city:poitiers

    • Etrange dispositif. J’ai du mal à comprendre comment les chauves-souris l’utilisent.

      edit - https://www.sudouest.fr/2012/02/28/un-couloir-a-chauves-souris-644852-706.php

      Un chiroptèroduc a été installé la semaine passée à Roquefort, au-dessus de l’autoroute A 65. Intriguant pour les automobilistes, indispensable aux animaux.

      On connaît les passerelles pour le gros gibier, voici le corridor à chauves-souris. En termes techniques, un chiroptèroduc. Lors de la nuit de jeudi à vendredi, la société d’autoroutes A’liénor en a installé un en travers de l’A 65, entre le diffuseur de Roquefort et celui du Caloy dans les Landes. Une intervention qui a duré toute la nuit ou presque et a occasionné la fermeture de l’autoroute sur la portion concernée.

      Pourquoi les chauves-souris – qui jusqu’à preuve du contraire volent – ont-elles besoin d’un tel aménagement  ? Jérôme Fouert, secrétaire du Groupe chiroptère Aquitaine (GCA), explique : « Les chauves-souris se repèrent grâce à un système radar. Pour certaines variétés, forestière et de lisière, notamment, traverser l’autoroute revient à traverser un désert qui ne renvoie pas leurs ultrasons. Confrontées à ça, elles ont deux options. Soit ne plus traverser, soit le faire en épousant la topographie du relief et s’exposer à des risques de collision. »

      Le choix de l’implantation du chiroptèroduc n’est évidemment pas lié au hasard. Nous sommes là à proximité immédiate du vallon du Cros, une zone Natura 2000 identifiée depuis longtemps comme un couloir de vols pour les chauves-souris qui aiment à se retrouver dans les grottes environnantes. « À l’automne, il y passe des centaines d’individus tous les jours, explique Jérôme Fouert. C’est comme une grande foire aux célibataires, fondamentale pour éviter la consanguinité. »


      Sachant qu’une quinzaine de couloirs de vol ont été identifiés sur le trajet de l’A 65 entre Lescar et Captieux, d’autres passages pour chauves-souris ont été aménagés mais ils sont souterrains.
      Là, c’est un ouvrage d’art de 27 tonnes, 5 mètres de long, 3 mètres de large pour autant de haut. Il a fallu faire appel à une cinquantaine de personnes ainsi qu’à une grue de 350 tonnes. Coût de l’opération : 500 000 euros, intégrant les plantations de guidage de part et d’autre de l’ouvrage. « Ce n’est pas gratuit », commente Olivier de Guinaumont, le patron d’A’liénor, qui est venu personnellement superviser l’opération.

      Une opération dont il est plutôt fier. « Il a été pensé avec des environnementalistes et c’est un des premiers ouvrages de ce type en France », avance-t-il. Du côté de GCA, qui était associé à l’élaboration du projet, on ne fait pas le même bilan. « C’est en effet quelque chose d’assez neuf mais il en existe d’autres », glisse Jérôme Fouert. Le même, se glissant dans le costume du rabat-joie, explique. « Ce n’est pas un cadeau. La chauve-souris est une espèce protégée. A’liénor avait obligation légale à le faire. Il aurait même dû être en place dès l’ouverture. » Loin de ce début de polémique, Jean-Paul Decloux, l’ingénieur qui supervisait le chantier, livre son point de vue. « Nous sommes des bâtisseurs, mais on a du respect pour la nature. Ces petites bêtes, on les dérange. C’est une façon de s’excuser du dérangement. Après, savoir si elles vont aimer… Il faudra leur demander. »

      Un suivi sera de fait effectué régulièrement pour jauger de l’efficacité de l’équipement. Une chose est sûre : même si aucune étude n’a été faite concernant la mortalité des chauves-souris liée au trafic routier, elle apparaît faible. « Faible comme le trafic », ironise un riverain.

      Autre certitude, pour les chiroptères, le passage est gratuit et devrait le rester. Enfin, en bonne logique.

    • Bat bridge - Wikipedia
      https://en.wikipedia.org/wiki/Bat_bridge

      The theory is that these “bridges” will be seen by the bats’ sonar as linear features sufficiently similar to the old hedgerows as to provide an adequate substitute.[1] The Highways Agency is performing a study of those on the Dobwalls bypass to determine if this assumption is justified.



  • Violences des « Gilets jaunes » sur les Champs-Élysées : un surveillant de prison jugé ce lundi - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/violences-des-gilets-jaunes-sur-les-champs-elysees-un-surveillant-de-pris

    Les forces de l’ordre ont utilisé samedi 5 000 #grenades lacrymogènes, « plus de un(e) par minute, c’est du jamais vu », selon le préfet de police de Paris.

    Les forces de l’ordre ont procédé samedi à 103 interpellations (98 majeurs et cinq mineurs) suite aux heurts qui se sont déroulés toute la journée sur les Champs-Élysées dans le contexte de la #manifestation des #Gilets-jaunes. À l’issue de ces gardes à vue, 45 personnes ont été déférées devant le parquet. 14 personnes suspectées d’avoir participé aux violences seront jugées ce lundi en comparution immédiate. Parmi elles, un profil se détache particulièrement, celui d’un surveillant pénitentiaire de la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). Le fonctionnaire a été arrêté porteur d’une cagoule et de lunettes de protection, et en possession d’un marteau. Il sera jugé pour #participation_à_un_attroupement_armé en vue de commettre des violences.

    Deux #manifestants vont être jugés selon la procédure du plaider-coupable, tandis que que six autres seront jugés ultérieurement par le tribunal. Pour 23 d’entre eux, le parquet a privilégié une alternative aux poursuites en optant pour un rappel à la loi devant un délégué du procureur. Enfin, 23 gardes à vue ont fait l’objet d’un classement sans suite, essentiellement car les infractions n’étaient pas suffisamment caractérisées.

    Le sort de 27 manifestants dont les gardes à vue ont été prolongées reste encore en suspens. C’est notamment le cas du jeune homme suspecté d’avoir jeté un écrou sur un policier qui risque de perdre son oeil. L’auteur de ce jet de projectile a été placé garde à vue pour « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une infirmité permanente ou une mutilation à l’occasion d’une manifestation », une incrimination passible de 15 ans de réclusion.

    Les heurts sur les Champs ont fait en tout 24 blessés dont cinq parmi les forces de l’ordre. Enfin, selon une source officielle, les dégâts sur les Champs ont été estimés à 1,5 million d’euros.

    #justice #maintien_de_l'ordre

    • Les « gilets jaunes » au tribunal : « J’aurais jamais dû mettre les pieds à Paris ! », Pascale Robert-Diard

      Une quinzaine de manifestants poursuivis pour violences ou dégradations en marge du défilé de samedi à Paris ont été jugés en comparution immédiate, lundi.

      Il ne faut pas se fier aux apparences. Par exemple, ce grand gaillard barbu de 32 ans « sans domicile fixe » qui ne dispose que d’une adresse postale chez ses parents et d’une carte d’identité périmée depuis longtemps. Il comparaît, lundi 26 novembre, parmi une quinzaine d’autres participants à la manifestation des « gilets jaunes » de samedi, devant la 23e chambre correctionnelle de Paris pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Il a été interpellé non loin des Champs-Elysées avec un pavé et un couteau.

      La justice, qui traque les casseurs en marge du défilé, pense en tenir un. La présidente, Corinne Goetzmann, avise le tee-shirt noir porté par le prévenu, barré d’un slogan imprimé façon tag qu’elle a lu un peu trop vite.
      « Et ce tee-shirt ?, lui demande-t-elle.
      – Ben, la chèvre, c’est l’Ardèche. Et “goat”, c’est chèvre en anglais. Il épelle : We’ve GOAT the power… »
      Il vit en Ardèche, dans un camion. « En fait, je suis woofer sur un petit terrain. Je paie pas l’électricité en échange de quelques travaux. Le pavé, je l’ai ramassé parce que là, je fais une formation de tailleur de pierres. Et le couteau, c’est une question d’habitude, je me lève le matin, je mets mon pantalon et mon couteau dans ma poche. » Condamné à deux mois avec sursis pour port d’armes.

      « Je gagne environ 8 000 euros par mois »
      Le suivant portait, lui aussi, un couteau, un Opinel. Il a 26 ans, il vient de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie. « Détenir une arme de catégorie D est une infraction », lui explique solennellement la procureure. Le prévenu hausse les épaules. « Vous savez, chez nous, tout le monde a un Opinel sur soi. Je vais pas me défendre de ça. » Il avait aussi une matraque dans son sac. « Je l’ai ramassée par terre, je voulais la ramener en souvenir. Je suis conseiller financier, je suis pas venu pour casser du policier ! Je voulais juste exprimer mon mécontentement.
      – Quels sont vos revenus ?
      – Je travaille en Suisse, je gagne environ 8 000 euros par mois.
      Son jeune avocat commis d’office écarquille les yeux.
      – Et votre compagne ?
      – Elle travaille aussi en Suisse. Elle gagne 3 500 euros. »
      Condamné à trois mois avec sursis pour port d’arme.

      Le tour de France des mécontents se poursuit. Venu de Poitiers, un beau gars en pull vert a été arrêté avec des gants, des pierres et une tête de grenade. Il a 33 ans, vit chez ses parents, accumule les CDD au Futuroscope.
      En provenance de La Rochelle, un gamin de 22 ans, interpellé avenue Montaigne avec barre de fer, cagoule et deux flacons de parfum Christian Dior – « ramassés dans la rue », dit-il –, vit lui aussi chez ses parents. Il travaille en intérim pour 1 500 euros mensuels. « Je voulais faire du sport, j’ai été obligé de me rabattre sur le métier de peintre en bâtiment », souffle-t-il. Soixante-dix heures de travaux d’intérêt général.
      De Saint-Georges-la-Pouge, un village de 365 habitants dans la Creuse, arrive un homme de 35 ans, qui tremble de tous ses membres. Il perçoit 950 euros d’indemnités chômage, a travaillé comme charpentier et monteur de réseau aérien. Il est accusé d’avoir jeté des pavés contre un kiosque à journaux et contre les forces de l’ordre. Il demande le renvoi de son procès, la procureure requiert son placement en détention d’ici là.

      « J’suis quelqu’un de la campagne, moi »
      « Je regrette vraiment d’avoir pris ces deux bon sang de pavés. Je voulais juste être écouté et voilà où ça m’a mené. » Il pleure soudain comme un enfant. « J’suis quelqu’un de la campagne, moi. J’suis d’un milieu pas facile. Ma copine a un dossier de surendettement. J’suis fait pour vivre dehors. Si vous m’enfermez, je me ferai du mal. J’aurais jamais dû mettre les pieds à Paris… » Il ressort sous contrôle judiciaire en attendant son procès, en janvier.
      De Bou, 902 habitants dans le Loiret, est monté dimanche à Paris un soudeur de 34 ans, 1 700 euros par mois. « Je vis chez ma mère, mais je participe aux charges familiales, précise-t-il. Je regrette, je me suis laissé emporter. Je voudrais bien rentrer pour reprendre mon travail. »
      Un célibataire sans emploi de 29 ans, qui a bossé « dans l’élagage, l’imprimerie, les serres et, pour finir, comme cariste », espère à tout prix retourner le soir même en Corrèze, où sa grand-mère est décédée dimanche. « J’ai manifesté chez moi le week-end dernier et pendant la semaine. Comme il y a des gens qui étaient venus nous agresser, j’ai pris une lacrymo et un poing américain pour Paris. Mais c’était pour me défendre, pas contre les policiers ! »
      Un conducteur de chantier de 23 ans, une chômeuse de 27 ans, mère célibataire d’une petite fille, dont le dernier emploi était serveuse chez McDo, supplient, eux aussi, le tribunal de les laisser rentrer chez eux. Tout comme ce chauffeur de bus en formation. « Ça se termine vendredi et après, normalement, j’accède directement au centre bus de la RATP. »

      Le plus âgé des prévenus a 40 ans. Il a manifesté, dit-il, « contre la dégradation du service public ». Il a été arrêté avec une cagoule, des gants et un marteau. Ancien militaire, il est depuis plus de dix ans surveillant pénitentiaire.
      Pascale Robert-Diard

    • Les « gilets jaunes » en comparution immédiate : « Les bouteilles d’essence, c’était pour faire le malin devant les copains », Pascale Robert-Diard et Jean-Baptiste Jacquin

      Soixante-dix prévenus ont été jugés, lundi, à Paris, après les interpellations en marge de la manifestation du 1er décembre. Dix-huit peines de prison ferme ont été prononcées.

      Il est minuit passé de quelques minutes et, dans le box de la salle d’audience 6-05 du tribunal de grande instance de Paris, l’un des six prévenus reste prostré sur le banc, la tête enfouie dans ses mains. Le tribunal vient de lui annoncer sa condamnation à trois mois ferme avec #mandat_de_dépôt, il part donc immédiatement en #prison. Il a 21 ans, vit dans une bourgade proche de Nevers et travaille comme intérimaire dans une usine de métallurgie. Il a été interpellé samedi 1er décembre, en fin de matinée, boulevard Haussmann, près des grands magasins. Dans son sac, les policiers ont trouvé deux paires de lunettes de piscine, sept masques de protection, un masque de plongée, un casque de ski, des genouillères, des protège-tibias, une protection dorsale, un pistolet à gaz, un poing américain, deux matraques télescopiques, des bouteilles en verre et d’autres en plastique contenant deux litres d’essence, des chiffons imbibés et… un gilet jaune.

      « On a vraiment l’impression que vous êtes venu pour en découdre », observe la présidente, Anne Wyon. Il lève vers elle un long visage blême, un regard terrorisé. « J’sais pas si j’aurais été capable. Les bouteilles d’essence et tout, c’était pour faire le malin devant les copains », répond-il. « Là, vous parlez d’une toute petite voix, mais au téléphone, vous vous réjouissiez beaucoup », réplique-t-elle. Sa messagerie est en effet bavarde. Les policiers ont consigné les échanges qu’il a eus avec son groupe sur l’application WhatsApp. « Un pote militaire m’a dit, le feu c’est mieux », « on est bien équipé [il dressait la liste] mais pour les cocktails, j’hésite ». Entre eux, ils réglaient les derniers détails de leur venue à Paris. « Y’en a vingt qui montent et on rejoint les black blocs », lui dit un de ses interlocuteurs. Lui a pris le train de 6 heures samedi à Nevers. « Faut bouger son cul maintenant, y’en a marre », a-t-il écrit.

      Soixante-dix prévenus jugés
      Au même moment, dans la chambre voisine présidée par Isabelle Prevost-Desprez, un électricien de 23 ans est condamné à dix mois de prison avec mandat de dépôt. Venu manifester de Saincaize-Meauce dans la Nièvre, il nie les accusations portées par la police. Il ronge ses ongles en affirmant que la pince, les boulons et les morceaux de bitume retrouvés dans son sac à dos lors de la fouille qui a suivi son interpellation avenue de Friedland à 15 h 15, « ce n’est pas à moi ».
      « Et les policiers qui vous ont vu jeter des pavés ?, interroge la présidente.
      – Ils ont dû confondre avec quelqu’un d’autre. »


      Le 3 decembre 2018, Tribunal de Paris. Ce père de famille de 3 enfants écope de 3 ans ferme aménageable. Il était accompagné de 4 personnes, à peine sortis de la voiture ils auraient été arrêtés par les CRS et placés en garde à vue car certains avaient des masques en papier et d’autres des pétards. Ils n’auraient même pas eu le temps d’aller à la manifestation des gilets jaunes samedi 1 dec 2018. En garde à vue, les lacets sont retirés.

      Un peu plus tôt dans l’après-midi, dans une autre des cinq chambres mobilisées pour les comparutions immédiates à la suite des violences du 1er décembre à Paris, un Nîmois de 40 ans, sans emploi, qui vit du RSA, squatte chez des copains en échange de petits services de mécanique, a été condamné lui aussi à six mois d’emprisonnement dont trois ferme avec mandat de dépôt. Il a été interpellé avec tout un attirail de protection, un lance-pierre « professionnel » et des billes de plomb. « J’allais chez des copains, le lance-pierre, c’était pour tirer sur des canettes avec les enfants », avait-il tenté d’expliquer. Mais lui aussi avait eu l’imprudence de poster des messages sur la page Facebook des black blocs, de retour de plusieurs blocages sur les ponts à Valence avant de se décider à « monter sur Paris ». « C’est bien la guerre. Il faut s’organiser. Je suis déterminé », écrivait-il.

      Sur les soixante-dix prévenus jugés lundi, dix-huit peines de prison ferme – toutes aménageables – ont été prononcées et six mandats de dépôt ont été décernés. Loin des prévisions de l’administration pénitentiaire qui s’était organisée pour accueillir une cinquantaine de condamnés dans la nuit. Loin, surtout, des images de violences qui ont déferlé sur les écrans de télévision tout au long de la journée du 1er décembre.

      Chaos et confusion
      « Mais comment ça se fait qu’on n’a pas les casseurs ? », demande une des policières affectée à la surveillance d’une salle d’audience à ses collègues de la Préfecture de police de Paris venus pointer sur leurs ordinateurs portables les résultats des interpellations. « Ils courent plus vite et sont plus malins. Et on est coincé. Là, les manifs ne sont pas encadrées. Ça part dans tous les sens. Si on y va trop fort, on va faire mal. Si on lâche, ça va continuer », soupire son interlocuteur.

      Les lieux et les heures d’interpellation des prévenus témoignent du chaos et de la confusion de la journée de samedi. Certains ont été cueillis lors de contrôles matutinaux gare de Lyon, d’autres en milieu de matinée dans les rues autour de l’Arc de triomphe, et sur les Champs-Elysées et, plus tard, près de la Bastille, dans le quartier des grands magasins, ou encore près de la gare de Nord, alors qu’ils s’apprêtaient à reprendre leur train.

      Peu de « pilleurs », parmi eux. Un maçon de 24 ans, interpellé à 20 h 45 rue du Faubourg-Saint-Honoré pour avoir ramassé un casque de vélo devant le magasin Decathlon dont la vitrine venait d’être brisée, se défend d’en être un. « Ça balançait de partout, il y avait autant de cailloux qui tombaient par-derrière que de bombes lacrymogènes qui volaient par devant, j’ai pris le casque pour me protéger, pas pour voler », s’est-il justifié. Le casque a été placé sous scellé et son bref utilisateur, déjà condamné pour vol dans le passé, a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

      « J’allais m’acheter des chaussures chez Louboutin »
      Trois amis de Bondy (Seine-Saint-Denis), âgés de 21 et 22 ans, ont été arrêtés beaucoup plus tard, vers 3 heures du matin sur le périphérique nord. En contrôlant l’intérieur de leur BMW, les policiers ont trouvé un lot de médailles de collection à l’effigie de l’Arc de triomphe, les mêmes que celles qui avaient été dérobées lors du saccage du monument. Ils ont affirmé les avoir négociées « 10 euros pièce » à un receleur. L’examen de leurs portables a révélé que deux d’entre eux se trouvaient dans la matinée au centre de Paris. « Rien à voir avec la manif, j’allais m’acheter des chaussures chez Louboutin et mon copain m’accompagnait », explique le prévenu. Le tribunal écarquille les yeux. « Des Louboutin ? Vous pouvez préciser le prix d’une paire de chaussures chez Louboutin ?
      – Dans les 800 euros.
      – Et vous gagnez 1 800 euros comme chauffeur-livreur ?
      – C’était pour mon anniversaire. »
      Ils sont condamnés à quatre-vingt-dix jours-amendes à 20 euros pour l’un, 10 pour l’autre. Le troisième est relaxé.
      Venus à Paris par petits groupes, en covoiturage ou en car, ils arrivaient de Gap, d’Yssingeaux, de Harfleur, d’un village des Ardennes, de Dreux, du Loiret, de Nice, de Brezolles dans l’Eure-et-Loir, de Gournay-en-Bray en Seine-Maritime, de Moselle, de Feuquières-en-Vimeu dans la Somme, de Toulon, d’Echemiré dans le Maine-et-Loire, de Carcassonne ou encore de Bernay dans l’Eure. Ils ont acheté leur panoplie de manifestants (masques de protection, bombes de peinture, huile de vidange, lunettes de piscine) chez Decathlon, Leroy-Merlin, ou Action « à 89 centimes la bombe de peinture à l’eau », précise l’un des prévenus. « L’huile de vidange, c’était juste pour rendre la peinture plus graissante », indique un autre.
      « Un coup de sang »
      Ils – les prévenus sont tous des hommes – sont chauffeurs de poids lourds – bien représentés – et gagnent de 1 200 à 2 500 euros par mois, soudeur ou mécanicien à 1 250 euros, auxiliaire de vie à 3 000 euros « auprès d’un vieux monsieur à Nice, mais je suis surendetté suite à des accidents de vie », livreur à 1 500 euros, imprimeur « depuis vingt et un ans dans la même entreprise », « enquêteur de satisfaction » à 1 287 euros, forgeron, électricien chez Enedis, menuisier salarié d’une commune à 1 365 euros, agent de fabrication à 1 700 euros « sur treize mois », maçon en intérim, conducteur d’engin chez Suez à 1 700 euros, responsable de projet chez ArcelorMittal à 3 500 euros, éboueur chez Derichebourg, « poseur de voies » à la RATP, cantonnier à 1 200 euros – « Moi, le gilet jaune, c’est ma tenue de travail », dit-il – garçon boucher.

      Lui, justement, fait partie de ceux qui ont été condamnés à de la prison ferme (quatre mois). Il a eu, explique-t-il, « un coup de sang » et il a foncé tête baissée sur les policiers. Il lui en reste un énorme coquard bleu virant au violet sur le visage. Il dit qu’il a voulu « s’investir dans le mouvement, en devenir l’un des porte-parole, parce que le peuple, la société, vont très mal. Très, très mal. Nos retraités ont travaillé toute leur vie et on leur enlève 100 euros. Et moi, j’ai la corde au cou. Je me lève tous les matins pour aller à l’abattoir. »
      « Vous avez des dettes ?, s’enquiert le juge.
      – Ben, des poules, des canards, des lapins…
      – Non, je demandais si vous avez des dettes », répète le juge.
      Un autre explique qu’il « fait de l’empotage ».
      – Vous travaillez dans une jardinerie ?
      – Non, je remplis des containers. Vous voyez ? »
      Le tribunal n’a pas l’air de voir vraiment.
      « C’est le chat qui se mord la queue »
      Tous affirment qu’ils voulaient manifester « pacifiquement ». « J’imaginais pas tomber sur des violences comme ça. Je suis un peu déçu par le mouvement, même si je le soutiens », déclare un carrossier peintre de Senlis, qui touche le RSA depuis quelques mois et dort, faute de logement à lui, dans le garage d’un copain depuis sa rupture conjugale. « Mon copain voulait m’embaucher mais il ne peut pas, à cause des charges. Alors vous voyez, Mme la juge, quand vous avez pas de logement, vous avez pas de boulot, c’est le chat qui se mord la queue et on se sent abandonné.
      – En même temps, quand vous allez à l’hôpital, on vous soigne gratuitement, observe la présidente.
      – Bah, je vois pas le rapport…
      – C’est parce que vous dites que vous vous sentez abandonné.
      – Heureusement, je touche du bois [il appuie ses mains sur la barre du box]. J’ai pas de problèmes de santé. Mais je trouve qu’on a vite fait de tomber dans l’oubli, aujourd’hui. »
      Ce gamin de 19 ans et trois jours était venu d’Angers, « manifester pour le peuple et pour [s]es parents ». « Ils sont surtaxés, il faut que ça s’arrête », explique-t-il, tête baissée. Avec son casque rouge sur la tête à quelques encablures de l’Arc de triomphe, il a été vite repéré par les policiers.
      « Pourquoi avez-vous jeté un pétard sur les CRS ?, lui demande Isabelle Prevost-Desprez.
      – Pour les disperser !
      – Vous êtes un peu prétentieux », s’amuse la magistrate.
      Le problème est qu’il a écrit « on va grailler du CRS » sur l’application Messenger à l’attention de sa petite amie.
      « Ça veut dire quoi grailler du CRS ?
      – Manger du CRS… Mais c’était pour crâner devant elle. »
      Habitant chez ses parents dans la campagne du Maine-et-Loire, sans la moindre qualification après avoir quitté le collège en cours de 3e, il n’est inscrit ni à Pôle emploi ni à la mission locale. La présidente évoque un travail d’intérêt général. Il fait la moue. Ce sera finalement douze mois de prison dont six ferme et six en sursis avec mise à l’épreuve.
      « Je suis venu pour ma grand-mère »
      Deux beaux-frères – chacun a épousé la sœur de l’autre – entrent côte à côte dans le box. Ils sont montés à 2 heures du matin samedi dans le bus « des 57-54 » celui de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, « pour montrer notre mécontentement à M. Macron. » « Moi, je soutiens le mouvement, parce que j’en ai marre des taxes. Je gagne bien ma vie mais je suis venu pour ma grand-mère qui s’excuse auprès de ma fille de lui donner qu’un billet de 5 euros pour Noël. » Il est venu aussi avec un Taser et des casques de chantier. « Les slogans et les banderoles, ça ne suffit pas ? », lui demande un des juges. « A Longwy, l’autre jour, quand on faisait des barrages, on a eu des personnes, disons, peu recommandables, qui nous ont agressés. C’était des gens de la cité qui cherchaient la misère… Alors, on a voulu se protéger. »
      Le procureur Pascal Besnier s’agace : « C’est curieux cette manifestation où tout le monde dit vouloir se protéger de tout le monde : les antifa se protègent des fachos, les fachos des gauchos et les autres de ceux des cités… » Dans leurs réquisitions, les représentants du parquet insistent tous sur le « contexte ». « A partir de 8 h 50, tous les médias ont relayé en boucle les affrontements qui avaient commencé près des Champs-Elysées, puis les voitures incendiées et les projectiles lancés sur les forces de l’ordre. Ceux qui décidaient alors de se rendre sur ces lieux savaient que ce n’était plus pour manifester pacifiquement, mais pour en découdre avec les forces de l’ordre », a ainsi martelé la procureure devant la chambre 24.1.

      Un argumentaire qui permet de poursuivre des personnes interpellées avant même qu’elles aient rejoint les manifestants ou commis la moindre dégradation, comme ce groupe de cinq trentenaires de l’Essonne qui venaient de se garer avenue des Ternes et se sont fait arrêter alors qu’ils payaient à l’horodateur. Quatre d’entre eux ont de belles situations d’ouvriers spécialisés chez Safran et travaillent sur des moteurs d’avion. En fonction de ce qu’ils transportaient dans leurs sacs (masques, pétards, sérum physiologique, etc.), leurs peines s’échelonnent de huit mois avec sursis à trois mois ferme.
      Ceux qui ont demandé le renvoi de leur procès à une date ultérieure pour préparer leur défense, sont repartis lestés d’un contrôle judiciaire qui leur interdit de revenir à Paris d’ici là et d’une obligation de pointage au commissariat ou à la gendarmerie, souvent fixée, à la demande du parquet, au samedi matin. La part (infime) de la justice pour tenter de réduire le nombre des prochains manifestants dans la capitale.


  • Je découvre, faudrait gouter un jour : Pirates du Clain : bières artisanales à Poitiers
    http://piratesduclain.org

    Les Pirates arrivent par le Clain arroser vos gosiers avides de #bières artisanales brassées avec amour et houblons fous.

    Poitevins, Charentais ou Tanzaniens, vous n’échapperez pas à la déferlante de brunes fatales, blondes piquantes, ambrées impolies ou I.P.A. sophistiquées. Pas de pitié !


  • Beyrouth 1978, la révolution au bout du pinceau

    En mars 1978, Israël lance une vaste offensive au Liban sud. Au même moment, l’Organisation de libération de la Palestine organise, à Beyrouth, une exposition d’artistes contemporains qui soutiennent la cause… Le Musée Sursock redonne vie à ce moment historique.

    LE MONDE | 07.09.2018 à 14h14 |
    Par Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)

    https://abonnes.lemonde.fr/m-actu/article/2018/09/07/beyrouth-1978-la-revolution-au-bout-du-pinceau_5351742_4497186.html

    Il faut imaginer Yasser Arafat déambuler entre une toile de l’ex-maoïste parisien Gérard Fromanger, un triptyque du surréaliste chilien Roberto Matta et deux lithographies du maître catalan Joan Miro. Dans le public qui entoure le raïs palestinien, on croise des fedayins (combattants) en treillis, des étudiantes en jupe, des intellectuels tiers-mondistes et des bureaucrates en veste bon marché. Derrière le brouhaha du vernissage, on devine des coups de klaxon et des rafales d’arme automatique, la rumeur ordinaire d’une ville en guerre.

    183 œuvres, issues de 30 pays

    C’était le 21 mars 1978, à Beyrouth, capitale du Liban, de l’OLP et des passions révolutionnaires arabes. Une exposition d’art internationale en solidarité avec la Palestine était inaugurée dans le hall d’une université : 183 œuvres, issues de 30 pays différents, mêlant les genres – peintures, sculptures, gravures, dessins – et les styles – de l’expressionnisme arabe au modernisme japonais, en passant par le social-réalisme soviétique et l’art figuratif militant d’Europe de l’Ouest –, étaient présentées… Jamais un éventail de créations aussi large et diversifié n’avait été présenté jusque-là au Proche-Orient. C’est le croisement improbable du pinceau et de la kalachnikov, le mariage d’une internationale d’artistes et d’une organisation de réfugiés, l’alliance des sans-frontières et des sans-terre. Les deux semaines d’exposition forment une parenthèse enchantée dans le chaos des combats qui dévastent le Liban depuis trois ans. Avec ce coup de génie, la direction palestinienne s’invente une diplomatie culturelle et offre à son peuple, privé d’horizon, un imaginaire visuel haut en couleur.

    Et puis, comme un mirage, tout s’évanouit. La collection de Beyrouth endure le lot commun des musées hors sol. Des œuvres se perdent, d’autres sont détruites, notamment dans des bombardements israéliens, et d’autres encore sont détournées. Trop engagée, trop datée, snobée par l’histoire de l’art officielle, l’exposition de 1978 sombre dans l’oubli. Son souvenir s’étiole à mesure que ses participants s’éteignent.

    Et pourtant, quarante ans plus tard, ce moment unique dans les annales de l’OLP recommence à frémir. Deux curatrices passionnées d’art et de mémoire, la Libano-Palestinienne Rasha Salti et la Libano-Américaine Kristine Khouri, ont entrepris de reconstituer le puzzle. A la manière de détectives, elles ont interrogé tous les témoins encore en vie, fouillé la presse de l’époque, exhumé les archives, couru entre Tokyo, Paris, Le Cap, Casablanca, Potsdam et Los Angeles, en quête d’une bande-vidéo ou d’une coupure de presse.

    « ARAFAT AVAIT COMPRIS QUE LA REPRÉSENTATION N’EST PAS QU’UNE AFFAIRE DE POLITIQUE, QUE C’EST AUSSI UNE AFFAIRE ESTHÉTIQUE. » RASHA SALTI, CURATRICE
    Le résultat de leur enquête est présenté depuis fin juillet au Musée Sursock de Beyrouth, un hôtel particulier à la façade blanc satiné reconverti en musée d’art contemporain. Intitulée « Past Disquiet » (« inquiétude passée »), cette exposition sur l’exposition redonne vie aux fantômes de 1978, ressuscite cette aventure politico-artistique inscrite dans le bouillonnement d’une époque où le combat pour la Palestine, la lutte contre l’apartheid et la dénonciation du régime Pinochet formaient une seule et même cause.

    « L’OLP avait l’obsession de prouver que la Palestine existe, contre la vulgate sioniste qui parlait d’une terre sans peuple destinée à un peuple sans terre, explique Rasha Salti, 49 ans, une touche-à-tout, figure de la scène muséale arabo-occidentale, qui officie aussi comme programmatrice pour Arte. Arafat avait compris que la représentation n’est pas qu’une affaire de politique, que c’est aussi une affaire esthétique. Dans son entourage, il y avait plein de fils de réfugiés qui avaient vécu l’humiliation de la Nakba – l’exode forcé de 700 000 Palestiniens lors de la création d’Israël, en 1948 – et qui voulaient sincèrement refaire le monde pour changer leur destin. Pour eux, il était évident que les artistes devaient être embarqués dans cette entreprise et Arafat leur a donné son feu vert. »

    « EZZEDINE, C’ÉTAIT LA NOBLESSE DE L’OLP, UN VRAI PUR-SANG ARABE. IL VOULAIT FAIRE CONNAÎTRE LA CAUSE PALESTINIENNE PAR LA CULTURE, IL ÉTAIT TRÈS AVANT-GARDISTE. » LEÏLA SHAHID, EX-DÉLÉGUÉE GÉNÉRALE DE L’AUTORITÉ PALESTINIENNE EN FRANCE
    Le plus inspiré de ces rêveurs, qui sera l’âme de l’exposition, s’appelle Ezzedine Kalak. Agé de 42 ans en 1978, il dirige la représentation palestinienne à Paris, ce que l’on appelle à l’époque le bureau d’information et de liaison de l’OLP, installé 138, boulevard Haussmann. Ce natif de Haïfa, au physique d’acteur de cinéma, parle un français châtié, appris à l’université de Poitiers, où il a soutenu une thèse en physique-chimie. C’est un diplomate à part, avec une inclination affichée pour les milieux de gauche, proche des étudiants et des travailleurs arabes dans l’Hexagone. Aux réunions du Quai d’Orsay, il préfère les débats avec les jeunes cinéastes de la fac de Vincennes, le temple de l’expérimentation soixante-huitarde, et les rencontres avec ses amis de Politique Hebdo, la revue de la gauche non communiste. « Ezzedine, c’était la noblesse de l’OLP, un vrai pur-sang arabe, se souvient Leïla Shahid, qui travaillait à l’époque avec lui et qui ne se doutait pas que, vingt ans plus tard, elle occuperait le même poste. Il voulait faire connaître la cause palestinienne par la culture, il était très avant-gardiste. »


  • Témoignage : “J’avais 13 ans et je n’ai pas compris tout de suite que c’était un viol” - France 3 Nouvelle-Aquitaine
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/j-avais-13-ans-je-n-ai-pas-compris-suite-que-c-etait-vi

    C’est alors, raconte la jeune fille, que les deux garçons la déshabillent et abusent d’elle, à tour de rôle ; elle assure qu’elle n’était pas d’accord. « J’avais beaucoup bu, je n’étais pas moi-même pour montrer physiquement que c’était “non”. Mais je n’ai pas dit “oui” non plus et c’est ce qui compte » se souvient-elle. “Ils n’avaient pas le droit de faire ce qu’ils ont fait.”

    Viol en réunion

    La mère de l’adolescente porte plainte quatre semaines plus tard lorsque sa fille finit par se confier. “Je n’ai pas tout de suite compris que c’était un viol, j’étais si jeune à l’époque. C’est plus tard, en en parlant avec d’autres personnes que j’ai réalisé”.
    Au cours de leurs multiples auditions, les deux garçons nient toute relation non consentie. “Elle disait rien puis après elle dit qu’on l’a violée” se défend l’un d’eux. Tout juste reconnaissent-ils avoir vu la jeune fille pleurer à l’issue du rapport sexuel.

    Au terme de plusieurs années d’instruction, Marc et Guillaume sont accusés de viols en réunion sur mineur de 15 ans et renvoyés devant la cour d’assises des mineurs de la Vienne à Poitiers, Le procès s’est tenu à huis clos en fin de semaine dernière : ils ont été acquittés.
    Les juges ont estimé que la preuve de la violence, constitutive du viol, n’était pas suffisamment établie et que la victime avait fait part de son désaccord tardivement (lire notre encadré).



  • #Poitiers : sabotage en soutien à la ZAD
    https://fr.squat.net/2018/05/17/poitiers-sabotage-en-soutien-a-la-zad

    Action de soutien à la ZAD : un engin de chantier, stationné dans le cadre du réaménagment du centre-ville de Poitiers, a été incendié dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 mai. Avec une inscription en forme d’appel : « Brûle la machine impériale ! Vive la ZAD ! » Dans la foulée, six personnes […]

    #actions_directes #Notre-Dame-des-Landes


  • « Des dizaines de supermarchés autogérés en projet dans des villes moyennes »

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/05/05/une-dizaine-de-supermarches-cooperatifs-et-participatifs-affichent-leurs-dif

    Les magasins de circuit court où chacun peut devenir l’acteur de sa propre consommation gagnent peu à peu les villes moyennes, constate notre chroniqueur Frédéric Potet.

    Manger plus sainement. Favoriser les filières courtes. Encourager le commerce équitable. Donner du sens à nos actes d’achat… Si les comportements changent depuis plusieurs années dans notre relation à la consommation, un chaînon essentiel fait encore défaut : un lieu de vente extérieur à la grande distribution, où l’on pourrait trouver tout aussi bien des denrées alimentaires que des produits d’hygiène et d’entretien respectueux de l’environnement ; un lieu où chaque client déciderait du choix et de l’origine des articles en rayon ; un lieu dépourvu de marchandises industrielles et de gondoles tentatrices, où chacun, finalement, pourrait devenir l’acteur de sa propre consommation.

    Ce type de lieu existe, depuis peu, sous le nom de « supermarché coopératif et participatif ». Le premier à avoir ouvert ses portes, en France, est La Louve, dans le 18e arrondissement de Paris. Inspiré du Park Slope Food Coop, une coopérative pionnière installée à Brooklyn depuis les années 1970, ce magasin d’un genre nouveau fonctionne selon un principe immuable : pour pouvoir y faire ses courses, chaque client est obligé d’en devenir adhérent, et d’y travailler bénévolement à raison de trois heures par mois, cela afin de réduire le prix de vente des articles.

    Dans la foulée de La Louve, dont la formule définitive a été inaugurée en novembre 2017, une petite dizaine de supermarchés coopératifs et participatifs affichent aujourd’hui leurs différences, à travers des appellations librement choisies : SuperQuinquin à Lille, La Chouette à Toulouse, La Cagette à Montpellier, Scopéli à Nantes, Supercoop à Bordeaux…

    Des marques exclues de fait

    Le phénomène ne touche pas seulement les grandes agglomérations. Des projets autogérés du même type sont en cours de réalisation dans des villes de taille moyenne comme Vannes, Dieppe, Grasse… Ou encore Poitiers, où 80 bénévoles sont regroupés derrière un nom de code évoquant, lui aussi, l’opposition aux systèmes en place : Le Baudet, en référence à l’animal emblématique de la région, l’âne du Poitou.

    Ce matin-là d’avril, huit ateliers planchent sur la future structure : « financement participatif », « statut juridique », « organisation du travail »… Le but de la journée est d’établir un rétroplanning dont l’échéance consistera à ouvrir un mini-supermarché expérimental, appelé le « lab », en préfiguration du magasin à venir. Les grands principes seront les mêmes, notamment sur le plan économique. Achetés auprès de fournisseurs situés dans un rayon de 150 km, les produits seront ainsi revendus avec une marge de 20 %, soit deux à dix fois moins, en moyenne, que dans la grande distribution.

    « Cette marge sera identique quelles que soient les références. C’est un moyen, pour nous, de ne porter aucun jugement sur les produits, qui émanent tous d’un choix éthique en amont », explique Ghislain Bourdilleau, 43 ans, à l’initiative du projet. Des marques telles que Coca-Cola ou Nutella seront exclues de fait ; des produits équivalents, élaborés localement, leur seront préférés. Le recours à une main-d’œuvre bénévole et l’absence de dividendes (les bénéfices seront réinjectés dans le fonctionnement) devraient permettre aux adhérents de bénéficier de prix inférieurs « de 20 % à 40 % », à qualité égale, à ceux pratiqués dans le commerce.

    L’argent, le nerf de la guerre

    Le bouillonnement est tangible, ce jour-là, au sein du groupe de travail « assortiments et fournitures », chargé précisément de l’achalandage de la coopérative. « Il faudra rendre visite à tous les fournisseurs. Mais pourra-t-on avoir un droit de regard sur comment ils produisent ? », s’interroge Florence, une bénévole. Il est prévu de coller une étiquette détaillée sous chaque produit afin d’informer le client sur son origine, son bilan carbone ou encore les conditions de travail des salariés ayant participé à son élaboration. « Nous ne pourrons pas tout mettre. Il faudra choisir et sans doute privilégier des pictogrammes », suggère Sandra, une autre petite main de l’association créée dans la foulée de la première réunion, il y a neuf mois.

    Son fonctionnement est actuellement assuré par un « conseil collégial » de quatorze membres élus. Aucun président ni vice-président, ni même secrétaire, ne figure dans son organigramme. La seule fonction à avoir été attribuée est celle de… trésorier, preuve que l’argent est bien le nerf de la guerre dans ce genre d’initiative consistant, in fine, à créer une entreprise.

    Cette absence délibérée de hiérarchie est à la fois la sève et le venin du projet. « Le but est de laisser libre cours à un épanouissement démocratique, même si on sait que cela rend les choses plus compliquées en termes de prise de décision », admet Ghislain Bourdilleau. Les mêmes consignes de bienveillance sont répétées à chaque réunion : « écouter [l’autre] avec attention », « parler avec intention », « se faire confiance », « respecter le cadre »… La réussite du supermarché Le Baudet passera nécessairement par celle de l’aventure collective qui accompagnera sa gestation.

    L’un des principaux enjeux, à ce titre, sera la question de la diversité. « Nous devrons à tout prix éviter de créer un repère à bobos », insiste Ghislain Bourdilleau, lui-même communiquant professionnel dans le milieu universitaire. L’emplacement du local sera déterminant. Idéalement, celui-ci devra être situé dans un quartier à forte mixité sociale, mais ni dans le centre-ville ni en périphérie de l’agglomération, afin de n’exclure aucun public. Inciter les riverains à devenir des clients-coopérateurs sera alors un autre défi.

    De deux à cinq années s’écouleront avant que n’ouvre la boutique, si l’on se réfère aux expériences existantes. Le baudet a beau être un animal lent, il est aussi connu pour son caractère obstiné. C’est d’ailleurs pour cela que son nom lui a été emprunté.


  • Session « Pratiques numériques en SHS » consacrée au web sémantique.
    #Tours #Orléans #Poitiers 19 avril 2018 14h-17h

    Le but de cette présentation ne sera pas d’entrer trop profondément dans les détails techniques, mais de tenter d’expliquer quels sont les mécanismes derrière le web de données et le web sémantique, les possibilités offertes, tout en s’appuyant sur quelques exemples concrets de leurs exploitations, dans le milieu de la recherche mais pas uniquement.

    Dans le cadre du séminaire de l’atelier numérique de la MSH Val de Loire.
    Intervenant : Cyril Masset, coordinateur du Pôle numérique et responsable du service Développement et interopérabilité de l’IRHT.

    http://www.msh-vdl.fr/actualite/seminaire-msh-web-semantique

    #ScienceHumaine #WebSemantique


  • Paléontologie  : une belle découverte sans lendemain

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/04/03/paleontologie-une-belle-decouverte-sans-lendemain_5279838_1650684.html

    Il y a dix ans, le géologue Abderrazak El Albani découvrait au Gabon des fossiles multicellulaires de 2,1 milliards d’années, les plus anciens. Mais, faute de financements, ses recherches furent suspendues.

    Comment perdre quand on peut ­gagner ? Question de sportifs de haut niveau… mais aussi de scientifiques, tant la compétition côtoie la coopération dans les labos. Une équipe peut perdre en s’acharnant sur une mauvaise idée. En se trompant dans ses calculs. En se montrant incapable de piétiner le savoir acquis pour le dépasser. Mais perdre parce qu’elle manque d’argent alors qu’elle a démarré la compétition en tête, par chance mais aussi par capacité à renverser les idées antérieures, c’est rageant.

    Abderrazak El Albani, professeur à l’université de Poitiers, ne cache pas son amertume devant le refus répété – « cinq fois ! », s’exclame-t-il – de l’Agence nationale de la recherche (ANR) de ­financer la poursuite de recherches saluées par de prestigieuses publications ou par leur mise en valeur par le CNRS pour le grand public sur une fresque du métro parisien. Surtout lorsqu’il voit arriver sur le terrain Noah Planavsky, de Yale, et Andrey Bekker, de Riverside (Etats-Unis), Yuichiro Ueno, de Tokyo, le Norvégien Aivo Lepland ou l’Américain Tony Prave, tout contents de l’aubaine, certains de publier dans les meilleures revues sur un sujet aussi excitant.

    Multiplier les preuves pour convaincre

    En 2008 l’équipe d’El Albani tombe sur un sujet de classe mondiale, dans une carrière de grès au Gabon, près de Franceville. Il y déniche, dans des roches de 2,1 milliards d’années, des macro-fossiles d’organismes multicellulaires de plusieurs dizaines de centimètres. Ils obligeront à réécrire tous les manuels sur l’émergence de la vie complexe. Les paléontologues faisaient jusqu’alors remonter les premiers êtres multicellulaires de taille macroscopique à la faune d’Ediacara (620 à 542 millions d’années). Avant, seuls des unicellulaires, présents depuis 3,8 milliards d’années, peuplent la Terre, « même si de rares traces sont interprétées par certains chercheurs comme de minuscules multicellulaires il y a 1,7 milliard d’années », précise le géologue.

    Abderrazak El Albani a découvert ces plaques d’argile portant la trace d’organismes multicellulaires fossiles près de Franceville, au Gabon.
    Le jeune universitaire sait qu’il devra multiplier les preuves pour convaincre des collègues interloqués. A affirmation extraordinaire, preuves extraordinaires, réclame le conservatisme éclairé des scientifiques. Il s’entoure de pointures mondiales en paléontologie (le Suédois Stephan Bengston) et en histoire de la Terre primitive (l’Américain Donald Canfield). Il multiplie les analyses physico-chimiques à l’aide d’équipements sophistiqués. Bingo ! avec la parution saluée en « une » dans la revue Nature. Les fossiles gabonais et leur milieu de vie seront l’objet de nombreuses publications (PNAS, PloS One, Scientific Reports ou des revues plus spécialisées) et d’une dizaine de thèses dirigées par El Albani. Elles ont permis de ­préciser le contexte géochimique, environnemental et la transformation de l’atmosphère – le taux plus élevé d’oxygène durant cet épisode semble la clé de son émergence puis de sa disparition lorsqu’il baisse vers 1,9 milliard d’années.

    Pourtant, Abderrazak El Albani ne parvient pas à réunir les fonds pour continuer son action. Les élus locaux, très fiers de pouvoir dire qu’à Poitiers aussi on fait de la science de classe mondiale, financent des équipements sur les fonds européens régionaux. Le président de l’université a très peur de perdre sa vedette, rapidement promue professeur. L’université Columbia de New York lui propose un contrat de cinq ans et un million de dollars pour la recherche. Une grande université française veut le débaucher. Très attaché à sa région, soucieux de sa famille, El Albani fait le pari de rester à Poitiers. Mais le financement scientifique national va faire défaut. Une seule exception, significative, lorsqu’il peut s’expliquer « les yeux dans les yeux » avec le directeur de l’Institut national des sciences de l’Univers du CNRS, Jean-François Stephan (décédé en 2013), qui mobilise 50 000 euros rapidement afin de sauver le chantier. « Sans cette décision, le projet se serait arrêté dès 2011 », précise El Albani.

    Mais, avec les réformes et les budgets sarkoziens puis hollandais, les directions du CNRS n’ont plus grand-chose à distribuer sur la base d’une stratégie scientifique. Tout doit passer par l’ANR, censée permettre aux jeunes de s’affranchir de la tutelle de leurs aînés et des directions. El Albani va donc déposer, chaque année depuis 2013, des demandes pour un programme de ­recherche séduisant. L’idée ? « Elucider les raisons de l’apparition de ces formes de vie multicellulaires et complexes, leur règne de près de 200 millions d’années, puis leur disparition : les gènes de ces organismes ont-ils disparu ou ont-ils été réactivés lors du redémarrage de la vie multicellulaire, plus d’un milliard d’années après ? »

    Pas un centime d’euro en cinq ans

    Le programme d’El Albani exige de comparer l’écosystème gabonais avec des fossiles du « milliard d’années ennuyeux » lui succédant, s’amuse-t-il, et avec la faune d’Ediacara. Il propose donc des sites et des équipes, en France et à l’étranger, disponibles pour faire ce travail avec lui. Peine perdue. Pas un centime d’euro en cinq ans. Même les missions au Gabon, onze depuis 2010, sont financées de bric et de broc. Des centaines de fossiles rapportés à Poitiers attendent leur étude, faute de crédits. L’ANR, pour justifier ces refus, avance souvent qu’il n’y a pas assez d’argent pour financer toutes les recherches. Un euphémisme, puisque près de 90 % des projets déposés en recherche fondamentale ne sont pas financés ces dernières années. En 2016, cette ­situation avait conduit le jury de la commission maths et informatique à démissionner, jugeant que son travail ressemblait plus à une « loterie » qu’à une évaluation scientifique.

    Les difficultés d’El Albani montrent que l’ANR est moins capable que les directions scientifiques des organismes de recherche de financer des petites équipes de province lorsqu’elles sont à la pointe de la science. Cela conduit à ­arroser « là où c’est déjà mouillé ». Alain Fuchs, dans sa lettre aux personnels, lorsqu’il a quitté la direction du CNRS en octobre 2017 dénonçait « la chute vertigineuse des crédits de l’ANR » mais disait aussi son regret « de ne pas avoir pu suffisamment convaincre la puissance publique de l’importance cruciale de la recherche scientifique pour notre avenir ». Quant au budget 2018, avec zéro création de postes de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens et des crédits en berne, il ne rassure guère El Albani devant ­l’arrivée de concurrents beaucoup mieux dotés que lui. « Les Japonais sont arrivés à quinze au Gabon », s’alarme-t-il.

    • Y-a des fois, on aimerait trouver des mots pour désigner cette politique nihiliste qui fait que la recherche fondamentale est ignorée. Les élites sont des nains intellectuels à qui on a juste appris à partager le gâteau en leur faveur... et c’est vrai, elles sont très douées à ce jeu là. Pour tout le reste, elles sont parfaitement nulles et l’ont déjà démontrées des dizaines de fois dans l’Histoire.

    • C’est très spécifique à la France. Et sinon il en dit quoi Villani sur la question ? Parce que l’IA je veux bien mais il n’y a pas que ça dans la vie. Vu la déliquescence de la recherche fondamentale en France, c’est tout simplement scandaleux de ne pas en parler quand on est chercheur et responsable politique !

    • Je crois que les refus sont tout simplement la conséquence de la réduction des budgets pour la recherche avec la perspective de la privatisation d’une partie du travail scientifique. Chez nous on pratique le culte des « #Drittmittel » depuis des décennies déjà. Avec cette privatisation arrive dans le domaine de la recherche le fléau qui constitue depuis longtemps déjà un grave problème pour les sociétés cotées en bourse : Leurs managers ne raisonnent plus qu’en trimestres parce que c’est le rythme de publication des infos qui intéressent les spéculateurs. C’est parfaitement incompatible avec une recherche qui s’intéresse à des développements qui prennent des milliards d’années.

      Il est dommage que ces fossiles n’aient pas été découvertes en Chine. Là bas on aurait mis à disposition des fonds illimités afin de prouver que la culture chinoises existe depuis de milliards d’années ;-)

      #science #privatisation


  • #Nantes, 15 mars, éclaircies dans un ciel gris ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/40482

    4 000 manifestants dans la rue, dont 2 000 jeunes - Malgré les attaques en flux continu du gouvernement Macron contre la quasi totalité des secteurs du monde du travail, de la jeunesse, et contre des portions de plus en plus large de la population, la rue reste calme, trop calme. Mais ces dernières semaines, des frémissement s’incarnent à travers des mouvements d’occupation en solidarité avec les exilés, qui s’organisent dans de nombreuses villes, en particulier dans les facs. En parallèle, la #lutte contre la sélection à l’université, qui exclura de fait les plus précaire de l’accès aux études supérieures, se construit patiemment. De nombreuses universités se sont mises en #mouvement au mois de février et de mars, notamment Bordeaux, Poitiers, Toulouse, Rennes, Caen, Nantes, et bien d’autres. (...)

    #luttes #salariales #/ #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #luttes,salariales,/,lutte,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement


  • Poitiers, le mythe martelé | Mathieu Léonard
    http://cqfd-journal.org/Poitiers-le-mythe-martele

    « Pour nier ce choc des civilisations, certains historiens ont limité la portée de la bataille remportée par Charles Martel », qui, comme on le sait, a bouté les Sarrazins hors du royaume des Francs en 732 à Poitiers. Voilà comment le comédien Lorànt Deutsch alimentait la thèse d’un conflit permanent entre Islam et Occident dans un de ses best-sellers pseudo-historiques. Pour William Blanc et Christophe Naudin, historiens et auteurs de l’ouvrage "Charles Martel et la bataille de Poitiers" (éditions Libertalia, 2015) la place de Poitiers dans le roman national n’est pas si franche que ça, mais, en revanche, son instrumentalisation politique est fâcheuse. Source : (...)


  • Episode 2 : Suite de la « polémique » sur France3 Nouvelle-Aquitaine à propos du fémur de Toumaï : les 1843èmes Journées de la Société d’Anthropologie de Paris se sont déroulées à Poitiers du 24 au 26 janvier, comme je vous les avez annoncées https://seenthis.net/messages/663201 . Et bien... rien de nouveau à Poitiers, pas de déclaration particulière...

    Michel Brunet rappelle qu’une « publication est en préparation ». « On continue de travailler, à chercher et à trouver plus. »

    ... wait and see. Nous attendons donc la publication de Michel Brunet.

    Poitiers : le fémur trouvé près de Toumaï remet-il en cause la recherche de Michel Brunet ? - France 3 Nouvelle-Aquitaine
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/poitiers-femur-trouve-pres-toumai-remet-il-cause-recher

    #préhistoire #Toumaï #Brunet #7000000BP #Tchad


  • Episode 1 L’histoire du fémur de Toumaï | Dans les pas des archéologues

    Bien curieuse et navrante histoire que celle du fémur de Toumaï. Nature parle de « blockbuster controversy ». On pourrait aussi parler de feuilleton.

    http://archeo.blog.lemonde.fr/2018/01/23/lhistoire-du-femur-de-toumai

    Bientôt la suite après les 1843èmes Journées de la Société d’Anthropologie de Paris à Poitiers du 24 au 26 janvier.

    #préhistoire #Brunet #Toumaï #origine #Tchad #7000000BP


  • Condamnations d’un employeur pour avoir exercé un #management par la #peur - Eric ROCHEBLAVE | Avocat Spécialiste en #Droit du #Travail et Droit de la Sécurité Sociale | MONTPELLIER
    http://rocheblave.com/avocat/droitdutravail/management-par-la-peur

    Les témoignages de ces salariés ont fait en particulier apparaitre qu’ils étaient, eux-mêmes ou leurs collègues, victimes de « colères, irrespect, manque de considération, pressions psychologiques, d’une hyper surveillance, d’humiliations du fait de réprimandes injustes ou vexatoires en public ou en situation d’isolement dans le bureau du directeur, de désorganisation de leur travail ou d’incitation à la délation et à des critiques forcées ou encore des pressions systématiques pour les plus vulnérables d’entre eux »

    L’inspection du travail relevait en outre que ses investigations l’avait conduite à faire ressortir « un mode de management par la peur pouvant aller jusqu’à des pratiques de mobbing conduisant à dégrader les conditions de travail, faire souffrir et pousser les salariés de cette entreprise à la démission » ; elle ajoutait que certains des salariés de l’entreprise avaient évoqué leur état dépressif ou encore l’idée de suicide et que le « médecin du travail avait confirmé cette situation » et faisait état des « inaptitudes totales en urgence » qu’il avait été amené à prononcer dans le cadre de l’article R. 4624-31 du code du travail ; elle précisait avoir constaté une vague de démissions notamment de la part des salariés les plus anciens.

    Pour la Cour d’appel de Poitiers, l’ensemble de ces éléments fait clairement apparaitre que l’employeur a gravement manqué à ses obligations en matière de prévention des risques psycho-sociaux et du harcèlement moral.

    Les dommages et intérêts octroyés par la Cour d’appel de Poitiers au sept salariés au titre du manquement à l’obligation de prévention des risques psycho-sociaux s’élèvent à 2. 000 €, 3.000 € ou 4.000 € selon les cas.

    Vu les sanctions encourues par rapport aux montants des sommes économisées en poussant les anciens à la démission, c’est pratiquement un permis de tuer en entreprise…


  • Créer une affiche de propagande soviétique numérique (avec Genially)- Odyssée : Histoire Géographie Éducation civique - Pédagogie - Académie de Poitiers

    http://ww2.ac-poitiers.fr/hist_geo/spip.php?article1749

    Créer une affiche de propagande soviétique numérique (avec Genially) - publié le 19/12/2017
    Troisième - Activité pédagogique - TICE

    • Présentation de l’activité

    Cette activité commence par l’étude classique d’une affiche de propagande de l’URSS de Staline dans le cadre du thème du programme de 3ème « Démocraties fragilisées et expériences totalitaires dans l’Europe de l’entre-deux-guerres ». Elle est suivie par la réalisation d’une affiche numérique par les élèves, soit en salle informatique, soit à la maison.
    Durée : 1H pour l’étude de l’affiche en classe + 1H pour la réalisation en salle informatique.

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    Histoire : Quand l’Ecole fait réaliser une affiche soviétique...

    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/01/05012018Article636507382621216028.aspx

    Un exercice d’histoire scandaleux ? Cela agite en ce moment les sites d’extrême droite. En cause un exercice proposé par Johann Nallet sur le site académique de Poitiers. Il invite les élèves à réaliser une affiche de propagande soviétique. Pour cela il explique la démarche pas à pas et met en ligne un fichier d’images à réutiliser. Bien loin d’être une exercice d’endoctrinement bolchevique, cet exercice permet de comprendre les techniques de manipulation tout en assimilant les ressorts de la propagande soviétique. Réaliser son affiche pour comprendre la propagande, une belle idée.

    #pédagogie #connaisance #savoir #communisme #urss #ex-urss #soviétisme #propagande #images #affiches


  • La carte géographique aura son festival

    https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/la-carte-geographique-aura-son-festival

    Un #festival de #cartographie, en voilà une bonne idée !

    Comment est née cette idée d’organiser un festival intitulé le Printemps des cartes les 27 et 28 avril ?

    Samuel Arlaud, président de la MJC, géographe à l’université de Poitiers. « Elle vient d’une idée de partenariat sortant de l’ordinaire entre la MJC (maison des jeunes et de la culture) locale et l’Espace Mendès-France, pour développer la culture scientifique. On a trouvé intéressant de travailler autour de la carte : il existe déjà un festival de géographie à Saint-Dié (Vosges) mais rien de spécifique à la carte. Or, les Français aiment les cartes, même s’ils ne gardent pas toujours un bon souvenir de leurs leçons de géographie [rires]. La carte est l’endroit où la géographie rejoint l’art. Il y a des méthodes et des codes mais elle peut être très libre. Montmorillon est aussi connue pour les cartes Rossignol, diffusées dans tout l’espace francophone. »
    Que va-t-il se passer lors de ce festival ? « Il y aura des propositions universitaires, des expositions, des artistes comme Pascal Dujour (le chant du Rossignol) ou des danseurs contemporains qui utilisent la carte comme support, des animations avec les écoles, collèges et lycées. France Culture fera des émissions depuis Montmorillon et le Monde diplomatique apportera une exposition sur l’état de l’Europe. Le dimanche matin, il y aura une randonnée avec repas et cartes. Ce sera un prétexte pour discuter des territoires d’ici et d’ailleurs. Nous aurons aussi une exposition de la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar), sur La France en 2040,, un stand de la revue spécialisée Carto, un atelier sur l’espace rural dans l’imaginaire. Nous commencerons par une conférence grand public du cartographe, Roger Brunet, sur la cartographie et le développement local. »
    Vous lancez aussi un appel aux habitants qui veulent contribuer au festival. « Oui, nous proposons aux gens d’apporter des cartes originales qu’ils auraient chez eux : des cartes anciennes, en langue étrangère, etc. Le festival est organisé par la MJC mais nous souhaitons y associer tous les acteurs locaux qui s’y intéressent. »

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    Festival : Montmorillon joue aussi la carte de la géographie
    https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/festival-montmorillon-joue-aussi-la-carte-de-la-geographie

    Un festival original va naître cette année : le “ Printemps des cartes ” veut décliner la géographie sous tous ses aspects, sérieux et fantaisistes.


  • procès de la gare de #Poitiers
    https://nantes.indymedia.org/articles/39565

    COMMUNIQUÉ DES 10 INCULPÉ-E-S APRÈS L’OCCUPATION DES VOIES À POITIERS LE 19 MAI 2016

    #Répression #Resistances #/ #actions #directes #lutte #loi #loitravail #anti-repression #travail #loi_travail #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #mouvement #Répression,Resistances,/,actions,directes,lutte,loi,loitravail,anti-repression,travail,loi_travail,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement


  • L’irascible demandeur du RSA condamné, Centre Presse
    http://www.centre-presse.fr/article-572558-l-apos-irascible-demandeur-du-rsa-condamne.html

    Il va y avoir de l’hémoglobine, on va tout brûler ? Pendant des mois, entre le 10 octobre 2016 et le 20 juin 2017, les tags de David, 39 ans, affichaient la couleur sur les murs de la Maison de la solidarité, de la MJC, du CCAS et de la mairie de Montmorillon. En quel honneur ? Parce qu’il contestait sa radiation de la liste des bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA). « Il refusait de venir au rendez-vous, il disait qu’il en avait marre de faire des CV », avaient noté les agents chargés de son dossier. David était absent de son procès soi-disant parce qu’il ne voulait pas rater son train, jeudi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Poitiers. Ce David dont la colère avait vraiment dépassé les bornes quand il avait tenté de mettre le feu à la sonnette de la Maison des solidarités. Juste après avoir dérobé un couteau dans une voiture de la police municipale !
    Il vole un couteau à la police ! La plainte a suivi son chemin. Les gendarmes aussi : lors de la perquisition au domicile de David, dix pieds de cannabis et 180 grammes d’herbe séchée ont été découverts, ainsi que le couteau des policiers et la bombe de peinture. Avec sept mentions au casier judiciaire, le ministère public n’a pris aucun risque : quatre mois de prison ferme requis. Les juges lui en ont infligé trois.
    L’irascible demandeur du RSA devra également verser 1.300 € de dommages et intérêts à la ville de Montmorillon, partie civile dans cette désagréable affaire.

    #RSA #radiation #tag #police #justice


  • #Mosquée de #Poitiers : les « Identitaires » condamnés à du sursis et à de lourdes amendes
    https://www.mediapart.fr/journal/france/071217/mosquee-de-poitiers-les-identitaires-condamnes-du-sursis-et-de-lourdes-ame

    Les militants de #Génération_Identitaire, qui avaient envahi le chantier de la mosquée de Poitiers il y a cinq ans, viennent d’être condamnés pour des faits de « dégradations » et de « provocation à la discrimination raciale ou religieuse », à des peines de prison avec sursis et à de lourdes amendes.

    #France #CCIF #UOIF


  • ‪L’alimentation, arme du #genre‪ | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-journal-des-anthropologues-2015-1-page-19.htm

    Ce dossier est le fruit d’une rencontre entre trois sociologues et une socio-anthropologue autour du constat suivant : un vide théorique caractérise le croisement des champs du genre et de l’ #alimentation dans le monde francophone. L’appel à contribution lancé en 2014 par le Journal des anthropologues avait pour objectif de sonder ce vide et de permettre l’émergence de questionnements inédits et de données susceptibles d’alimenter le peu d’études empiriques disponibles sur le sujet. Nous espérions, par cet appel, « essayer de savoir et de faire savoir ce que l’univers du savoir ne veut pas savoir », selon la formulation de Bourdieu (1997 : 14).
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    Les études sur l’alimentation et les études sur le genre ont plusieurs points communs [1]
    [1] Jarty J., Fournier T. « Mise en perspective des problématiques...
    . Elles ont dû extraire leurs objets de la gangue naturaliste où la pensée commune – et savante – les tenait (non, l’alimentation ne sert pas qu’à combler des besoins vitaux ; non, les catégories « hommes » et « femmes » ne sont pas données par la nature). Elles sont par constitution transdisciplinaires. Et elles entendent rendre compte dans toute sa complexité du fonctionne­ment de politiques sociales qui cherchent à s’ignorer comme telles (Lapeyre, 2014). À tous ces titres, elles ont rencontré des résistances académiques majeures.
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    Aujourd’hui en France, elles constituent des champs émergeants, et toutes deux font partie des axes prioritaires du CNRS. Mais ces axes restent étrangers l’un à l’autre. L’absence de connexion est très visible. La thématique de l’alimentation est quasiment absente de l’Introduction aux études sur le genre disponible en France ; les auteur-e-s y consacrent seulement un en­cart dans leur chapitre sur la socialisation (Bereni et al., 2012 : 119), constitué par un extrait de La Distinction de Bourdieu. Les études sur l’alimentation, de leur côté, n’ont pas pour cadre de référence le corpus théorique des études sur le genre. Si le sexe est régulièrement pris en compte comme variable sociologique, les données sont da­vantage interprétées au travers de la grille de lecture fournie par la sociologie de la famille (Bélorgey, 2011), hormis quelques travaux qui tentent de la dépasser (voir par exemple Corbeau, 2004 ; Fournier, 2012). Et les tensions sont particulièrement saillantes entre les études sur le genre et les recherches sur la famille, ces dernières n’ayant pas pour point de départ la question théorique des inégalités – particulièrement celles produites au sein de l’institution familiale (Ferrand, 2004).

    • Celui là aurais aussi sa place ici : https://seenthis.net/messages/633249

      il est mentionné aussi ici : https://seenthis.net/messages/577723#message651898

      L’anthropologue américain Robert Brightman, dans un article inti­tulé « La division du travail de quête alimentaire : biologie, tabous et politiques du genre », a proposé, à la suite de Tabet, que « la créa­tion et la reproduction sociale de la division genrée du travail chasse/collecte dérivent de l’appropriation intéressée par les hommes du travail de chasse, et du capital social accumulé de ses produits » (Brightman, 1996 : 718).

    • Une idée revient fréquemment dans le discours des socio­logues et des ethnologues qui n’ont pas chaussé les lunettes du genre : les femmes, étant tout le temps en cuisine, pourraient en réalité se réserver les meilleurs morceaux, et en tout cas manger à leur faim. Margarita Xanthakou, à partir de son terrain dans la région du Magne en Grèce (effectué il y a quarante ans) s’insurge contre cette « profonde idiotie ». Elle a constaté, tout au contraire, que les femmes se privent de viande pour leurs maris ou leurs fils, et que, « même les tomates », quand celles-ci sont rares, sont mises de côté pour les hommes, par les femmes elles-mêmes [4][4] Ethnologue, directrice de recherche émérite au CNRS.... La socialisa­tion au sacrifice est un des moyens par lequel les femmes sont sans doute amenées à ne pas remettre en question l’injustice alimentaire. La ségrégation des repas (ségrégation de lieu et/ou temporelle avec préséance des hommes) remplit très certainement une fonction similaire, car ne pas voir manger les autres est aussi une façon de ne pas avoir directement sous les yeux l’injustice. L’article d’Atse et d’Adon répète ce que bon nombre de travaux ont déjà noté sur le continent africain, en Europe rurale et ailleurs : les hommes, les enfants et les femmes forment des groupes qui mangent séparément. Cet article fait observer que les prérogatives masculines, si insatisfaites, sont rappelées par la violence : les hommes s’attendent à consommer les morceaux qui leur reviennent et les sanctions qui attendent les femmes en cas d’« oubli » ne sont pas particulièrement enviables. Loin de la socialisation au sacrifice, les femmes sont empêchées de manger ce qu’elles veulent parce qu’elles sont mena­cées, au sens propre, par les hommes. Mathieu, dans ses séminaires [5][5] « Anthropologie des sexes », à l’EHESS, Paris, dans..., n’a jamais cessé de rappeler que la domination n’est pas juste « symbolique » comme l’écrit Bourdieu, mais qu’elle est maintenue par une violence très concrète de la part de ceux qui ont intérêt à préserver leurs privilèges alimentaires. Dans leur approche critique de la notion de gatekeeper (Lewin, 1943), les sociologues Alex McIntosh et Mary Zey ont fourni des considérations épistémolo­giques précieuses : « la responsabilité n’est pas équivalente au con­trôle » disent-ils (1998 : 126). Ce qui signifie, comme le dit aussi Counihan (1999) que ce n’est pas parce que la nourriture est aux mains des femmes que les femmes en disposent selon leur bon vouloir, et encore moins pour en obtenir un pouvoir.

      Sur le consentement à l’oppression voire aussi ; https://seenthis.net/messages/396369#message396385

    • Concernant la répartition des viandes, quand celles-ci sont bouillies, les ethnologues peuvent aussi dire qu’il ne peut y avoir discrimination quand les gens mangent dans le même plat. Un argument entendu lors d’un séminaire de recherche [6][6] Séminaire de Cécile Barraud, EHESS, Paris, fin des... (fourni par un ethnologue océaniste) était que les aliments étaient tellement dissous par la cuisson qu’on ne pouvait reconnaître aucun morceau en particulier. Cet argument était avancé pour dire que même si les hommes avaient des morceaux attribués, ils ne pourraient en aucun cas les reconnaître dans la marmite et se les octroyer. L’article « Le gras viril et le maigre féminin » de G. Lacaze offre quelques données permettant de reconsidérer cet argument, même si c’est dans un tout autre contexte culturel. Chez les Mongols, dit-elle, l’alimentation quotidienne est constituée d’une soupe qui est en fait assez largement constituée de gras dissous. La consommation du gras – c’est d’ailleurs le sujet de son article – est la prérogative des hommes. Le contenu quotidien de la marmite est genré : le dessus − jugé comme étant le meilleur par les gens eux-mêmes – est attribué aux hommes, le fond, aux enfants et aux femmes. Est-ce une remarque d’une telle évidence que l’on ne pense pas à le mention­ner : le gras, élément plus léger que l’eau, surnage. Ainsi, le dessus de la marmite est effectivement plus riche en gras que le fond. Or c’est par ce type de considération que la question du genre peut être reliée à la question nutritionnelle. À quantité équivalente de protéines et de glucides, les lipides possèdent une valeur énergétique plus de deux fois supérieure : c’est aussi un fait bien connu des sociétés occidentales lipophobes. Le problème est bien ici de réussir à relier plusieurs champs du savoir. Un-e ethnologue recourant à une interprétation symboliste pourrait expliquer – au hasard – que si le dessus de la marmite est attribué aux hommes et le fond aux femmes, c’est à cause de l’association du haut avec ce qui est mas­culin et du bas avec ce qui est féminin. Ce type d’interprétation « symbolique » se donne l’apparence d’une analyse en termes de genre sans en être une. Les résultats de G. Lacaze offrent la possibi­lité de véritablement déplier une analyse en termes de dispositif de genre. Ils permettent en effet une mise en regard de l’association « symbolique » du masculin au gras et du féminin au maigre, des pratiques culinaires, du monopole réel des hommes sur les graisses, et de divers discours ethnophysiologiques (caractère goûteux et/ou énergétique de la graisse). Cette analyse permettrait elle‑même d’ouvrir sur une perspective comparative, car bien évidemment, le monopole masculin sur les graisses et leur extrême valorisation gus­tative ne sont pas propres aux Mongols (Touraille, 2008 : 305, 312).

      #marmite
      @simplicissimus cet extrait sur la division de genre de la viande chez les Mongoles devrait t’interesser

    • Sur l’ #alcool et le #genre

      Un article de ce numéro traite aussi du « boire » en France. Dans « Le genre de l’ivresse », N. Palierne, L. Gaussot et L. Le Minor, montrent que, contrairement à certains préjugés en vigueur, il n’existe pas de véritable mouvement d’égalisation de la consomma­tion d’alcool entre hommes et femmes au sein des générations les plus jeunes de Poitiers (population étudiante). Les auteurs observent un écart important entre le boire des femmes, qui donne lieu à un important contrôle (corporel et comportemental), et le boire des hommes, davantage lié à l’expression d’une masculinité qui favorise l’ostentation, l’excès, la prise de risque, et, par voie de conséquence, la dépendance alcoolique. La thématique du contrôle nous amène à envisager un autre aspect de la consommation différentielle. Dans les sociétés industrialisées, les femmes ne sont pas l’objet d’interdits alimentaires comme dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs ou dans les sociétés d’agriculteurs et d’éleveurs, présentes et passées. Pourtant, elles expérimentent des pressions sociales dont l’alimentation est aussi l’instrument, et qui ne sont pas moins redoutables : celle du contrôle de leur apparence corporelle, et dans une certaine mesure aussi, celle de leur pensée.

    • Sur la #grossophobie en lien avec le #care

      L’alimentation affecte le corps des individus tant par le biais des pratiques de consommation alimentaire différenciées que par celui de la division sexuelle du travail. S’il ne s’agit plus, ici, de restrictions et de tabous engendrés par le monopole des hommes sur les aliments protéinés, il s’agit cependant, là aussi, de pratiques de restrictions ciblant plus intensément les femmes que les hommes. L’article de S. Carof « Le régime amaigrissant : une pratique inégalitaire », confirme ce qu’une importante littérature a mis depuis longtemps en évidence (Counihan & Kaplan, 1998 ; Beardsworth et al., 2002 ; Gough, 2007) : les femmes se privent plus de manger que les hommes. Elles le font pour suivre l’injonction à réduire les proportions de leurs corps bien au-delà des recommandations médicales de santé. Ce façonnage est, pour certaines, impossible à atteindre biologiquement sans privations alimentaires importantes. Les hommes, de leur côté, manifestent une certaine complaisance pour leur propre masse graisseuse quand celle-ci semble confirmer la puissance « virile » de leur corps. Ce rapport au « gras viril », selon l’expression de G. Lacaze, qui ne s’élève cependant pas à celui des Mongols (mais offre des voies de comparaison), permet aux hommes un rapport moins obsessionnel à la nourriture (Sobal, 2005). L’alimentation représente le moyen principal de cette pression omniprésente à la minceur pour les femmes. Cette pression n’est pas imaginaire : dans certains milieux et dans bien des domaines du travail salarié, la minceur fait partie d’une caractéristique obligée pour les femmes, au même titre que le maquillage par exemple ou le port de talons (S. Carof). L’article « Moi, je ne demande pas à entrer dans une taille 36 » d’O. Lepiller interroge de son côté le recours beaucoup plus important des femmes à la chirurgie bariatrique. L’auteur montre de manière très incisive que l’injonction esthétique n’est plus vraiment opérante pour les femmes de plus de 45 ans qui tombent dans la catégorie médicale de l’obésité. La mise au rebut sexuel des femmes associée au concept de « ménopause » (Delanoë, 2007) et surtout les nouvelles charges de travail qui s’imposent à elles en termes de care sont évoquées pour expliquer le désir des femmes obèses de maîtriser une corpulence devenue incompatible avec le travail du care (Molinier, 2013). La pression du care augmente en effet pour les femmes à partir de cette tranche d’âge avec la prise en charge supplémentaire des membres vieillissants de la famille, ou des petits‑enfants, comme on le voit bien dans l’article de O. Lepiller. Les deux dernières études présentées dans ce dossier permettent de penser le corps des femmes comme dominé par l’alimentation au travers des deux grandes aires d’action du dispositif du genre : la sexualité et le travail (Clair, op. cit.).

    • Sur l’impacte psychologique des privations de #nourriture

      L’alimentation affecte aussi la pensée des individus. L’obnubilation de la nourriture qui tient les femmes est bien soulignée par S. Carof : le fait que les femmes sont amenées en permanence à penser à la nourriture pour contrôler leur corpulence à travers ce qu’elles vont, ou ne vont pas manger, ou de ce que mangent les autres dans le cadre de la division sexuelle du travail (articles de P. Cardon et d’H. Prévost), fonctionne comme une forme de colonisation et de domination de la pensée par l’alimentation. Comme le dit très bien une informatrice de S. Carof, quand on pense à la nourriture, notamment pour ne pas y succomber, on a du mal à se concentrer sur autre chose. Au xviiie siècle en Europe, le pain au chanvre qui plongeait les catégories sociales les plus pauvres dans un état d’hallucination permanent est décrit par l’historien P. Camporesi (1981) comme le moyen trouvé par les élites d’empêcher que les pauvres ne prennent conscience des injustices subies et s’insurgent contre l’ordre social. De même, l’ordre alimentaire genré rend les femmes tellement obsessionnelles de ce qu’elles ont le droit de manger, ou de ce qu’elles ne doivent pas manger, qu’il leur reste peu de temps pour prendre conscience des tenants et des aboutissants de ces normes et pour essayer de s’en libérer. Même si beaucoup de femmes s’autorestreignent et s’autocontrôlent (Germov & Williams, 1996 ; Saint Pol, 2010), et que personne ne leur enlève le pain de la bouche au sens littéral, celles-ci semblent toujours sous le coup d’une instance de jugement alimentaire. Entendre une femme qui s’excuse tout haut devant les autres de manger plus qu’elle ne devrait est la norme en France. Quant à celles qui sortent un tant soit peu du canon attendu (avec de sérieuses différences suivant les classes sociales cependant), les remarques en passant, les conseils alimentaires, ou les interventions nettement désobligeantes en provenance de l’entourage familial (notamment masculin) jalonnent leur vie, comme le rappellent S. Carof et O. Lepiller. Il existe donc bien un véritable rappel à l’ordre de la ligne (corporelle) pour les femmes françaises, qui ne consiste pas seulement en des pressions exercées par des images au travers des médias, mais qui relève aussi d’une contrainte et d’une violence psychologique réelle exercée par le cercle familial et professionnel, exactement comme P. Atse et P. Adon le décrivent pour les femmes akyées si elles ne respectent pas les prérogatives masculines sur certains morceaux de viande, ou comme le décrivent Manirakiza et al. pour les Yaoundéennes qui « osent » manger le gésier de poulet.

    • Sur l’alcoolisme des hommes et le fait qu’il cause plus de dégats sur les femmes et les enfants que sur les hommes...

      L’ordre alimentaire genré favorise presque immanquablement l’apparition d’inégalités de santé entre femmes et hommes. H. Prévost évoque les problèmes des femmes béninoises réassignées aux tâches alimentaires et en proie à la fatigue. P. Cardon évoque les difficultés des femmes atteintes d’un handicap physique qui ne peu­vent pas compter sur leur conjoint pour assumer les tâches culinaires et donc redoublent leurs efforts. P. Atse et P. Adon suggèrent les effets délétères des inégalités alimentaires sur la santé reproductive des femmes chez les Akyé. G. Lacaze évoque une malnutrition avé­rée des femmes mongoles. S. Carof et O. Lepiller rappellent que les régimes engendrent des comportements addictifs envers la nourri­ture. Ils suggèrent que l’injonction qui pèse sur le corps des femmes, associée aux charges de préparation des repas, crée un environne­ment pathogène générant des souffrances physiques et psychiques et favorisant in fine des prises de poids que seules les chirurgies, à un certain point, viennent soulager. Dans d’autres cas, plus rares, ce sont les hommes qui développent une souffrance psychique du fait de leur incompétence culinaire acquise et semblent alors être dominés, plus que bénéficiaires, de la division des rôles dans la préparation des repas (P. Cardon). De même, ce sont les hommes qui sont amenés à développer des problèmes de santé du fait du lien entre consommation d’alcool et construction de la masculinité. L’article « Le genre de l’ivresse » incite à affirmer que les corps et la pensée des hommes sont plus dominés par la boisson que ceux des femmes ne le sont. Prise sous l’angle du genre, la question des conséquences de la dépendance alcoolique sur l’entourage (Fainzang, 1993) enjoint néanmoins à pousser l’analyse en se demandant si les femmes (et les enfants) ne souffrent pas autant, sinon plus, de l’alcoolisme des hommes que les hommes eux‑mêmes.

      #renversionnite #inversion_patriarcale

    • #merci @mad_meg

      l’article de Gaëlle Lacaze (et son résumé)


      Journal des anthropologues
      2015/1 (n° 140-141), pp. 173-191

      Le maigre féminin et le gras viril chez les Mongols‪ | Cairn.info
      https://www.cairn.info/revue-journal-des-anthropologues-2015-1-page-173.htm

      Cet article examine l’influence des relations genrées sur les pratiques alimentaires chez les Mongols darhad. Dans les conceptions alimentaires, les techniques culinaires et les usages de consommation des pasteurs nomades, les inégalités genrées constituent un principe structurant. Néan­moins, chez les Mongols, où adaptabilité et flexibilité sont de rigueur, les inégalités apparaissent à l’observateur moins franches dans les pratiques que dans les discours.



  • http://berth.canalblog.com/archives/2010/05/26/17994551.html

    FN et identitaires : je t’aime moi non plus.
    Ils se sont amusés comme des fous, les #identitaires, à #Poitiers. Installés au sommet du chantier de la future #mosquée, ils avaient, en 2012,déployé une banderole faisant notamment référence à l’an 732, à #Charles_Martel, etc. C’était clair, et pas raciste pour un sou.
    A l’époque, le #FN n’avait pas de mots assez durs pour ces horribles radicaux. Les identitaires ? On ne mange pas de ce pain-là, eux c’est eux, nous c’est nous, et tout ça. Le procès qui s’ouvre vendredi à Poitiers va permettre de montrer à quel point cette indignation était sincère.
    Sur les six prévenus prochainement jugés pour diverses joyeusetés (dégradation, incitation à la haine raciale...), cinq sont, en effet, aujourd’hui au mieux avec le Front National. Benoit Vardon , frère de philippe, conseiller régional FN en Paca, est désormais... prestataire de services pour Nicolas Bay , chef des troupes frontistes à Bruxelles. Damien Rieu vient d’être recasé au service communication de la mairie FN de Beaucaire. Quant à Julien Langella , il s’est, lui, aussi, réfugié au service com’ d’une mairie lepéniste, à Cogolin.
    Les deux derniers sont plus proches du FN que jamais : Arnaud Delrieux et Maxime Frier , propriétaires d’un bar à Lyon - La Traboule, bien connue des patriotes locaux -, se sont affichés, en fevrier, avec 200 frontistes lors d’une fête endiablée. A leurs côtés, deux intimes de la patronne : Frédéric Chatillon et Axel Loustau .
    Pas de doute, la #dédiabolisation est en marche.
    Jérôme Canard.

    La mare aux canards 18/10/2017
    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/10/21/generation-identitaire-poursuivie-pour-l-occupation-de-la-mosquee-de-poitier
    http://www.lautrequotidien.fr/gratuit/2016/9/7/les-nouveaux-masques-de-lextrme-droite-ksxb8
    @lahorde
    http://editionslibertalia.com/catalogue/ceux-d-en-bas/charles-martel-et-la-bataille-de-poitiers


  • #Mosquée de #Poitiers : face aux juges, les militants identitaires se défilent
    https://www.mediapart.fr/journal/france/211017/mosquee-de-poitiers-face-aux-juges-les-militants-identitaires-se-defilent

    Cinq ans après avoir envahi le chantier de la mosquée de Poitiers, cinq militants de #Génération_Identitaire comparaissaient, vendredi, devant le tribunal correctionnel pour « provocation à la haine raciale ou religieuse ». Seul l’un d’entre eux s’est présenté à la barre. Fanfaron sur les réseaux sociaux, Damien Rieu a gardé le silence tout au long de l’audience.

    #France #CCIF #UOIF


  • Répression et résistance à #Poitiers
    https://nantes.indymedia.org/articles/38876

    Appel à la solidarité et à la mobilisation contre le procès du 17 novembre à Poitiers, véritable répression politique visant 9 personnes, pour la plupart des libertaires poitevins, ayant participé à une action collective de 400 personnes pour occuper les voies à la gare de Poitiers, action organisée par l’intersyndicale de Poitiers contre la #loi #travail en mai 2016.

    #luttes #salariales #/ #actions #directes #lutte #loitravail #anti-repression #loi_travail #étudiant-e-s #lycéen-ne-s #mouvement #luttes,salariales,/,actions,directes,lutte,loi,loitravail,anti-repression,travail,loi_travail,étudiant-e-s,lycéen-ne-s,mouvement