city:saint-paul

  • « Abus sexuel », antiféminisme, les recettes d’un ordre
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2019/03/08/abus-sexuel-antifeminisme-les-recettes-dun-ordre

    Actualité oblige… on a beaucoup lu ou entendu la terminologie « abus sexuel ». En tête d’affiche, le « sommet exceptionnel sur les abus sexuels sur mineurs », organisé au Vatican du 21 au 24 février 2019. Que signifie cette expression ? D’un point de vue linguistique, « abus » signifie mauvais usage. Associé à « sexuel » l’expression consacre l’idée qu’il y aurait un bon usage de la sexualité chez les enfants et un mauvais. L’Église catholique a donc décidé de s’attaquer à ce mauvais usage, occultant par voie de conséquence la question de la sexualité supposée des enfants. Ensuite, le mot « abus » reste flou, ne désigne pas précisément des faits qui sont criminels. Il les minimise et les nie. Pourtant il s’agit de pédophilie et non de pratique sexuelle, un crime aussi grave que les viols des religieuses, « révélés » dans la foulée. L’emploi de ce terme cache alors un abus de pouvoir : la relation des prêtres et autres ecclésiastiques (des hommes) avec les enfants et avec les nonnes (des femmes) est basée sur une relation de confiance ou d’autorité, qui pose la question du consentement1.

    Enfin, cette expression s’affiche au sein d’un ordre caractérisé par la hiérarchie, le sexisme endémique, la culture du silence, l’imperméabilité. Comme dans les autres ordres – médical, juridique, politique… –, l’impunité des violences sexuelles règne. Elles y sont non nommées, considérées normales, faisant partie de la fonction de ses membres. La parole de la victime (femme, enfant) y est systématiquement remise en cause alors que le criminel (homme) reste majoritairement impuni, protégé par des lois nationales ou propres2. Ces lois sont des retranscriptions ou le terreau de la vulgate populaire, qui nie par lâcheté, par peur, par ignorance ou par volonté (initier sexuellement), les violences exercées sur mineurs et qui entérinent l’appropriation sociale du corps des femmes3.

    La différence entre l’ordre de l’Église et les autres se manifeste notamment par la contradiction qui l’habite. Chez les catholiques, les membres font vœu de chasteté, bannissent l’avortement, s’opposent à la « théorie du genre », rejettent toute sexualité contre nature – c’est-à-dire qui n’a pas vocation à « l’enfantement » –, glorifient « la femme comme mère, porteuse d’enfants », alors que le contraire se vit en son sein. Aujourd’hui, la dialectique visant à « protéger les victimes » mise en exergue par le Vatican, obère la responsabilité des auteurs des crimes. En parallèle, elle perpétue une stratégie d’inversion des concepts féministes4.

    Le fond de l’entreprise reste effectivement familialiste : à travers tout ce bruit, il est question de promouvoir le mariage entre homme et femme, de protéger l’idée de famille. De plus, il s’agit de reconduire l’idéologie antiféministe portée de longue date par l’Église. Des déclarations récentes du pape François ont été évoquées : « Inviter une femme à parler, ce n’est pas entrer dans le mode d’un féminisme ecclésiastique, car au final, tout féminisme finit par être un machisme avec une jupe ». Par ces mots, le chef de l’Église catholique s’inscrit en digne héritier de Jean-Paul II qui faisait en 1995 la « promotion d’un féminisme chrétien ». Cette appropriation opportuniste du féminisme n’est pas nouvelle. Elle a pour but de le dissoudre. Nés au début du XXe siècle, les fondements du féminisme chrétien peuvent s’expliquer ainsi : « la collaboration de la femme aux questions d’intérêt commun se présente à elle sous un aspect sévère et son activité extérieure est motivée, non par des raisons puériles ou de mesquines rivalités de sexe et des théories déclamatoires sur l’égalité de l’homme et de la femme ; mais elle est justifiée par le fait que la fonction sociale de la femme différant par certains côtés de celle de l’homme, elle seule peut savoir dans quel sens elle doit la développer, la perfectionner et introduire dans sa propre vie ce progrès que la vie publique communique à la vie privée »5. Cette idéologie entend mettre en lumière le rôle de « la femme »6dans le processus de restauration de l’image de l’Église catholique, en tant qu’individu ayant des qualités propres. François de souligner : « elle est celle qui porte, la mère de la communauté ». Cette vision reprend presque mot pour mot les termes des textes (la bible) qui célèbrent la différence entre les sexes tout en excluant l’idée qu’il y ait inégalités.

    Or, il existe bien, dans la bible, une relation hiérarchisée entre les deux sexes. Dans le texte « 1 Timothée 2:1-15, verset 11 », Saint-Paul écrit : « Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission ». L’« homme » et « la femme » ne jouent pas les mêmes rôles « dans l’église et dans le couple », l’homme étant chargé de l’autorité, et la femme de l’enfantement et du soin de la famille. C’est ainsi par exemple que l’ordination des femmes est interdite. Dans le verset 12, il est écrit : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence ». L’apôtre limite ce que « la femme » peut faire dans l’église : se taire et obéir.

    L’actualité n’est pas révolutionnaire. Certes, elle met en lumière des faits jusqu’ici passés sous silence et impunis, mais elle permet également aux juges autoproclamés de ces faits (des hommes) de continuer à dispenser la parole paternaliste : ils se placent en protecteurs désintéressés de leurs membres (femmes, enfants), ayant autorité naturelle à les guider, car ces membres seraient en demande, en situation de mineurs civiques. De la même manière, les femmes se retrouvent placées au rang de victimes ou d’actrices immobiles, ayant besoin d’encadrement technique, d’assistance, de soutien, parce que plus employées à la maternité ou au devoir d’accompagnement de l’autorité. Leurs savoirs propres ne sont pas pris en compte. Les femmes n’ont pas droit à la parole et à ce titre restent des « subalternes »7.

    Tant de rigueur dans la minorisation des violences sexuelles perpétrées par des hommes, d’ignorance de la parole des enfants, d’acharnement à garder les femmes dans leur rôle social de mère, d’épouse ou d’auxiliaire de la hiérarchie religieuse, me fait mesurer, en cette Journée internationale des femmes, l’ampleur des luttes restant à mener pour renverser le patriarcat.

    Joelle Palmieri, 8 mars 2019

    #violences_sexuelles #langage #culture_du_viol #pedocrimilalité #pedoviol #consentement #catholicisme #viol #déni #antiféminisme #complémentarité #domination_masculine #domination_adulte

  • La Réunion, le dernier grand voyage de Willy Ronis - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/ronis-2205.html

    Deux photographes dans une voiture, le Réunionnais, Claude Thérésien, et le Maître, #WillyRonis. Saint-Paul, Tour des Roches, île de #LaRéunion, 1990. Armé de son #Leica et de son #Pentax, Willy Ronis fait stopper la voiture devant une petite ravine où jouent des enfants. Il réalise deux clichés de la scène. « J’ai fait clic. Dans un état second, dans une émotion intense. J’ai fait un deuxième clic, pour décompresser ». Depuis, cette photo a fait le tour du monde. Elle est actuellement exposée à Paris.

    #photographe #photographie theatreVollard #974

  • Joué-lès-Tours : Chants baltes & d’Europe du Nord avec l’ensemble « Lumen Laulu » & la « Chorale Contrechant »

    [Lettonie-Francija]
    https://www.lettonie-francija.fr/joue-les-tours-chants-baltes-d-europe-du-nord-avec-l?lang=fr

    le mercredi 13 juin 2018 de 20:00 à 21:30 à l’ Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul

    Joué-lès-Tours
    Chœur de jeunes « Impulss » d’Ogre en lettonie & Ensemble Vocal « Lumen Laulu » de Touraine
    Chants baltes et d’Europe du Nord à Joué-lès-Tours

    https://soundcloud.com/lumen-laulu-ensemble-vocal/rivers-of-light-extrait

    Ensemble vocal Lumen Laulu : 23 jeunes musiciens en formation, réunis autour de leur passion pour le chant et les musiques chorales traditionnelles et contemporaines scandinaves et baltes.

    Chorale Contrechant de Joué-Lès-Tours , dirigée depuis 2003 par Christophe Corp, aborde un répertoire varié à quatre voix mixtes. Sous la présidence de Catherine Deroche, elle compte une quarantaine de choristes amateurs mobilisés autour d’un projet musical fort et d’une amitié née de l’histoire de la chorale.

    #concert, #Joué-lès-Tours, #Tours, #Touraine, #Lumen Laulu, #Chorale_Contrechant

  • Des victimes de prêtres américains obtiennent un accord de 210 millions de dollars Belga - 1 Juin 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_des-victimes-de-pretres-americains-obtiennent-un-accord-de-210-millions-

    Un archidiocèse de l’Eglise catholique de l’Etat américain du Minnesota a conclu jeudi un accord à hauteur de 210 millions de dollars avec des centaines de victimes d’abus de membres du clergé, résolvant un conflit vieux de plusieurs années.

    L’archidiocèse de Saint-Paul et Minneapolis - qui a été placé en 2015 sous la protection de la loi sur les faillites - a indiqué que l’accord devrait répondre à toutes les plaintes, conclure le processus de #faillite et permettre la création d’un fonds financier spécial pour 450 victimes.

    « Les rescapés des abus peuvent s’attendre à des paiements dès que le tribunal approuvera le plan », a déclaré l’archevêque Bernard Hebda.

    « Je suis reconnaissant pour toutes les victimes rescapées qui se sont courageusement présentées », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. « Je reconnais que les abus vous ont tellement volé (...). L’Eglise vous a laissé tomber, je suis vraiment désolé. »

    Les victimes ont accueilli l’accord avec soulagement, mais ont souligné que leurs cicatrices émotionnelles restent intactes.

    Cet accord a été possible grâce à une loi du Minnesota adoptée en 2013, qui permet de poursuivre des agresseurs présumés dans des cas auparavant prescrits. L’accord met fin à l’un des plus longs processus de prise en charge des abus liés à l’Eglise catholique aux Etats-Unis.

    En 2012, des experts ont évoqué au Vatican le chiffre de 100.000 mineurs victimes d’abus de milliers de membres du clergé aux Etats-Unis, certains cas remontant à 1950.

     #religion #pédophilie #culture_du_viol #catholicisme #église #eglise #justice #vatican #viol #prêtres #viols #histoire #usa #faillite #enfants

  • Le mystère du galet Gamède enfin percé ! - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/exclusif-le-mystere-du-galet-1921.html

    Les 24, 25 et 27 février 2007, le #cyclone #Gamède secoue l’île de #LaRéunion. La mer déchaînée dévoile des #sépultures d’#esclaves sur la plage de sable noir de Saint-Paul tandis que sur le rivage de galets ronds du #Port, le terrible koudvan — coup de vent — livre une imposante pierre de taille gravée d’une date : « 1886 ». Mais d’où venait donc ce galet gravé ? Grâce à la photographe #ThérèseLePrat (1895-1966), « 7 Lames la Mer » a percé le #mystère du « galet Gamède ».

    #archéologie #patrimoine #phare #esclavage #port #photographie #cycloneGamède

  • Lever en catastrophe
    Le nez dans les papiers
    Zoé, mal réveillée

    Zoé au collège
    Moi dans mon open space
    On n’a encore pas séché

    Je vis ce matin
    Sur les lauriers de la veille
    Et après tout c’est vendredi

    Je me déleste à la poste
    D’un dossier qui m’empoisonne
    Depuis un mois. Merci le service public !

    Au café je relis
    Le passage à propos de la Grande Jatte
    Dans Frôlé par un V1, c’est mieux

    Un jour je devrais VRAIMENT
    Prendre le temps et l’espace
    Pour raconter ce récit de fausseté

    Non seulement
    Je n’aurais pas assez de toute une vie
    Pour autant de récits, mais je vais manquer d’éditeurs !

    Je retrouver J. au chinois
    La serveuse revêche et celle souriante
    Good waitress, bad waitress

    Seiches poivre et sel
    Et nouilles sautées aux légumes
    Café plus tard

    Ambiance ultra relâchée
    En open space
    On pourrait y élever des chèvres !

    Dans le métropolitain
    Je lis quelques pages
    D’Histoire de la littérature récente

    Je pouffe
    Dans le métropolitain
    Regards de mes semblables

    Je descends à Saint-Paul
    Profite d’avoir de l’avance
    Pour rejoindre Adrien à pied

    Il se passe de drôles de trucs
    Dans le bureau d’un jeune professeur
    Répétition animée de L’Etreinte

    Adrien !
    Il veut que je joue de la guitare
    A Beaubourg ! Mais allo quoi Adrien !

    Il me torture
    Je finis par accepter
    Trop vieux pour refuser

    Et sinon on a bien du mal
    À trouver une entrée en scène
    Qui nous ressemble

    On se quitte pas entièrement d’accord
    Sur cette question de l’entrée
    Échange de SMS, kapla or not kapla ?

    Je file à la réunion
    De parents d’élèves
    Débat atelier handicap

    Ca se mesure un peu
    À la couleur des cheveux
    Mais Carlos et moi, des anciens !

    Je suis subjugué par la force
    De certains jeunes parents
    Capables de surmonter intelligemment

    Je fuis habituellement
    Ce genre de discussions
    Là j’apprends plein de choses

    Surtout
    Je change d’avis
    De manière de voir les choses

    Il est autour de minuit
    Quand je rentre
    Répétition au casque

    #mon_oiseau_bleu

  • Et tout le monde s’en fout #1 - Les femmes - - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=EDDxAIhHt08

    Mon frère m’a fait passé cette video qui est sympa. Par contre il y a un truc qui m’intrigue et c’est plutot une question pour @simplicissimus
    à 1:23 il est question de l’accusation de « Gronderie » et l’incrimination judiciaire de Mégère.

    J’ai jamais entendu parlé de cette histoire de gronderie et je sais pas ce qu’impliquait le fait d’être « mégère » d’un point de vue pénal. Le videaste dit que ca existait jusqu’au XXeme siècle en France.

    Dans les commentaires une personne demande des sources car comme pour moi les moteurs de recherche ne donnent absolument aucun résultat. Le vidéaste lui dit que ca viens de ce livre : Pourquoi les hommes mentent et les femmes pleurent https://www.amazon.fr/Pourquoi-hommes-mentent-femmes-pleurent/dp/2876916959
    qui me semble assez suspect vu le sexisme du titre et la ref à pourquoi les hommes viennent de mars et ce genre de bouquins. Le résumé du livre sur Amazone me donne pas confiance sur la qualité de leurs sources :

    Pourquoi les hommes mentent ? Les femmes pleurent-elles autant qu’on le dit ? Qu’est-ce qui rend les femmes complètement hystériques à propos des hommes ? Pourquoi les hommes ne peuvent pas vivre sans la télécommande dans les mains ? Pourquoi font-ils tant d’histoires lorsqu’il s’agit d’aller faire les courses ? Pourquoi les femmes parlent-elles tellement de leurs problèmes ? Pourquoi exagèrent-elles et ne vont-elles pas directement à la conclusion ? Pourquoi veulent-elles connaître tous les détails d’une affaire ? Et pourquoi les hommes passent-ils tellement de temps avec leurs copains sans rien connaître de leur vie privée ? Qu’est-ce qui fait tourner la tête des hommes chez les femmes ? Et la tête des femmes à la vue d’un homme ? À ces importantes questions, Allan et Barbara Pease apportent des réponses très nouvelles basées sur une combinaison unique : l’expérience d’un mari et d’une épouse, une expertise fondée sur une observation professionnelle des relations humaines, et last but not least un incomparable humour.

    Comme gogol me donne aucune réponse à part la vidéo d’origine et que j’ai jamais entendu parlé de cette gronderie dans toute la littérature féministe que j’ai lu, et que ca m’étonnerai que j’ai oublié un truc aussi énorme, ainsi que les féministes françaises, ca me semble faux, mais bon j’ai un doute.

    Vu mon intérêt pour les #mégères et le #mégèrisme ca m’intéresse ces « gronderies » et « mégères » pénales. Si @simplicissimus tu trouve des trucs là dessus je suis preneuse, et bien sur si quelqu’une ou quelqu’un a des infos vous êtes bienvenu·e·s aussi.
    #gronderie #femmes #histoire #féminisme #historicisation

  • Attaques de requin à la Réunion : les pouvoirs publics mis en cause - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/06/29/attaques-de-requin-a-la-reunion-les-pouvoirs-publics-mis-en-cause_1580257

    Depuis qu’il n’est plus le patron des patrons, Yann de Prince, ancien président du Medef de La Réunion, plonge dans les eaux troubles de la polémique. Prenant fait et cause pour les surfeurs et baigneurs de l’île - depuis 2011, 21 attaques de requins ont causé neuf morts, la dernière en avril – le chef d’entreprise tire à boulets rouges sur les pouvoirs publics. Il a assuré hier que « les représentants de l’Etat ont sciemment exposé la vie des gens à un péril certain », en autorisant la pose de récifs artificiels en 2012. Et d’exhumer les annexes d’un arrêté préfectoral de juillet de cette année, qui posent effectivement question.

    On apprend dans ce document officiel que « l’effet concentrateur des récifs artificiels sur les petits poissons pélagiques peut éventuellement conduire, dans certaines conditions et à certaines périodes, à la concentration des prédateurs naturels de ces espèces, comme les requins côtiers : la sédentarisation de requins bouledogue augmentant potentiellement le risque pour les activités nautiques humaines doit être particulièrement étudiée ». Pourtant, l’annexe de l’arrêté indique que les dispositifs ont été posés « à proximité des zones de baignades et de surf parmi les plus populaires de La Réunion » : dans les baies de Saint-Paul et de Saint-Leu, et au large de la Possession, du Port et des Avirons, communes balnéaires de l’ouest de La Réunion. Yann de Prince en conclut que les émanations de l’Etat – Direction de la mer sud océan Indien, Institut de recherche pour le développement (IRD), Direction de l’environnement et Réserve marine – « ont pris part à cette situation odieuse et inqualifiable conduisant à ce que des personnes soient attaquées, mutilées voire tuées ».
    « Poisson qui retrouve l’océan »

    La vérité est toutefois plus complexe. C’est le comité régional des pêches maritimes (CRPM) de La Réunion, instance privée, qui a demandé la pose des récifs afin d’augmenter ses prises. Les pêcheurs seraient-ils les vrais responsables ? « Des récifs artificiels, il y en a partout dans le monde, rétorque Jean-René Enilorac, président du CRPM en 2012. Aux Antilles, aux Etats-Unis, au Japon… où il n’y a pas d’attaque. » Autre élément, plus tangible : dans le cadre du projet Charc, lancé en 2011 pour étudier le comportement des requins-bouledogues et tigres, plus de 80 squales ont été capturés et marqués, puis suivis via des stations d’écoute sous-marines. L’une d’entre elles était installée… sur un des récifs artificiels incriminés, aux Avirons. Résultat publié dans un rapport de l’IRD : le dispositif de concentration de poissons a été visité par des requins durant trente-sept heures… en deux ans et demi, contre 194 heures en moyenne sur chacune des 53 autres stations.

    • Les pêcheurs n’ont plus de poissons à cause de leur pratique de la sur pêche et de la pollution causé par les entreprises adhérentes au medef. On (les pouvoirs publiques) leur fait des récif artificiels, pour qu’ils puissent continuer à surpêcher (1/3 de la pêche mondial est illégale). Et comme les poissons reviennent, leurs prédateurs les accompagnent. Du coup on peut plus nager en paix au bord de nos yacht du medef. Et puis il faudrait dépenser de l’argent pour surveiller les plages publiques, équipé les requins de traceurs GPS et toutes ces choses qui coutent de l’argent publique sans rien rapporter dans les poches de Yann De Prince et ses potes de golf. Alors Yann De Prince met en cause les pouvoirs publics ! #lol

  • Inventaire de l’enfermement
    https://www.prison-insider.com/regards/artistiques/laure-tixier-map-with-a-view-fr
    Map with a view est une série d’aquarelles noires aux motifs abstraits dont on ne tarde pas à découvrir qu’il s’agit d’une collection de plans d’architecture de prisons.

    Cet inventaire des géométries de l’enfermement, des espaces de l’orthopédie sociale dont parlait Michel Foucault, est composé d’une trentaine de prisons d’origines géographiques et historiques diverses. Certaines ont disparu (la prison pour enfants de la Petite Roquette à Paris est devenue un square, celle de Millbank à Londres a fait place à la Tate Britain...), d’autres ont été réaffectées (en mémoriaux et prison- musée comme Robben Island en Afrique du Sud et Indian Cellular Jail en Indes, en musées comme le Panoptico à Bogota devenu le Musée National de Colombie, en universités comme celle de Saint-Paul et Saint-Jean à Lyon, en hôtels de luxe...), les autres sont toujours en fonction.

    Quelques années après avoir travaillé à partir des prisons imaginaires de Piranèse (Dolci Carceri), Laure Tixier revient sur l’architecture carcérale. Découvrant pour se repérer lors d’un déplacement dans le quatorzième arrondissement, une zone floutée correspondant à la prison de la Santé sur le plan Paris dans Google Earth, elle a voulu redonner « vue » et « corps » à ce trou noir au milieu de la ville.

    Commence alors une expédition sur Google Earth, de ville en ville, de pays en pays, en quête de prisons : floutées ou non (peu le sont finalement), leur géométrie est repérable qu’elles soient ruptures au sein des villes, clairières au milieu de la forêt, oasis en plein désert, ou îles.
    À partir de la recherche géographique se tisse le fil historique. La géométrie de l’enfermement a voyagé : ramenée de Russie par Jeremy Bentham, elle a germé à Londres, fleuri en Amérique avant d’être ramenée en France par Alexis de Tocqueville, l’Europe l’a implantée et multipliée dans ses colonies en Asie et en Afrique où elle était inconnue et aujourd’hui surpeuplée.


    Map with a view – 2014
    http://www.lauretixier.com/mapwithaview

  • A l’école de la Fraternité Saint-Pie-X : la Révolution, cette imposture satanique tempsreel.nouvelobs - Doan Bui - 1 er Juin 2017

    Ils se disent « tradis » mais leur idéologie frise parfois l’intégrisme. La Fraternité Saint-Pie-X, cette communauté de catholiques fondée par Mgr Lefebvre, a été exclue du Vatican en 1988. Dans cette enquête en plusieurs volets, « l’Obs » s’intéresse aux écoles de la « Tradition ». Glaçant.

    C’est un chantier qui avait été lancé par Najat Vallaud-Belkacem, lors de son passage au ministère de l’Education nationale : durcir les modalités d’inspection des écoles privées hors contrat, restées longtemps hors des radars de l’institution. Une drôle de galaxie, mêlant école catholiques tradis, écoles privées musulmanes, Montessori ou Steiner.

    A « l’Obs », nous nous étions intéressés au cas des écoles privées musulmanes, et avions notamment raconté le long feuilleton occasionné par la fermeture de l’école Al-Badr à Toulouse.
    . . . . . . .
    Comment reconnaître la race blanche ?
    La dizaine de rapports d’inspection que nous avons pu consulter permettent en tout cas d’aller faire un petit tour de France d’une pédagogie pour le moins... originale !

    Dans cette école en Bretagne, les polycopiés du cours expliquent que « le judaïsme est réprouvé depuis la mort de Notre seigneur » et fustigent « les sectes juives » qui régnaient au moment « de la venue de Notre Seigneur ». Il critique aussi le Coran qui « veut ruiner le dogme du christianisme » et explique que « la civilisation musulmane est stérile ». En Alsace, des lycéens commentent des textes de Brasillach et Maurras et l’école fait l’impasse sur la préhistoire et Darwin. Autre dada des écoles de la Fraternité : le maréchal Pétain. Dans cette école des Yvelines, on apprend en cours que « Pétain a sauvé la France », tandis que les « ingrats ont fui en Angleterre ». L’inspectrice note que, depuis son passage, la mention « ingrats » a été remplacé par « résistants ».

    Un proche de la FSSPX, qui connaît bien ses écoles et souhaite rester anonyme, raconte :
    « Il y a 20 ans, il y avait une école qui affichait encore le portrait du maréchal Pétain dans les classes. Ils ont dû les retirer, depuis. Mais l’idéologie est restée. »
    Ailleurs - un pensionnat près d’Angers - les gamins font l’apologie de la peine de mort dans leurs copies de français. Ânonnent en histoire que la Révolution est une « imposture d’essence satanique », idéologie néfaste qui est « l’essence même de la Déclaration de droits de l’homme » :

    « Deux religions s’affrontent : le catholicisme et la religion des droits de l’homme. Reste à s’expliquer comment celle-ci a pu arriver aux horreurs commises par la Révolution et au génocide vendéen. La révolution n’est pas seulement l’auteur du premier génocide des temps moderne, mais elle est aussi responsables de tous les génocides qui suivent. »

    En « éducation civique », on apprend à « reconnaître la race blanche ». Extrait d’une copie notée 18/20 : « Ce que je trouve bizarre c’est d’être mélangé à une population multinationale, d’avoir toutes les cultures, sauf la française, car elle disparaît. »
    
Autre perle, ce bout de cours, pris en notes, par un élève de seconde (avec fautes d’orthographe d’origine) sur le romantisme :
    « Plus que le romantisme, c’est la révolution elle-même qui est grotesque et risible, puisqu’elle engage l’âme humaine dans la voie de l’erreur et du mensonge. Les philosophes des lumières excercent sur leur sciècle un terrorisme intellectuel, au service de leur idéologie hatée (athée !!!), anti catholique et monarchistes [...] La littérature qu’ils promeuvent est aussi sèche et stérile qu’est sistématique leur pensée. »
    Fillettes voilées et manuels édités chez « Clovis »

    Les sites web des écoles, avec parfois des vidéos de présentation, ne sont pas moins éloquents. Ici, l’abbé directeur d’une école en Lorraine rappelle que « le rôle de la femme est d’être mère et épouse ». Là, on déplore « la perversion du monde moderne ». La FSSPX utilise pourtant abondamment internet, que ce soit dans des forums catholiques « tradis », ou sur son site pour promouvoir ses écoles. Exemple, cette vidéo de 2013 vantant une école de Versailles de la Fraternité. Impossible de ne pas remarquer les fillettes et leurs cheveux recouverts d’un foulard, pendant le catéchisme. La tenue des paroissiennes adultes. Normal.

    A la FSSPX, on suit à la lettre le précepte de Saint-Paul : « La femme doit avoir sur la tête un signe de soumission ». Pas l’homme, en revanche, car il est « l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme ». Quant à la tenue « immodeste », c’est évidemment un « péché mortel ». Moment croustillant, toujours dans la vidéo, quand l’abbé conspue l’école publique où l’on dispense, selon lui, des « cours sur la théorie du genre dès la maternelle » ou « sur Darwin et l’évolutionnisme », ce qu’il considère comme « une destruction de l’intelligence, un formatage idéologique pour une nouvelle religion, celle de Vincent Peillon ». 

    On n’est jamais mieux servi que par soi-même. La Fraternité a donc sa propre maison d’édition, nommée Clovis, qui édite ses manuels. Nous nous les sommes procurés. C’est édifiant. On y explique « pourquoi nous n’étudions pas la préhistoire », on conspue les « francs-maçons » et les « philosophes des Lumières dépravés » qui ont tenté de salir « le bon clergé ».

    Préface du manuel d’histoire enseigné dans les écoles de la FSSPX. (Editions Clovis/L’Obs)


    Dans le chapitre sur les Mérovingiens, la naissance de l’islam est évoquée ainsi : 
    « Alors que les Mérovingiens étaient en pleine décadence, au VIIe siècle, un événement très grave survint en Arabie : un conducteur de caravanes, Mahomet, disciple d’un rabbin, marié à une juive, inventa une nouvelle religion démarquée de la Bible. Non content de convertir ses compatriotes à la religion d’Allah, Mahomet prêcha la guerre sainte. [...] Fanatisés, les Arabes se ruèrent sur l’Afrique du Nord, où ils détruisirent toutes les traces de civilisation chrétienne [...] Les Arabes avaient envahi la France. »

    Soupir de soulagement, quand enfin survient 732 et Charles Martel ! « La France fut ainsi sauvée de l’esclavage auquel les musulmans soumettaient les chrétiens », peut-on lire... Et de regretter dans l’avant-propos :
    « Trop d’enfants ne savent plus qu’être Français, c’est hériter d’une civilisation chrétienne qui a fait de la Fille aînée de l’Eglise, un des plus beaux pays du monde. »

    Doan Bui
    Surtout, lire l’intégralité de l’article : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20170529.OBS0027/a-l-ecole-de-la-fraternite-saint-pie-x-la-revolution-cette-impo

    #intégrisme #religion #Fraternité_Saint-Pie-X #voile #Ecole #notation #pétain #génocides #race_blanche #Clovis #Romantisme #Ecole_Publique #Mérovingiens #Islam #Histoire #Charles_Martel #Darwin #Mérovingiens #Histoire

    @LaHorde @Pedro

  • « Je ne crois pas que le changement de société se fera sans violence »
    http://reporterre.net/Je-ne-crois-pas-que-le-changement-de-societe-se-fera-sans-violence

    Pour s’organiser, il faut de l’intellect et un peu de violence de temps en temps ! Les gens se joignent aux intermittents qui peuvent éventuellement se joindre aux taxis. On a vu, il y a trois jours, des taxis venir place de la République. Cette coordination des luttes est importante, parce que le but du pouvoir, le but du capitalisme, est justement de diviser les gens, de leur faire croire que leur ennemi est l’étranger, que le profiteur c’est le mec qui est au RSA. Aujourd’hui, la tendance est de chercher un bouc émissaire : un coup, c’est les migrants, un coup les roms, un coup les musulmans, les salauds de RSA, les intermittents, etc. Ce qui est bien dans ce mouvement, c’est qu’il met dans la tête des gens que notre ennemi commun, c’est le capitalisme, la finance.

  • Pôle emploi attend une vague de recrutement - SudOuest.fr
    http://www.sudouest.fr/2015/11/26/pole-emploi-attend-une-vague-de-recrutement-2198560-4945.php

    Les seniors, qui seront de plus en plus nombreux, contribueront à l’essor des secteurs des #services_à_la_personne, de la #santé, de la domotique ou encore du #tourisme
    #Pôle_emploi voit d’un bon œil l’arrivée de la vague de la #silver_économie. Annoncée en 2013 par Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, elle impacte déjà directement l’activité locale. « On parle de 600 000 emplois créés en France d’ici 2020, explique Kader Adda, directeur de l’agence Pôle emploi de Bayonne. On peut imaginer que des services spécifiques vont se développer au Pays basque, région qui attire beaucoup de seniors. » Ils représentaient près de 190 000 personnes dans les Pyrénées Atlantiques en 2013.
    La silver économie « traditionnelle » a toujours autant besoin de bras. Grâce aux politiques de prise en charge à domicile, le secteur de l’aide aux personnes âgées est en forte progression. Selon la Direction de l’animation de la recherche des études et des statistiques (Dares), la silver économie pourrait créer, en France, 300 000 #emplois d’#aides_à_domicile. Des emplois non délocalisables [surtout si on ne compte pas la délocalisation des "seniors " vers des pays voisins où leurs pensions de retraite autorisent une consommation plus grande : Maroc et Tunisie hier, Portugal demain ?] , de mieux en mieux formés.

    Aussi, le secteur du thermalisme continue de recruter. On parle de tourisme médical ou de tourisme adapté aux seniors à Cambo-les-Bains, à Dax ou Saint-Paul. C’est une évidence, le secteur de la santé embauche toujours dans les maisons de retraite et les cliniques. Aides -soignantes, aides à domicile, infirmières, psychologues, agents d’entretien, le gros des offres d’emploi se situe dans ces secteurs. Et pour nourrir tout ce beau monde, il faut de la main-d’œuvre dans l’hôtellerie de collectivité.

    • Retour au XIXème siècle. Avant il y avait les « gens de maison », aujourd’hui il y a les « services à la personne ».

      Concernant la question locale, l’économie du Pays Basque Nord est depuis longtemps déformée par le tourisme et l’installation de retraités riches, avec leurs corollaires de #spéculation immobilière et foncière. La « crise » ne fait qu’accentuer les choses, reléguant toujours plus loin ceux qui n’ont pas les thunes pour se loger sur place, et ceux qui ne sont pas « employables » dans ce contexte.

  • Éloge du dehors de Liliana Motta
    Je viens de lire un extrait de ce #livre à paraître publié dans Les Carnets du paysage n° 26 qui m’a beaucoup plu
    voir ici http://seenthis.net/messages/281153

    L’artiste botaniste d’origine argentine y parle de polygonum, cette « saloperie » venue de l’étranger à laquelle elle s’identifie et lui a inspiré ce récit et la création d’un jardin et d’une collection de polygonum implantée en Sarthe (ce que j’ignorais) dans les Alpes mancelles

    Les Hautes Haies, Saint-Paul le Gaultier
    https://www.botanic.com/jardinerie/jardins-a-visiter/les-hautes-haies-saint-paul-le-gaultier-sarthe-72

    Venue d’Argentine poursuivre ses études aux Beaux Arts, Liliana Motta -créatice de ce jardin- s’est longtemps sentie une étrangère en quête de nouvelles racines. Sans doute, ce sentiment, avec une passion pour la nature et le monde végétal, a-t-il motivé sa démarche en faveur des plantes venues d’ailleurs qui ont su avec le temps s’imposer, se fondre pour devenir éléments essentiels de nos jardins comme de notre vie quotidienne. Dans un premier temps, elle a voulu montrer avec sa collection de #Polygonum, que des « mauvaises herbes », des « envahisseuses » , des cosmopolites jugées détestables par certains pouvaient devenir, comme tant d’autres au jardin, les belles compagnes adulées de demain. Se définissant comme une artiste botaniste, elle va poursuivre sa réflexion en initiant avec la population de son village un parcours botanique. D’autres communes voisines vont s’y associer, où plantes indigènes et plantes introduites préservent la mémoire des lieux tout en venant rappeler que la biodiversité est aussi enfant des migrations végétales et humaines.

    A Saint-Paul-le-Gaultier petit village des Alpes mancelles, les jardins ont créé une dynamique nouvelle entre les habitants, s’installant en des points inattendus, en bord de route, autour d’un lavoir, de l’église, près d’un plan d’eau… Autant de réalisations qui tissent des liens avec le voisinage, comme ce « Potager des légumes oubliés » du domaine du Gasseau, initiative de la communauté des communes qui vient raconter le passage de la plante sauvage à la plante cultivée mais aussi rappeler combien notre assiette serait triste sans l’arrivée des plantes du Nouveau Monde (tomates, pommes de terre, haricots, poivrons et piments, courgettes et citrouilles…). Une pédagogie de la rencontre, un hymne à la diversité, celle aussi de nos jardins d’aujourd’hui enrichis au fil des siècles de l’apport irremplaçable d’une végétation étrangère.

    Eloge du Dehors, un projet de Liliana Motta
    http://www.ressource0.com/eloge-du-dehors-un-projet-de-liliana-motta

    L’étude des Polygonum met en lumière leur spectaculaire adaptation après leur introduction en Europe. Bien que cette plante ait été introduite il y a plus d’un siècle par un seul taxon femelle, sa diversité génétique, sa plasticité phénotypique, son polymorphisme et son adaptabilité écologique lui ont permis de développer toute une série d’individus hybrides et de se maintenir dans son nouveau territoire. Pourtant, les qualités écologiques extraordinaires de ces plantes « étrangères » sont perçues comme un véritable désastre pour « l’ordre végétal » établi. Alors qu’elles pourraient aussi bien être considérées comme un apport à l’ensemble du vivant, leur réputation de « mauvaise herbe », « envahissante », les précède, oblitérant les bénéfices possibles que pourraient offrir ces nouvelles venues.

    Pour penser autrement le vivant et regarder ses changements avec plus d’empathie, Liliana Motta a créé la Collection nationale de Polygonum. Elle publie et organise de nombreuses conférences sur cette famille botanique mal comprise et souhaite aujourd’hui mettre en oeuvre une importante installation photographique, labyrinthique et immersive. Prolongeant la perspective ouverte par Jean-Jacques Kupiec, avec sa théorie de l’ontophylogénèse, elle rend à sa façon justice à toute la dimension positive de l’adaptation et à la formidable plasticité du vivant.

    Dans cet extrait, donc, elle évoque l’introduction de la plante en Europe au XIX e siècle, son expansion rapide grâce à ses facultés d’adaptation et d’hybridation et l’établissement à la fin des années 1990 par des scientifiques de tous bords de listes noires de plantes dites « adventices », « envahissantes », « mauvaise herbes » dont il faut se méfier, voire interdire de cultiver car elle met en danger les écosystèmes autochtones et la biodiversité nationale. Mais des chercheurs ont souligné que la plante, rudérale (qui pousse dans les friches), c’est installée spontanément dans des écosystèmes déséquilibrés à cause de l’activité humaine...
    La renouée est utilisée dans la médecine japonaise et chinoise, elle est antibactérienne, antivirale, antiallergique (c’est pour moi), etc...

    Bon, un tout petit passage au hasard :)

    Le mouvement des plantes, les hommes n’aiment pas, ni les jardiniers avec leurs parterres, ni les botanistes avec leurs inventaires. Ils sont gênés par celles qui ne se tiennent pas à leur place. Et malheureusement, cette injustice, cette inégalité dans l’existence, dans ce droit de vie sur un territoire, ne concernent pas que les plantes : « les femmes sont perçues comme dangereuses, au même titre que les migrants, les étrangers, les nomades, que tous les porteurs potentiels de mobilité ; d’étrangeté et de transgression, tous ceux qui peuvent franchir les limites du corps, du territoires ou des règles sociales »(Françoise Héritier).

    #botanique #hybride #mauvaise_herbe

  • SAINT-PAUL-TROIS-CHÂTEAUX Municipales : une liste avec des citoyens tirés au sort
    http://www.brujitafr.fr/article-saint-paul-trois-chateaux-municipales-une-liste-avec-des-citoyens-

    Est ce que les moutons ouvriraient les yeux ? Il est souhaitable que le peuple reprenne en main sa liberté et son destin. Merci à Polemile pour le lien. Img/.arsin.f Un collectif annonce la préparation d’une liste constituée de citoyens tirés au sort aux élections municipales à Saint-Paul-Trois-Châteaux. « Il faut revenir aux origines de la démocratie : le peuple au pouvoir par le tirage au sort » indiquent la dizaine de membres de ce collectif. « Il est temps de faire confiance à chaque citoyen, qui en tant qu’usager peut apporter son expertise et ses compétences à des prises de décision concernant son quartier et sa commune. Quittons notre état de simples électeurs pour devenir de vrais citoyens décideurs. (...)

    #POLITIQUE

  • Du 3 au 9 février, Maison de la Grève. Quelques jours pour penser depuis l’Amérique du Nord et Rennes Métropole la fin du monde, et son au-delà.

    Plus de détails sur le mini-site fait pour l’occasion (#bootstrap et #spip)
    https://maisondelagreve.boum.org/usapocalypse

    Avant
    – le 28 janvier 28h00 Lecture de #Deleuze : « Nietzsche et Saint-Paul, Lawrence et Jean de Padmos », préface de #Apocalypse de D.H. Lawrence. "La modernité de l’Apocalypse est moins dans les #catastrophes annoncées que dans « l’instauration démente d’un #pouvoir ultime, judiciaire et moral ».

    Pendant
    – le 3/02 : 20h30 | #PROJECTION
    #LasVegas Méditations , en présence du réalisateut Florent Tillon.
    « Ville du degré zéro de l’urbanité, de l’ #architecture et de la culture, #ville du degré zéro de la sociabilité, de l’art et de la pensée. Ville du trop qui devient sans, de l’excès qui se mue en défaut, de la profusion qui tourne en privation. » Bruce Bégout - Zeropolis

    – le 4/02 : 20h30 | PRESENTATION
    #Messianisme, #rédemption et métamorphose
    Analyse de l’inspiration apocalyptique dans les différents courants messianiques, bouleversés par la #kabbale lourianique et Sabbataï Tsévi, et dont les conséquences courent jusqu’à nous qui en racontons l’ #histoire.

    – le 5/02 : 20h30 | PRESENTATION
    #Anthropocène : analyse de l’effondrement de la #civilisation (USA).

    – le 6/02 : 15h00 | PRESENTATION
    Habiter la catastrophe . #Fukushima 2011 – 2014 (#JAPAN).

    – le 6/02 : 20h30 | #FILM
    #Detroit ville sauvage , en présence du réalisateur Florent Tillon
    Résurrection urbaine après le #désastre invisible du XXIe siècle.

    – le 7/02 : 19h00 | APERO
    Apéro survivaliste : dégustation d’insectes.

    – le 7/02 : 20H30 | DISCUSSION
    Fictions apocalyptiques. La guerre des usages politiques de cet imaginaire décisif.

    – le 8/02 : 20h00 | FILM + CONCERT
    Projection (Unclear holocaust) et Concert (Kawaii mort) dans un lieu tenu secret augmentant ses chances de survie face à l’apocalypse.

    Après
    – A des dates non définies : Visite de la tenture de l’Apocalypse au château d’Angers - http://angers.monuments-nationaux.fr et cours sur l’icônographie Apocalyptique. Si vous voulez être tenu au courant ou proposer des films, des ateliers, des discussions...

  • La pâte à crêpe selon Bernard-Henri Lévy
    http://www.acrimed.org/article4104.html

    Bernard-Henri Lévy vient d’être nommé commissaire d’une exposition à Saint-Paul de Vence et à cette occasion il publie un livre – une sorte de catalogue/journal de l’exposition. Ce double événement – qui en soi n’a rien d’extraordinaire – est un nouveau prétexte pour le voir défiler partout dans les médias. La presse est enthousiaste et les animateurs audiovisuels déroulent le tapis rouge. Et notre observation méticuleuse des médias depuis près de vingt ans permet de l’affirmer : jamais une exposition (...)

  • La vidéoprotection qui fonctionnent : celle organisée par les citoyens, avec publication : Dealers et clients filmés et publiés sur Facebook :

    Des habitants d’un quartier du centre-ville de Bordeaux (Gironde) n’en peuvent plus d’être confrontés aux dealers de drogue au quotidien. Ils ont constitué une association et emploient les grands moyens. Ces riverains des quartiers Saint-Paul et Saint-Eloi demandent de photographier les trafiquants et de poster les clichés sur les réseaux sociaux.

    « Dealers souriez on connaît vos clients », c’est le slogan radical pour faire fuir les vendeurs de drogue sur la page Facebook Deal Safari, où on peut aussi voir des vidéos.

    http://www.francetvinfo.fr/video-a-bordeaux-des-dealers-photographies-et-postes-sur-facebook-par-l

  • HOMELIE SUR LE FROMAGE DE MAROILLES

    __Sermon prononcé [par le fr. Maurice Lelong, o.p.] en l’église paroissiale de Maroilles (Nord), le 28 mai de l’an de grâces 1961, à la messe pontificale célébrée par le Révérendissime Père Abbé de l’abbaye Saint-Paul de Wisques, Dom Jean Gaillard, à l’occasion des fêtes commémoratives du Millénaire du fromage de Maroilles, sous la présidence de Son Excellence Monseigneur Jenny, évèque auxiliaire de l’archidiocèse de Cambrai, et radiodiffusé sur l’antenne nationale de France III__ (en cap. ds l’orig.)

    En cette messe solennelle de la fête de la Sainte Trinité, après avoir invoqué les trois Personnes Divines, sans nous départir de la gravité et du sérieux des grands sujets qui nous retiennent depuis si longtemps : le Prologue de l’Évangile selon Saint Jean, la révélation de Dieu comme Père, je remercie le ciel pour cette grâce inespérée d’avoir à vous prêcher aujourd’hui sur le fromage. Vous avez bien entendu, j’ai dit : le fromage.

    Vous souriez. Moi aussi. Ne nous reprochons pas de sourire, ni mème de rire à l’occasion.

    nous nous sommes expliqués sur cette affaire dimanche dernier, à la Pentecôte de l’abbaye de Frigolet ; il n’y a pas lieu d’y revenir. Qu’il me soit permis de vous dire que l’étonnement des chrétiens, quand on leur rappelle leur droit à ce qui est le propre de l’homme, nous étonne. Cela doit être un héritage qu’on se transmet sans y prendre garde avec le trésor d’expériences spirituelles, dans les Ordres anciens.

    L’acte de naissance des Prémontrés de frigolet, dont le berceau est d’un diocèse voisin, date de 1120. Celui de ma famille religieuse est d’un siècle plus tard, et les Constitutions dominicaines doivent beaucoup à la règle de saint Norbert. Les uns et les autres nous sommes nés de la dernière pluie auprès des moines bénédictins qui sont venus de l’abbaye Saint-Paul de Wisques, dans le Pas-de-Calais, afin de célébrer dignement le millénaire du fromage de Maroilles. Ici, en effet, leurs lointains devanciers, frères en Saint-Benoît, au pays d’Avesnes, ont chanté les louanges du Seigneur, pratiqué la vie monastique dans toute sa plénitude, travaillé à transformer en gras pâturages et en terres de labour un sol couvert de bois et de halliers. Et c’est ainsi qu’ils ont inventé ce mets onctueux et puissant, qui mérita d’être appelé, dans ce Nord qui ne passe pas pour céder à l’emphase : la « Merveille de Maroilles »

    Ses titres d’ancienneté ? Une charte d’Eric II, roi de la Gaule franque, est datée de Maroilles, 18 mars 671. Il y avait à peine vingt ans qu’un personnage de la cour de Dagodert y avait fait bâtir un oratoire auquel un homme de Dieu, le moine Humbert, allait bientôt adjoindre un cloître. Telle est l’origine d’un foyer de vie où les exercices de la contemplation n’étaient pas exclusifs des labeurs de la terre.

    Cependant, en ces heures barbares, les hommes s’entretuaient, comme aujourd’hui, dans ce pays où mon grand-père a connu trois guerres, et par conséquent trois invasions. Et ce fut vers 960, après une longue période de misères, de massacres et de ruines, que le monastère de Maroilles retrouva sa prospérité et que les moines — après combien de tâtonnements ? — mirent au point le célébre fromage qui fit à Maroilles une gloire que nous plaçons nettement au-dessus de celles des armes.

    Froissart, qui n’est pas né loin d’ici, pouvait écrire au seuil de ses Chroniques : « Adonc était le Royaume de France, gras, plein et dru, et les gens riches et puissants de grand avoir, ni on n’y savait parler de nulle guerre. »

    Les noms des illustres personnages qui vinrent ici goûter le Maroilles ne sont pas tous, hélas, attachés à des occupations aussi pacifiques : Philippe-Auguste et son petit-fils Louis IX, Charles VI dont le successeur, que Jeanne d’Arc appelait le « gentil Dauphin », fait penser à la variété de fromage maroilles aromatisé d’estragon et d’herbes fines qui porte ce nom pour d’autres raisons d’ailleurs controversées, François Ier qui logea à l’abbaye, Henry IV, le bon vivant qui entra dans la vie avec le goût de l’ail et du Jurançon aux lèvres et dont les chroniqueurs rapportent qu’il se délectait de maroilles, et Turenne quand il mit le siège devant Landrecies...

    Un très érudit enfant de Maroilles, Monsieur Albert-Léon Ruelle, qui a fouillé toutes les archives, a relevé les itinéraires glorieux du maroilles vers la Cour de France et la Cour d’Espagne. Il a retrouvé des traces de son passage sur la table des grand prélats de reims et de Laon, de Liège, de Maestricht, de Cologne, de Trèves, de Mayence, et d’abord, bien entendu, de Cambrai dont nous sommes les diocésains. Fénelon, l’archevêque si populaire que de mon temps, dans le Cambrésis, l’on donnait encore son nom au baptème, visita l’abbaye fromagère en 1699.

    Pour des raisons personnelles dont vous voudrez bien excuser la faiblesse, je ne retiendrai qu’un texte. Dans son « Histoire du Diocèse de Laon et des pays environnants », Dom Lelong, moine bénédictin de la Congrégation de Saint-Hydulphe, pouvait écrire en 1750 que Maroilles est « un pays très renommé pour la bonté de ses fromages ».

    Et moi je pense tout à coup que plusieurs d’entre vous qui m’entendez se défendent mal d’une certaine idée qui est dans l’air que nous respirons, tout empesté par des siècles de jansénisme, de moralisme, d’angélisme. (J’appelle angélisme cette conception de la vie qui sous couleur de pureté, d’absolu et de perfection, voudrait faire de l’homme un ange, quitte à la ravaler à l’occasion plus bas que la bête.) Alors on se dit : Est-il inscrit dans la vocation de ces moines voués à l’ « Opus Dei » [ndt : Oeuvre de Dieu - le concept, rien à voir avec un institut homonyme], sinon dans les livres de compte de leur abbaye, qu’ils doivent se faire fabricants de fromage ? Et vous, ministre de la Parole de Dieu, n’avez-vous rien de mieux à faire, à la messe de la Sainte Trinité, qu’à célébrer le maroilles ?

    Nous allons revenir, par un biais imprévu et fulgurant, au mystère de la Sainte Trinité. Mais d’abord, un trait (un fait), suffira à liquider ce problème du temporel imbriqué dans le spirituel, et du même coup cette histoire des biens ecclésiastiques si troublante, n’est-ce pas ?

    Les Bénédictins de Maroilles ne sont d’ailleurs pas les seuls en cause. Sans parler de Dom Pérignon qui est statufié à Epernay comme inventeur du vin de Champagne, et de ses émules, les Chartreux dont le cas est beaucoup plus grave, ce n’est point par hasard que le livarot est né dans un pays de monastères, et que le pont-l’évèque s’est d’abord appelé angelot. Le saint-paulin, qui procède du port-salut a été créé dans une Trappe, aux confins du Maine et de l’Anjou. Le munster tient ses lointaines origines de monastères installés, dès le haut Moyen-Age, sur les deux versants des Vosges. Ce sont des moines du Duché de Parme qui ont inventé de fabriquer, avec du lait écrémé et du safran, le parmesan... Passons sur l’oeuvre civilisatrice des moines-paysans qui ne séparaient pas la culture de l’esprit de celle des champs. Le marché qui se tint au Moyen-Age, à l’ombre du monastère de Maroilles, devint la célèbre foire de « Franke Feste », qui commençait ici quinze jours avant la Pentecôte pour se terminer quinze jours après. Nous sommes ainsi dans la bonne tradition. Et il serait bien étrange (et inhumain) que de si grandes affaires fussent brassées sans qu’on ait à déplorer des abus. Ce qui est certain, c’est que les habitants du pays ont adressé à l’Assemblée Constituante de 1789 une pétition pour conserver leurs moines de Maroilles, dans des termes qui ne laissent aucun doute sur la reconnaissance de la population à leur endroit.
    C’est ailleurs qu’il faudrait chercher un sujet d’indignation et de scandale.
    Hier, sur la route de Saint-Quentin à Maroilles, une vieille femme me parlait du temps où, à l’occasion d’une réjouissance familiale, on achetait du maroilles. Cette brique carrée de 13 cm de côté sur 6 cm environ d’épaisseur, pesant en principe 740 grammes, coûtait 24 sous. C’était en 1887. Celle qui me parlait avait alors 11 ans. Elle travaillait dans un atelier de tissage de 6 heures du matin à 7 heures et demie du soir. Elle rapportait à la maison 33 sous par semaine pour un travail épuisant. La demi-livre de beurre coûtait 12 sous et le kilo de sucre autant. Je dois vous dire que cette femme est ma mère, et qu’au temps de cette misère qui hurlait l’injustice à la face du ciel et qui doit compter dans les colères du peuple de la société contemporaine, il n’y avait plus de moines, et la Révolution avait été faite (et refaite) depuis longtemps.

    Un cri du Père Lacordaire, le nouveau Saint Dominique qui surgit des décombres de cette Révolution gâchée, qui est toujours à refaire, il y a cent ans, retentissait à Notre-Dame : « Tout ce qui ne donne pas à l’humanité son pain de chaque jour, je n’y crois pas. »

    Son pain de chaque jour... Avec quelque chose dessus, j’imagine.

    Pour être sûr que je ne vous apportait ici que la Parole de Dieu en prêchant sur le maroilles, je me suis rendu au chevet de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre.

    Là-haut une équipe de jeunes prêtres, qui connaissent toutes les langues et possèdent à un rare degré l’intelligence des Ecritures, ont entrepris d’organiser les mots, les faits et les idées de la Bible : cela s’appelle une Concordance. Près de 400.000 textes en quatre langues, hébreu, grec, latin, français, à ranger ! Un travail de bénédictins. Ils ont sorti pour moi et à votre intention un épais dossier sur le fromage. Il n’est pas question de l’entr’ouvrir ici. Je n’ai plus que le temps d’en évoquer un seul passage mais il a de quoi nous émouvoir.

    Je viens d’ailleurs de le revivre, avec des compagnons de voyage en Palestine. Sur la route de Jérusalem à Hébron, à la fin du mois d’avril dernier, nous arrivions à Mambré.

    C’est là qu’Abraham se tenait, à l’entrée de sa tente, lorsqu’au plus fort d’une journée d’été apparurent les trois mystérieux voyageurs qui s’en allaient porter la Justice de Dieu sur Sodome et Gommorrhe. Et le récit biblique nous montre le patriarche accueillant, comme le Seigneur en personne, les trois hôtes inconnus : « Sara, s’écrie-t-il, prends vite trois boisseaux de farine, pétris et fais des galettes. » Puis il court au troupeau, prend « un veau tendre et bon » — c’est le texte lui-même de la Genèse (XVIII 1-8) — le fait préparer et le place devant eux avec du caillé...

    (le Lait caillé est l’ancêtre de notre fromage que les hommes n’ont fait travailler, par d’ingénieuses et savantes fermentations, que longtemps plus tard. Toute l’Antiquité, Homère et la Bible, est remplie d’un parfum rustique de fromage blanc. N’oublions pas Virgile et tous les autres jusqu’à Mistral, Francis Jammes et Giono. Colette, qui de son vivant ici-bas ne s’entendait qu’aux choses de la terre, a écrit qu’il n’y a pas de bucolique sans fromage blanc.)

    Abraham, est-il dit au Livre sacré, « se tenait debout, près d’eux, sous l’arbre, et ils mangèrent ».

    Et je n’y puis rien si tous les Pères de l’Eglise ont vu, dans les trois envoyés célestes de Mambré, que notre père Abraham appelle étrangement, au singulier, Monseigneur, tels qu’ils sont représentés dans la fameuse icône de Roubel à Moscou et sur la mosaïque de Ravenne, le symbole de la Sainte-Trinité...

    A qui songerait in petto qu’il y a tout de même une certaine marge entre le fromage de lait caillé de la vie patriarcale, ou ces dix fromages mous que le deuxième livre de Samuel (XVII, 18) appelle curieusement harise hehâlab, des « tranches de lait », dont le père de David fit cadeau à l’officier sous les ordres duquel servaient ses fils, et d’autre part la pâte blonde à peau rougeâtre, véhémente et parfumée, qui n’appartient qu’à la « merveille de Maroilles », gloire du Hainaut français — le « joly jardin d’Haynault » dont les anciens témoignent qu’il est « tenu de Dieu et du soleil » — et de ma Thiérache natale, je répondrais :

    Oui, mes amis, de la marge, mais point d’hiatus : toute la dépendance du travail humain accordé à l’oeuvre de Dieu.

    L’Auteur des esprits et des corps soumis aux lois de leurs conditions physiques qui sont aussi la résultante de sa volonté, donne à ses enfants, avec l’esprit et le coeur qui fondent la liberté, de participer à son pouvoir créateur, du même mouvement que sa grâce les fait entrer dans son amour. Et l’art devient création humaine.

    De même que certains côteaux privilégiés reçoivent, du Maître de toutes choses, le soleil qu’il faut pour que la vigne donne un cru qui n’a pas son pareil au monde, ainsi la vallée de l’Helpe possède les pâturages qui fournissent, de mai à juin et de septembre à octobre, les haloirs orientés au nord-est et les caves d’affinage exposées au sud-est, qui leur envoient de la mer les vents propices chargés d’humidité. A l’instar des vins de marque, le fromage de grande classe connaît les années fastes et les années plus ordinaires. Le maroilles tient au sol et au climat non moins intimement que les grands vins avec lesquels il trouve des accords parfaits : Beaune, Châteauneuf-du-Pape, Côte Rôtie, Moray (sic) Saint-Denis, et je ne me retiens pas de citer, au-delà même des Côtes-du-Rhône, dans un des paysages les plus fins et spirituels de Provence, un certain Bandol rouge dont il forme un contrepoint idéal avec lequel je rêverais d’un jumelage qui serait le signe le plus émouvant de l’unité, de l’harmonie et de la santé de la France.

    La Merveille de Maroilles est au lait caillé d’Abraham et de david ce que la rose, chef-d’oeuvre d¡une dynastie de jardiniers intelligents, est à l’églantine qui témoigne d’une façon bouleversante de la simplicité et de la pureté de Dieu.

    Est-ce que cela souffrirait la moindre difficulté pour les fidèles d’une Eglise qui prie avec le Cantique du prophète Daniel (III,8) et avec les psaumes (CXLVIII, 10) : « O vous tous, bêtes et bestiaux, bénissez le Seigneur... », notre Eglise qui a inséré, dans le rituel romain, après la bénédiction sur les fruits et la vigne, une « benedictio casei vel butyri », une bénédiction pour le beurre et le fromage ?

    Ah ! écoutez plutôt la prière de saint Thomas More, chancelier d’Angleterre (où l’on mange si mal que la reine doit faire venir un maître français), Thomas Morus décapité par Henri VIII, le fauteur de schisme, et mis sur les autels par l’Eglise catholique.

    Voici comment priait saint Thomas More :
    Donnez-moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer.
    Donnez-moi la santé du corps avec le sens de la garder au mieux. Donnez-moi une âme sainte, Seigneur, qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu’elle ne s’épouvante pas en voyant le péché, mais sache redresser la situation.
    Donnez-moi une âme qui ignore l’ennui, le gémissement et le soupir. Ne permettez pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle moi.
    Seigneur donnez-moi l’humour pour que je tire quelque bonheur de cette vie et en fasse profiter les autres.

    Amen.❞

    et voilà cette homélie en l’honneur de la Merveille de Maroilles, prononcée pour les fêtes du millénaire du Maroilles, par le fr. Maurice Lelong, o.p. ; publiée in Célébration du Fromage, par Maurice Lelong, o.p., Editions Robert Morel, au jas du Revest-Saint-Martin, Haute-Provence, s.d. recopiée ici avec spéciale dédicace @Turblog, qui sait pourquoi.
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  • Explosion et début d’incendie à la centrale #nucléaire EDF du Tricastin (France)

    http://www.ledauphine.com

    Samedi 2 juillet vers 14 h 50, un incendie s’est déclaré sur la centrale EDF du Tricastin, à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme). Des riverains, inquiets, ont indiqué qu’une colonne de fumée noire s’élevait dans le ciel.
    Il s’agit de l’explosion du transformateur de la tranche 1 de la centrale, qui est à l’arrêt.L’installation est située hors zone nucléaire. Aucun blessé n’est à déplorer et il n’y a pas eu d’atteinte à l’environnement.
    Comme toujours lorsqu’il s’agit d’un incident affectant le site nucléaire, un nombre important de pompiers et de gendarmes a convergé sur les lieux. Le feu a été circonscrit à 15 h 55.