city:aulnay

  • Contrats courts : « On n’apparaît nulle part », Amandine Cailhol, Mathilde Frénois, Correspondante à Nice et Gurvan Kristanadjaja
    https://www.liberation.fr/france/2019/03/28/contrats-courts-on-n-apparait-nulle-part_1718018

    Réservé à certains secteurs, le CDD d’usage permet aux employeurs d’embaucher temporairement sans payer de #prime_de_précarité. « Ration » donne la parole à trois « permittents », à commencer par un chef cuisinier abonné aux extras.

    Cela représente une belle pile de paperasse. Au cours des dix dernières années, Nicolas Durot-Pouchtajevitch a travaillé successivement pour trois traiteurs de la région parisienne. Mais sur la période, le chef cuisinier, tout juste 40 ans, a signé des centaines de contrats. Autour de 2 500, estime-t-il, soit un pour chaque journée de travail, souvent même deux par jour, lorsqu’il enchaînait deux missions. Des contrats d’usage, plus exactement. Aussi appelés « #extras », ces CDD sont réservés à certains secteurs, dont la #restauration. Leur but : permettre aux employeurs d’embaucher temporairement du renfort, sans payer de prime de précarité. Sauf que, souvent, le temporaire dure. Mais la situation de ces salariés « permittents », qui alternent CDD et chômage, reste précaire.

    Lui parle de contrats d’« usure ». Après un « burn-out », il dénonce un « esclavage moderne ». Il raconte les appels de dernière minute, les doubles journées au cours desquelles la durée de travail journalière maximale (11 heures pour les cuisiniers) est largement dépassée. « Les pauses pour pisser, ça n’existe plus. Pour tout faire, on doit arriver une heure en avance », raconte Nicolas. Une heure de travail gratuite. Puis c’est la course : « Décharger le matériel, l’installer, cuisiner, gérer le personnel, les relations clients. » Les heures supplémentaires sont légion, mais pas majorées. Pour six heures de travail, il empoche 80 euros net.

    Faire des extras, au départ, était pourtant un choix. « Je voulais plus de flexibilité que dans la restauration classique. Et j’aimais le défi de ces missions », explique le chef. Mais cette liberté a des limites. « Refuser un contrat, c’est risquer de ne pas être rappelé ». Mieux vaut faire profil bas, malgré la dégradation des #conditions_de_travail : « Un hiver, on travaillait sous des tentes, il faisait zéro degré et j’ai osé demander des chauffages. La semaine suivante, on ne m’a pas donné de mission. »
    Les choses se gâtent encore lorsqu’il demande un CDI. Après cinq ans de mini-CDD chez un premier traiteur - et alors qu’il réalise presque l’équivalent d’un temps plein -, il réclame ce sésame, synonyme de sécurité professionnelle et de sérénité personnelle. « Résultat : ils ont baissé mon activité, puis m’ont mis à la porte. » Rebelote, plus tard, chez un second employeur. Même requête d’un CDI, même coup de balai. Un troisième, « avec insistance », lui suggère de devenir #autoentrepreneur, puis lui impose de baisser ses tarifications. Face à ce « salariat déguisé » et ce « chantage à l’emploi », il finit par jeter l’éponge fin 2018.

    En dix ans, Nicolas Durot-Pouchtajevitch assure n’avoir vu qu’une fois un médecin du travail, uniquement parce que cela avait été exigé par un client dans le cadre d’une prestation. « Le matin, on est à un endroit, le soir à un autre, mais on n’apparaît nulle part, même pas sur les registres du personnel, car tous les jours on est licencié. Même les syndicats ne nous connaissent pas », pointe le cuisinier. Autre galère, il n’a jamais réussi à se faire indemniser un arrêt maladie : « J’ai envoyé 84 fiches de paye à la Sécu. Mais mon employeur n’a pas complété l’attestation, arguant que je ne faisais pas partie de l’effectif de l’entreprise, que j’étais au #chômage. »

    Au chômage, il l’était, en effet. Du moins au sens de Pôle Emploi, qui le classait alors dans la catégorie C des demandeurs d’emploi, celle regroupant les personnes en activité réduite de plus de 78 heures par mois. Lui dépassait largement ce plancher. Les bons mois, il tournait à 250 heures. Bien suffisant pour ouvrir des droits à #Pôle_Emploi et bénéficier d’allocations, notamment pendant les mois creux, l’été. En 2017, il a, en plus des 26 000 euros net de salaires perçus, encaissé 6 000 euros d’allocations. « Je n’ai aucun complexe à avoir perçu cet argent. A Paris, il n’y a pas moyen de vivre avec les #salaires de la restauration. Surtout quand, comme moi, on est père célibataire et qu’il faut financer un mode de garde, le soir et les jours fériés », explique Nicolas.

    Sans complexe, il n’est pas moins critique contre ce « système d’assistanat qui permet aux employeurs de disposer de bras pas chers et dociles ». Lui réclame de meilleurs salaires, la sécurité de l’emploi, une véritable couverture sociale. Et ne croit pas au bonus-malus, cette modulation des cotisations sociales des employeurs pour limiter le recours à aux CDD : « C’est une bêtise. En 2012, une surtaxe similaire a été instaurée. En fin de chaîne, les employeurs ont répercuté les coûts sur les salariés en réduisant le nombre d’intervenants ou les heures payées. Et une fois de plus, les #permittents ont été les maltraités du système. »

    Adel Yedes, 59 ans, Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)

    « J’ai commencé les CDD en 1993 dans une boîte de sondages. J’étais enquêteur avec des contrats soit hebdomadaires, soit à la journée. Parfois, j’en avais plusieurs dans une même semaine. Mon dossier avec mes centaines de contrats et quelques documents fait 8,5 kilos. Quand je l’ai envoyé à mon avocat, il a halluciné. D’un point de vue pécuniaire, je n’avais pas de soucis. Avec un CDD d’usage, on reste sur les listes de chômeurs : si je ne travaille pas assez ou si je pars en vacances, Pôle Emploi compense la perte de revenus. Mais cette situation est #précaire. Surtout depuis que les dossiers pour Pôle Emploi se sont informatisés. Ce n’était plus à nous d’apporter les papiers, mais au patron de les envoyer par Internet. Il y avait toujours un problème et on recevait les indemnités avec des mois de retard. Et puis quand il n’y a plus de travail, c’est « au revoir et merci ». Il est difficile d’avoir un avenir. J’avais un stress continuel : dès qu’il y a un dossier à remplir, qu’on nous demande une fiche de paie à la #banque ou pour louer un appartement, on a peur. On me traite comme un clochard parce que, sur ma fiche de paie, il y a écrit « vacataire ».

    « Ce qui me faisait oublier ce genre de stress, c’est que je sentais que j’avais des responsabilités. Comme j’étais chef d’équipe puis superviseur, j’avais des réunions avec les chefs, je faisais des commandes, je gérais entre 2 et 3 millions d’euros de timbres, je planifiais le travail, je dépannais les ordinateurs. Ça me donnait une petite assurance.

    « Je suis devenu quelqu’un qui a signé un CDI le 18 janvier 2018. Un an plus tôt, une grande enquête de cinq ans se terminait dans la boîte de sondages pour laquelle je travaillais. Tout le monde avait peur, moi y compris. Mais l’entreprise n’a pas réussi à me faire partir car j’étais syndicaliste CFDT. C’est là que j’ai préparé mon dossier pour les prud’hommes. Mon CDD est devenu un CDI. Quand on a eu le jugement, j’étais encore en poste mais il n’y avait pas de boulot pour moi. Je suis resté quelques mois à la maison et finalement je suis parti avec une enveloppe. Si c’était à refaire, avec une famille et des enfants, ce serait non. Quand j’ai commencé, j’étais célibataire, jeune et sans responsabilité. Maintenant, je recherche un emploi et je ne reprendrai pas ce type de CDD. C’est fini. »

    Aurélie*, 28 ans, technicienne dans l’audiovisuel

    « Je suis intermittente du spectacle et en CDD d’usage depuis huit ans. Quand j’entends que nous sommes l’une des principales cibles du gouvernement, comme nous l’avons déjà été largement précédemment, ça me fait rire. Quand on connaît les conditions d’attribution du complément de salaire que Pôle Emploi nous attribue… Mon indemnisation Pôle Emploi est de 67 euros par jour non travaillé, ce qui est plutôt correct. Mais cette aide est désormais soumise à des conditions tellement nombreuses que je ne la touche plus. Je suis considérée comme une #intermittente qui « travaille trop ». Résultat, je ne perçois rien de Pôle Emploi le mois M si j’ai beaucoup travaillé le mois M-1, car on estime qu’il doit me rester de l’argent du mois précédent. Je ne vois pas ce que le gouvernement veut prendre de plus, puisqu’il ne donne déjà quasiment plus rien. Désormais, nous ne sommes indemnisés que si nous ne sommes pas en #carence.

    « En réalité, je ne peux pas vraiment me plaindre de ma situation, car en six ans à France Télés, j’ai eu trois propositions d’embauche sérieuses que j’ai déclinées. Je ne peux qu’assumer mes choix. Mais ce qui est devenu dur, au-delà du fait que les contrats tombent parfois du jour pour le lendemain, c’est que depuis près de deux ans, nous devons déclarer tous nos frais avec une facture pour chaque dépense. Depuis environ un an, nous devons aussi les rentrer dans un logiciel, ce qui est un vrai boulot de secrétariat, en plus des diverses réservations que nous avons toujours eues à gérer. Et je ne parle même pas des versements de salaire divisés en autant de contrats que nous avons signés, et des remboursements de frais que je ne contrôle jamais. Je me dis que si un versement est oublié, tant pis pour moi, c’est le prix à payer pour garder une vie sociale plutôt que de passer mon temps à faire de la comptabilité.

    « Dans le regard des gens, il persiste l’idée que nous sommes bien payés par nos employeurs et grassement indemnisés par Pôle Emploi. C’était davantage vrai avant. Même si je ne suis pas malheureuse aujourd’hui, je ne peux que constater que mon salaire annuel a largement baissé depuis six ans, alors que je travaille un peu plus qu’avant. Mais la liberté que ce statut offre reste primordiale pour moi… Jusqu’à quand ? »

    *Le prénom a été modifié.

    #CDD_d’usage

  • L’opposition grandit contre le train des riches Charle-de-Gaulle Express
    https://reporterre.net/L-opposition-grandit-contre-le-train-des-riches-Charle-de-Gaulle-Express

    Pour ses détracteurs, c’est un train des riches qui va se faire au détriment des trains des pauvres. A Mitry-Mory, en Seine-Saint-Denis, depuis début février, chaque jour les opposants reviennent à l’une des entrées du chantier de la future ligne Charles-de-Gaulle Express (CDG Express).

    « On va être la ville la plus impactée. Pendant les travaux, 150 engins et camions quotidiens sont prévus. Et ensuite, on aura un train toutes les sept minutes qui ira à l’aéroport et nous passera sous le nez sans qu’on puisse le prendre ! », s’indigne auprès de Reporterre Charlotte Blandiot-Faride, maire communiste de la ville en tête de la mobilisation. « Et les seuls travaux de transports en commun prévus à Mitry sont ceux du Charles-de-Gaulle express alors qu’il est aujourd’hui impossible pour nous d’aller à l’aéroport sans repasser soit par Aulnay, soit par Paris. »

    #transport #inégalités #pour_ceux_qui_réussissent

  • « C’est un véritable retour en arrière » : comment la pénurie de #gynécologues menace la santé des femmes
    https://www.francetvinfo.fr/sante/professions-medicales/c-est-un-veritable-retour-en-arriere-comment-la-penurie-de-gynecologues

    « Aujourd’hui, il y a en moyenne trois professionnels pour 100 000 femmes en âge de procréer et donc de consulter, c’est très inquiétant » [rapporte] Marie Stagliano, coprésidente du Comité de défense de la #gynécologie_médicale. Entre 2007 et 2017, le nombre de gynécologues médicaux a chuté de 42%. En 2017, le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) a recensé six départements totalement dépourvus de gynécologues. Et cette désertification touche aussi bien les campagnes que les villes. Paris a perdu, en huit ans, 43% de ses gynécologues médicaux. En banlieue parisienne, certaines villes comme Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ou Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) sont totalement dépourvues de gynécologues libéraux.

    #femmes #médecine #démographie_médicale #politique_publique #santé

  • Appel des Gilets Jaunes de Montreuil en réponse à Commercy - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=mfjcqj001Rc

    A Montreuil aussi, nous avons enfilé des #gilets_jaunes et nous nous sommes installés tous les jours en face du rond-point de Croix de Chavaux comme partout en France. Ça nous a permis de nous rencontrer autour d’une soupe, de débattre autour d’un brasero, de tisser des solidarités malgré des horizons très différents et de parvenir à sortir de l’isolement. Cela nous a aussi permis de rappeler que les #banlieues parisiennes, comme à Pantin, à Saint-Denis, à Ivry, à Aulnay, ont bien rejoint le mouvement.

    Le gilet jaune est le symbole d’une révolte.
    Il est bien trop tôt pour rentrer chez soi et il n’est pas trop tard pour en sortir !

    Nous sommes révoltés à cause de l’humiliation et du mépris. L’extrême richesse de certains, la soif de pouvoir des politiciens, le saccage de la planète par les plus riches et les violences de l’État sont allés trop loin.

    Les mains arrachées, les manifestants éborgnés, la jeunesse alignée à genoux, les milliers d’inculpés et les centaines d’incarcérés sont venus s’ajouter à la #répression policière quotidienne exercée à l’encontre des quartiers populaires depuis des années. Nous n’oublions aucune victime du « #maintien_de_l’ordre » et nous affirmons notre #solidarité aujourd’hui comme demain.

    On essaie comme toujours de séparer les « bons gilets jaunes » et les « #casseurs ». 300 personnes qui s’affrontent avec la #police pour défendre un rond point, c’est de l’autodéfense populaire et 3000 personnes qui attaquent des banques ou des ministères, c’est le soulèvement d’un peuple en colère !

    Pour obtenir ce que nous désirons, ne tombons pas dans le piège des #médias et du pouvoir en définissant des limites à notre mouvement.

    Ni les miettes que nous propose le gouvernement, ni un « débat national » dirigé par lui-même, ni l’obtention du RIC n’arrêteront le magnifique moment qui est en train de s’ouvrir.

    Certains doutent et ont peur de l’incertitude de l’après. Nous répondons que dans la façon dont s’organise la révolte des gilets jaunes nous avons déjà beaucoup de pistes pour vivre dans des territoires désirables.

    Face à la révolte, la plus vieille des techniques du pouvoir est de nous diviser. Nous ne devons pas tomber dans ce piège.

    Plutôt que le chacun pour soi, l’individualisme et la soif d’argent qui permettent le maintien de ce pouvoir, c’est la solidarité et le partage que nous avons à développer : Nous avons vu qu’ensemble nous sommes bien plus forts !

    Nous savons bien que ceux qui privent les habitants de ce pays d’une vie digne ne sont ni les #immigrés ni les #exilés mais bien l’insolente richesse de certains et ce système injuste

    Voilà pourquoi nous pensons que la différence ne doit pas constituer une frontière : ni la couleur de peau, ni le lieu de naissance, ni le genre, ni l’orientation sexuelle, ni la religion ne serviront de prétexte pour nous diviser. Nous devons être unis dans nos différence si nous voulons bâtir un monde plus juste et plus beau.

    En Irak, Tunisie, Belgique, Kurdistan, Syrie, Japon, Hongrie, Espagne, Burkina Faso, Égypte, Angleterre, Maroc, Italie et dans bien d’autres endroits des gens mettent des gilets jaunes pour montrer leur colère : Notre révolte n’a pas de frontière !

    Nous ne laisserons plus personne, qu’il soit président, maire ou « représentant » décider à notre place de nos conditions d’existence.

    L’organisation par rond point, par quartier, par village, par commune nous permet de reprendre le contrôle de nos territoires et donc de nos vies.
    C’est cela qu’il nous faut continuer et viser si nous voulons que les choses changent vraiment.

    A Montreuil, nous lançons un « club gilets jaunes » à l’image de ce qui se faisait durant la Révolution Française où l’on se rencontrait dans des clubs d’éducation populaire. Car se réapproprier le savoir permet de nous rendre moins manipulables et de faire émerger une #intelligence_collective au service d’actions concrètes pour améliorer notre quotidien.
    Nous appelons à la multiplication de ce genre de club sur tous les territoires.

    Sans pour autant effacer la diversité et l’autonomie de nos organisations et initiatives locales nous pensons qu’il est important de nous lier et de nous rencontrer pour renforcer le mouvement des gilets jaunes.

    C’est pour cela que nous serons présents à #Commercy et que nous appelons depuis Montreuil à ce que des gilets jaunes de partout participent à l’assemblée des assemblées.

    C’est le début d’une révolution qui veut construire une société plus digne et plus juste, pour nous et nos enfants. Nous nous arrêterons pas même si cela doit prendre 100 ans. Pour que le peuple décide lui-même de comment il veut vivre.

    Entendez cet appel : continuons le début, prenons le chemin de la révolution !

    #violence_d'État

  • Le frère de Théo et l’e-monde servitude

    Voici l’accroche sur la page d’accueil du e-monde.fr

    « Soupçons d’escroquerie à Aulnay-sous-Bois : un frère de Théo L. mis en examen »
    Mickaël L. a a été placé sous contrôle judiciaire, dans une vaste affaire d’escroquerie aux aides publiques. Théo, lui, est sorti libre de sa garde à vue. Il est la victime supposée d’un viol lors d’une interpellation par des policiers en ...

    Qu’est ce qu’on en a à faire du frère des victimes de viol ?! Ou est l’intérêt de l’info ?
    Un flic viol et provoque une déchirure anale de 10 cm devant caméra et devant témoins et l’e-monde parle de viol supposé et fait les gros titres sur la moralité du frère de la victime ...

    L’affaire est dite « vaste » mais pas « supposée » contrairement au viol qui est clairement remise en cause par la tournure choisie par l’e-monde.fr.

    Mickaël L. a a été placé sous contrôle judiciaire, dans une supposée affaire d’escroquerie aux aides publiques. Théo, lui, est sorti libre de sa garde à vue. Il est la victime d’un vaste viol lors d’une interpellation par des policiers en ...

    #viol #culture_du_viol #racisme_d'etat #violence_policière #déni #victime_blaming #blamer_la_victime #racisme

  • Comité Adama : « On va se battre ensemble »

    Ça pose la question de la centralité. Pour le mouvement social classique, porté à gauche, les « vraies luttes », ce sont celles des cheminots, les étudiants, les hospitaliers… Tout le reste est considéré comme secondaire. Dans l’imaginaire de cette #gauche, on soutient, d’accord, mais de loin ; on pense que la lutte « réelle » ne s’y joue pas. Beaumont, Aulnay, Grigny, ce sont des #territoires secondaires. (...) Ce qu’on dit, c’est qu’aucun #mouvement_social ne gagnera sans les #quartiers. C’est impossible. (...)

    « #Convergence », c’est un mot qui laisse des traces : c’est un rendez-vous manqué. C’est devenu creux. Quand je l’entends, j’entends une arnaque. Mais parlons d’#alliances, oui. Nous sommes des alliés. Nous avons à nous confronter à un même #ennemi. Les coups, on va les prendre ensemble. On va au front ensemble. On va se battre ensemble. C’est ce qu’on dit, pour le 26 mai et pour la suite. Ce que propose #Macron est inacceptable.

    « Nous sommes des #alliés. Nous avons à nous confronter à un même ennemi. Les coups, on va les prendre ensemble. On va au front ensemble. »

    Nous, on ajoute que le #racisme structurel englobe la question économique. L’#antiracisme structurel est anticapitaliste. Le #capitalisme s’est construit sur le corps des esclaves noirs : il n’y a pas de #colonialisme sans capitalisme, pas plus qu’il n’y a de capitalisme sans colonialisme. Lutter contre le racisme et lutter contre le capitalisme, c’est indissociable.

    https://www.revue-ballast.fr/comite-adama-on-va-se-battre-ensemble

  • Saint-Denis VIII Révolutionnaire - Accueil
    https://www.facebook.com/notes/saint-denis-viii-r%C3%A9volutionnaire/paris-8-occup%C3%A9e-les-%C3%A9tudiant-e-s-d%C3%A9gagent-un-flic-de-leur-fac-/274538396420301

    PARIS 8 OCCUPÉE : LES ÉTUDIANT-E-S DÉGAGENT UN FLIC DE LEUR FAC !
    SAINT-DENIS VIII RÉVOLUTIONNAIRE·JEUDI 10 MAI 2018
    Ce jeudi 10 mai 2018 se tenait l’AG de l’occupation du mouvement étudiant de la fac Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Au cours de l’AG, certainEs d’entre nous ont repéré un individu au comportement étrange : un homme seul que personne ne connaissait et avec un look de RG. Après avoir observé un long moment son comportement suspect (il s’est déplacé plusieurs fois dans l’amphi), deux camarades ont demandé à lui parler à l’extérieur.
    Il s’est tout de suite présenté comme étant Damien Rigaud, viticulteur dans le Sud de la France, actuellement étudiant en œnologie à Bercy et habitant à Aulnay-sous-Bois. S’en est suivie une conversation absurde de plusieurs minutes où il disait être déjà venu à l’occupation des exiléEs pour apporter de la nourriture (allant même jusqu’à décrire précisément une camarade), et qu’il voulait donner un coup de main. Il s’est présenté comme un grand défenseur des réfugiéEs, ce qui lui aurait valu des problèmes avec la gendarmerie locale. Il a été jusqu’à nous dire qu’il avait l’impression d’avoir des flics en face de lui quand nous lui avons demandé s’il pouvait prouver son identité. Comme il n’avait aucun papier sur lui, nous lui avons explicitement demandé s’il était flic. Il nous affirme que non, mais une camarade insiste en lui demandant s’il est RG : il répond qu’il ne sait pas ce que c’est, et alors que la camarade réitère plusieurs fois sa question il ne répondra jamais que ce n’est pas le cas.
    La situation se renverse ensuite très vite : nous remarquons un fil dépassant de sa sacoche, relié à un bouton sur la sangle et qui s’avèrera être une caméra. Nous alertons donc nos camarades qu’un flic est bien présent et qu’il enregistre ce qui se passe et se dit à l’AG. Alors que le RG démasqué cherchait à fuir la fac, nous avons réagi massivement afin de l’en empêcher. Nous avons bloqué les issues et insisté collectivement pour qu’il nous remette ses enregistrements. Il a essayé de les sauver jusqu’au bout avec un entêtement inconsidéré au vu du rapport de force totalement en sa défaveur, mais nous avons réussi à récupérer tout le matériel : boitier d’enregistrement avec carte SD, caméra, micro, sacoche et prise de notes [voir photos].
    Nous avons enfin inspecté les photos sur son téléphone malgré ses oppositions, pour être sûrEs qu’il n’emportait aucune preuve avec lui. Suite à cela, nous l’avons laissé partir accompagné par quelques slogans.
    Après son départ, l’inspection du matos récupéré nous a conduitEs à remarquer la minuscule caméra intégrée au bouton. Nous avons visionné les enregistrements vidéos de l’AG : malgré sa taille la caméra donne une image grand angle avec une très bonne qualité sonore. Nous faisons peur à l’Etat pour que de tels moyens soient déployés contre nous pour nous observer.
    Votre tentative de casser notre lutte en nous infiltrant a échoué, et nous résisterons coûte que coûte !
    Nous appelons toutEs les étudiantEs à poursuivre la mobilisation et à réinvestir les universités : le mouvement étudiant fait peur à l’Etat, continuons-le !
    Flics, fachos, hors de nos facs !
    Paris 8 en lutte

    et article de Street Politics

    https://www.facebook.com/streetpoliticsfrance/photos/pcb.624066111269262/624065637935976/?type=3

    il faut voir les images !

    #Surveillance #Paris8 #InspecteurGadget

    Un policier en civil infiltré démasqué lors d’une AG à l’université Paris 8 : voici le communiqué des étudiants de P8 et des photos du matos du flic qui portait une caméra cachée en forme de bouton.

    Notons que la présence du policier va à l’encontre des promesses de la présidence de l’université qui affirmait qu’il n’y aurait plus de flics à la fac.

    « Ce jeudi 10 mai 2018 se tenait l’AG de l’occupation du mouvement étudiant de la fac Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Au cours de l’AG, certainEs d’entre nous ont repéré un individu au comportement étrange : un homme seul que personne ne connaissait et avec un look de RG. Après avoir observé un long moment son comportement suspect (il s’est déplacé plusieurs fois dans l’amphi), deux camarades ont demandé à lui parler à l’extérieur.

    Il s’est tout de suite présenté comme étant Damien Rigaud, viticulteur dans le Sud de la France, actuellement étudiant en œnologie à Bercy et habitant à Aulnay-sous-Bois. S’en est suivie une conversation absurde de plusieurs minutes où il disait être déjà venu à l’occupation des exiléEs pour apporter de la nourriture (allant même jusqu’à décrire précisément une camarade), et qu’il voulait donner un coup de main. Il s’est présenté comme un grand défenseur des réfugiéEs, ce qui lui aurait valu des problèmes avec la gendarmerie locale. Il a été jusqu’à nous dire qu’il avait l’impression d’avoir des flics en face de lui quand nous lui avons demandé s’il pouvait prouver son identité. Comme il n’avait aucun papier sur lui, nous lui avons explicitement demandé s’il était flic. Il nous affirme que non, mais une camarade insiste en lui demandant s’il est RG : il répond qu’il ne sait pas ce que c’est, et alors que la camarade réitère plusieurs fois sa question il ne répondra jamais que ce n’est pas le cas.

    La situation se renverse ensuite très vite : nous remarquons un fil dépassant de sa sacoche, relié à un bouton sur la sangle et qui s’avèrera être une caméra. Nous alertons donc nos camarades qu’un flic est bien présent et qu’il enregistre ce qui se passe et se dit à l’AG. Alors que le RG démasqué cherchait à fuir la fac, nous avons réagi massivement afin de l’en empêcher. Nous avons bloqué les issues et insisté collectivement pour qu’il nous remette ses enregistrements. Il a essayé de les sauver jusqu’au bout avec un entêtement inconsidéré au vu du rapport de force totalement en sa défaveur, mais nous avons réussi à récupérer tout le matériel : boitier d’enregistrement avec carte SD, caméra, micro, sacoche et prise de notes [voir photos en commentaires].

    Nous avons enfin inspecté les photos sur son téléphone malgré ses oppositions, pour être sûrEs qu’il n’emportait aucune preuve avec lui. Suite à cela, nous l’avons laissé partir accompagné par quelques slogans.

    Après son départ, l’inspection du matos récupéré nous a conduitEs à remarquer la minuscule caméra intégrée au bouton. Nous avons visionné les enregistrements vidéos de l’AG : malgré sa taille la caméra donne une image grand angle avec une très bonne qualité sonore. Nous faisons peur à l’Etat pour que de tels moyens soient déployés contre nous pour nous observer.

    Votre tentative de casser notre lutte en nous infiltrant a échoué, et nous résisterons coûte que coûte !

    Nous appelons toutEs les étudiantEs à poursuivre la mobilisation et à réinvestir les universités : le mouvement étudiant fait peur à l’Etat, continuons-le !

    Flics, fachos, hors de nos facs !

    Paris 8 en lutte »

    Source : Saint-Denis VIII Révolutionnaire

  • Nouveaux foyers pour travailleurs migrants : la grande déprime des résidents | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201801220941/nouveaux-foyers-pour-travailleurs-migrants-la-grande-deprime-des-residents

    Au 12 de la rue Henri Matisse, à Aulnay-sous-Bois, une nouvelle résidence sociale a vu le jour en octobre 2016. Accueillant des travailleurs migrants, le bâtiment flambant neuf tranche avec l’esprit collectif et convivial des foyers. Quitte à isoler ses résidents et à bouleverser leur vie.
     
    Au 12 de la rue Henri Matisse à Aulnay-sous-Bois, le bâtiment à l’architecture élégante décline des nuances de gris alliés à un aluminium qui joue avec la lumière. En face, se trouve la cité du Galion, la bibliothèque d’Elsa Triolet, le grand café de Paris et des commerces…Difficile de croire que le bâtiment, mis en service en octobre 2016, abrite un foyer de travailleurs migrants. Ici, l’Adef qui gère 45 foyers et résidences sociales en Île-de-France a voulu rompre avec un passé fait de bâtiments marqués par l’urgence, quand il fallait construire vite et pas cher.
    Badge, calme et peinture fraîche
    Dès l’entrée principale, il faut un badge pour y accéder. On n’entre pas là n’importe comment : on y pénètre grâce à un résident qui nous fait entrer. A l’intérieur, tout est calme. On ne croise personne dans les couloirs. Une lumière très forte et très blanche les éclairent. L’odeur de peinture fraîche, rouge et blanche, nous accompagne. Tout est propre mais tout est désert aussi. Pour avoir fréquenté bien d’autres foyers, une chose frappe : l’absence de circulation et l’absence de lieux où les résidents se retrouvent pour se voir, parler, jouer, plaisanter, manger. Tout paraît mieux que dans l’ancien foyer, lui aussi situé rue Matisse, fermé en 2016. Ici, le bâtiment abrite 340 lits, 10 de moins, mais chaque résident dispose d’un logement autonome de 18m2 pour les célibataires, 25 m 2 pour les couples.

    “Chacun chez soi dans notre chambre, ça nous tue”
    Tout devrait donc être pour le mieux. Ça c’est sur le papier car en réalité, ce n’est pas l’opinion des résidents croisés dans le hall de l’entrée qui, tous, déplorent la situation actuelle. “Nous sommes enfermés dans nos cellules. Nous avons tout dans nos chambres une salle de douche, des toilettes, un coin cuisine mais il nous manque quelque chose”, s’exclame Mamadou Konté*, ouvrier dans le bâtiment. Il déverse sa colère comme s’il attendait cette occasion. “C’est propre oui. Il y a la sécurité aussi mais ce n’est pas seulement ça la vie. Ce que nous voulons, c’est aussi nous évader de nos angoisses. Pour ça, il faut que nous parvenions à vivre dans une bonne ambiance et pour ça, il nous faut des espaces où on peut se rencontrer, comme avant. Chacun chez soi dans notre chambre, ça nous tue. Si je trouve un autre logement, j’y vais tout de suite”.
    “Avec ces nouveaux foyers, ils ont bouleversé la vie que l’on menait de manière conviviale”
    Beaucoup des résidents de ces foyers construits ces dernières années se montrent méfiants.
    Moussa* 60 ans, originaire du Mali, vit dans les foyers depuis 1995. Il est membre du collectif des dirigeants du nouveau foyer de la rue Matisse et se montre lui aussi virulent et sans nuance. “Je suis entièrement contre cette façon de construire. Nos conditions de vie actuelle dans ces nouveaux locaux sont comparables à celles de prisonniers dans leurs cellules. Nous voulons de la liberté. On paye notre loyer. Avec ces nouveaux foyers pour migrants, ils ont bouleversé la vie que l’on menait de manière conviviale. Ils ont rendu privé tous ces espaces communs et les ont mis dans nos chambres (cuisine, salle de bain-wc)”. Retraité, il ne manque pas l’occasion de déverser son amertume. Ses yeux au bord des larmes, il perd les mots avant qu’ils n’arrivent sur ses lèvres. “Je ne peux pas comprendre ce manque de considération envers nous. Ce système est pourri. Même les lieux de culte ont disparu. On n’a pas une pièce où on peut se retrouver”.
    Ce constat de l’individualisme, de l’isolement, dans les résidences est partagé et repris par tous nos interlocuteurs.

    #foyers #restructuration #isolement

  • Aulnay sous bois : la presse encore surprise à couvrir une violence policière, la vidéo vient encore les contredire
    https://rebellyon.info/Aulnay-sous-bois-la-presse-encore-18551

    Encore une histoire de « violence anti flic » à Aulnay sous bois a pleuré le Parisien le jour du nouvel an. Comme lors des violences de Viry Chatillon le mois dernier, la mécanique est bien huilée : les flics communiquent, les journalistes relaient. Hélas, encore une fois c’est la vidéo qui vient rétablir un semblant de vérité.

    #A_lire_sur_d'autres_sites

    / #Répression_-_prisons, #Médias, Une

  • Aulnay-sous-Bois : La presse encore surprise à couvrir une violence policière, la vidéo vient encore les contredire
    https://paris-luttes.info/aulnay-sous-bois-la-presse-encore-9304

    Encore une histoire de « violence anti flic » à Aulnay-sous-Bois a pleuré le Parisien le jour du nouvel an. Comme lors des violences de Viry Chatillon le mois dernier, la mécanique est bien huilée : les flics communiquent, les journalistes relaient. Hélas, encore une fois c’est la vidéo qui vient rétablir un semblant de vérité.

    @rezo

  • « Maintenant, le policier sert de punching-ball »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020118/maintenant-le-policier-sert-de-punching-ball

    Deux #policiers ont été blessés le #31_décembre à #Champigny-sur-Marne, et un autre le 1er janvier à Aulnay-sous-Bois. La vidéo d’une gardienne de la paix rouée de coups a suscité un grand émoi sur les réseaux sociaux comme dans la classe politique. Si ces agressions suscitent une surenchère des syndicalistes, certains fonctionnaires de police l’accueillent avec fatalisme.

    #France #Emmanuel_Macron #Gérard_Collomb #réveillon

  • Cinq questions sur la #pénurie de #gynécologues en France - CRAPS
    http://association-craps.fr/actualites/cinq-questions-penurie-de-gynecologues-france
    Je pose ça là, comme une grosse bouse

    La situation a pu en outre créer une crise des vocations. « Les gynécos sont tellement maltraités, qu’ils abandonnent les tâches les plus difficiles du métier », selon Bertrand de Rochambeau. Dans les petits hôpitaux, les gynécologues enchaînent les gardes. « Les jeunes ne veulent plus travailler comme ça, cela renforce la pénurie », estime-t-il. « Attention, les médecins ne meurent pas de faim, il ne s’agit pas ça, mais ils travaillent beaucoup, dans des conditions parfois difficiles, même si leur métier est passionnant », poursuit-il.

    Généralistes et sage-femmes peuvent-ils se substituer aux gynécos ?

    « Ni les médecins généralistes, ni les sage-femmes ne sont suffisamment formés pour assurer le suivi gynécologique des patientes », assure Bertrand de Rochambeau. Les étudiants qui choisissent de devenir généralistes « doivent choisir, au cours de leur formation, entre un stage en gynécologie ou un stage en pédiatrie, c’est-à-dire qu’au mieux ils ont {…}

    • Consulter un gynécologue : la grande galère
      Entre 2007 et 2017, le nombre de ces spécialistes a chuté de 41,6 % à 1 136 et il pourrait tomber à 531 en 2025. Face à cette pénurie, des femmes renoncent à se soigner. François Béguin et Laura Motet, Le Monde

      C’est un parcours du combattant auquel sont confrontés de plus en plus de femmes. Dans de nombreuses villes, décrocher un premier rendez-vous avec un gynécologue est devenu mission impossible. A Melun (Seine-et-Marne), par exemple, elles sont trente à cinquante à appeller chaque jour le cabinet de Joëlle Robion, gynécologue en secteur 1 (sans dépassement d’honoraire), dans l’espoir de décrocher une première consultation. « Ce sont souvent des femmes dont le gynécologue est parti à la retraite et à qui je ne peux pas proposer de suivi », explique la spécialiste, qui n’accepte plus que les patientes envoyées par des généralistes.

      Dans certains départements, qui sont souvent déjà des « déserts médicaux », les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous s’allongent car les gynécologues se font rares, toutes spécialités confondues. On en compte 4,2 pour 100 000 habitants dans la Creuse, 4,32 en Dordogne ou 4,37 dans l’Ain, contre 28,6 à Paris ou 67,4 à Neuilly-sur-Seine, la ville la mieux dotée de France. Et selon les relevés réalisés par Le Monde, certaines grandes villes de la grande couronne parisienne, comme Aulnay-sous-Bois (56e ville française en termes de population) ou Ivry-sur-Seine (89e), ne comptent même aucun gynécologue libéral.

      « Il y a des coins de France où la situation est catastrophique, où des femmes ne sont plus suivies ou doivent changer de département pour l’être », alerte Anne Gompel, professeure de gynécologie à l’université Paris-Descartes.
      39 départements comptent moins de gynécologues par habitants que la moyenne française
      [graphique très parlant mais pas importable, ndc]

      Mobilisation

      Une situation d’autant plus inquiétante que tous les gynécologues ne font pas du suivi médical. Les obstétriciens se focalisent d’abord sur les accouchements et les actes chirurgicaux, leur cœur de métier. « Ils font du suivi par la force des choses, mais tout ce qui est problèmes hormonaux, par exemple, ça ne les intéresse pas », estime Laurence Mougenot, gynécologue médicale à l’hôpital de Bar-le-Duc, qui se demande par exemple « qui prendra en charge les femmes ménopausées ces prochaines années ».

      S’il est toujours possible de consulter un médecin généraliste ou une sage-femme libérale spécialisée pour un suivi de base, accéder à un gynécologue médical devient chaque année plus difficile. Le nombre de ces spécialistes de la « santé des femmes » (contraception, troubles du cycle, ménopause, stérilité, diagnostic et suivi des tumeurs) a chuté de 41,6 % en dix ans entre 2007 et 2017. Une baisse due à la décision des pouvoirs publics de ne plus en former entre 1987 et 2003 afin de s’aligner sur les formations des autres pays européens.

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      On compte 6 748 gynécologues pour 28 millions de Françaises de plus de 16 ans. Mais les gynécologues ne sont pas les seuls professionnels de santé à effectuer des suivis gynécologiques. En 2016, les pilules contraceptives ont par exemple été prescrites pour moitié (51,2 %) par des gynécologues, à 44,2 % par des médecins généralistes et à 1,7 % par des sages-femmes, selon des chiffres obtenus par Le Monde via Open Médic, une base de données recensant les médicaments délivrés en pharmacie de ville. Quant aux actes relatifs au suivi gynécologiques (frottis, pose de stérilet), ils ont été réalisés en 2016 à 2,9 % par des sages-femmes, en hausse de 52 % par rapport à 2015, selon l’Ordre des sages-femmes.
      A la suite de la mobilisation du Comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM), créé en 1997, une soixantaine de ces spécialistes (des femmes pour 95 % d’entre eux) sont de nouveau formés chaque année, mais c’est insuffisant pour compenser les départs à la retraite. Résultat : ils ne sont plus que 1 136 pour près de 28 millions de femmes âgées de plus de 16 ans. Six départements n’ont aucun « gynéco med ». Beaucoup plus demain.
      Près des deux tiers (62 %) de ceux aujourd’hui en activité ont plus de 60 ans et cesseront leur activité ces prochaines années sans avoir – pour la plupart – de successeur. Entre 2010 et 2025, selon les projections de l’Ordre des médecins, la France devrait avoir perdu plus de mille gynécologues médicaux. Ils ne seraient plus que 531 en 2025, contre 1 648 en 2010. Dans le même temps, les gynécologues obstétriciens passeraient, eux, de 3 577 à 5 452.
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      « Grand désarroi »

      « L’accès de plus de plus en difficile aux gynécologues médicaux met en danger la santé de millions de femmes, des jeunes filles en particulier », fait valoir Noëlle Mennecier, coprésidente du CDGM. Elle plaide en faveur de « mesures vigoureuses en termes de nombre de postes d’internes ouverts, et ce sur des années, pour rattraper le retard ».
      Bientôt la fin des gynécologues médicaux ?

      Effectifs entre 2010 et 2017 et projection des effectifs entre 2018 et 2015 par l’Ordre des médecins [graphique, ndc]

      Chaque départ à la retraite oblige des centaines de femmes à trouver leur propre solution. « Beaucoup de patientes sont dans un grand désarroi, raconte une gynécologue qui vient de cesser son activité dans une grande métropole de Rhône-Alpes. Certaines m’ont dit qu’elles ne se feraient plus suivre car elles ne voulaient pas l’être par un médecin généraliste… » « Je vois arriver des femmes de 65 ou 70 ans qui saignent depuis six mois mais que ça gêne d’en parler à leur généraliste… », confirme le docteur Mougenot.

      Lorsque la gynécologue de Josette (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille) est partie à la retraite il y a trois ans, sans personne pour lui succéder, cette professeure retraitée dans un petit village de l’Eure a renoncé à être suivie, après presque un demi-siècle de visites annuelles de contrôle. A 70 ans, elle ne se voyait pas demander un rendez-vous à l’hôpital de Mantes (Yvelines), à 30 km de chez elle. « Trop compliqué », dit-elle.
      Des femmes renoncent, au moins pour un temps. D’autres font des kilomètres ou se tournent vers d’autres structures ou d’autres professionnels de santé. C’est ce qu’a fait Marie, une infirmière de 24 ans, lorsqu’elle a emménagé dans une petite commune de l’agglomération toulousaine il y a trois ans et qu’aucun gynécologue parmi les dix qu’elle a sollicités ne l’a acceptée. C’est à l’hôpital public qu’elle a fini par obtenir un rendez-vous, avec un délai de deux mois. Une solution qui la satisfait, même si la consultation se fait « une pendule au-dessus de la tête » et avec le sentiment que « le temps est minuté ».

      « Rupture dans la qualité des soins »

      Christine, une cadre retraitée de 62 ans habitant Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a fini par quitter le gynécologue qui la suivait depuis dix ans. Là encore, parce que c’était devenu « trop compliqué ». « Il y avait un créneau de deux jours pendant lesquels on pouvait prendre rendez-vous, et si on le ratait, il fallait de nouveau attendre six mois… Et comme cela faisait trois fois que je ratais les “bonnes journées” pour m’inscrire… », explique-t-elle. C’est finalement dans une clinique privée qu’elle a trouvé une solution.

      Alors qu’elle vit à Paris, l’une des villes de France les mieux pourvues en gynécologues, Héloïse, une étudiante salariée de 23 ans, n’en a trouvé aucun au tarif Sécu qui l’accepte comme patiente. « Vous êtes jeune, on ne peut pas prendre le risque que vous tombiez enceinte et qu’on soit obligé de vous suivre, on est débordé », lui a même expliqué une secrétaire médicale. Au vu des tarifs prohibitifs pratiqués par les médecins à honoraires libres, c’est finalement auprès d’un généraliste au planning familial d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), soit trois heures de trajet aller-retour, qu’elle a finalement trouvé une place.

      La banlieue parisienne peut également s’avérer être un désert médical (gynécologie) [À Neuilly ? ça va, ndc]


      Certains gynécologues médicaux semblent aujourd’hui se résigner à un passage de relais aux sages-femmes libérales, autorisées à pratiquer un suivi de prévention, dont le nombre augmente de 10 % par an. Plusieurs s’interrogent cependant sur leur formation. « Elles arrivent sur le marché sans être suffisamment formées en gynécologie, met en garde Anne Gompel, de l’université Paris-Descartes. Il va y avoir des années avec une rupture dans la qualité des soins. Les généralistes ont un rôle à jouer, mais une spécialité de quatre ans ne se remplace pas par une formation de trois mois en gynéco pour un généraliste, ou un peu
      plus avec un DU, ou de sage-femme avec un mois de formation. »

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      Dépassements d’honoraires des gynécologues : des consultations supérieures à 120 euros à Paris
      Seuls 38,5 % des gynécologues pratiquent le tarif « Sécu » à 30 euros. Faute de moyens, des femmes se privent de gynécologue dans les grandes villes.

      Très chers gynécos... Chez près de la moitié (45 %) des 3 000 gynécologues (médicaux et obstétriciens) exerçant dans les cent plus grandes villes de France, il faut payer au moins 60 euros pour une consultation standard, soit le double du tarif « Sécu », fixé à 30 euros. Dans ces communes, le tarif moyen s’élève à 47 euros.
      Pour obtenir ces chiffres inédits, Le Monde a « aspiré » sur Ameli.fr le site de l’Assurance-maladie, les données contenues dans les fiches tarifaires de ces praticiens qui représentent plus de 60 % de la profession.
      Pour l’ensemble de la France, selon ces chiffres, seul un gros tiers (38,5 %) de ces spécialistes ne fait payer que 30 euros pour une consultation de suivi. Mais, selon nos relevés, ils ne sont plus que 18 % à le faire à Paris. Dans la capitale, le tarif moyen est particulièrement élevé, à 70,30 euros. Et près d’un quart (23 %) demande plus de 90 euros, soit au moins trois fois le tarif « Sécu » ! Enfin, 5 % des gynécologues parisiens demandent plus de 120 euros. Dans les quartiers huppés, il faut débourser jusqu’à 150 euros.

      Renoncements aux soins
      D’une commune à l’autre, le tarif moyen varie fortement. A Neuilly, il s’établit à 85 euros, contre 35 euros à Grenoble ou 55 euros à Marseille. Dans les dix plus grandes villes de l’Hexagone, il dépasse 45 euros, sauf à Nantes et à Toulouse (38 euros et 40 euros). Quant aux consultations privées dans les hôpitaux publics, elles présentent les prix les plus élevés, à 56 euros (87 euros à Paris).
      La gynécologie fait partie des cinq spécialités – gériatrie, psychiatrie, stomatologie, gynécologie obstétrique – les plus gourmandes en dépassements d’honoraires. Sa branche médicale se classe même en tête de l’observatoire des pratiques tarifaires publié par la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), le 29 novembre, tandis que sa branche chirurgicale (l’obstétrique) est cinquième.

      Conséquences : ces tarifs élevés peuvent entraîner des renoncements aux soins, notamment chez les étudiantes ou les retraitées, pas ou peu couvertes par une mutuelle.
      C’est ce qui est arrivé à Monique, 64 ans, retraitée du Trésor public. Quand sa gynécologue a quitté Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour les « beaux quartiers » de la capitale et s’est mise à pratiquer des dépassements d’honoraires non pris en charge par sa mutuelle, elle a préféré renoncer à ses deux visites de contrôle par an. Une rupture dans son suivi qui aurait pu avoir des conséquences si elle n’avait pas fini par trouver à Sète (Hérault), son lieu de vacances, une spécialiste au tarif « Sécu » qui a accepté de la suivre.

      Optam, un outil de maîtrise des tarifs
      « Ce que veulent les gens, c’est d’abord être bien soignés et qu’on les écoute », fait valoir une gynécologue qui pratique des « petits » dépassements en région. Elle rappelle que, outre la prise en charge des patients à la couverture maladie universelle (CMU), les médecins en secteur 2 (en honoraires libres) « ont toujours fait des tarifs “Sécu” pour les gens qui n’avaient pas les moyens ».
      Une bonne pratique dont n’a jamais bénéficié Valentine, une étudiante nancéenne de 21 ans, qui a toujours payé « entre 50 euros et 80 euros » sa consultation chez le gynéco de ville et a parfois dû demander une aide financière à ses parents. « Il y a certes le tarif de la consultation de base, mais dès qu’il y a une prescription ou un examen, cela augmente, dit-elle. Et l’on va rarement chez le gynécologue sans avoir besoin de l’un ou de l’autre. »
      Paris, championne des dépassements d’honoraires dans les grandes villes

      « Les tarifs sont affichés sur le site Ameli.fr, les gens ne sont pas surpris », explique une gynécologue médicale du 14e arrondissement de Paris. Elle demande 70 euros pour une visite et un frottis, soit, selon elle, 40 euros pris en charge par la « Sécu », avec qui elle a signé une « option pratique tarifaire maîtrisée » (Optam, anciennement CAS pour « contrat d’accès aux soins ») et 30 euros de dépassement, « généralement pris en charge par les mutuelles ».
      Pour l’Assurance-maladie, la hausse spectaculaire des dépassements a été enrayée grâce à Optam. En échange de leurs bonnes pratiques, la « Sécu » prend en charge une partie des cotisations des praticiens. Depuis 2012, ce mécanisme a stabilisé le taux de dépassement chez les gynécologues qui était passé de 25 % à 43 % depuis 2000. Mais, à Paris, il peine à convaincre. En juin, seulement vingt-cinq gynécologues de secteur 2 avaient adhéré au dispositif, soit moins de 5 %.

      « Difficulté à trouver un gynécologue »
      Interrogée par Le Monde, la CNAM reconnaît que « le dispositif de régulation des dépassements d’honoraires produit des résultats encore insuffisants pour certaines spécialités comme la gynécologie ». Dans certaines villes, les gynécologues présentent à la fois des dépassements trop élevés pour les rendre éligibles à l’Optam tout en restant sous les seuils au-delà desquels des procédures pour pratique tarifaire excessive peuvent être déclenchées. « Pour les autres », la CNAM assure « agir », assurant qu’en septembre « un certain nombre de médecins dont les niveaux de dépassements étaient à fois élevés sans être orientés à la baisse ont été alertés, et ce afin qu’ils modifient leur pratique ».
      Le taux de dépassement a explosé depuis 2000, avant de se stabiliser à partir de 2012

      Au Syngof, le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France, on estime que le premier problème n’est pas le niveau des dépassements d’honoraires, jugé modéré dans la plupart des villes, mais « la difficulté à trouver un gynécologue », selon Elisabeth Paganelli, la secrétaire générale du syndicat. Et de rappeler que les gynécologues médicaux libéraux ont en moyenne un revenu avant impôt inférieur à celui des médecins généralistes (72 900 euros contre 88 700 euros).

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      A Aulnay, « certaines femmes n’ont pas eu de suivi gynéco depuis six ans »
      Depuis près d’un an, il n’y a plus de gynécologue libéral dans cette ville de 82 000 habitants. Patientes et pouvoirs publics tentent de trouver des solutions. Laura Motet

      « C’est la galère ! J’étais suivie par une gynéco, mais elle est partie il y a trois ans. J’ai enchaîné avec des consultations à 80 euros à la clinique du Blanc-Mesnil, avant d’atterrir ici après plusieurs mois d’attente, parce que je n’avais plus d’argent. » Le parcours de Sabrina (le prénom a été modifié), rencontrée à l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois, illustre celui de nombreuses femmes de cette commune de Seine-Saint-Denis.

      Les quatre gynécologues libérales qui exerçaient il y a encore quelques années dans cette ville de 82 000 habitants sont parties à la retraite ou sont mortes. Symptôme d’un mal qui touche toute la France : le vieillissement des médecins et en particulier celui des gynécologues médicaux – l’âge moyen de ces spécialistes de la santé des femmes est de 60 ans. La ville compte seulement deux sages-femmes libérales et une médecin généraliste spécialisée en gynécologie, installée peu avant l’été. Son arrivée a été saluée par les habitantes et par la mairie.

      Ce mardi après-midi de décembre, la salle d’attente de la docteure Teanini Tematahotoa ne désemplit pas. A l’image des habitants d’Aulnay, sa patientèle est composée de 20 % de personnes très précaires, bénéficiaires de la couverture maladie universelle ou de l’aide médicale d’Etat.
      « Ils n’ont pas forcément le même rapport au médecin que les plus aisés. […] C’est une patientèle moins fidèle, qui ne perçoit pas toujours l’importance de la notion d’accompagnement à long terme. Si un autre médecin est disponible avant, ils iront le voir. Le suivi est parfois difficile, surtout s’ils ont vu quatre ou cinq collègues avant, dans différentes villes et dans différentes structures. »

      Un nomadisme amplifié par les départs à la retraite des gynécologues libéraux, dont la patientèle est rarement reprise par un confrère. Les patientes tentent alors de trouver la meilleure solution en termes de prix, d’horaires, d’accès géographique et de délai ; certaines abandonnent, tandis que d’autres vont à l’hôpital, au planning familial, dans un centre de protection maternelle et infantile (PMI) ou dans des centres municipaux.

      « Il arrive qu’on reçoive des femmes qui ne se sont pas fait suivre pendant six ou huit ans, explique une soignante exerçant au Planning familial. Elles ne peuvent pas toujours prendre le temps de se faire suivre pour faire de la prévention. Elles ne le font quand elles ont besoin de nous de façon urgente. »

      « Face à la pénurie de gynécologues médicaux, les urgences gynécologiques ont explosé, parce qu’il n’y a pratiquement plus de médecins de ville, affirme la docteure Hélène Dauphin-Merlot, cheffe du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital intercommunal Robert-Ballanger. Pour autant, c’est notre mission d’accepter tout le monde et de nous débrouiller, en triant les patientes selon la gravité et en nous coordonnant avec les autres acteurs de santé locale, comme les PMI. »
      Mi-décembre, le carnet de rendez-vous de consultation de gynécologie affichait complet jusqu’en février et pourrait continuer à se remplir pour les semaines suivantes si le planning était ouvert. « On évite de donner des rendez-vous trop en avance, sinon les patientes oublient de venir. On a un taux d’absentéisme aux consultations de 40 %. C’est malheureux, parce que cela prend la place de femmes qui en ont vraiment besoin », déplore Nathalie Cherradou, sage-femme coordinatrice du Planning familial et des consultations à l’hôpital d’Aulnay.

      Si les Aulnaysiennes parviennent à se faire suivre tant bien que mal, la situation de l’offre de santé reste très fragile, puisqu’elle dépend uniquement des priorités définies par la mairie et le département. Priorités qui, comme les élus, changent au gré des élections.

      En 2014, quelques mois après son élection, le nouveau maire Les Républicains d’Aulnay, Bruno Beschizza, décide de mettre fin à la convention qui le liait au département pour financer les centres de planification. « Les motifs de cette suppression sont purement d’ordre financier, analyse Evelyne Demonceaux‌, élue socialiste et ancienne adjointe à la santé. Mais le maire n’avait pas réalisé que la suppression de la convention entraînait la perte de la subvention du département dès le 1er janvier 2016, subvention qui permettait de payer le personnel municipal des centres de santé. »

      En 2016, les négociations avec le département reprennent ; une nouvelle convention est signée en octobre, divisant presque par deux le budget total du Planning familial et par plus de six l’apport de la municipalité (de 90 000 à 14 200 euros). Contactée à de nombreuses reprises, la mairie n’a répondu que par écrit à nos questions. Elle récuse l’idée que la nouvelle majorité souhaiterait réduire les budgets de santé et met notamment en avant qu’elle prévoit de recruter un équivalent temps plein en gynécologie pour l’un de ses centres municipaux. Pour l’instant, l’annonce n’a pas été publiée sur son site.

      Comme disait l’autre, faudrait commencer par #soigner la médecine, l’hôpital... Ça n’en prend pas le chemin.

      #observatoire_des_pratiques_tarifaires #santé #tarification #inégalités

  • Pannes d’ascenseurs : à Bobigny, ras-le-bol à tous les étages - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/11/30/pannes-d-ascenseurs-a-bobigny-ras-le-bol-a-tous-les-etages_1613705

    Dans un immeuble de la ville de Seine-Saint-Denis, les deux élévateurs de la tour de 15 étages sont souvent à l’arrêt. 50 000 personnes ont signé une pétition adressée à Macron et une cinquantaine se sont réunies dans le hall.

    Lundi soir, une cinquantaine d’habitants ont réfléchi tout haut sur leur condition dans un hall de HLM. Et verbalisé la routine de leur bâtiment de quinze étages situé à Bobigny, au 19 rue René Camier : les pannes fréquentes et anarchiques de leurs deux ascenseurs. Première séquence : un trentenaire en tee-shirt assure qu’il y a quelques semaines, il a manqué de perdre son boulot en restant bloqué à l’intérieur de l’un d’eux. Gros retard, son chef s’est fâché. Il précise qu’il est employé à la Rotonde, « là où Macron mange ». Qu’il voulait arrêter de payer les loyers pour faire passer un message fort. Son épouse l’en a dissuadé. La peur de l’expulsion, le stress du conflit.

    Seconde séquence : une dame s’assoit dans un coin, sur une chaise apportée par une voisine, avec un nouveau-né dans les mains, tout de rose vêtu. Elle raconte sa grossesse à grimper et dévaler les marches, et sa hantise, au moment d’accompagner son aîné à l’école, que ce dernier oublie quelque chose à la maison. Cela signifiait devoir remonter le ventre arrondi, redescendre, puis une fois le môme déposé en classe, remonter encore. Comme dans chaque récit du même type, on conclut en relativisant : il y en a des encore moins bien lotis. Les malades, les claustrophobes, les personnes âgées qui s’essoufflent plus vite que les autres dans la faible lumière jaune de la cage d’escalier étroite.

    Une retraitée se souvient de l’un de ses coups de fil au bailleur : « Au téléphone, on m’a dit "je vous comprends" après une panne. J’ai répondu "non, vous ne me comprenez pas car vous ne me connaissez pas". » Un quinqua du voisinage, venu soutenir le mouvement, déroule quelques mots clés, parmi lesquels « sans dents » et « sans voix ».

    Maison hantée

    Les dizaines de témoignages convergent tous : les dysfonctionnements réguliers, qui pourrissent les journées, les nuits et les week-ends, finissent par alourdir les têtes. Le renoncement à recevoir des invités, la sensation de se faire avoir, l’attente du réparateur, la flemme de sortir en pensant à une potentielle ascension au retour, l’angoisse de l’accident, l’obligation de stocker ses courses dans la voiture quand la machine a lâché. Parfois, il arrive que des résidents écartent eux-mêmes les portes quand ils restent coincés entre deux étages. Comme s’ils avaient été engloutis par une bête de fer aveugle. ICF Habitat la Sablière (le bailleur) qualifie cela de « vandalisme » (les pièces s’abîment), les locataires de « démerde » (le sauvetage peut traîner en longueur). Deux mères du onzième étage décrivent une scène de maison hantée. Un jour, les portes de l’un des ascenseurs se sont mises à claquer toutes seules. Il a fallu caler un objet pour s’épargner le boucan en attendant le réparateur.

    Au milieu de la mini-foule, Fouad Ben Ahmed, militant local, met en garde contre les dangers de la résignation et des comportements que celle-ci fabrique. En aparté, il dit : « Dans les milieux modestes, on intériorise trop vite l’idée que l’on mérite ce qui nous arrive. » Puis : « Le projet n’est pas de laisser éclater sa colère une fois ou deux sur la place publique. C’est de travailler sur la durée : il faut que les habitants se réapproprient leurs combats. »

    Avant le premier tour de la présidentielle, quelques membres de l’équipe de Benoît Hamon s’étaient retrouvés à Bondy pour dérouler des propositions sur le long terme à mettre en place dans les périphéries. L’emploi, l’éducation, la lutte contre les discriminations. La séance d’échanges avec le public a tourné en questionnements sur le très court terme. Comment faire quand des dealers planquent de la came dans le cartable des gosses ? Et comment vendre l’égalité à des personnes qui n’arrivent même pas à jouir de leur ascenseur dans des blocs vétustes ? Gros blanc - ce n’était pas prévu. Ce qui se passe actuellement au 19 rue René Camier : la politique dans sa dimension la plus pragmatique.

    A la mi-novembre, Christie et Karima, deux locataires, ont contacté via Facebook Fouad Ben Ahmed, 41 ans, encarté au Parti socialiste, lui-même originaire de Bobigny et référent d’un collectif nommé « Plus sans ascenseurs ». Ils s’étaient ensuite retrouvés un jeudi soir dans l’immeuble malade pour faire du porte-à-porte et sonder les familles. Réactions schizophréniques dans les étages, entre le soulagement d’extérioriser le malaise et la lassitude de rabâcher le champ lexical de la défaite, celui qui fait dire que c’était mieux avant et que tout va de mal en pis à l’intérieur de l’immeuble, mais aussi à l’extérieur.

    Sur son palier, une maman longiligne à lunettes s’était étonnée du décalage entre la communication de la mairie et la situation précaire des destinataires. « Je voulais écrire "MDR" [mort de rire, ndlr] sur l’un de leur courrier. Car je pensais que nous étions invisibles. » Devant sa porte entrouverte du quinzième étage, un trentenaire barbu en survêtement râle contre les plus jeunes. « Ils constatent que l’ascenseur ne fonctionne pas et ça les fait marrer. Pourquoi cela ne provoque pas une autre réaction ? Je ne comprends pas. »

    Une pétition en ligne lancée par le collectif - apolitique - en est presque à 50 000 signataires. Le destinataire : Emmanuel Macron, président de la République. La genèse du mouvement : en juillet 2016, Martine Fontaine, en fauteuil roulant, sèche une paella entre amis, lesquels s’inquiètent de son absence. L’ascenseur de son immeuble d’un autre quartier de Bobigny était en rade, ça faisait des semaines qu’elle ne quittait plus son appartement. Des médias s’intéressent au cas de la dame, immobilisée après des pépins de santé, le bailleur se presse pour régler la situation en quelques jours. Victoire symbolique. Sur les réseaux sociaux, des habitants de Seine-Saint-Denis profitent de l’opportunité pour alerter sur leur situation dans des blocs de Sevran, Aulnay-sous-Bois ou encore Epinay-sur-Seine.

    Palliatif

    700, 800, 900 euros : les locataires du 19 rue René Camier aiment à rappeler le prix des loyers. Christie, trentenaire aux yeux bleus qui vit au douzième, s’interroge. En substance : est-ce normal d’avoir parfois honte de l’endroit où l’on vit ? Et pourquoi faut-il tant de temps pour mobiliser autour d’une cause si concrète ? L’amicale des locataires a disparu depuis des lunes, faute de tauliers pour la faire tourner. Il est désormais question de la reconstituer. Entendu plusieurs fois dans ce coin-ci de Bobigny, sur le ton de la fatalité : l’individualisme grignote de plus en plus dans les quartiers populaires, qui comptent parmi les fiefs historiques de la solidarité - érigée traditionnellement par ceux qui y vivent en palliatif aux manques de moyens. Marcella, auxiliaire de vie sans emploi, habitante de la ville et membre de « Plus sans ascenseurs » : « Le boulot fatiguant, les distances avec la maison, l’éducation des enfants, le poids des factures : c’est un tout dans les milieux très modestes. Est-ce qu’on est toujours conscient de ce que l’on vit ? On finit par accepter parce que le quotidien aspire tout. »

    Etau

    Du côté d’ICF Habitat la Sablière, un responsable admet que les équipements sont fatigués au 19 rue René Camier. Avance que près de la moitié des pannes sont dues à des actes de vandalisme, dont l’ouverture forcée des portes : « Des gamins sautent dans la cabine, des gens urinent à l’intérieur, ce qui use les pièces. » Pointe du doigt des dealers que les pannes arrangeraient pour contrôler les allées et venues. « Je ne dis pas que c’est la cause du problème, simplement un constat. » Ironie, l’immeuble est situé à deux pas du commissariat, à quatre du tribunal.

    Quelle que soit la configuration, les locataires trinquent à la fin. Etau. Fouad Ben Ahmed : « Plus c’est sale et en mauvais état, moins certains respectent. Il faut remettre à neuf. Une fois que ce boulot est fait, la pédagogie commence auprès des habitants. Et les sanctions financières éventuellement prises par le bailleur pourront être transparentes : on verra clairement ce qui a réellement été dégradé ou sali. » Mardi, le collectif a reçu l’assurance du bailleur que le changement d’ascenseurs serait prévu dans le budget de l’année 2018. Et qu’il recevrait une délégation de locataires pour discuter. La veille, le soir du rassemblement, des habitants se sont mis à évoquer la saleté dans les parties communes. Karima, feuilles de papier et stylo à la main, les a conjurés de patienter. Un problème après l’autre, sinon, la revendication de départ se noie. Tout finit alors par se mélanger et du coup, plus personne ne s’écoute.
    Ramsès Kefi Photo Cyril Zannettacci

    #pauvreté #quartiers_populaires #hlm #ascenseurs
    Où ce genre de situation peut-elle perdurer si ce n’est dans les cités où vivent les noirs et les arabes ?

  • À la cité des 3 000, des habitants craignent une épuration sociale par Malika Butzbach | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2017/10/a-la-cite-des-3-000-des-habitants-craignent-une-epuration-sociale-37838

    Pour élaborer un contre-projet de rénovation, Hadama Traoré a fait appel à l’association APPUII. Composée de professionnels et d’universitaires spécialisés dans les sujets de la ville, ils « apportent un soutien technique aux collectifs d’habitants qui font face à des projets urbains imposés », explique Sylvain Adam, coordinateur. Leur démarche ? Collecter les propositions et idées des habitants et leur donner de l’écho, mais surtout « de ne pas parler à leur place », précise le jeune homme.

    Hier, ils ont été faire le tour du quartier à la rencontre des commerçants pour les écouter sur la question du Galion. Aujourd’hui, ils tiennent une table pour laisser les habitants écrire leur ressentie ou proposer une date de réunion. Derrière eux, des pancartes multicolores sont suspendues à un fil. Dessus, on peut lire les propositions des Aulnaysiens : certains demandent un kiosque à journaux, d’autres des jeux pour les enfants.

    Hadama a déjà une idée de contre-projet : « Un centre commercial, associatif et culturel, pour redynamiser le quartier. Et puis, il faudrait confier cette rénovation à des entreprises locales, pas des grands groupes dont le but est de faire des bénéfices. » Malgré l’intérêt des habitants pour la question, personne ne sait vraiment par quoi sera remplacé le Galion. Mais la crainte est surtout celle de la gentrification : le remplacement des populations aux revenus modestes par des personnes plus aisées.

    • DE NOTRE-DAME-DES-LANDES À LA CITÉ DES 3000 : LA CONVERGENCE DES LUTTES EN VRAI
      https://www.streetpress.com/sujet/1509982774-convergence-zad-notre-dame-des-landes-aulnay

      « LES ZADISTES ONT CHANGÉ NOTRE VIE »
      À Aulnay, les habitants se mobilisent pour sauver le Galion, une galerie commerciale promise à la destruction. Depuis plusieurs mois, ils peuvent compter sur le soutien d’une poignée de militants de Notre-Dame-des-Landes. Récit de ces échanges.

      Cité de la Rose-des-Vents, Aulnay-sous-Bois (93) - « Dédicace à mes amis de Notre-Dame-des-Landes ! », lance de sa voix grave Hadama Traoré, au micro de la grande scène installée en bas des tours du Galion. Au pied du grand gaillard de 32 ans, une foule compacte. Plusieurs centaines de personnes ont répondu ce dimanche 28 octobre à l’appel du collectif La révolution est en marche, pour contester la destruction programmée du Galion, une galerie commerciale, cœur battant du quartier. Sur scène, personnalités et artistes montent tour à tour pour apporter leur soutien à la cause mais aussi réclamer la vérité sur la mort de Yacine, un jeune Aulnaysien décédé quelques semaines plus tôt. Dawala, le manager iconique de la Sexion d’Assaut est là. Quand Sofiane, le rappeur star du Blanc Mesnil, s’empare du micro, le public chauffé à blanc reprend en chœur le refrain de Mon ptit loup, l’un de ses succès vu près de 50 millions de fois sur Youtube.

      À l’arrière du terrain vague transformé en showcase à ciel ouvert, une dizaine de zadistes emmitouflés dans leurs écharpes hochent la tête en rythme. Pour soutenir Hadama Traoré (link is external) et son combat contre la mairie, ils ont fait le déplacement depuis Notre-Dame-des-Landes. Dans les rues de ce quartier populaire d’Aulnay, depuis qu’une poignée d’habitants a mis les pieds dans le bocage le plus désobéissant de France, on commence peu à peu à savoir ce qu’est une zone à défendre (ZAD).

      #zadpartout #banlieue

  • Mort de Yacine à Aulnay-sous-Bois : la famille obtient la désignation d’un juge d’instruction
    Bondy Blog | mardi 10 octobre 2017 | Par Nassira El Moaddem ET Alban Elkaïm
    http://www.bondyblog.fr/201710100800/mort-de-yacine-a-aulnay-sous-bois-la-famille-obtient-la-designation-dun-ju

    Une information judiciaire a été ouverte lundi 9 octobre suite à la mort de Yacine, 24 ans, dont le corps sans vie a été découvert le 14 septembre. Un juge d’instruction a été nommé qui va reprendre l’affaire. La famille ne cessait de le réclamait depuis le 27 septembre : elle doute de la version officielle qui concluait à un décès par overdose.

    La famille de Yacine a obtenu l’ouverture d’une information judiciaire, a annoncé le parquet de Bobigny. Elle était réclamée par les proches du jeune homme de 24 ans retrouvé mort dans une cave de son immeuble dans le quartier de Savigny à Aulnay-sous-Bois le 14 septembre.

    “Un juge d’instruction a été désigné ce lundi par le président du tribunal pour reprendre l’affaire, il s’agit du doyen des juges”, a confirmé auprès du Bondy Blog, Me Franck Lévy, l’avocat de la famille.

    “Nous sommes ravis car c’est ce que nous réclamons depuis des jours, cela prend le bon chemin“, a réagi Billel, frère de Yacine, en première ligne dans la mobilisation pour connaître les circonstances de la mort du jeune homme. “Mais nous attendons de voir car nous avons été baladés à plusieurs reprises. On reste prudent”.

    “C’est la mobilisation qui a payé, c’est le fait que tout le monde commence à en parler, que les médias s’intéressent à l’affaire, que cela se propage sur les réseaux sociaux”, indique Me Franck Lévy. “Nous allons demander à ce qu’une nouvelle expertise médicale soit réalisée”. (...)

  • Vélib change de mains + Vérité et justice pour Yacine | L’Actualité des Luttes
    https://actualitedesluttes.info/?p=2688

    Dans cette émisison, nous avons pu recevoir un syndicaliste, Ahmed Dini, délégué syndical SUD vélib, au sujet de la reprise du contrat des velib géré par JC DECAUX par le consortium SMOOVENGO. Nous avons pu revenir sur les conditions de travail des salariés de velib et des enjeux qui accompagne ce changement de patron et des luttes que cela va entrainer.

    Egalement un reportage réalisé le 30 septembre dernier à Aulnay sous bois lors du rassemblement pour la vérité et la justice concernant la mort de Yacine la nuit du 14 Septembre 2017, et une intervention téléphonique de son frère. Durée : 1h04. Source : Fréquence Paris (...)

    http://actualitedesluttes.info/wp-content/uploads/2017/10/171002.mp3

  • À Aulnay, le Grand Paris sert à « chasser les pauvres »
    https://reporterre.net/A-Aulnay-le-Grand-Paris-sert-a-chasser-les-pauvres

    Le Galion, immeuble de la Cité des 3.000 d’Aulnay-sous-Bois, est destiné à la destruction. Et leurs occupants, pauvres, iront voir... ailleurs. Cette décision est contestée par des habitants, qui dénoncent la « gentrification » et l’absence de concertation de cette opération représentative du Grand Paris.

    [...]

    La destruction du Galion, c’est la dernière étape d’un vaste programme de rénovation des quartiers nord d’Aulnay-sous-Bois, lancé en 2004. Piloté par l’Anru – Agence nationale de rénovation urbaine - en coopération avec la mairie, il concerne plus de 6.000 logements, et bénéficie d’un financement de 314 millions d’euros, dont 79 millions apportés par l’État. Une rénovation de façade, selon Hadama Traoré. « Si on rentre dans les détails, vous allez avoir peur. Canalisations bouchées, blattes, araignées, moustiques, travaux mal faits… Ils utilisent des matériaux de mauvaise qualité, ça s’abîme déjà. »
    « Alors, que dans le Galion, il y avait des duplex, c’était les meilleurs appartements de la cité ! » regrette-t-il. « On n’est plus que trois familles à y habiter, nous explique Alanna George, sur le trottoir devant la barre, tenant sa petite fille par la main. Ils nous demandent de partir depuis 2015, mais on n’a eu des propositions de relogement que pour des immeubles sans ascenseur, alors que mon mari est malade. On a refusé et on a reçu un avis d’expulsion en janvier. »

  • À Aulnay-sous-Bois, les échauffourées se poursuivent après la mort d’un jeune homme
    Bondy Blog | mercredi 27 septembre 2017 |Par Alban Elkaïm
    http://www.bondyblog.fr/201709271708/a-aulnay-sous-bois-les-echauffourees-se-poursuivent-apres-la-mort-dun-jeun

    À l’origine de ces tensions, le décès de Yacine, 24 ans. Il a été retrouvé sans vie le 14 septembre dans la cave de son immeuble situé dans le quartier Savigny dans des circonstances troubles : face contre terre, le pantalon baissé et une barre de fer sous son corps. Dans un communiqué de presse publié le 15 septembre, le parquet de Bobigny indique que l’autopsie n’a “pas révélé de traces de coups susceptibles d’entraîner le décès et conduit à écarter l’hypothèse d’une mort violente ”. Le lendemain, il a fait savoir que l’analyse toxicologique a “ révélé la présence de cocaïne à un taux très élevé compatible avec un décès par surdose ”.
    #Yacine #Aulnay-sous-Bois
    Les proches de Yacine soulignent plusieurs zones d’ombre dans cette version officielle et réclament une nouvelle autopsie. Ils relèvent notamment des hématomes sur le visage qui ressemblent à des marques de coups. “ Quand on nous ment ouvertement, on nous dit qu’il a juste une trace sur le front et ensuite quand vous voyez son visage… ça n’est pas normal. On n’accuse personne. On voudrait juste pouvoir faire la contre-autopsie, pour que tout le monde connaisse la vérité et que ma mère puisse faire son deuil ”, demande Billel, le grand frère de Yacine.

    La manière dont l’enquête a été menée me dérange, poursuit le trentenaire. Les enquêteurs concluent tout de suite à l’overdose. Ils font une perquisition chez nous. La scène de crime a été laissée ouverte et sans surveillance, ce qui n’a pas permis de préserver les indices éventuels ”. Pour déposer une plainte pour “homicide volontaire contre X”, “ ça a été le parcours du combattant”, témoigne Billel. On m’a envoyé de commissariat en commissariat : Bobigny, Aulnay, Montreuil, Sevran, Aulnay à nouveau où j’ai enfin pu enfin déposer plainte ”, raconte-t-il, d’une voix fatiguée, le ton usé. “ Je travaille, je paie des impôts… La police n’est pas là que pour nous verbaliser. Elle est aussi là pour nous protéger et nous aider. Ils doivent jouer leur rôle quand on a besoin d’eux ”.

    #Yacine #Aulnay-sous-Bois

  • ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 8 SEPTEMBRE 2017 | L’envolée
    http://lenvolee.net/emission-de-lenvolee-du-8-septembre-2017

    - Lettres : Philippe à Lannemezan, Gaëtan à Chalons-en-Champagne, Alexia à Nice, Ricardo à Billwerder à Hambourg, un prisonnier anonyme à Billwerder à Hambourg.
    – Retransmission : Emission de france culture « femme et voyou » avec Sylvia interviewée en tant que fille de Bébert, ancien prisonnier qui vient de se faire sa dernière belle.
    – Brève : Contre la loi travail, Appel à la manifestation du 12 et au procès, du 19 au 23, à propos de la voiture de flics brulée en mai dernier.

    #L'envolée #prison #audio

    Du 19 au 22 septembre 2017, 9 personnes passeront en procès, accusées de l’attaque d’une voiture de #flics quai de Valmy à Paris le 18 mai 2016. Deux attendent toujours en taule, dont l’une depuis maintenant plus d’un an, tandis que six autres sont sous contrôle judiciaire et que la dernière est encore recherchée. Ce jour-là, en plein mouvement contre la « loi travail », des policiers se rassemblent place de la République pour geindre contre la « haine anti­-flics ». Une vrai provocation après deux mois de manifestations réprimées à coup de lacrymos, de grenades, de matraque, d’arrestations. Une contre­-manifestation est appelée et interdite, mais elle s’élance malgré tout dans les rues de Paris, croisant sur son passage une voiture sérigraphiée avec deux flics à son bord, qui est attaquée puis brûlée. Pour beaucoup, ce geste a donné de l’air. Comme ça donne de l’air quand ça pète à Beaumont suite à l’assassinat d’Adama Traoré, à Aulnay suite au viol de Théo, ou quand une voiture de police crame à son tour devant le comico du 19e le soir du meurtre de Shaoyo Liu, ou encore quand les rues d’Hambourg s’embrasent pendant le G20. Comme ça donne de l’air chaque fois que sont renvoyées aux flics un peu de l’humiliation et des brutalités qu’ils infligent au quotidien.

    #loi_travail #terrorisation #la_rousse #roussins #robocop #boîtes_de_six
    https://lignesdeforce.wordpress.com/2017/09/13/voiture-de-la-rousse-roussie-deux-communiques

  • La police, une arme de classe contre les travailleurs | Le mensuel
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2017/05/15/la-police-une-arme-de-classe-contre-les-travailleurs_91492.h
    Introduction :

    Depuis deux ans, la police a été souvent au centre de l’actualité, à des occasions aussi diverses qu’en apparence contradictoires : proclamée « défenseure héroïque de la population » après les attentats de 2015, elle a depuis de nouveau suscité l’indignation légitime d’une partie de l’opinion, notamment au cours des manifestations contre la loi travail et l’agression sauvage dont a été victime le jeune Théo à Aulnay-sous-Bois, le 2 février dernier.
    Les communistes que nous sommes n’ont pas plus encensé la police au lendemain des attentats qu’ils ne sont surpris des violences policières, du racisme dont celle-ci fait preuve, de sa brutalité envers les pauvres. Tout simplement parce que la police, dans une société inégalitaire et déchirée par les rapports de classes, ne peut sortir de ce double rôle  : intervenir pour parfois protéger la population, et en même temps être le chien de garde de l’ordre social, dressé et entraîné à mordre les pauvres qui se révoltent ou ne respectent pas les lois de la classe dominante.
    Le comportement de la police peut varier d’une période à une autre, parce qu’il est en large partie déterminé par la violence des rapports sociaux eux-mêmes. Mais il n’y a pas, et il ne pourra pas y avoir de «  bonne police  » tant que la société sera construite sur des bases inégalitaires.

  • Contre les violences d’Etat, soutien à Hadama Traoré, et à celles et ceux qui résistent à #aulnay-sous-bois
    https://nantes.indymedia.org/articles/37856

    Quatre mois après avoir violé un habitant en toute impunité, la police continue de mettre la pression à Aulnay-sous-Bois.

    #Répression #aéroport #notre-dame-des-landes #quartiers #populaires #Répression,aéroport,notre-dame-des-landes,quartiers,populaires

  • Champs Élysées : coup de théâtre électoral ?
RÉFLEXIONS SUR L’ANTITERRORISME EN POLITIQUE

    Jeudi 20 avril au soir. Une campagne présidentielle marquée par d’innombrables affaires et un discrédit sans précédent de la classe politique s’achève sans passion. Quatre candidats sont au coude à coude, et la situation politique paraît plus incertaine que jamais.
    
C’est à ce moment précis, à trois jours du scrutin majeur qu’une fusillade éclate sur l’artère la plus célèbre de France. Alors que les candidats se succèdent à la télévision, un homme ouvre le feu sur les Champs Élysées. Un policier tombe blessé, un autre trouve la mort, peu avant son assaillant. Certains candidats blêmissent en direct sur les écrans. D’autres ont un mal fou à cacher leur immense satisfaction. Avec la précipitation de charognards affamés, trois candidats – Macron, Fillon et Marine Le Pen – ne parleront plus que d’antiterrorisme, de « barbares », de guerre et d’Islam lors de ce prime time qui conclut la campagne présidentielle. Coup de théâtre dans la dernière ligne droite avant l’élection.

    Quelques réflexions sur l’usage de l’antiterrorisme en politique.

    1 - « Il faudrait de nouveaux attentats pour sauver la campagne de Fillon ». C’est l’analyse lucide de Christophe Barbier, patron du journal L’Express, à l’antenne de BFM TV en février dernier, alors que le candidat de droite est au cœur de la tourmente. En grande difficulté, la candidate d’extrême droite a également fait une campagne ratée, dégringolant de façon constante dans les sondages. Le FN, pourtant grand favori, était même menacé de ne pas se qualifier au second tour. Un sondeur explique que l’attentat des Champs Élysées « réactive des thématiques chères à Marine Le Pen » alors qu’un autre ajoute : « s’il y a un effet [à cet attentat] c’est pour Marine Le Pen ». Paradoxalement, ces dernières semaines, la question de l’antiterrorisme n’était pas parvenue à s’imposer comme la thématique unique et centrale des débats de la campagne, et d’autres questions, comme l’écologie ou le partage des richesses, avaient traversé le débat public. L’attaque du 20 avril place finalement au centre du jeu, au moment crucial, les sujets indispensables à l’extrême droite. Et remet en lice ses candidats en grande difficulté à l’instant décisif. Les deux derniers jours de campagne auront la couleur des gyrophares.

    2-Nous apprenons aujourd’hui que les services de renseignement étaient informés depuis quelque temps que le tireur des Champs Élysées cherchait à se procurer des armes pour « tuer des policiers » et qu’il avait fait une demande de permis de chasse. A quelques jours des élections. Le tout sans être sérieusement inquiété. Il ne s’agit pas de verser dans le complotisme. Disons simplement qu’à un tel niveau d’incompétence des agents chargés de l’antiterrorisme, l’attaque illustre, pour le moins, le caractère nuisible et inefficace de l’état d’exception permanent, installé depuis deux ans en France.

    3-« Nous devons chérir les policiers ». C’est l’envolée lyrique du candidat socialiste ce 21 avril. Dans le même temps, son gouvernement promet un déploiement sécuritaire massif dans les jours à venir. Au début du mois de février, un jeune homme, Théo, était violé par la police à coup de matraque à Aulnay-sous-Bois. Quelques semaines plus tard, c’est un père de famille chinois qui était abattu par des agents de la BAC devant ses filles à Paris. Malgré les protestations, et même les émeutes, ni Benoît Hamon, ni les autres candidats n’avaient osé s’élever contre ces violences. Lors du débat télévisé du 20 avril, c’est finalement un unanimisme sécuritaire qui règne à l’antenne. Un seul refuse de jouer le jeu, maladroitement : le candidat du NPA. Il est pulvérisé en direct par les journalistes. En sortant de l’émission, il reçoit des menaces et des injures de la part de policiers : « enculé », « ordure ». Dans l’Antiquité Romaine, s’assurer le soutien de l’armée était indispensable pour trôner sur l’Empire. Se plier aux volontés de la police est un préalable indispensable pour acquérir le pouvoir dans une République.

    4 - Ceux qui appellent à mener une « guerre totale » au terrorisme sont les mêmes qui signent des contrats d’armement colossaux avec les dictatures du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite, qui apportent un soutien logistique aux groupuscules djihadistes. Ce sont les mêmes qui provoquent des guerres au quatre coins du globe. Les mêmes qui font d’obscènes courbettes aux responsables du désastre.

    5- « La guerre contre le terrorisme doit rester la priorité » ose même, sur Twitter, le pitoyable Manuel Valls, qui tente un retour dans la vie publique. Toujours au diapason des candidats les plus réactionnaires. L’antiterrorisme apparaît finalement pour ce qu’il est : une usine de recyclage politique. La « menace terroriste » permet aux menteurs, aux voleurs et aux déchus de la classe dirigeante de prétendre continuer à gouverner sans être contestés. L’antiterrorisme est le joker suprême du jeu démocratique.

    6 - « Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. » Guy Debord

    Nantes Révoltée
    https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/posts/1311870375515799:0

  • « Dictateur » ? Hollande attaque mais oublie ses actes

    Aujourd’hui, Le Canard Enchaîné rapporte des accusations inouïes, d’une grave violence, de la part du chef de l’État en exercice contre un candidat pour le remplacer et ce à quelques jours même de l’élection. François Hollande est aux abois, face à la chute sondagière de son héritier désigné, Emmanuel Macron. Il tente de cacher son bilan catastrophique et d’enrayer l’accès de Jean-Luc Mélenchon au second tour de l’élection présidentielle en le traitant de « dictateur ». Quelle blague !

    En monarchie présidentielle, le roi est nu

    Qui est ce président sortant pour qualifier de « dictateur » le porte-parole d’une 6e République démocratique ? Cette fin de mandat crépusculaire n’en finit plus.

    Est-il effrayé à l’idée que l’on puisse révoquer les élus, résolu qu’il est à violer systématiquement toutes ses promesses ? Craint-il un pays sans 49.3, sans possibilité d’obliger le parlement à voter ce qu’il refuse ? A-t-il peur d’un pays où les élus corrompus seraient inéligibles ?

    Effectivement, en 6e République, le mandat de François Hollande n’aurait pas duré cinq ans avant que les citoyens n’y mettent un terme !

    Hollande et ses fréquentations dictatoriales

    Mais d’ailleurs, d’où parle-t-il ce président qui a pactisé avec les tyrans du monde entier ?

    Qui a reçu en catimini, le roi Al-Khalifa du Bahreïn, dès août 2012, c’est-à-dire tout juste sorti de la répression violente du printemps arabe place de la Perle ?

    Qui est parti trinquer avec Joseph Kabila au Congo, l’homme qui reporte les élections éternellement et brutalise ses opposants ?

    Qui a visité Paul Biya au Cameroun, dirigeant d’une main de fer le pays depuis 35 ans ?

    Qui a rencontré sans aucune critique José Eduardo dos Santos en Angola, record de longévité avec 37 années de présidence sans partage ?

    Qui a accueilli en secret le président d’Azerbaïdjan Ilham Aliev, successeur de son père, et qui a investi son épouse vice-présidente ?

    Qui a félicité Idriss Déby au Tchad pour une énième réélection sans autre candidat ?

    Qui a déroulé le tapis rouge à l’émir Al Thani du Qatar en 2014, fermant les yeux sur l’esclavage moderne des chantiers de la coupe du monde de football 2022 ?

    Juste avant de poser à côté du maréchal égyptien Abdel Fattah al-Sissi la même année, dont les opposants ont tendance à disparaître par centaines ?

    Qui a validé les trucages électoraux du président Sassou-Nguesso au Congo Brazzaville ?

    Qui a salué Mahamadou Issoufou au Niger, tortionnaire de ses opposants ?

    Qui a protégé le bourreau du Burkina-Faso Blaise Compaoré, exfiltré en Côte d’Ivoire pour le sauver des manifestants ?

    Qui a osé décorer en 2016 le prince héritier d’Arabie Saoudite Mohammed ben Nayef, ministre de l’intérieur qui fait fouetter les blogueurs dissidents ?

    Qui a signé un accord de renvoi des migrants avec la Turquie de Recep Tayyip Erdogan ?

    Qui a vendu, le mois dernier, pour 500 millions d’euros de matériel militaire à l’Arabie Saoudite afin de l’aider à écraser le Yémen ?

    Oui, c’est bien cet homme, François Hollande, ce monarque en fin de règne qui va chercher auprès des bourreaux de toute espèce une reconnaissance que le peuple français a vite cessé de lui accorder !

    Un règne hollandais liberticide

    Et c’est bien lui qui calomnie Jean-Luc Mélenchon quand la campagne de la France insoumise est sans précédent.

    Non seulement il s’est couvert de honte, mais il a abaissé la France en participant comme premier chef d’État occidental en mai 2015 à un sommet du Conseil de coopération des États arabes du Golfe, alors que les pétromonarchies qui le dirigent écrasaient le Yémen sous les bombes.
    Manifestement, le monarque François Hollande a appris de tous ces dirigeants autoritaires.

    Lui aussi a mis en place un état d’urgence permanent et la répression violente des mouvements sociaux et écologiques.

    Lui aussi a vu un manifestant mourir sous son régime, au barrage de Sivens, et des jeunes être torturés par les forces de l’ordre, notamment à Aulnay-sous-Bois.

    Lui aussi a organisé la liquidation de journalistes hostiles, comme Aude Lancelin débarquée de l’Obs à son instigation.

    Durant son mandat, la France est passée de la 38e à la 45ème place dans le classement annuel de la liberté de la presse, basculant derrière l’Afrique du Sud, Trinité-et-Tobago, le Botswana ou le Suriname. Autant de pays où les médias sont plus libres qu’en France.

    François Hollande n’est donc pas en situation de délivrer des certificats de libertés publiques.
    Alors quand ce complice de toutes les dictatures les plus atroces, ce président sous lequel nos libertés ont diminué, accuse Jean-Luc Mélenchon d’être un dictateur, nous nous demandons s’il a perdu la tête. D’autant plus que L’Avenir en commun, le programme de Jean-Luc Mélenchon a obtenu les félicitations d’Amnesty international, référence en matière de libertés publiques.

    Devant tant de confusion dans les mots, et tant d’atteintes au respect républicain entre candidats, il est urgent que le monarque sortant cesse ses ingérences douteuses dans la campagne électorale. Qu’il balaie devant sa porte et fasse le compte des bourreaux qu’il a blanchi à l’Élysée. Il en est de même pour les éditorialistes en panique, parlant de « coup d’État » ou affabulant sur l’Alba.

    https://jlm2017.fr/2017/04/19/dictateur-hollande-attaque-mais-oublie-ses-actes-jlmdesintox

  • Vers la tendresse

    Ce film est une exploration intime du territoire masculin d’une cité de banlieue. En suivant l’errance d’une bande de jeunes hommes, nous arpentons un univers où les corps féminins ne sont plus que des silhouettes fantomatiques et virtuelles. Les déambulations des personnages nous mènent à l’intérieur de lieux quotidiens où nous traquerons la mise en scène de leur virilité ; tandis qu’en off des récits intimes dévoilent sans fard la part insoupçonnée de leurs histoires et de leurs personnalités.

    Alice Diop est née en 1979 à Aulnay-sous-bois, dans une famille sénégalaise. Elle est l’auteure de six documentaires dans lesquels elle porte un regard neuf, tant sociologique que cinématographique, sur le quartier de son enfance, sur la diversité, sur l’immigration. Son cinéma s’intéresse à ceux que l’on ne voit pas, en vue de combattre les idées reçues. Son dernier film, « La Permanence » a obtenu le prix de la compétition française au festival Cinéma du Réel en 2016.

    #Alice_Diop #moyen_métrage #documentaire
    http://www.tenk.fr/cite/vers-la-tendresse.html

    « On est là, à une place où on n’était pas prévus ». Alice Diop fait penser que c’est passionnant d’avoir 37 ans en France en 2016, de venir de la cité des 3000 à Aulnay-sous-bois et de faire du cinéma : pour remettre dans le champ de vision du pays, les corps qui le font et qu’on ne voit pas assez.

    https://www.franceculture.fr/emissions/backstage/numero-29-vers-la-tendresse-avec-alice-diop
    https://seenthis.net/messages/574016