city:kinshasa

  • #Sida, un héritage de l’époque coloniale

    Des scientifiques mènent une enquête au coeur de l’#Afrique, à la recherche des origines du VIH. Un documentaire captivant, diffusé à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre.

    Il est l’un des plus grands tueurs de la planète. Avec plus de 36 millions de morts et près de 37 millions de personnes infectées, le sida constitue à ce jour la pandémie la plus destructrice de l’histoire contemporaine. Afin de mieux la connaître, une équipe de scientifiques part sur les traces de son origine, au cœur de l’Afrique, dans l’ancien Congo belge. En parvenant à mettre la main sur d’anciens prélèvements humains contenant le virus, ils arrivent à la conclusion que la première transmission du sida – du chimpanzé à l’homme – se situe autour de l’an 1908, des décennies avant les premiers cas connus.

    Catastrophe en germe
    Les chercheurs ne s’arrêtent pas là. Ils se plongent dans l’histoire coloniale du Congo pour comprendre comment le VIH a pu se propager. Au début du XXe siècle, soucieuses de ne pas perdre la main-d’oeuvre indigène qu’elles exploitent, les autorités coloniales lancent des campagnes massives de vaccination contre la maladie du sommeil, où l’on a souvent recours à des seringues mal stérilisées. De même, la syphilis, qui se répand alors, augmente considérablement les risques de transmission du sida entre les hommes. Parallèlement, le chemin de fer se développe dans le pays car Kinshasa est une plaque tournante de l’industrie minière. Le virus devient mouvant. Lors de l’indépendance du Congo, en 1960, la pandémie couve. Dans les années 1970, les ravages successifs de la guerre civile, puis les errements du régime prédateur de Mobutu, qui ruine l’économie, créent les conditions chaotiques d’une propagation fulgurante du virus...
    Carl Gierstorfer signe un documentaire passionnant, où l’enquête scientifique se mêle à des images d’archives, parfois dures, témoignant de la cruauté et des ravages de la colonisation. Il rappelle également qu’à l’heure où les maladies infectieuses se développent dans le monde entier, les conditions d’une nouvelle pandémie sont peut-être à nouveau réunies.


    https://www.arte.tv/fr/videos/051599-000-A/sida-un-heritage-de-l-epoque-coloniale
    #aids #HIV #colonialisme #colonisation #histoire #santé #maladie #film #documentaire #Congo #Congo_belge #épidémie #pandémie #singes #chimpanzé #VIS #Afrique_équatoriale_française #Cameroun #Congo_français #maladie_du_sommeil #vaccination #syphilis #déforestation #globalisation #prostitution #mondialisation #santé_publique #chasse #contamination_entre_espèces #virus


  • The Ghost of King Leopold II Still Haunts Us – Media Diversified

    https://mediadiversified.org/2015/04/20/the-ghost-of-king-leopold-ii-still-haunts-us-belgium-colonization-

    Merci Meta pour le signalement !

    In an article entitled “The Early Spread and Epidemic Ignition of HIV-1 in Human Populations” in the magazine Science in October 2014, Nuno Faria and his fellow researchers revealed the location of Ground Zero for one of the world’s most deadly infectious diseases—HIV. They discovered that HIV-1 originated in Kinshasa, the capital city of the Democratic Republic of Congo (DRC) and explain that the deadly virus spread throughout the Congo via the railroad network. HIV-1 was subsequently transmitted by Haitian professionals back to Haiti and then to the United States (1).

    Faria and colleagues presented their research findings as follows:

    Our estimated location of pandemic origin explains the observation that Kinshasa exhibits more contemporary HIV-1 genetic diversity than anywhere else. It clarifies why the oldest known HIV-1 sequences were sourced from this city and why several early cases indicative of AIDS are linked to Kinshasa (p. 57).

    #congo #léopold #massacre #génocide #colonialisme

    • ça me rappelle le livre « Les fantômes du roi Léopold » que j’avais lu il y a 20 ans...
      Les Fantômes du Roi Léopold, un #holocauste oublié

      « Le remarquable document d’Hochschild dépasse toutes les autres études sur le Congo. Il montre comment l’Europe entière - et les États-Unis - s’est rendue complice de l’holocauste perpétré par le roi Léopold sur le peuple congolais. », Nadine Gordimer.
      « Un ouvrage exceptionnel, profondément stimulant, qui m’a bouleversé comme l’avait fait en son temps Au cœur des ténèbres, et pour la même raison : parce qu’il révèle les horreurs cachées commises au Congo. Passé obscur, sur lequel Hochschild fait la lumière, c’est notre passé à tous. », Paul Theroux.
      Dans les années 1880, alors que l’Europe se lance dans la colonisation de l’Afrique, le roi #Léopold_II de #Belgique s’empare, à titre personnel, des immenses territoires traversés par le fleuve Congo, afin de faire main basse sur ses prodigieuses richesses. Réduite en esclavage, la population subit travail forcé, tortures et mutilations, au point qu’on estime à 10 millions le nombre d’Africains qui périrent. Tandis que Léopold II continue de cultiver sa réputation d’humaniste, des voix commencent à dénoncer ce crime de masse, donnant naissance au premier mouvement international de défense des droits de l’homme du XXe siècle…
      Avec une force d’évocation exceptionnelle, Adam Hochschild peint le portrait d’un roi mégalomane et décrit les combats de ses opposants, la vie des témoins - explorateurs, missionnaires - et celle des victimes. S’il révèle un épisode tragique de l’histoire contemporaine, il dissèque aussi l’ensemble du système colonial, offrant des clés indispensables à la compréhension d’une actualité dramatique.


      https://www.librairiedialogues.fr/livre/852912-les-fantomes-du-roi-leopold-un-holocauste-oublie-adam-hoch

      Ce livre m’avait profondément marquée...
      #livre

    • Et ce reportage passé sur arte sur la question #sida et #HIV, en lien avec le #colonialisme et la #colonisation :
      Sida, un héritage de l’époque coloniale

      Des scientifiques mènent une enquête au coeur de l’Afrique, à la recherche des origines du VIH. Un documentaire captivant, diffusé à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre.

      Il est l’un des plus grands tueurs de la planète. Avec plus de 36 millions de morts et près de 37 millions de personnes infectées, le sida constitue à ce jour la pandémie la plus destructrice de l’histoire contemporaine. Afin de mieux la connaître, une équipe de scientifiques part sur les traces de son origine, au cœur de l’Afrique, dans l’ancien Congo belge. En parvenant à mettre la main sur d’anciens prélèvements humains contenant le virus, ils arrivent à la conclusion que la première transmission du sida – du chimpanzé à l’homme – se situe autour de l’an 1908, des décennies avant les premiers cas connus.

      Catastrophe en germe
      Les chercheurs ne s’arrêtent pas là. Ils se plongent dans l’histoire coloniale du Congo pour comprendre comment le VIH a pu se propager. Au début du XXe siècle, soucieuses de ne pas perdre la main-d’oeuvre indigène qu’elles exploitent, les autorités coloniales lancent des campagnes massives de vaccination contre la maladie du sommeil, où l’on a souvent recours à des seringues mal stérilisées. De même, la syphilis, qui se répand alors, augmente considérablement les risques de transmission du sida entre les hommes. Parallèlement, le chemin de fer se développe dans le pays car Kinshasa est une plaque tournante de l’industrie minière. Le virus devient mouvant. Lors de l’indépendance du Congo, en 1960, la pandémie couve. Dans les années 1970, les ravages successifs de la guerre civile, puis les errements du régime prédateur de Mobutu, qui ruine l’économie, créent les conditions chaotiques d’une propagation fulgurante du virus...
      Carl Gierstorfer signe un documentaire passionnant, où l’enquête scientifique se mêle à des images d’archives, parfois dures, témoignant de la cruauté et des ravages de la colonisation. Il rappelle également qu’à l’heure où les maladies infectieuses se développent dans le monde entier, les conditions d’une nouvelle pandémie sont peut-être à nouveau réunies.

      https://www.arte.tv/fr/videos/051599-000-A/sida-un-heritage-de-l-epoque-coloniale

      #film_documentaire #documentaire #film #épidémies #santé #maladie

    • Je viens de voir qu’il y a une « Avenue Léopold II » dans le 16e arrondissement et je me demande « quelle est la date limite » : on aurait pas idée de nommer une rue Pol Pot, Pétain, Staline ou Hitler, mais Léopold II ne pose pas de problème. Date limite, vers 1900 ?

      

      Il y a des exceptions comme Robespierre qui a ses rus en province ou en banlieue mais pas à Paris parce que c’était un personnage « assoiffé de sang » :

      Une rue Robespierre dans la capitale, par Alexis Corbière

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2011/06/27/une-rue-robespierre-dans-la-capitale_1541487_3232.html

      ❝Une rue Robespierre dans la capitale, par Alexis Corbière

      Robespierre n’était pas au sein du Comité de salut public le personnage « assoiffé de sang » qu’un vulgaire révisionnisme historique a dépeint par la suite.

      Publié le 27 juin 2011 à 13h35 - Mis à jour le 27 juin 2011

    • @cdb_77 c’est peut-être un autre pétin ? si c’est la bonne orthographe sinon c’est Pétain

      https://www.france24.com/fr/20130409-france-derniere-rue-marechal-petain-debaptisee-belrain

      Le petit village de Belrain, dans la Meuse (Est), possédait la dernière rue en France dénommée en hommage au Maréchal-Pétain. Sur décision de ses élus, le lieu a été débaptisé et attend son nouveau nom. La dernière « rue du Maréchal-Pétain », en France, a été débaptisée.

      Seulement en 2013 !

    • • il y a une rue de Petin à Baileux, juste à côté des bières de Chimay dans le Hainaut belge,

      • il y a une rue du Petin à Verchin, sur les bords de la Lys dans le Pas-de-Calais

      • il y a un Henri Pétin (et quelques autres cf. les homonymes en haut de page)

      Henri Pétin — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_P%C3%A9tin

      Henri Pétin est un homme politique français né le 16 avril 1870 à Paris et décédé le 20 janvier 1911 à La Seyne-sur-Mer (Var).

      Biographie
      Auteur de théâtre et de chansons sous le pseudonyme d’Henri de Mamers, il est aussi à la tête d’une maison de commerce en métaux à La Seyne-sur-Mer et se lance dans la construction navale. Maire de La Seyne-sur-Mer de 1904 à 1911, conseiller général, il est député du Var de 1909 à 1910, siégeant au groupe radical-socialiste.


  • Le Dolle Mol, le café anarchiste bruxellois est rouvert Tom Denis - 9 Novembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_le-dolle-mol-le-cafe-anarchiste-bruxellois-est-rouvert?id=10068984

    Ouvert en 1969, le Dolle Mol a accueilli beaucoup d’artistes : Léo Ferré, Tom Waits ou encore Bob Dylan, mais aussi tous ceux qui ne trouvaient pas d’endroit pour se réunir comme les Brigades Rouges, l’entarteur #Noël_Godin et ses complices, et même les membres du gouvernement de l’ex-Congo belge en Exil. Un lieu d’histoire ou tous les styles se mélangeaient. Les lieux étaient vides depuis 2015. 

    Pour l’inauguration ce jeudi soir, les anciens habitués se sont donné rendez-vous
    Sur les pavés, devant la façade rouge, une centaine de bruxellois ont un verre à la main. Certains parlent du passé, se souviennent et rient… d’autres découvrent le café pour la première fois. « C’est vraiment une ambiance très riche, on sent que ça fait plaisir aux gens qui sont venus retrouver le Dolle Mol », confie l’un d’entre eux « c’est une bonne chose de faire revivre ce quartier, la rue est super. On est tout près du centre, avant c’était un peu mort ».

    Derrière la porte, une musique et cette odeur qui caractérise si bien les bars belges. Accoudé à la fenêtre : #Jan_Bucquoy, celui qui en 69 s’est installé ici avec quelques bacs de bières. « ça a toujours été très mixte, avant tu avais des banquiers et des clochards au même comptoir  », se souvient Jan Bucquoy. « Cet endroit fini par redevenir ce que c’était, un lieu de #liberté. Quand on s’est installé ici, on ne partageait pas d’idéologie, on appartenait à aucune secte, ni aucun parti. Ici, tu pouvais très bien trouver des gens d’extrême droite comme d’extrême gauche. Ils s’installaient au comptoir et trouvaient des liens pour discuter ».

    Le bar est repris par cinq complices
    Ces cinq belges se sont rencontrés à Kinshasa, bercés eux aussi par cette idée de liberté. « Ça doit être un espace d’accueil culturel et citoyen pour des artistes ou des ASBL bruxelloises qui n’ont pas de lieu pour exposer ni se réunir et débattre », explique Mariane Lemarchant, l’une des administratrices du lieu. « Le bar est convivial et propose une carte avec les produits de micro brasseries bruxelloises et de ses environs avec, bien évidemment aussi quelques classiques de notre gastronomie brassicole », ajoute Michel Rischard, le trésorier.

    Des prestations artistiques
    Le #Dolle_Molle démarrera ses activités culturelles, le jeudi 22 novembre, avec une performance associant musique et peinture en live. Sous les coups de baguette de Teun Verbruggen, Vincent Glowinski connu sous le pseudonyme de BONOM, va peindre différentes toiles en direct qui seront ensuite exposées dans la galerie au premier étage.

    Au Dolle Mol, la couleur #rouge est donc toujours là, le prix de la bière accessible, loin des bars branchés. Il se veut ouvert à tous.

    #artivisme #gloupgloup #alternatives #Bruxelles #Belgique



  • Kin
    http://www.nova-cinema.org/prog/2018/167-pleinopenair/weekend-2/article/kin

    Atelier Collectif - Zorobabel, 2011, BE, 35mm, VO FR ,11’

    Cette animation en stop-motion raconte le quotidien de Kinshasa, parmi lequel le destin d’une voiture d’occasion arrivée de Bruxelles. Voitures ou personnages, tout est construit de canettes ou de fils de fer,... car la débrouille est un art kinois.

    samedi 1er septembre 2018 à 21h


  • Afro-Soukous
    http://www.nova-cinema.org/prog/2018/167-pleinopenair/weekend-2/article/afro-soukous

    Le groupe Afro-Soukous perpétue la tradition du soukous et de la rumba congolaise à haut niveau de transe et de bonne humeur. Lors de leurs longues nuits d’animation des bars de Matongé, d’Anderlecht et autres lieux interlopes bruxellois (dont le fameux Africa Moto de Tonton Roger), ils chauffent et brouillent les pistes, les costumes impeccables contrastant avec les murs suintants, faisant oublier aux danseurs et danseuses étourdis de rentrer chez eux. On ne sait plus alors si l’on est à Kinshasa ou à Bruxelles, tandis que batterie, basse, chants et bien sûr les guitares, reines de la rumba, nous rappellent les grands orchestres que furent le TPKO jazz ou Zaïko Langa Langa. Avec Zico Man aux commandes, Africa-Soukous enchaîne les morceaux congolais aux durées improbables, d’une maîtrise (...)


  • Incendie à Rennes : l’enseignant Jean-Pierre Bemba part en fumée

    Loyers, médicaments, gaz… Ce qui change pour votre image au 1er août

    Deux policiers sanctionnés, à Nantes, après le blocage des examens

    RDC : le clocher d’une église de retour à Kinshasa

    Sur Benalla, près de 70 000 opposants encore sans proposition

    Affaire Parcoursup : les explications des trois candidats qui ont transmis les portefeuilles

    #de_la_dyslexie_créative


  • Square #Lumumba à Bruxelles : le sociologue Ludo De Witte censuré
    https://parismatch.be/actualites/politique/153560/inauguration-dun-square-lumumba-a-bruxelles-le-sociologue-ludo-de-witte-c

    À l’occasion de cet évènement, les autorités organisent divers évènements dont une conférence intitulée « Lumumba et la lutte contre l’impérialisme : idéaux, principes d’égalité et de justice ; Le combat qui dérange ? Non-dits et dossiers cachés. » Titre ô combien paradoxal : invité à participer à ce débat, le plus grand spécialiste belge de ce dossier sensible vient d’être interdit de prise de parole sur ordre du bourgmestre Philippe Close (#PS).

    [...]

    Contacté par Paris Match Belgique, la porte-parole du bourgmestre de la ville de Bruxelles, Wafaa Hammich, se contente de nous envoyer un sms pour le moins succinct : « Il s’agit d’une manifestation #apolitique, et Monsieur De Witte est engagé politiquement. À sa place, nous avons décidé de mettre en avant un des représentants des associations. ». Pour en savoir un peu plus, nous rappelons notre interlocutrice. La conversation sera courte et peu courtoise.

    Paris Match Belgique : Par ‘engagé politiquement’ que voulez-vous dire ?

    La porte-parole de Philippe Close : Il s’est engagé dans un parti politique.

    Lequel ?

    À vous de faire vos recherches.

    Ludo De Witte a une carte d’un parti politique, c’est cela que voulez dire ?

    Il est l’ancien président d’un parti politique.

    Vous savez que c’est surtout l’auteur d’une livre important sur l’affaire Lumumba qui a provoqué une commission d’enquête parlementaire ?

    On le sait mais nous avons décidé de conférer un caractère apolitique à l’organisation de cet évènement.

    Mais cette affaire Lumumba est éminemment politique ?

    #Houlà ! Vous avez notre réaction par sms. Voilà. On s’en tient là. Merci. Ça va ?

    Votre communication manque de précision. Dans le cadre d’un #débat démocratique n’êtes-vous pas en devoir de donner un peu plus d’explications ? Ne craignez-vous pas que votre #communication soit désastreuse ?

    Tout à fait. Merci pour votre #input et à bientôt. Au revoir. (Elle raccroche)

    #Belgique

    • Lumumba, le débat qui dérange ? serait mieux adapté comme titre de cette … conférence.

      Mais les gens sont quand même un peu bornés : vouloir à tout prix mettre de la politique alors qu’on vous dit que c’est purement apolitique ! Non mais, imaginez un peu, comme si on allait politiser une éventuelle (et d’ailleurs hautement improbable) inauguration apolitique d’un square Ben Barka à Paris !

    • Ludo de Witte, sociologue, auteur de « L’assassinat de Lumumba » - RFI
      http://www.rfi.fr/emission/20121214-vers-proces-assassins-patrice-lumumba

      Ludo de Witte, sociologue, auteur de « L’assassinat de Lumumba »
      Par Christophe Boisbouvier
      Diffusion : vendredi 14 décembre 2012
      Ludo de Witte, sociologue, auteur de « L’assassinat de Lumumba »

      Patrice Lumumba en 1960.

      « Dans l’administration, dans l’armée, dans l’économie katangaise, c’était des Belges qui commandaient. Formellement, il y avait un président, Moïse Tshombe, mais de facto le commandant en chef de l’armée katangaise était un officier belge, qui pour cela était formellement mandaté par le gouvernement belge. Et donc ce sont ces officiers qui commandaient des soldats katangais… »

      Va-t-on vers un procès des assassins de Patrice Lumumba ? La justice belge se dit compétente pour enquêter sur la mort du père de l’indépendance du Congo-Kinshasa. C’était il y a plus de 50 ans, le 17 janvier 1961. Mais qui peut encore être jugé ?
      En 2000, le sociologue belge Ludo de Witte a publié L’assassinat de Lumumba (Karthala). En ligne de Bruxelles, il est notre invité aujourd’hui.


  • Ebola en RDC : des guérisons grâce à la vaccination | Euronews
    http://fr.euronews.com/2018/05/30/ebola-en-rdc-des-guerisons-grace-a-la-vaccination

    L’épidémie d’Ebola s’est déclarée à Bikoro, à 600 km de Kinshasa, à la frontière avec le Congo-Brazzaville. Le dernier bilan fait état de 54 cas, dont 25 décès.

    Plus de 400 personnes ont été vaccinées jusqu’à présent, la majorité d’entre elles à Mbandaka, a-t-il indiqué, précisant que les premières opérations de vaccination ont démarré à Bikoro et « vont démarrer cette semaine à Iboko », un village de la région de Bikoro.

    Un haut responsable de l’OMS a affirmé que le vaccin avait été bien accepté et que jusqu’à présent « il n’y a pas eu d’augmentation explosive de cas ». « Nous avons des raisons de faire preuve d’un optimisme prudent ».

    Aucune mention de la société ou de l’organisme qui a mis au point le vaccin utilisé. C’est secret ? (je me doute de la réponse, mais je me contente de l’interrogation candide, le journaliste ne s’est peut-être lui même pas posé la question).


  • In DR Congo, the world’s second largest forest is being ravaged as landless communities struggle for their rights - Equal Times
    https://www.equaltimes.org/in-dr-congo-the-world-s-second?lang=en

    Thousands of logs loaded into makeshift boats at the port of Inongo at Lake Mai-Ndombe stand ready to be transported to Kinshasa, the capital of the Democratic Republic of Congo (DRC).

    Inongo is the provincial capital of the Mai-Ndombe province, a 13-million-hectare area located some 650 kilometres north-east of Kinshasa. The logs have been illegally cut from the Mai-Ndombe forest, an area of 10 million hectares, which has some trees measuring between 35 and 45 metres.

    “We witness this kind of spectacle every day, whereby tons and tons of logs and timber find their way to the capital either via the Congo River or by road, where they will eventually be shipped overseas, or just sold to the black market,” says environment activist Prosper Ngobila.

    #RDC #forêt #déforestation #bois_illégal #peuples_autochtones


  • REGIONAL OVERVIEW – AFRICA.
    https://www.acleddata.com/2018/03/05/regional-overview-africa-5

    Political violence and protest events in Africa over the week of 25 February showed at least three key developments and points of concern.

    First, Islamist militants attacked for the third time since January 2016 Burkina Faso’s Ouagadougou. The militants struck both the army headquarters and the French embassy, resulting in 16 killed among both the militants and soldiers, and dozens more injured. This attack raised a number of concerns – not least the limited ability to anticipate them.

    Second, the Democratic Republic of Congo (DRC) remains one of the most active countries on the African continent, with several centres of conflict. Among them is the rising discontent over president Kabila’s prolonged stay in power, as echoed in last week’s protests called by the Lay Coordination Committee (CLC). Activists protested in dozens of towns across the DRC despite a government ban and clashed in several places with the security forces, resulting in three deaths in Kinshasa and Mbandaka (Equateur). The successive visits of four African heads of state in just over two weeks is testament to the mounting regional concerns over the situation in the DRC and of Kabila’s growing political isolation.

    Third, Nigeria is once again becoming very active. Fulani herders have been involved in an increasing number of violent incidents over the past weeks, while religious cohesion proved shaky last week in Kaduna state as Christian and Muslim militias clashed leaving a dozen killed. Joint Nigerian and Cameroonian operations last week cleared Boko Haram from a number of areas In Borno state, but the group quickly reacted, killing three UN aid workers.

    How the government will react to these evolutions could prove a test of president Buhari’s potential for re-election in 2019.


  • DP World May Develop $1.2 Billion Port at Banana on Congo Coast - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-03-02/dp-world-may-develop-1-2-billion-port-at-banana-on-congo-coast

    Republic of Congo, according to documents published by a Senegalese whistle-blowing organization.

    DP World signed an agreement with the Transport Ministry in February 2017 giving the Nasdaq Dubai-listed company exclusive rights to negotiate a contract to build and operate a deep-water harbor at Banana on Congo’s Atlantic coast. The accord, released by the Platform to Protect Whistleblowers in Africa on Friday, calls for the creation of a company majority-held by DP World.

    DP World is “willing to offer a minority equity stake in the port-operating company” to Congo’s government, according to a letter sent by DP World Chairman Sultan Ahmed Bin Sulayem to President Joseph Kabila on Oct. 4, 2016, and made public by the organization, known by the French acronym #PPLAAF.

    The country’s existing ports at Matadi and Boma are inland up the Congo River and are incapable of handling traffic from conventional ocean-going cargo liners because of a lack of capacity and draught, according to a PricewaterhouseCoopers study of the country’s infrastructure. As a result, the nation relies on transshipments of cargo from Pointe Noire in neighboring Republic of Congo.

    Deepening the antiquated sea port at Banana would provide additional shipping capacity to the mineral-rich nation at a cost of as much as $2 billion and may take as long as 10 years to complete, PWC said. Congo is Africa’s largest copper producer and the world’s biggest source of cobalt.

    Sultan Ahmed Bin Sulayem et DP World, du Golfe d’Aden au Golfe de Guinée… (dans lequel la Commission du même nom inclut jusqu’à l’Angola).


  • Un caveau pour Déon : la droite découvre l’intersectionnalité
    https://www.nouvelobs.com/rue89/notre-epoque/20180213.OBS2104/un-caveau-pour-deon-la-droite-decouvre-l-intersectionnalite.html

    Ne pas croire que la secrétaire perpétuelle de l’Académie, Hélène Carrère d’Encausse, réserve toute son énergie à la lutte contre l’écriture inclusive, et la féminisation des titres, comme nous le relations dans cette émission avec Eliane Viennot. Elle a d’autres combats. Et notamment celui-ci : trouver une place, dans un cimetière parisien, pour l’urne funéraire de Michel Déon, écrivain, académicien, mort en Irlande en décembre 2016, à l’âge de 97 ans.

    Son combat contre la mairie de Paris, qui s’y refuse, est relaté en détail dans Le Figaro, repris depuis hier par toute la réacosphère. On a bien le droit d’avoir des combats, au Figaro. Mon confrère Etienne de Montety révèle donc ce combat d’une année contre la « sécheresse administrative » de cette « bureaucratie infranchissable » à laquelle se heurte Carrère d’Encausse, « spécialiste de l’ère soviétique », rappelle pertinemment Le Figaro. La mairie bolchevique, elle, répond qu’elle n’a pas le droit de faire une dérogation funéraire, le défunt ne remplissant pas les conditions -argument qui semble un peu spécieux.

    Sans doute Hidalgo-la-Rouge ferait-elle mieux de donner franchement ses vraies raisons : la peur d’émettre un signal politique qui serait immédiatement utilisé contre elle. Car entre autres titres, Déon fut, de 1942 à 1944, secrétaire du polémiste antisémite obsessionnel Charles Maurras, à propos duquel il déclarait en 2016, quelques mois avant sa mort : « j’ai eu beaucoup de moments merveilleux avec lui. »

    Tout en concédant : « Il a pu commettre des erreurs, comme son #antisémitisme, qui m’agaçait ». Des erreurs !

    Ca fait beaucoup de potes et potesse de Maurras dans cette AF. J’ai pas entendu la Licra ni les asso juives s’exprimer sur ce club Maurrassien sponsorisé par l’état français.

    • Une pétition des auteurs de droite qui sont très fâchés que la mairesse de Paris ne recycle pas les déchets d’AF. Les auteurs, dont la plus part sont des membres d’AF, demandent un passe-droit pour le secrétaire personnel de C.Maurras.

      http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/02/18/31003-20180218ARTFIG00134-cent-ecrivains-pressent-anne-hidalgo-de-trouver-u

      Je voie pas trop pourquoi la ville de Paris devrait payé l’avarice de ce mec. Il y a pas de loi qui lui interdisait d’acheter une concession dans un cimetière parisien.

      –---

      Interwiew de Déon 2011 - http://www.lepoint.fr/livres/michel-deon-en-relisant-les-poneys-sauvages-j-ai-ete-horrifie-19-12-2010-127

      ous n’avez jamais renié votre jeunesse maurrassienne et votre engagement dans l’Action française...

      Je n’y vois rien de honteux. J’étais un grand lecteur des classiques, de latin et d’historiens, c’était mon jus. Maurras détestait le fascisme. Il pensait que la monarchie, c’était le pouvoir modéré, qui ne tient pas sa force des élections, mais des traditions. Nous étions aussi fascinés par Jacques Bainville, notre grand penseur. Dans Les conséquences politiques de la paix, il avait tout prévu, y compris la date de la chute de la Yougoslavie.

      Etes-vous toujours monarchiste ?

      Le spectacle qu’offre le monde n’est pas fait pour me convaincre que la démocratie est universelle. Je constate que les monarchies se reforment dans des pays - en Syrie, en Corée du Nord, au Congo-Kinshasa - où les mêmes familles ont le pouvoir sur plusieurs générations. Et aux États-Unis, si vous vous appelez Kennedy, vous êtes automatiquement élu président (rires).


  • Réfugiés : violente expulsion sur un vol Air France Paris-Kinshasa - regards.fr
    http://www.regards.fr/web/article/refugies-violente-expulsion-sur-un-vol-air-france-paris-kinshasa

    Jeudi 18 janvier, l’intervention de forces anti-émeutes au sein d’un vol Air France Paris-Kinshasa, malgré l’opposition de plusieurs passagers, illustre le durcissement et la violence de la politique anti-migrants de l’ère Macron.

    À la suite des récentes circulaires sur la politique migratoire critiquées par de nombreuses associations et membres de la société civile, le gouvernement continue de hausser le ton et maintient coûte que coûte sa politique d’expulsion et de déportation des migrants.
    Illustration, jeudi 18 janvier, à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, où nombreux furent ceux qui se rendirent afin de tenter d’empêcher l’expulsion d’un homme congolais qui vivait en France depuis 2006 et dont les enfants étaient nés en France.

    Avec HUMANITÉ qu’il disait…
    #immigration #sans_papier #expulsion #Congo #violences_policières #racisme #Air_france


  • Un monde sous perfusion métallique (4/4) : Multinationales versus Etats : à qui revient la rente ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/cultures-monde-jeudi-1-fevrier-2018

    Cuivre, or, cobalt, zinc... le Congo - Kinshasa est une mine à ciel ouvert mais cette richesse des sols profite rarement à la population congolaise malgré les réformes du #code_minier. Alors, entre #multinationales, Etats et population, comment se répartissent les bénéfices de l’extraction ?

    #RDC #extraction_minière

    • 1

      Un monde sous perfusion métallique (1/4) : Terres rares : le nouvel instrument de domination de la Chine
      29 janvier 2018 à 11:53
      durée : 00:58:17 - Cultures monde - par : Florian Delorme - L’industrie chinoise produit 83 % des terres rares du monde, ces métaux devenus indispensables à la fabrication de produits de hautes technologies et plus encore de technologies vertes. Alors à quel point ce monopole permet-elle à la Chine de s’imposer sur la scène mondiale ? - réalisé par : Luc-Jean Reynaud

      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-29.01.2018-ITEMA_21570376-0.mp3

      2

      Un monde sous perfusion métallique (2/4) : Le marché des métaux sous tension
      30 janvier 2018 à 11:53
      durée : 00:59:00 - Cultures monde - par : Florian Delorme - Depuis les années 2000, le cours des métaux (cuivre, aluminium, nickel, zinc, cobalt, or...) ne cesse d’augmenter en bourse. Métaux industriels, métaux précieux, voitures électriques, demande chinoise, comment fonctionne le marché des métaux ? - réalisé par : Luc-Jean Reynaud

      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-31.01.2018-ITEMA_21572845-0.mp3

      3

      Un monde sous perfusion métallique (3/4) : Amérique latine : désastre écologique et luttes sociales
      31 janvier 2018 à 11:53
      durée : 00:58:21 - Cultures monde - par : Florian Delorme - Au Chili, au Pérou, en Argentine, les conflits se sont multipliés ces dernières années entre les populations locales et les multinationales minières, accusées de violences et de dégâts environnements. Alors quelles sont ces revendications environnementales et sociales ? - réalisé par : Luc-Jean Reynaud

      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-31.01.2018-ITEMA_21572845-0.mp3

      4

      Un monde sous perfusion métallique (4/4) : Multinationales versus Etats : à qui revient la rente ?
      1 février 2018 à 11:53
      durée : 00:58:47 - Cultures monde - par : Florian Delorme - Cuivre, or, cobalt, zinc... le Congo - Kinshasa est une mine à ciel ouvert mais cette richesse des sols profite rarement à la population congolaise malgré les réformes du code minier. Alors, entre multinationales, Etats et population, comment se répartissent les bénéfices de l’extraction ? - réalisé par : Luc-Jean Reynaud

      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11701-01.02.2018-ITEMA_21574032-0.mp3


  • « Un porc, tu nais ? »
    Par Leïla Slimani, Ecrivaine, prix Goncourt 2016 — 12 janvier 2018 à 09:27
    http://www.liberation.fr/france/2018/01/12/un-porc-tu-nais_1621913

    Marcher dans la rue. Prendre le métro le soir. Mettre une minijupe, un décolleté et de hauts talons. Danser seule au milieu de la piste. Me maquiller comme un camion volé. Prendre un taxi en étant un peu ivre. M’allonger dans l’herbe à moitié dénudée. Faire du stop. Monter dans un Noctambus. Voyager seule. Boire seule un verre en terrasse. Courir sur un chemin désert. Attendre sur un banc. Draguer un homme, changer d’avis et passer mon chemin. Me fondre dans la foule du RER. Travailler la nuit. Allaiter mon enfant en public. Réclamer une augmentation. Dans ces moments de la vie, quotidiens et banals, je réclame le droit de ne pas être importunée. Le droit de ne même pas y penser. Je revendique ma liberté à ce qu’on ne commente pas mon attitude, mes vêtements, ma démarche, la forme de mes fesses, la taille de mes seins. Je revendique mon droit à la tranquillité, à la solitude, le droit de m’avancer sans avoir peur. Je ne veux pas seulement d’une liberté intérieure. Je veux la liberté de vivre dehors, à l’air libre, dans un monde qui est aussi un peu à moi.

    Je ne suis pas une petite chose fragile. Je ne réclame pas d’être protégée mais de faire valoir mes droits à la sécurité et au respect. Et les hommes ne sont pas, loin s’en faut, tous des porcs. Combien sont-ils, ces dernières semaines, à m’avoir éblouie, étonnée, ravie, par leur capacité à comprendre ce qui est en train de se jouer ? A m’avoir bouleversée par leur volonté de ne plus être complice, de changer le monde, de se libérer, eux aussi, de ces comportements ? Car au fond se cache, derrière cette soi-disant liberté d’importuner, une vision terriblement déterministe du masculin : « un porc, tu nais ». Les hommes qui m’entourent rougissent et s’insurgent de ceux qui m’insultent. De ceux qui éjaculent sur mon manteau à huit heures du matin. Du patron qui me fait comprendre à quoi je devrais mon avancement. Du professeur qui échange une pipe contre un stage. Du passant qui me demande si « je baise » et finit par me traiter de « salope ». Les hommes que je connais sont écœurés par cette vision rétrograde de la virilité. Mon fils sera, je l’espère, un homme libre. Libre, non pas d’importuner, mais libre de se définir autrement que comme un prédateur habité par des pulsions incontrôlables. Un homme qui sait séduire par les mille façons merveilleuses qu’ont les hommes de nous séduire.

    Je ne suis pas une victime. Mais des millions de femmes le sont. C’est un fait et non un jugement moral ou une essentialisation des femmes. Et en moi, palpite la peur de toutes celles qui, dans les rues de milliers de villes du monde, marchent la tête baissée. Celles qu’on suit, qu’on harcèle, qu’on viole, qu’on insulte, qu’on traite comme des intruses dans les espaces publics. En moi résonne le cri de celles qui se terrent, qui ont honte, des parias qu’on jette à la rue parce qu’elles sont déshonorées. De celles qu’on cache sous de longs voiles noirs parce que leurs corps seraient une invitation à être importunée. Dans les rues du Caire, de New Delhi, de Lima, de Mossoul, de Kinshasa, de Casablanca, les femmes qui marchent s’inquiètent-elles de la disparition de la séduction et de la galanterie ? Ont-elles le droit, elles, de séduire, de choisir, d’importuner ?

    J’espère qu’un jour ma fille marchera la nuit dans la rue, en minijupe et en décolleté, qu’elle fera seule le tour du monde, qu’elle prendra le métro à minuit sans avoir peur, sans même y penser. Le monde dans lequel elle vivra alors ne sera pas un monde puritain. Ce sera, j’en suis certaine, un monde plus juste, où l’espace de l’amour, de la jouissance, des jeux de la séduction ne seront que plus beaux et plus amples. A un point qu’on n’imagine même pas encore.


  • Colonialism can work – just look at Singapore | Jeevan Vasagar | Opinion | The Guardian

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/jan/04/colonialism-work-singapore-postcolonial-british-empire

    Bombay is Mumbai, Léopoldville is Kinshasa, Cecil Rhodes has been hoisted from his plinth by a crane; but when I moved to Singapore a few years ago it quickly became clear that much of its colonial legacy had been left intact.
    The history of empire isn’t about pride – or guilt
    James McDougall
    Read more

    There is a gleaming white statue of Thomas Stamford Raffles, founder of modern Singapore, at the riverside spot where he is said to have landed. Unusually for a colonial figure, it was put up in 1969, four years after Singapore became an independent republic.

    The country’s founding prime minister Lee Kuan Yew once said the statue reminds his people of Raffles’ vision of Singapore becoming “the emporium of the east”, adding that Singapore was different from most of its south-east Asian neighbours because it had “no xenophobic hangover” from colonialism.

    #colonialisme


  • RDC : Répression des chrétiens : la société civile s’en prend à la France
    https://afrique.lalibre.be/13016/rdc-repression-des-chretiens-la-societe-civile-sen-prend-a-la-france

    La déclaration des services de Mme Mogherini note la “grave atteinte à la liberté d’expression”, condamne “les arrestations arbitraires” et appelle à “la libération immédiate des détenus”, ajoutant que “les autorités congolaises ont le devoir de protéger leurs citoyens et non de les réprimer”.

    Un texte qui semble en deçà des conclusions du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE du 11 décembre, qui rappelait notamment aux autorités politiques et policières congolaises “que leur responsabilité individuelle est engagée en cas de graves violations des droits de l’homme (…) d’action ou de déclaration qui constituent des entraves à la mise en oeuvre de l’Accord” de la St-Sylvestre 2016.

    Selon nos informations (voir La Libre du 3 janvier), ce retard est imputable à deux pays membres ayant des intérêts industriels au Congo, qui se sont opposés à une déclaration commune des ambassadeurs de l’UE à Kinshasa ainsi qu’à un texte des 28, lui préférant une prise de position de Mme Mogherini parce qu’elle les engage moins.

    #BoycottFrance

    Selon les journalistes français Sonia Rolley (RFI) et Christophe Rigaud (Afrikarabia), ces deux pays seraient la France et l’Espagne. En juin dernier, l’hebdomadaire Jeune Afrique avait déjà souligné que l’Espagne faisait profil bas au sein du Conseil européen des Affaires étrangères lorsqu’il était question de sanctionner le régime Kabila.

    Mercredi, au Congo, les réseaux sociaux crépitaient de mises en cause du président Macron dont “les intérêts (…) semblent primer sur nos morts” tweetait notamment une figure de la société civile, Floribert Anzuluni, de l’organisation Filimbi. Une autre organisation de la société civile, Lucha, a lancé une campagne #BoycottFrance pour le “Congo et partout où les peuples africains sont opprimés avec la complicité de la France. Pareil pour l’Espagne d’ailleurs. Trop c’est trop”.


  • RDC : au Kasaï, massacres à huis clos - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2017/12/28/rdc-au-kasai-massacres-a-huis-clos_1619377

    La Fédération internationale des droits de l’homme a recueilli les témoignages glaçants de survivants d’attaques qui ciblent majoritairement l’ethnie #luba, dans une province réputée pour être un foyer d’opposition au régime du président Kabila.

    Lorsque l’infirmier est retourné à l’hôpital, juste après l’attaque, il y a découvert le corps de sa femme. Elle était morte, dénudée, un bâton en bois enfoncé dans son sexe. A proximité, une commerçante qui avait l’habitude de vendre des beignets non loin de l’entrée du centre de santé, gisait sur le sol, éventrée. Deux fœtus avaient été extraits de son ventre et découpés à la machette. Un médecin qui a survécu au massacre racontera avoir découvert « une montagne de cadavres » à l’intérieur de l’hôpital. Et, notamment, « des hommes émasculés, dont le pénis avait été déposé sur leur front ». Ce jour-là, à Cinq, un simple village situé dans le sud de la république démocratique du Congo (RDC), près d’une centaine de personnes ont trouvé la mort dans des conditions atroces, rien qu’à l’hôpital. La salle d’opération a été incendiée alors que 35 patients se trouvaient à l’intérieur. A la maternité, une dizaine de femmes ont été massacrées, dont deux qui avaient accouché le matin même, et dont les bébés n’ont pas été épargnés. Mais l’hôpital n’a pas été le seul lieu du carnage, et c’est en réalité tout le village de Cinq, à peine 10 000 habitants, qui a été soudain plongé dans un bain de sang ce 24 avril. Il y a déjà sept mois.

    « Chaos organisé »

    Personne n’aurait entendu parler de ce massacre à huis clos si les enquêteurs de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) n’avaient recueilli les témoignages des survivants qui ont fui de l’autre côté de la frontière, en Angola. « Une femme de 50 ans a raconté l’exécution de douze membres de sa famille, tués par balle et à coups de machettes. […] Une autre femme de 41 ans a indiqué que six de ses enfants et quatre de ses petits-enfants ont été exécutés, certains par balle, d’autres à coups de machettes et de couteaux », décrivent ainsi les enquêteurs de la FIDH, dans un rapport accablant publié fin décembre. Et Cinq n’est qu’un exemple parmi d’autres massacres, restés eux aussi impunis. « C’est simplement celui pour lequel nous avons le plus de témoignages », explique-t-on à la FIDH, dont le rapport vise d’abord à dénoncer « le chaos organisé » qui, depuis plusieurs mois, déstabilise tout le #Kasaï. Cette province grande comme le Portugal est réputée depuis longtemps être un foyer d’opposition au régime du président Joseph Kabila.

    Aujourd’hui, les enquêteurs de la FIDH sont formels : après avoir identifié une cinquantaine de noms, ils accusent « les forces armées congolaises et les miliciens progouvernementaux de Bana Mura », une milice soudain apparue début 2017, d’avoir orchestré le massacre de Cinq, comme de plusieurs autres localités du Kasaï.

    Dans quel but ? « Affaiblir une région où la population est hostile au président #Kabila et empêcher la tenue des élections l’an prochain. Elles ont déjà été reportées cette année sous prétexte que le recensement électoral était impossible, notamment au Kasaï, dans un tel contexte d’insécurité », accuse Paul Nsapu, secrétaire général de la FIDH pour l’Afrique. Aujourd’hui exilé à Bruxelles, ce Congolais a fait partie de la mission dépêchée en Angola auprès des réfugiés du Kasaï. Une région qu’il connaît bien, puisqu’il y est né et y a grandi.

    « Éradication »

    Il semble que l’immense majorité des victimes appartient à l’ethnie luba. Ce n’est pas un hasard : le gouvernement congolais assimile désormais tous les Lubas aux « Kamuina Nsapu », du nom d’une chefferie locale dont les membres ont pris les armes après l’assassinat de leur chef coutumier en août 2016. Ce dernier, Jean Pierre Mpandi, un médecin revenu d’exil en Afrique du Sud après avoir été désigné à la tête des Kamuina Nsapu, avait refusé de faire allégeance au président Kabila. Mais son meurtre, loin de dissuader ses fidèles, les a au contraire conduits à s’attaquer aux symboles de l’Etat dans une véritable guérilla, qui a aussi fait son lot de victimes depuis un an. « Face à cette insurrection, le régime de Kinshasa a noyauté toutes les administrations en écartant ceux qui sont hostiles au pouvoir, mais aussi les Lubas, soupçonnés de sympathie pour les rebelles », explique encore Paul Nsapu. Dans ce cycle d’attaques et de représailles sans fin, les #massacres orchestrés dans certaines localités viseraient ainsi, pour la FIDH, à instaurer un climat de terreur, censé affaiblir « les forces négatives », selon la formule employée à Kinshasa.

    « Mais à Cinq, comme ailleurs, il ne s’agit plus seulement de faire peur. C’est une véritable stratégie d’éradication qui a eu lieu », souligne Tchérina Jerolon, responsable adjointe du bureau Afrique de la FIDH.

    Depuis son indépendance, en 1960, la RDC, autrefois baptisée Zaïre, a rarement été un pays tranquille. Aussi vaste que l’Europe de l’Ouest, ce géant toujours instable a été depuis plus d’un demi-siècle « violé, pillé, ravagé, ruiné, corrompu, sanguinaire, dupé, ridiculisé, réputé sur tout le continent pour son incompétence, sa corruption et son anarchie », écrivait, en 2006, le romancier britannique John Le Carré dans le Chant de la mission. Paul Nsapu n’a d’ailleurs pas oublié « les tentatives des colons belges de retarder leur départ en suscitant eux aussi des foyers d’instabilité au Kasaï et au Katanga, toujours grâce à la manipulation des ressentiments ethniques ».

    Mais sur la base des informations recueillies en Angola, les enquêteurs de la FIDH sont en mesure d’affirmer que les massacres perpétués ces derniers mois placent le curseur encore plus haut dans l’échelle des violences auxquelles ce pays est accoutumé : ils relèveraient en effet désormais d’une « stratégie de planification et d’extermination, constitutive de crimes contre l’humanité », insiste Safya Akorri, l’avocate de la FIDH, qui envisage de solliciter la Cour pénale internationale (CPI).

    De nombreux témoignages recueillis en Angola évoquent en effet des « réunions destinées à préparer les tueries ». Et notamment à Cinq, où la FIDH a identifié au moins sept responsables locaux, accusés d’avoir rassemblé les représentants des communautés qui ne sont pas Lubas et de les avoir radicalisés en désignant un ennemi de circonstance : les Lubas, soudain « désignés comme des étrangers qui ont volé des terres », affirme le rapport de la FIDH.

    Les rescapés se rendront d’ailleurs compte après l’attaque que la plupart des familles tchokwé, pende et tetela avaient quitté le village quelques jours auparavant. Comme s’ils savaient ce qui allait se produire dans ce petit village où les communautés vivaient jusque-là en bonne entente. Seuls certains hommes reviendront le jour du massacre, pour assister les tueurs. Lesquels auront pris soin, toujours selon les témoignages recueillis, de bloquer toutes les sorties du village, afin d’éliminer ceux qui auraient tenté de s’échapper.

    « Boucs émissaires »

    Dans une région d’Afrique, qui reste hantée par le génocide au Rwanda en 1994, ces massacres à huis clos rappellent de mauvais souvenirs. La FIDH, qui avait en son temps dénoncé les signes avant-coureurs du génocide rwandais, en est pleinement consciente. Ici aussi, comme au Rwanda à l’époque, « le gouvernement semble avoir désigné des groupes ciblés devenus des boucs émissaires pour justifier son maintien au pouvoir », croit savoir Paul Nsapu.

    Comment évaluer l’étendue du désastre ? La mission de la FIDH a été dissuadée de se rendre au Kasaï même, se contentant des témoignages des réfugiés de l’autre côté de la frontière.

    Les autorités de Kinshasa refusent d’accueillir des missions d’enquête internationales indépendantes. Et l’assassinat, en mars, de deux experts occidentaux de l’ONU a refroidi les velléités de ceux qui veulent faire la lumière sur ce qui se passe réellement au Kasaï. Michael Sharp et Zaida Catalán ont été tués lors d’une mission sur le terrain dans cette région où 87 fosses communes ont été découvertes. Kinshasa avait immédiatement accusé les Kamuina Nsapu de ce double meurtre.

    « Témoins gênants »

    Pourtant, mi-décembre, une enquête conjointe menée par la radio RFI et l’agence de presse Reuters était en mesure de révéler que la mission des deux experts a été infiltrée dès le départ par deux agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Lesquels auraient persuadé les Occidentaux de se rendre dans une zone, pourtant déconseillée par les interlocuteurs locaux. Ces conseils de prudence n’ont pas été traduits et rapportés aux experts pendant une séance préparatoire, par chance enregistrée, et dont les journalistes ont pu avoir le compte rendu. « Après la découverte des corps, sous la pression internationale, les autorités ont procédé à des arrestations et ont organisé un procès, actuellement suspendu. Mais ce ne sont pas les vrais coupables qui se retrouvent face aux juges. Juste des sous-fifres. L’ANR manipule tout, et elle fait disparaître les protagonistes comme les témoins gênants », accuse Paul Nsapu, qui voit dans l’explosion du Kasaï la confirmation d’une dérive qui gangrène tout le pays. « Ces horreurs résultent d’une situation politique et sécuritaire qu’on retrouve en réalité sur tout le territoire congolais. Et notamment dans l’est du pays, en Ituri, autour de la ville de Beni, où les massacres sont récurrents. Même chose dans le nord du Katanga, où des foyers d’insécurité sont apparus et où l’armée exacerbe les conflits ethniques », énumère le secrétaire général de la FIDH Afrique. Et de conclure : « Chaque jour, nous entendons des cris venus de ce pays. Pour dire qu’on a enlevé quelqu’un, qu’un autre a été arrêté ou qu’il a disparu. Quand est-ce qu’on va enfin réagir pour mettre un terme à ce cauchemar ? »
    Maria Malagardis

    #Congo #RDC


  • #Grèce : les migrants arrivent toujours à Lesbos, sans pouvoir en partir

    4 décembre 2017 Par Elisa Perrigueur

    Plus de 8 500 demandeurs d’asile sont actuellement bloqués sur l’île de #Lesbos, avec interdiction de se rendre sur le continent grec. Alors que le principal camp de l’île, #Moria, est largement surpeuplé, des migrants arrivent chaque jour depuis la Turquie, située à une dizaine de kilomètres.

    Lesbos (Grèce), envoyée spéciale.– Lorsqu’il a voulu traverser la dizaine de kilomètres de la mer Égée qui séparent la Turquie de l’île grecque de Lesbos, l’Irakien Muhammad n’a eu aucun mal à trouver un passeur. Aux frontières de l’Europe, ce business obscur est enraciné. Concurrentiel, selon l’étudiant de 26 ans. « Dans le quartier d’Aksaray à Istanbul, il y en a plein… »

    Muhammad, veste de cuir marron et l’air sûr de lui, a pu choisir son tarif en négociant avec « des Syriens, des Irakiens, de [son] âge, qui travaillent sous pseudo ». Avec toujours la même stratégie commerciale. « Au début, ils étaient sympas avec moi pour me vendre leur trajet, ils m’emmenaient boire du thé, plaisantaient. » Mais une fois l’argent déposé auprès d’une épicerie d’Istanbul, la relation a changé. « Ils ne répondaient plus au téléphone, ils m’ont abandonné près de la plage de Dikili [à l’ouest de la Turquie – ndlr] avec des migrants syriens. » Après avoir dormi plusieurs jours dans une forêt de la côte turque égéenne, le 20 novembre, Muhammad a finalement gagné les rives de Lesbos sur un bateau pneumatique, pour 500 euros.

    En 2015, lorsque près d’un million de migrants avaient franchi cette frontière maritime, la traversée coûtait de 1 500 à 2 000 euros. Juste après la signature de l’accord controversé entre l’Union européenne (UE) et la Turquie, en mars 2016, le nombre des passages avait chuté. Mais ces derniers mois, il repart à la hausse : 26 167 personnes sont arrivées dans le pays en 2017, par la mer pour une majorité d’entre elles, selon l’Organisation internationale pour les migrations. « On enregistre une hausse des venues cet automne, précise Astrid Castelein, responsable au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Cela peut s’expliquer par la météo, la mer est très calme. »
    Désormais, chaque jour, comme Muhammad, en moyenne 120 migrants arrivent sur les îles grecques situées en face de la Turquie, notamment Lesbos, Samos ou Chios, indique Georges Christianos, commandant de la garde côtière hellénique et directeur du bureau de surveillance maritime.

    Et les trafiquants prospèrent toujours sur la misère. « Les passeurs sont nombreux. Nous en avons arrêté 800 depuis 2015 dans les eaux territoriales grecques, dont 210 cette année », affirme-t-il. Condamnés sur la base de témoignages de migrants et de flagrants délits, ils écopent de peines allant jusqu’à dix ans de prison et d’une amende de 1 000 euros par migrant transporté. « Ces trafiquants sont souvent des hommes entre 25 et 30 ans. Sur les 800 arrestations, 20 femmes ont été interpellées. Un quart de toutes ces personnes arrêtées sont d’origine turque. » Pour beaucoup, des pêcheurs familiers des rivages montagneux près d’Izmir, Ayvalik, Bodrum, qui connaissent les eaux et maîtrisent leurs courants. Mais les passeurs sont aussi syriens, irakiens, pakistanais et ces deux dernières années, issus d’ex-pays soviétiques comme l’Ukraine.
    Leurs « clients », des Syriens, Afghans, Soudanais, Congolais… payent 300 euros pour une place dans un canot pneumatique surchargé, 1 000 euros pour un passage dans un hors-bord et 2 000 euros pour une traversée sur un voilier de luxe. Certains passeurs restent à terre. D’autres accompagnent les embarcations sur des canots annexes, selon le ministère grec de la marine, pour pouvoir récupérer les moteurs et bateaux après la traversée. Avec la distance pour avantage. « La Grèce et la Turquie sont parfois si proches qu’un passeur peut rejoindre les deux rives en une dizaine de minutes », explique Georges Christianos. Mais une traversée peut aussi durer plus de deux heures, en fonction du point de départ en Turquie.

    Aujourd’hui, ces trafiquants d’hommes doivent être plus stratégiques pour rester invisibles. Car depuis mars 2016, la frontière maritime a été barricadée. Vers 18 heures, le 24 novembre, un voile noir enveloppe les hauteurs de Lesbos. La patrouille portugaise de l’agence Frontex, chargée de surveiller les frontières extérieures de l’Union européenne, largue les amarres du petit port de Molivos, dans le Nord. Les trois agents ainsi qu’un officier de liaison grec longent les montagnes obscures de Turquie, dans les eaux territoriales grecques. Comme cette patrouille, 42 autres, en bateau, avion et hélicoptère, dont 17 de Frontex, arpentent la mer Égée, précise le ministère grec de la marine. Depuis mars 2016, ces équipages arrêtent les passeurs et récupèrent les embarcations de migrants. Mais ces interceptions sont presque indécelables : aucun bateau n’arrive directement sur les plages de galets, comme en 2015. Les opérations de secours ont lieu en mer Égée, le plus souvent au cœur de la nuit.

    Ce soir de novembre, le navire battant pavillon portugais croise, phares éteints. « Sans lumières, nous détectons mieux les embarcations au loin », précise Paulo, le jeune commandant. Alors, dans leur étroite cabine, les agents scrutent durant des heures un radar et un écran où défilent les images des eaux alentour, filmées en caméra infrarouge. Seule une chanson de Marilyn Manson en fond sonore trahit leur présence dans la pénombre. L’étendue d’eau calme paraît déserte, mais deux faibles lumières rouges clignotent : les gardes-côtes turcs. « Dès que Frontex ou les gardes-côtes grecs détectent au loin des embarcations de migrants dans les eaux territoriales turques, nous les prévenons pour qu’ils les ramènent en sécurité en Turquie », indique le responsable grec Georges Christianos. Car si 120 personnes parviennent chaque jour à gagner la rive grecque, dans le même temps, 120 autres sont rapatriées en Turquie par les gardes-côtes turcs. La hantise des candidats à l’Europe.

    Au même moment, un canot d’une capacité de 15 places quitte le rivage turc. Soixante-six personnes à bord. Durant la traversée, un mouvement de panique s’empare du bateau surchargé. Un enfant afghan de 10 ans ne survivra pas. « D’après le témoignage du père, il est mort peu après avoir quitté la Turquie. Le bateau était trop plein, l’enfant était au centre, il a été piétiné », rapporte Georges Christianos. Le bateau a ensuite été récupéré par une patrouille bulgare de Frontex. D’après l’agence de presse grecque ANA, l’arrivée du navire européen a suscité l’affolement. Les passagers ont cru que le navire appartenait aux gardes-côtes turcs. Et imaginé un retour forcé vers la Turquie.

    « On a toujours un doute, on ne sait jamais si ce sont des Grecs ou des Turcs lorsqu’ils arrivent vers nous. » Eddy, pasteur congolais de 40 ans, arrivé à Lesbos en juin, se souvient de la peur qui l’a tétanisé lors de son sauvetage. Parti de la République démocratique du Congo (RDC), celui qui se décrit comme « opposant politique, évadé de la prison de Makala [prison de Kinshasa – ndlr] », a pris la mer de nuit avec 50 personnes. « Il y a eu des mouvements de panique à cause des vagues. Deux hommes sont tombés à l’eau mais ont réussi à remonter. » Après deux heures et demie à dériver seuls, un hélicoptère a survolé leur embarcation. « Un navire a commencé à s’approcher. J’avais tellement peur que ce soit des Turcs. En anglais, des hommes disaient : “Restez calmes, nous sommes là pour vous sauver.” » Peu à peu, le drapeau grec du bateau est apparu à l’horizon. Les passagers ont poussé des cris de joie. « Vous êtes maintenant en sécurité, nous allons à Lesbos », ont répété les gardes-côtes aux exilés. Mais Eddy ne s’attendait pas à une escale interminable. Même s’il avait entendu parler du « piège » du camp de Moria sur l’île grecque.

    Moria, 2 000 places, 6 700 personnes, « Welcome to prison »

    L’étudiant Muhammad, lui, s’était « mentalement préparé » à Moria. Avant de quitter l’Irak, il s’était inscrit dans un groupe Facebook privé « où discutent des passeurs et des Syriens et des Irakiens voulant venir en Grèce ». Et ce nom revenait régulièrement dans les messages. « Je savais qu’ici, certains deviennent fous. Je voyais des vidéos des bagarres, fréquentes à cause de l’alcool, du shit, de la tension. Et je savais que je passerais au moins l’hiver ici », dit-il. Comme une condamnation. Lorsqu’il est arrivé devant les grilles du camp, le 23 novembre, il a lu ce tag le long du mur de béton : « Welcome to prison. »

    Ce lieu illustre l’éternel contraste de Lesbos. Une tragédie humaine au cœur d’un paysage idyllique de mer azur et de collines arborées. Nichée au milieu de cette nature, cette forteresse de barbelés, dans le village de 1 000 âmes de Moria, « loge » désormais 6 700 migrants. De plus en plus confinés, bien au-delà des 2 000 places prévues. Soixante-quinze nationalités rapprochées de force par leur quête d’Europe : des Syriens, Afghans, Irakiens, Érythréens, Éthiopiens, Congolais, Camerounais, Ivoiriens… Hommes, femmes et enfants, répartis par origines.

    L’Irakien Muhammad montre sa petite tente de deux places dans un champ d’oliviers. « Nous dormons à cinq dedans. Les autres sont aussi des Irakiens que je ne connaissais pas avant de venir. » Plusieurs centaines de tentes ont été plantées dans l’urgence autour des containers, hors de l’enceinte de Moria, pour accueillir les migrants qui arrivent régulièrement sur l’île. 67 par jour en octobre, selon un calcul du HCR. Le linge qui pend sur ses grillages ne sèche pas. L’hiver s’approche, l’air est frais. L’odeur de poubelle et d’urine a supplanté celle des oliviers. Au bout d’un sentier d’herbes folles, jonché de préservatifs usagés, de canettes vides et d’excréments humains, coule un filet d’eau sorti d’un tuyau percé. C’est « la douche » pour des milliers de migrants qui n’accèdent pas aux centaines d’installations sanitaires du camp.
    Depuis l’accord UE-Turquie, les migrants restent bloqués dans ce camp avec interdiction de quitter Lesbos dans l’attente du traitement de leur demande d’asile. Mamoudou, 27 ans, espère une réponse depuis sept mois. Cet Ivoirien exhibe sa carte de demandeur, renouvelée chaque mois par le Bureau européen en charge des demandes. Avec toujours cette même inscription en rouge : « Droit de circuler à Lesbos. » Mais nulle part ailleurs. Ce petit papier reste précieux : il lui permet de toucher 90 euros par mois. De fausses cartes circulent parfois dans le camp, d’après une source anonyme interne à Moria… L’Ivoirien a atterri en Turquie avec de faux papiers, avant de gagner les côtes grecques.

    Comme lui, quelques milliers d’Africains désormais bloqués ont pris la route de la Grèce pour rejoindre l’Europe, voulant « éviter la Libye où les Noirs sont réduits à l’esclavage. […] Je l’ai vu sur le Net », explique Mamoudou. Mais pour Sami, autre résident du camp venu de RDC, la Turquie est aussi un « calvaire », raconte-t-il en serrant sa Bible. « Au départ, je voulais rester à Istanbul. Mais à l’aéroport, des policiers turcs m’ont arrêté plusieurs jours et ne m’ont pas laissé prier. Je suis chrétien, et ils étaient musulmans… Puis certaines personnes, dans la rue, se bouchaient le nez sur mon passage », assure le jeune homme de 20 ans.

    À plusieurs reprises, des ONG, comme Amnesty International, ont alerté sur les risques qu’encourent les migrants en Turquie. Assis sur un banc face à Sami, trois visiteurs venus de France, « de passage quelques jours », écoutent son récit avec un air compassionnel. « Nous sommes venus pour apporter notre soutien et la parole de Dieu à ces gens », prêchent ces religieux anonymes, qui disent être venus à titre « personnel ». À quelques mètres, derrière les rangées de barbelés, des policiers épient l’étranger du regard. Un policier contrôle les images d’une journaliste vidéo. L’inscription « No photo » est placardée sur les clôtures.

    L’Europe pourrait oublier Moria et ses âmes égarées, isolées en ses confins. Mais les autorités de Lesbos élèvent la voix. Le 20 novembre, à l’appel de la mairie, des centaines d’habitants grecs ont défilé sur le port aux façades pastel du chef-lieu de l’île, Mytilène. « Il y a au total 8 500 candidats à l’asile bloqués sur l’île. C’est une mauvaise gestion de la crise de l’UE et du gouvernement, dénonce Marios Andriotis, porte-parole de la municipalité. La frustration monte. Des Afghans ont fait une grève de la faim sur la petite place de la ville pendant deux semaines. »

    Lesbos, impuissante et explosive, réclame « le transport des migrants vers le continent [grec] ». En mars 2016, Marios Andriotis se disait pourtant satisfait de l’accord UE-Turquie. « Jamais nous n’aurions imaginé la situation actuelle, nous pensions que les déboutés de l’asile seraient renvoyés en Turquie. » Le politicien ne s’attendait pas à ce que « seules » plusieurs centaines de personnes soient déportées de l’autre côté. « Nous pensions aussi que les demandes d’asile seraient traitées rapidement. » La réponse concernant le droit d’asile s’éternise. Inquiet, Marios Andriotis estime que « les migrants pourront désormais attendre jusqu’à un an pour savoir ce qu’ils deviendront ». Certains ne tiendront pas. Régulièrement, des migrants tentent de rejoindre Athènes en montant illégalement à bord des ferries qui partent chaque jour de Lesbos.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/041217/grece-les-migrants-arrivent-toujours-lesbos-sans-pouvoir-en-partir?onglet=
    #statistiques #chiffres de personnes bloquées sur l’île :

    Ce lieu illustre l’éternel contraste de Lesbos. Une tragédie humaine au cœur d’un paysage idyllique de mer azur et de collines arborées. Nichée au milieu de cette nature, cette forteresse de barbelés, dans le village de 1 000 âmes de Moria, « loge » désormais 6 700 migrants.

    #réfugiés #asile #migrations


  • A Kinshasa, un luthier à la renommée internationale
    http://information.tv5monde.com/afrique/kinshasa-un-luthier-la-renommee-internationale-202414

    (lien vers la vidéo - mp4 non géré par @seenthis )
    http://vodflash.tv5monde.com/redacweb/RDC/RDC-Luthier.mp4

    Jeune, Jean-Luther Misoko Nzalayala se destinait au foot, mais une crise de rhumatisme l’a mis sur la touche et l’a poussé vers la musique. Quelques décennies plus tard, son nom est associé à plusieurs milliers de guitares, grattées à Kinshasa, en Europe ou aux Amériques. 
    À 57 ans, Socklo - le pseudonyme dont M. Misoko signe ses oeuvres - crée des instruments de musique depuis des années dans le même petit atelier de Lemba, quartier populaire de la capitale de la République démocratique du Congo : une cahute de tôle et de parpaings d’une dizaine de mètres carrés au sol en terre jonché de débris de bois.
    Socklo raconte avoir appris à jouer de la guitare alors qu’il était encore à l’école secondaire pour conjurer la maladie et s’"occuper" autrement qu’en tapant dans un ballon.
    Un jour, l’idée lui vient de reproduire l’instrument qu’il a acheté. Le résultat n’a pas été fameux, s’amuse-t-il : « Ma première guitare [avait la forme d’une] guitare mais si vous mettiez les cordes et que vous l’accordiez, le manche se repliait sous l’effet de la tension, il n’y avait pas moyen de jouer ! »
    Après un passage à l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA) de Kinshasa, où il a « fait l’électronique » - ce qui lui vaut de signer ses créations « Ir Socklo », pour Ingénieur Socklo - le jeune Jean-Luther s’installe véritablement dans la lutherie en 1978.
    Le cheveu court et blanchissant, Socklo raconte de sa voix douce qu’il a appris seul et inventé intégralement son processus de fabrication.


  • La ville des flux. L’envers et l’endroit de la mondialisation urbaine | Territoire en mouvement
    http://tem.revues.org/4428

    La mondialisation est avant tout urbaine. Devenue un gigantesque accélérateur de trajectoires individuelles, soumise aux impératifs de la vitesse, la ville des flux perd progressivement son attache avec le territoire. Elle oscille ainsi entre les friches urbaines des non-lieux que les flux contournent – les favelas de Rio ou São Paulo, les bidonvilles de Kinshasa et de Johannesburg – et le paroxysme de la communication des hyperlieux branchés sur les réseaux, où s’affichent les signes d’une modernité agressive et insolente – comme à Singapour, Doha ou Dubaï. Y a-t-il encore une place pour l’émergence de milieux qui cherchent à soumettre ces flux à l’exigence anthropologique de l’habiter, ainsi qu’à celle, politique, de l’agir ensemble – comme le symbolisent désormais la place Tahrir du Caire ou la place Taksim d’Istanbul ? Pour déjouer les projections fonctionnalistes des architectes-urbanistes ainsi que les tentatives de planification des édiles et des aménageurs, pour résister aux nostalgies patrimoniales comme aux séductions des images futuristes, il faut être sensible aux pouvoirs de l’informel, celui des quartiers tremplins qui font des migrants les inventeurs de nouvelles pratiques urbaines, comprendre les raisons de l’attractivité des façades maritimes et des ports, et entendre l’enchevêtrement des récits de la ville invisible. Olivier Mongin nous propose un panorama magistral des évolutions contemporaines de la ville et de la diversité des scénarios urbains, en nourrissant ses réflexions des réalisations des architectes et urbanistes, mais aussi des fulgurances des cinéastes.


  • Congo-Kinshasa: Water is Life… or is it? - allAfrica.com
    http://allafrica.com/stories/201711300210.html

    The short story is this: Concern Worldwide teams up (that’s the consortium bit) with a bunch of other aid agencies in Congo (that’s the DRC part) and they launch a mission to radically improve the lives and health of tens of thousands of families in hundreds of villages, deep in the bush. They’ll do this by tackling the biggest problems in water, sanitation, and hygiene (there’s the WASH bit). Boom. How hard can it be?

    “This is quite complicated and frankly not that easy,” Felix informs us, in a masterpiece of understatement. “It’s really not just a question of drilling boreholes and installing pumps.”

    #eau #potabilité #Afrique #pauvres


  • CADTM - Pourquoi il est possible de traduire en justice la Banque mondiale
    http://www.cadtm.org/Pourquoi-il-est-possible-de,2344

    Intervention d’Éric Toussaint, président du CADTM Belgique à l’occasion d’une journée consacrée à l’audit de la dette de la République démocratique du Congo (RDC), au sénat belge.

    Est-il possible de traduire la Banque mondiale en justice ?

    Contrairement à une idée répandue, la Banque mondiale ne bénéficie pas en tant qu’institution, en tant que personne morale, d’une immunité. La section 3 de l’article VII de sa charte (articles of agreement) prévoit explicitement que la Banque peut être traduite en justice sous certaines conditions. La Banque peut être jugée notamment devant une instance de justice nationale dans les pays où elle dispose d’une représentation et/ou dans un pays où elle a émis des titres |1|.

    Cette possibilité de poursuivre la Banque en justice a été prévue dès la fondation de la Banque en 1944 et cela n’a pas été modifié jusqu’à présent pour la simple et bonne raison que la Banque finance les prêts qu’elle accorde à ses membres (pays-membres) en recourant à des emprunts (via l’émission de titres -bonds-) sur les marchés financiers. A l’origine, ces titres étaient acquis par des grandes banques privées principalement nord-américaines. Maintenant, d’autres institutions, y compris des fonds de pension et des syndicats, en font aussi l’acquisition.

    Les pays qui ont fondé la Banque mondiale ont considéré qu’ils n’arriveraient pas à vendre des titres de la Banque s’ils ne garantissaient pas aux acheteurs qu’ils pourraient se retourner contre elle en cas de faut de paiement. C’est pour cela qu’il y a une différence fondamentale entre le statut de la Banque et celui du FMI du point de vue de l’immunité. La Banque n’en bénéficie pas car elle recourt aux services des banquiers et des marchés financiers en général. Aucun banquier ne ferait crédit à la Banque mondiale si elle bénéficiait de l’immunité. Par contre, le FMI peut disposer de l’immunité car il finance lui-même ses prêts à partir des quotes-parts versées par ses membres. Si l’immunité n’est pas accordée à la Banque mondiale, ce n’est pas pour des raisons humanitaires, c’est pour offrir des garanties aux bailleurs de fonds.

    Il est donc parfaitement possible de porter plainte contre la Banque dans les nombreux pays (près de 100) où elle dispose de bureaux. C’est possible à Djakarta ou à Dili, capitale du Timor oriental, tout comme à Kinshasa, à Bruxelles, à Moscou ou à Washington car la Banque dispose d’une représentation dans ces pays et dans bien d’autres.

    #Banque_mondiale #FMI #dette #néo-colonialisme


  • Colère sound system (54 minutes)
    #Soro_Solo, France Inter, le 1er octobre 2017
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-afrique-en-solo/l-afrique-en-solo-01-octobre-2017

    Entre la voix de la rue, de la protestation et des chansons, il n’y a souvent qu’un pas.

    Aujourd’hui, je vous propose d’ouvrir la sono des mouvements porteurs de la colère des peuples sur le continent Africain. Car depuis la nuit des temps, la douleur des opprimés se raconte souvent en musique.

    De l’insurrection des écoliers Sud-Africains en 1976 à la destitution de Blaise Compaoré en 2014 au Burkina Faso en passant par le Printemps Arabe en Tunisie en 2011, depuis des décennies, les peuples se dressent contre les pouvoirs liberticides, coupables d’injustice et de violation des droits de l’homme.

    Les mouvements porteurs de ces frondes sont aujourd’hui identifiés par les sociologues, comme sentinelles de la démocratie. Leur défiance est toujours portée par les hauts parleurs de la musique.

    Bienvenue à la maison, bienvenue dans le studio des Sounds System en colère.

    (1) « Salut aux Combattants » Pierre Claver Akendengue

    « Salut aux Combattants » du Gabonais Pierre Akendengue, est une photo sonore des souffrances des Noirs sous l’Apartheid érigé en système de gouvernement en Afrique du Sud par le pouvoir Blanc en 1948. Les lois de l’Apartheid ne seront abolies qu’en Juin 1991 par le gouvernement Frederik de Klerk après la sortie de prison de Nelson Mandela en février 1990 qui a enduré vingt-sept années d’incarcération. Le 10 mai 1994 Nelson Mandela est élut premier président noir d’Afrique du Sud.

    (2) « Lettre au Président » Valsero

    La lettre du rapper Camerounais Valsero à Paul Biya, président du Cameroun depuis 35 ans, le questionne sur le dénuement des Camerounais qui en bave encore et encore...

    L’une des cerises sur le gâteau du régime du président Paul Biya, c’est d’avoir proposé en 2007 d’amender la Constitution du Cameroun, qui limitait la Présidence de la République à deux termes de sept ans. En réponse, l’artiste Lapiro de Mbanga compose la chanson « Constitution constipée »

    Malgré l’interdiction d’antenne de cette chanson, elle fut reprise lors des manifestations de février 2008. Lapiro de Mbanga est arrêté en avril 2008 et condamné à trois ans de prison par le Tribunal de Grande Instance. L’amendement contre lequel Lapiro a composé « Constitution Constipé » a tout de même été adopté et permit à Paul Biya d’être réélu en octobre 2011.

    (3) « Constitution Constipée » - Lapiro de Mbanga

    Au Cameroun, « Constitution Constipée » a fait incarcérer Lapiro De Mbanga en 2008 à la prison de New Bell à Douala où il contracte la fièvre typhoïde. Après sa Libération en 2011, il s’exile aux États-Unis où il décède en 2014 à New York.

    Partout en Afrique quand la jeunesse se dresse, c’est parce qu’elle n’en peut plus des politiques stériles qui les affament.

    En Tunisie par exemple, c’est le désespoir qui emmena un vendeur ambulant, le jeune Mohammed Bouazizi, à s’immoler par le feu à Sidi Bouzid en Décembre 2010 pour protester contre la saisie de sa marchandise par la police. Son suicide enclenchera une vague de contestation qui emportera le régime du président Ben Ali. Il s’en suivra une avalanche de grogne dans le monde Arabe qui gagnera le Yémen en Janvier 2011 où les manifestants réclament le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978.

    En Février 2011, au Caire la bourrasque de la contestation a fait tomber le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981,

    En Mars 2011 la grogne explose à Damas

    En Avril, de la même année, elle s’étend en Lybie et emportera le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969.

    Cette insurrection baptisée "Printemps Arabe" est incarnée par la chanson "Kelmti Horra" de la Tunisienne Emel Matlouthi qui a obtenu le Prix Nobel de la paix en 2015, avec le Quartet du dialogue national ayant accompagné le renouveau démocratique en Tunisie.

    (4) « Kelmti Horra » Emel Mathlouthi

    Apparu en 2011 au Sénégal, initié par les rapper Thiat et Kilifeu du groupe Keur Gui, le mouvement « Y’en a Marre » arrangue les populations à se dresser comme un seul homme contre la volonté du président Abdoulaye Wade qui voulait modifier la constitution et briguer un nouveau mandat. En déjouant les visés du vieux président Wade au Sénégal, « Y’en a Marre » catalysera des organisations similaires dans différents pays au Sud du Sahara

    (5) « Coup de Gueule » Keur Gui

    De Dakar à Libreville, Kinshasa, en passant par Ouagadougou le modèle « Y’en a Marre » se reproduira dans diverses capitales Africaine.

    (6) « De La Lutte qui Libère » Joey Le Soldat

    Le Burkina Faso, pays de Joey le Solda a enduré 27 ans de régime de Blaise Compaoré présumé coupable de l’assassinat de président Thomas Sankara en 1987. En 2014, Blaise Compaoré tente de tordre le coup à la Constitution et se maintenir au pouvoir Le 30 Octobre de cette année-là quand les députés du Burkina Faso se retrouvent pour examiner le projet de loi portant sur la révision de la Constitution permettant une nouvelle candidature du président Blaise Compaoré après 2015, Le Mouvement « Balaie Citoyen », portées par l’esprit de Thomas Sankara, appel les populations à descendre dans la rue et battent le pavée pour empêcher la révision de la loi fondamentale.

    (7) « Thomas Sankara » Debademba

    Tous ces mouvements citoyens se nourrissent d’exemples révolutionnaires africains et se posent comme héritiers de figures respectées et admirées devenus des mythes sur le continent. Notamment le nigérian Tafawa Balewa, le congolais Patrice Lumumba ou le burkinabé Thomas Sankara.

    Ils revendiquent la défense du panafricanisme et fustigent sans détours l’impérialisme occidental. Leur rêve, opérer et réaliser une vraie Union des peuples Africains qui ne serait pas selon eux - une coquille vide comme l’Union Africaine actuelle, incapable de gérer le mal être du continent.

    Les régions qui n’ont pas encore de force citoyenne organisée, les individualités comme Cheikh MC des Comores usent de la musique pour booster les mentalités.

    (8) « Na Rende » Cheikh MC

    En égrenant le chapelet des mouvements sociaux de cette décennie en Afrique, on constate que les artistes musiciens sont en première ligne des combats. Et s’il est une référence en la matière, c’est bien le nigérian feu Fela Anikulapo Kuti. Pourfendeur de la corruption, du néo-colonialisme, des manœuvres de la classe politique et des détournements d’argents fait par les militaires, toute sa vie durant, il n’a eu de cesse de tarauder tous les régimes qui se sont succédés à la tête du Nigéria. Sa volumineuse œuvre musicale a souvent égratigner nos mentalité de colonisées.

    (9) « Mister Felow Felow » Fela Anikulapo Kuti

    #Musique #Musique_et_politique #radio