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  • Islam : « Le rapport El Karoui relève d’une gestion indigéniste » - Le Point
    Fateh Kimouche, fondateur du site Al Kanz, réagit vivement au rapport présenté par Hakim El Karoui, qui propose une réforme radicale de l’islam de France. Propos recueillis par Clément Pétreault

    http://www.lepoint.fr/societe/islam-le-rapport-el-karoui-releve-d-une-gestion-indigeniste-10-09-2018-22500

    Le rapport présenté ce matin propose de structurer l’islam pour éviter les dérives, c’est pour vous un problème ?

    Hakim El Karoui dit « islamiste » pour ne pas dire « musulman », comme Alain Soral dit « sioniste » pour ne pas dire « juif ». Regardez de près le discours de ces gens qui prétendent, comme Laurent Bouvet, être des républicains. Pour eux, le spectre de l’islamisme va de Mennel à Daech, en gros, du musulman pratiquant au terroriste. Pour eux, il n’existe pas de différence de nature, mais une simple différence de degré, c’est très problématique. Alors que jamais on ne dit que les salafistes ont été en première ligne dans la lutte contre les terroristes... Le problème de ce rapport qui parle d’islam et d’islamisme, c’est que le curseur de l’islamisme commence au simple pratiquant. Dans son livre, L’Islam, une religion française, Hakim El Karoui écrit, page 51, que « manger halal est un marqueur islamiste », c’est totalement idiot. Ça fait 1 400 ans que le prophète lui-même – paix et bénédiction sur lui – a dit qu’il faut manger halal. Pire encore, il cite le verset et avance que ce verset dit « explicitement le contraire »... C’est la marque d’une vraie ignorance.

    On peut aussi parler de cet éternel débat sur le hijab qui ne serait pas obligatoire... Le hijab est obligatoire ; après chacun voit midi à sa porte, si une jeune femme musulmane ne veut pas le porter, c’est entre elle et Dieu. Troisième ineptie : Hakim El Karoui écrit que la prière du vendredi « n’a pas un sens religieux comme la messe ». C’est extraordinaire ! C’est comme dire que le pape serait marié ou qu’il est bouddhiste. Au fond, quelle est la légitimité intellectuelle, religieuse ou scientifique de cet homme ? Aucune.

  • La légendaire efficacité saoudienne : il faut à peine six mois pour qu’une énorme quantité d’armes de Bosnie soient livrées à l’Arabie séoudite et se retrouvent entre les mains d’Al Qaeda en Syrie : A Bosnian signs off weapons he says are going to Saudi Arabia – but how did his signature turn up in Aleppo ?
    https://www.independent.co.uk/voices/syria-war-bosnia-saudi-arabia-aleppo-weapons-arms-deals-a8451841.html

    Five-hundred mortars is a massive shipment of weapons – most European armies don’t have that many in their individual inventories – and some of them at least appear to have ended up in the hands of Bashar al-Assad’s Islamist Nusrah Front/al-Qaeda enemies in northern Syria within six months of their dispatch from Bosnia 1,200 miles away. Because the mortars left Bosnia on 15 January 2016 under a BNT-TMiH factory guarantee for 24 months – numbered 779 and with a weapons series number of 3677 – the documents now in The Independent’s possession must have reached Aleppo by late July of 2016, when Syrian government troops totally surrounded the enclave held by armed factions including Nusrah, Isis and other Islamist groups condemned as “terrorists” by the United States.

    Si tu veux rigoler, tu essaies de faire livrer de telles armes, légalement, à l’armée libanaise en moins de cinq ans, et tu regardes comment ça se passe. (Apparemment, Israël, qui considère que des cerfs-volants aux mains des Palestiniens sont des armes de destruction massive, n’a pas de souci avec 500 mortiers livrés à des milices islamistes en Syrie.)

    Document important : parfaitement en phase avec ce qu’on avait « appris » en septembre 2016 : livrer des armes à Daech depuis la Bulgarie ou la Serbie via l’Arabie séoudite se fait de manière « quasiment directe » :
    https://seenthis.net/messages/524137

  • Attaque chimique du 7 avril 2018 (Douma, Ghouta orientale, Syrie) Programme chimique syrien clandestin – 14 avril 2018
    Ce document est constitué d’analyses techniques d’informations de source ouverte et de renseignements déclassifiés obtenus par les services français.
    https://www.defense.gouv.fr/content/download/528742/9123389/file/180414+-%20Syrie%20-%20Synthe%CC%80se%20-%20Les%20faits.pdf
    (je sélectionne les bonnes pages et le plan…)

    I. PLUSIEURS ATTAQUES CHIMIQUES LETALES ONT ETE CONDUITES SUR LE QUARTIER DE DOUMA LE SAMEDI 7 AVRIL 2018 EN FIN D’APRES-MIDI ET NOUS ESTIMONS AVEC UN HAUT NIVEAU DE CONFIANCE QU’ELLES SONT LE FAIT DU REGIME SYRIEN.
    […]
    1. – Plusieurs attaques chimiques ont eu lieu le 7 avril 2018 à Douma.
    […]
    Les experts français ont analysé les symptômes identifiables sur les images et vidéos rendues publiques, prises soit en espace clos dans un immeuble présentant une quinzaine de victimes décédées, soit dans les hôpitaux locaux ayant accueilli des patients contaminés.
    […]
    2. – En raison notamment de la situation opérationnelle dans la Ghouta orientale autour du 7 avril, nous estimons avec un haut degré de confiance que la responsabilité du régime syrien est engagée.
    […]
    L’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien fait sens dans ce contexte, d’un double point de vue militaire et stratégique :
    • tactiquement, l’utilisation de telles munitions permet de déloger des combattants ennemis abrités dans des habitations afin d’engager le combat urbain dans les conditions les plus avantageuses pour le régime ; cette utilisation constitue un accélérateur de conquête et un démultiplicateur d’effet visant à faire tomber au plus vite le dernier bastion des groupes armés ;
    • stratégiquement, l’utilisation d’armes chimiques, notamment au chlore, documentée depuis le début 2018 dans la Ghouta orientale, a notamment pour objectif de punir les populations civiles présentes dans les zones tenues par des combattants opposés au régime, et de provoquer sur elles un effet de terreur et de panique incitant à la reddition ; alors que la guerre n’est pas terminée pour le régime, il s’agit, par des frappes indiscriminées, de démontrer que toute résistance est inutile et de préparer la réduction des dernières poches.
    • Depuis 2012, les schémas tactiques des forces armées syriennes sont récurrents : les toxiques chimiques sont principalement utilisés dans le cadre d’offensives urbaines massives, comme cela a été le cas à la fin de l’année 2016 pour la reprise d’Alep, où des munitions au chlore étaient régulièrement associées à l’armement conventionnel ; les zones visées, telle la Ghouta orientale, sont en outre toutes des objectifs militaires importants de Damas.

    3. – Les services français ne disposent d’aucune information permettant d’étayer la thèse selon laquelle les groupes armés dans la Ghouta auraient cherché à se procurer ou auraient disposé d’armes chimiques.
    Ils estiment par ailleurs qu’une manipulation des images diffusées massivement à partir du samedi 7 avril n’est pas crédible, dans la mesure notamment où les groupes présents dans la Ghouta n’ont pas les moyens de mener une manœuvre de communication d’une telle ampleur.

    II. – DEPUIS AVRIL 2017, LE REGIME SYRIEN A MULTIPLIE LES CAS D’UTILISATION D’ARMES CHIMIQUES ET DE SUBSTANCES TOXIQUES DANS LE CADRE DE SES ACTIONS MILITAIRES.
    1. – Le régime syrien a préservé depuis 2013 un programme chimique clandestin.
    […]
    Depuis 2014, la mission d’établissement des faits de l’OIAC (Fact Finding Mission, FFM) a rendu publics plusieurs rapports confirmant l’emploi d’armes chimiques en Syrie contre des civils. Le mécanisme d’enquête et d’attribution ONU-OIAC sur les attaques chimiques (Joint Investigation Mechanism, JIM) a enquêté sur neuf allégations d’emploi. Dans ses rapports d’août et d’octobre 2016, le JIM attribue à Damas trois cas d’utilisation de chlore et un cas d’utilisation d’ypérite à Daech, aucune à un groupe armé syrien.

    2. – Une série d’attaques chimiques est intervenue en Syrie depuis le 4 avril 2017
    Une évaluation nationale française publiée le 26 avril 2017 à la suite de l’attaque de Khan Cheïkhoun recense l’ensemble des attaques chimiques en Syrie depuis 2012, et l’estimation par les services français de leur probabilité. Cette attaque menée en deux temps à Latamneh le 30 mars, puis à Khan Cheïkhoun avec du gaz sarin le 4 avril, avait occasionné la mort de plus de 80 civils. Les autorités françaises avaient estimé très probable la responsabilité des forces armées et de sécurité syriennes dans cette attaque.

    Les services français ont recensé 44 allégations de recours à des armes chimiques et substances toxiques en Syrie depuis le 4 avril 2017, date de l’attaque au sarin de Khan Cheïkhoun. Parmi ces 44 allégations, les services français estiment que les éléments rassemblés au sujet de 11 attaques permettent de présumer de leur nature chimique. Du chlore aurait été utilisé dans la majorité des cas ; les services soupçonnent également le recours à un neurotoxique le 18 novembre 2017 à Harasta.

    On notera dans ce contexte une recrudescence notable des cas d’emploi après le non renouvellement du mandat du mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU (JIM) en novembre 2017, en raison du véto de la Russie au CSNU. Une multiplication des attaques au chlore depuis le début de l’offensive de la Ghouta orientale a été clairement constatée et établie.

  • Syrie : des volontaires occidentaux comptent rester « jusqu’au bout » avec les forces kurdes à Afrin

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/03/14/des-volontaires-occidentaux-comptent-rester-jusqu-au-bout-avec-les-forces-ku

    Français, Italiens ou Britanniques, ils ont rejoint le mouvement kurde par sympathie idéologique ou pour lutter contre les djihadistes de l’EI, et n’entendent pas quitter la ville menacée de siège.

    Plus de sept semaines après avoir déclenché leur offensive, l’armée turque et ses supplétifs syriens – des groupes d’inspiration islamiste issus de la rébellion armée – étaient, mercredi 14 mars, aux portes de la ville kurde d’Afrin. La ville est prise en étau d’est en ouest par les assaillants et les combattants kurdes affirment se préparer à de longs combats urbains. Dans leurs rangs se trouve un petit groupe de combattants occidentaux dont certains entendent rester sur place, alors que l’encerclement complet d’Afrin et de ses habitants pourrait se profiler.

    « La situation est critique. Quoi qu’il arrive, je resterai jusqu’au bout avec d’autres camarades qui, comme moi, ne veulent pas abandonner leurs amis kurdes », déclare le volontaire britannique Jamie Janson, joint à Afrin-ville par la messagerie en ligne WhatsApp. Comme des dizaines d’autres combattants occidentaux, Jamie Janson a rejoint les rangs des forces kurdes syriennes pour combattre l’organisation Etat islamique (EI). Il poursuit aujourd’hui son engagement en participant à la défense de l’enclave kurde d’Afrin, située dans le nord-ouest de la Syrie.

    Lorsque l’armée turque et ses supplétifs syriens ont lancé leur opération sur Afrin, le volontaire britannique s’apprêtait à quitter le pays. Rakka, l’ancienne capitale de l’EI, était tombée et, dans la zone frontalière irako-syrienne, les dernières poches djihadistes étaient sur le point d’être réduites par les forces kurdes. « J’allais quitter la Syrie mais l’attaque turque sur Afrin m’a convaincu de rester et de continuer le combat, raconte Jamie Janson. Cette guerre n’a rien à voir avec celle que nous avons menée face à Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique - EI]. Malgré les capacités de résistance des Kurdes, nous sommes dépassés militairement. »

    Une unité intégrée aux forces kurdes

    Les forces kurdes qui défendent actuellement Afrin ont été le fer de lance des opérations contre l’EI dans l’est de la Syrie avec le soutien de la coalition internationale emmenée par Washington. Face à la Turquie, puissance majeure de l’OTAN qui les considère comme des « terroristes » et comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) combattu par Ankara en Turquie même, elles ne peuvent pas compter sur le soutien de leurs partenaires occidentaux.

    Les volontaires étrangers qui ont rejoint les lignes de défense kurdes à Afrin ont fondé une unité intégrée aux forces kurdes et baptisée « Forces antifascistes à Afrin » (FAAF) dont ils ne souhaitent pas révéler les effectifs. Sur la page facebook des FAAF, ouverte peu après le début des opérations, ses membres se présentent comme constituant « un groupe militaire de révolutionnaires de gauche qui défendent Afrin et son peuple contre l’invasion de l’Etat turc et de ses alliés salafistes ».

    Dans les territoires que ces forces contrôlent dans le nord de la Syrie, le mouvement kurde se veut porteur d’un modèle politique original fondé sur une forme d’autogestion, la promotion de l’égalité entre hommes et femmes et la coexistence entre les diverses communautés confessionnelles et ethniques de la région. « Parmi les volontaires qui sont restés après la chute de Rakka, il y a ceux qui étaient déjà sensibles aux idées du mouvement en Europe et d’autres qui se sont formés sur place ou qui veulent continuer par solidarité avec les gens qu’ils ont rencontré ici », explique le volontaire britannique Jamie Janson.

    Trois morts officielles de trois volontaires occidentaux

    Plusieurs volontaires étrangers ont perdu la vie depuis le début de l’offensive turque. La mort au combat de trois volontaires occidentaux a été officiellement annoncée. Parmi eux, un militant internationaliste breton, Olivier Le Clainche, connu sous le nom de guerre de Kendal Breizh a été tué le 10 février dans une frappe aérienne turque. Il avait combattu sur plusieurs fronts contre l’EI et adhérait au projet politique du mouvement kurde et de ses alliés en Syrie.

    Des militants de la gauche turque sont également représentés dans les rangs des internationaux actuellement à Afrin. Pour l’un d’eux, qui répond au nom de guerre de Devrim Botan, le combat mené contre l’armée turque à Afrin est le prolongement de son opposition radicale au gouvernement d’Ankara. « Les forces kurdes m’ont donné le choix de me battre ou non contre les forces de mon pays d’origine. J’ai accepté de rester car pour moi Daech et l’Etat turc ont la même idéologie », indique-t-il.

    « Ceux qui voulaient partir ont pu le faire. Nous sommes ici pour rester et combattre le plus longtemps possible », indique depuis le centre-ville d’Afrin un combattant italien qui emprunte le pseudonyme kurde de Tekosher, également joint par WhatsApp. Attiré par les idées du mouvement kurde, c’est sa première expérience militaire. « Nous allons résister ! », affirme un combattant plus expérimenté, italien également et utilisant le nom de guerre kurde de Dilsoz, joint depuis ce qu’il décrit comme un village situé à proximité de la ligne de front.

    « On ignore encore si l’armée turque et les milices djihadistes vont essayer d’entrer dans les zones urbaines. Les forces qui défendent Afrin se préparent aux combats de rue mais il est possible qu’ils décident de bombarder la ville massivement », explique le deuxième volontaire italien. « Les forces qui nous attaquent bénéficient du soutien d’une armée de l’OTAN mais leur idéologie est une idéologie djihadiste », estime-t-il : « Je combattais Daech dans l’est de la Syrie avant d’être déployé à Afrin. Cette attaque turque renforce nos ennemis et si Afrin tombe, il ne faudra pas s’étonner s’il y a de nouveaux Bataclan en Europe à l’avenir. »

  • Soirées femmes en lutte en Turquie et au Kurdistan, à Ahwahnee et Antigone
    https://grenoble.indymedia.org/2018-01-23-Soirees-femmes-en-lutte-en-Turquie

    [Ahwahnee] Kurdistan, la guerre des filles Le film reportage « Kurdistan, la guerre des filles », Diffusé le mardi 8 mars 2016 sur ARTE à 22h35, Il y a plus dun an, le monde saluait le courage des femmes kurdes des YPJ, les Unités de défense féminines, qui avaient combattu pour libérer la ville symbole de Kobané, en Syrie, du joug djihadiste. Aujourdhui, kalachnikov en main, elles poursuivent leur résistance face à Daech, dans le Rojava, le Kurdistan syrien, comme au Sinjar, en Irak, vaillantes et (...)

    #Editos

  • [Ahwahnee] Kurdistan, la guerre des filles
    https://grenoble.indymedia.org/2018-01-16-Ahwahnee-Kurdistan-la-guerre-des

    Projection du reportage Kurdistan, la guerre des filles à 21h Ouverture des portes et bouffe vegan à partir de 20h Le film reportage « Kurdistan, la guerre des filles », Diffusé le mardi 8 mars 2016 sur ARTE à 22h35, Il y a plus dun an, le monde saluait le courage des femmes kurdes des YPJ, les Unités de défense féminines, qui avaient combattu pour libérer la ville symbole de Kobané, en Syrie, du joug djihadiste. Aujourdhui, kalachnikov en main, elles poursuivent leur résistance face à Daech, (...)

    #Agenda

  • Dans le nord de la Syrie, le « laboratoire » kurde

    http://www.lemonde.fr/international/article/2017/12/29/dans-le-nord-de-la-syrie-le-laboratoire-kurde_5235529_3210.html

    « Après le califat » (4|5). Les Kurdes, qui ont joué un rôle central dans la bataille contre l’Etat islamique, mettent en place un modèle de gouvernance calqué sur l’idéologie du Parti des travailleurs.

    Voilà bien longtemps que l’on ne projette plus de films dans l’ancien cinéma d’Al-Thawra. La petite salle appartient au temps révolu où cette ville nouvelle syrienne des bords de l’Euphrate était appelée à devenir la cité idéale du baathisme autoritaire et triomphant des années 1970. Des ingénieurs soviétiques affectés à la construction du barrage voisin — un fleuron national, visible sur les anciens billets de 500 livres syriennes — y vivaient avec leurs familles et celles de leurs collègues locaux.

    Autour du cinéma, les rues sont tracées au cordeau, les immeubles d’habitation ressemblent à des blocs de béton brut de quatre étages. Des figures schématiques d’épis de blé et d’engrenages industriels servent d’ornement urbain. L’ensemble, construit selon les canons de l’urbanisme alors en vogue en URSS, alliée du régime syrien, raconte la promesse non tenue d’un avenir radieux.

    Quatre décennies après sa construction, ce songe architectural soviétique perdu aux confins de la Mésopotamie est tombée aux mains de l’organisation Etat islamique (EI), en même temps que le bourg voisin de Tabqa, en 2014. Rakka, l’ancienne capitale syrienne du « califat », est à une quarantaine de kilomètres en aval.

    Etrange rémanence de l’histoire… Ces quartiers ont accueilli un temps des djihadistes originaires d’ex-URSS. Mais leur utopie totalitaire, elle aussi, a vécu. Au printemps, les frappes de la coalition internationale, dirigée par les Etats-Unis, les ont chassés de ce paysage à l’optimisme décrépi, désormais ponctué de bâtiments effondrés. Aux djihadistes ont succédé, en mai, les Forces démocratiques syriennes (FDS), un groupement arabo-kurde allié au sol de la coalition dans sa guerre contre l’EI.

    Abdullah Öcalan, l’inspirateur

    Depuis, les murs du cinéma d’Al-Thawra ont été repeints. En ce matin gris du début du mois de novembre, la salle est pleine. Sur la scène, deux femmes et deux hommes, dont l’un porte une tenue traditionnelle de chef tribal, discourent. Au-dessus d’eux, cet écriteau : « Administration civile démocratique de Tabqa ». Cette nouvelle structure mise en place par l’encadrement kurde des FDS nomme ce jour-là son conseil exécutif, sous le regard bienveillant et vigilant des kadros, les commissaires politiques du mouvement kurde qui s’adressent à tous en donnant du « camarade ».

    Femmes et hommes au physique dur, marqués par leurs années de guérilla, combattants à la parole précise, forgée par une formation théorique implacable, ils sont présents partout où les FDS ont pris pied dans le nord de la Syrie. Leur rôle : superviser l’instauration, sur les décombres du « califat », d’institutions conformes à l’idéologie mise au point par Abdullah Öcalan, le fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

    Autrefois marxiste-léniniste, ce mouvement politique et militaire, en guerre contre l’Etat turc, a presque l’âge de la ville idéale d’Al-Thawra. Sa création remonte à 1978, au cours d’une réunion nocturne dans un village kurde reculé d’Anatolie orientale. Elle doit beaucoup à la volonté d’un groupe d’étudiants kurdes de Turquie. Formés aux méthodes de la gauche radicale locale, ils sont décidés à faire d’un nationalisme kurde, alors moribond, une force anticoloniale dirigée contre Ankara.


    Monument aux martyrs kurdes à Kamechliyé, ville syrienne située à la frontière turque, le 23 novembre.

    Près de quarante ans ont passé. Même s’il est toujours en conflit avec Ankara, le PKK a renoncé à la sécession et professe dorénavant un assemblage de principes autogestionnaires, féministes et écologistes. Il s’est éloigné du nationalisme kurde pour embrasser le projet d’une émancipation des peuples du Moyen-Orient par leur « autoadministration » et l’abandon du modèle de l’Etat-nation.

    Öcalan, le fondateur vénéré comme une icône, a beau être détenu sur une île-prison de la mer de Marmara, au large d’Istanbul, depuis son arrestation, en 1999 au Kenya par les forces spéciales turques, le PKK est plus puissant que jamais. L’organisation veille à entretenir son ancrage chez les Kurdes de Turquie, délocalisant ses bases de guérilla dans les zones montagneuses du Kurdistan d’Irak pour mieux les protéger et étendant ses ramifications au Moyen-Orient et en Europe. C’est pourtant le conflit syrien qui lui a permis d’ouvrir une nouvelle page de son histoire, et la lutte contre l’EI qui en a fait un acteur majeur de la scène régionale.

    Dès les premiers troubles révolutionnaires de 2011 en Syrie, les enclaves kurdes du nord du pays, qui avaient fourni à l’organisation d’Öcalan une part non négligeable de ses recrues depuis les années 1980, sont investies par des cadres du PKK. Le régime syrien ne conserve qu’une présence très limitée dans ces zones. Elles offrent ainsi au PKK et à ses cousins syriens un terrain idéal pour la mise en pratique de leur idéologie.

    De nouvelles institutions sont mises sur pied. La parité est imposée aux postes à responsabilités. Des komin — communes populaires — sont établies, censées être la cellule de base de l’écosystème sociopolitique qui voit le jour sous la houlette des kadros. Ils ne veulent pas prendre part à une révolution contre le régime syrien qu’ils estiment perdue d’avance, mais profiter de la vacance du pouvoir pour créer leur propre mode de gouvernance.

    Un appareil sécuritaire et militaire

    Dans le même temps, la machine politique se double d’un appareil sécuritaire et militaire structuré. Les Unités de protection du peuple (YPG) et les Unités de protection de la femme (YPJ) sont créées dans les trois « cantons kurdes » d’Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, de la Djezireh, dans le Nord-Est, et de Kobané, à la frontière turque. L’offensive de l’EI contre cette petite localité kurde isolée, à la fin de 2014, change la donne. Alors que Kobané est sur le point de tomber aux mains des djihadistes malgré la résistance acharnée de ses défenseurs — filmée par les caméras du monde entier de la Turquie voisine —, la coalition internationale à dominante américaine intervient dans les airs.

    Cette assistance apportée dans l’urgence se mue bientôt en un partenariat militaire durable. Les forces kurdes sont dotées d’un encadrement efficace, d’une idéologie forte qui les rend imperméables au radicalisme islamique. Au-delà, elles ne considèrent pas la lutte contre le régime de Damas comme une priorité. Dès lors, elles constituent le partenaire idéal qu’il manquait à la coalition pour vaincre l’EI en Syrie.

    « Kobané a tout changé pour nous », admet un haut kadro kurde, le « camarade » Badran. « Il y a eu un changement dans l’équilibre des forces, se souvient-il. Nous sommes devenus les partenaires de la coalition pour combattre le terrorisme. Et cela nous a permis de jouer un rôle plus important qu’avant sur le terrain. » Dès 2015, les unités YPG et YPJ sortent des enclaves kurdes et progressent le long de la frontière syro-turque, dont elles interdisent l’accès aux djihadistes, tout en se préparant à lancer l’offensive sur Rakka.

    L’aide de la coalition se renforce et les unités à dominante kurde, désormais regroupées avec leurs alliés arabes au sein des FDS, avancent vers le sud, finissant par s’emparer de Rakka en octobre 2017, avant de poursuivre leur progression vers la frontière irakienne, le long de l’Euphrate et à travers le désert de l’Est syrien.

    Femmes en uniformes et chefs tribaux arabes

    C’est ainsi qu’en Syrie, la guerre menée par la coalition a provoqué l’émergence dans son sillage d’un territoire politique dont l’étendue correspond grossièrement à la rive gauche de l’Euphrate. Ce sont les FDS, emmenés par un corps de cadres kurdes, qui l’ont organisé et se sont chargés de lui faire prendre forme. Ces hommes et ces femmes, inspirés par une organisation issue de l’extrême gauche turque et du nationalisme kurde convertie aujourd’hui à l’autogestion, ont organisé un vaste territoire à large majorité arabe à mesure qu’offensive après offensive, l’EI en était chassé.

    Dans l’ancienne salle de cinéma d’Al-Thawra, alors que l’Administration civile démocratique de Tabqa élit son conseil exécutif local et ses comités paritaires, l’avenir nébuleux de l’après-guerre se lit dans les travées et sur les murs. L’assistance composée de jeunes femmes kurdes en uniformes, de chefs tribaux arabes en habits traditionnels, de dames aux voiles fleuris et de garçons en tenues décontractées, approuve à main levée la nomination de ses délégués. La salle est décorée de banderoles couvertes de slogans : « La réalité de la nation démocratique est la coexistence entre les peuples » ; « Les femmes ont le droit de s’auto-organiser de manière indépendante »


    A Tabqa, certains quartiers ont été endommagés par la guerre. Malgré leurs habitations en partie détruites, les civils y vivent encore. Des enfants jouent à la guerre devant une de ces maisons ravagées.

    Ces slogans ont été écrits uniquement en arabe. La rhétorique est bien celle des cadres kurdes mais ici, à Al-Thawra et à Tabqa, il n’est pas opportun de mettre cette identité en avant. « Nous sommes d’abord syriens ! », dit une kadro kurde présente sur le parvis du cinéma alors que la réunion se termine et que l’assistance hétéroclite s’éparpille en petits groupes. « Nous participons à la construction d’une Syrie démocratique pour tous les peuples en suivant les idées du président Öcalan », précise cette femme d’une quarantaine d’années.

    Alliances de circonstances

    La mise sobre, voire ascétique, qu’elle arbore, son air militaire malgré les vêtements civils, son phrasé kurde, émaillé de néologismes propres au mouvement, racontent la nature d’une organisation en mesure de transformer le corps et l’esprit de celles et ceux qui la servent. Cette avant-garde, formée dans les bases reculées de l’organisation, au Kurdistan irakien, est déployée partout où le mouvement combat, gouverne ou maintient une présence. Ses membres ont perdu leurs noms de naissance, remplacés par des pseudonymes. Le mariage leur est interdit, de même que les possessions matérielles. Leur existence est vouée au PKK et à son implacable aspiration à transformer le réel.

    Leur présence tranche, devant l’ancien cinéma, avec celle de certaines personnalités tribales de la région, connues pour avoir frayé avec les anciens maîtres djihadistes de Tabqa. « Bien entendu, nombreux sont les chefs de tribu qui ont fait allégeance à Daech, reconnaît le cheikh Hamid Al-Freidj, coprésident du Conseil de Tabqa. Ils sont ensuite venus voir les camarades [des FDS] et il y a eu une procédure de réconciliation. Ils leur ont donné une nouvelle chance. » L’entrée de la salle, désormais vide, est surmontée d’un slogan qui semble sonner plus juste que les pétitions de principe affichées ailleurs avec grandiloquence : « Nos victoires ne sont pas définies par le nombre des ennemis tués mais par le nombre de ceux que nous rallions. »

    Alors que l’idéologie de l’encadrement kurde a remplacé celle des djihadistes de l’Etat islamique, les cheikhs tribaux collaborent au nouveau système comme ils s’étaient accommodés du précédent. « Il faut réunir les gens de bonne volonté pour avancer… », justifie un cadre kurde, le camarade Shiyar, face au paradoxe apparent de la politique menée par les FDS : proposer un changement révolutionnaire en s’appuyant sur les structures sociales les plus conservatrices.

    Pas seulement un projet kurde

    La cheville ouvrière de ce grand dessein paradoxal s’appelle Omar Allouche. Ancien homme d’affaires originaire de Kobané, M. Allouche n’est pas un cadre mais un compagnon de route du mouvement kurde. Il déclare avoir été l’un des premiers à accueillir Abdullah Öcalan, lorsqu’en 1979 celui-ci était venu se réfugier en Syrie pour échapper aux forces de sécurité turques. Depuis le retour de l’organisation dans le pays, il a mis à sa disposition son entregent et un vaste réseau de contacts parmi les notables arabes. « Depuis le début, nous savions qu’il allait falloir compter avec les populations arabes et que notre projet en Syrie ne pourrait pas être seulement un projet kurde », précise Omar Allouche.


    Statue à l’effigie d’un soldat kurde martyr mort au combat à Kobané, le 20 novembre. Le doigt sur la gâchette, car il est mort dans cette position.

    De fait, les trois enclaves kurdes du nord du pays que le mouvement aspirait à réunir en une bande territoriale continue sont séparées par de vastes zones de populations arabes. « Nous avons commencé par créer des partis politiques arabes, mais ça n’a pas fonctionné. La seule solution, c’était de s’appuyer sur les tribus », dit M. Allouche.

    Le début du partenariat entre les forces kurdes et la coalition internationale a conforté les dirigeants des FDS dans leur pari tribal. En reculant, les djihadistes laissaient derrière eux une société sinistrée où l’encadrement politique kurde pouvait faire émerger des intermédiaires. « Le politique ne peut pas se faire sans le militaire », confiait au printemps Omar Allouche dans la bourgade d’Aïn Issa, où se trouvent les locaux du Conseil civil de Rakka, alors que les FDS s’apprêtaient à lancer l’assaut sur la capitale djihadiste.

    Isolés par la Turquie

    « Avant chaque offensive, nous avons travaillé à la constitution de conseils locaux composés de personnes hostiles à Daech, tout en maintenant des contacts avec des notables présents à l’intérieur des zones qui étaient visées », expliquait-il alors. L’installation de ces institutions dans les zones reprises à l’EI va ensuite de pair avec le recrutement massif de jeunes hommes arabes dans des FDS, bien qu’elles demeurent encadrées par des commandants kurdes.

    La mise sur pied du Conseil civil de Rakka a suivi cette logique. Sa composition occupait déjà Omar Allouche plus d’un an avant le début des opérations militaires. « La coalition internationale considère que sa mission en Syrie est de détruire l’Etat islamique. Elle s’intéresse uniquement au militaire, pas au politique », dit-il, tout en regrettant le manque d’engagement en matière civile de la part des alliés occidentaux des FDS. Si le Conseil civil de Rakka a finalement été reconnu comme l’acteur de référence pour la gouvernance de cette ville et de ses environs, il ne bénéficie que d’un soutien diplomatique limité. En cause, la position de la Turquie. « Les pays occidentaux coopèrent avec nous militairement mais ils ne sont pas prêts à s’investir davantage en raison de leurs relations avec la Turquie », constate Omar Allouche.

    Du point de vue turc en effet, le territoire que se sont taillé les FDS dans le nord de la Syrie est perçu comme une menace existentielle, tandis que le PKK poursuit sa guérilla contre les forces armées d’Ankara dans les régions kurdes du sud-est du pays, contiguës du territoire des FDS. Pour cette raison, la nature révolutionnaire du mouvement, l’ampleur de son projet et sa vocation universaliste tendent à échapper à ses interlocuteurs étrangers. Souvent perçu comme un simple représentant des intérêts de la minorité kurde de Syrie, le mouvement entend se distinguer nettement de cette posture, ses revendications ne concernant pas les droits d’une population particulière mais un modèle de gouvernance.


    Un soldat des forces démocratiques syriennes, (FDS) chauffe de l’eau à Raqqah, le 17 novembre.

    Face au régime de Damas

    « Les gens qui dirigent ce projet pensent sincèrement que les Etats-nations ont échoué. Il faut qu’ils continuent à effacer toute trace de nationalisme dans leur pratique, estime à Kamechliyé, Hikmet Al-Habib, un membre arabe d’une des structures de gouvernance instaurées par les FDS. Mais ils font des efforts. Au début les Kurdes appelaient cette zone le “Kurdistan occidental”, ensuite le Rojava (« l’ouest » en kurde). Maintenant ils parlent du nord de la Syrie… »

    Si la direction des FDS demeure essentiellement kurde, la formation de cadres locaux a commencé. « Pas besoin de les envoyer dans les montagnes, assure Hikmet Al-Habib. Des académies ont été créées ici pour former des kadros arabes. » L’enseignement qui y est dispensé est directement inspiré de l’idéologie du mouvement et de son chef historique, Abdullah Öcalan.

    Avec le reflux de l’EI, l’ancien territoire du « califat » en Syrie est désormais partagé entre le mouvement kurde et ses alliés locaux d’une part, et le régime de Damas de l’autre. La vallée de l’Euphrate dessine la limite entre ces deux blocs. « En Syrie, aujourd’hui, il n’y a plus que nous et le régime », rappelait, après la chute de Rakka, la camarade Badran : « Soit on coopère, soit c’est le chaos. » De fait, le mouvement kurde et les FDS contrôlent non seulement le grenier à blé du pays mais également ses principales infrastructures hydroélectriques, ainsi que d’importantes ressources naturelles. A l’automne 2016, à la suite de la chute de Rakka, les FDS ont ainsi chassé les djihadistes des vastes champs d’hydrocarbures de la province de Deir ez-Zor, y compris le champ gazier d’Omar, le plus grand de Syrie.

    L’espoir d’une reconnaissance politique

    Bien que les deux parties aient un intérêt mutuel à coopérer, leur vision de l’avenir diffère. Le régime de Bachar Al-Assad entend reprendre possession de l’ensemble du territoire national et y restaurer son autorité. Les FDS, eux, entendent obtenir la reconnaissance formelle de leurs acquis politiques dans le Nord par une nouvelle Constitution. « Nous refusons tout arrangement ponctuel avec le régime sans cadre général », répondait en novembre Fawza Youssef, membre éminente du mouvement kurde en Syrie. « Il faut que nous négociions un accord global alors que nous sommes en position de force, ajoutait-elle. Les accords locaux donnent l’occasion au régime de se renforcer pour redevenir une menace dans quelques années. Nous voulons un changement de Constitution et la construction d’une Syrie fédérale et démocratique. Jusqu’à ce que cet accord soit trouvé, nous renforçons notre modèle : une autonomie géographique, qui n’est pas fondée sur l’appartenance ethnique. »

    En octobre et en décembre, des élections locales et législatives ont eu lieu dans les zones tenues par les FDS. Ces scrutins, qui n’avaient rien de déterminant du point de vue politique, visaient à approfondir un système qui continue d’évoluer et de se structurer tant qu’il a l’espace pour le faire.

    Face à Damas, la partie kurde est prête à négocier l’intégration des FDS, qui n’ont pas cessé de recruter depuis la bataille de Rakka, à une nouvelle armée syrienne, ainsi qu’à partager le contrôle des frontières et à organiser celui des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles. Le régime, en revanche, multiplie les signaux négatifs, révélateurs de son raidissement : le territoire en formation dans le nord de la Syrie est systématiquement désigné comme un espace à reconquérir et ceux qui le dirigent comme des « traîtres ».

    Sans le soutien de la coalition, que les FDS jugent dépourvue de vision politique en Syrie, le mouvement a placé ses espoirs dans un éventuel rôle de médiation de la Russie, alliée du régime et avec laquelle il coopère localement dans l’enclave kurde d’Afrine, dans le Nord-Ouest. La posture offensive du régime de Damas et la rhétorique de plus en plus incendiaire de ses responsables risquent cependant de semer le trouble parmi les alliés arabes du mouvement kurde. Hikmet Al-Habib, un cadre arabe des FDS, l’admettait récemment :

    « Beaucoup de chefs tribaux sont des opportunistes qui suivent le sens du vent. Maintenant que l’Etat islamique est vaincu et que le régime et nous sommes face à face, ils hésitent à choisir leur camp. »

  • Le #procès Merah et le risque de l’hystérie collective | La plume d’un enfant du siècle
    https://marwen-belkaid.com/2017/11/06/le-proces-merah-et-le-risque-de-lhysterie-collective

    Faire vaciller les principes du #droit à la suite d’attentats c’est finalement offrir la plus belle des victoires aux #terroristes qui ont, je le répète, un but politique et dont les morts ne sont qu’un moyen. En son temps, Albert Camus le résistant disait que s’il fallait il irait défendre un par un les nazis pour leur éviter la peine de mort. Celle-ci n’était pas encore abolie et le philosophe militait ardemment pour sa fin. Je crois qu’il s’agit d’un évènement similaire avec le procès d’Abdelkader Merah, celui-ci devait être défendu et bien défendu. Au-delà de toutes les atrocités que lui ou son frère ont pu commettre, il mérite un jugement raisonné, argumenté et digne d’un Etat de droit. Nombreux sont ceux à se gargariser de la supériorité de notre Etat de droit par rapport à Daech mais, si l’on accepte d’y renoncer ponctuellement nous ne valons pas mieux qu’eux. C’est précisément dans ces moments-là qu’il faut le plus y être attaché, pas quand tout va bien. Abdelkader Merah a bénéficié du doute comme n’importe lequel des suspects dans un procès et c’est une très bonne chose qu’il ait été jugé comme les autres et que ceux qui ont rendu le jugement ne se soit pas pliés à la pression populaire et médiatique.

  • Syrie : les djihadistes de Hetech peuvent-ils succéder à Daech ? - L’Obs
    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/guerre-en-syrie/20170830.OBS4002/syrie-les-djihadistes-de-hetech-peuvent-ils-succeder-a-daech.ht

    « Abu Muhammad al-Joulani comprend bien qu’une fois le groupe Etat islamique défait, la coalition menée par les Etats-Unis, mais aussi la Russie, la Turquie, l’Iran, retourneront les armes vers son groupe », écrit-il. « Il n’a peut-être qu’une année ou deux devant lui. »

    « Son objectif n’est donc pas de créer un émirat islamique permanent dans la région d’Idlib, mais plutôt d’y établir une base de recrutement pour son armée djihadiste, en accord avec les principes d’Al-Zawahiri : ’La stratégie du djihad pour le Cham [#Syrie et #Irak, NDLR] doit se concentrer sur la guérilla ; ne cherchez pas à tenir des territoires’. »

    Après des années de prudence et de double jeu avec la communauté internationale, la franchise d’#Al-Qaida pourrait-elle de nouveau menacer l’Occident par des attentats à l’étranger ? « On ne peut pas écarter l’hypothèse », glisse Frédéric Pichon. Pour Fabrice Balanche, la coalition doit même réagir au plus vite, sans attendre la destruction complète de l’Etat islamique : « HTS se renforce chaque jour, et se reposer sur leurs rivaux ne suffira pas à les contrer », conclut-il. « La communauté internationale doit poursuivre la même approche contre HTS à Idlib que contre l’Etat islamique à Raqqa et ailleurs. Échouer à le faire aujourd’hui, c’est s’exposer à un coût bien plus élevé plus tard. »

  • A Deir Ezzor, Bachar écrase Daech - RipouxBliqueDesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2017/09/a-deir-ezzor-bachar-ecrase-daech.html

    Que n’a-t-on entendu sur cette armée syrienne qui, au moment où j’écris ces lignes, brise l’étau de Daech autour de Deir Ezzor ! Vilipendée par les médias occidentaux, accusée des pires atrocités, qualifiée de milice à la solde d’un clan, elle donne une claque mémorable à tous ces vautours qui l’ont accusée de servir un pouvoir “criminel” alors qu’elle combattait une vermine que les dirigeants occidentaux, ces lâches, ont nourrie au grain pendant tant d’années.
    Deir Ezzor ! Depuis trois ans, la Garde républicaine y résiste héroïquement aux assauts des mercenaires sponsorisés par tous les traîtres que compte le monde arabe. Cernée de toutes parts, elle assurait la protection des 200 000 civils restés dans la capitale provinciale malgré la violence des combats. Aujourd’hui, c’est fini ! La jonction est faite entre cette unité d’élite et les troupes du Tigre, le général Souhail Al-Hassan, ce héros de la Syrie moderne qui ne sera pas dans nos manuels d’histoire mais qui figure déjà parmi les libérateurs du pays de Cham.
    Au terme d’une brillante offensive menée dans trois directions à partir du nord-ouest, de l’ouest et du sud-ouest, les positions de Daech dans le vaste désert syrien ont été anéanties par le feu roulant des forces syriennes et alliées. La vallée de l’Euphrate en ligne de mire, ces unités mobiles ont taillé en pièces la piétaille wahhabite, elles l’ont laminée en quelques semaines. Spectaculaire, cette bataille du désert fut un succès décisif, aussi important que la libération d’Alep des griffes des milices extrémistes soutenues par l’Occident au début de l’année 2017.
    Cette victoire restituera à l’Etat syrien le contrôle de ses frontières orientales, tarissant les sources d’approvisionnement du conglomérat terroriste et opérant la jonction avec les forces armées irakiennes afin de prendre en tenailles les dernières poches terroristes. Plus largement, cette victoire militaire contribuera à rétablir la souveraineté syrienne sur l’ensemble du territoire national. C’est essentiel, car cette souveraineté restaurée est le préalable indispensable, avec l’élimination des bandes terroristes, à une réconciliation nationale voulue par le gouvernement syrien afin de mettre fin au bain de sang.
    Avec la libération imminente de Deir Ezzor, la farce tragique de l’Etat islamique va connaître son dernier acte en Syrie. Pendant des années, cette organisation criminelle a bénéficié de la duplicité occidentale, elle a traficoté avec la Turquie d’Erdogan et copieusement sous-traité les intérêts saoudo-qataris. Elle a prospéré sur le double-jeu américain, la lâcheté européenne et le cynisme des richissimes potentats du Golfe. Désormais, c’est fini ! L’hydre takfiriste va rendre l’âme sous les coups d’un Etat souverain qui a subi tous les assauts, enduré toutes les trahisons, mais qui lui administre en ce moment même la raclée du siècle.
    Quelle gifle pour les guignols de la politique et les charlatans de l’expertise ! Pendant qu’ils lui crachaient dessus, la Syrie de Bachar Al-Assad a fait le boulot, elle a tordu le cou à Daech ! Ces menteurs professionnels disaient que “Bachar ne combat pas Daech”, répétant cette absurdité comme un mantra. Ils disaient même que Bachar avait “créé Daech” de toutes pièces. Maintenant ils ont l’air fin, ces politiciens opportunistes, ces experts à la noix ! Qu’ils aillent à Deir Ezzor, ils y verront une armée nationale, une armée de conscrits qui libère son pays de l’occupation étrangère. Visiblement, ils ne savent pas ce que c’est, ou plutôt ils ne veulent pas le savoir. Pauvre Occident ! Héroïque Syrie.

  • Le vrai visage des libérateurs de Rakka | Un si Proche Orient
    http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/06/25/le-vrai-visage-des-liberateurs-de-rakka

    Pour les combattants kurdes, qui constituent selon le Spiegel 90 % des forces engagées à Rakka, il est exclu de ne pas tirer tous les fruits de leur future victoire. Les précédents de Tall Abyad et de Manbij, reprises par les YPG/FDS à Daech respectivement en juillet 2015 et en août 2016, sont accablants : le PKK/PYD a établi en quelques semaines une domination méthodique sur les villes « libérées », n’hésitant pas à marginaliser, puis à pourchasser les forces arabes qui l’avaient assisté dans ces batailles.

  • Et si le Moyen-Orient ressemblait à ça ? La carte du #Moyen-Orient idéal pour l’armée américaine en 2006 (PHOTOS)

    Si vous pouviez réorganiser les frontières du Moyen-Orient à votre guise, comment procéderiez-vous ? En 2006, l’armée américaine s’est posée précisément cette question.
    Le projet impliquerait une forme de chaos constructif. « L’administration Bush prendrait la destruction créatrice pour décrire le processus par lequel elle souhaite voir émerger le nouvel ordre mondial », analysait alors le professeur #Mark_Levine pour le #think-tank #Global_Research. Il faudrait donc passer par une #tabula_rasa (et ce qu’une telle expression implique en terme de pertes humaines et infrastructurelles) pour pouvoir reconstruire sur des bases différentes. « Et suivant les intérêts et les besoins » américains et israéliens, précisait #Mahdi_Darius_Nazemroaya, également chercheur à Global Research.
    Le Lieutenant-Colonel américain #Ralph_Peters, retraité et enseignant à l’Académie Militaire des Etats-Unis, avait conçu une carte idéale, redessinant les frontières pour un « Nouveau Moyen-Orient ».

    http://www.huffpostmaghreb.com/2013/10/25/moyen-orient-armee-americ_n_4157849.html
    #frontières #USA #Etats-Unis #cartographie #visualisation #morcellement #histoire

    –-> pour archivage

  • « Trump a donné 1000 raisons à Daech de lancer des attaques chimiques » – Le Saker Francophone
    http://lesakerfrancophone.fr/trump-a-donne-1000-raisons-a-daech-de-lancer-des-attaques-chimiqu

    Une interview de Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie – Le 7 avril 20127 – You Tube.

    (...)

    Mais je reviens au point principal : ça ne va pas s’arrêter ici, et nous sommes probablement destinés à y être entraînés, car Trump vient de donner aux djihadistes 1000 raisons d’organiser des opérations sous faux drapeau, voyant à quel point il est efficace et facile, avec des médias crédules, de pousser l’Occident à des réactions outrancières. En toute probabilité, ils vont mettre en scène une opération semblable à celle qu’ils ont montée, et cela a été prouvé par l’ONU en août dernier ; ils ont monté une attaque au gaz de chlorine contre des civils et ont essayé de faire en sorte qu’elle ait l’air d’une opération du régime.

    Souvenez-vous bien de ce que je vous dis ici, car cela se produira (infailliblement), et on aura tous les va-t-en guerre qui viendront nous dire qu’Assad nous défie et que nous devons intervenir encore plus lourdement en Syrie. Ce sera des attaques sous faux drapeau.

    #syrie #faux_drapeau

  • Syrie : frappe de la coalition contre un dépôt d’armes chimiques de l’EI, des victimes
    https://fr.sputniknews.com/international/201704131030880171-frappe-coalition-syrie-armes-chimiques-daech

    Si la nouvelle est confirmée, ce qui n’est pas gagné, quelques experts et autres éditorialistes vont devoir récrire leur copie. Les politiques, eux, s’arrangeront comme ils savent le faire.

    La coalition internationale a porté mercredi une frappe contre un dépôt d’armes chimiques appartenant à Daech à Deir ez-Zor, faisant des centaines de victimes, a annoncé l’État-major syrien. L’incident prouve que les terroristes possèdent des armes chimiques, affirme l’armée syrienne.

    Une frappe portée mercredi par la coalition menée par les États-Unis contre un dépôt d’armes chimiques appartenant à Daech dans la région de Djalta, près de la ville de Deir ez-Zor, a provoqué l’intoxication de centaines de personnes, a annoncé le commandement des forces armées syriennes dans un communiqué diffusé par l’agence syrienne Sana.

    Selon l’agence, le raid aérien a été mené mercredi à 17h30 (heure locale) et a permis d’éliminer un grand nombre de terroristes de Daech, y compris plusieurs étrangers engagés à leurs côtés.

    Suite à la frappe, « un nuage de fumée blanche, puis jaune s’est formé » au-dessus du lieu de l’attaque, « ce qui témoigne de la présence importante de substances toxiques », indique le document dont Sputnik a obtenu une copie. « L’incendie sur les lieux a duré jusqu’à 22h30 », précise le communiqué.

    Selon le document, l’intoxication aux substances chimiques a fait des centaines de morts, y compris par asphyxie, parmi les terroristes ainsi que parmi les civils.

    « Ce qui s’est passé prouve que les terroristes des Daech et du Front al-Nosra possèdent des armes chimiques et sont capables d’en faire usage, de les obtenir et de les transporter », lit-on dans le document, qui rappelle une fois de plus que les troupes gouvernementales ne possèdent pas d’armes chimiques.

    Les États-Unis démentent de leur côté avoir mené une frappe près de Deir ez-Zor.

  • Daech progresse aux portes d’Israël et de la Jordanie | Un si Proche Orient
    http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/01/19/daech-progresse-aux-portes-disrael-et-de-la-jordanie

    Daech progresse aux portes d’Israël et de la Jordanie

    La chute d’Alep a permis à Daech, non seulement de reprendre Palmyre et de progresser à Deir Ezzor, mais aussi de consolider ses positions dans le sud de la Syrie.
    . . .
    Quelles que soient les rodomontades du dictateur Assad et de ses soutiens à l’étranger, c’est bel et bien Daech qui tire les plus grand bénéfices de la chute d’Alep : il continue de menacer l’Europe, entre autres, à partir de Rakka ; il a pu frapper la ville jordanienne de Karak, la veille de la tuerie du marché de Noël de Berlin ; il consolide sa présence au carrefour des frontières entre Israël, la Jordanie et la Syrie, à l’Ouest, ainsi que dans le triangle Syrie-Jordanie-Irak à l’Est.

    Un résultat aussi désastreux augure le pire pour 2017.

    #EI #daesh #Syrie #Jordanie #Israel #Filiu

  • Mossoul : avec les forces spéciales françaises
    http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/mossoul/mossoul-avec-les-forces-speciales-francaises_2019782.html

    Les forces spéciales françaises aux côtés des soldats d’élite irakiens. Leur mission : faire du renseignement. Jamais loin de la ligne de front. Les Français aident à identifier les cibles. Leur devise : voir sans être vu, leur anonymat doit donc être conservé. Depuis deux ans, les forces françaises conseillent les combattants kurdes et irakiens.
    La cache d’un sniper

    Nous sommes aux portes de #Mossoul, les forces irakiennes de contre-terrorisme investissent un quartier repris à Daech. Cette opération, ils la mènent avec les forces spéciales françaises. Ils vont s’enfoncer dans les ruines potentiellement minées. Les pièces sont encombrées, le danger est partout. Ils évoluent dans un labyrinthe de tunnels, de maisons éventrées. Le parcours est fléché et des indications précisent sont sur les murs. En suivant les fils électriques, les Français vont découvrir un endroit stratégique, la cache d’un sniper. Le drone d’observation est devenu indispensable dans cette guerre contre l’organisation État islamique.

  • Irak : tous les anciens baathistes ne sont pas avec Daech | Causeur
    http://www.causeur.fr/irak-iran-baath-etat-islamique-33437.html

    Le discours d’Izzat Ibrahim al-Douri en date du 15 mai, dans lequel il dément sa mort et s’en prend à Daech, est révélateur de ces clivages. Il illustre combien les baathistes, dans l’après-2003, sont restés divisés face à la succession des événements. Cet enregistrement permet de surcroît de nuancer la thèse selon laquelle les baathistes auraient incarné les têtes pensantes de Daech. Cette thèse est en partie fondée, surtout en ce qui concerne les membres des anciennes forces paramilitaires du régime et des mukhabarat (services de renseignement), mais tous les baathistes ne se sont pas rangés sous la bannière des djihadistes et ont même fait les frais de leur ultraviolence au cours de règlements de compte particulièrement sanglants dans le camp sunnite. Ce qui est frappant, en revanche, c’est l’obsession alimentée par la classe politique au sujet de ces anciens personnels du régime et la trace omniprésente laissée par le parti Baath dans le débat politique, synonyme de toutes les paranoïas et de toutes les craintes. Al-Douri a ainsi été présenté comme le « cerveau » de l’État islamique par le gouverneur de Salahaddin ; avant cela, Washington avait longtemps nourri l’idée d’une insurrection sunnite orchestrée de longue date par Saddam Hussein.

  • Bataille de #Mossoul :
    1. Volet militaire.
    -- http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170107-lenteur-reprise-mossoul-ei-inquiete-irak

    Voilà bientôt trois mois que les forces irakiennes combattent pour reprendre Mossoul. Libérer la deuxième ville d’Irak des mains de l’organisation État islamique s’avère plus complexe que prévu. La lenteur de cette avancée inquiète en #Irak, car Mossoul n’est pas le seul front à tenir face au groupe terroriste.

    -- Mossoul : les pertes sévères des troupes gouvernementales ralentissent leur progression face à Daech, http://www.lopinion.fr/edition/international/mossoul-pertes-severes-troupes-gouvernementales-ralentissent-leur-115709
    -- Mossoul : l’armée américaine contrainte de s’impliquer directement dans la bataille, http://www.lopinion.fr/edition/international/mossoul-l-armee-americaine-contrainte-s-impliquer-directement-dans-117310
    -- The Campaign for Mosul : December 20, 2016 - January 3, 2017, http://understandingwar.org/backgrounder/campaign-mosul-december-20-2016-january-3-2017

    2. Volet humanitaire.
    -- Iraq : Mosul Humanitarian Response Situation Report No. 14 (26 December 2016-1 January 2017), http://uniraq.org/index.php?option=com_k2&view=item&task=download&id=2075_48755f9734dbc3724213
    -- Iraq : 13.000 personnes ont fui Mossoul ces cinq derniers jours, selon l’ONU, http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=38737
    --------------
    Irak : UN Casualties Figures for Iraq for the Month of December 2016, http://uniraq.org/index.php?option=com_k2&view=item&id=6611:un-casualties-figures-for-iraq-for

    Novembre 2012–Décembre 2016 : 35 168 civils †, 70 311 blessés au minimum. Moyennes & médianes mensuelles : 703 (†), 1406 (bl.) & 651 (†), 1310 (bl.).

  • DAECH ET HILLARY, DANSEUSES DES SAOUD - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2016/11/daech-et-hillary-danseuses-des-saoud.html

    6 Novembre 2016, 10:39am | Publié par S. Sellami

    Bruno Guigue
    17 h · 
    Depuis son exil londonien, Julian Assange vient de révéler un nouvel email d’Hillary Clinton. Dans ce courriel daté d’août 2014, elle écrit : « Nous devons aussi utiliser la voie diplomatique (..) pour faire pression sur le Qatar et l’Arabie Saoudite qui fournissent clandestinement un soutien financier et logistique à Daech et d’autres groupes sunnites radicaux de la région ». A l’époque, Mme Clinton n’est plus secrétaire d’Etat. Mais elle est une personnalité politique de premier plan. Elle adresse cette recommandation à John Podesta, son actuel directeur de campagne, qui est alors conseiller de Barack Obama.

    Pourquoi la révélation de cet email est-elle une bombe ?

    D’abord, parce que ce courriel découvre le pot aux roses du financement extérieur du terrorisme. La doxa disait que les millions de dollars qui remplissent les poches des terroristes provenaient du trafic de pétrole et d’extorsions diverses. On devinait que les armes lourdes, les uniformes et les 4X4 de Daech n’avaient pas été achetés au bazar du coin. Daech et les autres groupes du même acabit ne sont pas des bandes de pouilleux déguenillés, mais ils constituent une véritable armée, composée de mercenaires suréquipés.

    Cette armée d’invasion qui mobilise une piétaille de desperados sans foi ni loi n’a pas surgi du néant. Manifestement, elle a bénéficié d’une logistique efficace et de puissants moyens financiers. L’email de Mme Clinton l’exprime sans détour. Avec cette nouvelle pièce versée au dossier, c’est donc l’hypothèse ressassée du « terrorisme autofinancé » qui passe à la trappe. On se doutait un peu que les décérébrés du djihad global ne travaillaient pas seulement pour la gloire. On sait désormais qui s’emploie généreusement à garantir leur pouvoir d’achat.

    Mais il y a plus. Le courriel de l’ex-secrétaire d’Etat cite les deux Etats concernés. Il ne vise ni une nébuleuse d’institutions où toute responsabilité serait diluée, ni l’initiative privée de milliardaires qui financeraient le djihad pour le plaisir. C’est un point essentiel. Les défenseurs des pétromonarchies invoquent toujours l’obscurité des circuits de financement (qui est réelle) pour disculper les gouvernements saoudien et qatari. Comme on ne peut pas remonter à la source des transferts financiers, ils affirment qu’il n’y a pas de source, et le tour est joué. Qui finance les terroristes ? On ne sait pas vraiment. Et comme on ne sait pas vraiment, on finit par dire que ce n’est personne.

    L’email d’Hillary Clinton balaye ces arguments de faux-jeton qui servent à blanchir les vrais coupables. Le texte est clair et net. Il désigne la responsabilité directe du pouvoir saoudien et du pouvoir qatari. Il signale la participation des deux Etats au financement et à la logistique de l’infrastructure terroriste. Hillary Clinton ne fait aucune réserve. Devant son clavier, elle dit les choses comme elles sont. Et ce qu’elle nomme, c’est un terrorisme d’Etat.

    Du coup, l’email révèle aussi l’ampleur de la responsabilité américaine. Il montre que le poison ne vient pas seulement des deux pustules wahhabites, mais des USA. Quand Hillary écrit ce courriel, sa main ne tremble pas. Pourquoi ? Parce qu’elle sait de source sûre ce qu’elle écrit. Comme tous les dirigeants de premier plan, elle sait de quoi il retourne. Barack Obama lui aussi le sait. Ainsi la révélation de cet email déchire le voile du mensonge tissé par les dirigeants occidentaux autour d’un terrorisme qui est leur bébé. Ces crapules savaient et n’ont rien dit parce que leur complicité est indicible.

    Ce nid de scorpions, ils savent parfaitement qui le nourrit. Ce sont leurs amis. On se souvient que Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, puis Manuel Valls, avaient réfuté en bloc des accusations aussitôt taxées de « complotisme ». « Je n’ai pas de raison de douter de l’engagement de ces deux gouvernements », déclarait le premier ministre français sur RTL, en novembre 2015, à propos du Qatar et de l’Arabie saoudite, ces « amis de la France » en lutte contre le terrorisme. Après la révélation de ce nouvel email, M. Valls devrait se regarder dans la glace. Il aura l’air fin.

    Cerise sur le gâteau, cette affaire met à nu la corruption abyssale des Clinton. L’ex-secrétaire d’Etat a cautionné l’alliance avec les pétromonarchies pour détruire des Etats souverains en Libye et en Syrie. Elle y a semé le chaos et la désolation. Mais cela ne suffisait pas. Elle a aussi touché les dividendes de cette compromission. Les monarques du Golfe qui abondent les caisses des djihadistes sont les mêmes que ceux qui versent des millions de dollars à la Fondation Clinton. Et c’est avec eux que Washington a signé de fabuleux contrats d’armement (80 milliards de dollars en dix ans). Difficile de faire mieux dans la compromission et la corruption. Daech et Hillary, même profil ! Danseuses pour les Saoud. Mais le pire, c’est qu’elle risque d’être élue.

    Bruno Guigue (05/11/2016)

  • Perspectives libertaires pour le Moyen-Orient
    Entretien avec un anarchiste de Turquie

    http://lavoiedujaguar.net/Perspectives-libertaires-pour-le

    Cette interview, publiée dans Umanita Novà et traduite de l’italien par un camarade de l’OCL (Organisation communiste libertaire), est un résumé d’une réunion de plusieurs heures avec un porte-parole de l’organisation anarchiste turco-kurde Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF, Action révolutionnaire anarchiste). Elle a été réalisée début août 2016, deux semaines seulement après la tentative de coup d’État du 16 juillet et à peine plus d’un mois avant le début de la grande manœuvre d’Erdoǧan sur la rive droite de l’Euphrate, en territoire syrien, afin d’en chasser les milices des Forces démocratiques syriennes qui avaient repris à Daech ces territoires nécessaires à l’approvisionnement du « califat ».

    Comment la situation a évolué en Turquie au cours de ces dernières semaines ? Est-ce que le pouvoir d’Erdoǧan est plus fort après la tentative de coup d’État ? (...)

    #Turquie #anarchistes #Kurdistan #Erdoǧan #islamistes #armée #coup_d'État #lutte_sociale #féminisme #antimilitarisme

  • « Il y a toujours une nation irakienne »
    La défaite de Daech à Mossoul pourrait tourner la page du communautarisme en Irak | Paris planète
    http://paris-international.blogs.la-croix.com/la-defaite-de-daech-a-mossoul-pourrait-tourner-la-page-du-communautarisme-en-irak/2016/10/24
    Entretien avec #Ahmed_Saadawi

    « Il y a toujours une nation irakienne »

    Y a-t-il toujours une nation irakienne susceptible de resurgir des cendres de 35 ans de guerre ? « Bien sûr », répond Ahmed Saadawi. « Certes, le contexte politique n’est pas idéal, mais les gens ordinaires ont une formidable énergie, vitalité, envie de vivre et de sortir de l’impasse. En 2003, quand les Américains ont renversé Saddam Hussein, tout le monde revendiquait son appartenance religieuse. Ce n’est plus le cas. C’est parfois comme un travail de deuil, mais beaucoup ont compris qu’on ne pourra réunir le pays sur un socle confessionnel ou ethnique et que le communautarisme ne fournira aucune solution nationale ».

    « A Bagdad, les populations se côtoient tous les jours »

    « A Bagdad, notamment, les ethnies et les confessions ne sont pas séparées par des murs. Les populations se côtoient tous les jours. On vit les uns avec les autres dans les hôpitaux, les souks, les universités… Dans la rue, on ne connait pas l’appartenance confessionnelle de celui avec qui on marche sur le trottoir. Et on ne s’en préoccupe pas. Commence à émerger une conscience nationale par-dessus les communautés. C’est elle qui va permettre de peser sur les gouvernants et de changer les choses ».

  • Olivier Roy : « Le djihad et la mort »

    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2016/10/15/olivier-roy-le-djihad-et-la-mort-932057.html

    La radicalisation de l’islam existe, le salafisme existe, il se répand parmi les jeunes en Europe et au Moyen-Orient. Mais je conteste l’idée que le salafisme est le sas d’entrée dans le terrorisme. Il y a quelques salafistes qui sont devenus terroristes, mais très peu.
    ...
    Noyer le djihadisme dans le salafisme, c’est ne pas comprendre les racines de la radicalisation. Cela dit, sur le plan sociétal, le salafisme pose de vrais problèmes de vivre ensemble et d’intégration. Mais ce n’est pas un problème de terrorisme.
    ...
    On veut présenter Daech comme l’avant-garde des masses musulmanes. C’est une illusion d’optique.
    ...
    Il est faux de prétendre que les attentats de Daech représentent une victoire de l’islam politique. Daech suit une logique qui est profondément non politique, c’est apocalyptique. Ils font l’apologie du suicide que ce soit sur le terrain du Proche-Orient ou en Europe. La mort est au cœur du projet individuel des jeunes qui rejoignent Daech. S’il y a un projet politique de Daech, il est intenable. Ce n’est pas un projet du type Frères musulmans ou talibans. Les Frères musulmans veulent construire un Etat islamique dans un pays concret. Les talibans veulent créer l’État islamique d’Afghanistan. Daech dit que le califat est en perpétuelle expansion, qu’il ira du Maroc à l’Indonésie. C’est un projet intenable. C’est un projet de guerre. Daech ne cherche pas à mettre en place un Etat, il se comporte comme une armée occupante pour tenir le territoire. Daech s’est imposé car il y avait une population arabe sunnite qui avait de bonnes raisons de se révolter. Il n’y a plus un seul Etat arabe sunnite dans la région à part la Jordanie.
    ...
    Les jeunes de Daech ne sont jamais insérés dans un mouvement social, ils ne vont pas à la mosquée ou alors ils contestent l’imam. Ils se radicalisent au contact d’un petit groupe de copains, en prison, et passent à l’acte. Il n’y a aucune propagande, sinon par l’action, un peu comme les anarchistes à la fin du 19e siècle. Mais elle n’est pas ciblée. C’est d’ailleurs ce que reproche Al-Qaida à Daech. Al-Qaida faisait des attentats symboliques. Daech fait feu de tout bois.
    ...
    Les filles en particulier le disent : mon projet était de mourir. Ce ne sont pas des naïfs qui commencent par faire leurs cinq prières par jour et qui ont été doucement amenés à poser une bombe. Ils ont voulu poser une bombe dès le début. La radicalité fait partie de leur choix.

  • Ankara, un an après l’attentat, commémoration empêchée-Kedistan
    http://www.kedistan.net/2016/10/09/ankara-commemoration-empechee

    @Ad Nauseam - Il y a un an, le 10 octobre 2015, un attentat à la bombe, attribué à Daech, a enlevé la vie à 109 personnes et fait 500 blessés. Une commémoration unitaire avait été organisée par l’Association de solidarité et Paix 10 Octobre, les syndicats DISK et KESK, l’Union des architectes et des ingénieurs de (...)

    #Kedistan / #Mediarezo