city:arles

  • La semaine dernière, on s’est promenés à Arles (que je ne connaissais pas encore dis-donc). C’est trèèèès joli. Beaucoup de touristes, mais très joli quand même.

    Gros trucs locaux repérés sur place :
    – les éditions Acte Sud
    – Christian Lacroix

    Ah, et sinon, je suis tombé sur une vieille connaissance libanaise au fin fond de la cathédrale Saint-Trophisme :

  • Puisqu’on a évoqué un tableau représentant Mireille faisant l’aumône (réserves du Musée Fabre de #Montpellier), et aussi la légende des Sainte Maries, un peu de #sérendipité et on tombe sur : Mirèio de Frédéric Mistal, poème en #occitan qui lui a valu le prix Nobel de littérature en 1904 :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mirèio

    Mirèio (Mirèlha en graphie classique, Mireille en français), composée en 1859, est une œuvre en vers de l’écrivain Frédéric Mistral, en langue provençale. C’est un poème épique en douze chants qui évoque la vie et les traditions provençales au xixe siècle en contant les amours contrariées de deux jeunes provençaux de conditions sociales différentes, Mirèio (Mireille) et Vincèn (Vincent). Ce poème, qui lui a valu de recevoir le prix Nobel de littérature en 1904, ferait référence à un épisode de la vie de Mistral.

    Au pays des Baux, en Provence, Mireille, fille de riches paysans et Vincent, jeune vannier modeste, s’éprennent l’un de l’autre. Amour impossible : les parents de la jeune fille, furieux de son choix, alors qu’elle éconduit de beaux partis, refusent la mésalliance. Mireille, désespérée, s’enfuit de chez elle. Sous le soleil d’été, elle traverse la Camargue, dans le but d’aller aux Saintes-Maries-de-la-Mer implorer les saintes d’infléchir la décision de ses parents.

    Sa course est pénible : accablée de chaleur, elle est frappée d’insolation. Quand elle arrive au terme de sa route, les saintes lui apparaissent, lui racontent leur propre épopée et lui font entrevoir le bonheur de l’autre monde. Au milieu des siens qui, éplorés, la retrouvent, elle se laisse doucement glisser dans la mort, confiante et sereine.

    • Lectures en Arles, Claude Guerre lit « Mireille » de Frédéric Mistral - Arles Agenda
      http://www.arles-agenda.fr/?id=14984

      Mireille, poème de jeunesse qui l’a fait connaître, est, pour plusieurs raisons, le chef-d’œuvre de Frédéric Mistral. C’est le poème totémique de la Provence fière d’être elle-même dans sa langue. C’est un poème homérique – et l’on pense plus encore en le lisant aux Géorgiques de Virgile — et un poème symphonique populaire. Qui en Provence n’a vu et aimé l’histoire tragique de Mireille, par le texte et souvent aussi au travers de l’opéra que Gounaud en a tiré ? Qui ne sait fredonner la chanson de Magali ? Mais Mireille, c’est aussi l’invention d’un prénom porté par tant de nos filles et de nos femmes – heureux l’écrivain qui invente un prénom, et c’est encore une œuvre qui valut rapidement le succès à son auteur, on sait que Lamartine lui fit cortège vers la gloire avec ces mots rares : un grand poète épique est né !

  • #Montpellier : ils voulaient vendre un faux Van Gogh !
    https://www.midilibre.fr/2019/04/01/montpellier-ils-voulaient-vendre-un-faux-van-gogh,8104008.php

    Quatre personnes ont été mises en examen samedi 30 mars pour « tentative d’escroquerie en bande organisée », annonce le procureur de Montpellier Christophe Barret ce lundi 1er avril.

    Elles voulaient revendre une aquarelle signée Vincent Van Gogh, dessin de la célèbre huile autoportrait intitulée L’homme à la pipe, pour plusieurs millions d’euros.

    Je tiens à signaler que ce n’est pas moi qui ait tenté de revendre un faux Van Gogh à Montpellier, je ne suis quand même pas assez idiot pour faire un truc pareil. En revanche, j’ai par-devers moi une assez jolie collection de dessins originaux de Léonard de Vinci que je suis prêt à céder pour des prix tout à fait raisonnables.

  • Le Rapport sexuel existe existera-t-il ? Félicie casse une corde de sa contrebasse, ce qui fait un peu de bruit tout de même, Fred Marty lui prête la sienne de contrebasse du coup elle peut jouer en trio avec Leo Dupleix et Taku Sugimoto, je rentre dans les dernières centaines de pages du Dossier M. de Grégoire Bouillier, Au musée Picasso Rutault fait la crapaud qui voudrait être un boeuf, un vrai nain de jardin, Alexander Calder, en revanche, avait apparemment des choses à échanger avec Picasso, je n’aurais pas cru, Sorry to Bother You de Boots Riley, Deux Fils de Félix Moati, quelques-unes de mes algues sont exposées en Arles avec des oeuvres dOlivia Rosa-Blondel et de L.L. de Mars, une pensée pour Dominique, Les Eternels de Jia Zhangke, la défiguration de Rueuil -Malmaison, Jérôme Noetinger et Lionel Fernandez aux Instants, suivis de Hippie Diktat, Les Etendues imaginaires de Yeo Siew-hua, Drancy, et ses perruches, les oeuvres photographiques de mon ami dentiste, de l’obscénité dans les beaux quartiers, le retour, saine et sauve, d’une jeune manifestante pour le climat, Tallman du Surnat’, la fin du Dossier M., Inculte a quinze ans, Magnolia de J.J. Cale, Robert Frank et Daphné Bitchatch ont des choses à se dire presque tous les jours sur ma table de travail, une merveilleuse jeune femme m’envoie une carte postale de Sainte-Madeleine de Vezelay, j’en suis presque ému jusqu’aux larmes, le trajet en train entre La Défense et Sèvres, tel qu’il est décrit par Peter Handke au début d’Essai sur la journée réussie, un dernier éclat de rire, merci Grégoire Bouillier, Tout ça pour ça ?, Dernier amour de Benoît Jacquot, l’Urgence d’agir, Maguy Marin de David Mambouch, Kandinsky dans la salle d’attente de l’orthophoniste, Vice d’Adam McKay, une petite partie de Mah Jong ? tentative de prolongement du magnifique Msueo Infinito de L.L. de Mars, il n’y a rien de plus dégoûtant au monde que de voir Xavier Dolan être à ce point amoureux de lui-même, rien, venez-voir Au Fil du temps de Wim Wenders au Kosmos le lundi 8 avril à 20H.

    http://www.desordre.net/photographie/numerique/divers/201903.htm

  • Un projet d’autoroute hérisse les défenseurs de l’environnement en Camargue AFP - Le figaro - 2 mars 2019
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/03/02/20002-20190302ARTFIG00042-un-projet-d-autoroute-herisse-les-defenseurs-de-l

    Relancé par le gouvernement, un projet de contournement de la ville d’Arles hérisse les écologistes, qui redoutent l’impact sur les terres agricoles et les écosystèmes aux portes de la Camargue.

    Chaque jour, Arles - la cité provençale prisée des touristes pour sa feria et son festival de photographie - est empoisonnée par les gaz d’échappement de 80.000 véhicules en transit. Parmi eux, des milliers de camions qui relient l’Espagne à l’Italie. Évoqué depuis au moins un quart de siècle et plusieurs fois enterré, le projet de contournement autoroutier, baptisé A54, a été relancé fin 2018 par le gouvernement, dans une liste de « grands projets » d’infrastructures à mener à bien malgré la disette budgétaire. Des études ont été lancées pour réactualiser le projet.

    Très soutenu localement, des milieux économiques à la mairie communiste, le projet fait cependant bondir des associations écologistes qui tentent de protéger les équilibres fragiles d’une zone unique, entre le parc régional de Camargue, la plus vaste zone humide d’Europe, et la plaine de la Crau, steppe de 25.000 hectares. Et vendredi, ils ont reçu l’appui de deux eurodéputés EELV, José Bové et Michèle Rivasi, venus dénoncer un projet qu’ils estiment « dévastateur, polluant et climaticide ». « Ce contournement, c’est 900 hectares de terres agricoles perdues, dont 700 hectares de terres arables ! », s’alarme Michèle Rivasi. « Faire cette autoroute, c’est montrer qu’on n’a rien compris au changement climatique », ajoute-t-elle, contemplant depuis un pont la plaine déjà balafrée par la voie rapide et une voie ferrée.

    Les flamants roses au contact des camions
    Cigognes, canards, flamants roses et tortues du parc régional de Camargue devront voisiner avec les camions, dénoncent les détracteurs du projet, qui craignent une hausse du trafic. « On ne passe pas au milieu du delta du Rhône », rétorque Jean-Luc Masson, élu d’Arles qui préside l’entité chargée de veiller sur les digues du fleuve. Le périmètre du parc régional a été rogné pour le « rendre compatible » avec le projet, précise-t-il. Pour tenter de mobiliser, l’ancien leader paysan José Bové évoque le contournement autoroutier de Strasbourg (GCO), « un projet qui ressemble comme deux gouttes d’eau » à celui d’Arles. Ses travaux ont été en partie suspendus par la justice après une mobilisation des écologistes. . . . .

    #grands_projets_inutiles #capitalisme #massacre de la #Camargue à venir, ainsi que d’#Arles et du #parc_régional #camions #écologie

  • Conférence ICI : Taysir Batniji (40 minutes + 20 minutes de questions/réponses)
    UQAM, 27 septembre 2018
    https://vimeo.com/296042473

    Taysir Batniji présente l’évolution de son parcours artistique ainsi qu’une sélection d’œuvres qui documentent de manière sensible une réflexion sur le déplacement et la construction identitaire. L’artiste vit et travaille entre la France et la Palestine. Dans cet entre-deux géographique et culturel, il développe une pratique artistique pluridisciplinaire qui puise son inspiration dans son parcours biographique, mais aussi dans l’actualité et l’histoire. Axé sur les thèmes de l’exil, de la disparition et de la mémoire, son travail sur l’image, photo et vidéo, propose un regard poétique, distancié, parfois grinçant, sur la réalité.

    Né en 1966 à Gaza, Palestine, Taysir Batniji a étudié l’art à l’université nationale An-Najah de Naplouse, avant de poursuivre sa formation à l’École nationale des Beaux-Arts de Bourges en 1995. Ses œuvres ont été largement diffusées sur la scène internationale, notamment à la Biennale de Venise, au Martin-Gropius-Bau (Berlin), au Kunsthalle (Vienne), au Witte de With (Rotterdam), au Victoria and Albert Museum (Londres). Cette conférence est aussi l’occasion de présenter son dernier projet, Home Away From Home, exposé aux Rencontres de la photographie à Arles, en France.

    #Palestine #Taysir_Batniji #vidéo #photo #art #art_et_politique

  • Revue de presse continue spéciale « Gilets jaunes » depuis le 18.11
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Alès : les « gilets jaunes » dénoncent un Facebook qui « grillent leurs actualités »

    En Allemagne, l’extrême droite revêt l’uniforme des « gilets jaunes »

    L’appel des gilets jaunes de Commercy

    À Toulouse, la manifestation des Gilets jaunes violente et centrée sur l’injustice sociale

    Gilets jaunes : la flamme des soldats inconnus

    Dépôts de carburant bloqués et 75 stations Total à sec

    Gilets jaunes : les blocages ce lundi à Marseille, Arles, La Ciotat, Avignon, Gap... -

    « Gilets jaunes » : Jacline Mouraud, menacée de mort, demande une protection policière

    Gilets jaunes : pour une nouvelle « nuit du 4 août »

    « Gilets jaunes » : la préfète de l’Ardèche inquiète

    Plus d’une centaine de lycées en blocage total ou partiel en France

    La CGT appelle à une « grande journée d’actions » le 14 décembre !

    (...)

    *

    Présentation/Archives/Abonnement

  • Arles, par #temps de traduction | Le Club de Mediapart

    https://blogs.mediapart.fr/en-attendant-nadeau/blog/121118/arles-par-temps-de-traduction

    A propos du temps, cc @nepthys

    Le Méjan, ancien quartier d’Arles. Méjan, « du milieu », entre terre et Rhône. Au fronton de l’ancienne église Saint-Martin, ou chapelle du Méjan : « Coopérative des éleveurs de mérinos ». Il y a bien longtemps qu’on ne fait plus ni messe ni laine. Une petite foule se presse néanmoins à l’entrée. A l’intérieur, la salle est comble. Des étudiants s’installent à côté de retraités. L’ancienne ministre de la culture, Françoise Nyssen, est assise sur les marches de la scène. Le maire d’Arles, Hervé Schiavetti, est bloqué dans les embouteillages. À l’autre bout de la ville, dans l’Hôtel-Dieu où Vincent Van Gogh fut alité l’oreille coupée, on vend les derniers tickets violets, jaunes, verts, bleus. Pourquoi Arles, un week-end d’Armistice ? Pour tenter de « traduire le temps ».

    Santiago Artozqui, président de l’association ATLAS qui organise chaque année les Assises de la traduction littéraire, tient le micro : « Le temps imparti à la traduction littéraire est de plus en plus réduit, notamment du fait des traductions automatiques. Mais pour le moment, les algorithmes de Google ne parviennent pas à lire entre les lignes, ce qui est le propre du métier de traducteur. » Pas si certain, il annonce la création d’un Observatoire de la traduction automatique.

  • Le site internet de la photographe Juliette Agnel : http://julietteagnel.com/neosite/Je connaissais le chien et les étoiles (et le reste de cette série stellaire exposée à Arles l’année dernière), je ne connaissais pas encore les photographies du Grand Nord.

  • Une lignée de médecins juifs à #Montpellier : Antoine de Saporta (médecin)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Saporta_(m%C3%A9decin)

    Son grand-père était Louis Ier Saporta, médecin juif de Lérida en Catalogne au xve siècle. Fuyant l’Espagne, il vient en France, refaisant des études de médecine, une deuxième fois à Avignon, et une troisième fois à Montpellier. Il s’établit ensuite à Marseille, vers 1490, pour être médecin de la ville (médecin stipendié, de stipendium, c’est-à-dire fonctionnaire payé par les impôts). Sa réputation parvient jusqu’au roi Charles VIII, qui en fait l’un de ses médecins ordinaires. Il meurt à Arles, à l’âge de 106 ans1.

    Son père Louis II Saporta, né à Lérida (jeune enfant lors de l’exil) est reçu médecin à Montpellier en 1503, il y donne des cours jusqu’en 1529. Il s’établit à Toulouse où il devient professeur à la faculté de médecine en 1534, au moins jusqu’en 1544. Il se retire ensuite à Montpellier. En 1553, il est naturalisé français par Henri II. Il meurt en 1555, à Montpellier, à l’âge de 90 ans, et dit-on, dans la religion catholique2.

    Son fils Jean Saporta, est reçu médecin à Montpellier en 1572. Il obtient une Chaire dans la même université en 1577, pour être nommé vice-chancelier en 1603. De caractère emporté, il allait jusqu’à se battre avec des étudiants ou des collègues, mais sa valeur médicale fut toujours respectée. Il a donné des soins aux malades de l’hôpital Saint-Eloi de Montpellier. Il meurt en 1605, en laissant un petit traité sur l’utilisation du mercure dans le traitement de la syphilis, publié après sa mort : Tractatus de lue venerea curant (Lyon, 1624)3.

    Je vais essayer de trouver des références au sujet de l’influence de médecins juifs et arabes sur l’université médiévale de Montpellier.

    #juifs_et_arabes_à_montpellier #médecine_montpellier

  • Cela faisait des années, cinq ou six ans, que je cherchais le nom d’un photographe dont j’avais vu le travail exposé en Arles, en 2011 donc (à l’exposition extraordinaire de From Here On dont je me maudis de n’avoir pas acquis le catalogue) et dont le travail, Fatescapes (dont j’avais oublié le titre) consiste à gommer toute présence humaine sur des clichés historiques très célèbres. Et bien cet artiste porte le nom de Pavel Maria Smejkal. Maintentant je le tiens, il est sur seenthis (et même je le tague #Pavel_Maria_Smejkal pour que @cdb_77 n’ait pas à le faire pour moi et pour qu’elle n’ait vraiment à faire, je fais cc @albertocampiphoto)

    Et si quelqu’un connait l’originale de celle-là (je l’ai sur le bout de la langue et je ne retrouve pas...)

  • Israël hanté par la Nakba
    Thomas Vescovi, Monde diplomatique, mai 2018
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/05/VESCOVI/58636

    « La marche du grand retour » : c’est ainsi que les organisations politiques palestiniennes nomment les actions menées chaque année depuis 2009 entre le 30 mars et le 15 mai. Pour l’État d’Israël, le 14 mai marque le souvenir de ce jour de 1948 où David Ben Gourion déclara l’indépendance. La société palestinienne, elle, commémore le lendemain la Nakba (« catastrophe », en arabe) : l’expulsion des 805 000 Palestiniens dont les descendants attendent encore l’application de la résolution 194, votée le 11 décembre 1948 par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU). Ce texte fonde leur « droit au retour » : c’est-à-dire de pouvoir rentrer dans leurs foyers ou de recevoir une compensation. Enfin, c’est à cette date que l’administration de M. Donald Trump entend inaugurer la nouvelle ambassade des États-Unis à Jérusalem.

    Au terme de la première guerre israélo-arabe, des centaines de milliers de Palestiniens se retrouvent éparpillés aux quatre coins de la région. Des historiens enregistrent les événements, conscients que la version du vainqueur risque de s’imposer. Les écrits de Walid Khalidi ou Sami Hadawi sont sans ambiguïté : qu’il ait préféré fuir de lui-même pour se protéger ou qu’il y ait été forcé, le peuple palestinien a été chassé de sa terre (1). Mais, pour que cette version des événements de 1948 se diffuse au-delà du monde arabe, il a fallu attendre 1987 et la publication des premiers ouvrages des « nouveaux historiens » israéliens, parmi lesquels Benny Morris, Tom Segev, Ilan Pappé et Avi Shlaïm (2). En s’appuyant sur les archives de leur État, ces chercheurs ébranlèrent un à un les piliers de l’historiographie officielle.

    La temporalité de ces publications n’est pas anodine. Le premier ouvrage paraît lorsque se déclenche la première Intifada, près d’une décennie après l’arrivée au pouvoir de la droite et le début du mouvement refuznik, qui voit des objecteurs de conscience refuser de servir dans les territoires occupés tandis que des militaires israéliens s’interrogent à propos des pratiques de leur armée. Les pacifistes entrent dans une phase d’ouverture et d’interrogation sur leur société, leur État et leur rapport à l’autre. L’accession d’Itzhak Rabin au poste de premier ministre en 1992 et le début des négociations avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui conduisent à la signature des accords d’Oslo en septembre 1993, s’inscrivent dans ce cadre. C’est l’époque où la guerre froide se termine et où le soutien de nombreux pays arabes à la coalition anti-irakienne durant la guerre du Golfe de 1991 sonne le glas d’un panarabisme longtemps opposé à toute négociation avec Israël.

    Au cours de la première moitié des années 1990, les travaux des « nouveaux historiens » suscitent un réel intérêt au sein d’une partie de la société israélienne. Conférences, séminaires, débats dans les médias : sans être acceptées par tous, les thèses avancées dans ces ouvrages sont du moins discutées. Des projets d’écriture d’une histoire israélo-palestinienne surgissent, de même que des commissions visant à revoir les programmes d’histoire dans les écoles. Cependant, les discussions restent cantonnées aux milieux intellectuels. L’assassinat de Rabin par un extrémiste juif en 1995, puis l’arrivée au pouvoir de M. Benyamin Netanyahou en 1996 et le début des attentats-suicides sur le sol israélien mettent à mal ce processus d’ouverture, mais ne l’interrompent pas.

    Le déclenchement de la seconde Intifada, fin septembre 2000, referme néanmoins les derniers espaces d’échange et de dialogue entre Israéliens et Palestiniens au sujet de leurs récits historiques. Principaux promoteurs de ces relations, les mouvements pacifistes s’effondrent à la suite de l’échec, en juillet 2000, du sommet de Camp David ; un échec dont le premier ministre travailliste Ehoud Barak, par un tour de passe-passe masquant sa propre intransigeance (il reconnaîtra plus tard n’avoir rien proposé au dirigeant palestinien), impute la responsabilité au seul Yasser Arafat. Sans représenter l’avant-garde du mouvement, les militants de la gauche sioniste parvenaient à rassembler de larges secteurs de la société israélienne. Avec les déclarations de M. Barak et le déclenchement d’un second soulèvement palestinien bien plus meurtrier et militarisé que le premier, la majeure partie d’entre eux cessent toute activité pacifiste ; leurs organisations s’essoufflent.

    Pour la société juive, il n’y aurait alors « plus de partenaire » avec qui faire la paix. Les Israéliens perçoivent la seconde Intifada comme une attaque sans sommation des Palestiniens, qui plus est marquée par la mobilisation du Hamas, nouvelle force politique à tendance islamiste, ce qui fait écho à une actualité mondiale anxiogène. En 2001, Ariel Sharon, chef de file de la droite, remporte les élections en proposant une autre issue : puisque la cohabitation est impossible, la séparation amènera la paix. Conformément à cette logique unilatérale, un mur est construit en Cisjordanie entre Palestiniens et colons israéliens et l’armée se retire de la bande de Gaza.

    La mémoire de la Nakba est à nouveau profondément enfouie au profit de la vieille propagande : les Palestiniens auraient quitté leur terre pour ne pas vivre avec des Juifs ; Israël a droit à cette terre que Dieu aurait donnée à Abraham. Dès sa prise de fonctions, Sharon fait retirer des écoles le manuel d’histoire d’Eyal Naveh, qui introduisait une vision hétérodoxe de 1948. À l’université, les travaux des « nouveaux historiens » sont combattus avec virulence. Aujourd’hui, cette bataille est au cœur des actions d’Im Tirtzu, une organisation estudiantine proche du dirigeant d’extrême droite et actuel ministre de l’éducation Naftali Bennett, dont les militants ont mené ces dernières années une campagne baptisée « La Nakba est un mensonge » (3). Les Israéliens refusent de se considérer comme partie prenante de l’histoire palestinienne, et les institutions leur martèlent qu’ils sont les héritiers d’idées émancipatrices et progressistes.

    La création d’Israël a lieu au lendemain de la guerre la plus meurtrière de l’histoire, à l’issue de laquelle les idéaux de liberté ont triomphé du fascisme. Les Juifs incarnent les principales victimes de la terreur nazie, et la fondation d’un État-refuge au Proche-Orient doit venir réparer cette tragédie pourtant européenne. Dès lors, la défense d’Israël devient un enjeu à la fois politique et civilisationnel. La mémoire de la Nakba risque de ternir la totale innocence qu’affiche l’appareil d’État israélien. Accepter qu’à la création du pays ses combattants n’aient pas été des victimes, mais des bourreaux, ruinerait la « pureté des armes » dont se targue l’armée dite « de défense » d’Israël.

    La logique de séparation a entraîné dans la société juive israélienne un profond désintérêt pour la question palestinienne. Lors des élections législatives de mars 2015, seuls 9 % considéraient l’obtention d’un accord de paix avec les Palestiniens comme une priorité pour le prochain gouvernement (4). Ce sujet devenant invisible à leurs yeux, une forte proportion d’Israéliens se rallient aux idées les plus nationalistes. En 2001, lorsque la violence de la seconde Intifada était à son paroxysme, 35 % d’entre eux se disaient favorables à un « transfert » de la population arabe hors d’Israël vers la Cisjordanie ou la Jordanie (5). En 2015, 58 % soutiennent cette proposition, et 59 % la mise en place d’un régime d’apartheid privilégiant les Juifs en cas d’annexion de la Cisjordanie.

    Sur les ruines du grand mouvement pour la paix ont toutefois émergé de petites organisations agissant sur des questions plus ciblées. Ainsi Zochrot, fondée en 2001, se donne pour objectif d’enseigner la Nakba à la société israélienne. Elle a pris l’initiative de la première conférence sur le droit au retour des réfugiés palestiniens en Israël et organise depuis 2013 un festival annuel de films intitulé « De la Nakba au retour ». Elle propose également des visites de sites palestiniens « abandonnés » en 1948. La résidence d’un cheikh devenue cafétéria de l’université de Tel-Aviv, des maisons palestiniennes transformées en centre psychiatrique à Kfar Shaul : autant d’éléments du paysage israélien qui rappellent l’arabité de la terre. Pour les fondateurs du centre de recherche alternatif De-Colonizer (décoloniser), Éléonore Merza et Eitan Bronstein, la Nakba reste un tabou en Israël. En pratique, « la discussion se limite généralement à la question de savoir s’il est souhaitable ou même permis d’en discuter ». Cependant, ils notent que la situation a évolué, puisque le mot bénéficie d’un écho suffisant pour inquiéter les responsables politiques.

    Le 23 mars 2011, la Knesset, le Parlement israélien, adopte un amendement au budget prévoyant qu’aucune organisation commémorant le jour de la fête nationale comme un deuil ne reçoive plus de subventions. Naturellement, ces associations n’en bénéficiaient pas auparavant, mais il s’agit de les stigmatiser et de diffuser le sentiment que prendre part à ce type de manifestations vous place en dehors de la société. Par ailleurs, l’amendement dénie à la population arabe d’Israël, soit un habitant sur cinq, le droit d’honorer son histoire. D’ailleurs, depuis 2009, les écoles arabes n’ont officiellement plus le droit d’utiliser le terme « Nakba » dans leurs programmes.

    Pour la sociologue Ronit Lentin, il existe en Israël trois manières de considérer la Nakba (6). Une minorité ressasse la vision fantasmée de la Palestine comme « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». D’autres reconnaissent partiellement la tragédie vécue par les Palestiniens, mais refusent d’admettre une quelconque responsabilité juive, voire répètent les arguments éculés sur les liens entre les Arabes et les nazis (7). Enfin, certains reconnaissent explicitement l’expulsion, mais refusent l’idée de présenter des excuses, ou regrettent même que le transfert n’ait pas été total — comme le « nouvel historien » repenti Benny Morris, qui a fini par affirmer : « Un État juif n’aurait pas pu être créé sans déraciner les Palestiniens (8). »

    Le Likoud, quant à lui, s’en tient à la version officielle niant toute expulsion, et par conséquent tout droit des Palestiniens sur la terre. La gauche sioniste reconnaît des massacres et des expulsions, mais en attribue la responsabilité aux milices nationalistes du Parti révisionniste, l’Irgoun et le Lehi.

    Pour certains militants anti-occupation, la découverte de la réalité de 1948 a marqué le début d’une remise en question plus générale de l’État d’Israël. D’où la réticence de beaucoup de leurs concitoyens à s’interroger sur cette période. Accepter de voir s’effondrer le récit inculqué depuis l’école les condamnerait à une marginalisation, voire à une stigmatisation ; on les accuserait d’accepter le discours de l’adversaire. Ainsi, certains parviennent à enfouir ces vérités au plus profond d’eux-mêmes afin de poursuivre normalement leur vie.

    Conformément à la théorie freudienne (9), Israël agit avec la Nakba comme un esprit traumatisé qui tente de refouler ce qui le hante. Une sorte d’« inquiétante étrangeté », à la source d’un sentiment de honte ressenti à l’égard d’actes passés, provoque un malaise qui pousse à vouloir les faire disparaître. Ce passé dérangeant revient, selon Freud, lorsque s’effacent les limites entre l’imagination et la réalité. La mémoire de la Nakba remonte à la surface par l’intermédiaire de divers acteurs qui détruisent les créations imaginaires pour montrer la réalité, et de Palestiniens qui saisissent toutes les occasions de resurgir dans l’espace public.

    La marche du 30 mars et celles qui ont suivi, avec leur lourd bilan humain, sont un cauchemar pour l’État d’Israël ; un rappel du fait que cinq millions de Palestiniens, les réfugiés et leurs descendants qui vivent à Gaza, en Cisjordanie ou dans d’autres pays de la région continuent de s’accrocher à leur droit au retour, ou à une indemnité à titre de compensation pour avoir été chassés de leur terre et de leurs demeures. Ils incarnent une injustice dont les Israéliens restent comptables.

    Thomas Vescovi Chercheur indépendant en histoire contemporaine, auteur de La Mémoire de la Nakba en Israël, L’Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, 2015.

    (1) Walid Khalidi, Nakba, 1947-1948, Sindbad - Actes sud - Institut des études palestiniennes, Arles, 2012.
    (2) Lire Dominique Vidal, « L’expulsion des Palestiniens revisitée par des historiens israéliens », Le Monde diplomatique, décembre 1997.
    (3) Lire Charles Enderlin, « Israël à l’heure de l’Inquisition », Le Monde diplomatique, mars 2016.
    (4) The Times of Israel, Jérusalem, 25 janvier 2015.
    (5) Gideon Levy, « Survey : Most Israeli Jews wouldn’t give Palestinians vote if West Bank was annexed », Haaretz, Tel-Aviv, 23 octobre 2012.
    (6) Ronit Lentin, Co-memory and Melancholia. Israelis memorialising the Palestinian Nakba, Manchester University Press, 2010.
    (7) Lire Gilbert Achcar, « Inusable grand mufti de Jérusalem », Le Monde diplomatique, mai 2010.
    (8) Haaretz, 9 janvier 2004.
    (9) Sigmund Freud, L’Inquiétante Étrangeté et autres essais, Gallimard, coll. « Folio essais », Paris, 1985 (1re éd. : 1919).

    #Palestine #Nakba #Histoire

  • Les trucs que je connais pas, que j’ai pas encore essayés, mais qu’il faudrait que je me renseigne pour les beaux jours avec les enfants autour de #montpellier :

    – le Train à vapeur des Cévennes (reprise le 1er avril)
    http://www.trainavapeur.com

    - l’abbaye troglodyte de Saint-Roman, à Beaucaire :
    http://abbaye-saint-roman.com

    – le mas des Tourelles à Beaucaire, vigne gallo-romaine :
    http://tourelles.com

    – l’abîme de Bramabiau, à Camprieu :
    http://www.abime-de-bramabiau.com

    – grotte de la Cocalière à Courry :
    https://www.grotte-cocaliere.com

    – la visite des Salins d’Aigues-Mortes (reprise à la mi-mars) :
    http://www.visitesalinsdecamargue.com

    – oh, je découvre que la source Perrier est à une grosse demi-heure à l’est de #montpellier, et que ça se visite (à partir de début avril)
    https://www.perrier.com/fr/fr/visitez-le-musee-perrier-et-la-source

  • Revue de presse du 24.02 au 03.03.18
    https://collectiflieuxcommuns.fr/672-revue-de-presse-semaine-du

    Afrique du Sud : révision de la Constitution pour exproprier les terres sans compensation

    Il est grand temps de calmer Erdogan

    En Iran, le mouvement des femmes qui protestent contre le port du voile ne s’essouffle pas

    Mark Kennedy, l’alter espion qui m’aimait

    La tartufferie, un principe fondateur de la confrérie des Frères musulmans

    Emplois à pourvoir, Blancs s’abstenir

    L’essayiste anti-islamiste Mohamed Louizi jeûne contre le « harcèlement judiciaire »

    Arles : Les patrouilles des habitants qui inquiètent les autorités

    « C’est incroyable qu’on n’ait pas encore fondu un cœur de réacteur » : des techniciens EDF s’inquiètent

    Europe et islam : les raisons d’un déni

    Éducation : Blanquer déshabille-t-il Paul pour habiller Jacques ?

    Procès en appel de Georges Bensoussan : les incohérences du gouvernement

    Bonus

    *

    Présentation/Archives/Abonnement

  • Pas le temps de noter
    Le rêve érotique de cette nuit
    Le covoiturage n’attend pas

    J’ai donné rendez-vous
    Là d’où les Moldaves partent en car
    Terre-plein désert, les Moldaves sont partis

    « Sarah ! », se présente l’une
    J’ai failli répondre
    « Comme ma fille ! »

    Hélène commence là où Sarah finit
    Et Sarah finit là où Hélène commence
    Elles ont l’air chouette mes covoitureuses

    Une étudiante en lettres modernes
    Une juriste en voie de reconversion
    Et un ingénieur informaticien sont dans une voiture

    Après une heure de route
    « En fait aujourd’hui le jour n’est pas programmé
    Pour se lever ? », demande Sarah

    Route fluide
    Discussions fluides
    Ecart d’âge parfaitement surmontable

    Jeunes femmes très alertes
    Vives d’esprit
    Et très ouvertes : la route file

    De temps en temps
    Elles s’endorment
    Confiantes

    Le jour se lève finalement
    Sept heures plus tard
    À Orange !

    À Orange j’ironise
    Auprès du cafetier : « il faut venir à Orange
    Pour avoir un spéculoos avec son café ? »

    Par acquit de conscience
    Je vérifie que Jérôme
    N’est pas en Arles ? Non

    Pensées pour B.
    À la seule vue du Ventoux
    Encapuchonné de neige, vraiment

    À hauteur de Brignoles
    Je retrouve des bords d’une autoroute
    Lieu d’une aventure extraordinaire

    Embouteillage monstre
    Sortie sauvage
    Immense détour

    Arrivé à Antibes le 14 juillet à 5H
    Je m’étais baigné nu
    Sur la plage d’Antibes, déserte, de nuit

    Je suis parti un peu à l’aventure
    Je n’avais même pas pris l’adresse
    Je téléphone à Daniel

    En fait je suis tout près
    Il me donne deux consignes et me dit
    « Tu me verras au milieu de la vigne en nœud papillon »

    Je découvre donc en un clin d’œil
    Le nouveau domaine de Daniel
    Ses sculptures omniprésentes

    Pendant que Daniel
    Va faire quelques courses
    Je m’endors au milieu de ses œuvres

    Des années que je vois Daniel
    Sculpter, littéralement évider
    C’est désormais une forêt dans son atelier

    Daniel me régale de galettes
    De carottes aux couleurs variées
    Et d’un Côte de Provence savoureux

    Discussions en tête à tête
    À s’en vriller la tête justement
    Même sans le Côtes de Provence

    Parfois l’impression
    Quand on en parle justement
    D’enterrer, sans tristesse, le Désordre

    Je finis par demander grâce
    Après minuit
    Tellement déplacé, sommeil immédiat

    #mon_oiseau_bleu

  • Van Gogh’s Ear | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2010/01/04/van-goghs-ear

    It is, in its strange way, at once the Nativity fable and the Passion story of modern art. On Christmas Eve, 1888, in the small Provençal town of Arles, the police found a young Dutch émigré painter in his bed, bleeding from the head, self-bandaged and semi-conscious, in a run-down residence called, for its peeling exterior, the Yellow House. A few hours before, the Dutchman had given his severed ear—or just its lower lobe; stories differed—to a whore named Rachel in a maison de tolérance, a semilegal bordello, as a kind of early Christmas gift. (She had passed out upon unwrapping it.) The painter, Vincent van Gogh, was known throughout the town as a crazy drunk who hung around the whorehouses too much for his own good, and who shared the squalid Yellow House with another so-called artist, even scarier than he was, though not usually as drunk and not so obviously crazy. That other artist, Paul Gauguin—after being interviewed by the police, and insisting that his friend must have sliced off his own ear in a fit—then sent a telegram to the Dutchman’s brother, urging him to come at once. Then Gauguin left for Paris, as fast as the trains could carry him, never to return.

    The Christmas crisis had a real, if buried, effect on van Gogh’s imagination, turning him from a dream of living and working with a community of brother artists to one of painting for an unknown audience that might someday appear—a fantasy that was, in the end, and against the odds, not a fantasy at all.

    Those words shine in his pictures. We tend to see the arc of his work, from the departure from Paris, in early 1888, to his death, in 1890, as more or less continuous, and miss the decisive break marked by the Christmas crisis. Even through the pictures of 1888 he’s still mostly a prose painter, with something of the nineteenth-century illustrator in him—children, postmen, absinthe-soaked café scenes. He still wanted to be Dickens or Daumier. After the Christmas crisis, he accepted that he was only Vincent. His new pictures—“The Starry Night,” “Cypresses,” and the pictures of the gardens at Saint-Remy—are depopulated, emptied of any vision of common life. Where in 1888 the pictures are still filled with people on top of people—six people in the “Night Café,” a dozen in the streets of Arles at night—in 1889, aside from his copies of Millet, van Gogh thinks only in solitary ones and lonely twos, the occasional individual portrait interrupting a world of visionary dailiness. He wrote, simply, “Let’s not forget that small emotions are the great captains of our lives.” Stars wheel, cypresses flame; the whole world comes alive. The common unity is the animism of the ordinary. “Starry Night Over the Rhone,” of 1888, has the night sky gently decanted into the gaslight world of the town, and the theme is the likeness of streetlight and moonlight, the modern urban subject—the amusement park at night. In the 1889 “Starry Night,” it’s all night and stars and rolling nebulae: me and the night and the music of the spheres. He’s a man alone, and for good.

    #Art #Peinture #Van_Gogh #Paul_Gauguin

  • Une commande de photographie d’archi
    Je n’ai plus de films
    J’ai une jeune assistance un peu maladroite

    En Arles je rencontre un ancien camarade
    Qui me dépanne
    Qui travaille encore en argentique en 2017

    Daniel finit
    Son roman
    Intitulé Philippe

    Nous partons en trio
    Déposons Zoé au collège
    Partons avec Émile pour Bondy

    Belle promenade le long du canal
    On discute paysage avec Émile
    On prend un café

    De quelle nationalité
    Bulgare ou Roumaine
    Est cette serveuse ?

    Devoir lui expliquer
    Ce qu’est un diabolo grenadine
    Du sirop de grenadine et de la limonade

    Et quand elle comprend
    «  ? Ah un grenadin ? diabolo
     ? Voilà, c’est ça ! », on rit !

    J’entame Deux fois né
    De Constantin Alexandrakis
    Dans la voiture, petit crachin

    On rentre dans le magasin de bricolage
    Deux poignées de portes, boulons et écrous
    On sort de la quincaillerie, sept minutes chrono

    Je pars chercher Zoé
    Sous une pluie battante
    Elle sent le chien mouillé

    Saumon piment-citron
    Boursin
    Poires

    Brêve anguille de sieste
    Je perds un pari de montagnard
    Le sommet d’une montagne caché

    A la quincaillerie
    J’ai choisi un modèle de poignée de porte
    En fonction du plan de montage simple

    Quatre étapes de montage
    La première
    Sortir un tournevis de la boite à outils

    Je me dis, c’est à ma portée
    Deux heures plus tard
    La poignée est montée mais mal

    Deux heures de montage
    Pas un seul juron
    Pas un seul mouvement de colère

    Je m’étais donné une contrainte
    Je ne devais, en aucun cas
    Me servir du marteau

    En fait il manque au plan de montage
    Les vingt-sept étapes intermédiaires
    Ce n’est plus un plan de montage, une énigme !

    Seules quelques éraflures
    Et la tête de vis niquée
    Laissent voir, après coup, la lutte

    Je peux enfin passé
    Au reste du programme
    De la journée : la cuisine

    Pour agrémenter la raclette
    Des rates au four, des pommes vapeur
    Des carottes et mange-tout à la sauce de soja

    Des petits champignons
    Et leurs oignons frais
    Déglacés au Noilly-Prat

    Une salade de chicons aux noix
    Une salade de mâche aux noix de cajou
    Et un Tiramisu

    Et du rire
    Et des éclats de rire
    Et des fous rires

    Le tout noyé
    Dans trois
    Bouteilles de Jurançon

    Deux fois né de Constantin Alexandrakis
    Invraisemblable destinée faite d’ombres
    Trempées dans la mythologie revisitée

    Deux fois né de Constantin Alexandrakis
    Je ne sais pas Dieu
    Mais les dieux grecs ont vraiment existé

    Deux fois né de Constantin Alexandrakis
    Percussion insidieuse
    Des phrases courtes

    #mon_oiseau_bleu

  • L’année où l’Etat a mis de l’art dans la photo de paysages de France - Sortir - Télérama.fr
    http://www.telerama.fr/sortir/lannee-ou-letat-a-mis-de-lart-dans-la-photo-de-paysages-de-france,n5315218.

    En 1984, la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar) lance une mission photographique d’un nouveau genre : demander à de grands photographes de fixer les paysages de notre pays. Un exercice à la fois singulier, exigeant et très libre, à voir à la BNF.

    #photographie #paysages #urban_matter

  • Dans mes rêves
    Je suis parfois
    Un héros de science-fiction !

    Est-ce l’influence
    De l’ Amoxiciline
    Ou celle de Tarkovski ?

    C’est mon dernier matin de vacances
    Je me refais du café
    Et je choisis bien mon disque

    Je mets dans une petite coupelle
    Les six derniers cachets d’ Amoxiciline
    Telle une offrande, un sacrifice

    http://www.desordre.net/musique/peacock_vignette.mp3

    Gary Peacock
    Keith Jarrett
    Jack DeJohnette

    Les temps forts
    Des cent premiers jours
    De Macron à l’Elysée

    Le gouvernement américain
    Veut identifier plus d’un million
    De visiteurs d’un site anti-Trump

    http://www.desordre.net/musique/monk.mp3

    Tiens, je prends la radio
    Tiens, Olivier Assayas qui pérore
    Tiens, je mets un disque (Monk)

    Un jour
    Je saurais faire
    Une sauce tomates !

    Comme chaque après-midi
    Chaque sieste, je reviens bredouille
    De ma pêche aux anguilles, trop rapides

    Je connais les mains
    Qui me soignent
    Depuis quarante-six ans

    C’est assez vertigineux
    D’être soigné par son plus ancien ami
    Deux garnements de six ans, bien plus tard

    Les mains de Pierre ont soigné
    Le gratin du rugby français
    Et des centaines de bébés

    En posant ses mains dans mon cou
    Pierre écoute le récit de ma colonne vertébrale :
    « Tu as marché trop longtemps penché en avant »

    Naturellement
    Pas moyen de payer la consultation
    Troc, contre Une Fuite en Égypte dédicacée

    Contre des exemplaires d’Une Fuite en Égypte
    J’ai échangé deux pots de miel, deux truites, deux disques,
    Un livre et, donc, une consultation d’ostéopathie

    Pendant que Pierre soulage les séquelles
    De mon lumbago, elle m’envoie
    Un message, pas sûr d’être guéri

    En chemin vers la pharmacie
    Je croise l’ancienne institutrice de Zoé
    À son enfant : « c’est le papa de Zoé ! »

    C’est cela, je suis à la fois le papa de Zoé
    Le plus vieil ami de Pierre
    Et qui suis-je pour elle ? Je me le demande

    Demain matin
    Je serai de nouveau
    Un collègue

    Mais aussi
    Le beau-père de Clément
    Et le client fidèle du BDP

    De nouveau, aussi
    L’usager de la piscine municipale
    Et l’abonné d’une salle de cinéma

    En attendant
    Je vais aller
    Me faire ma soupe

    Petite pêche blanche plate francilienne
    Tu n’as pas le goût de tes cousines cévenoles
    Mais tu me les rappelles, c’est déjà ça

    Parfois j’attends
    Devant l’écran
    Et rien ne vient

    L’Enfance d’Ivan
    D’Andreï Tarkovski
    Vue pour la dernière fois en 88 ?

    Seul souvenir précis
    Que j’avais de ce film depuis presque trente ans
    La scène dans la forêt de bouleaux

    Souvenirs vagues, en revanche
    Les scènes de rêve d’Ivan
    Et quelles !

    Si un jour je devais faire un film de fiction (on peut rêver)
    Ce serait d’après les Anguilles les mains mouillées
    Un film qui serait une suite de rêves

    Il n’est pas raisonnable
    Ni envisageable que
    Demain matin je retourne en open space

    Des vacances qui auront été
    Une suite de derniers instants
    De derniers instants réussis

    La dernière journée en Arles avec Sarah
    La dernière soirée avec B. sur les bords du Rhône
    Un dernier film au Keaton

    #mon_oiseau_bleu

  • https://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-courent/mathieu-pernot

    Très remarquable entretien de Mathieu Pernot par Marie Richeux (nouvelle émission, Par Les Temps qui courent , qui, à mon sens est bien meilleure que Les Nouvelles Vagues ), vous le recommande absolument. Sans parler pour celles et ceux qui sont près de l’une des plus belles villes du Monde, Arles, de l’exposition de Mathieu Pernot aux ateliers de peinture, une très très belle exposition, sans doute une des plus belles des Rencontres cette année.

  • Petit déjeuner expédié
    Toilette expédiée
    Sarah et moi sur la route

    Je reproduis un de mes anciens rituels
    Qui en rejoint un autre, qui en rejoint
    Un autre encore, fin de la photographie

    Arrivée sans encombre
    Mais déjà une chaleur étouffante
    Je passe devant le heurtoir de Jérôme

    Quelques noms familiers
    Sur le programme, le reste
    Ce sera de la découverte

    Armand Questsch
    Magnifique travail spatialisé
    Je me dis : ça commence fort

    L’exposition des 66 photographes iraniens
    Aurait pu me faire fuir, je n’aime pas qu’on regroupe
    Les photographes par nationalité, exposition passionnante

    Fukase
    N’a pas le talent
    D’Araki

    Quelques photos
    De corbeaux
    Sortent du lot

    Dune Varela
    Produit un travail très pertinent, mais
    Il faut rester sourd à son commentaire

    Dans les photos d’Ackerman et Gobert
    Toute l’ambivalence du symbole de Lénine
    Si c’était si simple…

    Dans l’exposition des pulsions urbaines
    Je retiens une très belle photographie
    De Pablo Larain, mais c’est bien tout

    Marie Bovo
    A beaucoup de talent et
    Elle est très forte en profondeur de champ

    Au musée Réattu, comme souvent
    Pas un regard pour les photos
    Mais je photographie le coude du Rhône

    Samuel Grattacap
    Se met beaucoup trop en scène
    Ce qui est coupable en regard de son sujet

    Au Méjean
    Revoir des œuvres
    D’Oscar Muñoz !

    Force de la démonstration
    De Michael Wolff
    Nos villes sont inhabitables

    Je croise une connaissance, j’ai le sentiment
    Que nous nous connaissons, moi de même
    Thomas Delthombe !

    On attaque les ateliers
    Par la face Nord
    Sous la canicule

    Il faut payer pour voir Annie Leibovitch (LUMA)
    Je propose à Sarah de lui payer l’entrée à elle
    Non, c’est une question de principe !

    Elle feuillette le catalogue
    En plus c’est nul
    Ce qu’elle fait cette photographe !

    Assez fort
    Pour que d’autres entendent
    Bon sang ne saurait mentir

    Une vidéo passe en boucle
    Des extraits de violences policières racistes
    Et des archives de Noirs célèbres. Sarah : « c’est nul ! »

    La grande table lumineuse
    De Fischli & Weiss
    Me laisse de marbre

    Le chien
    Et les étoiles
    De Juliette Agnel !

    Une image de Mari Bastashevski
    M’arrête, moins les autres
    Que je trouve plus convenues

    Deux très belles séries de photographies
    A propos de Fukushima, Ayesta et Bression
    Et Brodbeck & de Barbuat

    Cette magnification par l’image
    Est presque coupable
    En fait elle est vénéneuse

    Revoir la DATAR,
    Revoir Tom Drahos
    Revoir Jean-Louis Garnel

    Je ne sais pas si on peut
    Ecrire une critique d’exposition
    En haïkus, je vais le faire quand même

    Un jour, peut-être, en Arles
    On se prendra par la main
    Pour penser un plan clair

    Combien faut-il
    De grands commissaires (internationaux)
    Pour changer les (dix) ampoules grillées ?

    Qui peut encore être ému
    De jeux d’ombres sur des murs
    En noir et blanc ? Oui, qui ?

    Un jour, comprendre que les visiteurs ont des oreilles
    Et souffrent d’entendre le son d’une médiocre vidéo,
    Tout en admirant Oscar Nunoz, silencieux, lui

    L’éclatement des lieux d’exposition
    Allant jusqu’à Toulon n’est pas abordable
    Pour les visiteurs moins fortunés. Peigne-culs !

    Le début d’emprise de la fondation LUNA
    Sur les Rencontres est immédiatement visible
    Surtaxe des expositions. Peigne-culs !

    Les choix de Sam Stourzné
    Sont incompréhensibles
    Ce ne sont pas des choix

    Et c’est l’heure de poser
    Ma belle Sarah, pas très fraîche
    Quelle chaleur, à la gare

    Ces départs de la gare d’Arles
    Sont un excellent entraînement
    Pour des séparations plus longues, plus tard

    Je retrouve B.
    En bord de Rhône
    Toujours souriante

    Nous dînons
    De seiches à la plancha
    Qui ne valent pas celles de l’Escala

    Longues conversations
    En bonne intelligence et bienveillance
    Dans une lumière admirable, orange

    Promenade digestive
    Et digressive
    Sur les quais du Rhône

    C’est la plus belle journée
    Des vacances
    La dernière aussi

    C’est la plus belle soirée
    Des vacances
    Et oui, la dernière

    Nous sommes chassés
    Par des moustiques en piqué
    Depuis les platanes alentour

    Je conduis assoiffé
    Et les pieds en capilotade
    J’ai quitté Sarah, j’ai quitté B.

    Il faisait 32°C à 22H en Arles
    Il faisait 36° C à Nîmes à 22H30
    Il fait 20°C à minuit au Bouchet

    Un clair de lune magnifique
    Sur la vallée de la Cèze
    Me fait des adieux douloureux

    Je cherche
    Et je cherche encore
    Le sommeil

    #mon_oiseau_bleu

  • Les rêves en ce moment
    Vont souvent par trois
    Et sont très illogiques

    Émile rentre de L’EMPRO
    Avec une demi-douzaine de camarades
    Je ne suis pas dépassé par les événements (irréel)

    Mon père débouche du 93 pour mon Grand-Père
    Ils échangent à propos de la vie sentimentale
    Ils se tutoient (invraisemblable)

    Mon cousin Raymond
    Fait le pitre au piano
    Mais ne fait rire personne (rare)

    Moment de grand silence
    Avec Émile, tous les deux
    Assis sur la margelle, matin

    Cafés à répétition
    Pour retarder
    Le moment de s’y mettre

    S’y mettre finalement
    Dans l’espoir, déçu
    Toujours déçu, de l’oublier

    Malgré tout, peindre, discuter
    Peindre, couche après couche
    Discuter, année après années

    Clément me parle d’un chantier
    Démarré dans le but d’oublier
    Et son plaisir, désormais, d’y habiter

    Sarah nous apporte un café
    Nous avons les mains pleines de laque
    Le café a un goût d’esprit blanc

    Après la douche, tenter
    De retrouver ses pensées et domestiquer
    Le tremblement des mains sur le clavier

    Souffrir de solitude
    Au milieu des siens
    Tous attentionnés

    Déjeuner et rire
    Dans le vacarme
    D’une débrousailleuse

    Tes deux manuscrits n’avancent guère
    Tu n’as pas encore fini de lire un livre
    Mais les volets se teignent de rouge basque

    Rouge basque
    Rouge basque
    Rouge basque

    La tentation est grande
    D’écrire des poèmes
    En avance

    Décrire une autre vie
    Écrire des poèmes performatifs
    Faire advenir un futur proche rêvé

    Mais non,
    Surtout n’en rien faire
    Et tarir tout espoir d’elle

    Puisque c’est bien elle seule
    Qui manque à la félicité
    Vraiment ! du moment

    Enregistrer le son
    De la débroussailleuse
    Y trouver une musicalité

    Faire de la terrasse ombragée
    De la Cézarenque le lieu
    Des conversations fondatrices

    D’abord Émile, avant-hier
    Puis Zoé cet après-midi
    Sarah, en Arles, plus tard ?

    En photographie, toujours eu
    Le sentiment que les nouvelles
    Images détrônaient les anciennes

    Avec l’écrit au contraire, relire
    Des passages d’ Une Fuite en Égypte
    M’intimide et me tarit

    La chaleur des siestes ici
    N’est pas très bonne
    Pour penser à autre chose

    Une scutigère prisonnière
    De sa marie-louise rend
    Très étrange Le Départ de la course

    Je laisse mon livre de côté
    Au bord de la rivière
    Et je m’endors

    Sieste de très courte durée
    Réveillé par les cris
    D’enfants mal élevés

    Ma bonne humeur est inaliénable
    Je souris en réalisant que j’ai dormi
    Dans le lit de la rivière en hiver

    Un vieux robinet qui lâche
    Et c’est l’économie de la maison
    En péril relatif

    Courgettes farcies
    Au pélardon et oignons confits
    Sous-bois, soupirs d’aise

    J’offre Une Fuite en Égypte
    À mes voisins cévenols
    Incrédules et heureux

    C’est souvent dans le regard
    De mes voisins cévenols
    Que je réalise le grandissement des enfants

    Émile me ressemble
    Au même âge
    Mais j’étais plus mignon (Claude)

    Il fait nuit noire, quand je rentre
    Les ombres d’ici ne me font plus peur
    La peur se retire de ma vie

    Je me lave les dents
    Dans un seau d’eau
    Comme il y a quarante ans

    #mon_oiseau_bleu

  • Du sexe et de la couleur en photographie
    https://atlantesetcariatides.wordpress.com/2017/07/14/du-sexe-et-de-la-couleur-en-photographie

    A peine trois semaines après cette déclaration, le voici rentrant nuitamment à son hôtel, à Arles, après une soirée. Il croise dans la rue une photographe avec laquelle il a un rendez-vous professionnel le lendemain matin. Ils échangent brièvement sur une expo vue dans la journée et confirment leur rendez-vous. La photographe rentre se coucher. Une demie-heure plus tard, la voici réveillée par un sms de notre éditeur qui lui propose de venir le rejoindre dans sa chambre pour lui montrer son travail. Source : Atlantes & Cariatides

  • Sur le fil. À propos d’Acrobat, de Mehregan Kazemi, par Mathieu Potte-Bonneville (4 août 2017)
    http://www.vacarme.org/article3058.html

    C’est une photographie – ou peut-être plusieurs. C’est, pour être précis, un étoilement d’images au format 13x18, tantôt verticales (portrait), tantôt horizontales (paysage), tirages que l’on devine prélevés dans ces enveloppes cartonnées et oblongues qui assurèrent, dans l’histoire de la photo de famille, l’interrègne entre l’âge des diapositives et celui de Facebook. Si elles n’étaient plaquées à la cimaise qui les rassemble ici, en Arles, au beau milieu de l’exposition collective « Iran, année 38 », sans doute ces images seraient-elles légèrement convexes comme le deviennent les cartes à jouer cueillies au paquet du magicien, et ondulant d’avoir été trop tôt séparées de leurs sœurs : il y a longtemps que vieillir ne jaunit plus les tirages amateurs mais les plie, les incurve, les décolle du mur. Disons alors, pour simplifier provisoirement, que ce sont plusieurs photographies, prélevées à différents plis ; à deux exceptions près (il y a en tout dix-neuf images), elles figurent une même petite fille – entre trois et cinq ans peut-être, la plupart du temps seule (pas toujours – ici un adulte, là un autre enfant), souvent sous la douche, ou à la piscine, il y a de l’eau dans ces moments saisis au vol. Disposés de manière à composer ensemble une figure indécise, quelque part entre la spirale et le losange qui tiendrait sur la pointe, séparés les uns des autres par un écart moyen d’environ un centimètre et demi, sombre comme les plombs d’un vitrail, ces clichés d’enfance souffrent deux exceptions : à la pointe supérieure du losange, c’est une dame qui se tient debout, empesée, voile sombre et robe gris-beige ; au centre, dans un format un peu plus large, la petite fille a grandi, son portrait en gros plan dont l’ovale s’allonge semble regarder l’objectif depuis le bord extérieur de l’enfance, bouche entrouverte et étonnée.

    #Iran, #Photographie