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  • INCARCÉRATIONS DES CADRES : LE TÉMOIGNAGE D’UN ANCIEN SYNDICALISTE DU COMPLEXE D’EL HADJAR – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/?p=70215

    En 1996, quand le gouvernement avait décidé d’incarcérer des centaines de cadres d’entreprises publiques, Smaïl Kouadria était membre de la section syndicale du Complexe sidérurgique d’El Hadjar. Il était en charge des affaires sociales et conflits.

    QUAND L’AFFAIRE DES 700 CADRES DONT SEPT DE SIDER, À LEUR TÊTE LE PDG MESSAOUD CHITTIH, S’ÉTAIT PRODUITE, VOUS ÉTIEZ MEMBRE DU BUREAU DE LA SECTION SYNDICALE DE CETTE ENTREPRISE PUBLIQUE. UN TÉMOIGNAGE ?
    À l’époque on était choqué par la méthode musclée d’interpellation par des brigades de gendarmerie qui sont venues à l’usine arrêter les cadres incriminés, dans leurs bureaux. Les gendarmes étaient venus munis d’un mandat de dépôt confectionné en 24 heures et ils ont décapité une entreprise de 18 000 travailleurs de 07 de ses cadres occupants des postes névralgiques et stratégiques. Il y avait Chettih ( PDG), Mme Laoudi (DRH) décédé en prison des suites d’un cancer, Mohamed Maiza (DAG), Benmihoub (Directeur des finances), etc. L’avocat des familles des cadres incarcérés nous avait confirmé que la décision du mandat de dépôt avait été établie par le procureur sur la base d’un dossier vide. C’est après l’incarcération des cadres qu’ils avaient commencé à chercher des preuves.

    QU’EST-CE QU’ILS LEUR ONT REPROCHÉ ?
    On leur avait reproché une mauvaise gestion de l’entreprise. Entre autres reproches, qui ont été fait aux cadres de l’entreprise : à l’époque, les dirigeants de Sider étaient en négociations avec des experts de l’entreprise autrichienne Voestalpine pour la réhabilitation du laminoir à chaud. Avec le terrorisme, ils étaient obligés de se rendre à Tunis pour mener les négociations avec la partie autrichienne et cela avait occasionné des frais (frais de missions, hébergement, transport, restauration, etc.). Cela était considéré comme un abus en matière de gestion. Autre acte de gestion reproché aux cadres : le fait d’avoir signé un accord avec la section syndicale portant subvention du repas des travailleurs après avoir signé un autre accord portant revalorisation de la prime de panier. Les salaires étaient bas et les travailleurs préféraient manger ailleurs que dans le restaurant de l’entreprise. Or, le repas chaud était indispensable pour les travailleurs, notamment pour ceux qui travaillaient dans les zones chaudes. C’était un accord légal et enregistré à l’inspection du travail. Çà avait été considéré comme un acte de mauvaise gestion. Autre grief retenu contre eux : la construction de bungalows équipés du strict minimum à l’intérieur du complexe pour pouvoir héberger les étrangers qui venaient nous rendre visite. Il arrivait à des cadres qui travaillaient jusqu’à une heure tardive d’y passer la nuit, il était impossible pour eux, vu la conjoncture de l’époque (terrorisme) de rejoindre leurs foyers. Et cela était considéré comme un acte de mauvaise gestion. Toutes les demandes de la défense pour la remise en liberté provisoire de ses clients avaient été rejetées par le juge. Ils avaient passé quatre ans en prison. Certains étaient morts, d’autres étaient sortis avec des séquelles, d’autres encore avaient refusé de reprendre le service.

    MAIS QUI ÉTAIT RESPONSABLE À VOTRE AVIS ?
    La responsabilité politique incombe à Ahmed Ouyahia qui était chef du gouvernement. La décision a été prise au nom du gouvernement. À mon avis, Ouyahia faisait partie d’un cercle et c’était lui qui a exécuté la décision.

    Et 2001, quand le procès s’était tenu, la justice l’avait d’ailleurs convoqué, il n’était alors plus chef du gouvernement, mais comme témoin à charge. Il était venu à Annaba et avait assisté au procès. Le dossier était vide et la défense a démonté tous les chefs d’inculpation retenus contre eux et autres pièces à conviction. L’actuel Premier ministre n’avait pas pu opposer des arguments solides, mais plutôt des réponses politiques. À à la fin du procès, ils étaient libérés, et même réhabilités.

    MAIS POURQUOI LES A-T-ON MIS EN DÉTENTION PENDANT QUATRE ANS POUR UN DOSSIER VIDE ?
    Il faut rappeler le contexte historique de l’affaire. L’Algérie venait de signer les accords avec le FMI et entamait la mise en application du plan d’ajustement structurel. Mohamed Betchine, qui était conseiller spécial du Président Zeroual, gérait tout. Il s’attelait à lancer un parti politique ouvert à toutes les catégories sociales comme suggéré par le défunt Mohamed Boudiaf et qui a débouché par la suite sur la création du RND. À la veille de l’incarcération des cadres de Sider, le gouvernement avait octroyé des licences d’importation de rond à béton à des privés. C’était une première car à l’époque Sider avait le monopole sur le marché et on était présent partout, y compris au sud du pays. Quand sa production de rond à bétons ne suffisait pas, c’est elle qui achetait à l’étranger. Étant informé à l’avance du projet, Messaoud Chettih avait donné des instructions pour réduire les prix pour contrer les nouveaux concurrents. Sider ne vendait pas à perte, mais sa marge bénéficiaire était minime. Les bateaux contenant le rond à béton des importateurs sont restés en rade pendant plus de 15 jours. C’est pendant cette période qu’on a arrêtés les cadres de Sider. L’entreprise a été par la suite choisie pour une opération pilote de la privatisation. Ils ont décapité toutes entreprises publiques avant de procéder à leur filialisation et par la suite, à leur privatisation. La société d’El Hadjar par exemple a été morcelée en 24 filiales. Une chose est sûre, l’incarcération des cadres de Sider était préméditée et entrait dans le cadre de la stratégie mise alors en œuvre en matière d’ajustement structurel.

    POURQUOI A-T-ON ATTENDU PLUS DE QUATRE ANS POUR LES LIBÉRER ?
    Le Président Bouteflika a été élu en 1999. À son arrivée au pouvoir, il a été mis devant le fait accompli. Le processus de privatisation tirait à sa fin et il ne pouvait pas remettre en cause un processus ayant fait l’objet de négociation avec une organisation internationale. Mais c’était lui qui a libéré les cadres incarcérés avant de les réhabiliter. Et en 2008, il a stoppé l’opération des privatisations. En 2009, il avait pris deux mesures importantes : l’introduction du droit de préemption et l’institution de la règle 49/51. Ce sont là deux verrous pour prémunir le tissu industriel du bradage.                                                                                                                                          Par : Sonia Lyes 14 Nov. 2018 TSA                                                 http://lequotidienalgerie.org/2018/11/14/incarcerations-des-cadres-le-temoignage-dun-ancien-syndicaliste-


  • Tunisia: Privacy Threatened by ‘Homosexuality’ Arrests

    Tunisian authorities are confiscating and searching the phones of men they suspect of being gay and pressuring them to take anal tests and to confess to homosexual activity, Human Rights Watch said today. Prosecutors then use information collected in this fashion to prosecute them for homosexual acts between consenting partners, under the country’s harsh sodomy laws.

    “The Tunisian authorities have no business meddling in people’s private sexual practices, brutalizing and humiliating them under the guise of enforcing discriminatory laws,” said Amna Guellali, Tunisia director at Human Rights Watch. “Tunisia should abolish its antiquated anti-sodomy laws and respect everyone’s right to privacy.”

    Human Rights Watch spoke with six men prosecuted in 2017 and 2018 under article 230 of the penal code, which punishes consensual same-sex conduct with up to three years in prison. One person interviewed was only 17 years old the first time he was arrested. Human Rights Watch also reviewed the judicial files in these cases and five others that resulted in prosecutions under either article 230 or article 226, which criminalizes “harming public morals.” In addition to violating privacy rights, these cases included allegations of mistreatment in police custody, forced confessions, and denial of access to legal counsel.

    Police arrested some of these men after disputes arose between them or after neighbors reported them. Two had gone to the police to report being raped.

    Some of the men spent months in prison. At least three have left Tunisia and applied for asylum in European countries.

    K.S., a 32-year-old engineer, entered a police station in Monastir in June 2018 to file a complaint of gang rape, and to get an order for a medical examination of his injuries. Instead of treating him as a victim, he said, the police ordered an anal test to determine whether K.S. was “used to practicing sodomy.” “How they treated me was insane,” K.S. told Human Rights Watch. “How is it their business to intrude into my intimate parts and check whether I am ‘used to sodomy’?”

    In another case, a 17-year-old was arrested three times on sodomy charges and was forced to undergo an anal examination, as well as months of conversion therapy at a juvenile detention center. Both harmful practices are discredited.

    Tunisian prosecutors have relied extensively in recent years on forced anal examinations to seek “evidence” of sodomy, even though the exams are highly unreliable and constitute cruel, degrading, and inhuman treatment that can rise to the level of torture.

    On September 21, 2017, during the Universal Periodic Review at the United Nations Human Rights Council, Tunisia formally accepted a recommendation to end forced anal exams. However, Tunisia’s delegation stated: “Medical examinations will be conducted based on the consent of the person and in the presence of a medical expert.” This stance is not credible because trial courts can presume that a refusal to undergo the exam signals guilt, Human Rights Watch said. Tunisia should abandon anal exams altogether.

    Prosecutions for consensual sex in private and between adults violate the rights to privacy and nondiscrimination guaranteed by the International Covenant on Civil and Political Rights, to which Tunisia is a party. The United Nations Human Rights Committee, which monitors compliance with the covenant, has stated that sexual orientation is a status protected against discrimination. The UN Working Group on Arbitrary Detention has found that arrests for same-sex conduct between consenting adults are, by definition, arbitrary.

    Tunisia’s 2014 constitution, in article 24, obliges the government to protect the rights to privacy and the inviolability of the home. Article 21 provides that “All citizens, male and female, have equal rights and duties, and are equal before the law without any discrimination.” Article 23 prohibits “mental and physical torture.”

    The Code of Criminal Procedure prohibits house searches and seizure of objects that could serve a criminal investigation without a judicial warrant, except in cases of flagrante delicto, that is when catching someone in the act.

    Article 1 of Law No. 63 on the protection of personal data stipulates that “every person is entitled to the protection of their personal data and privacy of information, viewed as a fundamental right guaranteed by the constitution. This data can only be used with transparency, loyalty and respect for the dignity of the person whose data is subject of treatment.” However, neither Law No. 63 nor any other domestic law regulates the conditions for seizing private data during a police investigation or its use.

    On June 12, the Commission on Individual Freedoms and Equality, appointed by President Beji Caid Essebsi, proposed, among other actions, to decriminalize homosexuality and to end anal testing in criminal investigations into homosexuality. It also proposed criminalizing the unlawful “interception, opening, recording, spreading, saving and deleting” of an electronic message.

    On October 11, 13 members of the Tunisian Parliament introduced draft legislation for a code on individual freedoms. It incorporated several proposals from the presidential commission including abolition of article 230.

    Parliament should move quickly on this draft legislation and abolish article 230, Human Rights Watch said. It should enact a law that effectively protects people’s privacy, through regulating the seizure and use of private data during criminal investigations, with consequences if such a law is violated.

    The Justice Ministry should meanwhile direct public prosecutors to abandon prosecutions under article 230. The Interior Ministry should investigate reports of the ill-treatment of people arrested based on their gender identity or sexual orientation.

    Human Rights Watch conducted face to face interviews with men in Tunisia and phone interviews with men who fled to European countries. Pseudonyms have been used to protect their privacy.

    Shams and Damj, local LGBT rights groups, provided assistance.

    Accounts by Men Prosecuted

    K.S., 32, engineer

    K.S. used to work for an international company in Tunis. He said that on June 8, he went to spend the weekend in at a friend’s house in Monastir, a coastal city. He had earlier chatted with a man from Monastir on Grindr, a social network application for gays. They made a date and they met that day in a café. The man invited K.S. to his house, but once there, the man became aggressive and showed K.S. a police badge. Two other men arrived, and they started insulting him, calling him “sick.” “One said, ‘You people of Loth [a demeaning term derived from the Biblical and Quranic story of Lot], you deserve to be killed, you are like microbes.’”

    They punched and slapped him on the face, he said. Then the man who had invited him said, “We will show you what sodomy is like.” The men then forced him to take off his clothes and bend over. Two of them held K.S. by the arms while the third inserted a baton in his anus. “It was unbearable, I felt that I will faint,” K.S. said. They finally let him leave.

    I was shivering and bleeding [when I reached my friend’s house]. The next day, I went to Fattouma Bourguiba hospital in Monastir. I just wanted to get medical treatment and to check that I did not have internal hemorrhaging.

    But, he said, the doctor refused to examine him without a police order:

    I went to the Skanes district police station in Monastir, to try to get the requisition order. I did not want to tell the police the full story, so I just said that three men had raped me. The policeman who was typing my statement left the room at some point, and that’s when I saw on the screen that he was instructing the doctor at Fatouma Bourguiba hospital to examine whether I am ‘used to practicing sodomy.’ I felt the blood freeze in my body.

    Human Rights Watch reviewed the June 9 police requisition order, in which the chief instructs the doctor to examine whether K.S. was “used to practicing sodomy” and whether he was victim of anal rape.

    K.S. said that, when the policeman returned to the office, K.S. asked if he could leave. The policeman replied: “And go where? You can’t leave before we check what kind of stuff you do.” The policeman called for a patrol car to drive K.S. to the hospital.

    The doctor told me that he has a requisition order to perform an anal test. “We want to check whether this is a habit,” he said. I was terrified. I told him that I didn’t want to do the test. But he insisted that he had to perform it. He told me to remove my pants and assume a prayer position [on hand and knees] on top of the medical bed. He put on gloves and started to examine me with his fingers. As soon as he did, I felt sick and told him I wanted to go to the toilet. I wanted to stop this humiliation. He let me go. I managed to avoid the policemen who were waiting for me in the corridor and left the hospital. Once in the parking lot, I started running until I felt safe, and then went to my friend’s house.

    K.S. said he took a flight on June 13 to Belgium, where he has filed a request for asylum.

    K. B., 41, documentary filmmaker

    K.B. spent 13 months in pretrial detention on accusation of sodomy and unlawful detention. He is married and the father of an 8-year-old girl. He told Human Rights Watch that on March 3, 2017, at around 9 p.m., he went to downtown Tunis for drinks. While he was sitting in a bar, S.Z., a young man, approached him. They chatted for a while, then K.B. invited him to his place. He said that, after having sex, he went to the kitchen to prepare some food. When he came back to the living room, he caught the man stealing money from his wallet. K.B. tried to force him out of his apartment, but the man locked himself in a bedroom, went to the balcony, and screamed for help. Policemen arrived, arrested them, and took them to the Aouina district police station.

    Police treated me with contempt. The first question the interrogator asked was whether I had sex with S.Z. I denied it categorically and told him we only had drinks together. But he said that S.Z. had confessed. The interrogator asked me: “Aren’t you ashamed of yourself?”
    K.B. said the police at the station confiscated his phone and looked at his social media history and his photo archives. They switched the phone off and did not allow him to call his family or a lawyer. They presented him with a statement to sign, but he refused. At 4 a.m., they transferred both men to Bouchoucha detention center. Later that morning, the police took the men to the Tunis first instance court, where a prosecutor ordered them to undergo an anal test. The police took them to Charles Nicole hospital, K.B. said, where he refused the test. “The idea of them intruding into my intimacy and into my body was so humiliating to me.”

    He was returned to detention and after a few weeks decided to undergo the test in the hope that negative results would prove his innocence. He said he informed the investigative judge during a hearing and the judge issued a requisition. Police officers took him again to Charles Nicole Hospital.

    It was the worst thing that ever happened to me. The doctor asked me to strip and get on the examination table. He asked me to bend over. There was one policeman in the room and one medical assistant, watching. The doctor put one finger into my anus and moved it around. I was so ashamed. It was very dehumanizing.

    K.B. said that even though the test result was negative, the investigative judge indicted him for sodomy. The order referring the case to trial said that the time elapsed between the alleged act and the test prevented the court from ruling out that K.B. was “used to the practice of sodomy.”

    In May 2018, 13 months after the court placed K.B. in pretrial detention, it acquitted and freed him.

    In the indictment, the investigative judge wrote that S.Z. had confessed to the police to “committing the crime of sodomy in exchange for money” and that he admitted that he “approached and dated men he met via Facebook.” The judge quotes the police report, which describes in crude terms the sexual intercourse between K.B. and S.Z. The judge also states that K.B has denied the accusation of sodomy, and instead stated that he and S.Z. were only having drinks at his place and did not have sex.

    The investigative judge notes that S.Z. later retracted his confession and says that he gave instructions for the forensic doctor in the Charles Nicole Hospital to administer an anal test to determine whether K.B “bore signs of the practice of homosexual activity” recently or whether he “practices sodomy in a habitual way.”

    The judge’s indictment of K. B. was based on S.Z.’s confession to the police, later repudiated, from “the circumstances of the case, which show that the two men had no other reason to go to K. B.’s house” and K. B.’s refusal to take the anal test. The judge wrote: “given that the test was performed 20 days after the reported incident, the forensic doctor was not able to find signs of anal penetration because those signs disappear five days after the act.”

    “Free” (nickname), 32, hairdresser

    Free said that on the night of April 5, 2018, he went with a female friend from Sousse to Monastir for drinks and to meet his boyfriend. When they arrived at around 9 p.m., he said, a police patrol stopped them and asked for their papers, then told the woman to accompany them to the station for further identity checks. Free waited outside the station.

    While waiting, Free received an angry message from his boyfriend asking him why he was late. Free explained where he was and snapped a photo of the station as proof. A police officer saw him and confiscated Free’s telephone, saying he had endangered state security. The officer took him to an interrogation room, where another officer handcuffed him to a chair. An officer searched the phone and finding nude photos of Free, then searched his social media activity and read the conversations he had with men on gay dating apps and his chats with his boyfriend on Facebook Messenger, some of them sexually explicit.

    Free said that the police officer turned to him and said, “I hate you, you sodomites. You will have to pay for your depravity.” Other police officers in the room insulted Free, he said. The officer interrogated him about his sexual activity, wrote a report, and told him to sign it. When Free refused, a policeman slapped him in the face and said, “Ah, now you are trying to be a man. Just sign here, you scum.” Free signed the report without reading it.

    At no point during the interrogation did the police advise Free of his right to speak to a lawyer. At around midnight, they moved him into a cell, where he spent the night. The following day, he was taken before a prosecutor, who charged him with sodomy but decided to release him provisionally pending trial. On June 6, he appeared before the first instance court in Monastir. The presiding judge closed the courtroom to the public.

    The first question he asked me was whether I am used to the practice of sodomy. I told him I was not. He asked the question again, then asked, “Then why did you confess?” I answered, “Because the police forced me to.” The judge asked, “But if you are not a sodomite, why do you dress like this, why do you look like one of them?”

    He said the judge adjourned the trial to June 14, when he convicted Free and sentenced him to a four-months sentence with probation, based on his phone conversations and his forced confession. Free has appealed.

    M. R., 26, paramedic

    M.R. worked in a hospital in Tebourba, a city 40 kilometers west of Tunis. He fled to France and applied for asylum after being charged under article 230 and granted pretrial release.

    M.R. said he had always hidden his sexual orientation because of severe social stigma. In November 2017, he chatted with a man on Facebook. The man, called A.F., sent him photos, and they decided to meet. When they did, M.R. realized that the photos were fake and told A.F. that he would not have sex with him. A few days later, on November 28, A.F. banged on his door at around 4 a.m. Fearing scandal, M.R. opened the door to find A.F. drunk and wielding a knife. A.F. slapped him on the face, ordered him to remove his clothes, and raped him, he said, threatening to cut his throat. After a few hours, A.F. told M.R. to buy A.F. cigarettes. M.R. went to the Tebourba police station and filed a rape complaint.

    When I told the police officers about the rape, they asked me how I knew the man and how we met. I dodged the questions, but they insisted. I told them that I am gay, and their behavior changed instantly. The station chief said: “Ah, so you were the one who initiated this, you are an accomplice to the crime, there is no rape here – you deserve this.” Then, he handed me a requisition order and told me to go get an anal test the following day at Charles Nicole Hospital.

    The police interrogated M.R., then accompanied him to his apartment, where they arrested A.F. The police told M.R. to undergo the anal examination, then report to the First Instance Court in Manouba. M.R. consulted the nongovernmental association Shams, which defends sexual minorities, and decided to skip the anal test. When he reported to the court, the investigative judge treated him as a criminal, not a victim. M.R. said:

    He asked questions about my sex life and when I started practicing sodomy with other men. He said that I deserved everything that had happened to me and that I should be ashamed of myself.

    M.R. said that the judge charged him with sodomy and granted him pretrial release. A.F. was kept in custody and charged with sodomy and rape.

    The indictment of M.R., prepared by the investigative judge and dated December 13, 2017, provides purported details from M.R.’s intimate life, including confessions that he is gay. The indictment also relies on the confession from A.F. and cites a condom seized at M. R.’s house as evidence.

    M.R. said that, three days after the encounter with A.F., he reported to work at the hospital. The director handed him a dismissal notice on the grounds that he was facing trial.

    I had to go back to my family’s place, as I had no salary anymore. It was like living in a prison. My father and older brother beat me many times, my father even burned me with a cigarette. They did not allow me to go out, they said they were ashamed of me.

    Having lost everything, he left Tunisia for France.

    I had no other choice, I felt rejected by everyone, my family, society, my colleagues. And I was afraid of going to prison.

    Mounir Baatour, M.R.’s lawyer, told Human Rights Watch that the case is stalled in the first instance court in Manouba, and has yet to go to trial. On May 15, 2018, indictment chamber sent the indictment to the cassation court for a legal review, which is pending.

    R. F., 42, day laborer, and M.J. 22, unemployed

    On June 12, 2018, police in Sidi Bouzaiane arrested R.F. and M.J. after R.F. went to the police to say that M.J. had refused to leave R.F.’s house.

    M.J. said that the police came to his house and took both men to the police station at around midnight. They interrogated them in the same room, asking them how they met. A police officer took R.F.’s phone and watched videos stored on it, then said to R.F., “So you are a miboun [a degrading term for gay]. M.J. said:

    One of the four officers present during interrogation slapped R.F. on the face. Then he turned toward me and asked, “So what were you both doing in the house? I’m sure you were having sex, so you too must be a miboun. You are staining this country,” he said.

    M.J. said that policemen beat him on his face, head, and back. When the police finished the interrogation at 3 a.m., they presented a written report and told M.J. to sign it. He said he asked to have a lawyer first, but they refused to let him call one and insulted him. He signed the report.

    The police report, reviewed by Human Rights Watch, states that neither man requested a lawyer. R.F.’s purported statement, as the police recorded it, describes in graphic terms how he habitually practices sodomy and has sex with men. The police report states that officers searched R.F.’s smartphone and found videos of R.F. having sex with men. The police confiscated his phone, the report says, as “evidence of the crime.”

    Two days after the arrest, M.J. said, he and R.F. appeared before a prosecutor, who asked them: “Aren’t you afraid of God’s judgment?” He ordered pretrial detention, and they were sent to the Sidi Bouzid prison. M.J. said that one of the prison guards harassed him and asked him vulgar questions such as: “How you do this? Are you getting fucked for money? Why are you fucking men? Aren’t there enough women to fuck in this country?”

    He said he was put in a cell with 100 other men, who seemed to have been informed about his “crime.” Over the following days, his cellmates insulted, beat, and sexually harassed him. He said that one night, he refused to have sex with the cell “strongman”, so the man and two others beat him. He said they held his arms, while the strongman slapped him on the face and punched him on the chin.

    After a week in detention, he appeared before an investigative judge, who asked him about his sexual behavior. M.J. said he admitted that he is gay. He said he had done nothing wrong, but the judge replied, “You are harming society.”

    The first instance court in Sidi Bouzid sentenced the two men on June 12 to three months in prison for sodomy. The appeals court upheld the sentence.

    S.C., 24 and A.B., 22

    Police arrested S.C. and A.B. in Sousse on December 8, 2016, when they were allegedly caught committing sodomy in public. They were sentenced, on March 10, 2017, to eight months in prison under article 230 of the penal code and not on charges related to public indecency. The police report describes their sexual intercourse in detail and concludes that S.C. “committed active sodomy,” while A.B. was a “passive sodomite.”

    The judgment from the first instance court in Sousse, which Human Rights Watch reviewed, states that both denied committing sodomy or being homosexuals. It states that they were both subjected to anal examinations on December 9, 2016, that turned out “negative.” The judge concluded that: “the results of the anal tests cannot exonerate the accused of the crime, especially given that the [tests] were performed sometime after the facts.” The court based the guilty verdict only on the declarations by police officers and wrote that: “it is appropriate to sentence them to eight months as an adequate and dissuasive sentence proportional to the offense that they have committed.”

    A.C., 18, student

    A.C. was arrested three times for sodomy. The first time was in August 2017, when he was 17. Police forces arrested him at his house after his two sisters denounced him as gay and took him to the Kasba police station in Tunis. He said that they interrogated him extensively about his sexual orientation and took his smart phone and searched his personal data. The next day, they took him to a forensic doctor in the Charles Nicole hospital for an anal examination. He said he did not have a lawyer and that the police did not inform him of his right to have one.

    I did not understand what was going on. The police told me that the test is mandatory. The doctor told me to go on an examination bed and to bend, and then he inserted his fingers in my insides. The doctor did not explain what the test is about.

    A.C. said he was released without charge after spending two days in the Kasba police station.

    On May 15, 2018, he went to the police station in Sijoumi, in Tunis, in response to a summons. He said police officers told him his family had filed a complaint and questioned him for almost four hours. A.C. confessed to being gay. The police took him to Bouchoucha detention center in Tunis, where he spent the night. The next day, May 16, he appeared before the Tunis first instance court in Sidi Hassine, where an investigative judge interviewed him. The judge asked him: “Why are you like this? Don’t you know that what you’re doing is haram [forbidden under Islam]?”

    I told the judge that I didn’t break any laws, that what I do is my personal business. I did not hurt anyone. This is my private life and should not be the concern of anyone else.

    He said the judge ordered his detention for two months in a juvenile rehabilitation center, as he was still a minor, and forced him to undergo “conversion therapy,” a thoroughly discredited method to change someone’s sexual orientation or gender identity. At the center, a psychiatrist visited him twice, telling him that “he should work on changing himself and his mind.” He appeared before another investigative judge, on June 25, who released him.

    A.C. said that on September 2, he was running some errands with his boyfriend when the police stopped them and asked for their identity cards. The police told A.C. that his family had filed a complaint against him. They took him to Hay Hlel police station in Tunis, where they questioned him about his sexual life, confiscated his phone, and looked at his photos and personal conversations. A prosecutor issued a warrant to detain him, and he spent eight days in the Bouchoucha detention center. On September 20, he appeared before a judge, who released him without charge.

    F.B, 28; N.A, 21 and B.K., 27, day laborers

    In Sousse, a coastal city, the police arrested three men in January 2017, after neighbors complained that they suspected the men were gay. In the indictment, which Human Rights Watch reviewed, the investigative judge states that the police went to the house where the men were staying, seized their phones, on which they found “evidence that they were sodomites,” as well as “women’s clothing,” and took the men to the police station.

    The investigative judge ruled that the men harmed public morals based on the content of the seized phones and “because they dressed up like women, used lipstick, and talked in a languid way.” The police report and the indictment, which usually would include information about a judicial warrant, did not indicate that the police had one. The three men were sentenced to two months in prison for the charge of harming public morals and served their terms.

    https://www.hrw.org/news/2018/11/08/tunisia-privacy-threatened-homosexuality-arrests

    #Tunisie #homophobie #homosexualité #COI #LGBT


    • Entre les années 2004 et 2014, le nombre de ressortissants non tunisiens résidant en Tunisie a évolué de 66%, passant de 35192 à 53490 personnes. Cela exclut toutefois les plus de 10’000 migrants subsahariens en situation irrégulière qui vivraient dans le pays et pour lesquels aucune statistique fiable et à jour n’est disponible, révèle la source.
      En réponse au manque d’informations sur la migration de l’Afrique subsaharienne vers la Tunisie et ses dynamiques les plus récentes, REACH et Mercy Corps ont voulu creuser la question et ont collecté entre le 9 août et le 2 septembre 2018 des données auprès des trois principaux centres de migration en Tunisie pour les migrants subsahariens à savoir Tunis, Sfax et Medenine.

      Chiffres à retenir :
      – Plus de 83% d’entre eux ont prévu de se rendre vers la Tunisie dès leur départ
      – Environ 14% entre d’eux sont motivés par les facilités de #visas
      – 1/3 des migrants subsahariens considèrent la Tunisie comme étant un tremplin
      – 1/3 des travailleurs subsahariens estime trouver des #emplois plus attractifs que dans leur pays d’origine
      – Près de la moitié des #étudiants subsahariens estiment que l’#éducation est de qualité
      – Ils sont peu nombreux ceux qui ont l’intention de rejoindre l’Europe clandestinement
      – Plus de 90% des interrogés sont venus en Tunisie par avion
      – 50% ont décidé de résider sur le Grand #Tunis
      – 3/4 des migrants subsahariens ont des difficultés d’accès au #permis_de_séjour
      – La majorité des migrants subsahariens envisagent de rester en Tunisie

      #pays_de_destination #pays_de_transit #migrations #statistiques #chiffres #travail

      Ces chiffres servent aussi à relativiser les #préjugés sur la #ruée_vers_l'Europe (v. notamment ici la référence au livre de #Stéphen_Smith : https://seenthis.net/messages/673774), l’#invasion et l’ #afflux...


  • Traversées de la Méditerranée : quand la jeunesse tunisienne, désespérée, se jette à la mer (4/4)

    Depuis l’été 2018, de plus en plus d’embarcations partent de Tunisie pour traverser la mer Méditerranée. En face, l’Union européenne grince des dents. Pourtant, Tunis ne réagit pas, ou si peu. Déjà confronté à une crise économique et sociale majeure, le pays n’a pas - encore - fait de la crise migratoire une priorité. La Tunisie n’a toujours pas mis en place une politique nationale d’asile et il n’existe presqu’aucune structure d’aide pour les migrants. À l’instar des Africains subsahariens, la jeunesse tunisienne prend elle aussi - et de plus en plus souvent - le chemin de la mer pour atteindre l’Europe. Si la dictature a disparu, leurs espoirs d’une vie meilleure aussi.

    Miloud n’a pas l’air contrarié quand il évoque le sujet. « C’est comme ça », dit-il, fataliste. « Il est pêcheur, il connaît la mer ». Miloud, un chauffeur de taxi de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie, n’a pas cherché à retenir son petit frère quand il a pris la mer, un matin en direction de l’Europe. La Méditerranée est pourtant pernicieuse, imprévisible, « mais pour les pécheurs de Zarzis, elle ne fait pas peur », affirme le trentenaire en souriant.

    Depuis l’été 2018, de plus en plus de barques partent de Tunisie et de la région de #Zarzis, notamment, en direction de l’Italie. « Près de 50 canots en juillet et en août », affirme Chamseddine, un pêcheur de la région, assis à côté de Miloud, dans un café de la ville. Le projet paraît fou : sur ces minuscules canots à moteur, il faut naviguer plus de 20 heures avant d’atteindre les côtes siciliennes, « 25 heures, si le moteur n’est pas de bonne qualité », ajoute Miloud qui précise que son petit frère est arrivé sain et sauf en Italie. « Mais les jeunes ici n’ont peur de rien, ils n’ont pas peur de la mer ».

    Contrairement aux départs depuis la Libye, seule une poignée des candidats à la traversée sont des Africains subsahariens. « L’écrasante majorité, 90% environ, sont des Tunisiens », affirme Ben Amor Romdhane, le chargé de communication du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), une association qui vient en aide aux migrants, notamment. Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), près 5 000 Tunisiens ont en effet atteint l’Italie depuis le début de l’année. Ils représentent aujourd’hui la principale nationalité des arrivées dans la péninsule.

    Le profil de ces jeunes a souvent un même dénominateur commun : ils ont moins de 30 ans, et ils sont les premières victimes de la #crise_économique. Dans la région de Zarzis, écrasée par le soleil et le #chômage, Miloud, lui, fait un peu figure d’exception dans le paysage. « Je connais plein de Zarzisiens qui sont arrivés aujourd’hui en France, mais moi, mon activité de taxi marche bien. Je n’ai pas envie de traverser ».

    La mer attire aussi les diplômés sans emploi et les #travailleurs_pauvres

    Pour le FTDES, le gouvernement tunisien est en grande partie responsable de cette vague migratoire. Sept ans après la révolution, si la dictature a disparu, les espoirs d’une vie meilleure aussi.

    « Il n’y a aucun message d’optimisme de la classe politique », affirme Ben Amor Romdhane. « Le sentiment, c’est que l’école ne sert à rien, elle ne donne que des chômeurs ». Et ce sentiment a contribué à grossir inlassablement les rangs des candidats au départ vers l’Europe. « Si vous regardez ces jeunes, vous verrez qu’il y a parmi eux des étudiants qui ne trouvent pas de travail, des travailleurs avec des salaires bas. Ce n’est plus seulement les personnes les plus pauvres qui traversent ».

    Pour atteindre l’Europe, le petit frère de Miloud a embarqué avec 10 autres Tunisiens. Loin des grosses embarcations de plus de 100 personnes dont les médias ont diffusé d’innombrables clichés, les jeunes Tunisiens tentent, eux, la traversée sur des petits bateaux de 10 à 20 places. « Les passeurs achètent désormais des petits canots, avec des moteurs puissants. C’est plus discret et plus efficace », explique Ben Amor Romdhane.

    Parfois aussi, les jeunes partent sans passeur et préparent leur voyage de manière autonome, sans intermédiaire. Ils se cotisent, expliquent Miloud et Chamseddine. Un canot neuf avec moteur coûte environ 13 000 dinars (4 000 euros). Si chaque participant apporte 1 000 dinars (300 euros) – « c’est cher mais possible » – le départ a de grandes chances de prendre forme.

    De l’importance des #réseaux_sociaux

    Le rôle des réseaux sociaux est fondamental dans les incitations aux départs : « Les jeunes filment les traversées, les tentatives, il y a des groupes Facebook, des échanges entre jeunes, des partages de vidéos, d’images, de conseils. Les premiers encouragent les autres à partir », précise encore Ben Amor Romdhane.

    Combien de jeunes hommes et de jeunes femmes ont quitté les côtes tunisiennes depuis le début de l’année ? Difficile de savoir. Mais beaucoup atteignent les terres siciliennes, affirme Valentin Bonnefoy, un autre membre de l’association FTDES, coordinateur du département « Initiative pour une Justice Migratoire ». « Je pense que presqu’un Tunisien sur deux arrive en Italie sans se faire arrêter par les autorités italiennes. Nous recevons des témoignages en ce sens, des personnes qui ne sont pas interpellées, donc pas recensées dans les chiffres officiels ».

    Des drames arrivent aussi. Le 7 octobre, un Tunisien de 23 ans s’est noyé lors d’un #naufrage au large de Djerba. Le trajet dans de telles conditions est dangereux, rappellent les pêcheurs zarzisiens. « Il ne suffit pas de savoir naviguer, il faut savoir rester immobile sans bouger pendant des heures, les canots sont parfois de très mauvaise qualité, si quelqu’un se lève, il peut se renverser », explique Chamseddine. Il y a aussi des risques d’incendie. « Pour atteindre l’Italie avec de si petites embarcations, il faut caler 30 bidons d’essence à l’intérieur. Pour l’instant, il n’y a pas eu d’accident. Mais imaginez si quelqu’un allume une cigarette trop près… », ajoute de son coté Salaheddine, un autre pêcheur de Zarzis qui a déjà vu une quinzaine d’embarcations prendre le large cet été.

    Les appréhensions des pêcheurs de Zarzis

    Face aux départs, les autorités apportent une réponse sécuritaire. La surveillance des côtes a été renforcée, un complexe sécuritaire a vu le jour sur l’île de Kerkennah (dans la province de Sfax, au sud du pays), d’où partent aussi de nombreuses embarcations. « Mais le fond du problème reste le même, aucune politique n’est mis en place pour retenir les jeunes », déplore Ben Amor Romdhane de FTDES. « Pour le gouvernement, la priorité, ce sont les élections [présidentielles et législatives] de 2019 ».

    Les bateaux humanitaires, peu nombreux en mer, ne sont pas présents au large de la Tunisie pour secourir les éventuels naufragés. C’est souvent aux pêcheurs qu’incombe ce devoir malgré leurs craintes. « Nous apportons notre aide quand nous voyons des personnes en détresse, mais nous avons peur de la réaction des autorités », confesse Salaheddine. Depuis l’arrestation d’un de ses confrères, #Chamseddine_Bourassine, soupçonné d’être un passeur après avoir tracté une barque avec 14 migrants à bord en direction de Lampedusa, les pêcheurs de la région ont peur d’être assimilés à des trafiquants.

    « Souvent, les jeunes en difficulté, dans les eaux internationales, nous supplie de ne pas les ramener en Tunisie », explique Salaheddine qui a déjà secouru deux petites embarcations l’année dernière. « Ils veulent aller en Italie », et ils savent que la zone de pêche des Zarzisiens n’est pas loin de l’île italienne de Lampedusa. « C’est vraiment triste. Parfois, ces jeunes Tunisiens veulent tellement atteindre l’Europe qu’ils menacent de se faire du mal si nous les ramenons en Tunisie », conclut-il. « Et pourtant, je ne peux pas les emmener en Italie. Je ne peux pas leur faire cette promesse-là et aucun pêcheur de la région ne le pourra ».

    http://www.infomigrants.net/fr/post/12954/traversees-de-la-mediterranee-quand-la-jeunesse-tunisienne-desesperee-
    #Tunisie #émigration #jeunesse #migrations #jeunes #migrants_tunisiens #Méditerranée #mourir_en_mer #décès #mort #sauvetage #pêcheurs

    Je mets en évidence ce passage :

    « Si vous regardez ces jeunes, vous verrez qu’il y a parmi eux des étudiants qui ne trouvent pas de travail, des travailleurs avec des salaires bas. Ce n’est plus seulement les personnes les plus pauvres qui traversent ».

    #pauvreté #développement

    ping @_kg_


  • Esclave en #Tunisie : le calvaire d’une migrante ivoirienne séquestrée par une riche famille de #Tunis (1/4)

    Depuis l’été 2018, de plus en plus d’embarcations partent de Tunisie pour traverser la mer #Méditerranée. En face, l’Union européenne grince des dents. Pourtant, Tunis ne réagit pas, ou si peu. Déjà confronté à une crise économique et sociale majeure, le pays n’a pas - encore - fait de la #crise_migratoire une priorité. La Tunisie n’a toujours pas mis en place une politique nationale d’asile et il n’existe presqu’aucune structure d’aide pour les migrants. InfoMigrants s’est rendu sur place pour enquêter et a rencontré Jeanne-d’Arc, une migrante ivoirienne, séquestrée et réduite en #esclavage pendant plusieurs mois par une famille tunisienne aisée. Elle se dit aujourd’hui abandonnée à son sort.

    Son visage exprime une détermination sans faille, la voix est claire, forte. « Non, je ne veux pas témoigner de manière anonyme, filmez-moi, montrez-moi. Je veux parler à visage découvert. Pour dénoncer, il ne faut pas se cacher ». Jeanne-d’Arc, est dotée d’un courage rare. Cette Ivoirienne, à la tête d’un salon de coiffure afro à Tunis, #sans_papiers, refuse l’anonymat tout autant que le mutisme. « Il faut que je raconte ce que j’ai subi il y quelques années pour éviter à d’autres filles de se faire piéger ».

    C’était il y a 5 ans, en décembre 2013, et les souvenirs sont toujours aussi douloureux. Pendant 5 mois, Jeanne-d’Arc a été l’#esclave_domestique d’une famille aisée de Tunis. « L’histoire est si banale…, commence-t-elle. Vous avez un #trafiquant qui promet à votre famille de vous faire passer en Europe et puis qui trahit sa promesse et vous vend à quelqu’un d’autre », résume-t-elle, assise sur le canapé de son salon dont les néons éclairent la pièce d’une lumière blafarde. « Quand nous sommes arrivées à Tunis, j’ai vite compris que quelque chose ne tournait pas rond, il y avait plusieurs jeunes filles comme nous, on nous a emmenées dans un appartement puis réparties dans des familles... Je n’ai rien pu faire. Une fois que vous êtes sortie de votre pays, c’est déjà trop tard, vous avez été vendue ».

    #Passeport_confisqué

    Comme de nombreuses autres Ivoiriennes, Jeanne-d’Arc a été victime de réseaux criminels « bien rôdés » dont l’intention est d’attirer des migrantes d’#Afrique_subsaharienne pour ensuite les « louer » à de riches familles tunisiennes. Pendant 5 mois, Jeanne-d’Arc ne dormira « que quand sa patronne s’endormira », elle nettoiera chaque jour ou presque « les 6 chambres, 4 salons et deux cuisines » du triplex de ses « patrons » qui vivent dans une banlieue chic de la capitale, la « #cité_el_Ghazala ». « La patronne m’a confisqué mon passeport. Évidemment je n’étais pas payée. Jamais. On me donnait l’autorisation de sortir de temps en temps, je pouvais dormir aussi, j’avais plus de chance que certaines. »

    Jeanne d’Arc a raconté son histoire au Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), une association qui vient en aide, entre autres, aux migrants. L’association tente depuis longtemps d’alerter les autorités sur ces réseaux - ivoiriens notamment - de #traite_d’êtres_humains. Des mafias également bien connues de l’organisation internationale des migrations (#OIM). « Comme beaucoup de pays dans le monde, la Tunisie n’est pas épargnée par ce phénomène [de traite] dont les causes sont multiples et profondes », a écrit l’OIM dans un de ces communiqués. Depuis 2012, l’OIM Tunisie a détecté 440 victimes de traite, 86 % viennent de #Côte_d'Ivoire.

    Pour lutter contre ce fléau, la Tunisie a adopté en août 2016 une #loi relative à la prévention et à la lutte contre la traite des personnes - loi qui poursuit et condamne les auteurs de trafics humains (#servitude_domestique, #exploitation_sexuelle…). Ce cadre juridique devrait en théorie permettre aujourd’hui de protéger les victimes – qui osent parler - comme Jeanne-d’Arc. Et pourtant, « l’État ne fait rien », assure-t-elle. « L’OIM non plus… Une loi, c’est une chose, la réalité, c’est autre chose ».

    L’enfer des « #pénalités » imposées aux migrants sans-papiers en Tunisie

    Car Jeanne-d’Arc a essayé de s’en sortir après sa « libération », un jour de janvier 2014, quand sa patronne lui a rendu son passeport et lui a ordonné de partir sur le champ, elle a cru son calvaire terminé. Elle a cru que l’État tunisien allait la protéger.

    « C’est tout le contraire... À peine libérée, un ami m’a parlé de l’existence de ’pénalités’ financières en Tunisie… Il m’a dit que j’allais certainement devoir payer une amende. Je ne connaissais pas ce système. Je ne pensais pas être concernée. J’étais prise au #piège, j’ai été anéantie ».

    La demande d’asile de Jeanne-d’Arc a été rejetée en 2015. Crédit : InfoMigrants

    En Tunisie, selon la loi en vigueur, les étrangers en #situation_irrégulière doivent s’acquitter de « pénalités de dépassement de séjour », sorte de sanctions financières contre les sans papiers. Plus un migrant reste en Tunisie, plus les pénalités s’accumulent. Depuis 2017, cette amende est plafonnée à 1 040 dinars tunisiens (environ 320 euros) par an, précise le FTDES. « C’est une triple peine, en plus d’être en situation irrégulière et victime de la traite, une migrante doit payer une taxe », résume Valentin Bonnefoy, coordinateur du département « Initiative pour une justice migratoire » au FTDES.

    Malgré l’enfer qu’elle vient de vivre, Jeanne d’Arc est confrontée à une nouvelle épreuve. « Mon ami m’a dit : ‘Tu pourras vivre ici, mais tu ne pourras pas partir’... » En effet, les « fraudeurs » ne sont pas autorisés à quitter le sol tunisien sans s’être acquitté de leur dette. « Si j’essaie de sortir du pays, on me réclamera l’argent des pénalités que j’ai commencé à accumuler quand j’étais esclave !… Et ça fait 5 ans que je suis en Tunisie, maintenant, le calcul est vite fait, je n’ai pas assez d’argent. Je suis #bloquée ».

    Asile rejeté

    Ces frais effraient les étrangers de manière générale – qui craignent une accumulation rapide de pénalités hebdomadaires ou mensuelles. « Même les étudiants étrangers qui viennent se scolariser en Tunisie ont peur. Ceux qui veulent rester plus longtemps après leurs études, demander une carte de séjour, doivent parfois payer ces pénalités en attendant une régularisation. C’est environ 20 dinars [6 euros] par semaine, pour des gens sans beaucoup de ressources, c’est compliqué », ajoute Valentin Bonnefoy de FTDES.

    Pour trouver une issue à son impasse administrative et financière, Jeanne-d’Arc a donc déposé en 2015 un dossier de demande d’asile auprès du Haut-commissariat à l’ONU – l’instance chargée d’encadrer les procédures d’asile en Tunisie. Elle pensait que son statut de victime jouerait en sa faveur. « Mais ma demande a été rejetée.La Côte d’Ivoire n’est pas un pays en guerre m’a-t-on expliqué. Pourtant, je ne peux pas y retourner, j’ai des problèmes à cause de mes origines ethniques », dit-elle sans entrer dans les détails. Jeanne d’arc a aujourd’hui épuisé ses recours. « J’ai aussi pensé à dénoncer la famille qui m’a exploitée à la justice, mais à quoi bon... Je suis fatiguée… »

    « J’ai le seul salon afro du quartier »

    Après une longue période d’abattement et de petits boulots, Jeanne-d’Arc a récemment repris du poil de la bête. « Je me suis dit : ‘Ce que tu veux faire en Europe, pourquoi ne pas le faire ici ?’ ». Avec l’aide et le soutien financier d’un ami camerounais, la trentenaire sans papiers a donc ouvert un salon de coiffure afro, dans un quartier populaire de Tunis. « Je paye un loyer, le bailleur se fiche de ma situation administrative, du moment que je lui donne son argent ».

    Les revenus sont modestes mais Jeanne d’Arc défend sa petite entreprise. « Je me suis installée ici, dans un quartier sans migrants, parce que je ne voulais pas de concurrence. Je suis le seul salon afro du secteur, et plus de 90 % de ma clientèle est tunisienne », dit-elle fièrement, en finissant de tresser les nattes rouges et noires d’une jeune fille. Mais les marchandises manquent et ses étals sont ostensiblement vides. « J’ai besoin de produits, de mèches, d’extensions… Mais pour m’approvisionner, il faudrait que je sorte de Tunisie... Je ne sais pas comment je vais faire ».

    Pour les migrants comme Jeanne-d’Arc acculés par les pénalités, la seule solution est souvent la fuite par la mer. « Payer un #passeur pour traverser la Méditerranée peut s’avérer moins cher que de payer cette amende », résume Valentin Bonnefoy de FTDES. Une ironie que souligne Jeanne d’Arc en souriant. « En fait, ce gouvernement nous pousse à frauder, à prendre des dangers… Mais moi, que vais-je faire ? », conclut-elle. « Je ne veux pas aller en #Europe, et je ne peux pas retourner vivre en Côte d’Ivoire. Je suis définitivement prisonnière en Tunisie ».

    http://www.infomigrants.net/fr/post/12875/esclave-en-tunisie-le-calvaire-d-une-migrante-ivoirienne-sequestree-pa

    #UNHCR #demande_d'asile


  • Une histoire à cœur ouvert - Vacarme

    https://vacarme.org/article3187.html

    Un jardin, puis chacun derrière un écran, et enfin à l’aéroport : trois lieux pour trois moments de rencontre. Il ne pouvait sans doute en être autrement pour discuter avec une historienne qui a fait des circulations des idées et donc des hommes et des femmes, ses sujets depuis près de vingt ans. Jérusalem, Damas, Beyrouth, Tunis, Le Caire ne sont plus ici des points, mais des lignes auxquelles on s’accroche et qui s’entrelacent, là et là-bas, avant et maintenant, le fil toujours tendu pour que la connaissance ne perde jamais de vue la chair qui la constitue.

    Une histoire à cœur ouvert - Vacarme

    Entretien avec Leyla Dakhli

    "Je peux dire les choses aussi simplement que cela : produire un travail sérieux sur la Syrie, c’est prendre position pour les Syriens qui se sont soulevés contre le régime. Il est tellement facile de dire quand on est savant que tout était déjà là, que cette révolution n’en a jamais été une. L’engagement consiste de manière obstinée à laisser ouvert ce qui l’était, à démontrer sans cesse que cette ouverture était là, et à essayer de comprendre ce qui a fait que cela s’est fermé. Cela ne veut pas dire qu’il faut être béatement optimiste, mais cela relève d’une forme d’espoir : si cela est advenu une fois, cela peut se produire de nouveau. Le surgissement des révolutions reste un objet historique presque miraculeux. Évidemment il n’en est rien, mais cette impression de miracle est intéressante à comprendre et à décrypter. Il faut surtout résister aux discours qui replient tout. C’est vrai que sur la Syrie, la force de la prophétie autoréalisatrice du régime a été puissante. Si on reprend les discours de Bachar el-Assad dès le début du soulèvement, on voit bien comment il a construit une lecture des événements qui a fini par s’imposer grâce à un certain nombre de tonnes d’explosifs et d’alliances diverses et variées. C’est important à garder en mémoire afin de résister à cette logique et à ce rabattement idéologique. Il importe aussi de rendre justice à ceux qui se sont battus, qui sont morts, qui sont partis et pour cela continuer à écrire l’histoire de cet épisode, dont la mémoire et l’histoire ne doivent pas être seulement celle d’un échec. L’échec n’est peut-être pas même la question. Même si c’en est un, il ne faut pas en faire quelque chose d’inutile, une micro-parenthèse dans un Moyen-Orient gouverné par les intérêts et la violence extrême. Il convient de raconter d’autres manières d’habiter ce territoire et d’autres manières de les vivre. Il convient de redonner aux soulèvements leur rationalité, leur raison d’être. Je ne vois pas là d’incompatibilité avec la démarche historienne : il n’y a pas de raison d’aller chercher une autre dénomination, sous prétexte que celle-ci serait militante. Je crois que quand on fait de l’histoire aujourd’hui, la notion d’engagement n’est en rien un repoussoir, elle est un aiguillon pour produire une recherche et un récit qui puisse rompre avec les réductionnismes de toutes sortes, qu’ils soient idéologiques, géopolitiques, économiques. C’est ce que m’ont appris des historiens comme Edward. P. Thompson ou Michelle Perrot. Et cela va bien au-delà de l’histoire : sans le cadre des recherches contemporaines sur des sujets comme la migration, sans les militants, on ne saurait rien ou presque ! Enfin, je n’ai jamais aimé écrire l’histoire en fermant le raisonnement et en le considérant comme clos. Ce temps présent m’a permis de comprendre ce que je cherchais lorsque j’avais travaillé sur la révolution de 1908 dans l’Empire ottoman. On a toujours des périodisations et des catégorisations qui sont des réponses érudites à des ignorances absolues, à savoir tout ce qui se joue dans la fragilité de ces instants. Quand je suis partie de Tunis le 4 janvier 2011, mon père disait « il ne va plus rien se passer, la rentrée universitaire a eu lieu et personne n’a bougé ». Selon lui, c’était fini. Or, cela s’est nourri d’autres choses ; c’est passé par d’autres canaux. Les universités n’étaient plus le bon lieu d’observation. Il fallait regarder sur les smartphones, lire les post. Et ce sont ces images et ces commentaires qui ont gagné les quartiers populaires, puis les universités. Ce type de micro-observations m’a fait penser qu’il fallait refaire de l’histoire en étant très attentive à ces toutes petites dynamiques, à tous les chemins qui ne mènent pas forcément quelque part, mais qui restent inscrits dans l’histoire des mouvements sociaux et des révoltes en particulier. Fondamentalement, tout ceci me remue. Je ne fais pas exprès. Et je suis en permanence en lutte avec l’idée de « devenir une professionnelle » : il me faudrait alors me mettre à écrire froidement, à me tenir en retrait. Je revendique la distance telle que l’historien italien Carlo Ginzburg a pu la définir, une distance qui rend justice, qui aide à trouver des mots pour dire ce qui est juste, au plus juste des choses qui doivent nous faire bouger parce qu’ils produisent ce que Ginzburg appelle estrangement, ici une forme de décalage qui passe par l’écriture de l’histoire, qui introduit toujours une traduction, un déplacement, une interrogation."

    • « Je peux dire les choses aussi simplement que cela : produire un travail sérieux sur la Syrie, c’est prendre position pour les Syriens qui se sont soulevés contre le régime. »
      J’avoue rester sans voix devant cet énième témoignage d’une inexplicable fascination pour la « révolution syrienne »... La suite offre quelques nuances mais tout de même !


  • Budget italien : une ville belge conteste l’argument démocratique invoqué par Rome

    L’intelligence artificielle fait la renommée de la ministre des affaires européennes française

    Sanctions dans un stade de Tunis : 12 % de femmes, des problèmes de santé et un faible recours au 115

    « Les « braqueurs les plus moraux du monde » doivent être utilisés en accord avec des principes bêtes »

    Les sans-abri à Paris : 38 colis suspects, 12 arrestations

    Khashoggi aux juges : « Si c’était à refaire, je le referais de la même façon »

    Affaire Alexandre Benalla : la France évoque des violences contre l’Arabie saoudite

    Aux Etats-Unis, des policiers blessés envoyés à des personnalités opposées à Trump

    #de_la_dyslexie_créative


  • Libye, terre des #hommes_violés

    En Libye, le viol est une arme de guerre. Mais, contrairement à dʹautres pays qui connaissent aussi ce fléau, ce sont les hommes qui sont les premiers touchés. La juriste Céline Bardet a longtemps travaillé sur les crimes de masse au Tribunal pénal international de la Haye. Elle suit de près la situation libyenne. Entretien avec Guillaume Henchoz.

    https://www.rts.ch/play/radio/hautes-frequences/audio/libye-terre-des-hommes-violes?id=9899115&station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0
    #viol #hommes #Libye #viol_comme_arme_de_guerre #violences_sexuelles

    • Libye - Anatomie d’un crime
      https://www.arte.tv/fr/videos/065872-000-A/libye-anatomie-d-un-crime
      70 min
      Disponible du 23/10/2018 au 21/12/2018

      Le viol est devenu, depuis une trentaine d’années, une arme de destruction massive en Bosnie, au Rwanda, au Congo et en Syrie. Alors que les femmes et les enfants en sont les premières cibles, dans la poudrière libyenne, ce crime de guerre érigé en système frappe d’abord les hommes. Exilés libyens à Tunis, Emad, un militant, et Ramadan, un procureur, tentent dans la clandestinité de recueillir les preuves d’une barbarie dont les victimes restent emmurées dans l’indicible. À force d’opiniâtreté, ces activistes, aidés par Céline Bardet, une juriste internationale, obtiennent les premiers récits circonstanciés d’une poignée d’hommes qui ont subi ces supplices. Anéantis, le fantomatique Yacine, Nazir ou encore Ahmed livrent des bribes effroyables de leur histoire et de leur intimité saccagée. La voix brisée, ils racontent les prisons clandestines, la violence, les humiliations et les tortures commises par les milices armées dans un pays plongé dans le chaos depuis la chute de Kadhafi. Dans ce cycle sans fin d’horreur organisée, les migrants aussi sont utilisés. Détenu dans une dizaine de geôles, Ali, tout juste libéré, témoigne, lui, de la généralisation du viol qui vise systématiquement les Tawergha, une tribu noire ostracisée.


  • Can Islamist moderates remake the politics of the Muslim world? - CSMonitor.com

    https://www.csmonitor.com/World/Middle-East/2018/0919/Can-Islamist-moderates-remake-the-politics-of-the-Muslim-world

    By Taylor Luck Correspondent

    AMMAN, JORDAN; TUNIS, TUNISIA; KUALA LUMPUR, MALAYSIA
    Alaa Faroukh insists he is the future. After nearly a decade in the Muslim Brotherhood, he says that he has finally found harmony between his faith and politics, not as a hardcore Islamist, but as a “Muslim democrat.”

    “We respect and include minorities, we fight for women’s rights, we respect different points of view, we are democratic both in our homes and in our politics – that is how we honor our faith,” Mr. Faroukh says.

    The jovial psychologist with a toothy smile, who can quote Freud as easily as he can recite the Quran, is speaking from his airy Amman clinic, located one floor below the headquarters of the Jordanian Muslim Brotherhood, the very movement he left.

    About these ads
    “The time of divisive politics of older Islamists is over, and everyone in my generation agrees,” says the 30-something Faroukh. “The era of political Islam is dead.”

    Faroukh is symbolic of a shift sweeping through parts of the Arab world. From Tunisia to Egypt to Jordan, many Islamist activists and some established Islamic organizations are adopting a more progressive and moderate tone in their approach to politics and governing. They are reaching out to minorities and secular Muslims while doing away with decades-old political goals to impose their interpretation of Islam on society.

    Taylor Luck
    “The time of divisive politics of older Islamists is over, and everyone in my generation agrees. The era of political Islam is dead,” says Alaa Faroukh, a young Jordanian who left the Muslim Brotherhood for a moderate political party.
    Part of the move is simple pragmatism. After watching the Muslim Brotherhood – with its call for sharia (Islamic law) and failure to reach out to minorities and secular Muslims – get routed in Egypt, and the defeat of other political Islamic groups across the Arab world, many Islamic activists believe taking a more moderate stance is the only way to gain and hold power. Yet others, including many young Muslims, believe a deeper ideological shift is under way in which Islamist organizations are increasingly recognizing the importance of religious tolerance and political pluralism in modern societies. 

    Think you know the Greater Middle East? Take our geography quiz.
    While Islamist movements remain the largest and most potent political movement in the region, a widespread adoption of democratic principles by their followers could transform the discourse in a region where politics are often bound to identity and are bitterly polarized.

    “We believe that young Jordanians and young Arabs in general see that the future is not in partisan politics, but in cooperation, understanding, and putting the country above petty party politics,” says Rheil Gharaibeh, the moderate former head of the Jordanian Brotherhood’s politburo who has formed his own political party.

    Is this the beginning of a fundamental shift in the politics of the Middle East or just an expedient move by a few activists?

    *

    Many Islamist groups say their move to the center is a natural step in multiparty politics, but this obscures how far their positions have truly shifted in a short time.

    Some 20 years ago, the manifesto of the Muslim Brotherhood – the Sunni Islamic political group with affiliates across the Arab world – called for the implementation of sharia and gender segregation at universities, and commonly employed slogans such as “Islam is the solution.”

    In 2011, the Arab Spring uprisings swept these Islamist movements into power or installed them as the leading political force from the Arab Gulf to Morocco, sparking fears of an Islamization of Arab societies.

    About these ads
    But instead of rolling back women’s rights, the Tunisian Islamist party Ennahda pushed through gender equality laws and helped write the most progressive, gender-equal constitution in the Arab world. The Moroccan Justice and Development Party (PJD) has played down its Islamic rhetoric, abandoning talk of Islamic identity and sharia and instead speaking about democratic reform and human rights. And the Brotherhood in Jordan traded in its slogan “Islam is the solution” for “the people demand reform” and “popular sovereignty for all.”

    The past few years have seen an even more dramatic shift to the center. Not only have Islamist movements dropped calls for using sharia as a main source of law, but they nearly all now advocate for a “civil state”­ – a secular nation where the law, rather than holy scriptures or the word of God, is sovereign.

    Muhammad Hamed/Reuters
    Supporters of the National Alliance for Reform rally in Amman, Jordan, in 2016. They have rebranded themselves as a national rather than an Islamic movement.
    In Morocco and Jordan, Islamist groups separated their religious activities – preaching, charitable activities, and dawa (spreading the good word of God) – from their political branches. In 2016, Ennahda members in Tunisia went one step further and essentially eliminated their religious activities altogether, rebranding themselves as “Muslim democrats.”

    Islamist moderates say this shift away from religious activities to a greater focus on party politics is a natural step in line with what President Recep Tayyip Erdoğan has done with his Justice and Development Party in Turkey, or even, they hope, with the Christian democrats in Europe: to become movements inspired by faith, not governing through faith.

    “While we are a Muslim country, we are aware that we do not have one interpretation of religion and we will not impose one interpretation of faith over others,” says Mehrezia Labidi, a member of the Tunisian Parliament and Ennahda party leader. “As Muslim democrats we are guided by Islamic values, but we are bound by the Constitution, the will of the people, and the rule of law for all.”

    Experts say this shift is a natural evolution for movements that are taking part in the decisionmaking process for the first time after decades in the opposition.

    “As the opposition, you can refuse, you can criticize, you can obstruct,” says Rachid Mouqtadir, professor of political science at Hassan II University in Casablanca, Morocco, and an expert in Islamist movements. “But when you are in a coalition with other parties and trying to govern, the parameters change, your approach changes, and as a result your ideology changes.”

    The trend has even gone beyond the borders of the Arab world. The Malaysian Islamic Youth Movement (ABIM), founded in 1971 by Malaysian university students inspired by the Brotherhood and now one of the strongest civil society groups in the country, is also shedding the “Islamist” label.

    In addition to running schools and hospitals, ABIM now hosts interfaith concerts, partners on projects with Christians and Buddhists, and even reaches out to lesbian, gay, bisexual, and transgender activists in its campaign for social justice.

    “We are in the age of post-political Islam,” says Ahmad Fahmi Mohd Samsudin, ABIM vice president, from the movement’s headquarters in a leafy Kuala Lumpur suburb. “That means when we say we stand for Islam, we stand for social justice and equality for all – no matter their faith or background.”

    *


  • Le piège des accords d’Oslo, par Abdelbari Atwan - Actuarabe
    http://actuarabe.com/le-piege-des-accords-doslo

    Je me rappelle qu’il m’a pris à part quand nous sommes sortis de son bureau dans le quartier Jugurtha à Tunis pour aller marcher et s’éloigner des appareils d’écoute, et m’a dit : « Je vais te dire une chose que tu ne devras dévoiler qu’après ma mort ». Il a soupiré avant de déclarer : « Je vais rentrer en Palestine grâce à Oslo, malgré toutes mes réserves, afin d’y faire revivre l’OLP et la résistance. Je te promets que tu verras les Juifs fuir la Palestine comme les rats fuient le navire qui coule. Cela ne se passera pas dans ma vie mais durant la tienne ». Il m’a affirmé qu’il ne faisait pas du tout confiance aux Israéliens et je pense qu’il était sincère.

    Le Président Arafat est mort en martyr comme il le souhaitait, tué par le poison des Israéliens après avoir été assiégé dans son bureau pendant des mois, car il avait refusé de signer les accords de Camp David et d’abandonner Jérusalem ainsi que le droit au retour. Il a déclenché la seconde intifada et se procurait des armes de partout où il pouvait. Je sais qu’il collaborait avec les combattants du Hamas à Gaza et en Cisjordanie, leur fournissait de l’argent et des armes. Il a d’ailleurs mis en place un pont avec le Hezbollah au Sud du Liban : ils envoyaient des armes à bord de bateaux dans des tonneaux, qu’ils jetaient à la mer en face des côtes de Gaza. Il savait bien que les Israéliens ne voulaient pas la paix, n’étaient prêts à aucune concession et refusaient la constitution d’un Etat palestinien.


  • Collecte de fonds organisée par Jamie Furniss : Hiring “Europeans Only” is Wrong
    https://www.gofundme.com/Europeans-Only

    Les petits arrangements de l’administration française... Edifiant !

    L’année dernière j’ai été recruté dans un centre de recherche français à Tunis, après audition par une commission scientifique, pour réaliser un projet sur les déchets et le recyclage.

    Quatre mois après mon recrutement, j’ai été congédié. Le motif donné par l’administration était ma nationalité canadienne.

    J’étais un peu étonné.

    Ni l’annonce, ni la fiche de poste, ni les « Conditions de recrutement à l’étranger » publiées sur le site internet du ministère responsable, « Transparence », ne faisaient état d’une quelconque condition de nationalité.

    En plus, afin d’éviter les faux espoirs j’ai souhaité, avant de candidater, de me faire confirmer mon éligibilité. La personne référente pour le poste m’avait répondu par écrit que « votre nationalité ne vous empêche pas de candidater ».

    Par ailleurs, la nationalité du candidat figure sur la première page du dossier de candidature et une copie d’une pièce d’identité (mon passeport canadien) doit impérativement figurer en annexe du dossier. Ma nationalité était donc parfaitement connue de l’administration depuis le début du processus.

    La décision de me congédier est intervenue après que j’aie déjà pris toutes mes dispositions afin d’accepter ce poste qui m’obligeait à changer de pays de résidence durant une période de deux à quatre ans. J’avais déjà emballé mes affaires, résilié mon bail résidentiel et pris un congé sans solde (irrévocable en raison de l’embauche de mon remplaçant en CDD) afin d’accepter le nouvel emploi.

    Le mutisme absolu de l’administration face à cette situation dont ils étaient pourtant entièrement responsables, malgré mes très nombreuses tentatives de prise de contact par téléphone, courriels et courriers recommandés, m’a contraint à introduire une action en justice devant le tribunal administratif.

    Les services juridiques du Ministère contestent actuellement cette réclamation avec acharnement, plaidant qu’aucune personne non-européenne ne peut être recrutée par l’État français pour servir à l’étranger.

    Alors même que cette discrimination semble illégale et est attaquée devant les tribunaux, les fiches publiées récemment affirment désormais que ces postes sont ouverts exclusivement aux « candidats de nationalité française ou ressortissant d’un autre pays de l’Union européenne, de l’espace économique européen, de la Suisse ou de Monaco ».

    Cette interdiction de recruter toute personne non-européenne est non seulement injuste, mais elle ne sert ni les intérêts ni l’image de l’État français. Elle ne procure aucun avantage opérationnel ou scientifique, défavorise l’internationalisation de la science, prônée par la France, donne aux centres concernés une image anachronique et diminue leur attractivité en comparaison avec leurs paires, puisque le CNRS, l’Éducation nationale, l’IRD et les Écoles françaises à l’étranger recrutent sans condition de nationalité.


  • Tunisian fishermen await trial after ’saving hundreds of migrants’

    Friends and colleagues have rallied to the defence of six Tunisian men awaiting trial in Italy on people smuggling charges, saying they are fishermen who have saved hundreds of migrants and refugees over the years who risked drowning in the Mediterranean.

    The men were arrested at sea at the weekend after their trawler released a small vessel it had been towing with 14 migrants onboard, 24 miles from the coast of the Italian island of Lampedusa.

    Italian authorities said an aeroplane crew from the European border agency Frontex had first located the trawler almost 80 nautical miles from Lampedusa and decided to monitor the situation.They alerted the Italian police after the migrant vessel was released, who then arrested all crew members at sea.

    According to their lawyers, the Tunisians maintain that they saw a migrant vessel in distress and a common decision was made to tow it to safety in Italian waters. They claim they called the Italian coastguard so it could intervene and take them to shore.

    Prosecutors have accused the men of illegally escorting the boat into Italian waters and say they have no evidence of an SOS sent by either the migrant boat or by the fishermen’s vessel.

    Among those arrested were 45-year-old Chamseddine Ben Alì Bourassine, who is known in his native city, Zarzis, which lies close to the Libyan border, for saving migrants and bringing human remains caught in his nets back to shore to give the often anonymous dead a dignified burial.

    Immediately following the arrests, hundreds of Tunisians gathered in Zarzis to protest and the Tunisian Fishermen Association of Zarzis sent a letter to the Italian embassy in Tunis in support of the men.

    “Captain Bourassine and his crew are hardworking fishermen whose human values exceed the risks they face every day,” it said. “When we meet boats in distress at sea, we do not think about their colour or their religion.”

    According to his colleagues in Zarzis, Bourassine is an advocate for dissuading young Tunisians from illegal migration. In 2015 he participated in a sea rescue drill organised by Médecins Sans Frontières (Msf) in Zarzis.

    Giulia Bertoluzzi, an Italian filmmaker and journalist who directed the documentary Strange Fish, about Bourassine, said the men were well known in their home town.

    “In Zarzis, Bourassine and his crew are known as anonymous heroes”, Bertoluzzi told the Guardian. “Some time ago a petition was circulated to nominate him for the Nobel peace prize. He saved thousands of lives since.”

    The six Tunisians who are now being held in prison in the Sicilian town of Agrigento pending their trial. If convicted, they could face up to 15 years in prison.

    The Italian police said in a statement: “We acted according to our protocol. After the fishing boat released the vessel, it returned south of the Pelagie Islands where other fishing boats were active in an attempt to shield itself.”

    It is not the first time that Italian authorities have arrested fishermen and charged them with aiding illegal immigration. On 8 August 2007, police arrested two Tunisian fishermen for having guided into Italian waters 44 migrants. The trial lasted four years and both men were acquitted of all criminal charges.

    Leonardo Marino, a lawyer in Agrigento who had defended dozens of Tunisian fishermen accused of enabling smuggling, told the Guardian: “The truth is that migrants are perceived as enemies and instead of welcoming them we have decided to fight with repressive laws anyone who is trying to help them.”


    https://www.theguardian.com/world/2018/sep/05/tunisian-fishermen-await-trial-after-saving-hundreds-of-migrants?CMP=sh
    #Tunisie #pêcheurs #solidarité #mourir_en_mer #sauvetage #asile #migrations #réfugiés #Méditerranée #pêcheurs_tunisiens #délit_de_solidarité
    Accusation: #smuggling #passeurs

    cc @_kg_

    • Commentaires de Charles Heller sur FB :

      Last year these Tunisian fishermen prevented the identitarian C-Star - chartered to prevent solidarity at sea - from docking in Zarzis. Now they have been arrested for exercising that solidarity.

      Back to the bad old days of criminalising Tunisian fishermen who rescue migrants at sea. Lets make some noise and express our support and solidarity in all imaginable ways!

    • Des pêcheurs tunisiens poursuivis pour avoir tracté des migrants jusqu’en Italie

      Surpris en train de tirer une embarcation de migrants vers l’Italie, des pêcheurs tunisiens -dont un militant connu localement- ont été écroués en Sicile. Une manifestation de soutien a eu lieu en Tunisie et une ONG essaie actuellement de leur venir en aide.

      Des citoyens tunisiens sont descendus dans la rue lundi 3 septembre à Zarzis, dans le sud du pays, pour protester contre l’arrestation, par les autorités italiennes, de six pêcheurs locaux. Ces derniers sont soupçonnés d’être des passeurs car ils ont été "surpris en train de tirer une barque avec 14 migrants à bord en direction de [l’île italienne de] Lampedusa", indique la police financière et douanière italienne.

      La contestation s’empare également des réseaux sociaux, notamment avec des messages publiés demandant la libération des six membres d’équipage parmi lesquels figurent Chamseddine Bourassine, président de l’association des pêcheurs de Zarzis. “Toute ma solidarité avec un militant et ami, le doyen des pêcheurs Chamseddine Bourassine. Nous appelons les autorités tunisiennes à intervenir immédiatement avec les autorités italiennes afin de le relâcher ainsi que son équipage”, a écrit lundi le jeune militant originaire de Zarzis Anis Belhiba sur Facebook. Une publication reprise et partagée par Chamesddine Marzoug, un pêcheur retraité et autre militant connu en Tunisie pour enterrer lui-même les corps des migrants rejetés par la mer.

      Sans nouvelles depuis quatre jours

      Un appel similaire a été lancé par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, par la voix de Romdhane Ben Amor, chargé de communication de cette ONG basée à Tunis. Contacté par InfoMigrants, il affirme n’avoir reçu aucune nouvelle des pêcheurs depuis près de quatre jours. “On ne sait pas comment ils vont. Tout ce que l’on sait c’est qu’ils sont encore incarcérés à Agrigente en Sicile. On essaie d’activer tous nos réseaux et de communiquer avec nos partenaires italiens pour leur fournir une assistance juridique”, explique-t-il.

      Les six pêcheurs ont été arrêtés le 29 août car leur bateau de pêche, qui tractait une embarcation de fortune avec 14 migrants à son bord, a été repéré -vidéo à l’appui- par un avion de Frontex, l’Agence européenne de garde-côtes et garde-frontières.

      Selon une source policière italienne citée par l’AFP, les pêcheurs ont été arrêtés pour “aide à l’immigration clandestine” et écroués. Le bateau a été repéré en train de tirer des migrants, puis de larguer la barque près des eaux italiennes, à moins de 24 milles de Lampedusa, indique la même source.

      Mais pour Romdhane Ben Amor, “la vidéo de Frontex ne prouve rien”. Et de poursuivre : “#Chamseddine_Bourassine, on le connaît bien. Il participe aux opérations de sauvetage en Méditerranée depuis 2008, il a aussi coordonné l’action contre le C-Star [navire anti-migrants affrété par des militant d’un groupe d’extrême droite]”. Selon Romdhane Ben Amor, il est fort probable que le pêcheur ait reçu l’appel de détresse des migrants, qu’il ait ensuite tenté de les convaincre de faire demi-tour et de regagner la Tunisie. N’y parvenant pas, le pêcheur aurait alors remorqué l’embarcation vers l’Italie, la météo se faisant de plus en plus menaçante.

      La Tunisie, pays d’origine le plus représenté en Italie

      Un nombre croissant de Tunisiens en quête d’emploi et de perspectives d’avenir tentent de se rendre illégalement en Italie via la Méditerranée. D’ailleurs, avec 3 300 migrants arrivés entre janvier et juillet 2018, la Tunisie est le pays d’origine le plus représenté en Italie, selon un rapport du Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) publié lundi.

      La Méditerranée a été "plus mortelle que jamais" début 2018, indique également le HCR, estimant qu’une personne sur 18 tentant la traversée meurt ou disparaît en mer.


      http://www.infomigrants.net/fr/post/11752/des-pecheurs-tunisiens-poursuivis-pour-avoir-tracte-des-migrants-jusqu

    • Note de Catherine Teule :

      Cela rappelle le procès ( à Agrigente déjà) de 7 pêcheurs tunisiens en 2007.... ( voir les archives de Migreurop )

      Et aussi les procès contres les pêcheurs à #Mazara_del_vallo, en Italie, v. livre de Gabriele Del Grande

    • Lampedusa, in cella ad Agrigento il pescatore tunisino che salva i migranti

      Insieme al suo equipaggio #Chameseddine_Bourassine è accusato di favoreggiamento dell’immigrazione illegale. La Tunisia chiede il rilascio dei sei arrestati. L’appello per la liberazione del figlio di uno dei pescatori e del fratello di Bourassine

      Per la Tunisia Chameseddine Bourassine è il pescatore che salva i migranti. Protagonista anche del film documentario «Strange Fish» di Giulia Bertoluzzi. Dal 29 agosto Chameseddine e il suo equipaggio sono nel carcere di Agrigento, perchè filmati mentre trainavano un barchino con 14 migranti fino a 24 miglia da Lampedusa. Il peschereccio è stato sequestrato e rischiano molti anni di carcere per favoreggiamento aggravato dell’immigrazione illegale. Da Palermo alcuni parenti giunti da Parigi lanciano un appello per la loro liberazione.

      Ramzi Lihiba, figlio di uno dei pescatori arrestati: «Mio padre è scioccato perchè è la prima volta che ha guai con la giustizia. Mi ha detto che hanno incontrato una barca in pericolo e hanno fatto solo il loro dovere. Non è la prima volta. Chameseddine ha fatto centinaia di salvataggi, portando la gente verso la costa più vicina. Prima ha chiamato la guardia costiera di Lampedusa e di Malta senza avere risposta».

      Mohamed Bourassine, fratello di Chameseddine: «Chameseddine l’ha detto anche alla guardia costiera italiana, se trovassi altre persone in pericolo in mare, lo rifarei».
      La Tunisia ha chiesto il rilascio dei sei pescatori di Zarzis. Sit in per loro davanti alle ambasciate italiane di Tunisi e Parigi. Da anni i pescatori delle due sponde soccorrono migranti con molti rischi. Ramzi Lihiba: «Anche io ho fatto la traversata nel 2008 e sono stato salvato dai pescatori italiani, altrimenti non sarei qui oggi».

      https://www.rainews.it/tgr/sicilia/video/2018/09/sic-lampedusa-carcere-pescatore-tunisino-salva-migranti-8f4b62a7-b103-48c0-8

    • Posté par Charles Heller sur FB :

      Yesterday, people demonstrated in the streets of Zarzis in solidarity with the Tunisian fishermen arrested by Italian authorities for exercising their solidarity with migrants crossing the sea. Tomorrow, they will be heard in front of a court in Sicily. While rescue NGOs have done an extraordinary job, its important to underline that European citizens do not have the monopoly over solidarity with migrants, and neither are they the only ones being criminalised. The Tunisian fishermen deserve our full support.


      https://www.facebook.com/charles.heller.507/posts/2207659576116549

    • I pescatori, eroi di Zarzis, in galera

      Il 29 agosto 2018 sei pescatori tunisini sono stati arrestati ad Agrigento, accusati di favoreggiamento dell’immigrazione clandestina, reato punibile fino a quindici anni di carcere. Il loro racconto e quello dei migranti soccorsi parla invece di una barca in panne che prendeva acqua, del tentativo di contattare la Guardia Costiera italiana e infine - dopo una lunga attesa – del trasporto del barchino verso Lampedusa, per aiutare le autorità nelle operazioni di soccorso. Mentre le indagini preliminari sono in corso, vi raccontiamo chi sono questi pescatori. Lo facciamo con Giulia Bertoluzzi, che ha girato il film “Strange Fish” – vincitore al premio BNP e menzione speciale della giuria al festival Visioni dal Mondo - di cui Bourassine è il protagonista, e Valentina Zagaria, che ha vissuto oltre due anni a Zarzis per un dottorato in antropologia.

      Capitano, presidente, eroe. Ecco tre appellativi che potrebbero stare a pennello a Chamseddine Bourassine, presidente della Rete Nazionale della Pesca Artigianale nonché dell’associazione di Zarzis “Le Pêcheur” pour le Développement et l’Environnement, nominata al Premio Nobel per la Pace 2018 per il continuo impegno nel salvare vite nel Mediterraneo. I pescatori di Zarzis infatti, lavorando nel mare aperto tra la Libia e la Sicilia, si trovano da più di quindici anni in prima linea nei soccorsi a causa della graduale chiusura ermetica delle vie legali per l’Europa, che ha avuto come conseguenza l’inizio di traversate con mezzi sempre più di fortuna.
      I frutti della rivoluzione

      Sebbene la legge del mare abbia sempre prevalso per Chamseddine e i pescatori di Zarzis, prima della rivoluzione tunisina del 2011 i pescatori venivano continuamente minacciati dalla polizia del regime di Ben Ali, stretto collaboratore sia dell’Italia che dell’Unione europea in materia di controlli alle frontiere. “Ci dicevano di lasciarli in mare e che ci avrebbero messo tutti in prigione”, spiegava Bourassine, “ma un uomo in mare è un uomo morto, e alla polizia abbiamo sempre risposto che piuttosto saremmo andati in prigione”. In prigione finivano anche i cittadini tunisini che tentavano la traversata e che venivano duramente puniti dal loro stesso governo.

      Tutto è cambiato con la rivoluzione. Oltre 25.000 tunisini si erano imbarcati verso l’Italia, di cui tanti proprio dalle coste di Zarzis. “Non c’erano più né stato né polizia, era il caos assoluto” ricorda Anis Souei, segretario generale dell’Associazione. Alcuni pescatori non lasciavano le barche nemmeno di notte perché avevano paura che venissero rubate, i più indebitati invece tentavano di venderle, mentre alcuni abitanti di Zarzis, approfittando del vuoto di potere, si improvvisavano ‘agenti di viaggi’, cercando di fare affari sulle spalle degli harraga – parola nel dialetto arabo nord africano per le persone che ‘bruciano’ passaporti e frontiera attraversando il Mediterraneo. Chamseddine Bourassine e i suoi colleghi, invece, hanno stretto un patto morale, stabilendo di non vendere le proprie barche per la harga. Si sono rimboccati le maniche e hanno fondato un’associazione per migliorare le condizioni di lavoro del settore, per sensibilizzare sulla preservazione dell’ambiente – condizione imprescindibile per la pesca – e dare una possibilità di futuro ai giovani.

      E proprio verso i più giovani, quelli che più continuano a soffrire dell’alto tasso di disoccupazione, l’associazione ha dedicato diverse campagne di sensibilizzazione. “Andiamo nelle scuole per raccontare quello che vediamo e mostriamo ai ragazzi le foto dei corpi che troviamo in mare, perché si rendano conto del reale pericolo della traversata”, racconta Anis. Inoltre hanno organizzato formazioni di meccanica, riparazione delle reti e pesca subacquea, collaborando anche con diversi progetti internazionali, come NEMO, organizzato dal CIHEAM-Bari e finanziato dalla Cooperazione Italiana. Proprio all’interno di questo progetto è nato il museo di Zarzis della pesca artigianale, dove tra nodi e anforette per la pesca del polipo, c’è una mostra fotografica dei salvataggi in mare intitolata “Gli eroi anonimi di Zarzis”.

      La guerra civile libica

      Con l’inasprirsi della guerra civile libica e l’inizio di veri e propri traffici di esseri umani, le frontiere marittime si sono trasformate in zone al di fuori della legge.
      “I pescatori tunisini vengono regolarmente rapiti dalle milizie o dalle autorità libiche” diceva Bourassine. Queste, una volta sequestrata la barca e rubato il materiale tecnico, chiedevano alle autorità tunisine un riscatto per il rilascio, cosa peraltro successa anche a pescatori siciliani. Sebbene le acque di fronte alla Libia siano le più ricche, soprattutto per il gambero rosso, e per anni siano state zone di pesca per siciliani, tunisini, libici e anche egiziani, ad oggi i pescatori di Zarzis si sono visti obbligati a lasciare l’eldorado dei tonni rossi e dei gamberi rossi, per andare più a ovest.

      “Io pesco nelle zone della rotta delle migrazioni, quindi è possibile che veda migranti ogni volta che esco” diceva Bourassine, indicando sul monitor della sala comandi del suo peschereccio l’est di Lampedusa, durante le riprese del film.

      Con scarso sostegno delle guardie costiere tunisine, a cui non era permesso operare oltre le proprie acque territoriali, i pescatori per anni si sono barcamenati tra il lavoro e la responsabilità di soccorrere le persone in difficoltà che, con l’avanzare del conflitto in Libia, partivano su imbarcazioni sempre più pericolose.

      “Ma quando in mare vedi 100 o 120 persone cosa fai?” si chiede Slaheddine Mcharek, anche lui membro dell’Associazione, “pensi solo a salvare loro la vita, ma non è facile”. Chi ha visto un’operazione di soccorso in mare infatti può immaginare i pericoli di organizzare un trasbordo su un piccolo peschereccio che non metta a repentaglio la stabilità della barca, soprattutto quando ci sono persone che non sanno nuotare. Allo stesso tempo non pescare significa non lavorare e perdere soldi sia per il capitano che per l’equipaggio.
      ONG e salvataggio

      Quando nell’estate del 2015 le navi di ricerca e soccorso delle ONG hanno cominciato ad operare nel Mediterraneo, Chamseddine e tutti i pescatori si sono sentiti sollevati, perché le loro barche non erano attrezzate per centinaia di persone e le autorità tunisine post-rivoluzionarie non avevano i mezzi per aiutarli. Quell’estate, l’allora direttore di Medici Senza Frontiere Foued Gammoudi organizzò una formazione di primo soccorso in mare per sostenere i pescatori. Dopo questa formazione MSF fornì all’associazione kit di pronto soccorso, giubbotti e zattere di salvataggio per poter assistere meglio i rifugiati in mare. L’ONG ha anche dato ai pescatori le traduzioni in italiano e inglese dei messaggi di soccorso e di tutti i numeri collegati al Centro di coordinamento per il soccorso marittimo (MRCC) a Roma, che coordina i salvataggi tra le imbarcazioni nei paraggi pronte ad intervenire, fossero mercantili, navi delle ONG, imbarcazioni militari o della guardia costiera, e quelle dei pescatori di entrambe le sponde del mare. Da quel momento i pescatori potevano coordinarsi a livello internazionale e aspettare che le navi più grandi arrivassero, per poi riprendere il loro lavoro. Solo una settimana dopo la formazione, Gammoudi andò a congratularsi con Chamseddine al porto di Zarzis per aver collaborato con la nave Bourbon-Argos di MSF nel salvataggio di 550 persone.

      Oltre al primo soccorso, MSF ha offerto ai membri dell’associazione una formazione sulla gestione dei cadaveri, fornendo sacchi mortuari, disinfettanti e guanti. C’è stato un periodo durato vari mesi, prima dell’arrivo delle ONG, in cui i pescatori avevano quasi la certezza di vedere dei morti in mare. Nell’assenza di altre imbarcazioni in prossimità della Libia, pronte ad aiutare barche in difficoltà, i naufragi non facevano che aumentare. Proprio come sta succedendo in queste settimane, durante le quali il tasso di mortalità in proporzione agli arrivi in Italia è cresciuto del 5,6%. Dal 26 agosto, nessuna ONG ha operato in SAR libica, e questo a causa delle politiche anti-migranti di Salvini e dei suoi omologhi europei.

      Criminalizzazione della solidarietà

      La situazione però è peggiorata di nuovo nell’estate del 2017, quando l’allora ministro dell’Interno Marco Minniti stringeva accordi con le milizie e la guardia costiera libica per bloccare i rifugiati nei centri di detenzione in Libia, mentre approvava leggi che criminalizzano e limitano l’attività delle ONG in Italia.

      Le campagne di diffamazione contro atti di solidarietà e contro le ONG non hanno fatto altro che versare ancora più benzina sui sentimenti anti-immigrazione che infiammano l’Europa. Nel bel mezzo di questo clima, il 6 agosto 2017, i pescatori di Zarzis si erano trovati in un faccia a faccia con la nave noleggiata da Generazione Identitaria, la C-Star, che attraversava il Mediterraneo per ostacolare le operazioni di soccorso e riportare i migranti in Africa.

      Armati di pennarelli rossi, neri e blu, hanno appeso striscioni sulle barche in una mescolanza di arabo, italiano, francese e inglese: “No Racists!”, “Dégage!”, “C-Star: No gasolio? No acqua? No mangiaro?“.

      Chamseddine Bourassine, con pesanti occhiaie da cinque giorni di lavoro in mare, appena appresa la notizia ha organizzato un sit-in con tanto di media internazionali al porto di Zarzis. I loro sforzi erano stati incoraggiati dalle reti antirazziste in Sicilia, che a loro volta avevano impedito alla C-Star di attraccare nel porto di Catania solo un paio di giorni prima.
      La reazione tunisina dopo l’arresto di Bourassine

      Non c’è quindi da sorprendersi se dopo l’arresto di Chamseddine, Salem, Farhat, Lotfi, Ammar e Bachir l’associazione, le famiglie, gli amici e i colleghi hanno riempito tre pullman da Zarzis per protestare davanti all’ambasciata italiana di Tunisi. La Terre Pour Tous, associazione di famiglie di tunisini dispersi, e il Forum economico e sociale (FTDES) si sono uniti alla protesta per chiedere l’immediato rilascio dei pescatori. Una protesta gemella è stata organizzata anche dalla diaspora di Zarzis davanti all’ambasciata italiana a Parigi, mentre reti di pescatori provenienti dal Marocco e dalla Mauritania hanno rilasciato dichiarazioni di sostegno. Il Segretario di Stato tunisino per l’immigrazione, Adel Jarboui, ha esortato le autorità italiane a liberare i pescatori.

      Nel frattempo Bourassine racconta dalla prigione al fratello: “stavo solo aiutando delle persone in difficoltà in mare. Lo rifarei”.


      http://openmigration.org/analisi/i-pescatori-eroi-di-zarzis-in-galera

    • When rescue at sea becomes a crime: who the Tunisian fishermen arrested in Italy really are

      Fishermen networks from Morocco and Mauritania have released statements of support, and the Tunisian State Secretary for Immigration, Adel Jarboui, urged Italian authorities to release the fishermen, considered heroes in Tunisia.

      On the night of Wednesday, August 29, 2018, six Tunisian fishermen were arrested in Italy. Earlier that day, they had set off from their hometown of Zarzis, the last important Tunisian port before Libya, to cast their nets in the open sea between North Africa and Sicily. The fishermen then sighted a small vessel whose engine had broken, and that had started taking in water. After giving the fourteen passengers water, milk and bread – which the fishermen carry in abundance, knowing they might encounter refugee boats in distress – they tried making contact with the Italian coastguard.

      After hours of waiting for a response, though, the men decided to tow the smaller boat in the direction of Lampedusa – Italy’s southernmost island, to help Italian authorities in their rescue operations. At around 24 miles from Lampedusa, the Guardia di Finanza (customs police) took the fourteen people on board, and then proceeded to violently arrest the six fishermen. According to the precautionary custody order issued by the judge in Agrigento (Sicily), the men stand accused of smuggling, a crime that could get them up to fifteen years in jail if the case goes to trial. The fishermen have since been held in Agrigento prison, and their boat has been seized.

      This arrest comes after a summer of Italian politicians closing their ports to NGO rescue boats, and only a week after far-right Interior Minister Matteo Salvini[1] prevented for ten days the disembarkation of 177 Eritrean and Somali asylum seekers from the Italian coastguard ship Diciotti. It is yet another step towards dissuading anyone – be it Italian or Tunisian citizens, NGO or coastguard ships – from coming to the aid of refugee boats in danger at sea. Criminalising rescue, a process that has been pushed by different Italian governments since 2016, will continue to have tragic consequences for people on the move in the Mediterranean Sea.
      The fishermen of Zarzis

      Among those arrested is Chamseddine Bourassine, the president of the Association “Le Pêcheur” pour le Développement et l’Environnement, which was nominated for the Nobel Peace Prize this year for the Zarzis fishermen’s continuous engagement in saving lives in the Mediterranean.

      Chamseddine, a fishing boat captain in his mid-40s, was one of the first people I met in Zarzis when, in the summer of 2015, I moved to this southern Tunisian town to start fieldwork for my PhD. On a sleepy late-August afternoon, my interview with Foued Gammoudi, the then Médecins Sans Frontières (MSF) Head of Mission for Tunisia and Libya, was interrupted by an urgent phone call. “The fishermen have just returned, they saved 550 people, let’s go to the port to thank them.” Just a week earlier, Chamseddine Bourassine had been among the 116 fishermen from Zarzis to have received rescue at sea training with MSF. Gammoudi was proud that the fishermen had already started collaborating with the MSF Bourbon Argos ship to save hundreds of people. We hurried to the port to greet Chamseddine and his crew, as they returned from a three-day fishing expedition which involved, as it so often had done lately, a lives-saving operation.

      The fishermen of Zarzis have been on the frontline of rescue in the Central Mediterranean for over fifteen years. Their fishing grounds lying between Libya – the place from which most people making their way undocumented to Europe leave – and Sicily, they were often the first to come to the aid of refugee boats in distress. “The fishermen have never really had a choice: they work here, they encounter refugee boats regularly, so over the years they learnt to do rescue at sea”, explained Gammoudi. For years, fishermen from both sides of the Mediterranean were virtually alone in this endeavour.
      Rescue before and after the revolution

      Before the Tunisian revolution of 2011, Ben Ali threatened the fishermen with imprisonment for helping migrants in danger at sea – the regime having been a close collaborator of both Italy and the European Union in border control matters. During that time, Tunisian nationals attempting to do the harga – the North African Arabic dialect term for the crossing of the Sicilian Channel by boat – were also heavily sanctioned by their own government.

      Everything changed though with the revolution. “It was chaos here in 2011. You cannot imagine what the word chaos means if you didn’t live it”, recalled Anis Souei, the secretary general of the “Le Pêcheur” association. In the months following the revolution, hundreds of boats left from Zarzis taking Tunisians from all over the country to Lampedusa. Several members of the fishermen’s association remember having to sleep on their fishing boats at night to prevent them from being stolen for the harga. Other fishermen instead, especially those who were indebted, decided to sell their boats, while some inhabitants of Zarzis took advantage of the power vacuum left by the revolution and made considerable profit by organising harga crossings. “At that time there was no police, no state, and even more misery. If you wanted Lampedusa, you could have it”, rationalised another fisherman. But Chamseddine Bourassine and his colleagues saw no future in moving to Europe, and made a moral pact not to sell their boats for migration.

      They instead remained in Zarzis, and in 2013 founded their association to create a network of support to ameliorate the working conditions of small and artisanal fisheries. The priority when they started organising was to try and secure basic social security – something they are still struggling to sustain today. With time, though, the association also got involved in alerting the youth to the dangers of boat migration, as they regularly witnessed the risks involved and felt compelled to do something for younger generations hit hard by staggering unemployment rates. In this optic, they organised training for the local youth in boat mechanics, nets mending, and diving, and collaborated in different international projects, such as NEMO, organised by the CIHEAM-Bari and funded by the Italian Ministry of Foreign Affairs Directorate General for Cooperation Development. This project also helped the fishermen build a museum to explain traditional fishing methods, the first floor of which is dedicated to pictures and citations from the fishermen’s long-term voluntary involvement in coming to the rescue of refugees in danger at sea.

      This role was proving increasingly vital as the Libyan civil war dragged on, since refugees were being forced onto boats in Libya that were not fit for travel, making the journey even more hazardous. With little support from Tunisian coastguards, who were not allowed to operate beyond Tunisian waters, the fishermen juggled their responsibility to bring money home to their families and their commitment to rescuing people in distress at sea. Anis remembers that once in 2013, three fishermen boats were out and received an SOS from a vessel carrying roughly one hundred people. It was their first day out, and going back to Zarzis would have meant losing petrol money and precious days of work, which they simply couldn’t afford. After having ensured that nobody was ill, the three boats took twenty people on board each, and continued working for another two days, sharing food and water with their guests.

      Sometimes, though, the situation on board got tense with so many people, food wasn’t enough for everybody, and fights broke out. Some fishermen recall incidents during which they truly feared for their safety, when occasionally they came across boats with armed men from Libyan militias. It was hard for them to provide medical assistance as well. Once a woman gave birth on Chamseddine’s boat – that same boat that has now been seized in Italy – thankfully there had been no complications.
      NGO ships and the criminalisation of rescue

      During the summer of 2015, therefore, Chamseddine felt relieved that NGO search and rescue boats were starting to operate in the Mediterranean. The fishermen’s boats were not equipped to take hundreds of people on board, and the post-revolutionary Tunisian authorities didn’t have the means to support them. MSF had provided the association with first aid kits, life jackets, and rescue rafts to be able to better assist refugees at sea, and had given them a list of channels and numbers linked to the Maritime Rescue Coordination Centre (MRCC) in Rome for when they encountered boats in distress.

      They also offered training in dead body management, and provided the association with body bags, disinfectant and gloves. “When we see people at sea we rescue them. It’s not only because we follow the laws of the sea or of religion: we do it because it’s human”, said Chamseddine. But sometimes rescue came too late, and bringing the dead back to shore was all the fishermen could do.[2] During 2015 the fishermen at least felt that with more ships in the Mediterranean doing rescue, the duty dear to all seafarers of helping people in need at sea didn’t only fall on their shoulders, and they could go back to their fishing.

      The situation deteriorated again though in the summer of 2017, as Italian Interior Minister Minniti struck deals with Libyan militias and coastguards to bring back and detain refugees in detention centres in Libya, while simultaneously passing laws criminalising and restricting the activity of NGO rescue boats in Italy.

      Media smear campaigns directed against acts of solidarity with migrants and refugees and against the work of rescue vessels in the Mediterranean poured even more fuel on already inflamed anti-immigration sentiments in Europe.

      In the midst of this, on 6 August 2017, the fishermen of Zarzis came face to face with a far-right vessel rented by Generazione Identitaria, the C-Star, cruising the Mediterranean allegedly on a “Defend Europe” mission to hamper rescue operations and bring migrants back to Africa. The C-Star was hovering in front of Zarzis port, and although it had not officially asked port authorities whether it could dock to refuel – which the port authorities assured locals it would refuse – the fishermen of Zarzis took the opportunity to let these alt-right groups know how they felt about their mission.

      Armed with red, black and blue felt tip pens, they wrote in a mixture of Arabic, Italian, French and English slogans such as “No Racists!”, “Dégage!” (Get our of here!), “C-Star: No gasoil? No acqua? No mangiato?” ?” (C-Star: No fuel? No water? Not eaten?), which they proceeded to hang on their boats, ready to take to sea were the C-Star to approach. Chamseddine Bourassine, who had returned just a couple of hours prior to the impending C-Star arrival from five days of work at sea, called other members of the fishermen association to come to the port and join in the peaceful protest.[3] He told the journalists present that the fishermen opposed wholeheartedly the racism propagated by the C-Star members, and that having seen the death of fellow Africans at sea, they couldn’t but condemn these politics. Their efforts were cheered on by anti-racist networks in Sicily, who had in turn prevented the C-Star from docking in Catania port just a couple of days earlier.

      It is members from these same networks in Sicily together with friends of the fishermen in Tunisia and internationally that are now engaged in finding lawyers for Chamseddine and his five colleagues.

      Their counterparts in Tunisia joined the fishermen’s families and friends on Thursday morning to protest in front of the Italian embassy in Tunis. Three busloads arrived from Zarzis after an 8-hour night-time journey for the occasion, and many others had come from other Tunisian towns to show their solidarity. Gathered there too were members of La Terre Pour Tous, an association of families of missing Tunisian migrants, who joined in to demand the immediate release of the fishermen. A sister protest was organised by the Zarzis diaspora in front of the Italian embassy in Paris on Saturday afternoon. Fishermen networks from Morocco and Mauritania also released statements of support, and the Tunisian State Secretary for Immigration Adel Jarboui urged Italian authorities to release the fishermen, who are considered heroes in Tunisia.

      The fishermen’s arrest is the latest in a chain of actions taken by the Italian Lega and Five Star government to further criminalise rescue in the Mediterranean Sea, and to dissuade people from all acts of solidarity and basic compliance with international norms. This has alarmingly resulted in the number of deaths in 2018 increasing exponentially despite a drop in arrivals to Italy’s southern shores. While Chamseddine’s lawyer hasn’t yet been able to visit him in prison, his brother and cousin managed to go see him on Saturday. As for telling them about what happened on August 29, Chamseddine simply says that he was assisting people in distress at sea: he’d do it again.

      https://www.opendemocracy.net/can-europe-make-it/valentina-zagaria/when-rescue-at-sea-becomes-crime-who-tunisian-fishermen-arrested-in-i

    • Les pêcheurs de Zarzis, ces héros que l’Italie préfère voir en prison

      Leurs noms ont été proposés pour le prix Nobel de la paix mais ils risquent jusqu’à quinze ans de prison : six pêcheurs tunisiens se retrouvent dans le collimateur des autorités italiennes pour avoir aidé des migrants en Méditerranée.

      https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/les-p-cheurs-de-zarzis-ces-h-ros-que-l-italie-pr-f-re-voir-en-prison-

    • Les pêcheurs tunisiens incarcérés depuis fin août en Sicile sont libres

      Arrêtés après avoir tracté une embarcation de quatorze migrants jusqu’au large de Lampedusa, un capitaine tunisien et son équipage sont soupçonnés d’être des passeurs. Alors qu’en Tunisie, ils sont salués comme des sauveurs.

      Les six pêcheurs ont pu reprendre la mer afin de regagner Zarzis, dans le sud tunisien. Les familles n’ont pas caché leur soulagement. Un accueil triomphal, par des dizaines de bateaux au large du port, va être organisé, afin de saluer le courage de ces sauveteurs de migrants à la dérive.

      Et peu importe si l’acte est dénoncé par l’Italie. Leurs amis et collègues ne changeront pas leurs habitudes de secourir toute embarcation en danger.

      A l’image de Rya, la cinquantaine, marin pêcheur à Zarzis qui a déjà sauvé des migrants en perdition et ne s’arrêtera pas : « Il y a des immigrés, tous les jours il y en a. De Libye, de partout. Nous on est des pêcheurs, on essaie de sauver les gens. C’est tout, c’est très simple. Nous on ne va pas s’arrêter, on va sauver d’autres personnes. Ils vont nous mettre en prison, on est là, pas de problème. »

      Au-delà du soulagement de voir rentrer les marins au pays, des voix s’élèvent pour crier leur incompréhension. Pour Halima Aissa, présidente de l’Association de recherche des disparus tunisiens à l’étranger, l’action de ce capitaine de pêche ne souffre d’aucune légitimité : « C’est un pêcheur tunisien, mais en tant qu’humaniste, si on trouve des gens qui vont couler en mer, notre droit c’est de les sauver. C’est inhumain de voir des gens mourir et de ne pas les sauver, ça c’est criminel. »

      Ces arrestations, certes suivies de libérations, illustrent pourtant la politique du nouveau gouvernement italien, à en croire Romdhane Ben Amor, du Forum tunisien des droits économiques et sociaux qui s’inquiète de cette nouvelle orientation politique : « Ça a commencé par les ONG qui font des opérations de sauvetage dans la Méditerranée et maintenant ça va vers les pêcheurs. C’est un message pour tous ceux qui vont participer aux opérations de sauvetage. Donc on aura plus de danger dans la mer, plus de tragédie dans la mer. » Pendant ce temps, l’enquête devrait se poursuivre encore plusieurs semaines en Italie.

      ■ Dénoncés par Frontex

      Détenus dans une prison d’Agrigente depuis le 29 août, les six pêcheurs tunisiens qui étaient soupçonnés d’aide à l’immigration illégale ont retrouvé leur liberté grâce à la décision du tribunal de réexamen de Palerme. L’équivalent italien du juge des libertés dans le système français.

      Le commandant du bateau de pêche, Chamseddine Bourassine, président de l’association des pêcheurs de Zarzis, ville du sud de la Tunisie, avait été arrêté avec les 5 membres d’équipage pour avoir secouru au large de l’île de Lampedusa une embarcation transportant 14 migrants.

      C’est un #avion_de_reconnaissance, opérant pour l’agence européenne #Frontex, qui avait repéré leur bateau tractant une barque et averti les autorités italiennes, précise notre correspondante à Rome, Anne Le Nir.

      http://www.rfi.fr/afrique/20180923-pecheurs-tunisiens-incarceres-depuis-fin-aout-sicile-sont-libres

    • A Zarzis, les pêcheurs sauveurs de migrants menacés par l’Italie

      Après l’arrestation le 29 août de six pêcheurs tunisiens à Lampedusa, accusés d’être des passeurs alors qu’ils avaient secouru des migrants, les marins de la petite ville de Zarzis au sud de la Tunisie ont peur des conséquences du sauvetage en mer.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/121118/zarzis-les-pecheurs-sauveurs-de-migrants-menaces-par-l-italie


  • Rites conservateurs ou libérateurs ? | Un peu d’air frais
    http://www.airfrais-radio.fr/post/Rites-cr%C3%A9atifs

    1re partie : « Le Jala’a de Sumegne », un documentaire sonore de Didier Tcheuileu Pounsi. « Le Jala’a de Sumegne » nous fait voyager dans l’univers de Francis Sumegne, artiste plasticien basé à Yaoundé au Cameroun. 2nde partie : Interview des réalisatrices Leila Chaibi et Hélène Poté, qui ont produit film documentaire « Le Verrou ». Tunis aujourd’hui. Trois femmes, trois témoignages. Houda, Mabrouka et Faouzia ont en commun le tasfih, un rituel magique qui vise à protéger les jeunes filles de toute pénétration, désirée ou subie, avant le mariage. Durée : 1h52. Source : Radio Libertaire

    http://amaanda.free.fr/Rfrais2018/Rfraismars18.mp3


  • La dette, l’arme française de la conquête de la Tunisie Éric Toussaint - 7 juillet 2016 - Orient XXI
    https://orientxxi.info/magazine/la-dette-l-arme-qui-a-permis-a-la-france-de-s-approprier-la-tunisie,1395

    Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la Tunisie a expérimenté à son détriment le mécanisme de la dette extérieure comme instrument de domination et d’aliénation de la souveraineté d’un État. Livrée pieds et poings liés à ses créanciers extérieurs, la régence de Tunis perdra son autonomie pour devenir un protectorat français.


    Avant 1881, date de sa conquête par la France qui la transforme en protectorat, la régence de Tunis, province de l’empire ottoman, disposait d’une importante autonomie sous l’autorité d’un bey. Jusqu’en 1863, elle n’emprunte pas à l’étranger : la production agricole assure bon an mal an l’indépendance alimentaire du pays. Mais avec l’accession au trône de Mohammed el-Sadik Bey (Sadok Bey) en 1859, l’influence des puissances européennes, en particulier de leurs banquiers, grandit. Le premier emprunt de la Tunisie à l’étranger cette année-là constituera une véritable arnaque qui débouchera dix-huit ans plus tard sur la conquête de la Tunisie par la France.

    Les banquiers parisiens, comme leurs collègues londoniens, disposent de liquidités abondantes et cherchent des placements à l’étranger plus rémunérateurs que chez eux. Quand, début 1863, le bey fait savoir qu’il souhaite emprunter 25 millions de francs, plusieurs banquiers et courtiers de Londres et de Paris proposent leurs services. Finalement, c’est Émile Erlanger qui emporte le « contrat ». Selon le consul britannique, il lui aurait proposé 500 000 francs afin d’obtenir son soutien. Erlanger, associé à d’autres, obtient également l’autorisation du gouvernement français de vendre à la bourse de Paris des titres tunisiens.

    Une escroquerie à grande échelle
    Selon un rapport établi en 1872-1873 par Victor Villet, un inspecteur français des finances, l’emprunt est une pure escroquerie. D’après le banquier Erlanger, 78 692 obligations tunisiennes sont émises, chacune d’une valeur nominale de 500 francs. L’emprunteur (la Tunisie) doit recevoir environ 37,7 millions de francs (78 692 obligations vendues à 480 francs, soit 37,77 millions) et rembourser à terme 65,1 millions. Selon l’enquête de Villet, Erlanger a prélevé un peu plus de 5 millions de francs de commission (soit environ 13 % du total), plus 2,7 millions détournés, certainement par le premier ministre du bey et le banquier. Donc, pour disposer de 30 millions, le gouvernement tunisien s’engage à rembourser plus du double (65,1 millions).

    Cet emprunt extérieur doit servir à restructurer la dette interne évaluée à l’équivalent de 30 millions de francs français. Il s’agit concrètement de rembourser les bons du trésor beylical ou « teskérés », ce qui est fait, mais les autorités en émettent de nouveau pour un montant équivalent. Victor Villet raconte : « En même temps que dans les bureaux du représentant de la maison Erlanger à Tunis on remboursait les anciens titres..., un courtier du gouvernement (M. Guttierez) installé dans le voisinage reprenait du public l’argent que celui-ci venait de recevoir, en échange de nouveaux teskérés émis au taux de 91 %. À la faveur de cette comédie de remboursement, la dette se trouva simplement... augmentée de 15 millions à peu près ».

    En moins d’un an, l’emprunt est dilapidé. Dans le même temps, l’État se retrouve, pour la première fois de son histoire, endetté vis-à-vis de l’étranger pour un montant très élevé. La dette interne qui aurait dû être remboursée par l’emprunt extérieur a été multipliée par deux. Le bey choisit, sous la pression de ses créanciers, de transférer la facture vers le peuple en augmentant de 100 % la mejba, l’impôt personnel.

    Des profits juteux grâce aux « valeurs à turban »
    La mesure provoque en 1864 une rébellion générale. Les insurgés accusent le gouvernement d’avoir vendu le pays aux Français. Le bey tente par la force d’extorquer un maximum d’impôts et d’amendes à la population. Son échec l’oblige à monter avec le banquier Erlanger un nouvel emprunt en mars 1865 d’un montant de 36,78 millions de francs à des conditions encore plus mauvaises et scandaleuses qu’en 1863. Cette fois, un titre de 500 francs vendu 480 francs en 1863 ne l’est plus qu’à 380 francs, à peine 76 % de sa valeur faciale. Résultat, l’emprunteur s’endette pour 36,78 millions, cependant il ne reçoit qu’un peu moins de 20 millions. Les frais de courtage et les commissions prélevées par le banquier Erlanger et ses associés Morpurgo-Oppenheim s’élèvent à 18 %, plus près de 3 millions détournés directement par moitié par les banquiers et par moitié par le premier ministre et ses associés. La somme à rembourser en 15 ans s’élève à 75,4 millions de francs.

    Les banquiers ont réalisé une très bonne affaire : ils ont prélevé à l’émission environ 6,5 millions de francs sous forme de commissions, de frais de courtage et de vol pur et simple. Tous les titres ont été vendus en quelques jours. Il règne à Paris une euphorie à propos des titres des pays musulmans (Tunisie, empire ottoman, Égypte), désignés comme les « valeurs à turban », les banquiers payant la presse pour publier des informations rassurantes sur les réalités locales.

    À la merci des créanciers
    Les nouvelles dettes accumulées au cours des années 1863-1865 mettent la Tunisie à la merci de ses créanciers extérieurs ainsi que de la France. Il lui est tout simplement impossible de rembourser les échéances. L’année 1867 est une très mauvaise année agricole. Pressé de se procurer des devises, le bey privilégie l’exportation des produits agricoles au détriment du marché intérieur, avec à la clef d’abord la disette dans plusieurs provinces de la régence, puis une épidémie de choléra.

    En avril 1868, sous la dictée des représentants de la France, le bey établit la Commission internationale financière. Le texte du décret du 5 juillet 1869 constitue un véritable acte de soumission aux créanciers. L’article 9, particulièrement important, indique très clairement que la Commission percevra tous les revenus de l’État sans exception. L’article 10, décisif pour les banquiers, prévoit qu’ils y auront deux représentants. L’une des tâches principales de la commission — la plus urgente — est de restructurer la dette. Aucune réduction de dette n’est accordée à la Tunisie. Au contraire, les banquiers obtiennent qu’elle soit portée à 125 millions de francs. C’est une victoire totale pour ces derniers, représentés par les délégués d’Alphonse Pinard et d’Émile Erlanger qui ont racheté en bourse des obligations de 1863 ou de 1865 à 135 ou 150 francs. Ils obtiennent grâce à la restructuration de 1870 un échange de titres quasiment au prix de 500 francs.

    Les autorités tunisiennes sont complices de ce pillage. Le premier ministre Mustapha Khaznadar, d’autres dignitaires du régime — sans oublier d’autres Tunisiens fortunés qui détenaient également des titres de la dette interne —font d’énormes profits lors de la restructuration.

    Indemnisés et largement satisfaits, Pinard et Erlanger se retirent alors de Tunisie. Émile Erlanger construit un empire financier, notamment grâce à ses opérations tunisiennes, met la main sur le Crédit mobilier de Paris et, quelques années plus tard, sur la grande agence de presse Havas. De son côté, Alphonse Pinard poursuit ses activités en France et dans le monde, participe à la création de la Société générale (l’une des trois principales banques françaises aujourd’hui) ainsi qu’à une autre banque qui s’est transformée au cours du temps en BNP Paribas (la principale banque française actuelle).

    Mise sous tutelle
    Depuis la conquête de l’Algérie à partir de 1830, Paris considère que la France a plus qu’un droit de regard sur la Tunisie. Encore faut-il trouver le prétexte et le moment opportun. Dans la région, l’Égypte a la priorité pour des raisons géostratégiques : la possibilité d’avoir un accès direct à l’Asie avec l’ouverture du canal de Suez entre la Méditerranée et la mer Rouge en 1869 ; l’accès à l’Afrique noire par le Nil ; la proximité de l’Orient par voie terrestre ; le potentiel agricole de l’Égypte ; la concurrence entre le Royaume-Uni et la France (celui des deux pays qui contrôlera l’Égypte aura un avantage stratégique sur l’autre).

    Lors du Congrès de Berlin en juin 1878 qui partage l’Afrique, tant l’Allemagne que l’Angleterre abandonnent à la France la Tunisie — qui ne présente aucun attrait pour l’Allemagne. Pour le chancelier allemand Otto von Bismarck, si la France se concentre sur la conquête de la Tunisie avec son accord, elle sera moins encline à récupérer l’Alsace-Lorraine. Le Royaume-Uni, qui donne la priorité à la Méditerranée orientale (Chypre, Égypte, Syrie…), voit aussi d’un bon œil que la France soit occupée à l’ouest en Tunisie.

    La diplomatie française n’a de cesse de provoquer un incident ou de trouver un prétexte qui justifie une intervention de la France. Le conflit entre la tribu algérienne des Ouled Nahd et les Kroumirs tunisiens est l’occasion de lancer une intervention militaire française de grande ampleur. Vingt-quatre mille soldats sont envoyés contre les Kroumirs. Le traité du 12 mai 1881 signé entre le bey de Tunis et le gouvernement français instaure un protectorat français en Tunisie. La leçon ne doit pas être oubliée.
    #Éric_Toussaint

    #Tunisie #dette #havas #Émile_Erlanger #diplomatie #Alphonse_Pinard #BNP_Paribas #banquiers #bourse


  • Sept ans après la révolution, comment se porte la société tunisienne ?
    https://positifvortex.wordpress.com/2018/08/23/sept-ans-apres-la-revolution-comment-se-porte-la-societe-tu

    L’atmosphère est irrespirable ce samedi après-midi de juin dans les ruelles du centre-ville de Tunis. L’avenue Habib-Bourguiba, du nom du fer de …


  • Quand Médiapart participe à la campagne contre Corbyn

    L’article publié par Médiapart ce mercredi 23 participe à la campagne contre Corbyn, en voici des extraits

    https://www.mediapart.fr/journal/international/210818/au-royaume-uni-la-decomposition-du-paysage-politique-se-poursuit?page_arti

    Corbyn est désormais mis en cause pour avoir déposé en 2014 une couronne de fleurs sur la tombe de membres d’un groupe palestinien, qui avait organisé la prise d’otages d’athlètes et entraîneurs israéliens aux JO de Munich, en 1972. Douze d’entre eux étaient morts. Après cette révélation du Daily Mail (photos à l’appui), le leader travailliste a reconnu avoir été « présent », mais a ajouté qu’il ne « pense pas avoir été impliqué » dans la cérémonie proprement dite (voir la une ci-contre).

    En tant que député spécialiste des questions internationales, il était présent ce jour-là à Tunis pour une conférence, à l’invitation du président tunisien de l’époque. Plus tard, il a expliqué avoir bien déposé une gerbe, mais c’était pour les victimes d’une frappe d’Israël contre les bureaux tunisiens de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
    L’affaire du wreathgate (wreath signifie couronne) lui a valu un tweet spectaculaire du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, l’exhortant à exprimer une « condamnation sans équivoque » de l’antisémitisme. Corbyn s’y est refusé, préférant condamner les manifestants tués à Gaza ces dernières semaines sous les tirs de l’armée israélienne.

    Afin d’éteindre ces polémiques incessantes sur l’antisémitisme au sein du parti travailliste, le député londonien a décidé dans l’été d’intégrer au règlement du parti une définition de l’antisémitisme fixée par l’International Holocaust Remembrance Alliance. Mais il a finalement proposé d’amender cette définition en refusant d’intégrer l’ensemble des sous-exemples avancés, en particulier celui qui précise qu’accuser les juifs d’être « plus loyaux envers Israël que leurs propres nations » est un comportement antisémite.

    Deux remarques
    sur l’affaire de la couronne, j’ai déjà écrit sur OrientXXI
    https://orientxxi.info/magazine/jeremy-corbyn-les-palestiniens-et-l-antisemitisme,2585

    sur la définition de l’antisémitisme, un des problèmes est la volonté d’en imposer une définition qui, de fait, empêche toute critique d’Israël


  • Dans les rues de Tunis, hommes et femmes seront répartis « kif-kif » entre cinq pays
    Malte donne un accord héritage pour accueillir les migrants à bord de l’« Aquarius »

    Raffarin : Le scoutisme est plus à la mode que « L’affaire Benalla »
    Jean Pierre veut rester un accident , une rupture au nom de ses valeurs

    A Annecy, les enfants des féministes apprennent à se baigner avec les transgenres
    Des bois britanniques ne veulent pas devenir copains des villes
    #de_la_dyslexie_créative

    https://www.youtube.com/watch?v=K5BKHBNrVcc


    Stan Ridgway - Newspapers


  • Antisémitisme : le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn à nouveau dans la tourmente

    Plusieurs erreurs dans un article du Monde

    https://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2018/08/14/antisemitisme-le-leader-travailliste-britannique-jeremy-corbyn-a-nou

    Le Daily Mail a publié samedi une photo montrant M. Corbyn en 2014 tenant en ses mains une couronne de fleurs lors d’une cérémonie à Tunis. Celui qui était alors simple député était sur place pour une conférence consacrée à la Palestine, organisée par le président tunisien. A la fin, deux gerbes de fleurs ont été déposées sur des tombes palestiniennes.

    La première commémorait 47 Palestiniens tués dans une attaque aérienne israélienne sur une base de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1985. M. Corbyn affirme que c’est ce que la photo du Daily Mail montre. La seconde a été déposée sur les tombes de Salah Khalaf, le fondateur de Septembre noir, Fakhri al-Omari, son bras droit, et Hayel Abdel-Hamid, le chef de la sécurité de l’OLP. Tous les trois ont été assassinés vingt ans après l’attentat de Munich par le Mossad, les services secrets israéliens. C’est cette cérémonie à laquelle M. Corbyn dit avoir été simplement « présent ».

    Noter : que Salah Khalaf, aussi connu sous le nom d’Abou Iyad, a été assassiné par le groupe Abou Nidal. Mais le réduire à fondateur de Septembre Noir est une absurdité : il était un des principaux compagnons d’Arafat et un des principaux dirigeants de l’OLP. Il a soutenu les évolutions politiques de l’organisation après 1973. Il faut lire le livre qu’Eric Rouleau lui a consacré « Palestinien sans patrie ».Pourquoi refuserait-on de déposer des fleurs sur sa tombe ? Il faudrait alors refuser aux dirigeants étrangers d’aller sur la tombe de Yasser Arafat.

    La campagne engagée contre Corbyn ne vise pas des dérives antisémites, mais bien la solidarité avec les Palestiniens. Il est dommage que Le Monde y contribue.

    A relire sur OrientXXI
    https://orientxxi.info/magazine/antisemitisme-offensive-orchestree-contre-jeremy-corbyn-au-royaume-uni,2


  • Les réfugiés syriens en #Tunisie s’intègrent parfaitement- Reportage de ARTE

    Arte reporte l’histoire de la famille “Nazel”, dans une banlieue de Tunis. L’exemple d’une intégration réussie d’une famille de réfugiés qui a débarqué en Tunisie il y a de cela 6 ans.

    https://www.huffpostmaghreb.com/entry/les-refugies-syriens-en-tunisie-sintegrent-parfaitement-reportage-d
    Commentaire de Raphaël Krafft sur twitter :

    Les signaux (ONGs, institutions internationales, médias) sur la Tunisie potentielle “#terre_d’accueil” se multiplient ces dernières semaines. Pour rappel, il n’y existe toujours pas de législation sur l’asile.

    https://twitter.com/RafAvelo/status/1025810725233721349

    Probablement une stratégie pour convaincre l’opinion publique que la Tunisie pourrait accueillir les fameuses #disembarkation_platform (https://seenthis.net/messages/703288) ??? Donc encore une manoeuvre liée à l’#externalisation des #frontières...
    Qu’en penses-tu @isskein ?

    #intégration #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_syriens

    cc @_kg_

    cc @isskein

    • Et s’on regarde ailleurs, un peu plus loin de l’exemple de la famille Nazel :

      – Les familles syriennes qui font la mendicité avec leurs enfants dans les villes de l’intérieur, notamment à Gafsa et Sidi Bouzid (source UNHCR Sfax).

      – Les familles syriennes à Médenine qui ne sont pas enregistrés par l’UNHCR pendant des semaines et restent sans aucune prise en charge…parce que l’UNHCR a externalisé l’enregistrement au Croissant Rouge Tunisien (CRT) et le CRT est en fête de ramadan, donc faut revenir après l’aïd. En plus, des conflits entre les différents demandeurs d’asile qui sont logés dans les mêmes logements dont la culture et la religion est très différent —> réfugiés subsahariens et réfugiés syriens (source Tunisia Charity Médenine).

      – Le très mauvais état des logements des demandeurs d’asile à Médenine et des problèmes de scolarisation de leurs enfants (source Direction Régionale de Santé (DRS) Médenine).

      – Le travail de l’UNHCR dans l’ensemble qui ne fournit pas toujours l’attestation de demande d’asile (personnes sans aucune protection mais en demande d’asile) (source migrante).

      – Et un nombre très élevé des demandeurs d’asile qu’on ne retrouve plus, des demandeurs d’asile qui disparaissent...selon un interview au Sud : vers l’Europe.

      …peut-être qu’ARTE doit en réfléchir de ne pas montrer UNE SEULE HISTOIRE.


  • Tunisie : le mouvement BDS appelle au boycott d’un navire israélien
    Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 03/08/2018
    http://geopolis.francetvinfo.fr/tunisie-le-mouvement-bds-appelle-au-boycott-d-un-navire-israel

    TACBI, mouvement tunisien de boycott d’Israël, appelle la Tunisie à empêcher l’arrivée d’un bateau que le mouvement considère comme israélien et demande au syndicat des travailleurs tunisiens UGTT d’« empêcher le déchargement de ce bateau au cas où il serait autorisé à entrer dans le port ».

    « La compagnie maritime israélienne ZIM fera une escale au port de Radès (Tunisie) le 4 ou 5 août avec un bateau battant pavillon turc nommé Cornelius A », affirme le mouvement TACBI (Tunisian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel). Radès est le port spécialisé dans les conteneurs du complexe portuaire de Tunis-La Goulette.

    « Il serait extrêmement scandaleux de permettre à ce bateau d’accoster à Radès, d’autant plus que dimanche dernier, la marine israélienne a intercepté la Flottille de la Liberté en eaux internationales et s’est pris à son équipage. L’Awda, le navire amiral de la flottille partie cette année de Suède et de Norvège, a été intercepté par la marine israélienne, et détourné vers le port israélien d’Ashdod. Son équipage et ses passagers ont été arrêtés et sont actuellement détenus en Israël. L’Awda apportait une cargaison de médicaments dont la Bande de Gaza manque cruellement, et devait elle-même être remise en cadeau aux pêcheurs palestiniens de Gaza », estime TACBI sur son site.

    #BDS

    • Le transporteur israélien ZIM ne franchira pas les eaux territoriales tunisiennes
      Soumis par admin le dim 05/08/2018 - 17:40
      http://tacbi.org/node/43

      Le bateau, nommé Cornelius A, appartenant à l’armateur turc Arkas avec lequel ZIM a conclu un accord de partage de navires (Vessel Sharing Agreement) a finalement été déprogrammé alors qu’il aurait dû accoster au port de Radès (Tunisie) le 5 août, d’après le site web de ZIM.

      Le site VesselFinder qui suit la navigation des bateaux par GPS montre que Cornelius A est actuellement à l’arrêt depuis samedi soir jusqu’à l’heure de publication de ce communiqué (dimanche 5/8/2018 à 18h).

      TACBI se réjouit de cette victoire sur la normalisation avec les entreprises du régime sioniste.

      Nous tenons à cette occasion à remercier particulièrement l’UGTT, principale fédération de travailleurs de Tunisie, qui avait qualifié de « grave » la nouvelle de l’arrivée à Radès du bateau lié à Israël et incité les autorités officielles à réagir, et ce dans un communiqué publié sur sa page Facebook. Nos remerciements s’adressent de même aux médias nationaux et internationaux qui ont relayé notre appel, nous saluons vivement la mobilisation qui s’est développée à travers les différents réseaux sociaux ainsi que la solidarité adressée par des organisations arabes et internationales.

    • Le silence assourdissant du gouvernement tunisien sur l’affaire du Cornelius A
      Auteur TACBI - mer 08/08/2018
      http://tacbi.org/node/51

      Tunis le 8 août 2018 — Alors que le gouvernement garde obstinément le silence sur un dossier politique sur lequel il a été interpellé par l’UGTT, à la suite de l’initiative de TACBI, ce n’est qu’une réponse « technique » et, qui plus est inexacte, qui a été donnée par le responsable communication auprès de l’Office de la marine marchande et des ports dans les colonnes du journal la Presse.

      1- Sur la réponse technique : la question n’est pas celle de savoir si le Cornelius A continue à fréquenter les ports de l’occupation. Ce que les documents établissent c’est que le Cornelius A est intégré à la logistique mise en place par la ZIM au service du projet politique sioniste d’enfoncer la porte de la normalisation – violant la souveraineté de la Tunisie et l’esprit même de la Constitution.

      2 - Quelle est la réponse politique à la preuve irréfutable apportée par TACBI de l’existence même d’une ligne maritime régulière de l’entreprise de transport maritime israélienne ZIM entre les ports de Haifa et de Rades via le port de Valence depuis plusieurs années ? La réponse est d’autant plus nécessaire que l’existence même de ce programme démontre que des marchandises israéliennes arrivent par la mer en Tunisie, contrairement aux dénégations officielles. (...)

    • Un navire « infecté », errant en Méditerranée, un gouvernement dans l’embarras, une opinion publique privée de son droit à l’information
      jeu 09/08/2018 - 10:46 | Auteur TACBI
      http://tacbi.org/node/53

      L’UGTT a informé ce matin TACBI que le bateau Cornelius A, affrété par le transporteur maritime israélien ZIM et qui cherchait à accoster au port de Radés avait finalement rebroussé chemin. Selon le site de tracking de navigation VesselFinder, à 10h45 (heure de Tunis), le Cornelius A s’éloigne désormais des côtes tunisiennes ; il est au large de Bijaea (Algérie).
      Le syndicat des dockers du port de Radès, affilié à l’UGTT, avait en effet menacé de bloquer le port de Radès si le navire cherchait à y accoster, menace visiblement très efficace.

      Nous remercions particulièrement l’UGTT et plus largement toute la société civile tunisienne de s’être mobilisée pour faire respecter la loi tunisienne en faisant échouer cette tentative d’infiltration sioniste.

      De leur côté, les autorités tunisiennes avaient auparavant déclaré qu’elles « se réservaient le droit d’empêcher l’accostage du navire si le manifeste (détail de la cargaison) contenait une quelconque marchandise en provenance d’Israël et destinée à la Tunisie » et que « l’autorité maritime procéderait exceptionnellement à un "Port State Control", qui permet à des inspecteurs de monter à bord du bateau avant l’accostage, afin de vérifier la cargaison et les documents. »


  • The real Oslo criminals
    https://www.haaretz.com/opinion/.premium-the-real-oslo-criminals-1.6338505

    We should adopt the conceit of the right: the Oslo criminals. The pejorative should be attached, of course, to Benjamin Netanyahu and the savage incitement that he and the settlers perpetrate; but the heroes of the peace, Yitzhak Rabin and Shimon Peres, are also worthy of the title. Their missed opportunity, rooted chiefly in their cowardice, is unforgivable.

    A new documentary shows this quite well. “The Oslo Diaries,” directed by Mor Loushy and Daniel Sivan, which was screened at the Jerusalem Film Festival, is a moving and important film that many Israelis will see.

    When it was over, a woman sitting in front of me got up and tried in vain to hold back her tears. It was the chairwoman of Meretz, MK Tamar Zandberg. It was touching to see a politician crying over a missed opportunity, but a similar discomfort, to heavy to bear, filled the entire hall. The film proves how, despite all the wariness toward the Oslo Accords, they still represented an opportunity — and this is what Rabin and Peres missed. This missed opportunity was not only fateful, it was also irreparable.

    “The Oslo Diaries” reflects the spirit of the times. Netanyahu, still with his unkempt hair, looks like a crazy man at the right-wing rallies, his eyes spinning round, different from his relatively level-headed image of today, and the fascist and violent atmosphere of the street as never seen before in Israel. But the film deals with the peacemakers, and the picture that arises from them too is worrying. They are the explanation for the failure, most of which can be placed on their shoulders.

    Faltering from the beginning: Yair Hirschfeld preaches morality with characteristic haughtiness and threatens Ahmed Qureia for daring to mention the Nazi occupation of Norway and to compare it to the Israeli occupation, which has lasted 10 times longer and exacted many more victims. A few of the other members of the Israeli delegation are tainted by the same arrogance toward the Palestinians — particularly legal adviser Joel Singer, who is exposed in the film as an especially repulsive and arrogant individual.

    Standing out from them is the innocent and benevolent figure of Ron Pundak, and above all of them shines Yossi Beilin, one of a rare breed of diplomats who can set his ego aside, always behind the scenes and focused on the goal rather than on getting credit. Beilin has never received his due honor: Oslo is Beilin, Beilin is Oslo. The missed opportunity belongs to those above him, Rabin and Peres. They are the heroes of Oslo, and its criminals.

    They began the negotiations with the intention of manipulating the Palestinians as far as possible. There is not a moment of equality or fairness in the negotiations. When agreement is reached on an Israeli withdrawal from the West Bank in the second stage, they insisted on only 2 percent. Only they had “misgivings” about sitting with the PLO. They, who never shed a drop of blood, found it so difficult to speak with the bloodthirsty terrorists from Tunis. They, who did not exile hundreds of thousands in 1948 and did not establish the occupation enterprise in 1967, suffered so much from speaking with terrorists.

    The theatrical feeling of disgust they showed, and Rabin in particular, from shaking hands with Yasser Arafat demonstrated their true attitude toward the Palestinians. Rabin of the expulsion of Ramle and the massacre in Lod, Rabin of “break their bones,” recoiled so much from defiling his pure hands with Arafat’s bloody hands. And he took the trouble to show it, too. This is not how you make peace. If anyone should have recoiled it was Arafat, who was forced to shake the hand of someone who occupied and disinherited him. Arafat wanted to start a new chapter more than Rabin did.

    But the main guilt is in the missed opportunity. There were at least two, one for Rabin and one for Peres. Rabin, who gave Beilin the impression that he was about to remove the Jewish community of Hebron after the Baruch Goldstein massacre, became frightened and did not keep his word, and in doing so determined the future of the relations, possibly forever.

    At the end of the 40 days of mourning, the suicide bombing attacks began. It is not difficult to imagine what would have happened had Rabin removed the obstacle of the settlement in Hebron. Peres, who in the movie is seen giving one of his peace speeches, one of the most courageous and hair-raising ever heard here, rejected as prime minister the draft of the permanent agreement reached by Beilin and Mahmoud Abbas, out of fear of the coming elections. This was the second moment of missed opportunity. Everyone knows what happened next, and it makes one despair.





  • Le cauchemar des migrantes.
    Un reportage de Maurine Mercier pour la RTS.

    Maurine Mercier racontait, en octobre dernier, le sort des femmes migrantes qu’elle a rencontrées dans un centre tunisien qui les accueille. Ce reportage lui a valu de remporter le Swiss Pass Award dans la catégorie radio. Rediffusion.

    http://pages.rts.ch/la-1ere/programmes/tout-un-monde/9505922-tout-un-monde-du-27-04-2018.html#timeline-anchor-segment-9505916
    #Tunisie #audio #migrations #viols #femmes #Libye #prostitution #prostitution_forcée #Tunis

    Des femmes qui arrivent en Tunisie pour y trouver du travail et dans un premier temps sans l’envie d’aller en Europe, mais... après une vie de violences (y compris #violences_sexuelles) en Tunisie...

    « Du coup, alors qu’elles n’y avaient jamais pensé, leur seule alternative : partir en Europe, via la Libye », dit la journaliste.
    Et une femme raconte :
    « Où tout le monde veut aller, en Europe ».
    Journaliste : "Elles savent évidemment que pour y parvenir, en Libye, elles risquent, d’abord, de se faire violer, encore. L’une d’elle m’explique : « L’Europe ce n’est pas l’#espoir de trouver du travail ou de devenir riche, mais l’espoir de cesser d’être violée. »
    cc @_kg_ @isskein

    Transcription :