city:reykjavik

  • Pur effet de #sérendipité, je tombe sur : L’église Hallgrímskirkja à Reykjavik
    https://www.geo.fr/voyages/vos-voyages-de-reve/islande-aux-portes-de-l-arctique-une-ile-grandiose/islande-reykjavik-eglise-hallgrimskirkja

    Depuis 1986, date de fin de sa construction, l’église Hallgrímskirkja dresse son austère clocher en béton face à la ville de Reykjavik. Bâtie dans un style Art déco, l’église rappelle la structure d’un orgue basaltique, formation géologique naturelle que l’on retrouve fréquemment sur le territoire islandais. L’église abrite notamment un véritable orgue musical, aux formes aussi tranchantes que la façade de l’édifice.

  • 24 octobre 1975. Retour sur la grève des Islandaises 24 Octobre 2018 - Révolution Permanente
    http://www.revolutionpermanente.fr/24-octobre-1975-Retour-sur-la-greve-des-Islandaises

    La grève des Islandaises de 1975 est un mouvement social mené par les femmes islandaises un 24 octobre. Elles revendiquaient alors l’égalité hommes/femmes dans le monde du travail ainsi que la reconnaissance de leur rôle dans l’économie. Sans oublier le travail domestique supplémentaire, aussi surnommé double journée de travail. La grève fut suivie par 90 % des femmes du pays et s’accompagna d’une grande manifestation à Reykjavik. Sous pression de la mobilisation, elle entraîna des changements de législation donnant plus de droits aux femmes.


    Le 24 octobre 1975, les femmes islandaises ne sont pas allées à leur emploi rémunéré, elles n’ont rien fait chez elles ou pour leurs enfants. 90% des femmes y ont participé, y compris dans les communautés rurales. En conséquence, de nombreuses industries ont dû fermer pour la journée. Le service téléphonique s’est arrêté, et les journaux ne furent pas imprimés car ces métiers étaient réservés aux femmes. Les théâtres ont aussi fermé pour la journée : les actrices avaient refusé de travailler. La majorité des enseignants étaient des femmes, donc les écoles ont aussi fermé leur porte ce jour-là, ou étaient en capacité limitée.

    Pour continuer la liste, les vols aériens ont tous été annulés car les hôtesses de l’air n’étaient pas venues au travail ; et les poissonneries ont fermé car les ouvriers de l’usine étaient des femmes. Les saucisses, un repas populaire, étaient en rupture de stock dans de nombreux magasins ce jour-là. Les papas se sont alors trouvés obligés d’amener leurs enfants au travail et de les nourrir. Ce jour-là, les dirigeants des banques ont dû travailler comme caissiers pour maintenir les banques ouvertes.

    Au cours de cette journée, 25 000 femmes parmi les 220 000 Islandais se sont rassemblé dans le centre de Reykjavik. Lors du rassemblement, les femmes ont chanté et parlé de ce qui pourrait être mit en œuvre pour atteindre l’égalité des sexes en Islande. Il y avait également beaucoup d’oratrices lors de cette journée, dont une femme au foyer, deux membres du parlement, une représentante du mouvement des femmes, et une travailleuse. Le dernier discours de la journée fut d’Adalheidur Bjarnfredsdottir, qui « représentait Sokn, le syndicat pour les femmes moins payées d’Islande ».

    La grève dura jusqu’à minuit ce soir-là. A minuit une, les typographes se sont remises au travail pour sortir les journaux. Ces derniers n’étaient pas aussi longs que d’habitude et ne contenaient que des articles sur la grève. Les femmes ont alors atteint leur objectif : montrer à l’Islande leur valeur en provoquant la quasi-paralysie du pays pour une journée. Le Jour de congé a ouvert les yeux de beaucoup d’hommes qui l’appelaient « le long vendredi ».

    L’année suivante, le parlement islandais adopta une loi garantissant l’égalité des droits pour les femmes et les hommes. Cependant, en 1976, la loi n’a guère provoqué de changement sur l’inégalité des salaires et les disparités en matière d’emploi. Aussi, tous les ans, comme aujourd’hui 24 octobre 2018 des milliers de femmes viennent en masse sur la place centrale de Reykjavik pour manifester, elles arrêtent toutes de travailler à 14h55 pour « montrer leurs postes importants et continuer la lutte pour l’égalité ».

    #grève #Femmes #Victoire #Islande

  • L’Islande en ses crises - La Vie des idées
    https://laviedesidees.fr/L-Islande-en-ses-crises.html

    L’ouvrage Iceland’s Financial Crisis : The Politics of Blame, Protest and Reconstruction, dirigé par Valur Ingimundarson, Philippe Urfalino et Irma Erlingsdóttir, constitue un recueil particulièrement riche et un jalon important dans les lectures offertes de la crise islandaise. Composé de 14 articles, il donne autant la parole à des économistes qu’à des sociologues, des politistes, des philosophes ou des militants, et offre ainsi une diversité de points de vue qui, loin de provoquer un amas chaotique, permet au contraire de saisir la multiplicité des interprétations d’une crise devenue le symbole international de la faillite du capitalisme financier, et dont les contrecoups sociaux et politiques restent encore vifs dans l’île.

    On en parle ici aussi :
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/faire-lhistoire-dune-crise-2008-2018-44-lislande-10-ans-apres-ce-que-l


    Avec Torfi Tulinius, professeur d’études islandaises, Gudmundur Halfdanarsson, historien et doyen de l’université de Reykjavik, Magnus Kristjansson, ancien éducateur devenu guide touristique, Asta Ingibjartsdottir, enseignante, Bjorn Thorsteinsson, sociologue, Lionel Cordier, chercheur en sciences politiques et Snaebjorn Brynjarsson, metteur en scène, comédien et député suppléant du Parti Pirate au Parlement islandais.

  • «  Race  » : la génétique face à ses démons

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/07/10/race-la-genetique-face-a-ses-demons_5328964_1650684.html?xtmc=david_reich&xt

    L’étude des génomes pourrait-elle réveiller la notion de «  race  », en passe d’être gommée de la Constitution  ? David Reich, spécialiste de l’ADN ancien, pose la question. Et créé une polémique.


    «  Trasi Henen  ». Photos extraites de la série «  There’s a Place in Hell for Me & My Friends  » (Oodee, 2012). Le photographe sud-africain Pieter Hugo a manipulé les couleurs pour faire ressortir la mélanine et mettre en évidence les contradictions des distinctions raciales fondées sur la couleur de la peau.

    La biologie peut-elle délimiter des groupes humains qui fonderaient l’existence de races à l’intérieur de l’espèce humaine ? Depuis les années 1970, les généticiens avaient tranché : la race est une construction sociale dont il n’existe aucun fondement en biologie. Ils se délestaient ainsi de cette question brûlante, à l’origine au XIXe siècle de théories dont la description emplit aujourd’hui les pages les plus dérangeantes de l’histoire de leur discipline.

    Mais voilà qu’un éminent généticien de l’université Harvard, David Reich, ravive les cendres qu’on croyait éteintes avec la publication de son livre Who We Are and How We Got Here ? (« Qui sommes-nous et comment sommes-nous arrivés ici ? », ­Pantheon Books, non traduit). Son credo ? Dénoncer l’« orthodoxie » du discours sur la diversité génétique qui s’est imposé au cours des dernières décennies et qui a fait de la race une question taboue. « Comment devons-nous nous préparer à la probabilité qu’au cours des années à venir des études génétiques montrent que de nombreuses caractéristiques sont influencées par des variations génétiques et que ces traits diffèrent entre les groupes humains ? », questionnait-il dans une tribune parue en avril dans le New York Times. « Argumenter qu’il n’est pas possible qu’il existe des différences substantielles entre les populations humaines ne fera que favoriser l’instrumentalisation raciste de la génétique que nous voulons justement éviter », concluait-il.

    A l’heure où la France a entrepris de gommer le mot « race » de sa Constitution par un vote des députés, le 27 juin, la polémique lancée par Reich rappelle que la génétique a longtemps flirté avec l’eugénisme, avant de s’en repentir. Et que sa ­prétention à pouvoir tout analyser ou presque peut la conduire à ignorer ses limites – un écueil dénoncé par un grand nombre d’anthropologues en réponse au texte de Reich.

    Comment les généticiens ont-ils effacé la notion de race de leur discipline ? Et pourquoi ressurgit-elle aujourd’hui sous la plume de l’un des leurs – dont les travaux, et c’est là une des subtilités de la polémique, démontrent par ailleurs que les populations humaines sont faites de métissages ?

    Il faut remonter, pour le comprendre, à l’évolution de la place en biologie du concept de race après les ravages de la seconde guerre mondiale. « En réalité, la race est moins un phénomène biologique qu’un mythe social. Ce mythe a fait un mal immense sur le plan social et moral », reconnaissait en 1950 la Déclaration de l’Unesco sur la race. Pourtant, à cette époque, la majorité des généticiens, parmi lesquels Theodosius Dobjansky ou Ronald Fisher, pensaient encore que les races humaines existaient, d’un point de vue biologique. Dès les années 1930, ils avaient entrepris de les redéfinir en s’appuyant sur des caractères qu’ils considéraient plus fiables que les caractères morphologiques, en particulier les groupes sanguins. Ils avaient notamment observé que le groupe O était présent chez 90 % des Amérindiens, et ils croyaient pouvoir décrire des groupes humains homogènes et stables.

    Mais ils s’aperçurent que cette particularité des Amérindiens ne reflétait en rien une pureté de race mais venait de leur histoire, en tant que ­population persécutée et isolée.

    Ni la couleur de peau ni le groupe sanguin ne sont l’expression d’un ensemble de variations communes à un même groupe humain. Les variations entre les êtres humains résultent à la fois de leur adaptation à leur environnement, comme le climat ou l’altitude, et de la diversité des origines géographiques des populations humaines.

    Partant de ce constat, certains généticiens, comme Richard Lewontin aux Etats-Unis ou ­Albert Jacquard en France, déclarèrent que toute tentative de classification des êtres humains en catégories biologiques relevait de choix arbitraires, car, quelles que soient les catégories, elles ne reposent que sur une part infime de l’ensemble des variations. Deux individus pris au hasard à l’intérieur d’un même groupe humain se distinguent par un nombre de variations plus élevé que celui qui distingue deux groupes entre eux. D’où un changement de point de vue que le séquençage du génome humain dans les années 1990 vint conforter. Il révéla de plus que les variations du génome humain ne concernaient qu’une infime partie du génome, de l’ordre de 0,1 %. Dès lors, un discours antiraciste sur la diversité génétique s’imposa dans la discipline, dont David Reich dénonce aujourd’hui l’« orthodoxie ».

    « La “race” est une construction sociale. Nous, les généticiens, n’utilisons quasiment jamais ce terme dans nos articles scientifiques parce qu’il est trop chargé de significations non scientifiques et que sa définition change dans le temps et l’espace », indique David Reich. S’il l’a utilisé, entre guillemets, dans sa tribune, c’était pour alerter sur le fait que le discours scientifique actuel risquait de laisser le champ libre à des sectaires et des faux experts – un champ où ils se sont déjà engouffrés. Trois mois après avoir lancé la polémique, il campe sur ses positions. « Je n’adhère pas à l’idée selon laquelle les différences biologiques moyennes entre deux groupes – par exemple entre des habitants de Taïwan et des habitants de Sardaigne – sont si pe­tites qu’elles peuvent êtres considérées comme ­dépourvues d’un sens biologique et ignorées, ­explique-t-il. C’est depuis un moment le message de nombreux universitaires, qui à mon avis est dangereux car il nuit à la compréhension et la considération de la diversité humaine. »

    « Les découvertes en génétique au cours des dernières décennies ont confirmé que la notion de race n’avait aucun fondement biologique, rétorque la généticienne Evelyne Heyer, du Muséum national d’histoire naturelle. D’une part, il n’existe pas de limites distinctes entre les groupes humains qui permettraient de définir des catégories “étanches”. D’autre part, les critères comme la couleur de peau ne concernent qu’une infime partie du génome. Enfin, les différences ne justifient pas l’existence de hiérarchie entre les êtres humains suivant leurs capacités », dit-elle. L’exposition « Nous et les autres », organisée au Musée de l’homme en 2017 et dont elle fut la commissaire, s’appuyait sur ce discours pour marquer la rupture de la science contemporaine avec les dérives racistes du XIXe siècle et louer l’étude de la diversité biologique. Mais c’est justement par l’étude de cette diversité que ressurgit la question de la race.

    De colossaux programmes de recherche

    Pourquoi ? Le séquençage du génome humain a inauguré de colossaux programmes de recherche axés sur deux champs de recherche, la génétique des populations et la génétique médicale. Dans le premier, contestant le monopole sur ces questions des préhistoriens, des anthropologues et des linguistes, les généticiens tentent de retracer les grands flux migratoires à l’origine du peuplement de la planète, en étudiant les signatures des origines géographiques contenues dans les génomes. Des prouesses techniques et scientifiques qui permettent aujourd’hui de réécrire l’histoire des peuples tels que les Vikings, les Juifs, les Sardes ou les Amérindiens.

    Dans le second, ils recherchent des prédispositions génétiques expliquant la fréquence particulièrement élevée dans certains groupes de population de maladies comme les cancers, le diabète, l’obésité ou la dépression. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Islande ou encore l’Estonie financent des projets nationaux de génomique, avec, en point de mire, l’avènement d’une médecine personnalisée qui ciblerait un profil génétique en fonction du risque de maladie auquel il est associé.

    D’où le paradoxe : comment nier l’existence de catégories entre les êtres humains tout en délimitant pour ces études des groupes de population au sein desquels on étudie des variations génétiques ? En quoi l’existence de ces groupes mouvants questionne-t-elle la notion de race, qui postulait l’existence d’entités stables et étanches que les biologistes d’antan nommaient « catégories » ? Ces arbitrages biologiques n’ont-ils pas des soubassements politiques ?

    « Dès les années 1970, il y a une ambiguïté dans la rupture avec la notion de race dont nous ne sommes pas sortis. Vous pouvez dire que les races sont des catégories arbitraires qui ne valent pas pour une classification. Cela n’empêche pas que la diversité contenue entre deux catégories, si minime soit-elle, peut vous servir à tout un ensemble d’usages », analyse ainsi l’historien Claude-Olivier Doron. Les groupes délimités par les généticiens ont une existence qui résulte aussi d’une histoire sociale et politique. Ils sont le fruit d’une culture à laquelle, qu’ils le veuillent ou non, ils appartiennent aussi. « Les généticiens considèrent que leurs études sur la génétique des populations n’ont rien à voir avec les études anthropologiques sur lesquelles a été fondée la notion de race. Or, si les techniques, les disciplines et les enjeux ont changé, les grandes catégories de population sur lesquelles s’appuient ces études, tels que les Juifs, les Africains ou les Vikings, restent inchangées », dénonce l’historien Amos Morris-Reich, du Bucerius Institute de l’université de Haïfa, en Israël.

    « IL N’EXISTE PAS DE LIMITES DISTINCTES ENTRE LES GROUPES HUMAINS QUI PERMETTRAIENT
    DE DÉFINIR DES CATÉGORIES ÉTANCHES », ÉVELYNE HEYER, GÉNÉTICIENNE AU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE

    « Le contexte social et politique dans lequel sont menées les études en génomique n’est pas neutre. Etre noir au Etats-Unis n’a pas la même signification qu’au Brésil, et les résultats des analyses génétiques nourrissent des débats locaux et peuvent aussi être récupérés », renchérit l’anthropologue Sarah Abel, de l’université de Reykjavik, l’une des signataires d’une réponse à Reich publiée dans le New York Times.

    « Ce que je partage avec Reich, c’est le fait que laisser les choses non discutées donne la possibilité à un certain nombre de discours racistes de fleurir et de se développer, notamment sur Internet, et il y a besoin d’une pédagogie très précise sur ce que disent et ne disent pas les savoirs génétiques », tempère l’historien Claude-Olivier Doron. « Mais il se montre incapable, dans son article du New York Times, de cerner ces limites. Il confond une multiplicité de choses différentes : groupes fondés sur l’autodéclaration et/ou à partir des catégories du bureau du recensement américain, groupes ad hoc construits par les chercheurs pour des besoins de recherches, catégories anciennes issues des périodes coloniales, etc., sans jamais s’interroger sur les limites, les approximations, les biais de ce que prétend en dire la génétique », regrette-t-il.

    Résultats biaisés

    David Reich s’appuie sur les travaux de son équipe ayant abouti à l’identification, dans les génomes d’hommes afro-américains, de régions les prédisposant au cancer de la prostate. Face à cet argument, les réactions des spécialistes en sciences humaines sont unanimes. « Il faut intégrer la complexité des facteurs dans le risque de survenue des maladies. Dans le cas du cancer de la prostate, cité par David Reich, on s’intéresse de plus en plus aux effets cocktail des composants chimiques de l’environnement et on ne peut pas réduire le risque accru de ce cancer à sa dimension génétique », complète Catherine Bourgain, du Cermes 3, au CNRS, très critique vis-à-vis des modèles statistiques utilisés par David Reich qu’elle juge peu fiables pour l’évaluation de l’influence de facteurs environnementaux qui ­peuvent biaiser leurs résultats.

    Les populations afro-américaines, latinas ou amérindiennes sur lesquelles s’appuient les études en recherche biomédicale aux Etats-Unis sont par ailleurs défavorisées d’un point de vue socio-économique, ce qui les expose à des environnements et à des modes de vie favorisant la survenue des maladies pour lesquelles des prédispositions génétiques sont recherchées : pollution, stress ou encore alcoolisme.

    En 2004, la Food and Drug Administration (FDA) a approuvé le BiDil, un médicament destiné à corriger l’effet d’une mutation prédis­posant les populations afro-américaines à un risque accru d’infarctus du myocarde. « Le problème sur lequel il faut insister sur un cas comme le BiDil, comme sur tout un ensemble de cas, c’est que cela aboutit à l’occultation des autres va­riables, par exemple environnementales, qui peuvent être beaucoup plus importantes », insiste Claude-Olivier Doron.

    Ces études pourraient aussi raviver des stéréotypes ancrés dans l’inconscient collectif. Un programme national mexicain vise ainsi à séquencer le génome de différents types d’Indiens et de métisses afin d’étudier leurs prédispositions ­génétiques au déclenchement précoce du diabète de type 2 et de l’obésité. « La spécificité du débat mexicain, ce sont des mélanges de populations impliquant des Européens, des Afro-Américains et des Asiatiques, mais surtout différents types d’Indiens », explique l’historien Luc Berlivet, lui aussi du Cermes 3. « On voit réapparaître dans le débat des stéréotypes raciaux différents de ceux mobilisés avec les Afro-Américains ou les Amérindiens d’Amérique du Nord. Il ne s’agit plus de distinguer les Blancs des Afro-Américains ou des Latinos, mais différents types d’Indiens. Cela pose les mêmes questions mais de manière décalée », ajoute-t-il.

    Autre source d’inquiétude, une vision réductrice de la notion d’identité produite par les analyses en génétique des origines géographiques. D’autant plus qu’un marché s’est développé, avec des sociétés comme 23andMe, Ancestry.com ou MyHeritage, qui proposent à leurs clients la ­détermination de leurs origines géographiques au moyen de l’analyse génétique.

    Diffusés sans précaution, ces résultats peuvent attiser les tensions locales autour des questions identitaires ou révéler les stéréotypes racistes d’une culture, comme ce fut le cas au Brésil, avec les tests ADN sur les origines africaines. Malgré un récit national valorisant le métissage, les ­préjugés racistes sont ancrés dans la culture brésilienne en raison du passé esclavagiste du pays et de la vulgarisation des théories eugénistes valorisant les phénotypes « blancs » au début du XXe siècle. Les universités brésiliennes ont décidé d’instaurer des quotas d’étudiants à la peau noire dans les années 2000. « Dans ce contexte, il s’agissait de savoir comment se définissait la race noire, et les tests génétiques ont été disqualifiés lorsqu’ils ont révélé que le génome d’un célèbre danseur de samba noir contenait plus de 60 % de gènes européens, raconte l’anthropologue Sarah Abel. Ces résultats ont été utilisés pour dire que les quotas n’avaient pas lieu d’être, car la race n’avait pas de sens au Brésil, ou encore que cela ne servait à rien d’avoir 60 % de gènes européens lorsqu’on était arrêté par des policiers d’après la couleur de la peau. »

    En Europe et aux Etats-Unis, certains militants d’extrême droite devenus experts en génétique n’hésitent pas à s’emparer des données et des résultats des études génétiques pour étayer des idéologies fondées sur la pureté des origines et l’existence d’une identité européenne profonde. Les auteurs du site Humanbiologicaldiversity.com ont ainsi élaboré un argumentaire très étayé visant à refonder la réalité biologique de la race, en s’appuyant notamment sur les travaux de Luca Cavalli-Sforza, pionnier des études génétiques sur les origines géographiques.

    Si l’impact de ces instrumentalisations reste difficile à évaluer, les inquiétudes n’en sont pas moins fondées dans un contexte où les crispations identitaires font le terreau des partis populistes qui menacent les démocraties occidentales. « Il est important de garder à l’esprit l’histoire du racisme scientifique, pour se questionner sur les retombées sociales, politiques, éducatives des études en génomique. Le monde n’est plus le même qu’au temps de l’anthropologie physique, et les relations entre la science et la politique ont également changé. Mais la question de ces re­tombées se pose à tous, que nous soyons jour­nalistes, bioéthiciens, généticiens, historiens ou simples citoyens », conclut Amos Morris-Reich.

  • La valse au sommet Kim-Trump
    http://www.dedefensa.org/article/la-valse-au-sommet-kim-trump

    La valse au sommet Kim-Trump

    Comme chacun est censé le savoir, nous avons vécu en une toute petite semaine, 1) des doutes sur le sommet Trump-Kim ; 2) l’annulation du sommet Trump-Kim ; 3) “Non, après tout cela ne va pas si mal, on se parle” ; et 4) “Eh bien quoi, peut-être bien qu’il aura lieu, ce sommet, à la date prévue...”

    Difficile de prévoir, la chose étant si incertaine, dans une sens et dans l’autre. Alors, longue vie et gloire à l’Incertitude ! Une chose qui semble bien probable : la crainte peut-être panique de l’entourage de Trump, selon une source qui est une vieille gloire de l’époque, que le sommet ait tout de même lieu et que Trump nous ressorte “le coup de Reykjavik”. (Rencontre impromptue Reagan-Gorbatchev seuls au sommet de Reykjavik en octobre 1986, décision de principe des deux (...)

  • Islande : cap sur une nouvelle constitution | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/international/300911/islande-cap-sur-une-nouvelle-constitution

    Islande : cap sur une nouvelle constitution
    30 septembre 2011 Par Ludovic Lamant

    Alors que la crise oblige l’Union européenne à repenser ses institutions, les Islandais ont un coup d’avance. Après quatre mois de travaux passionnés, 25 citoyens élus ont mis un point final à un projet de constitution. Un référendum pourrait être organisé à l’automne. Nous décortiquons le texte.

    La « révolution islandaise » poursuit sa route. Après un démarrage difficile, les 25 citoyens élus en novembre 2010 pour écrire une nouvelle constitution de leur pays, ont finalement rendu leur copie dans l’été. Les 114 articles du texte, dévoilés fin juillet, et qui viennent d’être traduits en anglais (télécharger le document ici), pourraient être soumis à référendum à l’automne. « Nous, peuple d’Islande, voulons former une société juste, où tout le monde peut s’asseoir à la même table », lit-on en préambule du projet. « Nos origines diverses nous enrichissent, et nous sommes responsables, ensemble, de l’héritage des générations passées, la terre et l’histoire, la nature, la langue et la culture. »

    Cette assemblée constituante fut l’un des symboles du réveil de l’Islande, victime d’un krach en octobre 2008, lorsque les trois principales banques de l’île firent faillite la même semaine. L’Islande est passée, du jour au lendemain, du statut d’un des pays les plus riches de la planète, à celui d’un Etat en faillite, sous perfusion du Fonds monétaire international (FMI). Des manifestations d’habitants en colère ont rythmé les fins de semaine sur l’île, de novembre à janvier 2009, jusqu’à la chute du gouvernement du conservateur Geir Haarde (qui fait, depuis, l’objet d’un procès).

    L’actuelle constitution de l’Islande est un copié-collé d’une ancienne loi fondamentale du Danemark, en vigueur depuis 1944, lorsque les Islandais gagnèrent leur indépendance et cessèrent de reconnaître l’autorité du roi danois. Anachronique et vague, ce texte aurait favorisé, selon les observateurs les plus critiques, l’émergence de conflits d’intérêts entre les milieux politiques et financiers de Reykjavik, qui expliqueraient en partie l’affaissement de l’Islande en 2008. Il est vite devenu l’une des cibles des « révolutionnaires » de l’hiver 2008-2009.

    Le nouveau projet de constitution, beaucoup plus radical, a été adopté à l’unanimité des 25 membres du panel. Il est le fruit de quatre mois de travaux, menés d’avril à juillet 2011. Avec une audace : le comité a travaillé dans la transparence (sessions ouvertes au public) et proposé aux internautes, via les réseaux sociaux, d’enrichir directement le texte (du « crowdsourcing »). Le Conseil constitutionnel islandais (« Stjórnlagaráð ») a ainsi ouvert sa page Facebook (plus de 4700 « like », dans un pays de 320.000 habitants, où l’on dit que les deux tiers des habitants ont une page Facebook), mais aussi des comptes Twitter, Flickr et Youtube. Une cinquantaine d’entretiens vidéo avec des membres de l’équipe ont été mis en ligne au fil de l’avancée du texte. Les réunions du conseil, retransmises en direct sur le site, ont été suivies par 150 à 450 internautes en même temps.

    Au total, 323 propositions d’amendements du texte ont été laissées sur le site, et certaines ont été retenues. « L’intérêt que notre projet porte pour tous les types de référendums est dû, en partie, à des avis d’internautes que nous avons intégrés », raconte Thorvaldur Gylfason, un professeur d’économie à l’université d’Islande, membre du conseil constitutionnel.
    Plus de contrôle des élus

    Que dit le texte ? Il établit une démocratie parlementaire (article 1) ainsi qu’une école gratuite et obligatoire (24), garantit le droit des citoyens à l’information (15) et la protection des sources (16), interdit la destruction d’archives de l’Histoire islandaise (32) et toute destitution de la nationalité islandaise (4). Il réduit le nombre d’élus au Parlement (39), et oblige les députés à rendre publics leurs liens éventuels avec des groupes privés (50). Un vote de l’assemblée ne peut être valide que si la moitié au moins des députés est présente dans l’hémicycle (59).

    Surtout, le projet revoit de fond en comble les équilibres et contrôles qui régissent les trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, ceux-là mêmes qui n’ont pas fonctionné correctement au cours des années 2000. L’assemblée peut ainsi lancer des comités d’enquête de manière plus réactive (64). Elle élit également un « auditeur général », indépendant, qui examine les finances de l’Etat (74). Conformément à ce texte, une pétition regroupant au moins 10% de l’électorat islandais suffit à organiser un référendum sur une question donnée, à l’exception des affaires budgétaires (65). Quant au président, il peut être destitué en cours de mandat : il suffit que les trois quarts des députés consentent à l’organisation d’un référendum sur la question, et que ce vote de la population se révèle positif (84).

    Les passages les plus spectaculaires concernent sans doute les mécanismes très précis de nomination des hauts fonctionnaires par le gouvernement. Il faut par exemple, lorsqu’un directeur de cabinet nomme un juge, que ce juge soit confirmé, non seulement par le président de la République, mais aussi par les deux tiers de l’assemblée. « Nous voulons en finir avec la corruption et le secret, et avons multiplié les mécanismes de contrôle entre les pouvoirs », estime Thorvaldur Gylfason.

    Autre point saillant du texte : aucune des terres et ressources naturelles qui ne sont pas, aujourd’hui, propriété privée, ne peuvent être vendues de manière définitive (article 34). Mais le gouvernement peut accorder des permis d’exploitation, pour une « durée raisonnable ». Le sujet est extrêmement sensible en Islande. En 2009 et 2010, la chanteuse Björk s’était lancée, en vain, dans une croisade contre le rachat par le canadien Magma d’une partie des capacités thermiques de l’île. Ces jours-ci, c’est le projet d’achat, par un homme d’affaires chinois, d’un terrain de 300 kilomètres carrés dans le nord-est sauvage de l’archipel, qui fait polémique. Ce projet de constitution, s’il était adopté, pourrait compliquer la transaction, chiffrée à 69 millions d’euros.

    Reste à savoir ce que décidera de faire de ce texte ambitieux l’Althingh, le Parlement islandais, dont les travaux ont repris vendredi 1er octobre. Va-t-il accepter de soumettre le projet en l’état par référendum ? Les élus vont-ils, au préalable, vouloir modifier les passages les plus gênants du texte à leurs yeux, quitte à l’affadir ? C’est tout l’enjeu des jours à venir. A minima, le texte devrait faire l’objet d’un débat au parlement, lors d’une séance d’octobre, dont on ignore encore la date.

    Il existe un scénario catastrophe, et pas totalement exclu, vu les pressions politiques qui ont pesé sur la constituante depuis sa formation – que le Parlement enterre ce texte après cette simple journée de discussions.

    #islande

  • « En Islande, les mobilisations se font aussi sur des enjeux éthiques » | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/international/081016/en-islande-les-mobilisations-se-font-aussi-sur-des-enjeux-ethiques?onglet=

    « En Islande, les mobilisations se font aussi sur des enjeux éthiques »
    8 octobre 2016 Par Ludovic Lamant

    L’avocate Katrín Oddsdóttir a participé en 2011 à l’écriture d’une nouvelle constitution pour l’Islande. Dans un entretien à Mediapart, elle revient sur les enjeux des législatives du 29 octobre sur l’île, après la crise ouverte par la publication des Panama papers

    La publication en avril 2016 des Panama papers, et la démission du premier ministre conservateur qui s’est ensuivie, ont rouvert en Islande une fenêtre d’opportunité : le projet de constitution que 25 citoyens de l’île avaient rédigé en 2011, longtemps bloqué par la droite, pourrait bien finir par être ratifié.
    Katrín Oddsdóttir © DE. Katrín Oddsdóttir © DE.
    C’est en tout cas ce que veut croire Katrín Oddsdóttir, une avocate islandaise de 39 ans qui fut l’un des membres de cette expérience inédite, devenue un modèle de démocratie participative aux yeux du monde entier (lire notre reportage à Reykjavík en 2011 ici et le décryptage du texte final là).

    À l’approche des élections législatives anticipées du 29 octobre sur l’île, l’activiste revient, dans un entretien à Mediapart, sur l’héritage de la « révolution des casseroles » de 2008, l’ascension du parti pirate emmené par la poétesse Birgitta Jónsdóttir, mais aussi sur la pertinence des batailles constitutionnelles, de la Catalogne à l’Écosse, pour sortir l’Europe du marasme.

    La constitution que vous avez corédigée en 2011 a-t-elle encore une chance d’être adoptée ?
    Elle a bien plus qu’une chance. Je suis sûre à 99 % qu’elle va finir par être adoptée. Je n’ai pas toujours été aussi optimiste, mais là, avec la réaction citoyenne déclenchée par la publication des Panama papers, et l’exigence d’une démocratie plus forte en Islande qui s’est exprimée, j’ai repris espoir.

    La grande nouveauté, à l’approche des législatives, c’est que les partis d’opposition actuels, qui avaient un peu abandonné le combat constitutionnel, reprennent de la force. Et ils sont unis sur le sujet de la constitution. Ils disent désormais : quel que soit le parti au pouvoir après les législatives, nous nous engageons à finir le boulot au sein du parlement [c’est-à-dire une ratification parlementaire – ndlr]. La leçon, c’est qu’on ne peut pas bloquer indéfiniment la démocratie.

    Faites-vous un lien entre la « révolution des casseroles » après le krach de 2008, les mobilisations autour du processus d’adhésion de l’Islande à l’UE ces dernières années et, enfin, les manifestations d’avril 2016, en réaction à la publication des Panama papers ?
    Oui, tout cela est relié. C’est l’histoire d’un réveil. Comme lorsque vous êtes longtemps resté endormi, et que vous vous réveillez progressivement. Quand vous comprenez, en tant que nation, que vous pouvez obtenir des choses – par exemple des élections anticipées – lorsque vous vous mobilisez, on ne peut plus vous le retirer. La nation islandaise a changé à jamais, il y a un avant et un après le krach [de 2008 – ndlr]. Nous avons pris l’habitude de nous retrouver sur la place [face au parlement – ndlr] pour exiger des changements immédiats.

    Les mobilisations après les Panama papers ont rassemblé 26 000 personnes en 24 heures [sur une population de 320 000 habitants – ndlr]. Pour certains observateurs, cela en fait la protestation la plus massive à l’échelle du monde entier, si on la rapporte à la population totale. Quoi qu’il en soit, cette mobilisation s’est faite sur des enjeux éthiques, et c’était nouveau.

    Ces mobilisations ont-elles été déclenchées parce que le premier ministre Sigmundur Davíð Gunnlaugsson ne payait pas l’intégralité de ses impôts en Islande ou parce qu’il a menti à la télévision sur la réalité de ses avoirs à l’étranger ?
    Les deux. Mais dans les deux cas, ce sont des questions éthiques. Auparavant, les gens se mobilisaient parce qu’ils avaient faim, ou alors parce qu’ils voulaient des logements sociaux pour les étudiants, pour défendre leurs propres intérêts. Bref, quelque chose de concret, en réaction à une injustice flagrante. Cette fois, l’injustice est toujours présente, mais les choses se posent de manière plus complexe. Les manifestants, en avril dernier, disaient : on ne veut plus de ces comportements, même s’ils ne sont pas en soi illégaux.

    Manifestation pour la démission du premier ministre islandais le 5 avril 2016 à Reykjavik © Stigtryggur Johannsson / Reuters. Manifestation pour la démission du premier ministre islandais le 5 avril 2016 à Reykjavik © Stigtryggur Johannsson / Reuters.
    Quels sont les partis d’opposition dont vous avez parlé, qui sont favorables à la nouvelle constitution ?
    Le parti pirate, mais aussi l’Alliance sociale-démocrate, la Gauche verte et Avenir radieux [un parti créé en 2011, que les sondages annoncent aujourd’hui très bas – ndlr]. Mais les Pirates sont les seuls à avoir dit qu’ils feraient tout pour adopter cette constitution immédiatement après les élections : c’est pour cela que je les soutiens.

    Les autres partis soutiennent le principe, mais n’en font pas une priorité ?
    Oui. Les Pirates sont les plus grands défenseurs d’un changement constitutionnel. Et c’est pour cela, en partie, qu’ils sont devenus si populaires. Ils ont grimpé jusqu’à 33 % d’intentions de vote cette année, même s’ils ne sont plus aussi hauts aujourd’hui. Du coup, les autres formations se sont adaptées, elles ont compris que les citoyens voulaient du neuf, et surtout d’autres manières de faire de la politique. Je ne suis pas certaine que les citoyens vont oser, une fois dans l’isoloir, faire le grand saut et voter pour le parti pirate.

    De vifs débats sur la stratégie du parti pirate ont opposé deux députés, Birgitta Jónsdóttir et Helgi Hrafn Gunnarsson. Pouvez-vous nous en dire plus ?
    Après les dernières législatives, le parlement a formé un comité sur les questions constitutionnelles. Il s’est réuni une cinquantaine de fois, pour proposer en tout et pour tout les modifications de trois articles de notre projet constitutionnel. Chaque fois, cela tirait le projet vers le bas, par exemple pour la défense des biens naturels. Face à cela, le parti pirate était divisé. Pour Birgitta, il fallait appliquer l’ensemble de la constitution originelle, tandis que Helgi Hrafn Gunnarsson s’est montré plus pragmatique, sur le mode : c’est toujours mieux que rien, analysons tout de même le texte. Ils ont fini par voter en interne, et rejeter le texte révisé.

    Lire aussi

    « Panama Papers » : manifestation monstre en Islande Par La rédaction de Mediapart
    Islande : cap sur une nouvelle constitution Par Ludovic Lamant
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    Après la crise, l’Islande traîne à « changer d’alphabet » Par Ludovic Lamant

    Il existe aussi un débat sur la durée du mandat, en cas de victoire des Pirates aux législatives. Birgitta Jónsdóttir plaide pour une législature brève, visant à changer le cadre institutionnel, avant de provoquer de nouvelles élections anticipées. Tandis que Helgi Hrafn Gunnarsson défend une approche plus « gouvernementale », sur la durée, des Pirates au pouvoir…
    Oui, mais ce débat a baissé en intensité ces derniers temps. Ils défendent désormais tous ensemble cinq priorités : l’adoption de la nouvelle constitution, une redistribution des richesses tirées de l’exploitation des ressources naturelles, le retour à un système de soins gratuits pour tous, la lutte contre la corruption, et davantage de transparence dans la vie publique [ils plaident aussi pour un revenu universel garanti – ndlr]. Et tout cela, ils ne pourront pas le faire en un an.

    Quel regard portez-vous sur les crises de l’Union européenne ? Les batailles constitutionnelles sont-elles l’une des clés, comme en Islande, du renouveau des mouvements sociaux sur le continent ?
    La question constitutionnelle a toujours été un levier pertinent pour les mouvements sociaux. À ce sujet, je suis de près ce qu’il se passe en Écosse et en Catalogne, où des citoyens cherchent à reformuler le contrat social qui les lie à l’État. On peut revenir à Rousseau : chacun d’entre nous à l’origine est libre, mais nous acceptons de céder un peu de cette liberté dans le cadre du pacte social, pour vivre ensemble, et surtout être protégés. À partir du moment où cette protection se transforme en quelque chose d’autre, et que notre richesse collective est exploitée au profit du « 1 % » le plus riche de la population, alors que d’autres galèrent, ou vivent dans la rue, tout cela ne marche plus.

    Il faut repenser la relation entre citoyens et État. Il faut donc avoir le droit d’écrire un nouveau contrat. Dans le cas de l’Islande, la difficulté, c’est que nous devons écrire ce nouveau contrat par la voie légale, c’est-à-dire conformément à l’ancien contrat [qui prévoit un parcours de ratification très complexe – ndlr]. Résultat, cette constitution est très difficile à faire adopter. Mais d’autres nations, ailleurs en Europe, pourraient le faire de manière plus simple.

    Sur un plan plus personnel, quelle leçon avez-vous tirée de votre participation à l’écriture de cette constitution, qui est désormais présentée comme un modèle de démocratie participative partout dans le monde ?
    J’ai retenu deux leçons. D’abord, la plupart des gens qui se disent démocrates, et qui vantent les vertus de la démocratie à longueur de journée, ne le pensent pas forcément au fond d’eux. Deuxièmement, j’ai découvert une nouvelle méthode politique, pour parvenir à des consensus. En général, dans une démocratie, je pense A, tu penses B, on s’oppose l’un à l’autre, et à la fin, je gagne ou c’est toi qui gagnes. C’est déprimant de s’y prendre de la sorte, mais c’est comme cela que la démocratie fonctionne presque partout dans le monde : la majorité écrase les minorités. On est quasiment dans un état de guerre, à cet égard.

    Or, il est possible de s’y prendre autrement. Je te dis vers où je veux aller, tu me dis vers où tu veux aller, on se parle, encore et encore, jusqu’à atteindre un point C, qui sera meilleur que les points A et B. C’est ce que l’on a fait pour écrire cette nouvelle constitution. De ce point de vue, le Brexit est vraiment une manière stupide de pratiquer la démocratie directe, en exigeant de répondre « oui » ou « non » à une question si complexe, sans s’assurer, en amont, que les citoyens aient pu s’informer à égalité du contexte.

    #islande

  • Les leçons du laboratoire islandais
    https://www.mediapart.fr/journal/international/281117/les-lecons-du-laboratoire-islandais

    Alors que les négociations se poursuivent à Reykjavik en vue de former un gouvernement, Mediapart s’est entretenu avec #Lionel_Cordier, de l’université Lyon 2, qui rédige une thèse sur les dynamiques sociales et politiques de l’Islande depuis le #krach de 2008. Il revient en particulier sur la dynamique du #parti_pirate.

    #International #Birgitta_Jonsdottir #Constitution #Islande

  • Dernier numéro de la Revue Défense Nationale intitulé « L’ambivalence de la puissance russe »
    http://www.defense.gouv.fr/irsem/page-d-accueil/nos-chercheurs2/dernier-numero-de-la-revue-defense-nationale-intitule-l-ambivalence-de-

    Le dernier numéro de la Revue Défense Nationale intitulé "L’ambivalence de la puissance russe" a été coordonné par Céline Marangé (chercheur Russie, Ukraine et Asie Centrale à l’IRSEM) et Isabelle Facon (FRS - Fondation pour la recherche stratégique).

    Ce numéro a pour ambition d’examiner plusieurs facettes marquantes de la puissance russe afin d’en évaluer les forces et les faiblesses. Il cherche aussi, à travers l’exemple russe, à faire réfléchir à « l’impuissance de la puissance ». Pour la Russie comme pour tout autre acteur majeur, l’affirmation de la puissance comporte des risques et peut engendrer de nouveaux défis. Ainsi, le renforcement de l’outil militaire et la quête de reconnaissance n’ont pas toujours eu les effets escomptés par Moscou.

    AVANT PROPOS

    Russie : La confiance retrouvée (Hélène Carrère d’Encausse)

    INTRODUCTION

    L’ambivalence de la puissance russe (Isabelle Facon et Céline Marangé)

    PERSPECTIVE STRATÉGIQUE

    La projection de la puissance

    Les Nations Unies, un multiplicateur d’influence pour la Russie (Anne de Tinguy)

    La relation russo-chinoise à l’ombre de la nouvelle administration américaine (Valérie Niquet)

    L’intervention de la Russie dans le conflit syrien (Eugène Berg)

    La stratégie maritime russe en mer Noire (Igor Delanoë)

    L’évolution de la présence des forces armées russes en Crimée depuis 2014 (Robert Hazemann)

    Le nucléaire russe : un instrument de dissuasion et d’intimidation (Céline Marangé)

    « Qui s’y frotte s’y pique » : la Russie et le déni d’accès (A2/AD) (Guillaume Lasconjarias)

    Russia’s arms exports : successes and challenges (Tomas Malmlöf)

    L’éducation patriotique et militaire, un avatar de l’époque soviétique ? (Tatiana Jean)

    Les forces et faiblesses stratégiques

    La politique gazière de la Russie en Europe et Asie (Catherine Locatelli)

    Adapter les réseaux de transport eurasiens : réussites et défis (Jean Radvanyi)

    La Russie à la reconquête de sa puissance spatiale (Isabelle Sourbès-Verger)

    La Russie et le cyberespace, mythes et réalités d’une stratégie d’Etat (Nicolas Mazzucchi)

    Finding the ’golden mean’ : Russia’s resource commitment to defence (Julian M. Cooper)

    Vieillissement et renouvellement des forces navales russes (Alexandre Sheldon-Duplaix)

    L’aéronautique militaire russe face à de nouvelles incertitudes (Konstantin Makienko)

    Le renouvellement de la flotte de blindés : un investissement essentiel pour moderniser l’armée russe (Marc Chassillan)

    Le dilemme de sécurité

    Les réponses de la Russie aux politiques de l’Union européenne, sources d’insécurité dans leur voisinage commun ? (Laure Delcour)

    Les pays nordiques face aux actions de la Russie en mer Baltique et à Kaliningrad (Barbara Kunz)

    La Russie vue de Pologne : entre crainte, concurrence et poids de l’histoire (Amélie Zima)

    Le positionnement stratégique des pays baltes face à la Russie (Zivile Kalibataite)

    L’Organisation du Traité de Sécurité Collective : une réaffirmation du leadership russe en Eurasie postsoviétique ? (David Teurtrie)

    Les relations militaires de la Russie avec le Bélarus : une alliance qui laisse Moscou sur sa faim (Anaïs Marin)

    La présence militaire russe dans le Caucase du Sud (Gaïdz Minassian)

    La Tchétchénie de Kadyrov, atout ou menace pour l’État russe ? (Anne Le Huérou et Aude Merlin)

    MÉMOIRE STRATÉGIQUE

    Hélène Carrère d’Encausse, « La pénétration soviétique au Moyen-Orient », Revue de Défense nationale, mai 1957.

    Marie-Alix Paris, « Aspects de la politique intérieure soviétique », Revue de Défense nationale, octobre 1977.

    Victor-Yves Ghebali, « La conférence sur la sécurité et la coopération en Europe à l’ère Gorbatchev », Revue de Défense nationale, octobre 1987

    COMPTES RENDUS DE LECTURE

    Igor Delanoë. Russie. Les enjeux du retour au Moyen-Orient, Paris, L’Inventaire, 2016, 126 p. (par David Teurtrie)

    Jean-Robert Raviot (dir.), Russie : vers une nouvelle Guerre froide ?, La Documentation française, collection Doc’ en poche – Place au débat, 2016, avec les contributions de Taline Ter Minassian, Sophie Lambroschini, Kevin Limonier, Maxime Audinet, 184 p. (par Isabelle Facon)

    Jean Radvanyi, Marlène Laruelle, La Russie entre peurs et défis, Armand Colin, collection Perspectives stratégiques, 2016, 236 p. (par Isabelle Facon)

    Guillaume Serina, Reykjavik, 1986 : Le sommet de tous les espoirs, Paris, L’Archipel, 2017, 264 p. (par Eugène Berg)

    General Sir Richard Shirreff, War With Russia. An Urgent Warning from Senior Military Command. A Novel, New York, Quercus, 2016, 412 p. (par Guillaume Lasconjarias)

    Andreï Kozovoï, Russie, réformes et dictatures, Paris, Perrin, collection Tempus, 700 p. (par Eugène Berg)

    Nicolas Werth, Les Révolutions russes, Paris, PUF, collection QSJ, 126 p. (par le colonel Jérôme Pellistrandi)

    Jean Lopez, Lasha Otkhmezuri, Joukov, Perrin, Paris, 2013, 736 p. (par Yves Boyer et Nicolas Haupais)

    Yves Gauthier, Gagarine ou le rêve russe de l’espace, Paris, Ginkgo éditeur, 2015, 374 p. (par Eugène Berg)

    Le sommaire est disponible à cette adresse :

    http://fr.calameo.com/books/000558115999b7287110d

    Le numéro peut être commandé au format papier ou pdf en ligne sur le site de la revue :

    http://www.defnat.com/revue-defense-nationale.php

    Il peut être acheté dans ces librairies :

    http://www.defnat.com/boutique/points-de-vente.php

    Droits : IRSEM

    #russie #géopolitique

  • L’#Islande face à l’éruption touristique
    https://www.lesechos.fr/monde/europe/030405872325-lislande-face-a-leruption-touristique-2097156.php

    La popularité de l’île fait oublier la crise financière et dope la croissance. Mais la cherté du coût de la vie pourrait freiner un boom qui menace de tourner à la bulle et met en péril des sites naturels.

    Eclairée par des spots, la pièce en demi-sous-sol, dans l’un des immeubles tassés du centre de Reykjavik, pourrait résumer à elle seule l’histoire récente de l’Islande. Pour y pénétrer, on franchit une vieille porte blindée forgée au Danemark, la puissance tutélaire jusqu’à l’indépendance, en 1944. Peinte en marron, la porte renvoie à la période où l’ensemble du bâtiment servait de siège à l’une des grandes banques de l’île, Kaupthing, avant son naufrage. A l’intérieur de l’ancienne salle des coffres, la divisant en plusieurs espaces, des barreaux métalliques évoquent les peines de prison ferme infligées à une douzaine de banquiers (dont l’ancien maître des lieux) pour leurs responsabilités dans la crise financière de 2008. Enfin, aux murs et le long des grilles pendent, par centaines, des pulls et des écharpes en laine de mouton. La salle fait désormais partie d’un vaste magasin destiné aux nouveaux conquérants de l’île, après les Danois et les businessmen du cru : les touristes étrangers.

  • Résultat du premier tour de l’élection présidentielle française de 2017 à l’étranger :
    http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-citoyens/actualites/article/election-presidentielle-retrouvez-les-resultats-du-premier-tour-pour

    Il y a quelques cas spéciaux :

    Au Tadjikistan et au Yémen : aucun suffrage exprimé !
    En Libye : il n’y a eu que 7 voix d’exprimées, 1 pour Mélenchon, 3 pour Hamon, et 3 pour Fillon !
    En Syrie : il n’y a eu que 43 voix d’exprimées, 1 pour Hamon, 2 pour Mélenchon, 2 pour Le Pen, 6 pour Macron, et 32 pour Fillon !
    A part ces pays, le pays où la participation est la plus faible est israel (entre 10 et 20%).

    En israel : 60% pour Fillon ; 31% pour Macron ; 3.7% pour Le Pen ; 1.6% pour Mélenchon
    Au Liban : 61% pour Fillon ; 16% pour Macron ; 12% pour Le Pen ; 7% pour Mélenchon
    Le Maroc se distingue avec de très forts scores (plus de 30%) pour Mélenchon à Fes, Rabat et Tanger, mais de très fort scores (plus de 35%) pour Fillon à Agadir et Marrakech

    Sinon, Le Pen fait 27% en Biélorussie et à Djibouti, et 32% à Assomption, en Argentine
    Mélenchon fait plus de 30% au Laos, en Mongolie, au Mozambique, au Soudan et en Tunisie, mais aussi 32% à Reykjavik en Islande, et frôle les 30% à Ouagadougou, Montréal, Calcutta et Kyoto
    Sans compter israel, le Liban et la Syrie où il explose les scores, Fillon fait plus de 40% en Arménie, en Côte d’Ivoire, aux Émirats Arabes Unis, au Kazakhstan, à Maurice, Monaco, Panama et en Russie
    et Macron est élu des le premier tour en Algérie, Allemagne, Danemark, États-Unis, Pays Bas, Royaume Uni, Suède, Zimbabwe, et il fait même 64% à Djouba en Éthiopie (9 des 14 suffrages exprimés !)

    Déjà discuté là :
    https://seenthis.net/messages/595080

    #France #Elections_présidentielles_2017

    • Résultat du second tour de l’élection présidentielle française de 2017 à l’étranger :
      http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-citoyens/actualites/article/election-presidentielle-retrouvez-les-resultats-du-second-tour-pour-

      Au second tour, à l’international, Macron frôle les 90%, donc il n’y a pas grand chose à regarder : dans certaines circonscriptions en Afrique du Sud, en Irak, en Libye, au Pakistan ou au Sénégal, il fait même 100% !

      Marine Le Pen est quand même majoritaire dans quelques circonscriptions, comme Ekaterinbourg en Russie (4 voix pour elle, 3 pour Macron !) et Damas en Syrie (9 pour elle, 5 pour Macron, 1 vote blanc).

      Il faut donc regarder l’abstention, les blancs et nuls. Israel a le record de l’abstention (83%), avec aussi la Libye, Sainte Lucie, le Sénégal et la Syrie (98% d’abstention, 15 votants sur 807 inscrits), mais ce sont à peu près les mêmes pays qui se sont abstenus au premier tour.

      Il n’est pas facile de regarder les blancs et nuls dont les chiffres sont donnés en brut, mais à première vue les taux ne sont pas extraordinaires, sauf pour quelques villes : Genève a le record des blancs et nuls (plus de 3000 au second tour contre 600 au premier tour), suivis par Bruxelles (près de 2000 contre 300 au premier tour), Londres et Montréal (plus de 1000 contre respectivement 400 et 200 au premier tour), Beyrouth (plus de 400 contre 90 au premier tour) et, dans une moindre mesure, Ouagadougou et Calcutta. Dans toutes ces villes, Marine Le Pen fait un score minable, sauf à Beyrouth où elle fait plus de 31% des voix !

      Evolution entre les deux tours :

      Bruxelles : 2000 contre 321 au premier tour
      Beyrouth : 432 contre 87 au premier tour
      Genève : 3229 contre 636 au premier tour
      Montréal : 1084 contre 225 au premier tour
      Londres : 1033 contre 375 au premier tour

      Bruxelles : Participation : -3% ; Blancs et Nuls : +500%
      Beyrouth : Participation : -13% ; Blancs et Nuls : +400%
      Genève : Participation : +0.2% ; Blancs et Nuls : +400%
      Montréal : Participation : +6% ; Blancs et Nuls : +400%
      Londres : Participation : +7% ; Blancs et Nuls : +200%

      Aussi signalé ici :
      https://seenthis.net/messages/597307

  • Plus de deux mois après les élections, trois partis ont annoncé pouvoir former un gouvernement de centre droit en #Islande. En dépit de son engagement à ne pas gouverner avec l’équipe sortante et de leur divergence sur l’Union européenne, le parti Régénération a accepté de former une coalition avec le parti de l’indépendance conservateur et eurosceptique (qui a participé à tous les gouvernements depuis 1944, excepté entre 2009 et 2013). Le chanteur punk Óttar Proppé, proche de l’ancien maire de Reykjavík, Jón Gnarr, devrait devenir ministre de la santé après le ralliement de sa formation politique, Avenir radieux, à cette coalition qui ne disposera que d’une voix de majorité. Avant même d’être officiellement désigné premier ministre, le chef du parti de l’indépendance, Bjarni Benediktsson, a dû reconnaître avoir dissimulé les résultats d’une enquête sur l’impact de la fraude fiscale, laquelle représenterait environ 50 millions d’euros par an dans ce pays de 330 000 habitants. Issu d’une riche famille de l’île, lui-même titulaire d’une société basée aux Seychelles et ministre des finances dans le précédent gouvernement, il s’était bien gardé de rendre ce rapport public jusqu’au scrutin. Avant lui, la cheffe du mouvement gauche-vert, Katrín Jakobsdóttir, puis celle du parti pirate, Birgitta Jónsdóttir, ont échoué à former une coalition regroupant les cinq partis de la gauche et du centre.

    http://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/DESCAMPS/56432 #st

    http://zinc.mondediplo.net/messages/47373 via Le Monde diplomatique

  • En Islande, les banquiers voyous ont leur prison...
    https://www.crashdebug.fr/international/12951-en-islande-les-banquiers-voyous-ont-leur-prison

    Depuis la crise bancaire de 2008, la justice islandaise se montre très sévère envers les criminels en col blanc. Même si leurs conditions de détention, dans une prison « ouverte », sont bien loin du bagne.

    À Kviabryggja, les détenus découvrent les travaux de la ferme, rémunérés 2 euros de l’heure. LOLOU D’AKI POUR M

    LE MAGAZINE

    C’est une prison sans murs ni barreaux, perdue à plus de deux heures de route au nord de Reykjavik. Située au pied du Snæfellsjökull – l’un des plus beaux volcans d’Islande –, Kviabryggja ressemble en fait surtout à une simple ferme installée au milieu d’un terrain de 35 hectares.

    Plantée dans un paysage spectaculaire au bord de l’océan, cette « prison ouverte » abrite dans deux bâtiments vingt-deux détenus, dont certains sont des célébrités locales. Kviabryggja est en effet (...)

  • Islande : le Parti Pirate chargé de former un gouvernement
    http://www.rtbf.be/info/monde/detail_islande-le-parti-pirate-charge-de-former-un-gouvernement?id=9470470

    Le Parti pirate islandais a été chargé vendredi de former un gouvernement par le président de la République, qui tentait un coup de poker après les échecs successifs de la droite et de la gauche.

    Aucune majorité claire

    Gudni Johannesson l’a annoncé depuis sa résidence près de Reykjavik où il venait de recevoir la présidente du groupe parlementaire Pirate, Birgitta Jonsdottir. « Dans la journée, j’ai rencontré les chefs de tous les partis et leur ai demandé qui d’après eux devait mener ces négociations. Après cela, j’ai invité Birgitta Jonsdottir et lui ai transmis le mandat », a-t-il déclaré à la presse.

    L’Islande a organisé des élections législatives anticipées le 29 octobre, qui ont donné un Parlement divisé entre sept partis, sans majorité claire permettant de former une coalition viable.

    #islande #parti_pirate

  • En Islande, les banquiers voyous ont leur prison
    http://abonnes.lemonde.fr/m-le-mag/article/2016/12/02/en-islande-les-banquiers-voyous-ont-leur-prison_5041888_4500055.html

    Plantée dans un paysage spectaculaire au bord de l’océan, cette « prison ouverte » abrite dans deux bâtiments vingt-deux détenus, dont certains sont des célébrités locales. Kviabryggja est en effet devenue, depuis la crise bancaire de 2008, la « prison des banquiers », celle où sont envoyées la plupart des stars déchues de la finance.

    En tout, une quarantaine de financiers – presque exclusivement des hommes – ont déjà été condamnés par la justice islandaise pour avoir spéculé frauduleusement, puis mis l’économie de l’île à terre, un cas unique dans le monde. Et les procès continuent : deux dirigeants de l’ex-Glitnir – une des trois principales banques avant la crise – ont été condamnés, le 24 novembre, à douze et à vingt-quatre mois de prison.

    Recruté pour enquêter spécialement sur les banquiers, le procureur Olafur Hauksson mène encore des investigations dans cinq dossiers, qu’il espère clôturer d’ici à la fin de l’année, plus de huit ans après l’éclatement de la bulle. « Il faudra ensuite les juger, ce qui peut prendre encore des années », explique-t-il.
    Ordinateur, golf et cigares

    Quand ils sont condamnés à de la prison ferme, les anciens banquiers peuvent compter sur la qualité du modèle pénitentiaire scandinave, qui a toujours fait de la réinsertion une priorité. A Kviabryggja, ils bénéficient ainsi de chambres individuelles équipées d’ordinateur, de télévision et de PlayStation, d’une salle de sport, d’un petit golf, d’une bibliothèque et même d’une salle de billard.

    Les familles sont autorisées à passer des journées entières avec leur proche emprisonné si elles le souhaitent. En ce moment, cinq criminels en col blanc partagent leur quotidien avec dix-sept autres prisonniers et huit gardiens. Les neuf cents habitants du village voisin de Grundarfjördur ont pris l’habitude de voir ces banquiers déchus venir acheter leurs cigares au supermarché une fois par semaine.

    « Kviabryggja est normalement une étape entre la prison fermée et la semi-liberté, avant le bracelet électronique à domicile. Les banquiers, eux, ont été envoyés directement à Kviabryggja car ils ne sont pas violents et ne purgent pas des peines très lourdes », raconte Gudmundur Thoroddsson, président de l’association des prisonniers islandais, lui-même faisant l’objet d’une condamnation à douze ans de prison pour trafic de drogue.

    Il a été transféré ici il y a cinq mois en raison de son bon comportement, et peut donner librement une interview à M, en marge d’une conférence sur les troubles du comportement organisée dans un grand hôtel de Reykjavik

    #spéculation #crise_financière #justice #Islande #Banque #criminalité #cols_blancs

    http://zinc.mondediplo.net/messages/44030 via BoOz

    • C’est une prison sans murs ni barreaux, perdue à plus de deux heures de route au nord de Reykjavik. Située au pied du Snæfellsjökull – l’un des plus beaux volcans d’Islande –, Kviabryggja ressemble en fait surtout à une simple ferme installée au milieu d’un terrain de 35 hectares.
      Plantée dans un paysage spectaculaire au bord de l’océan, cette « prison ouverte » abrite dans deux bâtiments vingt-deux détenus, dont certains sont des célébrités locales. Kviabryggja est en effet devenue, depuis la crise bancaire de 2008, la « prison des banquiers », celle où sont envoyées la plupart des stars déchues de la finance.

      En tout, une quarantaine de financiers – presque exclusivement des hommes – ont déjà été condamnés par la justice islandaise pour avoir spéculé frauduleusement, puis mis l’économie de l’île à terre, un cas unique dans le monde. Et les procès continuent : deux dirigeants de l’ex-Glitnir – une des trois principales banques avant la crise – ont été condamnés, le 24 novembre, à douze et à vingt-quatre mois de prison.
      Recruté pour enquêter spécialement sur les banquiers, le procureur Olafur Hauksson mène encore des investigations dans cinq dossiers, qu’il espère clôturer d’ici à la fin de l’année, plus de huit ans après l’éclatement de la bulle. « Il faudra ensuite les juger, ce qui peut prendre encore des années », explique-t-il.

      Ordinateur, golf et cigares

      Quand ils sont condamnés à de la prison ferme, les anciens banquiers peuvent compter sur la qualité du modèle pénitentiaire scandinave, qui a toujours fait de la réinsertion une priorité. A Kviabryggja, ils bénéficient ainsi de chambres individuelles équipées d’ordinateur, de télévision et de PlayStation, d’une salle de sport, d’un petit golf, d’une bibliothèque et même d’une salle de billard.

      Les familles sont autorisées à passer des journées entières avec leur proche emprisonné si elles le souhaitent. En ce moment, cinq criminels en col blanc partagent leur quotidien avec dix-sept autres prisonniers et huit gardiens. Les neuf cents habitants du village voisin de Grundarfjördur ont pris l’habitude de voir ces banquiers déchus venir acheter leurs cigares au supermarché une fois par semaine.

      « Kviabryggja est normalement une étape entre la prison fermée et la semi-liberté, avant le bracelet électronique à domicile. Les banquiers, eux, ont été envoyés directement à Kviabryggja car ils ne sont pas violents et ne purgent pas des peines très lourdes », raconte Gudmundur Thoroddsson, président de l’association des prisonniers islandais, lui-même faisant l’objet d’une condamnation à douze ans de prison pour trafic de drogue.

      Il a été transféré ici il y a cinq mois en raison de son bon comportement, et peut donner librement une interview à M, en marge d’une conférence sur les troubles du comportement organisée dans un grand hôtel de Reykjavik.

      Les 330 000 Islandais « connaissent tous les prisonniers. Ils resteront probablement des “prisonniers” dans la société islandaise toute leur vie ». Helgi Gunnlaugsson, criminologue
      « Le cadre est certes magnifique, mais nous sommes tout de même privés de notre liberté », rappelle-t-il, en rejetant tous les commentaires qu’on peut trouver sur les réseaux sociaux qui qualifient la prison d’« hôtel de luxe ».

      La prison de Kviabryggja est située en pleine nature islandaise, dans un paysage spectaculaire au bord de l’océan.
      Surtout que ceux-ci étaient souvent habitués à vivre dans l’opulence à Londres, à Lausanne (Suisse) ou au Luxembourg avant de se retrouver isolés dans un des deux bâtiments de Kviabryggja, totalement privés de soleil deux mois dans l’année – en décembre et en janvier, le soleil ne se lève pas assez haut pour dépasser la montagne.

      « Bien sûr, il y a des voix pour se plaindre de ce traitement [qui leur est accordé], mais cela reste une chute incroyable pour eux », insiste Helgi Gunnlaugsson, criminologue à l’université d’Islande, qui a pu visiter la prison. Surtout que les 330 000 Islandais « connaissent tous les prisonniers, glisse le chercheur, ce qui risque de peser longtemps sur leur destin. Ils resteront probablement des “prisonniers” dans la société islandaise toute leur vie ».

      La prison leur aura au moins fait connaître le travail manuel et mal rémunéré. A Kviabryggja, ceux qui le souhaitent peuvent prendre soin des animaux pour 2 euros de l’heure – il y a une centaine de moutons et des chevaux –, nettoyer la maison, faire la cuisine ou des réparations, même si ce n’est pas obligatoire. « Certains banquiers travaillent pour eux-mêmes en faisant des traductions par exemple », explique Gudmundur Thoroddsson.

      Des détenus « innocents » et procéduriers

      Plusieurs anecdotes publiées dans la presse islandaise ont fait état du comportement exemplaire des cols blancs. Un ancien détenu déficient mental a ainsi assuré en septembre que l’ex-PDG de Kaupthing, une autre des trois principales banques du pays avant 2008, lui avait appris à utiliser un lave-linge. La femme d’Olafur Olafsson, un des principaux actionnaires de Kaupthing, a, elle, proposé une récompense à un des codétenus de son mari qui avait retrouvé son portefeuille, perdu lors d’une visite.

      Mais, si leurs bonnes actions fuitent régulièrement, ces détenus très spéciaux refusent tous de parler directement de leur expérience. Toujours persuadés de leur innocence, procéduriers, ils n’hésitent pas à recourir à des agences de relations publiques dès qu’ils ont un grief à adresser à l’administration pénitentiaire.

      Les anciens de Kaupthing ont saisi le médiateur du Parlement islandais après que Michael Moore a été autorisé à rentrer à Kviabryggja en 2015 pour son film Where to Invade Next. Ils se sont aussi plaints que le directeur des prisons ait laissé entendre dans les médias qu’ils avaient souhaité pouvoir boire du vin à table – ce qui était faux. Depuis, celui-ci préfère éviter les ennuis en refusant toutes les demandes d’interviews et de visites de la presse.

      « Ce qui nous a été infligé est horrible, la société islandaise pratique une forme de harcèlement à l’égard des banquiers. » Olafur Olafsson, condamné à quatre ans et demi ferme
      Un seul entretien a été accordé par des banquiers depuis la prison, en janvier 2016. Interrogés par la principale chaîne de télévision privée islandaise, souriants et décontractés, trois anciens de Kaupthing se sont présentés comme des victimes d’une injustice.

      « C’est sûr qu’on aurait dû gérer la banque autrement, mais il y a une grande différence entre dire qu’on a fait des bêtises et dire qu’on a agi illégalement », a expliqué l’ancien président de la banque, condamné à quatre ans de prison. Au moment du krach, il avait menti avec ses collègues sur l’investissement miraculeux d’un Qatari, qui était en réalité financé par un prêt de la banque elle-même. « Jamais je n’aurais imaginé que je finirais ici », a affirmé à ses côtés l’ex-dirigeant de la filiale luxembourgeoise de la banque.

      Nouvelle vie

      « Ce qui nous a été infligé est horrible, la société islandaise pratique une forme de harcèlement à l’égard des banquiers », a insisté l’ancien actionnaire Olafur Olafsson, qui a écopé de quatre ans et demi ferme. Et de comparer sa nouvelle vie – bien loin de celle qu’il menait en Suisse – à celle d’« un internat scolaire il y a quarante ans ». « On nous réveille entre 6 h 45 et 7 heures. A 9 heures le directeur vient, on mange vers midi, on regarde nos e-mails et après on travaille jusqu’à 18 heures. »
      Les trois financiers n’ont pourtant pas dû rester longtemps à Kviabryggja. En avril, après un an seulement en détention, ils ont été placés en semi-liberté, grâce à un changement opportun de la loi sur les libérations conditionnelles.

      Placé en pension à Reykjavik, Olafur Olafsson a eu un malheureux accident quelques semaines plus tard. Alors qu’il survolait un des plus beaux paysages islandais avec son tout nouvel hélicoptère, l’appareil s’est écrasé. Lui, le pilote et ses trois partenaires d’affaires étrangers présents à bord s’en sont sortis avec de simples blessures. Il n’y avait rien d’illégal dans cette expédition, a expliqué l’administration pénitentiaire : l’accident a eu lieu largement avant 21 heures, l’heure à laquelle le banquier se devait d’être de retour dans sa pension.

  • Une raclée méritée : 46 ans de prison confirmés pour neuf grands banquiers islandais - RipouxBlique des CumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2016/11/une-raclee-meritee-46-ans-de-prison-confirmes-pour-neuf-grands-ban

    Pas lu, pas vu, pas entendu dans la presse de propagande franchouillarde cette info publiée par le site Your NewsWire.com. Une punition méritée qui mériterait d’être infligée à nos propres escrocs, et pas seulement banquiers. N’est-ce pas MM Hollande, Valls, Sarkozy, et autres misérables truands… ?

    L’Islande a agi différemment du reste de l’Europe et des États-Unis en permettant que les banquiers soient poursuivis comme des criminels plutôt que de les traiter comme une espèce protégée.

    L’Islande a reconnu neuf grands banquiers coupables et les a condamnés à des décennies de prison pour des crimes liés à la crise économique de 2008.

    Jeudi 6 octobre, la Cour suprême d’Islande a rendu un verdict de culpabilité pour les neuf accusés dans l’affaire de manipulation du marché Kaupthing, après un procès de longue haleine qui débuta en avril de l’année dernière.

    Kaupthing est une grande banque internationale basée à Reykjavik en Islande. Elle s’est développée au niveau international pendant des années, mais s’est effondrée en 2008 sous le poids de dettes énormes, paralysant l’économie de la petite nation.

    En exigeant que les banquiers soient soumis aux mêmes lois que le reste de la société, l’Islande a opté pour une stratégie très différente de celle de l’Europe et des États-Unis, où les banques reçurent des amendes symboliques, mais où les directeurs et patrons échappèrent à toute peine.

    Alors que les gouvernements américain et britannique renflouèrent et cautionnèrent leurs grandes banques avec l’argent des contribuables –- confortant les banquiers dans leur comportement scélérat -– l’Islande adopta une approche différente, déclarant qu’elle laisserait les banques faire faillite, éliminerait et punirait les criminels qui dirigeaient ces banques, et protégerait l’épargne des citoyens.

    L’ancien directeur de la banque Kaupthing, Hreiðar Már Sigurðsson, qui fut déclaré coupable et emprisonné l’an dernier, a vu sa peine prolongée de six mois jeudi.

    Selon l’Iceland Monitor, les neuf banquiers sont reconnus coupables de crimes liés au financement abusif d’achats d’actions –- la banque prêtait de l’argent pour l’achat d’actions tout en utilisant ses propres actions comme garantie pour les prêts.

    Ils sont également reconnus coupables d’avoir suscité une demande déloyale pour les actions Kaupthing par tromperie et faux-semblants.

    L’approche islandaise

    Ces verdicts de culpabilité ne sont que les dernières mesures de répression sans précédent prises par l’Islande depuis le crash économique. Les autorités ont poursuivi les patrons des banques, les directeurs généraux, les fonctionnaires et les pilleurs d’entreprise pour des crimes allant du délit d’initiés à la fraude, au blanchiment d’argent, à l’induction en erreur des marchés, à la violation des droits des fonctionnaires par mensonge.

    Pendant ce temps, l’économie, qui s’effondra de manière spectaculaire, rebondit après avoir laissé ses banques faire faillite, imposant des contrôles de capitaux et protégeant ses propres citoyens plutôt que l’élite patronale des banques responsables de ce gâchis.

    Cette détermination à rendre compte au peuple des actions qui causèrent le marasme financier contraste fortement avec ce qui se pratiqua au Royaume-Uni, dans le reste de l’Europe et aux États-Unis. Là, des amendes furent bien imposées aux vingt plus grandes banques pour les transgressions telles que la manipulation des marchés, le blanchiment d’argent et la mise en vente de prêts hypothécaires, mais retombèrent finalement sur les actionnaires et, en entravant la capacité des banques à prêter, pénalisèrent également le reste de la société.

    Pendant ce temps, les banquiers coupables, grâce aux renflouements gouvernementaux, continuèrent de faire des profits phénoménaux et d’empocher des bonus obscènes, comme si de rien n’était.

    L’an dernier, le Fonds monétaire international reconnut que l’Islande avait renoué avec la reprise économique « sans compromettre son modèle de bien-être » ou avoir puni ses citoyens pour des crimes commis par ses banquiers.

    L’Islande va incarcérer ses banquiers -– et les États-Unis et l’Europe ont tort de se contenter de tirer quelques oreilles et de donner implicitement un feu vert aux outrages futurs.

    => Source : YourNewsWire.com (traduction par le site Antibanque… mais un peu révisée par mes soins )

    Par Pierrick Tillet le 15 octobre 2016                                                                                                                                  http://yetiblog.org

  • Dispersion politique en #Islande

    http://www.monde-diplomatique.fr/56432 #st

    Placé en tête des sondages durant plusieurs mois, le Parti pirate est finalement arrivé en troisième position des élections législatives qui avaient lieu samedi 29 octobre en Islande, avec 14,5 % des voix. Sa participation à un gouvernement de coalition de centre-gauche dépendra des négociations qui s’engagent avec le nouveau parti centriste pro-européen, Régénération, qui obtiendrait un peu plus de 10 % des voix. Dix jours avant le scrutin, son chef Benedikt Jóhannesson avait déclaré qu’il ne gouvernerait pas avec l’équipe sortante du parti de l’indépendance (conservateur) et du parti du progrès.

    Ce dernier, dont le chef avait dû quitter le poste de premier ministre en avril dernier suite aux révélations des « Panama papers », est le grand perdant du scrutin, avec seulement 11 % des voix, contre 24,4 % en 2013. À gauche, l’alliance sociale-démocrate qui était le premier parti de l’île en 2009, n’est plus que le septième avec cinq fois moins de voix que sept ans plus tôt. Ce parti paye ses positions favorables à l’introduction de l’euro et sa bienveillance vis-à-vis de la Commission européenne durant son exercice du pouvoir (2009-2013).

    Le mouvement « Avenir radieux », de l’ancien maire punk et anarchiste de Reykjavik pourrait également participer à une coalition de centre-gauche. Laquelle serait certes en mesure de trouver un terrain d’entente sur les questions de réforme constitutionnelle et d’environnement, mais resterait cependant tiraillée sur les questions économiques, sociales et européennes. Favorable à une politique de redistribution des richesses, à une sortie de l’OTAN et opposée à une adhésion à l’Union européenne, Katrín Jakobsdóttir, cheffe du mouvement gauche-vert, est la mieux placée pour devenir première ministre en cas d’accord entre les cinq partis refusant un nouveau gouvernement de droite.

    Les conservateurs ont participé à toutes les majorités depuis l’indépendance en 1944, sauf entre 2009 et 2013, après la crise économique dont ils furent rendus responsables.

    http://zinc.mondediplo.net/messages/40876 via Le Monde diplomatique

  • Les tensions entre la #Russie et les #États-Unis se rapprochent de l’#Arctique | Planète Arctique
    http://arctique.blog.lemonde.fr/2016/10/26/les-tensions-entre-la-russie-et-les-etats-unis-se-rapprochent-

    “Grand Nord, basse tension”. Ce message, brillant slogan de diplomatie publique, répété depuis des années par la #Norvège au sujet de la situation peu conflictuelle dans l’Arctique, résistera-t-il au temps ?

    Si l’on ne peut que souhaiter une situation de la sorte, tant la région a été ces vingt dernières années un modèle de coopération internationale, l’annonce d’un déploiement de soldats américains en 2017 en Norvège, État membre de l’#OTAN incontournable lorsqu’il s’agit des enjeux de l’Arctique, complique la donne et tend des relations entre la Russie et la Norvège pourtant si essentielles à la stabilité régionale.

    […] La résurgence de tensions dans la région a lieu alors que le trentième anniversaire de la rencontre historique, en octobre 1986, entre Ronald Reagan, alors président des États-Unis, et Mikahïl Gorbatchev, qui dirigeait l’URSS, vient d’être célébré à Reykjavík (#Islande). […] A l’occasion de ce trentième anniversaire, la ville de Reykjavík et l’université d’Islande ont inauguré un centre de paix, le « Höfði Reykjavík Peace Centre ». Une initiative pour le moins bienvenue dans le contexte mondial.

    […] L’ensemble des acteurs du G7/G8 sont présents, à différents niveaux, au sein du #Conseil_de_l’Arctique, forum intergouvernemental arctique de haut-niveau, dont la présidence tournante est assurée jusqu’au printemps 2017 par les États-Unis. Des puissances mondiales comme la #Chine et l’#Inde se retrouvent également au sein de ce forum établi en 1996 et qui a pris une dimension globale en 2013 avec l’accueil en son sein de nouveaux observateurs permanents, dont cinq pays asiatiques. A lui-seul, l’intérêt suscité par cette région rassemble un mini G20.

    […] L’issue de l’élection présidentielle américaine sera très intéressante à suivre dans le contexte arctique. […] En cas d’élection à la présidence américaine d’Hillary Clinton, les signaux que la Russie pourra envoyer seront à suivre en ce qui concerne l’Arctique. Durant la visite de Barack Obama dans l’État arctique des États-Unis, l’Alaska, en 2015, la région a connu la visite de bâtiments de la marine chinoise, épisode illustrant le “second acte” du match sino-américain, qui, alors que celui dans la mer de Chine méridionale est loin d’être terminé, a lieu depuis plusieurs années dans cet (sic) arrière-cour des États-Unis qu’est l’Arctique.

    #géopolitique #asie

  • Éva Joly veut faire tomber Jean- Claude Juncker (L’essentiel/afp) 18 Octobre 2016

    L’eurodéputée reproche au président de la Commission européenne d’avoir accordé des largesses fiscales aux multinationales lorsqu’il était Premier ministre du Luxembourg.

    http://www.lessentiel.lu/fr/news/europe/story/va-Joly-veut-faire-tomber-Jean-Claude-Juncker-31242282

    « À la première occasion, je porterai une motion (au Parlement européen) pour le faire tomber », a promis l’élue écologiste franco-norvégienne dans un entretien diffusé lundi soir par la chaîne de télévision publique islandaise RUV. Auteur d’un essai réquisitoire sur Jean-Claude Juncker intitulé « Le Loup dans la bergerie », Éva Joly reproche au chef de l’exécutif européen d’avoir favorisé des multinationales en pratiquant l’optimisation fiscale à grande échelle pendant sa mandature luxembourgeoise (1995-2003).

    Deux anciens de la firme d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC) ont transmis près de 30 000 pages éclairant ces pratiques et mettant en cause plus de 350 sociétés bénéficiaires de « rescrits fiscaux » accordés par l’administration et négociés par PwC. Les deux lanceurs d’alerte ont été condamnés fin juin au Luxembourg à 12 et neuf mois de prison avec sursis à l’issue du premier procès de l’affaire « Luxleaks ». Ils seront jugés en appel du 12 au 21 décembre.

    « Que les gens ordinaires prennent le pouvoir »

    Ces fuites ont « considérablement affaibli » Jean-Claude Juncker, a encore estimé Éva Joly, « parce que tout le monde sait que ce système a été bâti alors qu’il était Premier ministre ». « Mais c’est un scandale qu’il dirige la Commission. Nous, les Verts, nous n’en voulons pas », a-t-elle martelé.

    Ancienne conseillère du parquet islandais après la crise financière qui a ébranlé l’économie de l’Islande en 2008, la Franco-Norvégienne devait participer à Reykjavik à une conférence co-organisée par le parti libertarien des Pirates sur les « Panama Papers ».

    Ces documents publiés en avril ont révélé comment le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca créait des sociétés offshore à travers le monde, dans certains cas pour faciliter la fraude fiscale ou des commerces illicites. Les noms de 600 Islandais figurent dans ces documents, dont celui du Premier ministre, contraint à la démission deux jours après leur publication. Éva Joly a appelé les électeurs islandais à « changer » de dirigeants aux législatives du 29 octobre, « pour que les gens ordinaires prennent le pouvoir et veillent eux-mêmes sur leurs intérêts ».

    #union_européenne #ue #commission_européenne #Jean-Claude-Juncker #PricewaterhouseCoopers #PwC #Luxleaks #ufe

  • Reykjavik s’éteint pour mieux contempler les aurores boréales
    http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/09/28/reykjavik-s-eteint-pour-mieux-contempler-les-aurores-boreales_5005041_483269

    Cette année, le spectacle au-dessus du ciel de la capitale, Reykjavik, s’annonce majestueux, selon l’Office météorologique islandais. Les aurores boréales les plus spectaculaires sont attendues dans la nuit du 28 au 29 septembre. La municipalité a pris des mesures inédites pour que locaux et touristes puissent, le temps d’une soirée, admirer le mieux possible le ciel incandescent.

    De 22 heures à 23 heures, tous les lampadaires et autres lumières de l’espace public seront éteints dans une bonne partie de la ville.

    Les habitants sont encouragés à faire de même chez eux, pour qu’aucune pollution lumineuse ne gâche le spectacle naturel. Ceux qui ne peuvent faire autrement que conduire sont invités à la plus grande prudence et à ne pas se laisser distraire par la couleur qui tombera du ciel.

    https://vimeo.com/184611712


    #beau

  • La Fabrique de musique #21 - Marta Hrafnsdottir
    http://www.jetfm.asso.fr/site/La-Fabrique-de-musique-21-Marta.html

    JET FM La radio curieuse 91.2 fm Nantes et agglomération nantaise http://www.jetfm.asso.fr/site/stockage/la_fabrique_de_la_musique/FDM_21_Marta_Hrafnsdottir_20140921.mp3

    > L’invité de cette 21e Fabrique de musique est la chanteuse islandaise Marta Hrafnsdottir ÉMISSION DU DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2014 à 19 h rediffusion le jeudi 25 septembre 2014 à 11 h Voix : Marta Hrafnsdottir Cello : Soizic Lebrat Émission enregistrée à Mengi à Reykjavik, le 5 avril 2014 par (...)

  • جماهير سيلتيك الأسكتلندي ترفع العلم الفلسطيني أمام فريق هبوعيل الإسرائيلي - RT Arabic
    https://arabic.rt.com/news/837200-جماهير-سيلتيك-الأسكتلندي-ترفع-العلم-الفلسطيني-أمام-فريق-هبوعيل-الإ

    Lessupporters du Celtic de Glasgow lors de la rencontre contre le Hapoel Bar-Sheva.

    (J’aime beaucoup le logo « respect » de la Fifa !)

    • Le Celtic est un habitué des amendes de l’UEFA (qui avait explicitement averti)

      Celtic face yet another UEFA rap as fans defy pleas and fly Palestine flags - Daily Record
      http://www.dailyrecord.co.uk/sport/football/football-news/celtic-face-yet-another-uefa-8650376

      CELTIC face another UEFA rap after their fans flew Palestine flags during the Champions League clash with Israelis Hapoel Beer Sheva.

      It is the ninth time in just five years Hoops supporters have landed their club in trouble with European football rulers.

      UEFA forbid political expressions in football and the waving of the Palestinian standard is seen as especially provocative given the opposition.

      Police Scotland this week urged fans not to make a statement in the first-leg playoff– and warned them they faced being arrested.
      […]
      The rap sheet
      • December 2015: Fenerbahce (A) – £10,000 for improper conduct of team as well as flares
      • March 2015: Inter Milan (A) - £5850 for improper conduct of team, £3650 fine for flares
      • February 2015: Dinamo Zagreb (A) - £7400 fine for inappropriate crowd behaviour
      • July 2014: KR Reykjavik (H) - £16,000 fine for illicit banner
      • December 2013: AC Milan (H) - £42,200 fine for illicit banner
      • July 2013: Cliftonville (H) - £4200 fine for flares
      • March 2012: Udinese (A) - £21,000 fine for flares and illicit banner
      • December 2011: Rennes (A) - £12,700 fine for illicit chanting

      Les illicit banners de juillet 2014 étaient déjà des drapeaux palestiniens.

    • Des fans du Celtic Glasgow agitent des drapeaux palestiniens devant une équipe israélienne (IMAGES) — RT en français
      18 août 2016, 09:48
      https://francais.rt.com/international/25201-supporters-glasgow-bds-drapeaux-palestine

      Risquant une lourde amende, des centaines de supporters écossais ont agité des drapeaux de la Palestine en guise de protestation alors que leur équipe recevait les Israéliens du Hapoël Beer Sheva en match barrage de la Ligue des Champions.

      Au cours de la rencontre du 17 août, remportée par les Ecossais sur le score de 5 buts à 2, des centaines de fans du Celtic Glasgow ont affiché des drapeaux de la Palestine, qui se mêlaient aux couleurs verte et blanche de leur club.

      De nombreuses photos de l’action, préparée depuis plusieurs semaines par un groupe de supporters se revendiquant du mouvement politique Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), ont fleuri sur les réseaux sociaux.

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      Des fans de Glasgow veulent accueillir une équipe israélienne avec… des drapeaux de la Palestine
      11 août 2016,
      https://francais.rt.com/international/24972-fans-glasgow-drapeaux-palestine-apartheid

      En effet, un groupe de supporters écossais, baptisé Celtic Fans for Palestine, envisage de distribuer gratuitement des drapeaux palestiniens à l’entrée du stade écossais le jour J.
      Sur une page Facebook, nommée « Déployons notre drapeau pour la Palestine, pour le Celtic, pour la Justice » [Fly the flag for Palestine, for Celtic, for Justice], plus de 900 utilisateurs se sont d’ores et déjà dits « intéressés » pour participer à cette action.

      Selon les supporters militants, une équipe de football israélienne ne devrait pas pouvoir participer à cette compétition européenne « en raison du système de lois d’apartheid et de pratiques incluant la colonisation basée sur la religion et l’ethnie, l’occupation militaire et la ségrégation de ce qu’il reste du territoire palestinien ».

      En effet, les Celtic Fans for Palestine se revendiquent du mouvement international Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui appelle au boycott de différentes institutions israéliennes, notamment sportives pour protester contre le traitement infligé aux Palestiniens par l’Etat hébreu.

      #BDS

    • Des ultras du Celtic rendent hommage à la Palestine face à un club israélien
      Rodolphe Ryo, publié le 18/08/2016 à 18:51 , mis à jour à 18:52
      http://www.lexpress.fr/actualite/sport/football/des-ultras-du-celtic-rendent-hommage-a-la-palestine-face-a-un-club-israelie
      (...) Une initiative lancée par des membres de la Green Brigade, un groupe d’ultras du club écossais. Sur Facebook, le groupe « Celtic fans for Palestine » avait également appelé, avant la rencontre, les supporters du Celtic à brandir des drapeaux palestiniens pour « exercer leurs droits démocratiques et pour afficher leur opposition à l’apartheid israélien, au colonialisme et aux innombrables massacres subis par le peuple palestinien. » (...)

  • La capitale islandaise décide le boycott de tous les produits israéliens
    vendredi 1 juillet 2016
    http://lecourrierdelatlas.com/1161301072016La-capitale-islandaise-decide-le-boycott-de-tous-le

    Le conseil de Reykjavik, capitale de l’Islande, a adopté cette semaine une motion de boycott des produits d’origine israélienne, rapporte le quotidien de gauche israélien Haaretz. Ce boycott sera observé « tant que se poursuivra l’occupation des territoires palestiniens », selon le texte voté par les élus islandais.

    Le vote a eu lieu à l’initiative de la conseillère Björk Vilhelmsdóttir de l’Alliance démocratique et sociale. Ce boycott est « un acte symbolique » destiné à exprimer le soutien de la ville aux autorités palestiniennes et à condamner la « politique israélienne d’apartheid », précise la motion. C’est aussi un moyen de faire pression sur Tel-Aviv pour la fin de l’occupation, a indiqué la conseillère Sóley Tómasdóttir. Cette dernière n’exclut pas que Reykjavik puisse prendre des décisions de boycott similaire contre d’autres pays violant les droits humains.

  • De colère et d’espoir : À la découverte du féminisme islandais
    http://decolereetdespoir.blogspot.fr/2016/05/a-la-decouverte-du-feminisme-islandais.html

    Bien sûr, en parcourant ses rues, j’ai été attentives aux signes d’une présence féministe. Je n’ai pas été déçue. Si je n’ai trouvé que quelques exemples anecdotiques, il faut comprendre que je ne les ai pas activement cherchés. Je n’ai pas visité d’autre ville qui m’aie permis, après seulement quelques heures, d’observer autant d’éléments qui trouveraient leur place sur ce blogue. Ainsi, j’ai souri en voyant un restaurant affichant « Racistes, sexistes, homophobes : ne rentrez pas », et un bar queer dont la façade – il faut le faire dans cette ville arc-en-ciel – attire le regard par son explosion de couleurs. Le site de la ville dit qu’elle est fière de « sa communauté LGBT ». L’Islande a été le neuvième pays à ouvrir l’institution du mariage aux couples de même sexe et le premier à élire une personne ouvertement gaie à sa tête.

    Photo de la plaque commémorant
    Svava Jakobsdóttir
    J’ai aussi porté attention aux statues et aux pancartes explicatives que l’on retrouve dans toutes les villes touristiques. Je n’ai vu que deux ou trois statues qui toutes représentaient un homme – ce qui n’est guère surprenant. Mais ce qui l’est davantage est que les trois pancartes que j’ai lues mettait en relief une histoire féminine de la ville. Deux d’entre elles sont en réalité des plaques commémoratives inaugurée à l’occasion des cent ans du suffrage féminin.

    La première présentait une courte biographie Svava Jakobsdóttir, autrice de la deuxième moitié du 20e siècle, mais aussi chercheuse, militante des arts et parlementaire. On dit de ses écrits qu’ils abordent des enjeux sociaux et sont centrés sur des personnages féminins.

    La deuxième plaque concernait Þorbjörg Sveinsdóttir, une sage-femme. Honnêtement : vous connaissez beaucoup de villes qui sont fières que leurs sages-femmes et les intègrent dans leur histoire ? On apprend qu’en plus d’être une sage-femme populaire dans le Reykjavik de la deuxième moitié du 19e siècle, elle était impliquée politiquement. Elle a fondé avec d’autres l’Association des femmes islandaises, la première à revendiquer le droit de vote pour les femmes. Que l’affiche nous apprenne que cette association avait pour membresses après seulement un an d’existence le quart des femmes de Reykjavik en dit long sur le poids politique des femmes islandaises. Ces deux exemples montrent des femmes qui ont marqué leur époque et sont fièrement présentées par la Ville d’abord par leur carrière professionnelle, puis comme militantes et femmes politiques.

    Finalement, une troisième pancarte de ce style que j’ai croisée invitait les visiteuses à découvrir des pionnières de la sculpture islandaise dans un jardin lancé à l’occasion de la journée des droits des femmes en 2014 (je n’ai pas trouvé ce jardin, il n’existe peut-être plus). Un survol rapide des programmes des différents musées de Reykjavik semble indiquer que l’art s’y conjugue aussi au féminin.

    Quelques faits divers sur l’Islande et le féminisme :

    À l’élection de 2009, 43% des parlementaires étaient des femmes (on est à 25% au Canada).
    On trouve à Reykjavik un Musée du pénis (Icelandic Phalological Museum) qui en compare la taille de divers mammifères, y compris les baleines.
    L’Islande permet l’avortement sous une base médicale ou sociale jusqu’à la 12e semaine de grossesse. L’avortement est limité aux raisons médicales après la 16e semaine (au Canada, la loi ne pose aucune limite à l’avortement).
    Les parents islandais.es se partagent le congé parental comme suit (dans un couple hétérosexuel) : trois mois pour les mères, trois mois pour les pères, et trois mois à partager comme iels l’entendent. À titre comparatif, le Québec ne réserve que cinq semaines au père. Une distribution plus égale du congé parental favorise la prise de responsabilité des pères quant à leurs obligations familiales. Elle n’a pas, cependant, réduit les inégalités économiques.
    Le droit de vote est ouvert à certaines femmes (de plus de 40 ans) en 1915.
    Dans les compagnies de plus de 50 employé.e.s, les hommes forment 90% des directeurs généraux.
    Vigdis Finnbogadottir, élue en 1980, est la première présidente démocratiquement élue de l’Europe.
    Le 24 octobre 1975, 90% des femmes du pays on fait une grève générale pour exiger l’égalité. Elles ont refusé d’aller travailler, de prendre soin des enfants ou de faire quelque travail ménager. Le pays s’est retrouvé totalement paralysé et les pères ont dû amener leurs enfants à leur travail. Pour en savoir plus sur cet événement historique : http://www.bbc.com/news/magazine-34602822

    #féminisme #Islande #historicisation #grève_des_femmes

  • L’Islande choquée par la passion de ses élites pour les sociétés offshore – EurActiv.fr
    http://www.euractiv.fr/section/justice-affaires-interieures/news/lislande-choquee-par-la-passion-de-ses-elites-pour-les-societes-offshore

    Le chiffre est étourdissant : quelque 600 noms pour une population de 320 000 habitants. Un record du monde, d’après Johannes Kristjansson, le journaliste indépendant islandais associé au Consortium. Dans la rue à Reykjavik, l’écœurement domine.

    « C’est une petite clique, et même après la crise de 2008 elle n’a rien voulu lâcher. Ça confirme simplement que l’argent gagné pendant les années de boom n’a pas disparu par enchantement », explqiue Kolbrun Elfa Sigurdardottir, électrice de 50 ans, à l’AFP.

    « Qui sont les gens qui ont tiré profit de ce système ? On veut tous le savoir ! », s’exclame pour sa part Alli Thor Olafsson, 32 ans.

    Dans ce petit pays, tout le monde connaît forcément un oncle, une lointaine cousine, un partenaire en affaires, un voisin qui sera dans la liste.

    Les sociétés offshore sont un héritage des années d’euphorie du secteur financier, du début des années 2000 jusqu’en 2008, où l’île a vu ses banquiers partir à l’assaut des marchés financiers mondiaux.

    D’après Sigrun Davidsdottir, journaliste de la télévision publique RUV qui enquête sur le sujet depuis la crise financière de 2008, les conseillers financiers en Islande proposaient facilement à tout un chacun de placer son argent dans des pays exotiques.

    « Lors des années d’ivresse avant 2008, une source m’a dit que tu n’étais personne si tu ne possédais pas une société offshore », écrit-elle sur son blog.