city:limoges

  • « J’ai craqué, j’ai repris la voiture » : des usagers du #train racontent ce qui les a contraints à renoncer
    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/j-ai-craque-j-ai-repris-la-voiture-des-usagers-du-train-racontent-ce-qu

    Jusqu’à la mi-mars, chaque matin, Isabelle prenait sa voiture pendant huit minutes, se garait sur le parking de la petite gare de Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente), s’engouffrait dans un TER puis montait dans un bus pour, enfin, atteindre son lieu de travail, à Angoulême. Au total, 50 minutes de trajet, contre 25 en voiture. « Ce n’était pas gênant, car je commence le travail à 9 heures », relate cette secrétaire administrative de 52 ans, qui énumère les avantages du train. « C’est pratique, on consomme moins, c’est plus confortable. Avec une amie, on le prenait ensemble. »

    Mais le train, pour Isabelle, c’était avant. Avant que la ligne TER Angoulême-Limoges ne soit suspendue pour « un problème de géométrie des voies ». Finalement, les travaux prévus n’ont jamais été réalisés et la ligne reste fermée. « On nous a dit que la ligne était pourrie, trop dangereuse pour les usagers », commente Isabelle, qui renvoie aux articles de La Charente libre. Le Monde aussi en a parlé. La SNCF a mis en place des bus de remplacement pour pallier ce manque. « Mais ils sont complets car il n’y en a pas assez », affirme Isabelle, qui explique qu’une quarantaine de personnes prenaient ce TER chaque jour.

    #transport #mobilité

    • LE cas particulier où la voiture est plus rapide que le TER aux heures de pointe… ça doit pas être légion.
      Mais c’est vrai qu’il y a une gestion des lignes TER autour d’un principe loin=rapide, proche=lent qui rend ce mode de transport parfois paradoxal. Alors qu’une approche « sacrifice réparti » pourrait mieux équilibrer cette différence et arrêter les transports grande distance de certains travailleurs quotidien (mon coté écolo m’assure que c’est con de travailler loin de chez soi… ou inversement, de ne pas déménager plus près de son travail… quitte à se séparer de son conjoint ou à abandonner ses enfants à la DDASS (est-ce une blague ?)).
      Plus intelligemment, "revenir" à la voiture augmente la dette du TER (dans un modèle dette-capital complet), ça se paiera un jour.

    • Le hic, c’est que souvent, on ne prend pas que le TER, on a aussi les trajets Domicile - Gare - Travail.
      En habitant Périgueux et allant travailler à Sarlat en train+vélo, je mets 2h15 minimum de chez moi au lycée, pendant que mes collègues dans le même cas mettent deux fois moins de temps. (précision : il y a une correspondance)
      J’avoue ne pas avoir encore envisagé d’abandonner ma famille. Par contre, il est assez clair que la SNCF a, ici aussi, envisagé d’abandonner ses lignes TER « de campagne ».


  • Justice pour les enfants de Fatiha Taoui , Demande de Remise en liberté .
    https://www.change.org/p/emmanuel-macron-justice-pour-les-enfants-de-fatiha-taoui-demande-de-remise-e

    Bonjour , aujourd’hui je fais cette pétition pour que vous aidiez cette femme, cette mère de famille qui a été victime de violence conjugale pendant une vingtaine d’années sans avoir aucune autre issue , aucun autre recours la justice n’a jamais eté présente pour la soutenir et l’aider à se protéger des violences répétées que son mari lui as infliger . Jusqu’au jour où celui ci a gagné le domicile familial de madame Taoui et de ses enfants avec un fusil en menaçant de tous les tuer , Madame Taoui à voulu lui retire l’arme des mains pour défendre ses enfants et survivre mais à se moment là là coup est parti et son ex conjoint décédera par la suite mais le tribunal de Limoges na pas retenu la légitime défense et la condamne aujourd’hui pour se crime .

    <<Fatiha Taoui, une femme de 43 ans, a été condamnée mercredi à cinq ans de réclusion criminelle, dont trois ferme, aux Assises de la Haute-Vienne, pour avoir tué il y a cinq ans son mari violent d’un coup de fusil.>>

    Aide nous s’il vous plaît pour que l’on puisse l’aider à sortir pour retrouver ses enfants et surtout se reconstruire , après toutes ses années de souffrances de violences et de peurs c’est tous se qu elle mérite être accusé d’être une meurtrière alors qu’elle n’a fait que sauver la vie de ses enfants et la sienne . Combien de femmes sont mortes aujourd’hui à cause des coups de leurs maris , Aurai t il fallut qu’elle aussi meurt et laisse 3 enfants orphelins pour quelle soit considérée comme une victime mobilisons nous pour faire bouger les choses merci

    #justice #légitime_défense #féminicide #sexisme_d'etat


  • [Limoges] Incendie #de la caserne jourdan
    https://nantes.indymedia.org/articles/43524

    Dans la nuit du 18 septembre 2017, un incendie de véhicules de la gendarmerie a été revendiqué par un collectif mystérieux et ravageur : la R.A.G.E. Le communiqué de cette action est disponible ici, il proclamait :

    Dans la nuit du 18 septembre 2017, nous, ex-gendarmes de l’escadron de gendarmerie mobile 41/2 avons décidé collectivement d’incendier, trois fourgons de GM et deux bus de gendarmerie stationnés dans l’enceinte de la Caserne Jourdan à #Limoges. Par ce geste, nous quittons définitivement la gendarmerie.

    L’État et son appareil militaire, un peu vexé par ces actes a lancé avec force une instruction de six mois en se focalisant sur des profils au détriment des preuves. Il s’en suit une vague de perquisitions et de répression qui conduit notamment une personne de Limoges en détention (...)

    #/ #prisons #centres #rétention #lutte #anti-repression #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #mouvement #/,prisons,centres,de,rétention,lutte,anti-repression,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement


  • Dans le scandale Macron-Pétain, tu dois absolument remarquer que personne ici ne rappelle les faits d’armes du Maréchal dans la guerre du Rif (terminée en 1926) : les massacres dans une guerre où les français ne faisaient jamais de prisonniers, et évidemment les bombardements systématiques à l’arme chimique des villages (avec son allié espagnol, Franco, qui commence déjà à être appelé caudillo).

    Mais l’indignation typiquement françaoui du moment démarre en 1940… (Dans le France post-coloniale, même l’indignation vertueuse peut chlinguer).

    • Il y a bâti son (immense) popularité sur cette illumination à Verdun, 2 ans après le début des combats, en «  découvr[ant] que #le_feu_tue   » (P. Valéry dans le discours de réception de Philippe Pétain à l’Académie française, le 22 janvier 1931).

      Ce qui montre, s’il en était besoin, le niveau de ses petits camarades…

    • A part #Pétain, il y avait #Joffre aussi. L’historien Roger Frænkel (l’auteur de Joffre, l’âne qui commandait les lions) a montré à quel point ce général - fait maréchal et dont de nombreuses rues et places portent encore son nom - était crapuleux, manipulateur, menteur et d’une médiocrité crasseuse. En cachant les désastres militaires du début de la guerre, il s’est fait responsable de la mort de plus de 300 000 soldats.

      Il y a quelques années, nous avons commis un atlas avec l’ami Vidal dans publié par un mensuel dont je tairai le nom, dans lequel Roger Frænkel avait résumé les faits d’armes de ce #grand_homme : Je reproduis ici les 4 000 signes de ce texte :

      Le général Joffre (1852-1931) est à l’origine d’un mot qui, sans que beaucoup le sachent, perpétue son souvenir : « limoger ». Il donna l’ordre, en effet, d’assigner à résidence à Limoges, en septembre-octobre 1914, une centaine de généraux qu’il jugeait incapables. Mais sa propre gloire est-elle bien méritée ?...

      LES ARMÉES FRANÇAISES SOUS LE COMMANDEMENT D’UN ÂNE, DOUBLÉ D’UN IMPOSTEUR

      Lorsqu’en 1911, le gouvernement français le propulse à la tête de l’État-major, Joseph Joffre, simple général de division, est encore inconnu. Formé à l’École Polytechnique, il n’est pas breveté par l’École de guerre – il appartient au Génie – et ses faits d’armes se limitent à la prise de Tombouctou le 12 février 1894, à coups de fusils et canons contre une bande d’indigènes équipés de javelots.

      C’est donc sous l’autorité d’un homme inexpérimenté que l’armée française se prépare à la guerre. Avec le colonel Grandmaison, Joffre élabore une tactique d’offensive à outrance au détriment de la défense du territoire. Le plan XVII, achevé en 1913, encourage – oui, encourage – les Allemands à déployer leur propre stratégie (le Plan Schlieffen) connue du ministère français de la Guerre depuis 1904 et qui prévoit d’attaquer la France par la Belgique. L’objectif de Joffre est ainsi d’attirer les troupes allemandes à la frontière franco-belge, pour ouvrir la voie à une victoire rapide en Lorraine.

      Les opérations d’août 1914 furent ce qu’elles devaient être. Volontairement tenus dans l’ignorance des objectifs poursuivis, les généraux français appliquent les instructions docilement ; l’armée allemande est laissée libre d’envahir la Belgique et peut avancer vers les Ardennes. Les troupes françaises attaquent à Sarrebourg et Morhange, mais, loin de surprendre l’ennemi, se heurtent à une défense solide : les Allemands, eux, ont pensé à protéger leurs frontières.

      Toutes les batailles livrées entre le 8 et le 24 août 1914 – toutes, sans exception – se soldent par des désastres. Le recul est général, la Belgique, submergée. Ces semaines furent les plus sanglantes du conflit : en seize jours, la France déplore autant de morts qu’à Verdun en quatre mois (INDIQUER DATES DE VERDUN ?).
      Pendant un an et demi, les défaites se succèdent, mais Joffre reste aux commandes. Ce n’est qu’en décembre 1916 qu’Aristide Briand obtient la démission du général qui, en compensation, est élevé à la dignité exceptionnelle de « Maréchal de France ». Pourquoi ce retard ? Pourquoi cet honneur ? En partie parce que, seul maître à bord dans la zone des combats, notre généralissime s’est rendu coupable de falsifications qui lui ont permis, grâce aux artifices d’un entourage menacé comme lui d’être congédié, de se maintenir en place.

      Pour cette opération de sauvetage personnel, il fabrique des informations erronées, destinées à tromper le gouvernement sur la réalité de la situation. Taisant les revers subis, il explique avoir disposé ses armées en supériorité numérique dans les meilleures positions, attendant qu’elles accomplissent leur devoir : « la parole est maintenant aux exécutants qui ont à tirer parti de cette supériorité », écrit-il dans un télégramme au ministre de la guerre le 26 août 1914.
      Vingt-quatre heures plus tard, affectant l’air navré du chef qui vient d’être contredit dans ses espérances, il avoue des désastres vieux de plus jours et accable les prétendus responsables : « Force est de se rendre à l’évidence. Nos corps d’armée, malgré la supériorité numérique qui leur avait été assurée, n’ont pas montré en rase campagne les qualités offensives que nous avaient fait espérer les succès partiels du début ».
      Une « évidence », des « succès partiels » ? En tués, blessés, disparus et prisonniers, la saignée d’août 1914 touche, côté français, plus de 370 000 hommes. Les généraux sur le terrain, qui n’ont fait qu’obéir aux ordres, sont décrétés coupables et « limogés ». La supériorité numérique revendiquée n’était pourtant qu’un mensonge.

      Les faits ne sont plus réfutés par personne, mais le souvenir de cette débâcle foudroyante a laissé peu de traces dans la mémoire nationale : Joffre demeure le fameux « vainqueur de la Marne », celui qui réquisitionna les taxis parisiens pour acheminer des hommes au front, celui que la foule ovationna le 14 juillet 1919 sous l’Arc de Triomphe, celui qui eut droit à des funérailles nationales, et dont le Parlement déclara en janvier 1931 qu’il « a bien mérité de la Patrie ». Combien de rues, places et autres avenues portent encore ce nom, celui d’un chef de guerre médiocre et affabulateur ?

      Comme pour Faidherbe, il faudra penser à faire débaptiser tout ce qui sappell Joffre dans ce pays.

      #bande_de_psychopathes #criminels_de_guerre

    • De Gaulle, donc :

      « Des événements excessifs, l’usure de l’âge mena le Maréchal Pétain à des défaillances condamnables, mais la gloire qu’il avait acquise à verdun et qu’il garda pendant 25 ans en conduisant l’armée française à la victoire, ne saurait être contestée et méconue par la patrie ! »

      Amen !

      Je comprends mieux d’où vient la France qui chérit les défilés militaires.

    • Je ne souviens pas qui a écrit que si les crimes d’Hitler sont considérés comme supérieurs à tous les autres, c’est largement parce qu’il a appliqué à des ressortissants européens le traitement usuellement appliqué, cela de manière plutôt banale et sans provoquer de grande indignations en Europe, aux peuples colonisés (Chomsky peut-être ?). Pas parce que, dans l’absolu, il aurait « innové » dans les procédés génocidaires (gazer des civils et éradiquer des populations entières).

      À part un peu la torture en Algérie, les crimes coloniaux français sont totalement occultés. Ce qui m’épate, c’est qu’à l’heure de l’internet et de l’accès immédiat à une foule de sources, des indignations vertueuses en 140 caractères à tout bout de champ, on arrive encore à passer totalement à côté des crimes de guerre et crimes contre l’humanité d’un type aussi connu. Gazer les populations civiles des villages de nos colonies, c’est un détail même pas digne d’être mentionné.

      Quand il y a eu des commémorations sur Churchill, au moins j’ai vu passer un bon nombre de rappels des indignités coloniales du bonhomme sur Twitter.

    • @nidal, tu penses sans doute à Aimé Césaire dans Discours sur le colonialisme :

      [...] et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

    • S’il faut s’indigner, il n’est pas nécessaire d’aller loin dans l’histoire et le temps. Cette horrible guerre coloniale au Yémen peut très bien faire l’affaire… Maréchal Macron ?

    • Pétain : le rôle méconnu du maréchal dans la Guerre du Rif
      08.11.2018 Par Louis Witter
      https://ledesk.ma/culture/petain-le-role-meconnu-du-marechal-dans-la-guerre-du-rif

      (...) Alors que l’armée espagnole est victime de plusieurs défaites face aux résistants rifains à partir de 1921, la France sent que la République mise en place par Abdelkrim El Khattabi menace ses projets coloniaux en Afrique du Nord et décide d’intervenir dans la Guerre du Rif. La principale déroute espagnole, celle de juillet 1921 à Anoual, pose les bases de la féroce contre-offensive franco-espagnole qui interviendra quelques années plus tard. Le Général espagnol Sylvestre y perd quelques 20 000 hommes et se suicide sur le champ de bataille. A la tête du Protectorat français, le Maréchal Lyautey s’inquiète dans une directive du 20 décembre 1924 d’un éventuel retrait des troupes espagnoles et préconise alors une action de l’armée française pour asseoir de nouveau le pouvoir des armées coloniales dans la région. (...)


  • Limoges : Une fillette grièvement blessée par un #chasseur qui tirait sur un faisan
    https://www.20minutes.fr/faits_divers/2338343-20180918-limoges-fillette-grievement-blessee-chasseur-tirait-faisa


    Je graisse les éléments de langage remarquables

    C’est un accident dramatique et peu banal . Une fillette de 10 ans a été grièvement blessée au thorax par arme à feu, dimanche en fin d’après-midi à Limoges, alors qu’elle pique-niquait avec sa famille, a précisé la police, confirmant une information du quotidien le Populaire du Centre. C’est un chasseur ayant tiré sur un faisan de chez lui qui aurait blessé la petite fille.

    La fillette a dû être opérée en urgence mais ses jours ne sont pas en danger. L’enquête, ouverte dans un premier temps pour « tentative d’homicide volontaire sur mineure de 15 ans », s’oriente vers la thèse accidentelle.
    Le chasseur a reconnu l’accident

    L’auteur présumé du coup de feu, âgé de 69 ans, a été interpellé et sa carabine saisie. Il s’est d’abord montré « récalcitrant pour avouer sa participation avant de finalement reconnaître les faits », a indiqué la police.

    L’enquête a été confiée au service régional de la police judiciaire de Limoges qui devra effectuer des analyses balistiques pour déterminer si la balle, qui a tué le gibier, a ricoché avant de toucher la fillette.

    Le SRPJ a déjà établi qu’un seul coup de feu avait été tiré. L’homme, sans antécédents judiciaires, était toujours en garde à vue lundi soir.


    • Limoges : le chasseur visait un faisan, il blesse une fillette Le progrés - 17 Septembre 2018
      https://www.leprogres.fr/faits-divers/2018/09/17/limoges-l-homme-visait-un-faisan-il-blesse-une-fillette

      Un chasseur a grièvement blessé une fillette de 10 ans par arme à feu, dimanche en fin d’après-midi à Limoges (Haute-Vienne).

      La jeune victime pique-niquait avec sa famille sur les bords de la Vienne quand elle a été touchée au thorax. La fillette a dû être opérée en urgence mais ses jours ne sont pas en danger.

      D’abord, l’homme nie les faits
      L’auteur présumé du coup de feu, âgé de 69 ans, a été interpellé et sa carabine saisie. Il s’est d’abord montré « récalcitrant pour avouer sa participation avant de finalement reconnaître les faits », a indiqué la police.

      L’enquête devra déterminer si la balle, qui a tué le gibier, a ricoché avant de toucher la fillette. Les enquêteurs ont déjà établi qu’un seul coup de feu avait été tiré.


  • « C’est le moment de l’écriture qui révèle des choses » : #Nathalie_Quintane, Un œil en moins (Entretien)

    https://diacritik.com/2018/04/25/cest-le-moment-de-lecriture-qui-revele-des-choses-nathalie-quintane-un-oe

    Dans ce livre, les conditions d’accueil et de vie des migrants, les violences policières, la torture, le racisme, la « complexité administrative », mais également les CAO, le rôle de l’État français dans la répression, le bénévolat sous certains aspects sont dénoncés. Des notes très précises concernent aussi bien les dossiers à remplir pour les demandes d’asile que le fonctionnement interne des CAO. Quels matériaux ont été utilisés dans l’élaboration de ces chroniques ?

    Comme pour « le mouvement », personne n’est nommé ni désigné, donc tout le monde pourra s’y reconnaître, et si tout le monde peut s’y reconnaître, c’est parce que le piège est le même partout, de Calais à Vintimille en passant par Limoges ou Digne-les-Bains. J’ai d’abord vu et vécu sans réserve et sans distance ce que je raconte, en effet : l’enthousiasme des bénévoles à l’arrivée des premiers « migrants » de Calais, leur installation dans un C.A.O., une équipe pléthorique apportant des gâteaux, des vêtements en pagaïe et de la bonne volonté. Et puis l’association qui a délégation de l’Etat pour gérer le Centre et qui commence à mettre des tours de vis, qui entend avoir la main sur tout – on est des professionnels –, ne laisser aucune place à d’autres associations comme la Ligue des Droits de l’Homme, qui ne laisse filtrer aucune information concernant l’avancée des dossiers, le nombre des réfugiés, le nombre des mineurs qui ont fugué, le nombre des tentatives de suicide, etc.

    #littérature


  • Quand les eaux montent – Mise en #patrimoine des #crues et des #inondations

    Cet ouvrage, issu des travaux de la Chaire Capital environnemental et gestion durable des cours d’eau (Géolab/Université de Limoges) présente des études de cas en France, en Europe mais aussi en Inde et au canada et propose une lecture patrimoniale des inondations.

    Si Jamie Linton enseigne la géographie à l’Université de Limoges, Alexis Metzger est associé au centre de formation sur l’environnement et la société de l »ENS-ULM. Tous deux introduisent l’ouvrage qu’il coordonne, organisent les diverses contributions en trois parties : traces et mémoires qui conduisent le lecteur dans le Gers et au Canada, Risques et cultures des rives du Brahmapoutre au Rhin en passant par les bords de Loire, la seine et le Tibre, Transmissions et créations entre Loire et Garonne.

    L’introduction Mind the floods ! Définit le cadre conceptuel : le patrimoine en relation avec la crue considérée comme utile à l’écosystème de la rivière, une « contrainte à intégrer au développement des territoires »1. Les auteurs rappellent le contexte d’élaboration de l’ouvrage : un colloque tenu à limoges en octobre 2015 et invitent à compléter la lecture par l’écoute d’extraits de communications et proposent une bibliographie générale sur ces thèmes 2

    Traces et mémoires

    Franck David (Université Bretagne -Sud), spécialiste des traces mémorielles des héritages douloureux entre valorisation et oubli, aborde les mémoires d’une crue assez récente à Auch3, une crue dévastatrice pour les habitants de la ville basse épargnant la ville historique en rive gauche.Il pose une série de questions : la mémoire, construction sociale, constitue-telle un patrimoine ? Comment sont conservées ou cachées les traces visuels de la crue ? Les mesures de prévention des risques ne pourraient-elles pas entretenir les traces de hauteurs d’eau pour rappeler le risque ? La loi du 30 juillet 2003 prévoit en effet de matérialiser les repères de PHEC4 alors que rien n’est prévu en ce qui concerne l’étendue spatiale de l’inondation. L’auteur montre que d’autres formes existent : monument ou spectacle vivant. Il analyse deux figurations du sculpteur Jaime Plensa installées en 1992 et le parcours d’interprétation de la ville « chemin de traverse » les associant à une représentation chorégraphique évoquant la crue. Le but de ces œuvres est de réconcilier les habitants avec le rivière de même que les aménagements de rectification des rives et aménagements paysagers avec promenade et parcours sportif pour permettre une réappropriation pacifié du Gers.

    Anne Watelet der l’école de l’environnement de l’Université Laurentienne (Ontario-Canada) entraîne le lecteur sur les rives de la rivière des Ouataouais. Il s’agit d’une rivière liée à l’histoire même du Québéc, patrimoine reconnu officiellement en 2017 mais la mémoire des crues est peu connue. L’étude porte sur deux villages à l’ouest de Montréal, l’un est un point de portage incontournable à, l’aval de rapides fréquentés dès le début du XVIIe siècle par les migrants européens. Les vestiges du canotage ont été largement détruit par la construction d’une centrale hydroélectrique (1962). Comment les habitants vivent-ils aujourd’hui le milieu riverain ? L’auteure décrit l’hydrologie de la rivière et ses crues fréquentes, la mémoire des crues utiles à l’exploitation forestière5 ou à la ^pêche à l’esturgeon. La présentation des effets du barrage sur le sentiment des riverains montre une différence selon qu’ils vivent en amont ou en aval du barrage6. L’auteure constate que l’éloignement de la connaissance et de la crainte des crues amène à une extension des zones bâties en zone inondable en aval et une prise de conscience récente de la collectivité locale.

    Quatre universitaires britanniques : Lindsey McEwen, Joanne Garde-Hansen, Iain Robertson, Andrew Holmes explorent la nature changeante des archives d’inondation, leur relation avec la mémoire et les savoir locaux. Ils définissent les archives et les conditions de leur collecte. Ils montrent le poids ses élites dans la définition de ce qui doit être conservé même si des mémoires plus personnelles ou familiales existent. Les auteurs évoquent la conservation d’archives d’inondation : photographies7, témoignages, repères. Ils concluent sur l’existence d’un patrimoine culturel immatériel et pose la question de sa mise à disposition du public.

    Risques et cultures

    Quatre articles abordent la question sous l’angle risques/ressources.

    Émilie Crémin nous entraîne sur les rives du Brahmapoutre. Elle montre comment les populations y ont vécu en utilisant les différents niveaux d’eau, « jouant » avec les crues tandis que les autorités tentent depuis le XIIe siècle de les maîtriser. Elle présente la culture ancienne du fleuve divinisé, associé à Brahma, les politiques de préservation de l’écosystème de la plaine inondable dans le Parc National de Kaziranga et le « savoir vivre avec les crues des habitants de l’île de Majuli. Elle analyse ensuite un autre patrimoine lié à la longue histoire des digues, les évolution des pratiques agricoles, les critiques de ces politiques de protection. Elle conclut sur l’existence dans cette région d’une culture du risque exprimée par des dessins d’enfants.

    Sylvain rode et Sylvie Servain se penchent sur la Loire moyenne autour de la question : « l’approche en terme de patrimoine ne peut-elle pas aider à donner une visibilité au risque inondation 8 » sur un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis l’an 2000 ? Il s’agit ici à la fois des paysages naturels de l’eau et des paysages culturels9 et du risque qui véhicule une image négative aux antipodes de la vallée des châteaux. L’interrogation porte sur l’intérêt d’une patrimonialisation de l’inondation pour définir une identité du lieu, un atout de développement notamment touristique et une culture du risque à construire.

    Ce ne sont pas moins de dix auteurs, historiens et géographes, qui analysent la culture du risque dans le fossé rhénan. Ils constatent une méconnaissance largement répandue du risque dans une zone urbanisée et industrielle. Si l’Alsace a un riche patrimoine historique et bien que très marquée par la présence du Rhin la connaissance et la mémoire des inondations sont faibles sans doute en raison, pour les auteurs, de l’histoire des conflits franco-allemands10. Les auteurs évoquent &également les travaux de correction, endiguement des cours d’eau et la rareté des repères de rue. La prise de conscience du risque est récente, peut-être une chance pour une patrimonialisation des inondations omniprésentes dans l’histoire de l’Alsace11. Les auteurs militent pour une géohistoire des inondations.

    Sofiane Saadia (doctorant à l’Université Paris Diderot) compare sur un siècle (des années 1930 au début du XXIe siècle) les stratégies de Paris et Rome face à la crue. Quelle intégration du risque dans les aménagements urbains ? L’auteur amorce sa réflexion autour des ouvrages de protection, leur patrimonialisation et les conséquences : valorisation des berges et mesures de prévention des risques, des rapports parfois antagonistes12. A partir de l’exemple d’aménagement du parc interdépartemental des sports de Choisy-le-Roi il pose ensuite la question : l’inondation peut-elle être considérée comme un patrimoine naturel ?

    Transmissions et créations

    Avec Annie Sigwalt, sociologue, on aborde la question des terres agricoles en zone inondable, les zones humides en Pays de Loire, autrefois élément de l’exploitation agricole, aujourd’hui en perte d’actifs agricoles.Elle présente les travaux de la commission marais de la chambre d’agriculture de Loire atlantique et notamment comment les éleveurs perçoivent leur activité professionnelle en zone humide, confirmant une connaissance réelle du milieu et des savoir à transmettre : formes de valorisation, connaissance du risque, réactions aux mesures agro-environnementales.

    L’exemple de patrimonialisation de la moyenne vallée de la Garonne marmandaise est présenté par Philippe Valette, Philippe Marmiesse et Jean-Michel Moreau. Après une description de la Garonne et son régime de crues les auteurs rappellent quelques données historiques et les caractéristiques d’un bâti traditionnel adapté et mis en valeur à Couthures par la Maison « Gens de Garonne ».

    En guise de conclusion La géographe Nancy Meschinet de Richemond développe bla nécessaire dimension positive de l’inondation pour une patrimonialisation allant au-delà de la dimension économique du patrimoine.

    https://clio-cr.clionautes.org/quand-les-eaux-montent-mise-en-patrimoine-des-crues-et-des-inond
    #mémoire #catastrophe #livre #géographie_culturelle #risques #catastrophes #histoire


  • https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/260718/il-n-y-aura-pas-d-expulsion-sur-la-montagne-limousine

    Des habitants et amis de la Montagne limousine, dont de nombreux élus locaux et figures intellectuelles ou artistiques locales, ont décidé de ne pas tenir compte des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) pour empêcher les expulsions des exilés qui ont trouvé refuge sur ce territoire. « Nous appelons tout le monde, partout, à faire de même, à exercer ce « devoir de fraternité » dont de lointaines révolutions nous ont laissé l’héritage. »

    https://vimeo.com/280093582


  • Dix-sept crânes humains découverts dans un sac poubelle sur un chantier de démolition à Toulouse - 30/05/2018 - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/article/2018/05/30/2807804-dix-sept-cranes-humains-decouverts-sac-poubelle-chantier-demolitio

    Trois cents crânes avaient été exhumés puis transportés en France pour être étudiés : d’abord à Limoges, puis à Bordeaux avant d’être stockés à Toulouse en 1997 pour enrichir les collections du laboratoire d’anthropologie. « Il s’agit de crânes vieux de deux mille ans, entre le IIIe et le IVe siècle après notre ère pour les plus récents, précise le professeur Crubézy, anthropologue de renommée mondiale. C’est une collection inestimable parce qu’elle rassemble des crânes parmi les plus anciens et les mieux conservés du monde. D’ailleurs parmi les dix-sept crânes récupérés se trouve sans doute celui découvert dans une tombe de chef importante ».

    #sans_vergogne

    Depuis Malraux, toujours très impressionnée par les pilleurs légaux européens. Il faut parfois des années pour que les pays dont sont originaires les objets récupèrent leurs biens.


  • #Toulouse : soirée anti-rép’ en soutien aux anarchistes inculpéEs, perquisitionnéEs, incarcéréEs à Toulouse, Limoges et #Ambert
    https://fr.squat.net/2018/05/16/toulouse-soiree-anti-rep-obs

    Samedi 19 mai à partir de 21h à l’Obs, 87 rue du 10 avril, à Toulouse. Bouffe vegan, bar et DJ set ! Prix libre. C’était il y a plus d’un mois, les 27 et 28 mars, sept lieux sont perquisitionnés à Toulouse, Limoges, Amiens et Ambert. Suite à ça, neufs gardes-à-vue ont suivi et trois […]

    #prison


  • Expulsion de la ZAD : l’évêque de Limoges répond à la lettre ouverte d’Ivan Segré
    https://lundi.am/Eveqye

    Dans notre dernière édition, le philosophe et talmudiste Ivan Segré avait adressé une lettre ouverte aux évêques de France à propos de la violent expulsion de la ZAD. Monseigneur Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges a tenu à répondre à cet appel, nous reproduisons ici sa réponse. À la suite, une seconde réponse que l’une de nos lectrices nous a transmise. Cher Monsieur, merci d’avoir pris la peine d’écrire une « Lettre ouverte aux évêques » qu’un de vos lecteurs bienveillants a eu la délicatesse de me (...)

    « http://www.piergiorgiofrassati.net/limpegno-politico »
    « http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html »
    « http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html »
    « http://thejosias.com/2017/06/05/usury/#_ftn2 »
    « http://w2.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html »


  • Répression en cours : dernières nouvelles des arrestations du 28 mars à Ambert
    https://grenoble.indymedia.org/2018-04-18-Repression-en-cours-dernieres

    Depuis le 27 mars, de multiples perquisitions, arrestations et incarcérations touchent des anarchistes et assimilé-e-s, dans toute la France (Ambert, Amiens, Limoges, et Toulouse pour le moment). Quelques nouvelles des deux compagnons arrêtés à Ambert puis incarcérés. Un court article pour partager les dernières nouvelles des deux personnes en détention provisoire suite à la vague de perquisitions du 28 mars dernier à Ambert. La situation de détentions provisoires pour des faits qu’on ne connaît même (...)

    #Anciens_éditos

    https://dl.poivron.org/qno5qbogdhoqiz6oacnz-wvlk6k75djsossac


  • Répression en cours : dernières nouvelles des arrestations du 28 mars à Ambert
    https://grenoble.indymedia.org/2018-04-13-Repression-en-cours-dernieres

    Depuis le 27 mars, de multiples perquisitions, arrestations et incarcérations touchent des anarchistes et assimilé-e-s, dans toute la France (Ambert, Amiens, Limoges, et Toulouse pour le moment). Quelques nouvelles des deux compagnons arrêtés à Ambert puis incarcérés. Un court article pour partager les dernières nouvelles des deux personnes en détention provisoire suite à la vague de perquisitions du 28 mars dernier à Ambert. La situation de détentions provisoires pour des faits qu’on ne connaît (...)

    #Articles

    / Non classé, #Autres_infos

    #Non_classé
    https://dl.poivron.org/qno5qbogdhoqiz6oacnz-wvlk6k75djsossac


  • Et voir grandir la flamme dans vos yeux
    https://grenoble.indymedia.org/2018-04-07-Et-voir-grandir-la-flamme-dans-vos

    En septembre 2017, tandis que nous suivions avec attention le déroulement du procès du beau barbecue du quai de Valmy, nos regards et nos cœurs se tournèrent vers Limoges et Grenoble, alors que la solidarité s’inscrivait dans le bitume fondu des casernes de ces villes. Ces feux de joie étaient un magnifique pied de nez à ce qui se jouait dans ce tribunal. Vous jugez 8 individus pour avoir attaqué et incendié une 206 sérigraphiée de la police nationale ? On va vous en cramer des dizaines, et dans vos (...)

    #Articles

    / Répression / Contrôle social, Révoltes / Luttes sociales, #Autres_infos, #Luttes_anticarcérales, Actions (...)

    #Répression_/_Contrôle_social #Révoltes_/_Luttes_sociales #Actions_directes
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/voitures-gendarmes-incendiees-limoges-affaire-sensible-
    https://nantes.indymedia.org/articles/39098


  • Le premier code juridique de l’animal voit le jour en France
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/03/21/le-premier-code-juridique-de-l-animal-voit-le-jour-en-france_5274284_3244.ht

    C’est un épais ouvrage bleu qui devrait de plus en plus accompagner les robes noires des prétoires. Un code de l’animal, rassemblant sur plus de 1 000 pages toutes les législations en vigueur concernant les animaux, sera publié jeudi 22 mars aux éditions LexisNexis, par une équipe de spécialistes du droit animalier et la Fondation 30 millions d’amis. Une première en France, mais aussi en Europe.
    « Nous avons agrégé tous les textes – lois, décrets, arrêtés, règlements et directives – issus de sept codes officiels – civil, pénal, rural, environnemental, etc. –, de règles européennes, mais aussi des décisions de jurisprudence les plus significatives qui ont trait aux animaux de compagnie, d’élevage ou sauvages », explique Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé à l’université de Limoges, qui a codirigé, avec Jacques Leroy (université d’Orléans), ce travail colossal mené par quatre autres universitaires.

    #animaux #loi


    • À la fin du XIXe siècle, en France, se sont déroulées des grèves pour la dignité. Des ouvrières se mettaient en grève pour dénoncer le harcèlement sexuel de certains chefs d’atelier. Vous en avez entendu parler ?
      Un des contre-maîtres était réputé pour « faire passer les femmes par un petit couloir, et puis… »

      Ce mouvement a connu son apogée en 1905 à Limoges. La plus importante usine de porcelaine appartenait à un certain Haviland. Elle employait 5.740 hommes, 2.400 femmes et 1.528 enfants (et oui, parce que sans le travail des enfants, l’économie s’effondrerait, disait-on...). Penaud, un des contre-maîtres, était réputé pour « faire passer les femmes par un petit couloir, et puis… » Celles qui refusaient de coucher étaient virées.

      Quand on voit comment sont traitées actuellement les femmes qui portent plainte pour viol contre un homme plus puissant qu’elles, on imagine bien qu’en 1905, ça devait être coton.

      La chambre syndicale de la céramique est saisie de plusieurs plaintes. Il ne se passe rien. Pour Haviland, on remet en cause sa liberté de patron de choisir ses collaborateurs.

      Parmi les ouvriers et les ouvrières, la pression monte. Une grève est lancée avec le soutien financier du syndicat. La revendication : soit le départ de Penaud, soit sa rétrogradation au statut de simple ouvrier.

      Mais Penaud, en accord avec Haviland, explique que vu de la nature des faits qui lui sont reprochés, il en va de son honneur de ne pas démissionner. Les politiques minimisent cette grève sans revendication sérieuse (c’est-à-dire salariale). Pour eux, ce sont de simples problèmes de mœurs et de susceptibilité. D’autres usines rejoignent le mouvement, on occupe, on manifeste. L’armée est envoyée sur place (toujours un grand signe d’apaisement ça !). Il y a des affrontements, une bombe explose.

      Des « émeutiers » sont arrêtés, leurs collègues défoncent l’entrée de la prison pour les libérer. La cavalerie intervient et tire sur la foule. Un ouvrier de 19 ans est tué. Le 24 avril, Haviland finit par céder et Penaud est viré.
      La dénonciation des violences n’est pas l’apanage d’une classe sociale qui serait plus « éclairée »

      Pourquoi je vous parle de ça ? D’abord parce que je suis sans cesse étonnée par notre/ma méconnaissance de notre histoire. Comme pour les femmes artistes invisibilisées, on pouvait penser que la condition de ces ouvrières les empêcherait de parler de ces problèmes. Eh bien pas du tout : elles ont fait grève, elles ont manifesté contre ces agressions sexuelles.

      Mais ce qui m’intéresse encore plus, c’est que cela nous montre clairement que la dénonciation des violences n’est pas l’apanage d’une classe sociale qui serait plus « éclairée » ou en avance. Pas du tout, mais alors vraiment pas. En matière de lutte concrète contre les violences faites aux femmes, les ouvrières ont été en avance sur les femmes bourgeoises. Et puis, je reste songeuse devant l’élan de la grève. Est-ce qu’on imaginerait de nos jours une grève lancée pour ces sujets ?

      Évidemment, l’ampleur de la mobilisation de 1905 s’explique parce qu’elle touchait la dignité d’une classe sociale qui se sentait déjà exploitée. Ce sont donc les ouvriers qui sont descendus dans la rue avec les ouvrières, pas les épouses des patrons. La conscience de classe l’emportait sur la conscience de genre, et cette conscience de classe était extrêmement forte. Simone de Beauvoir s’est d’ailleurs longtemps demandé comment le féminisme pouvait dépasser les clivages sociaux, comment faire pour que les femmes se sentent dans une situation commune malgré toutes leurs différences.
      Les violences contre les femmes concernent tous les milieux

      Au moment de #MeToo, les femmes qui travaillaient dans l’entreprise de nettoyage des trains de gare du Nord avaient depuis déjà longtemps saisi les prud’hommes pour harcèlement. Elles ne nous ont pas attendu/es.

      C’est également une femme qui travaillait comme agent de ménage qui a porté plainte contre Dominique Strauss-Kahn. Alors bien sûr, on peut se dire que c’est parce qu’elles sont perçues comme plus faibles qu’elles seraient davantage harcelées. Mais on peut aussi penser que dans les classes sociales « élevées », on s’est plus longtemps accommodés de ce harcèlement, précisément parce que l’appartenance de classe était plus forte et/ou qu’on avait davantage à perdre.

      Il faut donc s’abstenir d’adopter un ton… maternaliste (au sens de paternaliste). Et c’est pourtant ce que j’entends souvent. Par exemple, Emmanuelle Devos interrogée sur France Inter avait affirmé qu’elle n’avait jamais entendu parler de harcèlement parmi les actrices françaises, oulala, pas du tout, mais qu’elle était là pour soutenir les plus faibles, les maquilleuses et les coiffeuses. La solidarité, c’est bien, mais il y avait quelque chose dans le ton qui me dérangeait, qui laissait entendre que c’était le problème de ces pauvres femmes sans défense.

      Les violences contre les femmes concernent tous les milieux. Et les femmes des milieux populaires sont celles qui nous ont ouvert la voie.


  • Camouflages du 9 au 31 Mars à Limoges
    http://www.vacarme.org/article3118.html

    Au début du XXe siècle, des artistes et des militaires inventent les techniques modernes du camouflage. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Les guerres ont changé de nature, et nous vivons dans un monde dont les critères de réussite semblent propulser une injonction de visibilité intégrale. Devrions-nous recourir à de nouvelles formes de camouflage pour y répondre humainement, ou bien renoncer à ces techniques du semblant qui, dans le même temps, ont envahi la sphère publique ? Quels jeux de visibilité ou d’invisibilité imaginer aujourd’hui pour garder la main sur notre histoire commune ?
    À travers ces rencontres, c’est au cœur de l’esthétique et de la poésie que nous essaierons de suivre la question de la représentation politique.


  • Mécénat et optimisation fiscale : l’hôpital ne se fout pas de la charité
    https://larotative.info/mecenat-et-optimisation-fiscale-l-2641.html

    Depuis 2016, le CHU de Tours promet rencontres exclusives et déductions d’impôts aux généreux donateurs qui voudront bien l’aider à boucler son budget. Un modèle qui s’est généralisé et illustre l’insuffisance du financement public des hôpitaux.

    Le CHU de Tours n’est pas le seul à s’être engagé dans cette voie. Le CHU de Nîmes a également décidé « d’explorer de nouveaux modes de financement » pour « dynamiser son business model ». On apprend ainsi que « la Fondation d’entreprise AREVA s’engage aux côtés du Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes pour sécuriser la prise en charge et les soins apportés aux nourrissons ». Il fallait bien le concours d’une multinationale du nucléaire pour « rêver l’hôpital de demain » [2]. A Reims, la maison de champagne Krug fait partie des mécènes fondateurs. Nantes, Grenoble, Rennes, Limoges... Tous les CHU semblent s’être convertis à ce nouveau modèle.

    Le CHU de Tours a même investi les plateformes de financement participatif telles que Helloasso ou Ulule. A l’heure actuelle, le projet « Les yeux dans les étoiles », qui vise à « humaniser le bloc opératoire de la maternité du CHU de Tours », a récolté 40 euros sur les 1 800 espérés. Sur la plateforme Make in Loire Valley, fruit d’une collaboration entre Ulule et la Région Centre, l’amélioration de l’accueil des patientes est mis en compétition avec un projet d’enregistrement d’album, le financement d’une régate pour un groupe d’étudiants de l’IUT de Blois, ou la gravure de planches apéro représentant la ville d’Orléans.

    #santé #crowdfunding #hôpital


  • Automobile. Les GM&S remportent une bataille symbolique | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/automobile-les-gms-remportent-une-bataille-symbolique-648693

    Les ex-salariés de l’équipementier de La Souterraine (Creuse) ont obtenu, hier, l’annulation de l’homologation du plan de 157 licenciements.

    Une victoire pour la forme. C’est ce qu’ont obtenu, hier, les ex-salariés de GM&S, qui avaient déposé un recours contre la décision de la Direccte de Nouvelle-Aquitaine d’homologuer le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) de l’équipementier automobile de La Souterraine (Creuse), actant 157 licenciements. Suivant les demandes du rapporteur public, le tribunal administratif de Limoges a en effet estimé que «  la motivation de la décision de l’administration ne faisait pas figurer les éléments essentiels de l’examen de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi sur la régularité de la procédure d’information et de consultation des instances représentatives du personnel  ». L’administration du travail dispose donc d’un délai de quinze jours pour prendre une nouvelle décision, mieux motivée. Et doit s’acquitter du versement de 600 euros au comité d’entreprise et 600 euros à la CGT au titre des frais de justice. Conformément à la loi Macron de 2015, ce jugement n’a donc pas pour conséquence d’annuler le plan social, et n’entraîne ainsi pas de versement d’indemnités aux ex-salariés.

    Cette décision de justice remet néanmoins le projecteur sur la situation des 157 licenciés et des 120 ex-GM&S repris par GMD qui tardent toujours à voir les maigres engagements de leurs donneurs d’ordres, PSA et Renault, se matérialiser. En effet, quatre mois après la reprise du site, l’usine tourne toujours au ralenti. «  Le chiffre d’affaires mensuel est en moyenne de 167 000 euros par mois, alors qu’il devrait être de plus de 2 millions… et toujours pas de visibilité sur l’avenir et les investissements  », dénonçait la CGT dans un communiqué, début janvier. Le syndicat y réclamait, en outre, l’embauche de 50 salariés, une diversification de la production pour réduire la dépendance à Renault et PSA, une indemnité supra- légale pour les salariés licenciés et que «  les donneurs d’ordres soient responsabilisés  » quant aux conséquences sociales du PSE, notamment en finançant les entreprises qui reprendraient des salariés licenciés. Les représentants du personnel ont en outre demandé une audience à Nicole Notat et Jean-Dominique Sénard, en charge de la mission Entreprise et intérêt général, «  afin d’alimenter (leur) travail sur les évolutions législatives nécessaires pour instituer une véritable responsabilité sociale des entreprises  », expliquent les élus du personnel.

    Loan Nguyen

    #GM&S #licenciements #usines #luttes_syndicales #CGT

    #Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, du commerce, du travail et de l’emploi) : l’info-propagande du gouvernement se trouve ici :
    http://direccte.gouv.fr


  • Un nouvel an contre les prisons !
    https://grenoble.indymedia.org/2018-01-02-Un-nouvel-an-contre-les-prisons

    À celles et ceux qui peuplent toutes les bastilles de ce foutu pays, Hier soir, alors que le premier de la classe enfumait en flagrant déni la masse hypnotisée par la télé, à grandes lâchées de « collectif » et de « fraternité ». Nous, mutiné·e·s de cette société euthanasiée, avons lancé au ciel de nouveaux feux d’artifice en direction des condamnés de la Maison d’Arrêt de Limoges, des enfermé·e·s et toutes les personnes dont la mise à l’ombre enrichit les exploiteurs et donne bonne conscience à la majorité. On (...)

    #Articles

    / #Autres_infos, #Luttes_anticarcérales

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_d%27h%C3%A9bergement_et_de_r%C3%A9insertion_sociale


  • Sophie Orange : « On enferme les bacheliers dans un destin scolaire »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/211217/sophie-orange-enferme-les-bacheliers-dans-un-destin-scolaire

    Le projet de loi modifiant l’accès à l’université en premier cycle a été adopté à l’Assemblée nationale le 19 décembre. L’accès à l’université est désormais conditionné à la possession d’un certain nombre de compétences. La sociologue Sophie Orange considère qu’une #sélection est ainsi installée et que cela va fragiliser les plus faibles.

    #France #APB #Parcoursup #Université

    • Je regardais ce qui concerne la sociologie et on attend seulement des prétendants qu’ils aiment la discipline. C’est vague et peut prêter à toutes les interprétations. Comment les collègues du secondaire vont-ils traiter cela et le traduire en objectifs concrets ? En filigrane, toutefois, on y voit les figures repoussoirs. La maîtrise de la langue écrite et la pratique de l’écriture durant la scolarité ne sont pas ce qui a cours dans les filières professionnelles, car ce n’est pas au programme. Eux vont passer à la trappe, car c’est un critère facile de sélection.

      On fonctionne à l’envers, on a une conception de l’orientation et de la réussite des élèves et étudiants qui est peu ambitieuse, il me semble. On ne se demande pas comment on peut leur apprendre des choses, leur transmettre des savoirs, mais on les juge sur ce qu’on ne leur a pas appris. On les pénalise sur des choses dont ils ne sont pas responsables. On n’est pas dans une conception de la réussite du plus grand nombre, mais dans une simple gestion des flux. Les bacs professionnels qui vont en BTS échouent pour la moitié d’entre eux. Les évincer des licences ne règle rien. Il faut arrêter de diaboliser leur présence qui est très minoritaire. Sans compter que, quoi qu’on en dise, certains réussissent à l’université.

    • http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article7937

      Comme prévu, le projet de loi de modification de l’accès au premier cycle à l’université a été adopté à l’Assemblée nationale, mardi 19 décembre, en scrutin public et en procédure accélérée, avec 361 voix pour, 129 voix contre. La majorité LREM a voté pour, appuyée par certains députés UDI. Les élus de gauche – Nouvelle Gauche, La France insoumise et communistes – et Les Républicains se sont exprimés contre pour des raisons opposées. Les premiers se sont élevés contre l’instauration d’une sélection et les seconds ont jugé que cette réforme n’allait pas assez loin.

      Le projet de loi modifie profondément le visage de l’université (lire notre article sur le sujet). Dès 2018, les universités pourront étudier les profils des bacheliers en consultant leur dossier déposé sur la nouvelle plateforme Parcoursup qui succède au décrié APB. Pour établir leur choix, les filières auront une somme d’« attendus » pour chaque licence, c’est-à-dire les compétences requises pour intégrer tel ou tel cursus. Ceux-ci seront nationaux, même si les universités pourront préciser leurs spécificités locales. Le cas échéant, les futurs bacheliers qui n’auraient pas le niveau requis se verront proposer une remise à niveau et ne pourront être refusés que si les capacités d’accueil sont épuisées. Le recteur, dans le cadre d’une commission, devra proposer à toutes et tous une place dans une autre filière.

      La réforme de l’accès à l’université a été votée sans encombre par les députés le mardi 19 décembre. Est-ce qu’elle introduit un bouleversement profond de manière générale ?

      Sophie Orange : Oui, on peut dire ça comme ça dans le sens où elle introduit sans aucun doute une sélection à l’entrée du premier cycle universitaire. Le gouvernement sait très bien communiquer là-dessus. Ils ont beau euphémiser la réalité avec des termes comme « prérequis » ou « attendus », le résultat est là, il n’existe plus d’accès de droit à l’université. Nous avons affaire à une transformation profonde du système français et, d’une certaine manière, à une remise en cause du service public.

      Qui sont les gagnants et les perdants dans ce nouveau système d’orientation ?

      Les perdants vont évidemment être les publics les plus fragiles scolairement et socialement, qui ne sont pas ajustés au modèle universitaire. Jusque-là, ils entraient dans les premiers cycles en ayant connu par exemple une orientation vers la voie professionnelle qu’ils ne souhaitaient pas. Ils se dirigeaient alors vers la voie classique pour ouvrir leur champ des possibles. Les universités, avec leurs attendus, vont leur barrer la route objectivement. Subjectivement, en amont, les bacheliers qui avaient du mal à se sentir légitimes à aller à l’université vont renoncer à aller à l’encontre de ces freins symboliques. Il y a, avec cette loi, une mise en garde incroyable qui va renforcer l’autocensure. Mettre ces panneaux contribue aussi à bien faire peser sur les épaules des jeunes la responsabilité de leur échec.

    • Sophie Orange, maîtresse de conférences en sociologie à l’université de Nantes, spécialiste de l’orientation post-bac et coauteure avec Romuald Bodin de L’université n’est pas en crise (Éditions du Croquant), considère que cette réforme accroît les inégalités, fige les destins scolaires et qu’elle se résume à de « la gestion de flux ».

      Tout l’été, l’exécutif a insisté sur le fiasco APB avec les naufragés de l’orientation et a aussi martelé la nécessité d’en finir avec le tirage au sort. Est-ce que la situation était si critique ou s’agissait-il simplement de communiquer là-dessus pour faire accepter la réforme ?

      On s’est trompé de coupable. On a érigé le logiciel APB en épouvantail, en lui faisant porter toute la responsabilité de certaines difficultés d’orientation. Le tirage au sort concerne une faible part des orientations, même s’il y a eu une hausse cette année. En réalité, le cœur du problème, c’est que les universités n’ont pas assez de place, elles ne peuvent pas absorber toutes les demandes et deviennent « en tension ». On a voulu faire croire que la faillite était simplement technique. Les politiques n’ont pas voulu anticiper l’afflux supplémentaire d’étudiants [39 000 environ cette année – ndlr], qui ne sont pas nés hier. On a laissé pourrir la situation même si, en effet, cela a été pire lors de cette session 2017. La seule interrogation pertinente est : « Est-ce qu’on veut faire réussir les bacheliers ? » Si la réponse est oui, il faut investir. Là, tout ce qu’on va faire, c’est mieux distribuer et ranger les étudiants dans les cases qui existent.

      Quels sont les effets pervers de cette réforme ? Va-t-il y avoir des disparités entre les établissements ?

      Cette réforme contient plusieurs dangers. On va rigidifier les parcours des étudiants. Le destin scolaire et social va être encore plus déterminé par l’origine scolaire, qui est elle-même sociale. L’université avait le mérite d’autoriser les trajectoires atypiques et laissait un peu de jeu dans les cursus des uns et des autres. Là, on enferme les bacheliers dans un destin scolaire écrit d’avance. On va accroître l’homogénéisation des profils. Il n’y aura plus de mixité.

      Cette individualisation au niveau de la gestion des attendus se fera selon les moyens et les choix des établissements. Il y aura la possibilité de choisir les étudiants selon des critères différents. Le cadre national de la licence et l’équité territoriale sont bel et bien remis en cause. Suivant le prestige symbolique des différents établissements, ils auront la possibilité d’exiger des critères plus ou moins exigeants. Cela va figer les hiérarchies et les disparités entre les établissements. Il n’y aura donc plus de licence disciplinaire, mais une par établissement.

      Les valeurs symboliques des diplômes vont aussi être différenciées. Une licence obtenue à Saint-Denis, Limoges ou à la Sorbonne, ce ne sera plus pareil. Il y a une remise en question du service public.

      APB laisse place à Parcoursup, est-ce que cela change fondamentalement la procédure ou n’est-ce qu’un changement cosmétique ?

      [[lire_aussi]]C’est la même chose qu’APB. Il ne faut pas se focaliser sur les outils. Ce sont deux applications techniques, il est préférable d’analyser l’idéologie qui les irrigue. Parcoursup sert la libéralisation des parcours et des individus qui avait déjà cours avec APB. L’individu est considéré comme rationnel et comme ayant les mêmes ressources que tous.

      Cette fois-ci, les élèves de Terminale vont avoir des réponses au fil de l’eau, il n’y aura plus de calendrier collectif. Ce processus très individualisé va correspondre aux bacheliers les plus à l’aise avec les stratégies scolaires et les temps longs. Ceux qui sont seuls pour gérer leur orientation le seront encore plus. Ils vont être en difficulté et seuls face à leur destin, car ils n’ont pas les ressources sociales et culturelles pour bien maîtriser ce genre de dispositif.

      La hiérarchie des vœux disparaît : les très bons élèves vont avoir tous leurs choix, les autres pas forcément, est-ce que ça fausse le jeu ?

      Je trouve que c’est une bonne chose, car c’est difficile pour les bacheliers de faire un classement sur quelque chose dont ils n’ont pas connaissance. Mais on ne sait pas encore comment ça va fonctionner. Cela va surtout compliquer le travail des administratifs, qui vont devoir gérer énormément de dossiers. Le délai de mise en œuvre, dès 2018, est par ailleurs aberrant. On se lance dans cette aventure, on met des attendus dont on nous demande de les déterminer de façon rapide dans les établissements d’enseignement supérieur. On ne peut plus s’opposer à cette réforme. Il faudra mettre en pratique ces attendus. On n’a déjà pas le temps de tout faire dans de bonnes conditions. On va devoir trouver des façons de faire pour aller vite, donc pas forcément bien.

      Les « attendus » ont été rendus publics, mais sont très vagues. Est-ce néanmoins une bonne méthode pour sélectionner les profils ?

      Je regardais ce qui concerne la sociologie et on attend seulement des prétendants qu’ils aiment la discipline. C’est vague et peut prêter à toutes les interprétations. Comment les collègues du secondaire vont-ils traiter cela et le traduire en objectifs concrets ? En filigrane, toutefois, on y voit les figures repoussoirs. La maîtrise de la langue écrite et la pratique de l’écriture durant la scolarité ne sont pas ce qui a cours dans les filières professionnelles, car ce n’est pas au programme. Eux vont passer à la trappe, car c’est un critère facile de sélection.

      On fonctionne à l’envers, on a une conception de l’orientation et de la réussite des élèves et étudiants qui est peu ambitieuse, il me semble. On ne se demande pas comment on peut leur apprendre des choses, leur transmettre des savoirs, mais on les juge sur ce qu’on ne leur a pas appris. On les pénalise sur des choses dont ils ne sont pas responsables. On n’est pas dans une conception de la réussite du plus grand nombre, mais dans une simple gestion des flux. Les bacs professionnels qui vont en BTS échouent pour la moitié d’entre eux. Les évincer des licences ne règle rien. Il faut arrêter de diaboliser leur présence qui est très minoritaire. Sans compter que, quoi qu’on en dise, certains réussissent à l’université.

      L’orientation devient très importante dans ce processus ; comment est-ce que cela va se répercuter sur les différents acteurs ?

      La pression sur les enseignants du secondaire sera accrue. Ils ne vont prendre aucun risque, de peur que l’élève n’échoue. Avant, c’était la responsabilité de la collectivité. Les parents les plus éloignés de l’école vont avoir peur et ne pas avoir les ressources nécessaires pour digérer les informations. Désormais, il n’y a plus de droit à l’erreur. À 18 ans, on ne sait pas forcément ce qu’on va faire plus tard et ce n’est pas très grave. Les parcours linéaires ne sont pas majoritaires et c’est tant mieux.

      Or ici on transforme le système en quelque chose de plus élitiste. C’est assumé. Emmanuel Macron a dit lui-même que l’université n’était pas pour tout le monde. Il remet en cause la mixité scolaire et sociale.

      https://groups.google.com/forum/#!msg/sociologuesdelenseignementsuperieur/Wh8HxtC7J98/TsS3l3NiAAAJ


  • http://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/sud-education-93-laboutissement-logique-et-programme-dune-strategie-indigeniste/7400903

    Ce qui se déroule n’est pas limité à SUD-Education 93. On pourrait montrer que depuis des années les idées du différentialisme et du communautarisme progressent chez les personnels de l’enseignement et de la recherche, depuis le lynchage dont a fait l’objet le directeur de l’IUT de Saint-Denis, Samuel Mayol, jusqu’à l’invitation de Houria Bouteldja pour un « séminaire d’études décoloniales » à l’université de Limoges qui n’a été annulé qu’au nom de l’ordre public et non du caractère inacceptable des idées de l’invitée.

    Plus généralement, comme l’a souligné Thomas Guénolé dans une tribune parue dans Libération (« La France insoumise n’a pas de temps à perdre avec Valls et Bouteldja »), l’espace médiatique offert à des groupuscules ou des pratiques groupusculaires du PIR pose un véritable problème :

    « Les grands médias doivent d’ailleurs s’interroger. Quand un groupuscule aux thèses racistes ne pèse rien dans la population réelle, ne sont-ils pas irresponsables de lui donner une si vaste publicité ? Quand Manuel Valls est réduit à une place objectivement marginale dans le paysage politique, n’est-il pas anormal de lui donner une exposition médiatique aussi massive ? ».

    Si cette exposition est certes anormale, il ne faut cependant pas la sous-estimer tout en la combattant. On assiste donc, en spectateurs désabusés, à une ligne de relativisme culturelle et de non-mixité raciale, incarnée par le mouvement indigéniste, et de l’autre, un ancien premier ministre représentant du libéralisme. Faudrait-il se contenter de ce non-choix, avec d’un côté un mouvement social de transformation sociale et de combat forcement accolé aux fréquentations sulfureuses et ayant comme lubie la lutte contre l’universalisme, et de l’autre un partisan de l’universalisme dans les mots et pourtant destructeur des conquis sociaux et ennemi du monde du travail ? Ce détournement de la laïcité ne peut être accepté et représente un véritable danger.


  • Houria Bouteldja a-t-elle sa place à l’Université de Limoges ?
    France 3 Nouvelle-Aquitaine | Par Hélène Abalo Publié le 21/11/2017
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/houria-bouteldja-t-elle-sa-place-universite-limoges-137

    Polémique à l’Université de Limoges. Dans une lettre ouverte, un professeur de sociologie dénonce la participation d’Houria Bouteldja à un séminaire le 24 novembre 2017. La présidence maintient la conférence et s’explique.
    "Séminaire d’études décoloniales – Conférence-débat avec Houria Boutelhja, vendredi 24 novembre à 14h30 […] Le laboratoire Espaces Humains et Interactions Culturelles organise une conférence-débat avec Houria Boutelja autour de son livre "Les blancs, les Juifs et nous – Vers une politique de l’amour révolutionnaire"

    Si l’annonce a disparu du site internet de l’Université de Limoges, le séminaire, lui, aura bien lieu. Une conférence, dont l’initiative revient à un groupe de chercheurs, qui ne sera pas ouverte au grand public mais seulement aux enseignants-chercheurs.

    « Pas question d’annuler » Alain Célérier, président de l’Université de Limoges
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=22&v=ziM1k3-tb8o


    "C’est vrai que les idées que véhicule cette dame ne sont pas sur lesquelles on peut communiquer, mais ce qui nous intéresse, c’est un séminaire de recherche, c’est la confrontation d’idées dans un cadre scientifique [...] Si on commence à mettre des censures a priori, on sort de ce cadre de cette liberté" explique Alain Célérier, président de l’Université de Limoges. « La loi encadre et réprime les propos qui sont non conformes et on fera attention à ce que les propos restent dans la conformité de la loi », précise Alain Célérier. Pas sûr que cela suffise à apaiser les esprits.


  • Et un, et deux, et trois comicos !
    https://nantes.indymedia.org/articles/39129

    Depuis quelques mois, on a le plaisir d’assister à de nombreuses attaques incendiaires contre les keufs et les gendarmes, en Isère,à Limoges, Montpellier et ailleurs. Ces attaques, survenant pendant et suite au procès de la keufmobile, sont le prolongement d’une volonté de détruire l’Etat. Jusqu’ alors, mis à part les communiqués liés aux actions, ces evénements ne sont repris dans aucun texte. Ces actes ne sont pas isolés mais s’inscrivent dans un contexte plus large dde haine des keufs.