city:niamey

  • A Niamey, les chefs d’Etat africains inaugurent l’ère du libre-échange
    https://www.mediapart.fr/journal/international/040719/niamey-les-chefs-d-etat-africains-inaugurent-l-ere-du-libre-echange

    Le douzième sommet de l’Union africaine, qui s’ouvre jeudi 4 juillet à Niamey, va officiellement lancer une immense zone de libre-échange englobant les 54 États du continent, avec la création d’un marché unique pour les marchandises et les services. Des voix, minoritaires, dénoncent une « folie suicidaire ».

    #Afrique #UA,_Niger,_ZLEC,_Union_africaine,_libre_échange

  • Sahel, les militaires évincent le Quai d’Orsay, par Rémi Carayol (Le Monde diplomatique, juillet 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/07/CARAYOL/60053

    Lorsque, en février dernier, l’aviation française bombarde une colonne de chars de l’Union des forces de la résistance (UFR), un mouvement de l’opposition armée tchadienne, les commentateurs ne manquent pas de rappeler la longue histoire des ingérences de l’ancien colonisateur au Tchad (1). Cette opération, au cours de laquelle plusieurs membres de l’UFR auraient été tués, se singularise sur un point : pour la première fois depuis très longtemps, Paris assume pleinement l’utilisation de la force dans une affaire de politique intérieure mettant à mal son allié, le pourtant peu démocrate président Idriss Déby Itno (2).

    La France « ne se contente plus de créer les conditions favorables à une victoire de l’armée tchadienne : elle bombarde elle-même les rebelles », note ainsi la politiste Marielle Debos. Reprenant la propagande du régime autocratique tchadien, pour qui les rebelles ne sont que des « terroristes », le ministre des affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, compare même l’intervention de l’aviation française au déclenchement de l’opération « Serval » au Mali. En janvier 2013, celle-ci avait stoppé l’offensive d’une colonne de djihadistes qui menaçaient Bamako.

    Élu en 2011, puis réélu en 2016, le président nigérien Mahamadou Issoufou paraît aussi intouchable que son homologue tchadien, en dépit des nombreuses atteintes à la liberté d’expression dans son pays. M. Issoufou donne carte blanche à l’armée française, laquelle dispose d’une base à Niamey, d’où décollent ses drones pour, officiellement, surveiller les mouvements terroristes dans le Sahel (3). « Parce que c’est ancré dans leur culture, les militaires pensent que, pour faire face à la menace terroriste, il faut un homme fort à la tête du pays, nous explique un diplomate français en poste dans cette zone et ayant requis l’anonymat. Ils ne veulent pas comprendre que le soutien apporté à des autocrates peut aussi pousser des personnes à rejoindre les groupes terroristes, ou du moins à en devenir des sympathisants. »

    Or l’influence politique et diplomatique de l’état-major français ne cesse de grandir avec l’intensification de l’engagement militaire de Paris dans la zone saharo-sahélienne depuis 2013. « Aujourd’hui, au Sahel, l’aspect sécuritaire l’emporte sur tout, constate, amer, le même diplomate. Par conséquent, les militaires sont devenus des interlocuteurs jugés essentiels par les responsables politiques. Leurs analyses priment sur les nôtres. »

    Dans certains pays sahéliens, les officiers français sont les premiers interlocuteurs des chefs d’État, avant même les ambassadeurs. Ambassadrice à N’Djamena de 2013 à 2016 puis à Bamako de 2016 à 2018, Mme Évelyne Decorps ne manquait pas de s’irriter ouvertement de cette « concurrence ».

    Des officiers désinhibés
    Rappelée prématurément à Paris en 2018, elle a été nommée administratrice supérieure des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) — un poste considéré comme un placard. Le Quai d’Orsay bruisse de rumeurs selon lesquelles les militaires auraient obtenu sa tête. Sa mésaventure illustre la dérive d’une diplomatie réduite à accompagner les choix des militaires — et parfois à en assurer le service après-vente : collaboration sur le terrain avec des milices armées, voire des groupes rebelles (au Niger et au Mali notamment), refus catégorique d’entamer des négociations avec l’ennemi, etc.

    Cette évolution est le fruit de deux tendances lourdes et d’un concours de circonstances qui a accéléré le processus à partir de 2013. La première tendance tient à l’affaiblissement du ministère des affaires étrangères. « Les militaires ne font qu’occuper la place laissée vacante par les diplomates », souligne ainsi M. Laurent Bigot, ancien sous-directeur chargé de l’Afrique de l’Ouest au Quai d’Orsay, limogé en 2013 à la suite d’un différend avec le ministre de l’époque, M. Laurent Fabius. En trois décennies, le ministère a perdu 53 % de ses effectifs, dont une grande partie sur le continent africain. En 2017, un avis parlementaire évaluait à 40 % la réduction des effectifs sur la zone Afrique et océan Indien durant les dix dernières années (4). Pour expliquer cette amputation spécifique, les diplomates affirment que l’Afrique n’est pas considérée comme une destination noble au Quai d’Orsay. « Au contraire, soulignent les chercheuses Aline Leboeuf et Hélène Quénot-Suarez, l’Afrique est une marque d’expérience — voire de fierté — dans un parcours militaire », ce qui explique que « les militaires ont sans doute eu moins de difficultés à investir ce champ et à “remplacer” parfois les diplomates » (5).

    Parallèlement à la perte d’influence du Quai d’Orsay, une deuxième tendance peut être observée depuis trente ans : le retour en force des militaires dans la vie publique et même dans les choix politiques et diplomatiques — ce que Grégory Daho nomme la « revanche des généraux (6) ».

    Selon ce maître de conférences à l’université Paris-I, les officiers, longtemps réduits au silence après la guerre d’Algérie, sont de plus en plus désinhibés face aux politiques. Depuis les années 1990, explique-t-il, « la technicisation des opérations extérieures et la bureaucratisation des procédures (...) ont favorisé la réintégration partielle des officiers généraux au cœur des circuits décisionnels relevant de la politique étrangère ». Leur expertise s’impose de plus en plus. Or, poursuit Daho, s’il existe un terrain avec lequel l’armée a gardé le contact, c’est bien l’Afrique, où la France entretient une présence technique et militaire depuis les indépendances. Selon lui, « les professionnels des interventions en Afrique constituent désormais le réservoir de compétences disponibles ». Partisans d’une stratégie offensive et non plus attentiste comme ce fut le cas durant la guerre froide, ils en maîtrisent la tactique et les manœuvres. Ils ont ainsi bénéficié du « rééquilibrage entre dissuasion et projection » observé ces vingt dernières années, notamment au sein de l’Alliance atlantique, et du retour en force des doctrines contre-insurrectionnelles promues par les « glorieux anciens de la pacification coloniale », les maréchaux Joseph Gallieni et Thomas Bugeaud, pour imposer leurs vues.

    La marginalisation des diplomates aboutirait « à une perte de qualité dans les analyses, notamment en raison de l’éloignement avec le terrain, mais aussi d’erreurs en matière de recrutement, s’inquiète encore M. Bigot. Le Quai n’est plus une source de propositions. Les militaires, eux, occupent le terrain. Ils produisent beaucoup plus d’idées que les diplomates. Des idées de militaires... ». Le soutien aveugle de la France au falot président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta pourrait ainsi s’expliquer par sa complaisance envers l’armée française, à laquelle il accorde toute latitude sur son territoire (7).

    L’influence des militaires grandit également à l’Élysée. Chef des armées, le président donne l’ordre d’engagement pour les opérations extérieures (OPEX) (8). « L’état-major particulier du président de la République, souligne un rapport parlementaire, occupe aussi un espace sans cesse croissant, et beaucoup de décisions sont prises par des acteurs hors la sphère diplomatique (9). » Chef d’état-major particulier des présidents Nicolas Sarkozy (2007-2012) puis François Hollande (2012-2017), le général Benoît Puga a ainsi joué un rôle majeur dans le déclenchement de l’opération « Serval » en 2013 : il a convaincu M. Hollande d’ordonner dans l’urgence l’engagement des forces spéciales. Parfois surnommé le « M. Afrique » de la France, cet officier est issu des troupes de marine, dont l’histoire est intimement liée à celle de la colonisation. L’implication de M. Le Drian, alors ministre de la défense, a également été décisive. « À l’époque, rappelle un diplomate, Fabius était le ministre des affaires étrangères, mais il ne s’intéressait pas beaucoup à l’Afrique. Et il n’avait pas l’oreille du président. Au contraire de Le Drian, qui était un proche de Hollande, et qui est devenu incontournable après les déclenchements coup sur coup de l’opération “Serval”, puis de l’opération “Sangaris” en Centrafrique en 2013. »

    M. Le Drian, devenu ministre des affaires étrangères de M. Emmanuel Macron en 2017, pose dorénavant en principal interlocuteur des chefs d’État du pré carré africain ; son cabinet a pris le dessus sur la cellule Afrique de l’Élysée ainsi que sur l’administration du Quai d’Orsay. Manifestant peu d’intérêt pour le respect des droits humains, le ministre a tissé des relations personnelles avec M. Déby, mais aussi avec le président du Congo Denis Sassou Nguesso, ou encore avec le chef de l’État égyptien Abdel Fattah Al-Sissi.

    Face à l’essor des mouvements djihadistes, le prisme sécuritaire produit une vision binaire, selon laquelle il s’agirait d’un combat entre le « Bien » et le « Mal ». Or certains groupes armés s’apparentent plus à des mouvements très localisés, guidés par des revendications sociales et économiques, qu’à des terroristes « fous de Dieu ». Une fois cette réalité balayée, il est inenvisageable de négocier avec eux, comme l’avait suggéré la conférence d’entente nationale organisée par les autorités maliennes en avril 2017. « Nous sommes engagés dans un combat sans ambiguïtés contre ceux qui se revendiquent du terrorisme. Et donc il n’y a qu’un moyen, il n’y en a pas deux », avait alors déclaré le ministre des affaires étrangères de l’époque de M. Jean-Marc Ayrault, enterrant l’initiative.

    Depuis quelques années, l’Agence française de développement (AFD) subit elle aussi l’influence de l’armée. Interrogé par les députés le 22 mai dernier, le directeur général de l’AFD Rémy Rioux confirme avoir « souhaité dès [son] arrivée à la tête de l’AFD aller beaucoup plus loin sur le thème sécurité et développement avec l’état-major des armées ». Cette collaboration s’est concrétisée par l’échange d’agents de liaison : un officier est détaché au sein de l’AFD tandis qu’un fonctionnaire de l’AFD est en poste au quartier général de « Barkhane » à N’Djamena. Chaque mois se réunissent diplomates, acteurs du développement et militaires au Quai d’Orsay. Même les instituts de recherche associent les mondes de l’université et de l’armée.

    Du côté des militaires, on se frotte les mains. De leur point de vue, la coopération civilo-militaire (Cimic), qui désigne l’ensemble des activités visant à coordonner les relations entre les organisations militaires et les acteurs civils sur une zone d’intervention, « permet de faciliter l’acceptation de la présence des forces auprès des populations locales », note encore Daho. Pour eux, les intérêts militaires l’emportent sur toute autre considération. Il est ainsi de plus en plus souvent demandé à l’AFD de financer des projets dans les zones où intervient l’armée. En revanche, chez les chercheurs et agents des politiques de développement, cette étroite collaboration fait grincer des dents. « Ce n’est pas simple, note sobrement un cadre de l’AFD. Ces deux milieux n’ont pas la même culture. Les acteurs du développement doivent penser au temps long, quand les militaires pensent au temps court. »

    Creuser un puits, construire un dispensaire ou un marché, distribuer de la nourriture : les militaires veulent des projets visibles dans le but de gagner le plus rapidement possible « les cœurs et les esprits » des habitants des zones dans lesquelles ils opèrent. Mais, pour les « développeurs », cette stratégie menée indépendamment des autorités nationales est à double tranchant : elle risque de délégitimer un État déjà mis à mal dans ces régions isolées et ainsi d’accentuer la méfiance des populations locales envers l’autorité publique.

    Cette conception, dite des « 3 D » (diplomatie, défense, développement), longtemps négligée en France, a été érigée en priorité par M. Macron. Les partisans de cette approche intégrée prennent soin de la différencier de l’approche globale adoptée par les États-Unis en Irak et en Afghanistan, qui fait interagir les stratégies militaires, économiques, sociales et diplomatiques, notamment en mettant en place des équipes civilo-militaires chargées de soutenir les autorités locales reconnues. Selon M. Jean-Marc Châtaigner, envoyé spécial de la France pour le Sahel, qui ne dédaigne pas la langue de bois, la méthode américaine vise en premier lieu à faire accepter la présence militaire, tandis que « l’approche intégrée [à la française] n’induit aucune hiérarchie des objectifs recherchés, mais la recherche de leur combinaison optimale en vue du retour à une paix durable ».

    L’efficacité d’une telle vision reste pourtant à démontrer. Depuis que la France est intervenue au Mali en 2013, l’armée a tué plusieurs centaines de djihadistes présumés, dont certains chefs ; elle a détruit des dizaines de caches dissimulant des véhicules et des armes, et a creusé un grand nombre de puits pour les civils. Pourtant, les violences se sont multipliées dans l’ensemble de la zone saharo-sahélienne, et le nombre de morts parmi les populations n’a cessé d’augmenter, particulièrement ces deux dernières années. Débordant très largement de leurs fiefs situés dans le nord du Mali et dans le Sud libyen, les groupes « terroristes » ont étendu leur mainmise dans le centre du Mali, dans le nord et l’est du Burkina Faso et dans le nord-ouest du Niger. Ils menacent désormais les pays côtiers de l’Afrique occidentale, comme la Côte d’Ivoire ou le Bénin.

    Des groupes d’autodéfense communautaires ont émergé, se livrant à des massacres réciproques de civils. Au Mali, les attaques de village se sont multipliées ces dix-huit derniers mois. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, elles ont fait plus de 600 morts entre mars 2018 et mars 2019 et ont provoqué le déplacement de plus de 66 000 personnes. Le 23 mars 2019, une milice dogon, Dan Na Ambassagou, a ainsi assassiné 157 habitants du village peul d’Ogossagou, situé dans le centre du Mali ; elle a incendié une partie du village. Des tueries ont également été signalées au Burkina Faso et au Tchad. Les armées nationales sont accusées d’avoir elles-mêmes exécuté des civils au cours d’opérations de « pacification ». « Malgré la généralisation de forces locales ou étrangères, le renforcement des contingents, les réponses globales combinant subtilement les impératifs de sécurité et de développement, les engagements financiers colossaux, on s’enfonce », constatait récemment le général Bruno Clément-Bollée, ancien directeur de la coopération de sécurité et de défense au ministère des affaires étrangères (10).

    La « spirale négative » du « tout sécuritaire » a montré ses limites, estime ce dernier. La présence de plus de 13 000 casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (dont 122 militaires ont été tués depuis six ans) et de près de 4 500 soldats français, auxquels s’ajoutent les armées nationales et quelques centaines de militaires américains, italiens et allemands positionnés un peu partout dans la région, principalement au Niger, n’a pas permis d’inverser la tendance. Loin de là.

    Rémi Carayol

    Journaliste.
    (1) Marielle Debos, « Que fait l’armée française au Tchad ? », Libération, Paris, 8 février 2019.

    (2) Lire Delphine Lecoutre, « Le Tchad, un ami indispensable mais encombrant », Manière de voir, n° 165, « France-Afrique, domination et émancipation », juin-juillet 2019.

    (3) Lire « Les migrants dans la nasse d’Agadez », Le Monde diplomatique, juin 2019.

    (4) Ladislas Poniatowski et Bernard Cazeau, « Action extérieure de l’État : action de la France en Europe et dans le monde », avis n° 110, t. 1, commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, Paris, 23 novembre 2017.

    (5) Aline Leboeuf et Hélène Quénot-Suarez, « La politique africaine de la France sous François Hollande », Institut français des relations internationales (IFRI), Paris, 2014.

    (6) Grégory Daho, « L’érosion des tabous algériens, une autre explication de la transformation des organisations militaires en France », Revue française de science politique, Paris, vol. 64, no 1, février 2014.

    (7) Lire « Au Mali, la guerre n’a rien réglé », Le Monde diplomatique, juillet 2018.

    (8) Lire Philippe Leymarie, « De N’Djamena à Kaboul, opérations françaises secrètes », Le Monde diplomatique, mars 2008.

    (9) Jean-Claude Guibal et Philippe Baumel, « La stabilité et le développement de l’Afrique francophone », rapport d’information n° 2746, commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Paris, 6 mai 2015.

    (10) Bruno Clément-Bollée, « Au Sahel, arrêtons le(s) massacre(s) ! », Jeune Afrique, Paris, 6 juin 2019.

    #Afrique #Sahel #Sécurité #Armée_française #Aide_française

  • Comment réussir la transition démographique au Sahel, par Aïssa Diarra (Le Monde diplomatique, juillet 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/07/DIARRA/60060

    L’autonomisation des femmes est promue sous le vocable anglais d’empowerment. La Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations unies en a fait le centre de ses réflexions lors de sa soixante-troisième session, en mars 2019 à New York. Idem pour l’association internationale Women Deliver lors de sa conférence annuelle en juin 2019 à Vancouver. Le principe d’autonomisation tend à positionner les adolescentes comme des actrices à part entière de la mise en œuvre des projets qui leur sont destinés, et non seulement comme cibles. Or l’appropriation des projets par les adolescentes elles-mêmes et leur capacité à recourir aux services de santé sexuelle et reproductive constituent un défi multiforme, notamment en Afrique. Ce qui va de soi dans le contexte occidental, fortement influencé par les combats féministes et les luttes en faveur des droits de l’homme et de la femme, ne va plus de soi dans d’autres contextes, où les coutumes sociales, la religion et l’idéologie patriarcale dominent, et imposent d’autres valeurs.

    #Afrique #Sahel #jeunes_femmes #démographie

  • #Niger, part 3 : Guns won’t win the war

    After an ambush killed four US special forces and five local soldiers in #Tongo_Tongo, a village in the northern part of the #Tillabéri region close to Niger’s border with Mali, Boubacar Diallo’s phone rang constantly.

    That was back in October 2017. Journalists from around the world were suddenly hunting for information on Aboubacar ‘petit’ Chapori, a lieutenant of #Islamic_State_in_the_Greater_Sahara, or #ISGS – the jihadist group that claimed the attack.

    Diallo, an activist who had been representing Fulani herders in peace negotiations with Tuareg rivals, had met Chapori years earlier. He was surprised by his rapid – and violent – ascent.

    But he was also concerned. While it was good that the brewing crisis in the remote Niger-Mali borderlands was receiving some belated attention, Diallo worried that the narrow focus on the jihadist threat – on presumed ISGS leaders Chapori, Dondou Cheffou, and Adnan Abou Walid Al Sahrawi – risked obscuring the real picture.

    Those concerns only grew later in 2017 when the G5 Sahel joint force was launched – the biggest military initiative to tackle jihadist violence in the region, building on France’s existing Operation Barkhane.

    Diallo argues that the military push by France and others is misconceived and “fanning the flames of conflict”. And he says the refusal to hold talks with powerful Tuareg militants in #Mali such as Iyad Ag Ghaly – leader of al-Qaeda-linked JNIM, or the Group for the support of Islam and Muslims – is bad news for the future of the region.

    Dialogue and development

    Niger Defence Minister Kalla Moutari dismissed criticism over the G5 Sahel joint force, speaking from his office in Niamey, in a street protected by police checkpoints and tyre killer barriers.

    More than $470 million has been pledged by global donors to the project, which was sponsored by France with the idea of coordinating the military efforts of Mauritania, Mali, #Burkina_Faso, Niger, and Chad to fight insurgencies in these countries.

    “It’s an enormous task to make armies collaborate, but we’re already conducting proximity patrols in border areas, out of the spotlight, and this works,” he said.

    According to Moutari, however, development opportunities are also paramount if a solution to the conflict is to be found.

    "Five years from now, the whole situation in the Sahel could explode.”

    He recalled a meeting in the Mauritanian capital, Nouakchott, in early December 2018, during which donors pledged $2.7 billion for programmes in the Sahel. “We won’t win the war with guns, but by triggering dynamics of development in these areas,” the minister said.

    A European security advisor, who preferred not to be identified, was far more pessimistic as he sat in one of the many Lebanese cafés in the Plateau, the central Niamey district where Western diplomats cross paths with humanitarian workers and the city’s upper-class youth.

    The advisor, who had trained soldiers in Mali and Burkina Faso, said that too much emphasis remained on a military solution that he believed could not succeed.

    “In Niger, when new attacks happen at one border, they are suddenly labelled as jihadists and a military operation is launched; then another front opens right after… but we can’t militarise all borders,” the advisor said. If the approach doesn’t change, he warned, “in five years from now, the whole situation in the Sahel could explode.”

    Tensions over land

    In his home in east Niamey, Diallo came to a similar conclusion: labelling all these groups “jihadists” and targeting them militarily will only create further problems.

    To explain why, he related the long history of conflict between Tuaregs and Fulanis over grazing lands in north Tillabéri.

    The origins of the conflict, he said, date back to the 1970s, when Fulani cattle herders from Niger settled in the region of Gao, in Mali, in search of greener pastures. Tensions over access to land and wells escalated with the first Tuareg rebellions that hit both Mali and Niger in the early 1990s and led to an increased supply of weapons to Tuareg groups.

    While peace agreements were struck in both countries, Diallo recalled that 55 Fulani were killed by armed Tuareg men in one incident in Gao in 1997.

    After the massacre, some Fulani herders escaped back to Niger and created the North Tillabéri Self-Defence Militia, sparking a cycle of retaliation. More than 100 people were killed in fighting before reconciliation was finally agreed upon in 2011. The Nigerien Fulani militia dissolved and handed its arms to the Nigerien state.

    “But despite promises, our government abandoned these ex-fighters in the bush with nothing to do,” Diallo said. “In the meantime, a new Tuareg rebellion started in Mali in 2012.”

    The Movement for Oneness and Jihad in West Africa (known as MUJAO, or MOJWA in English), created by Arab leaders in Mali in 2011, exploited the situation to recruit among Fulanis, who were afraid of violence by Tuareg militias. ISGS split from MUJAO in 2015, pledging obedience to ISIS leader Abu Bakr al-Baghdadi.

    Diallo believes dialogue is the only way out of today’s situation, which is deeply rooted in these old intercommunal rivalries. “I once met those Fulani fighters who are the manpower of MUJAO and now of ISGS, and they didn’t consider themselves as jihadists,” he said. “They just want to have money and weapons to defend themselves.”

    He said the French forces use Tuareg militias, such as GATIA (the Imghad Tuareg Self-Defence Group and Allies) and the MSA (Movement for the Salvation of Azawad), to patrol borderlands between Mali and Niger. Fulani civilians were killed during some of these patrols in Niger in mid-2018, further exacerbating tensions.

    According to a UN report, these militias were excluded from an end of the year operation by French forces in Niger, following government requests.

    ‘An opportunistic terrorism’

    If some kind of reconciliation is the only way out of the conflict in Tillabéri and the neighbouring Nigerien region of Tahoua, Mahamadou Abou Tarka is likely to be at the heart of the Niger government’s efforts.

    The Tuareg general leads the High Authority for the Consolidation of Peace, a government agency launched following the successive Tuareg rebellions, to ensure peace deals are respected.

    “In north Tillabéri, jihadists hijacked Fulani’s grievances,” Abou Tarka, who reports directly to the president, said in his office in central Niamey. “It’s an opportunistic terrorism, and we need to find proper answers.”

    The Authority – whose main financial contributor is the European Union, followed by France, Switzerland, and Denmark – has launched projects to support some of the communities suffering from violence near the Malian border. “Water points, nurseries, and state services helped us establish a dialogue with local chiefs,” the general explained.

    “Fighters with jihadist groups are ready to give up their arms if incursions by Tuareg militias stop, emergency state measures are retired, and some of their colleagues released from prison.”

    Abou Tarka hailed the return to Niger from Mali of 200 Fulani fighters recruited by ISGS in autumn 2018 as the Authority’s biggest success to date. He said increased patrolling on the Malian side of the border by French forces and the Tuareg militias - Gatia and MSA - had put pressure on the Islamist fighters to return home and defect.

    The general said he doesn’t want to replicate the programme for former Boko Haram fighters from the separate insurgency that has long spread across Niger’s southern border with Nigeria – 230 of them are still in a rehabilitation centre in the Diffa region more than two years after the first defected.

    “In Tillabéri, I want things to be faster, so that ex-fighters reintegrate in the local community,” he said.

    Because these jihadist fighters didn’t attack civilians in Niger – only security forces – it makes the process easier than for ex-Boko Haram, who are often rejected by their own communities, the general said. The Fulani ex-fighters are often sent back to their villages, which are governed by local chiefs in regular contact with the Authority, he added.

    A member of the Nigerien security forces who was not authorised to speak publicly and requested anonymity said that since November 2018 some of these Fulani defectors have been assisting Nigerien security forces with border patrols.

    However, Amadou Moussa, another Fulani activist, dismissed Abou Tarka’s claims that hundreds of fighters had defected. Peace terms put forward by Fulani militants in northern Tillabéri hadn’t even been considered by the government, he said.

    “Fighters with jihadist groups are ready to give up their arms if incursions by Tuareg militias stop, emergency state measures are retired, and some of their colleagues released from prison,” Moussa said. The government, he added, has shown no real will to negotiate.

    Meanwhile, the unrest continues to spread, with the French embassy releasing new warnings for travellers in the border areas near Burkina Faso, where the first movements of Burkinabe refugees and displaced people were registered in March.

    https://www.thenewhumanitarian.org/special-report/2019/04/15/niger-part-3-guns-conflict-militancy
    #foulani #ISIS #Etat_islamique #EI #Tuareg #terrorisme #anti-terrorisme #terres #conflit #armes #armement #North_Tillabéri_Self-Defence_Militia #MUJAO #MOJWA #Movement_for_Oneness_and_Jihad_in_West_Africa #Mauritanie #Tchad

    @reka : pour mettre à jour la carte sur l’Etat islamique ?
    https://visionscarto.net/djihadisme-international

  • Au #Niger, l’UE mise sur la #police_locale pour traquer les migrants

    Au Niger, l’Union européenne finance le contrôle biométrique des frontières. Avec pour objectif la lutte contre l’immigration, et dans une opacité parfois très grande sur les méthodes utilisées.

    Niger, envoyé spécial.– Deux semaines après une attaque meurtrière attribuée aux groupes armés djihadistes, un silence épais règne autour du poste de la gendarmerie de Makalondi, à la frontière entre le Niger et le Burkina Faso. Ce jour de novembre 2018, un militaire nettoie son fusil avec un torchon, des cartouches scintillantes éparpillées à ses pieds. Des traces de balles sur le mur blanc du petit bâtiment signalent la direction de l’attaque. Sur le pas de la porte, un jeune gendarme montre son bras bandé, pendant que ses collègues creusent une tranchée et empilent des sacs de sable.
    L’assaut, à 100 kilomètres au sud de la capitale Niamey, a convaincu le gouvernement du Niger d’étendre les mesures d’état d’urgence, déjà adoptées dans sept départements frontaliers avec le Mali, à toute la frontière avec le Burkina Faso. La sécurité a également été renforcée sur le poste de police, à moins d’un kilomètre de distance de celui de la gendarmerie, où les agents s’affairent à une autre mission : gérer les flux migratoires.
    « On est les pionniers, au Niger », explique le commissaire Ismaël Soumana, montrant les équipements installés dans un bâtiment en préfabriqué. Des capteurs d’empreintes sont alignés sur un comptoir, accompagnés d’un scanneur de documents, d’une microcaméra et d’un ordinateur. « Ici, on enregistre les données biométriques de tous les passagers qui entrent et sortent du pays, on ajoute des informations personnelles et puis on envoie tout à Niamey, où les données sont centralisées. »
    Makalondi est le premier poste au Niger à avoir installé le Midas, système d’information et d’analyse de données sur la migration, en septembre 2018. C’est la première étape d’un projet de biométrisation des frontières terrestres du pays, financé par l’UE et le #Japon, et réalisé conjointement par l’#OIM, l’Organisation internationale pour les migrations – créatrice et propriétaire du système #Midas –, et #Eucap_Sahel_Niger, la mission de sécurité civile de Bruxelles.


    Au cœur de ce projet, il y a la Direction pour la surveillance du territoire (DST), la police aux frontières nigérienne, dont le rôle s’est accru au même rythme que l’intérêt européen à réduire la migration via le Niger. Dans un quartier central de Niamey, le bureau du directeur Abdourahamane Alpha est un oasis de tranquillité au milieu de la tempête. Tout autour, les agents tourbillonnent, en se mêlant aux travailleurs chinois qui renouvellent leur visa et aux migrants ouest-africains sans papiers, en attente d’expulsion.
    Dessinant une carte sur un morceau de papier, le commissaire Alpha trace la stratégie du Niger « pour contrôler 5 000 kilomètres de frontière avec sept pays ». Il évoque ainsi les opérations antiterrorisme de la force G5 Sahel et le soutien de l’UE à une nouvelle compagnie mobile de gardes-frontières, à lancer au printemps 2019.
    Concernant le Midas, adopté depuis 2009 par 23 pays du monde, « le premier défi est d’équiper tous les postes de frontière terrestre », souligne Alpha. Selon l’OIM, six nouveaux postes devraient être équipés d’ici à mi-2020.

    Un rapport interne réalisé à l’été 2018 et financé par l’UE, obtenu par Mediapart, estime que seulement un poste sur les douze visités, celui de Sabon Birni sur la frontière avec le Nigeria, est apte à une installation rapide du système Midas. Des raisons de sécurité, un flux trop bas et composé surtout de travailleurs frontaliers, ou encore la nécessité de rénover les structures (pour la plupart bâties par la GIZ, la coopération allemande, entre 2015 et 2016), expliquent l’évaluation prudente sur l’adoption du Midas.
    Bien que l’installation de ce système soit balbutiante, Abdourahamane Alpha entrevoit déjà le jour où leurs « bases de données seront connectées avec celles de l’UE ». Pour l’instant, du siège de Niamey, les agents de police peuvent consulter en temps quasi réel les empreintes d’un Ghanéen entrant par le Burkina Faso, sur un bus de ligne.
    À partir de mars 2019, ils pourront aussi les confronter avec les fichiers du Pisces, le système biométrique du département d’État des États-Unis, installé à l’aéroport international de Niamey. Puis aux bases de données d’Interpol et du Wapis, le système d’information pour la police de l’Afrique de l’Ouest, un fichier biométrique financé par le Fonds européen de développement dans seize pays de la région.
    Mais si le raccordement avec des bases de données de Bruxelles, envisagé par le commissaire Alpha, semble une hypothèse encore lointaine, l’UE exerce déjà un droit de regard indirect sur les écrans de la police nigérienne, à travers Frontex, l’agence pour le contrôle des frontières externes.

    Frontex a en effet choisi le Niger comme partenaire privilégié pour le contrôle migratoire sur la route dite de la Méditerranée centrale. En août 2017, l’agence y a déployé son unique officier de liaison en Afrique et a lancé, en novembre 2018, la première cellule d’analyse de risques dans le continent. Un projet financé par la coopération au développement de l’UE : 4 millions d’euros destinés à ouvrir des cellules similaires dans huit pays subsahariens.
    L’agence n’a dévoilé à Mediapart que six documents sur onze relatifs à ses liens avec le Niger, en rappelant la nécessité de « protéger l’intérêt public concernant les relations internationales ». Un des documents envoyés concerne les cellules d’analyse de risques, présentées comme des bureaux équipés et financés par Frontex à l’intérieur des autorités de contrôle des frontières du pays, où des analystes formés par l’agence – mais dépendants de l’administration nationale – auront accès aux bases de données.
    Dans la version intégrale du document, que Mediapart a finalement pu se procurer, et qui avait été expurgée par Frontex, on apprend que « les bases de données du MIDAS, PISCES et Securiport [compagnie privée de Washington qui opère dans le Mali voisin, mais pas au Niger – ndlr] seront prises en considération comme sources dans le plan de collecte de données ».
    En dépit de l’indépendance officielle des cellules par rapport à Frontex, revendiquée par l’agence, on peut y lire aussi que chaque cellule aura une adresse mail sur le serveur de Frontex et que les informations seront échangées sur une plateforme digitale de l’UE. Un graphique, également invisible dans la version expurgée, montre que les données collectées sont destinées à Frontex et aux autres cellules, plutôt qu’aux autorités nationales.
    Selon un fonctionnaire local, la France aurait par ailleurs fait pression pour obtenir les fichiers biométriques des demandeurs d’asile en attente d’être réinstallés à Paris, dans le cadre d’un programme de réinstallation géré par le UNHCR.
    La nouvelle Haute Autorité pour la protection des données personnelles, opérationnelle depuis octobre 2018, ne devrait pas manquer de travail. Outre le Midas, le Pisces et le Wapis, le Haut Commissariat pour les réfugiés a enregistré dans son système Bims les données de presque 250 000 réfugiés et déplacés internes, tandis que la plus grande base biométrique du pays – le fichier électoral – sera bientôt réalisée.
    Pendant ce temps, au poste de frontière de Makalondi, un dimanche de décembre 2018, les préoccupations communes de Niamey et Bruxelles se matérialisent quand les minibus Toyota laissent la place aux bus longue distance, reliant les capitales d’Afrique occidentale à Agadez, au centre du pays, avec escale à Niamey. Des agents fouillent les bagages, tandis que les passagers attendent de se faire enregistrer.
    « Depuis l’intensification des contrôles, en 2016, le passage a chuté brusquement, explique le commissaire Ismaël Soumana. En parallèle, les voies de contournement se sont multipliées : si on ferme ici, les passeurs changent de route, et cela peut continuer à l’infini. »
    Les contrôles terminés, les policiers se préparent à monter la garde. « Car les terroristes, eux, frappent à la nuit, et nous ne sommes pas encore bien équipés », conclut le commissaire, inquiet.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/280219/au-niger-l-ue-mise-sur-la-police-locale-pour-traquer-les-migrants
    #migrations #réfugiés #asile #traque #externalisation #contrôles_frontaliers #EU #UE #Eucap #biométrie #organisation_internationale_contre_les_migrations #IOM

    J’ajoute à la métaliste :
    https://seenthis.net/messages/731749

    • Biometrics: The new frontier of EU migration policy in Niger

      The EU’s strategy for controlling irregular West African migration is not just about asking partner countries to help stop the flow of people crossing the Mediterranean – it also includes sharing data on who is trying to make the trip and identifying to which countries they can be returned.

      Take Niger, a key transit country for migrants arriving in Europe via Libya.

      European money and technical assistance have flowed into Niger for several years, funding beefed-up border security and supporting controversial legislation that criminalises “migrant trafficking” and has led to a sharp fall in the registered number of people travelling through the country to reach Libya – down from 298,000 in 2016 to 50,000 in 2018.

      Such cooperation is justified by the “moral duty to tackle the loss of lives in the desert and in the Mediterranean”, according to the EU’s head of foreign policy, Federica Mogherini. It was also a response to the surge in arrivals of asylum seekers and migrants to European shores in 2015-16, encouraging the outsourcing of control to African governments in return for development aid.

      In April, as a further deterrent to fresh arrivals, the European Parliament passed a tougher “Regulation” for #Frontex – the EU border guard agency – authorising stepped-up returns of migrants without proper documentation to their countries of origin.

      The regulation is expected to come into force by early December after its formal adoption by the European Council.

      The proposed tougher mandate will rely in part on biometric information stored on linked databases in Africa and Europe. It is a step rights campaigners say not only jeopardises the civil liberties of asylum seekers and others in need of protection, but one that may also fall foul of EU data privacy legislation.

      In reply to a request for comment, Frontex told The New Humanitarian it was “not in the position to discuss details of the draft regulation as it is an ongoing process.”

      Niger on the frontline

      Niger is a key country for Europe’s twin strategic goals of migration control and counter-terrorism – with better data increasingly playing a part in both objectives.

      The #Makalondi police station-cum-immigration post on Niger’s southern border with Burkina Faso is on the front line of this approach – one link in the ever-expanding chain that is the EU’s information-driven response to border management and security.

      When TNH visited in December 2018, the hot Sunday afternoon torpor evaporated when three international buses pulled up and disgorged dozens of travellers into the parking area.

      “In Niger, we are the pioneers.”

      They were mostly Burkinabès and Nigeriens who travelled abroad for work and, as thousands of their fellow citizens do every week, took the 12-hour drive from the Burkina Faso capital, Ouagadougou, to the Niger capital, Niamey.

      As policemen searched their bags, the passengers waited to be registered with the new biometric #Migration_Information_and_Data_Analysis_System, or #MIDAS, which captures fingerprints and facial images for transmission to a central #database in Niamey.

      MIDAS has been developed by the International Organisation for Migration (#IOM) as a rugged, low-cost solution to monitor migration flows.

      “In Niger, we are the pioneers,” said Ismael Soumana, the police commissioner of Makalondi. A thin, smiling man, Soumana proudly showed off the eight new machines installed since September at the entry and exit desks of a one-storey prefabricated building. Each workstation was equipped with fingerprint and documents scanners, a small camera, and a PC.
      Data sharing

      The data from Makalondi is stored on the servers of the Directorate for Territorial Surveillance (DTS), Niger’s border police. After Makalondi and #Gaya, on the Benin-Niger border, IOM has ambitious plans to instal MIDAS in at least eight more border posts by mid-2020 – although deteriorating security conditions due to jihadist-linked attacks could interrupt the rollout.

      IOM provides MIDAS free of charge to at least 20 countries, most of them in sub-Saharan Africa. Its introduction in Niger was funded by Japan, while the EU paid for an initial assessment study and the electrical units that support the system. In addition to the border posts, two mobile MIDAS-equipped trucks, financed by #Canada, will be deployed along the desert trails to Libya or Algeria in the remote north.

      MIDAS is owned by the Nigerien government, which will be “the only one able to access the data,” IOM told TNH. But it is up to Niamey with whom they share that information.

      MIDAS is already linked to #PISCES (#Personal_Identification_Secure_Comparison_and_Evaluation_System), a biometric registration arm of the US Department of State installed at Niamey international airport and connected to #INTERPOL’s alert lists.

      Niger hosts the first of eight planned “#Risk_Analysis_Cells” in Africa set up by Frontex and based inside its border police directorate. The unit collects data on cross-border crime and security threats and, as such, will rely on systems such as #PISCES and MIDAS – although Frontex insists no “personal data” is collected and used in generating its crime statistics.

      A new office is being built for the Niger border police directorate by the United States to house both systems.

      The #West_African_Police_Information_System, a huge criminal database covering 16 West African countries, funded by the EU and implemented by INTERPOL, could be another digital library of fingerprints linking to MIDAS.

      Frontex programmes intersect with other data initiatives, such as the #Free_Movement_of_Persons_and_Migration_in_West_Africa, an EU-funded project run by the IOM in all 15-member Economic Community of West African States. One of the aims of the scheme is to introduce biometric identity cards for West African citizens.

      Frontex’s potential interest is clear. “If a European country has a migrant suspected to be Ivorian, they can ask the local government to match in their system the biometric data they have. In this way, they should be able to identify people,” IOM programme coordinator Frantz Celestine told TNH.

      The push for returns

      Only 37 percent of non-EU citizens ordered to leave the bloc in 2017 actually did so. In his 2018 State of the Union address, European Commission President Jean-Claude Juncker urged a “stronger and more effective European return policy” – although some migration analysts argue what is needed are more channels for legal migration.

      Part of the problem has been that implementing a returns policy is notoriously hard – due in part to the costs of deportation and the lack of cooperation by countries of origin to identify their citizens. Europe has had difficulty in finalising formal accords with so-called third countries unwilling to lose remittances from those abroad.

      The Commission is shifting to “informal arrangements [that] keep readmission deals largely out of sight” – serving to ease the domestic pressure on governments who cooperate on returns, according to European law researcher, Jonathan Slagter.

      The new Frontex regulation provides a much broader mandate for border surveillance, returns, and cooperation with third countries.

      It contains provisions to “significantly step up the effective and sustainable return of irregular migrants”. Among the mechanisms is the “operation and maintenance of a platform for the exchange of data”, as a tool to reinforce the return system “in cooperation with the authorities of the relevant third countries”. That includes access to MIDAS and PISCES.

      Under the new Frontex policy, in order to better identify those to be deported, the agency will be able “to restrict certain rights of data subjects”, specifically related to the protection and access to personal data granted by EU legislation.

      That, for example, will allow the “transfer of personal data of returnees to third countries” - even in cases where readmission agreements for deportees do not exist.

      Not enough data protection

      The concern is that the expanded mandate on returns is not accompanied by appropriate safeguards on data protection. The #European_Data_Protection_Supervisor – the EU’s independent data protection authority – has faulted the new regulation for not conducting an initial impact study, and has called for its provisions to be reassessed “to ensure consistency with the currently applicable EU legislation”.

      “Given the extent of data sharing, the regulation does not put in place the necessary human rights safeguards."

      Mariana Gkliati, a researcher at the University of Leiden working on Frontex human rights accountability, argues that data on the proposed centralised return management platform – shared with third countries – could prove detrimental for the safety of people seeking protection.

      “Given the extent of data sharing, the regulation does not put in place the necessary human rights safeguards and could be perceived as giving a green light for a blanket sharing with the third country of all information that may be considered relevant for returns,” she told TNH.

      “Frontex is turning into an #information_hub,” Gkliati added. “Its new powers on data processing and sharing can have a major impact on the rights of persons, beyond the protection of personal data.”

      For prospective migrants at the Makalondi border post, their data is likely to travel a lot more freely than they can.

      https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2019/06/06/biometrics-new-frontier-eu-migration-policy-niger
      #empreintes_digitales #OIM #identification #renvois #expulsions #échange_de_données

      ping @albertocampiphoto @karine4 @daphne @marty @isskein

  • Le #Niger et l’#Italie saluent la chute du flux de migrants africains vers l’Europe

    Le président du Niger Mahamadou Issoufou et le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, ont salué mardi 15 janvier à Niamey le #succès de la lutte conjointe contre l’#immigration_clandestine avec la chute drastique du flux de migrants vers l’Europe depuis 2016.
    « La collaboration conjointe avec le Niger a porté ses fruits (…) le nombre de migrants qui passent par le Niger a énormément baissé. L’Italie a réussi à réduire les débarquements (de clandestins) de 80%, voire plus, en 2018 », s’est félicité Giuseppe Conte.

    https://www.jeuneafrique.com/706613/societe/le-niger-et-litalie-saluent-la-chute-du-flux-de-migrants-africains-ver
    #externalisation #migrations #asile #réfugiés #lutte_contre_l'immigration_clandestine #statistiques #chiffres

  • Au Niger, la France donne l’asile à des migrants rescapés des geôles libiennes

    Début décembre, une mission de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides s’est délocalisée au #Niger pour examiner la situation d’environ 200 demandeurs d’asile.

    « Vous pouvez sourire ! » Cela fait une heure que Jemal raconte pourquoi il a quitté son pays, l’Erythrée, il y a quatre ans. La mort de sa mère, son père infirme, lui travaillant dans les mines d’or, la « discrimination » subie par la communauté protestante dont il fait partie, la peur d’être enrôlé de force dans l’armée… Et puis sa fuite en Ethiopie. L’attente près de deux ans dans un camp de réfugiés, puis le passage au Soudan. Il détaille comment il a été vendu par un passeur à un autre et son arrivée en Libye. Les mois de détention, la torture, par l’eau, les câbles électriques… « Souriez », répète, encourageant, l’officier de protection français. Il a placé son appareil à bonne hauteur pour tirer le portrait du demandeur d’asile. Il ne lui manque plus que cette photo d’identité pour compléter le dossier. Jemal (tous les prénoms des demandeurs d’asile ont été modifiés) a 21 ans et il voudrait obtenir la protection de la France.
    En ce début du mois de décembre, dans l’exiguïté des petits préfabriqués d’une antenne du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Niamey, au Niger, ils sont autour de 200, parmi lesquels une très grande majorité d’hommes érythréens, à passer des entretiens avec des agents français. C’est la sixième mission effectuée depuis un an au Niger par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
    Ce dispositif singulier de délocalisation de l’examen de la demande d’asile au Sahel est le fruit d’un engagement du président de la République. Le 9 octobre 2017, Emmanuel Macron s’était ainsi positionné pour accueillir, d’ici à octobre 2019, 10 000 réfugiés dans le cadre des programmes de réinstallation, dont 3 000 en provenance du Niger et du Tchad. La spécificité du Niger est qu’il reçoit des migrants évacués de Libye, après qu’ils ont été identifiés par le HCR dans des centres de détention, principalement à Tripoli.
    Horreur de la Libye
    « Même si notre mission de protection est limitée, j’y tiens beaucoup car elle permet de prendre en charge des gens très vulnérables », défendait Pascal Brice, directeur de l’Ofpra, jusqu’à fin décembre. Dans un contexte où, depuis un an, le taux de mortalité en Méditerranée centrale a plus que doublé pour les migrants qui tentent de la traverser, elle est aussi un moyen « d’éviter des drames », appuie Sophie Pegliasco, directrice de cabinet de l’Ofpra.
    Rapportés au nombre de personnes qui restent bloquées dans le pays, les quelque 2 700 migrants évacués de Libye depuis un an vers douze pays d’accueil en Occident demeurent une goutte d’eau. Près de 58 000 réfugiés et demandeurs d’asile sont enregistrés par le HCR dans le pays mais l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies estime à près de 700 000 le nombre de migrants présents, dont un nombre indéterminé est détenu dans des prisons sauvages, aux mains de passeurs ou de milices. Une partie de ces migrants ont pour projet de gagner l’Europe. Mais, résultat d’unesérie de mesures adoptées par l’Union européenne depuis fin 2016, l’itinéraire migratoire à travers la Méditerranée centrale s’est refermé et les arrivées en Europe depuis la Libye sont en chute libre, passées de près de 120 000 en 2017 à moins de 25 000 en 2018.
    Au fil des entretiens entre les officiers de protection et les demandeurs d’asile, auquel Le Monde a pu assister, c’est d’ailleurs l’horreur de la Libye qui est reconstituée. Ali a failli ne pas en réchapper. Comme de nombreux jeunes Erythréens, il a fui son pays notamment pour ne pas être soumis au service militaire obligatoire à durée indéterminée. Le jeune homme aurait voulu rester en Ethiopie, dans le camp de réfugiés où il a d’abord atterri. Mais porteur d’un projet de vie qui dépasse sa simple personne, « [ses] frères n’ont pas accepté », avoue-t-il. Sa famille débourse 1 700 dollars pour qu’il gagne le Soudan. Comme d’autres avant lui, Ali tombe aussitôt dans un trafic d’êtres humains. Il dit avoir été kidnappé et revendu à un Soudanais, un certain Aziz, qui détient plusieurs hangars en Libye, où les migrants sont reclus et rackettés.

    Aziz, Kidani, Mohamed… Dans les récits des personnes rescapées de Libye, « il y a des noms qui reviennent, souligne Vincent (qui a requis l’anonymat), chef de la mission Ofpra au Niger. Ce sont des gens qui souvent travaillent pour des Libyens dans des hangars où ils font régner la terreur. Cela donne l’impression d’une structuration du système. Compte tenu de l’argent en jeu, c’est logique ». Le rançonnage y est en effet systématisé. Dans le cas d’Ali, le passeur réclame 6 000 dollars en échange d’une libération et d’une traversée de la Méditerranée. Le jeune Erythréen passe six mois en détention. Il est battu, jusqu’à ce que sa famille lui transfère l’argent.
    Prisons sauvages
    Qu’ils parviennent ou non à réunir les sommes exigées, le sort des détenus demeure très aléatoire. Kidane, un Erythréen de 20 ans, également entendu par l’Ofpra, raconte au Monde les cinq mois qu’il a passés dans l’une des prisons sauvages de Beni Oualid, une commune sur la route vers le littoral libyen. « C’est le foyer des passeurs, dit-il. Ils font ce qu’ils veulent. Ils te frappent à coups de bâtons, ils te déshabillent et te jettent dans l’eau… Certains migrants restent enfermés un ou deux ans. D’autres meurent de faim parce qu’ils n’ont pas d’argent. Et même si tu paies, tu n’as aucune garantie d’être libéré. » La famille de Kidane aurait déboursé 4 000 dollars à deux reprises et en vain. Il a fini par réussir à s’échapper. Beaucoup des migrants entendus par la France au Niger ont tenté la traversée de la Méditerranée. Ali a été intercepté en mer par les garde-côtes libyens. Moussa, un Erythréen de 28 ans, aussi. Il a alors été envoyé dans un centre de détention « officiel » à Tripoli. C’est là qu’il sera repéré par le HCR, au bout de cinq mois. L’agence des Nations unies a conclu un accord avec les autorités libyennes pour pouvoir organiser des évacuations du pays depuis les centres gérés par le gouvernement où sont actuellement détenues environ 5 000 personnes.
    Kidane s’est rendu à l’un d’eux, de son plein gré, justement dans l’espoir d’être identifié par le HCR et de quitter la Libye. Il a attendu des mois, avec un millier d’autres migrants, réunis dans une seule et même pièce. « Même si j’ignorais ce qui allait se passer, au moins on ne me demandait pas d’argent. Je n’en pouvais plus d’être kidnappé par les passeurs et torturé. »
    « Dormir et attendre »
    Après l’exfiltration de la Libye, l’attente est longue encore. Moussa est arrivé au Niger en mai. Dans le centre du HCR où il est logé, « on ne fait que dormir et attendre », résume-t-il. Sur les 1 500 personnes que la France doit réinstaller depuis le pays d’ici à fin 2019, seules 352 sont déjà arrivées sur le territoire. Outre les migrants évacués de Libye, l’Ofpra auditionne aussi à Niamey des demandeurs d’asile identifiés par le HCR au Niger. A l’image de Bintou, une femme malienne arrivée en 2012, fuyant la région de Gao, dans le nord du Mali, où son village a été le théâtre de combats entre les djihadistes du Mujao et les Touareg du MNLA. Son « plus grand souhait » est d’être choisie par la France.
    Le Niger, pays parmi les plus pauvres du globe, accueille près de 60 000 réfugiés maliens qui ont fui comme Bintou le nord du pays en 2012 et près de 120 000 réfugiés nigérians qui ont fui Boko Haram à partir de 2013. Si les missions de réinstallation pilotées par le HCR sont aussi l’occasion de faire partir quelques poignées de ces réfugiés, parmi les plus vulnérables, elles génèrent par ailleurs des effets plus inattendus.
    Il y a un peu plus d’un an, au moment où le programme de réinstallation était lancé, un groupe d’environ 2 000 Soudanais originaires du Darfour est arrivé à Agadez, dans le nord du Niger. La plupart étaient descendus directement de Libye, où ils avaient transité après de longues années dans des camps de réfugiés au Tchad ou au Soudan. Certains observateurs voient dans ce mouvement un effet d’« appel d’air » créé par les missions de réinstallation, ce que dément le HCR sur place. Début décembre, plusieurs dizaines de ces réfugiés soudanais ont pourtant manifesté et organisé pendant plusieurs jours un sit-in devant les bureaux du HCR à Niamey. Ils réclamaient d’être eux aussi réinstallés en Europe ou en Amérique. Un projet qui n’est pas au programme.
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    Programmes de #réinstallation
    Depuis novembre 2017, douze pays occidentaux, parmi ­lesquels la France, la Belgique, le Canada et la Finlande, participent au Niger à un programme de réinstallation de réfugiés évacués par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) des centres de détention du gouvernement libyen. Ces Etats ont promis d’accorder l’asile à près de 5 500 migrants au total. Emmanuel ­Macron s’est engagé à accueillir en France, d’ici à la fin de l’année 2019, 10 000 réfugiés, dans le cadre des programmes de réinstallation depuis des pays du Sahel et du Proche-Orient. Parmi eux, 1 500 seront réinstallés depuis le Niger, dont une partie ayant été évacués de Libye.
    En Libye, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a identifié près de 700 000 migrants. Certains d’entre eux ­seulement souhaitent gagner l’Europe. En 2018, l’OIM a rapatrié plus de 16 000 migrants de Libye vers leurs pays d’origine au moyen d’un programme d’aide au retour volontaire.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/05/au-niger-la-france-donne-l-asile-a-des-migrants-rescapes-de-libye_5405385_32
    #OFPRA #asile #migrations #externalisation #procédure_d'asile #réfugiés #France #délocalisation

  • L’envers des friches culturelles | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/231218/l-envers-des-friches-culturelles

    Terrains vagues, bâtiments désaffectés, rails à l’abandon… Un peu partout en France, ces espaces qui faisaient auparavant l’objet d’occupations illégales sont convertis en lieux culturels par une poignée d’entrepreneurs ambitieux. Ces sites, souvent éphémères, se présentent comme « engagés » et « créatifs » et participant à la revalorisation de quartiers dépréciés. Mais cette « valorisation » semble avant tout financière. Une enquête parue dans le numéro 11 du Crieur, toujours en librairie.

    • C’est que Ground Control s’inscrit plus largement dans une politique foncière en pleine expansion au sein de la SNCF : l’urbanisme transitoire. « Cette démarche dite d’“urbanisme temporaire” ou transitoire est un levier essentiel de valorisation, avance Fadia Karam, directrice du développement de SNCF Immobilier. Cela permet d’intensifier l’usage de nos sites parfois vides et d’éluder des coûts de gardiennage, d’entretien et de sécurité, en limitant la détérioration et l’obsolescence de notre patrimoine. En dotant nos sites de nouveaux usages, nous développons la valeur de nos actifs. »

      icf-habitat

      La stratégie d’urbanisme transitoire du groupe ferroviaire prend naissance en 2013, quand une galerie de street art propose à ICF Habitat, filiale logement de la SNCF, d’investir provisoirement une de ses tours de logement destinée à la démolition. L’initiative, baptisée Tour Paris 13, est une telle réussite – trente mille visiteurs en un mois – que la SNCF entrevoit rapidement dans ce site culturel éphémère un formidable outil de communication sur la future HLM qui s’érigera en lieu et place de la tour. Et, par ricochet, d’augmentation de l’attractivité de ce quartier résidentiel grâce aux artistes graff les plus célèbres de la scène mondiale venus s’approprier l’immeuble en friche.

      Rapidement surnommée la « cathédrale du street art », la tour a été l’objet d’une grande attention médiatique, à l’image de Télérama, qui ira jusqu’à suivre en direct, avec trois caméras, la destruction du bâtiment en 2014. Trois ans plus tard, le même journal publiait un article élogieux sur le nouvel « immeuble HLM à l’architecture délirante » situé dans l’« eldorado parisien du street art ». Une opération de communication bénéficiant à la fois à l’acteur privé – la galerie Itinerrance – et à la SNCF, qui a pu aisément vendre ses logements flambant neufs à un prix lucratif.

      En 2015, deux ans après Tour Paris 13, l’occupation temporaire du dépôt de train de la Chapelle par Ground Control est appréhendée par SNCF Immobilier comme un projet pilote en vue de mieux formaliser sa démarche d’urbanisme transitoire. Après cette expérience concluante de friche culturelle éphémère, la filiale lance en fin d’année un appel à manifestation d’intérêt afin que seize de ses espaces désaffectés soient reconvertis provisoirement en « sites artistiques temporaires ».

      En réinvestissant une deuxième fois le dépôt de la Chapelle en 2016, puis la Halle Charolais de la gare de Lyon, Denis Legat devient, avec son concept Ground Control, le fer de lance de l’urbanisme transitoire prôné par la société nationale des chemins de fer. Au plus grand bonheur de Marie Jorio, cadre développement au sein de SNCF Immobilier qui, à propos du site de la Chapelle, déclare sans ambages : « Avec Ground Control, nous avons fait exister cette adresse plus rapidement et avons créé de l’attractivité : les opérateurs ont envie d’y aller et d’innover ! »

      Aux yeux de la SNCF, la friche culturelle Ground Control a en effet servi d’outil marketing pour mieux promouvoir l’aménagement urbain qui prévoit la construction de cinq cents logements dans ce coin morne du XVIIIe arrondissement. Quant aux visiteurs, ils ont été les cobayes de la future identité urbaine de ce quartier dévitalisé, Ground Control constituant un showroom hype au service du complexe immobilier en devenir. « L’ADN ferroviaire du site du dépôt Chapelle est ressorti très fortement dans l’appétence et le succès du concept, révèle ainsi SNCF Immobilier. Le projet urbain en cours de définition fera revivre cet ADN et cette identité ferroviaire très forte qui constituent un actif immatériel et un capital fort. »

      Le recours aux occupations temporaires pour accroître la valeur financière d’un projet immobilier et préfigurer ses futurs usages est de plus en plus systématique. En janvier 2018, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France avait recensé pas moins de soixante-dix-sept projets d’urbanisme transitoire en région francilienne depuis 2012 – dont plus de la moitié sont en cours. Quatre cinquièmes des propriétaires des sites sont des acteurs publics ( collectivités locales, établissements publics d’aménagement, SNCF, bailleurs sociaux ) et les occupations à dimension culturelle sont largement prédominantes.

      Les pouvoirs publics locaux ont par ailleurs décidé d’accompagner pleinement cette dynamique d’optimisation foncière. Le conseil municipal de Paris et le conseil métropolitain du Grand Paris ont tous deux récemment adopté le vœu qu’à l’avenir, tout projet d’aménagement urbain soit précédé d’une opération d’urbanisme transitoire. De plus, sur la quarantaine de projets d’urbanisme temporaire actuels, vingt-sept sont soutenus par la région Île-de-France dans le cadre de son appel à manifestations d’intérêt sur l’urbanisme transitoire lancé en 2016. Une enveloppe qui s’élève à 3,3 millions d’euros.

      Là encore, malgré les incantations à l’« innovation urbaine » et à la « transition écologique » de cet appel à projets, c’est avant tout l’argument économique qui fait mouche. « Il faut en moyenne douze ans pour qu’une ZAC [ zone d’aménagement concerté ] sorte de terre, avançait l’an dernier Chantal Jouanno, alors vice-présidente de la région. Durant ce laps de temps, les immeubles ne servent à personne, peuvent être squattés et perdre leur valeur. » La nature a horreur du vide. Les édiles parisiens également.
      Espace public, bénéfice privé

      Cultplace et La Lune rousse ne se contentent pas d’accaparer des friches. L’ensemble de leurs sites éphémères et établissements présentent en effet la particularité d’être des espaces hybrides, à la fois publics et privatisables, culturels et commerciaux. Des logiques tout autant artistico-festives que marchandes, qui ont permis aux entrepreneurs culturels de s’approprier une dénomination en vogue : celle de « tiers-lieu ».

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      Conceptualisé par le sociologue américain Ray Oldenburg dans un ouvrage intitulé The Great Good Place ( 1989 ), le tiers-lieu désigne à l’origine les espaces de sociabilité situés en dehors du domicile et du travail, comme les cafés ou les parcs publics. Cette expression aux contours flous a été employée afin de qualifier les premiers fablabs, les hackerspaces et autres jardins urbains partagés. Mais au grand dam des tenants de l’éthique open source et de l’esprit collectif de la débrouille, le terme de tiers-lieu s’est progressivement dénaturé jusqu’à qualifier de facto tout espace hébergeant des activités pluridisciplinaires, gratuites comme lucratives.

      « Je vois nos sites comme des écrins pour l’initiative, pour l’émergence d’envies, s’enflamme ainsi Renaud Barillet. Mais la réalité économique d’un tiers-lieu comme la friche 88 Ménilmontant fait qu’on a besoin de clients. Ce que l’on fabrique, ce sont des initiatives privées mais qui peuvent avoir une quote-part d’intérêt général. »

      Loïc Lorenzini, adjoint au maire du XVIIIe arrondissement chargé des entreprises culturelles, porte néanmoins un autre regard sur l’émergence de ces tiers-lieux. « Ground Control au dépôt de la Chapelle, cela n’a pas été évident avec eux au début, se souvient l’élu. Il y avait un service d’ordre avec des vigiles à l’entrée du lieu, ce qui n’a pas vraiment plu aux habitants du quartier. »

      Sa circonscription héberge actuellement deux sites artistiques temporaires de la SNCF : L’Aérosol – un hangar de fret reconverti en espace dédié au graffiti – et La Station-gare des mines – ancienne gare à charbon devenue salle de concert. Ces deux occupations de sites ferroviaires en friche préfigurent d’importants projets d’aménagement urbain comportant des logements, des bureaux ou encore l’Arena 2, une salle omnisports qui devrait être inaugurée en vue des Jeux olympiques de 2024.

      « Ces entreprises culturelles sont venues bousculer la vision classique de la culture, c’est-à-dire une vision subventionnée, avance Loïc Lorenzini. L’enjeu avec ces tiers-lieux, c’est qu’ils ne deviennent pas le cache-sexe de projets privés urbanistiques. Notre rôle est de rappeler que dans un arrondissement populaire comme le XVIIIe, il y a des enjeux locaux forts, telle la gentrification. »

    • Dernier avatar en date des tiers-lieux culturels qui foisonnent dans la capitale, La Recyclerie se présente comme « une start-up innovante qui réinvente le concept du tiers-lieu ( ni la maison ni le travail ) et fédère un large public sur le thème de l’écoresponsabilité ». Inauguré en 2014, cet établissement, composé d’un café-cantine, d’un atelier de réparation et d’une mini-ferme urbaine, est implanté au sein d’une station de train désaffectée de la Petite Ceinture, la gare Ornano, au nord du XVIIIe arrondissement.

      Les quais de la gare désaffectée du boulevard Ornano sur la ligne de Petite Ceinture. Les quais de la gare désaffectée du boulevard Ornano sur la ligne de Petite Ceinture.

      Un emplacement loin d’être anodin : la station à l’abandon se situe en effet porte de Clignancourt, à deux pas des échoppes discount des puces de Saint-Ouen, de la préfecture de police chargée des demandes d’asile de la capitale et d’un bidonville de Roms installé en contrebas de l’ancienne voie ferrée. Un carrefour où vendeurs à la sauvette, chiffonniers et migrants tentent de survivre par l’économie informelle.

      Malgré le fait qu’un tiers-lieu culturel ne soit pas de prime abord le projet urbain le plus pertinent en termes de besoins sociaux dans ce quartier populaire, « le maire de l’époque, Daniel Vaillant, a personnellement appuyé notre dossier, dévoile Marion Bocahut, présentée comme cheffe de projet écoculturel du lieu. La mairie du XVIIIe n’avait pas les moyens financiers d’acheter la gare Ornano, nous avons donc racheté l’intérieur du bâtiment ».

      La Recyclerie appartient à Sinny & Ooko, une société « créatrice de tiers-lieux et d’événements » dirigée par Stéphane Vatinel. Figure du milieu de la nuit, connu pour avoir fondé en 1992 le Glaz’art, un club électro emblématique installé dans un ancien dépôt de bus, l’entrepreneur a repris de 2003 à 2008 les rênes du Divan du monde, salle de spectacle historique de Pigalle.

      Par l’intermédiaire de son entreprise, ce quinquagénaire hyperactif est aujourd’hui l’exploitant de La Machine du Moulin rouge, l’incontournable discothèque techno du nord de la capitale, et du Pavillon des canaux, une bâtisse abandonnée sur les bords du bassin de la Villette réhabilitée en coffice – mi-café, mi-espace de travail.

      Quand il rachète la gare Ornano pour installer son tiers-lieu empreint « des valeurs collaboratives et du Do It Yoursef », Stéphane Vatinel fait appel à son ami Olivier Laffon, qui s’investit financièrement dans l’opération. Cet ancien magnat de l’immobilier devenu millionnaire a été le promoteur de mégacentres commerciaux, à l’instar de Bercy Village, Vélizy 2 ou Plan de campagne dans les Bouches-du-Rhône. Mais avec sa holding C Développement, Olivier Laffon s’est reconverti dans l’entreprenariat social.

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      Sa réalisation la plus célèbre demeure le Comptoir général, un ancien entrepôt au bord du canal Saint-Martin reconverti en 2009 en bar et « espace événementiel écosolidaire » à l’ambiance exotique. Devenu une référence quasi caricaturale du « Paris branché », le Comptoir général a fait appel jusqu’en 2013 aux services de Sinny & Ooko afin de développer et d’animer sa programmation. Une alliance pérenne entre les deux hommes d’affaires puisque C Développement avait précédemment investi dans le rachat du Divan du monde et dans La Machine du Moulin rouge, établissements gérés par Stéphane Vatinel…

      Pour les événements écoculturels de La Recyclerie, Sinny & Ooko a fait appel à un partenaire des plus édifiants : la fondation Veolia. L’entreprise du CAC 40, connue pour être le géant mondial de la privatisation de l’eau, finance en effet en grande partie la programmation du lieu et est partenaire de son cycle de conférences sur l’économie circulaire. La bibliothèque de La Recyclerie a de surcroît été ouverte avec des livres offerts par la multinationale. « Veolia nous accompagne aussi dans notre développement, notamment avec Scale up ( “changement d’échelle” ), un programme de l’Essec Business School qui nous a permis de savoir comment dupliquer un lieu comme La Recyclerie », détaille Marion Bocahut.

      Le concept de La Recyclerie a effectivement depuis peu changé d’échelle. Sinny & Ooko a inauguré en août dernier un nouveau tiers-lieu écoculturel baptisé la Cité fertile. Ici, comme pour Ground Control, SNCF Immobilier a fait signer à Sinny & Ooko, à l’aune de son appel à projets sur l’urbanisme transitoire, une convention d’occupation de trois ans de son ancienne gare de fret basée à Pantin. « Nous sommes là pour opérer une transition entre une gare de marchandises et le futur écoquartier de la ville de Pantin », assume Clémence Vazard, cheffe du projet de la Cité fertile.

      L’écoquartier prévoit mille cinq cents logements et près de cent mille mètres carrés de bureaux et de locaux commerciaux. Une opération foncière des plus rentables pour SNCF Immobilier et les promoteurs. Surnommée la « Brooklyn parisienne », Pantin constitue depuis peu un eldorado de la spéculation immobilière : l’ancienne cité industrielle a vu flamber de 15 % en cinq ans le prix du mètre carré, un record parmi les villes de la petite couronne parisienne.

      En attendant, sur près d’un hectare, la Cité fertile veut « explorer et imaginer la ville de demain » en attirant un million de curieux par an avec ses ateliers, ses conférences et sa cantine approvisionnée en circuits courts. Clémence Vazard explique que l’équipe a consulté la municipalité de Pantin afin d’« identifier les acteurs locaux et demander leurs contacts ». Parmi la cinquantaine de personnes salariées sur le site, une seule pourtant se consacre à cette ouverture sur les Pantinois. « En tout cas, si on a un partenariat comme Veolia qui peut se présenter, ce serait le meilleur pour nous », souligne la cheffe de projet. Avant de préciser : « Sinny & Ooko possède l’agrément Entreprise solidaire d’utilité sociale ( Esus ), en aucun cas nous ne faisons du greenwashing. »

      L’originalité de cette friche éphémère réside cependant ailleurs. La Cité fertile héberge en effet depuis septembre le « campus des tiers-lieux », école de formation et incubateur d’entreprises dont le but est de développer les tiers-lieux culturels en tant que modèles économiques d’avenir. « Depuis l’an dernier, Sinny & Ooko est certifié comme organisme de formation. Nous proposons un module pour apprendre à être responsable de tiers-lieu culturel, détaille Clémence Vazard. Nous avons déjà formé une soixantaine de personnes, dont certaines ont récemment monté leur propre tiers-lieu à Montreuil – la Maison Montreau – ou à Niamey, au Niger – L’Oasis, un espace de coworking parrainé par Veolia. »

      Selon les formateurs Sinny & Ooko, le tiers-lieu culturel est un modèle démultipliable à souhait, telle une unité standardisée qui se résume, selon sa plaquette de présentation, à un « HCR [ hôtel café restaurant ] à portée culturelle », où une activité économique « socle » de bar-restauration permet de financer une programmation qui fait vivre le lieu.
      Friche partout, créativité nulle part

      En moins de cinq ans, Cultplace, La Lune rousse et Sinny & Ooko ont édifié un véritable petit empire économique en Île-de-France. Elles ont même l’ambition de s’implanter durablement à travers l’Hexagone en reproduisant des fac-similés de leurs tiers-lieux respectifs. Renaud Barillet a ainsi récemment remporté deux appels à projets à Bordeaux et un autre à Lyon afin d’édifier « des projets très proches en termes d’ADN et de ventilation des espaces de ce qu’est La Bellevilloise ».

      En Charente-Maritime, à Rochefort, Cultplace est en train de mettre sur pied Grand foin, « une déclinaison rurale de La Bellevilloise », aux dires de Renaud Barillet. Par ailleurs, depuis 2016, Denis Legat et son équipe débarquent chaque été aux Rencontres de la photographie d’Arles, où ils investissent un ancien hangar de la SNCF avec leur habituelle formule Ground Control.

      Stéphane Vatinel, quant à lui, doit ouvrir d’ici 2023 La Halle aux Cheminées, un tiers-lieu dans une ancienne friche militaire de Toulouse dont le concept n’est autre qu’un copier-coller de La Recyclerie. Autant de jalons d’une hégémonie économico-culturelle dont se défend du bout des lèvres Renaud Barillet : « C’est vrai que ceux qui ont commencé à réaliser des tiers-lieux arrivent aujourd’hui à se développer et je pense que pour un nouveau venu, ce n’est pas si simple. Les appels d’offres demeurent très économiques et orientés vers l’immobilier. »

      Ce business model des friches est si bien rodé et rencontre un tel succès qu’il en devient vecteur d’une certaine uniformisation. À Paris, en plus du Poinçon, la gare de Montrouge rénovée par Cultplace, et de La Recyclerie, ex-gare Ornano, la plupart des seize stations de la Petite Ceinture deviendront des tiers-lieux, à l’instar du Hasard ludique, « lieu culturel hybride » niché porte de Saint-Ouen, ou de La Gare-jazz à la Villette – en lieu et place de l’ancien squat artistique Gare aux gorilles.

      La gare Masséna vue depuis la rue Regnault. La gare Masséna vue depuis la rue Regnault.

      Dans le cadre de Réinventer Paris, l’ancienne gare Masséna sera quant à elle réhabilitée en « lieu de vie et de proximité » d’ici 2019 avec bar et cantine, ferme urbaine, boutiques bio, espaces artistico-culturels et bureaux. Enfin, Stéphane Vatinel a l’an dernier remporté l’exploitation de deux sites en friche grâce à Réinventer la Seine, un appel à projets visant à « la construction d’un territoire métropolitain évident et d’envergure internationale ». Une usine désaffectée à Ivry et l’ancien tribunal de Bobigny seront ainsi, à l’horizon 2022, reconvertis tous deux en tiers-lieux écoculturels estampillés Sinny & Ooko.

      À cette dynamique de duplication des tiers-lieux s’ajoutent les dizaines de terrasses temporaires qui essaiment chaque été dans les interstices urbains de la capitale, à l’image de la Base Filante, une friche éphémère de trois mille mètres carrés qui a ouvert ses portes en juillet dernier à deux pas du Père-Lachaise. L’initiative est portée par quatre collectifs, dont certains ont déjà pris part à la conception d’une autre terrasse temporaire, la friche Richard Lenoir, ou à l’aménagement de La Station-gare des mines.

      Au programme de la Base Filante, le sempiternel quatuor bières artisanales, cours de yoga, tables de ping-pong et musique électronique. « On assiste à une sorte de standardisation qui annihile toute créativité : tout espace en friche se voit devenir un lieu éphémère avec un bar et des transats, s’alarme Quentin, du collectif Droit à la ( Belle )ville. La créativité s’arrête dès qu’il y a une tireuse à bière artisanale… »

      Enfin, la mise en avant quasi généralisée de l’imaginaire « squat », via la scénographie récup’ et DIY, comme à travers la rhétorique de l’alternative et du collaboratif dans la communication de ces lieux festifs, participe également à cette uniformisation des sites culturels. « Ces friches font croire à une fausse occupation de l’espace alors qu’il y a des vigiles à l’entrée, fulmine Quentin. On vend de faux espaces de liberté où on dit aux gens ce qu’ils doivent consommer et où. »

      Pour les chercheuses Juliette Pinard et Elsa Vivant, « cette esthétique du squat […], donnant la part belle aux atmosphères brutes et industrielles, participe à la mise en scène de ces lieux temporaires en tant qu’“espaces alternatifs” et expérience singulière ». En institutionnalisant les occupations transitoires, les friches culturelles éphémères ont réussi le tour de force de neutraliser la portée subversive des squats artistiques, qui contestaient la propriété privée en privilégiant le droit d’usage, tout en s’appropriant leurs codes esthétiques.

      « Et le squat devient fréquentable », titrait ainsi Télérama en avril dernier à propos des occupations transitoires après que Libération eut publié sur son blog Enlarge Your Paris un entretien intitulé « Les friches font entrer les villes dans l’ère des squats légaux ».

      Dans le quartier Darwin. Dans le quartier Darwin.

      Le phénomène des friches culturelles se circonscrit de moins en moins à la région Île-de-France. À Bordeaux, les instigateurs du site culturel Darwin Écosystème, installé depuis 2009 dans l’ancienne caserne Niel et qui se présente comme un « lieu d’hybridation urbaine mêlant activités économiques et initiatives citoyennes », ne se sont jamais cachés de s’être inspirés directement de La Bellevilloise. Le promoteur immobilier Résiliance a de son côté mis à disposition un terrain vague de vingt hectares situé au nord de Marseille à Yes We Camp, un collectif de cinquante salariés spécialisé dans la création de friches culturelles éphémères, à Paris comme à Roubaix.

      Depuis cette année, la vaste parcelle en jachère accueille un « parc métropolitain d’un nouveau genre, à la fois lieu de vie, de mémoire, de pratiques culturelles et sportives ». Le site, baptisé Foresta, est inséré dans un projet d’aménagement porté par Résiliance et articulé autour d’un immense entrepôt commercial réservé aux grossistes du marché textile chinois.

      Quant aux anciens abattoirs de Rezé, dans l’agglomération nantaise, ils hébergent depuis juillet dernier Transfert, trois hectares de friche culturelle définie par ses concepteurs comme un « espace qui se mue en un lieu de transition où l’on imagine, invente et fabrique ensemble un lieu de vie qui questionne la ville de demain ». L’occupation provisoire durera cinq ans, le temps nécessaire à accroître l’attractivité et la valeur immobilière de ce no man’s land qui doit accueillir un gigantesque projet d’aménagement urbain prévoyant trois mille logements.

      Cette politique de l’éphémère à fin mercantile semble ainsi définitivement être sur les rails qui la conduiront à se pérenniser et à s’étendre à l’ensemble du territoire. « Nous avons désormais un vivier de porteurs de projets qui nous sollicitent, affirme Charlotte Girerd, de SNCF Immobilier. Depuis 2015, une vingtaine de projets d’urbanisme transitoire ont été mis en œuvre. Notre ambition est que d’ici 2019-2020, deux à trois sites répondant à la démarche d’urbanisme transitoire soient lancés chaque année, avec la volonté de travailler de plus en plus hors d’Île-de-France. »

      Une filiale de la SNCF à la manœuvre d’opérations immobilières spéculatives, des collectivités publiques au service du développement économique, des entreprises culturelles de plus en plus hégémoniques… Si les friches culturelles viennent « questionner la ville de demain », elles soulèvent aussi une tout autre question : comment faire exister une politique culturelle affranchie de toute logique économique ?

    • L’envers des friches culturelles | Mickaël Correia
      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/231218/l-envers-des-friches-culturelles

      ( ai manqué publié un doublon ; j’ajoute ici pour mémoire l’ensemble de l’article et des #)

      MICKAËL CORREIA
      Terrains vagues, bâtiments désaffectés, rails à l’abandon… Un peu partout en France, ces espaces qui faisaient auparavant l’objet d’occupations illégales sont convertis en #lieux_culturels par une poignée d’#entrepreneurs ambitieux. Ces sites se présentent comme « engagés » et participant à la revalorisation de quartiers dépréciés. Mais cette « valorisation » semble avant tout financière. Une enquête parue dans le numéro 11 du Crieur, toujours en librairie.

      En haut de la rue de Ménilmontant, dans l’Est parisien, une palissade court le long du numéro 88. Pour les passants, impossible de deviner ce que cachent ces hautes planches de bois. Mais depuis l’an dernier, le 88 ouvre ses portes dès les prémices de l’été. Et il suffit de montrer patte blanche à un vigile nonchalant pour y découvrir une vaste friche réhabilitée en terrasse éphémère.

      Tables et chaises de guingois, mobilier en palettes de chantier et buvette en pin, décoration de bric et de broc, fresques street art… Tout respire l’esthétique récup’ et Do It Yourself. Sous la chaleur écrasante, certains sont avachis sur une chaise longue et sirotent une bière. D’autres s’adonnent paresseusement à une partie de ping-pong sur fond de musique électro.
      Durant tout l’été, dans cette scénographie naviguant entre squat urbain et guinguette, la #friche dénommée sobrement 88 Ménilmontant propose pêle-mêle initiations au yoga, ateliers de sophrologie ou performances artistiques. Entre deux palmiers en pot et une « fresque végétale collaborative », quelques rares graffitis semblent avoir été tracés bien avant la réhabilitation de cet espace en jachère. « Ce sont de vieux graffs qu’on pourrait presque qualifier d’historiques, assure une habitante du quartier. Avant, il y avait un squat d’artistes ici et tout a été rasé ! »

      À peine quatre ans auparavant, en lieu et place du 88 Ménilmontant, se dressaient d’anciens ateliers d’artisans miroitiers. Occupé depuis 1999 par un collectif libertaire, le bâtiment, rebaptisé La Miroiterie, était au fil des ans devenu un #squat incontournable de la scène musicale underground parisienne. Ses concerts éclectiques – hip-hop francilien, punk suédois, rap libanais, sans compter les interminables jam-sessions jazz du dimanche – attiraient chaque semaine un public bigarré.

      Certes, le lieu commençait à être insalubre, la qualité sonore n’était pas toujours au rendez-vous et les murs tagués sentaient la bière éventée. Mais comme le soulignent Emy Rojas et Gaspard Le Quiniou, qui y ont organisé une trentaine de concerts sous l’étiquette Arrache-toi un œil, « en passant le portail du squat, il y avait une sensation de liberté difficile à retrouver dans des lieux plus institutionnels ». Avec ses soirées à prix modiques, ses ateliers d’artistes indépendants et ses stands proposant fanzines et autres disques autoproduits, cet espace autogéré incarnait un îlot de #contre-culture mythique bien au-delà des frontières de la capitale.

      En avril 2014, l’effondrement d’un mur vétuste lors d’un concert sonne le glas de cette aventure singulière. Menacés d’expulsion depuis 2009 par un promoteur immobilier ayant acquis la parcelle, les occupants de La Miroiterie sont évacués sans ménagement ni projet de relogement, et ce malgré quinze années d’animation du quartier et le soutien de nombreux habitants.

      À deux pas de l’ex-Miroiterie siège l’imposante Bellevilloise. Fort de ses deux mille mètres carrés de salle de concert, d’espace d’exposition et de restaurant, cet établissement culturel est aujourd’hui l’un des repaires incontournables du Paris branché. Chaque année, le site accueille près de deux cent mille visiteurs qui viennent clubber ou applaudir des groupes estampillés « musique du monde ». À ces activités festives s’ajoutent des débats publics, avec parfois des invités de prestige comme Edgar Morin ou Hubert Reeves, et des soirées privées de grandes entreprises telles que Chanel et BNP Paribas.

      La façade de La Bellevilloise à Paris.

      Plus qu’un temple dédié à la #culture et aux grands événements parisiens, La Bellevilloise est aussi la figure de proue des friches urbaines reconverties en sites culturels. Ancienne coopérative ouvrière de consommation créée peu de temps après la Commune, bastion militant où Jean Jaurès tenait ses rassemblements, l’immeuble à l’abandon, qui hébergea après guerre une caisse de retraites, a été racheté au début des années 2000. À la manœuvre de cette opération immobilière, un trio de jeunes entrepreneurs issus du monde du spectacle et de la publicité. « Nous étions assez pionniers à l’époque. Mobiliser une surface aussi importante sur Paris pour des activités culturelles, c’était novateur », reconnaît Renaud Barillet, l’un des trois fondateurs et directeur général associé de La Bellevilloise.

      Quand le site est inauguré en 2006, le chef d’entreprise est pleinement dans l’air du temps. Motrice de nombreuses occupations illégales de friches industrielles, la vague techno qui a submergé l’Europe à la fin des années 1980 est alors en train de progressivement s’éteindre. Les warehouses berlinoises, ces entrepôts désaffectés investis le temps d’une soirée clandestine, se transforment en clubs électros commerciaux. À Paris, l’organisation en 2001 d’une fête techno sauvage dans l’ancienne piscine désaffectée Molitor, en plein XVIe arrondissement, marque le chant du cygne des free parties urbaines.

      La façade de La Condition publique à Roubaix.

      Le tournant des années 2000 voit dès lors les débuts de la réhabilitation des lieux industriels en #espaces_culturels. L’ancien marché couvert Sainte-Marie à Bruxelles est reconverti en 1997 en complexe culturel baptisé Les Halles de Schaerbeek. De son côté, la manifestation Lille 2004 Capitale européenne de la culture fait émerger nombre d’établissements dans des usines abandonnées par l’industrie textile locale. « Nous nous sommes inspirés de La Condition publique, un lieu culturel installé dans un ancien entrepôt de laine à Roubaix depuis Lille 2004, mais aussi de ce que fabriquait Fazette Bordage, la créatrice du Confort moderne à Poitiers, première friche culturelle en France », détaille Renaud Barillet.

      Du point de vue de l’équipe de La Bellevilloise, se pencher sur le 88 de la rue de Ménilmontant était une démarche des plus évidente. « Nous avons toujours été préoccupés par ce que La Miroiterie allait devenir, car un squat, par définition, c’est éphémère, explique l’entrepreneur. Comme elle est située juste derrière La Bellevilloise, nous nous sommes dit que si une opération immobilière se préparait, il fallait être attentif à l’ensemble architectural, aux problèmes de nuisances sonores, etc. »

      Ayant eu vent de ce que le récent propriétaire du lieu voulait édifier un immeuble d’un seul tenant, les dirigeants de La Bellevilloise interpellent Bertrand Delanoë, à l’époque maire de la capitale. À peine quelques mois plus tard, #Paris_Habitat, bailleur social de la ville de Paris, rachète le lot immobilier et un projet de réhabilitation est ficelé avec Renaud Barillet et ses comparses : côté rue, des logements étudiants avec, au rez-de-chaussée, sept ateliers-boutiques d’artistes design. En fond de cour, l’entrepreneur a prévu « une fabrique d’image et de son [ un studio de production et une salle de concert – ndlr ], des espaces de coworking, des bureaux et un spa à dimension artistique ».

      Bertrand Delanoë en 2010.

      Partant, l’ancienne Miroiterie est démolie. Afin de rentabiliser cette friche et d’engranger des recettes qui serviront à la construction du nouvel établissement (dont l’ouverture est prévue en 2021), l’équipe a mis sur pied une terrasse éphémère dès le printemps 2017. Bien éloigné des visées culturelles à but non lucratif de La Miroiterie, le 88 Ménilmontant n’est pas sans susciter l’ire des riverains et des anciens occupants du squat.

      Figure historique de La Miroiterie, Michel Ktu déclare ainsi par voie de presse : « Ils montent des salles en piquant nos idées parce qu’eux n’en ont pas. Ils récupèrent un décor de squat, mettent des câbles électriques apparents, des trous dans le mur, des canapés défoncés et des graffs, mais ils ne savent pas accueillir les gens ni les artistes. » « Il y a une surface vide, autant qu’elle soit utilisée, se défend Renaud Barillet. Quant à la forme “transat et tireuses à bière”, on ne va pas réinventer l’eau chaude : c’est un modèle basique et provisoire. »

      Faire du blé sur les friches

      Renaud Barillet n’en est pas à son galop d’essai. Avec son acolyte, Fabrice Martinez, également cofondateur de La Bellevilloise et ancien chef de publicité chez Nike et Canal+, il a récemment créé le groupe Cultplace, qui s’affiche comme une « fabrique de lieux de vie à dimension culturelle ». Les ambitieux entrepreneurs ont ainsi reconverti en 2013 un coin des halles de La Villette, anciens abattoirs aux portes de la capitale rénovés au début des années 2000. Dans cet écrin de métal et de verre appartenant au patrimoine public, ils ont conçu un restaurant-scène de jazz baptisé La Petite Halle.

      La rotonde du bassin de la Villette.

      Au sud du bassin de la Villette, La Rotonde, ex-barrière d’octroi du nord de Paris datant du XVIIIe siècle, a quant à elle été réhabilitée par ces businessmen en Grand Marché Stalingrad, hébergeant des « comptoirs food », un concept-store design et un club. Le bâtiment, alors à l’abandon, avait été restauré à l’initiative de la ville de Paris en 2007.

      Durant la seule année 2018, deux friches industrielles reconverties en site culturel ont ouvert sous la houlette de #Cultplace. L’ancienne gare désaffectée de Montrouge-Ceinture a été confiée par Paris Habitat et la mairie du XIVe arrondissement à Renaud Barillet afin d’être rénovée en café-restaurant culturel. Sur les bords du canal de l’Ourcq, à Pantin, les gigantesques Magasins généraux ont été quant à eux réhabilités en 2016. Longtemps surnommés le « grenier de Paris », ces entrepôts stockaient auparavant les grains, farines et charbons qui approvisionnaient la capitale.

      Si l’immeuble de béton accueille depuis peu le siège du géant de la publicité BETC, Cultplace y a niché à ses pieds Dock B – le B faisant référence à La Bellevilloise –, mille deux cents mètres carrés de cafés-comptoirs, scène artistique et terrasse qui devraient être inaugurés à la rentrée 2018. « Tous nos lieux sont indépendants, car nous ne sommes pas sous tutelle publique ni même subventionnés, insiste Renaud Barillet. Nous ne dépendons pas d’un grand groupe ou d’un seul investisseur. »

      Logo de CultPlace.

      Cultplace n’est cependant pas la seule entreprise partie à la conquête des friches industrielles de la métropole parisienne. En vue de concevoir et d’animer le Dock B, Renaud Barillet s’est associé à l’agence Allo Floride. Avec La Lune rousse, une société organisatrice d’événementiels, cette dernière a été à l’initiative de Ground Control, un bar temporaire inauguré en 2014 à la Cité de la mode et du design. Depuis cette première expérience lucrative, La Lune rousse s’est fait une spécialité : l’occupation provisoire, sous l’étiquette Ground Control, de sites désaffectés appartenant à la SNCF.

      Ainsi, en 2015, quatre mille mètres carrés du dépôt ferroviaire de la Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement, ont été mis à disposition de l’entreprise le temps d’un été afin de le reconvertir en « bar éphémère, libre et curieux ». La manifestation s’est révélée si fructueuse en termes d’affluence qu’elle a été renouvelée l’année suivante par la SNCF, attirant quatre cent mille personnes en cinq mois.

      Espace insolite chargé d’histoire industrielle, musique électro, transats, ateliers de yoga, comptoirs food et esthétique récup’, le concept Ground Control utilise exactement les mêmes ficelles que Cultplace pour produire ses friches culturelles. Quitte à réemployer les mêmes éléments de langage. Se définissant ainsi comme un « lieu de vie pluridisciplinaire » ou comme une « fabrique de ville, fabrique de vie », Ground Control, couronné de son succès, a pris place depuis 2017 au sein de la Halle Charolais, un centre de tri postal de la SNCF situé près de la gare de Lyon. Un million de visiteurs annuels sont cette fois-ci attendus dans le hangar à l’abandon.

      Ouvertes en février, la « Halle à manger », qui peut servir trois cents couverts par jour, les boutiques et les galeries-ateliers de Ground Control se réclament toutes d’un commerce équitable ou bio. Et si, sur la cinquantaine de #salariés sur le site, quarante-deux sont employés en tant que #saisonniers, ce « laboratoire vivant d’utopie concrète », aux dires de ses créateurs, n’hésite pas à s’afficher comme un « lieu engagé » accueillant tous ceux qui sont en « mal de solidarité ».

      Toutefois, Denis Legat, directeur de La Lune rousse, ne s’est pas seulement attelé à la réhabilitation d’une jachère urbaine en friche culturelle « alternative et indépendante ». Depuis plus de vingt ans, cet homme d’affaires s’est solidement implanté dans le business de l’organisation des soirées d’entreprise. Sa société compte à son actif la mise en œuvre de la Nuit électro SFR (si_ c)_ au Grand Palais, afin de « célébrer l’arrivée de la 4G à Paris », ou encore la privatisation de la salle Wagram lors d’une soirée Bouygues Bâtiment.

      Récemment, La Lune rousse a conçu un « bar à cocktail domestique et connecté » pour le groupe Pernod Ricard, présenté lors d’un salon high-tech à Las Vegas, et scénographié la summer party de Wavestone, un cabinet de conseil en entreprise coté en bourse. Des clients et des événements bien éloignés des « initiatives citoyennes, écologiques et solidaires » brandies par Ground Control…

      Malgré l’ambivalence éthique de La Lune rousse, la SNCF s’est très bien accommodée de cette entreprise acoquinée avec les fleurons du secteur privé français pour occuper plusieurs de ses friches. « Ce sont des lieux qui nous appartiennent et que nous ne pouvons pas valoriser immédiatement, justifie Benoît Quignon, directeur général de SNCF Immobilier, la branche foncière du groupe. Nous choisissons donc de les mettre à disposition d’acteurs qui se chargent de les rendre vivants. »

      En faisant signer à La Lune rousse une convention d’occupation temporaire de la Halle Charolais jusque début 2020, l’objectif de SNCF Immobilier est assurément de rentabiliser financièrement cet espace vacant sur lequel un programme urbain dénommé « Gare de Lyon-Daumesnil » prévoit la création de six cents logements, de bureaux et d’équipements publics d’ici 2025.

      C’est que #Ground_Control s’inscrit plus largement dans une politique foncière en pleine expansion au sein de la SNCF : l’#urbanisme_transitoire. « Cette démarche dite d’“urbanisme temporaire” ou transitoire est un levier essentiel de valorisation, avance Fadia Karam, directrice du développement de SNCF Immobilier. Cela permet d’intensifier l’usage de nos sites parfois vides et d’éluder des coûts de #gardiennage, d’entretien et de #sécurité, en limitant la détérioration et l’obsolescence de notre patrimoine. En dotant nos sites de nouveaux usages, nous développons la valeur de nos actifs. »

      La stratégie d’urbanisme transitoire du groupe ferroviaire prend naissance en 2013, quand une galerie de street art propose à ICF Habitat, filiale logement de la SNCF, d’investir provisoirement une de ses tours de logement destinée à la démolition. L’initiative, baptisée Tour Paris 13, est une telle réussite – trente mille visiteurs en un mois – que la SNCF entrevoit rapidement dans ce site culturel éphémère un formidable outil de #communication sur la future HLM qui s’érigera en lieu et place de la tour. Et, par ricochet, d’augmentation de l’attractivité de ce quartier résidentiel grâce aux artistes graff les plus célèbres de la scène mondiale venus s’approprier l’immeuble en friche.

      Rapidement surnommée la « cathédrale du #street_art », la tour a été l’objet d’une grande attention médiatique, à l’image de Télérama, qui ira jusqu’à suivre en direct, avec trois caméras, la destruction du bâtiment en 2014. Trois ans plus tard, le même journal publiait un article élogieux sur le nouvel « immeuble HLM à l’architecture délirante » situé dans l’« #eldorado parisien du street art ». Une opération de communication bénéficiant à la fois à l’acteur privé – la galerie Itinerrance – et à la SNCF, qui a pu aisément vendre ses logements flambant neufs à un prix lucratif.

      En 2015, deux ans après Tour Paris 13, l’occupation temporaire du dépôt de train de la Chapelle par Ground Control est appréhendée par SNCF Immobilier comme un projet pilote en vue de mieux formaliser sa démarche d’urbanisme transitoire. Après cette expérience concluante de friche culturelle éphémère, la filiale lance en fin d’année un appel à manifestation d’intérêt afin que seize de ses espaces désaffectés soient reconvertis provisoirement en « sites artistiques temporaires ».

      En réinvestissant une deuxième fois le dépôt de la Chapelle en 2016, puis la Halle Charolais de la gare de Lyon, Denis Legat devient, avec son concept Ground Control, le fer de lance de l’urbanisme transitoire prôné par la société nationale des chemins de fer. Au plus grand bonheur de Marie Jorio, cadre développement au sein de SNCF Immobilier qui, à propos du site de la Chapelle, déclare sans ambages : « Avec Ground Control, nous avons fait exister cette adresse plus rapidement et avons créé de l’attractivité : les opérateurs ont envie d’y aller et d’innover ! »

      Aux yeux de la SNCF, la friche culturelle Ground Control a en effet servi d’outil #marketing pour mieux promouvoir l’#aménagement_urbain qui prévoit la construction de cinq cents logements dans ce coin morne du XVIIIe arrondissement. Quant aux visiteurs, ils ont été les cobayes de la future identité urbaine de ce quartier dévitalisé, Ground Control constituant un showroom hype au service du complexe immobilier en devenir. « L’ADN ferroviaire du site du dépôt Chapelle est ressorti très fortement dans l’appétence et le succès du concept, révèle ainsi SNCF Immobilier. Le projet urbain en cours de définition fera revivre cet ADN et cette identité ferroviaire très forte qui constituent un actif immatériel et un capital fort. »

      Le recours aux occupations temporaires pour accroître la valeur financière d’un projet immobilier et préfigurer ses futurs usages est de plus en plus systématique. En janvier 2018, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France avait recensé pas moins de soixante-dix-sept projets d’urbanisme transitoire en région francilienne depuis 2012 – dont plus de la moitié sont en cours. Quatre cinquièmes des propriétaires des sites sont des acteurs publics ( collectivités locales, établissements publics d’aménagement, SNCF, bailleurs sociaux ) et les occupations à dimension culturelle sont largement prédominantes.

      Les pouvoirs publics locaux ont par ailleurs décidé d’accompagner pleinement cette dynamique d’optimisation foncière. Le conseil municipal de Paris et le conseil métropolitain du Grand Paris ont tous deux récemment adopté le vœu qu’à l’avenir, tout projet d’aménagement urbain soit précédé d’une opération d’urbanisme transitoire. De plus, sur la quarantaine de projets d’urbanisme temporaire actuels, vingt-sept sont soutenus par la région Île-de-France dans le cadre de son appel à manifestations d’intérêt sur l’urbanisme transitoire lancé en 2016. Une enveloppe qui s’élève à 3,3 millions d’euros.

      Là encore, malgré les incantations à l’« innovation urbaine » et à la « transition écologique » de cet appel à projets, c’est avant tout l’argument économique qui fait mouche. « Il faut en moyenne douze ans pour qu’une ZAC [ zone d’aménagement concerté ] sorte de terre, avançait l’an dernier Chantal Jouanno, alors vice-présidente de la région. Durant ce laps de temps, les immeubles ne servent à personne, peuvent être squattés et perdre leur valeur. » La nature a horreur du vide. Les édiles parisiens également.

      Espace public, bénéfice privé

      Cultplace et La Lune rousse ne se contentent pas d’accaparer des friches. L’ensemble de leurs sites éphémères et établissements présentent en effet la particularité d’être des espaces hybrides, à la fois publics et privatisables, culturels et commerciaux. Des logiques tout autant artistico-festives que marchandes, qui ont permis aux entrepreneurs culturels de s’approprier une dénomination en vogue : celle de « #tiers-lieu ».

      Conceptualisé par le sociologue américain Ray Oldenburg dans un ouvrage intitulé The Great Good Place ( 1989 ), le tiers-lieu désigne à l’origine les espaces de sociabilité situés en dehors du domicile et du travail, comme les cafés ou les parcs publics. Cette expression aux contours flous a été employée afin de qualifier les premiers fablabs, les hackerspaces et autres jardins urbains partagés. Mais au grand dam des tenants de l’éthique open source et de l’esprit collectif de la débrouille, le terme de tiers-lieu s’est progressivement dénaturé jusqu’à qualifier de facto tout espace hébergeant des activités pluridisciplinaires, gratuites comme lucratives.

      « Je vois nos sites comme des écrins pour l’initiative, pour l’émergence d’envies, s’enflamme ainsi Renaud Barillet. Mais la réalité économique d’un tiers-lieu comme la friche 88 Ménilmontant fait qu’on a besoin de clients. Ce que l’on fabrique, ce sont des initiatives privées mais qui peuvent avoir une quote-part d’intérêt général. »

      Loïc Lorenzini, adjoint au maire du XVIIIe arrondissement chargé des entreprises culturelles, porte néanmoins un autre regard sur l’émergence de ces tiers-lieux. « Ground Control au dépôt de la Chapelle, cela n’a pas été évident avec eux au début, se souvient l’élu. Il y avait un #service d’ordre avec des #vigiles à l’entrée du lieu, ce qui n’a pas vraiment plu aux habitants du quartier. »

      Sa circonscription héberge actuellement deux sites artistiques temporaires de la SNCF : L’Aérosol – un hangar de fret reconverti en espace dédié au graffiti – et La Station-gare des mines – ancienne gare à charbon devenue salle de concert. Ces deux occupations de sites ferroviaires en friche préfigurent d’importants projets d’aménagement urbain comportant des logements, des bureaux ou encore l’Arena 2, une salle omnisports qui devrait être inaugurée en vue des Jeux olympiques de 2024.

      « Ces entreprises culturelles sont venues bousculer la vision classique de la culture, c’est-à-dire une vision subventionnée, avance Loïc Lorenzini. L’enjeu avec ces tiers-lieux, c’est qu’ils ne deviennent pas le cache-sexe de projets privés urbanistiques. Notre rôle est de rappeler que dans un arrondissement populaire comme le XVIIIe, il y a des enjeux locaux forts, telle la gentrification. »

      Les friches culturelles, têtes de pont de la gentrification ? C’est justement ce que dénonce le collectif d’habitants Droit à la (Belle)ville, créé en 2015 dans l’est de Paris. « Ces tiers-lieux excluent symboliquement les #habitants les plus #précaires du quartier, fustige Claudio, l’un des membres de l’association. On autorise temporairement des occupations de friche par des acteurs privés mais en parallèle, dès qu’il y a une occupation informelle de l’espace public à Belleville, comme quand, encore récemment, des jeunes font un barbecue improvisé dans la rue ou des militants organisent un marché gratuit, la police est systématiquement envoyée. »
      Et Quentin, également du collectif, d’ajouter : « Pour ces entrepreneurs et pour les élus, les artistes ne sont que des créateurs de valeur. Les sites culturels qui les hébergent participent à changer l’image de notre quartier, à le rendre plus attractif pour les populations aisées. Ce sont des espaces qui sont pleinement inscrits dans la fabrication de la ville pilotée par le #Grand_Paris. »

      Ambitionnant de faire de la région Île-de-France une métropole compétitive et mondialisée, le projet d’aménagement territorial du Grand Paris entrevoit dans les tiers-lieux culturels un outil de promotion de son image de #ville_festive, innovante et écoresponsable à même d’attirer une « #classe_créative ». Une population de jeunes cadres qui serait, aux yeux des décideurs, vectrice de développement économique.

      Les futures friches estampillées La Bellevilloise sont ainsi pleinement ancrées dans la stratégie de développement urbain et de #marketing_territorial portée par les élus de la #métropole. Dans l’ancienne station électrique Voltaire, au cœur du XIe arrondissement, Renaud Barillet prévoit pour 2021 un cinéma et un « restaurant végétalisé et solidaire ». L’exploitation de ce bâtiment industriel a été remportée par l’entrepreneur dans le cadre de Réinventer Paris, un appel à projets urbains lancé fin 2014 par la mairie de Paris afin de développer « des modèles de la ville du futur en matière d’architecture, de nouveaux usages, d’innovation environnementale et d’écoconstruction ».

      Le dirigeant de La Bellevilloise vient même de réussir à faire main basse sur l’ancienne piscine municipale de Saint-Denis, via le concours Inventons la métropole du Grand Paris. Avec l’aide d’un investissement financier de la part de #Vinci Immobilier, la piscine dyonisienne à l’abandon sera « à la frontière entre l’hôtel, le gîte et l’auberge de jeunesse » et le relais d’« initiatives entrepreneuriales, culturelles, artistiques, sportives et citoyennes ».

      « On est conscient de notre impact dans un quartier mais la gentrification est un rouleau compresseur sociologique qui nous dépasse », assure pourtant Renaud Barillet. « Nous ne sommes pas dans un processus naturel mais bien dans un conflit de classes. À Paris, nous sommes dans une continuité d’expulsion des #classes_populaires qui a débuté depuis la Commune en 1871, analyse Chloé, du collectif Droit à la (Belle)ville. Dans ces friches, les entrepreneurs vont jusqu’à récupérer le nom, l’imaginaire politique, les anciens tags de ces espaces pour les transformer en valeur marchande. »

      La Bellevilloise n’hésite ainsi nullement à s’afficher sur ses supports de communication comme « Le Paris de la Liberté depuis 1877 » et, dans le futur projet du 88 de la rue Ménilmontant, le spa pourrait s’appeler « Les Thermes de La Miroiterie ». « Ils accaparent des ressources que les habitants ont créées, que ce soient les ouvriers qui ont mis sur pied La Bellevilloise à la fin du XIXe siècle ou les punks libertaires de La Miroiterie au début des années 2000, souligne Claudio. Ces tiers-lieux culturels transforment des valeurs d’usage en valeur d’échange… »

      Rien ne se perd, tout se transforme

      Dernier avatar en date des tiers-lieux culturels qui foisonnent dans la capitale, La Recyclerie se présente comme « une start-up innovante qui réinvente le concept du tiers-lieu ( ni la maison ni le travail ) et fédère un large public sur le thème de l’écoresponsabilité ». Inauguré en 2014, cet établissement, composé d’un café-cantine, d’un atelier de réparation et d’une mini-ferme urbaine, est implanté au sein d’une station de train désaffectée de la Petite Ceinture, la gare Ornano, au nord du XVIIIe arrondissement.

      Un emplacement loin d’être anodin : la station à l’abandon se situe en effet porte de Clignancourt, à deux pas des échoppes discount des puces de Saint-Ouen, de la préfecture de police chargée des demandes d’asile de la capitale et d’un bidonville de Roms installé en contrebas de l’ancienne voie ferrée. Un carrefour où vendeurs à la sauvette, chiffonniers et migrants tentent de survivre par l’économie informelle.
      Malgré le fait qu’un tiers-lieu culturel ne soit pas de prime abord le projet urbain le plus pertinent en termes de besoins sociaux dans ce quartier populaire, « le maire de l’époque, Daniel Vaillant, a personnellement appuyé notre dossier, dévoile Marion Bocahut, présentée comme cheffe de projet écoculturel du lieu. La mairie du XVIIIe n’avait pas les moyens financiers d’acheter la gare Ornano, nous avons donc racheté l’intérieur du bâtiment ».

      La Recyclerie appartient à #Sinny_&_Ooko, une société « créatrice de tiers-lieux et d’événements » dirigée par Stéphane Vatinel. Figure du milieu de la nuit, connu pour avoir fondé en 1992 le Glaz’art, un club électro emblématique installé dans un ancien dépôt de bus, l’entrepreneur a repris de 2003 à 2008 les rênes du Divan du monde, salle de spectacle historique de Pigalle.

      Par l’intermédiaire de son entreprise, ce quinquagénaire hyperactif est aujourd’hui l’exploitant de La Machine du Moulin rouge, l’incontournable discothèque techno du nord de la capitale, et du Pavillon des canaux, une bâtisse abandonnée sur les bords du bassin de la Villette réhabilitée en coffice – mi-café, mi-espace de travail.

      Quand il rachète la gare Ornano pour installer son tiers-lieu empreint « des valeurs collaboratives et du Do It Yoursef », Stéphane Vatinel fait appel à son ami #Olivier_Laffon, qui s’investit financièrement dans l’opération. Cet ancien magnat de l’immobilier devenu millionnaire a été le promoteur de mégacentres commerciaux, à l’instar de Bercy Village, Vélizy 2 ou Plan de campagne dans les Bouches-du-Rhône. Mais avec sa holding C Développement, Olivier Laffon s’est reconverti dans l’#entreprenariat_social.

      Sa réalisation la plus célèbre demeure le Comptoir général, un ancien entrepôt au bord du canal Saint-Martin reconverti en 2009 en bar et « espace événementiel écosolidaire » à l’ambiance exotique. Devenu une référence quasi caricaturale du « Paris branché », le Comptoir général a fait appel jusqu’en 2013 aux services de Sinny & Ooko afin de développer et d’animer sa programmation. Une alliance pérenne entre les deux hommes d’affaires puisque C Développement avait précédemment investi dans le rachat du Divan du monde et dans La Machine du Moulin rouge, établissements gérés par Stéphane Vatinel…

      Pour les événements écoculturels de La Recyclerie, Sinny & Ooko a fait appel à un partenaire des plus édifiants : la fondation Veolia. L’entreprise du #CAC_40, connue pour être le géant mondial de la privatisation de l’eau, finance en effet en grande partie la programmation du lieu et est partenaire de son cycle de conférences sur l’économie circulaire. La bibliothèque de La Recyclerie a de surcroît été ouverte avec des livres offerts par la multinationale. « Veolia nous accompagne aussi dans notre développement, notamment avec Scale up ( “changement d’échelle” ), un programme de l’Essec Business School qui nous a permis de savoir comment dupliquer un lieu comme La Recyclerie », détaille Marion Bocahut.

      Le concept de La Recyclerie a effectivement depuis peu changé d’échelle. Sinny & Ooko a inauguré en août dernier un nouveau tiers-lieu écoculturel baptisé la Cité fertile. Ici, comme pour Ground Control, SNCF Immobilier a fait signer à Sinny & Ooko, à l’aune de son appel à projets sur l’urbanisme transitoire, une convention d’occupation de trois ans de son ancienne gare de fret basée à Pantin. « Nous sommes là pour opérer une transition entre une gare de marchandises et le futur #écoquartier de la ville de Pantin », assume Clémence Vazard, cheffe du projet de la Cité fertile.

      L’écoquartier prévoit mille cinq cents logements et près de cent mille mètres carrés de bureaux et de locaux commerciaux. Une opération foncière des plus rentables pour SNCF Immobilier et les promoteurs. Surnommée la « Brooklyn parisienne », Pantin constitue depuis peu un eldorado de la spéculation immobilière : l’ancienne cité industrielle a vu flamber de 15 % en cinq ans le prix du mètre carré, un record parmi les villes de la petite couronne parisienne.

      En attendant, sur près d’un hectare, la Cité fertile veut « explorer et imaginer la ville de demain » en attirant un million de curieux par an avec ses ateliers, ses conférences et sa cantine approvisionnée en circuits courts. Clémence Vazard explique que l’équipe a consulté la municipalité de Pantin afin d’« identifier les acteurs locaux et demander leurs contacts ». Parmi la cinquantaine de personnes salariées sur le site, une seule pourtant se consacre à cette ouverture sur les Pantinois. « En tout cas, si on a un partenariat comme Veolia qui peut se présenter, ce serait le meilleur pour nous », souligne la cheffe de projet. Avant de préciser : « Sinny & Ooko possède l’agrément Entreprise solidaire d’utilité sociale ( Esus ), en aucun cas nous ne faisons du greenwashing. »

      L’originalité de cette friche éphémère réside cependant ailleurs. La Cité fertile héberge en effet depuis septembre le « campus des tiers-lieux », école de formation et incubateur d’entreprises dont le but est de développer les tiers-lieux culturels en tant que modèles économiques d’avenir. « Depuis l’an dernier, Sinny & Ooko est certifié comme organisme de formation. Nous proposons un module pour apprendre à être responsable de tiers-lieu culturel, détaille Clémence Vazard. Nous avons déjà formé une soixantaine de personnes, dont certaines ont récemment monté leur propre tiers-lieu à Montreuil – la Maison Montreau – ou à Niamey, au Niger – L’Oasis, un espace de coworking parrainé par Veolia. »

      Selon les formateurs Sinny & Ooko, le tiers-lieu culturel est un modèle démultipliable à souhait, telle une unité standardisée qui se résume, selon sa plaquette de présentation, à un « HCR [ hôtel café restaurant ] à portée culturelle », où une activité économique « socle » de bar-restauration permet de financer une programmation qui fait vivre le lieu.

      Friche partout, créativité nulle part

      En moins de cinq ans, Cultplace, La Lune rousse et Sinny & Ooko ont édifié un véritable petit empire économique en Île-de-France. Elles ont même l’ambition de s’implanter durablement à travers l’Hexagone en reproduisant des fac-similés de leurs tiers-lieux respectifs. Renaud Barillet a ainsi récemment remporté deux appels à projets à Bordeaux et un autre à Lyon afin d’édifier « des projets très proches en termes d’ADN et de ventilation des espaces de ce qu’est La Bellevilloise ».

      En Charente-Maritime, à Rochefort, Cultplace est en train de mettre sur pied Grand foin, « une déclinaison rurale de La Bellevilloise », aux dires de Renaud Barillet. Par ailleurs, depuis 2016, Denis Legat et son équipe débarquent chaque été aux Rencontres de la photographie d’Arles, où ils investissent un ancien hangar de la SNCF avec leur habituelle formule Ground Control.

      Stéphane Vatinel, quant à lui, doit ouvrir d’ici 2023 La Halle aux Cheminées, un tiers-lieu dans une ancienne friche militaire de Toulouse dont le concept n’est autre qu’un copier-coller de La Recyclerie. Autant de jalons d’une hégémonie économico-culturelle dont se défend du bout des lèvres Renaud Barillet : « C’est vrai que ceux qui ont commencé à réaliser des tiers-lieux arrivent aujourd’hui à se développer et je pense que pour un nouveau venu, ce n’est pas si simple. Les appels d’offres demeurent très économiques et orientés vers l’immobilier. »

      Ce business model des friches est si bien rodé et rencontre un tel succès qu’il en devient vecteur d’une certaine uniformisation. À Paris, en plus du Poinçon, la gare de Montrouge rénovée par Cultplace, et de La Recyclerie, ex-gare Ornano, la plupart des seize stations de la #Petite_Ceinture deviendront des tiers-lieux, à l’instar du Hasard ludique, « lieu culturel hybride » niché porte de Saint-Ouen, ou de La Gare-jazz à la Villette – en lieu et place de l’ancien squat artistique Gare aux gorilles.

      La gare Masséna vue depuis la rue Regnault.

      Dans le cadre de Réinventer Paris, l’ancienne gare Masséna sera quant à elle réhabilitée en « lieu de vie et de proximité » d’ici 2019 avec bar et cantine, ferme urbaine, boutiques bio, espaces artistico-culturels et bureaux. Enfin, Stéphane Vatinel a l’an dernier remporté l’exploitation de deux sites en friche grâce à Réinventer la Seine, un appel à projets visant à « la construction d’un territoire métropolitain évident et d’envergure internationale ». Une usine désaffectée à Ivry et l’ancien tribunal de Bobigny seront ainsi, à l’horizon 2022, reconvertis tous deux en tiers-lieux écoculturels estampillés Sinny & Ooko.

      À cette dynamique de duplication des tiers-lieux s’ajoutent les dizaines de #terrasses_temporaires qui essaiment chaque été dans les interstices urbains de la capitale, à l’image de la Base Filante, une friche éphémère de trois mille mètres carrés qui a ouvert ses portes en juillet dernier à deux pas du Père-Lachaise. L’initiative est portée par quatre collectifs, dont certains ont déjà pris part à la conception d’une autre terrasse temporaire, la friche Richard Lenoir, ou à l’aménagement de La Station-gare des mines.

      Au programme de la Base Filante, le sempiternel quatuor bières artisanales, cours de yoga, tables de ping-pong et musique électronique. « On assiste à une sorte de standardisation qui annihile toute créativité : tout espace en friche se voit devenir un lieu éphémère avec un bar et des transats, s’alarme Quentin, du collectif Droit à la ( Belle )ville. La créativité s’arrête dès qu’il y a une tireuse à bière artisanale… »

      Enfin, la mise en avant quasi généralisée de l’imaginaire « squat », via la scénographie récup’ et DIY, comme à travers la rhétorique de l’alternative et du collaboratif dans la communication de ces lieux festifs, participe également à cette uniformisation des sites culturels. « Ces friches font croire à une fausse occupation de l’espace alors qu’il y a des vigiles à l’entrée, fulmine Quentin. On vend de faux espaces de liberté où on dit aux gens ce qu’ils doivent consommer et où. »

      Pour les chercheuses Juliette Pinard et Elsa Vivant, « cette #esthétique_du_squat […], donnant la part belle aux atmosphères brutes et industrielles, participe à la #mise_en_scène de ces lieux temporaires en tant qu’“espaces alternatifs” et expérience singulière ». En institutionnalisant les occupations transitoires, les friches culturelles éphémères ont réussi le tour de force de neutraliser la portée subversive des squats artistiques, qui contestaient la propriété privée en privilégiant le droit d’usage, tout en s’appropriant leurs codes esthétiques.

      « Et le squat devient fréquentable », titrait ainsi Télérama en avril dernier à propos des occupations transitoires après que Libération eut publié sur son blog Enlarge Your Paris un entretien intitulé « Les friches font entrer les villes dans l’ère des squats légaux ».

      Dans le quartier Darwin.

      Le phénomène des friches culturelles se circonscrit de moins en moins à la région Île-de-France. À Bordeaux, les instigateurs du site culturel Darwin Écosystème, installé depuis 2009 dans l’ancienne caserne Niel et qui se présente comme un « lieu d’hybridation urbaine mêlant activités économiques et initiatives citoyennes », ne se sont jamais cachés de s’être inspirés directement de La Bellevilloise. Le promoteur immobilier Résiliance a de son côté mis à disposition un terrain vague de vingt hectares situé au nord de Marseille à Yes We Camp, un collectif de cinquante salariés spécialisé dans la création de friches culturelles éphémères, à Paris comme à Roubaix.
      Depuis cette année, la vaste parcelle en jachère accueille un « parc métropolitain d’un nouveau genre, à la fois lieu de vie, de mémoire, de pratiques culturelles et sportives ». Le site, baptisé Foresta, est inséré dans un projet d’aménagement porté par Résiliance et articulé autour d’un immense entrepôt commercial réservé aux grossistes du marché textile chinois.

      Quant aux anciens abattoirs de Rezé, dans l’agglomération nantaise, ils hébergent depuis juillet dernier Transfert, trois hectares de friche culturelle définie par ses concepteurs comme un « espace qui se mue en un lieu de transition où l’on imagine, invente et fabrique ensemble un lieu de vie qui questionne la ville de demain ». L’occupation provisoire durera cinq ans, le temps nécessaire à accroître l’attractivité et la valeur immobilière de ce no man’s land qui doit accueillir un gigantesque projet d’aménagement urbain prévoyant trois mille logements.

      Cette politique de l’éphémère à fin mercantile semble ainsi définitivement être sur les rails qui la conduiront à se pérenniser et à s’étendre à l’ensemble du territoire. « Nous avons désormais un vivier de porteurs de projets qui nous sollicitent, affirme Charlotte Girerd, de SNCF Immobilier. Depuis 2015, une vingtaine de projets d’urbanisme transitoire ont été mis en œuvre. Notre ambition est que d’ici 2019-2020, deux à trois sites répondant à la démarche d’urbanisme transitoire soient lancés chaque année, avec la volonté de travailler de plus en plus hors d’Île-de-France. »

      Une filiale de la SNCF à la manœuvre d’opérations immobilières spéculatives, des collectivités publiques au service du développement économique, des entreprises culturelles de plus en plus hégémoniques… Si les friches culturelles viennent « questionner la ville de demain », elles soulèvent aussi une tout autre question : comment faire exister une politique culturelle affranchie de toute logique économique ?

  • Detainees Evacuated out of Libya but Resettlement Capacity Remains Inadequate

    According to the United Nations Refugee Agency (#UNHCR) 262 migrants detained in Libya were evacuated to Niger on November 12- the largest evacuation from Libya carried out to date. In addition to a successful airlift of 135 people in October this year, this brings the total number of people evacuated to more than 2000 since December 2017. However Amnesty International describes the resettlement process from Niger as slow and the number of pledges inadequate.

    The evacuations in October and November were the first since June when the Emergency Transit Mechanism (ETM) centre in Niger reached its full capacity of 1,536 people, which according to Amnesty was a result of a large number of people “still waiting for their permanent resettlement to a third country.”

    57,483 refugees and asylum seekers are registered by UNHCR in Libya; as of October 2018 14,349 had agreed to Voluntary Humanitarian Return. Currently 3,886 resettlement pledges have been made by 12 states, but only 1,140 have been resettled.

    14,595 people have been intercepted by the Libyan coast guard and taken back to Libya, however it has been well documented that their return is being met by detention, abuse, violence and torture. UNHCR recently declared Libya unsafe for returns amid increased violence in the capital, while Amnesty International has said that “thousands of men, women and children are trapped in Libya facing horrific abuses with no way out”.

    In this context, refugees and migrants are currently refusing to disembark in Misrata after being rescued by a cargo ship on November 12, reportedly saying “they would rather die than be returned to land”. Reuters cited one Sudanese teenager on board who stated “We agree to go to any place but not Libya.”

    UNHCR estimates that 5,413 refugees and migrants remain detained in #Directorate_for_Combatting_Illegal_Migration (#DCIM) centres and the UN Refugee Agency have repetedly called for additional resettlement opportunities for vulnerable persons of concern in Libya.

    https://www.ecre.org/detainees-evacuated-out-of-libya-but-resettlement-capacity-remains-inadequate
    #réinstallation #Niger #Libye #évacuation #asile #migrations #réfugiés #HCR #détention #centres_de_détention #Emergency_Transit_Mechanism (#ETM)

    • ET DES INFORMATIONS PLUS ANCIENNES DANS LE FIL CI-DESSOUS

      Libya: evacuations to Niger resumed – returns from Niger begun

      After being temporarily suspended in March as the result of concerns from local authorities on the pace of resettlement out of Niger, UNHCR evacuations of vulnerable refugees and asylum seekers from Libya through the Emergency Transit Mechanism has been resumed and 132 vulnerable migrants flown to the country. At the same time the deportation of 132 Sudanese nationals from Niger to Libya has raised international concern.

      Niger is the main host for refugees and asylum seekers from Libya evacuated by UNHCR. Since the UN Refugee Agency began evacuations in cooperation with EU and Libyan authorities in November 2017, Niger has received 1,152 of the 1,474 people evacuated in total. While UNHCR has submitted 475 persons for resettlement a modest 108 in total have been resettled in Europe. According to UNHCR the government in Niger has now offered to host an additional 1,500 refugees from Libya through the Emergency Transit Mechanism and upon its revival and the first transfer of 132 refugees to Niger, UNHCR’s Special Envoy for the Central Mediterranean Situation, Vincent Cochetel stated: “We now urgently need to find resettlement solutions for these refugees in other countries.”

      UNHCR has confirmed the forced return by authorities in Niger of at least 132 of a group of 160 Sudanese nationals arrested in the migrant hub of Agadez, the majority after fleeing harsh conditions in Libya. Agadez is known as a major transit hub for refugees and asylum seekers seeking passage to Libya and Europe but the trend is reversed and 1,700 Sudanese nationals have fled from Libya to Niger since December 2017. In a mail to IRIN News, Human Rights Watch’s associate director for Europe and Central Asia, Judith Sunderland states: “It is inhuman and unlawful to send migrants and refugees back to Libya, where they face shocking levels of torture, sexual violence, and forced labour,” with reference to the principle of non-refoulement.

      According to a statement released by Amnesty International on May 16: “At least 7,000 migrants and refugees are languishing in Libyan detention centres where abuse is rife and food and water in short supply. This is a sharp increase from March when there were 4,400 detained migrants and refugees, according to Libyan officials.”

      https://www.ecre.org/libya-evacuations-to-niger-resumed-returns-from-niger-begun

    • Libya: return operations running but slow resettlement is jeopardizing the evacuation scheme

      According to the International Organization for Migration (IOM) 15.000 migrants have been returned from Libya to their country of origin and the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) has assisted in the evacuation of more than 1,300 refugees from Libya thereby fulfilling the targets announced at the AU-EU-UN Taskforce meeting in December 2017. However, a modest 25 of the more than 1000 migrants evacuated to Niger have been resettled to Europe and the slow pace is jeopardizing further evacuations.

      More than 1000 of the 1300 migrants evacuated from Libya are hosted by Niger and Karmen Sakhr, who oversees the North Africa unit at the UNHCR states to the EU Observer that the organisation: “were advised that until more people leave Niger, we will no longer be able to evacuate additional cases from Libya.”

      During a meeting on Monday 5 March with the Civil Liberties Committee and Foreign Affairs Committee MEPs, members of the Delegation for relations with Maghreb countries, Commission and External Action Service representatives on the mistreatment of migrants and refugees in Libya, and arrangements for their resettlement or return, UNHCR confirmed that pledges have been made by France, Switzerland, Italy, Norway, Sweden and Malta as well as unspecified non-EU countries but that security approvals and interviewing process of the cases is lengthy resulting in the modest number of resettlements, while also warning that the EU member states need to put more work into resettlement of refugees, and that resettlement pledges still fall short of the needs. According to UNHCR 430 pledges has been made by European countries.

      An estimated 5000 people are in government detention and an unknown number held by private militias under well documented extreme conditions.

      https://www.ecre.org/libya-return-operations-running-but-slow-resettlement-is-jeopardizing-the-evac

    • Libya: migrants and refugees out by plane and in by boat

      The joint European Union (EU), African Union (AU) and United Nations (UN) Task Force visited Tripoli last week welcoming progress made evacuating and returning migrants and refugees out of Libya. EU has announced three new programmes, for protecting migrants and refugees in Libya and along the Central Mediterranean Route, and their return and reintegration. Bundestag Research Services and NGOs raise concerns over EU and Member State support to Libyan Coast Guard.

      Representatives of the Task Force, created in November 2017, met with Libyan authorities last week and visited a detention centres for migrants and a shelter for internally displaced people in Tripoli. Whilst they commended progress on Voluntary Humanitarian Returns, they outlined a number of areas for improvement. These include: comprehensive registration of migrants at disembarkation points and detention centres; improving detention centre conditions- with a view to end the current system of arbitrary detention; decriminalizing irregular migration in Libya.

      The three new programmes announced on Monday, will be part of the European Union Emergency Trust Fund for Africa. €115 million will go towards evacuating 3,800 refugees from Libya, providing protection and voluntary humanitarian return to 15,000 migrants in Libya and will support the resettlement of 14,000 people in need of international protection from Niger, Chad, Cameroon and Burkina Faso. €20 million will be dedicated to improving access to social and protection services for vulnerable migrants in transit countries in the Sahel region and the Lake Chad basin. €15 million will go to supporting sustainable reintegration for Ethiopian citizens.

      A recent report by the Bundestag Research Services on SAR operations in the Mediterranean notes the support for the Libyan Coast Guard by EU and Member States in bringing refugees and migrants back to Libya may be violating the principle of non-refoulement as outlined in the Geneva Convention: “This cooperation must be the subject of proceedings before the European Court of Human Rights, because the people who are being forcibly returned with the assistance of the EU are being inhumanely treated, tortured or killed.” stated Andrej Hunko, European policy spokesman for the German Left Party (die Linke). A joint statement released by SAR NGO’s operating in the Mediterranean calls on the EU institutions and leaders to stop the financing and support of the Libyan Coast Guard and the readmissions to a third country which violates fundamental human rights and international law.

      According to UNHCR, there are currently 46,730 registered refugees and asylum seekers in Libya. 843 asylum seekers and refugees have been released from detention so far in 2018. According to IOM 9,379 people have been returned to their countries of origin since November 2017 and 1,211 have been evacuated to Niger since December 2017.

      https://www.ecre.org/libya-migrants-and-refugees-out-by-plane-and-in-by-boat

      Complément de Emmanuel Blanchard (via la mailing-list Migreurop):

      Selon le HCR, il y aurait actuellement environ 6000 personnes détenues dans des camps en Libye et qui seraient en attente de retour ou de protection (la distinction n’est pas toujours très claire dans la prose du HCR sur les personnes à « évacuer » vers le HCR...). Ces données statistiques sont très fragiles et a priori très sous-estimées car fondées sur les seuls camps auxquels le HCR a accès.

    • First group of refugees evacuated from new departure facility in Libya

      UNHCR, the UN Refugee Agency, in coordination with Libyan authorities, evacuated 133 refugees from Libya to Niger today after hosting them at a Gathering and Departure Facility (GDF) in Tripoli which opened on Tuesday.

      Most evacuees, including 81 women and children, were previously detained in Libya. After securing their release from five detention centres across Libya, including in Tripoli and areas as far as 180 kilometres from the capital, they were sheltered at the GDF until the arrangements for their evacuation were concluded.

      The GDF is the first centre of its kind in Libya and is intended to bring vulnerable refugees to a safe environment while solutions including refugee resettlement, family reunification, evacuation to emergency facilities in other countries, return to a country of previous asylum, and voluntary repatriation are sought for them.

      “The opening of this centre, in very difficult circumstances, has the potential to save lives. It offers immediate protection and safety for vulnerable refugees in need of urgent evacuation, and is an alternative to detention for hundreds of refugees currently trapped in Libya,” said UN High Commissioner for Refugees Filippo Grandi.

      The centre is managed by the Libyan Ministry of Interior, UNHCR and UNHCR’s partner LibAid. The initiative is one of a range of measures needed to offer viable alternatives to the dangerous boat journeys undertaken by refugees and migrants along the Central Mediterranean route.

      With an estimated 4,900 refugees and migrants held in detention centres across Libya, including 3,600 in need of international protection, the centre is a critical alternative to the detention of those most vulnerable.

      The centre, which has been supported by the EU and other donors, has a capacity to shelter up to 1,000 vulnerable refugees identified for solutions out of Libya.

      At the facility, UNHCR and partners are providing humanitarian assistance such as accommodation, food, medical care and psychosocial support. Child friendly spaces and dedicated protection staff are also available to ensure that refugees and asylum-seekers are adequately cared for.

      https://www.unhcr.org/news/press/2018/12/5c09033a4/first-group-refugees-evacuated-new-departure-facility-libya.html

    • Migration : à Niamey, des migrants rapatriés de Libye protestent contre leurs conditions de séjour

      Les manifestants protestent contre leur détention de vie qu’ils jugent « déplorables » et pour amplifier leurs mouvements, ils ont brandi des pancartes sur lesquelles ils ont écrit leurs doléances. Les migrants manifestant s’indignent également de leur séjour qui ne cesse de se prolonger, sans véritable alternatives ou visibilité sur leur situation. « Ils nous ont ramené de la Libye pour nous laisser à nous-mêmes ici », « on ne veut pas rester ici, laisser nous partir là où on veut », sont entre autres les slogans que les migrants ont scandés au cours de leur sit-in devant les locaux de l’agence onusienne. Plusieurs des protestataires sont venus à la manifestation avec leurs bagages et d’autres avec leurs différents papiers, qui attestent de leur situation de réfugiés ou demandeurs d’asiles.

      La situation, quoique déplorable, n’a pas manqué de susciter divers commentaires. Il faut dire que depuis le début de l’opération de rapatriement des migrants en détresse de Libye, ils sont des centaines à vivre dans la capitale mais aussi à Agadez où des centres d’accueil sont mis à leurs dispositions par les agences onusiennes (UNHCR, OIM), avec la collaboration des autorités nigériennes. Un certain temps, leur présence de plus en plus massive dans divers quartiers de la capitale où des villas sont mises à leur disposition, a commencé à inquiéter les habitants sur d’éventuels risques sécuritaires.

      Le gouvernement a signé plusieurs accords et adopté des lois pour lutter contre l’immigration clandestine. Il a aussi signé des engagements avec certains pays européens notamment la France et l’Italie, pour l’accueil temporaire des réfugiés en provenance de la Libye et en transit en attendant leur réinstallation dans leur pays ou en Europe pour ceux qui arrivent à obtenir le sésame pour l’entrée. Un geste de solidarité décrié par certaines ONG et que les autorités regrettent presque à demi-mot, du fait du non-respect des contreparties financières promises par les bailleurs et partenaires européens. Le pays fait face lui-même à un afflux de réfugiés nigérians et maliens sur son territoire, ainsi que des déplacés internes dans plusieurs régions, ce qui complique davantage la tâche dans cette affaire de difficile gestion de la problématique migratoire.

      Le Niger accueille plusieurs centres d’accueil pour les réfugiés et demandeurs d’asiles rapatriés de Libye. Le 10 décembre dernier, l’OFPRA français a par exemple annoncé avoir achevé une nouvelle mission au Niger avec l’UNHCR, et qui a concerné 200 personnes parmi lesquelles une centaine évacuée de Libye. En novembre dernier, le HCR a également annoncé avoir repris les évacuations de migrants depuis la Libye, avec un contingent de 132 réfugiés et demandeurs d’asiles vers le Niger.

      Depuis novembre 2017, le HCR a assuré avoir effectué vingt-trois (23) opérations d’évacuation au départ de la Libye et ce, « malgré d’importants problèmes de sécurité et les restrictions aux déplacements qui ont été imposées ». En tout, ce sont 2.476 réfugiés et demandeurs d’asile vulnérables qui ont pu être libérés et acheminés de la Libye vers le Niger (2.069), l’Italie (312) et la Roumanie (95).


      https://www.actuniger.com/societe/14640-migration-a-niamey-des-migrants-rapatries-de-libye-protestent-contr

      Je découvre ici que les évacuations se sont faites aussi vers l’#Italie et... la #Roumanie !

    • Destination Europe: Evacuation. The EU has started resettling refugees from Libya, but only 174 have made it to Europe in seven months

      As the EU sets new policies and makes deals with African nations to deter hundreds of thousands of migrants from seeking new lives on the continent, what does it mean for those following dreams northwards and the countries they transit through? From returnees in Sierra Leone and refugees resettled in France to smugglers in Niger and migrants in detention centres in Libya, IRIN explores their choices and challenges in this multi-part special report, Destination Europe.

      Four years of uncontrolled migration starting in 2014 saw more than 600,000 people cross from Libya to Italy, contributing to a populist backlash that is threatening the foundations of the EU. Stopping clandestine migration has become one of Europe’s main foreign policy goals, and last July the number of refugees and migrants crossing the central Mediterranean dropped dramatically. The EU celebrated the reduced numbers as “good progress”.

      But, as critics pointed out, that was only half the story: the decline, resulting from a series of moves by the EU and Italy, meant that tens of thousands of people were stuck in Libya with no way out. They faced horrific abuse, and NGOs and human rights organisations accused the EU of complicity in the violations taking place.

      Abdu is one who got stuck. A tall, lanky teenager, he spent nearly two years in smugglers’ warehouses and official Libyan detention centres. But he’s also one of the lucky ones. In February, he boarded a flight to Niger run (with EU support) by the UN’s refugee agency, UNHCR, to help some of those stranded in Libya reach Europe. Nearly 1,600 people have been evacuated on similiar flights, but, seven months on, only 174 have been resettled to Europe.

      The evacuation programme is part of a €500-million ($620-million) effort to resettle 50,000 refugees over the next two years to the EU, which has a population of more than 500 million people. The target is an increase from previous European resettlement goals, but still only represents a tiny fraction of the need – those chosen can be Syrians in Turkey, Jordan, and Lebanon as well as refugees in Libya, Egypt, Niger, Chad, Sudan, and Ethiopia – countries that combined host more than 6.5 million refugees.

      The EU is now teetering on the edge of a fresh political crisis, with boats carrying people rescued from the sea being denied ports of disembarkation, no consensus on how to share responsibility for asylum seekers and refugees within the continent, and increasing talk of further outsourcing the management of migration to African countries.

      Against this backdrop, the evacuation and resettlement programme from Libya is perhaps the best face of European policy in the Mediterranean. But, unless EU countries offer more spots for refugees, it is a pathway to safety for no more than a small handful who get the luck of the draw. As the first evacuees adjust to their new lives in Europe, the overwhelming majority are left behind.

      Four months after arriving in Niger, Abdu is still waiting to find out if and when he will be resettled to Europe. He’s still in the same state of limbo he was in at the end of March when IRIN met him in Niamey, the capital of Niger. At the time, he’d been out of the detention centre in Libya for less than a month and his arms were skeletally thin.

      “I thought to go to Europe [and] failed. Now, I came to Niger…. What am I doing here? What will happen from here? I don’t know,” he said, sitting in the shade of a canopy in the courtyard of a UNHCR facility. “I don’t know what I will be planning for the future because everything collapsed; everything finished.”
      Abdu’s story

      Born in Eritrea – one of the most repressive countries in the world – Abdu’s mother sent him to live in neighbouring Sudan when he was only seven. She wanted him to grow up away from the political persecution and shadow of indefinite military service that stifled normal life in his homeland.

      But Sudan, where he was raised by his uncle, wasn’t much better. As an Eritrean refugee, he faced discrimination and lived in a precarious legal limbo. Abdu saw no future there. “So I decided to go,” he said.

      Like so many other young Africans fleeing conflict, political repression, and economic hardship in recent years, he wanted to try to make it to Europe. But first he had to pass through Libya.

      After crossing the border from Sudan in July 2016, Abdu, then 16 years old, was taken captive and held for 18 months. The smugglers asked for a ransom of $5,500, tortured him while his relatives were forced to listen on the phone, and rented him out for work like a piece of equipment.

      Abdu tried to escape, but only found himself under the control of another smuggler who did the same thing. He was kept in overflowing warehouses, sequestered from the sunlight with around 250 other people. The food was not enough and often spoiled; disease was rampant; people died from malaria and hunger; one woman died after giving birth; the guards drank, carried guns, and smoked hashish, and, at the smallest provocation, spun into a sadistic fury. Abdu’s skin started crawling with scabies, his cheeks sank in, and his long limbs withered to skin and bones.

      One day, the smuggler told him that, if he didn’t find a way to pay, it looked like he would soon die. As a courtesy – or to try to squeeze some money out of him instead of having to deal with a corpse – the smuggler reduced the ransom to $1,500.

      Finally, Abdu’s relatives were able to purchase his freedom and passage to Europe. It was December 2017. As he finally stood on the seashore before dawn in the freezing cold, Abdu remembered thinking: “We are going to arrive in Europe [and] get protection [and] get rights.”

      But he never made it. After nearly 24 hours at sea, the rubber dinghy he was on with around 150 other people was intercepted by the Libyan Coast Guard, which, since October 2016, has been trained and equipped by the EU and Italy.

      Abdu was brought back to the country he had just escaped and put in another detention centre.

      This one was official – run by the Libyan Directorate for Combating Irregular Migration. But it wasn’t much different from the smuggler-controlled warehouses he’d been in before. Again, it was overcrowded and dirty. People were falling sick. There was no torture or extortion, but the guards could be just as brutal. If someone tried to talk to them about the poor conditions “[they are] going to beat you until you are streaming blood,” Abdu said.

      Still, he wasn’t about to try his luck on his own again in Libya. The detention centre wasn’t suitable for human inhabitants, Abdu recalled thinking, but it was safer than anywhere he’d been in over a year. That’s where UNHCR found him and secured his release.

      The lucky few

      The small village of Thal-Marmoutier in France seems like it belongs to a different world than the teeming detention centres of Libya.

      The road to the village runs between gently rolling hills covered in grapevines and winds through small towns of half-timbered houses. About 40 minutes north of Strasbourg, the largest city in the region of Alsace, bordering Germany, it reaches a valley of hamlets that disrupt the green countryside with their red, high-peaked roofs. It’s an unassuming setting, but it’s the type of place Abdu might end up if and when he is finally resettled.

      In mid-March, when IRIN visited, the town of 800 people was hosting the first group of refugees evacuated from Libya.

      It was unseasonably cold, and the 55 people housed in a repurposed section of a Franciscan convent were bundled in winter jackets, scarves, and hats. Thirty of them had arrived from Chad, where they had been long-time residents of refugee camps after fleeing Boko Haram violence or conflict in the Sudanese region of Darfur. The remaining 25 – from Eritrea, Ethiopia, and Sudan – were the first evacuees from Libya. Before reaching France, they, like Abdu, had been flown to Niamey.

      The extra stop is necessary because most countries require refugees to be interviewed in person before offering them a resettlement spot. The process is facilitated by embassies and consulates, but, because of security concerns, only one European country (Italy) has a diplomatic presence in Libya.

      To resettle refugees stuck in detention centres, UNHCR needed to find a third country willing to host people temporarily, one where European resettlement agencies could carry out their procedures. Niger was the first – and so far only – country to volunteer.

      “For us, it is an obligation to participate,” Mohamed Bazoum, Niger’s influential interior minister, said when interviewed by IRIN in Niamey. Niger, the gateway between West Africa and Libya on the migration trail to Europe, is the top recipient of funds from the EU Trust Fund for Africa, an initiative launched in 2015 to “address the root causes of irregular migration”.

      “It costs us nothing to help,” Bazoum added, referring to the evacuation programme. “But we gain a sense of humanity in doing so.”

      ‘Time is just running from my life’

      The first evacuees landed in Niamey on 12 November. A little over a month later, on 19 December, they were on their way to France.

      By March, they had been in Thal-Marmoutier for three months and were preparing to move from the reception centre in the convent to individual apartments in different cities.

      Among them, several families with children had been living in Libya for a long time. But most of the evacuees were young women who had been imprisoned by smugglers and militias, held in official detention centres, or often both.

      “In Libya, it was difficult for me,” said Farida, a 24-year-old aspiring runner from Ethiopia. She fled her home in 2016 because of the conflict between the government and the Oromo people, an ethnic group.

      After a brief stay in Cairo, she and her husband decided to go to Libya because they heard a rumour that UNHCR was providing more support there to refugees. Shortly after crossing the border, Farida and her husband were captured by a militia and placed in a detention centre.

      “People from the other government (Libya has two rival governments) came and killed the militiamen, and some of the people in the prison also died, but we got out and were taken to another prison,” she said. “When they put me in prison, I was pregnant, and they beat me and killed the child in my belly.”

      Teyba, a 20-year-old woman also from Ethiopia, shared a similar story: “A militia put us in prison and tortured us a lot,” she said. “We stayed in prison for a little bit more than a month, and then the fighting started…. Some people died, some people escaped, and some people, I don’t know what happened to them.”

      Three months at the reception centre in Thal-Marmoutier had done little to ease the trauma of those experiences. “I haven’t seen anything that made me laugh or that made me happy,” Farida said. “Up to now, life has not been good, even after coming to France.”

      The French government placed the refugees in the reception centre to expedite their asylum procedures, and so they could begin to learn French.

      Everyone in the group had already received 10-year residency permits – something refugees who are placed directly in individual apartments or houses usually wait at least six months to receive. But many of them said they felt like their lives had been put on pause in Thal-Marmoutier. They were isolated in the small village with little access to transportation and said they had not been well prepared to begin new lives on their own in just a few weeks time.

      “I haven’t benefited from anything yet. Time is just running from my life,” said Intissar, a 35-year-old woman from Sudan.

      A stop-start process

      Despite their frustrations with the integration process in France, and the still present psychological wounds from Libya, the people in Thal-Marmoutier were fortunate to reach Europe.

      By early March, more than 1,000 people had been airlifted from Libya to Niger. But since the first group in December, no one else had left for Europe. Frustrated with the pace of resettlement, the Nigerien government told UNHCR that the programme had to be put on hold.

      “We want the flow to be balanced,” Bazoum, the interior minister, explained. “If people arrive, then we want others to leave. We don’t want people to be here on a permanent basis.”

      Since then, an additional 148 people have been resettled to France, Switzerland, Sweden and the Netherlands, and other departures are in the works. “The situation is improving,” said Louise Donovan, a UNHCR communications officer in Niger. “We need to speed up our processes as much as possible, and so do the resettlement countries.”

      A further 312 people were evacuated directly to Italy. Still, the total number resettled by the programme remains small. “What is problematic right now is the fact that European governments are not offering enough places for resettlement, despite continued requests from UNHCR,” said Matteo de Bellis, a researcher with Amnesty International.
      Less than 1 percent

      Globally, less than one percent of refugees are resettled each year, and resettlement is on a downward spiral at the moment, dropping by more than 50 percent between 2016 and 2017. The number of refugees needing resettlement is expected to reach 1.4 million next year, 17 percent higher than in 2018, while global resettlement places dropped to just 75,000 in 2017, UNHCR said on Monday.

      The Trump administration’s slashing of the US refugee admissions programme – historically the world’s leader – means this trend will likely continue.

      Due to the limited capacity, resettlement is usually reserved for people who are considered to be the most vulnerable.

      In Libya alone, there are around 19,000 refugees from Eritrea, Ethiopia, Somalia, and Sudan registered with UNHCR – a number increasing each month – as well as 430,000 migrants and potential asylum seekers from throughout sub-Saharan Africa. Many have been subjected to torture, sexual violence, and other abuses. And, because they are in Libya irregularly, resettlement is often the only legal solution to indefinite detention.

      In the unlikely scenario that all the sub-Saharan refugees in Libya were to be resettled, they would account for more than one third of the EU’s quota for the next two years. And that’s not taking into account people in Libya who may have legitimate grounds to claim asylum but are not on the official radar. Other solutions are clearly needed, but given the lack of will in the international community, it is unclear what those might be.

      “The Niger mechanism is a patch, a useful one under the circumstance, but still a patch,” de Bellis, the Amnesty researcher, said. “There are refugees… who cannot get out of the detention centres because there are no resettlement places available to them.”

      It is also uncertain what will happen to any refugees evacuated to Niger that aren’t offered a resettlement spot by European countries.

      UNHCR says it is considering all options, including the possibility of integration in Niger or return to their countries of origin – if they are deemed to be safe and people agree to go. But resettlement is the main focus. In April, the pace of people departing for Europe picked up, and evacuations from Libya resumed at the beginning of May – ironically, the same week the Nigerien government broke new and dangerous ground by deporting 132 Sudanese asylum seekers who had crossed the border on their own back to Libya.

      For the evacuees in Niger awaiting resettlement, there are still many unanswered questions.

      As Abdu was biding his time back in March, something other than the uncertainty about his own future weighed on him: the people still stuck in the detention centres in Libya.

      He had started his travels with his best friend. They had been together when they were first kidnapped and held for ransom. But Abdu’s friend was shot in the leg by a guard who accused him of stealing a cigarette. When Abdu tried to escape, he left his friend behind and hasn’t spoken to him or heard anything about him since.

      “UNHCR is saying they are going to find a solution for me; they are going to help me,” Abdu said. “It’s okay. But what about the others?”

      https://www.irinnews.org/special-report/2018/06/26/destination-europe-evacuation

    • Hot Spots #1 : Niger, les évacués de l’enfer libyen

      Fuir l’enfer libyen, sortir des griffes des trafiquants qui séquestrent pendant des mois leurs victimes dans des conditions inhumaines. C’est de l’autre côté du désert, au Niger, que certains migrants trouvent un premier refuge grâce à un programme d’#évacuation d’urgence géré par les Nations Unies depuis novembre 2017.

      https://guitinews.fr/video/2019/03/12/hot-spots-1-niger-les-evacues-de-lenfer-libyen

      Lien vers la #vidéo :

      « Les gens qu’on évacue de la Libye, ce sont des individus qui ont subi une profonde souffrance. Ce sont tous des victimes de torture, des victimes de violences aussi sexuelles, il y a des femmes qui accouchent d’enfants fruits de cette violences sexuelles. » Alexandra Morelli, Représentante du HCR au Niger.

      https://vimeo.com/323299304

      ping @isskein @karine4

  • Germany opens new military camp in Niger

    The German defense minister has called Niger a strategic partner “in the fight against terrorism, organized crime and illegal migration.” Nearly 900 German troops are deployed in the Sahel region, including 40 in Niger.

    German Defense Minister Ursula von der Leyen on Sunday opened a new Bundeswehr camp in the Niger capital of Niamey.


    https://m.dw.com/en/germany-opens-new-military-camp-in-niger/a-46253187

    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #Niger #Allemagne #camps_militaires

  • La #Mission_Eucap octroie à la police nationale du #Niger 6,5 Milliards FCFA pour le contrôle des frontières

    La #police nigérienne va bénéficier d’une enveloppe de 10 millions d’euros, soit 6,5 milliards FCFA, de la mission #Eucap_Sahel au Niger pour financer le projet de création de #Compagnies_mobiles_de_contrôle_des_frontières (#CMCF) dans toutes les régions du Niger. Ce, dans le but de lutter contre le crime organisé et la migration clandestine.

    Cette enveloppe est offerte précisément par les Pays-Bas à hauteur de 4 millions d’euros (2,6 milliards FCFA), et l’Allemagne 6 millions d’euros (3,9 milliards FCFA).

    « L’#Allemagne contribuera pour 6 millions et les #Pays-Bas pour 4 millions pour aider le gouvernement nigérien dans la lutte contre l’immigration irrégulière, le trafic de drogue et des armes. », a précisé le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas Stef Blok.

    La convention matérialisant cet appui a été signée le 31 octobre, en présence du Chef de la délégation de l’Union européenne Denisa-Elena Ionete, du Chef de la mission Eucap Sahel au Niger Frank Van Der Mueren, et du ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas.

    Pour mémoire, la mission Eucap Sahel avait déjà offert du #matériel d’une valeur de 15 millions FCFA à l’Agence nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants (#ANLTP / #TIM), toujours dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, la traite des personnes et la migration clandestine.

    Eucap Sahel Niger est un instrument de développement et de stabilité de l’Union européenne, mise sur pied dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune. Lancée en 2012 au Niger, elle contribue au renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité nigériennes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.

    En 2018, sa mission a été prolongée au Niger pour une période de deux ans.

    https://www.niameyetles2jours.com/la-gestion-publique/securite/0111-3043-la-mission-eucap-octroie-a-la-police-nationale-du-niger

    • L’Allemagne et les Pays-Bas vont financer une police de contrôle au Niger

      L’Allemagne et les Pays-Bas vont débloquer 10 millions d’euros au Niger pour mettre sur pied des forces spéciales chargées de contrôler les frontières du pays africain notamment contre l’immigration illégale, a annoncé jeudi la mission civile européenne Eucap Sahel.

      Le Niger, les Pays-Bas et Eucap Sahel - qui aide depuis 2012 le Niger à lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée - ont signé mercredi à Niamey la convention pour le financement de cette force dénommée Compagnies mobiles de contrôle des frontières (CMCF), selon Eucap Sahel.

      « Les Pays-Bas contribueront pour 4 millions d’euros et l’Allemagne pour 6 millions d’euros. Nous travaillerons avec le gouvernement nigérien dans la lutte contre la migration irrégulière, le trafic de drogue et des armes », a précisé à la télévision Stef Blok, le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas en visite au Niger.

      Les fonds seront confiés à Eucap Sahel et serviront à la formation, l’entrainement et l’équipement de centaines de policiers nigériens qui composeront les compagnie, a-t-il dit.

      Dans une première phase, deux compagnies fortes de 250 policiers nigériens seront positionnés à Maradi et Birn’in Konni, deux régions proches de la frontière avec le Nigeria, un des gros pourvoyeurs de clandestins transitant par le Niger pour l’Europe, a expliqué une source sécuritaire à l’AFP.

      « Grosso modo c’est pour combattre tout ce que nous avons comme défis : la migration illégale, le trafic des être humains, la drogue, le terrorisme », a expliqué Souley Boubacar, le patron de la police nigérienne.

      Selon les statistiques européennes, environ 90% des migrants d’Afrique de l’Ouest traversent le Niger pour gagner la Libye et l’Europe.

      Mi-juillet, lors d’une visite au Niger, le président du Parlement européen Antonio Tajani s’était réjoui de la chute « de plus de 95% » du flux de migrants transitant par le Niger vers la Libye et l’Europe, entre 2016 et 2017.

      https://www.voaafrique.com/a/l-allemagne-et-les-pays-bas-vont-financer-une-police-de-contr%C3%B4le-au-niger/4638602.html

    • Germany, Netherlands back Niger border force to counter migration

      Germany and the Netherlands have pledged to fund special forces in Niger to control its border and prevent illegal migration, the EU’s security mission in the country said Thursday.

      Niger is a transit country for thousands of migrants heading to Libya and Algeria, key hubs for migrants trying to reach Europe.

      Under the new plan, the two European nations will disburse €10 million to finance the new force, according to EUCAP Sahel, which provides support for Niger security forces.

      The funds would be used for training and equipping hundreds of Niger police officers.

      “Roughly speaking, it is to combat all our challenges: illegal migration, human trafficking, drugs, terrorism,” said Souley Boubacar, head of the Niger police.

      In the first phase, two companies of 250 Niger police will be positioned at Maradi and Birnin Konni — two regions on the troubled frontier with Nigeria that have become a key crossing point for migrants heading for Europe — a security source told AFP.

      It came after Germany held talks with Niger earlier this year, which took in discussions on migration issues. Angela Merkel welcomed the President of Niger, Mahamadou Issoufou, to Meseberg Castle in Brandenburg during the talks.

      The EU has been grappling with massive migration from Africa and the Middle East since 2015.

      Niger has become one of the main crossing routes for poor migrants, with 90 percent of West African migrants passing through the country, according to the EU.

      The Saharan route is notorious for its dangers, which include breakdowns, lack of water and callous traffickers who abandon migrants in the desert.

      Niger introduced a law making people-smuggling punishable by a jail term of up to 30 years in 2015.

      In July, European Parliament President Antonio Tajani said the flow of migrants through Niger fell by 95 percent between 2016 and 2017.


      https://www.thelocal.de/20181101/germany-netherlands-back-niger-border-force-to-counter-migration
      #Allemagne #Pays-Bas

    • Appui de plus de 6,5 Milliards de FCFA de La Mission Eucap à la police nationale pour le contrôle des frontières

      Le Ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas Monsieur STEF BLOK a procédé ce mercredi 31 octobre 2018 à la signature d’une convention avec le Chef de la mission Eucap Sahel au Niger Monsieur FRANK Van Der Mueren pour le compte de la police nationale du Niger représentée par son directeur général le Commissaire général de police Souley Boubacar et en présence du Chef de la délégation de l’Union Européenne Mme Denisa-Elena IONETE.
      D’un coût global de 10 millions d’euros dont 4 millions des Pays-Bas et 6 millions de l’Allemagne, ce mémorandum d’entente permettra de financer le projet de création de Compagnies Mobiles de Contrôle des Frontières (CMCF) dans toutes les régions du Niger.
      La création de ces nouvelles compagnies s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée et la migration irrégulière.
      Le Chef de la mission EUCAP SAHEL au Niger, Monsieur FRANK VAN DER MUEREN a tenu à souhaiter la bienvenue au Ministre STEF BLOK, à la délégation de la police nationale et aux participants à cette cérémonie.
      Il a, à cette occasion, souligné que ce projet s’inscrit dans le cadre ‘’des actions de l’Union Européenne au Niger’’ et ‘’c’est un geste politique très fort envers le Niger’’.
      Rappelons qu’EUCAP SAHEL est à son quatrième mandat au Niger dont le dernier court de 2018 à 2020. Sa mission principale est la lutte contre l’insécurité et la migration clandestine. EUCAP SAHEL au Niger emploie 115 agents internationaux et 15 nationaux.
      ‘’L’Allemagne contribuera pour 6 millions et les Pays-Bas pour 4 millions pour aider le gouvernement nigérien dans la lutte contre l’immigration irrégulière, le trafic de drogue et des armes’’ a indiqué le ministre STEF BLOK au cours d’un point presse animée juste après la signature de cette convention.
      Le Commissaire général de police Directeur général de la police du Niger Souley Boubacar a exprimé toute sa satisfaction après cette signature avant d’ajouter que ‘’c’est pour combattre tout ce qu’il y a aujourd’hui comme défis de l’heure tels le trafic de drogue, d’armes, l’immigration irrégulière, le banditisme transfrontalier’’.
      Lancée en 2012, EUCAP Sahel Niger est une mission civile de l’Union européenne promouvant une politique de sécurité et de défense commune, rappelons-t-on. Elle apporte ses appuis dans le cadre de renforcement des forces de sécurité nigériennes.

      http://www.anp.ne/?q=article/appui-de-plus-de-6-5-milliards-de-fcfa-de-la-mission-eucap-la-police-nationale-p
      #externalisation #contrôles_frontaliers

  • Urbanités africaines

    Articles

    Le projet de reconversion du #port de #Tanger : entre #urbanisme standardisé et jeux d’alliances locales ? par Brendan Blayac
    #Maroc

    Le programme d’appui à la reconstruction de la #Fédération_Sénégalaise_des_Habitants – vers un #urbanisme_participatif et solidaire, par Lionel Chabot, Pape Ameth Keita et Bea Varnai
    #Sénégal

    #Lagos, immensité et urbanité d’une ville d’Afrique subsaharienne fantasme dans les #séries_télévisées, par Pierre Denmat
    #Nigeria

    Les #programmes_de_logement public à #Yaoundé : entre laboratoire libéral et manifestations urbaines du clientélisme dans un #Cameroun post-austérité, par Mathilde Jourdam-Boutin

    Déplacer et relocaliser les citadins à #Lomé (#Togo) : l’urbanité négociée, par Amandine Spire et Natacha Gourland

    Vivre avec l’#insécurité_hydrique dans une ville sahélienne : les stratégies d’adaptation à #Niamey (#Niger), par Sandrine Vaucelle et Hassane Younsa Harouna
    #eau


    Portfolios

    Les #chantiers à Yaoundé et Douala, poétique des villes camerounaises en construction, par Mathilde Jourdam-Boutin

    Rien ne se perd, tout se récupère ! Pour une reconnaissance des #récupérateurs_informels de #Casablanca, par Pascal Garret et Bénédicte Florin
    #recyclage

    Les #toits du Caire, des espaces ressource ? par Marie Piessat
    #Le_Caire #Egypte

    http://www.revue-urbanites.fr/urbanites-africaines

    #villes #villes_africaines #revue #urban_matter #géographie_urbaine
    ping @reka

  • DOSSIER / URBANITÉS AFRICAINES
    http://www.revue-urbanites.fr/urbanites-africaines

    ARTICLES
    Le projet de reconversion du port de Tanger : entre urbanisme standardisé et jeux d’alliances locales ? par Brendan Blayac

    Le programme d’appui à la reconstruction de la Fédération Sénégalaise des Habitants – vers un urbanisme participatif et solidaire, par Lionel Chabot, Pape Ameth Keita et Bea Varnai

    Lagos, immensité et urbanité d’une ville d’Afrique subsaharienne fantasme dans les séries télévisées, par Pierre Denmat

    Les programmes de logement public à Yaoundé : entre laboratoire libéral et manifestations urbaines du clientélisme dans un Cameroun post-austérité, par Mathilde Jourdam-Boutin

    Déplacer et relocaliser les citadins à Lomé (Togo) : l’urbanité négociée, par Amandine Spire et Natacha Gourland

    Vivre avec l’insécurité hydrique dans une ville sahélienne : les stratégies d’adaptation à Niamey (Niger), par Sandrine Vaucelle et Hassane Younsa Harouna

    PORTFOLIOS
    Les chantiers à Yaoundé et Douala, poétique des villes camerounaises en construction, par Mathilde Jourdam-Boutin

    Rien ne se perd, tout se récupère ! Pour une reconnaissance des récupérateurs informels de Casablanca, par Pascal Garret et Bénédicte Florin

    Les toits du Caire, des espaces ressource ? par Marie Piessat

  • C.I.A. Drone Mission, Curtailed by Obama, Is Expanded in Africa Under Trump

    The C.I.A. is poised to conduct secret drone strikes against Qaeda and Islamic State insurgents from a newly expanded air base deep in the Sahara, making aggressive use of powers that were scaled back during the Obama administration and restored by President Trump.

    Late in his presidency, Barack Obama sought to put the military in charge of drone attacks after a backlash arose over a series of highly visible strikes, some of which killed civilians. The move was intended, in part, to bring greater transparency to attacks that the United States often refused to acknowledge its role in.

    But now the C.I.A. is broadening its drone operations, moving aircraft to northeastern Niger to hunt Islamist militants in southern Libya. The expansion adds to the agency’s limited covert missions in eastern Afghanistan for strikes in Pakistan, and in southern Saudi Arabia for attacks in Yemen.

    Nigerien and American officials said the C.I.A. had been flying drones on surveillance missions for several months from a corner of a small commercial airport in Dirkou. Satellite imagery shows that the airport has grown significantly since February to include a new taxiway, walls and security posts.

    One American official said the drones had not yet been used in lethal missions, but would almost certainly be in the near future, given the growing threat in southern Libya. The official spoke on the condition of anonymity to discuss the secretive operations.

    A C.I.A. spokesman, Timothy Barrett, declined to comment. A Defense Department spokeswoman, Maj. Sheryll Klinkel, said the military had maintained a base at the Dirkou airfield for several months but did not fly drone missions from there.

    The drones take off from Dirkou at night — typically between 10 p.m. and 4 a.m. — buzzing in the clear, starlit desert sky. A New York Times reporter saw the gray aircraft — about the size of Predator drones, which are 27 feet long — flying at least three times over six days in early August. Unlike small passenger planes that land occasionally at the airport, the drones have no blinking lights signaling their presence.

    “All I know is they’re American,” Niger’s interior minister, Mohamed Bazoum, said in an interview. He offered few other details about the drones.

    Dirkou’s mayor, Boubakar Jerome, said the drones had helped improve the town’s security. “It’s always good. If people see things like that, they’ll be scared,” Mr. Jerome said.

    Mr. Obama had curtailed the C.I.A.’s lethal role by limiting its drone flights, notably in Yemen. Some strikes in Pakistan and elsewhere that accidentally killed civilians, stirring outrage among foreign diplomats and military officials, were shielded because of the C.I.A.’s secrecy.

    As part of the shift, the Pentagon was given the unambiguous lead for such operations. The move sought, in part, to end an often awkward charade in which the United States would not concede its responsibility for strikes that were abundantly covered by news organizations and tallied by watchdog groups. However, the C.I.A. program was not fully shut down worldwide, as the agency and its supporters in Congress balked.

    The drone policy was changed last year, after Mike Pompeo, the C.I.A. director at the time, made a forceful case to President Trump that the agency’s broader counterterrorism efforts were being needlessly constrained. The Dirkou base was already up and running by the time Mr. Pompeo stepped down as head of the C.I.A. in April to become Mr. Trump’s secretary of state.

    The Pentagon’s Africa Command has carried out five drone strikes against Qaeda and Islamic State militants in Libya this year, including one two weeks ago. The military launches its MQ-9 Reaper drones from bases in Sicily and in Niamey, Niger’s capital, 800 miles southwest of Dirkou.

    But the C.I.A. base is hundreds of miles closer to southwestern Libya, a notorious haven for Al Qaeda and other extremist groups that also operate in the Sahel region of Niger, Chad, Mali and Algeria. It is also closer to southern Libya than a new $110 million drone base in Agadez, Niger, 350 miles west of Dirkou, where the Pentagon plans to operate armed Reaper drone missions by early next year.

    Another American official said the C.I.A. began setting up the base in January to improve surveillance of the region, partly in response to an ambush last fall in another part of Niger that killed four American troops. The Dirkou airfield was labeled a United States Air Force base as a cover, said the official, who spoke on the condition of anonymity to discuss confidential operational matters.

    The C.I.A. operation in Dirkou is burdened by few, if any, of the political sensitivities that the United States military confronts at its locations, said one former American official involved with the project.

    Even so, security analysts said, it is not clear why the United States needs both military and C.I.A. drone operations in the same general vicinity to combat insurgents in Libya. France also flies Reaper drones from Niamey, but only on unarmed reconnaissance missions.

    “I would be surprised that the C.I.A. would open its own base,” said Bill Roggio, editor of the Foundation for Defense of Democracies’ Long War Journal, which tracks military strikes against militant groups.

    Despite American denials, a Nigerien security official said he had concluded that the C.I.A. launched an armed drone from the Dirkou base to strike a target in Ubari, in southern Libya, on July 25. The Nigerien security official spoke on the condition of anonymity to discuss the classified program.

    A spokesman for the Africa Command, Maj. Karl Wiest, said the military did not carry out the Ubari strike.

    #Ubari is in the same region where the American military in March launched its first-ever drone attack against Qaeda militants in southern Libya. It is at the intersection of the powerful criminal and jihadist currents that have washed across Libya in recent years. Roughly equidistant from Libya’s borders with Niger, Chad and Algeria, the area’s seminomadic residents are heavily involved in the smuggling of weapons, drugs and migrants through the lawless deserts of southern Libya.

    Some of the residents have allied with Islamist militias, including Al Qaeda in the Islamic Maghreb, which operates across Algeria, Mali, Niger and Libya.

    Dirkou, in northeast Niger, is an oasis town of a few thousand people in the open desert, bordered by a small mountain range. For centuries, it has been a key transit point for travelers crossing the Sahara. It helped facilitate the rise of Islam in West Africa in the 9th century, and welcomed salt caravans from the neighboring town of Bilma.

    The town has a handful of narrow, sandy roads. Small trees dot the horizon. Date and neem trees line the streets, providing shelter for people escaping the oppressive midday heat. There is a small market, where goods for sale include spaghetti imported from Libya. Gasoline is also imported from Libya and is cheaper than elsewhere in the country.

    The drones based in Dirkou are loud, and their humming and buzzing drowns out the bleats of goats and crows of roosters.

    “It stops me from sleeping,” said Ajimi Koddo, 45, a former migrant smuggler. “They need to go. They go in our village, and it annoys us too much.”

    Satellite imagery shows that construction started in February on a new compound at the Dirkou airstrip. Since then, the facility has been extended to include a larger paved taxiway and a clamshell tent connected to the airstrip — all features that are consistent with the deployment of small aircraft, possibly drones.

    Five defensive positions were set up around the airport, and there appear to be new security gates and checkpoints both to the compound and the broader airport.

    It’s not the first time that Washington has eyed with interest Dirkou’s tiny base. In the late 1980s, the United States spent $3.2 million renovating the airstrip in an effort to bolster Niger’s government against Col. Muammar el-Qaddafi, then the leader of Libya.

    Compared with other parts of Africa, the C.I.A.’s presence in the continent’s northwest is relatively light, according to a former State Department official who served in the region. In this part of Niger, the C.I.A. is also providing training and sharing intelligence, according to a Nigerien military intelligence document reviewed by The Times.

    The Nigerien security official said about a dozen American Green Berets were stationed earlier this year in #Dirkou — in a base separate from the C.I.A.’s — to train a special counterterrorism battalion of local forces. Those trainers left about three months ago, the official said.

    It is unlikely that they will return anytime soon. The Pentagon is considering withdrawing nearly all American commandos from Niger in the wake of the deadly October ambush that killed four United States soldiers.

    https://www.nytimes.com/2018/09/09/world/africa/cia-drones-africa-military.html
    #CIA #drones #Niger #Sahel #USA #Etats-Unis #EI #ISIS #Etat_islamique #sécurité #terrorisme #base_militaire

    • Le Sahel est-il une zone de #non-droit ?

      La CIA a posé ses valises dans la bande sahélo-saharienne. Le New-York Times l’a annoncé, le 9 septembre dernier. Le quotidien US, a révélé l’existence d’une #base_de_drones secrète non loin de la commune de Dirkou, dans le nord-est du Niger. Cette localité, enclavée, la première grande ville la plus proche est Agadez située à 570 km, est le terrain de tir parfait. Elle est éloignée de tous les regards, y compris des autres forces armées étrangères : France, Allemagne, Italie, présentes sur le sol nigérien. Selon un responsable américain anonyme interrogé par ce journal, les drones déployés à Dirkou n’avaient « pas encore été utilisés dans des missions meurtrières, mais qu’ils le seraient certainement dans un proche avenir, compte tenu de la menace croissante qui pèse sur le sud de la Libye. » Or, d’après les renseignements recueillis par l’IVERIS, ces assertions sont fausses, la CIA a déjà mené des opérations à partir de cette base. Ces informations apportent un nouvel éclairage et expliquent le refus catégorique et systématique de l’administration américaine de placer la force conjointe du G5 Sahel (Tchad, Mauritanie, Burkina-Faso, Niger, Mali) sous le chapitre VII de la charte des Nations Unies.
      L’installation d’une base de drones n’est pas une bonne nouvelle pour les peuples du Sahel, et plus largement de l’Afrique de l’Ouest, qui pourraient connaître les mêmes malheurs que les Afghans et les Pakistanais confrontés à la guerre des drones avec sa cohorte de victimes civiles, appelées pudiquement « dégâts collatéraux ».

      D’après le journaliste du NYT, qui s’est rendu sur place, les drones présents à Dirkou ressembleraient à des Predator, des aéronefs d’ancienne génération qui ont un rayon d’action de 1250 km. Il serait assez étonnant que l’agence de Langley soit équipée de vieux modèles alors que l’US Air Force dispose à Niamey et bientôt à Agadez des derniers modèles MQ-9 Reaper, qui, eux, volent sur une distance de 1850 km. A partir de cette base, la CIA dispose donc d’un terrain de tir étendu qui va de la Libye, au sud de l’Algérie, en passant par le Tchad, jusqu’au centre du Mali, au Nord du Burkina et du Nigéria…

      Selon deux sources militaires de pays d’Afrique de l’Ouest, ces drones ont déjà réalisé des frappes à partir de la base de Dirkou. Ces bombardements ont eu lieu en Libye. Il paraît important de préciser que le chaos existant dans ce pays depuis la guerre de 2011, ne rend pas ces frappes plus légales. Par ailleurs, ces mêmes sources suspectent la CIA d’utiliser Dirkou comme une prison secrète « si des drones peuvent se poser des avions aussi. Rien ne les empêche de transporter des terroristes de Libye exfiltrés. Dirkou un Guantanamo bis ? »

      En outre, il n’est pas impossible que ces drones tueurs aient été en action dans d’autres Etats limitrophes. Qui peut le savoir ? « Cette base est irrégulière, illégale, la CIA peut faire absolument tout ce qu’elle veut là-bas » rapporte un officier. De plus, comment faire la différence entre un MQ-9 Reaper de la CIA ou encore un de l’US Air Force, qui, elle, a obtenu l’autorisation d’armer ses drones (1). Encore que…

      En novembre 2017, le président Mahamadou Issoufou a autorisé les drones de l’US Air Force basés à Niamey, à frapper leurs cibles sur le territoire nigérien (2). Mais pour que cet agrément soit légal, il aurait fallu qu’il soit présenté devant le parlement, ce qui n’a pas été le cas. Même s’il l’avait été, d’une part, il le serait seulement pour l’armée US et pas pour la CIA, d’autre part, il ne serait valable que sur le sol nigérien et pas sur les territoires des pays voisins…

      Pour rappel, cette autorisation a été accordée à peine un mois après les événements de Tongo Tongo, où neuf militaires avaient été tués, cinq soldats nigériens et quatre américains. Cette autorisation est souvent présentée comme la conséquence de cette attaque. Or, les pourparlers ont eu lieu bien avant. En effet, l’AFRICOM a planifié la construction de la base de drone d’Agadez, la seconde la plus importante de l’US Air Force en Afrique après Djibouti, dès 2016, sous le mandat de Barack Obama. Une nouvelle preuve que la politique africaine du Pentagone n’a pas changée avec l’arrivée de Donald Trump (3-4-5).

      Les USA seuls maîtres à bord dans le Sahel

      Dès lors, le véto catégorique des Etats-Unis de placer la force G5 Sahel sous chapitre VII se comprend mieux. Il s’agit de mener une guerre non-officielle sans mandat international des Nations-Unies et sans se soucier du droit international. Ce n’était donc pas utile qu’Emmanuel Macron, fer de lance du G5, force qui aurait permis à l’opération Barkhane de sortir du bourbier dans lequel elle se trouve, plaide à de nombreuses reprises cette cause auprès de Donald Trump. Tous les présidents du G5 Sahel s’y sont essayés également, en vain. Ils ont fini par comprendre, quatre chefs d’Etats ont boudé la dernière Assemblée générale des Nations Unies. Seul, le Président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, est monté à la tribune pour réitérer la demande de mise sous chapitre VII, unique solution pour que cette force obtienne un financement pérenne. Alors qu’en décembre 2017, Emmanuel Macron y croyait encore dur comme fer et exigeait des victoires au premier semestre 2018, faute de budget, le G5 Sahel n’est toujours pas opérationnel ! (6-7) Néanmoins, la Chine a promis de le soutenir financièrement. Magnanime, le secrétaire d’Etat à la défense, Jim Mattis a lui assuré à son homologue, Florence Parly, que les Etats-Unis apporteraient à la force conjointe une aide très significativement augmentée. Mais toujours pas de chapitre VII en vue... Ainsi, l’administration Trump joue coup double. Non seulement elle ne s’embarrasse pas avec le Conseil de Sécurité et le droit international mais sous couvert de lutte antiterroriste, elle incruste ses bottes dans ce qui est, (ce qui fut ?), la zone d’influence française.

      Far West

      Cerise sur le gâteau, en août dernier le patron de l’AFRICOM, le général Thomas D. Waldhauser, a annoncé une réduction drastique de ses troupes en Afrique (9). Les sociétés militaires privées, dont celle d’Erik Prince, anciennement Blackwater, ont bien compris le message et sont dans les starting-blocks prêtes à s’installer au Sahel (10).


      https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/371-le_sahel_estil_une_zone_de_nondroit__

  • Three million euro for the United Nations High Commissioner for Refugees

    The Farnesina has allocated a contribution of three million euro to the United Nations High Commissioner for Refugees from the Africa Fund of the Ministry of Foreign Affairs and International Cooperation. It is to strengthen the reception and protection system for refugees in Niger.
    The project, called “Strengthening reception conditions for persons in need of international protection in Agadez and in Niamey”, provides support for temporary reception and protection of refugees hosted in Niger, also in the context of the evacuation of vulnerable persons from Libya operated by the UNHCR. About 2,750 refugees and asylum seekers in Niger will benefit from the intervention.
    The High Commissioner is committed to supporting refugees in many African countries along the main migratory routes headed for Europe, and particularly in Niger. There are over 344,000 refugees and displaced persons in Niger, plus about 1,500 particularly vulnerable individuals evacuated from Libya.
    The recent Italian contribution is part of a broader Italian strategy to support the international organisations responsible for migrants and refugees. In 2017 Italy provided over 51 million dollars to the UNHCR for its activities, thus taking twelfth place among the largest donors of the Agency.

    https://www.esteri.it/mae/en/sala_stampa/archivionotizie/comunicati/2018/09/finanziamento-di-tre-milioni-di-euro-a-favore-dell-alto-commissariato-delle-n
    #Italie #asile #migrations #réfugiés #Niger #HCR #UNHCR

    –-> Cette fragile ligne entre aide aux réfugiés et #externalisation des #contrôles_frontaliers... Aidons-les au Niger pour qu’ils ne viennent pas chez nous !

    cc @isskein

  • Cocorico Monsieur Poulet
    http://www.nova-cinema.org/prog/2018/167-pleinopenair/weekend-2/article/cocorico-monsieur-poulet

    Jean Rouch, 1977, NE, 16mm, 93’

    Dans sa 2 CV bringuebalante nommée « Patience », Lam, alias Mr Poulet, part dans la brousse chercher des poulets pour aller ensuite les revendre à la ville de Niamey. Tallou, son apprenti, et Damouré, un opportuniste, se joignent à lui pour ce voyage censé durer un jour. Les trois comparses espèrent faire des affaires juteuses. Mais les poulets sont introuvables. La traversée du fleuve Niger s’avère plus difficile et mouvementée que prévu. Les autorités surveillent le trio. Et une diablesse ne cesse de lui jeter des sorts. La voiture, quant à elle, s’avère être une épave. Elle accumule les incidents et d’innombrables bricolages n’y changent rien. Et il ne s’agit pas de fiction : pendant le tournage, la 2 CV de Lam n’avait ni freins, ni phares, ni papiers. Ses (...)

  • https://www.youtube.com/watch?v=HT7uSeYHkaY

    International Thief Thief

    L’image a amusé : mardi 3 juillet, lors de son voyage au Nigeria, #Emmanuel_Macron s’est ren­du au Shrine, night­-club de Lagos tenu par deux enfants de #Fela_Kuti (1938-­1997). Son fils Femi Kuti s’est réjoui : « [L’événement] justifie le combat de mon père, il justifie la reconstruction du Shrine après sa mort. A l’époque, beaucoup nous critiquaient, affir­mant que le Shrine n’était qu’un lieu de fumeurs de joints et de voyous. Qu’un président français vienne au­jourd’hui est un acte symbolique et politique très fort » (Le JDD, 6/07). Emmanuel Macron a bien saisi l’oppor­tunité de capitaliser sur cette symbolique : le président jeune, branché, qui déroule à loisir son discours sur le « nouveau récit » à construire entre Européens et Africains, car bien sûr « les leaders euro­péens ne sont pas là pour donner des leçons aux leaders africains. Il faut construire le futur de l’Afrique, ici en Afrique ». Mais si possible avec les entreprises fran­çaises : le Nigeria est tout de même le premier parte­naire commercial de la France en Afrique, loin devant les économies atrophiées des pays francophones, vic­times de décennies d’ingérence françafricaine. Et – bien sûr sans donner de leçon – il n’a pas hésité à ins­trumentaliser l’image du père de l’afrobeat, en s’adres­sant à la salle : « Je veux vous rappeler Fela. Il n’était pas seulement un musicien, il était aussi un politicien au sens large. Il était un politicien parce qu’il voulait changer la société. Alors si j’ai simplement un message pour les jeunes ici au Shrine ce soir, oui la politique c’est important, oui, soyez engagés ! »
    Dans les deux pays qui partagent les plus longues frontières avec le Nigeria, la jeunesse aimerait le prendre au mot. Au Cameroun, ceux « de [sa] génération », comme il aime à dire, n’ont connu que le règne de Paul Biya, qui a officialisé quelques jours plus tard son inten­tion de rester sur le trône : le suspense lié à l’élection présidentielle, prévue le 7 octobre, c’est le nombre de morts en cas de contestation des résultats, et la durée de la coupure d’internet et des réseaux sociaux que le régime ordonnera à Orange et ses concurrents. Et au Ni­ger, 26 leaders de la société civile, qui considèrent aus­si que « la politique c’est important », ont été mis en taule pour avoir voulu organiser des manifestations contre une loi de finances qui instaure de nouvelles taxes et va gonfler les profits des opérateurs télé­ phoniques, Orange en tête. A Niamey, le procès de 19 de ces militants devait justement se tenir le matin même du show de Macron au Shrine, mais a été reporté d’une semaine : jusqu’à 3 ans de prison ferme furent requis contre cer­tains d’entre eux (ils seront fixés sur leur sort le 24 juillet). Le 2 juillet, Karim Tanko, de l’Union des jeunes pour la protection de la démocratie et les droits de l’homme, était à son tour arrêté. Mais ce n’est sans doute pas cette jeunesse qui intéresse Macron ? Fela Kuti, qui a aussi payé son engagement par de la prison, sortait en 1979 son légendaire « I.T.T. ­ In­ ternational Thief Thief » : ce tube, en français « voleur, voleur international », dénonçait les leaders corrom­pus, dont le président nigérian de l’époque Obasanjo, mais aussi et surtout les corrupteurs et pillards de son pays, en ciblant nommément le géant de la téléphonie International Telephone and Telegraph corp. (I.T.T). Alors comme dirait Macron, « je n’ai pas à donner de leçons », mais puisqu’il prétend chercher l’inspiration chez Fela, il devrait réécouter cette chanson en boucle, en s’interrogeant sur le rôle de l’État qu’il di­rige et qui contrôle 23 % du capital d’Orange.

    https://survie.org/billets-d-afrique/2018/279-juillet-aout-2018/article/in-ternational-thief-thief

  • Beaucoup a déjà été publié sur seenthis sur l’#externalisation des frontières et sur la question du #tri et de la #catégorisation

    Sur ce fil, je réunis surtout les documents de la politique de #Macron à ce sujet. Il s’agit de messages que j’ai ajoutés à des messages d’autres personnes (pour éviter que si jamais l’auteur du message original quitte seenthis et efface son compte, moi je ne perds pas mes informations —> je vais faire cela assez systématiquement, quand j’ai le temps, dans les prochains mois = paranoïa de perte de données).

    Ces 2 fils restent tels quels car ils ont été initiés par moi :
    https://seenthis.net/messages/618133
    https://seenthis.net/messages/531563
    Par contre, pour celui-ci, je vais copier les messages ci-dessous :
    https://seenthis.net/messages/625374
    #France
    #frontières #contrôles_frontaliers #frontières #asile #migrations #réfugiés
    cc @isskein

    • Macron veut « identifier » les demandeurs d’asile au #Tchad et au Niger

      Lors d’un mini-sommet organisé à l’Élysée lundi 28 août, Paris, Berlin, Madrid et Rome ont proposé l’envoi de « missions de protection » au Niger et au Tchad dans le but d’identifier en amont les migrants éligibles à l’asile. Une initiative qui pose plus de questions qu’elle n’en résout.

      À l’issue d’un mini-sommet organisé à Paris le 28 août, les chefs d’État ou de gouvernement de sept pays européens et africains – la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, d’un côté de la Méditerranée, le Tchad, le Niger et la Libye, de l’autre – se sont mis d’accord autour d’une « feuille de route » visant à « contrôler les flux migratoires » entre les deux continents.
      Réunis avec les présidents du Tchad, Idriss Déby, et du Niger, Mahamadou Issoufou, ainsi qu’avec le premier ministre libyen du gouvernement d’union nationale, Fayez al-Sarraj, le président français, Emmanuel Macron, la chancelière allemande, Angela Merkel, le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, et le président du Conseil italien, Paolo Gentiloni, ont ainsi proposé l’envoi de « missions de protection » au Niger et au Tchad, dans le but d’identifier en amont les migrants éligibles à l’asile (retrouver ici et là les déclarations conjointes).

      « Nous avons acté, je m’y étais engagé à Orléans au début de l’été, d’avoir un traitement humanitaire à la hauteur de nos exigences et de pouvoir, dans des zones identifiées, pleinement sûres, au Niger et au Tchad, sous la supervision du HCR [Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés – ndlr], identifier les ressortissants qui ont le droit à l’asile, pouvoir les mettre en sécurité le plus rapidement », a expliqué le président français lors de la conférence de presse.

      Le 27 juillet, ce dernier avait créé la polémique en affirmant, en marge d’une visite dans un centre d’hébergement de réfugiés à Orléans, vouloir créer des « hot spots », ces centres chargés de trier les candidats à l’asile en France, « dès cet été », pour maîtriser l’arrivée des migrants venus de Libye et, avait-il ajouté, pour « éviter aux gens de prendre des risques fous alors qu’ils ne sont pas tous éligibles à l’asile ». Quelques heures plus tard, son entourage avait fait machine arrière en expliquant que, pour l’heure, seuls le Tchad et le Niger devraient être concernés. Après la visite, dans un discours à la préfecture du Loiret, le président avait d’ailleurs rectifié le tir en se contentant d’évoquer l’envoi de missions de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) « sur le sol africain ».

      La feuille de route du 28 août, qui substitue l’idée de « missions de protection » à celle de « hot spots », prévoit que l’identification des demandeurs d’asile se fera par le HCR, avec l’aval des autorités du pays de premier accueil et le soutien d’équipes européennes spécialistes de l’asile. Les personnes sélectionnées entreraient dans le programme dit de réinstallation du HCR « sur des listes fermées », c’est-à-dire listant les migrants d’ores et déjà identifiés par le HCR, et « selon des critères fixés en commun », non communiqués pour l’instant.

      Les migrants ne répondant pas à ces conditions devraient être reconduits « dans leur pays d’origine, dans la sécurité, l’ordre et la dignité, de préférence sur une base volontaire, en tenant compte de la législation nationale et dans le respect du droit international ».

      Sur le papier, l’idée pourrait paraître séduisante, puisqu’elle se donne comme objectif d’« ouvrir une voie légale pour les personnes ayant besoin d’une protection conformément au droit international et européen, en particulier pour les personnes les plus vulnérables selon les procédures du HCR relatives à la détermination de la qualité de réfugié, et qui sont susceptibles de migrer vers l’Europe ». Le but serait ainsi de leur éviter l’enfer libyen, où il est de notoriété publique que les migrants subissent les pires sévices, mais aussi les dangers de la traversée de la Méditerranée sur des canots pneumatiques. Depuis le début de l’année, près de 98 000 personnes sont arrivées par cette route maritime centrale, et près de 2 250 ont péri en mer, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations.

      Mais derrière cette intention louable, se cache surtout le projet de réduire au maximum l’arrivée sur le Vieux Continent de personnes perçues par les dirigeants européens comme des « migrants économiques », pour lesquels aucun accueil n’est envisagé. L’objectif est ainsi de décourager les départs le plus en amont possible. Cette politique n’est pas nouvelle : voilà une vingtaine d’années que Bruxelles multiplie les accords avec les pays d’origine et de transit, par des campagnes d’affichage et des bureaux d’information, à coups de dizaines de millions d’euros, afin de convaincre les migrants de rester chez eux.

      Avec ces nouveaux guichets de pré-examen de la demande d’asile, il s’agit d’aller plus loin, car il est fort à parier que le nombre de personnes retenues par le HCR et in fine réinstallées en Europe sera extrêmement réduit. Dans les pays de l’UE, les demandeurs d’asile originaires d’Afrique subsaharienne obtiennent rarement le statut de réfugié. Les ONG sont donc particulièrement sceptiques à l’égard de ce genre d’initiatives, qu’elles considèrent comme une manière déguisée de sous-traiter la demande d’asile à des pays tiers, aussi éloignés que possible du continent européen. « On repousse la frontière européenne dans des pays de plus en plus lointains », a ainsi affirmé à l’AFP Eva Ottavy, de la Cimade, pour qui, « sous couvert de sauver des vies, on bloque l’accès au territoire ».

      Par ailleurs, le dispositif de réinstallation mis en place dans le monde par le HCR est décrié par ces mêmes associations de défense des droits des étrangers qui estiment que les critères mis en œuvre sont trop restrictifs et les procédures trop peu transparentes.

      Quand on sait que le système de relocalisation organisé par l’Union européenne pour répartir les réfugiés arrivés en Grèce ne fonctionne pas, alors même que ces exilés sont des ressortissants de pays susceptibles d’obtenir l’asile (Syrie, Afghanistan, Irak et Iran principalement), on peut s’interroger sur le nombre d’Africains subsahariens qui pourront effectivement bénéficier de cette « voie légale » pour arriver en Europe.

      Enfin, la décision de Paris, Berlin, Madrid et Rome d’« améliorer la coopération économique avec les communautés locales se trouvant sur les routes migratoires en Libye, afin de créer des sources de revenu alternatives, d’accroître leur résilience et de les rendre indépendantes de la traite des êtres humains » a de quoi laisser dubitatif. En effet, Reuters a récemment révélé l’existence sur les côtes libyennes, à Sabratah, principale ville de départ des migrants, d’une milice armée qui empêcherait violemment les embarcations de partir et détiendrait les candidats au passage dans des conditions dégradantes (lire notre article). Or, d’après de nombreux témoignages, il semble que ce groupe mafieux soit, en partie au moins, financé par le gouvernement d’union nationale de Tripoli, lui-même soutenu par les fonds européens.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/290817/macron-veut-identifier-les-demandeurs-d-asile-au-tchad-et-au-niger

      #hotspots #externalisation #asile #migrations #réfugiés #Macron #Tchad #Niger

      v. aussi : http://seen.li/d8yd

      Et ce magnifique titre de l’opération :
      #missions_de_protection

    • Juste pour rappeler que Macron n’a rien inventé, mais qu’il surfe sur la vague...

      Voici l’extrait d’un article qui date de 2009...

      Les tendances et mesures amorcées dans les récentes prises de position politiques ne servent qu’à confirmer la direction prise depuis la fin des années quatre-vingt-dix et indiquent clairement une réalité politique qui accentue certains aspects : la présence policière, la surveillance des frontières et l’endiguement, au détriment des autres. D’abord, les orientations prises conjointement pour limiter l’accès aux demandeurs d’asile, aux réfugiés et aux familles des travailleurs, à travers une série de directives et de règlements (c’est-à-dire des populations ayant droit à l’accès) et le développement croissant d’une politique d’immigration sélective des travailleurs, ont contribué à créer une étape de plus dans l’externalisation. Cette étape a été franchie en 2003 et 2004 avec deux propositions, l’une émanant des Britanniques sur les “#Transit_Processing_Centres” (#TPCs) et l’autre des Italiens et des Allemands, pour mettre en place des bureaux d’immigration en Afrique du Nord.

      Tiré de :
      Dimension extérieure de la politique d’immigration de l’Union européenne
      https://hommesmigrations.revues.org/342

      #Italie #Allemagne #UK #Angleterre

    • Au Niger, la frontière invisible de l’Europe

      L’enquête des « Jours » sur la trace des migrants morts en mer passe par le Niger, nouveau pays de transit pour les candidats à l’exil.

      Depuis l’été 2016 et la mise en œuvre de la loi via le « #plan_Bazoum », du nom du ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum, toute personne transportant des étrangers dans le désert, au nord de l’axe Arlit-Dirkou (consulter notre carte des Disparus), est considéré comme étant en infraction avec la loi. D’ailleurs, à proximité de la gare de Rimbo, une pancarte affichant les logos de l’Union européenne et de l’Agence nationale de lutte contre la traite des personnes (ANLTP) du Niger le rappelle : « Transporter illégalement des migrants vous expose à une peine d’amende de 1 000 000 à 3 000 000 CFA [1 525 à 4 575 euros, ndlr]. »

      v. aussi : http://seen.li/cz4o

      « Dans cette histoire de migration, rien n’est ni noir, ni blanc. C’est un sujet tellement complexe qu’on ne peut pas le résumer en quelques vérités », dit Kirsi Henriksson, au volant de son 4x4, dans les rues de Niamey. Kirsi Henriksson dirige Eucap Sahel au Niger, une opération civile de l’Union européenne créée en 2012, après la chute de Kadhafi, pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée dans la région. Quand Henriksson a pris son poste en août 2016, le mandat de l’opération venait d’être élargi à la lutte contre l’immigration irrégulière. Le moment était parfait pour l’Union européenne : le plan Bazoum venait d’être mis en application. Désormais, des policiers et des gendarmes européens conseillent et forment leurs homologues nigériens à des techniques de contrôle et renseignement visant à intercepter les trafics de drogues et d’armes, mais aussi ceux d’êtres humains. « Nous n’avons pas de mandat exécutif, nous n’arrêtons personne. Mais nous formons les autorités nigériennes à arrêter les gens. Pour beaucoup, nous sommes les méchants de cette histoire. »

      Avant le Niger, Kirsi Henriksson a travaillé pour des missions similaires de l’Union européenne au Mali, en Libye et en Irak. Universitaire de formation, elle s’est spécialisée dans les études sur la paix et les conflits avant de partir « construire la paix dans la vraie vie ». « Je dois avouer que les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur de l’ambition », elle sourit. En 2014, elle a été évacuée de la Libye avec le reste de la mission européenne. Les organisations internationales sont parties elles aussi. Aujourd’hui, elles sont toutes au Niger, de même que les armées étrangères. « Une industrie de la paix », comme le qualifie la cheffe de mission.
      « Le Niger est the new place to be. Tout le monde est ici : l’armée française avec l’#opération_Barkhane, l’armée allemande qui ravitaille ses troupes au Mali depuis le Niger, l’armée américaine qui construit une base de #drones à Agadez. » À la fin de l’année 2017, l’#Italie a annoncé à son tour l’envoi de troupes – une information que les autorités nigériennes ont démentie par la suite. « Tout le monde vient parce que dans la région du Sahel, le Niger assure une certaine stabilité. Et préserver cette stabilité est dans l’intérêt de toute l’Europe. »

      Mais la migration est-elle une menace pour la stabilité du Sahel ? Paradoxalement, avec l’augmentation des contrôles et la criminalisation du trafic, elle est peut-être en train de le devenir. Le #trafic_d’êtres_humains est passé des mains des transporteurs ordinaires à celles de #réseaux_criminels transfrontaliers qui gèrent aussi d’autres trafics : la #drogue – surtout du #Tramadol, un antalgique dérivé de l’#opium –, qui arrive depuis le Nigeria vers la Libye, et les #armes, qui descendent de la Libye vers le sud.

      #commerce_d'armes

      Seulement, pour le moment, l’aide européenne promise arrive lentement et souvent sans consultation des populations concernées. Le #Fonds_fiduciaire officiellement destiné à l’aide au #développement vise en réalité à produire du contrôle, reconnaît Kirsi Henriksson. C’est également le but de l’#opération_Eucap_Sahel. La cheffe de mission trace avec son index les nouvelles routes que le contrôle renforcé a dessinées dans le désert : directement depuis #Diffa, situé à la frontière nigériane, vers #Séguédine dans le nord, en traversant le #Ténéré, de #Gao au Mali vers #Assamaka à la frontière algérienne, qu’on longera ensuite pour arriver en Libye. Ces nouvelles routes sont plus dangereuses.

      #Eucap #routes_migratoires #parcours_migratoires

      « Davantage de personnes meurent dans le désert. Et c’est vraiment malheureux. » C’est la première fois que j’entends cette affirmation pendant mon voyage. Je ne cesserai de l’entendre par la suite. À chacun, je demanderai combien. Combien mouraient avant, combien meurent maintenant ? Personne ne sait. Personne ne semble savoir qui pourrait savoir.

      #mourir_dans_le_désert #décès

      https://lesjours.fr/obsessions/migrants/ep6-niger
      #Agadez #gardes-frontière #frontières #contrôles_frontaliers

    • At French Outpost in African Migrant Hub, Asylum for a Select Few

      In a bare suite of prefab offices, inside a compound off a dirt road, French bureaucrats are pushing France’s borders thousands of miles into Africa, hoping to head off would-be migrants.

      All day long, in a grassy courtyard, they interview asylum seekers, as the African reality they want to escape swirls outside — donkey carts and dust, joblessness and poverty, and, in special cases, political persecution.

      If the French answer is yes to asylum, they are given plane tickets to France and spared the risky journey through the desert and on the deadly boats across the Mediterranean that have brought millions of desperate migrants to Europe in recent years, transforming its politics and societies.

      “We’re here to stop people from dying in the Mediterranean,” said Sylvie Bergier-Diallo, the deputy chief of the French mission in Niger.

      But very few are actually approved, and so the French delegation is also there to send a message to other would-be migrants: Stay home, and do not risk a perilous journey for an asylum claim that would ultimately be denied in France.

      The French outpost is part of a new forward defense in Europe’s struggle to hold off migration from Africa; it is a small, relatively benign piece of a larger strategy that otherwise threatens to subvert Europe’s humanitarian ideals.

      After years of being buffeted by uncontrolled migration, Europe is striking out. Italy is suspected of quietly cutting deals with Libyan warlords who control the migration route. The European Union has sent delegations to African capitals, waving aid and incentives for leaders to keep their people at home. Now come the French.
      “There’s a much more active approach to see that the immigrant stays as far away as possible from Europe, and this is completely to the detriment of those concerned,” said Philippe Dam of Human Rights Watch.

      The French mission was “positive,” he said, “but it’s too late and too small.”

      It is also the flip side of a fast-toughening stance by France against migrants, as President Emmanuel Macron began his push this month for what critics say is a draconian new law aimed at sending many of those who have already arrived back home.

      Even if some of Europe’s new methods are questionable, the results have been evident: Last year, for the first time since the crisis began several years ago, the migration flow was reversed, according to Giuseppe Loprete, head of the United Nations migration agency office in Niger.

      About 100,000 would-be migrants returned through Niger from Libya, compared with 60,000 who traversed the vast and impoverished desert country heading toward Europe.

      As the hub for West African migration, Niger had long been under pressure from Europe to crack down on the migrant flow. And something has shifted.

      The bus stations in Niamey, once packed with West Africans trying to get to Agadez, the last city before Libya, are now empty. The police sternly check identity documents.

      When I visited Agadez three years ago, migrants packed what locals called “ghettos” at the edge of town, hanging out for weeks in the courtyards of unfinished villas waiting for a chance to cross the desert.
      Migration officials say there are many fewer now. The Nigerien government has impounded dozens of the pickups formerly used by smugglers at Agadez, they say.

      “Lot less, lot less than before,” said a bus agent, who declined to give his name, at the open-air Sonef station in Niamey, drowsing and empty in the late-afternoon heat. “It’s not like it was. Before it was full.”

      The tile floor was once crowded with migrants. No more. A sign outside bears the European Union flag and warns passengers not to travel without papers.

      In itself, the so-called French filtration effort here is so small that it is not responsible for the drop, nor is it expected to have much effect on the overall migration flow.

      It began well after the drop was underway. Only a handful of such missions to interview asylum seekers have embarked since Mr. Macron announced the policy last summer, staying for about a week at a time.

      Meager as it is, however, the French effort has already helped shift the process of sifting some asylum claims to Africa and out of Europe, where many of those who are denied asylum tend to stay illegally.

      For Mr. Macron, a chief aim is to defuse the political pressures at home from the far right that have escalated with the migrant crisis.
      The French hope that the greater visibility of a formal, front-end system will discourage those without credible claims of asylum from risking their lives with smugglers.

      The process is also intended to send a potentially important message: that those with legitimate claims of persecution do have a chance for safe passage.

      “Politically it’s huge,” said Mr. Loprete. “But in terms of numbers it is very low.”

      In a recent week, 85 people were interviewed by the four officials from the French refugee agency, known as Ofpra.

      The selective scale is in line with Mr. Macron’s determination to keep out economic migrants. “We can’t welcome everybody,” he said in his New Year’s speech.

      On the other hand, “we must welcome the men and women fleeing their country because they are under threat,” Mr. Macron said. They have a “right to asylum,” he said.

      Critics of the plan say that it amounts to only a token effort, and that the real goal is to keep potential migrants at arms’ length.

      “Macron’s policy is to divide migrants and refugees, but how can we do so? What is the ethical principle behind this choice?” said Mauro Armanino, an Italian priest at the cathedral in Niamey who has long worked with migrants in African nations. “It is a policy without heart.”

      Still, the French have been the first to undertake this kind of outreach, working closely with the United Nations, out of its refugee agency’s compound in Niamey.

      The United Nations International Office for Migration does a first vetting for the French in Libya, Niger’s northern neighbor, where human smuggling networks have thrived in the chaotic collapse of the country.

      In Libya, the smugglers herd the Africans together, beat them, sometimes rape them and extort money. Some are even sold into slavery before being loaded onto rickety boats for the Mediterranean crossing.

      Some of the Libyan camps are run by smugglers and their associated militias, and others by the government, such as it is. But regardless of who runs them, they are essentially concentration camps, officials say, and there is no distinction made between political refugees and migrants.

      United Nations officials are allowed to enter the government-run camps to look for potential asylum cases — principally Eritreans and Somalis, whose flight from political persecution and chaos might qualify them. From lists supplied by the United Nations, the French choose whom they will interview.

      “The idea is to protect people who might have a right to asylum,” said Pascal Brice, the head of Ofpra, the French refugee agency. “And to bypass the horrors of Libya and the Mediterranean.”

      “It is limited,” Mr. Brice acknowledged. “But the president has said he wants to cut back on the sea crossings,” he added, referring to Mr. Macron.
      Bénédicte Jeannerod, who heads the French office of Human Rights Watch, was less a critic of the program itself than of its scale. “I’ve told Pascal Brice that as long as it works, make it bigger,” he said.

      But the potential difficulties of making the program larger were evident in a day of interviews at the sweltering United Nations center in Niamey.

      One recent Saturday night, 136 Eritreans and Somalis were flown to Niamey by the United Nations, all potential candidates for asylum interviews with the French.

      The dozens of asylum seekers already there waited pensively, looking resigned as they sat on benches, betraying no sign of the import of what the French deputy chief of the mission had to offer.

      “If you are chosen, you will soon be in France,” Ms. Bergier-Diallo told them, pronouncing the words slowly and deliberately. “And we are delighted.”

      Indeed, if the refugees pass muster, the rewards are enormous: a free plane ticket to France, free housing, hassle-free residence papers and free French lessons.

      The French agents, stiff and formal in their questioning that could last well over an hour, inquired relentlessly about the refugees’ family ties, uninterested in establishing the narrative of their escape and suffering.
      The idea was to “establish the family context,” in an effort to confirm the authenticity of the refugees’ origins, said one French official, Lucie.

      (Sensitive to security, the French authorities asked that the last names of their agents and those of the refugees not be published.)

      Shewit, a diminutive, bespectacled 26-year-old Eritrean woman, was asked whether she ever phoned her family, and if so what they talked about.

      “Only about my health,” Shewit said. “I never tell them where I am.”

      Mariam, 27, told the French agent she had been raped and ostracized in her village and feared going back because “the people who raped me are still there.”

      “They could rape me again,” said Mariam, an illiterate animal herder from Somaliland.

      Even if she finds safety in France, integrating her into society will be a challenge. Mariam had never attended any school and looked bewildered when the French agent told her to remove her head scarf.

      Wearing the scarf “is not possible in the French administration, or in schools,” Emoline, the agent, said gently to Mariam in English, through an interpreter.

      Then there was Welella, an 18-year-old Eritrean girl who, before being rescued from neighboring Libya, had spent time in a refugee camp in Sudan, where she endured what she simply called “punishments.”
      Her father is a soldier, her siblings had all been drafted into Eritrea’s compulsory military service, and she risked the same.

      “Why is military service compulsory in Eritrea?” Lucie asked the girl, seated opposite her. “I don’t know,” Welella answered mechanically.

      She had long planned on fleeing. “One day I succeeded,” she said simply.

      “What could happen to you in Eritrea if you returned?” Lucie asked.

      “I suffered a lot leaving Eritrea,” Welella said slowly. “If I return, they will put me underground.”

      She was questioned over and over about the names of her siblings in Eritrea, and why one had traveled to a particular town.

      After nearly two hours of questioning, a hint of the French agent’s verdict finally came — in English. It was rote, but the message clear: France was one step away from welcoming Welella.

      “You will have the right to enter France legally,” Lucie told her. “You will be granted a residence permit, you will be given your own accommodations, you will have the right to work …”

      Welella smiled, barely.


      https://www.nytimes.com/2018/02/25/world/africa/france-africa-migrants-asylum-niger.html?smid=tw-share
      #Niamey

    • A French Processing Centre in Niger: The first step towards extraterritorial processing of asylum claims or (just) good old resettlement?

      When The New York Times made headlines in the migration world with its recent article “At French Outpost in African Migrant Hub, Asylum for a Select Few” about the French refugee agency’s role in the UNHCR humanitarian evacuation scheme, it was not long before the magical concept of “extraterritorial processing” resurfaced. Mostly defined as the processing of asylum requests outside the country of destination, this proposal, repeatedly raised by European Union member states and academics alike since the beginning of the 2000s, has regularly been turned down by EU officials as being mere politically-driven hot air. Often confused with resettlement or other legal access channels, it has been praised as the panacea of the migration and asylum challenges by some, while being criticized as outsourcing and shady responsibility shifting by others.


      http://www.aspeninstitute.it/aspenia-online/article/french-processing-centre-niger-first-step-towards-extraterritorial-pr

    • Les migrants paient le prix fort de la coopération entre l’UE et les #gardes-côtes_libyens

      Nombre de dirigeants européens appellent à une « coopération » renforcée avec les #garde-côtes_libyens. Mais une fois interceptés en mer, ces migrants sont renvoyés dans des centres de détention indignes et risquent de retomber aux mains de trafiquants.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/280618/les-migrants-paient-le-prix-fort-de-la-cooperation-entre-lue-et-les-garde-

  • Libyan trafficking camps are hell for refugees, diplomats say
    The Libyan camps where traffickers hold would-be migrants resemble concentration camps.
    http://www.dw.com/en/libyan-trafficking-camps-are-hell-for-refugees-diplomats-say/a-37318459

    “Executions of migrants who cannot pay, torture, rapes, blackmail and abandonment in the desert are the order of the day there,” the “Welt am Sonntag” quoted an internal report from the German embassy in the capital of Niger, Niamey, as saying.

    The diplomats’ report, intended for the office of German Chancellor Angela Merkel and various ministries, spoke of “the most serious, systematic human rights violations,” the paper said.

  • Speech by High Representative/Vice-President Federica #Mogherini at the European Parliament plenary session on the Progress on the UN Global Compact for safe, regular and orderly migration and UN Global Compact on refugees

    Let me start with a good news, a good story for once; a little, big European achievement of the last few months. You might remember, last December I came to Strasbourg and here, in this hemicycle we talked about detention centres in Libya. I took in front of you, and most of all, in front of all those people who are suffering inside these detention centres in Libya, the commitment to bring back to their homes 15.000 migrants from within the detention centres to their countries or origin, in a safe manner with Assisted Voluntary Returns, made with our assistance, through the IOM [International Organisation for Migration].

    At that moment we had just reached an unprecedented agreement between our European Union, the African Union, and the United Nations, in particular the United Nations’ agencies for migrants and refugees – at our EU-Africa Union Summit in Abidjan. Thanks to this agreement, in the first two months of this year – so January and February - we managed to rescue and free more than 16.000 people from the camps in Libya. In two months, we managed to achieve more than in the previous year and already in 2017, the results were ten times better than the previous year.

    Now, in the detention camps, there are still some 4.000 to 5.000 people. It is far too much and we are going to continue our work with the United Nations and with the African Union to empty the camps. We have managed to bring out from there 16.000 people in two months, I believe we can make it and empty them completely, within the, at maximum, coming next couple of months.

    This has been possible for one reason: we joined forces – first of all within Europe, second with our African partners and friends, and on a global scale, within the UN system. I am glad to start with this positive note - while acknowledging that there is still work to be done -because sometimes we forget to focus on the achievements we managed to build. I think the achievements are important to lead us towards the solution.

    https://eeas.europa.eu/headquarters/headquarters-homepage/41272/speech-high-representativevice-president-federica-mogherini-european-par
    #Libye #camps #centres_de_détention #détention #asile #migrations #réfugiés #vide #plein

    Commentaire de Marie Martin via la mailing list Migreurop :

    No resettlement from Libya to the EU was mentioned, if anyone has information on this it will be welcome

    #réinstallation

    @reka :
    ça rentre aussi peut-être dans tes réflexions sur la #géographie_du_vide et #géographie_du_plein

  • Gérard Collomb : « Contre les #passeurs, nous allons renforcer les coopérations avec l’Afrique »

    À l’occasion de son déplacement au #Niger, le ministre de l’Intérieur détaille au Figaro les solutions étudiées pour démanteler les réseaux de passeurs.

    LE FI­GA­RO.- Qu’at­ten­dez-vous de votre dé­pla­ce­ment au Ni­ger ? Gé­rard COL­LOMB.- Pour maî­tri­ser les flux mi­gra­toires et ga­ran­tir en France le droit d’asile, nous de­vons lut­ter contre les ré­seaux de pas­seurs par une ac­tion en amont, au plus près des pays d’ori­gine et de tran­sit des mi­grants. Cette ren­contre de Nia­mey, as­so­ciant les mi­nistres de l’In­té­rieur et des Af­faires étran­gères des prin­ci­pales par­ties concer­nées, en Eu­rope comme en Afrique, pour­suit cet ob­jec­tif. Elle réuni­ra des re­pré­sen­tants du Ni­ger, du Tchad, du Ma­li, du Bur­ki­naFa­so, de Mau­ri­ta­nie, de Côte d’Ivoire, de Gui­née, du Sé­né­gal, de Li­bye, d’Al­le­magne, d’Ita­lie, d’Espagne et de la France, sans ou­blier ceux de la Com­mis­sion eu­ro­péenne et de l’ONU. Il se­ra ques­tion de l’ap­pui que nous pou­vons ap­por­ter aux pays d’Afrique pour les ai­der à mieux se co­or­don­ner pour dé­man­te­ler les ré­seaux de tra­fi­quants d’êtres hu­mains. C’était l’en­ga­ge­ment ex­pri­mé par le pré­sident de la Ré­pu­blique au som­met Union eu­ro­péenne Afrique à Abid­jan, avec l’ob­jec­tif de mettre en échec les ré­seaux cri­mi­nels et mettre fin aux vio­lences dont les mi­grants font l’ob­jet.

    LE FI­GA­RO.- Qu’at­ten­dez-vous de votre dé­pla­ce­ment au Ni­ger ? Gé­rard COL­LOMB.- Pour maî­tri­ser les flux mi­gra­toires et ga­ran­tir en France le droit d’asile, nous de­vons lut­ter contre les ré­seaux de pas­seurs par une ac­tion en amont, au plus près des pays d’ori­gine et de tran­sit des mi­grants. Cette ren­contre de Nia­mey, as­so­ciant les mi­nistres de l’In­té­rieur et des Af­faires étran­gères des prin­ci­pales par­ties concer­nées, en Eu­rope comme en Afrique, pour­suit cet ob­jec­tif. Elle réuni­ra des re­pré­sen­tants du Ni­ger, du Tchad, du Ma­li, du Bur­ki­naFa­so, de Mau­ri­ta­nie, de Côte d’Ivoire, de Gui­née, du Sé­né­gal, de Li­bye, d’Al­le­magne, d’Ita­lie, d’Espagne et de la France, sans ou­blier ceux de la Com­mis­sion eu­ro­péenne et de l’ONU. Il se­ra ques­tion de l’ap­pui que nous pou­vons ap­por­ter aux pays d’Afrique pour les ai­der à mieux se co­or­don­ner pour dé­man­te­ler les ré­seaux de tra­fi­quants d’êtres hu­mains. C’était l’en­ga­ge­ment ex­pri­mé par le pré­sident de la Ré­pu­blique au som­met Union eu­ro­péenne Afrique à Abid­jan, avec l’ob­jec­tif de mettre en échec les ré­seaux cri­mi­nels et mettre fin aux vio­lences dont les mi­grants font l’ob­jet.

    LE FI­GA­RO.- Qu’at­ten­dez-vous de votre dé­pla­ce­ment au Ni­ger ? Gé­rard COL­LOMB.- Pour maî­tri­ser les flux mi­gra­toires et ga­ran­tir en France le droit d’asile, nous de­vons lut­ter contre les ré­seaux de pas­seurs par une ac­tion en amont, au plus près des pays d’ori­gine et de tran­sit des mi­grants. Cette ren­contre de Nia­mey, as­so­ciant les mi­nistres de l’In­té­rieur et des Af­faires étran­gères des prin­ci­pales par­ties concer­nées, en Eu­rope comme en Afrique, pour­suit cet ob­jec­tif. Elle réuni­ra des re­pré­sen­tants du Ni­ger, du Tchad, du Ma­li, du Bur­ki­naFa­so, de Mau­ri­ta­nie, de Côte d’Ivoire, de Gui­née, du Sé­né­gal, de Li­bye, d’Al­le­magne, d’Ita­lie, d’Espagne et de la France, sans ou­blier ceux de la Com­mis­sion eu­ro­péenne et de l’ONU. Il se­ra ques­tion de l’ap­pui que nous pou­vons ap­por­ter aux pays d’Afrique pour les ai­der à mieux se co­or­don­ner pour dé­man­te­ler les ré­seaux de tra­fi­quants d’êtres hu­mains. C’était l’en­ga­ge­ment ex­pri­mé par le pré­sident de la Ré­pu­blique au som­met Union eu­ro­péenne Afrique à Abid­jan, avec l’ob­jec­tif de mettre en échec les ré­seaux cri­mi­nels et mettre fin aux vio­lences dont les mi­grants font l’ob­jet.

    LE FI­GA­RO.- Qu’at­ten­dez-vous de votre dé­pla­ce­ment au Ni­ger ? Gé­rard COL­LOMB.- Pour maî­tri­ser les flux mi­gra­toires et ga­ran­tir en France le droit d’asile, nous de­vons lut­ter contre les ré­seaux de pas­seurs par une ac­tion en amont, au plus près des pays d’ori­gine et de tran­sit des mi­grants. Cette ren­contre de Nia­mey, as­so­ciant les mi­nistres de l’In­té­rieur et des Af­faires étran­gères des prin­ci­pales par­ties concer­nées, en Eu­rope comme en Afrique, pour­suit cet ob­jec­tif. Elle réuni­ra des re­pré­sen­tants du Ni­ger, du Tchad, du Ma­li, du Bur­ki­naFa­so, de Mau­ri­ta­nie, de Côte d’Ivoire, de Gui­née, du Sé­né­gal, de Li­bye, d’Al­le­magne, d’Ita­lie, d’Espagne et de la France, sans ou­blier ceux de la Com­mis­sion eu­ro­péenne et de l’ONU. Il se­ra ques­tion de l’ap­pui que nous pou­vons ap­por­ter aux pays d’Afrique pour les ai­der à mieux se co­or­don­ner pour dé­man­te­ler les ré­seaux de tra­fi­quants d’êtres hu­mains. C’était l’en­ga­ge­ment ex­pri­mé par le pré­sident de la Ré­pu­blique au som­met Union eu­ro­péenne Afrique à Abid­jan, avec l’ob­jec­tif de mettre en échec les ré­seaux cri­mi­nels et mettre fin aux vio­lences dont les mi­grants font l’ob­jet.

    LE FI­GA­RO.- Qu’at­ten­dez-vous de votre dé­pla­ce­ment au Ni­ger ? Gé­rard COL­LOMB.- Pour maî­tri­ser les flux mi­gra­toires et ga­ran­tir en France le droit d’asile, nous de­vons lut­ter contre les ré­seaux de pas­seurs par une ac­tion en amont, au plus près des pays d’ori­gine et de tran­sit des mi­grants. Cette ren­contre de Nia­mey, as­so­ciant les mi­nistres de l’In­té­rieur et des Af­faires étran­gères des prin­ci­pales par­ties concer­nées, en Eu­rope comme en Afrique, pour­suit cet ob­jec­tif. Elle réuni­ra des re­pré­sen­tants du Ni­ger, du Tchad, du Ma­li, du Bur­ki­naFa­so, de Mau­ri­ta­nie, de Côte d’Ivoire, de Gui­née, du Sé­né­gal, de Li­bye, d’Al­le­magne, d’Ita­lie, d’Espagne et de la France, sans ou­blier ceux de la Com­mis­sion eu­ro­péenne et de l’ONU. Il se­ra ques­tion de l’ap­pui que nous pou­vons ap­por­ter aux pays d’Afrique pour les ai­der à mieux se co­or­don­ner pour dé­man­te­ler les ré­seaux de tra­fi­quants d’êtres hu­mains. C’était l’en­ga­ge­ment ex­pri­mé par le pré­sident de la Ré­pu­blique au som­met Union eu­ro­péenne Afrique à Abid­jan, avec l’ob­jec­tif de mettre en échec les ré­seaux cri­mi­nels et mettre fin aux vio­lences dont les mi­grants font l’ob­jet.

    Mais que doit-il se dé­ci­der concrè­te­ment ? Nous al­lons ren­for­cer les co­opé­ra­tions avec l’Afrique. Elles ont dé­jà com­men­cé à pro­duire des ré­sul­tats tan­gibles. Le Ni­ger, par exemple, est en train de bar­rer la route du Nord, qui tra­ver­sait le Sa­ha­ra pour al­ler en Li­bye. Il a par ailleurs mis en place des dis­po­si­tifs d’in­ves­ti­ga­tion concrets pour per­mettre l’ar­res­ta­tion des pas­seurs et le dé­man­tè­le­ment des ré­seaux. Le Ni­ger ac­cueille dé­sor­mais un cer­tain nombre de mi­grants éco­no­miques is­sus des pays afri­cains, dont nous or­ga­ni­sons le re­tour avec l’Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale pour les mi­gra­tions (OIM). En 2016, Aga­dez était une plaque tour­nante de l’im­mi­gra­tion au nord du Ni­ger. On a pu comp­ter cette an­née-là jus­qu’à 330 000 tra­ver­sées de mi­grants. Ils n’étaient plus que 70 000 à pas­ser en 2017. Les sorties ont donc chu­té dras­ti­que­ment. Quant aux flux d’en­trée au Ni­ger de­puis l’Afrique oc­ci­den­tale, ils ont été sta­bi­li­sés, avec 100 000 clan­des­tins re­cen­sés contre 110 000 l’an­née pré­cé­dente. Ce­la montre qu’il n’y a pas de fa­ta­li­té. Quand on s’at­taque vrai­ment aux pro­blèmes, il est pos­sible de les ré­soudre.

    Mais que doit-il se dé­ci­der concrè­te­ment ? Nous al­lons ren­for­cer les co­opé­ra­tions avec l’Afrique. Elles ont dé­jà com­men­cé à pro­duire des ré­sul­tats tan­gibles. Le Ni­ger, par exemple, est en train de bar­rer la route du Nord, qui tra­ver­sait le Sa­ha­ra pour al­ler en Li­bye. Il a par ailleurs mis en place des dis­po­si­tifs d’in­ves­ti­ga­tion concrets pour per­mettre l’ar­res­ta­tion des pas­seurs et le dé­man­tè­le­ment des ré­seaux. Le Ni­ger ac­cueille dé­sor­mais un cer­tain nombre de mi­grants éco­no­miques is­sus des pays afri­cains, dont nous or­ga­ni­sons le re­tour avec l’Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale pour les mi­gra­tions (OIM). En 2016, Aga­dez était une plaque tour­nante de l’im­mi­gra­tion au nord du Ni­ger. On a pu comp­ter cette an­née-là jus­qu’à 330 000 tra­ver­sées de mi­grants. Ils n’étaient plus que 70 000 à pas­ser en 2017. Les sorties ont donc chu­té dras­ti­que­ment. Quant aux flux d’en­trée au Ni­ger de­puis l’Afrique oc­ci­den­tale, ils ont été sta­bi­li­sés, avec 100 000 clan­des­tins re­cen­sés contre 110 000 l’an­née pré­cé­dente. Ce­la montre qu’il n’y a pas de fa­ta­li­té. Quand on s’at­taque vrai­ment aux pro­blèmes, il est pos­sible de les ré­soudre.

    Mais que doit-il se dé­ci­der concrè­te­ment ? Nous al­lons ren­for­cer les co­opé­ra­tions avec l’Afrique. Elles ont dé­jà com­men­cé à pro­duire des ré­sul­tats tan­gibles. Le Ni­ger, par exemple, est en train de bar­rer la route du Nord, qui tra­ver­sait le Sa­ha­ra pour al­ler en Li­bye. Il a par ailleurs mis en place des dis­po­si­tifs d’in­ves­ti­ga­tion concrets pour per­mettre l’ar­res­ta­tion des pas­seurs et le dé­man­tè­le­ment des ré­seaux. Le Ni­ger ac­cueille dé­sor­mais un cer­tain nombre de mi­grants éco­no­miques is­sus des pays afri­cains, dont nous or­ga­ni­sons le re­tour avec l’Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale pour les mi­gra­tions (OIM). En 2016, Aga­dez était une plaque tour­nante de l’im­mi­gra­tion au nord du Ni­ger. On a pu comp­ter cette an­née-là jus­qu’à 330 000 tra­ver­sées de mi­grants. Ils n’étaient plus que 70 000 à pas­ser en 2017. Les sorties ont donc chu­té dras­ti­que­ment. Quant aux flux d’en­trée au Ni­ger de­puis l’Afrique oc­ci­den­tale, ils ont été sta­bi­li­sés, avec 100 000 clan­des­tins re­cen­sés contre 110 000 l’an­née pré­cé­dente. Ce­la montre qu’il n’y a pas de fa­ta­li­té. Quand on s’at­taque vrai­ment aux pro­blèmes, il est pos­sible de les ré­soudre.

    Mais que doit-il se dé­ci­der concrè­te­ment ? Nous al­lons ren­for­cer les co­opé­ra­tions avec l’Afrique. Elles ont dé­jà com­men­cé à pro­duire des ré­sul­tats tan­gibles. Le Ni­ger, par exemple, est en train de bar­rer la route du Nord, qui tra­ver­sait le Sa­ha­ra pour al­ler en Li­bye. Il a par ailleurs mis en place des dis­po­si­tifs d’in­ves­ti­ga­tion concrets pour per­mettre l’ar­res­ta­tion des pas­seurs et le dé­man­tè­le­ment des ré­seaux. Le Ni­ger ac­cueille dé­sor­mais un cer­tain nombre de mi­grants éco­no­miques is­sus des pays afri­cains, dont nous or­ga­ni­sons le re­tour avec l’Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale pour les mi­gra­tions (OIM). En 2016, Aga­dez était une plaque tour­nante de l’im­mi­gra­tion au nord du Ni­ger. On a pu comp­ter cette an­née-là jus­qu’à 330 000 tra­ver­sées de mi­grants. Ils n’étaient plus que 70 000 à pas­ser en 2017. Les sorties ont donc chu­té dras­ti­que­ment. Quant aux flux d’en­trée au Ni­ger de­puis l’Afrique oc­ci­den­tale, ils ont été sta­bi­li­sés, avec 100 000 clan­des­tins re­cen­sés contre 110 000 l’an­née pré­cé­dente. Ce­la montre qu’il n’y a pas de fa­ta­li­té. Quand on s’at­taque vrai­ment aux pro­blèmes, il est pos­sible de les ré­soudre.

    Quelles formes de co­opé­ra­tion faut-il pri­vi­lé­gier ? À l’is­sue du som­met de l’Élysée du 28 août 2017, sui­vi du som­met Union afri­caine-Union eu­ro­péenne du 29 no­vembre der­nier à Abid­jan, plu­sieurs so­lu­tions ont émer­gé. Nous avons col­lec­ti­ve­ment op­té pour des me­sures de dé­ve­lop­pe­ment, d’aide au contrôle des fron­tières, de créa­tion de fi­chiers d’iden­ti­té, de ren­for­ce­ment des ca­pa­ci­tés po­li­cières et ju­di­ciaires. Des ac­tions de formation des po­lices et gen­dar­me­ries lo­cales sont éga­le­ment en­tre­prises. Nous al­lons faire cette se­maine avec les pays par­te­naires un pre­mier bi­lan des dis­po­si­tifs qui fonc­tionnent et des marges de pro­gres­sion exis­tant en­core. Mais les ré­ad­mis­sions des illé­gaux par leur pays d’ori­gine dans ces ré­gions de­meurent rares, pour ne pas dire qua­si in­exis­tantes… Pour cer­tains pays d’ori­gine oui, pour d’autres on ob­serve un réel ef­fort qui té­moigne qu’il existe des réelles marges de ma­noeuvre. En­suite, pour que ces pays puissent ré­ad­mettre leurs res­sor­tis­sants, en­core faut-il que ceux-ci dis­posent d’une iden­ti­té éta­blie. La consti­tu­tion d’un vé­ri­table état civil dans les pays afri­cains qui en sont dé­pour­vus doit nous ai­der à avan­cer sur ce point. Il re­pré­sen­te­ra d’abord un atout pour ces États dont les ci­toyens cir­cu­le­ront plus fa­ci­le­ment dans le monde. Ce­la fa­ci­li­te­ra éga­le­ment la re­mise des lais­sez-pas­ser consu­laires par les pays de dé­part des mi­grants éco­no­miques, sans les­quels au­cune ré­ad­mis­sion n’est pos­sible si les per­sonnes sont sans pa­piers.

    Quelles formes de co­opé­ra­tion faut-il pri­vi­lé­gier ? À l’is­sue du som­met de l’Élysée du 28 août 2017, sui­vi du som­met Union afri­caine-Union eu­ro­péenne du 29 no­vembre der­nier à Abid­jan, plu­sieurs so­lu­tions ont émer­gé. Nous avons col­lec­ti­ve­ment op­té pour des me­sures de dé­ve­lop­pe­ment, d’aide au contrôle des fron­tières, de créa­tion de fi­chiers d’iden­ti­té, de ren­for­ce­ment des ca­pa­ci­tés po­li­cières et ju­di­ciaires. Des ac­tions de formation des po­lices et gen­dar­me­ries lo­cales sont éga­le­ment en­tre­prises. Nous al­lons faire cette se­maine avec les pays par­te­naires un pre­mier bi­lan des dis­po­si­tifs qui fonc­tionnent et des marges de pro­gres­sion exis­tant en­core. Mais les ré­ad­mis­sions des illé­gaux par leur pays d’ori­gine dans ces ré­gions de­meurent rares, pour ne pas dire qua­si in­exis­tantes… Pour cer­tains pays d’ori­gine oui, pour d’autres on ob­serve un réel ef­fort qui té­moigne qu’il existe des réelles marges de ma­noeuvre. En­suite, pour que ces pays puissent ré­ad­mettre leurs res­sor­tis­sants, en­core faut-il que ceux-ci dis­posent d’une iden­ti­té éta­blie. La consti­tu­tion d’un vé­ri­table état civil dans les pays afri­cains qui en sont dé­pour­vus doit nous ai­der à avan­cer sur ce point. Il re­pré­sen­te­ra d’abord un atout pour ces États dont les ci­toyens cir­cu­le­ront plus fa­ci­le­ment dans le monde. Ce­la fa­ci­li­te­ra éga­le­ment la re­mise des lais­sez-pas­ser consu­laires par les pays de dé­part des mi­grants éco­no­miques, sans les­quels au­cune ré­ad­mis­sion n’est pos­sible si les per­sonnes sont sans pa­piers.

    Quelles formes de co­opé­ra­tion faut-il pri­vi­lé­gier ? À l’is­sue du som­met de l’Élysée du 28 août 2017, sui­vi du som­met Union afri­caine-Union eu­ro­péenne du 29 no­vembre der­nier à Abid­jan, plu­sieurs so­lu­tions ont émer­gé. Nous avons col­lec­ti­ve­ment op­té pour des me­sures de dé­ve­lop­pe­ment, d’aide au contrôle des fron­tières, de créa­tion de fi­chiers d’iden­ti­té, de ren­for­ce­ment des ca­pa­ci­tés po­li­cières et ju­di­ciaires. Des ac­tions de formation des po­lices et gen­dar­me­ries lo­cales sont éga­le­ment en­tre­prises. Nous al­lons faire cette se­maine avec les pays par­te­naires un pre­mier bi­lan des dis­po­si­tifs qui fonc­tionnent et des marges de pro­gres­sion exis­tant en­core. Mais les ré­ad­mis­sions des illé­gaux par leur pays d’ori­gine dans ces ré­gions de­meurent rares, pour ne pas dire qua­si in­exis­tantes… Pour cer­tains pays d’ori­gine oui, pour d’autres on ob­serve un réel ef­fort qui té­moigne qu’il existe des réelles marges de ma­noeuvre. En­suite, pour que ces pays puissent ré­ad­mettre leurs res­sor­tis­sants, en­core faut-il que ceux-ci dis­posent d’une iden­ti­té éta­blie. La consti­tu­tion d’un vé­ri­table état civil dans les pays afri­cains qui en sont dé­pour­vus doit nous ai­der à avan­cer sur ce point. Il re­pré­sen­te­ra d’abord un atout pour ces États dont les ci­toyens cir­cu­le­ront plus fa­ci­le­ment dans le monde. Ce­la fa­ci­li­te­ra éga­le­ment la re­mise des lais­sez-pas­ser consu­laires par les pays de dé­part des mi­grants éco­no­miques, sans les­quels au­cune ré­ad­mis­sion n’est pos­sible si les per­sonnes sont sans pa­piers.

    Comment ce­la s’ar­ti­cule-t-il avec votre pro­jet de loi sur l’asile et l’im­mi­gra­tion bien­tôt en dis­cus­sion au Par­le­ment ? Le texte que nous pré­sen­tons est es­sen­tiel car il vise à faire conver­ger notre lé­gis­la­tion avec celle des pays voi­sins. C’est le cas sur plu­sieurs su­jets comme l’aug­men­ta­tion de la du­rée de ré­ten­tion, la ré­duc­tion du dé­lai de re­cours de­vant la Cour na­tio­nale du droit d’asile ou le ren­for­ce­ment de l’at­trac­ti­vi­té de la France pour les ta­lents étran­gers, où nous nous rap­pro­chons du droit ou des pra­tiques en vi­gueur dans des pays comme l’Al­le­magne ou les Pays-Bas. L’aug­men­ta­tion de la du­rée de ré­ten­tion per­met­tra par exemple d’ob­te­nir plus fa­ci­le­ment des lais­sez-pas­ser consu­laires de la part des pays d’ori­gine.

    Comment ce­la s’ar­ti­cule-t-il avec votre pro­jet de loi sur l’asile et l’im­mi­gra­tion bien­tôt en dis­cus­sion au Par­le­ment ? Le texte que nous pré­sen­tons est es­sen­tiel car il vise à faire conver­ger notre lé­gis­la­tion avec celle des pays voi­sins. C’est le cas sur plu­sieurs su­jets comme l’aug­men­ta­tion de la du­rée de ré­ten­tion, la ré­duc­tion du dé­lai de re­cours de­vant la Cour na­tio­nale du droit d’asile ou le ren­for­ce­ment de l’at­trac­ti­vi­té de la France pour les ta­lents étran­gers, où nous nous rap­pro­chons du droit ou des pra­tiques en vi­gueur dans des pays comme l’Al­le­magne ou les Pays-Bas. L’aug­men­ta­tion de la du­rée de ré­ten­tion per­met­tra par exemple d’ob­te­nir plus fa­ci­le­ment des lais­sez-pas­ser consu­laires de la part des pays d’ori­gine.

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/03/15/01016-20180315ARTFIG00363-gerard-collomb-contre-les-passeursnous-allons-ren

    A lire ici :
    https://www.pressreader.com/france/le-figaro/20180316/281569471253668

    #externalisation #France #asile #migrations #réfugiés
    signalé par @daphne sur twitter #merci

    Article accompagné de cette magnifique #carte


    Une carte qui bourrée de flèches, et de flèches qui ne montrent que les entrées vers la France…
    Il serait intéressant déjà, en un premier temps, de montrer le nombre de « migrants clandestins » qui quittent la France, de manière (plus ou moins) volontaire, ou forcée (notamment renvois Dublin).
    #cartographie #visualisation #frontières #France #préjugés #flèches #invasion #afflux
    cc @reka @isskein

  • #Follow_the_money : What are the EU’s migration policy priorities ?

    Take a closer look at the data, however, and it becomes clear how the EU prioritizes among its many goals. By following the money from the EU we can see which areas the union puts the most emphasis on when it comes to migration policy. The numbers show that stopping migrants along the way is at least equally important as changing the underlying causes of migration.

    For a start, the largest amount of the #Trust_Fund money does not got to where the majority African migrants are coming from. By a large margin, Eritrea, Nigeria and Somalia are the three countries most African asylum seekers came from between 2012 and 2016.

    The greatest amount of money from the EU Emergency Trust Fund, however, goes elsewhere.The biggest single recipients are Niger, Mali, Senegal, Libya, and Ethiopia. Contrast that with Somalia, which ranks 9, Nigeria 10 and Eritrea - the country with the most African asylum applicants to the EU – is 20th out of 26 EUTF recipient countries. In other words, the country most in need of EU funds to fight the root causes of migration is far down on the list of countries actually receiving those funds.

    #Niger #Sénégal #Libye #Ethiopie :


    –-> donc pas les pays d’origine !

    Despite these long-term benefits, humanitarian groups, experts and local media criticized the Trust Fund for focusing too much on tightening border controls and preventing migration instead of addressing the root causes of flight in the countries of origin.

    For a better understanding of what the EU means by “improving migration management” it’s helpful to look at the projects it funds. Libya, for example, is home to the project with the single largest EUTF budget of 90 million euros aimed at “managing mixed migration flows.” The average project for migration management receives 14 million.

    #Libye

    Untangling mixed migration flows is EU jargon for distinguishing between streams of refugees (people each EU country is obliged to protect under the Geneva Convention) and other migrants (which each EU country is free to accept or reject). The easiest way to do so would be to set up registration centers outside the EU to determine eligibility for asylum before migrants set foot in the EU. This idea has been brought up in the past by EU-leaders like the French President Emmanuel Macron.

    #catégorisation #tri #hotspots #Macron

    When we follow the EU money trail, we see that the budget of the European Border and Coast Guard authority #Frontex skyrocketed over the last years. The budget position “Joint Operations” is the largest item on the expenditure list - and quadrupled since 2012 (from 32 million euros to 129 million euros). Since 2016, the budget also included a position on “#Return_Support”. It had a budget of 39 million in 2016 and was increased to 53 million in 2017 (an increase of 30 percent), making it the second biggest position on Frontex’ budget.

    #renvois #expulsions

    http://m.dw.com/en/follow-the-money-what-are-the-eus-migration-policy-priorities/a-42588136?maca=en-Twitter-sharing&xtref=https%253A%252F%252Ft.co%252FKPKKngT4
    #migrations #développement #asile #migrations #réfugiés #UE #EU #Europe #push-factors #facteurs_push #Emergency_Trust_Fund
    cc @isskein

    • Diverting EU aid to stop migrants

      Ahead of Europe’s development ministers meeting in Estonia on 11 September, Global Health Advocates research in Senegal and Niger shows that EU development aid is misused and diverted through the EU Emergency Trust Fund for Africa.

      Development aid is meant to fund long-term programmes aimed at the eradication of poverty in line with partner countries’ own development priorities. However, the EU Emergency Trust Fund for Africa – a rather new instrument launched hastily by the EU and backed with close to €3 billion in development funds – does exactly the opposite: it prioritises quick fixes driven by Europe’s short-term domestic priorities, with little involvement of local governments let alone civil society actors.

      Findings from the report published today reveal untransparent processes in-country, bypassing most good governance principles. No public calls for proposals, no consultation of local actors, no eligibility guidelines, prioritisation of short term projects and the development of retroactive strategies once most funds are disbursed.

      Fanny Voitzwinkler, Head of the EU Office of Global Health Advocates, says: “Everyone we met in Niamey and Dakar agreed: the EU Trust Fund is first-and-foremost a political communication tool to show citizens the EU is responding fast to the so-called ‘migration crisis‘. Using development aid money as a bargaining chip to leverage African countries’ cooperation on migration tarnishes the image of the EU as a global development actor.”

      Beyond the questionable use of development funds to address what is considered a political emergency in Europe, the EU is literally outsourcing the control of migration to countries such as Libya and Niger, to ensure migrants are no longer able to leave the northern shores of the African continent. Most concerning is that some countries have de facto boosted their domestic security spending over basic social services like health and education.

      The NGO also warns against possible spill over-effects of the EU-driven effort to reduce migratory pressure to Europe. Repressive measures to curb migration are depriving communities of economic opportunities in the Agadez region of Niger without providing viable alternatives in already unstable environments. The EU’s eagerness to rapidly stem migration flows has taken precedence over seeking sustainable solutions for the local population.

      Global Health Advocates is urging the EU to delink its political dialogue on migration from its development agenda, acknowledging that migration is a positive driver of development. In the spirit of European’s core founding values of tolerance, solidarity and respect for human dignity, the EU should actively support and promote a more nuanced narrative on migration and mobility, anchored in facts and reality.

      Ms. Voitzwinkler concludes: “If the EU Trust Fund is not realigned to reflect a genuine partnership between the EU and African countries, promoting policies that can foster a positive development impact of mobility, the EU should stop replenishing the Fund.”


      http://www.ghadvocates.eu/en/diverting-eu-aid-to-stop-migrants

      Pour télécharger le #rapport:

      http://www.ghadvocates.eu/wp-content/uploads/2017/09/Misplaced-Trust_FINAL-VERSION.pdf

  • Je pensais avoir archivé sur seenthis un article (au moins) qui montrait qu’une partie des personnes rapatriées (#retours_volontaires), par l’#OIM (#IOM) notamment, du #Niger et de #Libye vers leurs pays d’origine reprenaient la route du Nord aussitôt...
    Mais je ne retrouve plus cet article... est-ce que quelque seenthisien se rappelle de cela ? ça serait super !
    #renvois #expulsions #migrations #réfugiés #retour_volontaire

    J’étais presque sûre d’avoir utilisé le tag #migrerrance, mais apparemment pas...

    • #merci @02myseenthis01, en effet il s’agit d’articles qui traitent du retour volontaire, mais non pas de ce que je cherche (à moins que je n’ai pas loupé quelque chose), soit de personnes qui, une fois rapatriées via le programme de retour volontaires, décident de reprendre la route de la migration (comme c’est le cas des Afghans, beaucoup plus documenté, notamment par Liza Schuster : https://www.city.ac.uk/people/academics/liza-schuster)

    • Libya return demand triggers reintegration headaches

      “This means that the strain on the assistance to integration of the country of origin has been particularly high because of the success, paradoxically of the return operation,” said Eugenio Ambrosi, IOM’s Europe director, on Monday (12 February).

      “We had to try, and we are still trying, to scale up the reintegration assistance,” he said.

      Since November, It has stepped up operations, along with the African Union, and helped 8,581 up until earlier this month. Altogether some 13,500 were helped given that some were also assisted by African Union states. Most ended up in Nigeria, followed by Mali and Guinea.

      People are returned to their home countries in four ways. Three are voluntary and one is forced. The mixed bag is causing headaches for people who end up in the same community but with entirely different integration approaches.

      “The level of assistance and the type of reintegration assistance that these different programmes offer is not the same,” noted Ambrosi.

      https://euobserver.com/migration/140967
      #réintégration

      Et une partie de cet article est consacrée à l’#aide_au_retour par les pays européens :

      Some EU states will offer in-kind support, used to set up a business, training or other similar activities. Others tailor their schemes for different countries of origin.

      Some others offer cash handouts, but even those differ vastly.

      Sweden, according to a 2015 European Commission report, is the most generous when it comes to cash offered to people under its voluntary return programme.

      It noted that in 2014, the maximum amount of the in-cash allowance at the point of departure/after arrival varied from €40 in the Czech Republic and €50 in Portugal to €3,750 in Norway for a minor and €3,300 in Sweden for an adult.

      Anti-migrant Hungary gave more (€500) than Italy (€400), the Netherlands (€300) and Belgium (€250).

      However, such comparisons on cash assistance does not reveal the full scope of help given that some of the countries also provide in-kind reintegration support.

    • For Refugees Detained in Libya, Waiting is Not an Option

      Niger generously agreed to host these refugees temporarily while European countries process their asylum cases far from the violence and chaos of Libya and proceed to their resettlement. In theory it should mean a few weeks in Niger until they are safely transferred to countries such as France, Germany or Sweden, which would open additional spaces for other refugees trapped in Libya.

      But the resettlement process has been much slower than anticipated, leaving Helen and hundreds of others in limbo and hundreds or even thousands more still in detention in Libya. Several European governments have pledged to resettle 2,483 refugees from Niger, but since the program started last November, only 25 refugees have actually been resettled – all to France.

      As a result, UNHCR announced last week that Niger authorities have requested that the agency halt evacuations until more refugees depart from the capital, Niamey. For refugees in Libya, this means their lifeline to safety has been suspended.

      Many of the refugees I met in Niger found themselves in detention after attempting the sea journey to Europe. Once intercepted by the Libyan coast guard, they were returned to Libya and placed in detention centers run by Libya’s U.N.-backed Government of National Accord (GNA). The E.U. has prioritized capacity building for the Libyan coast guard in order to increase the rate of interceptions. But it is an established fact that, after being intercepted, the next stop for these refugees as well as migrants is detention without any legal process and in centers where human rights abuses are rife.

      https://www.newsdeeply.com/refugees/community/2018/03/12/for-refugees-detained-in-libya-waiting-is-not-an-option

      #limbe #attente

      #réinstallation (qui évidemment ne semble pas vraiment marcher, comme pour les #relocalisations en Europe depuis les #hotspots...) :

      Several European governments have pledged to resettle 2,483 refugees from Niger, but since the program started last November, only 25 refugees have actually been resettled – all to France.

    • “Death Would Have Been Better” : Europe Continues to Fail Refugees and Migrants in Libya

      Today, European policies designed to keep asylum seekers, refugees, and migrants from crossing the Mediterranean Sea to Italy are trapping thousands of men, women and children in appalling conditions in Libya. This Refugees International report describes the harrowing experiences of people detained in Libya’s notoriously abusive immigration detention system where they are exposed to appalling conditions and grave human rights violations, including arbitrary detention and physical and sexual abuse.

      https://www.refugeesinternational.org/reports/libyaevacuations2018

      #rapport

      Lien vers le rapport :

      The report is based on February 2018 interviews conducted with asylum seekers and refugees who had been evacuated by UNHCR from detention centers in Libya to Niamey, Niger, where these men, women, and children await resettlement to a third country. The report shows that as the EU mobilizes considerable resources and efforts to stop the migration route through Libya, asylum seekers, refugees and migrants continue to face horrendous abuses in Libya – and for those who attempt it, an even deadlier sea crossing to Italy. RI is particularly concerned that the EU continues to support the Libyan coast guard to intercept boats carrying asylum seekers, refugees and migrants and bring them back to Libyan soil, even though they are then transferred to detention centers.

      https://static1.squarespace.com/static/506c8ea1e4b01d9450dd53f5/t/5ad3ceae03ce641bc8ac6eb5/1523830448784/2018+Libya+Report+PDF.pdf
      #évacuation #retour_volontaire #renvois #Niger #Niamey

    • #Return_migration – a regional perspective

      The current views on migration recognize that it not necessarily a linear activity with a migrant moving for a singular reason from one location to a new and permanent destination. Within the study of mixed migration, it is understood that patterns of movements are constantly shifting in response to a host of factors which reflect changes in individual and shared experiences of migrants. This can include the individual circumstance of the migrant, the environment of host country or community, better opportunities in another location, reunification, etc.[1] Migrants returning to their home country or where they started their migration journey – known as return migration—is an integral component of migration.

      Return migration is defined by the International Organization for Migration (IOM) as the act or process of going back to the point of departure[2]. It varies from spontaneous, voluntary, voluntary assisted and deportation/forced return. This can also include cyclical/seasonal return, return from short or long term migration, and repatriation. Such can be voluntary where the migrant spontaneously returns or assisted where they benefit from administrative, logistical, financial and reintegration support. Voluntary return includes workers returning home at the end of their labour arrangements, students upon completion of their studies, refugees and asylum seekers undertaking voluntary repatriation either spontaneously or with humanitarian assistance and migrants returning to their areas of origin after residency abroad. [3] Return migration can also be forced where migrants are compelled by an administrative or judicial act to return to their country of origin. Forced returns include the deportation of failed asylum seekers and people who have violated migration laws in the host country.

      Where supported by appropriate policies and implementation and a rights-based approach, return migration can beneficial to the migrant, the country of origin and the host country. Migrants who successfully return to their country of origin stand to benefit from reunification with family, state protection and the possibility of better career opportunities owing to advanced skills acquired abroad. For the country of origin, the transfer of skills acquired by migrants abroad, reverse ‘brain drain’, and transactional linkages (i.e. business partnerships) can bring about positive change. The host country benefits from such returns by enhancing strengthened ties and partnerships with through return migrants. However, it is critical to note that return migration should not be viewed as a ‘solution’ to migration or a pretext to arbitrarily send migrants back to their home country. Return migration should be studied as a way to provide positive and safe options for people on the move.
      Return migration in East Africa

      The number of people engaging in return migration globally and in the Horn of Africa and Yemen sub-region has steadily increased in recent years. In 2016, IOM facilitated voluntary return of 98,403 persons worldwide through its assisted voluntary return and re-integration programs versus 69,540 assisted in 2015. Between December 2014 and December 2017, 76,589 refugees and asylum seekers were assisted by humanitarian organisations to return to Somalia from Kenya.

      In contexts such as Somalia, where conflict, insecurity and climate change are common drivers for movement (in addition to other push and pull factors), successful return and integration of refugees and asylum seekers from neighbouring countries is likely to be frustrated by the failure to adequately address such drivers before undertaking returns. In a report titled ‘Not Time To Go Home: Unsustainable returns of refugees to Somalia’,Amnesty International highlights ongoing conflict and insecurity in Somalia even as the governments of Kenya and Somali and humanitarian agencies continue to support return programs. The United Nations has cautioned that South and Central parts of Somalia are not ready for large scale returns in the current situation with over 2 million internally displaced persons (IDPs) in the country and at least half of the population in need of humanitarian assistance; painting a picture of returns to a country where safety, security and dignity of returnees cannot be guaranteed.

      In March 2017, the Kingdom of Saudi Arabia ordered all undocumented migrants to regularize their status in the Kingdom giving them a 90-day amnesty after which they would face sanctions including deportations. IOM estimates that 150,000 Ethiopians returned to Ethiopia from Saudi Arabia between March 2017 and April 2018. Since the end of the amnesty period in November 2017, the number of returns to Ethiopia increased drastically with approximately 2,800 migrants being deported to Ethiopia each week. Saudi Arabia also returned 9,563 Yemeni migrants who included migrants who were no longer able to meet residency requirements. Saudi Arabia also forcibly returned 21,405 Somali migrants between June and December 2017.

      Migrant deportations from Saudi Arabia are often conducted in conditions that violate human rights with migrants from Yemen, Somalia and Ethiopia reporting violations. An RMMS report titled ‘The Letter of the Law: Regular and irregular migration in Saudi Arabia in a context of rapid change’ details violations which include unlawful detention prior to deportation, physical assault and torture, denial of food and confiscation of personal property. There were reports of arrest and detention upon arrival of Ethiopian migrants who had been deported from Saudi Arabia in 2013 during which the migrants were reportedly tortured by Ethiopian security forces.

      Further to this, the sustainability of such returns has also been questioned with reports of returnees settling in IDP camps instead of going back to their areas of origin. Such returnees are vulnerable to (further) irregular migration given the inability to integrate. Somali refugee returnees from Kenya face issues upon return to a volatile situation in Somalia, often settling in IDP camps in Somalia. In an RMMS research paper ‘Blinded by Hope: Knowledge, Attitudes and Practices of Ethiopian Migrants’, community members in parts of Ethiopia expressed concerns that a large number of returnees from Saudi Arabia would migrate soon after their return.

      In November 2017, following media reports of African migrants in Libya being subjected to human rights abuses including slavery, governments, humanitarian agencies and regional economic communities embarked on repatriating vulnerable migrants from Libya. African Union committed to facilitating the repatriation of 20,000 nationals of its member states within a period of six weeks. African Union, its member states and humanitarian agencies facilitated the return of 17,000 migrants in 2017 and a further 14,000 between January and March 2018.[4]
      What next?

      Return migration can play an important role for migrants, their communities, and their countries, yet there is a lack of research and data on this phenomenon. For successful return migration, the drivers to migration should first be examined, including in the case of forced displacement or irregular migration. Additionally, legal pathways for safe, orderly and regular migration should be expanded for all countries to reduce further unsafe migration. Objective 21 of the Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration (Draft Rev 1) calls upon member states to ‘cooperate in facilitating dignified and sustainable return, readmission and reintegration’.

      In addition, a legal and policy framework facilitating safe and sustainable returns should be implemented by host countries and countries of origin. This could build on bilateral or regional agreements on readmissions, creation of reception and integration agencies for large scale returns, the recognition and assurance of migrant legal status, provision of identification documents where needed, amending national laws to allow for dual citizenship, reviewing taxes imposed on the diaspora, recognition of academic and vocational skills acquired abroad, support to vulnerable returnees, financial assistance where needed, incentives to returnee entrepreneurs, programs on attracting highly skilled returnees. Any frameworks should recognize that people have the right to move, and should have their human rights and dignity upheld at all stages of the migration journey.

      http://www.mixedmigration.org/articles/return-migration-a-regional-perspective

    • Reçu via la mailing-list Migreurop, le 20.09.2018

      Niamey, le 20 septembre 2018

      D’après des témoignages recueillis près du #centre_de_transit des #mineurs_non_accompagnés du quartier #Bobiel à Niamey (Niger), des rixes ont eu lieu devant le centre, ce mardi 18 septembre.

      A ce jour, le centre compterait 23 mineurs et une dizaine de femmes avec des enfants en bas âge, exceptionnellement hébergés dans ce centre en raison du surpeuplement des structures réservées habituellement aux femmes.

      Les jeunes du centre font régulièrement état de leurs besoins et du non-respect de leurs droits au directeur du centre. Certains y résident en effet depuis plusieurs mois et ils sont informés des services auxquels ils devraient avoir accès grâce à une #charte des centre de l’OIM affichée sur les murs (accès aux soins de santé, repas, vêtements - en particulier pour ceux qui sont expulsés de l’Algérie sans leurs affaires-, activité récréative hebdomadaire, assistance légale, psychologique...). Aussi, en raison de la lourdeur des procédures de « #retours_volontaires », la plupart des jeunes ne connaissent pas la date de leur retour au pays et témoignent d’un #sentiment_d'abandon.

      Ces derniers jours certains jeunes ont refusé de se nourrir pour protester contre les repas qui leur sont servis (qui seraient identiques pour tous les centres et chaque jour).
      Ce mardi, après un vif échange avec le directeur du centre, une délégation de sept jeunes s’est organisée et présentée au siège de l’OIM. Certains d’entre eux ont été reçus par un officier de protection qui, aux vues des requêtes ordinaires des migrants, s’est engagé à répondre rapidement à leurs besoins.
      Le groupe a ensuite rejoint le centre où les agents de sécurité du centre auraient refusé de les laisser entrer. Des échanges de pierres auraient suivi, et les gardiens de la société #Gadnet-Sécurité auraient utilisé leurs matraques et blessé légèrement plusieurs jeunes. Ces derniers ont été conduits à l’hôpital, après toutefois avoir été menottés et amenés au siège de la société de gardiennage.

      L’information a été diffusée hier soir sur une chaine de télévision locale mais je n’ai pas encore connaissance d’articles à ce sujet.

      Alizée

      #MNA #résistance #violence

    • Agadez, des migrants manifestent pour rentrer dans leurs pays

      Des migrants ont manifesté lundi matin au centre de transit de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Ce centre est situé au quartier #Sabon_Gari à Agadez au Niger. Il accueille à ce jour 800 migrants.

      Parmi eux, une centaine de Maliens. Ces migrants dénoncent la durée de leurs séjours, leurs conditions de vie et le manque de communication des responsables de l’OIM.


      https://www.studiotamani.org/index.php/magazines/16726-le-magazine-du-21-aout-2018-agadez-des-migrants-maliens-manifest
      #manifestation #Mali #migrants_maliens