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  • [CP] La psychanalyse : théorie misogyne au service des agresseurs ?
    https://mailchi.mp/osezlefeminisme/psychanalyse-phallusneant-cinedebat?e=a4d126f7b7

    Le 11 février 2019 à Paris, Osez le Féminisme ! vous invite pour une projection-débat du documentaire “Le Phallus et le Néant” en présence de la réalisatrice Sophie Robert. L’occasion de débattre et d’explorer le caractère sexiste des théories psychanalytiques.

    Sophie Robert a interviewé 52 psychanalystes freudiens ou lacaniens, tou.te.s très reconnu.e.s dans leur pratique : professeur.e.s à l’université, praticien.ne.s dans les CMP (Centre médico-psychologiques ), auteur.rices, expert.e.s... Ce qui ressort de ces entretiens est édifiant. Cachée derrière son jargon, la psychanalyse s’appuie sur deux ressorts : la démonisation des femmes et l’érotisation des enfants.

    @aude_v

    • Pourquoi l’association internationale des victimes d’inceste soutiens le film « Le phallus et le néant » ?
      https://aivi.org/vous-informer/actualites/2987-le-phallus-et-le-neant-un-film-documentaire-soutenu-par-l-aivi.html

      "Sans l’échec de ma psychanalyse, l’AIVI n’existerait pas. Je pensais, depuis ma première lecture freudienne à dix sept ans, que la technique psychanalytique, pourrait m’aider dans mon rétablissement. Plus tard, pendant six ans, je me suis allongée sur un divan lacanien dans le but de devenir psychanalyste, pensant ainsi pouvoir aider d’autres survivants de l’inceste comme moi. La suite ne s’est pas déroulée comme je m’y attendais.

      Lorsque j’ai parlé de l’inceste, pendant l’instruction et après le jugement de mon père, à aucun moment un adulte s’est dit qu’il y avait en moi une enfant traumatisée qui avait besoin de soins. Livrée à moi-même, j’ai cherché de l’aide dans les livres et j’ai commencé à lire Freud. Ainsi j’ai découvert la psychanalyse. D’abord « la théorie de la séduction » ou « Neurotica » qui reconnaissait qu’un événement réel extérieur vécu dans l’enfance, comme l’inceste par exemple, pouvait être traumatique et créer une névrose à l’âge adulte. J’ai continué, boulimique de connaissances, à découvrir ce monde de la psychanalyse en lisant « tout Freud » bien sûr, mais aussi Lacan, Ferenczi, Jung et tant d’autres. Mais, je ne sais pourquoi, j’ai occulté l’impact du revirement Freudien lorsqu’il a abandonné l’événement réel extérieur vécu dans l’enfance par la théorie du fantasme.

      Quelques années plus tard, j’ai rencontré un psychiatre extraordinaire qui m’a sauvé la vie en quatre années de psychothérapie traditionnelle. A 27 ans, j’allais bien mieux ce qui m’a décidée à réaliser ma nouvelle ambition professionnelle, devenir psychanalyste pour aider d’autres survivants à mon tour. Même si « le psychanalyste ne s’autorise que de lui-même » selon la formule consacrée, j’ai fait le tour des différentes Ecoles psychanalytiques pour en apprendre plus sur cette technique. Je savais qu’il me faudrait en passer par une tranche de divan, je m’y suis employée pendant six années. J’en suis ressortie en dépression majeure avec la conviction que cette voie n’était pas la bonne, selon mes valeurs, pour aider d’autres victimes ayant vécu réellement l’inceste et non fantasmé l’inceste comme le prétendait Freud.

      J’ai été prise en charge dans un centre de soins spécialisé en victimologie et j’ai cherché une autre forme d’aide complémentaire. A ce moment crucial, j’ai trouvé un groupe de parole thérapeutique pour survivants de l’inceste. Ce fut un choc. Je n’étais pas seule, je n’étais pas folle, ce que je vivais était normal. Mais il y avait tant à faire car pour trouver ces ressources, j’ai suivi un véritable parcours du combattant. C’était la naissance d’internet, alors j’ai décidé de mettre mon expérience et ces ressources en ligne. Immédiatement, de nombreux survivants du monde francophone (français, suisses, belges, canadiens…) se sont retrouvés dans ce groupe. Nous avons décidé en 2000 de créer l’AIVI pour abolir la prescription, inscrire l’inceste dans le code pénal et en finir avec le consentement présumé de l’enfant à un acte sexuel avec un adulte.

      Même si ce constat d’échec sur l’efficacité de la psychanalyse a été douloureux, je ne regrette rien car j’ai ainsi pu créer l’AIVI. En 2005, l’INSERM a évalué trois approches thérapeutiques à la demande du ministère de la santé. Les patients voulaient savoir à qui s’adresser en fonction de leurs pathologies mentales. Sur 16 pathologies, la psychanalyse est arrivée bonne dernière. Philippe Douste Blazy alors ministre de la santé a fait retirer le rapport de l’INSERM du site internet du ministère, promettant à un parterre de 1000 psychanalystes qu’ils n’en entendraient plus parler (1). Et les patients dans tout ça ?

      Vingt ans plus tard, je suis heureuse de mon choix. Je ne serai jamais psychanalyste mais j’ai appris à me méfier des dogmes. Chaque survivant de l’inceste trouvera de l’aide ou de l’entraide selon ses besoins, au moment qui lui conviendra, en fonction de son chemin personnel. L’AIVI soutient le Phallus et le Néant car ce film de Sophie Robert montre à quel point les théories peuvent conduire à l’ignorance de la souffrance humaine et à l’absence d’empathie. Je l’ai vécu pendant six années sur un divan lacanien alors qu’au début j’avais entièrement confiance en cette technique.

      Nadège et Sacha, membre de l’association, ont accepté de témoigner de leur parcours face caméra. Leurs mots sont poignants, leur force admirable, un grand merci à elles"

      Plus d’information sur le film sur le site dédié : www.lephallusetleneant.com

      –---

      Par rapport à la prétendue imposture de Sophie Robert : En janvier 2014 elle gagne le procès que les psychanalystes lui avaient intenté·es.
      https://blogs.mediapart.fr/jean-louis-racca/blog/210114/la-victoire-de-sophie-robert-une-defaite-cinglante-pour-la-psychanal

      Le jugement rendu le 16 janvier dernier par la cour d’appel de Douai infirme totalement celui de première instance et met fin à deux ans de censure du documentaire « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ».


  • Douai Claude Hermant de nouveau jugé en appel pour trafic d’armes de guerre Lakhdar Belaïd - 10 Janvier 2019 - la voix du nord
    http://www.lavoixdunord.fr/518810/article/2019-01-10/claude-hermant-de-nouveau-juge-en-appel-pour-trafic-d-armes-de-guerre

    Jusqu’à ce jeudi soir, et depuis hier, la cour d’appel de Douai revient sur le trafic d’armes de guerre imputé à Claude Hermant, ancienne figure de l’ultradroite lilloise. Certaines ont fini entre les mains du terroriste Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher parisien. Ce jeudi matin, le parquet a réclamé une confirmation de peine, soit sept ans de prison.

    En septembre 2017, à Lille, le premier procès de Claude Hermant et de cinq autres prévenus s’était ouvert sous très haute surveillance.

    En octobre 2017, Claude Hermant, 55 ans aujourd’hui, écope d’une peine de sept ans de prison. Aurore Joly, sa femme, est, elle, condamnée à cinq ans, dont trois avec sursis. Samir Ladjali, présenté comme un intermédiaire à destination de clients dans la pègre, se voit infliger une peine de cinq ans. Sébastien L., douanier dont Hermant a été un temps l’indicateur, se voit infliger huit mois de prison avec sursis. D’autres condamnés n’ont pas fait appel. Ce jeudi matin, l’avocat-général Bernard Beffy a globalement réclamé une confirmation de ces peines.

    Dans ce dossier, il est question de près de « 470 armes commandées » de 2013 à 2015, relève le magistrat. « Il s’agit d’armes à blanc », rappelle Claude Hermant, à la barre. Comprendre : elles ont été démilitarisées avant leur importation de Slovaquie. « Foutaises ! », contre-attaque le représentant du parquet. Pas seulement parce qu’Hermant est accusé de les avoir remises en service. « Foutaises », à propos de toute la stratégie de Claude Hermant, fondateur de l’ex-Maison flamande, lieu de vie identitaire à Lambersart. Ce dernier se présente comme spécialiste de l’infiltration. Il aurait acquis et vendu des armes à des caïds au profit des services de sécurité. « Sur ces 470 armes, 43 ont été retrouvées, dont les cinq en possession d’Amedy Coulibaly, rappelle Bernard Beffy. M. Hermant, vous vous présentez en homme d’honneur. Vous dites : « J’ai rendu service à mon pays. » Je suis choqué ! »

    L’une des originalités de ce procès concerne Samir Ladjali. À la différence de Claude Hermant, ce Roubaisien comparait désormais libre. Défendu par Cherifa Benmouffok, Ladjali est soupçonné d’être l’homme par qui des armes du réseau Hermant ont pu parvenir à Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher de Paris. En décembre dernier, le parquet de Paris, dans le cadre du dossier des attentats terroristes parisiens de janvier 2015, a finalement rendu des réquisitions de non-lieu en faveur de Ladjali. À la juge d’instruction de trancher désormais. Ladjali doit cependant faire face à un article du site Mediapart assurant que l’enquête parisienne néglige des éléments le concernant. Condamné à quatre ans de prison à l’issue du procès lillois de 2017, n’ayant pas fait appel, un ancien proche de Hermant, surnommé Tof, aurait approché de très prêt la mouvance Coulibaly, assure également Mediapart, précisant que cet homme ne sera pas mis en examen dans le dossier parisien. Pour l’avocat général Beffy, il reste à charge contre Ladjali 170 armes ayant pu être « injectées dans la délinquance ou dans le terrorisme ». « Pour Paris, ce n’est pas lui, c’est un autre autre », contre-attaque aussitôt Me Benmouffok, soutenant bien entendu le non-lieu escompté. Délibéré le 7 février.

     #claude_hermant #lille #amedy_coulibaly #identitaires #extrême_droite #attentats #troisième_voie #charlie_hebdo #france #armes #police #extrême_droite_radicale  #la_citadelle #agressions_&_violences #trafic_d'armes #terrorisme #collusion #génération_identitaire


  • De nouvelles actions pour les « gilets jaunes »
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/16/01016-20181216ARTFIG00160-de-nouvelles-actions-pour-les-gilets-jaunes.php

    Avec la double casquette de manifestant et de représentant du mouvement, Steven Lebee, qui a pris, samedi, la parole dans un cortège du quartier de l’Opéra à Paris aux côtés de Priscillia Ludosky, met en garde contre des apparences trompeuses. Dans le bus du retour, ce dimanche, ce père au foyer de 31 ans vivant en Haute-Savoie raconte comment nombre de cars transportant des « gilets jaunes », stoppés aux entrées de la capitale, ont dû faire demi-tour. « Il n’y avait pas moins de monde mais on a refoulé des bus entiers », assure-t-il.

    • « Gilets jaunes » : la mobilisation s’essouffle, particulièrement à Paris [ce titre dessert l’article ; plus bas : « Gilets jaunes » : l’exécutif répond et tente une sortie de crise]
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/17/la-mobilisation-des-gilets-jaunes-s-essouffle-particulierement-a-paris_53986

      [...] Samedi matin, en haut des Champs-Elysées, le contraste avec les semaines passées était #spectaculaire : quelques centaines de personnes tout au plus. Ces dernières se refusaient de se rendre à l’évidence, en reprochant aux #forces_de_l’ordre – avec des #interpellations_préventives ou des barrages – d’avoir freiné les manifestants. Le nombre d’interpellations a pourtant chuté drastiquement : 179 pour la journée de samedi à Paris, contre 1 082 le 8 décembre.

      Des échauffourées, avec gaz lacrymogène et jets de projectiles, suivis de mises en garde à vue ont eu lieu à Bordeaux, Saint-Etienne, Toulouse, Nantes, Besançon, Nancy ou Lyon. Et plusieurs zones de péages dans le sud, de Perpignan à Orange, ont de nouveau été touchées par des incendies et dégradations. Mais on déplore globalement beaucoup moins d’incidents et de blessés, partout en France.
      Venu de Douai (Nord) manifester à Paris, Jean-Luc, technicien de 29 ans, se doutait bien qu’il y aurait moins de monde : « Certains sont satisfaits des annonces de Macron, il y a eu l’attentat de Strasbourg, les violences, certains ont pris peur… Et puis, ça fait cinq semaines qu’on est sur les ronds-points, les gens sont fatigués. »

      Cette occupation des #ronds-points est le cœur battant du mouvement. C’est là qu’on réinvente le monde autour d’un feu de bois et qu’on fait vivre la lutte localement. Du maintien de ces places fortes dépend désormais la poursuite de la mobilisation. Les responsables de la majorité l’ont bien compris, à l’instar du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, qui n’a pas exclu, dimanche sur France 3, l’envoi de « CRS ou de gendarmes à la campagne » pour « libérer l’espace public » .

      Depuis le 17 novembre, ceux qui mènent des opérations de #blocage ont déjà été régulièrement délogés. Affectés dans leur activité économique, des commerçants et des exploitants d’autoroutes ont saisi la voie judiciaire et obtenu gain de cause : dans l’Eure, cinq ordonnances ont ainsi été rendues, obligeant des « #gilets_jaunes » à quitter les lieux, sous astreinte financière.

      Mais ces derniers jours, des « gilets jaunes » pacifiques et ne menant aucune action de blocage sont, eux aussi, sous pression. Dans l’Yonne, certains ont été sommés par le préfet de réduire la taille de leur #campement à un simple abri contre la pluie. « C’était un petit village qui commençait à se construire », déplore le préfet de l’Yonne, Patrice Latron auprès du Monde. Moins confortable, l’occupation en ce mois de décembre pourrait s’avérer plus difficile.

      Dimanche soir, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), les « gilets jaunes » qui avaient installé buvette et canapé sur l’échangeur du Magny étaient en émoi. « On s’attend à être évacué mardi ou mercredi, tempêtait ainsi l’un d’eux, Pierre-Gaël Laveder. Ils veulent étouffer le mouvement ! » Lui craignait que ces représailles rendent la mobilisation plus violente samedi prochain. C’est un risque. Car même moins nombreux, les « gilets jaunes » n’ont pas tout à fait rendu les armes. A Montceau-les-Mines, comme ailleurs en France, certains veulent croire à un acte VI, le 22 décembre, y compris à Paris.

      « Gilets jaunes » : l’exécutif répond et tente une sortie de crise, Cédric Pietralunga et Bertrand Bissuel
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/17/l-executif-au-defi-d-une-delicate-sortie-de-crise_5398679_823448.html

      Edouard Philippe a détaillé des mesures sociales qui seront examinées dans la semaine par les élus, alors que la mobilisation semble s’essoufler.

      Pas question de fanfaronner. Même si le mouvement des « gilets jaunes » semble marquer le pas, avec seulement 66 000 #manifestants à travers la France samedi 15 décembre, soit deux fois moins qu’une semaine plus tôt, l’exécutif se garde bien de crier victoire. « La participation [aux manifestations] est moindre, mais les questions posées sont toujours là », a reconnu François Bayrou, le président du MoDem, dimanche, sur BFM-TV.

      Au bout de cinq semaines de mobilisation, les « gilets jaunes » ont fait vaciller le pouvoir. Pour la première fois depuis le début de son mandat, le président de la République a été contraint de reculer, en abandonnant la hausse de la taxe carbone prévue en 2019, qui devait à nouveau faire augmenter le prix du litre de diesel (de 6 centimes) et celui de l’essence (de 3 centimes) le 1er janvier.

      S’il a réussi à calmer tout ou partie de la colère, en annonçant pour environ 10 milliards d’euros de mesures sociales [sic] le 10 décembre, Emmanuel Macron sait qu’il ne peut pas faillir dans l’exécution. Qu’il donne le sentiment de tergiverser ou de renoncer à une partie de ses promesses, et les ronds-points pourraient très vite se colorer de nouveau de jaune. « On n’a pas le droit à l’erreur », reconnaît un conseiller de l’exécutif. « 

      L’engagement du président sera tenu (…), il n’y aura pas de #carabistouille », s’est engagé Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, très proche du chef de l’Etat, dans Le JDD du 16 décembre.

      Critiques de l’opposition

      Alors que nombre d’observateurs s’inquiètent de la capacité du #gouvernement à mettre en musique les engagements d’Emmanuel Macron, le premier ministre Edouard Philippe a tenté d’en préciser les modalités, dans un entretien aux Echos, lundi. S’agissant des 100 euros supplémentaires pour les #travailleurs modestes, le dispositif finalement retenu a encore évolué par rapport à ce que l’exécutif en avait dit, il y a quelques jours.

      La hausse de #revenu, promise par Emmanuel Macron, reposera finalement sur deux éléments : la revalorisation légale du #smic, au 1er janvier 2019, ce qui ne figurait pas dans le schéma de départ, et une forte amélioration de la #prime_d’activité (PA) – celle-ci pouvant désormais être versée à quelque 5 millions de ménages (contre 3,8 millions à l’heure actuelle, selon le ministère du travail).

      Mais avec ce dispositif, seulement un peu plus de la moitié des smicards seront éligibles aux 100 euros en plus ; les autres ne seront pas concernés, du fait des conditions d’attribution de la PA puisque celle-ci tient compte des ressources ainsi que de la composition du foyer, et non pas des revenus de la personne seule. Un pari risqué : en évinçant un certain nombre de smicards de la mesure, Emmanuel Macron prête le flanc aux critiques de l’opposition et des « gilets jaunes », qui pourront railler la promesse non vraiment tenue du chef de l’Etat.

      Le détail des mesures : ce qu’Edouard Philippe a répondu aux « gilets jaunes »

      Néanmoins, la mesure pourra s’appliquer à des personnes dont la rémunération est un peu au-dessus du smic. Un exemple, évoqué par Edouard Philippe dans Les Echos : un célibataire sans enfant, dont les ressources mensuelles nettes vont jusqu’à 1 560 euros, touchera le surcroît de 100 euros. Les sommes tomberont dans la poche des bénéficiaires début février 2019. Montant total de la dépense : 2,5 milliards d’euros.

      Autre coup de pouce en faveur du pouvoir d’achat : dès le 1er janvier 2019, les heures supplémentaires seront exonérées de l’impôt sur le revenu et de cotisations salariales (mais pas des charges patronales [sic] , contrairement à ce qui avait été indiqué dans un premier temps). Les allégements cesseront de s’appliquer si les gains dépassent 5 000 euros par an. La facture pour les finances publiques devrait s’élever à environ 2,5 milliards d’euros l’an prochain.

      « Faire vite »

      Le premier ministre a également confirmé l’annulation de la hausse de la CSG qui était entrée en vigueur, début 2018, pour une partie des #retraités. A l’avenir, ceux dont le revenu fiscal de référence est de 22 580 euros par an (pour une personne seule) repasseront au taux de 6,6 % (contre 8,3 % depuis janvier 2018). D’après l’entourage de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, quelque 3,7 millions de ménages vont profiter de cette décision, soit environ la moitié de ceux qui avaient subi la majoration du taux de CSG en début d’année. Coût de ce geste : 1,5 milliard d’euros.

      Enfin, jusqu’à la fin mars 2019, les entreprises auront la possibilité d’octroyer une prime exceptionnelle à leurs personnels. Cette gratification sera entièrement défiscalisée et exonérée de tout prélèvement (cotisations sociales, CSG, CRDS), dans la limite de 1 000 euros et pour ceux dont le salaire mensuel ne dépasse pas trois smic.

      Au-delà des inquiétudes techniques, les #macronistes s’interrogent sur la capacité du Parlement à légiférer rapidement pour que les mesures annoncées par le chef de l’Etat puissent s’appliquer dès janvier. Le projet de loi, qui doit servir de véhicule à ces dispositions, sera présenté mercredi en conseil des ministres et l’Assemblée nationale l’examinera dès le lendemain. Le Sénat devrait suivre vendredi. Mais que les députés de l’opposition multiplient les amendements ou que le Sénat – où les macronistes ne sont pas majoritaires – rechigne à voter le texte en l’état, et c’est tout le bel ordonnancement de l’exécutif qui tombe à l’eau.

      « J’en appelle à la responsabilité des parlementaires, a plaidé M. Ferrand dans Le JDD. La liberté de débattre et d’amender est essentielle, mais il serait paradoxal de retarder volontairement l’adoption de mesures sociales urgentes – surtout de la part de partis politiques qui ont soutenu les “gilets jaunes” ! » « 

      L’objectif n’est pas de pinailler mais de faire vite ce qui a été annoncé », a abondé Marc Fesneau, le ministre des relations avec le Parlement, dimanche dans Le Parisien.

      Cela suffira-t-il pour permettre à l’exécutif de se projeter dans « l’après » ? Le bon accueil réservé au chef de l’Etat à Strasbourg, où il s’est rendu vendredi soir pour rendre hommage aux victimes de l’attaque terroriste du 11 décembre, a rasséréné les soutiens du président. « C’est la preuve qu’il n’est pas empêché, qu’il peut continuer à sortir de l’Elysée », estime un familier du Château. La venue d’Emmanuel Macron à Biarritz, où il doit se rendre mardi 18 décembre pour préparer la réunion du G7 que la France organise dans la ville basque l’été prochain, sera un autre test de la capacité du chef de l’Etat à renouer avec les Français.

      D’autres veulent croire que le « grand débat annoncé par le président de la République permettra de faire baisser la pression. Mais celui-ci a déjà pris du retard. Son lancement, prévu le 14 décembre, a été retardé et un premier couac sur l’ajout puis le retrait de l’immigration parmi les thèmes prévus de la consultation interroge. La commission nationale du débat public, présidée par Chantal Jouanno, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, doit présenter cette semaine les modalités de l’événement. En attendant, certains ministres ont déjà annoncé leur présence à des débats, comme la secrétaire d’Etat à la transition écologique, Brune Poirson, qui devait échanger avec des associations, lundi, à Carpentras.

      Seule certitude : « Le chemin sera long » pour reconquérir l’opinion, anticipe un très proche du chef de l’Etat. Selon le baromètre mensuel de l’IFOP, publié dimanche 16 décembre, les Français ne sont plus que 23 % à se dire satisfaits de l’action d’Emmanuel Macron. A titre de comparaison, au même moment de son mandat, Nicolas Sarkozy comptait 44 % d’opinions favorables, tandis que François Hollande ne donnait satisfaction qu’à 22 % des Français, selon l’institut. En un an, la cote de popularité de l’actuel chef de l’Etat a été divisée par plus de deux.


  • Economie solidaire : Jean-Marc Borello, l’homme qui fait du social un business, Isabelle Rey-Lefebvre et Denis Cosnard, Le Monde (qui lâche son canasson)

    Ce proche d’Emmanuel #Macron préside aux destinées du groupe SOS d’économie solidaire dont le chiffre d’affaires frôle le milliard d’euros.


    Jean Marc Borello à son arrivée pour une réunion avec les candidats du mouvement « En marche ! », à Paris, le 13 mai 2017.

    Et un #hôpital de plus ! Le neuvième à tomber dans l’escarcelle de SOS. Le groupe français d’économie sociale a annoncé, début novembre, la reprise du centre médical La Source, à Saint-Léger-les-Mélèzes (Hautes-Alpes). Au même moment, à Marseille, il a été choisi par la ville pour restaurer et exploiter durant quarante ans le fort d’Entrecasteaux, un site militaire du XVIIe siècle fermé depuis des années. Dans un ou deux ans, il devrait être transformé en lieu d’innovation culturelle. A la clé, 300 emplois, notamment pour des jeunes en difficulté.

    C’est encore le Groupe SOS qui a été désigné, en septembre, par le gouvernement pour prendre en charge des personnes radicalisées, notamment celles de retour de Syrie. Objectif : les sortir de leur parcours extrémiste et les réinsérer. Un centre a ouvert à Paris fin septembre, un deuxième est prévu à Marseille.

    Plus discrètement, SOS a été retenu par le groupe parlementaire La République en marche (#LRM) pour apprendre à une partie de ses députés à s’exprimer dans les médias. Et dans quelques jours, il devrait reprendre Les Brigades vertes, une grosse association de Dardilly (Rhône) chargée d’aider des personnes au revenu de solidarité active (RSA) à trouver un avenir, elle-même en grand péril.

    Un hôpital à redresser, un monument historique à restaurer, des islamistes radicalisés à remettre dans le droit chemin, des élus à former, des réfugiés à héberger… De mois en mois, SOS n’en finit pas de remporter les appels d’offres les plus divers, et de grandir, grandir.

    Au total, le groupe associatif affirme employer à présent près de 18 000 salariés dans 500 établissements, et table, pour 2018, sur un chiffre d’affaires de 948 millions d’euros. Le cap du milliard est en vue. « Cela fera une croissance de 10 % à 15 %, comme les années précédentes », évalue Jean-Marc Borello, installé dans son bureau du 11e arrondissement de Paris. En France, jamais une entreprise de l’économie sociale et solidaire n’avait atteint pareille taille.

    Association milliardaire

    Soudain, le patron de 60 ans se lève et ouvre la fenêtre, histoire de fumer une cigarette en mesurant le chemin accompli depuis la création des premières associations fondatrices de SOS, en #1984. « La valeur liquidative du groupe est désormais voisine de 1 milliard d’euros, notamment parce que notre “truc associatif” est propriétaire de ses murs, glisse-t-il avec satisfaction. Cela veut dire que, si demain on arrêtait tout, on se retrouverait avec 1 milliard. Mais qu’est-ce qu’on en ferait ? »

    Une association milliardaire ! Joli succès pour cet ancien éducateur spécialisé, devenu gestionnaire de boîtes de nuit aux côtés de Régine, puis figure de proue de l’économie sociale, et désormais l’un des #patrons les plus proches d’Emmanuel Macron. Après l’avoir eu comme élève à Sciences Po, le dirigeant de SOS s’est mis à son service durant la campagne présidentielle. Dans la foulée, deux anciens du groupe, Pacôme Rupin et Aurélien Taché, ont été élus à l’Assemblée.

    Quatre mois après l’élection, le président-fondateur lui-même s’est vu confier par le gouvernement une mission sur « l’innovation sociale au service de la lutte contre l’exclusion ». Membre du bureau exécutif de LRM, l’homme fort de SOS préside aujourd’hui la commission chargée de choisir les candidats pour les élections européennes, un poste de confiance. Dans certaines réunions, « il arrive que M. Borello surplombe les ministres, leur coupe la parole », constate Louis Gallois, ancien patron de la SNCF et actuel président de la Fédération des acteurs de la solidarité.

    Mais ce succès ne va pas sans susciter des critiques. M. Borello s’est vu qualifier de « Bernard Tapie », d’« industriel du social ». Certains l’accusent de reproduire dans le monde associatif les logiques prédatrices du capitalisme classique. Et d’avoir constitué, avec SOS, un petit empire géré de façon clanique.

    Pouvoir concentré

    De fait, l’association est verrouillée. Pas de bénévoles, pas d’adhérents hormis une centaine de membres triés sur le volet : magistrats, hauts fonctionnaires, professeurs de médecine qui doivent être parrainés par les trente membres du conseil d’administration… qu’ils ont élus. Le circuit est ainsi bouclé, ce qu’admet le patron. « Bien sûr, il ne suffit pas de payer sa cotisation pour entrer : il faut avoir rendu des services éminents ou être ancien responsable des associations passées dans le groupe. » Le conseil, réuni trois ou quatre fois l’an, a d’ailleurs un rôle mineur, affirme un administrateur des premiers jours.

    « Cette absence de contrôle démocratique, de contre-pouvoir, pose problème dans un domaine comme l’action sociale », juge Patrick Doutreligne, président de l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux. M. Borello se défend : « C’est une association de gestion, elle reste fermée et à l’abri d’une OPA associative. »

    En pratique, le pouvoir paraît concentré entre les mains du président et de quelques dirigeants, liés pour certains d’entre eux par des relations affectives ou familiales. « Oui, il y a autour de Jean-Marc une forme de cour, dont j’ai fait partie, et qui bénéficie parfois de privilèges, notamment d’appartements rachetés au groupe », reconnaît, un peu gêné, un ancien responsable.

    Un château avec piscine et kangourous dans le parc

    Le patron se déplace en voiture avec chauffeur. Il passe des week-ends dans une propriété du groupe, Les Tournelles, à Hautefeuille (Seine-et-Marne), un château avec piscine, jacuzzi, salle de projection, et même des kangourous dans le parc.
    Des signes qui passent mal dans le milieu de l’action sociale et qui contrastent avec le sort des salariés de base. « En fin d’année 2017, j’ai voulu remercier mon équipe qui s’est démenée pour remettre sur pied notre accueil, témoigne une directrice. La hiérarchie a royalement proposé une prime humiliante de 50 euros... »

    Et puis, il y a la façon dont Jean-Marc Borello se comporte avec certains hommes. La scène s’est répétée à de nombreuses reprises. « C’est une sorte de tradition », racontent des habitués. Lors des grandes fêtes qui ponctuent la vie du groupe, M. Borello ouvre le bal sur Gigi L’Amoroso, de Dalida. Lorsque résonnent les premières notes de piano et de mandoline, le patron de SOS choisit dans l’assemblée un des membres du personnel, un beau jeune homme en général, l’entraîne sur la piste et danse avec lui. Quand la chanson s’arrête, il embrasse son partenaire. Parfois sur la bouche.
    « Moi, il m’a même roulé une pelle en public, par surprise, alors que je n’avais rien demandé », témoigne un de ceux passés entre ses bras, encore sidéré. « Il a essayé, mais j’ai tourné la tête à temps pour éviter son baiser », confie un autre. « Comme ses habitudes sont connues dans le groupe, les garçons qui ne veulent pas être pris pour cible sortent de la salle à ce moment-là, ajoutent trois anciens cadres. Mais tous ne sont pas avertis. »

    « Je ne force personne »
    Des baisers ? Jean-Marc Borello assume. « Cela peut choquer, mais nous savons d’où nous venons, c’est-à-dire d’Arcat, du Kiosque, des premières associations de lutte contre le sida. » Du baiser sur la bouche conçu comme un acte militant, et de la fête antidote à la mort. En revanche, il dément tout harcèlement. « Je ne force personne, se défend-il. Cette maison a été fondée sur la protection des plus faibles, et nous avons des procédures très rigoureuses contre ce genre de choses. » Aucune plainte n’a d’ailleurs été déposée.

    « Tous les garçons ne sont pas consentants, corrige un de ceux qui ont assisté à ce type de scène. Mais comment voulez-vous qu’ils se rebellent ? Ils ont face à eux le patron du groupe, un homme imposant, charismatique, qui pourrait être leur père. Le pape de l’économie sociale et solidaire ! S’ils veulent faire carrière dans le secteur, ils n’ont aucun intérêt à ruer dans les brancards. »
    « Je me suis senti agressé, mais je ne voulais pas être à l’origine d’une crise dans notre petit milieu », confirme un des hommes concernés, qui souhaite rester anonyme, comme les neuf témoins qui nous ont décrit ces situations. Et puis, autour d’eux, personne ne semble choqué. « Tu connais Jean-Marc, il est comme ça, avec ses excès… »

    Quant à la stratégie tous azimuts du groupe, elle peut dérouter, elle aussi. Le patron assume. « Certains groupes veulent se concentrer sur leur “core business”. Nous, on en a soixante, de corps, et quand on en a marre, on en change ! », s’exclame-t-il en riant.

    « Dans le domaine social au sens large »

    Aux centres de soin pour les drogués ou les personnes handicapées, aux maisons pour les enfants de la Ddass, se sont ajoutés au fil des ans des hôpitaux, des crèches, des maisons de retraite, des chantiers d’insertion, des boutiques de produits équitables, deux journaux (Respect Mag, Up le mag), une radio (Raje), une agence de média training, un restaurant à Saint-Denis, ou encore le Pavillon Elysée, un lieu de réception ultrachic qui vient de rouvrir après un an de travaux, en bas des Champs-Elysées.

    Derrière cet empilement, il y a une logique, plaide M. Borello : « inventer la société de demain » en multipliant les initiatives « dans le domaine social au sens large ».
    De même, l’ex-patron du Palace revendique l’efficacité économique. « Dans de nombreux secteurs, nous sommes en concurrence directe avec le privé, par exemple dans les maisons de retraite, et on ne peut pas se louper », souligne-t-il. A ses yeux, gagner de l’argent est la clé pour continuer à assurer ses missions au profit d’un public toujours plus large.

    Pour y parvenir, le groupe emploie une méthode bien rodée. D’abord, il dépense moins que d’autres pour payer son personnel, même si les écarts de salaires, initialement limités de 1 à 4, vont désormais de 1 à 15, en comptant certains chirurgiens. « Comme on donne du sens à leur job, on attire les meilleurs élèves des meilleures écoles, sourit le président du directoire. Ils viennent ici travailler plus et gagner moins ! »
    Ensuite, parmi toutes les structures mal en point qui frappent à la porte, il ne reprend que celles qui bénéficient de #subventions sûres ou, surtout, disposent d’un #patrimoine_immobilier. « C’est le critère numéro un », assurent des anciens. Une fois dans le giron du groupe, les structures font l’objet d’une reprise en main vigoureuse. Les dirigeants sont remplacés par de jeunes diplômés des meilleures écoles.

    Gestion par courriel
    Pour Maxime de Rostolan, fondateur de Fermes d’avenir, association qui prône une agriculture biologique, cela s’est bien passé, même s’il a dû lâcher la direction : « Nous avons longuement réfléchi avant d’adhérer à SOS, nous avons eu toutes les réponses à nos questions et, surtout, des moyens financiers pour un tour de France qui a permis de développer le concept », raconte-t-il.
    Une autre association de producteurs, Bio Normandie, a, elle, renoncé au mariage malgré une mauvaise passe financière : « Nous avons tout de suite senti que la seule chose qui intéressait les émissaires de SOS était notre réseau de producteurs et transformateurs, bâti en vingt ans d’activité, mais pas notre fonctionnement ni nos valeurs, et que nous y perdrions notre identité », confie Grégory Tierce, responsable du pôle production.
    Pour l’association bordelaise Mana, spécialisée dans les soins aux réfugiés les plus traumatisés, l’intégration, depuis juillet 2017, se révèle douloureuse. Les traducteurs du bulgare, du roumain, de l’albanais, de l’afghan, qui viennent à l’appui des médecins lors de consultations, ont été priés, pour certains, de devenir #auto-entrepreneurs, d’accepter des #missions facturées à la minute, sans prise en charge de leurs déplacements, sans rétribution si le rendez-vous est annulé, sans protection s’ils doivent se rendre dans des squats où peuvent sévir tuberculose, gale et rougeole… La gestion se passe désormais par courriel et plate-forme informatique, sans contacts humains, ce qui heurte ces travailleurs sociaux très impliqués dans leur tâche.

    Economies d’échelle
    Face aux tensions, Guy Sebbah, le directeur de SOS Solidarités est venu de Paris fin octobre en réunion de crise pour « écouter les salariés », constitués en collectif. Quatre jours plus tard, celle qui avait pris la parole au nom des autres, la psychologue Zineb Mantrach, était remerciée et son contrat non renouvelé à quatre jours de son échéance : « J’ai dû interrompre toutes mes séances et ateliers qui s’adressent à des réfugiés en grande souffrance, traumatisés par des viols, des tortures. »

    Durant notre entretien, elle reçoit un texto : « J’ai besoin de vous. Quand revenez-vous ? », demande une ancienne patiente, enceinte à la suite d’un viol. « Je reçois plein de messages de ce type », explique en pleurant la psychologue.
    Autre levier, le groupe joue la carte des économies d’échelle, en particulier au niveau des achats. A Douai (Nord), où SOS a repris en 2015 un établissement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), « on a pu économiser 70 000 euros par an grâce aux tarifs négociés par le groupe », relate ainsi M. Borello. La même mécanique devrait permettre d’améliorer les comptes des quatre #Ehpad que la SNCF doit transférer à SOS au 1er janvier.

    Groupe SOS : un trésor immobilier évalué à 500 millions d’euros , Isabelle Rey-Lefebvre
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/05/groupe-sos-un-tresor-immobilier-evalue-a-500-millions-d-euros_5392949_3224.h

    Groupe SOS : un trésor immobilier évalué à 500 millions d’euros
    Certains dirigeants de SOS ont pu racheter au groupe des appartements à des prix très avantageux.

    Depuis une trentaine d’années, le Groupe SOS s’est constitué un petit empire #immobilier évalué à 500 millions d’euros. Il repose sur un portefeuille hétéroclite de 455 #logements_sociaux et très sociaux principalement situés à Paris, 26 commerces, deux garages, des châteaux, des bureaux à Metz, Marseille et Casablanca, et 48 structures du type résidences sociales, crèches, maisons-relais, foyers de jeunes travailleurs… Tout est logé dans Alterna, filiale à statut coopératif de SOS, dirigée par Frédéric Bailly. « Centraliser l’immobilier permet de mutualiser des compétences pour réaliser des travaux, et de mieux convaincre les banques de nous accorder des prêts », explique Jean-Marc Borello, président du directoire du groupe.

    Un trésor dont les dirigeants de SOS ont parfois su profiter. C’est ainsi qu’un bel immeuble en pierre de taille, au cœur de Paris, destiné initialement à du logement très social, s’est ainsi retrouvé pour moitié la propriété d’Eric Teboul, alors gérant d’Alterna. En juin 2004 et juin 2006, en pleine flambée des prix, il y a acquis cinq appartements pour 2 500 et 3 000 euros le mètre carré, bien en dessous des prix de marché. Guy Sebbah, directeur de SOS Solidarités, y a, lui, acheté, en 2004, un appartement de 74 mètres carrés au prix de 157 000 euros, qu’il a revendu 710 000 euros en 2015. Frédéric Bailly, l’actuel gérant d’Alterna, a pu bénéficier en 2004, dans le même immeuble, d’un appartement de 47 mètres carrés achetés 2 143 euros le mètre carré. A l’époque, le prix moyen dans l’arrondissement s’établissait à 4 910 euros. Une opération similaire a porté sur un appartement d’un immeuble du 18e arrondissement, vendu au directeur de la communication de SOS, Nicolas Froissard.

    « Risque de conflit d’intérêts »

    L’Agence nationale de contrôle du logement social, qui a étudié l’affaire, relève : « En décidant de vendre à des personnes travaillant au sein du Groupe SOS, Alliance Immobilière [ancien nom d’Alterna] a écarté des acheteurs offrant un meilleur prix. Ceci illustre le risque de conflit d’intérêts d’autant que deux de ces ventes se sont traduites par une moins-value pour Alliance Immobilière. » Le groupe se défend en affirmant avoir respecté la valeur donnée par l’administration des Domaines.

    D’où vient le patrimoine d’Alterna ? Il a grandi au fil des acquisitions réalisées pour mener à bien les projets sociaux et financées par d’abondantes subventions (36,1 millions d’euros en 2017), mais aussi de l’intégration d’associations. En rejoignant SOS, elles lui transfèrent leurs actifs, terrains, bâtiments, etc. C’est le cas, par exemple, des Œuvres sociales d’Ormesson et de Villiers, vieille fondation datant du XIXe siècle destinée à l’origine au soin des tuberculeux, à la tête de deux établissements dans le Val-de-Marne, dont une maison d’accueil de 50 places pour personnes lourdement handicapées à Ormesson-sur-Marne.

    La fondation a rejoint SOS en 2010 et son patrimoine immobilier, évalué à 6,5 millions d’euros, a été transféré à Alterna en juillet 2015 : « Très vite, nous avons senti l’intérêt du Groupe SOS pour ce terrain, en plein centre-ville, raconte Jean-Luc Lefeuvre, président du conseil de la vie sociale de l’établissement. Depuis qu’il a mis la main sur cette propriété sans débourser un sou, le président de SOS qui nous avait promis de la maintenir et la réhabiliter veut transférer l’établissement à Villiers, dans un nouveau bâtiment, et vendre le terrain de d’Ormesson, un parc de trois hectares, mitoyen de la mairie ». M. Borello se défend : « Nous discutons avec la maire de l’utilisation future de ce terrain, dont la vente financerait tout juste la construction d’un nouveau bâtiment à Villiers. »

    Mélange des genres

    Alterna vend aussi beaucoup de biens dont elle n’a plus l’usage. Elle a ainsi, entre 2015 et 2017, cédé dix immeubles à la régie immobilière de la ville de Paris, dégageant de belles plus-values, par exemple de 5,4 millions d’euros rien qu’avec les deux immeubles et trois appartements vendus en 2017. Grâce à ces gains et malgré une exploitation déficitaire, les comptes d’Alterna sont bénéficiaires, d’environ 2 millions d’euros en 2017, pour un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros.

    Cela permet à la société de transférer, chaque année, entre 1 et 2 millions d’euros à des entités du groupe à statut commercial, telles que le Comptoir de l’innovation, la société d’événementiel Event It, des incubateurs d’entreprises, la société de BTP Exigences ou encore la société holding SOS Participations.
    Ce mélange des genres a le don d’irriter les contrôleurs de l’Ancols qui, dans leurs rapports de 2003, 2011 et 2016, critiquent ces mouvements de fonds et l’absence de comptabilités séparées sans, toutefois, les sanctionner : « L’activité de logement social, qui bénéficie d’aides publiques sous forme de subventions et d’exemptions fiscales, ne doit pas permettre le soutien d’autres activités même s’il s’agit de l’intérêt général », jugeaient-ils en 2011. « Il faut bien aider au démarrage de ces entreprises d’insertion », justifie M. Borello.

    Isabelle Rey-Lefebvre

    Jean-Marc Borello, l’atout social d’Emmanuel Macron , Patrick Roger, le 17 janvier 2017

    Le président de SOS, numéro un de l’économie sociale et solidaire, est l’un des neuf délégués nationaux du candidat d’En marche !

    Le siège du groupe SOS ne paye pas de mine. Niché au fond d’un passage du quartier de la République, à Paris (11e), à deux pas du Cirque d’hiver, le lieu n’a rien à voir avec ces luxueux bureaux d’affaires dont le clinquant et le tape-à-l’œil font office de carte de visite. Le hall d’accueil a des allures de ruche affairée. C’est le cœur névralgique d’un géant de l’économie sociale et solidaire, qui regroupe plus de 400 établissements, emploie 15 000 salariés et devrait franchir en 2017 le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires.

    A peine son visiteur lui a-t-il été annoncé que le président fondateur, Jean-Marc Borello, surgit, la main tendue, la poignée de main ferme. Il revient tout juste d’un déplacement à Mayotte, où le groupe gère trois établissements, notamment dans le domaine de la protection de l’enfance. En jean et chemise, ce « grand patron » à la carrure de rugbyman et à l’accent méridional, né en 1957 à Gardanne (Bouches-du-Rhône), ne colle pas aux canons du genre.

    Depuis la fin octobre 2016, Emmanuel Macron en a fait un des neuf délégués nationaux de son mouvement, En marche !, de même que Catherine Barbaroux, la présidente de l’Adie, première association de microcrédit en France. Ce sont ainsi deux des principaux acteurs de l’économie sociale et solidaire, connus pour leurs engagements de longue date aux côtés des exclus et leur enracinement à gauche, qui figurent dans le cercle rapproché des « ambassadeurs » du mouvement.

    « Je suis irréductiblement de gauche »

    Voilà qui ne cadre guère avec le cliché abondamment reproduit de l’ex-banquier d’affaires de chez Rothschild, estampillé libéral et voué aux gémonies par une partie de la gauche. C’est pourtant une des facettes méconnues du personnage, qui en nourrissent la complexité. « Bien avant En marche !, j’ai amené Emmanuel voir ce qui se passait dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, il y a quinze ans déjà », raconte Jean-Marc Borello, qui l’a eu comme élève à Sciences Po, où l’ancien éducateur spécialisé prodiguait des enseignements.
    Les deux hommes se sont revus lorsque Emmanuel Macron est devenu ministre de l’économie, en août 2014. Le président du groupe SOS avait préalablement pas mal travaillé sur l’élaboration de la loi de juillet 2014 avec Benoît Hamon, lorsque celui-ci était ministre délégué à l’économie sociale et solidaire. Ils ont alors recommencé à travailler ensemble. Et le voilà à présent intégré dans l’équipe d’En marche !
    « Macron, c’est un vrai bénéfice pour amener les jeunes à réinvestir le débat politique. C’est franchement une belle histoire, s’enthousiasme Jean-Marc Borello. C’est formidable de repartir sur une aventure comme ça. »

    Il avoue avoir toujours à affronter le scepticisme d’une partie de son entourage, notamment parmi ceux qui ont suivi sa trajectoire depuis qu’il intervenait à la fin des années 1970 auprès de jeunes délinquants en région parisienne, aux Ulis (Essonne), avant d’intégrer, après l’arrivée de la gauche au pouvoir, en #1981, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies.

    « Je suis irréductiblement de gauche et je suis trop vieux pour changer, se défend-il. Mais on ne pourra pas faire face aux besoins de solidarité, qui sont immenses, si on ne crée pas au préalable de la richesse. » Cette vision, il la développe dans un ouvrage à paraître le 19 janvier, au titre en forme d’oxymore, Pour un capitalisme d’intérêt général (Débats publics, 193 p., 18 euros).

    « Aller voir tout ce qui fonctionne très bien »

    Quel peut être le rôle de ces délégués nationaux issus de l’économie sociale et solidaire dans l’élaboration du projet d’Emmanuel Macron, outre le fait qu’ils disposent d’un important réseau ? « Notre domaine d’intervention, c’est la #lutte_contre_les_exclusions, comment gérer les politiques publiques autour de l’exclusion, du logement, etc., explique Jean-Marc Borello. Je fais remonter les propositions et les demandes du secteur. Il y a des groupes qui travaillent sur le logement, la grande exclusion, l’immigration, le droit d’asile… » Il n’ira pas, toutefois, jusqu’à lever le voile sur ce qui pourrait irriguer les engagements du candidat Macron, que ce dernier devrait présenter le 4 février à Lyon.
    « Nous sommes dans l’idée d’aller voir tout ce qui fonctionne très bien et qu’on n’a jamais été foutu de développer à l’échelle nationale, comment, avec toutes ces initiatives qui ont fait leurs preuves sur le terrain, monter des dispositifs ambitieux, comment faire pour desserrer l’étau administratif et réglementaire pour permettre aux gens d’innover », reprend le patron de SOS.

    Il cite en exemple l’expérience de Cuisine mode d’emploi(s), créée par le chef Thierry Marx pour permettre à des jeunes sans qualification ou à des chômeurs de longue durée d’intégrer les métiers de la restauration. Ou encore celle de Mozaïk RH, fondée par Saïd Hammouche pour aider les jeunes diplômés des quartiers défavorisés à intégrer le monde de l’entreprise.

    Mauvaise polémique
    Et, quand Emmanuel Macron se déplace dans le Pas-de-Calais, rencontre des acteurs locaux intervenant dans le domaine de l’habitat social ou de la précarité, décrit les conséquences sanitaires de la paupérisation de certains territoires, il parle en connaissance de cause, nourri précisément par ces expériences de terrain. Il décrit une réalité qui perdure et, même, va en s’aggravant. Cela lui a valu un tombereau de critiques. Une bien mauvaise polémique, en fait : cette réalité, les acteurs de l’économie sociale et de la prévention ne la connaissent que trop bien.

    « Il y a un vrai mouvement mondial autour de l’entrepreneuriat social, 40 % des sortants de grandes écoles veulent travailler dans l’économie sociale , assure Jean-Marc Borello. Là-dessus, Emmanuel Macron est absolument convaincu. » Ses propositions dans ce domaine pourraient contribuer à rééquilibrer l’image et le corpus programmatique du candidat d’En marche ! Et aussi exercer un réel pouvoir de séduction auprès d’une partie de l’électorat jeune – et moins jeune – à la recherche de nouveaux modes d’engagement.

    #histoire #socialisme #Borello

    • Jean-Marc Borello : itinéraire d’un patron, du milieu de la nuit à la macronie, Laure Bretton et Gurvan Kristanadjaja

      Le fondateur du groupe SOS assiste à une réunion à l’ELysée, le 12 décembre. Photo Bruno Lévy. Divergence

      Avant de construire son empire, Jean-Marc Borello s’est engagé contre le sida. Celui qui a toujours flirté avec la politique est décrit comme un personnage fascinant.

      Colosse culminant à près de deux mètres, voix rocailleuse et accent marseillais, Jean-Marc Borello, 61 ans, est un #patron déroutant. En trente ans, l’ancien éducateur de rue est devenu le pape - laïc - de l’économie sociale et solidaire (#ESS), un secteur passé à la postérité depuis que François Hollande lui a dédié un ministère, niché au cœur de la forteresse de Bercy. Depuis, toutes les formules superlatives ont été tentées pour décrire Jean-Marc Borello, sorti de l’ombre associative pour devenir un acteur politico-économique majeur. « Bill Gates de l’ESS » quand on veut être gentil. « Bernard Tapie du #social », quand on a quelques doutes sur le bonhomme quand même. Chez Borello, les cheveux mi-longs ont cédé la place à une coupe en brosse grisonnante avec raie sur le côté, le blouson en cuir a été remplacé par un costard. Comme un dernier îlot de résistance au conformisme bourgeois, la cravate se fait rare. Parti d’un engagement militant et personnel - lutter contre les toxicomanies et le sida - il a construit un petit empire comptant aujourd’hui plus de 17 000 personnes . Homme d’affaires accompli, le patron du groupe SOS tranche par une familiarité devenue marque de fabrique. « Jean-Marc », lance-t-il simplement en tendant la main quand on le rencontre.

      A l’origine, rien ne prédestine Jean-Marc Borello à être un homme de pouvoir. Né en 1957 d’un père militaire et d’une mère ouvrière à Aix-en-Provence, il grandit à Gardanne. Pensionnaire et délégué de classe, il se fait renvoyer. Meneur d’hommes mais pas dans les clous. En 1982, sa vision de l’éducation de jeunes en détresse le fait remarquer : il entre à la Mission interministérielle de lutte contre les toxicomanies (Mildeca), nommé par le gouvernement #Mauroy. Le compagnonnage socialiste ne fait que commencer. Deux ans plus tard, il fonde sa propre association, SOS drogue international. [...]

      Depuis trente ans, Jean-Marc Borello a toujours flirté avec la politique. D’abord à Marseille en 1981. Mitterandiste, il entre au cabinet de Gaston Defferre, maireemblématique. Entre 1984 et 1986, il est chef de cabinet de Gilles Trigano, alors délégué aux nouvelles formations auprès du Premier ministre Laurent Fabius. Gravitant dans la galaxie #socialiste parisienne, Jean-Marc Borello rencontre #Bertrand_Delanoë puis #Anne_Hidalgo. SOS coche toutes les cases pour la gauche : le groupe s’occupe de publics défavorisés, s’investit dans l’insertion professionnelle.

      #Harcèlement_sexuel : « Je ne voulais pas de ce baiser mais Borello a le bras long » , Laure Bretton et Gurvan Kristanadjaja —
      https://www.liberation.fr/france/2018/12/20/harcelement-sexuel-je-ne-voulais-pas-de-ce-baiser-mais-borello-a-le-bras-

      Pilier de la #macronie, figure du milieu de l’économie sociale et solidaire ne cachant pas son homosexualité, le président du groupe SOS est accusé de harcèlement et d’#agressions_sexuelles dans son #entreprise. Il se défend en invoquant la « culture du groupe ». « Libération » a recueilli le témoignage d’anciens employés décrivant les comportements déplacés de leur patron, au vu et au su de tous.

      L’idée venait d’en haut, le timing était parfait. Juste avant la journée de lutte contre les violences sexistes et sexuelles du 25 novembre, les milliers de collaborateurs du groupe SOS, géant français de l’économie sociale et solidaire, ont reçu une invitation de leur direction. L’idée ? S’engager personnellement contre le harcèlement et les agressions, notamment homophobes. Depuis trente ans, la lutte contre les inégalités et la solidarité font l’ADN du groupe SOS. Le défi ? Poster sur les réseaux sociaux des photos d’un baiser entre salariés - homme-homme, femme-femme, femme-homme - accompagnées du hashtag #FraternitéChallenge. « Chaque agression est une agression de trop. Il n’est pas question ni de capituler ni de nous y habituer », souligne la newsletter envoyée par le service communication. La direction montre l’exemple, joignant deux clichés d’hommes s’embrassant sur la bouche. Sur l’une des images, le porte-parole LGBT du groupe dépose un baiser sur les lèvres du président du directoire, Jean-Marc Borello. « La liberté c’est le droit. L’égalité, c’est le fait. La fraternité c’est le devoir », souligne le grand patron dans un tweet lançant l’opération. [...]

      Ce qui fait tiquer dans ce #FraternitéChallenge apparu fin novembre, c’est qu’il coïncide avec les avancées d’une enquête que Libération a entamée au début de l’été : plusieurs anciens #salariés accusent Jean-Marc Borello de faits relevant, selon le code pénal, de harcèlement, d’atteintes ou d’agressions sexuelles. Si elle correspond à la raison d’être du groupe SOS, cette campagne de communication virale ressemble aussi à un début de contre-attaque médiatique : fournir des images d’embrassades volontaires pour noyer d’autres gestes non consentis.

      [... ]La scène est devenue un classique des soirées SOS. Du genre que l’on ressasse à la machine à café le lendemain.

      Ce soir de septembre il y a quatre ans, le choix de Borello se porte sur Antoine (1), 22 ans, qui termine un #stage à SOS : « Il m’a invité à danser, en insistant. Il ne voulait pas me lâcher. Je savais ce qui pouvait arriver. On était près du bar, il y avait plein de monde autour. J’ai essayé de résister. Il savait très bien ce qu’il faisait puisque quand il m’a lâché, il a dit à la cantonade : "T’as mis la langue en plus, coquine". » Sauf qu’Antoine ne voulait pas de ce baiser et que personne n’a bronché autour de lui, même si certains des convives ont pu faire des photos de la scène, que Libération s’est procurées. « J’ai assisté au baiser d’Antoine ce soir-là. Nous savions tous que ce n’était pas consenti. Ce genre de comportements était régulier de la part de Jean-Marc Borello », souligne un invité de la soirée baptisée « I love 1984 ».


  • Gwénola Sueur et Pierre-Guillaume Prigent - L’alienation parentale
    Mécanismes de la violence masculine sur les mères en France

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=8&v=Rw0sRBrfqLo

    #violence_masculine #divorce #domination_masculine #SAP #féminicide #infanticide #masculinisme #inceste #pedoviol

    Sur Outreau l’expert psy était Paul Bensoussan un promoteur du SAP, et du syndrome de munchahausen par procuration. On peu le tenir pour responsable de la réduction des condamnations pour viols, inceste, viols par conjoint et l’augmentation des violences faites aux femmes et aux filles (75% des victimes d’inceste).

    – pour en savoir plus = rapport de Marie-Christine Gryson https://www.youtube.com/watch?v=D-udQ8XoOYo

    + commission d’enquête de 2005 http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-enq/r3125.asp

    • Quelques extraits du rapport de commission d’enquète 2005
      http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-enq/r3125.asp

      2. Un contexte pénal, économique et social défavorable

      Il paraît indispensable de rappeler, fût-ce brièvement, que l’affaire d’Outreau s’est déroulée dans une région fortement marquée par le nombre des affaires pénales en matière sexuelle, sur fond de misère économique et sociale. Certaines données statistiques peuvent, en elles-mêmes, contribuer à expliquer la difficulté de réagir rapidement à des signalements qui, pour être inquiétants, n’en sont pas moins noyés dans nombre d’affaires similaires, suivies tant par les services sociaux que par les services de police ou judiciaires. Les données nationales font ainsi apparaître l’accroissement important des dossiers de mineurs en danger dont les juges des enfants sont saisis : + 7,8 % pour la seule année 20044. Les informations présentées ici sont issues des données statistiques du ministère de l’intérieur (faits constatés en matière de mœurs) et du casier judiciaire national (condamnations). Elles font apparaître les spécificités du ressort de la cour d’appel de Douai en matière de criminalité et de délinquance sexuelles.

      · Les faits constatés en matière de mœurs

      La délinquance en ce domaine a augmenté entre 1994 et 2004 dans le département du Nord de 47 % et dans le département du Pas-de-Calais de 60 % contre 50 % au niveau national sur la même période.

      La part des victimes mineures dans le total des viols et agressions sexuelles (faits constatés en 2004 par les services de police et de gendarmerie) s’élève à 63 % pour l’ensemble de la France, à 45 % dans le ressort de la cour d’appel de Paris et à 75,1 % dans le ressort de la cour d’appel de Douai.

      · Les condamnations

      – En matière de criminalité sexuelle :

      La part des infractions sexuelles dans les condamnations criminelles prononcées en France est en hausse constante : de 24,6 % en 1984, elle est passée à 40,7 % en 1994 et atteint 53,4 % en 2004.

      Entre 1990 et 2003, dans le ressort de la cour d’appel de Douai, le nombre de condamnations pour crime sexuel a été multiplié par 3,2 (+ 222 %) alors qu’au niveau national, ce nombre a doublé sur la même période (+ 100 %).

      En 2003, les cours d’assises du ressort de la cour d’appel de Douai ont prononcé 7 % des condamnations criminelles, tout contentieux confondu. La même année, elles ont prononcé 8 % (sur 1 470 condamnations prononcées en France en ce domaine) des condamnations pour crimes sexuels.

      Ces 119 condamnations pour crimes sexuels représentaient 54 % de l’ensemble des condamnations criminelles prononcées dans le ressort de la cour d’appel de Douai contre 48 % au niveau national.

      – En matière délictuelle :

      Entre 1990 et 2003, le nombre de condamnations pour délit sexuel a crû de 63 % dans le ressort de la cour d’appel de Douai contre 32 % en France.

      En 2003, les tribunaux correctionnels du ressort de la cour d’appel de Douai ont prononcé 7 % des condamnations délictuelles, toute forme de contentieux confondu.

      La même année, ils ont prononcé 582 condamnations pour délit sexuel, soit 8,4 % de l’ensemble des condamnations délictuelles en matière sexuelle au niveau national.

      Tout en soulignant à de nombreuses reprises, lors des travaux de la commission, son souhait de ne pas voir ternie à tort l’image du Boulonnais, l’un des membres de la commission d’enquête, M. Guy Lengagne, député du Pas-de-Calais et ancien maire de Boulogne-sur-Mer, a rappelé que la commune d’Outreau elle-même avait déjà été endeuillée par la dramatique affaire dite « des frères Jourdain » qui en février 1997, dans des circonstances particulièrement horribles, avaient violé et assassiné quatre jeunes filles habitant cette petite ville. Point n’est besoin de rappeler également, puisqu’il s’agit d’un fait d’actualité à l’heure où la commission d’enquête procède à ses investigations, que le « second procès d’Outreau »5 porte sur une affaire de pédophilie et que les mis en cause
      – plusieurs membres d’une même famille accusés d’incestes sur leurs enfants - habitent un immeuble voisin de celui des Badaoui-Delay, dans ce même quartier de la Tour du Renard.

      Le cadre dans lequel se sont situées ces affaires d’Outreau est ainsi décrit par MM. René-Philippe Dawant et Georges Huercano-Hidalgo dans leur ouvrage intitulé Contre-enquête à Outreau :

      « La population a fort évolué. Les Aciéries Paris Outreau ont fermé. Si Boulogne-sur-Mer reste le premier centre de traitement du poisson, celui-ci est plus souvent transporté par camion que par bateau. L’industrie de la pêche s’est effondrée. Le textile également. Avec un taux de chômage de 15 %, le Pas-de-Calais détient le record de France.

      À la Tour du Renard, on compte 40 % de chômeurs. Les travailleurs ont cédé la place aux allocataires, aux chômeurs et aux retraités. ... Les ravages de l’alcoolisme sont perceptibles dans les rues, les magasins et les bistrots. La région et la municipalité consentent de gros efforts d’encadrement. Les services sociaux pallient de leur mieux toutes les carences. Le centre communal d’aide sociale garantit un quota de nourriture aux familles en difficulté, assure la gratuité des soins médicaux, encadre un surendettement endémique. »

      Plusieurs personnes auditionnées par la commission d’enquête ont évoqué la difficulté à réagir de façon adaptée et rapide à certains signaux d’alarme, lorsque s’accumulent les problèmes dans une zone géographique donnée.

      Ainsi Mme Claire Beugnet, responsable du service d’aide sociale de Boulogne-sur-Mer, a attiré l’attention des membres de la commission d’enquête sur les caractéristiques de cette population : « Il faut également tenir compte des populations auxquelles nous sommes confrontés. Dans un secteur en difficulté, avec tout un quartier de parents en difficulté le seuil de tolérance n’est pas le même que dans un quartier sans problème. »6

      Le docteur Alain Leuliet, psychiatre, a pour sa part indiqué : « Dans le département du Pas-de-Calais règne malheureusement une grande misère sociale et économique. Quand je participe à un procès en cour d’assises, j’ai toujours l’impression d’un gâchis phénoménal. Nous arrivons après coup. Des sévices ont été commis, des enfants ont été victimes, des agresseurs attendent la sanction. Je me demande comment on pourrait anticiper un peu plus les situations. Vous avez été amenés à entendre les travailleurs sociaux. Nous essayons de travailler avec eux. On aurait peut-être pu éviter que des enfants soient victimes d’agressions sexuelles. Le problème des travailleurs sociaux est qu’ils sont isolés. Ils sont souvent anesthésiés, c’est-à-dire qu’ils côtoient tellement la misère sociale qu’ils sont amenés à relativiser certaines situations sociales en se disant qu’il y a pire. »7

      Mme Hélène Sigala, juge des enfants à Boulogne-sur-Mer, a rappelé que, à l’époque où certaines des notes qui lui étaient adressées par les services sociaux témoignaient d’une suspicion d’agression sexuelle, elle avait dans son cabinet 600 dossiers en cours et « qu’environ 400 d’entre eux transpiraient plus ou moins les abus sexuels »8.

      Dans son témoignage au procès en appel à la cour d’assises de Paris, l’ex-directrice de l’école maternelle qu’avaient fréquentée les enfants du couple Badaoui-Delay à la Tour du Renard a notamment prononcé cette phrase qui, à elle seule, pourrait résumer toute la problématique du risque de banalisation et donc de moindre réactivité lorsque trop de clignotants sont allumés : « J’avais fini par m’habituer aux comportements des enfants de ce quartier. Mais tout ce que j’avais fini par trouver normal n’est pas tolérable, dans l’école où je travaille aujourd’hui. En fait, ce ne sont pas les mêmes normes » (propos rapportés dans un article de la Voix du Nord du 10 novembre 2005).

    • Témoignage d’une des victimes sur les conditions des procès ou comment faire des victimes les coupables et des auteur·ices des innocent·es
      https://www.youtube.com/watch?v=a-9Y1TRV62k

      Outreau l’Autre Vérité de Serge Garde
      https://www.youtube.com/watch?v=bP1MmPKIwoA

      Commission d’enquête de 2006
      https://www.youtube.com/watch?v=zPx-BfVvrWM

      Site de Jacques Thomet
      http://www.jacquesthomet.com/jacquesthomet

      Les 12 enfants reconnus victimes de viols ont touché·es chacun·e 30.000€ à leurs 18 ans. Séparés entre elleux, placé en foyer pour déliquants, jetés à la rue à 18 ans, traités de menteurs par la presse...

      Les 13 aquité·es du second procès ont touchés chacun·e 300.000€. Ces gens n’ont pas été innocentés l’institution a jugé que la parole des enfants ne vallait rien.

      La justice française juge que la mauvaise réputation d’un adulte est 10 fois plus grave que d’être prostitué, violé, torturé lorsqu’on est enfant.
      Le juge Burgeau à été lynché et ce message à ete compris de tous les juges qui ne condamnent plus les viols et considèrent les victimes comme des menteureuses. -40% de poursuites pour viol depuis cette affaire. Les violeurs et pedosexuels se sont ouvert une autoroute.

      __
      Outreau ou pas assez ? Serge Garde : encore !
      https://www.youtube.com/watch?v=m5Kac4egHiM

      Dans une autre video de type FNoïde dont j’ai retiré le lien, Serg Garde dit que l’importance des théories freudiennes en France explique qu’on considère les enfants comme des menteureuses. Pour #freud l’enfant est un pervers polymorphe qui seduit les adultes et est l’instigateur de l’inceste cf - oedipe

    • Merci @mad_meg même si c’est absolument terrifiant que l’affaire d’Outreau ait été transmise par les médias dominants comme une erreur judiciaire envers les adultes.
      On comprend mieux l’instrumentalisation des personnes au pouvoir mouillées dans des affaires financières qui cherchaient à supprimer le juge d’instruction. Non seulement l’impact aujourd’hui sur ces victimes de viols, sur celles qui tentent aujourd’hui de dire mais aussi le soutien apporté au développement des réseaux pédophiles.
      Arr, vraiment la gerbe.

    • Oui j’écoute présentement la commission villani, une forfaiture. A part la première intervenante, seule femme et seule personne qui connait l’affaire et dit à la commission que c’est le bal des faux-culs et que le juge Burgeau est irréprochable. Le reste c’est des vieux ballochards qui servent la soupe à Foutriquet. Hallucinant de voire que cette affaire de réseau pédocriminel a servit de prétexte pour Sarko-Fillon & l’UMPS pour se garantir l’impunité. Car sur ce coup là, L’UMP et le PS étaient main dans la main (dans le sac).

      Sinon pour L’INNOCENT Franck Lavier en plus d’étre poursuivit en ce moment pour le viol de sa fille de 17 ans, il a été condamné pour violences physiques sur ces autres enfants agés d’une dizaine d’années.

    • Outreau, onze ans après.
      https://blogs.mediapart.fr/jacques-delivre/blog/061216/outreau-onze-ans-apres

      Du Calvaire à la Rédemption. Onze ans après, que sont devenus ceux d’Outreau ?

      De nombreux messages personnels ont fait part de l’inquiétude générale concernant le silence relatif actuel autour de l’affaire d’Outreau, et notamment sur ce qui est advenu des fameux acquittés. Alors disons que, onze ans après très exactement, les nouvelles sont plutôt bonnes, mais pas pour tout le monde, comme vous le verrez.

      Revenons d’abord un peu en arrière. A la fin des procès (2005), des tractations financières secrètes eurent lieu, au plus haut niveau, afin de dédommager les acquittés de Paris et de Saint-Omer (et de faire en sorte que le volet Legrand fils mineur ne soit jamais audiencé, contrairement au Droit. Malheureusement, il fallu bien le juger, in extremis). Même s’il n’est absolument pas question ici de nier la dureté de la condition pénitentiaire française, indigne d’une nation moderne, ni que le dédommagement pécuniaire est une mesure salutaire (que faire de plus ?) pour tâcher de compenser les années de prison, on se souviendra, d’abord, que Patrick Dills, qui fit dix-sept années de prison, obtint l’équivalent actuel de 150 000 euros.

      Si, concernant nos acquittés, le dédommagement moral fut plus satisfaisant, puisque outre les excuses de la Chancellerie, celles du Premier Ministre de l’époque Dominique de Villepin, puis celles du Président Chirac lui-même, excuses écrites au nom de la République française et dépêchées tout spécialement par les motards de l’Elysée au domicile de chacun, les tractations concernant l’aspect financier ont été, de leur côté, menées rondement. Ces tractations, tenues cachées, s’élevèrent, selon des informations sûres, à environ dix millions d’euros pour les treize, soit une moyenne de 800 000 euros chacun. Il est cependant à envisager que certains ont obtenu plus que d’autres, eu égard aux conséquences dommageables de l’incarcération sur leur réputation et leur carrière professionnelle. Accessoirement, il ne faut pas oublier que les enfants victimes de traumatismes beaucoup plus importants que la prison pour des adultes, n’ont reçu que 30 000 euros chacun, puis envoyés à la rue sans aucune sorte de soutien à leur majorité. D’autres sont peut-être repartis chez eux pour que la famille reçoive l’indemnité.

      Certes, pour nos acquittés, il leur a fallu déduire les sommes versées à leurs avocats respectifs, et que l’on peut juger conséquentes(mais négociées)... Les ténors du barreau ne sont bénévoles qu’un temps.

      Les époux Lavier s’achetèrent de leur côté tout ce qu’il faut pour être enfin bien : grosse voiture, grande maison en centre ville, tout l’équipement nécessaire pour se sentir heureux, dont un circuit intérieur de caméras vidéos ; des joujous et tant et plus pour les petits gosses. Cela ne les empêcha pas d’avoir ensuite maille à partir avec la justice, pour violences et maltraitances sur deux de leurs enfants mineurs, âgés de dix et onze ans. Certes, considérés contre primo-délinquants, les parents ne furent condamnés qu’à du simple sursis. Le Procureur de l’époque (en 2012), Jean-Philippe Joubert, avait pourtant déclaré devant les caméras de télévision que « les chambres de ces deux enfants qui se sont enfuis étaient vraiment des mouroirs. Il n’y avait même pas de lumière, il n’y avait pas de poignée pour sortir et il y avait des caméras partout pour filmer des enfants qui arrivent presque à l’âge de la puberté ». Plus récemment, en juin 2016, Franck Lavier sera placé en garde à vue durant 48 h., puis mis en examen avec interdiction de retourner à son domicile, pour viol présumé sur sa fille C. (dont le prénom réel a été scandaleusement dévoilé par la presse) âgée de 17 ans. L’instruction suit son cours, et se déroulera, peut-être, dans des conditions raisonnables de bonne justice. Franck se souvient-il peut-être, non sans émotion, que l’affaire d’Outreau avait débuté pour lui de la même façon. Hormis ces petits soucis du quotidien, Franck et Sandrine Lavier se portent bien.

      De son côté, l’abbé Dominique Wiel est devenu une sorte de vedette que l’on a souvent croisée à la télévision. Il sillonne la France pour y faire des conférences. En seulement quatre ans, il en aura organisé plus d’une centaine pour raconter son histoire. Lui aussi a écrit un livre. D’après La Voix du Nord (nous sommes en 2011), il animait chaque mois une formation aux faits-divers à destination des journalistes de FR3. En 2016, il continue, à près de 80 ans, à participer à des débats et des conférences. Il trouva quand même le temps d’adhérer au comité de soutien de Jean-Paul Lagache, condamné deux fois aux Assises pour pédophilie. Notre abbé vieillit bien et reste fidèle à ses convictions.

      Le taxi Pierre Martel, qui fut acquitté à Saint-Omer en 2004, a repris ses activités dans la discrétion. Le père Legrand et Christian Godard sont décédés. De Thierry Dausque, acquitté en appel, aucune nouvelle.

      Le fils Legrand a encore eu des petits ennuis avec la justice. Il avait déjà été condamné à trois mois fermes pour trafic de drogue, sans exécuter sa peine (en 2007). Il a été condamné plus récemment à du sursis pour violences sur la mère de son fils. Il avait également insulté son enfant devant témoins en lui faisant un doigt d’honneur et lui disant :« Va te faire enculer ! ». L’enfant, qui avait deux ans, connaissait-il-il le sens de la formule ? Sinon, pour le reste, ça va. Il est à espérer pour lui qu’il ne se fasse pas trop remarquer : son avocat Julien Delarue doit commencer à fatiguer. On peut aussi s’interroger sur le fait que le fils Legrand, après avoir acquis voiture et logement, habite dorénavant chez sa mère et dort, selon ses dires, dans le canapé du salon, lui qui aurait touché, si l’on y ajoute l’indemnité de son père décédé, plus d’un million d’euros...A moins que... Quand on songe qu’avant l’affaire, la famille avait acheté (à crédit) à la fin des années 80 une maison individuelle dans un quartier résidentiel de la station balnéaire de Wimereux, avec un salaire d’ouvrier et une mère au foyer, puis que cette maison s’était trouvée perdue juste avant les événements pour une obscure raison....

      Roselyne Godard (la boulangère) a désiré un temps se lancer dans des études de Droit pour devenir avocate, profession exercée à but lucratif, sûrement sur les conseils avisés de son défenseur et mentor, Eric Dupond-Moretti, « Maître Dieu », comme elle l’appelait. On ne sait trop à quoi aboutirent ces études.

      Odile Marécaux-Polvèche, femme de l’huissier, a été indemnisée aussi, a récupéré l’intégralité de son salaire d’infirmière à l’Education Nationale, ce qui peut sembler tout-à-fait normal. Pourtant, comme elle avait décidé, après son divorce, de résider en Bretagne, un poste fut spécialement créé pour elle là-bas sur ordre du Ministre de l’Éducation Nationale. Rarement, dans l’histoire judiciaire française, considérant que l’ « erreur judiciaire » n’en fut pas une, des détenus provisoires jugés finalement innocents n’ont été traités par l’État avec autant de bienveillance, d’égards et de mansuétude. Chapeau bas ! Il est à souhaiter que toutes les « victimes » de notre justice soient traitées de la même façon.

      L’huissier Alain Marécaux, que l’on a aussi beaucoup vu à la télévision, est également un cas qui peut intéresser. Il avait déclaré, on s’en souvient, avoir tout perdu avec cette affaire. Mais il avait oublié de raconter que son couple battait très sérieusement de l’aile. Que sa femme Odile avait fait une tentative de suicide, en juin 2001, de même que l’un de ses fils. Qu’Odile présentait de nombreuses marques de coups, mais qu’elle les imputaient à son fils aîné, et non à son mari : ouf ! Que les trois enfants avaient fugué à plusieurs reprises. Que sa propre mère était déjà très sérieusement malade avant les ennuis judiciaires et que la mort de celle-ci ne peut être en rien imputée à Fabrice Burgaud. Que son étude dut être vendue (peut-être pas au meilleur prix, on peut en convenir). Qu’il revendit sa résidence principale, surnommée le « Manoir », puis sa résidence secondaire. Et donc qu’il fut payé pour tout cela, au moins, et que ces sommes s’ajouteront donc aux indemnités que l’on jugea, d’ailleurs, particulièrement conséquentes, puisqu’il fut question de deux millions d’euros (somme importante qui vint, si l’on réfléchit, en déduction de l’indemnité des autres, par exemple de celle des Legrand, qui restent, malgré tout, des prolétaires. Daniel Legrand, père : « On a été indemnisé, mais on n’a pas touché comme on avait dit... »). Le reste de l’histoire est plus connu : Alain Marécaux publia (avant même l’appel) un livre qui devint un best-seller( Il parvint à publier chez Flammarion, et les droits de l’ouvrage furent rapidement achetés). On en tira un film (dans lequel Marécaux était conseiller technique) qui remporta un assez bon succès, davantage grâce à une grosse campagne de promotion et au choix de l’acteur principal, Philippe Torreton, qu’à ses qualités purement cinématographiques. Il est cependant à déplorer que cette œuvre présentée comme une fiction ait utilisé sans vergogne le nom des protagonistes réels. Les avocats du Juge Fabrice Burgaud, lui-même incarné avec réalisme par un acteur-sosie, s’en virent refuser la supervision. Alain Marécaux retrouvera son métier d’huissier de justice. Il a maintenant une étude à Dunkerque (elle porte son nom), mais passe le plus clair de son temps dans sa résidence du Midi, en Ardèche.

      Sous cet aspect positif des choses, le cas le plus emblématique de Rédemption reste celui de Karine Duchochois. Elle est indemnisée alors qu’elle n’a pas fait un seul jour de prison, hormis la garde-à-vue. Après avoir beaucoup pleuré pour retrouver son fils, dont le père-duquel elle était séparée et qui habitait avec l’enfant en région parisienne- avait pourtant obtenu la garde bien avant le début de l’histoire, elle écrit, elle aussi, un livre pour défendre sa cause (avant l’appel également-et l’on mesure dans quel état d’esprit se trouvait donc, l’opinion publique à propos de leur culpabilité présumée- le livre de Florence Aubenas, La Méprise, n’étant pas encore sorti pour enfoncer un coin supplémentaire)). Elle publie rapidement chez l’éditeur parisien Plon, un témoignage dont le titre ne lui conviendra pas : Moi Karine, innocente et cassée. (« Je n’ai jamais été cassée », déclarera-t’elle). L’ouvrage, malgré une qualité objectivement médiocre, reçoit le prix littéraire « Comte de Monte Christo », tout nouvellement créé juste à ce moment-là, en 2005, et qui vise à récompenser les oeuvres littéraires autobiographiques sur la justice. C’est Gérard Lhéritier, présenté parfois comme un « ami » de Karine, qui en est l’initiateur. Karine en deviendra d’ailleurs l’attachée de presse. Mais Lhéritier, surnommé par des perfides le « Madoff » des lettres et qui fréquente le beau monde, de Rachida Dati à Nicolas Sarkozy, aura quelques petits ennuis avec la justice. Comme le rapportent de nombreux quotidiens, dont Le Nouvel Observateur (article du 7/12/14), celui que l’on présente aussi comme le plus gros acheteur mondial de manuscrits, est inquiété dans une enquête préliminaire pour « escroquerie en bande organisée et pratique commerciale trompeuse ». Il s’agit de l’affaire Aristophil. La société, qui a ensuite ouvert une filiale en Belgique, dont Patrick Poivre d’Arvor est le parrain et le promoteur zélé, est basée sur le malin système de la pyramide de Ponzi. Les souscripteurs, qui espéraient de gros bénéfices dans l’investissement sur l’achat et la revente de manuscrits rares, n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. PPDA sera entendu par la brigade financière sous le régime de la garde à vue pour un prêt de 400 000 euros accordé par Lhéritier, et qui a disparu des comptes. La société sera placée en liquidation judiciaire en 2015 et Lhéritier ne sera pas ennuyé plus que ça, même si l’affaire n’est pas terminée.

      Bref, à l’époque où Karine reste personnellement très proche de l’influent présentateur de télévision PPDA, TF1 acquiert les droits de l’ouvrage de sa protégée pour en réaliser ensuite une fiction télévisée. En 2007, notre Karine rentre comme journaliste à France Info et tiendra une chronique « Le Droit d’Info » consacrée à la justice. Dorénavant journaliste, elle adhère, sans aucun diplôme ni qualification, à l’Association des journalistes judiciaires, présidée à l’époque par Stéphane Durand-Soufflant, chroniqueur du Figaro. Le monde est petit. Elle devient également journaliste animatrice du magazine hebdomadaire télévisé « Engrenage infernal » sur la chaîne Planète+ Justice. Elle réalise, en 2011, un reportage documentaire sur Outreau (à charge contre Fabrice Burgaud, bien entendu), diffusé dans l’émission « Zone Interdite » (M6). Entre temps, elle a aussi été engagée par la chaîne 13° Rue (« Passeport pour le crime »), chaîne que PPDA rejoindra à son tour en 2013, et où officiait déjà Christophe Hondelatte, prosélyte infatigable de la thèse des défenseurs (les enfants ont menti, il n’y a pas de réseau criminel, etc.). Pour Karine Duchochois en tout cas, ce fut donc comment passer du ghetto ( des HLM d’Outreau) au gotha.

      Questionnée en 2008 par le même Christophe Hondelatte dans son émission de France 2 Faites entrer l’accusé :« Karine, vous avez de l’ambition, il ne faut pas craindre de le dire, c’est bien l’ambition...Alors, cette affaire, peut-on dire qu’elle vous a finalement servie ? » Réponse de Karine Duchochois :« Oui ». Donc, là-aussi, tout va pour le mieux.

      Le lecteur trouvera sans doute ces considérations mesquines, triviales, déplacées ou malveillantes de la part de celui qui tient cette plume...Il devrait plutôt se réjouir que les acquittés s’en tirent globalement mieux que les enfants violés d’Outreau.

      Triviales et déplacées aussi, ces quelques remarques sur ce mystérieux prix littéraire « Comte de Monte Christo » dont il est question plus haut, quand on sait qu’il a été décerné également en 2009 aux Legrand père et fils pour Histoire Commune, témoignage dont la médiocrité littéraire n’est pas à prouver, écrit avec Youki Vattier ( réalisateur qui connaît bien Hondelatte pour avoir travaillé avec lui) : il s’agit, plus précisément, de la catégorie « Prix de l’émotion face à l’injustice » ! A y regarder d’encore plus près, on se rend compte que, parmi les jurés de ce prix, il y a eu Patrick Poivre d’Arvor himself, mais aussi Philippe Houillon, député Rapporteur de la Commission d’Enquête parlementaire sur l’affaire en 2006 ; bon nombre de journalistes, comme Dominique Rizet du Figaro, ancien du SIRPA (Service d’Information et de Relations Publiques des Armées), qui officie sur la chaîne Planète+Justice (comme Karine), copain de Christophe Hondelatte et de l’avocat Dupond-Moretti ; le magistrat Serge Portelli, les journalistes Daniel Carlin, Matthieu Aron, ancien directeur de la rédaction de France Inter, coscénariste avec Marie-France Etchegoin (ancienne Rédac-chef de l’Obs) d’un documentaire sur l’affaire Alègre défendant la thèse de l’absence de notables (« Notable donc coupable ») et...l’avocat Eric Dupond- Moretti himself aussi ! Ajoutons que Dominique Baudis obtint le prix en 2005 pour Face à la Calomnie, publié par Bernard Fixot qui publia également dans son autre maison Oh !Editions le témoignage de l’abbé Dominique Wiel. Inutile de charger la barque, mais Alain Marécaux reçut ce même prix pour Chronique de mon Erreur Judiciaire... Du beau linge bien propret, qui a ses entrées un peu partout, tous gardiens jaloux et militants de la doxa et tous parties prenantes dans l’histoire ou ayant des idées précises sur le fait de ne pas « trop écouter les enfants victimes » ; qu’il n’y a jamais de notables dans ce genre d’affaire, la preuve étant qu’aucun n’est jamais condamné ; que le « réseau pédocriminel » est un fantasme de cinglés...

      Donc tous gens, zélateurs de l’histoire officielle, qui se connaissent parfaitement, se fréquentent, déjeunent, cocktailent ensemble, fréquentent les palaces et la jet-set... et sont totalement objectifs. Il faut bien se serrer les coudes. Des personnes d’influence proches des vrais lieux de pouvoir, officiels ou non-officiels et qui assurent le pluralisme de l’information. Vous savez-bien : ceux qui font et défont l’opinion publique, pour notre plus grand amusement...

      PS : Ce qui est dit ici est vérifiable, plus ou moins aisément car les médias « mainstream » ne creusent pas trop ces choses et mettent le public à l’abri des accointances, renvois d’ascenseur et intérêts communs entre les grands médias eux-mêmes, leurs serviteurs, les cercles protégés de la politique, de la magistrature, du spectacle, du sport, de la culture, de l’Education, de l’Eglise ; bref, de la plupart des Institutions. Tous gens par ailleurs forcément au dessus de tout soupçon. Les acquittés d’Outreau furent les arbrisseaux qui cachèrent la forêt et les enfants violés les grands perdants : après tout, ils ne représentent rien d’important.

      Le lecteur pertinent aura sans doute saisi que le problème était (pardon pour le gros mot) l’« invisibilisation » volontaire de ce même problème (j’espère me faire comprendre, au delà de la célèbre question un peu galvaudée : « Nous cacherait-on des choses ? »). Il aura peut-être également compris que les « dysfonctionnements » en chaîne de l’affaire d’Outreau (conjonction mathématiquement quasi impossible) n’en étaient pas réellement, et ne constituaient que l’ombreportée des fonctionnements cachés et voulus d’une mécanique qui n’était pas si mal huilée. Il pourra, en tout cas, en tirer les conclusions qu’il souhaite, comme il se doit.

      + Le commentaire de Marie-Christine Gryson

      Bravo pour ce brillant récapitulatif qui permet d’oublier que Dimitri Delay, reconnu pas la Justice dans cette affaire, victime de viols d’agressions sexuelles, de corruption de mineurs, souffre de froid et de faim...et n’a reçu, comme tous les autres ex-enfants ( ils sont 12) aucune aide de tout ce petit monde si bien intentioné à l’égard des acquittés.

      https://blogs.mediapart.fr/caprouille/blog/141116/lettre-ouverte-thierry-delay-qui-m-engendre-viole-torture-et-livre-l

      Cela permet d’oublier que Chérif Delay n’a reçu aucun prix pour son livre auto-biographique « Je suis debout » qui décrit l’horreur des viols, de l’abandon et des accusations inversant les culpabilités et les valeurs :

      http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/10/cherif-delay-enfant-victime-d-outreau-adulte-debout_1519657_3224.html

      Cela permet aussi d’oublier que Michel Gasteau éminent Président d’assises a répertorié plus de 30 mensonges dans le livre de Florence Aubenas « La Méprise » :

      http://www.village-justice.com/articles/MEPRISE-Les-mensonges-Florence,19584.html

      En revanche, il est impossible d’oublier que Karine Duchochois, enquêtant « objectivement » et sans conflit d’intérêt sur les acquittés d’Outreau pour « Envoyé spécial » a tancé vertement les Lavier suite à leur mise en examen pour maltraitances habituelles et corruption de mineurs : « cela sème le doute sur nous tous » a t-elle précisé à ses co-acquittés.Une question me tarabuste : que pense t-elle aujourd’hui de la nouvelle mise en examen de Franck Lavier pour « Viols sur mineur par ascendant ? »

      Karine Duchochois ne doit pas penser grand chose du procès pour viols et agressions sexuelles impliquant Lavier au sujet de sa fille C***, pour le moment... Elle était citée au même titre que Lavier dans le beau rapport de l’IGAS, (rapport un peu mis au fin fond d’un grand placard minstériel, qui devrait retrouver une seconde jeunesse dans un avenir proche..)J’ai toujours été étonnée que quelqu’un qui n’a pas obtenu son CAP de fleuriste puisse devenir chroniqueuse judiciaire sur FranceInfo. Le plus grinçant est surtout d’entendre sa défense des enfants dont elle a été soi-disant privée à cause de l’affaire d’Outreau alors qu’elle n’avait plus la garde d’Anth** depuis longtemps car elle était jugée comme mauvaise mère.

      Quant à Brunet, il vivait en couple avec une gamine de 15 ans quand il a été arrêté.. Mais tout va bien hein... D’autant que « le zizi dans la bouche » n’a jamais été jugé, le dossier est passé « à trav » lors du procès, oublié sous la pile ...

      Cette affaire est une telle injustice pour les enfants victimes (et ils sont très nombreux), qu’il m’est impossible de croire que c’est fini...

    • Le média d’où est tirée l’interview de Serge Garde n’est pas du tout recommandable — les affaires de pédophilie sont régulièrement instrumentalisées par la facho-catho-sphère, ce serait dommage de relayer leurs délires (en l’occurrence conspi franc-maçonne).

      Au passage, au rayon #ligue_des_crevures_masculinistes, à signaler la présence dans cette affaire de Dupont Moretti, qui gagna à l’époque ses galons de Grantavocat sur le dos des victimes et vient de remettre ça dans le procès Georges Tron.

    • Oui Zorba j’ai vu d’ou venait la video avec Serge Garde. Le problème, qu’explique S.Garde lui meme, c’est que personne ne s’interesse à ces sujets (à part les victimes et peut etre les auteurs) et du coup il ne reste que la fachosphère pour s’engouffrer dedans à base de complots judeo-maçonniques, merdalistes et autres joyeusetés brunes. L’interview n’est pas orienté FN (enfin il m’a pas semblé) et il y a seulement une question sur la franc-maçonnerie qui est quand meme typique de la source, mais serge Garde y répond de manière acceptable selon moi.

      Faut que je retourne bosser mais j’essayerai plus tard de trouvé une meilleur source pour cette video. J’en ai écouté pas mal de videos de S.Garde et il dit un peu toujours la meme chose du coup je devrais trouvé de quoi la remplacé histoire de pas faire monter les states de cette faf-Tv .

    • @mad_meg ça m’a fait également tiquer d’entendre le délire conspi franc maçon à la toute fin de l’interview de S.Garde, ça le fait tousser gravement d’ailleurs et c’est coupé juste avant qu’il ne réponde, mais oui quand même, merci si tu trouves une autre source.

    • J’ai du voire une video qui est la suite de l’interview. Pour cette question sur les franc-macs Serge Garde explique qu’il a été aidé par des franc-macs parfois et parfois pas et qu’il pense pas qu’il y ai de liens particulier entre les réseaux pedocriminels et la franc-maçonnerie.

      J’ai édité pour remplacé la video avec Serge Garde par une issue de Karl Zero.


  • Libération.fr – 220 femmes : tuées par leur conjoint, ignorées par la société
    https://www.liberation.fr/apps/2017/06/220-femmes-tuees-conjoints-ignorees-societe

    Ils sont les grands oubliés des violences conjugales, mais y sont directement confrontés. Ces trois dernières années, d’après les calculs de Libération, 51 enfants mineurs (et huit enfants majeurs) étaient présents lors du meurtre de leur mère par celui qui était, le plus souvent, leur père. Onze d’entre eux ont perdu la vie en même temps que leur mère. La délégation aux victimes du ministère de l’Intérieur confirme cette exposition des plus jeunes à la violence conjugale : d’après ses chiffres, en 2015, 36 enfants ont été tués en France dans le cadre des violences dans le couple, dont 11 enfants tués par leur père en même temps que leur mère. 68 enfants, souvent en bas âge, étaient présents au domicile au moment des faits, dont 13 témoins directs du meurtre. Dans d’autres cas, c’est l’enfant qui retrouve le corps inanimé ou agonisant de sa mère, par exemple en rentrant de l’école. Il peut aussi assister au suicide de son père, ainsi qu’à l’intervention des secours et de la police et à l’arrestation de son père. Autant de scènes traumatisantes pour les enfants à l’issue desquelles ils deviennent orphelins d’un parent, voire des deux, et voient leur structure familiale définitivement explosée. Les professionnels sont unanimes : la présence des enfants n’est pas un frein pour l’auteur. L’enfant est même souvent l’élément déclencheur de la violence, explique Karen Sadlier, docteure en psychologie clinique qui a notamment écrit l’Enfant face à la violence dans le couple (Dunod) : « Les trois quarts des passages à l’acte violents dans le couple sont liés à la question de l’éducation des enfants : savoir quand il doit prendre son bain, s’il a fait ses devoirs, s’il a fini son assiette… » énumère-t-elle, tandis que l’enfant, de son côté, peut être pris dans un « conflit de loyauté », se sentant partagé entre ses deux parents.

    • « Je l’aimais tant, que pour la garder, je l’ai tuée ». Un peu comme dans la chanson Requiem pour un fou de Johnny Hallyday, la presse a souvent tendance à avoir recours au champ lexical de la folie quand elle traite d’un homicide conjugal. Ces actes de violence apparaissent souvent présentés comme incompréhensibles, insensés, et dû, forcément, au « coup de folie » (L’indépendant, 20 août 2014) d’un homme « rongé par la jalousie » (Le Progrès, 13 janvier 2016). L’« impensable folie d’un père », titre ainsi le Parisien après le meurtre d’une femme et de ses trois enfants en 2014 dans le Nord, La personnalité jalouse du meurtrier - voire de la victime - est souvent mise en avant, les médias évoquant de manière fréquente un « meurtre sur fond de jalousie », ou une « femme tuée par jalousie ». Si l’on en croit la presse, l’excès d’amour tue. A la lecture de ce genre d’articles, le lecteur n’a pas le sentiment d’être face à un récit décrivant un phénomène de société, mais à un fait divers isolé. On donne l’impression que rien de tout cela n’était prévisible ou évitable.

      Article du journal Le Parisien daté du 23 octobre 2015.

      Les paroles de la police ou des avocats alimentent aussi cette idée, et sont ensuite retranscrites telles quelles dans les pages du journal. « Rien ne laissait présager que cela pouvait arriver », commente ainsi un commissaire dans L’Indépendant en 2016. « On n’est pas dans le cadre de violences conjugales » affirme même le gradé à propos de l’affaire (une femme tuée par son mari). « La jalousie à l’origine du drame », peut-on lire là encore dans le titre. Les proches, eux, voient souvent dans le geste fatal du conjoint violent un acte romantique, une preuve ultime d’amour. « J’ai l’impression qu’il a voulu protéger sa famille », justifie par exemple la sœur d’un auteur. L’homme, âgé de 26 ans, a égorgé sa femme et ses deux enfants de 10 mois et 6 ans. « Quand un homme a un chagrin d’amour, il est capable de tout », défend un voisin dans une autre affaire, survenue en Guadeloupe en 2015. Souvent, les membres de la famille ou les amis justifient l’acte par l’impossibilité supposée pour l’auteur de vivre sans sa compagne, et d’accepter la rupture. « Il ne se voyait pas vivre sans elle, c’était un couple très uni », commente un proche après le meurtre d’une femme puis le suicide de son mari à Pornichet. « Il ne pouvait tout simplement pas imaginer vivre sans elle », lit-on à la fin d’un papier de l’Est Républicain, dans lequel un proche réagit au meurtre d’une quinquagénaire par son compagnon, qui s’est ensuite suicidé. Là encore, l’homme « n’aurait pas supporté l’idée de la voir partir ».
      Insister sur la personnalité du suspect, un « homme bien »

      Le geste semble d’autant plus incompréhensible que l’auteur est souvent présenté comme un homme bien sous tous rapports, qui n’avait rien à se reprocher, et qui formait avec sa compagne un « couple sans histoire ». Les commentaires sont souvent élogieux : « c’est un garçon serviable, le locataire modèle », vante le voisin d’un homme accusé d’avoir poignardé à mort sa compagne à Auch en 2016. A propos d’un homme ayant tué son épouse et sa fille avec son fusil de chasse avant de se suicider la même année, dans la Vienne cette fois, la Nouvelle république décrit un « ex-gardien de château sans histoire, ancien combattant plusieurs fois décoré, chasseur émérite ».

      Les antécédents judiciaires de l’auteur sont également souvent occultés ou minimisés. « Il était quasiment inconnu de la justice » détaille ainsi la Voix du Nord à propos d’un infirmier qui a tué trois personnes dont son ex lors d’un réveillon près d’Arras, avant de préciser que le casier judiciaire de l’auteur portait « une seule mention pour violence conjugale dans le cadre d’un divorce en 2013 ». « Il était le premier à rendre service. Il était très correct et cordial », affirme le voisin d’un sexagénaire qui a tué son ex-compagne avant de se suicider dans l’Orne en 2016. L’homme avait pourtant déjà été placé en garde à vue pour menace de mort envers la victime. Les articles, souvent rédigés dans l’urgence après les faits, ne sont pas forcément fidèles à la personnalité de l’auteur, aucune enquête n’ayant encore eu lieu. En août 2014, un retraité tue son épouse à coup de hache près de Rennes, après 56 ans de vie commune. Ouest France décrit alors l’auteur comme « un homme rigoureux et travailleur, avec qui tout le monde avait des relations courtoises ». Lors de son procès, l’homme est pourtant dépeint comme « un tyran domestique », à la « détermination monstrueuse ».

      Plus la victime est d’un milieu social favorisé, plus l’on parle d’un notable, plus la presse se montre prudente et a tendance à dresser un portrait flatteur du meurtrier présumé, quitte à occulter totalement sa victime. Le Parisien relaie ainsi le témoignage d’un maire, incrédule après le meurtre d’une épouse par son mari qui s’est ensuite suicidé, un « drame » d’autant plus incompréhensible que le couple habitait un « beau pavillon avec de belles tourelles ».

      Un fait divers survenu en 2015 à Paris est particulièrement éloquent. Le meurtrier, Charles Lüthi, était secrétaire général de l’Automobile Club de France, un club très sélect - et interdit aux femmes. Lui et son épouse Marie-France vivaient dans le cossu XVIe arrondissement. Le dimanche 7 juin, on retrouve le corps de Marie-France Lüthi, le corps criblé de coups de couteau, dans l’appartement familial, ainsi que celui de son époux, défenestré du huitième étage de leur appartement - un témoin racontera très rapidement qu’il a vu l’homme sauter. Dans les principaux articles de presse sur le sujet, on assiste à un effacement de la victime, au profit du meurtrier. On remarque aussi une curieuse formulation dans l’AFP, reprise par plusieurs médias : « Le secrétaire général de l’Automobile club de France défenestré, sa femme poignardée ». Ce titre laisse entendre que nous serions face à un double meurtre commis par une tierce personne, alors même que l’enquête s’est très vite orientée sur l’hypothèse du meurtre de l’épouse par son mari, suivie de son suicide. Plusieurs articles gomment aussi la personne de Marie-France Lüthi pour se concentrer uniquement sur la mort du prestigieux époux, comme le prouve ce délicat communiqué de l’Automobile Club de France, qui ferait presque croire à un accident arrivé au seul époux : « Le président Robert Panhard, tous les membres et le personnel de l’Automobile Club de France, très peinés d’apprendre le grand malheur qui vient d’affecter la famille Lüthi, tiennent à saluer la mémoire de Charles Lüthi, secrétaire général de l’ACF, qui vient de décéder à son domicile dans des circonstances personnelles tragiques. » Le JDD rapporte de son côté les propos d’un ami du meurtrier, abasourdi, et en fait le titre même de l’article : « Je n’arrive pas à imaginer Charly un couteau à la main ».

      Article du journal Le Figaro daté 7 juin 2016.

      On ne saura pas grand chose non plus de Christelle Delval, épouse de Frédéric Delval, figure locale d’Anglet, au Pays basque. Son époux est accusé de l’avoir tué, elle et leurs deux filles, en juin 2016, avant de se suicider. Sud Ouest rend hommage dans plusieurs articles à un « homme complexe et torturé », « qui pouvait se montrer attachant avec un désir quasi obsessionnel de justice ».

      Ce mécanisme n’est pas nouveau. Déjà, en 1980, dans le cas de Louis Althusser, dont il fut question plus haut, la personnalité publique du philosophe, figure intellectuelle marquante des Trente Glorieuses, semblait compter davantage dans le récit du meurtre que celle de la victime. Dans le premier numéro de la revue Perspectives critiques, un autre philosophe, André Comte-Sponville, assumait ainsi son absence d’empathie pour Hélène Rytmann, l’épouse de Louis Althusser : « L’annonce du meurtre, le 16 novembre 1980, nous bouleversa tous, élèves et amis, même si notre compassion, il faut le dire, allait davantage à lui qu’à son épouse. C’était injuste et compréhensible. Il était notre maître ; nous ne la connaissions presque pas. Puis mourir est le lot commun. La folie, non. L’homicide, non. L’enfermement, non. »

      Dans un texte publié sur le site Les mots sont importants, le professeur de science politique François Dupuis-Déri écrit : « Althusser a donc été l’objet de bien des théorisations quant à son profil et ses motivations psychologiques, y compris par des personnes qui ne l’ont jamais rencontré et qui n’ont jamais pu consulter son dossier médical ». Et d’expliquer qu’un processus « similaire » a été à l’œuvre dans le cas du terroriste qui a tué 14 femmes à l’École polytechnique de Montréal en 1989. Un massacre à l’évidence antiféministe (le meurtrier l’a dit à plusieurs reprises pendant la prise d’otages, et on a retrouvé sur lui une liste de femmes à abattre). Cependant, la grille de lecture de cet attentat, que ce soit par la presse ou par les autorités locales (la Ville de Montréal, par exemple) fut d’abord psychologique. Pour la sociologue Mélissa Blais, « les comparaisons des différents crimes commis spécifiquement contre les femmes et les analyses cherchant à trouver des explications dans les rapports sociaux sont mises de côté ou se trouvent submergées par les commentaires […] dans le domaine de la psychologie ».
      Minorer les faits ou mal les qualifier

      Un « couple retrouvé mort », « un couple tué par balles », « deux morts par balles » : à la lecture de ces titres, rien n’indique que l’on a affaire à un homicide conjugal - formulation quasiment absente des médias - suivi d’un suicide de l’auteur. Comme pour le cas du couple Lüthi évoqué plus haut, ce type de titres, qui laissent penser qu’il s’agit d’un double meurtre, commis par un tiers, est fréquent. Il faut parfois lire plusieurs lignes pour comprendre qu’une femme a en fait été tuée par son compagnon, qui s’est ensuite donné la mort. Certaines militantes féministes épinglent régulièrement sur les réseaux sociaux les médias qui, avec ces titres trompeurs, qui participent à « minimiser les violences patriarcales ». Les homicides conjugaux ne sont pas les seuls concernés : la presse a tendance à minorer toutes les formes de violences faites aux femmes, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles, souvent en les qualifiant de manière erronée. Ce qui relève de la tentative d’agression sexuelle doublée de coups et blessures deviendra par exemple de la séduction dans les colonnes du journal Paris Normandie, qui titrait encore récemment le récit d’une audience d’un « l’apprenti séducteur condamné ».

      Autre exemple, également relevé par le Tumblr Les mots tuent (« compilation d’articles pour dénoncer le traitement journalistique des violences faites aux femmes »), un article du Berry Républicain consacré à « Pascal de Vierzon ». « Que voulez-vous, c’est l’amour vache », commente le journaliste, qui s’amuse : « On picole, on rigole chez Pascal… Enfin, on rigole… Faut pas trop le chatouiller non plus, le Vierzonnais. Il a des fusils non déclarés plein les pognes, des cartouches en haut de l’armoire et le poignet souple pour la détente. Toutefois, il ne chasse ni le garenne, ni la poule d’eau. Mais, avec sa poulette régulière, il n’est pas très tendre. »

      Alors qu’elles ne reposent sur aucun fondement juridique, les expressions « drame conjugal », « drame de la séparation », ou « crime passionnel » reviennent également régulièrement sous la plume des journalistes. Nous avons recensé plus d’une cinquantaine d’utilisation du mot « drame » - le plus souvent « drame passionnel » ou « drame conjugal » - sur les 220 cas traités par la presse entre 2014 et 2016. « Ces affaires [...] suscitent le sentiment que la mort violente est un des risques naturels, objectifs, d’une rupture d’initiative féminine, et que personne n’y peut rien », écrivait Libération en 2004 lors d’un recensement du nombre de femmes tuées par leur conjoint.
      Culpabiliser la victime

      « Il aurait fallu qu’elle parte. Qu’elle quitte ce foyer où la violence écrasait tous les mots. Elle en avait eu l’occasion l’année dernière quand son concubin a été incarcéré pour avoir exercé sur elle des violences conjugales mais elle ne l’a pas fait. C’était à l’été 2013 : Carole Stepien avait été sérieusement blessée par son concubin, elle avait dû être hospitalisée pendant plusieurs jours... mais n’avait pas porté plainte. Comme deux ans auparavant, en mars 2011, Jean-Noël Hannebicque avait été rattrapé par la justice et condamné. On avait alors entrevu une porte de sortie pour sa concubine mais elle l’a toujours ignorée ». Ainsi, un article de La Voix du Nord relatant l’histoire de Carole Stepien, 47 ans, assassinée en 2015 près de Douai par son conjoint, insiste lourdement sur le fait que si la victime était partie, on n’en serait pas là. Alors même que la question de l’emprise psychologique se pose dans de nombreux cas, alors même que les choses ne sont pas si simples, alors même que le plus important n’est pas qu’une femme aurait dû ou non quitter le foyer conjugal afin de ne pas mourir, mais sans doute qu’elle ne soit pas tuée en premier lieu.

      « Mais bon sang, pourquoi n’est-elle pas partie ? », semble se dire le rédacteur de l’article. Culpabiliser la victime, même après sa mort : le procédé n’est pas rare. Lorsque ce n’est pas la coupable léthargie de la victime qui est évoquée, on s’interroge : après tout, si elle avait répondu favorablement aux avances du meurtrier, si elle n’avait pas voulu le quitter, peut-être tout cela ne serait-il pas arrivé. « Amoureux éconduit, il écrase son ex-copine », ont ainsi titré plusieurs médias dont le Figaro après le meurtre d’une jeune fille de 17 ans à Marseille en 2014, renversée volontairement en voiture par son ex-petit ami. Elle l’avait quitté quelques jours plus tôt. Si elle ne l’avait pas « éconduit », que se serait-il passé ? Et quel sens revêt le mot « éconduire », sachant que dans la bouche de certains rédacteurs d’articles de faits divers, il correspond à « repousser une tentative de viol ou d’agression sexuelle » ? « Le criminel est excusé en raison du caractère imprévisible de son acte, mais, de plus, la contribution de la victime à la genèse du crime est fréquemment invoquée », écrit Marie-France Hirigoyen dans Femmes sous emprise.

      La femme, pourtant victime, est aussi tenue, après sa mort, pour responsable du sort de son conjoint violent. « Une femme décédée. Un homme derrière les barreaux. Une véritable catastrophe humaine », s’émeut ainsi dans la République du Centre le maire d’une commune du Loiret théâtre d’un homicide conjugal. Dans Midi Libre, un avocat insiste sur la souffrance de son client, accusé d’avoir tué sa petite amie de 20 ans à Nîmes, en 2016 : « Il craignait qu’elle le trompe et avait une véritable passion pour cette jeune fille. Aujourd’hui, il y a deux familles brisées », déplore l’avocat, avant de décrire le suspect comme « totalement anéanti ».
      Former les journalistes dans les écoles et les rédactions

      Comment les médias sont-ils sensibilisés à ces questions ? En 2014, le collectif de femmes journalistes Prenons la une* publiait une tribune intitulée « Le crime passionnel n’existe pas », rappelant que l’Espagne a adopté dès 2001 une charte de bonnes pratiques médiatiques pour évoquer les violences faites aux femmes. Si les écoles de journalisme ont également un rôle à jouer, elles sont rares à intégrer la question des violences faites aux femmes, par exemple lors de leurs sessions sur le journalisme judiciaire. Et de manière générale, les violences de genre ou les inégalités femmes-hommes sont assez peu abordées.

      Dans les Côtes-d’Armor, l’IUT de Lannion est l’une des rares écoles de journalisme françaises à évoquer le traitement des inégalités femmes-hommes dans ses cours. Sandy Montanola, responsable pédagogique du DUT journalisme, fait en sorte que les étudiants réalisent des dossiers sur une thématique différente chaque année. « Cette année, ils ont travaillé sur "la violence gynécologique". Nous insistons sur le fait que les mots sont porteurs de sens et surtout symbolisent les luttes discursives portées par des acteurs ou des mouvements sociaux. Ainsi, certains termes permettent d’invisibiliser des acteurs, de rejeter la faute sur d’autres etc. Notre objectif est d’amener les étudiants à comprendre le mécanisme pour ensuite être en mesure de l’appliquer sur l’ensemble des thèmes. » Elle poursuit : « Les étudiants ont des cours sur les stéréotypes et des interventions de chercheurs sur le thème des assignations (de genre, classe, âge) et sur les mouvements sociaux (histoire du féminisme, des sexualités, des luttes, les violences symboliques). En licence professionnelle, nous leur demandons d’identifier leurs représentations sociales pour anticiper par exemple, l’effet dominant/dominé dans les interviews, mais également le choix du sexe des interviewés, les désignations... ». Il y a quelques années, le collectif Prenons la Une avait proposé à la Conférence nationale des écoles de journalisme (qui regroupe 14 écoles) afin de leur proposer des interventions sur ce thème - sans succès.

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      « Mais bon sang, pourquoi n’est-elle pas partie ? »
      quant elles partent le juge donne la garde partagé des enfants à leurs tortionnaires parcequ’il ne faut pas séparé les enfants de leur tortionnaire. Les impôts l’obligent à être en contacte avec leur tortionnaire car c’est lui qui reçoit et détiens les avis d’imposition sans lequel aucune démarche administrative n’est possible. Enfin la plus part des femmes assassinée par leur conjoint, l’on été parce qu’elles essayait de partir.

    • @mad_meg, il me semble que « l’abandon de domicile » est toujours puni par la loi. J’ai une amie qui en a fait les frais il y a 25 ans, le père lui tapait dessus et la violait, coquard sur l’œil elle part se réfugier chez des potes et dépose une main courante, mais ça ne suffit pas car le père a obtenu la garde de l’enfant devant le juge (ça a été super dur pour elle de se défendre car elle parlait mal le français).
      Elle m’a raconté cette histoire longtemps après, en pleurant, le père était mon frère.



  • « Les 150 milliards de dollars de Bezos (Amazon) nous révèlent que le jeu est truqué »
    https://fr.express.live/2018/08/06/les-150-milliards-de-dollars-de-bezos-amazon-nous-revelent-que-le-jeu-e

    Dans une étude datant du début de cette année, The Economist a montré que l’ouverture d’un centre de distribution Amazon dans une région contribuait à faire baisser les salaires du secteur de la logistique de cette région. Le salaire moyen des personnels d’entrepôt se monte à 45 000 $ par an aux Etats-Unis, mais ce montant est ramené à 41 000 $ dans les comtés où l’on trouve des centres de distribution Amazon. La même étude révèle que l’installation d’un entrepôt Amazon dans une région donnée fait chuter les salaires du secteur de 3 % après 2 ans et demi.

    Enfin, Amazon veut empêcher à tout prix ses employés de se syndicaliser. Il aurait été jusqu’à fermer les unités où les travailleurs tentaient de s’organiser, aurait licencié les employés en faveur d’une syndicalisation et demandé à des cabinets juridiques de trouver un moyen d’empêcher les actions dans ses entrepôts aux États-Unis.

    • À Douai en NPdC, Amazon, c’est comme l’oncle d’Amérique : cadeaux à l’implantation, ça crée des emplois, les élu·es étaient enchanté·es. Je ne sais pas ce qu’il en est mais c’est peut-être des chiffres à leur mettre sous le nez.

      Euh... suis-je bête, le projet d’En marche ! peut-être résumé par ces mots : « faire baisser le coût du travail » (c’est à dire, du mauvais côté du manche : faire baisser la rémunération du travail).

      cc @bce_106_6 pour ton avis sur Amazon à Delta 3.


  • St-Pol-sur-Ternoise : après 4 ans de procédure, fin de “l’affaire McDo” F3nord - 22 Juillet 2018 - france3-regions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/pas-calais/saint-pol-ternoise/st-pol-ternoise-apres-4-ans-procedure-fin-affaire-mcdo-

    Le géant américain McDonald’s a perdu la guerre face aux élus de Ternois Com, qui regroupe l’ancienne communauté de communes du secteur et le Syndicat mixte du Ternois. Un conflit judiciaire de quatre années, au centre duquel l’implantation d’un fast-food sur une friche au nord de Saint-Pol-sur-Ternoise.

    Le maire de la commune, qui y était favorable, avait délivré le permis de construire et le bâtiment était sorti de terre, mais il devra être déconstruit prochainement.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=ktdnflagwoI

    Dès 2014, après la délivrance du permis de construire du McDo Saint-Pol, Ternois Com avait déposé un recours devant le tribunal administratif de Lille, au motif que le terrain sur lequel le restaurant allait s’implanter était destiné à accueillir des activités artisanales et industrielles. Recours validé par le tribunal en 2016, avec l’annulation du permis de construire.

    McDonald’s avait alors interjeté appel de cette décision, mais a été débouté en juin dernier par la Cour d’appel de Douai, qui confirmait l’annulation du permis. Cette fois, le géant américain a décidé de jeter l’éponge, et de ne pas se pourvoir en cassation.
    . . . . . .
    #McDonald's #fast-food #justice #hdf


    • C’est un colloque et c’est sur 3 jours, 16-17-18 janvier
      Colloque « Faire face aux discriminations. Expériences et (dé)mobilisations dans les quartiers populaires »
      http://ceraps.univ-lille2.fr/fileadmin/user_upload/enseignants/Talpin/20190116-18_-_COLLOQUE_FAIRE_FACE_AUX_DISCRIMINATIONS.pdf

      (j’ai demandé à @aude_v si elle connaissait des personnes pouvant m’héberger. Je ne sais pas non plus si ce colloque intéresse d’autres personnes vers Lille : @sandburg, @tintin, ... ?)

      Faire face aux discriminations
      Expériences et (dé)mobilisations dans les quartiers populaires
      Lille, 16-18 janvier2019
      Le colloque se déroulera à l’Université de Lille, 1 place Déliot à Lille, M° Porte de Douai.

      Colloque organisé par Julien Talpin et le collectif D.R.E.A.M. (Discriminations, racismes, engagements et mobilisations)

      Ce colloque constitue l’évènement scientifique de clôture du projet de recherche ANR EODIPAR (“Expérience des discrimination, participation et représentation”) coordonné par le collectif DREAM (Discriminations, racismes, engagements et mobilisations).
      Les premières et troisième journées seront consacrées à la présentation des résultats de l’enquête collective comparative menée dans neuf quartiers populaires en France (Le Blanc Mesnil, Lormont, Mistral à Grenoble, Roubaix, Vaulx-en-Velin, Villepinte) en Angleterre (Londres), au Canada (Montréal) et aux Etats-Unis (Los Angeles) entre 2015 et 2018. Reposant sur 250 entretiens biographiques et l’observation d’une quinzaine de collectifs militants et de dispositifs d’action publique, ces recherches seront discutées par des cherheur.e.s spécialistes de ces questions.
      La deuxième journée d’étude, ouverte suite à un appel à communication, sera consacrée à la question des formes de disqualification et de répression qui affectent les mobilisations de minorités et issues de quartiers populaires.

      Le collectif DREAM (Discrimination, Racisme, Engagements et Mobilisations) est composé de : Hélène Balazard, Marion Carrel, Angéline Escafré-Dublet, Virginie Guiraudon, Samir Hadj Belgacem, Camille Hamidi, Sumbul Kaya, Alexandre Piettre, Anaïk Purenne Guillaume Roux, Julien Talpin

      16 janvier 2019
      Faire l’expérience des discriminations :
      Incidences sur les trajectoires et rapport au politique

      17 janvier 2019
      Démobiliser les quartiers populaires
      Répression, disqualification et cooptation comme stratégies de gouvernement

      18 janvier 2019
      Lutter contre les discriminations : stratégies,
      répertoires et changement social

      (je mettrai tout le programme si j’ai le temps, et sinon, n’hésitez pas.)

    • ok, c’est bon pour le logement et voilà !
      Si y’a des personnes intéressées (ça commence ce mercredi matin) :

      ENTREE GRATUITE

      LIEU : Université de droit-Campus Moulins, 1 place Déliot, Lille
      Salles :
      le 16/01 : Salle GUY DEBEYRE (Bâtiment A, 3ème étage, salle A.3.01)
      les 17 et 18/01 : AMPHI CASSIN (Bâtiment T, rez-de-chaussée)

      INSCRIPTION OBLIGATOIRE dans le plan Vigipirate
      Ecrire à l’adresse mail suivante : eodipar@gmail.com en communiquant votre identité afin d’avoir accès aux salles du colloque.
      Par précaution, avoir une pièce d’identité à présenter si besoin.

      http://ceraps.univ-lille2.fr/en/colloque-faire-face-aux-discriminations.html

      (je taggue aussi @raspa & @georgia , c’est à Lille cette semaine)

      #discriminations #quartiers_populaires #luttes


  • L’appel du rond-point
    http://labrique.net/index.php/thematiques/repressions/955-l-appel-du-rond-point

    « En raison d’un procès sensible, le stationnement est interdit ». En cherchant une place autour de la cour d’appel de Douai, jeudi 26 octobre, on ne peut s’empêcher de frémir. Un procès sensible ? Un mafieux, un banquier, un politique serait-il jugé aujourd’hui ? Curieux hasard : c’est ce même jour que se tient le procès en appel des inculpés du rond-point des Postes. Accusés d’avoir bloqué les voies et d’y avoir brûlé des pneus lors des mouvements contre la loi travail, ils sont cinq à avoir contesté leur condamnation devant la cour d’appel. Ambiance potache et dialogue de sourds.

    #En_vedette #Répressions


  • Un réseau de vigilance citoyenne va prochainement voir le jour
    http://www.lavoixdunord.fr/283357/article/2017-12-19/un-reseau-de-vigilance-citoyenne-va-prochainement-voir-le-jour

    Une réunion publique s’est tenue dernièrement à la mairie pour mettre sur pied ce large projet de « citoyens vigilants ». Une démarche qui s’explique dans le contexte sécuritaire actuel. C’est décidé, la ville de Cuincy va apporter sa pierre au dispositif général de surveillance du territoire. À la demande de la municipalité, le brigadier-chef du commissariat de Douai, Fabrice Begliomini est venu cette semaine en salle des mariages pour sensibiliser un maximum de personnes à cette mission de vigilance (...)

    #voisinage #surveillance


  • Capitaine Marleau cartonne. Le triomphe politique de Corinne Masiero LE BLOG DE JEAN-EMMANUEL DUCOIN - vendredi 27 octobre 2017
    http://larouetournehuma.blogspot.fr/2017/10/records.html

    Politique. « Je suis une révoltée, une révolutionnaire… C’est une vocation périlleuse. » Connaissez-vous beaucoup d’actrices capables de prononcer semblable phrase dans les couloirs de la rédaction de l’Humanité ? Et d’ajouter ceci : « Depuis toujours j’ai pris le parti des humbles et des opprimés – car c’est mon parti – à la face de tous les pouvoirs établis, surtout celui de l’oligarchie financière. » Celle qui parlait ainsi en 2015, lors d’une de ses plus belles prestations (« rédactrice en chef d’un jour » du journal de Jaurès), cartonne tous les mardis soir sur France 3. Un succès colossal qui nous réjouit autant qu’il nous conforte. Corrine Masiero, née à Douai, y campe la « Capitaine Marleau », cette héroïne atypique au franc-parler et à l’accent chti qui pénètre dans nos salons chaque semaine pour une séance de maintien et/ou de rattrapage politique. Le bloc-noteur assume ce qu’il vient d’écrire. Car le personnage de cette gendarme gradée, outre qu’elle nous ferait aimer toute la flicaille de la terre (c’est dire l’ampleur de l’exploit !), se confond tellement avec celle qui l’incarne à l’écran que nous ne savons plus qui nous regardons : Marleau ou Masiero ?


    « J’ai tellement l’air pas fute-fute que les gens ont pitié de moi et finissent par s’accuser de tout et de n’importe quoi. » Cette réplique lancée par la capitaine au cours d’un épisode de la série résume parfaitement le rôle interprété par Corinne Masiero, une femme gendarme à la dégaine improbable, aussi sarcastique qu’attachante, toujours flanquée d’une chapka désormais culte et moins soviétique que confortable. Elle raconte : « Pourquoi une gonzesse devrait être glamour ? C’est encore une fois un truc qu’on colle comme ça. Un truc machiste. Marleau, ce n’est pas ça. » L’explication s’avère assez simple en vérité : Marleau, c’est Masiero et vice versa. La manière dont cette comédienne de 53 ans se réapproprie ses répliques donne, en effet, du mordant aux dialogues et offre aux téléspectateurs une authenticité rare. La réalisatrice Josée Dayan (Le Comte de Monte-Cristo, Les Rois maudits, etc.) ne le cache pas : « Corinne improvise tout le temps, elle rajoute des dialogues, des pics, des saillies politiques qui lui viennent naturellement. Marleau est à son image, une femme engagée, citoyenne, qui n’a pas sa langue dans sa poche. » D’autant que l’actrice, toujours en pleine improvisation, ne prévient pas forcément ses collègues.

    « Ce n’est pas très facile pour eux, confesse-t-elle, on n’a pas le temps de répéter et puis quand on arrive sur le plateau, le collègue me sort un truc, puis moi j’ai envie de répondre autre chose. Il se passe quelque chose qui fait qu’il y a une nouvelle improvisation car ils sont obligés de s’adapter à ces nouveautés que je dégueule comme ça d’un coup. » Par l’intelligence du procédé plutôt cru, du moins en apparence, Corinne Masiero distille ses propres combats dans la bouche de Marleau. Tout y passe. Le féminisme, la défense des migrants, la lutte des classes, la dénonciation de l’arrogance des puissants, l’engagement pour la dignité des plus pauvres et des « rebuts » de la société… Que du bonheur. 

    Avec ses airs de ne pas y toucher, Corinne se définit en privé comme une « babache », ce qui, en langue picarde du Nord, s’applique à toute personne ayant de faibles capacités intellectuelles. La bonne blague. « La politique c’est tout le temps, c’est appartenir à une association, participer à une manifestation, donner à manger aux réfugiés, se battre pour la VIe République », explique celle qui fut candidate sur une liste Front de gauche, aux municipales de Roubaix, en 2014. Et pourtant, le mardi soir, le public est présent. Et en masse, entre 5 et 7 millions à se délecter des enquêtes menées par leur gendarme favorite, si bien que France 3 réalise des records d’audience jamais vus depuis 2010 et terrasse TF1 une fois sur deux au moins. Que croyez-vous que signifie ce coup d’éclat que personne ne pouvait prévoir ? Juste une évidence : quand on ose des programmes de qualité, il y a toujours des citoyens conscients de leurs actes au rendez-vous. 

    Louise Wimmer 2011 Le Film
    https://www.youtube.com/watch?v=WyXLpMIcA-s


  • Chez BNP Paribas, un scandale réglé en interne - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/10/29/chez-bnp-paribas-un-scandale-regle-en-interne_1606664

    Une jeune femme raconte comment elle a été harcelée et agressée par ses supérieurs au sein de la #banque. Elle affirme que l’affaire a été étouffée.

    En voyant déferler la vague de témoignages sur les réseaux sociaux au lendemain des révélations sur l’affaire Weinstein, elle s’est dit que le moment était venu de parler. Dans le flot d’histoires sordides qui commencent à abonder ce week-end-là, aucune ne concerne encore le milieu de la finance, et encore moins celui de la banque dans laquelle elle travaille depuis bientôt cinq ans. Carole (1), 30 ans, est salariée à la gestion financière de BNP Paribas, l’un des services les plus stratégiques de la banque. Elle a été classée dans les « profils à fort potentiel » du groupe. Mais dans son équipe parisienne, personne ne se doute qu’elle a été harcelée sexuellement par deux hauts responsables quelques années plus tôt. A l’époque des faits, l’affaire avait été discrètement réglée en interne. « Etouffée », affirme aujourd’hui Carole, la voix posée, qui dit « avoir honte de ne pas avoir parlé plus tôt ». Elle a commencé par créer un pseudonyme sur Twitter et rédigé un court message : « Le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles jamais sanctionnées chez BNP Paribas, on en parle ? #balancetonporc. » Puis elle s’est rétractée juste avant de l’envoyer. « Ce n’était pas l’endroit », reprend la jeune femme, qui a accepté de raconter à Libération cette histoire qui n’a jamais cessé de la poursuivre.

    « Je veux une fellation »

    En octobre 2011, Carole a 24 ans et vient d’être diplômée d’une grande école de commerce parisienne. Comme beaucoup d’étudiants brillants de cette branche, elle opte pour un contrat en volontariat international en entreprise (VIE), qui permet d’intégrer une grande boîte française dans un bureau étranger. Une place s’est libérée à Hongkong, où son CV a retenu l’attention. Pour la jeune femme, ce poste prestigieux au cœur d’une des premières places financières au monde constitue une opportunité rare. Il y a juste une toute petite ombre au tableau. Quelques semaines avant de rejoindre Hongkong, Carole raconte qu’une ancienne salariée du service croisée lors d’une formation à Paris l’a mise en garde contre le chef d’équipe, Aurélien G., qui traînerait une réputation de « pervers notoire ». Trop heureuse d’avoir vu son dossier sélectionné, Carole ne s’en inquiète pas davantage. Mais dès les premiers jours, la jeune femme commence effectivement à essuyer les remarques sexistes d’Aurélien G., qui vont devenir au fil des semaines de plus en plus appuyées. Un matin, le haut cadre débarque dans son bureau et déclare de but en blanc, un sourire aux lèvres : « Je veux une fellation. » La semaine suivante, il tire le dossier de la chaise sur laquelle Carole est assise pour regarder ses jambes et lui lance : « J’aime ça quand tu es habillée avec une jupe sexy. » A chaque nouvelle sortie outrancière, l’intensité des remarques monte d’un cran. Quelques semaines après l’arrivée de Carole à Hongkong, alors qu’elle se trouve dans son bureau, son patron la prend à nouveau à partie : « Ouvre grand tes oreilles, tu vas bientôt voir ce qu’est un vrai consultant en action ! N’hésite pas à te masturber devant moi pendant que je te parle. Allez, touche-toi ! »

    Dans un sentiment d’impunité totale, Aurélien G. va alors joindre insidieusement le geste à la parole. Comme ce jour où, seul avec elle dans son bureau, il se met à frotter son stylo contre sa cuisse. Alors qu’elle se dégage, gênée, il s’offusque à son tour : « Quoi ? C’est mon stylo, c’est pas comme si c’était mon sexe en érection ! » Un peu plus tard, il tirera sur sa queue-de-cheval devant le reste de l’équipe en suggérant une position sexuelle et en s’esclaffant : « Avec des cheveux comme ça, elle est prête à l’emploi. » Lorsqu’un jeune collègue de Carole prend à partie Aurélien G. sur son comportement, ce dernier rétorque crânement : « J’ai toujours travaillé dans ce genre d’environnement de travail. » Le climat est d’autant plus pesant et malsain que le bras droit d’Aurélien G., Jean-Christophe W., semble s’amuser du comportement déviant de son supérieur et multiplie lui aussi les gestes déplacés, n’hésitant pas à poser sa main sur la cuisse de Carole ou à lui envoyer des textos au milieu de la nuit pour lui proposer de la rejoindre malgré de multiples refus. Une scène va alors faire basculer cet étrange théâtre.

    « Tu n’as pas baisé récemment ? »

    Début mai 2012, alors que Carole entame son sixième mois à Hongkong, Aurélien G. lui demande de le rejoindre dans son bureau, où il l’attend avec Jean-Christophe W. En la voyant arriver, le chef d’équipe commence par lui dire qu’il trouve sa jupe trop large. Puis, joignant une nouvelle fois le geste à la parole, il tire dessus au niveau de la taille en regardant à l’intérieur et en ajoutant, goguenard : « Tu vois, elle est trop large pour toi, on peut voir tes collants ! » Face à la mine déconfite de la jeune femme, Jean-Christophe W. enchaîne alors sur un ton badin : « Pourquoi tu es de mauvaise humeur ? Tu n’as pas baisé récemment ? » « Ça a été le déclic, raconte Carole. C’est mon collègue qui m’a sauvée en prenant l’initiative d’alerter le service "Conformité". » Dès le lendemain, le jeune salarié transmet un signalement à la directrice des ressources humaines de la banque à Hongkong, Annie Ho. Dans la foulée, Carole écrit à son tour un long mail reprenant dans le détail les nombreux écarts de ses deux harceleurs au cours des six derniers mois. Autant de faits qui sont susceptibles de relever d’infractions pénales. A l’époque où ils sont commis, le harcèlement sexuel est un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Pour les agressions sexuelles, la peine encourue est de cinq ans et de 75 000 euros d’amende. Mais au cours de son premier rendez-vous avec la DRH, lorsque Carole évoque la possibilité de mandater un avocat, Annie Ho lui répond que ce n’est pas nécessaire et qu’il est préférable de régler les choses en interne. Afin, précise la DRH, que la jeune femme puisse « aller de l’avant » et préserver son avenir au sein de BNP Paribas. Carole est également incitée à cantonner sa plainte à Aurélien G., pour « éviter la confusion ». « Sa carrière est morte », insiste la DRH pour la rassurer. Comme le veut la procédure interne, un comité de sanction se réunit quelques jours plus tard et ne tarde pas à rendre son verdict. Tout en reconnaissant la culpabilité d’Aurélien G., la banque va alors proposer à Carole une étrange compensation aux agressions sexuelles caractérisées qu’elle a subies pendant des mois. Dans un mail surréaliste, BNP Paribas soumet à Carole une liste de six associations de victimes d’abus sexuels et l’invite à choisir celle pour laquelle Aurélien G. sera condamné à verser un don. Décontenancée par une telle démarche et dépourvue de toute assistance juridique, la jeune femme opte pour Save the Children, sans avoir la moindre idée du montant de la sanction.

    « La question a été traitée de manière appropriée »

    Avant d’être exfiltrée dans une autre succursale de BNP Paribas à l’étranger, Carole demande à Annie Ho une trace des faits survenus à Hongkong et une reconnaissance de son statut de victime. « Chère Carole, lui répond son interlocutrice deux jours plus tard, nous avons pris votre plainte très au sérieux. Nous tenons à vous assurer que la question a été traitée de manière appropriée, en veillant à ce que la norme de comportement attendu de la banque soit respectée, conformément à sa politique d’égalité des chances. Nous avons conscience que cela n’a pas été une expérience agréable pour vous et le service des RH de la banque est bien entendu disposé à vous offrir notre soutien continu. »

    Au cours des années suivantes, à défaut d’un accompagnement, Carole devra subir les rumeurs malveillantes et les allusions sournoises de certains de ses collègues au sujet des faits survenus à Hongkong. Au siège parisien circule ainsi le bruit selon lequel Carole aurait quitté son poste en raison d’un « burn-out ». En interne, personne n’est informé de la situation, pas même la DRH. Aujourd’hui en arrêt maladie, Carole a engagé une procédure aux prud’hommes pour rompre son contrat avec BNP Paribas.

    Contacté par Libération, Aurélien G., muté depuis dans une autre succursale asiatique, dit « sincèrement regretter » cette histoire, reconnaissant des « paroles inappropriées » et des « comportements déplacés ». « J’ai été sanctionné », insiste-t-il, évoquant une double amende. « Plusieurs milliers d’euros » lui auraient été retirés de son bonus cette année-là, et une somme équivalente aurait été versée à l’association choisie par Carole. L’autre cadre dénoncé, Jean-Christophe W., n’a pas répondu à nos sollicitations. Egalement contactée, BNP Paribas confirme l’existence d’une sanction mais refuse d’en préciser le montant, au nom du « respect de la vie privée des collaborateurs ». Pour la banque, qui dénonce des « propos et des comportements inadmissibles », cette affaire est surtout le signe que les cas déviants peuvent être signalés et traités. « Tout a été fait en respectant les procédures internes », se targue la responsable « Diversité » du groupe, qui se félicite d’avoir su « créer un climat respectueux permettant à chaque collaborateur de lancer l’alerte ». Sur l’affaire de Hongkong, la banque réitère avoir pris à l’époque toutes les « mesures appropriées ». Mais se retranche derrière le secret professionnel quand on s’étonne qu’aucun des deux harceleurs n’aient été sanctionnés professionnellement. Me Charles Morel, l’avocat de Carole, s’insurge : « Ce qui est frappant, c’est qu’à aucun moment BNP Paribas ne semble avoir considéré que le harcèlement sexuel, y compris dans le cas où il s’accompagne de gestes pouvant relever de l’agression sexuelle, puisse constituer une cause de licenciement, a fortiori lorsque la personne mise en cause se situe en haut de la hiérarchie. » Et de dénoncer une « volonté d’occultation » de l’entreprise. « Dans la mesure où la banque a fait le choix de l’opacité en dissimulant à la victime le montant de l’amende, on peut supposer que ce montant correspond plus à un tarif qu’à une sanction. » Selon la DRH de BNP Paribas, des cas comme celui-ci « se comptent sur les doigts d’une main » ces dernières années. Tous auraient été traités par la banque.

    #harcèlement #BNP #travail #agression_sexuelle

    • Dans le flot d’histoires sordides qui commencent à abonder ce week-end-là, aucune ne concerne encore le milieu de la finance, et encore moins celui de la banque

      et pas plus dans les salles de rédactions (qui pourtant en font leur choux gras) entendu ce matin sur europe1

      Deux policières ont porté plainte contre un collègue, dénonçant les brimades sexistes subies quotidiennement depuis deux ans. L’une d’elles témoigne au micro d’Europe 1.

      http://www.europe1.fr/societe/harcelement-sexuel-dans-la-police-il-me-taxait-de-frigide-et-de-psycho-rigid
      là, rien d’étonnant, c’est la police !
      #histoires_sordides

    • Je pense que c’est la même histoire que celle-ci :
      http://www.liberation.fr/france/2017/10/29/police-si-tu-parles-tu-es-une-balance_1606667

      Menaces, insultes… Une policière décrit le harcèlement sexuel d’un collègue qui ne l’a jamais reconnue en tant que gradée.

      Les machos de commissariat, Sandrine (1), 43 ans, pensait en avoir l’habitude. Dans la police depuis 2004, elle connaissait ces collègues qui, pendant les interventions, lui lançaient : « La gonzesse, tu vas nous gêner, tu restes dans le véhicule. » Mais c’était à Paris, où l’effectif est à 50 % féminin : ces comportements restaient à la marge.

      Quand elle a accepté le commandement d’un poste de police dans le Nord en 2014, une brigadière l’a prise à part, se souvient-elle, pour lui parler d’un de ses subalternes : « Elle m’a dit "je ne te donne pas six mois pour craquer, et la hiérarchie ne t’aidera pas." J’ai en fait tenu deux ans. »

      Sandrine raconte les réflexions qui usent au quotidien. « Tout avait rapport avec le sexe. Le matin, ses premiers mots, c’était : "Je les ai lourdes", pour signifier qu’il n’avait pas baisé. Ou "j’ai retourné maman", en parlant de sa femme. » Avec des détails à l’appui, au point qu’un collègue masculin, qui a témoigné en faveur de Sandrine, lui demandait de garder sa vie intime pour lui. « Il ne m’a jamais reconnue comme gradée, soupire-t-elle. Pour lui, une femme n’a rien à faire dans la police. »

      Bête noire.

      Elle lui demande de laisser la porte de son bureau ouverte quand il prend la déposition d’une femme. Il ne supporte pas ses interventions. « On en est presque venus aux mains », se souvient-elle. Plusieurs fois, elle entend : « Je vais te le foutre dans la bouche, comme ça tu fermeras ta gueule », une allusion à son sexe. Un jour, il entre furieux dans son bureau, frémit-elle encore d’indignation, donne un grand coup de pied dans la porte et dégrafe son pantalon : « Je commençais à voir la couleur de son caleçon, et il hurlait. "Je vais te la plaquer sur le bureau, ça va fermer ta gueule." » Comme si la simple vue « de son truc » pourrait la faire taire, ironise-t-elle. Sandrine alerte sa hiérarchie verbalement, rien ne bouge. Demande à changer d’affectation, « négatif parce que ce n’est pas le moment des mutations, m’explique-t-on ».

      Le 31 janvier 2016, elle flanche, arrêt maladie et dépression. « On est obligé de faire avec, mais au bout d’un moment, on n’en peut plus », insiste-t-elle. Elle revient le 1er août 2016, en mi-temps thérapeutique, dans un autre service. Mais elle croise tous les jours dans le même bâtiment sa bête noire. « C’est terrible à dire, mais c’est un gars jovial qui rend service, il est vraiment sympathique. Il s’est posé en victime dans un milieu où si tu parles sur un collègue, tu es une balance. » Sandrine a été ostracisée et vécu avec ceux qui trouvent qu’elle exagère ou qu’elle est « cinglée ».

      Blagues.

      Mars 2017. Ce jour-là, elle devait finir à midi, mais elle a une garde à vue sur les bras, personne pour l’aider, et à 18 heures, elle est encore au commissariat. « Je suis toute seule à mon bureau, presque tout le monde est parti, je sens un grand vide et je me dis que je ne peux pas m’imposer cela, travailler coûte que coûte. » Le médecin la replace en arrêt maladie, reconnu depuis comme « imputable au service ». Aujourd’hui, Sandrine n’a toujours pas repris le travail. Pour l’homme qu’elle met en cause, il ne s’agissait que de blagues.

      Elle a porté plainte pour harcèlement sexuel, c’est désormais au procureur de la République de poursuivre ou pas. Une enquête administrative menée par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a rendu ses conclusions : « Elle reconnaît de graves dysfonctionnements mais ne se prononce pas sur le harcèlement sexuel », signale Sandrine.

      Du côté du syndicat Unsa police, on marche sur des œufs : « Il nie farouchement les faits, elle reste sur sa version. C’est parole contre parole tant que le jugement n’a pas été rendu. » Si l’affaire passe en procès un jour. Sandrine le sait, 93 % des plaintes pour harcèlement sexuel sont classées sans suite.

      Vu l’article que tu cites c’est à Douai. J’aurais parié que c’était le commissariat central de Lille où j’ai passé récemment un certain temps pour aider une jeune femme à déposer une énième plainte contre le gars qui l’a agressée et la harcèle depuis presque 1 an.
      Résultats : des classements sans suite, des confrontations où le gars est soutenu par la police, des remarques sexistes et qui culpabilisent la victime, des scènes surréalistes où le mec envoie sur le smartphone des menaces de mort en direct avec photos de la façade de la maison de la victime, pendant qu’elle est en train de déposer plainte. Elle les montre et l’officier ne réagit pas, dit qu’on ne peut rien faire parce qu’il dit « tu vas crever » au lieu de « je vais te tuer » alors qu’il l’avait déjà étranglée en public à l’université quelques semaines auparavant etc.
      Si vous comptez déposer plainte, allez-y avec un groupe entier qui ne doit pas vous laisser seule avec la police sinon ça se passera mal.


  • Amazon. Bienvenue dans un monde merveilleux comme le prépare Macron | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/amazon-bienvenue-dans-un-monde-merveilleux-comme-le-prepare-macron-639919

    Salaires à la baisse, fin illégale de mission intérimaire, menaces de licenciement individuel, bâton dans les roues des syndicalistes : à Douai (Nord), les pratiques managériales de la plateforme inaugurent celles dont la loi travail nous menace.

    Le 27 juillet, la CGT s’y est rendue pour, comme chaque jeudi aux quatre coins du département, préparer la mobilisation du 12 septembre et discuter. Y compris avec ceux qui n’ont rien à redire à la politique d’Amazon. Alain Bruneel, député PCF, était de la visite. Reportage.

    #en_marche @sinehebdo #uberisation


  • MORTS A 100%, Jean Lefaux et Agnès Guérin (1980 – 55 mn). #Vidéo
    https://dechvideo.wordpress.com/2016/05/03/edition-dvd-morts-a-100-et-bonus-video-dechvideo-et-hors-sol-20

    “Bilan d’une vie de travail et d’exploitation qui, comme tous dans le bassin, ont cru au mythe du mineur héroïque dans le travail et dans la lutte. Ce mythe auquel ont contribué largement les partis politiques de gauche et les syndicats s’effondre sans lutte dans la mort du bassin du Nord-Pas-de-Calais. Les mineurs s’interrogent et se demandent comment ils ont pu contribuer à leur propre exploitation et à leur propre mort, la silicose.” (résumé paru dans Images documentaires).

    Ce documentaire fut produit par les Films du village, coopérative parisienne fondée en 1977 par Yves Billon et Jean-François Sciano. Les témoignages d’anciens mineurs et d’une épouse ainsi que l’apport critique des auteurs bousculent la mythologie du mineur. 
    https://www.dailymotion.com/video/x48fbfa


    Les témoignages de Morts à 100 % portent une parole très critique d’anciens mineurs et d’une épouse, dont Jules GRARE. Mineur de 1938 à 1969, ce dernier est également auteur du livre autobiographique Ma vie à Liévin (1977). Ce bonus évoque ce mineur retraité dans la décennie 70, en compagnie de Jacques Lacaze qui l’a côtoyé durant cette période. Un révolté devenu une icône de la mine, à l’instar du Centre Culturel et Social de Liévin qui porte son nom. Mais est-ce bien le révolté de Morts à 100 % qui a fait mémoire ?

    La structure du documentaire Morts à 100 % et sa révélation de la mythologie du mineur dégagent des similitudes avec des œuvres culturelles réalisées à la même époque au Centre d’Animation Culturel (CAC) de Douai. Association créée en 1971 par Roland Poquet sous le nom de « Maison de la culture sans murs » et renommée Centre d’Action Culturelle en 1974, financé par l’État à travers le FIC (Fonds d’Intervention Culturel), le CAC fut particulièrement dynamique quant à l’univers de la mine. Au tout début des années 80, il développa un vaste programme culturel intitulé « Mythes et identités culturelles dans le bassin minier ». Un “QG” lui est même consacré dans une maison des Houillères à Flers-Escrebieux. Ancré dans une dynamique d’éducation populaire, ce programme également étiqueté « Animation bassin houiller » donne lieu à videos, pièces de théâtre (dont le montage de textes contradictoires Mine de riens), expositions et autres activités. La diffusion de ces œuvres est entreprise dans plusieurs communes du bassin minier, du Douaisis jusqu’au Bruaysis (MJC, arrières-salle de café, salles communales …). Néanmoins l’accueil fut parfois hostile … 
    Interpellé par cette dynamique culturelle extrêmement méconnue de nos jours et par son caractère dérangeant, Dechvideo est parti à la rencontre de personnes ayant participé à l’aventure du CAC de ce début des années 80 (dont son fondateur Roland Poquet). Elle révèle une approche culturelle originale du monde de la mine. En écho à Morts à 100 %, sa pertinence demeure-t-elle de nos jours ? Ne questionne-t-elle pas jusque dans notre présent où « LA » mémoire minière constitue l’un des leitmotiv et accompagnateur privilégiés des chantiers de « renouveau » du bassin minier (UNESCO, pôles culturels, Mineurs du monde, Louvre-Lens …) ? En prolongement de la thématique initiale du bonus, des propos d’autres intervenants sont glissés dans le reportage.

    #mineurs #mines #charbon #Documentaire #Liévin #Flers-Escrebieux #houillères #louvre-Lens #Hors sol
     


  • Arnoul le Grand (890 – 965), comte de Flandre, mourut à l’âge vénér...
    https://diasp.eu/p/5775237

    Arnoul le Grand (890 – 965), comte de Flandre, mourut à l’âge vénérable de 92 ans, ce qui était considérable pour l’époque. Au fil de ses fâcheries, puis réconciliations avec l’empereur de Germanie, Othon 1er, il n’eut de cesse d’agrandir son domaine qui s’étendit jusqu’à Douai, Arras et Amiens. http://bit.ly/2ceNZTY #Histoire


  • Lorsque la culture s’immisce dans une unité de dialyse…

    http://www.lavoixdunord.fr/170630/article/2017-05-31/lorsque-la-culture-s-immisce-dans-une-unite-de-dialyse

    Depuis plusieurs mois, deux artistes interviennent dans des unités de dialyse de Santélys. Le Grand Mix participe ainsi à un projet de l’Agence régionale de santé. Objectif : amener la culture où elle ne va pas et ainsi ouvrir de nouveaux horizons aux patients. Une centaine de malades ont déjà assisté à l’une des performances.

    Par Anne Courtel | Publié le 31/05/2017

    Les deux artistes réalisent leur performance (son et images) pendant une séance de dialyse.
    Dans la grande salle de dialyse de Tourcoing, le musicien et l’artiste visuel paraissent incongrus. D’autant qu’en plein set, seuls le ronronnement des machines de dialyse et la minuterie des traitements troublent le silence. Il y a comme un film muet dans la performance des deux artistes.
    Pourtant, certains patients, munis d’un casque, dodelinent de la tête ou scrutent le plafond… où des images sont projetées. NUMéROBé, jeune compositeur-beatmaker, et Clément Goffinet, qui projettent des tableaux sonores, se sont ainsi adaptés aux contraintes de ce lieu pas comme les autres. Là des patients sont dialysés pendant plusieurs heures. « On nous avait demandé de ne pas imposer notre performance, de respecter la tranquillité de chacun. Nous avons donc choisi de proposer un casque aux patients qui voulaient participer et de diffuser quelque chose de relaxant », explique NUMéROBé.

    « C’est agréable. Cela nous sort un petit moment de notre environnement de soin. »

    Dans le même temps des images sont projetées au plafond. « Les patients sont couchés et ont un bras immobilisé par les perfusions. Nous avons donc décidé de juste leur faire lever les yeux », raconte Anne Martello, chef de projet Santélys.

    « Ce n’est pas de la musicothérapie »

    Depuis plusieurs mois, les deux artistes, sous la houlette du Grand Mix, interviennent régulièrement dans dix unités de dialyse de Santélys. « C’est intéressant pour nous, car on sort du cercle des personnes avec lesquelles on a l’habitude de travailler. C’est un peu une performance, il y a un côté improvisé », précise Clément Goffinet.

    Après une première session, il y a quelques mois, les deux artistes proposent une autre version. « Nous leur avons demandé ce qui les touchait et nous l’avons intégré dans notre set. » Les patients peuvent ainsi percevoir la chaude voix de Barry White ou voir Édith Piaf s’animer au plafond. « Franchement, c’est agréable. Cela nous sort un petit moment de notre environnement de soin », salue Charles Sona, un patient qui vient tout juste de quitter son casque. Même sentiment chez Jacky Gadeyne, fan de Johnny Hallyday. « C’est agréable et reposant. Même si mon rêve est d’enregistrer une chanson. »
    Il faudra peut-être attendre un peu, même si, après cette action, Santélys et le Grand Mix espèrent bien engager un nouveau projet. « L’année prochaine, nous irons peut-être plus loin. Mais ce n’est pas de la musicothérapie. Il n’y a pas d’aspect thérapeutique. La maladie isole, entraîne des peurs… La culture peut améliorer la qualité de vie, la prise en charge… Même les soignants ont pu découvrir les patients différemment », souligne Anne Martello de Santélys.

    « Apporter la culture partout »

    L’an dernier, le Grand Mix avait participé à un projet avec le centre hospitalier de Wattrelos. Cette année, sa candidature a été retenue pour ouvrir les portes d’un nouvel établissement de soins à la culture. « Notre but est bien d’apporter la culture où elle n’est pas. Cela permet de toucher des publics qui n’iraient pas forcément vers l’art », précise Juliette Callot, responsable de l’action culturelle au Grand Mix. « Il y a un droit universel à la culture même si à chaque action (prison, milieu hospitalier, écoles…), il faut accepter les contraintes. Nous n’avons pas l’habitude d’être au contact des malades. Chacun, dès lors, apporte son savoir-faire. »

    • DOUAI : Trois ouvriers grièvement brûlés à l’abattoir ce mercredi soir
      Trois salariés d’une entreprise extérieure venue procéder ce mercredi à des travaux de sous-traitance à l’intérieur de l’abattoir de Douai ont été brûlés dans un accident provoqué par des travaux de soudure. . . . . . . . . . .
      http://www.lavoixdunord.fr/171021/article/2017-05-31/trois-ouvriers-grievement-brules-l-abattoir-ce-mercredi-soir

      Valenciennes : À partir de ce jeudi, à Valenciennes, plus aucun tram ne s’arrêtera à la station Hôtel de ville
      Ça va être une surprise pour pas mal d’usagers du tram. À partir de jeudi matin, plus aucun tram ne s’arrêtera à la station Hôtel de ville. L’arrêt est reporté soit à Clemenceau soit à Sous-Préfecture . . . . . . .
      http://www.lavoixdunord.fr/170813/article/2017-05-31/partir-de-ce-jeudi-valenciennes-plus-aucun-tram-ne-s-arretera-la-statio

      Lille : Des parents saisissent la justice contre les tarifs « aberrants » du conservatoire
      Le tribunal administratif était saisi ce mercredi en urgence pour bloquer une délibération de la ville de Lille. En cause, une nouvelle tarification pouvant faire bondir les frais d’inscription des élèves non-Lillois du conservatoire
      http://www.lavoixdunord.fr/171047/article/2017-05-31/des-parents-saisissent-la-justice-contre-les-tarifs-aberrants-du-conser
      Une délibération municipale adoptée en mars rebat les cartes des participations familiales au budget de cette école prestigieuse. Auparavant, les foyers de la métropole lilloise mettaient la main à la poche en fonction d’un quotient familial. Dès la rentrée prochaine, les non-Lillois dont la commune n’a pas signé de convention (pour une participation financière) avec Lille verront la facture enfler. « On va nous demander 1 866 €, hors 3e cycle et certaines disciplines, grimace un parent. Une explosion du tarif. Aberrant ! »

      Aux yeux de Manuel Gros, la ville de Lille prend tout simplement près de 200 élèves (sur 2 000) en otage. « On règle un problème politique avec les communes voisines sous couvert d’un financement de cette structure », tonne l’avocat des familles. Et de multiplier les accusations de « discrimination ». « Sur les 7 M€ de budget du conservatoire, deux sont payés par l’État, la Métropole européenne de Lille (MEL) ou la Région, martèle Me Gros. Les non-Lillois financent donc également via leurs impôts. » Enfin, que dire des 200 petits Lillois inscrits dans les écoles hors de leur commune ? . . . . .


  • Cyberattaque : l’usine de Renault de Douai fermée ce lundi
    http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/cyberattaque-l-usine-de-renault-de-douai-fermee-ce-lundi-713117.html

    L’usine Renault de Douai dans le Nord, l’une des plus importantes du constructeur automobile en France, sera à l’arrêt lundi en raison de la cyberattaque qui a frappé des dizaines de milliers d’ordinateurs au quatre coins de la planète.
    […]
    Le site de Douai (Nord) n’avait pas été paralysé ce week-end, car il ne produit pas pendant les week-ends, mais « les équipes informatiques travaillent pour établir le diagnostic et évaluer les impacts », avait indiqué samedi le groupe.

    Samedi, le virus informatique avait entraîné l’arrêt de la production dans plusieurs usines du groupe ou de ses partenaires, en France et à l’étranger. L’usine de Sandouville (Seine-Maritime), qui emploie 3.400 salariés et produit des utilitaires, essentiellement des Renault Trafic, à raison de 640 véhicules par jour, a notamment été touchée.

    « Nous sommes impactés par cette cyberattaque, la production de nuit a été touchée mais heureusement ce week-end il n’y avait pas de production complète prévue, seulement une production marginale », avait expliqué samedi à l’AFP le responsable communication de l’usine. « Toutes les équipes techniques sont sur place pour faire un diagnostic, procéder à une analyse technologique et engager une action pour reprendre la production au plus vite », avait ajouté ce responsable, évoquant un redémarrage de l’usine « lundi matin ».

    Une usine d’une filiale de Renault en Slovénie, la société Revoz, a également été touchée. « Des problèmes ont affecté une partie du système informatique », a expliqué une porte-parole de l’entreprise à l’AFP. La production dans l’usine de Novo Mesto a été suspendue, a-t-elle précisé.
    […]
    L’usine de Maubeuge (Nord), qui compte 2.200 employés (CDI et intérimaires), devrait, elle, fonctionner normalement lundi. « On n’est pas touché, on n’a rien reçu de la direction », a dit Samuel Beauvois, du syndicat SUD. Même son de cloche à Ruitz (production de boîtes automatiques, 400 salariés), près de Béthune (Pas-de-Calais). « On a établi le diagnostic et on est en capacité de repartir demain à 05H15 », a déclaré Olivier Naveaux, responsable de la communication du site.

    L’usine du Mans a été touchée, sans bloquer toutefois la production, a-t-on appris de source syndicale.

    Concernant l’Europe, un porte-parole de Renault en Espagne a indiqué qu’il n’y aurait pas de fermeture d’usines lundi dans le pays. Idem en Slovénie : « le plus gros du travail de réinitialisation du système d’information est terminé ou en train de l’être. Par conséquent, nous pensons que la production devrait reprendre demain matin », a déclaré à l’AFP le porte-parole du site de Revoz, Nevenka Basek.

    En Roumanie, « une partie de la production de l’usine Dacia (détenu par Renault, ndlr) à Mioveni a été elle aussi affectée (...) et de nombreux employés ont été renvoyés chez eux samedi matin », selon un communiqué. L’usine britannique de Sunderland du constructeur japonais Nissan, partenaire de la marque au losange, a également été mise à l’arrêt, d’après une porte-parole du groupe.


  • Les juges expérimentent la justice prédictive
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/13593-les-juges-experimentent-la-justice-predictive

    Ah le Big Data.... décidément..... (Informations complémentaires)

    Deux des plus grandes cours d’appel de France, Douai et Rennes, ont accepté de tester un logiciel durant trois mois. Un outil d’analyse et de statistique permettant d’aider les magistrats à prendre leurs décisions.

    L’expérience ne fait que commencer, mais elle séduit déjà les juges qui ont accepté de se plier au jeu. Les magistrats des cours d’appel de Rennes et de Douai testent jusqu’à fin juin le logiciel Predictice. Ce dernier, grâce à la nouvelle loi sur le numérique et l’open data, numérise à tour de bras les décisions des cours d’appel, mais bientôt aussi celles des tribunaux de grande instance. La finalité ? Créer un service de « justice prédictive » censé aider les juges à la décision, grâce à la (...)

    #En_vedette #Actualités_françaises


  • Justice : un logiciel pour aider les juges à décider
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/justice-un-logiciel-pour-aider-les-juges-a-decider-26-04-2017-6890301.php

    Les magistrats des juridictions civiles de Rennes et Douai vont tester un logiciel permettant de prévoir des jugements. La décision d’un juge peut-elle être connue avant même d’être rendue au tribunal ? En partenariat avec le ministère de la Justice, les cours d’appel de Rennes, en Ille-et-Vilaine, et de Douai, dans le Nord, ont décidé d’expérimenter une « solution de prévisibilité de la justice ». Dans chacune des deux juridictions, une dizaine de magistrats se sont portés volontaires pour tester d’avril (...)

    #algorithme #Predictice #justice


  • Pour celles et ceux intéressé-e-s par l’histoire coloniale et donc notre #histoire et qui sont dans la région lilloise :
    Conférence débat le 1er avril à 15h avec Thomas Deltombe et Georges Agbodjan
    Le sujet : Guerres de libération et relations de dépendance : l’invention de la #Françafrique. Regards croisés sur le #Cameroun et le #Togo
    Lieu : Maison de quartier de Moulins Métro Porte de Douai.
    Entrée gratuite


  • Vers une société #hyper-industrielle ? | InternetActu.net
    http://www.internetactu.net/2017/03/16/vers-une-societe-hyper-industrielle
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    Pour Pierre Veltz, le phénomène nouveau est que « l’industrialisation se propage désormais au-delà de la production des objets pour s’étendre à l’économie des services… et même à « l’économie des idées » ». « On continue à parler de la France des usines, en oubliant que l’industrie est aujourd’hui beaucoup plus vaste que ses usines ». « La France industrielle est devenue, très largement, une France de bureaux et de cols blancs » : chez Renault, le technocentre de Guyancourt avec ses 10 000 ingénieurs emploie deux fois plus de personnes que la principale usine du groupe en France, celle de Douai. L’industrie n’est plus seulement le monde industriel et ce monde industriel a également profondément évolué.

    Si la production industrielle n’a cessé d’augmenter, ce qui a changé, c’est sa place dans l’emploi et dans la valeur ajoutée. L’externalisation – c’est-à-dire le fait que des tâches qui étaient assurées au sein de l’entreprise industrielle (comme le nettoyage, la restauration, la comptabilité) soient désormais accomplies par des fournisseurs extérieurs – n’explique pas tout. Les gains de productivité comptent également dans la déprise industrielle (entre 1995 et 2015, la production industrielle française a été multipliée par 2 et le total des heures travaillées divisé par 2 !). Ainsi que le défaut de compétitivité, c’est-à-dire le fait que des produits initialement fabriqués en France soient désormais importés. Si la valeur ajoutée de l’industrie dans le PIB s’est effondrée, il faut le relativiser, notamment du fait que les prix des biens industriels ont également considérablement chuté. Et que le secteur ne tient pas compte de secteurs désormais totalement industrialisés dans leurs méthodes, notamment dans le domaine des services qui sont devenus, pour beaucoup, très proches du monde industriel traditionnel.



  • A la cour d’assises du Nord, le chagrin des simples
    http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2016/10/12/a-la-cour-dassises-du-nord-le-chagrin-des-simples/#xtor=RSS-32280322

    Ça ne prévient pas un grand moment d’assises. Ça vous tombe dessus, après deux longs jours d’ennui au procès d’un homme qui comparaît devant la cour d’assises du Nord, à Douai (Nord), pour le meurtre d’une jeune fille, vingt et … Continuer la lecture →