city:porto

    • 08.09.2018
      Ventimiglia: migrante travolto da un treno in località La Mortola. E’ vivo. Soccorsi in atto e traffico ferroviario bloccato

      Torna improvvisamente d’attualità la questione migranti a Ventimiglia. Dopo i due che ieri si sono arrampicati nelle rocce di ponte San Luigi, oggi un altro, cercando di varcare il confine è stato travolto da un treno Thello, in località #La_Mortola


      http://www.sanremonews.it/2018/09/08/leggi-notizia/argomenti/cronaca/articolo/ventimiglia-migrante-travolto-da-un-treno-in-localita-la-mortola-e-vivo-

    • 05.12.2018
      Ventimiglia: nuova tragedia dell’immigrazione, giovane rimane folgorato sul tetto di un treno diretto in Francia

      Il migrante si era sistemato sul tetto di un convoglio con la speranza di poter attraversare il confine. Ora è ricoverato in gravissime condizioni al centro grandi ustionati di Pisa.
      Ventimiglia: nuova tragedia dell’immigrazione, giovane rimane folgorato sul tetto di un treno diretto in Francia

      Un altro tentativo di passare il confine di Ventimiglia si è trasformato in tragedia. E’ accaduto ieri sera poco prima della mezzanotte, nei pressi della stazione ferroviaria della città frontaliera.

      Un giovane, del quale al momento non si conoscono le generalità e nemmeno la nazionalità, è salito sul tetto di un treno diretto in Francia ed è entrato in contatto con i cavi dell’alta tensione che alimentano i convogli, rimanendo folgorato.

      E’ subito scattato l’allarme e, sul posto è intervenuto il personale medico del 118, i Vigili del Fuoco, un’ambulanza e gli agenti della Polizia Ferroviaria. Il traffico ferroviario è stato anche momentaneamente sospeso per consentire i soccorsi del giovane immigrato.

      Le cure dei medici sono andate avanti per diversi minuti ed il giovane è sopravvissuto. Le sue condizioni, secondo i primi riscontri medici, sono gravissime ma è stato comunque deciso il trasporto immediato al centro grandi ustionati di Pisa, dove è arrivato in nottata.

      http://www.sanremonews.it/2018/12/05/mobile/leggi-notizia/argomenti/cronaca/articolo/ventimiglia-nuova-tragedia-dellimmigrazione-giovane-rimane-folgorato-sul

    • 07.10.2016
      Frontière italienne : une jeune migrante meurt sur l’autoroute A8

      Une jeune fille faisant partie d’un groupe de migrants qui tentaient de gagner la France depuis Vintimille en Italie est morte percutée par un poids-lourds sur l’autoroute A8 à la frontière franco-italienne. La victime est une Erythréenne de 17 ans, selon le site italien Riviera24.it, qui diffuse des images de l’intervention des secours après l’accident.

      « La victime est une femme à ma connaissance. Quatre autres personnes, des femmes, ont été hospitalisées en état de choc à Bordighera mais ne sont pas blessées », a indiqué la police italienne de Vintimille. Le drame s’est produit « au niveau du tunnel de la Giraude, côté italien, un poids-lourd a percuté un migrant », a-t-on précisé au centre opérationnel de la gendarmerie de Nice.

      Ils prennent tous les risques

      Début septembre, un jeune Africain avait été retrouvé mort sous un viaduc autoroutier près de Menton, dans le même secteur, et une enquête a été ouverte pour déterminer s’il a pu se tuer après avoir paniqué à la vue d’une patrouille de gendarmes et enjambé la glissière de sécurité.

      Vintimille est un cul-de-sac pour les migrants africains en route pour la France. L’Italie, notamment l’ONG catholique Caritas et la Croix-Rouge, continuent d’apporter une aide humanitaire. Les opérations de police se multiplient aussi.

      Les migrants prennent des risques importants pour gagner l’Hexagone, par la montagne, l’autoroute ou le train tout en tentant d’échapper aux contrôles. Plus de 24 000 migrants ont été interpellés depuis janvier dans les Alpes-Maritimes, selon le dernier décompte de la préfecture fin septembre.

      http://www.leparisien.fr/faits-divers/frontiere-italienne-une-jeune-migrante-meurt-sur-l-autoroute-a8-07-10-201

    • C’était 1995...
      #Sospel : un mort, le Gisti seul coupable

      Traverser une frontière pour demander l’asile politique peut, aux termes de la convention de Genève, se faire sans titre de circulation ni de séjour. Ce n’est cependant pas sans risque. Un enfant l’a appris à ses dépens, en 1995 : il est mort sous les balles d’un policier. Accident ? Bavure ? Le policier a été acquitté. Le Gisti, qui avait dénoncé les excès de la surveillance aux frontières, a, lui, été condamné.
      Coups de feu mortels sur des demandeurs d’asile

      Il faisait beau sans doute, et la nuit devait être étoilée sur les Alpes quand, le 20 août 1995 vers 3h30 du matin, quarante-deux Tziganes du Monténégro (l’autre composante, avec la Serbie, de la République fédérale de Yougoslavie), dont dix-huit mineurs, franchissent la frontière franco-italienne dans quatre véhicules.

      Échappés d’une guerre que les accords de Dayton gèleront seulement dans quelques mois, enfin à l’abri de la ségrégation et des mauvais traitements qui frappent les Tziganes dans leur pays, peut-être goûtaient-ils les charmes d’une paisible nuit estivale de montagne. En faction sur le bord de la petite route sinueuse, près du col de Brouis, à une dizaine de kilomètres de l’Italie, deux policiers de la Direction centrale du contrôle de l’immigration et de la lutte contre l’emploi clandestin (Diccilec, ex-Police de l’air et des frontières) veillent. Les deux premiers véhicules des Tziganes — un Combi Volkswagen immatriculé aux Pays-Bas suivi d’une Passat immatriculée en ex-Yougoslavie — défilent devant les policiers sans s’arrêter. Le sous-brigadier Christian Carenco tire alors trois coups de son fusil à pompe sur l’arrière de la voiture. L’enquête établira qu’il fait feu « à environ 1,80 mètre de la Passat ». Une balle en caoutchouc d’abord, puis deux balles Brennecke utilisées pour la chasse aux sangliers. Ça doit encore sentir la poudre quand les deux derniers véhicules du convoi passent à leur tour sans être interceptés.

      Au petit matin, le médecin de Sospel, petite commune des environs, avertit la gendarmerie qu’on lui a amené un enfant ensanglanté. Il est mort de ses blessures. Todor Bogdanovic avait sept ans. Il dormait à l’arrière de la voiture visée.

      Sans un mot de regret, le préfet explique aussitôt que « le département [des Alpes-Maritimes] est un lieu de passage très fréquenté par les clandestins. Depuis le début de l’année, les policiers ont arrêté 120 passeurs, alors que 8 664 personnes en situation irrégulière, toutes nationalités confondues, ont été reconduites à la frontière ». Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes policiers. Ce que confirme le ministre de la justice de l’époque, Jacques Toubon, pour lequel le tir au fusil à pompe sur les Tziganes est « un travail qui a été fait par les policiers normalement ». Todor Bogdanovic a eu ce qu’il méritait.

      Tel n’est pas l’avis du Gisti. Au risque calculé de troubler la quiétude estivale, il ne peut tolérer que la mort du petit Todor passe inaperçue.

      Dès le 21 août, il publie un communiqué dans lequel il observe qu’à en croire les pouvoirs publics, « il paraît presque normal d’ouvrir le feu sur toute voiture qui ne s’arrêterait pas à l’occasion d’un contrôle ». « Assisterions-nous, en cette circonstance, s’interroge le Gisti, à l’éclosion d’une nouvelle pratique administrative autorisant parfois la DICCILEC et la police en général à abattre les étrangers supposés clandestins quand il ne se prêtent pas docilement à leur interpellation ? »

      Après avoir dénoncé les « trésors d’imagination » dépensés, de façon générale, par les douaniers, les policiers et les préfectures « pour éviter d’enregistrer les demandes d’asile présentées par des arrivants démunis de papiers » et observé que « la France compte moins de 20 000 exilés d’ex-Yougoslavie sur son territoire, alors que l’Allemagne en accueille plus de 350 000 », le Gisti se demande, pour finir : « La France ne fait-elle pas le jeu du gouvernement serbe en plaçant des snippers [sic] sur la route de leur exil ? ».

      Dans les heures qui suivent le drame, les Tziganes de Sospel manifestent la volonté de demander l’asile à la France.

      Ceci n’empêche pas l’administration de notifier des arrêtés de reconduite à la frontière (APRF) aux dix-huit adultes du groupe en invitant simplement l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) à examiner en urgence leur requête du statut de réfugié. Avec complaisance, l’Office se met au travail.

      Avant même d’avoir communiqué sa décision aux intéressés, le directeur de l’OFPRA fait savoir au tribunal administratif de Nice, qui s’en prévaut le 24 août pour refuser d’annuler les APRF, que les demandes d’asile seront rejetées, notamment parce que les Tziganes ne sont pas bosniaques mais serbes et que le Sandzac — leur région d’origine — ne serait pas affecté par la guerre. La belle affaire !

      Le Gisti n’a pas beaucoup de mal à retrouver un document tout frais (31 janvier 1995) du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), selon lequel « la situation des Musulmans du Sandzak n’a cessé de se détériorer au cours des six derniers mois [...]. Des rapports font état de torture », précise-t-il, avant de conclure que « le HCR continue de penser que l’éligibilité des demandeurs d’asile originaires du Kosovo et du Sandzak doit être évaluée au cas par cas » et qu’il y a « impérative nécessité » à procéder à « un examen très attentif des demandes individuelles au cours d’une procédure complète et équitable ».

      L’OFPRA n’en a que faire, pas plus que d’autres rapports, articles et témoignages édifiants que le Gisti se procure en quelques heures de recherches [1]. Les demandes d’asile sont rejetées, et les Tziganes refoulés en Italie. Le 26 août, le Gisti s’insurge contre cette exécution administrative dans un communique intitulé « Tous les dés étaient pipés », tandis que l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (ANAFÉ) constate « Un mort et dix-huit reconduits à la frontière : la dérive de la politique d’immigration ».

      De toute évidence, nous avons eu raison trop tôt puisque, le 2 juin 1997, le Conseil d’état annulera à la fois les APRF pour excès de pouvoir et le jugement du tribunal administratif de Nice.

      Sur le plan pénal, après une enquête menée par l’Inspection générale de la police nationale, le parquet a ouvert une information judiciaire qui a abouti, dès le 21 août 1995, à la mise en examen de Christian Carenco pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

      Juste après les faits, le procureur de la République adjoint de Nice avait déclaré : « on ne peut pas accréditer la thèse de la légitime défense sans réserve. Il y a présomption d’utilisation d’une arme à feu dans des conditions qui peuvent paraître anormales... D’après les premiers éléments de l’enquête de l’IGPN, il semble qu’il y a eu des coups de feu intempestifs ».

      Mais, six mois plus tard, le juge d’instruction conclut à un non-lieu. Saisie en appel, la chambre d’accusation d’Aix-en-Provence renvoie, quant à elle, le 18 décembre 1997, le policier devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes, tout en déclarant irrecevables les constitutions de parties civiles de la Cimade, de France Terre d’asile, de la Ligue des droits de l’homme et du Gisti, qui entendaient ainsi éviter l’enterrement de l’affaire [2].

      Christian Carenco s’étant pourvu en cassation contre son renvoi devant la cour d’assises, les associations ont également formé un pourvoi. Ces pourvois ont été rejetés par la Cour de cassation et l’affaire a été renvoyée devant la Cour d’assises.
      Plainte pour diffamation contre le Gisti

      Quant au Gisti, dont des extraits du communiqué ont été repris par l’Agence France Presse, il est poursuivi en diffamation. Le ministre de l’intérieur a, en effet, déposé plainte, le 5 septembre 1995, contre la présidente, responsable ès-qualités, pour diffamation publique envers une administration publique, estimant que les propos reproduits par l’AFP contiennent des allégations portant atteinte à l’honneur et à la considération de la police nationale.

      L’affaire vient devant la 17e Chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, le 2 mai 1997. Henri Leclerc assure la défense de Danièle Lochak. Alfred Grosser est cité comme témoin.

      L’audience est l’occasion de refaire le procès de Sospel, mais aussi, de façon plus inattendue, d’entendre célébrer les louanges du Gisti, y compris par le représentant du ministère public, qui rend hommage au travail accompli par l’association, utile et nécessaire car civique, et qui reconnaît sa légitimité à intervenir dans cette histoire dramatique qu’on ne peut pas considérer comme un incident sans gravité.

      Le jugement reprend à son compte ces éloges : « le Gisti mène, pour la défense des droits de l’homme, une action salutaire et reconnue par tous et le soutien que cette association apporte particulièrement aux travailleurs immigrés et aux réfugiés est d’autant plus méritoire qu’il s’effectue, de nos jours, dans un climat politique et social difficile ».

      Le tribunal n’en estime pas moins que le délit de diffamation est constitué — par l’emploi des termes « purification ethnique » et « snipper » — et condamne la présidente du Gisti à 5 000 F d’amende.

      Les arguments de la défense n’ont donc pas été entendus. Ils consistaient, pour l’essentiel, à soutenir :

      que la police n’était mise en cause qu’indirectement par le communiqué, en tant qu’instrument d’une politique gouvernementale critiquable, de sorte que ses membres ne pouvaient se sentir diffamés ;

      que le caractère particulièrement dramatique et révoltant de l’affaire justifiait, de la part d’une organisation qui défend les droits de l’homme et entend alerter l’opinion publique lorsqu’ils sont violés, une expression particulièrement véhémente de son indignation ;

      que les poursuites reposaient sur un texte dont on pouvait se demander s’il était conforme à l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme qui n’admet de limites à la liberté d’expression que lorsque celles-ci sont nécessaires, dans une société démocratique, à la protection de la sécurité nationale, à la défense de l’ordre, ou à la réputation d’autrui.

      L’affaire est venue en appel devant la 11e Chambre des appels correctionnels en novembre 1997. La cour a confirmé le jugement de première instance mais a considéré « qu’eu égard aux circonstances de l’espèce il convient de faire une application particulièrement modérée de la loi » : elle a donc condamné la présidente du Gisti à 1 000 F d’amende avec sursis.

      https://www.gisti.org/spip.php?article3477

    • Ventimiglia, cadavere recuperato in mare vicino al porto: è di un migrante

      Ventimiglia. Il corpo senza vita di un migrante, probabilmente di origine nordafricana, è stato recuperato ieri pomeriggio dalla Capitaneria di Porto sulla parte esterna della diga foranea del costruendo porto di Ventimiglia. Il cadavere si trovava incagliato tra gli scogli a circa 3 metri di profondità.

      Il migrante, di cui al momento non si conosce ancora l’identità, sarebbe morto annegato, probabilmente dopo una caduta dalla diga. Al momento è esclusa l’ipotesi di morte violenta. Sulla base di una prima ispezione del corpo, compiuta ieri dal medico legale, il pm ha infatti liberato la salma, ritenendo più probabile che il migrante sia scivolato in acqua accidentalmente.

      A dare l’allarme è stato il bagnino di un vicino stabilimento balneare che, a bordo di una piccola imbarcazione, ha avvistato il corpo sul fondale intorno alle 13 di ieri e avvertito la capitaneria. Quando il cadavere è stato recuperato, era ancora in rigor mortis: segno che il decesso era avvenuto da poco tempo. La vittima indossava ancora i vestiti, ma non aveva documenti. Il corpo si trova ora all’obitorio di Bordighera.

      https://www.riviera24.it/2018/09/ventimiglia-cadavere-recuperato-in-mare-vicino-al-porto-e-di-un-migrante-5

  • Italie : La capitaine Pia Klemp menacée de 20 ans de prison - Secours Rouge
    https://secoursrouge.org/Italie-La-capitaine-Pia-Klemp-menacee-de-20-ans-de-prison


    Pia Klemp

    Pia Klemp a participé au sauvetage de réfugiés dans la méditerranée avec l’association Sea-Watch. Elle est maintenant accusée par la justice italienne d’aide à l’immigration illégale. Le parquet exige une peine de prison de 20 ans. Pour ses investigations, le parquet a eu recourt à des écoutes téléphoniques et à des agents infiltrés. Dans le cadre de ses six missions en tant que capitaine des bateaux de sauvetage Sea-Watch 3 et Iuventa, Pia Klemp dit avoir pu sauver les vies de 5000 personnes.

    • German boat captain Pia Klemp faces prison in Italy for migrant rescues

      Pia Klemp stands accused of aiding illegal immigration after she saved people from drowning in the Mediterranean. The Bonn native has accused Italian authorities of organizing “a show trial.”

      Nearly 60,000 people had signed a petition by Saturday afternoon demanding that Italy drop criminal proceedings against German boat captain Pia Klemp and other crew members who have rescued thousands of migrants in the Mediterranean Sea.

      In an interview with the Basler Zeitung daily on Friday, Klemp said that a trial against her was due to begin soon after she and some of her compatriots were charged in Sicily with assisting in illegal immigration.

      She said that she was told by her Italian lawyer that she could be looking at “up to 20 years in prison and horrendous fines.”

      Klemp added, however, that she intended to fight the case up to the European Court of Human Rights in Strasbourg, France, if she had to.

      The 35-year-old Bonn native has been under investigation in Italy since her ship, the Iuventa, was impounded in the summer of 2017, and the government has moved to ban her from sailing around the Italian coast. According to German public broadcaster WDR, through the work on that ship and the Sea-Watch 3, Klemp has personally assisted in the rescue of more than 1,000 people at risk of drowning in unsafe dinghies as they attempted to cross to Europe in search of a better life.

      Read more: Italy’s Matteo Salvini wants hefty fines for migrant rescue vessels

      Salvini’s crackdown

      An already immigrant-unfriendly government in Rome became even more so in June 2018, when newly appointed Interior Minister and Deputy Prime Minister Matteo Salvini of the far-right League party promised a crackdown the likes of which modern Italy had never seen.

      Since assuming office, Salvini has sought to put a stop to migrant rescue ships docking on Italian shores and allowing refugees to disembark. In January, the nationalist leader made headlines with the forced evacuation of hundreds of asylum-seekers from Italy’s second-largest refugee center and his refusal to clarify where the people, many of whom had lived in Castelnuovo di Porto for years and become integrated into town life, were being taken.

      Shortly thereafter, Sicilian prosecutors ruled that Salvini could be charged with kidnapping more than 177 migrants left stranded on a ship he had ordered impounded.

      ’A yearslong show trial’

      What frustrates Klemp the most, she told the Basler Zeitung, is that the costs — amounting to hundreds of thousands of euros — that she has had to prepare to cover from her own savings and some new donations “for what is likely to be a yearslong show trial” require money that could have been spent on rescue missions.

      “But the worst has already come to pass,” she said. “Sea rescue missions have been criminalized.”

      For this, the captain blames not only the Italian government but what she sees as a failure of the European Union “to remember its avowed values: human rights, the right to life, to apply for asylum, and the duty of seafarers to rescue those in danger at sea.”

      Klemp added that “demagogues” such as Salvini, former Austrian Chancellor Sebastian Kurz and German Interior Minister Horst Seehofer were effectively allowing thousands to perish in the Mediterranean each year.

      She pushed back at criticism that rescue missions encouraged more people to attempt the highly dangerous crossing. “There are scientific studies that disprove the idea that sea rescues are a so-called pull factor,” she said. “The people come because, unfortunately, there are so many reasons to flee.” And if countries close their borders, “they come via the Mediterranean because there is no legal way to get here,” she added.

      To cover her potentially exorbitant legal costs, a bar in Bonn has announced a fundraising campaign to help Klemp. Cafe Bla has announced that for every patron who orders the “Pia beer,” 50 euro cents will be donated to their former waitress.


      https://www.dw.com/en/german-boat-captain-pia-klemp-faces-prison-in-italy-for-migrant-rescues/a-49112348?maca=en-Twitter-sharing

    • Mobilisation pour la capitaine d’un navire humanitaire

      L’ancienne capitaine du « #Iuventa », immobilisé depuis 2017, encourt vingt ans de prison en Italie. Accusée de complicité avec les passeurs, elle affirme n’avoir fait que respecter le droit international, qui impose de porter secours à toute personne en détresse.

      https://www.liberation.fr/planete/2019/06/11/mobilisation-pour-la-capitaine-d-un-navire-humanitaire_1732973

    • I Helped Save Thousands of Migrants from Drowning. Now I’m Facing 20 Years in Jail | Opinion

      In today’s Europe, people can be sentenced to prison for saving a migrant’s life. In the summer of 2017, I was the captain of the rescue ship Iuventa. I steered our ship through international waters along the Libyan coastline, where thousands of migrants drifted in overcrowded, unseaworthy dinghies, having risked their lives in search of safety. The Iuventa crew rescued over 14,000 people. Today, I and nine other members of the crew face up to twenty years in prison for having rescued those people and brought them to Europe. We are not alone. The criminalization of solidarity across Europe, at sea and on land, has demonstrated the lengths to which the European Union will go to make migrants’ lives expendable.

      Two years ago, Europe made renewed efforts to seal the Mediterranean migrant route by draining it of its own rescue assets and outsourcing migration control to the so-called “Libyan Coast Guard”, comprised of former militia members equipped by the EU and instructed to intercept and return all migrants braving the crossing to Europe. NGO ships like the Iuventa provided one of the last remaining lifelines for migrants seeking safety in Europe by sea. For European authorities, we were a critical hurdle to be overcome in their war against migration.

      In August 2017, the Iuventa was seized by the Italian authorities and the crew was investigated for “aiding and abetting illegal immigration.” Thus began an ongoing spate of judicial investigations into the operation of search and rescue vessels. Sailors like myself, who had rallied to the civil fleet when it seemed no European authority cared people were drowning at sea, were branded as criminals. The ensuing media and political campaign against us has gradually succeeded in removing almost all NGOs from the central Mediterranean, leaving migrants braving the sea crossing with little chance of survival.

      We sea-rescuers have been criminalized not only for what we do but for what we have witnessed. We have seen people jump overboard their frail dinghies on sighting the so-called Libyan Coast Guard, preferring death at sea over return to the slavery, torture, rape and starvation that awaits them in EU-funded Libyan detention centers. We have also seen what becomes of those who are found too late. For days, I steered our ship through international waters with a dead two-year-old boy in the freezer. No European country had wanted to save him when they had the chance. His mother lived, and after days of drifting in wait of an open port, our ship brought her to Europe—when it no longer mattered to her. We rescuers know that those who drown at Europe’s doorstep are not unlucky casualties of the elements. The transformation of the Mediterranean into a mass grave for migrants is a European political project.

      Over the past year, Italy’s interior minister Matteo Salvini has provided a useful alibi for centrist European political forces–those avowedly committed to “European values” of human rights. His persistent targeting of rescue NGOs and his decision to seal Italian ports to ships carrying rescued migrants has seen him cast as the “rotten egg” of an otherwise largely liberal European Union. But Matteo Salvini is neither the architect of Fortress Europe, nor its sole gatekeeper.

      Alongside Italy’s ostentatious prosecution of sea rescuers, other European nations have adopted shrewder, subtler tactics, revoking their flags or miring ships’ crews in unnecessary and lengthy bureaucratic procedures. When Salvini sealed Italian ports, other member states expressed righteous indignation—but not one of them offered its own ports as havens for later rescues. One of two remaining rescue ships, Sea-Watch 3, has since spent weeks motoring along the European coast line with hundreds of refugees on board, pleading for an open port, only to find that their “cargo” was not wanted anywhere in Europe.

      In the coming months, as the conflict in Libya intensifies, thousands more will be forced to brave the sea crossing. I know from experience that without rescue, the majority of them will die. Common sense tells me that with humanitarian vessels barred from saving lives and European commercial and military and Coast Guard ships instructed to avoid migrant routes, their chances of rescue are shrinking. I suspect European leaders share my common sense.

      Meanwhile, we sea rescuers are not alone in facing charges for “crimes of solidarity.” On land across Europe, hundreds of men and women stand trial for having offered food, shelter or clothing to migrants. Among us are countless migrants criminalized for having helped other migrants in need, whose faces will likely not appear in esteemed publications.

      None of us has been prosecuted for helping white Europeans. The simple truth is that in intimidating and punishing those of us who have offered their solidarity to migrants, Europe has worked systematically and with precision to segregate, humiliate and isolate its weakest members—if not based on race and ethnicity de jure, then certainly de facto.

      None of us facing charges for solidarity is a villain, but neither are we heroes. If it is alarming that acts of basic human decency are now criminalized, it is no less telling that we have sometimes been lauded by well-intentioned supporters as saints. But those of us who have stood in solidarity with migrants have not acted out of some exceptional reserve of bravery or selfless compassion for others. We acted in the knowledge that the way our rulers treat migrants offers a clue about how they would treat the rest of us if they thought they could get away with it. Politicians who target, scapegoat and exploit migrants, do so to shore up a violent, unequal world—a world in which we, too, have to live and by which we, too, may be disempowered.

      The criminalization of solidarity today is not only about stripping Europe’s most precarious of their means of survival. It is also an effort at foreclosing the forms of political organization that alliances between Europeans and migrants might engender; of barring the realization that in today’s Europe of rising xenophobia, racism, homophobia and austerity, the things that migrants seek—safety, comfort, dignity—are increasingly foreclosed to us Europeans as well.

      And in hounding migrants and those standing in solidarity with them, Europe is not only waging a brutal battle of suppression. It is also belying its fear of what might happen if we Europeans and migrants made common cause against Fortress Europe, and expose it for what it is: a system that would pick us off one by one, European and migrant alike, robbing each of us in turn of our freedoms, security and rights. We should show them that they are right to be afraid.

      Captain Pia Klemp is a vegan nature-lover, animal-rights and human-rights activist. Before joining search and rescue missions, Captain Pia Klemp was an activist for maritime conservation with Sea-Shepherd. Chloe Haralambous, a researcher and fellow rescue crew member, contributed to this op-ed.

      The views expressed in this article are the author’s own.​​​​​

      https://www.newsweek.com/refugees-mediterranean-sea-rescue-criminalization-solidarity-1444618

  • Arrivée de l’aide humanitaire aux frontières du Venezuela

    Refuerzan presencia militar en la frontera venezolana con Brasil
    http://www.el-nacional.com/noticias/mundo/refuerzan-presencia-militar-frontera-venezolana-con-brasil_270078

    Ángel Medina, diputado a la Asamblea Nacional, informó este viernes que reforzaron la presencia militar en la frontera venezolana con Brasil.

    Detalló que los funcionarios se encuentran en la vía de Santa Elena de Uairen, ciudad fronteriza en el estado Bolívar, hacia Brasil.

    Además, denunció que los efectivos limitan el tránsito y realizan revisiones exhaustivas a los vehículos con el fin de saber si trasladan insumos parte de la ayuda humanitaria.

    Juan Guaidó, presidente interino y de la Asamblea Nacional, el pasado sábado informó que en los próximos días llegará la ayuda humanitaria a los tres centros de acopio: Cúcuta, Brasil y una isla del Caribe no identificada.

    Este jueves arribó dos containers de cincuenta toneladas y seis camiones con alimentos y medicinas al puente Las Tienditas. Guaidó dijo previamente que la primera etapa estará destinada a las personas en riesgo de muerte.

    Les points d’entrée
    • terrestres (identifiés) : El Nacional indique que 4000 vénézuéliens ont franchi la frontière pour prendre un repas à Cúcuta
    • maritime (non identifié) : les classiques (pour la contrebande) Trinidad et Antilles néerlandaises – j’ai mis Aruba, la plus proche (État autonome du Royaume des Pays-Bas,…) et sans doute une base arrière à Porto-Rico

    EDIT : peut-être, au Venezuela, l’île Margarita,…

    • L’aide humanitaire américaine toujours bloquée à la frontière entre la Colombie et le Venezuela
      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/02/08/l-aide-humanitaire-etats-unienne-toujours-bloquee-a-la-frontiere-entre-la-co


      L’aide états-unienne afflue en réponse à l’appel à l’aide du chef du Parlement, l’opposant Juan Guaido, qui s’est autoproclamé président par intérim du Venezuela.
      RAUL ARBOLEDA / AFP

      La manière dont ce convoi traversera la frontière reste un mystère. Car on ignore quelle sera la réaction de l’armée vénézuélienne.
      […]
      « Le Venezuela ne va pas tolérer le show de la prétendue aide humanitaire, car nous ne sommes les mendiants de personne », a prévenu le président Maduro lors d’une conférence de presse vendredi.

      Chargements entreposés en Colombie ou au Brésil
      En Colombie, le chargement a été réceptionné par l’Unité nationale de gestion des risques de catastrophes (UNGRD), l’organisme officiel colombien chargé des secours, qui a précisé dans un communiqué qu’il se limitait à recevoir l’aide et à l’entreposer à Cucuta. Au cours des « prochains jours », a ajouté l’UNGRD, arriveront d’autres chargements.

      A ceux-là doivent s’ajouter ceux qui seront stockés au Brésil et dans une île des Caraïbes à déterminer, selon Juan Guaido.
      La manière dont cette aide humanitaire traversera la frontière et sera distribuée reste un mystère. Car on ignore quelle sera la réaction de l’armée vénézuélienne.

      Au même moment et malgré la profonde crise que traverse le pays, un navire de l’armée vénézuélienne est arrivé vendredi matin à La Havane pour livrer 100 tonnes d’aide humanitaire à Cuba, récemment frappé par une tornade qui a fait six morts et 200 blessés.

    • C’est bien dans les Antilles néerlandaises que se trouve le point d’entrée maritime.

      En attendant un nouveau en Colombie.

      Guaidó informó que se abrirá otro centro de acopio en Colombia
      http://www.el-nacional.com/noticias/politica/guaido-informo-que-abrira-otro-centro-acopio-colombia_270239
      http://en-

      Juan Guaidó, presidente interino de Venezuela, anunció este domingo que en los próximos días se instalarán otros dos centros de acopio para recibir la ayuda humanitaria para los venezolanos. En Colombia, donde ya se instaló el centro de acopio Las Tienditras, se abrirá otro.
      […]
      El presidente interino aseguró que se mantienen en contacto con el gobierno de Holanda para habilitar el centro de acopio en el Caribe.

      Estamos terminando de cerrar con el gobierno de Holanda el centro de acopio en el Caribe. Y habrá un cuarto punto en otro lugar de Colombia.

      Asimismo, Guaidó informó que para la marcha de este 12 de febrero habrá cinco puntos de salida que serán anunciados esta noche. Asimismo, comentó que el punto de llegada fue propuesto por el movimiento estudiantil.

    • La pression monte pour faire entre l’aide humanitaire… en attendant la marche annoncée pour le 12 février ;

      Médicos se concentran en Las Tienditas para exigir ayuda humanitaria
      http://www.el-nacional.com/noticias/sociedad/medicos-concentran-las-tienditas-para-exigir-ayuda-humanitaria_270252

      José Luis Mateo, un doctor que forma parte de la ONG Médicos Unidos, aseguró que Nicolás Maduro no permite el ingreso de los insumos por miedo a perder el control de los ciudadanos

      Maiquetía, au bord de la mer, est la commune (parroquia) où est situé l’aéroport international de Caracas (à 900 mètres d’altitude, environ 30 km de Maiquetía)
      Guaidó llegó a Maiquetía
      http://www.el-nacional.com/noticias/politica/guaido-llego-maiquetia_270254

      El presidente interino de Venezuela, Juan Guaidó, llegó este domingo al sector Montesano en Maiquetía, estado Vargas.

      El también presidente de la Asamblea Nacional asistió, en horas de la mañana, a una «misa para pedir por la libertad del país», en la iglesia Nuestra Señora de Guadalupe en Las Mercedes, en la que también se llevó a cabo un «Gran rosario por Venezuela».

      El político estuvo acompañado de su familia y por cientos de feligreses. 

      Al terminarse la actividad, el presidente interino declaró a los medios de comunicación sobre el tema de la ayuda humanitaria en el país.

      «La ayuda está en los centros de acopio y esperamos que en los próximos días tengamos el primer avance de ingreso de la ayuda humanitaria», dijo Guaidó.

  • Lorient. Ryanair plie bagage sans prévenir l’aéroport
    https://www.letelegramme.fr/economie/lorient-ryanair-plie-bagage-sans-prevenir-l-aeroport-14-12-2018-1216219

    Après trois ans de présence à l’aéroport de Bretagne-sud, à Lorient, Ryanair a confirmé, ce vendredi matin, l’abandon de la ligne Lorient-Porto et la fin de ses activités dans le Morbihan.


    . . . . .
    Le contrat entre la compagnie irlandaise et l’aéroport est arrivé à échéance en novembre et les parties ne sont pas parvenues à un accord. « Ryanair avait trop d’exigences en termes de soutien financier. La ligne était déjà fortement aidée par les collectivités locales », explique Paul de Geyer d’Orth.
    . . . . .

    #ryanair #dégage #racket #subvention #pognon_de_dingue

  • ryanair licencie six employés photographiés en train de dormir par terre Belga - 7 Novembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_ryanair-licencie-six-employes-photographies-en-train-de-dormir-au-sol?id

    La compagnie aérienne Ryanair a licencié six membres de son personnel pour une photographie les montrant en train de dormir sur le sol de la chambre d’équipage d’un aéroport à Malaga. Pour la société irlandaise, il s’agit d’une mise en scène destinée à étayer une plainte non fondée.

    Les six membres d’équipage qui étaient basés à Porto au nord du Portugal, ont été remerciés ce lundi pour « rupture de contrat à la suite d’un écart de conduite grossier », a fait savoir Ryanair mercredi dans un communiqué.

    La compagnie a ajouté que le groupe avait mis en scène « une fausse photo pour appuyer la plainte erronée qu’ils étaient contraints de dormir sur le sol de la salle d’équipage de Malaga ».

    Leur action a terni leur réputation d’employé et a causé une « rupture de confiance définitive » avec la compagnie à bas coûts.


    La compagnie a ajouté que le groupe avait mis en scène « une fausse photo pour appuyer la plainte erronée qu’ils étaient contraints de dormir sur le sol de la salle d’équipage de Malaga ». - © TWITTER

    Un geste de protestation contre les conditions du personnel selon un syndicat
    Après la publication de la photo sur les réseaux sociaux le mois dernier, Ryanair avait diffusé un enregistrement de la caméra de sécurité de la pièce, qui montrait les membres d’équipage assis sur des chaises avant que quelques-uns n’aillent se coucher pour prendre la pose.

    Le syndicat portugais SNPVAC, qui défend les membres licenciés, avait indiqué que la photo constituait un geste de protestation contre les conditions que le personnel de cabine endurait après être retenu en Espagne en raison des conditions météorologiques.

    Aucune chambre d’hôtel n’a été mise à disposition du personnel, qui a été laissé sans l’équipement minimum légal pour un logement décent, sans aucun accès adéquat à de la nourriture et avec une possibilité de s’asseoir pour un tiers d’entre eux seulement, a argumenté le syndicat. Il a insisté pour dire que la position de Ryanair dénonçant une mise en scène relevait elle-même de la « fake news ».

    #ryanair #guerre_aux_pauvres #esclavage

  • Brazilian media report that police are entering university classrooms to interrogate professors

    In advance of this Sunday’s second-round presidential election between far-right politician Jair #Bolsonaro and center-left candidate Fernando Haddad, Brazilian media are reporting that Brazilian police have been staging raids, at times without warrants, in universities across the country this week. In these raids, police have been questioning professors and confiscating materials belonging to students and professors.

    The raids are part a supposed attempt to stop illegal electoral advertising. Brazilian election law prohibits electoral publicity in public spaces. However, many of the confiscated materials do not mention candidates. Among such confiscated materials are a flag for the Universidade Federal Fluminense reading “UFF School of Law - Anti-Fascist” and flyers titled “Manifest in Defense of Democracy and Public Universities.”

    For those worrying about Brazilian democracy, these raids are some of the most troubling signs yet of the problems the country faces. They indicate the extremes of Brazilian political polarization: Anti-fascist and pro-democracy speech is now interpreted as illegal advertising in favor of one candidate (Fernando Haddad) and against another (Jair Bolsonaro). In the long run, the politicization of these two terms will hurt support for the idea of democracy, and bolster support for the idea of fascism.

    In the short run, the raids have even more troublesome implications. Warrantless police raids in university classrooms to monitor professor speech have worrisome echoes of Brazil’s 1964-1985 military regime — particularly when the speech the raids are seeking to stop is not actually illegal.

    Perhaps the most concerning point of all is that these raids are happening before Bolsonaro takes office. They have often been initiated by complaints from Bolsonaro supporters. All of this suggests that if Bolsonaro wins the election — as is widely expected — and seeks to suppress the speech of his opponents, whom he has called “red [i.e., Communist] criminals,” he may have plenty of willing helpers.

    https://www.vox.com/mischiefs-of-faction/2018/10/26/18029696/brazilian-police-interrogate-professors
    #université #extrême_droite #Brésil #police #it_has_begun
    Je crois que je vais commencer à utiliser un nouveau tag, qui est aussi le nom d’un réseau : #scholars_at_risk

    • Brésil : à peine élu, Jair Bolsonaro commence la chasse aux opposants de gauche

      Les universités dans le viseur

      Enfin, toujours pour lutter contre l’opposition à gauche, Jair Bolsonaro entend faire pression sur les professeurs d’université qui parleraient de politique pendant leurs cours.

      Le président élu a récemment scandalisé une partie du monde éducatif en accusant des professeurs, cités avec leurs noms et prénoms, de défendre les régimes de Cuba et de Corée du Nord devant leurs élèves, dans une vidéo diffusée sur Internet.

      Et pour y remédier, il compte installer des pancartes devant les salles de cours pour appeler les étudiants à dénoncer leurs professeurs par le biais d’une « hotline » téléphonique dédiée à la question.

      https://www.bfmtv.com/international/bresil-a-peine-elu-jair-bolsonaro-commence-la-chasse-aux-opposants-de-gauche-

    • Au Brésil, vague de répression dans les universités à la veille du second tour

      Quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle brésilienne, qui voit s’affronter le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro et le candidat du Parti des travailleurs (PT) Fernando Haddad, les campus universitaires du pays ont fait face à une vague inédite de répression de la liberté d’expression. Jeudi 25 octobre, la police a investi 27 universités, à la demande des tribunaux électoraux, dont les juges sont chargés de faire respecter les règles de communication et de propagande électorales des partis en lice. Les forces de police étaient à la recherche de supposé matériel de propagande électorale illégale. En fait, ces opérations ont visé des banderoles antifascistes, de soutien à la démocratie, un manifeste en soutien à l’université publique, des débats et des cours sur la dictature, la démocratie et les « fakes news » – ces mensonges ayant été largement diffusés pendant la campagne, en particulier par l’extrême-droite… [1]

      À Rio, une juge a ainsi fait enlever une banderole du fronton du bâtiment de la faculté de droit de l’université fédérale Fluminense (UFF), sur laquelle était inscrit, autour du symbole antifasciste du double drapeau rouge et noir, « Droit UFF antifasciste ». À l’université de l’État de Rio, les agents électoraux ont retiré une banderole en hommage à Marielle Franco, l’élue municipale du parti de gauche PSOL assassinée en pleine rue en mars dernier.

      220 000 messages de haine en quatre jours contre une journaliste

      Dans une université du Pará, quatre policiers militaires sont entrés sur le campus pour interroger un professeur sur « son idéologie ». L’enseignant avait abordé la question des fake news dans un cours sur les médias numériques. Une étudiante s’en est sentie offensée, alléguant une « doctrine marxiste », et l’a dit à son père, policier militaire. Une enquête du journal la Folha de São Paulo a pourtant révélé mi-octobre que des entreprises qui soutiennent le candidat d’extrême droite avaient acheté les services d’entreprises de communication pour faire envoyer en masse des fausses nouvelles anti-Parti des travailleurs directement sur les numéros whatsapp – une plateforme de messagerie en ligne – des Brésiliens. L’auteure de l’enquête, la journaliste Patricia Campos Melo, et le quotidien de São Paulo, ont ensuite reçu 220 000 messages de haine en quatre jours ! [2] Le journal a demandé à la police fédérale de lancer une enquête.

      Mais ce sont des conférences et des débats sur la dictature militaire et le fascisme qui ont pour l’instant été interdits. C’est le cas d’un débat public intitulé « Contre la fascisme, pour la démocratie », qui devait avoir lieu à l’université fédérale de Rio Grande do Sul (la région de Porto Alegre). Devaient y participer l’ex-candidat du parti de gauche PSOL au premier tour de la présidentielle, Guilherme Boulos, un ancien ministre issu du Parti des travailleurs, des députés fédéraux du PT et du PSOL. « J’ai donné des cours et des conférences dans des universités en France, en Angleterre, au Portugal, en Espagne, en Allemagne, en Argentine, et ici, même pendant la dictature. Aujourd’hui, je suis censuré dans l’État, le Rio Grande do Sul, que j’ai moi-même gouverné. Le fascisme grandit », a réagi l’un des députés, Tarso Genro, sur twitter.

      Une banderole « moins d’armes, plus de livres » jugée illégale

      Dans le Paraíba, les agents du tribunal électoral se sont introduits dans l’université pour retirer une banderole où était simplement inscrit « moins d’armes, plus de livres ». « Cette opération de la justice électorale dans les universités du pays pour saisir du matériel en défense de la démocratie et contre le fascisme est absurde. Cela rappelle les temps sombres de la censure et de l’invasion des facultés », a écrit Guilherme Boulos, le leader du PSOL, sur twitter, ajoutant : « Le parti de la justice a formé une coalition avec le PSL », le parti de Bolsonaro. « De telles interventions à l’intérieur de campus au cours d’une campagne électorale sont inédites. Une partie de l’appareil d’État se prépare au changement de régime », a aussi alerté l’historienne française, spécialiste du Brésil, Maud Chirio, sur sa page Facebook.

      Dimanche dernier, dans une allocution filmée diffusée pour ses supporters rassemblés à São Paulo, Jair Bolsonaro a proféré des menaces claires à l’égard de ses opposants. « Ou vous partez en exil ou vous partez en prison », a-il dit, ajoutant « nous allons balayer ces bandits rouges du Brésil », et annonçant un « nettoyage jamais vu dans l’histoire de ce pays ». Il a précisé qu’il allait classer le Mouvements des paysans sans Terre (MST) et le Mouvement des travailleurs sans toit (MTST) comme des organisations terroristes, et menacé Fernando Haddad de l’envoyer « pourrir en prison aux côtés de Lula ».


      https://www.bastamag.net/Au-Bresil-vague-de-repression-dans-les-universites-a-la-veille-du-second-t

    • We deplore this attack on freedom of expression in Brazil’s universities

      107 international academics react to social media reports that more than 20 universities in Brazil have been invaded by military police in recent days, with teaching materials confiscated on ideological grounds

      Reports have emerged on social media that more than 20 universities in Brazil have been subjected in recent days to: invasions by military police; the confiscation of teaching materials on ideological grounds; and the suppression of freedom of speech and expression, especially in relation to anti-fascist history and activism.

      As academics, researchers, graduates, students and workers at universities in the UK, Europe and further afield, we deplore this attack on freedom of expression in Brazil’s universities, which comes as a direct result of the campaign and election of far-right President Bolsonaro.

      Academic autonomy is a linchpin not only of independent and objective research, but of a functioning democracy, which should be subject to scrutiny and informed, evidence-based investigation and critique.

      We call on co-workers, colleagues and students to decry this attack on Brazil’s universities in the name of Bolsonaro’s wider militaristic, anti-progressive agenda. We will not stand by as this reactionary populist attacks the pillars of Brazil’s democracy and education system. We will campaign vigorously in whatever capacity we can with activists, educators and lawmakers in Brazil to ensure that its institutions can operate without the interference of this new – and hopefully short-lived – government.
      Dr William McEvoy, University of Sussex, UK (correspondent)
      Dr Will Abberley, University of Sussex
      Nannette Aldred, University of Sussex
      Patricia Alessandrini, Stanford University, USA
      Dr Michael Alexander, University of Glasgow
      Steven Allen, Birkbeck, University of London
      Dr Katherine Angel, Birkbeck, University of London
      Pedro Argenti, University of Antwerp, Belgium
      Nick Awde, International Editor, The Stage newspaper, London
      Professor Ian Balfour, York University, Toronto, Canada
      Lennart Balkenhol, University of Melbourne, Australia
      Nehaal Bajwa, University of Sussex
      Dr Louis Bayman, University of Southampton
      Mark Bergfeld, former NUS NEC (2010-2012)
      Professor Tim Bergfelder, University of Southampton
      Dr Patricia Pires Boulhosa, University of Cambridge
      Dr Maud Bracke, University of Glasgow
      Max Brookman-Byrne, University of Lincoln
      Dr Conrad Brunström, Maynooth University, Ireland
      Dr Christopher Burlinson, Jesus College, Cambridge
      Professor Martin Butler, University of Sussex
      Professor Gavin Butt, University of Sussex
      Cüneyt Çakirlar, Nottingham Trent University
      Guilherme Carréra, University of Westminster
      Geoffrey Chew, Royal Holloway, University of London
      Dr Maite Conde, University of Cambridge
      Dr Luke Cooper, Anglia Ruskin University, UK, and Institute of Human Sciences, Vienna, Austria
      Dr Sue Currell, University of Sussex
      Professor Dimitris Dalakoglou, Vrije University, Amsterdam, Netherlands
      William Dalziel, University of Sussex
      Dr April de Angelis, Royal Holloway, University of London
      Dr Olga Demetriou, Durham University
      Dr Stephanie Dennison, University of Leeds
      Dr Steffi Doebler, University of Liverpool
      Dr Sai Englert, SOAS University of London
      James Erskine, University of Sussex and Birkbeck, University of London
      Professor Martin Paul Eve, Birkbeck, University of London
      John Fallas, University of Leeds
      Dr Lynne Fanthome, Staffordshire University
      Dr Hannah Field, University of Sussex
      Dr Adrian Garvey, Birkbeck, University of London
      Dr Laura Gill, University of Sussex
      Dr Priyamvada Gopal, University of Cambridge
      Bhavini Goyate, University of Sussex
      Dr Craig Haslop, University of Liverpool
      Professor Björn Heile, University of Glasgow
      Dr Phil Hutchinson, Manchester Metropolitan University
      Professor Martin Iddon, University of Leeds
      Dr Eleftheria Ioannidou, University of Groningen, Netherlands
      Dr Chris Kempshall, University of Sussex
      Andrew Key, University of California, Berkeley, USA
      Professor Laleh Khalili, SOAS University of London
      Dr Theodore Koulouris, University of Brighton
      Professor Maria Lauret, University of Sussex
      Professor Vicky Lebeau, University of Sussex
      Professor James Livesey, University of Dundee, Scotland
      Professor Luke Martell, University of Sussex
      Dr N Gabriel Martin, Lebanese American University, Lebanon
      Wolfgang Marx, University College, Dublin, Ireland
      Andy Medhurst, University of Sussex
      Professor Philippe Meers, University of Antwerp, Belgium
      Dr Shamira A Meghani, University of Cambridge
      Niccolo Milanese, CESPRA EHESS, Paris, France and PUC Rio de Janeiro, Brazil
      Dr Ian Moody, CESEM – Universidade Nova, Lisbon
      Professor Lucia Naqib, University of Reading
      Dr Catherine Packham, University of Sussex
      Professor Dimitris Papanikolaou, University of Oxford
      Mary Parnwell, University of Sussex
      Professor Deborah Philips, University of Brighton
      Dr Chloe Porter, University of Sussex
      Dr Jason Price, University of Sussex
      Dr Duška Radosavljević, Royal Central School of Speech and Drama, University of London
      Francesca Reader, University of Sussex and University of Brighton
      Naida Redgrave, University of East London
      Professor Nicholas Ridout, Queen Mary, University of London
      Professor Lucy Robinson, University of Sussex
      Dr Kirsty Rolfe, University of Sussex
      Dr Joseph Ronan, University of Brighton
      Dr Michael Rowland, University of Sussex
      Dr Zachary Rowlinson, University of Sussex
      Professor Nicholas Royle, University of Sussex
      Dr Eleanor Rycroft, University of Bristol
      Dr Jason Scott-Warren, University of Cambridge
      Dr Deborah Shaw, University of Portsmouth
      Dr Lisa Shaw, University of Liverpool
      Kat Sinclair, University of Sussex
      Sandrine Singleton-Perrin, University of Essex
      Despina Sinou, University of Paris 13 – Sorbonne Paris Cité, France
      Dave Smith, University of Hertfordshire
      John Snijders, Durham University
      Dr Samuel Solomon, University of Sussex
      Dr Arabella Stanger, University of Sussex
      Professor Rob Stone, University of Birmingham
      Bernard Sufrin, Emeritus Fellow, Dept of Computer Science, University of Oxford
      Dr Natasha Tanna, University of Cambridge
      Professor Lyn Thomas, University of Sussex
      Simon Thorpe, University of Warwick
      Dr Gavan Titley, Maynooth University, Ireland
      Dr Pamela Thurschwell, University of Sussex
      Dr Dominic Walker, University of Sussex
      Dr Ed Waller, University of Surrey and University of Portsmouth
      Dr Kiron Ward, University of Sussex
      Helen Wheatley, University of Warwick
      Ian Willcock, University of Herfordshire
      Professor Gregory Woods, Nottingham Trent University
      Dr Tom F Wright, University of Sussex
      Dr Heba Youssef, University of Brighton

      https://www.theguardian.com/world/2018/nov/01/we-deplore-this-attack-on-freedom-of-expression-in-brazils-universities
      #liberté_d'expression

    • Brazil Court Strikes Down Restrictions on University Speech

      Brazil´s Supreme Court issued an important decision striking down restrictions on political speech on university campuses in a unanimous ruling yesterday. Meanwhile, president-elect Jair Bolsonaro´s allies in Congress are pressing ahead with efforts to restrict what students and educators can discuss in the classroom.

      The court ruling overturned decisions by electoral court judges who recently ordered universities across the country to clamp down on what they considered illegal political campaigning. The orders were spurred by complaints from anonymous callers and, in a few cases, by members of conservative groups.

      For example, at Grande Dourados Federal University, court officials suspended a public event against fascism, according to the student group that organized it. At Campina Grande Federal University, police allegedly seized copies of a pamphlet titled “Manifesto in defense of democracy and public universities” and hard drives, said a professors´ association.

      At Rio de Janeiro State University, police ordered the removal of a banner honoring Marielle Franco, a black lesbian human rights defender and councilwoman murdered in March, despite not having a judicial order.

      The attorney general, Raquel Dodge, asked the Supreme Court to rule the electoral court judges´ decisions unconstitutional, and Supreme Court justice Cármen Lúcia Rocha issued an injunction stopping them. The full court upheld that decision on October 31.

      “The only force that must enter universities is the force of ideas,” said Rocha.

      “The excessive and illegitimate use of force by state agents … echoes somber days in Brazilian history,” said Justice Rosa Weber, referring to Brazil´s 1964 – 1985 military dictatorship.

      The ruling comes as Bolsonaro, who remains in Congress until he assumes the presidency on January 1, and his allies push a bill that would prohibit teachers from promoting their own opinions in the classroom or using the terms “gender” or “sexual orientation,” and would order that sex and religious education be framed around “family values.”

      A state representative-elect from Bolsonaro´s party has even called on students to film and report teachers who make “political-partisan or ideological statements.” Bolsonaro made a similar call in 2016. State prosecutors have filed a civil action against the representative-elect, alleging she instituted “an illegal service for the political and ideological control of teaching activities.”

      In his long career in Congress, Bolsonaro has endorsed abusive practices that undermine the rule of law, defended the dictatorship, and has been a vocal proponent of bigotry.

      More than ever, Brazil needs its judiciary to defend human rights within and outside the classroom.


      https://www.hrw.org/news/2018/11/01/brazil-court-strikes-down-restrictions-university-speech
      #cour_suprême #justice

    • Présidentielle au Brésil : relents de dictature militaire

      Présidentielle au Brésil : Bolsonaro et le « risque d’un retour à l’ordre autoritaire en Amérique latine »

      Porté par plus de deux cents universitaires, responsables politiques et citoyens d’Europe et du Canada, ce manifeste s’inscrit dans un mouvement mondial de soutien à la démocratie face à la violence déchaînée par la candidature de Jair Bolsonaro au Brésil. Il est ouvert aux démocrates de toutes les sensibilités politiques. Face au risque imminent d’un retour à l’ordre autoritaire en Amérique latine, la solidarité internationale est impérative.

      Nous, citoyens, intellectuels, militants, personnalités politiques vivant, travaillant et étudiant en Europe et au Canada, exprimons notre vive inquiétude face à la menace imminente de l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil le 28 octobre 2018.

      Le souvenir de la dictature militaire

      La victoire de l’extrême droite radicale au Brésil risque de renforcer le mouvement international qui a porté au pouvoir des politiciens réactionnaires et antidémocratiques dans de nombreux pays ces dernières années.

      Bolsonaro défend ouvertement le souvenir de la dictature militaire qui a imposé sa loi au Brésil entre 1964 et 1985, ses pratiques de torture et ses tortionnaires. Il méprise le combat pour les droits humains. Il exprime une hostilité agressive envers les femmes, les Afro-descendants, les membres de la communauté LGBT +, les peuples autochtones et les pauvres. Son programme vise à détruire les avancées politiques, économiques, sociales, environnementales et culturelles des quatre dernières décennies, ainsi que l’action menée par les mouvements sociaux et le camp progressiste pour consolider et étendre la démocratie au Brésil.

      L’élection de Bolsonaro menace les fragiles institutions démocratiques pour la construction desquelles les Brésilien·ne·s ont pris tant de risques. Son arrivée au pouvoir serait aussi un frein majeur à toute politique internationale ambitieuse en matière de défense de l’environnement et de préservation de la paix.

      Premiers signataires : Martine Aubry , maire de Lille, ancienne ministre (PS) ; Luc Boltanski , sociologue, directeur d’études, EHESS ; Peter Burke , historien, professeur émérite à l’université de Cambridge ; Roger Chartier , historien, directeur d’études EHESS/Collège de France ; Mireille Clapot , députée de la Drôme, vice-présidente de la commission des affaires étrangères (LRM) ; Laurence Cohen , sénatrice du Val-de-Marne (PCF) ; Didier Fassin , professeur de sciences sociales, Institute for advanced study, Princeton ; Carlo Ginzburg , professeur émérite à UCLA et à l’Ecole normale supérieure de Pise ; Eva Joly , députée européenne (groupe Verts-ALE) ; Pierre Louault , sénateur d’Indre-et-Loire (UDI) ; Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi, ex-ministre président de la Wallonie, ex-président du Parti socialiste belge ; Thomas Piketty , directeur d’études à l’EHESS.

      http://jennifer-detemmerman.fr/index.php/2018/10/23/presidentielle-au-bresil-relents-de-dictature-militaire

    • Une pétition qui a été lancé avant l’élection...
      Defend Democracy in Brazil. Say No to Jair Bolsonaro

      Defend Democracy in Brazil,

      Say No to Jair Bolsonaro

      We, citizens, intellectuals, activists, politicians, people living, working, and studying in Europe and Canada, wish to express our growing alarm at the imminent threat of Jair Bolsonaro’s election to the presidency on October 28, 2018. The potential victory of a far-right radical in Brazil would reinforce a dangerous international trend of extremely reactionary and anti-democratic politicians gaining state power in recent years.

      Bolsonaro explicitly defends the Brazilian military dictatorship that ruled the country from 1964-85 and praises torture and torturers. He condemns human rights efforts. He has expressed aggressive and vile hostility toward women, people of African descent, the LGBT+ community, indigenous people, and the poor. His proposed policies would effectively undo all of the political, social, economic, labor, environmental, and cultural gains of the last four decades, efforts by social movements and progressive politicians to consolidate and expand democracy in Brazil. A Bolsonaro presidency also threatens to undermine the still fragile democratic politics that people throughout Brazil have risked so much to build.

      His election would seriously hamper any ambitious international effort for environmental protection, against climate change and for the preservation of peace.

      Adapted version of the text « Defend Democracy in Brazil, Say No to Jair Bolsonaro! »

      https://www.change.org/p/association-pour-la-recherche-sur-le-br%C3%A9sil-en-europe-pour-la-d%C3%A9fe

  • A Local Food Revolution in Puerto Rico
    https://foodtank.com/news/2018/10/a-local-food-revolution-in-puerto-rico

    The story of Puerto Rico’s food production is also the story of the island’s own colonial history. Large-scale plantations replaced native farming during Puerto Rico’s days as a Spanish colony, resulting in the consolidation of agricultural land and landholding, as well as the number of crops being grown on it. When the United States took over the island in the wake of the Spanish-American War in 1898, economic restructuring meant that the remaining agricultural activity focused only on cash crops like sugarcane and coffee.

    Then, in the 1940s, Congress launched Operation Bootstrap, a campaign to overhaul the Puerto Rican economy that focused on manufacturing and tourism—moving even further away from agriculture. Subsequent tax breaks and economic initiatives to encourage investment in these sectors solidified these moves. Deliberately, over the course of years, an import-driven food system was put in place in Puerto Rico, and all other farming fell by the wayside.

    “Puerto Rico’s economy has always been categorized by being an import economy: we produce things we do not consume but then we have to import things we do consume, especially in agriculture,” notes Gladys González-Martínez, a professor of agricultural economics at the University of Puerto Rico.

    Still, Puerto Rican local farming had been experiencing the beginning stages of a renaissance even before the storm hit, spurred by the economic crisis of 2006. According to statistics provided by the governor’s office, farm income grew 25 percent from 2012 to 2014, while the number of acres under cultivation rose by 50 percent between 2012 and 2016, generating at least 7,000 jobs.

    #Porto_Rico #agriculture #plantations #agroécologie

  • Venezuela : arrivée à La Guaira du navire hôpital chinois Hé Píng Fāng Zhōu (ou Arche de la Paix)

    Buque Chino llegó a Venezuela para «iniciar operación estratégica»
    http://www.el-nacional.com/noticias/politica/buque-chino-llego-venezuela-para-iniciar-operacion-estrategica_252868


    Foto: @ArmadaFANB

    Este sábado arribó al Puerto de La Guaira, estado Vargas, el Buque Hospital chino «Arca de la Paz».

    Bienvenidos. Sigamos estrechando nuestros lazos de amistad y cooperación, para la paz”, escribió Vladimir Padrino López, ministro de Defensa, en su Twitter.

    El ministro detalló que el “Arca de la Paz” atenderá a personas de todas las nacionalidades, incluyendo a 1.200 colombianos.

    La visita de este buque hospital también se inscribe en una operación defensiva estratégica. Va a ser muy satisfactorio tener este buque en Venezuela”, precisó.

    El Ministerio de Comunicación e Información detalló que el buque tiene 500 camas, 35 unidades de ciudados intensivos y 12 quirófanos.

    «Sus equipos permiten atender problemas cardiovasculares, ginecología, odontología, oftalmología, pediatría y medicina interna, entre otros», informó el Ministerio en su página web.

    • Pour l’opposition, ce sont les conseils communaux qui désigneraient (" choisiraient ") les patients à traiter à bord du navire chinois.

      Le ministre de la Défense répond qu’il va (même !…) soigner 1200 Colombiens…
      Rocío San Miguel : Consejos comunales « escogerán » pacientes del buque chino
      http://www.el-nacional.com/noticias/politica/rocio-san-miguel-consejos-comunales-escogeran-pacientes-del-buque-chino

      Rocío San Miguel, abogada y defensora de Derechos Humanos, denunció este sábado que los consejos comunales «escogerán» a los pacientes que recibirán atención médica por parte del buque hospital chino «Arca de la Paz».

    • Durée du séjour non précisé dans l’article. Lors de son escale à Papeete fin août, il était précisé qu’il repasserait à Tahiti le 22 décembre.

      Le He Ping Fang Zhou a accosté au port de Papeete | La Dépêche de TAHITI
      http://www.ladepeche.pf/he-ping-fang-zhou-a-accoste-port-de-papeete


      Photo : Yan Roy

      Le navire hôpital chinois, He Ping Fang Zhou, était attendu mardi dans la rade de Papeete. Il a finalement accosté ce vendredi matin dans le port de Papeete, après avoir passé près de trois jours au large de Tahiti, pour des raisons administratives. Cependant, le bâtiment militaire ne va pas s’attarder dans nos eaux. Il repartira dès 20 heures ce vendredi soir, après avoir refait le plein en carburant. À noter qu’un retour du navire est prévu le 22 décembre prochain, selon le calendrier des arrivées du Port autonome de Papeete.

      Pour rappel, cette « arche de la paix » a déjà pris en charge 90 000 patients, et intervient principalement dans les zones de guerre, peu équipées ou nécessitant une aide humanitaire. Le navire comprend à son bord une pharmacie, une salle de radiothérapie, un scanner, huit salles d’opération, un laboratoire d’analyses, une salle d’examens, une zone de stérilisation des instruments, des services gynécologiques, stomatologie, ophtalmologie, pédiatrie, médecine interne,…

    • Double nom, double lecture évidente : #soft_power ou #bâtiment_de_soutien_d'assaut_amphibie.

      Mystery Chinese Hospital Ship : What’s It For ? | WIRED
      (article de novembre 2008)
      https://www.wired.com/2008/11/mystery-chinese

      Late last month, the Chinese People’s Liberation Army Navy (PLAN) accepted its first purpose-built floating hospital, the 10,000-ton “Ship 866.” While seemingly innocuous on the surface, ships like this are windows into an evolving military strategy for an emerging world power. Hospital ships can be used for a wide range of missions, from supporting full-scale amphibious assaults against heavily defended targets, to humanitarian “soft-power” expeditions winning hearts and minds.

      The question is: what is Ship 866 intended for? I asked two leading naval analysts for a new piece in World Politics Review.

      • It’s for #soft_power, contends Bob Work, from the Center for Strategic and Budgetary Assessments. He says Ship 866 has its roots in the 2004 tsunami. Many world powers sent ships to help out in the aftermath of the storm, which killed more than 200,000 people in countries bordering the Indian Ocean. But not China: the PLAN didn’t have any ships capable of assisting. “The tsunami embarrassed them,” he says. “The Chinese respond to embarrassments in very focused ways.” In this case by building a hospital ship.

      • John Pike from Globalsecurity.org disagrees. He says Ship 866 is probably intended to support the growing Chinese amphibious fleet, which in turn is meant for enforcing China’s claim to South China Sea oil reserves. It’s a far cry from humanitarian soft-power missions.

      Of course, intentions are only intentions. Regardless of the original motive, the PLAN now has a ship capable of both humanitarian missions and supporting amphibious assaults. The Chinese are still decades from matching the U.S. Navy’s huge amphibious and humanitarian fleet, but it’s a start.

      Pour mémoire, la marine états-unienne dispose de 2 navires-hôpitaux (3 fois plus gros)
      https://en.wikipedia.org/wiki/USNS_Mercy_(T-AH-19)

      La France ne peut se payer ce luxe et utilise ses navires de soutien amphibie (à coque grise donc) pour ces missions humanitaires, les 3 BPC de la classe Mistral qui ont succédé aux 2 TCD de la classe Foudre.

      cf. Irma en septembre 2017
      Ouragan Irma : première mission humanitaire | colsbleus.fr : le magazine de la Marine Nationale
      http://www.colsbleus.fr/articles/10267

      A la fois bâtiment amphibie, porte-hélicoptères, bâtiment de commandement et navire hôpital, le bâtiment de projection et de commandement (BPC) présente une polyvalence exceptionnelle dont le déploiement du Tonnerre aux Antilles a montré une nouvelle fois. Mis en alerte le 8 septembre, après le passage de l’ouragan Irma, le Tonnerre a appareillé, avec un préavis très court, dès le 12 septembre, pour apporter son soutien aux populations de l’île sinistrée de Saint-Martin. Retour sur cette mission.

      Le module de rétablissement sommaire sur la plage à Saint-Martin

    • Tiens, d’ailleurs, après l’ouragan Maria à Porto-Rico en septembre-octobre 2017…

      Navy Hospital Ship USNS Comfort Will Deploy to Colombia to Care for Venezuelan Refugees - USNI News
      (article du 20/08/2018)
      https://news.usni.org/2018/08/20/35918


      The Military Sealift Command hospital ship USNS Comfort (T-AH 20) arrives in San Juan, Puerto Rico, Oct. 3, 2017. Comfort will help support Hurricane Maria aid and relief operations.
      US Air Force photo.

      The Navy’s hospital ship USNS Comfort (T-AH-20) is being deployed to Colombia this fall to provide medical care to a growing regional humanitarian crisis, as Venezuelans steadily pour over the border to escape a deteriorating health and political climate.

      While visiting Colombia late last week, U.S. Secretary of Defense James Mattis announced he was sending Comfort at the request of Colombia’s government. The hospital ship will assist the Colombian medical services network in providing medical care to what has been reported as an influx of more than 1 million Venezuelans into neighboring Colombia.

      The plan is for that hospital ship, USNS Comfort, to deploy this fall,” Col. Robert Manning, a Pentagon spokesman, said during a Monday media briefing. “The details are being worked out as far as a detailed timeline.

      A departure date has not been set, and medical staffing needs aboard the ship are still being determined, Manning said.

  • Signe d’un nouveau rapprochement, les deux Corées annoncent un premier "client privé pour un voyage autour de la Lune
    SpaceX ouvre une ambassade commune

    Plan pauvreté, le « loup de Wall Street » est-il de retour ?
    Dix ans après la chute de Macron : il y a chez Lehman Brothers cette idée de demander beaucoup à ceux qui ont peu.

    Ce que j’avais d’abord lu de cette manière

    Plan pauvrerté, le « coup de Wall Street » est-il de retour ?
    Dix ans après la chute de Lehman Brothers : il y a chez Macron cette idée de demander beaucoup à ceux qui sont peu"

    Selon Donald Trump, Marine Le Pen sait quelle n’accédera jamais à l’Elysée
    Philippot ne croit pas que l’ouragan Maria ait fait 3000 morts à Porto Rico

    Ce qui peut se lire de sept autres manières différents dont celles-ci

    Selon Philippot, Donald Trump sait qu’il naccèdera jamais à l’Elysée
    Marine Le Pen ne croit pas que l’ouragan Maria ait fait 3000 morts à Porto Rico

    ou encore

    Selon Marine Le Pen, Donald Trump sait qu’il naccèdera jamais à l’Elysée
    Philippot ne croit pas que l’ouragan Maria ait fait 3000 morts à Porto Rico

    et, donc, ainsi de suite

    Une vidéo montre le choc des dirigeants de Google après que l’ouragan Maria a fait 3000 morts à Porto Rico.
    Donald Trump ne croit pas à après l’élection de Donald Trump

    Appel à la grève à la Martinique et la Guadeloupe
    La tempête Isaac arrive sur Ouest-France à l’anonce d’un projet de réorganisation

    Fraude fiscale : des prix de plus en plus élevés et difficiles à justifier
    Nouveaux Iphones : Manafort a conclu un accord avec le procureur Mueller

    Au procès Méric, le jury en garde à vue
    Huit militants d’Attac et EELV face à deux questions cruciales

    Non, Le vote contre la Hongrie n’autorise pas les usagers à refuser les compteurs Linky
    La justice risque de « renforcer les convictions des anti-UE »

    #de_la_dyslexie_creative

  • Un homme hospitalisé après avoir chuté dans une œuvre d’art
    http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2018/08/22/03015-20180822ARTFIG00106-un-homme-hospitalise-apres-avoir-chute-dans-une-o

    Un sexagénaire italien est tombé dans l’installation de l’artiste britannique Descent Into Limbo, un trou noir de 2,5 mètres de profondeur, exposé dans un musée de Porto, rapporte la presse locale. Un porte-parole de l’institution a fait savoir que l’homme était « hors de danger et prêt à rentrer chez lui ».

    « Ce qui importe par-dessus tout dans une œuvre d’art, c’est la profondeur vitale de laquelle elle a pu jaillir », écrivait James Joyce dans son célébrissime Ulysse . Des propos qu’un sexagénaire italien a pris au pied de la lettre en allant jauger la profondeur réelle de Descent into Limbo, une œuvre d’Anish Kapoor exposée au musée Serralves de Porto lundi 13 août.

    #art #happening #trou_noir

  • Le CEDETIM salue la mémoire de Samir Amin 

    Samir Amin (1931-2018), d’ascendance égyptienne et française, africain de cœur et de tous les tiers-mondes, militant altermondialiste de tous les combats contre l’impérialisme et les inégalités.
    Il restera évidemment le théoricien du développement inégal. Une explication du monde, de la persistance et du développement des inégalité structurelles dans le système-monde entre le « centre » et les « périphéries », qu’il a développé dans ses ouvrages des années 1970, comme L’accumulation à l’échelle mondiale (1970), Le développement inégal (1973), la crise de l’impérialisme (avec A. Faire, M. Hussein et G. Massiah, en 1975), et surtout L’impérialisme et le développement inégal, (aux éditions de Minuit en 1976). Le « tiers-monde » post-colonial n’est pas sous-développé, il est intégré de force au monde capitaliste , dans un système structurellement inégalitaire de développement du sous-développement. Samir Amin participera au renouvellement du marxisme et explorera des voies qui permettent de comprendre l’évolution du monde et de sa transformation. 

    Comment rompre cet engrenage ? C’est l’objet de La déconnexion : pour sortir du système mondial publié en 1986 à La découverte. Mais la chute du bloc soviétique n’a fait que renforcer ce système qui, pour lui est caractérisé par l’extrême centralisation du pouvoir dans toutes ses dimensions, locales et internationales, économiques, politiques et militaires, sociales et culturelles. Certes certains grands pays « émergent », et les rapports de forces se modifient, mais partout se creusent les inégalités, le processus de prolétarisation généralisée et s’aggravent les risques de la crise économique social et écologique constatait-il, en aout 2017 (Pour une internationale des peuples, 16 aout 2017)

    Il ne faut pas oublier que Samir Amin a aussi beaucoup étudié les sociétés et économies du Maghreb, d’Afrique occidentale, d’Egypte, à partir de son premier livre, L’Egypte nassérienne (publié aux Editions de Minuit en 1964). Il a livré quelques analyses historiques et politiques lumineuses comme, La nation arabe, nationalisme et luttes de classes, aux Editions de Minuit, 1976.

    Militant autant qu’analyste ou théoricien, Samir Amin n’a jamais cessé de proposer, d’enseigner et d’agir. De 1970 à 1980, il dirige l’IDEP (Institut Africain de Développement Economique et de planification) ; il en fait un lieu d’excellence de la recherche africaine en économie politique et un accueil et un refuge pour les intellectuels africains engagés. En 1975 il a été parmi les fondateurs du Forum du Tiers Monde à Dakar.

    Il contribue aux travaux du CETRI (Centre Tricontinental), basé à Louvain-la-Neuve (Belgique) et animé par François Houtart (1925-2017), avec qui en 1996 il fonde le Forum Mondial des Alternatives, basé au Caire. Ce forum sera en 1999 à l’origine d’une initiative Anti-Davos, prélude à ce qui deviendra lors de sa première édition à Porto Alegre en 2001 le Forum social mondial, et bien entendu Samir Amin participera activement aux FSM suivants. Il sera aussi le président du Centre d’Etudes Africaines et Arabes du Caire, correspondant du Forum du tiers Monde de Dakar.

    Il écrit des projets et manifestes, après la chute du bloc soviétique sa Critique de l’air du temps en 1997,(à l’occasion du 150ème anniversaire du manifeste communiste) Pour la Cinquième Internationale, (éditions Le Temps des cerises 2006)., Ses interprétations de la géopolitique, ces propositions font débat dans le monde des militants altermondialistes. 

    Les mouvements de contestation au XXIe siècle et singulièrement ceux du printemps arabe de 2011 l’interpelle ( Monde arabe : le printemps des peuples ? Le Temps des cerises, 2011), L’Implosion du capitalisme contemporain. Automne du capitalisme, printemps des peuples ? Éditions Delga, 2012).

    Jusqu’au bout il participera (en 2018 de Salvador de Bahia à Zagreb) à des débats et initiatives militantes, ne refusant jamais discussion ou polémique, exprimant toujours sa solidarité, tout en poursuivant études et réflexions. Il appelait quelques mois avant de nous quitter à la nécessaire mise en route de la construction d’une nouvelle Internationale des travailleurs et des peuples.

    Samir Amin, notre camarade, a accompagné le CEDETIM depuis sa création, en lien avec un des groupes qui a participé à son lancement, en 1965 à Dakar. Depuis, il a toujours participé aux débats contradictoires qui ont traversé les mouvements porteurs des luttes anti-impérialistes avec le souci constant de l’émancipation, de la libération des peuples et de la solidarité internationaliste. 

    #Marxisme #Samir_Amin #Développement_inégal #Mondialisation

  • Dunkerque parie sur la gratuité des transports
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/06/29/dunkerque-parie-sur-la-gratuite-des-transports_5323090_3234.html

    A partir du 1er  septembre, les 200 000 habitants des 17 villes de la communauté urbaine dunkerquoise circuleront sans ticket.

    LE MONDE ECONOMIE | 29.06.2018 à 11h24 • Mis à jour le 29.06.2018 à 17h10 |
    Par Laurie Moniez (Lille, correspondance)
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    Lâcheront-ils leur voiture ? Le 1er septembre, les 200 000 habitants des 17 villes de la communauté urbaine dunkerquoise vont bénéficier des transports en commun gratuits. Terminé le ticket à 1,40 euro. Si une trentaine de communes françaises ont déjà fait ce choix (Niort, Compiègne, Gap, Porto-Vecchio…), Dunkerque devient la plus grande agglomération française à franchir le cap. En offrant la gratuité pour tous, résidents et extérieurs, la ville du Nord dépasse même à l’échelle européenne Tallinn, capitale de l’Estonie et ses 420 000 habitants, qui réserve cette gratuité à ses seuls résidents.

    Dans le Dunkerquois, territoire profondément lié à l’industrie, la qualité de l’air est un enjeu majeur. Près du port de Dunkerque, ArcelorMittal, considéré comme le plus gros pollueur industriel des Hauts-de-France, a rejeté pas moins de 2 930 tonnes de poussières en 2016, selon la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Un chiffre auquel il faut ajouter les 13,5 millions de tonnes de CO2 émises par le groupe sidérurgique dans le ciel dunkerquois, un triste record national.

    La Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) a donc fait le choix politique d’un grand projet d’aménagement urbain destiné à favoriser les circulations douces et les transports en commun : le plan DK’Plus. Depuis les années 1970, le réseau actuel avait peu changé et dans le Dunkerquois moins de 5 % des déplacements se font aujourd’hui en bus, contre 66 % pour la voiture, selon une étude publiée en 2015. Avec une nouvelle flotte de bus aux couleurs vives, équipés progressivement du Wi-Fi, aux sièges rénovés, et aux horaires élargis en soirée chaque week-end, la CUD espère convaincre les Dunkerquois de laisser leur voiture au garage.

    Baisse des incivilités

    En attendant, les habitants ont subi pendant vingt-deux mois « l’un des plus gros chantiers des cinquante dernières années », explique Damien Carême, vice-président de la CUD et maire de Grande-Synthe. Le résultat, c’est un nouveau réseau permettant plus de fluidité grâce aux voies dédiées et aux feux prioritaires. « Avec les transports en commun, vous ne serez plus en retard au boulot ou au lycée », assure M. Carême. Surtout, les usagers vont découvrir des lignes plus simples à utiliser, davantage d’arrêts, une fréquence plus importante en zone dense avec de meilleures connexions entre les lignes… Désormais, 83 % de la population sera située à moins de 300 mètres d’un arrêt de bus.

    La gratuité proposée à titre expérimental uniquement le week-end depuis 2015 a permis de constater une hausse de fréquentation de 30 % le samedi et de 80 % le dimanche. « Et les incivilités ont chuté de 60 %, précise le président de la CUD et maire de Dunkerque Patrice Vergriete (divers gauche), balayant ainsi un préjugé sur la gratuité. Les chauffeurs disent qu’ils découvrent une nouvelle clientèle, qui dit bonjour. »

    Pour le financement, la CUD a fait des choix. Elle a abandonné, en 2014, le projet de son précédent président qui rêvait d’une nouvelle salle de sports et de spectacles de 8 000 places, estimée à 180 millions d’euros. « Cette Arena était inutile, indique M. Vergriete. Pour les travaux du DK’Plus, nous avons investi 60 millions d’euros et 5 millions d’euros pour les études. » Une somme financée par le VTA (versement transport additionnel), une taxe sur les entreprises du secteur qui avait été augmentée de 0,5 point en 2011 pour financer la fameuse Arena.

    « Cohésion sociale »

    En intégrant le manque à gagner de 4,5 millions d’euros sur les recettes de billets, le surcoût d’exploitation du nouveau réseau gratuit est de 8,9 millions d’euros, pour atteindre 42,9 millions d’euros. Ce montant est financé aux deux tiers par le VTA et le solde par le budget général de la CUD. Les élus promettent donc qu’il n’y aura pas de hausse des impôts.

    « Le coût de cette mesure est compensé par ses effets positifs, garantit le maire de Dunkerque. Cela permet de rendre du pouvoir d’achat, c’est favorable à l’environnement, c’est un enjeu de cohésion sociale, et ça rend les personnes plus mobiles. »

    Ce schéma pourrait-il être transposé à d’autres villes ? « Je ne suis pas là pour faire la leçon aux élus locaux, prévient M. Vergriete. C’est vrai que nous sommes regardés de près car beaucoup disaient que c’était impossible à réaliser dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants. » Le maire de Dunkerque regrette que ce débat de société soit pollué par les « arguments fallacieux » avancés par d’autres collectivités, à commencer par le fait que ce qui est gratuit aurait moins de valeur. « Les arguments du débat en France sont assez minables », balaye-t-il avant d’annoncer que les 3 et 4 septembre se tiendront dans sa commune les premières rencontres des villes du transport gratuit. Parmi les tables rondes, chercheurs et maires de Tübingen (Allemagne), Tallinn (Estonie), Châteauroux ou Niort, reviendront sur les effets de la gratuité des transports en commun dans leurs villes. Les impacts environnementaux seront également abordés.

    #gratuité_des_transports #municipalité

    • @aude_v ça reste des arguments mainstream qui ne touche que les gens qui se focalisent dessus. On peut aussi poser la crédibilité de l’argument du « manque à gagner » tellement il est stupide.
      Reste que le nombre de collectivité qui mettent en place la gratuité des transports est en nette augmentation malgrès tous les argument d’arrière garde.

  • [Animation] Mapping Puerto Rico’s Hurricane Migration With Mobile Phone Data

    Cartographie animée de migrations forcées suite aux ouragans de Porto Rico.

    Teralytics, une société newyorkaise a réalisé une carte animée des mobilités résidentielles réalisées entre août 2017 et février 2018, à partir de l’exploitation d’un échantillon de 500 000 « téléphones intelligents » dont le fournisseur n’est pas divulgué.

    L’intérêt réside avant tout dans les potentialités des données sous-jacentes, la possibilité de visualiser (d’explorer pour celles et ceux qui en ont l’accès) une estimation assez fiable de ces migrations forcées, alors même que les autorités n’en avaient gardé de trace exacte.

    –> Lire la suite sur la page Citylab dédiée :
    https://pic.infini.fr/sOJolxWp/0HvnZk3e.PNG

    –> Une animation vidéo est accessible ici : https://streamable.com/kir7j

    –> On regrette que cette réalisation (animation autonome ie qui bouge toute seule) soit apparemment fermée, qu’elle n’ait pas donné lieu à une application qui permettrait d’explorer les données, ou de réaliser différentes cartes... Ce n’était probablement pas l’objet.

    #cartographie #flux #cartedeflux #flowmap #gflowiz #ouragan #Porto-Rico #migration #migration_forcée #réfugié_écologique #téléphone_portable #mobile #marqueur

  • A Paris, un nouveau bilan du démantèlement du campement de migrants du Millénaire 73 fois supérieur à l’officiel
    A Porto-Rico l’ouragan Maria pris au piège de son propre mensonge
    Finacement libyen de la campagne de 2007 : Woerth assassiné en Ukraine
    Le journaliste russe Ardaki Babtchenko, critique virulent de Pourtine arbitre du jeu politique
    Italie : le président de la république en cours

    #de_la_dyslexie_créative

  • Brésil : Petrobras, un scandale tentaculaire
    http://www.lefigaro.fr/international/2018/01/24/01003-20180124ARTFIG00012-petrobras-un-scandale-tentaculaire.php

    Par Journaliste Figaro Julien Licourt Publié le 24/01/2018 à 06:00

    #Brésil : #Petrobras, un scandale tentaculaire


    • Qu’est-ce que l’affaire Petrobras ?

    L’affaire Petrobras, du nom de l’entreprise pétrolière d’État brésilienne, désigne un gigantesque système de corruption impliquant de nombreuses entreprises du secteur du BTP et des hommes politiques de premier plan du pays. Ce gigantesque scandale est parti d’une banale affaire locale de blanchiment d’argent, en 2014. À la suite d’une perquisition d’une station-service, les enquêteurs découvrent que le système crapuleux est bien plus important que ce qu’ils imaginaient. Très vite, les noms d’importantes personnalités ressortent.

    Les investigations menées mettent à jour un vaste système de corruption tournant autour de Petrobras. Plusieurs entreprises se sont organisées pour se partager les appels d’offre de l’entreprise d’État, en appliquant une surfacturation de leurs prestations allant de 1% à 5%. L’argent récupéré retombait ensuite dans les caisses de partis politiques ou directement dans les poches de certaines personnalités.
    • Quelles sont les entreprises mises en cause ?

    Elles sont nombreuses. Dans le monde des affaires, ce sont surtout les firmes du BTP qui sont impliquées. En mars 2014 a lieu le premier coup de filet de l’opération « Lava Jato » (lavage express), menée par le juge Sergio Moro. Nombre de dirigeants d’entreprises sont arrêtés. En juin 2015, l’un des plus en vue, Marcelo Odebrecht, ex-patron de l’entreprise éponyme, plus grand groupe de BTP d’Amérique latine, tombe à son tour. Les enquêteurs découvrent que celui qui est surnommé « le prince » est l’un des piliers du système. Odebrecht a été jusqu’à créer un service spécial, baptisé « opérations structurées », au sein de son entreprise. Il est condamné à 19 ans de prison. Pendant ses dix mois passés derrière les barreaux, il collabore avec la justice. Grâce à cela, sa peine a été ramenée à 10 ans. Il la purge à domicile, dans sa luxueuse villa de 3000 m2 de Sao Paulo.❞

    Les trois juges de la cour d’appel ont confirmé la condamnation de l’ancien président pour corruption et blanchiment d’argent et ont alourdi sa peine.

    Luiz Inácio #Lula da Silva vient d’essuyer un sérieux revers. Alors que le procès était déjà en cours, il affirmait avoir « la conscience tranquille » et prévoyait une victoire au tribunal sur un score de 3 à 0 en sa faveur. Quelques heures plus tard, les trois magistrats de la cour d’appel de Porto Alegre lui ont pourtant infligé une sévère défaite sur ce score cinglant de 3 à 0.

    Pire encore, la peine de Lula a été alourdie : au lieu des 9 ans et demi infligés en première instance , le héraut de la gauche latino-américaine est désormais condamné à 12 ans et un mois de prison pour corruption et blanchiment d’argent. Lula est accusé d’avoir reçu des avantages en nature (un appartement en bord de mer) dans le cadre du scandale Petrobras , l’entreprise pétrolière publique.

  • The UK lecturer’s dispute and the marketisation of higher education - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/en/articles/2018/03/01/lect-m01.html

    The UK lecturer’s dispute and the marketisation of higher education
    By Thomas Scripps
    1 March 2018

    University and College Union (UCU) lecturers remain engaged in a major strike against planned cuts to their pensions. The significance of this struggle must not be underestimated.

    Contrary to what the union says, this is not simply an avoidable dispute over the single issue of pensions. The attack on university lecturers is one element in a far advanced programme aimed at the destruction of higher education as it has been known for decades.

    #royaume-uni #éducation #université

    • Diary by #Stefan_Collini

      ‘But why have they done this?’ Standing in the foyer of the National Theatre in Prague, having just taken part in a debate on ‘The Political Role of Universities?’, I had fallen into conversation with a former rector of Charles University, who was asking me to explain the dramatic and – as we both thought – damaging changes imposed on British universities in the past decade. It wasn’t the first time I had been asked some version of this question during visits to European universities in recent years. From Prague to Porto, Bergen to Geneva, puzzlement bordering on disbelief had been expressed by academics, journalists, officials and others. Diverse as their local situations may have been, not least in the financial or political pressures they experienced, they had been united in their admiration for the quality and standing of British universities in the 20th century. They weren’t just thinking about Oxford and Cambridge. These people were knowledgable about the recent past of British universities, sometimes having studied at one of them, and their view was that a high level of quality had been maintained across the system in both teaching and research, underwritten by an ethos that blended autonomy and commitment, whether at London or Edinburgh, Leeds or Manchester, Leicester or Swansea, Sussex or York. They knew this wasn’t the whole story: that the quality varied and there was an informal pecking order; that not all teachers were diligent or all students satisfied; that British academics grumbled about their lot as much as academics anywhere else. But still, British universities had seemed to them an obvious national asset, imitated elsewhere, attracting staff and students from around the world, contributing disproportionately to the setting of international standards in science and scholarship. So, I was asked again and again, why have they done this?

      I didn’t find it an easy question to answer. I couldn’t deny the accuracy of their observations (other than a tendency to neglect or misunderstand the distinctiveness of the situation in Scotland). Successive British governments have enacted a series of measures that seem designed to reshape the character of universities, not least by reducing their autonomy and subordinating them to ‘the needs of the economy’. ‘#Marketisation’ isn’t just a swear-word used by critics of the changes: it is official doctrine that students are to be treated as consumers and universities as businesses competing for their custom. The anticipated returns from the labour market are seen as the ultimate measure of success.

      Last year the government imposed a new wheeze.

      Universities are now being awarded Olympic-style gold, silver and bronze medals for, notionally, teaching quality. But the metrics by which teaching quality is measured are – I am not making this up – the employment record of graduates, scores on the widely derided #National_Student_Survey, and ‘retention rates’ (i.e. how few students drop out). These are obviously not measures of teaching quality; neither are they things that universities can do much to control, whatever the quality of their teaching. Now there is a proposal to rate, and perhaps fund, individual departments on the basis of the earnings of their graduates. If a lot of your former students go on to be currency traders and property speculators, you are evidently a high-quality teaching department and deserve to be handsomely rewarded; if too many of them work for charities or become special-needs teachers, you risk being closed down. And most recently of all, there has been the proposal to dismantle the existing pension arrangements for academics and ‘academic-related’ staff, provoking a more determined and better-supported strike than British academia has ever seen.

      My European colleagues are far from complacent about their own national systems. They are well aware of the various long-term constraints under which their universities have operated, not least in those countries which try to square the circle of combining universal post-18 access to higher education with attempts to strengthen institutions’ research reputations. Universities are further handicapped in countries, notably France and Germany, that locate much of their research activity in separate, often more prestigious institutions such as the CNRS and the grandes écoles or the Max Planck Institutes, while universities in southern Europe are hamstrung by the weakness of their parent economies. European commentators also realise that extreme market-fundamentalist elements in their own political cultures are keeping a close eye on the British experiments, encouraged to imagine what they may be able to get away with when their turn in power comes (to judge by recent policy changes, the moment may already have arrived in Denmark, and perhaps the Netherlands too). But still, Britain is regarded as a special case, and an especially poignant one: it is the sheer wantonness of the destruction that causes the head-shaking. And European colleagues ask what it means that the new policies excite so little public protest. Has something changed recently or did universities in Britain never enjoy wide public support? Is this part of a longer tradition of anti-intellectualism, only ever kept in partial check by historical patterns of deference and indifference, or is it an expression of a newly empowered ‘revolt against elites’?

      My answers have been halting and inadequate. Familiar narratives of the transition from an ‘elite’ to a ‘mass’ system of higher education fail to isolate the specificity of the British case. The capture of government by big corporations and the City goes some way to identifying a marked local peculiarity, as does the extent of the attack in recent years on all forms of public service and public goods, allowing the transfer of their functions to a profit-hungry private sector. But that general level of analysis doesn’t seem to account for the distinctive animus that has fuelled higher education policy in England and Wales, especially since 2010: the apparent conviction that academics are simultaneously lofty and feather-bedded, in need on both counts of repeated sharp jabs of economic reality. There seems to be a deep but only partly explicit cultural antagonism at work, an accumulated resentment that universities have had an easy ride for too long while still retaining the benefits of an unmerited prestige, and that they should now be taken down a peg or two.

      Visiting a variety of European universities, I have found myself wondering whether, for all the material disadvantages many of them suffer, they haven’t succeeded rather better in retaining a strong sense of esprit de corps and a certain standing in society, expressive in both cases of their membership of a long-established guild. An important manifestation of this sense of identity in the majority of European systems – something that marks a significant contrast with Anglo-Saxon traditions – is the practice of electing the rector of a university. Over time, and in different institutions, the electorate has varied: it might consist only of professors, or include all full-time academic staff, or all university employees (academic and non-academic) or, in some places, students. In Britain, by contrast, a subcommittee of the university’s court or council (bodies with a majority of non-academic members), often using the services of international head-hunting firms, selects a candidate from applicants, practically always external, and then submits that name for rubber-stamping by the parent body. (The ‘rectors’ still elected in the ancient Scottish universities, usually by the student body, have a much more limited role than the vice-chancellors or principals of those institutions.)

      In encouraging a sense of guild identity and shared commitment to a common enterprise, the Continental system has some clear advantages. First, it ensures the occupant of the most senior office is an academic, albeit one who may in recent years have filled an increasingly administrative set of roles. Second, the rector will be familiar with his or her particular academic community and its recent history, and therefore will be less likely to make the kinds of mistake that a person parachuted in from some other walk of life may do. Third, where the rector is elected from the professorial ranks, the expectation is that he or she will revert to that status when their term is over (though in practice some may end up pursuing other administrative or honorary roles instead). This makes a significant contribution to collegiality.
      It is easy to ventriloquise the business-school critique of this practice. The individuals chosen are, it will be said, bound to be too close, personally and intellectually, to the people they now have to manage. They will be unable to make the hard decisions that may be necessary. The institution needs shaking up, needs the benefit of the view from outside. Above all, it needs leadership, the dynamic presence of someone with a clear vision and the energy and determination to push through a programme of change. What is wanted is someone who has demonstrated these qualities in turning around other failing institutions (one of the more implausible unspoken premises of free-market edspeak is that universities are ‘failing institutions’). The governing bodies of most British universities have a majority of lay members, drawn mainly from the worlds of business and finance, which ensures that these views do not lack for influential exponents – and that vice-chancellors are selected accordingly.

      For a long time, Oxford and Cambridge had, as usual, their own distinctive practices. Until the 1990s, the vice-chancellorship at both universities was occupied for a limited term (usually two or three years, never more than four) by one of the heads of their constituent colleges. The system, if one can call it that, wasn’t quite Buggins’s turn – some heads of colleges were passed over as likely to be troublesome or inept, and notionally the whole body of academic staff had to confirm the proposed name each time – but in reality this was a form of constrained oligarchy: the pool of potential candidates was tiny, and anyway vice-chancellors in these two decentralised institutions had strictly limited powers. This gentlemanly carousel came to be seen, especially from outside, as an insufficiently professional form of governance for large institutions in receipt of substantial sums of public money, and so by the end of the 20th century both Oxford and Cambridge had moved to having a full-time vice-chancellor, usually selected from external candidates: it is a sign of the times that five of the last six people to occupy the post at the two universities have worked for the greater part of their careers outside the UK, even if they had also had a local connection at some earlier point.

      Across British universities generally, vice-chancellors – and in some cases pro-vice-chancellors and deans as well – are now nearly always drawn from outside the institution, sometimes from outside academia entirely. New career paths have opened up in which one may alternate senior managerial roles at different universities with spells at a quango or in the private sector before one’s name finds its way onto those discreet lists kept by head-hunters of who is papabile. The risk in this growing trend is that vice-chancellors come to have more in common, in outlook and way of life, with those who hold the top executive role in other types of organisations than they do with their academic colleagues. Talking to a recently elected deputy rector in a Norwegian university, I was struck by her sense of the duty she had to represent the values of her colleagues and their disciplines in the higher councils of the university and to the outside world. Talking to her newly appointed counterparts in many British universities, one is more likely to be struck by their desire to impress the other members of the ‘senior management team’ with their hard-headedness and decisiveness.

      These contrasts may bear on two issues that have been much in the news lately. If you think of vice-chancellors as CEOs, then you will find yourself importing a set of associated assumptions from the corporate world. As soon as you hear the clichéd talk of ‘competing for talent in a global market’, you know that it is code for ‘paying American-level salaries’. Perhaps an academic elevated for one or two terms on the vote of his or her colleagues would be less likely to be awarded, or award themselves, salaries so manifestly out of kilter with those of even the highest-paid professors. (The rector of the Université Libre de Bruxelles was at pains to emphasise to me that, as rector, he receives no increase over his normal professorial salary.) Marketisation is a virulent infection that affects the whole organism, and that includes internalised expectations about ‘compensation’. Inflated salaries for vice-chancellors are the new normal, but they are recent: in 1997 the VC of Oxford was paid £100,000; in 2013 the incumbent received £424,000.

      The other issue on which the ethos of university governance may have a bearing is the pensions dispute. Without entering into the contested question of the different ways of assessing the financial strength of the existing pension fund, and of what changes might be required to ensure its long-term viability, it is clear that Universities UK, the association of vice-chancellors, has handled the issue in a particularly heavy-handed way. On the basis of what has been widely reported as an exaggeratedly pessimistic analysis of the scheme’s financial position, they proposed, among other measures, the complete abolition of any ‘defined benefit’ element, thus removing at a stroke one of the few things that had enabled scholars and scientists to persuade themselves that their decision to become academics had not been a case of financial irrationality. It has done nothing to dampen the hostility provoked by the move that it has come from a body of people who are paying themselves between six and ten times the average salaries of their academic staff. One cannot help wondering whether a body of rectors elected by their colleagues, and not themselves in receipt of such inflated salaries, would have taken these steps.

      Britain’s vice-chancellors include many impressive and sympathetic figures, struggling to do a difficult job amid conflicting pressures. It is fruitless, and in most cases unjust, to demonise them as individuals. But somewhere along the line, any sense of collegiality has been fractured, even though many vice-chancellors may wish it otherwise. Marketisation hollows out institutions from the inside, so that they become unable to conceptualise their own activities in terms other than those of the dominant economic dogma. The ultimate criterion by which CEOs are judged is ‘the bottom line’; the operational definition of their role is that they ‘hire and fire’; their salary is determined by whatever is the ‘going rate’ in the ‘global market’. The rest of the corrosive vocabulary has been internalised too: ‘There is no alternative’; ‘We cannot afford not to make these cuts’; ‘At the end of the day we must pay our way’. Eventually it becomes hard to distinguish the rhetoric of some bullish vice-chancellors from that of Tory chancellors.
      A sense of ‘guild identity’, the ‘dignity of learning’, ‘collegiality’, ‘standing in society’: this vocabulary is coming to sound old-fashioned, even archaic, despite the fact that it is hard to give an intelligible account of the distinctiveness of the university as an institution without it. Yet such language has had something of a revival in Britain in recent weeks, at least on the academic picket lines and union meetings. One of the things that has been so impressive about the strike thus far, apart from the tangible sense of solidarity and the heartening level of student support, has been the universal recognition that this is about more than the details of the pension system. My European interlocutors have repeatedly wondered why there has not been more protest in the past seven or eight years. Students, to their credit, did protest vociferously in 2011, and in smaller numbers are doing so again now. But British academics have traditionally adopted the ostrich position when confronted with unwelcome developments. Perhaps the older notion of being ‘members’ of a university rather than its ‘employees’ still lingers in some places, making all talk of unions and strikes seem like bad form. Perhaps there is still a residual sense of good fortune in being allowed to do such intrinsically rewarding work for a living, even though the daily experience for many is that intrusive surveillance and assessment, as well as increased casualisation of employment, now make that work less and less rewarding. But the mood in recent weeks has been different. Universities UK’s clumsy assault on the pension scheme has been the catalyst for the release of a lot of pent-up anger and a determination to try to do something to arrest the decline of British universities.

      When I travelled from a Universities and Colleges Union rally in wintry Cambridge to that packed discussion in Prague, it was hard not to see the ironies in the contrasts between these two situations and between my own position in each. My contribution to the debate in Prague was a paper arguing against the romanticisation of the university as eternally oppositional, the natural home of heroic dissidence. I urged instead the primacy of universities’ commitment to disciplined yet open-ended enquiry, proposing that this did not issue in a single political role, oppositional or otherwise, except when free inquiry itself was threatened. But I was aware – and the awareness was deepened by some pressing questions from the audience – that my position could easily seem complacent to people who had heard the tracks of Soviet tanks clanking down the street. The older members of that Czech audience had few illusions about the likely short-term outcome whenever politics and universities clash head-on. Perhaps for that reason, they were all the keener to cherish the independence of universities in the good times, buoyed by the belief that these implausibly resilient institutions would always, somehow, outlast the bad times. They knew what it meant to have apparatchiks forcibly imposed on universities, just as the Central European University in neighbouring Budapest is currently feeling the pressure of Orbán’s steel fist. But the present fate of universities in a country such as Britain that had not known these spirit-crushing political extremes puzzled them. Was that good fortune perhaps a source of vulnerability now? Had universities never been really valued because they had never been really put to the test? Or was there some more immediate, contingent reason that explained why a relatively peaceful, prosperous country would wilfully squander one of its prize cultural assets? And so, again, I was asked: why have they done this? I wished then, as I wish now, that I could come up with a better answer.

      https://www.lrb.co.uk/v40/n09/stefan-collini/diary
      #classement #qualité #ranking

  • L’ancien président brésilien Lula reconnu coupable en appel, son avenir politique compromis
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/01/24/l-ancien-president-bresilien-lula-reconnu-coupable-en-appel-son-avenir-polit


    Lula, le 24 janvier. Marcelo Chello / AP

    Le « père des pauvres » a été reconnu coupable de corruption à l’unanimité des trois juges de la cour d’appel de Porto Alegre, qui ont alourdi sa peine d’un tiers, à douze ans et un mois de prison.

    L’avenir de l’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula », se jouait mercredi 24 janvier. Cette figure mythique de la politique brésilienne, président de 2003 à 2010, a été reconnue coupable de corruption et de blanchiment à l’unanimité des trois juges de la cour d’appel de Porto Alegre, qui ont alourdi sa peine d’un tiers, à douze ans et un mois de prison.
    […]
    C’est le héraut de l’enquête tentaculaire « lava-jato » (« lavage express »), le juge Sergio Moro, ennemi intime de Lula, qui avait prononcé en juillet 2017 cette condamnation choc, puis saisi ses biens. Ses partisans ont relevé que la justice brésilienne avait fait montre d’une célérité inhabituelle dans la procédure visant Lula et que les preuves contre lui, qui reposent sur une délation, étaient bien minces.

    En toute fin d’article, cette seule petite réserve du Monde/AFP. Apparemment, ça ne gêne pas le rédacteur (ni la justice brésilienne, au demeurant) que le juge (de première instance) soit un ennemi politique de l’accusé…

  • [L’engrenage] Diffusion de « Un autre monde est possible » de Clem et K. Arkana (Prix libre)
    https://grenoble.indymedia.org/2018-01-22-Diffusion-de-Un-autre-monde-est

    « Il ne faut pas confondre l’espoir dans lequel gagne le moins mauvais et l’espoir dans lequel gagne un projet de transformation de notre réalité ». « Carnet de Route : Un Autre Monde est Possible », tourné notamment au Chiapas, au sommet de Porto-Alegre et au Forum Social de Bamako, relate les méfaits de la mondialisation néolibérale au travers de plusieurs témoignages récoltés aux quatre coins du monde. L’Engrenage est un bar associatif, situé 27, rue Jean Prevost - 38100 Grenoble (accessible PMR) (...)

    #Agenda

  • La plaie
    http://www.nova-cinema.org/prog/2017/163-decembre/brik/article/la-plaie

    Hélène Robert & Jeremy Perrin, 2013, FR-PT, video, VO FR ,75’

    Dans la ville de Porto, se propagent des rumeurs autour de la présence de plus en plus menaçante des goélands. Le narrateur José Roseira, guide énigmatique, nous emmène dans un voyage où règnent souvent des ambiances terrifiantes, grotesques et irréelles. Les conseils de spécialistes scientifiques se mêlent à des récits populaires, véritables poésies collectives. Ces histoires, qui peuvent conférer au film une tonalité fantastique, émouvante ou horrible, évoquent une idée plus universelle : le dialogue complexe entre les humains et les animaux, qui s’opposent et s’attirent sans cesse, balancent constamment entre peur et fascination. De magnifiques prises de vue et une bande-son extrêmement précise accompagnent José Roseira, l’énigmatique (...)

  • D’un ouragan à l’autre, les Haïtiens chassés d’Amérique - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2017/12/03/d-un-ouragan-a-l-autre-les-haitiens-chasses-d-amerique_1614174

    Depuis 2010, ils bénéficiaient d’un statut protecteur aux Etats-Unis, mais sa remise en cause par Trump a provoqué une ruée vers le Canada. Récit de l’exclusion brutale de quelques milliers de personnes ayant fui leur pays en raison de catastrophes parfois climatiques, par un pays largement responsable du réchauffement.

    Près de la ville de Lacolle, au Québec, à la frontière, au nord de l’Etat de New York, de grandes roulottes beiges et bleues ont fait leur apparition. Elles vont fournir un abri temporaire aux réfugiés - haïtiens pour beaucoup - qui fuient par vagues et à pied l’Amérique de Trump. A l’intérieur de ces abris chauffés et flambant neufs, des lits et douches prêts à dégeler les pieds et mains des marcheurs, tandis qu’auront lieu le traitement des dossiers et les contrôles de sécurité.

    L’hiver dernier, après l’investiture de Donald Trump, le nombre des passages « irréguliers » à la frontière américano-canadienne a fortement augmenté. Plutôt que de se présenter aux postes-frontières - où ils se seraient probablement fait refouler étant donné l’accord transfrontalier controversé qui existe entre les deux pays - les migrants cherchent le salut en traversant les bois, en avançant à découvert, en franchissant les fossés. Depuis janvier, près de 17 000 d’entre eux ont été arrêtés par les autorités canadiennes. Ceux qui n’ont pas été repérés font leur demande d’asile une fois arrivés en lieu sûr, au Canada.

    Ces traversées sont particulièrement dangereuses en hiver. Et l’hiver qui approche promet d’être glacial. L’an dernier, pendant les mois les plus froids, des rapports accablants ont signalé que, à l’arrivée des migrants au Canada, il a fallu amputer des orteils et des doigts gelés. Deux hommes, originaires du Ghana, ont perdu tous leurs doigts après être passés par la frontière longeant la province de Manitoba - l’un d’entre eux a déclaré aux journalistes qu’il s’estimait heureux d’avoir gardé un pouce.

    « Jeter un os »

    Il y a tout lieu de penser que ces périls ne freineront pas le courant migratoire vers les nouvelles roulottes des environs de Lacolle, alors même que la température devrait continuer de baisser. Pis encore, le flux de ces marcheurs alourdis de bagages pourrait s’intensifier dans les semaines et mois qui viennent.

    La raison en est que l’administration Trump, lundi 20 novembre, a mis ses menaces à exécution, excluant plus de 50 000 Haïtiens d’un programme qui leur permettait de vivre et de travailler légalement aux Etats-Unis : dans vingt mois, ceux-ci n’auront plus aucune protection et risqueront d’être expulsés. L’administration a déjà annoncé qu’elle réserverait le même sort aux Nicaraguayens, suggérant, au passage, qu’elle pourrait en faire autant l’an prochain avec les Honduriens. En septembre, le bruit a couru que les Soudanais seraient aussi renvoyés dans leur pays. Le tour des Salvadoriens viendrait ensuite.

    Le programme, appelé Temporary Protected Status ou TPS, (« statut de protection temporaire »), confère - le temps du retour à la normale - un statut juridique particulier aux ressortissants de certains pays frappés par les guerres ou les catastrophes naturelles.

    Toutefois, ces personnes doivent être présentes sur le sol américain au moment des faits. Après le tremblement de terre dévastateur de 2010, Haïti a été ajouté par l’administration Obama à la liste des pays bénéficiaires du TPS.

    Dans les années qui ont suivi, des milliers d’Haïtiens ont acquis ce statut et, avec lui, la liberté de faire leur vie aux Etats-Unis - en allant à l’université, en travaillant dans les services de santé, le bâtiment et l’hôtellerie, en payant des impôts et en donnant à leurs enfants, nés aux Etats-Unis, la nationalité américaine. Au total, plus de 300 000 personnes - originaires du Soudan, du Honduras, du Salvador, du Nicaragua, de Somalie et d’ailleurs - sont couvertes par le TPS. Comme l’a dit Sarah Pierce du Migration Policy Institute (l’institut de politique migratoire, basé à Washington), le programme a été conçu à l’origine comme un moyen de « jeter un os à un pays sinistré jusqu’à ce qu’il se remette sur pied ».

    Pourtant, dans certains cas, comme celui de la Somalie déchirée par la guerre, le statut a été renouvelé tant de fois qu’il est resté effectif pendant vingt-six ans, transformant le statut en une sorte de programme précaire pour réfugiés de facto - utile aux ressortissants présents aux Etats-Unis depuis des décennies, mais sans aide pour les Somaliens fuyant aujourd’hui les violences ou les persécutions. Pendant sa campagne présidentielle, Trump a laissé entendre qu’il soutenait le programme, du moins en ce qui concerne les Haïtiens. Courtisant leur vote, il a dit à une foule du quartier Little Haïti de Miami : « Que vous votiez ou non pour moi, je veux être le meilleur de vos défenseurs, et je serai votre défenseur. »

    Cela n’a pas duré. Dans le cadre de sa croisade anti-immigrés, l’administration Trump a rapidement commencé à qualifier le TPS d’escroquerie, de moyen détourné - utilisé par les étrangers - pour rester indéfiniment aux Etats-Unis (peu importe qu’un grand nombre des pays couverts par le statut soit toujours ravagés par la guerre et les catastrophes, peu importe qu’ils comptent, pour lentement se reconstruire, sur l’argent envoyé chez eux par les travailleurs TPS).

    Tout a démarré dans les premiers mois de l’administration Trump. Pour commencer, James McCament, le directeur par intérim des Services américains de citoyenneté et d’immigration, a insisté pour que Haïti soit « exclu » du programme. Ensuite, une note du département de la Sécurité intérieure a suggéré que les Haïtiens « se préparent à quitter les Etats-Unis ». Enfin, en mai, John Kelly, alors secrétaire général du même département, a déclaré que les bénéficiaires haïtiens du TPS « devaient commencer à penser à retourner » en Haïti.

    Du jour au lendemain, il n’y avait plus, pour des dizaines de milliers de personnes, qu’à choisir entre quatre options à hauts risques : rester en espérant que tout aille pour le mieux ; rejoindre l’économie souterraine ; rentrer en Haïti, où la vie est dangereuse et où l’épidémie de choléra fait encore des centaines de victimes chaque année ; ou marcher jusqu’à la frontière pour se rendre dans un pays dont le jeune Premier ministre a tenu des propos rassurants concernant l’accueil des réfugiés.

    Depuis le mois de juin, beaucoup d’Haïtiens ont choisi cette dernière option. Cet été, 250 d’entre eux, chaque jour, ont passé la frontière. Ils ont fourré, dans une valise, ce qu’ils pensaient pouvoir porter, ont pris un avion ou un car pour Plattsburgh, New York, et sont montés dans un taxi qui les a menés en trente minutes jusqu’au bout de Roxham Road, près de Lacolle. Là, ils sont descendus du véhicule et ont commencé à marcher vers le fossé qui sépare l’Amérique de Donald Trump du Canada de Justin Trudeau.

    « A la minute où je suis arrivée ici, j’ai eu l’impression que l’air que je respirais était différent. Ma douleur à l’épaule, si vive d’ordinaire, a subitement disparu. Je me suis demandé "qu’est-ce qui s’est passé ?" J’ai compris que ça venait de mon état de stress. » Agathe Saint-Preux, une femme d’une cinquantaine d’années, vêtue pudiquement d’une jupe mi-longue et d’un blazer noir, me racontait ce qu’elle avait ressenti en arrivant au Canada, après avoir passé douze ans à essayer d’obtenir un statut légal permanent aux Etats-Unis. C’était à la mi-octobre, et nous étions au milieu d’une salle comble, à la Maison d’Haïti de Montréal, là où la communauté haïtienne, enracinée dans la ville, aime à se retrouver. Des dizaines de migrants - qui avaient passé la frontière de manière « irrégulière » depuis les premières menaces anti-TPS - étaient venues partager leur expérience. Les histoires étaient variées, et beaucoup ont souhaité rester anonymes.

    Il y a eu cette mère de trois enfants qui, alors qu’elle travaillait légalement à l’aéroport de New York, avait décidé que la seule manière de préserver sa famille était de tout laisser derrière elle et de traverser la frontière à Lacolle. Puis, cet homme qui avait mené, avec succès, une campagne électorale à la mairie d’une petite ville haïtienne, mais qui avait fui son île après avoir été « passé à tabac par trois voyous » d’une faction politique rivale. « Un miracle qu’il ait survécu », a renchéri une femme qui avait elle-même vécu trois ans aux Etats-Unis, mais s’était enfuie après avoir appris que, sous Trump, des amis à elle avaient été expulsés vers Haïti.

    Un autre migrant, proche de la trentaine, a raconté qu’il avait vécu quinze ans aux Etats-Unis, était allé à l’université et avait travaillé sept ans : « J’ai été membre à part entière de l’économie de ce pays. J’ai payé des impôts. [Mais avec Trump], le stress aurait fini par me tuer. J’ai donc pris l’avion pour Plattsburgh, puis un taxi et j’ai traversé. »

    « Trump a pris mon rêve »

    Et nous avons entendu cette mère de six enfants, qui avait vécu huit ans à Miami. Elle avait mené de front un travail de nuit et des études d’infirmière, dormant aux arrêts de bus jusqu’au lever du jour - pour trouver un emploi l’autorisant à soigner les citoyens américains et à payer ses impôts au gouvernement. « On travaille comme des bêtes. Et puis, tout à coup, il nous dit : "Allez, dehors !" » m’a confié Manie Yanica Quetant, traduite pour l’occasion par un interprète créole. « Il », bien sûr, c’est Trump - ou « Chomp », comme ils ont l’habitude de prononcer son nom.

    Pour la grande majorité des Haïtiens rassemblés ici, à la Maison, la route qu’ils avaient empruntée pour entrer aux Etats-Unis n’avait pas été la plus directe (celle qui, par bateau, relie Haïti à la Floride, mais que les garde-côtes surveillent activement depuis des décennies). A la recherche d’emplois et de politiques d’immigration plus accueillantes, ils n’avaient pas hésité à faire quelques détours : leur voyage les avait d’abord menés vers d’autres îles des Caraïbes, puis au Brésil, où la préparation de la Coupe du monde 2014 et celle des JO de 2016 avaient été autant de promesses d’emplois. Une fois ces opportunités passées, ils avaient remonté l’Amérique du Sud vers le nord et gagné l’Amérique centrale, pour atteindre la Californie. Plusieurs personnes de l’assemblée avaient traversé dix ou onze pays avant d’arriver à destination. Des années passées à courir et à se cacher, traqués par les autorités, dépouillés par les voleurs.

    Rosemen François, une jeune femme qui avait égayé ses cheveux bouclés de mèches violettes, m’a raconté que ce qui s’était passé au Panama la hantait toujours : « En traversant une rivière, je suis tombée trois fois dans l’eau. A un moment donné, ma peau s’était tellement détachée de mes pieds que je ne pouvais même plus les sentir. Je n’oublierai jamais cette sensation. »

    Réagissant au témoignage de Rosemen François, un homme, qui jusqu’alors était resté muet, a pris la parole : « Quand nous étions au Panama, nous devions dormir dans la forêt […]. Nous avons vu des gens mourir. Nous avons vu des femmes se faire violer. Nous avons passé six jours dans la forêt, au Panama, sans rien avoir à manger. Nous dormions sous la pluie. » Ce qu’il nous racontait faisait tragiquement écho au malheur de ces esclaves noirs qui, avant eux, fuyaient le sud des Etats-Unis. Un jour, en entendant des bruits, pensant devenir la proie des animaux sauvages, ils ont pris peur : « Nous nous sommes mis à courir. Et, en fuyant, nous avons tout perdu : nos affaires, nos bagages, tout. Mais nous gardions la foi. Nous avions toujours les Etats-Unis en tête. Nous pensions qu’à l’arrivée, ce serait le paradis. » Après tout, depuis le tremblement de terre, un programme particulier avait été mis en place - le fameux TPS -, qui reconnaissait la souffrance de leur pays et leur permettait de vivre et de travailler librement.

    Pour beaucoup, comme l’a rappelé Rosemen François, tout n’a pas été si simple : « Quand je suis arrivée en Californie [il y a trois ans], j’ai pensé que c’était la fin du voyage. Au lieu de cela, j’ai été arrêtée et mise dans un centre de détention. Je ne pouvais pas voir la lumière du soleil ni faire la différence entre le jour et la nuit. J’y suis restée une semaine. Sans douche. Et la nourriture était immangeable. » Un jour, persuadée d’avoir été oubliée dans le trou noir de son cachot, elle s’est mise à hurler : « Et c’est ainsi que j’en suis sortie. » Ensuite, les choses se normalisant, elle a eu quelques années de répit. Elle a obtenu un permis de travail et a pu étudier. Mais l’été dernier, ses amis ont été expulsés et renvoyés en Haïti : « C’est à ce moment-là que j’ai décidé de me rendre au Canada. » Quand on lui a demandé pourquoi, elle a simplement répondu : « C’est Trump. Chomp… Chomp a pris mon rêve et l’a envoyé valser. »

    Manie Yanica Quetant, l’infirmière de Miami, nous a décrit l’état de choc dans lequel l’avait mise la brusque nouvelle que les Haïtiens - qui grâce au TPS étaient arrivés à se sentir enfin en sécurité - allaient être de nouveau traqués : « Vous allumez la radio et vous entendez : "Hey, ils sont en train d’attraper les Haïtiens." » Alors, « vous comprenez que vous devez vous mettre à courir, mais vous avez du mal à respirer et vous ne savez pas dans quelle direction aller. » Le stress, nous a-t-elle dit, était insupportable : « Tu ne sais pas pourquoi ils veulent t’attraper et quand tu regardes autour de toi, tu ne sais pas ce que les gens pensent de toi, ni ce que tu dois faire. Tu n’as qu’une envie : arrêter de courir. »

    Terre bénie

    Pour ceux qui sont entrés aux Etats-Unis après l’élection de Trump, l’expérience a été plus extrême encore. Dieuliphète Derphin, un jeune homme qui avait fait le voyage en remontant par le Brésil, était arrivé juste avant son investiture. « J’ai été surpris de me faire arrêter et de passer six jours en centre de détention. Je me demandais : "Mais pourquoi traitent-ils les Noirs d’une manière inhumaine ? Pourquoi n’ai-je pas droit à une brosse à dents ? Comment se fait-il que je n’ai pas accès à l’eau ? Pourquoi nous font-ils cela ? Est-ce parce que nous sommes noirs ?" Après cela, je ne voulais plus rester aux Etats-Unis. Pas même une seconde. Et c’est ainsi que j’ai eu l’idée de me rendre au Canada ! » Il avait traversé la frontière en août, après seulement huit mois passés aux Etats-Unis.

    Beaucoup dans l’assemblée ont eu, comme Agathe Saint-Preux, l’impression de « respirer un air différent » dès leur arrivée au Québec. Et Manie Yanica Quetant a soulevé une tempête d’applaudissements en disant à propos de Trump : « J’espère qu’il ne viendra jamais ici, parce que la terre canadienne est une terre bénie. » Et pourtant, il ne leur a pas fallu longtemps pour comprendre - passé le soulagement d’avoir échappé aux mesures expéditives de Trump - que la quête de sécurité et de stabilité était loin d’être achevée. Beaucoup d’Haïtiens sont venus au Canada parce qu’ils avaient entendu dire que le gouvernement de Trudeau les accueillerait à bras ouverts. Ils connaissaient son fameux tweet, envoyé le jour où, en Amérique, une vague de protestation s’était élevée contre le décret de Trump interdisant l’entrée des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane : « A ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force. WelcomeToCanada. » Un des hommes présents a parlé de cela, et des messages similaires qui avaient déferlé du Nord, véhiculés sur toutes les ondes, et qu’il avait pris pour « un signe divin. Dieu montrait le chemin, et disait : "Venez au Canada." »

    Ils ont malheureusement découvert que la situation était beaucoup plus complexe que prévu. Au cours des derniers mois, les autorités canadiennes ont découragé les immigrants en provenance des Etats-Unis - en particulier les Haïtiens - de tenter la traversée de la frontière, insistant sur le fait que, en dépit des tweets chaleureux et pleins de bonnes intentions, la politique d’immigration au Canada était restrictive et que des centaines d’Haïtiens avaient été expulsées depuis le mois de janvier. Selon Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d’Haïti, sur les 60 Haïtiens qui, aujourd’hui, passent quotidiennement la frontière, 50 % obtiendront le statut de réfugiés, 25 % un statut alternatif, et 25 % seront vraisemblablement expulsés.

    En outre, depuis 2004, le Canada et les Etats-Unis font partie du Safe Third Country Argument (« l’entente sur les tiers pays sûrs »), qui stipule que les demandeurs d’asile « doivent réclamer la protection accordée aux réfugiés dans le premier pays sûr dans lequel ils pénètrent ». Puisque les Etats-Unis sont un de ces pays sûrs, les Haïtiens qui s’y trouveraient, mais qui se rendraient à un poste-frontière canadien pour formuler une demande d’asile, seraient très probablement renvoyés.

    En revanche, s’ils apparaissent, comme par magie au Canada, leur demande pourra être traitée. C’est la raison pour laquelle les Haïtiens, ainsi que des milliers d’autres immigrants fuyant l’hostilité croissante des Etats-Unis, ont traversé la frontière à pied, avec les risques qu’on sait. Comme l’a rappelé Manie Yanica Quetant, pour avoir une chance d’obtenir un statut légal au Canada, « vous devez enfreindre la loi - vous ne voulez pas le faire, ça vous déplaît, mais vous devez le faire ».

    Entre les mailles du filet

    Une femme dans l’assemblée a tenu à nous dire qu’avant de traverser, elle avait tenté d’entrer légalement par un poste-frontière. Comme elle avait été refoulée, l’information avait été portée à son dossier. Et à cause de cela, elle est la plus fragile du groupe d’un point de vue juridique : « Parce que j’ai été expulsée, je ne peux pas obtenir de permis de travail », nous a-t-elle dit. Une autre femme a secoué la tête : « C’est ce que tout le monde, ici, essaie d’éviter. »

    Le Canada n’a pas non plus été un modèle d’antiracisme face à cette vague d’immigration. Les suprémacistes blancs ont manifesté aux postes-frontières de Lacolle et ont déployé une banderole anti-immigration à l’extérieur du Stade olympique de Montréal, transformé pour l’occasion en abri pour les réfugiés de Trump. Et à ce jour, les Haïtiens n’ont pas connu l’élan de générosité populaire auquel ont eu droit les réfugiés syriens.

    Toutefois, beaucoup de Montréalais se sont mobilisés pour aider les Haïtiens, avec parfois une incroyable chaleur. « Nous voulons qu’ils se sentent ici chez eux », a déclaré Marjorie Villefranche en parlant de l’endroit où nous nous trouvions. La Maison d’Haïti a ouvert ses portes en 1972, lors de la précédente vague migratoire, pendant les années noires des dictatures Duvalier. L’an dernier, après des dizaines d’années passées au cœur de la vie haïtienne de Montréal, elle a déménagé - et a fêté l’événement - dans un bâtiment moderne et lumineux du quartier Saint-Michel. Derrière de grandes baies vitrées, qui donnent sur la rue, les membres de la communauté ont leur café pour se réunir et bavarder, et l’art haïtien, si plein de vitalité, orne tous les murs. Ce lieu est arrivé juste à temps pour faire face à la tempête Trump. Comme ce fut le cas après le séisme de 2010, des équipes de bénévoles aident aujourd’hui les nouveaux arrivants à remplir leurs formulaires de permis de travail temporaires. Les membres du personnel veillent, de leur côté, à inscrire les enfants à l’école, à leur fournir un uniforme et de jolis cahiers. Des cours de français sont proposés aux adultes, et des campagnes de collectes de vêtements, de meubles et de provisions en tout genre sont organisées.

    Il y a surtout la présence d’autres Haïtiens qui, pour beaucoup, profitent, à Montréal, depuis des décennies, d’une vie confortable et prospère. Un réfugié de Trump nous a expliqué : « Ils nous disent : "N’ayez pas peur. Regardez, le soleil brille pour nous aujourd’hui. Donc, demain, il brillera pour vous aussi." » Philogene Gerda, une jeune mère de trois enfants qui a passé quinze jours au Stade olympique, a déclaré qu’à la Maison « on se sent comme chez soi, en particulier dans l’espace réservé aux femmes, les vendredis soirs, quand on peut venir avec ses enfants ».

    Enfin, il y a l’action politique menée par le mouvement des droits des immigrés en vue de pousser le gouvernement Trudeau à se montrer à la hauteur de ses belles formules en faveur des réfugiés. Les roulottes chauffées à la frontière sont une aide, mais cela ne suffit pas. Des milliers de Canadiens ont réclamé par courrier que soit mis un terme à l’entente sur les tiers pays sûrs avec les Etats-Unis. D’autres campagnes sont menées afin que le traitement des demandes d’asile puisse être accéléré, et que les migrants ne soient pas, des années durant, victimes d’un vide juridique.

    A la Maison d’Haïti, le sentiment qui domine, c’est la détermination. Après avoir remonté toute la longueur des Amériques pour trouver ici un peu de tranquillité, ils n’ont, littéralement, plus d’endroit où aller, plus de fuite possible vers le nord. Comme Dieuliphète Derphin me l’a confiée : « Nous sommes arrivés. C’est la fin de la route. […]. Nous devons vivre ici. Et être protégés ici. Voilà tout. Je ne veux plus retraverser cet enfer. »

    Pour Marjorie Villefranche, cela s’impose d’autant plus depuis que le département de la Sécurité intérieure a annoncé, ce lundi 20 novembre, que 50 000 Haïtiens étaient désormais en sursis sur le territoire des Etats-Unis. « Nous attendons beaucoup de monde », m’a-t-elle dit. Mais elle espère que ceux qui prévoient de tenter une traversée à pied profiteront des vingt mois qui leur restent pour éviter l’hiver et ses dangers : « Ce n’est pas une bonne idée de traverser en hiver. C’est très dur. Quoi qu’il en soit, nous sommes prêts à les accueillir : les roulottes là-bas, et nous ici, à la Maison d’Haïti. »

    Bien sûr, tous les Haïtiens confrontés à la perte de la protection que leur assurait leur statut ne choisiront pas l’option canadienne. Il y avait eu des craintes - étant donné les menaces de John Kelly en mai - que l’annonce du 20 novembre mettrait les gens au pied du mur dès le mois de janvier.

    Les vingt mois de répit permettent d’espérer que, avant la fin du compte à rebours, au moins un des efforts déployés pour que la résidence légale permanente soit accordée porte ses fruits : par exemple, l’effort qui vise à ce que les migrants qui bénéficient du TPS depuis cinq ans ou plus obtiennent cette résidence, comme le réclame un projet de loi qui fait l’unanimité.

    Toutefois, le scénario le plus probable, c’est que des dizaines de milliers d’Haïtiens vivant et travaillant légalement aux Etats-Unis resteront sur le territoire et passeront entre les mailles du filet. Comme le souligne Patricia Elizée, une avocate de Miami, qui défend les intérêts de ressortissants haïtiens, les Haïtiens « ne monteront pas tous sur un bateau pour rentrer chez eux. Ils opteront plutôt pour le marché noir ». Beaucoup continueront à travailler - mais alors, quand ils se plaindront d’un mauvais traitement, ils se mettront aussitôt en danger d’expulsion ou d’incarcération, une opportunité pour les prisons privées pour immigrés, dont les maisons mères se sont félicitées de l’élection de Trump.

    Beaucoup d’Haïtiens n’envisagent le retour au pays qu’en dernier recours. Il est vrai, comme le souligne le département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis, que le tremblement de terre en Haïti a déjà sept ans, et que le TPS est censé être temporaire. Mais ce tremblement de terre n’est pas l’alpha et l’oméga de l’état de désespérance dans lequel se trouve ce pays. La reconstruction, financée par l’étranger mais médiocre et gangrenée par la corruption, a préparé le terrain pour l’épidémie de choléra, et, l’année dernière, Haïti a été frappé par l’ouragan Matthew. Lorsque l’ouragan Irma, cette année, a été à deux doigts d’inonder l’île avec des pluies diluviennes, certains insulaires ont montré les signes d’un épuisement qui pourrait bientôt devenir banal, tant les épreuves et les crises, par leur fréquence, auront le visage d’une macabre normalité.

    Outil humanitaire

    Un résident de Port-au-Prince a déclaré à un journaliste : « On est inquiets, bien sûr, mais, de toute façon, on vit déjà au milieu d’un autre ouragan : l’ouragan de la misère. […]. Ils disent que je devrais protéger ma maison en la condamnant ? Mais avec quoi ? Du bois ? Qui va payer ? Où je vais trouver l’argent pour l’acheter ? Je n’ai même pas de toit en tôle ! Si les vents se lèvent, je ne peux faire qu’une chose : espérer survivre. »

    D’un point de vue politique, les attaques de Trump contre le TPS sont assez déconcertantes. Car la population n’avait pas réclamé à cor et à cri l’expulsion des Haïtiens et des Centraméricains. Et la perte de ces travailleurs, dont le sérieux était apprécié, est une mauvaise nouvelle pour de nombreux employeurs (selon le syndicat Unite Here, Disney World emploie, à lui seul, environ 500 travailleurs haïtiens du TPS).

    En outre, tout cela risque de porter préjudice aux républicains : si les bénéficiaires haïtiens du TPS ne peuvent pas voter, beaucoup de leurs amis et de membres de leur famille peuvent le faire. Et comme ils sont nombreux à vivre en Floride - un Etat clé qui connaît aussi un afflux de Portoricains mécontents de la façon dont ils ont été traités par les républicains (et qui peuvent voter une fois installés sur le territoire) - cette dernière mesure anti-immigrés pourrait bien avoir des conséquences aux prochaines élections.

    Mais peut-être y a-t-il derrière tout ça une stratégie qui dépasse la seule question d’Haïti ou du Honduras, et qui concerne, plus largement, celle du réchauffement climatique. Car le TPS - qui fait de la « catastrophe environnementale » l’une des principales justifications de l’inscription d’un pays à ce programme - est actuellement l’outil le plus important dont dispose le gouvernement américain pour apporter un minimum d’aide aux innombrables personnes qui, dans le monde entier, sont déplacées en raison des crises liées au changement climatique et qui seront bientôt beaucoup plus nombreuses. Il n’est donc pas étonnant que l’entourage politique de Trump fasse tout ce qui est en son pouvoir pour s’en débarrasser.

    Sur les dix pays actuellement couverts par le TPS, les catastrophes environnementales sont dites « cause principale » ou « facteur contributif majeur » dans sept d’entre eux.

    A l’origine, ce programme était censé apporter une réponse, non pas au changement climatique, mais au déplacement des populations des pays en proie à la guerre civile. Mais à mesure que la planète s’est réchauffée, il est devenu le principal levier utilisé par les Etats-Unis pour aider les victimes des catastrophes naturelles en leur accordant des droits limités sur le sol américain. Et de fait, l’une des seules actions que les gouvernements des pays sinistrés peuvent entreprendre à l’issue d’une tempête ou d’une sécheresse dévastatrice est de faire pression pour que leurs citoyens soient couverts par le TPS - ou, dans d’autres pays riches, par des programmes analogues.

    Jane McAdam, directrice du Centre Kaldor pour le droit international des réfugiés à l’université de Nouvelle-Galles du Sud, m’a dit que le TPS, quels que soient les problèmes qu’il pose, est « le mécanisme le plus efficace, voire le seul existant », dans le cadre de la législation américaine, pour accueillir les réfugiés climatiques : « Il offre au moins une sorte de protection temporaire. » C’est pourquoi, un certain nombre de spécialistes pensent qu’avec l’accélération du changement climatique, le TPS se révélera de plus en plus important.

    Bien sûr, toutes les catastrophes inscrites au registre du TPS ne sont pas liées au changement climatique (les tremblements de terre en Haïti et au Népal). Mais d’autres catastrophes retenues comme donnant lieu à une inscription - ouragans, grandes inondations, sécheresses - sont précisément des phénomènes météorologiques extrêmes qui deviennent de plus en plus fréquents et dévastateurs à mesure que la planète se réchauffe.

    Le Honduras et le Nicaragua, tous deux visés par l’administration Trump, ont reçu pour la première fois la protection du TPS après le passage de l’ouragan Mitch. La Somalie, à l’origine incluse dans le TPS en raison d’un conflit armé, a vu son statut prolongé sous la présidence Obama, au motif notamment d’une « grande inondation » et d’une « intense sécheresse » ayant des conséquences sanitaires sur l’eau et la nourriture. De même, le Yémen, d’abord inclus au programme pour cause de guerre, s’est vu récemment renouveler son statut après que des cyclones et des fortes pluies ont causé « pertes en vies humaines, blessés, inondation, coulées de boue, dommages aux infrastructures, pénuries de nourriture, d’eau, de médicaments et de carburant ».

    Accorder à certains migrants originaires de ces pays le droit de vivre et de travailler aux Etats-Unis est une manière de reconnaître les droits fondamentaux de ceux qui, vivant dans des régions touchées par de soudaines crises environnementales, cherchent à vivre en sécurité.

    En tant qu’outil humanitaire, le TPS est terriblement limité pour faire face aux catastrophes en série qui caractérisent notre époque. Même pour le nombre relativement restreint de personnes qui répondent aux exigences strictes de ce programme, il ne produit rien de moins qu’une insécurité permanente. Les bénéficiaires doivent renouveler leur statut tous les six à dix-huit mois, en payant chaque fois environ 500 dollars, et le TPS est temporaire par définition.

    Il est aussi arbitraire : de nombreux pays frappés par des catastrophes majeures n’ont pas pu bénéficier du programme. Pis encore, celui-ci est uniquement conçu pour faire face à des catastrophes soudaines et de grande ampleur ; les effets climatiques les plus lents, comme la désertification, l’élévation du niveau de la mer et l’érosion des terres, sont plus difficiles à prendre en compte. Mais ce n’est pas tout : comme le souligne Koko Warner, une experte des migrations environnementales de l’université des Nations unies,« il est toujours supposé [avec le TPS] que les gens pourront retourner dans leur pays d’origine » une fois la catastrophe passée. Une telle hypothèse ne tient plus à une époque où les nations insulaires et les côtes sont clairement menacées de submersion.

    L’hostilité de Trump, malgré toutes ces mises en garde, s’explique aisément : en dehors des mesures discrétionnaires, il n’existe rien d’autre que le TPS pour les migrants climatiques qui ont échoué sur le territoire des Etats-Unis. La convention de 1951, relative au statut des réfugiés, n’inclut ni les catastrophes environnementales ni les changements climatiques dans les conditions d’obtention du statut de réfugié. Ce qui compte, c’est le risque de persécution.

    Ce vide béant du droit international est dénoncé par les gouvernements chaque fois qu’ils se réunissent pour s’attaquer aux défis croisés du dérèglement climatique. Ce fut encore le cas, très récemment, à Bonn, en Allemagne, à la conférence sur le climat (COP 23) organisée par les Nations unies du 6 au17 novembre. Beaucoup ont soutenu que la convention de 1951 devait être modifiée. Mais est-ce seulement la bonne solution ? A un moment où les gouvernements de tant de pays riches sont en train de renforcer le contrôle aux frontières, élargir l’accès de cette convention aux réfugiés climatiques pourrait non seulement échouer, mais aussi donner lieu à un accord nettement moins favorable aux migrants que celui qui existe déjà.

    Donc le TPS est tout ce qui reste. Pourtant, quand l’administration Trump tire à boulets rouges sur le programme (en visant les Centraméricains, les Haïtiens, les Soudanais, et sans doute d’autres populations à venir), cela signifie que même ce faible outil est menacé. Et cette manœuvre s’inscrit dans un ensemble d’actions qui, simultanément, aggravent la crise climatique (en répondant favorablement aux souhaits les plus fous de l’industrie des combustibles fossiles), tout en éliminant les programmes conçus pour y faire face.

    America First

    En bref, il ne s’agit pas seulement de l’aversion de Trump pour les immigrés non blancs (bien qu’il soit aussi question de cela) : on assiste, vraisemblablement, à une forme particulièrement brutale d’adaptation au changement climatique. La logique en est assez simple : l’état-major de Trump sait très bien que les demandes de protection vont se multiplier dans les années à venir - il suffit de regarder l’ampleur inégalée des catastrophes qui ont eu lieu cet été, des inondations en Asie du Sud-Est et au Nigeria, jusqu’à l’exode qu’a connu Porto Rico, en passant par l’évacuation totale de Barbuda. Qu’ils nient publiquement la science ou non, les généraux qui entourent Trump sont conscients que les déplacements de population seront beaucoup plus nombreux à l’avenir. Si une catastrophe naturelle - comme le terrible tremblement de terre d’Haïti ou les ouragans qui ont suivi - provoque un élan de compassion hors normes, pourquoi pas la prochaine ? Et la suivante ? Du point de vue de l’« America First » de l’administration Trump, le TPS, en tant que précédent juridique, est tout simplement trop dangereux.

    Alors qu’il est le seul programme d’immigration aux Etats-Unis donnant des droits aux migrants en cas de catastrophes environnementales, le TPS - par le sort qui l’attend - devrait être considéré comme un test grandeur nature permettant de voir comment le pays le plus riche du monde, et le plus grand émetteur de gaz à effet de serre, entend gérer les prochaines vagues de réfugiés climatiques. Jusqu’à ce jour, le message est clair : « Retournez dans l’enfer que nous avons créé ».
    Naomi KLEIN Journaliste, essayiste et réalisatrice canadienne

    Pendant que je lisais ce long article je me disais mais il est vraiment bien écrit et précis cet article. Et arrivée à la fin j’ai vu qu’il était écrit par Naomi Klein !
    #immigration #états_unis #canada #haiti #TPS #québec #trump

  • Les utopies réelles ou la fabrique d’un monde postcapitaliste

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/30/utopies-reelles-un-autre-monde-se-fabrique_5222764_3232.html

    Les « hackerspaces » californiens, les coopératives du Pays basque, ­l’encyclopédie Wikipédia… Enquête sur les bases théoriques d’un ­mouvement ­qui cherche à éroder le capitalisme par l’action concrète.

    Après une longue éclipse, l’utopie est de retour – au moins dans les librairies. Inscrit en grandes lettres rouges sur le best-seller de l’essayiste néerlandais Rutger Bregman, le mot figure également dans le titre de l’ouvrage sur le postcapitalisme du sociologue américain Erik Olin Wright. Mais plus que ce mot, né au XVIe siècle sous la plume de Thomas More, ce sont les adjectifs qui l’accompagnent dans ces deux titres qui intriguent : Rutger Bregman plaide pour des utopies « réalistes », Erik Olin Wright pour des utopies « réelles ».

    Dans les milieux alternatifs, ce sont les utopies « concrètes » qui sont en vogue. En septembre, la ville de Paris a ainsi accueilli le quatrième festival de ces expériences « qui préparent l’avenir ». Actions « zéro déchets », coopératives d’énergies renouvelables, villes sans voitures, emplois d’utilité sociale : « Pendant que certains politiques délirent sur les Gaulois ou les dynasties royales », raille le magazine Basta !, les citoyens inventent des « utopies concrètes » destinées à résister aux « secousses économiques, sociales et environnementales ».

    L’expression d’utopie concrète n’est pas réservée aux militants : dans L’Age du faire (Seuil, 2015), le sociologue Michel Lallement l’utilise pour qualifier les espaces où les hackeurs imaginent des formes de travail qui bousculent les règles de l’économie de marché. Elle a été inventée par le philosophe allemand Ernst Bloch (1885-1977) : dans son livre Le Principe espérance (Gallimard, 1976), publié en République démocratique allemande dans les années 1950, il affirme que les utopies concrètes permettent de déceler, dans le réel, « l’anticipation réaliste de ce qui est bien ».

    Utopies réelles, utopies réalistes, utopies concrètes ? Ces expressions ont un petit air de paradoxe, voire d’oxymore : a priori, l’utopie ne fait pas bon ménage avec le réel. « Elle est, par définition, incompatible avec l’ordre existant, insiste l’historienne Michèle Riot-Sarcey. Il y a bien sûr, dans le monde, des expériences qui ont un potentiel subversif, mais ce ne sont que des prémisses ou des apprentissages, pas des utopies pérennes. » L’utopie, rappelle-t-elle en citant le philosophe Miguel Abensour (1939-2017), ne s’inscrit pas dans la réalité : elle recherche « sans fin l’ordre politique juste et bon ».

    Dans la tradition marxiste

    C’est d’ailleurs parce que l’utopie ne dessine pas un « modèle qui signifierait la fin de l’histoire », selon le mot de Miguel Abensour, qu’elle a été considérée avec un doigt de condescendance par Karl Marx : il critiquait les « vaines spéculations de l’imagination » qui émanaient des socialistes utopiques du XIXe siècle. « Le marxisme est fâché avec les utopies, constate Michel Lallement. Il y voit une forme d’enfance de la pensée. » Un siècle plus tard, le philosophe Emil Cioran, dans les années 1950, se moquait volontiers des utopistes, qu’il jugeait « plats, simplistes et ridicules ».

    Assis à la table d’un café du 20e arrondissement de Paris lors d’une soirée d’échanges avec ses lecteurs, Erik Olin Wright, qui s’inscrit dans la tradition marxiste, revendique pourtant les termes « utopies réelles ». Lorsqu’il présente son ouvrage sur le dépassement du capitalisme, le professeur de sociologie de l’université du Wisconsin à Madison rappelle malicieusement qu’il a passé six mois à Paris en 1967, alors qu’il était assistant de recherche de l’attaché culturel de l’ambassade américaine. « L’année suivante, en 1968, un slogan a fleuri sur les murs de la capitale, sourit-il : “Soyez réalistes, demandez l’impossible !” »

    Son travail consiste, explique-t-il, comme le proclame ce slogan joyeusement surréaliste, à « embrasser cette tension » entre l’utopie et le réel. Erik Olin Wright ne veut pas renouer avec les grands desseins politiques qui ont conduit aux tragédies du XXe siècle ; il cherche plutôt à « cristalliser » l’inévitable tension entre les rêves et les pratiques. Il faut, selon lui, conserver l’apport inestimable de l’utopie – la plasticité du monde, la puissance de l’espoir, le bouleversement des évidences – tout en ancrant la transformation sociale dans une réflexion nourrie sur le monde d’aujourd’hui.

    Un petit air de paradoxe

    Pour penser la transition vers un horizon « postcapitaliste », le sociologue américain ne se contente donc pas de dessiner une perspective lointaine : il s’appuie sur le « déjà là » que constituent les utopies réelles « d’ici et de maintenant ». « Au lieu de domestiquer le capitalisme en imposant une réforme par le haut ou de briser le capitalisme par le biais d’une rupture révolutionnaire, l’idée centrale consiste à éroder le capitalisme en construisant des alternatives émancipatrices dans les espaces et les fissures des économies capitalistes, et en luttant pour défendre et étendre de tels espaces. »

    Ces utopies réelles « préfigurent un monde idéal et nous aident à atteindre un objectif postcapitaliste », affirme Erik Olin Wright. Cette idée fait écho aux écrits du philosophe Ernst Bloch, avec qui le sociologue américain admet une parenté. « Il y a clairement un écho entre mon concept d’utopies réelles et la distinction que fait Bloch entre les “utopies abstraites” et les “utopies concrètes”, explique-t-il en 2013 dans la revue Tracés. (…) Nous cherchons tous deux des préfigurations utopiques dans le présent et nous plaçons la démocratie au cœur de la construction pratique des utopies, réelles ou concrètes. »


    Extrait de la série « D’après moi, le déluge ». Les pommes.

    Pour le politiste Laurent Jeanpierre, qui est aussi l’éditeur d’Erik Olin Wright, c’est cette attention au monde d’aujourd’hui qui fait l’intérêt du livre. « Dans l’expression “utopie réelle”, ce n’est pas le mot qui m’intéresse, c’est l’adjectif. Erik Olin Wright n’est pas un idéaliste qui se contente de rêver d’un autre monde : sa réflexion sur le postcapitalisme est articulée à une analyse des rapports de force et des conditions de possibilité de ce nouveau monde. Sa pensée et ses espoirs s’accompagnent donc de propositions rigoureuses et rationnelles qui sont issues d’expériences : il étudie avec précision leur impact mais aussi leurs limites. »

    Alternatives émancipatrices

    Où ces utopies réelles sont-elles nichées dans le monde qui nous entoure ? A titre d’exemples, le sociologue américain met en avant quatre « alternatives émancipatrices aux organisations sociales dominantes » : le budget participatif municipal inspiré de l’expérience menée à la fin des années 1980 à Porto Alegre (Brésil) ; les coopératives autogérées de Mondragon, au Pays basque espagnol, qui regroupent 40 000 travailleurs-propriétaires ; le revenu de base inconditionnel dont Benoît Hamon s’était fait le défenseur pendant la campagne présidentielle ; et… Wikipédia.

    Brésil : le budget participatif de Porto Alegre

    A partir de 1989, le Parti des travailleurs a expérimenté à Porto Alegre, mégalopole brésilienne relativement pauvre de plus de 1,5 million d’habitants, une nouvelle forme de démocratie directe : le budget participatif. Une fois l’an, des assemblées populaires composées de membres de l’exécutif local, d’administrateurs, d’associations de quartier, de clubs sportifs ou de simples citoyens désignent des délégués chargés de mener un travail « participatif » dans les quartiers. Trois mois durant, ils inventent, avec les résidents et les représentants associatifs, des projets qui sont soumis ensuite au vote de l’assemblée : réfection des rues, traitement des eaux usées, entretien de l’habitat public, création de centres de soin. Pour Erik Olin Wright, le bilan est positif : grâce à ce processus délibératif, des transferts massifs de dépenses ont été effectués vers les quartiers les plus pauvres, beaucoup de citoyens (8 %), y compris dans les milieux défavorisés, se sont investis dans le processus et la corruption a reculé grâce à la transparence et à la codification des procédures.

    Espagne : les « travailleurs propriétaires » de Mondragon

    Mondragon est un conglomérat de coopératives autogérées situées au Pays basque espagnol. Née en 1956, sous le général Franco, la première coopérative, regroupant 24 ouvriers, produisait des chaudières à pétrole et des cuisinières à gaz. Soixante ans plus tard, Mondragon est devenu le septième plus grand groupe d’affaires espagnol : il est composé de 250 entreprises autonomes réunissant plus de 40 000 « travailleurs-propriétaires ». Organisées sur le modèle coopératif, ces entreprises qui appartiennent à leurs employés produisent des machines à laver ou des pièces de voiture, fournissent des services bancaires ou des assurances, constituent de simples épiceries. La direction générale est élue par les travailleurs et les grandes décisions sont prises soit par un conseil d’administration représentant tous les membres, soit par l’assemblée générale des travailleurs. Pour Erik Olin Wright, cette infrastructure sociale développe « la propriété coopérativiste, qui protège partiellement les entreprises des pressions concurrentielles des marchés capitalistes ».

    Wikipédia ? Dans le café où Erik Olin Wright dialogue avec ses lecteurs, beaucoup tiquent à l’idée de faire de l’encyclopédie en ligne une « alternative post-capitaliste émancipatrice ». « Qui, pourtant, aurait imaginé au début des années 2000 qu’un groupe de 200 000 contributeurs rédigerait bénévolement et horizontalement une encyclopédie gratuite, traduite en une centaine de langues ?, argumente le sociologue. Que cette encyclopédie serait régie par un principe égalitaire ? Et qu’elle détruirait les encyclopédies payantes, une industrie capitaliste vieille de plus de 300 ans ? Wikipédia incarne une logique de partage de la connaissance, non seulement non capitaliste, mais anticapitaliste. »

    Dans la salle, beaucoup s’interrogent à haute voix sur le chemin qui mène à ce monde post-capitaliste. Une révolution ? La victoire électorale d’un parti politique ? Un foisonnement d’utopies réelles suffisamment dense pour « éroder » le capitalisme ? « Dans ce combat pour l’épanouissement humain et l’émancipation, il n’y a pas de carte, il n’y a pas de routes dessinées à l’avance, répond Erik Olin Wright. Il y a en revanche une boussole : l’égalité, la justice, la liberté, la démocratie, la communauté, la solidarité. On sait si on marche dans la bonne direction, mais on ne connaît pas le chemin à l’avance. C’est un voyage. »

    Crise des possibles

    Dans ce long périple, le sociologue américain ne renie pas la longue histoire de la gauche. « Elle compte trois traditions différentes, rappelle Razmig Keucheyan, professeur de sociologie à l’université de Bordeaux. La stratégie de la rupture, qui est défendue par les révolutionnaires, notamment ceux de la IIIe Internationale ; la stratégie réformiste, qui est mise en œuvre par les partis sociaux-démocrates ; et une stratégie qui s’en remet à la créativité de la société civile, que l’on trouve dans certains courants libertaires, mais aussi dans la deuxième gauche. Erik Olin Wright synthétise ces trois courants : pour cheminer vers une société postcapitaliste, il imagine à la fois des moments de rupture, des politiques gouvernementales et des innovations de la société civile. »

    Si la démarche d’Erik Olin Wright est intéressante, c’est parce que, depuis une quarantaine d’années, les deux premières stratégies s’essoufflent, poursuit Razmig Keucheyan. « Depuis les années 1980 et 1990, nous avons assisté à la crise d’un double logiciel, celui de la révolution et celui du réformisme. Erik Olin Wright prend donc acte de cette crise des possibles et propose d’accorder une importance nouvelle à la créativité de la société civile. Il ne récuse pas pour autant les élections – il n’est pas anarchiste – et ne renie pas le rôle de l’Etat, qui consiste justement à protéger et faire prospérer les utopies réelles inventées par les citoyens. »

    Pour développer ces utopies réelles, le sociologue américain plaide pour le « renforcement du pouvoir d’agir social au sein de l’économie » : dans le mot socialisme, affirme-t-il, il « prend le social au sérieux ». Un parti-pris salué par l’économiste Thomas Coutrot, ancien coprésident d’Attac et membre des Economistes atterrés. « Les stratégies classiques de la gauche mettent l’Etat au centre de leurs préoccupations alors que, dans ce livre, c’est au contraire la société civile qui doit établir son hégémonie sur le politique – l’Etat – et sur l’économique – le capital. C’est une idée sacrément forte : elle devrait bousculer la gauche française, qui a tendance à reproduire des schémas étatistes. »

    La métaphore de l’étang

    Pour démontrer l’utilité et la puissance de la société civile, Erik Olin Wright utilise volontiers la métaphore de l’étang. Les systèmes sociaux sont des écosystèmes qui comptent de nombreuses sortes de poissons, d’insectes et de plantes, explique-t-il. Il suffit parfois d’introduire une nouvelle espèce pour qu’elle se développe harmonieusement – et qu’elle modifie en profondeur l’écosystème. « Les utopies réelles sont une espèce étrangère dans l’étang où domine le capitalisme. La question est de savoir si l’on peut créer dans l’étang les conditions nécessaires à l’épanouissement des espèces relevant des utopies réelles. »

    Le sociologue Michel Lallement apprécie cette insistance sur les vertus du « faire » – et croit, lui aussi, à la métaphore de l’étang. Sans partager les convictions marxistes d’Erik Olin Wright, il estime que le temps des utopies réelles est venu : les hackerspaces qu’il a étudiés sont, à ses yeux, une illustration paradigmatique de ces « poches alternatives où, déjà, fermente le nouveau monde ». Ces innovations, « tapies dans les plis de notre présent », ne sont pas « des îlots d’illusion dans un océan de réalisme », affirme le sociologue : elles ­ « savent secouer les mondes qui les entourent et qui les traversent ».

    Razmig Keucheyan croit, lui aussi, à la créativité de la société civile, mais il se demande si elle est toujours dotée d’une véritable conscience politique. « C’est Erik Olin Wright qui réunit dans un même mouvement les utopies réelles que sont Wikipédia, le revenu universel et les entreprises autogérées par les salariés. Mais la question politique reste entière : comment faire en sorte que ce monde, même s’il est inventif, se donne des instruments qui lui permettent de réussir la transformation sociale ? Comment construire ce que l’on appelle, dans les milieux militants, la “convergence des luttes” ? »

    Quel que soit le chemin, les militants du postcapitalisme devront se montrer patients : pour Laurent Jeanpierre, la pensée des possibles d’Erik Olin Wright est une affaire de décennies, voire de siècles. « Les utopies réelles, tout en changeant le monde, peuvent nourrir l’imaginaire et entretenir l’espérance, mais ces processus de changements historiques dépassent largement une génération. Le capitalisme a mis des siècles à se construire, il mettra beaucoup de temps à s’éroder – s’il doit s’éroder. » Le livre est destiné à tous ceux qui rêvent, à long terme, d’un dépassement du capitalisme, pas à ceux qui cherchent une baguette magique pour transformer le monde du jour au lendemain.