city:manchester

  • Aux Etats-Unis, victoire judiciaire majeure contre les fabricants d’opioïdes
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/27/etats-unis-premiere-victoire-judiciaire-contre-les-fabricants-d-opiaces_5441

    Le laboratoire pharmaceutique, Purdue, et sa famille propriétaire, les Sackler, ont accepté de payer 270 millions de dollars (environ 240 millions d’euros) pour mettre fin à une plainte de l’Etat de l’Oklahoma liée à la crise des opioïdes. Il s’agit d’une victoire majeure contre les industriels accusés d’avoir favorisé la dépendance aux drogues qui ravage les Etats-Unis.

    Le procureur général de cet Etat du Midwest, qui a vu comme d’autres exploser le nombre d’overdoses mortelles ces dernières années, a annoncé mardi 26 mars, ce paiement dans le cadre d’un accord à l’amiable passé avec le producteur de l’OxyContin, un antidouleur au premier rang des accusés dans cette crise.

    Ce sont les pratiques marketing des compagnies pharmaceutiques qui sont visées : en encourageant les médecins à prescrire, voire à surprescrire, ces analgésiques hautement addictifs, elles sont accusées d’avoir précipité des millions d’Américains dans l’addiction aux médicaments ou aux drogues dures, comme l’héroïne, ou de synthèse, comme le fentanyl.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les Etats-Unis tentent de réagir face à la crise des opioïdes
    Deux autres laboratoires attaqués

    Les 270 millions de dollars serviront en grande partie à financer le centre de recherche sur les dépendances de l’université publique de Tulsa, qui va recevoir de Purdue Pharma 102,5 millions de dollars dès maintenant, plus 75 millions de dollars sur cinq ans de la famille Sackler, et 20 millions de dollars en médicaments destinés à traiter les personnes dépendantes, a annoncé le procureur Mike Hunter.

    « C’est une victoire monumentale » dans la bataille contre la crise « cauchemardesque » des opioïdes qui ravage les Etats-Unis, même si ce n’est qu’« un premier pas », a-t-il fait valoir.

    L’accord à l’amiable ne met pas fin à la plainte déposée en 2017 par l’Oklahoma contre les fabricants d’opioïdes, qui attaquait non seulement Purdue, mais aussi Johnson & Johnson et Teva. Ces derniers restent attendus au tribunal le 28 mai, pour se défendre d’avoir promu ces médicaments alors même qu’ils connaissaient leurs effets néfastes.

    Ce devrait être le premier grand procès contre les laboratoires dans cette crise des opioïdes déclarée « urgence de santé publique » par le gouvernement Trump fin 2017. A moins qu’eux aussi négocient d’ici là un accord avec l’Oklahoma, ce que n’a pas complètement exclu M. Hunter.
    Lire le reportage : Aux Etats-Unis, la ville de Manchester face au fléau des overdoses d’opiacées
    Au moins 1 600 plaintes au niveau fédéral

    D’autres accords à l’amiable pourraient suivre dans d’autres juridictions où Purdue Pharma a été attaqué pour des faits similaires : au moins 1 600 plaintes ont été enregistrées au niveau fédéral, supervisées par un juge de Cleveland (Ohio), et des centaines au niveau des Etats, dont New York et le Massachusetts. Face à cette avalanche de plaintes, la direction du laboratoire avait évoqué la possibilité de se déclarer en faillite.

    Le procureur Hunter a cependant fait savoir qu’il avait tout fait pour s’assurer que la société ne se mettrait pas « en faillite à court terme », pour pouvoir honorer le paiement promis. Le président de Purdue, le docteur Craig Landau, a assuré que l’accord trouvé reflétait « la détermination [de la firme] à jouer un rôle moteur pour résoudre la crise des opioïdes ». Un porte-parole de la famille Sackler a lui aussi affirmé « sa détermination à contribuer substantiellement à sauver des vies ».
    Regarder le reportage : Opiacés, portrait d’une Amérique à la dérive
    70 000 Américains morts d’overdoses en 2017
    Jérôme Sessini/Magnum Photos

    Si d’autres fabricants de médicaments opioïdes sont sur la sellette, Purdue Pharma et la famille Sackler – de grands philanthropes dont le nom orne de nombreux musées aux Etats-Unis et en Europe – ont été la première cible des critiques. Les Sackler ont amassé des milliards de dollars grâce à l’OxyContin.

    Or, on sait aujourd’hui que l’OxyContin et d’autres opioïdes contre la douleur ont été surprescrits par le milieu médical pendant des années, entraînant une dépendance croissante aux opioïdes et poussant les consommateurs vers des drogues plus fortes comme le fentanyl et l’héroïne, avec pour effet de multiplier les overdoses.

    Les plaintes accusent les fabricants d’avoir promu agressivement ces médicaments auprès du corps médical alors qu’ils connaissaient leurs effets addictifs et qu’ils auraient dû limiter leurs ordonnances à des maladies bien précises.
    Selon les derniers chiffres des Centres pour la prévention des maladies (CDC), quelque 70 000 Américains sont morts d’overdoses aux Etats-Unis, 10 % de plus qu’en 2016. Dans des métropoles comme New York, les opioïdes font désormais davantage de victimes qu’accidents de la route et homicides réunis. Cette explosion d’overdoses a contribué à faire baisser l’espérance de vie aux Etats-Unis en 2017, pour la troisième année consécutive.


  • The rise of ‘accent softening’: why more and more people are changing their voices

    Elocution lessons are back in vogue, with many people seeking to disguise their regional accents. But shouldn’t we be beyond this now?

    I am in central London, attending an “accent softening taster session” with the London Speech Workshop. Jamie Chapman, the Henry Higgins to my Eliza Doolittle, tells me that I begin my sentences with lots of energy but they fall flat at the end. He claims that passing the spoons will help me “land” my thoughts: “You have to imagine that, every time you speak, you have put something inside your listener’s hand,” he says.

    I visit Chapman because, since I moved from Manchester to London two years ago, I have been mocked about my accent, which made me think about softening some of my rougher edges. Regional accents not only indicate where we are from, but can reveal our social class, while a recent study found that broad regional accents can be a barrier to social mobility.

    The idea of erasing part of my identity makes me profoundly uneasy, nevertheless, it is something that many people are trying. Superprof, an online tutoring database, has 2,868 online elocution tutors offering one-to-one lessons, and the Tutor Pages, a tutor business directory, reported that, in the three months following 2016’s EU referendum, inquiries for elocution lessons increased by more than 23.5%, compared with the same period in 2015. In the past, elocution teachers offered their clients the ability to speak “correctly” or with “distinction”. Today, businesses – possibly aware of the class connotations – promote their services with more euphemistic words; it’s now about “softening” your accent not changing it and speaking “clearly”, not correctly.

    https://www.theguardian.com/society/2019/mar/20/ugly-rise-accent-softening-people-changing-their-voices
    #accents #uniformisation #homogénéisation #langue #UK #Angleterre #identité #régionalisme


  • La grotte de Denisova est maintenant mieux datée et a permis une meilleure connaissance des relations Néandertal-Dénisoviens et de leur environnement.

    (...)

    Situé au pied des montagnes de l’Altaï, en Sibérie, il s’agit du seul site au monde connu pour avoir été occupé par les deux groupes humains archaïques (homininés) à différentes époques.

    Les deux nouvelles études publiées dans Nature fixent désormais le moment où les Néandertaliens et leurs énigmatiques cousins, les Denisoviens, étaient présents sur le site et les conditions environnementales auxquelles ils étaient confrontés avant de s’éteindre.

    Deux événements à propos de cette grotte :

    – 2010, la publication du génome obtenu à partir des doigts d’une fille appartenant à un groupe d’humains non identifié auparavant dans les archives paléoanthropologiques : les Denisoviens.
    – 2018, un fragment d’os découvert par des chercheurs du Laboratoire de recherche d’archéologie et d’histoire de l’art d’Oxford et de l’Université de Manchester a révélé le génome de la fille de parents de Neanderthal et de Denisovien - la première preuve directe d’un métissage entre deux groupes d’hominines archaïques.

    Mais les dates fiables pour les fossiles d’hominine récupérés dans la grotte sont restées inaccessibles, de même que les dates pour l’ADN, les artefacts et les restes d’animaux et de plantes récupérées dans les sédiments.

    Dans le cadre de la nouvelle recherche, l’équipe d’Oxford a obtenu 50 fragments de fragments d’os, de dents et de charbon de bois radiocarbone récupérés dans les couches supérieures du site, dans le cadre du projet PalaeoChron, financé par le CER. Des chercheurs de l’Université de Wollongong, en Australie, ont également obtenu plus de 100 âges optiques pour les sédiments des cavernes, dont la plupart sont trop âgés pour la datation au radiocarbone.

    Un âge minimum pour le fragment d’os d’ascendance mixte de Néandertal / Denisovan a également été obtenu par une série d’uranium datée par une autre équipe australienne. « C’est la première fois que nous sommes en mesure d’affecter avec confiance un âge à toutes les séquences archéologiques de la grotte et à son contenu », a déclaré le professeur Higham.

    (...)

    « Cette nouvelle chronologie de la grotte Denisova fournit une chronologie (...) sur l’histoire archéologique et environnementale de la grotte au cours des trois derniers cycles glaciaires-interglaciaires », a déclaré le professeur Zenobia Jacobs, auteur principal de l’étude de datation optique. de l’Université de Wollongong en Australie.

    Les nouvelles études montrent que la caverne était occupée par des Denisoviens depuis au moins 200 000 ans, des outils de pierre dans les gisements les plus profonds laissant supposer une occupation humaine pouvant avoir commencé il y a 300 000 ans. Les Néandertaliens ont visité le site il y a 200 000 à 100 000 ans avec « Denny », fille d’ascendance mixte, révélant que les deux groupes d’homininés se sont rencontrés et se sont croisés il y a environ 100 000 ans.

    La plupart des preuves relatives aux Néandertaliens dans la grotte de Denisova remontent à la dernière période interglaciaire il y a environ 120 000 ans, alors que le climat était relativement chaud, alors que les Denisoviens ont également survécu à des périodes beaucoup plus froides avant de disparaître il y a environ 50 000 ans.

    Les humains modernes étaient déjà présents dans d’autres parties de l’Asie, mais la nature des rencontres entre eux et Denisovans reste ouverte à la spéculation en l’absence de trace fossile ou génétique d’êtres humains modernes sur le site.

    L’équipe d’Oxford a également identifié les preuves les plus anciennes jusqu’à présent dans le nord de l’Eurasie concernant l’apparition de pointes en os et de pendentifs en dents de bête, généralement associés aux humains modernes et marquant le début du Paléolithique supérieur. Celles-ci datent de 43 000 à 49 000 ans.

    (...)

    Le professeur Higham a déclaré : « La question de savoir si les Denisovans ou les humains modernes ont fabriqué ces ornements personnels trouvés dans la grotte est une question ouverte. Nous espérons que, le moment venu, l’application de l’analyse de l’ADN des sédiments pourrait nous permettre d’identifier les fabricants de ces objets, souvent associés à un comportement symbolique et plus complexe dans les archives archéologiques ’.

    Age estimates for hominin fossils and the onset of the Upper Palaeolithic at Denisova Cave | Nature
    https://www.nature.com/articles/s41586-018-0870-z

    #Préhistoire #Paléolithique_supérieur #Néandertal #Dénisova #Dénisoviens #Altaï #Asie #200000BP #49000BP


  • *À travers des salles sans fin

    Wolfgang Streeck
    Behemoth : Une histoire de l’usine et de la construction du monde moderne de Joshua Freeman
    Norton, 448 pages, £ 12.99, mars, ISBN 978 0 393 35662 5
    LRB Vol 41 n°3 - 7 feb 2019

    C’était au début des années 1960, je pense que notre classe d’un gymnase d’une petite ville a fait un voyage dans le sud-ouest de l’Allemagne, accompagnée de plusieurs enseignants. Nous avons visité Heidelberg et Schwetzingen et des endroits similaires sans vraiment les voir ; Les garçons de 17 ans ont d’autres préoccupations. Mais nous sommes aussi allés à Rüsselsheim, près de Francfort, pour visiter l’usine de voitures Opel. Je n’avais jamais imaginé qu’un tel lieu puisse exister : le bruit assourdissant, la saleté, la chaleur et au milieu de tout cela, des personnes effectuant stoïquement de petites opérations prédéfinies sur les voitures en construction qui étaient lentement mais sans relâche passer devant leurs postes de travail. Le point culminant de la visite a été la fonderie du sous-sol - qui, comme je l’apprends maintenant du livre merveilleux de Joshua Freeman, était l’endroit habituel pour les fonderies dans les usines automobiles de cette époque. Ici, là où la chaleur semblait insupportable et qu’il n’y avait presque pas de lumière, des hommes à moitié nus transportaient le métal en fusion, chauffé au rouge, du four aux postes de coulée, dans de petits seaux remplis à la limite du poids. Formé aux classiques plutôt qu’au monde réel, j’ai eu le sentiment d’entrer dans l’atelier d’Héphaïstos. Avec le recul, je pense que c’est ce jour-là que j’ai décidé d’étudier la sociologie, ce qui, à mon avis, pouvait alors aider d’autres personnes à améliorer la vie de ceux qui étaient esclaves dans les sous-sols des usines du monde entier.

    Plus tard, quand j’étais jeune spécialiste en sciences sociales, l’industrie automobile est restée une obsession. Dans la mesure du possible, j’ai inclus la construction automobile dans mes travaux empiriques, et j’ai pris le soin de visiter les usines pour me rappeler comment elles étaient et reconstituer mon stock d’images imaginaires de ce que j’essayais, souvent en vain, de convaincre mes collègues. Cathédrales gothiques du 20ème siècle. C’était incroyable à quel point ils changeaient et à quelle vitesse. À chaque visite, il y avait moins de bruit, de saleté et de poussière ; beaucoup meilleur air ; pas de soudure à la main ou en hauteur ; ateliers de peinture automatique hermétiquement fermés ; soulever des objets lourds par des machines et plus tard par des robots. Et au stade de l’assemblage final, c’étaient maintenant les travailleurs qui étaient assis sur des plates-formes mobiles qui les transportaient avec les portes ou les sièges ou tout ce qui leur convenait. Ma dernière visite à l’usine Volkswagen de Wolfsburg, il y a plus de trente ans, s’est terminée comme à l’accoutumée lors du montage final, où les seuls sons entendus étaient de la musique douce et le premier tir des moteurs à la fin de la ligne lorsque les nouvelles voitures ont été chassés. Les ouvriers étaient principalement des femmes, vêtues de jeans et de t-shirts. Avec un grand sourire et le chauvinisme masculin qui fait peut-être toujours partie de la culture de la construction automobile, mon guide, issu du comité d’entreprise tout puissant, a déclaré que je regardais le « marché du mariage de Wolfsburg » : « Les gars passent ici quand ils ont une pause pour voir ce qui est proposé. habillé en jeans et t-shirts. Avec un grand sourire et le chauvinisme masculin qui fait peut-être toujours partie de la culture de la construction automobile, mon guide, issu du comité d’entreprise tout puissant, a déclaré que je regardais le « marché du mariage de Wolfsburg » : « Les gars passent ici quand ils ont une pause pour voir ce qui est proposé. habillé en jeans et t-shirts. Avec un grand sourire et le chauvinisme masculin qui fait peut-être toujours partie de la culture de la construction automobile, mon guide, issu du comité d’entreprise tout puissant, a déclaré que je regardais le « marché du mariage de Wolfsburg » : « Les gars passent ici quand ils ont une pause pour voir ce qui est proposé.

    Nombre des changements résultent des progrès technologiques, ainsi que des contraintes du marché du travail - en particulier de la nécessité de féminiser la main-d’œuvre. Mais la politique et les relations industrielles comptaient au moins autant. Dans les années 1970, après la vague de grèves de 1968 et 1969, les gouvernements, les directions et les syndicats des pays manufacturiers européens ont commencé à prendre au sérieux les demandes d’humanisation du travail industriel. En Allemagne, sous la direction de Brandt et Schmidt, une campagne nationale de recherche et développement, dirigée par un département spécial du ministère de la Recherche et de la Technologie, a largement financé des projets universitaires et industriels dans les domaines de l’ingénierie, du management et de la sociologie industrielle. L’objectif était de mettre fin au taylorisme et certains travailleurs et leurs représentants ont acquis le droit, et pas seulement d’être informés et consultés,

    Freeman, dont l’histoire est centrée sur le Royaume-Uni, les États-Unis, l’URSS et la Chine, contourne en grande partie le continent européen, ce qui est regrettable étant donné le succès durable de la fabrication dans des pays comme l’Allemagne et la Suède. Il est certain que la participation des travailleurs et l’antitorayisme avaient leurs inconvénients, de même que la cogestion des travailleurs. En Suède, les réformes ont abouti à des méthodes de production d’avant-garde chez Volvo et Saab, qui étaient non seulement chères, mais étaient également détestées par les travailleurs qu’elles étaient supposées bénéficier : un "travail de groupe" sur des "îlots de production", par exemple, où des voitures étaient placées. quasiment de rien par une équipe et les travailleurs ont été encouragés à signer le produit fini. Saabs et Volvos ont été pendant un temps les voitures préférées des intellectuels européens, car on les croyait fabriquées

    En Allemagne, dans l’intervalle, la coopération entre la direction et le comité d’entreprise chez Volkswagen s’est peu à peu transformée en collusion et en cooptation. Les scandales comprenaient des paiements de plusieurs millions d’euros au président du comité d’entreprise et à sa petite amie, autorisés par le directeur du personnel de l’entreprise, Peter Hartz. (En 2002, alors qu’il était chez VW, le chancelier Gerhard Schröder a nommé Hartz au poste de président d’une commission sur le marché du travail, ce qui a finalement débouché sur les réformes « Hartz-IV », qui ont réduit les prestations pour les chômeurs de longue durée.) Cela importait plus à la presse qu’au magasin et, quels que soient les programmes élaborés par la direction, les syndicats et les comités d’entreprise, les travailleurs appréciaient au moins leurs nouvelles conditions de travail.

    Le livre de Freeman raconte une histoire longue et élaborée qui commence en Angleterre à la fin du 18e siècle, puis aux États-Unis - du textile à l’acier, en passant par l’automobile - puis à la victoire mondiale du taylorisme et du fordisme dans la première moitié du 20e siècle . Cette victoire s’étendit à l’Union soviétique sous Staline et atteignit son apogée dans la production de masse de la Seconde Guerre mondiale. La guerre froide s’ensuit, puis la montée de la Chine et sa propre version du capitalisme. Tout au long de son récit, Freeman exprime une profonde ambivalence vis-à-vis de l’industrialisation moderne : d’une part, expulsion de la terre, prolétarisation, exploitation, répression et discipline cruelle ; d’autre part, émancipation par rapport aux modes de vie traditionnels, nouvelles solidarités, syndicats capables de lutter pour des salaires plus élevés et de meilleures conditions,

    Freeman ne prête pas attention à l’organisation interne des usines, mais également à leurs relations avec la société et à leurs effets. Le fait que les usines nécessitent des schémas d’établissement particuliers - nouvelles villes ou grands logements d’entreprise - ne figure pas toujours en bonne place dans les comptes de l’industrialisation. La planification de l’arrivée soudaine d’un grand nombre de personnes dans un espace auparavant peu peuplé était attrayante pour les urbanistes, avec leurs visions d’une nouvelle société et d’un nouvel ouvrier industriel ayant besoin de divertissement, d’éducation et de culture : un contraste frappant avec la vie dans les villages où la première génération de travailleurs industriels ont été recrutés. Les architectes ont souvent conçu de nouveaux bâtiments d’usines, non seulement pour répondre à des besoins utilitaires, mais également pour faire des déclarations esthétiques sur la valeur de ce qu’ils produisaient. Architecture d’usine,

    Le récit de Freeman sur « la construction du monde moderne » nous ouvre les yeux sur le degré de fertilisation croisée internationale, en particulier dans les années 1930 et 1940, lorsque la fabrication à grande échelle commençait à prendre toute son ampleur. Henry Ford était une icône mondiale qui comptait Hitler parmi ses admirateurs. Dès son arrivée au pouvoir, Hitler s’était efforcé, mais en vain, de faire abandonner aux constructeurs automobiles allemands leurs méthodes de production à petite échelle au profit de la production en série d’une voiture simple "pour le peuple" - une Volkswagen.L’exemple de Ford a inspiré Hitler à installer une usine automobile sur son modèle dans un endroit qui sera appelé plus tard Wolfsburg (il existait déjà deux usines beaucoup plus petites de Ford et de General Motors en Allemagne, à Cologne et à Rüsselsheim), qui auraient été importées de Dearborn, Michigan. En 1938, Hitler décerna à Ford la plus haute décoration du régime nazi réservée aux étrangers, la grande croix de l’ordre allemand de l’aigle.

    Un autre trait inhabituel de l’histoire de Freeman est l’espace qu’il consacre à la représentation artistique de l’usine, à commencer par le futurisme. La photographie et la cinématographie, les toutes dernières branches de la production artistique, reproductibles en tant que produits de masse, ont été particulièrement importantes. Photographes et cinéastes ont bien documenté la corvée de la production en série et la misère de l’exploitation, mais ils étaient également fascinés par la promesse de progrès que représentent les nouvelles voitures sortant du tapis roulant, les turbines et les moteurs d’avions polis, design avant-gardiste, comme le siège social Johnson Wax de Frank Lloyd Wright à Racine, Wisconsin.

    Une question récurrente dans la longue histoire de Freeman est de savoir si la souffrance des travailleurs au cours des premières années d’industrialisation était vraiment nécessaire. Ce débat commence par la discussion d’Adam Smith sur la division du travail, l’augmentation de la productivité et la négation de l’humanité qu’elle entraîne - de sorte que ses avantages sont annulés à un moment donné par les dommages causés aux capacités mentales humaines et à l’estime de soi. Les capitalistes ont insisté sur le fait que le gaspillage de quelques générations dans l’enfer des usines de Manchester était un sacrifice nécessaire pour assurer un meilleur avenir à tous. Mais où finit le sacrifice si l’impératif du capitalisme est l’accumulation infinie de capital ? Ce n’était pas vraiment un problème sous le socialisme : Staline et Trotsky considéraient tous les deux que l’utilisation de la force brute était indispensable à une version socialiste de l’accumulation primitive. une confiance sans faille dans le taylorisme et une discipline de type militaire pour faire avancer la création d’une classe ouvrière socialiste. L’avènement du communisme, disait-on dans le récit, signifierait la libération de la société du travail par le biais d’une combinaison de capital socialisé et de pouvoir soviétique. Les sociaux-démocrates européens, pour leur part, ont opté pour la libérationen ne de travail : ils se sont installés, en d’ autres termes, pour moins de contrôle de gestion, les possibilités pour les travailleurs à élargir leurs rôles, des chaînes plus courtes de commandement, et pour tirer profit de l’ augmentation de la productivité pour ralentir le rythme de travail.

    Sans surprise, le conflit entre le travail et le capital - ou la direction - sur l’organisation et la discipline des usines est un thème prédominant dans le récit de Freeman. Une attention particulière est accordée à la lutte pour la division du produit résultant de la productivité supérieure résultant de la coopération dans la production à grande échelle. Le travail en usine est un travail d’équipe : il est impossible de concevoir une formule simple pour diviser ses avantages, ouvrant ainsi la porte à la négociation entre des parties ayant des intérêts divergents. Ici, un paramètre crucial est le pouvoir relatif, tel qu’il est influencé par et affecté par les institutions nationales et locales chargées des relations professionnelles. Le pouvoir façonne fondamentalement l’organisation de la production. Par exemple, Freeman raconte qu’aux États-Unis après la guerre, les usines géantes ont commencé à se démoder et ont été remplacées par des sites de production beaucoup plus petits et très dispersés géographiquement. Les nouvelles technologies de transport et de coordination ont contribué à rendre cela possible, de même que la désintégration verticale et la livraison des pièces juste à temps. Selon Freeman, toutefois, la force motrice était la réaction de la direction face au pouvoir que les travailleurs organisés avaient été autorisés à exploiter dans le cadre du New Deal, le plus efficacement possible dans les grandes usines. Pour éviter des concessions coûteuses à leur main-d’œuvre nouvellement habilitée, les entreprises se sont réinstallées dans de nouvelles installations, là où il n’y avait pas de tradition de syndicalisation. Dans ce cas, la « gestion des ressources humaines » pourrait être en mesure d’examiner cent mille demandes d’emploi pour sélectionner 1 500 personnes. Elles pourraient ainsi s’assurer que les travailleurs qu’ils ont embauchés sont antisyndicaux,

    De son côté, Freeman note que l’abandon des grandes usines n’était pas universel. Cela n’a pas été le cas dans les pays et les entreprises dotés d’une démocratie industrielle efficace, où les représentants des travailleurs avaient le droit de veto sur la délocalisation des emplois, garantissant en retour la paix industrielle. Un exemple parfait est, encore une fois, l’usine principale de Volkswagen à Wolfsburg, où l’effectif déjà important de 44 000 personnes en 2007 est passé à 62 000 personnes dix ans plus tard (un peu moins que ce que prétend Freeman). Cela a été possible principalement parce que le syndicat a pu obtenir des garanties d’investissement et de maintien de l’emploi dans l’usine, en échange de ses services dans la gestion du mécontentement des travailleurs. Un autre facteur est que l’état de la Basse-Saxe, où se trouve Wolfsburg, est un actionnaire privilégié de Volkswagen et suffisamment puissant pour que des emplois y soient conservés.

    Bien sûr, il n’ya pas que la direction qui trouve effrayantes usines énormes ; les travailleurs peuvent aussi, surtout s’ils n’ont pas voix au chapitre. À la fin des années 1970, j’ai emmené un responsable syndical britannique visiter l’usine de Wolfsburg. Habitué aux petites usines Leyland britanniques de l’époque, condamnées, dispersées géographiquement et jamais vraiment intégrées, qui étaient ravagées par les conflits industriels et dépendaient de subventions publiques, le fonctionnaire devint de plus en plus déprimé alors que nous traversions les halls de fabrique apparemment sans fin commencé à se plaindre de l’inhumanité de serrer autant de travailleurs dans un même espace. Sa frustration a augmenté seulement après qu’il ait demandé combien de fois, en moyenne, l’usine atteignait ses objectifs de production : ses homologues allemands n’ont pas compris la question car ils ne pouvaient pas concevoir que les objectifs de production ne soient pas atteints. Le soir, autour d’une bière, il trouva un soulagement en violant leCommandement de Fawlty Towers et mention de la guerre ("À l’époque, ces hommes ne se comportaient pas") : en tant que membre d’une petite unité spéciale de marines, il avait atterri à Flensburg pour aider à arrêter Großadmiral Dönitz, un acte d’héroïsme pour lequel, À sa grande surprise, nous avons exprimé notre profonde gratitude.

    Le dernier chapitre de Freeman porte sur les « usines géantes » de l’Asie, en particulier les usines Foxconn appartenant à des Taiwanais et situées en Chine continentale. Ici aussi, les problèmes de taille sont minimisés - par le biais de la répression. En tant qu’historien, Freeman situe les relations de travail actuelles de la Chine dans le contexte de son histoire récente, en particulier la révolution culturelle, lorsque la direction était subordonnée à la volonté des masses et que la discipline d’usine était remplacée par une ardeur révolutionnaire. Il ne reste que peu de cela aujourd’hui, à moins que le régime sévère du secteur privé en forte croissance du secteur manufacturier chinois ne soit en partie compris comme une suite dialectique des catastrophes économiques et politiques des années 1960 et 1970.

    En Europe en particulier , il semble y avoir une connexion encore plus sinistre entre la politique de libération sinon de puis entravail et le nouveau « mode de production asiatique ». En tant que consommateurs satisfaits des jouets électroniques, des chaussures de course colorées et des t-shirts bon marché qui nous parviennent grâce à l’industrialisme asiatique moderne, nous avons tendance à oublier la manière dont ils sont fabriqués en Chine, au Vietnam, à Taiwan, en Indonésie, au Cambodge et au Myanmar - en usines non possédées mais utilisées par des entreprises comme Apple, Disney, Adidas et Walmart. Le Manchester infernal des débuts de l’industrialisation existe toujours, mais à la périphérie mondiale, trop loin pour les voyages scolaires. Après avoir externalisé en Asie la misère des longues heures de travail et des bas salaires, nous pouvons, en tant que consommateurs, récolter leurs bénéfices sans en supporter les coûts en tant que producteurs (en négligeant pour le moment ceux qui, dans une version ironique de la libération du travail, ont perdu leur emploi du fait ce processus).

    Une grande partie de ce que Freeman a à dire à propos de l’Asie est peut-être familière grâce aux reportages dans les médias, mais rassemblés dans un seul endroit, les informations sont vraiment bouleversantes. Une usine employant 350 000 personnes produisant des iPhones et rien d’autre ; permis de séjour pour les travailleurs migrants conçus pour les empêcher de s’organiser ; les dortoirs des travailleurs à la discipline quasi militaire quasi stricte. Ici, pas de villes du futur : seulement des barbelés, des gardes de sécurité en uniforme et des caméras de surveillance. Et les suicides : en 2010, 14 jeunes travailleurs ont été tués du toit d’une usine de Foxconn produisant des iPhones et des iPads. Freeman rapporte que Apple a réprimandé poliment Foxconn, et que Foxconn a réagi en prenant des mesures préventives pour éviter à son client le plus embarrassé,

    Pourquoi ces usines asiatiques sont-elles si grandes ? Les grandes usines impliquent que les patrons fassent de nombreux efforts pour contrôler leurs travailleurs. Selon Freeman, il ne s’agit pas d’économies d’échelle : les processus de production impliqués ne sont pas assez complexes pour cela. Plus vraisemblablement, ils répondent aux demandes de clients tels que Nike et Hewlett-Packard, pour lesquels la « flexibilité » est primordiale. Lorsque Apple a mis à disposition son iPhone 6 tant attendu disponible, il devait pouvoir vendre 13 millions d’unités au cours des trois premiers jours du téléphone sur le marché. Puisque la fraîcheur, selon Tim Cook, PDG d’Apple, est la propriété la plus importante d’un gadget moderne, il doit être possible d’apporter des modifications au design jusqu’à quelques semaines avant sa mise en vente. Ce type de production « juste à temps » nécessite d’énormes usines avec une énorme main-d’œuvre stockée, pour ainsi dire, dans des dortoirs appartenant à la société à proximité, prêt à être appelé à tout moment et à travailler 12 heures ou plus pendant plusieurs semaines d’affilée. Nulle part le sale secret de notre mode de vie prospère - la façon dont nous sommes épargnés de produire ce que nous avons été amenés à croire que nous avons besoin à des prix abordables - mis à nu plus clairement qu’ici.

    Ce n’est pas que Freeman laisse ses lecteurs sans espoir. Les salaires ont récemment augmenté en Asie, mais le taux de rotation du personnel reste extrêmement élevé, ce qui indique un degré d’insatisfaction des travailleurs qui pourrait devenir trop coûteux pour être maintenu par les employeurs. Le nombre et la taille des grèves dans les usines chinoises semblent considérables, ce qui dément l’idée du travailleur chinois soumis. Même la vie dans une usine Foxconn semble avoir eu certains des « effets civilisateurs » sur ses travailleurs qui, selon Freeman, ont toujours été associés à l’usine. En s’éloignant du village et en gagnant leur propre argent, même dans le pire des cas, les fils et les filles de paysans échappent à ce que Marx et Engels ont appelé « l’idiotie de la vie rurale ». La modernisation, malgré ses multiples mécontentements, pourrait-elle se propager de l’usine à la société chinoise,

    Freeman ne spécule pas sur ce qui pourrait suivre dans la longue histoire du travail organisé et de la production. Les « usines sataniques » de Foxconn créées à la demande, entre autres, de la plus grande entreprise capitaliste de tous les temps, constitueront une partie importante du tableau. Cependant, un type d’usine ou de quasi-usine tout à fait nouveau où le gros du capital productif n’est pas centralisé et où la discipline de l’usine est remplacée par la discipline du marché est tout aussi important. Dans le monde de la nouvelle entreprise de plate-forme - Uber, TaskRabbit, Deliveroo, ce genre de chose - ce n’est pas le capital capitaliste qui possède les moyens de production, mais l’ouvrier qualifié, une fois qu’ils ont remboursé le prêt qu’ils ont pris pour acheter leur équipement. La production est locale, proche du client, voire personnalisée. Il n’y a plus d’agglomération, pas de production, ou des travailleurs et de leurs espaces de vie. Seule la gestion est centralisée au niveau mondial. Mais, à l’instar des projets utopiques des années 1970 qui visaient à restaurer la dignité du travailleur d’usine, la direction émet désormais des conseils et non des commandes : cela aide les travailleurs à faire leur travail et sert les travailleurs au lieu de les pousser. Les travailleurs, à leur tour, travaillent quand ils veulent, et l ’« aliénation » de leur travail de leur vie, si caractéristique de l’usine de l’ère industrielle, est pour toujours une chose du passé.

    Ou alors c’est fait pour apparaître. En fait, la séparation taylorienne de la planification et de l’exécution n’est nulle part plus rigide que dans les nouvelles sociétés de plate-forme, où les outils de planification sont détenus exclusivement et incontestablement par la direction, souvent intégrée dans une société distincte. L’exécution, quant à elle, est laissée aux sous-traitants, qui sont contrôlés non seulement par des incitations matérielles, mais aussi par les dernières technologies comportementales, telles qu’incarnées par des algorithmes exclusifs stockés dans les derniers équipements, également propriétaires et télécommandés. des espaces dans la sphère de la production. Dans des cas extrêmes, la vie peut être transformée en travail sans que les travailleurs eux-mêmes en prennent conscience : les « utilisateurs » de Facebook, par exemple, produisent par inadvertance la ressource la plus importante de la plate-forme,

    Les catégories analytiques traditionnelles telles que le travail salarié ou le marché du travail atteignent ici les limites de leur utilité. Dans la gigantesque usine de services décentralisée, vous ne signez plus de contrat de travail mais bénéficiez d’une occasion de travailler en réseau social. Ce travail peut inclure ce que nous produisons pour Apple, Google, Facebook, Tinder, etc. Nous pensons que nous les « utilisons » alors qu’en réalité, nous sommes utilisés. Existe-t-il un rôle dans ce monde pour le droit du travail, pour la protection sociale, pour la protestation collective - en d’autres termes, pour la politique ? Pouvons-nous espérer le retour d’artisans indépendants, prêts à s’organiser en guildes modernes et en syndicats ressuscités, ou du système de gangs des quais ou de l’industrie aéronautique, tel qu’il existait encore il ya un demi-siècle en Grande-Bretagne et, dans une moindre mesure, les États Unis ? Ou le droit civil pourrait-il remplacer le droit du travail dans la réglementation des nouvelles usines ? Si nos sociétés considèrent toujours que leur tâche est de civiliser le monde de la production organisée, elles feraient mieux de continuer.


  • Allons z’enfants...
    http://www.radiopanik.org/emissions/on-est-des-pigeons/allons-z-enfants-

    Fondée la même année que Radio Panik (faites le compte) de l’action d’habitants & historiens engagés et établie à Molenbeek sur le site d’une ancienne fonderie d’art (la « Compagnie des Bronzes »), LA FONDERIE étudie le riche passé industriel de Bruxelles et de sa région ainsi que les histoires de ceux qui l’ont construit de leurs mains.

    Le Musée bruxellois des industries et du travail, le centre de recherche et de documentation, les parcours dans la ville, les publications et animations sont autant d’outils servant à mieux comprendre la région d’aujourd’hui et agir sur son futur.

    Ben oui. Essayez de savoir où aller quand vous ne savez pas d’où vous venez...

    Anne Brunelle (partenariat, éducation permanente) et Robin Pringels (communication, presse, publics et (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/on-est-des-pigeons/allons-z-enfants-_06056__1.mp3

    • http://www.lafonderie.be

      Le site de l’ancienne Compagnie des Bronzes de Bruxelles
      Un des atouts de La Fonderie est certainement le site de l’ancienne usine de la Compagnie des Bronzes et le jardin des machines. Poétiques témoins des activités du passé – celles d’une fonderie de bronze d’où sont sorties des milliers de statues que l’on retrouve aujourd’hui un peu partout dans le monde – les halles de montage, de la cire perdue, de coulée, des tourneurs, et les jardins qui s’y sont fait une place sont aujourd’hui un endroit paisible où il fait bon flâner. On y croise des chats qui agrémentent le site de quiétude féline. De nombreux groupes qui visitent le quartier passent nos grilles, car ce site est incontournable pour raconter l’histoire du quartier.

      Musée bruxellois des industries et du travail
      Aujourd’hui, le travail, à Bruxelles, s’effectue principalement dans des bureaux. Mais autrefois, des milliers d’ateliers et d’usines faisaient de la capitale la principale ville industrielle du pays (en termes d’emplois). Qui se souvient encore des brasseries, des imprimeries, des ateliers mécaniques d’Uccle, Forest, Molenbeek ou Sint-Pieters-Leeuw ?

      Beaucoup d’entre vous s’en souviennent et nous ont transmis leur mémoire, sous forme de témoignages, de photos, de documents, et surtout de milliers d’objets. C’est toute cette mémoire du travail à Bruxelles que La Fonderie conserve et met en valeur.

      Si vous avez des informations complémentaires sur ces objets ou sur les entreprises que nous mentionnons, n’hésitez surtout pas à nous en faire part. Car ce musée est avant tout le vôtre. N’hésitez pas à participer !

      Pourquoi avoir choisi le coeur de Molenbeek pour y créer le Musée bruxellois de l’industrie et du travail ?
      Pour deux raisons : d’abord parce que ce quartier était autrefois appelé « le petit Manchester belge du XIXè siècle » car il était occupé par de nombreuses industries, grandes et petites, venues s’installer en bordure du canal pour les facilités de transport que celui-ci offrait. Ensuite parce que ce musée occupe le site d’une ancienne fonderie de bronze, la Compagnie des Bronzes, industrie exemplative de ce qu’a été l’industrie à Bruxelles de la moitié du XIXè à la moitié du XXè siècle. Le site, acquis par la Communauté française en 1981, a été mis à la disposition de notre asbl en 1986. Nous y développons depuis toutes les activités que vous pouvez découvrir au fil des pages de ce site internet.


      . . . . . .


  • Chimurenga signale sur FB

    The African Imagination of a Borderless World:

    https://www.facebook.com/BardeAmu/posts/2053819831377429?__tn__=-R

    https://www.dropbox.com/s/m2ahiylwb2rfv00/afrique%20festac%2077.pdf?dl=0

    The debate that started in Manchester 1945 when the leadership of a movement founded by “concerned black people” in the West (Garvey, du Bois, CLR etc) was taken up by Africa-born poet-philosopher-politicians like Nkrumah and Nyerere - and accelerated when these poet-philosopher-politicians took charge of independent states (or “mini-states” as Walter Rodney liked to call them) and reduced pan Africanism to OAU bureaucracy (which Mbeki subsequently re-branded AU). Not all were poets or philosophers..

    Anyway, this debate was still in full swing by the time FESTAC came around - the 2nd World Black and African Festival of Arts and Culture, held in Lagos/Kaduna in 1977 (note the “Black AND African”)

    This is Kongi speaking his peace for Abibiman (his prefered name for Africa) at the FESTAC Colloquium - btw we’re working on a publication on FESTAC, soon come!

    (And this vid is courtesy of the Centre for Black Arts and Civilisations in Lagos - part the legacy of FESTAC. Check them out)

    Bright Moments!

    FESTAC’77 - the Second World Black and African Festival of Arts and Culture - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=BzAIGgWNHbY

    Festac ’77, also known as the Second World Black and African Festival of Arts and Culture (the first was in Dakar, 1966), was a cultural jamboree held in Lagos, Nigeria, from 15 January 1977 to 12 February 1977. The month-long event celebrated African culture and showcased to the world African music, fine art, literature, drama, dance and religion. About 16,000 participants, representing 56 African nation and countries o


    • C’est mieux avec un extrait

      nous collectons différentes Données à caractère personnel, telles que des données de contact, mais aussi des données de santé sensibles
      Ces Données à caractère personnel sont utilisées pour assurer le fonctionnement de l’Application et, si cela est autorisé, pour certaines autres fins. Des tiers, comme votre médecin ou nos prestataires de services, peuvent également avoir accès à vos Données à caractère personnel (Sections 3, 4 et 5) ;
      dans tout traitement de vos Données à caractère personnel réalisé par nos soins ou en notre nom, nous prendrons les mesures de sécurité nécessaires pour éviter la perte, l’endommagement ou l’accès non autorisé à vos Données à caractère personnel (Section 6) ; et
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      Pour toutes les questions concernant le traitement de vos Données à caractère personnel réalisé par nos soins, vous pouvez contacter Qompium SA à l’adresse suivante support@fibricheck.com ou par courrier à Qompium SA, Kempische Steenweg 303/27, 3500 Hasselt (Belgique).

    • Je complète avec un extrait de #Stiegler sur #Ballast :
      Marx ne pouvait pas imaginer ce que serait une société consumériste. Il vivait à une époque où les prolétaires de Manchester croupissaient dans la misère absolue. Difficile pour lui d’entrevoir ces mêmes ouvriers au volant d’une voiture avec climatisation, GPS et smartphone à la main ! Ou d’imaginer qu’une voiture qui sort des chaînes américaines de General Motors puisse posséder plus de 500 capteurs à même de renseigner des algorithmes. Ni prévoir que de nouvelles technologies mises au point par l’entreprise Generali puissent mettre en place un contrat d’assurance demandant votre accord pour que les data de votre voiture leur soient transmises, afin de vous prescrire par la suite comment la conduire. C’est en cours au niveau des assurances ; c’est déjà le cas pour les assurances sociales. Vous allez vous engager à transmettre vos données et on va vous dire de manger moins de graisses, moins de sucre… Et vous allez devoir le respecter, sinon vous allez payer des primes. On est dans ce monde-là. C’est une réalité inimaginable pour Marx. Et pourtant, c’est la conséquence de ce qu’il écrit en 1857.

      https://www.revue-ballast.fr/bernard-stiegler-le-capitalisme-conduit-a-une-automatisation-generalis


    • Enfin, il y eut la rencontre avec Howard Trafford, après que ce dernier eut placardé une petite annonce à l’Institut de technologie de Bolton (« Recherche personne désirant former un groupe et jouer Sister Ray [du Velvet Underground, ndlr] »). Après avoir découvert ensemble les Pistols sur scène, les deux décidèrent de former un groupe et, avant même de dénicher des musiciens pour les accompagner, entreprirent d’inviter les Londoniens à Manchester, pour le plaisir de les voir se produire à domicile et de faire leur première partie.

      Le concert eut finalement lieu le 4 juin 1976 au Lesser Free Trade Hall, une minuscule salle, sans les Buzzcocks, qui n’étaient pas prêts - mais avec mille fois l’effet escompté puisque dans la fosse se trouvaient les futurs incendiaires de Joy Division et The Fall. Ce week-end-là, les deux gamins dont la vie avait changé pour de bon décidèrent tout de même de changer de nom : Devoto pour Howard, Shelley pour Pete, qui choisit comme patronyme le prénom qu’il aurait eu s’il avait été une fille, et révéla sans doute, entre les lignes, sa bisexualité.

      Quelques mois plus tard, les Buzzcocks jouaient pour de vrai avec les Sex Pistols et se faisaient remarquer par leur génial priapisme musical.

      Enregistré en studio par Martin Hannett, autoproduit avec la somme de 500 livres (empruntées) par nécessité puisqu’aucun label indépendant n’existait encore à Manchester, le quatre-titres Spiral Scratch lança au Royaume-Uni presque à lui tout seul l’économie indie, fière de ses régionalismes et de son caractère décentré. Comme l’écrit Jon Savage dans England’s Dreaming, « le rôle de Spiral Scratch a été énorme […] ; son esthétique était parfaitement en adéquation avec les moyens de la production ». Et Manchester devint le deuxième épicentre du punk, avec ses propres groupes, labels, fanzines, et son esprit unique au monde.

      https://next.liberation.fr/musique/2018/12/07/pete-shelley-buzz-de-fin-pour-le-punk-anglais_1696716


  • University alerts students to danger of leftwing essay

    Prevent critics slam Reading for labelling ‘mainstream’ academic text as extremist.
    An essay by a prominent leftwing academic that examines the ethics of socialist revolution has been targeted by a leading university using the government’s counter-terrorism strategy.

    Students at the University of Reading have been told to take care when reading an essay by the late Professor Norman Geras, in order to avoid falling foul of Prevent.

    Third-year politics undergraduates have been warned not to access it on personal devices, to read it only in a secure setting, and not to leave it lying around where it might be spotted “inadvertently or otherwise, by those who are not prepared to view it”. The alert came after the text was flagged by the university as “sensitive” under the Prevent programme.

    The essay, listed as “essential” reading for the university’s Justice and Injustice politics module last year, is titled Our Morals: The Ethics of Revolution. Geras was professor emeritus of government at the University of Manchester until his death in 2013. He rejected terrorism but argued that violence could be justified in the case of grave social injustices.

    Waqas Tufail, a senior lecturer in criminology at Leeds Beckett University who wrote a report about Prevent last year, described the case at Reading as “hugely concerning”. Another Prevent expert, Fahid Qurashi of Staffordshire University, said the move showed how anti-terrorism legislation is “being applied far beyond its purview”.
    Guardian Today: the headlines, the analysis, the debate - sent direct to you
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    Ilyas Nagdee, black students’ officer for the National Union of Students, said the case again highlighted “misunderstanding of the [counter-terrorism guidance].”

    The strategy, itself controversial, is meant to divert people before they offend, and requires universities to monitor students’ and academics’ access to material that could be considered extremist. The scheme has repeatedly come under fire since its remit was expanded by the coalition government in 2011. Critics argue that it has curtailed academic freedom by encouraging universities to cancel appearances by extremist speakers and for fostering a “policing culture” in higher education.

    Tufail added: “This text was authored by a mainstream, prominent academic who was well-regarded in his field, who was a professor at Manchester for many years and whose obituary was published in the Guardian. This case raises huge concerns about academic freedom and students’ access to material, and it raises wider questions about the impact of Prevent.” The text was identified as potentially sensitive by an academic convening the course. “This is almost worse because it means academics are now engaging in self-censorship,” Tufail said.

    Nagdee said: “Prevent fundamentally alters the relationship between students and educators, with those most trusted with our wellbeing and development forced to act as informants. As this case shows, normal topics that are discussed as a matter of course in our educational spaces are being treated as criminal”.

    The University of Reading said: “Lecturers must inform students in writing if their course includes a text deemed security-sensitive, and then list which students they expect will have to access the material.

    “As laid out in the Counter-Terrorism and Security Act 2015, the University of Reading has put policies in place to take steps to prevent students being drawn into terrorism.” One aspect of this is to safeguard staff and students who access security-sensitive materials legitimately and appropriately used for study or research.”

    https://www.theguardian.com/education/2018/nov/11/reading-university-warns-danger-left-wing-essay
    #université #it_has_begun #UK #Angleterre #surveillance #censure #gauche #droite #Reading #Prevent_programme #terrorisme #anti-terrorisme #violence #liberté_d'expression #liberté_académique #extrémisme #Norman_Geras


  • University alerts students to danger of leftwing essay | Education | The Guardian
    https://www.theguardian.com/education/2018/nov/11/reading-university-warns-danger-left-wing-essay

    Des écrits d’un universitaire de gauche censurés par une université au nom de la « prévention contre le terrorisme »

    “This text was authored by a mainstream, prominent academic who was well-regarded in his field, who was a professor at Manchester for many years and whose obituary was published in the Guardian. This case raises huge concerns about academic freedom and students’ access to material, and it raises wider questions about the impact of Prevent.” The text was identified as potentially sensitive by an academic convening the course. “This is almost worse because it means academics are now engaging in self-censorship,” Tufail said.


  • Charity criticises British army campaign to recruit under-18s | UK news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/uk-news/2017/nov/29/charity-criticises-british-army-campaign-to-recruit-under-18s

    The campaign includes beautifully produced 30-second films showing fictional scenes of young soldiers in various training and combat situations helping and supporting each other, facing difficult challenges with camaraderie and good humour. The films were disseminated via social media, television and cinema.

    A briefing campaign document seen by the Guardian in the summer spelled out that the key audience was 16- to 24-year-old “C2DEs” – marketing speak for the lowest three social and economic groups.

    The document also made it clear that while the campaign was UK-wide, there were “up-weights” to cities in northern England including Manchester and Sheffield, and to Birmingham, Belfast and Cardiff.

    #Armée #Industrie_influence #Grande_Bretagne


  • City Forgotten: The Fate of India’s Small Cities - a film by @AyonaDatta from the research platform Learning from Small Cities in India
    https://www.smartsmallcity.com

    City Forgotten: The Fate of India’s Small Cities
    Malegaon, a small town near Nashik, Maharashtra, is driven solely by the power loom industry and is forgotten by the state and private sector since the Malegaon, a small town near Nashik, Maharashtra, is driven solely by the power loom industry and is forgotten by the state and private sector since the bomb blasts of 2006. Through the eyes of its residents, local activists and civil society members, City Forgotten tells the story of Malegaon’s fall from the Manchester of India to a town in decline, where its women and minorities continue to aspire for and claim their constitutional rights to education despite the lack of any real prospects for its future generations.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=915&v=vJRLRdcujBc


    #Inde #communautarisme #hindouisme #islam #industrie #émeutes


  • Les champignons, une menace silencieuse sur la santé et l’alimentation humaine
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/09/17/les-champignons-une-menace-silencieuse_5356331_5345421.html

    Les pesticides épandus en masse pour protéger les récoltes des attaques fongiques ont engendré des résistances, y compris chez des souches qui infectent l’homme et font 1,6 million de morts par an.


    Faites le test : demandez autour de vous quel champignon présente le plus de danger pour l’humain. Neuf personnes sur dix choisiront l’amanite phalloïde. Erreur on ne peut plus funeste. Avec ses quelques dizaines de décès en Europe les pires années, le « calice de la mort » devrait faire figure d’amateur dans la planète mycète.

    De même que le moustique surpasse de loin tous les animaux réputés féroces, les vrais tueurs, chez les champignons, sont microscopiques, méconnus et autrement plus meurtriers que notre vénéneuse des forêts. Cryptococcus, pneumocystis, aspergillus et candida : chaque année, chacune de ces grandes familles tue plusieurs centaines de milliers de personnes. Selon les dernières estimations du Gaffi (le Fonds global d’action contre les infections fongiques), les pathologies associées feraient au moins 1,6 million de victimes annuelles, soit presque autant que la tuberculose (1,7 million), la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. « Des estimations basses », précise le professeur David Denning, directeur exécutif du Gaffi et chercheur à l’université de Manchester.

    D’autant qu’elles ne prennent nullement en compte le poids des attaques fongiques dans les désordres alimentaires mondiaux. Les deux principales pathologies du blé, la septoriose et la rouille noire, toutes deux provoquées par un champignon, feraient baisser la production mondiale de 20 %. La production ainsi perdue suffirait à nourrir 60 millions de personnes. Etendues à l’ensemble des cultures agricoles, c’est 8,5 % de la population mondiale, soit environ 600 millions de personnes, selon des chiffres publiés en 2012, qui pourraient garnir leurs assiettes si les lointains cousins de la truffe épargnaient les récoltes.


    Taches de septoriose sur des feuilles de blé tendre en France.

    Il faut dire que les champignons sont partout. Sur nos poignées de porte et au bord de nos baignoires, à la surface des aliments que nous ingérons comme dans l’air que nous respirons. Essentiels au cycle du vivant, ils digèrent les déchets et les recyclent en énergie disponible. Sans eux, pas de compost ni d’engrais naturels, pas de roquefort ni de vins doux. Encore moins de pénicilline, ce premier antibiotique né de l’appétit des moisissures penicillium pour les bactéries. Précieux pour l’ordre végétal, donc, et pour la plupart sans danger pour les humains. « Sur les quelque 1,5 million d’espèces estimées, quelques centaines ont la capacité de survivre dans notre organisme, souligne le professeur Stéphane Bretagne, chef du laboratoire de mycologie de l’hôpital Saint-Louis, à Paris, et directeur adjoint du Centre national de référence (CNR) des mycoses invasives de l’Institut Pasteur. En plaçant notre corps à 37 degrés, l’évolution nous a mis à l’abri de la plupart des champignons. Les autres, quand tout va bien, sont éliminés par notre système immunitaire. »

    En avril 2012, pourtant, un inquiétant « Fear of Fungi » (« La peur des champignons ») barrait la « une » de la prestigieuse revue Nature. Sept scientifiques britanniques et américains y décrivaient l’explosion d’infections virulentes parmi les plantes et les animaux. On croyait, depuis la grande famine irlandaise (1845-1852) et les épidémies d’oïdium (1855) puis de mildiou (1885) qui détruisirent l’essentiel de la vigne française, que les grands périls agricoles étaient derrière nous. Eh bien non, répondaient-ils : la pression fongique sur les cinq principales cultures vivrières ne cesse de s’intensifier. Le blé, donc, mais aussi le riz, assailli dans 85 pays par la pyriculariose, avec des pertes de 10 % à 35 % des récoltes. Idem pour le soja, le maïs et la pomme de terre. « Si ces cinq céréales subissaient une épidémie simultanée, c’est 39 % de la population mondiale qui verrait sa sécurité alimentaire menacée », explique Sarah Gurr, du département des sciences végétales de l’université d’Oxford, une des signataires de l’article.

    Les champignons ne s’en prennent pas qu’à l’agriculture, rappelaient les chercheurs. Reprenant la littérature, ils constataient que 64 % des extinctions locales de plantes et 72 % des disparitions animales avaient été provoquées par des maladies fongiques. Un phénomène amplifié depuis le milieu du XXe siècle : le commerce mondial et le tourisme ont déplacé les pathogènes vers des territoires où leurs hôtes n’ont pas eu le temps d’ériger des défenses. Les Etats-Unis ont ainsi perdu leurs châtaigniers, l’Europe a vu ses ormes décimés. Les frênes sont désormais touchés : arrivée d’Asie il y a quinze ans, la chalarose a ainsi frappé la Pologne, puis toute l’Europe centrale. Elle occupe désormais un tiers du territoire français. Seule chance : Chalara fraxinea ne supporte pas la canicule. La maladie a donc arrêté sa progression et commencerait même à reculer.

    Les animaux sont encore plus durement atteints. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 40 % des espèces d’amphibiens sont aujourd’hui menacées, des dizaines auraient disparu. Premier responsable : Batrachochytrium dendrobatidis, alias Bd. Depuis vingt ans, le champignon venu de Corée a décimé grenouilles et crapauds en Australie et sur l’ensemble du continent américain. Son cousin Bsal, lui aussi arrivé d’Asie, cible salamandres et tritons européens avec une mortalité proche de 100 %. Aux Etats-Unis, un autre champignon, le bien nommé Geomyces destructans, poursuit son carnage auprès des chauves-souris. La maladie du museau blanc touche près de la moitié du pays et aurait tué plusieurs millions de chiroptères.


    Dans le Vermont, aux Etats-Unis, des chauves-souris brunes sont frappées par la maladie du museau blanc.

    Coraux et tortues dans les mers, abeilles, oies et perroquets dans les airs… la liste est longue. « Il ne fait guère de doute que ces pathologies sont de plus en plus nombreuses, affirme, statistiques à l’appui, Matthew Fisher, du département des maladies infectieuses de l’Imperial College de Londres, premier signataire de la publication de 2012. Depuis notre article, il y a eu une prise de conscience, mais la situation s’est détériorée. »

    Aussi en mai, Matthew Fisher et Sarah Gurr ont récidivé, cette fois dans Science, en s’adjoignant les services du Suisse Dominique Sanglard. Biologiste à l’université de Lausanne, il traque « l’émergence mondiale de résistance aux antifongiques » en incluant dans le tableau les pathologies humaines. Des maladies « longtemps négligées, souligne-t-il. D’abord, elles étaient moins fréquentes que les pathologies bactériennes ou virales. Ensuite, elles frappent des patients immunodéprimés – dont les défenses ne sont plus capables de contenir les champignons –, pas des sujets sains. Enfin, un champignon, c’est beaucoup plus complexe qu’une bactérie, beaucoup plus proche de nous aussi, donc plus difficile à combattre sans attaquer nos propres cellules. »

    « Un champignon, c’est beaucoup plus proche de nous qu’une bactérie, donc plus difficile à combattre sans attaquer nos propres cellules », Dominique Sanglard université de Lausanne

    L’épidémie de sida, dans les années 1980, a commencé à modifier la donne. « Les patients immunodéprimés se sont mis à mourir massivement de pneumocystoses ou de cryptococcoses », se souvient Olivier Lortholary, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Necker et directeur adjoint du CNR mycoses invasives à l’Institut Pasteur. Si l’accès aux trithérapies a permis de limiter l’hécatombe dans les pays occidentaux, il n’en va pas de même ailleurs dans le monde. Selon les dernières statistiques du Gaffi, plus de 535 000 malades du sida meurent encore chaque année, victimes d’une infection fongique associée. « C’est sans doute plus, insiste David Denning. Certaines pathologies fongiques pulmonaires sont prises pour des tuberculoses. »

    Mycologue au CHR de Cayenne, Antoine Adenis en sait quelque chose. La forte présence de la leishmaniose dans le département avait conduit le service de dermatologie à analyser toutes les plaies des patients séropositifs. « Nous avons découvert la présence de l’histoplasmose un peu par hasard », raconte-t-il. Les médecins ont alors systématiquement recherché le champignon histoplasma et découvert qu’il constituait la première cause de décès des malades du sida en Guyane. Au Suriname voisin, réputé vierge de champignons, il a découvert que « 25 % des hospitalisés VIH étaient touchés ». Le médecin a ensuite étendu son étude à toute l’Amérique latine. Le résultat a stupéfié la communauté : selon un article publié en août, dans The Lancet, le champignon y tuerait quelque 6 800 personnes par an, plus que la tuberculose, réputée première cause de mortalité associée au sida.

    Les champignons et leurs spores ne se contentent pas d’attaquer les porteurs du VIH. « Ils compliquent toutes les pathologies respiratoires quand ils ne les provoquent pas », explique David Denning. Asthme sévère, aspergilloses broncho-pulmonaires allergiques ou chroniques… « Cela représente plus de 14 millions de personnes dans le monde et au moins 700 000 décès par an », assure le médecin britannique.


    Un adolescent anglais atteint par une teigne résistante aux antifongiques.

    Enfin, il y a les pathologies dites « hospitalières ». « Chimiothérapies, greffes de moelle, transplantations d’organes, biothérapies… La médecine moderne, comme l’augmentation de la durée de la vie, multiplie la quantité de malades immunodéprimés dans les hôpitaux, analyse Tom Chiller, chef de la branche mycoses du Centre de contrôle des maladies américain (CDC). Beaucoup ont déjà en eux des champignons qui trouvent là l’occasion de prospérer, ou ils les rencontrent à l’hôpital. Tous représentent des cibles idéales. » Une fois les pathogènes dans le sang, le pronostic devient effrayant. A l’échelle mondiale, le taux de mortalité parmi le million de malades traités avoisinerait les 50 %. « En France, depuis quinze ans, le taux reste entre 30 % et 40 % pour les candidoses, entre 40 % et 50 % pour les aspergilloses, indique Stéphane Bretagne. Désespérément stable. » « Et l’incidence des candidoses systémiques augmente de 7 % chaque année, renchérit son collègue Olivier Lortholary. Même si c’est en partie dû à l’augmentation de la survie des patients de réanimation aux attaques bactériennes, c’est une vraie préoccupation, ma principale inquiétude avec les champignons émergents souvent multirésistants. »

    Résistances et émergences : l’hôpital de Nimègue, aux Pays-Bas, et son équipe de recherche en mycologie, en sont devenus les références mondiales. En 1999, le centre y a enregistré le premier cas de résistance d’une souche d’Aspergillus fumigatus aux azoles, la principale classe d’antifongiques. Puis les cas se sont multipliés. « Et ça ne cesse de croître, souligne Jacques Meis, chercheur au centre néerlandais. Dans tous les hôpitaux des Pays-Bas, la résistance dépasse les 10 %, et atteint jusqu’à 23 %. » Avec pour 85 % des patients infectés la mort dans les trois mois.


    L’inhalation des spores d’« Aspergillus fumigatus » peut entraîner une infection invasive des poumons et des bronches, souvent fatale.

    Les scientifiques n’ont pas mis longtemps à désigner un suspect : les horticulteurs. Aux Pays-Bas, champions de l’agriculture intensive, le traitement standard des tulipes consiste à en plonger les bulbes dans un bain d’azoles. Longtemps, les organisations agricoles ont plaidé non coupables. Mais à travers le monde, les preuves se sont multipliées. A Besançon, où ont été mis en évidence les deux premiers cas français d’aspergilloses résistantes chez un agriculteur et un employé de la filière bois, les mêmes souches mutantes ont été trouvées dans les champs du malade et dans plusieurs scieries de la région. « Les agriculteurs ne visent pas les mêmes champignons, mais les fongicides qu’ils emploient ne font pas la différence, ils rendent résistants les pathogènes humains », explique Laurence Millon, chef du service de parasitologie-mycologie du centre hospitalier de Besançon. « L’histoire se répète, soupire Matthew Fisher. L’usage massif des antibiotiques par les éleveurs a développé les résistances des bactéries humaines. L’emploi à outrance des fongicides par les cultivateurs fait de même avec les champignons. »

    « L’usage massif des antibiotiques par les éleveurs a développé les résistances des bactéries humaines. L’emploi à outrance des fongicides par les cultivateurs fait de même avec les champignons », Matthew Fisher, Imperial College de Londres

    Le monde agricole se trouve pris entre deux menaces. D’un côté, la résistance toujours plus importante de champignons dopés par le changement climatique conduit à multiplier les traitements phytosanitaires. « Cette année, dans les vignes du sud de la France, la pression fongique était telle qu’au lieu des onze traitements annuels moyens – ce qui est déjà beaucoup –, les vignerons en ont délivré entre quinze et dix-sept », constate Christian Huygue, directeur scientifique agriculture de l’Institut national de la recherche en agronomie (INRA). La faute à un printemps exceptionnellement pluvieux et un été particulièrement sec. Mais aussi à l’adaptation des champignons à tout ce que le génie humain invente de produits phytosanitaires. Depuis les années 1960, l’industrie s’en est pris successivement à la membrane des cellules du champignon, à leur paroi, à leur ARN ou à leur respiration… Cinq classes d’antifongiques ont ainsi été mises au point. « Trois étaient vraiment efficaces, résume Sabine Fillinger, généticienne à l’INRA. Les strobilurines rencontrent des résistances généralisées. De plus en plus de produits azolés connaissent le même sort. Il reste les SDHI [inhibiteur de la succinate déshydrogénase], mais ils commencent à y être confrontés et ça va s’aggraver. »

    De plus en plus impuissants face aux pathogènes, les fongicides agricoles se voient aussi accusés de menacer la santé humaine. Des chercheurs de l’INRA et de l’Inserm ont ainsi lancé un appel dans Libération, le 16 avril, afin de suspendre l’usage des SDHI. Le dernier-né des traitements n’entraverait pas seulement la respiration des cellules de champignons ; par la même action sur les cellules animales et humaines, il provoquerait des « encéphalopathies sévères » et des « tumeurs du système nerveux ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a décidé d’examiner l’alerte. Elle s’est d’autre part autosaisie afin de vérifier l’éventuelle toxicité humaine de l’époxiconazole. « Cet azole est l’une des dernières substances actives sur le marché, nous en utilisons 200 tonnes par an en France, mais c’est également un reprotoxique de catégorie 1 [affecte la fertilité], la plus préoccupante, et un cancérigène de catégorie 2 », indique Françoise Weber, directrice générale déléguée au pôle produits réglementés de l’Anses. Un avis négatif de la France pourrait peser en vue de la réévaluation du produit au niveau européen, prévue en avril 2019.

    A l’INRA comme à l’Anses, on jure avoir comme nouvel horizon une agriculture sans pesticide. Développement de nouvelles variétés, diversification des cultures, morcellement des paysages et « anticipation des pathologies nouvelles que le changement climatique fait remonter vers le nord et que le commerce mondial apporte d’Asie », insiste Christian Huygue. Du blé tendre aux laitues ou aux bananes, nombre de cultures font face à des pathogènes émergents. Des champignons nouveaux frappent également les humains. Dans les services hospitaliers, le dernier diable s’habille en or. Découvert au Japon en 2009 et intrinsèquement résistant à tous les traitements, Candida auris flambe particulièrement dans les hôpitaux indiens, pakistanais, kényans et sud-africains. La France semble jusqu’ici épargnée. Mais cinq autres champignons à « résistance primaire » y ont fait leur nid, totalisant 7 % des infections invasives à Paris, là encore chez les immunodéprimés.


    Plants de banane attaqués par la fusariose au Cameroun

    Plus inquiétant peut-être, de nouvelles infections invasives touchent des patients dits immunocompétents. Aux Etats-Unis, la « fièvre de la vallée » ne cesse de progresser. Pour la seule Californie, les coccidioïdes cachés dans la terre, relâchés à la faveur de travaux d’aménagement ou agricoles, ont contaminé 7 466 personnes en 2017. Au CDC d’Atlanta, on ne dispose d’aucune statistique nationale mais on parle de « centaines » de morts.

    Moins meurtrière mais terriblement handicapante, une nouvelle forme de sporotrichose touche des dizaines de milliers de Brésiliens. Partie de Rio, elle a conquis le sud du pays et gagne le nord, essentiellement transmise par les chats. « L’épidémie est hors de contrôle », assure Jacques Meis. Et que dire de ces ouvriers de Saint-Domingue qui nettoyaient une conduite d’usine remplie de guano de chauves-souris ? « Ils étaient 35, jeunes, aucun n’était immunodéprimé, raconte Tom Chiller, qui a publié le cas en 2017 dans Clinical Infectious Diseases. Trente sont tombés malades, 28 ont été hospitalisés. » Le diagnostic d’histoplasmose n’a pas tardé. Neuf ont été admis en soins intensifs. Trois sont morts.

    Cette hécatombe mondiale n’a rien d’une fatalité, assurent les scientifiques. « La médecine moderne augmente les populations à risque, admet David Denning. Mais en améliorant le diagnostic et l’accès aux traitements, en développant la recherche, en réservant à la santé humaine les nouvelles molécules qui finiront par apparaître, on doit pouvoir réduire considérablement la mortalité des infections. »

    Doux rêve, répond Antoine Adenis. « La mycologie reste le parent pauvre de la microbiologie », regrette-t-il. Ainsi, pour la première fois cette année, Laurence Millon n’aura pas d’interne dans son service de Besançon. Et David Denning, qui gère son Gaffi avec des bouts de ficelle, de soupirer : « Quand un malade leucémique meurt d’une infection fongique, tout le monde parle du cancer à l’enterrement, personne des champignons. Et à qui pensez-vous que l’on fait les dons ? »


  • « Ceux qui disent qu’Idleb est effectivement une zone de désescalade ne savent pas de quoi ils parlent ! » - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2018/09/ceux-qui-disent-qu-idleb-est-effectivement-une-zone-de-desescalade

    "Ceux qui disent qu’Idleb est effectivement une zone de désescalade ne savent pas de quoi ils parlent !"
    Publié le 11 septembre 2018 par S. Sellami

    Pour mémoire, intervention du délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies le 7 septembre 2018 devant le Conseil de sécurité, présidé jusqu’à la fin du mois par la déléguée permanente des États-Unis ; les discussions ayant porté quasi exclusivement sur la situation « humanitaire » à Idleb...

    Merci Madame la Présidente,

    Permettez que je commence par un petit clin d’œil éducatif pour expliquer à mes collègues ce que signifient les accords d’Astana.

    L’Accord d’Astana 4, aux délibérations duquel j’ai participé, avait pour objectif la création de « zones de désescalade » en Syrie, était limité à six mois, renouvelable si les « groupes armés » concernés par l’accord respectaient le cessez-le-feu et se séparaient des « groupes terroristes armés » exclus de ce même accord. Ce qui ne fut pas le cas à Idleb, puisque les groupes armés ont refusé de se séparer des groupes terroristes armés ou, plus exactement, puisque leurs sponsors ont refusé que cette séparation ait lieu.

    De plus, les terroristes d’Idleb ont lancé 400 drones sur la base russe de Hmeimim, à Lattaquié, et ont bombardé quasi quotidiennement la ville d’Alep depuis environ un an et demi, en dépit de ces accords. C’est pourquoi, celui qui dit qu’Idleb est une zone de désescalade est dans l’erreur et ne sait pas de quoi il parle. Cette zone est tombée parce que les groupes armés n’ont pas respecté les conditions de l’Accord d’Astana 4.

    Cette simple introduction devrait donc expliquer aux membres de ce Conseil pourquoi les choses en sont arrivées là où elles sont à Idleb. Mais, naturellement, le problème remonte à plus loin et a commencé avec la « Conférence de Vienne » de novembre 2015, conférence à laquelle la Syrie n’était pas invitée et n’a donc pas participé.

    Pour rappel [*], les participants à cette conférence ont décidé de charger la Jordanie d’établir la liste des terroristes et des non terroristes, puis ont demandé à l’Arabie saoudite de préciser qui était dans l’opposition et qui ne l’était pas. Ce qui n’a toujours pas été fait, parce que les États protecteurs du terrorisme refusent de distinguer le terroriste de l’opposant armé.

    Le processus d’Astana a tenté de résoudre ce problème par la création des zones de désescalade. Mais l’expérience a échoué à Idleb, les groupes armés et les groupes terroristes armés n’ayant respecté ni les conditions de la Conférence de Vienne, ni les accords d’Astana.

    Ma collègue déléguée de la Grande-Bretagne et M. de Mistura ont estimé qu’une faible minorité de combattants armés étaient présents à Idleb. C’est vrai. Mais cette faible minorité correspond à 50 000 terroristes ! Que diriez-vous, chère collègue déléguée de la Grande-Bretagne, si l’un de ces quatre matins 50 000 terroristes se répandaient dans Manchester pour y semer leurs méfaits, tandis que nous en parlerions comme d’une « opposition britannique armée modérée » et que l’OCHA [le Bureau de la coordination des affaires humanitaires] se mettait à leur envoyer des aides pour les garder en vie ?

    Telle est l’exacte absurdité de la situation à Idleb.

    ...suite...


  • World’s Worst Airports, Ranked | Far & Wide

    https://www.farandwide.com/s/worst-airports-world-dd26c86ca7094c69

    Pas très intéressant mais j’archive pour le projet #dfs #aéroports

    People really like to complain about Manchester Airport — and that negative passenger sentiment is one of the main reasons the airport is No. 6 on this list.

    Most recently, people have been grumbling about the fact that Manchester now charges a fee for passenger drop-offs, so even those who aren’t actually stepping foot inside the airport have something bad to say about it. As one reviewer put it, “New drop-off parking charges are slimy, money grabbing and shameful.”

    Other travelers say the airport doesn’t have enough staff to keep up with the number of passengers traveling through it, which creates long lines and lots of frustration.


  • Explaining involuntary influence: Beyond contagion | Crowds and Identities: John Drury’s Research Group
    https://blogs.sussex.ac.uk/crowdsidentities/2016/05/23/beyondcontagion

    A recent article on the Brexit debate suggested that there is a fear among Governments that Brexit would lead to ‘referendum contagion’. The term ‘contagion’ here denotes not only the idea of behaviour spreading rapidly, but also that this spread is uncontainable and undesirable in some way. It is a term that seems to be ubiquitous today. But it appears perhaps most regularly in three particular contexts: explanations for the spread of emotion; accounts of stock market ‘panics’; and explanations for the spread of violence.

    On the one hand, the concept of ‘contagion’ seems to do a good job in describing the fact that behaviours spread from person to person. It seems to be the only way to conceptualize the phenomena when we seek to explain how, as in 2011, riots began in London but then seemingly similar rioting then subsequently occurred in Birmingham, Manchester, and Liverpool, apparently as a direct consequence of these first riots. The core idea of ‘contagion’ is that, particularly in crowds, mere exposure to the behaviour of others leads observers to behave in the same way. As well as being a popular cliché among journalists, ‘contagion’ is found to be a vital tool in academic accounts. In a recent Google Scholar search, we found 500 hits for 2015 alone, and very few of them referring to spreading disease. In research, ‘contagion’ is now used to explain everything from ‘basic’ responses such as smiling and yawning (where the mere act of witnessing someone yawn or smile can invoke the same response in another) to these complex phenomena we have mentioned, like the behaviour of financial markets and rioting. What is more, laboratory experiments on the ‘contagion’ of simple responses (such as yawning) serve to underpin the plausibility of ‘contagion’ accounts as applied to complex phenomena (such as rioting).


  • Manchester bomber was rescued by the Royal Navy from Libyan warzone
    http://www.dailymail.co.uk/news/article-6008369/Manchester-bomber-rescued-Royal-Navy-Libyan-warzone-evacuated-Britain.h

    Décidément, hier comme aujourd’hui, les dirigeants britanniques ont plus de considération pour les islamistes d’Al-Qaïda ou apparentés que pour leurs citoyens lambda,

    Abedi was known to the security services and was being monitored at the time of his [2014] trip to Libya. However, just one month prior to his rescue, MI5 closed his case as a result of mistaken identity.

    [...]

    Mr Abedi had long been a prominent member of the Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), a militant organisation founded to pursue the violent overthrow of Gaddafi’s dictatorship and establish an Islamist state.

    Many of its followers had waged jihad in Afghanistan against the Soviets, and in the late 1980s and early 1990s their aims overlapped significantly with British foreign policy. Britain had cut off diplomatic ties with Gaddafi’s regime after Pan Am Flight 103 was blown up over Lockerbie and policewoman Yvonne Fletcher was murdered in London.

    It was even claimed – although denied – that MI6 encouraged a coup attempt in 1996 by the Islamist group.

    Via Mark Curtis


  • Les routes de l’orge.
    L’orge s’est propagée vers l’est : un article révèle des voies de propagation à travers divers paysages eurasiens. Et c’est encore un résultat d’une analyse génétique.

    L’une des cultures les plus importantes au monde, l’orge, a été domestiquée au Proche-Orient il y a environ 11 000 ans. L’orge est une culture très résiliente, capable de pousser dans des environnements variés et marginaux, comme dans les régions de haute altitude et de latitude. Des preuves archéobotaniques montrent que l’orge s’est répandue dans toute l’Eurasie vers 2000 BC. Pour mieux comprendre les voies de propagation de l’orge en Eurasie, [les chercheurs ont] utilisé l’analyse de séquences répétées (SSR) pour déterminer la diversité génétique et la structure de la population de trois taxons d’orge existants : l’orge domestique (Hordeum vulgare L. subsp vulgare), l’orge sauvage (H. vulgare sous-espèce spontaneum) et une forme de rachis cassant à six rangs (H. vulgare sous-espèce vulgare et agriocrithon (Aberg) Bowd.).

    L’orge cultivée se propageait à travers l’Eurasie via plusieurs voies différentes, qui étaient très probablement séparées à la fois dans le temps et dans l’espace. Les datations directes au radiocarbone publiées récemment et fournies par Liu et al. [ Journey to the east : Diverse routes and variable flowering times for wheat and barley en route to prehistoric Chinahttps://doi.org/10.1371/journal.pone.0187405_ ], ainsi que les dates publiées précédemment (par exemple [ _https://doi.org/10.1098/rspb.2013.3382 , https://doi.org/10.1016/j.cell.2015.07.002, http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0196652#_ ]), ont fourni un cadre précieux pour considérer ces modèles phylogéographiques, comme l’a fait un article original de Zhao [http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0196652#]_ , qui a proposé une variété des routes ont été prises par les agriculteurs s’étendant vers l’est en Chine.

    [Les auteurs proposent] la chronologie suivante pour la propagation de la culture de l’orge en Eurasie :

    1/ L’IAMC [Inner Asian Mountain Corridor]
    Plusieurs pools génétiques d’orge avec différents caractères morphologiques et génotypes de temps de floraison se sont répandus à travers l’IAMC au 2ème millénaire cal. BC. De l’IAMC, l’orge s’est dispersée plus au nord et à l’est au 1er millénaire. BC.

    2/ Une route vers le sud du plateau tibétain
    Un pool distinctif d’orge des basses terres s’étendait vers l’est au sud du plateau iranien au 5ème et 4ème millénaire BC. et à travers l’Asie du Sud, enserrant la limite du plateau, avec des dattes dans le nord de l’Inde au 3ème millénaire avant notre ère.

    3/ Une route maritime entre l’Asie du Sud et la Chine, la Corée et le Japon
    Bien que non encore confirmé, un lien maritime entre la civilisation de l’Indus et la Chine côtière aurait pu amener l’orge en Chine du 3 au 2 millénaire. BC., avec une possible voie maritime ultérieure durant la période Han, à la fin du 1er millénaire BC. / début du 1er millénaire AD. Ce pool de gènes a un SGH d’hiver, qui peut avoir été sélectionné pour croître en rotation avec une culture de riz d’été.

    4/ Une propagation en haute altitude sur le bord sud du plateau tibétain
    Un pool de gènes distinctif, principalement avec un SGH hivernal et un caryopse nu, s’est propagé autour de la bordure sud du plateau tibétain, probablement dans le plateau depuis son extrémité ouest ou sud au début du 2e millénaire BC. Ce pool de gènes est également présent dans le plateau nord-est par c. 2 000 cal. BC.

    5/ Une route le long du bord nord du plateau tibétain
    Au cours du 1er millénaire BC., deux pools génétiques d’orge ont été dispersés au Xinjiang au nord du plateau tibétain, au moins 1 000 ans après leur extension au sud du plateau tibétain. Ces pools génétiques auraient pu traverser le corridor Tianshan d’est en ouest ou d’ouest en est.

    6/ Une propagation aux latitudes élevée dans la steppe nord
    Trois groupes de gènes principalement nordiques, avec différents génotypes de temps de floraison, se sont dispersés vers le nord depuis le sud de l’Asie centrale depuis la fin du 2e et le début du 1er millénaire. BC. Un éventuel mouvement de trans-steppe d’orge s’est produit vers la fin de cette période, ou pendant les périodes historiques plus tardives.

    7/ Une propagation en deux étapes au Japon
    Un gisement de gènes du nord s’est propagé à Hokkaido depuis l’Extrême-Orient russe, vers le milieu et vers la fin du 1er millénaire AD. Un pool de gènes différent s’est répandu au Japon depuis le sud, au cours de la fin du 1er millénaire BC. Ces dates renvoient à des preuves substantielles de la culture de l’orge au Japon.

    Barley heads east : Genetic analyses reveal routes of spread through diverse Eurasian landscapes
    http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0196652
    http://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0196652.strk&size=inline

    #Préhistoire #agriculture #Néolithique #4000BC #Asie #routes #carte
    #Diane_L._Lister #Huw_Jones #Hugo_R_Oliveira #The_John_Bingham_Laboratory_NIAB_ Cambridge #McDonald_Institute_for_Archaeological_Research #Manchester Institute_of_Biotechnology_University of Manchester #University_of_Cambridge



    • Source : Annie Machon, Consortium News, 11-06-2018

      La nouvelle initiative antiterroriste de la Grande-Bretagne s’appuie sur des méthodes semblables à celles de la Stasi pour offrir un cadeau potentiellement orwellien pour les citoyens britanniques, comme l’explique Annie Machon, ancienne officier du MI-5.

      Le ministre britannique de l’Intérieur, Sajid Javid, a dévoilé la semaine dernière une nouvelle initiative de lutte contre le terrorisme qui, selon lui, cible une menace toujours plus grande, mais qui soulève une foule de nouvelles questions sur les droits de la population.

      Le gouvernement agit car il pense nécessaire de faire quelque chose. Mais, depuis le début de la « guerre contre le terrorisme », le MI5 – officiellement connu sous le nom de Service de Sécurité Intérieure britannique et organisation qui dirige la lutte contre le terrorisme au Royaume-Uni – a déjà vu sa taille doubler et s’est vu promettre encore plus de personnel pour les deux prochaines années.

      Pourtant, malgré cet accroissement des ressources du MI5, et plus généralement des financements et des pouvoirs de surveillance de la communauté du renseignement britannique, pratiquement tous les attentats terroristes perpétrés au Royaume-Uni au cours des dernières années ont été commis par des individus déjà connus par les autorités. En effet, le kamikaze de Manchester, Salman Abedi, avait fait l’objet d’une enquête approfondie, mais le MI5 a ignoré des renseignements essentiels et a clos l’enquête peu de temps avant l’attaque.

      Cette incapacité à cibler les menaces connues n’est pas seulement un problème du Royaume-Uni. Au cours des dernières années, des attaques dans toute l’Europe ont été perpétrées à plusieurs reprises par des personnes qui se trouvaient déjà sur le radar de la sécurité locale.
      . . . . .
      Les principaux points du nouveau plan du ministère de l’Intérieur sont les suivants : faire en sorte que le MI5 partage des renseignements sur 20 000 « sujets préoccupants » avec l’aide d’un large éventail d’organisations, notamment les conseils municipaux, les entreprises, la police locale, les travailleurs sociaux et les enseignants ; faire appel aux sociétés Internet pour détecter et éliminer les contenus extrémistes ou suspects ; faire en sorte que les commerces en ligne comme Amazon et eBay signalent les achats suspects ; accroître la surveillance des infrastructures et des grands événements ; adopter des lois antiterroristes encore plus strictes.

      Cela semble sensé jusqu’à ce qu’on réalise à quel point des initiatives similaires ont échoué et combien ce nouveau plan augmente les risques d’abus massif des pouvoirs de surveillance.

      Les renseignements ne sont pas des preuves

      La partie la plus inquiétante du plan du MI5 est le partage de renseignements sur 20 000 « sujets de préoccupation ». Tout d’abord, il s’agit de renseignements – par nature recueillis à partir d’une gamme de sources secrètes que le MI5 souhaite normalement protéger. Lorsqu’ils communiquent avec la police antiterroriste, les services de renseignement protègent normalement l’anonymat de la source, mais cela exige une énorme quantité de travail pour 20 000 cas, avant que l’information puisse être partagée. Deuxièmement, les renseignements ne sont pas des preuves. En effet, le MI5 diffusera très largement des soupçons partiellement validés, peut-être même des rumeurs, au sujet d’individus qui ne peuvent pas être accusés d’un crime uniquement sur la base des renseignements, mais qui feront néanmoins l’objet de graves soupçons au sein de leurs communautés.

      De plus, si ces renseignements sont diffusés aussi largement qu’on le suggère actuellement, ils seront transmis à des milliers d’organismes publics – par exemple, les écoles, les municipalités, les organismes de protection sociale et la police locale. De multiples problèmes pourraient en découler. Il ne fait aucun doute qu’il y aura des fuites et des commérages au sein des collectivités sur Untel ou Unetelle qui est surveillé par le MI5, et ainsi de suite.

      Il y aura aussi l’inévitable détournement de mission et l’abus de pouvoir que nous avons vu, il y a près de 20 ans, lorsque toute une série de ces mêmes organismes publics ont eu accès à la nouvelle loi sur l’écoute et la surveillance, la Loi sur la réglementation des pouvoirs d’enquête (2000). À l’époque, les conseils locaux abusaient de la législation antiterroriste pour attraper les gens susceptibles d’acquérir des résidences secondaires dans les parties les plus courues de la carte scolaire (districts) afin de scolariser leurs enfants dans les meilleurs établissements, ou même, et ce n’est pas une blague, de voler des coquillages sur leur plage locale. Bien sûr, ces pouvoirs de surveillance électronique intrusive ont été considérablement accrus depuis lors, avec la Loi de 2017 sur les pouvoirs d’enquête, qui permet le stockage en masse, le piratage de jeux de données massifs entiers et le piratage proprement dit.

      Tout cela fait suite au fameux programme PREVENT de lutte contre le terrorisme du ministère de l’Intérieur – le prédécesseur raté de ces nouvelles propositions.
      . . . . . .
      Les alliés du secteur privé

      Autant dire que si le gouvernement britannique ne peut même pas faire payer leur juste part d’impôts aux titans d’Internet comme Google et Facebook, ni demander à Mark Zuckerberg de Facebook de rendre compte devant le Parlement du scandale de Cambridge Analytica, alors il y a peu de chances qu’il les force à faire un effort significatif pour éradiquer les contenus extrémistes.

      Mais même s’ils sont d’accord, l’idée est plombée par la question gênante de savoir qui décide si quelque contenu est extrémiste, ou s’il exprime une opinion dissidente contre l’establishment ? Facebook, Google et YouTube s’engagent déjà dans ce qu’on est en droit appeler la censure en déréférençant, dans les résultats de recherche, les sites Web dissidents légitimes qu’ils considèrent, sans antécédents en matière d’évaluation des nouvelles, comme sites de « fausses nouvelles ». De tels sites de nouvelles reconnus tels que Wikileaks, Consortium News et le World Socialist Web Site, ainsi que de nombreux autres figurant sur la liste notoire et peu fiable de PropOrNot, ont fortement touchées depuis que ces restrictions sont entrées en vigueur le 23 avril 2017.

      Amazon, eBay et d’autres entreprises de vente au détail sont invitées à signaler les ventes suspectes de matériaux précurseurs de bombes et d’autres armes potentielles. Les sociétés de location de voitures seront invitées à signaler les personnes suspectes qui louent des voitures et des camions. Des algorithmes pour détecter les achats d’armes peuvent être réalisables, mais refuser de louer à de simples individus « suspects » qui n’ont commis aucun crime s’aventure sur le terrain de la Stasi (Police politique de l’ex Allemagne de L’est : NdT).
      . . . . .


  • In Britain, Austerity Is Changing Everything - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/05/28/world/europe/uk-austerity-poverty.html


    #austérité #pauvreté

    Britain’s Big Squeeze
    In Britain, Austerity Is Changing Everything

    After eight years of budget cutting, Britain is looking less like the rest of Europe and more like the United States, with a shrinking welfare state and spreading poverty.

    Raised in the Liverpool neighborhood of Croxteth, Emma Wilde has lost the welfare benefits she depended on to support herself and her two children.CreditAndrea Bruce for The New York Times

    By Peter S. Goodman

    May 28, 2018

    PRESCOT, England — A walk through this modest town in the northwest of England amounts to a tour of the casualties of Britain’s age of austerity.

    The old library building has been sold and refashioned into a glass-fronted luxury home. The leisure center has been razed, eliminating the public swimming pool. The local museum has receded into town history. The police station has been shuttered.

    Now, as the local government desperately seeks to turn assets into cash, Browns Field, a lush park in the center of town, may be doomed, too. At a meeting in November, the council included it on a list of 17 parks to sell to developers.

    “Everybody uses this park,” says Jackie Lewis, who raised two children in a red brick house a block away. “This is probably our last piece of community space. It’s been one after the other. You just end up despondent.”

    In the eight years since London began sharply curtailing support for local governments, the borough of Knowsley, a bedroom community of Liverpool, has seen its budget cut roughly in half. Liverpool itself has suffered a nearly two-thirds cut in funding from the national government — its largest source of discretionary revenue. Communities in much of Britain have seen similar losses.

    For a nation with a storied history of public largess, the protracted campaign of budget cutting, started in 2010 by a government led by the Conservative Party, has delivered a monumental shift in British life. A wave of austerity has yielded a country that has grown accustomed to living with less, even as many measures of social well-being — crime rates, opioid addiction, infant mortality, childhood poverty and homelessness — point to a deteriorating quality of life.

    When Ms. Lewis and her husband bought their home a quarter-century ago, Prescot had a comforting village feel. Now, core government relief programs are being cut and public facilities eliminated, adding pressure to public services like police and fire departments, just as they, too, grapple with diminished funding.

    By 2020, reductions already set in motion will produce cuts to British social welfare programs exceeding $36 billion a year compared with a decade earlier, or more than $900 annually for every working-age person in the country, according to a report from the Center for Regional Economic and Social Research at Sheffield Hallam University. In Liverpool, the losses will reach $1,200 a year per working-age person, the study says.

    “The government has created destitution,” says Barry Kushner, a Labour Party councilman in Liverpool and the cabinet member for children’s services. “Austerity has had nothing to do with economics. It was about getting out from under welfare. It’s about politics abandoning vulnerable people.”

    Conservative Party leaders say that austerity has been driven by nothing more grandiose than arithmetic.

    “It’s the ideology of two plus two equals four,” says Daniel Finkelstein, a Conservative member of the upper chamber of Parliament, the House of Lords, and a columnist for The Times of London. “It wasn’t driven by a desire to reduce spending on public services. It was driven by the fact that we had a vast deficit problem, and the debt was going to keep growing.”

    Whatever the operative thinking, austerity’s manifestations are palpable and omnipresent. It has refashioned British society, making it less like the rest of Western Europe, with its generous social safety nets and egalitarian ethos, and more like the United States, where millions lack health care and job loss can set off a precipitous plunge in fortunes.

    Much as the United States took the Great Depression of the 1930s as impetus to construct a national pension system while eventually delivering health care for the elderly and the poor, Britain reacted to the trauma of World War II by forging its own welfare state. The United States has steadily reduced benefits since the Reagan Revolution of the 1980s. Britain rolled back its programs in the same era, under the leadership of Margaret Thatcher. Still, its safety net remained robust by world standards.

    Then came the global financial panic of 2008 — the most crippling economic downturn since the Great Depression. Britain’s turn from its welfare state in the face of yawning budget deficits is a conspicuous indicator that the world has been refashioned by the crisis.

    As the global economy now negotiates a wrenching transition — with itinerant jobs replacing full-time positions and robots substituting for human labor — Britain’s experience provokes doubts about the durability of the traditional welfare model. As Western-style capitalism confronts profound questions about economic justice, vulnerable people appear to be growing more so.

    Conservative Party leaders initially sold budget cuts as a virtue, ushering in what they called the Big Society. Diminish the role of a bloated government bureaucracy, they contended, and grass-roots organizations, charities and private companies would step to the fore, reviving communities and delivering public services more efficiently.

    To a degree, a spirit of voluntarism materialized. At public libraries, volunteers now outnumber paid staff. In struggling communities, residents have formed food banks while distributing hand-me-down school uniforms. But to many in Britain, this is akin to setting your house on fire and then reveling in the community spirit as neighbors come running to help extinguish the blaze.

    Most view the Big Society as another piece of political sloganeering — long since ditched by the Conservatives — that served as justification for an austerity program that has advanced the refashioning unleashed in the 1980s by Mrs. Thatcher.

    “We are making cuts that I think Margaret Thatcher, back in the 1980s, could only have dreamt of,” Greg Barker said in a speech in 2011, when he was a Conservative member of Parliament.

    A backlash ensued, with public recognition that budget cuts came with tax relief for corporations, and that the extensive ranks of the wealthy were little disturbed.

    Britain hasn’t endured austerity to the same degree as Greece, where cutbacks were swift and draconian. Instead, British austerity has been a slow bleed, though the cumulative toll has been substantial.

    Local governments have suffered a roughly one-fifth plunge in revenue since 2010, after adding taxes they collect, according to the Institute for Fiscal Studies in London.

    Nationally, spending on police forces has dropped 17 percent since 2010, while the number of police officers has dropped 14 percent, according to an analysis by the Institute for Government. Spending on road maintenance has shrunk more than one-fourth, while support for libraries has fallen nearly a third.

    The national court system has eliminated nearly a third of its staff. Spending on prisons has plunged more than a fifth, with violent assaults on prison guards more than doubling. The number of elderly people receiving government-furnished care that enables them to remain in their homes has fallen by roughly a quarter.

    In an alternate reality, this nasty stretch of history might now be ending. Austerity measures were imposed in the name of eliminating budget deficits, and last year Britain finally produced a modest budget surplus.

    But the reality at hand is dominated by worries that Britain’s pending departure from the European Union — Brexit, as it is known — will depress growth for years to come. Though every major economy on earth has been expanding lately, Britain’s barely grew during the first three months of 2018. The unemployment rate sits just above 4 percent — its lowest level since 1975 — yet most wages remain lower than a decade ago, after accounting for rising prices.

    In the blue-collar reaches of northern England, in places like Liverpool, modern history tends to be told in the cadence of lamentation, as the story of one indignity after another. In these communities, Mrs. Thatcher’s name is an epithet, and austerity is the latest villain: London bankers concocted a financial crisis, multiplying their wealth through reckless gambling; then London politicians used budget deficits as an excuse to cut spending on the poor while handing tax cuts to corporations. Robin Hood, reversed.

    “It’s clearly an attack on our class,” says Dave Kelly, a retired bricklayer in the town of Kirkby, on the outskirts of Liverpool, where many factories sit empty, broken monuments to another age. “It’s an attack on who we are. The whole fabric of society is breaking down.”

    As much as any city, Liverpool has seen sweeping changes in its economic fortunes.

    In the 17th century, the city enriched itself on human misery. Local shipping companies sent vessels to West Africa, transporting slaves to the American colonies and returning bearing the fruits of bondage — cotton and tobacco, principally.

    The cotton fed the mills of Manchester nearby, yielding textiles destined for multiple continents. By the late 19th century, Liverpool’s port had become the gateway to the British Empire, its status underscored by the shipping company headquarters lining the River Mersey.

    By the next century — through the Great Depression and the German bombardment of World War II — Liverpool had descended into seemingly terminal decline. Its hard luck, blue-collar station was central to the identity of its most famous export, the Beatles, whose star power seemed enhanced by the fact such talent could emerge from such a place.

    Today, more than a quarter of Liverpool’s roughly 460,000 residents are officially poor, making austerity traumatic: Public institutions charged with aiding vulnerable people are themselves straining from cutbacks.

    Over the past eight years, the Merseyside Fire and Rescue Service, which serves greater Liverpool, has closed five fire stations while cutting the force to 620 firefighters from about 1,000.

    “I’ve had to preside over the systematic dismantling of the system,” says the fire chief, Dan Stephens.

    His department recently analyzed the 83 deaths that occurred in accidental house fires from 2007 to 2017. The majority of the victims — 51 people — lived alone and were alone at the time of the deadly fire. Nineteen of those 51 were in need of some form of home care.

    The loss of home care — a casualty of austerity — has meant that more older people are being left alone unattended.

    Virtually every public agency now struggles to do more with less while attending to additional problems once handled by some other outfit whose budget is also in tatters.

    Chief Stephens said people losing cash benefits are falling behind on their electric bills and losing service, resorting to candles for light — a major fire risk.

    The city has cut mental health services, so fewer staff members are visiting people prone to hoarding newspapers, for instance, leaving veritable bonfires piling up behind doors, unseen.

    “There are knock-on effects all the way through the system,” says Chief Stephens, who recently announced plans to resign and move to Australia.

    The National Health Service has supposedly been spared from budget cuts. But spending has been frozen in many areas, resulting in cuts per patient. At public hospitals, people have grown resigned to waiting for hours for emergency care, and weeks for referrals to specialists.

    “I think the government wants to run it down so the whole thing crumbles and they don’t have to worry about it anymore,” says Kenneth Buckle, a retired postal worker who has been waiting three months for a referral for a double knee replacement. “Everything takes forever now.”

    At Fulwood Green Medical Center in Liverpool, Dr. Simon Bowers, a general practitioner, points to austerity as an aggravating factor in the flow of stress-related maladies he encounters — high blood pressure, heart problems, sleeplessness, anxiety.

    He argues that the cuts, and the deterioration of the National Health Service, represent a renouncement of Britain’s historical debts. He rattles off the lowlights — the slave trave, colonial barbarity.

    “We as a country said, ‘We have been cruel. Let’s be nice now and look after everyone,’” Dr. Bowers says. “The N.H.S. has everyone’s back. It doesn’t matter how rich or poor you are. It’s written into the psyche of this country.”

    “Austerity isn’t a necessity,” he continued. “It’s a political choice, to move Britain in a different way. I can’t see a rationale beyond further enriching the rich while making the lives of the poor more miserable.”

    Wealthy Britons remain among the world’s most comfortable people, enjoying lavish homes, private medical care, top-notch schools and restaurants run by chefs from Paris and Tokyo. The poor, the elderly, the disabled and the jobless are increasingly prone to Kafka-esque tangles with the bureaucracy to keep public support.

    For Emma Wilde, a 31-year-old single mother, the misadventure began with an inscrutable piece of correspondence.

    Raised in the Liverpool neighborhood of Croxteth, Ms. Wilde has depended on welfare benefits to support herself and her two children. Her father, a retired window washer, is disabled. She has been taking care of him full time, relying on a so-called caregiver’s allowance, which amounts to about $85 a week, and income support reaching about $145 a month.

    The letter put this money in jeopardy.

    Sent by a private firm contracted to manage part of the government’s welfare programs, it informed Ms. Wilde that she was being investigated for fraud, accused of living with a partner — a development she is obliged to have reported.

    Ms. Wilde lives only with her children, she insists. But while the investigation proceeds, her benefits are suspended.

    Eight weeks after the money ceased, Ms. Wilde’s electricity was shut off for nonpayment. During the late winter, she and her children went to bed before 7 p.m. to save on heat. She has swallowed her pride and visited a food bank at a local church, bringing home bread and hamburger patties.

    “I felt a bit ashamed, like I had done something wrong, ” Ms. Wilde says. “But then you’ve got to feed the kids.”

    She has been corresponding with the Department for Work and Pensions, mailing bank statements to try to prove her limited income and to restore her funds.

    The experience has given her a perverse sense of community. At the local center where she brings her children for free meals, she has met people who lost their unemployment benefits after their bus was late and they missed an appointment with a caseworker. She and her friends exchange tips on where to secure hand-me-down clothes.

    “Everyone is in the same situation now,” Ms. Wilde says. “You just don’t have enough to live on.”

    From its inception, austerity carried a whiff of moral righteousness, as if those who delivered it were sober-minded grown-ups. Belt tightening was sold as a shared undertaking, an unpleasant yet unavoidable reckoning with dangerous budget deficits.

    “The truth is that the country was living beyond its means,” the then-chancellor of the Exchequer, George Osborne, declared in outlining his budget to Parliament in 2010. “Today, we have paid the debts of a failed past, and laid the foundations for a more prosperous future.”

    “Prosperity for all,” he added.

    Eight years later, housing subsidies have been restricted, along with tax credits for poor families. The government has frozen unemployment and disability benefits even as costs of food and other necessities have climbed. Over the last five years, the government has begun transitioning to so-called Universal Credit, giving those who receive benefits lump sum payments in place of funds from individual programs. Many have lost support for weeks or months while their cases have shifted to the new system.

    All of which is unfortunate yet inescapable, assert Conservative lawmakers. The government was borrowing roughly one-fourth of what it was spending. To put off cuts was to risk turning Britain into the next Greece.

    “The hard left has never been very clear about what their alternative to the program was,” says Neil O’Brien, a Conservative lawmaker who was previously a Treasury adviser to Mr. Osborne. “Presumably, it would be some enormous increase in taxation, but they are a bit shy about what that would mean.”

    He rejects the notion that austerity is a means of class warfare, noting that wealthy people have been hit with higher taxes on investment and expanded fees when buying luxury properties.

    Britain spends roughly the same portion of its national income on public spending today as it did a decade ago, said Paul Johnson, director of the Institute for Fiscal Studies.

    But those dependent on state support express a sense that the system has been rigged to discard them.

    Glendys Perry, 61, was born with cerebral palsy, making it difficult for her to walk. For three decades, she answered the phones at an auto parts company. After she lost that job in 2010, she lived on a disability check.

    Last summer, a letter came, summoning her to “an assessment.” The first question dispatched any notion that this was a sincere exploration.

    “How long have you had cerebral palsy?” (From birth.) “Will it get better?” (No.)

    In fact, her bones were weakening, and she fell often. Her hands were not quick enough to catch her body, resulting in bruises to her face.

    The man handling the assessment seemed uninterested.

    “Can you walk from here to there?” he asked her.

    He dropped a pen on the floor and commanded her to pick it up — a test of her dexterity.

    “How did you come here?” he asked her.

    “By bus,” she replied.

    Can you make a cup of tea? Can you get dressed?

    “I thought, ‘I’m physically disabled,’” she says. “‘Not mentally.’”

    When the letter came informing her that she was no longer entitled to her disability payment — that she had been deemed fit for work — she was not surprised.

    “They want you to be off of benefits,” she says. “I think they were just ticking boxes.”

    The political architecture of Britain insulates those imposing austerity from the wrath of those on the receiving end. London makes the aggregate cuts, while leaving to local politicians the messy work of allocating the pain.

    Spend a morning with the aggrieved residents of Prescot and one hears scant mention of London, or even austerity. People train their fury on the Knowsley Council, and especially on the man who was until recently its leader, Andy Moorhead. They accuse him of hastily concocting plans to sell Browns Field without community consultation.

    Mr. Moorhead, 62, seems an unlikely figure for the role of austerity villain. A career member of the Labour Party, he has the everyday bearing of a genial denizen of the corner pub.

    “I didn’t become a politician to take things off of people,” he says. “But you’ve got the reality to deal with.”

    The reality is that London is phasing out grants to local governments, forcing councils to live on housing and business taxes.

    “Austerity is here to stay,” says Jonathan Davies, director of the Center for Urban Research on Austerity at De Montfort University in Leicester, England. “What we might now see over the next two years is a wave of bankruptcies, like Detroit.”

    Indeed, the council of Northamptonshire, in the center of England, recently became the first local government in nearly two decades to meet that fate.

    Knowsley expects to spend $192 million in the next budget year, Mr. Moorhead says, with 60 percent of that absorbed by care for the elderly and services for children with health and developmental needs. An additional 18 percent will be spent on services the council must provide by law, such as garbage collection and highway maintenance.

    To Mr. Moorhead, the equation ends with the imperative to sell valuable land, yielding an endowment to protect remaining parks and services.

    “We’ve got to pursue development,” Mr. Moorhead says. “Locally, I’m the bad guy.”

    The real malefactors are the same as ever, he says.

    He points at a picture of Mrs. Thatcher on the wall behind him. He vents about London bankers, who left his people to clean up their mess.

    “No one should be doing this,” he says. “Not in the fifth-wealthiest country in the whole world. Sacking people, making people redundant, reducing our services for the vulnerable in our society. It’s the worst job in the world.”

    Now, it is someone else’s job. In early May, the local Labour Party ousted Mr. Moorhead as council leader amid mounting anger over the planned sale of parks.


  • Manchester Digital Music Archive
    https://www.mdmarchive.co.uk/map/the-lapsed-clubber-audio-map

    The Lapsed Clubber Audio Map is a place for members of Greater Manchester’s original rave community to preserve and share their spoken word memories of clubbing and its culture during the ‘first decade’ of rave, 1985-1995.

    Our interface allows you to record your voice directly into your desktop computer or laptop and pin 60-second sound clips onto a map of Greater Manchester at the exact spots where the events you are describing originally happened. You can also use some software compatible smart phones to do this.

    If you prefer, you can leave your memory as written text.

    For this project we are only collecting memories associated with rave culture i.e. electronic dance music and clubbing within the ten boroughs of Greater Manchester between 1985-1995. To learn about or share artefacts relating to other eras and music scenes, please visit our main website.

    We would like as many people as possible to contribute memories, so the map will grow into a beautiful repository documenting the social history of rave in Greater Manchester.


  • Un juge refuse que les parents du petit Alfie le fassent soigner à Rome

    https://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/un-juge-refuse-que-les-parents-du-petit-alfie-le-fassent-soigner-a-rome_200

    Le juge Anthony Hayden de la Haute cour de Manchester, dans le nord-ouest de l’Angleterre, a déclaré que le dossier d’Alfie, qui est atteint d’une maladie neurodégénérative rare, avait atteint son « chapitre final ». 

    Il a rejeté la demande des parents d’Alfie, Tom Evans et Kate James, qui ont le soutien du pape François et du gouvernement italien pour le faire soigner à l’hôpital romain Bambino Gesù, spécialisé dans le traitement des enfants. Rome a même accordé la nationalité italienne à Alfie.

    Lors d’une audience lundi soir devant la Haute Cour, le juge avait rejeté une nouvelle demande des parents et donné aux médecins le feu vert pour mettre fin aux soins apportés à Alfie. Il avait déclaré qu’Alfie, étant un citoyen britannique, était soumis aux décisions de la justice britannique.

    Mais selon son père, Alfie a continué à respirer après que son assistance respiratoire lui a été retirée. « Ils disent qu’Alfie souffre. Mais il n’est plus relié au ventilateur et il ne souffre pas », a affirmé Tom Evans mardi.

    « Étant donné qu’il est resté en vie pendant neuf heures de manière complètement inattendue, je pense qu’il aura besoin d’assistance dans les prochaines heures. Je pense qu’on devrait lui accorder cela », a-t-il déclaré.

    Le juge Hayden a rejeté les déclarations du père, a refusé le transfert de l’enfant en Italie et a statué que les parents pouvaient seulement le placer dans un autre service hospitalier, dans un hospice ou le ramener à leur domicile.

    A Rome, la directrice de l’hôpital pour enfants Bambino Gesù a annoncé qu’un avion médicalisé fourni par le ministère italien de la Défense était prêt à décoller d’Italie pour aller chercher l’enfant.


    • New figures reveal at least 449 homeless deaths in UK in the last year

      On the streets, in a hospital, a hostel or a B&B: across the UK the deaths of people without a home have gone unnoticed.

      Tonight we’re attempting to shed new light on a hidden tragedy.

      Research by the Bureau of Investigative Journalism suggests at least 449 homeless people have died in the UK in the last year – at least 65 of them on the streets.

      The homeless charity Crisis says the figures are “deeply shocking”. They want such deaths to be better investigated and recorded.

      https://www.channel4.com/news/new-figures-reveal-at-least-449-homeless-deaths-in-uk-in-the-last-year

      #statistiques #chiffres

    • “A national scandal”: 449 people died homeless in the last year

      A grandmother who made potted plant gardens in shop doorways, found dead in a car park. A 51-year-old man who killed himself the day before his temporary accommodation ran out. A man who was tipped into a bin lorry while he slept.

      These tragic stories represent just a few of at least 449 people who the Bureau can today reveal have died while homeless in the UK in the last 12 months - more than one person per day.

      After learning that no official body counted the number of homeless people who have died, we set out to record all such deaths over the course of one year. Working with local journalists, charities and grassroots outreach groups to gather as much information as possible, the Bureau has compiled a first-of-its-kind database which lists the names of the dead and more importantly, tells their stories.

      The findings have sparked outrage amongst homeless charities, with one expert calling the work a “wake-up call to see homelessness as a national emergency”.

      Our investigation has prompted the Office for National Statistics to start producing its own figure on homeless deaths.

      We found out about the deaths of hundreds of people, some as young as 18 and some as old as 94. They included a former soldier, a quantum physicist, a travelling musician, a father of two who volunteered in his community, and a chatty Big Issue seller. The true figure is likely to be much higher.

      Some were found in shop doorways in the height of summer, others in tents hidden in winter woodland. Some were sent, terminally ill, to dingy hostels, while others died in temporary accommodation or hospital beds. Some lay dead for hours, weeks or months before anyone found them. Three men’s bodies were so badly decomposed by the time they were discovered that forensic testing was needed to identify them.

      They died from violence, drug overdoses, illnesses, suicide and murder, among other reasons. One man’s body showed signs of prolonged starvation.

      “A national disgrace”

      Charities and experts responded with shock at the Bureau’s findings. Howard Sinclair, St Mungo’s chief executive, said: “These figures are nothing short of a national scandal. These deaths are premature and entirely preventable.”

      “This important investigation lays bare the true brutality of our housing crisis,” said Polly Neate, CEO of Shelter. “Rising levels of homelessness are a national disgrace, but it is utterly unforgivable that so many homeless people are dying unnoticed and unaccounted for.”
      “This important investigation lays bare the true brutality of our housing crisis"

      Our data shows homeless people are dying decades younger than the general population. The average age of the people whose deaths we recorded was 49 for men and 53 for women.

      “We know that sleeping rough is dangerous, but this investigation reminds us it’s deadly,” said Jon Sparkes, chief executive of Crisis. “Those sleeping on our streets are exposed to everything from sub-zero temperatures, to violence and abuse, and fatal illnesses. They are 17 times more likely to be a victim of violence, twice as likely to die from infections, and nine times more likely to commit suicide.”

      The Bureau’s Dying Homeless project has sparked widespread debate about the lack of data on homeless deaths.

      Responding to our work, the Office for National Statistics (ONS) has now confirmed that it will start compiling and releasing its own official estimate - a huge step forward.

      For months the ONS has been analysing and cross-checking the Bureau’s database to create its own methodology for estimating homeless deaths, and plans to produce first-of-their-kind statistics in December this year.

      A spokesperson said the information provided by the Bureau “helps us develop the most accurate method of identifying all the deaths that should be counted.”
      Naming the dead

      Tracking homeless deaths is a complex task. Homeless people die in many different circumstances in many different places, and the fact they don’t have a home is not recorded on death certificates, even if it is a contributing factor.

      Click here to explore the full project

      There are also different definitions of homelessness. We used the same definition as that used by homeless charity Crisis; it defines someone as homeless if they are sleeping rough, or in emergency or temporary accommodation such as hostels and B&Bs, or sofa-surfing. In Northern Ireland, we were only able to count the deaths of people registered as officially homeless by the Housing Executive, most of whom were in temporary accommodation while they waited to be housed.

      For the past nine months we have attended funerals, interviewed family members, collected coroners’ reports, spoken to doctors, shadowed homeless outreach teams, contacted soup kitchens and hostels and compiled scores of Freedom of Information requests. We have scoured local press reports and collaborated with our Bureau Local network of regional journalists across the country. In Northern Ireland we worked with The Detail’s independent journalism team to find deaths there.

      Of the 449 deaths in our database, we are able to publicly identify 138 people (we withheld the identity of dozens more at the request of those that knew them).

      Of the cases in which we were able to find out where people died, more than half of the deaths happened on the streets.

      These included mother-of-five Jayne Simpson, who died in the doorway of a highstreet bank in Stafford during the heatwave of early July. In the wake of her death the local charity that had been working with her, House of Bread, started a campaign called “Everyone knows a Jayne”, to try to raise awareness of how easy it is to fall into homelessness.

      Forty-one-year-old Jean Louis Du Plessis also died on the streets in Bristol. He was found in his sleeping bag during the freezing weather conditions of Storm Eleanor. At his inquest the coroner found he had been in a state of “prolonged starvation”.

      Russell Lane was sleeping in an industrial bin wrapped in an old carpet when it was tipped into a rubbish truck in Rochester in January. He suffered serious leg and hip injuries and died nine days later in hospital. He was 48 years old.

      In other cases people died while in temporary accommodation, waiting for a permanent place to call home. Those included 30-year-old John Smith who was found dead on Christmas Day, in a hostel in Chester.

      Or James Abbott who killed himself in a hotel in Croydon in October, the day before his stay in temporary accommodation was due to run out. A report from Lambeth Clinical Commissioning Group said: “He [Mr Abbott] said his primary need was accommodation and if this was provided he would not have an inclination to end his life.” We logged two other suicides amongst the deaths in the database.

      Many more homeless people were likely to have died unrecorded in hospitals, according to Alex Bax, CEO of Pathways, a homeless charity that works inside several hospitals across England. “Deaths on the street are only one part of the picture,” he said. “Many homeless people also die in hospital and with the right broad response these deaths could be prevented.”
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      Rising levels of homelessness

      The number of people sleeping rough has doubled in England and Wales in the last five years, according to the latest figures, while the number of people classed as officially homeless has risen by 8%.

      In Scotland the number of people applying to be classed as homeless rose last year for the first time in nine years. In Northern Ireland the number of homeless people rose by a third between 2012 and 2017.

      Analysis of government figures also shows the number of people housed in bed and breakfast hotels in England and Wales increased by a third between 2012 and 2018, with the number of children and pregnant women in B&Bs and hostels rising by more than half.

      “Unstable and expensive private renting, crippling welfare cuts and a severe lack of social housing have created this crisis,” said Shelter’s Neate. “To prevent more people from having to experience the trauma of homelessness, the government must ensure housing benefit is enough to cover the cost of rents, and urgently ramp up its efforts to build many more social homes.”

      The sheer scale of people dying due to poverty and homelessness was horrifying, said Crisis chief executive Sparkes.“This is a wake-up call to see homelessness as a national emergency,” he said.

      Breaking down the data

      Across our dataset, 69% of those that died were men and 21% were women (for the remaining 10% we did not have their gender).

      For those we could identify, their ages ranged between 18 and 94.

      At least nine of the deaths we recorded over the year were due to violence, including several deaths which were later confirmed to be murders.

      Over 250 were in England and Wales, in part because systems to count in London are better developed than elsewhere in the UK.

      London was the location of at least 109 deaths. The capital has the highest recorded rough sleeper count in England, according to official statistics, and information on the well-being of those living homeless is held in a centralised system called CHAIN. This allowed us to easily record many of the deaths in the capital although we heard of many others deaths in London that weren’t part of the CHAIN data.

      In Scotland, we found details of 42 people who died in Scotland in the last year, but this is likely a big underestimate. Many of the deaths we registered happened in Edinburgh, while others were logged from Glasgow, the Shetland Islands and the Outer Hebrides.
      “We know that sleeping rough is dangerous, but this investigation reminds us it’s deadly”

      Working with The Detail in Northern Ireland, we found details of 149 people who died in the country. Most died while waiting to be housed by the country’s Housing Executive - some may have been in leased accommodation while they waited, but they were officially classed as homeless.

      “Not only will 449 families or significant others have to cope with their loss, they will have to face the injustice that their loved one was forced to live the last days of their life without the dignity of a decent roof over their head, and a basic safety net that might have prevented their death,” Sparkes from Crisis. No one deserves this.”

      A spokesperson from the Ministry of Housing, Communities and Local Government said:

      “Every death of someone sleeping rough on our streets is one too many and we take this matter extremely seriously.

      “We are investing £1.2bn to tackle all forms of homelessness, and have set out bold plans backed by £100m in funding to halve rough sleeping by 2022 and end it by 2027."


      https://www.thebureauinvestigates.com/stories/2018-10-08/homelessness-a-national-scandal?token=ssTw9Mg2I2QU4AYduMjt3Ny
      #noms #donner_un_nom #sortir_de_l'anonymat

    • Homelessness kills: Study finds third of homeless people die from treatable conditions

      Nearly a third of homeless people die from treatable conditions, meaning hundreds of deaths could potentially have been prevented, a major new study shows.

      The research by University College London (UCL), which was exclusively shared with the Bureau, also shows that homeless people are much more likely to die from certain conditions than even the poorest people who have a place to live.

      The findings come as the final count from our Dying Homeless project shows an average of 11 homeless people a week have died in the UK in the last 18 months. We have been collecting data dating back to October 2017 and telling the stories of those who have died on the streets or in temporary accommodation; our tally now stands at 796 people. Of those people we know the age of, more than a quarter were under 40 when then they died.

      While many might assume hypothermia or drug and alcohol overdoses kill the majority of homeless people, this latest research by UCL shows that in fact most homeless people die from illnesses. Nearly a third of the deaths explored by UCL were from treatable illnesses like tuberculosis, pneumonia or gastric ulcers which could potentially have improved with the right medical care.

      In February 2018, 48-year old Marcus Adams died in hospital after suffering from tuberculosis. The same year, 21 year old Faiza died in London, reportedly of multi-drug resistant pulmonary tuberculosis. Just before Christmas in 2017, 48-year-old former soldier Darren Greenfield died from an infection and a stroke in hospital. He had slept rough for years after leaving the army.

      “To know that so many vulnerable people have died of conditions that were entirely treatable is heartbreaking,” said Matthew Downie, Director of Policy and External Affairs at Crisis. The government should make sure all homeless deaths were investigated to see if lessons could be learned, he said.

      “But ultimately, 800 people dying homeless is unacceptable - we have the solutions to ensure no one has to spend their last days without a safe, stable roof over their head.
      “To know that so many vulnerable people have died of conditions that were entirely treatable is heartbreaking”

      “By tackling the root causes of homelessness, like building the number of social homes we need and making sure our welfare system is there to support people when they fall on hard times, governments in England, Scotland and Wales can build on the positive steps they’ve already taken to reduce and ultimately end homelessness.”
      Twice as likely to die of strokes

      Academics at UCL explored nearly 4,000 in-depth medical records for 600 people that died in English hospitals between 2013 and 2016 who were homeless when they were admitted. They compared them to the deaths of a similar group of people (in terms of age and sex) who had somewhere to live but were in the lowest socio-economic bracket.

      The research gives unprecedented insight into the range of medical causes of homeless deaths, and provides yet another reminder of how deadly homelessness is.

      The homeless group was disproportionately affected by cardiovascular disease, which includes strokes and heart disease. The researchers found homeless people were twice as likely to die of strokes as the poorest people who had proper accommodation.

      A fifth of the 600 deaths explored by UCL were caused by cancer. Another fifth died from digestive diseases such as intestinal obstruction or pancreatitis.

      Our database shows homeless people dying young from cancers, such as Istvan Kakas who died aged 52 in a hospice after battling leukaemia.

      Istvan, who sold The Big Issue, had received a heroism award from the local mayor after he helped save a man and his daughter from drowning. Originally from Hungary, he had previously worked as a chef under both Gordon Ramsay and Michael Caines.

      Rob Aldridge, lead academic on the UCL team, told the Bureau: “Our research highlights a failure of the health system to care for this vulnerable group in a timely and appropriate manner.”

      “We need to identify homeless individuals at risk earlier and develop models of care that enable them to engage with interventions proven to either prevent or improve outcomes for early onset chronic disease.”

      Of the deaths we have logged in the UK 78% were men, while 22% were female (of those where the gender was known). The average age of death for men was 49 years old and 53 years old for women.

      “It is easy for them to get lost in the system and forgotten about”
      The spread of tuberculosis

      In Luton, Paul Prosser from the NOAH welfare centre has seen a worrying prevalence of tuberculosis, particularly amongst the rough sleeping migrant community. A service visits the centre three times a year, screening for TB. “Last time they came they found eight people with signs of the illness, that’s really concerning,” said Prosser.

      “There are a lot of empty commercial properties in Luton and you find large groups of desperate homeless people, often migrants, squatting in them. It is easy for them to get lost in the system and forgotten about and then, living in such close quarters, that is when the infection can spread.”

      “When people dip in and out of treatment that is when they build a resistance to the drugs,” Prosser added. “Some of these people are leading chaotic lives and if they are not engaging that well with the treatment due to having nowhere to live then potentially that is when they become infectious.”

      One man NOAH was helping, Robert, died in mid-2017 after moving from Luton to London. The man, originally from Romania, had been suffering from TB for a long time but would only access treatment sporadically. He was living and working at a car-wash, as well as rough sleeping at the local airport.

      Making them count

      For the last year the Bureau has been logging the names and details of people that have died homeless since October 1, 2017. We started our count after discovering that no single body or organisation was recording if and when people were dying while homeless.

      More than 80 local news stories have been written about the work and our online form asking for details of deaths has been filled in more than 140 times.

      Our work and #MakeThemCount hashtag called for an official body to start collecting this vital data, and we were delighted to announce last October that the Office for National Statistics is now collating these figures. We opened up our database to ONS statisticians to help them develop their methodology.

      We also revealed that local authority reviews into homeless deaths, which are supposed to take place, were rarely happening. Several councils, including Brighton & Hove, Oxford, Malvern and Leeds have now said they will undertake their own reviews into deaths in their area, while others, such as Haringey, have put in place new measures to log how and when people die homeless.

      Councillor Emina Ibrahim, Haringey Council’s Cabinet Member for Housing, told the Bureau: “The deaths of homeless people are frequently missed in formal reviews, with their lives unremembered. Our new procedure looks to change that and will play an important part in helping us to reduce these devastating and avoidable deaths.”

      Members of the public have also come together to remember those that passed away. In the last year there have been protests in Belfast, Birmingham and Manchester, memorial services in Brighton, Luton and London, and physical markers erected in Long Eaton and Northampton. Last week concerned citizens met in Oxford to discuss a spate of homeless deaths in the city.

      In a response to the scale of the deaths, homeless grassroots organisation Streets Kitchen are now helping to organise a protest and vigil which will take place later this week, in London and Manchester.

      After a year of reporting on this issue, the Bureau is now happy to announce we are handing over the counting project to the Museum of Homelessness, an organisation which archives, researches and presents information and stories on homelessness.
      “The sheer number of people who are dying whilst homeless, often avoidably, is a national scandal”

      The organisation’s co-founder Jess Turtle said they were honoured to be taking on this “massively important” work.

      “The sheer number of people who are dying whilst homeless, often avoidably, is a national scandal,” she said. “Museum of Homelessness will continue to honour these lives and we will work with our community to campaign for change as long as is necessary.”

      Matt Downie from Crisis said the Bureau’s work on the issue had achieved major impact. “As it comes to an end, it is difficult to overstate the importance of the Dying Homeless Project, which has shed new light on a subject that was ignored for too long,” he said. “It is an encouraging step that the ONS has begun to count these deaths and that the stories of those who have so tragically lost their lives will live on through the Museum of Homelessness.”

      The government has pledged to end rough sleeping by 2027, and has pledged £100m to try to achieve that goal, as part of an overall £1.2bn investment into tackling homelessness.

      “No one is meant to spend their lives on the streets, or without a home to call their own,” said Communities Secretary James Brokenshire. “Every death on our streets is too many and it is simply unacceptable to see lives cut short this way.”

      “I am also committed to ensuring independent reviews into the deaths of rough sleepers are conducted, where appropriate – and I will be holding local authorities to account in doing just that.”

      https://www.thebureauinvestigates.com/stories/2019-03-11/homelessness-kills

      #statistiques #chiffres #mortalité

    • Homeless Link responds to Channel 4 report on homeless deaths

      Today, The Bureau Investigative of Journalism released figures that revealed almost 800 people who are homeless have died over the last 18 months, which is an average of 11 every week. The report also shows that a third (30%) of the homeless deaths were from treatable conditions that could have improved with the right medical care.
      Many other deaths in the study, beyond that third, were from causes like suicide and homicide.

      Responding Rick Henderson, Chief Executive of Homeless Link, said: “These figures bring to light the shocking inequalities that people who experience homelessness face. People are dying on our streets and a significant number of them are dying from treatable or preventable health conditions.

      “We must address the fact that homelessness is a key health inequality and one of the causes of premature death. People who are experiencing homelessness struggle to access our health services. Core services are often too exclusionary or inflexible for people who are homeless with multiple and complex needs. This means people aren’t able to access help when they need it, instead being forced to use A&E to “patch up” their conditions before being discharged back to the streets. Services need to be accessible, for example by expanding walk-in primary care clinics or offering longer GP appointment times to deal with people experiencing multiple needs. We also need to expand specialist health services for people who are homeless to stop people falling through the gaps.

      “This research also highlights the other causes of death that people who are homeless are more likely to experience. Research shows that people who are homeless are over nine times more likely to take their own life than the general population and 17 times more likely to be the victims of violence.

      “Homeless Link is calling on the Government in its upcoming Prevention Green Paper to focus on addressing these inequalities, start to tackle the structural causes of homelessness, and make sure everyone has an affordable, healthy and safe place to call home and the support they need to keep it.”

      https://www.homeless.org.uk/connect/news/2019/mar/11/homeless-link-responds-to-channel-4-report-on-homeless-deaths


  • Socialist Architecture in Mongolia

    A post by Lukasz Stanek (ETH, Zürich) on FB, unfortunately... but.

    Very much soviet looking like.

    In Mongolia for a week : together with Nikolay Erofeev we are looking at architecture which was produced in the networks of socialist internationalism. Mongolia was the biggest recipient countries of technical assistance and other forms of support from Comecon countries, which also included architectural design and planning, construction and construction materials industry, architectural education, norms and standards. Our trip includes Ulaanbaatar, and the industrial towns of Baganur, Darkhan, and Erdenet.

    #mongolie #soviétisme #architectures #monuments #mosaïques #peinture_murale