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  • Revue de presse continue spéciale Gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Grand débat : les jeunes surtout intéressés par la transition écologique

    « Les gilets jaunes que je connais sont des super-héros »

    “Je ne lâcherai pas mon gilet jaune”

    « Gilets jaunes » : la laborieuse séduction des syndicats, partis et associations

    GJ Info, le faux média des Gilets jaunes aux mains de l’extrême-gauche

    Grand débat : le gouvernement prévient déjà qu’il y aura beaucoup de déçus

    Le mépris de classe des années 1930 à nos jours

    Treize personnes au grand débat d’Abbeville

    Gilets jaunes : a-t-on vu des « sulfateuses » à acide dans les manifs, comme le dit un syndicaliste policier ?

    Donner à voir les gilets jaunes

    La thèse de l’individu déviant

    Battes de baseball, « safe room » : quand grands patrons et élus se préparent à l’affrontement avec les gilets jaunes

    Battes de baseball, « safe room » : quand grands patrons et élus se préparent à l’affrontement avec les gilets jaunes

    Grand débat national à Colmar : quelles sont vos revendications ?

    (...la suite...)

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    Présentation/Archives/Abonnement

  • Vous avez un avis sur les Gilets jaunes ? Venez le confronter avec nos invités
    https://www.rue89strasbourg.com/vous-avez-un-avis-sur-les-gilets-jaunes-venez-le-confronter-avec-no

    Qu’est-ce qui motive un membre des Gilets jaunes d’aller occuper un rond-point, de passer son samedi dans les rues de Strasbourg, Colmar ou Belfort ? Ce mouvement apparu mi-novembre se structure, en dehors de toute organisation et malgré les tentatives de récupération et d’endoctrinement. Jeudi soir, venez rencontrer deux Gilets jaunes alsaciens, impliqués depuis les origines et posez leur vos questions. (lire l’article complet : Vous avez un avis sur les Gilets jaunes ? Venez le confronter avec nos invités)

  • AU SUJET DU GRAND DÉBAT MACRONIEN…

    Macron envisage surtout dans sa « lettre » du 13 janvier cette consultation comme une discussion technique autour de questions administratives. Quand les GJ parlent d’ISF, il ne répond que du point de vue technocratique de la rentabilité de cet impôt, il ne répond pas justice fiscale. Quand il élude la question fondamentale de la définition d’un minimum de vie décent, il ne répond que grands équilibres macro-économiques. A ce titre, la banderole du cortège des GJ de Bourges (acte IX) : « quand on te dit, nous ce qu’on veut c’est pouvoir bouffer jusqu’à la fin du mois, c’est quoi le mot que tu comprends pas ? », est tout à fait révélatrice d’une incapacité totale du pouvoir à comprendre le quotidien vécu des gens.

    Ce qu’il souhaite c’est discuter le bout de gras autour de questions aussi triviales que possibles, forcer le mouvement social à se mouiller sur des propositions bureaucratiquement « réalistes », et de laisser les grandes questions éthiques comme la justice, l’égalité, la dignité, le sens de la vie, etc., aussi loin que possible loin de toute interrogation de fond.

    L’entourloupe du débat macronien réside dans sa tentative de faire émerger chez les citoyens un flot de propositions prétendument « concrètes » pour noyer la question de la légitimité de l’insatisfaction générale, et ne surtout pas aborder ces questions au seul niveau où elles peuvent être traitées : celui de l’émergence nécessaire de droits universels, droits qui reposent sur l’égalité de tous. Plus les propositions et avis particuliers seront nombreux, plus ils ont de chances d’être contradictoires, et plus il pourra justifier la nécessité technique où il se trouvera de devoir donner une cohérence à ce qui sera présenté certes comme la richesse de l’expression populaire, mais qui telle un jardin en friche devra être réorganisée par un chef jardinier compétent. On devine déjà lequel.

    Quand le pouvoir prétend que la démocratie directe n’est pas possible, pas réaliste, il dit que des millions de citoyens ne peuvent pas tous avoir les compétences techniques nécessaires pour juger de la pertinence technique des politiques mises en œuvre. Par contre, ce qu’il ne dit jamais, c’est que les citoyens ont la légitimité politique pour juger du caractère juste ou injuste, éthique ou non, égalitaire ou non, universel ou pas, des décisions prises. Ce n’est pas parce qu’un pouvoir donné est élu, en général sur de grands principes (encore que cela est de moins en moins vrai, tellement les postulants au pouvoir ne font que nous vendre un catalogue de mesures techniques à la place de l’expression claire et intelligible des principes qu’ils prétendent mettre en œuvre) que les mesures qui traduisent, selon eux, ces grands principes doivent nécessairement et automatiquement y être conformes.

    Le pouvoir représentatif, quoi qu’on en pense par ailleurs, confond sa légitimité légale issue des élections avec la légitimité automatique de la politique qu’il mène : la légitimité du jugement citoyen permanent de l’action gouvernementale devrait pourtant relever de l’évidence démocratique. C’est un abus extraordinaire de considérer les citoyens essentiellement comme des usagers ou des clients, c’est la constatation quotidienne de la négation de leur souveraineté.

    Le pouvoir doit être pris au mot lorsqu’il nous affirme qu’il n’est plus possible de rémunérer « dignement » le travail salarié, que l’augmentation du salaire minimum est devenue économiquement insoutenable : cela veut en effet dire que le contrat social tacite tel qu’il s’est constitué depuis la dernière grande guerre mondiale, contrat implicite qui reposait sur un certain partage minimal des fruits économiques de la croissance (quoi qu’on puisse en penser) n’est plus pertinent. S’il n’est plus possible de permettre aux gens qui travaillent de vivre avec un minimum de décence de leur salaire, cela veut dire que le travail salarié ne peut plus être la base du vivre ensemble. La chasse aux sorcières (au sens propre de l’expression) faite à l’encontre des chômeurs, des pauvres, des exclus et précaires de toutes sortes, au nom du Travail, du travail considéré comme une abstraction idéalisée, et non dans sa réalité vécue, relève donc bien d’une logique inquisitoriale (au sens religieux du terme). Le pouvoir attaque les exclus du salariat en tant que responsables individuels de leur situation (comme il vient encore un fois de le faire à Gasny en parlant de ces assistés qui déconnent), pour masquer, pour tromper, pour mentir, pour faire oublier que la légitimité temporaire accordée à leur position de gouvernant (quoi qu’on en pense), ne tient qu’à sa capacité à faire vivre cette promesse de pouvoir donner à tout le monde du travail qui permette de subvenir à ses besoins.

    Le scandaleux forcing médiatique du pouvoir contre les pauvres est donc directement une tentative pour justifier son irresponsabilité : si les pauvres étaient responsables de leur situation, cela voudrait dire que les pauvres seraient foncièrement responsables de la pauvreté elle-même, que ce sont les pauvres qui seraient responsables de la situation économique difficile du pays, que ce seraient les pauvres qui empêcheraient le pouvoir de garantir au monde de l’économie le minimum de stabilité dont il a besoin pour ses affaires. Bref, si le pays va mal ce serait d’abord parce qu’il y a des pauvres qui ne veulent pas travailler ! Non, non et encore non. Accepter l’idée que les pauvres sont fondamentalement responsables de leur situation, alors qu’ils n’ont aucune responsabilité et aucun droit de regard effectif sur le fonctionnement réel de l’économie et des entreprises, relève d’une stratégie consciente de division de la population, de stigmatisation de l’exclusion, qui empêche de traiter la pauvreté comme un problème interne grave du fonctionnement soi-disant « normal » de la société. C’est oublier un peu vite que s’il y a des pauvres c’est d’abord essentiellement parce qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde, quoi qu’en dise le gouvernement, et que la règle du jeu, à l’origine du chômage, c’est toujours, depuis toujours, de rémunérer les salariés le moins possible. On nous répète tous les jours, sur tous les tons, que le travail est un marché, c’est-à-dire que celui qui est embauché est par principe celui qui accepte de travailler moins cher que son voisin à compétences égales. On nous dit aujourd’hui que pour s’en sortir il faut acquérir plus de compétences que son voisin. Ce qu’on ne dit jamais c’est ce que devient ce voisin.

    La force du mouvement des GJ réside précisément dans le fait qu’il n’est pas vraiment dans ce registre : il revendique « simplement » de pouvoir vivre de son travail. Si une telle revendication est aujourd’hui si explosive, si scandaleuse, c’est parce qu’elle heurte de front une réalité devenue fondamentale, incontournable : le travail ne paie plus, le travail ne permet plus de vivre, il n’y a plus assez de travail pour tout le monde ! Si ce mouvement est si extra-ordinaire c’est précisément qu’il pose avec raison la question de la qualité nécessaire de la vie quotidienne comme préalable à toute discussion générale. Cette attitude a le mérite de court-circuiter toutes les justifications traditionnelles, politiques et économiques, des gouvernants : et l’objectif du grand débat macronien est bien de tenter de réinscrire l’insatisfaction existentielle des GJ dans le carcan des discours conventionnels qui, absolument tous, reposent sur la nécessité d’accepter de remettre à plus tard la résolution du mal-vivre quotidien, au nom de prétextes sur lesquels les pauvres n’ont pas de prise. L’argument central serait que les caisses sont vides : mais si elles le sont réellement, si on n’a aucune chance d’être payé en retour pour nos sacrifices, c’est encore bien pire, et les GJ rajouteraient une couche supplémentaire de légitimité à leur action ! La vie n’aurait alors d’évidence plus aucun sens.

    Ce grand débat est bien un piège redoutable car il s’agit soit de noyer le mal-vivre global exprimé par les GJ dans une infinité de réponses sectorielles, soit de disqualifier ce mal-vivre au prétexte qu’il n’a pas de revendications réalistes car il ne réussit pas à s’inscrire dans un traitement technocratique. Le piège est de chercher à faire croire que si le mouvement des GJ ne réussit pas à s’inscrire dans le grand débat dans un premier temps, dans le processus électoral dans un deuxième, c’est qu’il n’y aurait pas d’autre alternative à l’organisation actuelle du pouvoir et de l’économie. Le piège c’est d’amener à penser que ce seraient les hommes qui devraient être au service de l’économie, et non l’inverse, que ce seraient les citoyens qui devraient être au service de l’état, et non l’inverse.

    La force actuelle du mouvement des GJ est de ne pas se rendre aux raisons économiques qui empêchent de rémunérer décemment le travail salarié, et de refuser toutes les fausses raisons qui justifieraient cette situation : c’est cela sa seule vraie force, et c’est celle-ci qui fait trembler le pouvoir, le terrorise et explique le degré de violence, verbal, institutionnel et policier, de ses réponses.

    Louis, Colmar, janvier 2019

  • Les Gilets jaunes sur les Champs-Elysées : « Pourquoi on ne taxe pas les riches ? » 26 novembre 2018 / Andrea Fuori et Nno Man Cadoret (Reporterre)
    https://reporterre.net/Les-Gilets-jaunes-sur-les-Champs-Elysees-Pourquoi-on-ne-taxe-pas-les-ric

    Samedi 24 novembre, des milliers de « Gilets jaunes » ont manifesté sur les Champs-Elysées. Leurs revendications ne sont pas tant contre les mesures écologiques que contre l’injustice fiscale. Reportage.

    Paris, reportage
    Samedi 24 novembre, la « plus belle avenue du monde » a un visage méconnaissable. À la place des touristes, une marée jaune fluo en colère. Au lieu des voitures, d’imposantes barricades. Les terrasses des cafés huppés sont désertes, leurs chaises en osier crépitent dans des brasiers de fumée noire.

    La fermeture des stations de métro, les 3.000 gendarmes mobilisés, le bouclage de tout le quartier n’auront pas suffi : dès la matinée, la foule déborde le dispositif et déferle sur une partie de cette avenue symbolique, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel. Le Champ de Mars, proposé par le gouvernement, restera presque désert.
    Vers 9h30, la journée paraît mal engagée. Les réseaux sociaux mentionnent des groupes de manifestants nassés aux abords du dispositif. Au bout de la rue de Rivoli, les gendarmes mobiles bloquent l’accès à Concorde. Une petite foule hétéroclite scande « Macron, démission ! », « La police avec nous ! ».

    Le cordon de gendarmes tient, mais en une demi-heure, les petites grappes deviennent plusieurs centaines qui s’engouffrent dans les rues du 8e arrondissement et contournent la ceinture policière.
    « Où sont les autres ? Ou va-t-on ? Comment peut-on passer ? ». L’ambiance est confuse et les informations circulent avec peine. Mais le cortège improvisé grossit de minute en minute. Et la détermination est partagée. « On ne va pas se laisser dicter nos vies et où manifester ! », explique une manifestante prenant la rue pour la première fois de sa vie. Peu habitués aux mouvements sociaux, les gilets jaunes ne jouent pas selon les codes habituels des manifestations.

    Lorsque ce cortège improvisé arrive aux Champs vers 11 h, le tableau est sidérant. En bas de l’avenue, plusieurs milliers de gilets se massent près des forces de l’ordre. Il y a des banderoles, mais les drapeaux qui flottent sont principalement bleu-blanc-rouge. Dans le cortège, une grappe de cheminots chante « Tous ensemble, grève générale ! » ou « L’Internationale ». Mais on entend surtout les « Macron Démission ! » et la Marseillaise. Des quads et des scooters font rugir leur moteur sous les clameurs électriques de la foule. De quoi brouiller tous les repères.

    Lydia et Emmanuel : « On vivait mieux dans les années 80, maintenant, on doit tout compter. »
    « C’est la première fois qu’on vient manifester, on en a marre d’être taxés ! » expliquent Emmanuel et Lydia, conducteur d’engins de travaux publics et aide-soignante, venus tôt ce matin d’un petit village des Yvelines. « Avant on ne manifestait pas, mais cette fois on a touché le fond de la cuvette. On vivait mieux dans les années 80 que maintenant, où on doit tout compter. » Ils déplorent une politique qui a privilégié « les métropoles au détriment de la province. Chez nous, tous les commerces et services ont fermé. Le premier magasin est à 10 km. Un bus passe le matin, l’autre le soir. Comment faire sans la voiture ? »

    Rémi, cheminot retraité, est venu du Cher à l’aube : « J’ai fait partie de la CGT, mais les manifs du mouvement social s’épuisent. Là il y a de tout : droite, gauche, des cheminots, des postiers, des paysans, des artisans, toutes les classes confondues. Cette manifestation vient de la base, du peuple. »

    Difficile de classer la diversité des participants. Les gilets indiquent souvent l’origine des manifestants : « 77 nord », « 44 BZH », « 22 Côtes-d’Armor ». Mais aussi de Bordeaux, de Périgueux, Bretagne, Nîmes, de région parisienne, de Colmar, des Vosges, de Franche-Comté... Le « ras-le-bol » sur toutes les lèvres dépasse largement la question du carburant.

    Karim, 43 ans, n’a d’ailleurs pas de voiture : « Je suis là pour tout ceux qui n’arrivent pas à finir leur mois et manger à leur faim. Ce mouvement c’est une question d’humanité ! C’est le peuple qui est ici ! » Il regardait la journée sur sa télé puis est venu lui-même grossir les rangs en solidarité. « Nous sommes au SMIC quand d’autres se gavent. Moi je n’ai plus rien d’un homme : aujourd’hui je ne peux même plus offrir un café à un ami… »

    Partout, et malgré les gazages massifs des forces de l’ordre toute la journée, des petits groupes épars discutent, partagent leur situation. Jean, 72 ans, est « cultivateur retraité de pommes de terre » dans les Côtes d’Armor. Il n’avait plus manifesté depuis ses 25 ans. « Là on fait une overdose. J’ai mille euros de retraite par mois, comme la plupart des agriculteurs. Comme disait mon père, qui a fait 5 ans de captivité pendant la guerre : c’est pas assez pour vivre, trop pour crever de faim ! Vivre ce n’est pas juste se nourrir : on a aussi le droit de partir une semaine en voyage une fois par an découvrir quelque chose ! Là on ne peut plus. »

    Chez toutes les personnes interrogées on rencontre ce même malaise profond, celui d’une classe moyenne aux contours de plus en plus flous qui voit depuis une trentaine d’années le coût de la vie augmenter, les taxes progresser, les aides diminuer, ses salaires stagner. Et qui n’en peut plus de se sentir méprisée. La hausse des prix du carburant est un détonateur : « Pourquoi on taxe les plus pauvres sur le gasoil ? Pourquoi on ne taxe pas les riches ? Pourquoi on leur fait autant de cadeaux fiscaux ? » demande Stéphane, balayeur-nettoyeur de l’Essonne, qui bat aussi le pavé pour la première fois.
    Jean-Louis a la soixantaine, il est aide-soignant en EHPAD pour personnes Alzheimer à Colmar. Pour lui, c’est plus qu’un malaise : « Des maladies psychiatriques mettent parfois 30 ans à éclater. Ce mal-être des gens qu’on ne considère plus c’est cela qui explose aujourd’hui. Et je pense en France, les gilets jaunes, verts, rouges, peu importe la couleur, vont enflammer l’Europe ! »

    « Il y en a marre de faire semblant de faire de l’écologie ! »
    Les revendications sont bel et bien celles des mouvements sociaux, même si ce n’est pas le public habituel. Au risque d’une « l’infiltration par l’extrême-droite », comme le gouvernement le prétend ? Samedi dernier, une minorité de petits groupes organisés paraissaient être affiliés à l’extrême-droite, que ce soit le GUD, Civitas, ou d’autres, qui se regroupaient autour de drapeaux français à pointe...

    Mais pour Aurélie, peintre-décoratrice à Disneyland depuis 17 ans, c’est loin de résumer le mouvement. « C’est à nous gilets jaunes d’être présents et de faire respecter les mots d’ordres : pas de racisme, de sexisme, d’homophobie, de partis politiques ! L’extrême-droite, il faut l’endiguer par la parole. » Les agressions sur des automobilistes, la délation de migrants cachés dans des camions-citernes à Calais, les insultes homophobes et racistes ? « Ce sont des faits réels, mais minoritaires par rapport au nombre ! »

    À Montpellier, ce samedi, les gilets jaunes ont d’ailleurs fait une haie d’honneur à la manifestation « Nous Toutes » contre les viols et les violences sexuelles, qui se tenait en parallèle dans 50 villes en France. Et l’écologie alors ? Pour Vanina, qui arrive de Gray en Franche-Comté, c’est l’une des premières revendications. Cette maraîchère de formation « regrette le manque d’accompagnement pour la conversion en agriculture biologique, le fait qu’il soit impossible d’échanger les semences anciennes, que les cahiers des charges soient très contraignants... » Elle manifeste aussi pour la première fois dans ce mouvement de « ras-le-bol où tout le monde porte ses idées ».

    Valérie : « Il faudrait taxer les transports aériens, les paquebots des croisières, et les importations ! »
    Le financement de la transition écologique par la taxation du carburant ? « C’est un gros mensonge pour s’en mettre plein les poches ! Ce n’est pas en taxant le carburant qu’il faut financer la transition : il faut plutôt cibler les grosses entreprises ! » Valérie, infirmière syndiquée à FO, habituée des mouvements sociaux, dit la même chose : « Il faudrait taxer les transports aériens, les paquebots des croisières, et les importations ! »

    Bien souvent le sujet ne vient pas naturellement dans la discussion. Mais tous s’accordent à dire qu’il est important, voire prioritaire, sans pour autant exprimer une vision systémique. « Moi, je fais des petits gestes, j’ai mon jardin, un compost, par économie et par principes » explique Vanina. Stéphane raconte : « J’ai pris une hybride pour moins consommer de gasoil, réduit ma consommation d’eau et d’électricité. Nous on fait des efforts : que le gouvernement en fasse aussi ! ». Christine proclame : « On a promu le diesel pendant des années, parce que ça consommait moins, et maintenant il faudrait revenir en arrière : qu’ils s’en prennent directement aux constructeurs de voiture ! ».

    « Ils gazent le peuple ! La prochaine fois, on viendra équipés. »
    Si les manifestants scandaient le matin « la police avec nous ! », on entendait plutôt, l’après-midi, dans l’épaisse nappe lacrymale recouvrant les Champs et la place de l’Étoile, « Ils gazent le peuple ! », « Elle est où la démocratie ? Elle est morte ! », « Nous sommes en dictature ! ». Les témoignages de toutes les personnes que Reporterre a interrogé sont unanimes : ce sont bien les forces de l’ordre qui, dès le matin, ont ouvert les gaz. Radicalisant la plupart des manifestants pacifistes.

    Au beau milieu des gaz, Hervé (prénom changé), peintre en bâtiment, tousse et suffoque. « Je pensais que les policiers étaient gentils, mais c’est des ordures ! Ils gazent le peuple. Si je savais que c’était comme ça, je serais venu avec mes armes. Je suis chasseur. Plus on me fait du mal, plus on me durcit : avant j’étais tranquille mais la prochaine fois je vais investir dans des gants, un casque, des lunettes, pour revenir plus équipé ! ».

    Le ton de la journée était donné. Dés 12 h on pouvait donc voir, au beau milieu de l’avenue la plus célèbre de France, une centaine de personnes construire avec joie une grande barricade puis en enflammer certaine partie, avançant puis reculant au gré des charges policières. « C’était légitime ! » dit Valérie, « à cause de cette répression il y a eu beaucoup de pacifistes retournés. »

    Dispersés par les charges suffocantes, les manifestants ont joué tout l’après-midi puis en soirée au chat et à la souris dans tout le quartier. Qui eut cru que des barricades fleuriraient rue François 1er et avenue Georges V, au milieu de touristes interloqués et du train-train huppé des hôtels chics ? Mais si le dispositif policier a clairement été débordé, la plupart des vitrines des magasins de luxe sont restées intactes, à part quelques terrasses de bar et une boutique Dior et Givenchy.

    Pour la suite, les gilets jaunes interrogés ne comptent pas s’arrêter là. « Aujourd’hui, on a pris les Champs. C’était l’acte 2. Pour l’acte 3, on prendra l’Élysée ! » confie, à la nuit tombée, un manifestant réjoui sur l’avenue illuminée par les guirlandes de Noël, les gyrophares et les feux des barricades. Le prochain rendez-vous est appelé samedi prochain. Toujours sur les Champs.

    • Les affrontements ont été violents, et un manifestant a eu une main arrachée par une grenade explosive, comme en a été témoin notre reporter photographe.

    #GiletsJaunes #paris

  • Novembre 1918 : le drapeau rouge flotte sur Strasbourg Jacques R. Pauwels - 16 Novembre 2018

    https://www.investigaction.net/fr/le-drapeau-rouge-flotte-sur-strasbourg

    http://www.jacquespauwels.net/november-1918-red-revolution-in-strasbourg
    https://www.globalresearch.ca/november-1918-red-revolution-strasbourg/5659993

    L’historien Jacques Pauwels nous rappelle un événement de la fin de la Première Guerre mondiale absent des grandes commémorations pour le centenaire de l’Armistice. Pas étonnant d’ailleurs… En novembre 1918, soldats allemands mutinés et ouvriers établissaient un soviet révolutionnaire en Alsace, instaurant bon nombre de mesures progressistes. Horrifiés, la bourgeoisie locale et les sociaux-démocrates allaient tout faire pour être “libérés”. (IGA)

    Dans le contexte de la révolution qui, en Allemagne, accompagna la défaite en novembre 1918, une situation révolutionnaire apparut en novembre 1918 à Strasbourg, ville appartenant toujours au Reich en ce temps-là. Inspirés par la proclamation d’une « république libre et socialiste » à Berlin par Karl Liebknecht le 9 de ce mois — et la proclamation, dès le 8 novembre, d’une république de soviets bavaroise (Räterepublik) à Munich, des soldats mutinés ainsi que des civils, majoritairement ouvriers, constituèrent un soviet révolutionnaire dans la capitale alsacienne et introduisirent immédiatement toutes sortes de réformes radicalement démocratiques, y compris l’abolition de la censure, des salaires plus élevés, de meilleures conditions de travail, le droit de faire grève et de manifester, etc. En outre, les révolutionnaires déclaraient qu’ils n’avaient « rien de commun avec les États capitalistes [et ne voulaient être] ni Allemands ni Français » mais vivre, à la suite du « triomphe du drapeau rouge », dans une « république d’Alsace-Lorraine » – Republik Elsaß-Lothringen – , libre, démocratique et tolérante sur le plan linguistique. Des drapeaux rouges flottaient sur toute la capitale alsacienne. Or, des mouvements révolutionnaires, sous la forme de soviets ou autres, surgirent simultanément dans bien d’autres villes alsaciennes, notamment Colmar, Mulhouse, Haguenau, Molsheim, Neuf-Brisach, Ribeauvillé, Saverne et Sélestat.


    Mais la bourgeoisie locale, majoritairement germanophone, ainsi que les sociaux-démocrates, furent horrifiés et décidèrent qu’ils préféraient être « français plutôt que rouges » ; ils firent appel aux chefs de l’armée française de « hâter leur entrée à Strasbourg » afin de mettre fin à « la domination des rouges ». Par conséquent, les troupes françaises firent leur entrée dans Strasbourg quelques jours avant la date prévue, à savoir le 22 novembre, renversèrent le soviet et annulèrent toutes les mesures démocratiques qu’il avait prises. Sans tarder, Strasbourg et le reste de l’Alsace (et le Nord de la Lorraine) furent annexés unilatéralement par la France et soumis à un processus draconien de « re-francisation », incluant une prohibition de l’usage de l’allemand et même de l’alsacien dans l’enseignement et les services publics et l’expulsion ou ostracisme des personnes soupçonnées de déloyauté envers la France ; le célèbre Docteur Albert Schweitzer fut l’une des victimes de ce genre de traitement.

    Après leur prétendue libération, les Alsaciens se retrouvèrent donc moins libres qu’auparavant, et ne jouissaient plus de la liberté de parler leur propre langue. Le cas de l’Alsace fournit une preuve supplémentaire que les objectifs de la Grande Guerre, même du côté de la puissance la plus démocratique de l’Europe, la France, n’incluaient pas des idéaux tels que la démocratie, la justice et les principes wilsoniens de l’autodétermination des peuples, et qu’une guerre victorieuse signifiait un recul, un retour vers une politique autoritaire et un triomphe pour les variétés les plus fanatiques du nationalisme.

    Jacques Pauwels est historien, auteur notamment de « 1914-1918 La Grande Guerre des classes », deuxième édition (entièrement refondue, mise à jour et augmentée d’un index), Éditions Delga, Paris, 2016. https://editionsdelga.fr/1914-1918-la-grande-guerre-des-classes
    #Strasbourg #Alsace-Lorraine #guerre #Histoire #Soviet

  • L’Ordre des avocats condamné une nouvelle fois pour harcèlement
    https://www.rue89strasbourg.com/condamnation-ordre-avocats-strasbourg-harcelement-144303

    La Cour d’appel de Colmar a condamné l’ordre des avocats de Strasbourg à payer 75 000€ de dommages et intérêts à son ancienne assistante de direction, licenciée en 2014. Les magistrats ont reconnu que l’ancienne employée du barreau de Strasbourg avait été victime de harcèlement moral et parfois à connotation sexuelle de la part de ses employeurs. Il s’agit de la deuxième condamnation en un an pour des faits de harcèlement remontants au début des années 2010. (lire l’article complet : L’Ordre des avocats condamné une nouvelle fois pour harcèlement)

  • « C’est la première fois qu’on voit ça » : en Alsace, les viticulteurs en manque de main-d’œuvre, Jérémie Lamothe
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/08/18/c-est-la-premiere-fois-qu-on-voit-ca-en-alsace-les-viticulteurs-en-manque-de

    « C’est la première fois qu’on voit ça » : en Alsace, les viticulteurs en manque de main-d’œuvre
    Alors que le début des vendanges approche dans le Haut-Rhin, les viticulteurs peinent à constituer leur équipe de récolteurs pour les prochaines semaines.

    A l’approche des vendanges, Jean-Luc Galliath, crâne dégarni et lunettes sur le nez, l’avoue : il commence à « stresser ». A la tête d’une propriété viticole de 10 ha dans le village de Bergholtz (Haut-Rhin) depuis 1984, il n’en est pourtant pas à ses premières récoltes. Mais celles de 2018, dont la date de départ sera décidée lundi 20 août par l’assemblée générale de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), l’inquiètent particulièrement. Et pour cause : son équipe de vendangeurs n’est toujours pas constituée.

    Des récoltes précoces en pleine période de vacances, pour un emploi saisonnier moins lucratif qu’auparavant… Pour nombre de viticulteurs dans la plupart des régions françaises, la difficulté à recruter de la main-d’œuvre est particulièrement forte. « J’ai besoin de quatorze personnes pour le premier jour, mais il m’en manque encore deux, explique M. Galliath, 58 ans, qui préside la sous-région de Guebwiller pour l’AVA. En tout, pour les six semaines de vendanges, il me faut vingt-cinq à trente personnes. »

    Il a pourtant rappelé ses anciens vendangeurs, mis des petites annonces dans les commerces locaux ou encore fait appel à Pôle emploi. A ses côtés, son épouse, Anny, acquiesce : « C’est la première fois qu’on voit ça… » D’habitude, le couple avait tellement de volontaires qu’il pouvait constituer une liste d’attente en cas de désistement de dernière minute. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, même sur la célèbre route des vins d’Alsace.

    « Avant, les vendangeurs venaient spontanément »

    Le phénomène, qui s’amplifie, n’est pas nouveau. Pour venir en aide aux agriculteurs, Pôle emploi a mis en place, depuis 1995, Alsace vendanges, une cellule spéciale qui met en relation viticulteurs et vendangeurs potentiels. Plus de deux cents vignerons y ont fait appel cette année, un chiffre en hausse par rapport à 2017.

    « En 2017, on s’était déjà retrouvé coincé par la précocité des vendanges, explique le pilote de cette cellule installée à Colmar, Grégory Weitz. Cette année, on a commencé plus tôt et on a expliqué aux viticulteurs, dès juin, qu’ils devaient nous envoyer leurs besoins avant de partir en vacances. » Résultat, « on a 1 900 postes à pourvoir, contre 1 000 l’année dernière ». Un signe que pour ces employeurs, le recrutement est de plus en plus difficile.

    « Avant, le recrutement se faisait naturellement, explique M. Weitz, les vendangeurs venaient spontanément. Mais maintenant c’est fini, les viticulteurs doivent prendre le temps de chercher des personnes. » Etudiants, salariés à la recherche d’un complément de revenu, chômeurs, retraités… le profil des vendangeurs, qui en général habitent la région, reste varié. Mais M. Weitz tente de mobiliser les plus jeunes, les vendanges commençant avant la rentrée universitaire :

    « Les viticulteurs ont souvent des vendangeurs fidèles, mais vieillissants. Or à 65 ans ou 70 ans, ça devient compliqué physiquement. On a donc renforcé notre communication auprès des étudiants via le centre régional des œuvres universitaires et scolaires [CROUS], les réseaux sociaux ou les médias locaux. »
    D’ailleurs M. Galliath a vu de nombreux étudiants affluer en fin de semaine pour candidater et peut donc espérer trouver son équipe à temps.

    « Mais qui va vouloir venir ? »

    Certains viticulteurs parviennent tout de même à constituer leur équipe. C’est le cas d’Eric Debenath, 39 ans, installé à Soultzmatt (Haut-Rhin). Il n’a pas eu trop de mal à recruter une vingtaine de personnes en quelques jours parmi son noyau dur d’habitués. Mais autour de lui, il constate que ses collègues ont de plus en plus de mal à trouver des volontaires. Lui-même ressent chaque année une grosse pression à l’arrivée des vendanges :

    « On se demande toujours : “Mais qui va vouloir venir ?” Il m’arrive de me réveiller en pleine nuit et de me poser plein de questions. »

    Parmi les facteurs qui expliquent cette pénurie de main-d’œuvre, Jean-Luc Galliath regrette notamment la suppression de l’exonération des cotisations salariales sur les « contrats vendanges », décidée en 2014, et qui a rendu moins attractif l’emploi saisonnier dans les vignes. « Cela représente environ 40 à 50 euros par semaine en moins, donc environ 200 euros sur un mois de vendanges », a expliqué Bernard Farges, président de la Confédération nationale des producteurs de vins à appellations d’origine contrôlée. Une somme significative pour des vendangeurs payés au smic horaire, soit 9,88 euros brut.

    « Je n’ai pas compris cette mesure, regrette, amer, M. Galliath. Les revenus ont baissé sur les fiches de paye, les vendangeurs l’ont vu. On tente de compenser en augmentant un peu le salaire mais ça alourdit le coût de la main-d’œuvre. »

    Incertitude et précarité

    Pour attirer de nouveaux volontaires et leur éviter de perdre du pouvoir d’achat, le conseil départemental du Haut-Rhin a décidé, cette année, de donner un coup de pouce aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) qui participent aux récoltes, en leur permettant de conserver leur allocation, contrairement aux années précédentes. « C’est un gros effort fait par le département, salue M. Debenath. On est devant une telle pénurie de main-d’œuvre que c’était obligatoire… »

    D’autant qu’en Alsace, les vendanges sont saccadées. Il peut y avoir plusieurs jours sans travail entre le début des récoltes pour les crémants et celles des vins tranquilles. Tout se fait au jour le jour. Une incertitude et une précarité qui compliquent le recrutement, les vendangeurs devant être particulièrement flexibles.

    La précocité des vendanges, causée par le réchauffement climatique, explique aussi cette pénurie. « Il y a dix ou quinze ans, les vendanges débutaient à la mi-septembre. Et quand j’ai commencé, au début des années 1980, on débutait en octobre et ça se terminait après la Toussaint, se souvient M. Galliath. C’était plus facile pour trouver des vendangeurs. Là, beaucoup sont encore en vacances et n’ont pas en tête que les récoltes vont commencer. »

    Le viticulteur de Bergholtz redoute que ces difficultés poussent les agriculteurs à utiliser davantage les machines à vendanger, alors que les récoltes se font encore majoritairement manuellement dans le département. « J’ai peur que certains se disent “il faut passer à la mécanisation”. Mais il ne faut pas tout industrialiser, au risque de perdre nos convictions et la bonne image qu’on a. »

    #travail_saisonnier #smic_horaire #pénurie_de_main_d'oeuvre

  • En Alsace, le football amateur en flagrant déni - Libération
    http://www.liberation.fr/sports/2018/07/27/en-alsace-le-football-amateur-en-flagrant-deni_1669395

    Victime de graves violences pendant un match, le joueur d’origine africaine Kerfalla Sissoko a pourtant été suspendu par une commission qui dément tout acte raciste. « Libération » a enquêté.

    « Si Kerfalla était mort, ils auraient donné son nom à un tournoi. » Cette phrase, terrible, est de l’entraîneur de Kerfalla #Sissoko. A mesure qu’on s’immergeait dans le contexte, elle devenait une ritournelle lancinante. Le contexte ? Sympathique, a priori : le foot des patelins, le foot à la bonne franquette. Quand le village se retrouve le dimanche au match, assis sur des chaises en plastique dépareillées, à prendre des nouvelles des voisins, de la famille, du boulot. Kerfalla Sissoko, joueur amateur de l’équipe de #Benfeld, a failli y laisser sa peau début mai. Sa peau noire, sur le terrain de #Mackenheim, village alsacien de 800 habitants, qui a placé Marine Le Pen en tête au second tour de la présidentielle avec 54 % des suffrages. C’est l’histoire d’un racisme ordinaire, d’une violence extraordinaire. Un #racisme qui se murmure, qui se banalise, qui s’institutionnalise. Kerfalla Sissoko a été coursé avec un couteau de cuisine, roué de coups… puis suspendu par les instances du football.

    Coups de crampons

    Fin mai, sur le parvis du District de football d’Alsace à Strasbourg, Kerfalla Sissoko, 25 ans, est silencieux. Il est convoqué en commission de discipline. Lui et son coéquipier Moudi Laouali, aussi victime de coups et d’injures racistes, ont été suspendus à titre conservatoire. A leurs côtés, les membres de leur club, l’AS Benfeld, petite ville de 6 000 habitants située à 30 kilomètres au sud de Strasbourg, sont plutôt confiants. Là, ils vont avoir l’opportunité de refaire ce match chaotique à tête reposée. En attendant leur tour, ils nous livrent le récit de ce dimanche 6 mai.

    Le match oppose deux équipes de D3, la plus basse division en football amateur. L’enjeu pour Benfeld est quasi nul. Tout ce qu’ils peuvent décrocher, c’est le titre du fair-play : ils n’ont reçu aucun carton rouge de la saison. Dès le coup d’envoi, la tension est palpable. « Nos trois joueurs d’origine africaine sont tout de suite pris pour cible par l’équipe adverse, qui les avait repérés au match aller, et leur a réservé un traitement de faveur au retour », raconte l’entraîneur Gérald Cimolaï. Sur le terrain, les contacts sont de plus en plus violents, assortis d’insultes et de menaces chuchotées : « On en a encore pour toi », « ça ne fait que commencer ». L’autorité de l’arbitre est continuellement mise à l’épreuve. « Ça pouvait dégénérer à tout moment. Et il a suffi d’une toute petite étincelle », ajoute le coach. Elle se produit à la 43e minute. Alors que Mackenheim mène 1 à 0, Kerfalla Sissoko, milieu défensif, est sifflé. Faute, carton jaune. Le jeu reprend jusqu’au choc entre Moudi Laouali et un joueur de Mackenheim. Immédiatement, les supporteurs descendent des gradins, envahissent le terrain pour se ruer sur les joueurs noirs. Kerfalla Sissoko et Loïc Huinan, le troisième joueur d’origine africaine, dégagent Moudi, qui s’en sort avec des blessures superficielles. Ils essuient des coups, s’échappent en courant. Tentant de fuir vers les vestiaires, au pied de la tribune, Kerfalla Sissoko se retrouve nez à nez avec un grand couteau de cuisine. Le supporteur armé le prend en chasse, ainsi que Moudi Laouali qui parviendra finalement à se réfugier au vestiaire. Kerfalla Sissoko, lui, fait demi-tour, traverse le terrain dans l’autre sens. Mais un autre groupe l’attend, mêlant joueurs et supporteurs. Là aussi, il y a un couteau. Traqué, piégé, Sissoko retourne au centre. Il est frappé au visage. Il s’effondre et reçoit encore des coups de crampons dans le dos et les côtes. « Ils sont à quatre ou cinq sur lui », se souvient le coach, qui se précipite à son secours avec le capitaine, Guillaume Paris. Sissoko convulse. Paris plonge ses mains dans la bouche du joueur qui est en train d’avaler sa langue. Il le met en position latérale de sécurité. C’est « le seul moment » où il s’est « senti en danger », « parce qu’agenouillé à côté de Kerfalla », dit-il. L’arbitre distribue les cartons, deux pour Benfeld, deux pour Mackenheim. Sissoko, inconscient, reçoit le premier carton rouge de sa vie de footballeur. A la 45e minute, la fin du match est sifflée. « Les gars en face enlevaient leurs maillots pour ne pas être reconnus », se souvient Gérald Cimolaï, qui les fait reculer en dégainant son portable pour filmer.

    Le président du club, Jean-Michel Dietrich, accourt sur le rond central, demande que quelqu’un appelle les secours. Personne ne bouge au club-house. C’est la secrétaire de l’AS Benfeld, venue assister à la rencontre, qui passera l’appel depuis son portable. Quand les secours arrivent, « les supporteurs s’évaporent dans la nature tandis que le staff de Mackenheim discute avec l’arbitre », observe le coach, aussitôt entraîné à l’écart par trois hommes. Encerclé, il doit montrer son téléphone. « J’ai dû effacer toutes les vidéos devant eux, sinon je ne repartais pas », dit-il. Les gendarmes, arrivés avec les pompiers, n’embarquent personne. Kerfalla Sissoko est évacué en urgence. Il a une fracture ouverte de la tempe, trois autres au niveau de la pommette, un traumatisme crânien, la mâchoire déplacée, des hématomes dans le dos, sur les côtés… Le lendemain, le président de l’AS Benfeld publie sur son compte Facebook une lettre adressée au District d’Alsace de football, « pour le mettre face à ses responsabilités ». Les médias relaient. Kerfalla Sissoko et ses deux coéquipiers noirs ont déposé plainte à la gendarmerie de Marckolsheim pour violences et injures racistes.

    Le dimanche suivant, Jean-Michel Dietrich est convoqué à la gendarmerie. Pour témoigner, pense-t-il. Il emmène son fils, cela ne devrait pas être long. Finalement, il y passera la matinée. Le club de Mackenheim, qui n’a jamais formulé d’excuses ni pris des nouvelles des joueurs blessés, l’attaque pour diffamation. En cause, une menace de mort. Pas sur le terrain de foot. Non, dans un commentaire sur Facebook. Jean-Michel Dietrich doit retirer le texte, se plier au relevé d’empreintes, aux photos. Pendant qu’il est fiché, un gendarme promène le fils, histoire de faire diversion. « Je me suis senti humilié », dit-il. Il a « honte », envie de tout arrêter.

    « Reste dans ta brousse »

    A Strasbourg, le jour décline. Une petite agitation sur le parvis du siège du District indique que notre présence dérange. Kerfalla Sissoko, convoqué par la commission de discipline, est appelé à se présenter. Le groupe s’engouffre dans le bâtiment. Nous nous sommes procuré un enregistrement sonore de l’audience. Le président ouvre la séance en affirmant que le dossier est vide, qu’il n’y a aucun élément concret. L’avocate de Sissoko produit les plaintes, les certificats médicaux, les dix jours d’ITT. Le capitaine de l’équipe de Mackenheim, récidiviste, déjà suspendu pour violences, reconnaît avoir porté des coups mais parle de légitime défense et nie les propos racistes. Comment pourraient-ils être racistes puisqu’eux-mêmes ont des joueurs d’origine étrangère ? Les membres du district se penchent sur la liste de noms, ils n’ont pas que des consonances alsaciennes, effectivement. L’argument semble convaincre. L’arbitre a vu le couteau de cuisine dans la main d’un homme à capuche. Mackenheim ne sait pas de qui il s’agit. Mais sait que ce n’est pas un licencié. Sissoko tente d’expliquer sa version des faits. On lui coupe la parole. Idem pour le témoignage de la secrétaire du club qui a entendu une dame marteler : « Mettez les Noirs dehors, ils n’ont rien à faire sur le terrain. »

    Du racisme, l’arbitre n’a rien entendu. Kerfalla Sissoko explique que ce sont des insultes qui fusent dans un contact ou quand l’arbitre tourne le dos. « Reste dans ta brousse, c’est chez toi », lui lance-t-on, par exemple, alors qu’il va chercher un ballon sorti du terrain. Sissoko aurait dû aller se plaindre à l’arbitre, lui dit-on. Il objecte que s’il allait se plaindre à chaque fois, il ne toucherait plus le ballon… Parce que « c’est tout le temps ». Et puis, seul le capitaine est en droit de s’adresser à l’arbitre et le capitaine de Benfeld est gardien de but… Qu’importe. Kerfalla Sissoko est sommé de s’expliquer. Parce que les insultes, finalement, il n’y a « que lui qui les a entendues », résume le président de la commission de discipline, qui balance : « Le racisme est devenu accessoire dans cette affaire. » A la sortie, une heure plus tard, les membres de l’AS Benfeld sont sidérés par tant de « légèreté ». « Ce sont des juges qui décident de tout, même de ce qu’ils veulent entendre, s’étrangle Gérald Cimolaï. Et c’est à nous de prouver le racisme. Si on ne peut pas, c’est que cela n’existe pas. » C’est alors que l’entraîneur prononce cette phrase terrible, mais plausible : « Si Kerfalla était mort, ils auraient donné son nom à un tournoi. » Kerfalla Sissoko, lui, paraît hagard, sonné par ce « racisme accessoire ». « Comme si le racisme, on pouvait le porter sur soi, l’enlever, selon les jours… » se désole-t-il.

    On le retrouve début juin, au bord du terrain, à Benfeld (ses copains disputent le ballon aux joueurs d’Hipsheim). L’équipe est convalescente. Kerfalla Sissoko ne les regarde pas vraiment. Il explique être sans cesse assailli par les images de son agression, ce moment où il s’est vu mourir. Il n’arrive pas à rechausser les crampons. De toute façon, il a interdiction de jouer. Le District vient de rendre son verdict. Kerfalla Sissoko a été sanctionné, comme son coéquipier Moudi Laouali, comme les deux joueurs de Mackenheim. Même tarif, pour tous : dix matchs de suspension, pour le banal motif de « brutalité à l’égard d’un joueur ». Tout le monde au piquet, en somme comme pour une chamaillerie de cour d’école. Le club de Mackenheim a été condamné pour l’envahissement du terrain : « menace avec arme de la part d’un spectateur ». Il devra payer une amende de 60 euros. Jean-Marie Dietrich a fait appel, pour « sortir du déni de racisme », pour réhabiliter ses joueurs. Peine perdue. Le 5 juillet, le District a maintenu les sanctions contre eux, se fondant sur « les conclusions de l’instructeur », un membre du District, envoyé enquêter sur place. Elles « permettent d’écarter la notion de comportement collectif systématique à caractère raciste ou discriminatoire de la part du club de l’AS Mackenheim », et si « des propos de cette nature ont pu être tenus, ils l’ont été par des personnes isolées », indique le PV de la commission. Quant à « l’agression subie par le Kerfalla Sissoko »,elle trouve « son explication dans le comportement violent de ce dernier qui asséné le premier un coup-de-poing ». Mot pour mot les arguments de l’AS Mackenheim, inlassablement démentis par l’AS Benfeld. Le traumatisme crânien, les multiples fractures au visage ne sont que les séquelles d’une légitime défense. Affaire classée. Circulez, il n’y a rien à voir. Seul changement, pour manquement à la sécurité, l’AS Mackenheim est suspendue de terrain pour quatre matchs, son amende relevée à 100 euros… « Ils ne veulent pas parler de racisme de peur que cela les salisse », estime Jean-Michel Dietrich. L’essentiel des débats s’est d’ailleurs concentré sur lui, le District estimant « particulièrement regrettable » qu’il « se permette de dénoncer médiatiquement » les faits. Assigné en justice pour diffamation, le président de l’AS Benfeld passera en correctionnelle le 31 juillet.

    « Le foot c’est un système féodal, c’est de la politique, des discours, des réunions organisées par des carriéristes avides de pouvoir qui nous ridiculisent, méprisent la réalité, déplore Jean-Michel Dietrich. Ce sport doit se poser des questions, avoir le courage de sanctionner une équipe pour son comportement, même si elle gagne. » Pour Gérald Cimolaï, il y a deux poids, deux mesures, entre foot des villes et foot des champs : « Ils crachent sur les clubs des quartiers, mais dans les villages, rien n’est grave. »

    Le « foot des champs », c’est pourtant là que se concentrent désormais les problèmes, assure un ancien arbitre. « Longtemps, les clubs des quartiers faisaient peur quand ils venaient jouer dans les patelins. Maintenant, c’est l’inverse. Ce sont ces clubs qui ont peur d’aller à la campagne, parce qu’ils vont être provoqués, poussés à bout, jusqu’au basculement dans la violence. »Du coup, « les noms de villages chauds circulent », ceux où l’ambiance autour des matchs est connue pour être raciste, indique un entraîneur d’origine africaine. « Des villages où soit tu te bats, soit tu pleures », résume un joueur. Zone urbaine ou rurale, le racisme est partout, d’après Jean-Marie Dietrich. Mais il a différents visages : « En ville, le foot est un prétexte pour un affrontement entre communautés. On se mesure, on se fait peur. A l’écart, c’est la xénophobie, la peur de l’autre qui s’exprime. Le foot des campagnes, c’est la guerre des clochers. Ne pas être du village, c’est déjà compliqué… »

    Equipes monochromes

    Outre le contexte de chaque village, sa coloration plus ou moins frontiste, pourquoi l’ambiance sur les terrains est-elle devenue si délétère ces dernières années ? « Les joueurs qui posent problème dans les grands clubs saturés des villes sont virés. Ils échouent dans les basses divisions qu’ils gangrènent », explique le président du FC Hipsheim, Nicolas Smargiassi. Malgré leur comportement agressif, comme ils ont plutôt un bon niveau et la peau plutôt claire, ils atterrissent là où on veut bien d’eux, là où on est même parfois prêt à les rémunérer, souvent dans les petits villages qui peinent à trouver suffisamment de jeunes pour constituer une équipe. Des clubs ruraux qui ne sont pas trop regardants, puisqu’il en va de leur survie même. D’autres clubs, pourtant confrontés au même déficit de jeunes, ont une autre réponse : ils fusionnent avec le club voisin, choisissent la mixité… A la campagne, il y a donc les équipes monochromes, et les autres. Quand elles se rencontrent, ce ne sont pas seulement des profils de joueurs différents qui se font face, mais deux visions du foot qui s’affrontent.

    A Benfeld, « le ménage a été fait », affirment plusieurs dirigeants de club du même groupe (G de la troisième division). Quand Jean-Michel Dietrich a repris le club voilà deux ans, il avait mauvaise réputation. « Un petit groupe de jeunes du coin se l’accaparait, les autres ne pouvaient pas évoluer », assure-t-il. Il monte alors un nouveau projet, qui prône la diversité, l’acceptation de l’autre, va chercher des joueurs de toutes origines, crée une équipe féminine. Ceux qui ne voulaient pas se mélanger ont été invités à prendre une licence ailleurs. Voilà pourquoi Kerfalla Sissoko, technicien d’usinage à Strasbourg, est prêt à quitter le quartier populaire de Cronenbourg, où il vit avec ses parents, et à faire trente minutes de voiture pour venir s’entraîner le soir. A Benfeld, il s’est senti « bien accueilli ». Aujourd’hui, le club fait corps autour de lui, monte au créneau pour le défendre.

    Dans les clubs urbains, saturés, les places sont plus chères. « En ville, ça devient le business », confirme un autre joueur noir. A la campagne, ce n’est pourtant pas toujours la panacée. Certains clubs de village ont des équipes colorées mais cela résulte davantage d’une mixité concédée, non encouragée. « Mal classées, les équipes sont boudées par les jeunes blancs du village qui préfèrent jouer ailleurs, alors elles prennent des joueurs noirs par défaut. Ils ont besoin de nous pour constituer une équipe mais, en même temps, on les dérange », remarque un entraîneur.

    Seul joueur noir dans un club rural, Francis Mante dit des autres joueurs et des habitants du village qu’il « croyai[t] qu’ils [l]’aimaient ». Jusqu’au jour où, ayant changé de formation, il est revenu dans le village disputer un match sous d’autres couleurs : « A chaque coin du terrain, des supporteurs sifflaient et m’insultaient… » Dans sa nouvelle équipe, il est de nouveau le seul noir. Un coéquipier l’a traité de « sale singe » lors d’un match, devant l’entraîneur et le président. Francis Mante a déposé plainte, le club lui a demandé de la retirer, sans quoi ils ne pouvaient pas le garder. « Je l’ai retirée et je me suis fait jeter », assure-t-il. Il a arrêté le foot.

    Aujourd’hui, la parole des joueurs, entraîneurs, arbitres noirs se libère si on garantit leur anonymat. Autour et sur le terrain, « sale nègre » et sa variante « sale noir », demeurent des grands classiques avec « sale bougnoule ». On entend parfois des « Elsass frei » (« Alsace libre », slogan autonomiste régulièrement repris par l’extrême droite identitaire), ou « retournez chez vous, ici c’est le FN ». Un joueur d’un club de la banlieue de Strasbourg raconte qu’un jour, son équipe a été accueillie par « la musique de Hitler », le Horst Wessel Lied, l’hymne officiel nazi. C’était il y a dix ans. Aucun des joueurs de cette équipe métissée n’a oublié.

    « Le racisme, c’est courant », soupire un arbitre d’origine somalienne, habitant de Strasbourg, qui a officié sur des matchs amateurs dans tout le Bas-Rhin pendant sept ans. L’histoire de Kerfalla Sissoko l’épouvante. Lui-même craint de se retrouver face à un semblable déchaînement de violences, sans personne pour le défendre, sans vestiaire pour se replier… L’arbitre est seul. Et quand il est noir, il se retrouve souvent soupçonné d’incompétence : « C’est la première fois que vous arbitrez ? » « Vous êtes sûr que vous en êtes capable ? » entend-t-il souvent. Ou, venant des supporteurs : « Vous êtes chez nous », quand ce n’est pas juste des « bananes » qui fusent. Il a fini par raccrocher, « par lassitude ». Même son fils ne fait plus de foot. Sa mère l’a inscrit au karaté, « là où on apprend le respect », a-t-elle dit.

    Raccrocher les crampons, Francis Mante aussi l’a fait, voilà deux ans. Devenu arbitre, il s’est fait alpaguer à la fin d’un match début mai par une dame lui reprochant d’avoir mal sifflé. Le mari de celle-ci surenchérit et balance « va manger ta banane ». L’arbitre lui demande de répéter. L’homme blanc le fait, devant tout le monde. Francis Mante le gifle. Deux joueurs s’en mêlent, l’insultent et lui donnent un coup. « C’est la première fois que j’en venais aux mains… Hélas, mais il faut un acte, sinon c’est parole contre parole, improuvable. » Francis Mante apprendra plus tard que l’homme giflé s’avère être le président du club, qui avait appelé le District d’Alsace pour demander qu’on ne lui envoie plus d’arbitres noirs. Après l’incident, il porte plainte contre Francis Mante, qui est suspendu. Devant la commission de discipline, l’homme tutoie Francis Mante (le PV l’atteste), reconnaît ses propos mais ne voit pas le problème. « Je rigolais », a-t-il déclaré, faisait « de l’humour ». La Commission l’a suspendu dix mois de ses fonctions. Les joueurs qui s’en sont pris à Francis ont, eux, été privés de quelques matchs.

    Vent de révolte

    Un dimanche de juin, on a rendez-vous pour une rencontre dans un patelin figurant sur la fameuse « liste des villages chauds ». L’entraîneur est noir, une bonne partie de l’équipe aussi. Il les a « briefés » toute la semaine. Il leur a répété de « faire profil bas », quoi qu’il arrive. L’entraîneur de l’équipe adverse les avait traités de « négros » au match aller. Ambiance. Alors ils ont rempli des voitures de supporteurs. Les gens du village sont venus encourager leurs joueurs et empêcher tout dérapage. Du système D, qui fonctionne. « Des délégués représentant le district assistent parfois aux matchs, explique le coach, mais ils ne réagissent jamais aux insultes racistes. Ils s’assurent juste que les arbitres sont payés, les cotisations à jour. Dans le foot pro, il y a un peu plus de réactions, parce qu’il y a beaucoup d’argent en jeu. Si un club est connoté raciste, il vendra moins de maillots. Nous, on peut crever. »

    Un vent de révolte souffle contre le district. « On va prendre les mesures qui s’imposent puisqu’ils ne font rien », lâche le président du FC Hipsheim, Nicolas Smargiassi. Plusieurs clubs du groupe ont décidé de boycotter Mackenheim. Ils lui donneront leurs points, mais n’iront plus. Les joueurs d’Hipsheim ne veulent plus y mettre les pieds de toute façon, tant le match aller fut houleux : insultes et crachats. Le président a écrit au district pour dénoncer le climat d’insécurité. Lettre morte. Pour son match retour face à Mackenheim, le club de Duppigheim n’a pas hésité à payer deux juges de touche supplémentaires, pour protéger ses joueurs. Plusieurs dirigeants de club s’indignent : « Le District aurait dû rayer Mackenheim de la carte. »

    Le président du District d’Alsace, René Marbach, le plus grand de France avec 80 000 licenciés, est bien embêté avec cette affaire : « Cela défraye la chronique parce que c’est croustillant. Mais cela fout en l’air tout le travail ! » Ce qui l’ennuie surtout, c’est « le buzz ». Alors qu’il y a « 2 000 matchs chaque week-end en Alsace, et [que] tout va bien », même si « ce printemps a été le plus chaud qu’[il] ait connu », admet-il. « Il n’y a pas que des blessés physiques dans cette affaire. Il faut penser aussi à tous ces blessés moraux, ces milliers de bénévoles, d’éducateurs, qui œuvrent et se battent pour des valeurs », poursuit-il, dépité. Rayer des clubs de la carte semble impensable alors que le foot amateur est en voie d’extinction dans les campagnes. René Marbach pronostique « la disparition de 200 clubs sur les 600 que compte l’Alsace d’ici cinq ans ». « Voilà le vrai problème », d’après lui.

    Concernant les incidents du 6 mai, « les sanctions n’ont été prononcées que pour les choses avérées », insiste René Marbach. Le racisme n’en fait pas partie. De son côté, la gendarmerie de Marckolsheim, chargée de l’enquête préliminaire suite aux plaintes des joueurs noirs, renvoie vers la compagnie de Sélestat, qui gère la communication pour le secteur. Au bout du fil, un gendarme soupire. L’enquête sera bientôt bouclée. Les principaux intéressés, les joueurs, n’ont toujours pas été entendus. Le gendarme nous prévient que « quand tout sera fini, va falloir débriefer avec les journalistes, parce qu’il y a eu de l’emballement ». Quand l’avocate de Kerfalla Sissoko a tenté d’obtenir des nouvelles, le son de cloche a été similaire : « Ça se dégonfle comme un soufflé cette affaire », aurait lâché un gendarme. Me Caroline Bolla s’inquiète que l’enquête de la gendarmerie, comme l’instruction conduite par le district, repose entièrement sur le rapport d’arbitrage, rédigé par l’arbitre, « un ancien gendarme », précise-t-elle, sous-entendant que puisqu’il s’agit d’un ex-collègue, qui dit n’avoir rien entendu, sa parole pourrait ne pas être mise en doute. Une insinuation qui irrite l’avocat du club de Mackenheim, Me Grégoire Mehl, qui rétorque : « L’arbitre est la seule personne neutre dans l’histoire. » D’autant que « c’est déjà monté quand même très haut, à partir d’éléments non avérés », insiste-t-il.

    Le président du club de Mackenheim, qui n’a pas voulu répondre à nos questions, a reçu fin mai une lettre de Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme. Il le prie de préciser son point de vue sur les faits et les mesures qu’il compte prendre. Du côté de Kerfalla Sissoko, ça ne va pas fort. Il va devoir être opéré de la tempe et du tympan.
    Noémie Rousseau correspondante à Strasbourg. Photo Pascal Bastien pour Libération.

    Cette histoire est scandaleuse du début à la fin. Ça en dit long sur le racisme profond qui gangrène toutes les institutions, y compris dans le sport. Une déclaration de soutien de la part des joueurs noirs champions du monde de foot serait bienvenue à minima, mais bon…

    #football #agression #impunité

    • Suite de l’affaire :
      Racisme dans le foot en Alsace : une audience, et toujours le statu quo
      http://www.liberation.fr/france/2018/08/24/racisme-dans-le-foot-en-alsace-une-audience-et-toujours-le-statu-quo_1674

      Une question revient en boucle. « Quel a été l’élément déclencheur ? » La commission veut comprendre « la raison des tensions », le « pourquoi », ce qui a fait « basculer ce match sans enjeu dans la violence », imagine que « quelque chose a dû se passer en amont » parce que « d’habitude, ça monte crescendo ». Ils s’interrogent sincèrement face à cette salle divisée en deux : quelques blancs d’un côté (Mackenheim), les noirs de l’autre (Benfeld et ses soutiens). Mais à aucun moment, il n’est question de couleur de peau. « Et côté gendarmerie ? » s’enquièrent les juges du foot. Aucune nouvelle des plaintes, aucune audition. Coup de théâtre, une vidéo a été versée au dossier par Mackenheim qui a fourni une clé USB. Un ado dans les tribunes a filmé. Ils visionnent, l’écran passe de main en main, ils tournent l’ordinateur, penchent la tête, n’écoutant plus que d’une oreille distraite les débats qui n’ont pas été interrompus, on entend un court brouhaha recommencé sans cesse, des rires. « Est-ce qu’on pourrait voir ? », finit par demander Kerfalla Sissoko. Réponse de la commisssion : « Inutile, on ne voit rien. » Si ce n’est qu’il y avait bien plus de quatre spectateurs à envahir le terrain comme le prétendait Mackenheim. L’ordinateur portable est replié.
      Carton rouge en pleine agonie

      Au tour de Mackenheim. La commission : « Et sur le propos raciste, vous n’avez rien entendu ? » La réponse est dans la question. « Et donc vous ne connaissez pas ceux qui sont venus avec des couteaux ? » Idem. Les dirigeants du club de Mackenheim affirment que Kerfalla Sissoko a donné le premier coup. « Je me suis défendu, ils étaient plusieurs sur moi », explique inlassablement le jeune homme. Les joueurs de Mackenheim mis en cause et convoqués ne sont pas présents. Bref, Sissoko a bel et bien porté un coup et « c’est pour ça qu’[il] a eu un carton rouge », lui explique la commission. Lui, il voudrait savoir si c’est bien légal d’avoir un carton rouge « quand on est en train de mourir ». Pas de réponse. Mackenheim rebondit, « Monsieur Sissoko n’a jamais été en danger de mort. » Ils le savent bien : un membre du club est infirmier. « Donc il est intervenu », suppose un membre de la ligue. « Non », dit Mackenheim. La commission se tourne vers Kerfalla Sissoko : « Combien de temps êtes-vous resté couché sur le terrain ? » « J’étais dans les pommes… », bredouille le jeune homme. Une heure déjà que l’audience a débuté. Un membre de la commission fait part de son appréciation à Kerfalla Sissoko : « Donc, vous vous êtes fait tabasser. » Triple fracture au visage, trauma crânien, dix jours d’ITT. Le certificat est dans le dossier.

      L’AS Mackenheim est assisté d’un avocat. L’homme parle bien, longtemps. C’est son job. La maîtrise du verbe. Il rappelle qu’ une procédure juridique en diffamation est engagée contre ceux qui dénoncent le racisme, avec passage en correctionnelle le 22 octobre , et il construit sa plaidoirie en prenant le contre-pied de l’enquête de Libé. « Le racisme dans le foot amateur ne peut pas être illustré par le match du 6 mai 2018 », il faut distinguer « ce qui est avéré et ce qui est fantasmé » : personne n’a rien entendu du racisme. Il réclame l’indulgence de la ligue, les suspensions de terrain, c’est un coup dur pour le club de Mackenheim. La commission aimerait connaître les actions mises en place pour que les faits ne se reproduisent plus ? Ils vont « faire du relationnel avec les joueurs et supporters » (sic)…
      « Nous avons même un cimetière juif »

      Le maire de la commune, Jean-Claude Spielmann, s’est fait inviter. Le président du club de foot est son ami de trente ans. Deux jours qu’ils passent des coups de fil à d’autres communes pour trouver un terrain. Personne ne veut les accueillir, ils essuient des « réponses parfois très désobligeantes ». Et s’ils trouvent, il lui faudra emmener les équipements et les employés communaux là-bas, pour s’occuper de la préparation pelouse, et ça, ça va « peser sur les finances municipales », s’émeut-il. L’élu s’indigne, l’image de sa commune a pris un coup à cause de l’affaire, alors que « Mackenheim n’est pas un terreau de racistes ». La preuve, selon lui : « On est un des rares villages à accueillir une famille de Syriens et nous avons même un cimetière juif. » Puis il en profite pour rappeler à ligue qu’il a déposé une demande de financement pour refaire l’éclairage du club-house. Le président de la commission lui sourit d’un air entendu.

      La séance est levée, la décision sera rendue dans quelques jours. « Au moins, j’ai pu parler un peu plus », lâche Kerfalla Sissoko à la sortie. « Mais c’est toujours moi le fautif. » Sur le parvis de la ligue, les associations imaginent des actions conjointes pour faire reculer le racisme que l’on ne veut pas voir autour du ballon rond. Dimanche dernier, la saison a repris en Alsace. L’AS Mackenheim s’est déplacé à Ebersmunster et l’a emporté 4 à 3. Mais « l’arbitre sifflera la fin du match avant les arrêts de jeu, avant que ça ne dégénère », indique le FC Ebersmunster sur sa page web qui déplore le comportement agressif des visiteurs. L’équipe de Mackenheim, redoutée par les autres clubs pour les dérapages violents qui émaillent souvent les rencontres, a terminé la saison dernière quatrième du championnat. Et elle a obtenu de la ligue de monter en division supérieure.

    • https://www.liberation.fr/france/2019/03/19/racisme-dans-le-foot-amateur-la-mediatisation-des-faits-interesse-plus-qu

      Racisme dans le foot amateur : la médiatisation des faits intéresse plus que les faits eux-mêmes
      Par Noémie Rousseau, correspondante à Strasbourg — 19 mars 2019 à 18:42
      Kerfalla Sissoko à Strasbourg, le 24 mai 2018. Photo Pascal Bastien pour Libération
      Lors d’une audience mardi au tribunal correctionnel de Strasbourg, le président du petit club de Benfeld, dont les joueurs noirs ont été agressés en mai 2018, comparaissait pour diffamation.

      Racisme dans le foot amateur : la médiatisation des faits intéresse plus que les faits eux-mêmes

      L’accusé qui s’avance ce mardi à la barre du tribunal correctionnel de Strasbourg est Jean-Michel Dietrich, pull fin et catogan haut. Président du petit club de foot amateur de Benfeld (Bas-Rhin), il a vu le 6 mai 2018 ses joueurs noirs « pris pour cible », « coursés avec des couteaux de cuisine », objets d’un « déchaînement de violence » lors d’une rencontre à Mackenheim. Jean-Michel Dietrich répond au juge, raconte la foule envahissant le terrain, la fin du match sifflée, et son fils de 8 ans qui lui demande si Kerfalla Sissoko va mourir. Evacué inconscient, le joueur d’origine guinéenne s’en sortira avec un traumatisme crânien et une triple fracture au visage. Dix jours d’interruption de travail.

      Mais ce qui intéresse la justice, c’est le jour d’après. Pas la plainte qu’ont déposée les footballeurs noirs à la gendarmerie le lendemain mais la lettre adressée par Jean-Michel Dietrich au District d’Alsace de football, dans laquelle il explique comment ses joueurs ont été « victimes d’actes racistes », lettre rendue publique sur Facebook et qui constitue un délit de diffamation selon le club de Mackenheim. Eux, se sont constitués partie civile et leur avocat, Me Grégoire Mehl, demande à ce que soient rendus à Mackenheim « son honneur et sa réputation ». Car la lettre de Dietrich a entraîné une « large médiatisation des faits », nationale et internationale, pointe Me Mehl qui brandit à l’audience la une de Libération, la lit, cite le New York Times, alors qu’affirme-t-il, « la circonstance de racisme n’est pas établie ».
      « Du Tartuffe »

      Il fonde sa plaidoirie sur la distinction entre ce qui est « avéré » et ce qui est « allégué » : la violence oui, le racisme non. Il en veut pour preuve que le racisme, personne ne l’a entendu, sauf les victimes. Même les instances du football ont sanctionné à égalité victimes et agresseurs. Kerfalla Sissoko a été suspendu pour dix matchs. Alors, le juge aimerait savoir si Libération a aussi été poursuivi en diffamation, si les gendarmes ont enquêté, si des sanctions ont été prises contre les joueurs accusés d’agression… A chaque fois, l’avocat de Mackenheim répond par la négative.

      En charge du dossier, le parquet de Colmar (Haut-Rhin) ne dit rien, ni aux victimes-accusées de diffamation ni aux accusés-victimes de racisme. Me Lahcène Drici (paradoxalement connu pour être aussi le conseil d’Alain Soral) commence sa plaidoirie par la longue liste des stars du ballon rond qui ont subi « cris de singe » et « jets de banane », « jouer en amateur, ne met pas à l’abri du racisme ». En guise d’« indice », il rappelle que la commune de Mackenheim a placé Le Pen en tête au deuxième tour de 2017 à 54%, « cela ne transpire pas le gauchisme ni le droit-de-l’hommisme ». Quant aux instances du foot, elles font selon lui « du Tartuffe », « cachez ce racisme que je ne saurais voir », défendant son client qui, lui, n’a pas « eu cette hypocrisie et cette lâcheté », « en refusant de tout mettre sous le boisseau pour que le foot reste populaire, beau, propre ». Personne, ni à la Ligue de foot, ni à Mackenheim n’a pris de nouvelle des joueurs blessés, aussi l’avocat estime-t-il que si l’honneur du club a été atteint, de toute façon, « il n’y a pas beaucoup d’honneur à défendre ». La décision a été mise en délibéré au 23 mai.

      Kerfalla Sissoko est pour sa part convoqué. Il devrait être enfin entendu par les gendarmes. « Mais pour des faits de violence aggravée, qu’il aurait commis alors qu’il agonisait sur le terrain ! » s’étrangle son avocate, Me Caroline Bolla. Le 6 mai, le délai de prescription pour les injures à caractère raciste sera écoulé.

    • https://www.liberation.fr/france/2019/03/19/racisme-dans-le-foot-amateur-la-mediatisation-des-faits-interesse-plus-qu

      Racisme dans le foot amateur : la médiatisation des faits intéresse plus que les faits eux-mêmes
      Par Noémie Rousseau, correspondante à Strasbourg — 19 mars 2019 à 18:42
      Kerfalla Sissoko à Strasbourg, le 24 mai 2018. Photo Pascal Bastien pour Libération
      Lors d’une audience mardi au tribunal correctionnel de Strasbourg, le président du petit club de Benfeld, dont les joueurs noirs ont été agressés en mai 2018, comparaissait pour diffamation.

      Racisme dans le foot amateur : la médiatisation des faits intéresse plus que les faits eux-mêmes

      L’accusé qui s’avance ce mardi à la barre du tribunal correctionnel de Strasbourg est Jean-Michel Dietrich, pull fin et catogan haut. Président du petit club de foot amateur de Benfeld (Bas-Rhin), il a vu le 6 mai 2018 ses joueurs noirs « pris pour cible », « coursés avec des couteaux de cuisine », objets d’un « déchaînement de violence » lors d’une rencontre à Mackenheim. Jean-Michel Dietrich répond au juge, raconte la foule envahissant le terrain, la fin du match sifflée, et son fils de 8 ans qui lui demande si Kerfalla Sissoko va mourir. Evacué inconscient, le joueur d’origine guinéenne s’en sortira avec un traumatisme crânien et une triple fracture au visage. Dix jours d’interruption de travail.

      Mais ce qui intéresse la justice, c’est le jour d’après. Pas la plainte qu’ont déposée les footballeurs noirs à la gendarmerie le lendemain mais la lettre adressée par Jean-Michel Dietrich au District d’Alsace de football, dans laquelle il explique comment ses joueurs ont été « victimes d’actes racistes », lettre rendue publique sur Facebook et qui constitue un délit de diffamation selon le club de Mackenheim. Eux, se sont constitués partie civile et leur avocat, Me Grégoire Mehl, demande à ce que soient rendus à Mackenheim « son honneur et sa réputation ». Car la lettre de Dietrich a entraîné une « large médiatisation des faits », nationale et internationale, pointe Me Mehl qui brandit à l’audience la une de Libération, la lit, cite le New York Times, alors qu’affirme-t-il, « la circonstance de racisme n’est pas établie ».
      « Du Tartuffe »

      Il fonde sa plaidoirie sur la distinction entre ce qui est « avéré » et ce qui est « allégué » : la violence oui, le racisme non. Il en veut pour preuve que le racisme, personne ne l’a entendu, sauf les victimes. Même les instances du football ont sanctionné à égalité victimes et agresseurs. Kerfalla Sissoko a été suspendu pour dix matchs. Alors, le juge aimerait savoir si Libération a aussi été poursuivi en diffamation, si les gendarmes ont enquêté, si des sanctions ont été prises contre les joueurs accusés d’agression… A chaque fois, l’avocat de Mackenheim répond par la négative.

      En charge du dossier, le parquet de Colmar (Haut-Rhin) ne dit rien, ni aux victimes-accusées de diffamation ni aux accusés-victimes de racisme. Me Lahcène Drici (paradoxalement connu pour être aussi le conseil d’Alain Soral) commence sa plaidoirie par la longue liste des stars du ballon rond qui ont subi « cris de singe » et « jets de banane », « jouer en amateur, ne met pas à l’abri du racisme ». En guise d’« indice », il rappelle que la commune de Mackenheim a placé Le Pen en tête au deuxième tour de 2017 à 54%, « cela ne transpire pas le gauchisme ni le droit-de-l’hommisme ». Quant aux instances du foot, elles font selon lui « du Tartuffe », « cachez ce racisme que je ne saurais voir », défendant son client qui, lui, n’a pas « eu cette hypocrisie et cette lâcheté », « en refusant de tout mettre sous le boisseau pour que le foot reste populaire, beau, propre ». Personne, ni à la Ligue de foot, ni à Mackenheim n’a pris de nouvelle des joueurs blessés, aussi l’avocat estime-t-il que si l’honneur du club a été atteint, de toute façon, « il n’y a pas beaucoup d’honneur à défendre ». La décision a été mise en délibéré au 23 mai.

      Kerfalla Sissoko est pour sa part convoqué. Il devrait être enfin entendu par les gendarmes. « Mais pour des faits de violence aggravée, qu’il aurait commis alors qu’il agonisait sur le terrain ! » s’étrangle son avocate, Me Caroline Bolla. Le 6 mai, le délai de prescription pour les injures à caractère raciste sera écoulé.

    • Droit de suite
      Racisme dans le foot en Alsace : relaxe pour le président de l’AS Benfeld accusé de diffamation
      https://www.liberation.fr/france/2019/05/23/racisme-dans-le-foot-en-alsace-relaxe-pour-le-president-de-l-as-benfeld-a

      Poursuivi en diffamation pour avoir dénoncé publiquement des agressions et injures racistes, Jean-Michel Dietrich, président du club de foot amateur l’AS Benfeld, a été relaxé ce matin. Il était attaqué par le club de l’AS Mackenheim qui lui reprochait d’avoir rendu publique la lettre adressée à la ligue d’Alsace de foot après le match qui opposait les deux équipes le 6 mai 2018. Dans son texte posté sur Facebook, il rapportait les violences dont avaient été victimes ses joueurs noirs, pris pour cible, coursés avec des couteaux de cuisine par des supporteurs ayant envahi le terrain, passés à tabac. Kerfalla Sissoko s’était effondré inconscient sur le terrain, souffrant d’une triple fracture du visage et d’un traumatisme crânien. Un an après les faits, le joueur tout comme ses deux coéquipiers agressés n’a pas rechaussé les crampons.

      Si Jean-Michel Dietrich s’est dit « soulagé » à l’annonce du verdict, il a martelé qu’il se « battrait jusqu’au bout pour [ses] joueurs, le combat doit continuer pour eux, pour leur rendre leur honneur ». Car sur le fond de l’affaire, rien n’a avancé. Fin avril, Kerfalla Sissoko a enfin été auditionné par les gendarmes, pour avoir participé à des faits de violence aggravée. Un appel aux dons va être lancé par le club de Benfeld, afin de permettre au joueur, qui s’est constitué partie civile, de faire face aux frais de justice. Quant aux instances du football, elles avaient sanctionné à égalité victimes et agresseurs.

  • Comment Airbnb devient le premier hôtelier de France | Alternatives Economiques, les graphiques sur le site :
    https://www.alternatives-economiques.fr/airbnb-devient-premier-hotelier-de-france/00084946

    En dix ans, la plate-forme de locations Airbnb s’est implantée dans 191 pays et propose désormais 4,85 millions d’annonces d’hébergement touristique. Ce qui en fait le premier site au monde dans ce secteur1. La France en est le deuxième pays utilisateur, en matière d’accueil et d’usagers. Selon nos données exclusives, on comptait 473 870 annonces dans toute la France, fin avril dernier.

    Pour les voyageurs, c’est une bonne affaire : à Paris, un logement Airbnb coûte en moyenne 99 euros la nuit, contre 139 euros dans un hôtel2. Les loueurs y trouvent aussi leur compte, comme en témoigne le développement des offres de logements. Le revenu moyen par hôte au cours des douze derniers mois s’élève à 3 960 euros. Et il ne s’agit que d’une moyenne… On s’éloigne ainsi sensiblement de l’économie dite « du partage », qui caractérisait les débuts d’Airbnb, où l’on était accueilli chez l’habitant qui louait occasionnellement une chambre pour arrondir ses fins de mois. De plus en plus d’utilisateurs de la plate-forme se professionnalisent, quitte à flirter avec l’illégalité.

    C’est ce que montrent les chiffres collectés par Murray Cox, « data activist » et créateur du site Inside Airbnb, qui a extrait, en exclusivité pour Alternatives Economiques, les données de la plate-forme pour plus de 22 800 communes comptant au moins une annonce Airbnb3.

    Paris est la ville qui compte le plus grand nombre d’annonces Airbnb actives au monde. Sur les 60 276 annonces4, 87 % proposent de louer un appartement entier. Une proportion qui grimpe à 89 % à Nice, 92,5 % à Antibes, 94,5 % à Cannes et qui frôle les 100 % dans certaines stations de ski. Les appartements entiers sont plus susceptibles d’être loués par des professionnels du tourisme que par des particuliers.

    Top 20 des communes où la proportion d’annonces Airbnb par rapport à l’ensemble des logements est la plus élevée
    Cliquez sur la carte pour avoir des informations détaillées

    Dans les communes comptant au moins 1000 logements selon l’INSEE

    Si l’on rapporte le nombre d’annonce Airbnb au nombre total de logement de la commune, ce sont les stations de ski, certaines communes de Corse et de Martinique qui sortent du lot. Ce qui laisse supposer que ces locations sont en réalité des locations « saisonnières », la plupart du temps proposées par des professionnels.

    Là où l’offre de logements Airbnb dépasse l’offre hôtelière
    Nombre d’annonces Airbnb de logements entiers vs nombre de chambres d’hôtel. Cliquez sur la carte pour avoir des informations détaillées
    ch. = chambres

    Dans un certain nombre de villes, l’offre de logements Airbnb dépasse l’offre hôtelière. C’est particulièrement frappant à Lacanau ou au Cap-Ferret. Mais ce phénomène ne concerne pas que les communes touristiques. C’est aussi le cas de grandes villes comme Lyon, Bordeaux ou Marseille. A Paris, en revanche, l’offre hôtelière reste prépondérante, mais de peu : on compte 73 annonces Airbnb pour 100 chambres d’hôtel.

    Là où les locations Airbnb sont louées le plus souvent
    Part de locations de plus de 90 jours dans l’ensemble des annonces de logements entiers. Cliquez sur la carte pour avoir des informations détaillées

    Dans les communes comptant au moins 500 annonces sur airbnb.fr

    Selon les données de Murray Cox, sur les 22 800 communes passées au crible, plus de 21 % des logements entiers ont été loués plus de quatre-vingt-dix jours ces douze derniers mois. A Paris, cette part s’élève à 25 %, mais elle grimpe à 42 % à Nantes, 43,5 % à Tours, 44% à Nancy, 46 % à Strasbourg, 47 % à Dijon, et culmine à 54 % à Reims.

    En France, on peut louer sa résidence principale sous forme de « meublé touristique » jusqu’à 120 jours par an. Au-delà, la résidence n’est plus considérée comme la résidence principale, sauf obligations professionnelles, raison de santé ou cas de force majeure. Or, si l’on veut louer sa résidence au-delà de 120 jours, il faut faire au minimum une déclaration de meublé touristique en mairie.

    « On ne peut plus nier le fait qu’aujourd’hui, Airbnb est devenue une multinationale comme les autres » Corporate Europe Observatory Twitter
    A Paris, dans les communes de la petite couronne, dans celles de plus de 200 000 habitants ou dans celles où tout simplement le conseil municipal l’a décidé, les loueurs doivent demander une autorisation préalable de changement d’usage : passer d’une résidence principale à une location meublée de courte durée. La loi impose aux plates-formes intermédiaires comme Airbnb de décompter le nombre de jours de location des résidences principales et, quand il s’avère que la location dépasse les 120 jours annuels autorisés, de suspendre l’annonce. Mais Airbnb ne le fait que pour les quatre premiers arrondissements de Paris.

    Ces données exclusives montrent d’ailleurs que 18 % des annonces d’appartements entiers à Paris sont publiées par des particuliers ou des professionnels qui mettent plusieurs logements en location, et que l’on appelle les multiloueurs. Les plus actifs d’entre eux gèrent entre 50 et 139 annonces. Dans les stations de ski savoyardes, c’est souvent plus de 70 % des annonces qui sont gérées par des multiloueurs ! Et cette part dépasse 50 % dans des villes touristiques comme Carcassonne, Colmar, Honfleur, Cannes, Lacanau ou Porto Vecchio.

    Là où la part des multiloueurs de logements Airbnb est la plus élevée
    Part des multiloueurs dans l’ensemble des annonces de logements entiers sur Airbnb. Cliquez sur la carte pour avoir des informations détaillées

    Dans les communes comptant au moins 500 annonces sur airbnb.fr

    « Ce sont autant de faisceaux d’indices de l’existence de locations illégales, mais aussi du fait que de nombreux appartements de location de courte durée phagocytent le marché de la location de longue durée », explique Murray Cox. « A Paris, nous constatons dans nos immeubles que des locations touristiques remplacent les locations pour des résidents permanents. Après avoir vu le quartier se vider de populations aux revenus modestes, va-t-on vivre une forme de désertification comme celle qui a déjà touché certains quartiers de Venise ? », s’inquiétait Marie-Odile Terrenoire, de l’association Aux 4 coins du 4, en mars 20175.

    Les villes à l’offensive

    Le développement d’Airbnb ne se fait pas sans heurts. Les hôtels contestent une concurrence qu’ils jugent déloyale. L’entreprise est aussi critiquée pour ses pratiques d’optimisation fiscale, consistant à domicilier son siège européen en Irlande, où le taux d’imposition des sociétés est très faible. Plus récemment, à Paris et dans d’autres grandes villes françaises, européennes et américaines, la montée en puissance d’Airbnb a soulevé l’opposition d’élus et d’habitants : ils accusent la plate-forme de renforcer la flambée des prix de l’immobilier et de retirer des logements du marché de la location « normale ».

    « Aujourd’hui, il y a une très forte demande de la part des Parisiens de régulation et d’encadrement », Ian Brossat Twitter
    A Paris, les hôteliers ont été pendant plusieurs années les principaux opposants aux plates-formes comme Airbnb. « Mais aujourd’hui, il y a une très forte demande de la part des Parisiens de régulation et d’encadrement », rapporte Ian Brossat, adjoint à la maire en charge du logement. La mairie de Paris a ainsi voté plusieurs réglementations depuis 20156 et augmente régulièrement les effectifs de sa brigade de contrôles. S’ajoutent des poursuites judiciaires : en 2017, des amendes à l’encontre de propriétaires parisiens ont été prononcées pour un montant total de 1,3 million d’euros. Résultat, entre septembre 2017 et janvier 2018, la mairie a observé une baisse de 11 % des annonces Airbnb à Paris. Ce que confirment les chiffres d’Inside Airbnb : on est passé de 61 152 annonces en février à 60 276 fin avril 2018.

    « Mais il y a un gros manque, insiste Ian Brossat, c’est la responsabilisation des plates-formes. » Jusqu’à présent, les poursuites judiciaires (à l’exception d’une première en février) sont à l’encontre des seuls propriétaires. Le décret qui prévoyait de sanctionner les plates-formes ne supprimant pas les annonces sans numéro d’enregistrement, suite à la loi « pour une République numérique » de 2016, n’a jamais été publié. « On m’a expliqué que c’était lié au droit européen et qu’Airbnb avait fait une telle pression sur la Commission européenne que l’on ne pouvait pas publier ce décret prévoyant des sanctions parce qu’on allait se faire retoquer au niveau de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) », affirme Ian Brossat. Le projet de loi Elan, pour « Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique », présenté le 4 avril en Conseil des ministres, a néanmoins remis le sujet sur la table, en prévoyant des sanctions civiles à l’’encontre des plates-formes de location de courte durée à des fins touristiques qui ne respectent pas leurs obligations. « La France est l’un des premiers pays à responsabiliser les plates-formes au niveau national », souligne Thomas Aguilera, maître de conférences à Sciences Po Rennes-Arènes7.

    Un lobbying payant

    Mais le lobbying a repris de plus belle. L’argument d’une non-conformité au droit européen a été repris immédiatement après la présentation du projet de loi Elan par l’Union nationale pour la promotion de la location de vacances (UNPLV). « La directive e-commerce mentionne que nous, les plates-formes en ligne, sommes des médias, des hébergeurs d’annonces », assure son président, Timothée de Roux, également directeur général d’Abritel-HomeAway. Ce qui implique, selon lui, que les plates-formes ne sont pas habilitées à « faire la police », en excluant par exemple les loueurs qui ne disposent pas de numéro d’enregistrement. Quant à Airbnb, contactée par la rédaction, son porte-parole renvoie vers l’UNPLV.

    Dans un récent rapport, l’association Corporate Europe Observatory (CEO) a montré comment le lobby des plates-formes – notamment à travers l’European Holiday Home Association (EHHA) – s’active pour orienter l’interprétation des textes européens en leur faveur. L’EHHA a notamment déposé plainte auprès de la Commission européenne en septembre 2016, soit un mois avant l’adoption de la loi « pour une République numérique » dont le décret n’est jamais sorti. Quatre villes européennes (Paris, Berlin, Barcelone et Bruxelles) étaient visées, du fait de mesures de régulation jugées excessives par l’EHHA. Ce type de plainte, si les allégations sont avérées, déclenche une procédure de médiation entre la Commission et les pays concernés afin qu’ils se conforment au droit européen. Si la médiation n’a pas permis de régler le problème soulevé, la Commission peut être amenée à saisir la Cour de justice de l’Union européenne.

    « On ne peut plus nier le fait qu’aujourd’hui, Airbnb est devenue une multinationale comme les autres », écrit l’auteur du rapport de CEO en conclusion. Avec des méthodes de lobbying qui n’ont rien à envier à celles des Gafa. Dans l’ouvrage de Leigh Gallagher, le PDG de la plate-forme, Brian Chesky, affirmait d’ailleurs vouloir qu’« Airbnb devienne une entreprise technologique de "premier niveau" comme Google, Apple, Facebook et Amazon... ». L’entreprise ne communique toujours pas son chiffre d’affaires, mais a annoncé préparer son entrée en Bourse.

    1. Selon Leigh Gallagher, auteure de The Airbnb Story (Houghton Mifflin Harcourt, 2017).
    2. Moyenne pour une nuit Airbnb à Paris en mars 2018 et moyenne pour une nuit d’hôtel à Paris et petite couronne en 2017, selon l’Office du tourisme de Paris.
    3. Murray Cox récupère des données qui sont d’accès public sur le site d’Airbnb grâce à une méthode dite de « Web scraping » (récupération de données).
    4. fin avril 2018
    5. Table ronde sur les risques de désertification du 4e arrondissement de Paris, voir la synthèse sur https://lc.cx/m33E
    6. A Paris, il est interdit de louer sa résidence principale au-delà de 120 jours. Pour sa résidence secondaire, il faut obtenir un changement d’usage assorti d’une « compensation » en mettant en location un autre logement dans le même quartier. Il est obligatoire d’obtenir un numéro d’enregistrement en ligne et de le faire figurer sur l’annonce. La location est soumise à la taxe de séjour.
    7. Thomas Aguilera, Francesca Artioli et Claire Colomb mènent un travail comparatif sur la régulation des plates-formes de location touristique dans les villes européennes.

    #Airbnb #capitalisme_de_plate_forme #profitabilité_autogérée

  • Box sécurisés dans les tribunaux : la fronde continue - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/12/11/box-securises-dans-les-tribunaux-la-fronde-continue_1615935

    Un magistrat du tribunal correctionnel de Créteil a refusé lundi que les prévenus jugés en comparution immédiate comparaissent dans un box vitré. Une décision symbolique qui s’inscrit dans la contestation de plus en plus importante de ces « cages de verre » .

    Le mouvement de protestations contre les box ultra-sécurisés commence à gagner plusieurs juridictions. Lundi, il a même pris un tournant inédit : un magistrat a accédé à la demande des avocats de faire comparaître le prévenu en dehors d’un box entièrement vitré. La scène – qui revêt une haute valeur symbolique – se passe aux comparutions immédiates de Créteil : le président, Matthieu Bonduelle, membre du Syndicat de la magistrature (SM) a invité le prévenu à s’avancer à la barre pour être jugé. Selon l’AFP, il a justifié cette décision en évoquant « certains problèmes pratiques et juridiques » et rappelé que « le président a la police de l’audience ».

    La phrase fait écho à un incident étonnant qui s’est produit à Toulouse au début du mois. La présidente avait demandé à entendre le prévenu hors du box vitré, et s’est alors vu opposer un refus… de la part de l’escorte. Les policiers ont argué « qu’ils avaient des ordres et ont refusé de sortir mon client du box », a témoigné un avocat indigné auprès de France 3 région. Le prévenu a donc comparu derrière la vitre.

    Bocal en verre, barreaux, filins

    Dans la France entière, les robes noires s’insurgent contre les « cages de verre », ou celles de fer, qui fleurissent dans les salles d’audience depuis quelques années. Décrites comme un « enclos de verre », une « cellule au sein de la salle d’audience » ou un « aquarium », elles posent un problème tant symbolique (l’atteinte à la présomption d’innocence, à la dignité et aux droits de la défense) que pratique : l’acoustique est souvent très mauvaise. Il y a quelques semaines Libération racontait, la genèse sécuritaire de ces box de plus en plus hermétiquement fermés. Il suffit de faire un rapide tour de France pour en répertorier quelques exemples. A Grenoble ou à Meaux, on voit un bocal en verre avec quelques petites lucarnes. A Colmar, ce sont des barres horizontales qui ont provoqué l’ire des avocats, aboutissant à leur remplacement par du verre. A Alençon, des barreaux. A Nîmes, même dispositif, avec des filins au plafond qui lui valent le surnom de « fosse ».

    Le mouvement de rébellion a commencé à la rentrée de septembre à Nanterre lorsque les avocats ont découvert à leur retour de congés, le nouveau dispositif : une cage de verre « avec deux fentes ridicules », entièrement clos, avec un seul accès vers la geôle. Me Fabien Arakelian, du barreau des Hauts-de-Seine, interrogé par Libération, a alors raconté des scènes ubuesques : dans un sens, le son passe mal, impossible de s’entretenir avec le client ; dans l’autre, le micro fixé trop bas oblige le prévenu à s’asseoir pour communiquer avec ses juges, ce qui le soustrait en même temps à leur vue. Après avoir déposé (en vain) des conclusions écrites auprès du tribunal, les avocats des Hauts-de-Seine ont décidé, le 12 octobre, de saisir le Défenseur des droits et le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL). Ils ont aussi assigné en référé la garde des Sceaux.

    « Risques d’agression » et « tentatives d’évasion »

    De son côté, la chancellerie répond que ces nouvelles boîtes ultrasécurisées correspondent à la « mise en œuvre de mesures exceptionnelles décidées en 2015 pour répondre à la menace terroriste ». Elles sont le fruit des plans de lutte contre le terrorisme (Plat) 1 et 2. « La sécurisation des box a été jugée prioritaire », explique-t-on. Cet été, 18 box ont été renforcés dans sept TGI d’Ile-de-France : Créteil, Bobigny, Meaux, Melun, Evry, Pontoise, Nanterre. Budget : 2 millions d’euros. Et le porte-parolat de préciser à Libération : « Il existe une pluralité d’acteurs qui rédigent le cahier des charges en fonction des contraintes et des demandes locales, liées à la configuration des salles d’audience, en fonction du guide élaboré par la Direction des services judiciaires (DSJ) et des besoins liés à la sûreté de la juridiction ».

    Il s’agit notamment de lutter contre les « risques d’agression » et les « tentatives d’évasion ». D’après des données qui viendraient d’être communiquées au porte-parolat par la DSJ, le nombre de tentatives d’évasion dans l’enceinte des palais de justice est passé de 11 à 21 entre 2015 et 2016. Mais il est redescendu à 16 en 2017. De plus, il faut noter que le chiffre regroupe à la fois des faits survenus dans une salle d’audience mais aussi dans les cabinets. Il est donc difficile à exploiter.

    La sécurisation des box participe, en tout cas, à un mouvement plus général touchant l’ensemble de l’architecture judiciaire. Il suffit d’observer les nouveaux palais de justice : matériaux modernes, accès sécurisés, badges nécessaires pour franchir chaque porte, ambiance high-tech. C’est toute la symbolique judiciaire qui est concernée. Dans une lettre ouverte à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, publiée le 23 octobre, le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature protestaient ainsi contre « une vision architecturale des futurs palais qui exclut le justiciable, qui le déshumanise en le réduisant à une dangerosité supposée, nécessitant de limiter autant que possible ses contacts avec les acteurs de l’institution judiciaire ».

    « Architecture sécuritaire »

    Le 15 novembre, la grogne est montée d’un cran : le SAF a assigné la garde des Sceaux et l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE), devant le tribunal de grande instance de Paris, à jour fixe, pour faute lourde. L’audience se tiendra le 15 janvier 2018. Les avocats ont demandé le retrait des dispositifs de sécurité installés dans plusieurs salles d’audience françaises. En parrallèle, d’autres initiatives locales, comme à Nanterre ou Créteil, se multiplient. C’est ainsi que la section d’Aix-en-Provence du SAF, s’est réunie le 30 novembre pour dénoncer « ce recours systématique et endémique à une architecture sécuritaire » qui « heurte les principes fondamentaux de la présomption d’innocence et d’un exercice effectif des droits de la défense ».

    Il faut dire que le box des comparutions immédiates est particulièrement frappant : il s’agit d’une sorte de cellule miniature avec barreaux de fer. Dans le communiqué du SAF, il est rappelé que l’article 318 du code de procédure pénale prévoit une comparution libre sous la garde de l’escorte policière. « Nous projetons d’intervenir à l’audience correctionnelle le 22 décembre pour demander la comparution des prévenus détenus en dehors de la "cage de fer" implantée dans la salle d’audience », précise Me Julien Gautier. Le passé compte quelques précédents victorieux : en 2003, les avocats parisiens obtinrent que la vitre faciale du box de la 10e chambre correctionnelle soit remplacée par des lamelles.
    Julie Brafman

    Arguer de la lutte contre le terrorisme dans ces affaires alors que les comparutions immédiates ou correctionnelles n’ont rien à voir avec les affaires liées au terrorisme… Ça sert vraiment à tout le terrorisme c’est ça qui est pratique ! Et puis 2 millions d’euros dépensés sans état d’âme alors que les palais de justice manquent de tout, même de budget photocopies, on hallucine…
    #justice #SAF #avocats #présomption_d_innocence

  • Pourquoi certaines communes rêvent d’accueillir une #prison (et d’autres en font des cauchemars)
    http://www.francetvinfo.fr/societe/prisons/enquete-franceinfo-pourquoi-certaines-communes-revent-d-accueillir-une-

    A travers le prisme des recherches foncières, c’est une certaine #géographie de la France qui s’est dessinée, avec des territoires aux aspirations et aux destins contrastés. C’est aussi la place de la prison dans notre société qui a été mise en lumière, entre contraintes de politique pénale, relégation spatiale et fantasmes populaires.

    […] Quand un projet de construction est présenté par le préfet, "la première réaction des élus est généralement la réticence, parce que la prison fait peur, et parce que cela représente un risque politique pour le maire, qui ne sait pas comment son conseil municipal et ses élus vont réagir, explique le chercheur à franceinfo. Très rapidement, les maires affinent le sujet, acceptent souvent de recevoir une prison, voire cherchent à l’accueillir."C’est ce qui s’est passé à Fréjus, où la municipalité s’est rendu compte de l’intérêt qu’elle pourrait avoir à exploiter un terrain peu valorisable. Bien souvent, les prisons héritent ainsi des terrains les moins prestigieux, comme a pu le constater Gérald Billard : "La prison de Nancy-Maxéville a été construite dans une zone d’activité en bordure de zone urbaine sensible, celle de Nantes-Carquefou se trouve sur un ancien terrain militaire dans une zone industrielle et celle de Rennes-Vezin a pris la place d’anciens abattoirs coincés entre une ligne ferroviaire et une zone industrielle."Un temps construits en centre-ville, à proximité immédiate des tribunaux, les établissements pénitentiaires sont désormais relégués en périphérie. « La fonction noble de la justice – le jugement et le prononcé de la peine – s’exerce toujours en ville, dans des tribunaux souvent localisés dans de beaux quartiers, note le géographe Olivier Milhaud, maître de conférences à la Sorbonne, dans la revue Urbanités. L’exécution de la peine, en revanche, se fait dans des établissements pénitentiaires qui s’établissent désormais en marge des villes. »

    […] « On a eu tendance à exagérer l’aspect d’image, qui ne se vérifie pas dans la durée », tranche Olivier Milhaud, auteur de Séparer et punir (CNRS Editions, 2017), interrogé par franceinfo. L’universitaire souligne que la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré n’empêche pas l’île de Ré (Charente-Maritime) de rester une destination touristique attractive. "L’administration pénitentiaire est le premier employeur de l’île, mais personne de l’extérieur n’est au courant, explique-t-il. Il y a des stratégies ’d’invisibilisation’, comme le fait de ne pas avoir de panneau routier indiquant la présence de la prison."Olivier Milhaud évoque également « des stratégies paysagères ou architecturales » qui permettent de camoufler une prison. Des peupliers, choisis pour leur croissance rapide, peuvent servir de barrière végétale. Des talus le long des routes peuvent masquer un établissement. Enfin, en jouant sur les couleurs, les architectes peuvent fondre les bâtiments de détention dans le décor urbain (par exemple, en reprenant la couleur des briques du quartier).

    […]_Lors de son opération de recherches de terrains ces derniers mois, le gouvernement s’est cassé les dents à plusieurs reprises. Ce fut particulièrement le cas en Ile-de-France, où le peu d’emplacements identifiés a contraint le garde des Sceaux à ordonner une nouvelle phase de prospection. Il a également dû faire le deuil de sa volonté de construction de maisons d’arrêt dans des agglomérations comme Lyon, Marseille, Nancy ou Strasbourg, d’où proviennent pourtant nombre de détenus."Ces #métropoles à forte concentration urbaine ne veulent pas geler 15 hectares pouvant accueillir autre chose, regrette Jean-Jacques Urvoas. Mais derrière, il y a eu des communes super-volontaires pour récupérer le projet." Colmar a ainsi profité des réticences strasbourgeoises pour récupérer une maison d’arrêt de 550 places, tandis que Dommartin-lès-Toul a hérité de l’établissement de 600 places prévu à Nancy.

    […] "Les familles sont souvent dépendantes des #transports_en_commun, qui sont peu efficaces hors des zones urbaines, confirme le géographe Gérald Billard. Quand il faut prendre un TER, puis un bus, puis finir à pied jusqu’à la prison, on se retrouve facilement avec 5 minutes de retard, et on est privé de #parloir. Et pour les détenus en #semi-liberté, être à l’heure au travail et à l’heure pour le retour en prison peut devenir un casse-tête et compromettre une #réinsertion.

    […] "L’argument économique est la principale motivation avancée par les communes. Mais y a-t-il vraiment tant à gagner en accueillant une prison ? « Les choses ne sont pas si évidentes », tempère Isabelle Leroux, maître de conférences en é#conomie à l’université d’Angers (Maine-et-Loire) et co-auteure de l’essai Les nouvelles prisons. Elle promet une belle désillusion aux maires qui s’attendent à un jackpot."Les surveillants vont souvent vivre dans une autre commune, pour respirer un peu et ne pas croiser les détenus en semi-liberté, affirme-t-elle à franceinfo. Du fait du turn-over, certains vont aussi se contenter d’un studio et ne vont pas faire venir leur famille." L’économiste cite en exemple une maison d’arrêt de 400 places inaugurée en 2010, dont seulement 7 des 184 fonctionnaires résidaient finalement dans la commune en 2013. Outre cet effet démographique limité, l’effet sur l’emploi est négligeable, car les fonctionnaires de la prison sont affectés au plan national et non recrutés dans le bassin local. Que répondre à la mairie de Fréjus, qui salive devant un éventuel chantier à 100 millions d’euros ? Prudence. Si la prison est construite en partenariat public-privé, le chantier risque de peu profiter aux entreprises locales du #BTP.

    […] Autre source potentielle de déception : les gains en matière de dotation globale de fonctionnement (#DGF). Cette dotation est versée par l’Etat aux communes en fonction de leur nombre d’habitants. Lorsqu’une prison est construite, chaque détenu compte pour un habitant supplémentaire et permet de gonfler la DGF. L’impact est minime, prévient l’économiste : « Ce supplément représente seulement 0,5% du #budget_communal » pour une ville de 7 500 habitants accueillant un établissement de 400 places. Soit un gain de 40 000 euros par an.

    […] « Ce n’est qu’en menant une réflexion sur le développement autour de la prison qu’on peut échapper à un non-sens économique », conclut Isabelle Leroux. In fine, l’intérêt du détenu doit primer, estime-t-elle, appelant à veiller à développer les liens entre la prison et le tissu économique local pour permettre une bonne #réinsertion et éviter la #récidive.

    #tourisme #architecture #justice

  • Stocamine : les déchets restent enfouis « pour une durée illimitée » - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/stocamine-les-dechets-restent-enfouis-pour-une-duree-illimi

    La préfecture a tranché. La prolongation du stockage souterrain, pour une durée illimitée, des déchets industriels dangereux sur la commune de Wittelsheim a été actée par un arrêté en date du 23 mars. Pour mémoire, le site de Stocamine avait dû fermer ses portes suite à un incendie déclaré en septembre 2002. Il avait été ouvert en 1999 pour accueillir 44.000 tonnes de déchets dangereux, enfouis à 650 mètres de profondeur dans les galeries des anciennes mines de potasse d’Alsace.

    « Une décision scandaleuse »

    Réunis devant le siège de la préfecture, à Colmar, des représentants de Destocamine ont dénoncé, le 24 mars, « une décision scandaleuse, qui aboutit sciemment à polluer la nappe phréatique ».

  • Jean-Jacques Urvoas dévoile une liste de 21 villes d’implantation de nouvelles #prisons
    http://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer/?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250278679390&nl=1

    Le ministre de la Justice a dévoilé, jeudi 23 février, la liste des villes d’implantation de 21 nouvelles prisons sur les 33 projets envisagés dans le cadre du « plan encellulement individuel ». […] La carte de ces nouvelles implantations apparaît fortement concentrée dans le Sud avec 650 à Nice, autant à Fréjus, 500 à Montpellier, Narbonne et Pau, 400 à Avignon et Perpignan… 550 places sont aussi prévues à Colmar ou Rennes, 30 à Nantes, 200 à Cherbourg. Selon le garde des Sceaux, neuf sites sont prioritaires : Nice, Narbonne, Ajaccio, Montpellier, Guadeloupe, Guyane. La question de l’Ile-de-France n’est pas encore arrêtée : le préfet Michel Delpuech devra remettre ses préconisations avant le 31 mars.

  • Le quartier Vauban
    http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=2020

    Un éco-quartier urbain à Freiburg en Forêt Noire, à 40 km de Colmar (Alsace). Je souhaite vous faire part d’une expérience d’éco-village en milieu urbain sur un terrain de 32 hectares laissé libre par les forces françaises en Allemagne dans les années 80, actuellement complètement intégré dans la ville de Freiburg. Tout d’abord, les bâtiments des casernes ont été squattés, et assez vite la ville de Freiburg a été interpelée par les habitants, qui ont exprimé le souhait (...)

    #En_Europe_et_dans_le_Monde

  • Vérité et Justice pour Hocine Bouras
    http://loveliveminimal.tumblr.com/post/149844429205/vérité-et-justice-pour-hocine-bouras

    <b>VÉRITÉ ET JUSTICE POUR HOCINE BOURAS :</b> <b>RENCONTRE PUBLIQUE</b> <b>LE 4 SEPTEMBRE À COLMAR</b><p>Le 26 août 2014, Hocine Bouras, qui avait alors 23 ans, a été tué d’une balle dans la joue sur l’autoroute A35 par un gendarme, en situation de transfert vers le tribunal de Colmar. Les gendarmes ont prétendu qu’Hocine avait essayé de s’emparer de l’arme de l’un d’entre eux alors qu’aucune empreinte digital d’Hocine n’a été retrouvée sur l’arme et qu’il était menotté… La famille de Hocine n’a appris la mort de ce (...)

    http://ift.tt/2cfJw2e

  • Haut-Rhin : les bénéficiaires du RSA devront présenter leurs comptes bancaires pour toucher les allocations
    https://www.francebleu.fr/infos/politique/rsa-dans-le-haut-rhin-verifie-les-comptes-bancaires-des-beneficiaires-146

    « C’est une nouvelle arme pour lutter contre la fraude au RSA », explique le président du Conseil départemental du Haut-Rhin, Eric Straumann. Les #allocataires du revenu de solidarité active depuis plus de trois ans doivent désormais fournir les relevés bancaires. Une mesure révélée lundi.

    Dans le Haut-Rhin, des bénéficiaires du #RSA ont reçu l’obligation de fournir des relevés de #compte_bancaire. L’information a été révélée ce lundi par France Inter.

    Objectif lutter contre la fraude au RSA 

    « Depuis le mois de janvier, 400 bénéficiaires du RSA de plus de trois ans ont dû fournir des relevés bancaires des six derniers mois. 44 personnes avaient des revenus suffisants et ne devaient en principe pas toucher le revenu de solidarité active. Parmi ces allocataires, certains travaillaient en Allemagne et en Suisse et rapatriaient ce qu’ils gagnaient sur leur compte », a précisé le président du Conseil départemental du Haut-Rhin, Eric Straumann. « Ça nous a permis de récupérer plus de 26.000 euros. Ces allocataires pris la main dans le sac ne percevront plus le RSA. »

    « Chasse aux sorcières » pour les bénéficiaires, 852.000 euros récupérés

    A Colmar, à la Caisse d’allocation familiale, la pilule a du mal à passer. Pour Patrick, bénéficiaire du RSA, « pas question de donner mes relevés bancaires, ça frôle l’atteinte à la vie privée. »

    RSA. Les comptes bancaires des bénéficiaires contrôlés ?
    http://www.ouest-france.fr/politique/rsa-les-comptes-bancaires-des-beneficiaires-controles-4247029

    Les départements ont-ils un droit de regard sur les relevés bancaires des bénéficiaires du revenu de solidarité active ? Le Bas-Rhin le fait pour lutter contre la fraude.

    Une proposition de Bruno Le Maire
    Le député Les Républicains de l’Eure avait évoqué cette mesure, le 27 avril, dans le cadre plus large d’une réforme de la fonction publique territoriale. Le candidat à la primaire de la droite et du centre souhaite que les départements deviennent le guichet unique des aides sociales.

    L’ancien ministre de l’Agriculture propose de leur donner alors « la possibilité d’avoir accès aux comptes bancaires des bénéficiaires du RSA pour s’assurer que chaque bénéficiaire touche bien le montant dont il a besoin et qu’il n’y a ni gabegie ni #fraude ».

  • L’absentéisme gangrène fortement l’hôpital public
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/04/20/20002-20160420ARTFIG00018-l-absenteisme-gangrene-fortement-l-hopital-public

    D’après notre enquête réalisée à partir de la base publique de données Hospi Diag, pas moins de 22 établissements français ont connu en 2014 un taux d’absentéisme supérieur à 30 jours par agent et par an. C’est sept jours de plus que la moyenne des hôpitaux publics (23 jours), qui est déjà plus élevée de 7 jours que dans le privé, tous secteurs confondus.

    La lanterne rouge de ce classement, le centre hospitalier de Manosque, a vu ses agents accumuler 40 jours d’absence en 2014. Le meilleur, celui de Colmar, en a décompté seulement 14. Parmi les grands établissements, c’est l’Assistance publique - Hôpitaux de Marseille qui enregistre le plus mauvais score en matière d’absentéisme. La direction a d’ailleurs lancé un plan d’action contre ce qu’elle appelle « l’absentéisme de confort ».

  • Quand l’Insee sert d’arme pour attaquer la « France périphérique » de Christophe Guilluy | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/102469/pauvrete-urbaine-guilluy-insee

    On lit aussi dans le quotidien qu’« alors que Christophe Guilluy, pour souligner la fracture entre des métropoles mondialisées et des territoires périphériques laissés pour compte, assurait que la question sociale se concentrait “de l’autre côté des métropoles, dans les espaces ruraux, les petites villes, les villes moyennes, dans certains espaces périurbains”, l’étude de l’Insee montre au contraire une pauvreté limitée dans les communes situées aux portes des grandes aires urbaines ».

    Les articles soulignant à quel point ces données sont supposées invalider les thèses de Christophe Guilluy, notamment développées dans trois essais, L’Atlas des nouvelles fractures sociales (coécrit avec Christophe Noyé), Fractures françaises et La France périphérique, se sont multipliés. Joint par Slate.fr, le géographe, qui ne conteste pas les données de l’Insee, confie son agacement face à cette présentation de sa thèse et à la manière d’opposer les constats de l’Insee aux siens. Pour lui, l’idée sous-jacente est « qu’on entretient sciemment la confusion entre villes-centres des grands pôles urbains et les métropoles pour mieux occulter l’existence de la France périphérique ».

    Car qu’est-ce qu’une « ville-centre » d’un « grand pôle urbain » selon l’Insee ? Il n’est pas inutile de se pencher, même si c’est douloureux pour le crâne, sur le découpage exhaustif du territoire français par l’institut, le zonage en aire urbaine, qui date de 2010 et distingue plusieurs types d’unités urbaines :

    ► Les pôles, où se concentrent les emplois, avec en leur sein une ou des villes-centres et leurs banlieues. Quand ces pôles regroupent au moins 10.000 emplois, on parle de grands pôles urbains. Conséquence : Le Creusot est une commune appartenant à un grand pôle urbain, de même que Roanne, Oyonnax, Bourg-en-Bresse, Périgueux, Bar-le-Duc, Montélimar, Béziers, Villeneuve-sur-Lot, Creil, Laval, Thionville, Beauvais, Arras, Colmar, etc. Cette liste inclut justement des villes qualifiées de fragiles par Guilluy et, oui, ce sont des « villes-centres ». Sauf que lui parle plutôt de « petites villes » et de « villes moyennes », qui, on le voit, font partie des « grandes aires urbaines » dans la typologie Insee...

  • Après « territoire zéro chômeur », « territoire tous bénévoles » ou comment légaliser l’esclavage sans que personne ne s’en émeuve.
    Dans le Haut-Rhin, le versement du #RSA conditionné à des heures de bénévolat
    http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/02/05/dans-le-haut-rhin-le-versement-du-rsa-conditionne-a-des-heures-de-benevolat_

    donc comme je disais ça attaque gentiment tous les pauvres et ça te les colle au taf gratos. ça va les bourges, chaud au cul un peu ?
    #dumping_social, traduction : je mets les pauvres au taf gratos et après jte rappelle que des gens font ton boulot gratos et tu la boucles.
    tu vas voir mon bichon ça va être lol. dans les pauvres rsastes y’a des cadres. sisi ! c’est là que ça devient comique. tu verras.
    non parce que là tu fais le malin le cul au chaud à ton bureau mais tu sais nous quand on nous foutra à laver les chiottes on n’oubliera pas de signaler nos compétences en compta et autres joies pour échapper à la merde, hein. tant qu’à être forcé autant que ça soit propre.
    hou magie : "On va peut-être détecter un certain nombre de bénéficiaires qui seront en incapacité d’effectuer une activité bénévole
    Dans ce cas, ils relèvent de l’invalidité, qui est prise en charge par la Sécurité sociale, et pas du RSA. "
    l’#AAH vit ses dernières heures.
    depuis le temps qu’on hurle à prévenir, ce coup là c’est fini plié tiens on y est. wolololo....et vous vous réveillez toujours pas ? pffff.
    hou la vache il a blindé en plus. il invoque article 72 Constitution, « qui stipule la libre administration des collectivités locales ».
    et comme le gouvernement prévoit de supprimer (pardon, "simplifier", lol) les #minima_sociaux de sorte que ce qui est valide et pas en retraite ->rsa...
    et bin ça va passer crème. et bin enjoy. plus d’allocs #chômage dans pas tard, au rsa, et bénévoles. tous à 500 balles comme jte disais.
    c’est plié, plié, plié de chez bien plié emballé posté toussa...c’est juste blindé béton inattaquable...bah chapeau l’artiste.
    farpaitement légal. farpaitement dans l’axe politique du moment, garanti sans opposition. nous sommes somptueusement baisés tralalère.

    shorter : après avoir trié le rsaste apte de l’inapte on arrivera à la situation handicap d’outre manche, cad triage des handis aptes au taf, et quand ils auront bien fini de se refourguer les pauvres on se retrouvera avec des "non indemnisés de rien du tout" (qui n’avaient qu’à mériter de bénévoler car jugés aptes) (et qui donc mourront gentiment sans bruit sans mm un gros nombre, au compte goutte)
    tout ceci tant parfaitement légal eu égard à la délégation de gestion autonome des collectivités locales et à la délégation de jugements d’aptitude à la sécu, nonobstant la réforme de l’allocation chômage blabla, nous l’avons in the anus mit le gravier. cheers !
    lol. "est ce que c’est pour concurrencer la chine ?" je ne pense pas non, en revanche un modèle social à bas salaires et 0 protection sociale ça a le mérite d’être "compétitif" comme ils disent sans réduire les profits de certains. pourquoi partager quand on peut spolier, hein.
    note positive : ces initiatives pour nous faire bosser à l’oeil prouvent bien que c’est pas le boulot qui manque mais la volonté de le payer le monsieur du haut rhin le dit lui même texto il ne pense pas qu’il aura du mal à caser ses rsastes tout le monde manque de bras
    il n’y a PAS de pénurie de #travail il y a en revanche, et ils ne s’en cachent même plus, une volonté massive de NE PAS PAYER LE TRAVAIL.
    2016 on te dit texto dans Le Monde qu’on a pléthore de tafs à pourvoir mais on veut PAS les payer. hop là. sans honte aucune. et ça passe.
    il faut quand même kiffer la beauté de la chose. grand art. sous les bravos du public médusé.
    ne critiquez plus nos écoles d’élite. il me semble qu’elles viennent de démontrer la qualité de leurs élèves.
    la beauté c’est kamême qu’on arrive à foutre en associatif bénévole de force des gens qui : sont bénéficiaires desdites assos. et oui car tout de même les assos c’est beaucoup de la délégation de gestion des pauvres hin. note artistique du procédé : 10/10.

    relevé sur twitter https://twitter.com/feeskellepeut/status/695711876789874688
    #guerre_aux_pauvres #esclavage

    • C’est une première en France. Le conseil départemental du Haut-Rhin, à majorité de droite, a décidé vendredi 5 février de conditionner le versement du revenu de solidarité active (RSA) à l’accomplissement de sept heures de bénévolat par semaine. « Il ne s’agit surtout pas de #stigmatiser les bénéficiaires, a expliqué Eric Straumann, député Les Républicains (LR) et président du département. On espère plutôt mettre le pied à l’étrier aux gens, pour qu’ils se resocialisent et sortent de l’isolement. »
      Concrètement, les allocataires du RSA devront présenter tous les trois mois une attestation prouvant qu’ils ont bien effectué les sept heures de bénévolat. A défaut, le versement des allocations sera suspendu. Une plate-forme numérique sera créée pour mettre en relation les profils des allocataires avec les besoins des associations, maisons de retraite, collectivités locales ou autres établissements publics. « Sept heures par semaine, ce n’est pas énorme. Je suis sûr qu’on ne me manquera pas d’activités, il y a plein d’associations qui manquent de bras », a commenté M. Straumann.

      La légalité de la mesure en question
      La mesure a été adoptée à l’unanimité du groupe majoritaire — la gauche ne comptant à Colmar qu’une élue sur trente-quatre conseillers départementaux. Les conseils départementaux sont chargés du versement du RSA, mais n’en fixent ni le montant ni les modalités d’attribution. « Au titre de la libre administration des collectivités locales, le conseil départemental entend prendre ses responsabilités dans le champ qui lui incombe, celui de l’accompagnement des bénéficiaires du RSA », a écrit la collectivité dans un communiqué.
      Cette mesure est-elle légale ? « Si le préfet attaque cette décision devant le tribunal administratif, on verra bien, a réagi M. Straumann. Mais je déposerai une question prioritaire de constitutionnalité » pour demander si le dispositif actuel du RSA n’est pas en contradiction avec l’article 72 de la Constitution, « qui stipule la libre administration des collectivités locales ».
      « On va peut-être détecter un certain nombre de bénéficiaires qui seront en incapacité d’effectuer une activité bénévole, a ajouté le président du département. Dans ce cas, ils relèvent de l’invalidité, qui est prise en charge par la Sécurité sociale, et pas du RSA. Cela pourrait être des pistes d’économies immédiates » pour le département.

      #Bénévolat_forcé #travail-forcé
      Comme si les Maisons Départementales des Personnes Handicapées, forts restrictives dans les attributions, allait filer l’AAH (c’est à dire une augmentation) à ces RSAstes évincés.
      Le député envisage pas une seconde une procédure initiée par des RSAstes, à suivre.

    • notre insertion contre la leur ! Cargo
      http://www.vacarme.org/article104.html

      Le 19 septembre [1999] à Perpignan, une manifestation organisée à l’initiative d’AC ! s’est achevée par une tentative d’occupation du #Conseil_général des Pyrénées-Orientales, peu avant d’être dispersée par la police. Le Président socialiste du Conseil général, Christian Bourquin, avait en effet annoncé vouloir imposer aux #allocataires du RMI du département des heures de travail non rémunérées.

      #travail_non_rémunéré

    • TOUS les dispositifs de flicages des chômeur-se-s/gens qui touchent le RSA reposent sur l’idée qu’on est pauvre par choix.
      Ya env. 500 000 offres d’emplois pour +de 5 millions de personnes. Ya mathématiquement pas de taf. Mais on flique les gens.
      La culpabilité est retournée contre la personne qui vit la précarité au lieu du système qui crée la précarité.
      Des gens qui n’ont jamais vécu la pauvreté, typiquement les politiques, t’expliquent très gentiment qu’il suffit juste de faire + d’efforts.
      On dit aux gens des trucs complètement ahurissants du type, bah pourquoi vous montez pas votre entreprise ? <- DÉCONNEXION TOTALE
      On trouve tous les prétextes pour radier les gens des services et ensuite on se réjouit qu’il y ait moins d’allocataires. Juste hallucinant
      Ya 10 fois + de demandeurs d’emplois que d’offres mais Hollande te parle de formations. MAIS POUR QUELS EMPLOIS
      Si on peut pas tou-te-s avoir 1 emploi, il faut forcément des solutions structurelles, réduire le #temps_de_travail, revenu universel, lancement du chantier de la #transition écologique dont on nous parle tant...
      A la place Hollande fait des cadeaux aux entreprises pour les « inciter » à créer des emplois et flique les pauvres. DÉGAGE LE PS
      Toutes les « solutions » au chômage des politiques, il suffit d’avoir fait qqs heures de d’#économie pour savoir que c’est absurde.

      https://twitter.com/clemence_h_/status/695941816382840834

    • on parle de 7h par semaine on est donc tous d’accord que ça fait grosso modo une journée de travail. bien.
      imaginons que demain on demande aux retraités de travailler gratos une journée par semaine pour mériter de pas crever dans le caniveau.
      on est bien d’accord qu’il n’y a AUCUN GAIN juste le maintient d’une ressource qui était préalablement un DROIT. changeons de situation.
      imaginons maintenant qu’on VOUS demande à vous travailleurs d’ores et déjà rémunérés, UNE JOURNEE DE PLUS PAR SEMAINE pour pas une thune de+
      en gros on vous refout à 42h hebdos pour le mm prix on appelle ça « bénévolat contraint » pareil. est ce que vous appelez toujours ça TRAVAIL ?
      à quel moment vous commencez à penser ESCLAVAGE si c’est pas quand on exige DU TRAVAIL contre STRICTEMENT RIEN DE PLUS QU AVANT ?
      il me semble que quand il s’agissait de vous et des heures sup non payées vous n’hésitiez pas sur les mots, pourtant.

      ya 15 ans l’évocation de ce délire de travail forcé avait fait des manifs d’ampleur. aujourd’hui ça fait juste gueuler un peu au dumping. :/
      serait temps de vous secouer les français et de réaliser l’ampleur de la haine des pauvres que vous avez développée.
      pas la peine de chouiner que le fascisme arrive vous avez djà les deux pieds dedans mes pov bichons.
      le fascisme c’est comme la boue. ça vient lentement au fur et à mesure de l’abattage des arbres et du crachin tu tretrouves les pieds dedans
      et quand on te propose les bottes tu dis oui parce que t’en as déjà jusqu’au mollet.
      on vous tend les paires de bottes et vous dites merci. faites gaffe c’est comme ça qu’on finit à lire des bouquins de survivants en couinant
      c’est pas parce que ça s’appelle « bénévolat » (sic) et que ça concerne la « bonne causse » associative (re sic) que c’est pas ce que c’est hein

      https://twitter.com/feeskellepeut/status/696340605656551424

  • L’activisme anti-israélien criminalisé au pays de Charlie Hebdo et de la soi-disant liberté d’expression
    http://blogs.mediapart.fr/blog/xipetotec/301015/lactivisme-anti-israelien-criminalise-au-pays-de-charlie-hebdo-et-de

    C’est la traduction en Français de l’excellent texte de Glenn Greenwald publié dans "The Intercept" :
    https://theintercept.com/2015/10/27/criminalization-of-anti-israel-activism-escalates-this-time-in-the-lan

    Ce texte fait suite au dernier jugement de la Cour de Cassation condamnant des militants prônant le boycott des produits israéliens.

    Ici le commentaire critique d’un magistrat , Ghislain Poissonnier, sur cette décision de la plus haute juridiction française :
    http://www.aurdip.fr/pour-la-cour-de-cassation-la.html

    Neuf militants de la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) avaient formé un pourvoi en cassation contre l’un des deux arrêts rendus par la Cour d’appel de Colmar le 27 novembre 2013. Rejetant le pourvoi des militants condamnés, la Cour de cassation a jugé que l’appel lancé aux consommateurs par des militants associatifs à ne pas acheter des produits israéliens constitue bien un délit - celui d’appel à la discrimination nationale - et que la condamnation prononcée par la Cour d’appel de Colmar était donc conforme au droit.

    Rappelons que ces militants avaient participé à une action BDS en 2010 dans un supermarché dans la région de Mulhouse. Ils y avaient proféré des slogans, distribué des tracts et porté des vêtements appelant au boycott des produits israéliens. L’arrêt de la Cour d’appel de Colmar les avait reconnus coupables de l’infraction de provocation à la discrimination nationale. L’infraction retenue était celle prévue par l’article 24 alinéa 8 de la loi de 1881 sur la presse qui réprime d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende quiconque qui aura « provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Il s’agissait ici spécifiquement de la provocation (par tous moyens, écrits, slogans, port de vêtements etc.) à la discrimination envers les producteurs et fournisseurs de biens (considérés comme un « groupe de personnes ») à raison de leur appartenance à la nation israélienne.

    Le recours à un tel texte - conçu en 1972 pour lutter contre les discriminations dont sont victimes les personnes physiques et en aucun cas pour interdire les appels pacifiques au boycott de produits issus d’un État dont la politique est critiquée - semblait pourtant heurter la règle de l’interprétation stricte du droit pénal. Il semblait également être en contradiction avec l’exigence de prévisibilité de la norme pénale, la lecture dudit texte ne permettant guère à un citoyen de se douter que les propos tenus relatifs au boycott peuvent être répréhensibles. Et ce d’autant plus que les exemples ne manquent de citoyens, d’associations, d’artistes, d’intellectuels et mêmes de responsables politiques ayant appelé dans un passé récent à boycotter les produits en provenance d’un Etat violant les droits de l’homme (Afrique du Sud de l’apartheid, Rhodésie, Russie, Chine, Iran etc).

    ...

    Il ne restera plus que la saisine de la Cour européenne des droits de l’homme pour espérer faire reconnaître la liberté d’expression. Au-delà du sort de ces malheureux militants pacifiques et soucieux de faire partager leurs convictions, l’enjeu est de taille.

  • Ziad Medoukh ne peut pas venir à Nancy -
    10 Septembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes
    http://www.reperes-antiracistes.org/2015/09/ziad-medoukh-ne-peut-pas-venir-a-nancy.html

    Interdiction pour le poète Ziad Medoukh de venir signer son livre à Nancy au Livre sur la place.
    Ziad Medoukh, directeur du département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza en Palestine, poète et écrivain d’expression française, devait venir à la rencontre de ses lecteurs et signer son dernier ouvrage retraçant l’offensive israélienne sur Gaza pendant l’été 2014, publié chez Kairos (Nancy).
    Malgré le Consulat de France qui a accordé le visa au poète palestinien, Ziad Medoukh restera bloqué dans sa prison à ciel ouvert qu’est Gaza, comme toute la population de cette région sous blocus israélien depuis plus de huit ans.

    L’impossibilité de sortie de Gaza pour cet universitaire dévoile la réalité vécue par toute une population enfermée par la décision d’Israël, qui subit un blocus inhumain et qui vit dans des conditions insupportables.
    A Gaza, Israël contrôle le ciel, les frontières et la mer.
    C’est justement ce que dénonce Ziad dans son ouvrage publié chez Kairos : Chroniques d’un été meurtrier à Gaza. Récit d’un génocide répété.

    #Ziad_Medoukh #Gaza

    • Absent du Livre sur la Place Ziad Medoukh interdit de séjour
      10/09/2015
      http://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-ville/2015/09/10/ziad-medoukh-interdit-de-sejour

      « Le Consulat de France lui avait pourtant accordé son visa, mais le blocus imposé aux habitants de Gaza par les Israéliens l’empêche de se rendre à l’aéroport de Tel Aviv ».

      François Baudin, président de Kaïros, une maison d’édition nancéienne, présente durant trois jours place de la Carrière, devra se passer de la présence de l’un de ses invités, le poète palestinien Ziad Medoukh.

      « Il m’a téléphoné samedi pour me dire que les autorités israéliennes ne lui avaient toujours pas donné leur accord, et qu’il craignait de ne pouvoir venir. Ce mercredi matin, il m’a confirmé son absence… », poursuit François Baudin. « L’impossibilité de sortie de Gaza pour cet universitaire témoigne une fois de plus de la réalité vécue par toute une population, qui subit un blocus inhumain et qui vit dans des conditions insupportables ».

      Le dernier ouvrage de ce poète et écrivain d’expression française ne plaidait certes pas en faveur d’une quelconque mansuétude de la part des autorités de tutelle.

      Dans « Chroniques d’un été meurtrier à Gaza, récit d’un génocide répété », publié chez Kaïros, l’auteur évoque en effet l’offensive israélienne sur Gaza pendant l’été 2014, et les cinquante jours de bombardement intensif subis par la population.
      Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques

      Ce professeur de français, responsable du département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza, avait été nommé Ambassadeur de la paix par le Cercle Universel de la paix, et avait gagné le premier prix du Concours Europoésie 2014 pour son œuvre « A la mère palestinienne ». La même année, il avait également obtenu le prix de la Francophonie pour l’ensemble de ses écrits.

      Attaché aux principes de liberté, des droits de l’homme et de la Francophonie, Ziad Medoukh a par ailleurs été fait Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques de la République française en 2011.

      Il devait trois jours durant dédicacer son dernier ouvrage au Livre sur la place, sur le stand Kaïros, et poursuivre son séjour en France par une série de conférences à Strasbourg et à Colmar.

      « Bien évidemment, nous venons de tout annuler », déplore François Baudin.

      F. B.

  • Le tribunal de Mulhouse lance des stages de « déradicalisation »
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/09/09/01016-20150909ARTFIG00223-le-tribunal-de-mulhouse-lance-des-stages-de-derad

    Le programme, à l’initiative du procureur général de Colmar est organisé en quatre étapes étalées sur une durée de deux ou trois mois. Dans un premier temps « diagnostiqué » - il s’agit de déterminer l’environnement social, familial et psychologique de l’individu-, le stagiaire sera ensuite incité à reconstituer un lien social, souvent mis à mal par l’emprise de la secte djihadiste. Le discours radical est ensuite déconstruit grâce notamment aux témoignages de victimes du terrorisme ou de jeunes désembrigadés. Enfin, la dernière phase consiste en la réinsertion à la fois sociale et professionnelle de l’individu .

    #rééducation