui pratique le « news snacking », la consommation de nombreuses vidéos d’informations courtes et partageables. Si le snacking est de mise, le temps total s’allonge : la durée moyenne d’une session sur Facebook est supérieure à 30 minutes (contre moins de 3 mn pour un journal) et sur YouTube chacune dure désormais plus de 40 minutes, soit 50% de plus que l’an dernier.

    Leurs codes incluent photos, mini-vidéos, emojis, gifs, infographies, où le sérieux et l’absurde coexistent sur le même écran.

    Les messageries instantanées dominent et sont les nouvelles plateformes de partage de photos et vidéos. A l’ère du tout visuel, cette génération consomme par l’image d’où le triomphe des « visual story tellers ». La caméra du smart phone est le point central de leur vie en ligne.

    Destination vedette de la génération mobile-first, Snapchat, appli de messagerie instantanée, de selfies, et de partage de photos et vidéos souvent remixées, entend, comme Facebook, prendre la place de la TV – et lui piquer les milliards de la pub- avec ses contenus vidéos originaux qui incluent aussi bien les breaking news que des séries de 6 à 8 minutes, des comédies, ou des shows de télé-réalité.

    L’application est aussi encore pour l’instant un refuge « pour jeunes » face à un Facebook envahi par les parents et grands-parents !

    Pour Melty, l’innovante Snapchat, « kiosque des temps modernes » est « une plateforme préfigurant la TV de demain ».

    Snapchat produit et commande aussi désormais ses propres séries aux studios et aux talents professionnels. Elle embarque des programmes courts des plus grandes chaînes de télévision. Pour ses fameux Video Music Awards annuel, la chaîne MTV a vu son audience TV plonger de plus de 30% tandis que son trafic explosait de plus de 75% sur Snapchat où son audience fut trois plus importante qu’à la télé.

    L’information y devient un domaine important avec des mini-reportages de Syrie en coopération avec des médias ou avec l’ONU, ou en reprenant des snaps venant du monde entier. Les universités britanniques ont aussi désormais recours à Snapchat pour communiquer avec leurs étudiants.

    Pour courir après les jeunes, même Facebook et ses filiales Instagram et WhatsApp en viennent à copier les meilleures fonctions de Snapchat !

    Leurs plateformes d’aujourd’hui : jeux vidéo, e-sport, live-streaming

    De nouveaux acteurs rassemblant des milliers de chaînes YouTube sont aussi apparus ces dernières années. Ainsi Machinima et ses près de 4 milliards de vidéos vues chaque mois avec des contenus jeunes et de l’e-sport, nouveau graal de l’entertainment.

    Vécus de plus en plus comme des expériences « live » pratiquées entre milliers de joueurs disséminés dans les quatre coins du monde, les jeux vidéos ne sont plus seulement ludiques, mais des espaces de fantaisie où les genres vont se multiplier, où certains se révèlent en animateurs et réalisateurs qui divertissent des millions de spectateurs sur leurs chaînes Twitch.

    Les nouvelles plateformes : VR, AR, bots….

    Cette période est aussi celle des changements technologiques à très grande vitesse. Au moins deux fois plus vite que la télé qui a volontairement fait l’autruche ! Il ne suffira pas de s’adapter au mobile et aux réseaux sociaux. Demain arrivent les nouvelles interfaces conversationnelles, les bots, l’intelligence artificielle, les équipementiers mobiles de 5ème génération, la 4K et la 8K, les réalités altérées (VR/AR)…

    La VR ne va pas seulement nous permettre d’aller n’importe où et dans n’importe quelle époque, mais aussi de partager des expériences avec n’importe qui dans le monde. Des machines à rêves forcement pertinentes dans l’éducation et les loisirs. Et déjà bien présentes dans les jeux vidéo.

    La folie mondiale Pokemon Go de l’été dernier a montré l’invraisemblable appétit mondial pour ces formats encore plus disruptifs, qui ne se jouent plus dans le salon mais partout dans la ville.

    Dans quelques années, les médias s’inscriront dans une nouvelle ère informatique où règnera la réalité augmentée, dopée à l’intelligence artificielle, activée par voix et geste, où les contenus et les œuvres seront autour de nous et viendront à nous. La course aux armements dans la Silicon Valley pour lancer des labos d’AI bat son plein.

    En attendant ces nouvelles interfaces hommes-machines, les technos immersives de l’image (4 et 8K) en 360° et bientôt en connexion ultra rapide 5 G feront partie de la nouvelle donne.

    Une chose est sûre : nos enfants vont grandir avec ces nouvelles interfaces.

    Alors quid des efforts des vieux médias ?

    Bien sûr les médias historiques adoptent les nouvelles plateformes pour être présents là où les jeunes adultes consomment et partagent l’information. Les deux tiers des téléspectateurs sur d’autres écrans que la TV ont moins de 35 ans.

    Après le web et les mobiles, les vieux médias sont aussi - pour la plupart – présents sur les grands réseaux sociaux où l’audience est plus jeune que celle du web. L’utilisation de Twitter, YouTube, Facebook et même récemment Snapchat, y est désormais quasi de rigueur.

    Les professionnels reconnaissent la nécessité d’experts et d’équipes dédiées pour se familiariser avec tous ces nouveaux outils. Ils créent des postes d’éditeurs mobiles, montent des studios d’innovations mobiles, des équipes plateformes.

    Les groupes de télévision sont en train de lancer avec succès une seconde vague de programmes natifs dédiés « Social TV », sous formats mobiles et sociaux. Notamment via encore Snapchat.

    Exemples :

    CNN se déclare ainsi éditeur social mondial 24/7 (Facebook, Twitter, Snapchat et Instagram), et a choisi le bot de Kik pour s’adresser aux 13-17 ans. La chaîne américaine a débauché une bonne partie du service politique de BuzzFeed à quelques semaines de l’élection présidentielle.

    Sur Snapchat, National Geographic a montré la rentabilité d’un modèle qui attire les annonceurs et permet beaucoup de créativité pour les producteurs. La TV publique américaine PBS y fait aussi des séries. En France, elle attire depuis peu de nombreux éditeurs, anciens et modernes.

    Pour récupérer les screenagers sur leurs mobiles, MTV, jugée aujourd’hui ringarde, lance des shows sur Snapchat avant de les diffuser à la télévision. Al Jazeera a fermé cette année ses activités TV aux Etats-Unis, mais y a renforcé ses activités multiplateformes en ligne très florissantes sous le label AJ+.

    En Suisse romande, la RTS a installé à côté de son JT du soir une émission « Nouvo » qui produit désormais des vidéos courtes uniquement pour les réseaux sociaux. HBO, aux Etats-Unis, propose désormais chaque soir un JT de 30 mn fait par Vice Media et chaque dimanche soir l’excellent programme Last Week Tonight de John Oliver.

    Les télévisions publiques allemandes ZDF et ARD se sont associées pour créer « funk » une chaîne « jeunes » en ligne. La BBC a fait passer la sienne également en numérique et a doublé sa présence sur YouTube en six mois. Elle a aussi utilisé la plateforme Yik Yak pour parler aux jeunes britanniques du Brexit et produit des séries destinées aux mobile comme « Mission Selfie ».

    L’audiovisuel public canadien vient d’ouvrir un labo jeunesse dit « Prochaine Génération », espace de création créé et géré par des milléniaux. La TV publique finlandaise Yle a aussi son espace Kioski, l’américaine PBS fait un spin-off en ligne d’un de ses plus importants formats jeunesse.

    La radio publique américaine NPR conserve aussi un socle solide de jeunes qu’elle accompagne notamment avec ses podcasts très populaires et une nouvelle appli très personnalisée NPR One.

    Même tendance pour les médias locaux. Des journalistes du quotidien Sarasota Herald Tribune passent du temps à remixer leurs articles pour les millenials locaux dans un site à part, Unravel. D’autres grandes villes américaines s’y mettent aussi, comme Philadelphieou Pittsburgh, avec Billy Penn. Le Denver Post a lancé avec succès une section dédiée à l’industrie de la marijuana, The Cannibalist.

    Le Monde en France propose Les Décodeurs. Même Le Figaro arrive à communiquer avec les jeunes via Snapchat. En France, TMC a repris Yann Barthes avec le Quotidien, une nouvelle plateforme d’infos vidéos se lance : Brut pour le journalisme de rue.L’audiovisuel public français se regroupe derrière une nouvelle offre plus moderne, Franceinfo : devenue le 4ème site d’infos.

    Le jeunisme passe aussi par les rachats ou les prises de participation.

    Pour suivre les jeunes dans leur migration, l’autre voie choisie par les médias historiques est de racheter ou d’investir dans leurs médias : Murdoch, qui s’est brûlé les doigts sur MySpace, a pris 5% de Vice, Disney près de 20%, Comcast/NBC/Universal a investi dans Vox et BuzzFeed, Time Warner dans Mashable et Refinery29, pour leur expertise « jeunes », celle qui sait comment viraliser une histoire et la calibrer pour les mobiles.

    Pour séduire les jeunes, le groupe américain de presse et de TV locales Scripps a racheté le site de vidéos Newsy. Turner Broadcasting s’est emparé du site sportif Bleacher Report. Le groupe de TV hispanique Univision a racheté Gawker après The Onion.

    Les médias s’associent aux influenceurs

    Quelques médias commencent également à comprendre l’influence des stars de YouTube ou Snapchat et les font travailler pour eux. Ces joint ventures sont tout profit pour les "anciens" : ils profitent des millions de fans des influenceurs et rajeunissent leur marque. Les médias anciens, avec leur capacité d’analyser et d’expliquer le monde, peuvent, de leur côté, apporter du contenu avec des points de vues complets et objectifs aux YouTubers, qui sera diffusé sous un nouveau format, adapté aux jeunes.

    Nouvel eldorado : l’e-sport

    La génération des milléniaux a aussi grandi avec les jeux vidéo, désormais deuxième pratique culturelle en France derrière la lecture et longtemps délaissée, voire méprisée, par les grands médias. Après plusieurs années de déni, les télévisions se mettent progressivement à diffuser l’e-sport dont les compétitions n’ont rien à envier aux plus grandes rencontres sportives en termes d’audience ou d’émotions.

    QUE FAIRE DE PLUS ? 7 CONSEILS

    1D’abord comprendre ce qu’ils veulent
    La génération « No Bullshit » rejette « la voix de Dieu », celle du présentateur en surplomb qui dit en substance : je parle, vous écoutez. Ils sont déjà au courant ! Ils ont suivi de près ou de loin l’actu toute la journée. Ils veulent juste qu’on leur montre que le monde change et ce que cela signifie.Leur journalisme est sans maquillage, sans pseudo-experts cyniques, sans blabla. Il s’en tient aux faits, aux images, et au décryptage rapide et smart, qui ne cherche pas la petite phrase.

    Ils ont probablement l’un des meilleurs détecteurs de « b/s » de l’histoire. Même si, comme tout le monde, ils se font piéger par des arnaques.

    Mais ce qui compte, à leurs yeux, c’est, une fois encore, l’authenticité, la mise à nu, l’autodérision, la vulnérabilité. Pas les paillettes. Ils veulent souvent une info désintermédiée, entendre l’info de la bouche de ceux qui la vivent, pas du contenu racoleur qui cherche à faire du clic. Les filtres sont bienvenus s’ils sont pertinents.

    Ils ne supportent plus l’intrusion publicitaire, voire le gavage qui fonctionne avec des concepts de matraquage qui n’ont pas évolué depuis l’après-guerre.

    C’est une génération mobile first qui prend le numérique comme un mode de vie culturel.

    2"Place aux jeunes !" Les impliquer, leur donner les clés
    Cette génération nous dit en gros : faites-moi réfléchir, faites-moi rire et donnez-moi la parole !

    Elle entend faire partie de la solution, être un partenaire et non juste une cible marketing.

    Ces jeunes veulent autant créer que consommer. Ils sont d’accord pour faire confiance, mais souhaitent aussi s’exprimer, avoir voix au chapitre.
    Il faut les intégrer dans la fabrique, leur ouvrir un espace de co-création et de co-production. L’intégration de leurs contenus se fait d’autant plus facilement désormais que s’améliore la qualité générale des vidéos, de la bande passante et des technos mobiles ainsi que des logiciels de traitement de l’image.

    Mais ce n’est pas suffisant. Les médias doivent aussi rafraîchir la culture de l’organisation et la rendre plus diverse. En modifier l’ADN.

    Trop souvent ce sont les fils et filles de riches qui travaillent dans les médias.

    Il faut renouveler le recrutement. Leur staff doit mieux refléter la communauté qu’elle sert. Après les vidéos de chatons, BuzzFeed France a décollé avec des sujets plus fouillés et en recrutant des journalistes jeunes et plus représentatifs de la diversité ethnique de la société que les médias traditionnels.

    Mais aussi du côté de la technique. Il faut que ça marche ! Le média ne peut être en retard sur le reste de la société, qui jongle avec le numérique.

    Le média doit donc surtout refléter son audience, ultra connectée, tournée vers les réseaux sociaux. Et savoir garder ses talents.

    Certaines entreprises n’hésitent pas à créer des « shadow comex », comités de direction parallèle composés uniquement de milléniaux qui ont au moins un pouvoir consultatif. Des médias faits par les jeunes pour les jeunes.

    3Apprendre d’eux et de leurs médias
    Il ne sert plus à grand-chose d’opposer médias et pure players. Qu’on le veuille ou non, les médias sont aujourd’hui désintermédiés par ceux qui les distribuent. Il est évidemment sidérant de voir les nouvelles plateformes des jeunes, Facebook, Snapchat, YouTube et autres ne pas hésiter à démarcher les vieux acteurs, TV en premier, pour leur demander leurs contenus, avant de les engloutir ! Mais ont-ils le choix ?

    Au moins peuvent-ils apprendre de leur agilité, rapidité, flexibilité.

    La techno va vite : il faut soigner l’emballage, l’ergonomie, la forme. Optimiser les versions mobiles. Ceux qui ont fait les sites de la dernière décennie ne sont pas forcément les mêmes qui vont faire les applis de demain dont les fonctionnalités changeront toutes les trois semaines.

    Apprendre à prendre des risques avec les idées, les talents, les technologies. Se donner le droit à l’erreur ou à l’essai, si on préfère. Expérimenter et réagir très vite, et être à l’aise à lâcher des versions non finies.

    Etre à l’écoute intime de son audience, apprendre à attraper son attention dès les toutes premières secondes.

    Apprendre aussi des jeunes et de leur culture.

    Une culture du remix où ce qui est viral touche à l’émotion, l’injustice sociale, la simplicité, et l’humour.

    Ne pas avoir peur de l’engagement, le favoriser en rendant les contenus partageable, répondre à toutes les conversations : permettre aux créateurs de se connecter facilement et rapidement avec leurs fans.

    Enrichir les liens dans la société qui n’existeraient pas sans la télé, bâtir ensemble de la culture et de la compréhension face au monde qui vient. Mettre un peu d’ordre dans la confusion et la complexité nées des nouveaux changements permanents de contextes et de l’effacement des frontières entre les genres (vie réelle, vie numérique, réseaux sociaux, messageries, demain réalités altérées).

    Pourquoi les jeunes, et les médias, sont-ils tellement surpris par le résultat du vote Trump, pourtant obtenu dans un processus démocratique ? A force de vivre dans leur bulle ils ont peut être oublié qu’il existe des populations qui ne pensent pas comme eux. Bercés par les algorithmes rassurants et communautaires de Facebook, ils négligent les différences et la multitude de points de vues. Le rôle des médias devrait justement être de remettre l’information dans un contexte, de rester objectif et de prendre en compte tous les opinions, sans filtre gauche ou droite. L’enjeu est de réconcilier deux générations, de faire comprendre la vision du monde des uns aux autres, mais dans les deux sens.A être toujours connectés, ils se sont déconnectés.

    Permettre aussi aux jeunes de former les anciens et contribuer à accorder les générations dans l’entreprise et dans la société. La nouvelle fracture numérique n’est pas dans l’accès ou le prix, entre ceux qui ont ou pas les moyens d’accéder à Internet, mais entre ceux qui veulent y accéder ou pas ! Et le plus souvent ceux qui ne veulent pas sont les seniors ! Et, dans une moindre mesure, les ruraux et les non diplômés.

    A noter aussi que souvent, dans le cocon familial, la manière de consommer les médias des enfants influence les parents, en particulier pour la télé, alors moins regardée. L’influence parentale restant claire quand il s’agit d’autres « vieux » médias : radio, journaux papier, cinéma, livres, CD.

    4Renforcer la valeur ajoutée et la liberté dans les formats d’écriture
    Le copier-coller de contenus ne marche pas dans le numérique. Ni dans un sens, ni dans l’autre. Même Vice, qui vise pourtant les jeunes, ne décolle pas quand il est diffusé sur le téléviseur.

    Chaque plateforme a ses usages, et donc sa grammaire, ses codes, son ton.

    Ici des vidéos partageables qui expliquent des choses complexes de manière brèves et convaincantes, là des formats plus longs, plus fouillés seront appréciés. Il faut offrir non seulement la consommation sur plusieurs écrans, mais aussi de nouveaux contenus exclusifs à l’acte, des capacités d’enregistrement et de remix sans difficulté, des abonnements ponctuels.

    Contrairement aux idées reçues, les jeunes sont aussi prêts à ne pas considérer le web comme l’eldorado de la gratuité : 55% des milléniaux US paient déjà pour du divertissement en ligne, et ils sont déjà 40% à payer pour des services d’infos.

    Mais attention le modèle de Netflix ou Hulu, appliqué à tout, n’est pas sûr de fonctionner pour des milléniaux dont l’engagement passe uniquement par le social.

    5Améliorer leur expérience
    Soigner l’accès aux contenus, et sa fluidité, est devenu déterminant dans l’expérience de jeunes à l’attention fragmentée et de courte durée.

    Apprendre à mettre en scène des contenus fragmentés, aussi.

    Par leur utilisation massive et leur efficacité, les services comme Spotify, Google, Facebook mettent la pression sur les médias historiques, incompétents en design interactif, en expérience utilisateur (UX), en ergonomie.

    Les jeunes réclament une expérience totale. Un contenu contextualisé mais sans effort : que tout soit à leur portée, tout de suite, au moment même où ils visionnent.

    Avec les formats 360°, de réalité virtuelle et augmentée, qui arrivent, les médias vont aussi devoir se mettre rapidement à apprendre à immerger l’utilisateur dans les contenus.

    Les données et nouveaux outils de mesure deviennent clés dans la gestion des contenus, leur marketing et de plus en plus leur « découvrabilité ».

    Ce sont d’ailleurs désormais les « analytics » qui donnent les indications du succès, de la « fan base ».

    6Personnaliser leur expérience
    Comment faire face aux géants du web si les médias historiques ne sont pas capables de personnaliser et de recommander leurs contenus ? Mais ils ont peur de la personnalisation car ils craignent une dissolution de leur personnalité dans le sur-mesure de masse.

    Pourtant, segmenter son audience et adapter son offre à chaque plateforme est devenu clé. L’expertise va être de savoir quoi proposer à qui et où. Grâce aux data et à la segmentation, il sera possible d’offrir le bon format à la bonne personne au bon moment.

    Les playlists de contenus à découvrir, de conseils de films et d’œuvres seront faits par des éditeurs, des professionnels des programmes, des experts reconnus, des amis et des machines.

    Même la télévision est de moins en moins une activité familiale. Elle se consomme de plus en plus à la demande et de manière personnalisée sur tout écran et de nombreuses plateformes où il est crucial d’apparaître en haut du fil d’un réseau social, ou d’un mur de posts.

    Plutôt que vers des chaînes, les jeunes risquent de se tourner à l’avenir vers des plateformes intégrées verticalement qui offriront un catalogue profond et personnalisé de contenus et d’œuvres à la demande, sur le terminal de leur choix. D’autant que le vieux modèle de la TV payante s’effondre.

    Les opérateurs télécoms, assis sur des montagnes de données, largement encore inexploitées, l’ont bien compris et ont repris leur marche vers la convergence pour combiner contenus, bande passante, accès, spectre,... Les grandes manœuvres battent leur plein, la consolidation est puissante : AT&T avale Time Warner (CNN, HBO, Warner Bro.) après Direct TV, Verizon a racheté NBC Universal, et leurs contenus pour les distribuer sur toutes les plateformes… Le prix des offres en bouquet chute, … En France Altice Media donne l’exemple. Même si ce mouvement ressemble plus à une tentative de regroupement défensif pour intermédiaires menacés.

    Les grands acteurs traditionnels sont en train d’alléger leurs bouquets (le menu), d’offrir des choix (la carte) et baissent les prix. Car en ce moment ce ne sont plus eux les vrais distributeurs de la culture des jeunes, mais Netflix, YouTube, Facebook et consors. Essentiellement sur mobiles, d’ailleurs !

    Le nouveau modèle est désormais bien évidemment une consommation à la demande, à la carte, en différé. A leurs conditions donc et sur leur plateformes.

    7Refonder le contrat de la publicité et du gratuit
    Refusant de plus en plus l’intrusion des messages à caractère commercial, les jeunes, utilisateurs massifs d’ad-blockers, haïssent la pub. L’éviter leur est aussi important que de pouvoir regarder les programmes à la demande.

    Ils entendent être acteurs de leur expérience publicitaire. Ils s’attendent aussi à ce que les marques sachent qui ils sont.

    Face à une génération consciente de son pouvoir de négociation sur l’utilisation de ses données, et exigeant des services de plus en plus personnalisés, les marques feraient bien de tout faire pour utiliser au mieux les outils de mesure permettant d’affiner leurs propositions. Ces jeunes ne sont d’ailleurs pas hostiles au brand content, à la pub native, si le message porte leurs valeurs, ou si le format est innovant, comme sur Snapchat.

    Mais la pub display a disparu, le spot de 30 secondes va mal et le programmatique a fait chuter les prix. Le financement de la TV des milléniaux n’est pas simple.

    Pour capter leur attention, les marques doivent être pourtant au moins aussi intéressantes que les YouTubeurs et les influenceurs qui sont aujourd’hui leurs plus grands concurrents face à des milléniaux devenus des cibles privilégiées pour leur pouvoir d’achat présent et futur.

    Vivement « les perennials » !

    Nous savons tous que nous allons avoir de plus en plus d’informatique dans nos vies. Via différents terminaux. Et peut-être après-demain sans écran. Nous connaissons aussi la difficulté des médias historiques à reprendre de l’attention aux nouveaux médias, bien meilleurs aux yeux des jeunes et qui bougent très vite !

    Mais le nombre de sociétés et de marques média qui obtiennent des succès considérables auprès des 18-35 ans montre qu’il n’y a pas d’obstacle majeur pour atteindre cette cible. 

    Alors, sans céder au fétichisme de la jeunesse, au jeunisme, nous ne pouvons prendre le parti de l’insécurité et de l’ignorance de responsables débordés face au monde numérique. De responsables de l’audiovisuel, du cinéma et de la culture qui n’ont pas une, mais deux générations de retard ! Non seulement sur les Jobs et Gates, hier, mais aussi sur les Zuckerberg, Bezos, Musk, Brin et Page, aujourd’hui. Avec la complicité du secteur publicitaire, ils ont préféré vivre de la rente et livrer des résultats à leurs actionnaires plutôt que d’assurer l’indispensable transformation numérique de leur entreprise. Et parfois encore plus cyniques, soutenir un vieux monde politique et des intérêts où les jeunes n’ont pas encore assez de pouvoir.

    Mais désormais c’est le public qui dicte sa loi. Et ses usages.

    Avant les gens allaient aux médias, aujourd’hui c’est aux médias d’aller à eux ! D’adopter vite le contexte de milléniaux hyper-connectés qui incarnent l’avenir, pas de résister. L’incapacité des médias traditionnels à se réinventer provoque déjà un arrêt de la croissance des emplois numériques dans leur secteur. Demain, le risque est de devenir hors sujet !

    Mais ce n’est pas suffisant. Face à une génération qui évolue dans un monde de choix infinis, de jeunes qui vivent à l’intérieur même de leurs médias, où authenticité et proximité sont des valeurs cardinales, leur faire confiance, lâcher prise, ne paraît pas hors de portée.

    Allons plus loin. Donnons-leur du pouvoir à tous les niveaux : dans la confection d’un JT, d’un magazine, d’un talk show, d’une maquette, d’une fiction, d’une application. Accueillons-les aux comités de direction et au conseil d’administration.

    Laissons aussi plus de place à l’expérimentation, à l’erreur, au tâtonnement que permettent les outils numériques. Avant de se lancer une chaîne demandait une fréquence, des mois de préparation et des millions d’euros. Désormais lancer une chaine sur Facebook ou YouTube se fait en quelques secondes avec un smart phone – profitons-en pour explorer.

    La solidarité intergénérationnelle, le bon sens, et la tension actuelle plaident pour rapidement donner la place qu’ils prendront de toute façon. Ces jeunes sont les hackers de notre vieux monde, les entrepreneurs du changement.

    Aujourd’hui les vieux médias ont aussi besoin des nouveaux médias, et inversement. Car ceux qui vont « bouffer ces derniers sont aujourd’hui en maternelle », prévient le patron de Vice Media. Gare donc à la génération Z, celle qui a grandi dans les années 90, la plus influente et qui constitue la vraie bascule. Une génération qui paiera peut être demain par selfie !

    Déjà se profile encore une nouvelle catégorie, celle des perennials, vieux et jeunes enfin réunis, vivaces de tous âges, qui enjambent les générations, vivent au présent, sont passionnés, créatifs, curieux surtout de têtes et d’idées nouvelles. Il semble d’ailleurs être prouvé que la neuro-plasticité n’est plus une question d’âge. Et qu’après 25 ans, nous pouvons encore recréer des circuits neuronaux.

    Comme toujours, le plus grand défi est donc celui du changement culturel. En d’autres termes, le changement en profondeur de l’état d’esprit de l’entreprise.

    Les médias auront-ils le temps de changer aussi rapidement et en profondeur que nécessaire ? Il y a encore un an, personne de plus de 40 ans n’était sur Snapchat !

    Aujourd’hui les seniors y débarquent, ce qui pourrait faire fuir les jeunes vers un nouvel havre numérique. Où seront les jeunes demain ?

    Eric Scherer

     

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    PS : nous développerons ces sujets dans notre Cahier de Tendances Méta-Media N°12, Automne Hiver 2016-2017, avec de nombreux témoignages et contributions de créateurs de médias dédiés aux jeunes audiences, en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique. Mais aussi des initiatives de vieux médias vers ces nouveaux publics.

    Le cahier sera disponible ici, sur Méta-Media en pdf gratuitement fin novembre, début décembre.

     (Illustration de couverture : Jean-Christophe Defline)

    Par Eric Scherer,Directeur de la Prospective, France-Televisions                                                                            http://www.meta-media.fr