city:londres

  • Washington, Tel Aviv et Londres préparent-ils des bombardements contre l’Iran ? (Sputnik)
    https://www.crashdebug.fr/international/16226-washington-tel-aviv-et-londres-preparent-ils-des-bombardements-cont

    Israël se préparerait à des activités militaires contre l’Iran. La presse israélienne évoque des projets de raids communs au-dessus de la Syrie et de l’Iran avec des chasseurs-bombardiers de 5e génération F-35 de l’aviation américaine, israélienne et britannique.

    Les avions d’Israël, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne s’entraînent actuellement à interagir en conditions de guerre, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Le Pentagone a projeté 12 F-22 sur sa base d’Al Oudeid au Qatar. Jérusalem a accusé les militaires russes d’utiliser des moyens de guerre électronique empêchant la navigation aérienne dans la région. Damas se dit « totalement prêt » à utiliser le système antiaérien S-300 fourni par la Russie fin 2018. Moscou ne nie pas l’éventualité de livrer des S-400 à (...)

  • Le #train_de_nuit #Londres-Edimbourg tourne au cauchemar
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/07/05/le-train-de-nuit-londres-edimbourg-tourne-au-cauchemar_5485490_3210.html

    Dans leur publicité, les promoteurs du nouveau « #Caledonian_sleeper » promettaient une « expérience hors du temps ». Ils ne croyaient pas si bien dire. Lancé avec tambours et trompettes au printemps, le nouveau train de nuit entre Londres, Edimbourg et Glasgow, n’arrive que rarement à l’heure. Les voyageurs qui ont tenté l’« expérience » alléchante de s’endormir à Euston station pour se réveiller en plein cœur des métropoles écossaises, étalent leur colère sur les réseaux sociaux. Nettement moins prompts que les Français à monter sur leurs grands chevaux à la moindre défaillance, les Britanniques évoquent poliment leur « déception », des billets « hors de prix », des horaires « non respectés », des cabines « à déconseiller aux claustrophobes ».

    #privatisation #transport
    #paywall

  • ARTE Regards - Londres et le mouvement #MeToo | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/079474-036-A/arte-regards-londres-et-le-mouvement-metoo

    À Londres, 85 % des femmes de 18 à 24 ans assurent avoir été victimes d’agression ou de harcèlement sexuels dans l’espace public. Dans le sillage du mouvement #MeToo, plusieurs initiatives ont vu le jour dans la capitale britannique.

    Avec son projet photographique Cheer up luv, Eliza Hatch, 22 ans, leur donne l’occasion de reprendre le pouvoir sur leur agresseur, en les photographiant à l’endroit où ont eu lieu les faits qu’elles dénoncent. L’initiative « Good Night Out » vise quant à elle à sensibiliser le personnel de pubs et de boîtes de nuit pour mieux détecter et prévenir les cas de harcèlement. Si certains hommes voient dans le mouvement #MeToo une menace pour la drague, ce n’est pas le cas du « coach en séduction » Johnny Cassell, qui pense que le sexisme n’a rien de séduisant.

    #abus_de_pouvoir #domination_masculine #harcelement #prédation #PUA #me_too #espace_public

  • Royaume-Uni : un duel Johnson-Hunt pour succéder à Theresa May (Le Parisien)
    https://www.crashdebug.fr/international/16213-royaume-uni-un-duel-johnson-hunt-pour-succeder-a-theresa-may-le-par

    Le chouchou des pro-Brexit, Boris Johnson, affrontera le chef de la diplomatie Jeremy Hunt.

    Seuls les conservateurs Boris Johnson et Jeremy Hunt restent en lice. AFP/STF

    Il n’en reste plus que deux candidats conservateurs pour succéder le mois prochain à la Première ministre britannique démissionnaire Theresa May : le chouchou des pro-Brexit, Boris Johnson, affrontera le chef de la diplomatie Jeremy Hunt.

    Lors du dernier tour de vote jeudi après-midi, l’ancien maire de Londres a conforté sa large avance, avec 160 voix sur 313, suivi, loin derrière, par Jeremy Hunt, 77 voix, qui n’a battu que d’un cheveu dans la course à l’investiture le 3e candidat, le ministre de l’Environnement Michael Gove, 75 voix, avec un bulletin nul.

    Ex-ministre des Affaires étrangères de (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales

  • Opioïdes : Nan Goldin vise le mécénat du Louvre - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/07/01/opioides-nan-goldin-vise-le-mecenat-du-louvre_1737328
    https://medias.liberation.fr/photo/1232418-prodlibe-20190859-performance-nan-goldin.jpg?modified_at=1

    La photographe a organisé lundi une action dans la cour du grand musée parisien, appelant sa direction à débaptiser une aile nommée en l’honneur d’une famille de mécènes détenant le laboratoire produisant l’Oxycontin, un puissant analgésique.

    Opioïdes : Nan Goldin vise le mécénat du Louvre

    Le Louvre n’imaginait sans doute pas voir un jour sa réputation ternie par la crise des opioïdes, ce scandale sanitaire majeur qui a déjà fait au moins 100 000 morts par overdose aux Etats-Unis. Le célèbre musée parisien doit pourtant faire face à une fronde inédite orchestrée par la photographe new-yorkaise Nan Goldin et le collectif PAIN (Pain Addiction Intervention Now), qui militent depuis deux ans pour alerter sur les dangers de l’Oxycontin. Ce puissant antidouleur, dérivé de l’opium, est commercialisé depuis 1996 par la société Purdue Pharma, elle-même détenue par la famille Sackler. Comme de nombreuses entreprises, le laboratoire américain est aussi un généreux mécène du monde de l’art, prêt à débourser de très grosses sommes pour voir son nom associé à des institutions culturelles de renom. Grâce à un don de 10 millions de francs au Louvre en 1996, la famille a ainsi obtenu que l’aile des antiquités orientales du Louvre soit nommée « aile Sackler », nom qu’elle porte toujours aujourd’hui. Douze salles consacrées à l’Iran ancien, au Levant et à l’Arabie ancienne, où trônent d’inestimables joyaux.

    Une association insupportable pour Nan Goldin, devenue la figure de proue de la lutte contre Sackler. Ancienne accro à l’Oxycontin dont elle est désormais sevrée, la photographe multiplie depuis 2017 les actions choc dans les musées financés par la famille américaine. Mais c’est la première fois qu’une action a lieu en France, face au musée le plus visité du monde.
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    « Sackler on meurt, le Louvre couvre »

    Les touristes présents lundi devant la pyramide du Louvre ont d’abord cru à une performance artistique. Entièrement vêtue de noir, sa médaille de l’ordre des arts et des lettres attachée à la ceinture, Nan Goldin s’est avancée dans l’eau au milieu du bassin, face au bâtiment de verre. Puis des militants ont déployé derrière elle une large banderole orange avec ces mots en lettres noires : « Louvre, take down their name » (« Louvre, retirez leur nom »). Une trentaine d’activistes se sont ensuite massés autour de la photographe aux cris de « Shame on Sackler » et « Sackler on meurt, le Louvre couvre ». « Sackler est responsable de la mort de 200 personnes par jour aux Etats-Unis, lance Nan Goldin aux quelques journalistes présents. Le Louvre ne peut pas être complice de ce scandale. »

    Préparée en trois semaines dans le plus grand secret, l’action a été menée en collaboration avec l’association Aides. « On ne parle que des Etats-Unis mais d’autres pays commencent à être touchés par la crise des opioïdes, explique Fred Bladou, chargé de mission au sein de l’asso. Ce désastre sanitaire doit aussi nous interpeller sur la politique préventive que nous menons. Il démontre l’absurdité qu’il y a à criminaliser les usagers de drogue illicite alors qu’une des plus grosses crises sanitaires de l’histoire concerne une drogue licite. » En France, une centaine de médecins ont alerté fin juin dans les colonnes du JDD sur « le risque d’une crise sanitaire » alors que « 12 millions de Français utilisent des médicaments opiacés, sans être alertés sur leur potentiel addictif et sur les risques d’overdose ».
    Guggenheim et Tate Modern

    Accusés de commercialiser son produit phare en toute connaissance de cause, les Sackler sont aujourd’hui visés par plus de 1 600 actions en justice dans 35 Etats américains. En mars, ils ont dû verser 270 millions de dollars dans le cadre d’un accord à l’amiable passé avec l’Etat de l’Oklahoma. Sous la pression de PAIN, la polémique s’est étendue au mécénat culturel international. Ces derniers mois, plusieurs grands musées comme le Guggenheim et le Metropolitan Museum of Art à New York, ou la Tate Modern à Londres, ont annoncé publiquement qu’ils refuseraient à l’avenir toute donation de la famille Sackler. Un autre musée londonien, la National Portrait Gallery, a décliné en mars un don d’un million de livres (1,15 million d’euros). « Nous n’avons plus reçu aucune donation ni aucune demande de Sackler depuis 1996 », se défend-on au Louvre. Mais ce refus des dons ne suffit plus, pour Nan Goldin et les militants de PAIN. « Il faut que le Louvre soit le premier à débaptiser une aile, exigent-ils dans leur communiqué. Nous n’acceptons plus qu’une institution culturelle publique financée par l’Etat et les contribuables porte au pinacle une entreprise meurtrière. »

    Techniquement, rien n’empêche le musée parisien de retirer le nom des Sackler, le choix de baptiser certaines salles n’étant pas irrévocable, selon la charte interne. Mais la problématique du mécénat et des donateurs embarrassants va bien au-delà de ce cas. Elle est d’autant plus sensible qu’en vingt ans, le budget du Louvre a plus que doublé, alors même que la subvention de l’Etat est restée stable (environ 100 millions d’euros par an). Pour financer la différence et satisfaire les dix millions de visiteurs annuels, le musée n’a d’autre choix que de se tourner vers les acteurs privés, qui représentent entre 20 et 25 millions d’euros par an. Pour vérifier l’origine de ces fonds, le Louvre s’appuie aussi bien sur son réseau diplomatique dans les ambassades étrangères que sur Tracfin, le service antiblanchiment de Bercy. A l’époque, la donation des Sackler n’avait soulevé aucun problème. Vingt-trois ans et plusieurs dizaines de milliers de morts plus tard, c’est une tout autre affaire.
    Emmanuel Fansten

    #Opioides #Sackler #Louvre

  • Facebook , gangster aux 55 milliards de dollars Pia de Quatrebarbes - 21 Juin 2019 - Solidaire
    https://www.solidaire.org/articles/facebook-gangster-aux-55-milliards-de-dollars

    Un chiffre d’affaire de plus de 55 milliards de dollars en 2018 : en quinze ans, le réseau aux 2,2 milliards « d’amis » a engrangé un paquet de fric sur nos informations, quitte à s’asseoir sur quelques lois. Un « #gangster_numérique », a tranché le parlement britannique dans un rapport au vitriol... Comment le réseau social qui voulait « rendre le monde meilleur » en est-il arrivé la ?


    Photo Wachiwit /iStock

    En 2008, quand Facebook débarque en France, c’est la ruée sur les « murs ». On y voit alors un formidable moyen de communiquer, partager des photos, personne ne s’y informe encore, mais on y dissémine naïvement des informations aux quatre vents : scolarité, opinion, statut amoureux....et déjà on #like. Rien de grave a priori, #Mark_Zuckerberg, le concepteur du réseau souhaite alors « rendre le monde meilleur ». Pas « le conquérir, seulement rendre les gens plus ouverts et connectés ».

    L’histoire est typique des innovations du web. 4 ans auparavant, dans sa chambre de Harvard, à Boston, le petit génie veut rencontrer des filles, il crée alors avec des camarades un #trombinoscope des étudiants, « The Facebook ». Les universités américaines s’y branchent, puis les lycées et collèges – Il suffit d’avoir 13 ans et une adresse mail. Et bientôt le monde entier : 2,2 milliards d’utilisateurs, un chiffre d’affaires de 55 milliards de dollars, et le 3e site internet le plus visité.

    De ses utilisateurs, il sait à peu près tout !
    Mais 15 ans après, sa firme est devenue un « gangster numérique au dessus des lois ». La sentence est venue mi-février de la Commission du numérique, de la culture et des médias du #Parlement_britannique. Pendant 18 mois, elle a planché sur le scandale #Cambridge_Analytica. Une centaine de témoins ont été auditionnés, mais le PDG de Facebook, lui, a refusé... A la lecture des 110 pages, on comprend pourquoi et comment #Mark_Zuckerberg a choisi « le profit avant la vie privée ».

    Comprenons bien : Que Facebook sait-il de ses utilisateurs ? A peu près tout ! « La pratique la plus problématique, c’est la captation systématique de nos données personnelles », explique Sylvain Steer, enseignant en droit et membre de l’association la Quadrature du Net. Pour les « amis », ce sont donc les contenus publics, les messages privés sur #Messenger, la listes des personnes, pages et groupes suivis, la façon dont on utilise le service et accède aux contenus et les informations sur l’appareil (adresse IP, fichiers présents, mouvements de la souris, accès au GPS et à l’appareil photo).

    Pour ceux qui n’ont pas de compte, la firme de Palo Alto a la solution : le « profil fantôme ». Les #cookies, les boutons « J’aime » et « Partager » affichés sur de nombreux sites, transmettent à Facebook les informations de navigation... En bref, Facebook s’accorde un pouvoir de surveillance de masse.

    Et quand Mark Zuckerberg répète à tout va, « Facebook ne vend pas les données », le parlement Britannique répond : il ment. En cause, le modèle économique : « la gratuité » pour l’utilisateur contre la monétisation de ses données. « Facebook vend aux annonceurs des catégories de publicité. Ce sont l’ensemble des caractéristiques sociales, économiques et comportementales que le réseau associe à chaque utilisateur afin de mieux le cibler », explique Sylvain Steer. « Avec l’argument fallacieux que c’est pour nous proposer des contenus de la façon la plus adaptée : sous entendu la plus subtile ». Facebook est donc avant tout « une #régie_publicitaire », analyse Yann Le Pollotech, chargé des questions numériques au PCF. 98 % de son chiffre d’affaires mondial provient de la publicité ciblée.

    L’accès aux données des téléphones
    Le réseau ouvre aussi ses données à des développeurs tiers contre rémunération « 250 000 dollars de publicités par an », écrivait le PDG dans un mail obtenu par les parlementaires britanniques. Facebook nie, explique que l’idée n’avait jamais été appliquée. En 2015, pourtant il restreint l’accès sauf pour une liste de 150 entreprises, dont Apple, Amazon, Netflix, ou Airbnb ou encore le site de rencontre #Tinder. Et là, c’est open bar ! Et Zuckerberg écrivait : « je ne vois pas de cas où des données ont été diffusées de développeurs à développeurs et ont causé un réel problème pour nous »... Raté ! 3 ans après, Cambridge Analytica allait prouver le contraire. La société, basée à Londres, a siphonné les données de 87 millions de comptes. La cheville ouvrière de la campagne numérique de Donald Trump en 2016, a réalisé un micro ciblage des électeurs.

    Parmi les autres pépites du rapport : l’accès aux données des téléphones. En 2015, la nouvelle version de l’application sur mobiles #Android pouvait avoir accès au journal des appels téléphoniques. Un cadre de Facebook s’inquiète dans un mail interne que les utilisateurs s’en rendent compte. « Ça serait très risqué : des journalistes (..) qui écrivent des articles sur “Facebook qui utilise sa mise à jour pour espionner votre vie privée” », écrit le cadre. Car le but de la firme, est bel et bien de tout savoir.... Pour cela, il faut capturer l’utilisateur et faire en sorte qu’il y reste. Et le pousser à partager toujours plus d’informations.

    Les #Fake_News rentrent dans cette catégorie. C’est parce qu’elles sont beaucoup plus partagées que Facebook les laisse se propager... Le sociologue Dominique Cardon limite leur portée dans un livre salvateur (1). Pendant la campagne américaine, ces « fake news » ont été le plus consultées par les 10% des électeurs les plus convaincus, y écrit-il. Pour Yann Le Pollotech aussi, « il faut se méfier de ce concept. Depuis que les hommes communiquent, il y a de la #désinformation. Mais ici, il y a aussi une sorte de racisme social : les fake news ne concerneraient que les moins diplômés.. et les gilets jaunes ! A chacun ses Fakes news ; celle des #CSP_+ [cadres supérieurs, NdlR], c’est que les cheminots partent à la retraite à 50 ans avec un pont d’or. Mais ce n’est pas à Facebook de décider ce qui est de l’ordre du complot ou de la #vérité. La seule manière de les éviter : c’est la délibération, le débat démocratique ».

    Mais ce n’est pas le programme du géant. Lui, il a un autre objectif : « enfermer les internautes dans son monde, son univers. Plus que du gangster, cela relève de la #mafia, au sens où c’est aussi une organisation sociale », continue Yann Le Pollotech. Dans ce système, Facebook compte aussi la messagerie #Whatsapp (1,5 milliard d’utilisateurs) et le site de partage de photos et vidéos #Instagram (1 milliard). Et avec elles, toutes leurs données ! En 2014, au moment du rachat de Whatsapp pour 19 milliards de dollars, Zuckerberg promettait « de ne pas combiner les données des comptes Facebook et Whatsapp. Bien sûr, il l’a fait deux ans après », continue Sylvain Steer.

    Depuis les scandales continuent : le 20 mars, Facebook reconnaissait ne pas protéger les #mots_de_passe de centaines de millions de comptes. En février, d’autres applications donnaient accès à Facebook à leurs données : une application pour suivre son cycle menstruel, de sport, de santé... En septembre, 50 millions de comptes étaient piratées.

    Un modèle basé sur l’illégalité
    Que font les législateurs ? En Europe, ils ont franchi une première étape avec le Règlement général pour la protection des données ( #RGPD ), entré en vigueur le 28 mai dernier. Ce dernier impose des formes de consentement éclairé et libre. Mais « Facebook continue de violer les textes, car tout son modèle économique est illégal », rappelle Sylvain Steer. Une plainte collective a été déposée, la CNIL Irlandaise – là où est le siège social de Facebook en Europe- l’examine. Sauf qu’elle prend son temps. « Bien sûr, Facebook comme les autres, fait un lobbying pour retarder sa mise en conformité et prolonger son business », continue-t-il.

    Le Parlement britannique veut la fin du far west... Sauf que Facebook, comme #Google « à force de ne pas être réglementés, se sont imposés comme des autorités centralisatrices sur internet. Les États au lieu de le limiter, continuent à lui déléguer des pouvoirs ». La France en tête, « les gouvernements, demandent à ces plateformes géantes de devenir juges et modérateurs des contenus en ligne. Ce qui devrait être de l’ordre de la justice ou du service public », poursuit Sylvain Steer ... Ou comment les gouvernements donnent à Facebook les clés de la censure. Zuckerberg, lui, s’excuse, encore une fois, et promet « de changer ». En attendant, le nombre d’utilisateurs recule, les jeunes désertent la plateforme... Mais pour Instagram. Et restent ainsi dans le monde clos de Facebook.

    Culture numérique, Dominique Cardon, Les presses de Sciences Po, sorti en février, 19 euros, 428 pages
    (Article paru dans le journal L’Humanité -Dimanche du 28 mars 2019)

    #facebook #surveillance #internet #algorithme #censure #réseaux_sociaux #publicité #données #bigdata #profiling #manipulation #marketing #domination #web #voleur de vies #escroc #gangster #fric

  • #Refus_d’entrée : criminaliser la solidarité

    En France, deux petites victoires ont été remportées contre les tentatives du gouvernement Français de criminaliser la solidarité envers les migrant·e·s. Un tribunal administratif a annulé deux ordres de la police française d’interdire de territoire des citoyen·ne·s européen·ne·s en raison de leur soutien aux migrant·e·s à Calais. L’interdiction ordonnée par la police a été déclarée illégale. Cette victoire au tribunal pourrait affecter des dizaines d’autres personnes placées sur des listes d’interdiction et dans les bases de données de surveillance par la police française.

    La liste des #interdictions_de_territoire

    En mars 2017, D. était à la gare de St Pancras à Londres pour prendre l’Eurostar en direction de Calais. Il s’y rendait pour participer à une réunion publique sur le rôle des sociétés privées impliquées à hauteur de plusieurs millions d’euros dans la sécurisation de la frontière Franco-Anglaise. Mais avant de monter dans le train, il est arrêté au contrôle des passeports, puis emmené dans une petite pièce par la Police aux Frontières française (#PAF). Après un moment d’entretien au téléphone, les agent·e·s de la PAF impriment un “Refus d’entrée”, document officiel l’informant qu’il lui est interdit d’entrer en France.
    Ce type de traitement n’est que trop courant envers les voyageurs et voyageuses non-européen·ne·s. Mais D. est titulaire d’un passeport européen. Le document qui lui a été remis stipulait qu’il figurait dans une base de donnée de la police française regroupant les personnes fichées comme « Danger pour l’ordre public ou la sécurité nationale ». En outre, la police lui annonce qu’il va également « avoir des problèmes » pour voyager dans d’autres pays, puisque son nom était dorénavant signalé sur la base de données du Système d’Information Schengen (SIS) utilisée par les polices aux frontières dans toute l’Europe.
    Le cas de D. n’est pas un incident isolé. Ainsi, en mars 2017 X. se rendait en Belgique en bus et a été arrêté·e par la PAF au port de Douvres. Après environ une heure d’attente, on informe X. que l’entrée en France lui est refusée et iel reçoit un papier notifiant simplement qu’iel est un « danger pour l’ordre public ou la sécurité nationale ».
    Ce n’était pas la première fois que X. a eu des problèmes pour entrer en France. En Octobre 2016, X. est arrêté·e à son arrivée à Calais et constate que les agent·e·s consultent une liste de trois pages avec des noms et des photographies. La police désigne à X. une photo d’iel prise en 2010 (date devinée grâce à la couleur de ses cheveux !) figurant en page 3 du document.
    On informe X. qu’en cas d’arrestation à Calais, iel serait interdit·e de présence sur le territoire français. Iel n’a pas été arrêté·e, malgré cela, l’entrée en France lui fut refusée la fois suivante.

    En examinant et recoupant l’enchaînement de ces incidents avec d’autres, il semble probable que la police ait établi une « liste de personnes interdites du territoire » juste avant l’expulsion de la jungle en octobre 2016.

    Nous savons que d’autres personnes ont reçu ces interdictions.
    D. et X., plutôt chanceux·se·s d’avoir pu le faire dans le délai imparti de deux mois, ont décidé de contester cette interdiction devant les tribunaux français. Iels ont été soutenu·e·s dans cette action par le réseau Calais Migrant Solidarity et par l’association française Anafé qui travaille avec les étrangers et étrangères empêché·e·s d’entrer en France. Nous pensons qu’il s’agit de l’une des premières fois qu’un refus d’entrée est contesté en France. La plupart des personnes à qui sont imposés ces refus d’entrée sont des migrant·e·s non-européen·ne·s, déporté·e·s loin de France et qui ont peu de chance de les contester.

    La #fiche_S

    Le ministère français de l’Intérieur a défendu l’interdiction devant la cour, arguant que D. et X. étaient bel et bien un “danger” pour la France. Mais de quel danger parle-t-on ? L’État français a tiré cet argument de son fichier consacré à D. et X. – une des tristement célèbres « fiche S » constituées par la police politique française sur de supposé·e·s fauteurs et fauteuses de troubles.

    Cette “fiche S” comportait deux parties. Tout d’abord, D. et X. sont identifié·e·s comme « membre de la mouvance anarcho-autonome d’ultra gauche (« no border ») susceptible de se livrer à des actions violentes dans les perspectives du démantèlement du camp de migrants de Calais ». L’État, dans ses pièces, ne mentionnait aucune violence de ce type, mais citait plutôt plusieurs articles de presse français traitant de la prétendue “violence” des “No Borders”.

    En fait, les assertions de ces médias étaient entièrement fondées sur des citations de sources policières, souvent anonymes. Ainsi, en un cercle parfait, la police a communiqué à la presse des affirmations sans fondements, puis a utilisé ces même citations de presse dans leurs propres “preuves”. Ni D., ni X., ni personne d’autre n’a jamais été poursuivi·e pour les prétendues “violences” mentionnées dans ces rapports, et encore moins reconnu·e coupable.

    La deuxième partie de la fiche S donne quelques exemples plus précis des activités de D. Par exemple, il est arrêté en 2010 dans une “occupation illégale” – c’est-à-dire qu’il était simplement présent dans l’Africa House, squat où habitaient environ 100 personnes venant principalement du Soudan, d’Érythrée et d’Éthiopie. Il a également été repéré par la police lors d’une manifestation de migrant·e·s à Calais en 2014. Le dossier de X. mentionnait que « du 5 au 7 février 2010, des activistes No Border, y compris X., ont illégalement occupé un hangar de la rue Kronstadt à Calais et ont accueilli des migrant·e·s, les forces de l’ordre devant expulser les lieux », et qu’en 2010, des activistes No Border, y compris X. ont déployé une banderole “solidarité avec les sans papiers” sur la façade du beffroi de la mairie de Calais.
    Comme l’a convenu la cour, tout ceci n’avait rien de bien sérieux, était inexact ou ancien, et que rien ne suggérait une menace imminente contre la nation française.

    Il y avait aussi des éléments issus de dossiers de la police britannique. Encore une fois, ceux-ci mentionnent simplement que D et X sont allé·e·s à des manifestations, et que X a été arrêté·e lors de l’une d’elle, mais jamais poursuivi·e.

    Ce que tout cela montre également est comment les polices britannique et française échangent de vagues « renseignements », des rumeurs policières et des soupçons, sur les personnes qu’ils identifient comme politiquement actives. Cette “intelligence” est ensuite utilisée comme une base pour bloquer les mouvements transfrontaliers des personnes, notamment en les ajoutant aux listes de surveillance internationales comme le Système d’Information Schengen.

    #No_Borders” : la menace fantôme

    En bref, la seule accusation réelle contre D et X était qu’iels appartenaient à une « violente » organisation « anarcho-autonome » appelée « No Borders ». Mais quelle est cette prétendue organisation ?

    Bien sûr, certaines personnes solidaires des migrant·e·s de Calais se considèrent anarchistes. Et certaines, anarchistes ou « ultra-gauchistes » ou non, s’identifient à l’idée de « No Borders ». Ces deux mots ont pu être compris différemment selon les personnes : un slogan, une demande, un défi, un rêve. En revanche ce qu’ils ne signifient absolument pas est l’appartenance à une organisation qui organiserait le soulèvement des migrant·e·s à Calais.

    C’est un fantôme créé par la police française et les journalistes qui alimentent des histoires en buvant quelques verres. Il n’existe tout simplement pas. Les journalistes des deux côtés de la Manche ont diffusé d’innombrables histoires de « No Borders » incitant à des émeutes, incendiant la jungle, alimentant des réseaux de passeurs, etc. Aucunes de ces affirmations n’ont jamais été étayées par des preuves ou des enquêtes, ni jamais justifiées devant un tribunal.

    Par ailleurs, les migrant·e·s à Calais sont généralement des personnes plutôt débrouillardes. Beaucoup ont vécu des guerres et des dictatures, des révolutions, traversé des mers et des déserts. Iels n’ont pas besoin d’aide pour être en colère, ni pour s’organiser pour franchir les frontières et passer à l’action.

    Lutter pour la solidarité

    Pour nous, cette contestation en justice ne concernait pas seulement deux individu·e·s . Il s’agissait de contester une arme largement utilisée par la police pour bloquer la libre circulation des personnes en toute impunité. C’était une petite participation à la résistance contre les gouvernements qui s’échinent à mettre fin aux mouvements de solidarité entre citoyen·ne·s et migrant·e·s.

    Au cours des dernières années, des milliers d’Européen·ne·s ont réagi au passage des réfugié·e·s avec soutien et solidarité, depuis les plages de Grèce en passant par les cols des Alpes jusqu’aux “Jungles” de Calais. Cela dérange les politicien·ne·s et les médias qui s’affairent à vouloir faire paniquer la population au sujet d’ « invasions de migrant·e·s ». Leur but est de semer la peur et la division, essayant d’empêcher les gens de s’unir contre les élites capitalistes qui sont nos ennemis communs. La solidarité concrète et pratique, quand les personnes avec et sans papiers résistent côte à côte, est une réelle menace pour leur projet de « diviser pour mieux régner ».

    C’est pourquoi les États répondent en diabolisant et en criminalisant la solidarité. À Lesbos ou à Lampedusa, des volontaires sont emprisonné·e·s ou harcelé·e·s pour avoir sauvé quelques-unes des milliers de personnes qui se noient en mer. A Calais, la police arrête et interdit de territoire arbitrairement quiconque qu’elle aura étiqueté comme « No Borders ». Iels espèrent ainsi effrayer les citoyen·ne·s et isoler les migrant·e·s. L’État et les médias peuvent ainsi discréditer et attaquer leurs boucs émissaires en toute liberté.

    Cette victoire judiciaire est une petite partie de la lutte contre cette guerre lancée contre la solidarité. Ce qui est primordial est que nous ne nous laissions pas effrayer et que nous continuions à combattre nos vrais ennemis qui traînent dans les halls de commerce et dans les lieux de pouvoir. Français·e·s ou Britanniques, Européen·ne·s ou Africain·e·s, nous avons les mêmes ennemis, ne les laissons pas nous diviser.

    #Calais #délit_de_solidarité #solidarité #asile #migrations #réfugiés #victoire #France

  • Cartographier les migrations #1 : Un monde de cartes

    Verbatim

    Cela fait longtemps que l’Humanité produit différents types de cartes. Cartes polynésiennes, table de #Peutinger, portulans, etc., nombre d’entre elles étaient notamment conçues pour le repérage et l’organisation des déplacements humains sur terre ou en mer.

    L’histoire de la cartographie est aussi l’histoire de la représentation du Monde. Si la première carte du monde connu date de l’époque babylonienne (vers 600 avant notre ère), ce sont les grecs qui ont posé les fondements de la cartographie scientifique : mesure de la rotondité de la terre (Ératosthène), systèmes de projection, découpages en zones, etc.

    Les premières représentations de données sous la forme de graphiques sont également très anciennes : elles datent du XIVe siècle et sont signées Nicolas Oresme, un intellectuel né en Allemagne, ancien évêque de Lisieux à qui sont attribués les premiers histogrammes de l’Histoire.

    En 1826, une conjonction graphique qui mêle ces histoires de la mise en graphique et de la cartographie s’ouvre avec les travaux du français #Charles_Dupin. Nait alors la première carte (#choroplèthe) représentant des données statistiques localisées invisibles à l’œil nu, une carte de l’instruction populaire en France. Comme l’indique #Gilles_Palsky, on a effectivement d’abord appris à représenter le temps sous la forme de diagramme, puis l’espace sous la forme de carte.

    Et puis, il y a #Charles_Joseph_Minard, ingénieur civil français qui entreprend, à l’heure de la retraite, un travail considérable de cartographie statistique fondé sur « un calcul par l’œil ». Sa carte figurative sur la Campagne de Russie de 1812-1813 est d’ailleurs considérée aujourd’hui comme le « Gold Standard » de la dataviz.

    Minard produira nombre de cartes et graphiques descriptifs de mouvements de transports, avant d’étudier également ceux de populations humaines. Sa mise au point de plusieurs variables visuelles posera les fondements d’une école française de la sémiologie cartographique.

    La publication illustrée des Lois de la migration à la fin du XIXe siècle par #Ernst_Georg_Ravenstein, cartographe allemand installé à Londres, ouvre la voie vers un changement de paradigme théorique : les approches monographiques, purement descriptives, sont progressivement complétées par une vision idiographique qui donnera lieu à un renouvellement progressif des méthodes et des cartographies correspondantes.

    Le tournant spatial de la fin des années 1960 entraînera dans son sillage un renouvellement de la figure de la carte statistique liée à un double mouvement. D’une part, les principes de sémiologie acquis au cours du temps sont formalisés par Jacques Bertin, dans le registre de la cartographie générale ; ils incluent à la marge des considérations liées aux déplacements. D’autre part, le développement d’une algorithmie spécifique au traitement et à l’analyse de données localisées va devenir une pratique courante avec les travaux de #Waldo_Rudolf_Tobler, géographe américain qui publiera, notamment, les premiers scripts autorisant le dessin automatique sur une carte, décrivant en particulier des interactions territoriales par des flux ; plus généralement l’émergence de nouveaux outils, les Systèmes d’information géographique.

    La production cartographique actuelle sur les déplacements, forte des acquis théoriques et méthodologiques du passé, est soutenue ces dernières années par le développement de l’informatique graphique et un engouement général pour la cartographie. Sa fabrique connaît en effet un renouvellement profond dans le contexte de la cartographie 2.0, une évolution en même temps qu’une ouverture des outils et des pratiques qui s’inscrit dans un contexte de permanence de questionnements anciens (figurer des routes, des directions majeures, montrer des zones d’accumulation, …).

    https://neocarto.hypotheses.org/5807

    #vidéo #migrations #cartographie #visualisation #Nicolas_Lambert et #Françoise_Bahoken (@fbahoken) #mobilité #flux #histoire_de_la_cartographie #histoire

    https://www.youtube.com/watch?v=j-QeXDiK1Iw

    #ressources_pédagogiques
    ping @karine4

    • Cartographier les migrations #2 : enjeux théoriques et méthodologiques

      Verbatim

      Les images cartographiques produites au cours du temps sur des mouvements et déplacements apparaissent diverses dans leur forme, dans leur fond et dans leur mise en œuvre. Dans la mesure où elles peuvent être (perçues comme) complexes, il devient intéressant de les examiner de plus près.

      Pour cela, il convient d’adopter une posture critique dé-constructive de ces images pour essayer d’identifier les éléments qui les composent, leur structure élémentaire et plus loin leur fondement théorique. Quel est le processus mis en œuvre pour réaliser cette carte de migrations ? Dans quel cadre théorique (approche réseau, approche gravitaire, approche visuelle) s’inscrit-elle ? Quel phénomène y est symbolisé ? A l’aide de quels procédés ?

      Cette seconde partie du séminaire met en œuvre une approche compréhensive à visée pédagogique, pour présenter les enjeux théoriques et méthodologiques d’une cartographie de migrations. Le rappel des notions mobilisées concernant la mesure de l’information est mis en perspective avec la symbolisation cartographique qui peut être réalisée en lien avec une difficulté spécifique qui se pose d’emblée pour les migrations.

      L’usage de la #flèche génère une erreur qui conduit généralement à interpréter son dessin sur une carte comme une généralisation de comportements individuels, alors qu’elle symbolise plutôt le comportement d’un agrégat – et non celui d’un groupe ou d’un individu. Son examen conduit à arbitrer sur le choix du niveau de chacune des composantes (sociale, spatiale, temporelle …) mobilisée dans l’analyse cartographique des déplacements, en général.

      La prise en compte de ces choix théoriques dans la symbolisation graphique des migrations n’est donc pas sans conséquences sur le type d’images réalisée, sur leur signification. On montre enfin qu’il existe en réalité trois modalités cartographiques de ces déplacements qui diffèrent fondamentalement sur les plan graphique et théorique.

      https://www.youtube.com/watch?v=Xy5M-Irpom0


      https://neocarto.hypotheses.org/5809
      #flèches

    • Cartographier les migrations #3 : enjeux rhétoriques
      Verbatim

      La carte est l’instrument fondamental du géographe. Elle permet de faire émerger des hypothèses, de tester une intuition, de valider un raisonnement, de spatialiser le regard. En sciences, la carte peut d’ailleurs valoir de preuve. L’élaboration d’une carte à la fin d’un processus de recherche permet aussi d’expliquer par l’image le résultat d’un raisonnement donnant toujours lieu à une #représentation donnée du Monde, située. Le fait qu’il y ait 1000 et 1 manières de mettre le Monde en cartes suggère autant de discours envisageables. La carte illustre en réalité, par l’intermédiaire d’un langage graphique plus ou moins formel, un ensemble d’arguments dont la présentation n’est pas dénuée de techniques de rhétorique.

      Certaines cartes de l’agence #Frontex en sont l’exemple frappant. En représentant des migrations sud-nord par de grosses flèches rouges pointant de façon menaçante vers les pays de l’Union européenne, leurs cartes font plus que mettre, simplement, des chiffres en images. Elles racontent un phénomène inscrit dans un espace géographique, de son point de vue : celui d’une autorité qui considère qu’il faut « protéger » les frontières européennes de l’arrivée de migrants jugés trop nombreux. Le mode de représentation traduit un parti pris cartographique indéniable pour soutenir leur position. Et pourtant, d’autres choix étaient possibles : en jouant sur l’#échelle du rendu ou sur les #figurés graphiques eux-mêmes, ou sur les questionnements sous-jacents. Qu’y a-t-il derrière ces grosses flèches rouges ? Quid des histoires individuelles de ces hommes, de ces femmes et enfants en migration ?

      Faire une carte, ce n’est pas mettre en image le réel, c’est en représenter une facette. C’est porter un regard sur le Monde, donner une représentation nécessairement tronquée et simplifiée de la réalité. La réalisation d’une carte résultant de choix pris dans un éventail de possibles, elle n’est ni totalement objective, ni complètement neutre ; elle se doit donc d’être conçue avec honnêteté.

      Les cartes servent aussi à dénoncer, à alerter. C’est l’objectif de celles qui sont réalisées depuis 2003 sur les morts et portés disparus aux frontières de l’Europe. En montrant les logiques spatiales et leurs évolutions à travers le temps, ces cartes permettent de mettre directement en cause les politiques de durcissement des frontières extérieures de l’Union européenne et leurs conséquences. Chaque fois qu’un point de passage est fermé (détroit de Gibraltar, Iles Canaries, Lampedusa,  etc.), les #flux_migratoires sont déviés mais non stoppés. En d’autres termes, chaque fermeture conduit à des morts… La carte réalisée dans ce contexte joue alors un rôle de contestation qui n’est pas sans rappeler la démarche du géographe américain #Wiliam_Bunge.

      Enfin, l’exemple de la cartographie des migrants syriens permet de montrer à quel point les images cartographiques peuvent être sujettes à caution. En changeant les mots, les couleurs, la taille des symboles, l’emprise de la vue, il est possible de faire tout dire à une carte, et son contraire ! À travers cet exercice de #déconstruction, l’esprit critique est de mise. Cette mise en garde permet de démontrer qu’aucune carte n’est innocente ; que derrière chacune d’elles se cachent des choix et des intentions qu’il faut savoir débusquer pour bien comprendre son message.

      https://neocarto.hypotheses.org/5811
      #rouge #préjugés #invasion #afflux

  • Pour l’amour de la victoire
    Lettre ouverte à Extinction Rebellion

    https://lavoiedujaguar.net/Pour-l-amour-de-la-victoire-Lettre-ouverte-a-Extinction-Rebellion

    Préface de Zadibao
    20 juin 2019

    Le 3 mai dernier, un habitant de la ZAD a écrit cette lettre ouverte à Extinction Rebellion au Royaume-Uni, un nouveau mouvement de désobéissance civile non violente, en lutte contre l’effondrement écologique et la crise climatique, qui venait de bloquer les flux de la métropole londonienne pendant presque une semaine, quelque chose de complètement inédit. Ces derniers mois, le mouvement a connu une croissance exponentielle et commence à apparaître un peu partout dans le monde, y compris en France.

    La lettre est un appel à territorialiser la lutte pour la justice climatique, résister à la construction de la troisième piste de l’aéroport de Heathrow (Londres), et un avertissement qu’une victoire politique est toujours compliquée.

    La missive est devenue virale, et trois semaines plus tard, le 30 mai, Extinction Rebellion annonçait que, le 18 juin prochain, ils et elles bloqueraient l’aéroport de Heathrow avec des corps désobéissants et des drones (...)

    #ZAD #Notre-Dame-des-Landes #Extinction_Rebellion #Heathrow #Grande-Bretagne #aéroport #désobéissance #climat

  • Détails macabres et responsabilité de l’Arabie saoudite : le cinglant rapport de l’ONU sur la mort de Jamal Khashoggi
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/19/details-sinistres-et-mise-en-cause-de-l-arabie-saoudite-le-cinglant-rapport-

    Après six mois d’enquête, le rapport appelle notamment la communauté internationale à mettre le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman sous sanctions.

    Mise en cause du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman, appel à l’imposition de sanctions contre lui, demande d’ouverture d’une enquête internationale, révélation de détails macabres sur le déroulement des faits : le rapport de l’experte onusienne Agnès Callamard sur l’assassinat du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi, éliminé le 2 octobre par des agents du royaume à Istanbul, est particulièrement embarrassant pour les autorités de Riyad.

    Ce gros document, d’une centaine de pages, est l’aboutissement de six mois d’enquête et d’une centaine d’interviews, menées en Turquie, bien sûr, le lieu du crime, mais aussi à Washington, Paris, Londres, Bruxelles, Berlin et Ottawa. Ce travail a été conduit par Mme Callamard, ancienne experte d’Amnesty International, en sa qualité de rapporteure du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, et par son équipe, composée de trois autres personnes : Duarte Nuno Vieira, un expert légiste, Paul Johnston, un enquêteur criminel, et Helena Kennedy, spécialiste des droits de l’homme.

    Le rapport conclut à la responsabilité de l’Arabie saoudite, en tant qu’Etat, dans l’assassinat de Jamal Khashoggi. Concernant le rôle exact de Mohamed Ben Salman, surnommé « #MBS », l’homme fort de la couronne, considéré par la CIA comme le commanditaire du meurtre, le rapport n’apporte pas d’éléments nouveaux mais il conforte ces soupçons.

    #paywall

  • Rory Stewart, le meilleur premier ministre conservateur que l’Angleterre n’aura pas
    https://www.mediapart.fr/journal/international/190619/rory-stewart-le-meilleur-premier-ministre-conservateur-que-l-angleterre-n-

    À Londres, la prise de pouvoir par Boris Johnson, d’irrésistible semble devenir résistible. Depuis qu’un conservateur, issu du même milieu et ayant suivi le même cursus, se pose en antithèse de la démagogie brexiteuse : Rory Stewart.

    #EUROPE #Rory_Stewart,_Brexit

  • La justice américaine aurait demandé à Londres l’extradition d’Assange (Sputnik)
    https://www.crashdebug.fr/informatik/93-securite/16116-la-justice-americaine-aurait-demande-a-londres-l-extradition-d-assa

    Le fondateur de WikiLeaks fait l’objet d’une demande d’extradition envoyée le 6 juin par le département de la Justice des États-Unis aux autorités britanniques, informe The Washington Post en se référant à une source anonyme. Aux États-Unis, Julian Assange risque une peine de 175 ans de prison.

    Le jeudi 6 juin, le département de la Justice des États-Unis a adressé aux autorités britanniques une demande d’extradition de Julian Assange, rapporte The Washington Post en se référant à un responsable américain parlant sous couvert d’anonymat.

    Selon le traité d’extradition entre les deux pays, Washington avait 60 jours pour envoyer cette demande. Ce document interdit aux autorités états-uniennes de déposer d’autres accusations contre M.Assange que celles indiquées dans la demande d’extradition.

    Fin mai, les (...)

  • Quand la #méditation fait « flipper »
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/quand-la-meditation-fait-flipper

    Encore une étude, repérée par Science Daily, qui montre le caractère extrêmement complexe de la méditation. Ce travail initié à l’University College de Londres s’est penché sur les expériences déplaisantes qui peuvent surgir lors de cette pratique. Elle a porté sur 1232 personnes ayant toutes pratiquées la méditation pendant au (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages

  • « Facebook a induit la Commission européenne en erreur lors du rachat de WhatsApp »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/03/facebook-a-induit-la-commission-europeenne-en-erreur-lors-du-rachat-de-whats

    Pour Tommaso Valletti, économiste en chef de la direction de la concurrence de la Commission européenne, de tels rachats doivent être mieux analysés. Tommaso Valletti, économiste en chef de la direction de la concurrence de la Commission européenne, propose que les rachats d’entreprises dans le numérique – comme ceux de WhatsApp et Instagram par Facebook – soient examinées de façon « beaucoup plus stricte » par les autorités antitrust. Professeur à l’Imperial College Business School de Londres, cet (...)

    #Apple #Google #Orange #Waze #Amazon #Facebook #Instagram #WhatsApp #manipulation #Android #procès #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #domination (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##BigData

  • Trump pousse Londres à opter pour un Brexit sans accord et sans payer
    https://www.crashdebug.fr/international/16089-trump-pousse-londres-a-opter-pour-un-brexit-sans-accord-et-sans-pay

    À la veille d’une visite d’État à Londres, le président américain qui a l’habitude de pourfendre l’Europe, a recommandé au Royaume-Uni de quitter l’UE sans accord et sans payer quoi que ce soit.

    Le président américain Donald Trump a une nouvelle fois sauté à pieds joints dans le débat du Brexit en recommandant au Royaume-Uni de quitter l’Union européenne sans accord, dimanche à la veille d’une visite d’Etat de trois jours dans le pays.

    Pour le dirigeant américain, pourfendeur de l’UE, le futur successeur de Theresa May à la tête du gouvernement britannique devrait tout simplement arrêter de discuter et claquer la porte du club européen sans payer la facture du divorce convenue dans l’accord conclu avec Bruxelles en novembre.

    "J’aime beaucoup Nigel. Il a beaucoup à offrir" (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales

  • Chagos : l’ONU somme Londres de rendre l’archipel de l’océan Indien à l’île Maurice
    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/maurice/chagos-l-onu-somme-londres-de-rendre-l-archipel-de-l-ocean-indien-a-l-i


    Au milieu de l’océan Indien, Diego Garcia, la plus grande des îles de l’archipel des Chagos, est devenue en 1966 une base militaire conjointe britannique et américaine d’importance, au détriment des habitants.
    STRINGER . / X80002

    Les Chagos se trouvent au cœur d’un litige vieux de cinq décennies, depuis la décision britannique de séparer en 1965 cet archipel de l’île Maurice et d’y installer une base militaire commune avec les Etats-Unis sur l’île principale de Diego Garcia.

    Cinglant revers pour le Royaume-Uni. Le 22 mai 2019, à l’Assemblée générale de l’ONU, une majorité de pays lui a demandé de rétrocéder l’archipel des Chagos à l’île Maurice, d’ici au mois de novembre. L’ensemble, constitué de 55 îles, abrite une base conjointe britannique et américaine, stratégique.

    Initiée par les autorités mauriciennes de Port-Louis, une résolution de rétrocession, non contraignante, mais à forte valeur politique, a été adoptée par 116 pays, six s’exprimant contre, dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Australie et la Hongrie. Cinquante-six Etats ont choisi l’abstention. Les pays africains ont, en revanche, voté massivement en faveur de la résolution.

  • Royaume-Uni : victoire par K.-O. pour Farage et son « Brexit » (Le Point)
    https://www.crashdebug.fr/international/16070-royaume-uni-victoire-par-k-o-pour-farage-et-son-brexit-le-point

    Les travaillistes sont à la peine, les conservateurs écrasés... Seuls les pro-UE du Lib-Dem parviennent à résister à la vague « Brexit ».

    Par Marc Roche à Londres

    D’après les résultats quasi définitifs, le nouveau parti radicalement anti-européen Brexit, formé par Nigel Farage et qui milite pour une sortie brutale (no deal) de l’Union européenne, est arrivé en tête du scrutin en recueillant 31,6 % des suffrages. Les Libéraux-Démocrates, une formation pro-européenne, occupent la deuxième position avec 20,3 %, devançant le Labour de Jeremy Corbyn, relégué à la troisième place (14,1 %), et les Verts (12,1 %). En cinquième position, les conservateurs au pouvoir depuis 2010 sont humiliés, avec 9,1 % des suffrages. Le nouveau parti pro-européen Change UK, composé de dissidents travaillistes et (...)

  • Un expert de l’ONU préoccupé par le comportement de l’Équateur dans les affaires Assange et Moreno
    https://news.un.org/fr/story/2019/05/1044201

    L’expert indépendant a déclaré avoir reçu des informations selon lesquelles, à la demande du Département de la justice des États-Unis, le gouvernement équatorien avait décidé de fouiller le 20 mai les locaux de son ambassade à Londres où a résidé le fondateur de WikiLeaks et de saisir ses documents, téléphones, appareils électroniques, cartes mémoire, etc., pour les remettre au gouvernement américain.

    Préoccupé par ces informations, M. Cannataci a écrit au gouvernement équatorien pour recommander des mesures de protection qui devraient être mises en place avant toute recherche.

    Il a également proposé de faire appel à des experts impartiaux pour surveiller les recherches et de séparer les informations qui pourraient être utiles pour un éventuel processus pénal aux États-Unis des informations qui devraient rester confidentielles et être rendues à M. Assange. Le Rapporteur spécial s’est déclaré déçu par l’absence de réponse rapide du gouvernement équatorien.

    « J’ai à deux reprises formellement demandé au gouvernement équatorien de restituer les effets personnels de M. Assange à ses avocats, mais il semble plutôt qu’il ait l’intention de les remettre aux autorités américaines. Je n’ai aucun problème avec les procédures de perquisition et saisie menées en vertu de l’Etat de droit, il s’agit là de circonstances très spéciales pour au moins deux raisons : il ne s’agit pas seulement de droit à la vie privée. D’autres droits de l’homme, et en particulier la liberté d’expression, sont également menacés si certains des éléments matériels appartenant à M. Assange tombaient entre les mauvaises mains. M. Assange a traité avec un certain nombre de sources confidentielles et de lanceurs d’alerte dont l’identité et la vie privée devraient également être protégées », a déclaré le Rapporteur spécial.

    Il s’est dit également déçu par le manque de réponse rapide de l’Équateur à sa proposition de se rendre à Quito et d’évaluer de manière plus approfondie la plainte que le Président Lenin Moreno lui a adressée au sujet d’une violation de son droit à la vie privée, liée à un présumé piratage ayant conduit à la publication en ligne d’un grand nombre de communications et de photos personnelles de M. Moreno et de sa famille.

    M. Cannataci a déclaré que cette visite aurait été « une excellente occasion pour moi de mieux comprendre les particularités de l’affaire ».

  • #BDS France sur Twitter : « Félicitations à Jehad Shehada qui remporte #GazaVision, le concours alternatif à l’Eurovision 2019 en Israël, organisé à #Gaza. Pour visionner toutes les prestations : https://t.co/BFxw9MUGQ4 | via WeAreNotNumbers #BoycottEurovision2019 https://t.co/Du9PZX9F8s » / Twitter
    https://twitter.com/Campagnebds/status/1130088692893274115

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1130088477880717312/pu/vid/640x360/JH2E73KXwzT0gbYE.mp4

  • #Londres inaugure la première zone à ultra basse émission et la France reste à la traîne - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2019/04/09/londres-inaugure-la-premiere-zone-a-ultra-basse-emission-et-la-france-res
    https://medias.liberation.fr/photo/1209941-ulez.jpg?modified_at=1554818523&picto=fb&ratio_x=1

    Londres est l’une des villes les plus polluées d’Europe. Et ses automobilistes en payent le prix. La capitale a inauguré sa première zone à ultra basse émission (Ulez), ce lundi. Les conducteurs de voitures à essence construites avant 2006, et avant 2015 pour les diesels, doivent s’acquitter d’une taxe de 14,50 euros par jour pour y entrer. Et ce, « 24 heures par jour, 7 jours par semaine, tous les jours de l’année », indique le site de la ville de Londres. La taxe se durcit pour les camions et les cars, fixée à 116 euros. Cette mesure s’ajoute au péage urbain, déjà existant depuis 2003, consistant à payer 13,40 euros pour circuler dans le cœur de Londres de 7 heures à 18 heures en semaine. Les contrevenants s’exposent à une amende de 160 livres (185 euros). La zone à ultra basse émission doit s’étendre au niveau de toute la ville en 2021.

    #pollution

  • Reconnaissance faciale à Londres : 96 % d’erreurs | lepetitjournal.com
    https://lepetitjournal.com/londres/reconnaissance-faciale-londres-96-derreurs-257475

    À Londres, le logiciel de reconnaissance faciale utilisé par la police montre ses limites. D’après des tests menés dans la capitale entre 2016 et 2018, il s’est avéré que dans 96 % des cas le logiciel a abouti à des faux positifs.

    Cela signifie que lorsque le système croit reconnaître et détecter une personne recherchée par la police, plus de neuf fois sur dix c’est une erreur. À ce jour, les procès qui ont découlé de ces méprises ont coûté plus de £222 000 à Londres et font l’objet d’une contestation judiciaire accompagnée d’une enquête distincte de la part du Commissaire à l’information.

    #surveillance #biométrie #industrie_de_l'armement

  • « Si Vinci n’a pas ADP, ce serait surtout dommage pour la France » (DG Vinci Concessions)

    Note : l’accroche dans la newsletter est celle-ci :
    « Avec Vinci, les redevances d’ADP augmenteraient moins vite » (Vinci Airports) [ha, ha, ha !]
    #les_promesses_n'engagent_que_ceux_qui_y_croient

    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/avec-vinci-les-redevances-d-adp-augmenteraient-moins-vite-vinci-airports-8

    A l’occasion de la prise de contrôle de l’aéroport londonien de Gatwick, Nicolas Notebaert, le directeur général de Vinci Concessions et président des Vinci Airports a mis en avant les avantages que peut apporter un acteur privé comme Vinci dans la gestion des aéroports. Avec par ricochet plusieurs piques à l’encontre d’ADP, détenu à 50,6% par l’État.

    Est-ce l’amertume de voir sa proie convoitée depuis de longues années en passe de lui échapper ? Ou bien la volonté de jouer sa carte jusqu’au bout en espérant l’emporter à l’arrachée ? Probablement les deux. En tout cas, alors que la privatisation d’ADP a du plomb dans l’aile, avec une chance réelle de ne jamais voir le jour depuis la validation du processus de référendum d’initiative partagée (RIP), Nicolas Notebaert, directeur général de Vinci Concessions et président de Vinci Airports, a musclé le discours du géant de la construction et des concessions. Comme s’il cherchait à évacuer le paradoxe qui existe entre l’image exécrable du groupe Vinci dans l’Hexagone et celle, très bonne, dont il jouit dans le monde aéroportuaire.

    Ce mardi 14 mai à Londres, à l’occasion de la prise de contrôle effective de l’aéroport londonien de Gatwick, il n’a cessé de mettre en avant les avantages que peut apporter un acteur privé comme Vinci dans la gestion des aéroports. Avec par ricochet plusieurs piques à l’encontre d’ADP, détenu à 50,6% par l’Etat.

    « Un investisseur privé, c’est plus de croissance du nombre de passagers, plus de satisfaction de qualité de services, plus de revenus extra-aéronautique, un meilleur contrôle des choix opérationnels, des investissements adaptés qui permettent, si vous êtes un gestionnaire pointu, de peser sur les redevances aéroportuaires », a-t-il déclaré, en insistant sur « les capitaux importants qu’un investisseur privé pouvait apporter ».
    Tout y est passé. En particulier les redevances facturées aux compagnies aériennes, l’un des sujets les plus sensibles de ce dossier controversé. Un point sur lequel le groupe s’était peu aventuré jusqu’ici dans sa communication, plutôt discrète sur le sujet ADP. Les redevances sont en effet l’un des principaux angles d’attaque des opposants à la privatisation d’ADP, compagnies aériennes en tête, qui n’ont cessé depuis le début de manifester leurs inquiétudes de voir les montants s’envoler comme ce fut le cas pour les autoroutes, même si la comparaison des deux sujets n’a rien à voir, en raison notamment d’une régulation différente.

    « Avec nous, les redevances d’ADP augmenteraient moins vite », a assuré Nicolas Nortabeart, en surfant sur la contestation récurrente des compagnies aériennes à l’égard de la politique tarifaire d’ADP.
    « L’aéroport de Lyon que nous gérons a été le seul à avoir vu ses redevances 2019 validées du premier coup par l’ASI, l’autorité de supervision indépendante », a-t-il fait remarquer. ADP a en effet vu sa première proposition tarifaire retoquée au motif qu’elle générait une rentabilité jugée trop élevée. L’aéroport de Nice a quant à lui essuyé deux refus et s’est fait imposer ses tarifs.

    Pour justifier son propos, Nicolas Notebaert a pointé le coût élevé des investissements d’ADP qui entraîne, selon lui, une hausse des redevances pour les financer.

  • Extinction Rebellion
    En ces premiers jours de mai froids et venteux, j’ai rendez-vous avec M. devant une tasse de thé bien chaude. Les yeux pétillants d’énergie et de volonté, elle me fait le récit de son séjour à Londres du 14 au 22 avril 2019, où elle est allée participer activement à la semaine de blocages coordonnés initiée par le mouvement Extinction Rebellion. Ultra-motivée, convaincue de longue date, et profondément consciente de l’urgence de la situation environnementale et de la catastrophe écologique et sociétale en cours, elle a rejoint ce mouvement international de désobéissance civile il y a quelques mois.
    M. se sent très inspirée par les principes et la stratégie de ce mouvement qui se définit comme non-violent et s’appuie pour cela sur l’exemple historique de mouvements sociaux qui ont réussi à faire plier des gouvernements et à instaurer un changement radical, sans violence.
    A savoir : la marche du sel en Inde, les Freedom riders pour les droits civiques aux États-Unis, les manifestations du lundi à Leipzig en 1989, les mouvements de lutte pour les droits LGBT.
    Extinction Rebellion prône l’action directe non violente par la désobéissance civile de masse et affirme trois revendications claires : 1) que les medias et gouvernements disent la vérité sur la situation catastrophique en cours ; 2) parvenir à Zero émissions de CO2 d’ici les 10 prochaines années ; 3) instaurer des assemblées citoyennes pour décider des mesures urgentes et concrètes à prendre dans l’immédiat.
    Revenons-en à Londres où les forces écologistes déterminées étaient appelées à se rassembler à partir du lundi 15 avril pour bloquer des axes de circulation aux voitures, bus et autres véhicules, et ainsi considérablement perturber le centre névralgique de la ville, où se trouvent les instances dirigeantes politiques et les grands groupes corporatistes, et faire ainsi pression sur eux en impactant l’économie du pays (les pertes financières se chiffrent en millions de livres).
    M. me raconte ce voyage comme une épopée très intense en rencontres, événements et découvertes. Avec la sensation d’avoir participé à un mouvement puissant et capable d’emporter des victoires.
    Elle a été impressionnée par un mode d’organisation très efficace. Et surprenant par rapport à la manière dont les choses se passent en France.
    Notamment dans le rapport avec la Police. La communication des actions était absolument publique, sans culture du secret ou du complot. Les flics avaient été informés en amont, lors de réunions préparatoires, de la stratégie, du timing et des actions prévues. Ce qui donnait une ambiance assez contrastée par rapport à ce que l’on peut observer en France entre flash-balls, lacrymos et coups de matraque. Là les actions/occupations de site avaient lieu dans une ambiance détendue avec les flics qui déambulaient au milieu des manifestant-es. Cette ambiance sans brutalité fait partie intégrante de la stratégie et du mode opératoire de XR. Cela s’inscrit dans une volonté d’inclusivité, c’est à dire rendre les actions inclusives, accessibles à toute personne, quels que soit son âge, sa forme physique, son degré de validité. L’inclusivité répond à une volonté de créer un mouvement citoyen qui puisse s’inscrire dans la durée et ne soit pas approprié rapidement – comme c’est malheureusement souvent le cas – par les plus jeunes, valides et en forme physiquement.
    Un autre aspect remarquable fut la puissance de l’organisation logistique. Sur chaque site de blocage, il y avait différents espaces structurés : un barnum cuisine qui servait des repas gratuits, un barnum d’information où on pouvait s’inscrire comme volontaire sur telle ou telle tâche, un autre où se tenaient des conférences et formations (désobéissance civile, legal training aspect juridique, droits et conseils en cas d’arrestation), une tente well-being [bien-être], et des ateliers d’introduction au mouvement et à comment y prendre part où se constituaient sur place des affinity groups (des petits groupes qui allaient rester en contact, apprendre à se connaître et à appréhender le mouvement et éventuellement participer à des actions par la suite ou juste soutenir le mouvement d’une des 1001 façons possibles). Des repas gratuits ont été cuisinés pour 5.000 personnes durant ces 11 jours. L’idée était vraiment que tout soit gratuit, et ensuite il y avait des boites de donation où l’on pouvait soutenir, et aussi plein de personnes qui amenaient des denrées. La vie est super chère à Londres, il faut imaginer qu’un ticket de métro coûte 5 livres, ce qui fait à peu près 7 euros.
    Aussi difficile à concevoir que cela puisse sembler, en France comme en Angleterre où nombre d’événements se financent par la vente de bière et autre pinard, là l’ambiance était plutôt à la sobriété : pas d’alcool, pas de drogues sur place était un mot d’ordre pour aborder la rébellion avec l’esprit clair.
    Des milliers de personnes ont dormi dehors dans la rue pendant toute la durée des blocages. M. n’avais même pas pris de tente. Il fallait aussi être présent-e la nuit pour maintenir les positions, car il était clair que ce serait la nuit ou au petit matin, que les sites seraient les plus vulnérables pour une évacuation policière s’il n’y avait plus assez de monde sur place pour maintenir le blocage.
    Les quatre sites occupés étaient Oxford Circus, Marble Arch, Waterloo Bridge et Parliament Square. Chaque lieu était assez différent dans son ambiance et son organisation.
    Les gens ont commencé à arriver à Londres le dimanche 14 avril (dont certains groupes venus à pied ou à vélo de toute l’Angleterre) et les sites ont été bloqués dès le lendemain.
    Sur le blocage de Marble Arch, il y avait des activistes du Christian Climate Action qui sont arrivés avec un poids lourd, et ils se sont garés au milieu de la route pour bloquer la rue et ont très vite déployé leurs forces, se sont installés. Certains, d’ailleurs plutôt les plus âgés, se sont enchaînés, installés sur des matelas et avec des couvertures sous le camion. D’autres groupes avaient déployé des banderoles tout autour et en 20 mn la remorque débâchée était devenue une scène sur laquelle se sont succédés concerts et interventions.
    Sous le fameux bateau rose avec écrit Tell the truth [dites la vérité] à Oxford Circus, les gens étaient attachés avec des mécanismes d’une complexité machiavéliques. Style deux personnes s’attachaient les mains avec un cadenas, le bras glissé dans une tube métallique, scellé dans du béton puis attaché sous le bateau et re-scellé dans du béton. Donc là il faut des spécialistes de la découpe des matériaux pour dégager des personnes attachées comme cela, c’est difficilement accessible et super complexe à dégager, ça fait gagner (ou perdre selon le point de vue) beaucoup de temps.
    Le Waterloo Bridge a été intégralement occupé pendant une semaine. C’est un pont routier avec 4 voies, un trafic d’enfer en permanence d’ordinaire. Là grâce à l’occupation, les gens ont pu respirer et aussi profiter du calme, et de la verdure ! Le pont avait été transformé en jardin, sur lequel on avait amené plein de plantes, des arbres, et dont on avait fait un lieu de vie, d’information, de formation. [On a pu entendre le mardi 16 avril aux infos de France Inter l’interview d’une londonienne qui soutenait à fond le principe du blocage du trafic automobile, racontant que sa voisine de 8 ans était morte le mois dernier d’une crise d’asthme, pathologie en lien avec la pollution atmosphérique.]
    Évidemment les flics ont bien essayé de déloger tout ce petit monde pendant toute la semaine, à moult reprises, mais en vain, malgré les vagues d’arrestations successives et quotidiennes (ils arrêtaient ceux qui étaient en première ligne). Il y a tout de même eu énormément d’arrestations, plus de 1.000 sur ces 10 jours tous sites confondus. Donc les flics étaient débordés, ils n’avaient plus assez de place dans les commissariats pour enfermer les gens.
    Ils ont réussi à certains moments à débloquer des endroits. Bon sur la fin de la semaine ils se sont quand même un peu agacés sur tous les sites qui ont fini par être évacués à la fin du week-end sauf Marble Arch, site sur lequel ils voulaient rabattre les activistes depuis le début (lieu connu pour être un espace de manifestation autorisée). Sur le pont, ils ont mis le paquet le jeudi soir (le 18) et de même à Parliament Square. C’était impressionnant et flippant de voir une colonne de centaines de flics ou plus, marchant par deux, en route pour dégager tout le monde. Mais au final, ils n’ont pas réussi à les déloger. Illes étaient trop nombreux. Il y avait la cavalerie pour venir sauver les situations critiques, un groupe de drummers super énergiques qui arrivaient en mode samba/batucada entourés/suivis de dizaines voire centaines de personnes et qui reprenaient la position. (Cet orchestre a été appelé en renfort sur tous les sites quand ils étaient le plus vulnérables).
    M. s’est fait volontairement arrêter alors qu’un des sites était justement cerné par la police qui était en train de s’ingénier à déloger ceux qui s’étaient enchaînés de manière complexe au bateau. Elle est restée trois jours en garde à vue. Dans des conditions pas cool : trois jours dans une cellule sans sortir, sans contact avec l’extérieur, sans même de notion de l’heure, avec de l’éclairage 24h/24.
    C’est parce qu’elle n’est pas résidente (sans adresse sur place) qu’ils l’ont gardée., ils laissaient ressortir rapidement les résident-es. Mais elle a dû attendre d’être présentée devant un juge. Tout était très bien organisé au préalable d’une arrestation : on a une bust card avec le contact d’avocats, qui nous est proposée par les observateurs légaux (en gilets oranges sur les vidéos) qui assistent à toute arrestation et s’assurent que tout se passe dans les règles, demandant à la police dans quel commissariat la personne va être emmenée et à cette personne si elle souhaite prévenir quelqu’un. Elle avait un avocat pour la défendre. Le juge l’a condamnée à un jour de détention pour « obstruction à agent ».Mais comme elle avais fait trois jours, ils l’ont relâchée.
    Cette opération a été un véritable succès à tous les niveaux. La chance d’avoir une météo très agréable a grandement facilité cette occupation de longue durée.
    Il s’en est suivi plusieurs entretiens avec le maire de Londres et un autre rendez-vous avec le ministre de l’environnement et deux de ses pairs. Dès la semaine suivante Corbyn a annoncé l’état d’urgence climatique en réponse à l’exigence d’engagement de la part du gouvernement, et l’Irlande a fait de même quelques jours après.
    Jocelyne Renard
    Texte paru dans la feuille hebdromadaire de #Radio_Zinzine, l’Ire des Chênaies.

    #Extinction_Rebellion, #climat, #manifestation, #témoignage.

    • J’ai beaucoup de mal à supporter qu’on justifie la collaboration avec la police au prétexte, qui devient de facto fallacieux, de lutter contre le validisme de mouvements plus offensifs. C’est ballot parce que c’est un vrai questionnement, cette stratégie qui est en train d’isoler les « cortèges de tête » et les « Black-Blocs », et le validisme dans les mouvements sociaux. Moi, j’en viens plutôt à constater que toute une fange de la population refuse juste de partir en guerre ou de devenir potentiellement « martyr » de telle ou telle cause (le plus souvent anticapitaliste), parce que désolée, mais à contrario je suis impressionnée par le nombre de personnes handicapées présentes, volontairement, dans ces cortèges offensifs. Du coup, j’ai plutôt l’impression, étant handicapée, d’être manipulée, là, si on collabore avec les flics au prétexte soit-disant de m’inclure...

    • Pour collaborer il faut être deux. Et la partie étatique bien que présente veut systématiquement imposer son agenda, qui se résume à « vous faites ce qu’ON veut de l’espace public, car il NOUS appartient à NOUS l’état », ce qui se termine en « vous ne manifestez pas », d’où l’absence de collaboration, in fine.

      Mais évidemment, il sera toujours possible de dire qu’une manif de 500 mètres dans un quartier ex-centré, c’est toujours ça de pris.

  • Vinci, 2e opérateur aéroportuaire mondial avec Londres Gatwick
    https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN1SK0F5/vinci-2e-operateur-aeroportuaire-mondial-avec-londres-gatwick.html

    (Reuters) - Vinci Airports a annoncé mardi avoir finalisé l’acquisition de la majorité du capital (50,01%) de l’aéroport de Londres Gatwick.

    Cette opération, annoncée en décembre dernier pour un montant de 3,2 milliards d’euros, permet à la filiale du groupe Vinci de devenir le deuxième opérateur aéroportuaire mondial avec plus de 240 millions de passagers accueillis par an, dont 46 millions à Londres Gatwick.

    Après cette acquisition, financée par endettement, le groupe opère un réseau de 46 aéroports dans 12 pays.

    Au premier trimestre 2019, Londres Gatwick a enregistré une croissance du nombre de passagers de 4%.

    Vinci est également candidat en France à la privatisation du groupe ADP, désormais subordonné au lancement d’un éventuel référendum d’initiative partagée (RIP) sur le sujet.

  • #Émilie_Dubreuil : « Je pensais que j’étais transgenre »
    http://tradfem.wordpress.com/2019/05/13/je-pensais-que-jetais-transgenre

    Une dizaine d’études ont été menées à travers le monde et arrivent sensiblement aux mêmes résultats : la majorité des enfants qui vivent une dysphorie de genre se réconcilient avec leur sexe biologique à la puberté.

    On parle ici de « désistance ». Le mot n’est pas très français, mais c’est celui utilisé dans le vocabulaire spécialisé.

    Et toujours dans une vaste majorité, ces jeunes se révèlent homosexuels.

    Ces recherches divisent les spécialistes de la question, qui se disputent à coup d’études, publiées principalement par la revue scientifique International Journal of Transgenderism. Le ton y est plus ou moins courtois, ce qui est plutôt singulier dans le monde sobre des revues scientifiques.

    Une des critiques les plus retentissantes de ces études va même jusqu’à suggérer de ne carrément pas faire d’études longitudinales et de seulement écouter les enfants. Elle s’attaque aussi à l’étymologie des mots « persistance » et « désistance » entrés dans le jargon. Ces mots, dit cette critique, seraient péjoratifs.

    En Suède, un chercheur a été jusqu’à publier une étude dont la conclusion est pour le moins originale en science : il demande à ses collègues d’arrêter de se chicaner ! « Les enfants et leurs familles n’ont pas besoin de cliniciens qui s’engueulent, mais de traitements responsables basés sur des données solides », résume-t-il.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://ici.radio-canada.ca/info/2019/05/transgenre-sexe-detransitionneurs-transition-identite-genre-orientation/#