• La jet-set des escrologistes, par Nicolas Casaux
    https://www.facebook.com/nicolas.casaux/posts/10156947033822523

    Dans le monde anglophone (et parfois aussi dans le monde francophone, pour certains, dont le travail est traduit en français) : George Monbiot, Naomi Klein, Bill McKibben. Dans le monde francophone : Nicolas Hulot, Cyril Dion, Aurélien Barrau, Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Delannoy, Maxime De Rostolan. Il y en a d’autres.

    Habitués des #médias de masse, ils tiennent des #discours qui, malgré quelques différences ou nuances, forment une même et unique perspective, correspondant à la définition grand public de l’écologisme.

    Ladite perspective s’appuie sur une évaluation très partielle de la situation. Sur le plan écologique, elle tend à réduire les nombreux aspects de la #catastrophe en cours à un problème de taux de #carbone dans l’atmosphère (réchauffement climatique), et de « ressources naturelles » que la civilisation (industrielle) doit — condition sine qua non de sa perpétuation, leur ambition principale — s’efforcer de mieux gérer. Que les autres êtres vivants, les autres espèces et les communautés biotiques qu’elles forment possèdent une valeur intrinsèque, ne se réduisent pas à de simples « ressources », est rarement évoqué.

    Sur le plan social, lorsqu’ils soulignent des problèmes, nos #escrologistes pointent du doigt les #inégalités économiques ou le chômage. Certains vont jusqu’à dire du mal du capitalisme, mais ne critiquent en réalité que certains excès du système économique dominant. D’autres fois, ils dénoncent, plus honnêtement, quelque « #capitalisme dérégulé » ou « débridé » (Naomi Klein dans "Tout peut changer"). Mais ils ne parlent que très rarement, voire pas du tout, des injustices fondamentales que constituent la #propriété privée, la division hiérarchique du travail, le #travail en tant que concept capitaliste, des rapports de #domination qu’implique une organisation technique de la #société — la bureaucratie, l’État. Ils n’expliquent jamais, ou très rarement et très timidement, sans rien en tirer, qu’à l’instar de l’État en tant que forme d’organisation sociale, les régimes électoraux modernes n’ont rien de démocratique, qu’ils relèvent plutôt de l’#aristocratie élective, et que leur fonctionnement est clairement verrouillé, garanti et gardé par divers mécanismes coercitifs, y compris par la #violence physique.

    Ils se contentent d’en appeler à une sorte de nouvelle révolution verte, au moyen d’un new deal vert (Green New Deal) qu’agenceraient les gouvernants. Car aux yeux de nos escrologistes, il s’agit toujours de compter, pour sauver la situation — pardon, la #civilisation, mais aussi la planète, prétendument, puisqu’il est possible et souhaitable, d’après eux, de tout avoir — sur les dirigeants étatiques ou d’entreprise. New deal vert censé permettre de créer des tas d’emplois verts, au sein d’entreprises vertes, dirigées par des patrons verts — une exploitation verte, une #servitude verte —, de donner forme à une civilisation industrielle verte dotée de commodités technologiques vertes, smartphones verts, voitures vertes, etc., alimentés par des énergies vertes, et ainsi de suite (on parle désormais, de plus en plus, d’énergies "non-carbonées" plutôt que d’énergies "vertes", ce qui permet, à l’aide d’un autre #mensonge, de faire rentrer le #nucléaire dans le lot ; partout, vous pouvez remplacer "vert" par "non-carboné" ou "zéro carbone", ou "carboneutre", l’absurdité est la même).

    Au bout du compte, leur #réformisme à la noix vise uniquement à repeindre en vert le désastre en cours : repeindre en vert les oppressions, les dominations, les injustices. À faire croire qu’il est possible de rendre verte, durable, la civilisation technologique moderne — une rassurance dont on comprend aisément pourquoi elle est la bienvenue dans les médias de masse, pourquoi elle plait à tous ceux dont c’est la principale ambition. Un mensonge grossier : rien de ce qu’ils qualifient de vert ne l’est réellement. Une promesse creuse et, au point où nous en sommes rendus, criminelle. Affirmer, en 2019, comme le fait Aurélien Barrau dans son livre de promotion de l’écologie, pardon, de l’#escrologie, que ce qu’il faut, c’est "que nous nous engagions solennellement à ne plus élire quiconque ne mettrait pas en œuvre des mesures fermes" (pour tout repeindre en vert), "que les citoyens n’envisagent même plus de choisir pour représentant quiconque ne s’engagerait pas" (à tout repeindre en vert), zut alors.

    On peut croire à tout ça. C’est très con, mais on peut y croire. Surtout lorsqu’on fait partie des puissants, de ceux qui tirent leur épingle du désastre actuel — mais pas seulement, puisque, conditionnement aidant (c’est à ça que servent nos escrologistes) c’est même la religion dominante.

    Mais comment font certains pour continuer à dire que nous voulons tous la même chose, que nous devrions cesser de critiquer ces #éco-charlatans parce que nous voulons comme eux au bout du compte, que nous sommes tous pareils, etc. ?!

    #greenwashing

    • C’est intéressant mais à mettre dans le même sac des écologistes plus soft et des imbéciles heureux ou des suppôts du capitalisme, est-ce qu’on ne fait pas le truc classique de la gauche radicale : se couper des membres et jouer au jeu du plus radical qui se retrouvera tout seul ?

    • @antonin1 : « se couper des membres et jouer au jeu du plus radical qui se retrouvera tout seul »

      Ces gens-là ne sont pas des amis avec qui je fait des trucs, et sans eux, je ne me sens pas seul. Je crois qu’il faut aussi cesser de s’identifier avec les vedettes médiatiques et reconquérir une peu d’autonomie politique...

    • Je pensais surtout à Naomi Klein, pas trop à YAB, Barrau et Hulot, @tranbert. Klein, ses bouquins ont aidé plein de monde à faire le lien entre capitalisme et désastre écologique. D’où mon impression de "plus radical que moi tu meurs" alors que je pense aussi qu’il faut se garder des faux amies et être capable de redire ce en quoi on croit, une écologie juste et radicale.

      http://blog.ecologie-politique.eu/post/Leur-ecologie-et-la-notre

      BALLAST | Naomi Klein : « Le changement climatique génère des conflits »
      https://www.revue-ballast.fr/naomi-klein

      Tandis que les diri­geants du monde se réunissent pour « remé­dier » au pro­blème du chan­ge­ment cli­ma­tique à la Conférence de Paris, dite COP21, nous retrou­vons l’es­sayiste cana­dienne Naomi Klein, auteure des ouvrages phares No Logo et La Stratégie du choc, dans les bureaux de l’un de ses édi­teurs. La presse géné­ra­liste patiente à l’ex­té­rieur. Les élites, nous explique-t-elle, parlent, oui, mais ne font que ça, et tout est entre­pris pour que le grand public n’en­tende rien, ou si peu, à ces vastes enjeux — pour­tant cru­ciaux, et pas seule­ment d’un point de vue éco­lo­gique : et Klein de déplo­rer le mutisme des for­ma­tions sup­po­sé­ment cri­tiques et éman­ci­pa­trices en la matière.

    • @antonin1 : "être capable de redire ce en quoi on croit, une écologie juste et radicale."

      Je ne crois pas que le #Green_New_Deal que soutient #Naomi_Klein entre dans ces catégories...

      Naomi Klein : « Les gens veulent qu’on leur montre un futur où le monde ne s’effondre pas »

      https://www.liberation.fr/debats/2019/11/03/naomi-klein-les-gens-veulent-qu-on-leur-montre-un-futur-ou-le-monde-ne-s-

      Ou alors, j’ai pas tout très bien compris.

    • Je comprends tout à fait la réserve quant à Klein et à son soutien au Green New Deal.
      Par contre, je ne comprends pas qu’elle puisse être placée au même niveau que les autres cités. L’épaisseur de la pensée de Klein est tout de même d’un tout autre niveau que ces autres personnes, individus mis sur le devant de la scène on ne sait comment ni vraiment pourquoi, mais en tout cas pas par la densité de leur contribution intellectuelle, et qui fait que l’on comprend tout à fait qu’ils puissent être désignés à la vindicte à la façon du premier éditocrate venu.

    • Ce que je souhaite signifier : Qu’elle décide de rallier telle ou telle initiative pour laquelle nous considérons qu’elle est une ennemie, c’est une chose. Qu’elle soit considérée comme une escroc intellectuelle en est une autre. Ses raisonnements et ses contributions ne méritent pas d’être mises à la poubelle, comme on se doit de le faire pour le premier escroc venu. L’affrontement n’exclut pas le respect pour les apports intellectuels réels de ses contributions.

    • Je ne sais pas d’où vient le revirement de Klein, qui est d’habitude très critique des manœuvres des gouvernements et des entreprises. Peut-être qu’on a tou·tes en soi quelque chose de soc-dem, une envie de réformes parce qu’on a peur que ce soit pire sans ?

      Barrau est un vrai escroc, en revanche, car son autorité scientifique mise au service d’un raisonnement indigent est gerbante. C’est pour ça qu’à mon avis il est plus coupable que les autres, il se présente comme un penseur (pas comme les autres qui se présentent comme un pilote d’hélico ou gentil colibri) et c’est une pure escroquerie.

      Descola, d’abord signataire de son micro-texte merdique qui dit que c’est la faute de l’être humain, a ensuite exprimé des choses plus complexes sur quel est l’être humain qui exploite comme ça l’autre et son milieu ? Et c’est bien les classes dominantes d’une civilisation occidentale (rejointe par les autres classes dominantes) qui nous fait cette merde, pas « l’être humain » aliéné, plus ou moins exploité et plus ou moins gratifié par le capitalisme industriel.

  • L’Afrique à l’arrivée des premiers explorateurs européens

    https://www.nofi.media/2016/10/lafrique-3/31224

    Lorsque les premiers explorateurs européens arrivèrent sur le
    continent africain, contrairement à ce que beaucoup aiment à
    croire, ils ne rencontrèrent pas des sauvages à demi-nus se
    balançant de branches en branches avec des os dans le nez,
    mais bel et bien des hommes et des femmes civilisés.
    Par exemple, l’ethnologue et archéologue allemand Leo
    Frobenius (1873-1938) qui entreprit près d’une douzaine
    d’expéditions en Afrique sub-saharienne entre 1904 et 1935,
    témoigne dans une une brève description, de ce que à quoi la
    « Terre-Mère » ressemblait à l’arrivée des premiers Européens

    #afrique #colonisation #exploration

  • Intégralité de l’entretien accordé par Raoul Vaneigem
    au journal Le Monde (paru le 31 août 2019)

    https://lavoiedujaguar.net/Integralite-de-l-entretien-accorde-par-Raoul-Vaneigem-au-journal-Le-

    Le quotidien Le Monde a amputé d’une part significative l’entretien par écrit avec Raoul Vaneigem paru dans l’édition du 31 août 2019. Nous en publions la version intégrale.

    Est-il possible de sortir de la spirale des violences ?

    Il faut poser la question au gouvernement et lui rappeler le propos de Blanqui : « Oui messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres, les riches l’ont voulu ainsi, ils sont en effet les agresseurs. Seulement, ils considèrent comme action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend s’il est attaqué. » Le projet de Blanqui, qui prône la lutte armée contre les exploiteurs, mérite d’être examiné à la lumière de l’évolution conjointe du capitalisme et du mouvement ouvrier, qui luttait pour l’anéantir.

    La conscience prolétarienne aspirant à fonder une société sans classe a été une forme transitoire dont l’histoire a revêtu la conscience humaine à une époque où le secteur de la production n’avait pas encore cédé la place à la colonisation consumériste. C’est cette conscience humaine qui resurgit aujourd’hui dans l’insurrection dont les gilets jaunes ne sont qu’un signe avant-coureur. Nous assistons à l’émergence d’un pacifisme insurrectionnel qui, avec pour seule arme une irrépressible volonté de vivre, s’oppose à la violence destructrice du gouvernement. (...)

    #Vaneigem #entretien #censure #violence #gilets_jaunes #zapatistes #insurrection #civilisation

  • Les Mange-bitume
    http://carfree.fr/index.php/2019/08/19/les-mange-bitume

    Dans un #futur indéterminé mais relativement proche, la #civilisation est devenue « roulière », centrée sur la domination absolue de l’automobile. Les européens habitent tous dans des véhicules routiers aménagés qui circulent Lire la suite...

    #Fin_de_l'automobile #Fin_des_autoroutes #Livres #avenir #congestion #critique #dessins #progrès #technologie #voiture_autonome

  • « J’avoue, j’ai haï “#Tintin au Congo” », par In Koli Jean Bofane (Les blogs du Diplo, 7 août 2019)
    https://blog.mondediplo.net/j-avoue-j-ai-hai-tintin-au-congo

    Mais si l’album est constamment vilipendé par de dangereux activistes, c’est parce qu’on a occulté la forêt que cachait l’arbre. Il y a des bouquins qu’il ne faut surtout pas dissimuler. Il faut lire ces guides à destination des coloniaux en partance pour le Congo où l’injure et la cruauté sont affichées à chaque alinéa. On devrait faire déclamer dans les écoles ces lettres de jeunes officiers adressées à leur douce maman qui relatent comment ils ont accompli un périple de plus de six cents kilomètres à travers la jungle hostile et comment ils ont été obligés, tels des #anges purificateurs, de massacrer des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants sur leur passage afin d’apporter les lumières de la #civilisation aux nègres et à leurs négresses.

  • Le numéro 0 de la revue #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...


    Sommaire :

    La revue est disponible en ligne :
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2016/09/nunatakzero.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

    –-----

    des info plus détaillées sur le numéro 1 déjà sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/784730

    #revue #montagne #Alpes #montagnes

  • #Quebec : Une quinzaine d’aînés sont morts gelés ces dernières années - Isabelle Paré - 19 Juin 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/sante/557000/plusieurs-cas-semblables-a-celui-de-la-mere-de-gilles-duceppe

    Des lacunes dans les systèmes de surveillance de résidences pour aînés ont maintes fois été signalées par divers coroners, mais l’histoire semble se répéter. Depuis 2010, une quinzaine de personnes âgées et vulnérables sont mortes de froid hors des résidences qui en avaient la garde, dans des circonstances rappelant le drame vécu par Hélène Rowley Hotte et la famille de Gilles Duceppe en janvier dernier.

    Des documents obtenus par Le Devoir grâce à la Loi d’accès à l’information démontrent que depuis 2010 plusieurs coroners ont conclu que des déficiences dans les systèmes de verrouillage des portes ou encore dans la surveillance assurée par les employés étaient en cause dans les décès de résidents, survenus par hypothermie.

    Dans tous les cas observés par Le Devoir, ces résidents âgés ou atteints de démence ou d’autres troubles mentaux sont morts gelés à l’extérieur après avoir pu quitter leur résidence, parfois malgré la présence de portes « sécurisées », sans que leur absence prolongée soit rapidement signalée au personnel en fonction.

    Une histoire qui se répète
    Dès 2010, dans l’enquête menée sur le décès de Rita Pichette, 87 ans, survenu par un froid glacial le 29 janvier à Yamachiche, le coroner Éric Labrie pointait un système de portes de secours à fermeture automatique, impossible à rouvrir une fois à l’extérieur et non relié à un système d’alarme. L’année suivante, en 2011, deux dames âgées décédaient aussi dans le froid, Hélèna Côté, 85 ans, à Asbestos, et Ghislaine Boutin, 76 ans, à Montréal, découvertes gelées respectivement 30 et 40 heures après le signalement très tardif de leur disparition des résidences où elles habitaient.

    Un troisième cas a été signalé en 2011, celui de Rita Cardinal, 90 ans, résidente de la Villa du Bonheur de Saint-Louis-de-Gonzague, qui souffrait de démence. Malgré la sirène déclenchée vers minuit par l’ouverture du système de portes sécurisées, le responsable en fonction n’entendit jamais l’alarme. La dame a été retrouvée morte, au sol, par un voisin vers 5 h 30 le lendemain matin. Le coroner souligne que la résidence possédait un certificat en bonne et due forme, mais qui ne l’obligeait pas à se munir d’un système d’alarme. La dame, signale-t-il, aurait dû être hébergée dans un milieu beaucoup plus sécuritaire en raison du risque de fugue causé par son état de santé.

    En 2015, l’histoire bégaie à nouveau. Le coroner Labrie enquête sur la mort d’une femme de 80 ans, atteinte d’alzheimer, hébergée dans une résidence pour personnes autonomes et semi-autonomes à Trois-Rivières. Celle-ci a été retrouvée face contre terre par moins 19 degrés Celsius, après avoir quitté la résidence privée de caméras de surveillance et de portes dotées d’un système d’alarme. En avril 2015, Léonard Laplante, 91 ans, meurt frigorifié, lui aussi après être sorti sans éveiller l’attention des surveillants de sa résidence de Témiscouata-sur-le-Lac. Son absence n’a été remarquée qu’après la fin du quart de nuit. Quatre autres hommes âgés vivant dans des résidences pour aînés sont décédés d’hypothermie dans des conditions similaires après 2016, comme le rapportait Le Devoir en janvier dernier, peu de temps après le décès tragique de la mère de Gilles Duceppe.

    Dans plusieurs cas, les coroners signalent que ces aînés montraient visiblement des signes de confusion qui auraient nécessité un encadrement beaucoup plus serré que celui offert par leur résidence respective. Dans d’autres cas, les coroners ont conclu simplement à une mort accidentelle, sans aucune forme de blâme et sans faire de recommandations aux résidences concernées.

    Les rapports obtenus par la Loi d’accès à l’information démontrent que ce ne sont pas que les aînés qui font les frais du laxisme et des erreurs humaines observées dans certains centres d’hébergement, il y a aussi d’autres personnes vulnérables, souffrant de problèmes de santé mentale. Deux femmes souffrant de schizophrénie et un homme atteint de déficience intellectuelle sont aussi morts de froid après avoir erré plusieurs heures dehors par des températures glaciales en 2013 et en 2014, après avoir échappé aux personnes qui en assuraient la surveillance. Sous la protection du Curateur public, une femme psychotique, suivie par un CLSC de Drummondville, a même parcouru 32 kilomètres en plein hiver avant d’aller s’affaisser en plein champ près de 20 heures après avoir reçu son congé de l’hôpital.

    Un laxisme inacceptable
    Pour Pierre Blain, directeur de l’Union des usagers de la santé du Québec, la répétition de tels événements tragiques démontre le manque criant de dispositifs de sécurité et de formation qui sévit dans plusieurs types de résidences pour personnes âgées ou vulnérables. Pour obtenir une certification de résidence pour personnes âgées semi-autonomes, celles-ci n’ont même pas à se doter de caméras de sécurité. « Ces résidences doivent être soumises à des règles plus strictes. Toutes ces morts passées sous silence, on dirait que certains drames sont moins graves que d’autres », déplore-t-il.

    « Il y a non seulement de la négligence, il y a aussi de la bêtise. Dans la majorité des cas, ce sont des choses très facilement corrigibles, par des rappels au personnel », pense pour sa part Me Paul G. Brunet, p.-d.g. du Conseil pour la protection des malades, qui souhaite que le gouvernement sévisse et impose des sanctions plus sévères aux fautifs. « Même dans des résidences semi-autonomes, ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas de suivi strict ou de décompte. Quand on place son père ou sa mère, on s’attend à ce qu’ils soient plus en sécurité que seuls chez eux. Il va falloir aller jusqu’à faire perdre la certification à certaines résidences », affirme-t-il.

    #vieux #vielles #maltraitance #civilisation #ephad #hospice #fin_de_vie comme d’habitude, c’est le #personnel qui est mis en cause, jamais le #système , le #fric , le #capitalisme, la direction de ces établissements. Pas assez sz #surveillance, faut ils les enfermer en #prison ?

  • En plein cœur de Kinshasa : une rivière de plastique Esmeralda Labye - 19 Mai 2019 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_en-plein-c-ur-de-kinshasa-une-riviere-de-plastique?id=10224885

    Une rivière de plastique au cœur de la capitale de la République démocratique du Congo. Ce sont les correspondants de Media Congo Press qui ont alerté l’opinion publique et les journalistes étrangers. Les affluents du fleuve Congo sont chargés de déchets. Des détritus qui se retrouvent ensuite sur les berges du fleuve puis dans l’océan Atlantique.


    En plein cœur de Kinshasa : une rivière de plastique - © Tous droits réservés

    On se croirait dans une décharge publique. Les bouteilles flottent sur l’eau. Elles recouvrent toute la surface de la rivière. Des gosses marchent sur ce tapis de plastique dans l’indifférence presque générale.


    En plein cœur de Kinshasa : une rivière de plastique - © Tous droits réservés

    « Ça a commencé en 2003-2004, l’entassement des déchets plastiques et les gens qui jettent les déchets plastiques » explique Eric Katankupole, un habitant de la commune de Kalamu. « Surtout lorsqu’il pleut, tout le monde profite de jeter les ordures sous la pluie, dans la rivière de Kalamu. »


    En plein cœur de Kinshasa : une rivière de plastique - © Tous droits réservés

    Une triste réalité qui implique d’autres rivières, d’autres cours d’eau.
    . . . . . . . .

    #RDC #Congo #plastique #pollution #déchets #environnement #recyclage #it_has_begun #écologie #catastrophe #Afrique #brèves_d'afrique_et_d'ailleurs #civilisation #capitalisme #exportation #civilisation

  • Une Déclaration pas si universelle

    La lutte pour les droits humains ne conduit pas toujours à l’#émancipation et à #la liberté. C’est même souvent le contraire qui est vrai, estime la chercheuse indienne #Ratna_Kapur.


    Les droits humains sont-il universels ? La question était au centre d’un débat organisé en mars dans le cadre du Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) de Genève. Parmi les intervenants, l’universitaire indienne Ratna Kapur a développé un point de vue résolument critique et féministe qui souligne les limites de luttes basées sur les droits humains.

    Professeure de droit international et chercheuse à l’université Mary Queen de Londres, elle vit entre la capitale anglaise et l’Inde, et s’intéresse en particulier aux questions de genre et d’altérité1. Ratna Kapur soutient que les droits humains ont, dès le départ, davantage servi des objectifs politiques et culturels que la condition des groupes opprimés, et ce partout dans le monde. Interview.

    Les droits humains sont-ils universels ?

    Ratna Kapur : Clairement pas. Relisez la #Déclaration_universelle_des_droits_de_l’homme et vous serez frappé par l’utilisation du pronom masculin, par une certaine conception de la #famille (nucléaire et dépendante) et du #mariage qui exclut d’emblée d’autres modèles, par exemple.

    Rappelons par ailleurs que le comité de rédacteurs de la Déclaration [adoptée en 1948] n’incluait pas de représentants des gros deux tiers de la planète qui étaient encore sous le règne colonial ou sous le joug de la ségrégation ou de son héritage. Dans certaines parties du monde, les #femmes n’avaient pas accès à la propriété ni au droit de vote. Ces auteurs portaient une perspective paternaliste, en affirmant savoir ce qui est bon pour les autres, qui remonte au #colonialisme : « Nous, les pays civilisés, savons ce qui est bon pour vous. »

    Pourtant, la plupart des droits contenus dans la Déclaration paraissent couler de source. Le droit à la vie, le droit à la santé ou à la liberté d’expression ne seraient pas universels ?

    Le droit à la vie, pour ne prendre que celui-ci, est très contesté : il y a différents points de vue sur l’avortement et la peine de mort. Plus fondamentalement, si nous pensions vraiment que les droits humains étaient universels, les migrants qui traversent la Méditerranée pour se rendre en Europe auraient le droit à la vie, n’est-ce pas ? En réalité, on conditionne les droits, on bricole des justifications pour ne pas les octroyer à certains groupes – les réfugiés et les homosexuels, par exemple. Les droits sont toujours négociés selon certains critères. Tant que nous nous conformons à ces critères, tout va bien, mais s’ils apparaissent remis en cause ou menacés, les droits ne s’appliquent plus. Il y aura toujours une justification pour dénier des droits. Pour en bénéficier, les « non-Blancs », par exemple, doivent prouver leur capacité à s’assimiler.

    Vous faites référence à cet égard à l’exemple de l’interdiction du voile intégral en France…

    Oui, certaines féministes ont décrété que c’était un signe de soumission. Pourtant, selon des musulmanes qui désiraient porter ce voile, le fait de ne pas montrer son visage est un moyen de tourner son attention vers l’intérieur de soi-même. C’est une toute autre philosophie et une éthique de vie. Pourquoi ne pas les écouter ?

    Après l’interdiction en 2011, des femmes sont allées voilées dans l’espace public, dans le but ensuite de pouvoir saisir la Cour européenne des droits de l’homme pour faire valoir leur droit. En 2014, la Cour a statué que le port du voile intégral contrevenait aux politiques démocratiques de cohésion sociale et au vivre-ensemble. Pourtant, il n’existe rien de tel dans la Convention européenne des droits humains. Il s’agit donc bien là d’une décision politique. De même, quand des policiers armés et vêtus de gilets pare-balles ont envahi les plages pour ordonner à des femmes en burkini de se dévêtir, ce ne sont pas les droits humains qui sont en jeu.

    Est-ce les droits humains eux-mêmes que vous mettez en cause ? Ou leur instrumentalisation ?

    Aucune loi, aucun droit, ne peut être appréhendé hors de son contexte historique. Invariablement, les droits humains, façonnés par l’homme blanc, ont fonctionné en dénigrant certaines communautés, en les faisant passer pour « non civilisées ». Cet aspect est constitutif des droits humains, la raison pour laquelle ils ont été façonnés.

    Prenons un autre exemple : l’égalité entre femmes et hommes. Il s’agit de définir ce qu’est l’égalité. Surgit alors la question conflictuelle : sont-ils différents ? Et ensuite, s’ils le sont : différents par rapport à qui ? Aux hommes hétérosexuels ? Aux hommes blancs ? Aux hommes mariés ? Qui représente le standard de la similitude ?

    Longtemps, on a justifié le refus d’accorder le droit de vote aux femmes avec l’argument qu’elles étaient différentes des hommes. Idem pour les personnes homosexuelles qui réclament le droit à l’égalité. Si vous ne pouvez prouver que vous appartenez à la catégorie de référence, vous êtes traités différemment. Je constate que l’universalité cache en réalité cette conception sous le couvert de la neutralité.

    A vos yeux, les droits humains ne sont-ils pas un instrument utile ?

    Si, nous en avons besoin, et ils peuvent être des outils radicaux. Je dis simplement que nous devons leur porter un autre regard : comprendre que les droits sont une construction politique et un lieu de pouvoir. Tout le monde peut les manier. Ils peuvent donner plus de pouvoir à l’Etat, à la police ou aux ONG, et pas forcément aux personnes qui en ont besoin – ils peuvent même être exploités pour les affaiblir. Ce ne sont pas toujours les « gentils » qui gagnent.

    Par conséquent, nous devons nous ôter de la tête que les droits humains sont nécessairement progressistes en eux-mêmes et nous engager politiquement avec eux. C’est parce que les droits humains sont trop souvent utilisés dans une perspective quelque peu naïve que nous perdons sans cesse.

    #droits_humains #universalité #universalisme #paternalisme #néo-colonialisme #droit_à_la_vie #avortement #peine_de_mort #droits #voile #burkini #civilisation #égalité #neutralité #pouvoir

  • BALLAST | Françoise Vergès : « La lutte décoloniale élargit les analyses » (1/2)
    https://www.revue-ballast.fr/francoise-verges-la-lutte-decoloniale

    C’est une bonne image ! Le Sud, ce n’est pas un espace purement géographique, mais politique. C’est le produit d’une longue fabrication par le Nord et par le système capitaliste, qui en a fait un espace de vulnérabilité, à piller et à exploiter. Ce qu’on a appelé le « #Tiers_monde » et qu’on appelle maintenant le « Sud global », c’est cette constante division de l’humanité et de la planète en deux espaces, avec des frontières mouvantes qui distinguent d’un côté les gens qui ont droit à une vie décente, qui ont accès à de l’eau ou de l’air propre, et de l’autre ceux qui n’y ont pas droit. Dans le même temps, on trouve dans ce qu’on appelle le « Nord » (y compris en Europe) des espaces construits comme des Suds. Une géographie urbaine en enclaves se développe, et partout les classes moyennes et riches se protègent en construisant des « gated communities ». Leurs membres passent d’une enclave à l’autre, de leur maison climatisée au centre commercial climatisé — autant d’espaces entretenus par des femmes et des hommes racisés (mais surtout des #femmes), surexploités puis rejetés dans des quartiers excentrés où l’eau et l’air sont pollués. Le confort de quelques-uns est construit sur l’#invisibilisation et l’#exploitation de plusieurs. Et cette construction en enclaves sécurisées, surveillées, interdites aux pauvres, est visible y compris dans les villes du Sud. Il faut constamment affiner les cartographies que construisent des États autoritaires, le #néolibéralisme et l’#impérialisme, mais aussi intégrer le fait d’un monde multipolaire.

    #colonialisme #racisme #esclavage #capitalisme #consommation

  • Notes anthropologiques (XXXIII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXXIII

    L’Idée comme capital (V)
    Petit aperçu concernant l’histoire grecque
    De la fin du Néolithique à la naissance de la cité, la civilisation mycénienne

    La civilisation mycénienne, qui se développe sur le continent grec de 1650 à 1100 av. J.-C. (ce qui correspondrait à l’Helladique récent), a bien des ressemblances avec la civilisation minoenne au point où il est justifié de se demander si son apparition vers le milieu du XVIIe siècle n’est pas due à l’influence et à la pression du monde minoen. Elle se caractérise, elle aussi, par l’existence de palais, vastes édifices, parfois fortifiés, qui servent à la fois d’entrepôts, de lieu de production de marchandises, avec la présence d’artisans, et de demeure pour celui qu’on appelle le Wa-na-ka (le wanax homérique) et que les historiens considèrent comme le souverain possédant l’autorité de nommer, de muter ou de destituer des fonctionnaires. Cependant « il n’est pas surprenant que le personnage du roi mycénien nous échappe presque autant que celui du roi minoen » a pu écrire Jean-Claude Poursat. On sait seulement qu’il disposait d’un secteur où il exerçait une autorité incontestable, que les historiens ont pu qualifier de « royale », avec des artisans, des esclaves et des terres selon des modalités complexes de mainmise foncière. (...)

    #Grèce_antique #civilisation_mycénienne #archéologie #Jean-Claude_Poursat #Homère #Iliade #Odyssée

  • Notes anthropologiques (XXXII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXXII

    L’Idée comme capital (IV)
    Petit aperçu concernant l’histoire grecque
    De la fin du Néolithique à la naissance de la cité

    Nous pouvons supposer, si nous suivons les conclusions des chercheurs, que l’âge néolithique fut marqué en Grèce par l’existence de peuples divisés en tribus et en clans formant une peuplade assez homogène dite préhellénique répartie dans des villages de pêcheurs, d’agriculteurs et d’éleveurs, se consacrant parfois à un nomadisme limité dans le temps et dans l’espace. Vers la fin du troisième millénaire, des peuples venus de l’intérieur des terres comme les Indo-Européens dits grecs, hellènes ou achéens ont progressivement envahi la péninsule grecque, cette pénétration est marquée dans un premier temps par des destructions, puis il semblerait que la société se soit recomposée progressivement en assimilant ces nouveaux venus qui auraient alors constitué une aristocratie guerrière maîtresse de vastes domaines. Nous pouvons aussi supposer que cette arrivée de nouveaux venus connaîtra des vagues successives modifiant chaque fois, mais selon le même schéma général reposant sur la domination d’une aristocratie guerrière, des sociétés qui s’étaient plus ou moins stabilisées avec le temps. (...)

    #anthropologie #Néolithique #commerce #échange #Crète #civilisations #Cnossos

  • BBC - Future - Are we on the road to civilisation collapse?
    http://www.bbc.com/future/story/20190218-are-we-on-the-road-to-civilisation-collapse

    Collapse can be defined as a rapid and enduring loss of population, identity and socio-economic complexity. Public services crumble and disorder ensues as government loses control of its monopoly on violence.

    [...]

    We may be more technologically advanced now. But this gives little ground to believe that we are immune to the threats that undid our ancestors. Our newfound technological abilities even bring new, unprecedented challenges to the mix.

    And while our scale may now be global, collapse appears to happen to both sprawling empires and fledgling kingdoms alike. There is no reason to believe that greater size is armour against societal dissolution. Our tightly-coupled, globalised economic system is, if anything, more likely to make crisis spread
    If the fate of previous civilisations can be a roadmap to our future, what does it say? One method is to examine the trends that preceded historic collapses and see how they are unfolding today.

    While there is no single accepted theory for why collapses happen, historians, anthropologists and others have proposed various explanations, including:
    CLIMATIC CHANGE: When climatic stability changes, the results can be disastrous, resulting in crop failure, starvation and desertification. The collapse of the Anasazi, the Tiwanaku civilisation, the Akkadians, the Mayan, the Roman Empire, and many others have all coincided with abrupt climatic changes, usually droughts.

    ENVIRONMENTAL DEGRADATION: Collapse can occur when societies overshoot the carrying capacity of their environment. This ecological collapse theory, which has been the subject of bestselling books, points to excessive deforestation, water pollution, soil degradation and the loss of biodiversity as precipitating causes.

    INEQUALITY AND OLIGARCHY: Wealth and political inequality can be central drivers of social disintegration, as can oligarchy and centralisation of power among leaders. This not only causes social distress, but handicaps a society’s ability to respond to ecological, social and economic problems.
    The field of cliodynamics models how factors such as equality and demography correlate with political violence. Statistical analysis of previous societies suggests that this happens in cycles. As population increases, the supply of labour outstrips demand, workers become cheap and society becomes top-heavy. This inequality undermines collective solidarity and political turbulence follows.

    COMPLEXITY: Collapse expert and historian Joseph Tainter has proposed that societies eventually collapse under the weight of their own accumulated complexity and bureaucracy. Societies are problem-solving collectives that grow in complexity in order to overcome new issues. However, the returns from complexity eventually reach a point of diminishing returns. After this point, collapse will eventually ensue.
    Another measure of increasing complexity is called Energy Return on Investment (EROI). This refers to the ratio between the amount of energy produced by a resource relative to the energy needed to obtain it. Like complexity, EROI appears to have a point of diminishing returns. In his book The Upside of Down, the political scientist Thomas Homer-Dixon observed that environmental degradation throughout the Roman Empire led to falling EROI from their staple energy source: crops of wheat and alfalfa. The empire fell alongside their EROI. Tainter also blames it as a chief culprit of collapse, including for the Mayan. 

    EXTERNAL SHOCKS: In other words, the “four horsemen”: war, natural disasters, famine and plagues. The Aztec Empire, for example, was brought to an end by Spanish invaders. Most early agrarian states were fleeting due to deadly epidemics. The concentration of humans and cattle in walled settlements with poor hygiene made disease outbreaks unavoidable and catastrophic. Sometimes disasters combined, as was the case with the Spanish introducing salmonella to the Americas.

    RANDOMNESS/BAD LUCK: Statistical analysis on empires suggests that collapse is random and independent of age. Evolutionary biologist and data scientist Indre Zliobaite and her colleagues have observed a similar pattern in the evolutionary record of species. A common explanation of this apparent randomness is the “Red Queen Effect”: if species are constantly fighting for survival in a changing environment with numerous competitors, extinction is a consistent possibility.

    #collapsologie #civilisations #complexité #climat #inegalités #pauvreté #oligarchie

  • Naissance et mort au Paléolithique récent européen (par Ana Minski)

    « L’obstétrique a été construite par des hommes à une époque où les femmes étaient exclues de toutes les fonctions décisionnelles, et où leur parole n’avait pas la moindre importance.
    Les médecins ont donc décrit l’accouchement à travers le prisme des stéréotypes de genre et à une époque où la médecine était obsédée par l’hystérie.
    Il était attendu des femmes qu’elles soient posées, fragiles, discrètes, silencieuses et sujettes aux évanouissements délicats. Ainsi les femmes ont-elles été dépossédées par les hommes de leur capacité naturelle à mettre au monde, et ainsi la position allongée, l’immobilité et le silence furent-ils imposés aux parturientes sous peine de risquer leur vie et celle du bébé.
    D’où cette peur très répandue de l’accouchement.
    D’ailleurs, certains croient encore au dilemme obstétrical qui a pourtant été sérieusement remis en question en 2006[5].
    Des textes ethnologiques témoignent également de la capacité des femmes à mettre au monde leur enfant seule, dans la jungle, derrière un buisson, dans la rivière, sans l’aide de personne et sans difficulté apparente.
    Les femmes, libérées des mythes patriarcaux, savent mieux que n’importe quel spécialiste diplômé comment se positionner pour l’expulsion du bébé : accroupie, dans l’eau ou à quatre pattes[6]. »

    #femme #féminisme #patriarcat #naissance #accouchement #vie #civilisation #préhistoire

    http://partage-le.com/2019/02/naissance-et-mort-au-paleolithique-recent-europeen-par-ana-minski

  • Comment changer le cours de l’#histoire | Eurozine
    https://www.eurozine.com/comment-changer-le-cours-de-lhistoire

    Depuis des siècles, le récit expliquant les origines de l’#inégalité sociale est simple. Pendant la plus grande partie de leur histoire, les hommes vécurent dans des petits groupes égalitaires de #chasseurs-cueilleurs. Puis vint l’#agriculture, accompagnée de la #propriété privée, puis la naissance des #villes signifiant l’émergence de la #civilisation à proprement parler. Si la civilisation eut bien des aspects déplorables (les guerres, les impôts, la bureaucratie, la patriarchie, l’esclavage, etc.), elle rendit également possibles la littérature écrite, la science, la philosophie et la plupart des autres grands accomplissements humains.

    Tout le monde, ou presque, connaît les grandes lignes de cette histoire. Depuis l’époque de Jean-Jacques #Rousseau, au moins, elle a informé notre conception de la forme générale et de la direction de l’histoire humaine. Cela est d’autant plus important que ce #récit définit dans le même temps ce que nous percevons comme nos possibilités #politiques. La plupart d’entre nous considère la civilisation, et donc l’inégalité, comme une triste nécessité. Certains rêvent du retour à un #passé #utopique, de la découverte d’un équivalent industriel au “#communisme primitif” ou même, dans les cas les plus extrêmes, de la destruction complète de la civilisation et du retour à une vie de cueillette. Personne, cependant, ne remet en cause la structure élémentaire de cette histoire.

    Et pourtant, ce récit est fondamentalement problématique.

    Car il n’est pas vrai.

    • Pfiou je viens enfin de finir cet article de vulgarisation de l’actualité des connaissances archéo-anthropologiques (oui ça fait deux semaines que je le lis en plusieurs fois…). Il est vraiment super important, je trouve !

      Le premier pavé dans la mare sur notre liste concerne les origines et l’étendue de l’agriculture. La vision selon laquelle celle-ci a constitué une transition majeure dans les sociétés humaines ne repose plus sur aucun fondement solide. Dans les parties du monde où plantes et animaux furent d’abord domestiqués, il n’y eut en fait aucun “revirement” discernable du Cueilleur du Paléolithique à l’Agriculteur du Néolithique. La “transition” entre une vie reposant essentiellement sur des ressources sauvages à une autre fondée sur la production alimentaire s’étendit spécifiquement sur quelque chose comme trois mille ans. Alors que l’agriculture mit au jour la possibilité de concentrations de la richesse plus inégales, dans la plupart des cas, ceci ne commença que des millénaires après ses débuts. Entre les deux périodes, des individus dans des zones aussi retirées que l’Amazonie et le Croissant fertile du Moyen-Orient s’essayaient à l’agriculture pour voir ce qui leur convenait, une “agriculture ludique” si l’on veut, alternant annuellement entre les modes de production, autant qu’ils allaient et venaient en matière de structures sociales.

      […]

      Selon toute évidence, cela n’a plus aucun sens d’utiliser des expressions comme “la révolution agricole” lorsque l’on traite de processus aussi démesurément longs et complexes. Comme il n’y eut pas d’État semblable à l’Éden, à partir duquel les agriculteurs purent démarrer leur marche vers l’inégalité, il y a encore moins de sens à parler de l’agriculture comme ce qui donna naissance aux rangs et à la propriéte privée. S’il y a une chose à dire, c’est que c’est parmi ces populations – les peuples du “Mésolithique” – qui refusèrent l’agriculture pendant les siècles de réchauffement de l’Holocène précoce, que l’on trouve une stratification s’enracinant progressivement

      […]

      Dans au moins certains cas, comme au Moyen-Orient, les premiers agriculteurs semblent avoir consciemment développé des formes alternatives de communauté, pour accompagner leur mode de vie de plus plus intensif en travail. Ces sociétés néolithiques semblent remarquablement plus égalitaires lorsqu’on les compare à celles de leurs voisins chasseurs-cueilleurs, avec une hausse spectaculaire de l’importance économique et sociale des femmes, clairement reflétée dans leur vie rituelle et leurs arts

      […]

      Ces découvertes récentes montrent combien nos connaissances de la distribution et de l’origine des premières villes sont faibles, et combien aussi ces villes sont beaucoup plus vieilles que les systèmes de gouvernement autoritaire et d’administration par l’écrit que nous supposions jusqu’alors nécessaires à leur fondation. Et dans les centres mieux établis de l’urbanisation – la Mésopotamie, la vallée de l’Indus, le bassin de Mexico – il y a de plus en plus de preuves que les premières villes étaient organisées selon des règles consciemment égalitaires, les conseils municipaux conservant une autonomie significative par rapport au gouvernement central. Dans les deux premiers cas, les villes avec des infrastructures civiques sophistiquées fleurissaient pendant plus d’un demi-millénaire, sans aucune trace de sépultures et monuments royaux, sans grandes armées ou autres moyens de coercition à grande échelle, ni indice d’un contrôle bureaucratique direct sur la vie de la plupart des citoyens.

      […]

      Les cités égalitaires, même les régions confédérées, sont des lieux communs historiques. Ce que ne sont pas les familles et ménages égalitaires. Une fois que le verdict historique sera tombé, nous verrons que la perte la plus douloureuse des libertés humaines commença à petite échelle – au niveau des relations de genre, des groupes d’âge et de la servitude domestique – c’est-à-dire le type de relations où la plus grande intimité s’accompagne simultanément des plus profondes formes de violence structurelle. Si nous voulons vraiment comprendre comment il est devenu un jour acceptable pour les uns de transformer la richesse en pouvoir, et pour les autres de se faire dire que leurs besoins et que leurs vies ne comptaient pas, c’est bien là qu’il faudrait regarder. C’est là aussi, prédisons-nous, que le travail, le plus âpre qui soit, de création d’une société libre, devra se dérouler.

      BAM !!!

      #anthropologie #archéologie #vulgarisation #Histoire #préhistoire #structure_sociale #État #inégalité #David_Graeber #David_Wengrow #Rousseau #chasseurs-cueilleurs #agriculture
      critique de #Jared_Diammond et #Francis_Fukuyama entre autre
      @nicolasm :)

  • The Darker Side of Western Modernity: Global Futures, Decolonial Options

    During the Renaissance and the Enlightenment, coloniality emerged as a new structure of power as Europeans colonized the Americas and built on the ideas of Western civilization and modernity as the endpoints of historical time and Europe as the center of the world. Walter D. Mignolo argues that coloniality is the darker side of Western modernity, a complex matrix of power that has been created and controlled by Western men and institutions from the Renaissance, when it was driven by Christian theology, through the late twentieth century and the dictates of neoliberalism. This cycle of coloniality is coming to an end. Two main forces are challenging Western leadership in the early twenty-first century. One of these, dewesternization is an irreversible shift to the East in struggles over knowledge, economics, and politics. The second force is decoloniality Mignolo explains that decoloniality requires delinking from the colonial matrix of power underlying Western modernity to imagine and build global futures in which human beings and the natural world are no longer exploited in the relentless quest for wealth accumulation.


    https://www.dukeupress.edu/the-darker-side-of-western-modernity
    #colonialisme #colonisation #décolonialité #livre #Renaissance #Lumières #pouvoir #civilisation #modernité_occidentale #théologie_chrétienne #accumulation_des_richesses
    ping @reka

  • Notes anthropologiques (XXVIII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXVIII

    Mexico 2018
    Deuxième partie
    Le mouvement de la pensée et sa critique (II)

    Finalement Hegel ne connaît qu’un seul monde : seul le monde occidental est valide à ses yeux ; la civilisation chrétienne se trouve à la pointe du progrès, elle est à la pointe du mouvement universel de la pensée : la pensée s’objectivant, devenue visible, étant à elle-même son propre objet, c’est le mouvement universel de l’aliénation de la pensée, l’idée se donnant à voir avant de se réaliser. Karl Marx aussi ne connaît qu’un seul monde, le monde capitaliste : le capital s’engendrant lui-même à travers l’activité marchande pour connaître sa propre limite avec le surgissement et l’existence du prolétariat. Hegel et Marx sont tous deux des philosophes chrétiens dans la mesure même où ils restent tous les deux attachés à une certaine idée de « l’homme en devenir », et, à mon sens, cette idée est chrétienne. Hegel et Marx ne connaissent qu’un seul monde, le monde occidental, chrétien et capitaliste. Nous pouvons toujours supposer que les zapatistes connaissent deux mondes, un monde qui n’est ni occidental, ni chrétien, ni capitaliste — c’est le monde indien originel et préhispanique —, et le monde occidental, chrétien et capitaliste. (...)

    #pensée #civilisation #Hegel #Marx #christianisme #capitalisme #zapatistes #État #Grèce_antique #Wittfogel

  • Notes anthropologiques (XXVII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-XXVII

    Mexico 2018
    Deuxième partie
    Le mouvement de la pensée et sa critique (I)

    S’intéresser au mouvement de la pensée, à la vie et à la mort des civilisations, c’est renouer avec une tradition et une curiosité philosophique très anciennes. Il y a toujours dans ce qui remue d’une manière intestine les civilisations des moments clés qui conduisent les idéologues à se poser la question du devenir de la société : la Révolution française et bourgeoise pour Hegel et, plus généralement, pour les romantiques allemands ; la domestication industrielle pour Marx et, plus généralement, pour les socialistes et les anarchistes européens. Aujourd’hui, nous avons le sentiment de nous confronter à un aboutissement, qui pourrait aussi bien signifier une fin, accompagnée, cette fin, d’un renouveau, d’une nouvelle naissance, de la naissance dans les profondeurs du réel d’un mouvement autre, se construisant et se développant selon les déterminations qui sont les siennes. Ou alors, autre supposition, que nous avons entrevue dans les notes précédentes et dont les zapatistes apportent témoignage : l’ancrage dans la réalité comme pensée non aliénée, le retour de la pluralité, chaque communauté de pensée portant en elle son propre devenir, se créant et se reproduisant sans cesse. (...)

    #Mexique #Hegel #Marx #christianisme #zapatistes #civilisations #aliénation

  • A la redécouverte des peuples oubliés de l’Amazonie
    https://www.lemonde.fr/archeologie/video/2018/11/16/a-la-redecouverte-des-peuples-oublies-de-l-amazonie_5384308_1650751.html

    L’#archéologue Stéphen Rostain, directeur de recherche au CNRS, étudie les grandes #civilisations_précolombiennes dans la #forêt_amazonienne. Dans cette vidéo publiée en partenariat avec Universcience.tv, il explique comment, à partir de l’arrivée des Européens au XVe siècle, leurs populations ont été réduites de 80 voire 90 %… Les traces de leurs #habitats ont pour ainsi dire disparu et leur mémoire a été systématiquement niée. Du moins jusqu’à ce que le monde précolombien de la #forêt_tropicale soit redécouvert à la faveur de fouilles.

    #colonialisme #interdisciplinarité c’est la moindre des choses #Amazonie #culture

  • La collapsologie : un discours réactionnaire ? (Jean-Baptiste Fressoz, Libération)
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/07/la-collapsologie-un-discours-reactionnaire_1690596

    Très en vogue, les théories de l’#effondrement trouvent leur origine chez les élites industrielles et colonisatrices du XIXe siècle. Elles risquent aujourd’hui de négliger la dimension politique des #enjeux_écologiques.
    […]
    Premièrement, le terme d’effondrement est beaucoup trop #anthropocentrique. […] En se focalisant sur l’effondrement à venir de la #civilisation_industrielle, le risque est de se rendre aveugle à tous les effondrements de la #nature qui sont en cours et même déjà très avancés.
    […]
    Deuxièmement, le discours de l’effondrement est très « #occidentalocentré ». Dit plus simplement : c’est une #écologie de riches. Ce que nous vivons est infiniment plus pervers : le #changement_climatique accentue les autres formes de #violence et d’#inégalités. Suprême injustice, il est causé par les riches et persécute surtout les pauvres des pays pauvres. Et c’est d’ailleurs cette caractéristique qui explique l’apathie générale. […] Il faut reconnaître au #capitalisme sa #résilience extraordinaire face aux #désastres de tout ordre.
    […]
    Troisièmement, le #discours actuel de l’effondrement mélange deux choses : la #perturbation du système Terre et la #sixième_extinction, qui sont avérées, et l’#épuisement_des_ressources_fossiles qui est sans cesse repoussé à plus tard. […] Dit autrement, le capitalisme fossile se porte à merveille, il est dans la force de l’âge, son effondrement est peu probable, et c’est bien là le tragique de la situation.
    […]
    Quatrièmement, le discours de l’effondrement dépolitise la question écologique.
    […]
    Tous ces problèmes, l’effondrement les doit à ses origines intellectuelles et politiques.
    […]
    Si en France on connaît surtout la « #collapsologie » de gauche, celle d’Yves Cochet, de Pablo Servigne et de Raphaël Stevens qui tentent de construire une politique post-apocalyptique #émancipatrice, il ne faut pas oublier que l’effondrement a, au cours de sa longue histoire, nourri les passions politiques les plus nauséabondes.
    […]
    L’effondrement disparaît et réapparaît, recule ou revient en force en s’ajustant aux futurs successifs. En attendant, les #catastrophes se multiplient partout, et surtout en dehors d’une #civilisation_occidentale qui depuis deux siècles n’a cessé d’admirer sa #puissance au prisme de son effondrement.

  • La #transition_écologique a échoué, vivons avec l’idée d’#effondrement (Valérie Garcia et Marc Pleysier, Reporterre)
    https://reporterre.net/La-transition-ecologique-a-echoue-vivons-avec-l-idee-d-effondrement

    Combien de personnes pour le Tour Alternatiba ? Quelques milliers. Combien de personnes dans la rue pour la mort de Johnny ? Des centaines de milliers. Combien de personnes pour les récentes Marches pour le #climat ? Quelques dizaines de milliers. Combien de personnes dans la rue pour le dernier épisode footballistique ? Des millions.
    […]
    L’effondrement est inévitable et cela ne veut pas dire démobilisation générale, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire. Cela veut dire que nous devons être plus modestes, plus humbles.
    […]
    L’effondrement n’est plus un #avenir à éviter, il n’est pas non plus un événement à passer mais une #période qui s’ouvre, une période à vivre, une période qui sera brève à l’échelle de notre #civilisation mais probablement longue dans nos agendas d’#écologistes. Créer des espaces de #résilience, préserver de l’#humanité et de la dignité au sein de la tourmente, accueillir tous ceux qui voudront bien nous rejoindre sont des objectifs certes plus modestes que celui de la #transition de l’ensemble de la #société mais ils sont à notre mesure.

  • Découverte du premier dessin ? Il a 73 000 ans.

    Le plus ancien dessin abstrait connu a été trouvé dans la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, sur la face d’un éclat de roche siliceuse provenant de couches archéologiques datant de 73 000 ans avant le présent. L’œuvre est au moins 30 000 ans plus ancienne que les premiers dessins abstraits et figuratifs connus auparavant.

    Qu’est-ce qu’un symbole ? C’est une question difficile à résoudre lorsque vous devez analyser les premières productions graphiques. (...) Pendant longtemps, les archéologues ont été convaincus que les premiers symboles sont apparus lorsque Homo sapiens a colonisé des régions d’Europe il y a environ 40 000 ans. Cependant, des découvertes archéologiques récentes en Afrique, en Europe et en Asie suggèrent que la création et l’utilisation de symboles ont émergé beaucoup plus tôt.

    (...)

    Archéologie expérimentale.

    Un défi méthodologique majeur consistait à prouver que ces lignes avaient été délibérément dessinées par des humains. Il a été principalement abordé par les membres français de l’équipe, experts en la matière et spécialisés dans l’analyse chimique des pigments. Ils ont d’abord reproduit les mêmes lignes en utilisant différentes techniques : ils ont essayé des fragments d’ocre avec une pointe ou une arête et ont également appliqué différentes dilutions aqueuses de poudre d’ocre à l’aide de brosses. En utilisant des techniques d’analyse microscopique, chimique et tribologique (la science de la friction et de l’usure), ils ont ensuite comparé leurs dessins à l’ancien original. Leurs résultats confirment que les lignes ont été intentionnellement dessinées avec un outil ocre pointu sur une surface d’abord lissée par frottement. Le motif constitue ainsi le premier dessin connu, précédant d’au moins 30 000 ans les œuvres les plus anciennes découvertes précédemment.

    La strate archéologique dans laquelle la couche de silicium avait déjà produit de nombreux autres objets avec des marques symboliques (...). Ces découvertes démontrent que les premiers Homo sapiens dans cette région d’Afrique utilisaient différentes techniques pour produire des signes similaires sur différents matériaux, ce qui étaye l’hypothèse que ces marquages ​​remplissent une fonction symbolique.

    Cette découverte concernant Homo Sapiens est à rapprocher de celle-ci concernant Néandertal :
    – Un artefact de pierre gravé provenant de Crimée a pu aider à démontrer le symbolisme néandertalien
    https://seenthis.net/messages/691572 2018

    #Christopher_S._Henshilwood #Francesco_d’Errico #Karen_L._van_Niekerk #Laure_Dayet #Alain_Queffelec #Luca_Pollarolo
    #Préhistoire #Paléolithique #Afrique_du_Sud #Bomblos #Art #Dessin
    #CNRS

    DOI : 10.1038/s41586-018-0514-3

    Discovery of the earliest drawing - CNRS Web site - CNRS
    http://www2.cnrs.fr/en/3152.htm