• La #classe_obscène a encore frappé
    https://actu.fr/normandie/rouen_76540/polemique-une-elue-rouen-denonce-mendicite-agressive-rue-gros-horloge_18765610.

    Une pétition adressée au maire, publiée le 14 septembre 2018 par Marie-Hélène Roux, élue LR à Rouen, s’indigne de « la mendicité agressive » rue du Gros-Horloge.

    (...) Le problème, comme le souligne José Ortuzar, « est vieux ». Depuis juin, il a reçu « 39 alertes » des commerçants… sur toute la ville et « pas seulement » pour des marginaux. Il raconte, indigné, comment « les va-nu-pieds empêchent les touristes de prendre des photos du Gros-Horloge ». Dramatique ! Lui, comme Marie-Hélène Roux, s’inquiète de l’image renvoyée aux visiteurs. Pas de doute pour lui, « il faudrait mettre un coup-de-pied dans la fourmilière », car « même si ce n’est pas Waterloo, ce n’est pas beau pour la ville ».

    #va-nu-pieds #tourisme #guerre_aux_pauvres


  • Instantané d’aire d’autoroute, quand la #classe_obscène (beau nom que Lordon a trouvé pour qualifier la #bourgeoisie triomphante) est bien obligée de se mêler, brièvement, aux #classes_populaires.

    L’autoroute est chargée, la station service fourmille. Comme d’habitude, les hommes entrent et sortent de leurs toilettes librement, tandis que côté femmes, une file d’une vingtaine de personnes patiente. Arrive une femme âgée, vêtue simplement d’une robe à fleurs défraîchie, marchant d’un pas lourd avec une canne. Elle tient deux enfants par la main. Elle observe la longue queue et s’avance pour voir où elle mène :
    « - C’est pour les toilettes tout ça ?
    – Eh oui... »
    Elle sourit, gênée, et continue à remonter lentement la queue. Elle arrive à l’entrée des WC. Dans ma nuque, une voix marmonne : « Non mais je rêve, elle va pas faire ça quand même ? » La vieille femme entre. De derrière moi surgit une passionnée de fitness et de cardio-training, 1m80, bronzée aux UV, mèches oxygénées et savamment coupées, tenue sport. Elle bondit après la vieille femme et hurle : « Il y a une file d’attente là ! La moindre des politesses ce serait de demander la permission de passer devant tout le monde ! C’est pas croyable ça ! » J’écarquille les yeux :
    « - Mais enfin madame, vous voyez bien que c’est une personne âgée qui se déplace difficilement !
    – Vous voulez que je vous pisse dessus, vous ?
    – Je vous demande pardon ? »
    Au même moment, la femme devant moi, corpulente, dreads approximatives sur la tête, réconforte doucement la vieille dame : « Quand elle aura sa vieille maman avec une canne, elle comprendra. » La sportive jette ses phrases comme des couteaux : « Ouais bah ma mère elle est morte, alors d’ici à ce qu’elle ressorte de sa tombe on a le temps. »
    L’ancienne, embarrassée, tente de se justifier :
    « - Vous comprenez, ce n’est pas un handicap, la canne me sert à...
    – Vous inquiétez pas, j’ai tout à fait compris la situation, je vois bien que c’est pas un handicap et que vous n’êtes pas prioritaire.
    – C’est un problème de hanche qui a...
    – Oh la la, me racontez pas votre vie, j’ai pas envie de vous entendre. Je suis médecin, les gens payent pour me parler. Y a un minimum de politesse à avoir. »
    Je fais remarquer que la courtoisie, c’est précisément à nous d’en faire preuve. M’ignorant superbement, la sportive reprend sa place dans le rang en jetant des « Avec sa canne, là, j’hallucine ! », tandis que la femme aux dreads et moi parlons à la vieille dame et lui signalons bientôt un WC qui se libère.
    L’épilogue n’est pas plus joyeux. Tandis que j’arrive moi-même dans les toilettes, j’entends dans celles d’à côté une voix d’ouvrière ou d’employée, expliquant à une petite fille : « Bah c’est vrai que maintenant la canne ça rend pas toujours prioritaire, parce que c’est pas forcément un handicap. En plus y a des handicaps, on les voit pas. Par exemple moi, si ça se trouve j’ai un handicap et personne le sait. On peut pas savoir. »

    #humiliation #priorité #handicap #vieillesse #pauvreté #judiciarisation #fascisme #mépris_de_classe #politesse

    • @sombre : ceci dit, elle formule très clairement ce que j’ai ressenti chez nombre de spécialistes. Cette phrase est juste ignoble, mais le plus flippant, c’est le biais colossal avec lequel cette femme riche, dans la force de l’âge, en excellente santé et férue d’exercices physiques perçoit le corps d’une vieille femme pauvre. Si c’est pas un handicap labellisé, c’est du chiqué. La faiblesse du corps devient un signe de manque de volonté, de laisser aller. Je n’ose même pas imaginer le type de médecine qu’elle pratique.

      Le truc intéressant, d’ailleurs, c’est que la sportive médicale n’a quand même pas osé refuser frontalement la priorité à l’ancienne, c’était un peu trop visible (sans compter que la grand-mère s’occupait de deux enfants). En revanche, elle a fermement tenu à ce qu’elle s’humilie en demandant une permission qui allait de soi pour toute personne décente (la #common_decency d’Orwell). Qu’une pauvresse mal fagotée lui passe devant sans mot dire, c’était insoutenable. Il fallait lui faire subir un rituel de soumission en bonne et due forme pour lui concéder cette dérogation exceptionnelle. Il n’y avait donc pour elle aucune contradiction à exiger de la politesse avec la plus grande grossièreté, car la politesse n’était qu’un prétexte, le véritable enjeu étant la soumission.

      @alexcorp : au-delà de son étonnante allégeance à la bourgeoise sportive au détriment de la vieille femme démunie, ce qui est désolant, c’est que cette ouvrière dit en partie vrai, mais pour de mauvaises raisons. Il y a effectivement des handicaps qui ne se voient pas, mais cela ne justifie pas qu’on doute de ceux qui se voient ou qu’on dénie un accueil adapté à des personnes dont le corps est visiblement fatigué, mais qui ne portent pas de carte de handicap. Bref, c’est une confusion totale, où seule la preuve bureaucratique attesterait d’une réalité et où toute éthique est absente.

    • Bravo pour ton intervention, c’est bien vu et bien bien écrit ! Mieux que : « Hier une bourge à mèches a menacé de me pisser dessus. » Et oui, c’est encore plus choquant d’apprendre qu’elle est médecin et incapable de voir en quelques secondes une hanche en vrac sur une personne qui marche dans son champ de vision.

      J’en rajoute sur la densité très différente que tu notes déjà entre chiottes des femmes et des hommes. En te lisant au début j’ai cru que la vieille dame irait chez les hommes, et que c’était ça qui ferait scandale. Il est temps de prendre leurs chiottes, plus que temps. C’est ici qu’il était question que les épouses d’architectes faisant ce type de travaux (gros, pour hommes) les briefent sur la différence entre égalité et équité et le besoin de plus de mètres carrés pour les femmes ?

    • Oui, d’autant que c’est un cas typique, d’une femme non seulement âgée, mais ayant la charge de deux enfants. Et qui explique pourquoi l’égalité en termes d’accès n’est pas une simple question arithmétique de surfaces équivalentes, mais doit nécessairement prendre en compte les usages. Les usages, eux, n’ont rien de symétrique.

      Cela étant, la médecin aurait crisé pareillement s’il s’était agi d’une file d’attente de supermarché, d’administration ou tout autre endroit où elle se retrouve traitée de la même façon que de moins riches qu’elle - ou, pire, qu’elle doive leur concéder quelque chose.

    • Puisque tu parles de file d’attente de supermarché, ça me rappelle pourquoi je vais chez Aldi, plutôt qu’au Casino à côté. La convivialité aux caisses y est nettement plus saine. Et la répartition des classes sociales est très nette. Pas « d’obscènes » chez Aldi, ou seulement par accident...



  • « Il nous a tous sauvés » : Willy D., 15 ans de prison pour avoir tué son père violent
    https://www.nouvelobs.com/justice/20180619.OBS8380/il-nous-a-tous-sauves-willy-d-15-ans-de-prison-pour-avoir-tue-son-pere-vi

    Sylvie H. est prise au piège. Pourquoi n’a-t-elle pas réagi ? Pourquoi s’est-elle laissée faire ? Pourquoi ne s’est-elle pas révoltée ? Pourquoi n’a-t-elle pas dénoncé ? Toutes ces questions qu’il est si facile d’asséner aux femmes battues et aux enfants martyrs. Ces questions qui font le jeu des bourreaux en enfermant les victimes dans la culpabilité de leur passivité.

    #violence


  • Les députés trop contrôlés et « pas assez payés » pour Jean-Luc Reitzer Christophe Simon - Afp - 25 Mai 2018 - France Soir
    http://www.francesoir.fr/politique-france/les-deputes-trop-controles-et-pas-assez-payes-pour-jean-luc-reitzer-video

    "Franchement il y en a marre. (...) On n’est pas des #truands". Le #député (LR) du Haut-Rhin #Jean-Luc-Reitzer s’est exprimé sans ambages ni langue de bois mardi 22 lors d’une audition de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
    Peut-être a-t-il aussi oublié qu’il était filmé car son discours ne devrait pas lui attirer que des compliments de la part d’une opinion publique qui s’insurge régulièrement des avantages des élus.
    Le député s’est en effet emporté contre la multiplication des contrôles qu’il subit ainsi que ses collègues. L’affaire Cahuzac a en effet provoqué un durcissement des règles et une multiplication des vérifications qui se sont poursuivies sous le quinquennat actuel.
    https://www.dailymotion.com/video/x6k5qzp


    "On a déjà beaucoup de contrôle. (...) le citoyen ne s’en rend pas compte mais nous on a l’impression qu’on doit tout justifier, et maintenant les frais de mandat... On passe son temps à collecter les factures, les notes de restaurant..." a lancé Jean-Luc Reitzer. "On n’est pas des truands, on n’a pas besoin d’être contrôlés, suspectés de s’en mettre plein les poches".
    Sur la question des conflits d’intérêts entre mandat de député et autres activités professionnelles, il n’a pas hésité à ajouter devant les membres de la haute autorité : "Dans votre travail est-ce qu’à un moment donné vous vous êtes dit :  « s’il y a beaucoup de députés qui travaillent encore à côté, c’est peut-être parce qu’ils ne sont pas assez bien payés ». S’ils étaient un peu mieux payés ils n’auraient peut-être pas besoin d’avoir encore une activité à côté".

    Rappelons que tous les députés gagnent 5. 599,80 euros brut d’indemnités de base ainsi que 1.441,95 euros brut d’indemnités de fonction et 167,99 euros brut d’indemnités de résidence. Donc 7.209,24 euros brut mensuel, soit environ 5.782 euros net (source Assemblée nationale). A cela peut s’ajouter un complément pour les postes spéciaux allant de 692 euros brut pour les secrétaires du bureau à plus de 7.000 euros pour le président de l’Assemblée nationale. Sans compter les différentes enveloppes qui permettent de payer les dépenses liées au mandat et les collaborateurs.

    Jean-Luc Reitzer prend aussi en exemple les "petits nouveaux" (comprendre les députés LREM) "qui avant gagnaient 10.000 ou 15.000 euros" pour rappeler que le traitement généreux des parlementaires est censé les préserver des sirènes de la corruption. Il a enfin évoqué la question de la "réinsertion" des députés qui doivent parfois retrouver du travail après cinq ans d’interruption. Ce n’est, heureusement pour lui, pas son cas puisqu’il siège à l’Assemblée nationale depuis 1988.

     #france #politique #LR #en_vedette #économie #priviléges #argent #obscénité #hypocrisie #pognon


  • [vidéo] “L’État de droit”, ce sont les droits de l’État | la Parisienne libérée | Lignes de force
    https://www.youtube.com/watch?v=yC-eN1dIdac

    Dans ce nouveau mix orchestré par un avatar en marche : les retrouvailles émouvantes entre CRS et étudiants, une scandaleuse grève des cheminots, des zadistes en dehors de la République et la vigilance renforcée contre les réfugiés. L’État de droit du plus fort est toujours le meilleur ! Source : Relevé sur le Net...


    • Bon, je crois que vous avez compris maintenant que nous ne sommes pas là pour procéder à quelques reconstitutions de ligues dissoutes, on est pas là pour rejouer à nuit debout, Marx nous a avertis de longue date de ce qu’il avait lieu de penser des secondes fois. Nous sommes là pour autre chose. Nous sommes là parce que nous nous sentons requis, nous nous sentons requis par un moment important, décisif peut être. Il y a du malheur dans ce pays. Des gens souffrent seuls et ne se rencontrent pas. Certains choisissent même d’en finir, qui appartiennent désormais à des classes sociales qu’on aurait jamais imaginées. A un moment il faudra mettre en ordre le vocabulaire. Quand des politiques publiques continuellement poursuivies depuis trente ans, conduisent ainsi directement des gens à s’abîmer, ou à se supprimer, comment faut-il les qualifier ? Je retiens de justesse quelques mots qui me viennent à l’esprit, mais au minimum ce sont des politiques qui sont passibles de procès publics.

      Il y a quelques temps j’ai proposé, moitié pour rire, moitié pour provoquer, une troisième moitié éventuellement pour réfléchir un peu … de considérer ce que j’ai appelé la classe nuisible. Si cela en agace quelques-uns on peut l’appeler autrement, c’est vrai que ce n’est pas très gentil… la classe béate, ou la classe pharisienne… mais en gros tous les ravis de la mondialisation… qui non seulement cautionnement mais applaudissement à l’installation des structures du malheur des autres, n’en ont aucun égard et pour finir leur font la leçon à coup de généralités édifiantes. Mais la classe nuisible est surmontée d’une fraction encore plus étroite qu’il faudrait appeler la classe obscène. Si vous croyez que j’exagère, écoutez, tendez l’oreille. Il ne se passe presque plus une journée sans que quelque représentant de la classe obscène ne vienne déposer sa bouse. La classe obscène, c’est ce député macronien, entrepreneur enrichit, qui vient expliquer que cela suffit cette obsession pour le pouvoir d’achat parce qu’il y a quand même d’autres choses dans la vie. C’est cet autre qui soutient qu’il y a tout au plus cinquante SDF dans paris et qui ont choisi d’y être. Ou bien ce sinistre individu qui suggère dans les colonnes du point qu’on compte les décès liés aux grèves. Et bien comptage pour comptage, il faut relever le défit. Et carrément même. A quand par exemple un livre noir mondial du néolibéralisme ?

      Livre noir de l’ajustement structurel au sud, de la mise au travail des enfants en Afrique, du massacre de la Grèce, des décès climatique et des suicidés bien de chez nous. La classe obscène veut compter ? C’est parfait, on va compter avec elle. A ceci près que nous ici on ne veut pas seulement compter, on veut arrêter le compteur.

      Alors on va dire que j’extravague, qu’il n’est question après tout que d’une simple dérégulation du transport ferroviaire demandé par l’Europe. Je réponds qu’il ne fera pas cinq ans pour que la SNCF connaisse sa vague de suicides, comme avant elle la Poste, Orange et les hôpitaux. Nous ne laisserons pas faire ca ! (...)