city:cancun

  • Une agence militaire américaine investit 100 millions de $ dans des biotechs d’extinction génétique

    http://www.up-magazine.info/index.php/bio-innovations/bio-innovations/7205-darpa-investit-100-millions-de-dans-des-biotechs-d-extinction-gen



    Des emails révélés en vertu des règles sur la liberté d’information par The Guardian prouvent que le DARPA, l’agence américaine pour la recherche avancée en matière de défense est devenue le plus grand bailleur de fonds des recherches sur le gene drive. Cette technologie de forçage génétique est destinée officiellement à éradiquer les moustiques vecteurs du paludisme, les rongeurs envahissants et d’autres espèces dites nuisibles. Derrière ces bonnes intentions, l’idée de confier à l’armée une si grande puissance de destruction et de transformation du vivant, est-elle si bonne ?

    « Le phénomène court-circuite les régulations de la sélection naturelle. La séquence de forçage génétique peut être assimilée à une mutation auto-amplifiante, qui s’auto-réplique elle-même et qui diffuse plus rapidement que par la génétique habituelle.
    Au regard de sa capacité à faire sauter les trois verrous caractéristiques du rythme évolutionnaire depuis 4 milliards d’années (mutation, hérédité, adaptation), le forçage génétique est probablement l’invention biologique la plus effective et imprédictible qu’on n’ait jamais possédée quant à la gestion du vivant, en nous et hors de nous. » C’est l’alerte que faisaient dans nos colonnes la biologiste Virginie Orgogozo et le philosophe Baptiste Morizot.

    Les alertes ne manquent pas dans le monde scientifique. Un réseau de 160 associations issues du monde entier avait manifesté son opposition à cette technique, lors du sommet de Cancun (Mexique) qui s’est tenu il y a tout juste un an - dédié à la biodiversité. À cette occasion a été présentée une demande de moratoire sur la « nouvelle technique génétique d’extinction ». Les associations estiment qu’« il n’est pas possible de prédire de manière adéquate les effets écologiques en cascade de la diffusion dans les écosystèmes sauvages ». Elles craignent les effets irréversibles et le franchissement des barrières d’espèces. Elles demandent l’arrêt de tout recours au forçage génétique même pour la recherche.

  • One in eight airline pilots may be clinically depressed | Reuters
    http://in.reuters.com/article/us-health-depression-pilots-survey-idINKBN144047

    The anonymous survey of about 1,850 pilots from more than 50 countries found that 14 percent of pilots who had worked within the past week had symptoms of depression. Four percent of pilots reported having suicidal thoughts within the past two weeks.
    […]
    Most respondents came from the U.S., Canada and Australia.

    Out of nearly 3,500 pilots who participated in the survey, 1,848 completed the questions about mental health. Within this group, 233 (12.6 percent) met the criteria for likely depression and 75 (4.1 percent) reported having suicidal thoughts within the previous two weeks.

    Among 1,430 participants who reported working as an airline pilot in the previous seven days at the time of the survey, 193 (13.5 percent) met the criteria for depression.

    A greater proportion of male pilots than female pilots reported that “nearly every day” they had experiences of loss of interest, feeling like a failure, trouble concentrating, and thinking they would be “better off dead.

    Euh ! les pourcentages annoncés ne portent que sur les répondants. Or il y a pratiquement la moitié de non-répondants à la partie du questionnaire sur la santé mentale…

    • En français

      JIM.fr - Un risque dépressif accru (et peu détecté) chez les pilotes de ligne
      http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/un_risque_depressif_accru_et_peu_detecte_chez_les_pilotes_de_ligne_162796/document_actu_pro.phtml

      Ces experts ont soumis 3 500 pilotes de 50 pays différents à un questionnaire médical (pas ouvertement orienté vers la santé mentale). Quelques 1 840 sujets ont fourni des réponses détaillées. Ces dernières mettent en évidence que 12,6 % cumulent les différents signes évocateurs d’une dépression, tandis que 4,1 % affirment avoir présenté des idées suicidaires dans les deux semaines précédentes. Chez les pilotes ayant travaillé dans les sept jours ayant précédé la participation à l’enquête, la proportion de sujets probablement dépressifs atteint même 13,5 %. « Les pensées dépressives chez les pilotes de ligne étaient beaucoup plus répandues que ce que nous pensions » ont commenté les organisateurs de cette enquête.

    • Et il y a diverses méthodes pour se remonter le moral…

      Un pilote d’avion ivre s’évanouit dans le cockpit
      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/01/01/97001-20170101FILWWW00033-un-pilote-d-avion-ivre-s-evanouit-dans-le-cockpit

      Un pilote de la compagnie aérienne Sunwing a été arrêté samedi après avoir été retrouvé en état d’ébriété dans le Boeing 737 qu’il s’apprêtait à piloter au départ de l’aéroport canadien de Calgary (ouest).

      Le pilote de 37 ans a été retrouvé ivre peu avant 7 heures du matin dans le cockpit de l’avion qu’il devait piloter jusqu’à Cancun, au Mexique, et à bord duquel se trouvaient 99 passagers et cinq autres membres d’équipage.

      Avant le départ du vol, le personnel présent aux portes d’embarquement et les membres de l’équipage ont remarqué que le pilote avait un « comportement étrange » avant de « s’évanouir dans le cockpit ». L’équipage a alors immédiatement prévenu les autorités.

      Le pilote a ensuite été « escorté hors de l’avion » puis « mis en garde à vue par la police de Calgary », selon un communiqué de la police.
      Les autorités ont précisé que le pilote avait « plus de trois fois le taux d’alcool autorisé » dans son système (0.08% au Canada) deux heures après son arrestation.

      #Sunwing est la compagnie #low-cost du Canada

  • Bioingénierie : un appel contre le « forçage génétique »

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/12/05/bioingenierie-un-appel-contre-le-forcage-genetique_5043860_1650684.html

    Plus de 150 ONG réclament un moratoire sur les applications et les recherches visant à modifier le génome d’espèces afin de les éradiquer ou, au contraire, de les conserver.

    Les nouvelles techniques d’ingénierie du génome alimentent les espoirs dans le domaine de la recherche biomédicale, mais aussi les craintes des environnementalistes. Plus de 150 organisations non gouvernementales (ONG) ont appelé, lundi 5 décembre à Cancún (Mexique), à l’occasion de la treizième conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique, à un moratoire sur les techniques de « forçage génétique ». Ces dernières consistent à imprimer à l’ensemble d’une espèce des traits nouveaux, grâce à l’introduction de constructions génétiques capables de se diffuser rapidement à toute une population.

    Les nouvelles méthodes d’édition du génome – comme Crispr-CAS9 – rendent en effet possible des manipulations génétiques à grande échelle. Relâchés dans la nature, quelques moustiques génétiquement modifiés pour être résistants au parasite du paludisme pourraient, par exemple en se reproduisant avec les individus sauvages, transmettre en quelques générations leur trait à l’ensemble de l’espèce. Et interrompre ainsi, en théorie, la transmission de la maladie aux hommes. D’autres applications sont possibles, comme la transmission d’un gène délétère à une espèce considérée comme nuisible, et ce, pour l’éradiquer. Ou au contraire, à des fins de conservation, apporter des gènes de résistance à des espèces menacées par des maladies ou des parasites émergents.

    Effets transfrontaliers

    « Le forçage génétique est délibérément conçu pour se diffuser et persister, sans considération pour les frontières nationales, écrivent les organisations signataires de l’appel. Il n’existe à ce jour aucun processus international de gouvernance des effets transfrontaliers d’une utilisation du forçage génétique. » Les ONG estiment que les conséquences attribuables à une opération de forçage génétique ne pourront être toutes connus ou détectées avec certitude. « Il n’est pas possible de prédire de manière adéquate les effets écologiques en cascade de la diffusion [d’une modification génétique] dans les écosystèmes sauvages », ajoutent-elles, précisant que les gènes introduits « pourraient se diffuser de manière irréversible » et « franchir la barrière des espèces ». Les pétitionnaires demandent un moratoire sur les applications bien sûr, mais aussi sur la « recherche appliquée ».

    « Ce genre de réactions est tout à fait compréhensible, estime Eric Marois, chercheur (Inserm) à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire de Strasbourg, qui travaille sur des systèmes de forçage génétique destinés à éradiquer ou modifier des moustiques vecteurs du paludisme. Mais si on peut aujourd’hui adhérer à une demande de moratoire sur les applications grandeur nature du forçage génétique, dans la mesure où il n’existe pas encore de cadre réglementaire, il est plus gênant de vouloir interdire la recherche en laboratoire sur ces sujets. »

    « Un seul organisme introduit par erreur dans l’environnement peut théoriquement altérer toute son espèce, c’est dire si les enjeux sont élevés » Jim Thomas (ETC Group)

    Pour les pétitionnaires, la recherche conduite à des fins d’applications ultérieures devrait en effet être sujette à moratoire. Y compris lorsqu’elle est conduite en milieu confiné. « La recherche en laboratoire peut tout à fait être définie comme appliquée, estime Jim Thomas, directeur de programme à ETC Group, l’une des organisations ayant piloté l’initiative. Par exemple, l’université de Caroline du Nord est actuellement en train de développer un système de forçage génétique sur la souris dont l’utilisation sur des îles [envahies par ces rongeurs] est espérée d’ici à 2020. » En outre, rappelle Jim Thomas, « un seul organisme introduit par erreur dans l’environnement peut théoriquement altérer toute son espèce, c’est dire si les enjeux sont élevés ».

    Eradiquer le paludisme

    « Je trouve dommage que ces organisations, qui se soucient du développement socio-économique dans les pays en développement ne considèrent que les risques potentiels de ces techniques, sans regarder les bénéfices possibles : éradiquer le paludisme soulagerait les populations africaines d’un poids énorme, ajoute de son côté Eric Marois. Le forçage génétique pourrait en outre permettre de réduire l’usage des insecticides qui sont aujourd’hui utilisés pour contrôler les populations de moustiques, et qui ont des effets négatifs sur l’environnement et sur la santé publique. »

    Professeur à l’Académie des sciences chinoise et auteur d’une récente synthèse sur les applications de ces techniques à la conservation des espèces, Richard Corlett se dit en accord avec l’instauration d’un moratoire sur les applications opérationnelles, tant qu’aucun cadre réglementaire n’existe. Mais un moratoire sur la recherche pose, selon lui, d’autres problèmes. « D’année en année, il sera plus simple pour un grand nombre de laboratoires et de pays de développer des systèmes de forçage génétique, explique-t-il. Un moratoire sur la recherche signifierait que n’importe quel biologiste moléculaire saurait en théorie comment développer un tel système sans apprendre à savoir le contrôler. » Or, ajoute le biologiste, ces techniques sont « bon marché et indétectables : voulons-nous que ces systèmes ne soient développés que par des Etats, des entreprises ou des scientifiques hors de contrôle ? »

  • Community Fights to Protect Cherished Mangrove in Cancun, Mexico · Global Voices
    https://globalvoices.org/2016/04/17/community-fights-to-protect-cherished-mangrove-in-cancun-mexico

    Across the bay from the glittery hotel district, Cancun residents often enjoy some cool respite on the city’s breezy malecón, Latin America’s name for a seafront promenade. On a typical evening, people can be found jogging, playing, dog walking, or just taking in the fresh Caribbean trade winds. Until January 16, a dense mangrove forest led up to Cancun’s malecón, separating the peaceful walkway from the bustling city. But at 2 a.m. on that Sunday, bulldozers moved in and tore the mangrove trees away, destroying a much-needed green space for residents and demolishing the habitat of thousands of creatures.

    The residents of Cancun reacted, and moved to protect and restore what was left of the mangrove forest. Leveraging social media, notably Facebook pages Salvemos Manglar Tajamar (Let’s Save Tajamar Mangrove) and Guardianes del Manglar Cancún (Mangrove Guardians of Cancun), as well as Twitter, calls to action have been rapidly answered by the community, leading to connections with Greenpeace and the international network to save mangrove forests worldwide.

    Every day and night since January 16, the Guardianes del Manglar stand vigil under a blue and white tent, next to a painted tarp depicting a large mangrove tree embracing the earth with its extensive root system. The Tajamar Mangrove had been home to many animals, including the enormous crocodiles that delight residents, and figure prominently in historical Maya cosmology.

    ...

    The destruction was carried out under the supervision of Mexico’s National Fund for Tourism Development, FONATUR, with federal police on hand to protect the operation.

    #mangrove #espace_vert #biodiversité #destruction #tourisme #développement

  • La France doit être transparente sur le marché des armes

    jeudi 20 août 2015, par Observatoire des armements

    Alors que va se dérouler, du 24 au 27 août à Cancun, la première conférence des États parties au Traité sur le commerce des armes (TCA), voici la tribune publiée dans Le Monde du 21 août 2015 à propos de l’attitude de la France lors des travaux préparatoires et signée par Geneviève Garrigo, présidente d’Amnesty International France ; Tony Fortin, président de l’Observatoire des armements ; et Claire Fehrenbach, directrice générale d’Oxfam France.

    ...

    L’Hexagone joue la carte de l’obstruction et se prononce pour des règles de fonctionnement souples afin d’inciter les États récalcitrants à rallier le processus. Ce traité ne couvre en effet que 35 % du commerce mondial : les États-Unis l’ont signé mais sans le ratifier ; la Russie, l’Inde et la Chine ne l’ont toujours pas signé. Mais, à se ranger sur les positions minimalistes, la France prend le risque de transformer le traité en un vœu pieu. Elle est en faveur d’un secrétariat réduit à sa plus simple expression. On pourrait y voir une volonté d’entretenir l’opacité sur son propre régime d’exportation. Sa position est d’autant plus critiquable que l’efficacité du TCA sera estimée à sa capacité à réduire les dommages humanitaires occasionnés par le transfert d’armes illicites. Cette efficacité dépend de la transparence des informations fournies par les États.

    Ces inquiétudes se confirment quand les États-Unis font la proposition d’appliquer un « droit d’entrée » aux organisations non gouvernementales (ONG) dans les conférences avec le soutien de la France. L’adoption d’une telle mesure constituerait un grave précédent. Mais la France entend aussi fermer l’accès des ONG aux organes subsidiaires et réunions extraordinaires, là où se déroule le cœur des discussions. En restreignant leur capacité d’influence, elle porte un coup grave à l’esprit du traité. Pourtant le gouvernement n’hésite pas à souligner l’importance du « dialogue avec les ONG » dans son dernier rapport au Parlement sur les exportations d’armes. La France aurait-elle choisi le camp de la prolifération des armes sur le globe ? La conférence de Cancun lui donne l’occasion de se ressaisir.

    http://obsarm.org/spip.php?article249

  • La conférence climatique de Lima polluée par les industriels | L’Humanité
    http://www.humanite.fr/la-conference-climatique-de-lima-polluee-par-les-industriels-559113#sthash.

    En investissant les conférences environnementales, les industriels tentent plus que jamais d’imposer leurs idées mais surtout de préserver 
leur pré carré. Face à cela, nombre d’ONG pointent du doigt les beaux discours et surtout les fausses solutions.

    Pérou (Lima), envoyée spéciale. Longtemps, les lobbyings industriels, et plus encore ceux de l’énergie fossile, ont pesé sur le levier climato-sceptique pour ralentir le cours des négociations climatiques. Ils ne le font plus, en tout cas plus ouvertement. Ils s’affichent même comme les défenseurs farouches de la lutte contre le réchauffement. Et mieux encore : comme des acteurs actifs, et pour tout dire incontournables, de cette lutte.

    Ils étaient là, lors du sommet de New York, et sont de nouveaux là, à Lima, puis seront encore à Paris, pour présenter leurs solutions techniques au chaos structurel que met en relief l’enjeu climatique. Avec un message à la clé, adressé aux décideurs : donnez-nous les outils pour construire le marché dont nous avons besoin, et nous gérerons la suite. Reste à savoir ce que lesdites solutions préservent le plus efficacement : l’atmosphère terrestre ou le modèle économique que continue de défendre bec et ongles le secteur privé ?

    En janvier 2014, l’Initiative pétrole et gaz pour le climat (Oil & Gas Climat Initiative), fruit de l’union de plusieurs compagnies incluant Eni, Pemex, Total ou encore Sinopec, était conçue à Davos sous la bonne grâce du Forum économique mondial. Neuf mois plus tard, à New York, elle s’offrait au monde en ces termes, lors du sommet climat organisé par Ban 
Ki-moon : «  Le secteur du pétrole et du gaz est fier du rôle qu’il a joué en apportant l’énergie nécessaire à la prospérité globale. De même est-il fier de s’engager, aujourd’hui, à faire partie des solutions dont le monde a besoin pour le climat.  »
    Les industriels refusent la remise en question du modèle économique

    Le secrétaire général des Nations unies comptait sur le rendez-vous pour faire valoir des solutions utiles à la lutte contre le réchauffement. Invités au même titre que les chefs d’État, les pétroliers n’auront pas lésiné sur leur contribution, porteurs d’un message clé : pas de panique, les solutions, c’est notre truc. Ils le rediront les quinze prochains jours que durera la 20e conférence des parties (COP20) sur le climat, laquelle a démarré hier à Lima. Et le développeront jusqu’à celle de Paris (COP21), dont doit émerger, l’an prochain, l’accord mondial qui succédera au protocole de Kyoto. Car si les COP ne sont pas, et de loin, leur unique espace d’influence (lire page 6), elles restent une vitrine dont les industriels de tout poil ne manquent pas d’user pour faire reluire leurs produits.

    On les a vus, en 2009, à Copenhague, vanter les parcs éoliens offshore (en mer) au nez et à la palme de la Petite Sirène. On les a retrouvés l’année suivante, à Cancun, lancer sur route la dernière Nissan 100 % électrique, et l’année d’après à Durban, promouvoir les agrocarburants. On les a entendus de façon retentissante, enfin, en 2013, à Varsovie, où l’industrie du charbon a tenu son propre sommet à quelques encablures de la 19e COP, exposant les bienfaits d’une filière assainie grâce aux progrès techniques.

    Peu importe que la camelote soit de tonalité vert cracra : le principe, ici, n’est pas tant de fourguer une verroterie que de vendre une mécanique. «  L’essentiel, pour eux, est que leur modèle économique ne soit pas remis en cause  », résume Sébastien Duyck, chercheur en droit international à l’université de Laponie, en Finlande, qui poursuit un doctorat sur les acteurs non étatiques des négociations climat.

    Fini, ou quasi, le temps où les lobbies industriels défendaient leurs affaires en actionnant le levier du climato-scepticisme. «  Il y a vingt ans, ils avaient une certaine légitimité à le faire, les doutes étaient encore tangibles  », reprend Sébastien Duyck. À présent qu’ils ne sont plus permis, poursuit-il, l’attitude a changé. «  Leur souci est de sortir gagnants de la transition. Dans un contexte d’absence de solution politique, leur principal message est de dire : mettez en place les outils qui nous conviennent, et nous vous amènerons les solutions.  »

    En pleine expansion, le marché carbone est de celles portées depuis le protocole de Kyoto. Consistant à mettre en vente des droits d’émettre des gaz à effet de serre, leur mécanique répond impeccablement à la commande : permettre aux industries polluantes, moyennant l’achat de quelques quotas, de ne rien changer à leur affaire, et aux moins pétroleuses de se payer un bonus en leur vendant les leurs.

    Plus récemment mis en avant, les systèmes dits de capture et stockage du carbone (CSC) ont à leur tour le vent en poupe. La technologie consiste à pomper le CO2 qu’émettent dans l’atmosphère centrales à charbon ou autres cimenteries, et à l’insuffler dans une souche-couche géologique pour l’y coincer. Encore balbutiante, elle se rapproche de l’opérationnalité. «  Mais à un coût tel qu’elle ne sera rentable pour les industriels que dans plusieurs années, quand il nous faudra avoir déjà renoncé aux énergies fossiles  », déplore Malika Peyraut, responsable plaidoyer pour l’ONG les Amis de la Terre, laquelle dénonce le procédé comme une fausse solution. «  On ne sait rien, en outre, des risques de fuite ou de pénétration du gaz dans les nappes phréatiques.  » Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) se montre, dans son cinquième rapport, plutôt réservé à ce sujet. La technologie CSC a néanmoins été adoubée lors de la conférence de Cancun, en 2010, et les industriels en comptabilisent d’ores et déjà les effets dans leur prévision de réductions d’émissions à venir. La Oil & Gas Climat Initiative la range au même niveau que l’efficience énergétique ou les énergies renouvelables. Le Qatar, grand producteur de gaz, a enquillé le mouvement. L’Arabie saoudite elle-même, dont les ressources sont directement redevables au pétrole, et qui le lui rend bien en se montrant particulièrement proactive à freiner les négociations sur les réductions de gaz à effet de serre (GES), semble mettre de l’eau dans ses hydrocarbures à mesure que la solution CSC se profile comme un moyen de poursuivre son «  business as usual  » (autrement dit de ne rien changer).
    Les ONG restent sur le qui-vive face aux pressions

    Annoncé comme la plus grande plate-forme public-privé, le sommet de Ban Ki-moon, en septembre, aura de la même manière mis en avant plusieurs recettes qui font tordre le nez aux mouvements de lutte contre le changement climatique. Entre autres celle de la smart agriculture, qui ouvre la voie aux solutions portées par l’agriculture paysanne, pratiquée à échelle familiale, autant qu’à celles envisagées par l’agro-industrie.

    À mesure que la COP21 se profile, d’autres initiatives laissent les ONG sur le qui-vive. Entre autres, celle de Solutions COP21, portée par l’État français et des groupes privés tels Carrefours, Ikea, GDF Suez ou Sofiprotéol, principal producteur français d’agrocarburant. Elle dispose déjà de son site Internet, et se propose de «  donner à voir les solutions climat  » jusqu’à Paris. Le moment de la COP21 venu, le Grand Palais sera mis, enfin, à sa disposition. Rien de moins, dans un contexte où le Sénat a réduit, en novembre, de 12 millions d’euros les crédits consacrés à l’organisation de l’événement, et appelé le gouvernement 
à s’appuyer sur des partenaires privés pour pallier le manque.

    Quarante ans de travail au sein de l’Organisation des nations unies

    1972  : 1re conférence 
des Nations unies 
sur l’environnement, 
à Stockholm, en Suède. 
La communauté internationale se saisit pour la première fois 
des problèmes posés par 
la surexploitation des ressources.

    1988  : Création du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat 
(Giec), qui publiera son premier rapport en 1990. 1992  : 1er sommet de la Terre. 
Il se tient à Rio, au Brésil. 
On y crée la convention 
cadre des nations unies 
sur les changements climatiques (CCNUCC), qui encadrera désormais les négociations internationales sur le sujet.

    1997  : Les 159 pays réunis lors de la 3e Conférence des parties (COP) adoptent le protocole de Kyoto, accord juridiquement contraignant par lequel les pays industrialisés s’engagent 
à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Le principe 
de responsabilité commune mais différenciée est reconnu : les pays en développement 
qui ont, du fait de leur 
sous-industrialisation, peu, voire pas contribué au réchauffement anthropique, ne sont soumis 
à aucune contrainte.

    2005  : Mise en œuvre du protocole de Kyoto. Les pays industrialisés s’engagent 
à avoir réduit leurs émissions globales de 5,2 % d’ici à 2012 par rapport à 1990. Les États-Unis seront le seul pays industrialisé à ne jamais le ratifier.

    2009  : Échec de la conférence 
de Copenhague. Alors que 
l’on y espérait la reconduction du protocole de Kyoto 
pour l’après-2012, la 15e COP s’achève sur un fiasco, 
proche de mettre en péril 
le processus de négociations multilatéral.

    2011 : Après trois ans passés 
à digérer le traumatisme, 
les États s’engagent, 
dans une plate-forme 
votée à Durban, 
à reconduire le protocole 
de Kyoto jusqu’en 2020 
et à construire un nouvel accord applicable passé cette date. 
C’est ce dernier qui doit être 
voté à Paris l’an prochain.

    #climat #COP21

  • Occupons Durban et la COP-17 ! - Mouvements
    http://mouvements.info/Occupons-Durban-et-la-COP-17.html

    Si le sommet de Cancun avait entériné (6) le pseudo-accord de Copenhague, Durban risque d’enterrer le protocole de Kyoto (7). Signé en 1997, il contraint les pays dits « développés » (8), à l’exception des Etats-Unis qui ne l’ont pas ratifié, à respecter des objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Ces objectifs sont limités mais officiellement contraignants. La première phase d’engagement prend fin en 2012. Les pays en développement exigent une seconde période d’engagements. La Russie, le Canada et le Japon, 10 % des émissions mondiales à eux trois, ont déjà déclaré qu’ils n’en voulaient pas. De son côté, l’Union Européenne affirme vouloir conserver le protocole de Kyoto. Présidée par la Pologne (9), l’UE dit en même temps vouloir un dispositif intégrant tous les pays. « Il est temps de transformer les paroles en action » (10) leur a dit en Octobre Jorge Arguello qui préside le groupe G77 et Chine pour le compte de l’Argentine, leur rappelant que l’UE se pare de vertu mais ne fait guère bouger les lignes. Quant aux Etats- Unis, ils multiplient les exigences envers la Chine et les grands pays émergents alors que dans le même temps, ils ne sont toujours pas signataires du protocole de Kyoto, ils n’ont toujours pas engagé de véritable politique de réduction contraignante de leurs émissions et ils rechignent à débloquer des financements.

    #climat #gaz_à_effet_de_serre #protocole_de_kyoto

  • Climat : Durban, une nouvelle « conférence des pollueurs » ? (Alter-Echos)
    http://alter-echos.org/justice-climatique/climat-durban-une-nouvelle-%C2%AB%C2%A0conference-des-pollueurs%C2%A0%C

    Après les sommets de Copenhague et de Cancun, la ville de Durban (Afrique du Sud) accueille la prochaine Conférence des Nations-Unies sur le climat (COP-17) du 28 novembre au 9 décembre 2011. Occasion pour l’association Alter-Echos (www.alter-echos.org) de faire le point avec Patrick Bond, économiste et professeur à l’université de KwaZulu-Natal, impliqué dans le mouvement pour la justice climatique et récent co-auteur de Climate Change, Carbon Trading and Civil Society. Source : Alter-Echos

  • C’est un fait : en dépit de quelques avancées encourageantes lors du sommet de Cancun (Mexique) en décembre dernier, lesquelles ont surtout permis de sauver le processus décisionnaire onusien et ont consacré l’émergence d’une prise de conscience climatique au sein des gouvernements indien et chinois, la communauté internationale continue de se casser les dents sur la mise en place d’un accord contraignant de lutte contre la montée des températures. Même si les perspectives paraissent aujourd’hui (un peu) moins sombres que dans les semaines qui ont suivi le douloureux échec de la conférence de Copenhague (Danemark) fin 2009…
    http://www.zegreenweb.com/sinformer/politique-societe/rechauffement-climatique-recherche-nouveau-protocole-international-deses