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  • Rodríguez Zapatero tiró la toalla como mediador en Venezuela
    http://www.el-nacional.com/noticias/mundo/rodriguez-zapatero-tiro-toalla-como-mediador-venezuela_286968

    Tras tres años de infructuosos diálogos, el ex presidente del gobierno de España vuelve la vista a la política interna de su país

    El ex presidente del gobierno español, José Luis Rodríguez Zapatero, no mediará más entre el gobierno de Nicolás Maduro y la oposición venezolana. Después de tres infructuosos años en los que enrumbó la mesa de diálogo que empezó en República Dominicana, el político español desistió de sus labores, según informó El Confidencial.

    Rodríguez Zapatero mantuvo sus esperanzas en la mesa de diálogo hasta la llegada del presidente interino Juan Guaidó, en la que su figura ha ido perdiendo relevancia hasta las reuniones pasadas de Oslo, Noruega, donde no tuvo participación, en absoluto.

    Fuentes cercanas al político explicaron que estuvo la semana pasada en Santo Domingo, debido a que por impulsar el diálogo, es habitual que acuda para asesorar a políticos de ambas partes, a pesar del rechazo general que despierta entre las filas opositoras y partidos de derecha españoles como Vox, que lo catalogaron como un “embajador de Maduro”.

    Hasta cierto punto, puedo entender el fracaso de Zapatero. Resulta muy difícil trabajar con la oposición venezolana, porque está desunida, cada cual va a sus intereses y, además, muchos de ellos han sido financiados por el propio gobierno de Maduro“, declaró a El Confidencial un ex alto mando del chavismo que media entre Estados Unidos y Caracas.

    Del mismo modo, afirmó, las negociaciones en Oslo son una «pantomima» porque el madurismo está igualmente dividido.

  • Ce que les combattants juifs de 1948 disent sur la Nakba | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/ce-que-les-combattants-juifs-de-1948-disent-sur-la-nakba

    Date de publication : Vendredi 1 juin 2018 - 14:57 | Dernière mise à jour : il y a 1 mois 2 semaines
    Si, officiellement, Israéliens et Palestiniens s’écharpent au sujet des événements de 1948 qui ont conduit 805 000 Arabes à l’exil forcé, en pratique, des combattants juifs ont très tôt témoigné des crimes dont ils ont pu être complices, voire auteurs.

    Pour les Israéliens, 1948 incarne l’heure de gloire du projet sioniste, le moment où les juifs reviennent dans les pages de l’Histoire comme des acteurs de leur destin et, surtout, parviennent à réaliser l’utopie émise 50 ans plus tôt par Theodor Herzl : l’édification, en Palestine, d’un État refuge pour le « peuple juif ».

    Pour les Palestiniens, 1948 symbolise l’avènement du processus colonial qui les a dépossédés de leur terre et de leur droit à la souveraineté, leur « Nakba » (catastrophe).
    Les premières voix dissonantes

    Par différents biais, certains Israéliens ont, dès le lendemain de 1948, témoigné des événements passés. Durant le conflit, certains cadres du mouvement sioniste interpellent la direction au sujet du traitement de la population arabe de Palestine, qu’ils jugent indigne des valeurs que les combattants juifs prétendent défendre. D’autres prennent des notes pour espérer témoigner dès que le feu aura cessé.

    Durant le conflit, certains cadres du mouvement sioniste interpellent la direction au sujet du traitement de la population arabe de Palestine, qu’ils jugent indigne des valeurs que les combattants juifs prétendent défendre

    Yosef Nahmani, officier supérieur de la Haganah, la force armée de l’Agence juive qui deviendra l’armée d’Israël, écrit ainsi dans son journal, en date du 6 novembre 1948 : « À Safsaf, après […] que les habitants eurent hissé le drapeau blanc, [les soldats] ont rassemblé les hommes et les femmes séparément, ligoté les mains de cinquante ou soixante villageois, et les ont abattus et tous enterrés dans une même fosse. Ils ont également violé plusieurs femmes du village. […] Où ont-ils appris un comportement aussi cruel, pareil à celui des nazis ? […] Un officier m’a raconté que les plus acharnés étaient ceux qui venaient des camps. »

    En réalité, dès que la guerre prend fin, le récit du vainqueur s’impose et la société civile israélienne fait face à de nombreux autres défis, bien plus urgents que le sort des réfugiés palestiniens. Ceux qui souhaitent témoigner le font par la fiction et la littérature.

    L’écrivain et homme politique israélien Yizhar Smilansky publie ainsi dès 1949 Khirbet Khizeh, où il évoque l’expulsion d’un village arabe éponyme. Pour l’auteur, nul besoin d’avoir de remords sur cette part de l’histoire, ce « sale boulot » était nécessaire pour bâtir le projet sioniste. Son témoignage reflète une sorte d’expiation des péchés : reconnaître ses torts et les dévoiler pour se libérer d’un poids.

    Devenu un best-seller, le roman est adapté en téléfilm en 1977 mais sa diffusion suscite de vifs débats car il remet en cause la version israélienne d’un peuple palestinien parti volontairement de ses terres pour ne pas vivre aux côtés des juifs.
    Photo extraite du film tiré du roman Khirbet Khizeh montrant une brigade de combattants juifs pendant la Nakba (Wikipedia)

    D’autres ouvrages sont publiés, mais peu font autant preuve de réalisme que la trilogie de Netiva Ben-Yehuda, publiée en 1984, dont le titre traduit de l’hébreu est « Le chemin des liens : roman sur trois mois en 1948 ». Commandante du Palmah, l’unité d’élite de la Haganah, elle évoque les exactions et les humiliations commises sur la population arabe et livre des éléments sur le massacre d’Ein Zeintoun, qui eut lieu autour du 1er mai 1948.
    La focalisation sur Deir Yassin

    Le 4 avril 1972, le colonel Meir Pilavski, membre du Palmah, se confie dans les colonnes de Yediot Aharonot, l’un des trois plus grands quotidiens israéliens, sur le massacre de Deir Yassin, qui eut lieu le 9 avril et où près de 120 civils perdirent la vie. Il affirme que ses hommes étaient à proximité des événements mais qu’il leur fut conseillé de se retirer lorsqu’ils comprirent que les miliciens de l’Irgoun et du Stern, des groupes d’ultras qui avaient fait scission de la Haganah, étaient à la manœuvre.

    Les débats vont se focaliser autour des événements de Deir Yassin, au point d’oublier les près de 70 autres tueries de civils arabes. L’enjeu est important pour la gauche sioniste : placer la responsabilité des massacres sur des groupes d’ultras

    Dès lors, les débats vont se focaliser autour des événements de Deir Yassin, au point d’oublier les près de 70 autres tueries de civils arabes. L’enjeu est important pour la gauche sioniste : placer la responsabilité des massacres sur des groupes d’ultras.

    En 1987, lorsque paraissent les premiers ouvrages des « nouveaux historiens » israéliens tels qu’Ilan Pappé, une partie considérable des bataillons juifs de 1948 sont mis en cause. Pour celles et ceux qui s’étaient tus durant les dernières décennies, il est temps de parler publiquement.

    Une partie de la société israélienne semble également prête à entendre. Dans un contexte de première Intifada palestinienne et de négociations pré-Oslo, les milieux pacifistes entendent interroger leur société sur leur rapport à l’Autre et à l’histoire nationale.

    Ces espaces d’échanges se referment brutalement avec le déclenchement de la seconde Intifada, plus militarisée et qui s’inscrit dans un contexte d’échec des pourparlers de camp David et de rupture des négociations israélo-palestiniennes. L’affaire Teddy Katz incarne ce changement de contexte.
    L’« affaire » Teddy Katz

    Kibboutznik de 60 ans, Teddy Katz décide en 1985 de reprendre ses études et s’inscrit dans un parcours de recherche historique sous la direction d’Ilan Pappé, à l’université d’Haïfa. Il souhaite éclairer les événements qui se sont déroulés dans cinq villages palestiniens, dépeuplés en 1948. Il compile 135 entretiens de combattants juifs, dont 65 qui se concentrent sur la tragédie qui aurait eu lieu dans le village de Tantoura, vidé de ses 1 200 habitants le 23 mai 1948 par un bataillon du Palmah.

    Après deux ans de recherche, Katz affirme dans ses travaux qu’entre 85 et 110 hommes ont été froidement abattus sur la plage de Tantoura, après avoir creusé leurs propres tombes. La tuerie se poursuit ensuite dans le village, maison par maison. Une chasse à l’homme se joue également dans les rues. Le massacre cesse avec l’intervention d’habitants juifs du village voisin de Zikhron Yaakov. Au final, plus de 230 personnes sont assassinées.

    En janvier 2000, un journaliste de Maariv décide de retourner voir certains des témoins que mentionne Katz. Le principal témoin, Bentzion Fridan, commandant du bataillon du Palmah qui a opéré à Tantoura, nie tout en bloc et, avec d’autres gradés, porte plainte contre Katz. Celui-ci doit faire face à une dizaine d’avocats décidés à défendre l’honneur des « héros » de la nation.

    […] la version palestinienne de 1948 n’intéresse plus les pacifistes israéliens, trop occupés pour la plupart à rentrer dans le rang pour ne pas subir la condamnation d’une société refermée sur elle-même

    Sous la pression médiatique – qui parle de lui comme d’un « collabo » qui relaie la version de l’ennemi – et judiciaire, il accepte de signer un document reconnaissant avoir falsifié les témoignages. Bien qu’il décide quelques heures plus tard de se rétracter et qu’une commission universitaire ait plaidé en sa faveur, la procédure judiciaire se termine.

    Entre l’effondrement d’Oslo, le retour au pouvoir du Likoud, l’échec des négociations de Camp David et de Taba, la seconde Intifada et les attentats kamikazes, la version palestinienne de 1948 n’intéresse plus les pacifistes israéliens, trop occupés pour la plupart à rentrer dans le rang pour ne pas subir la condamnation d’une société refermée sur elle-même.
    Témoigner pour la postérité

    En 2005, le réalisateur Eyal Sivan et l’ONG israélienne Zochrot développent le projet Towards a Common Archive visant à collecter les témoignages de combattants juifs de 1948. Près d’une trentaine acceptent de témoigner, sans tabou ou presque, sur ce qu’ils ont fait et vu durant cette période riche en événements et où les récits s’affrontent.

    Pourquoi des combattants acceptent-ils de témoigner quelques années plus tard ? Pour Pappé, directeur scientifique du projet, il y a trois raisons. Premièrement, la plupart arrivent à la fin de leur vie et ne craignent donc plus de parler.

    Deuxièmement, ces ex-combattants considèrent qu’ils se sont battus pour un idéal qu’ils voient se détériorer avec la montée en Israël des milieux religieux, de l’extrême droite et du choc néolibéral imposé par Netanyahou durant ses mandats successifs. Troisièmement, ils sont persuadés que tôt ou tard, les jeunes générations apprendront l’origine des réfugiés palestiniens et ils pensent que la transmission de cette histoire gênante fait partie de leur responsabilité.

    Les témoignages de ces combattants ne sont pas homogènes. Certains se livrent explicitement quand d’autres ne souhaitent pas aborder certains sujets. Néanmoins, si tous se rejoignent sur la nécessité, en 1948, d’expulser les populations arabes pour bâtir l’État d’Israël, leurs avis s’opposent parfois sur l’utilité des tirs sur les civils.

    Tous affirment avoir reçu des ordres précis concernant la destruction des maisons arabes pour empêcher toute volonté de retour des populations exilées.

    Le « nettoyage » des villages se faisaient méthodiquement : à l’approche du lieu, les soldats tiraient ou envoyaient des grenades pour effrayer la population. Dans la majeure partie des cas, ces actes suffisaient à faire fuir les habitants. Parfois, il fallait faire sauter une ou deux maisons à l’entrée du village pour contraindre les quelques récalcitrants à fuir.

    Concernant les massacres, pour certains, ces actes faisaient partie des opérations de « nettoyage » puisque la direction du mouvement sioniste les avait autorisés, dans certains cas, à franchir cette ligne. La « ligne », justement, était franchie systématiquement lorsque la population refusait de partir, voire se retranchait pour résister et combattre.

    Plus de 60 ans après ces événements, les combattants n’expriment pas ou peu de regrets. Il fallait, selon eux, libérer l’espace du territoire promis par l’ONU pour y fonder l’État juif et faire disparaître les Arabes du paysage

    À Lod, plus d’une centaine d’habitants se réfugièrent ainsi dans la mosquée, croyant les rumeurs selon lesquelles les combattants juifs n’attaquaient pas les lieux de culte. Un tir de lance-roquettes eut raison de leur refuge, qui s’écroula sur eux. Les corps furent ensuite brûlés.

    Pour d’autres, les dirigeants Yigal Allon, chef du Palmah, et David Ben Gourion, chef de l’Agence juive, se seraient opposés aux tirs sur les civils, donnant l’ordre de les laisser partir puis de détruire les maisons.

    Les combattants témoignent également d’une attitude contrastée des Palestiniens. Dans la majeure partie des cas, ils semblaient « effrayés » et complètement perdus par les événements, accélérant le flot de réfugiés. Certains Arabes suppliaient les soldats de ne pas leur faire « comme à Deir Yassin », selon ces témoignages.

    D’autres semblaient convaincus de pouvoir revenir chez eux à la fin des combats, si bien qu’un témoin affirme que des habitants du village de Bayt Naqquba laissèrent à leurs voisins juifs du kibboutz de Kiryat-Avanim, avec qui les relations étaient bonnes, la clé de leurs maisons pour qu’ils puissent veiller à ce que rien n’y soit pillé.

    Ces bonnes relations judéo-arabes reviennent régulièrement, et rares sont les témoins qui parlent de mauvaise entente avant le début de la guerre. Lors d’une expulsion autour de Beersheba, des paysans palestiniens vinrent demander de l’aide aux habitants du kibboutz voisin, qui n’hésitèrent pas à intervenir et à dénoncer les actes des soldats sionistes.

    Plus de 60 ans après ces événements, les combattants n’expriment pas ou peu de regrets. Il fallait, selon eux, libérer l’espace du territoire promis par l’ONU pour y fonder l’État juif et faire disparaître les Arabes du paysage.

    Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

    #Palestine #histoire

    • «  »" En réalité, dès que la guerre prend fin, le récit du vainqueur s’impose et la société civile israélienne fait face à de nombreux autres défis, bien plus urgents que le sort des réfugiés palestiniens. Ceux qui souhaitent témoigner le font par la fiction et la littérature.""" = tant que les réfugiés restent vivants : une fois morts ils sont oubliés !

      «  »" les pacifistes israéliens, trop occupés pour la plupart à rentrer dans le rang pour ne pas subir la condamnation d’une société refermée sur elle-même «  »" = une autre manière de rester dans la victimisation !

      Il paraît que l’humanité va atteindre les 10 milliards d’humains vivants et qu’il n’y a pas de place pour tous : les nettoyages ethniques pour l’éthique peuvent commencer ; non ? à moins que ça ne court-circuite des commerces ...

  • Ouverture d’un grand pont suspendu construit par une société chinoise en Norvège (décembre 2018)
    http://french.china.org.cn/business/txt/2018-12/10/content_74259330.htm


    Surnommé Le pont qui accompagne l’aurore polaire, il enjambe le fjord Ofotfjorden dans le cercle arctique et répond à toutes les normes strictes exigées par la Norvège sur le plan de sa structuration et de la qualité de ses pièces métalliques

    Construit par le groupe chinois SRBG (Sichuan Road and Bridge Construction Group) pour un coût de 96 millions de dollars, le pont suspendu de Halogaland, le premier grand pont construit par une société chinoise en Norvège, a été ouvert le 9 décembre à 14h30 à Narvik, ville côtière norvégienne du nord, devenant ainsi une partie de l’E6, une autoroute européenne desservant l’ouest de la Suède.

    Mesurant 1 533 mètres de long avec deux tours hautes de 172 mètres et de 175 mètres, la travée principale du pont possède une portée de 1 145 mètres. Il s’agit du deuxième grand pont suspendu de la Norvège. 

    Surnommé Le pont qui accompagne l’aurore polaire, il enjambe le fjord Ofotfjorden dans le cercle arctique et répond à toutes les normes strictes exigées par la Norvège sur le plan de sa structuration et de la qualité de ses pièces métalliques.

  • Wearing the Lead Glasses
    https://placesjournal.org/article/wearing-the-lead-glasses

    There is a room full of soil in downtown #New_Orleans. The soil is parceled into large baggies inside plastic tubs arranged on metal shelves. It’s like a library, except instead of books there are bags of earth. This is the soil archive of Dr. Howard W. Mielke, whose lab belongs to the Environmental Signaling Laboratory at the Tulane University School of Medicine. Mielke established the archive at Xavier University of Louisiana in 1991, and moved it to Tulane in 2006. He has catalogued some 17,000 bags of soil. They come from as far away as Olduvai Gorge, Tanzania; La Oroya, Peru; and Oslo, Norway — and as close as the daycare centers and playgrounds of New Orleans. All are contaminated with lead.

    #pollution #sol #plomb

  • Les Etats-Unis au Venezuela : la chute de Maduro ou le chaos
    https://www.mediapart.fr/journal/international/300519/les-etats-unis-au-venezuela-la-chute-de-maduro-ou-le-chaos

    En appuyant l’opposant Juan Guaidó et en sanctionnant le pays, Washington est parvenu à donner corps à la propagande chaviste. Quatre mois après le début du bras de fer, l’échec est patent : la population est étranglée économiquement, la politique répressive du gouvernement s’intensifie. Alors que l’opposition et le gouvernement socialiste se sont réunis cette semaine à Oslo, les États-Unis demeurent fermes sur leur position.

    #Amérique_du_Sud #sanctions,_Venezuela,_diplomatie_américaine,_John_Bolton,_Donald_Trump,_Nicolas_Maduro,_pétrole,_Juan_Guaidó

  • Pourquoi les Palestiniens doivent repenser leur gouvernance
    Alaa Tartir, Middle East Eye, le 19 mai 2019
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2019/05/22/pourquoi-les-palestiniens-doivent-repenser-leur-gouvernance

    le peuple palestinien a besoin d’un comité de dirigeants élus – un petit groupe (idéalement quatre, représentant les deux genres) qui puisse former un bureau politique, chacun portant des responsabilités différentes mais complémentaires et un poids politique similaire. L’un pourrait s’occuper des affaires intérieures et sociales, l’autre des affaires extérieures et étrangères, l’un des affaires économiques et de développement, et l’autre des affaires concernant l’éducation et la jeunesse.

    Mais, un peu plus loin :

    Il est pourtant évident que, ni les modèles de gouvernance de l’OLP et de l’AP, ni le cadre des Accords d’Oslo, n’ont amélioré le sort du peuple palestinien – alors pourquoi continuer à manoeuvrer dans ces cadres là, en essayant de réparer l’irréparable ?

    #Palestine #Autorité_Palestinienne #Gouvernance

  • A l’encontre » Israël. « Oslo », la stratégie des fake news. Faut-il changer le nom de la capitale norvégienne ?
    par Amira Hass – Haaretz en date du 20 mai 2019, traduction A l’Encontre
    http://alencontre.org/moyenorient/israel/israel-oslo-la-strategie-des-fake-news-faut-il-changer-le-nom-de-la-capi

    Bien avant que les fausses nouvelles (fake news) ne fassent partie de nos vies, de concert avec son parent légal, Donald Trump, le champion en titre du genre était « Oslo ». Cette référence à Oslo (les accords d’Oslo dès 1993) est devenue synonyme de dissimulation de la réalité par le biais de fausses informations et de leur diffusion par des voies officielles respectées. Si j’étais Norvégienne, je lancerais une pétition pour changer le nom de ma capitale.

    Et pourquoi ne proposerais-je pas simplement une pétition demandant que le nom de la capitale norvégienne soit retiré du nom officieux mais commun des accords qu’Israël a signés avec l’OLP à partir de 1993 ? Parce qu’étant donné l’énorme puissance mondiale d’Israël, aucune pétition de ce genre n’aurait la chance d’être entendue.

    Il est très commode pour Israël que ses mesures calculées pour détruire l’espace géographique des Palestiniens et user la société palestinienne au point de susciter des pensées suicidaires et des rêves d’émigration restent à jamais enveloppées dans le manteau de la respectabilité scandinave, blonde et froide. (...)

  • Ce que les combattants juifs de 1948 disent sur la Nakba | Middle East Eye édition française

    https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/ce-que-les-combattants-juifs-de-1948-disent-sur-la-nakba

    Si, officiellement, Israéliens et Palestiniens s’écharpent au sujet des événements de 1948 qui ont conduit 805 000 Arabes à l’exil forcé, en pratique, des combattants juifs ont très tôt témoigné des crimes dont ils ont pu être complices, voire auteurs

    #nakba #israël #palestine

    • la version palestinienne de 1948 n’intéresse plus les pacifistes israéliens, trop occupés pour la plupart à rentrer dans le rang pour ne pas subir la condamnation d’une société refermée sur elle-même.

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      L’« affaire » Teddy Katz

      Kibboutznik de 60 ans, Teddy Katz décide en 1985 de reprendre ses études et s’inscrit dans un parcours de recherche historique sous la direction d’Ilan Pappé, à l’université d’Haïfa. Il souhaite éclairer les événements qui se sont déroulés dans cinq villages palestiniens, dépeuplés en 1948. Il compile 135 entretiens de combattants juifs, dont 65 qui se concentrent sur la tragédie qui aurait eu lieu dans le village de Tantoura, vidé de ses 1 200 habitants le 23 mai 1948 par un bataillon du Palmah.

      Après deux ans de recherche, Katz affirme dans ses travaux qu’entre 85 et 110 hommes ont été froidement abattus sur la plage de Tantoura, après avoir creusé leurs propres tombes. La tuerie se poursuit ensuite dans le village, maison par maison. Une chasse à l’homme se joue également dans les rues. Le massacre cesse avec l’intervention d’habitants juifs du village voisin de Zikhron Yaakov. Au final, plus de 230 personnes sont assassinées.

      En janvier 2000, un journaliste de Maariv décide de retourner voir certains des témoins que mentionne Katz. Le principal témoin, Bentzion Fridan, commandant du bataillon du Palmah qui a opéré à Tantoura, nie tout en bloc et, avec d’autres gradés, porte plainte contre Katz. Celui-ci doit faire face à une dizaine d’avocats décidés à défendre l’honneur des « héros » de la nation.

      Sous la pression médiatique – qui parle de lui comme d’un « collabo » qui relaie la version de l’ennemi – et judiciaire, il accepte de signer un document reconnaissant avoir falsifié les témoignages. Bien qu’il décide quelques heures plus tard de se rétracter et qu’une commission universitaire ait plaidé en sa faveur, la procédure judiciaire se termine.

      Entre l’effondrement d’Oslo, le retour au pouvoir du Likoud, l’échec des négociations de Camp David et de Taba, la seconde Intifada et les attentats kamikazes, la version palestinienne de 1948 n’intéresse plus les pacifistes israéliens, trop occupés pour la plupart à rentrer dans le rang pour ne pas subir la condamnation d’une société refermée sur elle-même.

  • Exclusive: Insurer says Iran’s Guards likely to have organized tanker attacks - Reuters
    https://www.reuters.com/article/us-usa-iran-oil-tankers-exclusive-idUSKCN1SN1P7


    Port officials take a photo of the damaged tanker Andrea Victory at the Port of Fujairah, United Arab Emirates, May 13, 2019.
    REUTERS/Satish Kumar/File Photo

    LONDON/OSLO (Reuters) - Iran’s elite Revolutionary Guards (IRGC) are “highly likely” to have facilitated attacks last Sunday on four tankers including two Saudi ships off Fujairah in the United Arab Emirates, according to a Norwegian insurers’ report seen by Reuters.

    The UAE, Saudi Arabia and Norway are investigating the attacks, which also hit a UAE- and a Norwegian-flagged vessel.

    A confidential assessment issued this week by the Norwegian Shipowners’ Mutual War Risks Insurance Association (DNK) concluded that the attack was likely to have been carried out by a surface vessel operating close by that despatched underwater drones carrying 30-50 kg (65-110 lb) of high-grade explosives to detonate on impact.

    The attacks took place against a backdrop of U.S.-Iranian tension following Washington’s decision this month to try to cut Tehran’s oil exports to zero and beef up its military presence in the Gulf in response to what it called Iranian threats.

    The DNK based its assessment that the IRGC was likely to have orchestrated the attacks on a number of factors, including:
    • A high likelihood that the IRGC had previously supplied its allies, the Houthi militia fighting a Saudi-backed government in Yemen, with explosive-laden surface drone boats capable of homing in on GPS navigational positions for accuracy.
    • The similarity of shrapnel found on the Norwegian tanker to shrapnel from drone boats used off Yemen by Houthis, even though the craft previously used by the Houthis were surface boats rather than the underwater drones likely to have been deployed in Fujairah.
    • The fact that Iran and particularly the IRGC had recently threatened to use military force and that, against a militarily stronger foe, they were highly likely to choose “asymmetric measures with plausible deniability”. DNK noted that the Fujairah attack had caused “relatively limited damage” and had been carried out at a time when U.S. Navy ships were still en route to the Gulf.

    Both the Saudi-flagged crude oil tanker Amjad and the UAE-flagged bunker vessel A.Michel sustained damage in the area of their engine rooms, while the Saudi tanker Al Marzoqah was damaged in the aft section and the Norwegian tanker Andrea Victory suffered extensive damage to the stern, DNK said.

    The DNK report said the attacks had been carried out between six and 10 nautical miles off Fujairah, which lies close to the Strait of Hormuz.

  • Dans la lignée de son rôle très actifs dans les accords de paix en Colombie, la Norvège, qui n’a pas reconnu Juan Guaidó comme président, entretient de longue date des contacts avec gouvernement et opposants du Venezuela. Des rencontres ont eu lieu mardi 14 et mercredi 15à Oslo.

    Qué tienen los noruegos para abonar una solución a la crisis en Venezuela
    http://www.el-nacional.com/noticias/politica/que-tienen-los-noruegos-para-abonar-una-solucion-crisis-venezuela_28253

    Noruega ha hecho del apoyo a la paz en el mundo una verdadera política de Estado”. Son palabras del ex presidente colombiano Juan Manuel Santos en la obra La batalla por la paz, en la que desgrana desde las vivencias personales en el arduo camino hasta la firma de los acuerdos de paz en Colombia. En esta complicada tarea participó una delegación noruega encabezada por el diplomático Dag Nylander.

    Noruega, junto con Cuba, fueron los países garantes presentes en la mesa de negociaciones. Con esa labor, Noruega se ganó el crédito de todos, incluidos cubanos y venezolanos, subraya al diario ALnavío Leiv Marsteintredet, profesor asociado de Política Comparada de la Universidad de Bergen. Este experto noruego es investigador de fenómenos políticos y especialista en estudios de resolución de conflictos, con un marcado interés por América Latina, especialmente Venezuela.

    Ahora el foco negociador vuelve de nuevo a Noruega. Esta vez por la crisis venezolana. Según adelantó el diario ALnavío -y se hacen eco medios noruegos y españoles- el martes y el miércoles delegados de la oposición y del régimen de Nicolás Maduro mantuvieron dos encuentros en Oslo. Ya están de regreso a Caracas. En ambos encuentros estuvo presente un grupo de intermediarios, un equipo noruego. Marsteintredet subraya que parte de ese equipo es el mismo que participó en la mesa de negociación de los acuerdos de paz en Colombia, incluido Nylander.

    Noruega lleva ya probablemente un año o más hablando con las dos partes, con gobierno y oposición de Venezuela. Por lo menos por separado. Lo confirmó la ministra de Exteriores noruega, Ine Eriksen Søreide”, recalca este experto.

    El rumor de que Noruega podría tener un papel en la mediación entre ambas partes despertó cuando Yván Gil, viceministro para Europa de Nicolás Maduro, visitó Oslo a mediados de febrero. Gil se reunió con el diplomático noruego Nylander, el mismo de las negociaciones de paz en Colombia años atrás.

    Intercambiamos opiniones sobre la situación de Venezuela, pero en el marco de la posición oficial de Noruega”, dijo Gil a Aftenposten.

     Hasta ahora Noruega no ha reconocido a Juan Guaidó como presidente encargado de Venezuela.

    ¿Por qué los noruegos están mediando en la crisis venezolana? “Es natural ver esto como una continuación del buen contacto que Noruega obtuvo en la negociación de los acuerdos de paz en Colombia tanto con los cubanos como con el gobierno de Venezuela, primero de Hugo Chávez y ahora de Nicolás Maduro, ya que Venezuela también formó parte de las conversaciones para el tratado de paz en Colombia”, explica Marsteintredet.

    Este experto subraya que Noruega ha mantenido una presencia en Colombia para seguir la implementación del acuerdo de paz, que “se ha ganado el respeto del gobierno de Venezuela” y que “ha aprovechado esos contactos para seguir trabajando”, esta vez por la resolución del conflicto venezolano.

    • Le point de vue du «  boss  » : négocier, c’est bien, faut essayer, mais faut pas que ça serve à gagner du temps ; négocier, c’est pour virer Maduro.
      Intéressante base de «  négociations  ». Un peu comme pour Bachar,…

      Rubio : Guaidó y su equipo no caerán en negociaciones falsas
      http://www.el-nacional.com/noticias/mundo/rubio-guaido-equipo-caeran-negociaciones-falsas_282689

      Marco Rubio, senador estadounidense por el estado de Florida, dijo este viernes que el presidente interino Juan Guaidó merece crédito por «explorar nuevas posibilidades para encontrar una transición pacífica a la democracia en Venezuela». 

      Señaló que tanto Estados Unidos como el Grupo de Lima son conscientes de que Nicolás Maduro utilizó las oportunidades de diálogo pasadas para ganar tiempo. «El presidente Guaidó y su equipo no van a caer en una negociación falsa», aseguró en Twitter. 

      El martes Noruega recibió a representantes de Nicolás Maduro y de la oposición para explorar eventuales conversaciones a fin de buscar solución a la crisis política. Por parte del oficialismo participaron Jorge Rodríguez y Héctor Rodríguez y por la oposición asistieron Gerardo Blyde, Fernando Martínez y Stalin González, segundo vicepresidente del Parlamento.

      Guaidó informó el jueves en rueda de prensa que se trataba de «un esfuerzo de Noruega por una mediación, que tiene meses. Esta fue la segunda invitación a Oslo (...) Es la intención de un país, así como la tienen el Grupo de Contacto, el Grupo de Lima, Canadá y otras naciones, de mediar en la crisis. Es una iniciativa más de un país que quiere colaborar».

      @marcorubio - Twitter
      17:36 - 17 may. 2019
      https://twitter.com/marcorubio/status/1129410338603044865

      .@jguaido deserves credit for exploring new every possibility at finding a peaceful transition to democracy in #Venezuela#LimaGroup & #EU well aware #Maduro used past negotiations to buy time & President Guaido & his team aren’t going to fall for a fake negotiation

  • « Les hommes se disent en crise mais ils possèdent 70 % des richesses mondiales et 80 % des terres de la planète ! » – Anti-K
    https://www.anti-k.org/2019/04/16/les-hommes-se-disent-en-crise-mais-ils-possedent-70-des-richesses-mondiales-

    L’identité masculine serait en péril, menacée par l’ « inquisition féministe » ou le « totalitarisme » de mouvements comme #metoo. C’est ce que répètent écrivains ou éditorialistes réactionnaires, jusqu’à des groupes haineux de « célibataires involontaires », se référant souvent à – ne rigolez pas – la virilité mythifiée des chasseurs préhistoriques. Ce discours ne date pas d’hier : il était déjà tenu dans la Rome antique ou à la fin du Moyen Âge, « dès que les femmes veulent s’affranchir des normes », nous explique Francis Dupuis-Déri, auteur de La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace. « La crise de la masculinité est une rhétorique politique visant à ré-affirmer la domination des hommes. » Entretien.

    Basta ! : Que disent ceux qui affirment qu’il y a une crise de la masculinité ?

    Francis Dupuis-Déri [1] : Les tenants de ce discours – que l’on peut croiser autant dans les grands médias, sur les forums internet que dans les discussions en famille – affirment que les hommes et les garçons vont mal, en tant qu’hommes, à cause de la féminisation de la société, et du féminisme en particulier. Il n’y aurait plus de modèles masculins. Les mères domineraient les pères. Parmi les symptômes de cette crise, on invoque les difficultés scolaires des garçons, le chômage des hommes, les difficultés des hommes à draguer des femmes, la violences des femmes contre les hommes, et tous ces suicides d’hommes poussés à bout par des femmes qui les ont rejetés. Il y a enfin le discours de certains groupes de pères séparés, qui affirment qu’ils vont mal à cause des tribunaux de la famille, qui seraient tous anti-pères.

    On apprend dans votre ouvrage que la crise de la masculinité sévit depuis très longtemps. Des hommes s’en plaignaient déjà dans la Rome antique. Puis en France et en Angleterre à la sortie du Moyen Âge, et ailleurs en Europe ensuite…

    J’ai été très étonné de découvrir, au cours de mes recherches, que la masculinité a toujours été en crise, et ce quelque soit le régime économique, culturel, religieux ou juridique. Dans la Rome antique par exemple, les femmes n’avaient pas de statut juridique autonome, elles appartenaient à leur père, puis à leur mari, au même titre que les esclaves. Elles n’avaient pas le droit d’occuper une fonction publique. Ce qui n’a pas empêché l’homme politique et écrivain Caton l’ancien, en 195 avant J.-C., de se sentir menacé par les femmes qui demandaient alors le droit de conduire des chars et de porter des vêtements colorés.
    En 195 avant J.-C., à Rome, Caton l’ancien se sent menacé par les femmes qui demandaient alors le droit de conduire des chars et de porter des vêtements colorés

    « Les femmes sont devenues si puissantes que notre indépendance est compromise à l’intérieur même de nos foyers, qu’elle est ridiculisée et foulée aux pieds en public », écrivait-il. Idem sous les régimes monarchistes européens de la fin du Moyen Âge. En France, où les femmes sont écartées du droit de monter sur le trône au 14ème siècle, les hommes s’inquiètent qu’elles portent des pantalons, ou se coupent les cheveux. En fait, il ne faut vraiment pas grand chose pour que les hommes se disent en crise. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont – prétendument – continuellement en crise….

    Les arguments fantaisistes ne manquent pas pour appuyer la thèse de la crise de la masculinité. Au Québec, les hommes seraient en crise à cause de leur défaite contre les Anglais. Aux États-unis à cause de la mécanisation. D’autres évoquent enfin la nostalgie du temps des cavernes…

    Parmi les mythes invoqués pour expliquer la crise de la masculinité, il y a effectivement celui de l’âge des cavernes, temps au cours duquel les femmes restaient chez elles, dans leurs grottes, pendant que les hommes allaient chasser. Certains ouvrages de psychologie – qui ont un grand succès – se réfèrent à cet âge des cavernes totalement mythifié, pour expliquer qu’il serait dans la nature des hommes de diriger leur famille et leur couple et même d’user de leur force. Cela expliquerait aussi pourquoi l’homme ne répond pas à sa conjointe quand il regarde le sport à la télévision : il concentre toute son attention sur le téléviseur comme son ancêtre lointain qui observait la savane à la recherche d’un mammouth. En France, on retrouve des références à l’âge des cavernes chez plusieurs polémistes. Alain Soral, parle par exemple de la « division primitive » sexuelle du travail. Éric Zemmour évoque « notre passé d’homme des cavernes », « notre bestialité », « notre virilité ».
    « Certains affirment que la vraie masculinité trouve son origine dans l’âge des cavernes et même dans la chasse au mammouth. Tout cela est ridicule et n’a aucune base scientifique »

    Au Québec, nous avons Yvon Dallaire, psychologue, qui affirme que la vraie masculinité trouve son origine dans l’âge des cavernes et même dans la chasse au mammouth. L’homme aurait appris à être silencieux en chassant le mammouth alors que la femme aurait développé l’art de la parole à l’époque où elle se terrait avec les enfants dans la caverne conjugale. Tout cela est ridicule et n’a aucune base scientifique. Les vestiges archéologiques ne disent rien de la division sexuelle du travail. Qui s’occupe des enfants ? Qui va à la chasse ? Comment sont prises les décisions ? Qui les prend ? Y a -t-il un vote ? On ne saura jamais. On se base sur nos modèles familiaux, et on projette.

    Vous défendez le fait que le discours sur la crise de la masculinité est un discours de dominants, et qu’un « état de crise » surgit à chaque fois qu’une domination est remise en question. Pouvez-vous préciser ?

    La crise de la masculinité est déclarée quand les femmes ne sont pas ce que l’on voudrait qu’elles soient. Quand elles sortent des normes vestimentaires par exemple, ou de coiffure, ou qu’elles décident d’exercer un métier que l’on voudrait réservé aux hommes. C’est une rhétorique politique de culpabilisation des femmes. De par leur non respect des normes, elles provoqueraient de la souffrance, de l’angoisse, de la panique chez les hommes. Ce qui met les hommes dans un tel état peut être tout à fait anodin, comme nous l’avons vu. C’est un discours qui est à rapprocher du masculinisme, qui est clairement un contre-mouvement face au féminisme qui milite pour la liberté et l’égalité des femmes et des hommes.

    Pourtant les faits sont têtus… Les hommes continuent de dominer largement les sphères politique, économique et culturelle. Cela y compris dans des sociétés présentées à tort comme « matriarcales »…

    On entend souvent parler du Québec comme d’une société matriarcale, où les femmes auraient pris le pouvoir. Historiquement, cela s’expliquerait par le fait que les hommes quittaient le domicile familial pendant de longues périodes pour de lointains chantiers de bûcheronnage, laissant leurs femmes gérer seule la maisonnée et développer leur pouvoir. Mais ces prétendues matriarches n’avaient pas de salaire, pas le droit de voter ni d’être élues, pas le droit de divorcer ni d’ouvrir un compte en banque. Les hommes possédaient les banques, les terres agricoles, les moulins, les scieries. Ils étaient maires et curés, médecins et journalistes. Les mères imposaient donc le matriarcat depuis leur cuisine ? C’est vraiment un aveuglement volontaire.
    « En 2016, le club select des milliardaires de la planète comptait 88% d’hommes »

    Encore aujourd’hui au Québec, ce sont les hommes qui commandent la police, les entreprises, les universités, et qui gagnent le plus d’argent. Le pays a été dirigé par 36 premiers ministres, dont 35 hommes. Même si les femmes ont gagné beaucoup d’avantages, notamment dans nos pays occidentaux et qu’elles sont désormais des sujets juridiques, les hommes restent largement avantagés et détiennent encore la majorité des postes de pouvoir. En 2016, le club select des milliardaires de la planète comptait 88% d’hommes. Environ 70% de toutes les richesses mondiales sont entre les mains des hommes, et ils possèdent environ 80 % des terres de la planète !

    Vous expliquez que les gens démunis et peu instruits sont les relais plus que les instigateurs de l’antiféminisme, lesquels sont plutôt blancs et fortunés. Est-ce que cette rhétorique de la crise de la masculinité ne renvoie pas, finalement, au vieux concept du bouc émissaire ?

    Si, bien sûr. Les hommes qui affirment qu’ils sont en crise ne sont pas nécessairement les plus misérables de la société, au contraire. Ils appartiennent plutôt à l’élite intellectuelle et économique. Ils diffusent cette idéologie qui est ensuite reprise par les hommes de classes sociales inférieures. On a vu cela aux États-Unis au moment de l’élection de Donald Trump, où les jeunes hommes blancs déclassés socialement auraient eu besoin de prendre leur revanche, en élisant un homme blanc leur promettant qu’ils allaient être pris en considération. Ce mouvement des jeunes hommes blancs en colère est apparu dans les années 1980 aux États-unis, où le président Ronald Reagan accusait d’ailleurs les femmes d’être responsables du chômage des hommes, en leur prenant un travail qui leur serait normalement destiné.
    « La rhétorique de la crise de la masculinité permet de faire porter la responsabilité de la détresse sociale, réelle, aux femmes ou encore aux immigrés »

    C’est une logique qui permet de faire porter la responsabilité de la détresse sociale, réelle, aux femmes ou encore aux immigrés. Il semblerait plus logique que ces hommes en détresse dirigent leur colère contre le patronat et les banquiers, l’élite politique ou même les chefs syndicaux trop modérés. Qui prend les décisions économiques aux États-unis, comme en France et partout ailleurs dans le monde ? Qui signe les traités commerciaux, qui décide de délocaliser la production industrielle et de fermer les usines ? Ce sont en grande majorité des hommes. Dans ces conditions, il semble pour le moins inapproprié d’accuser les femmes.

    Vous revenez également sur une insulte récurrente des tenants du discours de la masculinité : celle de « féminazie », pour désigner le mouvement féministe. Vous vous insurgez contre cette insulte, évoquant le fait que le terme de « mascunazi » serait plus approprié. Pourquoi ?

    C’est effectivement une insulte que l’on croise régulièrement. On traite aussi régulièrement les féministes de « menace totalitaire », ou génocidaire, établissant un parallèle avec les mouvements politiques les plus meurtriers du 20ème siècle. Les hommes seraient victimes de ce pseudo-totalitarisme féministe. C’est une insulte envers les victimes du nazisme, et envers les victimes des violences masculines qui meurent par centaines chaque année. C’est aussi une insulte absurde, puisque le féminisme est sans doute l’un des mouvements politiques les moins violents du monde. Alors même que les femmes étaient privées de tellement de droits – et qu’elles le sont encore dans bien des régions du monde –, elles n’ont jamais mené de lutte armée. Ailleurs dans le monde, si des êtres humains avaient été privés de tellement de droits, on aurait facilement compris qu’ils mènent une lutte violente.
    « Les hommes seraient victimes d’un pseudo-totalitarisme féministe. C’est une insulte envers les victimes des violences masculines qui meurent par centaines chaque année »

    De plus, les mouvements néo-nazis portent et diffusent le discours de la crise de la masculinité. Anders Behring Breivik, le terroriste norvégien d’extrême droite qui a perpétré les attentats d’Oslo et d’Utoya qui ont fait 77 morts et 151 blessés le 22 juillet 2011, faisait largement état dans son manifeste de sa haine des femmes et des féministes. Et il est entré au tribunal en faisant le geste nazi. Dans ces conditions le terme de « mascunazi » me semble tout à fait approprié. La crise de la masculinité est souvent mêlée à un discours raciste : les hommes efféminés ne seraient plus capables de défendre leur patrie et leurs enfants. Et les femmes, encore elles, ne font plus assez d’enfants. Résultat : on serait « envahis » par des « étrangers » qui, eux, font des enfants. Sexisme et racisme se font souvent écho et l’appel à enrayer le déclin de la nation ou de la race est souvent lancé du même souffle que l’appel à stopper le déclin des hommes.

    Vous évoquez enfin un discours de légitimation des violences faîtes aux femmes, lié à ce mythe de la crise de la masculinité. Pouvez-vous préciser ?

    Ces dix dernières années, on a assisté en Amérique du Nord à des crimes commis par des hommes se revendiquant des « incels », ces célibataires malgré eux [contraction du terme anglais involuntary celibate, ndlr], qui tuent des femmes parce que d’autres femmes ont refusé d’avoir des relations sexuelles avec eux. On sait l’importance de l’impunité et du soutien d’autres hommes dans le passage à l’acte violent. Si l’on se trouve au sein d’un groupe – amis, collègues, pairs – qui tiennent des propos misogynes, estimant que tel comportement des femmes mérite une baffe, on se sent légitime à commettre des violences. Et avec les plateformes web, cet effet est démultiplié. On se retrouve avec des réseaux de discussion de plusieurs milliers de personnes où ceux qui commettent des meurtres contre les femmes sont présentés comme des héros, et des sources d’inspiration qu’il faudrait suivre. Quand des incels commettent des meurtres de masse, ils sont présentés comme des héros. Et on a un autre meurtre de masse commis quatre ans plus tard par un autre homme, qui se revendique du précédent assassin. Il y a une influence, un encouragement mutuel.

    Slogan marketing présent dans les lessives de la marque Lenor (groupe Procter & Gamble) en 2009 / CC Laurent Neyssensas

    Par ailleurs, la violence physique et sexuelle des hommes contre les femmes et les enfants est considérée comme un symptôme de la crise, car elle démontrerait que les hommes sont incapables d’autodiscipline et que la masculinité est hors de contrôle. C’est souvent ce discours qui est repris pour expliquer les meurtres conjugaux. Comme l’ont montré des universitaires féministes comme Mélissa Blais et Patrizia Romito, la psychologisation de la violence des hommes contre les femmes permet de la présenter comme une perte de contrôle de ces hommes en crise, alors qu’il s’agit en réalité d’une prise de contrôle et d’une ré-affirmation de la domination masculine [2].

    Propos recueillis par Nolwenn Weiler

  • Israeli navy sprays Palestinian fishermen with ’skunk water’
    April 2, 2019 11:59 A.M. (Updated: April 2, 2019 3:44 P.M.)
    http://www.maannews.com/Content.aspx?ID=783077

    GAZA CITY (Ma’an) — Israeli naval boats sprayed ‘skunk water’ at Palestinian fishermen working off the coast of the central besieged Gaza Strip, on Tuesday noon.

    Head of the Palestinian Fishermen Union in Gaza, Zakariya Bakr, reported that Israeli naval boats sprayed Palestinian fishermen with “skunk water” at 12 nautical miles off coast of the central Gaza Strip.

    This is the first Israeli assault against Palestinian fishermen since the the expansion of the permitted fishing zone off Gaza’s coast a day earlier.

    The permitted fishing zone was extended from 12 nautical miles to 15 nautical miles.

    Known as “skunk,” the Israeli military has been using the chemical since at least 2008 as a form of non-lethal crowd control. Palestinians, however, simply call the liquid “shit,” after the smell that can stay for weeks on clothes, body, walls and furniture.

    • Gaza : l’armée israélienne annonce l’élargissement de la zone de pêche
      Par RFI Publié le 01-04-2019 - Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil
      http://www.rfi.fr/moyen-orient/20190401-gaza-elargissement-zone-peche-large

      L’armée israélienne a annoncé ce lundi 1er avril un élargissement de la zone de pêche au large de Gaza, passant à 15 milles nautiques sur une partie du littoral gazaoui. La décision confirme l’avancée de négociations en cours entre le Hamas et Israël.

      Alors que le Hamas répète depuis quelques jours qu’un accord est en cours de négociation, Israël se refuse à tout commentaire. Mais après avoir jugé que le mouvement islamiste a fait preuve de « retenue » samedi lors des rassemblements marquant le premier anniversaire de la Grande marche du retour, l’armée a annoncé successivement la réouverture des points de passage entre l’enclave palestinienne et le territoire israélien ainsi que l’élargissement de la zone de pêche.

      Désormais, les marins gazaouis pourront aller pêcher jusqu’à 15 milles nautiques au large des côtes, selon l’armée israélienne. Une distance nettement supérieure aux 6 milles nautiques habituellement autorisés et qui n’avait pas été accordée depuis de nombreuses années.

      Mais le syndicat des marins pêcheurs de Gaza précise que cette distance n’est autorisée que dans le sud de l’enclave, près de la frontière égyptienne, alors qu’au nord, près des côtes israéliennes, la zone de pêche ne s’étend toujours que sur 6 milles. Et les 15 milles restent inférieurs aux 20 prévus par les accords d’Oslo, relève l’ONG Gisha, qui milite pour la liberté de circulation des Palestiniens.

  • Révélations sur des « patriotes » qui projetaient des attentats islamophobes

    En France, 350 militants de l’ultradroite possèdent légalement, comme le terroriste de Christchurch, des armes à feu. Tenant des propos similaires à ceux de Brenton Tarrant, certains membres du site Réseau libre ont cherché à perpétrer des attentats visant la communauté musulmane. Emportés par leur haine, ces nostalgiques de l’OAS exprimaient aussi leur mépris à l’encontre… des victimes du 13-Novembre ou du colonel Beltrame.

    Au lendemain du deuxième anniversaire du massacre du 13-Novembre, Merlin (un pseudo) « persiste et signe » : « Je m’engage à buter tout ce qui peut être musulman, hommes, femmes, enfants. Et ce sans pitié et sans remords. » Au cours de l’été 2018, Glock 17 bat le rappel des troupes : « Nettoyez vos canons, graissez vos culasses, et tirez dans le tas ! »
    Mais, le 30 septembre 2018, Anonyme se languit toujours : « Vivement la première salve patriotique ! J’ai la détente qui me démange, je commence à avoir une crampe à l’index… » À l’approche du troisième anniversaire du 13-Novembre, Povbête regrette : « Si j’étais calé, j’irais bien faire sauter une petite mosquée, histoire de me remonter le moral et de faire comprendre à ces saloperies de muzz [abréviation de musulmans] qu’on ne veut pas d’eux. »
    Entre deux imprécations haineuses, ils s’échangent des conseils techniques, dissertent sur la meilleure façon de commettre ce qu’ils ne nomment jamais comme un attentat, préférant parler d’« insurrection anti-islamique brutale et spontanée ». Glock 17 préconise des « tirs à l’affût et [de] reprendre le cours des choses de la vie sans JAMAIS revendiquer et se vanter ». Zardoz propose de « buter l’ambassadeur du Qatar pour l’exemple » tandis que Bjorn milite pour des actions visant à « monter les communautés muzz les unes contre les autres en alternant les cibles. Jamais au même endroit avec, si possible, des modes opératoires différents. Le but est de distiller la peur chez les muzz. Et bon safari à tous ! »
    Ces échanges ont lieu sur le site reseaulibre.org, sabordé en novembre dernier et sur lequel Mediapart enquête depuis près d’un an. Au fil des discussions entre les quelque 800 membres actifs du site s’esquisse le tableau d’une communauté de suprémacistes blancs, obsédés par la peur de l’autre, n’attendant qu’une étincelle pour passer à l’acte et perpétrer leurs propres attentats islamophobes.
    Les thèses véhiculées par ce site sont celles qui ont inspiré le terroriste australien de Christchurch, qui a tué, le 15 mars, cinquante personnes dans deux mosquées, en Nouvelle-Zélande : la théorie du « grand remplacement » élaborée par l’essayiste d’extrême droite Renaud Camus, l’échec d’un Front national jugé trop modéré, l’attentat islamophobe prôné pour défendre la race blanche.
    Dans son manifeste, intitulé lui aussi « Le grand remplacement » et posté sur les réseaux sociaux une heure avant les attentats, Brenton Tarrant, le terroriste de Christchurch, justifiait sa volonté de s’en prendre à des musulmans et évoquait la France et son « invasion par les non-Blancs ». Le manifeste donne pour point de bascule de son auteur le fait que Marine Le Pen ne soit pas parvenue à s’opposer à Emmanuel Macron, le candidat du « mondialisme » lors de la dernière élection présidentielle.
    Selon nos informations, les services de renseignement estiment à 350 le nombre de membres de l’ultradroite qui, comme l’Australien Tarrant, possèdent légalement une ou plusieurs armes à feu. Parmi eux, 147 font l’objet d’une fiche sûreté de l’État, la fameuse fiche S. La DGSI s’inquiète de l’émergence au sein de la mouvance traditionnelle d’extrême droite radicale de groupuscules qualifiés de « populo-patriotes » réunissant des « guerriers de claviers », le plus souvent jusque-là inconnus des services et n’excluant plus de recourir à l’action violente. Comme l’expriment au quotidien les membres de Réseau libre.

    D’abord sous l’intitulé d’ EuroCalifat , puis de Réseau libre, l’autoproclamé « réseau des Patriotes » a vu le jour en réaction à la vague migratoire de l’été 2015. « L’invasion musulmane en Europe a débuté il y a quelques semaines », écrivent ses administrateurs le 10 septembre de cette année-là. Des administrateurs qui, d’emblée, annoncent la couleur : « Le combat ne sera pas virtuel, il sera dans la rue de vos villes et campagnes, dans vos maisons. Préparez-vous-y ! »
    Le serveur étant hébergé en Russie, aucune donnée de connexion ne peut être communiquée aux autorités françaises. Du moins « sans un ordre judiciaire d’un tribunal russe », comme s’en gargarisent les administrateurs. Pour achever le dispositif de sécurité, les membres ne peuvent communiquer entre eux que s’ils ont installé sur leurs ordinateurs un logiciel de cryptage des messages. L’anonymat de chacun ainsi préservé, la parole se lâche.
    L’islamophobie et le racisme s’y expriment sans filtre. On y parle de « crouilles », de « singes », de « bougnoules »… On s’assume membre de « la fachosphère ». Comme le terroriste australien de Christchurch, on idolâtre le Norvégien Anders Breivik qui a tué 77 personnes le 22 juillet 2011, d’abord en faisant exploser une bombe à Oslo puis en ouvrant le feu sur la petite île d’Utoya, où se tenait un camp de la jeunesse travailliste.
    « Tant qu’à aller en taule, il vaut mieux y aller pour une action à la Anders Breivik », assume Beretta. Un administrateur de Réseau libre prophétise à propos de la France : « Attention, un Breivik qui n’a plus rien à perdre pourrait surgir… » Ce qui provoque l’assentiment de Francky la Tabasse : « Oui, il était en avance sur son temps, il y en aura d’autres ! »
    Les concerts du rappeur Médine prévus au Bataclan à l’automne 2018 leur font voir rouge, comme l’a relevé à l’époque Le Journal du dimanche. « La Saint-Barthélemy [référence au massacre des protestants en 1572 – ndlr] se fêtera en 2018 les 19 et 20 octobre », pouvait-on lire sur la page d’accueil du site. « Il y a, c’est évident, des opérations prévues par divers groupes de patriotes, pour les concerts orduriers des 19 et 20 octobre au Bataclan. […] Pour info, nous pensons qu’aucune action “légale” ne pourra empêcher ces concerts. Réseau libre travaille donc sur un autre type d’action, sans s’inquiéter des probables dommages collatéraux, partant du principe que tous les spectateurs sont des ordures… », écrit l’un des administrateurs le 8 septembre.
    Un membre se porte volontaire « pour abattre cette ordure de Médine », un autre plaide pour une série d’assassinats de musulmans dans diverses villes de l’Hexagone, des tracts de revendication épinglés sur les cadavres au moyen « de brochette à barbecue agrémentée d’une saucisse pur porc »… L’annulation par Médine de ses concerts coupe l’herbe sous le pied des plus velléitaires. Même si Réseau libre conseille « très, très fortement » au rappeur de renoncer à se produire en public et ce quelle que soit la salle de concert : « Considérant que ses spectateurs sont tous des envahisseurs de notre pays, il n’y aura pas de dommages collatéraux, seulement des ennemis éliminés. »

    Les « Bisounours » du 13-Novembre et la « supercherie » Beltrame

    C’est une constante chez les membres du site, tout le monde est mis dans un même sac : les musulmans, les terroristes et même leurs victimes. Ainsi les survivants et les familles des défunts des massacres du 13-Novembre sont catalogués « Bisounours », « victimes de leur lâcheté et de leur soumission ». Les associations qui les représentent « nagent dans la bien-pensance ». « Un bon nombre des refroidis des attentats parisiens étaient certainement des vivre-ensemblistes de première », estime Gary.
    Le 28 avril 2017, le compte Twitter EuroCalifat, vestige du site qui avait précédé Réseau libre, lance le hashtag #JeSuisNiNi : « Face aux attentats musulmans en Europe, Ni fleurs Ni bougies ! Que les ‘‘victimes’’ assument leurs choix politiques ! »
    Même le gendarme Arnaud Beltrame, qui donna sa vie en échange de celle d’une otage lors de l’attentat de Trèbes, ne trouve pas grâce à leurs yeux. Son héroïsme ne serait que « supercherie ». Une femme ne supporte pas qu’« un ex du GIGN se fasse si lamentablement doublé » par « une merde de musulman » parvenant à l’égorger.
    Le sacrifice de Beltrame ne serait, selon elle, que le suicide « d’un loser, d’un perdant ! ». Un autre s’indigne qu’un lieutenant-colonel en activité se soit proposé en otage à la place d’un civil. « Cela ne se fait pas en temps de guerre, il y a une échelle de valeur. […] Un officier est plus utile au combat qu’un civil, DONC il doit passer en priorité ! »

    Le billet de Réseau Libre visant Pierre Serne avait été posté sur Twitter le 27 janvier 2018.
    Plusieurs personnalités politiques, journalistes ou militants, sont aussi vilipendées sur le site. C’est le cas du conseiller régional d’Île-de-France (EELV) Pierre Serne, ciblé parce qu’homosexuel et défendant les droits des sans-papiers. En janvier 2018, l’élu, qui venait d’obtenir gain de cause devant le tribunal administratif de Paris après son recours contre la décision de Valérie Pécresse de supprimer l’aide au transport pour les bénéficiaires de l’Aide médicale d’État (AME), a été violemment attaqué dans un billet homophobe et xénophobe intitulé « Z’êtes clando ? 75 % de réduction ! ».

    Le texte, assorti d’une photo montrant son visage tuméfié « après une saine correction », lors d’une manifestation pour les droits LGBT à Moscou en 2006, le qualifiait de « vermine de souche » et de « petite fiotte gay ». Réseau libre se réjouissait de cette « raclée prise alors qu’il prétendait forcer les autorités russes à autoriser une ‘‘marche des tarlouzes’’ à Moscou », et spéculait sur des violences plus importantes qui pourraient « prochainement lui tomber dessus en francarabia ».
    Les représentants politiques de l’extrême droite ne sont pas beaucoup mieux considérés. Ainsi Marine Le Pen se retrouve dans le « Racailloscope » qui réunit les personnages publics supposés complaisants vis-à-vis de l’islam, mais aussi de l’étranger. La patronne du Rassemblement national, représentée en boubou, se voit reprocher son « renoncement à toutes les valeurs nationalistes et patriotiques du FN à son origine ». Le terroriste de Christchurch décrira lui aussi dans son manifeste Marine Le Pen comme une incapable.

    Deux personnages retranchés derrière des anonymats relatifs ont le droit à d’autres égards. Il faut dire qu’ils sont des contributeurs réguliers de Réseau libre.
    À chaque question qu’on lui pose, il commence ses réponses par un « Réfléchissez ! » péremptoire, des « Vous êtes naïf » et « Soyons sérieux » moqueurs ou, au mieux, un « Il ne vous a pas échappé » complice. Sur Réseau libre, les interviews de Monsieur X oscillent entre connivence et mégalomanie. « Il serait dommage de priver vos lecteurs de mes lumières », « C’est toujours intéressant avec Monsieur X », fanfaronne-t-il. L’homme est présenté par le site comme « un officier français des Services », un « contact dans les services antiterroristes ». À ce titre, il est interrogé après chaque attentat et n’hésite pas à évoquer « une guerre de civilisation ».
    Concernant le sort à réserver aux djihadistes, il résume, dans un entretien en mars 2016, les deux options à ses yeux : « La première, on fait tout pour récupérer les individus vivants en espérant qu’ils parlent et pour les traduire devant un tribunal. La seconde, on identifie la menace et on procède à son élimination au moment opportun. Je vous laisse deviner quelle est mon option préférée… »
    En juin de cette même année, il annonce « un attentat imminent », d’après « des informations crédibles, recoupées » avec des services étrangers. Il s’agirait d’une attaque d’envergure contre une petite ville entière qui serait ciblée par plusieurs dizaines de terroristes armés. Un seul moyen de se protéger, selon lui : constituer « des milices citoyennes, puissamment armées » qui patrouillent dans les villes. Et, bien sûr, un arsenal pour se défendre. « Dites-vous bien qu’avoir une arme non autorisée peut vous conduire en prison, mais ne pas en avoir peut vous conduire au cimetière », conclut ce jour-là Monsieur X.
    D’autres fois, il dénonce « des agents dormants à l’intérieur de nos systèmes de sécurité », il y aurait des « des barbus, fussent-ils sans barbe » parmi les policiers chargés d’assurer la protection du président de la République, des barbus au sein des aéroports. Il voit l’œuvre d’une « cinquième colonne musulmane » un peu partout et espère « un ordre clair pour nettoyer » les banlieues. Des propos bien peu républicains pour un supposé fonctionnaire.
    Tant et si bien qu’un membre interroge les administrateurs : « Serait-il possible que vous vous fassiez balader par un mytho ? »
    Réseau libre et certains membres prennent la défense de Monsieur X : tout ce qu’il a dit se serait vérifié par la suite. C’est plus compliqué que cela. Ses propos dénotent quelques connaissances en matière de terrorisme, mais ses bouffées paranoïaques dévoient ses analyses.
    Mediapart n’a pas pu identifier qui se cachait derrière Monsieur X. En revanche, les services de renseignement s’inquiètent depuis plus d’un an de connivences entre certains membres des forces de l’ordre et l’ultradroite. D’après nos informations, un commissaire occupant un poste central dans la lutte antiterroriste s’est vu récemment reprocher par sa hiérarchie directe les propos complotistes qu’il tenait lors de réunions stratégiques.
    De son côté, Monsieur X semble trahir, au moins à une occasion, le secret d’enquêtes en cours. Dans un entretien publié sur le site le 23 septembre 2018 et intitulé « Exclusif : les vraies raisons de l’annulation du concert au Bataclan », il affirme que le rappeur Médine aurait été contraint d’annuler ses concerts à cause d’un projet d’attentat détecté par un informateur de la DGSI (et par Mediapart, lire notre Boîte noire).
    Monsieur X assure que l’indicateur était l’administrateur d’un forum de jeu sur lequel les membres du complot échangeaient. « Si les intéressés lisent ça (et ils le liront sans doute) ils vont cesser de communiquer sur ce forum, assure Monsieur X. Franchement, ces activistes ont eu une excellente idée, ils semblent d’un excellent niveau opérationnel et méritent en quelque sorte de ne pas être identifiés ! Vous savez, je ne suis pas le seul dans les Services à être de votre côté… Ou du leur… »
    Dans la foulée de cet entretien, Réseau libre explique avoir décidé de diffuser cet entretien « pour que les gars sachent qu’ils ont été balancés et qu’ils agissent en conséquence ».Un ancien de l’OAS « avec pas mal d’années de tôle derrière lui, mais qui ne regrette rien »
    La paranoïa, déjà galopante dans les rangs des habitués du site, est à son paroxysme depuis l’été 2018 et la vague d’interpellations ayant visé des membres du groupe Action des forces opérationnelles (AFO) qui préparait des attaques contre des musulmans. L’un d’eux s’était constitué dans son domicile un laboratoire de fabrication d’explosifs. Plusieurs armes à feu avaient également été découvertes en perquisition. Les services de renseignement suspectent que plusieurs caches d’armes auraient été disséminées dans les onze régions où cette cellule clandestine est présente.
    Sur Réseau libre, le coup de filet fait réagir. Anonyme et Beretta évoquent « les copains d’AFO », « des copains résistants qui se mouillent pour nous et ce pays de merde », des copains qui n’avaient encore rien fait mais « en avaient peut-être l’intention »… Le 14 août, Vidocq, qui se revendique comme un membre du groupe ayant échappé aux interpellations, cherche à rassurer tout le monde : « Quelques groupes, comme nous l’AFO, s’organisent en prévision du grand chaos. Notre devoir est de défendre la MÈRE PATRIE de tous envahisseurs […]. Depuis cette affaire, nous engrangeons beaucoup d’adhésions. »

    AFO engrange également la caution du criminologue Xavier Raufer qui, quelques jours après le coup de filet, donne une interview au site complotiste Boulevard Voltaire. Celui qui aime à se définir comme « un expert » considère qu’on a là une affaire montée de toutes pièces par un renseignement intérieur obsédé par de « fantomatiques terroristes d’extrême droite ».
    En appui de sa démonstration, l’âge des interpellés : « On ne passe pas au terrorisme au moment de la ménopause ou au moment de la retraite. » Et leur volubilité sur les réseaux sociaux. « Quand des gens ont des projets terroristes, ils évitent de tout raconter sur un site internet ou sur un blog. On sent donc un peu la conspiration des branquignols avec des gens qui peut-être parlaient beaucoup, s’échauffaient les uns les autres », juge-t-il. Des propos étonnants car, au moment où Xavier Raufer s’exprime, personne n’a évoqué de communications des membres d’AFO sur « un site internet »…
    De son vrai nom Christian de Bongain, Xavier Raufer, après avoir milité au sein du mouvement d’extrême droite Occident, s’est fait connaître par ses nombreux ouvrages, certains coécrits avec Alain Bauer, consacrés à la criminalité et au terrorisme. Après avoir eu son rond de serviette dans les médias, il a peu à peu disparu des écrans et accorde désormais l’essentiel de ses entretiens à sa propre chaîne YouTube, à Atlantico, ou à des publications d’extrême droite (Boulevard Voltaire, Éléments, Breizh Info, TV-Libertés).
    Toutes ses productions sont en revanche reprises sur Réseau libre où il est, outre Monsieur X, l’expert le plus cité et la seule personnalité, hormis le collectif depuis interdit Les Brigandes, à voir ses prises de parole publiques reproduites. On y retrouve notamment la vidéo de son intervention aux Estivales de Marine Le Pen en septembre 2016, où il analyse « l’invisible désastre sécuritaire » de la France et affirme que « chacun sait que la plupart du temps, j’espère ne pas avoir un procès en disant cela, ce sont rarement des Berrichons qui cambriolent ».
    Si le fond choque, la forme reste toujours policée, le criminologue continue d’enseigner au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), à des fonctionnaires qui passent « une licence professionnelle d’analyste criminel opérationnel, mention renseignement ».

    Sur Réseau libre, un certain XR emploie un ton beaucoup moins feutré. Au lendemain des attentats du 13-Novembre, XR délivre une analyse acidulée : « La rafalade des melons, n’importe qui aurait pu la faire ! » ; s’impatiente : « Les banlieues qui ont fêté les attentats seront-elles nettoyées ? » ; stipendie « les gouvernements successifs […] qui ont acheté une paix sociale illusoire dans les cités en finançant les racailles ». Un dernier thème, exprimé publiquement en des termes moins crus, par Xavier Raufer qui aime insister sur « ces politiques de la ville, qui financent les émeutiers ». À l’occasion de la première commémoration du 13-Novembre, XR se lamente contre « les zélites de la francarabia » ; lors de l’éclatement de l’affaire Benalla, il se gausse de « toutes ces putes de la ripoublique ».

    « XR », le pseudo peut évoquer bien sûr les initiales de Xavier Raufer. Le criminologue l’utilise en tout cas officiellement comme nom de son mail personnel et de sa chaîne YouTube « XR Vidéos ». Les membres de Réseau libre ne s’y trompent pas. Ainsi, lorsque Patriote commente la vidéo de Xavier Raufer aux Estivales de Marine Le Pen, il le nomme « XR ». Alors qui se cache derrière le XR, contributeur privilégié de Réseau libre, qui s’exprime de manière grivoise et haineuse ? Le criminologue lui-même, ou un animateur du site cherchant à faire croire qu’il a le soutien du criminologue et offrant une copie bien plus vulgaire que l’original ?
    Contacté, Xavier Raufer conteste formellement connaître jusqu’à l’existence de Réseau libre : « Je n’ai jamais entendu parler de ces gens-là, je ne sais pas qui c’est. Je n’ai jamais correspondu avec eux. » De lui-même, il décrit en tout cas la sociologie des membres de Réseau libre, parlant d’une « mouvance de conspirateurs du midi de la France qui se la jouent en préparant des trucs qui n’auront jamais lieu », d’« anciens conspirateurs Algérie française » qui, « après avoir bu trois litres de Cahors », vont « mettre une tête de cochon devant une mosquée ».
    Pour lui, il s’agirait d’inoffensifs « mythomanes, cinglés, alcooliques ». Être la référence de ce site ne l’inquiète pas : « C’est un hommage que le vice rend à la vertu, balaie-t-il. Les gens me citent parce qu’ils ont envie de me citer, et je ne suis en aucun cas responsable ».
    Questionné sur son interview sur Boulevard Voltaire dans laquelle il évoque des membres d’AFO qui s’échaufferaient sur un site internet – ce qui n’a jamais été mentionné jusqu’ici dans les médias, ni dans la procédure –, Xavier Raufer s’énerve. « Je suis criminologue depuis trente ans, ça se passe toujours de la même façon, et en gros ça ne pouvait s’être passé que comme ça. Vous savez, quand un médecin a vu cent bronchites, à la 101e il est capable d’expliquer comment ça se passe ! »

    Lorsque Monsieur X et XR prennent la parole sur Réseau libre, ils s’adressent à un public âgé de « papys font la résistance », « plus proche de sucer les pissenlits par la racine que de téter le biberon », résume un de ces principaux contributeurs. Corneliu est « un vieux soldat », Vidocq « un vétéran des troupes de marine ». « J’ai 64 ans, je suis malade, célibataire et sans enfants, sans famille », se décrit Patriote. À 65 ans, Merlin, autoproclamé « soldat du Christ, comme soldat pour ma Patrie », considère que « bordel ! Puisque vous êtes plus prêt de la mort, comme je le suis, que de la naissance, qu’est-ce que ça peut foutre de crever les armes à la main ? »
    Contacté, cet ex-contributeur très actif précise avoir quitté le site à cause de certains désaccords de fond, mais ne renie rien. Pour ce sexagénaire retraité, il s’agissait « de redonner espoir à tous les vrais patriotes », « de réveiller les moutons sur ce qu’il advenait de notre nation » et de « renier tout ce qui caractérise la gauche caviar, les gauchos en général et les collabos sous toutes leurs formes ». Il affirme qu’« aucun d’entre [eux] » ne serait passé « de la parole aux actes ».
    Souvent pointe une nostalgie pour la France d’avant. Ulysse raconte « les sirènes d’usine d’autrefois » qui le réveillaient tous les matins à l’aube, regrette « l’école sous Pétain » où « on ne faisait pas tant d’histoires », la discipline était sévère et les maîtresses en blouse grise. ARNT, « un ancien de l’OAS, avec pas mal d’années de tôle derrière lui, mais qui ne regrette rien », invite les membres voulant s’inspirer du passé à aller au préalable sur Google « à la rubrique ‘‘victimes de l’OAS’’, en termes d’efficacité meurtrière, c’est autre chose que le SAC ! ». Le Touriste, ayant « un peu connu le côté obscure (sic) de la vie », rappelle ce qui lui semble l’essentiel de la clandestinité : « Si vous êtes en retard à un rendez-vous vous n’avez que trois excuses : la police, l’hôpital ou la mort ! »

    Une figure d’ultradroite ressurgit en Russie

    Réseau libre compte pas moins de 1 500 abonnés à sa newsletter et 2 600 commentateurs uniques. Parmi eux, 800 sont des membres actifs (dont 390 sont présents sur Twitter). Le premier billet du site explique que ses « rédacteurs » sont « de diverses origines » que « certains ont milité et/ou militent dans des organisations diverses, en général très discrètes », que certains « ont déjà à leur actif une importante expérience de l’information en ligne » sur des sites d’ultradroite et « participent bien souvent à d’autres blogs et sites sous divers pseudonymes ».
    Sur Réseau libre se côtoient des membres des réseaux Rémora (fondés par un ancien inspecteur des Renseignements généraux, les ex-RG, et appelant la société civile à se substituer aux soldats, aux policiers et aux gendarmes en cas d’attaque des « islamo-terroristes »), l’administrateur d’un cercle de tir belge, un président de club de karaté francilien, un chef d’atelier mécanicien poids lourds, un dirigeant d’une société de sécurité incendie du sud de la France, un sexagénaire belge conseiller en alimentation bio et témoin de Jéhovah, un abbé dont le site a fermé pour « incitation au terrorisme », ou encore des contributeurs d’un blog de réinformation russe ou de sites de la « fachosphère » français tels que Riposte laïque (un site islamophobe dont l’animatrice a écrit, au sujet du terroriste de Christchurch, que « quoi qu’il ait fait, Brenton Tarrant est des nôtres »).

    Les adresses mail des membres de Réseau libre renvoient en France, Belgique, Suisse, Allemagne, Canada, Russie. Mais s’agissant de l’administration et l’animation du site, tout converge vers un Français réfugié au pays de Vladimir Poutine : Joël Michel Sambuis, 59 ans. Contacté par Mediapart, il n’a pas donné suite.

    Grillé en France à cause d’une série de condamnations (« détention d’armes » en marge d’un groupe paramilitaire effectuant des virées armées, « escroquerie », « faux et usage de faux »), ce diplômé en mathématiques de l’université de Grenoble s’était exilé en 1998 à Moscou grâce à un passeport contrefait. Avec sa femme russe, cet admirateur du régime poutinien menait grand train dans la capitale.
    Un vétéran des services de renseignement français se souvient de ce personnage perçu comme un « mythomane » : « Il se présentait comme un ancien des services de renseignement, mais aussi comme un ancien du service d’ordre du RPR, puis du Front national. En avançant, on s’est rendu compte qu’il n’était peut-être pas si mythomane... Notre hypothèse, c’était qu’il avait été récupéré par les services russes. »
    Sur Réseau libre, Joël Sambuis jongle avec divers pseudonymes, mais signe ses textes majeurs du nom SOS-R, en référence à SOS-Racaille, ancêtre de ce « réseau des patriotes ». Tout a commencé à la fin des années 1990 : Sambuis investit les forums en ligne Usenet avec des commentaires racistes sous le pseudonyme de Caméléon. L’année suivante, il lance un site du même nom, spécialisé dans la revente de faux papiers, comptes bancaires, internet ou téléphoniques anonymes, qui propose aux internautes le kit du parfait anonyme. En 2001, la plateforme Liberty-web est créée, qui hébergera une trentaine de sites islamophobes : SOS-Racaille, Libertyvox, Euro-Reconquista, Canal-Résistance, etc.
    Site phare de cette nébuleuse, SOS-Racaille voit converger islamophobes et néonazis. On y discute des moyens d’amener la France à la guerre civile, on attaque violemment des internautes jugés « trotsko-UMPistes », qui sont la cible de rumeurs et d’usurpations d’identité.
    En 2001, le site annonce le lancement d’un groupe d’action, les Comités Canal Résistance (CCR), présenté comme une « organisation clandestine » créée « au cœur du dispositif d’État », comptant des « fonctionnaires de police ou de justice », et voulant « retrouver la racaille et la châtier ». Menés par un certain « Colonel X », les CCR annoncent une dizaine d’attaques et prédisent un « 9 septembre de la vermine pro-musulmane de France ». Leur seule action revendiquée sera l’attaque à la peinture, en janvier 2003, d’une quinzaine de mosquées dans l’Hexagone.
    Face à l’inaction des policiers et à l’inaboutissement des plaintes pour cyberharcèlement du fait de l’anonymat des auteurs, une dizaine de victimes du réseau SOS-Racaille, passionnées d’informatique, décident d’enquêter elles-mêmes, regroupées dans un groupe baptisé V8.
    Ce petit cercle remonte une filière russe et identifie Joël Sambuis, puis transmet ses trouvailles aux autorités. Les policiers ne prêtent pas attention au travail de ces « cyberenquêteurs ». Jusqu’à ce que la galaxie SOS-Racaille, où fleurissaient des appels à « abattre Ben Shirak », n’inspire le militant d’extrême droite Maxime Brunerie dans sa tentative d’assassinat de Jacques Chirac, le 14 juillet 2002. Toute la nébuleuse Liberty-web disparaît subitement, puis Joël Sambuis est arrêté à Moscou par les polices française et russe, sans être extradé.
    S’appuyant sur des « messages » apparus dans les investigations menées à l’époque par la section antiterroriste de la brigade criminelle, qu’il dirigeait, Amaury de Hauteclocque avait affirmé aux auteurs du livre La Fachosphère, que Maxime Brunerie « avait pris ses instructions de la part de (...) Joël Sambuis ». Mais faute d’identification formelle, Sambuis sera libéré six mois plus tard et bénéficiera d’un non-lieu. S’estimant « à l’abri » à Moscou, il reconnaîtra être « le dirigeant de la plateforme de Liberty-web » et le « webmaster de SOS-Racaille ».

    Quinze ans plus tard, l’histoire se répète. Le 26 avril 2018, le conseiller régional Pierre Serne dépose une plainte avec constitution de partie civile des chefs d’« injure publique en raison de l’orientation sexuelle » et de « provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination à raison de l’orientation sexuelle ». L’enquête, ouverte en août 2018, est close un mois et demi plus tard, les investigations menées n’ayant pas permis d’identifier l’auteur et le directeur de publication de Réseau libre…

    Fin 2018, l’élu, s’appuyant sur « plusieurs indices graves et concordants », dépose une requête pour demander à la juge d’ordonner une série d’actes permettant, selon lui, de confirmer l’identité de l’auteur et animateur du site. Joint, Pierre Serne souhaite que la justice agisse contre « ce genre d’injures et de menaces, qui préfigurent parfois aussi des passages à l’acte » : « Les auteurs de ce site anonyme et caché, pourtant assez aisés à identifier, sévissent depuis des années en toute impunité, s’en sortent sans souci. […] Il est temps qu’ils soient eux aussi pourchassés, condamnés, affichés, mis hors d’état de nuire. Y compris quand ils sont bien camouflés et vivent officiellement des vies bien rangées de bons pères de famille, notables locaux ou cadres respectés »
    Est-ce dû à la plainte du conseiller régional, au démantèlement d’AFO ou à la conjonction des deux ? Toujours est-il que les administrateurs de Réseau libre prennent au sérieux la pression qui pèse sur eux.
    Dans un billet stupéfiant d’audace publié le 30 septembre 2018, ils menacent à leur tour… les « collabos de la DGSI ». Ils préviennent que « si nous nous sentons un peu trop étouffés par leur surveillance », « si Réseau libre devait être mis hors ligne ou ses admins inquiétés », les identités de certains agents « actifs » de la DGSI « dont nos contacts en haut lieu nous ont communiqué photos, adresses et numéros de téléphone » seront diffusées « automatiquement sur plusieurs réseaux sociaux, sites de réinformation, médias français et étrangers ! ».
    Mais, moins d’un mois plus tard, Réseau libre, dans un article intitulé « Clap de fin : le rideau tombe », annonce « fermer définitivement ses portes ». « La raison ? Non point les procédures judiciaires avérées ou non, les menaces diverses et variées. Non, tout simplement un constat réaliste qu’il n’y a en francarabia et probablement dans la plupart des pays occidentaux plus rien à sauver », se justifie l’administrateur en remerciant au passage « l’inestimable XR et Monsieur X ».

    Avant de renvoyer vers le site de Léon (un ancien contributeur très virulent) – qui affiche pour profession de foi « Vous vous préparez à un affrontement sans pitié dans vos villages et vos villes pour libérer notre pays ? Vous êtes Léon ! » –, Réseau libre offre à ses membres « un cadeau d’adieu » : les adresses mail d’un « ami de la Grande Serbie » qui permet « de s’équiper » et fournit une prestation « honnête, discrète et fiable ».
    Douze jours plus tard, Anonyme dépose l’un des derniers commentaires laissés sur Réseau libre. Il est très heureux. Il vient de recevoir sa commande. « Une arme de poing et une d’épaule, je n’en dis pas plus. Merci encore à Réseau libre d’avoir permis ceci ! »

    Matthieu Suc & Marine Turchi

    https://www.mediapart.fr/journal/france/010419/revelations-sur-des-patriotes-qui-projetaient-des-attentats-islamophobes

  • ​Norwegian research institutions have decided not to renew their agreement with #Elsevier

    The offer from Elsevier is a long way from fulfilling the Norwegian requirements for open access to research articles. There is also no movement in transitioning the agreement from paying to read to paying for open publishing. The agreement with Elsevier will therefore not be renewed for 2019. The rectorates at the universities of #Bergen, #Oslo, #Tromsø and #Trondheim all support this decision.

    The Norwegian government aims at making all publicly funded research articles openly available by 2024 and to move from paying to read articles through subscription agreements, towards paying for publishing articles that are openly available. Unit – The Directorate for ICT and shared services in Higher Education and Research has been in discussions with Elsevier since the introduction of the government’s national guidelines for open access in 2017. Unit negotiates and manages agreements on behalf of Norwegian research institutions. The agreement with Elsevier includes 44 member institutions comprising of universities, university colleges, research institutes and hospitals, and is the largest of the agreements.

    To ensure a successful transition to open access, the following guiding principles apply to all negotiations:

    Articles with corresponding authors from Norway shall be openly available at the time of publishing

    Publishing open access shall not increase total costs

    License agreements, costs and business models must be fully transparent

    Perpetual access to content published in subscription journals must be granted

    * Agreements should demonstrate a move towards models where costs are related to the volume of Norwegian article output

    In July 2018 Universities Norway (UHR) gave their full support to Unit’s negotiation principles and nominated representatives from the rectorates at the universities of Oslo and Bergen to participate in the negotiations with Elsevier.

    – For many years we have cooperated closely with library directors during negotiations. The type of agreements we are now negotiating will have a direct impact on the publishing of research, and participation from the top level of the institutions has therefore been important. The active involvement of the rectors has sent an important message to publishers that the negotiation principles have the full support at the top level, says the Director of Research Services Strategy at Unit, Katrine Weisteen Bjerde.

    Despite good discussions, the offer from Elsevier is still a long way from meeting the principles and has therefore been rejected. There will therefore be no agreement in 2019, but the discussions continue.

    – It is very disappointing that we did not manage to reach an acceptable agreement with Elsevier, a publisher that accounts for a substantial proportion of Norwegian publishing output and is an important stakeholder for us on the road towards open research. We wish to cooperate with all publishers in order to create a good framework for open publishing, but sometimes we simply stand too far apart, states the vice rector for research at the University of Bergen, Margareth Hagen.

    Norwegian researchers publish around 2000 articles annually in Elsevier journals. In 2018 participating institutions paid around € 9 million in subscription costs. In addition, an estimated € 1 million was spent paying to make articles in subscription journals openly available.

    Despite no agreement being reached this year for reading new articles, Norwegian researchers will still be able to publish in Elsevier journals as before. Depending on the individual institutions archive rights, researchers will also still have access to read articles published in many journals up to and including 2018.

    Researchers and others who require access to articles that are not accessible via such archives are encouraged to contact their institutional library who will be able to assist.

    https://www.mynewsdesk.com/no/unit/pressreleases/norwegian-research-institutions-have-decided-not-to-renew-their-agreemen
    #édition_scientifique #Norvège #université #savoir #résistance
    ping @reka

  • En fait cela fait un moment (quelques jours) que je me pose cette question.

    Et si l’anti-antisionnisme n’était pas un antisémitisme ?

    Je m’explique. Par exemple, je considère que Dieudonné est un abruti fini (pour base de ce jugement qui est moins péremptoire qu’on ne croit, je prends son sketch où il fait remettre je ne sais quelle récompense à Robert Faurisson par une personne habillé en détenu de camps de concentration nazi). Est-ce que cela fait de moi une personne raciste ? Non, dans la mesure où, évidemment, (pitié !), je considère que la stupidité de Dieudonné a à avoir avec sa bêtise crasse et est sans relation aucune avec le fait qu’il est Noir. Et à vrai dire si je m’empêchais de penser ou d’écrire que Dieudonné est un peigne-cul au motif qu’il est Noir et que je ne voudrais pas paraître raciste, cela ferait de moi, au contraire, un raciste, un raciste honteux.

    Or, je constate, plus ou moins souterrainement, que les motivations étatiques à ne pas condamner la politique délétère d’Israël sont en fait l’effet d’une gêne et d’une mauvaise conscience internationales. On ne peut pas condamner la politique d’Israël (qui est pour ainsi dire génocidaire du peuple palestinien) au motif que toutes les puissances occidentales ont une dette morale inavouable vis-à-vis des Juifs à cause de la destruction des Juifs d’Europe par les Nazis (et ce n’est pas la même dette, le même remords ou la même culpabilité selon les pays, mais c’est toujours de la mauvaise conscience). En s’empêchant ce qui devrait être naturel, couler de source même, les preuves sont suffisamment nombreuses (à savoir condamner la politique d’Israël, singulièrement depuis 1995, depuis l’assassinat d’Yitzhak Rabin, dont il est tout à fait raisonnable de penser, c’est la thèse d’Amos Gitaï dans _Les Derniers Jours d’Yitzhak Rabin, que l’actuel Premier Ministre israëlien en porte la très lourde responsabilité), donc en ne se permettant pas cette pensée claire au motif d’une mauvaise conscience historique, cela revient à ne pas condamner cette politique parce qu’on ne peut pas décemment dire du mal de Juifs. C’est donc un raisonnement antisémite. Trempé dans la honte.

    Et il est particulièrement tordu.

    Attention, je ne fais pas d’Yitzhak Rabin un saint, tant s’en faut, ni des accords d’Oslo l’alpha et l’oméga de ce que devraient être les relations entre Palestiniens et Israéliens. En revanche l’assassinat d’Yitzhak Rabin semble marquer un point de non retour dans ce qui devrait être unanimement condamné dans la politique d’Israël, justement parce que c’est une relance sioniste.

    Si je me trompe, et je pense la chose possible, et que justement vous pensez que je me trompe j’aimerais que vous l’exprimiez sans violence excessive, je m’engage à la même courtoisie, dans le cas présent j’essaye de comprendre, si possible avec l’aide de toutes et tous ici, ce qui me taraude depuis quelques jours.

    • Réfléchissons à la phrase « il est normal que les Juifs aient le droit à un État à eux », sans même revenir sur le fait qu’il est loin d’être normal que chaque religion puisse permettre de revendiquer un territoire, ni sur le fait que tant qu’à revendiquer un territoire, il serait préférable qu’il ne soit pas déjà habité...

      Réfléchissons juste à ce que cette phrase veut dire d’un point de vue géopolitique : "nous, occidentaux, reconnaissons que les Juifs ont souffert depuis des siècles de l’antisémitisme européen qui a culminé avec la Shoah, et plutôt que de nous débarrasser de cet antisémitisme endémique qui nous permettrait de vivre en paix avec les Juifs, nous préférons la création de l’État d’Israël qui permettra de se débarrasser de « nos » Juifs, et de transférer le problème et la responsabilité du problème à un conflit entre Juifs et Palestiniens".

      Cette phrase est donc bien antisémite et complice d’antisémitisme, en plus d’être anti-palestinienne et complice de colonialisme...

      #antisémitisme #antisionisme #colonialisme #Palestine #Etat

    • Cela dit je pense aussi qu’il est naïf de croire que les grandes puissances occidentales défendent Israël parce qu’elles veulent protéger les Juifs. Ce serait bien la première fois qu’elles se préoccupent du bien être d’humains.

      Si elles protègent l’existence de cet État envers et contre tout, c’est bien plus à cause d’intérêts économiques, géopolitiques, stratégiques et militaires, qui convergent avec ceux des dirigeants israéliens qui l’ont bien compris.

    • @sinehebdo Quand tu écris

      Réfléchissons à la phrase “il est normal que les Juifs aient le droit à un État à eux”, sans même revenir sur le fait qu’il est loin d’être normal que chaque religion puisse permettre de revendiquer un territoire, ni sur le fait que tant qu’à revendiquer un territoire, il serait préférable qu’il ne soit pas déjà habité...

      Il me semble que tu décontextualises beaucoup. En 1945, oui, c’était même plus ou moins une question de vie ou de mort. Les survivants et survivantes polonaises n’ont jamais pu rentrer chez elles, leurs demeures et leurs biens avaient été annexés par d’autres. Et bien souvent quand celles et ceux qui avaient survécu ont tenté de faire valoir l’antériorité de leurs droits, cela ne s’est pas exactement bien passé, des centaines de personnes ont été tuées de cette manière, sans jugement. Et l’heure n’était pas une forme ou l’autre de rééducation des populations occidentales. Il y avait urgence.

      De même ce n’était pas leur religion qui unifiait les Juifs alors.

    • Pour les mêmes raisons, il y a urgence d’accueillir du mieux que nous pouvons les réfugiés de Syrie, sans pour autant que personne n’imagine que ces réfugiés plantent un drapeau dans la Creuse et déclarent ce département comme leur pays... Mais on s’éloigne de la question...

  • Israël - Territoires palestiniens (22.02.19) - France-Diplomatie - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
    https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-territoires-palestiniens/relations-bilaterales/evenements/article/israel-territoires-palestiniens-22-02-19

    Les autorités israéliennes ont décidé de geler une partie des revenus fiscaux qu’elles devaient verser à l’Autorité palestinienne au titre des Accords d’Oslo. Celle-ci a indiqué qu’elle n’accepterait aucun versement partiel.

    La France regrette la décision des autorités israéliennes et exprime sa préoccupation que la situation financière déjà précaire de l’Autorité palestinienne ne s’aggrave encore.

    La France appelle au plein respect des obligations au titre des accords d’Oslo, en particulier celles issues du Protocole de Paris régissant les relations économiques et financières entre Israël et l’Autorité palestinienne. Dans le contexte troublé qui prévaut aujourd’hui, chacun doit s’abstenir de toute mesure susceptible de rendre plus difficile encore la reprise du dialogue.

    La France, en lien avec ses partenaires européens et internationaux, continuera d’œuvrer à la relance d’un processus politique crédible visant à mettre en œuvre la solution des deux États.

    #FranceDiplo #impudence

  • The Knesset candidate who says Zionism encourages anti-Semitism and calls Netanyahu ’arch-murderer’ - Israel Election 2019 - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/elections/.premium.MAGAZINE-knesset-candidate-netanyahu-is-an-arch-murderer-zionism-e

    Few Israelis have heard of Dr. Ofer Cassif, the Jewish representative on the far-leftist Hadash party’s Knesset slate. On April 9, that will change
    By Ravit Hecht Feb 16, 2019

    Ofer Cassif is fire and brimstone. Not even the flu he’s suffering from today can contain his bursting energy. His words are blazing, and he bounds through his modest apartment, searching frenetically for books by Karl Marx and Primo Levi in order to find quotations to back up his ideas. Only occasional sips from a cup of maté bring his impassioned delivery to a momentary halt. The South American drink is meant to help fight his illness, he explains.

    Cassif is third on the slate of Knesset candidates in Hadash (the Hebrew acronym for the Democratic Front for Peace and Equality), the successor to Israel’s Communist Party. He holds the party’s “Jewish slot,” replacing MK Dov Khenin. Cassif is likely to draw fire from opponents and be a conspicuous figure in the next Knesset, following the April 9 election.

    Indeed, the assault on him began as soon as he was selected by the party’s convention. The media pursued him; a columnist in the mass-circulation Yedioth Ahronoth newspaper, Ben-Dror Yemini, called for him to be disqualified from running for the Knesset. It would be naive to say that this was unexpected. Cassif, who was one of the first Israeli soldiers to refuse to serve in the territories, in 1987, gained fame thanks to a number of provocative statements. The best known is his branding of Justice Minister Ayelet Shaked as “neo-Nazi scum.” On another occasion, he characterized Jews who visit the Temple Mount as “cancer with metastases that have to be eradicated.”

    On his alternate Facebook page, launched after repeated blockages of his original account by a blitz of posts from right-wing activists, he asserted that Culture Minister Miri Regev is “repulsive gutter contamination,” that Prime Minister Benjamin Netanyahu is an “arch-murderer” and that the new Israel Defense Forces chief of staff, Lt. Gen. Aviv Kochavi, is a “war criminal.”

    Do you regret making those remarks?

    Cassif: “‘Regret’ is a word of emotion. Those statements were made against a background of particular events: the fence in Gaza, horrible legislation, and the wild antics of Im Tirtzu [an ultranationalist organization] on campus. That’s what I had to say at the time. I didn’t count on being in the Knesset. That wasn’t part of my plan. But it’s clear to me that as a public personality, I would not have made those comments.”

    Is Netanyahu an arch-murderer?

    “Yes. I wrote it in the specific context of a particular day in the Gaza Strip. A massacre of innocent people was perpetrated there, and no one’s going to persuade me that those people were endangering anyone. It’s a concentration camp. Not a ‘concentration camp’ in the sense of Bergen-Belsen; I am absolutely not comparing the Holocaust to what’s happening.”

    You term what Israel is doing to the Palestinians “genocide.”

    “I call it ‘creeping genocide.’ Genocide is not only a matter of taking people to gas chambers. When Yeshayahu Leibowitz used the term ‘Judeo-Nazis,’ people asked him, ‘How can you say that? Are we about to build gas chambers?’ To that, he had two things to say. First, if the whole difference between us and the Nazis boils down to the fact that we’re not building gas chambers, we’re already in trouble. And second, maybe we won’t use gas chambers, but the mentality that exists today in Israel – and he said this 40 years ago – would allow it. I’m afraid that today, after four years of such an extreme government, it possesses even greater legitimacy.

    “But you know what, put aside ‘genocide’ – ethnic cleansing is taking place there. And that ethnic cleansing is also being carried out by means of killing, although mainly by way of humiliation and of making life intolerable. The trampling of human dignity. It reminds me of Primo Levi’s ‘If This Is a Man.’”

    You say you’re not comparing, but you repeatedly come back to Holocaust references. On Facebook, you also uploaded the scene from “Schindler’s List” in which the SS commander Amon Goeth picks off Jews with his rifle from the balcony of his quarters in the camp. You compared that to what was taking place along the border fence in the Gaza Strip.

    “Today, I would find different comparisons. In the past I wrote an article titled, ‘On Holocaust and on Other Crimes.’ It’s online [in Hebrew]. I wrote there that anyone who compares Israel to the Holocaust is cheapening the Holocaust. My comparison between here and what happened in the early 1930s [in Germany] is a very different matter.”

    Clarity vs. crudity

    Given Cassif’s style, not everyone in Hadash was happy with his election, particularly when it comes to the Jewish members of the predominantly Arab party. Dov Khenin, for example, declined to be interviewed and say what he thinks of his parliamentary successor. According to a veteran party figure, “From the conversations I had, it turns out that almost none of the Jewish delegates – who make up about 100 of the party’s 940 delegates – supported his candidacy.

    “He is perceived, and rightly so,” the party veteran continues, “as someone who closes doors to Hadash activity within Israeli society. Each of the other Jewish candidates presented a record of action and of struggles they spearheaded. What does he do? Curses right-wing politicians on Facebook. Why did the party leadership throw the full force of its weight behind him? In a continuation of the [trend exemplified by] its becoming part of the Joint List, Ofer’s election reflects insularity and an ongoing retreat from the historical goal of implementing change in Israeli society.”

    At the same time, as his selection by a 60 percent majority shows, many in the party believe that it’s time to change course. “Israeli society is moving rightward, and what’s perceived as Dov’s [Khenin] more gentle style didn’t generate any great breakthrough on the Jewish street,” a senior source in Hadash notes.

    “It’s not a question of the tension between extremism and moderation, but of how to signpost an alternative that will develop over time. Clarity, which is sometimes called crudity, never interfered with cooperation between Arabs and Jews. On the contrary. Ofer says things that we all agreed with but didn’t so much say, and of course that’s going to rile the right wing. And a good thing, too.”

    Hadash chairman MK Ayman Odeh also says he’s pleased with the choice, though sources in the party claim that Odeh is apprehensive about Cassif’s style and that he actually supported a different candidate. “Dov went for the widest possible alliances in order to wield influence,” says Odeh. “Ofer will go for very sharp positions at the expense of the breadth of the alliance. But his sharp statements could have a large impact.”

    Khenin was deeply esteemed by everyone. When he ran for mayor of Tel Aviv in 2008, some 35 percent of the electorate voted for him, because he was able to touch people who weren’t only from his political milieu.

    Odeh: “No one has a higher regard for Dov than I do. But just to remind you, we are not a regular opposition, we are beyond the pale. And there are all kinds of styles. Influence can be wielded through comments that are vexatious the first time but which people get used to the second time. When an Arab speaks about the Nakba and about the massacre in Kafr Kassem [an Israeli Arab village, in 1956], it will be taken in a particular way, but when uttered by a Jew it takes on special importance.”

    He will be the cause of many attacks on the party.

    “Ahlan wa sahlan – welcome.”

    Cassif will be the first to tell you that, with all due respect for the approach pursued by Khenin and by his predecessor in the Jewish slot, Tamar Gozansky, he will be something completely different. “I totally admire what Tamar and Dov did – nothing less than that,” he says, while adding, “But my agenda will be different. The three immediate dangers to Israeli society are the occupation, racism and the diminishment of the democratic space to the point of liquidation. That’s the agenda that has to be the hub of the struggle, as long as Israel rules over millions of people who have no rights, enters [people’s houses] in the middle of the night, arrests minors on a daily basis and shoots people in the back.

    "Israel commits murder on a daily basis. When you murder one Palestinian, you’re called Elor Azaria [the IDF soldier convicted and jailed for killing an incapacitated Palestinian assailant]; when you murder and oppress thousands of Palestinians, you’re called the State of Israel.”

    So you plan to be the provocateur in the next Knesset?

    “It’s not my intention to be a provocateur, to stand there and scream and revile people. Even on Facebook I was compelled to stop that. But I definitely intend to challenge the dialogue in terms of the content, and mainly with a type of sarcasm.”

    ’Bags of blood’

    Cassif, 54, who holds a doctorate in political philosophy from the London School of Economics, teaches political science at the Hebrew University of Jerusalem, Sapir Academic College in Sderot and at the Academic College of Tel Aviv-Yaffo. He lives in Rehovot, is married and is the father of a 19-year-old son. He’s been active in Hadash for three decades and has held a number of posts in the party.

    As a lecturer, he stands out for his boldness and fierce rhetoric, which draws students of all stripes. He even hangs out with some of his Haredi students, one of whom wrote a post on the eve of the Hadash primary urging the delegates to choose him. After his election, a student from a settlement in the territories wrote to him, “You are a determined and industrious person, and for that I hold you in high regard. Hoping we will meet on the field of action and growth for the success of Israel as a Jewish, democratic state (I felt obliged to add a small touch of irony in conclusion).”

    Cassif grew up in a home that supported Mapai, forerunner of Labor, in Rishon Letzion. He was an only child; his father was an accountant, his mother held a variety of jobs. He was a news hound from an early age, and at 12 ran for the student council in school. He veered sharply to the left in his teens, becoming a keen follower of Marx and socialism.

    Following military service in the IDF’s Nahal brigade and a period in the airborne Nahal, Cassif entered the Hebrew University. There his political career moved one step forward, and there he also forsook the Zionist left permanently. His first position was as a parliamentary aide to the secretary general of the Communist Party, Meir Wilner.

    “At first I was closer to Mapam [the United Workers Party, which was Zionist], and then I refused to serve in the territories. I was the first refusenik in the first intifada to be jailed. I didn’t get support from Mapam, I got support from the people of Hadash, and I drew close to them. I was later jailed three more times for refusing to serve in the territories.”

    His rivals in the student organizations at the Hebrew University remember him as the epitome of the extreme left.

    “Even in the Arab-Jewish student association, Cassif was considered off-the-wall,” says Motti Ohana, who was chairman of Likud’s student association and active in the Student Union at the end of the 1980s and early 1990s. “One time I got into a brawl with him. It was during the first intifada, when he brought two bags of blood, emptied them out in the university’s corridors and declared, ‘There is no difference between Jewish and Arab blood,’ likening Israeli soldiers to terrorists. The custom on campus was that we would quarrel, left-right, Arabs-Jews, and after that we would sit together, have a coffee and talk. But not Cassif.”

    According to Ohana, today a member of the Likud central committee, the right-wing activists knew that, “You could count on Ofer to fall into every trap. There was one event at the Hebrew University that was a kind of political Hyde Park. The right wanted to boot the left out of there, so we hung up the flag. It was obvious that Ofer would react, and in fact he tore the flag, and in the wake of the ruckus that developed, political activity was stopped for good.”

    Replacing the anthem

    Cassif voices clearly and cogently positions that challenge the public discourse in Israel, and does so with ardor and charisma. Four candidates vied for Hadash’s Jewish slot, and they all delivered speeches at the convention. The three candidates who lost to him – Efraim Davidi, Yaela Raanan and the head of the party’s Tel Aviv branch, Noa Levy – described their activity and their guiding principles. When they spoke, there was the regular buzz of an audience that’s waiting for lunch. But when Cassif took the stage, the effect was magnetic.

    “Peace will not be established without a correction of the crimes of the Nakba and [recognition of] the right of return,” he shouted, and the crowd cheered him. As one senior party figure put it, “Efraim talked about workers’ rights, Yaela about the Negev, Noa about activity in Tel Aviv – and Ofer was Ofer.”

    What do you mean by “right of return”?

    Cassif: “The first thing is the actual recognition of the Nakba and of the wrong done by Israel. Compare it to the Truth and Reconciliation Commissions in South Africa, if you like, or with the commissions in Chile after Pinochet. Israel must recognize the wrong it committed. Now, recognition of the wrong also includes recognition of the right of return. The question is how it’s implemented. It has to be done by agreement. I can’t say that tomorrow Tel Aviv University has to be dismantled and that Sheikh Munis [the Arab village on whose ruins the university stands] has to be rebuilt there. The possibility can be examined of giving compensation in place of return, for example.”

    But what is the just solution, in your opinion?

    “For the Palestinian refugees to return to their homeland.”

    That means there will be Jews who will have to leave their home.

    “In some places, unequivocally, yes. People will have to be told: ‘You must evacuate your places.’ The classic example is Ikrit and Biram [Christian-Arab villages in Galilee whose residents were promised – untruly – by the Israeli authorities in 1948 that they would be able to return, and whose lands were turned over to Jewish communities]. But there are places where there is certainly greater difficulty. You don’t right one wrong with another.”

    What about the public space in Israel? What should it look like?

    “The public space has to change, to belong to all the state’s residents. I dispute the conception of ‘Jewish publicness.’”

    How should that be realized?

    “For example, by changing the national symbols, changing the national anthem. [Former Hadash MK] Mohammed Barakeh once suggested ‘I Believe’ [‘Sahki, Sahki’] by [Shaul] Tchernichovsky – a poem that is not exactly an expression of Palestinian nationalism. He chose it because of the line, ‘For in mankind I’ll believe.’ What does it mean to believe in mankind? It’s not a Jew, or a Palestinian, or a Frenchman, or I don’t know what.”

    What’s the difference between you and the [Arab] Balad party? Both parties overall want two states – a state “of all its citizens” and a Palestinian state.

    “In the big picture, yes. But Balad puts identity first on the agenda. We are not nationalists. We do not espouse nationalism as a supreme value. For us, self-determination is a means. We are engaged in class politics. By the way, Balad [the National Democratic Assembly] and Ta’al [MK Ahmad Tibi’s Arab Movement for Renewal] took the idea of a state of all its citizens from us, from Hadash. We’ve been talking about it for ages.”

    If you were a Palestinian, what would you do today?

    “In Israel, what my Palestinian friends are doing, and I with them – [wage] a parliamentary and extra-parliamentary struggle.”

    And what about the Palestinians in the territories?

    “We have always been against harming innocent civilians. Always. In all our demonstrations, one of our leading slogans was: ‘In Gaza and in Sderot, children want to live.’ With all my criticism of the settlers, to enter a house and slaughter children, as in the case of the Fogel family [who were murdered in their beds in the settlement of Itamar in 2011], is intolerable. You have to be a human being and reject that.”

    And attacks on soldiers?

    “An attack on soldiers is not terrorism. Even Netanyahu, in his book about terrorism, explicitly categorizes attacks on soldiers or on the security forces as guerrilla warfare. It’s perfectly legitimate, according to every moral criterion – and, by the way, in international law. At the same time, I am not saying it’s something wonderful, joyful or desirable. The party’s Haifa office is on Ben-Gurion Street, and suddenly, after years, I noticed a memorial plaque there for a fighter in Lehi [pre-state underground militia, also known as the Stern Gang] who assassinated a British officer. Wherever there has been a struggle for liberation from oppression, there are national heroes, who in 90 percent of the cases carried out some operations that were unlawful. Nelson Mandela is today considered a hero, he was awarded the Nobel Peace Prize, but according to the conventional definition, he was a terrorist. Most of the victims of the ANC [African National Congress] were civilians.”

    In other words, today’s Hamas commanders who are carrying out attacks on soldiers will be heroes of the future Palestinian state?

    “Of course.”

    Anti-Zionist identity

    Cassif terms himself an explicit anti-Zionist. “There are three reasons for that,” he says. “To begin with, Zionism is a colonialist movement, and as a socialist, I am against colonialism. Second, as far as I am concerned, Zionism is racist in ideology and in practice. I am not referring to the definition of race theory – even though there are also some who impute that to the Zionist movement – but to what I call Jewish supremacy. No socialist can accept that. My supreme value is equality, and I can’t abide any supremacy – Jewish or Arab. The third thing is that Zionism, like other ethno-nationalistic movements, splits the working class and all weakened groups. Instead of uniting them in a struggle for social justice, for equality, for democracy, it divides the exploited classes and the enfeebled groups, and by that means strengthens the rule of capital.”

    He continues, “Zionism also sustains anti-Semitism. I don’t say it does so deliberately – even though I have no doubt that there are some who do it deliberately, like Netanyahu, who is connected to people like the prime minister of Hungary, Viktor Orban, and the leader of the far right in Austria, Hans Christian Strache.”

    Did Mapai-style Zionism also encourage anti-Semitism?

    “The phenomenon was very striking in Mapai. Think about it for a minute, not only historically, but logically. If the goal of political and practical Zionism is really the establishment of a Jewish state containing a Jewish majority, and for Diaspora Jewry to settle there, nothing serves them better than anti-Semitism.”

    What in their actions encouraged anti-Semitism?

    “The very appeal to Jews throughout the world – the very fact of treating them as belonging to the same nation, when they were living among other nations. The whole old ‘dual loyalty’ story – Zionism actually encouraged that. Therefore, I maintain that anti-Semitism and anti-Zionism are not the same thing, but are precisely opposites. That doesn’t mean, of course, that there are no anti-Zionists who are also anti-Semites. Most of the BDS people are of course anti-Zionists, but they are in no way anti-Semites. But there are anti-Semites there, too.”

    Do you support BDS?

    “It’s too complex a subject for a yes or no answer; there are aspects I don’t support.”

    Do you think that the Jews deserve a national home in the Land of Israel?

    “I don’t know what you mean by ‘national home.’ It’s very amorphous. We in Hadash say explicitly that Israel has a right to exist as a sovereign state. Our struggle is not against the state’s existence, but over its character.”

    But that state is the product of the actions of the Zionist movement, which you say has been colonialist and criminal from day one.

    “That’s true, but the circumstances have changed. That’s the reason that the majority of the members of the Communist Party accepted the [1947] partition agreement at the time. They recognized that the circumstances had changed. I think that one of the traits that sets communist thought apart, and makes it more apt, is the understanding and the attempt to strike the proper balance between what should be, and reality. So it’s true that Zionism started as colonialism, but what do you do with the people who were already born here? What do you tell them? Because your grandparents committed a crime, you have to leave? The question is how you transform the situation that’s been created into one that’s just, democratic and equal.”

    So, a person who survived a death camp and came here is a criminal?

    “The individual person, of course not. I’m in favor of taking in refugees in distress, no matter who or what they are. I am against Zionism’s cynical use of Jews in distress, including the refugees from the Holocaust. I have a problem with the fact that the natives whose homeland this is cannot return, while people for whom it’s not their homeland, can, because they supposedly have some sort of blood tie and an ‘imaginary friend’ promised them the land.”

    I understand that you are in favor of the annulment of the Law of Return?

    “Yes. Definitely.”

    But you are in favor of the Palestinian right of return.

    “There’s no comparison. There’s no symmetry here at all. Jerry Seinfeld was by chance born to a Jewish family. What’s his connection to this place? Why should he have preference over a refugee from Sabra or Chatila, or Edward Said, who did well in the United States? They are the true refugees. This is their homeland. Not Seinfeld’s.”

    Are you critical of the Arabs, too?

    “Certainly. One criticism is of their cooperation with imperialism – take the case of today’s Saudi Arabia, Qatar and so on. Another, from the past, relates to the reactionary forces that did not accept that the Jews have a right to live here.”

    Hadash refrained from criticizing the Assad regime even as it was massacring civilians in Syria. The party even torpedoed a condemnation of Assad after the chemical attack. Do you identify with that approach?

    “Hadash was critical of the Assad regime – father and son – for years, so we can’t be accused in any way of supporting Assad or Hezbollah. We are not Ba’ath, we are not Islamists. We are communists. But as I said earlier, the struggle, unfortunately, is generally not between the ideal and what exists in practice, but many times between two evils. And then you have to ask yourself which is the lesser evil. The Syrian constellation is extremely complicated. On the one hand, there is the United States, which is intervening, and despite all the pretense of being against ISIS, supported ISIS and made it possible for ISIS to sprout.

    "I remind you that ISIS started from the occupation of Iraq. And ideologically and practically, ISIS is definitely a thousand times worse than the Assad regime, which is at base also a secular regime. Our position was and is against the countries that pose the greatest danger to regional peace, which above all are Qatar and Saudi Arabia, and the United States, which supports them. That doesn’t mean that we support Assad.”

    Wrong language

    Cassif’s economic views are almost as far from the consensus as his political ideas. He lives modestly in an apartment that’s furnished like a young couple’s first home. You won’t find an espresso maker or unnecessary products of convenience in his place. To his credit, it can be said that he extracts the maximum from Elite instant coffee.

    What is your utopian vision – to nationalize Israel’s conglomerates, such as Cellcom, the telecommunications company, or Osem, the food manufacturer and distributor?

    “The bottom line is yes. How exactly will it be done? That’s an excellent question, which I can’t answer. Perhaps by transferring ownership to the state or to the workers, with democratic tools. And there are other alternatives. But certainly, I would like it if a large part of the resources were not in private hands, as was the case before the big privatizations. It’s true that it won’t be socialism, because, again, there can be no such thing as Zionist socialism, but there won’t be privatization like we have today. What is the result of capitalism in Israel? The collapse of the health system, the absence of a social-welfare system, a high cost of living and of housing, the elderly and the disabled in a terrible situation.”

    Does any private sector have the right to exist?

    “Look, the question is what you mean by ‘private sector.’ If we’re talking about huge concerns that the owners of capital control completely through their wealth, then no.”

    What growth was there in the communist countries? How can anyone support communism, in light of the grim experience wherever it was tried?

    “It’s true, we know that in the absolute majority of societies where an attempt was made to implement socialism, there was no growth or prosperity, and we need to ask ourselves why, and how to avoid that. When I talk about communism, I’m not talking about Stalin and all the crimes that were committed in the name of the communist idea. Communism is not North Korea and it is not Pol Pot in Cambodia. Heaven forbid.”

    And what about Venezuela?

    “Venezuela is not communism. In fact, they didn’t go far enough in the direction of socialism.”

    Chavez was not enough of a socialist?

    “Chavez, but in particular Maduro. The Communist Party is critical of the regime. They support it because the main enemy is truly American imperialism and its handmaidens. Let’s look at what the U.S. did over the years. At how many times it invaded and employed bullying, fascist forces. Not only in Latin America, its backyard, but everywhere.”

    Venezuela is falling apart, people there don’t have anything to eat, there’s no medicine, everyone who can flees – and it’s the fault of the United States?

    “You can’t deny that the regime has made mistakes. It’s not ideal. But basically, it is the result of American imperialism and its lackeys. After all, the masses voted for Chavez and for Maduro not because things were good for them. But because American corporations stole the country’s resources and filled their own pockets. I wouldn’t make Chavez into an icon, but he did some excellent things.”

    Then how do you generate individual wealth within the method you’re proposing? I understand that I am now talking to you capitalistically, but the reality is that people see the accumulation of assets as an expression of progress in life.

    “Your question is indeed framed in capitalist language, which simply departs from what I believe in. Because you are actually asking me how the distribution of resources is supposed to occur within the capitalist framework. And I say no, I am not talking about resource distribution within a capitalist framework.”

    Gantz vs. Netanyahu

    Cassif was chosen as the polls showed Meretz and Labor, the representatives of the Zionist left, barely scraping through into the next Knesset and in fact facing a serious possibility of electoral extinction. The critique of both parties from the radical left is sometimes more acerbic than from the right.

    Would you like to see the Labor Party disappear?

    “No. I think that what’s happening at the moment with Labor and with Meretz is extremely dangerous. I speak about them as collectives, because they contain individuals with whom I see no possibility of engaging in a dialogue. But I think that they absolutely must be in the Knesset.”

    Is a left-winger who defines himself as a Zionist your partner in any way?

    “Yes. We need partners. We can’t be picky. Certainly we will cooperate with liberals and Zionists on such issues as combating violence against women or the battle to rescue the health system. Maybe even in putting an end to the occupation.”

    I’ll put a scenario to you: Benny Gantz does really well in the election and somehow overcomes Netanyahu. Do you support the person who led Operation Protective Edge in Gaza when he was chief of staff?

    “Heaven forbid. But we don’t reject people, we reject policy. I remind you that it was [then-defense minister] Yitzhak Rabin who led the most violent tendency in the first intifada, with his ‘Break their bones.’ But when he came to the Oslo Accords, it was Hadash and the Arab parties that gave him, from outside the coalition, an insurmountable bloc. I can’t speak for the party, but if there is ever a government whose policy is one that we agree with – eliminating the occupation, combating racism, abolishing the nation-state law – I believe we will give our support in one way or another.”

    And if Gantz doesn’t declare his intention to eliminate the occupation, he isn’t preferable to Netanyahu in any case?

    “If so, why should we recommend him [to the president to form the next government]? After the clips he posted boasting about how many people he killed and how he hurled Gaza back into the Stone Age, I’m far from certain that he’s better.”

    #Hadash

    • traduction d’un extrait [ d’actualité ]

      Le candidat à la Knesset dit que le sionisme encourage l’antisémitisme et qualifie Netanyahu de « meurtrier »
      Peu d’Israéliens ont entendu parler de M. Ofer Cassif, représentant juif de la liste de la Knesset du parti d’extrême gauche Hadash. Le 9 avril, cela changera.
      Par Ravit Hecht 16 février 2019 – Haaretz

      (…) Identité antisioniste
      Cassif se dit un antisioniste explicite. « Il y a trois raisons à cela », dit-il. « Pour commencer, le sionisme est un mouvement colonialiste et, en tant que socialiste, je suis contre le colonialisme. Deuxièmement, en ce qui me concerne, le sionisme est raciste d’idéologie et de pratique. Je ne fais pas référence à la définition de la théorie de la race - même si certains l’imputent également au mouvement sioniste - mais à ce que j’appelle la suprématie juive. Aucun socialiste ne peut accepter cela. Ma valeur suprême est l’égalité et je ne peux supporter aucune suprématie - juive ou arabe. La troisième chose est que le sionisme, comme d’autres mouvements ethno-nationalistes, divise la classe ouvrière et tous les groupes sont affaiblis. Au lieu de les unir dans une lutte pour la justice sociale, l’égalité, la démocratie, il divise les classes exploitées et affaiblit les groupes, renforçant ainsi le pouvoir du capital. "
      Il poursuit : « Le sionisme soutient également l’antisémitisme. Je ne dis pas qu’il le fait délibérément - même si je ne doute pas qu’il y en a qui le font délibérément, comme Netanyahu, qui est connecté à des gens comme le Premier ministre de la Hongrie, Viktor Orban, et le chef de l’extrême droite. en Autriche, Hans Christian Strache. ”

      Le sionisme type-Mapaï a-t-il également encouragé l’antisémitisme ?
      « Le phénomène était très frappant au Mapai. Pensez-y une minute, non seulement historiquement, mais logiquement. Si l’objectif du sionisme politique et pratique est en réalité de créer un État juif contenant une majorité juive et de permettre à la communauté juive de la diaspora de s’y installer, rien ne leur sert mieux que l’antisémitisme. "

      Qu’est-ce qui, dans leurs actions, a encouragé l’antisémitisme ?
      « L’appel même aux Juifs du monde entier - le fait même de les traiter comme appartenant à la même nation, alors qu’ils vivaient parmi d’autres nations. Toute la vieille histoire de « double loyauté » - le sionisme a en fait encouragé cela. Par conséquent, j’affirme que l’antisémitisme et l’antisionisme ne sont pas la même chose, mais sont précisément des contraires. Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’antisionistes qui soient aussi antisémites. La plupart des membres du BDS sont bien sûr antisionistes, mais ils ne sont en aucun cas antisémites. Mais il y a aussi des antisémites.

  • Le crabe EST une espèce sédentaire, et donc une ressource naturelle. Il est donc protégé par l’exclusivité de la #ZEE.

    Intéressant débat juridique, avec conséquences sur la maîtrise par la Norvège de ses ressources d’hydrocarbures.

    À noter, l’absence de position sur le traité du #Svalbard

    Abide by the claw : Norway’s Arctic snow crab ruling boosts claim to oil | Reuters
    https://www.reuters.com/article/us-norway-eu-snowcrab-idUSKCN1Q3115


    A fisherman holds a snow crab in Kjoellefjord, Norway, November 1, 2017.
    NTB Scanpix/Terje Bendiksby via REUTERS

    A court delivered a painful nip to European Union fishermen on Thursday by tightening Norway’s grip on snow crab catches in the Arctic, a ruling that may also let Oslo claw more control of oil and gas from other nations.

    Fishermen from the European Union must ask permission from Oslo to catch snow crab — whose meat is a delicacy for gourmets from Canada to Japan — in Arctic waters north of Norway, the Norwegian Supreme Court said in a unanimous ruling.

    The court dismissed an appeal by a Latvian fishing firm and its Russian captain against fines imposed by a lower court for catching snow crab around the remote Svalbard Islands in 2017 with only an EU license.

    Latvia’s Foreign Ministry said it would review the decision at a government meeting.

    Norway is tightening its grip,” in the Arctic, said Oeystein Jensen, a researcher in international law at the independent Fridtjof Nansen Institute in Oslo.

    The court clarifies that if you are going to fish, or search for oil and gas, you need permission from the Norwegian authorities,” he told Reuters.

    At issue was whether the snow crab was a sedentary species living on the seabed or moves around like fish, and who gets to control the stocks.

    The court agreed with non-EU member Norway that snow crabs are sedentary, like corals or oysters, and that as such under the U.N. Law of the Sea they are a resource belonging to the continental shelf of Norway extending hundreds of miles (kms) offshore.

    Had Norway lost the case, the EU could have staked a claim over the snow crab and it could have been harder for Oslo to regulate access to potential oil and gas resources beneath the Arctic seabed.

    For the Norwegian coastguard this is a big relief - they can arrest any ships fishing illegally in the Svalbard area,” chief public prosecutor Lars Fause told Reuters.

    The Latvian firm, SIA North Star, argued that the crabs are not sedentary because they scurry around and so should be regulated under regional fisheries accords signed by parties including the European Union, Norway and Russia.

    It argued that it had a valid EU permit.

    We’re very disappointed,” defense lawyer Hallvard Oestgaard told Reuters. He said that his client would consider whether to try to appeal to international tribunals.

    And SIA North Star argued that Norway is obliged under an international 1920 treaty to allow other nations access to the waters around Svalbard.

    That treaty grants sovereignty to Norway but gives other signatories rights to engage in commercial activities on and around Svalbard. Russia, for instance, runs a coal mine on Svalbard.

    But Oslo says rights to exploit resources around Svalbard extend only to a narrow band of just 12 nautical miles offshore. The court ruled that the Latvian catches were illegal under Norwegian law, irrespective of the Svalbard Treaty.

  • Israël - Territoires palestiniens -
    Non-renouvellement de la présence internationale temporaire à Hébron (28.01.19) - France-Diplomatie - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
    https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-territoires-palestiniens/processus-de-paix/evenements/article/israel-territoires-palestiniens-non-renouvellement-de-la-presence

    Israël a annoncé que la Présence internationale temporaire à Hébron (TIPH) ne serait pas renouvelée. Mise en place en 1997 dans le cadre de la résolution 904 du Conseil de sécurité des Nations unies (1994) et des accords d’Oslo II (1995), cette mission d’observation civile a joué un rôle important pour veiller au respect de ces accords ainsi que du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’Homme. Sa présence dans la ville a contribué à prévenir les incidents entre les habitants palestiniens et les colons.
    #Hebron #TIPH
    Cette décision risque d’accentuer les tensions sur le terrain dans un contexte sécuritaire déjà précaire à Hébron, et alors que se poursuit la politique de colonisation israélienne dans la ville comme dans le reste de la Cisjordanie et à Jérusalem. La France regrette cette décision et appelle Israël à la réexaminer.

    Elle invite les deux parties à s’inscrire dans la relance d’un processus politique crédible visant à mettre en œuvre la solution des deux Etats, seule à même d’assurer une solution juste et durable au conflit conforme aux aspirations des deux peuples.

    La France rend hommage aux hommes et aux femmes qui ont servi pendant vingt-deux ans dans la TIPH, dans des conditions souvent difficiles. Deux d’entre eux ont perdu la vie dans l’accomplissement de leur mission.

    #Francediplo

  • Un #Voyage en #Poésie dans des chambres d’hôtel
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/un-voyage-en-poesie-dans-des-chambres-d-hotel

    A Suite Of Poems : Un voyage en poésie dans des chambres d’hôtel. Poèmes de Lars Saabye Christensen mis en #Musique par Ketil Bjornstad et de chantés par Anne Lidrecker. En Scandinavie, Lars Saabye Christensen est un des écrivains contemporains les plus adulé et prolifique. Né à Oslo comme le pianiste Ketil Bjørnstad, les deux artistes se sont connus lors de leur adolescence. Depuis plusieurs années, au fil de ses voyages, Lars Saabye Christensen envoie des poèmes d’hôtel à son ami Ketil Bjørnstad, (...)

    #Entre_les_lignes / #Art, Musique, #Lecture, #Livre, Poésie, #Ville, #Mémoire, #Dérive, #Sensation, Voyage

    « https://www.ecmrecords.com/catalogue/1518771653 »
    « http://www.ketilbjornstad.com »
    « http://www.annelidrecker.no »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Hotel_(album) »

  • Norway Supreme Court hears #snow_crab case with implication for #oil | Reuters
    https://www.reuters.com/article/us-norway-eu-snowcrab-idUSKCN1P9003


    A view shows a beach at the Ny-Aalesund research station on the Arctic archipelago of Svalbard, Norway, September 20, 2016.
    Picture taken September 20, 2016.
    REUTERS/Gwladys Fouche/File Photo

    Norway’s Supreme Court began hearing arguments on Tuesday on whether EU ships can fish for snow crab off Arctic islands north of Norway without permission from Oslo, a case that could decide who has the right to explore for oil in the region.

    At stake is whether the snow crab - whose meat is considered a delicacy by gourmets in Japan and South Korea - is a sedentary species living on the seabed or a fish stock that moves around - and who gets to decide about it.

    If it is seen as a sedentary species, then it is a resource belonging to the #continental_shelf of Norway. If the EU can stake a claim over the snow crab, then it could be harder for Oslo to secure its claim over potential oil and gas resources.

    The question of the snow crab is a proxy for oil. Because what is valid for the snow crab is valid for the oil industry,” Oeystein Jensen, a senior research fellow in law at the Fridtjof Nansen Institute in Oslo, told Reuters

    #crabe_des_neiges #plateau_continental
    #forage_pétrolier #offshore

  • Georges Abdallah appelle à la mobilisation pour la libération d’Ahmad Saadat
    15 Janvier 2019 – Publié par Coup Pour Coup 31
    http://www.couppourcoup31.com/2019/01/georges-abdallah-appelle-a-la-mobilisation-pour-la-liberation-d-ahma

    Nous reproduisons ci-dessous la déclaration de Georges Abdallah faite à l’occasion de la Semaine d’Action pour la libération d’Ahmad Saadat (disponible en arabe et en anglais sur Samidoun) .

    Amis, frères et sœurs, Camarades,

    Nous célébrons le dix-septième anniversaire de l’arrestation de notre dirigeant, le prisonnier Ahmad Saadat, dans des conditions politiques extrêmement complexes et dangereuses ; les plus importantes sont les répercussions de la crise structurelle qui affecte les fondements de l’ordre mondial et font du monde arabe un théâtre des contradictions entre les différents pays impérialistes et leurs atouts dans la région. C’est dans ce contexte que nous assistons à la propagation de l’initiative américaine connue aujourd’hui sous le nom de « deal du siècle » et à la volonté de liquider la cause palestinienne dans toutes ses dimensions.

    Ce « deal du siècle » n’est pas venu de nulle part et n’a pas établi ses paramètres et construit ses fondations du jour au lendemain. C’est plutôt le résultat d’un processus de trois décennies qui a débuté au début des années 90. Tout au long de cette période, le « chaos créatif » s’est poursuivi, comme aujourd’hui dans le monde arabe et en particulier en Palestine occupée. Cela est accentué par l’insistance d’un dirigeant corrompu pour qu’il poursuive l’illusion de solutions pacifiques. Ces illusions persistent depuis un certain temps, alors que ces dirigeants confondent leurs intérêts directs avec les droits historiques de notre peuple. Ce sont surtout ces derniers qui ont été sacrifiés sur l’autel des avantages immédiats pour ce petit secteur.

    Tout au long de ce processus de négociation, ils ont toujours scandé des slogans qui ne font que confirmer la voie de la reddition : « des négociations pour réaliser les aspirations de notre peuple », « l’État est à la portée de la main » et « l’État est immuable ».

    Où pouvons-nous maintenant trouver les « réalisations » de cette voie de négociation ?! Qu’est-ce que Oslo et ses accords et résultats inquiétants ont produit pour nos masses ? En bref, nous pouvons dire que la « coordination de la sécurité » est le résultat de cette voie… L’arrestation de notre camarade et dirigeant, le prisonnier Ahmad Saadat par l’Autorité Palestinienne, a été l’un des premiers succès de la « coordination de la sécurité » entre ce secteur contrôlant le processus décisionnel palestinien et les autorités de l’entité sioniste. Aujourd’hui, l’importance de la coordination en matière de sécurité, non seulement pour l’entité sioniste, mais également pour certains dirigeants de l’Autorité Palestinienne et de ses services de sécurité, n’est plus inconnue ni cachée. C’est pourquoi ce dernier estime qu’il fait tout ce qui est en son pouvoir pour confirmer et propager davantage cette approche perfide. Malgré toutes les déclarations publiques qui ont été faites, la coordination de la sécurité entre les organes de l’Autorité et les forces d’occupation n’a jamais cessé. (...)

    #Georges_Abdallah

  • Chronique du cinéma palestinien : la renaissance d’un cinéma sans État
    Lou Mamalet, Middle East Eye, le 3 novembre 2018
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/chronique-du-cin-ma-palestinien-la-renaissance-d-un-cin-ma-sans-tat-5

    Quand il s’agit de définir les contours du cinéma palestinien, la réponse n’est jamais évidente. Il est en effet complexe de délimiter les frontières d’un art sans État. Le cinéma palestinien est un territoire fragmenté qui s’ancre dans différents espaces temporels et géographiques, conséquence d’un passé intrinsèquement lié à l’exil et à la dispersion.

    Malgré les difficultés économiques de cette industrie en quête permanente de financement, elle continue de porter à l’écran ceux que l’on a essayé de rendre invisibles, notamment à travers une nouvelle vague de jeunes réalisateurs, tels Rakan Mayasi ou Muayad Alayan , qui se sont fait remarquer lors de festivals de films internationaux.

    Début du XIX e siècle : premiers pas du cinéma palestinien

    Les prémices du cinéma palestinien remontent au début du XX e siècle, à l’occasion d’une visite du roi d’Arabie saoudite Ibn Saoud en Palestine en 1935. Accompagné par le mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, son périple est immortalisé par Ibrahim Hassan Sirhan, réalisateur palestinien autodidacte, qui filme l’événement avec un appareil de fortune acheté à Tel Aviv.

    Sirhan s’associe plus tard à Jamal al-Asphar, un autre réalisateur palestinien, avec qui il filme The Realized Dreams (« les rêves réalisés »), un documentaire de 45 minutes sur les orphelins palestiniens.

    Considérés comme les pères fondateurs du cinéma palestinien, Sirhan et Asphar sont les premiers autochtones à faire des films en Palestine ; les premières images du pays avaient jusqu’alors été tournées par les frères Lumières ou d’autres sociétés européennes empreintes d’une forte dimension orientaliste, se contentant de dépeindre des sujets folkloriques et traditionnels.

    Dix ans plus tard, Ibrahim Hassan Sirhan ouvre le premier studio de production cinématographique en Palestine avec Ahmad al-Kalini, un compatriote ayant étudié le cinéma au Caire. Le duo produira plusieurs longs métrages, dont aucune trace ne demeure de nos jours, comme la majeure partie des réalisations de cette époque.

    La déclaration Balfour en 1917 et la création de l’État d’Israël trente ans plus tard dessinent cependant un autre destin pour le cinéma palestinien. En 1948, plus de 700 000 Palestiniens sont forcés à l’exil lors de la Nakba (« catastrophe »), assénant un coup dur à la production cinématographique palestinienne. Le peuple est traumatisé et doit faire face à une nouvelle situation, ne laissant derrière lui presqu’aucun document. C’est le commencement d’une longue période de silence cinématographique de plus de deux décennies.

    Fin des années 1960, début des années 1970 : le cinéma de la révolution

    Ce mutisme prend fin en 1968, après la défaite arabe de la guerre des Six Jours (la Naksa) et ses conséquences politiques : l’occupation israélienne de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza.

    Cette tragédie renforce le statut de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et d’autres institutions palestiniennes, qui sont alors perçues comme les derniers symboles d’espoir et de résistance arabe. Sous leurs auspices, un nouveau cinéma militant apparaît afin de documenter la lutte palestinienne et la vie des réfugiés dans les camps.

    Certains réalisateurs palestiniens ayant étudié à l’étranger rejoignent ainsi les rangs de l’OLP à Amman, puis à Beyrouth. Parmi eux, Sulafa Jadallah Mirsal, une jeune photographe palestinienne qui a étudié au Caire. Dans sa cuisine, elle monte une unité photographique avec des équipements basiques et se focalise sur les photographies des martyrs de guerre.

    En 1968, son travail est transféré à Amman où se situe le siège du Fatah, principal parti de l’OLP dirigé par Yasser Arafat, et pour la première fois, un département de photographie est créé.

    Elle est très rapidement rejointe par deux réalisateurs palestiniens : Mustafa Abu Ali , qui a par ailleurs travaillé avec Jean-Luc Godard sur son film Ici et ailleurs (1974), et Hani Jawharieh, avec qui elle mettra en place la première Unité du film palestinien (PFU).

    Ils sortent en 1969 No to a Peace Solution (« Non à une solution de paix »), un film de vingt minutes qui documente les manifestations de civils contre la solution de paix proposée par le secrétaire d’État américain de l’époque William Rogers.

    Suite au conflit entre l’OLP et le roi Hussein de Jordanie qui débouche, en 1970, sur les événements de Septembre noir , l’organisation de Yasser Arafat doit quitter la Jordanie et se relocalise au Liban. Durant cette période, plus de 60 documentaires sont tournés malgré les difficultés économiques et le début de la guerre civile libanaise, comme With our Souls and our Blood (« avec nos âmes et notre sang »), qui narre les massacres de septembre 1970.

    On assiste alors à l’accélération d’une prise de conscience de l’importance du cinéma et des images comme outil politique dans la promotion des idéaux révolutionnaires de la cause palestinienne.

    En 1974, est ainsi produit par Mustafa Abu Ali They Do Not Exist (« ils n’existent pas »), un documentaire dépeignant la vie des Palestiniens dans un camp de réfugiés du Sud-Liban et dont le titre est inspiré des déclarations négationnistes de Golda Meir (Première ministre israélienne de l’époque) au sujet des Palestiniens.

    Comme l’explique à Middle East Eye Hanna Atallah, réalisateur palestinien et directeur de FilmLab Palestine , une association qui supporte l’industrie cinématographique palestinienne, « Il s’agissait de construire un récit-réponse à celui des Israéliens, de trouver une alternative au discours selon lequel la Palestine était une terre sans habitants uniquement peuplée de bédouins. Les Israéliens ont vite compris qu’écrire l’histoire était un instrument politique, chose que les Palestiniens n’avaient pas réalisée jusqu’alors ».

    Un outil politique qui nécessite de centraliser les œuvres réalisées, ce à quoi s’attèle Mustafa Abu Ali en créant l’Archive du film palestinien en vue de réunir les efforts des réalisateurs palestiniens du monde entier et de préserver l’identité palestinienne en donnant une certaine reconnaissance à son cinéma.

    Cette archive contient une vaste quantité de documents sur le siège de Beyrouth, les batailles des fédayins, mais aussi des interviews de politiciens et d’intellectuels. Malheureusement, elle disparaîtra lors de l’invasion du Liban par Israël en 1982.

    Des efforts seront toutefois déployés par plusieurs réalisateurs – comme Monica Maurer, cinéaste allemande ayant autrefois opéré au sein de l’Unité du film palestinien de l’OLP, et l’artiste palestinienne Emily Jacir – afin de restaurer et digitaliser les rushes de cette période, à l’instar de ceux de Tel al-Zaatar , un film sur le siège du camp de réfugiés palestiniens du même nom à Beyrouth par les milices chrétiennes, initialement filmé par le cinéaste libanais Jean Khalil Chamoun et le Palestinien Mustafa Abu Ali.

    Une période également documentée dans Off Frame a.k.a. Revolution Until Victory (2016) de Mohanad Yaqubi, cinéaste palestinien et fondateur de Idiom , une société de production basée à Ramallah. Après un long travail de recherche dans le monde entier, Yaqubi est parvenu à exhumer des images d’archives inédites montrant le travail de cinéastes militants durant les années 60-70, un résultat qui réfléchit aussi sur la lutte palestinienne dans sa représentation d’elle-même et la réappropriation de son récit à travers l’établissement de l’Unité du film palestinien.

    1980-1990 : cinéma indépendant et réalisme social

    Les années 1980-1990 sont particulièrement difficiles pour les Palestiniens. Face à la persistance de l’occupation israélienne et à l’échec des tentatives de paix, les nouvelles générations commencent à perdre espoir en l’avenir. La crise économique, le chômage et l’augmentation des colonies dans les territoires occupés sont autant de facteurs qui précipitent l’éclatement de la première Intifada , le 9 décembre 1987.

    Un tournant politique qui marque aussi l’avènement d’une nouvelle génération de réalisateurs palestiniens ayant étudié à l’étranger. D’un cinéma de la révolution, principalement militant et documentaire, on passe alors au récit de la vie sous occupation et de la résistance.

    Parmi eux, Michel Khleifi , qui revient dans sa ville natale de Nazareth, en Galilée, après avoir passé dix ans en Belgique. Il produit son premier long métrage, Fertile Memory (mémoire fertile), en 1980, une fiction empruntant au documentaire qui raconte l’histoire de deux femmes palestiniennes dont l’une est forcée de travailler dans une entreprise de textile israélienne après avoir vu sa terre expropriée par Israël.

    Cette nouvelle vague est également représentée par les œuvres de Mai Masri , une réalisatrice palestinienne qui a grandi à Beyrouth et étudié à San Francisco. Dans Wild Flowers : Women of South Lebanon (1987), réalisé avec Jean Khalil Chamoun, elle filme la vie de femmes libanaises résistant durant l’occupation militaire israélienne du Sud Liban.

    Après les accords d’Oslo en 1993, on assiste à une certaine désillusion de la société palestinienne, qui se ressent à l’écran. Le cinéma s’éloigne de l’esprit révolutionnaire des années 1970 et de la nostalgie des années 1980 pour migrer vers un réalisme social traitant des problèmes que rencontrent les Palestiniens dans leur vie quotidienne.

    Comme le souligne Hanna Atallah, « Il n’est plus question de la vision romanesque et fantasmée de la Palestine perdue, avec ses champs d’orangers et d’oliviers. On parle du quotidien, des check-points et du mur ».

    Une situation tragique souvent tournée au ridicule par les réalisateurs, à l’instar d’Elia Suleiman, qui se met toujours en scène dans ses films comme observateur passif du délitement de l’identité palestinienne.

    Avec Chronique d’une disparition (1996), il dresse un portrait caustique de la réalité palestinienne sous occupation, entre anecdotes personnelles et discours politique sur Israël. Dans Intervention divine (2002), il raconte les déboires d’un couple de Palestiniens qui, pour se voir, l’un vivant à Jérusalem-Est et l’autre à Ramallah, doit se donner rendez-vous dans un terrain vague proche du check-point.

    Des difficultés de l’occupation aussi décrites par Rashid Masharawi. Qu’il s’agisse de Couvre-feu , description de celui imposé à son village de la bande de Gaza pendant 40 jours en 1993 (film qui lui fait gagner le prix UNESCO au festival de Cannes 1993), de L’Attente , qui suit Ahmad, un réalisateur faisant passer des auditions dans différents camps de réfugiés du Proche-Orient afin de constituer la troupe du futur théâtre palestinien (2006), ou de L’Anniversaire de Leïla (2008), qui raconte les obstacles d’un juge forcé de devenir chauffeur de taxi, le réalisateur évoque la douleur d’un peuple qui doit subir un état d’apartheid.

    Des années 2000 à nos jours : nouvelle vague et changement de récit

    Depuis les années 2000, si la politique reste en toile de fond des films palestiniens, elle n’est plus nécessairement au cœur du sujet, faisant place à des fictions au ton décalé et aux intrigues inattendues.

    De nouveaux thèmes sont abordés par de jeunes réalisateurs qui explorent la complexité de la réalité palestinienne, tels les écarts de perception entre les Palestiniens restés sur place et ceux revenus après avoir commencé une nouvelle vie à l’étranger ou encore les différences intergénérationnelles.

    C’est le cas de Wajib – L’invitation au mariage d’Annemarie Jacir (2017) , un long métrage qui illustre avec humour et tendresse la situation palestinienne à travers le regard de deux générations. Alors que le fils reproche au père d’inviter un ami juif, qu’il suspecte de travailler pour les services de renseignement israéliens, au mariage de sa sœur, le père en veut à son fils d’être en couple avec la fille d’un membre de l’OLP à qui il reproche de ne pas se soucier du sort des Palestiniens.

    Autre exemple, Love, Theft and Other Entanglements (« Amours, larcins et autres complications », 2015) des frères Muayad et Rami Musa Alayan, une fable absurde aux allures de western qui met en scène les aventures au milieu des milices palestiniennes et des services d’intelligence israéliens d’un petit magouilleur palestinien qui espère pouvoir se payer un visa de sortie du pays en volant une voiture appartenant à un Israélien et qui se retrouve enfermé dans le coffre de la voiture volée avec le soldat israélien qu’il a kidnappé.

    Des œuvres qui n’hésitent donc pas à utiliser l’humour et le symbolisme pour dénoncer le quotidien tragique des Palestiniens sous occupation, à l’instar de The Wanted 18 (« les dix-huit fugitives »), film d’animation intégrant des images d’archives qui raconte l’histoire vraie de Palestiniens du village de Beit Sahour, en Cisjordanie, tentant de maintenir clandestinement une industrie de vaches laitières pendant la première Intifada. Réalisé par Amer Shomali et Paul Cowan, le film a reçu le prix du meilleur documentaire au Festival du film d’Abou Dabi.

    Les courts-métrages ne font pas exception à la règle. En témoigne Farawaleh (« fraises »), la dernière création de la jeune réalisatrice palestinienne Aida Kaadan, lauréate du festival Palest’In & Out 2018, qui décrit l’épopée de Samir, responsable d’un magasin de chaussures à Ramallah qui n’a jamais vu la mer et qui décide, pour accomplir son rêve, de traverser la frontière israélienne parmi des ouvriers du bâtiment palestiniens.

    Un autre court-métrage, réalisé par le cinéaste Rakan Mayasi, raconte pour sa part l’histoire d’un couple palestinien qui, pour faire un enfant, décide de sortir clandestinement du sperme de la prison israélienne où l’époux purge sa peine. Bonboné (« bonbon ») a cumulé les prix de festivals (notamment meilleur scénario au Festival du court-métrage méditerranéen de Tanger , meilleur film au Twin Cities Arab Film Festival ).

    Bien que jamais très loin, la politique est devenue le personnage secondaire de ces nouvelles fictions qui font la part belle aux Palestiniens et à leur histoire, laquelle n’est plus cantonnée à une simple quête identitaire. The Reports on Sarah and Saleem , de Muayad Alayan, présenté au Festival des cinémas arabes de l’Institut du monde arabe en juillet dernier, retrace ainsi une histoire d’adultère banale entre une juive israélienne et un livreur palestinien, qui se transforme en affaire politique.

    Un changement de paradigme dans les intrigues regretté par certains, qui y voient une perte des valeurs propres à la cause palestinienne, comme l’explique à MEE Mohanad Yaqubi.

    « Le cinéma palestinien doit rester militant et engagé dans son essence. Avant, les réalisateurs parlaient un langage commun : celui du droit au retour. Aujourd’hui, l’identité palestinienne est dissoute et perd en force, alors que faire partie du peuple palestinien, c’est appartenir à une lutte pour l’auto-indépendance, que le cinéma doit soutenir », estime-t-il.

    Une mission pour l’avenir de cette industrie qui a su se renouveler sur la forme et sur le fond, malgré une situation politique stagnante....

    #Palestine #Cinéma

  • Pushing for an Israeli victory is the only way to end the conflict with the Palestinians

    Il faut lire ce point de vue d’un néoconservateur américain car il reflète une partie de la pensée de la droite pro-israélienne

    Lieberman and Bennett failed to impose a new paradigm on how to deal with Hamas, but more and more people in Israel are recognizing that compromises and concessions have only led to more violence

    Daniel Pipes SendSend me email alerts
    Dec 02, 2018 4:04 PM
    https://www.haaretz.com/opinion/.premium-an-israeli-victory-is-the-only-way-to-end-the-conflict-with-the-pa

    From a practical political point of view, Avigdor Lieberman, Naftali Bennett, and their idea to take a tougher stand toward Hamas just went down to defeat, if not humiliation. 
    That’s because Prime Minister Benjamin Netanyahu once again showed his political skills; the first is now ex-defense minister, the second failed to become defense minister.
    >> ‘Get used to the rockets’: What Netanyahu should tell Israelis living near Gaza | Opinion
    From a longer-term point of view, however, the duo raised an issue that for decades had not been part of the Israeli political discourse but, due to their efforts, promises to be an important factor in the future: that would be the concept of victory, of an Israeli victory over Hamas and, by extension, over the Palestinian Authority and Palestinians in general.
    Victory – defined as imposing one’s will on the enemy so he gives up his war goals - has been the war goal of philosophers, strategists, and generals through human history. Aristotle wrote that “Victory is the end of generalship.” Karl von Clausewitz, the Prussian theorist, concurred: “The aim of war should be the defeat of the enemy.” Gen. James Mattis, the U.S. secretary of defense, finds that “No war is over until the enemy says it’s over.” 
    Palestinians routinely speak of achieving victory over Israel, even when this is fantastical: to cite one example, PA leader Mahmoud Abbas called his Hamas counterpart, Ismail Haniyeh, after eight days of violence with Israel that left Gaza badly battered in November 2012 to “congratulate him on the victory and extend condolences to the families of martyrs.”

    Contrarily, in Israel, the notion of victory has been sidelined since at least the Oslo Accords of 1993, after which its leaders instead focused on such concepts as compromise, conciliation, confidence-building, flexibility, goodwill, mediation, and restraint. Prime Minister Ehud Olmert immemorially articulated this attitude in 2007 when he stated that "Peace is achieved through concessions.”
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    >> Israel is incomparably stronger than Hamas – but it will never win: Interview with Hamas leader in Gaza
    his perverse understanding of how wars end led Israel to make extraordinary blunders in the 15 years after Oslo, for which it was punished by unremitting campaigns of delegitimization and violence, symbolized, respectively, by the Durban conference of 2001 and the Passover Massacre of 2002. 
    Such nonsense ended during Netanyahu’s near-decade-long term as prime minister, but it has not yet been replaced by a sturdy vision of victory. Rather, Netanyahu has put out brush fires as they arose in Sinai, Gaza, the West Bank, the Golan Heights, Syria, and Lebanon. While agreeing with the concept of an Israeli victory when personally briefed, he has not spoken publicly about it.
    Meanwhile, other leading figures in Israel have adopted this outlook. Former deputy chief of staff Uzi Dayan called on the army “to return the path of victory.” Former education and interior minister Gideon Sa’ar has stated that “The ‘victory paradigm,’ like Jabotinsky’s ‘Iron Wall’ concept, assumes that an agreement may be possible in the future, but only after a clear and decisive Israeli victory ... The transition to the ‘victory paradigm’ is contingent upon abandoning the Oslo concept.”
    In this context, the statements by Lieberman and Bennett point to a change in thinking. Lieberman quit his position as defense minister out of frustration that a barrage by Hamas of 460 rockets and missiles against Israel was met with a ceasefire; he called instead for “a state of despair” to be imposed on the enemies of Israel. Complaining that “Israel stopped winning,” Bennett demanded that the IDF “start winning again,” and added that “When Israel wants to win, we can win.” On rescinding his demand for the defense portfolio, Bennett emphasized that he stands by Netanyahu “in the monumental task of ensuring that Israel is victorious again.”
    >> Netanyahu’s vision for the Middle East has come true | Analysis
    Opponents of this paradigm then amusingly testified to the power of this idea of victory. Ma’ariv columnist Revital Amiran wrote that the victory the Israeli public most wants lies in such arenas as larger allocations for the elderly and unbearable traffic jams. Meretz leader Tamar Zandberg, replied to Bennett that for her, a victorious Israel means winning Emmy and Oscar nominations, guaranteeing equal health services, and spending more on education.
    That victory and defeat have newly become a topic for debate in Israel constitutes a major development. Thus does the push for an Israeli victory move forward.
    Daniel Pipes is president of the Middle East Forum think tank, which promotes Israel Victory, a project to steer U.S. policy toward backing an Israeli victory to resolve the conflict with the Palestinians. Follow him on Twitter @DanielPipes

  • The Kaiser goes : the generals remain - Theodor Plivier
    https://libcom.org/history/kaiser-goes-generals-remain-theodor-plivier-1932

    Text entier en anglais : https://libcom.org/files/TheKaiserGoesTheGeneralsRemain.pdf https://libcom.org/files/TheKaiserGoesTheGeneralsRemain.mobi

    Du même auteur : Stalingrad (1945), Moskau (1952), Berlin (1954), une trilogie sur la guerre contre les nazis. Je n’ai pas encore trouvé de version en ligne.

    This is an amazing novel about the German Revolution, written by a participant. Republished here in PDF and Kindle formats.

    I’m republishing a novel about the German Revolution called The Kaiser Goes: the Generals Remain, written by a participant in the naval mutinies which kicked the whole thing off. But the novel doesn’t just concern rebellion in the armed forces, there’s all kinds of other exciting events covered too!

    I first became aware of the novel when I noticed some quotations from it in Working Class Politics in the German Revolution1, Ralf Hoffrogge’s wonderful book about the revolutionary shop stewards’ movement in Germany during and just after World War I.

    I set about finding a copy of The Kaiser goes..., read it, and immediately wanted to make it more widely available by scanning it. The results are here.

    Below I’ve gathered together all the most readily accessible information about the novel’s author, Theodor Plivier, that I can find. Hopefully, the sources referenced will provide a useful basis for anybody who wants to do further research.

    Dan Radnika

    October 2015

    THEODOR Otto Richard PLIVIER – Some biographical details

    Theodor Plivier (called Plievier after 1933) was born on 12 February 1892 in Berlin and died on 12 March 1955 in Tessin, Switzerland.

    Since his death Plivier/Plievier has been mostly known in his native Germany as a novelist, particularly for his trilogy of novels about the fighting on the Eastern Front in WWII, made up of the works Moscow, Stalingrad and Berlin.

    He was the son of an artisan file-maker (Feilenhauer in German) and spent his childhood in the Gesundbrunnen district in Berlin. There is still a plaque dedicated to him on the house where he was born at 29 Wiesenstraße. He was interested in literature from an early age. He began an apprenticeship at 17 with a plasterer and left his family home shortly after. For his apprenticeship he traveled across the German Empire, in Austria-Hungary and in the Netherlands. After briefly returning to his parents, he joined up as a sailor in the merchant navy. He first visited South America in 1910, and worked in the sodium nitrate (saltpetre) mines in 1913 in Chile. This period of his life seems to have provided much of the material for the novel The World’s Last Corner (see below).

    He returned to Germany, Hamburg, in 1914, when he was still only 22. He was arrested by the police for a brawl in a sailors’ pub, and was thus “recruited” into the imperial navy just as the First World War broke out. He spent his time in service on the auxiliary cruiser SMS Wolf, commanded by the famous Commander Karl August Nerger. It was he who led a victorious war of patriotic piracy in the Atlantic, the Indian Ocean and the Pacific, seizing enemy ships and their cargo, taking their crews prisoner, and returning in glory to Kiel in February 1918. The activities of SMS Wolf are described in fictional form in the final chapter of Plivier’s The Kaiser’s Coolies (see below). The young Plivier didn’t set foot on land for 451 days, but while at sea he became converted to revolutionary ideas, like thousands of other German sailors. Nevertheless, he never joined a political party. In November 1918, he was in Wilhelmshaven and participated in the strikes, uprisings and revolts accompanying the fall of the German Empire, including the Kiel Mutiny. He also played a small role in the November Revolution in Berlin.

    He left the navy after the armistice (11 November 1918) and, with Karl Raichle and Gregor Gog (both sailor veterans of the Wilmhelmshaven revolt), founded the “Green Way Commune”, near Bad Urach. It was a sort of commune of revolutionaries, artists, poets, proto-hippies, and whoever turned up. Two early participants were the anarchist Erich Mühsam and Johannes Becher (see below), who was a member of the German Communist Party (KPD). At this time several communes were set up around Germany, with Urach being one of three vegetarian communes set up in the Swabia region2.

    It was the beginning of the anarchist-oriented “Edition of the 12” publishing house. Plivier was certainly influenced by the ideas of Bakunin, but also Nietzsche. Later he took on some kind of “individualist anarchism”, ensuring that he didn’t join any party or formal political organisation.

    In Berlin in 1920 he married the actress Maria Stoz3. He belonged to the circle of friends of Käthe Kollwitz4, the radical painter and sculptor, who painted his portrait. On Christmas Day 1920 he showed a delegation from the American IWW to the grave of Karl Liebknecht5. In the early ‘20s he seems to have associated with the anarcho-syndicalist union, the FAUD (Free Workers’ Union of Germany), and addressed its public meetings6.

    Plivier underwent a “personal crisis” and began to follow the example of the “back to nature” poet Gusto Gräser7, another regular resident of “Green Way” and a man seen as the leading figure in the subculture of poets and wandering mystics known (disparagingly at the time) as the “Inflation Saints” (Inflationsheilige)8. In the words of the historian Ulrich Linse, “When the revolutionaries were killed, were in prison or had given up, the hour of the wandering prophets came. As the outer revolution had fizzled out, they found its continuation in the consciousness-being-revolution, in a spiritual change”9. Plivier began wearing sandals and robes…10 According to the Mountain of Truth book (see footnote), in 1922, in Weimar, Plivier was preaching a neo-Tolstoyan gospel of peace and anarchism, much influenced by Gräser. That year he published Anarchy, advocating a “masterless order, built up out of the moral power of free individuals”. Supposedly, “he was a religious anarchist, frequently quoting from the Bible”11. This was not unusual amongst the Inflationsheilige.

    His son Peter and his daughter Thora died from malnutrition during the terrible times of crisis and hyper-inflation in 1923. A year later he began to find work as a journalist and translator. He then worked for some time in South America as a cattle trader and as secretary to the German consul in Pisagua, Chile. On his return to Germany he wrote Des Kaisers Kulis (“The Kaiser’s Coolies”) in 1929, which was published the following year. It was a story based on his days in the Imperial Navy, denouncing the imperialist war in no uncertain terms. At the front of the book is a dedication to two sailors who were executed for participation in a strike and demonstration by hundreds of sailors from the Prinzregent Luitpold12. Erwin Piscator put on a play of his novel at the Lessingtheater in Berlin, with the first showing on 30 August 1930. Der Kaiser ging, die Generälen blieben (“The Kaiser Goes: The Generals Remain”) was published in 1932. In both novels Plivier did an enormous amount of research, as well as drawing on his own memories of important historical events. In the original edition of Der Kaiser ging… there is a citations section at the end with fifty book titles and a list of newspapers and magazines consulted. This attention to historical fact was to become a hallmark of Plivier’s method as a novelist. The postscript to Der Kaiser ging… clearly states what he was trying to do:

    “I have cast this history in the form of a novel, because it is my belief that events which are brought about not by any exchange of diplomatic notes, but by the sudden collision of opposed forces, do not lend themselves to a purely scientific treatment. By that method one can merely assemble a selection of facts belonging to any particular period – only artistic re-fashioning can yield a living picture of the whole. As in my former book, The Kaiser’s Coolies, so I have tried here to preserve strict historic truth, and in so far as exact material was available I have used it as the basis of my work. All the events described, all the persons introduced, are drawn to the life and their words reproduced verbatim. Occasional statements which the sources preserve only in indirect speech are here given direct form. But in no instance has the sense been altered.”

    His second marriage (which didn’t produce any children) was to the Jewish actress Hildegard Piscator in 1931. When Hitler came to power as Chancellor in 1933, his books were banned and publically burnt. He changed his name to Plievier. That year he decided to emigrate, and at the end of a long journey which led him to Prague, Zurich, Paris and Oslo, he ended up in the Soviet Union.

    He was initially not subject to much censorship in Moscow and published accounts of his adventures and political commentaries. When Operation Barbarossa was launched he was evacuated to Tashkent along with other foreigners. Here, for example, he met up (again?) with Johannes Robert Becher, the future Culture Minister of the DDR! In September 1943 he became a member of the National Committee for a Free Germany (NKFD), which gathered anti-Nazi German exiles living in the USSR – not just Communist Party members, although there were a fair number of them involved. In 1945 he wrote Stalingrad, based on testimonies which he collected, with official permission, from German prisoners of war in camps around Moscow. This novel was initially published in occupied Berlin and Mexico, but ended up being translated into 14 languages and being adapted for the theatre and TV13. It describes in unflinching and pitiless detail the German military defeat and its roots in the megalomania of Hitler and the incompetence of the High Command. It is the only novel by Plievier that was written specifically as a work of state propaganda. It is certainly “defeatist”, but only on the German side – it is certainly not “revolutionary defeatist” like Plievier’s writings about WWI. The French writer Pierre Vaydat (in the French-language magazine of German culture, Germanica14) even suggests that it was clearly aimed at “the new military class which was the officer corps of the Wehrmacht” in an effort to encourage them to rise up against Hitler and save the honour of the German military. The novel nevertheless only appeared in a censored form in the USSR.

    He returned to Weimar at the end of 1945, as an official of the Red Army! For two years he worked as a delegate of the regional assembly, as director of publications and had a leading position in the “Cultural Association [Kulturbund] for German Democratic Renewal” which was a Soviet organisation devoted to changing attitudes in Germany and preparing its inclusion into the USSR’s economic and political empire. As with so much else in Plievier’s life, this episode was partly fictionalised in a novel, in this case his last ever novel, Berlin.

    Plievier ended up breaking with the Soviet system in 1948, and made an announcement to this effect to a gathering of German writers in Frankfurt in May of that year15. However, Plievier had taken a long and tortuous political path since his days as a revolutionary sailor in 1918… He clearly ended up supporting the Cold War – seeing the struggle against “Communist” totalitarianism as a continuation of the struggle against fascism (logically enough). What’s more, his views had taken on a somewhat religious tinge, talking of a “spiritual rebirth” whose foundations “begin with the Ten Commandments from Mount Sinai and end with the theses of the Atlantic Charter”! Although it can be read as a denunciation of the horrors of war in general, it’s clear that Berlin, his description of the collapse of Nazi Germany in 1945, is far more of a denunciation of Soviet Russia than anything else. The character Colonel Zecke, obviously a mouthpiece for Plievier’s views, even claims that Churchill and Roosevelt only bombed Dresden because they wanted to please Stalin. If you say so, Theo…! One virtue of Plievier’s single-minded attack on the Russian side is that he draws attention to the mass rape of German women by Russian soldiers. This was a war crime which it was not at all fashionable to mention at the time he was writing, despite the existence of perhaps as many as two million victims16.

    Berlin ends with one of the recurring characters in Plievier’s war novels being killed while participating in the East German worker’s revolt in 195317. Despite his conservative turn, Plievier obviously still has some of the spirit of Wilhelmshaven and can’t restrain himself from giving the rebellious workers some advice about how to organise a proletarian insurrection – seize the means of production! Another character says:

    “What use was it raising one’s fists against tanks, fighting with the Vopos [Volkspolizei – People’s Police], trampling down propaganda posters – one has to get into the vital works, to get busy at the waterworks, the power stations, the metropolitan railway! But the workers are without organisation, without leadership or a plan –the revolt has broken out like a steppes fire and is flickering away uncoordinated, in all directions at once.”

    He went to live in the British Zone of Occupation. He got married for a third time, in 1950, to Margarete Grote, and went to live next to Lake Constance. He published Moscow (Moskau) in 1952 and Berlin in 1954. He moved to Tessin in Switzerland in 1953, and died from a heart attack there in 1955, at the age of 63.

    His works – particularly the pro-revolutionary ones – are almost unknown in the English-speaking world (or anywhere else) today. The republication of The Kaiser Goes: The Generals Remain in electronic form is a modest attempt to remedy this!

    Finally, please read Plivier’s novels! Even the reactionary ones…

    #Allemagne #histoire #révolution #littérature