city:saint-denis

  • Gilets jaunes en Bretagne : le dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche libéré, celui de Lorient bloqué France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/direct-gilets-jaunes-bretagne-depot-petrolier-vern-seic

    Le dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche n’est plus bloqué, mais celui de Lorient l’est depuis ce matin. Les policiers se sont rendus sur place pour empêcher tout débordement. Dans les Côtes-d’Armor, la RN12 est fermée aux alentours de Saint-Brieuc.

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    ans le Morbihan, du côté de Lorient le centre pétrolier est toujours bloqué par les gilets jaunes ce matin. La police nationale s’est rendue sur place dès 5h pour éviter tout débordement et empêcher d’autres manifestants d’arriver sur le site.
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    Ailleurs en Bretagne, les actions de blocages continuent et le trafic est contrarié sur le réseau routier. Notamment sur les route nationales à quatre voies de circulation.

    Dans le Morbihan, la préfecture a averti les usagers des complications qu’ils pourront rencontrer dans le département.
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    • Haute-Corse France 3 Régions
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/haute-corse/grand-bastia/nouveau-rassemblement-gilets-jaunes-haute-corse-1577254

      Lundi 18:30 C’est la queue dans les stations-services pour récupérer un peu de carburant. Le plein est limité à 20 euros par véhicule, a-t-on pu constater dans une station du centre de Bastia.

      Malgré tout, certaines stations-service étaient déjà à sec peu avant 19h et les voitures ne faisaient que passer...
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      Mardi 8h00 Le blocage du dépôt pétrolier de Lucciana a été en partie levé au petit matin. Les gendarmes ont enlevé les gravats à l’entrée. Une quarantaine de gilets jaunes sont toujours présents.

      Des camions citernes n’ont toutefois pas pu accéder au dépôt. Certains chauffeurs, par solidarité, se sont joints au mouvement. D’autres ont fait demi-tour.

    • Gironde
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/gilets-jaunes-gironde-peage-virsac-saccage-vinci-autour
      Le péage de Virsac saccagé, Vinci Autouroutes veut porter plainte.

      Les « gilets jaunes » qui ont passé la nuit de lundi à mardi sur le péage de Virsac, dans le nord Gironde ont détruit de nombreuses installations. Depuis le 17 novembre, le lieu est devenu un point de rassemblement et de blocage pour les manifestants.

      Evacué lundi matin par les forces de l’ordre, le péage a été repris d’assaut par des gilets jaunes lundi après-midi. Entre-temps la circulation n’avait pas pu être rétablie, d’importantes opérations de nettoyage et de remise à niveau des lieux étant nécessaires au préalable.

      L’A10 impraticable
      Des manifestants sont revenus équipés de palettes, et de pneus et de quoi lancer des départs de feu. Plusieurs d’entre eux ont forcé l’entrée des locaux.

      Cabines, barrières , éclairages, chaussée ... De très nombreuses installations du péage ont été fortement endommagées et mises à feu. L’A10 est, à ce niveau, impraticable en l’état et reste coupée ce mardi matin, comme en témoignent nos confrères de Haute-Gironde ce mardi matin.

    • Franche-Comté
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/direct-gilets-jaunes-besancon-dole-lons-belfort-a36-sui

      11h00 : Les gendarmes mobiles interviennent à Vesoul

      A Vesoul, peu après 11 heures, les gendarmes mobiles ont dispersé les gilets jaunes présents au niveau du rond-point du Leclerc Drive. Des gaz ont été utilisés, dans une ambiance assez tendue selon nos journaliste sur place.

      La police intervient pour libérer la voie de sortie des camions. Une cinquantaine de gilets jaunes sur place depuis 7h ce matin. Les camions des sociétés Easydis et Jacky Perrenot ne pouvaient ni rentrer, ni sortir. La circulation reprend au compte goutte.

      Selon la Préfecture, les gilets jaunes sont déployés au rond-point du Rocher à Montmorot, à Rochefort sur Nenon et Gevry Choisey.

    • Champagne-Ardenne Plus violent
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/gilets-jaunes-au-moins-17-blesses-7-mis-examen-point-de

      A Charleville-Mézières, une personne dans le coma, deux blessés légers et un homme mis en examen

      Un homme a été mis en examen ce lundi après avoir renversé 3 personnes dans les Ardennes. Les faits se sont déroulés ce samedi 17 novembre, à la sortie de la voie rapide, avenue du Général de Gaulle à Charleville-Mézières. Deux des victimes sont légèrement blessées, la troisième, hospitalisée au CHU de Reims, est toujours dans le coma et son état est jugé préoccupant.

      A la sortie de Saint-Dizier, un camionneur interpellé après avoir blessé un gilet jaune

      Tôt ce lundi matin, aux alentours de 3 heures du matin, à Marnaval, aux abords de Saint-Dizier en Haute-Marne, un poids lourd a gravement blessé aux jambes un gilet jaune en forçant un barrage. Le pronostic vital de l’homme blessé n’est pas engagé. Le conducteur du camion a été interpellé.

      Plus tard dans la matinée, toujours ce lundi 19 novembre, deux gendarmes ont blessés à la suite d’affrontements avec les gilets jaune à Perthes.

      A Chaumont, la situation était tendues ce lundi matin devant la préfecture de Haute-Marne. Des dizaines de gilets jaunes ont tenté de forcer le passage pour finir par ressortir tranquillement. Les rangs de la contestation n’ont ensuite cessé de grossir dans la matinée, atteignant jusqu’à 600 personnes dans la ville.

      A Reims, 2 policiers blessés, 3 jeunes mis en examen

      Ce lundi 19 novembre, 3 jeunes hommes de 18, 23 et 28 ans, des gilets jaunes sont passés en comparution immédiate au tribunal de Reims, pour des faits de violences qui se sont déroulés ce samedi 17, au rond-point de la Neuvilette à Reims dans la Marne. Ils sont accusés d’avoir insulté et frappé au visage un homme d’une cinquantaine d’année, conducteur d’une voiture qui avait été pris à parti par des gilets jaunes, et blessé les deux policiers qui les ont ensuite interpellés.

      Dans la banlieue de Reims, un autre homme, un gilet jaune, a également été blessé samedi, au niveau du barrage de Thillois.

      A Troyes, dans l’Aube, trois personnes, deux majeurs et un mineur de 14 ans, ont été placées en garde à vue dès ce dimanche, après les nombreux débordements qui se sont déroulés ce samedi 17 novembre, devant la préfecture et derrière la mairie.

    • Les stations-essence en pénurie de carburant dans le Nord et le Pas-de-Calais
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/gilets-jaunes-plusieurs-stations-essence-penurie-carbur

      Plusieurs stations-service du Nord et du Pas-de-Calais sont à sec, après trois jours de mobilisation des Gilets jaunes. Des pénuries qui concernent surtout le gazole, mais également le sans-plomb 98 dans certaines stations.

      Dans le Nord

      Audruicq : station Carrefour en rupture de stock.
      Avelin : station Total en rupture de sans-plomb 95.​​​​​​
      Bailleul : station Leclerc en rupture de gazole.
      Caudry : station Leclerc fermée.
      Condé-sur-l’Escaut : station Carrefour en rupture de stock.
      Douchy-les-Mines : station Intermarché en rupture de stock.
      Faches-Thumesnil : station Total Access en rupture de gazole.
      Fenain : station Carrefour en rupture de stock.
      Fourmies : station Total en rupture de gazole.
      Hazebrouck : station Total en rupture de gazole.
      Lezennes : station Total Access, boulevard de Tournai en rupture de gazole.
      La Chapelle-d’Armentières : station Total en rupture de gazole.
      Loos : station Total en rupture de gazole.
      Malo-les-Bains : station Carrefour en rupture de stock.
      Nieppe : station Super U en rupture de stock.
      Saint-Amand-les-Eaux : station Carrefour en rupture de gazole.
      Valenciennes : station Leclerc, rue Ernest Macarez.
      Villeneuve-d’Ascq : station Total Access en rupture de stock.​​​​​​
      Wormhout : station Total Access en rupture de gazole.

      Dans le Pas-de-Calais

      Auchel : station essence Carrefour en rupture de gazole.
      Attin : station Leclerc en rupture de gazole.
      Avion : stations Auchan et Carrefour en rupture de stock.
      Calais : stations Intermarché et Auchan en rupture de gazole.
      Carvin : station Leclerc en rupture de gazole.
      Chocques : station Total en rupture de gazole.
      Courcelle-les-Lens : station Leclerc en rupture de gazole et de sans-plomb 98.
      Courrières : station Cora en rupture de gazole.
      Eperlecques : station Carrefour en rupture de sans-plomb 98.
      Essars : station Carrefour en rupture de stock.
      Hénin-Beaumont : station Total en rupture de gazole.
      Herlin-le-Sec : station Leclerc en rupture de gazole.
      Lens : station Total à Grande résidence et station Esso en rupture de gazole.
      Lillers : station Total en rupture de gazole.
      Loos-en-Gohelle : station Intermarché en rupture de gazole.
      Lumbres : stations Super U et Leclerc.
      Marck : station Carrefour en rupture de gazole.
      Marquise : station Total en rupture de gazole.
      Méricourt : station Intermarché en rupture de gazole.
      Montigny-en-Gohelle : station Intermarché en rupture de gazole.
      Rouvroy : station Carrefour en rupture de gazole.
      Sains-en-Gohelle : station Total en rupture de stock.
      Saint-Léonard : station Total Access en rupture de sans-plomb 98
      Saint-Omer : station Total Access en rupture de stock.
      Saint-Nicolas-lez-Arras : station Leclerc en rupture de gazole.
      Saint-Pol-sur-Ternoise : station Esso en rupture de gazole.
      Wingles : station Intermarché en rupture de gazole et de sans-plomb 95.

    • Haut de France Radar carbonisé ou taggué, accès à des usines et supermarchés bloqués... : les Gilets jaunes montent le ton ce lundi
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/radar-carbonise-acces-usines-bloques-gilets-jaunes-mont

      Radars dégradés
      Exemple dans le Pas-de-Calais où le radar de Maisnil-les-Ruitz, près de Bruay-la-Buissière, a été complètement carbonisé sur la rocade (D301).

      A Fâches-Thumesnil, le radar de l’A1 a été masqué par des portraits d’Emmanuel Macron. Dans de nombreux autres endroits, les radars sont peints ou dégradés par des tags.

      Accès bloqués à des entreprises
      A Hénin-Beaumont, Lestrem, ou Sainghin-en-mélantois, les gilets jaunes bloquent l’accès à des zones industrielles et donc des entreprises. Selon La Voix du Nord, la zone industrielle d’Hénin-Beaumont étant bloquées, des salariés d’entreprises comme Faurecia ou Metro, juste à côté, sont coincés aussi : les salariés repartent chez eux...

      A Vendin-le-Vieil, l’activité de l’entrepôt Logidis, qui alimente les magasins Carrefour, est aussi perturbée par des gilets jaunes. A Libercourt : des gilets jaunes sont postés devant un entrepôt Auchan.

      A Boulogne-sur-mer, l’accès à Capécure est filtré depuis dimanche soir.

      A Noyelles-Godault ou à Louvroil, des hypermarchés Auchan sont difficilement accessibles ce lundi.

      Des gilets jaunes ont aussi tenté de bloquer le dépôt pétrolier d’Haulchin, dans le Valenciennois, mais les forces de l’ordre sont rapidement intervenues.

    • Incendie criminel dans une station essence de Saint-Pierre-en-Faucigny en Haute-Savoie
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/haute-savoie/incendie-criminel-station-essence-saint-pierre-faucigny

      Peu avant 1h du matin, un incendie a ravagé ce mardi 20 novembre 2018 une partie des installations de la station Esso de Saint-Pierre-en-Faucigny. Du liquide inflammable et des pneus ont été retrouvés sur place.

    • Auxerre, Sens, Chalon, Montceau, Decize, A77… les blocages du mardi 20 novembre en Bourgogne
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/yonne/direct-gilets-jaunes-auxerre-sens-montceau-decize-a77-b
      Pour le 4e jour consécutif, les gilets jaunes ont installé des barrages en France et en Bourgogne. La protestation contre la hausse des prix des carburants s’est transformée en mouvement de ras le bol général, déclarent les manifestants.

      Nièvre
      Plusieurs secteurs sont encore à éviter ce matin, prévient la préfecture. Il s’agit des sites suivants :
      –A77 : l’aire des vignobles
      –Cercy-la-Tour : le rond-point Faurecia
      –Decize : le rond-point de la gare
      –Fourchambault : le pont de Loire
      –Garchizy : rond-point Textilot
      –Imphy : la Turlurette
      –Saint-Éloi : le rond-point Baratte

      Yonne
      –Auxerre
      Depuis 6 heures ce matin, une trentaine de gilets jaunes sont postés au rond-point de Jonches, à Auxerre. Certains ont passé la nuit sur place.

      Un barrage filtrant laisse passer les véhicules d’urgence. En revanche, les poids lourd doivent patienter avant de pouvoir avancer au compte goutte. Tout se passe dans le calme.

      –Sens
      Hier soir, vers 21h30, le préfet de l’Yonne fait intervenir les forces de l’ordre à Sens pour permettre aux poids lourds bloqués depuis ce matin de reprendre la route. Les premiers camions ont redémarré peu après.

      Le conseil départemental de la Nièvre soutient le mouvement des « Gilets jaunes »
      Le président du conseil départemental de la Nièvre, Alain Lassus, au nom des élus du Département, fait "connaître sa compréhension de la colère qui s’est exprimée, ce week-end, dans le cadre du mouvement « Gilets jaunes ».

      "Les conseillers départementaux comprennent d’autant plus cette colère que cela fait des années qu’ils constatent et alertent les services de l’État sur l’abandon des territoires, la fermeture des services pu­blics, le sentiment de relégation de cette France dite « périphérique » qui manifeste aujourd’hui ses inquiétudes.

      Les professionnels des travaux publics reportent leur action prévue mercredi
      Les professionnels des travaux publics avaient prévu d’organiser des barrages filtrants mercredi 21 novembre 2018 à propos du gazole non routier. Mais, ils ont décidé de reporter leur action. Ils ne veulent pas être confondus avec la mobilisation des gilets jaunes.

    • Toulouse : 7 “gilets jaunes”, repérés par un hussier sur Facebook, cités devant le tribunal pour blocage de la Socamil
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/toulouse-7-gilets-jaunes-reperes-hussier-facebook-cites

      La Socamil, centrale d’achats de Leclerc, demandait mardi matin en référé à la justice d’ordonner la levée du blocage par les "gilets jaunes" de son site de Tournefeuille. 7 d’entre-eux, identifiés par huissier sur place ou sur Facebook, étaient cités à comparaître. Décision mercredi.

      150 camions sont actuellement bloqués dans la centrale d’achat, remplis de 4500 tonnes de nourriture dont la moitié de produit frais, a indiqué à l’audience l’avocat de la Socamil. Dénonçant des "dommages imminents" et un "trouble illicite", il a plaidé la liberté de circuler et d’entreprendre.

    • « Gilets jaunes » : couvre-feu partiel à La Réunion Le figaro
      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/11/20/97001-20181120FILWWW00117-gilets-jaunes-couvre-feu-partiel-a-la-reunion.php

      Un couvre-feu partiel a été instauré dans la moitié des communes de La Réunion où les écoles sont restées fermées aujourd’hui à la suite d’une nouvelle nuit de violences en marge du mouvement des "gilets jaunes".
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      En accord avec le rectorat, le préfet de La Réunion avait décidé dès hier la fermeture des crèches, des établissements scolaires aujourd’hui. L’université a également gardé portes closes, tout comme les collectivités locales et les chambres consulaires.
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      Aujourd’hui à midi, il y avait toujours 35 barrages dressés sur les routes réunionnaises pour protester notamment contre la hausse des prix des carburants et la baisse du pouvoir d’achat. L’île a connu une nouvelle nuit de violences avec notamment des affrontements entre groupes de jeunes et les forces de l’ordre. Des voitures ont été brûlées, des commerces ont été vandalisés et incendiés, alors qu’un hypermarché à Saint-Denis a été pillé. Plusieurs caillassages et des actes de racket ont également été perpétrés sur des automobilistes roulant de nuit. Selon la préfecture, il y a eu une dizaine d’interpellations et cinq policiers ont été blessés. Des renforts de gendarmes mobiles sont arrivés hier de Mayotte. D’autres étaient attendus, sans que la préfecture en précise le nombre.

    • Belgique : Gilets jaunes : environ 400 pompes sont vides RTBF
      https://www.rtbf.be/info/economie/detail_gilets-jaunes-environ-400-pompes-sont-vides?id=10077734


      Environ un tiers des stations-service wallonnes, soit quelque 400 pompes, sont confrontées à une pénurie de carburant ce mardi en raison du blocage de dépôts pétroliers par le mouvement des gilets jaunes. « La situation peut toutefois évoluer d’heure en heure, en fonction du réapprovisionnement et de la libération d’infrastructures », souligne Olivier Neirynck, directeur technique de la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants (Brafco).
      L’évolution de la situation est difficile à anticiper car le déblocage de certains dépôts n’est parfois que temporaire, ajoute Olivier Neirynck. 
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    • Gilets jaunes : le 17 novembre « journée noire » pour les ventes selon Nielsen - 35% - Morgan Leclerc - 19 Novembre 2018 - LSA _
      https://www.lsa-conso.fr/gilets-jaunes-le-samedi-17-novembre-a-ete-une-journee-noire-pour-les-vente
      L’impact du mouvement de protestation des gilets jaunes, a été important sur les hypermarchés et supermarchés avec une baisse d’un tiers des ventes samedi 17 novembre selon les relevés de Nielsen.

      Les perturbations entraînées par les manifestations ont eu un impact sérieux sur les ventes du samedi.

      Les blocages des routes décidés par les gilets jaunes samedi 17 novembre (pour protester contre la hausse du prix des carburants) se sont soldés par d’importantes perturbations pour les hypermarchés et les supermarchés. Avec des clients incapable de rejoindre les magasins ou tout simplement ayant préférer reporter leurs achats en prévision des manifestations, les hypermarchés et supermarchés « ont subi en moyenne une baisse de 35% de leur chiffre d’affaires sur les produits de grande consommation si l’on compare avec les samedis depuis la rentrée de septembre » constate Nielsen dans un communiqué, ajoutant que « l’anticipation d’achats sur la journée du vendredi n’a pas suffi à compenser le recul observé le samedi ».

      Des livraisons anticipées pour les magasins
      En prévision de ces troubles de circulation, nombre d’enseignes avaient avancé leurs livraisons. « En moyenne, les quantités de marchandises reçues ont diminué de 22% par magasin. Les enseignes ont évité autant que possible les problèmes d’approvisionnement de ce samedi grâce à un système de livraison anticipé dans les 48 heures précédant l’événement » explique Nielsen. Aucun mot d’ordre n’avait été donné par les distributeurs concernant la fermeture de points de vente, chaque magasin pouvant juger, au cas par cas, de la nécessité de baisser le rideau.

      Dès vendredi 16 novembre, quelques hypermarchés et supermarchés avaient d’ores et déjà décidé de rester fermés le samedi. Pour d’autres, comme dans de nombreux Auchan, la décision a été prise au cours de la journée, devant la faible affluence des magasins et centre commerciaux (la Voix du Nord cite l’exemple du Auchan de Longuenesse, qui a fermé à 17h00 samedi au lieu de 21h30, faute de clients). La radio Europe 1 rapportait les propos d’un porte-parole de Système U, que « des magasins ont été empêchés de fonctionner normalement » et notamment « pas mal en Bretagne ».


  • Adoma — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Adoma

    Annotations :

    La « #grève_des_loyers » débute en janvier 1975 avec les résidents du foyer Romain Rolland de Saint-Denis, en majorité originaires d’Algérie avec une forte minorité issue du Mali et du Sénégal. À la suite de l’annonce de l’augmentation générale des loyers de 30 %, la plateforme de revendications du comité des résidents est reprise en septembre par un Comité de coordination des foyers en #lutte qui ne sera jamais reconnu par la #Sonacotra et le gouvernement. En l’absence de négociation le conflit se durcit (expulsions de résidents des foyers et même du territoire en avril 1976) et se politise. Initiés par des résidents ayant acquis une expérience syndicale dans le cadre (...)

    #immigration #logement #-France #-1970~


  • « Prisonniers du passage » : une ethnographie de la #détention_frontalière en #France

    A partir des années 1980, les conditions d’entrée dans les pays européens deviennent plus restrictives. Amorçant ce qui est désormais devenu la norme en Europe quels que soient les gouvernements, les politiques publiques migratoires se caractérisent par l’arrêt de l’immigration de travail, le durcissement des critères d’attribution de l’asile politique, l’expulsion des étrangers irréguliers ou ayant reçu une condamnation pénale et les modifications du code de la nationalité. Par ailleurs, dans le processus de construction européenne, la gestion des circulations s’organise à travers un régime double et différentiel, de libre circulation des personnes à l’intérieur de l’espace européen, et de construction renforcée des frontières extérieures. Ce cadre européen met en place un espace stratifié et complexe qui saisit les acteurs de la circulation dans un quadrillage de pratiques et de normes. Cet espace est fait de superpositions, de différences nationales, selon la culture et l’histoire de chaque pays européen, et d’homogénéisations – notamment à travers les accords de Schengen en 1985 et 1990 et le règlement de Dublin1 dont la troisième mouture est en vigueur, la quatrième en préparation.
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    Dans ce contexte, le contrôle des voyageurs et des migrants passe couramment par leur enfermement dans des espaces plus ou moins pénitentiaires. En France, la zone d’attente est une zone extraterritoriale de détention où les étrangers refusés à la frontière sont maintenus en attente de leur admission ou de leur « refoulement » pour une période allant jusqu’à vingt jours. Les zones d’attente sont situées dans ou à proximité des zones internationales aéroportuaires, portuaires, routières ou ferroviaires. En tant qu’assistante juridique pour l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), j’ai eu accès à l’intérieur de la zone d’attente, où j’ai mené une observation de 2004 à 20082 . Cette ethnographie d’une forme particulière de contrôle s’offre comme point de départ pour réfléchir sur le régime mis en place en Europe depuis quelques décennies en partant des différents espaces par lesquels ce régime procède.
    « Une frontière, c’est quoi ? Juste une ligne, rien de plus »
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    Comment se retrouve-t-on détenu « à la » frontière ? Que s’y passe-t-il ? Comment en sort-on ? Et qu’y a-t-il de l’autre côté ? La mise au ban dont témoignent les centres fermés aux frontières est une réalité difficile à saisir : les barrières instituées de l’illégalité, les enjeux de clandestinité, d’anonymat, d’identification font qu’en pratique, ce parcours ne se raconte pas et se dérobe face à l’observation empirique. En s’appuyant sur les expériences vécues d’enfermement et de circulation qui se tissent autour du maintien en zone d’attente, il s’agit d’approcher cette réalité en sondant les lieux par où les individus transitent et les techniques qui mettent en branle leur circulation faite de passages, d’immobilisations et de retours. Cette « errance individuelle »3 , dans la rugosité de ses parcours improbables, nous renseigne en retour sur l’évolution de l’espace public, du rapport au temps et au (non-)lieu qui fondent une modalité inédite de l’inclusion dans l’organisation politique étatique. Imaginons donc un parcours fait de multitude de parcours : un collage d’expériences qui fait surgir les nœuds du voyage et trace les possibles, suit les bifurcations, pointe les tensions. Entrons dans le dispositif.

    Kadiatou Fassi est née à Conakry en Guinée il y a seize ans. Son père était venu d’un village pour étudier dans la capitale, qu’il n’a plus quittée. Sa mère a rejoint son mari en ville après le mariage, mais « elle n’a pas duré » : elle est morte un peu après la naissance de sa fille. Le père de Kadiatou tenait un commerce, et la situation n’était pas mauvaise. Lors des grèves de 20074 , alors qu’on avait déclaré l’état de siège et le couvre-feu – Kadiatou préparait le dîner dans la cour – Monsieur Fassi est blessé par balle lors d’une émeute dans la rue commerçante où se trouve sa boutique. Il meurt.
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    Après l’enterrement de son père, Kadiatou rencontre un de ses anciens clients, qui lui propose de l’aider à partir du pays. Kadiatou sait qu’une cousine maternelle est en France, et elle rêve de s’appuyer sur cette cousine pour venir en France elle aussi. Elle explique son projet, pour lequel elle dispose de l’héritage laissé par son père. L’homme répond que cela tombe bien : il doit aussi se rendre en France. Il lui demande où est sa cousine. Elle ne le sait pas, mais elle a son numéro de téléphone. Kadiatou possède cinq millions de francs (CFA). Le client lui demande trois millions et fait fabriquer un passeport pour Kadiatou : il va devoir changer sa date de naissance pour qu’elle apparaisse comme majeure. Kadiatou accepte. Le client vient ensuite chercher le reste de l’argent : 2 millions. Kadiatou Fassi prend l’avion avec le client de son père, qui s’est occupé de ses papiers d’identité, de son billet d’avion, pour lequel il faut présenter un passeport et un visa, et de leur passage aux comptoirs de vérification à l’aéroport de Conakry.
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    Ils débarquent dans un pays dont elle n’a jamais entendu parler : l’Ukraine. Elle ne connaît personne et ne comprend pas la langue ; elle demande au client de l’emmener chez sa cousine. Il lui demande d’attendre. Il la loge à Kiev, à l’arrière d’un restaurant. Il vient la voir parfois. Deux semaines passent : Kadiatou redemande au client de l’emmener chez sa cousine, comme c’était prévu. Les visites du client s’espacent. Puis il revient, accompagné d’autres hommes. Il déclare à Kadiatou qu’elle doit payer le reste de son voyage. Un jour, il lui rend son passeport, le billet de retour et lui annonce qu’elle rentrera seule le mardi suivant. Elle lui répond qu’elle ne sait pas prendre l’avion. L’homme la fait monter dans un taxi et l’accompagne à l’aéroport : il écrit le nom de la compagnie aérienne, avec lequel Kadiatou Fassi embarque sans encombre pour le voyage du retour : Kiev-Conakri avec une escale à Paris5 .

    Jana Fadhil, son mari Iman et son fils de quatre ans sont arrivés de Damas où ils s’étaient installés après leur départ de Bagdad. Celui qui a organisé leur voyage leur demande de l’attendre à la descente de l’avion, le temps d’emmener leurs passeports et leurs formulaires de douane auprès de ses « connaissances » parmi les policiers, pour les faire tamponner. Leur voyage a coûté 13 000 euros, payables en deux fois. Ils ont avec eux 5 000 euros, la deuxième partie de la somme, qu’ils remettent comme convenu à leur accompagnateur dès leur arrivée à Roissy, et quelques centaines d’euros pour leur séjour. Au bout de quelques heures, voyant que l’homme ne revient pas, Iman part le chercher de-ci, de-là dans le terminal : perdus dans l’aéroport, ils tournent en rond et marchent. Ils restent à attendre dans le hall du terminal avant les douanes jusqu’au soir. Jana Fadhil est enceinte de sept mois. Elle et son fils s’allongent sur le sol ; son mari dort sur une chaise. Ils se nourrissent au comptoir snack du terminal : une bouteille d’eau coûte 4,5 euros, un gâteau, 1,5 euro. Le jour suivant, ils ont déjà dépensé 260 euros en nourriture et téléphone et commencent à être à court d’argent. Dans l’après-midi suivant, Jana fait un malaise et prend peur de perdre son bébé : ils se dirigent vers les postes de douane. Ils restent deux heures devant un poste en essayant de capter l’attention des officiers qui vont et viennent. Finalement, l’un d’eux se tourne vers eux ; Iman lui dit en anglais :

    - Un homme nous a laissés ici.

    - Venez avec nous.

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    En escale à Paris, Kadiatou Fassi ne prend pas la correspondance pour Conakry. La police l’intercepte dans le terminal : elle est emmenée au poste pour un interrogatoire. Les policiers la questionnent sur son accompagnateur, lui demandent où il se trouve à présent. Dans l’après-midi, ils la conduisent au prochain vol vers Conakry. Kadiatou refuse de monter dans l’avion : elle dit à la police qu’elle ne sait plus comment vivre chez elle : comme elle a donné son argent pour venir, elle a été délogée de sa maison. Les policiers lui demandent à nouveau de monter dans l’avion, en la menaçant de lui mettre des menottes s’il elle ne le fait pas. Elle a peur et se met à pleurer. Ils la reconduisent dans le poste de police. Kadiatou attend dans une cellule fermée à clé, une vitre donne sur le couloir du poste. Il y a un banc en ciment et un téléphone au mur qui ne marche pas. Sans trop savoir de quoi il s’agit, Kadiatou Fassi se souvient qu’en Guinée, certains disaient qu’« il y a l’asile qu’on demande pour ne pas qu’on te retourne ». Un policier ouvre la porte quelques heures plus tard : elle lui demande de « l’aider à demander l’asile ». Au comptoir du poste, un policier imprime une série de documents, lui demande d’en signer certains et lui tend la pile de ses « papiers de police ». Trois agents la conduisent, en compagnie de plusieurs autres hommes, femmes et enfants, dans le centre de Zapi 3. Une employée de la Croix-Rouge les accueille à l’étage : elle leur donne à chacun des draps et une serviette, et leur montre leur chambre. Kadiatou Fassi a une chambre seule, dans la partie réservée aux « #mineurs_isolés ».

    Djibril Ba attend dans le couloir, assis sur le rebord d’une cabine de douche. En fin de matinée, une voix lui demande en anglais de descendre avec ses papiers de police. Il se rend au bureau de la Croix-Rouge qui se trouve à quelques mètres en disant qu’il vient d’être appelé. Une médiatrice lui dit qu’il doit descendre et sonner à l’interphone dans le hall, la police lui ouvrira. En bas, un policier lui ouvre : « police papers », puis l’accompagne le long d’un couloir au plafond immense jusqu’à une double porte électrifiée qu’il ouvre à l’aide de cartes magnétiques. Il se trouve dans un hall d’attente, dans lequel la lumière du jour entre par une porte vitrée qui donne sur une deuxième salle d’attente, à l’entrée du centre. Deux policiers sont assis à une petite table et discutent entre eux. Le hall donne sur plusieurs pièces : certaines sont réservées aux visites entre les maintenus et leur famille ou leur avocat ; d’autre aux entretiens de demande d’asile avec un agent de la division asile à la frontière. Djibril Ba attend sur les chaises alignées du hall, il est seul avec les deux policiers assis devant le petit bureau. Une porte s’ouvre au fond du couloir, un des policiers appelle Djibril et le fait entrer dans le bureau de l’agent de l’Ofpra. L’homme d’une trentaine d’années est assis derrière un ordinateur, dans un bureau très clair garni d’une grande fenêtre à poignées qui donne sur des haies d’arbustes. L’agent de l’Ofpra laisse d’abord Djibril parler, puis il lui pose quelques questions factuelles. Il fait des photocopies de sa carte de militant et de photos que Djibril Ba a emmenés avec lui. L’entretien dure une heure, puis Djibril est reconduit à travers les sas et les couloirs vers le centre d’hébergement à l’étage. Dans l’après-midi, Djibril Ba entend à nouveau son nom au haut-parleur : on lui demande de descendre avec ses papiers de police. Un policier le reconduit vers les bureaux de l’Ofpra, où l’attend le même agent :

    - Avez-vous un dernier mot à ajouter ?

    - Non, tout ce que je voulais dire, je l’ai dit. Je veux avoir l‘asile, car j’ai des problèmes dans mon pays.

    - Ok. Je photocopie tous vos documents et je les mets dans votre dossier pour le ministère de l’Intérieur. Mon avis est consultatif, mais ce sont eux qui prennent les décisions.6

    Djibril Ba remonte dans sa chambre. Dix minutes plus tard, il est appelé à descendre et il est reçu encore une fois dans le bureau par l’agent qui est accompagné cette fois d’un autre officier. On lui pose de nouvelles questions : Pourquoi a-t-il fui le Mali mais est-il arrivé par la Côte d’Ivoire ? Pourquoi est-il entré dans la rébellion ? À la fin de l’entretien, on lui redemande pourquoi il demande l’asile. Il l’explique à nouveau. Les deux hommes s’interrogent du regard et le second opine : « Ce sera tout merci ». L’entretien dure quelques minutes.

    Le lendemain de son entretien, James est appelé en bas avec ses papiers de police et ses bagages. Il a peur. Il ne veut pas descendre. Il me demande plusieurs fois pourquoi il doit descendre avec son sac. James est petit et coquet, un béret beige sur la tête, des bottines en crocodiles, une valise rigide grise métallisée. Il sent la crème hydratante. Il était syndicaliste à Lagos, au Nigeria. Il a demandé l’asile et attend une réponse. Il a retranscrit son récit d’asile sur quatre feuilles qui traînent sur sa table de nuit. Très peu de Nigérians obtiennent l’asile politique : le Nigeria fait partie des « principales nationalités des déboutés » de l’asile en France entre 2003 et 20077 . Il fait calmement, minutieusement son sac. Il me demande de l’attendre : il va aller aux toilettes. Après cinq bonnes minutes, il finit de boucler sa valise, plie les feuilles et les met dans sa poche. On descend ensemble. Je veux vérifier que sa notification de refus de demande d’asile ne lui sera pas remise au moment où ils vont l’emmener pour un embarquement forcé. Si c’est le cas, il faudra se plaindre à la police, car la notification doit avoir lieu avant l’embarquement. Mais ça ne changera rien pour James. Le problème est que je ne connais pas le nom de famille de James : ça sera difficile de déposer une plainte sans pouvoir donner le nom de famille du maintenu. Je n’ai pas le temps de demander le nom de James ; on est arrivé dans le hall du rez-de-chaussée, James a sonné, un policier a ouvert et lui a demandé ses papiers de police :

    - Oui c’est bon, veuillez me suivre.

    - Excu…

    J’essaie de placer un mot, mais la porte s’est déjà refermée sur moi. Je le laisse partir, je ne peux rien dire. Légalement, il n’y a rien d’anormal à ce qui vient de se passer. Louis, un demandeur d’asile nigérian que j’ai rencontré tout à l’heure nous a suivi dans le hall :

    - Qu’est-ce qui est arrivé à mon collègue ?

    - Je ne sais pas.

    Il me le demande plusieurs fois. Un policier en tenue d’escorte8 passe devant nous. Je lui demande s’il sait « où est parti le Nigérian ». « Quel Nigérian ? Quel est son nom ? Vous avez son numéro de MZA9 ? » Il ne peut pas m’aider s’il ne connait pas son nom ; mais il sait qu’un Nigérian a eu l’asile politique aujourd’hui. C’est rare. Je me demande si c’est James. Plus tard, depuis la fenêtre du bureau, je vois James mettre sa valise grise dans une voiture de la Croix-Rouge. Elle va le conduire au kiosque d’orientation de l’aéroport de Roissy pour ceux qui ont été admis à demander l’asile en France.
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    Au Terminal 1 de l’aéroport, au niveau des arrivées, derrière la porte à deux battants nº 24, accessible par les escaliers réservés au personnel technique, se trouve le bureau de la Croix-Rouge où Halima Seyum a été conduite après avoir été admise à sortir de zone d’attente au titre de l’asile. Une employée de la Croix-Rouge lui a remis une feuille listant les numéros de téléphone utiles pour son parcours d’asile : France terre d’asile, pour la domiciliation, la préfecture de la Seine Saint-Denis, pour le dépôt de sa demande, la Cimade, ouverte tous les mardis matins à partir de 8 h (prévoir d’être sur place une heure avant), si elle a besoin de conseil juridique. L’employée explique à Halima que la police lui a remis un « récépissé » de demande d’asile. Elle doit absolument se présenter à la préfecture d’ici huit jours pour enregistrer sa demande (l’examen en zone d’attente est une présélection qui l’a uniquement admise à présenter sa demande d’asile : la procédure reste entièrement à faire). Elle doit d’abord disposer d’une adresse. À ce sujet, elle devra se présenter à l’association France terre d’asile, qui la domiciliera : elle passera tous les deux jours vérifier le courrier administratif qui lui sera dès lors envoyé à cette adresse. Mais il reste à trouver un hébergement. Je reçois l’appel d’une assistante sociale de la Croix-Rouge à Roissy, de la part d’Halima Seyum. En effet, oui, je la connais : je l’ai aidée à préparer son entretien de demande d’asile (je l’ai « briefée ») et je lui ai laissé mes coordonnées. Halima ne sait pas où dormir ce soir : ils n’ont pas de place pour elle, est-ce que je pourrais l’accueillir ? Je dis que c’est impossible (je loge moi-même chez un ami).

    C’est bien ce que je pensais… On va essayer de lui trouver une place à l’Aftam 93, les foyers pour demandeurs d’asile ; mais tout est plein en ce moment. Au pire, on lui trouvera une chambre d’hôtel pour ce soir.

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    À 6 h du matin, un groupe de maintenus est conduit de la zone d’attente vers le Tribunal de grande instance. En début d’après-midi, les maintenus sont accompagnés par une dizaine de policiers dans la salle des audiences du 35 quater, où un juge des libertés et de la détention examine la légalité de leur procédure de détention, et se prononce sur le prolongement de leur maintien en zone d’attente. Jana Fadhil a été hospitalisée le lendemain de son transfert en zone d’attente ; l’avocat commis d’office présente au juge le certificat médical établi à l’hôpital en insistant sur les problèmes de santé de Jana, enceinte, et d’Iman, diabétique. Le juge décide de ne pas prolonger le maintien de la famille. À la sortie de l’audience, Jana, Iman et leur fils se font indiquer la direction du métro vers Paris.

    La cousine de Kadiatou Fassi est venue à l’audience du 35 quater avec les documents que l’avocat lui a demandé d’apporter : un certificat de naissance pour attester de ses liens de famille avec Kadiatou ; un avis d’imposition qui prouve qu’elle a des ressources suffisantes pour s’en porter garante. Mais Kadiatou n’est pas présentée au juge ce jour-là. Sa cousine appelle la zone d’attente, où un officier lui explique que Kadiatou Fassi a « bien été réacheminée » vers Conakry la veille.

    Djibril Ba a contacté un avocat avec l’aide d’un cousin en France dont il avait les coordonnées. Celui-ci lui a demandé 900 euros d’honoraires et a exigé l’intégralité de la somme d’avance. Durant l’audience, il soulève quelques points de procédure ; le juge décide cependant de maintenir Djibril Ba (comme toutes les autres personnes qui lui sont présentées ce jour-là) en zone d’attente, « attendu que l’intéressé a formé une demande d’asile [qui] est en cours d’examen ».
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    Quatre jours après avoir eu un entretien d’asile, Abdi Hossein est appelé par la police. L’officier qui lui ouvre le fait entrer et l’accompagne jusqu’à un bureau. Un agent imprime deux feuilles, et lui demande de signer en bas de la seconde. Puis on le raccompagne dans le hall.

    Considérant que X… se disant M. Abdi Hossein déclare qu’il serait de nationalité somalienne, qu’il serait né et résiderait à Afgoy, qu’il serait cultivateur, qu’il serait membre du clan minoritaire Sheikhal et du sous-clan Djazira, que le clan Habar Guidir serait majoritaire à Afgoy, que par crainte pour sa sécurité il ne serait pas beaucoup sorti de son domicile, qu’en décembre 2006, son père aurait été assassiné par balle en sa présence, devant la porte de sa boutique, par un groupe armé appartenant au clan Habar Guidir qui voulait extorquer son argent ; que ces miliciens connaîtraient ce quartier, viendraient enlever des personnes et les déposséder de leur bien, que suite à cet événement et en raison de la guerre civile, il aurait décidé de quitter son pays ; qu’un ami de son père lui aurait conseillé de se rendre en France afin d’y solliciter l’asile et aurait organisé son voyage via le Kenya ;

    Considérant toutefois que le récit de l’intéressé qui prétend être de nationalité somalienne et fuir son pays afin de sauvegarder sa sécurité n’emporte pas la conviction, que ses déclarations revêtent un caractère convenu, imprécis et dénué de spontanéité, notamment en ce qui concerne les circonstances dans lesquelles son père aurait été assassiné, en sa présence, en décembre 2006, par des personnes armées appartenant au clan de Habar Guidir, que de plus il reste très évasif à propos de la politique récente à Afgoy où il affirme pourtant avoir toujours résidé et de cette zone géographique – il ignore jusqu’aux noms des principaux quartiers de sa ville, que de surcroît il n’est guère plus explicite s’agissant des conditions dans lesquelles il aurait quitté son pays, qu’enfin il n’apport aucune explication sur son départ du Kenya et se borne à indiquer qu’il aurait suivi le conseil d’un ami de son père lui recommandant de solliciter l’asile en France, que l’ensemble de ces éléments incite à penser que contrairement à ce qu’il affirme, il n’est pas originaire de Somalie, que dès lors, sa demande ne saurait aboutir ;

    Qu’en conséquence, la demande d’accès au territoire français formulée au titre de l’asile par X… se disant M. Abdi Hossein doit être regardée comme manifestement infondée.

    Considérant qu’il y a lieu en application de l’article L.213-4 du Code d’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de prescrire son réacheminement vers le territoire de la Somalie ou, le cas échéant, vers tout territoire où il sera légalement admissible.

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    Abdi Hossein se rend au bureau de la Croix-Rouge pour comprendre ce qu’il y a écrit sur le document que la police vient de lui remettre. Un employé de la Croix-Rouge lui conseille d’aller au bureau de l’Anafé, au fond du couloir. Lise Blasco, bénévole à l’Anafé, reçoit Abdi et lui explique son rejet de demande d’asile, avec l’aide d’un traducteur bénévole en somali, contacté par téléphone. Elle décide de présenter un recours juridique devant le Tribunal administratif pour contester le rejet de la demande d’asile d’Abdi. À nouveau, elle interroge longuement Abdi Hossein avec l’aide de l’interprète. Puis elle l’accompagne à l’infirmerie du centre, afin que le médecin de garde lui établisse un certificat médical attestant des impacts de balle qu’Abdi dit avoir reçu dans chaque jambe. Ensuite, Lise Blasco ferme la porte du bureau à clé et se met à rédiger le référé qu’elle faxe aux greffes du Tribunal administratif en début de soirée. Quelques heures plus tard, Abdi Hossein est appelé à descendre avec ses bagages.
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    Amadou Mporé arrive ému dans le bureau. Il s’assoit devant moi et sort de sa poche une boule de tissu, un débardeur déchiré, en sang, qu’il pose sur la table.

    À 10 h du matin, je suis appelé en bas avec mes bagages. Je descends avec mon sac et je sonne à l’interphone. Le policier me fait entrer dans une salle d’attente et me demande de patienter. Je reste assis deux heures. À l’appel du repas de midi, le policier me dit d’aller manger en laissant mon sac ici et me demande de revenir sonner après le repas. Il me raccompagne dans le hall où je rejoins les autres qui vont au réfectoire. À table, des gens me demandent ce que je faisais avec la police, où j’étais et pourquoi. Je ne parle pas : je ne les connais pas, et puis un policier surveille le réfectoire. Je reviens dans la salle d’attente vers 12 h 30. Deux policiers en uniforme bleu-marine, avec des Rangers aux pieds, des gants en cuir noir, une matraque à la ceinture, entrent peu après. Il me disent qu’ils vont m’emmener à l’aéroport : ‘Tout se passera bien si tu te tiens tranquille, mais si tu fais des difficultés, on va t’attacher’. Je crie, je ne veux pas qu’on m’attache. Les policiers se dirigent vers moi, ils sont au nombre de six. Ils ont été rejoints par leurs collègues en chemise bleu ciel et képi, qui étaient assis dans la salle d’attente. Ils ont commencé à m’attacher avec des bandes. Je criais : ‘Laissez-moi ! Laissez-moi !’ J’ai pleuré. J’ai enlevé ma chemise, je me suis trouvé en débardeur. Les policiers m’ont pris par le cou et m’ont renversé en avant. Je suis tombé le visage à terre, je me suis ouvert la lèvre. Ils se sont mis à frapper : ils ont piétiné ma jambe avec leurs chaussures, le tibia, le genou gauche, le pied droit. L’un d’entre eux a mis son genou sur ma joue, il a plaqué mon visage contre le sol. La bagarre a duré entre dix et vingt minutes peut-être. Une camionnette de police est venue se garer devant la porte de sortie qui relie le poste de police au parking, mais on ne m’y a pas emmené. Je suis allé m’asseoir. Certains policiers en tenue d’escorte et d’autres en chemise bleue claire ont voulu me donner un verre d’eau. J’ai dit : ‘Non, je ne veux pas d’eau’. J’ai pleuré, pleuré. Le jeune policier qui m’a donné l’eau m’a conseillé :

    - Prends un avocat.

    - Si j’avais volé, vous pouviez me faire ça. Mais je n’ai pas volé. Vous ne pouvez pas me faire ça. Je vais prendre un avocat. Je vais prendre un avocat.

    Les policiers me disent d’attendre. Je leur dis que je veux me laver. Un policier en bleu marine (un métis, costaud) m’a accompagné chez le médecin. Lui n’était pas là en même temps que les autres, il est venu plus tard avec la camionnette ; lui ne m’a pas touché. Dans le cabinet médical, une infirmière prend ma tension, un médecin m’ausculte, il me demande où j’ai mal. Il me donne un comprimé contre la douleur. Non, il ne me donne pas de certificat médical : ce qu’il a écrit, il l’a gardé pour lui. Puis je suis monté directement chez toi ici.

    Six jours après son arrivée en zone d’attente, Djibril Ba est appelé à descendre avec ses bagages. Il est menotté et escorté par trois agents de l’Unité nationale d’escorte, de soutien et d’intervention (UNESI) vers Bamako, où il est remis aux mains des officiers de la police locale.
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    À 23 h 15, Abdi Hossein est placé en garde à vue. Il comparaît deux jours plus tard devant la 17e chambre du Tribunal correctionnel pour « infraction d’entrée ou séjour irrégulier et soustraction à l’exécution d’une mesure de refus d’entrée en France ». Il est condamné à un mois de prison ferme et transféré à la prison de V.
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    Halima Seyum me rappelle depuis un foyer Emmaüs dans le 14e arrondissement de Paris. Elle y est logée pour une nuit seulement, car c’est un foyer d’urgence pour les gens sans domicile. Elle attend d’être placée dans un foyer Aftam 93. Je vais la voir dans son foyer vers 16 h. Il ressemble à une vieille école, un bâtiment qui date du début du vingtième siècle, une esthétique de lieux publique des années 1960 : linoléum gris, meubles en bois véritable dépareillés, chaises d’école aux barreaux gris vert métallisés, odeur de gras. Nous allons boire un café dans le réfectoire, sur des tables longues couvertes de nappes en plastique. Tout est propre et patiné, pas encore aligné sur les matières plastiques et les formes rondes grossières que l’on trouve partout dans le neuf aujourd’hui, et aussi en zone d’attente. Son récépissé de huit jours, dans le délai desquels elle doit faire une demande d’asile à la préfecture, expire le lendemain. Le responsable du centre dit qu’ils enverront d’ici là sa demande d’asile à la préfecture, le cachet de la poste faisant foi.
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    Quelques jours plus tard, le téléphone sonne. C’est un employé de l’hôtel « Première Classe » à D. qui m’appelle à la demande de Halima Seyum. Elle n’a pas eu de place au foyer Aftam, mais elle a désormais une chambre jusqu’au 30 avril dans cet l’hôtel, où l’Aftam a logé, sur le même étage, d’autres demandeurs d’asile n’ayant pas pu être hébergés en foyer. Situé à une sortie du périphérique extérieur, l’hôtel ressemble à un « Formule 1 » de luxe, avec des orchidées sur le comptoir, une salle à manger propre et avenante, des distributeurs de café, de gâteaux et toutes les commodités nécessaires à un service sans personnel. Des cars de touristes sont alignés sur le parking. Halima est inquiète pour la nourriture. À l’Aftam, on lui a donné vingt euros pour la semaine, et la semaine prochaine, on lui donnera encore vingt euros. Ce n’est pas beaucoup. Quand elle est revenue de l’Aftam, elle avait très faim, elle se sentait mal. Alors elle a acheté une part de pizza dans la rue, mais elle a dépensé quatre euros sur les vingt qu’elle possède pour la semaine ! Elle voudrait partir en Angleterre : elle parle l’anglais, mais pas un mot de français, et sa compagne de chambre lui a dit qu’on pouvait travailler là-bas. Demandeuse d’asile renvoyée de Belgique sous le règlement « Dublin II », cette dernière est en Europe depuis quelques années déjà, et connait la ville.
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    Il faut bien réfléchir à cette question de départ vers l’Angleterre. Halima a été admise à la frontière comme demandeuse d’asile, ce qui indique qu’elle a de bonnes chances d’obtenir l’asile – l’examen aux frontières est paradoxalement réputé plus difficile que l’examen de fond de la demande d’asile par l’Ofpra. Nous avons pris du café, nous sommes montées dans sa chambre, nous nous sommes assises sur son lit, dans une belle lumière de fin d’après-midi :

    La guerre entre l’Érythrée et la Somalie a fait beaucoup de morts. La guerre est bête. Nous vivons ici, eux vivent là-bas, et l’on décrète qu’il y a une frontière, là, et pour cette frontière, juste pour une ligne, on va s’entretuer, on va faire la guerre et tuer des milliers de gens. Pour cette ligne. Une frontière, c’est quoi ? Juste une ligne, rien de plus. La Somalie et l’Érythrée se sont disputées pour cette ligne, ils ont envoyé beaucoup de monde à la guerre, beaucoup de gens sont morts. Mes deux frères ont été envoyés à la guerre. Les deux : d’abord un, et puis ils sont venus chercher d’autres jeunes et ils ont pris le deuxième. Mes frères et sœurs avaient peur. On n’a eu aucune nouvelle. On ne savait pas où ils étaient : personne ne disait rien et les nouvelles non plus ne disaient rien. Il y a eu beaucoup de morts. Un jour, un train est arrivé, tout le monde est allé à la gare et l’on attendait les noms : ils lisaient une liste, et ceux qui étaient sur la liste, on savait qu’ils étaient morts. J’avais peur. J’ai attendu dans la peur et quand j’ai entendu le nom de mon frère, j’ai pleuré. Et je restais encore devant la liste. Et puis ils ont dit le nom de mon deuxième frère et je me suis évanouie. Les voisins m’ont ramenée à la maison. Mon père était très malade déjà à ce moment-là… Ah, ce ne sont pas des choses gaies. Excuse-moi, je t’ennuie en te racontant ces choses. Toi tu es ennuyée, mais moi ça me fait du bien, ça me soulage le cœur.

    On s’est dit au revoir en début de soirée. On s’est rappelées plus tard : je partais quelques semaines au Canada. Halima m’a souhaité bon voyage et m’a dit que si l’on ne se revoyait pas d’ici mon départ, elle me disait au revoir. Je suis passée à l’hôtel avant de partir, mais elle m’avait prévenue qu’elle ne serait sans doute pas là, parce qu’elles allaient, avec sa compagne de chambre, à l’Armée du salut pour chercher de la nourriture. Pas encore rentrée ? Déjà partie ? À mon retour du Canada en mai, j’ai appelé Pierre Gilles, du foyer Emmaüs, qui m’a amicalement donné le contact de la personne qui s’occupait de Halima à l’Aftam. Je l’ai appelé pour avoir des nouvelles ; il m’a dit un peu sèchement : « elle a disparu dans la nature ».

    #Confinement et #subjectivation

    Comment le contrôle frontalier fonctionne-t-il au quotidien ? Quelles fonctions garde-t-il dans une perspective à plus long terme de parcours dans le pays d’accueil ? Comment les gestions institutionnelles de la circulation produisent-elles de nouvelles façons de gouverner les non-nationaux, aussi bien « étrangers » qu’« apatrides » : ceux dont le lien à l’État et à la Nation est de fait suspendu ? Voici quelques questions qui se posent au regard des parcours esquissés. Chacun bien sûr entre dans ces apnées administratives avec son bagage : ses connaissances, ses résistances, ses références, ses ressources, ses peurs. Fereydoun Kian mesure deux mètres pour une centaine de kilos : il sera directement placé en garde à vue sans subir de tentative de renvoi sous escorte. Sylvie Kamanzi s’en tient fermement aux connaissances administratives qu’elle a développées au cours de dix ans d’exils successifs entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC) : d’abord, ne pas laisser savoir que l’on est rwandaise ; ensuite, face aux extorsions et aux violences de la police, toujours refuser de se rendre à un interrogatoire et garder le silence. Ces leçons tirées de l’expérience la mèneront très vite à un malentendu indénouable avec l’administration et à son refoulement dans le premier avion du retour.
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    Si les personnes placées dans des centres de rétention administrative (CRA) pour les sans-papiers arrêtés sur le territoire français ont toutes fait l’expérience, quoique différente, d’une vie en France et souvent d’un parcours administratif10 , ceux qui débarquent des avions ne partagent aucune expérience commune. Il n’existe pas de seuil, même minimal, de connaissance partagée de la culture administrative nationale, de la culture matérielle globale qui prévaut dans les aéroports et les nouveaux centres aseptisés11 , des codes moraux et humanitaires de la démocratie occidentale12 ; pas de continent commun, de langue commune ni de formation politique identique. Comment comprendre l’expérience intime du maintien en zone d’attente en s’attachant à des situations et des trajets si variés, dont le vécu s’inscrit dans des grammaires culturelles, un univers symbolique, des savoirs pratiques différents ? Est-ce que le même mot de « maintenus » est suffisant pour conférer une situation commune à ce kaléidoscope d’expériences qui se croisent dans le temps court de la détention frontalière ?

    https://www.politika.io/fr/notice/prisonniers-du-passage-ethnographie-detention-frontaliere-france
    #frontières #rétention #détention_administrative #zone_d'attente #MNA #mineurs_non_accompagnés #disparitions #Guinée_Conakry #aéroport #Zapi_3 #Ofpra #asile #migrations #réfugiés #Croix-Rouge #Aftam_93 #police #violences_policières #Unité_nationale_d'escorte_de_soutien_et_d'intervention #UNESI #hébergement #logement #CRA #débouté #sans-papiers


  • #Saint-Denis (93) : cantine de soutien aux nouveaux squats des alentours
    https://fr.squat.net/2018/10/19/saint-denis-93-cantine-de-soutien-aux-nouveaux-squats-des-alentours

    Début octobre, un squat d’anciens de l’Attiéké, rue Joncherolles à Saint-Denis, s’est fait expulser, laissant de nombreuses personnes sans logement. Et depuis une semaine, un squat de #Stains se retrouve lui aussi en danger juste avant l’hiver. Alors dimanche 28 octobre à 19h, au 166 rue du Landy, rendez-vous à la cantine organisée en soutien aux […]

    #Le_Landy_Sauvage #Seine-Saint-Denis


  • De la conception émotionnelle en ses limites
    http://www.internetactu.net/2018/10/17/de-la-conception-emotionnelle-en-ses-limites

    Camille Alloing (@caddereputation) et Julien Pierre (@artxtra) sont chercheurs en science de l’information et de la communication. Ils sont surtout les auteurs d’un très intéressant petit livre paru en 2017 chez Ina édition : Le Web affectif. Sur la scène de la conférence Ethics by Design à Saint-Denis, ils sont venus (...)

    #Articles #Recherches #attentionbydesign #émotion #informatique_émotionnelle


  • #Chrono-cartographie du #massacre du #17_octobre_1961

    Aux cartes minutieuses des lieux où se sont produites violences et massacres le 17 octobre 1961, Léopold Lambert, architecte, essayiste et directeur de la publication de la revue The Funambulist joint une analyse de la temporalité de cette guerre coloniale d’abord dénommée « opération de police ».

    Dans la recherche que je mène sur la structure des cinq épisodes d’#état_d’urgence déclarés par la #France depuis 1955, un événement-clé est le massacre du 17 octobre 1961 à #Paris, peu avant la fin de la révolution algérienne. Ce qui frappe dans la commémoration annuelle (bien timide au regard de l’importance de l’événement) : l’unicité supposée de lieu et de temps. Selon le récit communément admis, les scènes les plus violentes, des policiers jetant des Algérien.ne.s dans la Seine, se produisirent autour de la #place Saint_Michel, au centre de Paris, et advinrent à un moment d’exaspération où les manifestations de masse étaient interdites. Ce que révèlent au contraire les recherches, c’est la multiplicité des lieux et des moments du massacre. C’est ce qu’essaie d’illustrer cette série de cartes, qui utilise des images aériennes (à plus ou moins 3 ans de la date en question) ; j’ai suivi la méthode précédemment utilisée pour montrer la relation entre l’organisation de la ville et la sanglante répression de la Commune de Paris (voir les cartes)

    Pour comprendre l’événement, il faut le replacer dans son contexte historique : en #1961, la révolution menée par le #Front_de_Libération_Nationale (#FLN), qui vise à décoloniser l’#Algérie, entre dans sa septième année. Née dans la Casbah d’Alger, le mouvement décolonial s’étend au reste de l’Algérie, ainsi qu’aux grandes villes françaises, où vivent de nombreux Algérien.ne.s (350.000 en 1962). Bien que plusieurs administrations s’occupant des Nord-Africains vivant et travaillant en France aient déjà été créées par l’État français – pour les années 1920 et 1930 voir Policing Paris : The Origins of Modern Immigration Control Between the Wars de Clifford Rosenberg (Cornell, 2006) — les Algérien.ne.s en France ne sont pas, du point de vue administratif, considéré.e.s comme des sujets coloniaux, et avaient théoriquement les mêmes droits que tout citoyen français, l’Algérie étant considérée comme faisant partie de la France. En réalité, la ségrégation est évidente en ce qui concerne l’emploi et le logement, et la police, en particulier à Paris, pratique quotidiennement le #profilage_racial. La #Brigade_Nord-Africaine (#BNA) qui ciblait explicitement les Nord-Africains et avait été un auxiliaire de la Gestapo durant l’Occupation (1940-1944), fut dissoute en 1945 mais en 1953 est créée une nouvelle branche de la police parisienne qui fonctionne sur le même mode : la #Brigade_des_Agressions_et_Violences (#BAV). Le profilage racial comme tactique coloniale et contre-insurrectionnelle atteint son apogée lorsque le 5 octobre 1961 un #couvre-feu est déclaré par la Préfecture de Police de la Seine (zone métropolitaine de Paris) : il ne vise que les Algérien.ne.s.

    Un personnage est central, pas uniquement pour le massacre du 17 octobre 1961 mais plus généralement pour la tradition de #violence de l’État français des années 40 aux années 80 : #Maurice_Papon. Sous l’Occupation nazie (1940-1944), en tant que Secrétaire général de la préfecture de Bordeaux, il organise la déportation de 1.600 juif/ve.s du Sud de la France avers le camp de Drancy, dans la banlieue parisienne ; ils seront déportés à Auschwitz. Son procès pour sa participation à l’Holocauste n’eut lieu qu’en 1998 et, après la Libération, il occupa de nombreuses responsabilités officielles, toutes en rapport avec le colonialisme français et la contre-insurrection — ce qui en fait une sorte d’alter ego historique de Robert Bugeaud (souvent cité dans les textes de The Funambulist), très actif dans la contre-insurrection et sur le front colonial, tant en France qu’en Algérie, dans les années 1830 et 1840 :
    – 1945 : chargé de la sous-direction de l’Algérie au ministère de l’Intérieur.
    – 1946 : participe à la Commission interministérielle sur les Antilles françaises.
    – 1949 : première nomination comme préfet de Constantine (Algérie).
    – 1951 : Secrétaire général de la Préfecture de police de Paris.
    – 1954 : nommé Secrétaire général du Protectorat du Maroc.
    – 1956 : revient à Constantine en tant qu’IGAME (préfet avec des pouvoirs extraordinaires) pour mener la contre-insurrection contre les mouvements décoloniaux du Nord-Est de l’Algérie. En 1956 et 1957, des rapports font état de 18.316 “rebelles” [sic] tués par la police et l’armée coloniales françaises, et de 117.000 personnes “regroupées” dans des camps — voir le livre de Samia Henni, Architecture of Counterrevolution : The French Army in Northern Algeria (gta, 2017)

    En 1958, le FLN à Paris est particulièrement actif dans son organisation politique clandestine, levant et transférant des fonds tout en exécutant ses opposant.e.s, des Algérien.ne.s considérés comme “traîtres.ses” et des officiers de police français. Le 13 mars 1958, des policiers manifestent devant l’Assemblée nationale pour exiger plus de latitude et plus d’impunité dans l’exercice de leurs fonctions. Le lendemain Papon, fort de son expérience tactique et stratégique en matière de contre-insurrection, est nommé Préfet de la Seine et est chargé d’anéantir le FLN dans la zone métropolitaine de Paris. Comme le montrent les cartes 3 et 4, le 28 août 1958 Papon organise des rafles massives d’Algérien.ne.s, dont 5.000 sont détenus dans le tristement célèbre “Vel d’Hiv,” le vélodrome où le 17 juillet 1942 12.884 juif/ve.s furent parqués avant d’être déportés à Auschwitz. En janvier 1959, Papon crée le Centre d’Identification de Vincennes (CIV) où les Algérie.ne.s peuvent être légalement “assignés à résidence” [sic] sans procès (voir la carte 18). En mars 1961, il crée une nouvelle branche de la police placée directement sous ses ordres : la Force de Police Auxiliaire, composée de harkis (des volontaires algériens de l’armée et de la police française, en France et en Algérie). On laisse à ces policiers la plus grande latitude pour anéantir le FLN et les nombreux Algérien.ne.s soupçonnés d’avoir des liens avec l’organisation décoloniale — dans la mesure où le FLN menaçait les Algérien.ne.s réticent.e.s à payer l’impôt révolutionnaire, cela voulait dire pratiquement tous les Algérien.ne.s — sont arbitrairement arrêté.e.s et torturé.e.s dans les commissariats et dans les caves d’autres bâtiments (cf cartes 5, 6, 7). Certain.e.s des torturé.e.s sont ensuite jeté.e.s à la Seine, plusieurs mois avant le massacre du 17 octobre 61, associé à cette atroce pratique.

    Les références que j’ai utilisées pour cet article (voir plus bas) sont très précises et complètes dans la description du massacre du 17 octobre 61 et de son contexte historique, mais, de façon très surprenante, elles omettent un élément important de ce contexte : le 21 avril 1961, quatre généraux de l’armée coloniale française en Algérie, Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller tentent un coup d’État contre le président, Charles De Gaulle, qui est alors en train de négocier l’indépendance algérienne avec le Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA). Le 23 avril l’état d’urgence est déclaré en France, et le 26 avril les généraux sont arrêtés : le coup d’État échoue. L’état d’urgence reste néanmoins en vigueur pour prévenir d’autres tentatives, ou des actions terroristes de l’Organisation Armée Secrète (OAS) en faveur de l’Algérie française. L’état d’urgence dura jusqu’au 9 octobre 1962 (un mois après l’indépendance de l’Algérie) et n’était pas à l’origine dirigé contre les Algériens – à la différence de ceux de 1955 et de 1958 –, mais il ne fait aucun doute que les pouvoirs extra-exécutifs qu’il accordait ont influé grandement sur la conduite de Papon à la fin de l’année 1961.

    Comme on l’a mentionné, l’une des mesures prises par Papon est le couvre-feu du 5 octobre 61 visant les Algériens. Cette mesure motive la Fédération française du FLN à organiser des manifestations de masse le 17 octobre. Tous les hommes algériens doivent rejoindre le cortège, sans arme — toute personne trouvée en possession d’un couteau sera sévèrement châtiée par le FLN — dans le centre de Paris dans la soirée pour former trois cortèges et protester contre le couvre-feu en particulier, et le colonialisme français en général. Ce que les cartes ci-dessous essaient de montrer est la difficulté pour les Algérien.ne.s vivant et travaillant en banlieue d’arriver en centre-ville pour rejoindre les manifestations. On peut ici insister, comme nous le faisons souvent sur The Funambulist , sur la centralité ségrégative de Paris, toujours opérationnelle aujourd’hui. Ponts et stations de métro sont des lieux de grande violence, dans la mesure où leur étroitesse permet un contrôle sévère et systématique par la police (voir les cartes 8, 9, 10, 11 et 12). Dans nombre de ces lieux, les Algérien.ne.s sont arrêtés, systématiquement tabassé.e.s avec des bâtons, parfois abattu.e.s par balles et jeté.e.s à la Seine (voir les cartes ci-dessous pour plus de détails). Bien qu’on sache que Papon n’a pas donné d’ordres directs pour le massacre, il était présent dans la salle de commandement de la Préfecture de Police, à quelques mètres du bain de sang de Saint-Michel (voir carte 12), et l’absence de tout ordre pour empêcher violences et tueries, ainsi que les fausses rumeurs, sur la radio de la police, que les Algérien.ne.s avaient tué des policiers, en fait l’officiel responsable effectif du massacre — pour lequel il ne sera jamais poursuivi.

    C’est encore plus vrai si on regarde au-delà des meurtres « de sang chaud » commis lors de la manifestation. Plus tard dans la nuit, et les jours suivants, les tabassages systématiques et même les meurtres continuent dans les centres de détention improvisés, de taille variée — les plus grands étant le State de Coubertin (1.800 détenus, voir carte 16), le Parc des Expositions (6.600 détenus, voir carte 17), et le CIV (860 détenus, voir carte 18) —, dans les opérations de police menées sur les ponts et aux portes de Paris (voir carte 19), et contre les manifestations de femmes et enfants algériens organisées par le FLN le 20 octobre (voir carte 21).

    Le nombre d’Algérien.ne.s tué.e.s ou blessé.e.s dans cette semaine sanglante d’octobre 61 demeure inconnu, entre autres du fait dont le archives de la police ont été organisées de telles façon à montrer un nombre de mort.e.s bien inférieur à la réalité — certains des mort.e.s figurent sur la liste des expulsé.e.s vers l’Algérie — mais on estime que 200 à 300 Algérien.ne.s, et que 70 à 84 autres furent tué.e.s après avoir été jeté.e.s à la Seine. Il a fallu des années pour reconnaître ces mort.e.s, contrairement aux neuf victimes du massacre du 8 février 1962, tuées par la police de Papon au métro Charonne lors de la grande manifestation contre les attentats de l’OAS. Ces neuf Français.es étaient membres du Parti Communiste et de la CGT. Leur mémoire fut saluée quatre jours plus tard dans les rues de Paris par un cortège de plus de 500.000 personnes ; aucun rassemblement de masse n’avait protesté le massacre des Algérien.ne.s. En 2001, une plaque fut apposée sur le pont Saint-Michel « À la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 ». Comme c’est souvent le cas lorsqu’il s’agit de la mémoire des crimes coloniaux en France, les responsables ne sont pas nommés : c’est un crime sans criminels et, comme on l’a noté plus haut, ce mode de narration rétrécit considérablement la portée du massacre dans le temps et l’espace. C’est pourquoi l’on peut préférer une autre plaque, apposée en 2007 à Saint-Denis, en banlieue : « Le 17 octobre 1961, pendant la guerre d’Algérie, trente mille Algériennes et Algériens de la région parisienne manifestèrent pacifiquement contre le couvre-feu qui leur était imposé. Cette manifestation fut brutalement réprimée sur ordre du préfet de police de Paris. Des manifestants furent tués par balles, des centaines d’hommes et de femmes furent jetées dans la Seine et des milliers furent battus et emprisonnés. On retrouvera des cadavres dans le canal de Saint-Denis. Contre le racisme et l’oubli, pour la démocratie et les droits humains, cette plaque a été dévoilée par Didier Paillard, maire de Saint-Denis, le 21 mars 2007. » Mais néanmoins le contexte du colonialisme reste ignoré, illustrant une fois de plus que la France ne s’est jamais confrontée avec la violence de son passé, structurellement raciste et coloniale. La même ignorance prévaut pour la violence actuelle, qui en est directement issue

    Plus de 27% de la population française actuelle était en vie en 1961, et de nombreux acteurs du massacre du 17 octobre, manifestant.e.s algérien.ne.s et policiers français, en portent encore le souvenir, les blessures traumatiques (pour les premier.e.s) et la responsabilité impunie (pour les seconds). L’histoire oublie souvent de mentionner comment bourreaux et victimes ont à cohabiter dans une société indifférente à la violence de la relation qui les a liés, voire qui nie cette violence. À cet égard, la généalogie de cette violence n’est pas uniquement perpétuée au fil des générations, mais aussi par la racialisation de la société française, dirigée et contrôlée par une classe et une police en très grande majorité blanches — l’exemple le plus frappant en est la Brigade Anti-Criminalité (BAC) créée en 1971 selon la logique coloniale de la BNA et de la BAV, et particulièrement active dans les banlieues. À l’autre bout du spectre, des sujets racisés dont les vies sont souvent géographiquement, socialement et économiquement discriminées. Paris n’ayant pas structurellement évolué depuis la seconde moitié du 19e siècle, la spatialité militarisée à l’œuvre dans les cartes ci-dessous reste aujourd’hui prégnante.


    https://vacarme.org/article3082.html
    #cartographie #visualisation #police #violences_policières #colonisation #décolonisation
    cc @reka @albertocampiphoto


  • De l’éthique dans les organisations : réduire le fossé entre pratiques et discours
    http://www.internetactu.net/2018/10/12/de-lethique-dans-les-organisations-reduire-le-fosse-entre-pratiques-et

    La conférence Ethics by Design (@designethique) qui se tenait à Saint-Denis début octobre était l’occasion de faire le point sur la conception #éthique dans ses multiples acceptions. L’un des fils rouges de ces rencontres, interrogeait la question de l’éthique dans les organisations… Retour sur quelques-unes des présentations, pour tenter de (...)

    #Articles #Usages #eDémocratie #politiques_publiques


  • Brochettes à la sauvette

    Vendre, vivre et courir à la gare de Saint-Denis

    Par quelques membres du collectif Chouettes Brochettes

    http://jefklak.org/brochettes-a-la-sauvette

    De septembre 2017 à juin 2018, la mairie de Saint-Denis (93) a mené de grandes manœuvres sur le parvis de la gare RER. L’ennemi à abattre ? Une foule de vendeurs et vendeuses à la sauvette, presque tou·tes sans-papiers, qui vendaient brochettes, parfums ou vêtements pour survivre. Un groupe d’habitant·es, pas mécontent·es de voir leurs rues déborder de vie, s’est peu à peu organisé pour soutenir celles et ceux que l’administration voulait chasser. Une histoire de courses-poursuites quotidiennes avec la police, de solidarité et de transformations urbaines qui continue aujourd’hui.

    Cet article, exclusivement sur Internet, fait partie du nouveau numéro de Jef Klak, « Course à pied », sorti en librairie le vendredi 28 septembre 2018.


  • Kevin Limonier : géopolitique du cyberespace russophone - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=IFqsIm4x7VI

    Quel rôle joue Moscou dans le cyberespace ? À tort ou à raison, la Russie s’est construit une image de cyberpuissance, que les accusations américaines, renforcées par les déclarations du président français, ont grandement contribué à façonner. Kevin Limonier, maître de conférences en études slaves et géopolitique à l’Université Paris VIII - Vincennes-Saint-Denis, vient de publier le livre "Ru.net : géopolitique du cyberespace Notre invité nous décrypte le terrain cybernétique post-soviétique sur le plateau du « 64 minutes le monde en français » sur TV5MONDE.

    #remarquable interview de Kevin Limonier, découvert via @dedefensa, https://seenthis.net/messages/722819 un peu ironique, car visiblement frustré de ne pas se découvrir le seul anti-russophobe ;-)

    KL est suivi – et apprécié ! – ici depuis un bon bout de temps (l’époque où il était doctorant en Russie).

    • Ru.net – Les Éditions l’Inventaire
      Géopolitique du cyberespace russophone
      par Kevin Limonier • mai 2018
      https://editions-linventaire.com/livres/ru-net

      ISBN : 978-2-35597-032-0
      16 x 11 (à la française)
      128 p. mai 2018
      13 €

      À tort ou à raison, la Russie s’est construit une image de « cyberpuissance » que les accusations américaines, renforcées par les déclarations du président français, ont grandement contribué à façonner.

      Kevin Limonier pose ici la question de l’instrumentalisation politique, par la Russie comme par ses adversaires, d’un phénomène technique ayant acquis une immense importance stratégique. La lutte pour son contrôle est en effet susceptible de provoquer des guerres, de déstabiliser des régions entières, ou encore de priver les citoyens de certains de leurs droits les plus fondamentaux.

      Le retour objectif de la Russie sur la scène internationale s’accompagne d’une mise en récit s’appuyant sur un imaginaire issu de la « guerre froide ». C’est à cette « mise en récit » qu’est consacré le quatrième Carnet de l’Observatoire.

      Kevin Limonier est maître de conférences en études slaves et géopolitique à l’Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis.


  • Qu’est-ce que les #dents_creuses, les #interstices_urbains, les #espaces_délaissés ? Ces espaces qui nous échappent dans l’#espace_urbain ? Un retour sur ce séminaire avec Pascal Nicolas-Le Strat

    Professeur à l’Université Paris 8 Saint-Denis

    http://www.le-commun.fr
    pnls.fabriquesdesociologie.net

    Séminaire doctoral à Paris 8 : Faire commun en recherche(s)
    Réseau des Fabriques de sociologie : www.fabriquesdesociologie.net
    Site Comme-une-ville : www.comme-une-ville.net
    Co-initiateur de la revue Agencements. Recherches et pratiques sociales en expérimentation

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    Interstices urbains et pratiques culturelles
    https://www.implications-philosophiques.org/Habitat/Guillaud1.html

    Interstices urbains et pratiques culturelles

    « Dans les sociétés très normalisées qui étouffent sous le consensus, relèveront de l’art le plus intéressant a priori les créations qui instillent dans la mécanique du contrôle une figure d’indiscipline, d’irréductibilité à la normalisation. La poésie doit être transformative. »[1]

    « Du fait de leur statut provisoire et incertain, les interstices laissent deviner ou entrevoir un autre processus de fabrication de la ville, ouvert et collaboratif, réactif et transversal. Ils nous rappellent que la société ne coïncide jamais parfaitement avec elle-même et que son développement laisse en arrière plan nombre d’hypothèses non encore investies. (…) L’interstice se constitue donc à un niveau politique ; il tente de faire rupture avec l’ordonnancement classique de la ville. »[2]

    vers une nouvelle manière de vivre/d’investir la ville ?

    Alors que l’espace public semble se « normaliser », s’émietter, raréfiant les circonstances de sociabilité et d’échange qui permettent à l’individu de prendre part et d’agir sur son environnement, apparaissent dans le tissu urbain spatial et mental pour des durées plus ou moins longues, des vides, des espaces en transition, en attente. Toujours situés en marge, même s’il s’agit d’interstices « intra » urbains, ils représentent un enjeu particulièrement intéressant et un défi pour les responsables du développement urbain, les architectes, les urbanistes, les artistes, les habitants. Leur caractère indéterminé et vague est peut-être, nous le verrons, ce qui en fait des lieux de possibles.

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    Penser la ville incertaine : périmètres et interstices. | Espacestemps.net
    https://www.espacestemps.net/articles/penser-la-ville-incertaine-perimetres-et-interstices

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    Marc Dumont

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    Penser la ville incertaine : périmètres et interstices.
    http://urbanismo.8m.com

    par Marc Dumont

    Urbanismo, réalisé par Jonás Figueroa, architecte et enseignant à l’École d’Architecture de l’Université de Santiago (Chili), constitue une occasion intéressante pour proposer un point d’étape sur une question de plus en plus présente dans les réflexions des sociologues, urbanistes, architectes et géographes, liée au phénomène mondial d’expansion des métropoles dont on nomme souvent « étalement urbain » l’aspect le plus visible, morphologique, et qui reste pourtant encore approché de manière peu satisfaisante et systématique. L’étalement urbain comme processus de morphogenèse correspond au deuxième caractère d’une métropolisation paradoxale qui en fait simultanément un mouvement de concentration (capitaux, richesses) et de dispersion (morphologique) comme l’a montré Saskia Sassen (Sassen, 1994).

    #urban_matter #zone_blanche #zone_grise #interstices_urbains


  • Lire des vies. L’approche biographique en lettres et en sciences humaines et sociales

    Vient de paraître un ouvrage que j’ai un beaucoup de plaisir à co-diriger avec Bernard Idelson (Université de La Réunion), et qui porte sur les approches biographiques en Lettres et sciences humaines et sociales. Il s’agit de l’édition des actes du colloque du même nom, qui a eu lieu à l’université de Saint Denis (La Réunion) en février 2017.

    Voici la référence exacte :

    Idelson, Bernard et Babou, Igor (dir.), Lire des vies. L’approche biographique en lettres et en sciences humaines et sociales . Saint-Denis : Presses Universitaires Indiaocéaniques, 2018.

    http://igorbabou.fr/lire-des-vies-lapproche-biographique-en-lettres-et-en-sciences-humaines-et

    Les auteurs : Igor Babou, Karine Bastide, Christophe Cosker, Pascale Delormas, Christine Détrez, Mylène Eyquem-Lebon, Béatrice Fleury, Christian Germanaz, Bernard Idelson, Delphine Leroy, Carpanin Marimoutou, Ophélie Naessens, Claude Nosal, Claire Oger, Anne Piponnier, Vilasnee Tampoe-Hautin, Jacques Walter, Caroline Yaniv-Ollivier

    #Lettres #SHS #Biographie #Epistémologie #communication #sociologie #géographie


  • Incendie à Aubervilliers : « Les marchands de sommeil, c’est de la délinquance économique »

    http://www.liberation.fr/france/2018/08/21/incendie-a-aubervilliers-les-marchands-de-sommeil-c-est-de-la-delinquance

    Sept personnes dont cinq enfants ont été grièvement blessés dans l’incendie d’un immeuble du centre d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) dimanche. La maire PCF de la commune, Meriem Derkaoui, a déclaré que l’édifice ne disposait d’aucune autorisation d’habitation. C’était un bâtiment bénéficiant juste d’un bail commercial. De nombreuses personnes d’une même famille y vivaient malgré tout. L’enquête devra notamment déterminer si ce bâtiment était aux mains d’un marchand de sommeil. Deux jours après le sinistre, Stéphane Peu, député PCF du département, très actif sur la question du logement, plaide pour que cette thématique soit déclarée « grande cause nationale ». Ce qu’il s’est passé à Aubervilliers est, selon lui, révélateur de la pénurie d’appartements en Ile-de-France.
    Concernant cet incendie, il apparaît que de nombreuses personnes d’une même famille cohabitaient dans un petit espace vétuste. S’agit-il d’un phénomène courant en Seine-Saint-Denis ?

    C’est l’un des phénomènes caractéristiques de l’habitat insalubre. Il y a d’une part des logements vétustes et insalubres, et d’autre part des locaux qui ne sont pas destinés à l’habitation mais qui sont utilisés comme tels. Il y a des gens qui vivent dans des caves d’immeuble, des réserves de commerces, des boxes de garage, des cabanes de jardin… Ce sont des locaux par définition dangereux. Evidemment, une cave ne remplit pas les critères de sécurité. Il y a beaucoup de décès à cause de ça, notamment en cas d’incendie. C’est la pénurie de logements qui est à l’origine de ces situations de mal-logement. Un bien de très grande médiocrité, voire dangereux, trouve toujours preneur, souvent à des prix exorbitants. Les locataires sont des personnes vulnérables, qui n’ont pas d’autre choix, comme les femmes victimes de violences, les personnes sans garanties. Ce sont les proies des marchands de sommeil. Ce qui est sûr dans le cas de l’immeuble qui a pris feu à Aubervilliers, c’est qu’il s’agissait d’une situation de mal-logement. L’enquête dira s’il y avait aussi une exploitation financière.
    En tant qu’élu de Seine-Saint-Denis, qu’avez-vous constaté dans les logements indignes ?
    Ce sont des logements dont l’électricité n’est pas aux normes, dont la peinture au plomb menace les enfants de saturnisme, avec des plafonds gorgés d’eau qui menacent de s’écrouler, des planchers qui s’effondrent, des taux d’humidité dangereux… Dans la petite couronne parisienne et dans certains quartiers des arrondissements populaires, on estime qu’il y a jusqu’à 40% de logements indignes dans le parc privé [la Seine-Saint-Denis est le département francilien le plus touché par l’habitat indigne, avec 7,5% du parc privé considéré comme tel, ndlr].
    La maire d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui, en appelle au gouvernement pour lutter contre les marchands de sommeil. Qui sont ces propriétaires sans scrupule ?

    Nombre d’entre eux font des placements dans l’immobilier insalubre ou vétuste à forte rentabilité, souvent avec la complicité passive de l’Etat, par exemple au cours de ventes aux enchères judiciaires. Ils achètent peu cher des biens immobiliers très dégradés et les louent ensuite très cher à des personnes acculées. C’est une délinquance économique. Bien souvent, ils se cachent derrière des sociétés. En Seine-Saint-Denis, le blanchiment de l’argent sale, l’argent de la drogue se fait beaucoup à travers les marchands de sommeil avides d’argent. Ils ont parfois pignon sur rue. J’ai connu le cas d’un avocat, par exemple. Récemment, un médecin parisien a été suspendu par l’ordre des médecins et condamné par la justice. Il y a aussi eu un professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine qui a été radié. Il avait un immeuble, à Saint-Denis, dans lequel cinq personnes sont mortes au cours d’un incendie en septembre 2012. Ces propriétaires profitent de la pénurie de logements, des 12 millions de mal-logés en France, ainsi que de la faiblesse de l’arsenal juridique français pour prospérer.

    Délinquance économique et aussi crime sexistes organisé avec complicité de l’état.


  • Liste des Zones Urbaines Sensibles Z.U.S. en Françe par LEMONITEUR
    https://www.flickr.com/photos/memoire2cite/43387630914

    Flickr

    https://pbs.twimg.com/card_img/1030717594268037120/MQgIWef4?format=jpg&name=600x314

    mémoire2cité - Les documents relatifs aux délimitations, rue par rue, des quartiers figurant dans cette liste peuvent être consultés à la délégation interministérielle à la ville et au développement social urbain, 194, avenue du Président-Wilson, 93217 Saint-Denis-La Plaine Cedex, auprès des préfectures et des directions des services fiscaux des départements concernés et auprès des mairies des communes concernées.

    Ain (01)

    Bourg-en-Bresse : quartiers Le Pont des Chèvres, Reyssouze.

    Oyonnax : quartiers La Plaine, La Forge.

    Aisne (02)

    Laon : quartiers Champagne, Moulin Roux ; Ile-de-France ; Montreuil.

    Saint-Quentin : quartiers Europe ; Faubourg d’Isle ; Le Vermandois : Vermand, Fayet, Artois, Champagne ; Neuville.

    Soissons : quartier Presles Chevreux.

    Allier (03)

    Cusset : quartiers Presle, Les Darcins.

    Domérat : quartier Bien Assis ().

    Montluçon : quartiers Bien Assis () ; Dunlop, Pré Géné ; Fontbouillant.

    Moulins : quartiers Les Chartreux ; Moulins Sud : Champins, Champmilan, Nomazy.

    Vichy : quartiers Les Ailes, Port Charmeil.

    Yzeure : quartier Le Plessis.

    Alpes-de-Haute-Provence (04)

    Digne-les-Bains : quartiers Le Pigeonn


  • À #Calais, un #état_d’urgence opportun

    Depuis plus de 20 ans, la préfecture du Pas-de-Calais et la mairie de Calais utilisent tous les moyens pour empêcher les exilé·e·s, en route pour la Grande-Bretagne ou en attente de l’examen de leur demande d’asile en France, d’installer des lieux de vie, et pour empêcher les habitant·e·s et associations de leur venir en aide. Bien que la menace terroriste soit nulle dans le Calaisis, l’adoption de l’état d’urgence a donné les coudées franches aux autorités.

    La déclaration de l’état d’urgence, à la suite des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, a fourni l’occasion à la préfecture du Pas-de-Calais d’utiliser les pouvoirs dérogatoires prévus par la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence. Le président de la République avait en effet considéré, par son décret du 14 novembre 2015, que le péril combattu devait l’être sur l’ensemble du territoire métropolitain. Sauf qu’à Calais, il n’a pas été question un seul instant de combattre le terrorisme. À notre connaissance, le territoire calaisien n’a d’ailleurs jamais constitué un enjeu dans la lutte contre Daesh.

    L’objectif était donc ailleurs : depuis plus de 20 ans, pour empêcher l’apparition de lieux de vie d’exilés à Calais, le préfet a pris l’habitude d’utiliser tous les moyens à sa disposition. Très vite, les forces de l’ordre calaisiennes ont considéré qu’elles ne pouvaient se passer des pouvoirs extraordinaires posés par la loi du 3 avril 1955. Extra-ordinaires, car, pour la plupart, ces pouvoirs sont complètement étrangers au droit commun et permettent de porter des graves atteintes à la liberté d’aller et de venir des personnes.

    L’application de l’état d’urgence à Calais, qui n’aurait jamais dû avoir lieu, intervient dans un contexte particulier. En novembre 2015, environ 6 000 exilés vivent à Calais. Certains sont demandeurs d’asile en France, quelques-uns sont en errance, tandis que d’autres cherchent à rejoindre le Royaume-Uni par des moyens irréguliers rendus nécessaires par l’insuffisance des procédures légales, en particulier en matière de réunification familiale [1].

    À cette époque, la maire de la commune de Calais et la préfète du Pas-de-Calais se félicitent d’avoir finalement obtenu la disparition de l’ensemble des squats et lieux de vie d’exilés implantés en centre-ville, en les repoussant sur le bidonville de la Lande, zone marécageuse située aux abords de la rocade portuaire. Cet « encampement » en marge de la ville expose les exilés à des conditions de vie particulièrement indignes [2]. Les personnes « relocalisées » doivent s’y installer dans des abris de fortune, à proximité du centre Jules Ferry où sont distribués, en quantité insuffisante, des repas et où est proposé un service de douches, volontairement sous-dimensionné, pour vraisemblablement éviter de rendre le lieu trop attractif. Parmi les exilés, figurent de très nombreux mineurs isolés, parfois très jeunes. Plusieurs associations françaises et britanniques se mobilisent alors pour apporter aux exilés l’assistance que les pouvoirs publics refusent d’accorder.

    Mais, pour sa part, l’autorité préfectorale travaille essentiellement à mettre à l’écart cette population et à empêcher les tentatives de passage. Et, à la fin de l’année 2015, c’est un État, probablement à court d’idées pour freiner l’essor de ces tentatives et maîtriser le nombre d’exilés présents, qui va profiter de la déclaration de l’état d’urgence.

    Dissuader les tentatives de passages

    L’état d’urgence va d’abord être utilisé pour sécuriser la frontière. Pour empêcher les tentatives de franchissement de la frontière, les dispositifs de protection ont été renforcés en 2015. À la suite d’un accord passé entre le ministre de l’intérieur français et le ministre du Home Office britannique en septembre 2014, la zone portuaire [3] est littéralement fortifiée par l’érection d’une double clôture de deux et quatre mètres de haut, et qui s’étend sur près de trois kilomètres le long de la rocade menant aux embarcadères du port de Calais.

    Évidemment, cela ne suffit pas à ralentir le nombre important de tentatives de passage, cela ne fait qu’en déplacer le lieu de la mise en œuvre. L’on tente toujours de franchir la frontière aux abords de l’Eurotunnel ; en juin 2015, Theresa May, ministre du Home Office affirme devant la Chambre des communes qu’au total 30 000 tentatives de passages ont été constatées sur les dix derniers mois [4].

    Les ministres de l’intérieur français et britannique vont donc, par un nouvel accord, le 20 août 2015 [5], allouer des moyens supplémentaires à la sécurisation du périmètre de l’entrée du tunnel, par un dispositif de clôtures, de vidéosurveillance, de technologie de détection infrarouge et de projecteurs lumineux. Ce renforcement drastique de la surveillance et de la protection de plusieurs points de passage ne décourage pourtant pas les exilés. Il les contraint cependant à prendre de plus en plus de risques. À tel point qu’en 2014 et 2015, on compte 46 décès à la frontière (sans citer les blessés).

    Pour enrayer les tentatives de passage que le dispositif ne ralentit pas, l’État va sortir la carte de l’état d’urgence. L’une des prérogatives prévues par l’article 5 de la loi du 3 avril 1955 permet au préfet de département d’« instituer, par arrêté, des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ». L’institution d’une zone de protection ou de sécurité est une mesure de police administrative attrape-tout, qui a pu, au début de la guerre d’Algérie, justifier d’importants déplacements de populations, des restrictions de circulation et même des assignations à résidence collectives, étant précisé que le non-respect de l’obligation imposée par l’autorité qui a institué la zone pouvait aboutir, comme le précise l’article 13 de la loi, à des peines d’emprisonnement. Alors que cette disposition devrait être maniée avec précaution, la préfète du Pas-de-Calais choisit de l’appliquer quelques jours après la déclaration de l’état d’urgence, le 1er décembre 2015, pour interdire la présence de piétons sur la rocade portuaire.

    Pourquoi une telle mesure ? L’article L. 2231-1 du code général des collectivités territoriales permet déjà à l’autorité de police (le maire ou le préfet) de réglementer, dans le cadre de ses pouvoirs ordinaires, les conditions de circulation sur les routes nationales. Mais surtout, une telle préférence donnée à la loi du 3 avril 1955 n’est pas compréhensible dès lors qu’aucun motif en lien avec l’état d’urgence n’est ici en cause, comme les commentateurs le soulignent [6]. Avec cet arrêté, ce n’est pas tant les aspects opérationnels de la zone de protection qui semblent intéresser la préfète du Pas-de-Calais, mais plutôt le label « état d’urgence », dont l’administration espère sûrement qu’il exercera un effet dissuasif sur les exilés tentés de passer. Mais, l’épouvantail ainsi créé n’a été d’aucun effet.

    L’obligation portée par cet arrêté a été massivement méconnue, pendant toute sa durée (la préfète du Pas-de-Calais ne parlait-elle pas, en octobre 2016, de plus de 30 000 intrusions piétonnes sur la rocade, chaque mois ?), sans qu’elle ne donne lieu, à notre connaissance, à des condamnations.
    Contrer le droit de manifester

    L’état d’urgence a également servi à restreindre le droit de manifester [7]. Là encore, ces limitations ont été régulièrement prononcées pour des motifs sans lien avec le risque d’attentats terroristes, au fondement de la déclaration de l’état d’urgence. Il a été instrumentalisé par le gouvernement pour assouvir des mobiles politiques et, tout particulièrement, pour contrer des manifestations hostiles à ses décisions. On connaît les assignations à résidence prises sur le fondement de l’article 6 de la loi du 3 avril 1955 contre des militants écologistes qui risquaient d’organiser des actions et des mobilisations au cours de la COP 21 (conférence internationale sur le climat qui s’est tenue au Bourget) ou encore les interdictions de séjour prononcées en application du 3° de l’article 5 de la loi du 3 avril 1955, contre des militants pour les empêcher de se rendre dans les secteurs où étaient organisées des manifestations contre la « loi travail ».

    À Calais, l’état d’urgence va permettre le gel du droit de manifester en soutien aux exilés. Lorsque, à la fin de l’année 2016, le démantèlement de la Lande de Calais est projeté, il est présenté par le gouvernement comme une grande opération humanitaire destinée à « sortir de la boue » les exilés qui y vivent et à leur permettre, par une (nouvelle) relocalisation – cette fois-ci vers des centres d’accueil et d’orientation – d’intégrer le dispositif d’asile de droit commun [8]. Les critiques de plusieurs associations – lesquelles n’y voient qu’une énième opération de déguerpissement sans solution pérenne pour les exilés arrivant à Calais – sont toutefois vives et risquent de brouiller le message du gouvernement [9]. De manière assez problématique, l’état d’urgence va de nouveau être mobilisé à Calais pour « invisibiliser » cette opposition.

    Ainsi, peu avant la destruction du bidonville de la Lande de Calais, deux manifestations de soutien aux exilés du bidonville sont organisées par la Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM), les 1er et 11 octobre 2016. Alors qu’elles n’ont aucun lien avec la lutte contre la menace terroriste, elles sont interdites par l’autorité préfectorale qui se fonde, sur l’article 8 de la loi du 3 avril 1955, qui prévoit que « les […] rassemblements de personnes sur la voie publique peuvent être interdits dès lors que l’autorité administrative justifie ne pas être en mesure d’en assurer la sécurité compte tenu des moyens dont elle dispose ». C’est en se prévalant de l’insuffisance des unités de police pour encadrer ces rassemblements que la préfète du Pas-de-Calais interdit ces manifestations dont l’une, pourtant, ne devait pas regrouper plus de 200 participants [10]. À ces deux dates, les forces de l’ordre étaient, comme on le sait, très nombreuses à Calais pour préparer l’opération d’évacuation du bidonville, qui allait intervenir quelques jours après. On peut dès lors s’interroger sur la sincérité de la justification avancée.

    Pouvait-elle, en outre, suffire à justifier qu’aucune manifestation ne se tienne (même organisée différemment et selon un autre trajet), alors que, à cette époque, il existait dans le débat public un important courant opposé au plan d’évacuation du bidonville, tel qu’il était projeté, et qui aurait mérité de pouvoir s’exprimer ? Le tribunal administratif de Lille, saisi de deux référés-liberté, a malheureusement rejeté le recours des organisateurs en arguant que des groupes d’ultra-gauche et d’ultra-droite pourraient s’y rencontrer pour s’y affronter et que les forces de l’ordre ne pouvaient en assurer le contrôle [11].

    Et c’est ainsi que, au cours du mois d’octobre 2016, l’expulsion de la Lande de Calais a été mise en œuvre sans qu’aucune manifestation publique ait pu avoir lieu.
    Démanteler le bidonville

    Les opérations de l’expulsion du bidonville de la Lande de Calais se sont déroulées en plusieurs étapes : d’abord, avec l’adoption des arrêtés du 19 janvier et du 19 février 2016 pour l’expulsion de la zone sud du bidonville : ensuite avec l’arrêté du 21 octobre 2016 pour l’évacuation de la zone nord. Là encore, l’état d’urgence a constamment été mobilisé.

    D’abord, il a joué le rôle d’alibi et de justification des mesures d’expulsion. Chaque arrêté a, en effet, été pris au visa de la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence, et retient, parmi ses motifs, que, « compte tenu de la prégnance, à un niveau très élevé, de la menace terroriste ayant justifié l’état d’urgence, les forces de sécurité doivent prioritairement être engagées dans la prévention de cette menace et ne peuvent être distraites et mobilisées, en nombre très important, pour lutter contre des troubles à l’ordre public récurrents liés à l’occupation de ce campement ». Autrement dit, par contamination, le régime d’état d’urgence a permis de légitimer des décisions qui, en temps ordinaire, auraient pu sembler trop sévères ou inadaptées. Le pire est sûrement qu’une telle acception était recevable pour le juge administratif comme l’atteste la jurisprudence trop peu exigeante du Conseil d’État qui retient que, pour le prononcé d’une mesure relevant du régime de l’état d’urgence [12] ou d’une mesure de droit commun [13], l’autorité de police peut, notamment, s’appuyer sur le fait que les forces de police ne doivent pas être distraites de leur rôle de lutte contre le terrorisme.

    Ensuite, l’état d’urgence a été utilisé à des fins opérationnelles, dans le cadre de ces expulsions. Ainsi, le 23 octobre 2016, la préfète du Pas-de-Calais crée une zone de protection sur l’ensemble du secteur de la Lande, dans laquelle le séjour, la circulation et le stationnement des personnes sont réglementés, du 24 octobre au 6 novembre 2016. Cette décision a pour principale implication de subordonner l’entrée sur la Lande à l’obtention d’une accréditation délivrée par la préfète.

    Une opération "humanitaire" attentatoire aux droits de l’Homme

    Ce dispositif parachève, en quelque sorte, ce qui avait déjà été entrepris avec les interdictions de manifestations : il vise à empêcher tout risque d’opposition. Le texte indique chercher à éloigner du bidonville les militants No Border jugés susceptibles de s’opposer physiquement au démantèlement. L’on découvre toutefois qu’aucune action de ce type n’a jamais été projetée. En outre, le dispositif cible large et éloigne les avocats de la zone de protection. Plusieurs d’entre eux, qui intervenaient sur le #bidonville, ne pourront pas retrouver leurs clients avant qu’ils soient dispersés dans des centres d’accueil et d’orientation, sur tout le territoire national, à l’issue de l’opération d’expulsion.

    Alors que des centaines de journalistes ont bénéficié d’accréditations pour assister à l’expulsion, plusieurs associations de soutien des exilés, présentes sur le bidonville, ont été tenues à l’écart. Certaines, qui y intervenaient avec le concours de l’État sur des questions de santé et de sensibilisation aux violences sexuelles, se sont vu refuser l’accréditation alors qu’elles y suivaient des exilés. Il en est allé de même pour l’association la Cabane juridique/Legal Shelter, qui avait pu, quelques mois auparavant, organiser la saisine du juge des enfants pour obtenir le placement provisoire de mineurs isolés étrangers du bidonville, et qui accompagnait encore près de 200 exilés victimes de violences policières ou engagés dans des démarches de demande d’asile et de réunification familiale.

    Quelques heures après l’adoption de cet arrêté, le Gisti, l’association Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), l’association calaisienne le Réveil voyageur et la Ligue des droits de l’Homme l’ont dénoncé dans le cadre d’un référé-liberté. Trop tard. La préfète du Pas-de-Calais l’abrogera quelques heures avant l’audience, en indiquant que l’opération d’#expulsion étant achevée, l’arrêté instituant la zone de protection n’avait plus d’utilité.

    Outre l’institution de cette zone de protection, la préfète du Pas-de-Calais a prononcé, en octobre 2016, quatre interdictions de séjour à l’encontre de militants. Un rapport parlementaire le note : ces dernières mesures n’étaient pas fondées sur le fait que la présence de ces derniers constituerait un risque d’attentat terroriste, ni même sur une dangerosité révélée par des #violences commises dans le passé, mais sur le simple fait que ces personnes auraient été vues aux abords de la première zone de protection créée le 1er décembre 2015 [14]. Parmi ces interdits de séjour figure un journaliste, auteur d’articles et de reportages témoignant de la dureté des #violences_policières à Calais.

    Jamais une opération « humanitaire » n’a mobilisé autant de prérogatives attentatoires aux libertés. Qu’importe. L’essentiel est, pour le gouvernement, que ce recours aux outils de l’état d’urgence ait permis d’atteindre l’objectif d’une expulsion éclair en trois jours.

    https://www.gisti.org/spip.php?article5963
    #frontières #asile #migrations #réfugiés #fermeture_des_frontières #dissuasion #terrorisme #camps #campement #droits_humains #droits_fondamentaux


  • http://www.liberation.fr/debats/2018/07/23/benalla-ou-la-persistance-d-une-archaique-police-d-etat_1668242

    L’affaire Benalla semble tourner à l’affaire d’État, trois hauts responsables de la Préfecture de Police sont suspendus, un autre est accusé d’avoir laissé faire, et la presse évoque jusqu’à l’hypothèse de la démission du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui aurait délibérément couvert le conseiller d’Emmanuel Macron. Néanmoins, il serait triste que ce buzz fasse passer à côté de l’essentiel : l’idée que les gouvernements français successifs et la haute hiérarchie policière se font du rôle et des missions de la police.
    « Quand l’Elysée demande, on exécute »

    Si cette affaire existe, c’est évidemment grâce à l’acharnement, qu’il faut saluer, d’une génération de journalistes qui a compris que la révérence envers le pouvoir, qui a longtemps caractérisé la presse française, mettait en péril la démocratie elle-même. Dans plusieurs médias, il est intéressant de remarquer que ce sont plus souvent des femmes, parfois jeunes journalistes, qui portent cette petite révolution, sur le sujet des migrants et de la crise de l’accueil, sur celui des minorités de genre ou raciales, ou encore sur les affaires concernant la police. Au-delà, s’il a été possible qu’Alexandre Benalla commette les gestes violents que chacun·e a pu voir ces jours-ci, c’est parce qu’au sein de l’ensemble du gouvernement, à l’Élysée, comme dans l’état-major de la préfecture de police, l’idée la plus commune est que le rôle de la police est de protéger l’Etat, c’est-à-dire le pouvoir et ses intérêts. Rien d’étonnant alors à ce que Jean-Paul Megret, secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police, interrogé par Le Monde (1) déclare sans façon : « Quand l’Elysée demande, on exécute. »

    Disons d’emblée qu’il ne s’agit ici ni de mettre en cause ni de dédouaner les policier·e·s de terrain, dont certains commettent des violences illégitimes et parfois très graves, notamment en banlieue. Simplement dans cette affaire, ils ne sont pas concerné·e·s, la « bavure » a eu lieu à un tout autre niveau. Mais les agent·e·s de terrain et leurs commandants locaux sont-ils vraiment concernés dans les autres cas, lorsqu’un·e adolescent·e des cités, généralement racisé·e, perd un œil ou même la vie ? Sont-ils et elles responsables de leurs missions, des doctrines d’emploi de leurs armes, des modalités de leurs interventions, de la faiblesse de leur formation, des cibles qui leur sont désignées (les jeunes de banlieues qui traînent, les migrant·e·s, les manifestant·e·s…), ou même de leur sous-effectif chronique ?

    Les policier·e·s et gendarmes sont des citoyen·ne·s qui ont le droit comme tous les autres d’avoir leurs opinions, et il n’y a rien de surprenant à ce qu’ils et elles préfèrent majoritairement des partis qui valorisent l’ordre et la discipline. Ce qui compte est à qui ils obéissent. Il y a des flics de gauche, femmes, homosexuel·les ou racisé·e·s, sans que ça ne change profondément la situation, quand bien même ce serait le ou la commissaire, car sa hiérarchie ne lui délègue pas le pouvoir ni les moyens de faire la police vraiment autrement, hormis mettre un peu l’accent sur la prévention ou l’amélioration des relations police-population. L’inquiétude en revanche est légitime, en l’état actuel, sur ce que feraient la police et la gendarmerie dans l’hypothèse de l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite.
    Travail inefficace

    Allons plus loin : policier·e·s, gendarmes et simples citoyen·ne·s sont ensemble victimes de la façon archaïque de faire police en France. Les jeunes agent·e·s s’engage pour défendre leurs concitoyen·ne·s, c’est à dire pour être la police de la nation, au service de la nation. Mais les voilà rapidement contraints de faire la police de l’État, contre la population en maintien de l’ordre, contre des personnes faibles mais jugées indésirables par l’État, migrants ou prostitué·e·s, contre une partie de la jeunesse populaire dans les cités. En retour de ces missions non choisies, ils et elles subissent l’hostilité de larges segments de la population, tandis que la majorité des Français·es les soutient.

    Car évidemment, les Français·es de tous âges, origines ou territoires, souhaitent une police qui les protège – sans pourtant les estimer –, jugeant leur travail largement inefficace, ce qui est juste en matière de lutte contre la délinquance du quotidien : qui croit une seconde que la police va retrouver le smartphone, la voiture ou les bijoux qu’on s’est fait voler, ou qu’elle va défendre efficacement une femme victime de violence domestiques ? Ces sujets qui devraient concerner au premier chef une police (au service) de la nation n’intéressent naturellement pas la hiérarchie policière française, dédiée au seul service du pouvoir, et pas plus les ministres de l’Intérieur qui se sont succédé depuis les années 1980 au moins. Au commissariat de Saint-Denis (93), il y a une cellule anti-cambriolage. Les enquêteurs qui l’animent savent bien qu’un cambriolage est extrêmement traumatisant, sans doute plus encore pour les victimes des classes populaires qui perdent le peu qu’elles avaient ; mais chacun d’eux a actuellement 300 dossiers. Trois cents !
    La préfecture de police, véritable Etat dans l’Etat

    Pour tirer quelque chose d’utile de ce que mettent en lumière les lamentables exactions du lamentable Alexandre Benalla, il faut donc orienter de façon radicalement différente la politique d’emploi de la police nationale et de la gendarmerie, et mettre au pas leurs hautes hiérarchies pour que leur action redevienne conforme aux attentes de la population comme des agent·e·s. Il y aura là de puissantes résistances à briser, n’en doutons pas, tant il y a de privilèges à défendre… Il est pourtant urgent de rendre les services de police au service de la nation, et non de l’État. Quelques mesures sont pour cela indispensables.

    Démanteler la préfecture de police, véritable Etat dans l’Etat, serait le tout premier pas. Au XXIe siècle, la police spéciale de la capitale, de tout temps pensée pour réprimer les insurrections parisiennes et désormais étendue à sa proche banlieue, n’a plus lieu d’être. Le pouvoir policier est plus sain lorsqu’il est partagé, entre le maire élu, le préfet, et l’administration. Mais l’essentiel est de remettre au tout premier plan la mission de police judiciaire : l’enquête, à rebours de la valorisation du seul flagrant-délit et de la police de rue, depuis Nicolas Sarkozy, ou des dénonciations aujourd’hui à la mode de la « paperasserie » que représenterait la procédure pénale en particulier. Les règles de la procédure pénale sont aussi importantes en démocratie que celles qui régissent les élections, car il y est question de libertés fondamentales. Pour redonner les honneurs à la police judiciaire, il faut briser le pouvoir exorbitant du ministère de l’Intérieur, qu’il s’agisse de la strate politique (le ministre et son cabinet) ou de la strate administrative (les directeurs généraux).
    Modèle britannique

    Une solution radicale, mais pourtant souhaitable, serait de la création d’une police judiciaire distincte, formellement rattachée au ministère de la justice comme l’est le FBI américain par exemple (tandis qu’au Royaume-Uni, le National Crime Agency est une autorité indépendante de tout ministère, les polices locales dépendant des police and crime commissioners, qui sont des élus locaux), et confier l’autorité sur cette police judiciaire à un procureur de la nation, nommé par le gouvernement pour un mandat unique et non révocable parmi les procureurs de la République, afin de garantir totalement son indépendance. Par délégation, les chefs des parquets dirigeraient dans les territoires cette police d’enquête. Elle devrait naturellement inclure les services de renseignement, dont l’objectif serait alors enfin clairement de prévenir les crimes et délits, notamment terroristes, et de les judiciariser, et non de défendre les secrets d’Etat. À côté subsisterait une police administrative, chargée notamment de la protection des institutions et du maintien de l’ordre. Devrait-elle relever d’un ministère, ou plutôt des Métropoles ou des régions ? La compétence sur cette police administrative pourrait sans doute utilement être partagée entre les pouvoirs centraux et décentralisés.

    Ceci nous rapprocherait du modèle britannique où, rappelons-le, les bobbies ne sont pas armés lors d’une simple patrouille, et permettrait aux élus locaux de négocier avec le gouvernement et sous le contrôle du pouvoir judiciaire une politique locale de sécurité, éventuellement fondée sur la prévention, le community policing ou police de proximité, la prévention situationnelle ou encore la désescalade, toutes stratégies qui ont fait leurs preuves ailleurs. Car l’un des éléments clefs d’une telle réforme, c’est que la police judiciaire enfin organiquement séparée de la police d’ordre public pourrait sérieusement enquêter sur les agissements qui pourraient être reprochés à cette dernière. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, puisqu’il n’y a qu’une police, depuis le rattachement de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur à l’initiative de Nicolas Sarkozy, et cette police n’est pas au service de la Justice mais du gouvernement. Il s’agirait donc de garantir enfin l’indépendance de la Justice et du Parquet en particulier à l’égard… de la police autant que du politique !

    Bref, ce que l’affaire Benalla expose au grand jour, c’est qu’en matière de police, le problème c’est la privatisation des forces de police par l’Etat central, incarné dans l’alliance entre la haute hiérarchie policière et gendarmesque et les politiques. En démocratie, la police devrait plutôt obéir à des magistrats qu’au gouvernement ; les citoyen·ne·s quant à elles et eux sont légitimes à débattre de la politique d’emploi de la police et de ses méthodes, et tant que leurs actes ne constituent pas une menace sur la sécurité d’autrui, ils et elles n’ont pas à risquer une répression violente pour avoir refusé de lui obéir. Deux ans après le décès d’Adama Traoré dans la cour de la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise, sa sœur Assa Traoré, sa famille, ses proches et des milliers de citoyens rassemblés samedi 21 juillet pour exiger que la justice progresse, une pancarte affichait : « l’Etat protège les Benalla, nous on veut sauver les Adama. »

    (1) https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/07/21/affaire-benalla-ce-ne-sont-pas-des-barbouzes-qui-doivent-assurer-la-securite
    Jérémy Robine Maître de conférences à l’Institut français de géopolitique (IFG), université Paris-VIII


  • L’Eugénisme En Marche - ou Heureux les pauvres en esprit car le royaume de la manipulation génétique leur est promis Gérard COLLET - 23 Juillet 2018 - Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/l-eugenisme-en-marche-ou-heureux-les-pauvres-en-esprit-car-le-royaume-

    Le sieur Laurent Alexandre, ci-devant urologue et actuel entrepreneur [1] a récemment confié à l’Express une tribune fort humblement intitulée « Pourquoi #Bourdieu avait tort » [2]. Voilà donc le sort de P. Bourdieu et d’un pan de la sociologie scellé sans appel par les 50 lignes à l’emporte-pièce du tribun.

    Les lignes en question au demeurant, et quelque provocantes qu’elles paraissent, semblent avoir soulevé fort peu d’intérêt, ne déclenchant apparemment pas le moindre buzz : une recherche sur l’Internet ne mentionne en effet qu’une seule recension notable d’ailleurs fort peu élogieuse, et une critique acerbe qui à vrai dire s’intéresse davantage au journal qu’il l’a publiée qu’à l’auteur [3].

    Ce faible écho n’est guère surprenant, car le tribun, sous des dehors révolutionnaires au sens #macronien du terme, n’y fait montre que du positivisme le plus suranné, d’un #scientisme béat qu’on croyait passé de mode, et du réductionnisme le plus élémentaire. Toutes ces qualités étant rehaussées il est vrai d’un si singulier manque de curiosité. En effet, M. Alexandre semble ignorer les mises en garde précises et nombreuses de l’auteur grâce auquel il pense pulvériser pour le compte Pierre Bourdieu et tous les travaux mettant en évidence l’importance du milieu dans la réussite sociale. Enluminées aussi d’un esprit si rigoureusement critique qu’il passe sous silence les réflexions de fond sur le réductionnisme scientifique pourtant au principe de son article historique.


    Reste que quelques aspects conjoncturels de cette tribune, bien inscrite dans l’air du temps, suggèrent de creuser un peu plus avant le pourquoi et le comment d’un tel pétard mouillé. Car ce pétard passablement truqué œuvre à l’accréditation lancinante d’idées fort dangereuses.

    Qui est L.A.
    Il est évidemment utile de connaître une part du parcours et des engagements de l’auteur afin de tenter comprendre d’où il parle, pourquoi il le fait, et quels sont les credo intellectuels et politiques qui constituent le soubassement de son interprétation des travaux en neurologie et en sciences cognitives. Et ses éventuels intérêts trébuchants.
    Si l’on en croit sa biographie telle que décrite par Wikipédia et confortée par nombre d’articles répertoriés sur le web, L.A. est donc médecin urologue, mais il est bien davantage un représentant de la classe IEP/ENA et créateur d’entreprises. Personnalité libérale proche d’#Alain_Madelin, il est également présent dans la presse via ses rachats et plusieurs journaux font obligeamment place à ses credo.

    L’essentiel de ses interventions (tribunes, conférences) se situe dans le domaine des « technologies », en particulier celles de l’ingénierie génétique ; elles révèlent un héraut du #transhumanisme dissertant complaisamment sur l’immortalité à court terme et les éventuels bienfaits « humanistes » des dites #NBIC. Cette passion visionnaire restant bien entendu totalement indépendante de ses intérêts personnels, investis entre autres dans une société de séquençage d’#ADN. Celle-ci n’étant que le prolongement concret de celle-là.

    On trouve également parmi ses fort nombreuses déclarations, des prises de position erratiques et tonitruantes sur le sujet, allant de la mise en garde alarmiste contre les apprentis sorciers à la #futurologie enthousiaste. Le dénominateur commun étant comme par hasard l’appel à des « investissements massifs ». Car L.A. n’ignore évidemment pas que les avancées technologiques fulgurantes en NBIC et en IA ne tombent pas du ciel, ni de laboratoires marginaux et improvisés, mais sont bel et bien le produit de choix politiques influencés par les nombreux lobbyistes si attentifs au progrès humain...

    Que nous dit-il ?
    De manière fort simpliste [4], L.A. assène des chiffres dont la signification est assez sibylline, mais qu’il explicite aimablement pour nous après les avoir radicalement simplifiés :

    On sait aujourd’hui que l’ADN détermine plus de 50 % de notre intelligence. L’école et la culture familiale ne pèsent pas beaucoup face au poids décisif de la génétique.

    La formule chiffrée présente la compacité d’une publicité de pâte dentifrice ou de crème anti-rides, et le pourcentage bien rond est évidemment garant d’élégance scientifique [5].

    Cette rigueur prend cependant quelques libertés avec l’arithmétique : les deux parts de 50% sont apparemment modulées par un mystérieux coefficient idéologique, puisque la moitié revenant à l’école et à la culture « ne pèse pas beaucoup », tandis que l’autre moitié est « décisive ». Voilà donc une manière singulière d’accommoder les chiffres à la sauce ingénierie génétique.

    On apprend ensuite que pour la lecture elle-même, le rôle de l’école et de l’environnement culturel est marginal. Et l’on se prend à regretter que l’analyse soit encore incomplète puisqu’elle peine toujours à démontrer que le gène de la lecture est usiné à l’origine pour la lecture syllabique et tout à fait incompatible avec la lecture globale.

    En dépit de ce petit goût d’inachevé, le degré de précision des analyses mentionnées est tel qu’il laisse envisager qu’il faudrait doubler l’effort individuel et la contribution familiale des malheureux ayant reçu un « mauvais #patrimoine » pour qu’ils puissent espérer concurrencer les heureux #héritiers [6].

    Notre tribun s’essaye ensuite à démontrer que l’évidente corrélation entre #QI et #pauvreté est taboue [7], ce qui participe incontestablement au déclin de la France.

    Alexandre insiste lourdement, dans de nombreux articles, sur le rôle joué par le QI (et par son origine génétique sous-entendue) dans la « réussite » [8]. Derrière cette affirmation s’en dissimule (mal) une seconde : celle de l’origine raciale de cet « avantage comparatif » génétique.

    L. Alexandre prend ici appui sur le phénomène amorcé en France par la sidération des sphères ministérielles devant les résultats des enquêtes internationales de « compétences ». Le nouveau ministre, comme ses prédécesseurs, se devant de fournir une explication. Qui mette si possible hors de cause les choix institutionnels.

    Pour ce qui concerne la lecture, les résultats de l’enquête #Pirls (Programme international de recherche en #lecture #scolaire, touchant les écoliers de CM1) n’étaient pas très bons en 2012 (cf. Le Monde du 13/12/2012). Ceux de 2017 sont encore plus mauvais, au point de déclencher une prise de parole quasi immédiate du ministre de l’Éducation nationale.

    Mais alors ? La baisse continue du QI de la France [9], d’emblée imputée par le ministre aux horreurs du « #pédagogisme », traduit-elle une baisse génétique corrélée ? Les résultats comparés au niveau européen représentent-ils le potentiel génétique des différentes populations ? Faut-il révéler que les irlandais sont particulièrement doués de gènes performants, et les maltais particulièrement handicapés par leurs #gènes insulaires ?

    En fait, contrairement à ce que disent ces auteurs, sans cesse pleurnichant sur les interdits dont ils seraient victimes malgré les titres de presse et les chaires dont ils disposent dans les journaux, c’est bien l’idée d’un « héritage » des dons qui est la plus répandue. On en trouve trace partout dans le langage, dans les récits historiques, et dans les discussions de Bar du commerce [10].

    Énoncer la théorie #complotiste de l’éléphant dans le couloir est en effet une contre vérité totale [11].

    Reste juste à préciser ce que sont ces « capacités » devenant subrepticement « intelligence » [12]. Mais il est assez clair que l’unité de mesure suggérée ici est en dernier ressort la capacité à « créer sa boîte » et à « développer » l’ « #innovation » susceptible d’arracher des « parts de marché ».

    Il existe en fait deux variétés de fans des fondements génétiques de « l’intelligence » : il y a les « conservateurs », dans l’acception macroniste du monde, pour qui la #race, l’origine, la #caste... disent tout sur l’intelligence de manière définitive, et il y a les « progressistes », En Marche vers l’amélioration de l’espèce, qui dissimulent leur condescendance de classe derrière le vœu pieu de « réparer » les héritages pénalisants. Ces derniers peuvent alors se réclamer d’un « humanisme » qui fleure bon la pitié charitable, mais en réalité se placent d’emblée dans le cadre de la guerre de tous contre tous : la supériorité chinoise doit être surclassée de toute urgence !

    Ce discours a pour but d’ancrer l’idée de supériorités « naturelles » indiscutables, de contrer toute réflexion suggérant des politiques égalitaires voire compensatoires, et surtout de rendre « l’égalitarisme » responsable du « déclin », par l’étouffement de l’énergie des plus doués. Lesquels bien évidemment ne rêvent qu’entreprise, reprises, placements, start-up, concurrence et parts de marché.

    Ce que font semblant d’ignorer ces tartuffes, c’est que l’égalitarisme n’est pas un « programme » mais une attitude philosophique et politique refusant l’enfermement des individus pour cause d’hérédité, de race, de couleur, de QI. Ils feignent d’avoir oublié que l’assise des anciens régimes féodaux était précisément de cette nature, de même que celle des privilèges ici, des castes là-bas. Que la déclaration des droits de l’homme est une déclaration de principe et d’intention et prétend justement affranchir l’Homme d’un calcul de QI ou des résultats d’un séquencement de #génome.

    Les malheureux semblent n’avoir pas compris, que la relativisation de l’interprétation du QI et la défiance vis-à-vis de son utilisation partent du même principe qui refuse que l’on prétende définir, limiter, arrêter le devenir d’un individu, son chemin, ses désirs et sans ambitions en lui opposant un bête chiffre censé le résumer.

    Mais le point d’orgue de l’article en est sans conteste l’émouvant prétexte humaniste : lutter contre le déterminisme génétique pour compenser les inégalités. Beau projet. En contradiction cependant avec l’opposition radicale et méprisante à « l’égalitarisme ». Car l’égalitarisme on le sait, est gauchiste, irresponsable et contraire au progrès lorsqu’il s’agit d’éducation, mais il devient humaniste et porteur d’avenir dès qu’il s’agit d’ingénierie génétique.

    Pourquoi cette tribune n’a pratiquement aucun intérêt scientifique et frôle l’imposture.
    Il faut d’abord noter que les déclarations à l’emporte-pièce de #Laurent_Alexandre ne se préoccupent d’aucune des mises au point de R. Plomin lui-même, et ne font allusion qu’à des aspects parcellaires des travaux de P. Bourdieu.

    Comme le rappelle en effet dans un article assez complet la rédaction du site Chronik [13], les découvertes de Plomin ne nient pas, contrairement à ce que fait croire Laurent Alexandre, l’influence de l’environnement : bien au contraire, elles lui donnent une place fondamentale. Dans un article de 2004 publié par l’American Psychological Association,Robert Plominexplique en effet : http://webspace.pugetsound.edu/facultypages/cjones/chidev/Paper/Articles/Plomin-IQ.pdf

    « Si l’influence des facteurs génétiques sur l’intelligence est d’environ 50 %, cela signifie que les facteurs environnementaux expliquent le reste de la variance. »
    
 
Plus grave encore, selon les mêmes auteurs, la présentation donnée par notre tribuniste émérite constitue l’erreur type que dénonce R. Plomin :

    Nombre de lecteurs de bonne foi peuvent comprendre que l’intelligence de leur enfant est à plus de 50 % déterminée par les gènes dont il a hérité. Mais voilà, c’est précisément cette manière de « comprendre » qui est la plus importante contre-vérité, la plus grave erreur, la « number one fallacy » contre laquelle nous prévient Plomin, notamment dans son interview à la BBC en octobre 2015. [14]

    Le site Mute fournit pour sa part de manière bien documentée quelques précisions sur le travail entrepris par Plomin et son équipe :

    Mais lorsque des centaines de milliers de marqueurs génétiques furent ainsi passées au crible, les chercheurs n’ont trouvé que quelques associations entre des SNPs (polymorphismes d’un seul nucléotide), dont le plus efficient expliquait un peu moins de 1 % de la variance aux tests psychométriques, et les autres moins de 0,4 % (cf par exemple Harlar 2005, Craig 2006, Butcher 2008). L’effet est si faible qu’il faut répliquer ce genre d’études pour exclure les faux positifs. Et, en aucun cas, on ne trouve pour le moment de gène massivement impliqué dans les différences d’intelligence entre individus. De plus, Les deux propriétés essentielles sont ici la pléiotropie (un même gène a plusieurs effets) et la polygénicité (un même trait dépend d’une multitude de gènes) [15]

    Ce qui adoucit singulièrement les déclarations à l’emporte-pièce de L.A., mais nécessite il est vrai un peu plus de réflexion.

    D’où sortent encore des chiffres hallucinants de précision comme :

    Nos différences de capacités de lecture en sont issues à 64 % du patrimoine génétique, la famille, l’école et nos efforts individuels n’y sont que pour un tiers.

    Mais de quelle lecture s’agit-il donc, et comment sont mesurées ces « capacités » ?

    Par ailleurs, il y a une contradiction absolue à avancer ces affirmations et dans le même temps à charger les méthodes d’apprentissage de tous les maux. Et comment interpréter alors avec un tel prisme les nombreux résultats d’enquêtes internationales ? Le surgissement des « capacités » des chinois, coréens et autres signe-t-il donc une modification de leur patrimoine génétique [16], eux qui étaient considérés il y a un siècle comme des « peuples de coolies » [17] ? Ou bien seuls 50% de ces résultats sont-ils attribuables aux gènes chinois ?

    Ou bien encore, la #Chine aurait-elle, avant-même les « #start-up » macroniennes et nonobstant les brevets en gestation dans l’entreprise de L.A., découvert la pierre philosophale NBIC permettant la production en série de génies de la recherche-développement ?

    Ignorent-ils aussi, Alexandre et ses followers , qu’au XIX° siècle les premiers touristes anglais riches qui visitent notre pays, et singulièrement les Alpes (E. Whymper entre autres), y sont stupéfaits par l’omniprésence du « crétinisme » et l’arriération générale des populations qu’ils découvrent. Il faut croire que là encore un phénomène improbable a modifié les gènes des alpins pour en faire, au XXI° siècle des humains quasi normaux.

    On pourrait également renvoyer L.A. -mais il est vrai qu’à la date de sa tribune il ignorait probablement les faits- au rapport parlementaire [18] rendu public ce printemps.

    On y lit par exemple :

    Le département (93) cumule des taux de chômage, de pauvreté et de difficultés scolaires bien supérieurs aux moyennes nationales. Face à ce constat, les moyens humains y sont pourtant inférieurs aux autres territoires : deux fois moins de magistrats, par exemple, au tribunal d’instance d’Aubervilliers, que dans un tribunal parisien équivalent. Dans les écoles « le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis »

    Les dés sont donc singulièrement pipés, et il devient très délicat, M. Alexandre, de distinguer ce qui relève de la supériorité des gènes des élèves parisiens de ce qui relève du milieu, n’est-il pas vrai ?

    A travers l’ensemble de ces recherches, au fond, il apparaît que les liens désespérément recherchés entre « gènes » et « intelligence » s’obstinent à ne pas se montrer, et bien entendu, à part Laurent Alexandre on ne trouve pas un seul chercheur pour suggérer encore qu’il existerait des « séquences de code » directement responsables de l’intelligence. Si toutefois il avait pris la peine de tenter une définition de la dite intelligence, mais sans doute veut-il encore faire croire que le QI dont il se gargarise dans nombre d’interventions est un indicateur largement satisfaisant.

    Plus honnête, croisant les réflexions des neurologues, de l’épigénétique, de la sociologie, de la psychologie, de la pédagogie, des sciences cognitives en général, l’article pourrait alors se résumer à la formule :

    P’têt bien que l’héritage génétique a une certaine influence sur l’intelligence, et p’têt bien que l’environnement, les conditions de la croissance et de l’éducation en ont aussi une.

    Ce qui avouons-le est totalement renversant et en surprendra plus d’un. Et que Pierre Bourdieu admettait parfaitement [19]. Notre hardi tribuneur aurait certes gagné à lire quelques autres textes plus larges et plus synthétiques sur le sujet [20] ; mais une compréhension correcte, étayée, de bon sens et non biaisée n’était sans doute pas dans le propos de L.A., archétype des vulgarisateurs à l’affût de bribes de travaux scientifiques susceptibles d’apporter de l’eau à leur moulin quitte à en commettre une exégèse aventureuse. Toutes époques, tous les intérêts et toutes les idéologies ont tenté ainsi de subtiliser les travaux de recherche. Et à l’ère technocratique, surtout s’ils produisent de beaux chiffres [21].

    Au final, l’apport de la tribune alexandrine serait inexistant si elle n’était faussée et caricaturale, et s’il ne tirait des conclusions tout à fait gratuites, primaires et dangereuses.

    On voit donc sans effort exagéré transparaître dans le texte publié par l’Express, ce que L.A. et un certain nombre de commentateurs ont voulu faire dire à R. Plomin, lequel comme on l’a vu s’en est bien défendu.

    Il s’agit essentiellement de prétendre raviver la querelle #inné-acquis sur de nouvelles bases incontestables parce que chiffrées, pour espérer enfin faire basculer l’histoire dans le sens de l’inné. Or quelles que soient les intentions charitables (et surtout pragmatiques) affichées, vouloir à tout prix privilégier l’inné est une démarche enfermante, celle-là même qui renvoie les dominés à leur prétendue #infériorité « naturelle ». Discours que l’on retrouve dans les discours de tous les dominants, de l’esclavage au nazisme en passant par la droite américaine la plus obscurantiste et ségrégationniste. Alors que le choix de l’éducabilité est par nature émancipateur, qui présuppose une égalité de principe et s’attache à la rendre réalisable.

    Il s’agit aussi de redonner vie au #scientisme [22], que l’on croyait durablement disqualifié mais qui ressurgit de ses cendres à chaque « #innovation #R&D ». Il s’agit d’y ajouter hypocritement la promesse de l’amélioration génétique, faisant ainsi le lit d’un transhumanisme au masque humaniste et égalitariste. Hypocrisie fort utile cependant à toute la #startuposphère de l’ingénierie génétique, qui trépigne d’impatience à l’idée de pouvoir un jour fabriquer de l’humain OGM et tenter de damer le pion à la croissance de Facebook.

    Reste que si cette promesse est déçue, comme celle de l’immortalité au bout du chemin de la recherche NBIC, il demeurera la « démonstration » de la nature génétique des différences d’intelligence, justifiant bien entendu les différences de statut humain.

    Il s’agit enfin d’accréditer obstinément une approche réductionniste, fétiche des technocrates avides de chiffres. Un réductionnisme dopé par l’informatique et sa nouvelle dimension « big data » qui n’en est pas avare, et en produit bien davantage que tous les L.A. de la terre peuvent en digérer.

    Il semble pourtant que, prévenu par Karl Popper, tout scientifique sait les limites de cette approche, mère du déterminisme. Car si le réductionnisme peut selon Popper constituer une étape méthodologique fructueuse, il ne peut en aucun cas constituer une doctrine, et l’extrapolation de résultats « réduits » à la réalité est toujours hasardeuse [23].

    Et l’on retrouve également dans cette rhétorique le projet de la sociobiologie, qui prétend expliquer tous les comportements humains sur des bases biologiques, puis plus tard génétiques. Et nombreux sont les scientifiques de toutes disciplines qui ont mis en garde contre un schéma explicatif dont ils dénoncent les évidents effets pervers tant socio-politiques que scientifiques.

    Ou tout cela nous mène-t-il ?
    On serait donc tenté de conclure que la tribune en question est tout simplement totalement dénuée d’intérêt, et n’est qu’un pot-pourri d’approximations, de contre-vérités, de travestissements partiaux de résultats scientifiques, d’absence de réflexion et de rigueur. De soupçonner qu’elle n’était là que pour faire acte de présence dans les média et rester en vue. Le premier réflexe serait donc de l’ignorer simplement et de ne plus jamais ré-ouvrir le journal qui l’a publiée [24].

    Mais ce serait oublier que ce texte poursuit en réalité deux objectifs bien précis, complémentaires, et lourds de conséquences.

    Le premier est d’alimenter en eau fraîche le moulin de la macronie en avançant l’hypothèse de « start-up » susceptibles de doper au CRISPR-Cas9 l’intelligence française dont L.A. et ses amis nous révèlent qu’elle laisse tant à désirer, et qu’elle sera bien insuffisante dans le « monde réel » de la lutte de tous contre tous [25].

    Le second est que compère L.A., par là même avance ses pions en tentant de montrer tout ce que l’ingénierie génétique pourrait apporter à l’économie française, se chiffrant comme à l’ordinaire en points de croissance et donc en créations d’emploi. Hypothétiques. En tous cas en perspectives radieuses pour les intérêts de ce secteur prometteur.

    L’invocation du ministre #Blanquer, de son proche collaborateur Dehaene et de la vision macronienne du monde souligne d’ailleurs la nature éminemment politique de la prétendue avancée scientifique :

    .. C’est-à-dire accentuer la stratégie du ministre Blanquer, développer la recherche en pédagogie et donner des moyens aux grands spécialistes de la cognition : Stanislas Dehaene, François Taddei, Franck Ramus...

    Et bien entendu l’approche « pédagogique » suggérée est majoritairement centrée sur cette vision selon laquelle, comme le déclare volontiers S. Dehaene, l’imagerie cérébrale va ouvrir les portes à la compréhension de l’acte de lire. Loin de cette équipe l’idée de s’appuyer sur les travaux pédagogiques d’approche globale et humaine : il s’agit plutôt d’un « retour à l’ancien monde (!), avec la glorification du modèle purement transmissif. Et elle ignore superbement l’ensemble des travaux de fond, de longue haleine, nourris de savoirs, de savoir-faire et d’expériences multiples. Là encore, « La #Science » aurait tranché de manière indiscutable et désigné les procédures « efficaces ». Il n’est pour s’en rendre compte que de lire certaines réactions approfondies aux projets du ministre [26].

    Tout ce galimatias n’a finalement pour but que de déguiser sous les aspects d’une « science dure » à la mode, capable de présenter des chiffres et des images numériques, une démarche idéologique non explicitée.

    Or cette démarche conduit tout naturellement à faire surgir un eugénisme -bien entendu positif- et à un transhumanisme justifié par la concurrence déloyale et le péril du « gène jaune » augmenté [27]...

    Il y a là, répétons-le, le fond commun de tous les racismes, les esclavagismes, les misérabilismes et de toutes les formes de mépris social : la volonté de renvoyer les dominés à leur place en affirmant qu’ils sont « nés comme ça ». On l’a trouvé à toute époque et sous tous climats, et la convocation des « neurosciences » (extrapolées, tronquées, manipulées, parfois même trahies) n’est que le nouvel alibi justificatif, paré des plumes de l’imagerie cérébrale.

    Laurent Alexandre, toutefois, manque singulièrement d’audace dans la voie qu’il s’est tracée, et hésite à exposer toutes les conséquences prévisibles de son approche de l’inné et de l’acquis : s’il se lâchait vraiment, il nous révélerait sans aucun doute la base génétique des inégalités qui perdurent entre hommes et femmes. Mais nous proposerait bien vite une ingénierie susceptible d’upgrader le second chromosome X des malheureuses.

    On sait évidemment l’idée de « l’amélioration de la race » vieille comme le monde, elle n’a pas attendu L.A., ni le « traitement de textes génétique » ; et depuis le II° Reich jusqu’aux inventeurs du transistor, nombreux sont ceux qui ont parié sur cette voie... Sans grand succès et avec moult dégâts.

    Un chemin beaucoup plus direct vers l’amélioration de la race que celui prêché par L.A. (encore que pas accessible à tous) fut en effet imaginé dans les années 80 du XX° par une Banque des spermes d’exception créée par R.K. Graham [28]. C’était aux US bien entendu, la Chine n’étant alors pas encore le point de mire des eugénistes. L’un des plus célèbres des généreux et altruistes donateurs fut William_Shockley, glorieux inventeur de l’effet transistor et prix Nobel de physique 1956 [29].

    Mais il semble bien, hélas, qu’aucun des rejetons des spermatozoïdes hyper-performants n’ait inventé la Moulinette-à-faire-la-vinaigrette ni même le Repasse-limaces, et l’on ignore si le « pack » fourni par la Banque Graham comprenait à la fois le gêne des semi-conducteurs et celui des traces de paranoïa...

    La seule nouveauté de cette tribune est donc bien sa conclusion en forme d’humanisme en trompe l’œil : certes les nuls sont nuls de naissance et aucune éducation n’y pourra rien, mais la macronie dans sa grande générosité (à moins qu’il s’agisse de pragmatisme) va les aider en faisant appel à L.A. et ses collègues. Elle va « réparer » ces mal dotés de l’ADN, et du même coup de ciseau génétique assurer les « avantages concurrentiels » de la France face à l’Asie.

    L’émouvant slogan : « Se battre et dynamiter le déterminisme génétique ! » claque comme une bannière progressiste, et propulse même L.A. et toute la techno-sphère macronienne dans l’univers sulfureux de l’insoumission, de la révolte, de la lutte finale contre les injustices de la nature...

    Le procès, ici, est clair et a deux aspects complémentaires. Affirmer la grande générosité visionnaire des nouvelles équipes gouvernementales, prêtes à faire la courte échelle aux sous-doués pour qu’ils viennent faire concurrence aux élites. Conforter la volonté de Macron de transformer la France en start-up nation, en privilégiant les visées réductionnistes et scientistes de Blanquer [30] et des équipes de numéricologues et de leur amis entrepreneurs. Lesquels n’attendent que les investissements massifs (publics ?) qui vont leur permettre de créer les « boîtes » de demain [31]. Et tout cela sans laisser place une seconde à la réflexion sur le monde dans lequel ils prétendent ainsi nous entraîner.

    Il n’est au reste pas surprenant que tout ce que la macronie compte de Laurent Alexandre et autres hérauts de la croissance innovante s’empare avec gourmandise de travaux tels que ceux de l’équipe de R. Plomin. Quitte à ne lire que la surface des résultats scientifiques, à se hâter de détourner les travaux pour les citer à l’appui de leur vision orientée du monde.

    Et c’est dans ce droit fil qu’apparaît l’argument massue : la dénonciation hypocrite de la licence qui régnerait en Chine vis-à-vis de l’IA et du transhumanisme : « Aucune norme éthique ne semble freiner les transhumanistes chinois ».

    Et c’est pour mieux conclure : « La Chine disposera d’un avantage considérable dans la société de l’intelligence », suggérant que les « lois de la concurrence » nous obligeraient aussi à accepter à contrecœur l’eugénisme du XXI° siècle à visage (trans)humain.

    Gérard COLLET

    [1] D’une société belge de séquençage ADN selon sa biographie Wikipédia.
    [2] Voir : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/determinisme-pourquoi-bourdieu-avait-tort_2002043.html
    [3] Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express... En un mot : oui. Voir : http://www.acrimed.org/Sciences-peut-on-publier-n-importe-quoi-dans-L
    [4] Mais il est vrai que le format « Tribune » de l’Express ne permet pas de faire dans la dentelle.
    [5] On sait en effet très bien qu’Oral-B élimine 100% de plaque dentaire en plus, que par certaine crème anti ride « l’ovale du visage est redéfini pour 82 % des femmes » tandis que 96% des femmes constatent plus de fermeté...
    [6] En effet, « Nos différences de capacités de lecture sont issues à 64 % de cet héritage, tandis que la famille, l’école et nos efforts individuels n’y sont que pour un tiers. » Or il est clair que 2 x 33 % est supérieur à 64 %.
    [7] Tabou indiscutablement lié à la domination culturelle des idées crypto-marxistes, diffusées sournoisement par les chaînes de télévision et les organes de presse écrite.
    [8] Voir par exemple : https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/face-a-l-intelligence-artificielle-le-tabou-du-qi-est-suicidaire_1894152.ht puis aussi : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/manipulations-genetiques-augmentation-cerebrale-la-chine-est-ultratranshuma
    [9] Statistiquement s’entend, car il y demeure heureusement quelques grands esprits échappant à la malédiction.
    [10] A titre d’exemple, cet extrait de L’Autre Amérique, Arte, 29/5/2018. : « Ce portrait le Justin Trudeau présente en beau gosse bien né, fils de Pierre Elliott Trudeau [...]. Outre ce lignage, qu’en est-il des convictions de Justin, de sa vision pour le Canada [...] . »
    [11] Cette théorie a été popularisée par Mme Smith-Woolley, une élève du professeur Robert Plomin, personnalité controversée qui a longtemps soutenu l’idée que l’intelligence est très fortement héréditaire. Elle compare la génétique à “l’éléphant dans le couloir” [en référence à l’expression anglaise “the elephant in the room”, qui évoque un problème évident que personne ne veut ou ne peut voir et ne veut discuter, ndt] et pense qu’elle devrait être enseignée aux futurs professeurs. Toby Young, libertarien provocateur et activiste en matière d’éducation, apparaît comme co-auteur de cet article. M. Young s’est récemment attiré l’opprobre pour avoir écrit que la génétique étant le facteur dominant de la réussite scolaire, les écoles ne faisaient que peu de différence. (https://www.lenouveleconomiste.fr/financial-times/reussite-la-spirale-du-succes-63020)
    [12] Dont le sens reste propriété de M. Alexandre. En tous cas, il n’aura pas la place de les définir.
    [13] https://chronik.fr/denigrement-de-pierre-bourdieu-laurent-alexandre-t-nom.html
    [14] Voir note précédente.
    [15] Article publié sur le site Mute : http://we-the-mutants.blogspot.fr/2008/09/plomin-et-la-chasse-aux-gnes-de.html
    [16] http://www.bilan.ch/techno/made-china/le-succes-du-systeme-scolaire-chinois
    [17] En tous cas par les entrepreneurs de l’époque, ancêtres spirituels de L.A.. A ce sujet, on lira avec intérêt Cochinchine de Léon Werth.
    [18] L’état recule en Seine Saint-Denis, rendu public en mai 2018.
    [19] Voir note 11.
    [20] Albert Jacquard dans « L’Héritage de la liberté » expliquait de manière lumineuse l’articulation des deux genèses.
    [21] Rapprocher des instrumentalisations de Darwin (Contresens_Darwin) Voir aussi https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2017/09/09/lecobusiness-de-darwin-leur-evolution-et-la-notre : l’entreprise Darwin à Bordeaux !)
    [22] Tout problème humain quel qu’il soit peut être résolu par « la science ».
    [23] Voir à ce sujet Karl Popper ou la connaissance sans certitude, ChapitreXVII Échec au réductionnisme, Page 109.
    [24] Voir à ce sujet l’article d’ACRIMED : « Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express ? »
    [25] Selon Acrimed, il s’agit là d’ « un article pseudo-scientifique cachant mal ses objectifs politiques : défendre une certaine vision de l’éducation, en l’occurrence celle du gouvernement actuel ». Voir note 1.
    [26] Dans ce contexte, la création du conseil scientifique, présidé par Stanislas Dehaene et où neurobiologistes et psychologues cognitivistes sont dominants, est une forme de coup de force qui, de plus, désorganise le paysage français de l’évaluation où les acteurs sont déjà nombreux. (Fondation Copernic – Axel Trani (coord.) : Blanquer : un libéralisme autoritaire contre l’éducation, Éditions Syllepse.
    [27] Selon une autre « tribune tonitruante de L.A. : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/manipulations-genetiques-augmentation-cerebrale-la-chine-est-ultratranshuma
    [28] Le narcissique homme d’affaires pense que son action va permettre de maintenir « un certain niveau d’intelligence » dans une société américaine en crise. Graham avait 38 ans d’avance sur L.A..
    [29] Selon sa biographie Wikipédia : A partir de là, les tendances dominatrices et paranoïaques de Shockley commencèrent à s’exacerber. Et il s’évertua à éclipser les deux autres co-inventeurs du célèbre effet.
    [30] M. Blanquer ne limite évidemment pas sa vision à cette facette. Cependant il est clair que le ministre veut une place primordiale pour les neurosciences et affirme volontiers que sur plusieurs débats pédagogiques « la science a tranché ». Confortant ainsi l’approche réductionniste.
    [31] M. Alexandre, pour sa part, ne pourra pas participer pleinement à ces investissements massifs en France, puisque sa biographie le décrit comme résident fiscal belge. (Wikipédia cite à ce sujet « L’Obs). Mais il pourrait bien en profiter.


  • Baccalauréat : Parcoursup met les lycéens à rudes épreuves - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/06/17/baccalaureat-parcoursup-met-les-lyceens-a-rudes-epreuves_1659878

    Au stress des examens qui commencent ce lundi s’ajoute celui lié à la plateforme de vœux des futurs étudiants, suspendue jusqu’au 26 juin. Dans l’attente d’une affectation, certains élèves angoissent, d’autres se découragent. Quatre candidats témoignent.

    Au petit matin, dans les locaux de l’Institut polytechnique de Toulouse, une petite main va appuyer sur pause : l’algorithme Parcoursup, qui répartit les élèves dans les filières du supérieur, s’arrêtera de tourner au niveau national pendant les deux semaines du bac. Les épreuves débutent ce lundi avec la philosophie (lire aussi page 25), pour les trois quarts des 750 000 terminales - les bac pro, eux, sont déjà dans le dur depuis fin mai. « Le fonctionnement de Parcoursup sera suspendu [jusqu’au 26 juin, ndlr] pour que les candidats puissent se concentrer pleinement sur leurs révisions et leurs épreuves », explique le ministère de l’Education nationale dans un communiqué.

    Dédramatiser

    Les dernières semaines ont été bien rudes pour la quasi-majorité des élèves qui, le soir des premiers résultats Parcoursup du 22 mai, se sont retrouvés sans aucune proposition et avec des « en attente » devant chacun de leurs dix vœux. De retour en classe, les profs ont ramé pour dédramatiser, les aiguiller et faire en sorte qu’ils se concentrent sur leur bac. Depuis, les choses se sont (en partie) décantées. Le ministère se vantera à coup sûr d’avoir tenu sa promesse : que les deux tiers des candidats aient au moins une proposition la semaine du bac. Au compteur, samedi, ils étaient 340 000 à avoir validé leur vœu, et donc à savoir ce qu’ils feront à la rentrée, une fois leur bac en poche. Les autres sont encore dans le brouillard : 255 000 ont un choix accepté mais attendent mieux, nourrissant l’espoir de remonter sur les listes d’attente, 165 000 n’ont toujours aucune réponse, et 50 000 ont cliqué sur« abandonner ». Ils ont quitté la procédure Parcoursup, et donc disparu des radars.

    Il est encore trop tôt pour juger l’efficacité de ce nouvel outil d’affectation, mis en place au pas de course (la loi n’a été votée que le 8 mars). Mais une chose est sûre : niveau stress, Parcoursup ne fait pas mieux pour l’instant que l’ancien système #APB, considéré comme anxiogène car très opaque. Parcoursup, c’est un autre genre. Le ministère dit jouer la transparence, mais des pans restent obscurs, comme les critères utilisés par chaque fac pour classer les candidatures. Surtout, en générateur de stress, la palme revient à ce petit compteur qui s’actualise chaque nuit dans le dossier du candidat : il indique l’évolution de son rang sur les listes d’attente… C’est ainsi que, depuis le 22 mai, des élèves (et pas mal de parents) se réveillent en panique au milieu de la nuit pour rafraîchir frénétiquement leur appli. Angoissant à souhait. La décision de mettre en place ce compteur a été prise sur le fil, quelques jours avant le 22 mai. Le ministère aurait-il omis de jeter un œil à la recherche scientifique ?

    « Indécision »

    Les travaux des chercheurs en psychologie sociale font consensus sur ce point : « Les classements ont des effets négatifs sur l’estime de soi et ce qu’on appelle le sentiment d’efficacité personnelle », indique la maître de conférence en psychologie d’orientation au Conservatoire national des arts et métiers Emmanuelle #Vignoli. Il a par exemple été démontré, raconte-t-elle, que si l’on classe de manière aléatoire des élèves, en ne prenant pas en compte leurs compétences, le jeune mal classé qui a pourtant les qualités requises aura tendance à moins bien réussir. « Ce qui veut dire que ce n’est pas seulement la compétence réelle qui joue dans les résultats scolaires, mais aussi le regard que l’on porte sur ses propres capacités, accentué avec un #classement. Dire aux élèves leur rang sur la liste d’attente n’est pas sans conséquence. » Autre effet étayé scientifiquement : les répercussions de l’anxiété. « Elle joue sur l’indécision vocationnelle : il sera plus difficile pour les élèves anxieux de parvenir à faire des choix d’orientation. » Et sur les performances scolaires : « L’état d’anxiété amène à être centré sur soi, sur ses préoccupations. On a donc moins d’attention à allouer à d’autres tâches. » Comme réviser son bac, par exemple.

    Semih, 17 ans, bac pro : « Le stress a augmenté d’un cran »

    « Sur Parcoursup, tous mes vœux pour des BTS technico-commercial sont en attente et un autre a été refusé. Lorsque je l’ai appris, ça m’a beaucoup angoissé, d’autant plus qu’en tant qu’élève de bac pro technicien d’usage [TU, ndlr], je les ai reçus alors que j’étais déjà en train de passer le bac. On a eu les premières réponses le 22 mai, et j’avais des épreuves les trois jours suivants. C’était vraiment dur. Quand j’ai vu que j’étais en attente, le stress a encore augmenté d’un cran. Le bac est un moment difficile et Parcoursup ne fait que renforcer notre anxiété. Lorsque je révise, je pense à [la plateforme], il est difficile de ne me concentrer que sur le bac.

    « Chaque matin, je consulte le site avec l’appréhension de savoir si je suis pris ou pas. Je comprends très bien qu’on décide de mettre Parcoursup en pause pendant le bac pour éviter de nous ajouter un stress supplémentaire. Cette décision est positive pour la plupart des élèves, mais pas dans mon cas. En bac pro, les épreuves générales du bac ne durent plus que deux jours, mais on doit attendre une semaine que les élèves des filières générales finissent pour accéder aux résultats. Une semaine d’attente dans l’incertitude, c’est long.

    « Mes parents aussi sont inquiets. Ils veulent que j’aille au lycée de Brive-la-Gaillarde [Corrèze], mais je suis en attente. Mes autres vœux sont à Clermont-Ferrand et Toulouse. L’éventualité que je puisse partir loin leur fait peur, comme moi. Je souhaite rester proche de ma famille. Ils me disent de réviser mon bac et de ne pas trop angoisser pour Parcoursup, mais je vois bien qu’ils sont eux-mêmes angoissés. » (M.T.)

    Yann, 17 ans, bac pro : « Je ne sais pas si je veux avoir mon bac »

    « J’ai arrêté de réviser pour le bac. Avant de recevoir les résultats de Parcousup, je travaillais car j’aime ma filière [SEN, systèmes électroniques et numériques, ndlr]. Aujourd’hui, je ne sais pas si je veux avoir mon #bac. Je vais y aller uniquement car j’y suis obligé. C’est la première fois que je ne suis pas stressé avant une épreuve : que je l’aie ou pas, l’issue sera la même pour moi. Sur Parcoursup, j’ai formulé des vœux dans la continuité de ma formation : 9 BTS, en SEN et SIO [services informatiques aux organisations], tous dans ma région [Hauts-de-France]. Le 22 mai, tous mes vœux ont été refusés. Si j’ai mon bac, je sais que je serai déscolarisé à la rentrée. J’en arrive à un point où j’ai l’impression qu’avoir mon bac me handicaperait plus que de ne pas l’avoir. Je suis complètement perdu alors que je devrais être confiant et heureux à l’idée d’avoir mon bac. La seule solution que m’offrent les conseillers d’orientation et la Caes [Commission d’accès à l’enseignement supérieur qui, dans chaque académie, s’occupe des élèves n’ayant essuyé que des refus], c’est l’apprentissage. Sauf qu’en pratique, c’est très difficile de trouver une place en tant qu’apprenti, encore plus sans le permis. Je vais essayer, même si je n’y crois pas trop. Ce n’est pas ce que je veux faire. Je voulais un BTS pour continuer mes études, en alliant théorie et pratique, mais je n’ai pas le choix. Je suis blasé. Avec le bac ou pas, et sans apprentissage, les conseillers d’orientation m’ont dit que je risquais de finir à Pôle Emploi. Ce n’est pas faux : dans tous les cas, je n’aurai pas de place et je sais que la valeur d’un bac pro sur le marché du travail n’est pas conséquente. Je me sens livré à moi-même. » (S.-L.B.)

    Audrey, 18 ans, terminale S : « Ça m’a découragée »

    « Mes résultats sur Parcoursup m’ont coupé toute envie de passer le bac. Je n’ai pas eu de très bons résultats tout au long de l’année [au lycée Victor-Hugo, à Besançon, dans le Doubs, ndlr], donc je n’ai pas été acceptée dans les écoles que je voulais qui proposaient un DUT hygiène, sécurité et environnement. J’avais fait d’autres vœux pour cette même formation, un peu dans toutes les villes, mais je n’ai été acceptée qu’à Saint-Denis. Ce n’est pas du tout ce que je voulais et je suis sur liste d’attente dans les autres. A Lyon, là où j’espérais le plus aller, j’ai été refusée.

    « Cette semaine, je n’ai même pas révisé et je n’ai pas assisté aux derniers cours. La seule chose que j’ai faite, c’est regarder des vidéos YouTube de la chaîne « les Bons Profs ». En parallèle, je n’ai pas voulu ouvrir un cahier. Je vais quand même me présenter au bac et faire ce que je peux, « au talent » comme on dit. Ça m’a totalement découragée. Je préfère redoubler que d’accepter un choix par dépit. Mes résultats n’étaient certes pas très bons, mais j’avais quand même l’espoir d’être acceptée. J’avais mis beaucoup de cœur dans mes lettres de motivation, j’ai mis longtemps à les rédiger, notamment pour Lyon, et je pense qu’ils ne les ont même pas lues.

    « Ma mère est du même avis que moi, elle ne veut pas que j’aie le bac non plus. Elle m’a dit : « Je préfère que tu restes encore au lycée l’année prochaine plutôt que d’aller à Saint-Denis. » J’aurais aimé savoir avant que ce nouveau système allait être sélectif. Dans ce cas, je me serais sûrement donné plus de mal pour avoir de meilleurs résultats. C’est ce que je compte faire l’an prochain. » (M.T.)

    Justine, 19 ans, terminale L : « APB, ça allait »

    « C’est la deuxième fois que je passe le bac [au lycée expérimental de Hérouville-Saint-Clair dans le Calvados, ndlr]. L’année dernière, avec mon avis défavorable, je ne suis même pas allée aux épreuves de rattrapage. Cette année, je me suis ressaisie et j’ai obtenu un avis très favorable. Je connaissais le système APB, et mes candidatures sont les mêmes cette année sur Parcoursup. Je trouvais qu’APB, ça allait. Bizarrement, j’avais été acceptée dans plus de formations que cette année. Aujourd’hui, je suis refusée dans sept de mes treize vœux, et je suis sur liste d’attente pour cinq autres. J’ai été refusée à deux BTS qui m’avaient pourtant dit oui l’an dernier. C’est difficile à comprendre. J’ai juste été acceptée à la fac de Caen en arts du spectacle. Je n’ai pas trop envie d’y aller, je ne pense pas que la fac soit faite pour moi. J’ai mis ce vœu par sécurité, sur le conseil de mes profs…

    « J’attends la réponse d’un BTS audiovisuel à Saint-Quentin, dans l’Aisne, où je suis classée 116e sur les 494 élèves sur liste d’attente. Un autre dans la même ville m’intéressait mais je suis pour l’instant 404e sur 447… On a du mal à y voir clair et surtout, on ne peut pas vraiment savoir quand on sera fixé. Parcoursup génère énormément de stress. J’ai déjà passé le bac, alors je sais à quoi m’attendre, mais la pression que nous inflige #Parcoursup est terrible : on doit attendre des réponses et en même temps se concentrer sur nos épreuves. Ce sont deux choses importantes et difficiles à gérer ensemble. J’attends de passer le bac pour réfléchir à ce que je vais faire si je n’ai rien. Je pense à un service civique. Je ne peux pas ne rien faire. C’est inenvisageable. » (S.-L.B.)
    Marie Piquemal , Marlène Thomas , Sarah-Lou Bakouche

    Plus je lis des articles sur parcoursup et plus je suis horrifiée.

    #sélection #éducation #études #université #éducation_nationale #école #enseignement #diplôme #orientation



  • Menacée de fermeture, la Maison des #femmes de Saint-Denis en appelle aux dons - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/06/08/menacee-de-fermeture-la-maison-des-femmes-de-saint-denis-en-appelle-aux-d

    Entre 30 et 50 femmes poussent chaque jour les portes de cette maison colorée, implantée à deux pas de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Elles souhaitent s’informer sur l’avortement, les violences conjugales, consulter une sage-femme, un·e médecin ou un·e psychologue pour évoquer des mutilations sexuelles… Inaugurée en juillet 2016, la Maison des femmes de Saint-Denis est une structure hybride destinée à prendre en charge tous les types de violences. Financée principalement par des fondations privées, l’Etat et les collectivités locales, la Maison des femmes en appelle désormais aux dons pour continuer d’exister : une campagne de financement participatif a été lancée, via la plateforme Gofundme. Budget annuel du lieu : 800 000 euros. Plus de 40 000 euros ont déjà été récoltés sur50 000 espérés. Faute de financement, le fonctionnement du lieu pourrait être sérieusement compromis à très court terme (d’ici fin juin).

    Au-delà de l’espace dionysien, la docteur Ghada Hatem, gynécologue obstétricienne initiatrice du projet, aimerait voir essaimer d’autres espaces similaires. Ils sont, argue-t-elle, « une réponse au parcours du combattant que doivent aujourd’hui affronter les femmes victimes de violences ». Selon l’Ined, environ 50 000 femmes excisées vivraient sur le sol français ; 14,5 % des femmes ont déjà été victimes d’une forme de violences sexuelles au cours de leur vie. Et dans l’Hexagone, les violences conjugales continuent de tuer une femme tous les trois jours.

    Pour appuyer cet appel aux dons, un documentaire sur l’histoire des lieux est disponible en accès libre sur le site Spicee. Interrogée par Libération en 2016, peu après l’ouverture de la Maison des femmes de Saint-Denis, Ghada Hatem soulignait déjà la difficulté de trouver des financements pour ce type de projets : « Quand vous êtes "Madame Personne", petit docteur dans un hôpital de banlieue un peu sinistré, il faut un certain acharnement et pas mal de rencontres pour arriver à lever des fonds », disait-elle. Aujourd’hui, elle appelle les donateurs potentiels à « être des héroïnes » à leur côté, pour lutter contre les violences faites aux femmes. Pas besoin de cape ni de superpouvoirs : un don de dix euros est par exemple suffisant pour financer la participation d’une femme à un atelier sur la réparation de l’intime, après des #mutilations_sexuelles.

    #violence_masculine


  • Menacée de fermeture, la Maison des femmes de Saint-Denis en appelle aux dons
    Par Virginie Ballet — 8 juin 2018 à 13:57 | Libération

    http://www.liberation.fr/france/2018/06/08/menacee-de-fermeture-la-maison-des-femmes-de-saint-denis-en-appelle-aux-d

    Entre 30 et 50 femmes poussent chaque jour les portes de cette maison colorée, implantée à deux pas de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Elles souhaitent s’informer sur l’avortement, les violences conjugales, consulter une sage-femme, un·e médecin ou un·e psychologue pour évoquer des mutilations sexuelles… Inaugurée en juillet 2016, la Maison des femmes de Saint-Denis est une structure hybride destinée à prendre en charge tous les types de violences. Financée principalement par des fondations privées, l’Etat et les collectivités locales, la Maison des femmes en appelle désormais aux dons pour continuer d’exister : une campagne de financement participatif a été lancée, via la plateforme Gofundme. Budget annuel du lieu : 800 000 euros. Plus de 40 000 euros ont déjà été récoltés sur50 000 espérés. Faute de financement, le fonctionnement du lieu pourrait être sérieusement compromis à très court terme (d’ici fin juin).

    https://www.gofundme.com/soyonsdesheroines



  • NON A LA PRESENCE POLICIERE SUR LE CAMPUS DE PARIS DIDEROT.
    POUR UN RETOUR AU CALME ET A LA LIBERTE DE DEBAT

    Dans la soirée du 15 mai, sur l’esplanade des Grands Moulins de l’Université Paris-Diderot (Paris 7), la police a interpelé et dispersé un groupe d’étudiants qui s’étaient réunis pour un « pique-nique » d’échanges : selon le principe de la « convergence des luttes », des postiers du 92 avaient été invités à parler par les étudiants hostiles à la loi ORE (dite « Loi Vidal », qui institue le principe de sélection à l’entrée à l’université). Au cours de cette réunion, une protestation contre les massacres de Gaza s’est également exprimée à travers la présence d’un drapeau palestinien.

    Une vidéo a circulé, montrant des policiers armés sur un espace qui appartient symboliquement au campus, intimidant puis menaçant les étudiants réunis, renversant une table portant des tracts et des reliefs de pique-nique [1]. D’après plusieurs étudiants présents, les policiers ont argué successivement de l’illégalité : 1) du port d’un drapeau palestinien ; 2) d’un rassemblement sans demande d’autorisation ; 3) d’une consommation d’alcool sur la voie publique. Menaçant l’ensemble des étudiants, ils ont appelé des fourgons en renfort puis ont interpelé l’un des étudiants qui leur avait répondu de manière moqueuse. Celui-ci, emmené au poste, doit à présent suivre un « stage de citoyenneté » à ses frais (150 euros). D’après des témoins directs, il y a eu des brutalités commises par la police (une étudiante saisie par la gorge, un étudiant trainé au sol).

    Ces faits nous semblent tout à fait anormaux : cette réunion, de taille très modeste (une trentaine d’étudiants), n’était évidemment pas destinée au blocage de la Fac puisqu’elle était fixée en soirée, après ou avant une journée d’examens (c’est d’ailleurs au cours d’une épreuve le lendemain que nous avons été informés de ces faits). A Paris Diderot en effet, pour des raisons diverses qui ne seront pas discutées ici, le mouvement a été peu suivi, ou aucun blocage ne s’est installé (les étudiants mobilisés ont rejoint les campus de Tolbiac ou de Nanterre, ou se sont interrompus pour passer les examens).

    Ces faits du 15 mai semblent donc parfaitement anodins, mais la réaction policière, elle, ne l’est pas : elle est aberrante et très significative. Cet incident dit qu’il est tout bonnement interdit à présent de se rassembler pour débattre, fût-ce à 30 personnes, sur le campus de l’université. Que des espaces de débat pacifiques soient empêchés dans une université non bloquée est particulièrement inquiétant. Nous ne pouvons pas accepter cet état de fait. Quelles que soient les positions de chacun sur la loi Ore, le blocage des Facultés, le traitement des postiers ou le conflit israélo-palestinien, débats qui ne sont pas en jeu ici, ce qui s’est passé montre qu’un seuil intolérable est franchi. Un des principes majeurs qui donnent sens à notre métier est bafoué.

    Disperser par principe n’importe quelle réunion d’étudiants au prétexte qu’il faut empêcher les blocages est un abus injustifiable et dangereux. C’est aussi une transgression flagrante du principe tant vanté de « l’université dans la cité », devenu une grotesque antiphrase. En aucun cas cette situation malsaine que crée la présence policière quotidienne ne doit être normalisée. Nous qui croyons en l’esprit de libre-pensée et d’examen critique que cette université a fait sien, nous demandons que l’esprit de « Denis Diderot » soit honoré dans ces murs. Nous refusons que ces murs deviennent ceux d’un fortin imprenable, aux portes engrillagées, qu’il nous faut pénétrer en montrant chaque jour patte blanche et aux prix de longs contournements de bâtiments, qui alourdissent notre travail.

    Nous souhaitons que cesse également la présence des vigiles aux portes, dont nous savons le coût exorbitant, profondément discutable à un moment où les budgets sont systématiquement rognés, et où tous les personnels sont sous pression. Ce climat est irrespirable, et ne permet plus l’exercice normal de notre profession. Nous souhaitons que ce campus reste un campus et pas un camp pour policiers armés et gardiens de forts.
    L’incident d’apparence insignifiant du 15 mai à Paris-Diderot a eu lieu dans un contexte que tous connaissent. Beaucoup d’entre nous ont vu les vidéos montrant des CRS, voire des milices fascistes investissant des amphithéâtres, hurlant des injures racistes et sexistes contre des étudiants réunis pour débattre lors d’Assemblées Générales. Le nombre et la gravité des intrusions, dérives et violences policières qui se sont déroulées à Montpellier, Toulouse, Paris 3, à l’EHESS, ont suscité la protestation de nombreux collègues, dont certains se sont mis en grève administrative et pédagogique [2]. Enfin, en un semestre il y a eu 30 évacuations d’établissements universitaires par la police, c’est beaucoup et c’est inédit dans l’histoire de la République.

    Les enseignants-chercheurs sont de facto concernés par cette violence, parfois très directement. Le 1er mai, un enseignant-chercheur de l’EHESS a été violemment frappé alors qu’il tentait de contourner le bâtiment, par les policiers qui lui ont déclaré qu’avec ce qu’il allait prendre il « ne pourrait plus se relever », qu’il allait « payer pour ses étudiants pour toutes ces merdes que vous leur apprenez ! ». Blessé, le collègue a porté plainte, la direction de l’EHESS a rappelé le principe de « franchise universitaire », et nos collègues de l’IRIS ont fait circuler une lettre pour protester contre ces faits très graves [3].
    Tout cela est inadmissible. Nous n’acceptons plus que des étudiants qui sont placés sous notre responsabilité, et qui sont l’avenir de ce pays, soient ainsi brutalisés et interdits de parole sur nos campus, alors qu’ils ne font que mettre en application, légitimement, les principes du débat démocratique dont notre pays a le plus urgent besoin.
    Nous n’acceptons plus le sinistre paradoxe d’universités et d’institutions culturelles qui se complaisent dans la célébration de mai 68, tout en mettant en œuvre le message inverse : contre l’émancipation, c’est l’arbitraire et l’obscurantisme de la force brute qui se sont installés dans nos universités.

    Nous n’acceptons plus que nos propres tutelles, qu’elles soient nationales ou locales, nos présidences, etc., soient devenues à ce point incapables de débat critique et d’ouverture à la jeunesse, voire même à leurs personnels administratif, technique et enseignant, qu’il leur est devenu plus naturel d’appeler la police que de dialoguer, prenant le risque de mettre en danger une jeunesse qui a pourtant fait confiance à l’institution. Et qui redit son attachement à l’Université à travers le slogan « Flics hors de nos facs, Flics hors de nos vies » ! Que nos étudiants éprouvent encore le sentiment d’être là chez eux est inespéré, au regard de l’atmosphère délétère qui s’y est installée. Nous devons répondre à cette confiance qu’ils nous font.

    Nous, enseignants-chercheurs de toutes disciplines, invitons nos collègues de l’administration à se joindre à cette protestation. Nous demandons instamment à la Présidence de l’université Paris Diderot de s’expliquer sur la présence régulière de forces de police sur notre campus, sur le maintien des grilles et du filtrage en l’absence de blocage, et sur les violences policières évoquées plus haut. Nous demandons également à la Présidence d’agir très rapidement afin de rétablir le calme et la liberté de débat contradictoire dont nous avons tous besoin, afin de ne pas compromettre le bon déroulement de cette fin d’année ni celui de la rentrée prochaine.

    Notes :
    1. https://www.facebook.com/search/top/?q=paris%207%20contre%20la%20r%C3%A9forme%20vidal
    2. Voir le résumé des faits et leur analyse dans : https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/160518/universites-violences-policieres-et-privatisation-de-la-securite. Voir également la protestation signée par quatre professeurs d’universités parisiennes, « Vers des Etats généraux de l’université, Le Monde, 30 avril 2018. Signée par Bertrand Guillarme (Paris 8), Stéphanie Hennette-Vauchez (Paris-10), Sandra Laugier (Paris 1), Tiphaine Samoyault (Paris 3).
    3. https://www.facebook.com/nicolas.jaoul.1/posts/10156428342020984 ; https://www.marianne.net/societe/tu-vas-payer-pour-les-etudiants-un-enseignant-de-l-ehess-affirme-avoir-ete

    Premiers signataires (ordre alphabétique) :

    1. Andreotti, Bruno, professeur à l’Université Paris Diderot, chercheur au laboratoire PMMH2 de l’ESPCI ParisTech et membre de l’Institut universitaire de France
    2. Audureau, Florian, Doctorant à l’université Paris Diderot, laboratoire CERILAC
    3. Aurélia, Michel, maître de conférence à l’université Paris Diderot, UFR GHES, CESSMA
    4. Babou, Igor, professeur à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    5. Bacharach, Jeanne, doctorante contractuelle à l’université Paris Diderot, laboratoire CERILAC
    6. Bardin, Chloé, étudiante à l’université Paris Diderot en Master 2 Lettres, Arts et Pensée Contemporaine, UFR LAC
    7. Baty-Delalande, Hélène, maître de conférence à l’université Paris Diderot, UFR LAC, Laboratoire CERILAC
    8. Begot, Jacques-Olivier, maître de conférences à l’Université Paris Diderot, UMR 8547 (Ecole Normale Supérieure)
    9. Baudet-Michel, Sophie, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, UMR Géographie-cités
    10. Berthet, Frédérique, maître de conférences HDR à l’université Paris Diderot, UFR LAC, Laboratoire CERILAC
    11. Berroir, Sandrine, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES
    12. Berthonnet, Irène, maître de conférence à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire Ladyss
    13. Beugnet, Martine, professeur à l’université Paris Diderot, directrice de l’UFR d’études anglophones, LARCA
    14. Bézirard, Elisa, étudiante en licence 1 de lettres et sciences humaines à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    15. Bilodeau, Clélia, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, Ladyss
    16. Bitoun, Iska, étudiante (préparation de l’agrégation) à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    17. Blanc, Nathalie, directrice de recherche au CNRS, UFR GHES, Directrice du Laboratoire LADYSS
    18. Bourneuf, Jeanne, étudiante à l’université Paris Diderot en Master 2, VAP, UFR GHES
    19. Boyer, Julien, doctorant à l’université Paris Diderot, LCSP
    20. Brasca, Matis, étudiant à l’université Paris Diderot en L2 cinéma, UFR LAC
    21. Brémon, Cécile, Coordinatrice des programmes HUMAROM et LAFABREV, UFR LAC, Centre de ressources Jacques-Seebacher, CERILAC
    22. Brisset, Claire-Akiko, Maître de conférences HDR à l’université Paris Diderot, UFR LCAO
    23. Broccardo, Laura, doctorante en Lettres à Paris-Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    24. Cabioc’h, Antonin, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    25. Cappellen, Raphaël, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    26. Cardin, Fanny, doctorante contractuelle à l’université Paris Diderot, laboratoire CERILAC
    27. Carré, Guénolé, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    28. Caillol, Daphné, doctorante en Géographie, UMR Géographie-cités
    29. Catel, Claire, étudiante en licence à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    30. Cazayous, Maximilien professeur à l’université Paris Diderot, UFR de Physique, Laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques
    31. Cazalas, Inès, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    32. Cazé, Antoine, professeur à l’université Paris Diderot, UFR d’Etudes anglophones, LARCA
    33. Chanod, Camille, doctorante en cinéma à l’université Paris Diderot, UFR LAC, CERILAC
    34. Chudeau, Flore, étudiante en Licence 2 d’études cinématographiques à l’université Paris Diderot, UFR LSH
    35. Clerc, Valérie, Chargée de recherche, IRD, CESSMA - Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques
    36. Contel, Rafael, étudiant à l’université Paris Diderot en L2 Cinéma, UFR LAC
    37. Coquio, Catherine, professeure à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    38. Courtois, Jean-Patrice, maître de conférences émérite à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    39. Cuny, Nathalie, gestionnaire scolarité à l’université Paris Diderot, Pôle Ouvert d’Enseignements à Tous
    40. Cuillerai, Marie, professeur de Philosophie à l’université Paris Diderot, Responsable du Master SPP, LCSP/IHSS
    41. Dacheux, Michaël, chargé d’enseignement à l’université Paris Diderot, Ateliers cinéma, UFR LAC
    42. Dahlab, Lou, étudiante de master 2 LAPC, UFR LAC
    43. Darmangeat, Christophe, PRAG à l’université Paris Diderot, département économie, UFR GHES
    44. De Bary, Cécile, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    45. De Fazio, Camilla, étudiante en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    46. De Gasquet, Béatrice, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, IHSS, laboratoire URMIS
    47. Delanoë-Brun, Emmanuelle, maîtresse de conférences à l’Université Paris Diderot, Adjointe à la direction de l’UFR d’Etudes anglophones littérature américaine, études visuelles, traduction littéraire
    48. Delporte, Carole, professeur à l’université Paris Diderot, UFR d’informatique, Laboratoire IRIF
    49. De Montbrial, Blanche, étudiante en Master 2 Lettres Art et Pensée Contemporaine à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    50. Descamps, Flora, étudiante à l’université Paris Diderot en L 2 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    51. Desceul, Lise, docteure en littérature comparée, en préparation à l’agrégation à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    52. Desné, Maëva, étudiante (préparation de l’agrégation) à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    53. Desriac, Julie, étudiante en Master 2 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    54. Dujarier, Marie-Anne, Professeure à l’Université Paris Diderot, Laboratoire de Changement Social et Politique (LCSP)
    55. Dunglas, Juliette, étudiante en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    56. Dupont, Véronique, Directrice de recherche à l’IRD, CESSMA - Centre d’Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques, UFR GHES
    57. Ebguy, Jacques-David, maître de Conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    58. Elsouri, Gaafar, étudiant à l’université Paris Diderot en M2 Histoire et civilisations comparées spécialité Histoire des mondes, UFR GHES
    59. Ermakoff, Catherine, Responsable Ateliers Cinéma, UFR LAC
    60. Fabregat, Roxane, étudiante à l’université Paris Diderot, préparation à l’agrégation de lettres modernes, UFR LAC
    61. Falquet, Jules, maîtresse de conférences HDR à l’université Paris Diderot, UFR de sciences sociales, LCSP
    62. Faret, Laurent, professeur à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire CESSMA
    63. Farnier, Alice, étudiante en préparation de l’agrégation de Lettres modernes, UFR LAC
    64. Fauconnier, Hugues, professeur à l’université Paris Diderot, UFR informatique, IRIF
    65. Félice, Azéma, étudiante M2, UFR LAC
    66. Flipo, Fabrice, professeur à l’Institut Mines-Telecom, Laboratoire de Changement Social et Politique de Paris Diderot
    67. Folléa, Clémence, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR Etudes Anglophones, LARCA
    68. Foti, Giorgia, étudiante conférences à l’université Paris Diderot en Master 2 de Lettres, UFR LAC
    69. Fourmestraux, Océane, étudiante à l’université Paris Diderot en L2 Lettres Sciences Humaines, UFR LAC
    70. Froidefond, Marik, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    71. Gallais, Mathieu, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    72. Garnier, Nicolas, Doctorant contractuel, Université Paris Diderot, UFR d’études anglophones, LARCA
    73. Gay, Vincent, maître de conférences à l’université Paris Diderot, Institut Humanités, Sciences et Sociétés (IHSS), Laboratoire du changement social et politique
    74. Gheerbrant, Amélie, maître de conférence à l’université Paris Diderot, UFR d’Informatique, Laboratoire IRIF
    75. Girola, Claudia, maître de conférences à l’université Paris Diderot, département de sciences sociales, IHSS, LCSP
    76. Gombin, Anna, agrégative en Lettres Modernes à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    77. Grillet, Maxime, étudiant à l’université Paris Diderot en M1 de sociologie, UFR Sciences sociales
    78. Guennoc, Jean-François, PRAG à l’Université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    79. Guérois, Marianne, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire Géographie-cités
    80. Guéret, Erwan, doctorant contractuel à l’Université Paris Diderot, ED131
    81. Guillard, Alice, étudiant à l’université Paris Diderot en L 2 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    82. Gwinner, Coline, étudiante à l’université Paris Diderot en Licence 2 d’études cinématographiques, UFR LSH
    83. Habib, Michel, professeur à l’université Paris Diderot, Institut de Recherche en Informatique Fondamentale
    84. Hamisultane, Sophie, docteure, chercheure associée au Laboratoire de changement social et politique, Université Paris Diderot
    85. Hautcoeur, Guiomar, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    86. Hecquet, Romain, étudiant en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    87. Hewison, Charlie, doctorant contractuel, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    88. Humber, Abel, étudiant en Master 2 MPRI à l’université Paris Diderot, stagiaire au LIX (polytechnique)
    89. Jarroux, Alice, étudiante en master 2, UFR de linguistique
    90. Jouve, François, professeur à l’université Paris Diderot, UFR de mathématiques, laboratoire LJLL
    91. Kabbaj, Loubna, étudiante à Paris Diderot en L1
    92. Karsenti, Anna, étudiante à l’université Paris Diderot, master 1, UFR LAC
    93. Kian, Azadeh, professeure à l’université Paris Diderot, Directrice du département de Sciences sociales, Directrice du CEDREF, Institut humanités, sciences et sociétés
    94. Kramer, Hugo, étudiant en Licence 2 d’études cinématographiques, UFR LSH
    95. Lamarche, Thomas, Professeur des Universités, université Paris Diderot, UFR GHES, Ladyss
    96. Langlinay, Antonin, étudiant à l’université Paris Diderot en Licence 2 d’Etudes Cinématographiques, UFR LSH
    97. Laroche, Camille, doctorante en Lettres, Laboratoire Cerilac
    98. Laroussinie, François, professeur à l’université Paris Diderot, UFR Informatique, laboratoire IRIF
    99. Latière, Elise, étudiante à l’université Paris Diderot en master 1 de Psychologie à l’UFR Etudes Psychanalytiques
    100. Lebreton, Cécile, étudiante à l’université Paris Diderot en M2 d’histoire, UFR GHES
    101. Leclercq, Aurélie, doctorante contractuelle à l’Université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    102. Le Duff, Chloé, Agrégative en lettres modernes, UFR LAC
    103. Lerousseau, Clara, agrégative en Lettres modernes, UFR LAC Paris Diderot
    104. Lestage, Françoise, Professeur à Paris Diderot, UFR IHSS, chercheur à l’URMIS
    105. Livigni, Tom, étudiant en préparation de l’agrégation de Lettres modernes, UFR LAC
    106. Lloret, Léandre, étudiant à l’université Paris Diderot en L1 Lettres et Sciences Humaines, UFR LSH
    107. Lotterie, Florence, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    108. Lowit, Valérie, IGE à l’université Paris Diderot, IHSS, département Sciences sociales
    109. Lucet, Sophie, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    110. Makédonski, Katia, étudiante à l’université Paris Diderot en Licence 3, UFR LAC
    111. Manca, Maria, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    112. Marcangeli, Catherine, Maître de conférences, à l’université Paris Diderot, UFR Etudes anglophones, LARCA
    113. Marion-Magnan, Jean, étudiant à l’université Paris Diderot en master 1 d’études cinématographiques, UFR LAC
    114. Martineau, Melvin, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 2 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    115. Massoueme, Héloïse, étudiante à l’université Paris Diderot en Licence 2 Lettres et Sciences Humaines, UFR LAC
    116. Mazodier, Catherine, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR d’Études Anglophones, LARCA
    117. Méjia, Sébastien, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 2, préparation de l’agrégation, UFR de mathématiques
    118. Mering, Catherine, professeure à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire LIED
    119. Micheli, Anne, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR Informatique, laboratoire IRIF
    120. Mignon, Mathilde, intervenante réalisatrice à Paris Diderot UFR LAC L2, ateliers de réalisation
    121. Millet, Claude-Elisabeth, professeure à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    122. Mills Affif, Edouard, Maître de Conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    123. Montestruc Laia, Étudiante en Master 2 LAPC, UFR LAC
    124. Morange, Marianne, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire CESSMA
    125. Morel, Baptiste, étudiant à l’université Paris Diderot en master 1 de psychologie
    126. Moreno, Romain, étudiant à l’université Paris Diderot en L 3 Mathématiques et informatique
    127. Morin, Sylvie, secrétariat de l’UFR d’études anglophones à l’université Paris Diderot
    128. Murard, Numa, Professeur émérite de sociologie, Université paris Diderot
    129. Mussou, Amandine, maîtresse de conférences à l’université Paris-Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    130. Nollet, Rémi, doctorant avec mission d’enseignement, UFR informatique, laboratoire IRIF
    131. Nordmann, Lola, étudiante à l’université Paris Diderot Master 2, UFR LAC
    132. Nyckees, Vincent, Professeur à l’Université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire HTL
    133. Oisel, Mary, Secrétariat et Gestion Master Recherche UFR Etudes Anglophones
    134. Ouadah, Lyes, étudiant à l’université Paris Diderot en L 2 de chimie
    135. Torres, Palmyre, étudiante en Master LAPC, UFR LAC
    136. Passalacqua, Arnaud, maître de conférence à l’Université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoires ICT et LIED
    137. Patron, Sylvie, Maître de conférences (HDR) à l’université Paris Diderot, UFR LAC, Cerilac
    138. Pellas, Claire, étudiante à l’Université Paris Diderot, préparation à l’agrégation de lettres modernes, UFR LAC
    139. Perez, Liliane, professeure à l’université Paris Diderot, Directrice d’études à l’EHESS, directrice de l’UFR GHES, Centre Alexandre Koyré
    140. Pernet, Arthur, étudiant à l’Université Paris Diderot en L2 de Lettres et arts, UFR LAC
    141. Perse, Léa, étudiante en L1 de Lettres et Sciences humaines à Paris Diderot, UFR LAC
    142. Petit, Zoé, étudiante à l’université Paris Diderot en master 1 LAPC
    143. Peter, Andy, étudiant à l’université Paris Diderot en L 3 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    144. Pinet, Timothée, étudiant en Master 1 LAPC à Paris Diderot, UFR LAC
    145. Poiret, Christian, maitre de conférences à l’Université Paris Diderot, UFR IHSS, laboratoire URMIS
    146. Poulalhon, Dominique, maîtresse de conférences à l’Université Paris Diderot, UFR Informatique, Laboratoire IRIF
    147. Provost, Killian, étudiant (préparation de l’agrégation) à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    148. Quadrato, Gabriella, étudiante en préparation de l’agrégation de Lettres modernes, UFR LAC
    149. Raguet, Paul, étudiant à l’université Paris Diderot en L 2 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    150. Rabouin, David, chargé de recherche CNRS, Laboratoire SPHERE, Université Paris Diderot
    151. Rey, Alice, étudiante à l’université Paris Diderot en L2 Etudes Cinématographiques, UFR LSH
    152. Ritz, Olivier, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    153. Rivé-Lasan, Marie-Orange, maîtresse de conférence, UFR LCAO, Centre Chine, Corée, Japon (CCJ)
    154. Rivière, Tancrède, doctorant à l’Université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    155. Rodrigues, Daniel, étudiant à l’université Paris Diderot en L 1 LEA, UFR EILA
    156. Rognon, Joahim, étudiant à l’université Paris Diderot en L3 de cinéma, UFR LAC
    157. Rommevaux-Tani, Sabine, Directrice de recherche CNRS, laboratoire SPHERE, Université Paris Diderot
    158. Ronchail, Josyane, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, Laboratoire LOCEAN/IPSL
    159. Rouffilange, Jeanne, étudiante à l’université Paris Diderot en L 3 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    160. Roux, Lewis, adjoint technique à l’université Paris Diderot, Equipe 7 du laboratoire BFA
    161. Saillenfest, Gaëlle, étudiante en master 2 Lettres Arts et Pensée contemporaine, UFR LAC
    162. Salado, Régis, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    163. Sangnier, Arnaud, maître de Conférences, UFR d’informatique, laboratoire IRIF
    164. Sanna, Francesca, Doctorante Contractuelle à Paris Diderot, ED 382, UFR GHES, Laboratoire LIED
    165. Sarcelet, Loïc, étudiant à l’université Paris Diderot en L 2 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    166. Sawicki, Solenn, étudiante en L 2 Lettres et Sciences Humaines
    167. Schor, Paul, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR Etudes anglophones, laboratoire LARCA
    168. Séité, Yannick, maître de conférences HDR à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    169. Sergent, Juliette, étudiante en Master 1, UFR LAC, Université Paris Diderot
    170. Shron, Alina, doctorante contractuelle, laboratoire SPHERE, Université Paris Diderot
    171. Silva Costa, Valentin, étudiant en M2 LAPC, UFR LAC
    172. Smadja, Stéphanie, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    173. Souchaud, Sylvain, Chargé de recherche à l’IRD, URMIS - Unité recherche migrations et société - IHSS
    174. Spire, Amandine, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire CESSMA
    175. Susbielle, Thelma, étudiante à l’université Paris Diderot en L1 LSH, UFR LAC
    176. Talbot, Armelle, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    177. Tarjot, Cécile, étudiante en Master 2 Recherche Lettres LAPC, UFR LAC
    178. Tidmarsh, Katie, doctorante à l’Université Paris Diderot, laboratoire CERILAC
    179. Toulza, Pierre-Olivier, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    180. Vidal, Mathilde, ATER à l’Université Paris-Diderot, UFR LAC, Laboratoire Cerilac
    181. Vidal, Rose, étudiante en master 1 à l’université Paris-Diderot, UFR LAC
    182. Vigier, Margot, étudiante à l’université Paris Diderot en L2 d’études cinématographiques, UFR LSH
    183. Vettard, Pauline, étudiante à l’université Paris Diderot en Master 1 Lettres Arts et Pensée Contemporaine
    184. Winternheimer, Arthur, étudiant à l’université Paris Diderot en Licence 2 de Lettres et Arts, UFR LSH
    185. Zacchiroli, Stefano, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR Informatique, laboratoire IRIF
    186. Zaoui, Pierre, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC

    Soutiens extérieurs (ordre alphabétique) :

    1. Aguilar, Anne-Sophie, Maître de conférences, Université Paris Nanterre, HAR
    2. Altounian, Janine, Essayiste, traductrice (Œuvres complètes de Freud sous la direction de Laplanche)
    3. Ausécache, Mireille, chercheuse post-doc, EPHE
    4. Agier, Michel, directeur d’études EHESS et IRD
    5. Beaudet, Jean-Michel, Professeur à l’Université Paris Nanterre, Département d’Anthropologie
    6. Benveniste, Annie, maitre de conférences émérite, membre du LEGS, Université Paris 8
    7. Bessis, Sophie, directrice de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) de Paris, historienne
    8. Bourlet, Mélanie, Maîtresse de Conférences à l’Inalco, laboratoire LLACAN (UMR8135)
    9. Bridet, Guillaume, Professeur de Littérature française, Université de Bourgogne-Franche-Comté
    10. Carbonnel, Laure, Dr. en anthropologie, université Paris Nanterre
    11. Cau, Nathalie, BIATSS, Université Paris Nanterre
    12. Cazalas, Oriana, Chargée de mission Développement Économique
    13. Costa, James, maitre de conférences, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, Laboratoire Lacito
    14. Delord, Julien, Responsable adjoint Service des relations internationales, Université Paris Nanterre
    15. Dautrey, Marianne, éditrice à L’institut national d’histoire de l’art (INHA), Chef du service des Éditions
    16. Dufaux, Frédéric, Maître de Conférences en géographie urbaine et urbanisme, Département de Géographie et Aménagement, Université Paris Nanterre, Laboratoire Mosaïques-LAVUE (UMR 7218)
    17. Dumoulin, Hugo, Doctorant contractuel chargé de TD, Département de philosophie, UFR Phillia, Université Paris Nanterre
    18. Engélibert, Jean-Paul, professeur de littérature comparée, Université Bordeaux-Montaigne
    19. Etienne Arreguy, Marília, Post-doctorante à l’Université Paris 8 - Saint-Denis, Chercheuse-invitée à l’École Doctorale Recherches en Psychanalyse - Université Paris Diderot
    20. Ferré, Vincent, Professeur à l’université Paris Est Créteil, UFR Lettres, Langues, Sciences Humaines
    21. Fjeld, Anders, chercheur postdoctoral au CriDIS, Université Catholique de Louvain, et chercheur associé au LCSP, Université Paris Diderot
    22. Garnier, Xavier, Professeur à la Sorbonne Nouvelle - Paris 3
    23. Grudzinska, Agnieszka, professeur émérite, Sorbonne Université
    24. Hache, Emilie, maitre de conférences philosophie à l’université de Paris Nanterre
    25. Hajji, Hamza, étudiant en licence de philosophie à l’Université Paris 8, département de philosophie
    26. Joubert-Laurencin, Hervé, Professeur à l’université de Paris Nanterre et chercheur au Cnrs (laboratoires HAR et Cral-Ehess)
    27. Launay, Isabelle, professeure à l’université Université Paris 8
    28. Le Marec, Joëlle, professeure à l’université Paris Sorbonne 4, CELSA, laboratoire Gripic
    29. Lorin, Marie, post-doctorante à l’Inalco, laboratoire LLACAN (Inalco/CNRS)
    30. Louis, Camille, docteure en philosophie (Paris 8) et dramaturge (collectif kom.post)
    31. Marignier, Noémie, docteure, Laboratoire Clesthia, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
    32. Mekdjian, Sarah, maitre de conférences, Géographie, Université Grenoble Alpes
    33. Mileschi, Christophe, professeur en études italiennes, Université Paris Nanterre
    34. Monteiro Rodrigues, Elisabeth, traductrice
    35. Napoli, Gabrielle, PRAG lettres modernes, Paris 3
    36. Nicolas, Hélène, maîtresse de conférence en anthropologie, Paris8
    37. Perrin, Julie, maîtresse de conférence à l’université Paris 8, IUF
    38. Quillier, Patrick, Professeur des Universités, UFR LASH (Université Côte d’Azur), CTEL
    39. Riffard, Claire, Équipe "Manuscrits francophones", ITEM-CNRS
    40. Salvatierra, Violeta, étudiante chercheur au Département danse, Paris 8
    41. Souyris Oportot, Lorena, Post-doctorante LEGS, Membre associée ENS et laboratoire ERRAPHIS (Université Le Mirai Toulouse)
    42. Suchet, Myriam, maitresse de conférences, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, Directrice du Centre d’études québécoises de Paris 3
    43. Vidal-Naquet, Marina, ATER à l’Université Paris-Nanterre
    44. Villemur-Ponselle, Félix, étudiant en 2ième année du cours Florent, Paris, ancien étudiant à Paris 7 en licence cinéma audiovisuel


  • Paris : Gérard Collomb annonce l’évacuation dans un « bref délai » de 2 300 migrants
    Le ministre de l’intérieur a donné consigne au préfet de police de Paris d’organiser une évacuation des campements de la capitale, et critique, dans un communiqué, l’action de la ville de Paris.

    Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a annoncé mercredi 23 mai l’organisation, « à bref délai », d’une évacuation des plus de 2 300 migrants vivant dans des #campements à Paris. Il a donné ses consignes pour une opération conciliant « mise à l’abri » mais aussi « contrôles administratifs », explique la Place Beauvau dans un communiqué très sec envers la ville de #Paris.

    Gérard Collomb « prend note du refus de la ville de demander
    l’évacuation de son domaine public, ce qu’il regrette », et il a par
    conséquent demandé au préfet de police « de pallier cette carence en vue de procéder à l’opération », qui devra concilier « les exigences de la mise à l’abri et de l’application du #droit des #étrangers »

    Aujourd’hui les campements posent des « enjeux humanitaires » qui « ne sont plus supportables pour les Parisiens », selon le ministère, pour qui, « dans la préparation de cette opération, le rôle de la Ville de Paris sera essentiel, car si les campements se reconstituent, cette 35e opération n’aura servi à rien ». « Cette situation se répétera
    indéfiniment si des mesures ne sont pas prises par les autorités locales pour éviter que les campements ne se reconstituent », ajoute encore le ministère.

    1 600 personnes près du canal Saint-Denis

    Deux campements grossissent depuis des mois dans le nord-est de Paris, notamment près du canal de Saint-Denis, ou environ 1 600 personnes vivent dans des conditions alarmantes. La récente noyade d’un migrant dans le canal Saint-Martin a aggravé les inquiétudes, mais la ville et le gouvernement peinent à s’entendre sur les modalités d’une #évacuation, la Place Beauvau insistant sur la nécessité d’une demande en bonne et due forme que la mairie refuse, arguant que cela n’a jamais été nécessaire lors des précédentes opérations.

    Gérard #Collomb met aussi en cause, de manière à peine voilée, l’effort de la ville en matière d’hébergement, affirmant que « 40 % de la demande d’asile française » se porte sur l’Ile-de-France, mais que Paris ne compte « que 2 % des places d’hébergement pour demandeurs d’asile ».

    Lors des précédentes opérations, « les personnes évacuées le sont déjà vers la périphérie parisienne ou dans des départements qui accueillent déjà de nombreux demandeurs d’#asile », ajoute le ministère. « Il convient donc de penser le problème parisien dans une logique d’ensemble qui permette de faire respecter la loi républicaine en matière d’asile et d’#immigration », poursuit-il.

    En clair, cela signifie « pouvoir #accueillir celles et ceux qui peuvent
    bénéficier de la protection » de la #France mais aussi « éloigner ceux
    qui n’ont pas vocation à rester sur le territoire national », et dans
    cette optique « un certain nombre de contrôles administratifs » auront lieu à l’occasion de l’opération, avertit le ministère.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/05/23/paris-gerard-collomb-annonce-l-evacuation-dans-un-bref-delai-de-2-300-migran


  • Procès du 8 juillet + MacDo occupé + Paris 8 St Denis | L’Actualité des Luttes
    https://actualitedesluttes.info/?p=3383

    Le 8 juillet 2009 à Montreuil, suite à l’expulsion de la Clinique occupée, des personnes se font tirer dessus au flashball par la police. Plusieurs personnes sont blessées ; l’un d’entre est touché à l’œil. Il en perdra la vue. En novembre 2016, trois des flics sont condamnés en première instance. Ils ont fait appel et repassent en procès au TGI de Paris les 16, 17 et 18 mai. En compagnie de nos invité-e-s,nous revenons sur les suites de cette affaire.

    Depuis vendredi dernier,Les salarié.e.s du restaurant Mac Donald Magenta (métro Gare de l’Est) sont en grève avec occupation du restaurant.

    En fin d’émission, nous serons avec un étudiant de l’université Paris 8 Saint-Denis pour un point sur l’occupation. Durée : 59 min. Source : Fréquence Paris (...)

    http://actualitedesluttes.info/wp-content/uploads/2018/05/180511.mp3


  • Saint-Denis VIII Révolutionnaire - Accueil
    https://www.facebook.com/notes/saint-denis-viii-r%C3%A9volutionnaire/paris-8-occup%C3%A9e-les-%C3%A9tudiant-e-s-d%C3%A9gagent-un-flic-de-leur-fac-/274538396420301

    PARIS 8 OCCUPÉE : LES ÉTUDIANT-E-S DÉGAGENT UN FLIC DE LEUR FAC !
    SAINT-DENIS VIII RÉVOLUTIONNAIRE·JEUDI 10 MAI 2018
    Ce jeudi 10 mai 2018 se tenait l’AG de l’occupation du mouvement étudiant de la fac Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Au cours de l’AG, certainEs d’entre nous ont repéré un individu au comportement étrange : un homme seul que personne ne connaissait et avec un look de RG. Après avoir observé un long moment son comportement suspect (il s’est déplacé plusieurs fois dans l’amphi), deux camarades ont demandé à lui parler à l’extérieur.
    Il s’est tout de suite présenté comme étant Damien Rigaud, viticulteur dans le Sud de la France, actuellement étudiant en œnologie à Bercy et habitant à Aulnay-sous-Bois. S’en est suivie une conversation absurde de plusieurs minutes où il disait être déjà venu à l’occupation des exiléEs pour apporter de la nourriture (allant même jusqu’à décrire précisément une camarade), et qu’il voulait donner un coup de main. Il s’est présenté comme un grand défenseur des réfugiéEs, ce qui lui aurait valu des problèmes avec la gendarmerie locale. Il a été jusqu’à nous dire qu’il avait l’impression d’avoir des flics en face de lui quand nous lui avons demandé s’il pouvait prouver son identité. Comme il n’avait aucun papier sur lui, nous lui avons explicitement demandé s’il était flic. Il nous affirme que non, mais une camarade insiste en lui demandant s’il est RG : il répond qu’il ne sait pas ce que c’est, et alors que la camarade réitère plusieurs fois sa question il ne répondra jamais que ce n’est pas le cas.
    La situation se renverse ensuite très vite : nous remarquons un fil dépassant de sa sacoche, relié à un bouton sur la sangle et qui s’avèrera être une caméra. Nous alertons donc nos camarades qu’un flic est bien présent et qu’il enregistre ce qui se passe et se dit à l’AG. Alors que le RG démasqué cherchait à fuir la fac, nous avons réagi massivement afin de l’en empêcher. Nous avons bloqué les issues et insisté collectivement pour qu’il nous remette ses enregistrements. Il a essayé de les sauver jusqu’au bout avec un entêtement inconsidéré au vu du rapport de force totalement en sa défaveur, mais nous avons réussi à récupérer tout le matériel : boitier d’enregistrement avec carte SD, caméra, micro, sacoche et prise de notes [voir photos].
    Nous avons enfin inspecté les photos sur son téléphone malgré ses oppositions, pour être sûrEs qu’il n’emportait aucune preuve avec lui. Suite à cela, nous l’avons laissé partir accompagné par quelques slogans.
    Après son départ, l’inspection du matos récupéré nous a conduitEs à remarquer la minuscule caméra intégrée au bouton. Nous avons visionné les enregistrements vidéos de l’AG : malgré sa taille la caméra donne une image grand angle avec une très bonne qualité sonore. Nous faisons peur à l’Etat pour que de tels moyens soient déployés contre nous pour nous observer.
    Votre tentative de casser notre lutte en nous infiltrant a échoué, et nous résisterons coûte que coûte !
    Nous appelons toutEs les étudiantEs à poursuivre la mobilisation et à réinvestir les universités : le mouvement étudiant fait peur à l’Etat, continuons-le !
    Flics, fachos, hors de nos facs !
    Paris 8 en lutte

    et article de Street Politics

    https://www.facebook.com/streetpoliticsfrance/photos/pcb.624066111269262/624065637935976/?type=3

    il faut voir les images !

    #Surveillance #Paris8 #InspecteurGadget

    Un policier en civil infiltré démasqué lors d’une AG à l’université Paris 8 : voici le communiqué des étudiants de P8 et des photos du matos du flic qui portait une caméra cachée en forme de bouton.

    Notons que la présence du policier va à l’encontre des promesses de la présidence de l’université qui affirmait qu’il n’y aurait plus de flics à la fac.

    « Ce jeudi 10 mai 2018 se tenait l’AG de l’occupation du mouvement étudiant de la fac Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Au cours de l’AG, certainEs d’entre nous ont repéré un individu au comportement étrange : un homme seul que personne ne connaissait et avec un look de RG. Après avoir observé un long moment son comportement suspect (il s’est déplacé plusieurs fois dans l’amphi), deux camarades ont demandé à lui parler à l’extérieur.

    Il s’est tout de suite présenté comme étant Damien Rigaud, viticulteur dans le Sud de la France, actuellement étudiant en œnologie à Bercy et habitant à Aulnay-sous-Bois. S’en est suivie une conversation absurde de plusieurs minutes où il disait être déjà venu à l’occupation des exiléEs pour apporter de la nourriture (allant même jusqu’à décrire précisément une camarade), et qu’il voulait donner un coup de main. Il s’est présenté comme un grand défenseur des réfugiéEs, ce qui lui aurait valu des problèmes avec la gendarmerie locale. Il a été jusqu’à nous dire qu’il avait l’impression d’avoir des flics en face de lui quand nous lui avons demandé s’il pouvait prouver son identité. Comme il n’avait aucun papier sur lui, nous lui avons explicitement demandé s’il était flic. Il nous affirme que non, mais une camarade insiste en lui demandant s’il est RG : il répond qu’il ne sait pas ce que c’est, et alors que la camarade réitère plusieurs fois sa question il ne répondra jamais que ce n’est pas le cas.

    La situation se renverse ensuite très vite : nous remarquons un fil dépassant de sa sacoche, relié à un bouton sur la sangle et qui s’avèrera être une caméra. Nous alertons donc nos camarades qu’un flic est bien présent et qu’il enregistre ce qui se passe et se dit à l’AG. Alors que le RG démasqué cherchait à fuir la fac, nous avons réagi massivement afin de l’en empêcher. Nous avons bloqué les issues et insisté collectivement pour qu’il nous remette ses enregistrements. Il a essayé de les sauver jusqu’au bout avec un entêtement inconsidéré au vu du rapport de force totalement en sa défaveur, mais nous avons réussi à récupérer tout le matériel : boitier d’enregistrement avec carte SD, caméra, micro, sacoche et prise de notes [voir photos en commentaires].

    Nous avons enfin inspecté les photos sur son téléphone malgré ses oppositions, pour être sûrEs qu’il n’emportait aucune preuve avec lui. Suite à cela, nous l’avons laissé partir accompagné par quelques slogans.

    Après son départ, l’inspection du matos récupéré nous a conduitEs à remarquer la minuscule caméra intégrée au bouton. Nous avons visionné les enregistrements vidéos de l’AG : malgré sa taille la caméra donne une image grand angle avec une très bonne qualité sonore. Nous faisons peur à l’Etat pour que de tels moyens soient déployés contre nous pour nous observer.

    Votre tentative de casser notre lutte en nous infiltrant a échoué, et nous résisterons coûte que coûte !

    Nous appelons toutEs les étudiantEs à poursuivre la mobilisation et à réinvestir les universités : le mouvement étudiant fait peur à l’Etat, continuons-le !

    Flics, fachos, hors de nos facs !

    Paris 8 en lutte »

    Source : Saint-Denis VIII Révolutionnaire