city:dakar

  • Des #sons pour raconter le monde - Culture - RFI
    http://www.rfi.fr/culture/20190301-ecouter-monde-sons-patrimoine-cartographie-sonore

    C’est l’histoire d’une utopie, un projet hors cadre soutenu par le programme Europe Créative de l’Union européenne : raconter le monde avec des sons. Monica Fantini, créatrice sonore, Paolo Zavagna, compositeur, Severine Jannsen, philosophe et Hamadou Tidiane Sy, journaliste ont rêvé de voir se côtoyer les bruits du grand bazar de Téhéran, les klaxons des camions poubelles de Dakar, les puissantes cornes de brume dans le port du Pirée en Grèce ou les pas des voyageurs résonnant dans la gare Saint-Lazare à Paris. C’est désormais une réalité. Sur le site Ecouterlemonde.net, les chasseurs de sons se sont donnés rendez-vous, nombreux, et vous invitent à un voyage virtuel

    #musique #cartographie_des_sons


  • L’#Espagne lance un #clip pour décourager les clandestins sénégalais

    Le gouvernement espagnol, en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations et le Sénégal, a produit un spot qui met en garde contre les dangers de l’immigration clandestine. Lancé et diffusé mercredi sur les ondes sénégalaises, il s’inscrit dans une vaste campagne de sensibilisation officiellement lancée dans ce pays le 18 juillet dernier.

    Une femme d’âge mûr raconte, en wolof (langue nationale la plus parlée au Sénégal) comment elle a perdu son fils unique qui tentait de rejoindre l’Europe par la mer. L’image de son corps inanimé illustre son témoignage. Puis, c’est au tour du plus célèbre des Sénégalais, le chanteur Youssou N’Dour, de prendre le relais et de lancer ce message : « Ne risque pas ta vie pour rien, tu es l’avenir de l’Afrique ». Le spot qui a été lancé mercredi, au Sénégal, par le gouvernement espagnol en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de lutte contre la migration irrégulière, financée en partie par l’Espagne, menée depuis le 18 juillet dernier au Sénégal. Objectif clairement affiché : dissuader les futurs clandestins sénégalais.

    Silence, on sensibilise !

    Le clip, réalisé par une agence de communication espagnole, vient compléter un dispositif composé de deux autres clips qui mettent en scène les dangers de l’immigration clandestine et qui ont déjà été diffusés sur les trois chaînes de télévision sénégalaise : RTS, RTS2 et Canal info. Notamment aux heures de grande écoute, par exemple avant le journal télévisé du soir. La presse écrite et les radios sénégalaises sont également mises à contribution dans cette vaste opération de communication. Des insertions publicitaires figurent en bonne place dans les journaux et des débats radiophoniques ont été organisés avec des représentants de l’OIM et du ministère sénégalais de l’Intérieur.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=LZBgBeBMTos

    Claire Sambou, 24 ans, étudiante en sciences économiques et membre active de l’Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales (Aiesec), ONG de référence dans le monde estudiantin, a vu l’un des clips où l’on voit une jeune mère et son fils. L’enfant interroge sa mère sur la disparition de son père mort noyé alors qu’il rejoignait les côtes espagnoles. « C’est assez triste de voir les images de cette maman qui pleure et de cet enfant qui réclame son père. Cela pourra peut-être pousser certains futurs clandestins à ne pas se risquer dans cette aventure parce qu’ils laisseraient leurs familles dans une situation semblable. Mais, en même temps, ça dépend vraiment des gens ».

    Proposer des solutions concrètes aux jeunes

    Dans un pays où la pratique se banalise et est parfois encouragée par les proches, les campagnes de sensibilisation ne suffisent pas à décourager les candidats à l’immigration clandestine. L’OIM, ainsi que les autorités sénégalaises et espagnoles en sont conscientes. D’où des actions concrètes d’insertion et de réinsertion professionnelle. « Nous venons de financer 80 jeunes promoteurs de projets générateurs de revenus dans les régions de Mbour, Ziguinchor, Dakar et St-Louis », souligne Isabelle de Goussencourt, responsable du programme de Renforcement des capacités de gestion de la migration et de lutte contre la migration irrégulière au Sénégal financé par la Commission européenne. « Ces jeunes ont reçu des financements en nature et espèces et nous avons engagé l’Anej (Agence nationale pour l’emploi des jeunes au Sénégal, ndlr) pour assurer leur formation de quinze jours en gestion et entreprenariat ».

    Donner les moyens aux jeunes de rester et de ne pas céder à la tentation d’un exil souvent fatal est devenue l’une des priorités de l’Anej créée en 2001. « Notre mission est de trouver du travail aux jeunes », explique Badou Faye, directeur de la promotion de l’esprit d’entreprise à l’Anej. « Les messages ne suffisent pas pour avoir de l’impact sur les jeunes. C’est incomplet. Lorsqu’on leur dit de ne pas partir, il faut leur proposer quelque chose de concret pour qu’ils restent. J’ai reçu hier quatre jeunes – ils en représentaient une trentaine – qui ont tenté l’aventure et qui sont revenus. Quand je leur ai parlé du projet que nous étudions actuellement avec la coopération espagnole pour mettre en place un réseau de boulangeries un peu partout au Sénégal, il y ont vu une grande opportunité. Pour eux et pour leur localité. » L’Anej sensibilise les jeunes, mais aussi leurs parents. « Nous leur suggérons d’avoir la même ardeur à financer les petits commerces que souhaitent monter leur enfants que celle qu’ils ont quand il s’agit de payer leur passage », poursuit Badou Faye.

    En 2006, près de 32 000 immigrés irréguliers sénégalais sont arrivés aux îles Canaries quand beaucoup d’autres périssaient en mer.

    https://www.afrik.com/l-espagne-lance-un-clip-pour-decourager-les-clandestins-senegalais

    –-> article qui date de 2007, mis ici pour archivage.

    #campagne #dissuasion #vidéo #migrations #Sénégal #migrants_sénégalais #OIM #IOM #organisation_contre_la_migration

    métaliste :
    https://seenthis.net/messages/763551


  • Rebel Cities 20: With #Hip-Hop As Sound Track, Young Senegalese Say Enough Is Enough | Occupy.com
    https://www.occupy.com/article/rebel-cities-20-with-hip-hop-sound-track-young-senegalese-say-enough-enough

    “The leaders hang on to the power

    In spite of the opposition of the population.

    Politicians are all the same, no difference.

    Only broken promises and lies.

    We are fed up of your nonsense,

    We really need change.”

    These are the lyrics of #Senegal hip hop artist Keur Gui in the 2014 song “Diogoufi,” which means “Nothing has changed.” The group is active in political organizing, walking the talk of their lyrics. In 2011, its leading vocalists were at the forefront of the Senegal #Y’en_A_Marre (“We Are Fed Up”), founded in the capital #Dakar alongside other artists, academics and activists.

    #Politic #democracy #municipalism


  • Enfants pendus, décapitations... l’atroce conquête du Tchad, il y a 120 ans

    Où les aspects positifs de la colonisation, comme disait l’irremplaçable Nicolas Sarkozy (qui nous manque bien.)

    https://www.nouvelobs.com/monde/afrique/20190128.OBS9190/enfants-pendus-decapitations-l-atroce-conquete-du-tchad-il-y-a-120-ans.ht

    ’est l’un des épisodes les plus violents et les plus insensés de la conquête française de l’Afrique. Il s’est déroulé voilà cent vingt ans et reste connu sous le nom de « mission Afrique centrale-Tchad », « expédition Voulet-Chanoine » ou, plus explicite, celui de « colonne sanglante ». Des mois durant, les deux officiers, Paul Voulet et Julien Chanoine, loin de Paris et de leur hiérarchie militaire, ont orchestré massacres, viols, incendies et pillages, allant jusqu’à faire feu sur les troupes françaises lancées à leur poursuite.

    • Incontournable BD, sur l’expédition Voulet-Chanoine
      La colonne, t.1
      Un récit de Christophe Dabitch.
      Dessin et couleur de Nicolas Dumontheuil

      Première parution : 22/08/2013

      http://www.futuropolis.fr/fiche_titre.php?id_article=790197

      Basée sur des faits authentiques, La Colonne raconte l’ultime expédition française au Tchad en 1899, qui se distinguera par des massacres perpétrés tout au long de son parcours. Un épisode tragique et oublié de l’histoire des colonies françaises, raconté par Christophe Dabitch, dans le respect minutieux des faits, et Nicolas Dumontheuil, dont les images en couleurs directes ont une force d’évocation stupéfiante.

    • http://www.futuropolis.fr/fiche_titre.php?id_article=790275

      Commandée par le Capitaine Boulet (Voulet de son vrai nom) et le lieutenant Lemoine (Chanoine dans la réalité), la colonne part en janvier 1899 de Dakar, Sénégal, jusqu’au Tchad pour couronner la conquête de l’Empire français en Afrique. Mais les deux gradés, pressés et sans scrupules, obligent les autochtones à se battre au nom de l’Empire. Carnages et barbaries dans leur sillage. Devenus fous, Boulet et Lemoine ne répondent plus à aucune stratégie militaire, et dirigent pillages et massacres en tous genres. Leurs « prouesses » sont soufflées à l’oreille de l’Armée française qui envoient un émissaire pour les brider tandis que Boulet coupe la communication avec l’état-major français et décide de traverser les colonies britanniques, au risque de créer un incident diplomatique. Les Anglais ne riposteront pas si Boulet parvient à les libérer de la Sarraounia, princesse rebelle et sorcière qui tourmente les populations locales autant que les sujets de la reine d’Angleterre. Sorcellerie, dysenterie et poudre de canon. Une expédition notoire où massacres et pillages ont été légion et que la mémoire militaire et patriotique a préféré oublier. Christophe Dabitch et Nicolas Dumontheuil ont eu l’audace de redonner ses couleurs à cet épisode gommé, à l’image pourtant d’une époque. Ils bousculent avec humour les poncifs sur notre histoire coloniale et racontent, cyniques, comment les tirailleurs noirs ont dû commettre tant de crimes sur d’autres africains. La colonne, c’est l’histoire sanglante de l’Empire et ses colonies, c’est l’histoire de délires narcissiques, de la folie des hommes, loin de l’image d’Epinal d’une armée en gloire.


  • Indignés par les conditions d’expulsion de sans-papiers, des passagers d’Air France devant la justice - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/reportages/bobigny-des-passagers-juges-pour-avoir-proteste-contre-lexpulsion-de-sans-

    Les procès s’enchaînent. Celui de Caroline est directement suivi par le procès de Jean-Luc* et Armand* qui s’avancent à leur tour à la barre. Ils ne se connaissaient pas avant d’embarquer dans le même avion Air France à destination de Dakar, le 31 décembre 2017. Pour leur avocat, Maître Teffo, ces affaires sont liées, il décrit un « mécanisme » : « La personne reconduite à la frontière apparaît, un tissu dans la bouche, un casque sur la tête, les pieds et mains liés, elle est bâillonnée, hurle et se débat, les gens vont réagir et l’administration va choisir des personnes au hasard dans le but de frapper les esprits, et de leur dire : vous ne pouvez plus vous indigner dans ce pays. ».

    Les similitudes entre les deux affaires sont effectivement déroutantes. Tous les trois ont été expulsés de leur vol à cause de leurs protestations. A bord du Paris-Erevan, Caroline interroge les policiers sur l’homme, bâillonné et casqué, qui se débat dans l’avion, un policier affirme qu’il a violé une mineure. Cette affirmation sera par la suite contredite par le dossier de l’homme en question, auquel Me Marcus a eu accès. Comme Caroline l’imaginait dès lors, il est reconduit en Arménie pour sa « situation irrégulière » mais n’a jamais été condamné.

    De la même façon, dans le vol Paris-Dakar, l’homme, maintenu de force sur son siège, est présenté comme « un dangereux criminel » aux passagers, qui ont pour consigne de rester silencieux. La consigne n’a visiblement pas été respectée. Un témoin, qui s’avère être la compagne de Jean-Luc, est appelée à la barre : « Les gens n’ont pas trouvé ça normal, tous les passagers de la cabine se sont levés. » Jean-Luc s’indigne, la tension monte. Sa compagne affirme avoir ensuite été violemment giflée par une policière. Elle perd connaissance et ne peut pas assister à la suite de la scène.

    Ému, Armand se lance face à la juge dans un récit poignant : « Il y avait un homme derrière moi, en chemise molletonnée à carreaux avec un casque, il se débattait, il criait et quand, parfois, il ne faisait plus aucun bruit, il fallait deux neurones pour comprendre qu’il était en train d’être étouffé ! ». En colère, il s’indigne contre un « traitement inhumain », se plaint d’Air France et refuse de prendre cet avion. La même policière de l’escorte lui rétorque : « Eh bien pourquoi vous n’avez pas pris la compagnie de votre pays ? ». C’est la voix chargée d’émotions qu’Armand reprend son récit. « Ça fait mal, affirme-t-il. Est-ce qu’elle savait ce qu’était mon pays ? » Me Teffo, son avocat, souligne devant le tribunal que le dossier comporte également un rapport d’Air France dans lequel une cheffe de cabine dit avoir l’habitude de ce type de vols et conseille aux hôtesses de « ne pas se laisser impressionner par des Sénégalais qui ont la manie de parler fort. »


  • Chimurenga signale sur FB

    The African Imagination of a Borderless World:

    https://www.facebook.com/BardeAmu/posts/2053819831377429?__tn__=-R

    https://www.dropbox.com/s/m2ahiylwb2rfv00/afrique%20festac%2077.pdf?dl=0

    The debate that started in Manchester 1945 when the leadership of a movement founded by “concerned black people” in the West (Garvey, du Bois, CLR etc) was taken up by Africa-born poet-philosopher-politicians like Nkrumah and Nyerere - and accelerated when these poet-philosopher-politicians took charge of independent states (or “mini-states” as Walter Rodney liked to call them) and reduced pan Africanism to OAU bureaucracy (which Mbeki subsequently re-branded AU). Not all were poets or philosophers..

    Anyway, this debate was still in full swing by the time FESTAC came around - the 2nd World Black and African Festival of Arts and Culture, held in Lagos/Kaduna in 1977 (note the “Black AND African”)

    This is Kongi speaking his peace for Abibiman (his prefered name for Africa) at the FESTAC Colloquium - btw we’re working on a publication on FESTAC, soon come!

    (And this vid is courtesy of the Centre for Black Arts and Civilisations in Lagos - part the legacy of FESTAC. Check them out)

    Bright Moments!

    FESTAC’77 - the Second World Black and African Festival of Arts and Culture - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=BzAIGgWNHbY

    Festac ’77, also known as the Second World Black and African Festival of Arts and Culture (the first was in Dakar, 1966), was a cultural jamboree held in Lagos, Nigeria, from 15 January 1977 to 12 February 1977. The month-long event celebrated African culture and showcased to the world African music, fine art, literature, drama, dance and religion. About 16,000 participants, representing 56 African nation and countries o



  • le trajet pour l’école

    Les rues se couvrent de lumières
    à mesure que nous avançons dans l’hiver ;
    sur le chemin de l’école,
    ma fille se retient à mon bras
    puis me tire en arrière
    et me montre du doigt l’arbre rutilant
    dans la vitrine de la boulangerie :
    regarde, papa, regarde.
    Nous nous demandons en descendant les marches de la station
    si cet arbre était déjà là hier,
    nous ne croyons pas.

    Le quartier est coupé par les rails
    de la ligne 1 :
    il faut chaque matin franchir le pont de fer
    ou remonter jusqu’à la station
    et emprunter le passage souterrain.

    Dans le tunnel d’Àgios Nikólaos,
    contre le mur du fond,
    une vieille dame
    est assise sur un tapis de sol
    et a déposé à ses pieds
    un morceau de carton biseauté
    qui dit :
    j’ai faim / j’ai de l’asthme.
    Hier matin,
    le même tapis était occupé par un vieil homme,
    probablement son époux,
    et la pancarte était la même ;
    mais l’homme avait en plus déposé juste à côté de l’inscription
    un petit inhalateur de poche
    (vert olive,
    de la forme d’un tuyau recourbé)
    comme un gage.
    J’imagine qu’ils se relayent,
    un jour sur deux :
    l’écriteau reste le même
    mais le vieil homme garde toujours
    l’appareil avec lui.

    À la sortie du tunnel,
    la cave est tenue par un homme d’une quarantaine d’années
    qui ouvre souvent sa boutique au moment
    où nous commençons à descendre la rue Kórakas vers l’école
    et où nous saluons les mamans — Iríni, Ioúlia, Christína — qui remontent
    après avoir laissé leurs enfants
    et discutent en roumain
    (de temps en temps, nous croisons aussi Stefán, le père de Dimítris,
    et le père d’Ànguèlos, dont je ne connais pas le prénom).
    Dimítris porte un prénom grec —
    comme Ànguèlos,
    Pètros, et Nicólas,
    qui vit avec sa mère
    dans un appartement faisant juste face au nôtre :
    ma fille et lui
    passent quelquefois une heure à se parler à voix vive, d’un balcon à l’autre,
    comme Roméo et Juliette,
    et tout l’espace bordé par les immeubles, long rectangle vide
    séparé par des murets et planté d’arbres
    résonne de leur conversation.
    Iríni est serveuse
    dans le café syrien qui fait l’angle
    d’Acharnón et de Pyrsógianni,
    Ioúlia nettoie l’école maternelle de la rue Pyrsógianni,
    Christína nettoie les locaux
    d’un immeuble de bureaux racheté il y a peu
    par une entreprise allemande :
    deux sociétés ont fusionné,
    le nombre de bureaux a augmenté,
    mais le salaire est resté le même —
    et il lui faut maintenant
    faire une vingtaine de bureaux
    dans le temps qui était autrefois imparti
    à 15.
    Iríni élève son fils seule,
    mais pas Ioúlia et Christína,
    si bien qu’elles ne font pas chaque matin, elles,
    le trajet pour l’école :
    de temps en temps,
    les pères prennent le relais.
    Stefán et le père d’Ànguèlos font des chantiers.
    Le caviste qui remonte le rideau de fer est Grec, lui,
    et fait probablement partie de l’organisation néo-nazie Aube Dorée
    comme le retraité qui de temps en temps tient le kiosque à journaux
    à la place de sa femme
    et dissimule une barre de fer
    à l’intérieur de l’habitacle, sous la caisse :
    je le sais, car il a un jour menacé d’en faire usage
    pour frapper une amie
    qui distribuait des tracts au bas des marches de la station.
    Les matins d’été, un Grec
    aux traits indiens
    dépose des pots de basilic
    sur le trottoir,
    un peu en retrait de l’endroit où les gens se croisent
    à l’aveugle
    en sortant du tunnel ou en y pénétrant
    se hâtant vers le quai
    ou marquant une légère pause
    pour regarder de droite à gauche
    avant de traverser la rue et de reprendre leur course :
    chaque matin d’été, ce visage
    ces feuilles de basilic d’un vert éclatant
    et l’inscription mal effacée sur le mur de la station,
    face à la cave :
    « Fascistes, les échafauds sont prêts pour vous. »
    Sur le trajet de l’école,
    Elèni s’arrête maintenant pour déchiffrer consciencieusement
    en remuant légèrement les lèvres
    l’enseigne de la boulangerie
    les lettres sur les vitrines des magasins
    puis s’arrête un jour devant l’inscription
    et me demande de la lui traduire
    car nous parlons tous les deux en français
    dans un pays grec.
    « Qu’est-ce que ça veut dire, φασίστες ? »

    Devant la vitrine du fleuriste à l’angle d’Acharnón et d’Olympías
    ma fille me demande parfois si les plantes
    sont vraies ou fausses.

    Le problème, avec le capitalisme,
    c’est que le père d’Arióla
    ne peut pas payer à sa fille
    le sac de classe rose, orné de figures de princesses,
    dans la boutique de fournitures scolaires en face de l’école,
    car ce sac coûte 35€
    et qu’Arióla ne veut pas des autres sacs,
    de couleur unie,
    sans princesses,
    qui coûtent presque la moitié du prix :
    elle n’en veut tellement pas
    qu’elle s’est presque mise à pleurer, hier,
    dans la boutique :
    la différence
    entre le prix d’un sac avec princesses
    et d’un sac sans princesses
    est une journée de travail,
    un chantier.

    Le problème, avec le capitalisme,
    ce sont les chaussures :
    un jour, D., qui venait du Sénégal
    et était passé par la Turquie,
    ses belles chaussures de cuir, « des bottines », à ses pieds,
    les a données à ressemeler
    dans un atelier de Patissíon,
    près de la place des Amériques ou de la place Koliátzou.
    Le cordonnier
    n’a pas demandé à être payé d’avance.
    Il les portait dans le zodiac.
    Il est aussi attaché à ses bottines de cuir
    qu’Arióla au sac rose avec les figures de princesse
    que son père a finalement accepté de lui acheter
    (pas le jour même,
    mais le surlendemain) :
    « On porte des chaussures
    pour se protéger,
    pour ne pas se blesser,
    pour ne pas aller les pieds nus. »
    Ces chaussures étaient avec lui
    dans le voyage,
    l’accompagnaient,
    et elles lui rappellent Dakar :
    quelque chose de sa vie d’avant,
    à quoi il tient.
    D. quitte quelquefois Athènes
    pour récolter des tomates ou des fraises en province,
    puis revient
    et ses yeux, tandis qu’il me parle,
    sont toujours aux aguets
    d’un contrôle :
    il parle
    comme quelqu’un qui est prêt à fuir,
    à tout moment —
    à s’enfuir discrètement,
    sans courir.
    Le problème, avec le capitalisme,
    ce sont les chaussures
    qui sont prêtes, à présent,
    pendues dans la boutique
    visibles depuis la rue,
    comme neuves,
    presque dans l’état dans lequel elles étaient lorsque D. les portait au pays,
    mais qu’il ne peut récupérer,
    « au moins pour le moment »,
    faute de pouvoir payer le prix de la réparation ;
    « mais j’ai confiance :
    j’espère les reprendre assez vite. »

    Il y a trois enfants syriens dans la classe :
    ils ne parlaient pas un mot de grec,
    le premier jour,
    « mais ils font les plus beaux dessins »
    a dit la maîtresse aux enfants,
    pour compenser :
    « ce sont eux qui dessinent le mieux ».
    Dans une salle de classe voisine,
    un enfant de Syrie s’est jeté en larmes sous la table
    la veille de la fête nationale, pendant le passage des avions.

    Nos fenêtres donnent sur d’autres fenêtres
    et grâce à Elèni, qui a eu six ans le 27 octobre,
    nous apprenons peu à peu
    ceux qui y vivent.

    (vendredi 21 décembre 2019)

    https://oulaviesauvage.blog/2018/12/21/le-trajet-pour-lecole

    #athènes #Patissia #Kypseli #métro #nettoyage #soustraitance #école #fascisme #immigrés #Grèce #Syrie #quartier #extrêmedroite #dette #paysage



  • #Sénégal : inauguration du #musée des Civilisations noires à Dakar | Africanews
    http://fr.africanews.com/2018/12/07/senegal-inauguration-du-musee-des-civilisations-noires-a-dakar

    Le président sénégalais Macky Sall a inauguré jeudi à Dakar le Musée des Civilisations noires. Un évènement qui intervient au moment s’anime le débat sur la restitution des biens culturels africains pillés par la France pendant la #colonisation.

    #culture /#appropriation


  • Dans l’ouest du Mali, l’arrêt du train siffle le départ des jeunes vers l’Europe

    Depuis la fin du transport de voyageurs entre Bamako et Dakar, l’#économie tourne au ralenti dans la région de #Kayes, poussant les habitants à émigrer.
    La gare de Mahina, dans l’ouest du Mali, le 30 octobre. MORGANE LE CAM
    Les trous sont larges et profonds, les voitures zigzaguent, parfois à contresens, pour les éviter et garder leurs quatre pneus. La seule route goudronnée reliant Bamako à Kayes, dans l’ouest du Mali, n’en est plus vraiment une. Des carcasses de cars et de voitures, abandonnées sur le bas-côté, en témoignent. Depuis l’arrêt du train, il y a un an et demi, la route est devenue l’unique moyen d’accès à cette région frontalière du Sénégal.
    Le premier train y est arrivé en 1924, apporté par les colons français. Une large partie de l’économie de cette zone de plus de 2 millions d’habitants tournait autour des rails. Mais à partir de 2005, les trains de voyageurs n’ont plus circulé que par intermittence. Et puis plus rien. En cause : l’absence de rentabilité du transport de voyageurs, à laquelle se sont ajoutés le manque d’investissements et la mauvaise gestion.
    En 2003, l’Etat s’est vu contraint de privatiser la ligne, qu’il a confiée à la société Transrail. Malgré sa promesse de maintenir le volet voyageurs en parallèle du transport de marchandises, le consortium franco-canadien s’en est détourné. Il en sera de même pour Dakar-Bamako Ferroviaire, la structure bi-étatique qui a repris la ligne en 2015. Conséquence : les populations locales s’appauvrissent et ne croient plus aux promesses de l’Etat.
    « Je ferai tout pour quitter cette ville »
    A #Mahina, commune de 23 000 habitants située à deux heures de route de Kayes, la population est à bout de nerfs. La gare y était le principal lieu de vie et de commerce. Aujourd’hui, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Sur les rails menant côté ouest à Dakar, côté est à Bamako, l’herbe a poussé et les bâtiments se sont transformés en cimetière de charrettes. Ce mardi 30 octobre, quelques cheminots errent, attendant désespérément que le train revienne.
    Mahina et sa gare incarnent ce sentiment d’abandon partagé par de nombreux Maliens pour qui l’Etat a le regard tourné vers le nord du pays, en guerre, au détriment des habitants du sud. « On passe notre journée à regarder les rails, ce n’est plus possible », regrette Boubacar Sissoko, la trentaine, assis dans une des boutiques de la gare. Il n’a pas travaillé depuis dix jours. « Lorsque le train était là, tout allait à merveille, je me débrouillais pour gagner ma vie », se remémore-t-il. Torches, biscuits, jouets… Le long des 1 287 km de la ligne Bamako-Dakar, le jeune Malien vendait tout ce qu’il pouvait et cela marchait. « En un trajet, je pouvais faire jusqu’à 50 000 francs CFA [76 euros] », assure-t-il.

    Aujourd’hui, il prépare sa traversée de la Méditerranée. Il l’a déjà tentée l’an dernier. Mais une fois arrivé en Algérie après avoir franchi la frontière les yeux bandés dans un 4x4 pour la somme de 125 000 francs CFA, il a été mis en prison pendant cinq jours. Ce voyage périlleux ne l’a pas découragé pour autant : « Tant que le train ne circulera pas, je ferai tout pour quitter cette ville. Ici, nous survivons. Il faut que l’Etat sache que les populations du bord des rails vivent un enfer. »
    « Le président nous a menti »
    Le gouvernement est pourtant conscient de l’importance du train pour le développement économique de la région. Le 15 juillet, en pleine campagne électorale, le président Ibrahim Boubacar Keïta s’était rendu à Kayes pour annoncer la redynamisation du transport de voyageurs.
    Douze jours plus tard, le ministère des transports annonçait l’acquisition de trois locomotives en Afrique du Sud, pour un montant de 2 milliards de francs CFA (3 millions d’euros). « Attendues au Mali dans les meilleurs délais, ces trois locomotives vont certainement relancer l’activité du train voyageurs Bamako-Kayes et aussi le train marchandises, au grand soulagement des milliers de Kayésiens », précisait le communiqué. Depuis, silence radio. Contacté à plusieurs reprises, le ministère n’a pas donné suite à nos sollicitations.
    « Rien n’est vrai, le président nous a menti, l’Etat nous a bernés et ce n’est pas la première fois ! », tempête Makoro Coulibaly en rangeant son stand sur le marché. Cette commerçante de 40 ans a participé à la révolte qui a secoué Mahina en mars 2017. A l’époque, afin d’obtenir le rétablissement du train de voyageurs, un collectif, Sauvons les rails, avait décidé d’empêcher le train de marchandises de circuler pour faire pression sur les autorités.

    Deux mois plus tard, face aux pertes économiques engendrées par ce blocage, l’Etat s’était engagé à donner aux habitants ce qu’ils réclamaient : le retour du train de voyageurs. Le gouvernement promet alors un investissement de 4,6 milliards de francs CFA pour l’achat de trois locomotives. « La population a retrouvé espoir. Une locomotive est arrivée et a commencé à circuler. Mais au bout d’un mois à peine, le train est tombé en panne. Ils n’avaient fait que réparer de vieilles locomotives et les repeindre », dénonce Adama Bandiougou Sissoko, le maire de Mahina.
    L’élu est en colère : « La situation est catastrophique. Les rails, c’est toute notre vie. Depuis l’arrêt du train, les prix des denrées alimentaires ont augmenté d’une manière extraordinaire, car le transport routier est beaucoup plus cher », souligne-t-il. La route, 20 % plus coûteuse que le rail, a selon lui plongé des milliers de commerçants dans la pauvreté. « Aujourd’hui, nous n’attendons plus rien de l’Etat. Il nous a montré son vrai visage, il nous a abandonnés. L’arrêt du train a suscité beaucoup de départs vers l’Europe », déplore Adama Bandiougou Sissoko.

    Un migrant par famille
    Comme Boubacar, les trois enfants de Makoro Coulibaly préparent leur « aventure », une expression utilisée par les habitants de la région pour qualifier l’émigration vers l’Europe. La zone est réputée compter un migrant par famille. La migration y est une tradition, mais les habitants l’assurent : l’arrêt du train n’a fait qu’augmenter le nombre de départs.
    Makoro Coulibaly, dont les revenus ont été divisés par deux, a vu ses trois enfants partir travailler dans une mine d’or de la région, une façon de gagner beaucoup d’argent, rapidement, et ainsi financer la traversée de la Méditerranée. « Ce n’était pas mon souhait. J’ai peur qu’ils meurent, confie-t-elle, émue mais résignée. C’est comme ça. Les jeunes préfèrent mourir là-bas plutôt que de vivre dans la misère ici. »

    « J’ai vu les images en décembre 2017. Des enfants morts en mer ou alors bastonnés et vendus en Libye », se souvient Goundo Dembélé. Elle aussi est commerçante. Dans sa petite boutique, les trois frigos sont débranchés. Lorsque le train sifflait, ils fonctionnaient et étaient remplis de jus de gingembre, qu’elle vendait à la gare avec ses deux fils. Mais il y a quatre ans, ils sont partis. « Leur père venait de mourir et je n’avais plus de salaire depuis l’arrêt du train. Il n’y avait plus de travail pour eux non plus », raconte-t-elle.
    Coincés depuis en Libye, ils appellent leur mère chaque semaine. « Ils me supplient de trouver une solution pour les faire rentrer. Mais je n’en ai pas. Je n’ai pas d’argent pour les faire revenir et ils n’en ont pas assez pour traverser la mer, soupire Goundo Dembélé, les larmes aux yeux. S’il y avait encore le train, mes enfants ne seraient pas partis. Maintenant, je ne peux plus rien faire pour eux, à part prier. »

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/11/13/dans-l-ouest-du-mali-l-arret-du-train-siffle-le-depart-des-jeunes-pour-l-eur

    #Mali #facteurs_push #facteurs-push #push-factors #train #transport



  • Raw Material Company - Toutes les fautes qu’il y avait dans le monde, je les ai ramassées

    http://www.rawmaterialcompany.org/_2421

    Entre les années 1974 et 1985, pendant qu’il travaillait sur son texte en 19 tomes L’Histoire de la sensibilité, le regretté écrivain et ethnologue allemand Hubert Fichte a effectué plusieurs voyages à Dakar. Accompagné par la photographe Leonore Mau, il explorait le potentiel d’une nouvelle façon d’habiter et de faire face à un monde auquel il se trouvait aux marges. Ces préoccupations l’ont conduit au centre psychiatrique de l’hôpital de Fann à Dakar, au milieu d’expériences en antipsychiatrie, où des méthodes locales de guérison – plus particulièrement le ndoep et le pinth – dominaient.

    Fichte a également fait de nombreux entretiens et écrits sur un jeune peintre, Papisto Boy, qui créait des fresques murales à grande échelle dans les banlieues dakaroises, croisant des scènes de la mythologie sénégalaise, des cultures populaires mondiales et de l’iconographie religieuse dans un orchestre complexe et profond d’auto-identification syncrétique. Aux yeux de Fichte, le travail de Papisto Boy était l’exemple créatif par excellence du palimpseste inter-textuel qu’il considérait comme étant nécessaire afin de devenir vraiment postcolonial ; où l’altérité et la marginalité sont reconnues comme faisant partie d’une condition humaine universelle et où toute tentative de démarquer un Autre en particulier est ainsi rendue nulle et non avenue.


  • Raw Material Company - Parlons Sénégalaiseries : Société et Marginalité - 19 octobre 2018 à 17h30

    ... Si par hasard vous trainez dans le coin à dakar...

    http://www.rawmaterialcompany.org/_2471

    On est toujours le marginal de quelqu’un. Il y a ceux qui vous regardent de haut, parce que votre statut social ne leur fait pas envie, ne suscite pas leur convoitise. Ecartés de la vie ordinaire, parfois martyrisés au nom de l’uniforme social. Et puis il y a ceux qui vous regardent d’en bas, conscient de vos différences mais écrasés par leur propre ignorance.

    Bref, qui au fond, n’est pas le marginal de quelqu’un ?

    L’ethnologue allemand Hubert Fichte avait un rapport intéressant avec la marginalité et l’a à plusieurs reprises abordée dans son oeuvre et surtout dans son rapport avec les artistes et internés de l’hôpital psychiatrique de Fann qu’il a beaucoup fréquenté durant ses visites à Dakar pendant les années 70 à 80. Ces créateurs soi-disant « marginaux » sont replacés au centre d’un dialogue sur la société dans l’exposition "Toutes les fautes qu’il y avait dans le monde, je les ai ramassées".
    Être aux marges de la société, avoir un regard autre que le conentionel auquel s’accommode la grande majorité devient un privilège mais aussi et surtout une sorte de défi quant au rapport avec la société dans sa généralité. Cette ambiguïté suscite notre intérêt et sera abordée à travers les interventions du Professeur Momar Gueye, des écrivain-e-s Mariétou Mbaye dite Ken Bugul et Pape Samba Kane, sous la modération d’Ibou Fall.



  • Délit de faciès : un prof de fac sénégalais arrêté et enfermé à Roissy
    StreetPress | par Tomas Statius | 4 Octobre 2018
    https://www.streetpress.com/sujet/1538663414-prof-de-fac-senegalais-arrete-enferme-roissy

    Karamoko Kallouga Demba, professeur de droit à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, se souviendra toute sa vie de sa semaine dans les filets de la police aux frontières françaises. « Je me suis senti humilié », lâche l’universitaire, quand on le rencontre à deux pas du Panthéon. Il potasse des ouvrages de droit patrimonial, sa spécialité, à la bibliothèque Cujas.

    Venu en France pour un voyage d’études d’un mois organisé par sa faculté, Monsieur Demba a été arrêté puis envoyé à la zone d’attente de Roissy, cette prison pour sans-papiers au pied des pistes de l’aéroport. L’homme dispose pourtant de tous les documents nécessaires à son entrée sur le territoire français. « Ça ressemble à du racisme », finit-il par concéder :

    « C’est une façon de ne pas respecter les hommes africains que nous sommes. » (...-

    #France #Racisme #Douane #Frontière #Aéroport

    • En plus ça sent carrément le complexe du blanc qui rencontre un colonisé bien plus instruit que lui et qui lui fait payer très cher !
      Et sinon pas de sanction pour la mise en détention sans argument de droit valable ?

      Ils m’ont dit que ça ne changeait rien. Qu’ils avaient une liberté d’appréciation et que je ne pouvais toujours pas rentrer en France »

      En gros les gars ils peuvent tout faire selon leur « appréciation » très orientée et sans devoir en répondre devant aucune institution ? C’est quoi ce truc ?

      #abus_de_pouvoir


  • Urgent : Un jeune Sénégalais plongé dans le coma
    https://kewoulo.info/urgent-jeune-senegalais-plonge-coma-suite-a-lagression-5-militaires-franca

    Un groupe de soldats français sortis pour s’amuser dans une boite de nuit de Dakar a agressé un groupe de jeunes sénégalais. Et au sortir de cette bagarre, le jeune Oumar Watt est laissé pour mort. Pendant ce temps, ces agresseurs arrêtés par la police pendant quelques heures vaquent librement à leurs occupations.


  • Une banlieue de Dakar encerclée par le béton et menacée par la montée des eaux
    https://www.bastamag.net/Une-banlieue-de-Dakar-encerclee-par-le-beton-et-menacee-par-la-montee-des-

    À seulement 35 kilomètres de Dakar, la ville sénégalaise de Bargny est en passe de devenir la nouvelle grande banlieue industrielle de la capitale. Prise en étau entre les conséquences de la montée des eaux liée au changement climatique et son basculement forcé vers l’industrie, elle est aussi, peu à peu, en train de disparaître. Ses habitants questionnent les promesses de progrès qui leur ont été faites par le pouvoir : à qui ce « développement » va-t-il profiter ? C’est ce que raconte Bargny, ici (...)

    ça bouge !

    / #Afrique, #Vidéos, #Climat, Pollutions

    #ça_bouge_ ! #Pollutions_


  • Le CEDETIM salue la mémoire de Samir Amin 

    Samir Amin (1931-2018), d’ascendance égyptienne et française, africain de cœur et de tous les tiers-mondes, militant altermondialiste de tous les combats contre l’impérialisme et les inégalités.
    Il restera évidemment le théoricien du développement inégal. Une explication du monde, de la persistance et du développement des inégalité structurelles dans le système-monde entre le « centre » et les « périphéries », qu’il a développé dans ses ouvrages des années 1970, comme L’accumulation à l’échelle mondiale (1970), Le développement inégal (1973), la crise de l’impérialisme (avec A. Faire, M. Hussein et G. Massiah, en 1975), et surtout L’impérialisme et le développement inégal, (aux éditions de Minuit en 1976). Le « tiers-monde » post-colonial n’est pas sous-développé, il est intégré de force au monde capitaliste , dans un système structurellement inégalitaire de développement du sous-développement. Samir Amin participera au renouvellement du marxisme et explorera des voies qui permettent de comprendre l’évolution du monde et de sa transformation. 

    Comment rompre cet engrenage ? C’est l’objet de La déconnexion : pour sortir du système mondial publié en 1986 à La découverte. Mais la chute du bloc soviétique n’a fait que renforcer ce système qui, pour lui est caractérisé par l’extrême centralisation du pouvoir dans toutes ses dimensions, locales et internationales, économiques, politiques et militaires, sociales et culturelles. Certes certains grands pays « émergent », et les rapports de forces se modifient, mais partout se creusent les inégalités, le processus de prolétarisation généralisée et s’aggravent les risques de la crise économique social et écologique constatait-il, en aout 2017 (Pour une internationale des peuples, 16 aout 2017)

    Il ne faut pas oublier que Samir Amin a aussi beaucoup étudié les sociétés et économies du Maghreb, d’Afrique occidentale, d’Egypte, à partir de son premier livre, L’Egypte nassérienne (publié aux Editions de Minuit en 1964). Il a livré quelques analyses historiques et politiques lumineuses comme, La nation arabe, nationalisme et luttes de classes, aux Editions de Minuit, 1976.

    Militant autant qu’analyste ou théoricien, Samir Amin n’a jamais cessé de proposer, d’enseigner et d’agir. De 1970 à 1980, il dirige l’IDEP (Institut Africain de Développement Economique et de planification) ; il en fait un lieu d’excellence de la recherche africaine en économie politique et un accueil et un refuge pour les intellectuels africains engagés. En 1975 il a été parmi les fondateurs du Forum du Tiers Monde à Dakar.

    Il contribue aux travaux du CETRI (Centre Tricontinental), basé à Louvain-la-Neuve (Belgique) et animé par François Houtart (1925-2017), avec qui en 1996 il fonde le Forum Mondial des Alternatives, basé au Caire. Ce forum sera en 1999 à l’origine d’une initiative Anti-Davos, prélude à ce qui deviendra lors de sa première édition à Porto Alegre en 2001 le Forum social mondial, et bien entendu Samir Amin participera activement aux FSM suivants. Il sera aussi le président du Centre d’Etudes Africaines et Arabes du Caire, correspondant du Forum du tiers Monde de Dakar.

    Il écrit des projets et manifestes, après la chute du bloc soviétique sa Critique de l’air du temps en 1997,(à l’occasion du 150ème anniversaire du manifeste communiste) Pour la Cinquième Internationale, (éditions Le Temps des cerises 2006)., Ses interprétations de la géopolitique, ces propositions font débat dans le monde des militants altermondialistes. 

    Les mouvements de contestation au XXIe siècle et singulièrement ceux du printemps arabe de 2011 l’interpelle ( Monde arabe : le printemps des peuples ? Le Temps des cerises, 2011), L’Implosion du capitalisme contemporain. Automne du capitalisme, printemps des peuples ? Éditions Delga, 2012).

    Jusqu’au bout il participera (en 2018 de Salvador de Bahia à Zagreb) à des débats et initiatives militantes, ne refusant jamais discussion ou polémique, exprimant toujours sa solidarité, tout en poursuivant études et réflexions. Il appelait quelques mois avant de nous quitter à la nécessaire mise en route de la construction d’une nouvelle Internationale des travailleurs et des peuples.

    Samir Amin, notre camarade, a accompagné le CEDETIM depuis sa création, en lien avec un des groupes qui a participé à son lancement, en 1965 à Dakar. Depuis, il a toujours participé aux débats contradictoires qui ont traversé les mouvements porteurs des luttes anti-impérialistes avec le souci constant de l’émancipation, de la libération des peuples et de la solidarité internationaliste. 

    #Marxisme #Samir_Amin #Développement_inégal #Mondialisation


  • Un rapport pointe les failles des #études_internationales (et libérales) sur l’#Afrique
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/08/06/un-rapport-pointe-les-failles-des-etudes-internationales-et-liberales-sur-l-

    Lancé le 25 juillet à Dakar par le réseau international Enda Tiers-Monde, le Rapport alternatif sur l’Afrique (#RASA) veut faire table rase des #biais_épistémologiques économiques et culturels par lesquels les rapports européens et américains analysent l’Afrique.

    • Ça me fait penser à la manière dont j’ai été éjectée d’un recrutement pour le Quai d’Orsay. le gros sujet du concours consistait en une analyse de documents et une proposition de solution de développement pour le continent africain. Après avoir analysé les documents, j’en avait conclu qu’ils étaient tous biaisés par le fait qu’il ne s’agissait que de points de vue extérieurs au continent, nourris par des intérêts extérieurs et que la meilleure façon d’aider l’Afrique, c’était probablement de lui foutre la paix, de lui épargner notre « aide » et de laisser les peuples s’autodéterminer loin de nos influences malsaines. J’en concluais que c’était probablement aussi notre meilleure chance d’apprendre nous même à mieux fonctionner en tant que société.

      À ma surprise générale, je n’ai pas été retenue pour les oraux.

      L’autre sujet que j’ai traité parlait du probable retour du Labour au pouvoir en GB avec un jeune Tony Blair qui révolutionnait la gauche. Bien que mon anglais n’était pas terrible (toute cette partie, documents et analyses devaient se faire en anglais), j’ai réussi à sortir qu’il allait probablement remporter les élections en klaxonnant et surtout en dépassant le programme de Thatcher par la droite.

      Je devrais écrire au Quai d’Orsay pour leur dire qu’en diplomatie, je suis une merde, mais qu’en prospective, j’ai du blair !

    • C’est un peu compliqué, de fournir des discours développementistes à celles et ceux qui ne peuvent plus voir le monde autrement. Je ne sais pas s’il faut te féliciter !

      Moi je me suis pas mal débrouillée, dans mon examen d’éco de l’Asie du SE, à parler du FMI sans dire un truc négatif. J’avais posé quelques questions qui fâchent à la prof en cours et j’avais cru comprendre qu’elle n’aimerait pas ma copie si je me permettais de donner mon avis. Et comme mon avis était assez mal informé (discours anti-capitalistes pas étoffés par des lectures récentes et pas sur cette partie du monde) et que son cours l’était, j’ai accepté son autorité (et eu 15). Je suis une personne plus conciliante !


  • Sénégal : la pénurie d’#eau potable à Dakar fait des vagues
    http://geopolis.francetvinfo.fr/senegal-la-penurie-d-eau-potable-a-dakar-fait-des-vagues-20153

    L’attente en vain du retour à la normal, pourtant promis par les autorités le 20 juillet 2018, est en train de prendre une tournure sociale et polique. Un grand rassemblement est prévu le 3 août, dans le quartier de Khar Yalla, devant les locaux du groupe de presse Walfadjri, auquel sont conviés « acteurs politiques, forces vives de la nation et populations riveraines », à l’appel de Cos-M23 et Pencum Askan Wi.

    Respectivement président et coordinateur de ces deux plateformes d’opposition, Abdou­rahmane Sow, entend dénoncer certains choix de gouvernance « portés sur des dépenses onéreuses dans des investissements infrastructurels, alors que l’eau est dans le domaine de la sécurité nationale ».
    #it_has_begun
    La situation est intenable
    Sans eau potable, la situation devient intenable pour les habitants dont certains ont recours au système D. Comme le raconte à RFI Pape Abdou Gueye, chef de quartier, qui a installé un robinet alimenté directement par la nappe phréatique. « J’ai acheté une pompe électrique, j’utilise mon courant, j’ai fait un forage avec les moyens du bord. Maintenant les gens viennent nuit et jour. Le robinet ne se ferme pas », confie-t-il.


  • Une commission parlementaire britannique soupçonne la communauté LGBT au Japon
    La Russie se mobilise contre le « discours de haine » d’une députée d’avoir influencé la campagne pro-Brexit

    Le gouvernement renonce à une mesure contestée de la loi à Dakar et au-delà
    Avec le Ladies Club, les Sénégalaises se mobilisent en ligne sur les violences sexuelles

    A Paris, des petits déjeuners et de l’eau au sein du groupe LRM pendant les fortes chaleurs
    La « PMA pour toutes » suscite déjà des tensions pour les sans-abri

    Comment la SNCF et l’Etat ont délaissé certains pays au profit du TGV
    PMA : pourquoi est-elle plus utilisée dans les trains du quotidien que dans d’autres ?

    #de_la_dyslexie_creative


  • L’expansion d’Auchan au Sénégal terrifie les petits commerçants — et le gouvernement fait un geste envers eux Elisabeth Hu - 20 Juillet 2018 - businessinsider.fr

    http://www.businessinsider.fr/expansion-auchan-senegal-petits-commercants-gouvernement-decret

    Le groupe Auchan est la cible d’une contestation au Sénégal depuis plusieurs mois. La grogne s’est amplifiée fin juin avec la création d’un collectif intitulé « Auchan dégage », puis un appel au boycott depuis le 2 juillet.

    Contrairement à la situation de Danone au Maroc, où l’impulsion du mouvement venait des consommateurs, là Auchan est visé par les petits commerçants qui l’accusent de détruire leur activité. 

    Implanté au Sénégal depuis 2014, Auchan y exploite désormais une vingtaine de points de vente et a mis en place un plan d’investissement de 65 milliards de francs CFA (près de 100 millions d’euros).

    Le 9 décembre dernier, le directeur général d’Auchan retail Sénégal, Laurent Leclerc annonçait ses ambitions dans une interview au journal Le Soleil « pour ce qui est des quatre années à venir, nous envisageons d’atteindre 50 magasins à Dakar et dans les régions ».


    Une expansion qui réjouit les consommateurs des classes moyennes mais terrifie les petits commerçants à l’initiative de la contestation. D’après l’Agence nationale de la statistique et de la démographie du Sénégal, citée par l’organisation Sénégal Black Rainbow, le tissu économique sénégalais est composé presque exclusivement d’entreprises informelles (97 %), avec une surreprésentation des activités de commerce (52 %), et celles-ci ont du mal à rivaliser avec les prix compétitifs de la grande distribution.

    Pour l’Union nationale des commerçants et industriels 15.000 emplois de petits commerçants pourraient disparaître à cause d’Auchan.

    Dans une tribune, publiée le 18 juillet, sur le site dakaractu.com, le journaliste et homme politique El Malik Seck n’est pas tendre avec le petit commerce. « Les commerçants sénégalais, pour leur écrasante majorité, sont dépassés », écrit-il. « Leurs boutiques sont sales [...]. Le commerçant n’affiche jamais les prix et les change comme il veut. »

    « Auchan va rester », poursuit-il, « et j’invite tous les sénégalais à finalement même boycotter les boutiques qui n’améliorent pas le confort, la qualité et le pouvoir d’achat des consommateurs. Ce combat [contre Auchan, Ndlr.] entamé par une organisation qui n’arrive même pas à régler ses crises internes est perdu d’avance. Car l’écrasante majorité des sénégalais a choisi Auchan. »

    Face à cette situation, le gouvernement sénégalais a choisi de faire un geste envers les petits commerçants. Lors du conseil des ministres du 18 juillet, le ministre du Commerce a annoncé un futur décret pour réglementer l’implantation surfaces de vente et combler le vide juridique.

    Jusque-là, un simple registre de commerce et des formalités d’ordre fiscal suffisaient pour ouvrir un centre commercial, avec ce décret l’ouverture de surfaces commerciales de plus de 300 mètres carrés sera soumise à une autorisation préalable. Un comité composé du préfet, de la chambre de commerce, de la chambre des lois et des consommateurs sera chargé d’étudier chaque cas avant de donner son feu-vert. 

    Le ministre a annoncé également le lancement d’une concertation nationale avant la mise en place d’un cadre juridique — aujourd’hui inexistant — pour mieux organiser le secteur tout en respectant la concurrence entre tous les acteurs. 

    « L’objectif n’est pas de tuer le petit commerçant », explique le ministre Alioune Sarr cité par le journal Senenews. « Mais nous avons besoin de moderniser le circuit de distribution et de développer notre économie. »


    #Sénégal #auchan #pauvreté #super_marchés #grande_distribution #centre_commercial #mulliez #Ceetrus #Auchan_dégage #pillage



  • https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/07/12/des-geants-du-petrole-livrent-de-l-essence-toxique-a-l-afrique-de-l-ouest_53

    Bientôt, peut-être, l’Afrique de l’Ouest cessera d’être intoxiquée par de l’essence et du diesel émettant de grandes quantités de particules fines exportés par des géants du négoce sans scrupule. C’est la fameuse « qualité africaine », comme disent les courtiers : des produits pétroliers de piètre qualité mélangés à des substances très chimiques dans les cuves de tankers décatis.

    Ca tient un peu du crime contre l’humanité non ?

    • Des géants du pétrole livrent de l’essence toxique à l’Afrique de l’Ouest

      Selon un rapport des Pays-Bas, les tradeurs exportent vers le continent africain des hydrocarbures mélangés à des substances chimiques dangereuses pour la santé.

      Bientôt, peut-être, l’Afrique de l’Ouest cessera d’être intoxiquée par de l’essence et du diesel émettant de grandes quantités de particules fines exportés par des géants du négoce sans scrupule. C’est la fameuse « qualité africaine », comme disent les courtiers : des produits pétroliers de piètre qualité mélangés à des substances très chimiques dans les cuves de tankers décatis.

      La teneur en soufre est entre 200 et 1 000 fois supérieure aux normes européennes, les conséquences en matière de santé publique dévastatrices et les bénéfices pour les pétroliers considérables. Un scandale révélé par une enquête rigoureuse de l’organisation suisse Public Eye (ex-Déclaration de Berne) en septembre 2016.

      Cette fois, ce n’est pas de la « propagande » d’ONG ou de militants écologistes passionnés, comme ont tenté de le faire croire certains tradeurs de grands groupes spécialisés dans la confection et l’exportation de ce « dirty diesel » invendable ailleurs qu’en Afrique.

      Dans un rapport officiel rendu public lundi 9 juillet, l’Inspection pour l’environnement humain et les transports des Pays-Bas note que « les carburants destinés à l’Afrique de l’Ouest sont mélangés autant que possible ».

      Mélange de produits pétroliers

      A l’issue d’une enquête portant sur les cargaisons de quarante-quatre tankers en partance pour l’Afrique de l’Ouest, la police environnementale hollandaise constate l’usage « à grande échelle » de manganèse et de benzène, des substances hautement cancérigènes, ainsi que d’autres produits pétrochimiques interdits dans la majeure partie du monde. Elle note dans les carburants destinés à cette partie du monde « 300 fois plus de soufre qu’autorisé par les standards européens », recoupant les révélations de Public Eye.

      Si les Pays-Bas ont diligenté cette enquête qui sera présentée au Parlement à une date encore inconnue et dont certains cas d’illégalité pourraient être transmis à la justice, c’est que près de 50 % des produits pétroliers exportés vers l’Afrique de l’Ouest partent des ports d’Amsterdam et de Rotterdam auxquels s’ajoute Anvers, en Belgique, selon les Nations unies (ONU). Les mélanges toxiques s’effectuent dans ces terminaux dotés de raffineries.

      Le rapport d’enquête hollandais pointe une dizaine de géants du courtage pétrolier tels que les suisses Vitol et Gunvor, l’anglo-suisse Glencore ou encore Trafigura, et leurs filiales chargées des activités « aval » (raffinage, distribution, commerce). Mais aussi des grandes compagnies pétrolières comme Total et Shell citées parmi les principaux acteurs de ce mélange de produits pétroliers.

      Parfois, par souci de discrétion, ces opérations sont réalisées en pleine mer, à quelques miles des côtes africaines et des mégapoles hyperpolluées où se concentrent une partie des 7 millions de personnes qui meurent chaque année à la suite de pathologies provoquées par la pollution d’un air trop chargé en particules fines, selon l’Organisation mondiale de la santé. Des métropoles comme Lagos et Dakar affichent des taux de particules fines supérieurs à ceux des villes d’Asie les plus polluées de la planète.

      Les choses sont en train de changer

      « La livraison de carburants toxiques à l’Afrique de l’Ouest n’est rien de moins qu’un scandale environnemental et de santé publique, a réagi le diplomate norvégien Erik Solheim, à la tête du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). L’idée que certaines parties du monde ne méritent pas la même protection sanitaire que les autres est tout simplement choquante. »

      Et d’appeler les industriels à cesser de tirer le maximum de bénéfices des faiblesses des standards d’Etats en la matière, avec des teneurs en soufre autorisées variant de 2 000 à 5 000 parties par million (ppm) pour le diesel et entre 150 et 3 500 ppm pour l’essence, contre des normes européennes fixées à 10 ppm depuis 2009.

      Mais les choses sont en train de changer en Afrique de l’Ouest. Le Ghana, pays producteur de pétrole, a ouvert la voie en s’alignant sur les recommandations du PNUE. Depuis le 1er juillet 2017, ce pays anglophone n’importe plus que des carburants à faible teneur en soufre (maximum 50 ppm contre 3 000 ppm auparavant). Pour ce qui est de sa raffinerie nationale, Accra se laisse jusqu’à 2020 pour se conformer au nouveau standard.

      « Le Ghana a décidé un changement radical tout en ayant trouvé une solution pour sa raffinerie qui ne parvient pas à produire des carburants conformes à cette nouvelle législation, constate Marc Guéniat, de Public Eye. Plutôt que de fermer sa raffinerie, il l’oblige à mélanger sa production avec du carburant importé pour se conformer aux normes, ce qui peut être un modèle pour les autres pays de la région. »

      Pressions des lobbys pétroliers

      Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Togo s’étaient aussi engagés à réduire drastiquement les limites de teneur en soufre des carburants autorisées et à mettre aux normes leurs vieilles raffineries d’ici à juillet 2017. Mais aucun n’y est parvenu à temps. La mise en application varie d’un pays à l’autre, en fonction des pressions des lobbys pétroliers et des risques de hausse des prix des carburants à l’importation qui se répercuterait sur le consommateur.

      Pour le moment, la Côte d’Ivoire n’a pas vraiment engagé de réformes. Le Nigeria, géant pétrolier africain et premier importateur de carburants de la sous-région, devrait suivre l’exemple ghanéen, à son rythme. Ses raffineries ont jusqu’en 2021 pour s’adapter à la nouvelle limitation qui vient de passer de 3 000 ppm à 150 ppm pour le diesel, et sera appliquée en octobre 2019 pour l’essence, dont le processus est plus coûteux, comme l’a annoncé Anibor O. Kragha, le patron des raffineries au sein de la Compagnie pétrolière nationale du Nigeria (NNPC).

      « Le premier virage vers une essence plus propre devrait coûter 11,7 millions de dollars [10 millions d’euros] par mois. La réduction [du soufre] dans le diesel devrait coûter 2,8 millions de dollars par mois », a-t-il indiqué. Les Etats semblent déterminés à se débarrasser des carburants toxiques jusque-là exportés par les géants du négoce pétrolier et à faire oublier la sordide « qualité africaine ».