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  • #Chronologie des #politiques_migratoires européennes

    En octobre #2013, l’#Italie lance l’opération #Mare_Nostrum suite au naufrage survenu à quelques kilomètres de l’île de Lampedusa en Sicile où 366 personnes ont perdu la vie. Elle débloque alors des moyens matériels (hélicoptères, bateaux, garde-côtes, aide humanitaire) et des fonds considérables (environ 9 millions d’euros par mois) pour éviter de nouveaux naufrages et contrôler les migrants arrivant au sud de l’Italie.

    Au sein de l’Union Européenne, les États votent la résolution #Eurosur qui met en place système européen de surveillance des frontières qui sera assuré par l’agence #Frontex. Frontex est chargée d’assister techniquement les pays pour protéger leurs frontières extérieures et former leurs garde-côtes. En 2018, son siège à Varsovie lui a accordé un budget de 320 millions d’euros. Elle dispose à ce jour (février 2019) de 976 agents, 17 bateaux, 4 avions, 2 hélicoptères, et 59 voitures de patrouille, des moyens qui seront accrus d’ici 2020 avec la formation d’un corps permanent de 10 000 agents et un pouvoir d’exécution renforcé et souhaité par la Commission européenne d’ici 2027.

    Dans le cadre de leur mission de surveillance de la mer, les agents de Frontex interceptent les embarcations d’exilés, contrôlent les rescapés et les remettent aux autorités du pays où ils sont débarqués. Les bateaux Frontex sillonnent ainsi les eaux internationales du Maroc à l’Albanie. Les ONG humanitaires l’accusent de vouloir repousser les migrants dans leurs pays d’origine et de transit comme le prévoient les États de l’Union Européenne.

    Octobre 2014, l’opération Mare Nostrum qui a pourtant permis de sauver 150 000 personnes en un an et d’arrêter 351 passeurs, est stoppée par l’Italie qui investit 9 millions d’euros par mois et ne veut plus porter cette responsabilité seule. L’agence européenne Frontex via l’opération Triton est chargée de reprendre le flambeau avec des pays membres. Mais elle se contente alors de surveiller uniquement les eaux territoriales européennes là où Mare Nostrum allait jusqu’aux côtes libyennes pour effectuer des sauvetages. La recherche et le sauvetage ne sont plus assurés, faisant de ce passage migratoire le plus mortel au monde. L’Italie qui est alors pointée du doigts par des États membres car elle n’assure plus sa mission de sauvetage, de recherche et de prise en charge au large de ses côtes est dans le même temps accusée par les mêmes d’inciter les traversées « sécurisées » en venant en aide aux exilés et de provoquer un appel d’air. Une accusation démentie très rapidement par le nombre de départs qui est resté le même après l’arrêt de l’opération Mare Nostrum.

    L’Italie qui avait déployé un arsenal impressionnant pour le sauvetage durant cette période n’avait pas pour autant assuré la prise en charge et procédé à l’enregistrement des dizaines de milliers d’exilés arrivant sur son sol comme le prévoit l’accord de Dublin (prise empreintes et demande d’asile dans le premier pays d’accueil). Le nombre de demandes d’asile enregistrées fut bien supérieur en France, en Allemagne et en Suède à cette même période.

    #2015 marque un tournant des politiques migratoires européennes. Le corps du petit syrien, #Aylan_Kurdi retrouvé sans vie sur une plage turque le 2 septembre 2015, a ému la communauté européenne seulement quelques semaines, rattrapée ensuite par la peur de ne pas pouvoir gérer une crise humanitaire imminente. « Elle n’a jusqu’ici pas trouvé de réponse politique et collective à l’exil », analysent les chercheurs. Les pays membres de l’Union Européenne ont opté jusqu’à ce jour pour des politiques d’endiguement des populations de migrants dans leurs pays d’origine ou de transit comme en Turquie, en Libye ou au Maroc, plutôt que pour des politiques d’intégration.

    Seule l’#Allemagne en 2015 avait opté pour une politique d’accueil et du traitement des demandes d’asile sans les conditions imposées par l’accord de #Dublin qui oblige les réfugiés à faire une demande dans le premier pays d’accueil. La chancelière allemande avait permis à un million de personnes de venir en Allemagne et d’entamer une demande d’asile. « Elle démontrait qu’on peut être humaniste tout en légalisant le passage de frontières que l’Europe juge généralement indésirables. Elle a aussi montré que c’est un faux-semblant pour les gouvernements de brandir la menace des extrêmes-droites xénophobes et qu’il est bien au contraire possible d’y répondre par des actes d’hospitalité et des paroles », décrit Michel Agier dans son livre “Les migrants et nous”.

    En mars #2016, la #Turquie et l’Union européenne signent un #accord qui prévoit le renvoi des migrants arrivant en Grèce et considérés comme non éligibles à l’asile en Turquie. La Turquie a reçu 3 milliards d’aide afin de garder sur son territoire les candidats pour l’Europe. A ce jour, des réseaux de passeurs entre la Turquie et la #Grèce (5 kms de navigation) sévissent toujours et des milliers de personnes arrivent chaque jour sur les îles grecques où elles sont comme à Lesbos, retenues dans des camps insalubres où l’attente de la demande d’asile est interminable.
    #accord_UE-Turquie

    En #2017, l’OIM (Office international des migrations), remarque une baisse des arrivées de réfugiés sur le continent européen. Cette baisse est liée à plusieurs facteurs qui vont à l’encontre des conventions des droits des réfugiés à savoir le renforcement des contrôles et interceptions en mer par l’agence Frontex, le refus de l’Europe d’accueillir les rescapés secourus en mer et surtout la remise entre les mains des garde-côtes libyens des coordinations de sauvetages et de leur mise en place, encouragés et financés par l’UE afin de ramener les personnes migrantes en #Libye. Cette baisse ne signifie pas qu’il y a moins de personnes migrantes qui quittent leur pays, arrivent en Libye et quittent ensuite la Libye : 13 185 personnes ont été ainsi interceptées par les Libyens en Méditerranée en 2018, des centaines ont été secourues par les ONG et plus de 2 250 seraient mortes, sans compter celles dont les embarcations n’ont pas été repérées et ont disparu en mer.

    En avril #2018, le président Macron suggérait un pacte pour les réfugiés pour réformer le système de #relocalisation des migrants en proposant un programme européen qui soutienne directement financièrement les collectivités locales qui accueillent et intègrent des réfugiés : « nous devons obtenir des résultats tangibles en débloquant le débat empoisonné sur le règlement de Dublin et les relocalisations », déclarait-il. Mais les pourparlers qui suivirent n’ont pas fait caisse de raisonnance et l’Europe accueille au compte goutte.

    La #Pologne et la #Hongrie refuse alors l’idée de répartition obligatoire, le premier ministre hongrois
    Victor #Orban déclare : « Ils forcent ce plan pour faire de l’Europe un continent mixte, seulement nous, nous résistons encore ».

    Le 28 juin 2018, lors d’un sommet, les 28 tentent de s’accorder sur les migrations afin de répartir les personnes réfugiées arrivant en Italie et en Grèce dans les autres pays de l’Union européenne. Mais au terme de ce sommet, de nombreuses questions restent en suspend, les ONG sont consternées. La politique migratoire se durcit.

    Juillet 2018, le ministre italien Matteo #Salvini fraîchement élu annonce, en totale violation du droit maritime, la #fermeture_des_ports italiens où étaient débarquées les personnes rescapées par différentes entités transitant en #Méditerranée dont les #ONG humanitaires comme #SOS_Méditerranée et son bateau l’#Aquarius. Les bateaux de huit ONG se retrouvent sans port d’accueil alors que le droit maritime prévoit que toute personne se trouvant en danger en mer doit être secourue par les bateaux les plus proches et être débarquées dans un port sûr (où assistance, logement, hygiène et sécurité sont assurés). Malgré la condition posée par l’Italie de ré-ouvrir ses ports si les autres États européens prennent en charge une part des migrants arrivant sur son sol, aucun d’entre eux ne s’est manifesté. Ils font aujourd’hui attendre plusieurs jours, voir semaines, les bateaux d’ONG ayant à leur bord seulement des dizaines de rescapés avant de se décider enfin à en accueillir quelques uns.

    Les 28 proposent des #zones_de_débarquement hors Europe, dans des pays comme la Libye, la Turquie, le Maroc, le Niger où seraient mis en place des centres fermés ou ouverts dans lesquels serait établie la différence entre migrants irréguliers à expulser et les demandeurs d’asile légitimes à répartir en Europe, avec le risque que nombre d’entre eux restent en réalité bloqués dans ces pays. Des pays où les droits de l’homme et le droit à la sécurité des migrants en situation de vulnérabilité, droits protégés en principe par les conventions dont les Européens sont signataires, risquent de ne pas d’être respectés. Des représentants du Maroc, de la Tunisie et d’Albanie, pays également évoqués par les Européens ont déjà fait savoir qu’ils ne sont pas favorables à une telle décision.
    #plateformes_de_désembarquement #disembarkation_paltforms #plateformes_de_débarquement #regional_disembarkation_platforms

    Malgré les rapports des ONG, Médecins sans frontières, Oxfam, LDH, Amnesty International et les rappels à l’ordre des Nations Unies sur les conditions de vie inhumaines vécues par les exilés retenus en Grèce, en Libye, au Niger, les pays de l’Union européenne, ne bougent pas d’un millimètre et campent sur la #fermeture_des_frontières, avec des hommes politiques attachés à l’opinion publique qui suit dangereusement le jeu xénophobe de la Hongrie et de la Pologne, chefs de file et principaux instigateurs de la peur de l’étranger.

    Réticences européennes contre mobilisations citoyennes :
    Malgré les positions strictes de l’Europe, les citoyens partout en Europe poursuivent leurs actions, leurs soutiens et solidarités envers les ONG. SOS Méditerranée active en France, Allemagne, Italie, et Suisse est à la recherche d’une nouveau bateau et armateur, les bateaux des ONG Sea Watch et Sea Eye tentent leur retour en mer, des pilotes solidaires originaires de Chamonix proposent un soutien d’observation aérienne, la ligne de l’association Alarm Phone gérée par des bénévoles continue de recevoir des appels de détresse venant de la Méditerranée, ils sont ensuite transmis aux bateaux présents sur zone. Partout en Europe, des citoyens organisent la solidarité et des espaces de sécurité pour les exilés en mal d’humanité.

    https://www.1538mediterranee.com/2019/02/28/politique-migratoire-europeenne-chronologie
    #migrations #asile #réfugiés #EU #UE #frontières

    ping @reka


  • Une politique migratoire aux allures de « chasse à l’homme » à la frontière franco-italienne
    https://www.bastamag.net/Une-politique-migratoire-aux-allures-de-chasse-a-l-homme-a-la-frontiere-fr

    Ce sont 144 pages qui indignent. Elles décrivent la politique migratoire mise en œuvre par la France à la frontière franco-italienne, de Menton à Chamonix : non respect des droits essentiels des personnes, violations de traités signés par la France, indifférence et mépris pour les mineurs isolés et les réfugiés qui ont besoin de soins, militarisation à outrance de la frontière, harcèlement des personnes solidaires... Telles sont les observations réalisées pendant deux ans par l’Anafé, l’association qui (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Migrations, #Droits_fondamentaux, #Discriminations


  • Une politique migratoire aux allures de « chasse à l’homme » à la frontière franco-italienne
    https://www.bastamag.net/Ue-politique-migratoire-aux-allures-de-chasse-a-l-homme-a-la-frontiere-fra

    Ce sont 144 pages qui indignent. Elles décrivent la politique migratoire mise en œuvre par la France à la frontière franco-italienne, de Menton à Chamonix : non respect des droits essentiels des personnes, violations de traités signés par la France, indifférence et mépris pour les mineurs isolés et les réfugiés qui ont besoin de soins, militarisation à outrance de la frontière, harcèlement des personnes solidaires... Telles sont les observations réalisées pendant deux ans par l’Anafé, l’association qui (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Migrations, #Droits_fondamentaux, #Discriminations


  • Le cyanomètre de Horace-Bénédict de Saussure | Le site de la Fondation La main à la pâte
    http://www.fondation-lamap.org/fr/page/14993/le-cyanometre-de-horace-benedict-de-saussure

    L’histoire du #cyanomètre commence en ce mois d’août 1787 à Chamonix. Horace-Bénédict de Saussure est sur le point de gravir la cime du Mont-Blanc. Voilà 27 ans qu’il attend ce grand moment et il a dans l’un des sacs de ses porteurs ce petit cyanomètre qui va lui permettre de mesurer le #bleu du #ciel.

    Petite animation sur l’histoire de l’invention du cyanomètre
    http://www.fondation-lamap.org/sites/default/files/upload/media/minisites/projet_europe/FLASH/saushist.swf

    http://www.laboiteverte.fr/mesurez-le-bleu-de-votre-ciel-avec-le-cyanometre

    On pourrait faire aussi un #nuancier pour les mers #couleurs



  • Les monuments aux morts entre passé et présent, #mémoire et #histoire. Ils nous interrogent sur la manière dont nous transmettons et maintenons la mémoire collective. Film diffusé en coopération avec CNRS-Images

    https://sms.hypotheses.org/11092

    #monument_aux_morts, #monument, #mort, #mémoire, #histoire, #Première_Guerre_mondiale, #Grande_guerre, #1914-1918, #commune, #ville, #armistice, #guerre, #souvenir, #France, #commémoration, #patrimoine, #symbole, #film_recherche, #documentaire, #CNRS



  • Le dégel du permafrost, l’autre menace climatique qui inquiète les chercheurs

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/10/09/le-permafrost-l-autre-menace-climatique_5198486_1650684.html

    Le réchauffement climatique entraîne le dégel de ce permafrost, libérant des gaz à effet de serre qui accélèrent le phénomène.

    Naviguer entre les 1 500 îles disséminées dans le delta de la Léna requiert une concentration sans faille, un œil fixé sur le radar du bateau pour éviter les bancs de sable, un autre à l’affût des amers côtiers qui ponctuent cette immensité de terre et d’eau. Avant de se jeter dans la mer de Laptev, au nord de la Sibérie, le fleuve est si large que ses rives dessinent un trait flou sur la ligne d’horizon.

    L’île de Samoïlov est reconnaissable à la cabane en bois, construite près du rivage, où cohabitent quelques scientifiques et les gardes de la réserve naturelle qui couvre l’embouchure du fleuve et les contreforts des monts Karaoulakh. Or une lente et irréversible érosion menace de livrer le petit édifice aux flots de la Léna. A terme, c’est l’île elle-même qui pourrait disparaître. Les fortes crues qui suivent la fonte des glaces, au printemps, fragilisent les côtes de Samoïlov.

    Mais l’îlot de 5 km2 pâtit surtout de la dégradation du permafrost sous l’effet du réchauffement climatique. Appelés aussi pergélisol, ces sols dont la couche supérieure dégèle en saison chaude conservent en profondeur une température en dessous de zéro degré pendant au moins deux ans consécutifs.

    « L’écosystème de Samoïlov fait face à une potentielle extinction », conclut prudemment un article de la revue Biogeosciences consacré à l’étude du site. Pour l’Allemande Julia Boike, qui a coordonné l’étude, et ses collègues de l’Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine (AWI), pas question de se résoudre à cette perspective.

    Chaque année, d’avril à septembre, les chercheurs de l’AWI et leurs partenaires russes de l’Institut de recherche sur l’Arctique et l’Antarctique de Saint-Pétersbourg et de l’Institut Melnikov du permafrost de Iakoutsk se relaient sur Samoïlov afin d’y étudier l’altération des sols sédimentaires, les transformations du paysage et les interactions entre réchauffement du climat et dégel du permafrost.


    En mission en septembre sur Kouroungnakh, l’île voisine de Samoïlov, un groupe de scientifiques allemands examinent la dégradation d’un type de permafrost très riche en glace.

    Deux tiers de la superficie russe

    L’île, équipée d’une station de recherche moderne financée par l’Institut Trofimouk du pétrole, de géologie et de géophysique de Novossibirsk, est un poste d’observation privilégié : le pergélisol occupe 95 % du territoire sibérien et les deux tiers de la superficie russe. A plus large échelle, les sols gelés couvrent le quart de l’hémisphère Nord, principalement en Alaska, au Canada, au Groenland, en Russie et en Chine.

    L’Europe occidentale se distingue par un permafrost de type alpin, présent dans plusieurs massifs montagneux. D’une composition et d’une géodynamique différentes de celles de son cousin des hautes latitudes, il est sensible, comme lui, aux variations climatiques. Le 23 août, un glissement de terrain provoqué par le dégel du pergélisol a emporté huit randonneurs près du village suisse de Bondo.

    « Le permafrost sibérien est à certains endroits très ancien, pouvant remonter au pléistocène [– 2,6 millions d’années à – 11 000 ans], avance Julia Boike. Il est très froid, à une température de – 9 °C environ, et il est très profond. On en a trouvé à près de 1 500 mètres de profondeur dans le nord de la Iakoutie. »


    Depuis 1998, des chercheurs allemands se relaient chaque année dans le delta de la Léna pour étudier les sols gelés.

    « A Samoïlov, il a pour autre caractéristique d’être relativement stable et très riche en matières organiques avec la présence de tourbières », ajoute l’enseignante-chercheuse avant d’enfiler d’épaisses bottes en plastique, indispensables pour progresser dans la toundra spongieuse qui domine à la surface de Samoïlov. Les jeunes doctorants qui l’accompagnent, ce matin de septembre, embarquent avec elle pour Kouroungnakh. L’île voisine présente d’imposants complexes de glace et un relief modelé par les thermokarsts, ces affaissements de terrains anciennement gelés.

    Les vallées arpentées six heures durant par les chercheurs de l’AWI ruissellent d’eau. « Nous voulons comprendre si l’eau qui irrigue le terrain provient des précipitations saisonnières ou si elle résulte des blocs de glace qui fondent avec la dégradation des sols », explique la géomorphologue Anne Morgenstern, sac à dos rempli d’échantillons d’eau prélevés tout au long du trajet et carnet de notes à portée de main.

    Une sorte d’immense congélateur

    Le réchauffement du permafrost, en Sibérie comme dans les autres régions où les scientifiques ont déployé leurs instruments de mesures, est avéré. Grâce aux capteurs disposés dans plusieurs puits, forés parfois jusqu’à 100 mètres de profondeur, l’équipe germano-russe de l’expédition Léna a enregistré une augmentation de température de 1,5 à 2 °C depuis 2006.

    « On assiste à une réelle tendance au réchauffement dans le sol et à une hausse des températures atmosphériques hivernales, confirme Julia Boike. Si le gradient thermique change, c’est toute la balance des flux d’énergie, d’eau, de gaz à effet de serre qui s’en trouve modifiée. » Un constat préoccupant alors que l’Arctique contribue à la régulation de toute la machine climatique terrestre.

    « Le permafrost est un immense congélateur, schématise Torsten Sachs, du Centre de recherche allemand pour les géosciences (GFZ), qui entame sa huitième mission sur l’île. Si vous laissez la porte du congélateur ouverte, votre pizza dégèle, votre crème glacée fond et les microbes se nourrissent de ces éléments organiques ! » A défaut de denrées consommables, le pergélisol libère des matières organiques qui, soumises à l’activité microbienne, produisent du CO2 en présence d’oxygène ou du méthane en milieu anaérobique, à l’instar des tourbières de Samoïloov.

    Ces deux gaz à effet de serre (GES) participent à l’élévation de la température qui entretient la destruction du permafrost et le largage de GES. La communauté de la recherche périglaciaire, qui nomme le phénomène « rétroaction liée au carbone du pergélisol », estime que les sols gelés stockeraient 1 500 gigatonnes de carbone, le double de la quantité de carbone dans l’atmosphère.


    Sur une des îles du delta de la Léna, ce forage, qui descend à 100 mètres de profondeur, permet d’étudier l’évolution des températures des sols gelés.

    Réchauffement supplémentaire

    Dans quelle proportion de dioxyde de carbone et de méthane le carbone relâché par les sols en dégel se fait-il ? Sachant que le méthane crée 25 fois plus d’effet de serre sur un siècle que le CO2. « C’est l’un des grands débats à venir », confesse Gerhard Krinner, chercheur CNRS à l’Institut des géosciences de l’environnement de Grenoble.

    L’inquiétude est d’autant plus forte que les modèles pris en compte dans les scénarios de réchauffement du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) n’intégraient pas, jusqu’à présent, ce mécanisme de rétroaction du pergélisol. « Le réchauffement supplémentaire attribuable au dégel du permafrost est de l’ordre de 10 % », avance Gerhard Krinner. Les émissions du permafrost pourraient ainsi faire grimper le thermomètre de 0,3 °C d’ici 2100.

    Dans le laboratoire de la station de recherche, maintenue à une température constante grâce à la centrale thermique alimentée par trois gros générateurs au bruit assourdissant, les chercheurs scrutent les courbes de ces gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. Les pics de méthane se répètent en été, mais l’analyse des données reste un exercice délicat dans ces hautes latitudes. La première période de mesure (2002-2012) s’est faite sans les équipements automatisés dont dispose la base moderne, opérationnelle depuis 2013.

    Trois ans plus tôt, lors d’une visite à Samoïlov, le président russe Vladimir Poutine avait estimé que la coopération germano-russe sur le permafrost méritait des infrastructures plus performantes. Jusque-là, les chercheurs de l’AWI – dont la première mission sur l’île remonte à 1998 – devaient se contenter du strict minimum et se trouvaient contraints de dormir sous des tentes de toile, de se chauffer à partir du bois flotté charrié par la Léna et d’utiliser la cabane des gardes de la réserve comme quartier général.


    Le bâtiment principal de la base de recherche russe, sur l’île de Samoïlov, en septembre.

    A quel rythme ?

    L’hivernage était alors inenvisageable. « On ne pouvait tout simplement pas enregistrer de données en hiver, témoigne Torsten Sachs. Il aurait fallu alimenter le générateur extérieur de l’époque tous les trois jours, parfois par – 40 °C, en pleine nuit polaire. » Les autres limites à l’interprétation des données collectées sont plus classiques. Dix ans constitue une période d’étude trop courte pour dégager une tendance de l’évolution des flux gazeux sur le long terme. Il faudrait aussi multiplier les points d’observation, une gageure en Sibérie, dont la superficie équivaut à plus de vingt fois la France.

    A bonne distance de la nouvelle station, peinte aux couleurs du drapeau russe, l’équipe de l’AWI achève l’installation d’un « igloo » qui accueillera en 2018 le matériel informatique et électrique de la nouvelle tour météorologique. Le cocon de fibre de verre devrait offrir des conditions d’enregistrement stables, à l’abri des rafales du vent ou des tempêtes de neige qui sévissent pendant l’hiver sibérien. Comme les autres édifices bâtis sur l’île, l’igloo a un socle sur pilotis afin d’absorber les mouvements du terrain. En un an seulement, le terrain s’est affaissé de 10 cm autour des piliers de la première tour météo.


    A distance de la nouvelle station de recherche russe, opérationnelle depuis 2013, un igloo en fibre de verre est installé pour protéger les équipements des conditions extrêmes des hautes latitudes.

    « Qu’il existe une interaction entre réchauffement du climat et dégel du permafrost, cela ne fait plus aucun doute », affirme Peter Schreiber entre deux séances d’assemblage des panneaux de l’igloo. « La question, désormais, est d’évaluer à quel rythme le permafrost va continuer de se désagréger et comment la nature va réagir à ce processus », considère l’ingénieur chargé de la station météo.

    La nature reste la grande ordonnatrice face aux bouleversements que subit la Sibérie arctique, estime Fédor Selvakhov. Le chef de la station de recherche veut bien admettre certains changements dans l’environnement qui l’entoure : « Il y a vingt ans, par exemple, il n’y avait pas un seul arbre dans la région, juste la végétation rase de la toundra. En me déplaçant dans le delta l’année dernière, j’ai vu des arbres de 2 mètres de haut. »

    Mais ce Iakoute né au bord de la Viliouï, un affluent de la Léna, ne croit pas aux causes anthropiques du changement climatique. « C’est le cycle de la nature. Il faisait chaud ici il y a deux cents ans, puis il a fait plus froid, et on assiste aujourd’hui à une nouvelle période chaude », soutient-il, à son bureau décoré de fossiles découverts dans les environs.

    Défenses de mammouth

    Quant au pergélisol, « il se réchauffe peut-être, mais pas vite ». « Lorsque l’on extrait du sol une défense de mammouth, on se rend compte que l’autre extrémité, celle encore prise dans la terre, est toujours gelée. C’est bien le signe que le permafrost demeure très froid », argumente le responsable. Conséquence inattendue du dégel des sols du Grand Nord, la chasse aux ossements fossilisés prospère en Sibérie.

    Günter Stoof, alias « Molo », comprend la mentalité de ses amis russes. « C’est la nature qui décide, pas l’homme », soutient le technicien de l’AWI qui a séjourné le plus de temps sur Samoïlov. A 65 ans, il jure que cette saison sera la dernière d’une carrière riche de 48 expéditions en Arctique et en Antarctique. Originaire d’Allemagne de l’Est, il a été le plus jeune membre de l’expédition soviétique de près de deux ans (1975-1977) chargée de construire une base en Antarctique. Il a ensuite multiplié les séjours, seul ou en équipe, dans les régions polaires.


    Günter Stoof, spécialiste des régions polaires, est celui qui a séjourné le plus longtemps sur la station sibérienne.

    Au gré du parcours de Molo, une autre histoire s’esquisse, celle de la coopération entre la RDA et l’URSS pendant la guerre froide. Après la chute du mur de Berlin, un comité scientifique avait été chargé de réfléchir au fonctionnement de la recherche de l’Allemagne réunifiée.Il avait recommandé de maintenir cette expertise polaire et de la structurer autour de l’unité de recherche de l’AWI basée à Postdam. « On y a retrouvé des spécialistes comme Molo ou Christine Siegert, qui avaient vingt ans d’expérience sur le permafrost par leur travail en commun avec les Russes », retrace Anne Morgenstern.

    L’étude des sols gelés s’est propagée en Russie dès le début du XXe siècle, accompagnant les choix stratégiques de Moscou. La politique d’extension vers les territoires de l’Est et du Nord, riches en hydrocarbures et en ressources minières, ne pouvait se faire sans la construction du Transsibérien. Mais pour mener à bien ce projet titanesque, il fallait d’abord développer une science de l’ingénierie sur le permafrost, omniprésent dans ces régions.

    Un Institut du permafrost est créé à Moscou à la fin des années 1930, il est déplacé à Iakoutsk en 1960. La grande ville de l’Est sibérien repose intégralement sur des sols gelés. Deux galeries souterraines (à 4 et 12 m de profondeur), creusées sous les fondations de l’institut, offrent un accès « direct » au pergélisol. Les strates sableuses des parois témoignent de l’histoire géologique de la ville, construite sur une terrasse alluviale de la Léna.


    A 12 mètres de profondeur, une galerie a été creusée sous l’Institut Melnakov, à Iakoutsk, pour observer in situ le permafrost.
    Anthrax et vastes cratères

    De lourdes portes maintiennent la température des galeries sous zéro degré. « Le dégel du permafrost constitue un danger pour la planète, mais à l’échelle de la Iakoutie, pour le moment, il reste assez stable », relativise Mikhaïl Grigoriev, l’un des deux vice-présidents de l’institut, avant d’ajouter : « Dans d’autres régions, en revanche, les effets du dégel sont plus visibles, notamment à Iamal. »

    Après un été 2016 anormalement chaud, la péninsule de l’ouest de la Sibérie a subi une épidémie d’anthrax – pour la première fois en Russie depuis 1941, selon l’Institut d’épidémiologie de Moscou – provoquée par le dégel du permafrost dans lequel la bactérie était conservée. Le territoire de la Iamalo-Nénétsie a fait également la « une » des médias russes après la découverte de vastes cratères. Ils résulteraient là encore du réchauffement du permafrost. « La région est riche en gaz. En dégelant, les sols libèrent des bulles gazeuses qui expliquent ces explosions », analyse M. Grigoriev.

    Aucun phénomène de ce type n’a été, pour l’instant, observé à Samoïlov, ni même en Alaska ou dans le Nord canadien. Un réseau mondial, le Global Terrestrial Network for Permafrost (GTN-P), agrège aujourd’hui les informations de plus de 250 sites. Il a pour double objectif de « mutualiser les connaissances mais aussi valider les nouveaux modèles climatiques », résume Hugues Lantuit, chercheur à l’AWI, l’institution référente du réseau.

    Un nouveau pan de recherche se développe par ailleurs sur le permafrost alpin. La prochaine Conférence européenne du permafrost, en juin 2018, à Chamonix, devrait permettre un état des lieux de ces travaux, bien avancés en Suisse mais encore embryonnaires en France.

    L’érosion côtière et ses impacts économico-sociaux devient un autre sujet de préoccupation, le tiers des côtes du monde entier étant situé dans des zones de pergélisol. En mer de Laptev ou en mer de Beaufort (en Amérique du Nord), l’érosion du littoral atteint à certains endroits plus de huit mètres par an et conduit des communautés villageoises à planifier leur relocalisation. A Samoïlov, la cabane en bois construite près du rivage tient toujours debout. Mais pour combien de temps ?



  • #ABSTENTION !
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article859

    Le rituel de la farce électorale provoque chez les libertaires de tout poil, d’âpres discussions, mais à peu près tout le monde semble d’accord sur le sujet. L’abstention est bien la meilleure réponse face à l’inutilité du vote. Les urnes n’ont jamais engendré de Révolution, mais le principe du vote dans les démocraties auto-proclamées représentatives n’en est pas pour autant un rituel désuet et inutile. Bien au contraire, le vote a été la voie royale par laquelle se sont mis en place des États totalitaires et dictatoriaux qui ont acquis et tirés leur légitimité de l’élection. Car, le rôle premier du vote est bien de donner une apparente légitimité à ce qui n’en a pas, à ce qui n’en a jamais eu.

    En effet l’acte de mise en urne de sa propre voix est, avant tout, l’acte de soumission volontaire et délibérée de l’individu au pouvoir d’un autre. Voter, dans un système électoral représentatif, c’est avant tout accepter qu’un autre parle et décide à ta place. Le système électoral n’est rien d’autre que la capitulation de l’individu au nom du principe de majorité où le nombre fait loi. En période électorale, les injonctions au « civisme » se font toujours plus pressantes. Et, nous pouvons entendre des « Faites voter, abonnez un ami, inscrivez-vous sur les listes électorales, etc ». Cela s’adresse à tout le monde, bien sûr, mais en particulier aux jeunes, surtout les jeunes de banlieue. L’argument massue qui est supposé les convaincre leur dit « plutôt que d’aller casser ou brûler des voitures, profitez de l’élection pour exprimer vos colères ».

    En général nous assistons à une compétition entre partis politiques dits de « droite » et partis politiques dits de « gauche ». Certains vous la promettent « dure » (la compétition), pendant que d’autres vous l’édulcorent pour vous le refiler en « douceur ». Mais vous refiler quoi au fait ? … Le capitalisme et tout ce que cela engendre. Donc, si nous votons, nous votons comment nous nous ferons licencier, de quelle manière la police nous tapera dessus si nous protestons, de comment la « justice » nous jugera, etc. Et, attention ! Tout cela, sans que nous ayons notre mot à dire !

    Nous entendons souvent à la télé, lisons dans les journaux et écoutons un peu partout et jusque dans le bar du coin, ce genre de sottises : « Le droit d’vote, y faut l’dire, c’est sacré ! Vraiment !… Hé, y’a des gens qui sont morts pour ça, hein ! »... Cela résumerait, en quelque sorte, toute l’histoire de l’humanité qui serait, dès lors, ramenée à « ça » : Si Spartacus a défié Rome, si les Sioux ont résisté, si les Canuts ont cassé leurs machines, si Louise Michel, Valles, Reclus, se sont insurgés lors de la commune de Paris, c’est uniquement pour « ça » ! ... Pour que nous puissions aller voter ! voter ! Et voter ! … Alors qu’en fait, il s’agit d’élire ceux qui pourront gérer la paix sociale afin que notre exploitation puisse continuer.

    Au delà du vote pour élire un président (ce qui nous est présenté comme le summum de la démocratie – suffrage universel oblige) qui aura pour seules fonctions de nous représenter et, surtout, de nommer le gouvernement qui sera chargé de nous imposer sa politique, il y a parfois des votes pour prendre des décisions dans la plus pure tradition démocratique capitaliste et qui sont censés donnés la nécessaire touche démocratique pour que tout baigne.

    Mais, quelques exemples nous montreront que, hélas, le vote, lorsqu’il ne va pas dans le sens souhaité par l’administration, quelle qu’elle soit, est purement et simplement bafoué.

    Il y a quelques années, à Chamonix ou à Chaulnes, les habitants ont exprimé, par le vote, leur refus de vivre au milieu des avions et des camions. Leurs décisions, pourtant démocratiquement acquises – par le biais du principe de la majorité, s’entend - furent invalidées par les tribunaux. D’après les députés (qui font les lois), les habitants sont incompétents pour décider de leurs conditions de vie (mais seulement quand ils ne votent pas comme il faut !).

    Plus récemment, en 2005, le fameux vote sur le traité pour la constitution européenne qu’une majorité d’électeurs avait officiellement refusé ... eh, bien ! Sarkozy nous l’a imposé quelques années plus tard, avec cynisme et sans la moindre vergogne, car les électeurs n’auraient pas compris comment il fallait voter. Et là, tous les donneurs de leçons qui nous disent qu’il faut aller voter, on les entend moins. Mais, nous dira-t-on, nous caricaturons, nous sommes négatifs, ils ne sont pas tous pourris, et y’ en a même des qui sont biens, ou que sais je encore ...

    Faut-il, également, vous rappeler les votes fastidieux pour faire adopter ce fameux traité de Lisbonne qui eurent lieu en Irlande ? Là, Messieurs, dames, pour faire bien voter, il a fallu s’y reprendre à deux fois ! Sachez que, lors du premier vote, les irlandais, non plus, « ne comprirent pas » comment il fallait voter et, donc, il fallut recommencer pour voter comme les politiciens le souhaitaient.

    Prenons, maintenant, le cas de Lula, au Brésil, à Porto Alegre. Cette municipalité est (ou a été) dirigée par des trotskistes du parti des travailleurs (PT). C’est au sein de ce soit-disant « laboratoire social » que se concoctait l’infaillible recette pour donner aux masses un avenir radieux - du moins le prétendaient-ils. Pratiquement seuls dans ce panorama à être un « tantinet » critiques, nous, les militants de la CNT-AIT, nous en avons pris pour notre grade : « sectaires, dogmatiques, donneurs de leçon …, et j’en passe … » Mais nos compagnons de la COB-AIT qui dénonçaient la logique électoraliste de Lula et appelaient à l’abstention, eux, se faisaient carrément tirer dessus à coup de revolver ! (Et vive la démocratie représentative ! bang !)

    Quelque temps après, c’était en octobre 2002, Lula est élu à la présidence de la république bananière du Brésil. Cette fois-ci, avec un trotskiste pur jus président de la république, on allait voir ce qu’on allait voir. Et en moins d’un an, nous avons vu, tout le monde a vu, et les brésiliens ont vu : Réduction drastique des budgets sociaux, réforme fiscale favorisant les hauts revenus (ben tiens), blocage des salaires des fonctionnaires, réformes des retraites dont l’âge de départ a été relevé de 7ans ! les pensions, elles, diminuées de 30 %, etc.

    Et tout ça, sans mouvements sociaux. Alors, content du voyage ? Ce fut plus fort que Sarkozy, Valls et Hollande réunis. Il m’a souvent été dit, et j’imagine, à tous les abstentionnistes aussi, que : « Si tu ne votes pas, tu fais le jeu du FN ». Et, avec notre critique du vote, nous aussi, nous ferions, paraît-il, le jeu du FN.

    Rappelons ce que l’Anarchiste Buenaventura Durruti disait à Barcelone, en 1932 : « Les socialistes et les communistes disent que nous abstenir aux élections, c’est favoriser le fascisme. Mais nous avons toujours dit que l’État est un instrument d’oppression au service d’une caste. Et nous restons fidèles à nous-mêmes. Le mouvement de libération doit toujours faire face à l’État. C’est pourquoi nous prônons l’abstention électorale active. Active veut dire que, tout en nous abstenant de la stupidité électorale, nous devons rester vigilants dans les lieux de production et dans la rue.

    Les vrais bandits, les vrais malfaiteurs, ce sont les politiciens qui ont besoin de tromper et d’endormir les ouvriers en leur promettant la semaine des 4 jeudis pour leurs arracher un vote qui les porte au parlement et leur permet de vivre en parasites sur la sueur des ouvriers. Lorsque nos camarades députés socialistes ont, eux aussi, unis leurs voix à cette cohorte d’eunuques, ils ont montré leur vrai visage. Car il y a de nombreuses années qu’ils ont cessé d’être des ouvriers, et par conséquent des socialistes. Ils vivent de leur activité de député.

    Que les républicains socialistes le sachent : ou bien ils résolvent le problème social, ou bien c’est le peuple qui le résoudra. Nous savons que la république ne peut pas le résoudre. Aussi, disons nous clairement à la classe ouvrière qu’il n’y a plus qu’un dilemme : ou mourir comme des esclaves modernes, ou vivre comme des hommes dignes, par la voie directe de la Révolution sociale. Vous donc, ouvriers qui m’écoutez, sachez à quoi vous en tenir. C’est de vous que dépend le changement du cours de votre vie ».

    Quatre ans plus tard, le 19 juillet 1936, les Anarchistes Espagnols, et parmi eux Durruti, barraient la route au coup d’État fasciste en prenant les armes et par la révolution sociale. Pendant ce temps, les députés parlementaient gaiement ... avant que les partis politiques ne tirent dans le dos des Anarchistes et autres Révolutionnaires, tuant ainsi la Révolution en Espagne !

    Alors que fait-on si nous n’allons pas voter ? Bien avant l’apparition tragique de l’économie marchande et du travail forcé, bien avant le règne mortifère et destructeur de la bourgeoisie, l’humanité des temps anciens a vécu pendant des dizaines de milliers d’années au sein de sociétés sans État où les décisions concernant la vie commune étaient prises par des assemblées générales de tous les membres de la communauté. Il ne s’agit pas d’idéaliser ces sociétés, mais il est bon de rappeler que les pratiques de démocratie directe et d’assembléisme sont issues de ce très lointain passé. (NDLR : voir les travaux de P. Clastre, J. Mallaury, ou M. Sahlius). Les rebelles et les révolutionnaires de toutes les époques ont cherché à renouer avec cette pratique, tout simplement, parce qu’elle est la seule à tourner le dos à toutes les oppressions et la seule qui donne la possibilité de fonctionner sur un mode réellement humain.

    La démocratie directe empêche la confiscation de la parole de tous au profit d’un seul ou de quelque-uns. Le porte-parole ou le délégué n’est, effectivement, que le porteur, le vecteur de la parole des autres. L’assemblée qui l’a choisi peut, à tout moment, le révoquer s’il s’avère que le mandat confié n’est pas respecté.

    Ce système politique n’engendre donc pas de prise de pouvoir. Non seulement le mandaté est constamment soumis au contrôle pour les mandats qui lui sont confiés mais encore sa délégation est limitée, dans le temps et dans son objet. Il est évident que la bourgeoisie et toutes les classes dominantes qui l’ont précédée ont toujours cherché à justifier leurs oppression. La bourgeoisie a toujours prétendu que les sociétés humaines n’avaient jamais fonctionné sur d’autres modes que tutélaires et a donc toujours nié qu’elles aient pu avoir la capacité d’échapper à une tutelle, c’est-à-dire au supplice de la domination. Mais cet argument (qui n’est en fait qu’un « simple » déni) ne tient pas la route, car l’humanité à vécu beaucoup plus longtemps sans joug que sous le fer. Elle saura sans nul doute, tôt ou tard, retrouver le chemin de la Liberté. Ce n’est qu’une question de temps.

    Article d’@Anarchosyndicalisme ! n°153 mars - avril 2017
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article853


  • Retour sur la marche du 19 mars + Bloquons Chamonix + Grève à l’hôtel Hilton Orly | Au fond près du radiateur
    http://www.aufondpresduradiateur.fr/?p=4287

    Discussion téléphonique avec Sylvain, travailleur des remontées mécaniques à la compagnie du mont blanc qui nous parle des conditions de travail dans cette station de ski de luxe, et de la répression contre les syndicalistes et ceux qui se battent. - Discussion avec Ousmane, Abou, Virginie et Gina qui ont participé à la Marche pour la justice et la dignité.

    Discussion avec Nadir délégué syndical CNT-SO qui nous explique la situation à l’Hôtel Hilton Paris Orly, qui ferme sans reclassement pour les salarié·es. Durée : 1h29. Source : Fréquence Paris Plurielle

    https://ia801501.us.archive.org/33/items/AFPDRMarcheJusticeDigniteChamonixEnGreveHiltonOrly21.03.17/AFPDR%20Marche%20Justice%20%20Dignit%C3%A9%20+%20Chamonix%20en%


  • #Chamonix : Après le succès du rassemblement anti-FN à Chamonix, renforçons la résistance antifasciste !
    http://lahorde.samizdat.net/2016/10/24/chamonix-apres-le-succes-du-rassemblement-anti-fn-a-chamonix-renfo

    L’Action Antifasciste 74 a fait un compte rendu de la mobilisation en soutien aux réfugiéEs, et contre le FN à Chamonix le 22 octobre : Ce samedi 22 Octobre le FN Haute-Savoie a tenté d’organiser un rassemblement à Chamonix pour s’opposer au projet d’accueil des réfugiéEs. Retour sur la riposte antifasciste et les moyens politiques et idéologiques [&hellip

    #Non_classé #AFA_74


  • Chamonix (74) : alerte antifasciste !
    http://lahorde.samizdat.net/2016/10/21/chamonix-74-alerte-antifasciste

    Communiqué de l’AFA74 : Jeudi soir, un collectif solidaire se réunissait à Chamonix pour anticiper l’accueil des réfugiéEs suite au démantelèment du camp de Calais. En face, l’extrême droite locale s’agite… Le #Front_National organise ce soir, vendredi 21 octobre à 19h30, une réunion publique à Quintal (canton de Seynod) dans la salle La Fruitière [&hellip

    #Extrême_droite_institutionnelle #migrants


  • Schweizer Piloten wollen Flüchtlinge retten

    Ihr Herz schlägt nicht nur für die Fliegerei, sondern auch für Flüchtlinge: Mit Suchflügen über dem Mittelmeer will eine Gruppe Schweizer Piloten in Seenot geratene Migranten retten.


    http://www.blick.ch/news/schweiz/hilfseinsatz-ueber-dem-mittelmeer-schweizer-piloten-wollen-fluechtlinge-retten
    #Méditerranée #asile #migrations #réfugiés #solidarité #avion #sauvetage

    • Due piloti svizzeri da oggi sorvoleranno i mari alla ricerca di migranti

      BERNA - «È cominciato tutto l’anno scorso. Ero seduto accanto a un falò con Samuel Hochstrasser» racconta Fabio Zgragger. Il grafico di 30 anni è insegnante di parapendio e pilota privato. «Abbiamo cominciato a parlare di migranti, e volevamo aiutare in qualche modo. Ma è solo quando abbiamo appreso dell’esistenza di un’associazione privata a Malta che aiuta i migranti in difficoltà nel Mediterraneo che abbiamo deciso di approfittare della nostra passione del volo per fare del bene».


      http://www.tio.ch/News/Svizzera/Attualita/1092584/Due-piloti-svizzeri-da-oggi-sorvoleranno-i-mari-alla-ricerca-di-migranti-

      #pilotes #sauvetage #Méditerranée

    • «Salam aleikum, Tripolis, wir suchen nach Flüchtlingen»

      Schweizer Piloten fliegen Rettungsmissionen vor der Küste Libyens. Das ist nicht unumstritten. Ihnen wird vorgeworfen, sie seien Handlanger der Schlepper.

      https://www.nzz.ch/gesellschaft/salam-aleikum-tripolis-wir-suchen-nach-fluechtlingen-ld.1290524
      cc @stesummi

    • Des pilotes professionnels s’engagent pour sauver les migrants en Méditerranée

      L’association #Pilotes_volontaires a été créée en janvier pour repérer les embarcations de migrants en Méditerranée et aider les bateaux d’ONG à leur venir en aide. L’équipe a déjà acquis un avion et espère pouvoir commencer les missions de repérage en mai.

      http://www.infomigrants.net/fr/post/8053/des-pilotes-professionnels-s-engagent-pour-sauver-les-migrants-en-medi

    • Nous sommes tous les deux pilotes de ligne. J’habite à Chamonix et suis aussi instructeur de parapente, quand il me reste un peu de temps. J’ai vendu mon appartement et ai acheté un petit avion 4 places. On va partir la semaine prochaine à Malte pour faire du repérage aérien d’embarcations de réfugiés. Jusqu’ici, les repérages se sont faits à partir de bateaux, mais avec la houle et les vagues, beaucoup d’embarcations sont invisibles et les gens coulent, anonymes et seuls. Nous voulons pouvoir les répérer pour leur envoyer les bateaux de secours. De la même manière qu’on envoie dans le massif les helicos pour sauver les gens qui sont en danger dans une voie.


      https://www.facebook.com/Humansofchamonix/photos/a.272504229605771.1073741829.268669966655864/787557404767115/?type=3&theater

    • Deux pilotes français achètent un avion pour sauver des migrants en Méditerranée

      En investissant toutes leurs économies, les deux hommes se sont offert un petit avion afin d’aller repérer les canots en perdition au large de la Libye. Première mission le 2 mai.

      Les jumelles sont prêtes, les provisions aussi. Tout sera bientôt à bord du MCR-4S, le petit avion de Benoît Micolon et José Benavente. Acheminé le 30 avril depuis Annemasse (Haute-Savoie), le Colibri n’a pas grand-chose à voir avec les autres coucous de la base maltaise, garés là avant une petite balade touristique pour se défroisser les ailes. Lui doit décoller le 2 mai, « pour quadriller le rectangle de 150 kilomètres de l’est à l’ouest, sur 50 kilomètres au nord de Tripoli ; la zone dans laquelle se concentrent le maximum de sauvetages et les naufrages », observe José Benavente, 49 ans, le père de ce projet original d’appui aux bateaux ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée.

      Avec Benoît Micolon, 35 ans, ils veulent devenir les yeux de la mer. Les deux Français, qui se sont connus sur les bancs de l’école de pilotage en 2006, viennent d’investir la totalité de leurs économies – soit 130 000 euros – pour s’offrir le Colibri, l’avion qui sauvera des vies. « Il y a urgence à assister les navires ONG en repérant les canots et en les leur signalant en même temps qu’au MRCC, l’organisme officiel italien qui gère les sauvetages », rappelle José Benavente.

      « Vraiment utiles, tout de suite »

      Pragmatiques, les deux fondateurs de Pilotes volontaires savent que la capacité de repérage depuis un avion qui survole les eaux à basse altitude est cent fois supérieure à une observation depuis le pont d’un navire. Ils savent aussi que cet appui aérien manque cruellement aujourd’hui en Méditerranée et que durant le premier trimestre 2018, quelque 500 personnes ont encore péri au large des côtes libyennes, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

      « Au départ, on avait pensé monter une opération de crowdfunding pour trouver de l’argent, mais ça aurait pris trop longtemps. Le printemps est là, les départs de Tripoli reprennent », observe José Benavente, qui remonterait bien le temps s’il le pouvait… « Quand les humanitaires de SOS Méditerranée [une des ONG présente au large de Tripoli, avec l’Aquarius, son bateau] nous ont expliqué le mal qu’ils avaient à repérer les canots dans les vagues, on a compris qu’on pouvait vraiment être utile, tout de suite », ajoute-t-il. L’idée des vies en jeu chaque jour les pousse à brûler les étapes, prenant juste le temps de déposer les statuts de leur association le 28 janvier, de trouver l’avion, l’acheter, lui faire installer un pilote automatique pour pouvoir se concentrer sur la mer, un système satellite pour communiquer avec les ONG et un réservoir suffisamment grand pour voler dix heures d’affilée.

      Samedi 30 avril, c’était le départ de France. Les deux hommes ont mis leur vie personnelle entre parenthèses pour rallier Malte, leur base arrière ; leur vie professionnelle aussi. Benoît Micolon, pilote de ligne sur Boeing 747, complétera ses 6 000 heures de vols, certes, mais sur un autre type d’engin, même s’ils ne sont pas si loin des avions qu’il pilotait en début de carrière pour repérer les départs d’incendie dans les forêts du sud de la France. José Benavente, lui, un Lyonnais installé à Kinshasa (République démocratique du Congo), reprendra sa mission humanitaire plus tard.

      Véritable mouvement citoyen

      Depuis longtemps déjà il mûrissait l’idée de survoler la Méditerranée pour sauver les migrants. « Il y a quinze ans, en mission en Guinée où je travaillais sur l’approvisionnement en eau potable, j’entendais parler des disparus au large des côtes sénégalaises. Trop de petites embarcations en partance vers les Canaries sombraient sans avoir été secourues. Plus tard, je me suis dit que les plaisanciers pourraient s’organiser en associations pour aider les canots entre le Maroc et l’Espagne… J’ai essayé d’imaginer comment les fédérer… Toutes ces idées ont cheminé en moi et, en janvier, j’ai décidé d’agir en revenant à mon idée d’avion, puisque je suis aussi pilote », rappelle ce père de famille.

      José Benavente appelle alors Benoît Micolon, en repos à Chamonix (Haute-Savoie) entre deux missions. « J’avais pas fini ma phrase qu’il m’avait déjà dit oui », se réjouit-il, reconnaissant bien là son ami. Très vite, les deux hommes recomptent leurs économies et réunissent de quoi commencer. « On démarre avec l’argent qu’on a. On a ouvert un site pour récolter les dons. Il y a derrière notre opération l’idée que tout le monde peut participer, même avec quelques euros », rappelle l’humanitaire. L’esprit qui préside à Pilotes volontaires est proche de celui qui a permis à SOS Méditerranée de se développer, en entraînant un véritable mouvement citoyen dans son sillage.

      http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/05/01/deux-pilotes-francais-achetent-un-avion-pour-sauver-des-migrants-en-mediterr

    • Malta blocks migrant search plane from operating in Mediterranean as EU toughens stance on refugee rescues

      Malta has blocked an aircraft used to search for migrant boats in the Mediterranean from operating out of the country, according to a migrant rescue group.

      Sea Watch, which runs the Moonbird aircraft, condemned the move, accusing authorities of grounding the plane during the “deadliest days” in the Mediterranean since records began.

      The German NGO said the plane had been involved in the rescue of some 20,000 people since it began operating.

      https://www.independent.co.uk/news/world/europe/malta-blocks-moonbird-plane-mediterranean-refugee-crisis-ngo-sea-watc

      #moonbird

    • #Pilotes_volontaires : « Qui va le faire si on ne le fait pas ? »

      Ils se sont donnés pour mission d’être les « yeux aériens » des bateaux de sauvetage naviguant en Méditerranée. Une mission nécessaire et compliquée.

      L’idée est partie d’une simple question : comment aider les bateaux de secours parcourant la Méditerranée pour venir en aide aux embarcations de migrants en détresse ? Pilote professionnel, José Benavente Fuentes a logiquement pensé au repérage aérien. Après avoir longtemps mûri le projet, il en fait part à un autre pilote, Benoît Micolon. Tous deux créent l’association Pilotes Volontaires en janvier dernier et survolent la Méditerranée depuis le mois d’avril. Une mission ambitieuse qui a son lot de difficultés. Benoît Micolon nous en parle :

      Quand José vous a demandé de le rejoindre dans cette aventure, est-ce que vous avez hésité ? Pourquoi ?

      Un soir de Janvier, au détour d’une conversation ordinaire, José m’a parlé de ce projet qu’il avait en tête depuis un moment. Il m’a demandé mon avis sur certains aspect techniques et opérationnels. Je ne crois pas qu’à ce moment-là son intention était de me recruter.

      Je me suis alors renseigné de mon côté, afin de pouvoir lui donner les détails techniques qu’il me demandait, et j’ai rapidement réalisé que trop de temps avait déjà été perdu, car beaucoup de vies étaient en danger chaque jour.

      C’est apparu presque comme un devoir pour moi de mettre mes compétences aéronautiques au service de cette cause humanitaire. Qui va le faire si on ne le fait pas ?

      Quelques jours plus tard, j’annonçais à José ma volonté de m’engager dans ce projet à ses côtés, à 200%.

      C’est ainsi que fin janvier, Pilotes Volontaires naissait officiellement, avec le dépôt en préfecture des statuts de l’association.

      Quels ont été vos doutes au moment de commencer, en sachant que vous mettiez votre argent personnel dans ce projet ?

      Nous avons décidé d’acheter l’avion avec nos économies pour ne pas perdre trop de temps, en faisant le pari qu’on trouverait des donateurs pour nous soutenir par la suite, dès lors qu’on aurait sauvé des vies.

      En effet, il est compliqué de convaincre des gens alors qu’on n’a encore rien fait, et que le projet n’est que sur papier brouillon. L’idée était donc de prouver notre efficacité. Le plan a fonctionné ! Quant au risque financier, il était maîtrisé, car si le projet n’aboutissait pas, nous avions toujours l’option de revendre l’avion et récupérer une partie de notre argent.

      Le plus gros doute concernait l’obtention des différentes autorisations de vol, mais finalement, ça c’est bien passé. Nous respectons scrupuleusement les différentes règlements, et cela se passe bien.

      A ce jour, combien de temps vous prennent ces missions ? Votre carrière professionnelle en est-elle impactée ?

      José et moi avons consacré toutes nos vacances et temps libre pour lancer le projet.

      Nous devons voler aussi souvent que possible, quand les conditions météo le permettent pour tenter de sauver un maximum de vies. Heureusement, nous avons pu former plusieurs pilotes et observateurs. Pilotes Volontaires compte aujourd’hui près de 10 membres actifs, qui participent à la vie de l’association. José et moi sommes donc moins présents sur le terrain qu’au départ, mais nous organisons et suivons les missions de près. On y passe tout notre temps libre.

      Mon employeur n’est pas disposé à m’aider avec le projet Pilotes Volontaires. Je me dois de respecter ce choix, et je fais en sorte que ce projet humanitaire n’impacte pas ma vie professionnelle.

      Depuis le mois de mai vos missions ont permis de sauver environ 4000 personnes, est-ce que vous vous attendiez à voir autant de personnes en danger ?

      Nous savions qu’il y avait de nombreuses personnes en détresse en mer, mais nous n’avions pas idée de la fréquence à laquelle nous allions repérer des embarcations en détresse. Nous découvrons des personnes en danger de mort dans plus de 50% des missions...

      Ce qui personnellement m’inquiète le plus ce sont les embarcations qu’on n’a pas vues. Celles qui ont sombré pendant la nuit, avant même qu’on ait une chance de les repérer dans la journée. Tous ces bateaux qui ont sombré parce que nous n’avons pas pu voler, ou parce que même lorsque nous volons nous ne les voyons pas car la zone est immense.

      Toutes ces vies perdues dont personne ne parlera jamais. Ces milliers de parents qui restent au pays ne recevront plus jamais de nouvelles de leurs fils de leurs filles et vivront dans l’espoir de les revoir un jour. Tous ces deuils impossibles a faire... car pas de corps à enterrer... pas de sépultures à ériger... pas de tombes à fleurir...


      https://www.lecourrierdelatlas.com/migration-pilotes-volontaires-qui-va-le-faire-si-on-ne-le-fait-p


  • Chaque année des saisonniers crèvent dans leurs camions

    2010 :
    http://www.chamonix.net/francais/actualite/2010-12-22.htm

    On recense une quarantaine de saisonniers vivant dans leur camion. Ils sont installés au parking du Grépon, à côté du tremplin de saut et sont cette année peut-être un peu plus visible que les autres années.

    Le maire de Chamonix s’est expliqué lundi soir en conseil municipal sur le choix de la commune, de gérer ces travailleurs plutôt que de les laisser s’installer n’importe où sur la commune.

    Mais pour l’an prochain, un autre terrain d’accueil est à l’étude.

    2013

    Le 3 janvier, un salarié des remontées mécaniques et sa compagne ont péri dans l’incendie 
du camion qui leur servait de domicile. 
Au début de la saison, les autorités locales 
avaient contraint 
les jeunes routards 
comme eux 
à s’installer sur 
un sentier forestier, 
sans eau, ni électricité, 
afin de ne pas gâcher le paysage.

    2016

    Deux saisonniers âgés de 20 et 30 ans ont été retrouvés morts à l’intérieur de leur camion ce mercredi en Haute-Savoie par des collègues venus leur rendre visite. Le couple pourrait avoir été intoxiqué au monoxyde de carbone.

    #saisonniers #exploitation_humaine #travail #mort #accidents_du_travail #honte #logement #guerre_aux_pauvres



  • Etude très intéressante sur le machisme dans l’alpinisme, avec une mention spéciale à Chamonix (ça date de 2005, mais ça n’a guère dû changer)

    Plus généralement, les enquêtées soulignent le manque de reconnaissance de la part de certains de leurs collègues, en particulier dans le milieu chamoniard où la domination masculine est exacerbée par un fort traditionalisme. Comme l’affirme Danielle, « les femmes guides remettent en question l’image du bel homme viril, avec de gros bras », et certains hommes considèrent la féminisation de la profession comme une dévalorisation de leur fonction (Cacouault-Bitaud, 2001). De fait, l’entrée des femmes dans la profession questionne le rôle accordé traditionnellement à la force physique et démontre son caractère secondaire et parfois inutile (voire dangereux) du strict point de vue de l’activité professionnelle (Dejours, 1993). Par là-même, elles questionnent le processus de construction de la virilité dans ce métier très masculin.

    http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=TGS_013_0117

    #alpinisme #sport #Chamonix #genre #guide #métier

    • Peut-être que c’est parce que je suis dans un bon groupe, mais dans le monde de l’escalade, je n’ai pas senti de gros machisme, même si les machos ont tendance à être partout. Dans la mesure où je navigue dans des groupes qui pratiquent pour le plaisir et pas la #compétition, la pratique est mixte et ouverte et notre niveau moyen fait que le muscle ne l’emporte pas sur la technique.
      Mais j’ai des potes qui ont atterri dans des groupes à mâles dominants, sans aucun esprit de coopération (ce qui est débile, en escalade), concours de bites permanents où la recherche de la compétition débouche souvent sur l’accident.

      En fait, plus que le #sport, c’est l’esprit de compétition qui est, pour moi, le ferment du machisme, le règne du gros gourdin, la loi du plus fort. Une pratique sportive sans compétition n’a pas du tout les mêmes enjeux et donc, à mon sens, ne crée pas les mêmes comportements.

      Même constat dans mon groupe de randonnée où la règle n’est pas d’arriver le premier mais de veiller à ne perdre personne dans la pampa.

    • l’escalade n’a jamais posé de problème de ce point de vue, c’est un sport qui a été jugé convenable pour les femmes dès son explosion grand public dans les années 80, avec par exemple Destivelle, c’est un sport souvent comparé à de la danse sur un mur. Et même Patrick Edlinger, avec ses cheveux longs, sa fine gueule, son hypersensibilité, avait des allures d’éphèbe androgyne. A fortiori pour la randonnée, qui n’engage pas ou peu, d’où l’absence d’assurage. Discipline par excellence des amoureux de la nature, contemplatif, patient, que des qualités féminines.
      L’alpinisme, ou disons un certain type d’alpinisme, remet en question des stéréotypes bien plus que l’escalade, ne serait-ce que par l’équipement qui renvoie à une rhétorique guerrière : il faut « s’armer » pour « vaincre » la montagne. Dont la caricature reste, pour moi, Maurice Herzog, tombeur de sommet et de femmes.

    • Edlinger avait des vérins hydrauliques à la place des bras, pas très « miss France », quand même ;-)

      Je trouve quand même la #mixité et l’absence de compétition comme bons indicateurs qu’un sport n’est pas machiste.

      Je me souviens, un jour, on part grimper en groupe et en falaise, au mois de janvier, sur une face sud. Bonne ambiance et tout, il se trouve qu’il se met à faire super chaud, mais vraiment super chaud. Donc, on pèle l’oignon et voilà que je me souviens que j’ai mes jambes de yéti, parce que c’est hiver et que je m’en tape. Un des gars le comprend et me fait remarquer qu’en fait, c’est moi qui m’enfonce toute seule dans le clichton sexiste, parce que personne n’en a rien à foutre du poil aux pattes et que l’important, c’est de grimper « confort ».
      Ça faisait du bien à entendre, en fait.
      Après, c’est peut-être parce que j’ai tendance à fréquenter des gens qui pensent un peu comme moi, même dans le sport.


  • SOLIDARITE AVEC LA FAMILLE KORBI –VILLAGE DE SERVOZ, COLLEGE DE CHAMONIX

    C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons appris que la famille KORBI venait de recevoir une obligation de quitter le territoire français, délivrée par la préfecture de Haute-Savoie, le 5 février dernier.

    Cette famille a dû fuir le Kosovo où elle se trouvait en grand danger.
    Elle est installée en France depuis deux ans et demi. Les trois enfants sont scolarisés au collège de Chamonix et à l’école primaire de Servoz.

    Si nous portons beaucoup d’attention à cette famille, c’est aussi parce qu’elle entreprend d’énormes efforts d’intégration. Les enfants sont extrêmement appliqués à l’école et au collège. Les parents ont aussi tissé des liens avec plusieurs familles du village et font actuellement des efforts soutenus pour améliorer leur français. Toute la famille est parfaitement intégrée et les enseignants, les parents d’élèves, les proches peuvent témoigner de tous les efforts qu’ont pu déployer parents et enfants, de leur énergie, de leur motivation, de leur volonté de tisser des liens profonds avec la culture et la société française.

    Mustafa KORBI est d’origine serbe et Magbule, son épouse est d’origine albanaise. Les couples mixtes ne sont pas tolérés au Kosovo et sont exposés à de graves menaces.
    Cette famille d’origine mixte Serbe-Kosovar a subi de nombreuses persécutions aussi bien au Kosovo qu’en Serbie. Toutes ses demandes d’asile ont été systématiquement rejetées, ce que nous ne comprenons pas, car à la connaissance de son histoire, il est évident que dans le contexte actuel de recrudescence des violences au Kosovo, celle-ci serait gravement en danger si elle y retournait.

    Nous demandons à ce que la famille KORBI puisse rester parmi nous, en France, et qu’elle obtienne un titre de séjour ; que les enfants puissent continuer sereinement leurs études et que l’on procède à un examen approfondi et bienveillant de leur situation envie d’obtenir une régularisation.
    Merci d’avance pour votre soutien…

    Les enseignantes de l’école de SERVOZ ( Haute-Savoie )

    Pétition de soutien : http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2013N39450