city:saint-nazaire

  • « Ce qui se passe ici, cette entraide, je n’avais jamais vu ça » : reportage à la maison du peuple de Saint-Nazaire
    https://www.bastamag.net/Ce-qui-se-passe-ici-cette-entraide-je-n-avais-jamais-vu-ca-reportage-a-la

    A Saint-Nazaire, les gilets jaunes ont leur quartier général : la « maison du peuple », un ancien bâtiment du Pôle emploi qu’ils occupent depuis la fin novembre. Dans le bouillonnement des discussions, des débats et des actions, travailleuses précaires, retraités, chômeuses ou SDF s’y politisent à grande vitesse. Dans ce territoire marqué par une forte culture ouvrière, leur action s’articule avec celle des syndicats, dont ils reçoivent le soutien. Après bientôt trois mois d’une mobilisation nourrie par (...)

    #Résister

    / #Luttes_sociales, #Syndicalisme, #Inégalités, #Classes_populaires, #Souveraineté_populaire, A la une, Innovation (...)

    #Innovation_politique


  • (3) Grenade GLI-F4 : révélations sur une arme qui mutile - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/01/25/grenade-gli-f4-revelations-sur-une-arme-qui-mutile_1705396

    Mains arrachées, plaies de plusieurs centimètres… La GLI-F4, essentiellement composée de TNT, a fait beaucoup de dégâts lors des manifestations des gilets jaunes. Un rapport de la gendarmerie auquel « Libé » a eu accès révèle que sa dangerosité a été sous-estimée par les forces de l’ordre, ce qui ne les empêche pas de l’utiliser.

    Grenade GLI-F4 : révélations sur une arme qui mutile

    C’est la première fois, en deux mois, que Gabriel Pontonnier a mis des mots sur l’instant où sa main a été en partie arrachée par une grenade tirée par les forces de l’ordre. Jeudi, cet apprenti chaudronnier de 21 ans a été auditionné par la police des polices sur les circonstances de sa grave blessure. L’unique parole pour ce jeune homme dont la vie est suspendue depuis le 24 novembre. Ce jour-là, il participait avec sa mère, son frère et sa sœur, à la première journée parisienne de mobilisation des gilets jaunes. Vers 18 heures, accompagné de son frère Florent, 30 ans, il observe la progression des policiers. Ce dernier raconte la scène  : « On s’est mis à distance pour éviter qu’ils nous prennent pour des casseurs ou des personnes mal intentionnées, juste derrière un petit camion qui vendait de la nourriture, nous étions en sécurité. Je me suis mis à filmer. » La séquence démarre, quelques instants avant l’explosion…

    La ligne des forces de sécurité, visible en arrière-plan, est distante d’environ une trentaine de mètres. Proche des deux frères, un vieux monsieur avec un bonnet rebrousse doucement chemin, un manifestant a les mains en l’air, un autre est au téléphone, tandis que deux personnes marchent tranquillement. Soudain, un homme crie plusieurs fois « attention ». Un blast lumineux survient, ainsi qu’une effroyable détonation. « Je me suis retourné, un nuage de fumée nous recouvrait, poursuit Florent Pontonnier. Mon frère a traversé ce nuage en ma direction, le bras en avant, en criant « putain ma main bordel, j’ai plus de main, j’ai plus de main ». C’est l’image qui restera à vie dans mes pensées et que je vois à chaque fois que je ferme les yeux. Une main éclatée avec les os à l’air libre, un doigt qui pendait sur le côté et plus rien sur le reste. » ­Gabriel est hospitalisé en urgence, il subit douze opérations pour tenter de sauver ce qu’il reste de sa main et retirer les nombreux éclats qui l’ont blessé aux jambes et à la tête. L’amputation totale est toujours envisagée.

    Le même jour, Antonio B., 40 ans, est aussi gravement touché au pied et Maxime W., 30 ans, perd l’audition. Le week-end suivant, deux mains sont arrachées. Celle de Frédéric Roy, 35 ans, à Bordeaux, et celle de Ayhan P., 52 ans, à Tours, qui est aussi gravement blessé à la jambe. Le 8 décembre, c’est la main d’Antoine Boudinet, 26 ans, qui est mutilée. Plusieurs autres personnes ont été grièvement blessées, criblées de plaies de plusieurs centimètres.
    « Déstabiliser »

    L’arme mise en cause dans toutes ces blessures de guerre est la grenade lacrymogène instantanée, dite GLI-F4. Son nom est trompeur car cette arme est surtout composée de tolite, un explosif mieux connu sous le nom de TNT. Elle est utilisée à la fois par la gendarmerie et la police. Cette grenade avait déjà arraché la main de Maxime Peugeot, un manifestant de 21 ans, à Notre-Dame-des-Landes. Le 22 mai 2018, il ramasse la munition, sa main est entièrement arrachée et son corps est touché par plusieurs impacts. Libération a eu accès au rapport du laboratoire scientifique de la gendarmerie réalisé sur cette blessure (et versé à l’enquête), avant le mouvement des gilets jaunes. Il conclut que la dangerosité de la grenade a été sous-estimée par les autorités françaises et le fabricant. Le ministère de l’Intérieur fait pourtant le choix d’en tirer « jusqu’à épuisement des stocks », sans préciser le nombre de grenades encore disponibles. Daté du 11 juillet 2018, ce rapport est effectué par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Les deux experts, spécialisés en explosifs, effectuent une batterie de tests sur la GLI-F4, pour vérifier qu’elle est bien responsable de la mutilation de Maxime Peugeot.

    « Selon le fabricant, notent les deux experts en explosifs, elle est destinée au rétablissement de l’ordre, par son triple effet lacrymogène, assourdissant et de souffle. Elle permet de déstabiliser les manifestants dans des situations particulièrement difficiles (violences, émeutes). » La dangerosité de la grenade « au contact » est rappelée par les gendarmes. Leur rapport précise que l’« onde de choc générée fragmente les tissus, les os et provoque des blessures très importantes dont la létalité dépend de la zone impactée ». L’IRCGN précise enfin que « l’explosion d’une grenade tenue en main est susceptible de provoquer son arrachement ». En effet, l’arme est composée d’une capsule de gaz lacrymogène, mais surtout de 26 grammes de TNT et de 4 grammes d’hexocire, un autre explosif utilisé pour l’amorçage.

    Pour réaliser son expertise, l’IRCGN déclenche successivement dix grenades et note à chaque fois les effets produits. Test après test, le laboratoire consigne que la puissance de l’arme est bien plus importante que ce qu’annoncent les données théoriques. « La grenade est normalement conçue pour ne pas générer d’éclats, indique-t-il. Cependant, des projections d’éclats transfixiants et de débris divers partiellement calcinés ont été constatées lors de tous les essais. » Ce sont justement ces « éclats transfixiants », autrement dit qui traversent les chairs, qui ont gravement blessé de nombreux manifestants sur tout le corps ces dernières semaines. Le 24 novembre, Florent Pontonnier, le frère de Gabriel dont la main est mutilée, est également touché par ces éclats transfixiants et a dû lui aussi subir une opération. De même pour leur cousin, Marvin, touché par la même grenade et qui doit être opéré prochainement.

    Alexandre S., 27 ans, a été blessé aux cuisses le 1er décembre, place de l’Etoile, à Paris. Vers 15 h 30, il décrit une situation qui « stagnait » avec « les forces de l’ordre d’un côté, les gilets jaunes de l’autre », quand une « grenade assourdissante » est envoyée à ses pieds, « à environ un mètre cinquante ». « La détonation et l’impact des morceaux de la grenade m’ont presque fait tomber au sol. J’ai tout de suite regardé mes jambes, un morceau de la grenade était planté dans ma cuisse droite », poursuit Alexandre S. Aidé par d’autres manifestants, il est évacué par les secours. Hospitalisé pendant deux jours, il est opéré en urgence pour nettoyer et refermer les plaies. « Au réveil, c’était très choquant de découvrir ma jambe si mutilée », raconte-t-il. Des photos prises à l’hôpital permettent de constater que de larges cicatrices lardent ses cuisses. Des semaines d’arrêt de travail et de marche avec l’aide de béquilles ont suivi pour lui. Des photos de blessures équivalentes, provoquées par ces éclats, ont accompagné plusieurs week-ends de mobilisation des gilets jaunes.

    Au-delà de la dangerosité de l’arme elle-même, le cadre légal et les instructions relatives à son utilisation ne sont pas rendues publiques par les autorités. Comme pour de nombreux sujets ­concernant l’usage de la force, le ministère de l’Intérieur se cantonne le plus souvent à des réponses approximatives, voire fait preuve d’une totale opacité. C’est une instruction datée du 27 juillet 2017, consacrée aux armes dites de « force intermédiaires », et commune à la police et la gendarmerie, qui prévoit notamment le cadre légal de tir des GLI-F4. Libération a consulté un compte rendu de ce document réalisé par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) intitulé « réglementation, utilisation et manipulation des grenades GLI-F4 », daté du 19 juin 2018. Pour faire simple, en dehors de l’usage en situation de légitime défense, cette grenade peut être utilisée en maintien de l’ordre en présence d’un superviseur. Comme pour les autres armes, son utilisation doit être « proportionnée » et « n’est possible que si les circonstances la rendent absolument nécessaire ». Si l’ordre de tir a été donné par l’autorité civile, c’est-à-dire le préfet ou son représentant, les policiers et gendarmes doivent avant tout procéder à deux sommations. Sur le terrain, le commandement peut prendre l’initiative de tir sans sommation, si « des violences ou voies de fait sont exercées contre eux ou s’ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent ».
    « Responsabilité »

    Le même compte rendu de l’IGGN, synthétise aussi une instruction datée du 19 janvier 2018, là encore non publique. Ce document détaille les modes de lancer de cette grenade explosive. Elle peut être utilisée à la main, « en faisant rouler la grenade au sol afin d’éviter des explosions à hauteur de visage », mais aussi « par balancé du corps [en courbe], par-dessus un obstacle », ou encore par « détente du bras fléchi [en direct] plus précis pour atteindre une fenêtre ou un passage étroit ». Autrement dit, tous les lancers sont possibles. L’arme peut aussi être tirée en courbe, avec un lanceur de grenade.

    Dès 2014 et la mort de Rémi Fraisse à Sivens (Tarn), la GLI-F4 était sur la sellette car composée – en quantité moindre – du même explosif que la grenade qui a tué le jeune homme (de type OF-F1). Mais à l’époque, l’IGGN note dans le cadre de l’instruction que « la cartouche explosive et lacrymogène [de la GLI-F4, ndlr] ne produit aucun éclat dangereux ». « A la suite de la mort de Rémi Fraisse, la décision a seulement été d’interdire une seule de ces deux grenades. Il y a donc une vraie responsabilité politique à ce propos », souligne l’avocat de la famille de Rémi Fraisse, Arié Alimi, qui défend aussi des manifestants blessés récemment.

    Qu’en est-il désormais  ? Pourquoi les récents résultats d’expertise de l’IRCGN n’ont-ils pas conduit à une remise en cause de l’usage de l’arme en vue du mouvement des gilets jaunes  ? Contactée, la procureure de la République de Saint-Nazaire, qui a reçu ce rapport dans le cadre de l’enquête sur la blessure de Maxime Peugeot en mai dernier, répond qu’il ne lui appartient pas « de se positionner sur l’aspect dangereux de l’arme ». Les directions générales de la police et de la gendarmerie n’ont pas répondu à nos questions à ce propos. De son côté, le constructeur, l’entreprise Alsetex, déclare simplement que « la grenade en question n’est plus fabriquée depuis cinq ans ».

    Alors pourquoi les forces de l’ordre continuent-elles à utiliser cette arme qui n’est plus commandée  ? Et quel est l’état des stocks  ? Selon nos informations, la grenade qui a mutilé Maxime Peugeot a été fabriquée en 2004. Même silence des autorités sur cette question. « Il semble évident que la décision qui a été prise, d’arrêt de commande de cette grenade, aurait dû s’accompagner immédiatement d’une suspension de son utilisation. On est inquiets sur les stocks », réagit son avocat, Hervé Gerbi. Une position partagée par Aïnoha Pascual, avocate de la famille Pontonnier  : « Le ministère de l’Intérieur est dans une logique économique alors que des vies sont en jeu. »

    #Police #Armement


    • Gilets jaunes : à Commercy, « l’AG des AG » remporte un succès d’affluence, Lucie Delaporte
      https://www.mediapart.fr/journal/france/270119/gilets-jaunes-commercy-l-ag-des-ag-remporte-un-succes-daffluence?onglet=fu

      Dans la commune de la Meuse, 75 délégations de gilets jaunes se sont retrouvées ce week-end pour débattre des suites à donner au mouvement. Au menu, échanges d’expérience et débats animés sur une possible structuration du mouvement.

      « Commercy, capitale des gilets jaunes ! » La formule, lancée par un participant dans la liesse qui caractérise depuis le début de la journée les quelque 300 représentants qui ont répondu à l’appel de cette petite ville de la Meuse, enthousiasme un moment. Venues de toute la France, près de 75 délégations ont envoyé à Commercy des représentants pour participer à l’#assemblée générale des assemblées générales des gilets jaunes, créées un peu partout sur le territoire ces dernières semaines (lire notre reportage sur l’expérience menée à Commercy depuis le début du mouvement).

      « On est dans une volonté de mise en commun des idées », précise Steven, un représentant du groupe de Commercy, avant de s’exclamer : « C’est extraordinaire ce qui se passe ici ! » Le succès dépasse manifestement les organisateurs : « On ne s’attendait pas du tout à ça, on est ravis », assure Claude, qui a largement contribué à l’organisation de ce week-end, mais qui tient d’emblée à préciser que l’AG de Commercy « ne va pas prétendre représenter tous les gilets jaunes de France. On va être humbles. Il s’agit de s’engager dans un processus démocratique par le bas ».

      La question, lancinante, de la légitimité de cette assemblée, de ceux qui s’expriment, traversera d’ailleurs tous les débats de ce mouvement si attaché à son horizontalité.

      À partir de neuf heures du matin, commencent à se rassembler dans la salle des fêtes de petits groupes venus de tout l’Hexagone et parfois même d’un peu plus loin. Un journaliste grec, qui échange avec un couple de Suisses, a fait le déplacement parce que « le monde entier regarde ce mouvement ».

      Rico et Chantal arrivent de l’Ariège, du Mas-d’Azil. Ils ont été mandatés par leur AG pour venir les représenter à Commercy. « On a été tirés au sort », précise Chantal, sémillante septuagénaire, qui depuis des semaines multiplie les actions dans son coin de l’Ariège certes reculé, mais « où existe un tissu associatif très vivant ». « Faut la voir bloquer des camions à quatre heures du matin ! », affirme Rico, la quarantaine, admiratif.

      « Macron peut lâcher sur les 80 km, on n’en a rien à faire. Son grand débat, c’est de l’enfumage ! Ce qu’on veut, c’est la #justice_sociale. On en a marre de bosser comme des cons pour rien avoir à la fin », résume Chantal, au diapason d’une assemblée remontée à bloc et persuadée que le mouvement des gilets jaunes, loin de s’essouffler, ne fait que commencer.

      La plupart des participants disent être venus à Commercy pour échanger leurs expériences, prendre des contacts, mais aussi se redonner de la force. « C’est important de discuter, de créer des liens. Et puis il faut qu’on s’organise face à la #répression », estime Stéphane, qui vit à Saillans dans la Drôme. « Moi je viens prendre un max de contacts pour échanger, parce qu’avec une grosse manif par semaine on a un peu la tête dans le guidon et on a du mal à prendre du recul », affirme Christophe, qui arrive de Montpellier.

      Adel, qui vient lui de Rungis, attend de voir « quelles suites va prendre le mouvement ». « En Île-de-France, on est un peu en retard, mais par contre ça continue à grandir », assure-t-il.

      La nécessité de mieux se coordonner, de mieux s’organiser est largement partagée. Tout comme l’inquiétude liée à la structuration d’un mouvement spontané et initié par la base. Dans la salle, si chacun met de côté son parcours politique, le refus de toute organisation bureaucratique du mouvement fait l’unanimité.

      Dans cette assemblée nettement marquée à gauche, et bien que chacun tienne à mettre de côté son éventuel parcours militant, on sent les militants échaudés par leurs expériences d’organisation pyramidale.

      Pour Younès, qui a été mandaté par son AG de Grenoble, c’est la grande force des gilets jaunes, qui rassemblent « des gens sans arrière-pensée politique, qui essaient de s’organiser en sachant que le pouvoir ne doit pas être accaparé par quelques-uns. Ils sont très vigilants sur cette question, ils ne veulent surtout pas d’un #leader qui a la science infuse ».

      Ici, la question d’une liste gilets jaunes aux européennes ne fait même pas débat. « On dénonce un système politique, c’est pas pour rentrer dedans ! », résume Anne, qui arrive de Nancy et pense comme la majorité des participants interrogés que cette initiative ne vise qu’à affaiblir le mouvement, autant que le « grand débat » organisé par Macron, unanimement rejeté.

      Vers 13 heures, la longue présentation des différentes délégations débute avec cette consigne, rappelée par Claude : « Ne pas être trop long, ne pas jouer les grandes gueules. »

      De Dijon à Poitiers en passant par Lorient ou Nice, avec une forte présence de groupes franciliens, les différents représentants détaillent la situation de leur côté. Et témoignent de la grande diversité du mouvement. Un représentant de l’AG de Saint-Nazaire raconte que les gilets jaunes occupent là-bas un bâtiment vide, rebaptisé « maison du peuple ». « On fait une assemblée générale par jour », explique-t-il, précisant que les gilets jaunes sont aussi très mobilisés « sur le ralentissement de l’activité portuaire » (lire notre reportage sur place, et le blog de ce groupe, hébergé sur Mediapart).

      Venu du Vigan, petit village du Gard, Kevin affirme que le mouvement y reste fort : « Pour un village de 3 000 habitants, on a entre 60 et 80 personnes à chaque assemblée. » Des « commissions thématiques » y ont été mises en place « sur la question de l’autonomie alimentaire de la vallée, par exemple », précise-t-il.

      « Le problème, c’est la coordination de toutes les actions »

      Patrick, de Paris, rappelle que la question qui revient le plus dans les allées du marché de la place de La Réunion, dans le XXe, est celle du #logement, des #loyers trop chers, quand Louise explique qu’elle s’exprime ici au nom du groupe des #femmes gilets jaunes en Île-de-France, un groupe créé « pour porter les revendications spécifiques des femmes isolées dans les gilets jaunes. Parce que plus prolo que le prolo, il y a la femme du prolo », lance-t-elle.

      À Horbourg-Wihr, petite commune d’Alsace, le mandaté décrit, de son côté, la présence bienvenue des motards dans le mouvement : « Je peux vous dire que lorsqu’ils sont là, c’est assez impressionnant », se réjouit-il.

      Un représentant de Dijon explique, lui, que si dans sa ville la mobilisation reste importante, « le problème, c’est la coordination de toutes les actions. Il y a beaucoup de groupes qui agissent chacun de leur côté », déplore-t-il. « J’ai vu qu’il y avait par exemple beaucoup de gens qui faisaient des tracts super. Ce serait bien si on pouvait les partager pour ne pas réinventer l’eau chaude chacun de notre côté », lance un représentant de Besançon.

      Beaucoup disent ce jour-là leur préoccupation d’élargir le mouvement, notamment en s’arrimant aux combats des salariés dans les entreprises. « Au départ, on s’est retrouvés par l’association des VTC, raconte Adel, mandaté par l’AG de Rungis. Une petite famille s’est créée. Aujourd’hui, on soutient les salariés de Geodis et on soutient naturellement tous les #salariés_en_lutte. »

      Faut-il appeler à la #grève générale le 5 février, comme y appellent notamment la CGT et La France insoumise ? La question est âprement débattue, tout comme celle de la place à donner aux #syndicats dans le mouvement. Certains refusent, par principe, de s’associer à un mot d’ordre syndical alors que les syndicats sont restés largement en dehors du mouvement.

      Quelles #revendications mettre en avant ? Le débat s’anime entre ceux qui estiment qu’il est trop tôt pour arrêter un socle détaillé et ceux qui jugent important d’acter les grandes tendances autour de la justice fiscale et sociale ou les exigences démocratiques.

      « Il faut mettre en avant des revendications unificatrices », avance un participant, quand un autre propose de « se mettre d’accord sur les grands points pour nous permettre de massifier le mouvement ». « Ou alors on se met d’accord sur ce qu’on ne veut plus, parce qu’être trop précis dans les revendications, cela peut diviser », suggère un autre.

      La discussion, alors que la soirée avance et que la nuit est tombée depuis longtemps, finit par patiner un peu. « J’ai l’impression qu’on est à Nuit debout, là », s’agace à nos côtés un jeune homme barbu.

      Quelqu’un s’inquiète : « On ne va pas ressortir de ce week-end sans un écrit, quand même ! » « Les gens ne sont pas venus ici pour du beurre, nous confie Patrick, de Paris. En tout cas, cela présage un débat extrêmement compliqué sur la structuration du mouvement ! », pronostique-t-il.

      L’idée de rédiger un texte commun le lendemain matin est finalement actée.

      En fin de soirée, sur la position à tenir face à l’#extrême_droite, la discussion s’affole et la sérénité joyeuse qui a marqué l’essentiel de la journée disparaît quelques minutes. Alors qu’au cours de la journée, de nombreux participants ont demandé qu’une position claire soit prise contre toute forme de #xénophobie, #sexisme ou #homophobie, les avis divergent sur la manière de se démarquer de l’extrême droite.

      « On nous a assez traités de fachos. Il faut dire que ces gens-là n’ont rien à voir avec nous », estime une participante, qui propose que l’AG condamne explicitement les violences commises le jour même par des groupuscules d’extrême droite.

      « On est censés être apartisans », souligne un jeune homme, qui se dit gêné par l’idée de cibler, plus ou moins explicitement, le Rassemblement national. « C’est pas un parti politique, l’extrême droite ! », lui rétorque celle qui a fait la proposition. « Ben si ! », se voit-elle répondre.

      Alors que la fatigue se fait sentir, Claude qui joue ce soir-là les monsieur Loyal reprend le micro pour aborder le dernier point à l’ordre du jour : « Comment on s’organise pour rester le plus démocratique possible ? »
      Faut-il demander que tous les #mandats des représentants soient impératifs ? Sans pouvoir décisionnel ? Plusieurs interventions défendent l’idée de ne surtout pas imposer un carcan national aux #assemblées_locales. « Les assemblées locales doivent être souveraines », juge une participante.

      Une chose est sûre : « La #démocratie, c’est super difficile, on le constate encore aujourd’hui », conclut Claude du haut de sa longue expérience militante.


  • (3) Grenade GLI-F4 : révélations sur une arme qui mutile - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/01/25/grenade-gli-f4-revelations-sur-une-arme-qui-mutile_1705396

    Mains arrachées, plaies de plusieurs centimètres… La GLI-F4, essentiellement composée de TNT, a fait beaucoup de dégâts lors des manifestations des gilets jaunes. Un rapport de la gendarmerie auquel « Libé » a eu accès révèle que sa dangerosité a été sous-estimée par les forces de l’ordre, ce qui ne les empêche pas de l’utiliser.

    Grenade GLI-F4 : révélations sur une arme qui mutile

    C’est la première fois, en deux mois, que Gabriel Pontonnier a mis des mots sur l’instant où sa main a été en partie arrachée par une grenade tirée par les forces de l’ordre. Jeudi, cet apprenti chaudronnier de 21 ans a été auditionné par la police des polices sur les circonstances de sa grave blessure. L’unique parole pour ce jeune homme dont la vie est suspendue depuis le 24 novembre. Ce jour-là, il participait avec sa mère, son frère et sa sœur, à la première journée parisienne de mobilisation des gilets jaunes. Vers 18 heures, accompagné de son frère Florent, 30 ans, il observe la progression des policiers. Ce dernier raconte la scène  : « On s’est mis à distance pour éviter qu’ils nous prennent pour des casseurs ou des personnes mal intentionnées, juste derrière un petit camion qui vendait de la nourriture, nous étions en sécurité. Je me suis mis à filmer. » La séquence démarre, quelques instants avant l’explosion…

    La ligne des forces de sécurité, visible en arrière-plan, est distante d’environ une trentaine de mètres. Proche des deux frères, un vieux monsieur avec un bonnet rebrousse doucement chemin, un manifestant a les mains en l’air, un autre est au téléphone, tandis que deux personnes marchent tranquillement. Soudain, un homme crie plusieurs fois « attention ». Un blast lumineux survient, ainsi qu’une effroyable détonation. « Je me suis retourné, un nuage de fumée nous recouvrait, poursuit Florent Pontonnier. Mon frère a traversé ce nuage en ma direction, le bras en avant, en criant « putain ma main bordel, j’ai plus de main, j’ai plus de main ». C’est l’image qui restera à vie dans mes pensées et que je vois à chaque fois que je ferme les yeux. Une main éclatée avec les os à l’air libre, un doigt qui pendait sur le côté et plus rien sur le reste. » ­Gabriel est hospitalisé en urgence, il subit douze opérations pour tenter de sauver ce qu’il reste de sa main et retirer les nombreux éclats qui l’ont blessé aux jambes et à la tête. L’amputation totale est toujours envisagée.

    Le même jour, Antonio B., 40 ans, est aussi gravement touché au pied et Maxime W., 30 ans, perd l’audition. Le week-end suivant, deux mains sont arrachées. Celle de Frédéric Roy, 35 ans, à Bordeaux, et celle de Ayhan P., 52 ans, à Tours, qui est aussi gravement blessé à la jambe. Le 8 décembre, c’est la main d’Antoine Boudinet, 26 ans, qui est mutilée. Plusieurs autres personnes ont été grièvement blessées, criblées de plaies de plusieurs centimètres.
    « Déstabiliser »

    L’arme mise en cause dans toutes ces blessures de guerre est la grenade lacrymogène instantanée, dite GLI-F4. Son nom est trompeur car cette arme est surtout composée de tolite, un explosif mieux connu sous le nom de TNT. Elle est utilisée à la fois par la gendarmerie et la police. Cette grenade avait déjà arraché la main de Maxime Peugeot, un manifestant de 21 ans, à Notre-Dame-des-Landes. Le 22 mai 2018, il ramasse la munition, sa main est entièrement arrachée et son corps est touché par plusieurs impacts. Libération a eu accès au rapport du laboratoire scientifique de la gendarmerie réalisé sur cette blessure (et versé à l’enquête), avant le mouvement des gilets jaunes. Il conclut que la dangerosité de la grenade a été sous-estimée par les autorités françaises et le fabricant. Le ministère de l’Intérieur fait pourtant le choix d’en tirer « jusqu’à épuisement des stocks », sans préciser le nombre de grenades encore disponibles. Daté du 11 juillet 2018, ce rapport est effectué par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Les deux experts, spécialisés en explosifs, effectuent une batterie de tests sur la GLI-F4, pour vérifier qu’elle est bien responsable de la mutilation de Maxime Peugeot.

    « Selon le fabricant, notent les deux experts en explosifs, elle est destinée au rétablissement de l’ordre, par son triple effet lacrymogène, assourdissant et de souffle. Elle permet de déstabiliser les manifestants dans des situations particulièrement difficiles (violences, émeutes). » La dangerosité de la grenade « au contact » est rappelée par les gendarmes. Leur rapport précise que l’« onde de choc générée fragmente les tissus, les os et provoque des blessures très importantes dont la létalité dépend de la zone impactée ». L’IRCGN précise enfin que « l’explosion d’une grenade tenue en main est susceptible de provoquer son arrachement ». En effet, l’arme est composée d’une capsule de gaz lacrymogène, mais surtout de 26 grammes de TNT et de 4 grammes d’hexocire, un autre explosif utilisé pour l’amorçage.

    Pour réaliser son expertise, l’IRCGN déclenche successivement dix grenades et note à chaque fois les effets produits. Test après test, le laboratoire consigne que la puissance de l’arme est bien plus importante que ce qu’annoncent les données théoriques. « La grenade est normalement conçue pour ne pas générer d’éclats, indique-t-il. Cependant, des projections d’éclats transfixiants et de débris divers partiellement calcinés ont été constatées lors de tous les essais. » Ce sont justement ces « éclats transfixiants », autrement dit qui traversent les chairs, qui ont gravement blessé de nombreux manifestants sur tout le corps ces dernières semaines. Le 24 novembre, Florent Pontonnier, le frère de Gabriel dont la main est mutilée, est également touché par ces éclats transfixiants et a dû lui aussi subir une opération. De même pour leur cousin, Marvin, touché par la même grenade et qui doit être opéré prochainement.

    Alexandre S., 27 ans, a été blessé aux cuisses le 1er décembre, place de l’Etoile, à Paris. Vers 15 h 30, il décrit une situation qui « stagnait » avec « les forces de l’ordre d’un côté, les gilets jaunes de l’autre », quand une « grenade assourdissante » est envoyée à ses pieds, « à environ un mètre cinquante ». « La détonation et l’impact des morceaux de la grenade m’ont presque fait tomber au sol. J’ai tout de suite regardé mes jambes, un morceau de la grenade était planté dans ma cuisse droite », poursuit Alexandre S. Aidé par d’autres manifestants, il est évacué par les secours. Hospitalisé pendant deux jours, il est opéré en urgence pour nettoyer et refermer les plaies. « Au réveil, c’était très choquant de découvrir ma jambe si mutilée », raconte-t-il. Des photos prises à l’hôpital permettent de constater que de larges cicatrices lardent ses cuisses. Des semaines d’arrêt de travail et de marche avec l’aide de béquilles ont suivi pour lui. Des photos de blessures équivalentes, provoquées par ces éclats, ont accompagné plusieurs week-ends de mobilisation des gilets jaunes.

    Au-delà de la dangerosité de l’arme elle-même, le cadre légal et les instructions relatives à son utilisation ne sont pas rendues publiques par les autorités. Comme pour de nombreux sujets ­concernant l’usage de la force, le ministère de l’Intérieur se cantonne le plus souvent à des réponses approximatives, voire fait preuve d’une totale opacité. C’est une instruction datée du 27 juillet 2017, consacrée aux armes dites de « force intermédiaires », et commune à la police et la gendarmerie, qui prévoit notamment le cadre légal de tir des GLI-F4. Libération a consulté un compte rendu de ce document réalisé par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) intitulé « réglementation, utilisation et manipulation des grenades GLI-F4 », daté du 19 juin 2018. Pour faire simple, en dehors de l’usage en situation de légitime défense, cette grenade peut être utilisée en maintien de l’ordre en présence d’un superviseur. Comme pour les autres armes, son utilisation doit être « proportionnée » et « n’est possible que si les circonstances la rendent absolument nécessaire ». Si l’ordre de tir a été donné par l’autorité civile, c’est-à-dire le préfet ou son représentant, les policiers et gendarmes doivent avant tout procéder à deux sommations. Sur le terrain, le commandement peut prendre l’initiative de tir sans sommation, si « des violences ou voies de fait sont exercées contre eux ou s’ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent ».
    « Responsabilité »

    Le même compte rendu de l’IGGN, synthétise aussi une instruction datée du 19 janvier 2018, là encore non publique. Ce document détaille les modes de lancer de cette grenade explosive. Elle peut être utilisée à la main, « en faisant rouler la grenade au sol afin d’éviter des explosions à hauteur de visage », mais aussi « par balancé du corps [en courbe], par-dessus un obstacle », ou encore par « détente du bras fléchi [en direct] plus précis pour atteindre une fenêtre ou un passage étroit ». Autrement dit, tous les lancers sont possibles. L’arme peut aussi être tirée en courbe, avec un lanceur de grenade.

    Dès 2014 et la mort de Rémi Fraisse à Sivens (Tarn), la GLI-F4 était sur la sellette car composée – en quantité moindre – du même explosif que la grenade qui a tué le jeune homme (de type OF-F1). Mais à l’époque, l’IGGN note dans le cadre de l’instruction que « la cartouche explosive et lacrymogène [de la GLI-F4, ndlr] ne produit aucun éclat dangereux ». « A la suite de la mort de Rémi Fraisse, la décision a seulement été d’interdire une seule de ces deux grenades. Il y a donc une vraie responsabilité politique à ce propos », souligne l’avocat de la famille de Rémi Fraisse, Arié Alimi, qui défend aussi des manifestants blessés récemment.

    Qu’en est-il désormais  ? Pourquoi les récents résultats d’expertise de l’IRCGN n’ont-ils pas conduit à une remise en cause de l’usage de l’arme en vue du mouvement des gilets jaunes  ? Contactée, la procureure de la République de Saint-Nazaire, qui a reçu ce rapport dans le cadre de l’enquête sur la blessure de Maxime Peugeot en mai dernier, répond qu’il ne lui appartient pas « de se positionner sur l’aspect dangereux de l’arme ». Les directions générales de la police et de la gendarmerie n’ont pas répondu à nos questions à ce propos. De son côté, le constructeur, l’entreprise Alsetex, déclare simplement que « la grenade en question n’est plus fabriquée depuis cinq ans ».

    Alors pourquoi les forces de l’ordre continuent-elles à utiliser cette arme qui n’est plus commandée  ? Et quel est l’état des stocks  ? Selon nos informations, la grenade qui a mutilé Maxime Peugeot a été fabriquée en 2004. Même silence des autorités sur cette question. « Il semble évident que la décision qui a été prise, d’arrêt de commande de cette grenade, aurait dû s’accompagner immédiatement d’une suspension de son utilisation. On est inquiets sur les stocks », réagit son avocat, Hervé Gerbi. Une position partagée par Aïnoha Pascual, avocate de la famille Pontonnier  : « Le ministère de l’Intérieur est dans une logique économique alors que des vies sont en jeu. »

    #maintien_de_l'ordre


  • Aucune répression, qu’elle soit zadiste, paysanne ou pénitentiaire, n’est acceptable. Il est urgent de mettre en place une justice non-classiste, basée sur le consensus et la réparation... Pour plein de raisons, nous avons échoué à le faire sur la #zad #NDDL. Ce qui se passe aujourd’hui en est la conséquence directe. Et très dommageable.

    [ZAD NDDL] Perquisitions en cours
    https://nantes.indymedia.org/articles/44260

    Notre-Dame-des-Landes. Quatre interpellations dans la zad
    https://www.ouest-france.fr/environnement/amenagement-du-territoire/nddl/notre-dame-des-landes-quatre-interpellations-dans-la-zad-6188734

    Notre-Dame-des-Landes Quatre interpellations sur l’ex-Zad ce matin
    https://www.presseocean.fr/actualite/notre-dame-des-landes-4-interpellations-sur-lex-zad-ce-matin-22-01-2019-

    • La non-création d’un système justiciable n’est pas un échec, puisque normalement celui-ci est acquis de base dans l’éducation, la culture, le relationnel ouvert. On ne monte pas des principes de fonctionnement parallèle sans au moins s’appuyer là-dessus. Le vrai échec tiens dans l’aveuglement plus ou moins volontaire à voir l’infiltration de la lutte, celle-ci, d’autres, les autres.
      Un infiltré propagateur a un jour été mis dans un coffre ; et pour que les flics ciblent ils sont renseignés depuis sur place.

    • On a parlé ici de la bande dessinée de #Seth_Tobocman, Quartier en Guerre, qui raconte sa vie dans les squats de New-York :
      https://seenthis.net/messages/613800

      Rééditée et traduite en français en 2017, Tobocman y a ajouté une postface où il tente d’analyser les victoires et les défaites, les bonnes idées et les erreurs.

      Je me souviens que la question de la #justice interne était l’une de celles qu’il trouvait les plus difficiles...

    • Communiqué sur les arrestations survenues sur la zad et
      appel à rassemblement dès ce mercredi 12h devant la gendarmerie de Saint-Nazaire.

      Ce 22 janvier à 6h du matin, la zad a été réveillée par un dispositif policier digne d’une opération d’expulsion pour arrêter trois personnes.

      Nous avons assisté à une mise en scène spectaculaire avec des perquisitions simultanées, des dizaines de fourgons, des chefs d’inculpation et des commentaires médiatiques qui cherchent à nous stigmatiser : « association de malfaiteurs », « bande organisée », « règlement de compte », etc. Deux autres personnes ont été arrêtées plus tard dans la journée en dehors de la zad.

      Jeudi dernier, plus de 500 personnes célébraient la victoire contre l’aéroport lors d’un banquet.
      Un an après l’abandon et alors que les activités menées par les habitants s’enracinent, le moment est sans doute jugé opportun par certains pour monter une nouvelle fois on ne sait quelle histoire en épingle pour donner au bocage une image anxiogène. Après les expulsions du printemps, en est-on à une nouvelle étape de la vengeance d’Etat ?
      Après les fantasmes déjà distillés dans la presse par la gendarmerie sur les fausses « caches d’armes » ou les « tunnels viet-congs », on nous sort du chapeau ce matin un nouvel épouvantail destiné à effrayer l’opinion publique. Ce ne serait pas la première fois que les enquêteurs brandissent un dossier vide et utilisent l’association de malfaiteurs pour criminaliser un mouvement.

      Ce qui est sûr en revanche, c’est que les personnes arrêtées sur la zad ce matin ont été engagées de longue date dans le mouvement anti-aéroport, sont intégrées dans les diverses activités, liens de voisinages et de solidarité locale, et vivent ici depuis plusieurs années. Nous appelons dès aujourd’hui à ne pas tomber dans le panneau de la diabolisation policière et à les soutenir. Un rassemblement aura lieu ce mercredi midi devant la gendarmerie de Saint-Nazaire, au 79 avenue Ferdinand de Lesseps.
      https://zad.nadir.org/spip.php?article6313

    • Autre communiqué par mail :

      NDDL POURSUIVRE ENSEMBLE s’insurge de l’arrestation et de la mise en garde à vue des 5 personnes habitant la ZAD de Notre-Dame- des- Landes.

      Alors que les discussions avec les services de l’état et du département ne cessent de progresser dans un climat respectueux et apaisé, on peut s’étonner de cette nouvelle montée en épingle d’un simple conflit de voisinage qui appartient au passé.

      Les personnes arrêtées sont impliquées depuis le début dans des projets reconnus et validés par les services de l’état.

      Ces personnes ont une famille, des animaux , des engagements dans l’organisation du mouvement. C’est un nouveau coup de poignard dans le dos de ceux qui n’ont cessé de rechercher, malgré les difficultés et les tensions, le consensus et l’intégration de tous les habitants dans ce magnifique projet collectif.
      NDDL POURSUIVRE ENSEMBLE appelle ses adhérents à venir soutenir ceux que vous avez tous rencontrés et aimés pour leur énergie et leur obstination à sauver le mouvement.

      JEUDI 24 JANVIER
      10 HEURES Un rassemblement de soutien aura lieu demain matin pour ce qui pourrait être la fin de la garde à vue. RDV à 10H devant
      la gendarmerie de St Nazaire, 79 rue Ferdinand de Lesseps.

      18 h jeudi 24 Rdv Rolandière point sur la situation

    • intox du Communiqué sur les arrestations survenues sur la zad
      | radis cool | (ce que ce communiqué ne dira pas)

      Ce 22 janvier à 6h du matin, la zad a été réveillée par un dispositif policier massif pour arrêter trois personnes. il n’est pas question de s’en réjouir parce qu’au grand royaume des oppressions, l’état et ses milices armées arriveront toujours en tête. Pour autant : à la lecture du « Communiqué suite aux arrestations », on se demande de quel côté de la matraque se trouve la politique-politicienne. Tant les mensonges institutionnels ne sont plus la prérogative d’état, tant la « manipulation des masses » est répandue dans le mouvement depuis longtemps, mais de manière beaucoup plus « flagrante » depuis un an, et tant est forte la capacité de quelques personnes à réécrire l’histoire en fonction des versions qui servent leurs intérêts. Enfin, il s’agit de notre point de vue de personnes sans cesse qualifiées de « paranos », « complotistes », voire de « malades mentaux » (quelle belle manière de déconstuire les rapports d’oppressions !). Sans aucun doute, certaines personnes ré-utiliserons bien vite ces arguments pour disqualifier ce que l’on dira ici.
      Quand le communiqué parle de « dossier vide », ça nous ferait presque imaginer que Benalla est venu donner des cours de langue de bois à la zad. On ne sait évidemment jamais qui-a-fait-quoi. On a toujours des soupçons, jamais de preuves. Pour autant, nier des faits qui se sont bien produits, c’est humilier les victimes de ces exactions un peu plus qu’elles ne l’ont déjà été. Alors oui, des comptes se sont "réglés" sur la zone, pas toujours de manière collective/consensuelle/bienveillante/subtile.
      Pour les affaires les plus récentes : - fin mars 2018, séquestration et tabassage en règle : au petit matin, muni de gaz, de masques et de matraques, un groupe (commando ?) débarque dans un lieu de vie, kidnappe et tabasse une personne (membres inférieurs et supérieurs brisés) et le laisse pour mort aux abords d’un hôpital psychiatrique. Pas de plainte déposée mais le parquet s’en saisi. - Une autre affaire de séquestration a eu lieu à l’automne 2018 : un individu, chassé à travers la ZAD par un groupe, tabassé dans les bois, mis dans un coffre puis déposé en périphérie de Rennes a fini à l’hôpital. Plainte déposée avec identification.Dans ces deux cas, ces expéditions punitives trouvent souvent des justifications (ou, à demi-mots) : divergences politiques, stratégiques, conflits interpersonnels et tentatives d’éviction.
      Ce sont évidemment pour les plus récentes.
      La ZAD a tenté à plusieurs reprises de trouver des outils de gestion de conflits internes qui passent par de la médiation plutôt que par des coups de pression. D’où l’invention du « cycle des 12 » qui a bien souvent échoué devant des conflits parfois conséquents. Bien évidemment, on continuera de vous nier toute existence de milice interne : on ne dit pas à nos soutiens qu’ici, les comptes se règlent aussi à coups de barres de fer. Et puis, on ne sait jamais complètement qui c’est. Et puis, les victimes ont souvent peur de parler. Et puis, les victimes sont de toute façon des gens peu crédibles (« tarées », « schizo », « malades mentales » de tout poil...) face aux gens de pouvoir sur zone. Et puis regardez, comme ielles sont sympathiques, toutes ces belles personnes qui fêtaient la victoire un an plus tard. Regardez bien leurs sourires sur les photos, l’émotion sur leur visage, les pleines tablées de banquets réjouissants. Comment pourrait-on s’imaginer que derrière de si beaux apparâts se cachent des personnes capables d’une telle violence ou de la justifier ? Nous ne nous réjouissons évidemment pas que l’état ait pris en main ces affaires, à la place des habitant.es de la ZAD. Car ils et elles auront à répondre à une justice de classe, raciste et inégalitaire qui n’aura pour but que de faire exemple de ces arrestations dans une situation territoriale tendue. Là où la ZAD a échoué à dissoudre tout rapport de pouvoir et d’autoritarisme en interne, l’état a fini par s’en emparer. Les personnes arrêtées sur la zad ce matin-là ont été "engagées de longue date dans le mouvement anti-aéroport", sont "intégrées dans les diverses activités, liens de voisinages et de solidarité locale", et "vivent ici depuis plusieurs années". Que d’arguments de campagne. Est-ce que ça les rend plus légitimes à être soutenues ou excusées de leurs éventuels actes ? Plus irréprochables ? Plus intouchables ? sans doute. Mais vivre sur la ZAD n’est pas (et n’a jamais été) un gage de « bonne conduite », d’honnêteté ou de bienveillance intrinsèque.
      Il est étrange de voir que des personnes qui ont délibérément et en conscience négocié avec la préfecture, reconnaissant par là, la légitimité de son pouvoir (et donc sa "violence légitime"), s’indignent maintenant que l’état se « venge » en les soumettant à la répression. Sans doute fallait-il mieux lire les petites lignes du contrat...

      NOUS N’APPELLONS PAS A SOUTENIR CES INDIVIDUS
      Parce que, ce que l’on sait des "coffrages" ne correspond pas à la "version officielle" et que l’on ne se rangera pas derrière des personnes que l’on sait aguerries à la communication politicienne, plus qu’à l’honnêteté intellectuelle.
      Parce que nous sommes contre les polices, avec ou sans uniformes.

      NOUS N’APPELLONS PAS A SOUTENIR CES INDIVIDUS et en laissons le soin à celles et ceux qui ont cherché à légitimer ou à dissimuler leurs actes. Nous ne prendrons pas les armes contre d’autres affamés.
      https://nantes.indymedia.org/articles/44268 (https://seenthis.net/messages/754485 )

      (Celui que tu indiquais, @vanderling, a été refusé comme « doublon » de celui-ci, où, du coup, comme l’article d’alerte sur @indymedianantes , il y a pas mal de commentaires qui permettent de se faire une idée de l’ambiance générale ... :/ )

    • D’idée, j’ai du mal à m’en faire une @val_k et ce n’est pas les commentaires sur @indymedianantes qui vont m’aider à comprendre quelque chose dans cette histoire. Quel bordel !
      à défaut de me joindre au rassemblement de soutien ce matin à St Naze ou à la Rolandière ce soir. Je compte sur toi et zad.nadir pour la suite ... ;·)

    • https://zad.nadir.org/spip.php?article6303#info2019-01-25-17-29

      toute la journée de jeudi, une centaines de personnes se sont relayées devant le tribunal de St-Nazaire, en soutien aux 5 personnes arrêtées il y a 2 jours sur la zad et ailleurs. il y aura probablement plus d’informations à propos de cette affaire dans les prochains jours. Nous pensions en avoir vu beaucoup ces denieres années mais nous n’etions pas au bout de nos surprises...
      3 des 5 personnes ont été incarcérées et 2 autres sortent sous controle judiciaire soutien aux potes !!!

    • Nouvelle série de 3 communiqués de soutien suite aux arrestations de 5 occupant·es
      COMMUNIQUé DU GROUPE PRESSE
      COMMUNIQUé DE NDDL POURSUIVRE ENSEMBLE
      COMMUNIQUé DE PAYSANS ET PAYSANNES, PARRAINS, MARRAINES ET SOUTIENS DES PORTEURS DE PROJETS AGRICOLES
      https://zad.nadir.org/spip.php?article6325

      et, en réponse :
      ## intox du Communiqué ZAD acte 2 ##
      https://nantes.indymedia.org/articles/44355

      Pour ma part, je reste sur ma première phrase : Aucune répression, qu’elle soit zadiste, paysanne ou pénitentiaire, n’est acceptable.
      Mais j’ajouterai que les pressions pour silencier les voix dissonantes (quand elles ne révèlent rien que ne sache déjà la police) et les injonctions à une unité de récit comme seule forme de soutien possible n’aident vraiment personne...

    • Mardi dernier, cinq personnes ont été arrêtées à la zad et à l’extérieur dans un déploiement policier massif. Après 48 heures de garde à vue, sur demande du parquet, il a été décidé de l’ouverture d’une instruction et de leur maintien en détention pour une durée indéterminée. Ils sont accusés d’enlèvement et séquestration en bande organisée, la juge n’ayant finalement pas retenu le chef d’inculpation d’association de malfaiteurs initialement présenté par le parquet.
      https://zadibao.net/2019/01/28/attaque-judiciaire-contre-la-zad

    • Le 17 janvier 2018, Edouard Philippe annonçait l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dames-des-Landes. Des années de lutte, d’occupation et d’affrontement acculaient finalement l’État à reculer et renoncer. Cette « victoire », tout le monde le savait, allait cependant s’accompagner d’une cruelle contrepartie : l’écrasement sur la zone de tout ce qui débordait l’état de droit, un retour à l’ordre.
      https://lundi.am/ZAD-de-Notre-Dame-des-Landes-5-personnes-mises-en-examen-pour-enlevement-et



  • Nantes. Six blessés lors de manifestations de Gilets jaunes portent plainte
    Publié le 10/01/2019 à 19h03

    https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-six-blesses-lors-de-manifestations-de-gilets-jaunes-portent-plai

    Ils ont été blessés à Nantes lors des manifestations Gilets jaunes. Ils ont décidé de porter plainte pour violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique.

    Six personnes ont déposé plainte ce jeudi après-midi 10 janvier pour violence avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique. Tous ont été blessés lors de manifestation de Gilets jaunes, à Nantes. Parmi eux, Adrien Maujean, 22 ans, qui a été victime d’un traumatisme crânien, le samedi 29 décembre.

    Ce jeune homme, qui habite Saint-Nazaire, a été entendu mardi 8 janvier par les enquêteurs de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), qui a été saisie par le procureur de la République de Nantes pour déterminer les causes de cette blessure.

    «  C’est rassurant qu’il y a une enquête, affirme son père, Eric. Mais la vérité n’éclatera pas.  » Un commandant de police a été entendu. Des policiers de la brigade anticriminalité devraient l’être. «  L’IGPN va poursuivre son travail  », explique le procureur de la République. Qui précise que le rapport médical établi par le médecin légiste établi «  un important traumatisme crânien  » . «  Il y aura vraisemblablement des examens médicaux supplémentaires  ».

    #violencespolicières #maintien_de_l'ordre


  • BD. Comment se nomment les personnages de Tintin en breton ? — Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/soir/bd-comment-se-nomment-les-personnages-de-tintin-en-breton-10-01-2019-12

    LA QUESTION DU SOIR
    BD. Comment se nomment les personnages de Tintin en breton ?

    Les 23 albums de Tintin, vendus à plus de 230 millions d’exemplaires, ont été traduits en 50 langues étrangères et 43 langues régionales. Le célèbre reporter créé il y a 90 ans par Hergé parle donc en breton. Mais les noms des personnages ont-ils changé avec la traduction ?

    Il faut remonter à 1979 pour voir une première traduction bretonne. Il s’agit de l’album "Les 7 boules de cristal" devenu "Ar 7 boullenn strink". Dans la version originale, l’intrigue débute à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), avant de se poursuivre à La Rochelle, ville astucieusement remplacée par... Naoned (Nantes) dans la version bretonne. Le héros, Tintin, conserve son nom. En revanche, il est ici accompagné du Kabiten Hadok ! Tous deux tentent de retrouver la piste des ravisseurs du Kelenner Klaskato ("celui qui cherche" en breton, comprenez le professeur Tournesol).

    90 ans de Tintin. Combien vaut votre vieil album ?
    Sinon, connaissez-vous Ar Braz et Ar Bra_s ? Il s’agit bien sûr de Dupont et Dupond, les deux détectives moustachus, qui apparaissent pour la première fois dans "_Segallenoù ar faraon" ("Les cigares du Pharaon", 1996, An Here) et que l’on retrouve, notamment, dans "Bravigoù ar Gastafiorenn" ("Les bijoux de la Castafiore", 2001, An Here). Et Milou ? Dans la première BD traduite en breton, le petit chien de Tintin s’appelle Moutik. « Je pense que c’était une erreur », pointe le Nantais Olivier Biguet, traducteur de " Tintin en Amerika ". Elle sera vite réparée et Milou redeviendra Milou entre 1989 et 2003, chez An Here, sous les multiples traductions de Divi Kervella.


  • #Gilets_jaunes de #Saint-Nazaire : « Pas possible de rentrer chez soi après ça »

    À Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), l’assemblée générale des Gilets jaunes a su d’emblée se préserver de possibles manipulations d’extrême droite en se déclarant constituée « sur des bases clairement antiracistes ». Retour sur une expérience de démocratie directe à la pointe de la révolte jaune fluo.


    http://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes-de-Saint-Nazaire-Pas
    #anti-racisme #extrême_droite (refus) #racisme (refus)

    via @cqfd


  • * SAISON 2 - ACTE 1 * Nous appelons... - Cerveaux non disponibles | Facebook
    https://www.facebook.com/cerveauxnondisponibles/posts/-saison-2-acte-1-nous-appelons-toutes-celles-et-tous-ceux-qui-h%C3%A9sitent-doutent-s/1956042617827947

    Nous appelons toutes celles et tous ceux qui hésitent, doutent, soupçonnent, fatiguent, déchantent à une saison 2 du soulèvement en cours.
    Ce soulèvement ne sera aussi le nôtre que si nous en sommes. Il ne s’agit plus de rejoindre ou pas les #gilets_jaunes, il ne s’agit pas de faire converger les luttes ni de créer des alliances, mais de les multiplier à un niveau d’intensité jamais égalé. Pour ce début d’année 2019 ouvrons tous les conflits. Déchaînons les luttes, jetons tous les antagonismes dans la rue. Le soulèvement est un agglomérat de luttes, de conflictualité qui fait tomber le pouvoir par pressions simultanées et grande confusion.
    Qu’est-ce que la confusion pour le pouvoir ? pour BFM ? Rien d’autre qu’un tourbillon d’antagonismes s’exprimant simultanément. De sorte que le pouvoir ne peut plus répondre à rien où qu’il ne peut répondre qu’à un parti contre un autre. Le soulèvement dévoile le pouvoir, le révèle comme parti, quand justement celui-ci fait tout, a toujours tout fait pour se présenter comme sans parti.
    Que 2019 soit cette grande fête des contradictions que le pouvoir s’efforce de masquer pour apparaître comme neutre. Ainsi donc, celui, celle qui attend que les gilets jaunes passent comme passent les saisons pour faire entendre sa cause, pour crier la domination qui l’étouffe, celui-là, celle-là mourra étouffé·e, car il, elle espère encore du pouvoir un peu d’attention, il, elle espère du pouvoir qu’il réponde à ses attentes. Le soulèvement est ce qui n’attend plus, c’est la longue patiente devenu impatience, urgence et qui ne peux plus être raisonnée par aucune promesse. Et celui, celle qui à peur de rencontrer au coin d’une barricade un oppresseur devrait se demander où sont ses camarades plutôt que de rentrer chez soi.
    Le soulèvement est le pire ennemi du pouvoir qui se pense comme rassemblement au-delà de tout clivage. Il est donc la pire chose qui puisse arriver à Macron. Refuser le soulèvement en cours parce qu’il serait impropre c’est sauver Macron.
    Et sauver Macron c’est reconduire encore les injustices, la destruction du monde, les dominations. Pour nous qui avons grandi dans un monde saturé de marchandises, ravagé par l’économie et sans horizon révolutionnaire, nous ne voulons plus attendre et nous ne laisserons pas au fascisme un espoir de plus. Nous ne laisserons pas aux fascistes la colère des injustices sociales. Car nous savons que trop que le fascisme prospère quand justement la colère face aux injustices sociales ne rencontre pas la proposition de l’égalité. Refuser de rejoindre le soulèvement en cours au nom de l’égalité, contre le fascisme, c’est garantir la disparition de la proposition de l’égalité dans le soulèvement et garantir le succès du fascisme. Commercy et Saint-Nazaire sont les énoncés égalitaire à partager. Ils ont eu le courage de se soulever contre le pouvoir et de mener la bataille contre la tentation fasciste. Il y en a d’autres, à nous de les relayer, à nous de contribuer à les faire émerger. Que leurs paroles, que leurs actes inondent nos réseaux.


  • Chroniques de la couleur

    Une grosse recension de textes (et autres médias) sur les Gilets Jaunes.

    Les liens cliquables sont par là :
    http://inter-zones.org/chroniques-de-la-couleur

    –—

    Sophie Wahnich : Les gilets jaunes et 1789 : Résurgences révolutionnaires, 18 Décembre 2018

    Achille Mbembe : Pourquoi il n’y aura pas de gilets jaunes en Afrique, 18 décembre 2018

    Michalis Lianos : Une politique expérientielle – Les gilets jaunes en tant que peuple, 17 décembre 2018

    Fanny Gallot : Les femmes dans le mouvement des gilets jaunes : révolte de classe, transgression de genre, 17 décembre 2018

    Stéphane Zagdanski : Réflexions sur la question jaune, 17 décembre 2018

    Yves Pagès : Bloqueurs de tous les ronds-points, rions jaune… et ne cédons rien, 17 décembre 2018

    Alessandro Stella : Gilets jaunes et Ciompi à l’assaut des beaux quartiers, 16 décembre 2018

    Juan Chingo : Gilets jaunes : Le retour du spectre de la révolution, 16 décembre 2018

    Pierre-Yves Bulteau : À Saint-Nazaire : Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte, 15 décembre 2018

    Florence Aubenas : Gilets jaunes : La révolte des ronds-points, 15 décembre 2018

    Sarah Kilani et Thomas Moreau : Gilets jaunes : Pour la gauche, l’antifascisme ne doit pas être une option, 15 décembre 2018

    Anonyme : Danse imbécile ! Danse ! Notes sur le mouvement en cours, 14 décembre 2018

    Jean-Baptiste Vidalou : L’écologie du mensonge à terre, 14 décembre 2018

    Toni Negri : Chroniques françaises, 14 Décembre 2018

    David Graeber : Les gilets jaunes font partie d’un mouvement révolutionnaire plus large, 14 décembre 2018

    Jérôme Ferrari : On fera de vous une classe bien sage, 13 décembre 2018

    Etienne Balibar : Gilets jaunes : Le sens du face à face, 13 décembre 2018

    Jérôme Baschet : Pour une nouvelle nuit du 4 août (ou plus), 13 décembre 2018

    Andreas Malm : Ce que le mouvement des gilets jaunes nous dit du combat pour la justice climatique, 13 décembre 2018

    Collectif : Communiqué de la coordination de Saint-Lazare, 12 décembre 2018

    Michèle Riot-Sarcey : Les gilets jaunes ou l’enjeu démocratique, 12 décembre 2018

    Mathieu Rigouste : Violences policières : Il y a derrière chaque blessure une industrie qui tire des profits, 12 décembre 2018

    Leslie Kaplan : Un monde soudain devenu injustifiable aux yeux de tous, 12 décembre 2018

    Pierre Dardot et Christian Laval : Avec les gilets jaunes : Contre la représentation, pour la démocratie, 12 décembre 2018

    Jacques Rancière : Quelle égalité de la parole en démocratie ? 12 décembre 2018

    Collectif : Gilets jaunes : Une enquête pionnière sur la révolte des revenus modestes, 11 décembre 2018

    Cédric Durand et Razmig Keucheyan : Avec les gilets jaunes, pour une nouvelle hégémonie, 11 décembre 2018

    Cédric Durand : Le fond de l’air est jaune, 11 décembre 2018

    Joshua Clover : Les émeutes des ronds-points, 11 décembre 2018

    Joao Gabriell : À propos du discours de Macron du 10 décembre, 11 décembre 2018

    Femmes en lutte 93 : Acte V Gilets jaunes : La place des femmes et LGBT est dans la lutte, 10 décembre 2018

    Michelle Zancarini-Fournel : Le mouvement des gilets jaunes favorise la cohésion intergénérationnelle des milieux populaires, 10 décembre 2018

    Syllepse : Gilets jaunes : Des clefs pour comprendre, 10 décembre 2018

    Annie Ernaux : Il n’y a pas de nouveau monde, ça n’existe pas, 9 décembre 2018

    Alain Bertho : Il ne s’agit pas d’un simple mouvement social, 8 décembre 2018

    Jérôme Baschet : Lettre à celles et ceux qui ne sont rien, depuis le Chiapas rebelle, 8 décembre 2018

    Raoul Vaneigem : Les raisons de la colère, 8 décembre 2018

    Laurent Mucchielli : Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des gilets jaunes, 8 décembre 2018

    Les Gilets Jaunes de St Nazaire et leur Maison du Peuple, 7 décembre 2018

    Appel des gilets jaunes de Commercy à la formation d’assemblées populaires, 7 décembre 2018

    Lundimatin : Ici La Réunion ! 7 décembre 2018

    Pierre Bance : L’heure de la commune des communes a sonné ! En soutien à l’appel de Commercy, 7 décembre 2018

    Alèssi Dell’Umbria : Marseille, Debout, Soulève-toi ! 7 décembre 2018

    Eric Hazan : Paris n’est pas un acteur, mais un champ de bataille, 7 décembre 2018

    Rafik Chekkat : À Mantes-la-Jolie, domination policière et humiliation de la jeunesse, 7 décembre 2018

    Etienne Penissat et Thomas Amossé : Gilets jaunes : des automobilistes aux travailleurs subalternes, 6 décembre 2018

    Plateforme d’Enquêtes Militantes : Une situation excellente ? 6 Décembre 2018

    Alain Bertho : Gilets jaunes : Crépuscule du parlementarisme, 6 décembre 2018

    Frédéric Gros : On voudrait une colère, mais polie, bien élevée, 6 décembre 2018

    Danielle Tartakowsky : Les gilets jaunes n’ont rien de commun avec Mai 68, 6 décembre 2018

    Ballast : Gilets jaunes : Carnet d’un soulèvement, 5 décembre 2018

    Frédéric Lordon : Fin de monde ?5 décembre 2018

    Eric Toussaint : Gilets jaunes : Apprendre de l’histoire et agir dans le présent - Des propositions à ceux et celles qui luttent, 5 décembre 2018

    Grozeille, Que leur nom soit Légion : À propos des gilets jaunes, 5 décembre 2018

    Samuel Hayat : Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir, 5 décembre 2018

    Sophie Wahnich : La structure des mobilisations actuelles correspond à celle des sans-culottes, 4 décembre 2018

    Stefano Palombarini : Les gilets jaunes constituent une coalition sociale assez inédite, 4 Décembre 2018

    Édouard Louis : Chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père, 4 décembre 2018

    Chantal Mouffe : Gilets jaunes : Une réaction à l’explosion des inégalités entre les super riches et les classes moyennes, 3 décembre 2018

    Yves Pagès : La façade du triomphalisme macronien ravalée à l’aérosol par quelques bons-à-rien, 3 décembre 2018

    Yannis Youlountas : Cours, gilet jaune, le vieux monde est derrière toi ! 3 décembre 2018

    Les Lettres jaunes, Bulletin de lecture quotidien des Gilets Jaunes, pour aller plus loin ! 3 décembre 2018

    Alain Bihr : Les gilets jaunes : pourquoi et comment en être ? 2 décembre 2018

    Gérard Noiriel : Pour Macron, les classes populaires n’existent pas, 2 décembre 2018

    Temps critiques : Sur le mouvement des Gilets jaunes, 1 décembre 2018

    Zadibao : Climat jaune et changement de gilet, 30 novembre 2018

    Plateforme d’Enquêtes Militantes : Sur une ligne de crête : Notes sur le mouvement des gilets jaunes, 30 novembre 2018

    Lundimatin : Le mouvement des Gilets Jaunes à la Réunion, 29 novembre 2018

    Sophie Wahnich : Postérité et civisme révolutionnaire, 28 novembre 2018

    Le comité Adama rejoint les gilets jaunes : Ce n’est pas une alliance au prix d’un renoncement politique, 27 novembre 2018

    Comité Adama : Si nous voulons changer notre destin, nous devons lutter dans la rue, 26 novembre 26

    Bruno Amable : Vers un bloc antibourgeois ? 26 novembre 2018

    Benoît Coquard : Qui sont et que veulent les gilets jaunes ? 23 novembre 2018

    Félix Boggio Éwanjé-Épée : Le gilet jaune comme signifiant flottant, 22 novembre 2018

    Anshel K. et Amos L. : Les amours jaunes, 21 novembre 2018

    Les Chroniques de La Meute, 18 novembre 2018

    Aurélien Barrau : À propos de la manif du 17 novembre, 15 novembre 2018


  • A Saint-Nazaire : « Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte » 15 DÉCEMBRE 2018
    PAR PIERRE-YVES BULTEAU

    L’ancienne sous-préfecture de la ville de Loire-Atlantique a fait place à une réquisition citoyenne. Le lieu a été baptisé « Maison du peuple ». De façon autogérée, on y discute du sens de la démocratie, comme de l’impact de la lutte sur ceux qui la mènent.

    Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), de notre envoyé spécial.- « Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte. » Jonathan, que tout le monde ici appelle affectueusement Yoyo, est un gaillard aux cheveux gominés, à la voix voilée par les gaz lacrymos respirés et les centaines de roulées grillées. Alors qu’il était en train de monter un restaurant avec son frère, il a tout arrêté. « Tellement j’ai trouvé en ce lieu du cœur et de l’humanité. »

    La Maison du peuple de Saint-Nazaire représente le symbole de ce qui se joue depuis cinq semaines, partout en France. Un relais populaire et autogéré créé en réponse à « un monde soudain devenu injustifiable aux yeux de tous », selon la formule de l’écrivaine Leslie Kaplan.

    Ancienne agence Assedic, devenue un temps sous-préfecture, le bâtiment de centre-ville a récemment été vendu par l’État à un promoteur immobilier. « Il avait prévu d’en faire sortir 72 logements, explique Ludovic, en taxant une clope à Yoyo. Le permis de démolition était signé. Les pelleteuses devaient tout raser. Au lieu de ça, on l’occupe depuis le 24 novembre dernier. »

    La démolition architecturale a laissé place à la construction des consciences. Une réquisition citoyenne pour une insurrection des intelligences. Passée la frêle grille d’un vert oxydé, ce ne sont que sourires et attentions aux traits tirés qui vous accueillent. Comme si la quinzaine d’habitants à temps complet avait décidé de prolonger le mouvement, au-delà des ronds-points de la zone portuaire, malgré les annonces faites à la télévision par Emmanuel Macron, contre les récents appels à la désunion.

    Il faut dire que le peuple en gilets jaunes nazairien connaît bien l’endroit. « La plupart en étaient soit usagers, soit salariés », glisse, entre deux taffes, Ludovic, qui raconte la genèse de l’occupation : « Cela part d’une impro générale qui finit en impro géniale ! Au départ du mouvement, nous demandons à rencontrer le sous-préfet. Devant son refus, une prise de paroles démarre. Et là, le déclic. On se dit que l’on va symboliquement occuper l’ancienne sous-préfecture de la ville. » La Maison du peuple est née.

    Reste à l’organiser. De la déclaration officielle d’habitation à l’élaboration d’un contrat électricité avec justificatifs et tout le tralala administratif, la vie commune s’imagine autour de règles débattues en assemblée, toutes centrées sur ce principe fondateur : « On a emprunté un lieu en bon état et, quoi qu’il advienne, on le rendra en bon état », lance Jonathan avant de partir prendre son quart au niveau du rond-point des Six-Croix.

    Par cette autodiscipline, qui a notamment vu l’alcool des premiers jours prohibé, les occupants de la Maison du peuple devancent aussi leur possible expulsion par la force publique. « Même si les flics ne nous gênent pas, précise Ludovic, et ce malgré un dépôt de plainte du promoteur. » Pas vraiment de quoi inquiéter ce militant, passé par Attac et les collectifs pour le climat. « Il y a tellement de choses profondes qui se jouent ici, un tel apprentissage de la démocratie, qu’on a du mal à s’imaginer que tout puisse s’arrêter. »

    Après trois semaines d’occupation, l’arrêt de ce bouillonnement, peu en parlent, tous y pensent. Et, alors que le coup de mou des AG quotidiennes, de la planification de l’occupation du port, de la gestion des envies diverses et variées se fait ressentir, le coup de boost arrive parfois par le bus.

    Comme en ce lendemain d’allocution présidentielle, qui voit cette retraitée pousser la grille de la Maison du peuple. Ludovic l’accueille de son doux sourire. Nous l’appellerons Annette. « Ce n’est pas que je n’aie pas envie de vous donner mon nom mais mon mari ne sait pas que je suis ici et, en plus, glisse-t-elle rieuse, il a voté pour Macron. » C’est sa petite-nièce qui lui a soufflé l’existence du lieu. « Moi, je n’ai pas à me plaindre, j’ai une bonne retraite, ça va. Si je suis là, c’est parce que j’ai un fils qui n’a plus de boulot, une fille en plein burn-out et un futur gendre, futur licencié. Je n’ai jamais fait de politique avant mais là, après avoir écouté Macron, je l’ai trouvé tellement lamentable qu’aujourd’hui, j’ai envie de m’engager. »

    Comme Annette, ils sont une cinquantaine à avoir franchi le pas. Pas un raz-de-marée. Une révolution intérieure pour une prise de conscience collective. Felipe est de ceux-là. La boule rasée de près, le teint buriné, ce salarié en levage-manutention « n’a jamais été militant ». Rencontré sur la petite terrasse qui borde l’entrée du bâtiment, il dit être venu et surtout resté « parce qu’ici, on se sent écouté, on peut décider. Étranglé par le quotidien, à la Maison du peuple, on apprend à se dépouiller du superflu pour gagner tellement plus ».

    Ce n’est pas Morgane qui dira le contraire. Son intervention lors de la première AG concernant le blocage de la zone portuaire va rester, pour longtemps encore, gravée dans les mémoires. « Je me souviens, c’était lors de la préparation de la première occupation du port. La tension était en train de monter. Personne n’était d’accord sur la stratégie à adopter et puis je me suis levée, j’ai dit qu’on était là pour apprendre, qu’on ferait sûrement des erreurs, qu’on en tirerait des leçons et que, de toute façon et quoi qu’il se passe, nous continuerons d’avancer. »

    « C’était tellement émouvant, rebondit Ludovic, un de ces moments magiques que seule la lutte peut vous apporter. » Un apprentissage en vitesse accélérée. Une transformation qui a également foudroyé Erwan. Depuis qu’il a poussé la grille de la Maison du peuple, il a troqué ses heures quotidiennes de jeux vidéo au profit du débat politique. « Avant, jamais tu ne m’aurais fait lire un bouquin, discuter autour d’un thème d’actualité. Aujourd’hui, je ne peux plus m’en passer », jubile-t-il.

    « Ce sont tous ces moments qui m’ont fait devenir amoureux de ce lieu, avoue Ludovic. Depuis trois semaines dans cette maison, depuis cinq semaines sur les ronds-points, on voit les exclus de la parole légitime, les privés de l’action collective reprendre le pouvoir. C’est extraordinaire. J’en ai pleuré. » Tous parlent d’un « accouchement citoyen ». Tous savent aussi que, pour durer, il va leur falloir « maintenir le lien, aujourd’hui créé ».

    La tête dans le quotidien, « épuisés par un rythme de fou », les gilets jaunes nazairiens ont trouvé le temps d’accueillir des délégations venues de Rennes, Lorient, Cholet et projettent même de converger avec leurs homologues de Commercy. Une conjonction des appels « pour préserver cette dynamique et les émancipations qui en ont surgi ». « C’est le truc qui me préoccupe le plus, dit encore Ludovic. Ne pas perdre ça. C’est tellement fort ce que l’on vit que ça ne peut pas s’arrêter comme ça. » D’autres parlent d’établir un pont avec les syndicats.

    C’est en tout cas l’avis de ce syndicaliste retraité, croisé sur le balcon de l’ancienne agence Assedic. « Si on ne se fédère pas, on est morts », tente-t-il de lancer. « Si on entre dans ce genre de calculs, de plans stratégiques, on risque de tout perdre », contrebalance Yoyo. « La mobilisation doit continuer hors de certains codes, poursuit Ludovic. Les habitants de la Maison du peuple ne les maîtrisent pas et c’est ce qui donne le côté précieux de cette mobilisation. Si on rétablit ces codes, ils risquent tous de partir et ça, rien que d’y penser, j’en ai la boule au ventre. »

    Pour continuer de rêver à demain, les gilets jaunes nazairiens comptent « sur l’intelligence collective des gens. Sur cette confiance solidement établie qui va nous permettre de trouver le rebond ». Dans une atmosphère studieuse d’où se dégagent des effluves entremêlés de pâte à crêpes et de café, certains occupants travaillent à l’idée d’organiser des « portes ouvertes » de la Maison du peuple. « Il faut profiter du fait que Saint-Nazaire soit une ville politisée, à l’identité ouvrière encore forte, pour continuer de construire un imaginaire collectif. » Arrivée depuis à peine une heure, Annette est déjà emballée, elle qui est ici « pour aider la génération de ses enfants ».

    Un engagement tracé, en lettres capitales au pinceau noir, sur une pancarte posée au détour d’un couloir. Il y est écrit ceci : « Un avenir pour nos enfants et… » Un suspens en forme de suite à imaginer. Avec les rêves, l’action et la vie en commun en guise de piliers.

    #GILETSJAUNES #MAISON_DU_PEUPLE #SAINT_NAZAIRE #Gilets_jaunes

    https://www.mediapart.fr/journal/france/151218/saint-nazaire-je-ne-suis-pas-en-lutte-je-suis-une-lutte


  • https://www.syllepse.net/gilets-jaunes-_r_37_i_754.html

    « Nous sommes le peuple ! »

    introduction

    /syllepse_images/1-nous-sommes-le-peuple.pdf

    La couleur des Gilets jaunes

    Le mouvement des Gilets jaunes de la zone portuaire de Saint-Nazaire

    /syllepse_images/la-couleur-des-gilets-jaunes.pdf

    Des assemblées populaires partout

    Gilets jaunes de Commercy

    /syllepse_images/des-assemblees-populaires-partout.pdf

    Participer aux mobilisations des Gilets jaunes

    Union Syndicale Sud-Industrie

    /syllepse_images/participer-aux-mobilisations-des-gilets-jaunes.pdf

    Les quartiers populaires aux côtés des Gilets jaunes

    Le Comité Adama

    /syllepse_images/les-quartiers-populaires-aux-cote—s-des-gilets-jaunes.pdf

    « Ce n’est pas une alliance au prix d’un renoncement politique »

    entretien avec Youcef Brakni / propos recueiilis par Yassine BNOU MARZOUK

    /syllepse_images/-laquo-ce-n-rsquo-est-pas-une-alliance-au-prix-d-rsquo-un-renoncement-politique-raquo-.pdf

    Se mobiliser quelle que soit la couleur du gilet

    CGT

    /syllepse_images/se-mobiliser-quelle-que-soit-la-couleur-du-gilet.pdf

    Macron entendait répondre aux Gilets jaunes en présentant les objectifs de sa politique énergétique. C’est raté !

    Union syndicale solidaires

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    Nous ne sommes rien, soyons partout !

    Union Syndicale Solidaires

    /syllepse_images/nous-ne-sommes-rien—soyons-partout-thinsp---.pdf

    Agir maintenant !

    des syndicalistes

    /syllepse_images/agir-maintenant-thinsp—.pdf

    Gagner ensemble !

    Infocom-CGT

    /syllepse_images/gagner-ensemble-.pdf

    Une veille contre l’extrême droite

    Commission antifasciste de l’Union syndicale Solidaires

    /syllepse_images/une-veille-contre-lextreme-droite.pdf

    Construire des comités populaires

    Union syndicale Solidaires du Comminges

    /syllepse_images/construire-des-comites-populaires.pdf

    Une transition écologique socialement juste

    FSU

    /syllepse_images/une-transition-ecologique-socialement-juste.pdf

    Gilets jaunes, revendications syndicales et exigences populaires

    CGT, FSU, Solidaires, Alternative libertaire, Ensemble !, France Insoumise, Générations, PCF, Picardie Debout (Amiens)

    /syllepse_images/gilets-jaunes—revendications-syndicales-et-exigences-populaires.pdf

    Vent de colère sur le Finistère-Sud

    Déclaration unitaire

    /syllepse_images/vent-de-coleree-sur-le-finistere-sud.pdf

    Grève et blocage des ronds-points

    CGT-Renault-Cléon

    /syllepse_images/greve-et-blocage-des-ronds-points.pdf

    Construire ensemble

    UD-CGT (Seine-Maritime) et UL-CGT (Elbeuf, Sotteville, Couronne, Rouen)

    /syllepse_images/construire-ensemble.pdf

    Pourquoi j’irai samedi à la manif des Gilets jaunes

    Un gilet jaune

    /syllepse_images/pourquoi-jirai-samedi-a-la-manif-des-gilets-jaunes.pdf

    Dézinguer le tandem Macron-Medef

    CGT-Sanofi (Tours)

    /syllepse_images/dezinguer-le-tandem-macron-medef.pdf

    « Accumuler de la théorie critique ne suffit pas si elle peut éclairer l’action, elle n’en est pas l’interrupteur »

    Un Gilet Jaune de Rennes

    /syllepse_images/accumuler-de-la-theorie-critique-ne-suffit-pas.pdf

    Pour des revendications et une action communes avec les gilets jaunes

    FNIC-CGT

    /syllepse_images/pour-des-revendications-et-une-action-communes-avec-les-gilets-jaunes.pdf

    Faire monter l’exigence de hausses des salaires

    Fédérations CGT : agro-alimentaire, cheminots, commerce et service, chimie, mines-énergie, ports et docks, transports

    /syllepse_images/faire-monter-l-exigence-de-hausses-des-salaires.pdf

    Les revendications des gilets jaunes sont les nôtres

    CGT, CFE-CGC, FO, FSU, UNSA, Solidaires de Haute-Loire

    /syllepse_images/les-revendications-des-gilets-jaunes-sont-les-no-brvbar-etres.pdf

    Démocratie en actes et combat commun

    Union syndicale solidaires du Val-De-Marne

    /syllepse_images/democratie-en-actes-et-combat-commun.pdf

    Un samedi aux champs

    Adèle (Montreuil)

    /syllepse_images/un-samedi-aux-champs.pdf

    Pour l’écologie, dans la rue le novembre !

    Coopérative Politique Écologie Sociale

    /syllepse_images/pour-l-ecologie—dans-la-rue-le-17-raquo-novembreoce-.pdf

    Les Cahiers de doléances

    Robert Duguet

    /syllepse_images/les-cahiers-de-doleances.pdf

    La Nouvelle Guerre des farines

    Jean Casanova

    /syllepse_images/la-nouvelle-guerre-des-farines.pdf

    Les Gilets jaunes et les « leçons de l’histoire »

    Gérard Noiriel

    /syllepse_images/les-gilets-jaunes-et-les-lecons-de-lhistoire.pdf

    Des gilets rouges aux Gilets jaunes : la classe ouvrière introuvable ?

    Jean-François Cabral

    /syllepse_images/des-gilets-rouges—aux-gilets-jaunes—la-classe-ouvrie—re-introuvable-thinsp-_.pdf

    Le besoin d’une unité qui donne une perspective à tous les travailleur·euses, avec ou sans gilet jaune

    L’Insurgé

    /syllepse_images/le-besoin-dune-unite-qui-donne-une-perspective-a-tous-les-travailleur-aeuses—avec-ou-sans-gilet-jaune.pdf

    Pourquoi et comment en être

    Alain Bihr

    /syllepse_images/pourquoi-et-comment---en-etre.pdf


  • La vie est trop chère pour être vécue !

    Nous sommes des travailleurs, précaires, des auto-entrepreneurs contraints, des chô­meurs à sec, des étudiants en galère, des lycéens promis à la misère, des retraités dans la merde. Nous sommes concernés par le mouvement des gilets jaunes : on n’a plus de thunes.

    Aujourd’hui, après quinze jours de blocage continu, le gouvernement fait tout pour qu’on rentre chez nous. En appelant les « gilets jaunes » à se structurer. A cet appel, les opportunistes se bousculent au portillon. Ce sont souvent des militants de partis, parfois d’extrême droite, qui se cachent derrière le mot « peuple ». Dans la liste des revendications qui a été envoyée au ministère, il n’y a rien qui pourra arranger notre situa­tion. Et surtout pas une « assemblée citoyenne », ou la « baisse des charges patronales ». Quant à ceux qui veulent nous faire croire que nous avons plus d’intérêts communs avec nos patrons qu’avec les prolé­taires migrants du monde entier, ils sont au service du pouvoir et de la bourgeoisie.

    Revendications : porte de sortie ou impasse ?
    Certains gilets jaunes se disent qu’il faut bien qu’on ait des revendications. C’est faux. Proposer des reven­dications c’est donner une porte de sortie au gouvernement. Il signera n’importe quel accord pour le trahir ensuite, une fois le mouvement retombé, comme en Guadeloupe en 2009. Le mouvement à La Réunion nous montre la voie. Cerf le gouvernement qui vient essayer d’éteindre le feu. Et malgré les quelques mesurettes que la ministre leur propose, ils n’arrêtent pas. S’il y a autant de représentants opportunistes, de communiqués soi-disant officiels, c’est que nous manquons d’espace dans la vraie vie, pour discuter et agir. En cela nous ne nous donnons pas les possibilités de gagner. Ace rythme, on risque de s’épuiser.

    Ce qui nous rassemble : nos conditions de vie, une vie trop chère pour être vécue. Ce problème ne vient pas uniquement de l’État. Il touche à nos places dans cette société, au-delà des « taxes ». L’État et les patrons ont un intérêt commun : le « bon fonctionnement de l’économie ». Cela signifie l’aggravation de nos conditions de travail, de transport, de logement, d’études, de soins, de vie quoi, que ton soit français ou non, de la ville ou de la campagne.

    De toutes parts, nous sommes attaqués. Le premier réflexe des gilets jaunes a été d’initier des blocages économiques. C’est une pratique de lutte à poursuivre. Mais n’attendons pas que les gens rejoignent les gilets jaunes.

    Propageons le mouvement partout où nous sommes au quotidien. :
    Dans les entreprises, dans les lycées, dans les Tacs, dans les pôles emploi, dans les hôpitaux, dans les mai­sons de retraite, dans les CAF, à la sécu etc. Cette propagation passera par la grève, par les occupations, par les blocages, par les manifs.
    Il ne manque que notre imagination pour déployer la contestation plus loin que sur les axes routiers. Mais pour pouvoir agir de la sorte, développons des outils d’organisation à même de construire un tel mouve­ment. A Saint-Nazaire, les gilets jaunes occupent un bâtiment vide, pour pouvoir discuter en assemblée des stratégies à adopter.

    Constituons des assemblées.
    Dans la région toulousaine, aucune assemblée de lutte pérenne n’est annoncée pour pouvoir discuter de notre stratégie. Ni sur les points de blocage, ni ailleurs. On ne peut pas continuer à aller sur les points de blocage à l’aveugle, pour s’y retrouver tout seul.

    Il s’agit aussi d’être rejoignables : ce mouvement, massivement soutenu, a la nécessité de créer des espaces pour que toutes celles et ceux qui le souhaitent puisse le rejoindre et le renforcer.

    Partout où nous nous retrouverons samedi ler décembre et les jours qui suivent, tenons des assemblées de lutte.

    La vie est trop chère pour être vécue !

    La lutte est trop grande pour être récupérée !

    Bloquons plus pour gagner tout

    Des galériens en gilets jaunes

    Exploités NRV 31
    http://www.classeenlutte.org
    https://twitter.com/CollectifClasse
    source : https://vosstanie.blogspot.com


    #gilets_jaunes #vosstanie



  • Maison du Peuple de Saint-Nazaire et alentours
    Nos exigences.

    Réunis en assemblé ce jeudi 29 novembre 2018, nous, gilets jaunes de la région de Saint-Nazaire ici présents, exigeons, par un vote unanime :

    – la démission de Macron
    – la baisse des prix des produits de première nécessité (carburants, eau, gaz, électricité, logement etc…)
    – des taxes sur le kérosène des avions et sur le fuel lourd des navires + taxes sur ces pollutions
    – l’augmentation des salaires, retraites et autres minimas, sans baisse des cotisations sociales
    – le rétablissement de l’ISF et la lutte contre l’évasion fiscale pour financer les services publics et la transition énergétique
    – le partage égalitaire des richesses
    – le développement des énergies renouvelables
    – la nationalisation du secteur de l’énergie, des banques et des autoroutes
    – le droit de révocabilité des élus à tous les niveaux
    – le plafonnement de l’indemnisation des élus à la hauteur du revenu moyen
    – la dissolution du gouvernement et refondation de notre république par les assemblées représentatives du peuple.
    – le respect du droit des enfants (éducation, santé….)
    – la traduction dans les faits de notre devise : liberté, égalité, fraternité


  • Communiqué « officiel » n°2 « Gilets jaunes »

    Nous dénonçons !

    Il est important que chaque personne voulant participer à ce mouvement puisse le faire, qu’importe sa couleur. son origine, son orientation sexuelle, son sexe, sa religion. Il en va de même pour les personnes réfractaires a ce mouvement. il ne doivent en aucun cas être attaques sur autre chose que leur positionnement politique vis à vis de ce mouvement, Non les Gilets Jaunes ne sont pas les moutons des nationalistes, fascistes et autres mouvances de tous les extrêmes au même titre que notre mouvement n’est représenté par aucun parti politique ou syndicat.

    Nous dénonçons que le gouvernement taxe les plus démunis pour enrichir les quelques ultra-riches.
    Nous dénonçons que le gouvernement nous taxe toujours plus alors que les services publics sont de plus en plus médiocres, Nous dénonçons la politique répressive que l’Etat a mis en place. Non aux violences policières ainsi qu’aux procès des Gilets Jaunes pacifistes. Nous voulons un droit de regard sur comment sont dépensés nos impôts. L’écologie, qui est un sujet primordial aujourd’hui, ne peut être juste un moyen de nous taxer d’avantage, surtout quand l’on connaît la faible proportion qui reviendra a cette cause indispensable. Mettez en place une vraie politique écologique et non quelques mesurettes financières. C’est pourquoi aujourd’hui nous reprenons l’appel de Coluche pour les présidentiel de 1951. pas dans un put politique pour voter, mais dans un but citoyen en menant des actions termes.

    « J’appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travesti, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques... »

    Nous sommes pour de véritables service publics en matière d’éducation, de santé, de logement, de retraite, de transport, de l’enseignement supérieur et de la culture. L’État privatise à outrance au profit des entreprises dont les actionnaires deviennent toujours plus riches et les salaries toujours plus pauvres,

    Nous ne voulons plus subir cette politique libérale. Nous appelons tous ce qui soutiennent le mouvement a rejoindre les différentes actions et a se coordonner. La lutte a commencé, elle ne s’arrêtera pas sans contreparties importantes redonnant de la dignité aux citoyens.

    Les Gilets Jaunes
    https://paris.demosphere.net/rv/65684

    #giletsjaunes #racisme #coordination #mouvement


  • C’est l’Eure.

    Dans l’Eure, « le réservoir de la colère explose » 23 NOVEMBRE 2018 PAR FRANÇOIS BONNET

    Dans l’Eure, péages d’autoroute et gros ronds-points demeurent bloqués tout ou partie de la journée. Le prix des carburants est oublié. Ouvriers, retraités, intérimaires, artisans, jeunes et vieux disent tous la même chose : une vie de galère avec des revenus de misère et des injustices qu’ils ne veulent plus supporter.

    « Le prix du carburant, pardon, mais je m’en contrefous », assure Line – « Appelez-moi Madame Line », insiste-t-elle. Madame Line est donc arrivée à pied, ce mercredi matin, au rond-point de Gaillon, dans l’Eure, avec son panier à roulettes. Des cakes faits maison et du café. Deux kilomètres de trajet. Une soixantaine de gilets jaunes sont là, sur le rond-point, pour un barrage filtrant. Ça dure depuis samedi. C’est juste à côté de Kiabi, de McDo et d’Auchan. C’est un rond-point dans une zone commerciale comme partout.

    Et là, les Klaxon des poids lourds et des voitures font connaître leur soutien. Les gilets jaunes sont en évidence derrière les pare-brise. On rigole bien. Ça blague autour des braseros, des barbecues et en tapant la converse avec les automobilistes qui attendent. Sans compter ce camionneur qui fait trois fois le tour du rond-point, Klaxon à fond. Lui, il réchauffe les cœurs. Il fait très froid. Depuis samedi, la fatigue s’accumule.

    C’est aussi pour ça que vient Madame Line. La voiture, elle a fait une croix dessus. « Je l’ai depuis deux ans au parking. Faudrait le contrôle technique, j’ai pas les sous, ma voiture réussira pas l’examen et il faudrait que je remette l’assurance, pas possible », précise-t-elle. Adieu la voiture, mais là, sur le rond-point, surgissent plein de nouveaux amis.

    Madame Line est retraitée. 720 euros par mois. Et une vie dont l’horizon au-delà de son logement HLM se résume au Auchan du rond-point de Gaillon et aux quelques sorties organisées quand ses enfants le peuvent. « Charges fixes enlevées, j’ai quoi ? 150, parfois 200 euros par mois », dit-elle.

    « Ben, il y a dix jours, on se connaissait pas », dit Alain. Lui a la quarantaine, c’est un grand costaud qui travaille à quelques kilomètres, au centre technique de Renault. Ça tombe bien, il y a quinze jours, il a loué un vélo électrique pour voir « si ça pouvait le faire pour aller au boulot ». Quinze kilomètres par jour, avec une grande côte. C’est pas évident, conclut-il.

    Une révolte, dit-il, c’est aussi plein de plaisir. Des découvertes, des gens, des horaires qui volent en éclats, une liberté. « Sur le groupe Facebook, on est des centaines. Là, on se relaie, moi je repars au boulot et je reviens ce soir. On se croisait dans la rue et on se disait pas bonjour, là on discute et il y a ce mot : solidarité. On pense pas pareil ? On s’en fout. Il y a des cons, des racistes ? On leur demande de se taire. La solidarité, c’est quand même ce gouvernement qui devrait montrer que cela existe au lieu de nous piétiner. »

    Ce que disent Line et Alain ? C’est ce qu’on pouvait entendre cette semaine sur la dizaine de gros points de blocage visités dans cette partie du département de l’Eure qui va de Vernon à Val-de-Reuil. La hausse des carburants est oubliée depuis longtemps. D’autant que les prix, constatés à l’Intermarché de Gasny vendredi matin, sont dans la fourchette basse. « Les carburants, c’est la goutte qui a fait exploser le réservoir de la colère », assure Smaïn, un « bloqueur » du péage de l’autoroute A13 à Heudebouville.

    Non, sur les ronds-points, on ne parle plus carburant mais des vraies choses qui fâchent : la pauvreté, les jeunes sans horizon ou précaires à l’éternité, les retraités à la ramasse, et soi-même ou bien dans la galère ou pas vraiment assuré des deux ou trois ans qui viennent. La peur de plonger à son tour. Et surtout, les salaires qui ne permettent pas de finir les mois.

    Il y a ce plaisir de se retrouver ensemble. Des gens que rien n’aurait réunis. Des petits gestes. À l’entrée des Andelys, c’est Anaïs qui raconte : « Un vieux dans une caisse pourrie me donne un billet de 5 euros, en fait c’est lui qu’il faudrait aider. » Le gars qui laisse un plateau de charcuterie d’au moins 50 euros à Gaillon. Ce voyageur dans une belle voiture qui, à Fleury-sur-Andelle, tend un billet de 20 euros. Ce boulanger qui a fait une fournée spéciale d’éclairs au chocolat « Soutien au blocage 27 » (le 27, c’est l’Eure).

    « On se bat pour nos jeunes, pour les retraités, pour nos salaires. »

    Partout, sur tous les ronds-points bloqués, les tables sont remplies de victuailles et de matériel avec parfois le groupe électrogène qui tourne. À Vernon, à la sortie de l’A13, une R5 traîne une carriole remplie de bois de chauffage. Aux Andelys, un routier passe un sac de gâteaux. Sur la barrière de péage de Heudebouville, c’est l’entassement de casse-croûte. Et là, ce jeune gendarme qui discute avec les gilets jaunes :
    « Bon, vers quelle heure vous arrêtez le blocage ?
    — Pourquoi ?
    — Euh, ça va devenir dangereux après 17 heures. Et puis faut que je rentre nourrir mon chien, soyez sympas.
    — Votre chien peut attendre.
    — Non, c’est un gros, il fait trente kilos, faut qu’il ait sa ration à l’heure. Et puis j’ai pas envie d’être rappelé pour ramasser un corps démembré.
    — Sympa, vous nous portez chance…
    — Non mais attention, c’est très dangereux les entrées de péage. »

    Et aux Andelys, où le centre des impôts a été bloqué puis fermé, voilà deux femmes gendarmes qui s’avancent sur le rond-point :
    « Alors, on se respecte, pas vrai ? Donc ne mettez pas des photos de nous sur Facebook.
    — Y’en a déjà de parties, je crois.
    — Justement, faut arrêter. Regardez, on n’a pas notre calot, on va se faire engueuler par la hiérarchie.
    — Mettez votre calot, c’est pas mal.
    — Ben non, regardez la gueule qu’on a avec ça.
    — OK, on supprime les photos. »

    C’est bien joli de faire la fête et les barbecues merguez-chipo avec de nouveaux amis, mais « ici c’est pas la kermesse de l’école », corrige David. Il est là depuis cinq jours, à Gaillon. Les yeux rougis et creusés par le froid, la fumée, le manque de sommeil, les discussions sans fin. Comme les autres. David résume : « On se bat pour nos jeunes, pour les retraités, pour nos salaires. On nous traite de beaufs, d’illettrés, de sans-dents, on veut du respect, de la moralité et de l’écoute. Et on veut surtout la fin des injustices : Macron supprime l’ISF, les grandes boîtes ne paient pas les impôts, regardez Carlos Ghosn et les paradis fiscaux. »

    À Vernon, Éric, 41 ans, préfère faire dans l’imagé : « C’est quoi l’histoire ? On nous demande de se serrer la ceinture et en plus de baisser notre froc. Ça, c’est un truc pas possible. Donc stop ! » Ouvrier dans une entreprise de traitement des métaux près de Mantes-la-Jolie, il dit y avoir perdu une épaule. En arrêt de travail depuis avril, un accident professionnel et un patron qui ne respecte aucune consigne de sécurité. « On travaille avec des bains de cyanure, d’acides différents, de chrome. Pas de bleus de travail sécurisés, des petits masques de peinture qui ne servent à rien. L’inspection du travail est passée. Et qu’est-ce qu’a fait le patron ? Acheter des hottes de cuisine ! Et là-dessus, en équipe de nuit, j’ai fait une chute. Comment je fais maintenant avec une épaule foutue… »

    Traditionnellement ouvrière, cette partie de la vallée de la Seine a un temps bien vécu : automobile, métallurgie, industries chimiques, des entreprises de sous-traitance de partout pour les grands groupes et des logements pas trop chers. Depuis vingt ans, l’histoire n’est plus la même avec les crises, les délocalisations et les plans de licenciements qui se sont empilés. « Du boulot, il y en a encore, dit Kevin, 32 ans, mais faut voir les conditions. Moi, je suis cariste en intérim. En ce moment, c’est chômage : 806 euros par mois. J’ai un loyer de 450 euros, une fille à charge. Eh bien, je marche avec un compte dans le rouge et mes découverts enrichissent la banque ! J’ai calculé l’an dernier : 700 euros de frais bancaires dans l’année. »

    Chantal et Rose viennent prendre le relais sur le rond-point. La première est retraitée, 800 euros par mois, une sortie en voiture tous les quinze jours pour faire le « plein de courses », les habits achetés dans les vide-greniers et des jongleries comptables pour, parfois, se payer un billet de train. « On peut vivre comme cela quelques années mais tout le temps, non, c’est trop dur », commente-t-elle.
    Rose approuve en riant. Son mari est au chômage depuis deux ans. Elle est en intérim – « je prends tout, ménage, caissière, etc. » – au Smic et en ce moment en arrêt maladie avec le dos cassé. « 740 euros d’indemnités, on va pas loin avec ça. Donc pour deux de mes trois gosses, c’est plus d’activités et pas de vacances. »

    Le cahier de doléances de René, soudeur à la retraite
    « Ici, c’est la révolte de la France qui a 1 000 euros par mois, voire moins, pour vivre », dénonce Laurence, auto-entrepreneuse dans le service à la personne. Elle ne se plaint pas, son mari a « un bon travail », mais elle dit connaître des « gens qui bossent et qui vivent au camping ou dans leur voiture ». Alain abonde dans son sens. « Il y avait un espoir avec Macron et il ne se passe rien ou le pire. Il n’écoute personne, il a écrasé tout le monde avec ses ordonnances. “Licencier pour mieux embaucher”, c’était ça son truc. Les embauches, je les vois pas. Je suis depuis vingt-huit ans chez Renault et c’est le contraire qui se passe. »

    À Écouis, sur la grande départementale qui mène vers Rouen, ils sont une dizaine à taper des pieds pour se réchauffer devant le feu rouge. Et voici un petit tract : « Les gilets jaunes ne sortent pas que pour l’essence. » Suit une longue énumération de 27 mesures, impôts, taxes : de l’augmentation du gaz au projet de vignette pour les véhicules polluants ; de la suppression de l’ISF à la fermeture des services dans les hôpitaux ; de l’augmentation de l’âge de la retraite aux suppressions de poste dans l’éducation… Tout y passe. C’est un paysage social apocalyptique qui est dressé avec cette conclusion : « Une fois mort, ça ne s’arrête pas : il faut payer l’enterrement et tout le tralala, soit environ 4 000 euros et plus. »

    René, lui, est bien content. Ça lui rappelle Mai-68, quand il commençait sa carrière d’ouvrier chez Bata, à Vernon, avant de se reconvertir en soudeur spécialisé. Le voilà qui émerge de l’épais brouillard qui noie le rond-point un grand cahier à la main. « Je fais tous les blocages et je demande à chacun d’écrire une mesure qu’il faudrait prendre, vous voulez mettre quoi vous ? »

    Le cahier est feuilleté. Rembourser tous les médicaments. Baisser le prix des mutuelles. Mettre les banques à genoux. Augmenter le Smic. Aider les jeunes pour louer des logements – « C’est vrai qu’à 30 piges, être toujours chez Papa-Maman, c’est la honte », commente René. Que les patrons paient leurs impôts. Ouvrir la gare de Gaillon qui est fermée tous les après-midi et où les distributeurs de billets sont cassés. Annuler les 80 km/h sur les nationales.

    Et ça continue. Sur le rond-point, une jeune femme fait elle aussi l’inventaire. « J’en ai marre de tout, j’en ai marre de rien pouvoir faire avec mes gosses, j’en ai marre de compter en permanence pour finir le mois, j’en ai marre de pas être respectée par le patron, j’en ai marre des conneries des journalistes à la télé. » Et elle fond en larmes. « Excusez, je suis fatiguée. »

    Emmitouflé dans sa grosse veste camouflage, Daniel s’offre un petit moment de politique en filtrant les poids lourds. « Moi, c’est pas le pire, je suis à la retraite depuis quatre ans, 1 300 euros par mois. » Daniel a été délégué syndical et il regrette bien que les syndicats ne soient pas dans le coup. « Pourquoi la CGT n’est pas là ?, demande-t-il. Si les gars à l’usine Renault-Flins arrêtaient le travail, ne serait-ce qu’une journée, ce serait plié. »

    L’ancien syndicaliste expose à qui veut l’entendre son choix d’un « capitalisme régulé et juste ». Les multinationales ont trop de pouvoir, le CAC 40 ne paie pas ses impôts, les jeunes galèrent et doivent compléter leur salaire par le travail au noir. Il se souvient de ce reportage sur Starbucks – « c’est à la mode ça » – qui ne paie pas un sou d’impôt en France. Il est pour l’Europe mais pas celle-là, qui ne « fait rien pour le salarié ». Et il en a assez de se faire marcher dessus : « En 2005, on vote non à la Constitution européenne et, trois ans après, on nous l’impose, c’est la démocratie, ça ? »

    À une quarantaine de kilomètres de là, à Fleury-sur-Andelle, en bordure du plateau agricole du Vexin, c’est une autre syndicaliste qui tient avec une cinquantaine de personnes le rond-point. Leïla travaille dans une usine de sous-traitance automobile qui produit des joints de portière et carrosserie. « Attention, je suis là en tant que citoyenne, prévient-elle. Vient ici qui veut, avec ses idées et ses envies, c’est pas un bataillon syndical et justement ça nous change. »

    « Faut discuter, ouvrir une grande négociation »

    Un de ses collègues de l’usine est à ses côtés, trente ans dans cette boîte, la retraite dans trois ans et il s’inquiète. « Quand je suis rentré, on était 1 800 employés, maintenant on est 400 dont 200 intérimaires. Et la moitié ont été virés », résume Marc. L’usine vient de perdre la fabrication de deux joints, assure-t-il, produits désormais chez des sous-traitants à l’étranger. « Regardez l’usine Renault au Maroc, tout va partir et tous ces jeunes, ils vont devenir quoi ? Moi, je dois aider mon fils et puis aider aussi ma mère qui s’en sort pas, c’est humiliant pour tout le monde. »

    Serge a 20 ans, une grande mèche orange dans les cheveux et un scooter poussif fait de récupérations diverses. « J’ai pas le permis et ici, sans bagnole, ça aide pas. » Jardins, espaces verts : il met des C.V. partout et ne trouve nulle part. « Là, je me dépanne dans un centre équestre, 30 euros la journée, je vais faire quatre, cinq jours ce mois. Mais les retraités n’ont plus de thune, on ne peut plus faire leur jardin, les haies, les arbres. »

    Les retraités, voilà un chef d’entreprise qui veut en parler. À Gaillon, Raphaël a une menuiserie, six salariés et est habitué à tourner avec deux mois de travail d’avance. « J’ai quelques marchés d’entreprise, dit-il, mais l’essentiel de mes clients sont des particuliers et à 80 % des retraités. » Il l’assure et enrage : la CSG, le projet de désindexation des retraites, la hausse du fuel de chauffage, les frais de santé… Voilà que les retraités ont gelé ou différé leurs commandes. « Je vois mon chiffre d’affaires fondre comme neige au soleil. Ça, c’est un truc que le gouvernement n’avait pas prévu mais demandez à tous les artisans, les retraités sont à l’arrêt et on se prend cela en pleine tête. »
    Raphaël a donné la semaine à ses salariés. Tous sur les ronds-points ! « J’ai mis dix-huit ans à construire cette boîte, je les laisserai pas la détruire. C’est une folie, il n’y a plus de pouvoir d’achat et c’est nous, en bout de chaîne, qui tombons. »

    Et après ? Ça discute sur les ronds-points et les péages de l’A13. Bien peu des gilets jaunes disaient vouloir manifester à Paris, samedi. « Ça sent le traquenard, s’il y a des affrontements, on va tout perdre et le gouvernement fera tout pour que ça se passe mal », assure un « bloqueur » du péage d’Heudebouville. À Écouis, le groupe qui tient le feu rouge est bien décidé à y aller : « On va faire opération train gratuit, on va quand même pas polluer pour aller à la capitale ! » Et puis Paris n’est qu’un moment. Sans mesures fermes du gouvernement, les blocages vont continuer, assurent les manifestants.

    « Faut discuter, ouvrir une grande négociation avec les syndicats et annoncer vite l’annulation de certaines taxes. Il faut que les petits Mickeys au pouvoir acceptent de reculer, il n’y a que les idiots qui ne changent pas. D’autant que dans six mois, on vote et là, Macron va comprendre sa douleur », dit l’ancien syndicaliste de Vernon. À Fleury-sur-Andelle, Marc attend une « solution correcte pour tout le monde ». « On veut bien payer si nos impôts servent à quelque chose mais on sait aussi que le petit ne peut pas tout payer. Il faut remettre de l’équilibre, de l’égalité. »

    Sans représentant, sans structure et organisation, les occupants de ronds-points n’en démordent pas. C’est justement l’absence de chefs, de délégués, de revendications précises qui « fout le bazar », assurent-ils. Au pouvoir de se débrouiller avec ça et de trouver la porte de sortie. Voilà un exercice qui sonne déjà comme une revanche pour cette France des mille euros et moins par mois.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/231118/dans-l-eure-le-reservoir-de-la-colere-explose?onglet=full

    #giletsjaunes #eure #blocage


  • Revue de presse continue spéciale « Gilets jaunes » à partir du 18.11.18
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    « Toute la France à Paris » samedi : la mobilisation désorganisée des « gilets jaunes »

    Conférence de presse des Gilets jaunes de Saint-Nazaire

    Black Friday en Belgique : les gilets jaunes filtrent des accès de centres commerciaux

    La CGT et les « gilets jaunes » bloquent plusieurs raffineries Total

    Comment la voiture s’est imposée dans la vie des Français

    Gilets jaunes : Pour le directeur d’Auchan Grande-Synthe, le mois de novembre est « fichu »

    Sondage : de plus en plus de Français soutiennent le mouvement des « gilets jaunes »

    L’action des gilets jaunes s’étend à la Flandre et à Bruxelles

    « Adieu, Monsieur le maire »

    Plainte de la CGT-Douanes contre des « gilets jaunes » ayant permis l’interpellation de migrants

    Une lettre de Jean-Claude Michéa à propos du mouvement des Gilets jaunes

    « Je suis totalement désemparée » : les députés LREM déboussolés face au mouvement des « gilets jaunes »

    (...)

    Bonus

    *

    Présentation/Archives/Abonnement


  • L’Appel des gilets jaunes de Saint-Nazaire
    https://lemediapresse.fr/actualites/lappel-des-gilets-jaunes-de-saint-nazaire

    Les gilets jaunes de Saint-Nazaire ont donné hier soir une conférence de presse pour lancer un appel que Le Média a décidé de relayer. Voici quelques extraits de cet appel : « A tous et à toutes, le mouvement des gilets jaunes exprime le raz le bol d’un peuple qui n’en peu plus d’être taxé, humilié, […]


  • Macron et Pétain : la curieuse rhétorique
    https://www.fnlp.fr/news/596/17/Macron-et-Petain-la-curieuse-rhetorique/d,lp_detail.html

    Quand le général Pershing débarqua à Saint-Nazaire en 1917 à la tête du corps expéditionnaire US, la légende dit qu’il cria « La Fayette, nous voilà ! » Avec #Emmanuel_Macron pour le 100e anniversaire du 11 novembre 1918, c’est plutôt :  « La boulette, nous voici ! ». Mais y aurait-il une simple erreur de communication dans son hommage rendu à #pétain. Qui suit qui ?

    Si l’on en croit le Point : « Alors qu’Emmanuel Macron avait soutenu cette idée de rendre hommage au maréchal Pétain ce samedi aux Invalides, en début de soirée, l’Élysée a assuré le contraire. Le chef de l’État avait notamment jugé « légitime » de rendre hommage au maréchal Pétain samedi aux Invalides, soulignant que le dirigeant du régime de Vichy avait été « pendant la Première Guerre mondiale un grand soldat », même s’il a « conduit des choix funestes pendant la Seconde. » Et à propos de celui qui fut condamné en 1945 à l’indignité nationale et à la mort pour « collaboration avec l’Allemagne nazie » il rajouta : « Il a été un grand soldat, c’est une réalité. »

    Rappelons aussi que parler sans cesse du « maréchal » Pétain est un faux juridique, il a été condamné à l’indignité nationale en 1945 et déchu du titre de maréchal et. Il ne peut donc plus être question de lui décerner ce titre aujourd’hui. Il n’y a pas plus de « maréchal Pétain » que de beurre en branche. Mais tout cela est-il aussi innocent qu’il y paraît ?

    La version officielle macronesque est donc (au mépris de la vérité) : « Pétain a été un grand chef de guerre en 1914-1918, il s’est mal comporté ensuite. Il faut distinguer 1914-1918 de 1939-1945 ». Voici ce qu’en dit sa biographe réputée : « L’historienne Bénédicte Vergez-Chaignon, auteure d’une biographie de Pétain (éditions Perrin, 2014), écorne cependant le mythe du héros et du « plus humain des chefs ». Si Pétain économise la vie des soldats, explique-t-elle en substance, ce n’est ni par humanisme ni par compassion, mais parce qu’il dispose de ressources humaines limitées. Pour mater les mutineries de 1917, il améliorera le quotidien du poilu, mais continuera de faire fusiller « pour l’exemple ». (Source : Le Point)

    Appliquons le raisonnement macronesque à d’autres cas célèbres

    « Il faut distinguer le #Hitler du début du XXe siècle à l’horrible dirigeant #nazi qu’il fut ensuite. Il fut un aquarelliste honorable à Vienne et un excellent caporal en 1914-1918. La Guerre de 1939, les pogromes contre les Juifs, Auschwitz et les 6 millions de #Juifs assassinés sont à examiner à part. » Qui pourrait colporter une telle version ignoble ? Qui ne serait pas légitimement indigné d’une telle déclaration ?

    « Il faut distinguer le #Staline au XIXe siècle qui fut un pas-très-brillant #séminariste et le Staline après 1924 qui fut un assassin patenté, qui a plus de sang de #communistes sur les mains qu’’Hitler et qui a persécuté le clergé orthodoxe, comme il a persécuté tout le monde. » Qui pourrait croire à une telle fadaise ?

    C’est pourtant bien la curieuse rhétorique que nous sert Emmanuel Macron à propos du chef de l’Etat français condamné pour collaboration avec l’#Allemagne nazie. Qui n’y voit pas une réhabilitation larvée du Pétain de #Vichy avec tous les crimes qui vont avec ?

    Il y a quand même de curieux points de convergence entre Pétain et Macron

    Il y a le logo de #En_marche ! Le même que celui du régime de Vichy. Il y a ensuite aujourd’hui la volonté de disloquer la loi de 1905 de Séparation des #Églises et de l’#Etat, en reprenant les mêmes dispositions financières et réglementaires que la loi du 25 décembre 1942 de Pétain.

    Il y a ensuite toute la conception sociale et économique de la société : le corporatisme issu de la Doctrine sociale de l’Eglise catholique qui fut mis en œuvre par Pétain, à l’instar de Salazar, Franco, Mussolini, Hitler. Voici ce qu’en dit La Croix du 26 juin 2018 (que l’on ne peut suspecter d’#anticléricalisme primaire) : « Son action montre qu’il [Macron-NDLR] est certes sensible aux thèses libérales d’amélioration des performances de notre #économie, mais aussi attentif aux mécanismes de solidarité collective, dont il conviendrait d’améliorer l’efficacité. Au fond, cela rejoint le discours de la Doctrine sociale qui, de Léon XIII jusqu’à François, s’est toujours prononcé pour une solidarité institutionnellement organisée sans pour autant tomber dans l’écueil de l’assistanat contre quoi Jean-Paul II cherchait à nous prémunir  : « L’État a par ailleurs le devoir de surveiller et de conduire l’application des droits humains dans le secteur économique, (…) mais en intervenant directement et en privant la société de ses responsabilités, l’état de l’assistance provoque la déperdition des forces humaines, l’hypertrophie des appareils publics, animés par une logique bureaucratique plus que par la préoccupation d’être au service des usagers, avec une croissance énorme des dépenses » (Centesimus annus). »

    On peut remarquer que la stigmatisation "l’état assistance" tout comme la prétendue "hypertrophie des appareils publics" inspire directement la remise en cause des services publics, leurs #privatisations ou la réduction de leurs budgets de fonctionnement.

    Comment ne pas voir aussi que la destruction du #Code_du_Travail par les lois Travail de #Hollande et de Macron est directement inspirée des #encycliques sociales papales ? Tout cela commence à faire beaucoup. Il n’y a donc peut-être pas qu’une « boulette » ou un faux pas dans tout ce scénario grotesque d’hommage à Pétain par Emmanuel Macron.

    Si vous voulez en savoir plus, la #Libre_Pensée vous conseille de vous procurer le volume IV (Tome 6) des Actes du Colloque tenu à #Lyon sur Pétain. C’est un ouvrage complet et complété qui fait suite aux trois premiers volumes déjà publiés.

    • A propos du 11 novembre, savez-vous que… FNLP
      https://www.fnlp.fr/news/590/17/A-propos-du-11-novembre-savez-vous-que/d,lp_detail.html

      Il a été annoncé sur un air de sonnerie militaire que #Donald_Trump allait participer au défilé et à la parade pour le centième anniversaire du #11_novembre 1918. Cela n’a l’air de rien, mais c’est très significatif. Depuis 1918, il n’y a jamais eu de défilé militaire pour le 11 novembre, sauf le 11 novembre 1944, qui a mélangé les civils et les militaires. C’était la Libération. Mais autrement, JAMAIS il n’y a eu de parade militaire à cette occasion. Les anciens combattants, les soldats, les victimes de guerre, les « #gueules_cassées » ont interdit depuis 1918, la glorification de la guerre le 11 novembre. Le défilé de la « Victoire », c’était le 14 juillet 1919. Les 14 juillet, il y a depuis le défilé militaire pour « exalter » la force militaire de l’#impérialisme français.

      Les survivants de la boucherie impérialiste de 1914-1918 ont imposé que le 11 novembre prenne un caractère contre la guerre, pour la paix et l’entente entre les peuples. « Plus jamais cela ! ». Et on nous annonce qu’Emmanuel Macron et Donald Trump vont présider un défilé militaire à Paris le 11 novembre 2018 !

      Et aussi :
      Le symbole est clair : c’est la guerre qui dure, c’est la guerre qui vient. C’est la guerre comme seul horizon

      Quelle autre signification que le maintien de la guerre et de l’exploitation ?

      A la recherche d’une commémoration

      Le 11 novembre : Commémoration religieuse ou journée des Poilus ?

      Trois ans d’attente

      Qui a fait le 11 novembre ?

      Qu’ont-ils fait du 11 novembre ?


  • Saint-Nazaire : l’eau qu’on croyait si pure polluée aux pesticides Mediacites - 18 Octobre 2018
    https://www.mediacites.fr/nantes/enquete-nantes/2018/10/18/saint-nazaire-leau-quon-croyait-si-pure-polluee-aux-pesticides

    Dans l’aggomération de Saint-Nazaire, l’eau du robinet provient pour moitié de la nappe de Campbon. Cette nappe phréatique est réputée si pure que l’eau est à peine filtrée et que la marque Cristaline l’utilise pour remplir ses bouteilles. Mais des données nouvelles, que dévoile Mediacités, montrent qu’on y trouve pourtant de nombreuses traces de pesticides.


    Entre Nantes et Saint-Nazaire, sous les prés bucoliques se cache l’un des trésors naturels du territoire  : la nappe de Campbon, une réserve d’eau souterraine qui alimente en eau potable l’agglomération de Saint-Nazaire et au-delà. Une source à laquelle puise la marque Cristaline pour remplir une – petite – partie de ses millions de bouteilles vendues en France. 100 millions de mètres cubes d’une eau réputée pure. Jusque là, en tout cas.

    Car les données publiques, décortiquées par l’antenne vannetaise de l’association Eau et Rivières . . .

    La suite de l’article payante.
    #Saint-Nazaire #pesticides


  • Perquisitions, pantouflage et porte-conteneurs : on vous explique l’affaire Alexis Kohler - LCI
    https://www.lci.fr/justice/alexis-kohler-perquisitions-pantouflage-et-porte-conteneurs-on-vous-explique-l-a

    Alors qu’Alexis Kohler est un proche cousin des principaux actionnaires du numéro 2 mondial du transport maritime par porte-conteneurs, il a occupé des fonctions au sein du ministère de l’Economie, qui l’ont mené notamment à représenter l’État chez les chantiers navals STX de Saint-Nazaire. Or, l’armateur MSC est le principal client de STX. De quoi fonder des soupçons de conflit d’intérêt, selon Mediapart et Anticor. D’autant plus qu’Alexis Kohler a ensuite quitté ses fonctions au gouvernement en 2016, pour rejoindre pendant quelques mois le siège de MSC en tant que directeur financier.

    Je n’avais pas vu passer ça... Je cherche la réaction de Macron au porte-conteneurs St Ex (@simplicissimus ?).


  • La vacance de monsieur Hulot

    Nicolas Hulot : « Je prends la décision de quitter le gouvernement »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-28-aout-2018

    Nicolas Hulot a annoncé ce mardi sa décision de quitter le gouvernement, un an après son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire.

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15273-28.08.2018-ITEMA_21786479-8.mp3

    Nicolas Voisin a dit :

    Ce 28 aout 2018, pour la première fois, un ministre a fait le procès du libéralisme, avoué que les lobbys gouvernent, constaté que la société (nous) s’en accommode, dénoncé ce que nous savons tous : ce modèle est un suicide. Puis il démissionna.

    Il faut écouter intégralement cette interview, ne pas se contenter d’extraits et encore moins des commentaires.
    Et ce n’est pas un fan de Hulot qui vous le recommande, loin s’en faut...

    • J’ai hésité à l’écrire, mais ce matin en rentrant de l’école sur la route le long du fjord, j’ai arrêté la voiture (électique je précise...) pour écouter ; j’étais sur le cul.

      Je ne suis pas fan du monsieur, mais je dois avouer que j’étais impressionné d’entendre un ministre d’état - pour la première fois - faire une déclaration, répondre aux questions d’une manière aussi puissante que minimaliste. Pas un mot de trop, un vocabulaire choisi pour en même temps rester dans les clous et en même temps dénoncer d’une manière assez violente et assez claire l’imposture macroniste (et rien que pour ça, chapeau). J’étais à des millions d’annés lumière de penser que la critique la plus radicale de la partition du pouvoir politique qui est en train de se jouer en France en ce moment allait venir de l’intérieur, du coeur même du pouvoir. Ça faisait aussi quelques années lumières que je n’avais pas entendu un responsable politique parler aussi vrai et aussi sincèrement. Pour un fois, je n’avais pas l’impression d’être ni dans la société du spectacle, ni dans la grossière langue de bois (hier, il y avait un lobbyiste à Élysée...). À côté de cette intervention, celle de Benjamin Griveaux qui réagissait sur une autre chaine était totalement minable, absolument effarente. Quelle langue les macroniens ont-ils inventé... Elles et ils parlent toutes et tous de la même façon, mais plus le temps va, plus on se rend compte que leurs narrations et leurs discours sont - outre d’une crapuleuse imposture - d’un vide sidéral.

    • Il y a quelques jours, un Indonésien m’aborde : Française, ha, #Nicolas_Hulot. Et il me fait l’éloge du bonhomme : télévision, politique. Surprise, d’habitude c’est plutôt de footeux qu’on me parle. Je fais « Ouais, ouais » et je pense au héros des pailles qu’on va interdire pour sauver la planète. Contente d’apprendre que le gars ne s’était pas perdu. Peut-être que son fan javanais avait vent de sa prochaine démission ?

    • Sur le #glyphosate et les #pesticides, il fait un bilan généreux de son action...
      « On me dit, sois patient. Mais ça fait trente ans qu’on est patient. »
      Cet été, « sur le changement climatique, on a perdu la main. »
      Je le trouve un peu limité sur l’articulation justice économique-écologie. Parce que ce que d’autres écolos comme Jean Gadrey ne cessent de répéter, c’est que les recettes habituelles ne servent à rien pour lutter contre le chômage de masse et les inégalités (il se murmure même qu’elles en sont responsables) et que l’écologie (de la transition éco à l’écosocialisme), c’est LA seule idéologie du moment qui propose une réponse à nos problèmes sociaux et économiques. Devant des interlocuteurs qui lui disent que ses priorités, elles ne sont pas prioritaires dans le contexte économique, je trouve ses réponses faiblardes, plus que faiblardes. Il répond que si, l’écologie est une priorité en soi et il déconnecte de l’éco. Des réponses qui ne portent pas beaucoup atteinte au projet néo-libéral macroniste. Ce qui est cohérent avec la position qu’il se donne, de mettre de l’écologie dans l’importe quelle idéologie (ici néo-libérale) à condition qu’elle soit de bonne volonté. Bof.

    • « Édouard et Manu, z’ont été sympa avec moi, je les aime. Mais bizarrement, chaque fois qu’on causait d’un truc concret, ils se barraient. Je comprends, hein, mais je suis un peu déçu. Alors je pars mais sans hostilité, je les aime encore beaucoup. »

      Ben je trouve ça dégueulasse. J’ai bossé pour des élu·es EELV qui ont réussi à faire, à force de ténacité, une part de ce qu’il n’a pas pu faire. Par exemple, il y en a un qui a mis sur pied un plan de financement de la rénovation thermique des logements avec remboursement sur les éco d’énergie pour permettre aux ménages de proprios pauvres d’en profiter. Le plan a été saboté une fois son mandat fini. Ignorer ce boulot et rester dans le camp macroniste en se flagellant de n’avoir pas su convaincre Manu, non mais ! On a besoin d’analyses plus fines que ça, plus fines que ce message auto-centré, qui manque d’analyse politique sur ce qu’est le néo-libéralisme aujourd’hui en France et ailleurs - même si, @reka a raison de le dire, son constat envi est juste.

    • @aude_v Je suis d’accord avec ce que tu dis sur l’absence de réflexion éco-sociale de Hulot, mais on ne peut pas dire que ça soit nouveau. Hulot, c’est pas Gorz... Ça a même toujours été ce qui l’empêchaît d’être crédible (pour moi en tout cas) : le côté « la nature les ptits zoiseaux » sans aucune pensée sociale sur la question. En plus, finalement, il a toujours revendiqué cette position.

    • Il y a des bouts de l’interview, ils sont tout de même épatants. Les pistes qu’il trace sont autrement plus ambitieuses que ce qu’on nous a relayé (les pailles « bientôt » interdites). Mais sans convenir qu’il a collaboré avec des malfaisants, il exonère ceux qui n’affaiblissent le politique que quand ça les arrange, et il fait comme s’il n’y avait personne derrière l’écologie (ce en quoi il n’a qu’à moitié tort).

      Démission surprise de Nicolas Hulot  : le verbatim de son interview
      https://www.ouest-france.fr/politique/nicolas-hulot/demission-surprise-de-nicolas-hulot-le-verbatim-de-son-interview-593947

      Nicolas Hulot  : Oui. Non, mais attendez… Je le redis ici  : j’ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron. Et pour Edouard Philippe. Et ce n’est pas, croyez-moi, pour atténuer l’effet de la décision de ce matin. Mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture. On n’a pas compris que c’est le modèle dominant qui est la cause. Est-ce qu’on le remet en cause  ?

      Léa Salamé  : Vous voulez dire le libéralisme  ?

      Nicolas Hulot  : Oui, oui. Mais je l’avais dit dès le départ, je me suis moi-même largement prononcé sur des traités comme le CETA et on va en avoir une floppée d’autres […] Mais attendez, moi, je ne critique personne. J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Est-ce que nous nous sommes mis en situation de passer un contrat d’avenir avec l’Afrique  ? La réponse est non. Où est passée la taxe sur les transactions financières  ? […] Le nucléaire, cette folie inutile. Economiquement, techniquement dans lequel on s’entête. C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre, j’en prends ma part de responsabilité. Et je pense que ce que les gens attendent d’un ministre, c’est que s’il n’est pas à la hauteur, s’il n’arrive pas à ses fins. Et bien, il doit en tirer des leçons. Je les tire ce matin […]

      Pour ce qui est de la responsabilité française, j’invite parfois les observateurs qui critiquent, notamment les écologistes patentés, à comparer aussi avec les autres pays. La France est plutôt leader dans ce domaine là. Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas une raison pour nous en accommoder. Nous n’y arriverons que si le gouvernement dans son ensemble a la même impulsion, la même ambition, la même feuille de route, la même vision. Moi, je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert. C’est pas l’idée que je m’étais fait. Je suis rentré dans un esprit de coopération, pas de confrontation. Je ne dis pas que rien n’a été fait […] sur le glyphosate, contrairement à ce que dit Yannick Jadot, la France a été en pointe et elle a montré le chemin.

      Léa Salamé  : Rappelez-nous quels sont les acquis, les petits pas que vous avez réussi à faire ?

      Nicolas Hulot  : On a changé de tropisme sur les pesticides, on est rentré dans une dynamique qui va nous permettre de se séparer d’un certain nombre de molécules. On a programmé la sortie des hydrocarbures. C’est quand même des choses qui sont essentielles et importantes. J’espérais qu’on allait mettre le climat et la biodiversité dans l’article 1 de la constitution. Mais même là nos sénateurs ou l’opposition sur un truc qui n’est pas quand même une révolution culturelle, simplement par posture politicienne, étaient prêts à s’y opposer. Tant que nous serons dans ces affrontements perpétuels, alors que l’humanité a emprunté un chemin tragique… Je crois qu’au moins on peut m’accorder des convictions. Mais un homme, une femme, quel qu’il soit, même s’il a des convictions, s’il est isolé dans un gouvernement, s’il est isolé dans la société… Si vous regardez tout l’été, les résistances anti-éoliennes. Alors ok, on ne veut pas d’éoliennes, on ne veut pas de centrales nucléaires, on ne veut pas de centrales thermiques… Comment on fait si on additionne tous les refus. Et puis ceux qui critiquent, à tort ou à raison, qu’est-ce qu’ils proposent  ? […]

      (...)

      Quand on se réjouit - ça va vous paraître anecdotique - de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs. Superbe performance technologique. Est-ce bon pour la planète ? La réponse est non. C’est sur toutes ces incohérences, ces contradictions. Et puis, dans cette équation impossible […] est-ce qu’on essaie un peu d’être disruptif, d’investir dans la transition écologique. Les investissements qui permettent de réduire nos dépenses énergétiques qui ne sont pas des dépenses mais des investissements. Est-ce qu’on s’est autorisé à essayer de sortir un peu de l’orthodoxie économique et financière  ? Est-ce que la finance de spéculation qui spécule sur les biens communs on l’a véritablement remise en cause  ?

      On va me dire mais en un an, on ne peut pas tout faire. Certainement, sauf qu’il y a une telle urgence. On me dit mais prends ton temps. Sois patient. Mais ça fait 30 ans qu’on est patient. Ça fait 30 ans qu’on laisse les phénomènes se dérouler et qu’ils sont en train de nous échapper. On me dit  : fixe-toi deux-trois priorités. Mais tout est prioritaire  ! Les sujets de santé-environnement qui viennent nous exploser à la figure dont on va se rendre compte qu’ils ont des conséquences…

      Léa Salamé  : L’économie est aussi prioritaire. Quand on est ministre, on sait qu’il y a des arbitrages à faire. D’un côté, il y a une urgence économique et de l’autre, une urgence écologique et que parfois, elle est contradictoire.

      Nicolas Hulot  : On peut essayer de choisir dans l’économie ce qui participe à la solution. Y aussi des grandes opportunités dans la transition écologique, énergétique. Vous avez même la possibilité de passer dans un modèle agricole qui soit intensif en emplois et non en pesticides […] C’est cette vision d’ensemble.

    • En fait, je crois que j’ai voulu interprèter entre les lignes. Je suis assez d’accord avec vous, le personnage est loin d’être parfait, je formule les même critiques que Aude et les autres (autocentrisme, inneficacité des actions), et il fait partie de la société du spectacle, de l’écologie spectacle, mais dans sa narration d’hier, il y a pris une position assez claire. Il ne pouvait pas faire autrement que de rester poli avec Macron et sa clique de crapules (j’admire Macron et Philippe, je ne veux pas gêner l’action du gouvernement, etc...) mais il faut comprendre les sens réle de ces déclarations, lire ce qu’il y a derrière les mots : ici, rien, ces « statements » n’ont aucun poids face au reste de son discours, et c’est ça que jai trouvé exceptionnel. Même s’il feint de tresser des lauriers au pouvoir macroniste, l’essentiel de ce qu’il dit est puissamment un dénonciation et une expression assez concrète du système Macron : en direct et venant d’un ministre d’état lui même, je crois n’avoir jamais vu ça. Pour le reste, ça ne dédouane pas Hulot de la manière dont il agit (spectacle), ce n’est pas mieux ni moins bien qu’Arthus Bertrand ou similaires (enfin si, un peu mieux parce qu’Arthus Bertrand, ça pu vraiment la merde).

      Je n’ai aucun doute sur la capacité des macronistes à récuperer et absorber l’événement de la manière la plus subtile, ils sont champions du monde dans ce domaine. C4est en effet triste, mais la seule chose dont je me réjouisse, c’est que cet événement va rester dans la mémoire et contribue à fragmenter encore plus à faire craqueler et discréditer le système Macron.

    • L’électrochoc est de taille, notamment pour Emmanuel Macron qui perd sa pastille verte. Poliment mais de facto, avec un réquisitoire implacable, Nicolas Hulot a renvoyé le Président comme le gouvernement dans le vieux monde, celui qui ne sait pas embrasser le temps long et qui se moule dans les exigences dogmatiques des traités européens, celui qui pense croissance à tout prix et impose des cures de régime toujours plus sévères pour les comptes publics. Dans cet univers, l’écologie ne se paie que de mots, de bonnes intentions communicationnelles qui sombrent dans les méandres de la règle d’or et de la rapacité du capital.

      Grosse perte pour Macron

      À sa façon, Nicolas Hulot a sanctionné le gouvernement pour son incapacité à sortir d’un imaginaire pré-réchauffement climatique et des mécanismes de la décision publique dictés par l’urgence et sous contrainte des lobbys. Glyphosate, pesticides, nucléaire… Les reculs se suivent et se ressemblent. Hulot a pointé du doigt l’austérité et le libéralisme économique comme des freins majeurs pour mener une politique écologiste.

      « On se fixe des objectifs mais on n’en n’a pas les moyens parce qu’avec les contraintes budgétaires, on sait très bien à l’avance que les objectifs qu’on se fixe on ne pourra pas les réaliser », a-t-il simplement expliqué, dévoilant même que des plans sont présentés comme nouveaux alors qu’ils ne sont que réorganisation de budgets existants – par exemple, la rénovation énergétique du logement. Les traités de libre-échange, comme le Ceta, contredisent également la marche écologique, a-t-il également affirmé. En effet.

      Ce lien entre cause environnementale et normes néolibérales, Nicolas Hulot l’avait pourtant démontré dans son film Le syndrome du Titanic en 2009. On pourra s’étonner qu’il n’en ait pas tiré davantage de conséquences en acceptant d’entrer dans un gouvernement qui n’a jamais caché sa foi dans la loi du marché. Hulot a tenu à mener cette expérience et la conclusion sonne comme un désaveu pour une orientation politique clairement incompatible avec le combat vital contre les émissions de gaz à effet de serre, la destruction de la biodiversité, la folie consumériste. Hulot espérait sans doute constituer un rempart écologiste en macronie mais il s’est trouvé esseulé face à un mur. Comme s’il avait découvert à ses dépens que le gouvernement épousait la normalité d’un modèle plus soucieux des intérêts du capital que de la planète. « Le modèle dominant » est en cause et il n’est pas remis en cause, a-t-il amèrement regretté. À raison.

      Impossible politique écologiste

      La vision sans profondeur temporelle de ce gouvernement comme des précédents, comme de l’Union européenne, est clairement dénoncée par Nicolas Hulot. L’ancien présentateur d’Ushaïa et fondateur de la FNH a, dans cette interview, écorché la façon dont la politique se fabrique. Le défi écologique ne semble pas pouvoir entrer dans les clous de notre régime, les piles de dossiers traités toujours dans l’urgence répondent au temps court, à d’autres exigences. Les cercles du pouvoir politique sont trop interconnectés avec des groupes aux intérêts financiers contraires aux nécessités environnementales.

      Nicolas Hulot a également formulé cet aveu qui interroge la présence des personnalités de la société civile dans le monde politique institutionnel : « Peut-être n’ai-je pas les codes ». Peut-être faut-il surtout changer les codes. Mais nous n’y sommes pas. Et la situation « tragique » dans laquelle nous nous trouvons sur le plan environnemental avance à pas pressés. Nicolas Hulot a eu le mérite de la poser sur la grande table publique, sans détour, avec tout le poids de sa popularité dans notre pays et de sa sincérité ce matin. Les raisons de l’échec sont structurelles nous dit Hulot. Alors il faut modifier du sol au plafond notre système démocratique, social, économique. En un mot, faire grandir et gagner la force politique qui porte ces ruptures.
      Clémentine Autain

      http://www.regards.fr/politique/article/demission-de-hulot-macron-perd-sa-pastille-verte#comments

    • La nouvelle a atteint l’Indonésie, moi qui pensais parler de ça à mes potes écolo, pas eu besoin, il et elle avaient déjà vu passer la nouvelle. On en a un peu discuté et je voudrais affiner mon propos.

      C’est vrai que son truc sur le porte-conteneurs et autres, c’est assez classe. Mais ce qui m’embête, c’est qu’il présente une écologie contradictoire avec ce dont plein de gens ont besoin maintenant : des empois et des rémunérations qui ne sont pas tirées vers le bas. Je suis une piètre économiste mais il y a un tas de gens comme Gadrey, Dominique Méda, Éloi Laurent qui montrent que les investissements qui sont fait actuellement alimentent la crise climatique et que d’autres sont possibles pour une économie plus intensive en emplois et plus écologique et soutenable écologiquement et socialement. Quand on lui dit, comme l’intervieweuse : « Oui mais l’écologie, ça commence à bien faire, il y a des pauvres partout », il ne sait pas quoi répondre alors qu’il y a des pauvres partout et ça va continuer parce que ces propositions-là ne sont pas la prédation habituelle de budgets publics vers de grosses compagnies qui promettent de ruisseler (impôts-recherche et cie), parce que ces propositions-là sont ignorées - y compris par Hulot dans cette interview.

      C’est grave, parce que c’est comme proposer le nucléaire ou la bougie, présenter un faux choix. Un choix que, plus grave, peu de gens vont pouvoir arbitrer comme lui. Il nous inquiète à juste titre ou bien il nous fait plaisir en ne sortant pas le cocorico chaque fois qu’on chie un gros truc (ici un porte-conteneurs) mais il clive à mort alors que l’enjeu, c’est de réconcilier les classes populaires avec l’écologie parce que l’enjeu, c’est que nous adoptions des politiques écologiques et démocratiques, pas que les mêmes qui ont orienté les budgets publics vers la poche des acteurs éco les plus aisés finissent par organiser l’"administration du désastre".

      Intellectuellement, politiquement, je ne suis pas épatée par l’écologie réformiste sociale mais c’est quand même mieux que ce faux dilemme. Hulot ne sait pas quoi répondre quand l’intervieweuse l’emmène sur ce stéréotype éculé de l’écologie contre les pauvres et contre l’économie (et contre la croissance, ce qui est un enjeu culturel très risqué et qui a peut-être été perdu depuis 2002, quand l’écologie réformiste radicale s’en est emparée). Enfin si, qu’il a choisi sa priorité et il le dit de manière convaincante mais ça ressemble à du conservationnisme, ce loisir de mec blanc bourge qui a longtemps passé pour la seule écologie possible. C’est pas la seule, loin de là.

      Voilà pourquoi, même si la justesse du constat et les sorties m’ont un peu plu au début, je trouve qu’il alimente une idée dangereuse. Le mec était ministre d’État parce que l’écologie est un enjeu transversal, je ne lui demande pas de bien théoriser sur ce sujet mais de respecter le boulot de plein d’élu·es écolo de terrain qui (avec cette idée que l’écologie c’est le logement, les transports, c’est un peu tout) ont fait plein d’expériences de transition écologique dans lesquelles les budgets publics servaient à autre chose qu’à faire exploser les poches des gros capitalistes (désolée pour le cliché mais je ne sais plus comment appeler les classes qui se goinfrent grâce aux « erreurs » néo-libérales) et créaient plus d’emplois que Deliveroo et Uber réunis.

      Ce mec est un ennemi et je crois que ça se voit enfin. À condition de prendre un peu le temps d’y réfléchir, parce qu’a priori c’est très séduisant, ce franc parler calme mais résolu, gentil mais un peu critique. Un peu, pas trop !

    • J’ai écouté, dans le lien fourni au début, l’intégralité de l’entretien ; c’est un #grand_moment_de_radio

      À l’écoute, j’ai l’impression qu’en fait, il prend sa décision en parlant. Au tout début, à plusieurs reprises, on se dit «  il fait partie du gouvernement  ». Puis arrive le moment de «  l’examen de conscience  », où il passe en revue les «  choix  » qu’il a eus à faire — la série de questions auxquelles la réponse est invariablement " non " (décidément, le glyphosate, ça passe pas, le nucléaire on touche à rien et on laisse tourner les centrales, etc.), et, là, il se rend compte qu’il est en train de brûler ses vaisseaux. C’est le sommet de son émotion et c’est qu’il prend sa décision. Comme indiqué ultérieurement par L. Salamé, il n’était pas dans cet esprit avant l’interview. C’est en s’entendant qu’il se convainc. D’où la force du moment.

      Après, on passe plutôt dans un exercice de damage control, où il ressort les arguments rationnels qu’il a dû ressasser un bon nombre de fois depuis plus d’un an et où, surtout, il essaye de pas trop fâcher ses «  nouveaux amis  » du gentil gouvernement. Dont il est d’ailleurs plutôt facile de finalement ne leur reprocher que le #on_s'occupera_de_gérer_le_long_terme_quand_on_aura_fini_de_gérer_le_court_terme … prenant sur lui de n’avoir pas su impulser le changement nécessaire.

      Et c’est là que je me rappelle son métier d’origine : animateur télé qui descendait de son survol en ULM pour débarquer sur un plateau préparé par son équipe, mettre les pieds devant le feu de camp et titiller les émotions, la sienne, celle des participants et celle des spectateurs devant tant de grandiose beauté de la nature… Il sait toujours faire ça vraiment très bien et il nous (en tous cas, moi) embarque avec lui et lui-même avec.

      Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’opinion d’@aude_v

      Pour finir, en écrivant ça, ça me fait penser à Sabine Paturel. Mais je ne voudrais pas troller…
      https://www.youtube.com/watch?v=gD7trwyPGKA

    • Nicolas Hulot ou l’histoire du « lobbyiste lobbyé » – Politique | L’Opinion
      https://www.lopinion.fr/edition/politique/nicolas-hulot-l-histoire-lobbyiste-lobbye-160311

      Hulot ou la double méprise : il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant à chaque arbitrage défavorable. Et pas à sa place dans ce gouvernement, lui qui confesse désormais ouvertement qu’il voulait « changer de modèle économique ». Jusqu’à preuve du contraire, ça n’a jamais été la ligne du chef de l’Etat.

      Un point de vue de l’autre bord…

    • « Il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant ... »

      «  L’équipe Macron commence le dénigrement ( bashing) de Nicolas Hulot. Des barbares . [Nicolas Beytout, à sa façon en est un également ! ] Et ça va s’amplifier. La suite sera glauque. Les Benalla de la communication présidentielle sont au travail .... »

    • Je ferais bien un recueil de citations de #Gorz_André en vis-à-vis du Verbatim. Il en sortirait à coup sûr ceci : un penseur de l’écologie politique qui sur le fond mouche un phénomène médiatique, qui sur ce plan réussit sa démission. Mais pour le reste... Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe. Et soucieux de garder de bonnes relations avec ceux qui représentent cette societe qu’il semble critiquer tout en admirant ses chantres. La vision de l’un et l’incohérence de l’autre...
      Par contre, ne négligeons pas de tenter de ramasser les quelques fruits de cette démission médiatique !

    • Il dénonce grave en s’excusant et en appelant au sursaut citoyen que son gouvernement écrase la où il existe .

      Tout à fait.

      J’ai l’habitude, mais ça me chagrine à chaque fois quand je lis que « personne ne propose de vraies solutions ». Le programme « L’avenir en commun » propose un nombre de choses allant dans le sens que vous décrivez, tous, là. Et plusieurs fois ces jours-ci, j’entends dire « aucun politique ne tient ce langage ». Quand il faudrait plutôt dire « aucun média de masse ne s’intéresse à ces problématiques et n’interroge les politiques sur ces problématiques en y passant le temps nécessaire ».

      Le Hulot, on ne nous en a parlé que pour les pailles en plastique... mais à côté de cela, il réfléchissait visiblement sur l’agriculture intensive en main d’œuvre (par exemple) et sur quelques autres sujets... Exactement comme « le politique peut tout s’il le veut bien », « le comité de rédaction peut parler de tout s’il le veut bien » lui aussi... ce qui permettrait d’avoir une vision plus complète de la réalité.

    • Je ne connais pas très bien Hulot mais certainement qu’il connaissait bien ses sujets, agriculture bio et cie. La seule phrase où il mentionne ça est nickel. Tout ça a été balisé par un nombre incroyable de gens, moi j’ai vu ceux et celles des Verts et leurs partenaires asso, il y en a d’autres dans des partis de gauche, plein de fonctionnaires aussi qui ont plein d’idées et en mettent certaines en œuvre, avec leurs moyens. C’est un monde florissant (pas limité aux ego qui se battaient à feu EELV), pas toujours passionnant et des fois un peu technocrate, écrasé par les politiques, du PS à LR et aujourd’hui l’extrême centre. Et de cela, il n’est pas question.

      Enfin si, il dit qu’il n’y a personne derrière lui : il est « tout seul dans ce gouvernement », il n’a pas de parti pour peser, pas de société civile « structurée qui descend dans la rue pour sauver la biodiversité ». Le sabotage de l’écologie depuis son utilisation en 2007, il la met sur le compte des « gens » au mépris d’analyses systémiques sur le bouclage du pouvoir par le gouvernement représentatif, a fortiori majoritaire, pas d’analyse sur la captivité de « l’ensemble de la société » qui s’en branlerait, de l’écologie, alors que nous sommes nombreux et nombreuses à voir une société noyautée par les intérêts capitalistiques.

      Oui, il dit bien qu’il reste dans le gouvernement quelques minutes avant de dire qu’il part et sa phrase sur « la décision la plus difficile de sa vie » est bancale. Mais il dit avoir pris sa décision hier soir. Bizarre.

    • Hulot a le sens du spectacle en tous cas : alors que sa démission relevait de l’arlésienne, puisqu’il la brandissait comme une menace depuis le début, il est parvenu à en faire un moment médiatique important, presqu’une surprise. Du côté du pouvoir, je doute que la remise en question soit très profonde, l’épisode doit être considéré comme une grossière erreur de #management : si on veut garder un·e cadre, il faut savoir jouer habilement de ses espoirs et susceptibilités, et éviter, surtout, la couleuvre qui fera déborder le vase.

    • Dix ONG interpellent Macron : la démission de Hulot est « une invitation à changer de cap »

      Dans une tribune publiée jeudi, ces ONG rappellent à Emmanuel Macron que l’action en faveur de l’environnement « n’est plus une option mais une urgence ».

      Une démission, « symptôme d’une immense incompréhension ». La démission de Nicolas Hulot « est une invitation à changer de cap tout en osant rompre avec la facilité des Trente glorieuses et ’cinquante’ gaspilleuses » et « invite à un sursaut », écrivent ces ONG. Emmanuel Macron « aurait tort de mésestimer le symbole que représente cette démission surprise » qui est « le symptôme d’une immense incompréhension », conseillent-elles en observant que « la transition écologique n’est ni une promenade de santé ni un supplément d’âme pour politiciens sans imagination ».

      « L’action n’est plus une option ». « Face aux conservatismes qui s’expriment à tous les niveaux de l’Etat, la démission de Nicolas Hulot appelle un sursaut » et « nul doute (...) qu’Emmanuel Macron devra faire sien l’aphorisme de Pierre Mendès-France ’gouverner c’est choisir’ », insistent les signataires. « Face aux menaces climatiques, militaires et l’effondrement des écosystèmes, l’action n’est plus une option mais une nécessité, une urgence, une éthique », pressent ces ONG

      Le « en même temps » ne fonctionne pas, selon ces ONG. Selon elles, « la volonté d’Emmanuel Macron de ménager la chèvre écologique et le chou productiviste n’a pas contribué à créer la condition d’une politique écologique lisible et cohérente ». « En matière écologique, nous ne pouvons plus soutenir l’agriculture biologique et ’en même temps’ le glyphosate, la sobriété énergétique et ’en même temps’ le nucléaire, une redynamisation des centre-villes et ’en même temps’ (le mégacomplexe) Europacity et l’artificialisation des terres agricoles, la nécessaire préservation de la biodiversité et ’en même temps’ la baisse du prix du permis de chasse, la mise en oeuvre de la COP21 et ’en même temps’ la multiplication des projets autoroutiers, les fermes-usines et ’en même temps’ une agriculture paysanne, le libéralisme et ’en même temps’ l’écologie », énumèrent-elles.

      Les ONG signataires de la tribune : la Fondation pour la nature et l’Homme, Agir pour l’environnement, France nature environnement, Générations futures, les Amis de la Terre, Réseau sortir du nucléaire, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, Association pour la protection des animaux sauvages, Virage énergies et Société nationale de protection de la nature.


  • Derrière les paquebots de luxe construits à Saint-Nazaire, une « génération intérim » très précaire
    https://www.bastamag.net/Derriere-les-paquebots-de-luxe-construits-a-Saint-Nazaire-une-generation

    « Il y a tellement de constructions en cours chez STX et les sous-traitants, je pourrais avoir du boulot pendant un an » : de nombreux travailleurs des chantiers navals de Saint-Nazaire, malgré des carnets de commande remplis pour les prochaines années, n’ont d’autre horizon que le travail temporaire. Une armée d’intérimaires se répartit au sein d’un réseau tentaculaire d’entreprises sous-traitantes, qui assurent une flexibilité maximale du travail, tout en diluant les responsabilités en cas d’accident. (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Bretagne, #Enquêtes, #Conditions_de_travail, #Transformer_le_travail, Ma vie au (...)

    #Ma_vie_au_travail