city:tarnac

  • https://www.nextinpact.com/news/107449-blocage-administratif-ministere-interieur-attaque-par-representan

    #Indymedia #Grenoble #Nantes #Cnil #censure #ministère_de_linterieur

    Hier, à Cergy Pontoise, une affaire hors norme était auscultée par le tribunal administratif. Pour la première fois, la personnalité qualifiée de la CNIL s’est opposée au ministère de l’Intérieur s’agissant du retrait et du déréférencement administratifs de pages du site IndyMédia. Next INpact était sur place. Compte rendu.

    Depuis la loi du 13 novembre 2014 relative à la lutte contre le terrorisme, l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC) a pour mission d’ordonner le blocage et le déréférencement de sites incitant ou faisant l’apologie du terrorisme. Ces mesures administratives, décidées sans juge, ne concernaient jusqu’alors que la pédopornographie.

    En pratique, l’office doit d’abord s’adresser à l’éditeur et à l’hébergeur et, faute d’évolution, peut se tourner devant les FAI et moteurs de recherche. Le texte, outre ses deux décrets d’application de février et mars 2015, prévoit néanmoins l’intervention d’une personnalité qualifiée désignée par la CNIL, à savoir Alexandre Linden, qui termine son mandat le 31 janvier.

    Sa mission ? Contrôler d’éventuelles atteintes à la liberté d’expression et de communication – en somme la régularité de cette liste noire. Il peut recommander à l’OCLCTIC de revoir ses demandes et, au besoin, saisir le juge administratif.

    Jusqu’à présent, l’antenne du ministère de l’Intérieur et cet intervenant extérieur travaillaient de concert. Dans une dizaine de cas, l’office a finalement suivi ses recommandations. Une seule fois, c’est la personnalité qualifiée qui a changé d’avis.

    Dans l’affaire que doit juger le tribunal administratif de Cergy Pontoise, l’antagonisme a été trop fort, Alexandre Linden ayant décidé de contester les positions de la Place Beauvau.

    Quatre publications sur IndyMédia ciblées par l’Intérieur

    Dans les nuits du 18 au 21 septembre 2017, à Grenoble, Meylan et Clermont-Ferrand, des véhicules et un local de gendarmerie sont incendiés. Quatre articles de revendications sont publiés sur IndyMédia (dont grenoble.indymedia.org et nantes.indymedia.org), sites libertaires qui fonctionnent sur le principe de la publication ouverte.

    En octobre et novembre, l’OCLCTIC réclame le retrait de ces billets. Ceux-ci sont considérés comme autant de « provocation à des actes de terrorisme ou apologie de tels actes ». Il demande en outre le déréférencement de deux articles. IndyMedia dénonce ces méthodes, retire deux articles (non celui-ci ou celui-là).

    Dès le 7 novembre 2017, dans quatre recommandations, la personnalité qualifiée conteste lui-aussi ces mesures. Quoique graves, les faits sont d’après lui sans lien avec des actes de terrorisme. Ces décisions administratives sont malgré tout confirmées en février 2018 par le cabinet du ministre de l’Intérieur.

    Hier, la rapporteure Caroline Gabez a bien relevé la difficulté du contentieux qui s’est déporté devant la quatrième chambre du tribunal administratif de Cergy, puisque la juridiction se retrouve démunie du moindre antécédent jurisprudentiel. Ajoutons qu’aucune procédure n’a été initiée devant le parquet antiterroriste.

    La notion d’« entreprise terroriste » devant le juge administratif

    Hier, devant le juge administratif, la question pivot a été celle de la notion même d’acte de terrorisme, et ses satellites : l’apologie ou l’incitation à commettre ces actes. La magistrate a d’abord invité le tribunal à s’inspirer des articles 421-1 et 421-2-5 du Code pénal qui traitent de ces infractions graves afin de « déterminer si ces publications entrent dans ce périmètre ».

    Comme l’a rappelé l’affaire Tarnac, ces notions sont relatives à « des atteintes volontaires à l’intégrité physique de personnes, des dégradations ou destructions de biens publics (…) lorsqu’elles sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».

    « Chaque mot compte », a insisté la rapporteure. L’entreprise terroriste est un « mode d’action » destiné à générer une épouvante, une sidération, une peur violente, qui veut faire naitre chez les citoyens « un sentiment de menace », une paralysie par l’effroi. Elle veut déstabiliser, voire détruire les structures politiques sociales, et se distingue des autres formes de violence comme la criminalité mafieuse.

    Pour l’Intérieur, qui n’était pas présent dans la salle, pas même son avocat, nul doute que ces violences commises à l’égard des forces de l’ordre se rattachent à ces infractions. Gendarmes et policiers sont régulièrement la cible d’attaques. Il existe des impacts personnels sur les services, quand ce n’est pas sur leurs proches. Dans le résumé dressé par la rapporteure, il devine une méthodologie, une apologie ou une provocation à mener de telles actions. Et l’élément intentionnel ne fait pas de doute : il y aurait un état d’esprit destiné à susciter des actes de même nature, d’autant que ces infractions seraient présentées sous un jour favorable.

    Les doutes de la rapporteure publique

    La rapporteure a eu beau lire et relire : l’administration ne démontre pas selon elle que les faits relatés relèvent de l’entreprise ou de l’intimidation terroriste. Ces revendications anarchistes n’ont pas eu de rebondissement national, il n’y a pas eu de déstabilisation de l’État, de sentiment d’épouvante, de sidération de la population ou de fracturation de la société.

    « Sans minimiser l’extrême gravité des faits, des revendications et des retentissements sur le personnel, sans nul doute affecté, il n’y a pas eu d’impact national » a-t-elle encore affirmé, avant de relever que « seule la presse locale en a parlé » (voir cet article du Dauphiné Libéré).

    Il y a certes une pensée anarchiste, mais aucune information sur leurs auteurs. Les éléments matériels manquent cruellement à l’appel. Les revendications restent finalement très générales. Indéniablement, elles ne relèvent pas du terrorisme.

    Devant le tribunal, Alexandre Linden, pas mécontent de voir la rapporteure se rallier à ses conclusions, commentera : « C’est la première fois que je plaide devant le tribunal administratif pour un tel litige (…). Je ne méconnais pas la gravité des faits, mais le plus important est de relever l’absence de lien avec l’entreprise terroriste ».

    Le jugement sera rendu le 31 janvier 2019. « Cela nous laisse un peu de temps pour échanger encore en interne avec les membres de la formation de jugement » a conclu le président, qui anticipe déjà l’écho de sa décision. Une première en France dans l’histoire du blocage administratif, qui montre toute l’importance des contrôles internes sur cette censure de bureau.


  • «  Le maintien de l’ordre à la française a explosé en vol  » - Le Point
    https://www.lepoint.fr/societe/le-maintien-de-l-ordre-a-la-francaise-a-explose-en-vol-14-12-2018-2279276_23

    Le Point : Vous avez signalé sur Twitter plus de 120 potentiels abus de violence de la part des forces de l’ordre à la suite du mouvement des Gilets jaunes. Que souhaitez-vous montrer avec ces preuves ?

    David Dufresne : Cela fait 25 ans que je m’intéresse aux questions de police, et que j’écris des livres sur le maintien de l’ordre, sur l’affaire Tarnac, Tarnac, magasin général (Calmann-Lévy, prix des Assises du journalisme 2012). Quand j’ai commencé à voir apparaître des vidéos et photos sur Twitter, j’ai commencé à les pointer sans me douter que je rentrais dans un maelstrom de signalements. «  Allô Place Beauvau  » signifie «  chacun son rôle  ». Il y a les journalistes, les citoyens mais aussi la police, l’IGPN, le défenseur des droits, la justice. En ces temps troubles, je suis pour que chacun fasse son travail. Moi, je signale, recoupe, contextualise. C’est un travail de veille, de lanceur d’alerte, de citoyen. Pendant une semaine, il y a eu un déni politique et médiatique sur ces questions-là. Un déni qu’on a encore dans l’allocution d’Emmanuel Macron qui a dit « quand la violence se déchaîne, la liberté cesse. » Je ne sais pas de qui il parle, car la violence se déchaîne dans les deux sens. Il n’y a pas eu un mot sur les blessés, pas un mot sur ceux qui ont été mutilés, blessés à vie. Ce déni de démocratie est vraiment insupportable

    #Maintien_de_L'ordre #police #gilets_jaunes

    • Ce qui au départ était un bloc-note de réflexions et de liens devient en cette fin de journée un gros recoupement de vidéos pour comprendre comment un flic en est venu à sortir son flingue contre la foule, et, sans aucune surprise, constater que les motards ont balancé des grenades contre une foule qui passait ... sans les avoir calculés ! C’est encore plus flagrant grâce à la vidéo live de Remy Buisine qui était justement dans la foule à ce moment là.
      https://seenthis.net/messages/746539
      Effectivement le « maintient » de l’ordre a totalement explosé en vol...
      Cependant toutes ces vidéos me mettent très mal à l’aise car elle vont servir à inculper des gens alors qu’elles devraient servir à les disculper et à questionner les choix policiers...

    • Je crois que la séquence des motos de l’avenue Georges V est une indication forte que les tactiques agressives de maintien de l’ordre ont atteint leurs limites.

      L’emploi réglementaire des grenades dites de « désencerclement » ou du LBD, lanceur de balle dite de « défense » est censé être réservé à des situations critiques. Mais on voit bien que leur utilisation déborde de plus en plus largement de ce cadre, selon un principe qui veut que lorsqu’on dispose d’une arme, on s’en sert ; d’autant plus qu’à de très rares exceptions (cf. https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1JV1VY-OFRTP ) rien ne vient sanctionner l’usage disproportionné.

      Au fil des répétitions des confrontations hebdomadaires, les protestataires, et parmi eux des groupes déterminés, ont bien compris que leur mobilité couplée à la surprise tactique était leur meilleur atout face à une police en limite de capacité qui commence à ressentir une forme d’épuisement. Il est d’ailleurs probable que certains cadres commencent à douter très fortement des conditions de leur emploi tactique (cf. l’Arc de triomphe le 1er décembre ou la séquence de l’av. Georges V d’hier) et donc de leur commandement voire du bien-fondé des principes tactiques. Voire de la direction politique des opérations.

      Il serait grand temps qu’une logique « républicaine » reprenne le dessus (le maintien de l’ordre n’est pas la guerre !) et mettent enfin en place des méthodes de désescalade. Il y a peu de chances que ce soit dans ce sens que la situation évolue, d’une part parce que la base policière et, en particulier, sa composante « dure » est favorable à une option « musclée », que l’échelon politique n’est pas loin de ne plus la contrôler (les primes et augmentations ne sont pas du tout bon signe - ça a toujours été le réflexe des gouvernements non démocratiques face à des troubles) mais aussi parce que la répétition des affrontements fait qu’à chaque fois la barre est un peu plus haute (cf. toutes proportions gardées les manifestations de deuil tous les 40 jours en Iran en 1978).

      Enfin, avec un niveau politique qui, pataugeant dans les hésitations, commence à laisser percevoir les différends internes, dont la communication tourne à vide et, surtout, recourt à des habiletés de maquignon (les « 100 euros »…) propose une réponse véritablement indigente à la crise, l’exaspération des protestataires ne peut que croître.

      Au rythme où ça va, on peut s’attendre, sous peu, à des incidents dramatiques (des morts lors des affrontements, p. ex.)

    • Effectivement, leur comportement n’a aucun sens.
      Ne pas prévoir à ce point les conséquences de leurs actes me stupéfie.

      On se retrouve avec la bonne vieille question entre l’incompétence et la malhonnêteté. Et on sait qu’ils sont parfaitement malhonnêtes, puisqu’il ne se passe pas un jour sans qu’ils nous insultent ou nous mentent comme des arracheurs de dents, en nous prenant effectivement pour un ramassis de crétins.

      J’en déduis que c’est leur agenda qui leur dicte leurs actes, car personne n’est assez con pour penser qu’en tapant sur l’ennemi et en le traitant de nom d’oiseaux en permanence, il ne va rien se passer.

      Donc, ils nous provoquent depuis 18 mois à présent et je dirais plutôt qu’ils ont dû être terriblement dépités par notre absence de réaction en face. La colère qui éclate, elle couve depuis une trentaine d’années, mais ils l’excitent délibérément depuis l’élection de Macron, le candidat du capitalisme, un mec qui n’a pas une once de charisme et qui incarne tout ce qui est détestable dans ce pays → pourquoi ce choix de la caste des possédants… surtout d’un type qui n’est pas vraiment des leurs ?

      Je pense très sincèrement que la caste des possédants en a assez de nous faire les poches petit à petit, qu’elle s’impatiente, qu’elle a faim… de pouvoir absolu, de curée sans vergogne. Je pense qu’elle pousse à la roue pour que nous nous révoltions enfin d’une manière qui légitimera l’emploi de la force brute et absolue et la fin de la mascarade démocratique qui, même avec la séparation des pouvoirs aux chiottes comme nous le vivons depuis l’arrivée de Macron, ne va ni assez vite, ni assez loin à leurs yeux.

      Ils cherchent délibérément le fait émeutier suffisant pour déclencher la loi martiale. Je pense qu’à ce titre, Macron et ses élus sont totalement sacrifiables (même si, clairement, personne ne leur a dit en leur filant le job) et que les ordres donnés aux flics laissent penser que leurs commanditaires espèrent enfin avoir un lynchage.

      Si tu penses les derniers mois avec le filtre de la mise en place délibérée d’une dictature financière, alors, subitement, plus personne n’agit comme un con.
      Par défaut, c’est probablement l’explication la plus logique.

    • Un point pratique (y a pas que Macron dans la vie... de la police) : c’est depuis la mobilisation contre la loi Travaille en 2016 que les grenades « de désencerclement » sont utilisées de manière offensive, souvent par salve, complétant lacrymogènes propulsées et manuelles, LBD, tonfas, télescopiques et canon à eau pour tronçonner les cortèges et disperser les manifestants. En mars 2016, il y a eu tant de blessés à Paris que le gouvernement avait du craindre qu’il ya ait des tués, il y a même eu ensuite une manif et une seule, le 4 avril 206, ou les flics ont tout fait « à la main » (lacrymos, tonfa, télescopique, violente ratonnade d’un bout nassé du cortège de tête).

      Menace. L’une des différences c’est que entre le 1er et le 8 décembre 2018, généraux de gendarmerie, experts et médiatiques annonçaient tous qu’il pouvait, qu’il y aurait des morts.

    • Article du dimanche 16/12/2018 du Parisien, à relire après coup…

      Policiers armés à moto : les « voltigeurs » sont-ils de retour dans les rues ? - Le Parisien
      http://www.leparisien.fr/faits-divers/policiers-armes-a-moto-les-voltigeurs-sont-ils-de-retour-dans-les-rues-16

      Pour écarter tout risque de débordement ce week-end [15-16/12/2018], les autorités ont ratissé large et mobilisé presque autant d’effectifs que lors de l’acte 4, marqué par 1700 interpellations, soit pas loin de 90 000 policiers et gendarmes, dont 8000 à Paris.

      Cette mobilisation hors-norme a notamment eu pour effet d’affecter au maintien de l’ordre des unités habituellement chargées d’autres types de mission. Selon nos informations, c’est le cas des compagnies de sécurisation et d’intervention (CSI), les fonctionnaires filmés dans la vidéo incriminée.

      « Economie de moyens »
      Mises en place lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur, en 2003, les CSI officient surtout dans l’anti-criminalité en zone sensible et interviennent par exemple dans le cadre de filatures, de flagrants délits ou de délits de fuite.

      Elles disposent pour cela d’armes létales et non-létales, comme des lanceurs de balle de défense, de tenues anti-émeutes similaires à celles des CRS mais aussi d’unités à moto, généralement des Yamaha TDM 900, le modèle vu samedi à Paris.

      « Economie de moyens oblige, les motos de la CSI 75 sont moins nombreuses que les motards susceptibles de les utiliser, explique au Parisien Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa Police. Les effectifs fonctionnant par roulement, une moto peut servir 20 heures sur 24, sur trois services. »

      Blessures
      Cette situation n’est ponctuellement plus tenable si les effectifs sont surmobilisés, comme c’était le cas samedi. D’où ces images, inhabituelles, de motos transportant deux fonctionnaires à la fois. « Mais jamais ces duos de policiers ne sont intervenus sur le maintien de l’ordre, assure-t-il. Ils ont seulement pu effectuer du ravitaillement de matériel, en apportant par exemple des grenades de désencerclement à des unités à court de munitions. »

      L’utilisation de lanceurs de balle de défense à l’arrière d’une moto, à l’arrêt et plus encore en mouvement, paraît improbable. Elle serait en outre extrêmement dangereuse.

      Malgré des restrictions d’utilisation, cette arme de dissuasion est à l’origine de blessures graves et parfois mortelles. Dans un rapport remis en 2017, le Défenseur des droits estimait que cette arme devait « s’utiliser horizontalement, un genou à terre » pour viser les membres inférieurs, ou « debout et portée à l’épaule » pour viser le torse.

    • Je bisse…

      L’utilisation de lanceurs de balle de défense à l’arrière d’une moto, à l’arrêt et plus encore en mouvement, paraît improbable. Elle serait en outre extrêmement dangereuse.

      Alors, pourquoi les en équiper ? Quant aux armes létales dont ils sont aussi équipés, on a bien vu le pistolet, pour l’instant (?) simplement brandi …

      c’était le 16 décembre…

    • Policiers agressés aux Champs-Elysées : les motos de tous les dangers - Libération
      https://www.liberation.fr/france/2018/12/24/policiers-agresses-aux-champs-elysees-les-motos-de-tous-les-dangers_16995

      L’évolution de cette doctrine est résumée par un acronyme à la préfecture de police de Paris : DAR, pour dispositif d’action rapide. Ces groupes plus légers que les unités spécialistes du maintien de l’ordre (CRS et gendarmes mobiles) ont pour consigne d’aller justement au contact des manifestants pour disperser le plus vite possible et interpeller. Parmi ces DAR, on retrouve le groupe moto de la compagnie de sécurisation et d’intervention de Paris. L’utilisation de ces policiers à moto rappelle forcément les « voltigeurs », dissous après la mort de Malik Oussekine. D’autant plus qu’ils ont pour mission, comme leurs ancêtres, de disperser la manifestation. Avec une différence cependant, au lieu d’un « bidule », ces policiers sont désormais équipés de fusils à balles en caoutchouc (LBD40) et de grenades explosives. Ils ne foncent donc pas dans la foule mais peuvent se positionner à proximité d’un cortège pour tirer. Les samedis 8 et 15 décembre, ils étaient ainsi une cinquantaine, « destinés à pouvoir se rendre rapidement en tout point de la capitale pour intervenir en cas de troubles » avait expliqué la préfecture à Libération.

      Samedi dernier, ce sont donc quatre policiers à moto de la compagnie de sécurisation et d’intervention de Paris qui sont envoyés face aux « gilets jaunes ». Ces agents, rompus aux interventions de lutte contre la criminalité, ne sont pas du tout des spécialistes de la gestion de foule, un savoir-faire bien spécifique dans la police et la gendarmerie. La scène, filmée et largement relayée depuis, est un parfait exemple du risque pris par les autorités dans l’utilisation de telles unités pour intervenir lors de manifestations.

      Seul rempart : leur arme à feu

      A l’aide de grenades - trois détonations correspondant à des grenades de désencerclement sont audibles sur la vidéo, une arme qui propulse 18 galets en caoutchouc à très forte vitesse et peut gravement blesser au visage - ces policiers tentent de disperser la foule. Le samedi 8 décembre, David Dufresne, journaliste et auteur d’un livre référence sur le maintien de l’ordre, avait assisté à une scène similaire, où les policiers avaient cette fois réussi leur manœuvre : « Trois motos dont une avec deux policiers s’étaient arrêtées, ils avaient lancé des grenades de désencerclement, puis étaient partis tout aussi vite qu’ils étaient arrivés. » Mais ce samedi, les policiers ne parviennent pas à se replier assez rapidement. Les explosions des grenades provoquent une réaction d’hostilité des manifestants, qui fondent sur les fonctionnaires, peu nombreux. Les « unités constituées », capables de faire face sans tirer à balle réelle sont trop éloignées. Les quatre motards sont en danger, avec pour seul rempart leur arme à feu. Une situation redoutée par les forces de l’ordre et qui apparaît en contradiction avec la tradition du maintien de l’ordre en France.

      Interrogée à propos de cet événement, la préfecture de police de Paris n’a pas répondu à nos questions. « On considère que l’on est face à des violences urbaines et non plus une manifestation traditionnelle », expliquait récemment à Libération un haut gradé de la préfecture pour justifier cette nouvelle méthode. La scène des Champs-Élysées résonne désormais comme un avertissement pour les autorités.

      #Maintien_de_L'ordre #Police #Voltigeurs

    • Grenadocratie, affiche collée près de la station Anvers, à Paris
      https://twitter.com/Humaginaire/status/1077173221898809344

      Pourquoi, mais pourquoi ? Parce que en terme de com #violences_urbaines, de #casseurs et de #séditieux, en terme pénal aussi ça ratisse large et flou pour renouveler/étendre la fonction de la #justice en tant que service rendu à la police (cf. Michel Foucault, quand même) qui sait pouvoir compter sur la loi son application, ses catégories pour une légitimation permanente : #bandes #association_de_malfaiteurs #attroupement_en_vue_de_commettre_des_violences...etc.


  • Julien Coupat, le Préfet de Police Delpuech, les Gilets Jaunes, Tarnac et moi
    http://www.davduf.net/julien-coupat-le-prefet-de-police-delpuech-les

    Sitôt connue, l’interpellation de Julien #Coupat « à titre préventif », le matin de l’acte IV des #GiletsJaunes, a tourné en boucle sur les radios et TV.

    Lors de l’affaire dite de « #Tarnac », j’avais rencontré celui qui n’était pas encore Préfet de Police de Paris, mais qui avait été à la manœuvre lors de l’affaire. Michel #Delpuech était l’ancien directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie au plus fort des événements.

    Afin d’éclairer les événements du week-end, voici le chapitre complet que je lui consacre dans mon livre « Tarnac, Magasin général » (Calmann Lévy / Pluriel)

    #Police #Justice #Répression


  • Donald Trump, premier cigarettier à investir dans le cannabis
    Marlboro sur la défensive après de nouvelles révélations sur l’enquête russe

    Donald Trump l’implacable confesseur au chevet de Carlos Ghosn
    Montonari Otsuru se sépare de son chef de cabinet John Kelly

    Le Téléthon 2018 plutôt épargné au tirage au sort
    Coupe du monde féminine de football : les Bleues terminent sur des promesses de dons en forte baisse.

    Crise politique ouverte en Vendée sur le pacte de migration de l’ONU
    En Belgique, les commerçants, ces « dommages collatéraux »

    « Gilets jaunes », l’acte II de la « révolution de velours »
    En Arménie, Julien Coupat relaxé du procès de Tarnac, interpellé à Paris.

    La Corse du 8 décembre en photos
    La mobilisation des « gilets jaunes » en vigilance rouge pour « vent violent »

    #de_la_dyslexie_créative


    • à midi 717 personnes selon BFM (tv police)

      Gilets jaunes : 598 personnes interpellées à Paris dont 475 placées en garde à vue à 08h08

      A la suite de ces interpellations, 475 personnes ont été placées en garde à vue, indique la préfecture de police de Paris. Les autres interpellations se sont soldées par de simples contrôles d’identité dans des commissariats.

    • Il Julien Coupat a été placé en garde à vue pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations », a indiqué une source judiciaire.
      Julien Coupat, longtemps présenté comme le leader d’un groupe d’ultragauche qui avait été relaxé au printemps lors du procès dit de Tarnac, a été interpellé samedi matin à Paris, où avaient lieu des manifestations de gilets jaunes, a appris l’AFP de sources concordantes.

      Il a été placé en garde à vue pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations », a indiqué une source judiciaire.

      Selon une source proche du dossier, Julien Coupat a été arrêté près du parc des Buttes-Chaumont, au nord de la capitale, en fin de matinée. Il était à bord d’un véhicule accompagné d’un proche et les policiers ont découvert un gilet jaune, un masque de chantier et des bombes de peinture lors de l’interpellation, a précisé cette source.

      « N’importe quelle personne qui a un gilet jaune dans sa voiture peut se faire arrêter pour groupement », a ironisé son avocat, Me Jérémie Assous auprès de l’AFP.

      950 personnes interpellées en France
      Faisant partie des principaux prévenus, aux côtés de son ex-compagne Yildune Lévy, Julien Coupat avait comparu en début d’année, soupçonné notamment pour le sabotage d’une ligne SNCF.

      Initialement poursuivis pour terrorisme avant d’être jugés pour des délits de droit commun, tous deux avaient uniquement été condamnés pour refus de prélèvement biologique mais ont été dispensés de peine.

      Plus de 950 personnes avaient été interpellées en France samedi en début d’après-midi en marge du mouvement des gilets jaunes et 724 placées en garde à vue, selon une source policière.

      A Paris, qui compte la majorité des interpellations et gardes à vue, on recensait 651 interpellations dont 536 gardes à vue à 16h15, selon la préfecture de police.

      https://www.liberation.fr/france/2018/12/08/gilets-jaunes-julien-coupat-ex-de-tarnac-interpelle-a-paris_1696855

    • Oui 2% c’est beaucoup. Les contrôles, fouilles, verif d’identité étaient incessante a Paris.

      Par exemple, une fois la nuit tombée, j’ai croisé une sympathique bande de jeunes venue de Bretagne qui m’a dit s’être fait contrôler 5 fois...


  • J’ai déjà fait passer un premier message relatif à cette collecte pour acquérir le Magasin Général Tarnac, et voici le second, 25 jour avant l’échéance du Ulele :

    nous voici presque à mi parcours de notre campagne de don pour le rachat du Magasin général de Tarnac et nous arrivons à quasiment 60% de notre objectif !

    Plus que 25 jours pour collecter les 10 800€ restants, nous comptons sur vous !!!

    le lien, toujours le même : https://fr.ulule.com/magasin-general-tarnac

    De notre côté, nous tâchons de faire connaître notre projet de rachat en diffusant tant sur les réseaux sociaux que sur les marchés locaux, avec succès. Les habitant(e)s de la Montagne limousine sont ravi(e)s d’entendre « que ça bouge » à Tarnac... ou ailleurs.

    Ce mail est encore l’occasion de vous inviter ce dimanche à notre soirée gala-vente aux enchères dont nous préparons activement les lots, mythiques ou symboliques, l’animation et toutes les réjouissances...


  • je fais passer ce message, dont l’objet est de consolider le boulot largement entamé et fructeux à Tarnac :

    TARNAC : Participez au rachat du Magasin Général-Club Communal

    Vous connaissez sûrement le « MAGASIN GÉNÉRAL DE TARNAC », vous êtes des habitués de ce lieu, vous êtes venus y jouer ou y présenter un livre, vous y êtes passés par hasard, pour manger, boire un coup, rencontrer les amis que vous ne connaissiez pas encore, ou encore vous en avez entendu parler et n’avez pas encore eu l’occasion d’y passer…

    C’est en septembre 2007, que l’épicerie-bar historique du village
    est devenue le « MAGASIN GÉNÉRAL DE TARNAC ». Rendez-vous quotidien pour nombre d’habitants du bourg et des alentours et tout un tas de personnes complices venues régulièrement du monde entier. C’est à la fois un espace de vie quotidienne, et un espace d’activités pour toutes celles et ceux qui cherchent à s’organiser collectivement sur la commune de Tarnac et au-delà. Le Magasin Général-Club Communal est un endroit de rencontre et de réflexion permanent à la fois enraciné et soucieux du monde.

    POUR POUVOIR NOUS LANCER DANS LA RÉNOVATION, LE RÉAMÉNAGEMENT ET LA MISE AUX NORMES DES LIEUX, NOUS ALLONS RACHETER, APRÈS 11 ANS DE LOCATION-GÉRANCE, LE BÂTIMENT QUI ABRITE LE MAGASIN GÉNÉRAL DE TARNAC, SOUS LA FORME D’UNE SOCIÉTÉ CIVILE IMMOBILIÈRE DÉNOMMÉE « SCI CLUB COMMUNAL ». Pour payer la première tranche qui rendra l’acquisition définitive (avant décembre) nous lançons un appel à dons via un site de crowdfunding dont voici le lien :

    https://www.ulule.com/magasin-general-tarnac

    Même si vous ne pouvez pas contribuer, n’hésitez pas à faire
    circuler autour de vous …


    • Et puis la manie du secret contre les infiltrations policières, avec le refus de s’appeler autrement que Camille, incitait à ne pas poser de questions sous peine de devenir suspect.... Il faut sûrement voir dans ce côté opaque des relations avec l’extérieur, l’explication du désinvestissement total de la ZAD par le milieu politique nantais libertaire ou d’extrême gauche organisé, sinon pour certaines « grandes » occasions. Pourtant, l’affaire de Tarnac l’a démontré, ces cloisonnements n’empêchent pas l’infiltration de vrais indics. Elles gênent par contre fortement le débat politique du mouvement, renforçant la structuration de pouvoirs en l’absence de critiques.

      Un autre trait, qui a renforcé ce côté secret et manipulateur, rebutant et démotivant pour des non-habitants en particulier, est l’investissement à long terme du non-groupe dit « appeliste », venu de la Maison de la Grève de Rennes pour les plus anciens. Cette avant-garde politique et élitiste, qui se veut invisible tout en construisant des bases d’appui comme à Tarnac ou à la ZAD, et qui publie régulièrement (l’insurrection qui vient, l’appel, à nos amis, etc ) a bien sûr intégré le groupe large téléguidant la ZAD. Aussi les désaccords et rejets pré-existants à l’égard des appelistes se sont reportés sur le groupe plus large.


  • Rachat collectif du Magasin Général de Tarnac
    https://fr.ulule.com/magasin-general-tarnac

    Le Magasin Général de Tarnac est une épicerie-bar rurale reprise en 2007 par un petit groupe d’amis liés par des désirs politiques. C’est un lieu de rencontres quotidien pour nombre d’habitants du bourg et des alentours. Ce lieu commun compte une épicerie, un camion de ravitaillement, un bar, une cantine quotidienne, une bibliothèque, une salle de jeux pour enfants, des bureaux associatifs … c’est un espace de vie et d’activités (concerts, projections, débats, ...) pour toutes celles et ceux qui cherchent à s’organiser collectivement sur la commune de Tarnac et au delà.

    C’est le principal espace public du village de Tarnac, 350 habitants situé au cœur de la Montagne limousine.

    Le resto ouvrier s’est progressivement mué en une cantine coopérative. Aujourd’hui une trentaine de personnes participe aux différentes tâches qui font le quotidien de cette institution villageoise.

    D’un simple commerce de proximité, nous sommes passés à un espace d’approvisionnement et de distribution, en partie bio et local pour tous les habitants ainsi que pour la cantine scolaire, la maison communale, les personnes âgées, sans mobilité ou isolées.

    A sa manière et à son échelle, le magasin général est un endroit de rencontre et de réflexion permanent à la fois enraciné et soucieux du monde.

    Les locaux, loués depuis 11 ans, vont être rachetés par une Société civile immobilière « Club communal » détenue et gérée par les associations qui animent ce lieu. Nous voulons en faire une propriété collective pour pouvoir nous lancer sereinement dans la rénovation, le réaménagement et la mise aux normes des lieux. Nous avons besoin de 45000€ pour payer la première tranche du rachat dès décembre 2018 (puis 100 000€ pour le printemps 2019). Un coût conséquent se rajoutera au rachat pour les travaux de tout le bâtiment.

    Campagne de financement
    https://fr.ulule.com/magasin-general-tarnac

    Le Magazin général sur Twitter
    https://twitter.com/mgtarnac

    #tarnac #territoires #autonomie


  • « Diogène au pays des gauchistes » ou « Agamben vu par “Le Figaro” » (09/05/2018)
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/05/09/31003-20180509ARTFIG00353-diogene-au-pays-des-gauchistes.php

    Giorgio Agamben, soleil de la gauche la plus illuminée, était de passage à Paris la semaine dernière, au moment des « célébrations » des 50 ans de 68. Mais le philosophe italien vaut beaucoup mieux que ça !

    Il y a mille manières de revenir sur les événements de Mai 1968. L’une d’elles est d’écouter la conférence d’un des grands insoumis du moment. Ce que nous fîmes, le 4 mai dernier, jour officiel du début des « événements » de mai. L’Italien Giorgio Agamben était l’invité de l’École pratique des hautes études, qui célèbre cette année le 150e anniversaire de sa création. Agamben est un homme de 76 ans de fine silhouette, le visage ovale, légèrement couronné de cheveux. Il est semblable à l’idée vague que l’on se fait d’un Diogène souple et ironique. C’est un polyglotte et un érudit. Il s’exprime en un français à peine accentué. Il a un côté Umberto Eco de l’ultra-gauche - sans le chapeau à bords mous. Il se promène avec une facilité envoûtante dans le jardin des lettres et de la philosophie européenne.

    Notre philosophe est à mille lieux des célébrations fiévreuses de 1968. Pourtant, comme un signe ironique que les temps ont bien changé, la conférence d’Agamben a failli être annulée par les mouvements de grève universitaires qui tentent, en vain, de ressusciter les débordements de 1968. Deux jours plus tôt, en effet, les normaliens de l’ultragauche ont fêté leur idole dans les jardins de la rue d’Ulm. Avec sa morale diogénienne, l’idole aurait dû les envoyer promener, mais il accepta l’échange. Sur ces entrefaits, les black blocs, ces philosophes à coups de matraque, ont occupé l’École normale, la main dans la main avec les enfants turbulents de l’élitisme républicain. La Sorbonne, inquiète des fréquentations d’Agamben, ou du sillage insurrectionnel qui l’entoure, a refusé au philosophe italien l’amphithéâtre promis.

    Ainsi, il dut migrer jusqu’à l’École de chimie, toujours dans le Quartier latin. La communication d’Agamben était intitulée « la voix comme problème philosophique ». L’assistance fut calme et studieuse. Nul charivari, nulle interpellation. Nul cri. À ses côtés se tenait le philosophe spécialiste des religions, Vincent Delecroix - auteur d’un texte récent Non ! De l’esprit de révolte - mais aussi Christian Jambet, qui connut les pavés de 1968 et la gauche révolutionnaire, avant de « brûler des voitures » autrement, par l’étude passionnée et érudite de la philosophie chiite, à la suite du regretté Henry Corbin.

    Agamben n’a rien à voir avec les autres gourous de la pensée de gauche, comme Alain Badiou. Vu des fortins de l’ordre libéral que représente Le Figaro, Badiou n’atteint ni en finesse, ni en ironie, ni en radicalité mordante, le subtil Agamben. Le premier étant le triste épigone d’un 1968 ivre encore du mot déjà fatigué de révolution. Le second, tout aussi sévère à l’égard du monde comme il va, un porteur de l’anarchisme pur, un continuateur de la branche situationniste - il était proche de Guy Debord -, une espèce de curé défroqué un peu quiétiste, un peu poète.

    Fidèle à sa méthode philologique, Agamben a analysé la voix humaine sous sa forme exclamative, celle par laquelle on s’adresse à quelqu’un. Il a donné l’exemple de Moby Dick : « Appelle-moi Ismaël ! » Le vocatif, nous a-t-il fait entendre, est le seul cas grammatical qui laisse place à la tonalité singulière et vivante de celui qui parle, et résiste à l’ordre réglé du discours, dont la fonction est de dire quelque chose sur quelque chose d’autre. « On a la philosophie de sa grammaire », résume l’Italien qui voudrait faire de ce « moment vocatif » une autre manière de « décider de l’humain en nous ». Être humain, selon Agamben, et pour autant que l’on puisse le dire si vite, c’est refuser de se soumettre aux ruses de « la biopolitique », ce système complexe de contrôle de nos vies par la bureaucratie, le droit, l’argent, les conventions etc. Bienvenue au pays des anarchistes, dont Diogène est un habitant dilettante. Dans ce pays-là, on retrouve des enfants qui regardent par la fenêtre, des artistes, des moines peut-être, et quelques anachorètes.

    On était donc très loin de l’hédonisme proclamé de l’année 68. Les soixante-huitards ont voulu faire table rase du passé et de l’avenir, au nom du présent. Agamben n’avait rien à leur dire, hier, comme il n’a rien à dire, aujourd’hui, aux hystériques de Nuit debout. Il est ailleurs. Il a substitué l’attente de l’apocalypse à celle de la révolution. Il a remis la théologie au premier plan, elle qui avançait masquée, sous la forme du marxisme. Et il fixe un point inatteignable - on a vu ce qu’il en coûtait de vouloir l’atteindre ici et maintenant - qui n’est même pas la fin de l’histoire, mais ce qui se passe après la fin de l’histoire. Avec un sens aigu de la citation, il fait revivre pour nous les eschatologies juives et chrétiennes, les prophéties messianiques, les textes millénaristes qui décrivent la mort vaincue, l’injustice abolie, la souffrance dépassée, et la fusion du règne humain et animal.

    Agamben a joué, tout jeune, le rôle de Philippe, disciple du Christ, dans le magnifique Évangile selon saint Matthieu (1964) de Pasolini. Ami de ce dernier, il aurait pu, aussi bien, jouer le personnage du jeune homme scandaleux hébergé par une famille bourgeoise dans Théorème. Mais il a arrêté là sa carrière d’acteur. À la place, il a suivi les séminaires de Heidegger à Thor, avec et grâce à René Char. Sa lecture de l’Épître de Paul dans Le temps qui reste (Ed. Rivage) est un tour de force. Sa critique franciscaine du principe de propriété dans De la très haute pauvreté, en est un autre. Car évidemment, il y a une parenté spirituelle avec le fondateur de l’ordre franciscain. Avec l’Église aussi. Agamben n’a-t-il pas fait l’éloge du renoncement de Benoît XVI ? La fascination apocalyptique dans le discours de cet italien charismatique n’a pas échappé au pape François. Et on susurre que le philosophe est un visiteur du soir du commandeur des catholiques.

    Tout cela agace les gauchistes qui se réclament d’Agamben. C’est le cas du « Comité invisible », à l’origine de la tentative supposée de sabotage d’une ligne de chemin de fer à Tarnac, qui ont finalement bénéficié d’une relaxe récemment. Sans doute l’ont-ils mal lu. Car la pensée dont ils se réclament devrait les déprendre de l’injonction à l’action. L’oeuvre du philosophe fait de son mieux pour nous libérer de l’efficacité, pour en appeler au désoeuvrement, et à la grève indéfinie. Agamben est à la recherche d’un mode d’être radicalement nouveau et presque insaisissable. Malgré ses variations de style et de ton, ce n’est peut-être pas Diogène qui domine chez lui, mais le pessimisme des gnostiques à l’égard de la Création. Si le monde est mauvais sur toute la ligne, il ne peut donc changer que par la fin des temps. C’est pourquoi, bien sûr, nous ne le suivons pas. Car nous pensons comme les Grecs qu’il faut d’abord comprendre ce qui est, et dans ce qui est ce qui est beau, pour mieux admirer et mieux aimer le monde tel qu’il va.


  • Appel à rassemblement en soutien aux militants de Bure victimes de la répression
    https://grenoble.indymedia.org/2018-06-28-Appel-a-rassemblement-en-soutien

    Communiqué commun - Réseau « Sortir du nucléaire », Bure Zone Libre, BureStop55, Cedra 52, EODRA, ACDN- 22 juin 2018 Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac ! Ce mercredi 20 juin, le mouvement d’opposition au projet Cigéo à Bure a été frappé par la vague de répression la plus massive que nous ayons jamais connue en plus de vingt ans de lutte. Onze lieux militants, lieux de vie et lieux de travail ont été perquisitionnés, des portes ont été défoncées sans sommation, des militants (...)

    #Anciens_éditos


  • Appel à rassemblement en soutien aux militants de Bure victimes de la répression
    https://grenoble.indymedia.org/2018-06-25-Appel-a-rassemblement-en-soutien

    Rendez-vous ce mercredi 27 juin à partir de 18h devant la préfecture de Grenoble pour manifester notre soutien aux militant·e·s victimes de la répression ! Communiqué commun - Réseau « Sortir du nucléaire », Bure Zone Libre, BureStop55, Cedra 52, EODRA, ACDN- 22 juin 2018 Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac ! Ce mercredi 20 juin, le mouvement d’opposition au projet Cigéo à Bure a été frappé par la vague de répression la plus massive que nous ayons jamais connue en plus de 20 (...)

    #Agenda




  • Tarnac - dernières déclarations
    https://lundi.am/Tarnac-dernieres-declarations

    Jeudi 12 avril, le tribunal de grande instance de Paris a finalement statué sur la culpabilité des 8 prévenus dans l’affaire de Tarnac. 5 prévenus ont été intégralement relaxés, Julien Coupat et Yildune Lévy ont été condamné pour refus de prélèvement ADN mais dispensés de peine. Grand perdant, Christophe Becker a écopé de 4 mois de prison et 500 euros d’amende avec sursis : les juges ont estimé qu’il ne pouvait pas ignorer héberger dans une armoire de son appartement, trois cartes d’identité égarées. Nous (...)


  • Tarnac : les leçons d’un naufrage
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/14/tarnac-les-lecons-d-un-naufrage_5285495_3232.html

    Editorial du « Monde ». Il y aurait une certaine commodité à considérer le naufrage judiciaire de l’affaire de Tarnac comme un épisode isolé. Il serait rassurant et confortable de n’y voir qu’un accident de l’histoire déclenché, en 2008, par la guerre des polices ou par les emballements fantasmatiques de responsables politiques, au premier rang desquels la ministre de l’intérieur de l’époque sarkozyste, Michèle Alliot-Marie. Mais le jugement prononcé jeudi 12 avril par le tribunal correctionnel de Paris envers huit personnes, militants de la gauche radicale ou supposés l’être, nous tend au contraire un miroir édifiant sur dix années de dérives ininterrompues de l’antiterrorisme français.

    Nom de D…, Le Monde a soutenu avec constance toute la dérive légale «  antiterroriste  » et voilà qu’il découvre …

    Or ces grands principes ont été battus en brèche par l’arsenal antiterroriste mis en place ces dernières années. La loi du 30 octobre 2017, dans la lignée de l’état d’urgence, permet au ministre de l’intérieur d’assigner à résidence et de perquisitionner sur de simples renseignements, sous le contrôle minimal et bienveillant du juge administratif ou, au mieux, sous celui, superficiel, du juge des libertés et de la détention. On pourrait également citer les multiples condamnations pour « apologie du terrorisme » sur la foi du contenu d’un ordinateur ou les poursuites pour « association de malfaiteurs » visant des manifestants à Rennes en 2016 ou autour du site d’enfouissement de Bure, dans la Meuse, en 2017.
    […]
    Il ne fait pas de doute que la lutte – évidemment nécessaire et légitime – contre un terrorisme meurtrier et aveugle a rendu difficilement audible la moindre opposition, fût-elle fondée sur l’invocation de principes élémentaires.

    Ah oui, c’est certainement pour ça qu’on n’a pas entendu ou lu, quand il en était encore temps, les rappels desdits principes élémentaires par les éditorialistes du Monde


  • David Dufresne : « L’affaire Tarnac est une fabrication, une mise en scène »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-14-avril-2018

    Pour David Dufresne, c’est une vraie surprise. « Je ne m’attendais pas que la justice rende justice à la justice. C’est un camouflet total et absolu, et sans appel pour le parquet. » Le journaliste a lui-même témoigné au procès. Auteur d’une longue enquête, #Tarnac, magasin général, il a décortiqué l’affaire de l’intérieur.


  • RELAXE POUR TARNAC ! Retour dans « Une petite épicerie tapie dans l’ombre », un reportage de novembre 2008 (radio)
    https://la-bas.org/5039

    Julien Coupat, Yldune Lévy et ceux de Tarnac viennent d’être relaxés au bout de dix ans de procédures. Un fiasco pour l’État et aussi un fiasco pour les médias qui s’étaient déchaînés contre les membres de ce « commando » vivant « DANS UNE PETITE ÉPICERIE, TAPIS DANS L’OMBRE », selon le journal de France 2 du 11 novembre 2008. Aussitôt LA-BAS était allée voir ce repère de terroristes à Tarnac. On y avait trouvé une petite épicerie et un village blessé et tachant de résister face aux mensonges de l’État et des médias, mensonges qui resteront impunis. Un reportage de Pascale Pascariello, diffusé pour la première fois (...) Continuer la (...)

    #Radio #Environnement #Luttes #Répression #manchette


  • Yldune Lévy, relaxée dans l’affaire Tarnac : « Oui, des perspectives révolutionnaires sont possibles… »
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/14752-yldune-levy-relaxee-dans-l-affaire-tarnac-oui-des-perspectives-revo

    Yldune Lévy au tribunal le 13 mars 2018. (Michel Euler/AP/SIPA)

    EXCLUSIF. Relaxée dans l’affaire Tarnac, Yldune Lévy, la principale prévenue, a reçu "l’Obs" dans le bureau de son avocate, Me Marie Dosé. Elle réagit au jugement du tribunal correctionnel. Mais révèle aussi sa vision déterminée de la lutte, de l’engagement. Son refus de toute fatalité.

    C’est peut-être l’épilogue d’une affaire hors normes. Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé jeudi 12 avril la quasi-totalité des huit prévenus dans l’affaire dite de Tarnac. Parmi eux, Yldune Lévy et Julien Coupat. Initialement poursuivis pour terrorisme, accusés lors de leur arrestation en 2008 d’être des membres actifs de la "mouvance anarcho-autonome" par la ministre de l’Intérieur de l’époque, Michèle (...)


  • Revue de presse du jour comprenant l’actualité nationale et internationale de ce vendredi 13 avril 2018
    https://www.crashdebug.fr/revue-de-presse/14750-revue-de-presse-du-jour-comprenant-l-actualite-nationale-et-interna

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le vendredi 13 avril 2018, il semblerait que Donald Trump et Emmanuel Macron temporisent une éventuelle frappe en Syrie et on ne peut que s’en réjouir, pour le reste l’actualité est fidèle à elle même ce matin.

    Aussi, voici donc notre Revue de presse quotidienne, et bien sûr en complément la Defcon-Room vous tend les bras tout au long de la journée...

    Bonne lecture, bonne journée, et merci de votre confiance.

    Amitiés,

    L’Amourfou / Contributeur anonyme / Chalouette

    Actualités françaises :

    13.04.2018

    Barrages Privatisés : L’UE l’Impose, Seule la France se Soumet (Agoravox.fr)

    Ces aliments qui nous empoisonnent (60 Millions-mag.com)

    Relaxe pour les principaux membres du groupe de Tarnac (Le Figaro.fr)

    Les primes d’intéressement dans les PME (...)


  • Procès de Tarnac : Julien Coupat et Yildune Lévy relaxés
    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/04/12/proces-de-tarnac-julien-coupat-et-yildune-levy-relaxes_5284397_1653578.html

    Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement dans le procès de Tarnac, dix ans après le début de l’affaire. Julien Coupat et Yildune Lévy, qui comparaissaient notamment pour « association de malfaiteurs », ont été relaxés, jeudi 12 avril. Six autres militants du même groupe étaient également jugés. Un seul a été condamné à quatre mois de prison avec sursis.

    pas d’autres précisions, pour le moment (juste des rappels)

    • Après modifs à 16h29, l’article se termine maintenant ainsi :

      Achevant de démontrer tout le respect qu’il porte à l’institution judiciaire, qui vient pourtant de le sauver de la déloyauté de l’enquête policière, Julien Coupat n’était pas venu au palais de justice de Paris pour entendre le jugement – tout comme cinq autres prévenus. Seuls Bertrand Deveaud et Yildune Lévy s’étaient déplacés jusqu’au tribunal. Cette dernière, à l’annonce de sa relaxe, a fermé les yeux et soupiré de soulagement, tandis que quelques applaudissements retentissaient dans la salle.

      A la sortie, la jeune femme n’a pas souhaité revenir sur les trois semaines de procès ou sur le jugement. Elle a simplement déclaré : « S’il y a une chose à retenir, c’est qu’il ne faut jamais lâcher, jamais cesser de se battre contre toutes les machines à broyer, quelles qu’elles soient, de l’antiterrorisme jusqu’aux tractopelles à Notre-Dame-des-Landes. On est dans une époque où l’on cherche à réprimer tout ce qui échappe à l’ordre normal des choses. On nous dit tout le temps “allez, en marche !”, mais en marche vers quoi, à part la mort sociale, politique ou écologique ? »

    • Achevant de démontrer tout le respect qu’il porte à l’institution judiciaire, qui vient pourtant de le sauver de la déloyauté de l’enquête policière, Julien Coupat n’était pas venu au palais de justice de Paris pour entendre le jugement

      Ben oui, c’était la seule chose à faire, traiter par le mépris. Et montrer que toute cette saloperie n’avait pas prise sur eux. Personnellement je trouve cela admirable de justesse. De même leurs dernières paroles avant délibération, leur pensées pour toutes celles et ceux qui arrivent devant les juges sans leur force et sans leurs moyens.

    • Oui, j’ai choisi de faire précéder les déclarations de Y. Lévy par ce paragraphe car il m’a mis en colère. H. Seckel aurait pu, en effet, compléter utilement ce commentaire sur le comportement des accusés par un rappel de celui de l’accusatrice principale et responsable politique directe de ce misérable fiasco qui n’était pas disponible pour venir témoigner. Et encore moins pour répondre de ses actes.

    • En fait hier vers 11H quand cet article est tombé, il était admirable de voir comment 95% de l’article revenait sur le contenu de l’accusation et seulement vers la fin de l’article on précisait que Julien Coupat et son ex-compagne, Yildune Lévy, étaient relaxés, pas un mot sur les autres et pas un mot sur les motivations et les attendus de la juge, limite on aurait pu croire qu’il s’agissait d’un pourboire de la juge qui a été clémente.

      Où l’on comprend que le chroniqueur de cette affaire est passé entièrement à côté de ses enjeux. Et n’a évidemment rien compris, mais alors rien de rien, aux personnalités et aux motivations des accusés et accusées.

      C’est seulement dans l’après-midi qu’on finissait par apprendre que la relaxe n’était pas totale, le refus de prélévement d’ADN vaut donc de la prison avec sursis. Ce qui est tout sauf anodin, ceci dit au passage.

    • Oui, si j’ai bien compris, tu es toujours coupable de refus de prélèvement ADN (c’est la loi). Mais en fait, c’est le juge qui décidera. Le refus est « légitime » (mais pas légal, hein !) parce que (très) a posteriori il est jugé qu’il n’y avait en effet pas vraiment de présomptions sérieuses contre toi et donc relaxe. À l’inverse, le refus est « illégitime » (et donc puni effectivement) si, même innocenté des faits qui t’étaient reprochés (à tort), les indices sont jugés suffisamment graves et concordants.

      JC et YL sont bien condamnés du chef de refus de prélèvement, mais dispensés de peine. Il y aura donc inscription au casier judiciaire.

      L’autre condamnation, et àmha cf. supra, ce n’est pas la seule bien qu’elle soit unanimement jugée comme telle, mais la seule vraie parce que sans dispense d’une peine de prison assortie du sursis et d’une amende, l’est pour recel de vol de papiers d’identité.


  • Contre la surenchère sécuritaire
    http://www.zinzine.domainepublic.net/?ref=3500

    Un entretien avec l’avocate pénaliste Marie Dosé réalisé le 2 mars à Paris, dix jours avant le début du procès Tarnac où elle défend deux des militants d’extrême gauche arrêtés dans ce village dans la Creuse il y a presque dix ans dans une opération « anti-terroriste ». Elle conteste depuis 15 ans les dérives successives de l’état de droit qui ont mené à une véritable surenchère sécuritaire et la pérennisation de l’état d’urgence dans le droit commun. Elle a défendu plusieurs assignés à résidence et elle est actuellement l’avocate de plusieurs femmes qui sont parties en Syrie ou en Iraq afin de rejoindre le djihad. Durée : 39 min. Source : Radio (...)

    http://www.zinzine.domainepublic.net/emissions/SPX/2018/SPX20180313-ContreLaSurenchereSecuritaire.mp3


  • Forces de l’ordre liées à l’#ultra-droite violente : la #DGSI s’inquiète - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090418/forces-de-l-ordre-liees-l-ultra-droite-violente-la-dgsi-s-inquiete

    Les #services de renseignement s’inquiètent de la proportion grandissante de membres des forces de sécurité ayant rejoint des #groupuscules_d'autodéfense. Parmi les « objectifs de la DGSI » suivis pour leurs liens avec « l’extrême droite violente », on recense une cinquantaine de policiers, gendarmes et militaires. Les autorités de tutelle ont été alertées à l’automne dernier.

    Ces derniers jours, des membres de cette mouvance se sont manifestés en commettant des exactions à l’intérieur des facultés, que ce soit à Montpellier (ici et là), à Lille, à Angers, à Strasbourg, ou encore au lycée autogéré de Paris. Mais ce n’est pas cette branche-là de l’ultra-droite qui inquiète le plus les services. D’après nos informations, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a récemment souligné la proportion grandissante de militaires ou de membres des forces de l’ordre ayant intégré des groupuscules d’autodéfense nés dans la foulée des attentats. Comme nous l’ont confirmé plusieurs sources, une cinquantaine d’objectifs de la DGSI sont… des fonctionnaires, membres des services de sécurité, en activité ou à la retraite.

    À telle enseigne que les services de renseignement ont dû sensibiliser à ce sujet plusieurs administrations. Parmi lesquelles les différents corps d’armée, la police, la gendarmerie, les douanes ainsi que l’administration pénitentiaire. Cela afin d’améliorer l’échange d’informations sur les fonctionnaires suspects mais aussi afin de prévenir le recrutement de tout nouveau policier ou militaire déjà recensé comme figurant dans cette mouvance. L’« entrisme » de « l’extrême droite violente » au sein des forces de sécurité préoccupe la DGSI, les Renseignements territoriaux (RT) et la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris.

    Selon une source, certains membres des forces de l’ordre seraient même sollicités pour accéder aux informations confidentielles que recèlent les fichiers de police et de gendarmerie.

    Au premier rang de ces groupuscules de défense civile, Les Volontaires pour la France (VPF), apparus au lendemain du 13-Novembre et ayant pour objectifs de « défendre l’identité française » et de « combattre l’islamisation du pays ». Sur les quelque 200 militants disséminés en France, les VPF comptent une cinquantaine de militaires et de membres des forces de l’ordre à la retraite. Contacté, le groupuscule revendique « près de 800 membres, parmi lesquels de nombreux militaires en retraite dont un certain nombre d’officiers supérieurs et de généraux ».

    Antoine Martinez, l’un des co-présidents de ce groupe désormais constitué en association, est d’ailleurs un ancien général de l’armée de l’air, « spécialiste du renseignement » autoproclamé, et président du comité de soutien au général à la retraite Christian Piquemal qui avait, en février 2016, défrayé la chronique en s’impliquant dans une manifestation non autorisée contre la politique migratoire. L’ancien parachutiste et ex-commandant de la Légion étrangère avait été relaxé par la justice mais radié des cadres de l’armée.

    Le second co-président des VPF, l’ancien député européen (#FN) Yvan Blot, revendique, lui, dans sa biographie être un « ancien haut fonctionnaire au ministère de l’intérieur en charge des affaires de terrorisme ». Il serait désormais, selon la réponse des VPF adressée à Mediapart, « aujourd’hui conseiller du Club Valdaï, proche du Kremlin ».

    Rencontré, un ponte de la lutte antiterroriste confirme : « L’ultra-droite se structure de façon assez inquiétante. Et c’est vrai que l’on retrouve beaucoup de militaires ou d’anciens militaires. En revanche, au sein des forces de l’ordre, ce n’est pas flagrant », tempère ce haut gradé… des forces de l’ordre. « Les dangers sont en province et non à Paris. Ce sont souvent des militaires de retour de mission en Afghanistan ou en Irak, complète un ancien des services. Ils rentrent traumatisés, il faut les surveiller pour ne pas qu’ils continuent leur combat individuel. Certains créent des groupes sur les réseaux sociaux, ou se radicalisent à travers eux, d’autres peuvent passer à l’action. »

    • Tout à fait caractéristique d’un régime proto-fasciste. Toutes les conditions se mettent en place pour l’affrontement qui s’annonce et Macron est le dirigeant adéquat pour permettre d’arriver au stade supérieur vu l’énième aggravation de la violence des rapports sociaux qu’il facilite.
      @ant1 C’est possible d’avoir un copier coller de l’article en entier ?

    • @ninachani
      es services de renseignement ont alerté à l’automne leurs autorités de tutelle. Atone depuis le démantèlement du groupe skinhead « Troisième Voie », dont des sympathisants avaient tué en 2013 le militant d’extrême gauche Clément Méric, la mouvance dite de l’ultra-droite est de retour et, estiment les services, le risque de la voir passer à l’action violente est « évalué à la hausse pour la période à venir » selon les uns, « demeure élevé » selon les autres.

      Ces derniers jours, des membres de cette mouvance se sont manifestés en commettant des exactions à l’intérieur des facultés, que ce soit à Montpellier (ici et là), à Lille, à Angers, à Strasbourg, ou encore au lycée autogéré de Paris. Mais ce n’est pas cette branche-là de l’ultra-droite qui inquiète le plus les services. D’après nos informations, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a récemment souligné la proportion grandissante de militaires ou de membres des forces de l’ordre ayant intégré des groupuscules d’autodéfense nés dans la foulée des attentats. Comme nous l’ont confirmé plusieurs sources, une cinquantaine d’objectifs de la DGSI sont… des fonctionnaires, membres des services de sécurité, en activité ou à la retraite.

      À telle enseigne que les services de renseignement ont dû sensibiliser à ce sujet plusieurs administrations. Parmi lesquelles les différents corps d’armée, la police, la gendarmerie, les douanes ainsi que l’administration pénitentiaire. Cela afin d’améliorer l’échange d’informations sur les fonctionnaires suspects mais aussi afin de prévenir le recrutement de tout nouveau policier ou militaire déjà recensé comme figurant dans cette mouvance. L’« entrisme » de « l’extrême droite violente » au sein des forces de sécurité préoccupe la DGSI, les Renseignements territoriaux (RT) et la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris.

      Capture d’écran du manifeste des réseaux Rémora. © DR
      Capture d’écran du manifeste des réseaux Rémora. © DR
      Depuis 2015 et le début de la vague d’attentats qui ensanglantent la France, plusieurs groupuscules affiliés à l’extrême droite radicale se sont constitués dans le but de lutter contre « le péril islamique » et de se substituer à un État défaillant, en se préparant à recourir à la violence dans la perspective d’une guerre civile. « Même s’ils restent embryonnaires, ils claironnent leur volonté de riposter et nous suivons cela de très près », concède un autre haut gradé des services de renseignement.

      Déjà en mai 2016, Patrick Calvar, le patron d’alors de la DGSI, avait tiré la sonnette d’alarme lors d’une audition devant la commission de la défense nationale et des forces armées à l’Assemblée nationale : « Les extrémismes montent partout et nous sommes, nous, services intérieurs, en train de déplacer des ressources pour nous intéresser à l’ultra-droite qui n’attend que la confrontation […]. Il nous appartient donc d’anticiper et de bloquer tous ces groupes qui voudraient, à un moment ou à un autre, déclencher des affrontements intercommunautaires. » Ce que n’avait alors pas encore perçu son service, c’est l’influence grandissante de certains de leurs propres collègues au sein des groupuscules.

      Car, dans ce contexte de conflit larvé, ces milices qui ne disent pas leur nom draguent les membres de services de sécurité, construisent leurs discours à leur attention, veillent à valoriser chaque nouvelle recrue issue des rangs de la police, de la gendarmerie ou de l’armée. Des professionnels recherchés à la fois pour leur savoir-faire en matière de maintien de l’ordre et d’opérations coups-de-poing ainsi que pour leurs réseaux. Selon une source, certains membres des forces de l’ordre seraient même sollicités pour accéder aux informations confidentielles que recèlent les fichiers de police et de gendarmerie.

      Au premier rang de ces groupuscules de défense civile, Les Volontaires pour la France (VPF), apparus au lendemain du 13-Novembre et ayant pour objectifs de « défendre l’identité française » et de « combattre l’islamisation du pays ». Sur les quelque 200 militants disséminés en France, les VPF comptent une cinquantaine de militaires et de membres des forces de l’ordre à la retraite. Contacté, le groupuscule revendique « près de 800 membres, parmi lesquels de nombreux militaires en retraite dont un certain nombre d’officiers supérieurs et de généraux ».

      Antoine Martinez, l’un des co-présidents de ce groupe désormais constitué en association, est d’ailleurs un ancien général de l’armée de l’air, « spécialiste du renseignement » autoproclamé, et président du comité de soutien au général à la retraite Christian Piquemal qui avait, en février 2016, défrayé la chronique en s’impliquant dans une manifestation non autorisée contre la politique migratoire. L’ancien parachutiste et ex-commandant de la Légion étrangère avait été relaxé par la justice mais radié des cadres de l’armée.

      Le second co-président des VPF, l’ancien député européen (FN) Yvan Blot, revendique, lui, dans sa biographie être un « ancien haut fonctionnaire au ministère de l’intérieur en charge des affaires de terrorisme ». Il serait désormais, selon la réponse des VPF adressée à Mediapart, « aujourd’hui conseiller du Club Valdaï, proche du Kremlin ». Sur le site des VPF, on peut lire que « les Volontaires peuvent se former, s’instruire, s’entraîner grâce à des journées, des week-ends ou des séminaires de formation organisés par les cadres de l’organisation et animés par des spécialistes dans tous les domaines ». Toujours dans le mail à Mediapart, les VPF assurent n’être « en aucun cas une milice », ni être « affiliés ou associés à aucun parti politique ». « Nous sommes des pères et des mères de famille lucides et précautionneux, conscients des dangers et de l’utopie du vivre ensemble avec un islam conquérant, pour les avoir déjà vécus sur des théâtres d’opérations extérieures (Liban, Kosovo...) », conclut l’association dans sa réponse.

      Sur le site internet des Volontaires pour la France (VPF).
      Sur le site internet des Volontaires pour la France (VPF).
      À la tête des réseaux Rémora, on retrouve... un ancien inspecteur des renseignements généraux (RG). Âgé de 68 ans, passé par le Bloc identitaire puis le Front national, le militant Luc Sommeyre appelle, sur internet, « la société civile tout entière » à anticiper « la désespérance prévisible de nos Soldats, de nos Gendarmes et de nos Policiers », faute d’être en nombre suffisant pour répondre à des « attentats multiples et coordonnés par Daesh ». Pour ce faire, il invite les « patriotes » à constituer quinze cellules, composées « à l’idéal » de quatre à sept personnes, réparties sur l’ensemble du territoire afin d’« apporter leur connaissance parfaite du terrain et leur soutien aux unités de l’armée, de la gendarmerie et de la police qui pourraient être amenées à intervenir hors de leurs bases naturelles » en cas d’attaques des « islamo-terroristes ».

      Il s’agit de collecter du renseignement opérationnel, comme identifier « l’emplacement des stocks de nourriture et d’eau potable, […] des transformateurs électriques et autres sources d’approvisionnement énergétique » mais aussi localiser « les centres de réunion des individus qui se déclarent ouvertement ennemis de notre Patrie, comme les mosquées salafistes », dénombrer et identifier « les personnes physiques qui manifestent une hostilité ouverte ou larvée à l’encontre de notre Pays et des nôtres ». En clair, procéder à un fichage d’individus et de lieux de culte, autant de procédés qui ne doivent pas tout à fait correspondre avec le « respect absolu de la loi républicaine » affiché en capitales sur le site qui héberge le manifeste fondateur des réseaux Rémora. Une douzaine de cellules seraient néanmoins constituées, remplissant leurs missions « avec sérieux et discrétion ». Luc Sommeyre revendique « plusieurs centaines de femmes et d’hommes répartis sur l’ensemble du territoire national et en Europe ».

      Apparus en Finlande en 2015, les Soldats d’Odin – du nom du roi des dieux dans la mythologie nordique – proposent, eux, des patrouilles de rue afin de lutter contre les migrants et la délinquance que ceux-ci sont supposés occasionner. Un an plus tard, ce mouvement scandinave a le droit à sa déclinaison française avec les « Soldats d’Odin Breizh », basés dans le Finistère. Ils auraient également essaimé à Bordeaux et dans le nord de la France.

      Photo postée sur la page Facebook des Soldats d’Odin avec la légende suivante : « AG 2018 soldats d’Odin officiel France ».
      Photo postée sur la page Facebook des Soldats d’Odin avec la légende suivante : « AG 2018 soldats d’Odin officiel France ».

      « On ignore tout du facho des champs »

      La réédition du livre de Piero San Giorgio.
      La réédition du livre de Piero San Giorgio.
      À l’origine de cette régénérescence : Piero San Giorgio, un officier de réserve suisse dont le best-seller Survivre à l’effondrement économique, réédité en « édition de combat », se revendique « manuel de survie ». L’écrivain, qui a donné des conférences avec Alain Soral, prédit un état de guerre généralisé d’ici à 2025 et propose de développer des zones rurales autosuffisantes pour survivre. Certains militants veulent s’inspirer de son mode d’emploi pour créer des groupes de survie, sorte de « Tarnac de droite ». À Guerlesquin, dans le Finistère, les identitaires avaient déjà créé leur propre lieu, Ty Breizh, qui a depuis été mis en vente.
      Rencontré, un ponte de la lutte antiterroriste confirme : « L’ultra-droite se structure de façon assez inquiétante. Et c’est vrai que l’on retrouve beaucoup de militaires ou d’anciens militaires. En revanche, au sein des forces de l’ordre, ce n’est pas flagrant », tempère ce haut gradé… des forces de l’ordre. « Les dangers sont en province et non à Paris. Ce sont souvent des militaires de retour de mission en Afghanistan ou en Irak, complète un ancien des services. Ils rentrent traumatisés, il faut les surveiller pour ne pas qu’ils continuent leur combat individuel. Certains créent des groupes sur les réseaux sociaux, ou se radicalisent à travers eux, d’autres peuvent passer à l’action. »

      Lors des rassemblements contre le « mariage pour tous » en 2013, certains militaires radicalisés avaient déjà témoigné de leurs velléités. Le collectif Printemps français avait ainsi tenté d’occuper les Champs-Élysées – une idée impulsée par Philippe Darantière, un ancien officier parachutiste reconverti dans l’intelligence économique. Parallèlement, une publication d’extrême droite avait appelé des hauts gradés catholiques – tel Bruno Dary, ancien gouverneur militaire de Paris – à provoquer un coup d’État.

      Ce sont aussi des hauts gradés que l’on retrouve dans des clubs prônant un « réarmement moral », non violent, comme le cercle Renaissance, parfois comparé à une sorte de « maçonnerie blanche ». En février, le colonel Éric du Réau a ainsi remis leur prix 2018 à un ancien aumônier militaire, Jean-Paul Argouarc’h. Dans les années 2000, du Réau a milité sous les couleurs du Front national, où il a notamment fait du rabattage de parrainages pour Jean-Marie Le Pen auprès d’anciens militaires.

      Les « patrouilles » des Soldats d’Odin. © Page Facebook "Soldats d’Odin Officiels France"
      Les « patrouilles » des Soldats d’Odin. © Page Facebook "Soldats d’Odin Officiels France"
      La multiplicité de ces structures complique la tâche des services. « Dans les grandes villes comme Lyon par exemple, c’est facile, nos clients sont sous nos yeux, considère un analyste. Mais on ignore tout du facho des champs… » Selon un vétéran des services, les groupes violents se montent « là où l’extrême droite est la moins suivie » ou bien où « le maillage gendarmesque est allégé ».
      Dans le Grand Ouest, entre Nantes et Angers, les actions violentes de jeunes d’extrême droite liés aux identitaires ou au GUD ont connu une forte résurgence : « Nez de cochons » pour s’opposer à la construction de la mosquée ; descentes en ville ciblant les personnes noires et arabes aux cris d’« À mort les Arabes, à mort les Noirs », avec une matraque de 25 centimètres, propos suprémacistes et racistes, chasse aux antifascistes, tournée de salons du livre dans l’Ouest pour s’en prendre aux stands des « rouges ». Comme « un faux air d’Orange mécanique » dans le Maine-et-Loire, notaient Le Monde et Ouest-France. À Angers, un bar associatif d’extrême droite est depuis le début de l’année le lieu de réunions de militants et a déjà reçu la visite de la police.

      En Loire-Atlantique, le département voisin, des actes de violence ciblant les migrants, non élucidés, inquiètent aussi : cocktails Molotov contre un squat occupé par des réfugiés ici, coups de feu sur un centre d’accueil là. « À Nantes, cette mouvance est plus visible qu’il y a quelques années », avait réagi le directeur départemental de la police, Jean-Christophe Bertrand.

      Dans le nord de l’Hexagone, à Calais, toute l’ultra-droite semble s’être donné rendez-vous ces dernières années, développant des collectifs et milices en réaction aux camps de migrants. On y a vu, pêle-mêle, le général Piquemal, l’ex-policier Luc Sommeyre, ou encore le groupe « Sauvons Calais » de Kevin Reche, un militant issu du Parti de la France (créé par d’ex-FN) dont le tatouage d’une division SS a fait polémique. En 2016, un épisode avait été très médiatisé : un Calaisien lié à l’extrême droite radicale avait brandi un fusil contre des manifestants lors d’une marche en soutien aux réfugiés.

      À Calais, en janvier 2016, un homme brandit un fusil contre des manifestants lors d’une marche en soutien aux réfugiés.
      À Calais, en janvier 2016, un homme brandit un fusil contre des manifestants lors d’une marche en soutien aux réfugiés.
      À Marseille, le retour des violences de l’ultra-droite est venue des rangs des royalistes de l’Action française (AF), avec des actions coups-de-poing et l’installation en 2014 d’un local dans le fief des antifascistes, suscitant des affrontements. Depuis, l’arrivée de Bastion social, d’inspiration néofasciste, est venue cristalliser les tensions (ce sera l’objet du second volet de notre enquête).

      Ce foisonnement n’est pas sans générer quelques frustrations et tensions. Là où les dirigeants, de peur de poursuites pénales, insistent pour inscrire leur action dans un cadre plus ou moins légal, leurs militants ne l’entendent pas de cette oreille. Ainsi, certains groupes d’autodéfense connaîtraient déjà une hémorragie de leurs effectifs, des membres faisant sécession afin de créer des cellules destinées à mener de réelles opérations clandestines.

      Différentes sources au sein des services de renseignement et de la lutte anti-terroriste soulignent « la faiblesse » induite par les scissions successives de ces groupuscules et surtout leur « amateurisme ». « D’un point de vue opérationnel, ils sont mauvais. Mais mauvais… », s’amuse le responsable de la lutte antiterroriste précité. « D’ailleurs, lors de leurs manifestations, on ne dénombre pas de représentants de pays voisins. Il n’y a pas de coopération internationale, de convergence des luttes comme on le constate avec les mouvements de l’ultra-gauche. » Un haut gradé des services de renseignement insiste sur le fait que les groupes de l’ultra-droite, au fil de leurs dissensions successives, ont « perdu de leur superbe ».

      En revanche, ces mêmes sources constatent avec une certaine appréhension que différents groupuscules incitent leurs membres à s’armer, par un biais légal, en leur recommandant de pratiquer la chasse ou le tir sportif. En octobre 2017, la sous-direction antiterroriste (SDAT) et la DGSI démantelaient une cellule constituée autour d’un certain Logan Nisin. Selon nos informations, on recense parmi ses complices présumés un fils de gendarme, un fils de policier ainsi qu’un élève de l’école de formation des sous-officiers de l’armée de l’air.

      Cette « organisation d’ultra-droite à visée terroriste, la première depuis plusieurs dizaines d’années en France », comme la qualifiera un rapport de la SDAT, projetait des actions violentes contre des migrants, des trafiquants de drogue puis des assassinats politiques – Jean-Luc Mélenchon, puis Christophe Castaner avaient été envisagés comme cibles – dans les Bouches-du-Rhône. Sur l’une de ses pages Facebook, dédiée au terroriste norvégien Anders Breivik, on pouvait lire : « Rebeus, blacks, dealers, migrants, racailles, jihadistes, si toi aussi tu rêves de tous les tuer, nous en avons fait le vœu, rejoins-nous ! » Comme l’avait révélé Le Monde (ici et là), plusieurs suspects avaient à leur domicile des armes « toujours détenues légalement », nombre d’entre eux étant des pratiquants de tir sportif ou des amateurs d’airsoft (un jeu d’équipes en plein air avec des répliques d’armes à feu).

      Cette volonté de s’armer fait craindre aux services « des passages à l’acte ». Avant Logan Nisin, il y a eu le précédent du sergent de l’armée de l’air Christophe Lavigne (deux missions en Afghanistan à son actif). En 2013, sa mère prévient la police : elle redoute la radicalisation de son fils de 23 ans. L’ancien militaire est neutralisé en 2013 par la DGSI, qui le suspecte de projeter d’attaquer une mosquée à côté de Lyon. Un an plus tôt, l’ancien militaire avait jeté un cocktail Molotov sur la mosquée de Libourne (Gironde), ce qui lui avait valu une condamnation pour « dégradation d’un lieu de culte en relation avec une entreprise terroriste ».

      En garde à vue, il avait notamment indiqué qu’il voulait créer des émeutes semblables à celles de 2005 en banlieue. Pour le procureur, l’ancien militaire s’était « testé » pour voir s’il était capable de mener « un projet de plus grande ampleur ». En février 2016, Christophe Lavigne est à nouveau condamné, pour “détention d’armes” : des armes et 200 kilos de munitions ont été saisis chez lui et chez son père, lors d’une perquisition administrative dans le cadre de l’état d’urgence. D’après Le Monde, le jeune homme ne figurait sur aucun fichier de renseignement, n’était encarté dans aucune organisation, mais ne cachait pas, sur Facebook, sa sympathie pour la mouvance identitaire.
      Désormais, l’apport de vrais professionnels de la sécurité se fait sentir. La mouvance apprend à mieux cloisonner ses réseaux. Les membres des groupuscules sont invités à protéger leurs communications en ayant recours à des messageries cryptées. « Cette précaution élémentaire réduira à néant la nocivité des taupes qui ne manqueront pas de tenter de s’infiltrer », explique le site d’un de ces groupes. « Attention : on ne joue plus… »

      Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à l’adresse enquete@mediapart.fr. Si vous souhaitez adresser des documents en passant par une plateforme hautement sécurisée, vous pouvez vous connecter au site frenchleaks.fr.

      Depuis octobre 2017, Mediapart a interrogé des représentants des différents services de renseignement dépendants de la place Beauvau ainsi que des sources à l’intérieur de divers groupuscules afin d’établir un état des lieux de cette mouvance. C’est au cours de cette enquête que nous avons découvert, incidemment, l’influence grandissante des membres de sécurité au sein des groupuscules de l’ultra-droite.

      Contacté, Luc Sommeyre, le dirigeant des Réseaux Rémora, n’a pas répondu. Sollicité par l’intermédiaire de son avocat Xavier Nogueras, Christophe Lavigne n’a pas souhaité faire de commentaires. Nous avons cité de longs passages du mail de réponse de l’association des Volontaires pour la France (VPF).


  • Vous entrez dans un théâtre, sur scène une grande table noire, de part et d’autre de la-quelle, deux chaises indiquent qu’il y aura, conformément à l’affiche du spectacle, deux lec-teurs, d’ailleurs leurs deux textes sont posés sur la table au-devant des chaises et sont éclairés vivement dans un rectangle de lumière qui emprisonne parfaitement les deux tas de feuilles, la réflexion des deux tas de feuilles blanches est d’ailleurs le seul éclairage, si ce n’est la lumière rouge d’un écran, au lointain, derrière la table. La sonorisation de la salle de spectacle passe en boucle une chanson d’un autre temps, Smile, chantée par Timi Yuro. Vous vous installez et discutez, ou pas, avec les personnes autour de vous. Ça dure un peu, on vous passe bien cinq fois la chanson, c’est un peu lassant à vrai dire, puis au moment, où cela pourrait presque devenir plaisant, panne d’électricité, toutes les lumières s’éteignent et la chanson est brusquement interrompue. La rumeur autour de vous cesse. Deux ombres viennent s’assoir, l’une à jardin, l’autre à cour. Puis tout d’un coup le vidéoprojecteur envoie une image générique et sombre de la ville de nuit et, avec elle, la sonorisation, elle, crache des coups de feu, des cris, des invectives et pendant cinq minutes le plan fixe de la ville ne bouge pas, il se rapproche d’un immeuble, il y a une vie silencieuse dans des appartements, en revanche la bande-son est insoutenable parce que vous avez compris, assez rapidement, qu’il s’agissait d’un enregistrement aux abords du Bataclan un soir de 13 novembre 2015. Et très franchement, vous seriez en droit de vous demander si on vous a bien regardés, qui sont les personnes qui sont en train de vous imposer ces longues minutes, de les revivre d’une façon spectaculaire, vous êtes à deux doigts de vous lever et de foutre le camp, d’autant que la probabilité n’est pas faible que vous ayez perdu un proche dans les attentats du 13 novembre 2015, ou dans un autre attentat, ou encore que vous connaissiez, parmi vos proches, une personne qui a effectivement perdu quelqu’un dans des conditions tellement éprouvantes et, donc, qui sont les personnes - les deux ombres sur scène - - qui sont en train de faire spectacle de tout et de justement d’un événement pareillement mortifère ? Pour tout vous dire, les deux ombres en question y pensent salement et même redoutent qu’effectivement, vous vous leviez et même que vous les invectiviez et les deux ombres le redoutent tout particulièrement qu’elles trouveraient la chose, votre désertion, vos invectives, parfaitement justifiées et ces deux ombres sont en train de spéculer dans le noir, sans même se regarder, mais elles en ont parlé entre elles, plus d’une fois, et longtemps, de savoir si c’est ce qu’il va se passer ou si, au contraire, elles vont pouvoir s’appuyer sur la confiance du public pour lui dire ce qu’elles ont à vous dire - lire.

    Et pour tout vous dire, les deux ombres en question ne sont pas exactement des professionnels du spectacle, elles ont un putain de trac et cette entrée en matière ne fait qu’ajouter de la peur à leur peur, la peur du public à la leur. Sans compter, répétitions obligent, que cette bande-son les deux ombres l’ont entendue un très grand nombre de fois et que ce n’est pas parce qu’elles l’ont déjà entendue un grand nombre de fois qu’elle fait moins mal à entendre, ce serait plutôt le contraire. De là à vous dire que les deux ombres s’imposent à elles-mêmes ce qu’elles sont en train de vous imposer. Dans la bande-son, la voix angoissée et incrédule d’un journaliste du Monde, voisin du Bataclan, qui, réflexe professionnel, filme au téléphone de poche la petite rue derrière le Bataclan - le passage Saint-Pierre Amelot - par lequel s’échappent des personnes, comme elles peuvent, parmi lesquelles une femme qui explique être enceinte et qu’elle va bientôt lâcher - de la rembarde de fenêtre à laquelle elle s’est suspendue pour s’échapper. Et de fait elle finira par tomber - ici, je préfère tout de suite dire que cette femme est toujours en vie et que son enfant est né quelques mois plus tard. Le journaliste du Monde filme et enregistre sa propre voix, trempée dans l’angoisse qui exige de savoir : « mais qu’est-ce qu’il se passe ? »

    Et maintenant que se passe-t-il ?

    Les deux îlots de lumière éclairent à nouveau les tas de feuille. Une voix off, jeune, en-tame la narration : « Désormais, nous le savons, tout est à recommencer. »

    Si vous avez reconnu l’incipit de L’Étreinte d’Adrien Genoudet, vous avez bon. Et vous vous doutez depuis le début que je suis une des deux ombres et que l’autre c’est celle d’Adrien Genoudet et que nous sommes en train d’entamer la lecture spectacle de l’Étreinte, vous avez bon aussi. Et à vrai dire si vous n’avez pas encore lu L’Étreinte d’Adrien, je ne peux que vous encourager à le faire et vous allez enfin lire quelque chose de sensible, d’intelligent et de cultivé sur le sujets des attentats du 13 novembre 2015, ça devrait vous changer de tout ce que vous avez déjà lu sur le sujet. Le texte d’Adrien va vous prendre par la main, vous emmener partout où la violence a éclos et semé la mort et vous dire d’une très poétique façon que Notre Mal vient de plus loin, pour reprendre le titre d’Alain Badiou. Adrien avec force exemples, comparaisons, métaphores, symboles, citations, bref avec toutes les armes de la littérature, va faire rien moins que de vous dire que pour monstrueux que soient les attentats de novembre 2015, ils ne venaient pas de nulle part, qu’ils étaient en nous, prêts à germer, que notre part inconsciente, mieux encore, notre histoire, et notre culture, portaient tout cela en elles et en nous. Et pour comprendre, entendre de telles atrocités en somme, il va falloir nous faire confiance. Une confiance presque aveugle et qu’en quelque sorte ce qu’on vous a imposé au début de notre affaire c’était une manière, un peu maladroite, de vous demander cette confiance.

    Et aussi invraisemblable que cela puisse paraître à la fin, vous serez remué et retournée ou retourné et remuée. En tout cas pas indemnes. A Rennes, après la première lecture, au foyer, un homme un peu plus âgé que moi est venu me trouver pour me dire que cette lecture lui avait fait prendre conscience que depuis le 13 novembre 2015 il se trompait du tout au tout dans sa lecture de ces faits affreux, et que pour ainsi parler, sur le sujet, on nous raconte beaucoup de carabistouilles, on nous fait avaler des couleuvres.

    Il n’empêche la question des moyens employés subsiste, pourquoi ce début, et d’autres effets - je e vais pas tout vous dire non plus, des fois qu’on le rejoue, notamment le 16 juin à Autun, notez ! - et qui sommes-nous pour nous permettre de tels effets, une telle violence ?

    Nous avons joué deux fois ce spectacle. Les deux fois, pendant tout le début, j’étais au bord de vomir de trac et d’angoisse, et quand c’est à moi de prendre la parole le premier - « Adrien, je viens de lire l’Étreinte que Tiffanie avait mis de côté pour moi » - je peux vous dire que je ne fais pas le fier, en revanche je suis vidé d’une chose, je n’ai plus peur et je vais pouvoir faire ce que j’ai à faire et que je ne sais pas vraiment faire, à savoir lire en public, devant une centaine de personnes, et même - les idées d’Adrien, des fois ! - vous gratifier de cinq dix minutes de complète improvisation sur une guitare électrique, instrument que je maîtrise presque aussi bien que des patins à glace. Bref je suis lancé. Et pour Adrien, c’est un peu pareil, pour lui c’est plus dur que pour moi, ses parties de texte sont plus longues à lire et c’est un peu son texte qu’on est en train de défendre ici. Et lancés, nous avons acquis une forme de légitimité, en tout cas, j’en ai le sentiment, après-coup.

    Et pour tout vous dire une chose qui me donne à moi, pour Adrien je ne sais pas, je pense que cela vient d’ailleurs, cette forme à la fois de légitimité et de courage, c’est que je me dis que je ne pourrais jamais dire quelque chose de plus stupide que tout ce que j’ai entendu de la part des femmes et des hommes politiques de ce pays en commençant par le premier d’entre eux, le précédent président de la République, je sais je l’ai déjà dit, les deux pieds mal assurés sur les décombres du Bataclan, déclarer, faussement martial, que la France est en guerre. Et il s’est dit des choses plus stupides encore, notamment le 14 juillet suivant après les attentats de Nice, quand cet abruti de Guaino - l’homme qui vomit ses électeurs aux dernières législatives perdues par lui - qu’il faudrait installer des lance-roquettes sur des endroits comme la promenade des Anglais à Nice. C’est qu’elle va être belle la promenade des Anglais, ses palmiers et ses lance-roquettes, parfaitement intégrées dans le paysage, Philippe Stark nous fera bien quelque chose.

    Je ne vais pas m’attarder sur le fait que l’état d’urgence décrété en 2015 n’a finalement été levé qu’une fois que ses dispositions avaient été intégrées au sein même du code civil, en revanche je ne doute pas qu’à la prochaine occasion, quand l’état d’urgence sera de nouveau décrété, cela permettra de corser encore un peu plus l’affaire, je crois même que militaires et bleusaille pourront désormais décider d’élire domicile chez qui leur semble bon, peut-être au-rons-ils la politesse d’apporter leurs propres brosses à dents, mais cela ne sera pas tant par politesse mais par souci, sans doute, de ne pas mélanger torchons et serviettes dans leurs petits fichiers de collectes d’ADN. Bref l’état d’urgence c’est maintenant. Surtout, comme l’ont amplement montré les journées du procès de Tarnac, la lutte contre le terrorisme, si fictive soit-elle, c’est en fait le Nord des gouvernements de droite qui se succèdent sur le trône. Ce serait très injuste et incorrect de ma part sans doute de sous-entendre que pendant que d’amples ressources matérielles et humaines étaient dédiées à la surveillance d’un magasin d’épicerie dans un petit village de la Creuse, d’aucuns se radicalisaient, et pas que sur internet.

    D’ailleurs il est désormais loisible de prendre la mesure de cette menace, tout du moins ce que l’on veut bien nous en dire. Vous n’imaginez pas à côté de quoi nous sommes passés. Le journal Le Monde - au sommet sa volonté de nous informer sans doute, ou est-ce de nous pousser dans le gosier des données, graphiques compris, toutes droites pondues et made in ministère de l’Intérieur - nous donne donc le récit, à la fois exhaustif et pléthorique, de tous les attentats manqués ou réussis - leurs mots, pas les miens. Et cela me met dans une colère noire, vous n’avez pas idée.

    Voici désormais les impensés du pouvoir et de leur chambre à écho, la presse.

    À l’antiterrorisme, ils et elles sont trop forts, ils et elles n’arrêtent pas de nous éviter la mort au coin de la rue. Regardez tout ce qu’ils et elles ont déjoué.
    Mais il faut quand même continuer d’avoir peur.
    Grâce à l’état d’urgence, qui fait tellement l’économie de la liberté de chacunes et cha-cuns, on n’a pu déjouer tant et tant d’attentats (dont par ailleurs il est assez difficile de déter-miner le niveau de terreur, quelques empêchements de quitter le territoire national pour des mineurs sont parfois caractérisés, hypothétiquement, comme des évitements de grands mal-heurs, ce qu’ils sont peut-être, c’est possible, mais sont-ce vraiment des attentats déjoués)
    Mais il faut quand même continuer d’avoir peur.
    Lisez bien cette longue liste d’attentats déjoués et vous devriez normalement en trouver un près de chez vous. Elle n’est pas passée bien loin celle-là. Couplez cela avec un peu d’intelligence artificielle et la prochaine fois vous devriez avoir les horaires de passage manqué de la grande faucheuse. Quand on vous dit que l’antiterrorisme est une fiction - je vais finir par leur envoyer mon C.V. d’auteur et donc des compétences à revendre dans le domaine de la fiction, au moins je serais vraiment payer pour de telles compétences qui seraient enfin reconnue à leur insurpassable hauteur.
    Mais il faut quand même continuer d’avoir peur.
    Last but not least, ne perdez jamais de vue, braves gens, que le sujet de préoccupation principale qui doit être le vôtre c’est que le terrorisme est partout - devenez un peu comme Finkielkraut, désolez-vous que Nuit debout détourne l’attention publique de l’islam radical.
    Mais il faut quand même continuer d’avoir peur.

    Est-ce que la logique pure ne pourrait pas nous venir un peu en aide, chers et chères journalistes du Monde, le journal qui décode ? Est-ce qu’un attentat déjoué n’est pas, en soi, un non-événement par excellence ? Et est-ce qu’un non-événement n’est pas une non-information ? Et est-ce qu’une non-information n’est pas, par définition, de la désinforma-tion ? De la fiction ?

    D’ailleurs posez-vous un peu la question, là, tout de suite, de quel fait d’actualité le pouvoir, et ses médias inféodés, aimeraient détourner notre attention, là, tout de suite, maintenant ?

    Je vous aide un peu ou vous trouvez par vous-mêmes ?

    #pendant_qu’il_est_trop_tard


  • Je tombe du lit littéralement
    Pour noter mon rêve, je fais bien
    Celui-là je vais l’oublier

    Sur les bords d’une rivière
    Aux eaux sombres
    Certains traversent, d’autres se noient

    Je compose des haikus
    Au bord d’une rivière
    Mes enfants sont ébahis

    Mais Seijiro Murayama
    Se moque de moi
    Et de mes haïkus

    Et au contraire
    Enseigne à mes enfants
    La beauté du trait sumi-e

    En revanche je remarque
    Qu’il triche un peu en ne faisant
    Que prolonger les traits de photographies

    Rentré à la maison
    J’explore les archives de mon père
    Et découvre tout un passé anarchiste

    Mon père avait fabriqué
    En ingénieur un code incassable
    Pour les échanges de ceux de Tarnac

    Au réveil cependant
    Je suis fort pâle
    Et me fait porter pâle

    Tellement concentré
    Sur la transcription de mon rêve
    Je remarque à peine mes enfants

    Tellement enchanté par hier soir
    J’en oublie presque de m’habiller
    Nu, j’écris en écoutant Seijiro Murayama

    Et m’amuse
    Qu’en rêve
    Il rît de mes haïkus

    Des macaronis
    Aux sardines
    Huile d’olive et sel

    Au BDP
    Je n’ai pas le temps de m’installer
    Arrivent Xavier et Hélène

    A Montreuil, un rapport d’expertise
    S’émeut qu’une usine polluante soit
    Sur le point d’exploser à côté d’une école

    L’école
    Et l’usine
    Restent ouvertes

    Autre exemple de principe de précaution
    Cinq centimètres de neige sur un terrain de rugby
    Les entraînements des enfants sont annulés

    Un jour je serai dictateur
    Et les jours de neige les enfants joueront au rugby
    Conséquence directe envisagée par moi : fin du terrorisme

    Un jour j’écrirai
    Cette démonstration
    Et je la gesticulerai

    Ego : je n’ai pas cessé
    De faire des rêves freudiens
    Cette semaine

    Psy (avisant mon tas de feuillets) :
    « - Vous n’en avez pas de lacaniens ?
    Ego : - Ne faites pas le difficile, attendez de voir »

    Ego : «  - Il y en a quatre
    Et ils se suivent »
    Psy s’arme pour noter, il piaffe, un feuilleton !

    Le premier lui donne déjà
    Du grain à moudre
    « - Le deuxième ? », demande-t-il timidement

    Le deuxième le fait noircir du papier
    « Quelle richesse de détails ! » fait-il, plaintif, presque
    La psychanalyse du type du Désordre !

    Ego : «  - Et il y a les deux autres épisodes »
    Psy fait de grands gestes de dénégation
    On dirait un noyé se débattant dans les vagues

    Le premier que je croyais
    Ne donner qu’une indication d’ambiance
    Me fait pleurer à mesure de l’autopsie

    Je blêmis à l’idée
    D’aborder les trois suivants
    «  - Vous pouvez laisser vos feuillets ici »

    Et Psy range mes rêves
    Dans sa bibliothèque
    Je vois qu’il tique sur le titre du tas

    Faire
    Du mur
    Avec McEnroe

    Dans l’ascenseur
    J’envoie traditionnel message à J.
    « - Des fois on doute de l’utilité, d’autres fois non »

    Sa réponse : « - C’est pour ça que je dis
    Qu’on peut penser arrêter
    Quand on a douté trois fois de suite »

    Je passe à La Friche et prévient que ma demande
    Va être d’une grande imprécision
    Livre écrit par une féministe américaine

    Traitant de la désobéissance civile
    L’auteure a un nom et pas de prénom
    Sur la couverture une manifestation bigarrée

    Le libraire de La Friche
    Starhawk, Chroniques altermondialistes
    Bonne lecture !

    Et j’achète
    Un peu de Poe
    Pour Zoé

    Un peu de Poe
    Pour Zoé
    Qui aimera ça

    Comme Madeleine
    Les frites
    Chez Eugène

    Retour autoradio
    Je me pisse de rire en écoutant
    Ono dit Biot recevant Assouline pour parler Simenon

    Christophe Ono dit Biot
    Pierre Assouline
    Georges Simenon, du lourd

    Ono dit Biot sert la soupe à Assouline
    Assouline nous vante Simenon en génie littéraire
    Une belle brochette de petits maîtres

    OdB : «  ? Vous avez lu tous les Simenon ?
    Assouline : ? Deux fois ! »
    Chuck Norris a compté jusqu’à l’infini, deux fois

    Ono dit Biot, Assouline et Simenon
    On se croirait revenus
    Aux temps de l’ORTF, c’est drôle !

    Rentré à la maison
    Je n’ai pas le temps de m’y mettre
    Émile m’appelle à la rescousse

    Son ton de voix est parfaitement posé et clair
    « J’ai eu une réunion d’orientation qui a dépassé
    Je vais être en retard chez l’orthophoniste »

    Et j’imagine que rien que de très normal
    Sauf que là on parle d’Émile-dans-la-lune
    Je fonce et vais le chercher il est là où il a dit !

    L’orthophoniste est aux anges
    Et elle est extatique quand par ailleurs
    Je lui montre les épreuves de Raffut composées

    « Je vais pouvoir le conseiller
    À mes patients dyslexiques adultes »
    Puis, elle rougit, non ça va, ce n’est pas la Fuite

    Je rentre
    Et je ne trouve toujours
    Pas le temps de plonger dans mes épreuves

    J’aimerais
    Tellement
    Pourtant !

    Nouilles sautées
    Un peu de fromage
    Des poires blettes

    Dans l’attente
    De mon deuxième jeu d’épreuves
    Je parcoure les informations

    Sur l’affaire de Tarnac
    La propension des médias à embrasser la cause
    Après avoir copieusement hurlé avec les loups

    Résistants du mois de septembre
    Féministes Post _#meetoo_
    Autonomes de 2018

    Demain
    Je range
    Le désordre

    #mon_oiseau_bleu