city:millevaches

  • C’est la chronique impossible de Tallman le dernier spectacle du Surnatural Orchestra. Pourquoi impossible ? Impossible à plusieurs titres parce qu’il me semble que je ne pourrais jamais en dire tout ce que j’aimerais en dire, sans divulgâcher de façon irréparable, et c’est une chose que je ne me pardonnerais jamais (et dans le même souffle je vous supplie d’aller voir Tallman dès qu’il passe près de chez vous). Et impossible aussi parce qu’à l’image de Swen, le percussionniste du Surnat’, qui sondait les spectateurs du Nouveau Théâtre de Montreuil dans le hall d’entrée avant le spectacle, leur demandant ce que Tallman pouvait bien leur évoquer, j’ai du lui répondre que j’étais un peu dans le secret des dieux, d’une part par amitié avec Hanno, mais aussi parce qu’à de nombreuses reprises j’avais croisé, notamment, Baptiste, l’altiste, au BDM à Montreuil, alors qu’il travaillait à jeter mille notes à propos de ce projet un peu fou, et à propos duquel nous avons amplement discuté (et je sais, de ce fait, à quel point la consultation opérée par le Surnat’ en amont de ce spectacle a dû être fort ample) et donc je sais un peu quels sont les ingrédients qui entrent dans la composition du bazar. Et quel bazar !

    N’empêche le Surnat’ ils et elles sont complètement folles de s’être lancées dans cette aventure, dans ce combat, parce que oui, il est bien question d’un combat. Contre un ennemi, le titre du spectacle, ne ment pas, est immense, Tallman. Ils et elles ont même manqué d’y laisser un peu plus que des plumes. Ce fut rude, vu des coulisses.

    Vous dire qui est, ou ce qu’est Tallman, plus exactement de quoi Tallman est le nom ? en somme, n’apporterait rien, ou, plus exactement, ne serait qu’une série d’approximations, d’erreurs et d’omissions et Tallman n’est pas la même personne ni la même chose pour tout le monde, mon Tallman à moi n’est pas nécessairement le votre, en revanche sachez que nos tallmen à toutes et tous travaillent main dans la main à notre malheur et notre perte et ils sont puissants, ils sont Tallman.

    Seuls et seules nous ne pouvons rien contre nos tallmen mais unissons nos efforts, nos joies et nos combats et nous pourrions toutes et tous faire tomber Tallman, c’est-à-dire tous les tallmen à la fois. Et comment pourrions-nous y parvenir, et bien les Surnat’ ont bien leur petite idée sur la question et c’est une sacrée fête, fellinienne, baroque, foutraque, mais du foutraque léché s’il vous plaît, à laquelle ils et elles nous convient parce que la révolution ne se fera pas sans danser, sans chanter, sans dessiner, sans lire ni écrire et surtout, sans déserter et désobéir.

    Et au Surnat’ on brille par l’exemple en quelque sorte, puisqu’on commence, de facto, joignant le geste avec la parole en somme, par attaquer la première des cloisons dans la joie et la merveilleuse humeur, à savoir cet espace de convention entre la scène et nous, vous, le public, aboli le rideau (et avec lui les cintres également, la scène s’en trouve terriblement agrandie, on va pouvoir vivre et respirer). Alors oui, à la fin on veut bien saluer, mais ce sont désormais les deux tiers des spectateurs et des spectatrices désormais présentes sur la scène qui saluent celles et ceux restés dans leurs siège, du coup on ne sait plus bien qui applaudit qui et le dernier message est sans équivoque, au pied de la scène se trouve une urne dans laquelle vous êtes amenés à verser votre écot pour rien moins que d’acheter des maisons sur le Plateau des Millevaches qui vont pouvoir héberger celles et ceux que l’on appelle les Déboutés du droit d’asile, celles et ceux qui après mille péripéties qui sont autant de preuve de leur grandeur, sont précisément jugés inacceptables inaptes à rejoindre notre monde de téléspectateurs.
    Et si on ne contribue pas à ce qui est, par définition, une désobéissance à Tallman, loger les expulsés, alors il nous appartient de produire d’autres actes de désobéissance de la même farine.

    Si Fellini avait vécu assez longtemps pour lire le Comité invisible, nul doute que tel est le spectacle qu’il aurait monté.

    http://desordre.net/photographie/numerique/divers/videos/20181121_tallman.mp4


  • Amour, Gloire Et Forêt
    http://radiovassiviere.com/category/emissions/amour-gloire-et-foret

    « Nous avons mené une enquête “située”, sur le territoire du Plateau de Millevaches autour des différents usages et des imaginaires qu’empruntent et possèdent les forêts du Limousin. Avec les complicités de quelque 90 acteurs attachés à ce territoire, des artistes, les ami.e.s et des musicien.ne.s, nous avons exploré les possibles qu’offre la radio et nous avons réalisé onze émissions d’une vingtaine de minutes. Ces émissions sont, les témoins d’un lieu chargé en controverses et en contradictions passionnante, les réceptacles d’un laboratoire d’expérimentations d’autres modes d’existences » Anne-Sophie Milon. Durée : 26 min. Source : Radio (...)

    http://radiovassiviere.com/wp-content/uploads/2018/09/AMOUR-GLOIRE-ET-FORET-1.mp3


  • Le temps des forêts, #documentaire_vidéo de #François-Xavier_Drouet
    https://www.kmbofilms.com/le-temps-des-forets

    https://www.youtube.com/watch?v=guSeIaYawc4

    Symbole aux yeux des urbains d’une nature authentique, la #forêt française vit une phase d’industrialisation sans précédent. Mécanisation lourde, monocultures, engrais et pesticides, la gestion forestière suit à vitesse accélérée le modèle agricole intensif. Du Limousin aux Landes, du Morvan aux Vosges, Le Temps des forêts propose un voyage au cœur de la #sylviculture industrielle et de ses alternatives. Forêt vivante ou désert boisé, les choix d’aujourd’hui dessineront le paysage de demain.

    Salles où le docu passera prochainement
    https://framacarte.org/fr/map/le-temps-des-forets_30864#8/45.831/3.164

    « Beaucoup de pesticides et moins d’oiseaux : nos forêts sont devenues des “usines à bois” »
    https://www.nouvelobs.com/planete/20180903.OBS1692/beaucoup-de-pesticides-et-moins-d-oiseaux-nos-forets-sont-devenues-des-us

    A l’inverse d’autres pays, où les forêts sont décimées, la France n’est pas menacée par un phénomène de déforestation. Après un point bas au XIXe siècle, la surface boisée ne cesse depuis de progresser. Le plateau de Millevaches, où je vis, est aujourd’hui une zone boisée à 70% alors que l’on n’y trouvait aucune forêt il y a un siècle !

    Mais cette croissance ne signifie pas que la forêt française se porte bien pour autant. En France, le problème ne se pose pas en termes de déforestation, mais plutôt de « mal-forestation ». Quand on regarde de plus près à quoi ressemble un nombre croissant de forêts, et la manière dont elles sont gérées, on se rend compte que celles-ci sont en effet de plus en plus standardisées et artificielles.

    On plante un peu partout la même espèce d’#arbre à croissance rapide (le douglas), en ligne, tous les trois mètres ; on les coupe de plus en plus tôt, au bout de 30 ou 40 ans, parfois à blanc, au détriment des paysages ; on replante certes des arbres, mais on utilise pesticides et engrais pour les faire pousser plus vite. Dans le même temps, on se débarrasse des autres espèces d’arbres, des feuillus notamment, pour ne pas gêner cet ordonnancement.

    #bois


  • Tarnac : « On lâche pas l’affaire » | Radio Vassivière
    http://radiovassiviere.com/2018/03/tarnac-on-lache-pas-laffaire

    Radio Vassivière et des soutiens du plateau de Millevaches sont au procès de l’affaire dite de #Tarnac pendant trois semaines.
    Impressions après la première journée.
    Comptes-rendus diffusés tous les jours (lendemains d’audience) à 13h30 (environ)


  • Procès de Tarnac : le Comité invisible, dix ans de subversion

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/03/14/proces-de-tarnac-le-comite-invisible-dix-ans-de-subversion_5270531_3232.html

    De « L’insurrection qui vient » à la création du site « Lundimatin », la mouvance révolutionnaire liée à l’affaire de Tarnac s’ouvre au milieu culturel.

    Voici plus de dix ans que L’insurrection qui vient (La Fabrique, 2007), brûlot théorique du Comité invisible, embrasait la sphère radicale. Depuis, les membres ont grandi, voyagé, bataillé, vieilli aussi. Se sont-ils pour autant assagis ? Disons qu’ils semblent avoir beaucoup appris. Et avoir en partie rompu avec la posture « post-situ » qui caractérisait leurs premiers écrits. Un ton péremptoire et un style comminatoire hérités des méthodes les plus contestables de l’Internationale situationniste et de son mentor, Guy Debord.

    « Voir la gueule de ceux qui sont quelqu’un dans cette société peut aider à comprendre la joie de n’y être personne », écrivaient-ils en 2017. Et les voici qui, le 27 janvier 2018, organisent, à la Bourse du travail, à Paris, et au Clos sauvage, à Aubervilliers, une journée de conférences et de débats intitulée « Tout le monde déteste le travail », où sont notamment intervenus le philosophe Pierre Musso, l’écrivain de science-fiction Alain Damasio ou le metteur en scène Sylvain Creuzevault. Contradiction ? Plutôt une évolution, perceptible depuis leur deuxième opus, A nos amis (La Fabrique, 2014), où les formules lapidaires à l’égard d’autres collectifs – coopérativistes ou mutualistes – laissaient place à une volonté d’ouverture.

    Il y a une indéniable volonté de « ne pas s’enfermer dans un ghetto radical », déclare Julien Coupat, lors de la soirée que les « tarnaciens » ont donnée, jeudi 8 mars, à la Marbrerie, chaleureuse salle de concerts de Montreuil, louée chichement pour l’occasion. Une fête pour se serrer les coudes avant les trois semaines d’audiences qui se sont ouvertes mardi 13 mars.

    Autre pilier du groupe et animateur du site Lundimatin, Mathieu Burnel se réjouit que la soirée réunisse aussi bien de jeunes émeutiers que des écrivains confirmés, de nouvelles recrues que de vieux routiers, comme le philosophe Frédéric Lordon ou l’écrivain Serge Quadruppani. Car, « s’il y a bien un objectif que cette opération a lamentablement raté, c’était celui de nous isoler pour mieux pouvoir nous écraser », expliquent Mathieu Burnel et Julien Coupat.

    En effet, poursuivent-ils « sans les centaines de personnes qui nous ont soutenus, sans tant d’amis rencontrés au fil des ans, nous ne serions aujourd’hui que le vague souvenir d’un fait divers un peu étrange ». L’« affaire de Tarnac » – ce village corrézien où des membres présumés du Comité invisible s’étaient installés – n’est pas tombée dans l’oubli. Elle est même devenue un symbole, une marque, un tarmac où circulent les idées subversives, même si une partie du groupe a émigré du côté d’Eymoutiers, dans la Haute-Vienne, sur le plateau de Millevaches, où d’autres manières de vivre et de subvertir l’ordre du monde s’inventent.

    Solide armature théorique

    Crée en 2014, le site Lundimatin marque incontestablement un tournant. C’est tout d’abord une réussite éditoriale. Le journal électronique, au graphisme sobre et élégant, rassemble toute la mouvance autonome, libertaire et révolutionnaire. Chaque lundi matin, un article sur la ZAD de Bure y côtoie une lecture du talmudiste Ivan Segré, un appel au blocage des universités jouxte un reportage sur un campement de réfugiés. Mais le cercle des lecteurs, comme celui des contributeurs, s’est élargi.

    Bien sûr, la rhétorique émeutière est toujours présente. Mais elle est aussi bien portée par de jeunes zadistes que par Marcel Campion, « le roi des forains », qui « apporte [sa] voix et [ses] poings dans la guerre sociale qui se prépare » (Lundimatin no 112, 4 septembre 2017), ou par l’écrivain Eric Vuillard, Prix Goncourt 2017, auteur de romans dans lesquels « l’Histoire apparaît comme une puissance dévorante et absurde » (Lundimatin no 121, le 6 novembre 2017). Deux volumes de Lundimatin en version papier sont déjà sortis en libraire, dont un numéro entièrement consacré à l’affaire de Tarnac.

    Cette ouverture n’empêche pas le groupuscule révolutionnaire de tenir une ligne ferme sur des sujets qui divisent la gauche radicale. Ainsi en va-t-il de la Syrie, dont témoignent les reportages de Pierre Torres, les entretiens avec des exilés kurdes, les analyses de Catherine Coquio sur la Ghouta. Une fidélité à la révolution syrienne et à l’opposition au régime de Bachar Al-Assad qui a conduit le site à mener l’une des critiques les plus argumentées de la façon dont Le Média renvoyait dos-à-dos le dirigeant syrien et ses opposants (Le Média sur la Syrie : naufrage du « journalisme alternatif », par Sarah Kilani et Thomas Moreau, Lundimatin no 135, 28 février 2018).

    Ainsi Ivan Segré y a-t-il publié l’une des analyses les plus élaborées du livre « décolonial » de Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des indigènes de la République et auteure de Les Blancs, les Juifs et nous : vers une politique de l’amour révolutionnaire (La Fabrique, 2016). Une solide armature théorique – Foucault, Deleuze, Debord, mais peut-être avant tout le philosophe italien Giorgio Agamben – et une connaissance aiguisée des mouvements émancipatoires du siècle dernier, adossée à de multiples implantations dans des luttes locales, leur permettent d’articuler témoignages et théorie en évitant, le plus souvent, les écueils du socialisme autoritaire comme ceux du gauchisme postcolonial.

    Indéniable empreinte

    La mouvance serait-elle devenue mainstream ? N’exagérons rien. Théoricienne de la guérilla des « cortèges de tête », notamment observés lors des manifestations contre la loi travail, elle demeure résolument insurrectionnelle, faisant l’apologie des blocages et autres sabotages (« Dans saboter, il y a beauté »). C’est pourquoi Lundimatin ne commémorera pas Mai 68. « Nous, on s’en fout de Mai 68, peut-on lire sur le site révolutionnaire. Que Cohn-Bendit soit pote avec Macron et Debord à la Bibliothèque nationale, ça ne nous fait ni chaud ni froid. »

    Mais, poursuivent les auteurs anonymes, « ça n’est pas une raison pour ne pas se donner rencard en mai prochain, vu la situation », car « on ne va pas laisser Macron dérouler ses plans tranquillement pendant dix ans. On ne va pas se laisser marcher sur la gueule en nous récitant du Molière ». Que veulent-ils alors ? « Nous, on veut déchiqueter le désastre. » C’est pourquoi le philosophe Jacques Rancière a pu déceler dans cette prose, certes inventive et corrosive, un catastrophisme répandu à droite comme à gauche : « Il y a quand même une chose que Badiou, Zizek ou le Comité invisible partagent avec Finkielkraut, Houellebecq ou Sloterdijk : c’est cette description basique du nihilisme d’un monde contemporain » voué uniquement au « narcissisme marchand », déclare-t-il dans En quel temps vivons-nous ? (La Fabrique, 2016).

    La surenchère décadentiste et l’antidémocratisme du groupe de Tarnac, qui conchie les assemblées générales, ont également suscité les critiques de Jaime Semprun, fondateur des éditions de l’Encyclopédie des nuisances, et René Riesel, ancien membre de l’Internationale situationniste : « Ces songeries catastrophiles s’accordent à se déclarer enchantées de la disparition de toutes les formes de discussion et de décision collectives par lesquelles l’ancien mouvement révolutionnaire avait tenté de s’auto-organiser » (Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, Encyclopédie des nuisances, 2008).

    Pourtant, après vingt ans de publication théorique et d’activisme, l’empreinte du Comité invisible, notamment chez les jeunes générations, est indéniable. Malgré ses excès, il reste cité et plébiscité. Pour autres, une séquence s’achève, et il est temps de changer d’air. Notamment parce que la volonté affichée par Julien Coupat de « destituer la politique » conduirait à une forme de découragement. Et parce que cette sacrée insurrection ne vient toujours pas.

    Pour l’écrivain Nathalie Quintane, au contraire, le site Lundimatin a ouvert un précieux espace politique et littéraire. De la revue Tiqqun à Lundimatin, en passant par L’insurrection qui vient, la mouvance insurrectionniste a, entre ouverture et clôture, tracé un chemin. L’insurrection viendra-t-elle enfin ? Et sera-t-elle communiste, anarchiste ou, au contraire, droitière et traditionaliste ? Nul ne le sait. Mais gageons avec Guy Debord que, pour ces jeunes gens qui veulent forcer la porte du temps, « la sagesse ne viendra jamais ».


  • Affaire de Tarnac : après dix ans de procédure, l’énergie contestataire des « inculpés » est intacte - Royère-de-Vassivière (23460) - La Montagne
    https://www.lamontagne.fr/royere-de-vassiviere/politique/justice/2018/02/27/affaire-de-tarnac-apres-dix-ans-de-procedure-l-energie-contestataire-des-

    Depuis 2008, initiatives rassembleuses et regains de tension sur le plateau de Millevaches

    Depuis 2008, le plateau de Millevaches est resté un foyer actif de « subversion » idéologique. En octobre 2014, la mort de Rémi Fraisse, sur la ZAD de Sivens (Tarn), a entraîné en réaction l’affaire dite du « cadenassage des gendarmeries » entre Creuse, Haute-Vienne et Corrèze. Ce qui a ravivé la surveillance des autorités, pour peu qu’elle se soit relâchée, sur les groupes militants libertaires, écologistes, anti-capitalistes, regroupés parfois dans un but pratique sous le terme d’ « alternatifs » du plateau de Millevaches.

    Dans le même temps, ces mêmes réseaux ont tenu à démontrer leur impact positif et sur le territoire et leur « ouverture », à travers, par exemple, les fêtes de la Montagne limousine.

    #Tarnac


  • Affaire de Tarnac : après dix ans de procédure, l’énergie contestataire des « inculpés » est intacte - Le Populaire du Centre
    https://www.lepopulaire.fr/royere-de-vassiviere/politique/justice/2018/02/27/affaire-de-tarnac-apres-dix-ans-de-procedure-l-energie-contestataire-des

    L’existence des « huit de #Tarnac » est suspendue à l’issue d’une procédure judiciaire entamée à leur encontre il y a maintenant dix ans. La qualification de « terrorisme » a disparu du procès qui se tiendra du 13 au 30 mars à Paris. Sur le plateau de Millevaches, la vie a continué. Plusieurs jeunes interpellés en novembre 2008 à la ferme du Goutailloux s’y sont enracinés... et ont continué à militer. Ils sont même très intégrés dans le réseau associatif du plateau. Avant le procès, 150 à 200 personnes ont participé au « bal des inculpés » à Royère-de-Vassivière... en réclamant la relaxe.


  • La « fermeture du paysage » : au-delà du phénomène, petite chronique d’une construction sociale.
    https://www.cairn.info/revue-espace-geographique-2005-1-page-49.htm

    La fermeture du paysage est l’une des expressions qui reviennent le plus couramment à propos des territoires ruraux, comme une menace qui oblitérerait l’avenir de ces derniers. Ne semblant épargner aucune région [1][1] Si les grandes régions françaises d’openfield ne connaissent..., pouvant toucher des espaces remarquables comme des espaces plus ordinaires, elle suscite nombre d’études et de recherches, et légitime depuis les années 1990 nombre de dispositifs d’intervention publique : opérations groupées d’aménagement foncier (OGAF) puis opérations locales agri-environnement (OLAE), réglementation des boisements, CTE (contrat territorial d’exploitation) collectif (plateau de Millevaches par exemple), etc.

    Prologue : l’annonce de la mort sociale des campagnes
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    Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’agriculture ne manque pas d’être fortement concernée par la grande affaire du pays, la modernisation (Jollivet, 2001). Si la préoccupation dominante des années 1950 en matière agricole fut celle de la modernisation technique — ayant pour objectif l’augmentation de la production —, celle des années 1960 concerne l’organisation socio-économique — visant à accroître le revenu des agriculteurs (Houée, 1971). La diminution de la population agricole, non seulement n’est pas un problème, mais est perçue comme le passage obligé vers la modernisation.

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    Toutefois, les déséquilibres démographiques de la population agricole (baisse et vieillissement) vont rapidement cristalliser les angoisses d’une société en pleine mutation. Portant leurs regards sur des régions présentant des « conditions naturelles difficiles » (Jollivet, 1966), au premier rang desquelles des régions du Massif central, des scientifiques s’intéressent à la question de savoir « comment l’économie moderne se satisfait […] aujourd’hui d’un milieu naturel pauvre et d’une tradition paysanne élaborée dans cette pauvreté » (Fel, 1962).


  • #LesInrocks - Alain #Damasio : “C’est tout le rapport de l’Occident à l’activité qu’il faut repenser”
    https://www.lesinrocks.com/2018/01/24/actualite/alain-damasio-cest-tout-le-rapport-de-loccident-lactivite-quil-faut-repe

    Alain Damasio : “C’est tout le rapport de l’Occident à l’activité qu’il faut repenser”
    24/01/18 18h15
    PAR
    Mathieu Dejean
    Samedi 27 janvier, une journée de débats est organisée à la Bourse du #Travail de Paris sous le titre : “Tout le monde déteste le travail”. Alain Damasio, écrivain de science-fiction engagé, auteur de “La Horde du Contrevent” (2004), nous en dit plus sur cet événement qu’il a co-organisé.
    Au milieu des années 1950, l’Internationale lettriste regroupée autour de Guy Debord annonçait l’esprit de Mai 68 avec un célèbre graffiti : “Ne travaillez jamais”. Cinquante ans après les “événements” de mai, un collectif souffle sur les mêmes braises réfractaires, et organise le 27 janvier à la Bourse du Travail de Paris une journée de débats et de création artistique sous le titre : “Tout le monde déteste le travail - Rencontres pour qui en a, en cherche, l’évite, s’organise au-delà...”.

    Annoncé sur le site lundimatin, proche du #Comité_invisible, l’événement rassemble la fine fleure de la pensée critique dans ce domaine – la sociologue Danièle #Linhart, le professeur de droit Emmanuel #Dockès, l’économiste Frédéric #Lordon, ou encore le journaliste indépendant Olivier #Cyran (auteur de Boulots de merde ! Enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers, 2016) -, mais aussi des syndicalistes, des zadistes et des écrivains (le programme complet est ici).

    Le collectif à son origine est aussi celui qui avait organisé la “chasse aux DRH” le 12 octobre dernier, pour empêcher la venue de Muriel Pénicaud au Congrès des DRH. Alain Damasio, écrivain de science-fiction engagé, auteur de La Zone du dehors et de La Horde du Contrevent, qui a co-organisé ce rassemblement, nous en dit plus.

    Quel est l’objectif de cette journée ?

    Alain Damasio – Lors d’une rencontre sur le plateau de Millevaches (Limousin) fin août avec des gens qui gravitent autour du Comité invisible, des artistes, Frédéric Lordon ou encore Julien #Coupat, on s’est dit qu’il fallait lancer une série d’actions pour lutter contre la deuxième loi travail. La première action, c’était la “#chasse_aux_DRH”. La deuxième, c’est cette journée au cours de laquelle nous allons essayer de déployer nos idées, nos visions, de proposer des choses. L’objectif, c’est de répondre à ces questions qui nous traversent tous : Comment dépasser le travail ? Comment sortir de cette fabrique du travailleur comme figure essentielle ?

    Ces rencontres sont réunies sous l’intitulé “Tout le monde déteste le travail”. Ça vous semble si évident que ça ?

    Le titre est une référence au slogan “Tout le monde déteste la police”, il fait la continuité avec les manifestations contre la loi travail. Il a aussi un côté affectif. Frédéric Lordon explique très bien que les mouvements politiques se déploient lorsqu’ils ont un affect commun. En l’occurrence, nous éprouvons la sensation qu’une majorité de gens souffrent au travail, subissent des conditions d’exploitation de plus en plus subtiles, que la pression du chômage les oblige à accepter. C’est pourquoi nous avons décidé de taper sur le travail, conçu comme une activité soumise à salaire et à un système de contrainte très fort.

    C’est aussi une provocation. Des gens vont lire l’affiche et se dire : “C’est pas possible, moi j’aime mon travail !” En fait, on pousse les gens à s’auto-convaincre qu’ils aiment ce qu’ils font. Quand tu subis une exploitation forte, dans un cadre très contraint car tu dois gagner ta vie, c’est une réaction naturelle. Intérieurement tu souffres et tu détestes ce que tu fais, mais tu as aussi une injonction à être à l’aise, à aimer ce travail. C’est aussi contre ce néo-management que nous nous érigeons.

    “Nous avons décidé de taper sur le travail, conçu comme une activité soumise à salaire et à un système de contrainte très fort”

    Nos vies vous semblent-elles de plus en plus réduites à cette seule activité : le travail ?

    J’ai le sentiment qu’on continue en tout cas à nous faire croire que l’horizon peut être le plein-emploi, qu’il suffit d’y mettre le fric, ou de “libérer” le travail pour qu’on recrée de l’emploi. Je suis convaincu qu’il faut au contraire définitivement enterrer cette idée. Pour moi, l’avenir du travail réside peut-être dans le revenu universel, même si le capital peut s’en accommoder. Cette idée ne fait d’ailleurs pas consensus entre nous.

    En effet il y a une version néolibérale du revenu universel... Comment en faire une mesure vraiment émancipatrice ?

    Les positions des participants à cette journée divergent à ce sujet. Ariel Kyrou, que j’ai fait inviter, a énormément défendu le revenu universel dans le cadre de la revue Multitudes. Pour moi, c’est un plancher minimal à partir duquel tu peux te débarrasser de la nécessité de travailler. Je pense que ça peut libérer énormément d’énergie pour créer, militer, organiser un autre type de vie. Ça ouvre la porte à des alternatives. Beaucoup de gens se moquent d’avoir un statut social. C’est ce que j’ai vu à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. De quoi vivent-ils ? Ils vivent souvent d’un RSA, et de l’autoproduction. En l’occurrence, le plancher du RSA leur permet de faire des choses fabuleuses localement.

    Entendez-vous revaloriser la paresse, l’oisiveté ?

    Je n’aime pas l’idée de paresse, car elle s’articule comme une négativité par rapport au travail. Par contre, étymologiquement, l’oisiveté vient du terme latin otium. Nier l’otium, ça donne le mot negotium, le "négoce", le commerce, et finalement, ce monde capitaliste dans lequel on est. Nietzsche l’écrivait très bien aux alentours de 1870, avant l’arrivée du marxisme, qui a été très pro-travail : pourquoi prôner le travail, alors que la noblesse spirituelle de l’époque était fondée sur une valorisation absolue de la disponibilité, de l’oisiveté, de la présence au monde, de la contemplation ? On a réussit à inverser cette hiérarchie des valeurs pour faire du travail quelque chose d’indispensable, le nec plus ultra.

    “C’est tout un rapport de l’Occident à l’activité en elle-même qu’il faut repenser”

    L’oisiveté, ce rapport au temps libéré, cette disponibilité au monde, à la nature et aux autres m’intéresse. Prendre ce temps me paraît fondamental. C’est tout un rapport de l’Occident à l’activité en elle-même qu’il faut repenser. En écrivant le texte du programme de cette journée avec Julien Coupat, on s’est posé la question du sens de l’activité. On a une telle compulsion au productivisme ! Moi-même, je n’arrive pas à passer à un rapport à l’activité qui ne soit pas auto-aliénant.

    Les technologies numériques semblent contribuer à accentuer l’emprise du travail sur nous, alors qu’on croyait qu’elles allaient nous en libérer. Pensez-vous qu’on peut mieux les maîtriser ?

    Je pense qu’on est dans un état d’adolescence par rapport aux technologies numériques. Il faudra encore une génération pour atteindre un bon niveau de recul, de maîtrise. Je vois très peu de parents capables d’éduquer leurs gamins aux jeux vidéo. Or s’il n’y a pas de transmission sur ce média, d’école pour éduquer aux jeux vidéo, comment voulez-vous que les gamins ne soient pas bouffés, vampirisés par des jeux addictifs ? C’est pareil pour les réseaux sociaux, les mails, etc. On peut passer des journées seulement en interactions avec des interfaces. Ça, c’est flippant.

    “La liberté est un feu : tout le monde a envie de se mettre autour, mais personne ne va prendre le risque de sauter dedans, d’assumer ce qu’être libre veut dire”

    J’ai l’impression qu’il y a un mécanisme humain de fermeture au monde, de régression fusionnelle avec les outils technologiques. Cela crée des effets de bulle. Le psychanalyste Miguel #Benasayag l’a très bien expliqué dans Plus jamais seul. Les gens veulent rester dans un continuum affectif permanent avec leurs proches, ils ne supportent plus le moment où le lien se coupe, et où on se retrouve seul. Pourtant c’est dans l’absence, dans la rupture du continuum que le désir de l’autre se construit.

    On a réussi à faire de la technologie un magnifique vecteur d’auto-aliénation. C’est ce dont je parle dans La Zone du dehors : on est très forts pour le liberticide. La liberté, c’est un feu : tout le monde a envie de s’en approcher, de se mettre autour, mais personne ne va prendre le risque de sauter dedans, d’assumer ce qu’être libre veut dire, parce que ça brûle, ça crame.

    Quelle #philosophie_du_travail défendez-vous collectivement ?

    Un de nos modèles, c’est la ZAD. La manière dont les zadistes conçoivent quotidiennement l’activité est différente. Elle est auto-générée. Pour construire un bâtiment avec du bois de la ZAD, ils constituent un collectif qui réapprend à faire les charpentes, ils réapprennent un artisanat et retrouvent une continuité naturelle avec la forêt. Il y a une autodétermination de bout en bout, corrélée à un territoire. On passe ainsi d’un statut d’ouvrier à un statut d’œuvrier. L’œuvrier décide lui-même de ce qu’il a envie de faire, du projet qu’il a envie de porter, et le fait avec des gens qu’il a choisis. C’est notre vision générale du travail.


  • Un #service_public autogéré : appel à financement participatif d’une #ambulance_partisane
    https://www.helloasso.com/associations/association-soin-intercommunale/collectes/soutenez-l-ambulance-partisane

    L’Association de Soins Intercommunale (A.S.I) a été créée afin d’apporter des soins et premiers secours partout où leur accès est rendu difficile.

    Elle s’est munie d’une ambulance pour appuyer ses interventions en France et ailleurs. Elle permet l’accès rapide aux premiers secours et sert de support à des formations.

    Parmi les actions menées depuis 2015 :

    – Poste de secours en manifestations, aide aux migrants à Calais et Vintimille, appui aux équipes soignantes de Nuit Debout à Paris ou aux occupants de la forêt à Bure, participation au blocage du périphérique de Nantes dans le cadre de la défense de la ZAD...

    – Formations aux premiers secours dans des écoles ou des formations ouvertes à tous, sur le plateau de Millevaches, à Rouen, sur la ZAD...

    – Poste de secours lors de chantiers, fêtes ou séminaires...

    #luttes_sociales #street_medics


  • Samedi 9 décembre : rassemblement contre le projet d’usine à pellets de #bugeat-Viam (19)
    https://nantes.indymedia.org/articles/39326

    Samedi 9 décembre : rassemblement contre le projet d’usine à pellets de Bugeat-Viam (19) : grand banquet, promenade,échanges dans le cadre d’un calendrier commun pour la convergence des territoires en lutte. « Quoi de commun entre un éco-quartier à Dijon, un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, une poubelle nucléaire à Bure, un transformateur électrique à Saint-Victor-et-Melvieux, une usine à pellets sur le plateau de Millevaches, une centrale à biomasse à Gardanne, des forages miniers en pleine forêt amazonienne, une autoroute à Strasbourg, une autre entre Saint-Étienne et Lyon, une usine à gaz à Landivisiau, des mines en Centre Bretagne, de l’extraction de sable en baie de Lannion, etc. ? » Extrait de la déclaration commune des territoires en (...)

    #Ecologie #Resistances #plateau-de-millevaches #viam #Ecologie,Resistances


  • L’apaisement ne me gagne qu’arrivé en Creuse. Quitter Paris ressemble toujours à une fuite, à un exode. Que le séjour ait été fastueux ou terne, c’est toujours en termes de repli militaire que se pose la question du retour. Dès la Loire franchie, je guette les faibles ondulations océanes de la plaine, cette houle de grand large qui m’indique que je suis encore loin de la côte, loin de la Creuse. Les silos se dressent comme des usines. Parfois, un front de feu — les brûlis sur les chaumes — me poursuit jusqu’au-delà de Châteauroux.

    Il se dit que certains piroguiers du Pacifique se guident sur l’océan à la couleur changeante de l’eau. De retour de voyage, je surveille la lourdeur du vert des feuillages quand, vers Argenton, ils évoquent les verdures d’Aubusson. J’observe les landes quand elles prennent les couleurs de Guillaumin. J’espère la lumière mélancolique qui tombe sur un sol granitique si peu enclin à l’onctuosité des formes.
    La Souterraine annonce les vallonnements que j’aime. Les maisons basses de l’Indre paraissent se relever, se simplifier, structurant leurs murs, appareillant leurs façades, même les plus modestes. Il demeure toujours une raideur dans les routes, une vastitude des champs qui me rappellent l’Île-de-France et son grand large. Mais, progressivement, la route sinue, hésite, les prés se rétrécissent comme dans un univers d’enfant, les arbres eux-mêmes me semblent plus petits, plus suppliants. Les églises se drapent d’austérité et de granit. Les étangs se multiplient comme des ciels à nos pieds. J’approche du centre. Les prés sont sertis de murets de pierres sèches savamment disposées. Des chaos granitiques percent les châtaigneraies qui recouvrent des puys ronds comme des seins. Je suis enfin au pays de l’enfance, je suis en Creuse. Je suis dans la Profondeur d’où l’on vient et où l’on retournera, ce coeur comme un repli de peau, qui ferait songer à un jardin s’il n’était traversé de rêves violents tombant comme la foudre du plateau magique de Millevaches.

    Jean-Guy Soumy, « Lorsque que je rentre de voyage... », in Le Limousin. Terre sensible et rebelle, Paris, Autrement, 1995, p. 27.

    #jean-guy_soumy #creuse #la_souterraine #géoculturelim


  • Vie extra-terrestre : aspects savants, aspects populaires
    http://radiovassiviere.com/2016/12/vie-extra-terrestre-aspects-savants-aspects-populaires

    Du 3 au 5 juin 2016, l’association PAN et l’atelier de géographie populaire du plateau de Millevaches organisaient les rencontres poétiques à ciel ouvert à Nedde, avec pour thème : « le ciel comme enjeu politique ». Pierre Lagrange, sociologue des sciences, enseignant et chercheur au CNRS, y a donné une conférence intitulée « Peut-on séparer des aspects populaires et savants dans la façon d’aborder la question de la vie extra-terrestre ? » Nous vous proposons de la réécouter dans son intégralité. Durée : 1h01. Source : Radio Vassivière

    http://radiovassiviere.com/wp-content/uploads/2016/11/160604-conf-lagrange.mp3


  • Comme on parle d’#éducation_sexuelle ces derniers jours sur seenthis, je signale cette nouvelle émission du #Planning_familial sur #Radio_Vassivière
    http://radiovassiviere.com/category/emissions/planning-familial

    Pour leur première, elles causent... de la première fois
    http://radiovassiviere.com/2016/11/la-premiere-fois

    Enregistrée en direct en mars 2016, la première émission du Planning Familial du plateau de Millevaches, qui parle de la première fois.

    La première fois qu’on a fait l’amour.

    Micro trottoirs, extraits de films, et interventions en direct des auditeurs et auditrices de Radio Vassivière !

    http://radiovassiviere.com/wp-content/uploads/2016/11/RadioPF_15mars2016_premiere-fois.mp3

    #sexualité #audio #radio


  • Faire revivre les #campagnes : en #Creuse comme ailleurs, c’est possible
    https://reporterre.net/Faire-revivre-les-campagnes-en-Creuse-comme-ailleurs-c-est-possible

    Catherine Moulin est arrivée à Faux-la-Montagne au début des années 1980, avec cinq autres étudiants en sciences humaines de la région parisienne. Le collectif voulait vivre ensemble, tout en travaillant dans la « production ». Des rencontres ont fait naître l’idée de transformer le bois des abondantes forêts de sapins Douglas du plateau de Millevaches. Le projet a été reçu favorablement par le maire d’alors, François Chatoux, désormais décédé. « Il savait qu’il fallait être actif, que, sinon, tout allait disparaître, et il a eu comme politique d’accueillir tous les porteurs de projets », raconte celle qui a pris sa suite. C’est ainsi que naît la scierie Ambiance Bois, bientôt 30 ans d’existence, qui emploie aujourd’hui 25 personnes dans les environs. Pas mal, pour un village de 400 habitants.Cette première initiative a fait tache d’huile. « On a très vite pris le parti de s’investir localement », poursuit Marc Bourgeois, cofondateur de l’entreprise. Le petit groupe a accueilli de nouveaux venus, et de nouveaux projets. Une crèche, un équipement rarement présent en zone rurale, a été créée par les jeunes parents, de même que Télé Millevaches, un média associatif qui ballade sa caméra sur le plateau depuis presque 30 ans, avec l’ambition de redorer son image auprès de ses habitants. De son côté, la mairie a poursuivi sa politique d’accueil, s’est associée à six villages voisins pour créer une communauté de communes, et a mis les moyens pour racheter, au fil du temps, l’auberge, la station-service et l’épicerie, afin d’y installer de jeunes commerçants. Elle a ensuite rénové un ancien bâtiment qui est devenu une maison médicale avec deux généralistes, un kiné, un ostéopathe, etc. Il y a un an, la mairie a également passé un accord avec La Poste pour créer une agence tenue par une employée de mairie. Dans les mêmes locaux ont été regroupés une médiathèque et l’accueil touristique du camping et des gîtes communaux. Le tout est ouvert du lundi au samedi. « En un an, la fréquentation a été multipliée par trois », témoigne la responsable derrière son bureau blanc et jaune. Forcément : l’ancienne #poste n’était ouverte que quelques heures par semaine…

    #intercommunalité #réforme_territoriale #ruralité


  • « Ferme des mille veaux » : la SAS Alliance Millevaches fait appel
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160816/ferme-des-mille-veaux-la-sas-alliance-millevaches-fait-appel

    Le bras de fer se poursuit entre les soutiens du centre d’engraissement de broutards de Saint-Martial-le-Vieux, dans la Creuse, et l’association L-PEA. Après une victoire symbolique de l’association devant la #Justice, la société porteuse du projet de la « ferme des mille veaux » a fait appel. Le ministère de l’environnement a décidé de garder le silence.

    #France #Conseil_d'état #ferme_des_1_000_vaches #fermes-usines


  • « Ferme des mille veaux » : la SAS Alliance Millevaches faire appel
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160816/ferme-des-mille-veaux-la-sas-alliance-millevaches-faire-appel

    Le bras de fer se poursuit entre les soutiens du centre d’engraissement de broutards de Saint-Martial-le-Vieux, dans la Creuse, et l’association L-PEA. Après une victoire symbolique de l’association devant la #Justice, la société porteuse du projet de la « ferme des mille veaux » a fait appel. Le ministère de l’environnement a décidé de garder le silence.

    #France #Conseil_d'état #ferme_des_1_000_vaches #fermes-usines


  • BALLAST Ambiance Bois : « Le modèle autogéré est applicable à n’importe qui »
    http://www.revue-ballast.fr/ambiance-bois

    Nous sommes au début des années 1980 : Marc, Philippe, Catherine et une poignée d’amis ne veulent pas de l’avenir qu’on leur propose ; ils décident de prendre la tangente. Direction le plateau des Millevaches, dans la Creuse. En plus de leur expérience communautaire, la joyeuse troupe décide de s’attaquer à la production pour prouver qu’il est possible non seulement de vivre, mais aussi de travailler « autrement ». En 1988, après plusieurs années de formation et de tâtonnements, ils créent la scierie Ambiance Bois. Ils sont 6 à y travailler, sans patron, en se partageant les tâches et les responsabilités. Vingt-huit ans plus tard, Ambiance Bois existe toujours. Les 6 du départ sont aujourd’hui 25 et les activités se sont diversifiées : en plus de produire et vendre du parquet et du lambris avec du bois de la région, Ambiance Bois construit et installe maintenant des maisons en bois. Marc, présent depuis le début, nous raconte ses vingt-huit ans d’expérience politique autogérée. Vingt-huit ans à tenter d’œuvrer malgré le cadre productif capitaliste, sans y perdre son âme et son énergie. Vingt-huit ans d’ancrage sur un territoire. Vingt-huit ans à mettre ses idéaux au contact du réel.


  • La guerre pour la vérité du monde
    http://www.dedefensa.org/article/la-guerre-pour-la-verite-du-monde

    La guerre pour la vérité du monde

    29 juin 2016 – J’ai regardé hier soir, fait rarissime, tel ou tel JT sur les rencontres européennes. (Qu’importe la chaîne, ils sont tous les mêmes, comme le goût uniforme et sans goût de la viande hachée obtenue de ces usines à vaches qui existent aujourd’hui dans nos pseudo-campagnes, ces exploitations où il y a mille vaches et bientôt plus alignées en rang d’oignon, gavées mécaniquement, dans quelque lieu industrieux choisi ironiquement sur le Plateau des Millevaches.) J’ai ainsi pu faire un tour d’horizon autorisé, selon les normes en cours, de la situation post-Brexit. L’impression laissée par ces réunions de Bruxelles, toutes excellences confondues, a été tonique et volontariste : certes nous traversons une phase délicate et nous ignorons encore les modalités du divorce, (...)


  • Millevaches : « L’industrie minière est une industrie de production de déchets »
    http://radiovassiviere.com/2016/04/lindustrie-miniere-est-une-industrie-de-production-de-dechets

    Conférence d’Antoine Gatet, de Sources et Rivières du Limousin, invité le 8 avril à la salle polyvalente Chavanac (Corrèze) par La Loutre fluorescente, alors que se précise le projet de stockage de déchets de l’industrie nucléaire sur les sites du Longy (Millevaches) et de la Barrière (Darnets). Durée : 1h30. Source : Radio Vassivière

    http://radiovassiviere.com/wp-content/uploads/2016/04/Conf%C3%A9rence-8-avril-2016-Chavanac-AGatet-discussion.mp3


  • Cartographie participative | Amis du PNR Rance-Emeraude

    http://www.amis-pnr-rance-emeraude.org/content/cartographie-participative

    Ce petit texte qui explique la #cartographie_participative est simple et l’approche me plait beaucoup.

    Pour connaître le territoire dans lequel nous habitons, nous pouvons en parcourir les routes en voiture, les chemins, à pied, nous pouvons consulter des photographies ou des vidéos disponibles sur Internet, nous pouvons également consulter des cartes.

    Des cartes de notre territoire, il en existe beaucoup, elle présentent les villes et villages, les routes, les bois, les paysages, les cours d’eau, ... Elles sont à différentes échelles et s’intéressent à différentes thématiques, elles nous permettent d’avoir une vision synthétique et parfois une vision plus spécialisée de l’endroit où nous vivons. Certaines d’entre elles mettent en évidence les attraits touristiques de la région, d’autres insistent sur les espaces naturels ou sur le patrimoine architectural, toutes participent à la connaissance de notre territoire.

    Mais bien sûr tout n’apparaît pas dans ces cartes, les informations que nous trouvons dignes d’intérêt à notre échelon local n’ont pas toujours vocation à apparaître sur des cartes de portée plus générale. Les arbres remarquables, la zone humide dans la vallée, les petits ruisseaux, les vieux puits, les lavoirs, les calvaires, certains sentiers, ... n’apparaissent pas sur les cartes d’intérêt général.

    Les moyens disponibles grâce aux technologies numériques nous permettent maintenant de prendre en main la cartographie de ce qui nous intéresse sur notre territoire et de publier ces cartes sur Internet. Comme pour d’autres projets tel Wikipedia, il existe des méthodes de cartographie permettant à chacun d’apporter une petite pierre à l’édifice de la connaissance de notre territoire, on parle alors de cartographie participative.

    Plusieurs d’entre nous souhaitent lancer ces actions de cartographies participatives. Il s’agit d’inviter les habitants du futur Parc Rance-Côte d’Emeraude à mieux connaître leur territoire en le cartographiant. Pour atteindre cet objectif nous comptons nous appuyer sur des outils déjà très largement utilisés par la communauté OpenStreetMap. Plusieurs Parcs Naturels Régionaux ont déjà entamé cette démarche (Préalpes d’Azur, Vercors, Verdon, Millevaches, ...).

    OpenStreetMap est un projet mondial dont l’objectif est de fournir des cartes libres de droits (ce qui n’est pas le cas des cartes IGN, Google, Michelin, etc ...), l’intérêt est de pouvoir réutiliser ces cartes sans avoir à demander une autorisation à un quelconque organisme, il suffit d’indiquer que ces cartes ont été réalisées par la communauté OpenStreetMap. Ces cartes sont accessibles sur Internet à toutes échelles, elles peuvent être réutilisées sur Internet ou imprimées.

    Les cartes sont accessibles sur le site http://openstreetmap.fr (link is external), les consulter permet de voir le niveau de précision dores et déjà atteint sur le monde entier. Leur intérêt est également de les réutiliser comme fond de carte afin d’y surajouter des éléments d’intérêt plus local ou moins perennes (près de 65 000 projets utilisent les fonds de carte OpenStreetMap dans des sites internet dédiés à des informations plus locales). Rennes carte ouverte (http://rennes.carte-ouverte.org (link is external)) est un bon exemple de ce type de réutilisation, les habitants de Rennes ajoutent les informations relatives à leur quartier au fond de carte.

    En 2015, plus de deux millions de bénévoles contribuent à OpenstreetMap au niveau mondial, cette communauté s’accroît en moyenne d’une douzaine de nouveaux contributeurs en France chaque jour.

    Chacun des contributeurs cartographie de façon simple son environnement immédiat, il documente les routes, les chemins, les trajets de bus, les circuits vélo, les bâtiments, les monuments, les paysages, les commerces, les voies ferrées ... Des logiciels l’assistent dans la saisie de ces informations. Toute l’information repose sur les contributeurs, elle peut être exacte ou inexacte, dans ce dernier cas, la philosophie du projet est d’attendre qu’un autre contributeur la corrige.

    Toute l’information saisie peut ensuite être visualisée sur les sites OpenStreetMap, certaines couches privilégient les circuits vélos ou les trajets de bus, d’autres sites proposent la mise en évidence des monuments (http://gk.historic.place (link is external)), etc ...

    Certaines zones sont mieux cartographiées que d’autres (plus de contributeurs dans les villes, moins dans les zone à faible densité), il y a donc encore beaucoup de travail à faire pour atteindre un niveau d’exhaustivité acceptable sur l’ensemble des régions.

    Le projet est donc dans un premier temps de s’initier aux outils puis de monter des opérations au niveau communal pour compléter la carte, et au delà d’imaginer ce que pourrait être un outil cartographique participatif auprès des habitants du Parc.


  • Non à la ferme-usine des mille veaux !
    http://reformeraujourdhui.blogspot.fr/2015/10/non-la-ferme-usine-des-mille-veaux.html

    Ce projet de centre d’engraissement de 1000 veaux est porté par un collectif d’éleveurs, la SAS Alliance Millevaches dont l’objectif est de doubler le poids d’un millier de veaux en à peine 200 jours !

    Plutôt que d’être nourris à l’herbe des prairies et libres de mouvement, les animaux seront parqués dans des espaces réduits, bourrés d’antibiotiques à cause du confinement, gavés d’un concentré sur-protéiné de soja et maïs OGM importés puis abattus sans étourdissement au bout de 7 mois !

    Ne répondant pas aux standards de qualité français, ce « minerai » serait ensuite exporté vers l’Italie et les pays du sud pour être introduit dans des lasagnes et autres raviolis...

    Le projet sera subventionné à hauteur de 400 000 € par l’Etat, 75 000 € du Conseil Général et 150 000 € du Conseil Régional) auquel il faudra ajouter l’emprunt que la Communauté de Communes des Sources de la Creuse prévoit de contracter pour réaliser l’ensemble des travaux du centre.

    #agroindustrie


  • Non à la ferme-usine des mille veaux !
    http://reformeraujourdhui.blogspot.com/2015/10/non-la-ferme-usine-des-mille-veaux.html

    Après la ferme-usine des 1000 vaches, située dans la Somme, c’est au tour d’un centre d’engraissement de plus de 1.000 veaux (1400 veaux à l’année) qui est sur le point de se concrétiser sur la commune de Saint-Martial-Le Vieux, dans La Creuse. Cette usine, nouvel exemple d’industrialisation de l’élevage, est présentée par ses promoteurs comme locale. Au lieu d’exporter les veaux en Italie pour les engraisser, ils le seraient au sein du Parc Naturel Régional de Millevaches… Ce projet de centre d’engraissement de 1000 veaux est porté par un collectif d’éleveurs, la SAS Alliance Millevaches dont l’objectif est de doubler le poids d’un millier de veaux en à peine 200 jours ! Plutôt que d’être nourris à l’herbe des prairies et libres de mouvement, les animaux seront parqués dans des (...)


  • Un territoire alternatif sur la montagne limousine, une utopie du XXIè siècle ?
    http://radiovassiviere.com/2015/09/un-territoire-alternatif-sur-la-montagne-limousine-une-utopie-du-xx

    Le vendredi 6 mars, Dominique Danthieux, historien, président de l’association Mémoire ouvrière en Limousin, est revenu sur son essai publié dans le livre Utopies en Limousin). Une conférence donnée dans le cadre de l’Université populaire d’Eymoutiers. « Au XIX ème et XXe siècle, les utopies furent surtout urbaines. C’est dans les villes qu’il fallait porter remède à la question sociale. Aujourd’hui l’utopie se tourne vers les territoires ruraux. Des espaces désertifiés, en perte de vitalité humaine, sociale et économique. (...) L’ouest du Plateau de Millevaches est devenu l’un de ces espaces de l’utopie." Durée : 1h09. Source : Radio (...)


  • lemonde.fr/police-justice/article/2015/08/25/pique-nique-terroriste-dans-l-ombre-de-tarnac_4736160_1653578.html

    Les gendarmes comprennent rapidement de quoi il retourne. Devant l’entrée de la brigade ont été placardées deux affiches : « Ils tuent Rémi Fraisse, ce n’est pas une bavure, de fait nos mondes sont ennemis ». Le blocage du portillon est de toute évidence une réponse à la mort du jeune homme, tué deux semaines plus tôt par une grenade lancée par un gendarme lors des rassemblements contre le barrage de Sivens. Quatre autres brigades ont fait l’objet dans la nuit du même type de sabotage, en Creuse et en Corrèze.
    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/08/25/pique-nique-terroriste-dans-l-ombre-de-tarnac_4736160_1653578.html#6QvpBZGtZ

    C’est quand même troublant cette fixette de la bleusaille pour la Corrèze.

    • Les gendarmes croient tenir leurs terroristes sur le plateau de Millevaches ! Louise Fessard
      https://www.mediapart.fr/journal/france/250815/les-gendarmes-croient-tenir-leurs-terroristes-sur-le-plateau-de-millevache

      Sur le plateau de Millevaches, l’affaire de Tarnac a laissé des traces. Accusé d’avoir cadenassé une gendarmerie du Limousin, un militant creusois de 35 ans sera jugé le 3 septembre pour « entrave au mouvement de personnel ou de matériel militaire ». Au départ ouverte pour « #terrorisme », l’enquête révèle une #surveillance gendarmesque délirante du plateau.

      #paywall comme le précédent

    • Gendarmerie et terroristes du cadenas, suite de l’article de Mediapart précité

      • Le 3 septembre, Gregory, un militant de 35 ans, comparaîtra devant le tribunal de grande instance de Guéret (Creuse) pour « entrave au mouvement de personnel ou de matériel militaire ». Rangé parmi les atteintes à la défense nationale, il s’agit d’un délit introduit dans le code pénal le 4 juin 1960 – en pleine guerre d’Algérie – par une ordonnance visant à faciliter « le maintien de l’ordre, la sauvegarde de l’État et la pacification de l’Algérie ».
      C’est une blague potache qui vaut au Creusois d’être jugé pour cette infraction rarement poursuivie devant les tribunaux français. Il est accusé d’avoir le 8 novembre 2014 cadenassé le portail de la gendarmerie d’Eymoutiers (Haute-Vienne) lors d’une manifestation pacifique en mémoire du jeune botaniste Rémi Fraisse. Gregory est également poursuivi pour « organisation d’une manifestation non déclarée ». Il encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
      Ce samedi 8 novembre 2014, le plateau de Millevaches est en ébullition après la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse, tué le 26 octobre par une grenade d’un gendarme à Sivens (Tarn). Environ 80 personnes défilent pacifiquement du centre-bourg d’Eymoutiers jusqu’à la gendarmerie devant laquelle elles s’installent pour pique-niquer. Un participant, le visage dissimulé par sa capuche et un foulard, cadenasse l’entrée de la brigade. Après quoi, il retire tranquillement sa capuche pour rejoindre le pique-nique. Les manifestants accrochent deux banderoles « Désarmons la police » et « A la niche les cognes », maculant symboliquement le macadam de peinture rouge. L’action sera revendiquée par l’Assemblée populaire du plateau de Millevaches dans une vidéo publiée par Rue89 le 10 novembre (l’appel a depuis été retiré mais on peut le retrouver ici).
      « Nous, assemblée populaire du plateau de Millevaches, appelons tous et chacun dans les jours qui viennent, à se rendre en masse devant les commissariats, gendarmeries et casernes, afin d’y bloquer par tous les moyens nécessaires, piquets, soudures, cadenas, murets, etc., la sortie des uniformes globalement inutiles, malfaisants et régulièrement assassins qui les peuplent. »
      « C’était franchement bon enfant avec des vieux et des jeunes, du genre casse-croûte devant la gendarmerie, se souvient Didier, 58 ans, retraité d’ERDF installé dans un village des alentours depuis trente ans. Il n’y a pas eu d’insulte, ni de cris. Les gendarmes, qui étaient à 200 mètres, n’ont pas eu à intervenir. » Sur le plateau, la mort du jeune militant écologiste a profondément touché. « Ça a créé de la colère "On nous tire comme des lapins !", car les gens ont réalisé que ça aurait pu être n’importe lequel d’entre nous : des Rémi Fraisse, il y en a plein ici », explique Daniel Denevert, 66 ans, ancien cadre supérieur dans la santé qui s’est installé dans le coin en 2009 à l’âge de la retraite. « Je l’ai vraiment vécu comme une injustice, ajoute de son côté Didier. Face aux jeunes, on n’hésite pas à tirer dans le tas, à faire dix blessés pour en effrayer cent, mais quand des agriculteurs se conduisent mal, on ne leur tire pas au Flashball dans la figure, ni à la grenade ! »
      Ce dont ne se doutent alors pas les manifestants, c’est que les militaires, mis en cause dans l’affaire de Sivens, sont sur les dents. Et que des enquêteurs, venus de la section de recherche de Limoges, les photographient soigneusement derrière une fenêtre de la brigade. Car le matin déjà, un gendarme d’Eymoutiers, venant à 6h40 prendre son service, s’est heurté à un portail dûment clos par une chaîne cadenassée. Sur le boîtier interphone de la brigade figurait une affiche fraîchement collée au ton accusatoire : « Ils tuent Rémi Fraisse ». Dans quatre brigades voisines de Corrèze et de Creuse, ses collègues militaires ont eu la même mauvaise surprise.
      Ni une ni deux, l’OPJ d’Eymoutiers, qui n’a pas froid aux yeux, se lance dans une enquête de flagrance pour « terrorisme » par « dégradation de bien » et « participation à un mouvement insurrectionnel ». Rien que ça. Présenté comme « faisant partie du premier cercle des responsables du mouvement » du plateau de Millevaches, le poseur de cadenas est rapidement identifié sur les photographies du rassemblement comme un habitant d’un petit village voisin, nommé Gregory. Où l’on retrouve l’« ultra-gauche »
      Lorsqu’ils repèrent en plus parmi les pique-niqueurs Julien Coupat et Gabrielle Hallez, les gendarmes pensent tenir leur insurrection. Venus en voisin de Tarnac (Corrèze), les deux militants, soupçonnés d’avoir saboté des lignes de TGV en 2008, sont alors encore sous le coup d’une mise en examen pour terrorisme [la juge d’instruction parisienne en charge du dossier a depuis abandonné cette qualification - ndlr]. Mieux encore, les gendarmes de la cellule de renseignement du Limousin, appelés en renfort, croient reconnaître une autre mise en examen, Aria Thomas, un cadenas à la main.
      « Au regard de l’implantation des lieux de commission des faits, de l’appartenance à la mouvance politique (extrême gauche) des individus impliqués et de la sensibilité qui en découlait », les gendarmes de la section de recherche de Limoges sont saisis de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Guéret. Lequel parquet requalifie les faits en « entrave au mouvement de personnel ou de matériel militaire ». Au total, ce sont 36 manifestants qui sont identifiés sur les clichés et étiquetés « sympathisants de la communauté anarchiste » pour avoir participé à un pique-nique militant devant la gendarmerie. Leurs profils n’ont pourtant rien d’inquiétant : une employée du Conseil départemental, le responsable d’une radio associative du plateau, plusieurs acteurs locaux de l’économie solidaire et sociale (« De Fil en réseau », « Garage associatif et solidaire en Limousin »), le « fils du médecin retraité » d’un village voisin, ainsi qu’une adolescente de 14 ans…
      Les enquêteurs ne lésinent pas sur les moyens. À l’issue de la manifestation, ils filent plusieurs manifestants dans Eymoutiers et relèvent leurs plaques d’immatriculation, ainsi que celles des participants à une réunion se déroulant plus tard dans l’après-midi. Le 15 et le 16 novembre 2014, deux autres rassemblements en mémoire de Rémi Fraisse à Tulle et à Saint-Antonin sont placés sous surveillance. Sans résultat. L’analyse des empreintes digitales et génétiques sur les quelques mégots et morceaux d’adhésif ne donne rien non plus, à part un profil inconnu des fichiers ; pas plus que celle du trafic téléphonique des bornes situées à proximité des brigades cadenassées. C’est également en vain qu’une trentaine de quincailleries et de magasins de motos de la région sont interrogés sur les récents acheteurs de chaînes et de cadenas.
      Manifestation à Tulle, le 15 novembre, après la mort de Rémi Fraisse. © (dr)
      À défaut de faits, il faut donc pas mal d’inspiration à la section de recherche de Limoges pour conclure le 18 mai 2015 à une action « d’individus formant la frange radicale de la mouvance anarchiste (…) regroupés autour d’une organisation auto-baptisée "Assemblée Populaire du Plateau de Millevaches" ». Dans ce rapport de synthèse, l’enquêteur voit dans l’Assemblée une « structure clandestine dont la finalité portait sur des opérations de déstabilisation de l’État par des actions violentes ». Et, dans une vision très policière, il la dote de deux théoriciens, Julien Coupat et le romancier Serge Quadruppani.
      Voici l’intégralité du passage intitulé « Historique de la mouvance anarchiste du Limousin ».
      « Dans les années 90 jusqu’au début des années 2000, des individus affiliés à des mouvements libertaires d’ultra-gauche s’installaient en Haute-Vienne, notamment dans les communes de Nouic, Blond, Cieux et surtout Bussière-Boffy. Ces installations accompagnées d’implantations de yourtes engendraient une profonde discorde avec les élus et la population.
      À partir de 2008 et suite à la médiatisation de l’affaire "des inculpés de Tarnac", de nombreux membres se revendiquant des milieux anarcho-autonomes rejoignaient le "Plateau de Millevaches" situé aux confins des trois départements de la région du Limousin pour se rassembler autour de leur leader charismatique et idéologue, le nommé Julien Coupat (mis en examen et incarcéré dans l’affaire citée supra relative à des actes de terrorisme sur les lignes du TGV français). Ces nouveaux arrivants bénéficiaient alors d’appuis de certains élus locaux et de personnes déjà installées et ralliées à leur cause. Au fil du temps, émergeait alors une structure clandestine dont la finalité portait sur des opérations de déstabilisation de l’État par des actions violentes menées au cours des manifestations d’importance.
      Cette communauté anarchiste se regroupait finalement dans un mouvement baptisé "L’assemblée populaire du Plateau de Millevaches". Son observation permettait de mettre en évidence que celle-ci était régulièrement fréquentée par de nombreux sympathisants belges, suisses, italiens et allemands ainsi que par de jeunes activistes originaires de différentes régions de France. Très méfiants, les membres de cette mouvance adoptaient une attitude de délinquants d’habitude. Au delà de ce mode de vie qui s’apparentait à la théorie prônée par Coupat Julien et Quadruppani Serge (considéré comme l’un des fondateurs), ces individus affichaient une volonté d’agir de manière concertée avec comme seul but de porter atteinte à l’État, à l’autorité de celui-ci et à ses infrastructures. Ils obéissaient ainsi à une doctrine "philosophico-insurrectionnaliste", tel qu’il était mentionné dans un pamphlet intitulé "L’insurrection qui vient".
      De ce fait, ils s’agrégeaient systématiquement à des mouvements de mécontentement écologistes, altermondialistes, anti-nucléaires, etc., prenant systématiquement pour prétexte certaines initiatives gouvernementales qu’ils baptisaient de "grands projets inutiles et imposés par le gouvernement ou les collectivités territoriales". La violence à l’égard des forces de l’ordre avec la volonté de porter atteinte à leur intégrité physique apparaissait toujours dans les slogans de ces individus.
      La mort de Fraisse Rémi donnait alors une nouvelle tribune à ces activistes et servait d’argument aux fins de mener des actions violentes contre les intérêts de l’État et ses représentants. Ils espéraient ainsi entraîner dans leur sillage les lycéens, écologistes, anticapitalistes, etc., souhaitant défendre cette cause et dénoncer la position du gouvernement. »
      « Un copié-collé de l’affaire de Tarnac »
      « C’est de la pure connerie, un copié-collé de Tarnac », réagit Daniel Denevert. Librement inspirée des élucubrations policières de l’affaire de Tarnac, cette réécriture de l’histoire du plateau de Millevaches ferait presque sourire ses habitants si elle ne dévoilait pas un degré de surveillance policière inquiétant.
      En fait de cellule clandestine, l’Assemblée populaire du plateau de Millevaches est un mouvement informel créé en 2010 au moment du mouvement contre la réforme des retraites. « Nous avions fait des blocages de dépôts de carburant, des taggages, une caisse de solidarité pour les grévistes, explique Daniel Denevert. Depuis, nous avons pris l’habitude de nous réunir à chaque fois qu’un sujet de société national ou local surgit. La liste de diffusion rassemble 150 à 200 personnes avec des parcours et sensibilités très différentes, des écolos, des artisans, des agriculteurs, des libertaires, etc. C’est une terre assez isolée, peu peuplée, avec des habitudes de solidarité quotidienne. L’assemblée fait écho à cet esprit de bienveillance. »
      Serge Quadruppani.
      Qualifié de fondateur du mouvement, l’écrivain et traducteur de polars Serge Quadruppani, 53 ans, ne s’est en fait installé sur le plateau qu’en 2011, soit un an après sa création. Croyant reconnaître sa voix dans l’appel vidéo diffusé sur Dailymotion, les gendarmes ont demandé à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de comparer sa bande-son avec un entretien radiophonique donné par l’écrivain. Encore une fausse piste, l’expert n’a relevé « aucune concordance objective ». « C’est très flatteur d’avoir voulu faire de moi l’idéologue du plateau, j’ai beaucoup de sympathie pour ce qui s’y passe, mais ces gens n’ont pas besoin de moi comme théoricien, s’amuse le romancier libertaire. Quant à la structure clandestine, c’est ridicule, il s’agit d’une assemblée publique à laquelle toute le monde peut participer. »
      Entendu en audition libre le 24 mars 2015 à l’issue de l’enquête, le seul suspect Gregory a refusé de répondre aux questions des gendarmes. « J’ai l’impression qu’ils se sont tapés de gros films et ont écrit une belle histoire », dit le jeune homme, investi dans une association agricole. Jointe par téléphone, son avocate Me Martine Blandy, juge l’enquête « disproportionnée dans ses qualificatifs et ses moyens ». « Cette débauche de moyens n’a mené à rien, elle a juste permis de faire du renseignement », estime l’avocate limougeaude.
      Michel Lulek, qui dirige un trimestriel local intitulé INPS, ne reconnaît pas non plus sa montagne limousine dans le récit gendarmesque. « Ce n’est pas du tout le campement de babas caricatural décrit, dit ce journaliste. Le plateau a connu des vagues successives d’installations de nouveaux habitants : des agriculteurs normands et hollandais dans les années 1950, le retour à la terre un peu naïf post-1968, la génération "développement local et éducation populaire" de la décentralisation des années 1980 dont je fais partie. Puis dans les années 2000 sont arrivés des gens dans une recherche d’autonomie, catalogués de décroissants qui ont installé quelques yourtes, ainsi que des militants engagés dans des luttes politiques, des squats. Les assemblées reflètent cette diversité, y compris celle des natifs du coin. »
      Il rappelle que le mouvement s’est également investi dans des débats très locaux, comme la réforme des communautés de communes et l’avenir du plateau, une région à faible densité que les géographes de la Datar transformeraient volontiers en « usine à bois et plateforme de production d’hydroélectricité pour le reste du pays ». « Réduire ces mobilisations à une groupe d’activistes, dans une grille de lecture policière hiérarchisée, c’est aussi une façon facile de se boucher les oreilles et de ne pas entendre les vraies questions posées sur le déficit de démocratie locale et la reconfiguration d’un territoire », estime Michel Lulek.