city:tucson

  • Documentation pour un prochain patriarche


    Prometheus (arbre) — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Prometheus_(arbre)

    Prometheus (également connu sous le code WPN-114) est le surnom d’un pin de Bristlecone (Pinus longaeva) âgé probablement de plus de 5 000 ans et situé dans le Nevada au niveau de l’étage alpin. Il est abattu en 1964 dans le cadre d’une étude de la dynamique des climats du Petit âge glaciaire par dendrochronologie. Il était considéré comme le végétal le plus âgé de la planète jusqu’en 2008 où on a fait la découverte d’un bosquet d’épicéas âgé de 9 550 ans en Suède1, le Old Tjikko.

    Il est abattu le 6 août 1964 par Donald Rusk Currey (en), un doctorant et un membre du Service des forêts des États-Unis à des fins de recherche et alors que son âge n’était pas encore connu. Depuis lors, c’est l’arbre Mathusalem qui est considéré comme le Bristlecone le plus âgé au monde.

    Il doit son nom à Prométhée, qui d’après la Théogonie d’Hésiode, créa les hommes à partir d’une motte d’argile.
    Le bosquet où se trouvait Prometheus, avec le pic Wheeler au loin.
    Les restes du tronc coupé.
    La souche (en bas à gauche) et des restes de l’arbre (au centre).
    Étude de l’arbre

    Cet arbre appartenait à une population de pins de Bristlecone qui poussent à la limite de l’étage alpin sur la moraine latérale d’un ancien glacier sur le pic Wheeler, où, depuis 1986, se trouve le parc national de Great Basin, dans le Nevada oriental. Le pic Wheeler est la plus haute montagne du Snake Range et la plus haute montagne située entièrement dans l’État de Nevada. La population de pins de Bristlecone qui y pousse se divise en au moins deux sous-populations distinctes, dont l’une est accessible par un sentier d’interprétation très fréquenté. Prometheus pourtant, a grandi dans une région où l’on ne peut se rendre que par des randonnées à pied hors piste. En 1958 ou en 1961, un groupe de naturalistes qui avaient admiré le bosquet où l’arbre avait poussé a donné des noms à un certain nombre d’arbres, les plus grands ou les plus curieux, y compris Prometheus. La désignation comme WPN-114 a été donnée par le chercheur Donald R. Currey et vient du fait que c’est le 114e arbre qu’il a retenu pour ses recherches dans le comté de White Pine au Nevada.

    Le compte des anneaux effectué par Currey sur la section de l’arbre était de 4 844. Quelques années plus tard, il a été porté à 4862 par Donald Graybill, du Laboratoire de recherche sur les cernes des arbres (université d’Arizona). En 2010, Chris Baisan et Matthew Salzer du même laboratoire ont affiné la mesure de l’âge, par interdatation, ce qui permet de tenir compte des anneaux manquants (fréquents dans les arbres poussant à la limite de l’étage alpin). Ils obtiennent 4 900 ans très précisément. Cependant, le compte des anneaux a été fait sur une coupe transversale du tronc prise à environ 2,5 m au-dessus du point de germination original de l’arbre, parce que les anneaux les plus centraux manquaient au-dessous de ce point. En ajoutant les années nécessaires pour atteindre cette hauteur, il est probable que l’arbre ait eu près de 5 000 ans au moment de la coupe. Cela fait de lui le plus vieil organisme unitaire (c’est-à-dire non-clonal) qu’on ait jamais connu, dépassant d’environ 200 ans l’arbre Mathusalem du Bosquet Schulman dans les Montagnes Blanches en Californie.

    Que Prometheus soit considéré ou non comme l’organisme le plus ancien qu’on ait jamais connu dépend de la définition qu’on donne aux termes « le plus ancien » et « organisme ». Par exemple, certains organismes germinatifs ou clonaux, comme un buisson de créosote ou un tremble, pourraient avoir des individus plus âgés si l’organisme clonal est regardé comme un tout. En pareil cas, l’organisme vivant le plus ancien est un bosquet de Populus tremuloides dans l’Utah, connu sous le nom de Pando, avec 80 000 ans. Dans un organisme clonal, pourtant, les pieds clonaux individuels ne sont nulle part et de loin aussi anciens et aucune partie de l’organisme à aucun point dans le temps ne devient particulièrement vieille. Prometheus était ainsi l’organisme non-clonal le plus ancien qui ait été découvert, avec son bois le plus profond qui avait de 5 000 ans d’âge. Il est possible, pourtant, qu’il existe un exemplaire plus ancien dont l’âge n’ait pas encore été évalué. Les pins bristlecones sont connus pour la difficulté qu’on a à évaluer leur âge à cause de leur croissance particulièrement contorsionnée et l’abattage de très vieux arbres n’est plus autorisé.
    L’abattage de l’arbre

    Dans les années 1950 les dendrochronologistes ont fait de grands efforts pour découvrir les espèces d’arbres actuelles les plus anciennes ; ils comptaient utiliser l’analyse des anneaux pour différents objectifs de recherche, comme la reconstitution d’anciens climats, la datation de ruines archéologiques et cette question fondamentale qui est la recherche des créatures actuelles les plus anciennes. Edward Schulman a découvert alors que les pins bristlecones dans les Montagnes blanches de Californie et ailleurs étaient plus vieux que n’importe quelle espèce déjà datée. On a eu donc envie de trouver des bristlecones très âgés, plus âgés peut-être que l’arbre Mathusalem, estimé par Schulman en 1957 à plus de 4700 ans.

    Donald R. Currey était doctorant à l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill, et il étudiait la dynamique des climats du Petit âge glaciaire en utilisant les techniques de la dendrochronologie. En 1963 son attention fut attirée par les populations de bristlecones dans le Snake Range, et sur le pic Wheeler en particulier. En se fondant sur la taille, le taux de croissance et les formes de croissance de certains des arbres, il se convainquit qu’il existait sur la montagne quelques exemplaires très anciens et il préleva une carotte sur certains d’entre eux, trouvant des arbres dépassant 3 000 ans. Currey ne réussit pourtant pas à obtenir une série continue de carottages avec chevauchement pour WPN-114. Ici, les histoires divergent. On ne sait pas bien si c’est Currey qui a demandé, ou si c’est le personnel du service forestier qui a suggéré que l’on coupât l’arbre au lieu d’y pratiquer un carottage. Il y a aussi quelque incertitude quant à la raison pour laquelle un carottage n’a pu être fait. Une version est qu’il a brisé son unique longue tarière d’accroissement ou n’arrivait pas à la retirer et qu’il ne pouvait pas en obtenir une autre avant la fin de la campagne sur le terrain, une autre version prétend qu’il avait cassé deux tarières, et une autre encore qu’un échantillon de base était trop difficile à obtenir par taraudage et qu’il n’aurait pas fourni autant de renseignements définitifs qu’une coupe transversale complète de l’arbre.

    Il s’y ajoute des différences d’opinion sur le caractère exceptionnel de Prométhée dans le bosquet du pic Wheeler. On a dit que Currey et/ou le personnel de service forestier qui a autorisé l’abattage croyaient que l’arbre était seulement un des arbres très grands et très vieux dans le bosquet, tandis que d’autres, parmi lesquels un au moins a été impliqué dans la prise de décision et l’abattage de l’arbre, croyaient que l’arbre était vraiment exceptionnel - manifestement plus vieux que les autres arbres du domaine. Au moins une des personnes impliquées assure que Currey savait la vérité à l’époque bien que lui-même ne l’ait jamais avoué ; d’autres au contraire ont contesté que l’arbre fût de façon évidente plus vieux que les autres.

    On ne voit pas bien non plus en quoi il était nécessaire d’abattre un arbre aussi vieux si l’on considère le sujet que Currey étudiait. Comme le petit âge glaciaire a commencé, il n’y a pas plus de 600 ans, bien des arbres sans doute auraient pu fournir les renseignements qu’il recherchait pour cette période de temps. Pourtant, dans son rapport original (Currey, 1965), Currey fait allusion au petit âge glaciaire comme embrassant une période allant de 2000 avant Jésus-Christ jusqu’à maintenant, définissant ainsi cet âge comme une période de temps beaucoup plus longue que selon le consensus habituel. Était-ce l’opinion ordinaire à ce moment-là, on ne le sait pas. Dans l’article, Currey indique qu’il avait fait abattre l’arbre autant pour savoir si les bristlecones les plus âgés ont été nécessairement confinés aux Montagnes Blanches de Californie (comme des dendrochronologistes lui en avaient fait la demande) que parce que c’était utile pour étudier le petit âge glaciaire.

    Quoi qu’il en soit, l’arbre a été abattu et sectionné en août 1964, et plusieurs morceaux ont été emportés pour être traités et analysés, d’abord par Currey, puis par d’autres dans les années suivantes. Des sections, ou des morceaux de sections ont abouti à différents endroits, dont certains sont ouverts au public, entre autres : le centre de visite du parc national de Great Basin (Baker, NV), le Convention Center d’Ely (Ely, NV), le Laboratoire de Recherche sur les anneaux des arbres de l’université d’Arizona (Tucson, AZ) et l’Institut de génétique forestière du Service forestier américain (Placerville, CA).
    Répercussions de l’abattage de l’arbre

    On a soutenu que l’abattage de l’arbre a été un facteur important pour le mouvement de protection des bristlecones en général et des bosquets du pic Wheeler en particulier. Avant que l’arbre eût été coupé il y avait déjà eu un mouvement pour protéger les zones montagneuses et contiguës à l’intérieur d’un parc national et 22 ans après l’incident la région a vraiment acquis le statut de parc national.

    L’endroit exact de l’arbre qui est maintenant le plus vieux, Mathusalem, est gardé secret par l’agence chargée de l’administration, le Service des forêts américain. À cause de l’importance de l’espèce dans les recherches de dendrochronologie, tous les pins bristlecones sont maintenant protégés, qu’ils soient debout ou tombés.

    #patriarche #arbre #hommerie #mad_meg

  • Democrats’ ‘smart border’ technology is not a ‘humane’ alternative to Trump’s wall

    In response to President Trump’s demand for $5.7 billion for a physical barrier along the U.S.-Mexico border, and his threat to shut down the government again on Feb. 15 if Congress doesn’t provide it, Democratic Congressional leaders are promoting an alternative they refer to as a “smart border.” This is essentially an expansion of existing technologies like remote sensors, integrated fixed-towers, #drones and other #surveillance assets.

    On Jan. 29, Rep. James Clyburn (D-S.C.), the third-ranking Democrat in the House, wrote an op-ed in The Hill arguing that this kind of “smart border” is preferable to a physical wall because it will “create a technological barrier too high to climb over, too wide to go around, and too deep to burrow under,” resulting in an “effective, efficient and humane” alternative to Trump’s border wall. Meanwhile, the “opening offer” announced on Jan. 31 by the Democrats in bipartisan budget negotiations included $400 million for this “smart border” surveillance package.

    In a recent peer-reviewed article in the Journal of Borderlands Studies, we raised fundamental questions about these kinds of “smart border” technologies, including their humanitarian implications. Using geospatial modeling and statistical analysis, we show how previous “high-tech” border solutions failed to deliver on their operational objectives; instead of preventing unauthorized crossing, the surveillance network simply shifted migration routes into much more difficult and remote terrain, with a measurable impact on the geography of migrant deaths in the southern Arizona desert.

    From 2006 to 2011 the United States appropriated $3.7 billion for the SBInet system, intended as a high-tech network of ground sensors connected to integrated fixed towers mounted with infrared, high-resolution cameras and motion-detecting ground radar. Experimentally deployed southwest of Tucson, Arizona, the surveillance network aimed to provide the Border Patrol “complete situational awareness” through the real-time, automated integration of multiple sources of surveillance data.

    The outcomes delivered by the SBInet program fell well short of these aspirations, however. In 2010 the Government Accountability Office concluded that the Department of Homeland Security had “yet to identify expected benefits from the [program], whether quantitative or qualitative.” After continuous operational shortcomings and delays, in 2011 the Obama administration quietly canceled the program.

    Simultaneously, the area where SBInet was deployed has become a “land of open graves,” according to anthropologist and 2017 MacArthur “genius grant” recipient Jason De León. From 2006 to 2011, at least 1,267 people died in southern Arizona attempting to cross the border. A significant majority of these deaths were the outcome of exposure to the elements: dehydration, hyperthermia and exhaustion. Meanwhile, during this same period the rate of death (the number of deaths / 100,000 Border Patrol apprehensions) skyrocketed, nearly tripling between 2008 and 2011 alone.

    These deaths are the result of many factors. But our research shows that significant among these has been the expansion of border surveillance technology. Using Geographic Information Science, we analyzed the mapped location of human remains pre- and post-SBInet. We then plotted the visual range of the SBInet system using publicly-available information on the location of the towers and the operational reach of their various components.

    Next, we created a model using variables like vegetation, slope and terrain to measure the physiological difficulty associated with pedestrian transit along different routes of travel. We found a meaningful and measurable shift in the location of human remains toward routes of travel outside the visual range of the SBInet system, routes that simultaneously required much greater physical exertion, thus increasing peoples’ vulnerability to injury, isolation, dehydration, hyperthermia and exhaustion.

    Our research findings show that in addition to its monetary cost and its questionable operational efficacy, the “smart border” technology presently being promoted by the Democratic congressional leadership contributes to deadly outcomes.

    Based on these findings there is a need to reconsider the premise that surveillance technology and infrastructure can provide a “humane” alternative to Trump’s border wall (a proposal we also consider to be wasteful and destructive). Instead, we’d like to see a shift in U.S. border policy that genuinely prioritizes the protection of human life, regardless of a person’s citizenship or immigration status.

    This kind of shift, of course, would require reforms not just to the Border Patrol and its enforcement strategy, but to U.S. immigration policy overall, allowing people to seek safety or reunite with family and loved ones without risking their lives crossing through the desert.

    https://thehill.com/opinion/immigration/429454-democrats-smart-border-technology-is-not-a-humane-alternative-to-tru

    #frontière_intelligente #alternative (?) #murs #barrières_frontalières #frontières #smart_border #smart_borders #technologie #mourir_aux_frontières #morts #décès

    En gros:

    Our research findings show that in addition to its monetary cost and its questionable operational efficacy, the “smart border” technology presently being promoted by the Democratic congressional leadership contributes to deadly outcomes.

  • As Trial Starts for Border Humanitarian Volunteers, New Documents Reveal Federal Bureaucrats’ Obsession With Stopping Activists
    https://theintercept.com/2019/01/17/no-more-deaths-border-documents-trial

    Trump administration prosecutors argued this week that members of the borderland faith-based organization No More Deaths broke the law by leaving jugs of water and cans of beans for migrants trekking through a remote wilderness refuge in the Sonoran Desert. The arguments came in the first of a series of high-profile federal trials in Tucson, Arizona, where humanitarian aid volunteers are facing prosecution under a litany of charges. Assistant U.S. Attorney Anna Wright, who is currently (...)

    #activisme #migration #surveillance

  • #États-Unis : une migrante guatémaltèque de 7 ans meurt en #détention
    https://www.romandie.com/news/tats-Unis-une-migrante-guatemalteque-de-7-ans-meurt-en-detention/979963.rom

    Une migrante guatémaltèque de 7 ans est morte quelques heures après avoir été placée en détention par la police aux frontières américaine dans l’Etat du Nouveau-Mexique, rapporte jeudi le Washington Post.

    La fillette, qui avait illégalement franchi la frontière en compagnie de son père et d’une douzaine d’autres personnes, est morte de « déshydratation et d’un état de choc », écrit le quotidien, citant le service américain des douanes et de la protection des frontières.

    Elle n’avait « pas bu d’eau ni mangé pendant plusieurs jours ». Prise de convulsions huit heures après avoir été placée en détention, elle a été transportée par hélicoptère à l’hôpital, où elle s’est éteinte, raconte le Washington Post.

    (©AFP / (14 décembre 2018 13h29)

    « #nos_valeurs »

  • Mapping Who Lives in Border Patrol’s ’100-Mile Zone’ - CityLab
    https://www.citylab.com/equity/2018/05/who-lives-in-border-patrols-100-mile-zone-probably-you-mapped/558275
    https://cdn.citylab.com/media/img/citylab/2018/05/03_Esri_Map/facebook.png?1526050717

    Arivaca is a small, unincorporated community in Pima County, Arizona, around 11 miles north of the Mexican border. The closest big city is Tucson, 60 miles northeast. The town itself is barebones—a smattering of old buildings, some dating back to the 1800s. It is surrounded by swathes of yellow grassland.

    To get groceries or cash a check at the bank, residents often have to drive north to Green Valley, or even further, to Tucson. And to do that, they have to pass by a Customs and Border Protection (CBP) checkpoint, where they’re inevitably asked if they’re U.S. citizens.

    #états-unis #frontières #murs #démographie

  • Saudi Arabia – #TOW_2B (#BGM-71F-Series) Missiles

    The State Department has made a determination approving a possible Foreign Military Sale to Saudi Arabia of TOW 2B (BGM-71F-Series) missiles for an estimated cost of $670 million. The Defense Security Cooperation Agency delivered the required certification notifying Congress of this possible sale today.

    The Government of the Kingdom of Saudi Arabia has requested to buy up to six thousand six hundred (6,600) TOW 2B missiles (BGM-71F-Series) and ninety-six (96) TOW 2B (BGM-71F-Series) fly-to-buy lot validation missiles. Also included is government furnished equipment; technical manuals and publications; essential spares and repair parts; consumables; live fire exercise and ammunition; tools and test equipment; training; transportation; U.S. Government technical support and logistic support; contractor technical support; repair and return support; quality assurance teams; in-country Field Service Representative (FSR); other associated equipment and services in support of TOW 2B missiles; and other related elements of logistics and program support. The total estimated program cost is $670 million.

    This proposed sale will support U.S. foreign policy and national security objectives by improving the security of a friendly country which has been, and continues to be, an important force for political stability and economic growth in the Middle East. This potential sale is consistent with U.S. initiatives to provide key partners in the region with modern systems that will enhance interoperability with U.S. forces and increase stability.

    The proposed sale of TOW 2B missiles and technical support will advance the Kingdom of Saudi Arabia’s efforts to develop an integrated ground defense capability. A strong national defense and dedicated military force will assist Saudi Arabia to sustain itself in its efforts to maintain stability. Saudi Arabia will have no difficulty absorbing this equipment into its armed forces.

    The proposed sale of this equipment and support will not alter the basic military balance in the region.

    The principal contractor is Raytheon Missile Systems, Tucson, AZ. There are no known offset agreements proposed in connection with this potential sale.

    Implementation of this proposed sale will not require the permanent assignment of any U.S. Government or contractor representatives to Saudi Arabia. There will be no more than two contractor personnel in the Kingdom of Saudi Arabia at any one time and all efforts will take less than two weeks in total.

    There will be no adverse impact on U.S. defense readiness as a result of this proposed sale.

    This notice of a potential sale is required by law and does not mean the sale has been concluded.

    All questions regarding this proposed Foreign Military Sale should be directed to the State Department’s Bureau of Political Military Affairs, Office of Congressional and Public Affairs, pm-cpa@state.gov.

    http://www.dsca.mil/major-arms-sales/saudi-arabia-tow-2b-bgm-71f-series-missiles
    #armes #commerce_d'armes #USA #Etats-Unis #Arabie_Saoudite

    cc @fil @reka

  • Le plus grand cimetière de locomotives de France, un immense gâchis
    https://reporterre.net/Le-plus-grand-cimetiere-de-locomotives-de-France-un-immense-gachis

    L’image est saisissante. Des centaines de #locomotives sont alignées sur une dizaine de #voies_ferrées. À chaque ligne correspond un modèle : ici les diesels, là les modèles des années 1970, et ainsi de suite. Au bout des lignes, les voies sont couvertes de verdure, des arbres transpercent les traverses. Une image fascinante de lignes symétriques où s’enchevêtrent l’industrie et la flore qui reprend ses droits ; une image de désolation pour les cheminots, qui voient les bijoux de leur travail mis au rancart.

    #société_du_déchet #gâchis

  • This Isn’t Just Another Urban Farm—It’s a Food Bank for the Poor | Alternet
    https://www.alternet.org/food/isnt-just-another-urban-farm-its-food-bank

    In Pima County, which includes Tucson, one person in seven is food insecure—slightly above the national average. Food banks, including this one, the Community Food Bank of Southern Arizona, have been starting gardens and farms where they teach people to grow their own food. These are local, small-scale initiatives that teach “food literacy”—nutrition, cooking, budgeting, grocery shopping and gardening—to communities that suffer from food insecurity or simply a lack of fresh produce.

    This is a common concern, and food banks across the U.S. are increasingly taking on added responsibilities of not just providing food to low-income communities, but also addressing health issues associated with food insecurity, such as malnutrition and diet-related illness like high blood pressure, type-2 diabetes, and obesity.

    But the heart of Las Milpitas is everything set aside for free use by the community, says Elena Ortiz, Las Milpitas’ Farm Engagement Manager and Advocacy Coordinator. There are around 60 individually-assigned plots, a shared community plot, a greenhouse, a composting toilet, and an adobe oven. At times the farm borrows other equipment, such as a solar dehydrator or a solar oven, which are used in cooking demonstrations and native plant workshops.

    Gardeners plan their own plots and take home what they grow, Ortiz says. And they come back for other events such potlucks and yoga classes. Local elementary schools also use Las Milpitas as an outdoor classroom to teach a food literacy curriculum about nutrition, plants, gardening, and cooking.

    Et une situation urbaine que j’ai déjà vue aux alentours de Pékin :

    And since there are no parks in the neighborhood, Ortiz says, people also come to Las Milpitas simply to enjoy the green space.

    artnerships between food banks and local agriculture are on the rise. Food banks are farming produce, recovering (or “gleaning”) agricultural surplus straight from the fields, building urban demonstration gardens and seed libraries, and teaching classes in underserved neighborhoods for those who want to grow food in their backyards or in balcony bucket gardens.

    Transformer les Banques alimentaires en un commun prenant en compte tous les aspects de l’alimentation

    Erik Talkin, CEO of the Foodbank of Santa Barbara County and author of the blog From Hunger to Health, is supportive of food banks like the Community Food Bank of Southern Arizona who have successfully pioneered complex approaches.

    “They wanted to focus on these programs that would build long-term food literacy as opposed to just short-term giving people food. They realize that they can build a bigger and bigger food bank, but it’s not actually solving the problem they’re trying to deal with.”

    #Alimentation #Banques_alimentaires #Communs #Incroyables_comestibles #Agriculture_urbaine

  • Poll finds U.S.-Mexico border residents overwhelmingly value mobility, oppose wall

    Residents who live along the U.S.-Mexico border overwhelmingly prefer bridges over fences and are dead set against building a new wall, according to a Cronkite News-Univision-Dallas Morning News poll.


    http://interactives.dallasnews.com/2016/border-poll

    #sondage #murs #opposition #résistance #USA #Mexique #frontières #barrières_frontalières

    • Vigilantes Not Welcome : A Border Town Pushes Back on Anti-Immigrant Extremists

      In late August last year, 39-year-old Michael Lewis Arthur Meyer exited La Gitana bar in Arivaca, Arizona, took out his phone, and started recording a video for his Facebook page: “So down here in Arivaca, if you like to traffic in children, if you like to make sure women and children have contraceptives before handing them off to the coyotes to be dragged through the desert, knowing they’re going to get raped along the way, if you’re involved in human trafficking or dope smuggling, these individuals have your back.”

      Meyer, who had a trim red beard, dark sunglasses, and a camouflage American flag hat, aimed his cellphone camera at a wooden awning on a small white bungalow across the street from La Gitana, panning between two signs with the words “Arivaca Humanitarian Aid Office” and “Oficina De Ayuda Humanitaria” in turquoise letters.

      The video went on for nine and a half minutes, as Meyer, the leader of a group called Veterans on Patrol, which had more than 70,000 followers on Facebook, talked about stopping border crossers and searching abandoned mineshafts for evidence of trafficked women and children. Every couple of minutes he would return to the aid office.

      “If you’re ever down here in Arivaca,” he told his audience, “if you want to know who helps child traffickers, if you want to know who helps dope smugglers, if you want to know who helps ISIS, if you want to know who helps La Raza, MS-13, any of ’em, any of the bad guys, these people help ’em.”

      The claims were false and outrageous. But Meyer had an audience, and people in town were well aware of how media-fueled anti-­immigrant vitriol and conspiracies could spill over into real-world violence. It had happened there before.

      Arivaca sits just 11 miles north of the Mexico border in a remote area of the Sonoran Desert. For about two decades, anti-immigrant vigilante groups have patrolled the region to try to remedy what they perceive as the federal government’s failure to secure the border. In 2009, the leader of one of these groups and two accomplices murdered two residents—a little girl and her father—during a home invasion and robbery planned to fund their activities. Meyer’s video brought that trauma back and was quickly followed by a series of incidents revolving around various vigilante groups, La Gitana, and the humanitarian aid office. When I visited in mid-September, the town was clearly on edge. “If we don’t do something about [the situation], we’re going to have bodies here again,” Arivaca’s unofficial mayor, Ken Buchanan, told me.

      Shortly before making his video, Meyer had been sitting in La Gitana with several volunteers from Veterans on Patrol. Megan Davern, a 30-year-old meat cutter with work-worn hands and long brown hair, was tending bar. She had heard that a rancher living along the border was having issues with a vigilante group trespassing and flying drones over his property.

      “I walked into the bar at four o’clock one day to start a shift, and I saw this big group of people in fatigues with empty gun holsters and a drone on the table, and I felt it was probably them,” Davern recalled.

      Davern had heard the group’s name before and quickly did some internet research, reading highlights as the men drank. The group was founded to provide support to homeless veterans. Then, in May 2018, Meyer—who is not a veteran and has a criminal history—claimed he had discovered a child sex trafficking camp at an abandoned cement factory in Tucson. The camp, he said, was part of a pedophilia ring, and on his Facebook page he shared posts linking it to the Clintons, George Soros, and Mexican drug cartels.

      Meyer, who showed up for rancher Cliven Bundy’s 2014 armed standoff with authorities in Nevada and was present during Bundy’s sons’ occupation of an Oregon wildlife refuge in 2016, declined an interview request. But the story he was spreading mimicked right-wing conspiracies like Pizzagate and QAnon, and though Tucson police investigated and debunked his claims, Meyer gained tens of thousands of social-media followers. With donations of supplies and gift cards pouring in from supporters, he vowed to gather evidence and save the women and children he claimed were being victimized.

      Davern watched as Meyer and the other Veterans on Patrol volunteers left La Gitana and started filming the first video. Toward the end of the video, she stepped out of the bar to confront them. “We’ve been hearing about you for a long time,” she said, as Meyer turned the camera on her. “I’d appreciate if you don’t come in anymore.”

      Banning Veterans on Patrol, Davern told me, was an easy decision: “We have a strict no-militia policy at the bar because of the history of militia violence in this town.”

      Arivaca is a quirky place. To start with, it’s unincorporated, which means there’s no official mayor, no town council, no police force. The 700 or so residents are an unlikely mix of miners, ranchers, aging hippies, artists, and other folks who stumbled across the odd little community, became enchanted, and decided to make it home. A single road runs through it, linking an interstate highway to the east and a state highway to the west. The next town is 30 minutes away; Tucson is 60 miles north.

      There’s no official mayor, no town council, no police force…The next town is 30 minutes away.

      Jagged hills covered in scraggly mesquite spread in every direction until they meet towering mountains at the distant southern horizon. The vast landscape swallows up the dividing line with Mexico, but the presence of the border looms large.

      By the early 2000s, a federal policy called Prevention Through Deterrence had pushed border crossers from urban areas to more hostile terrain like the desert around Arivaca. Migrant deaths skyrocketed, and Arivaca eventually became a staging ground for volunteers caching water and food in the desert. Some settled down, and residents opened the humanitarian aid office in 2012.

      The border crossers also caught the attention of vigilante groups, many of which had formed in the late ’90s in Texas and California, and which ranged from heavily armed paramilitary-type organizations to gangs of middle-aged men sitting on lawn chairs with binoculars. “They realized that ground zero was really on the Arizona border,” said Mark Pitcavage, who researches right-wing extremism at the Anti-Defamation League.

      One group known as the Minutemen started organizing Arizona border watches in 2005. “It was a big deal in the press,” said Heidi Beirich, a hate group expert at the Southern Poverty Law Center. Beirich credits the Minutemen with helping mainstream the demonization of undocumented migrants, calling the media-savvy group “probably the thing that started off what ultimately becomes Donald Trump’s anti-­immigrant politics.”

      But by 2007, the organization was splintering. One spinoff, Minutemen American Defense (MAD), was led by a woman named Shawna Forde, a name that no one in Arivaca would soon forget.
      “The whole town has those emotional scars.”

      Just before 1 a.m. on May 30, 2009, Forde and two accomplices murdered nine-year-old Brisenia Flores and her 29-year-old father, Raul, in their home. They also injured Brisenia’s mother, Gina Gonzales, before she drove them away by grabbing her husband’s gun and returning fire.

      Raul Flores was rumored to be involved in the drug trade, and Forde, a woman with a long criminal history, had devised a plan to rob his home and use the money to finance MAD.

      The murders shook Arivaca. “The whole town has those emotional scars,” Alan Wallen, whose daughter was friends with Brisenia, told me.

      The day that Meyer filmed that first Facebook video in Arivaca, Terry Sayles, 69, a retired schoolteacher with a long-standing research interest in far-right groups, was at his home in Green Valley, some 45 minutes away. Sayles had been following Veterans on Patrol since the cement plant conspiracy theory first surfaced. When he saw Meyer’s video outside La Gitana, he called the bar with a warning. “You guys know that you’re on Facebook?” he asked.

      “Oh, great,” Davern remembered thinking. Until then, she hadn’t realized Meyer’s video was online. “I didn’t know what the ramifications would be. Were people going to come into my work and harass me? Threaten me with violence? Were they going to find out where I live?”

      Around the time of Davern’s confrontation outside the bar, La Gitana put up a sign saying that members of border vigilante groups were not welcome inside. It didn’t mention Veterans on Patrol but instead singled out another group: Arizona Border Recon (AZBR).

      Tim Foley, the leader of AZBR, had moved to Arivaca in the summer of 2017. Before starting the group in 2011, Foley, who has piercing blue eyes and leathery skin from long hours in the sun, worked construction jobs in Phoenix until 2008, when the financial crisis hit. “Everything fell apart,” he told me over the phone.

      Foley said that after years of seeing immigration violations on work sites go unpunished, he went down to the border and decided to dedicate himself to stopping undocumented crossers. The Southern Poverty Law Center considers AZBR a nativist extremist group, but Foley now says his main mission is gathering intelligence on Mexican drug cartels.

      Just before I visited Arivaca, Foley was in Washington, DC, speaking at “The Negative Impact of Illegal Alien Crime in America,” a rally hosted by families of people killed by undocumented immigrants. Other speakers included former Maricopa County Sheriff Joe Arpaio, who is also a Trump pardon recipient; presidential adviser Kellyanne Conway; and Rep. Steve King, a Republican from Iowa with a history of racist and anti-immigrant rhetoric.

      A few days after Meyer filmed his video, a BearCat armored vehicle—the kind used by SWAT teams—came rolling into Arivaca. It had a mock .50-caliber machine gun affixed to a turret on its roof and belonged to the Utah Gun Exchange, a marketplace and media company based near Salt Lake City with a mission to build what one of its co-owners, 46-year-old Bryan Melchior, described as “web platforms that allow free speech and that promote and protect the Second Amendment.”

      Before coming to Arivaca, the group had followed survivors of the Parkland high school shooting around the country during the teens’ “March for Our Lives” tour. But after President Trump threatened to shut down the government over funding for his border wall, Melchior shifted his attention. “Ultimately, we came here to tell stories from the border, and that’s what brought us to Arivaca, because there are some outspoken public figures here. Tim Foley is one of them,” Melchior told me.

      Melchior, stocky with a scruffy salt-and-pepper beard and an ever-present sidearm, and his crew decided to get dinner at La Gitana. Davern was tending bar and asked the group what they were up to. When Melchior said they were a media company in town to tell border stories and that they were in touch with Foley, “the whole thing went to hell in a handbag,” he recalled.

      Davern said she left their initial conversation feeling optimistic that the Utah Gun Exchange’s platform could be a good avenue to reach a different audience with information about what life was actually like at the border. But when she found out it had a channel called BuildTheWallTV, she changed her mind.

      Melchior was down by the border when somebody sent him a picture of a new sign in La Gitana’s window listing the Utah Gun Exchange and Veterans on Patrol as groups that were not welcome. He later went into La Gitana with an open container of alcohol from a store across the street to ask about the sign. The interaction did not go well.

      The next day, Meyer came back to town ready to film again. Playing to an audience watching in real time on Facebook Live, he walked up to La Gitana, showed the signs hanging in the window, and knocked. “Do you stand by your convictions to tell tens of thousands of supporters [that they’re not welcome]?” he asked the bartender working that day.

      “Sure. Absolutely,” she replied.

      Meyer went on to say that Veterans on Patrol was going to build a wall around Arivaca to make it part of Mexico. He then walked across the street to again film the humanitarian office: “This town’s made it apparent they don’t want us. They’d rather have the illegals crossing over. They’d rather help traffic the children and the women.”

      To many Arivaca residents, it felt like things were building toward cataclysm. “People are terrified,” Davern told me. “These people come to town and they’re threatening. Extremely threatening.”
      To many Arivaca residents, it felt like things were building toward cataclysm.

      So they called a town meeting. It was held on September 9, and about 60 people came. Terry Sayles, the retired teacher from Green Valley, was there. He suggested that the town report Veterans on Patrol’s page to Facebook. The residents set up a phone tree in case they needed to quickly rally aid—local law enforcement is at least an hour away. Kelly and a couple of others formed a neighborhood watch of sorts. “We had a strategy that we had rehearsed so that if in fact there was some attempt by somebody to do harm, we could de-escalate it in a hurry and quietly defuse it,” he said.Arivacans weren’t so much concerned about Foley, Meyer, or Melchior, but about their followers, who might see their inflammatory videos and posts about Arivaca and take matters into their own hands. “Our greatest fear was some person incensed at the thought of this community engaged in sex traffic would come out here and have a shootout at our local tavern,” Dan Kelly, a Vietnam War veteran who lives in Arivaca, told me.

      One of the most important things, though, was channeling the spiraling fear into a productive reaction. “We worked hard to separate the emotional response to it and try to look at it logically and coldly,” Kelly said. “The visceral side, the emotional side, was the impetus to get organized and take a rational response.”

      Their containment approach worked. A couple of days after the meeting, Veterans on Patrol’s main Facebook account was taken down, stripping Meyer of his audience. The Utah Gun Exchange eventually packed up and left. Many people had refused to talk to the outlet. “Arivaca is the most unwelcoming town I’ve ever been to in my life,” Melchior complained to me.

      In January, Melchior was charged in Utah with felony drug and weapons possession. Meyer also faces legal trouble, some of it stemming from videos he took of himself trespassing on private property around Tucson. He currently has several cases pending in the Pima County court system.

      “There’s been significantly less obvious militia activity in Arivaca, which I contribute to a victory on our part,” Davern told me during a recent phone call. “There’s a lot less fear going around, which is great.” Town meetings continued for a while but have stopped for now. But to Davern, as long as Tim Foley is still in town, the issue isn’t resolved. “That person needs to leave,” she said, describing him as a magnet for conflict. High Country News detailed an incident in early March when locals eager to keep the peace dissuaded a group of reportedly self-described anarchists who had come to town to confront him.

      Foley knows what Davern and others in Arivaca think about him but insists there’s a silent majority in town that supports his presence. “They can keep calling me the bad guy. I already know I’m not, or else I still wouldn’t be walking the streets,” he told me. “I’m not moving. I’m staying in Arivaca. They can keep crying for the rest of their lives. I really don’t care.”

      Even at the height of their fear, a question hovered over the town’s residents: Were they overreacting?

      It’s a question more people across the country confront as they wake up to the reality of right-wing extremism and violence. When I was in Arivaca, the answer was clear to Clara Godfrey, whose nephew Albert Gaxiola was Shawna Forde’s accomplice in the Flores murders. He and Forde had met at La Gitana. “We can never say, ‘We didn’t know,’ again,” Godfrey told me. “If anything happens, we have to say, ‘We knew, and it was okay with us.’”

      https://www.motherjones.com/politics/2019/04/immigrant-vigilantes-arizona-border-arivaca

      Commentaire de Reece_Jones sur twitter :

      A truism of borders: the people who live there hate the way people in the interior politicize and militarize their homes.

      https://twitter.com/reecejhawaii/status/1116404990711492608
      ... ce qui me fait penser au fameux effet Tur_Tur !

  • DANIEL MARTIN DIAZ « SECRETS OF THE UNIVERSE »
    https://laspirale.org/peinture-531-daniel-martin-diaz-secrets-of-the-universe.html

    DANIEL MARTIN DIAZ « SECRETS OF THE UNIVERSE »Huit années sont passées depuis la première apparition de Daniel Martin Diaz sur LaSpirale.org. Une période mise à profit par ce peintre, alors méconnu, de Tucson, Arizona, pour s’immerger dans des sciences « dures », telles que l’anatomie, l’informatique, la cosmologie, les mathématiques et la mécanique quantique, tout en approfondissant sa relation au symbolisme.

    Avec pour résultat, un travail toujours aussi empreint d’ésotérisme et de religiosité, et depuis récompensé par de nombreuses commandes et expositions, accompagnées de parutions dans des revues aussi prestigieuses que le LA Times, le NY Times, Juxtapoz, Raw Vision, Rolling Stone et High Fructose, ainsi que par l’édition de quatre (...)

  • The Science Behind Arizona’s Record-Setting Heat Wave
    https://psmag.com/environment/terrifying-heat-waves-in-arizona

    - The United States Border Patrol stepped up safety messages, saying “it is physically impossible for the average person to carry enough water to survive.”

    – The National Weather Service also warned against walking pets outdoors, saying that at pavement temperatures above 162 degrees (consistent with air temperatures of 102 [= 39°C]), skin is instantly destroyed.

    Also on Monday, American Airlines canceled 38 flights previously scheduled for Phoenix on Tuesday—simply because it will be too hot to fly. It’s not necessarily that the pilots and ground crew will need extra rest, it’s that the planes’ wings themselves weren’t designed to perform under such conditions. Hotter air is thinner, and provides less lift, making it difficult for planes to take off.

    As for here in Tucson, where I live, it’s so hot right now, I can’t think straight. Even indoors, a heat like this consumes you. “Cold” water from the tap is hot to the touch. You feel trapped; your daily routine changes to accommodate the inferno.

    [...] In short, the background signal of global warming makes the entire atmosphere thinner and less dense, supporting stronger high-pressure centers like the one camped out over Arizona this week, which then tend to get stuck in place—cranking up the thermostat over a multi-state region.

    #climat

    • The Border / La Frontera

      For the native nations living along the US-Mexico border, the border is a barbed wire fence through their living room. Over the course of generations, they’ve formed connections on both sides of the border, and yet they’re considered foreigners and illegal immigrants in their ancestral homelands. In the O’odham language, there is no word for “state citizenship.” No human being is illegal.

      In this map, the territories of the #Kumeyaay, #Cocopah, #Quechan, #Tohono_O’odham, #Yaqui, #Tigua, and #Kickapoo are shown straddling the 2,000 mile border, with the red dots along the border representing official border crossings.


      https://decolonialatlas.wordpress.com/2017/03/21/the-border-la-frontera
      #cartographie #visualisation #frontières

    • No wall

      The Tohono O’odham have resided in what is now southern and
      central Arizona and northern Mexico since time immemorial.
      The Gadsden Purchase of 1853 divided the Tohono O’odham’s
      traditional lands and separated their communities. Today, the
      Nation’s reservation includes 62 miles of international border.
      The Nation is a federally recognized tribe of 34,000 members,
      including more than 2,000 residing in Mexico.

      Long before there was a border, tribal members traveled back
      and forth to visit family, participate in cultural and religious
      events, and many other practices. For these reasons and many
      others, the Nation has opposed fortified walls on the border for
      many years.

      https://www.youtube.com/watch?v=QChXZVXVLKo


      http://www.tonation-nsn.gov/nowall

    • A Standing Rock on the Border?

      Tohono O’odham activist #Ofelia_Rivas has a reputation for clashing with U.S. Border Patrol. On her tribe’s 4,500-square-mile reservation, which straddles the U.S.-Mexico border, that can be a stressful vocation. But she doesn’t show it, sharing conversational snippets and a slight, quick grin. Her skin is the color of stained clay, and she cuts a stylish figure: narrow glasses and a red-flecked scarf trailing in the slight breeze. Her black sneakers are gray with dust.


      http://progressive.org/dispatches/a-standing-rock-on-the-border-wall-180406

    • How Border Patrol Occupied the Tohono O’odham Nation

      In March 2018, Joaquin Estevan was on his way back home to Sells, Ariz., after a routine journey to fetch three pots for ceremonial use from the Tohono O’odham community of Kom Wahia in Sonora, Mexico (where he grew up)—a trek his ancestors have made for thousands of years. His cousin dropped him off on the Mexico side of the San Miguel border gate, and he could see the community van of the Tohono O’odham Nation waiting for him just beyond.

      But when Estevan handed over his tribal card for identification, as he had done for years, to the stationed Border Patrol agent, he was accused of carrying a fraudulent ID, denied entry to Arizona and sent back to Mexico.

      Tohono O’odham aboriginal land, in what is now southern Arizona, historically extended 175 miles into Mexico, before being sliced off—without the tribe’s consent—by the 1853 Gadsden Purchase. As many as 2,500 of the tribe’s more than 30,000 members still live on the Mexico side. Tohono O’odham people used to travel between the United States and Mexico fairly easily on roads without checkpoints to visit family, go to school, visit a doctor or, like Estevan, a traditional dancer, perform ceremonial duties.

      But incidents of U.S. Customs and Border Protection (CBP) aggression toward members of the Tohono O’odham Nation have become increasingly frequent since 9/11, as Border Patrol has doubled in size and further militarized its border enforcement. In 2007 and 2008, the United States built vehicle barriers on the Tohono O’odham Nation’s stretch of the U.S.-Mexico border, and restricted crossings.

      The Tohono O’odham’s struggles with Border Patrol received little attention, however, until President Donald Trump took office and pushed forward his vision for a wall along the border. Verlon Jose, Tohono O’odham vice chairman, announced in 2016 that the wall would be built “over my dead body,” a quote that went viral.

      What the border wall debate has obscured, however, is the existing 650 miles of walls and barriers on the U.S. international divide with Mexico, including the 62 miles of border that run through the Tohono O’odham Nation. An increasingly significant part of that wall is “virtual,” a network of surveillance cameras, sensors and radar systems that let Border Patrol agents from California to Texas monitor the remote desert stretches where border crossers have been deliberately pushed—a strategy that has led to thousands of migrant deaths in the dangerous desert terrain. The virtual wall expands away from the international boundary, deep into the interior of the country.

      As Trump fights Congress and the courts to get $5 billion in “emergency funding” for a border wall, Border Patrol is already tapping into existing funds to expand both physical and virtual walls. While new border barrier construction on the Tohono O’odham Nation remains in limbo, new surveillance infrastructure is moving onto the reservation.

      On March 22, the Tohono O’odham Legislative Council passed a resolution allowing CBP to contract the Israeli company Elbit Systems to build 10 integrated fixed towers, or IFTs, on the Nation’s land, surveillance infrastructure that many on the reservation see as a high-tech occupation.

      The IFTs, says Amy Juan, Tohono O’odham member and Tucson office manager at the International Indian Treaty Council, will make the Nation “the most militarized community in the United States of America.”

      Amy Juan and Nellie Jo David, members of the Tohono O’odham Hemajkam Rights Network (TOHRN), joined a delegation to the West Bank in October 2017 convened by the Palestinian organization Stop the Wall. It was a relief, Juan says, to talk “with people who understand our fears … who are dealing with militarization and technology.”

      Juan and David told a group of women in the Palestinian community about the planned IFTs, and they responded unequivocally: “Tell them no. Don’t let them build them.”

      The group was very familiar with these particular towers. Elbit Systems pioneered the towers in the West Bank. “They said that the IFTs were first tested on them and used against them,” says David. Community members described the constant buzzing sounds and the sense of being constantly watched.

      These IFTs are part of a broader surveillance apparatus that zigzags for hundreds of miles through the West Bank and includes motion sensor systems, cameras, radar, aerial surveillance and observation posts. In distant control rooms, soldiers monitor the feeds. The principal architect, former Israeli Col. Danny Tirza, explained in 2016, “It’s not enough to construct a wall. You have to construct all the system around it.”

      That is happening now in the U.S.-Mexico borderlands.

      The massive post-9/11 bolstering of border enforcement dramatically changed life on the Tohono O’odham Nation. At a UN hearing in January on the rights of indigenous peoples in the context of borders, immigration and displacement, Tohono O’odham Nation Chairman Edward Manuel testified that when he came back to the Nation in 2009 after six years living off-reservation, it had become “a military state.”

      Border Patrol has jurisdiction 100 miles inland from U.S. borders, giving it access to the entirety of the reservation. Drones fly overhead, and motion sensors track foot traffic. Vehicle barriers and surveillance cameras and trucks appeared near burial grounds and on hilltops amid ancient saguaro forests, which are sacred to the Tohono O’odham.

      “Imagine a bulldozer parking on your family graveyard, turning up bones,” then-Tohono O’odham Nation Chairman Ned Norris Jr. testified to Congress in 2008. “This is our reality.”

      Around 2007, CBP began installing interior checkpoints that monitored every exit from the reservation—not just on the U.S.-Mexico border, but toward Tucson and Phoenix.

      “As a person who once could move freely on our land, this was very new,” Amy Juan says. “We have no choice but to go through the armed agents, dogs and cameras. We are put through the traumatic experience every day just to go to work, movies, grocery shopping, to take your children to school.”

      Juan calls this “checkpoint trauma.” The most severe impact is on children, she says, recalling one case in which two kids “wet themselves” approaching a checkpoint. Previously the children had been forcefully pulled out of a car by Border Patrol agents during a secondary inspection.

      Pulling people out of their vehicles is one in a long list of abuses alleged against the Border Patrol agents on the Tohono O’odham Nation, including tailing cars, pepper spraying people and hitting them with batons. Closer to the border, people have complained about agents entering their homes without a warrant.

      In March 2014, a Border Patrol agent shot and injured two Tohono O’odham men after their truck sideswiped his vehicle. (The driver said he was swerving to avoid a bush and misjudged; Border Patrol charged him with assault with a deadly weapon.) In 2002, a Border Patrol agent ran over and killed a Tohono O’odham teenager.

      Between checkpoints and surveillance, there is a feeling of being “watched all the time,” Tohono O’odham member Joseph Flores told Tucson television station KVOA.

      “I’ve gotten flat tires, then when I come to the checkpoint the agents made comments about me having a flat earlier in the day,” says Joshua Garcia, a member of TOHRN. “I felt like they were trying to intimidate me.”

      An anonymous respondent to TOHRN’s O’odham Border Patrol Story Project said, “One time a BP told me, ‘We own the night,’ meaning that they have so much surveillance cameras and equipment on the rez, they can see everything we do all the time.”

      Undocumented migrants are the ostensible targets, but agents have long indicated that Tohono O’odham are also in the crosshairs. One Tohono O’odham youth (who wishes to remain anonymous because of fears of reprisal) says that when they complained to a Border Patrol agent in February about a camera near their house, the agent responded, “It’s your own people that are smuggling, so you really need to ask yourself what is going on in that area for a camera to be set up in the first place.” That perception is common. Geographer Kenneth Madsen quotes an agent who believed as many as 80% to 90% of residents were involved in drug or human smuggling. Madsen believes the numbers could only be that high if agents were counting humanitarian acts, such as giving water to thirsty border-crossers.

      Elder and former tribal councilman David Garcia acknowledges some “smuggling that involves tribal members.” As Tohono O’odham member Jay Juan told ABC News, there is “the enticement of easy money” in a place with a poverty rate over 40%.

      Nation Vice Chairman Verlon Jose also told ABC, “Maybe there are some of our members who may get tangled up in this web. … But the issues of border security are created by the drugs … intended for your citizen[s’] towns across America.”

      Estevan knew the agent who turned him back at the border—it was the same agent who had accused him of smuggling drugs years prior and who had ransacked his car in the search, finding nothing and leaving Estevan to do the repairs. A few days after being turned away, Estevan tried again to get home, crossing into the United States at a place known as the Vamori Wash—one of the planned locations for an IFT. He got a ride north from a friend (the kind of favor that Border Patrol might consider human smuggling). Eleven miles from the border on the crumbling Route 19, the same agent flashed his lights and pulled them over. According to Estevan, the agent yanked him out of the car, saying, “I told you that you were not supposed to come here,” and handcuffed him.

      Estevan was transported to a short-term detention cell at Border Patrol headquarters in Tucson, where he was stripped of everything “except my T-shirt and pants,” he says. The holding cell was frigid, and Border Patrol issued him what he describes as a “paper blanket.” Estevan contracted bronchitis as he was shuffled around for days, having his biometrics and picture taken for facial recognition—Border Patrol’s standard practice for updating its database.

      At one point, Estevan faced a judge and attempted to talk to a lawyer. But because he was not supplied a Tohono O’odham interpreter, he had only a vague idea of what was going on. Later, Estevan was taken 74 miles north to a detention center in Florence, Ariz., where the private company CoreCivic holds many of the people arrested by Border Patrol. Estevan was formally deported and banished from the United States. He was dropped off in the late afternoon in Nogales, Mexico.

      Estevan is far from the only Tohono O’odham from Mexico to say they have been deported, although there has not been an official count. The Supreme Council of the O’odham of Mexico—which represents the Tohono O’odham who live on the Mexican side of the border—made an official complaint to the Tohono O’odham Nation’s government in May 2018, saying the Nation was “allowing the deportation of our people from our own lands.”

      Some members of the Nation, such as Ofelia Rivas, of the Gu-Vo district, have long contended that the Legislative Council is too cozy with Border Patrol. Rivas said in a 2006 interview that the Nation “has allowed the federal government to control the northern territory [in the U.S.] and allows human rights violations to occur.” The Nation has received grants from the federal government for its police department through a program known as Operation Stonegarden. Over the years, the Legislative Council has voted to allow a checkpoint, surveillance tech and two Border Patrol substations (one a Forward Operating Base) on the reservation.

      These tensions resurfaced again around the IFTs.

      ***

      In 2006, Border Patrol began to use southern Arizona as a testing ground for its “virtual wall.” The agency awarded the Boeing Company a contract for a technology plan known as SBInet, which would build 80-foot surveillance towers in the Arizona desert.

      When Secretary of Homeland Security Janet Napolitano cancelled the plan in 2011, complaining about cost, delays and ineffectiveness, CBP launched a new project, the 2011 Arizona Border Surveillance Technology Plan. As part of it, Elbit Systems won a $145 million contract to construct 53 IFTs in 2014. As CBP’s Chief Acquisition Officer Mark Borkowski explained in 2017 at the San Antonio Border Security Expo, CBP sought technology that “already existed” elsewhere. Elbit, with its towers in the West Bank, fit the bill.

      The IFTs take the all-seeing eye of Border Patrol to a whole new level. Jacob Stukenberg, a Border Patrol public information officer, tells In These Times they are “far superior than anything else we’ve had before,” adding that “one agent can surveil an area that it might take 100 agents on foot to surveil.”

      The IFT system has high-definition cameras with night vision and a 7.5-mile radius, along with thermal sensors and a 360-degree ground-sweeping radar. The data feeds into command centers where agents are alerted if any of thousands of motion sensors are tripped. In an interview in May with the Los Angeles Times, Border Patrol tribal liaison Rafael Castillo compared IFTs to “turning on a light in a dark room.”

      As with other monitoring, the towers—some as tall as 140 feet and placed very visibly on the tops of hills—have already driven migrants into more desolate and deadly places, according to a January paper in the Journal of Borderlands Studies. The first IFT went up in January 2015, just outside of Nogales, Ariz. By 2017, according to Borkowski, nearly all the towers had been built or were about to be built around Nogales, Tucson, Douglas, Sonoita and Ajo. The holdout was the Tohono O’odham Nation.

      Between 2015 and 2018, Joshua Garcia of TOHRN gave more than 30 presentations around the Nation raising the negatives of the IFTs, including federal government encroachment on their lands, the loss of control over local roads, the potential health consequences and racism in border policing. “I didn’t expect people necessarily to agree with me,” Garcia says, “but I was surprised at how much the presentations resonated.”

      Garcia joined other tribal and community members and Sierra Club Borderlands in contesting CBP’s 2016 draft environmental assessment—required for construction to begin—which claimed the IFTs would have “no significant impact” on Tohono O’odham land. Garcia listed the sites that new roads would threaten, like a saguaro fruit-harvesting camp and his own family’s cemetery.

      The Sierra Club argued the assessment had failed to properly look at the impacts on endangered species, such as the cactus ferruginous pygmy owl and the lesser longnosed bat, and hadn’t adequately studied how electro-magnetic radiation from the towers might affect people, birds and other wildlife. CBP agreed that more study was needed of the “avian brain,” but issued its final report in March 2017: no significant impact.

      In July 2017, the Gu-Vo district passed a resolution in opposition to the IFTs. “Having the land remain open, undeveloped and home to food production and wildlife, and carbon sequestration with natural water storage is crucial to the community,” the statement read.

      At the March 22 Legislative Council meeting, Garcia, the tribal elder (and a close relative of Estevan), implored the Council not to approve the IFTs. He looked to Councilman Edward Manuel, who had two months earlier described the Border Patrol presence on the Nation as a “military state,” and said, “Veto it, if it passes.”

      The resolution passed, without veto, although with a number of stipulations, including compensation for leased land.

      Nation Vice Chairman Jose told the Los Angeles Times that the vote was intended to be a compromise to dissuade the federal government from building the wall. The Nation is “only as sovereign as the federal government allows us to be,” Jose said.

      A Border Patrol spokesperson told the Los Angeles Times, however, that there are no plans to reduce agents, and that the IFTs do not eliminate the need for a wall.

      ***

      Garcia and other resisters are up against an enormous system. Trump’s plan has never been just about a border wall: The administration wants to fortify a massive surveillance apparatus built over multiple presidencies. Asked in February what he thought about the focus on the wall, Border Patrol’s Stukenberg said it was just one component of border infrastructure. Three things are required—fence, technology and personnel, he said, to build a “very solid system.”

      The endeavor is certainly very profitable. Boeing received more than $1 billion for the cancelled SBInet technology plan. For the 49 mobile surveillance trucks now patrolling the border, CBP awarded contracts to the U.S.-based private companies FLIR Systems and Telephonics. Another contract went to General Dynamics to upgrade CBP’s Remote Video Surveillance Systems, composed of towers and monitoring systems. As of 2017, 71 such towers had been deployed in desolate areas of southern Arizona, including one on the Tohono O’odham Nation. Other major companies that have received CBP contracts include Northrop Grumman, Lockheed Martin, Raytheon and KBR (a former Halliburton subsidiary).

      These companies wield tremendous lobbying power in Washington. In 2018, General Dynamics spent more than $12 million on lobbying and gave $143,000 in campaign contributions to members of the House Homeland Security Committee. To compare, the Tohono O’odham Nation spent $230,000 on lobbying and $6,900 on campaign contributions to the committee members in 2018.

      Meanwhile, at the UN hearing in January, Serena Padilla, of the nearby Akimel O’odham Nation, described an incident in which Border Patrol agents held a group of youth at gunpoint. She ended her testimony: “As a woman who is 65 years old with four children, 15 grandchildren, 33 great-grandchildren—I’ll be damned if I won’t go down fighting for my future great-great-grandchildren.”

      http://inthesetimes.com/article/21903/us-mexico-border-surveillance-tohono-oodham-nation-border-patrol

  • Mexican Smuggler Says Trump’s Wall Won’t Stop Him — Here’s Why

    Everything from dogs and blimps to Gamma-ray imaging systems and video surveillance is used to prevent people from crossing the U.S.-Mexico border, making the prospect of a wall seem obsolete.

    http://www.seeker.com/mexican-smuggler-says-trumps-wall-wont-stop-him-heres-why-2260853414.html
    #passeurs #Trump #murs #barrières_frontalières #USA #Etats-Unis #fermeture_des_frontières #frontières

    cc @albertocampiphoto @daphne @marty

    • #Nogales wary about executive order to start building border wall

      NOGALES, ARIZONA – As President Donald Trump signed executive orders in Washington to build a wall and increase enforcement of the U.S.-Mexico border, Carlos Santa Cruz’s small section of fence behind his house was quiet and serene. A landscaper in Nogales and Rio Rico, he has lived right next to the border for 37 years and has seen the changes that have come with different presidential administrations.


      https://cronkitenews.azpbs.org/2017/01/25/nogales-wary-executive-order-building-border-wall

    • Au pied du mur

      Donald Trump veut construire un mur « impénétrable, beau et solide » à la frontière Sud des Etats-Unis. Sur les 3200 kilomètres de démarcation avec le Mexique, un tiers est déjà « barricadé ». Voyage dans un monde de migrants, de trafiquants et de séparations. En pleine canicule.

      Notre périple avait commencé à Phoenix, la capitale de l’Arizona, avec une petite angoisse. Malgré des contacts répétés avec un porte-parole de la Border Patrol – « Vous savez qu’avec la nouvelle administration il faut entre quatre et six mois pour obtenir l’aval de Washington pour passer une journée avec nous ? » –, toujours pas de rendez-vous fixé avec Vicente Paco. Notre interlocuteur était parti en vacances, apparemment sans transmettre le dossier à son collègue, beaucoup moins coopérant. Et puis, soudain, le coup de fil attendu : Vicente Paco !

      Rendez-vous a été donné à #Nogales, sur le parking d’un centre commercial. On file vers la ville, direction sud. Cinq heures de route, avec des cactus à n’en plus finir, une ferme d’autruches, un coyote écrasé et un serpent à sonnette au sort pas plus enviable.

      Nogales ? L’arrivée dans la ville n’est pas des plus chatoyantes. De larges routes, des hôtels de chaîne, les mêmes que l’on retrouvera tout au long du périple, des fast-foods. On retrouve l’agent, comme prévu, sur un parking, sous une chaleur suffocante. Il est pile à l’heure. Les règles sont strictes : interdiction de monter dans sa Jeep sans le fameux sésame de Washington. On le suit donc avec notre voiture. « Elle est solide ? Il va falloir grimper un peu. » En route !

      Le Mexicain qui chasse les Mexicains

      La voilà, la fameuse barrière rouillée qui coupe Nogales en deux. « Vous voyez les traces plus claires sur ces piliers ? glisse Vicente Paco. C’est là où des migrants ont glissé pour descendre côté américain. » On se trouve sur un petit monticule où viennent de passer trois biches. De l’autre côté de la barrière qui s’étend à perte de vue, c’est le Mexique.

      Silhouette svelte et regard volontaire, Vicente Paco, 35 ans, la main gauche toujours posée sur son taser, porte l’uniforme vert de la Border Patrol depuis 2010. Dans sa famille, tous se battent pour la sécurité des Etats-Unis, précise-t-il avec fierté. « Mon grand-père a fait la guerre de Corée, mon père le Vietnam et j’ai moi-même servi pendant quatre ans dans le Golfe. Ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui m’ont poussé à m’engager dans la Navy. » Aujourd’hui, sa tâche principale consiste à traquer les migrants clandestins en plein désert de Sonora et à les déporter. Un Mexicain qui chasse les Mexicains ? « Mon père est devenu Américain, je le suis aussi. Je suis né au Mexique, mais je suis arrivé aux Etats-Unis à l’âge de 12 ans, légalement », rectifie-t-il. Il ajoute, le regard noir : « Quand je porte l’uniforme, je suis là pour appliquer la loi et servir les Etats-Unis, rien d’autre ne compte. »

      Ici, la barrière s’étend sur 4 kilomètres et fait entre 5 et 8 mètres de hauteur, selon les endroits. Un avant-goût du mur « beau et grand » que Donald Trump veut ériger tout le long de la frontière. Le président américain évalue les coûts de sa construction à 12 milliards de dollars, un rapport du Département de la sécurité évoque le chiffre de 21 milliards. Donald Trump espère envoyer l’essentiel de la facture au président mexicain. « Jamás ! » lui a rétorqué ce dernier.

      Un tiers des 3200 kilomètres de frontière sont déjà barricadés. Grâce au Secure Fence Act (2006) signé par George W. Bush dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001. Avec l’élection de Donald Trump, la chasse aux clandestins est montée d’un cran. Le président dit vouloir s’en prendre avant tout aux « bad hombres », auteurs de viols, de trafic de drogue et autres délits graves, mais depuis son élection, un homme présent sur sol américain depuis trente ans peut désormais être déporté pour avoir conduit sans permis.

      A Nogales, la barrière est presque intimidante. Dès qu’on s’éloigne un peu de la ville, elle se transforme en barricade anti-véhicules, plus basse, dont le but premier est d’empêcher les trafiquants de forcer le passage avec leurs pick-up. La zone est ultra-sécurisée. Tours de contrôle, caméras infrarouges et appareils de détection de mouvements au sol permettent à Vicente Paco et à ses collègues d’être alertés à la seconde du moindre passage illégal. Sans oublier les drones et les hélicoptères. Impossible de se promener dans la ville plus de dix minutes sans tomber sur une des fameuses jeeps blanches à larges bandes vertes de la Border Patrol.

      Vicente Paco s’appuie contre le « mur ». « Avant 2010, on ne pouvait pas voir à travers. C’était dangereux. Nos agents étaient parfois la cible de jets de pierres. » Il tait un drame pourtant omniprésent dans la ville. Le 10 octobre 2012, José Antonio Elena Rodriguez, un Mexicain de 16 ans, a été tué par un agent. Lonnie Swartz était du côté américain. Visé avec ses coéquipiers par des pierres, il a tiré à travers les barreaux. Dix balles ont touché José Antonio, qui s’est vidé de son sang, côté mexicain. En 2014, sa mère, excédée par la lenteur de l’enquête, a porté plainte. Le procès ne cesse d’être repoussé.

      Vicente Paco patrouille seul dans sa Jeep. Dans le secteur de Tucson, détaille-t-il, la Border Patrol dispose de 4000 agents pour surveiller 421 kilomètres de frontière. Ils ont arrêté 64 891 individus d’octobre 2015 à octobre 2016 (415 816 sur l’ensemble du pays). 7989 étaient des mineurs, la très grande majorité (6302) non accompagnés. En 2000, ces chiffres étaient dix fois plus élevés : 616 300 arrestations recensées dans le secteur de Tucson et 1,6 million sur le plan national.

      A sa ceinture, un pistolet, un taser, des menottes, un bâton télescopique, un couteau et des jumelles. A-t-il déjà fait usage de son arme à feu ? « Je ne vais pas répondre à cette question. Tout ce que je peux dire, c’est que le recours à la force est parfois nécessaire. »

      L’effectif des gardes-frontières est passé en quelques années de 10 000 à 21 000 agents. Donald Trump a promis d’en engager 5000 de plus. Les salaires sont attractifs, les conditions de retraite également. Des points indispensables pour limiter les cas de corruption et de collaboration avec les cartels.

      Vicente Paco l’avait dit tout de go : pas question de parler de politique. Il préfère raconter les migrants pourchassés en ville, décrire la partie mexicaine comme un enfer contrôlé par les trafiquants – « N’allez pas côté mexicain seule ! » – et évoquer les 115 tunnels rebouchés par ses collègues. Des souterrains surtout utilisés par les trafiquants de drogue, qui se montrent toujours plus inventifs. Quand ils n’utilisent pas des migrants comme mules, il leur arrive de recourir à des catapultes géantes et à des drones. Ils se moquent des barrières. D’ailleurs, ici à Nogales, la plupart des habitants lèvent les yeux au ciel à la seule évocation du mur de Trump. Personne n’y croit vraiment.

      Nogales côté mexicain, le contraste

      Le lendemain, après quelques tacos de carne asada et une agua fresca de melón, on file, à pied, découvrir « l’autre Nogales ». Pour aller au Mexique, rien de plus simple. Pas de queue et même pas besoin de montrer son passeport. Nogales côté mexicain ? Le contraste est saisissant : marchés folkloriques, petite place où les habitants se racontent leur vie, procession funéraire qui avance au rythme d’une batterie endiablée. Et des cliniques dentaires à profusion, très prisées des Américains. Rien à voir avec cette ambiance pesante des patrouilles de gardes-frontières côté Arizona. C’est du moins la toute première impression qui s’en dégage. Car les cartels de la drogue contrôlent la ville. Et dans les foyers d’urgence, les migrants arrivés jusqu’à la frontière – beaucoup viennent d’Amérique centrale – et ceux qui ont déjà été refoulés ont une tout autre image de Nogales-Sonora. Celle d’un rêve brisé.

      Un nom résonne en particulier. Celui de Guadalupe Garcia Aguilar. C’est le premier cas de déportation fortement médiatisé depuis que Donald Trump a édicté son décret sur la migration illégale le 25 janvier. Arrêtée en 2008 à Phoenix alors qu’elle travaillait avec un faux numéro de sécurité sociale, elle a été libérée six mois plus tard grâce à l’ONG Puente. A une condition : se présenter chaque année devant des fonctionnaires du « ICE », acronyme de Immigration and Customs Enforcement. Un moment source de stress.

      Le 8 février, elle s’est donc pliée à ce contrôle de routine. Mais la guerre lancée par Donald Trump contre les clandestins « criminels », y compris ceux qui ont commis de petits délits ou sur lesquels pèsent des soupçons, lui a fait craindre le pire. Elle avait raison. Guadalupe n’est pas ressortie du bâtiment officiel, là où sa famille et des membres de Puente l’attendaient en chantant « No está sola ! ». Elle a été embarquée dans une camionnette, menottée, et déportée vers Nogales, la ville par laquelle elle était arrivée il y a 21 ans. Ni les cris « Libération, pas déportation ! » ni la tentative d’un homme de s’accrocher à une roue de la camionnette n’ont pu empêcher son expulsion. La voilà séparée de son mari et de ses enfants, restés aux Etats-Unis.

      « Depuis que Donald Trump est au pouvoir, ce genre de drames est fréquent. Les passeurs ont par ailleurs augmenté les prix pour les migrants », souligne Sergio Garcia, avec son accent chantant. Journaliste, il travaille comme porte-parole pour la municipalité de Nogales-Sonora. La corruption est très présente des deux côtés de la frontière, dit-il, et la guerre contre le narcotrafic est « una farsa ». « Comment expliquez-vous que la frontière du pays le plus puissant du monde soit ainsi contrôlée par des groupes armés et des cartels ? Les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que le trafic de drogue subsiste. »

      Il est temps de retourner côté américain. Passé les petites tracasseries habituelles et le tampon dans le passeport que l’agent peu aimable ne trouvait pas – il était pourtant bien visible –, restait la dernière question : « Et là, vous transportez quoi, dans ce sac ? » Moi, sans me rendre tout de suite compte de l’absurdité de la situation : « Oh, juste trois crânes ! » Le douanier a vite compris qu’il s’agissait de têtes de mort en céramique richement décorées, un classique de l’artisanat local. Ouf.

      Avec Wyatt Earp, Billy the Kid et deux trumpistes

      Après Nogales, on met le cap sur El Paso, au Texas, et son pendant mexicain, Juarez. Et pour aller à El Paso, un petit détour par Tombstone s’imposait. C’est là que s’est déroulée, en 1881, la fusillade d’OK Corral, le fameux règlement de comptes entre Wyatt Earp, ses frères, Doc Holliday et une bande de coriaces hors-la-loi. On s’y croirait encore. Dans cette bourgade de cow-boys, les habitants vivent à 100% du tourisme. Alors ils font l’effort de s’habiller en vêtements d’époque. Ils le font presque avec naturel. Et puis, il y a des passionnés, capables de commenter pendant des heures, dans deux musées très bien faits, le moindre objet ayant appartenu à Wyatt Earp, Billy the Kid ou Big Nose Kate. On a beau ne pas être passionné par les histoires de westerns, on ne ressort pas tout à fait indemne de cette ville-musée à l’atmosphère si particulière. Est-ce le fait d’avoir dormi dans le bordello de l’époque, dans la chambre de « Scarlet Lady » ?

      Retour à la réalité le lendemain, réveillés par un cri de coyote. Direction la maison de Moe pour le petit-déjeuner. Un sacré personnage, Moe. Tout comme Jane, qui prépare les œufs brouillés et le bacon.

      Des trumpistes purs et durs. « Trump est merveilleux, il veut nous remettre au cœur des préoccupations », souligne Jane. « Ce mur avec le Mexique est nécessaire. Ceux qui viennent illégalement profitent de notre système. Ils acceptent des bas salaires et, surtout, ne dépensent rien aux Etats-Unis ! » Moe acquiesce. Mais il préfère raconter ses souvenirs d’après-guerre – il était à Berlin en 1953 pour le plan Marshall – et nous montrer sa collection de quartz. Dont un avec une tête d’alligator fossilisée. Jane poursuit sur sa lancée : « Le Mexique doit s’occuper des gens qui veulent émigrer : c’est un pays riche en ressources minières, ils devraient avoir le même niveau que nous. » Elle l’assure, tous les touristes qu’elle a rencontrés à Tombstone trouvent Trump « très bien ».

      Après la visite de #Tombstone, la ville « too tough to die » [trop coriace pour mourir], on continue sur El Paso. Six heures de route en prenant des chemins de traverse. On croise un panneau « Proximité d’une prison, prière de ne pas prendre d’auto-stoppeurs », traverse des vergers de pacaniers (noix de pécan) et une ville qui s’appelle Truth or Consequences.

      De El Paso à #Juarez

      #El_Paso, bastion démocrate dans un Etat républicain, est, comme Nogales, opposée au projet de mur de Trump. La ville est aujourd’hui considérée comme l’une des plus sûres des Etats-Unis. Ici, la barrière court sur une courte distance. Par endroits, elle s’arrête abruptement, ou présente des « trous », comblés par des jeeps de la Border Patrol postées devant. Un « mur » mité, en somme.

      On part rejoindre Juarez à pied. Cette fois, il faut payer 50 cents pour traverser le pont qui enjambe le Rio Bravo. Comme à Nogales, pas de passeport à montrer. De l’autre côté, la ville est très animée, mais avec une forte présence policière. Les agents patrouillent en groupes, à pied, en jeeps et en quads. En tenue de combat, épais gilet pare-balles et armés jusqu’aux dents. Parfois le visage masqué. Là encore, on nous fait comprendre qu’il vaut mieux éviter de s’aventurer dans certains quartiers. On avait d’ailleurs hésité à venir à Juarez. La ville traîne une sale réputation : elle a pendant longtemps été considérée comme la plus dangereuse du monde, minée par une guerre des cartels de la drogue. La « capitale mondiale du meurtre », surtout de femmes. Mais, la veille, deux margaritas ont fini par nous convaincre d’y faire un saut. Ou plutôt le barman José, qui les préparait avec passion. Depuis que l’armée mexicaine est intervenue en 2009 pour tenter de neutraliser membres de cartels et paramilitaires, Juarez n’est plus autant coupe-gorge qu’avant, nous avait-il assuré. Les sicarios, ces tueurs liés aux cartels, font un peu moins parler d’eux.

      Lui-même est arrivé illégalement aux Etats-Unis, il y a vingt ans. « J’étais avec mon oncle. A l’époque, on m’avait juste dit de dire « American ! » en passant la douane. Je l’ai fait – je ne connaissais aucun autre mot en anglais – et j’étais aux Etats-Unis ! C’était aussi simple que ça. Les temps ont beaucoup changé », lâche-t-il dans un grand éclat de rire.

      Cette fois, le retour côté américain est plus compliqué. Une douanière fronce les sourcils en voyant notre visa de journaliste. Elle abandonne son guichet et nous dirige vers une salle, pour « vérification ». Zut. On doit déposer nos affaires à l’entrée, s’asseoir – des menottes sont accrochées à la chaise – et attendre de se faire interroger. Une situation désagréable. Un agent à l’allure bonhomme se pointe, visiblement de bonne humeur. Il n’avait qu’un mot à la bouche : tequila. « Quoi ? Vous rentrez du Mexique et vous n’avez même pas acheté de tequila ? » Un piège ? On bredouille qu’on n’aime pas trop ça. On ne saura jamais si c’était un test ou pas. Prochaine étape : Tucson, et surtout Sells, le chef-lieu de la tribu amérindienne des Tohono O’odham.

      Le dilemme de la tribu des #Tohono_O’odham

      A #Sells, les cactus sont plus nombreux que les habitants. C’est ici, en plein désert de #Sonora, que les Tohono O’odham (« peuple du désert ») ont leur gouvernement, leur parlement, leur prison et leur police tribale. Rendez-vous était pris avec Verlon Jose, le numéro deux de la tribu amérindienne. Mais il nous a posé un lapin. On a donc eu droit au chef (chairman), Edward Manuel, un peu moins habitué aux médias.

      Bien décidés à s’opposer au mur de Donald Trump, les Tohono O’odham se trouvent dans une situation particulière : 2000 de leurs 34 000 membres vivent au Mexique. La tribu est coupée en deux. Elle l’est de fait déjà depuis le traité de Gadsden de 1853, mais elle refuse que des blocs de béton concrétisent cette séparation. Certains membres ne pourraient alors même plus honorer la tombe de leurs parents. D’ailleurs, dans leur langue, il n’y a pas de mot pour dire « mur ». « Le projet de Donald Trump nous heurte pour des raisons historiques, culturelles, mais aussi spirituelles et environnementales. Et parce que nous n’avons même pas été consultés », dénonce, sur un ton ferme mais calme, Edward Manuel.

      Chez les Tohono, pas de rideau de fer comme à Nogales, mais du sable, des arbustes secs, des montagnes et des canyons. Avec, par endroits, des Normandy-style barriers, des sortes de structures métalliques qui émergent du sable, de quoi empêcher des véhicules de passer. Mais pas les hommes, ni les animaux.

      Edward Manuel et sa « Nation » ont avalé bien des couleuvres. Ils ne voient pas d’un bon œil la militarisation de la frontière, mais ont dû apprendre à collaborer avec la Border Patrol, déjà bien présente sur les 100 kilomètres de frontière qui passent par leurs terres. Car les cartels de la drogue y sont très actifs. Des membres de la tribu ont été séquestrés et brutalisés. Le chairman parle lentement. « Il y a un cartel en particulier qui contrôle la zone. Nos jeunes sont parfois recrutés. Ce sont des proies faciles : le taux de chômage est élevé dans la tribu. Se voir proposer plusieurs milliers de dollars est très tentant. »

      La réserve est aussi devenue un corridor mortel pour les migrants. Edward Manuel brise un autre tabou. « Si nous en trouvons en difficulté, nous les soignons dans nos hôpitaux, avec l’argent fédéral que nous recevons. » Délicat. Quand des corps sont retrouvés, la police tribale mène des enquêtes et doit transférer les dépouilles à l’institut médico-légal de Tucson pour procéder à des autopsies, coûteuses. Mais parfois, nous dit-on, les dépouilles sont enterrées là où elles sont trouvées, et resteront probablement à jamais anonymes. D’ailleurs, le long de la route qui mène à Sells, nous avons été frappés par le nombre de petites croix fleuries. Des accidents de la route, mais pas seulement. Des clandestins morts déshydratés, aussi.

      Le chef évoque un chiffre : la tribu dépense près de 3 millions de dollars par an pour « gérer ces problèmes de frontière », une somme non remboursée par le gouvernement fédéral et à laquelle s’ajoutent les frais médicaux. Alors, forcément, la tentation est grande de vouloir laisser un plus grand champ d’action aux agents de la Border Patrol. Même si leurs courses-poursuites en quad dans le désert brusquent leur quiétude et effraient le gibier qu’ils aiment chasser. C’est le dilemme des Amérindiens : ils veulent conserver leur autonomie et défendre leurs droits, mais la situation tendue les contraint à coopérer avec les forces de sécurité. Au sein de la tribu, des divisions apparaissent, entre les plus frondeurs et les pragmatiques. Mais ils sont au moins unis sur un point : personne ne veut du mur de Trump. « Les 21 tribus de l’Arizona nous soutiennent dans notre combat », insiste le chef.

      Edward Manuel tient à relever les effets positifs de cette coopération : en dix ans le nombre d’arrestations a baissé de 84%. La barrière anti-véhicules installée en 2006 y est pour beaucoup. La police tribale a procédé à 84 186 arrestations dans la réserve en 2006, chiffre qui est tombé à 14 472 en 2016.

      Le chef est également préoccupé par l’impact qu’un « vrai mur » aurait sur la migration des animaux. « Et qui a pensé au problème de l’écoulement naturel de l’eau en période de mousson ? La nature est la plus forte. » Le porte-parole venu de Tucson acquiesce discrètement. Ce n’est pas un membre de la tribu, mais il a fallu passer par lui pour que les Amérindiens puissent s’exprimer dans un média.

      La problématique des Tohono rappelle celle de propriétaires de terrains privés, du côté du Texas notamment, menacés d’expropriation pour que Donald Trump puisse construire son mur. Plus d’une centaine d’actions en justice ont déjà été lancées. Certains ont accepté des portions de barrière sur leur terrain, en échange de compensations. Et d’un code électronique pour pouvoir franchir le grillage qui s’érige sur leur propriété.

      Edward Manuel semble fatigué. Mais il a encore une chose à dire : il a invité Donald Trump à venir « voir concrètement ce qui se passe du côté de Sells. Il verra bien que ce n’est pas possible de construire un mur ici. » Le président avait accepté l’invitation. Des dates avaient même été fixées. Puis la Maison-Blanche a annulé, sans jamais proposer de nouvelles dates. Pourquoi ? Seul Donald Trump le sait.

      Les morts qui hantent le désert de Sonora

      On continue notre route vers l’ouest, avec un crochet par l’Organ Pipe Cactus National Monument. Le désert de Sonora est d’une beauté insolente. Des drames s’y déroulent pourtant tous les jours, parfois en silence, comme étouffés.

      Le 15 juin, en début de soirée, la Border Patrol a joué une scène digne d’un mauvais film d’action : elle a pris d’assaut un campement humanitaire en plein désert, dans le but de dénicher des clandestins. Et elle en a en trouvé quatre. L’ONG No More Deaths est sous le choc. C’est elle qui gère ce camp un peu spécial, dont le but est de soulager, le temps d’une étape, les migrants qui se lancent dans une traversée périlleuse depuis le Mexique. Une tente, du matériel médical, des lits et beaucoup d’eau, voilà ce qu’elle leur propose.

      « La Border Patrol connaissait l’existence de ce camp et, jusqu’ici, elle tolérait sa présence », explique Chelsea Halstead, qui travaille pour une autre ONG active dans la région. Un accord a été signé en 2013 : les agents s’engageaient à ne pas y intervenir. Mais le 15 juin, alors qu’ils traquaient déjà depuis plusieurs jours les clandestins aux abords du camp, ils ont décidé de troquer les goutte-à-goutte contre des menottes. Une quinzaine de jeeps, deux quads et une trentaine d’agents lourdement armés ont investi le camp. Chelsea Halstead : « Les migrants risquent maintenant de penser qu’un piège leur a été tendu. C’est dévastateur pour le travail des humanitaires. »

      #No_More_Deaths s’attelle depuis treize ans à empêcher que des migrants meurent dans le désert. Des bénévoles vont régulièrement y déposer des réserves d’eau. Depuis 1998, plus de 7000 migrants ont trouvé la mort dans les quatre Etats (Californie, Arizona, Nouveau-Mexique et Texas) qui bordent le Mexique. Environ 3000 ont péri dans le seul désert de Sonora, déshydratés.

      Dans l’Organ Pipe Cactus National Monument, une réserve de biosphère qui abrite d’étonnantes cactées en forme d’orgues, une pancarte avertit les randonneurs : « Contrebande et immigration illégale peuvent être pratiquées ici. Composez le 911 pour signaler toute activité suspecte. » Interrogé, le manager du parc relativise les dangers. Une plaque en marbre devant le centre des visiteurs raconte pourtant une triste histoire. Celle de Kris Eggle, un apprenti ranger, tué à 28 ans par les membres d’un cartel qu’il était en train de poursuivre.

      Ce jour-là, pas loin de la piste, on aperçoit un bout d’habit pris dans les ronces. Par terre, une chaussure, sorte d’espadrille raccommodée, avec le genre de semelles qui ne laisse pas de traces. Celles que privilégient les migrants. Ils les recouvrent parfois avec des bouts de tapis.

      Pour passer aux Etats-Unis par cette région hostile, les migrants peuvent débourser jusqu’à 6000 dollars. Plus le chemin est périlleux, plus le prix augmente. C’est bien ce que dénoncent les activistes : la militarisation de portions de frontière pousse les migrants à emprunter des chemins toujours plus dangereux, en alimentant l’industrie des « coyotes » – le nom donné aux passeurs –, qui eux-mêmes travaillent parfois main dans la main avec les cartels de la drogue.

      Les « coyotes » abandonnent souvent les migrants en plein désert après avoir empoché l’argent. Ce n’est que la première difficulté à laquelle les clandestins font face. Poursuivis par les agents de la Border Patrol, ils sont parfois également traqués par des milices privées composées d’individus lourdement armés à l’idéologie proche de l’extrême droite qui, souvent, cherchent « à faire justice » eux-mêmes. Quand ils ne tombent pas sur des brigands. Des cas de viols et de meurtres sont signalés. Dans le désert, c’est la loi du plus fort.

      « Chaque jour, entre trente et plusieurs centaines de gens passent par illégalement dans la région », raconte un agent de la Border Patrol, à un checkpoint à la sortie du parc, pendant qu’un chien sniffe l’arrière de la voiture. « Surtout des trafiquants. »

      Chelsea Halstead travaille pour Colibri, un centre qui collabore avec l’institut médico-légal de Tucson. L’ONG s’est donné un but : identifier les corps, donner un nom aux restes humains retrouvés dans le désert. Faire en sorte que « Doe 12-00434 » ou « Doe 12-00435 » retrouvent enfin leur identité. « Nous avons obtenu l’an dernier l’autorisation de procéder à des tests ADN. Cela simplifie considérablement nos recherches. Avant, on recueillait les informations de familles qui n’ont plus de nouvelles d’un proche, et nous les transmettions aux médecins légistes. Mais s’il n’y avait pas de signalement particulier, comme une caractéristique au niveau de la dentition ou du crâne, c’était comme rechercher une aiguille dans une botte de foin. » En prélevant des échantillons d’ADN chez les familles de disparus, Colibri espère pouvoir identifier des centaines de corps encore anonymes. Un bandana, une poupée, une bible : tous les objets retrouvés dans le désert, à proximité ou non de restes humains – les animaux sauvages sont parfois passés par là –, ont une histoire, que l’ADN peut permettre de reconstituer.

      Mais le centre se heurte parfois à un obstacle : la peur. « Notre travail n’a pas vraiment changé avec l’élection de Donald Trump. Mais les déportations sont plus massives, chaque clandestin se sent potentiellement en danger », précise Chelsea. Une femme a été arrêtée et déportée alors qu’elle subissait une opération pour une tumeur au cerveau, rappelle-t-elle. Autre exemple : une victime de violence conjugale. Son compagnon a dénoncé son statut migratoire, et la voilà expulsée. « Les clandestins sont tétanisés. Ils craignent d’être arrêtés en se rendant chez nous. Une famille de Los Angeles, qui nous avait fourni de l’ADN, nous a appelés pour nous dire qu’un de leur fils a été déporté peu après. »

      Chelsea est encore toute tourneboulée par l’épisode du raid. Dans le désert, quand un migrant parvient à trouver une balise de sauvetage et appelle le 911, il tombe généralement sur la Border Patrol, et pas sur des équipes médicalisées. « Ils veulent nous faire croire qu’ils sauvent des vies, mais ils s’empressent de déporter les migrants. On a même eu droit à une fausse opération de sauvetage par hélicoptère, où un agent de la Border Patrol jouait le rôle d’un migrant ! » assure-t-elle.

      A #Ajo, on n’aime pas parler de migration illégale

      Depuis le parc de cactus, on remonte vers la petite ville d’Ajo. Les gens ne sont pas toujours bavards, ni les journalistes bienvenus. Chez Marcela’s, la Marcela en question, une Mexicaine, n’avait visiblement pas très envie de parler immigration illégale ce jour-là. Sa préoccupation : faire fonctionner son petit restaurant. Elle a trouvé un bon créneau : elle est la seule de la ville à offrir des petits-déjeuners. Alors plutôt que de répondre aux questions, elle file chercher le café.

      Départ pour #Yuma, située à la confluence du Colorado et de la rivière Gila. De l’autre côté de l’eau, le Mexique. Après avoir fait un tour en ville et tenté d’approcher le mur – le nombre de sens interdits nous fait faire des kilomètres –, on descend vers #Gadsden. Là, à force de chercher à approcher la barricade, on l’a vue de très près, en empruntant, sans le remarquer tout de suite, un chemin totalement interdit. D’ailleurs, à cet endroit, le « mur » s’est arrêté sec au bout de quelques centaines de mètres.

      Plus rien. Ou plutôt si : du sable, des ronces et des pierres. Plus loin, la barricade se dédouble. A un endroit, elle jouxte une place de jeu, qui semble laissée à l’abandon.

      A San Diego, le « mur » se jette dans le Pacifique

      On décide un peu plus tard de poursuivre l’aventure jusqu’à San Diego. La route est presque droite. On traverse le désert de Yuha, des montagnes rocheuses, des réserves amérindiennes, des champs d’éoliennes et des parcs de panneaux solaires. Avec un détour par Calexico – contraction de « California » et de « Mexico » – pour avaler deux-trois tacos. En face, son pendant, Mexicali, mariage entre « Mexico » et « California ». A Calexico, on a beau être encore aux Etats-Unis, l’espagnol domine. Dans la petite gargote choisie pour midi, l’ambiance est étrange. Les clients ont tous des visages boursouflés et tristes.

      L’entrée à #San_Diego est impressionnante, avec ses autoroutes à voies multiples. Ici, le « mur » se jette dans le Pacifique. On parque la voiture dans le Border State Park, et c’est parti pour 30 minutes de marche sous un soleil cuisant. Une pancarte avertit de la présence de serpents à sonnette. Très vite, un bruit sourd et répétitif : les pales d’hélicoptères, qui font d’incessants va-et-vient. On se trouve dans une réserve naturelle. Au bout de quelques minutes, la plage. Elle est déserte. On se dirige vers la palissade rouillée. Le sable est brûlant. Le bruit des vagues est couvert par celui des hélicoptères. Et par la musique qui émane de la jeep d’un agent de la Border Patrol, posté face au Mexique. Pas vraiment de quoi inspirer les Californiens : ils ont de belles plages un peu plus loin, sans barbelés, sans panneaux leur indiquant de ne pas s’approcher de la palissade, sans caméra qui enregistre leurs faits et gestes. De l’autre côté, à Tijuana, c’est le contraste : des familles et des chiens profitent de la plage, presque accolés aux longues barres rouillées. Un pélican passe nonchalamment au-dessus de la barrière.

      Le week-end, l’ambiance est un peu différente. Le parc de l’Amitié, qui porte aujourd’hui très mal son nom, ouvre pendant quelques heures, de 10 à 14 heures. C’est là que des familles, sous l’étroite surveillance de la Border Patrol, peuvent, l’espace de quelques instants, franchir la première barrière côté américain, se retrouver dans le no man’s land qui sert de passage pour les jeeps des gardes-frontières, et se diriger vers la deuxième. Pour enfin pouvoir, à travers un grillage, toucher, embrasser leurs proches. C’est le sort de familles séparées par la politique migratoire.

      Ce parc a été inauguré en 1971 par l’épouse du président Richard Nixon. Jusqu’à mi-2009, il était possible de s’étreindre et de se passer des objets, presque sans restriction. Puis, le parc a fermé, le temps de construire une nouvelle barrière, en acier cette fois, de 6 mètres de haut. Il a rouvert en 2012. Ses environs sont désormais quadrillés en permanence par des agents de la Border Patrol. En jeeps, en quads et à cheval. C’est devenu l’une des portions de frontière les plus surveillées des Etats-Unis. Avec Donald Trump, elle pourrait le devenir encore plus.

      Sur la piste des jaguars
      La construction du mur « impénétrable, beau et solide » de Trump aurait des conséquences désastreuses sur l’écosystème, avertissent les scientifiques. Les rares jaguars mexicains venus aux Etats-Unis pourraient en pâtir. Et en matière de jaguars, Mayke et Chris Bugbee en connaissent un rayon.

      Mayke est un berger malinois femelle. Elle était censée faire carrière dans la traque aux narcotrafiquants, détecter drogues et explosifs, mais la Border Patrol n’en a pas voulu : la chienne a peur des gros camions. Peu importe : Mayke a aujourd’hui une existence bien plus fascinante. Repérée par le biologiste Chris Bugbee, elle a été formée pour surveiller un autre type de clandestin venu tout droit du Mexique : El Jefe. L’un des rares jaguars à avoir foulé le sol américain.

      El Jefe (« le chef ») vient probablement de la Sierra Madre, une chaîne de montagnes du nord du Mexique. La dernière fois qu’il a été filmé aux Etats-Unis – il lui arrive de se faire avoir par des pièges photographiques –, c’était en octobre 2015. Depuis, plus rien. A-t-il été tué, braconné par des chasseurs ? Ou est-il reparti au Mexique, à la recherche d’une femelle ? Aucune piste n’est à écarter.

      Une chose est sûre : El Jefe est un jaguar malin. Chris Bugbee ne l’a jamais vu. Grâce à Mayke, il a trouvé des traces de sa présence – des excréments, des restes de mouffettes où tout a été dévoré sauf les glandes anales, et même un crâne d’ours avec les traces de dents d’un jaguar, peut-être les siennes –, mais n’a jamais croisé son regard. « El Jefe est très prudent. Il nous a probablement observés pendant des missions. Il est arrivé qu’il apparaisse sur des images de caméras à peine 12 minutes après mon passage, raconte Chris Bugbee. Ma chienne, par contre, l’a probablement vu. Un jour, elle s’est brusquement immobilisée sur ses pattes, comme tétanisée par la peur. Elle est venue se cacher derrière mes jambes. Je suis presque sûr que c’était lui. Cela devait en tout cas être quelque chose d’incroyable ! »

      Auteur d’un mémoire de master consacré aux alligators, Chris Bugbee s’est installé à Tucson avec sa femme, qui s’est, elle, spécialisée dans les ours noirs, puis les félins. Il a d’abord entraîné des chiens à ne pas attaquer des serpents à sonnette. Puis il s’est pris de passion pour les jaguars et s’est intéressé de près à El Jefe, qui rôdait pas loin. Ni une, ni deux, il décide de faire de Mayke le premier chien spécialisé dans la détection de ces félins aux Etats-Unis. Il l’entraîne avec de l’excrément de jaguar récupéré d’un zoo. Tous deux se mettent ensuite sur la piste d’El Jefe pendant quatre ans, dans le cadre d’un projet de l’Université de l’Arizona, dont le but est de surveiller les effets sur la faune de la construction de premières portions de palissades de long de la frontière.

      En été 2015, le projet prend fin, mais Chris Bugbee veut continuer. Il finit par obtenir le soutien du Center for Biological Diversity. Grâce à ses pièges photographiques, il réussit à cerner les habitudes d’El Jefe. Des images censées rester discrètes et utilisées uniquement à des fins scientifiques, jusqu’à ce que Chris Bugbee décide de les rendre publiques, sans demander l’avis de ses anciens chefs ni celui des agences fédérales associées au projet, « qui de toute façon ne font rien pour préserver les jaguars ». Il avait hésité. Le risque en révélant l’existence d’El Jefe est d’éveiller la curiosité de braconniers.

      Mais Chris veut sensibiliser l’opinion publique à la nécessité de protéger cette espèce, qui revient progressivement aux Etats-Unis. Car le mur de Donald Trump la menace. Tout comme le projet d’exploitation d’une mine de cuivre, pile-poil sur le territoire d’El Jefe. En février 2016, il diffuse donc une vidéo de 41 secondes qui montre « l’unique jaguar aux Etats-Unis ». C’est le buzz immédiat. La vidéo a été visionnée des dizaines de millions de fois. Du côté de l’Université de l’Arizona et du Service américain de la pêche et de la faune, l’heure est par contre à la soupe à la grimace. Chris Bugbee est sommé de rendre son matériel et son véhicule.

      « Je ne regrette pas d’avoir diffusé la vidéo, souligne aujourd’hui Chris Bugbee. L’opinion publique doit être alertée de l’importance de protéger cette espèce. C’est incroyable de les voir revenir, peut-être poussés vers le nord à cause des changements climatiques. Dans les années 1900-1920, il existait un programme d’éradication de ces prédateurs. La population des jaguars aux Etats-Unis a presque été entièrement décimée vers 1970. » Il ajoute : « Mais avec le projet de Trump, ce serait clairement la fin de l’histoire du retour des jaguars aux Etats-Unis. »

      Le dernier jaguar femelle recensé aux Etats-Unis a été tué dans l’Arizona en 1963. Depuis, les jaguars observés dans le pays se font rares. Ces vingt dernières années, sept jaguars ont été aperçus. Les deux derniers ont été photographiés récemment, l’un d’eux en décembre 2016 dans les montagnes Huachuca. Juste au nord d’une petite portion de frontière sans barricade.

      Les jaguars de Sonora et les ocelots ne seraient pas les seuls animaux affectés par la construction d’un mur. Beaucoup d’espèces migrent naturellement entre les deux pays. Des coyotes, des ours, des lynx, des cougars, des antilopes ou des mouflons. Ou encore les rares loups gris du Mexique. Même des animaux de très petite taille, comme le hibou pygmée, des tortues, des grenouilles ou des papillons risquent d’être touchés. Les animaux volants pourraient être gênés par des radars et des installations lumineuses, qui font partie des méthodes de détection de passages illégaux de migrants ou de trafiquants.

      Chris Bugbee continue de se promener sur les terres d’El Jefe dans l’Arizona, dans l’espoir de retrouver, un jour, des signes de sa présence. Quant à Mayke, elle pourrait bientôt avoir une nouvelle mission : « Je vais probablement l’entraîner à trouver des ocelots. Eux aussi commencent à remonter depuis le Mexique. »


      https://labs.letemps.ch/interactive/2017/longread-au-pied-du-mur
      #décès #morts #mourir_aux_frontières

      Avec une carte des morts :

      sur les tunnels, v. aussi :
      https://seenthis.net/messages/625559

  • Les modes d’habiter à l’épreuve de la #durabilité

    Annabelle Morel-Brochet et Nathalie Ortar
    Les modes d’habiter à l’épreuve de la durabilité [Texte intégral]
    Lifestyles facing Sustainability
    Nathalie Ortar
    Le quotidien peut-il être durable ? Routines dans la baie de #San_Francisco [Texte intégral]
    Can daily life be sustainable ? Thinking about routines from a fieldwork conducted in the San Francisco Bay area
    Agathe Euzen et Barbara Morehouse
    De l’abondance à la raison [Texte intégral]
    Manières d’habiter à travers l’usage de l’#eau dans une région semi-aride, l’exemple de #Tucson en #Arizona
    Ways of living through the use of water in a semi-arid region, the example of Tucson Arizona
    Xavier Michel
    Habiter l’espace touristique et porter attention à la ressource en #eau_potable. Analyse qualitative des positions des touristes dans le #Morbihan (#France) [Texte intégral]
    Inhabiting a tourist space and caring for drinking water resources. Qualitative analysis of tourist positions in Morbihan area (France)
    Nicolas D’Andrea et Pascal Tozzi
    #Jardins_collectifs et #écoquartiers bordelais : De l’espace cultivé à un habiter durable ? [Texte intégral]
    Collective gardens and ecodistricts of Bordeaux : From cultivated space to a sustainable way of living ?
    Laurent Cailly
    Les habitants du #périurbain tourangeau à l’épreuve d’un changement de modèle : vers une recomposition des modes d’habiter ? L’exemple des habitants de la ZAC des Terrasses de Bodets à Montlouis-sur-Loire [Texte intégral]
    Peri-urban inhabitants facing up to a new model : towards a reorganization of ways of living ? The example of inhabitants of “Les Terrasses de Bodets” a joint development zone in Montlouis-sur-Loire (France)
    Annabelle Morel-Brochet
    La #densification : un tabou dans l’univers pavillonnaire ? [Texte intégral]
    Is suburban densification a taboo ?
    Stéphanie Vincent-Geslin
    Les #altermobilités : une mise en pratique des valeurs écologiques ? [Texte intégral]
    Are altermobilities an application of ecological values ?
    Denis Martouzet
    Systèmes de valeurs vs pragmatisme dans les choix de pratiques spatiales : la place de la durabilité [Texte intégral]
    Systems of values vs pragmatism in the choice of spatial practices : the role of sustainability

    https://norois.revues.org/5060
    #habitat #revue #tourisme #USA #Etats-Unis #Bordeaux
    via @ville_en

    • #border_angels

      Border Angels is an all volunteer, non profit organisation that advocates for human rights, humane immigration reform, and social justice with a special focus on issues related to issues related to the US-Mexican border. Border Angels engages in community education and awareness programs that include guided trips to the desert to place water along migrant crossing routes as well as to the border to learn about the history of US-Mexico border policy and experience the border fence firsthand.

      Border Angels also works to serve San Diego County’s immigrant population through various migrant outreach programs such as Day Laborer outreach and our free legal assistance program held in our office every Tuesday. Border Angels works to dispel the various myths surrounding immigration in the United States and to bring back truth and justice.

      http://www.borderangels.org
      #solidarité #anges

    • Water in the desert. Inside the effort to prevent migrant deaths at the US-Mexico border

      “I had no idea how many people had died. I had no idea the extent of the humanitarian crisis.”

      In the lead-up to the US midterm elections, President Donald Trump has stoked fears about undocumented immigration. After repeatedly saying that immigrants from Latin America are criminals and peddling baseless claims that unidentified people from the Middle East are part of a “caravan of migrants” making its way north from Honduras, Trump ordered the deployment of more than 5,000 soldiers to the southern US border.

      Decades of acrimonious public debate over undocumented immigration in the United States has focused on security, crime, and economics while largely overlooking the people at the centre of the issue and the consequences of US attempts to prevent them from entering the country.

      One of the starkest facts about this humanitarian emergency is that at least 6,700 bodies have been found since 2000 – likely only a fraction of the actual number of people who have died trying to cross the southern US border over this period. More than a third of these bodies have been found in the Sonoran Desert in southern Arizona, where migration routes have been pushed into increasingly harsh and remote terrain.

      Seldom reported and virtually unheard of outside the border region, these bodies have become a cause for a small constellation of humanitarian groups in southern Arizona, spawning an unlikely effort to prevent deaths by placing drinking water along migration trails in the desert.

      “I found it shocking,” Brian Best, a volunteer who moved to Arizona a couple years ago, says of the situation in the desert. “I had no idea how many people had died. I had no idea the extent of the humanitarian crisis.”

      Trying to save lives in this way is not uncontroversial. Undocumented immigration is one of the most polarising issues in US politics and aid groups operate in the same areas that cartels use to smuggle drugs into the country. Inevitably, humanitarian efforts are caught up in the politics and paranoia surrounding these two issues.

      The intensity of the situation has led to a strained relationship between the humanitarians and the Border Patrol, the federal agency tasked with preventing undocumented immigration. Nearly two decades after aid efforts began, the numbers crossing the border have reached a historic low but the proportion of people dying is rising.

      Early on a Friday morning, Stephen Saltonstall, 74, sits behind the steering wheel of a flatbed pickup as it shakes and rattles towards the US-Mexico border. The back of the truck is loaded with equipment: a 300-gallon plastic tank of drinking water, a gas operated pump to pull the water out, and a long, lead-free hose to deliver it into barrels at the water stations Humane Borders, the NGO Saltonstall volunteers with, maintains across southern Arizona.

      It’s mid-September and the temperature is already climbing. By midday it will reach well over 100 degrees (38 celsius), and there are no clouds to interrupt the sun as it bakes the hardscrabble landscape of the Sonoran Desert, surprisingly green from the recently departed monsoon rains. Scraggly mesquite trees and saguaro cactuses with comically tubular arms whir past as Saltonstall guides the truck along Route 286 southwest of Tucson. A veteran of the civil rights movement with a lifelong commitment to social justice – like many others involved in the humanitarian aid effort here – he has made this drive more than 150 times in the three years since moving to Arizona from the northeastern United States.

      Around mile marker 38 – signifying 38 miles north of the border – 13 miles north of an inland US Border Patrol checkpoint, Saltonstall eases the truck off to the side of the road. Stepping out, he walks to the top of a small hill about 10 feet from where the asphalt ends. Stopping next to a small wooden cross planted in the cracked earth, he puts his hands together and offers a silent prayer.

      “I’m sorry that you died an awful death here,” Saltonstall says when he’s finished praying. “Wherever you are now, I hope you are in a better place.”

      The cross is painted red and draped with a strand of rosary beads. It marks the spot – on top of this small hill, in plain sight of the road – where the body of someone who irregularly crossed the border into the United States was found in July 2017. The person likely succumbed to thirst or hyperthermia after spending days trekking through this harsh, remote environment. But no one knows for sure. By the time someone came across the remains, scavenging birds and animals had stripped the body down to a skeleton. There’s no official cause of death and the person’s identity is unknown.

      Nearly 3,000 human remains like this one have been found in southern Arizona since the year 2000. Many more are probably lost in this vast and sparsely populated desert, lying in areas too remote and infrequently trafficked to be discovered before they decompose and end up being carried off in pieces by feasting animals, scattered and rendered invisible.

      Prevention through deterrence

      It wasn’t always like this in southern Arizona.

      The office of Pima County medical examiner Dr. Greg Hess receives all the human remains found near the migration trails in three of the four Arizonan counties that border Mexico.

      “In the 1990s we would average about 15 of these types of remains being recovered every year,” says Hess. Starting in 2002, that average jumped to 160 bodies per year, he adds.

      Most people irregularly crossing the border used to simply sneak over in urban areas where it wasn’t too dangerous. But things started to change in the mid 1990s with the introduction of a federal policy called “prevention through deterrence”. The policy directed Border Patrol to concentrate agents and resources in the urban areas where most people were crossing. The architects of the strategy predicted that “illegal traffic will be deterred, or forced over more hostile terrain, less suited for crossing and more suited for enforcement.”

      The construction of border walls between urban areas in northern Mexico and their neighbouring towns and cities in the United States soon followed. That funnelled the movement of migrants decisively into remote areas like the desert in southern Arizona, but had no discernible impact on the number of people irregularly entering the United States.

      Corlata Wray, 62, watched in the early 2000s as federal policy brought a humanitarian crisis to her back yard. Born in Durango, Mexico, Wray has lived in the small, rural town of Arivaca, Arizona, 12 miles from the border, for the better part of four decades. A slow trickle of people has always moved through Arivaca given its location, but in the late 1990s the number of people trekking across the desert close to Wray’s home dramatically increased.

      In the early years people would knock on the door and Wray would give them water and a little bit of food before they continued on their way. Helping migrants in this way was a normal part of life, according to many people IRIN spoke to living in the border region. But as enforcement efforts ramped up, “everything changed”, says Wray, who now volunteers regularly with organisations providing aid and support to migrants. “I started to see more suffering with the migrants.”

      Now the people who end up on her property are usually in a desperate situation – parched and sunburnt, with bloodied and blistered feet and twisted or broken limbs. “They don’t know which way to go, and that’s when their life is in danger because they’re lost. They have no water. They have no food. And then the desert is not beautiful anymore. Es mortal,” Wray says, switching into Spanish – “It’s deadly”.
      “We have to do something”

      As the “prevention through deterrence” policy came into full effect in the early 2000s, the fact that migrants were dying in the desert at an alarming rate was hard for some people to overlook. Ila Abernathy, a long-time resident of Tucson, 65 miles north of the border, remembers a point in July 2002 when a dozen or more bodies were found in one weekend.

      Fifty-nine at the time, Abernathy had moved to Tucson as a young adult and had been active in the waning years of the sanctuary movement, which sought to provide safe-haven to refugees fleeing civil wars in Central America in the 1980s as the US government restricted their ability to seek asylum. A decade and half later, the network from that movement was still intact.

      Following the news of the deaths in July 2002, a meeting was called at the Southside Presbyterian Church in Tucson. “This is a new crisis. We have to do something,” Abernathy recalls of the meeting’s conclusion. “We need to advocate and we need to get out there and search for people before they die.”

      In the beginning, that meant giving aid to people directly. Between 2002 and 2008, Border Patrol apprehended between 300,000 and 500,000 people every year in the area south of Tucson. “You’d just drive down the road early in the morning and there would be clusters of people either ready to give up or else already in Border Patrol capture,” Abernathy says.

      The group that formed out of the meeting at the Southside Presbyterian Church, the Tucson Samaritans, travelled the roads providing food, water, and medical aid to people in need. Two other groups, Humane Borders and No More Deaths, formed around the same time with similar missions. Their members tended to be active in multiple groups at the same time and were often veterans of the sanctuary or civil rights movements, like Abernathy and Saltonstall. Others were young people who came to the region on educational trips and decided to stay, or longtime residents of southern Arizona who had watched the crisis develop and felt compelled to try to help.

      But their work soon got harder. In 2006, the administration of US president George W. Bush announced a massive expansion of the Border Patrol. With nearly double the number of agents in the field and more resources, it became increasingly rare to find migrants along the roads, or even close to them, according to Abernathy. Unable to deliver aid to people directly, groups started hiking into the remote desert to find the trails migrants were using and leave behind gallon jugs of drinking water in the hope they would be found by people in need. It’s an effort that has continued now for close to 12 years.
      Into the desert

      On a Sunday morning, Best, 59, is picking his way along a migration trail deep in the Sonoran Desert with two other volunteers from the Tucson Samaritans. If you could travel in a straight line, the nearest paved road would be about 10 miles away. But moving in a straight line isn’t an option out here.

      Best and the other volunteers left their four wheel drive SUV behind some time ago after following the winding, rocky roads as far as they could. They are now hiking on foot towards the US-Mexico border. The landscape doesn’t distinguish between the two countries. In every direction, cactuses and mesquite trees carpet low, jagged hills. At the far limits of the vast, open expanse, towering mountains run like rows of crooked shark’s teeth along the horizon.

      This is the “hostile terrain” referred to by the architects of “prevention through deterrence” where migration routes have been pushed. There’s no man-made wall at the border here – just a rusted barbed wire fence. But someone would have to hike about 30 miles to make it north of the inland Border Patrol checkpoint on Route 286 to reach a potential pick-up point, or 60 miles to make it to Tucson. Humanitarian aid volunteers say the trip usually takes from three to 10 days.

      In the summertime the temperature reaches 120 degrees (49 celsius) and in the winter it drops low enough for people to die of hypothermia. There are 17 species of rattlesnakes in this desert, which is also home to the venomous gila monster lizard, tarantulas, scorpions, and other potentially dangerous animals. Natural water sources are few and far between, Border Patrol agents traverse the area in all-terrain vehicles and pickup trucks, on horseback and in helicopters; and there’s surveillance equipment laced throughout the landscape. “I’m really surprised that anybody gets through,” says one humanitarian volunteer, “but they do.”

      On the trail where Best is walking, the ground is uneven and rocks jut out at menacing angles. It’s easy to twist an ankle and impossible to move forward without getting scraped by mesquite branches or poked by cactus spines.

      Best has been visiting this area of the desert for a little over a year. In the beginning, there were a lot of signs that migrants were passing through – black plastic water bottles from Mexico, food wrappers with recent expiration dates, even discarded backpacks and clothing – so the Samaritans started putting jugs of water here hoping it would help fortify people against the dangers of the long journey ahead. But recently the jugs have been sitting untouched. It looks like the route has shifted elsewhere.

      During the second half of the morning Best will explore new territory – literally bushwhacking through the desert – to try to figure out where the route has moved to and where water should be placed. More than a decade after humanitarian aid groups started hiking out into the desert, there are still plenty of places they have yet to set foot in. Figuring out where people are moving and then putting out water is a time-consuming and labour-intensive process of trial and error. “It is very slow and inefficient in some ways, but I think really important,” Best says. “There’s no other way to do it.”

      In the 12 years since they started, over the course of innumerable hikes like this one, the Samaritans have mapped somewhere between 1,500 and 2,000 miles of trails south of Tucson, according to volunteers. Two different groups go out every day, bringing water to hundreds of locations over the course of any given week. In total in the past two years, according to one volunteer, the group has placed 3,295 gallon jugs of water in the desert. No More Deaths, which also relies on volunteers to hike water into the desert, says it has put out 31,558 gallons in past three years, 86 percent of which was used.

      Humane Borders, the organisation that Saltonstall volunteers with, operates using a slightly different model. It maintains fixed water stations at 51 locations on public and private land in southern Arizona that it services by truck. Each station consists of a 55-gallon barrel with a blue flag flying high in the sky to mark its location. Last year the group put 70,000 gallons of water into these stations. Between the three groups, comprised of a couple hundred active volunteers, that’s equivalent to about 10 backyard swimming pools full of water placed along migration trails in the desert, one bottle or barrel at a time.
      Not so straightforward

      The terrain where the humanitarian aid groups put water is some of the most politically charged in the US, at the heart of debates about both undocumented immigration and the movement of illicit drugs into the country. Needless to say, not everybody supports what the groups are doing.

      Cartels have a strong presence in the towns and cities of northern Mexico, and control and profit from the movement of both people and drugs across the border. Critics of the humanitarian groups say they are helping people break the law both by assisting migrants who are irregularly entering the United States and by putting water out that cartel drug runners and scouts can drink just as easily as anyone else.

      Humane Borders receives public funding from the Board of Supervisors in Pima County, but the vote to approve the funding is split: three Democratic members in favour and two Republican members against. Both Republican supervisors declined to comment when IRIN asked about their opposition to the funding – a spokesperson for one said the vote “speaks for itself.”

      The relationship between the humanitarian aid groups and Border Patrol has also been rocky. In particular, No More Deaths has been openly critical of Border Patrol, documenting agents destroying water drops and arguing that the agency’s tactics are contributing to deaths and disappearances in the desert. Border Patrol says it doesn’t condone the destruction of humanitarian aid drops and that it ultimately views its work as humanitarian as well.

      Nine members of No More Deaths have also been arrested on various charges related to their humanitarian work, ranging from trespassing and littering to harbouring illegal aliens, in what volunteers see as an effort to criminalise aid activities in the desert. One of those arrested faces up to 20 years in prison if convicted, and the Intercept has reported that court documents and other evidence suggest some of the arrests were retaliation against No More Deaths for publicising Border Patrol abuses.

      As far as whether water drops are benefitting cartel members or helping people break the law, the questions aren’t really important to many volunteers. “The real basic, humane argument is that nobody should be dying out here,” Best, the Samaritans volunteer, says.

      A more important question is whether the water drops are effective at saving lives. There’s anecdotal evidence from migrants who are caught by Border Patrol and later deported to northern Mexico that it is reaching people in need, but there’s no way to tell how many.

      There’s also the fact that, even as the number of people crossing the desert south of Tucson has decreased, the number of bodies found has remained relatively consistent. Also, not every death in the desert is caused by dehydration. “If somebody has heat stroke it may not be a process of having water available,” explains Hess, the medical examiner. “They may have water with them. It’s just that you’re too hot.”
      “What value can you put on saving even one life?”

      Considering that Border Patrol apprehended an average of over 100 people per day south of Tucson last year, and that an untold number of others crossed without being caught, and that the water isn’t necessarily in all of the places where people are trekking, the volunteers are aware of the limits of what they do. One estimated that over the course of an eight- to 10-hour hike a group of four people could only put enough water out to sustain 15 migrants for one day.

      “What we do is small, and we know it does some good,” Abernathy says. “We don’t want to delude ourselves into thinking this is the solution… [But] what value can you put on saving even one life?”

      Short of a major change to the “prevention through deterrence” policy, many don’t see an alternative to what they are doing. And humanitarian aid efforts have expanded over the years westward from the area south of Tucson to even more remote and sparsely populated parts of the desert where people have to walk 85 to 100 miles through nearly empty wilderness before reaching a point where they can be picked up.

      The old copper mining town of Ajo, Arizona – home to around 3,000 people – is in the heart of one of these far flung, desolate places. One hundred and thirty miles west of Tucson, this outpost of old clapboard and adobe houses is bordered by a national park, wildlife refuge, and US Air Force bombing range that combined constitute a relatively uninhabited and untouched area of desert the size of the state of Connecticut.

      On a warm dry night, volunteers from various humanitarian aid groups are gathered here in the town square, under the light of dim street lamps and a nearly full moon, to pay homage to what binds their community together: the people who have died in the desert.

      Some of the volunteers will wake at 4:45am to try to avoid the heat as best they can and hike out along the trails carrying their gallon jugs of water. But tonight at this vigil they form a line and one by one pick up white wooden crosses, holding them in front of their bodies. Each one represents the remains of a person that were found in the area surrounding Ajo in 2017 and is inscribed with a name or the word desconocido – Spanish for “unknown”. There are about 30 volunteers, and they have to pass through the line more than once. There are more crosses than people to hold them.

      https://www.irinnews.org/news-feature/2018/11/06/migrants-US-Mexico-caravan-elections-Trump-water-desert
      #eau #résistance #désert #frontières #mourir_aux_frontières #hostile_environment

    • Four women found guilty after leaving food and water for migrants in Arizona desert

      A federal judge on Friday reportedly found four women guilty of misdemeanors after they illegally entered a national wildlife refuge along the U.S.-Mexico border to leave water and food for migrants.

      According to The Arizona Republic, the four women were aid volunteers for No More Deaths, an advocacy group dedicated to ending the deaths of migrants crossing desert regions near the southern border.

      One of the volunteers with the group, Natalie Hoffman, was found guilty of three charges against her, including operating a vehicle inside the Cabeza Prieta National Wildlife Refuge, entering a federally protected wilderness area without a permit and leaving behind gallons on water and bean cans.

      The charges reportedly stemmed from an August 2017 encounter with a U.S. Fish and Wildlife officer at the wildlife refuge.

      The three other co-defendants — Oona Holcomb, Madeline Huse and Zaachila Orozco-McCormick — were reportedly passengers in Hoffman’s truck at the time and were also charged with entering federally protected area without a permit and leaving behind personal property.

      Each of the women face up to six months in prison for the charges and a $500 fine after being found guilty.

      In his three-page order, U.S. Magistrate Judge Bernardo Velasco reportedly wrote that the defendants did not “get an access permit, they did not remain on the designated roads, and they left water, food, and crates in the Refuge."

      “All of this, in addition to violating the law, erodes the national decision to maintain the Refuge in its pristine nature,” he continued.

      He also criticized the No More Deaths group for failing to adequately warn the women of all of the possible consequences they faced for violating the protected area’s regulations, saying in his decision that “no one in charge of No More Deaths ever informed them that their conduct could be prosecuted as a criminal offense nor did any of the Defendants make any independent inquiry into the legality or consequences of their activities.”

      Another volunteer with No More Deaths, Catherine Gaffney, slammed Velasco’s ruling in a statement to The Arizona Republic.

      “This verdict challenges not only No More Deaths volunteers, but people of conscience throughout the country,” Gaffney said.

      “If giving water to someone dying of thirst is illegal, what humanity is left in the law of this country?” she continued.

      According to The Associated Press, the ruling marks the first conviction brought against humanitarian aid volunteers in 10 years.


      https://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/426185-four-women-found-guilty-after-leaving-food-and-water-for
      #délit_de_solidarité #solidarité
      signalé par @fil

    • Arizona: Four women convicted after leaving food and water in desert for migrants

      Federal judge finds activists guilty of entering a national wildlife refuge without a permit to give aid to migrants


      A federal judge has found four women guilty of entering a national wildlife refuge without a permit as they sought to place food and water in the Arizona desert for migrants.

      US magistrate Judge Bernardo Velasco’s ruling on Friday marked the first conviction against humanitarian aid volunteers in a decade.

      The four found guilty of misdemeanours in the recent case were volunteers for No More Deaths, which said in a statement the group had been providing life-saving aid to migrants.

      The volunteers include Natalie Hoffman, Oona Holcomb, Madeline Huse and Zaachila Orozco-McCormick.

      Hoffman was found guilty of operating a vehicle inside Cabeza Prieta national wildlife refuge, entering the federally protected area without a permit, and leaving water jugs and cans of beans there in August 2017.

      The others were found guilty of entering without a permit and leaving behind personal property.

      https://www.theguardian.com/us-news/2019/jan/19/arizona-four-women-convicted-after-leaving-food-and-water-in-desert-for

    • Convicted for leaving water for migrants in the desert: This is Trump’s justice

      A FEW weeks ago, federal prosecutors in Arizona secured a conviction against four humanitarian aid workers who left water in the desert for migrants who might otherwise die of heat exposure and thirst. Separately, they dropped manslaughter charges against a U.S. Border Patrol agent who fired 16 times across the border, killing a teenage Mexican boy. The aid workers face a fine and up to six months in jail. The Border Patrol officer faces no further legal consequences.

      That is a snapshot of twisted frontier justice in the age of Trump. Save a migrant’s life, and you risk becoming a political prisoner. Kill a Mexican teenager, and you walk free.

      The four aid workers, all women, were volunteers in service to an organization, No More Deaths, whose religious views inform its mission to prevent undocumented migrants from dying during their perilous northward trek. They drove into the Cabeza Prieta National Wildlife Refuge, about 100 miles southwest of Phoenix, to leave water jugs along with some canned beans.

      The women — Natalie Hoffman, Oona Holcomb, Madeline Huse and Zaachila Orozco-McCormick — made no effort to conceal their work. Confronted by a U.S. Fish and Wildlife Service officer, they said they believed everyone deserved access to basic survival needs. One of them, Ms. Orozco-McCormick, compared the wildlife refuge to a graveyard, such is the ubiquity of human remains there.

      Since the turn of the century, more than 2,100 undocumented migrants have died in that sun-scorched region of southern Arizona, according to Humane Borders, a nonprofit group that keeps track of the numbers. Last year, according to the Pima County Medical Examiner’s Office, the remains of 127 dead migrants were recovered there.

      In the past, prosecutors declined to press charges against the volunteers who try to help by leaving water and canned food in the desert. But the four women, arrested in August 2017, were tried for the misdemeanor offenses of entering a refuge without a permit, abandoning personal property and, in the case of Ms. Hoffman, driving in a restricted area. U.S. Magistrate Judge Bernardo Velasco, who presided over the bench trial, said their actions ran afoul of the “national decision to maintain the Reserve in its pristine nature.”

      In fact, prosecutors have broad discretion in deciding whether to press such minor charges — just as they do in more consequential cases such as the manslaughter charge against Lonnie Swartz, the Border Patrol agent who killed 16-year-old José Antonio Elena Rodríguez in October 2012. According to Mr. Swartz, he opened fire on the boy, shooting 16 times in what the agent said was self-defense, through the fence that divides the city of Nogales along the Arizona-Mexico border. He said the boy had been throwing stones at him across the frontier.

      Mr. Swartz was acquitted on second-degree murder charges last spring, but the jury deadlocked on manslaughter charges. In a second trial, last fall, the jury also failed to reach a verdict on manslaughter. Last month, prosecutors declined to seek a third trial.

      While the aid workers seek to avoid prison time, Americans may well wonder about a system in which justice is rendered so perversely.

      https://www.washingtonpost.com/opinions/convicted-for-leaving-water-for-migrants-in-the-desert--this-is-trumps-justice/2019/01/27/9d4b3104-2013-11e9-8b59-0a28f2191131_story.html?noredirect=on

  • Marine Corps looks to fighter jet ’boneyard’ after new fleet delay | Fox News
    http://www.foxnews.com/us/2016/06/22/marine-corps-forced-to-pull-warbirds-out-boneyard-after-new-fleet-delay.htm

    The Marines are looking for a few good planes, and their search has taken them to an Arizona boneyard where the Corps’ old F/A Hornets have been gathering dust for years.

    The jets are being reclaimed and refurbished by Boeing after the service branch was caught short on planes because of long delays in the rollout of the much-awaited F-35.

  • Gun Deaths Map: How Many People Have Been Shot Near You?
    https://www.thetrace.org/2015/12/gun-deaths-interactive-map-2015

    In relentless succession, a parade of towns and cities have this year joined the bloodstained ranks of American mass shooting locations. The mere mention of the places — Charleston, Chattanooga, Colorado Springs, San Bernardino — evokes images made familiar at Columbine and Virginia Tech and Tucson and Newtown: the police battalions rushing to respond, the shocked survivors and bereft loved ones, the eerie portraits of newly infamous killers.

    But the truth is that these cities and towns and the events that now define them, however lethal they were and however large they understandably loom, comprise just a small fraction of the gun violence recorded in America during this or any year. In 2013, the last year for which government statistics are available, less than 2 percent of more than 33,000 gun deaths in the country were due to mass shootings. Tallies of gun-related fatalities are in turn dwarfed by totals for gun injuries. Every 12 months, more than 118,000 people are shot; many are left with devastating physical impairments and crippling health care bills.

    Thanks to a nonprofit, nonpartisan project known as the Gun Violence Archive, data on gun homicides and non-fatal shootings is now available well before the federal government releases its statistics. That data includes location information that makes it possible to plot those shootings on a map showing how many have taken place in your vicinity. Where someone was killed, the shooting is coded in red (this includes multiple victim incidents with a mix of fatalities and injuries). Shootings resulting in injuries but not deaths are coded in yellow.

  • One-Fifth of the US Is About to Get Broiled
    By Katie Herzog, Grist
    18 June 16
    http://readersupportednews.org/news-section2/318-66/37519-one-fifth-of-the-us-is-about-to-get-broiled

    Take a deep breath, western United States America, You’re about to be on fire.

    Parts of Arizona, Nevada, and California are expected to reach 120 degrees next week, or the approximate temperature of Hell. The area subject to high temps is vast — and vastly populated — and includes L.A., Phoenix, San Diego, Tucson, and Las Vegas. In fact, 66 million people are expected to fall under a hot weather advisory next week, or about a fifth of the U.S. population, NBC reports.

    While 120 degrees is unimaginably hot, we’re already surpassing temperature records around the U.S. this week: Columbia, Missouri, and Des Moines, Iowa, both hit a record 99 degrees on Wednesday, and heat advisories have been issued from Louisiana to the West Coast. And it’s only June.

    Soaring temperatures are especially concerning in light of the wildfires raking the Southwest, where thousands of acres are already burning. Hundreds of people had to evacuate in California, Arizona, and New Mexico this week, where the San Mateo Mountains fire has already burned over 30,000 acres.

    Extreme temperatures and wildfires are becoming more and more common as global climate change increases. The National Weather Service warns that next week’s heat wave could be deadly, and has advised residents to stay indoors, drink a lot of water, and find air conditioning where you can.

    #climat #Etats-Unis

  • Border Patrol Accused of Profiling and Abuse

    TUCSON — The federal checkpoints on highways near the Mexican border, with trained dogs and expensive scanning equipment, are supposed to stop drugs and immigrants without legal status from heading north. But newly released complaints against United States Customs and Border Protection paint a disquieting portrait of the interactions between agents and many of those they stopped and searched.

    http://www.nytimes.com/2015/10/15/us/aclu-accuses-border-patrol-of-underreporting-civil-rights-complaints.html?_
    #frontières #violences #USA #Etats-Unis #profilage #profilage_racial #contrôles_frontaliers #gardes_frontière

  • OPEC’s Cheap Oil Strategy Lures Drivers Back Into Gas Guzzlers - Bloomberg
    http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-05-30/opec-s-cheap-oil-strategy-lures-drivers-back-into-gas-guzzlers

    Last year, SUVs outsold any other type of passenger vehicle in Europe for the first time, according to auto industry consultants JATO Dynamics. The trend has continued in 2016, with demand for SUVs such as the Hyundai Tucson and the Renault Kadjar accounting for a quarter of sales in the biggest European countries.

    Europe is a mirror of what’s happening across the world. From China to the U.S., drivers are buying bigger vehicles, while sales of fuel-efficient hybrids struggle.
    For Saudi Arabia, Iran and other members of the Organization of Petroleum Exporting Countries, due to meet on Thursday, the sharp increase in sales of gas guzzlers is good news: It means stronger demand for gasoline and diesel for years to come.

    The trend of fuel-efficiency improvement of the last few years could be stopped by low oil prices,” said Christof Ruhl, head of research at the Abu Dhabi Investment Authority, the emirate’s sovereign wealth fund, and a former chief economist at BP Plc.


    U.S. average sales-weighted fuel-economy rating

  • A New Map for America - The New York Times
    http://www.nytimes.com/2016/04/17/opinion/sunday/a-new-map-for-america.html

    We don’t have to create these regions; they already exist, on two levels. First, there are now seven distinct super-regions, defined by common economics and demographics, like the Pacific Coast and the Great Lakes. Within these, in addition to America’s main metro hubs, we find new urban archipelagos, including the Arizona Sun Corridor, from Phoenix to Tucson; the Front Range, from Salt Lake City to Denver to Albuquerque; the Cascadia belt, from Vancouver to Seattle; and the Piedmont Atlantic cluster, from Atlanta to Charlotte, N.C.

    Federal policy should refocus on helping these nascent archipelagos prosper, and helping others emerge, in places like Minneapolis and Memphis, collectively forming a lattice of productive metro-regions efficiently connected through better highways, railways and fiber-optic cables: a United City-States of America.

    Similar shifts can be found around the world. Despite millenniums of cultivated cultural and linguistic provinces, China is transcending its traditional internal boundaries to become an empire of 26 megacity clusters with populations of up to 100 million each, centered around hubs such as Beijing, Shanghai, Guangzhou and Chongqing-Chengdu. Over time these clusters, whose borders fluctuate based on population and economic growth, will be the cores around which the central government allocates subsidies, designs supply chains and builds connections to the rest of the world.

    Western countries are following suit. As of 2015, Italy’s most important political players are no longer its dozens of laconic provinces, but 14 “Metropolitan Cities,” like Rome, Turin, Milan and Florence, each of which has been legislatively merged with its surrounding municipalities into larger and more economically viable subregions.

    #connectivité #cartographie #implantation_humaine #mégavilles

  • Investigation Frontières La Grande Illusion ?

    Des centaines de milliers de réfugiés affluent en Europe depuis les ’printemps arabes’ et la guerre en Syrie. Aux quatre coins de l’Union, des dispositifs se mettent en place pour bloquer les migrants : #murs, #grillages, #barrières_électroniques, projets de #surveillance par #drones. Des programmes de plusieurs milliards, inspirés des expériences américaines, à la frontière du Mexique.
    Ces remparts sont-ils efficaces ? Économiquement viables ? Enquête sur un mirage : celui d’une Europe ’bunkerisée’, qui parviendrait à contrôler toutes les entrées sur son territoire.

    https://www.youtube.com/watch?v=a-wzRuuXU0w

    #frontières #business #économie #vidéo #film #documentaire #Frontex #chiffres #statistiques
    cc @albertocampiphoto @daphne @marty @reka

    • Enquête autour d’un chiffre qui circule dans les médias : il y aurait en Europe 8 mio. de personnes en situation irrégulière (#sans-papiers)...
      –-> Les médias citent une source : la Commission européenne. Ce chiffre est notamment présent dans un communiqué de la commission de février 2009...
      Le voici :

      Il est difficile d’obtenir des données chiffrées qui soient précises. Selon les estimations, le nombre d’immigrés en séjour irrégulier dans l’Union européenne se situerait néanmoins dans une fourchette de 4,5 à 8 millions de personnes, avec une augmentation de 350 000 à 500 000 personnes par an. L’économie parallèle génèrerait entre 7 et 16 % du PIB de l’Union européenne, mais ces pourcentages incluent le travail non déclaré effectué par des citoyens de l’Union. Les secteurs du bâtiment, de l’agriculture, des travaux ménagers et du nettoyage, de la restauration et de l’hôtellerie sont les secteurs économiques les plus susceptibles de recourir au travail au noir d’une manière générale et d’attirer les immigrés en séjour irrégulier en particulier.

      http://europa.eu/rapid/press-release_IP-09-298_fr.htm

      Le journaliste appelle la Commission européenne pour savoir l’origine du chiffre, un responsable de la communication lui répond :

      « Je ne vois pas comment on peut estimer le nombre d’illégaux... peut-être la police, c’est cela, non ? »

      Le journaliste : « Je ne sais pas d’où sort ce chiffre »
      Le responsable comm : « Moi non plus. J’espère qu’on n’a pas retransmis des erreurs, ça serait embêtant »

      Enquête du journaliste auprès de Frontex, qui a aussi publié ce chiffre de 8 mio dans son Annual Risk Analysis 2014 :

      Conservative estimates of the number of irregular migrants within the EU vary between 3 and 6 million, according to the results of Clandestino, an EU-sponsored project implemented by the International Centre for Migration Policy Development (ICMPD). Other estimates put the figure of irregular migrants at 8 million, of which 80% are staying inside the Schengen area, half of them having originally entered it legally.

      http://frontex.europa.eu/assets/Publications/Risk_Analysis/Annual_Risk_Analysis_2014.pdf

      Le journaliste interroge l’un des auteurs du rapport de Frontex (Denis Destrebecq) :

      « Je crois que je l’ai pris dans un rapport de la commission européenne, ça a circulé un moment. Je ne sais plus. On n’a peut-être pas investi suffisamment de temps dans l’analyse de ces chiffres et dans la rigueur de ces estimations. On les a juste notés pour donner un petit peu de contexte. On rapporte un petit peu la fourchette qui circule, mais ce n’est pas notre travail d’établir la véracité de ces chiffres »

      #guerre_des_chiffres
      @simplicissimus : oh la la...

    • Eh oui, estimer le nombre de résidents en situation irrégulière est toujours un poème. Ceci dit, en cherchant rapidement des données pas trop anciennes, je tombe sur plusieurs papiers intéressants :
      – un de méthodologie (2004), détaillant justement celles-ci (perso, j’ai toujours eu un faible pour les enquêtes par « capture-recapture », mais il n’y en a pas très souvent dans ce domaine)
      http://www.net4you.com/jandlftp/Estimation-2004.pdf

      – du même auteur (M. Jandi) une présentation avec les mêmes éléments, mais agrémentée d’une estimation pour 12 pays européen pour 2003 (je te laisse découvrir la fourchette)
      http://www.mighealth.net/eu/images/5/5b/Icmpd.pdf

      – et une synthèse du Haut-Commissariat des Nations-Unies au Droits de l’Homme de 2013 avec du myth debunking
      http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/CMW/Discussions/2013/DGDMigrationData_PICUM_2013.pdf

    • Ce soir, j’ai continué (mais pas encore fini) la vision du reportage...

      Voici quelques éléments que j’en retire.

      #Clandestino_project (2009)
      http://www.gla.ac.uk/media/media_147171_en.pdf

      Le site du projet : http://clandestino.eliamep.gr

      Tableau tiré du résumé du policy brief :


      http://clandestino.eliamep.gr/wp-content/uploads/2009/12/clandestino_policy_brief_comparative_size-of-irregular-migration

      Interview avec Dita Vogel, une des chercheuses qui a écrit le rapport :
      en 2002, entre 3 et 5 mio. de sans-papiers dans l’UE. En 2008, ce chiffre a baissé, il n’y en avait plus que 2 à 4 mio.
      Et pourtant, au même moment que les chiffres de cette baisse sont sortis, l’Europe a commencé à augmenter ses contrôles aux frontières, dit Vogel.

      Source des 8 mio. selon Vogel : « Il a été cité une fois dans une étude irlandaise, rédigé par un chercheur appelé Hubert Krieger » → dans l’étude on dit que ce chiffre a été estimé à partir d’un article du Figaro de 2004, mais nous n’avons jamais trouvé cet article.

      Voici le lien vers l’étude irlandaise :
      https://www.eurofound.europa.eu//sites/default/files/ef_files/docs/areas/populationandsociety/krieger050422.pdf

      Voici ce qui est écrit dans le rapport (p.6) :
      « According to estimates given by Le Figaro (2004 : 4) the nine largest former EU15 Member States would have between 4.4 and 5.5 million illegal migrants. Transposing these figures to the EU25 would give an estimate of between 6 to 8 million undocumented migrants »

      Le journaliste contact Krieger et lui pose cette question : "Le Figaro avait parlé de 4 à 5 mio de clandestins pour l’Europe des 9 et vous avez extrapolé à 8 mio pour l’Euruope des 25…

      Réponse de Kriger : « Oui, c’est vrai, c’était de la pure spéculation et je me sens un peu coupable. Ce chiffre s’est faufilé dans le rapport et c’était clairement pas du très bon travail de ma part »

      Et pourtant c’est ce chiffre, fantaisiste, que tous les médias reprennent depuis des années…

      Vogel : « Je crois que pour les industriels de la protection des frontières c’est bon lorsque des chiffres élevés circulent. Cela renforce l’idée qu’il faudrait investir toujours davantage dans la sécurisation de nos frontières »

      Ceuta et Melilla :
      En 2005, la modernisation des barrières de Ceuta et Melilla a coûté 33 mio d’EUR, soit presque 3 mio d’EUR au km.
      Coûts d’entretien : 14 mio EUR depuis 2005, soit plus de 154’000 EUR par an et par km.

      Si on voulait généraliser le mur de Melilla au 7700 km de frontières de l’Espace Schengen, cela coûterait au mois 2000 millards d’EUR, sans compter les 42’000 km de frontières maritimes ni le coût d’entretien de l’ensemble.

      USA, #Nogales :
      Lien avec événements du 11 septembre 2001 → la perception que les américains se font de l’immigration illégale est bouleversée, désormais un amalgame entre migrant et terroriste s’enracine. George W. Bush lance le #secure_fence_act (2006). Fonds débloqués pour cette nouvelle loi : 2,4 mia. de dollars. Vu l’impossibilité de couvrir toute la longueur de la frontière avec des murs, les USA invente la #barrière_virtuelle : #biométrie, #caméras_thermiques, #radars ou #drones.

      Estimation du poids de l’industrie de surveillance des frontières : 20 mia par an.

      #SBI (#secure_border_initiative), barrière virtuelle installée en 2007 près de Tucson. Fabriquant : BOEING.
      Mais qui n’est apparemment pas très efficace, v. ce rapport : http://www.gao.gov/products/GAO-11-6
      En 2010, même les Républicains reconnaissent l’échec du projet. En 2011, SBI est suspendu (après avoir déjà coûté plus d’1 mia de USD).
      Mais en 2011, l’Arizona met à nouveau 1 mia de USD sur la table pour un nouveau projet de surveillance… Mais en 2014 la cour des comptes a déclaré que cette barrière non plus ne garantissait pas assez d’efficacité.
      (25’55)

    • Et voilà, ce soir... j’ai regardé jusqu’à la fin... voici un résumé...

      #Frontière_aérienne #drones
      C’est l’affaire des #drones_prédateurs. Dans les années 2000 ils avaient été employés pour des bombardements en Irak et en Afghanistan. En 2006, leur concepteur, General Atomics, en a recyclé une dizaine en chasseurs d’immigrants clandestins à la frontière mexicaine.
      Coût de chaque drone : 17 mio de USD. Budget total depuis 2006 : 360 mio de USD.
      Problème, les drones seraient peu efficaces.
      Rapport qui le prouve : https://www.oig.dhs.gov/assets/Mgmt/2015/OIG_15-17_Dec14.pdf
      Découvertes :
      1. Les coûts des patrouilles aériennes ont été sous-estimés :
      « We estimate that, in fiscal year 2013, it cost at least $62.5 million to operate the program, or about $12,255 per hour. The Office of Air and Marine’s calculation of $2,468 per flight hour does not include operating costs, such as the costs of pilots, equipment, and overhead. By not including all operating costs, CBP also cannot accurately assess the program’s cost effectiveness or make informed decisions about program expansion » (p.4)
      Les autorités avaient omis d’inclure les salaires des pilotes…

      2. Les drones sont inefficaces

      Conclusion :
      « Although CBP expected that the UAS program would result in increased apprehensions of illegal border crossers, reduce the cost of border surveillance, and improve the USBP’s efficiency, we found little or no evidence that CBP met those expectations » (p.13)

      Malgré l’échec, les autorités s’entêtent :
      https://www.eff.org/fr/document/customs-border-protection-2010-drone-concept-operations-report-congress

      L’Europe fait aussi utilisation des #frontières_virtuelles.
      Détroit de Gibraltar → première frontière électronique du continent européen.
      Programme #SIVE (#système_intégré_de_vigilance_extérieure)
      Prix de la frontière virtuelle (presque 2000 km de côte espagnole surveillée) : « très élevé, mais je n’ai aucune idée », dit un garde-frontière.
      Mais quelle efficacité ?
      Un rapport du Conseil de l’Europe dit que la majorité des clandestins entre par les aéroports de façon légale avec un visa.

      Programme #aeroceptor, un programme de 5 mio d’EUR avec des drones armés pour immobiliser des véhicules http://www.aeroceptor.eu
      Il y a aussi #patroller construit par le groupe #safran : http://www.sagem.com/fr/aeronautique-et-espace/drones/systeme-patroller

      En 2007, l’UE a décidé de débloquer 1,4 mia. de EUR pour subventionner la recherche liée à la sécurité (7th framework programme, #FP7 : https://ec.europa.eu/research/fp7/index_en.cfm)
      Qui est derrière les experts qui influencent la politique en rendant des avis, puis transformés en offres publiques par la commission européenne ?


      Qui sont ces experts ?
      Reinhard Kreissl : https://de.wikipedia.org/wiki/Reinhard_Kreissl
      Jean-Luc Zolessio de Thales
      Giovanni Barontini de Finmeccanica
      Angelica Staimer de Siemens

      Un seul expert accepte d’être interviewé, le sociologue indépendant Reinhard Kreissl :
      « Le groupe auquel j’ai participé était soi-disant un groupe de personnalités indépendantes des intérêts de l’industrie. Si vous prenez le directeur général ou le responsable marketing d’un industriel de l’armement et que vous dites ’il n’est pas ici pour représenter les intérêts de son employeur, il siège simplement en tant qu’expert intédpendant juste parce qu’il a des connaissances techniques », vous êtes sensé le croire. Mais c’est clair que la plupart des personnes salariées par les industries étaient là pour défendre les intérêts de l’employeur. C’était évident. Mais officiellement c’était un groupe d’experts indépendants"
      Sur les 326 contrats de recherche passés lors du programme FP7 entre 2007 et 2013.
      Par exemple, derrière #Seabilla (http://www.seabilla.eu/cms), il y a #Selex, une filiale de Finmeccanica, l’employeur de Giovanni Barontini.
      Programme #Effisec, c’est Thales qui remporte l’appel d’offre.

      Question à un passeur à Izmir… « Si il n’y avait pas toutes ces barrières, vous ne prendriez pas autant d’argent ? ».
      Réponse : "Bien sûr, plus les Européens mettront de barrières aux passages des migrants et plus les passeurs prendront un prix élevé. Et au final ce sont les réfugiés qui en paient les conséquences.

  • Discovering an Oasis in the American Desert
    http://permaculturenews.org/2014/10/11/discovering-oasis-american-desert

    We’re out in the hot Sonaran Desert, somewhere near Tucson, Arizona. It’s hot. Very hot. I’m down to a small amount of water in my bottle and it’s disappearing fast. I’m starting to think one could go crazy and possibly die of thirst out here filming this stuff.
    Luckily I’m with Geoff Lawton and Brad Lancaster. Both experts in water harvesting. Geoff, however, has abandoned me under the shade of a desert tree with my camera gear to go wandering off with Brad into the desert, searching for something rumored to be out there.

    #permaculture #désert #eau