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  • BRIGITTE MACRON APPELLE À LA RÉCONCILIATION

    « Je pense qu’il faut qu’on se parle, qu’on se réconcilie, parce que, franchement, on a tout à faire ensemble, j’en suis persuadée », interrogée sur le mouvement des gilets jaunes, vendredi lors d’un déplacement à Bar-le-Duc (Meuse), Brigitte Macron a voulu jouer la modération.

    « Il faut qu’on soit tous ensemble » a surenchéri la première dame qui accompagnait Stéphane Bern, chargé de mission pour la sauvegarde du patrimoine en péril au « Théâtre des Bleus de Bar ».

    « Il faut qu’on soit fier parce qu’on a absolument tout : on a un pays qui est beau, qui a une culture incroyable, qui a une humanité incroyable, qui sait aussi être généreux envers l’autre », a-t-elle ajouté.

    #ta_gueule


  • Après dix semaines de mobilisation, comment la police analyse le mouvement des « gilets jaunes »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/26/apres-dix-semaines-de-mobilisation-comment-la-police-analyse-le-mouvement-de

    Semaine après semaine, ils ont été au contact des « gilets jaunes », ils ont coordonné le maintien de l’ordre ou ils ont bénéficié des remontées d’information des services de renseignement : alors que l’acte XI de la protestation doit avoir lieu samedi 26 janvier, Le Monde a interrogé des policiers, des gendarmes, des préfets pour comprendre les tendances de fond qui structurent depuis novembre 2018 ce mouvement inédit.

    Au-delà des analyses sociologiques et des chiffres de la mobilisation – imprécis et épars par nature –, nous avons cherché à identifier les grands pôles géographiques du mouvement et les différentes logiques de rassemblement à l’œuvre sur le territoire. Nous avons croisé le regard de gardiens de la paix proches du terrain, d’officiers issus de la hiérarchie intermédiaire, ou de fonctionnaires aux plus hautes responsabilités. Seules les sources syndicales ont toutefois pu être citées nommément, devoir de réserve oblige.

    Deux mouvements parallèles : un la semaine, un le week-end

    De l’avis unanime de nombreuses sources, deux mobilisations parallèles coexistent un peu partout en France, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », le 17 novembre 2018 : la première, la semaine, sur les ronds-points, avec des revendications très sociales ; la seconde, chaque samedi, lors des manifestations, avec des mots d’ordre beaucoup plus antisystème.

    Néanmoins, la mobilisation en semaine, sur les ronds-points, symbole politique initial du mouvement, a fortement évolué ces dernières semaines. « La bascule a été constatée après les fêtes de Noël », précise un fonctionnaire. Les annonces du chef de l’Etat le 10 décembre sur le pouvoir d’achat ont satisfait une partie du mouvement. Les manifestants ont aussi, en parallèle, été progressivement évacués par les forces de l’ordre en raison du caractère illégal de leur occupation. La mobilisation s’est donc reportée sur les rassemblements du week-end, dans les villes.

    Un certain nombre de « gilets jaunes » ont par ailleurs quitté les ronds-points, mais sont allés occuper des terrains de collectivités locales ou de particuliers ayant décidé de les soutenir. Ces « points de fixation », comme les appellent désormais policiers et gendarmes, sont très éparpillés. Ils réunissent un petit nombre de personnes et demeurent essentiellement le fait d’individus en recherche de lien social, parmi lesquels de nombreux retraités, affirme un haut gradé.

    A Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), par exemple, vingt à trente « gilets jaunes » qui étaient les plus engagés se sont installés sur un terrain privé, à une centaine de mètres d’un rond-point d’accès à l’autoroute A51, qu’ils avaient occupé presque sans discontinuer du 17 novembre au 7 janvier, selon Guillaume Ryckewaert, secrétaire national du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). Des ronds-points ou des sorties d’autoroute sont encore occupés régulièrement dans le reste du département et il y a parfois des opérations « péage gratuit », à Peyruis et à Sisteron, avec dix ou vingt manifestants.

    Une protestation rurale qui s’est étendue aux villes petites et moyennes

    A l’origine, le mouvement des « gilets jaunes » part du monde rural. Faute de transports publics, la contestation de la hausse des taxes sur les carburants envisagée à l’automne par le gouvernement y a en effet trouvé un écho particulièrement fort. Mais, au fil des semaines, dans de nombreux départements, les forces de l’ordre ont constaté un report progressif de la mobilisation sur les petites et moyennes villes, avec une extension du conflit à des personnes issues du tissu périurbain.

    « De façon générale, la mobilisation parisienne a servi de prise de conscience, puis il y a eu un report sur la province », confirme un haut responsable de la sécurité intérieure.

    Dans l’Est, par exemple, les grandes villes, comme Besançon, Strasbourg, Metz, ou Reims, sont restées plutôt à l’écart de la crise des « gilets jaunes ». Des tensions sont bien progressivement apparues à Mulhouse. Mais elles sont restées très inférieures à ce qu’ont connu de plus petites villes comme Bar-le-Duc, Dole, Forbach et Thionville, dont certaines sont très paupérisées et marquées au fer rouge par la désindustrialisation. Charleville-Mézières en particulier, a été confrontée à plusieurs épisodes de violences urbaines. Cette montée des tensions tiendrait notamment aux effectifs de police et de gendarmerie. A l’exception de la Moselle, les départements de la région sont moins bien dotés pour faire face à des événements impromptus.

    Dans ce paysage, Nancy, qui est un grand pôle urbain, fait figure d’exception. Les violences ont débuté dès le 17 novembre 2018 et ont eu lieu ensuite chaque week-end. Le 22 décembre 2018, quelque 2 000 manifestants se sont rassemblés, et des fusées de clous et de billes ont été jetées sur les forces de l’ordre. Cette exception nancéienne pourrait s’expliquer par la position centrale de l’agglomération : une ville entourée de territoires plus enclavés, comme la Meuse ou les Vosges, d’où sont venus une partie des manifestants. Cette « régionalisation » du mouvement façon vases communicants a surtout été constatée dans l’Est à partir du 5 janvier.

    Beaucoup de régions ont aussi observé un afflux de manifestants qui avaient initialement pris l’habitude de venir à Paris. Des personnes motivées à l’idée d’agir désormais plus localement, ou contraintes financièrement. Ainsi les autorités ont constaté des niveaux de mobilisation baissant par endroits, tandis que d’autres villes ont pris le relais, comme Nantes ou Rennes, entrées dans le mouvement plus tardivement.

    Toulouse et Bordeaux : deux exceptions épicentres des violences

    Si, en région, les petites et moyennes villes concentrent désormais la mobilisation et les dérapages, deux métropoles échappent aujourd’hui à cette règle : Toulouse et Bordeaux. Les forces de l’ordre sont certes habituées à la « tradition contestataire » d’extrême gauche de la première. Toulouse attire, qui plus est, tous les manifestants des villes lui étant périphériques ainsi qu’un certain nombre de jeunes issus des quartiers sensibles comme le Mirail. Mais le niveau de violence qui se cristallise inquiète désormais au plus haut niveau. Chaque samedi, la mobilisation toulousaine se scinde généralement en deux, avec d’un côté l’action des « gilets jaunes » « classiques », et en deuxième rideau, un « sur-appel à manifester » de l’extrême gauche, qui se prolonge parfois très tard dans la nuit.
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    A Bordeaux, davantage connue pour son flegme bourgeois que pour ses éruptions de fureur, la récurrence des dégradations a davantage surpris les autorités. Le scénario se répète inlassablement chaque semaine depuis le 1er décembre. Le nombre de « gilets jaunes » ne faiblit pas et « pourrait continuer d’augmenter », anticipe même un haut gradé : ils étaient encore 4 000 pour l’acte X, samedi 19 janvier.

    Parmi les casseurs récurrents identifiés par la police, les plus actifs sont les groupes d’extrême gauche, antifascistes et black blocs. Les interpellations montrent que Bordeaux agit comme un aimant pour tout le Sud-Ouest. La plupart des manifestants ne sont pas bordelais et viennent plutôt des départements alentour : des Landes, de Dordogne, de Charente-Maritime, et même des Pyrénées-Atlantiques, à deux ou trois heures de voiture.

    « Chaque fois, c’est pareil, raconte un policier spécialisé dans le maintien de l’ordre en Gironde. Ils se regroupent, ils défilent, en passant par les quartiers les plus favorisés, et vers 17 heures, à la tombée de la nuit, les plus violents arrivent place Pey-Berland, où se situe la mairie. Ils font face aux forces de l’ordre et se mettent à tout dégrader. Ils s’attaquent à ce que représente la ville : un centre riche, entièrement rénové et un maire, Alain Juppé, qui a soutenu Macron. »

    Bordeaux, symbole parfait d’un affrontement de classes qui sous-tendrait le mouvement des « gilets jaunes » ? « L’exclusion, ces dernières années, des petites et moyennes classes sociales a contribué à un sentiment antibourgeois qui se caractérise de temps à autre par des réflexions faites aux habitants aisés du centre de l’agglomération », note un officier de police, pointant les loyers devenus inaccessibles pour les salaires moyens, notamment sous l’effet de l’arrivée, à l’été 2017, de la ligne à grande vitesse, qui place désormais la ville à seulement deux heures en train de Paris.

    Le Sud plus agité que le Nord

    Même si certains militants « gilets jaunes » s’y essayent, difficile d’établir une cartographie très précise du mouvement, aux yeux de nombreuses sources policières. Seule chose évidente : de façon globale, la mobilisation apparaît nettement plus forte dans le sud de la France qu’au nord. Ainsi serait en train de se former une sorte d’arc méditerranéen très virulent, allant des « contreforts pyrénéens à la vallée du Rhône », en passant par Tarbes, Perpignan, Narbonne, Montpellier, Nîmes et Avignon, résume Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du SCSI.

    Une mobilisation parfois violente, qui peut passer inaperçue dans les médias, regrettent certains fonctionnaires. Comme à Nîmes, le 12 janvier, où se sont rassemblés tous les « gilets jaunes » d’Occitanie, soit plus de 1 250 manifestants dont 250 motards. Beaucoup de dégâts matériels ont été à déplorer, notamment sur des banques. C’est dans la région qu’a aussi eu lieu, dans la nuit du 18 au 19 décembre 2018, le spectaculaire incendie de la barrière de péage d’Agde-Bessan (Hérault) sur l’A9. Depuis, plus de 45 personnes ont été interpellées, 18 ont été mises en examen et 12 placées en détention provisoire.

    A l’inverse, le nord de la France, et plus précisément la région des Hauts-de-France, qui cumule sur le papier tous les indicateurs socio-économiques de précarité, apparaît plus en retrait du mouvement. Même si la mobilisation n’y est pas absente – des rassemblements ont lieu régulièrement à Calais (Pas-de-Calais), Laon ou Soissons (Aisne) – « le Nord bouge moins que ce que l’on pouvait imaginer, il y a une forme de “paradoxe” du Nord », confirme David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). « A Amiens, il y a eu deux ou trois manifestations dures, mais depuis, c’est le retour à la normale. »

    Le calme de Roubaix apparaît aussi comme une curiosité à de nombreux observateurs. Ils n’étaient qu’une quinzaine de « gilets jaunes », le 1er décembre, pour leur premier rassemblement… Deux hypothèses pourraient expliquer ce constat, aux yeux d’un cadre des services de renseignement. D’abord le fait que le département du Nord soit globalement assez urbain. Seconde explication possible selon lui : la précarité y est telle que les aides sociales peuvent jouer un rôle d’amortisseur. Le mouvement des « gilets jaunes » demeure majoritairement le fait d’actifs issus de la classe moyenne inférieure.

    Une mobilisation qui demeure très « sporadique »

    S’il donne l’impression d’une grande continuité depuis le début, le mouvement des « gilets jaunes » se traduit localement par un aspect très sporadique et une forte éruptivité. Certaines villes sont ainsi apparues dans les radars des autorités, avec parfois de soudains pics de violences, comme à Saint-Etienne, puis ont disparu, sans véritables explications. A l’ouest, des villes comme Tours, Le Mans, Caen ou Quimper font parler d’elles seulement depuis peu.

    Au Puy-en-Velay, l’attaque de la préfecture le 1er décembre a ainsi laissé de profondes traces. « On ne comprend toujours pas ce qu’il s’est passé, raconte un officier de police local. On s’était préparé pour du maintien de l’ordre, mais on a eu une scène de guérilla urbaine. Et en face de nous, on avait nos voisins ! Il y avait quelques mecs d’extrême gauche et d’extrême droite, mais c’était surtout des quidams, des gens modestes venus de la campagne environnante. Il y a eu un effet de meute, un peu d’alcool aussi sans doute, mais ça ne justifie pas tout. »

    La ville, qui a reçu des renforts en gendarmerie mobile importants par la suite, n’a plus connu de tels épisodes depuis. Les manifestants n’étaient plus que 200 à 300 pour l’acte X, le 19 janvier, alors qu’ils étaient 4 000 le 1er décembre 2018. Les groupuscules des extrêmes se sont eux déplacés dans d’autres villes. « Dans cette région où on a besoin de la voiture pour vivre, la revendication sur les carburants était légitime, mais maintenant il y a une lassitude, sans compter les dégâts économiques pour les commerçants », explique ce policier.
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    L’ultragauche et l’ultradroite, plus aiguillons que moteurs

    Depuis le début du mouvement, les groupes d’ultragauche et d’ultradroite sont visibles dans la plupart des rassemblements qui dégénèrent. Parfois, ils s’affrontent aussi entre eux. Le matin du 1er décembre, jour de l’apogée des violences à Paris, des militants d’extrême droite ont ainsi été vus en train de monter une barricade dans une avenue voisine de l’Arc de triomphe, tandis que des profils identifiés à l’extrême gauche tenaient le pavé sur le terre-plein central. Au fil des week-ends, ces individus se sont toutefois éparpillés sur le territoire, notamment à Nantes, Toulouse et Dijon – où existe un foyer anarchiste historique.

    A Rennes, ville habituée aux soubresauts avec un fort noyau d’extrême gauche, le mouvement des « gilets jaunes » s’est ainsi déroulé dans le calme, les premiers temps. « Ça ne s’est radicalisé que depuis quinze jours, constate David Leveau, secrétaire régional Unité SGP Police FO, l’un des principaux syndicats de gardien de la paix. On a vu ressortir les nids d’ultragauche et les black blocs, alors qu’ils ne se mêlaient pas aux “gilets jaunes” au début. » Les revendications liées au prix des carburants ne correspondaient pas à leur logiciel idéologique, note une source policière haut placée, qui estime que leur ralliement au mouvement est un effet d’opportunité.

    Une évolution sur le terrain dont témoigne aussi un policier de la brigade anticriminalité (BAC) : « Au départ, pendant les premiers samedis, c’était plutôt calme, on avait des contacts avec les manifestants, il y avait même un dialogue : ça nous a surpris vu le climat habituel à Rennes. Mais, maintenant, il y a une montée en puissance de la violence, avec des groupes d’extrême gauche virulents qui profitent de ça pour foutre le bordel. Ils viennent au contact, caillassent et vont se réfugier dans la foule en mettant des gilets jaunes. »

    Une radicalisation préoccupante d’une partie des manifestants

    La polémique sur les violences policières et l’usage du lanceur de balle de défense 40 mm (LBD 40) a également accentué les heurts sur le terrain, témoigne le même policier de la BAC à Rennes : « La violence augmente contre nous parce qu’il y a eu des blessés graves. Il y a beaucoup de “gilets jaunes” qui ont l’impression de ne pas être entendus ou d’être victimes d’interventions policières qu’ils ont du mal à comprendre. Alors ils s’en prennent à des organismes représentant l’Etat, à l’immobilier qui incarne la richesse ou à l’institution police. »
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    Une contestation de l’action des forces de l’ordre qui touche l’ensemble du pays, même dans les zones n’ayant eu à déplorer aucune violence, ni d’un côté ni de l’autre. En Ardèche, par exemple – « où aucune grenade lacrymogène n’a été tirée depuis le début du mouvement », d’après une source policière –, le mouvement, principalement animé par des retraités, s’est durci, rapporte un gardien de la paix présent sur les ronds-points. « Au début, on discutait avec eux. Je me souviens d’une femme âgée à qui j’ai parlé pendant près de deux heures un samedi. Je la recroise un mois plus tard, elle ne me reconnaît pas, et elle se met à m’insulter de tous les noms… »

    David Le Bars, patron du SCPN, le principal syndicat des commissaires, regrette aussi « cette espèce d’accoutumance à la violence verbale » ainsi que « le développement d’une rancœur nourrie d’une semaine sur l’autre dans l’affrontement avec les policiers ». « Beaucoup de violences physiques sont commises par des gens lambda », note un cadre des services de renseignement, qui estime cependant que ceux qui sont le plus actifs aujourd’hui étaient déjà souvent dans une forme de radicalité avant le début du mouvement, avec, par exemple dans le Sud, des pratiques issues des mouvements agricoles ou viticoles.

    Les autorités craignent par-dessus tout que cette radicalisation n’aboutisse à des dérapages fatals. L’interpellation d’un « gilet jaune » équipé d’un pistolet chargé, mercredi 23 janvier, à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), et la découverte chez lui d’un arsenal d’armes ont réactivé la peur d’un passage à l’acte grave.

    Des tentatives de récupération politique mais pas de lien direct avec le vote RN ou LFI

    Le mouvement des « gilets jaunes » est, depuis ses débuts, l’objet de diverses tentatives de récupération politique. Qu’elles soient locales ou le fait de responsables nationaux. Un certain nombre de mots d’ordre du mouvement sont en effet en adéquation avec les thèses de La France insoumise (LFI) ou du Rassemblement national (RN). « Certains militants sont clairement là pour encourager la mobilisation, mais les “gilets jaunes” restent majoritairement un mouvement de citoyens, rappelle un haut fonctionnaire. Ce n’est ni l’ultradroite ni l’ultragauche qui structurent le mouvement. »

    Dans le Sud, il a par exemple été constaté à plusieurs reprises sur des ronds-points que des personnes venant de bords politiques très opposés (RN et LFI) discutaient ensemble sans aucune difficulté, le tout en débattant de leur vote lors du scrutin présidentiel. Un constat qui fait dire aux forces de l’ordre ayant pu assister à ces échanges que les raisons les unissant étaient bien supérieures à leurs divisions politiques.

    Dans certaines régions, récemment, les choses sont certes allées plus loin, avec des tentatives ponctuelles de « phagocytage » du mouvement par des représentants syndicaux ou issus de LFI. Mais celles-ci ont surtout contribué à attiser les tensions et à diviser la mobilisation, estime un commissaire de police parisien qui a travaillé à centraliser les nombreuses informations venant de ses collègues sur le terrain.

    De même, la carte de France du vote RN ou LFI ne se superpose pas clairement avec le mouvement des « gilets jaunes », estiment la plupart des observateurs. La seule zone où cet emboîtement apparaît très visible concerne l’arc méditerranéen, ainsi que Bordeaux, où de nombreux manifestants viennent chaque week-end du Médoc voisin : un territoire très marqué par le vote RN.

    Ce constat général n’empêche pas de trouver des concordances à l’échelle locale. Dans le Pas-de-Calais, début décembre, La Voix du Nord a ainsi réussi à rapprocher la carte des votes RN et LFI au premier tour de l’élection présidentielle 2017 avec celle des rassemblements de « gilets jaunes » dans le département. Aucun systématisme ne se dégageait pour autant.
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    Un mouvement citoyen qui cherche à se structurer politiquement pour durer

    Le mouvement des « gilets jaunes » a compris, avec l’hiver, les vacances scolaires, et les annonces du chef de l’Etat début décembre, qu’il devait s’organiser s’il comptait durer et obtenir plus. D’où son rapprochement récent, par exemple, avec les milieux syndicaux et l’appel à la grève générale, le 5 février, de la CGT. « On est passé d’une logique de sincérité à un besoin de fédération politique, abonde un cadre de la sécurité intérieure. Il ne faut toutefois pas forcément voir dans la structuration actuelle quelque chose d’organisé politiquement. »

    Il y a surtout un besoin « d’auto-justification » du mouvement, selon ce fonctionnaire. Celle-ci passerait aujourd’hui par le besoin de fédérer les rancœurs autour de « personnalités politiques », telles que le président Emmanuel Macron ou le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. Cette nécessité de resserrer les rangs passerait aussi par l’utilisation de la « victimisation », avec un vecteur tout trouvé : les violences policières. Cette « deuxième phase » du mouvement s’appuie enfin beaucoup sur le soutien affiché de l’opinion. Un soutien qui risque de s’effriter mais va sans doute durer sur le long terme, estime un haut responsable de la gendarmerie.

    Une mobilisation très dépendante du charisme des leaders locaux

    Si quelques profils ont crevé l’écran au niveau national, comme Eric Drouet, Maxime Nicolle ou Priscillia Ludosky, ou encore Ingrid Levavasseur, notamment par le biais des réseaux sociaux, le mouvement des « gilets jaunes » doit également sa réussite à l’émergence, parfois éphémère, de leaders ultra-locaux.

    « Souvent, un abcès de fixation prend parce qu’il y a une ou deux personnes qui agrègent les autres et prennent de manière implicite la tête du dispositif », témoigne un policier chargé de dégager des ronds-points.

    Quand l’un de ces chefs de file disparaît, le noyau se disloque en général assez rapidement. Ce cas de figure s’est présenté récemment à Béziers (Hérault), autour de la figure d’une femme. « Depuis son interpellation et sa condamnation à une forte peine de prison avec sursis, il y a un gros flottement sur le secteur », décrypte M. Ryckewaert, du SCSI.

    Mais si certains policiers constatent un étiolement de ce type de blocages, d’autres estiment qu’après avoir atteint son étiage, la mobilisation des « gilets jaunes » est partie pour durer. Un enkystement et une détermination que le lancement du grand débat national par M. Macron ne semble pas encore avoir entamés. « C’est une grande séance de thérapie collective ce débat, c’est bien, mais quand les gens vont se rendre compte à la fin qu’ils ne sont toujours pas soignés, il va y avoir de la frustration », prédit une source policière de haut rang. Si le mouvement des « gilets jaunes » passe l’hiver et notamment la période actuelle de grand froid, les autorités craignent qu’il bourgeonne de plus belle au printemps.

    #maintien_de_l'ordre


  • « Grand débat » : ce qu’expriment les cahiers de doléances | Mediapart

    le plus frappant, c’est l’absence de toute référence à l’islam

    https://www.mediapart.fr/journal/france/140119/grand-debat-ce-qu-expriment-les-cahiers-de-doleances

    Meuse et Meurthe-et-Moselle, envoyé spécial.– Évidemment, il peut y avoir un petit côté « foire à la Farfouille », l’idée du savant Cosinus qui, d’un coup d’un seul, va régler (presque) tous les problèmes. Ainsi, en mairie de Bar-le-Duc, préfecture de la Meuse, est présentée comme une « évidence » cette proposition inscrite dans le cahier de doléances : « Taxer les propriétaires de chien. » Après tout, ces animaux ne profitent-ils pas gratuitement de nos infrastructures ? À Nancy, Lætitia estime que si « toutes les décorations de Noël fonctionnaient à l’énergie solaire, ce serait déjà un progrès ». Ronaldo assure qu’il est grand temps « d’investir dans des lieux de bonheur ».

    Et puis il y a cette surprise, constatée dans la demi-douzaine de cahiers de doléances ouverts dans plusieurs mairies depuis la fin du mois de décembre et que nous avons consultés à Nancy, à Toul, à Commercy (là, les « revendications » étaient collectées par le groupe de gilets jaunes de la ville), à Bar-le-Duc, soit près de deux cents contributions en tout : c’est l’absence de toute référence à l’islam. Dur camouflet pour tous ceux qui, à l’instar de Manuel Valls, de l’extrême droite et d’une large partie de la droite, ont voulu en faire le problème central du pays.

    De même, l’immigration, les générosités supposées de l’État envers l’étranger, le trop-plein ou la « submersion » ne sont que très marginalement évoqués : dans une dizaine de contributions seulement. Et l’on y retrouve alors quelques-uns des slogans classiques de l’extrême droite lepéniste.


  • « #Grand_débat » : ce qu’expriment les cahiers de #doléances - François Bonnet, Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/140119/grand-debat-ce-qu-expriment-les-cahiers-de-doleances

    Et puis il y a cette surprise, constatée dans la demi-douzaine de cahiers de doléances ouverts dans plusieurs mairies depuis la fin du mois de décembre et que nous avons consultés à Nancy, à Toul, à Commercy (là, les « revendications » étaient collectées par le groupe de gilets jaunes de la ville), à Bar-le-Duc, soit près de deux cents contributions en tout : c’est l’absence de toute référence à l’islam.

    L’annulation de la hausse de la #CSG fait l’unanimité, tout comme le refus d’une désindexation même partielle du montant des pensions par rapport à l’inflation. « Il est impératif de rétablir cette indexation, les retraités ne doivent pas être sacrifiés », note Jacqueline à Nancy. « Avec la #désindexation partielle, je serai dans dix ans sous le seuil de pauvreté. Est-ce qu’une démocratie républicaine a le droit d’amener ses citoyens à la pauvreté ? », demande un habitant de Toul.

    « Je dois aider mes enfants et maintenant il va falloir aider nos parents qui n’y arrivent plus », note un Nancéien. « Suppression de la CSG, indexation et hausse de 3 % des retraites », demande un autre.

    Moins qu’une baisse des #impôts – très rarement évoquée –, c’est d’abord l’#égalité devant l’impôt qui est exigée. « Il faudrait que tout le monde paie l’impôt sur le revenu, ne serait-ce que 5 ou 10 euros, c’est un acte de citoyenneté », explique Véronique, à Nancy. La contrepartie, c’est imposer plus « les grands patrons, les très hauts revenus, les hauts fonctionnaires et les élus », note un habitant de Toul qui a repris l’idée de Véronique.


  • « Et si les gilets jaunes étaient des écologistes qui s’ignorent ? »
    https://www.nouvelobs.com/societe/20181116.OBS5549/et-si-les-gilets-jaunes-etaient-des-ecologistes-qui-s-ignorent.html

    Cessons donc d’opposer la colère des gilets jaunes et la bataille contre le réchauffement climatique ! Telle est la proposition de Jean-Baptiste Comby, sociologue à l’université Paris 2, auteur de « la Question climatique. Genèse et dépolitisation d’un problème public » (Raisons d’Agir, 2015). Celui-ci nous invite à voir, dans la mobilisation de samedi, un appel à appréhender les défis climatiques et énergétiques en tenant compte des réalités des fractions fragilisées de la population.
    Transports en commun hors des villes, fret, rythmes des déplacements… « Il est donc urgent de revenir à une écologie proprement politique et ce faisant de mettre en œuvre les mesures structurelles seules à même de nous rendre durablement, massivement et équitablement moins dépendants de l’automobile », estime le chercheur. Tribune.

    #écologie_politique (vs écologie punitive) #inégalités #écotaxes


  • Bure : le zèle nucléaire de la justice - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/11/14/bure-le-zele-nucleaire-de-la-justice_1692100

    Ils ne sont que quelques dizaines, pourtant la justice emploie les très grands moyens. « Libération » a pu consulter le dossier d’instruction contre les militants antidéchets nucléaires : une procédure titanesque employant les ressources les plus pointues… de la lutte antiterroriste. (...)
    L’objectif clairement affiché est de mettre en évidence la « radicalisation » d’une partie des opposants ayant des « desseins criminels » et auteurs, selon les gendarmes, d’« infractions graves n’ayant pour l’instant entraîné que des dégâts matériels ». Dans cette instruction, qui a déjà dépassé les 10 000 pages et que Libération a consultée, les investigations les plus intrusives des enquêteurs s’enchaînent frénétiquement. Une « cellule Bure » à la gendarmerie est montée en coordination avec le parquet de Bar-le-Duc. Une dizaine de militaires travaillent sur le mouvement. La plupart à plein temps. Surveillance physique, #géolocalisation, #balisage de véhicule, placement sur #écoute, tentative de sonorisation d’une maison, expertise génétique, perquisitions, exploitation de matériel informatique… Ces « techniques spéciales d’enquête » ont été étendues ou légalisées par la loi du 3 juin 2016 sur la criminalité organisée et le terrorisme. A l’époque des débats au Parlement, les défenseurs des libertés publiques alertaient justement contre le risque de voir les méthodes de l’#antiterrorisme et de répression du grand banditisme appliquées au militantisme politique.

    #nucléaire #luttes_sociales #Imsi-catcher

    • Les grandes oreilles des gendarmes vont aussi s’intéresser à plus d’une dizaine de militants, dont les téléphones personnels sont placés sur écoute à partir de septembre 2017. Pour certains, les interceptions cessent après quelques semaines. D’autres, en revanche, seront écoutés pendant près d’un an. Qui parle à qui ? Qui utilise un pseudonyme ? Et lequel ? Les enquêteurs peinent à débusquer les « malfaiteurs » qu’ils traquent. Ainsi, 2000 communications décortiquées n’aboutissent qu’à quatre maigres retranscriptions… Sans parler du numéro d’une personne n’ayant rien à voir avec Bure, écoutée durant un mois pour rien.

      Mais l’exploitation des téléphones personnels ne se cantonne pas aux écoutes. Une dizaine de personnes ont été géolocalisées pendant plusieurs semaines « avec une fréquence de rafraîchissement de dix minutes ». Résultat de ces rutilantes investigations ? Aucun « élément intéressant l’enquête ou susceptible d’aider à la manifestation de la vérité ». Autre tentative, celle de poser des balises GPS sous les véhicules de deux personnes intéressant manifestement beaucoup les enquêteurs. Mais là encore, les découvertes s’avèrent infructueuses.

    • Les gauchistes, c’est tellement sournois, ça résiste à tous les moyens d’enquête. Pas comme ces terroristes islamistes qui laissent leurs cartes d’identité sur les lieux de la terreur. C’est pour ça qu’il faut utiliser les lois antiterroristes contre les gauchistes, écologistes, syndicalistes, avec, par exemple, suppression de l’intervention du juge pour les mesures de privation de liberté. L’intuition des enquêteurs, c’est plus sûr que les procédures contradictoires. La preuve, quand on suit l’intuition des enquêteurs, qu’on attente aux libertés et à la vie privée, on n’obtient rien : c’est bien que les gauchistes sont très fourbes et très dangereux.

      https://seenthis.net/messages/735691


  • À Bure, l’Etat veut broyer la #lutte #antinucléaire
    Quelques chouettes hiboux de Bure
    https://reporterre.net/A-Bure-l-Etat-veut-broyer-la-lutte-antinucleaire

    Quand l’#IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et l’#ASN (Autorité de sûreté nucléaire) pointent du doigt les risques énormes liés au projet #Cigéo, quand près de 3.000 personnes se retrouvent dans les rues de Bar-le-Duc pour dénoncer ce projet absurde, demander la fin du nucléaire et affirmer leur solidarité aux militant.e.s locales, l’État abat sa dernière carte pour imposer sa poubelle nucléaire : la #répression. Pour les personnes vivant à Bure et dans les environs, la vie est déjà rendue complexe par une présence policière accrue : plusieurs patrouilles par heure, contrôles et fouilles de véhicules et des personnes… Sortir sans sa carte d’identité, c’est risquer une vérification d’identité de quatre heures ; laisser traîner un couteau suisse (et même une pelle à tarte) dans la portière de sa voiture, c’est risquer une #garde_à_vue et des #poursuites_pénales pour transport d’arme. Quand on parle d’État d’exception à Bure, on fait état de toutes ces mesures qui rendent pénible la vie au quotidien afin que ce bout de territoire se vide toujours plus de ses habitant.e.s et surtout de ses opposant.e.s à la poubelle nucléaire.

    L’instruction ouverte pour association de malfaiteurs décuple les activités répressives contre les militant.e.s, et, en brisant des vies, tente de broyer cette lutte. Ainsi, des personnes installées depuis des années se retrouvent avec des interdictions de territoire qui les privent de leur vie sociale tissée sur la durée. Des personnes qui luttent depuis des années contre ce projet se retrouvent dans l’interdiction de se voir, cassant toute possibilité d’organisation politique. En recherchant jusqu’aux personnes participant aux approvisionnements de nourriture et en mettant en place des filatures et des écoutes généralisées, l’État diffuse la peur parmi tou.te.s les opposant.e.s et tou.te.s les habitant.e.s. La défense collective contre cette attaque judiciaire est d’autant plus compliquée que les personnes concernées n’ont pas le droit de se voir et que le dossier d’instruction est protégé par le « secret de l’instruction ». La #procédure en cours est chronophage, mobilise des personnes pour la parer, diabolise les mis.e.s en examen aux yeux de voisin.e.s et des personnes qui découvrent les chefs d’inculpation. Elle prend ce temps si utile pour lutter. Cette instruction a pour unique but de paralyser la lutte et d’imposer le projet mortifère de la poubelle #nucléaire à #Bure.

    #intimidation


  • Bure : nouvelle vague de perquisitions et d’arrestations - Pour faire oublier les risques du projet, les autorités criminalisent les militant.e.s
    Communiqué du 20 juin 2018
    http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-nouvelle-vague-de-perquisitions-et-d

    Ce mercredi 20 juin, quelques jours après une manifestation festive contre Cigéo qui a rassemblé plus de 3000 personnes à Bar-le-Duc, dix lieux militants (dont la Maison de Résistance de Bure) et domiciles ont été perquisitionnés autour de Bure, dans les alentours et même à Paris. 7 personnes sont actuellement en garde à vue et pourraient y rester plusieurs jours. Il s’agit de la vague de perquisitions la plus lourde jamais subie dans le mouvement.

    Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement ce coup de force des autorités, nouvelle preuve de la dérive sécuritaire du gouvernement, qui traite des militant.e.s et des habitant.e.s comme des terroristes pour essayer de détourner l’attention des problèmes colossaux posés par Cigéo.

    #Bure


  • Les villes font abattre quantité de corbeaux
    https://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/06/16/les-villes-font-abattre-quantite-de-corbeaux_5316197_1652692.html

    S’installer en #ville n’est visiblement pas un choix judicieux pour les #corvidés. Certaines communes, dans la perspective d’éradiquer les #corbeaux et #corneilles installés à proximité des habitations, sollicitent des chasseurs afin qu’ils abattent les volatiles lors de séances de tirs organisées. Le phénomène est de plus en plus répandu, selon la présidente de l’association de protection des corvidés Les Amis de Lazare (Ladel), Véronique Bialoskorski, qui estime à plusieurs centaines le nombre de villes ayant recours à ces méthodes.

    Le motif évoqué pour justifier ces opérations est souvent le même : les #nuisances_sonores. Au printemps, lors de la période de nidification, les corbeaux sont en effet particulièrement bruyants – les petits, surtout, qui s’égosillent pour recevoir la becquée – et des habitants se plaignent d’être importunés auprès des représentants locaux.

    #abattage #paywall

    • S’installer en ville n’est visiblement pas un choix judicieux pour les corvidés. Certaines communes, dans la perspective d’éradiquer les corbeaux et corneilles installés à proximité des habitations, sollicitent des chasseurs afin qu’ils abattent les volatiles lors de séances de tirs organisées. Le phénomène est de plus en plus répandu, selon la présidente de l’association de protection des corvidés Les Amis de Lazare (Ladel), Véronique Bialoskorski, qui estime à plusieurs centaines le nombre de villes ayant recours à ces méthodes.

      Le motif évoqué pour justifier ces opérations est souvent le même : les nuisances sonores. Au printemps, lors de la période de nidification, les corbeaux sont en effet particulièrement bruyants – les petits, surtout, qui s’égosillent pour recevoir la becquée – et des habitants se plaignent d’être importunés auprès des représentants locaux.

      Si la gêne occasionnée est une réalité, l’abattage massif est une solution « beaucoup trop radicale », estime Madline Reynaud, directrice de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). Un avis que partage Véronique Bialoskorski, scandalisée par la « cruauté » de ces destructions : « Le tir dans les nids est interdit, mais les oiseaux volent autour pour défendre leurs petits… alors on massacre les parents et on laisse les oisillons crever ! »

      Le recours aux armes est néanmoins légal : il est permis par le fait que ces volatiles sont classés parmi les « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts », dites « nuisibles ». C’est le cas dans 84 départements pour la corneille noire et 58 pour le corbeau freux. Ainsi, ils peuvent faire l’objet de tirs en dehors des périodes de chasse – une simple autorisation préfectorale suffit. L’Aspas engage chaque année des actions juridiques pour que soient suspendues ces destructions, faisant valoir l’existence de « méthodes plus douces » consistant à « rendre les sites moins accueillants ».

      Plus de 600 000 corbeaux abattus

      Si le phénomène semble s’intensifier, c’est notamment parce que les corbeaux fuient les campagnes sous l’effet d’une forte pression de la chasse, dénonce la présidente de Ladel. Ils sont en effet nombreux à y succomber : selon la dernière enquête de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), plus de 600 000 corbeaux et corneilles ont été abattus rien que sur la saison de chasse 2013-2014.

      Mais il y a aussi qu’ils « profitent des déchets liés à l’activité humaine », tempère Jean-Pierre Arnauduc, directeur technique de la Fédération nationale des chasseurs (FNC). A ses yeux, l’enjeu des tirs de corvidés dans les communes n’est pas de « faire un massacre », mais simplement « de leur faire sentir qu’ils doivent déménager ». Il estime en outre que si les chasseurs participent à ces séances, c’est essentiellement par « solidarité » entre citoyens, pour « rendre service ».

      Reste que le manque d’efficacité de cette méthode est dénoncé par les associations de protection des animaux ainsi que par certaines communes, déçues des résultats. « Je pense qu’il y avait un fort effet psychologique, car les gens voyaient qu’on agissait, se souvient Anne Schooneman, responsable du pôle citoyenneté à Bar-le-Duc (Meuse). Mais malgré les quelque 500 corbeaux tués chaque année dans la commune, ils revenaient chaque année ». Cela fait maintenant deux ans que la ville a fait une croix sur le principe de l’abattage. Avec l’aide des associations, elle mise désormais sur une diminution de l’attractivité des « dortoirs » en enlevant les nids en début d’année ou en effrayant les indésirables avec des fusées sonores.

      Le recours aux chasseurs est presque gratuit

      Si ces nouvelles méthodes requièrent du temps et de l’organisation, elles sont plus respectueuses de l’environnement et davantage compatibles avec une politique de développement durable, estime Anne Schooneman. D’autant que les premiers résultats sont prometteurs : le nombre de nids reconstruits cette année est en baisse sur les deux sites cibles de Bar-le-Duc.

      Le coût peut néanmoins constituer un frein : là où les frais liés à ces alternatives s’élèvent à plusieurs milliers d’euros par an, le recours aux chasseurs est pour sa part gratuit – seules les cartouches sont parfois prises en charge, soit quelques centaines d’euros. Mais « le frein financier ne doit pas prendre le pas sur la moralité, l’éthique et le respect de la vie », tranche Madline Reynaud, de l’association Aspas.

      Pour autant, sur le terrain, c’est surtout le regard des gens sur « ces animaux que l’on appelle les mal-aimés » qu’il faut changer, souligne-t-elle, pointant l’importance des actions de sensibilisation. « Certaines personnes peuvent avoir des a priori sur ces oiseaux, car ils leur font peur, constate-t-elle. Mais il suffit juste de les connaître et de comprendre leur comportement pour trouver un terrain d’entente et cohabiter de manière pacifique. »

    • Le recours aux #chasseurs est presque gratuit

      Ca coute seulement quelques cubis de rouge.
      Pour lutter contre le bruit de poussins on utilise des sonos énormes ou des pan-dans-l’oeil. Notre espèce est largement la plus bruyante de toutes et elle dégomme celles qui l’empêchent de faire la grasse matiné. La ville pourrait offrir du double vitrage ca aurais un effet sur la dépense d’energe pour le chauffage. Si les corbeaux et corneilles sont attirés par nos dechets on devrait les remercier de faire le nettoyage plutot que les massacrés par paquets de 600.000.


  • Une nouvelle journée de mobilisation contre la « poubelle #Nucléaire »
    https://www.bastamag.net/Une-nouvelle-journee-de-mobilisation-contre-la-poubelle-nucleaire

    La mobilisation se poursuit contre Cigeo, le projet d’enfouissement de déchets radioactifs dans la Meuse. Ces derniers mois, plus d’une trentaine de comités de soutien aux opposants de Bure se sont créés dans l’Hexagone. Ils appellent à une journée d’action et de débats le 16 juin à Bar-le-Duc pour faire le bilan des mois passés et réfléchir à l’avenir de leur combat. Une vingtaine de bus à travers la France sont d’ores et déjà prévus. Voici leur appel. Pourquoi ce 16 juin 2018 ? Depuis 1993, nous avons (...)

    ça bouge !

    / #Luttes_sociales, Nucléaire

    #ça_bouge_ !


  • Bure : le silence est d’or
    http://jefklak.org/bure-le-silence-est-dor

    Dans la Meuse, où l’État compte cacher les déchets radioactifs les plus dangereux de France, des sommes colossales d’argent public abreuvent une campagne dépeuplée. Les euros coulent à flots, non pas pour les écoles, qui ferment, ni pour les hôpitaux, qui périclitent. Mais des millions de subventions pour les clubs sportifs, les associations de chasseurs ou les salles des fêtes…

    Ainsi espère-t-on enterrer l’opposition des riverain·es à Cigéo, projet vaseux d’enfouissement de la question du nucléaire. Or l’achat des consciences n’est pas la seule arme pour réprimer celles et ceux qui résistent : depuis septembre 2016, une pluie de procès s’abat sur les opposant·es à Cigéo.

    Mardi 12 juin 2018, ce sont encore cinq personnes qui passent au tribunal, et le 26 juin, ce sera le délibéré pour treize personnes arrêtées en mars et jugées le 23 mai dernier. Alors que, le 16 juin prochain, se prépare une journée d’action à Bar-Le-Duc (Meuse), Jef Klak décortique les plus que douteuses méthodes employées par l’État et le secteur du nucléaire pour imposer la fuite en avant énergétique.

    #fabrique_du_consensus #fabrique_du_consentement #démocratie_réelle #démocratie_blindée #répression #Bure #nucléaire #nuisances


  • Bure : le silence est d’or
    Faire accepter la poubelle du nucléaire à coup d’argent public

    Par Emmanuel Sanséau

    http://jefklak.org/bure-le-silence-est-dor

    Dans la Meuse, où l’État compte cacher les déchets radioactifs les plus dangereux de France, des sommes colossales d’argent public abreuvent une campagne dépeuplée. Les euros coulent à flots, non pas pour les écoles, qui ferment, ni pour les hôpitaux, qui périclitent. Mais des millions de subventions pour les clubs sportifs, les associations de chasseurs ou les salles des fêtes… Ainsi espère-t-on enterrer l’opposition des riverain·es à Cigéo, projet vaseux d’enfouissement de la question du nucléaire. Or l’achat des consciences n’est pas la seule arme pour réprimer celles et ceux qui résistent : depuis septembre 2016, une pluie de procès s’abat sur les opposant·es à Cigéo. Mardi 12 juin 2018, ce sont encore cinq personnes qui passent au tribunal, et le 26 juin, ce sera le délibéré pour treize personnes arrêtées en mars et jugées le 23 mai dernier. Alors que, le 16 juin prochain, se prépare une journée d’action à Bar-Le-Duc (Meuse), Jef Klak décortique les plus que douteuses méthodes employées par l’État et le secteur du nucléaire pour imposer la fuite en avant énergétique.


  • Soirée à propos de la manifestation contre le projet Cigeo du 16 juin à Bar-Le-Duc mardi 5 juin
    https://rebellyon.info/Soiree-d-information-a-propos-de-la-19299

    La clique des amies de Bure vous invite à venir discuter de la lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, de la manifestation du 16 juin et de ses suites mardi 5 juin à 18h à l’Amicale du futur, 31 rue Sébastien Gryphe.

    #Infos_locales

    / #Ecologie_-_nucléaire_-_alternatives, Une


  • Une journée contre la poubelle nucléaire, le 16 juin 2018 à Bar-le-Duc
    https://rebellyon.info/Une-journee-contre-la-poubelle-nucleaire-19206

    Si vous lisez ces lignes, c’est probablement que vous luttez à nos côtés contre le projet Cigéo, que vous avez à un moment ou un autre apporté un coup de pouce, un soutien dans ce combat de longue haleine. L’abandon de Cigéo, ce but ultime, demande de l’endurance et de la ténacité sur le long terme, de l’écoute et de la compréhension dans les temps difficiles, et de faire nombre dans les temps forts. Le 16 Juin 2018 en sera un.

    #A_lire_sur_d'autres_sites

    / #Ecologie_-_nucléaire_-_alternatives, Une, #Bure


  • Déchets nucléaires à Bure : deux opposants au projet Cigéo condamnés à trois mois de prison fermes...
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/14636-dechets-nucleaires-a-bure-deux-opposants-au-projet-cigeo-condamnes-

    Deux poids deux mesures, les écologistes vont directement en taule, par contre quand un ministre du Budget en chargé de l’évasion fiscale est convaincu de blanchiment et de fraude fiscale, rien ne se passe…

    Des militants anti-nucléaires défilent à Mandres-en-Barrois (Meuse), contre le site Cigéo de Bure, le 23 février 2018.

    (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

    Trois mois de prison ferme. Lundi 19 mars, le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc (Meuse) a condamné deux opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure : l’un pour violences lors de l’évacuation du bois Lejuc, l’autre pour des dégradations ultérieures.

    Le site, occupé depuis l’été 2016 par des opposants au projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires, a été retenu par l’Agence nationale (...)


  • [Bure - Procès du mur] prison avec sursis et grosses amendes requises
    https://nantes.indymedia.org/articles/40116

    Procès du mur : le délibéré sera rendu le 10 avril, à 9h, au TGI de Bar-le-duc. Le procureur requiert pour chaque opposant : 4 à 5 mois de prison avec sursis et 6000 euros pour le mur détruit, ainsi que 300 euros pour le refus de prélèvement d’ADN.

    #Ecologie #Répression #nucléaire #Bure #meuse #Ecologie,Répression,nucléaire


  • #Bure : « Nous sommes tous des tombeurs de mur »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/140218/bure-nous-sommes-tous-des-tombeurs-de-mur

    Audience très politique, mardi 13 février, au tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, où étaient jugés deux hommes pour la démolition d’un mur érigé par l’agence des déchets nucléaires dans une forêt de la Meuse, ainsi qu’un troisième militant, pour la publication d’un billet de blog sur Mediapart.

    #France #Cigéo #énergie #Justice #nucléaire



  • Le saviez-tu : en 2010 déjà, les journalistes commentaient la neige qui tombe. (Et, oui, j’aime me citer.)
    https://seenthis.net/messages/6549

    – Oui, Paris, ici à Bar-le-Duc dans la Meuse, c’est le plus violent épisode neigeux de toute l’histoire depuis décembre 2009.
    – Ah mais alors, Victor, vous voulez dire que la cité meusienne est à nouveau prise en otage par un événement neigiphère ?
    – Tûtafé Paris, dans la capitale ornanaise, c’est une véritable catastrophe floconneuse que subissent les Barleduchiennes et les Barleduchiens.
    – Non, Victor, c’est pas « Barleduchiens », c’est « Barisiens »...
    – Non, Paris, j’ai pas dit « Parisien », c’est bien à Bar-le-Duc qu’il neige.
    – Victor, on avait convenu qu’on ne disait pas « il neige » à l’antenne, hein, parce que ça fait pingouin. Et les habitants de Bar-le-Duc, ce sont les « Barisiens », pas les « Barleduchiens ». Ou « Barrois » si vous voulez.
    – Oui, c’est ça, et je t’emmerde, Paris. Ici il neige, on se les pèle, on a fait sept heures de route pour ton sujet météo de daube, alors tes gentils Barroissiens, tu te les mets où je pense.
    – Ahem, sans transition, retour à Paris, où la polémique internationale sur la gestion de la crise neigostrophique n’en finit plus de...


  • #Bar-le-Duc (55) : #procès de la chute du mur, mardi 13 février 2018
    https://fr.squat.net/2018/02/07/bar-le-duc-proces-de-la-chute-du-mur

    Le 13 février, à 9h, à Bar-le-Duc, nous appelons à être massivement présent-e-s pour faire face au « procès de la chute du mur ». Nous étions plus de 500 le 14 août 2016 pour abattre l’immense mur de béton « anti-occupation » que l’Andra avait installé, pour tenter de contenir la contestation et empêcher […]

    #arbres #Bure #Meuse


  • Le 13 février à 9 heures,
    face au festival des procès absurdes,
    tou·te·s à Bar-le-Duc pour le Carnaval des hiboux !

    https://lavoiedujaguar.net/Le-13-fevrier-a-9-heures-face-au-festival-des-proces-absurdes-tou-te

    Cela commence comme une comptine, un peu trop répétée ces derniers temps, d’ailleurs… Encore des rassemblements devant le tribunal ? C’est devenu presque une routine à l’heure de la criminalisation accélérée de la lutte antinucléaire, quand les citations directes par le procureur deviennent règle commune. Mais ce rendez-vous-là est exceptionnel, tant la charge symbolique de ces trois accusations est forte. Deux personnes devront répondre le 13 février de la destruction du mur de béton érigé illégalement par l’Andra autour du bois Lejuc à l’été 2016 ; une autre devra se défendre d’avoir « atteint à l’honneur » du commandant de gendarmerie Bruno Dubois en déclarant s’être fait étrangler par lui lors de son arrestation le 18 février 2017.

    Dans le contexte des convocations à répétition que nous connaissons, ces procès s’annoncent potentiellement comme les premières gouttes d’une douche glacée qui pourrait s’abattre sur les opposant.es au projet Cigéo. Mais ce 13 février, Mardi gras, jour de toutes les fêtes et de tous les renversements possibles, pourrait aussi être l’occasion d’enrayer leur machine répressive. (...)

    #Bure #lutte_antinucléaire #procès #Mardi_gras


  • Pluie de convocations à #Bure
    https://nantes.indymedia.org/articles/39642

    INFORMATION À DIFFUSER LARGEMENT En septembre dernier le juge d’instruction de Bar-le-Duc a supervisé une série de perquisitions opérées le 20 septembre 2017 dans le cadre d’une commission rogatoire suite aux dégradations commises à l’Hôtel- restaurant du site de l’Andra à Bure durant la semaine d’action de juin 2017.

    #Ecologie #Répression #nucléaire #meuse #Ecologie,Répression,nucléaire


  • Cinq questions sur la #pénurie de #gynécologues en France - CRAPS
    http://association-craps.fr/actualites/cinq-questions-penurie-de-gynecologues-france
    Je pose ça là, comme une grosse bouse

    La situation a pu en outre créer une crise des vocations. « Les gynécos sont tellement maltraités, qu’ils abandonnent les tâches les plus difficiles du métier », selon Bertrand de Rochambeau. Dans les petits hôpitaux, les gynécologues enchaînent les gardes. « Les jeunes ne veulent plus travailler comme ça, cela renforce la pénurie », estime-t-il. « Attention, les médecins ne meurent pas de faim, il ne s’agit pas ça, mais ils travaillent beaucoup, dans des conditions parfois difficiles, même si leur métier est passionnant », poursuit-il.

    Généralistes et sage-femmes peuvent-ils se substituer aux gynécos ?

    « Ni les médecins généralistes, ni les sage-femmes ne sont suffisamment formés pour assurer le suivi gynécologique des patientes », assure Bertrand de Rochambeau. Les étudiants qui choisissent de devenir généralistes « doivent choisir, au cours de leur formation, entre un stage en gynécologie ou un stage en pédiatrie, c’est-à-dire qu’au mieux ils ont {…}

    • Consulter un gynécologue : la grande galère
      Entre 2007 et 2017, le nombre de ces spécialistes a chuté de 41,6 % à 1 136 et il pourrait tomber à 531 en 2025. Face à cette pénurie, des femmes renoncent à se soigner. François Béguin et Laura Motet, Le Monde

      C’est un parcours du combattant auquel sont confrontés de plus en plus de femmes. Dans de nombreuses villes, décrocher un premier rendez-vous avec un gynécologue est devenu mission impossible. A Melun (Seine-et-Marne), par exemple, elles sont trente à cinquante à appeller chaque jour le cabinet de Joëlle Robion, gynécologue en secteur 1 (sans dépassement d’honoraire), dans l’espoir de décrocher une première consultation. « Ce sont souvent des femmes dont le gynécologue est parti à la retraite et à qui je ne peux pas proposer de suivi », explique la spécialiste, qui n’accepte plus que les patientes envoyées par des généralistes.

      Dans certains départements, qui sont souvent déjà des « déserts médicaux », les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous s’allongent car les gynécologues se font rares, toutes spécialités confondues. On en compte 4,2 pour 100 000 habitants dans la Creuse, 4,32 en Dordogne ou 4,37 dans l’Ain, contre 28,6 à Paris ou 67,4 à Neuilly-sur-Seine, la ville la mieux dotée de France. Et selon les relevés réalisés par Le Monde, certaines grandes villes de la grande couronne parisienne, comme Aulnay-sous-Bois (56e ville française en termes de population) ou Ivry-sur-Seine (89e), ne comptent même aucun gynécologue libéral.

      « Il y a des coins de France où la situation est catastrophique, où des femmes ne sont plus suivies ou doivent changer de département pour l’être », alerte Anne Gompel, professeure de gynécologie à l’université Paris-Descartes.
      39 départements comptent moins de gynécologues par habitants que la moyenne française
      [graphique très parlant mais pas importable, ndc]

      Mobilisation

      Une situation d’autant plus inquiétante que tous les gynécologues ne font pas du suivi médical. Les obstétriciens se focalisent d’abord sur les accouchements et les actes chirurgicaux, leur cœur de métier. « Ils font du suivi par la force des choses, mais tout ce qui est problèmes hormonaux, par exemple, ça ne les intéresse pas », estime Laurence Mougenot, gynécologue médicale à l’hôpital de Bar-le-Duc, qui se demande par exemple « qui prendra en charge les femmes ménopausées ces prochaines années ».

      S’il est toujours possible de consulter un médecin généraliste ou une sage-femme libérale spécialisée pour un suivi de base, accéder à un gynécologue médical devient chaque année plus difficile. Le nombre de ces spécialistes de la « santé des femmes » (contraception, troubles du cycle, ménopause, stérilité, diagnostic et suivi des tumeurs) a chuté de 41,6 % en dix ans entre 2007 et 2017. Une baisse due à la décision des pouvoirs publics de ne plus en former entre 1987 et 2003 afin de s’aligner sur les formations des autres pays européens.

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      On compte 6 748 gynécologues pour 28 millions de Françaises de plus de 16 ans. Mais les gynécologues ne sont pas les seuls professionnels de santé à effectuer des suivis gynécologiques. En 2016, les pilules contraceptives ont par exemple été prescrites pour moitié (51,2 %) par des gynécologues, à 44,2 % par des médecins généralistes et à 1,7 % par des sages-femmes, selon des chiffres obtenus par Le Monde via Open Médic, une base de données recensant les médicaments délivrés en pharmacie de ville. Quant aux actes relatifs au suivi gynécologiques (frottis, pose de stérilet), ils ont été réalisés en 2016 à 2,9 % par des sages-femmes, en hausse de 52 % par rapport à 2015, selon l’Ordre des sages-femmes.
      A la suite de la mobilisation du Comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM), créé en 1997, une soixantaine de ces spécialistes (des femmes pour 95 % d’entre eux) sont de nouveau formés chaque année, mais c’est insuffisant pour compenser les départs à la retraite. Résultat : ils ne sont plus que 1 136 pour près de 28 millions de femmes âgées de plus de 16 ans. Six départements n’ont aucun « gynéco med ». Beaucoup plus demain.
      Près des deux tiers (62 %) de ceux aujourd’hui en activité ont plus de 60 ans et cesseront leur activité ces prochaines années sans avoir – pour la plupart – de successeur. Entre 2010 et 2025, selon les projections de l’Ordre des médecins, la France devrait avoir perdu plus de mille gynécologues médicaux. Ils ne seraient plus que 531 en 2025, contre 1 648 en 2010. Dans le même temps, les gynécologues obstétriciens passeraient, eux, de 3 577 à 5 452.
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      « Grand désarroi »

      « L’accès de plus de plus en difficile aux gynécologues médicaux met en danger la santé de millions de femmes, des jeunes filles en particulier », fait valoir Noëlle Mennecier, coprésidente du CDGM. Elle plaide en faveur de « mesures vigoureuses en termes de nombre de postes d’internes ouverts, et ce sur des années, pour rattraper le retard ».
      Bientôt la fin des gynécologues médicaux ?

      Effectifs entre 2010 et 2017 et projection des effectifs entre 2018 et 2015 par l’Ordre des médecins [graphique, ndc]

      Chaque départ à la retraite oblige des centaines de femmes à trouver leur propre solution. « Beaucoup de patientes sont dans un grand désarroi, raconte une gynécologue qui vient de cesser son activité dans une grande métropole de Rhône-Alpes. Certaines m’ont dit qu’elles ne se feraient plus suivre car elles ne voulaient pas l’être par un médecin généraliste… » « Je vois arriver des femmes de 65 ou 70 ans qui saignent depuis six mois mais que ça gêne d’en parler à leur généraliste… », confirme le docteur Mougenot.

      Lorsque la gynécologue de Josette (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille) est partie à la retraite il y a trois ans, sans personne pour lui succéder, cette professeure retraitée dans un petit village de l’Eure a renoncé à être suivie, après presque un demi-siècle de visites annuelles de contrôle. A 70 ans, elle ne se voyait pas demander un rendez-vous à l’hôpital de Mantes (Yvelines), à 30 km de chez elle. « Trop compliqué », dit-elle.
      Des femmes renoncent, au moins pour un temps. D’autres font des kilomètres ou se tournent vers d’autres structures ou d’autres professionnels de santé. C’est ce qu’a fait Marie, une infirmière de 24 ans, lorsqu’elle a emménagé dans une petite commune de l’agglomération toulousaine il y a trois ans et qu’aucun gynécologue parmi les dix qu’elle a sollicités ne l’a acceptée. C’est à l’hôpital public qu’elle a fini par obtenir un rendez-vous, avec un délai de deux mois. Une solution qui la satisfait, même si la consultation se fait « une pendule au-dessus de la tête » et avec le sentiment que « le temps est minuté ».

      « Rupture dans la qualité des soins »

      Christine, une cadre retraitée de 62 ans habitant Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a fini par quitter le gynécologue qui la suivait depuis dix ans. Là encore, parce que c’était devenu « trop compliqué ». « Il y avait un créneau de deux jours pendant lesquels on pouvait prendre rendez-vous, et si on le ratait, il fallait de nouveau attendre six mois… Et comme cela faisait trois fois que je ratais les “bonnes journées” pour m’inscrire… », explique-t-elle. C’est finalement dans une clinique privée qu’elle a trouvé une solution.

      Alors qu’elle vit à Paris, l’une des villes de France les mieux pourvues en gynécologues, Héloïse, une étudiante salariée de 23 ans, n’en a trouvé aucun au tarif Sécu qui l’accepte comme patiente. « Vous êtes jeune, on ne peut pas prendre le risque que vous tombiez enceinte et qu’on soit obligé de vous suivre, on est débordé », lui a même expliqué une secrétaire médicale. Au vu des tarifs prohibitifs pratiqués par les médecins à honoraires libres, c’est finalement auprès d’un généraliste au planning familial d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), soit trois heures de trajet aller-retour, qu’elle a finalement trouvé une place.

      La banlieue parisienne peut également s’avérer être un désert médical (gynécologie) [À Neuilly ? ça va, ndc]


      Certains gynécologues médicaux semblent aujourd’hui se résigner à un passage de relais aux sages-femmes libérales, autorisées à pratiquer un suivi de prévention, dont le nombre augmente de 10 % par an. Plusieurs s’interrogent cependant sur leur formation. « Elles arrivent sur le marché sans être suffisamment formées en gynécologie, met en garde Anne Gompel, de l’université Paris-Descartes. Il va y avoir des années avec une rupture dans la qualité des soins. Les généralistes ont un rôle à jouer, mais une spécialité de quatre ans ne se remplace pas par une formation de trois mois en gynéco pour un généraliste, ou un peu
      plus avec un DU, ou de sage-femme avec un mois de formation. »

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      Dépassements d’honoraires des gynécologues : des consultations supérieures à 120 euros à Paris
      Seuls 38,5 % des gynécologues pratiquent le tarif « Sécu » à 30 euros. Faute de moyens, des femmes se privent de gynécologue dans les grandes villes.

      Très chers gynécos... Chez près de la moitié (45 %) des 3 000 gynécologues (médicaux et obstétriciens) exerçant dans les cent plus grandes villes de France, il faut payer au moins 60 euros pour une consultation standard, soit le double du tarif « Sécu », fixé à 30 euros. Dans ces communes, le tarif moyen s’élève à 47 euros.
      Pour obtenir ces chiffres inédits, Le Monde a « aspiré » sur Ameli.fr le site de l’Assurance-maladie, les données contenues dans les fiches tarifaires de ces praticiens qui représentent plus de 60 % de la profession.
      Pour l’ensemble de la France, selon ces chiffres, seul un gros tiers (38,5 %) de ces spécialistes ne fait payer que 30 euros pour une consultation de suivi. Mais, selon nos relevés, ils ne sont plus que 18 % à le faire à Paris. Dans la capitale, le tarif moyen est particulièrement élevé, à 70,30 euros. Et près d’un quart (23 %) demande plus de 90 euros, soit au moins trois fois le tarif « Sécu » ! Enfin, 5 % des gynécologues parisiens demandent plus de 120 euros. Dans les quartiers huppés, il faut débourser jusqu’à 150 euros.

      Renoncements aux soins
      D’une commune à l’autre, le tarif moyen varie fortement. A Neuilly, il s’établit à 85 euros, contre 35 euros à Grenoble ou 55 euros à Marseille. Dans les dix plus grandes villes de l’Hexagone, il dépasse 45 euros, sauf à Nantes et à Toulouse (38 euros et 40 euros). Quant aux consultations privées dans les hôpitaux publics, elles présentent les prix les plus élevés, à 56 euros (87 euros à Paris).
      La gynécologie fait partie des cinq spécialités – gériatrie, psychiatrie, stomatologie, gynécologie obstétrique – les plus gourmandes en dépassements d’honoraires. Sa branche médicale se classe même en tête de l’observatoire des pratiques tarifaires publié par la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), le 29 novembre, tandis que sa branche chirurgicale (l’obstétrique) est cinquième.

      Conséquences : ces tarifs élevés peuvent entraîner des renoncements aux soins, notamment chez les étudiantes ou les retraitées, pas ou peu couvertes par une mutuelle.
      C’est ce qui est arrivé à Monique, 64 ans, retraitée du Trésor public. Quand sa gynécologue a quitté Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour les « beaux quartiers » de la capitale et s’est mise à pratiquer des dépassements d’honoraires non pris en charge par sa mutuelle, elle a préféré renoncer à ses deux visites de contrôle par an. Une rupture dans son suivi qui aurait pu avoir des conséquences si elle n’avait pas fini par trouver à Sète (Hérault), son lieu de vacances, une spécialiste au tarif « Sécu » qui a accepté de la suivre.

      Optam, un outil de maîtrise des tarifs
      « Ce que veulent les gens, c’est d’abord être bien soignés et qu’on les écoute », fait valoir une gynécologue qui pratique des « petits » dépassements en région. Elle rappelle que, outre la prise en charge des patients à la couverture maladie universelle (CMU), les médecins en secteur 2 (en honoraires libres) « ont toujours fait des tarifs “Sécu” pour les gens qui n’avaient pas les moyens ».
      Une bonne pratique dont n’a jamais bénéficié Valentine, une étudiante nancéenne de 21 ans, qui a toujours payé « entre 50 euros et 80 euros » sa consultation chez le gynéco de ville et a parfois dû demander une aide financière à ses parents. « Il y a certes le tarif de la consultation de base, mais dès qu’il y a une prescription ou un examen, cela augmente, dit-elle. Et l’on va rarement chez le gynécologue sans avoir besoin de l’un ou de l’autre. »
      Paris, championne des dépassements d’honoraires dans les grandes villes

      « Les tarifs sont affichés sur le site Ameli.fr, les gens ne sont pas surpris », explique une gynécologue médicale du 14e arrondissement de Paris. Elle demande 70 euros pour une visite et un frottis, soit, selon elle, 40 euros pris en charge par la « Sécu », avec qui elle a signé une « option pratique tarifaire maîtrisée » (Optam, anciennement CAS pour « contrat d’accès aux soins ») et 30 euros de dépassement, « généralement pris en charge par les mutuelles ».
      Pour l’Assurance-maladie, la hausse spectaculaire des dépassements a été enrayée grâce à Optam. En échange de leurs bonnes pratiques, la « Sécu » prend en charge une partie des cotisations des praticiens. Depuis 2012, ce mécanisme a stabilisé le taux de dépassement chez les gynécologues qui était passé de 25 % à 43 % depuis 2000. Mais, à Paris, il peine à convaincre. En juin, seulement vingt-cinq gynécologues de secteur 2 avaient adhéré au dispositif, soit moins de 5 %.

      « Difficulté à trouver un gynécologue »
      Interrogée par Le Monde, la CNAM reconnaît que « le dispositif de régulation des dépassements d’honoraires produit des résultats encore insuffisants pour certaines spécialités comme la gynécologie ». Dans certaines villes, les gynécologues présentent à la fois des dépassements trop élevés pour les rendre éligibles à l’Optam tout en restant sous les seuils au-delà desquels des procédures pour pratique tarifaire excessive peuvent être déclenchées. « Pour les autres », la CNAM assure « agir », assurant qu’en septembre « un certain nombre de médecins dont les niveaux de dépassements étaient à fois élevés sans être orientés à la baisse ont été alertés, et ce afin qu’ils modifient leur pratique ».
      Le taux de dépassement a explosé depuis 2000, avant de se stabiliser à partir de 2012

      Au Syngof, le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France, on estime que le premier problème n’est pas le niveau des dépassements d’honoraires, jugé modéré dans la plupart des villes, mais « la difficulté à trouver un gynécologue », selon Elisabeth Paganelli, la secrétaire générale du syndicat. Et de rappeler que les gynécologues médicaux libéraux ont en moyenne un revenu avant impôt inférieur à celui des médecins généralistes (72 900 euros contre 88 700 euros).

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      A Aulnay, « certaines femmes n’ont pas eu de suivi gynéco depuis six ans »
      Depuis près d’un an, il n’y a plus de gynécologue libéral dans cette ville de 82 000 habitants. Patientes et pouvoirs publics tentent de trouver des solutions. Laura Motet

      « C’est la galère ! J’étais suivie par une gynéco, mais elle est partie il y a trois ans. J’ai enchaîné avec des consultations à 80 euros à la clinique du Blanc-Mesnil, avant d’atterrir ici après plusieurs mois d’attente, parce que je n’avais plus d’argent. » Le parcours de Sabrina (le prénom a été modifié), rencontrée à l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois, illustre celui de nombreuses femmes de cette commune de Seine-Saint-Denis.

      Les quatre gynécologues libérales qui exerçaient il y a encore quelques années dans cette ville de 82 000 habitants sont parties à la retraite ou sont mortes. Symptôme d’un mal qui touche toute la France : le vieillissement des médecins et en particulier celui des gynécologues médicaux – l’âge moyen de ces spécialistes de la santé des femmes est de 60 ans. La ville compte seulement deux sages-femmes libérales et une médecin généraliste spécialisée en gynécologie, installée peu avant l’été. Son arrivée a été saluée par les habitantes et par la mairie.

      Ce mardi après-midi de décembre, la salle d’attente de la docteure Teanini Tematahotoa ne désemplit pas. A l’image des habitants d’Aulnay, sa patientèle est composée de 20 % de personnes très précaires, bénéficiaires de la couverture maladie universelle ou de l’aide médicale d’Etat.
      « Ils n’ont pas forcément le même rapport au médecin que les plus aisés. […] C’est une patientèle moins fidèle, qui ne perçoit pas toujours l’importance de la notion d’accompagnement à long terme. Si un autre médecin est disponible avant, ils iront le voir. Le suivi est parfois difficile, surtout s’ils ont vu quatre ou cinq collègues avant, dans différentes villes et dans différentes structures. »

      Un nomadisme amplifié par les départs à la retraite des gynécologues libéraux, dont la patientèle est rarement reprise par un confrère. Les patientes tentent alors de trouver la meilleure solution en termes de prix, d’horaires, d’accès géographique et de délai ; certaines abandonnent, tandis que d’autres vont à l’hôpital, au planning familial, dans un centre de protection maternelle et infantile (PMI) ou dans des centres municipaux.

      « Il arrive qu’on reçoive des femmes qui ne se sont pas fait suivre pendant six ou huit ans, explique une soignante exerçant au Planning familial. Elles ne peuvent pas toujours prendre le temps de se faire suivre pour faire de la prévention. Elles ne le font quand elles ont besoin de nous de façon urgente. »

      « Face à la pénurie de gynécologues médicaux, les urgences gynécologiques ont explosé, parce qu’il n’y a pratiquement plus de médecins de ville, affirme la docteure Hélène Dauphin-Merlot, cheffe du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital intercommunal Robert-Ballanger. Pour autant, c’est notre mission d’accepter tout le monde et de nous débrouiller, en triant les patientes selon la gravité et en nous coordonnant avec les autres acteurs de santé locale, comme les PMI. »
      Mi-décembre, le carnet de rendez-vous de consultation de gynécologie affichait complet jusqu’en février et pourrait continuer à se remplir pour les semaines suivantes si le planning était ouvert. « On évite de donner des rendez-vous trop en avance, sinon les patientes oublient de venir. On a un taux d’absentéisme aux consultations de 40 %. C’est malheureux, parce que cela prend la place de femmes qui en ont vraiment besoin », déplore Nathalie Cherradou, sage-femme coordinatrice du Planning familial et des consultations à l’hôpital d’Aulnay.

      Si les Aulnaysiennes parviennent à se faire suivre tant bien que mal, la situation de l’offre de santé reste très fragile, puisqu’elle dépend uniquement des priorités définies par la mairie et le département. Priorités qui, comme les élus, changent au gré des élections.

      En 2014, quelques mois après son élection, le nouveau maire Les Républicains d’Aulnay, Bruno Beschizza, décide de mettre fin à la convention qui le liait au département pour financer les centres de planification. « Les motifs de cette suppression sont purement d’ordre financier, analyse Evelyne Demonceaux‌, élue socialiste et ancienne adjointe à la santé. Mais le maire n’avait pas réalisé que la suppression de la convention entraînait la perte de la subvention du département dès le 1er janvier 2016, subvention qui permettait de payer le personnel municipal des centres de santé. »

      En 2016, les négociations avec le département reprennent ; une nouvelle convention est signée en octobre, divisant presque par deux le budget total du Planning familial et par plus de six l’apport de la municipalité (de 90 000 à 14 200 euros). Contactée à de nombreuses reprises, la mairie n’a répondu que par écrit à nos questions. Elle récuse l’idée que la nouvelle majorité souhaiterait réduire les budgets de santé et met notamment en avant qu’elle prévoit de recruter un équivalent temps plein en gynécologie pour l’un de ses centres municipaux. Pour l’instant, l’annonce n’a pas été publiée sur son site.

      Comme disait l’autre, faudrait commencer par #soigner la médecine, l’hôpital... Ça n’en prend pas le chemin.

      #observatoire_des_pratiques_tarifaires #santé #tarification #inégalités


  • https://www.bastamag.net/Bure-un-paysan-poursuivi-en-justice-pour-avoir-prete-son-tracteur-aux-oppo - @bastamag

    Jean-Pierre Simon, agriculteur à Cirfontaines (Meuse), est convoqué le 12 septembre au tribunal de Bar-le-Duc. Son délit ? Avoir mis son matériel agricole à disposition des personnes qui, en juin et juillet 2016, ont occupé le Bois Lejuc, près de Bure. En ligne de mire : Cigeo, un projet d’enfouissement de déchets radiotoxiques, porté par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs. Basta ! relaie l’appel à la mobilisation lancé par la Confédération paysanne.

    #Basta #Bastamag #Bure #JeanPierreSimon #Cirfontaines #Meuse #BarLeDuc #Andra #Cigéo


  • Bure : un paysan poursuivi en #Justice pour avoir prêté son tracteur aux opposants
    https://www.bastamag.net/Bure-un-paysan-poursuivi-en-justice-pour-avoir-prete-son-tracteur-aux-oppo

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    ça bouge !

    / #Nucléaire, #Le_risque_nucléaire, #Luttes_sociales, Justice

    #ça_bouge_ !