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  • Débat : La #foule n’est pas le #peuple

    On a entendu, depuis un mois, beaucoup d’approximations sur ce que la #démocratie est censée être, du côté des #gilets_jaunes et des responsables politiques qui entendent récupérer leur mouvement, mais aussi du côté de certains journalistes et chroniqueurs.

    Au nom du peuple…

    Certains affirment à satiété depuis un mois que « les gilets jaunes sont le peuple ». C’est un raccourci problématique à plusieurs égards. Dans un système démocratique, « le peuple », c’est la communauté formée par l’ensemble des citoyens. C’est une abstraction, un idéal qui permet de penser le vivre en commun.

    Il reste à savoir ce que veut le peuple. Par convention, on peut s’en approcher par le suffrage universel. Aux présidentielles de 2017, rappelons que 37 millions de citoyens se sont rendus aux urnes. On peut insister sur l’importance de l’abstention et du vote blanc et nul, mais 37 millions, cela reste 100 fois plus que les plus importantes mobilisations de gilets jaunes.

    La règle majoritaire est une approximation de ce que « veut » le peuple. En France, pour certaines élections du moins, notamment pour les présidentielles, le mode de scrutin veille à ce qu’une majorité se dégage. Au second tour, on contraint les électeurs à choisir entre deux candidats seulement, de sorte que le vainqueur puisse clamer avoir été élu par une majorité. C’est là encore une illusion, mais les électeurs jouent habituellement le jeu. Ainsi, ils confirment toujours le résultat de l’élection lors des élections législatives, car ils savent que – en France du moins – l’existence d’une majorité claire est indispensable au bon fonctionnement des institutions et à la conduite de l’action publique.

    Certes, cette majorité est un peu artificielle, et Emmanuel Macron a sans doute perdu de vue qu’il a été élu par de nombreux citoyens qui entendaient, avant tout, s’opposer à Marine Le Pen. En outre, la démocratie ne s’épuise pas dans le vote, et la majorité ne peut pas tout imposer. Les citoyens doivent pouvoir s’exprimer entre deux élections. C’est la raison pour laquelle la démocratie garantit le droit de s’exprimer, de s’engager dans un parti, un syndicat ou une association, de manifester, de faire grève, de signer une pétition. Par ailleurs, les droits des minorités doivent être défendus par la Constitution et le droit, et par les autorités.

    Distinguer les revendications légitimes

    En France, la démocratie reste largement fondée sur la représentation. Les mécanismes de démocratie participative jouent un rôle modeste, les corps intermédiaires sont traditionnellement considérés avec suspicion, les juges ont une influence relativement modeste, et les élus ont une grande autonomie d’action. En effet, les députés ne sont pas censés représenter leurs électeurs, mais la Nation, et le Président jouit d’importantes prérogatives, dans une approche de sa fonction très gaullienne, voire bonapartiste.

    La crise des gilets jaunes est sans doute l’occasion de repenser tout cela, et de donner plus de poids à des mécanismes de démocratie participative et délibérative. Elle est aussi une salutaire mise en garde pour les gouvernants qui ont trop fait abstraction de la manière dont certaines mesures ont été perçues par la population. Réforme de l’ISF, baisse des APL, hausse de la CSG pour les retraités, limitation à 80 km/h ou fiscalité sur le gazole sont autant de décisions qui ont suscité de fortes récriminations qui n’ont pas été entendues, au nom de l’idée que le Président avait un mandat clair et un projet pour la France, et qu’il devait garder le cap.

    Il n’en reste pas moins qu’une minorité, même très mobilisée, même bénéficiant d’un soutien de l’opinion publique, ne peut pas se substituer à la majorité et effacer les résultats des élections. Les gilets jaunes sont un mouvement d’ampleur, mais on n’a jamais eu plus de 300 000 personnes dans la rue. La foule n’est pas le peuple et 300 000 personnes ne peuvent pas décider pour le peuple.

    Que faire, en effet, si 300 000 personnes défilent pour demander l’interdiction de la chasse, et si la semaine d’après 300 000 défilent pour demander son maintien ? Quand les opposants au mariage pour tous ont défilé en masse, et durablement, le gouvernement aurait-il dû retirer sa loi ? Comment distinguer les revendications légitimes, qui doivent être prises en compte, des autres ?

    Dans le cas du mouvement des gilets jaunes, le gouvernement aurait dû comprendre plus tôt qu’il était l’expression d’un fort mécontentement chez une partie substantielle du corps électoral. Les premières réactions – ou l’absence de réaction – n’ont fait que mettre de l’huile sur le feu et cultiver chez les citoyens mobilisés l’idée qu’ils étaient déconsidérés.

    Il n’en reste pas moins que, dans une démocratie représentative, on ne peut laisser la rue gouverner, sinon toute réforme – qui fait généralement des gagnants qui s’ignorent et des perdants qui se mobilisent – serait exclue.
    La logique du « tout ou rien »

    En outre, comment intégrer la violence à cette équation ? Une manifestation violente est-elle plus ou moins légitime qu’une manifestation pacifique ? Certains estiment que la violence est un indice du degré de mécontentement des manifestants (de « désespoir », diraient ceux qui les soutiennent) et que le gouvernement doit être plus à l’écoute en cas de débordements. Mais, une fois encore, peut-on gouverner un pays ainsi ?

    Ce qui caractérise le mouvement des gilets jaunes depuis le premier jour, c’est la méconnaissance des règles habituelles de la mobilisation, qui doit opérer à travers un ensemble d’outils démocratiques et pacifiques : pétitions, tribunes dans la presse, manifestations (déclarées et encadrées), contacts avec les élus, grèves…

    Le mouvement avait trouvé, avec le gilet jaune, un marqueur de mobilisation très astucieux : chaque automobiliste français était équipé de cet accessoire visible, facile à porter ou à mettre en évidence sur son tableau de bord. Mais les initiateurs du mouvement ont choisi d’emblée d’opter pour des formes d’action illégales : manifestations non déclarées en préfecture et dépourvues de responsable et de service d’ordre, blocages de routes et de commerces, violences envers les automobilistes récalcitrants et les forces de l’ordre, dégradations et incendies volontaires…

    Ils ont en outre, par principe, refusé de rencontrer les représentants de l’État et cherché à imposer leurs revendications de manière unilatérale, dans une logique du « tout ou rien ». Si n’importe quelle organisation – mouvement politique, syndicat, association, collectif – s’était rendue coupable du dixième des exactions commises par le mouvement des gilets jaunes, elle aurait sans doute été rapidement dissoute.

    En l’espèce, l’impunité règne, car le mouvement n’a pas de structure et de représentants officiels : chacun peut s’improviser porte-parole des gilets jaunes auprès de médias très complaisants, sans endosser la moindre responsabilité, ou se livrer à une surenchère sur les réseaux sociaux.

    La question de la violence, nœud du #conflit

    Certains commentateurs relativisent cette violence structurelle. Ils opposent la violence du gouvernement, qui étrangle de taxes les classes laborieuses et fait montre d’arrogance, et celle des manifestants. Ils comparent les débordements des gilets jaunes à ceux des supporters de foot les soirs de victoire ou à ceux du Nouvel An. Ils renvoient dos à dos casseurs et forces de l’ordre. Le citoyen qui se promène aujourd’hui dans les rues désolées de Paris, Bordeaux, Saint-Étienne ou Toulouse, entre carcasses de voitures brûlées, barricades et devantures de magasins défoncées, pourra difficilement considérer que ce ne sont que les inévitables effets collatéraux d’un mouvement fondamentalement non violent.

    La question de la violence est le nœud de ce conflit. Elle en constitue alternativement la légitimité (« Il faut prendre en compte les revendications de ces gens en colère ») et l’illégitimité (« On ne cède pas aux casseurs et aux factieux »). Car, sitôt que le pouvoir accède à des revendications exprimées avec violence – et le gouvernement n’a eu d’autre choix que de le faire, pour que la pression retombe –, on encourage d’autres groupes sociaux à adopter des comportements inciviques et délictueux.

    Pourquoi faire grève des semaines durant ou se réunir pacifiquement – à la manière du mouvement Nuit debout – pendant des mois sans rien obtenir si, en mettant à sac les Champs-Élysées ou en incendiant une préfecture, l’on provoque un recul immédiat du gouvernement ? La manière dont certains lycéens se sont récemment « mobilisés » – en brûlant des voitures et en s’équipant pour en découdre avec les forces de l’ordre – montre que le recul face à la violence crée des effets de contagion difficilement contrôlables.

    Les sondages, un outil à manier avec prudence

    Les partisans des gilets jaunes argueront que le gouvernement n’a pas cédé à la violence, mais à l’opinion publique. Que les sondages établissent que les citoyens ont pris fait et cause pour les gilets jaunes, contre le Président. Mais qu’en est-il réellement ? D’abord, que veut dire « soutien aux gilets jaunes » ? On ne reviendra pas ici sur l’inanité de certains sondages. Interroger les gens sur leur comportement passés ou futurs (« pour qui avez-vous/allez-vous voter ? » ou sur leurs préférences « quelle est votre sensibilité politique ? ») a du sens, mais interroger les gens sur des questions vagues ou très complexes, donne des résultats qui doivent être considérés avec prudence.

    Éprouver une forme de sympathie pour des citoyens qui protestent contre la hausse des taxes, réclament plus de pouvoir d’achat et de services publics, s’élèvent contre des réformes impopulaires, et dénoncent le mépris des élites, ne revient pas à valider l’ensemble de leurs revendications ou à souscrire à un changement de pouvoir ou de régime.

    On rappellera alors que 80 % des Français désapprouvent l’action du Président. Mais qui peut se dire satisfait de son action alors que la France vit une situation insurrectionnelle, que les citoyens sont empêchés de circuler à leur guise ou de travailler, que les chaînes de télévision passent en boucle des images de guérilla urbaine ? Le citoyen de bonne foi ne peut que constater que le Président s’y prend mal pour gouverner le pays.

    Pour autant, est-ce que les 80 % de sondés seraient prêts à porter Jacline Mouraud ou Éric Drouet au pouvoir, ou l’un des leaders de l’opposition ? Jean‑Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Olivier Faure soufflent sur les braises depuis le début du mouvement, en espérant tirer leur épingle du jeu et rejouer la présidentielle, mais les citoyens ne sont pas dupes : les sondages les plus récents montrent qu’aucun ne tire bénéfice du mouvement et ne constitue une alternative politique crédible.
    Une vaste majorité attachée aux institutions et à la paix sociale

    Nul ne sait où va ce mouvement. La mobilisation est numériquement en baisse, mais les plus radicaux pensent leur heure venue et ne vont sans doute pas relâcher la pression. Les échauffourées ne sont plus le fait de gilets jaunes, mais d’extrémistes, de casseurs et d’opportunistes.

    Les chercheurs en sciences sociales n’aiment pas faire de prédictions : ils sont scientifiquement mal équipés pour cela et préfèrent plus prudemment « prédire le passé », en analysant le déroulement d’événements dont on connaît l’issue. On peut néanmoins penser que, à ce stade du mouvement, l’opinion publique va se retourner.

    L’émotion passée, les citoyens français, dont la vaste majorité est attachée aux institutions, à l’ordre public et à la paix sociale, s’entendront sans doute pour considérer qu’une insurrection hebdomadaire n’est pas le moyen le plus sûr d’améliorer le sort des Français, et que le coup de semonce à l’endroit du gouvernement était suffisant. Désormais, rares sont les personnalités et les acteurs de la société civile qui affichent leur soutien à un mouvement marqué par une ligne politique confuse, par sa fascination pour la violence et par son refus de la négociation.

    Les Français ont, dans un premier temps, largement approuvé les gilets jaunes parce qu’ils partageaient leurs revendications, étaient déçus par le gouvernement ou manifestaient une certaine sympathie pour un mouvement inédit. Certains étaient sans doute aussi mus par une forme de suivisme, de culpabilité de classe, de griserie médiatique ou de romantisme révolutionnaire. D’autres refusaient d’afficher leur soutien à un gouvernement sourd aux revendications, et désapprouvaient le discours de ceux qui affichaient leur mépris pour cette mobilisation populaire ou dénonçaient un peu rapidement la « peste brune ».

    On rappellera aussi que le mouvement des gilets jaunes n’a, initialement, guère laissé le choix au quidam. Face à un barrage, il était contraint, plus ou moins aimablement, d’enfiler son gilet jaune, de prêter allégeance à la cause, d’y contribuer éventuellement par une obole, afin de pouvoir aller travailler ou conduire ses enfants à l’école. Nombreux étaient les automobilistes qui arboraient un gilet jaune dans leur véhicule, « au cas où ».
    « Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation parut ainsi l’opinion de tous… »

    Face à ces pressions, face à la quasi-unanimité des responsables politiques, des commentateurs et des leaders d’opinion, il semblait difficile pour le citoyen de faire part de ses doutes. Mais, sauf à penser que l’électorat modéré, qui a dominé les élections l’an passé, s’est subitement volatilisé ou a radicalement changé d’orientation politique, on peut faire l’hypothèse qu’une partie des citoyens a dissimulé ses préférences.

    Il y a près de deux siècles, Tocqueville avait révélé les falsifications auxquelles pouvaient conduire certaines contraintes, en prenant l’exemple du sentiment religieux durant la Révolution française. Selon lui, les pressions qui s’exerçaient sur les croyants, qui jugeaient malvenu d’exprimer leur attachement au christianisme, avaient fait apparaître l’opinion publique comme antireligieuse, alors qu’elle ne l’était pas.

    Ce phénomène s’entretenait de lui-même, la faiblesse supposée du nombre des croyants au sein de la société française les incitant à continuer de taire leurs convictions :

    « Ceux qui niaient le christianisme élevant la voix et ceux qui croyaient encore faisant silence, il arriva ce qui s’est vu si souvent depuis parmi nous, non seulement en fait de religion, mais en tout autre matière. […] Ce qui n’était encore que le sentiment d’une partie de la nation parut ainsi l’opinion de tous, et sembla dès lors irrésistible aux yeux mêmes de ceux qui lui donnaient cette fausse apparence. » (De la démocratie en Amérique. Laffont, p. 1045)

    https://theconversation.com/debat-la-foule-nest-pas-le-peuple-108487
    #terminologie #mots #vocabulaire

    #violence


  • « La pacification de l’Algérie n’a pas été un long fleuve tranquille, bien au contraire » – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/07/la-pacification-de-lalgerie-na-pas-ete-un-long-fleuve-tranqu

    Mohsen Abdelmoumen : Vous avez écrit « Coloniser. Exterminer ». D’après vous, l’Algérie a-t-elle été un laboratoire colonial ?

    Dr. Olivier Le Cour Grandmaison : Oui, on peut effectivement considérer que l’Algérie a été une sorte de laboratoire pour l’élaboration d’un certain nombre de techniques de la guerre que l’on peut qualifier de guerre contre-révolutionnaire et de techniques répressives, notamment après la nomination de Bugeaud au poste de gouverneur général de l’Algérie en 1840. La nomination a pour objectif de mener à bien ce que les militaires et les responsables politiques de l’époque nomment déjà « la pacification de l’Algérie » et pour ce faire, le général Bugeaud va employer un certain nombre de méthodes de guerre et de techniques répressives parmi lesquelles les razzias dont il faut préciser qu’elles débouchent parfois sur la destruction de villages et d’oasis entiers, l’objectif étant d’expulser les populations « indigènes », comme on le dit à l’époque, et, comme cela se dit aussi très couramment, de procéder ainsi au refoulement des « Arabes », de les chasser des territoires qu’ils occupaient jusqu’à présent de façon à pouvoir faire en sorte que les Européens en général et les Français en particulier, les colons, puissent s’installer dans un environnement « pacifié ». Par ailleurs, on sait, et c’est parfaitement établi, que le général Bugeaud a également contribué à développer des techniques répressives comme l’internement administratif et la responsabilité collective qui vont être utilisés par la suite sous la IIIe République lors de la construction de l’empire entre 1881 et 1912 et enfin lors de la dernière guerre d’Algérie, à partir du 1er Novembre 1954 et jusqu’en 1962. Des officiers supérieurs de l’armée française vont rendre des hommages tout à fait officiels au général Bugeaud qu’ils considèrent comme un père fondateur des guerres coloniales.

    Je trouve qu’il y a une similitude entre le sort du peuple algérien et celui des Amérindiens. Ne pensez-vous pas que les deux ont subi une extermination d’État ?

    Il faut préciser tout d’abord que jusqu’en 1945, le terme « extermination » n’est pas du tout synonyme de « génocide » qui désigne les massacres de masse. Il est utilisé effectivement par des philosophes écrivains et par des écrivains, je pense en particulier à Tocqueville qui parle en effet d’extermination à propos des Indiens d’Amérique. Je pense à Émile Zola qui parle d’extermination à propos de la Commune de Paris. On peut et on doit d’ailleurs établir un parallèle, ce qui ne veut pas dire forcément que tout est similaire, mais effectivement entre les méthodes de conquête coloniale développées par la France en Algérie et le processus d’expansion de la démocratie américaine à l’Ouest des États-Unis, dans les deux cas en effet, les populations autochtones ont été refoulées, exterminées, c’est-à-dire massacrées en masse et privées de tout ou partie de leur territoire.

    Tous vos ouvrages sont extrêmement intéressants et référentiels. Ainsi, dans votre livre La République impériale, vous évoquez le concept d’impérialisation des institutions. Que pouvez-vous nous dire à propos de ce concept ?

    En ce qui concerne le concept d’impérialisation que j’ai forgé, il s’agissait pour moi de rendre compte des effets de la construction de l’empire sur la IIIe République, donc entre 1881 et 1912, sur les institutions à la fois politiques, académiques, et universitaires de la IIIe République, mais aussi sur les différentes sciences qui ont progressivement émergé et notamment ce qui va assez rapidement s’appeler les sciences dites « coloniales ». On s’aperçoit en effet que précisément parce que la France est devenue très rapidement la seconde puissance impériale du monde, il a fallu mettre en place un certain nombre d’institutions politiques et juridiques en métropole, dont la fonction est de gérer les territoires et les populations de l’empire, et il a fallu également développer un droit particulier, le droit colonial, et développer des sciences singulières et spécifiques, les sciences dites coloniales qui sont doublement coloniales, une première fois parce qu’elles prennent pour objet les colonies et les populations qui y vivent, et une seconde fois parce qu’au fond, ces sciences coloniales ont pour objectif d’aider les responsables de la IIIe République de mener à bien la gestion des populations indigènes, comme on le dit à l’époque.

    Ne pensez-vous pas que le Code de l’indigénat est une aberration ?

    Il faut rappeler que le Code de l’indigénat a été mis en place en 1875 et n’a été véritablement aboli qu’à la Libération, et rappeler que c’est un code qui réunit un certain nombre de dispositions d’exception discriminatoires et racistes. C’est évidemment très important de le préciser puisque ce code, comme son nom l’indique d’ailleurs, n’est appliqué qu’aux seuls indigènes algériens, et plus tard aux seuls indigènes de l’empire. Il faut rappeler aussi que son caractère exceptionnel, les contemporains en étaient parfaitement conscients puisque certains d’entre eux, y compris ceux qui étaient favorables à ce code, ont nommé ce Code de l’indigénat « monstre juridique ». Parce qu’effectivement, il contrevient à tous les principes républicains et à tous les principes démocratiques garantis et établis en métropole mais qui, dans les colonies, sont violés de façon substantielle entre autres par ce Code de l’indigénat et un certain nombre d’autres dispositions d’exception du droit colonial.

    Dans votre livre « De l’indigénat : Anatomie d’un monstre juridique », vous introduisez la notion de racisme d’État. Que pouvez-vous nous dire à propos de ce racisme d’État ?

    En ce qui concerne le racisme d’État, il me paraît parfaitement établi d’une part dans le droit colonial qui est un droit de part en part raciste et discriminatoire, qui repose fondamentalement sur une représentation du genre humain hiérarchisée et sur la thèse – partagée par beaucoup – selon laquelle les peuples et les races inférieurs de l’empire ne sauraient être soumis à des dispositions démocratiques et républicaines équivalentes à celles qui sont établies en métropole. Et par ailleurs, pour revenir au Code de l’indigénat, on est parfaitement en droit et l’on peut considérer que l’un des monuments de ce racisme d’État, c’est évidemment le Code de l’indigénat auquel il faut ajouter le principe de la responsabilité collective appliqué jusqu’à la Libération, ainsi que l’internement administratif et toute une série de dispositions qui, une fois encore, sont des dispositions d’exception qui ont été votées par les parlementaires sous la IIIe République et qui ont perduré jusqu’à la Libération et n’ont été abolies qu’à ce moment-là.

    Vous avez aussi écrit « L’empire des hygiénistes » dans lequel vous dites que même la science était mise au service du colonialisme. Pourquoi les scientifiques et les écrivains nous ont-ils refusé d’être des humains et d’avoir une histoire et une civilisation ?

    Effectivement, pour beaucoup de contemporains de la IIIe République, à la fin du XIXe et au début du XXesiècle, qu’ils soient savants, ethnologues, historiens, responsables politiques, tous ou beaucoup d’entre eux partagent une même conviction qui est la suivante : les Arabes et les musulmans appartiennent certes à une civilisation mais à une civilisation qui est considérée non seulement comme inférieure mais également dangereuse, c’est pourquoi il est impossible de lui appliquer des dispositions institutionnelles, politiques et juridiques, équivalentes à celles qui valent en Europe. C’est pourquoi aussi il est nécessaire d’établir un État colonial que l’on peut et que l’on doit qualifier d’état d’exception permanent avec, évidemment, un certain nombre de dispositions juridiques qui sont cohérentes avec cet état d’exception permanent. Et donc, au cœur de l’ensemble de ces représentations et institutions, il y a cette conviction d’un genre humain hiérarchisé, les Arabes et les musulmans se trouvant dans une position intermédiaire, supérieure à ceux que l’on qualifie de « sauvages » – et l’incarnation la plus emblématique du sauvage à l’époque, c’est le noir – et évidemment inférieur aux Européens qui pensent occuper le sommet de la hiérarchie des races, des peuples, et des civilisations.

    L’Algérie revient souvent dans la sémantique pour désigner « l’ennemi ». D’après vous, la France a-t-elle guéri de son passé colonial ?

    Je ne pense pas que la France soit particulièrement guérie de son passé colonial. J’en veux pour preuve notamment, que comparativement à d’autres anciennes puissances coloniales, c’est vrai pour la Grande-Bretagne, c’est vrai pour l’Allemagne, pour une part aussi des États-Unis, du Canada, de la Nouvelle Zélande et de l’Australie, et relativement au sort indigne qui a été réservé aux populations dites autochtones, la France jusqu’à présent, par la voix des plus hautes autorités de l’État, n’a jamais véritablement reconnu les crimes coloniaux commis en Algérie depuis l’occupation d’Alger en 1830, pas plus d’ailleurs que la France n’a reconnu les crimes coloniaux commis dans l’ensemble des territoires de l’empire sous la IIIe République, et de ce point de vue-là, contrairement à l’image que cherchent à donner les responsables politiques de droite comme de gauche, en ces matières, la France n’est pas à l’avant-garde, elle occupe au contraire le dernier wagon de queue.

    La reconnaissance de l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française n’est-elle pas une diversion d’Emmanuel Macron pour ne pas reconnaître la souffrance de tout le peuple algérien ?

    En ce qui concerne la reconnaissance par Emmanuel Macron du sort tragique qui a effectivement été réservé à Maurice Audin, arrêté, torturé, et « disparu » par la faute militaire, il faut dire deux choses : d’une part, pour la famille d’Audin, pour la vérité et la justice, c’est évidemment un pas très important, reste effectivement que l’on peut dire qu’il y a, au-delà de la personne de Maurice Audin, des dizaines de milliers, sans doute, de Maurice Audin algériens, français musulmans d’Algérie, pour lesquels, pour le moment, il n’y a aucune déclaration officielle des plus hautes autorités de l’État. Et d’ailleurs, la déclaration d’Emmanuel Macron est tout à la fois contradictoire et oublieuse. Contradictoire justement parce qu’il qualifie la torture en Algérie de systématique, mais si elle est systématique, alors il faut reconnaître qu’elle a été employée bien plus largement et cela exigerait effectivement une déclaration générale relativement à celles et ceux qui ont été arrêtés de façon arbitraire, torturés et qui sont, jusqu’à ce jour, portés disparus. Par ailleurs, cette déclaration est oublieuse aussi parce qu’à aucun moment celles et ceux qui ont rédigé ce texte, et Emmanuel Macron qui en porte la responsabilité politique, n’ont utilisé cette qualification juridique de « crime contre l’humanité » alors même que nous savons que la disparition forcée est bien un crime contre l’humanité. En ce qui me concerne, je pense qu’il ne s’agit pas d’un oubli, il s’agit d’une volonté tout à fait assumée afin d’éviter d’une part un tollé de la droite et de l’extrême-droite, et sans doute aussi d’éviter des actions contre l’État français dans la mesure où l’une des caractéristiques essentielles du crime contre l’humanité, c’est d’être imprescriptible.

    Dans la même semaine où il reconnait l’assassinat de notre camarade Maurice Audin, Emmanuel Macron rend hommage aux harkis. J’ai parlé un jour avec le général Meyer et je lui ai dit que l’affaire des harkis était une affaire franco-française et il m’a concédé que la France avait abandonné ses soldats, les harkis, n’ayant pas l’intention d’embarquer tout le monde. Pourquoi les responsables politiques français nous sortent-ils les harkis – qui ne concernent que la France puisque ce sont des soldats supplétifs qui ont choisi la France – à chaque fois que l’on parle de l’Algérie ?

    Parce que, fondamentalement, ces affaires de reconnaissance, du point de vue d’Emmanuel Macron et des responsables politiques antérieurs, notamment François Hollande, sont moins un souci de vérité qu’un souci politique visant à plaire à une partie de leur électorat et à ne pas s’aliéner certains électeurs français, d’où cette impression effectivement que le chef de l’État satisfait certains à gauche et satisfait ensuite certains à droite.

    Notamment les Pieds noirs.

    Et ce qui en pâtit à chaque fois, c’est évidemment une reconnaissance plus globale et un souci plus précis et particulier de la vérité historique et de la reconnaissance que cette vérité historique impliquerait.

    C’est-à-dire que la victime de cette instrumentalisation électoraliste est la vérité historique ?

    C’est à la fois la vérité historique et à la fois celles et ceux qui ont été victimes des violences coloniales, leurs descendants et les héritiers de l’immigration coloniale et postcoloniale qui sont bien forcés de constater une fois encore qu’ils sont victimes d’une discrimination mémorielle et commémorielle.

    Vous êtes président de l’association 17 Octobre 1961 contre l’oubli, pensez-vous que cette date est connue du peuple français ?

    Cette date commence à être connue plus largement en effet grâce à la mobilisation de très nombreuses associations de partis politiques et d’organisations syndicales qui, à chaque date anniversaire, le 17 octobre, et encore il y a quelques jours le 17 octobre 2018, se réunissent au Pont St Michel, mais il y a également des rassemblements dans plusieurs villes de banlieue et en province qui ne se contentent pas de commémorer mais d’exiger que des reconnaissances soient faites, d’exiger aussi l’ouverture des archives, exiger enfin la construction d’un lieu de mémoire à la mémoire de ceux qui ont été arrêtés, massacrés, torturés et assassinés le 17 octobre 1961, dans les jours précédents et dans les jours qui ont suivi cette date sinistre, ce qui fait qu’effectivement, une partie de l’opinion publique sait ce qui a été perpétré à l’époque par la police française qui agissait sous les ordres du préfet de police de l’époque Maurice Papon.

    Je n’ai jamais compris pourquoi on nous appelait « les musulmans » au lieu de dire « les Algériens ». Pourquoi la France coloniale nous a-t-elle refusé notre algérianité et nous renvoyait-elle vers une confession ?

    Pour des raisons, me semble-t-il, qui ne sont pas forcément simples mais qui sont aisées à comprendre. Qualifier les populations indigènes et les populations autochtones d’Algériens, comme on l’a vu après 1945, entraînait quasiment immédiatement la reconnaissance du peuple algérien. C’est exactement ce que les responsables de la IVe République, qu’ils soient de gauche ou de droite, ne voulaient pas, d’où effectivement l’appellation tout à fait singulière de « Français musulmans d’Algérie », d’autant plus singulière sous la IVeRépublique que celle-ci venait de rappeler qu’elle condamnait toute discrimination de quelque origine que ce soit, or, à l’évidence, l’appellation « Français musulmans d’Algérie » visait à distinguer au sein de celles et ceux qui vivaient en Algérie, une catégorie particulière, de la distinguer des Français venus de métropole et, au fond, de constituer ces Français musulmans d’Algérie comme un corps spécifique d’exception sur lequel va s’appliquer, après le déclenchement de la Guerre d’Algérie, de nouveau, hélas, des dispositions et des principes d’exception, dispositions juridiques et pratiques d’exceptions relatives à la guerre et contre-révolutionnaires.

    Nous sommes là, je pense, au cœur du concept « racisme d’État ».

    C’est l’une des manifestations, effectivement, du racisme d’État et qui va perdurer sous la IVe et sous la VeRépublique au moins jusqu’à 1962.

    Le colonialisme n’est-il pas une aberration ?

    Ce jugement peut être porté de façon rétrospective sans doute, mais du point de vue des contemporains, le colonialisme n’était pas du tout pour eux une aberration, c’était au contraire un moyen absolument essentiel, et notamment pour les fondateurs de la IIIe République et pour la France en particulier, de rétablir la France comme grande puissance européenne parce que grande puissance coloniale et, pour eux, il s’agissait donc d’une entreprise à laquelle ils accordaient la plus grande importance parce qu’ils étaient convaincus que c’était la seule façon d’éviter une décadence à la fois économique, sociale, politique, de la France, comparativement aux autres États européens et de cela, ils étaient extrêmement fiers puisque ce sont les républicains qui ont permis à la France de devenir la seconde puissance impériale du monde. Et donc, d’un point de vue économique, politique, et géopolitique, pour eux et à leurs yeux, ce n’était absolument pas une aberration mais une nécessité nationale, internationale et géopolitique.

    D’après vous, pourquoi le mensonge est-il structurel dans l’histoire coloniale ?

    Il l’est en partie parce qu’un certain nombre de dispositions juridiques et de dispositions répressives, de techniques de répression et de techniques de guerre sont évidemment absolument contraires aux principes républicains et aux principes démocratiques. D’où la nécessité, pour éventuellement occulter ces contradictions, de forger un grand récit impérial républicain qui est évidemment un grand récit mythologique et, dans les cas les plus graves, de forger ce qu’il faut effectivement appeler un véritable mensonge d’État. Je pense à deux événements particulièrement terribles : les massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata et, évidemment, même si les massacres sont beaucoup moins importants, au massacre du 17 octobre 1961 pour lequel va être forgé, effectivement, ce qu’il faut bien appeler un véritable mensonge d’État tendant à accréditer l’idée que ce sont les manifestants pacifiques appelés par le FLN qui portent la responsabilité des morts et à minimiser de façon très spectaculaire le nombre de morts algériens à l’époque, par conséquent, à minimiser aussi la responsabilité de l’État en général et de Maurice Papon en particulier.

    À propos de Maurice Papon, ne pensez-vous pas qu’il est un criminel contre l’humanité ?

    Il faut tout d’abord rappeler que Maurice Papon a effectivement été condamné pour complicité de crimes et de génocide en raison de ses responsabilités pendant la période de Vichy. Relativement au 17 octobre 1961, il faut rappeler et ce sera une façon de lui rendre hommage, qu’un certain nombre d’avocats et notamment Maître Nicole Dreyfus considéraient que les massacres du 17 octobre 1961 étaient constitués d’un crime contre l’humanité et qu’à ce titre, Maurice Papon portait une responsabilité politique, policière et personnelle écrasante et qu’on était en droit effectivement de considérer qu’il avait commis là un crime contre l’humanité.

    La responsabilité de François Mitterrand est aussi établie, notamment dans l’affaire Fernand Iveton, notre camarade qui a été guillotiné. Mitterrand était Ministre de la Justice à l’époque et a refusé sa grâce. N’est-ce pas toute l’administration française qui est impliquée dans la politique répressive ?

    En ce qui concerne le 17 octobre 1961, Mitterrand n’est pas aux affaires. Ceux qui sont impliqués sont le ministre de l’Intérieur Roger Frey, le Premier ministre Michel Debré, mais, vous avez raison, je n’oublie pas les responsabilités de François Mitterrand en tant que ministre sous la IVe République, et qui a déclaré que la France s’étendait de Dunkerque à Tamanrasset et, effectivement, sa responsabilité dans l’exécution d’un certain nombre de militants du FLN et, comme vous l’avez cité précédemment, de Fernand Iveton.

    Aujourd’hui, l’Algérie fait face comme certains autres pays, à un néocolonialisme déchaîné ; je pense à l’attaque de l’OTAN sur la Libye, de la déstabilisation de la Syrie, etc. D’après vous, toutes ces guerres ne sont-elles pas une continuation des guerres coloniales ?

    Il y a effectivement des phénomènes de continuité entre le passé colonial de la France et un certain nombre de ses interventions militaires actuelles assurément, mais il y a aussi des phénomènes de discontinuité et dans un certain nombre d’États africains et anciennes colonies françaises, qui se trouvent dans un état économique, social et financier absolument catastrophique, on ne peut pas exempter les responsables de ces États de leurs responsabilités. Ils portent une responsabilité première et on pourrait ajouter que la France est souvent complice de l’état dans lequel se trouvent ces pays.

    Il y a un courant révisionniste sur les deux rives de la Méditerranée, en France et en Algérie, qui veut blanchir le colonialisme. Ne pensez-vous pas que ces personnalités qui ont pignon sur rue poursuivent l’œuvre de nombreux intellectuels tels que Victor Hugo, par exemple, en prétendant que le colonialisme était un bienfait ? Comment expliquez-vous le retour du révisionnisme en Algérie et en France ?

    Pour ce qui est de la France, il faut rappeler que cette offensive du révisionnisme de l’histoire coloniale débute notamment avec la loi du 23 février 2005, qui est une entreprise politique et juridique de réhabilitation sans précédent du passé colonial français, et rappeler que contrairement à ce que beaucoup pensent encore aujourd’hui, cette loi n’a toujours pas été abrogée et donc, on est en droit de considérer que cette loi est une loi scélérate parce qu’elle porte atteinte à des droits et à des principes démocratiques élémentaires et notamment un principe démocratique élémentaire qui est que l’État, quelle que soit sa nature et à fortiori si c’est un État qui se dit démocratique, ne peut pas et ne doit pas intervenir dans l’Histoire et moins encore chercher à établir une version officielle de l’Histoire en général et de l’histoire coloniale en particulier.

    Que signifie pour vous les insurrections de l’émir Abdelkader, des Bouamama, des Mokrani, etc. et de mes ancêtres, les Abdelmoumen, qui ont tenu le siège de Constantine en 1830 ?

    Contrairement au discours officiel des responsables politiques de l’époque et des militaires, la pacification de l’Algérie n’a pas été un long fleuve tranquille, bien au contraire, puisque, effectivement, les autorités politiques et militaires françaises n’ont pas cessé de se heurter à des résistances, des insurrections, qui prouvent que, contrairement à ce qui est dit parfois, ceux qu’on appelait à l’époque « les indigènes » avec beaucoup de mépris n’étaient pas du tout résignés mais ont cherché, à chaque fois que cela était possible et en dépit des risques qu’ils encourraient pour leur liberté et pour leur vie, à s’opposer à l’entreprise impériale et coloniale française.

    Que signifie pour vous la Révolution algérienne du 1er Novembre 1954 ?

    Cela signifie très clairement que les dirigeants de l’époque ayant acquis la conviction parfaitement établie et légitime que le colonialisme français en Algérie ne céderait pas d’un pouce par la voie pacifique et la voie des négociations, et qu’il était nécessaire de combattre ce colonialisme par la force des armes afin de faire triompher ce qui est pourtant acquis pour cette même république mais refusé aux Algériens, à savoir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Comment expliquez-vous que des résistants au nazisme pendant la guerre 39-45 aient pu commettre, pour certains d’entre eux, les crimes du 8 mai 1945, qu’ils soient de gauche ou de droite ?

    C’est effectivement assez difficile à comprendre aujourd’hui, ceux qui avaient pris les armes contre l’occupant ne considéraient pas moins que pour défendre la France, son autorité européenne et son autorité internationale, il fallait défendre coûte que coûte l’empire colonial français en général et l’Algérie française en particulier. Ce qui permet effectivement de comprendre pourquoi des forces de droite comme de gauche, parti communiste compris, se sont engagées pour défendre l’empire au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, parce que, encore une fois, par la défense de l’empire, il s’agissait de rétablir la France comme grande puissance européenne et mondiale et de rétablir la France dans le camp des vainqueurs.

    La France d’aujourd’hui ne doit-elle pas cesser de soutenir des régimes africains, y compris le pouvoir algérien, pour ses propres intérêts même si cela va à l’encontre de l’intérêt des peuples ?

    Il me semble relativement clair que dans un certain nombre de cas d’anciennes colonies françaises dirigées par des dictateurs ou des régimes autoritaires, la France porte encore aujourd’hui une responsabilité écrasante ne serait-ce que parce que, pour des raisons géopolitiques, économiques, financières, militaires, la France soutient effectivement ces régimes et, une fois encore, se moque des intérêts des peuples concernés.

    Est-ce une continuité de son passé colonial ou est-ce juste par intérêt géopolitique et économique ?

    Je pense qu’il y a des deux en ce sens que la France entretient des relations privilégiées avec un certain nombre d’États au Maghreb et en Afrique noire subsaharienne parce que ce sont des anciennes colonies et donc évidemment ce passé est un passé qui pèse sur les relations franco-africaines, pour le dire très largement, et par ailleurs, il y a aussi des enjeux géopolitiques, économiques, financiers et militaires qui déterminent le maintien de ces relations et le soutien appuyé, y compris militaire, à des régimes notoirement autoritaires et notoirement dictatoriaux.

    Vous êtes un intellectuel engagé et un Juste, je tiens à le préciser, et un porteur de lumière. Ne pensez-vous pas que votre engagement doit être un modèle pour les jeunes générations ? Ne doivent-ils pas s’inspirer des parcours comme le vôtre ?

    Je me garderais bien de conclure en ce sens. Chaque génération doit affronter les problèmes qui sont les siens avec les instruments intellectuels et politiques à sa disposition.

    Avez-vous connu des pressions dans votre travail ?

    Je n’ai eu aucune pression quelconque en ce qui concerne l’élaboration, la rédaction et la publication des ouvrages qui sont les miens.

    En tant qu’anticolonialiste, que pouvez-vous dire à tous les résistants anticolonialistes et anti-impérialistes qui résistent dans le monde ?

    Que la lutte continue pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes contre les dictatures et les régimes autoritaires quels qu’ils soient et pour l’émancipation et contre l’exploitation.

    Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen

    Qui est le Dr. Olivier Le Cour Grandmaison ?

    Olivier Le Cour Grandmaison est un politologue et historien français spécialiste des questions de citoyenneté sous la Révolution française et des questions qui ont trait à l’histoire coloniale. Il est professeur de sciences politiques à l’Université d’Évry-Val d’Essonne et a dirigé et animé plusieurs séminaires au Collège international de philosophie.

    Il est président de l’association « 17 octobre 1961 : contre l’oubli » qui préconise la reconnaissance officielle des crimes commis par la Ve République lors du massacre des manifestants pacifiques algériens le 17 octobre 1961 à Paris.

    Il est aussi juge-assesseur désigné par le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR), à la cour nationale du droit d’asile (CNDA). Par ailleurs, il appartient au comité de soutien de l’Association Primo Levi à Paris qui est un centre de soins et de soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique.

    Le Dr. Le Cour Grandmaison est l’auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels « Les Citoyennetés en Révolution (1789-1794) », Paris, PUF, 1992 ; « Les Constitutions françaises », Paris, La Découverte, 1996, « Haine(s) : Philosophie et politique », avant-propos d’Étienne Balibar, Paris, PUF, 2002 ; « Coloniser, exterminer. Sur la guerre et l’État colonial », Paris, Fayard, 2005 (édité en arabe en 2007, Algérie) ; « Le Retour des camps ? Sangatte, Lampedusa, Guantanamo » avec G. Lhuilier et J. Valluy, Autrement, 2007 ; « La République impériale : politique et racisme d’État », Paris, Fayard, 2009 (édité en arabe en 2009, Algérie) ; « Douce France. Rafles, rétentions, expulsions », collectif, Le Seuil/Resf, 2009 ; « De l’indigénat. Anatomie d’un « monstre » juridique : le droit colonial en Algérie et dans l’empire français », Paris, Zones/La Découverte, 2010 (édité en arabe) ; « L’Empire des hygiénistes. Vivre aux colonies », Paris, Fayard, 2014.

     » » https://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/2018/10/28/dr-olivier-le-cour-
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  • Frédéric Schiller et la faillite occidentale
    http://www.dedefensa.org/article/frederic-schiller-et-la-faillite-occidentale

    Frédéric Schiller et la faillite occidentale

    Un génie visionnaire apparait en Allemagne au moment de la révolution française et de la bizarre épopée napoléonienne ; il y a tous les poètes, tous les philosophes et toutes ces visions des grecs et du déclin occidental : pensez à Hölderlin, Hegel, Novalis, à Humboldt (devant Chateaubriand il parle à sa fille en grec ancien et en grec moderne…), à une dizaine d’autres. Après Nietzsche et Heidegger seront bien seuls, sinon en tant que philosophes du moins en tant qu’allemands. La grandeur allemande fut d’avoir perçu avant les héritiers aristocratiques Français (Tocqueville, Chateaubriand, Musset même) la chute de notre civilisation devenue trop technique et administrée : il lui aurait fallu retomber à l’état naturel ou remanger de l’arbre de connaissance (wieder (...)


  • Oswald Spengler et la collapsologie en 1931
    http://www.dedefensa.org/article/oswald-spengler-et-la-collapsologie-en-1931

    Oswald Spengler et la collapsologie en 1931

    Nous sommes mal partis, et nous le savons depuis longtemps maintenant. Poe, Tocqueville, Balzac nous mirent en garde à l’époque romantique puis Nietzsche, Le Bon ou le redoutable australien Pearson au demi-siècle de l’électricité et du colonialisme. Le problème c’est que nous pouvons encore être mal partis pendant encore longtemps !

    Longtemps donc avant les plus lucides de nos « mécontemporains », comme dit Alain Finkielkraut, la « collapsologie » (citons en vrac nos amis Kunstler, Klein, Diamond, Orlov) intéresse de grands et controversés esprits comme Oswald Spengler. Dans son dernier chapitre de l’homme et la technique (ici retraduit de l’anglais), le célèbre auteur du Déclin de l’occident (si le contenu du livre est oublié, déjà déconstruit en son temps (...)


  • Tocqueville dans les déserts américains
    http://www.dedefensa.org/article/tocqueville-dans-les-deserts-americains

    Tocqueville dans les déserts américains

    Splendeur méconnue, Quinze jours dans le désert. Le texte est bref, disponible sur archive.org, profitez-en. Je l’ai redécouvert par une lectrice qui m’en a envoyé un extrait.

    Notre auteur décrit sa confrontation avec les déserts américains, dans la région de Détroit qui n’est pas la plus belle de ce paradis encore presque intact. Il voyage avec Beaumont et oppose le paradis présent au futur développé. On l’écoute qui révèle ici sa prodigieuse sensibilité et son fatalisme inquiet. On pensera une autre fois à l’école de peinture de Hudson, à Thomas Cole, à l’allemand Bierstadt qui devait s’illustrer un peu plus tard, plus à l’ouest.

    Sur Détroit :

    « Nous arrivâmes à Detroit à trois heures. Detroit est une petite ville de 2 à 3.000 âmes, que les jésuites ont fondée au milieu (...)


  • Goethe et les entropies du monde moderne
    http://www.dedefensa.org/article/goethe-et-les-entropies-du-monde-moderne

    Goethe et les entropies du monde moderne

    Une note sublime - et si juste - pour commencer :

    « Les apôtres de liberté m’ont toujours été antipathiques, car ce qu’ils finissent toujours par chercher, c’est le droit pour eux à l’arbitraire. »

    Je n’avais pas touché à Goethe depuis plus de quinze ans, trop écœuré peut-être parce qu’est devenue l’Allemagne de la mégère inapprivoisée. Et puis, le génie du web aidant (Gallica BNF), j’ai relu avec émerveillement ses conversations avec Eckermann, qui sont un des livres les plus extraordinaires du monde. Imaginons qu’Homère, Shakespeare ou Rabelais aient eu cette chance ; ou même Nietzsche, Tocqueville ou Voltaire... La chance d’un Eckermann…

    Nous sommes à la fin des années 1820, quand le « satanisme de l’aventure industrielle » (Drieu) se dessine, et que les (...)


  • Tocqueville et la rage antirusse en 1849
    http://www.dedefensa.org/article/tocqueville-et-la-rage-antirusse-en-1849

    Tocqueville et la rage antirusse en 1849

    Sans l’Angleterre, notre diplomatie est frappée de « peur du vide », écrit le général de Gaulle dans ses Mémoires. A partir de 1815 on aime jouer au caniche, jusqu’au suicide de 1940. Voyons une guerre évitée contre la Russie, racontée par Tocqueville dans ses souvenirs.

    On est en 1849. Les peuples se révoltent et se font écraser les uns après les autres, en France y compris. La belle révolution finit par le pitoyable coup d’Etat de Louis-Napoléon, qui laisse le peuple à peu près sans réaction. Sur cette triste époque Flaubert a tout dit en 1853 dans sa correspondance :

    « 89 a démoli la royauté et la noblesse, 48 la bourgeoisie et 51 le peuple. Il n’y a plus rien,qu’une tourbe canaille et imbécile. Nous sommes tous enfoncés au même niveau dans une médiocrité (...)


  • NON A LA PRESENCE POLICIERE SUR LE CAMPUS DE PARIS DIDEROT.
    POUR UN RETOUR AU CALME ET A LA LIBERTE DE DEBAT

    Dans la soirée du 15 mai, sur l’esplanade des Grands Moulins de l’Université Paris-Diderot (Paris 7), la police a interpelé et dispersé un groupe d’étudiants qui s’étaient réunis pour un « pique-nique » d’échanges : selon le principe de la « convergence des luttes », des postiers du 92 avaient été invités à parler par les étudiants hostiles à la loi ORE (dite « Loi Vidal », qui institue le principe de sélection à l’entrée à l’université). Au cours de cette réunion, une protestation contre les massacres de Gaza s’est également exprimée à travers la présence d’un drapeau palestinien.

    Une vidéo a circulé, montrant des policiers armés sur un espace qui appartient symboliquement au campus, intimidant puis menaçant les étudiants réunis, renversant une table portant des tracts et des reliefs de pique-nique [1]. D’après plusieurs étudiants présents, les policiers ont argué successivement de l’illégalité : 1) du port d’un drapeau palestinien ; 2) d’un rassemblement sans demande d’autorisation ; 3) d’une consommation d’alcool sur la voie publique. Menaçant l’ensemble des étudiants, ils ont appelé des fourgons en renfort puis ont interpelé l’un des étudiants qui leur avait répondu de manière moqueuse. Celui-ci, emmené au poste, doit à présent suivre un « stage de citoyenneté » à ses frais (150 euros). D’après des témoins directs, il y a eu des brutalités commises par la police (une étudiante saisie par la gorge, un étudiant trainé au sol).

    Ces faits nous semblent tout à fait anormaux : cette réunion, de taille très modeste (une trentaine d’étudiants), n’était évidemment pas destinée au blocage de la Fac puisqu’elle était fixée en soirée, après ou avant une journée d’examens (c’est d’ailleurs au cours d’une épreuve le lendemain que nous avons été informés de ces faits). A Paris Diderot en effet, pour des raisons diverses qui ne seront pas discutées ici, le mouvement a été peu suivi, ou aucun blocage ne s’est installé (les étudiants mobilisés ont rejoint les campus de Tolbiac ou de Nanterre, ou se sont interrompus pour passer les examens).

    Ces faits du 15 mai semblent donc parfaitement anodins, mais la réaction policière, elle, ne l’est pas : elle est aberrante et très significative. Cet incident dit qu’il est tout bonnement interdit à présent de se rassembler pour débattre, fût-ce à 30 personnes, sur le campus de l’université. Que des espaces de débat pacifiques soient empêchés dans une université non bloquée est particulièrement inquiétant. Nous ne pouvons pas accepter cet état de fait. Quelles que soient les positions de chacun sur la loi Ore, le blocage des Facultés, le traitement des postiers ou le conflit israélo-palestinien, débats qui ne sont pas en jeu ici, ce qui s’est passé montre qu’un seuil intolérable est franchi. Un des principes majeurs qui donnent sens à notre métier est bafoué.

    Disperser par principe n’importe quelle réunion d’étudiants au prétexte qu’il faut empêcher les blocages est un abus injustifiable et dangereux. C’est aussi une transgression flagrante du principe tant vanté de « l’université dans la cité », devenu une grotesque antiphrase. En aucun cas cette situation malsaine que crée la présence policière quotidienne ne doit être normalisée. Nous qui croyons en l’esprit de libre-pensée et d’examen critique que cette université a fait sien, nous demandons que l’esprit de « Denis Diderot » soit honoré dans ces murs. Nous refusons que ces murs deviennent ceux d’un fortin imprenable, aux portes engrillagées, qu’il nous faut pénétrer en montrant chaque jour patte blanche et aux prix de longs contournements de bâtiments, qui alourdissent notre travail.

    Nous souhaitons que cesse également la présence des vigiles aux portes, dont nous savons le coût exorbitant, profondément discutable à un moment où les budgets sont systématiquement rognés, et où tous les personnels sont sous pression. Ce climat est irrespirable, et ne permet plus l’exercice normal de notre profession. Nous souhaitons que ce campus reste un campus et pas un camp pour policiers armés et gardiens de forts.
    L’incident d’apparence insignifiant du 15 mai à Paris-Diderot a eu lieu dans un contexte que tous connaissent. Beaucoup d’entre nous ont vu les vidéos montrant des CRS, voire des milices fascistes investissant des amphithéâtres, hurlant des injures racistes et sexistes contre des étudiants réunis pour débattre lors d’Assemblées Générales. Le nombre et la gravité des intrusions, dérives et violences policières qui se sont déroulées à Montpellier, Toulouse, Paris 3, à l’EHESS, ont suscité la protestation de nombreux collègues, dont certains se sont mis en grève administrative et pédagogique [2]. Enfin, en un semestre il y a eu 30 évacuations d’établissements universitaires par la police, c’est beaucoup et c’est inédit dans l’histoire de la République.

    Les enseignants-chercheurs sont de facto concernés par cette violence, parfois très directement. Le 1er mai, un enseignant-chercheur de l’EHESS a été violemment frappé alors qu’il tentait de contourner le bâtiment, par les policiers qui lui ont déclaré qu’avec ce qu’il allait prendre il « ne pourrait plus se relever », qu’il allait « payer pour ses étudiants pour toutes ces merdes que vous leur apprenez ! ». Blessé, le collègue a porté plainte, la direction de l’EHESS a rappelé le principe de « franchise universitaire », et nos collègues de l’IRIS ont fait circuler une lettre pour protester contre ces faits très graves [3].
    Tout cela est inadmissible. Nous n’acceptons plus que des étudiants qui sont placés sous notre responsabilité, et qui sont l’avenir de ce pays, soient ainsi brutalisés et interdits de parole sur nos campus, alors qu’ils ne font que mettre en application, légitimement, les principes du débat démocratique dont notre pays a le plus urgent besoin.
    Nous n’acceptons plus le sinistre paradoxe d’universités et d’institutions culturelles qui se complaisent dans la célébration de mai 68, tout en mettant en œuvre le message inverse : contre l’émancipation, c’est l’arbitraire et l’obscurantisme de la force brute qui se sont installés dans nos universités.

    Nous n’acceptons plus que nos propres tutelles, qu’elles soient nationales ou locales, nos présidences, etc., soient devenues à ce point incapables de débat critique et d’ouverture à la jeunesse, voire même à leurs personnels administratif, technique et enseignant, qu’il leur est devenu plus naturel d’appeler la police que de dialoguer, prenant le risque de mettre en danger une jeunesse qui a pourtant fait confiance à l’institution. Et qui redit son attachement à l’Université à travers le slogan « Flics hors de nos facs, Flics hors de nos vies » ! Que nos étudiants éprouvent encore le sentiment d’être là chez eux est inespéré, au regard de l’atmosphère délétère qui s’y est installée. Nous devons répondre à cette confiance qu’ils nous font.

    Nous, enseignants-chercheurs de toutes disciplines, invitons nos collègues de l’administration à se joindre à cette protestation. Nous demandons instamment à la Présidence de l’université Paris Diderot de s’expliquer sur la présence régulière de forces de police sur notre campus, sur le maintien des grilles et du filtrage en l’absence de blocage, et sur les violences policières évoquées plus haut. Nous demandons également à la Présidence d’agir très rapidement afin de rétablir le calme et la liberté de débat contradictoire dont nous avons tous besoin, afin de ne pas compromettre le bon déroulement de cette fin d’année ni celui de la rentrée prochaine.

    Notes :
    1. https://www.facebook.com/search/top/?q=paris%207%20contre%20la%20r%C3%A9forme%20vidal
    2. Voir le résumé des faits et leur analyse dans : https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/160518/universites-violences-policieres-et-privatisation-de-la-securite. Voir également la protestation signée par quatre professeurs d’universités parisiennes, « Vers des Etats généraux de l’université, Le Monde, 30 avril 2018. Signée par Bertrand Guillarme (Paris 8), Stéphanie Hennette-Vauchez (Paris-10), Sandra Laugier (Paris 1), Tiphaine Samoyault (Paris 3).
    3. https://www.facebook.com/nicolas.jaoul.1/posts/10156428342020984 ; https://www.marianne.net/societe/tu-vas-payer-pour-les-etudiants-un-enseignant-de-l-ehess-affirme-avoir-ete

    Premiers signataires (ordre alphabétique) :

    1. Andreotti, Bruno, professeur à l’Université Paris Diderot, chercheur au laboratoire PMMH2 de l’ESPCI ParisTech et membre de l’Institut universitaire de France
    2. Audureau, Florian, Doctorant à l’université Paris Diderot, laboratoire CERILAC
    3. Aurélia, Michel, maître de conférence à l’université Paris Diderot, UFR GHES, CESSMA
    4. Babou, Igor, professeur à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    5. Bacharach, Jeanne, doctorante contractuelle à l’université Paris Diderot, laboratoire CERILAC
    6. Bardin, Chloé, étudiante à l’université Paris Diderot en Master 2 Lettres, Arts et Pensée Contemporaine, UFR LAC
    7. Baty-Delalande, Hélène, maître de conférence à l’université Paris Diderot, UFR LAC, Laboratoire CERILAC
    8. Begot, Jacques-Olivier, maître de conférences à l’Université Paris Diderot, UMR 8547 (Ecole Normale Supérieure)
    9. Baudet-Michel, Sophie, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, UMR Géographie-cités
    10. Berthet, Frédérique, maître de conférences HDR à l’université Paris Diderot, UFR LAC, Laboratoire CERILAC
    11. Berroir, Sandrine, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES
    12. Berthonnet, Irène, maître de conférence à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire Ladyss
    13. Beugnet, Martine, professeur à l’université Paris Diderot, directrice de l’UFR d’études anglophones, LARCA
    14. Bézirard, Elisa, étudiante en licence 1 de lettres et sciences humaines à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    15. Bilodeau, Clélia, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, Ladyss
    16. Bitoun, Iska, étudiante (préparation de l’agrégation) à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    17. Blanc, Nathalie, directrice de recherche au CNRS, UFR GHES, Directrice du Laboratoire LADYSS
    18. Bourneuf, Jeanne, étudiante à l’université Paris Diderot en Master 2, VAP, UFR GHES
    19. Boyer, Julien, doctorant à l’université Paris Diderot, LCSP
    20. Brasca, Matis, étudiant à l’université Paris Diderot en L2 cinéma, UFR LAC
    21. Brémon, Cécile, Coordinatrice des programmes HUMAROM et LAFABREV, UFR LAC, Centre de ressources Jacques-Seebacher, CERILAC
    22. Brisset, Claire-Akiko, Maître de conférences HDR à l’université Paris Diderot, UFR LCAO
    23. Broccardo, Laura, doctorante en Lettres à Paris-Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    24. Cabioc’h, Antonin, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    25. Cappellen, Raphaël, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    26. Cardin, Fanny, doctorante contractuelle à l’université Paris Diderot, laboratoire CERILAC
    27. Carré, Guénolé, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    28. Caillol, Daphné, doctorante en Géographie, UMR Géographie-cités
    29. Catel, Claire, étudiante en licence à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    30. Cazayous, Maximilien professeur à l’université Paris Diderot, UFR de Physique, Laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques
    31. Cazalas, Inès, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    32. Cazé, Antoine, professeur à l’université Paris Diderot, UFR d’Etudes anglophones, LARCA
    33. Chanod, Camille, doctorante en cinéma à l’université Paris Diderot, UFR LAC, CERILAC
    34. Chudeau, Flore, étudiante en Licence 2 d’études cinématographiques à l’université Paris Diderot, UFR LSH
    35. Clerc, Valérie, Chargée de recherche, IRD, CESSMA - Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques
    36. Contel, Rafael, étudiant à l’université Paris Diderot en L2 Cinéma, UFR LAC
    37. Coquio, Catherine, professeure à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    38. Courtois, Jean-Patrice, maître de conférences émérite à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    39. Cuny, Nathalie, gestionnaire scolarité à l’université Paris Diderot, Pôle Ouvert d’Enseignements à Tous
    40. Cuillerai, Marie, professeur de Philosophie à l’université Paris Diderot, Responsable du Master SPP, LCSP/IHSS
    41. Dacheux, Michaël, chargé d’enseignement à l’université Paris Diderot, Ateliers cinéma, UFR LAC
    42. Dahlab, Lou, étudiante de master 2 LAPC, UFR LAC
    43. Darmangeat, Christophe, PRAG à l’université Paris Diderot, département économie, UFR GHES
    44. De Bary, Cécile, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    45. De Fazio, Camilla, étudiante en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    46. De Gasquet, Béatrice, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, IHSS, laboratoire URMIS
    47. Delanoë-Brun, Emmanuelle, maîtresse de conférences à l’Université Paris Diderot, Adjointe à la direction de l’UFR d’Etudes anglophones littérature américaine, études visuelles, traduction littéraire
    48. Delporte, Carole, professeur à l’université Paris Diderot, UFR d’informatique, Laboratoire IRIF
    49. De Montbrial, Blanche, étudiante en Master 2 Lettres Art et Pensée Contemporaine à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    50. Descamps, Flora, étudiante à l’université Paris Diderot en L 2 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    51. Desceul, Lise, docteure en littérature comparée, en préparation à l’agrégation à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    52. Desné, Maëva, étudiante (préparation de l’agrégation) à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    53. Desriac, Julie, étudiante en Master 2 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    54. Dujarier, Marie-Anne, Professeure à l’Université Paris Diderot, Laboratoire de Changement Social et Politique (LCSP)
    55. Dunglas, Juliette, étudiante en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    56. Dupont, Véronique, Directrice de recherche à l’IRD, CESSMA - Centre d’Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques, UFR GHES
    57. Ebguy, Jacques-David, maître de Conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    58. Elsouri, Gaafar, étudiant à l’université Paris Diderot en M2 Histoire et civilisations comparées spécialité Histoire des mondes, UFR GHES
    59. Ermakoff, Catherine, Responsable Ateliers Cinéma, UFR LAC
    60. Fabregat, Roxane, étudiante à l’université Paris Diderot, préparation à l’agrégation de lettres modernes, UFR LAC
    61. Falquet, Jules, maîtresse de conférences HDR à l’université Paris Diderot, UFR de sciences sociales, LCSP
    62. Faret, Laurent, professeur à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire CESSMA
    63. Farnier, Alice, étudiante en préparation de l’agrégation de Lettres modernes, UFR LAC
    64. Fauconnier, Hugues, professeur à l’université Paris Diderot, UFR informatique, IRIF
    65. Félice, Azéma, étudiante M2, UFR LAC
    66. Flipo, Fabrice, professeur à l’Institut Mines-Telecom, Laboratoire de Changement Social et Politique de Paris Diderot
    67. Folléa, Clémence, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR Etudes Anglophones, LARCA
    68. Foti, Giorgia, étudiante conférences à l’université Paris Diderot en Master 2 de Lettres, UFR LAC
    69. Fourmestraux, Océane, étudiante à l’université Paris Diderot en L2 Lettres Sciences Humaines, UFR LAC
    70. Froidefond, Marik, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    71. Gallais, Mathieu, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    72. Garnier, Nicolas, Doctorant contractuel, Université Paris Diderot, UFR d’études anglophones, LARCA
    73. Gay, Vincent, maître de conférences à l’université Paris Diderot, Institut Humanités, Sciences et Sociétés (IHSS), Laboratoire du changement social et politique
    74. Gheerbrant, Amélie, maître de conférence à l’université Paris Diderot, UFR d’Informatique, Laboratoire IRIF
    75. Girola, Claudia, maître de conférences à l’université Paris Diderot, département de sciences sociales, IHSS, LCSP
    76. Gombin, Anna, agrégative en Lettres Modernes à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    77. Grillet, Maxime, étudiant à l’université Paris Diderot en M1 de sociologie, UFR Sciences sociales
    78. Guennoc, Jean-François, PRAG à l’Université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    79. Guérois, Marianne, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire Géographie-cités
    80. Guéret, Erwan, doctorant contractuel à l’Université Paris Diderot, ED131
    81. Guillard, Alice, étudiant à l’université Paris Diderot en L 2 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    82. Gwinner, Coline, étudiante à l’université Paris Diderot en Licence 2 d’études cinématographiques, UFR LSH
    83. Habib, Michel, professeur à l’université Paris Diderot, Institut de Recherche en Informatique Fondamentale
    84. Hamisultane, Sophie, docteure, chercheure associée au Laboratoire de changement social et politique, Université Paris Diderot
    85. Hautcoeur, Guiomar, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    86. Hecquet, Romain, étudiant en Master 1 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    87. Hewison, Charlie, doctorant contractuel, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    88. Humber, Abel, étudiant en Master 2 MPRI à l’université Paris Diderot, stagiaire au LIX (polytechnique)
    89. Jarroux, Alice, étudiante en master 2, UFR de linguistique
    90. Jouve, François, professeur à l’université Paris Diderot, UFR de mathématiques, laboratoire LJLL
    91. Kabbaj, Loubna, étudiante à Paris Diderot en L1
    92. Karsenti, Anna, étudiante à l’université Paris Diderot, master 1, UFR LAC
    93. Kian, Azadeh, professeure à l’université Paris Diderot, Directrice du département de Sciences sociales, Directrice du CEDREF, Institut humanités, sciences et sociétés
    94. Kramer, Hugo, étudiant en Licence 2 d’études cinématographiques, UFR LSH
    95. Lamarche, Thomas, Professeur des Universités, université Paris Diderot, UFR GHES, Ladyss
    96. Langlinay, Antonin, étudiant à l’université Paris Diderot en Licence 2 d’Etudes Cinématographiques, UFR LSH
    97. Laroche, Camille, doctorante en Lettres, Laboratoire Cerilac
    98. Laroussinie, François, professeur à l’université Paris Diderot, UFR Informatique, laboratoire IRIF
    99. Latière, Elise, étudiante à l’université Paris Diderot en master 1 de Psychologie à l’UFR Etudes Psychanalytiques
    100. Lebreton, Cécile, étudiante à l’université Paris Diderot en M2 d’histoire, UFR GHES
    101. Leclercq, Aurélie, doctorante contractuelle à l’Université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    102. Le Duff, Chloé, Agrégative en lettres modernes, UFR LAC
    103. Lerousseau, Clara, agrégative en Lettres modernes, UFR LAC Paris Diderot
    104. Lestage, Françoise, Professeur à Paris Diderot, UFR IHSS, chercheur à l’URMIS
    105. Livigni, Tom, étudiant en préparation de l’agrégation de Lettres modernes, UFR LAC
    106. Lloret, Léandre, étudiant à l’université Paris Diderot en L1 Lettres et Sciences Humaines, UFR LSH
    107. Lotterie, Florence, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    108. Lowit, Valérie, IGE à l’université Paris Diderot, IHSS, département Sciences sociales
    109. Lucet, Sophie, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    110. Makédonski, Katia, étudiante à l’université Paris Diderot en Licence 3, UFR LAC
    111. Manca, Maria, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    112. Marcangeli, Catherine, Maître de conférences, à l’université Paris Diderot, UFR Etudes anglophones, LARCA
    113. Marion-Magnan, Jean, étudiant à l’université Paris Diderot en master 1 d’études cinématographiques, UFR LAC
    114. Martineau, Melvin, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 2 de Journalisme scientifique, UFR LAC
    115. Massoueme, Héloïse, étudiante à l’université Paris Diderot en Licence 2 Lettres et Sciences Humaines, UFR LAC
    116. Mazodier, Catherine, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR d’Études Anglophones, LARCA
    117. Méjia, Sébastien, étudiant à l’université Paris Diderot en Master 2, préparation de l’agrégation, UFR de mathématiques
    118. Mering, Catherine, professeure à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire LIED
    119. Micheli, Anne, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR Informatique, laboratoire IRIF
    120. Mignon, Mathilde, intervenante réalisatrice à Paris Diderot UFR LAC L2, ateliers de réalisation
    121. Millet, Claude-Elisabeth, professeure à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    122. Mills Affif, Edouard, Maître de Conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    123. Montestruc Laia, Étudiante en Master 2 LAPC, UFR LAC
    124. Morange, Marianne, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire CESSMA
    125. Morel, Baptiste, étudiant à l’université Paris Diderot en master 1 de psychologie
    126. Moreno, Romain, étudiant à l’université Paris Diderot en L 3 Mathématiques et informatique
    127. Morin, Sylvie, secrétariat de l’UFR d’études anglophones à l’université Paris Diderot
    128. Murard, Numa, Professeur émérite de sociologie, Université paris Diderot
    129. Mussou, Amandine, maîtresse de conférences à l’université Paris-Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    130. Nollet, Rémi, doctorant avec mission d’enseignement, UFR informatique, laboratoire IRIF
    131. Nordmann, Lola, étudiante à l’université Paris Diderot Master 2, UFR LAC
    132. Nyckees, Vincent, Professeur à l’Université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire HTL
    133. Oisel, Mary, Secrétariat et Gestion Master Recherche UFR Etudes Anglophones
    134. Ouadah, Lyes, étudiant à l’université Paris Diderot en L 2 de chimie
    135. Torres, Palmyre, étudiante en Master LAPC, UFR LAC
    136. Passalacqua, Arnaud, maître de conférence à l’Université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoires ICT et LIED
    137. Patron, Sylvie, Maître de conférences (HDR) à l’université Paris Diderot, UFR LAC, Cerilac
    138. Pellas, Claire, étudiante à l’Université Paris Diderot, préparation à l’agrégation de lettres modernes, UFR LAC
    139. Perez, Liliane, professeure à l’université Paris Diderot, Directrice d’études à l’EHESS, directrice de l’UFR GHES, Centre Alexandre Koyré
    140. Pernet, Arthur, étudiant à l’Université Paris Diderot en L2 de Lettres et arts, UFR LAC
    141. Perse, Léa, étudiante en L1 de Lettres et Sciences humaines à Paris Diderot, UFR LAC
    142. Petit, Zoé, étudiante à l’université Paris Diderot en master 1 LAPC
    143. Peter, Andy, étudiant à l’université Paris Diderot en L 3 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    144. Pinet, Timothée, étudiant en Master 1 LAPC à Paris Diderot, UFR LAC
    145. Poiret, Christian, maitre de conférences à l’Université Paris Diderot, UFR IHSS, laboratoire URMIS
    146. Poulalhon, Dominique, maîtresse de conférences à l’Université Paris Diderot, UFR Informatique, Laboratoire IRIF
    147. Provost, Killian, étudiant (préparation de l’agrégation) à l’université Paris Diderot, UFR LAC
    148. Quadrato, Gabriella, étudiante en préparation de l’agrégation de Lettres modernes, UFR LAC
    149. Raguet, Paul, étudiant à l’université Paris Diderot en L 2 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    150. Rabouin, David, chargé de recherche CNRS, Laboratoire SPHERE, Université Paris Diderot
    151. Rey, Alice, étudiante à l’université Paris Diderot en L2 Etudes Cinématographiques, UFR LSH
    152. Ritz, Olivier, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    153. Rivé-Lasan, Marie-Orange, maîtresse de conférence, UFR LCAO, Centre Chine, Corée, Japon (CCJ)
    154. Rivière, Tancrède, doctorant à l’Université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    155. Rodrigues, Daniel, étudiant à l’université Paris Diderot en L 1 LEA, UFR EILA
    156. Rognon, Joahim, étudiant à l’université Paris Diderot en L3 de cinéma, UFR LAC
    157. Rommevaux-Tani, Sabine, Directrice de recherche CNRS, laboratoire SPHERE, Université Paris Diderot
    158. Ronchail, Josyane, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, Laboratoire LOCEAN/IPSL
    159. Rouffilange, Jeanne, étudiante à l’université Paris Diderot en L 3 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    160. Roux, Lewis, adjoint technique à l’université Paris Diderot, Equipe 7 du laboratoire BFA
    161. Saillenfest, Gaëlle, étudiante en master 2 Lettres Arts et Pensée contemporaine, UFR LAC
    162. Salado, Régis, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    163. Sangnier, Arnaud, maître de Conférences, UFR d’informatique, laboratoire IRIF
    164. Sanna, Francesca, Doctorante Contractuelle à Paris Diderot, ED 382, UFR GHES, Laboratoire LIED
    165. Sarcelet, Loïc, étudiant à l’université Paris Diderot en L 2 Lettres et sciences humaines, UFR LAC
    166. Sawicki, Solenn, étudiante en L 2 Lettres et Sciences Humaines
    167. Schor, Paul, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR Etudes anglophones, laboratoire LARCA
    168. Séité, Yannick, maître de conférences HDR à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    169. Sergent, Juliette, étudiante en Master 1, UFR LAC, Université Paris Diderot
    170. Shron, Alina, doctorante contractuelle, laboratoire SPHERE, Université Paris Diderot
    171. Silva Costa, Valentin, étudiant en M2 LAPC, UFR LAC
    172. Smadja, Stéphanie, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    173. Souchaud, Sylvain, Chargé de recherche à l’IRD, URMIS - Unité recherche migrations et société - IHSS
    174. Spire, Amandine, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR GHES, laboratoire CESSMA
    175. Susbielle, Thelma, étudiante à l’université Paris Diderot en L1 LSH, UFR LAC
    176. Talbot, Armelle, maîtresse de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    177. Tarjot, Cécile, étudiante en Master 2 Recherche Lettres LAPC, UFR LAC
    178. Tidmarsh, Katie, doctorante à l’Université Paris Diderot, laboratoire CERILAC
    179. Toulza, Pierre-Olivier, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC
    180. Vidal, Mathilde, ATER à l’Université Paris-Diderot, UFR LAC, Laboratoire Cerilac
    181. Vidal, Rose, étudiante en master 1 à l’université Paris-Diderot, UFR LAC
    182. Vigier, Margot, étudiante à l’université Paris Diderot en L2 d’études cinématographiques, UFR LSH
    183. Vettard, Pauline, étudiante à l’université Paris Diderot en Master 1 Lettres Arts et Pensée Contemporaine
    184. Winternheimer, Arthur, étudiant à l’université Paris Diderot en Licence 2 de Lettres et Arts, UFR LSH
    185. Zacchiroli, Stefano, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR Informatique, laboratoire IRIF
    186. Zaoui, Pierre, maître de conférences à l’université Paris Diderot, UFR LAC, laboratoire CERILAC

    Soutiens extérieurs (ordre alphabétique) :

    1. Aguilar, Anne-Sophie, Maître de conférences, Université Paris Nanterre, HAR
    2. Altounian, Janine, Essayiste, traductrice (Œuvres complètes de Freud sous la direction de Laplanche)
    3. Ausécache, Mireille, chercheuse post-doc, EPHE
    4. Agier, Michel, directeur d’études EHESS et IRD
    5. Beaudet, Jean-Michel, Professeur à l’Université Paris Nanterre, Département d’Anthropologie
    6. Benveniste, Annie, maitre de conférences émérite, membre du LEGS, Université Paris 8
    7. Bessis, Sophie, directrice de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) de Paris, historienne
    8. Bourlet, Mélanie, Maîtresse de Conférences à l’Inalco, laboratoire LLACAN (UMR8135)
    9. Bridet, Guillaume, Professeur de Littérature française, Université de Bourgogne-Franche-Comté
    10. Carbonnel, Laure, Dr. en anthropologie, université Paris Nanterre
    11. Cau, Nathalie, BIATSS, Université Paris Nanterre
    12. Cazalas, Oriana, Chargée de mission Développement Économique
    13. Costa, James, maitre de conférences, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, Laboratoire Lacito
    14. Delord, Julien, Responsable adjoint Service des relations internationales, Université Paris Nanterre
    15. Dautrey, Marianne, éditrice à L’institut national d’histoire de l’art (INHA), Chef du service des Éditions
    16. Dufaux, Frédéric, Maître de Conférences en géographie urbaine et urbanisme, Département de Géographie et Aménagement, Université Paris Nanterre, Laboratoire Mosaïques-LAVUE (UMR 7218)
    17. Dumoulin, Hugo, Doctorant contractuel chargé de TD, Département de philosophie, UFR Phillia, Université Paris Nanterre
    18. Engélibert, Jean-Paul, professeur de littérature comparée, Université Bordeaux-Montaigne
    19. Etienne Arreguy, Marília, Post-doctorante à l’Université Paris 8 - Saint-Denis, Chercheuse-invitée à l’École Doctorale Recherches en Psychanalyse - Université Paris Diderot
    20. Ferré, Vincent, Professeur à l’université Paris Est Créteil, UFR Lettres, Langues, Sciences Humaines
    21. Fjeld, Anders, chercheur postdoctoral au CriDIS, Université Catholique de Louvain, et chercheur associé au LCSP, Université Paris Diderot
    22. Garnier, Xavier, Professeur à la Sorbonne Nouvelle - Paris 3
    23. Grudzinska, Agnieszka, professeur émérite, Sorbonne Université
    24. Hache, Emilie, maitre de conférences philosophie à l’université de Paris Nanterre
    25. Hajji, Hamza, étudiant en licence de philosophie à l’Université Paris 8, département de philosophie
    26. Joubert-Laurencin, Hervé, Professeur à l’université de Paris Nanterre et chercheur au Cnrs (laboratoires HAR et Cral-Ehess)
    27. Launay, Isabelle, professeure à l’université Université Paris 8
    28. Le Marec, Joëlle, professeure à l’université Paris Sorbonne 4, CELSA, laboratoire Gripic
    29. Lorin, Marie, post-doctorante à l’Inalco, laboratoire LLACAN (Inalco/CNRS)
    30. Louis, Camille, docteure en philosophie (Paris 8) et dramaturge (collectif kom.post)
    31. Marignier, Noémie, docteure, Laboratoire Clesthia, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
    32. Mekdjian, Sarah, maitre de conférences, Géographie, Université Grenoble Alpes
    33. Mileschi, Christophe, professeur en études italiennes, Université Paris Nanterre
    34. Monteiro Rodrigues, Elisabeth, traductrice
    35. Napoli, Gabrielle, PRAG lettres modernes, Paris 3
    36. Nicolas, Hélène, maîtresse de conférence en anthropologie, Paris8
    37. Perrin, Julie, maîtresse de conférence à l’université Paris 8, IUF
    38. Quillier, Patrick, Professeur des Universités, UFR LASH (Université Côte d’Azur), CTEL
    39. Riffard, Claire, Équipe "Manuscrits francophones", ITEM-CNRS
    40. Salvatierra, Violeta, étudiante chercheur au Département danse, Paris 8
    41. Souyris Oportot, Lorena, Post-doctorante LEGS, Membre associée ENS et laboratoire ERRAPHIS (Université Le Mirai Toulouse)
    42. Suchet, Myriam, maitresse de conférences, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, Directrice du Centre d’études québécoises de Paris 3
    43. Vidal-Naquet, Marina, ATER à l’Université Paris-Nanterre
    44. Villemur-Ponselle, Félix, étudiant en 2ième année du cours Florent, Paris, ancien étudiant à Paris 7 en licence cinéma audiovisuel


  • Liberty Valance et le mauvais génie de la presse
    http://www.dedefensa.org/article/liberty-valance-et-le-mauvais-genie-de-la-presse

    Liberty Valance et le mauvais génie de la presse

    “This is the west sir ; when the legend becomes a fact, print the legend.”

    Tocqueville dit la même chose :

    « Ce qu’ils cherchent dans un journal, c’est la connaissance des faits ; ce n’est qu’en altérant ou en dénaturant ces faits que le journaliste peut acquérir à son opinion quelque influence. »

    Ce qui vaut dans Valance c’est l’introduction. Et la conclusion : on parle du récit recyclé et réinterprété de la réalité, et ce n’est pas rien. Le développement du film est certes bien et intéressant : il y a un excellent méchant, Lee Marvin, on a des bons et d’une lutte du bien contre le mal, du droit contre la nature – ou la brutalité.On a un fantastique moment de tension-dissuasion (« Pick my steak Liberty, pick it up… Just try it Liberty, just try (...)


  • Déclin aristocratique et corvée démocratique
    http://www.dedefensa.org/article/declin-aristocratique-et-corvee-democratique

    Déclin aristocratique et corvée démocratique

    On peut s’adonner à l’adoration de la démocratie en ces temps d’État profond et d’Europe de Bruxelles, il reste que le mot plèbe, dont elle marque la triomphe, a été balayé de tous temps par les génies de l’humanité, à commencer par Platon ou Juvénal, jusqu’à Nietzsche ou Tocqueville. On a évoqué les transformations sociétales (les chiens et les gosses qui parlent aux maîtres et aux parents, etc.) du livre VIII de la République, mais on va revenir ici à la démocratie à la grecque et à sa gestion compliquée…

    Fustel de Coulanges dresse un tableau assez terrible de la progression démocratique à Athènes et dans la Grèce ancienne, où elle fut plus cruelle qu’à Athènes, parfois abominable. Mais elle est tellement fatale et inévitable – y compris la décadence qui va avec – (...)


  • Comment Tocqueville éclaire les grands westerns américains
    http://www.dedefensa.org/article/comment-tocqueville-eclaire-les-grands-westerns-americains

    Comment Tocqueville éclaire les grands westerns américains

    J’ai évoqué déjà dans Dedefensa.org la vision poétique qu’a Tocqueville des peaux-rouges, magnifiquement célébrés par Frithjof Schuon. Et je compte publier un livre sur la dimension initiatique et traditionnelle du western classique, y compris dans leur fonction eschatologique.

    Voici ce que Tocqueville écrit sur le Nord et le Sud trente ans avant la Grande Guerre :

    « L’homme du Nord n’a pas seulement de l’expérience, mais du savoir ; cependant il ne prise point la science comme un plaisir, il l’estime comme un moyen, et il n’en saisit avec avidité que les applications utiles.

    L’Américain du Sud est plus spontané, plus spirituel, plus ouvert, plus généreux, plus intellectuel et plus brillant.

    L’Américain du Nord est (...)


  • Tocqueville et les « invasions européennes » en Amérique
    http://www.dedefensa.org/article/tocqueville-et-les-invasions-europeennes-en-amerique

    Tocqueville et les « invasions européennes » en Amérique

    Il est facile de dénoncer aujourd’hui l’immigration est-européenne, musulmane, chinoise ou africaine. De toute manière tout le monde émigre et les marocains ne cessent de se plaindre de cet afflux de Français et d’européens à gros billets, à Marrakech ou ailleurs.

    C’est pourquoi je reviens sur le principal sujet étudié dans mon étude sur Trump : l’ancienneté de la question anti-migratoire en Amérique. Les experts Madison Grant, Stoddard, Ed Ross critiquent l’immigration européenne dans les années 1920. On y mettra fin en deux temps sous les présidences Harding et Coolidge après la guerre. Dans Mein Kampf Hitler applaudit les décisions, qui sont bonnes, racistes et responsables pour lui, qui déteste les juifs, slaves et balkaniques – les cibles de ces (...)


  • Tocqueville et la destruction des âmes et des nations
    http://www.dedefensa.org/article/tocqueville-et-la-destruction-des-ames-et-des-nations

    Tocqueville et la destruction des âmes et des nations

    Récemment Ugo Bardi regrettait la violence des policiers en Espagne, réducteurs de bonnes dames catalanes (lesakerfrancophone.fr).

    Nous sommes de plus en plus écrasés par les Etats et les gouvernements : invasions (je le dis non comme je le pense mais comme on le voit), guerres, menaces, taxations, massacres de masse ici ou là se terminant par toujours plus de contrôles et de confiscations, plus rien ne nous est épargné. Je vois que comme en Grèce où tout un peuple a été affamé tout le monde s’incline devant la toute-puissance étatique. C’est que nous sommes des hommes sans honneur, pas très susceptibles…

    Chrétien de Troyes :

    « La douleur passe, la honte dure dans le cœur d’un homme énergique et droit, tandis que chez l’homme médiocre la honte (...)


  • Une nouvelle déclaration d’indépendance du cyberespace

    Olivier Ertzscheid, Enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Nantes

    Aux Etats-Unis, vous avez récemment remis en cause le principe de neutralité du Net qui répudie votre propre Constitution et insulte les rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent maintenant renaître en nous.

    L’art, l’histoire, la vérité des peuples et celle des révolutions, rien n’échappe à l’arbitraire de vos décisions, de vos goûts, de vos propres pudeurs, et par-dessus tout de vos propres intérêts commerciaux et financiers.

    http://www.liberation.fr/amphtml/debats/2018/02/09/une-nouvelle-declaration-d-independance-du-cyberespace_1628377

    #les_Internets #cyberspace


  • Ibn Khaldun préfère les gens des campagnes à ceux des villes
    http://www.dedefensa.org/article/ibn-khaldun-prefere-les-gens-des-campagnes-a-ceux-des-villes

    Ibn Khaldun préfère les gens des campagnes à ceux des villes

    Je n’ai aucune illusion sur notre civilisation bourgeoise et scientiste et moderniste et tout. Elle est déjà morte. Le salut ne sera que personnel et clanique. Voyons pourquoi maintenant, alors que l’urbanisation, le confort, les routines, l’abrutissement médiatique (neuf heures par jour en moyenne pour le citoyen US) nous ont tout retiré, forces, résistance, lucidité, humanité.

    On connait ma passion pour Ibn Khaldun, génie né à Tunis, esprit universel comme Aristote et digne de Tocqueville pour ses constatations et ses prédictions politiques. Fasciné par la décadence de sa propre civilisation au quatorzième siècle, il ne cesse d’étudier cette notion. Sur les rats des villes et les rats des campagnes, il a bien compris quelque chose.

    Il n’aime (...)


  • Quand Hitler vaincu prédisait l’autodestruction américaine...
    http://www.dedefensa.org/article/quand-hitler-vaincu-predisait-lautodestruction-americaine

    Quand Hitler vaincu prédisait l’autodestruction américaine...

    Adolf Hitler philosophe un peu tard, en 1945. C’est son testament ; il pense avoir retenu quelques leçons. On va voir que comme tous les vaincus le dictateur-monstre maudit prédisait bien les conséquences de sa guerre désespérée et perdue.

    Sur la colonisation qui va se terminer partout :

    « Un peuple qui veut prospérer doit rester lié à sa terre. Un homme ne doit jamais perdre contact avec le sol sur lequel il a eu le privilège de naître. Il ne doit s’en éloigner que temporairement et toujours avec l’idée d’y revenir. »

    Sur le déclin des nations colonisatrices :

    « L’Espagne, la France et l’Angleterre se sont anémiées, dévitalisées, vidées dans ces vaines entreprises coloniales. Les continents auxquels l’Espagne et (...)

    • Je regarde pas souvent les textes sur dedefensa mais les rares fois ou je l’ai fait ca m’a semblé complétement idiot et pondu par un grand imbécile qui se prend pour une lumière. Du coup je comprend pas pourquoi ce site (qui mixe antisémitisme, misogynie et apologie de Hitler) est suivie et parfois liké sur seenthis. Est-ce qu’il y a des auteurs à lire sur ce site ? Qui est cet auteur reconnaissable (probablement son amour affiché pour Hitler) ? J’aurais tendance à pensé que c’est le même couillon qui avait écrit que le porno était une invention des féministes, complot de viles femelles afin de détourné les hommes de la révolte prolétarienne !

    • Non, c’est un autre. Celui dont il s’agit ici (son nom apparaît dans l’infobulle qui s’affiche en plaçant la souris au dessus du lien) est la caricature du réactionnaire (au sens de Joseph de Maistre, qu’il cite tant qu’il peut). Apparemment, il réside en Espagne où il cultive la nostalgie d’un régime précédent.

      L’un de ses signes distinctifs est l’étalage ostentatoire de sa grande culture, plaçant Tocqueville, Chateaubriand ou Saint Augustin, etc. dans le titre de son billet.

    • Merci pour les précisions @simplicissimus
      #fascisme #masculinisme
      pour mémoire je remet le lien vers le texte masculiniste auquel je fait référence : https://seenthis.net/messages/139980 Et le facho que j’avais confondu est Marc Gébelin qui est aussi remarquable pour son étalage ostentatoire de sa grande culture. A la lecture de Marc Gébelin je me demandait d’ailleurs si dedefensa hébergait des discours racistes, j’ai ma réponse aujourd’hui grâce à Nicolas Bonnal qui est aussi tendu de bras que Marc Gébelin est tendu de slip.

      https://www.youtube.com/watch?v=fNb8bTkx1kM

    • L’auteur principal du site, c’est PhG, un journaliste qui écrit depuis 50 ans sur l’américanisme. Son point de vue, et les points de vue qu’il collecte et qu’il partage sont intéressants. Une fenêtre sur le monde de l’américanisme en somme, plutôt intéressante.
      Cet auteur a des contacts avec des gens dont il se peut qu’il partage des choses... il n’y a qu’à voir comment il semble friand de l’expression « LGBTQ ». Bref, il leur ouvre son site pour publier leurs élucubrations, il s’agit des « ouvertures libres ». On a principalement Bonnal, tartineur de citations liées par de supposées fulgurances indigestes et incompréhensibles. Et ensuite, on a Gébelin, pornographe frustré plaquant tous ses fantasmes sexistes à d’autres fulgurances imbéciles. Ces deux là tirent le site DDE vers le bas, là où pendant longtemps on était bien content de ne pas le trouver.


  • Comment Tocqueville inspira Soljenitsyne
    http://www.dedefensa.org/article/comment-tocqueville-inspira-soljenitsyne

    Comment Tocqueville inspira Soljenitsyne

    La dégénérescence médiatique et intellectuelle fait de Soljenitsyne un grand-russe orthodoxe ; or Tocqueville n’est jamais loin de lui. On fait quelques rappels et puis on établira quelques puissantes et frappantes ressemblances entre la pensée du libéral français et du grand-russe réactionnaire :

    Rappelons ces extraits de Harvard (1978) :

    « Il y a trois ans, aux États-Unis, j’ai été amené à dire des choses que l’on a rejetées, qui ont paru inacceptables.

    Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d’alors...

    Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans (...)


  • De Gaulle et la fin du Français
    http://www.dedefensa.org/article/de-gaulle-et-la-fin-du-francais

    De Gaulle et la fin du Français

    Fin de l’histoire. Tocqueville, Poe, Chateaubriand l’ont dit les premiers, puis tous les autres, Le Bon, Michels, Sorel, Freud qui annonçait même, à cause du développement de la culture, la disparition démographique des races les plus évoluées...

    « Peut-être ce développement de la culture conduit-il à l’extinction du genre humain, car il nuit par plus d’un côté à la fonction sexuelle, et actuellement déjà les races incultes et les couches arriérées de la population s’accroissent dans de plus fortes proportions que les catégories raffinées. »

    C’est presque fait, et dans l’indifférence générale. Mon ami historien Guido Preparata qui rentre de la moribonde Italie me dit qu’on n’y pense qu’au restau sushi et à fermer des maternelles ; et d’ajouter qu’en Amérique où il se trouve maintenant (...)


  • Ortega Y Gasset et la montée eschatologique de la stupidité
    http://www.dedefensa.org/article/ortega-y-gasset-et-la-montee-eschatologique-de-la-stupidite

    Ortega Y Gasset et la montée eschatologique de la stupidité

    Relire Ortega Y Gasset, pourquoi faire ?

    Pour y trouver les éléments expliquant notre présent effondrement moral, intellectuel et psychique, qui ne frappe pas encore tout le monde, comme il ne frappait pas encore tout le monde à l’époque d’Hitler, Staline et Mussolini !

    Sous un masque libéral d’emprunt britannique, Ortega a surtout célébré l’homme traditionnel, l’élite traditionnelle, et a il a regretté l’avènement de l’homme-masse, le dernier homme nietzschéen, qui est toujours plus content, toujours plus massifié et toujours plus soumis.

    Comme Tocqueville, le très modéré (en apparence) auteur espagnol voit arriver un homme bien nouveau et bien inquiétant :

    « Symptôme d’une autre réalité, d’une réalité très grave : l’effroyable (...)


  • Marx et Tocqueville face au Mordor anglo-saxon
    http://www.dedefensa.org/article/marx-et-tocqueville-face-au-mordor-anglo-saxon

    Marx et Tocqueville face au Mordor anglo-saxon

    C’est l’été et avec lui les marronniers de l’été : la liste des milliardaires de la répugnante revue Forbes reprise par les perroquets caquetants. On apprend en même temps que 30% des Allemands font la queue pour décrocher un deuxième boulot. Il y a trente ans Louis Althusser disait dans une revue marxiste qui l’interviewait que la misère que l’exploitation plutôt avait été déplacée : voyez des images industrielles de Chine, du Bengladesh et du Mexique pour vous distraire. Par ailleurs, « cet heureux temps n’est plus », comme dit Racine, et on trouve aujourd’hui de bonnes vieilles usines de misère en Europe. Pas de parti communiste, pas de revendications salariales, etc. Le capital a gagné.

    Voyons d’où nous venons.

    Voyageur impénitent, anglophile renommé, (...)


  • Penser la controverse des sexes - Fondation maison des sciences de l’homme - Vidéo - Canal-U
    https://www.canal-u.tv/video/fmsh/penser_la_controverse_des_sexes.30089

    Geneviève Fraisse parle d’un événement fondateur pour elle, en étudiant Spinoza elle voie qu’il range ensemble « le délirant, la bavarde et l’enfant » comme les êtres non doués de raison.

    #phallosphe #philosophie #féminisme #histoire #historicisation

    texte qu’elle cite : La lucidité des philosophes
    http://www.persee.fr/doc/grif_0770-6081_1992_num_46_1_1861

    • Notes :

      Kierkegaard :

      Et si tu rencontre une lectrice, confie-lui : aimable lectrice, tu trouvera dans ce livre certaines choses que tu ne devrais peut-être pas savoir, d’autres choses dont la connaissances, sans doute, te sera utile ; lis donc les unes de manière à ce que tu sois, toi qui les as lues, comme celui qui ne les as pas lues, et les autres de manière à ce que tu sois, toi qui les as lues, comme celui n’a pas oublié ce qu’il a lu.

      #sexisme
      –-------

      Sur les querelles au sujet des femmes au XVIII cité par Fraisse voire :

      Sylvain Maréchal - Projet d’une loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes - 1801
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42699t/f4.image

      Constance de Salm -
      https://femmes-de-lettres.com/2012/10/25/constance-de-salm-lhistoire-dune-vie-1767-1845

      Les deux querelles sont : les femmes ne doivent pas lire (Sylvain Maréchal) et ne pas écrire (Charles lebrun - querelle des poétes à laquelle Constance de Salm répond)
      –-----------

      Les 3 arguments anti femmes des républicains :
      a - Maintiens de la différence - pas d’amour dans l’égalité - l’inégalité fe-ho serait nécessaire à la reproduction de l’espèce via l’amourrrr
      b - En démocratie il n’y a plus d’exception - toute exception fait règles, donc il suffit qu’une seule femme d’exception pour que toutes les femmes puissent toutes devenir exceptionnelles. ex : Une femme qui passe le bac ouvre le bac à toutes les femmes.
      c - Partage en république entre mœurs et lois (voire Rousseau) - les ho font les lois et les femmes feraient les mœurs. Cf - le privé est politique .

      Montesquieu considère deux formes de gouvernements, le gouvernement politique et le gouvernement domestique. Rousseau dénonce cette analogie entre le père et le roi - La notion d’espace privé apparaît après Rousseau et surtout chez Tocqueville. Cette notion d’espace privé permet aux hommes une domination plus importante car la « privé » disparaît du champ politique et n’a pas besoin de la notion d’égalité. L’égalité peut être ainsi vu comme nécessaire en politique et inapproprié au domicile.

      #Fourier condamne

      L’étourderie des philosophes, qui n’ont jamais su rien innover en affaires domestiques

      –----
      Sur la #Mixité, Fraisse explique que la mixité n’est pas venu par égalitarisme mais par rationalisme administratif.

      Citation de Fraisse : « La mixité c’est le partage, partage des espaces. C’est plus facile de partager l’espace d’un bus que celui de l’assemblée. »


  • Bakounine, Le Bon et le crépuscule européen
    http://www.dedefensa.org/article/bakounine-le-bon-et-le-crepuscule-europeen

    Bakounine, Le Bon et le crépuscule européen

    J’ai écrit de nombreux textes qui tournent autour du même thème, de la même constatation. Les choses, les problèmes ne changent plus depuis deux siècles ou presque. Lisez la conclusion des mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand et vous êtes déjà dans notre vieux monde. Monde unifié, monde laid, monde antiartistique, monde décivilisé, monde de contrôle, d’argent et de quantité. Les problèmes que nous vivons semblent sortis d’hier. Or c’est faux, ils sont anciens, et c’est pourquoi je conseille la lecture des auteurs comme Le Bon, Tocqueville ou bien sûr René Guénon ou Evola.

    Je vais parler de notre Italie.

    Les problèmes italiens sont vieux et ils datent de son unification ratée par une clique corrompue, celle qui la soumit ensuite à l’Angleterre (libéraux, sénateurs, (...)


  • Truman et le procès de la CIA (décembre 1963)
    http://www.dedefensa.org/article/truman-et-le-proces-de-la-cia-decembre-1963

    Truman et le procès de la CIA (décembre 1963)

    Le 21 décembre 1963, un mois après un inopiné accident de voiture, l’ex-président Truman, célèbre pour sa doctrine éponyme, sa Guerre Froide, sa bombe d’Hiroshima, sa guerre de Corée, sa bombe de Nagasaki, son Otan et autres merveilles rédige une maladroite lettre publiée le matin et censurée le soir-même.

    Il s’interroge sur le destin de son enfant terrible, la CIA. Et sans le vouloir il nous révèle (confesse ?) plus de choses que dix imaginatifs articles conspiratifs. Cochin et Tocqueville nous le disaient déjà (lisez mon livre sur Littérature et conspiration) : pourquoi en effet avoir recours aux conspirations quand il s’agit le plus souvent de pratiquer la théorie de la constatation dans les textes officiels ? Le système est en effet sûr de lui : il ne cesse (...)


  • Dostoïevski et la prophétie du Nouvel Ordre Mondial
    http://www.dedefensa.org/article/dostoievski-et-la-prophetie-du-nouvel-ordre-mondial

    Dostoïevski et la prophétie du Nouvel Ordre Mondial

    Dostoïevski a annoncé dans ses Possédés le bric-à-brac souffreteux de notre enseignement avancé, des magistrats subversifs et de l’avant-garde ploutocratique qui rêve de parader humanitaire dans les soirées milliardaires et philo-entropiques. Notre société ne se renouvelle pas, elle fait du surplace depuis longtemps en fait, et Tocqueville, Edgar Poe, Tolstoï ou Dostoïevski s’en rendaient très bien compte.

    Toute cette théologie les pieds dans l’eau aura liquidé notre bonne vieille civilisation en un siècle et demi ; et ce qui reste de monde libre n’a qu’à bien se tenir, car le feu nucléaire n’est pas loin. On devient, si l’on n’est pas un dégénéré, une menace pour la sécurité nationale américaine.

    Dostoïevski décrit le basculement occidental vers l’adoration (...)


  • Donald Trump à la Maison-Blanche : pourquoi ce qui paraissait invraisemblable est arrivé
    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/01/20/31002-20170120ARTFIG00220-donald-trump-a-la-maison-blanche-pourquoi-ce-qui-

    Comme les #perdants de la #mondialisation sont majoritaires, il était vraisemblable que le Brexit et Trump puissent l’emporter. Il était d’autant plus vraisemblable que Trump l’emporte que l’électorat de H. Clinton était très concentré géographiquement (côte ouest et New-York) et que donc le mode de scrutin indirect favorisait Trump. Finalement (et malheureusement pour nous), c’est toujours le monde anglo-saxon qui est pionnier dans le monde occidental. En 1989, Thatcher et Reagan ouvraient le bal de la globalisation. Aujourd’hui, le Brexit, Theresa May et sa défense de l’industrie britannique, la percée de Sanders et la victoire de Trump sonnent la fin de la partie.

    #classes

    • La paupérisation des classes moyennes occidentales est un enjeu anthropologique et philosophique majeur ?

      Oui, la notion même de classe moyenne est au fondement de la pensée politique occidentale. Et ce depuis 2600 ans. C’est ce qu’à bien montré Jean-Pierre Vernant dans son livre Les origines de la pensée grecque . Pour Vernant, la classe moyenne est au cœur de la naissance de la citoyenneté grecque. Elle incarne la modération face à la démesure ( hybris ) des riches. Ses membres (qu’on appelle oi mesoi , les mesurés, ceux du milieu) sont à la fois citoyens politiques, producteurs économiques et soldats, ignorant la distinction orientale entre le producteur et le soldat. Ils établissent un trait d’union entre toutes les classes et incarnent les vertus civiques.

      De plus, les classes moyennes sont le principal soutien de la démocratie. Aristote soulignait déjà que la démocratie était le régime des couches intermédiaires. Depuis le XIXème siècle, ce sont elles qui ont soutenu la démocratie en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Par contre, lorsqu’elles ont été violemment ébranlées en Italie et en Allemagne, elles ont abandonné la démocratie et se sont tournées vers le fascisme et vers le nazisme. Ce sont elles qui assurent la fonction d’encadrement dans la vie économique, elles qui paient l’essentiel de l’impôt sur les ménages, elles qui financent la protection sociale.

      Le risque de disparition des classes moyennes est donc un risque pour la démocratie ?

      Il l’est, mais, plus largement, il est un danger pour l’identité de l’Occident.

      L’une des grandes forces des Trente Glorieuses est d’avoir considérablement élargi et renforcé les classes moyennes, notamment en faisant en sorte que la classe ouvrière industrielle fasse désormais partie des classes moyennes, ce qui a puissamment consolidé la démocratie. Mais la désindustrialisation, la pression fiscale, la hausse de l’immobilier, la montée des inégalités et la faiblesse de la croissance minent en profondeur les classes moyennes. La société tend de plus en plus à se partager en deux pôles extrêmes : les riches et les pauvres. Il est normal que cette souffrance se traduise politiquement. Pour l’instant, ces électeurs ont fait le choix de contester l’establishment tout en restant à l’intérieur du système démocratique.

      Même si les anglo-saxons ont une tolérance plus forte que les Français à l’inégalité, ils n’en restent pas moins attachés à l’idée d’égalité, comme le notait déjà Tocqueville dans De la démocratie en Amérique. Et là visiblement, leur seuil de tolérance a été atteint.