• Gilets Jaunes : la révolution précède la grève, Jacques Chastaing
    https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/260419/gilets-jaunes-la-revolution-precede-la-greve-par-jacques-chastaing

    (...) Sonnant peut-être étrangement à des oreilles actuelles, cette formule de « la révolution qui précède la grève » était très largement partagée à ses origines et signifiait simplement que le mouvement ouvrier était né d’abord comme politique et révolutionnaire avant d’intégrer à soi le domaine des revendications économiques et sociales, syndicales et partielles avant que la tendance ne s’inverse.

    Comme cette formule peut paraître surprenante, nous voudrions ici éclairer le passé avec ce que nous apporte le soulèvement des Gilets Jaunes et comment ils nous disent que dans cette phase du capitalisme pourrissant nous sommes entrés dans une nouvelle ère de révolutions. Inversement, nous voudrions aussi ici éclairer le soulèvement des Gilets Jaunes à la lumière des premiers pas du mouvement ouvrier et de ses débats.

     On peut être surpris que j’associe la conscience de classe aux Gilets Jaunes alors que ce ne semble pas ce qui les définit le mieux. 

    C’est vrai. 

    Mais la conscience de classe n’est pas une chose qu’on trouve toute faite ou qui surgit soudainement au détour du chemin ou encore qui se transmet comme un trésor de génération en génération. Elle advient, se déploie, se renforce au décours de nombreux événements variés, dans des conflits qui opposent des intérêts différents, dans la tempête, les cris, les injures et les tumultes, puis s’estompe un moment, semble disparaître et se réanime à nouveau à l’occasion de nouveaux conflits. Elle ne se « définit » jamais de manière isolée, abstraite et transportable en livres à travers les temps, mais par ses conflits avec d’autres classes et le mouvement même de ces conflits.

    Ainsi Marx disait de la Commune de Paris en 1871 que c’était la première révolution ouvrière alors qu’il n’y avait pas ou quasiment pas d’ouvriers en son sein et que ses animateurs ne se pensaient surtout pas comme porteurs d’un message « ouvrier ». Il disait que la Commune était « ouvrière » par sa place et sa dynamique dans les circonstances internationales du moment. 

    De la même manière, le mouvement des Gilets Jaunes ne se définit pas que par lui-même mais aussi par son environnement, ses lisières, son évolution, l’évolution de ses porte-paroles, de ses combats, les hommes et les organisations qu’il entraîne comme alliés, ceux et celles qui le combattent et le dénoncent, ce qui est dit de lui, ce que lui-même dit des autres et des autres classes, bref par sa place dans la dynamique populaire actuelle dans les circonstances globales du parasitisme croissant et destructeur du capitalisme mondial.

    Le soulèvement des Gilets Jaunes est un mouvement de la classe ouvrière. Sa radicalité en est l’expression.

    Bien sûr, il s’agit surtout d’un « ton » radical. 

    Les Gilets Jaunes ne sont pas - pour le moment du moins - anti-capitalistes. Ils ne s’attaquent pas aux rapports de production, à la propriété privée des moyens de production. Ils en sont même très loin... mais aussi très prés tout à la fois.

    On pourrait dire en effet que si le sentiment global des Gilets Jaunes et de « classe », que leur composition sociale est majoritairement « ouvrière », « l’idéologie » dominante des Gilets Jaunes par contre est plutôt celle des petits producteurs, des artisans, des auto-entrepreneurs, des travailleurs indépendants, des travailleurs ubérisés qui ne veulent surtout pas être ouvriers et qui cultivent l’idéologie du « travail ». Parce que s’ils sont « ouvriers », ils sont ces ouvriers là. Il n’y a pas pire insulte pour les Gilets Jaunes que « cas sociaux » voire « chômeurs ». Ils déplorent la disparition du petit commerce indépendant, du petit artisan indépendant, du petit paysan, du petit producteur et dénoncent avec virulence les « grands », les hypermarchés, les grandes surfaces, les chaînes d’alimentation, les fast food... Leurs valeurs sont l’indépendance voire l’individualisme et le travail, la réussite par le travail. 

    En même temps, ils ont l’intuition que ce monde est fini, qu’internet qu’ils utilisent comme personne détruit l’indépendance du petit producteur, qu’Amazon et ses consœurs détruisent ce monde tout particulièrement à la campagne où ils travaillent et résident le plus souvent et que les auto-entrepreneurs, les aides à domicile, les chauffeurs de VTC, les livreurs en voiture ou à vélo ubérisés ne sont que de prolétaires déguisés soumis à la même discipline que dans les usines, voire pire, n’ont plus d’indépendance et perdent leur dignité non pas à vivre de leur travail, mais à s’auto-exploiter dans un capitalisme mondialisé.

    Aussi, ils ne sont pas « contre » les ouvriers comme la petite bourgeoisie a pu l’être lorsqu’elle pouvait échapper au prolétariat, ils les comprennent au contraire comme si c’étaient des travailleurs indépendants qui avaient perdu leur indépendance. Ils en sont très proches. Ils préfèrent cependant parler de pauvres et de riches parce que c’est leur ancien vocabulaire du temps où ils ont pu espérer un mieux plutôt que d’ouvriers et de bourgeois parce que ce vocabulaire a aussi été trahi, sali par les directions syndicales et politiques ouvrières. Cette conscience « ouvrière » se lit dans leur énorme solidarité à l’égard de ceux qui ont sombré, les SDF – et qui pourraient être eux demain. Autant ils ne supportent pas de s’entendre dire qu’ils ne veulent pas travailler autant ils pensent que ceux qui ont sombré ne sont pas des « fainéants » des « rien » des « alcooliques » ou des « illettrés » comme le dit Macron, mais ont des « droits » en tant que travailleurs qu’ils continuent à être mais travailleurs au chômage.

    Les Gilets Jaunes et les meilleurs de leurs portes paroles ont l’intuition qu’il n’y a plus que deux classes, que la classe moyenne et ses valeurs auxquelles ils adhèrent sentimentalement, s’estompent lentement. Ils ne se font pas d’illusion : la classe moyenne n’est pas un avenir possible pour eux. L’avenir est du côté de la classe ouvrière.

    #Gilets_Jaunes #classe_ouvrière #grève #histoire


  • #Italie, anatomie d’une crise (4/5) – Marco d’Eramo : « Salvini et Di Maio ne disent jamais que le problème majeur de l’Italie est la dette publique »
    https://lemediapresse.fr/international/italie-anatomie-dune-crise-4-5-marco-deramo-salvini-et-di-maio-ne-dise

    À Rome, Filippo Ortona rencontre Marco d’Eramo, intellectuel italien, ancien élève de Pierre Bourdieu, penseur du #Capitalisme, du #populisme et de ses usages, pour le quatrième épisode de notre série « Italie, anatomie d’une crise ». Entretien. 

    #Idées #International #classe_ouvrière #communisme #Europe #extrême_droite #fascisme #Gauche #globalisation #italieanatomiedunecrise #Italieombresetlumieres #Lega #M5S #Mondialisation #ouvriers #sociologie #sociologue #syndicalisme #Syndicats #UE #Union_Européenne


  • #Italie, anatomie d’une crise (3/5) – À Pomigliano, Cinq Étoiles pour la #classe_ouvrière
    https://lemediapresse.fr/international/italie-anatomie-dune-crise-3-5-a-pomigliano-cinq-etoiles-pour-la-class

    Près de Naples, un ancien bastion ouvrier et syndical, haut lieu des luttes du siècle dernier, est aujourd’hui acquis au Mouvement 5 Étoiles et à la #Lega. Entre casse méthodique des mécanisme de défense collective et stratégie du groupe Fiat, soutenue par une large partie du spectre politique et des éditorialistes, Filippo Ortona raconte une désillusion ouvrière.

    #International #communisme #extrême_droite #Gauche #italieanatomiedunecrise #Italieombresetlumieres #M5S #ouvriers #syndicalisme #Syndicats


  • Lutte ouvrière dans les élections européennes
    (article de la dernière Lutte de Classe, n°198 - mars-avril 2019)
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2019/03/09/lutte-ouvriere-dans-les-elections-europeennes_117795.html

    – États nationaux et #Union_européenne  : des instruments d’oppression au service de la #grande_bourgeoisie
    – Contre le grand capital, le camp des #travailleurs
    – Bloquer l’économie, ou la faire fonctionner dans l’intérêt collectif  ?
    – Unité de la lutte sous la direction de la #classe_ouvrière
    – Pour un #parti_ouvrier communiste et révolutionnaire


    #lutte_ouvriere #elections_européennes #


  • Amianto. Une histoire ouvrière

    « C’est un travail dangereux de souder à quelques centimètres d’une cuve de pétrole. Une seule étincelle est capable d’amorcer une bombe qui peut emporter une raffinerie. C’est pour cela qu’on vous dit d’utiliser cette bâche gris sale, qui résiste aux températures élevées car elle est produite avec une substance légère et indestructible : l’amiante. Avec elle, les étincelles restent prisonnières et vous, vous restez prisonnier avec elles, et sous la bâche en amiante, vous respirez les substances libérées par la fusion de l’électrode. Une seule fibre d’amiante et dans vingt ans vous êtes mort. »

    #Alberto_Prunetti raconte l’histoire de son père, Renato, né en 1945 à Livourne. Soudeur dans les #raffineries et les #aciéries italiennes depuis l’âge de quatorze ans, Renato s’empoisonne lentement au travail : il respire de l’essence, le plomb lui entre dans les os, le titane lui bouche les pores de la peau, et finalement, une fibre d’amiante se glisse dans ses poumons. Il meurt à 59 ans, après plusieurs années passées à l’hôpital.

    En contrepoint de ce récit tragique, l’auteur rapporte ses souvenirs d’enfance, entre parties de foot et bagarres, et décrit une époque, sa musique, ses dialectes, ses grands événements sportifs – dans cette Toscane ouvrière où les années 1970 furent une décennie de luttes sociales, avant que les restructurations des années 1980 n’y mettent bon ordre.

    L’opposition entre le père, parfait représentant de l’idéologie stalinienne du travail, et le fils qui incarne très vite la figure du précaire, n’empêche pas que s’exprime le profond amour qui les lie, teinté d’agacement et d’amusement avant que la maladie ne s’installe. L’humour constant, la délicatesse des sentiments, l’érudition historique et technique se mêlent dans ce récit.


    https://agone.org/memoiressociales/amianto
    #livre #amiante #travail #décès #Italie #classe_ouvrière


  • Réformes socio_fiscales, Sentiment d’injustice et révolte sociale , Pierre Merle
    https://laviedesidees.fr/Sentiment-d-injustice-et-revolte-sociale.html

    La connaissance des gains en pouvoir d’achat des catégories les plus aisées doit être complétée par l’analyse détaillée de la situation des catégories populaires et moyennes (Madec, Plane et Sampognaro, 2018). Pour être complète, une telle analyse ne doit pas se limiter à la seule augmentation de la CSG et aux mesures relatives à la détention et aux revenus du capital mais porter sur l’ensemble des dispositions socio-fiscales qui exercent un effet sur le #revenu disponible des ménages (chèque énergie, #prime_d’activité, revalorisation AAH, RSA et ASPA, baisse de la taxe d’habitation et, évidemment, l’effet de fiscalité écologique et de la fiscalité sur le tabac).

    Pour les quatre premiers vingtiles, l’ensemble des mesures prises par le gouvernement exerce en 2018 des effets le plus souvent négatifs sur le niveau de vie moyen des plus #pauvres (-0,6% pour le premier vingtile). L’effet négatif de la fiscalité écologique est particulièrement marqué. Ce calcul de l’évolution du pouvoir d’achat permet de connaître un effet moyen par vingtile (cf. tableau). Il présente toutefois deux limites. D’abord, l’impact des mesures socio-fiscales du budget estimé jusqu’en décembre 2018, c’est-à-dire en année pleine, est plus favorable aux premiers déciles (Madec, Plane et Sampognaro, 2018). Ensuite, pour les #travailleurs_pauvres qui ne bénéficient pas des mesures sociales (revalorisation RSA, ASPA et AL), la baisse du niveau de vie est plus forte (cf. tableau). Cette baisse est encore plus marquée pour les professions aux revenus modestes dont l’usage de la voiture est particulièrement fréquent (aides ménagères, aides à domicile, ambulanciers, artisans, infirmières libérales, VTC ne bénéficiant pas de détaxe sur le carburant, etc.). Il en est de même des populations rurales. Les analyses cartographiques réalisées par Hervé Le Bras montrent que ces populations spécifiques sont surreprésentées parmi les gilets jaunes.

    Impact des mesures socio-fiscales du budget par vingtile de #niveau_de_vie en moyenne (en % du niveau de vie)

    Où va la France populaire ? Nicolas Duvoux & Cédric Lomba
    https://laviedesidees.fr/Ou-va-la-France-populaire.html

    La #classe_ouvrière n’est plus, la France populaire se fragmente entre classes moyennes et #précarisation croissante. Ce nouvel ouvrage de la collection Vie des idées - Puf dresse une cartographie fine et vivante d’un milieu en pleine recomposition qui tente de faire face, individuellement et collectivement, aux #inégalités_sociales.

    Les « gilets jaunes », une transition populiste de droite
    http://theconversation.com/les-gilets-jaunes-une-transition-populiste-de-droite-110612

    On peut alors émettre l’hypothèse selon laquelle le mouvement des « gilets jaunes » devient, dans ce cadre, le « passeur » du populisme RN en le désenclavant de la situation de blocage sur laquelle le macronisme a pu élaborer sa stratégie électorale.

    #catégories_populaires #gilets_jaunes #populisme #RN #extrême_droite


  • Une révolution à ne pas oublier
    2018 : centenaire de la République des conseils en Allemagne

    Par Paul Mattick Jr

    http://jefklak.org/une-revolution-a-ne-pas-oublier

    À présent que sont terminées les commémorations en grandes et funestes pompes pour le centenaire de la boucherie de 14-18, on lira ici un autre souvenir, plus engageant. Car à la toute fin de cette guerre des puissances européennes commence une autre histoire, celle de la Novemberrevolution en Allemagne. Dès octobre 1918, les mutineries s’enchaînent, notamment chez les matelots qui refusent de continuer les massacres qu’on leur ordonne. Des soldats, paysan·nes et ouvrier·es se réunissent alors autour de structures de décision autonomes de tout pouvoir extérieur et s’auto-organisent en conseils – le tout en activant la grève générale. La monarchie et la bourgeoisie sont attaquées, la République socialiste de Bavière est proclamée… Mais laissons Paul Mattick Jr nous raconter cette histoire : sans en tirer de leçons définitives, et sans comparer l’incomparable, son éclairage donne un peu plus de prise et d’outils face aux crises politiques que nous vivons aujourd’hui.

    Traduction de l’anglais (États-Unis) par Émilien Bernard

    Texte original : « A Revolution to Remember », Commune , no 1 – Automne 2018.

    Commune est un site web et un magazine papier semestriel qui vient de se créer, pour le plaisir de tout·es nos lecteurs et lectrices anglophones. Longue vie !

    Paul Mattick Jr est auteur d’essais et responsable de « Field Notes », pages politiques du journal The Brooklyn Rail à New York.


  • Plus opprimée que le prolétaire, la femme du prolétaire !

    Une ouvrière méconnue peut-elle être une héroïne ? La grande Michelle Perrot, pionnière de l’histoire des femmes en France, avait répondu oui en publiant « Mélancolie ouvrière » en 2012. Six ans plus tard, Gérard Mordillat s’empare du texte et réalise un très beau film avec Virginie Ledoyen et Philippe Torreton.

    #Lucie_Baud, née en 1870 dans la région de Grenoble, entrée dans une usine de soierie à l’âge de douze ans, fondera en 1902 le premier #syndicat des ouvrières du textile de la région. Après avoir mené deux #grèves très dures à Vizille puis à Voiron qui se solderont par des échecs, elle tentera de mettre fin à ses jours en se tirant trois balles de revolver dans la bouche.


    https://www.franceinter.fr/emissions/l-humeur-vagabonde/l-humeur-vagabonde-08-septembre-2018
    #femmes #syndicalisme #histoire #France #classe_ouvrière


  • La reconnaissance des maladies ouvrières
    http://www.laviedesidees.fr/La-reconnaissance-des-maladies-ouvrieres.html

    Une enquête sociologique sur les verriers de Givors expose la difficulté à faire reconnaître les maladies professionnelles. Ce n’est qu’au prix d’une lutte juridique acharnée et de collaborations entre ouvriers et scientifiques que la vérité a pu être rendue publique.

    #Recensions

    / santé, #travail, #industrie, #classe_ouvrière

    #santé


  • CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME | Guillaume Deloison
    https://guillaumedeloison.wordpress.com/2018/07/16/classe-race-faux-dilemme-vrai-probleme

    Pour certain le racisme n’a jamais ségrégué les personnes en « communautés distinctes », il faut « l’action d’individus » plus ou moins malintentionnés vis-à-vis de la lutte de classe, de la classe ouvrière et ses institutions pour que tels malheurs arrivent, pour que la lutte des classes soit effacé par la lutte des races.

    Comme s’il n’y avait pas eu d’ « affaires du foulard », de déclarations gouvernementales lors des grèves de l’automobile au début des années 1980, de débats sur la construction de mosquées et des menus de substitution dans les cantines scolaires, de tapages médiatiques autour des perquisitions administratives et des assignations à résidence, comme si la « double peine » et l’inflation du soupçon administratif à chaque étape de la vie quotidienne n’existait pas, comme si personne n’aurait entendu parler de l’effondrement des « Twin Towers » sans les xénophobes et les xénophiles, sans qui également le massacre du Bataclan serait sans doute resté « confidentiel ».

    Mais pourquoi le « bouc émissaire » est-il devenu « musulman » et n’est pas resté « arabe », « travailleur immigré » ou « immigré » tout court ? La « décomposition du mouvement ouvrier » est un facteur objectif bien général et bien antérieur à la fabrication du musulman comme marqueur racial. Les causes de la « culturalisation » de l’immigré et de sa descendance puis la confessionnalisation de cette « culturalisation » sont des processus réels de la crise et de la restructuration des années 1970 aux années 1980, le regroupement familial, les « deuxième et troisième générations » pour exemple… étudions ces processus.

    #race #luttes_des_classes #classe_ouvrière et #segmentation_raciale

    • Théorie Communiste N° 26, « le kaléidoscope du prolétariat », bonnes feuilles
      https://dndf.org/?p=16870

      De l’identité par le travail à la culturalisation

      A la fin des années 1970 / début années 1980 (concomitance des grèves de l’automobile et des Marches sur laquelle nous n’insisterons jamais assez), deux phénomènes sociaux se rencontrent. D’une part, la fin de l’identité de l’immigré par le #travail à laquelle se substitue la culturalisation de celui-ci et de sa descendance (leur présence irréversible) et, d’autre part (les deux ne sont sans liens, mais aucun n’est la cause de l’autre), la #restructuration du mode de production capitaliste, la mise en place d’un nouveau paradigme de l’achat-vente de la force de travail, de sa précarisation et flexibilisation généralisée, la transformation des types d’emplois avec une #désindustrialisation relative. Ce nouveau paradigme fixe la culturalisation qui devient essentielle et le marqueur des modalités d’utilisation de ceux et celles qui sont ainsi désigné.e.s. L’#immigré n’est plus défini par le travail qu’il occupe, sa « présence transitoire », sa marginalité dans la société française qui le laissait quasi extérieur à la plupart des aspects de la vie sociale, culturelle et associative sans parler de la vie politique. C’est maintenant ce marqueur qui, quoi qu’il fasse lui colle à la peau, qui définit les emplois qui seront les siens, sa #discrimination résidentielle, scolaire, la pression administrative et policière. Il est « d’ici », mais à tout moment on peut revenir sur le code de la nationalité, déposer des projets de loi sur la double nationalité qui n’aboutissent pas mais existent cependant, promulguer des mesures instituant la « double peine », créer un débat national sur « l’identité française », investir un Comité de sages sur la laïcité. Tout cela crée une suspicion, une instabilité et une discrimination aussi constantes les unes que les autres dont la situation des sans-papiers est le modèle paroxystique.

      Depuis le début des années 70 (grèves dans l’industrie, lutte des foyers Sonacotra, formation du MTA, mobilisation contre les attentats racistes, pour la carte unique de 10 ans…) les luttes des travailleurs immigrés (clandestins ou non) ne peuvent être découpées à l’intérieur d’elles-mêmes en luttes de classe sur les conditions de travail, les salaires etc., disons « un côté prolétarien » et, de l’autre, ce que Reflex appelle la volonté « d’asseoir son droit de cité dans la société française » (Chroniques d’un mouvement, p 9). « Asseoir son droit de cité » c’est aussi lutter contre une surexploitation et il ne s’agit pas d’idéologie. La question de « l’égalité » et des « droits » n’est pas un « plus » qui viendrait se surajouter à la lutte de classe « pure et dure », car la lutte de classe n’est jamais « pure et simple ». Résoudre la question en en appelant de façon quasiment incantatoire et magique au « noyau dur prolétarien » contre son dévoiement idéologique, humanitaire, antiraciste, ne nous avance pas à grand chose dans la compréhension du mouvement, ni dans celle de ses limites et de leur nécessité. Il faut renverser la problématique. C’est parce que la lutte des immigrés est lutte de classe qu’elle comporte ce « plus ».

      Selon la proposition fondamentale qui parcourt tout ce texte : la lutte de classe n’existe toujours que « surdéterminée », non qu’elle doive s’en accommoder, mais parce qu’elle est lutte de classe. Dans ce « plus » c’est l’existence et la pratique en tant que classe que l’on trouve, c’est-à-dire la reproduction réciproque du prolétariat et du capital dans laquelle c’est toujours le second qui subsume le premier et celui-ci qui agit à partir des catégories définies dans la reproduction du capital. Si le #prolétariat n’est pas condamné à en demeurer là c’est que, dans sa contradiction avec le capital, il peut conjoncturellement trouver la capacité de l’abolir et de se nier lui-même. Mais c’est une autre histoire, ou plutôt une histoire qui commence dans les catégories de la reproduction du capital. Essentiellement, c’est toujours agir en tant que classe qui est la limite de la lutte de classe, c’est là le point de départ, mais ce n’est qu’un point de départ.

      Ce n’est pas dans leur situation commune de classe mais en se retournant contre elle que les prolétaires dépassent les segmentations raciales (et certainement pas sans conflits).


  • L’esprit de Mai (1/2) : Filles de Mai
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/lesprit-de-mai-12-filles-de-mai

    « Je me suis faite humilier mais j’étais têtue, je voulais cette pilule. »

    En 1968, elles sont lycéennes ou étudiantes, et elles s’éveillent au monde et à la révolte qui les entourent. Ces « filles de mai » tentent de briser les contraintes qui pèsent sur elles : interdits sociaux, vestimentaires, qui leur disent qui aimer et comment, jusqu’au mariage.

    « Pour moi c’est le début d’un mouvement dont je veux être : des jeunes qui se mettent ensemble pour faire de grandes choses ».


    #mai68 #féminisme #pilule #pantalon #classe_ouvrière #les_Pieds_sur_terre



  • Jerome Ave: inside one of #New_ York City’s last #working_class areas - in pictures

    Photographs have gone on display from a project documenting and celebrating the workers and tradespeople of Jerome Avenue, in the #Bronx, where many people still make a living in small shops and factories. The city is considering a plan to rezone two miles along the street, which has already led to the raising of rents

    https://www.theguardian.com/us-news/gallery/2018/apr/09/jerome-avenue-new-york-city-working-class-areas-in-pictures

    #photographie #classe_ouvrière


  • Immigrants Haven’t Hurt Pay for Americans - Bloomberg

    https://www.bloomberg.com/view/articles/2018-02-14/immigrants-haven-t-hurt-pay-for-americans

    As President Donald Trump’s push for immigration restriction continues, his supporters among the pundit class continue to make economic arguments for closing the country’s gates. That’s only understandable — it’s easy to blame immigrant competition for economic woes. But very often, it’s wrong.

    On a recent appearance on Fox News, classicist and historian Victor Davis Hanson started off with some good and important points about the need for a shared culture to bind together the U.S.’s multiracial society. But he then continued to make some very dodgy economic arguments. Hanson asserted that “the Trump miracle [is] giving empowerment to the working … classes,” and that this empowerment was also being driven by “a radical curtailment [of] illegal immigration.” Hanson credits reduced illegal immigration with lower unemployment and increasing competition for workers.

    #états-unis #migrations #emploi


  • As obras políticas de #Tarsila_do_Amaral

    http://obviousmag.org/pintores-brasileiros/tarsila_do_amaral/as-obras-e-a-vida-politica-de-tarsila-do-amaral.html

    Une artiste très intéressante

    Depois de perder uma fortuna, Tarsila do Amaral conhece a vida da classe operária e, não somente se identifica com esta causa, como também a retrata em seus quadros. Esta sua fase foi chamada de «fase social». É, também, nesta fase me que ela se aproxima da cena política da época.

    #art #industrie


  • Le mouvement communiste face à la question nationale | Cercle Léon Trotsky n°152 (conférence de #LutteOuvriere, 19 janvier 2018)
    https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/le-mouvement-communiste-face-la-question-nationale-103360.html
    Introduction :

    Les luttes sociales dont nous allons parler ce soir ont toutes un point commun, celui d’être motivées par la révolte des masses face à l’oppression nationale. L’oppression nationale peut se manifester sous de multiples formes. Mais elle se traduit très souvent par des humiliations quotidiennes, des humiliations institutionnalisées que les populations opprimées ressentent dans leur chair. Ainsi les Chinois au début du XXe siècle pouvaient lire à l’entrée de certains parcs des concessions étrangères à Shanghai que l’entrée leur était interdite, à eux et aux chiens. Les Juifs d’Europe de l’Est du XIXe et du début du XXe siècle étaient désignés à la vindicte populaire et aux pogroms par les puissants. Les Algériens après avoir été massacrés par les Français lors de la conquête coloniale furent soumis au code de l’Indigénat et ne pouvaient par exemple plus sortir de leur village sans en demander l’autorisation. Et aux États-Unis, même après la seconde Guerre mondiale, si les Noirs ne risquaient plus d’être lynchés en place publique comme encore dix ans plus tôt, ils subissaient des discriminations et des interdictions sans fin, comme celle ne pas pouvoir s’asseoir dans les bus aux places qui leur étaient interdites, parce que réservées aux Blancs.

    Le sentiment national, réaction élémentaire à cette oppression, le sentiment d’être opprimé en tant qu’autochtone, d’être considéré comme un étranger dans son propre pays, est un sentiment puissant, capable d’unifier de larges masses et de mettre en mouvement, en lutte, toutes les classes des nations opprimées, paysans et ouvriers comme bourgeois et petits-bourgeois. C’est ce caractère massif, collectif, profond de la révolte nationale qui donne sa force à ces luttes, qui leur donne tout leur potentiel révolutionnaire. Mais si les possibilités que ces luttes renferment sont immenses, la direction qu’elles prennent, les objectifs qu’elles peuvent atteindre dépendent de la classe sociale qui en prend la tête.

    Les communistes, militants de l’émancipation de la classe ouvrière et de l’instauration du socialisme à l’échelle mondiale, ont toujours participé aux luttes qui ont mis en mouvement de larges masses contre l’oppression, quelle qu’elle soit. Ils ont donc bien naturellement participé aux luttes , donc celles contre l’oppression nationale, tout en essayant de leur donner là-aussi le caractère le plus progressiste possible. C’est au cours de ces luttes qu’ils se sfont forgé une conviction, celle qu’on ne pourra résoudre intégralement la question de l’oppression nationale sans en finir avec l’oppression tout court, et donc qu’il n’y a que le prolétariat qui soit en mesure de mener ce combat jusqu’au bout, qu’il doit en prendre la tête. Dans le cadre de cet exposé, nous verrons comment les communistes du XIXe et du XXe siècle, avant que le stalinisme remette cela en cause, sont intervenus au XIXe et au XXe siècle dans la question nationale, comment ils prirent part aux combats de leur temps. Et nous nous intéresserons en détail à la révolution russe de 1917 et à la manière dont, il y a cent ans, la classe ouvrière et les bolcheviks au pouvoir ont entrepris de résoudre cette question, permettant à des dizaines de nationalités opprimées de commencer à trouver les voies et les moyens de construire ensemble un avenir commun.

    #nationalisme #question_nationale #internationalisme #classe_ouvriere #oppression_nationale #colonialisme #mouvement_communiste


  • Usul. La lutte des classes, parce que c’est notre projet
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220118/usul-la-lutte-des-classes-parce-que-cest-notre-projet

    Les premiers à mener, aujourd’hui, une efficace lutte des classes sont les #bourgeois, aidés en cela par un gouvernement dont les politiques semblent alignées sur les intérêts des dominants. Quelles sont les formes contemporaines de cette violence de classe ? Et quels sont les discours qui la masquent ou la rendent acceptable ? © Mediapart

    #France #classe_moyenne #classe_ouvrière #Karl_Marx #Pinçon-Charlot


  • En train de la lire... et c’est pas mal

    #Mauvaises_Gens

    #Étienne_Davodeau vient d’une région catholique et ouvrière, les #Mauges. Ses propres parents sont un parfait exemple de gens, dont l’éducation s’est forgée entre l’#église et l’#usine, mûs très vite par la volonté d’agir. Leur parcours et leurs aspirations sont ceux d’une France à la recherche de justice et de progrès social, de l’après-guerre à l’élection de Mitterrand ?


    http://www.editions-delcourt.fr/serie/mauvaises-gens.html

    #rural #géographie_rurale #histoire #France #industrie #plein_emploi #mai_68 #france_rurale #BD #livre #syndicat #travail #bande_dessinée #luttes_ouvrières #classe_ouvrière


  • Sorties d’usine
    http://www.laviedesidees.fr/Sorties-d-usine.html

    Fragilisée par le chômage de masse, l’insertion professionnelle difficile de ses jeunes, précarisée et individualisée, la #classe_ouvrière doit cependant encore être nommée et demeure, pour le sociologue Henri Eckert, une force politique à interroger.

    Essais & débats

    / #sociologie, classe ouvrière, #salariat, #jeunesse, #éducation, #insertion, #précariat

    #Essais_&_débats


  • 7 Pundits Who Spread the Myth of Trump’s Working-Class Voter Base | Alternet
    http://www.alternet.org/news-amp-politics/7-pundits-who-spread-myth-trumps-working-class-voter-base

    Following Donald Trump’s ascent to the U.S. presidency, both liberal and conservative pundits and commentators have circulated a dangerous myth that the white working-class propelled Trump to the White House. This has led the media to blame poor and working-class whites for the rise of Trump, which is an oversimplification and misevaluation of how we arrived at the current political moment.

    As data from NBC indicates, during the 2016 primaries, more than one-third of Trump supporters had incomes of over $100,000, and two-thirds of Trump supporters earned over $50,000 a year, or above the median national household income. In other words, Trump’s base is not the working class, but what might be called the petit bourgeoisie: small-business owners, property owners and inheritors, technicians, electricians, plumbers, policemen, firemen, and other highly skilled workers.

    This is not to say that poor and working-class whites didn’t turn out for Trump in large numbers—they did—but rather that working-class whites should not be seen as the core of Trump’s constituency.

    #Politique_USA #Classe_ouvrière #élections


  • Un lepénisme ouvrier ?
    http://www.laviedesidees.fr/Un-lepenisme-ouvrier.html

    Le spécialiste de sociologie électorale Florent Gougou montre que le vote ouvrier pour la droite, puis l’extrême droite, est alimenté par une double dynamique : l’abandon de la #classe_ouvrière par les partis de #gauche, et la radicalisation d’une nouvelle génération, unie par sa commune hostilité à l’immigration, en faveur du Front national à partir des années 1980.

    Essais & débats

    / #extrême_droite, classe ouvrière, #immigration, gauche

    #Essais_&_débats


  • Interview de Edward P. Thompson, L’esprit whig sans l’élitisme, 1992
    https://sniadecki.wordpress.com/2017/03/02/thompson-entretien

    La Formation de la classe ouvrière anglaise a mis plus de vingt ans à être traduite en France : c’était à la fin des années 1980, sa lecture est restée un émerveillement. Pionnier de l’« histoire vue d’en bas », attentif aux processus et interactions individuelles plus qu’aux superstructures, militant pacifiste soucieux de politique non gouvernementale, Edward P. Thompson (1924-1993) compte parmi les figures intellectuelles dont l’œuvre sert de balise. Son parcours, ici retracé, mobilise les trois derniers siècles. Où il apparaît que, face à l’histoire courte, c’est d’une connaissance des possibles passés que nous avons besoin pour tenir et ouvrir le présent.

    Cet entretien prend place dans une série d’interviews d’historiens par des collègues plus jeunes, lancée par l’Institute of Historical Research de l’Université de Londres. Il a été publié en français en 1993, à l’occasion du décès d’E. P. Thompson, dans Liber, revue européenne des livres, supplément au n°100 des Actes de la Recherche en sciences sociales, n°16, décembre 1993.

    #histoire #EP_Thomson #interview #classe_ouvrière

    • Comment réagissez-vous aux attaques de la nouvelle histoire féministe ?

      Elles viennent en particulier de Joan Scott, même si on les retrouve ailleurs que chez elle. Je me souviens avoir assisté, lors d’une conférence aux États-Unis, à un réquisitoire enflammé contre The Making of the English Working Class. Je n’ai jamais répondu aux critiques de Joan Scott, mais suis devenu un moins que rien aux yeux de certains féministes américaines radicales. D’après elles, j’ai totalement négligé les femmes dans The Making. Je crois que c’est une accusation assez injuste, car il y a vraiment beaucoup de femmes dans ce livre : d’autant que Dorothy, qui relisait tout, n’aurait pas laissé passer un tel oubli. Mais il y a aussi un problème technique : lorsque l’on traite d’une période pendant laquelle les institutions et les documents sont presque exclusivement aux mains des hommes – par exemple les premiers syndicats de la Société de correspondance londonienne ou d’autres sociétés de correspondance – l’histoire que l’on écrit s’en ressent inévitablement. Cependant, je crois que Joan Scott, et elle n’est pas la seule, fait une critique importante de The Making, et que je dois garder à l’esprit : la classe ouvrière était elle-même une structure, une construction mentale masculine. Je crois que je ne l’avais pas vraiment perçu, et elle a su le montrer très clairement. Quant aux autres accusations qu’elle lance, je les prends très à cœur, et je lui répondrai un jour, car je pense qu’elle se trompe. Elle a bien entendu mêlé la déconstruction et tout le reste au débat, et elle finit par critiquer dans le livre une structure antirationelle qu’elle a produite elle-même, malheureusement. Quoi qu’il en soit, je pense qu’il est très juste et fondamental de dire que la formation des classes et de la conscience de classe ont toujours eu des connotations masculines. Et quand les historiens n’en sont pas conscients – fort heureusement ils le sont désormais – on aboutit à une lecture déformée de l’histoire.


  • Retour de l’usine : le territoire, l’architecture, les ouvriers et le capital
    Pier Vittorio Aureli

    Comment penser aujourd’hui sous un même registre les luttes à Notre Dame des Landes, les grèves à Amazon, IKEA, les révoltes urbaines, ou encore les grèves parmi les travailleurs de Uber ? Dans ce texte, Vittorio Aureli propose d’analyser ces mouvements à travers l’histoire longue de la métropole capitaliste, son architecture, et le concept opéraïste de l’usine sociale. Faisant résonner Tronti avec Tafuri, l’auteur trace une généalogie des dispositifs de pouvoir de la ville moderne depuis la Renaissance et la révolte des Ciompi. Il éclaire ainsi combien les résistances à l’emprise du capital engendrent de nouveaux maillages territoriaux et de nouveaux processus disciplinaires, de l’urbanisme florentin post-médiéval à la logistique moderne.

    http://revueperiode.net/retour-de-lusine-le-territoire-larchitecture-les-ouvriers-et-le-capita

    #mouvement_ouvrier #usine #classe_ouvrière #travail_matériel #travail_immatériel #marxisme #opéraïsme #Tronti #architecture


  • Dits et écrits du monde ouvrier
    http://www.laviedesidees.fr/Dits-et-ecrits-du-monde-ouvrier.html

    Alors que la #classe_ouvrière a perdu aujourd’hui de sa centralité, l’historien Xavier Vigna invite à relire les écrits sur et par les ouvriers. Dans cet ouvrage ambitieux, il montre que l’écriture aussi peut être un lieu d’affrontements.

    Livres & études

    / classe ouvrière, #littérature, #luttes_sociales

    #Livres_&_études


  • 5 questions à … Claude Pennetier ou la feinte du Maitron !
    http://enenvor.fr/eeo_actu/5_questions_a/5_questions_a_claude_pennetier_ou_la_feinte_du_maitron.html

    5 questions à Claude Pennetier ou la feinte du Maitron !

    Les lecteurs d’En Envor connaissent l’outil de travail de référence qu’est le Maitron, gigantesque dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social, entreprise éditoriale et historiographique unique. A l’occasion de la sortie de l’ultime volume couvrant la période 1940-1968, nous avons souhaité faire le point avec son directeur, l’historien Claude Pennetier.

    Vous vous apprêtez à publier l’ultime tome du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier pour la période 1940-1968. C’est la fin d’un cycle pour le Maitron ?

    Le tome 12 (Te-Z) marque la fin de la période 1940-1968. C’est une grande satisfaction d’avoir franchi les obstacles pour aboutir à ce résultat dans un monde ou l’édition est frileuse. C’est aussi l’aboutissement provisoire de la grande série de 56 volumes français, un monument dédié au mouvement ouvrier et social, à ses 166 000 militants. Ils le méritent bien. Ceux-ci ne sont qu’une écume des millions d’acteurs de ce grand mouvement social des sociétés industrielles. C’est la finalisation d’un grand projet conçu par Jean Maitron, introducteur de l’histoire ouvrière à l’Université, projet que j’ai accompagné puis porté pendant 45 ans. Mais il y a de la jeune relève. Paul Boulland (co-directeur du Maitron), Julien Lucchini, François Prigent, Marie-Cécile Bouju ... sont des auteurs plein d’avenir.

    #classe_ouvrières #luttes_ouvrières #ouvriers #mouvement_ouvrier