city:bondy

  • [Aujourd’hui c’est la] journée mondiale des réfugiés, pour célébrer l’indigne.

    « ... je ne peux m’empêcher de penser que cette journée décrétée en 2000 par une résolution de l’ONU /.../ amène à une célébration de mauvais goût lorsque l’on constate le durcissement de la politique migratoire en France et partout dans le monde. »

    Plus de 65 millions de personnes vivent loin de chez eux, un réfugié sur deux serait un enfant, un grand nombre de ces personnes vivent dans des pays frontaliers aux leurs et ne pourront jamais parvenir aux portes de l’Europe. En France, l’année dernière, seulement 46 000 personnes ont trouvé protection en France, mineurs isolés compris. Je ne suis pas très bonne en maths, mais je crois qu’on est loin de l’envahissement rabâché par les politiques.

    Barbara Allix, juriste, spécialiste du droit des étrangers, signe l’edito d’un Bondy Blog spécialement consacré au sujet : https://www.bondyblog.fr/opinions/billet-dhumeur/une-journee-mondiale-des-refugies-histoire-de-celebrer-lindigne
    #JournéeMondialeDesRéfugiés #RefugeesDay #RefugeesWelcome

  • https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/police-municipale-a-paris-l-inquietude-des-maires-de-seine-saint-denis-15
    La création d’une nouvelle police municipale à Paris inquiète certains maires de Seine-Saint-Denis qui ont déjà du mal à recruter de nouveaux agents. La preuve en chiffres. La mairie de Paris va débloquer 3,5 millions d’euros pour créer sa police municipale alors qu’à Bondy, le budget annuel global de toute la sécurité publique s’élève à 881 000 euros. Anouck Giana, directrice de la tranquilité à Bondy, explique :

    « La mairie de Paris va avoir plus de moyens pour acheter du matériel, des voitures, des équipements mais en aura aussi pour les salaires et éventuellement des avantages sociaux. »

    #police_municipale #police #paris

  • Idriss, 19 ans, gazé, coursé, menotté, frappé, insulté | Sarah Ichou
    https://www.bondyblog.fr/reportages/au-poste/idriss-19-ans-gaze-course-menotte-frappe-insulte-puis-libere

    Le 19 mai dernier, en marge d’un match de football de rue entre jeunes de Levallois, Idriss a été violemment interpellé par la police, menotté, plaqué au sol, pris de convulsions. Les images ont fait le tour des réseaux sociaux et le jeune homme de 19 ans est poursuivi pour outrage. De la violence de son interpellation, il ne reste pourtant rien, sinon le traumatisme. Témoignage. Source : Bondy Blog

  • En Seine-Saint-Denis, les services publics à la merci de la fracture numérique | Rémi Simonet
    https://www.bondyblog.fr/enquete/en-seine-saint-denis-les-services-publics-la-merci-de-la-fracture-numeriqu

    Ces dernières années, de nombreux habitants de Seine-Saint-Denis se heurtent à une dématérialisation massive des services publics. Dans le département le plus pauvre de France, les travailleurs sociaux s’alarment d’une fracture numérique qui risque de creuser davantage les inégalités sociales. Une enquête du Bondy Blog pour Médiapart. Source : Bondy Blog

  • Pour ne plus se sentir « mal-aimée » en France, Elisa Diallo est devenue allemande | Kab Niang
    https://www.bondyblog.fr/reportages/aux-arts-citoyens/pour-ne-plus-se-sentir-mal-aimee-en-france-elisa-diallo-est-devenue-allema

    Fille d’un Guinéen musulman et d’une Française catholique, Elisa Diallo est née et a grandi en France. En 2017, elle a pris, à l’âge de 39 ans, la nationalité allemande. Que s’est-il passé entre les deux ? Une enfance et une adolescence au sein d’une France qui l’a amenée à se sentir marginale, parfois rejetée par un racisme latent. Kab a lu son livre, Fille de France. Chronique. Source : Bondy Blog

  • Au Blanc-Mesnil, les prunes pleuvent et les habitants pleurent | Jimmy Saint-Louis
    https://www.bondyblog.fr/reportages/cest-chaud/au-blanc-mesnil-les-prunes-pleuvent-et-les-habitants-pleurent

    Pour libérer de la place en centre-ville, la mairie du Blanc-Mesnil a changé ses règles de stationnement. Pour ceux qui n’y habitent pas, à savoir les habitants des cités qui viennent y faire des courses ou les habitants d’autres villes qui travaillent au Blanc-Mesnil, le stationnement dans les zones pavillonnaires est désormais limité à 1h30. Ensuite, c’est la contravention… Une mesure qui passe mal et qui suscite un vent de révolte dans la ville. Source : Bondy Blog

  • Decathlon et le hijab : la France est-elle devenue folle ? | Ilyes Ramdani
    https://www.bondyblog.fr/opinions/decathlon-et-le-hijab-la-france-est-elle-devenue-folle

    Ce mardi 26 février, une polémique nourrie par des responsables politiques de La République en marche et du parti Les Républicains ont amené Decathlon à renoncer à commercialiser un « hijab de running ». Loin d’être anecdotique, cet événement en dit long sur la névrose d’une frange de la société française autour de l’islam et du voile. Source : Bondy Blog

  • #MeToo : les médias mis en cause | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120219/metoo-les-medias-mis-en-cause?onglet=full

    Les médias sont pourtant, sans surprise, à l’image de la société : les violences sexistes et sexuelles sont structurelles, et touchent tous les milieux et tous les domaines de la société. Le milieu journalistique est par ailleurs considéré comme « à risque » : c’est un métier qui a longtemps été largement dominé par les hommes, nourri par les mythes très masculins, voire totalement virilistes, du grand reporter ou de l’enquêteur, et dont les rapports, parfois violents, sont jugés propices aux violences.

    « Le niveau de violence est très impressionnant dans les médias », explique ainsi Caroline De Haas, qui intervient régulièrement avec sa société de conseil Egae dans plusieurs groupes de médias pour des formations sur les violences sexuelles et sexistes (dont Mediapart – voir notre Boîte noire). Ce type de formations s’est d’ailleurs multiplié ces dernières années, y compris dans de très grandes entreprises comme France Télévisions ou le groupe Le Monde.
    La formation au cœur des débats

    Derrière les journaux et leur fonctionnement managérial, se pose aussi la question de la formation dans les écoles de journalisme. Mardi, les étudiants de l’École de journalisme de Lille (ESJ) ont mis eux-mêmes sur la table les événements de la semaine touchant des médias – la Ligue du Lol, le Huffington Post, Vice. Au point que l’école a transformé le cours d’actualité en réunion « pour ouvrir la parole, expliquer la nécessité de la lutte contre le harcèlement et les discriminations et répondre aux questions des étudiants », explique Pierre Savary, le directeur de l’ESJ.

    Les questions des futurs journalistes ont porté sur la Ligue du Lol (dont certains des membres sont issus de l’ESJ), mais aussi sur le témoignage de l’ancienne directrice du Bondy Blog, Nassira El Moaddem. La journaliste accuse sur Twitter trois anciens de sa promotion de l’ESJ, dont deux journalistes médiatiques, Hugo Clément (Konbini) et Martin Weill (TMC), de s’être fait passer pour un recruteur de Radio France au téléphone, à la fin de leurs études, en 2012.

    Contactée par Mediapart, Nassira El Moaddem parle de « harcèlement », voit une « intention de nuire » derrière ces deux coups de fil, et évoque aussi « des rumeurs propagées contre elle » à l’époque. Elle pointe du doigt « un petit club de garçons branchés, bien vus de la direction, qui se croyaient un peu au-dessus de tout, et se permettaient un certain nombre de comportements. Il y a aussi une question de milieu social : les personnes ciblées n’appartiennent pas à leur milieu ». Lorsqu’elle avait témoigné publiquement, en 2017, une camarade de promo avait réagi sur Twitter.

    Les journalistes mis en cause en ont une tout autre version. « Je n’ai jamais harcelé qui que ce soit, explique Martin Weill, qui travaille notamment pour l’émission « Quotidien ». Utiliser cette histoire pour prétendre le contraire, c’est me faire passer pour ce que je ne suis pas. » Joint par Mediapart, Hugo Clément estime qu’il « n’y a rien de nouveau, ni de caché », CheckNews ayant déjà relayé le tweet de Nassira El Moaddem au moment du lancement de Konbini, en décembre 2017.

    Il affirme n’avoir « jamais harcelé personne, ni en 2012 lors de nos études à l’ESJ de Lille, ni depuis ». « Bonne ou mauvaise, une blague potache, non répétée, ne tombe pas sous le coup de la loi », poursuit le journaliste, qui se plaint de recevoir ces derniers jours des « messages injurieux, menaces de mort et d’attaques en meute sur les réseaux sociaux ».

    Sept ans après les faits, et à la lumière des événements de la semaine, l’épisode suscite en tout cas aujourd’hui une introspection générale, chez les anciens étudiants comme les directeurs de l’école. Plusieurs anciennes camarades de promo contactées par Mediapart reconnaissent ne pas avoir « pris la mesure de la gravité » de cet épisode à l’époque, n’avoir « pas cautionné » ces coups de fil, mais sans non plus les « condamner ». Elles y ont alors vu « une blague douteuse », mais pas de « harcèlement ». « Aujourd’hui, en ayant mûri et avec ce qu’on apprend cette semaine, je relis les choses avec une autre grille de lecture. Il y avait sans doute une forme de domination, de volonté d’asseoir son pouvoir. Et peut-être aurait-il fallu tout mettre à plat avec tous les étudiants et discuter, c’est souvent comme cela qu’on en sort par le haut », confie l’une d’elles.

    « Avec le recul de quelques années », Pierre Savary évoque un « coup de téléphone malveillant » visant une « étudiante non dénuée de caractère », de la part « d’un trio d’étudiants à forte personnalité, sur fond de “masculinité dominante” et de “grande inimitié entre eux” ». Dans un billet de blog, ce mardi, l’ancien directeur général de l’école, Marc Capelle, concède qu’il aurait dû employer le terme de « harcèlement », mais estime que la direction n’a en aucun cas ignoré « cette affaire », convoquant les étudiants, et leur demandant de s’excuser.

    #Ligue_LOL #Médias #Harcèlement

    • Quelques perles tout de même.
      "une « étudiante non dénuée de caractère »", ah, ça, les femmes, en général - normalement on dit "qui ont du caractère", la litote et la négation sont intéressantes- c’est un argument pour justifier un acharnement contre elles.
      Elle n’ont qu’à pas avoir du "caractère" et s’écraser mollement devant les mâles, qui, eux, ont le droit d’avoir du "caractère", d’être des chieurs patentés.
      "convoquant les étudiants, et leur demandant de s’excuser" mais pas devant lui, pas par écrit, sans vérifier. A l’évidence.
      Lui aussi se défile, donc.
      Quelle morale enseignée à l’ESJ Lille ? Hier, et aujourd’hui ?

  • Indignés par les conditions d’expulsion de sans-papiers, des passagers d’Air France devant la justice - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/reportages/bobigny-des-passagers-juges-pour-avoir-proteste-contre-lexpulsion-de-sans-

    Les procès s’enchaînent. Celui de Caroline est directement suivi par le procès de Jean-Luc* et Armand* qui s’avancent à leur tour à la barre. Ils ne se connaissaient pas avant d’embarquer dans le même avion Air France à destination de Dakar, le 31 décembre 2017. Pour leur avocat, Maître Teffo, ces affaires sont liées, il décrit un « mécanisme » : « La personne reconduite à la frontière apparaît, un tissu dans la bouche, un casque sur la tête, les pieds et mains liés, elle est bâillonnée, hurle et se débat, les gens vont réagir et l’administration va choisir des personnes au hasard dans le but de frapper les esprits, et de leur dire : vous ne pouvez plus vous indigner dans ce pays. ».

    Les similitudes entre les deux affaires sont effectivement déroutantes. Tous les trois ont été expulsés de leur vol à cause de leurs protestations. A bord du Paris-Erevan, Caroline interroge les policiers sur l’homme, bâillonné et casqué, qui se débat dans l’avion, un policier affirme qu’il a violé une mineure. Cette affirmation sera par la suite contredite par le dossier de l’homme en question, auquel Me Marcus a eu accès. Comme Caroline l’imaginait dès lors, il est reconduit en Arménie pour sa « situation irrégulière » mais n’a jamais été condamné.

    De la même façon, dans le vol Paris-Dakar, l’homme, maintenu de force sur son siège, est présenté comme « un dangereux criminel » aux passagers, qui ont pour consigne de rester silencieux. La consigne n’a visiblement pas été respectée. Un témoin, qui s’avère être la compagne de Jean-Luc, est appelée à la barre : « Les gens n’ont pas trouvé ça normal, tous les passagers de la cabine se sont levés. » Jean-Luc s’indigne, la tension monte. Sa compagne affirme avoir ensuite été violemment giflée par une policière. Elle perd connaissance et ne peut pas assister à la suite de la scène.

    Ému, Armand se lance face à la juge dans un récit poignant : « Il y avait un homme derrière moi, en chemise molletonnée à carreaux avec un casque, il se débattait, il criait et quand, parfois, il ne faisait plus aucun bruit, il fallait deux neurones pour comprendre qu’il était en train d’être étouffé ! ». En colère, il s’indigne contre un « traitement inhumain », se plaint d’Air France et refuse de prendre cet avion. La même policière de l’escorte lui rétorque : « Eh bien pourquoi vous n’avez pas pris la compagnie de votre pays ? ». C’est la voix chargée d’émotions qu’Armand reprend son récit. « Ça fait mal, affirme-t-il. Est-ce qu’elle savait ce qu’était mon pays ? » Me Teffo, son avocat, souligne devant le tribunal que le dossier comporte également un rapport d’Air France dans lequel une cheffe de cabine dit avoir l’habitude de ce type de vols et conseille aux hôtesses de « ne pas se laisser impressionner par des Sénégalais qui ont la manie de parler fort. »

  • « On est torturés, on est humiliés » : 44 sans-papiers en grève de la faim au CRA de Vincennes | Arno Pedram
    https://www.bondyblog.fr/reportages/au-poste/est-tortures-est-humilies-44-sans-papiers-en-greve-de-la-faim-au-cra-de-vi

    Le mouvement est parti de Vincennes, où une grève de la faim et une mobilisation ont émergé pour faire valoir les droits des sans-papiers retenus au centre de rétention administrative (CRA). A Vincennes comme ailleurs en France, les femmes et les hommes retenus dénoncent des conditions de vie inhumaines et des violences policières récurrentes. Source : Bondy Blog

  • Des communes de Seine-Saint-Denis portent plainte contre l’Etat
    https://lemediapresse.fr/actualites/des-communes-de-seine-saint-denis-portent-plainte-contre-letat

    Plusieurs élus de Seine-Saint-Denis ont décidé d’attaquer l’État en justice, coupable selon eux de rupture d’égalité républicaine, face au recul constant des missions régaliennes. En tout cinq communes ont décidé de porter plainte : Stains, Saint-Denis, L’Île-Saint-Denis, Bondy et Romainville. L’Humanité rapporte que de leur côté, Montreuil, Aubervilliers et Le Pré-Saint-Gervais soutiennent cette action et envisagent de s’y associer. Ils […]

  • Le Bondy Blog en Allemagne : paysage médiatique et débats sur l’intégration des réfugiés outre-Rhin - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/agenda/le-bondy-bog-en-allemagne-paysage-mediatique-allemand-et-debats-sur-linteg

    Du mercredi 28 novembre au dimanche 2 décembre, six reporters du Bondy Blog seront en reportage à Bonn et à Cologne pour traiter deux thématiques : le paysage médiatique allemand et la question de l’intégration des réfugiés en Allemagne ?

    La France connaît un regain de défiance envers les institutions et les médias et journalistes n’y échappent pas bien au contraire. La Une du journal La Croix de ce jeudi 29 novembre titré « Quand les médias deviennent une cible » montre à quel point ces derniers sont attaqués verbalement parfois physiquement par manifestants, personnalités politiques ou utilisateurs des réseaux sociaux. Qu’en est-il outre-Rhin ? Journalistes et médias allemands connaissent-ils eux aussi cette même défiance ? Cela va-t-il jusqu’à s’exprimer par des attaques verbales et physiques comme on a pu le voir en France récemment lors des mobilisations de gilets jaunes ? Des initiatives sont-elles créées pour tenter de renouer le dialogue ? C’est à ces questions que nous tenterons de répondre lors de nos rencontres avec des journalistes allemands et des responsables de médias.

    Un autre sujet va nous intéresser particulièrement durant ces quatre jours de terrain outre-Rhin. Après l’accueil par l’Allemagne de plus d’un million de réfugiés en 2015, comment ces derniers ont-ils réussi à faire leur place depuis ? Quelles difficultés rencontrent-ils ? Et comment les médias racontent-ils cette intégration ? Nos reporters rencontreront personnalités politiques locales, associations, réfugiés et journalistes pour tenter de comprendre.

    Ce projet journalistique et d’information sur la situation outre-Rhin a été rendu possible grâce au partenariat noué avec la Fondation Konrad Adenauer et son bureau à Paris et notamment grâce au travail mené avec son directeur Nino Galetti et

  • Le comité Adama rejoint les gilets jaunes : « Ce n’est pas une alliance au prix d’un renoncement politique » - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/reportages/cest-chaud/gilets-jaunes-quartiers-comite-adama

    Lors des discussions concrètes avec les gilets jaunes, ils savent que nous ne sommes pas leurs ennemis ; il ne s’agit pas d’un racisme élaboré comme on peut le voir dans les élites qui, par opportunisme politique, veulent surfer sur les peurs pour éviter la question sociale. Il ne faut pas jeter la pierre aux gilets jaunes, je suis persuadé qu’avec du dialogue, leur racisme s’écroule.

    Le Bondy Blog : Comment voyez-vous cette alliance entre certains mouvements de quartiers populaires et les gilets jaunes ?

    Youcef Brakni : En fait, ce type de démarche, ce n’est pas nouveau. Le Mouvement de l’Immigration et des Banlieues (MIB), par le biais de Tarek Kawtari, avait déjà mis en place des tentatives d’alliance avec le monde rural, avec la critique de ces deux poids deux mesures lorsqu’il s’agit de se déplacer facilement vers le Larzac mais qu’il est, en même temps, difficile de traverser le périphérique pour soutenir les quartiers populaires. C’est tout le défi du Comité Adama de déplacer le centre de gravité politique pour l’amener dans les quartiers politiques. Sinon, il sert à rien de se réclamer de la gauche, du progressisme ou encore d’affirmer lutter pour l’égalité et la justice.

    Aujourd’hui, il s’agit de faire prendre conscience aux couches sociales les plus défavorisées ayant subi la désindustrialisation, que leut situation n’est pas due à l’immigration mais au libéralisme

    Le Bondy Blog : Ces tentatives de convergence des luttes n’ont pas duré. Pourquoi ? Quelles différences y a-t-il avec les gilets jaunes ?

    Youcef Brakni : Jusqu’ici, ça [la convergence des luttes, ndlr] a échoué parce que nous nous inscrivons dans un héritage des luttes des années 70-80 qui étaient dans les usines. Mais aujourd’hui, il n’y a plus d’espace de socialisation où l’on puisse créer des mouvements de masse. Il faut savoir que le Mouvement des Travailleurs Arabes à Marseille a fait une grève de 24h suivie par 20 000 ouvriers contre les ratonnades, les crimes racistes. L’enjeu est maintenant de reconstruire des espaces et à travers le comité Adama, nous pouvons créer un socle fort pour les quartiers populaires. Avec des bases solides, nous pourrons aller discuter avec les mouvements sociaux, le monde rural en leur faisant une proposition claire afin de nouer des causes communes

  • Violences des « Gilets jaunes » sur les Champs-Élysées : un surveillant de prison jugé ce lundi - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/violences-des-gilets-jaunes-sur-les-champs-elysees-un-surveillant-de-pris

    Les forces de l’ordre ont utilisé samedi 5 000 #grenades lacrymogènes, « plus de un(e) par minute, c’est du jamais vu », selon le préfet de police de Paris.

    Les forces de l’ordre ont procédé samedi à 103 interpellations (98 majeurs et cinq mineurs) suite aux heurts qui se sont déroulés toute la journée sur les Champs-Élysées dans le contexte de la #manifestation des #Gilets-jaunes. À l’issue de ces gardes à vue, 45 personnes ont été déférées devant le parquet. 14 personnes suspectées d’avoir participé aux violences seront jugées ce lundi en comparution immédiate. Parmi elles, un profil se détache particulièrement, celui d’un surveillant pénitentiaire de la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). Le fonctionnaire a été arrêté porteur d’une cagoule et de lunettes de protection, et en possession d’un marteau. Il sera jugé pour #participation_à_un_attroupement_armé en vue de commettre des violences.

    Deux #manifestants vont être jugés selon la procédure du plaider-coupable, tandis que que six autres seront jugés ultérieurement par le tribunal. Pour 23 d’entre eux, le parquet a privilégié une alternative aux poursuites en optant pour un rappel à la loi devant un délégué du procureur. Enfin, 23 gardes à vue ont fait l’objet d’un classement sans suite, essentiellement car les infractions n’étaient pas suffisamment caractérisées.

    Le sort de 27 manifestants dont les gardes à vue ont été prolongées reste encore en suspens. C’est notamment le cas du jeune homme suspecté d’avoir jeté un écrou sur un policier qui risque de perdre son oeil. L’auteur de ce jet de projectile a été placé garde à vue pour « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une infirmité permanente ou une mutilation à l’occasion d’une manifestation », une incrimination passible de 15 ans de réclusion.

    Les heurts sur les Champs ont fait en tout 24 blessés dont cinq parmi les forces de l’ordre. Enfin, selon une source officielle, les dégâts sur les Champs ont été estimés à 1,5 million d’euros.

    #justice #maintien_de_l'ordre

    • Les « gilets jaunes » au tribunal : « J’aurais jamais dû mettre les pieds à Paris ! », Pascale Robert-Diard

      Une quinzaine de manifestants poursuivis pour violences ou dégradations en marge du défilé de samedi à Paris ont été jugés en comparution immédiate, lundi.

      Il ne faut pas se fier aux apparences. Par exemple, ce grand gaillard barbu de 32 ans « sans domicile fixe » qui ne dispose que d’une adresse postale chez ses parents et d’une carte d’identité périmée depuis longtemps. Il comparaît, lundi 26 novembre, parmi une quinzaine d’autres participants à la manifestation des « gilets jaunes » de samedi, devant la 23e chambre correctionnelle de Paris pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Il a été interpellé non loin des Champs-Elysées avec un pavé et un couteau.

      La justice, qui traque les casseurs en marge du défilé, pense en tenir un. La présidente, Corinne Goetzmann, avise le tee-shirt noir porté par le prévenu, barré d’un slogan imprimé façon tag qu’elle a lu un peu trop vite.
      « Et ce tee-shirt ?, lui demande-t-elle.
      – Ben, la chèvre, c’est l’Ardèche. Et “goat”, c’est chèvre en anglais. Il épelle : We’ve GOAT the power… »
      Il vit en Ardèche, dans un camion. « En fait, je suis woofer sur un petit terrain. Je paie pas l’électricité en échange de quelques travaux. Le pavé, je l’ai ramassé parce que là, je fais une formation de tailleur de pierres. Et le couteau, c’est une question d’habitude, je me lève le matin, je mets mon pantalon et mon couteau dans ma poche. » Condamné à deux mois avec sursis pour port d’armes.

      « Je gagne environ 8 000 euros par mois »
      Le suivant portait, lui aussi, un couteau, un Opinel. Il a 26 ans, il vient de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie. « Détenir une arme de catégorie D est une infraction », lui explique solennellement la procureure. Le prévenu hausse les épaules. « Vous savez, chez nous, tout le monde a un Opinel sur soi. Je vais pas me défendre de ça. » Il avait aussi une matraque dans son sac. « Je l’ai ramassée par terre, je voulais la ramener en souvenir. Je suis conseiller financier, je suis pas venu pour casser du policier ! Je voulais juste exprimer mon mécontentement.
      – Quels sont vos revenus ?
      – Je travaille en Suisse, je gagne environ 8 000 euros par mois.
      Son jeune avocat commis d’office écarquille les yeux.
      – Et votre compagne ?
      – Elle travaille aussi en Suisse. Elle gagne 3 500 euros. »
      Condamné à trois mois avec sursis pour port d’arme.

      Le tour de France des mécontents se poursuit. Venu de Poitiers, un beau gars en pull vert a été arrêté avec des gants, des pierres et une tête de grenade. Il a 33 ans, vit chez ses parents, accumule les CDD au Futuroscope.
      En provenance de La Rochelle, un gamin de 22 ans, interpellé avenue Montaigne avec barre de fer, cagoule et deux flacons de parfum Christian Dior – « ramassés dans la rue », dit-il –, vit lui aussi chez ses parents. Il travaille en intérim pour 1 500 euros mensuels. « Je voulais faire du sport, j’ai été obligé de me rabattre sur le métier de peintre en bâtiment », souffle-t-il. Soixante-dix heures de travaux d’intérêt général.
      De Saint-Georges-la-Pouge, un village de 365 habitants dans la Creuse, arrive un homme de 35 ans, qui tremble de tous ses membres. Il perçoit 950 euros d’indemnités chômage, a travaillé comme charpentier et monteur de réseau aérien. Il est accusé d’avoir jeté des pavés contre un kiosque à journaux et contre les forces de l’ordre. Il demande le renvoi de son procès, la procureure requiert son placement en détention d’ici là.

      « J’suis quelqu’un de la campagne, moi »
      « Je regrette vraiment d’avoir pris ces deux bon sang de pavés. Je voulais juste être écouté et voilà où ça m’a mené. » Il pleure soudain comme un enfant. « J’suis quelqu’un de la campagne, moi. J’suis d’un milieu pas facile. Ma copine a un dossier de surendettement. J’suis fait pour vivre dehors. Si vous m’enfermez, je me ferai du mal. J’aurais jamais dû mettre les pieds à Paris… » Il ressort sous contrôle judiciaire en attendant son procès, en janvier.
      De Bou, 902 habitants dans le Loiret, est monté dimanche à Paris un soudeur de 34 ans, 1 700 euros par mois. « Je vis chez ma mère, mais je participe aux charges familiales, précise-t-il. Je regrette, je me suis laissé emporter. Je voudrais bien rentrer pour reprendre mon travail. »
      Un célibataire sans emploi de 29 ans, qui a bossé « dans l’élagage, l’imprimerie, les serres et, pour finir, comme cariste », espère à tout prix retourner le soir même en Corrèze, où sa grand-mère est décédée dimanche. « J’ai manifesté chez moi le week-end dernier et pendant la semaine. Comme il y a des gens qui étaient venus nous agresser, j’ai pris une lacrymo et un poing américain pour Paris. Mais c’était pour me défendre, pas contre les policiers ! »
      Un conducteur de chantier de 23 ans, une chômeuse de 27 ans, mère célibataire d’une petite fille, dont le dernier emploi était serveuse chez McDo, supplient, eux aussi, le tribunal de les laisser rentrer chez eux. Tout comme ce chauffeur de bus en formation. « Ça se termine vendredi et après, normalement, j’accède directement au centre bus de la RATP. »

      Le plus âgé des prévenus a 40 ans. Il a manifesté, dit-il, « contre la dégradation du service public ». Il a été arrêté avec une cagoule, des gants et un marteau. Ancien militaire, il est depuis plus de dix ans surveillant pénitentiaire.
      Pascale Robert-Diard

    • Les « gilets jaunes » en comparution immédiate : « Les bouteilles d’essence, c’était pour faire le malin devant les copains », Pascale Robert-Diard et Jean-Baptiste Jacquin

      Soixante-dix prévenus ont été jugés, lundi, à Paris, après les interpellations en marge de la manifestation du 1er décembre. Dix-huit peines de prison ferme ont été prononcées.

      Il est minuit passé de quelques minutes et, dans le box de la salle d’audience 6-05 du tribunal de grande instance de Paris, l’un des six prévenus reste prostré sur le banc, la tête enfouie dans ses mains. Le tribunal vient de lui annoncer sa condamnation à trois mois ferme avec #mandat_de_dépôt, il part donc immédiatement en #prison. Il a 21 ans, vit dans une bourgade proche de Nevers et travaille comme intérimaire dans une usine de métallurgie. Il a été interpellé samedi 1er décembre, en fin de matinée, boulevard Haussmann, près des grands magasins. Dans son sac, les policiers ont trouvé deux paires de lunettes de piscine, sept masques de protection, un masque de plongée, un casque de ski, des genouillères, des protège-tibias, une protection dorsale, un pistolet à gaz, un poing américain, deux matraques télescopiques, des bouteilles en verre et d’autres en plastique contenant deux litres d’essence, des chiffons imbibés et… un gilet jaune.

      « On a vraiment l’impression que vous êtes venu pour en découdre », observe la présidente, Anne Wyon. Il lève vers elle un long visage blême, un regard terrorisé. « J’sais pas si j’aurais été capable. Les bouteilles d’essence et tout, c’était pour faire le malin devant les copains », répond-il. « Là, vous parlez d’une toute petite voix, mais au téléphone, vous vous réjouissiez beaucoup », réplique-t-elle. Sa messagerie est en effet bavarde. Les policiers ont consigné les échanges qu’il a eus avec son groupe sur l’application WhatsApp. « Un pote militaire m’a dit, le feu c’est mieux », « on est bien équipé [il dressait la liste] mais pour les cocktails, j’hésite ». Entre eux, ils réglaient les derniers détails de leur venue à Paris. « Y’en a vingt qui montent et on rejoint les black blocs », lui dit un de ses interlocuteurs. Lui a pris le train de 6 heures samedi à Nevers. « Faut bouger son cul maintenant, y’en a marre », a-t-il écrit.

      Soixante-dix prévenus jugés
      Au même moment, dans la chambre voisine présidée par Isabelle Prevost-Desprez, un électricien de 23 ans est condamné à dix mois de prison avec mandat de dépôt. Venu manifester de Saincaize-Meauce dans la Nièvre, il nie les accusations portées par la police. Il ronge ses ongles en affirmant que la pince, les boulons et les morceaux de bitume retrouvés dans son sac à dos lors de la fouille qui a suivi son interpellation avenue de Friedland à 15 h 15, « ce n’est pas à moi ».
      « Et les policiers qui vous ont vu jeter des pavés ?, interroge la présidente.
      – Ils ont dû confondre avec quelqu’un d’autre. »


      Le 3 decembre 2018, Tribunal de Paris. Ce père de famille de 3 enfants écope de 3 ans ferme aménageable. Il était accompagné de 4 personnes, à peine sortis de la voiture ils auraient été arrêtés par les CRS et placés en garde à vue car certains avaient des masques en papier et d’autres des pétards. Ils n’auraient même pas eu le temps d’aller à la manifestation des gilets jaunes samedi 1 dec 2018. En garde à vue, les lacets sont retirés.

      Un peu plus tôt dans l’après-midi, dans une autre des cinq chambres mobilisées pour les comparutions immédiates à la suite des violences du 1er décembre à Paris, un Nîmois de 40 ans, sans emploi, qui vit du RSA, squatte chez des copains en échange de petits services de mécanique, a été condamné lui aussi à six mois d’emprisonnement dont trois ferme avec mandat de dépôt. Il a été interpellé avec tout un attirail de protection, un lance-pierre « professionnel » et des billes de plomb. « J’allais chez des copains, le lance-pierre, c’était pour tirer sur des canettes avec les enfants », avait-il tenté d’expliquer. Mais lui aussi avait eu l’imprudence de poster des messages sur la page Facebook des black blocs, de retour de plusieurs blocages sur les ponts à Valence avant de se décider à « monter sur Paris ». « C’est bien la guerre. Il faut s’organiser. Je suis déterminé », écrivait-il.

      Sur les soixante-dix prévenus jugés lundi, dix-huit peines de prison ferme – toutes aménageables – ont été prononcées et six mandats de dépôt ont été décernés. Loin des prévisions de l’administration pénitentiaire qui s’était organisée pour accueillir une cinquantaine de condamnés dans la nuit. Loin, surtout, des images de violences qui ont déferlé sur les écrans de télévision tout au long de la journée du 1er décembre.

      Chaos et confusion
      « Mais comment ça se fait qu’on n’a pas les casseurs ? », demande une des policières affectée à la surveillance d’une salle d’audience à ses collègues de la Préfecture de police de Paris venus pointer sur leurs ordinateurs portables les résultats des interpellations. « Ils courent plus vite et sont plus malins. Et on est coincé. Là, les manifs ne sont pas encadrées. Ça part dans tous les sens. Si on y va trop fort, on va faire mal. Si on lâche, ça va continuer », soupire son interlocuteur.

      Les lieux et les heures d’interpellation des prévenus témoignent du chaos et de la confusion de la journée de samedi. Certains ont été cueillis lors de contrôles matutinaux gare de Lyon, d’autres en milieu de matinée dans les rues autour de l’Arc de triomphe, et sur les Champs-Elysées et, plus tard, près de la Bastille, dans le quartier des grands magasins, ou encore près de la gare de Nord, alors qu’ils s’apprêtaient à reprendre leur train.

      Peu de « pilleurs », parmi eux. Un maçon de 24 ans, interpellé à 20 h 45 rue du Faubourg-Saint-Honoré pour avoir ramassé un casque de vélo devant le magasin Decathlon dont la vitrine venait d’être brisée, se défend d’en être un. « Ça balançait de partout, il y avait autant de cailloux qui tombaient par-derrière que de bombes lacrymogènes qui volaient par devant, j’ai pris le casque pour me protéger, pas pour voler », s’est-il justifié. Le casque a été placé sous scellé et son bref utilisateur, déjà condamné pour vol dans le passé, a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

      « J’allais m’acheter des chaussures chez Louboutin »
      Trois amis de Bondy (Seine-Saint-Denis), âgés de 21 et 22 ans, ont été arrêtés beaucoup plus tard, vers 3 heures du matin sur le périphérique nord. En contrôlant l’intérieur de leur BMW, les policiers ont trouvé un lot de médailles de collection à l’effigie de l’Arc de triomphe, les mêmes que celles qui avaient été dérobées lors du saccage du monument. Ils ont affirmé les avoir négociées « 10 euros pièce » à un receleur. L’examen de leurs portables a révélé que deux d’entre eux se trouvaient dans la matinée au centre de Paris. « Rien à voir avec la manif, j’allais m’acheter des chaussures chez Louboutin et mon copain m’accompagnait », explique le prévenu. Le tribunal écarquille les yeux. « Des Louboutin ? Vous pouvez préciser le prix d’une paire de chaussures chez Louboutin ?
      – Dans les 800 euros.
      – Et vous gagnez 1 800 euros comme chauffeur-livreur ?
      – C’était pour mon anniversaire. »
      Ils sont condamnés à quatre-vingt-dix jours-amendes à 20 euros pour l’un, 10 pour l’autre. Le troisième est relaxé.
      Venus à Paris par petits groupes, en covoiturage ou en car, ils arrivaient de Gap, d’Yssingeaux, de Harfleur, d’un village des Ardennes, de Dreux, du Loiret, de Nice, de Brezolles dans l’Eure-et-Loir, de Gournay-en-Bray en Seine-Maritime, de Moselle, de Feuquières-en-Vimeu dans la Somme, de Toulon, d’Echemiré dans le Maine-et-Loire, de Carcassonne ou encore de Bernay dans l’Eure. Ils ont acheté leur panoplie de manifestants (masques de protection, bombes de peinture, huile de vidange, lunettes de piscine) chez Decathlon, Leroy-Merlin, ou Action « à 89 centimes la bombe de peinture à l’eau », précise l’un des prévenus. « L’huile de vidange, c’était juste pour rendre la peinture plus graissante », indique un autre.
      « Un coup de sang »
      Ils – les prévenus sont tous des hommes – sont chauffeurs de poids lourds – bien représentés – et gagnent de 1 200 à 2 500 euros par mois, soudeur ou mécanicien à 1 250 euros, auxiliaire de vie à 3 000 euros « auprès d’un vieux monsieur à Nice, mais je suis surendetté suite à des accidents de vie », livreur à 1 500 euros, imprimeur « depuis vingt et un ans dans la même entreprise », « enquêteur de satisfaction » à 1 287 euros, forgeron, électricien chez Enedis, menuisier salarié d’une commune à 1 365 euros, agent de fabrication à 1 700 euros « sur treize mois », maçon en intérim, conducteur d’engin chez Suez à 1 700 euros, responsable de projet chez ArcelorMittal à 3 500 euros, éboueur chez Derichebourg, « poseur de voies » à la RATP, cantonnier à 1 200 euros – « Moi, le gilet jaune, c’est ma tenue de travail », dit-il – garçon boucher.

      Lui, justement, fait partie de ceux qui ont été condamnés à de la prison ferme (quatre mois). Il a eu, explique-t-il, « un coup de sang » et il a foncé tête baissée sur les policiers. Il lui en reste un énorme coquard bleu virant au violet sur le visage. Il dit qu’il a voulu « s’investir dans le mouvement, en devenir l’un des porte-parole, parce que le peuple, la société, vont très mal. Très, très mal. Nos retraités ont travaillé toute leur vie et on leur enlève 100 euros. Et moi, j’ai la corde au cou. Je me lève tous les matins pour aller à l’abattoir. »
      « Vous avez des dettes ?, s’enquiert le juge.
      – Ben, des poules, des canards, des lapins…
      – Non, je demandais si vous avez des dettes », répète le juge.
      Un autre explique qu’il « fait de l’empotage ».
      – Vous travaillez dans une jardinerie ?
      – Non, je remplis des containers. Vous voyez ? »
      Le tribunal n’a pas l’air de voir vraiment.
      « C’est le chat qui se mord la queue »
      Tous affirment qu’ils voulaient manifester « pacifiquement ». « J’imaginais pas tomber sur des violences comme ça. Je suis un peu déçu par le mouvement, même si je le soutiens », déclare un carrossier peintre de Senlis, qui touche le RSA depuis quelques mois et dort, faute de logement à lui, dans le garage d’un copain depuis sa rupture conjugale. « Mon copain voulait m’embaucher mais il ne peut pas, à cause des charges. Alors vous voyez, Mme la juge, quand vous avez pas de logement, vous avez pas de boulot, c’est le chat qui se mord la queue et on se sent abandonné.
      – En même temps, quand vous allez à l’hôpital, on vous soigne gratuitement, observe la présidente.
      – Bah, je vois pas le rapport…
      – C’est parce que vous dites que vous vous sentez abandonné.
      – Heureusement, je touche du bois [il appuie ses mains sur la barre du box]. J’ai pas de problèmes de santé. Mais je trouve qu’on a vite fait de tomber dans l’oubli, aujourd’hui. »
      Ce gamin de 19 ans et trois jours était venu d’Angers, « manifester pour le peuple et pour [s]es parents ». « Ils sont surtaxés, il faut que ça s’arrête », explique-t-il, tête baissée. Avec son casque rouge sur la tête à quelques encablures de l’Arc de triomphe, il a été vite repéré par les policiers.
      « Pourquoi avez-vous jeté un pétard sur les CRS ?, lui demande Isabelle Prevost-Desprez.
      – Pour les disperser !
      – Vous êtes un peu prétentieux », s’amuse la magistrate.
      Le problème est qu’il a écrit « on va grailler du CRS » sur l’application Messenger à l’attention de sa petite amie.
      « Ça veut dire quoi grailler du CRS ?
      – Manger du CRS… Mais c’était pour crâner devant elle. »
      Habitant chez ses parents dans la campagne du Maine-et-Loire, sans la moindre qualification après avoir quitté le collège en cours de 3e, il n’est inscrit ni à Pôle emploi ni à la mission locale. La présidente évoque un travail d’intérêt général. Il fait la moue. Ce sera finalement douze mois de prison dont six ferme et six en sursis avec mise à l’épreuve.
      « Je suis venu pour ma grand-mère »
      Deux beaux-frères – chacun a épousé la sœur de l’autre – entrent côte à côte dans le box. Ils sont montés à 2 heures du matin samedi dans le bus « des 57-54 » celui de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, « pour montrer notre mécontentement à M. Macron. » « Moi, je soutiens le mouvement, parce que j’en ai marre des taxes. Je gagne bien ma vie mais je suis venu pour ma grand-mère qui s’excuse auprès de ma fille de lui donner qu’un billet de 5 euros pour Noël. » Il est venu aussi avec un Taser et des casques de chantier. « Les slogans et les banderoles, ça ne suffit pas ? », lui demande un des juges. « A Longwy, l’autre jour, quand on faisait des barrages, on a eu des personnes, disons, peu recommandables, qui nous ont agressés. C’était des gens de la cité qui cherchaient la misère… Alors, on a voulu se protéger. »
      Le procureur Pascal Besnier s’agace : « C’est curieux cette manifestation où tout le monde dit vouloir se protéger de tout le monde : les antifa se protègent des fachos, les fachos des gauchos et les autres de ceux des cités… » Dans leurs réquisitions, les représentants du parquet insistent tous sur le « contexte ». « A partir de 8 h 50, tous les médias ont relayé en boucle les affrontements qui avaient commencé près des Champs-Elysées, puis les voitures incendiées et les projectiles lancés sur les forces de l’ordre. Ceux qui décidaient alors de se rendre sur ces lieux savaient que ce n’était plus pour manifester pacifiquement, mais pour en découdre avec les forces de l’ordre », a ainsi martelé la procureure devant la chambre 24.1.

      Un argumentaire qui permet de poursuivre des personnes interpellées avant même qu’elles aient rejoint les manifestants ou commis la moindre dégradation, comme ce groupe de cinq trentenaires de l’Essonne qui venaient de se garer avenue des Ternes et se sont fait arrêter alors qu’ils payaient à l’horodateur. Quatre d’entre eux ont de belles situations d’ouvriers spécialisés chez Safran et travaillent sur des moteurs d’avion. En fonction de ce qu’ils transportaient dans leurs sacs (masques, pétards, sérum physiologique, etc.), leurs peines s’échelonnent de huit mois avec sursis à trois mois ferme.
      Ceux qui ont demandé le renvoi de leur procès à une date ultérieure pour préparer leur défense, sont repartis lestés d’un contrôle judiciaire qui leur interdit de revenir à Paris d’ici là et d’une obligation de pointage au commissariat ou à la gendarmerie, souvent fixée, à la demande du parquet, au samedi matin. La part (infime) de la justice pour tenter de réduire le nombre des prochains manifestants dans la capitale.

  • Hommage à Brigitte Lainé, l’infatigable conservatrice de notre mémoire
    Bondy Blog - Le 11/11/2018
    https://www.bondyblog.fr/opinions/tribune/hommage-brigitte-laine-linfatigable-conservatrice-de-notre-memoire

    Le 8 novembre 2018, Brigitte Lainé était inhumée dans sa ville, Saint Denis. Une très grande dame, courageuse, nécessaire, férue de vérité et de justice notamment sur le massacre des Algériens du 17 octobre 1961, dont il convient de rappeler l’engagement. Hommage signé de l’historienne Mathilde Larrère.

    #17octobre

  • « L’école publique ne sera jamais l’antichambre du commissariat » - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/opinions/tribune/lecole-publique-ne-sera-jamais-lantichambre-du-commissariat

    En mars 2018, le lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis) a été le théâtre de scènes de violences inédites : agressions d’un élève au marteau d’un élève sur le parvis, tentatives de règlement de comptes entre jeunes munis de machettes, tournevis...Pour y répondre, les autorités ont décidé de nommer un ancien gendarme comme proviseur adjoint. Hors de question, répondent, déterminé, un collectif d’enseignants qui annoncent une grève à la rentrée.

    #stains #sécurité #militarisation #éducation #quartiers_populaires #seine-saint-denis

  • « Inch’Allah » : deux journalistes du « Monde » forment des étudiants en déformant le 93 | Nassira El Moaddem et Faiza Zerouala
    https://www.bondyblog.fr/reportages/cest-chaud/inchallah-deux-journalistes-du-monde-forment-des-etudiants-en-deformant-le

    Deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme viennent de publier un livre consacré à la Seine-Saint-Denis, baptisé "Inch’Allah, l’islamisation à visage découvert". Cinq étudiants en journalisme ont été chargés d’arpenter le département pour raconter "la progression rampante" de la religion musulmane. Les auteurs promettent un ouvrage sans idéologie mais « 100 % faits ». Cette promesse éditoriale n’est pas tenue. Compte-rendu Source : Bondy Blog

  • Au palace parisien Park Hyatt Vendôme, la grève des employés pour plus de dignité | Sarah Smaïl
    https://www.bondyblog.fr/reportages/au-charbon/au-palace-parisien-hyatt-vendome-la-greve-des-employes-pour-plus-de-dignit

    Depuis le 25 septembre, début de la Fashion Week, environ 80 employés du Hyatt Park de Paris Vendôme sont en grève. AU menu de leur revendication : fin de la sous-traitance, hausse des salaires et baisse des cadences. Deux semaines après le début de la mobilisation, la situation reste au point mort mais les employés ne sont pas près de lâcher. Reportage. Source : Bondy Blog

  • 1 800 postes supprimés dans l’Education nationale à la rentrée 2019, une « catastrophe » jugent les enseignants | Sarah Smaïl et Mohamed Errami
    https://www.bondyblog.fr/reportages/au-tableau/lannonce-de-la-suppression-de-1-800-postes-dans-leducation-nationale-une-c

    Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, a annoncé ce lundi la suppression de 1 800 postes dans l’Education nationale à la rentrée 2019, dans le second degré et le personnel administratif. Interrogés, plusieurs enseignants dénoncent un « démantèlement du service public » qualifiant la décision de « catastrophe ». Témoignages. Source : Bondy Blog

  • À Bobigny, « Vies de Paris », une association subventionnée par la mairie, escroquait des familles roms - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/enquete/a-bobigny-vies-de-paris-association-subventionnee-par-la-mairie-escroquait

    ENQUÊTE BONDY BLOG. En octobre 2015, « Vies de Paris » signe une convention avec la la mairie de Bobigny pour assurer le suivi de familles Roms moyennant subvention. Mais l’association met en place une gestion douteuse : domiciliations bidonnées, services non rendus, cours de français non dispensés alors même que les familles leur versaient de l’argent

    #bidonville #Bobigny #Roms

  • Femmes des quartiers populaires | Thelma et Louise
    https://www.radiocampusparis.org/thelma-et-louise-femmes-des-quartiers-populaires-15-05-2018

    Pour le 33ème épisode de Thelma et Louise, nous avons le plaisir de recevoir Nassira El Moaddem, journaliste et directrice du Bondy Blog. Pourquoi les femmes issues des quartiers populaires ont-elles plus de mal à s’insérer sur le marché du travail ? Quelles difficultés supplémentaires rencontrent-elles au quotidien ? Et surtout pourquoi souffrent-elles d’une stigmatisation incessante dans les médias ? Durée : 59 min. Source : Radio Campus Paris

    https://www.radiocampusparis.org/podcasts/thelmaetlouise/ThelmaLouise33.wav

    • Depuis quelques heures en ce vendredi 17 août, le tant attendu maillot 2 étoiles Nike de l’Equipe de France est en vente sur le site officiel de l’équipementier.
      Pour le moment, seul la version « stadium » en domicile (bleu) est en vente au prix de 85€. Dépêchez-vous car concernant les tailles, le M n’est déjà plus disponible !

      https://www.francetvinfo.fr/sports/foot/coupe-du-monde/france-championne-du-monde

      Il est très attendu par les supporters de l’équipe de France de #football. Le maillot avec les deux étoiles, le maillot des champions du monde, commence à arriver dans les magasins. 30 000 tuniques sont en train d’être livrées dans des boutiques spécialisées partout en France. Il s’agit d’une première fournée pour Nike, qui espère en vendre des centaines de milliers.

      Pour cette deuxième étoile, le prix de vente est de 85 euros pour le maillot de base, 109 euros pour la version avec le flocage d’un nom de joueur, et 140 euros pour le maillot avec la technologie VaporKnit, celui porté par les Bleus lors des matches.