city:fontenay

  • Une part de framboisier offerte par Claes Oldenburg, mon fils Nathan, un petit film d’il y a déjà quelques étés, en janvier toujours un regard en arrière vers l’année tout juste écoulée, Andreï Roublev de Tarkovski comme fond d’écran, Asako I&II de Ryusuke Hamaguchi (que j’ai adoré), Wildlife de Paul Dans (que j’ai détesté), Maya de Mia Hansen-Love qui m’aura laissé très en colère, Extreme Night Fever, du cirque très rock’n’roll, aidez-nous à retrouver Jean-Claude, Grass de Hong Song-Soo (dont je suis fan jusqu’à la bêtise), des corrections de Le Rapport sexuel existe, en veux-tu en voilà, une partie d’échecs immortelle sur l’échiquier de poche de Marcel Duchamp (des fois on vous gâte dans le Désordre), Sophie Agnel et Nina Garcia aux Instants, une demi-heure de bonheur (des fois on vous gâte vraiment dans le Désordre), In My Room d’Ulrich Köhler, film presque parfait, mes disques de Albert Ayler à Zappa (début d’un autoportrait un peu privé), de la bande dessinée expérimentale sur les murs de Fontenay, une nouvelle balise dans la boîte à outils du Désordre, Matinée de Joe Dante, Les Confins du monde de Guillaume Nicloux, "Il paraît que cette chanson est à propos des migrants, je pensais l’avoir écrite pour mes voisins », Sourdure à La Dynamo, Cameleo Vulgaris à La Dynamo, des basses encore des basses toujours des basses, très peu de médiums, pas d’aigus, pour amateurs seulement, Christine Delphy m’aura ravi toute la semaine sur France Culture, Pascal Battus et Fred Marty aux Instants, Les Lieux d’une ruse de Georges Perec, dans Penser/classer pour un ami, Louis Sclavis invite Magic Malik et ça claque la chatte, Habka qui joue au bas de chez moi (ça y est je suis mort et je suis au paradis des Phil, c’est ça ?), Lindy Lou, jurée #2 _de Florent Vassault, l’envers (réaliste) du décor de _Twelve Angry Men de Sidney Lumet, The Rider de Chloé Zhaou, western chinois (dans le sens où c’est assez complexe), des traces accidentelles de Joan Mitchell, L’Ordre des médecins épouvantable mélo, bien coupable, Gegenlight de Dominique Pifarély, Jonas Mekas est mort hier, une très belle oeuvre de Peter Tscherkassky que je retrouve par sérendipidité, le premier jet pour l’affiche de L’Etreinte à Louvain la Neuve, ce qu’il me reste d’un cours de perspective de première année des Arts Déco, la très belle exposition de Patrick New à l’abbaye de Maubuisson, une tarte à la citrouille de B., un peu de récursivité ne peut pas faire de mal, l’urne qu’Isa a céramiquée pour moi, pour plus tard, en 2065, un de ces nombreux extraits du Dossier M. de Grégoire Bouillier qui fait se hérisser les poils de mes bras, il paraît qu’on n’a pas le droit de jouer avec l’image du gamin président, il paraît, il n’est pas beau (et coloré) le mois de janvier ?

    http://desordre.net/bloc/vie/reprise/2019/201901.htm


  • Le temps des forêts de François-Xavier Drouet, un documentaire hautement recommandable tant par sa force cinématographique tranquille et les questions qu’il pose et la manière très efficace avec laquelle il met certains de ses protagonistes en face de leurs contradictions.

    Hier soir à la rencontre au Kosmos à Fontenay il a mentionné des extraits supplémentaires du film en ligne, mais je ne parviens pas à mettre la main dessus.

    Et sinon la bande-annonce est plutôt pas mal faite :

    https://vimeo.com/281983111

    ping @odilon


  • Le Kosmos à Fontenay est le merveilleux cinéma municipal dans lequel non seulement on voit de très bons films, mais aussi dans lequel il se passe toutes sortes de choses. Par exemple c’est plus ou moins dans ce cinéma qu’ont commencé les séances de Ciné-ma-différence, des séances dans lesquelles les personnes, notamment jeunes, atteintes de toutes sortes de handicaps et difficultés sensorielles, ont la priorité, entre autres choses, pour réagir comme elles aiment et font naturellement, à ce qu’elles voient et entendent et les neurotypiques n’ont que bien se tenir, j’ai quelques souvenirs émerveillés de ce genre de séances où ce qui fait habituellement rire laisse de marbre et inversement.

    Mais aussi des avant-premières et, et, surtout, un cycle, chaque année, de ciné-club. L’année dernière, le thème c’était la musique au cinéma ce qui nous avait valu la projection de Step Across The Border de Nicolas Humbert et Werner Penzel et Stop Making Sense de Jonathan Demme avec les Talking Heads, présenté par Thomas de Porquery himself, et rien que pour cela, le prix Nobel de la programmation devrait être décerné à mon ami Nicolas, programmateur du Kosmos (quand on y pense Maître du monde à côté c’est rien).

    Cette année le thème c’est la salle de cinéma, pour les quarante ans du Kosmos. On y verra donc Splendor d’Ettore Scola, le merveilleux Dragon-Inn de Tsaï Ming-Liang, l’Esprit de la ruche de Victor Frice, Panic sur Florida Beach de Joe Dante, Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore, Au Fil du temps de Wim Wnders (mon idée de programmation et Nicolas me fait l’amitié immense de le présenter à la salle et d’animer le débat avec les survivants les survivantes d’un film de trois heures en noir et blanc, j’y reviendrai), Simone Barbès ou la vertu de Marie-Claude Treilhou et, last but not least, la Dernière Séance de Peter Bogdanovtich.

    Demandez le programme : https://fr.calameo.com/books/002679185fdd9d994835a


  • Affaire Benalla : le couple molesté le 1er mai livre sa version
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/09/20/affaire-benalla-le-couple-de-la-contrescarpe-livre-sa-version_5357770_3224.h

    Chloé P. et Georgios D. n’avaient pas encore donné leur version des faits impliquant l’ancien chargé de mission de l’Elysée. Ils ont été entendus par la justice mercredi.

    Ils étaient les muets de la journée du 1er mai 2018. « Deux casseurs », avait dit Alexandre Benalla dans son entretien au Monde, le 26 juillet. Les seuls dont on n’avait pas encore entendu la version des incidents de la place de la Contrescarpe, à Paris, même si leurs visages étaient connus.

    Lui, Georgios D., 29 ans, est l’homme qui, sur une vidéo désormais fameuse publiée sur YouTube, se fait molester par Alexandre Benalla sur cette place du Quartier latin, dans le 5e arrondissement. Elle, Chloé P., 30 ans, la jeune fille que le chef de cabinet adjoint d’Emmanuel Macron, « M. Benalla » comme elle dit, attrape par le cou. Ils sont le « couple de la Contrescarpe » qui intrigue depuis que l’affaire a éclaté, à la mi-juillet.

    L’audition d’Alexandre Benalla devant les sénateurs de la commission d’enquête avait commencé depuis une heure, mercredi 19 septembre, quand Georgios D., fin jeune homme aux cheveux noirs, chemise blanche et pantalon clair, est entré dans le cabinet des trois juges qui instruisent l’affaire. Chloé P., un brin timide, longs cheveux dénoués, lui a succédé en début d’après-midi. Quatre heures pour lui, trois pour elle.

    A la nuit tombée, ils se sont retrouvés pour prendre un verre au pied du Panthéon, leur quartier préféré. Au Monde, il confie n’avoir « toujours pas bien compris ce qui leur est tombé sur la tête », sourit Georgios D. avec son fort accent grec. « On n’est rien ! On n’avait rien demandé », ajoute-t-elle.

    Ce 1er mai, le jeune couple — elle, graphiste, lui, « cuistot » — installé « au calme » dans un pavillon en colocation à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), avait décidé de fêter les six ans de leur « coup de foudre ». Ils se sont rencontrés le 30 avril 2012 à Thessalonique, la ville natale de Georgios D., où ses parents travaillent dans une entreprise de textile. Pour cet anniversaire, ils prévoient simplement une balade en amoureux le long des quais de Seine, et pourquoi pas une crêpe et une bière à « Mouffetard », où le jeune homme a travaillé un temps comme serveur en arrivant en France et dont l’enfilade de bars leur rappelle Thessalonique.

    Lorsqu’ils atteignent le 5e arrondissement, vers 18 heures, ils remarquent un attroupement « de très jeunes gens » rue Blainville, courte artère qui débouche sur la Contrescarpe. Des CRS bloquent le passage. Le couple ignore qu’un comité d’action interlycéen organise un apéro militant. Eux ne sont pas militants, jurent-ils. Georgios D. dit n’avoir participé qu’à une seule manifestation, « j’avais 15 ans. Avec toutes les écoles de Thessalonique, contre la guerre en Irak ».

    Le couple n’est pas connecté non plus. Seul Georgios D. se sert de Facebook pour garder un lien avec sa famille. « Pas d’inscription au TAJ » non plus, le fichier de traitement des antécédents judiciaires, a aussi confirmé la police au procureur de la République de Paris. « Jamais convoqués dans un commissariat », ajoutent-ils.

    « J’ai perdu le contrôle »

    Ils s’approchent, intrigués. Les forces de l’ordre, qui viennent de recevoir un verre du dernier étage d’un immeuble, éloignent les badauds. « Inutile de pousser », dit répliquer le jeune cuistot. Pour toute réponse, il aurait reçu un jet de gaz lacrymogène. « Tout le monde était étonné, raconte la jeune graphiste. Les étudiants nous aidaient à nous nettoyer les yeux. »

    Georgios D. décide de s’approcher à nouveau.

    « Pourquoi tu m’as poussé avec la matraque ?, lance-t-il à un CRS.

    – Si tu n’es pas content, rentre chez toi ou dans ton pays. »

    Chloé P., « choquée et honteuse de ces paroles », l’entraîne. « N’y fais pas attention, viens, on va boire un verre. Nous sommes dans un pays libre ! »

    Le couple s’arrête au Chapi Chapo, rue Descartes, les yeux encore rougis des gaz lacrymogènes. Puis ils se lèvent pour gagner la Kantina, rue Mouffetard, commander leur crêpe. « Place de la Contrescarpe, les terrasses sont pleines. Des jeunes gens sont assis par terre, canettes à la main, l’atmosphère est calme », décrit la jeune femme. Un cordon de CRS barre la rue Lacépède. Ils veulent le contourner lorsque des policiers, agacés par des ballons de baudruche de peinture jetés sur eux, chargent et dispersent la foule avec des gaz lacrymogènes.

    « Pourquoi vous traitez les gens comme ça ? » En réponse, selon eux, « un des policiers du bout de la ligne shoote dans une bouteille de verre dans [leur] direction ». C’est là que tout bascule. « J’ai perdu le contrôle », convient le cuisinier. Il jette une carafe attrapée sur une table vers les forces de l’ordre. Etait-ce un cendrier, un sous-verre ? Chloé P. ne s’en souvient plus, mais elle vise aussi les CRS : « Une réaction sanguine, stupide, que nous regrettons mais en aucun cas de la provocation. »

    « Un CRS me frappe derrière les genoux »

    « On voulait manger deux crêpes, on a mangé deux tartes », résume Georgios en riant. Chloé P. se souvient d’un coup de sifflet. « Puis, j’ai vu Georgios se faire attraper par un policier en civil. Un autre, avec un casque de CRS, me saisit par la nuque et le bras. » Ils l’apprendront bien plus tard. Ce sont « M. Alexandre Benalla et M. Vincent Crase », gendarme réserviste, crâne chauve, déjà régulièrement enrôlé par l’Elysée, et dont on sait désormais qu’il était armé ce jour-là. La jeune femme ne résiste pas.

    Georgios D., lui, se débat. « J’entendais Chloé crier. J’essaie de me libérer pour la rejoindre. » Selon le major Philippe Mizerski, chargé d’encadrer les deux « stagiaires », la jeune fille lance un « bâtards ! » — elle ne s’en souvient pas. Georgios D., lui, se retrouve à terre devant Vincent Crase. « J’essaie de m’expliquer, mais M. Benalla arrive derrière moi, m’attrape par la nuque, m’étrangle, me soulève. Je reçois un coup à l’estomac, un coup sur le visage. Il me tient toujours. » Il croit que c’est fini. Mais non. « Un CRS me frappe derrière les genoux avec sa matraque. Je tombe par terre. Et je reçois un coup de pied final de M. Benalla, qui m’écrase le thorax. »

    Un passant crie : « Il faut l’amener à l’hôpital », en voyant que le jeune homme a du mal à respirer. L’homme qui filme, portable à la main, désigne le policier à la foule : « Regardez bien sa tête, regardez bien sa tête, il l’a tabassé par terre. » Alexandre Benalla s’éloigne. Chloé P., elle, attend par terre, une main de M. Mizerski sur la tête. « Avec lui, je n’ai eu aucun problème. Il était calme. Son comportement n’a rien à voir avec celui de M. Benalla, qui donnait l’impression de se défouler », précise-t-elle.

    « On part en vacances »

    Le couple est conduit à « l’Evangile », des locaux de police proches de la gare du Nord utilisés pour accueillir les gardes à vue lorsqu’il n’y a plus de place dans les commissariats. A nouveau, ils déclinent leur identité, sans se défausser, comme l’avait dit un temps Alexandre Benalla, mais aussi le préfet de police de Paris, devant l’Assemblée nationale, le 25 juillet, expliquant que les deux trentenaires avaient « déclaré une fausse identité ».

    Dès le lendemain, le couple s’interroge. Faut-il porter plainte ? « On ne connaît rien à la justice, et à tout ça. » Ils s’attendent surtout à être convoqués à nouveau. « On part en vacances. Ça allait mieux. On rentre, on fête la Coupe du monde dans des bars autour de la Contrescarpe. » Trois jours plus tard, l’affaire les rattrape. « Benalla ou pas Benalla, ce qu’on a retenu, nous, ce sont les violences. ­L’affaire politique nous dépasse complètement. »


  • Il y a quatre ou cinq ans dans les Cévennes j’ai du me résoudre à abattre un sureau qui poussait contre un mur de la maison et ses racines mettaient en péril le mur en question, je dis ça parce que je ne voudrais pas qu’on s’imagine que je mets gaiement en l’air un arbre avec lequel j’avais plus ou moins grandi. L’arbre était en fleurs, nous étions fin août, je me suis dit qu’un dernier hommage correct à cet arbre était qu’on fasse quelque chose de ses fruits, j’ai donc demandé conseil à une amie cévenole et qui m’a donné une recette assez simple de sirop de sureau, j’en fais désormais tous les ans. Sur le coup descendant dans la remise à outils pour aller chercher la tronçonneuse et du mélange, Zoé, encore petite, m’avait demandé, qu’est-ce que tu vas faire Papa ? J’avais répondu : « Du sirop de sureau ! 
    et il faut une tronçonneuse pour faire du sureau de sirop ? », avait demandé Zoé.

    Cette année je suis parti trop tôt des Cévennes et les sureaux du hameau ne donnaient pas encore leur pleine mesure. Hier soir, en allant marcher dans les rues et les parcs de Fontenay, j’ai trouvé un sureau qui croulait sous le poids de ses grappes.

    Ce matin Émile et moi partons avec un grand panier et une paire de sécateur. Zoé nous voyant sortir, nous demande ce que nous allons faire ?
    du sirop de sureau
    et vous n’emportez pas la tronçonneuse ? »

    Sinon la recette de mon amie cévenole

    Faire bouillir trois litres d’eau avec 2,225 kilogrammes de sucre (chez les De Jonckheere, c’est d’eul cassonade hein ? mais ça marche encore bien pour le quart d’heure avec du sucre blanc) et le jus de deux citrons. Au point d’ébullition jeter les grappes telles quelles (environ un kilogramme) et laisser bouillir vingt minutes. Au bout de vingt minutes récupérer les grappes avec une écumoire, attention ça tache ! et laisser bouillir encore cinq dix minutes. Recueillir le sirop dans des bocaux avec une passoire, attention ça tache derechef !

    En été c’est très rafraichissant, en hiver c’est très bon quand on est malade, chaud.

    • Je connaissais cette recette. En revanche il faudrait que je remette la main sur une recette de sirop de fleurs de sureau, j’ai eu ça mais bon sang où ai-je bien pu la fourrer ? Si je retrouve je partage. Je ne suis sûr que d’une chose : pas besoin de tronçonneuse.

    • Je faisais de la confiture et du vin de sureau lorsque j’habitais une maison dont le fond du jardin donnait sur l’ancienne caserne militaire du Mans. J’y récoltais sureau, raisin et pommes. J’ai failli me faire surprendre une fois, les gendarmes s’étaient pointé pour faire des exercices de conduite motocyclette sur la partie goudronnée. Heureusement le terrain n’était pas entretenu, j’ai pu me cacher dans les hautes herbes et rentrer fissa à la maison :)
      Maintenant il n’y a pas de sureau à proximité de chez moi sinon au gué de Maulny, un parc très fréquenté.

    • Cueillir les ombelles de fleur de sureau, les tasser et les faire infuser une nuit dans le minimum d’eau bouillante pour les recouvrir. Cuire pendant 20’ environ l’infusion avec le même poids de sucre et un jus de citron. Voilà !

      À la maison, c’est la guerre entre ma mère qui veut les fruits pour faire du sirop de baies et moi qui aime le sirop de fleurs. Comme je suis la première servie, je pourrais lui couper les fleurs sous le pied mais je suis sympa, je lui en laisse.


  • Une “fête de la pureté” de la femme choque dans l’Oise Célia Vanier - 14 Aout 2018 - France 3 Regions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/oise/fete-purete-femme-choque-oise-1526064.html

    Il y a des traditions dont on aimerait se passer... À Salency dans l’Oise, le retour en juin 2019 de la fête de la Rosière, honorant la "vertu des jeunes femmes" fait scandale. Instituée en 1823, cette fête traditionnelle récompense chaque année une jeune femme "méritante", sur des critères tels que la vertu, la piété, la modestie, mais aussi... La #virignité.

    Si ce dernier critère a été aboli, le retour de cette fête, qui n’avait pas eu lieu depuis 1987 dans le village, divise sur les réseaux sociaux. 
     
    Bertrand Tribout, président de la Confrérie de Saint-Médard, et organisateur de l’événement, ne voit pas où est le problème.  "Je ne vois pas pourquoi cela choquerait : la pureté des jeunes filles n’est pas répréhensible ! Ce n’est pas quelque chose de repoussant." 

    "Cette fête a été initiée au Ve siècle par Saint Médard, originaire de Salency, explique-t-il à franceinfo. Il a décidé d’encourager la vertu sur ses terres, et donc de couronner, chaque année, une jeune femme que l’on jugeait ’parée de toutes les vertus’". 


     
    Une fête "un peu dépassée"
    Le maire de la commune Hervé Deplanque évoque de son côté une fête "un peu dépassée", et confie : "je me doutais que cela ferait jaser, mais pas à ce point-là". Selon l’élu, au moins 70% des habitants du village seraient contre cette fête. 

    Reste à savoir si les organisateurs pourront réussir à trouver 12 jeunes hommes et 12 jeunes femmes pour le cortège, comme le veut la tradition. Hervé Deplanque en doute fortement. Bertrand Tribout, lui, assure qu’"on n’en a plus qu’il n’en faut."

    • Aigurande (Indre) : Couronnement de la Rosière et de ses demoiselles d’honneur le troisième dimanche d’Août lors du festival de l’écrevisse.

      Poilly-sur-Tholon fête sa rosière tous les ans en juillet.

      À la Mothe-Saint-Héray la rosière suit le mode traditionnel : sa fête correspond à son mariage.

      Un rosier et une rosière sont élus tous les ans à Saint-Georges-des-Coteaux (Charente-Maritime).

      À Suresnes est célébré la rosière de la Famille Panon Desbassayns de Richemont16. Rétablie par Philippe Panon Desbassayns de Richemont et Jeanne Eglé Fulcrande Catherine Mourgue, comme le précise le 21 juin 1864 un article de presse du Petit Journal17.

      À La Brède existe depuis 1823 une Fête de la Rosière instituée par un legs de François de Paule Latapie, Secrétaire de Montesquieu18.

      À Saint-Sauves d’Auvergne est élue une rosière depuis 1913. La centième a été fêtée en août 2013. Dans ce village de 1150 habitants, 2000 personnes sont venues assister à son triomphe. À l’origine de cette rosière est un legs de 17 000 francs fait par un agriculteur de la commune15.

      En 2018, Vinay, dans le département de l’Isère, fêtera sa 125e19.

      À Clermont-Ferrand, le Comité des quartiers de Montferrand élit une rosière20.
      À Château-du-Loir, dans le département de la Sarthe, en 2014 a été élue la 131e rosière.
      À Tournon-d’Agenais, depuis 1845, et la première du genre, le succès de cette fête n’a jamais baissé. Le couronnement tournonnais tire son origine du legs d’un riche propriétaire d’Anthé, Jean-Guillaume Dubruel. Un règlement intérieur d’août 1908 fixa le fonctionnement de la commission syndicale chargée d’élire les rosières. Celle-ci devait choisir des jeunes filles de 16 ans révolus, nées dans une des paroisses de l’ancienne commune de Tournon-d’Agenais, Une des jeunes filles devait toutefois être de la commune d’Anthé, les autres venant des autres paroisses à tour de rôle.
      À Bois-Jérôme-Saint-Ouen, chaque année, pour la Pentecôte, est élue une rosière selon le testament de l’abbé Pierre-Seyer, bienfaiteur du village.
      À Créon (Gironde), un rosier est désigné et une rosière élue chaque année depuis 1907 par la volonté d’un riche donateur, Antoine Victor Bertal.
      A Montreuil-le-Gast (Ille-et-Vilaine) une rosière est élue chaque année le premier weekend de septembre.
      A Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), une rosière est élue chaque année le premier weekend de mai.
      A Fleury-la-Rivière (Marne), une rosière est élue chaque année depuis 1855 le mardi de la fête du village (second weekend d’Aout) par la volonté d’un généreux donateur François Principe Arnoult
      A Fontenay-en-Parisis (Val-d’Oise), une rosière est élue chaque année depuis le 24 juin 1877. Depuis, la tradition villageoise s’est perpétuée grâce aux anciens maires et au C.C.A.S. (Comité Communal d’Action Social). Désormais, la Rosière représente la jeunesse fontenaysienne et l’identité du village. Après un appel à candidature, la jeune fille est choisie par les membres du CCAS. Elle est solennellement couronnée le dimanche le plus proche du 24 juin, fête de la nativité de saint Jean-Baptiste. En 2018, Fontenay fêtera sa 141e rosière.

      Source dipikéwia


  • C’est à Vincennes (Métropolitain Château de Vincennes, Réseau Express Régional, Vincennes, bus 46, 56, 112, 114, 115, 118, 124, 210, 318 et 325), dans les faubourgs de Paris donc, à la librairie Millepages, 174 avenue de Fontenay, et c’est le vendredi 29 juin à 19H30, j’aurais alors le plaisir d’une aimable vivisection avec l’équipe chaleureuse de la librairie autour de Raffut, il y aura des enfants, certains dont je suis le père, d’autres pas, des amis, du vin, des amies, du fromage (qui vient de l’une des meilleures crêmeries du royaume), pas de musique, pas tout le temps, faut pas pousser, une attachée de presse facétieuse, de l’action, un peu, du rire, peut-être et j’y lirai les pages 7 et 8 du roman, ce qui doit correspondre à son incipit, et, qu’on se rassure, je ne jouerai pas de guitare électrique. Venez nombreuses et nombreux, ne serait-ce que pour le fromage, sinon changez de crêmerie.

    #raffut


  • Sur France Inter, des procès de sorcières au temps de l’Inquisition - Radio - Télérama.fr
    http://www.telerama.fr/radio/sur-france-inter,-des-proces-de-sorcieres-au-temps-de-linquisition,n5545050

    Accusées de complot satanique, plus de soixante mille personnes ont péri sur le bûcher entre les XVe et XVIIe siècles. Contrairement aux idées reçues, la chasse aux sorcières — qui prend sa source au Moyen Age — atteint son paroxysme dans les années 1580-1650, au temps de Montaigne et de Descartes. Même l’humaniste Jean Bodin a sombré dans l’obscurantisme en publiant une Démonomanie, expliquant comment reconnaître les crimes de sorcellerie, torturer pour obtenir des aveux et se protéger des possédés…
    Les femmes au bûcher

    Dans La marche de l’Histoire, sur France Inter, Jean Lebrun fait un récit captivant de ces procès avec son invitée Sophie Houdard, spécialiste de littérature religieuse. Ensemble ils parcou­­­rent les livres fondateurs de l’Inquisition, dont Le Marteau des sorcières, écrit par deux dominicains, Heinrich Kramer et Jacques Sprenger, et qui incrimine essentiellement les femmes. Rien de nouveau sur le bûcher de notre société patriarcale…

    @mad_meg

    #sorcières


  • Mon inconscient me laisse en rase campagne
    J’attendais pourtant la suite du feuilleton freudien
    Et que vais-je raconter à McEnroe mardi prochain ?

    Café silencieux
    C’est bien aussi
    Regard au loin

    Échange de blagues
    Avec Émile
    Veiller sur son moral

    Émile parti
    Je monte dans ma chambre
    Et déballe le tableau de Martin

    Je décroche mes deux photographies
    Du Jour des innocents
    Et j’accroche Marie-Louise de Tassis

    Marie-Louise de Tassis
    De Van Dyck
    Réinterprété par Martin

    J’emmène Zoé chez l’orthophoniste
    Je travaille sur les épreuves de Raffut
    À cheval sur deux chaises

    J’emmène Zoé au BDP
    Rizoto pour Zoé
    Mezzé pour mézigue

    Avant qu’on nous serve
    Je donne le début de Raffut à lire à Zoé
    Elle rit de temps en temps, bon signe !

    Et surtout
    Elle confirme
    C’est lisible par elle

    Café
    Retour
    Rangement

    Dans l’attente d’une nouvelle rasade
    De coquillettes de Mathilde
    Je travaille à mes #Flux_détendus_

    Presque un an que je ne travaille plus
    Ni en photographie, ni même à quoi que ce soit
    De numérique. Rouillé. Et indifférent, presque

    Faisant du tri dans mes images
    Je remarque que je n’ai même pas regardé
    Mes photographies des dernières vacances cévenoles !

    De temps en temps
    Le changement de disques (de free jazz)
    Donne un répit au vieux photographe

    Je reçois des nouvelles de Corentin
    Les Montréalais entendront parler
    De Mon Oiseau bleu en août !

    Du coup
    Le connaissant
    Je prends les devants

    J’ai commencé à écrire
    Des tercets sur mon téléphone de poche
    Au cinéma pendant les réclames

    Au début
    Je n’avais
    Qu’une seule lectrice

    Quand elle est partie
    Je me suis senti amputé
    J’ai continué les tercets pour survivre

    Je les écrivais
    Au fil de l’eau
    Téléphone et bouts de papier

    Le soir
    Je rassemblais
    Les extraits

    Après un mois
    De cette collecte
    Je les ai copiés collés dans _seenthis

    Mon Oiseau bleu
    N’a pas de contrainte
    Mais beaucoup d’habitudes

    C’est souvent le récit du rêve
    Qui démarre la journée, ou pas
    Il n’y a pas de règle

    J’ai songé un moment
    En faire une très grande page html
    Mais je ne sais plus faire ce genre de choses

    Quand Mon Oiseau bleu
    Sera fini il rejoindra, tête-bêche
    Les Anguilles les mains mouillées

    Mais je ne sais pas
    Quand ce sera la fin
    De Mon Oiseau bleu

    J’attends le bon moment
    Pour cela
    Un signe, une fin. Naturelle

    Le moment
    De lâcher
    Prise

    Le
    Bon
    Moment

    Le moment
    Propice
    Pour

    Lâcher
    Prise

    F
    I
    N

    Fontenay-sous-Bois, le 18 mars
    En écoutant Downdating
    De Seijiro Murayama

    Fini ?
    Oui
    Fini !

    Mais alors
    Je ne vais plus pouvoir
    Écrire de petits poèmes ?

    Je ne vais plus pouvoir
    Écrire à propos de ces petites
    Et de ces grandes choses qui m’arrivent ?

    Des personnages
    Vont disparaître ?
    Psy, Ego, vous-savez-qui

    Je ne pourrais plus noter
    La grande intelligence de Sarah
    Les surprises d’Émile et les bons mots de Zoé ?

    Je ne pourrais plus
    Chanter les concerts merveilleux
    Ceux du Tracé provisoire et ceux d’ailleurs ?

    Je ne pourrais plus
    Écrire : « Comme dans (tel ou tel film)
    Tu vois ? »

    Je ne vais pas faire
    La chronique de la lecture hier
    Des poèmes de Jim Dine à Beaubourg ?

    Pas davantage
    Celle du concert de Seijiro Murayama
    À Sonic Protest à Sainte-Méry ?

    Et d’y croiser
    Lotus, Isabelle Duthoit
    Et Margaux ? Et d’y être heureux ?

    Pas même
    Je n’y crois pas, demain
    Le concert des Sex Pistols ?

    Merde
    Les Sex Pistols
    Ne seront pas dedans

    Non, il me suffira
    D’être heureux
    Et de ne plus l’écrire en somme

    #mon_oiseau_bleu


  • Un chat me saute sur le ventre
    Depuis le fait d’une armoire et rebondit
    Comme dans Les Cigares du Pharaon, tu vois ?

    Je donne une conférence de presse
    Avec Richard Avedon et Bart Parker
    A propos de La Nouvelle Photographie !

    Les
    Rêves
    Des fois !

    J’emporte Les Monarques
    Avec moi pour emmener Émile
    Chez le psychologue

    Au café turc où j’ai mes habitudes
    Le samedi matin, Phil repousse
    Efficacement le vacarme du café

    Bref échange avec le psychologue
    Et échange encore plus bref
    Avec Émile sur le chemin du retour

    Dans un magasin de chaussures
    Les illogismes d’Émile
    Et comment ils ne me froissent plus

    Parfois je me demande
    Si dans le traitement de l’autisme
    On n’irait pas plus vite en rééduquant les neurotypiques

    Rentré à la maison
    Je fais mon heure de guitare du soir
    Un peu avant de déjeuner, pas terrible

    Pourtant j’ai des idées
    Mais tellement peu d’aptitudes musicales
    C’est étrange de s’entêter

    Riz frit
    Enfants réjouis
    Je pars prendre le café chez Sophie

    Allant contre mon refus se sucrer
    Elle me tend la bouteille de ketchup©™®
    Sophie, quoi

    Je suis impuissant
    Face à son problème informatique
    Elle en paraît soulagée, elle me préfère auteur, je crois

    Face à sa bibliothèque
    Elle me demande une liste
    De mes dernières lectures, recommandations

    En souriant, elle me fait sourire
    Je note sur une demi-feuille
    Phil, Cadiot, Michon

    Deux fois né
    De Constantin Alexandrakis
    L’Étreinte, bien sûr

    Mais aussi
    Vincent Almendros, Un Été
    Le dernier Toussaint pour la route

    Je paye
    D’E. Adely ?
    Déjà lu ! La majeur

    Je sèche un peu
    Esprit d’escalier
    Avant de descendre son escalier

    Rentré à la maison
    Je lui envoie un mail
    Rien d’Emmanuel Venet

    Nous allons marcher
    Avec Emile et Zoé
    Tour de Fontenay par le haut

    Nous mangeons notre goûter
    En dominant le Val-de-Marne
    Depuis le parc de la Matène

    Avec Zoé
    Nous faisons une blague à Émile
    Émile à peine déconcerté

    Avec Émile
    Nous faisons une blague à Zoé
    Hilare

    Je prépare un tiramisu
    Pour demain
    En exhumant un vieux disque d’E. Weber

    Soupe
    Et
    Quenelles

    Burn after reading
    Des Frères Coen
    Il est bon de rire avec ses enfants

    Plus tard
    Sarah rentre avec Satoko
    Et Madeleine. Bref échange

    #mon_oiseau_bleu


  • Je conduis les derniers lacets
    Qui me séparent d’un village escarpé
    Dans les Pyrénées catalanes

    Dans ce petit village
    La maison du père d’une amie
    Récemment décédé

    J’aide mon amie
    À vider la maison de son père
    Notamment la pièce du haut

    La pièce du haut n’est accessible
    Qu’avec une échelle escarpée
    Mon amie a le vertige

    C’est pour cette raison
    Que je viens de Paris
    Dans les Pyrénées, pour l’aider

    Je découvre que le père de cette amie
    N’est autre que Johnny Hallyday (trois « y »)
    Je suis tenté de lui voler une guitare

    Ah jouer de la guitare électrique
    À la Fred Frith (avec trois « f »)
    Sur une ancienne guitare de Johnny !

    Dans la chambre du père
    Les photographies sont en fait
    Des hologrammes qui s’animent

    L’hologramme d’un jeune Johnny
    Qui ressemble à Stephen Stills (même époque)
    Répond à une interview dans un anglais fameux

    L’hologramme du jeune Johnny
    Tient des propos
    Dignes de Guy Debord (même époque)

    Dehors la neige
    A remodelé
    Le paysage

    La neige n’adoucit pas les mœurs
    Échanges amers-amers
    De messages textuels de téléphone de poche

    Pas grave
    Café
    Free jazz

    Je reçois un mail transmis par J.
    Dont le titre de conférence
    Me fait hurler de rire. McEnroe et moi

    McEnroe et moi
    Comprenne
    Qui pourra

    Je retarde le moment
    De la plongée en apnée
    Dans les papiers

    Toujours étonnant pour moi
    De constater après-coup
    Que les papiers ne sont jamais loin

    Pâtes aux sardines
    Longtemps que je n’en avais
    Pas cuisinées. Trop mangé

    Les rues de Fontenay
    Sont méconnaissables
    Pas une voiture, pas un bruit

    Pas une voiture, pas un bruit
    On dirait un mois d’août
    Enneigé

    J’ai pris bien trop de marge
    Je tente de profiter d’une heure
    De promenade dans Paris enneigé

    Mais le cœur n’y est pas
    Comment pourrait-il en être
    Autrement, rue de Rennes ?

    Je signe
    En quatre exemplaires
    Le document le plus important de ma vie

    Sortant de chez mon conseil
    Je ne me sens pas très bien
    Et ce n’est pas gabegie de sardines

    Je passe prendre Zoé
    Seule qui s’ennuie
    Sarah révise puis s’accorde de la luge

    Je trouve une nouvelle piste
    Dans Frôlé par un V1
    Efficace chasseur de fantômes

    Je polis
    Mon anguille
    De cette nuit

    Je tente une nouvelle expérience
    De guitare électrique
    Je détruits des trucs affreux

    http://desordre.net/bloc/contre/sons/bush.mp3

    Zoé interloquée
    Je lui explique ma démarche
    Avec Kate Bush

    Elle pouffe de rire
    Devant les chorégraphies
    Et costumes très années septante

    Puis : tu ne voudrais pas
    Que je te filme en train de danser
    La même chorégraphie ?

    Un quinquagénaire obèse
    Meurt d’une crise de rire
    Dans son pavillon de banlieue

    Mais quels rêves
    De Wuthering heights
    Vais-je faire cette nuit ?

    #mon_oiseau_bleu


  • Je ne peux pas dire
    Que je n’ai pas fait de rêve
    Mais sans force pour les noter

    Je prépare un petit déjeuner
    Autunois, viennoiserie, pain frais
    Avocat et omelette de Chicago (Leo’s)

    On rit beaucoup
    À propos
    De mon nouveau talent scénique

    Des remarques
    Critiques
    Aussi. Confiance

    On file à Garches
    Anniversaire de mon père
    Saumon à l’unilatéral

    Je sens sur moi
    Une fatigue
    Très inhabituelle

    De retour à Fontenay
    Je marche un peu avec Émile
    Froid mordant qui fait du bien

    Je m’applique
    Sur les objets
    De mes mails

    Hâché mais chouette
    Chinois
    Chanteur

    Jouer d’un instrument de musique sans en faire
    Conséquences françaises
    Injustice en librairie

    Raffut (gros)
    Sales gosses
    La capacité de t’étonner

    Inviter tous ses amis le même soir
    Autre occasion
    Puissance invitante

    Franco japonaise
    Mon ampli encore chaud
    Wit’s ends

    Je fais des crêpes
    Pour attirer Satoko
    Un dimanche soir : ça marche

    Visite de Yuka
    Qui s’étonne de voir Satoko
    Entrer comme chez elle à la maison

    Mes crêpes sont englouties
    Sourire des enfants
    Epuisé je vais me coucher

    #mon_oiseau_bleu


  • J’ai refait un vieux rêve
    Celui d’une boîte dans laquelle
    Je cuisine des images projetées

    https://www.youtube.com/watch?v=u3PwFDlNUjg

    Petit déjeuner silencieux
    Puis l’envie d’un café-fenêtre
    Garth Knox m’emmène. Loin

    Marché gris
    Manque d’inspiration
    Répétition des légumes d’hiver

    Humeur morose
    Lumière grise
    Et saleté dans la cuisine

    Je monte dans ma chambre
    Tire le rideau, m’isole, allume un peu
    Travaille

    http://www.desordre.net/bloc/ursula/2014/sons/bowie.mp3

    Hier Lester Bowie
    Aujourd’hui Monk
    Demain ?

    http://www.desordre.net/musique/monk_midnight.mp3

    Pâtes sur le pouce
    Submergé par la fatigue
    Je m’endors comme une pierre

    Rêve de sieste
    Anormalement
    Développé

    De petits androïdes aux tailles réduites
    Mais qui encouragent et conseillent
    Leur propriétaire du matin jusqu’au soir

    Applications surprenantes chez les comptables
    Plus prévisibles pour les ouvriers à la chaîne
    Et décervelantes pour les auteurs

    https://www.youtube.com/watch?v=oNJo-E4MEk8&t=332s

    J. n’a pas le moral
    Et me demande de lui raconter une blague
    Je lui envoie l’url d’une conférence gesticulée de Lepage

    Je passe deux bonnes heures
    A tenter de mettre en forme
    Mon rêve d’androïdes encourageants

    Je vais me promener une petite heure
    Temps gris, un coup de téléphone gris
    Depuis les fenêtres d’un café du rugby à la TV

    Je rencontre un voisin
    Dont je sais un peu le combat
    Nous échangeons

    Dans les rues de Fontenay
    Je passe devant deux maisons
    Dont j’aimais le désordre. Disparu

    Rentré à la maison
    Une tasse de thé
    Et je m’y mets

    Un peu de ménage
    Un peu de rangement
    Un peu de cuisine

    Pendant que les tomettes sèchent
    Après la caresse de la wassingue
    Je joue un peu de guitare

    Les enfants rentrent
    Tous les trois de bonne humeur
    Quelques échanges vifs au dessert

    Ils ont grandi
    Je quitte la table pour écrire
    Il et elles débarrassent et font la vaisselle

    La sieste de cet après-midi
    N’a pas lavé le fond de fatigue
    J’éteins et me laisse enfoncer dans la nuit

    #mon_oiseau_bleu


  • Je cherche une tombe
    Dans un cimetière
    Des jeunes font de mauvais calembours

    Je me fais un café
    Aussi silencieusement que possible
    Et je me mets au travail

    Petit-déjeuner
    Cafés
    Go !

    Contretemps à Thoronet
    L’église catholique a privatisé
    L’abbaye pour une histoire de messe

    Nous partons déjeuner à Carcès
    Où tout est fermé, presque
    N’était-ce un petit restaurant saïgonnais

    Le Bar de l’Avenir
    Est fermé
    Jusqu’à une date inconnue

    Tandis que nous faisons route
    Sur mon épaule, prisonnier de la voiture
    Se pose un tout petit roitelet triple bandeau

    De retour à l’abbaye du Thoronet
    On se friterait presque avec un chauffard :
    Le prêtre qui invoque l’excuse du surmenage

    Daniel : « C’est remarquable votre conduite !
    Prêtre : « quand on a célébré pendant quatre heures
    On a des excuses ! » Moi : « on vous croit sur parole ! »

    Bien que l’art cistercien
    N’ait jamais été ma tasse de thé
    Il faut reconnaître, Thoronet

    Je m’interroge sur la résonnance
    Des personnes qui m’accompagnent
    Quand je vois des œuvres, ici Daniel au Thoronet

    Au printemps, Cy Twombly avec B.,
    Avec @touti, avec Daniel, mes filles
    Et vous savez qui, autant de résonnances

    Et seul
    Aussi
    Une fois

    Du coup dans la compagnie de Daniel
    C’est comme si je comprenais, enfin
    Que l’art cistercien est affaire de proportions

    De proportions
    De volumes
    D’espace

    Et du coup
    Non mais quoi ?
    Je prends des photos !

    Le miracle du Thoronet
    Je recommence à prendre
    Des photographies, plein en plus !

    Pendant des années je me suis ennuyé
    Devant des architectures cisterciennes
    Leur reprochant l’absence de tête de chapiteaux

    Puis tout d’un coup
    Je voudrais de nouveau revenir
    A Fontenay, Senanque …

    Nous terminons l’année regardant
    Les dernières lumières de l’année
    En marchant dans le lac à sec

    En bon supporteur de l’ASM
    Je pisse dans l’eau en espérant
    Qu’un jour les joueurs du RCT en boivent

    L’année 2017, quelle année
    Ses joies ses peines
    Ses joies surtout, son plaisir même

    Et ce sont les dernières lumières de l’année
    Qui jouent avec les reflets du fond du lac
    Et si je sortais la tête hors de l’eau ?

    Nous faisons un crochet par Cotignac
    Ses falaises comme des coulures de cire
    Comme les pochettes de disques de Yes

    On boit un café et un ballon
    En terrasse
    Et on s’enrhume

    Nous revenons au domaine
    Par des routes sombres
    Des chauffards maintiennent la tradition locale

    Un prêtre de notre connaissance
    Célébrera sans doute
    L’office de leurs funérailles

    Caviar de pois chiches
    Galettes, fusilli au pistou
    Salade de fruits et cacao

    Vers minuit j’envoie quelques messages
    À mes enfants
    Avant de mettre la viande au torchon

    #mon_oiseau_bleu


  • Je suis invité à Dijon
    Pour en découdre
    Avec Éric Chevillard

    Échange à fleurets mouchetés
    Chacun assis
    Dans des fauteuils à oreilles

    Marché ensoleillé
    Quelques fruits, des légumes
    Et des blancs de poulet

    Je reprends peu le récit de mon rêve
    De cette nuit, tellement évident
    Tellement éclair, aucun effort à faire

    En revanche pour ce qui est de remettre
    De l’ordre dans la maison
    Les forces en présence sont fluctuantes

    Poulet au caramel
    Nouilles sautées
    Clafoutis aux poires

    Passage glissant entre le Jurançon
    Gouleyant en diable
    Et le Haut Médoc nettement plus sec

    Mais on s’habitue à tout
    Cafés
    Explications à propos de photo

    Si un jour on vous explique
    Le contexte politique de Montreuil
    Vous comprenez, on vous a mal expliqué

    Si un jour on vous explique
    Le contexte politique au Liban
    Vous comprenez, on vous a très mal expliqué

    Si un jour je vous explique
    Un truc en photo, si vous comprenez
    C’est que vous n’avez rien compris !

    Avec Émile on fait notre tour de Fontenay
    À l’envers de notre habitude
    C’est comme un nouveau pays

    On passe par la boulangerie
    Je fais un chocolat chaud pour tous
    Toutes et tous en fait

    Quelques parties avec Émile
    Un peu de lecture, deux fois né
    Dîner de restes, je finis le verre de Julien

    Boire dans le verre d’un ami
    C’est connaître ses pensées ?
    Aller voir Thelma sur son conseil

    Thelma
    De Joachim Trier
    Figure de l’oscillation

    #mon_oiseau_bleu


  • Pour faire plaisir aux enfants
    J’adopte
    Deux bébés tyrannosaures

    «  ? Papa réveille-toi, c’est l’heure
    Qu’est-ce que tu as-tu es tout agité
     ? Je rêvais que j’étais en train de jouer au football ! »

    Je dépose Zoé à sa commission
    Hier elle était interviewée
    Le sérieux de cette adolescente !

    http://www.desordre.net/bloc/ursula/2017/sons/nick_cave.mp3

    Retour à la maison
    Je mange mon petit déjeuner
    En écoutant Nick Cave

    Je monte dans ma chambre
    Café et Nick Cave
    Et je reprends mon récit de football

    Mon plaisir chaque matin
    Chercher la paire d’images
    Pour aller avec Mon Oiseau bleu

    Découpeuse / Découplé / Découpoir /
    Découpure / Découragé / Décourageant, ante /
    Découragement / Décourager / Décourageur, euse /

    Découronnement / Découronner / Décours /
    Découru, ue / Décousure / Découvert
    (À) Découvert / Découverte / Découvrable

    Découvreur / Découvrir / Décramponner /
    Décrapouiller / Décrassage et Décrassement/
    Décrasser / Décrassoir / Décréditement /

    Décréditer / Décrêpage / Décrêpeler /
    Et Décrêper / Décrépit / Décrépissage
    Décrépit, ite / Décrépitation / Décrépiter /

    Décrépitude / Decrescendo / Décret /
    Décrétale / Décréter / Décret-loi /
    Décri / Décrier / Décriminalisation /

    Décriminaliser / Décrire / Décrispation
    Décrisper / Décrochage / Décrocher /
    Décrochez-moi-ça / Décroiser / décroissance /

    Décroît / Décroître / Décrottage /
    Décrotter / Décrottoir / Décrue /
    Décryptage et Décryptement / Décrypter /

    Décrypteur, euse / Déçu, ue / Décuire /
    Décuiter / De cujus / Décullotage /
    Déculottée / Déculotter / Déculpabilisation

    Mon dictionnaire des synonymes
    Est resté ouvert hier soir
    En cherchant un synonyme à Découverte

    Matinée d’écrivain
    Après-midi de père de famille nombreuse
    Je ne sais ce qui est le plus fatigant

    Longue promenade
    Dans Fontenay et Nogent
    Avec Émile

    Une boulangère qui n’avait plus
    Vu Émile depuis dix ans
    Manque de s’évanouir

    Son pain est toujours aussi bon
    Dommage que ce ne soit pas
    La porte à côté

    Du coup je nous prépare
    Un goûter et c’est comme si
    Émile redevenait un petit garçon

    Papa je t’appelle pour te dire
    De ne pas t’inquiéter
    Je suis partie fumer de la drogue. Zoé

    Je constate la saleté dans la maison
    Elle est habitée par des adolescents
    Dont le père est un auteur un peu occupé là

    Le plaisir que je prends à écrire
    Ma propre nécrologie dans Fantômes
    J’en écris même deux différentes

    Dans l’une je suis un artiste incompris
    Et toujours en retard d’une rame
    Et dont on ne sait que faire du travail post mortem

    Dans l’autre
    Je prends le maquis
    Contre le gaz de schiste

    Dans les deux,
    Je meurs suicidé et centenaire
    Et dévoré par les sangliers

    Lasagnes aux épinards
    Et à la mozzarelle
    Compote de pommes

    Monuments men
    De George Clooney
    Avec Émile et Zoé

    Je lance une machine à laver
    Je fais la vaisselle
    Et je me remets au travail

    Il arrive de temps en temps
    Que la profusion de mes corrections
    Me décourage et que je préfère lire

    #mon_oiseau_bleu


  • Après un passage à tabac
    Je rampe de la Croix de Chavaux
    À Fontenay (rêve perturbant)

    Je dépose Zoé au collège
    Puis fonce au travail
    J’ai oublié mon téléphone

    Retour à la maison
    Je trouve mon téléphone de poche
    Je retourne au travail, j’ai oublié mon badge

    Retour à la maison
    Je retrouve mon badge
    Je retourne en open space

    Je m’interroge
    A propos de ma servilité
    Pourquoi n’avoir pas abandonné ?

    Dans mes poches jeudi matin, un ticket de théâtre
    Une contremarque pour un spectacle de danse, une entrée au stade
    Un billet de concert, un ticket de cinéma et un reçu de librairie

    Un matin d’août 1996, j’ai pris un taxi à Dublin
    Pour aller à l’aéroport, j’ai pris l’avion pour Londres
    A Londres le métropolitain, puis le train pour Portsmouth

    Le lendemain matin, j’ai pris le bateau pour le Havre
    Puis j’ai conduit jusqu’à Paris pour passer prendre Sandy
    Et nous avons ensuite conduit jusque dans les Cévennes

    Arrivé au Bouchet de nuit
    J’ai levé les yeux au ciel, étoilé, comme seulement là
    En deux jours. Sans navette spatiale

    À la recherche
    Du troisième
    Point de fuite

    Un projet de film
    Documentaire
    Court-métrage

    Trois pages de description
    De ce qui pourrait rester
    À jamais un projet

    Mais
    Déjà
    Un texte

    Au restaurant d’entreprise, la mousse au caramel
    Peut-être l’un des meilleurs desserts
    Que je n’ai jamais mangé, est-ce possible ?

    Même l’omelette norvégienne
    En colonie de vacances
    À Villard de Lans ? Peut-être pas

    Je file au collège, rendez-vous avec la professeure de Zoé
    Toujours étonné de pouvoir redevenir un parent
    Au milieu d’une journée d’ingénieur-informaticien

    Elle s’étonne un peu
    Quand même que je dispose
    De telles notions de cartographie

    Ben vous n’êtes pas abonnée
    Aux fils de @fil, @reka, @odilon
    Et de @visiocarto ? Vous devriez !

    Retour dans le bocal
    Comment rédiger une demande
    De tests de performance ? Oui, comment ?

    J’aimais mieux
    Les problèmes de mémorisation
    De cartes de Zoé

    Puis réunion mensuelle d’équipe
    Où en es-tu de tes sujets ?
    Ben oui, où en suis-je ?

    J’aimais mieux
    Aider Zoé à définir une stratégie
    Pour ne pas être débordée par ses contrôles

    REFTEC, je prends le sujet
    Test de perf sur PREPROD, en cours
    Injection en masse, tu passes le bébé

    Je crois
    Que j’ai davantage d’aptitudes
    À être un parent d’élève

    Je rentre essoré comme pas souvent
    J’aurais besoin d’un câlin, dis-je
    À mes enfants hilares

    Je me demande
    Si je ne préférais pas ramper
    Comme dans mon rêve de cette nuit

     ? Qu’est-ce qu’on mange ?
     ? Du caca ?
     ? On en a déjà mangé hier soir

     ? Bon alors un gratin
    De patates douces ?
     ? Tu vois quand tu veux

    Faute d’amour
    D’Andrey Zvyagintsev
    Quel film !

    Le monde a changé, aujourd’hui dans un film russe
    On voit un enfant sous une couette
    La couette a le même motif que celle de mes enfants

    Le monde a changé, aujourd’hui dans un film russe
    Des parents se téléphonent
    Leurs téléphones sonnent comme chez nous

    Le monde a changé, aujourd’hui dans un film russe
    Des employés en open space
    Font des parties de réussite subrepticement

    Le monde a changé, aujourd’hui dans un film russe
    Les personnes font défiler
    Le monde d’un simple mouvement du doigt

    Le monde a changé, aujourd’hui dans un film russe
    Les décors d’un film ressemblent aux
    Photographies de friches post soviétiques vues sur internet

    Le monde a changé, aujourd’hui dans un film russe
    Hommes et femmes baisent
    Comme dans les films pornographiques du reste du monde

    Si on m’avait dit un jour
    Que dans un film russe je verrai
    Une femme enceinte faire l’amour

    Si on m’avait dit un jour
    Que dans un film russe je verrai
    Des obsédés du selfie dans tous les plans

    Si on m’avait dit un jour
    Que dans un film russe je ne verrai
    Pas une seule personne ivre, ou boire

    Si on m’avait dit un jour
    Que dans un film russe je verrai
    Une femme se faire épiler

    Si on m’avait dit un jour
    Que dans un film russe je verrai
    Des personnages aller sur Facebook

    Si on m’avait dit un jour
    Que dans un film russe je verrai
    Une femme demander à son téléphone :

    « Si je rêve qu’on m’arrache une dent
    Qu’est-ce que cela veut dire ? »
    Dans un film russe, le monde a changé

    Si on m’avait dit un jour
    Que dans un film russe je verrai
    Ce que finalement je vois tous les jours ici

    #mon_oiseau_bleu


  • Nuit hachée
    Nuit trouée
    Nuit sans rêve

    Mes cours à l’université
    Sont chahutés
    Je suis ridiculisé

    La voiture ne parvient pas
    À monter la rue du ruisseau
    À Fontenay, elle redescend sans cesse

    En notant la date
    Pour les rêves de ce matin
    Non, septembre c’est déjà du passé ?

    Je dépose Sarah à la gare
    Je prends les informations
    Du Macron en veux-tu en voilà

    Le président Macron
    A tapé du poing sur la table
    Quel enfant mal élevé

    Le président Macron a tapé du poing sur la table
    Le président Macron a exigé que
    Le président Macron a obtenu

    Le Maréchal a dit, le Maréchal a fait
    Ils s’écoutent un peu à la radio ?
    Comme ça pour voir ?

    Et
    Pendant ce temps-là
    En Catalogne : si !

    Dans le journal aussi
    La disparition
    De Phil

    SMS de la cloison
    Béton armé
    Allegra

    À la terrasse du café
    Deux jeunes femmes travaillent
    Soi-disant à un spectacle : on n’entend qu’elles

    Ah mais ça c’est l’idée du siècle !
    Explose l’une. Vous avez trouvé
    Le remède contre le cancer ? risqué-je

    J’entame la deuxième relecture
    De Frôlé par un V1 (les Fantômes)
    Avec l’ardeur relative d’un alpiniste au pied du mur

    Pour me distraire
    J’imprime quelques pages des Anguilles
    À emmener pour la salle d’attente ce soir

    Ces derniers temps mon inconscient
    Me laisse un peu en plan
    À qui s’en plaindre ? À mon psy demain ?

    À mon travail, je fais le crocodile
    Immobile des jours, foudroyant
    Quand une proie imprudente…

    Aujourd’hui
    Le crocodile est sorti de l’immobilité
    Deux fois

    Sur le banc de l’école
    Je lis
    Jean-Philippe Toussaint

    En attendant que Zoé ne sorte
    Sur le banc de l’école
    J’éclate de rire à plusieurs reprises

    Dans la salle d’attente de la psychologue de Zoé
    Je dispose d’un bureau
    Sur lequel je travaille toujours très bien

    Je relis le début de Frôlé par un V1
    Passent autour de moi, me frôlent
    Psychologues, psychomotriciens, orthophonistes

    Émile nous a fait des pâtes
    Elles sont délicieuses
    Émile, Zoé et moi à table

    Une partie extraordinaire
    Avec Émile, répartition des pièces
    Hors norme, Émile gagne

    Rien à cacher de Marc Meillassoux
    Devrait être obligatoire
    Pour tout achat d’un ordinateur

    #mon_oiseau_bleu


  • Je repars aux Etats-Unis
    Je confie mes photographies
    À une amie

    Je ne suis pas d’accord
    Avec la traductrice allemande
    D’Une Fuite en Égypte

    Je dépose Zoé
    J’emmène Émile
    Je ramène Émile

    Sous une pluie fine
    Dans la voiture garée
    Je lis Made in China

    Je préfère quand le temps permet
    De lire dans le jardin
    Du psychologue d’Emile

    Je rentre
    Il fait gris
    La maison est sale

    Je me fais un café
    Je me fais des promesses
    Je m’octroie un petit temps d’écriture

    Saumon citron piment
    Carottes soja basilic
    Riz. C’est bon Papa !

    Laurence vient
    Je l’attends à Mairie de Montreuil
    Puis Croix de Chavaux

    Elle finit par emprunter
    Un téléphone de poche
    Elle à la gare de Fontenay

    Nous faisons assaut d’excuses
    L’une et l’autre, je me suis trompé
    Non, c’est moi. Amis depuis 33 ans

    La forêt de Notre-Dame
    Est bruyante, couloir aérien
    Compétition motorisée, sirènes

    Bruyante, certes
    Mais ensoleillée
    Et on y trouve des champignons

    Quelques cèpes
    Des pieds de mouton
    Des bolets bais

    L’odeur de forêt
    Dans l’évier
    Une feuille de chêne

    Les poumons pleins
    D’un autre air
    Je retourne travailler, un peu

    Je retourne travailler, un peu
    Je retrouve mes Anguilles
    Et mes Fantômes

    Pieds de moutons
    Gnocchis au pesto
    Yaourt au miel

    Je regarde le Perce-neige
    Avec Emile et Zoé
    Quel film !

    #mon_oiseau_bleu


  • Martin entame une peinture rupestre
    Même pour ma rétrospective mon nom mal orthographié
    Ivre, je monte dans un bus de Moldaves

    Dès que j’ai fini
    De retranscrire mes rêves
    Ils disparaissent, entièrement

    Et pour ne pas aller de bon matin
    Sur Internet, je cherche
    Un renseignement dans mes livres

    Passe une femme dans la rue
    Qui parle fort au téléphone
    Je sais tout de son travail où elle va

    Un nouveau truc que je fais
    J’arrive aux rendez-vous à l’heure
    Et plus en avance : Sarah et moi synchrones

    À L’Industrie
    Un café allongé avec un verre d’eau
    Pour Sarah, un crème pour moi

    Russie
    Cévennes
    Bretagne

    Les échanges avec Sarah
    Quel bonheur !
    Et quelle profondeur !

    Je passe embêter Tiffanie
    Scènes de guerre chez Inculte
    Jerusalem, tremblement de terre

    Je repars avec deux sacs de toile pour les filles
    Un exemplaire de Jerusalem-pas-ma-tasse-de-thé
    Et deux exemplaires de l’Étreinte

    Retour à la maison
    Mail comminatoire
    Clafoutis aux poires

    http://www.desordre.net/musique/zappa.mp3

    Ménage et cuisine
    En écoutant Zappa comme un adolescent (fort)
    Je reçois ce soir ma livraison de miel cévenol

    Je trouve même le temps
    De travailler un peu
    Dans le garage

    http://www.desordre.net/musique/monk.mp3

    Monk
    Plays
    Ellington

    Thelonious Monk
    Oscar Petitford
    Kenny Clarke

    J’entame, retors
    La lecture
    De Jerusalem d’A. Moore

    Ça a dû demander
    Un peu de travail
    De traduire ça

    Le montant des chèques
    Que je paraphe en ce début d’année
    Scolaire me donne le tournis

    Quiche aux légumes
    Et fourme d’Ambert
    Salade et clafoutis

    Vingt-et-un
    Pots
    De miel

    Amusant de discuter avec Catherine
    De quelques problématiques propres
    À la vallée de la Cèze, à Fontenay

    Les vingt premières pages
    De Jerusalem allaient me laisser
    Sur le bord, quand tout d’un coup…

    Et quel genre de rêve fait-on
    Quand on lit le rêve d’Alma
    Avant de se coucher ?

    #mon_oiseau_bleu


    • Pierre-Nicolas Durand face au quotidien des « Officiers du droit d’asile » de l’OFPRA

      C’est une vieille connaissance qui revient sur Le Blog documentaire, qui y était déjà venue il y a quelques années pour décrire son « itinéraire d’un jeune documentariste »… Pierre-Nicolas Durand signe aujourd’hui un nouveau film, « Officiers du droit d’asile », diffusé à partir de ce samedi 30 septembre sur Public Sénat. Une plongée inédite à l’OFPRA, au plus près des agents et des demandeurs d’une protection de l’Etat français. Entretien avec le réalisateur.

      http://leblogdocumentaire.fr/pierre-nicolas-durand-face-quotidien-officiers-droit-dasile-de-lo

    • Asile : le piège des dealers d’histoires

      Pour demander l’asile en France, présenter un « #récit de vie rédigé en français » est obligatoire… Et mission impossible pour les exilés qui découvrent la langue française. Des trafiquants en profitent pour monnayer leurs services, souvent contre-productifs.

      Deux sur trois. C’est le ratio de dossiers qu’Elise (1) refuse chaque jour. De son bureau de Fontenay-sous-Bois (Ile-de-France), cette salariée de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) voit défiler les demandeurs d’asile. En tant qu’officier de protection (OP), et comme ses 800 collègues, elle examine et instruit les demandes de régularisation reçues par l’Ofpra. Et pour chaque demande, Elise évalue la gravité de la situation fuie par l’exilé. Au cours d’un entretien d’environ deux heures, secondée par un traducteur, elle interroge les migrants sur leur histoire et vérifie la cohérence des faits racontés.

      Dans l’écrasante majorité des cas, ces entretiens se soldent par un refus : seulement 27% des demandes enregistrées se traduisent par l’obtention du statut de réfugié. Plusieurs facteurs expliquent la faiblesse de ces chiffres : les critères limités à la convention de Genève et excluant la détresse sociale et économique, le manque d’accompagnement et de suivi pour aider les demandeurs d’asile dans leurs démarches, l’engorgement des plateformes d’accueil mises en place par l’Etat, les contraintes de délai conduisant les OP de l’Ofpra à travailler en cadence… Mais pas seulement.

      Pour Elise, si tant de demandes d’asile sont déboutées, c’est surtout à cause d’un problème majeur et pourtant méconnu : les fausses histoires. L’OP explique refuser au moins la moitié des dossiers qu’elle examine à cause de « récits stéréotypés » : « On tape beaucoup sur l’Ofpra en disant qu’on accepte à peine un tiers des demandes… Mais il faut voir les demandes qu’on reçoit ! A une époque, presque tous les dossiers que je recevais étaient écrits avec la même écriture, les mêmes fautes d’orthographe, la même histoire… Il n’y avait que les noms qui changeaient. A tel point qu’à la fin, je leur donnais des numéros, "Dossier La Chapelle 1, 2, 3", etc. »

      Dans le jargon des travailleurs du droit d’asile, le problème mentionné par Elise porte plusieurs noms : « faux récits de vie », « récits stéréotypés », « histoires toutes faites »… Moyennant des sommes allant jusqu’à une centaine d’euros, des « dealers » écument les camps de migrants, proposant leurs services aux nouveaux arrivants. La rumeur va vite et les demandeurs d’asile savent qu’ils seront moins d’un tiers à obtenir le statut de réfugié. Alors les escrocs leur font miroiter monts et merveilles : en trafiquant des récits aux parcours de vie et nationalité factices, ils promettent aux exilés un futur meilleur. Acheter une histoire est présenté comme la meilleure façon d’obtenir l’asile. Les associations s’efforcent bien de proposer des traductions gratuites, mais la demande est trop importante et l’accompagnement trop éclaté pour que les bonnes informations circulent correctement. Alors, sans savoir qu’ils pourraient faire traduire leurs histoires sans débourser un centime, et dans l’espoir d’être le plus convaincants possible, les exilés tombent dans le piège des « dealers de récits ».
      « Des histoires sans queue ni tête »

      Sauf que ces récits sont surtout la garantie d’un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), où les exilés peuvent faire appel quand la protection leur est refusée. Car quelques questions suffisent aux officiers de l’Ofpra pour débusquer un faux récit. « Parce qu’on leur a dit que l’Ofpra accordait l’asile aux personnes de telle ou telle nationalité, ils jettent leurs passeports ou achètent des récits qui racontent des histoires sans queue ni tête, explique Elise. Quand ils n’ont pas vécu ce qui est écrit dans le récit, ils sont incapables de répondre à nos questions et on s’en rend compte très rapidement. C’est terrible, parce que souvent les personnes peuvent parfaitement venir de zones dangereuses et avoir rencontré des situations qui permettraient d’obtenir la protection en France. »

      En 2015, le directeur général de l’Ofpra, Pascal Brice, affirmait à Slate ne pas tenir rigueur des fausses histoires : « Les récits stéréotypés ne portent pas préjudice aux demandeurs. C’est notre politique. » Mais, en deux ans de carrière, Elise n’a jamais vu un demandeur d’asile reconnaître qu’il avait acheté son récit : « Les demandeurs n’ont pas confiance en nous, car pour eux on représente l’Etat ou la police. A leur place, je n’aurais pas confiance non plus, reconnaît l’employée de l’Ofpra. Je ferais confiance à quelqu’un qui parle ma langue plutôt qu’à quelqu’un qui travaille pour l’Etat. »

      Le constat est le même du côté des travailleurs sociaux. Antoine de Courcelles, responsable de l’aide administrative auprès des demandeurs d’asile pour l’association la Cimade Ile-de-France, dénonce l’extrême exigence de l’Ofpra : « L’Ofpra a développé depuis les années 80 un discours de suspicion vis-à-vis des demandeurs d’asile, car le discours politique à l’égard des réfugiés et de leur accueil a complètement changé. » Une bénévole du Bureau d’aide et d’accompagnement des migrants (BAAM) regrette également cette posture : « Les officiers de l’Ofpra sont là pour jouer au détecteur de mensonges. » Craintifs, les demandeurs restent donc souvent mutiques. Floués par les dealers de récits, ils se trouvent prisonniers d’une histoire qui leur ferme les portes de l’asile.

      Originaire du Tchad, Mahamad, 23 ans, a traversé la Libye et l’Italie avant d’arriver en France. Aujourd’hui en attente d’une réponse de l’Ofpra, il a dû rédiger un récit de vie en français. A son arrivée il y a sept mois, il ne parlait qu’un français balbutiant. Alors, dès ses premiers jours sur le camp de la Porte de la Chapelle, Mahamad a eu affaire aux dealers de récits : « Des gars sont venus me voir et m’ont dit en arabe : "T’es nouveau toi ? Ça se voit que t’es nouveau." Ils m’ont demandé si je voulais obtenir l’asile, si je connaissais les règles. Ils m’ont dit qu’ils connaissaient les "bonnes histoires" et que, pour m’aider, ils allaient améliorer la mienne. » Se fiant à son instinct, Mahamad a refusé leur « aide ». « J’ai senti qu’ils voulaient me tromper, alors je suis parti. »
      « Le moins de bruit possible »

      Tous n’ont pas le flair de Mahamad. « Souvent, les demandeurs d’asile sont tellement sous pression qu’ils se présentent eux-mêmes aux dealers de récits pour qu’ils traduisent leur histoire. Ils ont besoin d’écrire leur récit, ils ont vingt-et-un jours pour remplir un dossier en français, donc ils font tout pour se débrouiller. Va comprendre la convention de Genève quand tu viens d’arriver d’Afghanistan ! » raconte Héloïse Mary, présidente du BAAM.

      Le trafic de faux récits est très difficile à identifier. Malgré des années d’expérience sur le terrain avec les migrants, les bénévoles présents sur les camps peinent à cerner cette nébuleuse : « C’est la même chose que si tu avais des dealers en face de toi, constate l’une d’entre eux. Comme tous les dealers, ils font le moins de bruit possible pour faire leur business discrètement. » Ce sentiment d’impuissance est largement partagé dans les associations d’aide aux migrants. Morgann Barbara Pernot, cofondatrice de Paris d’Exil, déplore aussi une omerta : « On a tenté de mener l’enquête mais on n’arrive jamais à savoir si c’est un ami qui a traduit, un traducteur ou carrément un vendeur de récits bidons. Et même quand les demandeurs d’asile en parlent, ils disent ignorer le vrai nom du vendeur. »

      Dhrubo (1) fait partie de ceux qui distillent des informations lapidaires. Ce jeune exilé du Bangladesh, qui sollicite l’asile politique pour persécution, dit avoir vu graviter des passeurs potentiels au métro La Chapelle, à la jonction des Xe et XVIIIe arrondissements de Paris : « J’attendais sur le quai et j’ai surpris une conversation. Ils parlaient le bengali, ma langue natale, et expliquaient à quelqu’un qu’ils allaient améliorer son histoire », se souvient-il. Mais au moment d’entrer dans les détails, le jeune homme reste énigmatique : « Je ne sais pas qui c’était. Ça peut être dangereux, lâche-t-il dans un soupir. On a peur. On a tous peur. »
      Une « culture restrictive »

      Entre Barbès-Rochechouart et place de la Chapelle, les rues sont jalonnées de taxiphones, cybercafés et petites boutiques de téléphonie. Derrière les enseignes clignotantes et les grands sourires commerciaux, des vendeurs s’affairent parmi les téléphones prépayés et les smartphones retapés à neuf. Mais à la mention d’éventuels traducteurs travaillant avec des migrants, c’est silence radio. On hausse les épaules, fronce les sourcils et invite gentiment à aller voir ailleurs : « Allez voir vers Barbès, c’est là qu’il y a des traducteurs ! » conseille un vendeur d’une boutique de La Chapelle. Et du côté de Barbès : « Vous devriez essayer d’aller à La Chapelle, je crois qu’il y a des gens qui font ça chez eux ! » Les bénévoles le répètent, il est quasiment impossible de poser des questions sans se faire balader.

      « Comment voulez-vous mettre le doigt dessus sans que l’on s’intéresse à la cause du problème ? soupire la présidente du BAAM. Tant qu’on imposera des récits en français, qu’il n’y aura pas de service d’aide géré par l’Etat et que tout reposera essentiellement sur la bonne volonté des associations, il y a aura toujours de la débrouille ! » Car pour les travailleurs sociaux comme pour les salariés de l’Ofpra, ce trafic n’est que la manifestation d’un problème plus profond. Le désengagement de l’Etat laisse les exilés livrés à eux-mêmes, l’économie de la misère squatte la place laissée vacante par les institutions. Pour Antoine de Courcelles, de la Cimade, voilà la preuve d’une « culture restrictive distillée depuis longtemps à l’Ofpra selon laquelle le droit d’asile serait quelque chose de rare, et seulement accessible à une minorité de personnes. »

      La solution pour supprimer ce business des traducteurs mal intentionnés existe, disent les associations : supprimer les récits en français. Selon Héloïse Mary, « il faudrait que les personnes puissent s’exprimer oralement sur leur histoire dans leur propre langue. Imposer un récit manuscrit suppose une maîtrise parfaite de la lecture et de l’écriture, alors que beaucoup viennent de pays où le taux d’alphabétisation est faible ». Une revendication que partage Antoine de Courcelles : « C’est étrange de demander à des demandeurs d’asile venus des quatre coins du monde de rédiger en français les motivations de leur demande. Il faudrait tout simplement supprimer cette obligation. »

      (1) Les prénoms ont été modifiés à la demande des intervenants.

      http://www.liberation.fr/france/2018/05/14/asile-le-piege-des-dealers-d-histoires_1649999


  • Pendant le week-end
    La Très Grande Entreprise
    A annexé l’ open space voisin

    Ouverture d’un café à la mode
    Où l’on ne vous sert jamais
    Ce que vous commandez

    Les rêves
    De cette nuit
    Sont des rêves de lundi !

    Appelant les enfants à la maison
    Depuis l’ open space , la douceur
    De leur voix et l’ambiance sonore de chez soi

    Corée du Nord :
    Les Etats-Unis prêts à utiliser
    Leurs capacités nucléaires

    Comment les parents
    Contournent la carte scolaire
    Et renoncent à la mixité

    Septembre, des jeunes gens
    Arrivent dans le monde du travail
    Leur dire de fuir, le ventre noué

    Déjeuner avec Zoé
    En entrée, à bouche que veux-tu, du rire
    Pour le plat de résistance et le dessert, aussi

    Des sushis
    Et du rire
    Et du nougat

    «  ? Je n’ai pas manqué un seul jour de classe
    L’année dernière ? Tu n’as pas été malade ?
     ? Si mais mon père me forçait à aller en classe »

    Elle a encore grandi
    Elle est jolie, ma fille Zoé
    Et maintenant elle a de la poitrine !

    Hier encore je la portais
    Dans le sac à viande
    Dans les rues de Fontenay

    Hier je lui donnais le biberon
    Lui changeais ses couches
    Et lui donnais le bain. Hier

    Et elle me fait rire
    Comme personne
    Zoé est le 7ème Monty Python

    Psychologue, orthophoniste, rugby,
    Échecs, céramique, orthophoniste
    Théâtre, équitation. Tout est calé !

    Je peux passer
    Des heures
    Sans penser à elle !

    Elle peut sans doute
    Passer des jours
    Sans penser à moi !

    Je change,
    Je peux trouver
    Une certaine paix à plier mon linge

    Je ne change pas
    Même pour faire des pâtes
    S’appliquer et ne négliger aucun raffinement

    Pâtes au saumon fumé
    Crème fouettée, pignons de pin
    Paprika et basilic

    Une belle promenade avec les enfants
    Deux belles parties avec Émile
    La belle soirée, un peu de lecture

    Nous cueillons
    Des marques-pages
    Sur un ginko

    Je rêve d’une bibliothèque
    Dont chaque livre aurait pour marque-page
    Des feuilles du même arbre

    Adrien Genoudet
    Me propose
    Une belle aventure

    #mon_oiseau_bleu


  • Les anguilles ont
    Semble-t-il, retrouvé le trou
    Par lequel s’échapper le matin

    Ce qu’il reste des rêves de cette nuit
    Une mauvaise scène de mauvais film américain
    Avec une idole blonde. C’est médiocre

    Un matin à Fontenay
    C’est moins beau qu’un matin cévenol
    Même si le café est meilleur à Fontenay

    http://www.desordre.net/musique/brahem.mp3

    Petit déjeuner
    Confiture de poires d’Henri
    Anouar Brahem (François Couturier au piano)

    Et je retourne à mon ménage
    Mon rangement de printemps
    En été

    Je suis abasourdi
    Je ne croyais vraiment pas
    Disposer d’un tel lot de fourchettes

    En revanche
    Un seul économe
    Ça manque de convivialité

    Le technicien qui vient réparer
    Mon respirateur nocturne
    Porte un t-shirt de Superman !

    Chaque fois je retrouve avec ironie
    Sur l’emballage d’un nouveau masque
    La photo du patient rêvé : quel bel homme mûr !

    Et chaque année, je mesure
    Avec plaisir, l’écart
    Grandissant, d’avec moi !

    Et chaque année, je mesure
    Avec plaisir, l’écart grandissant d’avec moi
    Un absolu sauvage, un ours, en comparaison

    Choses qu’il faut réapprendre à faire
    Fermer sa porte la nuit, ou pas
    Garder un œil sur la montre, ou pas

    Chaque année le retour des Cévennes
    Apporte sa part d’émancipation, l’an passé
    Le journal, cette année la clef

    L’odeur des comprimés d’Amoxiciline
    Quand ils sont libérés de leurs logements
    Me porte sur le cœur, et pourtant il faut avaler

    Ma cheville droite a la forme
    Qu’elle aura quand j’aurai
    Quatre-vingt-sept ans

    En revanche sur la carte de ma jambe
    Net recul des Rouges qui palissent
    En plus de reculer, louée soit l’Amoxiciline

    Mais la fatigue qui me rejoint
    Toutes les deux heures !
    Maudite soit l’Amoxiciline !

    L’appétit revient
    Je m’applique à la confection
    De mes nouilles sautées, un nid !

    Demain
    J’achète
    Des légumes frais !

    #mon_oiseau_bleu


  • Au réveil
    Impossible de poser le pied par terre
    Je clopine jusqu’aux toilettes. Kafka

    Dans le miroir de la salle de bain
    Ma tête de cévenol
    Et le corps d’un scarabée vouté

    Un peu de lecture, mais rattrapé par
    Du sommeil lourd et sans rêve
    Julia, prévenue, monte et prend peur

    Les Moins que rien

    Pour Mon Oncle Stanley avec lequel j’ai passé l’une des nuits les plus étranges de ma vie et pour la docteure D. qui m’a bien soigné, ma gratitude à tous les deux

    Fontenay-sous-Bois, le 10 août 2017

    Chère Docteure

    Je ne sais pas comment vous remercier. Déjà, pour commencer, cela vous fera plaisir d’entendre que je vais mieux, grâce à vous, grâce à votre équipe. Les heures que j’ai passées aux urgences de lundi à mardi comptent parmi les plus riches de mon existence, qui compte déjà quelques trésors.

    Quand vous êtes entrée dans notre chambre à l’Oncle Stanley et moi, je dois vous dire que je n’en menais pas large et le désespoir guettait. Et j’ai repris espoir en vous voyant beurrer les biscottes de l’Oncle Stanley, je me suis cette toubib qui beurre les tartines du vieux Mr Lawson, je peux d’emblée lui faire confiance.

    Vous ne connaissez peut-être pas un photographe helvético-états-unien qui s’appelle Robert Frank et que j’ai étudié il y a une trentaine d’années. Robert Frank a photographié son voisin d’hôpital à Halifax en Nouvelle Écosse au Canada et dans la gélatine il a écrit sa tendresse pour ce Mr Lawson, l’Oncle Stanley. Et c’est à cette série d’images que j’ai tout de suite pensé quand j’ai fait la connaissance du vieux monsieur avec qui j’ai partagé ma chambre.

    Vous faites un travail admirable. Vous êtes manifestement compétente, mais vous êtes aussi tellement dévouée et attentionnée, je ne sais pas si en haut-lieu on vous le dit de temps en temps, les hauts-lieux sont parfois ingrats, comme nous allons le voir, en tout cas, moi, je vous le dis. Cela ne changera pas grand-chose à pas grand-chose, cela vous fera peut-être plaisir de l’entendre.

    Il y a un peu plus d’un mois, le petit morveux que les veaux de Français ont été guidés d’élire pour président a eu cette parole remarquablement révélatrice, il a parlé des anonymes, en disant « des gens qui ne sont riens ». Vous n’imaginez pas à quel point cela m’a mis en colère. J’ai eu une envie irrépressible de le gifler comme on ne devrait pas gifler un adolescent présomptueux qui vous manque de respect.

    Depuis, je prends note de toutes sortes de situations dans lesquelles des moins que rien étalent des richesses insoupçonnées, surtout d’humanité et, cette nuit, dans votre service, j’ai été servi de très copieuses rations de pareils trésors. Vous, votre confrère infectiologue, Kevin, les infirmiers, les aides-soignantes et Mon (inénarrable) Oncle Stanley. À toutes et tous, merci, du fond du cœur, j’ai l’intuition qu’on ne doit pas vous le dire assez. Vous êtes à la fois des sentinelles et des remparts de ce qu’il y a et doit rester de meilleur en nous.

    Pour vous remercier, toutes et tous, je vous envoie un extrait d’un texte en cours que je suis en train d’écrire. Cela s’intitule Mon Oiseau bleu , ce sont des poèmes très brefs en trois vers librement écrits sans bien suivre des règles japonaises ancestrales eux appellent cela des haïkus , je ne suis pas très sûr que mes petits poèmes en soient de très bons et surtout de très authentiques, mais au moins ils vous raconteront comment un patient vit les choses dans votre service, dans lequel, je dois vous le dire, on dort très mal !

    Avec mon respect, mon amitié et mes remerciements

    Philippe De Jonckheere

    PS : je joins à cet envoi, un exemplaire de mon roman Une Fuite en Égypte pour la bibliothèque du CE (vous pouvez être la première à le lire avant de le verser à la bibliothèque !). Mon prochain livre sorte en 2018, il s’intitulera Raffut et il parle de rugby et de handicap mental, vous pourrez l’offrir à votre mari !

    Aux urgences de Bry-sur-Marne
    Dans la salle d’attente
    Une belle variété de personnes

    Un téléviseur allumé
    Longtemps que je n’en avais vu un
    En fait tout va bien dans le monde

    En fait tout va bien dans le monde
    Macron a déjà tout réparé
    Encore un peu de terrorisme qui fait chier

    Encore un peu de terrorisme qui fait chier
    Mais dans l’ensemble tout va
    Dormez braves gens

    Dormez braves gens
    Et, de fait, personne ne regarde
    Le téléviseur muet

    Le téléviseur muet
    Suis-je le seul à le remarquer ?
    Tous plongés dans leur téléphone

    Une très chouette infirmière
    Me demande si je suis belge
    Son compagnon s’appelle comme moi

    Profession ?
    J’ose (pour rire)
    Écrivain !

    Ah ? dans nos fichiers
    Vous êtes connu comme informaticien
    J’emmerde l’informatique !

    Une chouette docteure
    Se frotte les mains avec intérêt
    Pour mes rougeurs pas ragoûtantes

    Je lui propose de la cartographie expérimentale
    Elle dessine au stylo-bille
    Les contours de mes rougeurs

    Je suis aux urgences
    Et je pense aux cartographes
    De mon Facebook®©™ bio

    Je grelote
    En plein mois d’août
    Autour de moi les gens sont en nage

    On me propose la nuitée
    Je ne refuse jamais
    De dormir ailleurs

    Mon hôte s’appelle Kevin
    Un chouette infirmier
    Qui me parle comme à un vieillard

    Kevin me propose un plateau-repas, j’accepte
    Mais je préviens Kevin que je n’ai pas mangé
    Depuis trois jours, je vais picorer, au mieux

    Kevin, le chouette infirmier
    Me fait remarquer que cela ne le changera
    Pas des autres patients, tous très âgés

    Et, de fait, on amène mon compagnon de la nuit
    Un très vieux monsieur qui me fait penser
    Immédiatement à Mr Lawson de Robert Frank

    Mon Mr Lawson,
    Mon Oncle Stanley à moi
    S’appelle Roger

    Mon Oncle Stanley ne tient plus sur ses jambes
    Ne maîtrise plus ni mains ni sphincters
    Mais il a une bouille. Et un sourire édenté !

    Il n’entend plus très bien
    Du coup il parle
    Très très très, très, très fort

    Et aussi, et ça j’aime
    À un point ! il rit
    Très très très, très, très fort

    Et, le pauvre !
    Il a mal partout
    Dans n’importe quelle position

    Mais il rit
    Il a l’œil
    Qui pétille

    Je comprends mal
    Ce qu’il me dit
    Mais on se comprend bien

    Kevin est un peu las des nombreuses demandes
    De changements de positions de Mon Oncle Stanley
    Alors j’apprends à me servir des commandes du lit

    Mon Oncle Stanley et moi
    On trouve des positions
    Pas toutes dans le manuel

    Et ça le fait rire
    Mais rire
    Très très très, très, très fort

    Je ne vais pas tarder
    À découvrir que Mon Oncle Stanley
    A d’autres talents

    Julia s’égare
    Pour me rapporter mes affaires
    Fine psychologue, sans sens de l’orientation

    Elle a oublié mon respirateur
    On rit très très très, très, très fort
    Fine psychologue, tête en l’air

    Je m’endors
    Je me réveille, Julia a branché mon respirateur
    Et me tend le masque, m’embrasse, s’en va, je dors

    Choses entendues et choses vues
    La nuit sera longue aux urgences
    Et les nerfs de tous très éprouvés

    Des hommes sombres (pompiers ?)
    Poussent un brancard sur lequel
    Git un homme sans vie

    Mais trouvez-nous quelqu’un
    Elle est en train de se maculer
    Avec ses selles !

    Voix de Kevin, paniqué
    Mais Madame où est-ce que
    Vous allez, vous ne pouvez pas marcher ?

    Chute (bruyante)
    Kevin hurle (bruyamment)
    Un numéro codé

    Des collègues rappliquent
    Saint-Lazare à 8 heures serait
    Plus tranquille pour dormir

    Kevin, lampe de poche dans la bouche
    Soulève mon bras, prend mes constantes
    Et répond au téléphone, il est trois heures

    Mais pourquoi ils nous l’amènent
    Il ne va pas passer six heures ?
    Je ne dors plus, je ne veux plus

    Aux toilettes je découvre
    Que les rougeurs ont fraudé les frontières
    Et sont désormais dans l’aine. J’ai peur

    Je prends mon téléphone de poche
    Et je tâche de prendre en note
    Mes poèmes de ma nuit aux urgences

    http://www.desordre.net/bloc/ursula/2017/sons/agnel_minton.mp3

    J’ai passé la nuit
    Avec Phil Minton
    Et Sophie Agnel

    Le vieux monsieur à côté de moi
    A un très étonnant répertoire
    De raclements de gorge

    Et avec la tringlerie de son lit
    Il produit une grande variété sonore
    Nuit aux urgences

    (Tête de Sophie Agnel
    Quand elle a reçu
    Ces neuf lignes !)

    Arrivée de l’équipe du matin, soupirs
    Des aides-soignantes qui doivent passer la wassingue
    Sur les scènes de guerre de la nuit

    La vieille dame qui ne peut plus marcher
    Fait une nouvelle tentative d’évasion
    J’ai de l’admiration pour son opiniâtreté

    Quant à la dame qui fait du Gasiorowski
    Elle a, apparemment
    De nouvelles idées

    Mon Oncle Stanley à moi
    A des accidents de pistolet
    C’est comme ça qu’on dit

    Bref, c’est la foire
    La visite de la docteure
    Arrive avec le petit-déjeuner, tard

    Mon Oncle Stanley à moi
    N’a plus aucune maîtrise de ses mains
    Mais il tente de se débrouiller

    Un jour, peut-être
    Je me battrais avec la cellophane
    D’un duo de biscottes

    La docteure est chouette
    Elle vient en aide à l’Oncle Stanley
    Elle lui beurre ses biscottes

    La docteure est chouette
    Elle beurre les biscottes, pendant que cela
    Continue d’être la guerre pour les aides-soignantes

    La docteure est chouette
    Elle prend beaucoup de précautions
    Pour ménager l’Oncle Stanley

    Elle note deux ou trois trucs
    Mesure une plaie avec un petit décimètre
    D’écolière, bonne élève, débrouillarde (et souple)

    Elle voit que les aides-soignantes sont au clip
    Aide l’Oncle Stanley avec son jus d’orange
    Et d’un très beau sourire, s’excuse

    Vous êtes Monsieur De Jonckheere
    Vous êtes arrivé hier à 1800 avec épisodes fébriles
    Vous avez un érysipèle, dites-moi

    Elle est chouette,
    Elle écoute tout attentivement
    Elle me fait préciser des trucs

    Elle regarde attentivement la cartographie expérimentale
    Les rouges gagnent du terrain, mais reculent pas endroits
    Elle est rassurante, pas d’amputation ? Non pas encore !

    Elle est chouette,
    Elle me rassure
    Ce n’est pas moche, dit-elle

    Elle est chouette
    Elle promet de revenir avec un confrère
    Infectiologue, pour être sûre, dit-elle

    J’échange quelques messages avec Julia
    Avec Clément, je rassure mon monde
    Mais quelle nuit !

    On emmène Mon Oncle Stanley
    À la radiographie, ça l’amuse beaucoup
    Il rit très très très, très, très fort

    http://www.desordre.net/musique/zappa_illinois_ennema_bandit.mp3

    Où je découvre que, par je ne sais quel miracle
    J’ai dû faire un test, que sais-je ? sur mon téléphone
    Se trouve tout Bongo Fury de Frank Zappa

    Je profite de l’absence de Mon Oncle Stanley
    Pour écouter Zappa au téléphone
    Comme Proust écoutait du théâtre

    Sophie Agnel me répond
    Je suis devenu ami avec elle
    On rigole à propos de Phil Minton

    Je lis Les Beaux jours d’Aranjuez
    De Peter Handke, splendide
    Aux antipodes du navet de Wenders

    Dans le couloir j’entends
    La chouette toubib parler de moi
    C’est un Monsieur, la soixantaine

    Arrive l’infectiologue
    Je ne savais pas qu’un jour
    Je serais content d’en voir un

    La chouette toubib lui dit que ma CPS
    Était à 220, je corrige, 227
    C’est bon, j’ai leur attention

    L’infectiologue étudie la cartographie expérimentale
    Inspecte mes pieds, trouve à redire
    Un mois dans les Cévennes, des pieds de Cévenol

    Il montre une région de la carte
    Où il décèle le recul des Rouges
    Je suis confiant, dit-il

    La chouette toubib me sourit
    Cette docteure aime ce qu’elle fait
    Elle est complètement du côté de la vie

    Je vais tout de suite signer
    Vos papiers de sortie
    Appelez votre fils

    Huit heures plus tôt
    Je considérais la vie
    Amputé

    Arrivent Mon Oncle Stanley et son plateau
    Pas d’aide soignante, je lui propose de l’aider
    Je lui coupe sa viande et lui donne une bouchée

    Il a un sourire extraordinaire
    Elle est bonne exulte-t-il
    Cet homme a encore du plaisir

    Il rate une bouchée
    On rit très très très, très, très fort
    Je voudrais l’embrasser

    L’aide-soignante me voit catastrophée
    Je la rassure, j’aime ce que je fais
    Tellement plus que l’ open space , pense-je

    Et je pense justement que si mes collègues
    Me voyaient et m’entendaient
    Rire très très très, très, très fort…

    Avec l’aide-soignante qui a repris les commandes
    Pendant qu’elle donne à manger à Mon Oncle Stanley
    On parle des citronniers de son enfance, en Algérie

    Clément arrive, quand je sors
    La guerre est finie
    Mme Gasiorowski est passée à autre chose

    La chouette toubib me signe les papiers
    Elle me donne des prescriptions
    Et des conseils, elle rayonne

    Elle me demande comment je me sens ?
    Je réponds soulagé, mais très fatigué
    Je n’entrerai pas dans une mêlée, dis-je

    Ah je me disais aussi
    Vous êtes comme mon mari
    Un faux sauvage, un rugbyman

    Je la remercie, j’ai tellement d’admiration
    Pour cette docteure qui beurre les tartines
    De Mon Oncle Stanley, elle est solaire

    Je fais mes adieux à Mon Oncle Stanley
    Je suis obligé de guider sa main dans la mienne
    Cet homme m’a redonné de l’espoir, pour longtemps

    Et quand je pars finalement
    Il dit très très très, très, très fort
    Au revoir mon petit gars !

    Je pourrais pleurer
    D’être le petit gars
    De Mon Oncle Stanley

    Arrivés à la maison
    Clément m’aide
    Je n’ai toujours pas faim

    Je tente de grappiller
    Quelques heures de sommeil
    En pensant à Mon Oncle Stanley

    Cela faisait longtemps
    Que je n’avais pas vécu
    Une telle aventure !

    Le reste de la journée
    Est évidemment
    Très morne

    Cela ne peut pas être
    Urgences à Bry-sur-Marne
    Tous les jours !

    #mon_oiseau_bleu