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  • vous qui suivez de près ou de loin l’avancée des travaux d’archivage des œuvres de Michel Vachey dans le Terrier, voici une petite série de textes, la plupart inédits, assez incroyables, que je viens de mettre en forme dans le Terrier. Essais, critiques, poèmes, et nouvelles, que voici :

    « Archipel plusieurs », un inédit de 1978. c’est une série de fausses
    chroniques née de deux articles de journaux et d’une émission de
    télévision consacrée à l’art contemporain et l’argent (dossier joint).

    « Écritures dans la peinture ». c’est la page Vachey du catalogue de
    l’expo de la villa Arson (tapuscrit original, erratum de MV, avec documents
    d’archives et références)

    « Armoires » (poème, décembre 1966 revue Phantomas n° Apparatus, 63-67)

    « Antilope, métissage et inversions » (un essai inédit troublant sur le
    subterfuge rhétorico-politique de l’inversion, de 1982)

    Une lettre au journal le Monde de 1982, inédite, sur la sécularisation
    de l’écrivain

    « Boule à phrases » (un essai inédit, de 1984, autour de ses nombreux textes sur Parant)

    « Audace d’une position médiocre en 1970 » (réponse faite à Bourgeade
    brocardant Tel quel dans La Quinzaine littéraire)

    « Le jour où j’ai tué Brian » (un court essai précieux pour notre
    recherche, sur son propre travail plastique, 1983)

    Un dossier poésie avec deux versions des réponses au questionnaire
    Encres Vives et les documents afférents (questionnaire assez couillon
    sur la place de la poésie, ce qui n’empêche pas les réponses fines,
    avec la correspondance), et deux versions du texte « Poètes, crevez »
    (pour Phantomas, inédit)

    Dupont-Lajoie, nudiste et pornocrate (chronique inédite de 1975, à
    propos de Claudine Beccarie dans « Exhibition », le film de Davy)

    « Le guide des commençants » (un poème inédit de 1985. Un des très grands
    tout derniers textes de M.V., une pure merveille)

    « ERRATUM sur manuscrit » (un inédit de1978, complètement à part dans sa
    production : c’est un poème constituant un texte absent par une
    interminable série d’errata. Avec les « commençants », c’est une des plus belles découvertes récentes des archives Vachey)

    un petit poème pour la revue Aménophis n°4 (1969)

    « Redoutablement belle et rusée » (une nouvelle inédite de 1977, sous
    forme dialoguée, dans l’orbe de « Habeas Corpus »)

    Addendum à Enquête sur le terrorisme (inédit, 1980, autour du texte rendu au questionnaire de la revue Apostrophe)

    Ensemble orange (quatre récits inédits, de 1981 à 1983 : « Orange », « pour Kim et non-Kim », S"ud 2", « Vers l’Orange noire »)

    « Femmes (l’été noir) »(un poème publié dans Action poétique n ° 39 - 4ème trimestre 1968)

    « Hors-langage » (texte accompagnant le catalogue de l’exposition Textruction au Théâtre de Nice en 1973 - Texte de 1971-72, avec livres cuttérisés)

    « Onde » (poème, 1974/1984) et son dossier

    tout ça est là :

    http://www.le-terrier.net/lestextes/vachey/indexvachey.htm

    merci encore à Christiane Monier, Marie Valentine Martin et C. de Trogoff pour leur travail assidu sur ces textes parfois difficiles à déchiffrés et lourdement annotés

    #vachey #le_terrier #archives

  • Des communes tentent d’interdire localement des #Pesticides, malgré l’opposition de l’Etat
    https://www.bastamag.net/glyphosate-maires-Langouet-Boussieres-interdiction-pesticides-commune-ecol

    38 euros d’amende pour celui ou celle qui utilise du glyphosate, qu’il soit jardinier amateur ou agriculteur. C’est l’objet de l’arrêté municipal pris le 14 juin par le maire de Boussières, une commune d’un millier d’habitants dans le Doubs. « L’utilisation de tout produit contenant du glyphosate » y est proscrit sur l’ensemble du territoire communal. Depuis le 1er janvier 2019, la loi interdit l’utilisation des pesticides de synthèse, dont le glyphosate, aux utilisateurs non professionnels. Le maire a (...)

    En bref

    / Pesticides, #Politique, #Agriculture, Pollutions , #Toxiques, Quelle agriculture pour demain (...)

    #Pollutions_ #Quelle_agriculture_pour_demain_ ?
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/2019-06-19_arre_te_anti_glyphosate.pdf

  • Cip- Idf - SE DÉFENDRE contre les agressions sexuelles et...
    https://www.facebook.com/CipIdf/posts/1250818395081685?__tn__=K-R

    SE DÉFENDRE contre les agressions sexuelles et sexistes.
    Y A DU BOULOT !
    Présentation de la commission sorcières de la CIP-IDF à l’attention des militant.e.s, sympathisant.e.s et autres concerné.e.s
    Cet hiver 2018/19, une réunion a été proposée au sein de la CIP-IDF pour parler des problèmes de violences sexistes et sexuelles au sein du mouvement des intermittent.e.s et précaires. Certain.e.s militant.e.s ont annoncé ne plus vouloir lutter aux côtés d’agresseurs et de leurs défenseur.ses. Pourquoi les agressé.e.s devraient-ils/elles toujours s’effacer et laisser la place aux agresseur.ses ?
    Lors de cette réunion, une femme membre de la CIP a témoigné d’un viol qu’elle a subi en 2014. L’agresseur et ses défenseur.se.s – participant.e.s au mouvement – n’ayant pas été convié.e.s, la victime a pu s’exprimer avec un maximum de liberté.
    Ce témoignage a soulevé beaucoup de questions, personnelles et collectives, sur nos implications et nos aveuglements, sur ce que nous avions vécu, sur ce que chacun.e pouvait ou devait porter, sur la domination sexiste et autoritaire. S’affirmait ainsi la volonté d’un engagement féministe/antisexiste plus assumé au sein de la CIP. Les discussions ont abouti à la nécessité qu’une commission travaille sur les violences sexistes et sexuelles dans les milieux artistique et militant.
    Depuis janvier, cette commission qui a adopté le principe fondamental de garder une bienveillance et de l’empathie à chaque étape se réunit sur :
    – La réception de la parole de la/des victime.s et des personnes touchées de près, ainsi que de ce que cela implique pour les personnes qui reçoivent cette parole. Dans un contexte où la parole se libère peu à peu – et peu à peu, en l’occurrence, ce ne sera jamais assez –, le terme de « viol » n’est admis que dans une acception extrêmement restreinte, qui ne permet pas aux victimes d’être entendues pleinement. Le sujet peut réveiller du vécu, des projections personnelles intimes, en tant qu’agresseur.se ou agressé.e, amenant parfois beaucoup de violence dans les réactions et les échanges à ce sujet. Ces sujets cristallisent des positions divergentes, des tensions et des incompréhensions qu’il faut prendre en compte.
    – Notre propre fonctionnement. Au sein de la CIP comme de tout autre groupe, pourquoi ne savons-nous pas empêcher les comportements violents ? Pourquoi refusons-nous de voir, négligeons-nous de réagir, acceptons-nous sans prendre conscience du risque ? Comment intériorisons-nous ces comportements sexistes et autoritaires ? Quelle est l’implication collective et individuelle de chacun.e dans les réseaux de complicité ? Comment interroger/déconstruire nos fonctionnements collectifs et individuels ? Comment prévenir un processus d’emprise, d’intimidation, sur soi-même ou autrui, et ne plus permettre la mise en place de telles dominations ?
    – Les moyens d’action collectifs et individuels. Comment relancer la lutte sereinement et de façon sécurisante pour tou.te.s ? Comment éviter d’autres victimes potentielles ? Comment signaler et prévenir des comportements violents : que peut-on « se permettre » de dire, de faire ? Comment dire, réagir, agir, être entendu.e ? Que faire de l’agresseur et de ses défenseur.se.s ? Qu’en est-il de l’implication au quotidien, des liens avec des « compagnons » de lutte ou de travail, des liens d’amitié ? Comment y faire face ? Avec qui accepte-t-on de lutter ?
    Exclure ces agresseurs, c’est prendre le risque de les renvoyer à des personnes ou des groupes qui ne savent pas ce qu’ils sont. On ne peut pas les exclure de tout mais on ne luttera/s’organisera plus avec eux.
    L’objectif de la commission sorcières est de s’ouvrir à d’autres et d’élargir ses champs de réflexion et d’action sur ces sujets.
    Pour l’instant, la CIP-IDF a décidé :
    – la désinscription de l’agresseur initialement évoqué, ainsi que des salarié.e.s de la compagnie de théâtre dans laquelle il travaille et qui le soutiennent, de la liste mail qui réunit les membres des différentes commissions composant la CIP. La réflexion ne pouvait se mener sereinement sous la pression de l’agresseur et de ses collègues niant la gravité des faits au point de pousser hors de leur compagnie toutes personnes ayant une parole dissonante ;
    – d’essayer de mettre en place une « veille anti-relous » lors des AG et actions où la CIP est présente, avec une prise de parole préventive au début et une vigilance en cours de route ;
    – d’entretenir un lien avec le collectif La Permanence, qui dénonce les violences sexistes, sexuelles et racistes dans le milieu de la danse afin d’« assurer une vigilance contre les discriminations dans le milieu chorégraphique ».
    Travailler sur cette question et gérer ce genre de situation est délicat et demande du temps. L’agression à l’origine de la création de cette commission continue de nous paralyser aussi bien dans la réflexion que dans l’action. Il nous semble indispensable de chercher des réponses adéquates et d’expérimenter des méthodologies car il y a des dégâts à éviter.
    Qu’est ce qu’on fait quand, pour un viol, il n’y a ni plainte, ni jugement, ni réparation ? Quand on est dans l’incapacité, parce que peu nombreux, d’assurer un service de sécurité, ou tout au plus de faire de la prévention lors des actions collectives ?
    Oui, on n’a pas de réponse. Mais personne n’en a. On n’est ni juge ni flic. Qu’est-ce qui reste ?
    Plutôt que l’impunité, il va falloir inventer... même si ce ne sont que des bricolages.
    Dans la défense militante, il faudra inclure l’autoéducation, des agresseurs et de tous et toutes, qu’ils trouvent eux-mêmes des solutions à leur masculinité toxique, qu’ils se cassent d’eux-mêmes quand ils empêchent les autres d’être là.
    Ou bien aller leur dire direct pour assumer la situation conflictuelle, leur demander : « Qu’est-ce que tu proposes ? »
    Et s’ils restent, on fait quoi ? Voilà toute la question, qu’est ce qu’on assume comme point de rupture ?
    C’est notre limite. Et là commence l’objet de la commission sorcières.
    Certes, la CIP a plutôt coutume de parler des droits sociaux mais le patriarcat fait partie des outils primordiaux du capitalisme, autant que la précarité et le chômage. Il est l’une des oppressions les plus ancrées, et donc considérées comme « usuelles ». Il s’agit maintenant d’inclure réellement les revendications intersectionnelles à la convergence des luttes.
    Il reste encore beaucoup à faire pour construire des espaces de travail et militants sereins, à la CIP comme ailleurs. Nous voulons participer à cette construction afin que chacun.e aiguise son regard et refuse les comportements sexistes, racistes, classistes et autoritaires, jusqu’à ce que les normes changent et que les rapports de pouvoir et de dominations disparaissent.
    Comme chacun.e doit se décoloniser, chacun.e.s devra se dépatriarcaliser. Un nouveau mot à notre dictionnaire.
    En attendant,
    la commission sorcières invite toute personne à se questionner sur son comportement possiblement sexiste ou autoritaire, ainsi que sur l’acceptation de cette norme dominatrice. Elle invite également les personnes mises en cause à avoir la bonne idée de se mettre en retrait d’elles-mêmes dans les actions collectives, par un mouvement d’autogestion salutaire pour autrui !
    Commission sorcière de la coordination des Intermittents et précaires - dimanche 16 juin 2019

    #sorcières

  • Les #Gilets_Jaunes face à une justice d’exception

    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-15-juin-2019

    Superbe émission, je recommande chaudement

    Depuis le début du mouvement, près de 2 000 Gilets Jaunes ont été condamnés par la justice et 40% d’entre eux ont écopés de peines de prison ferme. Une sévérité inédite pour des prévenus au casier bien souvent vierge.
    Manifestation Gilet Jaune à Besançon, Bourgogne Franche-Comté.
    Manifestation Gilet Jaune à Besançon, Bourgogne Franche-Comté. © Radio France / Sylvain Prégaldiny

    Qu’elle soit policière, judiciaire ou administrative, la répression qui touche le mouvement des Gilets Jaunes est d’une ampleur inédite. Moins visible que les violences policières, le traitement judiciaire réservé à ceux qui se sont retrouvés, bien souvent pour la première fois, devant les tribunaux marque une volonté affichée de « faire des exemples ».

    Car si les magistrats sont indépendants, les consignes de fermeté du gouvernement ont largement été suivies : 40% des Gilets jaunes déférés devant la justice, la plupart du temps au cours de procédures expéditives de comparutions immédiates, ont écopés de peines de prison ferme (soit 800 personnes, selon les chiffres du parquet communiqués fin mars 2019), et 313 mandats de dépôts ont été prononcés, pour des peines qui, selon les dispositions prévues par le Code pénal, seraient normalement aménagées. Ce qui conduit le Syndicat des Avocats de France (SAF) à dénoncer une justice d’exception, devenue le bras armé du maintien de l’ordre.

    À Besançon, Frédéric Vuillaume et sa famille ont subi un véritable acharnement, multipliant gardes à vue, perquisition, contrôle judiciaire et prison ferme. Militant de longue date, Fréderic est l’un des piliers de la contestation à Besançon et participe au mouvement des Gilets jaunes depuis le début. Jamais il n’avait connu une telle répression auparavant.

    #gj #répression #violence_policière

  • « On n’échappera pas à une réflexion sur l’usage du LBD », réagit la patronne de l’IGPN - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/on-n-echappera-pas-a-une-reflexion-sur-l-usage-du-lbd-reagit-la-patronne-de

    Brigitte Jullien dresse le bilan 2018 des activités de la « police des polices ». Le nombre d’enquêtes a explosé depuis la crise des gilets jaunes. Interview.

    Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, le nombre d’enquêtes judiciaires de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) visant des policiers a explosé. On en recense 265 depuis le 17 novembre, dont 40 % ont été transmises à la justice (huit informations judiciaires ont été ouvertes), a annoncé ce jeudi la « police des polices », lors d’un point presse.

    On note également une hausse de plus de 200 % de l’usage des décriés LBD et grenades de désencerclement en 2018 par les policiers. Des tirs largement concentrés sur les deux derniers mois de l’année, qui ont vu se massifier les mouvements de gilets jaunes.

    A ce jour, l’IGPN n’a effectué aucune proposition de sanction administrative contre des policiers visés par des enquêtes en lien avec ces manifestations, indique à L’Express Brigitte Jullien, directrice de l’Inspection générale de la police, qui dit attendre la fin des enquêtes. Cette nouvelle arrivée dans l’institution -elle a pris ses fonctions en janvier- dresse le bilan d’une année 2018 marquée par des manifestations hors normes.

    L’Express : Comment votre activité d’enquêteurs a-t-elle été modifiée par le mouvement des gilets jaunes ?

    Brigitte Jullien : L’IGPN n’avait jamais vécu une telle situation, mais nous n’avons pas renforcé nos effectifs (l’institution comprend 292 agents, dont 110 enquêteurs). Nous avons su nous mobiliser face à cet afflux de travail.

    LIRE AUSSI >> « À l’IGPN, je n’ai jamais eu de pressions politiques »

    Il n’y a pas que la situation des gilets jaunes. Dans tous les cas, 2018 a été une année importante en termes de manifestations sociales sur la voie publique et de violences urbaines. On a aussi vécu la Coupe du monde, le Printemps de Bourges, les manifestations contre l’enfouissement de déchets nucléaires, ou encore les débordements à Halloween...

    Pourquoi certaines enquêtes, notamment liées aux violences présumées contre des gilets jaunes, prennent autant de temps ?

    Identifier le policier qui a tiré n’est pas toujours évident. Les victimes se trouvent dans certains cas à 30 m de la personne qui a utilisé son arme, et ne sont pas capables de nous donner son signalement ou son positionnement.

    On a des vidéos, souvent, mais elles ne sont parfois pas très claires. Il faut qu’on fasse toutes les recherches sur l’unité qui était présente, puis il faut auditionner le commissaire qui dirigeait le service et enfin les officiers, afin de voir qui était positionné à tel endroit. Parfois aussi, on n’est pas certain que la blessure soit liée à un LBD.

    Les nombreuses vidéos prises par des manifestants ou témoins et diffusées sur les réseaux sociaux ont-elles modifié votre travail ?

    C’est un élément nouveau dans le cadre de nos enquêtes, qui n’existait pas il y a encore quelques mois et que l’on intègre maintenant. On a des enquêteurs qui se sont spécialisés dans l’étude des réseaux sociaux, qui cherchent avec des occurrences toutes les images qui existent, pour travailler dessus.

    Sur notre plateforme de signalements, on reçoit aussi plein de vidéos qui sont parfois difficiles à identifier, car elles nous sont transmises par des internautes qui les ont eux-mêmes trouvées sur les réseaux sociaux. C’est alors compliqué de les raccrocher à un fait précis. Les réseaux sociaux font désormais partie du travail d’enquêteur et on ne le néglige pas.

    #maintien_de_l'ordre

  • Six décrocheurs de portraits de Macron condamnés à Bourg-en-Bresse
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120619/six-decrocheurs-de-portraits-de-macron-condamnes-bourg-en-bresse

    Jugées le 28 mai pour le décrochage d’un portrait du président, début mars, dans une petite mairie de l’Ain, six personnes ont écopé d’amendes, notamment avec sursis, pour vol en réunion avec ruse. Mais pour les condamnés, l’enjeu du changement climatique est trop grand pour qu’ils cèdent « face à la répression ».

    #France #Emmanuel_Macron,_Climat,_Action_non_violente,_portraits,_ANV-COP21,_décrochages

  • Article plus intéressant que ce que le titre laisse croire :

    Pourquoi ta meuf ne parle jamais de musique avec toi
    Le Parterre, le 5 juin 2019
    https://leparterre.fr/2019/06/05/pourquoi-ta-meuf-ne-parle-jamais-de-musique-avec-toi

    Si l’on se penche sur les chiffres, non seulement les femmes sont rares au sein des artistes musicaux, mais elles le sont encore plus dans la critique musicale. La critique musicale a derrière elle une longue histoire sexiste, et s’est construite autour de la parole des hommes et en la constituant comme un lieu d’attributs virils. En août 2018, la journaliste Jessica Hooper publiait une enquête sur la place des femmes dans le magazine Rolling Stone : « It was us against those guys », dont le titre parle de lui-même. Elle y interviewe les six premières femmes ayant réussi à se faire embaucher par le magazine dans les années 70, et les difficultés qu’elles y ont rencontrés. Elles y relatent les refus catégoriques de la part de leurs confrères d’accorder de la valeur à leur parole et le discrédit rapide dont elles ont été l’objet en étant comparées à des groupies ou des « fangirls ». L’obsession musicale d’un homme pour un groupe ou un musicien est conçue comme une forme d’expertise, alors que celle d’une femme est perçue comme superficielle et vénale.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’écart n’est pas prêt de se résorber. Un récent article d’André Doehring (Male Journalists as « artists » : The Ideological production of recent popular music journalism), montre même que la part des femmes journalistes musicales décroit depuis les années 80. A la fin des années 80 aux Etats Unis, elles étaient 23% à contribuer à la rédaction de critiques dans les magazines de musiques actuelles, elles représentent au début des années 2010 seulement 15% des contributeurs.trices. En 2015 en Allemagne, parmi les rédacteurs des magazines de musiques actuelles, seulement 1 sur 10 est une rédactrice et il n’existe aucune rédactrice en chef. Doehring souligne par ailleurs que c’est là une dynamique toute propre au journalisme musical, alors que les autres secteurs journalistiques voient la proportion de femmes au sein de leur rédaction se développer.

    #Musique #Femmes #Sexisme

    • Si l’on se penche sur les chiffres, non seulement les femmes sont rares au sein des artistes musicaux, mais elles le sont encore plus dans la critique musicale. La critique musicale a derrière elle une longue histoire sexiste, et s’est construite autour de la parole des hommes et en la constituant comme un lieu d’attributs virils.

      Ca marche avec la critique ciné, la critique littéraire, la critique artistique, la critique média, la critique tout court probablement.
      #historicisation #invisibilité_des_femmes #male_gaze

    • Ce qui me déprime le plus dans cet article c’est que la seul référence sur la théorie féministe soit Bourdieu, un mec qui s’est approprié les théories féministes sans cité ses sources. Comme si il n’y avait que les hommes encore une fois pour servir de référence dans un article qui dénonce le fait que les hommes sont pris comme références... et ici après deux siècles de femmes qui ont réfléchit et se sont exprimés sur le sujet, encore un homme !
      #androcentrisme

    • @mad_meg c’est pas la « théorie féministe » de Bourdieu qui est évoquée mais son bouquin « la distinction » qui est un regard sociologique critique sur les goûts et les couleurs (et je doute qu’en 1977 quand ce bouquin est sorti d’autres aient été aussi loin dans l’analyse).

    • C’est un article de blog qui date de 1977 ? J’ai cru que c’etait écrit en 2019... C’est pas « la domination masculine » mais ca reste Bourdieu pour un sujet sur l’invisibilisation des femmes.
      J’avais raté la ref à « André Doehring » comme point de départ, après vérification c’est un André au masculin, de quoi me faire ralé encore plus...

      Après re-lecture plus attentive il y a quand même deux femmes en plus de « ta meuf » qui sont mentionnées dans le texte : Sylvie Octobre (mais on sais pas trop qui elle est sans l’aide de gogol) et la journaliste Jessica Hooper de Rolling Stone (qui a fait un itw qui confirme ce que théorisent ces messieurs Bourdieu et Doerhing). Ca atténue un peu ma colère mais je reste mécontente de la ref à Bourdieu qui est vraiment malvenu dans ce contexte, ainsi que l’invisibilisation des théoriciennes féministes sur un sujet pareil. Mon conseil pour essayer d’être un peu constructive, sur les sujets féministes évitez les références masculines encore plus que vous devriez le faire d’habitude. Par exemple plutot que Bourdieu, il y avait Françoise Héritier et sa théorie de la différence de la valence des sexes qui aurais permis de dire ces chose avec plus de pertinence et moins de références masculines.

    • C’est quand même dommage de n’avoir que ça à dire sur cet article, ressortir une vieille polémique d’il y a 20 ans qui n’a rien à voir avec le sujet. On est à la limite du troll quoi...
      Mon conseil : lisez vous même les ouvrages sans vous soucier du sexe de l’auteur et voyez si c’est pertinent (c’est marrant parce que moi je trouve que « domination masculine » c’est un peu plus parlant et radical que « valence différentielle des sexes » mais chacun sa crémerie hein).

    • @aude_v mais on est d’accord, l’article fait justement ce constat que le milieu musical (et celui de la critique) est très masculin. L’auteur essaie de trouver les raisons en employant un appareil critique dont il dispose (Bourdieu en l’occurrence) et ce qui déprime le plus mad meg, si je la prends au pied de la lettre, ce n’est pas la situation des femmes dans le milieu de la critique mais le fait qu’on utilise Bourdieu pour en parler. C’est assez cocasse en fait car cela ressemblerait presque à une discussion entre critiques... J’ai d’ailleurs toujours trouvé assez ridicule presque toute la presse de critique musicale que je trouve souvent extrêmement pauvre, blindée de clichés et qui me semble être un repaire de jeunes (ou vieux) coqs qui utilisent ça principalement comme un moyen de séduction (c’est un manque de l’article ça d’ailleurs, car sur le sujet je pense que la séduction est une grosse part du problème).

    • @aude_v c’est la même chose dans le milieu universitaire où les hommes sont les plus visibles donc effectivement un Bourdieu là dedans n’y échappait pas non plus. Après, sur le bouquin en tant que tel je ne parlerais pas de pillage car on ne peut pas dire qu’il disait exactement la même chose (par exemple par rapport à Françoise Héritier, il n’a pas la même approche, et puis un tas d’autres gens ne se sont pas gênés pour critiquer le contenu de la théorie de Bourdieu sur cette question au regard d’autres études féministes) mais en revanche oui il y a clairement une invisibilisation en refusant (plus ou moins volontairement ?) même de discuter ces travaux effectués par des femmes. J’ai jeté un œil vite fait à l’index des noms propres et je ne vois que Judith Butler comme féministe qui est très rapidement citée, Virginia Woolf est longuement citée aussi mais son statut d’écrivaine la met un peu à part à mes yeux.

  • Le procès des décrocheurs de portraits : l’urgence climatique face à l’ordre
    https://reporterre.net/Le-proces-des-decrocheurs-de-portraits-l-urgence-climatique-face-a-l-ord

    Bourg-en-Bresse (Ain), reportage

    Le mardi 28 mai 2019, à Bourg-en-Bresse, se déroulait le tout premier procès des « décrochages » de portraits d’Emmanuel Macron. Six activistes d’ANV-COP21 Villefranche-Beaujolais-Saône comparaissaient, poursuivis par l’État pour « vol en réunion et par ruse ». Le samedi 2 mars 2019, les prévenus avaient « réquisitionné » une photo du président de la République dans la mairie de Jassans-Riottier (Ain). Ils encourent jusqu’à dix ans de prison et 150.000 euros d’amende. Cette action de désobéissance civile non violente s’inscrit dans la campagne « Décrochons Macron » au cours de laquelle 55 portraits ont été décrochés par des citoyens à travers la France. Les murs, vides des portraits présidentiels qu’ils accueillaient, symbolisent pour les activistes l’inaction climatique du gouvernement.

    #désobéissance_civile #décrocheur·euses

    • Le procureur de la République Éric Sandjivy, dans un long réquisitoire, regrette « l’instrumentalisation » des tribunaux « qui vont être saisis [2] et vont faire office de tribune politique au sens large. On a convié la presse, on a fait une manifestation. C’est là où ça me gêne : on utilise une enceinte de justice pour faire passer des messages. Il y a d’autres lieux pour ça. » Éric Sandjivy a réfuté « l’état de nécessité comme justificatif pouvant dédouaner ces personnes », arguant notamment que « les valeurs qu’ils croient défendre ne sont pas des valeurs partagées par tous. Ils peuvent estimer que c’est malheureux mais, pour être provocateur, je pourrais dire que [Donald] Trump ne les partage pas. »

      Genre le mec qui vient d’approcher un concept sûrement très éloigné de ses préoccupations quotidiennes mais bon, quand ton logiciel est « implémenté » avec du #Trump_code ...

  • Benedetti : La sociologie du vote Macron est de plus en plus minoritaire !
    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/benedetti-la-sociologie-du-vote-macron-est-de-plus-en-plus-minoritaire-2019

    L’essentiel pour Emmanuel Macron était de ne pas perdre la face. Le faible écart entre le RN et LREM lui assure cet objectif. Il ne gagne pas certes, mais il ne perd pas vraiment. La victoire du RN apparaît en soi peu signifiante, puisqu’elle ne sidère pas les professionnels de l’exégèse politique. Or la sidération est un facteur-clef de la nature d’un événement. Macron attache, quoi qu’il en dise, une importance aux commentateurs politiques car il sait qu’ils participent pour une part à la construction de la perception de la situation politique. Ils sont en deuxième rideau, à tort sans doute au demeurant, des « juges de paix » de la représentation politique... après les électeurs. Le storytelling, dans ces conditions, peut perdurer. Le récit communicant suscité par cet échec - Macron avait fait symboliquement de la défaite du RN l’un des enjeux de la consultation - permet d’occulter « ce qui ne se voit pas », pour reprendre la distinction de l’économiste Frédéric Bastiat, au profit de « ce qui se voit ». Qu’est ce qui se voit ? La résistance du socle électoral des marcheurs... Ce qui ne se voit pas ? Le fait que le RN ait gagné 1 million de voix par rapport à 2014, qu’il soit en tête dans 76 départements, que Macron soit confronté à 8 électeurs sur 10 après deux ans de mandat opposés à sa politique, à sa majorité, à son style aussi... L’effet d’optique irradie l’impression immédiate et dissimule la sociologie politique profonde du scrutin qui est loin de jouer en faveur du pouvoir.

    Macron fédère une base sociologique motivée, politisée, consciente que pour défendre ses intérêts il faut qu’elle fasse bloc. Marx eut fait son miel analytique de cette séquence historique. Peut-être comme jamais depuis la moitié du XIXe siècle, la société du haut ne s’était aussi savamment organisée pour assurer la protection de sa vision du monde. Il a su récupérer la droite ordolibérale, conformiste, paternaliste qui a volé à son secours lors de cette élection au détriment de François-Xavier Bellamy...

    • Forte mobilisation des beaux quartiers en faveur de LREM. Les vieux bastions de droite ont préféré la suppression de l’ISF de Macron à L’Iliade et l’Odyssée de Bellamy. La peur du gilet jaune a fonctionné, et la bourgeoisie a fait bloc derrière Macron : du pur vote de classe.

      LREM a siphonné l’électorat de droite qui a préféré le portefeuille aux convictions. Loiseau fait un carton à Neuilly avec 48%, à Boulogne-Billancourt avec 40%, dans le 16ème arrondissement de Paris avec 42% et dans le 8ème avec 47%.

      https://twitter.com/CRE_SciencesPo/status/1133011796237979649

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    | | « Liste » | Nombre de voix | % des exprimés | % des inscrits |
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    | 1 | Abstentions | 23613483 | — | 49,88 % |
    | 2 | PRENEZ LE POUVOIR - M. BARDELLA Jordan | 5281576 | 23,31 % | 11,16 % |
    | 3 | RENAISSANCE - Mme LOISEAU Nathalie | 5076363 | 22,41 % | 10,72 % |
    | 4 | EUROPE ECOLOGIE - M. JADOT Yannick | 3052406 | 13,47 % | 6,45 % |
    | 5 | UNION DROITE-CENTRE - M. BELLAMY François-Xavier | 1920530 | 8,48 % | 4,06 % |
    | 6 | LA FRANCE INSOUMISE - Mme AUBRY Manon | 1428386 | 6,31 % | 3,02 % |
    | 7 | ENVIE D’EUROPE - M. GLUCKSMANN Raphaël | 1401978 | 6,19 % | 2,96 % |
    | 8 | DEBOUT LA FRANCE - M. DUPONT-AIGNAN Nicolas | 794953 | 3,51 % | 1,68 % |
    | 9 | LISTE CITOYENNE - M. HAMON Benoît | 741212 | 3,27 % | 1,57 % |
    | 10 | LES EUROPEENS - M. LAGARDE Jean-Christophe | 566746 | 2,50 % | 1,20 % |
    | 11 | POUR L’EUROPE DES GENS - M. BROSSAT Ian | 564717 | 2,49 % | 1,19 % |
    | 12 | Blancs | 551235 | — | 1,16 % |
    | 13 | Nuls | 525793 | — | 1,11 % |
    | 14 | PARTI ANIMALISTE - Mme THOUY Hélène | 490570 | 2,17 % | 1,04 % |
    | 15 | URGENCE ECOLOGIE - M. BOURG Dominique | 411793 | 1,82 % | 0,87 % |
    | 16 | ENSEMBLE POUR LE FREXIT - M. ASSELINEAU François | 265957 | 1,17 % | 0,56 % |
    | 17 | LUTTE OUVRIERE - Mme ARTHAUD Nathalie | 176434 | 0,78 % | 0,37 % |
    | 18 | ENSEMBLE PATRIOTES - M. PHILIPPOT Florian | 147044 | 0,65 % | 0,31 % |
    | 19 | ALLIANCE JAUNE - M. LALANNE Francis | 122573 | 0,54 % | 0,26 % |
    | 20 | LES OUBLIES DE L’EUROPE - M. BIDOU Olivier | 51404 | 0,23 % | 0,11 % |
    | 21 | PARTI PIRATE - Mme MARIE Florie | 31684 | 0,14 % | 0,07 % |
    | 22 | EUROPE AU SERVICE DES PEUPLES - M. AZERGUI Nagib | 28447 | 0,13 % | 0,06 % |
    | 23 | ESPERANTO - M. DIEUMEGARD Pierre | 18567 | 0,08 % | 0,04 % |
    | 24 | PARTI FED. EUROPEEN - M. GERNIGON Yves | 12581 | 0,06 % | 0,03 % |
    | 25 | A VOIX EGALES - Mme TOMASINI Nathalie | 11604 | 0,05 % | 0,02 % |
    | 26 | DECROISSANCE 2019 - Mme DELFEL Thérèse | 10479 | 0,05 % | 0,02 % |
    | 27 | ALLONS ENFANTS - Mme CAILLAUD Sophie | 8203 | 0,04 % | 0,02 % |
    | 28 | PACE - M. ALEXANDRE Audric | 6875 | 0,03 % | 0,01 % |
    | 29 | INITIATIVE CITOYENNE - M. HELGEN Gilles | 6267 | 0,03 % | 0,01 % |
    | 30 | UDLEF - M. PERSON Christian Luc | 5016 | 0,02 % | 0,01 % |
    | 31 | LISTE DE LA RECONQUÊTE - M. VAUCLIN Vincent | 4835 | 0,02 % | 0,01 % |
    | 32 | DÉMOCRATIE REPRESENTATIVE - M. TRAORÉ Hamada | 3462 | 0,02 % | 0,01 % |
    | 33 | UNE FRANCE ROYALE - M. DE PREVOISIN Robert | 3393 | 0,01 % | 0,01 % |
    | 34 | NEUTRE ET ACTIF - Mme CORBET Cathy Denise Ginette | 2694 | 0,01 % | 0,01 % |
    | 35 | EVOLUTION CITOYENNE - M. CHALENÇON Christophe | 2120 | 0,01 % | 0,00 % |
    | 36 | LA LIGNE CLAIRE - M. CAMUS Renaud | 1897 | 0,01 % | 0,00 % |
    | 37 | REVOLUTIONNAIRE - M. SANCHEZ Antonio | 1458 | 0,01 % | 0,00 % |
    +----+----------------------------------------------------+----------------+----------------+----------------+

  • La justice enterre le volet ministériel de l’affaire du bombardement de Bouaké
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240519/la-justice-enterre-le-volet-ministeriel-de-l-affaire-du-bombardement-de-bo

    Les anciens ministres Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier ne seront pas jugés par la Cour de justice de la République pour leurs éventuelles responsabilités dans la fuite des auteurs du bombardement de Bouaké, en 2004 (10 morts). Cette décision, en contradiction manifeste avec la saisine de la juge d’instruction, marque la fin de quinze ans d’une enquête entravée par la raison d’État.

    #France #Alliot-Marie,_opération_Licorne,_Chirac,_mercenaires,_Gbagbo,_procès,_raison_d’Etat,_Villepin,_Côte_d’Ivoire,_Bombardement_de_Bouaké,_Barnier

  • Harira
    https://cuisine-libre.fr/harira

    Soupe traditionnelle marocaine du Ramadan, riche et nutritive. Préparer tous les ingrédients : concasser les tomates pour les réduire en pulpe. Couper la viande en petits dés. Râper les oignons, hacher le persil, la coriandre et le céleri. La harira se prépare en deux temps : d’abord le bouillon puis la tadouira, le liant qui vient l’épaissir. Bouillon Verser l’huile dans une marmite. Faire revenir la viande pour qu’elle dore. Faire suer l’oignon quelques minutes. Ajouter les épices. Ajouter les…

    #Mouton, #Pois_chiche, #Minestrones_et_hariras / #Sans_œuf, #Sans_lactose, #Bouilli

  • Des lycéens français visitent la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi - Fukushima 福島第一
    http://www.fukushima-blog.com/2019/05/des-lyceens-francais-visitent-la-centrale-nucleaire-de-fukushima-dai

    On voit bien la #manipulation : aucun jeune dans le bus ne semble montrer la moindre inquiétude. Pourtant, 70 µSv/h, ce n’est pas anodin. Pourquoi imposer ça à des enfants ? Pourquoi leur faire croire qu’ils ne risquent rien ? Sinon pour aller répandre la bonne parole rassurante aux quatre coins de la planète ? #Fukushima, on maîtrise, ce n’est plus dangereux, on peut même y faire du #tourisme_nucléaire et ne prendre qu’une dose de 0,01 mSv. La propagande pour des JO propres est bien en cours, sur tous les fronts. « La façon la plus simple de partager cette expérience, c’est tout simplement de la raconter, d’expliquer ce que nous, on a vu, que ce soit à nos amis, à nos parents », explique Adèle, du lycée Notre-Dame de Boulogne-Billancourt, à la fin du reportage.

    Au Japon, on utilise également les enfants pour faire croire à la population que la #pollution_radioactive n’est pas un problème sanitaire : il n’est pas rare, toujours dans un intérêt collectif, de faire participer des élèves à la décontamination, comme ces collégiens et lycéens qui avaient participé en 2015 au nettoyage de la route nationale 6 en t-shirt alors que cette route était interdite jusque-là pour cause de forte #contamination radioactive.

  • Vanessa Codaccioni : « Maintenant, beaucoup de gens savent ce qu’est la répression » - Radio Parleur
    https://radioparleur.net/2019/05/03/codaccioni-repression

    À notre micro, elle identifie les tactiques et les techniques mises en place par le pouvoir politique face aux mobilisations. La politiste décortique ces principaux dispositifs et éclaire l’une de leurs logiques majeures : la sémantique. Le vocable mis en œuvre par la communication gouvernementale pour qualifier les manifestants – de « vandales » à « foule haineuse » – vise à vider leurs actions de leur substance. Assimilé au terrorisme ou à la criminalité de droit commun, l’activisme se retrouve dépolitisé. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner déclarait ainsi devant le Sénat, le 19 mars 2019 : « Ceux qui ont manifesté samedi et qui ont cassé n’ont aucune revendication, si ce n’est celle de faire tomber la République. »

    Dans le même temps, cette croisade langagière vise à remettre en cause la rationalité des militant.es. Le « casseur » est décrit dans le langage étatique comme animé uniquement par la haine et la volonté de détruire, brûler, tuer, dépassant largement les frontières de la raison. Mais attention, prévient Vanessa Codaccioni, même le plus grotesque, le plus absurdement nihiliste de ces individus ne saurait être considéré comme fou. Car aux yeux de la justice française, le fou est celui qui n’est pas responsable de ses actes. Or c’est à l’exact opposé qu’appelle les responsables politiques, exigeant de fermes condamnations par la justice des activistes. Irrationnel mais pas fou : une psychologisation des manifestant.es qui efface la dimension éminemment politique de leurs actes.

    https://file.ausha.co/ep0VKh8EGLL52zMcXC60R6Gui10OhRtTq3LnSfgm.mp3

    • Copier-coller de la lettre d’info de @paniersalade reçue hier :

      Interview

      Vanessa Codaccioni est chercheuse en sciences politiques à l’Université Paris-8. Elle est spécialisée dans la justice pénale et la répression. Elle a publié en avril Répression, l’État face aux contestations politiques chez Textuel. Dans le livre, elle revient sur la criminalisation de l’action politique et la dépolitisation de l’activisme. Elle a répondu à nos questions.
      Le Panier à salade : Ces dernières semaines, des militant·es « décrocheurs » ont été jugé·es à Bourg-en-Bresse (Ain) pour « vol en réunion et par ruse », un militant animaliste qui filmait un élevage de porcs a été condamné pour « violation de domicile » et des pompiers qui manifestaient pour « entrave à la circulation ». Qu’illustrent ces exemples récents ?

      Vanessa Codaccioni : Il y a une invisibilisation du combat politique. Aujourd’hui, on constate une multiplication des formes de répressions. Dans de nombreux procès – notamment en comparution immédiate, le plus important ce sont les infractions reprochées : de quoi sont accusées les personnes mises en examen ? Elles sont jugées pour des délits de droit commun : outrages, diffamation, exhibition sexuelle… L’aspect politique des gestes sanctionnés n’est pas reconnu.

      Lors du procès des « Décrocheurs », si le juge a laissé un espace à la revendication politique, il a refusé en revanche les témoignages de chercheurs et associatifs. Quelle est la place de l’engagement politique au tribunal ?

      VC : Aujourd’hui, les procès ne peuvent plus être une tribune politique ; les juges ne reconnaissent plus la parole politique. La plupart des militant·es sont jugé·es en comparution immédiate – 29 minutes d’audience en moyenne, sans vraiment le temps de préparer sa défense – ou au tribunal correctionnel, qui est le tribunal des petites affaires.

      Si dans les tribunaux correctionnels, les peines sont plus légères, il y a cependant une impossibilité d’en faire une tribune politique. Ces procès ne permettent pas de faire des déclarations politiques, ils n’autorisent pas les avocats à plaider en longueur ou comme ils le souhaiteraient, ou encore à faire défiler des témoins. Les défilés de témoins ont toujours été importants dans les procès politiques. En cour d’assises ou en tribunal spécial, l’exercice serait plus simple, mais les peines y sont plus lourdes.

      Plusieurs voix se sont élevées pour réclamer une amnistie des « Gilets jaunes ». Le premier ministre s’y est opposé. Mais la correctionnalisation des actions politiques n’aide pas non plus à une telle amnistie.

      VC : Le président de la République pourrait faire une amnistie sociale. Cependant, ça voudrait dire qu’il reconnaît que les actes des manifestant·es sont des actes politiques. Et tout le jeu du gouvernement a été de diviser entre les bons manifestant·es d’un côté, et « les casseurs » de l’autre.

      En plus, comme il n’y a pas de délit politique comme on l’a vu, l’amnistie deviendrait complexe à mettre en œuvre. Il faudrait définir l’un après l’autre les délits qui seraient amnistiés.

      La journée « Ripostons à l’autoritarisme » rassemblait des militant·es d’horizon différents, des quartiers populaires à Bure (Meuse) en passant par les « Décrocheurs ». La plupart d’entre eux a expliqué qu’ils passaient plus de temps à parler de leur déboires judiciaires et policiers que de leur cause.

      VC : C’est précisément ce que j’explique dans mon livre. La stratégie de l’État, c’est que la répression force les militants à dépenser toute leur énergie et tout leur argent dans leur défense judiciaire. Quitte à avoir moins de temps pour la cause pour laquelle ils et elles se battent. C’est un des effets de la répression.

      Vous avez également travaillé sur la question de la légitime défense. Le procureur de la République à Paris, Rémy Heitz, a annoncé qu’en cas d’usage illégitime de la force, des policiers seraient poursuivis. Cela a suscité une levée de bouclier du côté des syndicats.

      VC : C’est très compliqué de juger des policiers aujourd’hui ; la plupart ne le sont pas. Et lorsqu’ils le sont, ils bénéficient de verdict de clémence. C’est à dire soit des non-lieux, des acquittements ou des peines de prison avec sursis.

      Les forces de l’ordre, et notamment les syndicats de police, souhaiteraient, en plus, qu’il n’y ait aucune procédure judiciaire contre un policier. Un policier qui tue ne devrait pas être jugé, selon eux.

      Ils ont une revendication forte en faveur la présomption de légitime défense. Ils seraient ainsi déclarés en état de légitime défense, jusqu’à ce qu’on prouve le contraire. Pour l’instant, c’est au policier de montrer qu’il a agit en état de légitime défense.

      Le syndicat Unité-SGP Police-FO a demandé l’instauration d’un tribunal dédié, avec des magistrats spécialisés. Les policiers font déjà l’objet d’enquête menées par leurs pairs au sein de l’IGPN…

      VC : La police et la plupart des syndicats policiers n’aiment pas que des juges s’immiscent dans leurs affaires. Ils souhaiteraient être jugés par leur pairs. C’est finalement l’équivalent de ce qu’ont les hommes et femmes politiques, qui sont jugés principalement par des parlementaires, au sein de la Cour de justice de la République.

      Quant à l’IGPN, celle-ci ne sanctionne que très rarement l’usage des armes par un policier ou la gestion du maintien de l’ordre. Il faut un comportement exceptionnellement grave, notamment en dehors de la fonction, pour que l’IGPN ne prononce une sanction.

      On a appris récemment qu’un policier pourrait aller devant les assises pour avoir éborgné un manifestant en 2016.

      VC : C’est exceptionnel qu’un policier aille devant les assises. Ça n’arrive que très rarement. En général, ils y échappent, sauf dans les cas mortels où la légitime défense n’est pas évidente. C’est en effet encore plus rare pour un acte non mortel. Si le renvoi est confirmé, cela fera peut-être jurisprudence.

      L’ouvrage de Vanessa Codaccioni :

      https://www.editionstextuel.com/livre/repression

  • Gabrielle Cluzel (Boulevard Voltaire) : CNews et LCI installent la « fachosphère » sur leurs plateaux - Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Gabrielle-Cluzel-Boulevard-Voltaire-CNews-et-LCI?var_mode=calcul

    Qui, dans l’espace médiatique, pourrait être à la fois spécialiste du Conseil constitutionnel, des nationalistes corses, de la justice japonaise, des radars vandalisés, du « Grand débat », de l’écriture inclusive, de l’ISF, de la réforme des lycées, de Viktor Orbán, des élections municipales parisiennes, des gilets jaunes, du harcèlement en ligne, de la mortalité routière, de Benalla, des débats européens, du hijab de Décathlon, de la France rurale, de Juppé, de l’antisémitisme, des fonctionnaires et de la politique italienne ? Réponse : à peu près tous les éditorialistes [1]. Et ça tombe plutôt bien, puisque c’est en tant que telle que Gabrielle Cluzel, rédactrice en chef de « Boulevard Voltaire », est très régulièrement invitée sur CNews et LCI depuis le 1er février. Trois émissions en particulier, « L’heure de Bachelot » (LCI), « Les Voix de l’info » et « Punchline » (CNews) contribuent ainsi à la légitimation et à la promotion médiatique d’un nouveau visage de l’éditocratie, tout droit issu des milieux d’extrême-droite sur internet – de la « fachosphère ».

    #néolibéralisme_fascistoïde

  • Entre massacre et lutte antiterroriste, l’armée malienne à l’épreuve du feu | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/140419/entre-massacre-et-lutte-antiterroriste-l-armee-malienne-l-epreuve-du-feu?o

    L’agence française de développement a annulé la publication d’un dossier sur le Mali qui devait paraître dans sa revue Afrique contemporaine. En cause, des articles qui ont déplu, mettant à mal la stratégie de la France ou les autorités du Mali. Mediapart publie l’un d’eux, consacré aux accusations visant l’armée malienne.

    #Paypal #Mali #Censure #AgenceFrançaiseDéveloppement

    • La polémique a éclaté fin mars. Elle a pour origine la démission de Marc-Antoine Pérouse de Montclos, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), de ses fonctions de rédacteur en chef d’Afrique contemporaine, une revue trimestrielle éditée par l’Agence française de développement (AFD). En cause : l’AFD a refusé la publication d’un dossier consacré au Mali.

      Pourtant, les articles de ce numéro spécial, « écrits par des chercheurs réputés, qui connaissent le terrain et écrivent depuis longtemps sur le Mali et l’Afrique, avaient été acceptés et approuvés par le comité de rédaction de la revue », indique Bruno Charbonneau, qui a dirigé ce travail (et qui est lui-même professeur d’études internationales au collège militaire royal de Saint-Jean au Québec).

      L’un des textes du dossier, détaille-t-il, analyse les faiblesses de l’approche militaire du contre-terrorisme actuellement privilégiée par les puissances occidentales. Il montre « comment cette approche qui l’emporte sur tout peut être contre-productive et être elle-même génératrice de violences ». Un autre évoque « l’impunité générale et généralisée dont jouissent des représentants de l’État malien dans la mesure où leurs actions illégales, criminelles et autres ne sont pas ou que rarement punis ».
      Il semble que ce sont ces deux articles qui ont posé problème à l’AFD, laquelle édite la revue mais la dirige aussi, puisque le directeur de la rédaction, Thomas Melonio, est un de ses agents. Ce dernier est le directeur exécutif du département innovation, recherche et savoirs de l’AFD, et a été conseiller Afrique du président François Hollande, après avoir été délégué national responsable de l’Afrique au parti socialiste. Il était en poste à l’Élysée lors du lancement de l’opération militaire française Serval au Mali, en 2013.

      Auteur de l’article consacré aux défaillances de l’armée malienne, le journaliste indépendant Rémi Carayol a confié à Mediapart l’intégralité de son texte, que nous publions ici avec son autorisation.

      *

      Sept ans après sa déroute dans le nord du Mali face aux combattants du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), l’armée malienne se reconstruit difficilement. Les résultats des importants moyens mis en œuvre pour lui permettre d’assumer ses missions sont pour l’heure peu probants. Il est vrai qu’elle revient de loin. En 2012, ses défaites successives dans le septentrion avaient révélé d’importantes faiblesses structurelles : manque de moyens matériels, déficit de cohésion au sein des différents corps, mauvaise gestion des ressources humaines, pratiques clientélistes, commandement défaillant, patriotisme à géométrie variable des soldats…

      Très vite après la perte d’une partie du territoire national, les partenaires du Mali ont entrepris d’aider les autorités à reconstruire une armée digne de ce nom. Il s’agissait alors de lui permettre, avec le soutien d’une force onusienne, la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), de reconquérir au plus vite les régions tombées sous le joug des groupes armés djihadistes, lesquels avaient profité de l’offensive du MNLA pour prendre le contrôle des principales villes du nord. Cette mission a finalement été accomplie par l’armée française, avec l’appui des armées africaines, après le déclenchement de l’opération Serval en janvier 2013.

      Lancée dans la foulée de l’intervention française, en février 2013, la mission de formation de l’Union européenne au Mali1 avait pour fonction initiale de former quatre Groupements tactiques interarmes (GTIA), soit un total de 2 600 hommes, destinés à se battre dans le nord. Prolongée à trois reprises en 2014, 2016 et 2018, cette mission en a formé bien plus : environ 12 500 soldats maliens ont officiellement suivi des cours et des entraînements dans le centre de Koulikoro, où sont basés les instructeurs européens. Prévue pour durer au minimum jusqu’en mai 2020, cette mission a pour l’heure coûté près de 133 millions d’euros2.

      L’EUTM a pour mandat de fournir des conseils en matière militaire et de contribuer à rétablir les capacités opérationnelles des Forces armées maliennes (Fama). L’instruction des militaires maliens comporte plusieurs volets, dont une formation en matière de droit international humanitaire, de protection des civils et de droits de l’homme. Depuis sa création, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), qui a succédé à la Misma, a elle aussi prodigué des formations en matière de droits humains aux soldats maliens. La France et les États-Unis mènent de leur côté des programmes de formation destinés aux armées de la sous-région, dont celle du Mali.

      Parallèlement à ces initiatives financées par les partenaires du Mali, le gouvernement malien a fait voter une loi d’orientation et de programmation militaire ambitieuse en mars 2015, dont l’objectif était « de se doter à l’horizon 2019 d’une organisation et d’un plan d’équipements, de disposer d’un outil de défense adapté aux besoins de sécurité, et capable en toutes circonstances de défendre l’intégrité du territoire national tout en contribuant à la consolidation de la démocratie ».

      D’un coût total estimé à plus de 1 230 milliards de francs CFA (près de 1,9 milliard d’euros3) sur une période de cinq ans, ce qui représente un effort colossal pour l’État malien, cette loi visait notamment à recruter près de 10 000 hommes, afin de porter les effectifs des forces de sécurité à 20 000 éléments, et à acquérir du matériel de guerre.

      Alors que « l’horizon 2019 » est bientôt atteint, force est de constater que les objectifs recherchés, tant en matière d’efficacité opérationnelle que de respect des droits humains, sont loin d’avoir été accomplis. Plus que la guerre dans le nord, le conflit multiforme qui secoue le centre du Mali illustre cet échec relatif.

      Si les Fama ont participé à la reconquête du nord, elles ne sont intervenues qu’en second rideau, une fois que les djihadistes avaient été chassés du terrain par les troupes françaises et africaines. Les soldats maliens ont très vite été amenés à reprendre leurs positions dans les villes de Tombouctou et de Gao, mais ils n’ont pas été en mesure de s’installer durablement plus au nord, notamment dans la ville de Kidal. Aujourd’hui encore, l’armée malienne est relativement peu présente dans les zones jadis occupées par les djihadistes. La plupart du temps cantonnée dans ses bases, elle ne sort que rarement des centres urbains. Son rôle est en outre dilué du fait de la multiplication des acteurs armés.

      L’armée française poursuit ses manœuvres dans le cadre de l’opération Barkhane (4 500 hommes), qui a succédé à l’opération Serval en 2014, et dont la base principale se situe à Gao4. Elle se concentre sur les dirigeants des groupes terroristes, qu’elle traque dans l’ensemble de la sous-région avec une totale liberté d’action.

      La Minusma, qui dispose de plus de 12 000 soldats, est également présente sur l’ensemble du territoire septentrional (à Tombouctou, Gao, Tessalit, Aguelhok, Kidal, Goundam, Ber, Gossi, Ansongo et Menaka), ainsi que dans le centre (à Douentza, Sévaré et Diabaly). Si les Casques bleus sortent peu de leurs bases, au grand dam des populations, ils constituent une force non négligeable dans ces villes.

      Enfin, les groupes armés signataires de l’accord de paix issu du processus d’Alger, membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui réunit d’anciens rebelles, ou de la Plateforme, dans laquelle se retrouvent des groupes qualifiés (parfois à tort) de loyalistes à l’égard de Bamako, jouent eux aussi un rôle dans la sécurisation du territoire. Le MNLA, le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) ou encore le Groupe autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia) assurent le contrôle de certaines zones rurales d’où sont absentes les Fama, en lien parfois avec les forces française et onusienne.

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      1 European Union Training Mission (EUTM)

      2 Le budget de l’EUTM Mali n’a cessé d’augmenter au fil des ans : 12,3 millions d’euros en 2013, 27,7 millions en 2014-2016, 33,4 millions en 2016-2018 et 59,7 millions pour la période 2018-2020. Cette dernière hausse spectaculaire s’explique par une extension du mandat de l’EUTM, qui, désormais, forme également des éléments de la Force conjointe du G5-Sahel. Source : EUTM Mali.

      3 427,59 milliards FCFA pour les investissements ; 442,57 milliards CFA pour le fonctionnement ; et 360,38 milliards CFA pour le personnel.

      4 Le quartier général de l’opération est basé à N’Djamena (Tchad).

      Le centre du Mali, foyer des violences
      Dans le centre du pays, par contre, les Fama sont en première ligne, et ont même longtemps été un peu seules. Cette zone, qui englobe la région de Mopti et une partie de la région de Ségou, est aujourd’hui considérée comme l’épicentre des violences au Mali, et est désormais perçue à New York, au siège des Nations unies, comme l’enjeu principal du moment. 40 à 50 % des violences recensées dans le pays en 2018 l’ont été dans ces deux régions.

      Selon un décompte de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), environ 1 200 personnes y ont été tuées ces deux dernières années, dont au moins 500 entre les mois de janvier et août 20185. Or l’armée malienne n’est pas étrangère à un tel bilan.

      En 2012, le centre du Mali, zone géographique relativement vague, marquait la séparation entre le nord, placé sous le joug des djihadistes, et le sud, administré par l’État. Ses habitants n’ont pas été exposés aux violences au même degré que ceux du nord, mais ils en ont subi les conséquences de manière plus ou moins directe : désertion des représentants de l’État, y compris des militaires dans certaines zones, multiplication des actes de banditisme, détérioration de la situation économique…

      En 2013, dans la foulée des troupes françaises et africaines, les Fama ont réinvesti la zone. Alors que les Français, dont les objectifs se

      IBK et Emmanuel Macron lors de la commération du centenaire de la Première Guerre mondiale à Reims le 6 novembre 2018. © Reuters
      IBK et Emmanuel Macron lors de la commération du centenaire de la Première Guerre mondiale à Reims le 6 novembre 2018. © Reuters
      situaient plus au nord, ne faisaient qu’y passer, et que la Minusma s’y implantait timidement, l’armée malienne, elle, y a repris ses positions. Cette reconquête s’est accompagnée d’exactions contre les populations locales, et plus particulièrement les Peuls, victimes d’amalgames en raison du ralliement de certains d’entre eux aux groupes djihadistes, souvent pour des raisons autres que religieuses6.
      Plusieurs dizaines de personnes ont été exécutées et jetées dans des puits par des soldats maliens à Sévaré7. Des cas de tortures ont également été mentionnés8. De nombreuses personnes ont en outre été portées disparues après avoir été arrêtées par l’armée malienne9.

      Ce retour « musclé » n’a pas permis pour autant de restaurer la sécurité, et encore moins la confiance entre les populations et l’armée. Outre les violences attribuées aux soldats maliens, des tueries (impunies jusqu’à présent) ont aussi été commises par des bandits armés10, et les pillages n’ont pas cessé.

      « Une fois que les Fama sont revenues, les vols de bétail se sont multipliés, précise un élu local de la commune de Nampala. Les gens sont allés voir les militaires pour leur demander de sécuriser les déplacements des troupeaux, mais ils n’ont rien obtenu. Certains se sont alors tournés vers les groupes armés ou ont décidé de s’armer eux-mêmes. »11

      C’est dans ce contexte de méfiance à l’égard des représentants de la force publique et de violences diffuses qu’est apparu début 2015 un nouveau mouvement djihadiste : la katiba Macina, affiliée au groupe dirigé par Iyad Ag-Ghaly, Ansar Eddine. Sa première attaque a eu lieu à Nampala, deux ans presque jour pour jour après la bataille de Konna, qui avait vu l’armée française entrer en action.

      Le 5 janvier 2015, plusieurs dizaines d’hommes armés lancent l’assaut sur le camp de l’armée malienne, puis investissent la ville et y font flotter leur drapeau noir pendant quelques heures, avant de se replier vers leur base. Depuis lors, les membres de cette katiba n’ont cessé d’étendre leur zone d’influence. Ils ont multiplié les attaques contre l’armée malienne et la Minusma, tuant des dizaines de soldats maliens et onusiens. La plupart du temps, ils profitent du passage d’un convoi pour lancer l’assaut12. Ils attaquent également des bases militaires ou des barrages de la gendarmerie à l’entrée des villes, et s’en prennent à des soldats isolés ou en permission.

      Après avoir chassé l’armée malienne des zones les plus difficiles d’accès dès les premiers mois de l’année 2015, les « hommes de la brousse » (c’est ainsi que les habitants de la zone ont pris l’habitude de les dénommer) ont mené une stratégie d’exécutions ciblées et d’enlèvements contre des représentants de l’État, des chefs religieux, des notables locaux et des élus soupçonnés de s’opposer à leur projet ou de collaborer avec l’État.

      Aujourd’hui, ils contrôlent une grande partie des zones rurales du centre du pays, où ils rendent justice, règlent les contentieux, imposent des règles de vie aux populations, gèrent l’accès aux ressources… Des centaines d’écoles publiques (dites « françaises ») ont été fermées, et parfois saccagées, ces dernières années13.

      Plusieurs facteurs peuvent expliquer la facilité avec laquelle les djihadistes se sont implantés dans le centre, et ont parfois gagné les cœurs de ses habitants : un État perçu depuis longtemps comme prédateur, notamment en raison de la corruption de certains de ses agents ; une économie vacillante, qui a subi de plein fouet les sécheresses des années 1970 et que la guerre au nord a encore un peu plus affaiblie ; la récurrence des litiges liés à l’utilisation des ressources naturelles, qui aboutissent parfois à des conflits communautaires ; la prolifération des armes…

      Mais si l’État a perdu le contrôle de pans entiers de cette zone, c’est aussi parce que l’armée malienne s’est jusqu’ici révélée incapable de faire face aux incursions djihadistes, et encore moins de gagner la confiance des populations. À Nampala, une semaine après l’attaque du 5 janvier 2015, un élu rapporte que « les [soldats des] Fama sont revenus. Ils ont dit que les Peuls étaient responsables. Ils ont arrêté des suspects, les ont tabassés. Certains ont été amenés à Bamako, et libérés après avoir dû verser de l’argent. Après ça, la population ne collaborait plus avec eux. » Les djihadistes en ont immédiatement profité : « Ils sont venus dans les villages et ont dit : “On ne vous demande rien, sauf de ne pas nous dénoncer.” Ils ont exécuté plusieurs informateurs de l’armée. »14

      Passée cette première phase de repli début 2015, au cours de laquelle elles se sont réfugiées dans les camps situés dans les grands centres urbains, les Fama ont mené des opérations anti-terroristes d’envergure, mais souvent sans lendemain. « Ils venaient, ils passaient quelques heures dans le village, ils arrêtaient des gens, puis ils repartaient, et nous laissaient à la merci des groupes armés », explique un élu local du cercle de Tenenkou15.

      International Crisis Group notait en 2016 que « ce type d’intervention vise à contenir l’expansion des groupes armés plutôt qu’à agir sur les sources de l’insécurité »16. L’opération Seno, lancée à l’automne 2015 dans le cercle de Bankass, a permis d’arrêter un certain nombre de suspects. Mais elle a également abouti à des arrestations violentes de personnes n’ayant rien à voir avec la katiba Macina, à des détentions arbitraires, parfois très longues, à des actes de torture17 et à des vexations, dont certaines, filmées et postées sur les réseaux sociaux, ont alimenté un sentiment victimaire chez nombre de Peuls.

      Début 2018, sous l’impulsion du nouveau gouvernement dirigé par Soumeylou Boubèye Maïga, un « Plan de sécurisation intégré des régions du Centre » a été élaboré. Ce plan, toujours en vigueur, prévoit le renforcement du dispositif sécuritaire dans les régions de Mopti et Ségou, et des mesures en matière de gouvernance et de développement économique et social. Des aides d’urgence ont été annoncées par le premier ministre lors de divers déplacements sur le terrain. Des représentants de l’administration, dont des sous-préfets, ont repris possession de leur poste dans quelques villes secondaires.

      Cependant, nombre de services publics sont toujours inaccessibles aux habitants des zones rurales, et l’État reste un mirage pour une grande partie d’entre eux. Au-delà des quelques promesses opportunément annoncées peu de temps avant l’élection présidentielle (à l’issue de laquelle le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, a été réélu), seul le volet militaire a été réellement mis en œuvre.

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      5 « Dans le centre du Mali, les populations prises au piège du terrorisme et du contre-terrorisme », Rapport d’enquête n° 727 de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme et de l’Association malienne des droits de l’homme, novembre 2018.

      6 Sangare Boukary, « Le centre du Mali : épicentre du djihadisme ? », note d’analyse du GRIP, mai 2016.

      7 Communiqué de Human Rights Watch, 31 janvier 2013 : https://www.hrw.org/fr/news/2013/01/31/mali-larmee-malienne-et-des-groupes-islamistes-ont-execute-des-prisonniers.

      8 Communiqué de Human Rights Watch, 26 mars 2013 : https://www.hrw.org/fr/news/2013/03/26/mali-des-soldats-ont-torture-des-detenus-lere.

      9 Entretiens avec l’auteur, Bamako, mars 2018.

      10 Le 18 mars 2013 à Doungoura (cercle de Tenenkou), au moins 20 personnes, essentiellement des Peuls, ont été tuées et jetées dans un puits par des hommes armés apparentés au MNLA. D’autres exactions ont été rapportées les jours suivants dans la même zone. Sources : entretiens avec l’auteur, Bamako, avril 2016.

      11 Entretien avec l’auteur, Bamako, mai 2018.

      12 Le premier semestre de l’année 2017 a été particulièrement sanglant. Le 19 janvier 2017, la pose d’une mine, suivie d’une fusillade, aurait provoqué la mort d’au moins dix soldats maliens dans la zone de Diabaly. Le 5 mars, l’attaque d’une patrouille des Fama à Boulikessi a fait 11 morts et 5 blessés. Le 2 mai, une embuscade entre Nampala et Dogofri a tué neuf soldats et en a blessé cinq autres.

      13 À la fin de l’année scolaire 2018, deux écoles sur trois de l’académie de Mopti étaient fermées. Source : ONU.

      14 Entretien avec l’auteur, Bamako, mai 2018.

      15 Entretien avec l’auteur, Bamako, mars 2018.

      16 « Mali central, la fabrique d’une insurrection ? », International Crisis Group, Rapport Afrique n° 238, juillet 2016.

      17 « Mali : Les abus s’étendent dans le sud du pays », rapport de Human Rights Watch, février 2016.

      Des massacres laissés impunis
      Dès le mois de janvier 2018, les Fama ont repris le contrôle des camps qu’elles avaient abandonnés trois ans plus tôt, et dans lesquels elles n’étaient revenues qu’occasionnellement. Elles ont en outre mené plusieurs opérations de lutte anti-terroriste, parfois sous commandement du G5-Sahel. Mais ce retour en force n’a pas permis de reprendre le contrôle des territoires perdus, qui restent encore aujourd’hui des zones de non-droit.

      Les éléments de la katiba Macina l’ont bien compris : ils évitent soigneusement les patrouilles et se cachent dans leurs repères, souvent situés dans des forêts, jusqu’à ce que les militaires repartent. Le reste du temps, ce sont eux qui dictent leur loi aux habitants. Cette situation empêche ces derniers de collaborer avec les forces de sécurité.

      Un sous-officier de l’armée malienne qui a mené plusieurs opérations en 2018 dans le centre du pays admet qu’il est compliqué de créer un lien avec les populations : « Quand on entre dans un village, on voit bien que les gens ont peur. Ils ne nous regardent même pas. Comme l’État n’est pas là la plupart du temps, ils doivent faire avec les djihadistes. Si on passe dans la journée, ils savent que le soir même les djihadistes viendront dans le village et attraperont ceux qui nous ont parlé . »18

      Outre cette menace décrite comme omniprésente par les habitants, d’autres raisons sont avancées pour expliquer cette défiance. Des Peuls déplorent notamment l’absence de dialogue avec les militaires maliens. D’autres évoquent la réputation qui les précède. Les opérations de l’armée malienne ont en effet été marquées par de nombreux abus en matière de droits humains ces derniers mois : l’enquête de la FIDH et de l’AMDH a démontré que des unités de l’armée avaient exécuté au moins 67 personnes, des Peuls dans leur grande majorité, au cours de six opérations menées entre février et juillet 2018, la plupart dans le cadre de l’opération « Dambe »19.

      D’une tuerie à l’autre, le scénario est sensiblement le même : une colonne de l’armée malienne installe un camp provisoire pendant quelques jours dans une zone considérée comme étant « infestée » de djihadistes ; elle procède à des arrestations sur la base de dénonciations villageoises ou du simple fait de l’appartenance à la communauté peule ; certaines des personnes arrêtées sont passées à tabac avant d’être libérées ou envoyées à Bamako, d’autres sont exécutées et enterrées dans une fosse commune…

      Salif Traoré, ministre malien de la sécurité et de la protection civile, en août 2018. © Reuters
      Salif Traoré, ministre malien de la sécurité et de la protection civile, en août 2018. © Reuters
      Le 21 février 2018 par exemple, dans les environs de Sokolo, les Forces armées maliennes patrouillent dans plusieurs villages et campements peuls. Elles y arrêtent neuf personnes : sept Peuls et deux Bambaras, qui sont relâchés le soir même. Quelques jours après le départ des militaires, des villageois se rendent dans leur campement pour tenter de retrouver les disparus. Sur les lieux, ils trouvent ce qui pourrait être une fosse de 3 mètres sur 2,5 mètres. « Il y avait des petits trous dans la terre, et des traces de sang, comme quand on égorge un mouton », indique un témoin20.
      Selon toute vraisemblance, les sept Peuls ont été exécutés et enterrés par des soldats maliens, sur les lieux mêmes où la colonne avait installé son camp provisoire, dans une forêt. Une enquête a été ouverte et très vite refermée. Elle n’a abouti à aucune arrestation21.

      Les méthodes employées par les soldats maliens semblent relever de la politique de la terre brûlée. « On a parfois l’impression qu’ils arrêtent n’importe qui, du moment qu’il est peul, et qu’ils ont pour consigne d’en tuer un certain nombre pour effrayer les populations », souligne un observateur onusien déployé dans la région22.

      Un officier de l’armée en poste à Bamako, loin du théâtre des opérations, pense pour sa part qu’au contraire, ces pratiques sont liées à l’absence de consignes de la part de la hiérarchie : « On envoie des jeunes éléments sur un terrain très difficile, sans consigne claire sur ce qu’il faut faire. Ils ne connaissent pas le contexte, ni parfois la langue des habitants, ils ont peur, ils sont nerveux, et donc parfois ils tirent dans le tas. »23

      Il paraît cependant difficile d’expliquer certaines opérations autrement que par une volonté manifeste de terroriser les populations. Le 5 avril, les Fama ont arrêté 14 hommes dans le hameau de Nelbal, situé à une quinzaine de kilomètres de Dioura. Selon des témoins, les militaires ont encerclé le campement peul, ils ont rassemblé tous les habitants, hommes, femmes et enfants, ont bandé les yeux à tous les hommes valides et les ont emmenés avec eux24. Le lendemain, l’armée a publié un communiqué indiquant que 14 hommes, présentés comme de présumés terroristes, étaient morts en tentant de s’évader de la prison de Dioura25.

      Deux mois plus tard, le 13 juin, les soldats maliens ont tué 25 hommes qu’ils avaient arrêtés dans les villages de Nantaka et Kobaka, situés tout près de Mopti, et les ont enterrés dans trois fosses communes à quelques kilomètres des deux villages. Dans un communiqué publié le 19 juin, le ministère de la défense a confirmé « l’existence de fosses communes impliquant certains personnels Fama dans des violations graves ayant occasionné mort d’hommes à Nantaka et Kobaka », et annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire26. Celle-ci n’a pour l’heure abouti à aucune arrestation ni à aucune sanction officielle.

      D’autres massacres commis par les Fama paraissent pouvoir répondre d’un esprit de vengeance. Ce qui s’est passé à Boulikessi le 19 mai 2018 en fournit une illustration. En 2015, face à la menace des djihadistes, l’armée avait quitté le camp qui jouxte cette ville. Le 28 décembre 2017, un détachement de l’armée malienne, sous commandement du G5-Sahel, a réinvesti le camp. Quelques jours après son arrivée, un lieutenant a organisé une réunion avec les habitants, au cours de laquelle il aurait annoncé que si les militaires subissaient une attaque, ils s’en prendraient aux habitants. « Pour un mort de notre côté, on en tuera vingt de votre côté », aurait-il dit à plusieurs reprises, selon des notables locaux27.

      Le 19 mai, jour de foire à Boulikessi, les militaires ont mis leur menace à exécution. Ce jour-là, un soldat qui patrouillait près du marché a été tué par un homme venu à moto et reparti aussitôt. Trente minutes plus tard, les militaires sont revenus en nombre. Ils ont tiré de manière indiscriminée sur les gens qui étaient restés sur les lieux, tuant dix hommes, puis ils sont allés chercher deux autres personnes dans la maison d’un commerçant, qu’ils ont exécutées sous les yeux du chef de village28.

      À l’évidence, les formations en matière de droits humains promulguées par l’EUTM et la Minusma n’ont pas eu l’effet escompté. Quant aux efforts consentis par l’État malien pour renforcer l’armée, ils ne lui ont pas permis pour l’heure d’engranger les victoires. Certes, des caches de la katiba Macina ont été découvertes et des combattants ont été arrêtés ou parfois tués. Un important travail a également été mené au niveau du renseignement.

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      Mais la lutte anti-terroriste ne peut se résumer à ce seul tableau de chasse. Jusqu’à présent, les forces de sécurité se sont montrées incapables de protéger les civils, comme en témoigne ce chiffre de l’ONU : lors des seuls mois d’avril, mai et juin 2018, au moins 287 personnes ont été tuées dans le centre du pays29.
      Les Fama n’ont pas été plus efficaces face aux différentes milices qui se sont constituées ces trois dernières années dans cette zone. Afin de remédier à l’absence de l’État, des mouvements armés dits « d’autodéfense » ont été créés de manière plus ou moins spontanée, sur la base de l’appartenance communautaire : dogon, peul, bambara. Mais ils ne protègent que leur propre communauté, et s’en prennent plus souvent aux civils issus de la communauté « concurrente » qu’aux combattants de la katiba Macina.

      Ces milices ont commis de nombreux massacres en 2018, plus particulièrement à l’approche de la saison des pluies30. Elles ont incendié des villages et ont obligé des milliers de personnes à se déplacer. Certaines d’entre elles ont agi au nez et à la barbe des soldats maliens, et parfois avec le soutien de responsables politiques et militaires.

      Il semble notamment que les Dozos (chasseurs traditionnels), qui jouent un rôle majeur dans les milices bambara et dogon, ont été dans un premier temps utilisés par les Fama comme éclaireurs ou informateurs, avant de participer plus activement aux combats. Or cette stratégie a d’ores et déjà montré ses limites : au fil du temps, ces groupes armés ont gagné en autonomie ; ils menacent désormais de s’en prendre à l’armée si elle se met en travers de leur route31 et mènent des expéditions meurtrières d’une ampleur inédite au Mali32.

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      18 Entretien avec l’auteur, Ségou, mars 2018.

      19 Rapport d’enquête n° 727 de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme et de l’Association malienne des droits de l’homme, novembre 2018.

      20 Entretien avec l’auteur, Bamako, mai 2018.

      21 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/04/13/au-mali-les-autorites-enquetent-sur-des-soupcons-d-executions-sommaires-par-.

      22 Entretien avec l’auteur, Mopti, mai 2018.

      23 Entretien avec l’auteur, Bamako, mars 2018.

      24 Entretiens avec l’auteur, Bamako et Mopti, mai 2018.

      25 http://www.fama.ml/tentative-devasion-des-suspects-trouvent-la-mort-a-dioura.

      26 https://www.jeuneafrique.com/579883/societe/mali-le-gouvernement-confirme-lexistence-de-fosses-communes-impliquant.

      27 Entretiens avec l’auteur, Bamako, juin 2018.

      28 Entretiens avec l’auteur, Bamako, juin 2018. Voir également le rapport d’enquête de la Minusma : https://minusma.unmissions.org/la-minusma-conclut-son-enqu%C3%AAte-sur-les-incidents-de-boulkes.

      29 Rapport du Secrétaire général des Nations unies, S/2018/866, 25 septembre 2018.

      30 « “Avant, nous étions des frères”. Exactions commises par des groupes d’autodéfense dans le centre du Mali », rapport de Human Rights Watch, décembre 2018.

      31 https://www.voaafrique.com/a/l-arm%C3%A9e-cible-un-groupe-arm%C3%A9-dogon-au-mali/4474766.html.

      32 Le 23 mars 2019, une attaque menée par des Dozos sur le village peul d’Ogossagou, dans le centre du Mali, a fait au moins 160 morts.

  • #Deûlémont : un commerçant de bateaux incarcéré pour avoir vendu des embarcations à des migrants

    Un #concessionnaire de bateaux basé à Deûlémont dans la métropole lilloise a été placé en #détention, dans l’attente de son jugement le 2 mai prochain, pour avoir vendu des embarcations à des migrants. Dans ce même dossier, un #chauffeur_de_taxi est également incarcéré.

    Le gérant d’une société de commerce de bateaux de Deûlémont a été placé en détention vendredi 22 mars, sur décision du tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, dans l’attente de son jugement le 2 mai prochain pour « aide aux migrants en bande organisée ». Une information de La Voix du Nord confirmée par le parquet de Boulogne et par l’avocat du prévenu, Me Mathieu Masse.

    Il est reproché à l’entrepreneur d’avoir depuis début octobre vendu plusieurs #bateaux_pneumatiques (semi-rigides, d’une valeur d’une dizaine de milliers d’euros) à des réseaux de migrants en vue de traverser la #Manche.

    Mesure « extrêmement coercitive »

    Me Masse a d’ores et déjà fait une demande de remise en liberté de son client, jugeant son incarcération « extrêmmement coercitive et complètement injustifiée ».

    « Le fait d’avoir vendu des bateaux ne fait pas de lui quelqu’un qui a aidé les migrants à traverser la Manche. Il fait juste du commerce et ça le met dans une situation catastrophique », plaide l’avocat. « On ne peut pas poursuivre un concessionnaire de voitures pour avoir vendu un bolide qui plus tard servirait à du trafic de drogues », poursuit-il.

    Dans ce dossier, un chauffeur de taxi a également été placé sous mandat de dépôt, accusé d’avoir transporté des migrants sur les plages d’où sont parties des embarcations pour l’Angleterre. Me Masse conteste par ailleurs la qualification de « #bande_organisée » : « En réalité ce sont deux personnes qui sont prévenues, un chauffeur de taxi et un vendeur de pneumatiques, mais il n’y a ni migrant, ni passeur. Pourquoi il n’y a que deux personnes ? » s’interroge-t-il.

    Selon lui, le parquet de Boulogne avait requis à l’encontre du patron de Fluvyalis un simple placement sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’audience qui a été reportée à début mai.

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille-metropole/deulemont-commercant-bateaux-incarcere-avoir-vendu-emba
    #commerce #bateaux #migrations #réfugiés #frontières #criminalisation #France #justice #passeurs
    #it_has_begun

    via @isskein

  • Nouvelle #condamnation d’un militant solidaire

    #Loïc, 29 ans, membre de l’Anafé, vient d’être condamné par la cour d’appel d’Aix-en-Provence à 3 000 euros d’amende avec sursis pour « aide à l’entrée d’un étranger en France » alors même qu’il avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Nice en première instance le 14 mars 2018.

    « L’Anafé apporte son soutien à Loïc, qui a été condamné alors qu’il a répondu à un élan de solidarité et d’humanité et dont la motivation au quotidien est la défense des droits des personnes à la frontière franco-italienne. Censée sanctionner les personnes et les organisations qui font du passage illégal des frontières un business hautement lucratif, exploitant les personnes étrangères qui souhaitent entrer sur le territoire français, cette pénalisation a une nouvelle fois été déviée de sa cible », déclare Laure Palun, co-directrice de l’Anafé.

    « Cette condamnation montre à quel point il est temps de changer d’approche sur la question des frontières. L’État français a la responsabilité d’administrer sa frontière. Pour autant, cela ne justifie pas que le seul franchissement irrégulier ou l’aide à un tel franchissement, sans contrepartie, puisse être considéré comme un délit, passible d’une peine de prison. C’est pourtant ce que prévoit la loi française. Et les effets produits sur les personnes sont disproportionnés. Ces questions sont de nature administrative. Elles devraient le rester », ajoute Jean-François Dubost, responsable du Programme protection des populations civiles à Amnesty International France.

    Nos associations demandent à ce que la loi française soit modifiée en ce sens.

    Des porte-paroles sont disponibles pour des interviews.

    Complément d’information

    Le 18 janvier 2018 Loïc est arrêté lors d’un contrôle d’identité au péage de La Turbie dans le sens Italie-France. À bord de son véhicule, il y avait un ressortissant éthiopien. Ils ont tous les deux été arrêtés. Loïc a reconnu avoir aidé cette personne dans son parcours migratoire pour des motifs humanitaires. Quelques jours avant, un homme avait été retrouvé mort sur le toit du train en provenance de Vintimille – il avait été électrocuté. Le ressortissant éthiopien a été immédiatement renvoyé en Italie.

    À l’issue de sa garde à vue, Loïc a été présenté au tribunal correctionnel de Nice en comparution immédiate. L’audience a été reportée au 14 mars. Pendant cette période, il avait l’interdiction de sortir du département des Alpes-Maritimes et devait se présenter une fois par semaine au commissariat.

    Le 14 mars 2018, le tribunal correctionnel de Nice a relaxé Loïc en raison notamment de l’absence d’audition du ressortissant éthiopien dans la procédure pénale et de l’absence de procédure relative à la situation administrative de cette personne sur le territoire français. Le tribunal avait en effet estimé que « la culpabilité ne peut être retenue sur la seule base de l’auto-incrimination, le délit poursuivi n’apparaît pas suffisamment caractérisé en l’absence d’enquête sur la situation administrative de l’étranger visé à la procédure ».

    Le parquet avait alors fait appel de la décision. L’audience en appel s’est tenue le 20 mars 2019 à la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

    https://solidaires.org/Nouvelle-condamnation-d-un-militant-solidaire-Alerte-Amnesty-Internation
    #solidarité #délit_de_solidarité #France #asile #migrations #réfugiés #frontières #amende #justice

    • France : Un travailleur humanitaire condamné pour un #tweet. Première #condamnation de ce type en France

      La condamnation pour diffamation, le 25 septembre, d’un travailleur humanitaire pour un tweet ironique représente une dangereuse escalade dans le harcèlement officiel d’associations fournissant une aide cruciale aux migrants, a déclaré Human Rights Watch. C’est la première condamnation de ce type en France.

      Le tribunal de Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, a déclaré #Loan_Torondel coupable de #diffamation pour un tweet qu’il avait publié début janvier et l’a condamné à une amende avec sursis et à verser des dommages et intérêts. Sous une photo montrant deux policiers debout au-dessus d’un jeune homme assis dans un champ, Torondel imagine que le jeune homme proteste du fait que la police lui ait confisqué son sac de couchage alors que la température extérieure est de 2 degrés Celsius, et que l’officier lui répond : « Peut-être, mais nous sommes la nation française, monsieur ».

      « Cette condamnation constitue un dangereux précédent et est symptomatique de la manière pernicieuse dont les autorités françaises cherchent à entraver le travail des personnes travaillant auprès des migrants et des demandeurs d’asile », a déclaré Bénédicte Jeannerod, Directrice France de Human Rights Watch.

      La réplique fictive de l’officier était une allusion à un discours prononcé fin décembre 2017 par le Président Emmanuel Macron dans lequel il exhortait le public à surmonter l’adversité en disant : « N’oubliez jamais que nous sommes la Nation française ». L’expression est rapidement devenue un mème moqueur, y compris parmi ceux qui s’opposaient à la façon dont étaient traités les migrants et autres sans-abri pendant l’hiver très froid.

      Loan Torondel, 21 ans, a passé deux ans au sein de l’association L’Auberge des Migrants à Calais, d’abord comme bénévole, puis en tant que coordinateur des opérations, jusqu’en juillet 2018, date à laquelle il est parti reprendre ses études.

      Le recours à des accusations de diffamation à l’encontre de travailleurs humanitaires est sans précédent en France. Dans le cas de Loan Torondel, les policiers qui apparaissaient sur la photo twittée ont déposé plainte en diffamation à la suite de quoi le Procureur a demandé l’ouverture d’une enquête.

      La diffamation est un délit pénal en France, passible d’une peine maximale de 45 000 euros d’amende. Loan Torondel a été condamné à une amende de 1 500 euros avec sursis et à verser 500 euros de dommages et intérêts et 475 euros de frais de justice. Il a fait appel de cette décision.

      Le droit international relatif aux droits humains prévoit des restrictions à la liberté d’expression pour protéger la réputation d’autrui, mais ces restrictions doivent être nécessaires et étroitement définies. Les lois pénales sur la diffamation sont une restriction inutile et disproportionnée à la liberté d’expression et créent un « effet dissuasif » qui restreint de fait autant les propos légitimes que les propos nuisibles.

      C’est pourquoi le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’opinion et d’expression et le Représentant pour la liberté des médias de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ainsi que le Rapporteur spécial de l’Organisation des États américains pour la liberté d’expression, ont conclu que la diffamation ne constitue « pas une restriction légitime à la liberté d’expression » et ont demandé à ce que ces lois soient supprimées. Dans une autre déclaration conjointe, ces autorités et le Rapporteur spécial de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples sur la liberté d’expression et l’accès à l’information ont noté que les lois pénales sur la diffamation constituent « une menace à la liberté d’expression ».

      Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’opinion et d’expression a estimé que les États devraient veiller tout particulièrement à ce que les lois sur la diffamation – qu’elles relèvent du droit civil ou pénal – « ne soient jamais utilisées pour empêcher toute critique à l’égard du gouvernement » et « doivent refléter le principe que les personnalités publiques sont davantage exposées aux critiques que les citoyens privés ».

      Les travailleurs humanitaires à Calais ont régulièrement fait état de cas de harcèlement de la part de la police. Nombre d’entre eux ont rapporté à Human Rights Watch, au Défenseur des droits et aux observateurs de l’ONU que la police leur infligeait des amendes répétées pour des infractions mineures ou de stationnement et les soumettait à des contrôles d’identité de manière répétée. Des travailleurs humanitaires ont affirmé que, lorsqu’ils ont photographié ou filmé des agents de police – comme la loi française les y autorise – des policiers ont saisi temporairement leurs téléphones pour effacer ou regarder le contenu, sans autorisation. Dans certains cas, des travailleurs humanitaires ont dit que la police les avait aspergés de gaz lacrymogène, les avait forcés à se mettre à terre ou les avait bousculés.

      Entre novembre 2017 et juillet 2018, quatre associations travaillant à Calais – Help Refugees, L’Auberge des Migrants, Utopia 56 et Refugee Info Bus – ont documenté 600 cas d’intimidation policière contre leur personnel et leurs bénévoles, notamment le recours excessif aux contrôles d’identité, aux amendes de stationnement arbitraires, aux fouilles, menaces, insultes et autres injures ou à la violence physique.

      En juillet, le Conseil constitutionnel a estimé que le fait d’aider des personnes dans le besoin, y compris des migrants en situation irrégulière, était protégé par le principe constitutionnel de fraternité.

      « Cette condamnation risque d’ouvrir la porte à de futures poursuites par les autorités malgré la décision du Conseil constitutionnel », a estimé Bénédicte Jeannerod. « Plutôt que de criminaliser les travailleurs humanitaires qui apportent une assistance vitale aux migrants et aux demandeurs d’asile et dénoncent des pratiques abusives, les autorités françaises devraient mettre un terme à ces abus et sanctionner les responsables. »

      https://www.hrw.org/fr/news/2018/09/27/france-un-travailleur-humanitaire-condamne-pour-un-tweet
      #réseaux_sociaux #justice #twitter

    • Invisibilisées dans les maladies non reconnues mais sur-visibilisées dans les maladies imaginaires qu’on leur impute pour leur détruire la vie.

      Le désarroi des familles d’enfants autistes face aux soupçons des services sociaux

      Des parents dénoncent des enquêtes menées à leur encontre par la protection de l’enfance, en raison de la méconnaissance du handicap de leur enfant.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/30/le-desarroi-des-familles-d-enfants-autistes-face-aux-services-sociaux_544353

      « Mère fusionnelle », « nomadisme médical », « syndrome de Münchhausen par procuration »… Les mêmes termes se retrouvent, de dossier en dossier, pour caractériser les comportements des parents d’enfants autistes qui se retrouvent dans le viseur de l’aide sociale à l’enfance (ASE). De nombreuses familles dénoncent depuis des années, sans rencontrer grand écho, l’acharnement dont elles s’estiment victimes et qu’elles attribuent à la méconnaissance, en France, des manifestations des troubles du spectre autistique (TSA).

      Pour elles comme pour les autres, bien souvent, tout commence avec un courrier, envoyé par les services sociaux du département. La famille destinataire apprend à sa lecture qu’une « information préoccupante », concernant un ou plusieurs de ses enfants, a été émise à son encontre, sans qu’elle sache nécessairement par qui, ni pourquoi. Ces procédures d’alerte, qui permettent de signaler un enfant en danger ou en risque de danger, peuvent être faites par les institutions en contact avec les enfants – l’éducation nationale étant un gros pourvoyeur – ou par des particuliers. Elles déclenchent une enquête administrative qui a pour objectif, justement, d’évaluer le danger supposé, et peut à terme conduire à une saisie du parquet.
      « Faillite collective »

      C’est le début de la « spirale infernale », résume Marion Aubry, vice-présidente de TouPi, une association d’entraide. Les comportements des autistes (tri alimentaire, hypersensibilité sensorielle) peuvent être confondus, pour un œil non averti, avec des signes de maltraitance ou de défaillance éducative.
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      Pour Julie (elle a requis l’anonymat), mère de trois enfants issus de deux unions, l’engrenage a débuté fin 2011. Alertée par le médecin de la crèche d’un possible autisme concernant son fils, elle se rend au centre d’action médico-sociale précoce le plus proche. « A l’époque, mon plus jeune fils avait 3 ans et demi, 4 ans. Il ne me regardait jamais, il pleurait énormément, avait une façon de jouer très spécifique, en alignant les objets. Il pouvait rester des heures à la même place sans bouger. Tout le tableau clinique de l’autisme, comme je l’ai appris plus tard. » Mais la pédopsychiatre balaie d’un revers de main ses soupçons, évoque une « dysharmonie évolutive ». Elle accuse Julie de projeter des angoisses sur ses enfants et de vouloir à tout prix qu’ils soient malades. Le fameux syndrome de Münchhausen par procuration.

      L’article sous #paywall parle de familles dans le désarroi alors qu’il s’agit de mères. Ici c’est encore une nouvelle forme d’invisibilisation puisqu’on parle des femmes en les nommant « familles »

    • Il y a aussi des recommandations pour un prétendue meilleur dépistage mais sans un mot au sujet d’un meilleur dépistage de l’autisme chez les filles

      De nouvelles recommandations pour dépister l’autisme chez l’enfant

      La Haute Autorité de santé a émis lundi 19 férier de nouvelles recommandations sur le dépistage de l’autisme, afin de permettre un diagnostic plus précoce chez les enfants, crucial pour leur avenir.

      Le Monde avec AFP Publié le 19 février 2018 à 05h42 - Mis à jour le 19 février 2018 à 06h37

      Temps de Lecture 1 min.

      Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) touchent un Français sur 100, soit 100 000 jeunes de moins de 20 ans et près de 600 000 adultes, selon des estimations des pouvoirs publics.

      La Haute Autorité de santé (HAS) a établi lundi 19 février des « recommandations de bonnes pratiques », a fléché le « parcours de l’enfant et de sa famille », « de l’identification des signes d’alerte jusqu’à la consultation dédiée » de l’autisme. « Plus le diagnostic est posé tôt, plus les interventions pourront être mises en place précocement et aideront l’enfant dans son développement », a expliqué la HAS dans un communiqué. « Malheureusement le diagnostic est encore trop tardif en France et les parents inquiets ne savent pas vers qui se tourner », a-t-elle déploré.

      Alors que « l’autisme est un trouble qui peut se manifester entre 1 et 2 ans », le diagnostic tombe souvent à un âge bien plus avancé, « en moyenne entre 3 et 5 ans ». Or les connaissances ont progressé depuis les précédentes recommandations de la HAS, qui dataient de 2005.
      Article réservé à nos abonnés Lire aussi Raisons d’autistes
      Rôle crucial des personnels de crèches

      Dès l’âge d’un an et demi, voire avant, certaines difficultés doivent éveiller l’attention, si par exemple un enfant ne réagit pas à son prénom, ne pointe pas du doigt à distance, ne partage pas de sourire, ne prononce pas un mot, etc.

      « Aucun de ces signes pris de façon isolée n’a de valeur prédictive, mais l’association d’au moins deux signes nécessite un examen clinique approfondi du développement de l’enfant », a souligné la Haute Autorité.

      Jouent un rôle crucial dans ce dépistage « les personnels des crèches et des écoles » qui doivent « porter une attention particulière et continue au développement de la communication sociale de chaque enfant », et « le médecin traitant, l’acteur-clé pour établir un premier bilan ».

      Surtout, a affirmé la HAS, « l’inquiétude que peuvent manifester les parents concernant le développement de leur enfant ne doit jamais être minimisée ».

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      Avec 88% des femmes autistes victimes de violences sexuelles c’est vraiment pas urgent du tout de dépister les filles autistes !
      http://cheekmagazine.fr/societe/femmes-autistes-violences-sexuelles

    • Il y a eu une audition au Sénat le Jeudi 14 février 2019 sur Violences envers les femmes autistes mais manifestement l’HAS ne s’y est pas intéressé.
      ici le compte rendu complet :
      http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20190211/femmes.html

      Mme Marie Rabatel. - J’aimerais vous donner un exemple concret de ce qui se passe sur le terrain. Onze enfants ont été victimes d’agressions sexuelles, et notamment de viol par sodomie, commis par des éducateurs dans une institution. Les parents ont porté plainte contre celle-ci, mais on leur a fait comprendre qu’ils risquaient de se retrouver avec leur enfant à charge. L’institution les a également menacés de faire un signalement à l’ASE pour refus de scolarisation. Lorsque l’enquête a été lancée, elle a été classée sans suite, car les enfants ne verbalisent pas, malgré tout ce qui peut être fait au niveau de l’écoute. Les dires des enfants, mais aussi la communication non verbale, n’ont pas été véritablement pris en compte par la gendarmerie. Tout a été interprété de manière décousue.

      Au final, trois parents ont fait appel et ont retiré leurs enfants de l’institution. Les autres enfants y sont toujours et restent exposés à l’environnement où ils ont vécu des tortures. Cela ne peut qu’entraver leur parcours vers l’autonomie. Les trois parents ont reçu un signalement de l’ASE pour maltraitance, au motif qu’ils priveraient leur enfant de scolarité.

      ...

      Mme Marie Rabatel. - Pour revenir sur la situation que j’ai évoquée, onze enfants ont été victimes d’agression sexuelle et de viol. Les parents ont signalé leur inquiétude à l’établissement. Les enfants avaient des réactions étranges et se plaignaient de douleurs constamment. Une mère a retrouvé une culotte avec du sperme et du sang. Il était tellement inconcevable pour elle d’imaginer une agression sexuelle ou un viol qu’elle l’a jetée à la poubelle. La preuve a donc disparu, malheureusement. Les onze parents ont porté plainte à la gendarmerie contre les éducateurs. L’un d’entre eux avait déjà été condamné plusieurs années auparavant pour détention d’images pédopornographiques et avait été emprisonné pour ce motif. Malgré cela, il a pu être embauché dans une institution. C’est terrible !

      La parole des enfants n’a pas été retenue. Les parents ont refusé de laisser faire. Devant la souffrance de leurs enfants et le besoin d’accompagnement, trois familles sont parties. Les parents des sept enfants restants ont fait appel avec l’association Innocence en danger. À ce stade, l’institution a menacé de faire un signalement auprès de l’ASE pour retirer les enfants de leur famille. Quatre familles ont donc abandonné et laissé leurs enfants dans l’institution. Les trois dernières familles ont retiré leurs enfants de l’institution et continué le combat.

      Ces faits datent de 2012 et les procédures sont toujours en cours. Parmi les trois agresseurs, l’un a vu son contrat se terminer tandis qu’un autre est resté en arrêt maladie pendant trois ans. Le troisième, qui avait déjà été condamné, a été condamné à nouveau, non pas pour l’affaire en question, mais pour possession d’images pédopornographiques.

      Les parents des trois enfants ayant quitté l’institution ont reçu des signalements et ont eu des difficultés avec l’ASE. Ils doivent prouver en permanence que l’éducation de leurs enfants se poursuit. C’est le monde à l’envers !

      Mme Joëlle Garriaud-Maylam. - Avez-vous essayé de mobiliser des responsables politiques ?

      Mme Marie Rabatel. - L’association l’a fait, mais sans succès.

      Dr Muriel Salmona. - Je ne comprends pas que la justice ne prenne pas en compte que le fait de posséder des images pédopornographiques signifie obligatoirement d’avoir fait des échanges d’images sur les réseaux du darknet. Tout le monde sait que, pour détenir des images pédopornographiques, il faut en donner. Or pour disposer de telles images, il faut les faire, et pour cela, il faut agresser et violer des enfants. Il y a là aussi une forme de crédulité et de naïveté. Il ne s’agit pas d’un phénomène virtuel, mais bien réel. Il faut monter au créneau, car il existe plus d’un million de sites pédopornographiques ! Mais tout le monde ne veut pas voir cette réalité.

      Par ailleurs, les agresseurs hors institution sont principalement des membres de la famille. En cas d’inceste, des femmes portent plainte au nom de leurs enfants et se voient ensuite privées de leur garde. Cela arrive fréquemment. L’enfant est confié au prédateur. Mais plus nous montons au créneau, plus la situation empire. Je délivre des certificats, ce faisant je prends des risques, mais rien n’y fait. Cela donne envie de pleurer, car ces cas sont légion. Récemment, deux petites filles ont été enlevées à leur mère alors qu’elle les protégeait. L’ASE les a placées en prétextant le syndrome d’aliénation parentale. L’une des fillettes a parlé de se suicider si elle devait revoir son père...

      Mme Maryvonne Blondin. - Où se trouve votre lieu de consultation ?

      Dr Muriel Salmona. - À Bourg-la-Reine, dans les Hauts-de-Seine. Je peux citer tellement de cas similaires ! Ces deux fillettes n’ont plus le droit d’être en contact avec leur mère. C’est absurde !

      Je vous ai apporté l’enquête que nous avons faite, qui vous donnera plus de précisions, notamment sur les prédateurs. En outre, j’aimerais souligner la nécessité que des condamnations soient prononcées pour non-signalement. Il faut que les non-signalements coûtent cher aux institutions pour qu’elles soient obligées de signaler au lieu de penser avant tout à protéger leur réputation. De plus, l’obligation d’affichage pour le 119 doit être respectée dans tout lieu qui reçoit des enfants.

      Concernant les moyens dont nous disposons, nous n’avons presque jamais reçu de subvention en dix ans d’existence. Je réalise les enquêtes grâce à des dons et grâce à mon travail. J’assure près de 90 journées de formation par an dans le cadre de mon travail. Ces formations rémunérées financent l’association.

      Par ailleurs, j’ai formé de nombreux psychiatres. Nous avons organisé des groupes de réflexion professionnels, entre autres initiatives. Mais je reste très isolée. Pourquoi ? Parce que ce travail nécessite un engagement de chaque instant. Je consacre beaucoup de temps à chaque patient et je ne peux dire que mon travail m’enrichit...

      Un article dans Le Monde sortira prochainement sur la disparition des cent centres de psycho-traumatologie que nous souhaitions. Or il est indispensable d’ouvrir de tels centres. Dans certains pays, il existe des centres ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre où les victimes sont prises en charge. Il est indispensable que les professionnels puissent être soutenus. Personne ne peut me suivre, et je le comprends. Nous avons besoin de plus de moyens.

      Mme Marie Rabatel. - J’aimerais revenir sur la question de la prise en charge. En tant que victime, je trouve inhumain que notre vie soit un combat, alors que cela peut être pris en charge pour l’agresseur. Il faut savoir qu’une victime a des difficultés à travailler. Par exemple, je touche 650 euros par mois de pension d’invalidité, sur lesquels je paie 200 euros de mutuelle. En effet, la prise en charge de ces traumatismes suppose de souscrire une mutuelle très coûteuse permettant le choix de ces soins, faute de quoi le risque est d’être adressé à des structures non spécialisées dans la psycho-traumatologie.

      Il est inhumain que les victimes peinent à financer des soins leur permettant simplement de rester en vie, contrairement à l’agresseur.

      Mme Dominique Vérien, co-rapporteure. - Cela n’est pas le cas partout. Dans l’Yonne par exemple, les traitements sont à la charge des agresseurs.

      A la charge des agresseurs alors que 0,3% des viols sont l’objet de condamnations en France selon ce rapport du Sénat...

    • @monolecte Ah désolé. Quand c’est dans le corps du texte, ou pire, dans le titre, mes armes de défense de léger dyslexique bloquent les mots-dièse en tant que tels (sinon ma lecture deviendrait tellement syncopée que je ne percevrais plus le sens de ce que je lis).

      Julie Dachez dit souvent des choses qui sont sidérantes d’intelligence sur le sujet. Elle me rappelle une autre personnalité brillante dont je suivais beaucoup les parutions il y a une dizaine d’années et qui m’a apporté de nombreuses clefs de compréhension, je viens de me reconnecter à mon Netvibes (pour la première fois depuis, je ne sais même plus quand) pour retrouver le nom de cette personne Michelle Dawson, absolument géniale.

      Désormais je peine un peu avec les témoignages, ils viennent me chercher sur mon côté le plus faible, je n’y arrive plus, alors l’audition, comment te dire... je crois que je vais passer mon tour. J’ai pris un sacré coup de vieux sur le sujet.

    • et on sent encore en sous-main certains délires issus de la psychanalyse, cette pseudo-science qui a toujours détesté les femmes et qui a toujours accusé les mères d’êtres responsables de l’autisme de leurs enfants.

      Oui @alexcorp et à cela on peu ajouter le lobbyisme des masculinistes type Sos-papa et le #sap (syndrome d’aliénation parentale).

      Dans la foulée je suis tombée hier sur cette tribune désépérante :

      « Les voies de renouvellement de la psychanalyse sont nombreuses »

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/04/01/les-voies-de-renouvellement-de-la-psychanalyse-sont-nombreuses_5444312_3232.
      qui montre que dans les université on enseigne encore les escroqueries intellectuelles de Lacan.
      ici

      Sophie Marret-Maleval

      Psychanalyste, professeur et directrice du département de psychanalyse de l’université Paris 8 Saint-Denis

      Aurélie Pfauwadel

      Psychanalyste, maître de conférences au département de psychanalyse de l’université Paris 8 Saint-Denis

      écrivent que :

      Là où Mme Roudinesco s’empresse de sonner l’hallali, nous voudrions présenter ces voies prometteuses du côté de la psychanalyse lacanienne.

    • Chère @mad_meg je me demandais s’il existait une sorte de post fondateur sur Seenthis dans lequel je pourrais lire ton argumentation apparemment très opposée à la psychanalyse, quelque chose qui serait plus développé que les tags ou les commentaires rapides et qui ne m’aident pas du tout à comprendre, alors que cela m’intéresse. Et si un tel billet ou commentaire n’existe pas encore, est-ce que tu pourrais tenter de le faire par exemple ici, mais je t’en supplie vu que c’est moi qui te le demandes, je veux bien que tu n’aies pas trop recours aux tags dans le corps du texte qui sont autant obstacles à ma lecture dyslexique, de même j’ai déjà compris qu’à peu de choses près tu reprochais, sans doute à raison, aux psychanalystes d’être sexistes et je ne veux ni ne peux pas nécessairement te donner tort, en revanche je veux bien que ce soit argumenté, histoire que je comprenne. Ca m’intéresse vraiment.

      Par ailleurs sur la question de la psychanalyse qui serait en échec ou, pire, maltraitante vis-à-vis des autistes et de leur entourage, je ne peux pas te dire que cela n’existe pas qu’il n’y a jamais eu de cas où de telles choses ne se soient produites, en revanche je te mets en garde sur le fait que ce soit finalement le seul argument, et c’est un argument d’exception, de l’argumentaire d’un tout autre bord, le comportementalisme dont je pourrais tout à loisir, si tu le souhaites, expliquer à quel point il est maltraitant vis-à-vis des personnes autistes de façon systémique, j’ai même écrit des articles sur le sujet.

      En revanche, il arrive, de temps en temps, que la psychanalyse vienne en aide à des personnes autistes et leur permette, au long cours, c’est vrai, voire au très long cours, de poser quelques baumes réparateurs sur des sources d’angoisse autrement inextinguibles ou encore de les extraire sans violence de leur autisme dans ce qu’il a d’incapacitant, parfois même en allant jusqu’à respecter leur altérité. Mais je t’accorde que ce soit rare et fragile.

      Du côté comportementaliste en revanche ce qui est présenté comme des victoires voire des guérisons est au contraire souvent acquis dans une certaine forme de violence (notamment psychologique) et a seulement l’apparence d’une victoire : dit plus simplement que l’obsession autistique d’un enfant autiste devienne de se présenter formellement à tout bout de champ, « bonjour je m’appelle Nathan et toi comment t’appelles-tu, aimerais tu que nous jouions ensemble ? », plutôt que de rester isolé au calme à aligner ses jouets de façon non moins obsessionnelle, j’ai un peu du mal à considérer cela comme une victoire.

      Enfin sur la question des violences sexuelles sur les femmes autistes, les chiffres font froid dans le dos et sans doute les pourcentages sont moindres chez les autistes hommes, il reste que ce pourcentage est plus élevé chez les homme autistes que chez les hommes neurotypiques, l’autisme des personnes ne les aidant précisément pas à anticiper le danger quand l’autisme n’est pas en fait la source même de ce danger. Les violeurs sont toujours très intéressés par l’impunité potentielle (ce n’est pas à toi que je vais l’apprendre, c’est plutôt dans l’autre sens que cet apprentissage se produit, j’en ai pleinement conscience). Les violences sexuelles, et parfois le viol, sont fréquentes chez les jeunes autistes, même masculins. Et quand la chose se produit, quand en tant que parent, tu tentes de demander des explications, voire justice, on a vite fait de t’opposer que ton entêtement à vouloir scolariser ton enfant est la cause de ces violences. Et c’est là qu’à ta plus grande surprise, je te remercie car par le passé il m’est arrivé de lire certaines de tes contributions sur la culture du viol qui m’auront permis de retourner de tels arguments.

      Donc oui, un peu d’argumentation à propos de ta détestation de la psychanalyse, je veux bien, même si tu l’as compris, je ne serais pas nécessairement d’accord. Mais est-ce grave ?

    • @philippe_de_jonckheere nous avons déjà eu des échanges assez houleux sur le sujet au point que tu m’a bloqué depuis 2016, ( https://seenthis.net/messages/548089#message548273 ) ce qui fait que tu n’as probablement pas vu passé toute la documentation que j’ai mise sur ce sujet depuis plusieurs années. Je vais aller fouiller et te sortir quelques unes de mes sources que tu disqualifira d’office comme tu le fait à chaque fois puisque c’est des « compormentalistes » tes fameux psy pour chiens.

      au sujet de ceci

      En revanche, il arrive, de temps en temps, que la psychanalyse vienne en aide à des personnes autistes et leur permette, au long cours, c’est vrai, voire au très long cours, de poser quelques baumes réparateurs sur des sources d’angoisse autrement inextinguibles ou encore de les extraire sans violence de leur autisme dans ce qu’il a d’incapacitant, parfois même en allant jusqu’à respecter leur altérité. Mais je t’accorde que ce soit rare et fragile.

      Il arrive effectivement de temps en temps que la psychanalyse vienne en aide à des personnes, comme peuvent le faire de temps en temps l’homéopathie, la prière, le systhème galien, la médecine traditionnelle chinoise et des tas de choses farfelues. La psychothérapie c’est aussi une relation interpersonnelle et il arrive que certaines personnes psychanalyste fassent du bien à certaines personnes, malgré la psychanalyse. Tout comme des religieux·se peuvent faire du bien à certaines personnes, malgré la religion. A mon avis la psychanalyse a des facilité à faire du bien aux hommes puisque cette discipline est conçu pour les libérés de leur culpabilité en imaginant des mères castratrices, des complexes d’œdipe, des filles qui aguichent leurs pères agresseurs...

      La psychanalyse ca fait du bien à certaines personnes qui en ont les moyens car c’est toujours sympas de pouvoir se payer un·e confident·e qui s’intéresse à ce qu’on ressent, ce qu’on pense, ce qu’on vie.

      Pour les garçons et hommes autistes victimes de violences sexuelles je sais qu’ils sont aussi plus touchés que les garçons et hommes non autistes mais ici le sujet c’est les femmes autistes et les injustices qui leurs sont faites à elles. Si tu veux parler des violences sexuelles subit par les garçons et hommes autistes, sujet qui est tout à fait légitime et qui mérite d’être documenté, ca serait plus sympa d’en faire un sujet à part pour ne pas invisibiliser les violences spécifiques faites aux femmes autistes.

      Pour les sources voici ce que j’ai retrouvé :

      https://seenthis.net/messages/754090
      https://seenthis.net/messages/759335
      https://seenthis.net/messages/771218
      https://seenthis.net/messages/738559
      https://seenthis.net/messages/676812
      https://seenthis.net/messages/641129
      https://seenthis.net/messages/701896
      https://seenthis.net/messages/688632
      https://seenthis.net/messages/699011
      https://seenthis.net/messages/644808
      https://seenthis.net/messages/739049
      https://seenthis.net/messages/688597

      https://www.youtube.com/watch?v=RBd2sm-0eyM


      https://www.youtube.com/watch?v=LgD9I31JD30

      https://www.youtube.com/watch?v=ytEwgpnDL8w

      #psychose

    • @philippe_de_jonckheere vous voulez croire à la psychanalyse, coûte que coûte, sans doute d’ailleurs parce qu’il vous en coûterait trop d’abandonner ces théories, mais ça j’ai envie de dire que c’est votre problème. Ce ne sont pas les comportementalistes qui ont inventé la culpabilisation des parents (et surtout des mères donc) au sujet de l’autisme. C’est facile de trouver de la documentation sur le sujet, à moins de ne pas vouloir savoir : https://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1099
      On trouvera aussi quelques témoignages intéressants sur le site de Martin Winckler dont celui-ci : http://www.martinwinckler.com/spip.php?article1083
      Toutes ces théories seraient risibles si seulement autant de soignants en France ne continuaient pas d’y croire et de les enseigner.
      Sur le sexisme de la psychanalyse, voir cet article édifiant http://cheekmagazine.fr/societe/sexisme-psychanalyse qui mentionne même l’existence d’un annuaire de psychanalystes « safe », sous entendant que les autres sont des sexistes invétérés. Quand on en est là, c’est qu’il y a un problème intrinsèque dans les théories qui sous-tendent ces pratiques.

    • Merci à toutes les deux. De la lecture pour le train demain, chouette !

      @mad_meg précision importante, déjà expliquée ailleurs, tu n’es pas bloquée par moi pour d’autres raisons que celle que je me sers de mon fil seenthis comme cahier de brouillon pour d’autres trucs et qu’il est arrivé par le passé que certaines de tes interventions ne soient pas exactement aimables et après cela me gêne dans mon travail, mais tu sais déjà tout ça.

      En revanche je suis souvent ce que tu postes ici, je suis souvent contrarié dans ma lecture par une tonalité et ses tags qui à mon avis nuisent (pour moi) à ton propos, je ne cherche évidemment pas à te dissuader à procéder comme tu l’entends, manquerait plus que ça, en revanche de mon côté pour bénéficier de tes lumières en somme cela demande un sérieux travail de décryptage (comme par exemple de copier coller dans un traitement de texte, virer les dièses et les barres de soulignement et tenter d’atténuer la charge, tout en gardant le sens général.

      Enfin, et je crois que c’est une difficulté sur ce sujet et d’autres, je me méfie des témoignages, un peu comme Raul Hilberg qui leur reproche de l’empêcher de réfléchir. Mais c’est une autre histoire. Et pour moi les témoignages ne font pas une argumentation. Dans ma petite recherche sur le sujet, j’ai eu des témoignages de première main à propos des agissements des comportementalistes qui font un peu froid dans le dos (juste une histoire la route, des parents algériens se plaignant du peu de résultats apportés par la méthode A.B.A. et auxquels on a fait comprendre que s’ils n’étaient pas contents on pouvait aussi les dénoncer à la police parce qu’on les savait dans une situation irrégulière, et d’autres qui sont un peu de la même farine pas très ragoutante) mais je préfère m’en tenir à une critique des méthodes et de ce qu’elles impliquent intellectuellement et qui est très sérieusement dextrogène, pour le moins.

    • Je suis d’accord que les témoignages ont leur limite pour analyser un phénomène, une théorie ou des pratiques. Cela étant dit, c’est aussi très pénible que dès qu’on aborde des pratiques qui posent problème (en l’occurrence des pratiques issues de théories psychanalytiques) il y a toujours quelqu’un qui ne veut pas en parler et attaque d’autres praticiens (les comportementalistes) pour faire dévier le sujet sur autre chose. Cette stratégie d’évitement est assez grossière. Je me souviens d’ailleurs de l’anti-livre noir de la psychanalyse qui en fait ne parlait pas de psychanalyse et ne répondait pas au livre initial mais était juste une suite d’anathèmes sans intérêt contre les comportementalistes (présentés comme des scientifiques obtus qui se seraient arrêtés à Pavlof). Bref, j’arrête là ce plus ou moins hors sujet, sans doute qu’un post dédié serait plus opportun.

    • Autisme, quand la secrétaire d’Etat déclare illégale la psychiatrie
      https://www.liberation.fr/france/2019/04/03/autisme-quand-la-secretaire-d-etat-declare-illegale-la-psychiatrie_171910

      La phrase est passée presque inaperçue. Interrogée par Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, lundi, veille de la « journée mondiale de l’autisme », la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées, Sophie Cluzel, a eu ces mots qui se voulaient explicatifs sur la stratégie du gouvernement : « Avec notre plan, il s’agit de ne plus placer des enfants autistes devant des psychiatres. » Et encore : « Face à un spectre de l’autisme très large, il faut que l’on arrête de parler de psychiatrie. » Mettre « l’accent sur la détection et la prise en charge précoce des enfants autistes » et en finir avec « des prises en charge inadéquates dans des hôpitaux psychiatriques où ils n’ont rien à faire ».

    • On sent que le gouv veux faire des économies sur le dos des autistes en profitant de la notion de spectre. Exit les prises en charge hospitalières puisque le spectre de l’autisme est si large. Alors que seuls les psychiatres sont habilités à établir le diagnostique, comment est-ce possible de ne pas faire passer ces personnes devant un psychiatre ?
      Le gouv entretins aussi intentionnellement le confusionnisme entre psychiatres, psychologues et psychanalystes. Ces 30 années de culpabilisation des mères qui sont ici imputé aux psychiatres sont en fait les méfaits des psychanalystes en particulier les lacanien·nes.

  • Le FLN face à ses vieux démons – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2019/03/18/le-fln-face-a-ses-vieux-demons

    L’insurrection citoyenne née le 22 février dernier révèle, entre autres, un parti du Front de libération nationale qui n’est, finalement, que l’ombre de lui-même ; un appareil complètement coupé de sa base militante.
    M. Kebci – Alger (Le Soir) – Triste sort que celui du parti FLN dont le dernier secrétaire général en date prenait plaisir à narguer, presque quotidiennement, tout le monde, affirmant à tue-tête et fièrement que l’ex-parti unique se confondait avec l’Etat et qu’il sortira vainqueur dans les élections y compris à l’horizon 2034. Et son successeur, en manque d’arguments pour appuyer l’option du 5e mandat présidentiel à l’origine de la révolution tranquille née le 22 février dernier, fera « mieux » puisqu’il a été jusqu’à comparer le désormais ex-Président-candidat à sa propre succession au dernier des prophètes.
    Un parti FLN qui est en train d’endurer certainement la plus sombre page de son histoire avec une rue qui ne cesse de réclamer son placement au musée. Avec également une base qui ne cesse de manifester ouvertement son hostilité à la direction et des démissions en cascade de militants, de cadres et d’élus nationaux et locaux. Alors que les militants de base sont nombreux à être des manifestations hebdomadaires récusant la prolongation du mandat présidentiel et exigeant clairement le départ du système en place et dont leur parti sert de principale vitrine politique, la direction du FLN s’entête à s’agripper à la feuille de route du cercle présidentiel. Un « écart » de conduite qui, s’il venait à persister, aggraverait davantage la crise au sein d’un parti étêté du sommet à la base avec la dissolution du bureau politique, du comité central et des structures intermédiaires. 
    Ce qui rend inconfortable la position du coordinateur national du parti dont la tête semble être désormais en jeu avec des velléités de nombre d’anciens membres du bureau politique et du comité central de le débarquer de son poste. Pas plus loin qu’hier dimanche, des mouhafedhs se sont retrouvés à Bouira avec comme objectif la convocation d’une session extraordinaire du comité central pour élire un nouveau secrétaire général du parti. Il se serait agi également de se démarquer de la position du parti à l’égard du mouvement populaire du 22 février dernier.
    Tout ce beau monde accuse Moad Bouchareb de vouloir préparer un congrès extraordinaire sur mesure en mai prochain dans le but de redonner un second souffle à l’ex-parti unique et prendre part à la conférence nationale inclusive que propose le Président sortant et que récusent totalement la rue et l’opposition dans tous ses compartiments. 
    Cette perspective de redonner une autre vie au parti à travers un autre habillage semble ardue, comme ce fut le cas au lendemain des événements d’Octobre 1988 à l’origine de la « brèche démocratique » de février 1989. Mais les deux contextes sont totalement différents avec l’émergence, cette fois-ci, de nouvelles générations à l’origine de l’insurrection en cours, qui récusent la légitimité historique dont se réclament encore les caciques de l’ex-parti unique dont les promesses de renouvellement et d’adaptation à ces nouvelles donnes ne convainquent plus personne, ou presque.
    M. K.

    https://lesoirdalgerie.com/actualites/le-fln-face-a-ses-vieux-demons-20814

  • Fins de mois difficiles, impayés, vente de patrimoine... Des familles asphyxiées face au « coût faramineux » des Ehpad, Béatrice Jérôme
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/27/de-tres-chers-parents-dans-de-trop-chers-ehpad_5428949_3224.html

    Pour une personne âgée sur deux, la facture s’élève à au moins 1 850 euros par mois. Parfois, les liens familiaux n’y résistent pas.

    Parfois, les liens familiaux n’y résistent pas. « Nous formions jusqu’à ce jour la famille modèle, très soudée, très solidaire, raconte Thierry Dormeau, 50 ans, contrôleur de gestion en Seine-et-Marne. Il aura suffi de trois mois pour que ce bonheur soit détruit. » Pauline, sa mère, souffre d’Alzheimer. Fin 2016, il a dû se résoudre à l’installer, à 83 ans, dans une maison de retraite proche de chez lui.
    Très vite, entre les quatre enfants de Pauline, la brouille a éclaté. Invoquant des dettes, des fins de mois plus difficiles, deux d’entre eux n’ont ni voulu – ni pu – partager la facture de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (#Ehpad), qui s’élevait à plus de 1 200 euros mensuels. Les impayés se sont accumulés. Aujourd’hui, l’établissement réclame plus de 11 000 euros. Quant à Pauline, elle est placée sous #tutelle depuis neuf mois et l’établissement souhaite son départ. « Je verse 300 euros par mois à l’Ehpad, 10 % de mon salaire, confie Thierry Dormeau, qui n’a pas les revenus suffisants pour consentir un effort supplémentaire. J’attends, inquiet de savoir qui va payer le dû final. C’est l’engrenage du système qui a détruit notre fratrie. »

    Vente de leur patrimoine

    Comme M. Dormeau, ils sont une quarantaine à avoir répondu à l’appel à témoignages lancé sur le site du Monde, début février, sur le casse-tête du financement du séjour d’un parent en maison de retraite. Autant de récits qui montrent des familles soudées plus souvent qu’elles ne se divisent. Mais qui vivent toutes des affres financières face au coût « faramineux » des Ehpad au regard de leurs ressources.

    Le « #reste_à_charge » dont doivent s’acquitter les 585 560 personnes âgées qui vivent dans ces établissements est parmi les plus élevés d’Europe.

    « Les plus mal loties sont les classes moyennes inférieures, qui ne sont ni assez pauvres pour avoir des aides sociales, ni assez riches pour faire face au coût. En somme, les catégories modestes, profil type des “gilets jaunes” ! », observe Serge Guérin, sociologue, spécialiste du vieillissement.

    Pour une personne âgée sur deux, la facture d’un Ehpad s’élève à au moins 1 850 euros par mois, selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la santé (Drees), publiée en novembre 2018. Alors que le montant moyen des #retraites était d’environ 1 500 euros net mensuels, fin 2016. La majorité des résidents a donc une retraite inférieure au coût du « reste à charge ».

    L’enquête de la Drees révèle aussi que seul un tiers des personnes en Ehpad dispose de revenus ou d’aides sociales suffisants pour payer. Les deux autres tiers se disent contraints de vendre leur patrimoine ou de mettre leur entourage à contribution. Reste que près d’un quart des personnes âgées interrogées indique ne pas savoir qui paye la facture, ni comment… Le coût d’une place en Ehpad est variable d’un département à l’autre. Il est aussi plus élevé dans le secteur privé lucratif où, selon la Drees, il dépasse 2 440 euros dans la moitié des établissements.

    « Les Ehpad, c’est cher payé pour le service rendu, regrette Annie Legoff, habitante de Saclay (Essonne). D’autant qu’il y a un manque énorme, mais vraiment énorme de personnel », déplore-t-elle. Elle constate à chaque visite « la lourde tâche » des équipes qui prennent soin de sa mère, Suzanne, 97 ans, et des résidents de l’Ehpad où elle vit depuis bientôt neuf ans. Pour financer son séjour dans cet établissement privé de Saclay, Annie Legoff a dû vendre l’appartement de Suzanne.

    D’ici deux ans à peine, elle n’aura pourtant pas d’autre choix que de puiser dans ses propres économies. « J’y pense tous les jours, appréhende cette ancienne secrétaire administrative à l’université. J’aurai à débourser 600 euros chaque mois, soit 15 % des revenus de mon ménage. Mon frère et ma sœur compléteront comme ils pourront. C’est un sacrifice normal mais ce sera au détriment de beaucoup de choses que nous ne pourrons plus financer », dit-elle.

    « 1 900 euros par mois »

    Les Ehpad publics – 45 % du parc – sont meilleur marché. La moitié d’entre eux pratiquent des tarifs inférieurs à 1 790 euros. Las ! Pour y entrer, les #listes_d’attente sont longues. Antoine Acquaviva n’a pas eu le choix. Faute de place dans un établissement public, près de chez sa mère, Noëlle, 74 ans, qui vit dans le Cher, cet informaticien nantais de 42 ans a dû opter pour un Ephad privé à Bourges. Le coût de l’hébergement – 2 700 euros – est hors de portée des 800 euros de retraite de Noëlle. Fils unique, M. Acquaviva verse « 1 900 euros par mois à l’Ehpad. Mon budget personnel ne pourra pas suivre longtemps », confie-t-il, avec la crainte d’être « sans solution si ma mère devait rester en établissement sur le long terme ».

    Comme lui, face à l’urgence et faute de chambres libres dans les Ehpad publics, Mireille Chabineau, habitante de Clion (Charente-Maritime), a installé son père, René, 86 ans, dans un établissement privé au Creusot (Saône-et-Loire). La retraite d’ancien ouvrier chez Schneider de son père et les petites économies de sa mère sont « entièrement » prélevées par l’Ehpad, « sans suffire à couvrir les frais », raconte-t-elle. Cette infirmière partage la charge totale de 1 300 euros, chaque mois, avec trois des quatre enfants de René.

    « On se retrouve à devoir payer pour notre père mais aussi pour notre mère, qui, sinon, n’aurait plus un euro pour vivre. »

    Pour Annie Lemer, le tribut est encore plus lourd. En 2015, elle a choisi de placer sa mère, Chelbia, dans un Ehpad privé non lucratif à Paris. « La première fois qu’on m’a indiqué le tarif, j’ai manqué de m’asseoir par terre ! », confie dans un sourire cette ancienne professeure agrégée d’hébreu. La facture s’élève à plus de 3 600 euros par mois. La retraite de Chelbia est de 1 400 euros. « Fille unique, j’assume seule le reste de la dépense, soit 2 200 euros par mois, en y consacrant, dit-elle, pratiquement entièrement mes quelque 3 000 euros de retraite. »

    Sa demande d’#aide_sociale à la Ville de Paris a reçu un « refus catégorique », au prétexte que sa « fille qui vit à Londres a des revenus élevés. Ce motif de refus ne me paraît vraiment pas juste », soupire Mme Lemer. « Ma fille a de jeunes enfants à charge. Je ne me vois pas lui demander de financer l’hébergement de sa grand-mère, même si elle a eu le beau geste de me le proposer », s’indigne-t-elle.

    Reprise d’activité

    Parfois, pour pourvoir payer l’établissement, certains conjoints sont obligés de reprendre une activité à la retraite. C’est le cas du père de Julie Guiader, cardiologue à Montrouge, dont la mère vit dans un Ehpad public qui facture un « reste à charge » de 2 500 euros, alors que la retraite de sa mère s’élève à 1 700 euros. « A 73 ans, mon père a repris son activité de médecin du travail pour payer la différence. Et je l’aide pour continuer à payer son loyer et les impôts », confie Mme Guiader.

    Pour soulager momentanément les proches, plus de 80 % des Ehpad sont habilités à délivrer une #aide_sociale_à_l’hébergement (ASH) aux résidents dont les revenus sont inférieurs au coût du séjour. Mais pour beaucoup de familles, le mécanisme de l’ASH est dissuasif. Car les conseils départementaux qui versent et financent cette aide sont en droit d’exiger son remboursement total ou partiel auprès des enfants, voire des petits-enfants, en fonction de leurs ressources, après le décès de son bénéficiaire. « Les gens hésitent à demander l’ASH, confirme Laurent Dumas, vice-président (PS) chargé de l’autonomie des établissements pour personnes âgées au conseil départemental du Puy-de-Dôme. Ils sont freinés par l’idée qu’après leur mort le département puisse demander de l’argent à leurs descendants. »

    « On n’a pas souhaité demander l’ASH, raconte ainsi Marie Pruvost, qui a installé fin juin sa mère, Rafaela, 88 ans, à l’Ephad hospitalier de Riom (Puy-de-Dôme). Même si ça fait cher, nous préférons payer au fur et à mesure plutôt que de prendre l’ASH et d’avoir à rembourser d’un coup une somme importante après sa mort », explique cette aide-soignante à l’hôpital de la ville.

    Alors que 75 % des résidents en Ehpad sont éligibles à l’ASH, seuls 20 % d’entre eux perçoivent cette allocation, ont calculé les députées Monique Iborra (LRM) et Caroline Fiat (FI) dans un rapport parlementaire sur la crise de ces établissements paru en mars 2018. Le mécanisme de l’ASH « est kafkaïen pour les familles et pour les départements qui doivent faire des enquêtes longues et coûteuses pour évaluer les moyens des descendants. C’est un système aberrant qu’il faut réformer », estime Monique Iborra.

    Pourtant, certains des 7 000 établissements français voient le nombre de dossiers d’ASH augmenter. « Depuis 2015, la courbe des demandes d’ASH grimpe de manière très forte. Un indice évident des difficultés financières croissantes des familles », relève Xavier Relandeau, directeur de la maison d’accueil du Bois-Hercé, Ehpad privé à but non lucratif à Nantes, où, depuis des générations, les habitants d’un quartier populaire de la ville viennent vivre leurs vieux jours.

    #vieux #dépendance #obligation_alimentaire #dette

  • Bouteflika, le peuple a décidé : dégagez ! - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2019/02/bouteflika-le-peuple-a-decide-degagez.html

    Enfin ! Depuis le temps qu’on attendait ça ! Je ne pensais pas que je le verrais de mon vivant. Quelle joie ! C’en est fini du culte du portrait dans un cadre doré. Le peuple algérien a montré que c’était lui et lui seul qui décidait, qu’il était l’unique « zaïm », que le pouvoir vient de lui seul et de personne d’autre. Et ce n’est qu’un début ! Ce 22 février 2019, date désormais historique, de nos monts et montagnes, de toutes les vallées, des champs et du désert, la voix des hommes libres s’est levée, le peuple a marché dans les rues de toutes les villes et communes de notre belle Algérie, au nord, à l’est, à l’ouest, au centre et au sud, pour clamer son refus du cinquième mandat du président impotent et de sa clique de truands, les gangsters de la chaise roulante : Bouteflika ya el Maroki makanch el houhda el khamsa(Bouteflika le Marocain, il n’y a pas de 5e mandat) ! Chacun en a pris pour son grade, de Ouyahia à Bouteflika. Et pourtant, tout le monde avait parié dans les salons feutrés et les résidences protégées en zone verte que le peuple algérien était mort et enterré et qu’il ne défendrait pas son honneur face aux agressions multiples et aux violences du régime pourri. Il faut dire qu’il s’est tu pendant si longtemps… Mais ce vendredi 22 février, le mur de la peur est définitivement tombé. Un seul héros, le peuple.

    La fratrie Bouteflika, Saïd, Nacer, et le gang du fauteuil roulant, Ouyahia, Sellal, Haddad, Sidi Saïd, Tliba, Ghoul, Bouchareb, Ould Abbes et Cie, dans quels trous êtes-vous terrés comme des rats ? Je vous avais avertis, vous les voleurs, les perfides, que cette terre n’était pas la vôtre, vous l’avez pourtant saignée à blanc et vendue comme une étoile de mer au marché, indignes usurpateurs, faux dévots, gangsters, crapules, malfrats, traîtres, vauriens ! Cette terre est la nôtre et le fleuve que vous avez détourné de sa voie naturelle est en train de retrouver son lit. Cette jeunesse que vous avez jetée à la mer, que vous avez marginalisée, brimée, opprimée, dédaignée, méprisée, avec le climat étouffant que vous avez installé dans le pays, est en train de recouvrer l’honneur de toute une nation. L’emblème de notre Algérie flottera de nouveau haut dans le ciel pur grâce à ces jeunes gens et à leurs cris de colère qu’ils ont jetés à vos tronches de vieilles épaves faisandées. Désormais, les Algériens ne seront plus obligés de baisser la tête par la honte que vous nous avez infligée avec votre président grabataire qui fait la risée du monde. Kassaman, l’hymne national que vous avez bafoué a retenti dans les rues et sur les places. Le fier Algérien fera de la Mecque des Révolutionnaires la Mecque de la Démocratie ! Personne ne pourra faire reculer le peuple, ni les manipulateurs, ni les pyromanes, ni les traîtres à la solde des puissances occidentales. Écoutez ces voix venant des tréfonds de nos contrées, ces voix de l’honneur et de la dignité : el chaab la yourid Bouteflika wa Said (le peuple ne veut pas de Bouteflika et Saïd). Écoutez ces voix entonner des hymnes à la liberté. Vous, les symboles du régime infect, écoutez ces voix, celle de l’Algérie de demain qui se fera malgré vous et contre vous.

    Pas une vitre n’a été brisée, les quelques rares velléités de violence ont été avortées par le peuple lui-même, aucun détritus n’a été laissé sur le passage des manifestations. Quelle leçon de civisme et de maturité a infligé ce grand peuple d’Algérie à ce régime putride d’une autre ère, complètement dépassé ! L’heure est désormais au renouveau, à la rupture et au changement, le vrai ! Finies les brimades, la hogra, c’est fini la servitude, c’est fini d’être écrasés par un cadre, c’en est fini de vos lâchetés et de vos traîtrises, c’en est fini de votre larbinisme ! Regardez-vous, contemplez la façon dont le peuple a signifié la fin de votre règne, vous êtes conspués dans les rues, insultés, le portrait de votre chef, de votre dieu vivant, est déchiré et piétiné. Non, Ouyahia, vous ne contrôlez pas la rue, vous ne contrôlez rien, tout vous échappe. Pour maintenir un cadavre et un cadre au pouvoir, vous êtes allés jusqu’à conspirer avec l’ancienne puissance coloniale, la France, qui devra assumer elle aussi le fait de vous avoir soutenu avec la complicité des puissances occidentales. Ceux qui ont prédit que le peuple allait sortir et tout casser se sont trompés, c’est ce régime qui a tout cassé, pillé. Le seul danger qui guette l’Algérie, c’est ce pouvoir corrompu. On n’a pas besoin d’un ennemi quand on a un régime destructeur comme celui de Bouteflika, votre prophète de pacotille qui est l’objet de vénération dans cette nouvelle religion du cadre ! Depuis ce 22 février, un vent de libération souffle sur le pays : terminé le colonialisme bouteflikien, c’en est fini de vous, de vos rapines et de vos pillages. Préparez vos valises, faites tourner les moteurs de vos jets privés. Allez rejoindre votre momie qui a pris la tangente en Suisse ou rejoignez son frère Saïd qui est aux USA. Ou à Paris, chez Fafa votre mère patrie que vous aimez tellement. Vous avez l’embarras du choix.

    Dorénavant, un seul agenda guidera la nation algérienne, ce sera l’agenda du peuple algérien qui a décidé de prendre de nouveau rendez-vous avec l’Histoire, comme ses aînés le lui ont montré, et de ne pas accepter la servitude et le despotisme d’un cadre et de quelques cloportes qui l’entourent. Désormais, il y a ceux qui sont avec le peuple et ceux qui sont contre lui, c’est valable pour les médias poubelle. Que chacun prenne ses responsabilités. Le peuple les a prises et il n’a besoin de personne, il vient de montrer qu’il est maître chez lui. L’Algérie bâtie par ses ancêtres lui appartient. Une nouvelle étape s’annonce, celle du rejet du régime et de ses relais politiques et médiatiques. Après avoir combattu ce régime pendant des années comme un homme du peuple et qui se bat pour le peuple, je n’ai jamais douté de ce dernier, contrairement à plein d’autres qui se sont vendus pour une poignée de dollars. En choisissant de servir un cadre et un mort-vivant, ils ont cru qu’ils misaient sur le bon cheval alors que ce n’est juste qu’une vielle rosse, un bourrin. La date du 22 février 2019 sera celle où tout un peuple s’est réapproprié son destin et a libéré son pays du joug des nouveaux colons. Ce jour n’est certainement que le commencement d’un processus qui continuera jusqu’à ce que le peuple obtienne gain de cause, c’est-à-dire jusqu’à ce que ce régime parte. Cette date est la pierre angulaire dans la construction d’un État de droit où personne ne sera au-dessus de la Loi. La machine de l’Histoire est en marche et personne ne pourra l’arrêter. Avec cette journée historique qui a vu tout un peuple se lever, le serment de Novembre s’accomplira et des ruines que vous avez laissées, nous bâtirons une Algérie nouvelle.

    Mohsen Abdelmoumen

    https://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/2019/02/23/bouteflika-le-peuple-a-decide-degagez

  • Grand débat : Edouard Philippe participe à son tour à une réunion locale - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/politique/grand-debat-edouard-philippe-s-invite-a-son-tour-dans-une-reunion-locale-

    Ça c’est la version officielle

    Il s’était fait discret jusque-là. Edouard Philippe a participé à son tour, ce vendredi soir, à une réunion publique organisée à Sartrouville (Yvelines) dans le cadre du grand débat national.

    C’est la première fois que le chef du gouvernement s’invite à l’une de ces réunions, au lendemain de la participation du président Emmanuel Macron à une réunion du grand débat à Bourg-de-Péage (Drôme).

    Ma frangine qui habite Sartrouville m’a fait un tout autre récit : Carine Tounkara et Christèle Rettenmoser (LREM) ont organisé cette soirée « grand débat » dans une salle municipale... à l’insu des habitant·es qui, non informé·es de la tenue de ce débat, n’ont pas pu participer ! Les personnes présentes étaient donc des invitées confidentielles.

  • Droit de rester Neuchâtel | Scolarisation des enfants réfugiés au Centre fédéral de Perreux
    https://asile.ch/2019/02/07/droit-de-rester-neuchatel-scolarisation-des-enfants-refugies-au-centre-federal

    L’association Droit de rester a publié un communiqué de presse sur les conditions d’accueil des réfugié-e-s au Centre fédéral de Perreux, à Boudry. Le Centre fait figure de dispositif pilote dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle procédure d’asile accélérée qui entrera en vigueur le 1er mars 2019. Dans ce contexte, […]