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  • La Journée de la Terre. La résilience du peuple palestinien abandonné. - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2018/04/la-journee-de-la-terre.la-resilience-du-peuple-palestinien-abandon

    Photo : Sans abri à Gaza, source : nybooks.com

    « Si cette immigration des juifs en Palestine avait eu pour but de leur permettre de vivre à nos côtés, en jouissant des mêmes droits et en ayant les mêmes devoirs, nous leur aurions ouvert les portes, dans la mesure où notre sol pouvait les accueillir. (…) Mais que le but de cette émigration soit d’usurper notre terre, de nous disperser et de faire de nous des citoyens de deuxième catégorie, c’est là une chose que nul ne peut raisonnablement exiger de nous. C’est pour cela que, dès le début, notre révolution n’a pas été motivée par des facteurs raciaux ou religieux. Elle n’a jamais été dirigée contre l’homme juif en tant que tel, mais contre le sionisme raciste et l’agression flagrante. » (Yasser Arafat)

    Vendredi 30 mars un massacre de plus que celui de 17Palestiniens coupables de protester contre la condition infra-humaine dans la prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Toutes factions confondues, les Palestiniens promettent de protester pacifiquement pendant un mois et demi jusqu’au 15 mai mettant à profit la journée de la Terre pour protester contre l’occupation illégale de leur territoire d’où ils furent chassés en 1948 Le 15 mai coïncide avec l’inauguration controversée de l’ambassade américaine à Jérusalem. C’est aussi la commémoration de la catastrophe (Nakba) subie par les Palestiniens lors de la création d’Israël (1948). Ils furent plus de 700 000 à fuir leur terre pour trouver refuge dans la bande de Ghaza, en Jordanie, au Liban, en Syrie. Leur enfermement et la grave crise humanitaire qui sévit à Ghaza donnent plus que jamais corps à la question du « droit au retour ». Cette demande dont les dirigeants israéliens n’en veulent à aucun prix, au contraire encourageant des juifs de la Diaspora au nom de la loi du Retour de revenir quand ils veulent en Palestine, prendre la place des exclus et pousser de plus en plus les Palestiniens restants à partir.

    Tuer délibérément « grâce aux snipers »

    Pour Ibraheem Abu Mustafa de Reuters : « Des dizaines de milliers de Palestiniens, des femmes et des enfants, ont convergé vendredi le long de la barrière frontalière qui sépare la bande de Ghaza d’Israël dans le cadre de ´´la grande marche du retour´´. Ce mouvement de protestation durera six semaines pour exiger le ´´droit au retour´´ des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Ghaza. Des dizaines de Palestiniens se sont approchés à quelques centaines de mètres de cette barrière ultra-sécurisée, régulièrement le théâtre de heurts sanglants contre les habitants de l’enclave par les soldats. Ces derniers ont tiré des balles réelles et fait usage de gaz lacrymogène. Selon le ministère de la Santé dans la bande de Ghaza, 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1410 blessés dans les affrontements avec l’armée israélienne. La ´´grande marche du retour´´ a lieu à l’occasion de la ´´Journée de la Terre´´, qui marque chaque 30 mars la mort en 1976 de six Arabes israéliens pendant des manifestations contre la confiscation de terres par Israël. Les Arabes israéliens sont les descendants de Palestiniens restés sur place à la création de l’Etat d’Israël en 1948 » (1).

    Farès Chahine qui intervient à partir des territoires occupés résume la situation : « L’armée israélienne a mis en exécution ses menaces, lancées en début de semaine, d’utiliser des balles réelles pour réprimer les manifestants. Le chef de l’état-major de l’armée d’occupation avait même déclaré à la presse israélienne qu’il allait lui-même superviser la répression de :

    « La grande manifestation du retour », comme l’ont appelée les organisateurs. Les forces israéliennes, renforcées par une centaine de snipers postés tout le long de la frontière avec la bande de Gaza, n’ont ainsi pas hésité à tirer sur les manifestants désarmés qui ne portaient que des drapeaux palestiniens et lançaient des slogans réclamant le retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres et dans leurs villages d’où ils ont été expulsés de force en 1948. (…) Au lieu de leur faire peur, les menaces israéliennes ont au contraire galvanisé les citoyens qui se sont rendus en masse vers la frontière pour scander leurs slogans. » (2)

    « L’autre point remarquable poursuit Fares Chahine, de cette journée historique était l’absence des bannières des différentes factions palestiniennes. Celles-ci ont laissé place au seul drapeau palestinien, symbole de l’unité du peuple palestinien. Des centaines de tentes ont donc été plantées tout le long de la frontière à une distance de 700 mètres environ de la clôture. Cette présence féminine remarquable a d’ailleurs apporté un démenti au gouvernement israélien de droite qui fournit de grands efforts pour accréditer l’idée que les Palestiniens sont des terroristes, des tueurs sanguinaires et des misogynes. « Malgré le danger, les Palestiniens de la bande de Ghaza, qui vivent dans des conditions inhumaines depuis de très longues années, promettent que ce 30 mars 2018 n’est que le début d’une insurrection civile contre les autorités de l’occupation. (…) La journée de la Terre, qui est célébrée depuis le 30 mars 1976, a toujours bénéficié d’un large consensus au sein de la population palestinienne. En ce jour du 30 mars 1976, les forces israéliennes ont froidement abattu six citoyens palestiniens communément appelés « Arabes d’Israël », Ces Palestiniens avaient pourtant la nationalité israélienne. Mais elle n’a servi à rien. Il s’agit de la preuve que ces « Arabes d’Israël » sont considérés comme des citoyens de seconde zone. » (2)

    Cyrille Louis du Figaro témoigne et rapporte le contenu d’une vidéo mise en ligne :

    « Une fois le fracas interrompu et la poussière retombée, les participants à cette « grande marche du retour » ont mis en ligne les vidéos tournées vendredi avec leur téléphone. L’une d’elles, filmée à l’est de Beit Lahya, a aussitôt inondé les réseaux sociaux. On y voit un jeune homme vêtu d’un jeans et d’un pull noir qui court, un pneu à la main, pour tenter d’échapper aux balles des tireurs d’élite israéliens. Une détonation claque, puis une seconde et le garçon tombe à terre. D’après ses amis, dont le témoignage a été confirmé par les secouristes palestiniens, Abdel Fattah Abdel Nabi est mort sur le coup. À en juger par ce document, l’homme âgé de 18 ans ne présentait aucun risque immédiat pour les militaires qui l’ont abattu. Pour L’ONG israélienne B’Tselem « Tirer sur des manifestants qui ne portent pas d’armes est illégal » et « tout ordre donné à cette fin l’est également ». (3)

    Les réactions

    Dans un discours le même jour vendredi, le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré qu’il tenait Israël pour pleinement responsable de ces morts Les Palestiniens ainsi que la Turquie ont dénoncé un « usage disproportionné » de la force. La Ligue arabe, l’Egypte et la Jordanie ont également condamné la riposte israélienne.. L’Algérie condamne « avec force » et d’un « ton très ferme » la boucherie israélienne commise par les forces d’occupation, à Ghaza, lors de la répression, vendredi, d’une marche pacifique commémorant le quarante- deuxième anniversaire de la « Journée de la Terre », sous le slogan du « grand retour » d’après le communiqué du ministère des Affaires étrangères (MAE).

    Le Conseil de sécurité des Nations unies, pour sa part n’a rien décidé. Réuni en urgence vendredi soir sur les affrontements dans la bande de Ghaza, a entendu les inquiétudes quant à une escalade de la violence, mais n’est pas parvenu à s’entendre sur une déclaration commune. « Le risque de l’escalade (de la violence) est réel », a estimé devant le Conseil le représentant français. « Il y a la possibilité d’un nouveau conflit dans la bande de Ghaza. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont exprimé des regrets quant au calendrier de la réunion -la Pâque juive a commencé vendredi soir- synonyme d’absence de responsables israéliens. « Il est vital que ce Conseil soit équilibré » a dit à la réunion le représentant américain..Israël a rejeté les appels internationaux à une enquête indépendante. L’usage de balles réelles par l’armée israélienne est au coeur des interrogations de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme.

    Israël rejette toute enquête

    Vendredi 30 mars a été la journée la plus meurtrière dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014 : 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1400 blessés, dont 758 par des tirs à balles réelles, selon le ministère de la Santé dans l’enclave. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont réclamé une « enquête indépendante » sur l’usage par Israël de balles réelles, une demande rejetée par l’Etat hébreu. De son côté, le ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a qualifié d’« hypocrites » les appels à ouvrir une enquête. « Il n’y aura pas de commission d’enquête », a-t-il déclaré à la radio publique israélienne. « Il n’y aura rien de tel ici, nous ne coopérerons avec aucune commission d’enquête. » (3)

    Pour M.K.Bhadrakumar, l’horrible attaque de 17 manifestants palestiniens non armés et pacifiques vendredi par les forces de sécurité israéliennes a une fois de plus souligné que l’occupation par Israël des pays arabes demeure toujours la cause première de la crise au Moyen-Orient. La revendication des manifestants est qu’Israël devrait accorder le droit aux 1,3 million de réfugiés (selon les chiffres de l’ONU des réfugiés enregistrés) de « rentrer chez eux » d’où ils ont été chassés, (…)Trump entouré, dont l’islamophobie suinte de ses veines, il s’est maintenant entouré de personnes aux vues similaires, en particulier le nouveau secrétaire d’État Mike Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton ainsi que l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU Nikki Haley. » (4)

    La marche du désespoir des Palestiniens

     Un article du journal Le Monde nous apprend un peu plus sur cette marche pacifique :

    « Des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi à quelques mètres de la clôture qui les sépare d’Israël. Au moins 16 ont été tués par l’armée israélienne. Tels des champignons de fer, les casques des tireurs d’élite israéliens se dessinent, immobiles, au sommet des collines. Des officiers assurent la liaison radio à leurs côtés. Une jeep passe dans leur dos. Les manifestants palestiniens, réunis près du camp de Bureij, contemplent ce ballet. La distance qui les sépare des soldats se compte en centaines de mètres. Soudain, une balle siffle, un corps s’effondre. On l’évacue. On continue. Ce face-à-face a duré toute la journée du vendredi 30 mars, le long de la bande de Ghaza. Cette journée marque un succès amer pour les partisans d’une résistance populaire pacifique, qui ont constaté depuis longtemps l’échec de la lutte armée. D’autant que la supériorité technologique de l’armée israélienne ne cesse de s’accroître. La manifestation de vendredi place cette armée sur la défensive, obligée de justifier des tirs à balles réelles sur des manifestants ne présentant aucun danger immédiat pour les soldats. (…) Mais contrairement aux propos calibrés des autorités israéliennes, personne n’a forcé les Ghazaouis à sortir pour réclamer le droit au retour des Palestiniens sur les terres qu’ils ont perdues en 1948, au moment de la création d’Israël. « Je n’appartiens pas à une faction, mais à mon peuple, résume Rawhi Al-Haj Ali, 48 ans, vendeur de matériaux de construction. C’est mon sang et mon coeur qui m’ont poussé à venir. (…) » (5)

    Non loin de lui, dans la zone de rassemblement de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, Ghalib Koulab ne dit pas autre chose, sous le regard de son fils.

    « On veut envoyer un message à l’occupant, résume cet homme de 50 ans. On est debout, on existe. » Dans le conflit israélo-palestinien, les mots aussi sont sacrifiés, vidés de leur sens. Dans chacun des cinq lieux de rassemblement prévus le long de la frontière a conflué le peuple ghazaoui dans sa diversité, et son dénuement. Vieillards et gamins, femmes voilées et jeunes étudiantes apprêtées, mais surtout jeunes hommes sans avenir (…) Mais personne ne contrôlait cette foule éclatée. Il est tentant de dire que ces jeunes défiaient la mort. En réalité, ils défiaient la vie, la leur, qui ressemble à une longue peine : celle des victimes du blocus égyptien et israélien, enfermées depuis bientôt onze ans dans ce territoire palestinien à l’agonie. (…) « On ne sera pas transférés dans le Sinaï égyptien, comme le veulent les Américains et les Israéliens ! On continuera jour après jour, jusqu’à ce qu’on retrouve nos terres. Le processus de réconciliation, amorcé sous les auspices de l’Egypte en octobre 2017, est au point mort, mais personne ne veut signer l’acte de décès. »(5)

    La colonisation continue : personne ne proteste

    Pendant ce temps Israël accentue sa politique de colonisation des Territoires palestiniens. Selon un rapport de La Paix maintenant, le nombre de nouveaux logements a fortement augmenté en 2017. L’an I de la présidence Trump, sans surprise, a été marqué par une poursuite des activités de colonisation en Cisjordanie. Selon le rapport annuel publié lundi par l’organisation anti-occupation La Paix maintenant, 2783 nouveaux logements y ont été mis en chantier en 2017. Ce décompte marque un léger recul par rapport à l’année précédente, mais il traduit une hausse de 17% si on le compare avec la moyenne des 10 années écoulées. Le nombre d’appels d’offres passés pour de nouvelles habitations (3154) a simultanément atteint un niveau…

    Au dernières nouvelles, ce vendredi 6 avril jour de prière. De nouveaux affrontements ont éclaté ce vendredi 6 avril entre manifestants palestiniens et soldats israéliens près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Ces heurts interviennent une semaine après des violences sans précédent depuis 2014 qui ont coûté la vie à 19 Palestiniens.

    Cinq Palestiniens ont été tués et plus de 400 blessés par des soldats israéliens. Des manifestants ont incendié des pneus et lancé des pierres sur les soldats israéliens postés à la barrière de sécurité séparant les deux territoires, selon des correspondants de l’AFP sur place. Les militaires ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles (6).

    Beaucoup de commentateurs ont fait une analogie avec les massacres de Sharpeville , sauf qu’à l’époque le monde occidental avait banni l’Afrique du Sud, qui fut par la force des choses amenée à reconsidérer sa politique d’apartheid.

    Pourtant, la conscience humaine devrait retenir le bras vengeur de cette armée qui se dit « la plus morale du monde » car mettre des dizaines de snipers pour un tir aux pigeons, sauf que le pigeon est un jeune envahi par le désespoir, qui veut vivre à en mourir dans une enclave où son horizon est bouché. Il ne lui reste que la solution finale ; offrir sa poitrine et mourir pour une cause de la liberté. Ce qui est encore plus inhumain, c’est ce que doit penser le sniper dont le tableau de chasse est éloquent en fin de journée. Il ôte la vie à des jeunes comme lui qui ne demandent qu’à vivre comme lui sur cette Terre de Palestine dont il est difficile de parler d’ethnie, la science ayant prouvé que les Palestiniens et Israéliens appartiennent au même peuple de Cananéens.

    Que certains sionistes aient fait de la religion judaïque un fonds de commerce au nom de la race élue, ne doit pas porter préjudice à un peuple qui revendique de vivre sur les 18% de la Palestine originelle. S’il est connu que les Palestiniens n’ont rien à attendre des pays occidentaux tétanisés par la faute originelle, qui leur fait accepter toutes les impunités d’un pays qui brave une quarantaine de résolutions, ils sont encore mal barrés concernant la solidarité des pays arabes, encore plus tétanisés qui regardent ailleurs et se fendent de communiqués qui n’apportent rien de nouveau. La direction palestinienne s’est installée dans les temps morts et il n’y a pas de relève à l’horizon. Il est à craindre que la conscience internationale regarde ailleurs pendant qu’un peuple est en train de disparaître en tant que nation.

    « Est-ce ainsi que les Hommes vivent » aurait dit Aragon.

    Professeur Chems Eddine Chitour

    Ecole Polytechnique Alger

    Notes

    1.https://www.huffpostmaghreb.com/entry/ghaza-les-palestiniens-poursuivront-leur-protestation-apres-une-pre

    2.http://www.elwatan.com/international/israel-commet-un-massacre-a-ghaza-31-03-2018-365426_112.php

    3.https://assawra.blogspot.fr/2018/04/israel-rejette-toute-enquete.html

    4.http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2018/03/31/palestine-still-remains-core-issue-in-middle-east

    5.http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/03/31/a-la-frontiere-de-la-bande-de-gaza-une-grande-marche-du-retour-pacifique-mai

    6.https://www.nouvelobs.com/monde/20180406.OBS4747/affrontements-a-gaza-5-palestiniens-tues-dans-des-heurts-avec-l-armee-isr

    Article de référence :

    http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/289893-la-resilience-du-peuple-palestinien-abandonne.htm

    La source originale de cet article est Mondialisation.ca
    Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2018

  • « Libé » en écho d’un vertige commun. - Un texte paru dans Libération en 2001 à propos d’événement prenant place dans les années 1970

    http://www.liberation.fr/france/2001/02/23/libe-en-echo-d-un-vertige-commun_355723

    Signalé par un copine de passage dans le fjord

    « Libé » en écho d’un vertige commun.

    Par Sorj CHALANDON — 23 février 2001 à 23:08
    A la fin des années 70, la pédophilie est une déviance écoutée.

    En janvier 1977, trois hommes comparaissent devant la cour d’assises de Versailles pour « attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de moins de 15 ans ». Leurs trois années de détention préventive déclenchent une pétition relayée par Libération. Le texte ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Une fois encore, il affirme que les enfants n’ont subi « aucune violence », qu’ils étaient « consentants ». « Si une fille de 13 ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ? », demande la pétition. Le texte estime qu’il n’y a pas « crime » et que « trois ans pour des baisers et des caresses, ça suffit ».

    Qui signe ? Aragon, Bernard Kouchner, André Glucksmann, François Chatelet, Jack Lang et bien d’autres encore, de Félix Guattari à Patrice Chéreau ou Daniel Guérin.

    Jean-Claude Guillebaud, journaliste à Sud-Ouest (et au Nouvel Observateur), écrivait à propos des années 70 et de la pédophilie : « Des crétins dans le vent allaient jusqu’à vanter la permissivité en ce domaine, sans que cela ne suscite beaucoup de protestations. Je pense à ces écrivains qui exaltaient dans les colonnes de Libération ce qu’ils appelaient "l’aventure pédophile". »

    Qu’allons nous faire de ces #grands_hommes #pédophilie #viol #enfance

  • Espagne 1936 : l’espérance assassinée | Le blog de Floréal
    https://florealanar.wordpress.com/2017/11/10/espagne-1936-lesperance-assassinee

    Espagne 1936 : l’espérance assassinée

    10 novembre 2017 par Floréal

    J’ai écrit l’article ci-dessous pour le numéro 11 du magazine bimestriel « Rebelle[s] », qui vient de paraître. Chaque numéro de cette revue est consacré à un thème particulier, qui cette fois était « Quelles grandes espérances pour le monde ? ». Comme je n’en ai guère, j’ai préféré parler du passé.

    __________

    Récemment, un très intéressant documentaire réalisé par Tancrède Ramonet et plusieurs fois diffusé sur Arte et La Chaîne parlementaire est venu fort heureusement combattre l’ignorance quasi totale du « grand public » pour l’histoire d’un mouvement politique trop souvent passé sous silence ou caricaturé : l’anarchisme. Comme le montre ce documentaire, parmi les pays où ce courant de pensée et la mise en œuvre de ses propositions ont présenté quelque importance, c’est en Espagne que son influence aura été incontestablement la plus forte et la plus évidente. Pour le comprendre, il nous faut remonter dans le temps.

    Autoritaires contre antiautoritaires
    Si la naissance de l’Association internationale des travailleurs (AIT), plus connue sous le nom de Première Internationale, date bien du 28 septembre 1864, à l’issue d’un congrès ouvrier européen réuni au Saint-Martin’s Hall de Londres, l’idée de créer une telle organisation avait germé lors de précédentes rencontres entre syndicalistes anglais et français, parmi lesquels se distinguait Henri Tolain, un ciseleur sur bronze fortement imprégné, comme le monde de l’artisanat et le mouvement ouvrier français de l’époque, par les écrits de Proudhon.
    Très vite, des désaccords sur l’orientation à prendre vont miner la vie de cette jeune Internationale, au sujet notamment de l’attitude à observer vis-à-vis des partis politiques et des candidatures ouvrières aux élections. Les diverses sections de l’Internationale seront en effet partagées entre un courant autoritaire emmené par Karl Marx, prônant la participation au jeu politique, et un courant antiautoritaire hostile à cette participation. Jusque-là très marqué par la pensée de Proudhon, ce second courant le sera surtout, après la mort du « père de l’anarchie », par l’arrivée du révolutionnaire russe Mikhaïl Bakounine, dont l’influence se confondra avec l’apport incontestable du mutuellisme et du fédéralisme proudhoniens.
    Comme il l’avait clairement exprimé dans un courrier adressé à son compère Engels en juillet 1869, le très autoritaire Marx, mécontent de l’influence croissante de Bakounine, finira trois ans plus tard par « excommunier » ce dernier, et transférera à New York le siège du conseil général de l’Internationale qu’il dirigeait, signant par là même son arrêt de mort. Mais revenons-en à l’Espagne.

    Giuseppe Fanelli

    C’est en octobre 1868 que Bakounine confia à son ami Giuseppe Fanelli, ancien participant de la fameuse expédition des Mille au côté de Garibaldi, la mission de se rendre en Espagne afin d’y constituer des groupes de l’Internationale. Fanelli, devenu propagateur des thèses du socialisme libertaire après sa rencontre avec le révolutionnaire russe, se rendra ainsi à Madrid et à Barcelone. Là, durant quatre mois, Fanelli va se montrer d’une grande efficacité. A Madrid d’abord, il amènera les représentants des travailleurs de plusieurs corporations, parmi lesquels se distinguent le typographe Anselmo Lorenzo et le graveur sur métaux Tomás González Morago, à fonder un premier noyau de l’Internationale. A Barcelone, ensuite, il gagnera à sa cause le groupe sous l’impulsion duquel les sociétés ouvrières de la capitale catalane venaient de se fédérer. Ici, c’est un homme de grande valeur, Rafael Farga Pellicer, un typographe, qui jouera un rôle déterminant dans la création et le développement de l’Internationale, épaulé par des jeunes gens d’origine andalouse comme José García Viñas et Gaspar Sentiñon. Il convient de préciser que la très nette orientation antiautoritaire ou libertaire prise par les noyaux espagnols de l’Internationale devait beaucoup à l’immense discrédit de l’idée même d’action politique, dû aux trahisons répétées des dirigeants républicains. Cela facilita par là même la tâche de Fanelli, qui arrivait sur un terrain propice où, par ailleurs, les thèses de Proudhon circulaient déjà abondamment depuis que le républicain fédéraliste Francisco Pi y Margall avait traduit l’un de ses principaux ouvrages, Du principe fédératif.
    De son côté, Marx tentera de contrecarrer l’orientation anarchiste des internationalistes d’Espagne en y envoyant son gendre Paul Lafargue pour y être l’anti-Fanelli, mais sans grand succès. Le célèbre auteur du Droit à la paresse s’illustrera surtout très négativement en jouant un rôle de mouchard, livrant publiquement les noms des internationalistes bakouniniens, dès lors livrés à la répression.

    Vers la révolution sociale
    Ce mouvement ouvrier espagnol sous influence de l’« apolitisme » libertaire sera par la suite amené à plusieurs reprises à changer le nom de ses organisations et à s’habituer à survivre, au gré des interdictions, des procès, de l’exil forcé de ses principaux représentants, et des périodes de clandestinité auxquelles il fut contraint. Il parviendra néanmoins à se maintenir et à se renforcer jusqu’aux dates clés des 30, 31 octobre et 1er novembre 1910 où eut lieu, à Barcelone, le congrès constitutif de la Confédération nationale du travail (CNT), organisation née de la rencontre et d’un long compagnonnage entre anarchisme traditionnel et syndicalisme d’action directe, et appelée dès lors à jouer un rôle capital dans l’histoire de l’Espagne ouvrière. Au travers des alternances de légalité et de persécution, la CNT, dont les pôles principaux se trouvent en Catalogne, en Andalousie, au Levant et en Aragon, va dès lors prendre la tête du combat social, reléguant au second plan l’Union générale des travailleurs (UGT), l’autre grande centrale syndicale liée au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Comptant un peu plus de 500 000 adhérents représentés lors de son congrès de Madrid en 1919, la CNT passera à plus d’un million de membres à la veille du coup d’Etat franquiste de juillet 1936.
    Il faut également insister sur le fait que la CNT était loin de représenter une simple organisation syndicale au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Dans une Espagne peu industrialisée où l’enseignement n’était pas obligatoire, nombre de ses militants de valeur œuvreront en permanence dans le domaine éducatif et ce qui concourt à enrichir l’individu sur les plans éthique et intellectuel. Ils obéissaient ainsi à un précepte hautement libertaire en milieu ouvrier, qui refuse de ne voir dans l’individu qu’un être défini par son emploi et uniquement destiné au travail. C’est ainsi que la CNT et la Fédération anarchiste ibérique (FAI), née en 1927, favorisèrent l’essor d’une presse d’excellente qualité largement répandue, faisant paraître trente-six quotidiens et de multiples hebdomadaires et revues, et mirent sur pied des imprimeries lui ayant permis d’éditer des milliers de livres, des athénées, et une large infrastructure de locaux où trônait l’indispensable bibliothèque.
    Lorsque éclate le soulèvement des militaires félons emmenés par le général Franco, ce sont principalement ces milliers de militants aguerris de la CNT et de la FAI qui les mettront en échec dans les zones où ces deux organisations étaient prédominantes. Fidèles à une finalité maintes fois réaffirmée en congrès d’instaurer le communisme libertaire, ces organisations intimement liées vont alors profiter de leur vigoureuse riposte et de leur victoire en certaines régions pour enclencher une vaste révolution sociale d’inspiration libertaire. C’est ainsi qu’en Catalogne comme en Aragon, au Levant et en certaines zones d’Andalousie, une collectivisation réelle des industries et des terres agricoles fut mise en œuvre, réelle car sans tutelle partidaire ou étatiste.

    Le grand mensonge stalinien
    Si l’on comprend aisément que le franquisme, épaulé par les fascismes allemand et italien, ait voulu en finir avec l’anarchisme espagnol et son influence, les militants de la CNT-FAI auront aussi très vite à combattre, dans le camp dit républicain, cet autre ennemi totalitaire que représentait le Parti communiste espagnol (PCE). La possibilité de voir naître un socialisme authentique va en effet représenter pour les staliniens une menace beaucoup plus redoutable que le triomphe du fascisme. Ils vont s’appliquer dès lors à torpiller une expérience révolutionnaire unique et à massacrer ses protagonistes, comme ce fut le cas auparavant dans la Russie révolutionnaire. Le 17 décembre 1936, cinq mois seulement après le déclenchement du coup d’Etat fasciste, La Pravda annonçait en termes très clairs le programme des communistes espagnols aidés par d’innombrables « conseillers » soviétiques : « En Catalogne, l’élimination des trotskistes et des anarcho-syndicalistes a déjà commencé ; elle sera conduite avec la même énergie qu’en URSS. » C’est ainsi qu’entre la destruction des collectivités agricoles de Catalogne et d’Aragon, opérée par les troupes du sinistre Enrique Lister spécialement détachées du front de guerre pour cette tâche, les multiples enlèvements et assassinats de militants anarchistes ou membres du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) coupables de dissidence « trotskiste », qualificatif qui valait en ces temps-là condamnation à mort, la tentative stalinienne de « coup d’Etat » de mai 1937, le permanent chantage à la fourniture d’armements opéré par Moscou et autres infamies, tout sera mis en œuvre par les communistes pour faire échouer une révolution authentique, favorisant par là même la victoire définitive du fascisme espagnol.
    Si les erreurs commises par les représentants du mouvement libertaire ne sont bien sûr pas à dissimuler dans cette tragédie, le sabotage en règle mené de 1936 à 1939 par les staliniens et la longue nuit noire qui s’abattit sur l’Espagne après la défaite des « républicains » allaient signifier la fin du seul espoir véritable nourri par les anarchistes du monde entier de voir leur idéal prendre forme. La « grande espérance » des gens humbles et exploités d’en finir avec une société inique s’envolait et devait dès lors laisser place au cauchemar d’un communisme autoritaire prétendument libérateur qui, partout où il s’est imposé, mena systématiquement à l’exil, à l’emprisonnement et à l’élimination physique de ses adversaires ou alliés d’un moment, ainsi qu’à la privation des plus élémentaires libertés.
    L’auteur du magnifique Hommage à la Catalogne, George Orwell, acteur de cette guerre civile espagnole, cible des staliniens pendant comme après ce conflit, et surtout témoin incontournable du grand mensonge stalinien, devait par la suite, s’adressant à son ami Arthur Koestler, affirmer que « l’Histoire s’est arrêtée en 1936 ». Tous deux savaient parfaitement de quoi ils parlaient.

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    Quelques lectures pour approfondir le sujet :
    Hommage à la Catalogne, de George Orwell.
    La révolution espagnole, de Burnett Bolloten.
    Révolution et contre-révolution en Catalogne, de Carlos Semprun-Maura.
    Espagne libertaire, de Gaston Leval.
    * La CNT dans la révolution espagnole, de José Peirats.
    Tous ces titres sont disponibles à la librairie Publico, 145, rue Amelot, 75011 Paris.

  • Mais qu’est donc ce si fier monsieur Mélenchon ? (première partie) | Planète sans visa
    http://fabrice-nicolino.com/?p=2648

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    Mais qu’est donc ce si fier monsieur Mélenchon ? (première partie)*
    29 mai 2017Morale, Mouvement écologiste, Politique, Pouvoir et démocratie

    Je sais bien que les mélenchonistes les plus mélenchoniens me détestent, mais cela ne m’a jamais empêché d’écrire sur leur héros ce que je voulais. Et je compte bien continuer ici, malgré leurs inévitables protestations. Je compte rappeler ici quelques points déjà abordés, puis ajouter une pincée de poudre noire dans la (si petite) blessure que je leur ai infligée. Avis à l’univers : il faut, il faudrait lire le texte qui suit en compagnie de celui qui le suivra. Où l’on verra, peut-être, les raisons profondes, les racines politiques, historiques et personnelles qui sont au commencement de mes lourdes critiques contre Mélenchon. Avis donc : il n’y a pas un article sur lui, mais deux.

    Et ça commence par un préambule. Je comprends en partie l’engouement de tant de gens pour La France Insoumise. Les proclamations de ce regroupement contiennent quelques belles idées qu’il serait pénible – et même stupide – de rejeter. Il est vrai que, et tout à mes critiques, je ne l’ai pas assez fait, grâce à ce mouvement et à Mélenchon, certaines questions sont sorties du réduit mental où elles étaient. Grâce à Mélenchon ? Vous avez bien lu : grâce à lui. Malgré tout ce que je peux lui reprocher, il a ouvert une porte, libérant des énergies qui s’épuisaient en vain à défendre des causes subalternes. Je me permets de faire un rapprochement avec le grand texte du pape François, Laudato Si, même si cela n’est pas de même nature, ni de signification et de puissance comparables. Je précise que François m’impressionne.

    Les si tristes funérailles d’Hugo Rafael Chávez Frías

    Je salue donc ceux des Insoumis qui ont placé la question écologique au centre de leur monde, même si c’est d’une manière qui ne me convient pas vraiment. Et Mélenchon itou, qui est parvenu à secouer sa tête chenue pour y faire entrer un peu d’air et de lumière. Sommes-nous d’accord ? Je l’espère, car cela ne va pas durer. D’abord, Mélenchon nous a bassinés je ne sais combien de dizaines de fois avec ce géant qui n’était qu’un nain, Hugo Rafael Chávez Frías, défunt président du Venezuela. L’apothéose de cette séquence a été la veillée funèbre, à l’annonce de la mort del Jefe au début de l’année 2013. Citation de Mélenchon : « Ce qu’est Chavez ne meurt jamais. C’est l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste, de la révolution ». Autre citation : « Il n’a pas seulement fait progresser la condition humaine des Vénézuéliens, il a fait progresser d’une manière considérable la démocratie ». On sentait le pleur tout près de sortir.

    Et là-dessus, silence total. Aucune explication n’est fournie de l’abominable descente aux enfers de ce grand pays. Le successeur, Maduro, fait endurer à son propre peuple la pire crise sociale qu’a connue le pays depuis son indépendance pour le coup bolivarienne de 1811. La camarilla militaire chaviste a copieusement pillé le pays et son immense rente pétrolière, distribuant des prébendes qui n’auront servi qu’à doper une consommation de biens importés. Rien de fondamental n’aura changé, alors que le chavisme au pouvoir a vingt ans d’âge. Les corrompus du sommet ont eu le temps de planquer les trésors volés à Miami, et je suis bien certain qu’ils ne paieront pas le prix de leur vilenie. Il ne restera bientôt plus rien du chavisme. Cela, une révolution ? J’aimerais presque croire que c’est une blague. Sur le sujet, j’ai écrit ici même, en 2009, un article qui peut se relire. On y découvre celui que Chávez décrivait comme un grand ami. Norberto Ceresole, fasciste et négationniste argentin, car c’est de lui qu’il s’agit, a fort contribué à la formation politique de Chávez, qui s’appuie comme chacun devrait le savoir sur le triptyque El Caudillo (Jefe), el ejército, el pueblo. Le chef, l’armée, le peuple. Une insupportable vision verticaliste du pouvoir, revendiquée pourtant. On peut aussi lire ceci ou encore cela.

    L’économie chinoise, chance pour l’humanité

    J’ai entendu Mélenchon oser face à Jean-Jacques Bourdin une phrase du genre : « Mais enfin, vous savez que Castro et Chávez sont morts ? », sous-entendant par là qu’il n’y avait pas lieu d’y revenir. Mais quelle audace ! Venant d’un homme qui se croit incarner l’Histoire en marche, et ne cesse de vanter telle ou telle figure de la Révolution française, c’est réellement gonflé. Et surtout ridicule pour qui se réclame encore du matérialisme et du marxisme. On pourrait donc faire parler les morts, mais pas tous. Seulement ceux qui arrangent la ligne politique du moment. Comme c’est commode.

    En 2012, j’ai remis le couvert et abordé une dimension proprement infâme du personnage Mélenchon en évoquant le sort fait au journaliste d’origine argentine Paulo Paranagua : c’est là. Un peu plus tard, toujours cette année 2012, j’ai commencé à parler d’autres pays de cette Amérique latine que j’ai bien connue, et pour lesquels Mélenchon avait les yeux de Chimène. Ainsi de l’Équateur et de sa si fameuse « révolution citoyenne ». Vous verrez ici le sort fait aux Indiens de Sarayaku, et l’ode de Mélenchon à la destruction du monde par l’économie chinoise (« Je considère que le développement de la Chine est une chance pour l’humanité », octobre 2012). Ainsi du Pérou, ici cette fois. Et encore deux fois sur l’Équateur : en septembre 2013 et en novembre 2016.

    Quant au Mélenchon « écologiste », il y a pléthore d’articles sur Planète sans visa. Je me permets d’en citer celui-ci, cet autre, celui-là et deux derniers, ici et là. Ils ont au moins trois ans, et depuis, je n’ai pas changé d’avis. Un seul exemple éclairera mon propos : le fameux meeting de l’hologramme, en février 2017. Lui à Lyon, son ombre portée à Auber. Eh bien, la totalité de la prestation était un show profondément anti-écologiste, articulé autour de trois frontières humaines à repousser plus loin : la mer, l’espace, le numérique. Rendez-vous compte un peu ! Si l’écologie a un sens, c’est bien celui d’avoir découvert puis admis les limites de l’action humaine. Simplement parce qu’un mur physique infranchissable empêche d’aller au-delà. Quand il n’y a plus de sol, on ne cultive plus rien. Quand il n’y a plus de poissons, on n’en pêche plus. Quand l’eau vient à manquer parce que nappes et rivières ont été surexploitées, les êtres vivants meurent un à un.

    Or à Lyon, il s’agissait d’aller encore plus loin. La mer ? Il faudrait lancer un vaste programme d’industrialisation à coup d’hydroliennes géantes, d’éoliennes off shore, d’usines aquacoles destinées à fabriquer des algues. Je n’invente rien. Et voyez comme Mélenchon parlait de nos pauvres océans sur son propre blog, le 26 mars 2012 : « Ne sommes-nous pas la nation d’Europe qui a su s’immiscer dans l’espace et qui occupe aujourd’hui la moitié du marché mondial des tirs de satellites ? N’avons-nous pas mis au point le navire de transport spatial le plus abouti pour alimenter la station internationale de l’espace ? Rien n’est hors de portée pour nous, sitôt que l’État et le collectif s’en mêlent ! La mer est notre nouvel espace de réussite et d’exploits scientifiques et techniques ! C’est ma proposition ! ».

    La si fabuleuse chienne Laïka

    Vous avez noté : « Rien n’est hors de portée ». Ou encore, dans une interview pathétique donnée à Match : « L’idée de l’expansion humaine en mer s’est présentée à moi comme une espèce d’antidote à la déprime générale. Et comme un fait d’évidence totalement occulté ! (…) Quand j’étais gamin, je découpais et je collectionnais les articles sur la conquête de l’espace. Je crois que j’ai encore dans ma cave un cahier où j’avais collé fiévreusement les exploits de la chienne Laïka et de Youri Gagarine ». L’expansion humaine, comme si elle n’avait pas assez détruit comme cela sur terre ! Et cette imagerie de pacotille sur l’espace, qui lui a fait acclamer à Lyon le savoir-faire des ingénieurs et l’excellence de la base de Kourou, oubliant l’essentiel, qui est de conquête, de conquête militaire, même si elle est pour l’heure pacifique encore. Dieu ! mais un écologiste commencerait évidemment, parlant de la mer, par parler de la dévastation des océans. Et réclamerait, c’est en tout cas mon point de vue, l’interdiction de la pêche industrielle. Or non, je le répète : aller plus loin encore, et ouvrir fatalement, compte tenu de ce qu’est l’économie réelle, la voie aux industries transnationales, seules à même d’investir massivement. Et je n’insiste pas, non, faute de place, sur le ridicule et plein accord avec le déferlement du numérique (et des jeux vidéos), qui pose pourtant des problèmes politiques de fond. Car quoi ? Qui ne sait que la démocratie est synonyme de lenteur, indispensable à la parole, à l’échange, à la coopération, à l’élaboration, à la décision ? La numérisation du monde pose des problèmes neufs, et graves. Mais pas pour Mélenchon.

    Je suis extrêmement long, mais je m’en excuse pas. Il s’agit en effet d’une affaire sérieuse. Sur un plan politique général, je reste stupéfait par la facilité avec laquelle des millions de gens semblent avoir oublié Mitterrand, à qui Mélenchon, ce n’est pas exagéré, voue un culte. L’ancien président a promis ce qu’on voulait bien croire, de manière à être élu, et puis s’est détourné sans explication de son plantureux programme. Certes, il ne fut coupable que de l’extrême faiblesse de ses suivants, croyants et courtisans. Mais tout de même ! Mélenchon ne se cache aucunement d’admirer au plus haut point un homme de droite qui a fait entrer le fric et le capitalisme le plus infect – Tapie, Berlusconi – dans l’imaginaire de la gauche française. Et cela n’aurait aucune signification particulière. Hier, des foules compactes ont acclamé les crapules staliniennes Thorez, Marty, Duclos, Aragon, Marchais. Et d’autres des politiciens « de gauche » soutenant les pires aventures coloniales, comme Guy Mollet, Robert Lacoste, Mitterrand déjà ou Gaston Defferre. Que veux-je dire ? Qu’il est au moins possible que la France dite insoumise repose sur le même rapport malsain à la politique et à l’autorité.

    Et si on parlait un peu de l’Internationale ?

    De vous à moi, ne voyez-vous pas que cette manière verticaliste – lui là-haut, nous en bas – tourne le dos aux rêves les plus anciens de l’émancipation ? Bien qu’ayant rompu avec beaucoup de l’imaginaire de ma jeunesse, je continue d’entendre L’Internationale avec davantage qu’un pincement au cœur. On y entend ces mots, que je revendiquerai pour ma part jusqu’à la fin : « Il n’est pas de sauveur suprême. Ni Dieu, ni César, ni Tribun ». Je crois sincèrement que Mélenchon se prend pour les trois.

    Avant d’achever ce qui, je vous le rappelle, est le premier volet d’une série de deux, je me sens contraint d’évoquer de graves mensonges de Mélenchon, qui n’ont attiré l’attention de personne. De personne en tout cas qui en ait parlé sur la place. Cela tombe donc sur moi, et je l’accepte comme le reste. Dans un livre d’entretiens paru il y a un an au Seuil (avec Marc Endeweld, Le Choix de l’Insoumission), Mélenchon y réécrit son histoire politique d’une manière qui m’a sidéré. Et offensé, car je continue à croire dans la vérité et la rectitude.

    Je n’en ferai pas la critique complète, qui serait pourtant méritée. Mais laissez-moi insister sur le Mélenchon lambertiste, dirigeant à Besançon de la secte appelée Organisation communiste internationaliste (OCI), celle-là même qui a fait de Jospin un espion de choix, membre du parti socialiste, jusqu’au poste de Premier secrétaire du PS après 1981, tandis qu’il était membre clandestin de l’OCI. Cette organisation a une histoire profondément noire, faite de graves violences contre les individus, et qui aura eu la grande originalité de soutenir des concurrents du FLN algérien – le MNA – manipulés par l’armée française ; puis de combattre toute participation aux luttes de la jeunesse contre la guerre américaine au Vietnam ; de refuser publiquement de participer aux barricades de mai 68 ; d’insulter sur tous les tons les combattants du Larzac, les antinucléaires des années 70, les militantes féministes, etc.

    Quand il soutenait Lip à l’insu de son plein gré

    Vous me direz qu’on s’en fout, mais vous me lisez, et je ne m’en fous pas. Mélenchon a été donc le chef – et chez eux, ce mot n’était pas à prendre à la légère – de l’OCI à Besançon pendant plusieurs années de l’après-68. Or dans son livre, il raconte de telles calembredaines qu’on ne peut les appeler autrement que des mensonges. Il raconte par exemple que la grève des travailleurs de Lip – elle débute au printemps 1973 – aurait suscité chez lui un énorme enthousiasme, ce qui est nécessairement faux. Toute personne ayant vécu cette époque sait que le courant lambertiste vomissait chaque semaine, dans sa feuille honteuse Informations ouvrières, les gens de Lip, au motif qu’ils avaient partie liée avec la CFDT honnie, très majoritaire dans l’entreprise. Et voilà que Mélenchon en rajoute, vantant le formidable curé de Lip, Jean Raguénès, que son mouvement, donc lui fatalement, exécrait publiquement et constamment.

    De même, il invente « une immense compassion » pour les Vietnamiens, qui aurait été la base de son engagement contre l’impérialisme américain. Pure bullshit. Les lambertistes comme lui maudissaient à ce point le Vietcong et le Nord-Vietnam qu’ils pourchassaient à coups de bâton ceux qui, dans les rues de Paris, défilaient pour la victoire du FNL vietnamien. J’en ai été le témoin direct, mais ce point ne saurait, de toute façon, être discuté.

    Enfin – il y a bien plus, mais je m’arrête là -, Mélenchon ose évoquer un soutien aux guérillas d’Amérique latine – cela cadre si bien avec son affection pour les nouveaux caudillos comme Chávez ou Correa – des années 70. On est là dans le grotesque, un grotesque nauséabond, car il y a derrière tout cela des morts. Je suis un témoin vivant de ces événements, et de cette époque, et quand Mélenchon affirme son adhésion à une « ligne d’action révolutionnaire de type insurrectionnel », j’ai un début de nausée. Ainsi que le clamait chaque semaine le journal de Mélenchon Informations Ouvrières, les lambertistes étaient VISCÉRALEMENT opposés à ces groupes, tels le MIR chilien, les Tupas d’Uruguay, le FSLN nicaraguayen qui avaient choisi l’affrontement armé.

    Je sais d’avance ce que diront certains lecteurs : il s’agit de vieilleries. Soit. Mais elles sont exprimées en 2016 par quelqu’un qui dit vénérer l’histoire des hommes, et qui combat officiellement toutes les cliques au nom d’un impérieux devoir d’honnêteté. La falsification, si elle n’est pas née avec le stalinisme, a atteint avec lui des sommets que nul n’est encore arrivé à dépasser. L’OCI et le passé de Mélenchon ont officiellement été antistaliniens, mais ils ont repris des méthodes qui étaient celles de leurs supposés adversaires. Je n’ai pas le temps de vous raconter l’affaire Michel Varga, très bien documentée. Et cela, figurez-vous, ne passe pas. Pour mieux comprendre pourquoi, il faudra attendre mon prochain rendez-vous, ici même. J’y parlerai de personnages beaucoup, beaucoup plus intéressants, comme par exemple Charles Fourier, Henry David Thoreau ou encore Nestor Ivanovitch Makhno et Élisée Reclus. Croyez-moi, l’air qu’ils ont bu ferait encore éclater plus d’un poumon.

  • Syndicats et Communes
    https://lundi.am/Syndicats-et-Communes

    Avant 1936, l’Espagne est le seul pays où l’anarchisme est resté une force politique majeure. Comment expliquer, dans ces conditions, les multiples appels à retourner au travail sans qu’il ne soit plus question de communisme libertaire, lancés par la CNT à Barcelone à la fin juillet 1936, alors même que la ville était libérée de l’emprise des militaires, et que l’État était à terre ? Et comment interpréter la participation de militants de la CNT et de la FAI au gouvernement à l’automne ?
    Pour cela, il faut remonter à la formation de la CNT et du mouvement anarchiste espagnol, et se pencher sur les conflits de tendances qu’il a connus. Nous avons rencontré Myrtille Gonzalbo, du collectif « les Giménologues » – qui ont notamment publié Les Fils de la Nuit , à partir du beau récit d’Antoine Gimenez, un protagoniste de la guerre d’Espagne (réédité chez Libertalia en 2016), et A Zaragoza o al charco ! Aragon 1936-1938 (chez l’Insomniaque en 2016).
    Elle nous livre ici son analyse qui nous rappelle que le débat sur les stratégies révolutionnaires avait, et a toujours, une importance cruciale.

  • Tuer pour civiliser : au cœur du colonialisme

    http://www.revue-ballast.fr/tuer-pour-civiliser-au-coeur-du-colonialisme


    « Halte à la repentance ! » piaffent-ils en chœur de leurs perchoirs. « Les Français » n’auraient qu’une passion : « la haine de soi » pour mieux expier un passé dont ils ne sont plus fiers. Le siècle dernier fut celui des luttes d’indépendance ; l’affaire, puisqu’entendue, serait donc à classer — à l’heure où Eric Zemmour, jurant à qui veut l’entendre de l’évidence du « rôle positif » de la colonisation, caracole sur les étals des librairies ; à l’heure où Alain Finkielkraut, assurant que les autorités hexagonales ne firent « que du bien aux Africains », est sacré à l’Académie ; à l’heure où l’auteur de Vive l’Algérie française !, nous nommons Robert Ménard, a transformé la ville de Béziers en sujet d’actualité, les « vieilles lunes » n’ont-elles pas encore certaines choses à dire ? L’historien Alain Ruscio remonte le temps pour nous faire entendre ces voix qui, de gauche à droite, appelèrent à la guerre par souci de « pacification »

    Commençons en 1580. Un penseur français, des plus fameux, écrit ces lignes, devenues célèbres, que les plus intransigeants anticolonialistes du XXe siècle n’auraient sans nul doute pas désavouées : « Tant de villes rasées, tant de nations exterminées, tant de millions de peuples passés au fil de l’épée, et la plus riche et belle partie du monde bouleversée pour la négociation des perles et du poivre ! […] Jamais l’ambition, jamais les inimitiés publiques ne poussèrent les hommes les uns contre les autres à si horribles hostilités et calamités si misérables. » On aura reconnu Michel de Montaigne, l’auteur des Essais.

    Combien, depuis cette époque et ces lignes, à l’ombre des drapeaux des puissances colonisatrices, d’autres « villes rasées », de « nations exterminées », de « peuples passés au fil de l’épée » ? On pourrait se contenter de cette question, sans crainte d’être contredit, et entrer dans les détails et les descriptions, pour le moins horrible, des fusillades, des razzias, des décapitations, des corvées de bois, des tortures, des viols, de l’utilisation de l’aviation, des armes chimiques, du napalm… On pourrait citer mille auteurs qui protestèrent, de Victor Hugo (« L’armée faite féroce par l’Algérie ») à Anatole France, en passant par Albert Londres, André Gide, Malraux, Aragon, Sartre ou encore François Mauriac… On pourrait, certes. Mais nous resterions dans le comment ; nous devons plutôt tenter de comprendre le pourquoi.

    • Entendons nous bien, le programme de la France Insoumise est clair et son porte-parole aussi : le droit à l’avortement doit être réaffirmé et inscrit dans la constitution. Je ne parle donc pas du programme mais de la manière dont Jean-Luc Mélenchon le défend bien maladroitement dans une certaine presse, plutôt nauséabonde. Les droits des femmes et des LGBT, l’avortement, la contraception, et tout le tutti féministe, ce ne sont pas les sujets que Jean-Luc Mélenchon maîtrise le mieux. D’interviews en discours, et depuis des années, on sent un monsieur de plus de 60 ans qui tente de déconstruire une culture partagée, mais ça reste une posture intellectuelle assez désincarnée. En 2012, je faisais sa campagne et on voyait bien qu’il ne s’y connaissait pas trop, qu’il répétait les fiches de ses équipes, c’était maladroit, ça grinçait parfois mais ses erreurs restaient globalement touchantes. 5 ans plus tard, soit il n’y a plus de féministes pour l’aider à préparer ses interventions sur la famille, les femmes et la sexualité, soit il n’écoute plus personne, mais là on a perdu le bonhomme. Ça a commencé par le cirque avec JV.com, ce forum réputé pour son machisme, d’où partent régulièrement des campagnes de harcèlement contre les féministes (ma boîte mail en a fait les frais en 2014). Jean-Luc Mélenchon a multiplié les appels du pied dans leur direction, suscitant un malaise chez les féministes. Une de ses électrices lui a même adressée un courrier pour demander des explications, sans réponse.

      Les féministes sont donc de plus en plus méfiantes quand elles entendent que Mélenchon va parler “droit des femmes” ou “famille”. Et bien cette fois, nous ne furent pas déçues ! Après avoir fait preuve d’une formidable complaisance envers la manif pour tous, arguant d’un « malentendu positif » entre les homophobes et nous, le voilà qui paraphrase Aragon pour expliquer qu’il n’y a pas d’avortement heureux.

      Mais monsieur Mélenchon, le problème ce n’est pas l’IVG, c’est le patriarcat !

      #IVG #femmes #manif_pour_tous #Mélanchon #famille #manif_pour_tous

  • La gauche française à hue et à dia
    http://www.dedefensa.org/article/la-gauche-francaise-a-hue-et-a-dia

    La gauche française à hue et à dia

    "Faut-il pleurer, faut-il en rire, Fait-elle envie ou bien pitié, Je n’ai pas le cœur à le dire, On ne voit pas le temps passer", chantait Jean Ferrat en 1965. Féministe dans le bon sens du terme, il évoquait le destin de la femme" "prise entre une table et une armoire". Homme de gauche ami du parti communiste et admirateur de son chantre, à l’époque adulé, Aragon. Que chanterait-il aujourd’hui, s’il fallait la mettre en musique cette "gauche qui reste de la gauche" ? "Ce grand cadavre à la renverse" dont parlait un autre chancre "de gauche", il y a peu ?

    Mélenchon était ces derniers jours à 15%, devançait l’ignoble Valls qui avait tué l’immonde de l’Elysée… et survint Hamon ! En meeting, quelques jours avant, (...)

  • Une chaire Mahmoud Darwich à Bruxelles | L’Humanité

    La Belgique est le premier pays au monde à installer une chaire universitaire consacrée à l’œuvre du poète palestinien Mahmoud Darwich.

    http://www.humanite.fr/une-chaire-mahmoud-darwich-bruxelles-631107

    http://img.humanite.fr/sites/default/files/styles/abonnez_vous/public/images/41426.hr_.jpg?itok=ueZDhr6D

    C’est un hommage très particulier que la Belgique a rendu aujourd’hui 25 janvier au poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) : l’installation à Bruxelles d’une chaire universitaire, la première au monde, consacrée à son œuvre. C’est le résultat de la volonté commune de plusieurs institutions : la Fédération Wallonie Bruxelles, les Universités libre de Bruxelles et catholique de Louvain et le Palais des Beaux Arts (Bozar) où s’est déroulée la journée inaugurale, sous la houlette du président de la Fédération, Rudy Demotte, et de Leila Shahid, ancienne ambassadrice de Palestine à Paris puis à Bruxelles, amie de longue date du poète. Comparant son aura à celle de Neruda ou d’ Aragon, elle estime que l’étude de Darwich est « plus opportune que jamais, après les séismes des attentats de 2016, car sa parole, au delà de la Palestine, nous parle de toutes les injustices et de toutes les violences, mais aussi de l’identité et du rapport à l’autre. Ce projet ouvre des perspectives de dialogue et d’espoir au lieu de laisser toute la place à la haine ».

    #Palestine #Mahmoud_Darwich #Belgique #poésie

  • L’or blanc de la gueule noire
    http://visionscarto.net/l-or-blanc-de-la-gueule-noire

    par Philippe Rekacewicz C’est par une énigme cartographique que s’ouvre le livre du journaliste et écrivain Frank Westerman, Les ingénieurs de l’âme. L’ouvrage retrace l’essentiel d’une longue et passionnante enquête à travers les grands travaux hydrauliques soviétiques. Il remarque que le golfe du Kara-Bogaz — large excroissance sur la côte orientale de la mer Caspienne — apparaît sur certaines cartes et disparaît sur d’autres... Il croisera, dans ses recherches, l’œuvre de Konstantin Paoustovski, qui (...)

    #Billets

  • Une famille littéraire (3/6) : Elio Vittorini, les armes du grand-père
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/120816/une-famille-litteraire-36-elio-vittorini-les-armes-du-grand-pere

    Elio Vittorini Son Conversation en Sicile fut interdit par l’Italie fasciste. Il défendit ensuite la « liberté de création » face à Aragon et aux communistes orthodoxes. Ses engagements, dit-il, lui viennent de « l’expérience collective dont il est le porteur spontané ». Et en ce sens, il pourrait être l’aïeul de la famille de plume de #Silvia_Avallone, que cette série d’articles tente de constituer.

    #Culture-Idées #Littérature #Littérature_italienne

  • Aragon updated : “La LGTBQ+ est l’avenir de l’homme”
    http://www.dedefensa.org/article/aragonupdated-la-lgtbq-est-lavenir-de-lhomme-1

    Aragon updated : “La LGTBQ+ est l’avenir de l’homme”

    Hillary était-elle raciste parce qu’elle affrontait Obama dans les primaires en 2008 ? (Obama est-il sexiste parce qu’il a battu Hillary dans les primaires en 2008 ? Deschamps est-il raciste parce qu’il ne sélectionne pas Benzéma ? “Suis-je quelquiste [contre ‘quelque chose en isme’] parce que je n’écris pas en faveur de ‘quelque chose en isme ?’). Aujourd’hui, il semble que la dynamique LGTBQ+ est devenue une force politique de premier plan, qui conditionne toute vertu démocratique, règle la marche de l’esprit et impose à la logique d’argumenter selon les seuls critères de race (non, de groupes ethniques) et de sexe (non, de genre). Sanders s’en est aperçu lorsqu’une journaliste lui a posé la question : « Qu’est-ce que vous dites aux femmes qui vous (...)

  • LA CHANSON EN 1987 - L’atelier du désir novateur


    1987, en France la droite est aux affaires, et les affaires fleurissent puis sont enterrées :  affaire Luchaire , affaire Chaumet-Chalandon , affaire Gordji etc... Côté économique, la droite continue la libéralisation de l’économie initiée par le précédent gouvernement "socialiste". Tout va bien pour l’oligarchie, l’ENA se transforme en "business school" , les hauts-fonctionnaires chargés des privatisations prendront la tête des entreprises maintenant privées avec un avantage salarial éhonté.

    La chanson d’auteur souffre mais résiste. Une courte biographie de Jean-Marc Le Bihan, Joe Glazer, Ludwig von 88 & Isabelle Aubret sera évoquée.

    L’arrivée de M.  Alain Lancelot à la direction de Sciences-Po, en 1987, a accentué la transformation d’une école largement consacrée à la préparation au service public en business school . Puisque l’avenir n’était plus celui de l’excellence administrative et de la formation de la haute fonction publique, Sciences-Po devait adopter de nouveaux critères : ceux de l’entreprise et de l’internationalisation.



    Dans le cabinet de M. Edouard Balladur, ministre de l’économie et des finances de 1986 à 1988, MM.  Michel Pébereau, Philippe Jaffré et Jean-Marie Messier , inspecteurs des finances, se virent ainsi chargés des privatisations et conçurent le verrouillage de l’actionnariat par les noyaux durs. En prenant la tête des entreprises qu’ils venaient de privatiser (respectivement la Banque nationale de Paris, Elf, et Vivendi, ex-Générale des eaux), ces hauts fonctionnaires ont tiré parti du recul de l’Etat en l’organisant à leur avantage privé.



    Jean-Marc le Bihan , né en 1953 d’un père breton et d’une mère lyonnaise est allé à l’école jusque 14/15 ans avant d’aller à l’usine et de faire de multiples métiers, notamment dans un labo photo.



    Ecrivant déjà depuis longtemps (il publie son premier recueil de poésie dès 1973), sa rencontre avec Dominique Pardo vers 1973 sera déterminante et ils s’orienteront vers le spectacle et la chanson de rue. Ils créeront ainsi le Café-Théâtre de la rue de la Ré à Lyon, chantant dans les rues à l’époque de la création des rues piétonnes. Bien sûr la marée-de-chaussée se fait un malin plaisir d’embarquer régulièrement tous ces trublions musiciens. Les rues piétonnes doivent être propres braves gens !!!



    Leur groupe, acoustique, avec contrebasse, accordéon (Dédé PERRAS), percussions (Didier BIFFI), guitare (Dominique PARDO), sera accusé de faire du bruit. Ils chanteront à Lyon à la Mutualité, à la salle Rameau, en Belgique au Forest National devant des publics de 3000 personnes.

Des enregistrements phonographiques ponctueront sa carrière. Jean-Marc sera même "chanté" par plusieurs chanteurs et poètes. En 87 paraît son 5ème album "Ecoute le coeur des gens"

Dans cette 1ère partie seront diffusés :
    Michel Bühler  : Ainsi parlait un vieil indien : Il aimait les rires, 1987
    Les Cénobites tranquilles  : Complainte : Les Cénobites tranquilles (k7), 1987
    Jacques Serizier  : Françoise et Mamès : Les amours de passage (k7), 1987
    Jean-Marc Le Bihan  : Des vieux qui s’aiment encore : Ecoute le coeur des gens, 1987

    

A l’aube des années 1980 et pendant près d’un quart de siècle, ceux qui « frayèrent la voie » à la mondialisation financière firent l’objet d’un véritable culte. Promettant un « nouvel âge » du capitalisme, ils forgèrent des instruments capables de « libérer » les échanges et les flux de capitaux. Ainsi, du Chili aux Etats-Unis, en passant par la France et le Royaume-Uni, la dérégulation, les privatisations et l’extension de la spéculation ont créé un monde centré sur les intérêts des actionnaires.



    Marché de la dette, produits dérivés, victoire des jeunes loups de la finance sur l’establishment du « vieil argent » d’un côté ; mise au pas du salariat, triomphe politique et idéologique des promoteurs du libre-échange de l’autre : telles sont les réponses néolibérales à la déstabilisation du monde de Bretton Woods par le flottement des monnaies et les chocs énergétiques.

    

Leurs partisans ne leur trouvent que des avantages : les profits des entreprises augmentent, l’inflation baisse, la Bourse flambe, l’abondance de liquidités favorise l’innovation technologique. Mais les adversaires de ce nouvel ordre objectent que la finance de marché a enclenché un véritable moteur à explosion. Explosion sociale, avec le chômage de masse. Explosion économique, avec le découplage progressif de la production et de la spéculation.

    

L’un après l’autre, tous les éléments du système craquent  : la Bourse débridée, avec le krach de 1987 ; la banque déréglementée, avec la faillite des caisses d’épargne américaines etc... Cela continue encore plus de trente ans plus tard. Jusqu’à quand ?

    

 Joe Glazer , né à New York en 1918, décédé en 2006, connu comme le troubadour des travailleurs, a toujours été étroitement lié avec les syndicats ouvriers. Chanteur de folk, il enregistra plus de 30 albums.

    

 » The Mill Was Made of Marble," "Too Old To Work" and "Automation" comptent parmi ses chansons les plus populaires. En 1970 il fonde "Collector Records" d’abord pour publier ses propres enregistrements puis ensuite ceux d’autres artistes. "Collector Records" fait partie maintenant des "Ralph Rinzler Folklife Archives and Collections".



    En 1987 Joe Glazer publie son album  « Old Folks ain’t the same » consacré aux luttes des seniors.



    Dans cette 2ème partie seront diffusés :
    

 Maria Dimitriadi   : To treno : Greatest hits, 1987

    Daniel Viglietti  : El diablo en el paraíso : A dos voces, 1987

    Joe Glazer  : Senior citizens’ battle hymn : Old folks ain’t all the same, 1987

    Cutumay Camones  : Por eso luchamos : Rote Lieder 17, 1987



    1987, année où la droite est aux affaire, est en effet très riche en "affaires » : affaire Luchaire, affaire Chaumet-Chalandon, affaire Gordji.. dans cette dernière, Wahid Gordji,officiellement simple traducteur à l’ambassade d’Iran à Paris, mais officieusement numéro deux de cette ambassade, est chargé de monter des réseaux islamistes en France tout en négociant la normalisation des relations entre les deux pays. Il ne dispose pas de l’immunité diplomatique.Dans le cadre de son enquête sur la série d’attentats de 1985-1986, le juge d’instruction Gilles Boulouque le met en cause et demande son arrestation.



    Chirac fait assièger l’ambassade d’Iran où Gordji s’est réfugié, Téhéran riposte par le blocus de l’ambassade de France. L’affaire se terminera en pantalonnade où Gordji fera un passage éclair devant un juge avant de prendre un avion pour Téhéran et où Pasqua (celui qui se vantait de terroriser les terroristes) fera même libérer une douzaine de moudjahiddins.



    Ludwig von 88 est un groupe de punk rock et rock français très actif sur la scène rock alternatif des années 1980 et 1990. Leur musique est marquée par la dérision. Après des débuts aux alentours de 1983, leur premier véritable disque sort en 1986 : Houlala. Il s’agit là de leurs premiers cris face à une société qu’ils jugent en déroute.



    Ils sont alors connus pour leurs concerts qui peuvent durer plusieurs heures, leur sens de l’humour et leurs costumes bricolés à partir de maillots de cyclistes, bonnets ridicules, équipements de plongée ou encore ponchos mexicains. En 87 sort leur 2ème album Houlala II,la mission

    

Dans cette 3ème partie seront diffusés :


    Francis Bebey   : Si les Gaulois avaient su !... : idem, 1987

    Claude Semal  : Ma nouvelle carte d’identité : Nu, 1987

    Professeur Choron  : Cot cot cot codet : Les pages rouges du bottin, 1987

    Ludwig Von 88  : Abri atomique : Houlala II "la mission", 1987

    Mama Béa Tekielski  : Les anarchistes : Francofolies - La fête à Ferré, 1987

    Isabelle Aubret , née en 1938 à Lille, mène courageusement une carrière d’interprète pourtant soumise à de nombreux aléas. Accidents, boycott des médias.Cinqième d’une famille ouvrière de 11 enfants, elle commence à travailler comme bobineuse dans une filature à 14 ans. Dotée d’une jolie voix, l’adolescente s’incrit dans quelques concours locaux. Repérée par le directeur d’une radio lilloise, la jeune fille a ainsi l’occasion de monter sur scène. De fil en aiguille, elle devient chanteuse dans des orchestres, est remarquée par Bruno Coquatrix, rencontre Jacques Canetti.



    Elle devient amie avec Jean Ferrat et Jacques Brel - , ce dernier lui fera don à vie des droits de la chanson "La Fanette" après le très grave accident de voiture dont elle est victime.



    Pendant les années 70 on ne la voit jamais à la télé, ses amitiés de gauche font d’elle une artiste boycottée par les médias et en particulier par les producteurs des émissions de variétés les plus populaires du moment.La France de François Mitterrand lui semble plus favorable. Ses disques sont diffusés et on l’aperçoit sur quelques plateaux de télévision. En 1987, son album "Vague à l’homme" rencontre un vif succès, elle y interprète des titres écrits par de jeunes auteurs tels Romain Didier, Allain Leprest ou Danielle Messia. 



    Dans cette 4ème partie seront diffusés :
    


    Michel Murty   : Choisir : Chansons pour peindre le temps, 1987

    Gilbert Hennevic  : Mémé cheminote : Cinquantenaire de la nationalisation des chemins de fer français, 1987

    Isabelle Aubret  : Boulevard Aragon : Vague à l’homme, 1987
    Jacques Serizier  : Des bisons : Les amours de passage (k7), 1987

    Tous les liens sur : _ http://www.campuslille.com/index.php/entry/la-chanson-en-1987

    #Isabelle_Aubret #radio #radio_libre #audio #chanson #chanson_Française #1987 

  • Tirer dans le tas : rue-affre
    http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/archive/2015/11/19/tirer-dans-le-tas-923884.html

    De la télé réalité virtuelle au réel un peu flou, la vie comme sous acide, la #mort comme mauvais trip, comment passer de rien à tout par la mitraille, la ceinture explosive, quitte à embrasser au passage la première cause à la con qui passe, le premier Jihad bricolé, le dernier mouvement sectaire un peu in à tirer son coup comme on peut.

    Dans ce monde en vrille et en sucette sans pitié sans amour, où pour toute utopie l’on vous somme d’être milliardaire en bossant le dimanche, devenir pour un instant enfin compétitif et attendre comme un « challenge » l’assaut final du Raid.

    Le kif !

    Incarner la terreur pour le bien. Le leur. Le mien. A imposer ma médiocre vérité en #vérité. Le fanatisme pour tout bagages, le néant pour toute pathologie, remplir son vide de n’importe quoi et avoir enfin raison à en perdre la raison [ bravo pour la référence à Aragon, sur l’amour].

    Quitte à être nié, foncer droit dans le déni. Etre le pire plutôt que rien dans ce bordel ambiant, ce monde renversé de la folle machine qui rassure les marchés en écrasant les hommes. Un œil sur le taux de stabilité, l’autre sur le taux de croissance.

    Oui, être quelqu’un avant de redevenir personne, et à défaut de rites initiatiques de repères ou de rituels, noyer sa rage dans le sang et y trouver un sens.

    Et pas tellement s’étonner que le chaos des bombes là-bas, finisse par nous revenir en tapis volant.

    Dans nos démocraties, pour certains non citoyens, le prix à payer vaut bien celui des « réparations de guerre » imposées à l’Allemagne après 14_18, et là, l’#islam_imaginaire surpasse en efficacité l’aryen mythique (dont les restes sont d’ailleurs sufisement décomposés pour être absorbables par nos rad-soc-sfio-ps).
    Difficile de savoir que penser et pi encore que faire mais il y a bien là un #devenir_fasciste.

  • Est-Ce Ainsi Que Les Hommes Vivent, #Aragon, #Monique_Morelli
    https://www.youtube.com/watch?v=yR43VaSJ7BA

    Maintenant que la jeunesse

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=UPtt12KEEG4

    Chant des vauriens , Aragon
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=Q8LAjRHYb98

    Porteurs d’oiseaux et de poignards
    Jeunes gens couleur de l’orgueil
    Les pieds agiles comme l’œil
    Pour les pierres que vous jetez
    Feux qui semez le soir aux femmes
    Cyclones du bonheur d’autrui
    Voleurs de volaille et de fruits
    O votre rire dans les haies

    Sans or que pris sans droit que d’être
    Bagarreurs des quartiers éteints
    Qui sentez le sang du prochain
    Poulains d’enfer ô frénétiques
    Qu’importent les murs et les hommes
    Ce sont des verres renversés
    La plaisir est dans les fossés
    A quitte ou double ô loups de terre

    Violeur des lois et des femmes
    Libres de vivre à pas vingt ans
    Vous que l’on pend avant le temps
    Chenapans ô célibataires
    Blasphémez tant vos dents sont blanches
    Jetez votre âme à vos pieds nus
    Battez-vous premier qu’on vous tue
    Comme gibier au coin des rues

    Etouffez dans vos bras les ombres
    Criez Dieu mort et faux l’amour
    Brisez comme paille les jours
    Enfants nés pour la fin du monde

    Pauvre, je suis, Villon
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=oLWraG8lPRs

  • Un pas de côté avec Régis Debray et Patrick Boucheron | La République Des Livres par Pierre AssoulineLa République Des Livres par Pierre Assouline
    http://larepubliquedeslivres.com/un-pas-de-cote-2/#comment-127046

    Que faire de toutes ces images qui nous tombent dessus et comment survivre à cette avalanche ? On analyse tant les métamorphoses que traverse le regard du lecteur qu’on en oublierait celles que connaît l’oeil du spectateur. Opportunément, Régis Debray nous invite à une méditation sur le temps dans Le stupéfiant image (400 pages, 30 euros, Gallimard), titre qu’il a emprunté au Paysan de Paris où Aragon présentait la chose comme un opium faisant fonction de madeleine. C’est une énigme lorsque le temps s’immobilise sur un plan fixe. Par un mystère face auquel l’historien rend les armes, les chefs d’œuvre de l’art nous apparaissent contemporains quand bien même auraient-ils été tracés il y trente cinq mille ans avant notre ère sous forme de félins sur la paroi d’une grotte.

    Même si nous les connaissons avant même de les avoir observés, le vu ne précédant pas toujours le su, un vertige nous saisit que Debray évoque comme « notre désarroi quasiment panique » face aux figures paléolithiques. Prudent, il se garde bien de parler peinture, ayant retenu de Francis Bacon que l’on peut juste parler autour de la peinture. Très illustré, on s’en doute, et traversant allègrement les siècles, son album, constitué d’articles, de préfaces et d’études ici rassemblés, tient que le roman national est fait d’images d’Epinal avant de l’être de mots d’auteurs. On aura compris qu’à ses yeux, le seul institut qui vaille est l’Institut du temps qui ne passe pas....

    #Régis-Debray
    #Patrick-Boucheron
    #art
    #histoire

  • Spéciale dédicace pour @arno

    avec Georges Guétary : La vie de Bohême
    http://www.youtube.com/watch?v=yIAjC9asY4o

    Aragon et Castille , dans Poisson d’avril (1954)
    http://www.dailymotion.com/video/x8qina_bourvil-aragon-et-castille-boby-lap_fun

    À Joinville-le-Pont
    http://www.youtube.com/watch?v=a9S4Be66gmE

    Mais moi j’préfère quand même Maimaine
    A qui qu’un jour fougueux j’ai dit
    Si qu’on allait s’promener chérie

  • Cécile Kovacshazy - Simplement double

    Le personnage double, une obsession du roman au XXe siècle
    2012, éditions Classiques Garnier, collections « Perspectives comparatistes » (dirigée par Véronique Gély et Bernard Franco)
    N° 14, 422 p., 16 x 24 cm, 39 € TTC
    ISBN 978-2-8124-0494-8

    Thème central du romantisme, la figure du double reste vivace au XXe siècle mais de façon radicalement différente, ouvrant à de nouvelles formes de récits. L’essai montre la brèche ouverte par Dostoïevski et Stevenson, puis développe les approches où le double est mis à mort (Freud, Nabokov, Aragon). Il dresse une typologie du dédoublement fondée sur les grands mythes gréco-romains de Castor et Pollux, Sosie, Tirésias et Narcisse, pour finalement présenter les formes nouvelles de récit.

    TABLE DES MATIÈRES
    Première partie : Le double fantastique au XIXe siècle
    L’introduction du nocturne dans la littérature
    Les caractéristiques du double romantique
    L’inflexion de Dostoïevski Stevenson ou l’identité en mouvement
    Deuxième partie : La tentative de mise à mort du double
    Sigmund Freud, un critique littéraire à succès
    Vladimir Nabokov au mépris de la tradition
    Aragon et la mise à mort de Jekyll et Hyde
    Troisième partie : Pour une typologie du double au XXe siècle
    La fusion de Castor et Pollux
    Sosie ou la supercherie
    Tiresias et Hermaphrodite, ou la conciliation des contraires
    Narcisse ou la diffraction du sujet
    Quatrième partie : Poétique du double au XXe siècle
    Le nom du double
    La langue du double

    Cécile Kovacshazy est maître de conférences en littératures comparées à l’université de Limoges. Ses publications concernent les discours romanesques sur l’identité en Europe (XXe – XXIe siècles), les littératures d’Europe centrale, les littératures tsiganes, le personnage de la bonne, etc. Elle a également suscité la redécouverte de l’auteure belge Madeleine Bourdouxhe, saluée jadis par Paulhan et Beauvoir.

    #bibliographie #livre #littérature

  • Aragon, monument national - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Aragon-monument-national.html

    Entre les années 1960 et nos jours, la réception du « dernier Aragon » montre comment on a progressivement cessé de juger l’écrivain, pour le célébrer. La consécration orchestrée par l’auteur lui-même a en effet abouti à une véritable patrimonialisation : Aragon est devenu un classique, dont on redécouvre la densité polyphonique.