city:sète

  • « On est comme des chiens » : les enfermés du centre de rétention administrative de Sète prennent la parole
    http://www.lepoing.net/on-est-comme-des-chiens-les-enfermes-du-centre-de-retention-administrative-

    Une vingtaine de personnes sont enfermées au centre de rétention administrative (CRA) de Sète, au seul titre qu’ils n’ont pas de papiers. Lle collectif « excradition générale », créé au début de l’année 2018 par des Sètois pour fournir une aide matérielle et juridique aux détenus, a recueilli leurs témoignages. Source : Le Poing


  • Les carences de Monsieur Hulot – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/09/03/les-carences-de-monsieur-hulot

    Les carences de Monsieur Hulot ne m’ont pas inspiré.

    Issu d’une famille de paysans du plateau des mille-vaches, l’écologie appliquée , c’est à dire le respect de la nature et des autres hommes — et non l’admiration béate du parisien pour tout ce qui sent le crottin — m’a été inculqué dès mon enfance.

    C’est dire que les gesticulations des écolos me laissent froid et perplexe. La vanité qui leur fait croire que l’homme aurait une prise sur l’univers me sidère. Leur soif de pouvoir et leur folie morale de modification de l’homme me rappelle trop de souvenirs mortifères de l’histoire des hommes.

    Yves Marchand, ancien maire de Sète, a écrit sur l’affaire Hulot un billet que je trouve parfait, je le reproduis ci-dessous.

    Il l’a intitulé « Relaps », je vous laisse chercher sur Wikipédia…

    « L’environnement est au cœur de la vie. Nous le savons depuis toujours. Mais ce que nous ne savons pas, ou pas bien, c’est la manière de le sauvegarder. La difficulté s’est accentuée depuis que des gens ont fait profession – de foi – de dire ce qui en la matière était bien ou mal, à la manière de grands prêtres d’une religion de mystères, d’exigences et d’interdits.

    Hulot était l’un d’eux. Son ralliement à une équipe gouvernementale laissait augurer d’un changement profond de son appréhension de la réalité du monde. Tout laissait espérer que l’écologie allait, sous son impulsion, devenir constructive. M. Hulot avait accepté d’entamer sa rédemption, de ne plus intenter de procès en sorcellerie et de reléguer les ordalies spécistes au rang des pratiques vaudou.
    Mais le mal était profond. Pratiquer durant des décennies la chasse aux infidèles ne favorise pas la tolérance, le dialogue et la réforme. Procéder par affirmation sans preuve n’est pas compatible avec la responsabilité du pouvoir. Jouer les lanceurs d’alerte n’a rien à voir avec la gestion réaliste de situations complexes. Effrayer les citoyens n’est pas dans les attributions d’un gouvernement qui se doit de prévenir et de rassurer. Bref, M. Hulot n’était pas fait pour la fonction. L’y placer aurait dû signifier qu’il avait changé de camp pour rejoindre les tenants de l’écologie constructive. Mais il n’était qu’une prise de guerre. Les prises de guerre ne sont intéressantes que prisonnières. Jamais, libres. Car celui qui trahit une fois peut trahir à nouveau. C’est fait.

    En matière d’écologie, les deux camps du punitif et du constructif sont irréconciliables. La preuve en est ce sondage qui révèle que si 2/3 des Français considèrent l’écologie comme une question importante, moins d’un quart en fait une priorité. Les questions de chômage, et de sécurité – le court terme – l’emportent largement sur les questions environnementales, par essence à long terme. Et l’on n’inversera jamais cet ordre de priorités.

    La leçon devrait être bénéfique pour l’avenir.

    Le remplacement de M. Hulot doit prendre en compte cette situation. Il faut que le ministre de l’écologie soit celui ou celle qui rende compatibles les exigences de l’environnement avec les exigences du quotidien et non pas celui ou celle qui tente – vainement d’ailleurs – d’imposer de force une manière de vivre que personne ne veut adopter.

    Nous avons abordé avec le règne du principe de précaution une ère où le doute s’est insinué partout, même là où il n’a aucune place, où la doctrine de la méfiance s’est substituée au savoir et où la crainte du toujours possible a remplacé la certitude de la démonstration. Ce n’est pas le moment de permettre à ceux qui utilisent ces procédés de devenir nos maîtres à penser.

    L’écologie constructive est un combat qui doit être mené avec autant de vigueur contre les atteintes portées à l’environnement que contre les faux prophètes de la religion verte, adeptes des autodafés. »

    Bien à vous. H. Dumas


  • 45c48cce2e2d7fbdea1afc51c7c6ad26.pdf
    http://www.sete.voixvivesmediterranee.com/ProgrammesFile/45c48cce2e2d7fbdea1afc51c7c6ad26.pdf

    mercredi, 20H-21H, THÉÂTRE DE POCHE (À L’INTÉRIEUR), GRANDE
    RUE HAUTE, je présenterai le film expérimental coréalisé avec C. de Trogoff, Le plongeon , notre première tentative de translittération de poèmes signés (en l’occurrence, pour ce film, un poème en VV de Simon Attia). Voilà. Bon. Je connais pas le cadre, ça me fait plutôt flipper a priori, mais si vous êtes pas loin, c’est l’occasion de causer des problèmes de traduction poétique en général, et de ceux-ci en particulier.


    • Pour commencer, les plages en ville, si tu as la possibilité, c’est à fuir : Palavas, Carnon, et même la Grande Motte, c’est exactement tout ce que je déteste à la plage. La prochaine serviette est à deux mètres, il y a des niards qui courent partout, il y a tellement de monde qu’en gros, tu as pas mal de chances pour ne même pas avoir la vue sur l’eau depuis le sable… et les basses de la techno d’ambiance du restaurant de plage derrière toi qui achèvent de te gâcher le plaisir… et, évidemment, l’ambiance hyper-commerciale avec sa collection de glaces italiennes et de restaurants authentiques juste au bord de la plage.

    • Un moindre mal : le très long lido qui sépare Carnon et la Grande Motte, intitulé le petit Travers et le grand Travers.

      Très beau sable, les plages sont aménagées (douches, WC… - ce qui est assez nécessaire avec de jeunes enfants). Paillotes à intervalle régulier (perso j’ai horreur, mais bon).

      À part les paillotes, rigoureusement aucune construction sur le littoral, et comme c’est surtout accessible en voiture, il y a nettement moins de monde que dans Palavas, Carnon ou la Grande Motte.

      Et pour ceux qui aiment les bêtes plus que mes enfants, quelques entrées de plage où les chiens sont autorisés.

    • Je note, mais je ne connais pas encore : une immense plage de sable fin, dont je lis partout que c’est magnifique, c’est la Plage de l’Espiguette. C’est assez loin à l’est de Montpellier, à l’entrée de la Camargue (et comme nous on est dans l’ouest de Montpellier, c’est pas vraiment la porte à côté).

      De ce que je lis, c’est relativement sauvage, parce qu’il faut beaucoup marcher avant d’arriver à la mer (donc chouette dans l’absolu, mais plus difficile avec de jeunes enfants).

      Si j’ai bien lu : il y a une zone naturiste. (Et possiblement de l’échangisme dans les dunes, mais c’est pas trop documenté sur le site de la mairie.)

    • Un bon compromis familial (relativement accessible, douches, WC…), c’est la plage de Maguelone, en face de la cathédrale.

      Le sable est assez grossier, avec des coquillages et des galets, on arrive à poser la serviette sans être trop les uns sur les autres, la pente dans l’eau est très douce, on peut donc marcher très loin avant de se noyer.

      Et donc : paysage magnifique (avec dans le dos : vue sur la cathédrale, les étangs, le Pic Saint-Loup…), aucunes constructions, pas de zicmu, moins de monde… Accès à pied ou à vélo par Palavas, ou bien en voiture par le parking à l’extrémité de Palavas, ou derrière la cathédrale via Villeneuve-lès-Maguelone (5 euros, pfff, quelle que soit la durée), puis petit train gratuit tous les 15-20 minutes.

      Apparemment, jusqu’à il y a quelques années, c’était une plage « mixte » (maillot optionnel), mais désormais c’est « tenue correcte exigée » par arrêté municipal.

      Actuellement il y a un food-truck pour manger, et au poste de secours il y a des toilettes où on peut remplir sa bouteille d’eau.

    • Carrément magique : le long lido entre Palavas et Frontignan, totalement sauvage. Depuis Frontignan, c’est la plage des Aresquiers, et depuis Palavas c’est la partie non surveillée de la plage de Maguelone. C’est une fine bande de plage entre la mer et l’Étang de Vic, sur plusieurs kilomètres, il n’y a rigoureusement aucune construction, et c’est absolument superbe. La différence avec les Travers, c’est que c’est totalement inaccessible en voiture, et non surveillé.

      Plage connue, historiquement, pour sa tolérance (il y a plusieurs études sociologiques à son sujet – si je te le dis…), des hippies aux naturistes en passant par les gays. Il est facile de poser sa serviette à plus de 100 mètres de la prochaine serviette, autant dire que tu es carrément tranquille (évidemment, c’est toujours plus difficile pour les femmes seules, qui préfèrent se rapprocher des zones plus peuplées).

      C’est pas vraiment familial parce que c’est pas très facile d’accès (il faut beaucoup marcher), il n’y a aucun service de plage (pas de douches, pas de WC, pas de surveillance…). Et le maillot est optionnel (plus ou moins obligatoire à divers endroits, tels que le centre de voile, et le spot de kite-surf).

      Accès depuis les parkings payants (puis petit train) de Maguelone et Palavas. À Frontignan, possibilité (tôt le matin) de se garer gratuitement au niveau du pont des Aresquiers (mais c’est très très vite blindé). Le chemin le long du canal du Rhône à Sète n’est plus accessible aux voitures, et on ne peut plus s’y garer.

      Regarde-moi ça : 18h40, mon vélo et personne à proximité. En continuant un peu plus loin avec le vélo, j’ai fait un bon kilomètre sans croiser personne.

    • Pour venir depuis Montpellier en vélo :
      – prendre (avec le vélo) le tramway, ligne 3, jusqu’à Lattes Centre.
      – de là, prendre le chemin piétos-vélos qui longe le Méjean puis l’étang de Pérols (six ou sept kilomètres, tout plats), de Lattes à Palavas ;
      – arrivé à Palavas, si on continue tout droit, on peut aller à la plage au centre de Palavas (c’est horrible, et je ne vois pas quoi faire du vélo…) ;
      – en fait, à l’entrée de Palavas, descendre à droite après le pont, au niveau croisement entre le Lez et le canal, et prendre la voie des 4 Canaux, puis le chemin de halage du canal du Rhône à Sète. Là c’est magique.

      Le hic : le chemin de halage est officiellement fermé au public, parce que travaux – mais on peut passer. En gros, il y a 300 mètres au milieu du chemin de halage où il faut descendre du vélo et marcher pour éviter de la vase sur le chemin (pourquoi ils laissent ça comme ça, alors que ce serait pas bien difficile de stabliser un chemin pour les vélos…).
      – et on arrive derrière la cathédrale de Maguelone. De là, direction la plage de Maguelone, et on n’a pas croisé une voiture.

      À priori, si on poursuit le long du canal après Maguelone, on peut pousser jusqu’aux Aresquiers, mais j’ai pas encore tenté le coup.

    • Une grosse demi-heure à l’Ouest de Montpellier, le Pont du Diable. Belle plage, on se baigne dans l’eau douce de l’Hérault, et on peut sauter depuis les rochers (hum…).

      Plage très appréciée des locaux : parce qu’on n’y croise pas les plagistes de Palavas (il faut la voiture).

      (Le détail à placer dans une conversation : historiquement, le « Pont du Diable » a réellement été construit par le diable. #puisque_je_te_le_dis)

      Juste à côté, la grotte de la Clamouse, le village (à voir absolument) de Saint-Guilhem le Désert. En option, visiter Saint-Jean-de-Fos, et avec les enfants l’Argiléum.

    • Ma nouvelle idée du paradis : à 45 minutes à l’Ouest de Montpellier, le lac du Salagou, lac de retenue du barrage éponyme, avec les ruines du village abandonné de Celles.

      L’eau est magnifique, la terre est rouge (le ciel est bleu…). J’ai pris des photos de mes enfants, on dirait des publicités pour des vacances au Club Méd :-))

      C’est immense, j’ai pas encore compris s’il y avait une base nautique où l’on pourrait louer des bateaux (parce qu’il y en a sur le lac).

      En tout cas les gamins ont adoré. Les gens les plus proches étaient à 100 mètres. (Après, aucun service de « plage », ni de maître-nageur, alors tes gosses dans l’eau, c’est toi qui les surveilles. À moins, encore une fois, qu’il y ait une base nautique plus organisée quelque part – mais du coup, avec sans doute plus de foule.)

      Le soir, ce sont les pêcheurs qui prennent la relève. Et on m’a prévenu (vu que j’avais les gamins), si on pousse plus loin le long du lac, le maillot devient optionnel.

    • Je note pour plus tard, mais je ne connais pas encore :
      – la source du Lez, vers Prades-le-Lez, tout près de Montpellier donc ;
      – les gorges de l’Héric au nord de Béziers (ça commence à faire loin)
      – les cascades du Sautadet au nord de Nîmes (là ça fait vraiment loin)
      – le lac de Cécélés (une demi-heure au nord de Montpellier)
      – à une heure au nord-ouest de Montpellier, sur la Vis, des cascades à Saint-Laurent-le-Minier et à Saint-Maurice-Navacelles
      – Saint-Etienne-d’Issensac, à 40 minutes au nord-ouest de Montpellier
      – le Lac de Jouarres, à plus d’une heure et demi à l’ouest
      – le lac du Crès, donc quasiment « dans » Montpellier (Le Crès est un village dans la périphérie nord-est de la ville, entre Castelnau et Vendargues). A priori, il y a du monde (mes enfants iront cet été avec le centre de loisir, d’ailleurs).

    • Je confirme pour la plage de l’Espiguette, il faut traverser les dunes dans une impression de désert assez exceptionnelle. J’y suis allée avec des potes qui vivent à l’ENTAV, un centre de recherche INRA sur la vigne qui dispose de plusieurs hectares près de cette plage. Il y a des envolées de parachutes c’est un peu ventu mais vraiment peu de monde, ça a peut-être changé ceci dit, c’était il y a 6/7 ans.

    • Le centre aquatique Neptune à la Mosson est très agréable, avec un grand bassin de 50 mètres à l’extérieur. Ouvert uniquement le matin jusqu’à 14h30 au public, les après-midi sont réservées à des activités pour les enfants.
      https://www.guide-piscine.fr/herault/centre-nautique-neptune-piscine-de-montpellier-202_P

      La piscine extérieure est bordée d’une grande terrasse « en dur » (c’est-à-dire pas en gazon), il y a un bassin intérieur de 25 mètres, et dehors une pateaugeoire pour les plus petits.

      Sur la photo du site, on voit des tubes et des toboggans : ces équipements n’existent plus, c’est désormais une piscine très classique. Les plongeoirs également ont été démontés.

      Je vois que des grands travaux sont prévus prochainement :
      https://e-metropolitain.fr/2017/12/09/montpellier-neptune-metropole-se-jette-a-leau

    • Sinon, nouvelle tentative pour rejoindre la mer en vélo : ça se fait très bien depuis le centre ville.

      À partir de la (nouvelle) mairie jusqu’à la mer, il y a moyen de faire tout le trajet sans quasiment croiser une voiture.

      – De la mairie au centre de Lattes, à peine plus de 4 kilomètres le long du Lez, à plat, sur la piste cyclable.

      – Du centre de Lattes au Pont des 4 canaux à l’entrée de Palavas, 5,5 kilomètres par le chemin cyclable qui passe entre les étangs.

      – Du croisement des 4 canaux à la plage de Maguelone, en passant par le chemin de halage du canal du Rhône à Sète, environ 5 kilomètres.

      Du coup, depuis la mairie, environ 15 kilomètres, à plat, pour rejoindre la très belle plage de Maguelone, entièrement sur des chemins totalement séparés des voitures. C’est très faisable… Et ça va plutôt plus vite que de prendre le tram…

    • Puisque la grande vient d’y terminer un stage d’une semaine de canoë-kayal : la base de La Valette, au nord du zoo de Montpellier :
      http://www.montpellier3m.fr/equipement/base-de-canoe-kayak-de-la-valette

      C’est a priori réservé au canoë-kayak (outre le club et ses stages, on peut aussi simplement louer du matériel pour quelques heures), mais l’endroit est charmant et ombragé, et il y a en ce moment quelques familles qui y passent l’après-midi tranquillement.

      Bon, ce n’est pas le spot le plus couru de Montpellier, mais c’est mignon. À vue de nez, le soir vers 17 heures, en ce moment, il y a une vingtaine de personnes qui ne font pas de kayak, et une petite poignée qui se baignent. (C’est tranquille, quoi.)

      Après, la rivière qui se jette dans le Lez à cet endroit, ce n’est pas aussi propre que le Lez, d’après le moniteur de ma grande, qui conseille de prendre une douche après. (Hum.)

    • Nous avons tenté l’Espace Grand Bleu, qui est la piscine municipale de la Grande Motte.
      https://www.lagrandemotte.com/grand-bleu/23/Espace-Le-Grand-Bleu---Piscine-de-La-Grande-Motte-Reouverture-Lundi-3

      C’est pas la piscine municipale du premier bled venu, c’est plus un parc aquatique avec des toboggans, des jets d’eau, plein de bassins différents, une piscine à vagues (qui n’a pas l’air de fonctionner, en tout pas quand on y était).

      – Pour de la piscine municipale, c’est assez hors de prix : 11,60€ pour les adultes, 8,90€ pour les mineurs. Un peu moins cher en tarif famille, mais ça reste tout de même bonbon. En ce moment (ou juste le jour où on y était), les piscines intérieures sont fermées, alors tarif unique à 6 euros.

      – Alors là, c’est la pleine saison : il y a un de ces peuples, c’est pire que la plage. Dans les bassins, si tu arrives à être à plus d’un mètre d’un gamin qui saute dans tous les sens en hurlant de bonheur (oui, le gamin mouillé hurle de bonheur quand il fait chaud), tu as de la chance. Queue interminable aux toboggans (donc grosso modo inaccessibles avant 18 heures).

      Je pense que si on y retourne, ce sera hors-saison, ou alors le matin. Là, l’après-midi le week-end en août, avec la canicule, je pense qu’on ne pouvait pas plus mal tomber.

      [edit] Selon la Gazette, 2400 visiteurs par jour. Tu m’étonnes que j’ai eu l’impression qu’il y avait du monde…



  • Documenter VII on Vimeo
    https://vimeo.com/265660705


    un petit docu sur un labo de 15 jours dans un coin pedu et magnifique de l’Hérault, avec ma compagne C. de Trogoff, le poète Simon Attia et une copine poètesse sourdifiante qui sait signer pour nous filer un coup de main avec Simon, Brigitte Baumier : c’est un travail en cours, une tentative de pallier les gros défauts de la traduction de la poésie sourde (signée en LSF ou en VV) par une forme de translittération - pour l’instant expérimentale - essentiellement basée sur l’animation (toutes techniques confondues). Le film qui en résulte sera montré à Sète au salon de la poésie (je ne le met pas en ligne, je n’ai pas la moindre idée de ce que ça vaut, si ça peut être montré dans l’état, sans paratexte, sans contextualisation théorique pour l’instant)

    #lsf #vv #poésie_sourde #traduction #poésie



  • pour ceux qui sont proches de Sète, samedi se déroulera, à 10h ( pour 2h30 de rencontre), un atelier vv ( visuel virtuel , une forme de construction gestuelle et linguistique complémentaire à la LSF propre aux cadres de création sourde), au Musée Paul Valery avec Simon Attia, poète sourd. Nous - C. de Trogoff et moi-même -, serons là pour cette première session ; nous en animerons une seconde (en bande dessinée et plus si affinités) le samedi suivant.
    C’est gratuit.

    #art #poésie #lsf #culture_sourde #vv #bande_dessinée


  • Comme il manquait une raison à @philippe_de_jonckheere pour (encore plus) admirer Macron : Emmanuel Macron à Sète chez Pierre Soulages : récit de la rencontre secrète
    http://www.midilibre.fr/2018/03/16/emmanuel-macron-en-visite-prive-a-montpellier-et-sa-region,1641332.php

    Le président de la République effectue en effet une visite privée ce vendredi midi à Sète. Emmanuel Macron a rejoint l’Île singulière par la route pour déjeuner chez Pierre Soulages, peintre qu’il admire tout particulièrement.

    Grosse enquête pas complotiste pour deux sous, hein, au Midi Libre : #rencontre_secrète

    Cela dit, @simplicissimus, finalement il était dans le coin, s’il n’en a pas profité pour visiter le Shtandart, c’est bien qu’il l’a boycotté :-))
    https://seenthis.net/messages/677298

    • @arno Je vois bien ce que tu essayes de faire, petit coquin : me pousser à une véritable argumentation contre Soulages, mais je n’en ai ni le temps ni l’énergie, sans compter, ce n’est pas tout le temps, mais là j’ai de vraies échéances qui m’attendent, notamment une très copieuse salade de coquillettes qui m’attend avec les corrections des épreuves de Raffut . Désolé, une autre fois peut-être.

      Mais un jour, oui, il faudrait.

    • Non, on ne peut pas vraiment parler de boycott. Comme je le disais ailleurs, le Shtandart est un bâtiment privé. Même si, de fait, il accomplit des missions de représentation ce n’est pas un navire de guerre et ne bénéficie pas des dispositions relatives à ceux-ci. Il n’a pas les attributs de la souveraineté de l’état du pavillon. Un chef d’état qui le visiterait ne peut le faire qu’en visite privée.

      je m’aperçois d’ailleurs à l’occasion que c’est le cas de tous les grands voiliers-écoles russes, même si certains d’entre eux ont par le passé porté le pavillon de la marine de guerre) : Sedov (pas Léon, hein !) ou le Krusenstern. Il n’y pas (plus…) de navire-école dans la flotte de guerre russe (idem d’ailleurs en France où l’ex-Jeanne d’Arc est « remplacée » par des « missions Jeanne d’Arc » de différents bâtiments).

      Statut similaire pour les voiliers français Belem (groupe des Caisses d’Épargne) ou L’Hermione (dont le commandant a ainsi quitté la Marine nationale pour prendre le commandement du Belem avant de passer sur L’Hermione). En revanche, statut militaire pour L’Étoile et La Belle Poule.

    • Oui, mais est-ce que les auteurices russes présents au salon du livre, et officiellement boycotté-es par Macron au motif de soft power agressif, sont salarié-es par le gouvernement russe ? (Ou bien est-ce qu’en le stand lui-même est géré par l’ambassade ? Comme tu t’en souviens, dans le cas d’Israel, le Quay avait bien pris soin de dire que le stand israélien ne devait pas être confondu avec le gouvernement du pays.)


  • Compilation de liens, documents, sites signalés par les uns et les autres (et notamment @isskein, mais aussi David Bodinier et Karine Gatelier) pour préparer une soirée à Grenoble sur #migrations #asile #réfugiés et #droit_à_la_ville, mais aussi #solidarité, #villes #urban_matter, #villes-refuge et #hospitalité (et en partie déjà signalés ici, mais je vais les remettre pour les avoir dans un seul billet).

    Numéro spécial sur villes et hospitalité de la revue Plein Droit :

    À rebours des politiques migratoires impulsées par les États, des municipalités ont décidé de se montrer solidaires des migrant⋅e⋅s qui passent ou qui s’installent sur leur territoire, et de leur venir en aide, voire de les protéger contre des autorités étatiques qui ne cherchent qu’à les chasser. Villes-refuge, villes sanctuaires, villes solidaires, villes d’asile, villes rebelles, les qualificatifs sont aussi nombreux que les degrés d’hospitalité qui vont de l’affichage médiatique à une réelle politique municipale qui crée les conditions d’un accueil digne des exilé⋅e⋅s. Et quand les municipalités se montrent également hostiles à l’égard des migrant⋅e⋅s, il arrive que les citoyen⋅ne⋅s prennent le relais, faisant fi des menaces institutionnelles, de la pression policière ou du climat xénophobe, parfois pour parer à l’urgence humanitaire, parfois pour favoriser une réelle cogestion fondée sur l’autonomie. Ces expériences multiples d’hospitalité et d’activisme local montrent que l’humanité peut l’emporter sur la fermeté, n’en déplaise aux gouvernements.


    https://www.gisti.org/spip.php?article5812

    #BD publiée par @vivre sur la commune de #Fourneaux :

    La BD reportage « Après l’arrivée » raconte une histoire d’accueil. Comment 33 réfugiés, débarquant du jour au lendemain de la jungle de Calais, s’inscrivent dans le récit d’une commune de Savoie et de ses habitants. Un dessinateur, HERJI, une journaliste, Julie Eigenmann, sont partis à leur rencontre et ont ramené dans leur valise ce reportage dessiné. L’histoire pourrait se dérouler un peu partout sur la planète, parce qu’il s’agit d’humanité, de partage et de ces rencontres qui montrent qu’un autre monde est possible.


    https://asile.ch/sommaire/ve-165-decembre-2017

    #convention_sur_l'accueil de #Grande-Synthe :

    Dans un contexte de sécurisation et de fermeture des frontières européennes, l’#accueil des réfugiés s’impose dans le débat public et dans nos réalités locales.

    Grande-Synthe reçoit la Convention nationale sur l’accueil et les migrations, 2 jours de débats pour réfléchir collectivement à une politique d’accueil fondée sur la solidarité et le respect des droits humains et pour questionner les pouvoirs publics. Avec la participation de nombreuses associations et ONG impliquées quotidiennement ainsi que de personnalités : Anne Hidalgo (Maire de Paris), Benjamin Stora (Historien, Professeur et Président du Musée national de l’histoire de l’immigration), Edwy Plenel (Médiapart), Eric Piolle (Maire de Grenoble), Frederic Leturque (Maire d’Arras), Pierre Laurent (Secrétaire national du PCF) mais également Benoit Hamon, Aurélien Taché (Député LREM), Eric Coquerel (Député – France Insoumise), Michel Agier (Dir. d’études à l’EHESS), Rony Brauman (co-fondateur de MSF) , Cédric Herrou, ainsi que des représentants du HCR, de la Cimade, de MDM et des associations locales…

    Autour de cette convention ouverte à tous, une programmation culturelle plurielle : expo, humour, concert, docus…

    http://convention-accueil-grande-synthe.fr

    Des dizaines de villes inventent une politique d’accueil des migrants

    Jeudi et vendredi s’est tenue à Grande-Synthe la première #Convention_nationale_sur_l’accueil_et_les_migrations. Des élus aux associatifs, tous les acteurs de l’aide aux migrants ont jeté des ponts entre les initiatives locales, cherchant à construire un réseau des villes accueillantes.

    https://reporterre.net/Des-dizaines-de-villes-inventent-une-politique-d-accueil-des-migrants

    Entre accueil et rejet : ce que les villes font aux migrants. Ce que les villes font aux migrants

    ce livre permet de mieux comprendre la diversité et la complexité des formes de l’accueil des migrants sur notre continent. Il nous fait saisir comment cet enjeu refaçonne les liens sociaux, les valeurs et les émotions collectives, et interroge les définitions pratiques de la citoyenneté prise dans un jeu de frontières. Dans un contexte d’anxiété identitaire qui se manifeste par la fermeture des frontières, le confinement et les expulsions, ce livre montre que la ville peut constituer un pôle de résistance et de contournement, voire de renversement des décisions de l’État central.

    Il est constitué d’enquêtes claires et approfondies menées dans plusieurs grandes villes européennes (Paris, Copenhague, Berlin, Barcelone, Istanbul…), et de témoignages d’acteurs concernés (migrants, militants, observateurs directs…).

    http://lepassagerclandestin.fr/catalogue/bibliotheque-des-frontieres/entre-accueil-et-rejet-ce-que-les-villes-font-aux-migrants.html

    Les ciutats fan front a la necessitat urgent d’habitatge públic

    Les ciutats europees han de fer front a la necessitat urgent d’habitatge públic. Per això, molts governs municipals estan reforçant les seves polítiques amb mecanismes innovadors que permetin fer front a la crisi de l’habitatge i a l’expulsió dels veïns dels seus barris.

    L’Ajuntament de Barcelona ha presentat un projecte per construir pisos d’estada temporal de construcció ràpida, sostenible i de qualitat. La iniciativa, anomenada APROP (Allotjaments de Proximitat Provisional), oferirà una resposta urgent mentre es construeixen les promocions d’habitatge públic, que requereixen de més temps.

    Responsables del consistori barceloní van explicar ahir aquest projecte en un acte organitzat per l’Observatori DESC i el propi Ajuntament.

    La jornada, anomenada ‘Urgent: solucions innovadores en habitatge públic’, es va celebrar al Pati Manning de Barcelona i hi van participar representants de les ciutats d’Amsterdam i Munic, a banda d’entitats com la Federació d’Associacions de Veïns i Veïnes de Barcelona (FAVB), la Fundació Hàbitat 3 i l’Institut de Tecnologia de la Construcció de Catalunya (ITeC), entre d’altres.

    http://ajuntament.barcelona.cat/lescorts/ca/noticia/les-ciutats-fan-front-a-la-necessitat-urgent-dhabitatge-pzblic

    Et dans ce cadre, le projet #APROP :
    https://www.barcelona.cat/infobarcelona/en/temporary-local-housing-to-combat-gentrification-2_622017.html
    #Barcelone

    Sanctuary in the City : #Beirut

    The world’s refugee crisis is a global responsibility that is especially discharged locally, in particular, in Lebanon, where refugees and displaced persons form a large percentage of the national population. Since the beginning of the Syrian Crisis in March 2011, Lebanon has been a refuge for many hundreds of thousands of people fleeing war. This project explores how municipalities cope with the crisis within the normative framework of human rights and corresponding obligations. It seeks to give voice to the experience of Beirut among the world’s cities claiming to apply that framework in policies, practice, services and local democratic leadership and administration.

    Through a series of workshops and other survey tools, the project captures the expressions, principles and experiences of local governance amid the refugee/displacement crisis. It seeks to channel the experience of refugees, civil society and local authorities by expressing operational principles and allows people in Beirut to identify what works and what could work better.

    One outcome of the project will be a local charter that gives voice to this community of practice among the world’s cities that are facing comparable challenges. The charter will form a basis for exchange, mutual learning and guidance for local administrations in future. The Beirut charter is seen as one tangible way to give credit to the people of Beirut for their role in assuming a local responsibility that the wider world shares.

    http://hic-mena.org/spage.php?id=qG8=

    Ici pour télécharger la charte de la ville de Beirut :
    http://www.hlrn.org/img/documents/Beirut_Charter_to_share_EN.pdf
    #ville-refuge

    International migrations and the “Right to the City
    http://www.unescochair-iuav.it/wp-content/uploads/2007/09/marcello-balbo.pdf

    Migrants’ (Denied) Right to the City

    The history of cities in the Indian sub-continent goes as far as the middle of the third millennium BC with the emergence of cities like Harappa and Mohenjo Daro in the Indus valley (Champakalakshmi 2006:8). During different phases of Indian history, many new cities have emerged and many have declined, shaping the history of India (Ramachandran 1995). The dynamics of city growth shows that migration has been a very important component as cities were centres of trade, manufacturing and services. These functions could not have been sustained without migration and migrant labour. People migrate to cities not only for work, but also on account of business, education, marriages, natural disasters and conflicts etc. As cities have evolved through various migrations over a long period of time, they are characterized by diversity in terms of ethnic and religious identities, occupations, language, culture, food habits and so on. In fact heterogeneity is the hallmark of cities and innovations -in which migrants have played a very significant role -are central to their existence. Migration, especially internal migration, contributes significantly to the growth of Indian cities. The Indian Constitution guarantees freedom of movement and freedom to settle within the territory of India as a fundamental right of all citizens (Article 19). Yet migrants face several barriers in terms of access to civic amenities, housing and employment, as well as restrictions on their political and cultural rights because of linguistic and cultural differences. These discriminations are articulated in various parts of India in the theory of ’sons of the soil’, which evokes anti migrant sentiments (Weiner 1978, Hansen 2001). Migrants are all the more vulnerable to discrimination and exploitation as many of them are poor, illiterate and live in slums and hazardous locations prone to disaster and natural calamities. As such, the condition of migrants in cities needs to be addressed squarely in urban policies and programmes.

    https://www.researchgate.net/publication/234169322_Migrants'_Denied_Right_to_the_City

    Mobile Commons, Migrant Digitalities and the Right to the City

    This book examines the relationship between urban migrant movements, struggles and digitality which transforms public space and generates mobile commons. The authors explore heterogeneous digital forms in the context migration, border-crossing and transnational activism, displaying commonality patterns and inter-dependence.



    https://www.palgrave.com/us/book/9781137412317
    #livre

    Ce qu’ils font est juste : ils mettent la solidarité et l’hospitalité à l’honneur

    L’étranger est par essence louche, suspect, imprévisible, retors, de taille à commettre des avanies, même s’il survit dans le plus profond dénuement, s’il souffre de la faim, du froid, qu’il n’a pas de toit pour se protéger. L’étranger, homme, femme ou enfant, représente toujours un danger, qu’il faut combattre à tout prix.

    La loi dispose que « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France » encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

    Cette sanction pénale est réservée aux « aidants » désintéressés, animés par le seul élan d’humanité et de dignité vis-à-vis d’eux-mêmes et de ceux voués à tout juste subsister. Ils ont choisi, en connaissance de cause, de commettre ce qu’on appelle le « délit de solidarité » ou « d’hospitalité ». Des expressions devenues familières, dans leur obscénité, depuis qu’on a vu traduits devant les tribunaux des « désobéissants », paysans, professeurs, élus municipaux, citoyens bienfaisants coupables d’avoir, sans contrepartie d’aucune sorte, secouru, protégé, rendu service à des hommes, femmes et enfants qui n’avaient pas l’autorisation de fouler la terre française.

    Les élections présidentielle et législatives en France ont fourni l’occasion d’une chasse aux désobéissants, comme si la majorité des candidats s’étaient accordés pour rassurer l’opinion en la sommant de collaborer : la France ne laissera pas entrer chez elle des hordes de réfugiés, de migrants si menaçants. Chaque jour a apporté son nouveau délinquant, lequel n’a pas désarmé, il est entré en résistance. Il offre le gîte, le couvert, la circulation à des exilés miséreux, il est capturé par des policiers, punit par des magistrats… et il recommence, parce que l’hospitalité et la solidarité ne sont pas une faveur mais un droit, un devoir et qu’il aime accomplir ce devoir-là.

    Des écrivains ont accepté avec enthousiasme d’écrire, à leur guise, dans une nouvelle, fiction ou rêverie, leur respect pour ces gens de bien, et leur inquiétude de voir agiter les spectres de graves menaces incarnés par des êtres humains réduits à peu de choses. Pas seulement : c’est aussi vers l’Autre que va leur curiosité, l’Autre qui gagne toujours à être connu et non chassé.

    http://www.donquichotte-editions.com/donquichotte-editions/Argu.php?ID=147

    cc @reka

    • A contre-courant, #Sarajevo affiche sa solidarité

      Quelque 600 migrants parmi les 8 000 entrés dans le pays depuis le début de l’année sont actuellement en transit dans la capitale.

      La scène est devenue familière. Sur le parking de la gare de Sarajevo, ils sont environ 300 à former une longue file en cette soirée chaude de juillet. S’y garera bientôt une camionnette blanche d’où jailliront des portions des incontournables cevapcici bosniens, quelques rouleaux de viande grillée servis dans du pain rond, accompagnés d’un yaourt. Une poignée de femmes et quelques enfants se mêlent à ces jeunes hommes, venus de Syrie, d’Irak, du Pakistan ou d’Afghanistan et de passage en Bosnie sur la route vers l’Europe de l’Ouest. Environ 600 des 8 000 migrants entrés dans le pays depuis le début de l’année sont actuellement en transit dans la capitale. La majorité est bloquée dans le nord-ouest, en tentant de passer en Croatie.

      « Ici, l’accueil est différent de tous les pays par lesquels nous sommes passés. Les gens nous aident. Ils essaient de nous trouver un endroit où prendre une douche, dormir. Les flics sont corrects aussi. Ils ne nous tabassent pas », raconte un Syrien sur les routes depuis un an. Plus qu’ailleurs, dans la capitale bosnienne, les habitants tentent de redonner à ces voyageurs clandestins un peu de dignité humaine, de chaleur. « Les Sarajéviens n’ont pas oublié que certains ont été eux-mêmes des réfugiés pendant la guerre en Bosnie[1992-1995, ndlr]. Les pouvoirs publics ont mis du temps à réagir face à l’arrivée des migrants, contrairement aux habitants de Sarajevo qui ont d’emblée affiché une solidarité fantastique. Grâce à eux, une crise humanitaire a été évitée au printemps », affirme Neven Crvenkovic, porte-parole pour l’Europe du Sud-Est du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

      En avril, 250 migrants avaient mis en place un campement de fortune, quelques dizaines de tentes, dans un parc du centre touristique de Sarajevo. L’Etat qui paraissait démuni face à cette situation inédite ne leur fournissait rien. « Dès que nous avons vu venir des familles, nous nous sommes organisés. Des gens ont proposé des chambres chez eux, ont payé des locations », raconte une bénévole de Pomozi.ba, la plus importante association humanitaire de Sarajevo. L’organisation, qui ne vit que des dons des particuliers en argent ou en nature, sert actuellement un millier de repas par jour dans la capitale bosnienne et distribue vêtements et couvertures. Lors du ramadan en mai, 700 dîners avaient été servis. Des nappes blanches avaient été disposées sur le bitume du parking de la gare de Sarajevo.

      Non loin de la gare, un petit restaurant de grillades, « le Broadway », est tenu par Mirsad Suceska. Bientôt la soixantaine, cet homme discret apporte souvent des repas aux migrants. Ses clients leur en offrent aussi. Il y a quelques semaines, ils étaient quelques-uns à camper devant son établissement. Un groupe d’habitués, des cadres qui travaillent dans le quartier, en sont restés sidérés. L’un d’eux a demandé à Mirsad de donner aux migrants toute la nourriture qui restait dans sa cuisine. « Quand je les vois, je pense aux nôtres qui sont passés par là et je prends soin de ne pas les heurter, les blesser en lançant une remarque maladroite ou un mauvais regard », explique Mirsad. Dans le reste du pays, la population réserve un accueil plus mitigé à ces voyageurs.

      http://www.liberation.fr/planete/2018/07/29/a-contre-courant-sarajevo-affiche-sa-solidarite_1669608

    • Et au contraire... la #non-hospitalité

      Le guide de l’hospitalité que n’a pas écrit #Christian_Estrosi

      En juillet 2013, le maire LR de #Nice, Christian Estrosi, envoyait à 3 500 édiles ses recommandations pour éviter la concentration de populations migrantes. Le Perou, un collectif d’urbanistes, a adressé en juillet aux mêmes communes un guide de l’hospitalité, issu de leurs expériences dans des bidonvilles.

      http://www.liberation.fr/france/2018/08/07/le-guide-de-l-hospitalite-que-n-a-pas-ecrit-christian-estrosi_1671153

      Pour télécharger le #guide du #Perou :
      http://www.romeurope.org/wp-content/uploads/2018/08/Guide_PEROU_images.pdf



  • Sète : le poète franco-libanais Salah Stétié rejoint Paul-Valéry (décembre 2017)
    http://www.midilibre.fr/2017/12/24/sete-le-poete-franco-libanais-salah-stetie-rejoint-paul-valery,1607504.php

    Le poète franco-libanais lègue 70 œuvres, 14 manuscrits et 187 livres réalisés avec ses amis artistes : une importante donation pour le musée de Sète qui lui a dédié une salle.

    La donation Salah Stétié (70 œuvres contemporaines, 14 manuscrits, 187 livres d’artistes) affirme la vocation littéraire du musée Paul-Valéry, à Sète, où une salle porte désormais le nom du poète franco-libanais, né en 1929, à Beyrouth. Salah Stétié est devenu depuis quelques années une figure familière du monde culturel sétois. Il est le président d’honneur du festival de poésie Voix Vives, de Méditerranée en Méditerranée, qu’anime Maïthé Vallès-Bled, directrice du musée Paul-Valéry. Les deux partagent une même passion pour les mots et la peinture, “la compénétration des arts” selon l’expression de Stétié.


  • Cinq questions sur la #pénurie de #gynécologues en France - CRAPS
    http://association-craps.fr/actualites/cinq-questions-penurie-de-gynecologues-france
    Je pose ça là, comme une grosse bouse

    La situation a pu en outre créer une crise des vocations. « Les gynécos sont tellement maltraités, qu’ils abandonnent les tâches les plus difficiles du métier », selon Bertrand de Rochambeau. Dans les petits hôpitaux, les gynécologues enchaînent les gardes. « Les jeunes ne veulent plus travailler comme ça, cela renforce la pénurie », estime-t-il. « Attention, les médecins ne meurent pas de faim, il ne s’agit pas ça, mais ils travaillent beaucoup, dans des conditions parfois difficiles, même si leur métier est passionnant », poursuit-il.

    Généralistes et sage-femmes peuvent-ils se substituer aux gynécos ?

    « Ni les médecins généralistes, ni les sage-femmes ne sont suffisamment formés pour assurer le suivi gynécologique des patientes », assure Bertrand de Rochambeau. Les étudiants qui choisissent de devenir généralistes « doivent choisir, au cours de leur formation, entre un stage en gynécologie ou un stage en pédiatrie, c’est-à-dire qu’au mieux ils ont {…}

    • Consulter un gynécologue : la grande galère
      Entre 2007 et 2017, le nombre de ces spécialistes a chuté de 41,6 % à 1 136 et il pourrait tomber à 531 en 2025. Face à cette pénurie, des femmes renoncent à se soigner. François Béguin et Laura Motet, Le Monde

      C’est un parcours du combattant auquel sont confrontés de plus en plus de femmes. Dans de nombreuses villes, décrocher un premier rendez-vous avec un gynécologue est devenu mission impossible. A Melun (Seine-et-Marne), par exemple, elles sont trente à cinquante à appeller chaque jour le cabinet de Joëlle Robion, gynécologue en secteur 1 (sans dépassement d’honoraire), dans l’espoir de décrocher une première consultation. « Ce sont souvent des femmes dont le gynécologue est parti à la retraite et à qui je ne peux pas proposer de suivi », explique la spécialiste, qui n’accepte plus que les patientes envoyées par des généralistes.

      Dans certains départements, qui sont souvent déjà des « déserts médicaux », les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous s’allongent car les gynécologues se font rares, toutes spécialités confondues. On en compte 4,2 pour 100 000 habitants dans la Creuse, 4,32 en Dordogne ou 4,37 dans l’Ain, contre 28,6 à Paris ou 67,4 à Neuilly-sur-Seine, la ville la mieux dotée de France. Et selon les relevés réalisés par Le Monde, certaines grandes villes de la grande couronne parisienne, comme Aulnay-sous-Bois (56e ville française en termes de population) ou Ivry-sur-Seine (89e), ne comptent même aucun gynécologue libéral.

      « Il y a des coins de France où la situation est catastrophique, où des femmes ne sont plus suivies ou doivent changer de département pour l’être », alerte Anne Gompel, professeure de gynécologie à l’université Paris-Descartes.
      39 départements comptent moins de gynécologues par habitants que la moyenne française
      [graphique très parlant mais pas importable, ndc]

      Mobilisation

      Une situation d’autant plus inquiétante que tous les gynécologues ne font pas du suivi médical. Les obstétriciens se focalisent d’abord sur les accouchements et les actes chirurgicaux, leur cœur de métier. « Ils font du suivi par la force des choses, mais tout ce qui est problèmes hormonaux, par exemple, ça ne les intéresse pas », estime Laurence Mougenot, gynécologue médicale à l’hôpital de Bar-le-Duc, qui se demande par exemple « qui prendra en charge les femmes ménopausées ces prochaines années ».

      S’il est toujours possible de consulter un médecin généraliste ou une sage-femme libérale spécialisée pour un suivi de base, accéder à un gynécologue médical devient chaque année plus difficile. Le nombre de ces spécialistes de la « santé des femmes » (contraception, troubles du cycle, ménopause, stérilité, diagnostic et suivi des tumeurs) a chuté de 41,6 % en dix ans entre 2007 et 2017. Une baisse due à la décision des pouvoirs publics de ne plus en former entre 1987 et 2003 afin de s’aligner sur les formations des autres pays européens.

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      On compte 6 748 gynécologues pour 28 millions de Françaises de plus de 16 ans. Mais les gynécologues ne sont pas les seuls professionnels de santé à effectuer des suivis gynécologiques. En 2016, les pilules contraceptives ont par exemple été prescrites pour moitié (51,2 %) par des gynécologues, à 44,2 % par des médecins généralistes et à 1,7 % par des sages-femmes, selon des chiffres obtenus par Le Monde via Open Médic, une base de données recensant les médicaments délivrés en pharmacie de ville. Quant aux actes relatifs au suivi gynécologiques (frottis, pose de stérilet), ils ont été réalisés en 2016 à 2,9 % par des sages-femmes, en hausse de 52 % par rapport à 2015, selon l’Ordre des sages-femmes.
      A la suite de la mobilisation du Comité de défense de la gynécologie médicale (CDGM), créé en 1997, une soixantaine de ces spécialistes (des femmes pour 95 % d’entre eux) sont de nouveau formés chaque année, mais c’est insuffisant pour compenser les départs à la retraite. Résultat : ils ne sont plus que 1 136 pour près de 28 millions de femmes âgées de plus de 16 ans. Six départements n’ont aucun « gynéco med ». Beaucoup plus demain.
      Près des deux tiers (62 %) de ceux aujourd’hui en activité ont plus de 60 ans et cesseront leur activité ces prochaines années sans avoir – pour la plupart – de successeur. Entre 2010 et 2025, selon les projections de l’Ordre des médecins, la France devrait avoir perdu plus de mille gynécologues médicaux. Ils ne seraient plus que 531 en 2025, contre 1 648 en 2010. Dans le même temps, les gynécologues obstétriciens passeraient, eux, de 3 577 à 5 452.
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      « Grand désarroi »

      « L’accès de plus de plus en difficile aux gynécologues médicaux met en danger la santé de millions de femmes, des jeunes filles en particulier », fait valoir Noëlle Mennecier, coprésidente du CDGM. Elle plaide en faveur de « mesures vigoureuses en termes de nombre de postes d’internes ouverts, et ce sur des années, pour rattraper le retard ».
      Bientôt la fin des gynécologues médicaux ?

      Effectifs entre 2010 et 2017 et projection des effectifs entre 2018 et 2015 par l’Ordre des médecins [graphique, ndc]

      Chaque départ à la retraite oblige des centaines de femmes à trouver leur propre solution. « Beaucoup de patientes sont dans un grand désarroi, raconte une gynécologue qui vient de cesser son activité dans une grande métropole de Rhône-Alpes. Certaines m’ont dit qu’elles ne se feraient plus suivre car elles ne voulaient pas l’être par un médecin généraliste… » « Je vois arriver des femmes de 65 ou 70 ans qui saignent depuis six mois mais que ça gêne d’en parler à leur généraliste… », confirme le docteur Mougenot.

      Lorsque la gynécologue de Josette (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille) est partie à la retraite il y a trois ans, sans personne pour lui succéder, cette professeure retraitée dans un petit village de l’Eure a renoncé à être suivie, après presque un demi-siècle de visites annuelles de contrôle. A 70 ans, elle ne se voyait pas demander un rendez-vous à l’hôpital de Mantes (Yvelines), à 30 km de chez elle. « Trop compliqué », dit-elle.
      Des femmes renoncent, au moins pour un temps. D’autres font des kilomètres ou se tournent vers d’autres structures ou d’autres professionnels de santé. C’est ce qu’a fait Marie, une infirmière de 24 ans, lorsqu’elle a emménagé dans une petite commune de l’agglomération toulousaine il y a trois ans et qu’aucun gynécologue parmi les dix qu’elle a sollicités ne l’a acceptée. C’est à l’hôpital public qu’elle a fini par obtenir un rendez-vous, avec un délai de deux mois. Une solution qui la satisfait, même si la consultation se fait « une pendule au-dessus de la tête » et avec le sentiment que « le temps est minuté ».

      « Rupture dans la qualité des soins »

      Christine, une cadre retraitée de 62 ans habitant Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), a fini par quitter le gynécologue qui la suivait depuis dix ans. Là encore, parce que c’était devenu « trop compliqué ». « Il y avait un créneau de deux jours pendant lesquels on pouvait prendre rendez-vous, et si on le ratait, il fallait de nouveau attendre six mois… Et comme cela faisait trois fois que je ratais les “bonnes journées” pour m’inscrire… », explique-t-elle. C’est finalement dans une clinique privée qu’elle a trouvé une solution.

      Alors qu’elle vit à Paris, l’une des villes de France les mieux pourvues en gynécologues, Héloïse, une étudiante salariée de 23 ans, n’en a trouvé aucun au tarif Sécu qui l’accepte comme patiente. « Vous êtes jeune, on ne peut pas prendre le risque que vous tombiez enceinte et qu’on soit obligé de vous suivre, on est débordé », lui a même expliqué une secrétaire médicale. Au vu des tarifs prohibitifs pratiqués par les médecins à honoraires libres, c’est finalement auprès d’un généraliste au planning familial d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), soit trois heures de trajet aller-retour, qu’elle a finalement trouvé une place.

      La banlieue parisienne peut également s’avérer être un désert médical (gynécologie) [À Neuilly ? ça va, ndc]


      Certains gynécologues médicaux semblent aujourd’hui se résigner à un passage de relais aux sages-femmes libérales, autorisées à pratiquer un suivi de prévention, dont le nombre augmente de 10 % par an. Plusieurs s’interrogent cependant sur leur formation. « Elles arrivent sur le marché sans être suffisamment formées en gynécologie, met en garde Anne Gompel, de l’université Paris-Descartes. Il va y avoir des années avec une rupture dans la qualité des soins. Les généralistes ont un rôle à jouer, mais une spécialité de quatre ans ne se remplace pas par une formation de trois mois en gynéco pour un généraliste, ou un peu
      plus avec un DU, ou de sage-femme avec un mois de formation. »

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      Dépassements d’honoraires des gynécologues : des consultations supérieures à 120 euros à Paris
      Seuls 38,5 % des gynécologues pratiquent le tarif « Sécu » à 30 euros. Faute de moyens, des femmes se privent de gynécologue dans les grandes villes.

      Très chers gynécos... Chez près de la moitié (45 %) des 3 000 gynécologues (médicaux et obstétriciens) exerçant dans les cent plus grandes villes de France, il faut payer au moins 60 euros pour une consultation standard, soit le double du tarif « Sécu », fixé à 30 euros. Dans ces communes, le tarif moyen s’élève à 47 euros.
      Pour obtenir ces chiffres inédits, Le Monde a « aspiré » sur Ameli.fr le site de l’Assurance-maladie, les données contenues dans les fiches tarifaires de ces praticiens qui représentent plus de 60 % de la profession.
      Pour l’ensemble de la France, selon ces chiffres, seul un gros tiers (38,5 %) de ces spécialistes ne fait payer que 30 euros pour une consultation de suivi. Mais, selon nos relevés, ils ne sont plus que 18 % à le faire à Paris. Dans la capitale, le tarif moyen est particulièrement élevé, à 70,30 euros. Et près d’un quart (23 %) demande plus de 90 euros, soit au moins trois fois le tarif « Sécu » ! Enfin, 5 % des gynécologues parisiens demandent plus de 120 euros. Dans les quartiers huppés, il faut débourser jusqu’à 150 euros.

      Renoncements aux soins
      D’une commune à l’autre, le tarif moyen varie fortement. A Neuilly, il s’établit à 85 euros, contre 35 euros à Grenoble ou 55 euros à Marseille. Dans les dix plus grandes villes de l’Hexagone, il dépasse 45 euros, sauf à Nantes et à Toulouse (38 euros et 40 euros). Quant aux consultations privées dans les hôpitaux publics, elles présentent les prix les plus élevés, à 56 euros (87 euros à Paris).
      La gynécologie fait partie des cinq spécialités – gériatrie, psychiatrie, stomatologie, gynécologie obstétrique – les plus gourmandes en dépassements d’honoraires. Sa branche médicale se classe même en tête de l’observatoire des pratiques tarifaires publié par la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), le 29 novembre, tandis que sa branche chirurgicale (l’obstétrique) est cinquième.

      Conséquences : ces tarifs élevés peuvent entraîner des renoncements aux soins, notamment chez les étudiantes ou les retraitées, pas ou peu couvertes par une mutuelle.
      C’est ce qui est arrivé à Monique, 64 ans, retraitée du Trésor public. Quand sa gynécologue a quitté Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour les « beaux quartiers » de la capitale et s’est mise à pratiquer des dépassements d’honoraires non pris en charge par sa mutuelle, elle a préféré renoncer à ses deux visites de contrôle par an. Une rupture dans son suivi qui aurait pu avoir des conséquences si elle n’avait pas fini par trouver à Sète (Hérault), son lieu de vacances, une spécialiste au tarif « Sécu » qui a accepté de la suivre.

      Optam, un outil de maîtrise des tarifs
      « Ce que veulent les gens, c’est d’abord être bien soignés et qu’on les écoute », fait valoir une gynécologue qui pratique des « petits » dépassements en région. Elle rappelle que, outre la prise en charge des patients à la couverture maladie universelle (CMU), les médecins en secteur 2 (en honoraires libres) « ont toujours fait des tarifs “Sécu” pour les gens qui n’avaient pas les moyens ».
      Une bonne pratique dont n’a jamais bénéficié Valentine, une étudiante nancéenne de 21 ans, qui a toujours payé « entre 50 euros et 80 euros » sa consultation chez le gynéco de ville et a parfois dû demander une aide financière à ses parents. « Il y a certes le tarif de la consultation de base, mais dès qu’il y a une prescription ou un examen, cela augmente, dit-elle. Et l’on va rarement chez le gynécologue sans avoir besoin de l’un ou de l’autre. »
      Paris, championne des dépassements d’honoraires dans les grandes villes

      « Les tarifs sont affichés sur le site Ameli.fr, les gens ne sont pas surpris », explique une gynécologue médicale du 14e arrondissement de Paris. Elle demande 70 euros pour une visite et un frottis, soit, selon elle, 40 euros pris en charge par la « Sécu », avec qui elle a signé une « option pratique tarifaire maîtrisée » (Optam, anciennement CAS pour « contrat d’accès aux soins ») et 30 euros de dépassement, « généralement pris en charge par les mutuelles ».
      Pour l’Assurance-maladie, la hausse spectaculaire des dépassements a été enrayée grâce à Optam. En échange de leurs bonnes pratiques, la « Sécu » prend en charge une partie des cotisations des praticiens. Depuis 2012, ce mécanisme a stabilisé le taux de dépassement chez les gynécologues qui était passé de 25 % à 43 % depuis 2000. Mais, à Paris, il peine à convaincre. En juin, seulement vingt-cinq gynécologues de secteur 2 avaient adhéré au dispositif, soit moins de 5 %.

      « Difficulté à trouver un gynécologue »
      Interrogée par Le Monde, la CNAM reconnaît que « le dispositif de régulation des dépassements d’honoraires produit des résultats encore insuffisants pour certaines spécialités comme la gynécologie ». Dans certaines villes, les gynécologues présentent à la fois des dépassements trop élevés pour les rendre éligibles à l’Optam tout en restant sous les seuils au-delà desquels des procédures pour pratique tarifaire excessive peuvent être déclenchées. « Pour les autres », la CNAM assure « agir », assurant qu’en septembre « un certain nombre de médecins dont les niveaux de dépassements étaient à fois élevés sans être orientés à la baisse ont été alertés, et ce afin qu’ils modifient leur pratique ».
      Le taux de dépassement a explosé depuis 2000, avant de se stabiliser à partir de 2012

      Au Syngof, le Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France, on estime que le premier problème n’est pas le niveau des dépassements d’honoraires, jugé modéré dans la plupart des villes, mais « la difficulté à trouver un gynécologue », selon Elisabeth Paganelli, la secrétaire générale du syndicat. Et de rappeler que les gynécologues médicaux libéraux ont en moyenne un revenu avant impôt inférieur à celui des médecins généralistes (72 900 euros contre 88 700 euros).

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      A Aulnay, « certaines femmes n’ont pas eu de suivi gynéco depuis six ans »
      Depuis près d’un an, il n’y a plus de gynécologue libéral dans cette ville de 82 000 habitants. Patientes et pouvoirs publics tentent de trouver des solutions. Laura Motet

      « C’est la galère ! J’étais suivie par une gynéco, mais elle est partie il y a trois ans. J’ai enchaîné avec des consultations à 80 euros à la clinique du Blanc-Mesnil, avant d’atterrir ici après plusieurs mois d’attente, parce que je n’avais plus d’argent. » Le parcours de Sabrina (le prénom a été modifié), rencontrée à l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois, illustre celui de nombreuses femmes de cette commune de Seine-Saint-Denis.

      Les quatre gynécologues libérales qui exerçaient il y a encore quelques années dans cette ville de 82 000 habitants sont parties à la retraite ou sont mortes. Symptôme d’un mal qui touche toute la France : le vieillissement des médecins et en particulier celui des gynécologues médicaux – l’âge moyen de ces spécialistes de la santé des femmes est de 60 ans. La ville compte seulement deux sages-femmes libérales et une médecin généraliste spécialisée en gynécologie, installée peu avant l’été. Son arrivée a été saluée par les habitantes et par la mairie.

      Ce mardi après-midi de décembre, la salle d’attente de la docteure Teanini Tematahotoa ne désemplit pas. A l’image des habitants d’Aulnay, sa patientèle est composée de 20 % de personnes très précaires, bénéficiaires de la couverture maladie universelle ou de l’aide médicale d’Etat.
      « Ils n’ont pas forcément le même rapport au médecin que les plus aisés. […] C’est une patientèle moins fidèle, qui ne perçoit pas toujours l’importance de la notion d’accompagnement à long terme. Si un autre médecin est disponible avant, ils iront le voir. Le suivi est parfois difficile, surtout s’ils ont vu quatre ou cinq collègues avant, dans différentes villes et dans différentes structures. »

      Un nomadisme amplifié par les départs à la retraite des gynécologues libéraux, dont la patientèle est rarement reprise par un confrère. Les patientes tentent alors de trouver la meilleure solution en termes de prix, d’horaires, d’accès géographique et de délai ; certaines abandonnent, tandis que d’autres vont à l’hôpital, au planning familial, dans un centre de protection maternelle et infantile (PMI) ou dans des centres municipaux.

      « Il arrive qu’on reçoive des femmes qui ne se sont pas fait suivre pendant six ou huit ans, explique une soignante exerçant au Planning familial. Elles ne peuvent pas toujours prendre le temps de se faire suivre pour faire de la prévention. Elles ne le font quand elles ont besoin de nous de façon urgente. »

      « Face à la pénurie de gynécologues médicaux, les urgences gynécologiques ont explosé, parce qu’il n’y a pratiquement plus de médecins de ville, affirme la docteure Hélène Dauphin-Merlot, cheffe du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital intercommunal Robert-Ballanger. Pour autant, c’est notre mission d’accepter tout le monde et de nous débrouiller, en triant les patientes selon la gravité et en nous coordonnant avec les autres acteurs de santé locale, comme les PMI. »
      Mi-décembre, le carnet de rendez-vous de consultation de gynécologie affichait complet jusqu’en février et pourrait continuer à se remplir pour les semaines suivantes si le planning était ouvert. « On évite de donner des rendez-vous trop en avance, sinon les patientes oublient de venir. On a un taux d’absentéisme aux consultations de 40 %. C’est malheureux, parce que cela prend la place de femmes qui en ont vraiment besoin », déplore Nathalie Cherradou, sage-femme coordinatrice du Planning familial et des consultations à l’hôpital d’Aulnay.

      Si les Aulnaysiennes parviennent à se faire suivre tant bien que mal, la situation de l’offre de santé reste très fragile, puisqu’elle dépend uniquement des priorités définies par la mairie et le département. Priorités qui, comme les élus, changent au gré des élections.

      En 2014, quelques mois après son élection, le nouveau maire Les Républicains d’Aulnay, Bruno Beschizza, décide de mettre fin à la convention qui le liait au département pour financer les centres de planification. « Les motifs de cette suppression sont purement d’ordre financier, analyse Evelyne Demonceaux‌, élue socialiste et ancienne adjointe à la santé. Mais le maire n’avait pas réalisé que la suppression de la convention entraînait la perte de la subvention du département dès le 1er janvier 2016, subvention qui permettait de payer le personnel municipal des centres de santé. »

      En 2016, les négociations avec le département reprennent ; une nouvelle convention est signée en octobre, divisant presque par deux le budget total du Planning familial et par plus de six l’apport de la municipalité (de 90 000 à 14 200 euros). Contactée à de nombreuses reprises, la mairie n’a répondu que par écrit à nos questions. Elle récuse l’idée que la nouvelle majorité souhaiterait réduire les budgets de santé et met notamment en avant qu’elle prévoit de recruter un équivalent temps plein en gynécologie pour l’un de ses centres municipaux. Pour l’instant, l’annonce n’a pas été publiée sur son site.

      Comme disait l’autre, faudrait commencer par #soigner la médecine, l’hôpital... Ça n’en prend pas le chemin.

      #observatoire_des_pratiques_tarifaires #santé #tarification #inégalités


  • A Montpellier, une famille frappée par un meurtre et une administration sans pitié - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/11/29/a-montpellier-une-famille-frappee-par-un-meurtre-et-une-administration-sa

    Venu dans l’Hérault pour les obsèques de son beau-frère, poignardé début novembre, Ivan, un Argentin de 26 ans, ne peut plus rentrer en Espagne, où son statut est pourtant en cours de régularisation. Une situation kafkaïenne.

    L’histoire débute par un drame. Le 2 novembre, en plein centre de Montpellier (Hérault), Joaquim Tougeron, 20 ans, étudiant en géographie, est tué de deux coups de couteau. Son agresseur a déjà été condamné deux fois par le passé pour des violences commises à l’arme blanche. Il semble qu’il ait poignardé le jeune homme pour quelques mots de trop… Joaquim était franco-argentin. Sa sœur, Cécile, l’est également. Etudiante à Madrid, elle arrive rapidement à Montpellier pour épauler sa mère et assister aux obsèques de son frère, organisées le 13 novembre. Cécile est venue en France avec son compagnon, Ivan Jankowiec, un Argentin de 26 ans avec lequel elle est pacsée.

    Marche blanche.
    En Espagne, le titre de séjour d’Ivan est en cours de régularisation. Il a justement un rendez-vous à Madrid avec l’administration le 10 novembre ; mais l’avocate qui s’occupe de son dossier est parvenue à reporter ce rendez-vous au 12 décembre, afin qu’il puisse assister à l’enterrement de son beau-frère. « Les obsèques de Joaquim ont été précédées par une marche blanche à laquelle ont participé des centaines de Montpelliérains, raconte Claude, une proche de la famille. Cécile et Ivan sont repartis de Montpellier le 16 novembre après avoir vécu, comme on s’en doute, des moments particulièrement difficiles. » Mais dans le train qui les emmène, tous deux sont contrôlés près de Perpignan par la police espagnole. « On avait pris le premier avion pour rejoindre ma mère le lendemain de la mort de Joaquim, et on était partis sans prendre de papiers, raconte Cécile. On a tenté d’expliquer la situation aux policiers, que le visa études-travail d’Ivan avait expiré mais que sa situation était en cours de régularisation en Espagne. Mais cela n’a servi à rien. »

    La police l’arrête donc et le place dans un centre de rétention administrative. Ni à Perpignan, ni à Sète, ni même à Nîmes, villes plus ou moins proches de la frontière espagnole, mais à Marseille, qui semble-t-il est alors la seule à offrir de la place… Dans le même temps, la préfecture des Pyrénées-Orientales notifie à Ivan une obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai, ainsi qu’une interdiction de retour en France et en Europe de six mois.

    « C’est fou ».
    Pour Luc Abratkiewicz, l’avocat des parents et de la sœur de Joaquim, « cette famille va d’injustice en injustice. Alors que l’assassin de Joaquim était en liberté conditionnelle au moment des faits, le compagnon de sa sœur est arrêté pour être venu à son enterrement. C’est fou. » Après quatre jours de rétention, le juge des libertés et de la détention de Marseille libère Ivan. Pour le préfet des Pyrénées-Orientales, Philippe Vignes, l’ensemble de la procédure est cohérent : « Ce jeune homme a été refoulé par la police espagnole car il était en situation irrégulière en Espagne. En France, il faisait déjà l’objet d’une ancienne OQTF toujours en vigueur, ce qui explique ma décision de le placer en rétention. »
    Une version totalement contestée par Me Sophie Mazas, avocate de la famille pour le volet administratif. « Ivan n’avait jamais fait l’objet d’une OQTF par le passé. Aujourd’hui, il est libre mais l’audience sur son affaire n’interviendra pas avant début janvier… De plus, cette interdiction de retour sur le territoire européen bloque la possibilité pour l’Espagne de délivrer un titre de séjour à Ivan, car cet arrêté est mentionné au fichier SIS II, le système d’information Schengen. » Donc, poursuit l’avocate, « ce jeune homme, qui avait droit à un titre de séjour de plein droit en Espagne en sa qualité de conjoint d’une personne communautaire, s’est retrouvé en rétention en France, il a perdu son droit au séjour en Espagne et il est interdit de revenir auprès de sa compagne pendant six mois. Tout cela parce qu’il est parti assister à l’enterrement de son beau-frère. » Et de conclure : « Humainement, toute cette affaire est d’une violence assez inouïe. C’est assez représentatif du droit des étrangers à l’heure actuelle : une législation appliquée sans discernement et sans logique. » Une pétition en ligne contre l’expulsion d’Ivan a recueilli près de 1 500 signatures, et un rassemblement organisé par sa famille est prévu samedi à 11 heures, devant la préfecture de Montpellier.
    Sarah Finger

    Du chiffre ! Du chiffre !
    #administration #étrangers #papiers #union_européenne


  • Nucléaire : la carte des 19.000 convois radioactifs qui sillonnent la France chaque année

    http://www.lelanceur.fr/nucleaire-la-carte-des-19-000-convois-radioactifs-qui-sillonnent-la-france

    Avec ses 19 centrales réparties sur le territoire hexagonal, l’industrie nucléaire française implique une logistique importante. Chaque jour, des trains et des camions remplis de combustible ou de déchets nucléaires traversent le pays. Si bien que le risque de contamination, voire d’incident, ne se limite pas aux sites nucléaires mais s’étend à l’ensemble du territoire. Sans que la population ni même les responsables locaux en soient avertis.

    Des convois de matière radioactive partout sur les routes et les voies ferrées de l’Hexagone. De l’arrivée de l’uranium aux ports de La Hague, dans la Manche, et de Sète, dans l’Hérault, au stockage définitif des déchets, le cycle du combustible nucléaire nécessite chaque année plusieurs milliers de convois. Au point que le réseau Sortir du nucléaire définit la France comme la “plaque tournante du transport ferroviaire de déchets nucléaires”. Car, en plus des trajets engendrés par l’activité de ses 58 réacteurs maison, notre pays reçoit des déchets étrangers, et les renvoie ensuite. Sans compter les diverses usines de traitement et centres de stockage disséminés sur le territoire hexagonal, qui reçoivent leur lot de colis radioactifs, alimentant le trafic. De quoi multiplier les trajets, donc les risques.


  • INTERNATIONALE DE COMBAT
    À CHICAGO EN 1886

    Au IVe congrès de l’American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s’étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable.

    Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs américains d’obtenir la journée de huit heures. Mais d’autres, moins chanceux, au nombre d’environ 340 000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.

    Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit.
    Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines. En 1893, ces anarchistes furent innocentés et réhabilités par le gouverneur de l’Illinois, qui confirma que c’était le chef de la police de Chicago qui avait tout organisé, et même commandité l’attentat pour justifier la répression.

    Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale réunit à Paris son deuxième congrès. Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures.
    Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu’il sera « organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d’appliquer les autres résolutions du congrès.
    Dès l’année suivante, le 1er mai 1890, des ouvriers font grève et défilent.

    https://rebellyon.info/Les-Martyrs-de-Chicago-aux-origines-du
    https://www.herodote.net/Tragedies_et_joies_du_1er_Mai-evenement-18860501.php

    Le 1er mai par Paul Lafargue

    PREMIER MAI 1890

    Le Congrès international de 1889 avait décidé une manifestation internationale du monde du travail le 1er Mai 1890. Quand les délégués qui avaient représenté le prolétariat français à ce congrès se réunirent pour organiser cette manifestation ils étaient sceptiques sur le résultat de leurs efforts. La tâche était d’autant plus difficile que le Parti socialiste français ne disposait d’aucun moyen financier ; de plus, les "possibilistes" se déclaraient contre toute manifestation et essayaient de la faire échouer, cependant que de leur côté, les monarchistes et les boulangistes essayaient de participer à la démonstration pour l’utiliser en faveur de leurs fins politiques.
    Abandonné à ses propres forces, le comité formé à Paris et en province n’avait pas réussi à provoquer une agitation assez forte pour déterminer un mouvement des masses ouvrières. Heureusement, ils devaient trouver dans la presse bourgeoise et chez le président du conseil Constant – 2e édition de Bismarck – une aide aussi vigoureuse qu’inattendue. Les délégués étaient fermement décidés à réaliser en dépit de toutes les difficultés la mission qui leur avait été confiée par le congrès international.

    A peine eurent-ils annoncé leur intention de fêter le 1er Mai que la bourgeoisie eut peur. Comment, les ouvriers voulaient forcer à une cessation de travail internationale ; par delà les océans et les frontières, ils entendaient exiger la journée légale de 8 heures ? C’était donc une insurrection ! C’était renverser toutes les notions bourgeoises sur la soumission loyale des ouvriers à la volonté des capitalistes et aux lois de leur économie nationale ! Le 1er Mai allait devenir un jour de révolte pour les esclaves salariés, qui allaient mettre le pays à feu et à sang ! Les journaux bourgeois, représentant les intérêts de la classe possédante qui tremblait pour son coffre-fort, publiaient des nouvelles, semant l’effroi parmi les petits bourgeois, en exagérant démesurément les moindres préparatifs de la manifestation. Le ministre Constant hurlait à la peur de la révolution et annonçait au monde entier, que pour en triompher, il allait mettre sur pied de guerre toutes les forces armées de l’Etat bourgeois. Ainsi la presse et le gouvernement contribuaient à organiser activement la manifestation de Mai 1890.

    La décomposition de la société capitaliste a déjà atteint un tel degré, que les institutions créées pour assurer sa sécurité, deviennent un facteur d’accélération de sa ruine.
    Les comités d’organisation constataient bientôt les résultats de la propagande faite par le gouvernement ; l’idée de la manifestation s’enracinait toujours plus profondément dans les esprits, elle pénétrait dans les masses du prolétariat et devenait le centre autour duquel s’orientaient les conversations dans les ateliers et les fabriques. Le 1er Mai dépassait les espérances des organisateurs de la démonstration.
    En des villes sur lesquelles ils ne comptaient pas ils furent surpris par la quantité d’ouvriers qui chômèrent.

    Les camarades du parti, à Sète, où ils ont conquis la majorité au conseil municipal, n’avaient pas osé proposer une manifestation ; ils s’étaient contentés d’organiser un meeting dans la soirée. Quels ne fut pas leur étonnement et leur joie, lorsqu’ils virent le 1er Mai tous les ouvriers du port chômer et, par leur exemple, faire cesser le travail aux tonneliers. Vers midi le chômage était général à Sète.

    La manifestation du 1er Mai 1890 fut en France plus imposante que n’espéraient les socialistes. Ce n’était pas encore toute la classe ouvrière qui fêtait ; seule sa partie la plus avancée avait prouvé qu’elle obéissait au mot d’ordre du Congrès international. Le 1er Mai 1890, le prolétariat d’Europe et d’Amérique s’était élevé dans son élite consciente ; les prolétaires de tous les pays se tendaient les mains par delà les préjugés, les frontières et les mers et jurèrent de lutter coude à coude pour se libérer du joug capitaliste.

    Les nouvelles et les mensonges étalés par la presse bourgeoise, avaient fait croire à des mesures répressives de la part du gouvernement. Les bourgeois avaient vu menacer sérieusement leur vie et leur propriété et imitaient les courageux criant devant le danger " soyez fermes, sauvons nous ". Les capitalistes s’effrayaient devant les démonstrations des ouvriers. Le 1er Mai, les magasins, les fenêtres des boutiques dans les quartiers riches de Paris étaient fermés ; on aurait dit une ville abandonnée, n’eussent été les places et les rues remplies de policiers et de soldats.

    Les capitalistes avaient eu aussi leur manifestation, la manifestation de leurs craintes. Le 1er Mai 1890 compte parmi les dates les plus importantes de ce siècle.
    L’histoire de l’humanité montrait pour la première fois le spectacle du prolétariat du monde entier, uni dans la même pensée, mû par la même volonté, suivant le même mot d’ordre ; rassemblement des forces ouvrières dans une action commune. Le 1er Mai aurait-il abouti à ce résultat, il aurait une signification immense : les socialistes internationalistes avaient remporté une victoire décisive sur les capitalistes qui avaient opposé à toute action de la classe ouvrière la résistance la plus violente.

    La bourgeoisie a appliqué tous les moyens matériels pour repousser l’organisation politique et économique de la classe ouvrière. Et le résultat ? Le prolétariat organise conformément au mot d’ordre d’un congrès, dans le tohu-bohu d’une exposition universelle de Paris, une manifestation mondiale et montre qu’il se lance uni contre la classe capitaliste pour revendiquer. Le 1er Mai 1890 se lève l’aurore d’une nouvelle ère.

    PREMIER MAI 1891

    Le 1er Mai 1890 avait soulevé les masses ouvrières. Des couches de la population laborieuse jusqu’alors restées à l’écart de la propagande socialiste, aspiraient maintenant au besoin de réformes sociales et ce qui est le plus important, croyaient à la possibilité de leur réalisation. Les pionniers de la cause ouvrière comprenaient que la manifestation offrait le puissant levier pour mettre le prolétariat en mouvement.
    Le congrès national décidait de répéter la manifestation et au congrès international de Bruxelles devait être formé le projet de proclamer le 1er Mai jour de fête permanente du prolétariat international.

    Encouragé par le succès du 1er Mai 1890, les socialistes marchaient avec enthousiasme à l’organisation de la démonstration du 1er Mai. Le conseil national du parti ouvrier et le conseil national de la fédération des syndicats lancèrent en février un appel qui fut affiché dans toutes les villes et les centres industriels. Je le publie à cette place comme un document historique, car il exerça l’effet décisif sur le succès de la démonstration.

    AUX OUVRIERS FRANÇAIS
    Manifestation internationale du 1er mai

    Camarades, nous approchons du 1er Mai ; tous les partis ouvriers d’Europe, d’Amérique, d’Australie ont décidé au congrès international de faire de cette date l’anniversaire international du travail. Les nouvelles parvenues de tous côtés montrent que les ouvriers s’apprêtent, jusque dans les coins les plus reculés, pour cette action internationale de solidarité.

    En ce jour les frontières doivent être abolies ; sur toute la terre on verra que ce qui doit être uni est uni, et décidé ce qui doit être décidé.

    D’un côté, la main dans la main, animés par l’espérance commune d’émancipation, les producteurs de toutes les richesses, les prolétaires qu’on cherche à jeter les uns contre les autres sous le couvert du patriotisme, d’un autre côté, les exploiteurs de toutes espèces coalisent leurs efforts, poussés par la peur et la lâcheté contre un courant historique qu’ils ne peuvent retenir et qui les emportera. Camarades, ouvriers de France : la question sociale est mise dans toute sa réalité devant les yeux des indifférents. Etant donné la surproduction de richesses qui devient pour la classe des producteurs, une source de misère, chacun doit réfléchir et se demander :
    Pourquoi de tels rapports sont-ils possibles ?

    Pourquoi les ouvriers de l’atelier, du comptoir, du magasin voient-ils qu’on leur diminue les salaires, qu’on prolonge leur journée de travail, que leurs femmes et leurs enfants sont toujours entraînés plus nombreux dans les bagnes capitalistes pour les concurrencer ? Pourquoi les petits marchands disparaissent-ils les uns après les autres, ruinés par les coopératives de consommation des entreprises et des grands magasins ?

    Pourquoi le petit propriétaire paysan est-il accablé d’impôts et d’hypothèques, tenaillé par l’usurier, chassé de la propriété du sol, sur lequel il peine tant, jusqu’au jour où, sous prétexte de défendre la patrie, il devra défendre le profit du voleur quotidien qui le spolie de son lopin de terre ?

    Si vous constatez qu’à notre époque, dans tous les systèmes politiques différents, dans les pays d’institutions républicaines, comme dans les monarchies, tout ce qui travaille et produit est exploité et opprimé, vous serez convaincus que la cause fondamentale du mal social que vous subissez dans l’ordre économique réside dans le fait que tous les moyens de production et les matières premières sont devenus le monopole de la classe capitaliste au lieu d’appartenir aux prolétaires qui leur donnent de la valeur par leur labeur.

    Vous aurez la conviction que pour changer cet état de choses il faut faire cesser la séparation existant entre le travail et la propriété : pour cela venir en masses conscientes vers le socialisme. Rompez avec les réactionnaires qui s’efforcent de ressusciter un ordre social mort et périmé, mais rompez aussi avec les républicains bourgeois au service, comme les royalistes, de vos exploiteurs et qui viennent d’organiser au profit des usuriers un nouveau complot de famine sous forme de droits de céréales, de viande, de vin, accourez vers le parti des masses, le parti du travail, avec lui menez la lutte jusqu’à la victoire, qui assurera au peuple la restitution des moyens de production, lui permettant ainsi de jouir du fruit de son travail.

    La journée légale de 8 heures, mot d’ordre revendicatif de la prochaine manifestation du 1er Mai, signifie les premiers pas sur la voie de votre libération qui dépend de vous.

    En forçant à limiter la somme de travail, que vos maîtres capitalistes cherchent à décharger le plus possible sur la classe ouvrière sans distinction d’âge et de sexe, vous ferez place dans les ateliers aux chômeurs affamés. Réclamez une augmentation de vos salaires indispensable pour votre développement spirituel et l’exercice de droits d’hommes et de socialistes.

    Conseil National du Parti socialiste : S. Dereure, Ferrant,Jules Guesde, Paul Lafargue.
Pour le Conseil National de la fédération des syndicats : A. Delcluze, Fournier, Manouvrier, A. Martin, Salemlier.
    
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    Cet appel était à peine affiché que la police le fit lacérer dans de nombreuses villes. Ferroul interpella à la Chambre le ministre Constant sur cette violation de la loi. Le ministre de l’Intérieur, qui passe pour spirituel chez les philistins, ne trouva d’autre réponse à faire sur la lacération des affiches qu’en prétendant qu’elles gênaient la circulation des rues en rassemblant la foule pour les lire.
    "Mais une affiche est posée pour être lue, répliqua Ferroul. Votre répression brutale et illégale donnera plus de publicité à l’appel des socialistes". L’appel fut en effet publié par toute la presse qui se mit cette année au service des socialistes, comme si elle avait été payée par eux. Les journaux s’informaient des moindres nouvelles relatives au 1er Mai et publièrent de nombreuses interviews avec les leaders socialistes de Paris et des départements.

    Les délégués demeurant à Paris qui avaient participé aux congrès de Lille et de Calais où une nouvelle démonstration du 1er Mai avait été décidée, croyaient que la manifestation projetée pourrait fournir l’occasion d’unir les différentes fractions du parti socialiste pour une action commune.
    Ils s’adressèrent à toutes les Chambres syndicales et aux groupes socialistes sans distinction de tendances pour réclamer l’envoi de délégués pour constituer un comité général, auquel devait être confié l’organisation de la manifestation.

    Les marxistes oublièrent tout ce qu’ils avaient reproché aux autres fractions, ils s’efforcèrent d’unir en un seul bloc toutes les forces révolutionnaires, mais leurs efforts échouèrent. Le comité général devint un foyer d’intrigues : les possibilistes, qui avaient repoussé l’année dernière cette manifestation, participaient au comité en vue de faire échouer cette manifestation au moins à Paris, car ils ne possédaient aucune influence en province. Les marxistes se souvenaient du concours que leur avait prêté partiellement M. Constant dans l’organisation de la fête du travail en 1890, ils ne voulurent pas lui enlever l’occasion cette fois encore d’offrir ses services.
    L’année dernière, il avait massé d’importantes forces de police, infanterie, cavalerie dans l’entourage du Sénat et de la Chambre des députés, jetant la terreur dans les quartiers riches. Les marxistes décidèrent de lui fournir le prétexte d’occuper militairement l’ensemble des quartiers de la capitale et de jeter ainsi la panique parmi toute la population de Paris.

    A cet effet, ils proposèrent au comité général de convoquer le soir du 1er Mai, tous les députés, les conseillers municipaux et les conseillers prud’homaux de Paris aux mairies des vingt arrondissements pour y recevoir les délégations qui devaient venir leur présenter les revendications sociales déterminées au nom de leurs électeurs. Constant avait mobilisé dans tous les quartiers les troupes provoquant ainsi une agitation et une grande effervescence. La vue de la force armée, loin de tranquilliser les bourgeois les effraya, car elle éveillait en eux la croyance que leur vie et leurs biens étaient en danger. Cette mobilisation provoqua au contraire la curiosité et la colère de la foule qu’elle devait endiguer.

    L’ouvrier parisien, qui en de tels moments révèle une combativité héroïque, est de nature un gai compagnon. Il ironise volontiers le gouvernement et raille la police, une manifestation est pour lui une fête. Il prend les choses gaiement. Il n’oppose aucune résistance aux attaques de la police et de la cavalerie, il court devant eux et s’écarte pour laisser passer "l’avalanche", mais revient immédiatement à la place d’où il avait été chassé. De telle sorte la force armée doit renouveler continuellement ses attaques pour balayer le terrain. Lors de la démission du président Grévy, la foule afflua durant trois jours auprès de la Chambre des députés, s’amusant à ce jeu de "flux et de reflux". Hommes et chevaux de la force armée s’étaient montrés si acharnés qu’en deux jours de semblable travail ils se rendirent impropres au service actif.
    La population parisienne a inauguré ainsi une nouvelle tactique de combats de rues : sans un coup de fusil elle pouvait réduire à l’impuissance toute une armée.

    L’envoi de délégations aux mairies, proposé par les marxistes, aurait permis aux Parisiens d’exercer leur art stratégique. Les troupes pénétraient-elles dans les quartiers isolés, elles ne pourraient laisser tranquilles les ouvriers indifférents, ils auraient abandonné en masse les ateliers pour voir ce qui se passait. Ils auraient grossi le nombre des manifestants venus en simples spectateurs, ils auraient pris part à la manifestation. Tous les faubourgs ouvriers seraient alarmés et la foule convoquée et mise en mouvement se serait portée naturellement vers la Chambre des députés, rendez-vous traditionnel du peuple de Paris. Sur la place de la Concorde, 2 à 300.000 hommes seraient accourus et la manifestation serait si imposante qu’on n’en aurait jamais vue de pareille.

    Les ouvriers parisiens auxquels on avait interdit les meetings en plein air, auraient conquis le droit de manifester dans la rue. Aucun gouvernement capitaliste n’enlèvera volontairement au prolétariat ce droit qui menace son existence.
    Les feuilles ministérielles et officielles dénoncèrent le projet des marxistes, et les possibilistes, qui au moment de la crise boulangiste se trouvèrent à la solde de Constant, intriguèrent pour faire échouer la grève générale.
Cependant, différer ne veut pas dire renoncer, l’avenir réalisera ce projet. Les Congrès de Lille et de Calais avaient résolu d’envoyer des délégués des groupes socialistes et des chambres syndicales de province à Paris. Ils devaient s’unir aux délégués parisiens pour présenter à la Chambre la revendication de la journée de 8 heures. Les possibilistes, formant la majorité au comité général, s’opposèrent à l’envoi de cette délégation. Les marxistes sortirent du comité et décidèrent d’organiser par leurs propres forces la manifestation. (...)

    Malgré les intrigues possibilistes, une quantité de travailleurs a "fêté" le 1er Mai ; la population ouvrière est venue en masse à la Chambre des députés pour donner plus de force par sa présence à la forte délégation de 37 hommes envoyée par les organisations parisiennes et départementales à laquelle s’était joint le député anglais Cunningham Graham. Certainement le nombre de manifestants eût été dix fois plus grand, sans ces manœuvres qui rejetaient chaque démonstration de rue, tandis que celle-ci est précisément le seul moyen de mettre en mouvement la population de Paris et d’exercer une pression sur les décisions des pouvoirs publics. M. Floquet, président de la Chambre et Arlequin de la comédie du parti radical, se refusa à recevoir les délégués parce que leur nombre, à ce qu’il dit, était trop grand.
    Quand les ouvriers et socialistes envoient une délégation revendiquer pacifiquement une réforme légale, les portes des pouvoirs publics restent fermées, tandis qu’elles sont largement ouvertes aux délégations capitalistes.

    LE PREMIER MAI DANS LES DÉPARTEMENTS

    Le 1er Mai 1890 avait été fêté dans les villes de province avec un plus grand enthousiasme qu’on escomptait. A Roubaix, par exemple, lès ouvriers avaient trouvé que ce n’était pas assez de manifester une journée et avaient fêté trois jours ; dans plusieurs endroits on a profité de l’occasion pour réclamer aux industriels des améliorations des conditions de vie et déclaré la grève.

    La manifestation avait causé aux cercles ouvriers une profonde impression, à tel point que l’ensemble des délégués aux congrès de Calais et de Lille (Octobre 1890) avait adopté la proposition que le premier mai, une grande démonstration ait lieu, mais que les ouvriers seraient libres dans chaque localité de la réaliser sous la forme qui serait possible.
    Le mot d’ordre lancé par le conseil national du parti, les chambres syndicales et les groupes socialistes commencèrent à agiter à partir de février la population ouvrière. Dans les grandes villes furent fondés des comités qui organisèrent des meetings et envoyèrent des orateurs là où il en était besoin. On me remit la tâche, fixée par le conseil national, d’agiter plusieurs centres industriels du département de la Seine Inférieure, de la Loire Inférieure, du Nord et du Pas-de-Calais.

    Mon voyage me conduisit dans des villes comme Fourmies, Wignelie, Anay et d’autres où jamais les réunions socialistes n’avaient été tenues.
    Ce qui me plut ce fut le grand nombre de travailleurs qui participa à mes meetings, écoutant avec attention, applaudissant avec enthousiasme, les théories socialistes.
    Un journal réactionnaire condamna les théories socialistes folles et criminelles, mais ne pût s’empêcher d’ajouter qu’elles pouvaient " enchaîner " l’esprit des ouvriers et soulever les masses ouvrières.

    Qu’est-ce que cela signifie ? Les théories de Marx ne sont pas les rêves utopiques d’un génial penseur, mais le réflexe spirituel du processus et des phénomènes réels de la société capitaliste. Voilà d’où leur vient leur puissance irrésistible de propagande. La classe des capitalistes n’a pas seulement organisé à son avantage la colossale centralisation des moyens de production, mais elle a créé en même temps la classe des prolétaires qui lui arrachera ses moyens de production. En accablant l’ouvrier de " surtravail ", en l’opprimant sous le fardeau de la misère, elle lui rend l’existence insupportable et le force à devenir révolutionnaire.

    Pendant ma tournée de propagande, je pus observer combien les masses ouvrières avaient été préparées pour le socialisme par le capitalisme. Comme je m’arrêtais à Nantes, une délégation d’ouvriers vint me trouver pour me demander de tenir une réunion à Saint-Nazaire qui suffirait à faire chômer l’ensemble des chantiers maritimes. Vu mon temps limité, je ne pus satisfaire leur demande ; leur attente ne fut pas vaine : sans grande réunion, le 1er Mai, tous les métallos de Saint-Nazaire, 500 environ, désertèrent le travail. A Fresnay-le-Grand, petite ville industrielle du département du Nord, qui compte 3.000 habitants, 1.000 assistèrent à mon exposé ; le 1er Mai, 3 tissages et 2 filatures furent fermés parce que le personnel n’était pas venu travailler. Qui se rappelle combien il était difficile d’intéresser les masses aux questions sociales, est surpris d’assister à un essor si immense accompli dans ces dernières années, surtout depuis le 1er Mai 1890.

    La question sociale est devenue le centre d’intérêt de la classe ouvrière. La manifestation de mai se montre comme le levier le plus puissant que les socialistes français possèdent pour influencer les masses et les mobiliser.

    Veut-on se rendre compte du progrès du socialisme, on n’a qu’à visiter les centres industriels de province. A Paris aussi bien que dans quelques grandes villes, qui font plutôt du commerce que de l’industrie, les ouvriers ont pris part depuis lors à des luttes politiques : ils embrassèrent la cause, les querelles de bourgeois avec tant de passion, qu’ils oubliaient leurs propres revendications. Aux questions politiques, ils ajoutèrent les questions de querelles religieuses, différents intérêts spirituels, qui occupent les populations des grandes villes.

    Dans les centres industriels, au contraire, le problème économique n’est pas caché et masqué par les questions politiques et religieuses ; là se montre ouvertement la lutte du capital contre le travail : l’ouvrier concentre toutes ses pensées et ses efforts sur ce seul point. Cette circonstance confère au mouvement ouvrier du département un caractère fortement socialiste, le prolétariat de province est plus socialiste aujourd’hui que la population ouvrière de Paris. Ce fait est de la plus haute importance pour notre mouvement historique.

    Depuis le commencement de notre siècle Paris a donné le signal de toutes les révolutions politiques. Paris fut le porteur du flambeau des révolutions en 1830, 1848 et 1871, les départements ratifièrent les changements accomplis dans la forme de gouvernement à Paris.
    Or, comme Paris maintenant n’a plus à faire les premiers pas vers une révolution politique mais vers une révolution sociale qui correspond au grand bouleversement de 1789, les départements sans préparation, surpris, étouffèrent la révolution de la capitale. Tout l’assaut de la réaction se porta sur elle, c’est la cause qui provoqua l’écrasement de la Commune de Paris. La province est aujourd’hui préparée à une révolution socialiste mieux même que Paris. La population de cette capitale est si nerveuse et impressionnable qu’elle peut être soulevée par une tempête et un jour être subitement précipitée dans un mouvement révolutionnaire. Donnerait-elle ce jour-là le signal de la révolution, la province se lèverait comme un seul homme pour la soutenir, pour la précéder même comme cela arriva en 1789. Les premières attaques contre la propriété foncière féodale partirent de la population paysanne. Les paysans et bourgeois s’emparèrent des châteaux et brûlèrent les titres de propriétés et de l’arbre généalogique, les Marseillais qui campaient aux Champs-Elysées prirent d’assaut les Tuileries le 10 août et portèrent le coup décisif à la royauté de droit divin.

    Depuis plusieurs années le mouvement socialiste est si renforcé en province qu’il influence les élections municipales ; jusque dans ces derniers temps les administrations des villes et les conseils municipaux appartenaient à la bourgeoisie ou se trouvaient aux mains des ouvriers dits intelligents, bénéficiant de la faveur de leurs maîtres. Les capitalistes avaient fait leur possible pour exclure les ouvriers et les socialistes des administrations municipales ; c’est pour cela qu’on décida que les fonctions municipales devaient être exercées gratuitement et les ouvriers qui étaient assez courageux pour se présenter eux-mêmes comme candidats étaient congédiés de leur travail.

    Malgré ces manœuvres, le chiffre de municipalités socialistes s’élevait à chaque élection, dans plusieurs villes, les socialistes gagnaient la majorité des municipalités. Le prolétariat a commencé à s’emparer des pouvoirs publics. Ce fait sera d’autant plus important que la situation deviendra plus sérieuse ; les municipalités socialistes se trouvant en liaison les unes avec les autres sont appelées à exercer l’influence décisive sur le cours des événements. Un des résultats de leur activité est la fondation dans plusieurs villes des Bourses de travail qui centralisent les forces ouvrières pour la lutte sur le terrain économique.

    Le 1er Mai devait avoir une grande importance dans les départements français. Partout où existaient des chambres syndicales et des groupes socialistes on essaya par tous les moyens d’organiser le chômage le plus général possible et des démonstrations de rues. En dépit des efforts des industriels et des armées du gouvernement pour empêcher l’agitation, celle-ci fut dirigée aussi tranquillement qu’énergiquement. Dans maintes localités comme à Fourmies, les ouvriers manifestèrent avant le 1er Mai leur intention de fêter ce jour-là. Dans d’autres villes, comme à Calais, la cessation du travail ne fut pas décidée dans un meeting public, enlevée par un discours, mais le personnel de 120 filatures dans un referendum se déclara unanimement pour un chômage général.

    Les industriels mécontents avouant qu’ils n’étaient par les maîtres des fabriques, n’osèrent pas repousser la résolution. A Roubaix, les fabricants se rappelaient que leurs efforts de l’an dernier avaient provoqué plusieurs grèves et manifestèrent leur intention de faire reconnaître le 1er Mai, comme le 14 juillet, fête légale. Dans plusieurs mines de charbon, les administrations furent assez intelligentes pour déclarer qu’elles n’approuveraient pas en vérité, le chômage d’un jour, mais elles se prononcèrent contre les propriétaires de mines qui ne chôment pas.

    LA BOUCHERIE DE FOURMIES DU 1ER MAI 1891

    M. Constant est un ministre qui pour garder son portefeuille, ne doit pas réaliser des réformes et bien administrer le pays, mais sauver constamment la république et la société. Il a sauvé la république du danger boulangiste, il fut aux dernières élections le sauveur des députés républicains qu’il aida par une pression administrative inouïe et l’argent des fonds secrets mis à sa disposition par la Chambre. Après le 1er mai 1890, il déclara aux petits-bourgeois qu’il avait sauvé la République et il devait se présenter cette année comme le sauveur de la société. Pour cela, il avait fait croire aux gens qu’un danger existait. A Paris, il fit placarder de sombres affiches anarchistes dans lesquelles il faisait savoir aux bons bourgeois que les terribles anarchistes se préparaient à mettre tout à feu et à sang. La police avait ordre de déchirer les placards, mais le texte en fut communiqué à la presse et fut imprimé. Les journaux bourgeois publièrent en même temps un tract pseudo anarchiste, dans lequel les soldats étaient invités à se révolter et à fusiller les officiers. La police assurait que cet appel devait être diffusé dans les casernes parmi les soldats, mais on se contenta de les remettre aux rédactions des feuilles parisiennes. La police ne parvint pas - malgré ses recherches laborieuses - à découvrir l’auteur et l’imprimeur des tracts, ni ceux qui les avaient diffusés. Ce subterfuge était si grossier, que, même des journaux réactionnaires comme le Soleil, laissaient entendre que Constant pouvait être lui-même l’auteur de tracts aussi incendiaires, ou qu’il y avait mis la main. Après avoir créé le danger, il ne restait plus à M. Constant qu’à sauver la société. Des troupes furent rassemblées à Paris et dans les villes où devaient avoir lieu les manifestations. Les régiments de la frontière avaient même reçu l’ordre de se tenir prêts à marcher au premier signal.

    Toute l’armée était mobilisée. Les sabres pouvaient fendre les têtes, les fusils tuer, pour écraser la manifestation du 1er mai. Le danger devait être bien grand, si l’on avait besoin d’un tel déplacement de forces pour sauver la société. La police avait reçu l’ordre de disloquer les manifestations et de provoquer la foule. La gendarmerie et l’armée devaient faire usage de leurs armes au moindre signal de résistance. A Marseille, Clichy, Lyon, Saint-Quentin, Charleville, Bordeaux, Nantes, presque partout où des ouvriers manifestaient publiquement, portaient à la mairie ou à la préfecture leurs revendications de la journée de 8 heures et une législation du travail, ils furent brutalement assaillis, chargés sauvagement par la gendarmerie et la police. La foule répondit par des cris, les coups de sifflets, dans maintes localités, et aussi par des jets de pierres et des coups de revolver.

    A Fourmies, la force armée est intervenue avec une cruauté inouïe. Les groupes du parti ouvrier de la localité avaient décidé à l’unanimité, dans une assemblée générale, le 20 avril, de fêter le 1er mai et de faire savoir aux fabricants qu’ils cesseraient le travail, ce jour-là. Les industriels de la région, groupés dans un syndicat, décidèrent dans une réunion et affichèrent qu’au 1er mai, les ouvriers absents des ateliers seraient licenciés.
    Ils avaient espéré épouvanter les ouvriers, mais ils ne purent que les exaspérer. Les plus indifférents furent pris de rage à cette menace qui les poussait à une cessation générale du travail. La quantité d’ouvriers qui ont été le 1er mai an travail fut si infime, que les fabricants durent les renvoyer chez eux.

    Les ateliers se vidaient, les rues et places regorgeaient d’ouvriers en habits de fête, qui se réjouissaient du magnifique rayon de soleil. Jamais on n’avait vu circuler autant de monde. Devant une filature, il y avait un rassemblement ; on y avait vu entrer des ouvriers et on saluait les jaunes de coups de sifflets et de cris de lâches et de traîtres.
    Ce fut le prétexte cherché pour l’intervention de la force armée. La gendarmerie attaqua la foule et procéda à de nombreuses arrestations. L’après-midi, arriva une troupe de jeunes gens, de femmes et d’enfants, en chantant sur cette même place et exigeant la libération des emprisonnés. Alors, les soldats, sans avoir été provoqués par la foule, sans avoir fait les trois sommations réglementaires, tirèrent. La boucherie aurait duré encore longtemps si le curé catholique Margerin, n’était pas sorti de la maison et n’avait pas crié : "Assez de victimes". Neuf enfants étaient couchés sur la place, un homme de 30 ans, 2 jeunes gens de 20 ans, 2 enfants de 11 et 12 ans et quatre jeunes filles de 17 à 20 ans.
    Une de ces dernières tenait un rameau dans la main, elle accompagnait son fiancé, portant un chapeau qui fut traversé par une balle. C’était la première fois que le fusil Lebel et la poudre sans fumée étaient essayés, et les deux avaient fait merveille.

    Un cri de terreur retentit dans toute la France à la nouvelle de cette terrible boucherie de gens pacifiques, qui n’avaient en rien troublé "l’ordre". Constant en était tout pétrifié. Lui qui se présentait avec cynisme devant la Chambre, ne laissa pas échapper un mot de regret. Oranger et Rocher purent l’appeler souvent "Assassin !"
    On chercha à décharger sur Constant seul la responsabilité du crime de Fourmies, mais les ouvriers ne se laissèrent pas tromper. Ils savaient bien que derrière Constant, se cachaient les officiers exécuteurs des volontés de la classe capitaliste, comme aussi les fabricants, leurs mandataires même et conseillers municipaux, qui appelèrent l’armée et lancèrent les soldats et officiers contre les ouvriers.

    La population ouvrière de Fourmies, siffla le 195e régiment qui avait participé à la tuerie et appela les soldats : "Assassins !" Le 84e régiment fut accueilli par des applaudissements car ses sous-officiers s’étaient refusés à faire feu sur la foule. Un soldat du 145e refusa de tirer ; l’officier, revolver au poing, le jeta par terre. "Je vois ma mère dans la foule", réplique le soldat.
    Quand Constant et les députés ministériels enterrèrent l’enquête sur les événements de Fourmies, ce fut parce qu’ils craignirent de découvrir les vrais coupables et de révéler que, dans de nombreux cas, soldats et officiers commandés, refusèrent d’obéir aux ordres de fusillades.
    "Une enquête, avoua un député, introduirait l’indiscipline dans l’armée et conduirait les soldats à retourner enfin leurs armes". Les fabricants avaient espéré mater la population : au contraire, elle était exaspérée. Les ouvriers baptisèrent les localités, les emplacements où avaient eu lieu la boucherie ; la place du marché, sur laquelle la foule s’était rassemblée, avait été appelée : place Lebel ; la rue Elliot où tombèrent les victimes, "la rue du crime". Un cabaretier fit monter en bronze une balle qui l’avait frappé, dans une porte d’armoire, avec l’inscription : "Preuve du 1er Mai 1891, j’ai fait des victimes".

    Tout Fourmies participa aux obsèques des neuf cadavres ; on refusa l’accès du cimetière au maire et aux conseillers municipaux. Quant aux familles des victimes, elles refusèrent l’argent offert par les autorités municipales pour les frais des funérailles et leurs besoins ; les ouvriers apportèrent les sommes recueillies par souscription. Autour de Fourmies, étaient différents centres industriels avec une population de 2 à 5.000 habitants, éloignés de quelques lieues. De toutes ces villes, des délégations vinrent à l’enterrement ; de grands centres comme Lille et Roubaix envoyèrent des couronnes et des délégués. Le cimetière est devenu un lieu de pèlerinage où chaque dimanche accourent des travailleurs des villages avoisinants pour déposer des gerbes sur les tombes des victimes. Toute une semaine, le travail cessa à Fourmies. Dans les centres industriels, des grèves éclatèrent pour des augmentations de salaires, réduction de la journée du travail, abolition des décrets des fabricants, congédiements des chefs brutaux. Toute la contrée entra en ébullition.

    Les conseils municipaux de Roubaix, Sète, Roanne, Calais, où étaient les socialistes, acceptèrent de recevoir l’argent pour les familles des victimes ; l’Intransigeant, avec Rochefort, ouvrit une souscription. Toute la France versa. Le 1er mai a déjà ses martyrs : 1869, les troupes du général Palikao menacèrent, massacrèrent à Ricamarie et à St-Aubin les mineurs insurgés ; deux années plus tard, toute la France salua le 4 septembre 1870 et la république fut proclamée, comme un jour de libération.

    Les socialistes se demandent combien d’années s’écouleront avant que la France se réjouisse de la victoire de la révolution sociale.
    La presse capitaliste de Fourmies et des environs chercha à étouffer la vérité et à faire croire que les ouvriers ne sont pas mécontents mais sont excités artificiellement par la propagande socialiste de Renaud-Caline et Lafargue. Les socialistes sont représentés comme des sorciers qui n’ont besoin que de se présenter quelque part pour transformer chaque chose en son contraire. A peine paraissent-ils en quelque endroit, les capitalistes qui en sont réduits au pain sec et à l’eau pure, parce que leurs ouvriers peuvent manger la meilleure viande et boire le vin le plus fameux, deviennent des exploiteurs qui font travailler leurs gens 12 heures durant pour de vrais salaires de famine ; et les ouvriers qui, jusqu’alors, étaient si contents de leur sort, s’imaginent encore une fois qu’ils sont devenus plus malheureux que les pierres de la rue. Si Ies industriels osaient formuler un souhait, ils exigeraient des bûchers publics, pour cuire à petit feu, ces rôtis de diables que sont les socialistes. En attendant la réalisation de cet idéal, ils ont en passant fait arrêter Fauline, le secrétaire du groupe du parti ouvrier de Fourmies. On l’accuse d’être l’auteur de la démonstration qui devait servir de prétexte à la boucherie. Comme les industriels, qui le haïssaient mortellement, ne peuvent le faire fusiller, ils veulent l’emprisonner pour longtemps. Mais les électeurs le vengeront en l’appelant, aux prochaines élections, maire de Fourmies.

    Le 1er mai ne ressemble pas en France aux autres démonstrations populaires comme le 14 juillet, le 18 mars, ni au dernier dimanche de mai.
    Le 18 mars, dans toute la France, les ouvriers rassemblés autour du drapeau du socialisme fêtent l’éveil de l’aurore de la révolution sociale. Le dimanche de la semaine de mai sanglante, les ouvriers et socialistes parisiens vont en pèlerinage au Mur des Fédérés du Père-Lachaise où les derniers combattants de la commune sont tombés, pour célébrer la mort de ces héros et jurer de les venger.

    La manifestation de mai revêt un tout autre caractère, comme j’ai pu le constater dans les localités, où m’appelaient mes tournées de propagande. Chaque ouvrier qui manifeste le 1er mai, a la conviction que les ouvriers du monde entier agissent et sentent comme lui. Il peut se trouver isolé en quelque coin du pays, il sait que la manifestation répond au célèbre mot d’ordre lancé par Marx et Engels : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous" ; l’internationalisme imprime à la manifestation de mai un cachet particulier, presque mystique. Il est touchant de voir les ouvriers qui ne sont jamais sortis de leur petite localité, et vivent en dehors de toute agitation, s’informant sur les manifestations de mai dans les autres pays, dont ils connaissent à peine le nom et dont la situation géographique leur est certainement inconnue.

    Ils attendent le 1er Mai comme un jour de libération, car ils se disent que la lutte des camarades, au dehors, ils ne savent pas au juste où, contribue à l’amélioration de leur vie. Les timides s’enhardissent en ce jour jusqu’à réclamer du patronat des améliorations de leurs conditions de travail ; ils déclarent des grèves sans savoir comment les mener. A leurs yeux, une force secrète enveloppe le 1er Mai pour le conduire à 1a victoire. La tuerie de Fourmies élèvera encore la mystique du 1er Mai ; dans plusieurs villes on parle d’envoyer des délégués le 1er Mai 1892 à Fourmies, comme si le cimetière devait devenir le lieu de pèlerinage des socialistes français.
    Le 1er Mai a fait sur la classe capitaliste une profonde impression. Le Figaro, organe de la riche bourgeoisie, voulant faire oublier que l’année dernière, il ridiculisait la manifestation en la qualifiant de farce, publiait le 2 mai une page de son collaborateur Saint-Seré, qui écrivait : "Si en Allemagne, comme en Belgique, tout se passe bien, on doit tenir pour très sérieuse la situation créée par le retour régulier et la généralité de cette manifestation d’ouvriers. Qu’on pense que cette manifestation a lieu à la même heure à Philadelphie, à Cracovie comme à Christiania et à Séville ; on doit confesser que, bien ou mal, l’étude de la pièce progresse et que sa première représentation, si éloignée qu’elle paraisse, sera terrible".

    Le Petit Journal et le Petit Parisien, vendus à des centaines de milliers d’exemplaires (l’édition du Petit Journal tire à plus d’un demi million) trouvent leurs chemins jusque dans les plus petits villages et recrutent leurs couches de lecteurs surtout dans la classe moyenne ; ils ont fait la propagande pour la manifestation de Mai et la journée de 8 heures, ils montrent du respect devant les socialistes. Les expressions des deux feuilles sont assez importantes, car elles reflètent les considérations de la petite bourgeoisie.

    Le Petit Parisien écrit, le 8 mai, sous le titre "Grève sanglante" : "Le progrès du mouvement est plus constant et toujours plus rapide. Si on revient au temps du gouvernement Louis Philippe, on se heurte à des insurrections comme celle du cloître St-Rémy ; on avait alors à faire à des centaines d’insurgés ; qui peuvent être facilement battus. Plus tard, en 1848, le soleil de juillet préside, après une bataille de 3 jours, à la défaite de 20.000 combattants.
    "La répression fut terrible, et quand elle fut accomplie, les aveugles crurent la guerre sociale conjurée à tout jamais. Et cependant on en est arrivé à la lutte fraternelle terrible de 1871 qui mena à l’organisation d’armées entières de guerre civile."

    " La simultanéité et l’unanimité avec lesquelles la manifestation de mai eut lieu dans le monde entier, renferme un sérieux avertissement. Il est évident que le flot monte et que les ouvriers ne sont plus disposés à une résignation ; à l’état de désespoir que leur donne l’organisation de la société à ce qu’ils disent. La solution du problème est difficile, répondent les adversaires du progrès. N’est-ce pas la langue que, en tous temps et en tous lieux ont parlé les heureux de ce monde ?

    L’antiquité ne comprend pas que le monde puisse exister sans esclavage ; le Moyen-Âge ne voulait pas libérer les serfs ; dans les yeux du vieux régime, comptent toujours les préjugés de la noblesse pour des dogmes inébranlables. Les époques tombent en poussière les unes après les autres. La grande révolution a passé, seulement ces principes n’ont pas abouti à leurs conséquences sociales nécessaires et l’heure approche où la vieille construction centenaire s’écroule, qu’il faut protéger par des réparations pour éviter sa chute. "

    L’impression de la manifestation de mai dut être bien profonde pour que Clemenceau, le volcan éteint du radicalisme s’exprime ainsi à la Chambre :
    "Messieurs, n’êtes-vous pas ému par l’importance que le 1er Mai a acquis ? Ne voit-on pas, à la lecture des journaux, la quantité de dépêches de toutes les parties d’Europe et d’Amérique, qui disent ce qui a été fait dans tous les centres ouvriers ?

    Vous avez accompagné en pensée les grandes processions qui ont traversé les villes aux applaudissements des masses populaires. Vous savez qu’en d’autres lieux on en est venu à des luttes, à des conflits avec la force armée ; ici vous avez vu l’enthousiasme, là la colère, partout l’ardeur passionnée. Il devient certain pour les plus myopes, que cela fermente dans la classe ouvrière, qu’un nouveau moment surgit dans l’histoire, qu’une nouvelle force terrible se révèle avec laquelle les politiques doivent compter.
    " Que signifie cela ? Nous devrons avoir le courage de répondre à cette question sous la forme que les pionniers du mouvement ont accepté : c’est le 4e Etat qui se lève et veut conquérir pour lui le pouvoir.

    J’affirme que le fait le plus important de la vie politique à présent est la révolution inévitable qui se prépare : l’organisation du 4e Etat, vous devez compter avec cela, vous devez vous opposer au 4e Etat avec violence, c’est la guerre civile !
    Recourez-vous à la violence, c’est la guerre civile ! Quel fatalisme !
    Les républiques parlementaires et les monarchies doivent-elles prévenir par des voies différentes les mêmes catastrophes ?"

    Les classes possédantes en France sont incapables de comprendre un tel langage. Sont-elles saisies de crainte, elles n’ont qu’une pensée : fuir sous la protection de Napoléon III, d’un Thiers ou de Constant, qui jouent la providence pour les protéger de chaque danger.
    Le développement économique et l’incompréhension infinie des classes dominantes préparent en France des événements terribles qui ne se termineront plus comme en 1830, 1848 et 1870, par une révolution politique, mais par une transformation sociale.

    Le 1er Mai a prouvé que dans tous les pays, avec la forme de production capitaliste, la classe ouvrière est pliée sous le même joug, souffre du même mal, mais sent le même besoin, est animée par la même pensée d’émancipation : le 1er Mai a prouvé, et ce fait mérite considération, que les prolétaires de tous les pays sont déjà prêts à s’unir pour une action de classe.

    Paul Lafargue


    Né à Santiago de Cuba en 1842, afro-descendant de Saint-Domingue (République d’Haîti) par son père, Paul Lafargue arrive en France à l’âge de 9 ans et fait ses études à Bordeaux puis à Paris, où il est étudiant en médecine. Mais son engagement socialiste et son goût pour le drapeau rouge le font exclure de l’université du Second empire.
    Poursuivant ses études et ses activités militantes à Londres, Lafargue rencontre Karl Marx dont il devient le gendre en épousant sa fille Laura.
    Membre de la 1ère internationale, Lafargue soutient activement la Commune et doit s’exiler en Espagne en 1871. En 1880, de retour en France, il fonde en France, avec Jules Guesde, le Parti Ouvrier.
    Il est arrêté en 1883 et écroué pour ses activités révolutionnaires. C’est en prison qu’il rédige son célèbre essai "Le droit à la paresse" qui met à mal la glorification du travail.
    En 1891, il est élu député du Nord. Il se suicide en 1911 à Draveil avec sa femme, de peur que la vieillesse ne le prive de ses facultés.

    http://www.une-autre-histoire.org/paul-lafargue-biographie


  • Ga Bu Zo Meu : les Shadoks expliqués à ceux qui sont nés après 1990

    Quel meilleur écrin que le foutraque et délicieux #MIAM (Musée international des arts modestes) de #Sète (Hérault) pour accueillir la galaxie #Shadoks ? Dans ce lieu créé par l’artiste #Hervé_di_Rosa et le collectionneur Bernard Belluc, l’exposition « Shadoks ! Ga Bu Zo Miam » (jusqu’au 6 novembre) divise logiquement les visiteurs en deux catégories : ceux qui viennent replonger dans un univers loufoque qui leur est familier, et ceux, plus jeunes, qui découvrent un pan insolite de l’histoire de la télévision française. Rencontre de cet #ovni du petit écran.
    •La naissance des Shadoks
    Les aventures des Shadoks, créatures imaginées par
    #Jacques_Rouxel, font irruption à la télévision française en avril 1968, avec leur #graphisme simple et une voix off pleine d’emphase : celle du comédien #Claude_Piéplu. Elles ont donné lieu à deux cent huit épisodes et quatre saisons (trois de 1968 à 1973, puis une dernière en janvier 2000). Chaque épisode, de deux minutes trente, narre les péripéties fantaisistes de deux groupes antagonistes : les Shadoks et les #Gibis.
    •Qui sont les Shadoks ?
    Volatiles ronds hissés sur de longues pattes, les Shadoks sont
    #bêtes_et_méchants. Leur langue se compose de quatre mots monosyllabiques (combinables) : Ga, Bu, Zo, Meu, et leur activité principale consiste à construire des machines absurdes. Et à pomper.

    Ils habitent une planète aux formes changeantes, tant bien que mal occupée sur le dessus par les Shadoks dont les jambes vont vers le bas, et par le dessous par les Shadoks dont les jambes vont vers le haut. Certains tombent parfois dans le vide intergalactique. Leur objectif est de partir sur la Terre, ce qu’ils tentent de faire sans succès : leurs ailes sont trop petites pour voler, leurs inventions, ratées.
    Parmi la population shadok, quatre personnages se détachent : le chef shadok ; le professeur Shadoko (barbu et instruit) ; le devin Plombier (sorte de sorcier chevelu et à cornes, très respecté) ; et le marin shadok (ancien pirate, poète et porté sur la boisson).
    La reproduction des Shadoks est complexe. Alors qu’ils pondaient à l’origine des œufs classiques, ils ont dû opter pour des œufs en fer, car les coquilles se brisaient en tombant du haut de leurs longues pattes. Le problème des œufs en fer, c’est d’en perdre la clé. Lorsque c’est le cas, le parent (asexué) attend que l’œuf rouille pour que l’enfant puisse s’en extraire… mais avec un tel délai, les bébés sont déjà vieux à la naissance.
    •Qui sont les Gibis ?
    Contrairement aux Shadoks, dont ils ont pitié, les Gibis sont courts sur pattes, très gentils et intelligents. Plus précisément, ils portent des chapeaux melons qui les rendent intelligents (en cas de perte de cette coiffe, ils deviennent fous et stupides). Leur nom résonne d’ailleurs avec cet attribut si British : il découlerait de la prononciation anglaise du sigle G.B. (Great Britain).
    Les Gibis vivent sur une planète plate, qui n’est pas plus aisée à habiter que celle des Shadoks, vu qu’elle penche lorsqu’ils ne sont pas bien répartis sur sa surface – avec ici aussi quelques pertes dans l’espace pour ceux qui tombent. Entre leurs deux planètes se trouve la Terre, convoitée par les deux communautés, mais défendue par son seul habitant, un insecte hostile appelé #Gégène.

    Les Gibis sont également des inventeurs de machines, mais beaucoup plus performantes que celles de leurs voisins.
    •La polémique
    L’iconoclaste feuilleton d’animation n’a pas laissé les téléspectateurs des années 1960 indifférents, suscitant même l’une des premières grandes polémiques de la télévision nationale. En moins d’une semaine, la France se divisait entre shadokophiles, amusés par cette folie douce, et shadokophobes, choqués par une liberté de ton qui aura devancé de peu Mai 68.
    Chaque camp inonde alors la chaîne de courriers. Le phénomène est tel que la télévision d’Etat propose à #Jean_Yanne une savoureuse émission quotidienne sur le sujet : « Les Français écrivent aux Shadoks » – des extraits de cette émission, comme des dizaines de lettres, sont exposés au MIAM de Sète.
    •Les meilleurs aphorismes shadoks
    La logique shadok est aussi absurde qu’implacable. Florilège de leurs principes et proverbes :
    – Je pompe, donc je suis.

    – S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème.

    – Pour qu’il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes.

    – En essayant continuellement, on finit par réussir… Donc plus ça rate, plus on a de chances que ça marche.

    – Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes.

    – Dans la marine on ne fait pas grand-chose, mais on le fait de bonne heure.

    – Je dis des choses tellement intelligentes que le plus souvent je ne comprends pas ce que je dis.

    – Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

    – Si ça fait mal, c’est que ça fait du bien.

    – La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité (y compris celle-ci).

    – Il faut pomper pour vivre et donc vivre pour pomper.

    – Si la solution n’est pas adaptée à la situation, adaptez la situation à la solution.

    – Il vaut mieux pomper, même s’il ne se passe rien, que de risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.

    – Pour guérir quelque chose qui ne marche pas ou qui fait trop de bruit, il faut et il suffit de taper dessus avec quelque chose qui marche mieux ou qui fait plus de bruit.

    – Quand on ne sait pas où l’on va, il faut y aller… Et le plus vite possible.

    Le Monde 18/08/16

    http://www.miam.org/telechargements/DP%20Shadoks.pdf

    Nous vivons dans un monde de shadoks. Bien sûr des voix s"élèvent parfois et nous interpellent : « Pourquoi on pompe ? »
    Pour faire de la croissance s’exclament-t-on en choeur ! Certes mais cette réponse appelle une autre question que certains ne manquent pas de soulever : « Pourquoi on fait de la croissance ? »
    « Pour qu’on puisse tous pomper ! » répondons nous plein d’aplomb.


  • Vidéo verbalisation à Montpellier : Près de 300 PV dressés par semaine
    http://www.voussaveztout.com/actu_videoverbalisation-a-montpellier-pres-de-300-pv-dresses-par-sema

    Depuis le 1er février, près de 300 PV sont dressés en moyenne par semaine par vidéo verbalisation. Utilisant 11 des 214 caméras du réseau de vidéo surveillance, trois agents sont affectés en permanence à l’observation du cours Gambetta, du pont de Sète et de l’avenue de Toulouse. Trois secteurs où le stationnement sauvage nuit à la fluidité de la circulation. Après seulement deux mois d’utilisation, la municipalité constate déjà une (...)

    #CCTV #surveillance #vidéo-verbalisation #surveillance


  • Guerre aux pauvres - synthèse
    (#logement, réformes (plusieurs, pour mieux prendre en ciseaux) des #apl, du #rsa et des #minima_sociaux, #métropolisation et spéculation immobilière qui renvoie les pauvres vivre (puis mourir) dans des #containers en #périphéries où ce qui reste de #services_publics peuvent être démolis dans l’indifférence générale)
    relevé sur twitter https://twitter.com/feeskellepeut/status/697116988028669952

    t’es pauvre. si tu te loges correctement la CAF te dit que c’est TROP BIEN POUR TA POMME et DTC ton APL
    oui
    c’est ça la réforme
    inversement tu prends un taudis parce que trop bien tu peux pas te le payer on te retire l’apl.
    HO.
    allô ?? on connecte, là ?
    je veux en voir au moins UN qui fait TILT !
    12000 réfugiés QUI NE VEULENT PAS UNE MINUTE S INSTALLER ICI, et d’autre part 8 MILLIONS DE PAUVRES SUR LE GAZ.
    hiérarchiser l’information.
    on a 8 millions de pauvres menacés de mort vs 12000 mecs qui veulent JUSTE SE TIRER (ils ont bien raison)

    on va reprendre CALMEMENT le constat CHIFFRE de la situation.
    8 millions de pauvres dont 5 millions de chômeurs et 6 millions d’allocataires CAF, calcule, fais les croisements
    réforme APL : si tu te loges « trop bien », DTC tes allocs. si tu as un « patrimoine » (lol, 30k à peine 3 mois de salaire de député) : DTC aussi
    nouvelle mode lancée par la CAF34 et bientôt suivie ailleurs tkt pas : si tu es MAL LOGE, DTC ton APL au carré (pdt18 mois)
    (avec maintien forcé du bail pour « te prémunir de l’expulsion » LOL les fdp sérieux, en guise de protection c’est une condamnation)
    mode lancée à BEZIERS par un FACHO NOTOIRE, mode que MONTPELLIER ET SETE proposent de suivre
    tu le sais pas tu n’y vis pas moi si ; béziers montpel et sète sont les derniers bastions économiquement viables du département
    en clair cela signifie qu’on pratique la chasse aux pauvres par le logement là où il y a DU TRAVAIL
    à côté de ça pôlemploi DELEGUE le suivi de ses chômeurs à des entreprisses privées qui sont des machines à RADIER
    entreprises dont le « suivi » consiste à un harcèlement bi quotidien (mon mail dégueule) que si tu réponds pas --->RADIATION
    une fois que tu es RADIE de popol tu vas au RSA
    RSA qui est un des TROIS MINIMAS SOCIAUX en projet de maintien (CF groupe d’étude PS qui bosse sur la SIMPLIFICATION)
    RSA qui se trouve d’ores et déjà lié à du TRAVAIL FORCE dans le haut rhin, à al frontière allemande, il fallait le faire, ils l’ont fait.
    haut rhin qui nous informe que « si ça ne BENEVOLE pas DE FORCE, c’est que ça relève du HANDICAP donc de l’AAH donc de la sécu »
    AAH qui est de moins en moins attribuée à taux plein, menacée de réévaluation elle aussi et SECU qui est en train de se faire BUTER

    je te rappelle que LA DOCTRINE DU FASCISME DE BENITO MUSSOLINI est toujours en accès libre lecture sur le net. des fois que.

    pour couronner le tout, des CRETINS qui se croient DE GAUCHE sont en train de travailler sur des VILLAGES ALTERNATIFS de putains de YOURTES
    voire de putains de CONTENEURS. (ça commence à salement me faire monter la tension vos conneries)
    et d’autres SOMBRES ABRUTIS sont en mode « #revenu_de_base » qui est en test actuellement sur la base financière du RSA en CHARENTE
    je vous demande de mettre ces différentes informations en RELATION.
    je prendrais bien la peine de vous ressortir également la FUSION RSA PPE ainsi que la promotion INDECENTE de l’auto entreprise
    nous parlons CAPITALISME le critère de sélection est FINANCIER, et il l’a TOUJOURS été, soit dit en passant.

    #guerre_aux_pauvres


  • Chérie fais de beaux rêves ! [ pour un homme - 7 ]
    http://www.larevuedesressources.org/cherie-fais-de-beaux-reves-pour-un-homme-7,2898.html

    à Edwige Belmore VIII. LA GARE FERROVIAIRE DE SÈTE Dalilah, Barman (Pedro), Zip 15. On se connaît 16. Tout le monde se connaît IX. LA PLACE À QUAI DU PAQUEBOT-ÉCOLE Dalilah, Barman (Pedro) 17. Un grand vide La gare ferroviaire de Sète — 15. On se connaît Au buffet de la gare, un marin en tenue d’été de la marine nationale (sans doute en permission) s’acharne sur un flipper. Cependant, un train passe dans la gare avec un bruit fracassant. Affalée devant un amas de canettes vides, Dalilah (...)

    #Carte_blanche


  • Georges Brassens chantait « Mort aux vaches », lui n’est pas mort le 29 octobre 1981
    http://rebellyon.info/Georges-Brassens-chantait-Mort-aux-vaches

    Georges Brassens Le 22 octobre 1921, naissance de Georges BRASSENS, à Sète. Militant anarchiste, poète et chanteur-compositeur. A l’âge de 18 ans, il se fixe à Paris, et travaille en usine. Durant la guerre, il est envoyé au S.T.O (travail obligatoire) en Allemagne. Après la libération, il milite à (...) — Mémoire, Mémoire, Fêtes - Festivals - Vie du mouvement


  • Chérie fais de beaux rêves ! [ pour un homme - 4 ]
    http://www.larevuedesressources.org/cherie-fais-de-beaux-reves-pour-un-homme-4,2871.html

    à #Edwige_Belmore LE PLANCHER DES VACHES Dalilah, Douanier, Panama, Blonde, Fred, Camel, Vincent. 7. Vogue le navire 8. Arrivée de l’« Agadir » à #Sète 9. La gifle 10. En #Camargue Le plancher des vaches — 7. Vogue le navire La silhouette de l’« Agadir » navigue sur une mer d’huile, c’est l’aube. Le pont est désert, excepté l’homme au PANAMA qui jette sa cigarette par-dessus bord, avant de disparaître vers les cabines. Le plancher des vaches — 8. Arrivée de l’« Agadir » à Sète Vue de la mer, (...)

    #Carte_blanche

    / #Cinéma,_écritures_du_cinéma, #Punk, #Méditerranée, #France, #Aliette_G._Certhoux, Chérie fais de beaux rêves ! [ pour un homme ] , Edwige Belmore, Seventies (années 1970), Sète, (...)

    #Chérie_fais_de_beaux_rêves_ ![_pour_un_homme]_ #Seventies_années_1970_


  • La « carte modeste » d’Hervé Di Rosa

    Présentation des œuvres protéiformes créées au gré des voyages du peintre inventeur de l’Art Modeste, né à Sète en 1959. Expositions, actualité et biographie.

    http://dirosa.org/oeuvre

    « Je n’invente pas l’art modeste, je l’ai trouvé, je le fais vivre et je le fais dialoguer avec l’art contemporain. Le centre de cette aventure, c’est l’art contemporain. Parce qu’en face, il y avait le Centre régional d’art contemporain, de grande importance, on a longtemps cru que le Miam était un lieu anti-art contemporain. Pas du tout. Au contraire, j’ai fondé le Miam pour tendre un pont d’une rive à l’autre, aller vers le néophyte qui peut être attrapé par l’alibi des images du quotidien qu’il connaît bien et qui l’amènent vers des œuvres plus complexes. Certains vont vouloir approfondir et aller voir de l’autre côté. »

    Je suis juste en train de classer des archives et je retrouve cette image que j’avais référencée en local il y a très longtemps

    #cartographie #art #cartographie_radicale


  • Nasawiyat - Épisode 5 : Shayma et Fatima
    par Charlotte Bienaimé

    Je suis tombée sur ça, en zappant les stations de l’autoradio, en allant faire les courses, très intéressants croisements de regards. Je n’ai pas encore tout écouté. Je commence avec celles par qui l’écoute commença.

    Nasawiyat, les nouvelles féministes en France.
    L’été dernier, nous partions à la rencontre de jeunes féministes en Tunisie, au Maroc, en Egypte et en Algérie. Cette année, nous retournons le miroir, et poursuivons le chemin en France, à la découverte de jeunes femmes aux doubles cultures, qui réinventent de nouveaux féminismes, pluriels et métissés, dans les quartiers populaires et les campagnes, dans les maisons, les écoles et les rues.

    Nasawiyat - Épisode 5 : Shayma et Fatima

    Shayma a 22 ans. Française d’origine algérienne, elle vit avec ses parents dans le quartier de la presqu’île de Thau, près de Sète. Étudiante en droit, la jeune femme milite de façon informelle aux côtés des femmes de son immeuble. Elle organise régulièrement rencontres et groupes de paroles pour créer une solidarité entre ces habitantes d’origines sociales et culturelles différentes.

    Fatima, 31 ans, vit dans un squat à Paris. Née au Maroc, arrivée en France il y a cinq ans, elle attend d’obtenir la nationalité française. Il y a deux ans, elle monte son association « Les Effrontées » avec laquelle elle organise de nombreuses actions coups de poing comme des criées dans le métro pour sensibiliser sur les inégalités salariales entre hommes et femmes ou des occupations de magasins pour enfant, déguisée en barbie, pour dénoncer les jouets sexistes.

    Déterminées, les jeunes femmes aux caractères bien trempés, se revendiquent toutes les deux féministes convaincues. Elles sont cependant des militantes bien différentes. Shayma porte le voile. Fatima manifeste cheveux aux vent.

    http://www.franceculture.fr/podcast/5046743
    http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_13826.xml
    http://rf.proxycast.org/1059485562626383872/13826-08.08.2015-ITEMA_20781286-0.mp3

    #france #Nasawiyat #femmes #féminisme #maghreurope #islam #cultures_populaires #idées #quartiers #squats #Charlotte_Bienaimé #antiracisme #égalité #luttes #radio #audio


  • En pleine canicule, Veolia coupe l’eau à un immeuble où vivent des personnes vulnérables
    http://multinationales.org/En-pleine-canicule-Veolia-coupe-l-eau-a-un-immeuble-ou-vivent-des-p

    « Des propriétaires et locataires pris en otage par Veolia. » C’est ce que dénoncent la Fondation #France Libertés et la Coordination #Eau Ile-de-France qui portent plainte contre l’entreprise française. Ils accusent Veolia d’avoir procédé à une réduction de débit pendant 25 jours, au mois de juin, dans un immeuble à Sète dans l’Hérault, où logent dix familles. Parmi les résidents, une retraitée de 98 ans et un enfant de deux ans, particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs. « Une réduction de débit dans (...)

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    / France, #Eau_et_assainissement, #eau, #Veolia_environnement, eau, #droits_humains, #éthique, #services_publics, (...)

    #privatisation