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  • Non-conformité de tenue au séisme de groupes électrogènes de secours à moteur Diesel des réacteurs EDF des centrales nucléaires de Gravelines, de Paluel et de Civaux
    https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20190513_Non-conformite-de-tenue-au-seisme-de-groupes-%C3%A9lectrogenes-de-seco

    Non-conformité de tenue au séisme de groupes électrogènes de secours à moteur Diesel des réacteurs EDF des centrales nucléaires de Gravelines, de Paluel et de Civaux

    13/05/2019

    Le 6 mai 2019, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté de niveau 2 sur l’échelle INES [1] concernant l’indisponibilité potentielle en cas de séisme de niveau SMHV [2] de l’ensemble des groupes électrogènes de secours à moteur Diesel des réacteurs des centrales nucléaires de Gravelines, de Paluel et de Civaux. Cette indisponibilité potentielle en cas de séisme est due à un risque d’interaction de raccords flexibles ou de tuyauteries véhiculant des fluides (fioul, huile, eau, air) nécessaires au fonctionnement des groupes électrogènes avec les structures environnantes.

    En cas de séisme, compte tenu d’une non-conformité affectant la ventilation du turboalternateur de secours LLS de ces réacteurs et dans l’attente de la mise en service des DUS (diesels d’ultime secours), le fonctionnement d’au moins un groupe électrogène de secours est nécessaire pour assurer l’alimentation électrique des équipements utilisés pour le maintien en état sûr des réacteurs.

    Lorsque les deux groupes électrogènes d’un réacteur sont concernés par une non-conformité, l’événement est classé au niveau 2 de l’échelle INES dans la mesure où le maintien du réacteur en état sûr ne peut pas être démontré en cas de séisme.

    Ainsi, une situation de séisme de niveau SMS (voire SMHV) [2] affectant les réacteurs concernés et engendrant potentiellement une perte des alimentations électriques externes pourrait conduire à terme à une fusion du cœur provoquée par l’impossibilité d’alimenter en électricité les dispositifs prévus pour refroidir le combustible, ainsi qu’à une perte de refroidissement de la piscine d’entreposage du combustible usé.

    Les travaux de remise en conformité ont été réalisés pour l’ensemble des réacteurs concernés, seul un des deux groupes électrogènes du réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Paluel n’a pas encore été traité, mais le sera lors de l’arrêt pour visite décennale actuellement en cours.

    L’IRSN rappelle qu’il a relevé de manière récurrente ces dernières années des écarts concernant les groupes électrogènes de secours et a formulé des recommandations visant à les résorber rapidement.

    Sur ce point, l’IRSN insiste sur l’importance pour la sûreté des contrôles associés aux programmes de maintenance préventive qui doivent permettre de détecter ce type d’écart. À cet égard, des événements significatifs relatifs à des défauts d’application de ces programmes de maintenance sont régulièrement déclarés par EDF. Comme l’IRSN l’a souligné à de nombreuses reprises, EDF doit appliquer avec rigueur ces programmes et s’assurer de leur complétude afin de garantir la conformité des installations.

    Télécharger la note d’information de l’IRSN « Non-conformité de tenue au séisme de groupes électrogènes de secours à moteur Diesel des réacteurs EDF (risque d’interaction des tuyauteries et raccords flexibles reliés aux moteurs avec les structures environnantes) » (PDF).

    [1] L’échelle INES (International Nuclear Event Scale) s’applique aux événements se produisant dans les installations nucléaires ; elle comporte sept niveaux.

    [2] Le séisme maximal historiquement vraisemblable (SMHV) correspond au séisme le plus pénalisant susceptible de se produire sur une durée d’environ 1000 ans, évalué sur la base des séismes historiquement connus. Le séisme majoré de sécurité (SMS) est défini en ajoutant conventionnellement 0,5 à la magnitude du SMHV ; il est retenu pour le dimensionnement aux séismes des installations nucléaires.

  • Nucléaire : ces informations qui ont été cachées aux députés - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050718/nucleaire-ces-informations-qui-ont-ete-cachees-aux-deputes

    EDF a réagi au rapport de la commission d’enquête parlementaire sur le nucléaire en assurant que la sûreté nucléaire est sa priorité. Des documents de l’Autorité de sûreté nucléaire auxquels Mediapart a eu accès – contrairement aux députés – révèlent le contraire. La prévention du risque d’explosion dans plusieurs centrales est hautement défaillante, et même parfois inexistante.

    À Paluel, quatre ans après cet accident, l’inspecteur constate des défaillances identiques à celles qui ont provoqué l’explosion du Tricastin. Il alerte EDF : « Le caractère toujours très incomplet de la maîtrise du risque explosion dans les locaux de prélèvements, pourtant près de 4 ans après l’accident survenu le 23 mai 2014 sur le CNPE de Tricastin (…) démontre que la façon dont le risque d’explosion a été appréhendé jusqu’à présent n’est pas pertinente et doit être urgemment remise en cause. »

    Les constats des inspecteurs à Paluel, Flamanville, Penly et Chinon sont similaires : « On peut noter la désignation non dangereux pour des locaux où le risque explosion est démontré » ; « les évaluations de risques présentées ne tiennent pas compte de la probabilité que des sources d’inflammation puissent se présenter ni de l’étendue des conséquences d’une explosion » ; « la formation délivrée aux personnes de la conduite n’est pas adaptée aux risques » ; « les mesures de prévention et de précaution mises en œuvre pour chaque zone ne sont pas présentées aux travailleurs »… Parfois, ces dysfonctionnements ont été constatés par l’ASN, il y a plus de deux ans, sans qu’EDF n’y ait remédié.

    Au regard du nombre de manquements aux règles de sécurité et de leur gravité, l’inspecteur en charge des contrôles dans les centrales de Penly, Flamanville et Paluel informe EDF qu’il envisage une mise en demeure.

    #Nucléaire #Sécurité

  • Un accident inédit révèle de graves dysfonctionnements en matière de sûreté nucléaire en France - Basta !
    https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-suret

    En mars 2016, lors d’une opération de remplacement, un générateur de vapeur de 465 tonnes chute en plein cœur de la centrale nucléaire de Paluel, en Normandie. Un accident grave et inédit, qui par miracle ne cause ni blessé grave ni contamination radioactive. Depuis, des experts ont enquêté sur les causes de l’accident. Consulté par Bastamag, leur rapport, dont les conclusions seront résumées aux salariés ce 1er décembre, révèle des dysfonctionnements majeurs dans la préparation et la surveillance du chantier, en grande partie liés au recours massif à la sous-traitance. Des failles inquiétantes, alors que les chantiers de rénovation des centrales vont se multiplier.

    « Ces délais poussent les gens à faire des conneries »

    Ces quatre entreprises ont elles-mêmes fait appel à environ 70 sous-traitants. Ajoutés aux entités EDF mobilisées, cela a rendu très complexe la circulation d’informations. Cette profusion d’acteurs, dont les rôles étaient parfois mal compris par les autres, aurait ainsi créé un climat de confusion, tout en diluant les responsabilités. « C’est tellement compliqué, que l’on ne sait plus qui fait quoi », illustre ainsi un salarié.

    Comment peut-on se passer efficacement des informations dans ces conditions ? D’autant que tout le monde est prié d’aller vite pour respecter les délais irréalistes qui sont imposés. « Dans le nucléaire, pour calculer la durée des chantiers, la direction dit : sans aléas, on peut le faire en tant de jours, explique un agent EDF. Et c’est ce temps là qui est retenu, et que tout le monde s’efforce de respecter. Le problème, c’est que ces délais sont complètement en dehors de la réalité. Il y a toujours des aléas, surtout pour un chantier comme celui du remplacement du GV de Paluel qui constitue une tête de série. » Jamais, auparavant, un générateur d’un réacteur aussi puissant (1300 MW) n’avait été remplacé par EDF [5]. Pourtant le caractère inédit du chantier n’a, à aucun moment, été pris en compte. « Ces délais, reprend un salarié de Paluel, poussent les gens à faire des conneries, c’est évident. En plus, si on ne les respecte pas, on est montré du doigt comme celui qui a retardé le chantier. »

    « Pour nous, tranche un agent de l’ancienne génération, il est impossible de contrôler correctement quelque chose que l’on n’est pas capable de réaliser soi-même. Ce principe nous oppose à la direction depuis très longtemps. Si les personnes qui ont surveillé le chantier du GV à Paluel avaient eu des compétences en levage, elles auraient aussitôt signalé qu’il y avait un problème susceptible d’avoir de graves conséquences. » Car surveiller ne signifie pas se contenter de valider « le respect de procédures normées », « sans avoir à comprendre ou à entrer dans la réalité des activités réalisées », rappellent les experts de l’Aptéis.

    Pire : les compétences détenues par les personnels d’EDF sont ignorées. C’est ainsi que le service levage de la centrale de Paluel, qui compte des techniciens aguerris, n’a pas été sollicité une seule fois pour le chantier de remplacement du générateur. « Le principe de la sous-traitance, c’est qu’ils se débrouillent, sans que l’on intervienne en quoi que ce soit. Même si on sait le faire », grince un agent EDF. Les lanceurs d’alerte internes ne sont pas les bienvenus. « Ils essaient de nous faire passer pour des gens qui se posent trop de questions. On s’inquiéterait trop facilement. On serait "catastrophistes". » Se poser des questions au sein d’une centrale nucléaire, quoi de plus normal...

    « De plus, il est très délicat pour nous de faire remonter ce que nous disent certains salariés sous-traitants sans qu’ils soient identifiés, ajoute Thierry Raymond. C’est très important de les couvrir parce qu’ils ne sont pas protégés. » « Le collègue de chez Orys, qui nous a parlé, a été assigné au ménage pendant plusieurs semaines, avant de quitter l’entreprise via une rupture conventionnelle », rapporte-t-on au sein de la centrale de Paluel. « Avec la chute du générateur, on arrive aux limites de la sous-traitance à tout va, juge Thierry Raymond. Mais on continue quand même. »

    À Paluel, le générateur de vapeur a finalement été sorti du bâtiment réacteur par un sous-traitant néerlandais qui avait postulé, sans succès, pour assurer le chantier de remplacement initial . « Sans doute était-il trop cher », soufflent des salariés. Mais, entre le coût d’une centrale à l’arrêt – un million d’euros par jour – et les surcoûts d’études, de conception, de construction et de manutention d’un matériel de levage adéquat, le chantier de la tranche 2 de Paluel a dépassé le milliard d’euros. Sans oublier les risques encourus par les salariés, sauvés par une « chance extraordinaire » pas vraiment synonyme de « sûreté nucléaire ». A l’heure où l’allongement de la durée de fonctionnement des centrales au-delà des 40 ans se pose, le « grand carénage » commence mal. Étrangement, l’Autorité de sûreté du nucléaire n’a pas souhaité répondre à l’expertise ni écouter sa restitution alors qu’elle est censée rendre son avis sur le prolongement de l’activité des centrales. Ce qui est peu rassurant.

    #Nucléaire #Néo-management #Incompétence

  • Un accident inédit révèle de graves dysfonctionnements en matière de sûreté nucléaire en France - Basta !
    https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-suret

    Des détails sur l’incident de Paluel.

    En mars 2016, lors d’une opération de remplacement, un générateur de vapeur de 465 tonnes chute en plein cœur de la centrale nucléaire de Paluel, en Normandie

    Causes mentionnées :
    – difficulté à transmettre les informations et à savoir qui fait quoi de part les nombreux sous-traitants (qui sous-traitent…) [Le comble : pas de personnel d’EDF présent au moment de cette manutention]
    – dilution de la responsabilité pour la même raison
    – pression exercée sur les délais
    – avertissements non pris en compte (le palonnier s’était tordu déjà avec les premières manipulations…)

    Et aussi pas mal de chance (pas de blessés, pas de fissure de la cuve, ce qui aurait entrainé des radiations…)

    Des alertes ignorées

    L’accident s’est déroulé lors de la dépose du troisième générateur sur les quatre que compte la tranche 2 de la centrale [6]. À l’intérieur du bâtiment, on avait bien remarqué, au cours du hissage des deux premiers générateurs que le palonnier tanguait dangereusement. L’information avait d’ailleurs circulé au sein de la centrale plusieurs jours avant l’accident, y compris entre des salariés non concernés par le chantier. « On a vraiment insisté sur le fait que le palonnier était tordu. On a remonté l’information », ont confié des salariés aux experts. Dans leur rapport, ces derniers précisent : « Plusieurs de nos interlocuteurs ont en outre laissé entendre que l’information n’était pas seulement remontée aux encadrants de l’équipe de remplacement du GV, mais bien également à la direction du projet à Marseille ainsi qu’à celle de la DIPDE. »

    Les ingénieurs qui pilotent l’opération sont donc censés être au courant des premiers signes de défaillances. Au moment de ces diverses alertes, une réunion se tient au sein de la centrale. « On le sait parce que des salariés nous l’ont rapporté, raconte Thierry Raymond, animateur du collectif nucléaire au sein de la Fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT (FNME). Mais nous n’en avons aucune trace écrite. On ne sait pas qui était là, ni ce qui s’y est dit. »

    Seule certitude : le chantier s’est poursuivi, comme si de rien n’était, jusqu’à ce que le tout s’écroule. « Tout ça, nous le savions, soupire un salarié de Paluel. Mais ce que l’on a découvert avec cette étude, c’est que des gens de la DIPDE savaient avant l’ouverture du chantier qu’il y avait un problème de conception, et que rien n’a été fait ! » Pour Aptéis, la masse de travail des ingénieurs EDF est en cause, de même que l’obligation, là encore, de faire les choses « au plus vite ».

    #nucléaire #sous_traitance #pression

  • Anomalies détectées dans huit centrales nucléaires, l’ASN exige des réparations rapides

    http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/06/21/anomalies-detectees-dans-huit-centrales-nucleaires-l-asn-exige-des-reparatio

    Le temps presse. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à EDF d’effectuer des réparations « au plus tôt » sur des équipements électriques de secours de huit centrales qui présentaient des anomalies potentiellement préjudiciables en cas de fort séisme.

    Elles concernent « la tenue au séisme des systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours (diesel de secours) », des centrales nucléaires de Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent, Paluel, Penly et Saint-Alban, a détaillé l’ASN dans un communiqué mardi.

    Compte tenu de l’importance du sujet, l’ASN a demandé à EDF de « résorber au plus tôt » cette défaillance, à savoir « sous trois semaines » pour au moins l’un des deux diesels de secours et « sous un mois et demi » pour le second, a expliqué Julien Collet, directeur général adjoint de l’autorité.

    • Groupes électrogènes de secours à moteur diesel : incident de niveau 2
      https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Groupes-electrogenes-de-secours-a-moteur-diesel-incident-de-niveau-2

      L’événement significatif porte sur l’absence de démonstration de la tenue au séisme des ancrages dans le génie civil des systèmes auxiliaires des diesel de secours. Il recouvre à la fois des problèmes de conception, génériques à l’ensemble des réacteurs de 1300 MWe, et des problèmes locaux liés à un mauvais état ou à un mauvais montage des ancrages.

      En cas de perte des alimentations électriques externes provoquée par un séisme, le fonctionnement des diesel de secours pourrait ne plus être assuré, en raison de la défaillance de leurs systèmes auxiliaires.

      Une insuffisance de tenue au séisme d’un système auxiliaire des diesel de secours (vase d’expansion du circuit de refroidissement) a été initialement détectée par EDF en mars 2017 à la centrale nucléaire de Golfech, puis sur l’ensemble des réacteurs de 1300 MWe. L’ASN avait classé cet événement au niveau 1 de l’échelle INES.

      Le 20 juin 2017, EDF a déclaré à l’ASN que l’absence de démonstration de tenue au séisme était également susceptible de concerner les autres systèmes auxiliaires des deux diesel de secours des 20 réacteurs de 1300 MWe.

      L’ASN demande à EDF que le renforcement des ancrages de tous les systèmes auxiliaires des diesel de secours soit réalisé sous trois semaines pour au moins l’un des deux diesel de secours, et sous un mois et demi pour le second, pour chacun des 20 réacteurs concernés. Cette demande fera l’objet d’une décision formelle de l’ASN dans les prochains jours.

      Compte tenu de ses conséquences potentielles pour la sûreté des centrales nucléaires en cas de séisme, l’événement est classé au niveau 2 de l’échelle INES, pour les réacteurs de Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent, Paluel, Penly et Saint-Alban.

      En résumé :
      • des défauts de conception pour tout le monde,
      • des erreurs à la fabrication à certains endroits
      • une maintenance insuffisante à d’autres (ou les mêmes ?) : mauvais état

      ça lambine (pbs détectés il y a 3 mois dans l’une des centrales)

      l’ASN se fâche (ou ça y ressemble bien)

  • #EDF fait payer au prix fort la centrale de #Fessenheim
    https://www.mediapart.fr/journal/france/250117/edf-fait-payer-au-prix-fort-la-centrale-de-fessenheim

    Le conseil d’administration d’EDF a entériné le principe de la fermeture de la centrale de Fessenheim contre le versement d’une indemnité de 490 millions d’euros. Mais il a subordonné l’arrêt des deux réacteurs à l’entrée en service de l’EPR et au redémarrage de la centrale de Paluel. Ainsi, la fermeture n’est pas pour demain.

    #France #Economie #nucléaire #Ségolène_Royal_jean-Bernard_Levy #services_publics #Transition_énergétique

  • Centrale de Paluel : le rafistolage des réacteurs vire déjà au carnage
    http://www.sortirdunucleaire.org/Paluel-rafistolage-carnage?origine_sujet=LI201604

    Centrale de Paluel : le rafistolage des réacteurs vire déjà au carnage

    20 avril 2016 |

    Problèmes en série, contamination de travailleurs, facture astronomique : alors que le gouvernement souhaite prolonger la durée de fonctionnement des centrales, les travaux commencent sous de mauvais auspices.

    À la centrale nucléaire de Paluel, un accident « impossible »…

    Bâoum ! Ce 31 mars, les sous-traitants chargés de la maintenance ont sursauté dans les vestiaires du réacteur 2 de Paluel (Seine-Maritime). Sept étages plus bas, lors d’une opération de manutention, un générateur de vapeur usagé, mastodonte de 22 mètres de long et 465 tonnes, venait de basculer de toute sa hauteur, s’écrasant sur une piscine de déchargement de combustible.

    Sérieusement endommagé par ce choc comparable à un séisme, le réacteur ne redémarrera pas de sitôt. Penaud, le patron de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire avoue que cet accident n’était pas prévu… car considéré comme impossible !

    La seule photo disponible du générateur de vapeur tombé.

    Depuis son arrêt pour travaux de maintenance en mai 2015, la centrale de Paluel, déjà réputée pour connaître des problèmes réguliers, a été le théâtre de pas moins de 22 « incidents » plus ou moins graves. En particulier, en juillet 2015, suite à une opération effectuée dans la précipitation, un feu de titane s’est déclenché sur un condenseur situé en salle des machines ; maîtrisé au bout de 6 heures, il avait au passage abîmé sérieusement les équipements situés alentour. Et le 14 avril 2016, un nouveau départ de feu a déclenché le plan d’urgence interne et l’intervention des pompiers… dont le camion s’est couché sur la route à son arrivée à la centrale !
    Des dysfonctionnements qui préfigurent les problèmes à venir

    Ces problèmes en série pourraient donner un avant-goût de ce qui risque de se reproduire sur l’ensemble du parc d’ici quelques années. C’est en effet ce réacteur n°2 de la centrale de Paluel qui a inauguré le cycle du « Grand Carénage », ce programme de travaux de maintenance et de réfection censé notamment intégrer les normes de sûreté post-Fukushima et permettre la prolongation des vieux réacteurs au-delà de 40 ans. Dans ce cadre, des opérations lourdes et parfois inédites sont prévues, dans un contexte organisationnel qui s’avère de plus en plus difficile.

    C’est vrai qu’il y a de quoi être abattu...

    En effet, la pyramide des âges d’EDF est telle qu’une part importante des agents est partie ou doit partir en retraite dans les prochaines années, sans qu’une véritable transmission ait pu avoir lieu. Ce problème s’accentue avec le recours massif à la sous-traitance, qui concerne maintenant 80 % des opérations de maintenance. Avec le phénomène de la sous-traitance en cascade, le turn-over sur les chantiers et le recours à des prestataires mal payés et mal formés est monnaie courante. Sachant qu’EDF tend à réduire au maximum le temps des arrêts pour maintenance, pour réduire son manque à gagner, réaliser correctement l’ensemble des tâches demandées dans le délai donné devient alors mission impossible pour les travailleurs.

    C’est alors un cercle vicieux qui s’enclenche : les opérations mal faites déclenchent des incidents, qui nécessitent de nouveaux arrêts et travaux, travaux qui sont alors réalisés dans la précipitation pour limiter le temps d’arrêt et en recourant aux prestataires les moins chers…

    En 2014, le patron de l’Autorité de sûreté nucléaire estimait que la moitié des incidents relevait d’une « non-qualité de la maintenance » et avertissait qu’EDF semblait déjà « débordée par les travaux qu’elle avait elle-même décidée ». Et de préciser : "Ce défaut de maîtrise sera encore plus préoccupant dans 3 ou 4 ans, quand EDF envisage de faire le « grand carénage », des opérations encore plus lourdes" [1].

    La centrale de Paluel, où les syndicats avaient déjà dénoncé des conditions de travail déplorables et mis en garde contre le défaut de compétence de l’entreprise prestataire sélectionnée pour la manutention du générateur de vapeur [2], constitue une parfaite illustration de ce phénomène. Censés renforcer la sûreté, les travaux qui y ont été menés depuis le début du « Grand Carénage » n’ont fait qu’empirer la situation et dégrader la fiabilité des équipements, générant au passage un stress non négligeable pour les travailleurs.
    Un rafistolage illusoire et ruineux

    Indépendamment de la (mauvaise) qualité des travaux, l’idée même d’une remise à neuf des réacteurs s’avère illusoire. Dans un réacteur, de nombreux équipements vulnérables au vieillissement ne sont pas remplaçables et très difficilement réparables : cuve des réacteurs (qui devient plus fragile), enceinte en béton (qui devient poreuse), câbles enterrés ou coulés dans le béton… L’obsolescence frappe également de nombreux équipements pour lesquels les pièces de remplacement ne sont tout simplement plus fabriquées depuis longtemps.

    EDF continue pourtant de soutenir que ses réacteurs peuvent tous, moyennant travaux, être prolongés jusqu’à 60 ans. Tout en prétendant maintenir sa promesse de réduction de la part du nucléaire, le gouvernement a repoussé à 2019 la décision concernant d’éventuelles fermetures de centrales autres que Fessenheim. D’ici là, de nombreux réacteurs pourraient subir ce programme de rafistolage, EDF invoquant alors un nécessaire amortissement des sommes investies pour refuser leur fermeture.

    Ces travaux suicidaires au regard de la sûreté le sont tout autant d’un point de vue économique. Selon la Cour des Comptes, ce « Grand Carénage » aussi vain que dangereux pourrait engloutir 100 milliards d’euros d’ici à 2030, un chiffre qui ne prévoit sans doute pas les surcoûts entraînés par les avaries à répétition. Alors qu’EDF fait face à une situation de quasi-faillite et devra débourser des sommes importantes pour la construction de l’EPR d’Hinkley Point et le démantèlement des centrales arrêtées, qui financera ces travaux ? Le bon sens exigerait d’arrêter les frais et de consacrer ces sommes à une reconversion en urgence vers les énergies renouvelables.

    Charlotte Mijeon

    • Belgique - Le réacteur nucléaire Doel 3 mis à l’arrêt automatiquement 21 Avril.

      Le réacteur nucléaire de la centrale de Doel 3 s’est mis automatiquement à l’arrêt ce jeudi vers 15h30. Il s’agit d’un arrêt prévu dans les procédures de sécurité. Les responsables de la centrale, qui effectuaient des tâches de test périodique à ce moment, ignorent pour le moment ce qui a provoqué cette interruption du fonctionnement de la centrale.

      L’indisponibilité du réacteur est prévue pour 24 heures.

      Le redémarrage de Doel 1 reporté au 31 mai

      Le redémarrage de Doel 1 a été reporté au 31 mai prochain, avait annoncé un peu plus tôt Engie Electrabel.

      Le réacteur avait été mis à l’arrêt le 13 avril pour des travaux d’entretien qui ne devaient initialement durer que quelques jours. La relance de Doel 1 avait ensuite été postposée d’une semaine, au 22 avril,  « des analyses supplémentaires »  étant  « nécessaires » , avait indiqué le gestionnaire de la centrale.

      Le système de commande du contrôle de la puissance était en cause dans la mise à l’arrêt automatique du réacteur en début de mois. - « Le problème avait été résolu et les tests étaient bons » _, avait précisé une porte-parole.

      Pas de menace pour l’approvisionnement énergétique

      Le réacteur avait donc été relancé le 8 avril avant d’être à nouveau déconnecté du réseau pour que des travaux de réparation puissent être menés sur la mesure de la température du circuit de refroidissement de la centrale. Il avait été décidé dans le même temps d’effectuer des tests supplémentaires au niveau du contrôle de la puissance.

      Selon Engie Electrabel, l’arrêt de Doel 1 ne menace pas l’approvisionnement énergétique de ses clients « grâce à la diversité du parc de production » .
      Source : http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-redemarrage-de-doel-1-reporte-au-31-mai-prochain?id=9275760

  • À Paluel, un accident jugé « impossible » par #EDF relance le débat sur la sûreté du parc #nucléaire français
    http://multinationales.org/Un-accident-juge-impossible-par-EDF-a-la-centrale-de-Paluel-relance

    Le 31 mars dernier, un générateur de vapeur pesant 465 tonnes, en cours de remplacement, s’est écrasé au sol dans la centrale nucléaire normande de Paluel. Aucune victime n’est à déplorer. EDF n’avait pas même prévu qu’un tel incident puisse survenir, le jugeant « impossible ». Mais pour les salariés du groupe et les militants anti-nucléaires, c’est le résultat prévisible de la dégradation des #conditions_de_travail et de sûreté dans les centrales françaises. Le « Grand Carénage » - vaste programme de travaux (...)

    Actualités

    / #Novethic, #France, EDF, #Énergie, #Énergie_nucléaire, nucléaire, #santé_et_sécurité_au_travail, conditions de (...)

    "http://www.novethic.fr/lapres-petrole/energie-nucleaire/isr-rse/nucleaire-comment-l-impossible-est-arrive-a-paluel-143879.html"

  • Accident de manutention à la centrale nucléaire de Paluel | France info
    http://www.franceinfo.fr/fil-info/article/accident-de-manutention-la-centrale-nucleaire-de-paluel-778823

    Un accident de maintenance à la centrale nucléaire de Paluel, en Seine-Maritime. ce jeudi vers 13h, un générateur de vapeur de 400 tonnes est tombé de toute sa hauteur dans le réacteur numéro 2 de la centrale. La pièce mesure 22 mètres de haut. Trois personnes en état de choc ont été prises en charge. L’une d’elle fait l’objet d’examens complémentaires.

    #accident_de_maintenance #nucléaire

  • Nucléaire : la simulation d’incident majeur au Havre et à Bordeaux est un fiasco

    Le 30 novem­bre à 19h00, le direc­teur de la cen­trale de Paluel (Seine-Maritime) est sommé d’effec­tuer la simu­la­tion d’un inci­dent majeur : la perte totale d’ali­men­ta­tion électrique du réac­teur [1]. Cette simu­la­tion est ini­tiée par des par­le­men­tai­res qui nom­ment cette ins­pec­tion sur­prise des cen­tra­les nucléai­res de Paluel et du Blayais, l’opé­ra­tion « Opéra ».

    http://rebellyon.info/nucleaire-la-simulation-d-incident.html