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  • Grève aux urgences : le mouvement prend une ampleur inédite, certains soignants réquisitionnés de force - Sud Ouest.fr
    https://www.sudouest.fr/2019/06/04/greve-aux-urgences-le-mouvement-prend-une-ampleur-inedite-des-soignants-req

    Une crise inédite frappe les services d’urgences depuis plus de deux mois, mais les réponses de la ministre Agnès Buzyn se font attendre

    Le mouvement de grève aux urgences dure depuis plus de deux mois et ne faiblit pas, signe d’un profond malaise. Une manifestation est prévue jeudi à Paris, en plein congrès des urgentistes, où Agnès Buzyn n’a pas encore confirmé sa venue.

    La poussée printanière a pris racine : entamée mi-mars dans un hôpital parisien, la grève des services d’urgences a essaimé dans des dizaines d’établissements partout en France, notamment dans le Sud-Ouest. Au départ, il y a eu l’agression de trop, qui a poussé les infirmiers et les aides-soignants de Saint-Antoine, dans l’est de la capitale, à se mobiliser.

    L’initiative a fait tâche d’huile, d’abord au sein des Hôpitaux de Paris (AP-HP), où les soignants ont créé le collectif Inter-Urgences, qui n’a cessé de s’étendre depuis.

    « On en est à 80 services », a déclaré mardi Candice Lafarge, aide-soignante à Saint-Antoine et membre de ce collectif. À l’AP-HP, après plus de dix semaines de grève, le « taux global de mobilisation » prenant en compte les personnels absents et assignés se maintenait lundi « en-deça de 30% » dans les 25 services concernés, selon la direction.

    Le mouvement, soutenu et encadré par les principaux syndicats hospitaliers (CGT, SUD, FO), s’est cristallisé autour des revendications traditionnelles sur l’augmentation des salaires et des effectifs. Mais derrière l’effervescence, « le malaise est profond et général », observe François Braun, chef de service au CHR de Metz-Thionville et président de Samu-Urgences de France.

    >>> Lire aussi : « En fait, on craque » : paroles d’urgentistes au bord de la crise de nerfs

    L’association avait appelé à un débrayage symbolique de 5 minutes le 28 mai à midi. « Plus de 150 services ont répondu », photos à l’appui, assure-t-il. Soit près du quart des 640 établissements dotés d’une structure d’urgences.

    Ce praticien chevronné confie n’avoir « jamais vu un malaise de cette ampleur » et s’inquiète d’une « démobilisation complète » de professionnels pourtant « très attachés au service public ».
    Un niveau de malaise jamais atteint

    Un nouveau palier a été franchi ces derniers jours, avec une recrudescence d’arrêts maladie chez les soignants. À Lons-le-Saunier (Jura), « des mesures de réquisition de personnels ont dû être prises par le préfet », indiquait la semaine dernière l’Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté. En clair, pour obliger les soignants à se remettre au travail, l’ARS a fait appel aux forces de l’ordre, gendarmes ou policiers, qui viennent déloger les grévistes chez eux.

    Une infirmière, seule à son domicile avec ses enfants, raconte à Médiapart comment elle a été réveillée par les gendarmes en pleine nuit mercredi dernier.

    « Mes enfants ont été réveillés (…) J’étais en larmes, paniquée, en colère. La journée de travail a été terrible : le matin, il y avait une vingtaine de patients en attente d’un lit, pas de médecins, des internes désemparés. J’ai fini la journée en pleurs. Je travaille depuis 11 ans aux urgences, je n’ai jamais été dans cet état. Je suis nerveusement épuisée. Je suis à mon tour allée voir mon médecin pour me faire arrêter. Et en rentrant chez moi, j’ai trouvé les gendarmes, avec une nouvelle réquisition pour le lendemain matin. »

    De son côté, l’ARS pointe simplement un « absentéisme soudain dans un contexte de mouvement social », avant d’en appeler à « la déontologie médicale et (au) sens des responsabilités ».

    À Paris, l’équipe de nuit des urgences de l’hôpital Lariboisière s’est à son tour mise en arrêt maladie et ne s’est pas présentée dans la nuit de lundi à mardi. Pour pallier leur absence, les équipes de jour ont été réquisitionnées et forcées de travailler 18 heures d’affilée. « C’est un tournant historique dans le conflit social. Les personnels en ont tellement marre que, d’un coup, ils renoncent », explique Patrick Pelloux, président emblématique de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).
    Agnès Buzyn déplore le mouvement de grève

    Mais Agnès Buzyn n’en tire pas la même analyse : « C’est dévoyer ce qu’est un arrêt maladie. Je pense que ce n’est pas bien, ça entraîne une surcharge de travail pour les autres », a-t-elle réagi mardi matin sur France Inter.

    Déjà, la semaine dernière, elle avait affirmé qu’il n’y avait « pas de solution miracle tant que nous n’avons pas plus d’urgentistes formés dans notre pays », tout en demandant « un effort considérable dans les hôpitaux pour mieux organiser les urgences ».

    Pour le Dr Braun, « la question des effectifs est un faux problème », car « beaucoup de gens qui se présentent aux urgences devraient être pris en charge ailleurs », soit par les médecins libéraux, soit dans d’autres services hospitaliers.

    « Le diagnostic, on l’a déjà, le traitement on le connaît. On demande qu’on nous décharge la barque »

    La ministre de la Santé est comme chaque année attendue au congrès organisé par Samu-Urgences de France et la Société française de médecine d’urgence, qui débutera mercredi à Paris. Mais l’événement ne figure pas à son agenda diffusé mardi matin. En revanche, une « manifestation nationale » à l’appel du collectif Inter-Urgences partira de Montparnasse vers 13h30, en direction du ministère.

  • Violences policières : la condamnation qui embarrasse la France
    https://www.lepoint.fr/faits-divers/violences-policieres-la-condamnation-qui-embarrasse-la-france-27-05-2019-231

    La Cour européenne des droits de l’homme rappelle que les enquêtes visant la police doivent être menées de manière « rapide, effective et impartiale ».

    C’est une décision dont l’État français se serait bien passé, au moment où le ministère de l’Intérieur est mis en cause pour une série de violences policières, en pleine crise des Gilets jaunes. Dans un arrêt du 23 mai 2019, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) condamne la France pour violation de l’article 2 (droit à la vie) de la Convention dont elle est la gardienne. Le requérant, un homme de 43 ans sur lequel un policier avait tiré après une tentative de vol, obtient 20 000 euros au titre du « dommage moral ».

    En revanche, la CEDH met en cause la manière dont l’enquête a été conduite à la suite de cet événement, que le requérant a voulu présenter comme une « bavure policière ». La Cour pointe, pêle-mêle, la « longueur » de l’instruction (plus de dix ans) et ses nombreuses « irrégularités ». « Les procédures d’enquête concernant l’incident n’ont été ni rapides ni effectives », sermonne-t-elle dans son arrêt. « Dans un premier temps, et alors même qu’il a été blessé par arme à feu, seule une enquête sur les faits reprochés au requérant est déclenchée (…). C’est à sa seule initiative qu’une information judiciaire sera ouverte deux ans plus tard » sur ses blessures, relève-t-elle.

    Saisie du couteau irrégulière, disparition de scellés, absence d’expertise médicale et balistique… La CEDH évoque de nombreuses « lacunes » et « retards » qui « auraient pu être évités » et qui ont eu « des conséquences sur l’effectivité de la procédure devant le juge d’instruction ». Elle regrette encore que, dans un premier temps, l’enquête sur les blessures du requérant ait pu être conduite par le commissariat de Thionville, unité dans laquelle travaillait... le policier mis en cause. « La Cour a déjà conclu à un manque d’indépendance de l’enquête lorsque les personnes qui en sont chargées sont des collègues immédiats de la personne visée », rappelle-t-elle dans son arrêt du 23 mai.

    Tous ces éléments mis bout à bout conduisent la CEDH à conclure que les autorités françaises n’ont pas respecté l’obligation découlant de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme. En conséquence, elle condamne la France pour violation du volet procédural de l’article 2 sur le droit à la vie.

  • Après dix semaines de mobilisation, comment la police analyse le mouvement des « gilets jaunes »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/26/apres-dix-semaines-de-mobilisation-comment-la-police-analyse-le-mouvement-de

    Semaine après semaine, ils ont été au contact des « gilets jaunes », ils ont coordonné le maintien de l’ordre ou ils ont bénéficié des remontées d’information des services de renseignement : alors que l’acte XI de la protestation doit avoir lieu samedi 26 janvier, Le Monde a interrogé des policiers, des gendarmes, des préfets pour comprendre les tendances de fond qui structurent depuis novembre 2018 ce mouvement inédit.

    Au-delà des analyses sociologiques et des chiffres de la mobilisation – imprécis et épars par nature –, nous avons cherché à identifier les grands pôles géographiques du mouvement et les différentes logiques de rassemblement à l’œuvre sur le territoire. Nous avons croisé le regard de gardiens de la paix proches du terrain, d’officiers issus de la hiérarchie intermédiaire, ou de fonctionnaires aux plus hautes responsabilités. Seules les sources syndicales ont toutefois pu être citées nommément, devoir de réserve oblige.

    Deux mouvements parallèles : un la semaine, un le week-end

    De l’avis unanime de nombreuses sources, deux mobilisations parallèles coexistent un peu partout en France, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », le 17 novembre 2018 : la première, la semaine, sur les ronds-points, avec des revendications très sociales ; la seconde, chaque samedi, lors des manifestations, avec des mots d’ordre beaucoup plus antisystème.

    Néanmoins, la mobilisation en semaine, sur les ronds-points, symbole politique initial du mouvement, a fortement évolué ces dernières semaines. « La bascule a été constatée après les fêtes de Noël », précise un fonctionnaire. Les annonces du chef de l’Etat le 10 décembre sur le pouvoir d’achat ont satisfait une partie du mouvement. Les manifestants ont aussi, en parallèle, été progressivement évacués par les forces de l’ordre en raison du caractère illégal de leur occupation. La mobilisation s’est donc reportée sur les rassemblements du week-end, dans les villes.

    Un certain nombre de « gilets jaunes » ont par ailleurs quitté les ronds-points, mais sont allés occuper des terrains de collectivités locales ou de particuliers ayant décidé de les soutenir. Ces « points de fixation », comme les appellent désormais policiers et gendarmes, sont très éparpillés. Ils réunissent un petit nombre de personnes et demeurent essentiellement le fait d’individus en recherche de lien social, parmi lesquels de nombreux retraités, affirme un haut gradé.

    A Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), par exemple, vingt à trente « gilets jaunes » qui étaient les plus engagés se sont installés sur un terrain privé, à une centaine de mètres d’un rond-point d’accès à l’autoroute A51, qu’ils avaient occupé presque sans discontinuer du 17 novembre au 7 janvier, selon Guillaume Ryckewaert, secrétaire national du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). Des ronds-points ou des sorties d’autoroute sont encore occupés régulièrement dans le reste du département et il y a parfois des opérations « péage gratuit », à Peyruis et à Sisteron, avec dix ou vingt manifestants.

    Une protestation rurale qui s’est étendue aux villes petites et moyennes

    A l’origine, le mouvement des « gilets jaunes » part du monde rural. Faute de transports publics, la contestation de la hausse des taxes sur les carburants envisagée à l’automne par le gouvernement y a en effet trouvé un écho particulièrement fort. Mais, au fil des semaines, dans de nombreux départements, les forces de l’ordre ont constaté un report progressif de la mobilisation sur les petites et moyennes villes, avec une extension du conflit à des personnes issues du tissu périurbain.

    « De façon générale, la mobilisation parisienne a servi de prise de conscience, puis il y a eu un report sur la province », confirme un haut responsable de la sécurité intérieure.

    Dans l’Est, par exemple, les grandes villes, comme Besançon, Strasbourg, Metz, ou Reims, sont restées plutôt à l’écart de la crise des « gilets jaunes ». Des tensions sont bien progressivement apparues à Mulhouse. Mais elles sont restées très inférieures à ce qu’ont connu de plus petites villes comme Bar-le-Duc, Dole, Forbach et Thionville, dont certaines sont très paupérisées et marquées au fer rouge par la désindustrialisation. Charleville-Mézières en particulier, a été confrontée à plusieurs épisodes de violences urbaines. Cette montée des tensions tiendrait notamment aux effectifs de police et de gendarmerie. A l’exception de la Moselle, les départements de la région sont moins bien dotés pour faire face à des événements impromptus.

    Dans ce paysage, Nancy, qui est un grand pôle urbain, fait figure d’exception. Les violences ont débuté dès le 17 novembre 2018 et ont eu lieu ensuite chaque week-end. Le 22 décembre 2018, quelque 2 000 manifestants se sont rassemblés, et des fusées de clous et de billes ont été jetées sur les forces de l’ordre. Cette exception nancéienne pourrait s’expliquer par la position centrale de l’agglomération : une ville entourée de territoires plus enclavés, comme la Meuse ou les Vosges, d’où sont venus une partie des manifestants. Cette « régionalisation » du mouvement façon vases communicants a surtout été constatée dans l’Est à partir du 5 janvier.

    Beaucoup de régions ont aussi observé un afflux de manifestants qui avaient initialement pris l’habitude de venir à Paris. Des personnes motivées à l’idée d’agir désormais plus localement, ou contraintes financièrement. Ainsi les autorités ont constaté des niveaux de mobilisation baissant par endroits, tandis que d’autres villes ont pris le relais, comme Nantes ou Rennes, entrées dans le mouvement plus tardivement.

    Toulouse et Bordeaux : deux exceptions épicentres des violences

    Si, en région, les petites et moyennes villes concentrent désormais la mobilisation et les dérapages, deux métropoles échappent aujourd’hui à cette règle : Toulouse et Bordeaux. Les forces de l’ordre sont certes habituées à la « tradition contestataire » d’extrême gauche de la première. Toulouse attire, qui plus est, tous les manifestants des villes lui étant périphériques ainsi qu’un certain nombre de jeunes issus des quartiers sensibles comme le Mirail. Mais le niveau de violence qui se cristallise inquiète désormais au plus haut niveau. Chaque samedi, la mobilisation toulousaine se scinde généralement en deux, avec d’un côté l’action des « gilets jaunes » « classiques », et en deuxième rideau, un « sur-appel à manifester » de l’extrême gauche, qui se prolonge parfois très tard dans la nuit.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Gilets jaunes » : « Un terreau contestataire » fait de Toulouse une « capitale de la colère jaune »

    A Bordeaux, davantage connue pour son flegme bourgeois que pour ses éruptions de fureur, la récurrence des dégradations a davantage surpris les autorités. Le scénario se répète inlassablement chaque semaine depuis le 1er décembre. Le nombre de « gilets jaunes » ne faiblit pas et « pourrait continuer d’augmenter », anticipe même un haut gradé : ils étaient encore 4 000 pour l’acte X, samedi 19 janvier.

    Parmi les casseurs récurrents identifiés par la police, les plus actifs sont les groupes d’extrême gauche, antifascistes et black blocs. Les interpellations montrent que Bordeaux agit comme un aimant pour tout le Sud-Ouest. La plupart des manifestants ne sont pas bordelais et viennent plutôt des départements alentour : des Landes, de Dordogne, de Charente-Maritime, et même des Pyrénées-Atlantiques, à deux ou trois heures de voiture.

    « Chaque fois, c’est pareil, raconte un policier spécialisé dans le maintien de l’ordre en Gironde. Ils se regroupent, ils défilent, en passant par les quartiers les plus favorisés, et vers 17 heures, à la tombée de la nuit, les plus violents arrivent place Pey-Berland, où se situe la mairie. Ils font face aux forces de l’ordre et se mettent à tout dégrader. Ils s’attaquent à ce que représente la ville : un centre riche, entièrement rénové et un maire, Alain Juppé, qui a soutenu Macron. »

    Bordeaux, symbole parfait d’un affrontement de classes qui sous-tendrait le mouvement des « gilets jaunes » ? « L’exclusion, ces dernières années, des petites et moyennes classes sociales a contribué à un sentiment antibourgeois qui se caractérise de temps à autre par des réflexions faites aux habitants aisés du centre de l’agglomération », note un officier de police, pointant les loyers devenus inaccessibles pour les salaires moyens, notamment sous l’effet de l’arrivée, à l’été 2017, de la ligne à grande vitesse, qui place désormais la ville à seulement deux heures en train de Paris.

    Le Sud plus agité que le Nord

    Même si certains militants « gilets jaunes » s’y essayent, difficile d’établir une cartographie très précise du mouvement, aux yeux de nombreuses sources policières. Seule chose évidente : de façon globale, la mobilisation apparaît nettement plus forte dans le sud de la France qu’au nord. Ainsi serait en train de se former une sorte d’arc méditerranéen très virulent, allant des « contreforts pyrénéens à la vallée du Rhône », en passant par Tarbes, Perpignan, Narbonne, Montpellier, Nîmes et Avignon, résume Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du SCSI.

    Une mobilisation parfois violente, qui peut passer inaperçue dans les médias, regrettent certains fonctionnaires. Comme à Nîmes, le 12 janvier, où se sont rassemblés tous les « gilets jaunes » d’Occitanie, soit plus de 1 250 manifestants dont 250 motards. Beaucoup de dégâts matériels ont été à déplorer, notamment sur des banques. C’est dans la région qu’a aussi eu lieu, dans la nuit du 18 au 19 décembre 2018, le spectaculaire incendie de la barrière de péage d’Agde-Bessan (Hérault) sur l’A9. Depuis, plus de 45 personnes ont été interpellées, 18 ont été mises en examen et 12 placées en détention provisoire.

    A l’inverse, le nord de la France, et plus précisément la région des Hauts-de-France, qui cumule sur le papier tous les indicateurs socio-économiques de précarité, apparaît plus en retrait du mouvement. Même si la mobilisation n’y est pas absente – des rassemblements ont lieu régulièrement à Calais (Pas-de-Calais), Laon ou Soissons (Aisne) – « le Nord bouge moins que ce que l’on pouvait imaginer, il y a une forme de “paradoxe” du Nord », confirme David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). « A Amiens, il y a eu deux ou trois manifestations dures, mais depuis, c’est le retour à la normale. »

    Le calme de Roubaix apparaît aussi comme une curiosité à de nombreux observateurs. Ils n’étaient qu’une quinzaine de « gilets jaunes », le 1er décembre, pour leur premier rassemblement… Deux hypothèses pourraient expliquer ce constat, aux yeux d’un cadre des services de renseignement. D’abord le fait que le département du Nord soit globalement assez urbain. Seconde explication possible selon lui : la précarité y est telle que les aides sociales peuvent jouer un rôle d’amortisseur. Le mouvement des « gilets jaunes » demeure majoritairement le fait d’actifs issus de la classe moyenne inférieure.

    Une mobilisation qui demeure très « sporadique »

    S’il donne l’impression d’une grande continuité depuis le début, le mouvement des « gilets jaunes » se traduit localement par un aspect très sporadique et une forte éruptivité. Certaines villes sont ainsi apparues dans les radars des autorités, avec parfois de soudains pics de violences, comme à Saint-Etienne, puis ont disparu, sans véritables explications. A l’ouest, des villes comme Tours, Le Mans, Caen ou Quimper font parler d’elles seulement depuis peu.

    Au Puy-en-Velay, l’attaque de la préfecture le 1er décembre a ainsi laissé de profondes traces. « On ne comprend toujours pas ce qu’il s’est passé, raconte un officier de police local. On s’était préparé pour du maintien de l’ordre, mais on a eu une scène de guérilla urbaine. Et en face de nous, on avait nos voisins ! Il y avait quelques mecs d’extrême gauche et d’extrême droite, mais c’était surtout des quidams, des gens modestes venus de la campagne environnante. Il y a eu un effet de meute, un peu d’alcool aussi sans doute, mais ça ne justifie pas tout. »

    La ville, qui a reçu des renforts en gendarmerie mobile importants par la suite, n’a plus connu de tels épisodes depuis. Les manifestants n’étaient plus que 200 à 300 pour l’acte X, le 19 janvier, alors qu’ils étaient 4 000 le 1er décembre 2018. Les groupuscules des extrêmes se sont eux déplacés dans d’autres villes. « Dans cette région où on a besoin de la voiture pour vivre, la revendication sur les carburants était légitime, mais maintenant il y a une lassitude, sans compter les dégâts économiques pour les commerçants », explique ce policier.
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    L’ultragauche et l’ultradroite, plus aiguillons que moteurs

    Depuis le début du mouvement, les groupes d’ultragauche et d’ultradroite sont visibles dans la plupart des rassemblements qui dégénèrent. Parfois, ils s’affrontent aussi entre eux. Le matin du 1er décembre, jour de l’apogée des violences à Paris, des militants d’extrême droite ont ainsi été vus en train de monter une barricade dans une avenue voisine de l’Arc de triomphe, tandis que des profils identifiés à l’extrême gauche tenaient le pavé sur le terre-plein central. Au fil des week-ends, ces individus se sont toutefois éparpillés sur le territoire, notamment à Nantes, Toulouse et Dijon – où existe un foyer anarchiste historique.

    A Rennes, ville habituée aux soubresauts avec un fort noyau d’extrême gauche, le mouvement des « gilets jaunes » s’est ainsi déroulé dans le calme, les premiers temps. « Ça ne s’est radicalisé que depuis quinze jours, constate David Leveau, secrétaire régional Unité SGP Police FO, l’un des principaux syndicats de gardien de la paix. On a vu ressortir les nids d’ultragauche et les black blocs, alors qu’ils ne se mêlaient pas aux “gilets jaunes” au début. » Les revendications liées au prix des carburants ne correspondaient pas à leur logiciel idéologique, note une source policière haut placée, qui estime que leur ralliement au mouvement est un effet d’opportunité.

    Une évolution sur le terrain dont témoigne aussi un policier de la brigade anticriminalité (BAC) : « Au départ, pendant les premiers samedis, c’était plutôt calme, on avait des contacts avec les manifestants, il y avait même un dialogue : ça nous a surpris vu le climat habituel à Rennes. Mais, maintenant, il y a une montée en puissance de la violence, avec des groupes d’extrême gauche virulents qui profitent de ça pour foutre le bordel. Ils viennent au contact, caillassent et vont se réfugier dans la foule en mettant des gilets jaunes. »

    Une radicalisation préoccupante d’une partie des manifestants

    La polémique sur les violences policières et l’usage du lanceur de balle de défense 40 mm (LBD 40) a également accentué les heurts sur le terrain, témoigne le même policier de la BAC à Rennes : « La violence augmente contre nous parce qu’il y a eu des blessés graves. Il y a beaucoup de “gilets jaunes” qui ont l’impression de ne pas être entendus ou d’être victimes d’interventions policières qu’ils ont du mal à comprendre. Alors ils s’en prennent à des organismes représentant l’Etat, à l’immobilier qui incarne la richesse ou à l’institution police. »
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    Une contestation de l’action des forces de l’ordre qui touche l’ensemble du pays, même dans les zones n’ayant eu à déplorer aucune violence, ni d’un côté ni de l’autre. En Ardèche, par exemple – « où aucune grenade lacrymogène n’a été tirée depuis le début du mouvement », d’après une source policière –, le mouvement, principalement animé par des retraités, s’est durci, rapporte un gardien de la paix présent sur les ronds-points. « Au début, on discutait avec eux. Je me souviens d’une femme âgée à qui j’ai parlé pendant près de deux heures un samedi. Je la recroise un mois plus tard, elle ne me reconnaît pas, et elle se met à m’insulter de tous les noms… »

    David Le Bars, patron du SCPN, le principal syndicat des commissaires, regrette aussi « cette espèce d’accoutumance à la violence verbale » ainsi que « le développement d’une rancœur nourrie d’une semaine sur l’autre dans l’affrontement avec les policiers ». « Beaucoup de violences physiques sont commises par des gens lambda », note un cadre des services de renseignement, qui estime cependant que ceux qui sont le plus actifs aujourd’hui étaient déjà souvent dans une forme de radicalité avant le début du mouvement, avec, par exemple dans le Sud, des pratiques issues des mouvements agricoles ou viticoles.

    Les autorités craignent par-dessus tout que cette radicalisation n’aboutisse à des dérapages fatals. L’interpellation d’un « gilet jaune » équipé d’un pistolet chargé, mercredi 23 janvier, à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), et la découverte chez lui d’un arsenal d’armes ont réactivé la peur d’un passage à l’acte grave.

    Des tentatives de récupération politique mais pas de lien direct avec le vote RN ou LFI

    Le mouvement des « gilets jaunes » est, depuis ses débuts, l’objet de diverses tentatives de récupération politique. Qu’elles soient locales ou le fait de responsables nationaux. Un certain nombre de mots d’ordre du mouvement sont en effet en adéquation avec les thèses de La France insoumise (LFI) ou du Rassemblement national (RN). « Certains militants sont clairement là pour encourager la mobilisation, mais les “gilets jaunes” restent majoritairement un mouvement de citoyens, rappelle un haut fonctionnaire. Ce n’est ni l’ultradroite ni l’ultragauche qui structurent le mouvement. »

    Dans le Sud, il a par exemple été constaté à plusieurs reprises sur des ronds-points que des personnes venant de bords politiques très opposés (RN et LFI) discutaient ensemble sans aucune difficulté, le tout en débattant de leur vote lors du scrutin présidentiel. Un constat qui fait dire aux forces de l’ordre ayant pu assister à ces échanges que les raisons les unissant étaient bien supérieures à leurs divisions politiques.

    Dans certaines régions, récemment, les choses sont certes allées plus loin, avec des tentatives ponctuelles de « phagocytage » du mouvement par des représentants syndicaux ou issus de LFI. Mais celles-ci ont surtout contribué à attiser les tensions et à diviser la mobilisation, estime un commissaire de police parisien qui a travaillé à centraliser les nombreuses informations venant de ses collègues sur le terrain.

    De même, la carte de France du vote RN ou LFI ne se superpose pas clairement avec le mouvement des « gilets jaunes », estiment la plupart des observateurs. La seule zone où cet emboîtement apparaît très visible concerne l’arc méditerranéen, ainsi que Bordeaux, où de nombreux manifestants viennent chaque week-end du Médoc voisin : un territoire très marqué par le vote RN.

    Ce constat général n’empêche pas de trouver des concordances à l’échelle locale. Dans le Pas-de-Calais, début décembre, La Voix du Nord a ainsi réussi à rapprocher la carte des votes RN et LFI au premier tour de l’élection présidentielle 2017 avec celle des rassemblements de « gilets jaunes » dans le département. Aucun systématisme ne se dégageait pour autant.
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    Un mouvement citoyen qui cherche à se structurer politiquement pour durer

    Le mouvement des « gilets jaunes » a compris, avec l’hiver, les vacances scolaires, et les annonces du chef de l’Etat début décembre, qu’il devait s’organiser s’il comptait durer et obtenir plus. D’où son rapprochement récent, par exemple, avec les milieux syndicaux et l’appel à la grève générale, le 5 février, de la CGT. « On est passé d’une logique de sincérité à un besoin de fédération politique, abonde un cadre de la sécurité intérieure. Il ne faut toutefois pas forcément voir dans la structuration actuelle quelque chose d’organisé politiquement. »

    Il y a surtout un besoin « d’auto-justification » du mouvement, selon ce fonctionnaire. Celle-ci passerait aujourd’hui par le besoin de fédérer les rancœurs autour de « personnalités politiques », telles que le président Emmanuel Macron ou le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. Cette nécessité de resserrer les rangs passerait aussi par l’utilisation de la « victimisation », avec un vecteur tout trouvé : les violences policières. Cette « deuxième phase » du mouvement s’appuie enfin beaucoup sur le soutien affiché de l’opinion. Un soutien qui risque de s’effriter mais va sans doute durer sur le long terme, estime un haut responsable de la gendarmerie.

    Une mobilisation très dépendante du charisme des leaders locaux

    Si quelques profils ont crevé l’écran au niveau national, comme Eric Drouet, Maxime Nicolle ou Priscillia Ludosky, ou encore Ingrid Levavasseur, notamment par le biais des réseaux sociaux, le mouvement des « gilets jaunes » doit également sa réussite à l’émergence, parfois éphémère, de leaders ultra-locaux.

    « Souvent, un abcès de fixation prend parce qu’il y a une ou deux personnes qui agrègent les autres et prennent de manière implicite la tête du dispositif », témoigne un policier chargé de dégager des ronds-points.

    Quand l’un de ces chefs de file disparaît, le noyau se disloque en général assez rapidement. Ce cas de figure s’est présenté récemment à Béziers (Hérault), autour de la figure d’une femme. « Depuis son interpellation et sa condamnation à une forte peine de prison avec sursis, il y a un gros flottement sur le secteur », décrypte M. Ryckewaert, du SCSI.

    Mais si certains policiers constatent un étiolement de ce type de blocages, d’autres estiment qu’après avoir atteint son étiage, la mobilisation des « gilets jaunes » est partie pour durer. Un enkystement et une détermination que le lancement du grand débat national par M. Macron ne semble pas encore avoir entamés. « C’est une grande séance de thérapie collective ce débat, c’est bien, mais quand les gens vont se rendre compte à la fin qu’ils ne sont toujours pas soignés, il va y avoir de la frustration », prédit une source policière de haut rang. Si le mouvement des « gilets jaunes » passe l’hiver et notamment la période actuelle de grand froid, les autorités craignent qu’il bourgeonne de plus belle au printemps.

    #maintien_de_l'ordre

  • « Quand William Playfair voulait dépecer la France ! »

    Signalé sur Twitter par Michael Friendly @datavisFriendly

    A little known Playfair map: “A map of France with the proposed divisions”, 1793.

    William Playfair proposes dividing France and giving pieces to its neighbors.

    Found in: John Delaney’s “First X, Then Y, Now Z”, p. 143.

    #cartoexperiement #cartographie #william_playfair #précurseurs #frontières #territoires

  • Victoire du Secours populaire contre le maire F.N. d’Hayange
    https://la-bas.org/4851

    La bête noire du maire F.N. d’Hayange, Fabien Engelmann, c’est le Secours populaire et sa « propagande pro-migrants ». Depuis un an, il avait fait couper l’électricité et le chauffage de l’association qui chaque année vient en aide à un millier de personnes en difficulté. Ce mardi 19 décembre, il a été condamné par le tribunal de grande instance de Thionville.Continuer la lecture…

    #Radio
    http://audiobank.tryphon.eu/casts/dx2ettxa.mp3

  • Régénération de la conurbation sidérurgique du #Val-de-Fensch (#Moselle, France)

    Cet article étudie les dynamiques urbaines des petites villes sidérurgiques de la Communauté d’Agglomération du Val-de-Fensch. Tout en re-contextualisant les mécanismes producteurs de la #ville-usine et de la #ville_dortoir, il souligne les difficultés de maturation des petites villes, notamment face à la #crise_industrielle et à la #contraction_urbaine. Tout en affirmant ses identités, cette conurbation doit requalifier et rénover son tissu urbain dégradé et assurer la reconversion de ses espaces industriels. Sa situation, en périphérie de l’agglomération de #Thionville et à proximité de la petite ville globale de #Luxembourg, l’inscrit de plus en plus au sein d’un archipel urbain transfrontalier.

    https://tem.revues.org/4039
    #sidérurgie #industrie_sidérurgique #urban_matter #villes #géographie_urbaine #rénovation_urbaine #requalification #cartographie #visualisation
    via @ville_en

  • Voyage à l’intérieur du FN
    https://www.lesechos.fr/elections/presidentielle-2017/0211934990404-voyage-a-linterieur-du-fn-2079183.php

    uand il a découvert le slogan de campagne de Marine Le Pen - « Au nom du peuple » - Patrice Hainy a eu envie de crier au « mensonge ». A quarante ans, ce cuisinier au régiment de Thionville, ex-adjoint du maire FN d’Hayange, a tiré de cette expérience une conclusion sans appel : « La gauche et la droite n’écoutent pas le peuple. Au Front national, on passe au stade supérieur : le peuple doit obéir. » Chaque fois qu’elle entend un responsable de son ancien parti dresser un réquisitoire contre le « système », Elisabeth Philippe, élue ex-FN à Marseille, rit jaune : « Le FN se dit hors système, alors qu’il profite du système. C’est un parti comme les autres... et même pire. » A priori, il n’y a rien de commun entre ce Lorrain issu de la CFDT et cette infirmière libérale de cinquante-sept ans, qui s’est longtemps définie comme une « pure et dure » du FN. Rien sauf qu’après avoir vécu l’exercice du pouvoir par ce parti, ils font désormais tout ce qu’ils peuvent pour dissuader les électeurs de voter Marine Le Pen le 23 avril prochain. Ils ne sont pas les seuls.

    « On va réussir à démontrer que les Français pourront nous faire confiance demain pour nous confier le pays », avait déclaré la présidente du FN, juste après la conquête de onze villes par son parti. Selon un comptage fait par l’AFP en septembre dernier, quelque 28 % des conseillers municipaux frontistes élus en mars 2014 ont démissionné, soit plus de 400 défections. C’est beaucoup. Bien sûr, les causes sont multiples : déménagements, rivalités politiques et amateurisme persistant dans la constitution des listes. Mais il y aussi des repentis du FN. Et quelques constantes frappent dans leurs témoignages : au début, l’impossibilité de faire leur travail et l’omniprésence des questions d’argent les troublent, puis ils posent des questions et deviennent alors suspects. La rupture est au bout du chemin.

    #Linfiltré #PhoneStories #FN

  • Quand l’Insee sert d’arme pour attaquer la « France périphérique » de Christophe Guilluy | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/102469/pauvrete-urbaine-guilluy-insee

    On lit aussi dans le quotidien qu’« alors que Christophe Guilluy, pour souligner la fracture entre des métropoles mondialisées et des territoires périphériques laissés pour compte, assurait que la question sociale se concentrait “de l’autre côté des métropoles, dans les espaces ruraux, les petites villes, les villes moyennes, dans certains espaces périurbains”, l’étude de l’Insee montre au contraire une pauvreté limitée dans les communes situées aux portes des grandes aires urbaines ».

    Les articles soulignant à quel point ces données sont supposées invalider les thèses de Christophe Guilluy, notamment développées dans trois essais, L’Atlas des nouvelles fractures sociales (coécrit avec Christophe Noyé), Fractures françaises et La France périphérique, se sont multipliés. Joint par Slate.fr, le géographe, qui ne conteste pas les données de l’Insee, confie son agacement face à cette présentation de sa thèse et à la manière d’opposer les constats de l’Insee aux siens. Pour lui, l’idée sous-jacente est « qu’on entretient sciemment la confusion entre villes-centres des grands pôles urbains et les métropoles pour mieux occulter l’existence de la France périphérique ».

    Car qu’est-ce qu’une « ville-centre » d’un « grand pôle urbain » selon l’Insee ? Il n’est pas inutile de se pencher, même si c’est douloureux pour le crâne, sur le découpage exhaustif du territoire français par l’institut, le zonage en aire urbaine, qui date de 2010 et distingue plusieurs types d’unités urbaines :

    ► Les pôles, où se concentrent les emplois, avec en leur sein une ou des villes-centres et leurs banlieues. Quand ces pôles regroupent au moins 10.000 emplois, on parle de grands pôles urbains. Conséquence : Le Creusot est une commune appartenant à un grand pôle urbain, de même que Roanne, Oyonnax, Bourg-en-Bresse, Périgueux, Bar-le-Duc, Montélimar, Béziers, Villeneuve-sur-Lot, Creil, Laval, Thionville, Beauvais, Arras, Colmar, etc. Cette liste inclut justement des villes qualifiées de fragiles par Guilluy et, oui, ce sont des « villes-centres ». Sauf que lui parle plutôt de « petites villes » et de « villes moyennes », qui, on le voit, font partie des « grandes aires urbaines » dans la typologie Insee...

  • A #Thionville, les coulisses de la #Fraude électorale aux « petits vieux grabataires »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080416/thionville-les-coulisses-de-la-fraude-electorale-aux-petits-vieux-grabatai

    Anne Grommerch, députée maire Les Républicains (ex-UMP) de Thionville. © DR Une enquête judiciaire a décortiqué le système de #procurations frauduleuses obtenues auprès de #personnes_âgées vulnérables, orchestré lors des municipales de 2014 par un flic ripou et deux collaboratrices de la députée maire LR de Thionville, #Anne_Grommerch. Mediapart a obtenu de nouveaux éléments qui contredisent la défense de l’édile, qui avait affirmé ne rien savoir.

    #France #Bertrand_Mertz #Election_municipale #politique

  • Sa photo affichée à tort sur un « mur des voleurs »
    http://www.lequotidien.lu/grande-region/sa-photo-affichee-a-tort-sur-un-mur-des-voleurs

    Un client du supermarché Carrefour contact de Metzervisse, près de Thionville, a découvert sa photo affichée à l’entrée du magasin et le présentant comme un voleur. Une pratique illégale, surtout qu’il n’a rien à se reprocher. Une affaire de « mur des voleurs » a éclaté au supermarché Carrefour contact de Metzervisse. Ce genre d’initiative, prise pour dissuader des voleurs de se servir dans les rayons, n’est pas une première. Dès 2008, un super U de Tarascon s’y était risqué, imité ensuite par un magasin de (...) #surveillance_des_consommateurs #CCTV #vidéo-surveillance #contrôle_social #diffamation

  • Jean-Marie Pelt est parti vers les étoiles
    http://www.reporterre.net/Jean-Marie-Pelt-est-parti-vers-les-etoiles

    L’écologiste et botaniste Jean-Marie Pelt est décédé mercredi 23 décembre. Pionnier de la lutte contre les OGM, merveilleux vulgarisateur, il a toute sa vie raconté combien la nature est indispensable aux sociétés humaines.

    ...

    Figure de l’écologie reconnue par tous, Jean-Marie Pelt s’était rarement associé au mouvement de l’écologie politique. De la politique, il en a pourtant fait longtemps, à Metz, où il fut premier adjoint au maire pendant treize ans, de 1970 à 1983. C’est dans la cité lorraine, à quelques kilomètres de Thionville où il naquit en 1933, qu’il s’est fait une réputation internationale, qui lui vaut notamment le surnom de « Konrad Lorenz du monde végétal » (Lire le portrait de La Croix, en 2009). A Metz, il s’est fait le promoteur de l’écologie urbaine en lançant notamment l’Institut européen d’écologie, en 1971, qu’il a présidé jusqu’à son décès. « Il a fait de Metz une ville-jardin plutôt qu’une ville éventrée par des autoroutes 2x2 voies. Jean-Marie était un homme de terrain, c’est lui qui a créé avec toute son expérience la dynamique de l’écologie urbaine » raconte Denis Cheissoux.

    L’homme s’est cependant le plus souvent tenu en retrait du jeu politique. « C’est vrai qu’il s’en méfiait, il a vu très tôt la dérive des partis écologistes qui ont fait de la politique comme tous les autres – pas du tout autrement », confirme Denis Cheissoux. Cela ne l’a jamais empêché de prendre des positions politiques fortes – encore récemment, sur le projet de Notre-Dame-des-Landes auquel il avait redit son opposition le mois dernier (voir la vidéo ici).

     :(

  • Après les Famas, l’avion de chasse : quand l’armée s’invite à l’école
    http://larotative.info/apres-les-famas-l-avion-de-chasse-1246.html

    Les 9 et 10 octobre, à la faveur d’un « atelier découverte » avec le 40e régiment de transmissions de Thionville, des gamins de 10 ans d’une école primaire de Flastroff découvraient le maniement des fusils d’assaut utilisés par l’armée de terre.

    Le 2 novembre, ce sont des gamins de Loches qui étaient invités à s’extasier devant un avion de combat. Ces élèves avaient été invités à « décorer » un Alpha Jet de l’école d’aviation de chasse de Tours. Dans la NR, on nous explique que c’est un peu « leur » avion, du coup. Et certains se sont vus offrir un baptême de l’air à bord d’un avion-cargo. Commentaire « ému » de l’enseignante :

    « C’est un grand moment, c’est exceptionnel. Comment faire mieux et plus avec ces enfants ! »

    L’avion a survolé deux fois l’école, et un lieutenant-colonel était présent dans la classe pour assurer le volet pédagogique. C’est un avion du même type qui s’est écrasé à Vouvray le 9 décembre dernier, tuant un résident d’un centre d’accueil pour personnes handicapées. Mais de cela, il n’a certainement pas été question.

    Saluons les efforts conjoints des ministères de la Défense et de l’Éducation pour faire aimer la guerre aux gosses. A bas la paix !

  • En Moselle, des enfants manipulent des fusils d’assaut pendant des ateliers « découvertes » à l’école (FranceTV Infos)
    http://www.francetvinfo.fr/societe/des-eleves-manipulent-des-fusils-d-assaut-pendant-des-ateliers-decouver

    Des fusils d’assaut Famas et des pistolets automatiques dans les mains d’enfants de moins de 10 ans. C’est ce qui s’est produit au cours d’ateliers « découvertes dans le cadre du lien armée-nation » organisés par le personnel de la compagnie de réserve du 40e Régiment de transmission de Thionville (Moselle).

    #éducation #école #EMC #lien_armée_nation #éducation_morale_et_civique

  • Les travailleurs frontaliers au Luxembourg, défi permanent de la Lorraine - Lagazette.fr
    http://www.lagazettedescommunes.com/333611/les-travailleurs-frontaliers-au-luxembourg-defi-permanent-de-l

    « C’est galère. Certains matins, je dois partir de chez moi deux à trois heures avant le début de mon travail, alors que normalement cela devrait prendre une demi-heure de trajet », raconte Malika, 35 ans, intérimaire dans la restauration au Luxembourg qui vit près de Thionville (Moselle).

    Mais attirée par les meilleures conditions de travail au Grand-Duché et face au marché de l’emploi sinistré côté français, Malika n’a guère le choix, comme ses proches : « Dans mon entourage tout le monde travaille au Luxembourg », sans pouvoir se payer le luxe d’y habiter.

    #travail #territoire #mobilité #voiture #congestion