• La fabrique européenne de la race (17e-20e siècles)

    Dans quelle galère sommes-nous allé•es pointer notre nez en nous lançant dans ces réflexions sur la race ? Complaisance à l’air du temps saturé de références au racisme, à la #racialisation des lectures du social, diront certain•es. Nécessaire effort épistémologique pour contribuer à donner du champ pour penser et déconstruire les représentations qui sous-tendent les violences racistes, pensons-nous.

    Moment saturé, on ne peut guère penser mieux… ou pire. Évidemment, nous n’avions pas anticipé l’ampleur des mobilisations contre les #violences_racistes de cet été aux États-Unis, mais nous connaissons leur enracinement dans la longue durée, l’acuité récente des mobilisations, que ce soit « #black_lives_matter » aux États-Unis ou les #mobilisations contre les #violences_policières qui accablent les plus vulnérables en France. L’enracinement aussi des #représentations_racialisées, structurant les fonctionnements sociaux à l’échelle du globe aujourd’hui, d’une façon qui apparaît de plus en plus insupportable en regard des proclamations solennelles d’#égalité_universelle du genre humain. Nous connaissons aussi l’extrême #violence qui cherche à discréditer les #protestations et la #révolte de celles et ceux qui s’expriment comme #minorité victime en tant que telle de #discriminations de races, accusé•es ici de « #terrorisme », là de « #communautarisme », de « #séparatisme », de vouloir dans tous les cas de figure mettre à mal « la » république1. Nous connaissons, associé à cet #antiracisme, l’accusation de #complot dit « #décolonial » ou « postcolonial », qui tente de faire des spécialistes des #colonisations, des #décolonisations et des #rapports_sociaux_racisés des vecteurs de menaces pour l’#unité_nationale, armant le mécontentement des militant•es2. Les propos haineux de celles et ceux qui dénoncent la #haine ne sont plus à lister : chaque jour apporte son lot de jugements aussi méprisants que menaçants. Nous ne donnerons pas de noms. Ils ont suffisamment de porte-voix. Jusqu’à la présidence de la République.

    3L’histoire vise à prendre du champ. Elle n’est pas hors sol, ni hors temps, nous savons cela aussi et tout dossier que nous construisons nous rappelle que nous faisons l’histoire d’une histoire.

    Chaque dossier d’une revue a aussi son histoire, plus ou moins longue, plus ou moins collective. Dans ce Mot de la rédaction, en septembre 2020, introduction d’un numéro polarisé sur « l’invention de la race », nous nous autorisons un peu d’auto-histoire. Les Cahiers cheminent depuis des années avec le souci de croiser l’analyse des différentes formes de domination et des outils théoriques comme politiques qui permettent leur mise en œuvre. Avant que le terme d’« #intersectionnalité » ne fasse vraiment sa place dans les études historiennes en France, l’#histoire_critique a signifié pour le collectif de rédaction des Cahiers la nécessité d’aborder les questions de l’#exploitation, de la #domination dans toutes leurs dimensions socio-économiques, symboliques, dont celles enracinées dans les appartenances de sexe, de genre, dans les #appartenances_de_race. Une recherche dans les numéros mis en ligne montre que le mot « race » apparaît dans plus d’une centaine de publications des Cahiers depuis 2000, exprimant le travail de #visibilisation de cet invisible de la #pensée_universaliste. Les dossiers ont traité d’esclavage, d’histoire coloniale, d’histoire de l’Afrique, d’histoire des États-Unis, de l’importance aussi des corps comme marqueurs d’identité : de multiples façons, nous avons fait lire une histoire dans laquelle le racisme, plus ou moins construit politiquement, légitimé idéologiquement, est un des moteurs des fonctionnements sociaux3. Pourtant, le terme d’ « intersectionnalité » apparaît peu et tard dans les Cahiers. Pour un concept proposé par Kimberlé Crenshaw dans les années 1990, nous mesurons aujourd’hui les distances réelles entre des cultures historiennes, et plus globalement sociopolitiques, entre monde anglophone et francophone, pour dire vite4. Effet d’écarts réels des fonctionnements sociaux, effets de la rareté des échanges, des voyages, des traductions comme le rappelait Catherine Coquery-Vidrovitch dans un entretien récent à propos des travaux des africanistes5, effet aussi des constructions idéologiques marquées profondément par un contexte de guerre froide, qui mettent à distance la société des États-Unis comme un autre irréductible. Nous mesurons le décalage entre nos usages des concepts et leur élaboration, souvent dans les luttes de 1968 et des années qui ont suivi. Aux États-Unis, mais aussi en France6. Ce n’est pas le lieu d’évoquer la formidable énergie de la pensée des années 1970, mais la créativité conceptuelle de ces années, notamment à travers l’anthropologie et la sociologie, est progressivement réinvestie dans les travaux historiens au fur et à mesure que les origines socioculturelles des historiens et historiennes se diversifient. L’internationalisation de nos références aux Cahiers s’est développée aussi, pas seulement du côté de l’Afrique, mais du chaudron étatsunien aussi. En 2005, nous avons pris l’initiative d’un dossier sur « L’Histoire de #France vue des États-Unis », dans lequel nous avons traduit et publié un auteur, trop rare en français, Tyler Stovall, alors professeur à l’université de Berkeley : bon connaisseur de l’histoire de France, il développait une analyse de l’historiographie française et de son difficile rapport à la race7. Ce regard extérieur, venant des États-Unis et critique de la tradition universaliste française, avait fait discuter. Le présent dossier s’inscrit donc dans un cheminement, qui est aussi celui de la société française, et dans une cohérence. Ce n’était pas un hasard si en 2017, nous avions répondu à l’interpellation des organisateurs des Rendez-vous de l’histoire de Blois, « Eurêka, inventer, découvrir, innover » en proposant une table ronde intitulée « Inventer la race ». Coordonnée par les deux responsables du présent dossier, David Hamelin et Sébastien Jahan, déjà auteurs de dossiers sur la question coloniale, cette table ronde avait fait salle comble, ce qui nous avait d’emblée convaincus de l’utilité de répondre une attente en préparant un dossier spécifique8. Le présent dossier est le fruit d’un travail qui, au cours de trois années, s’est avéré plus complexe que nous ne l’avions envisagé. Le propos a été précisé, se polarisant sur ce que nous avions voulu montrer dès la table-ronde de 2017 : le racisme tel que nous l’entendons aujourd’hui, basé sur des caractéristiques physiologiques, notamment la couleur de l’épiderme, n’a pas toujours existé. Il s’agit bien d’une « #invention », associée à l’expansion des Européens à travers le monde à l’époque moderne, par laquelle ils justifient leur #domination, mais associée aussi à une conception en termes de #développement, de #progrès de l’histoire humaine. Les historien•nes rassemblée•es ici montrent bien comment le racisme est enkysté dans la #modernité, notamment dans le développement des sciences du 19e siècle, et sa passion pour les #classifications. Histoire relativement courte donc, que celle de ce processus de #racialisation qui advient avec la grande idée neuve de l’égalité naturelle des humains. Pensées entées l’une dans l’autre et en même temps immédiatement en conflit, comme en témoignent des écrits dès le 17e siècle et, parmi d’autres actes, les créations des « #sociétés_des_amis_des_noirs » au 18e siècle. Conflit en cours encore aujourd’hui, avec une acuité renouvelée qui doit moins surprendre que la persistance des réalités de l’#inégalité.

    5Ce numéro 146 tisse de bien d’autres manières ce socle de notre présent. En proposant une synthèse documentée et ambitieuse des travaux en cours sur les renouvellements du projet social portés pour son temps et pour le nôtre par la révolution de 1848, conçue par Jérôme Lamy. En publiant une défense de l’#écriture_inclusive par Éliane Viennot et la présentation de son inscription dans le long combat des femmes par Héloïse Morel9. En suivant les analyses de la nouveauté des aspirations politiques qui s’expriment dans les « #têtes_de_cortège » étudiées par Hugo Melchior. En rappelant à travers expositions, films, romans de l’actualité, les violences de l’exploitation capitaliste du travail, les répressions féroces des forces socialistes, socialisantes, taxées de communistes en contexte de guerre froide, dans « les Cahiers recommandent ». En retrouvant Jack London et ses si suggestives évocations des appartenances de classes à travers le film « Martin Eden » de Pietro Marcello, et bien d’autres évocations, à travers livres, films, expositions, de ce social agi, modelé, remodelé par les luttes, les contradictions, plus ou moins explicites ou sourdes, plus ou moins violentes, qui font pour nous l’histoire vivante. Nouvelle étape de l’exploration du neuf inépuisable des configurations sociales (de) chaque numéro. Le prochain sera consacré à la fois à la puissance de l’Église catholique et aux normes sexuelles. Le suivant à un retour sur l’histoire du Parti communiste dans les moments où il fut neuf, il y a cent ans. À la suite, dans les méandres de ce social toujours en tension, inépuisable source de distance et de volonté de savoir. Pour tenter ensemble de maîtriser les fantômes du passé.

    https://journals.openedition.org/chrhc/14393

    #histoire #race #Europe #revue #racisme

    ping @cede @karine4

  • Débat : #Classement_de_Shanghai, un palmarès pas très classe !

    Chaque été sort le 15 août la nouvelle mouture du « classement de Shanghai » – plus précisément le classement de l’Université Jiao Tong de Shanghai. Son but initial était de situer les universités chinoises par rapport à leurs homologues américaines. Il peut d’ailleurs « être considéré comme le symptôme du goût traditionnel de la civilisation chinoise pour l’#ordonnancement et la #classification ».

    Sorti des frontières chinoises depuis sa création en 2003, ce classement est devenu au fil des années un outil de #comparaison universel, non seulement des universités mais aussi des pays entre eux. Cependant, la communication qui l’entoure n’est-elle pas disproportionnée par rapport à sa qualité technique ?

    Une #méthodologie à questionner

    Notons d’abord que ce classement se concentre exclusivement sur l’activité de #recherche des établissements. Certaines disciplines, comme les #sciences_humaines_et_sociales, n’y sont pas prises en compte.

    L’activité d’#enseignement n’y est pas évaluée, pas plus que la #vie_étudiante, les #activités_culturelles ou l’insertion dans les territoires. Autant de dimensions qui sont pourtant essentielles pour un futur étudiant voulant juger de la « #qualité » d’une université. Globalement, ce classement favorise les universités qui sont fortes en #sciences_expérimentales, situées dans les pays où l’on parle l’#anglais.

    Sa méthodologie soulève aussi les critiques, sur le plan de la #bibliométrie, de ses #indicateurs, imparfaits et biaisés, de la difficulté d’homogénéiser les données entre plusieurs pays. C’est le #jugement_subjectif du fournisseur du classement qui détermine les indicateurs les plus importants, sans aucune justification théorique, et qui les impose de fait aux utilisateurs.

    Plus généralement, il est aberrant qu’un classement qui se base sur une seule note globale puisse refléter la #qualité d’une université, structure très complexe et diverse. C’est un peu comme s’il s’agissait de désigner la meilleure voiture du monde. Une Zoé est-elle une « meilleure » voiture qu’une Porsche ou une Kangoo ? Cela dépend bien sûr de l’usage du véhicule, du budget qu’on peut lui consacrer, et aussi de paramètres subjectifs (esthétique, « marque préférée » etc..). Alors pourquoi fait-on pour les universités ce qu’on ne se permettrait pas de faire pour l’automobile ?

    Une #perversité dans les usages

    Même faux, même biaisés, les classements ne poseraient pas un gros problème s’ils n’étaient pas devenus un #produit_de_consommation, une aubaine commerciale et même un dangereux outil de #management stratégique.

    Revenons sur les différentes catégories de « consommateurs » de classements. Au départ, les classements s’adressaient aux étudiants et à leurs familles, afin de les aider à effectuer leurs choix. C’était le cas du premier d’entre eux, celui de US News and World report en 1983, puis aujourd’hui du « classement de Shanghai ».

    https://twitter.com/FR_Conversation/status/1151738587047743489?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E11

    On aboutit ainsi à des sortes de « Guides Michelin » des universités. Comparaison intéressante, car on sait que la légitimité du guide rouge a été fortement remise en cause, à la fois sur des questions de méthodologie (système ancien, flou, manque de transparence), mais aussi d’usage (pression accrue sur les bénéficiaires).

    Mais la comparaison s’arrête là : si je fais confiance à une mauvaise évaluation dans un guide gastronomique, je ferai, au pire, un mauvais repas. Si je n’utilise que les classements pour choisir mes études, je risque de faire un mauvais choix de vie !

    Autres usagers des classements, les #entreprises. Elles embauchent quelquefois plus un diplôme « bien classé » qu’une personne. Dans notre pays, cette tendance existe dans le privé mais aussi dans la fonction publique avec l’exception culturelle des « grands corps », où certaines écoles ont le monopole de certains emplois.

    Les universités elles-mêmes peuvent être tentées de les utiliser pour sélectionner un partenaire étranger. Mais elles peuvent, hélas, aussi construire une stratégie visant à progresser dans les classements, plutôt que se concentrer sur leurs objectifs fondamentaux : qualité des formations, compétitivité des recherches, services rendus à la société. On passe ainsi du classement comme simple « élément d’information et de contexte » à un « élément d’une stratégie ».

    Enfin, l’État a pu considérer la progression dans les classements comme objectif stratégique pour ses universités. De même, le risque existe de voir les classements pris en compte par des organismes de contrôle ou comme variables dans des algorithmes d’attribution de #ressources.

    Du commercial au politique

    Oui, le classement des universités « fait vendre ». Il s’insère dans la passion de la presse magazine pour les #palmarès en tous genres, et est devenu un des principaux marronniers de la presse estivale. L’analyse sémantique montre que c’est paradoxalement la #contre-performance des établissements français qui fait évènement (« les universités françaises piétinent », « les universités françaises restent en retrait »…).

    Comme un club de football, les principaux classements commercialisent aussi de lucratifs produits dérivés : consultance, publicités, congrès, salons, aides à la rédaction de candidatures…

    La manière dont les universités ou les gouvernements communiquent sur ces classements ne peut qu’augmenter ce véritable #cercle_vicieux qui transforme le classement d’un simple outil en un #objectif_stratégique. On ne devrait pas commenter la place de nos universités dans ces classements avec un vocabulaire sportif : les universités ne sont pas dans un championnat.

    Il existe malgré tout un effet positif à cette médiatisation, celui de voir le public s’intéresser à un succès académique. Mais alors, pourquoi aussi peu d’écho à d’autres réussites ? Ainsi, l’attribution à Martin Karplus, professeur à l’université de Strasbourg et à Harvard, du prix Nobel de chimie 2013, est passée quasiment inaperçue en France.

    L’appétence pour les classements ne reflèterait-elle qu’un manque d’information sur la science et l’université ? L’importance prise par les classements comme celui de Shanghai comblerait-elle un vide créé par des universités ne communiquant pas assez avec le grand public ?

    Évaluer, et non classer

    On pourrait dire que tout cela est un argument de « mauvais perdant » : moins bien on est classé, plus on critique les classements ! Or la LERU (League of European Research Universities), qui regroupe les universités européennes les mieux classées, a adopté une position très claire :

    "Les classements sont, au mieux, sans rapport avec les #valeurs de l’université ou, au pire, les saperont. Ils encouragent la convergence vers un modèle dominé par la recherche, réduisant la diversité du système et sapant le potentiel de contribution à la société par d’autres moyens (..) Cela pourrait conduire à une culture obsessionnelle de la #mesure et du #contrôle, et promouvoir l’idée d’« #universités-supermarchés »."

    Mais attention, questionner les classements, mettre en cause leur importance, discuter leur #fiabilité ne veut pas dire que les universités ne veulent pas être évaluées, puisque l’#évaluation est dans leur quotidien.

    Répétons-le, on ne peut pas résumer la diversité et la richesse de nos universités par des chiffres à la fiabilité contestée. Le but de l’université n’est pas de figurer dans les classements. Elle travaille à la réussite de ses étudiants, pour qu’ils approfondissent le plus loin possible leurs savoirs. Elle se consacre à une recherche à la fois désintéressée et tournée vers la société, toute la société. C’est à l’aune de ces objectifs fondamentaux que la qualité de l’université devrait être regardée, analysée, commentée, mais sans classer.

    https://theconversation.com/debat-classement-de-shanghai-un-palmares-pas-tres-classe-142444
    #Shangai #ranking #université #facs #classement #critique

    –—

    Je signalais ici l’entrée de l’#Université_Grenoble_Alpes dans les top 100 du classement :
    https://seenthis.net/messages/871918#message871920

  • Gaîté Lyrique | Données fantômes : ce qui n’est pas compté et qui compte
    https://gaite-lyrique.net/article/donnees-fantomes-ce-qui-nest-pas-compte-et-qui-compte

    Certaines données sont collectées, d’autres sont manquantes. Qu’est-ce qui préside à ce choix ? L’artiste et chercheuse nigérienne-américaine Mimi Onuoha interroge les façons dont les individus sont catégorisés. Elle s’attache à mettre en évidence que la collecte, l’enregistrement et l’archivage des données sont liés aux questions de contrôle et de pouvoir.

    Le fait qu’un groupe de fans inconditionnels de la comédie musicale Hamilton ait créé un document partagé recensant l’intégralité des paroles avant même que la bande originale du spectacle ne soit commercialisée méritait par exemple de figurer dans cette liste. Autre exemple : en 2016, un utilisateur de Reddit a mis à disposition les métadonnées de toutes les histoires publiées à ce jour sur fanfiction.net, un site connu pour ses fictions écrites par des fans.

    Et ainsi de suite : le nombre de ballons de football produit quotidiennement par l’usine Wilson Sporting Goods de la ville d’Ada, dans l’Iowa (soit 4000 en 2008) ; le nombre de hot-dogs avalés par les Américains à chaque fête de l’Independance Day (soit 150 millions selon les dernières estimations) ; l’emplacement de toutes les toilettes publiques d’Australie (plus de 17000)."
    Qu’est-ce qu’une donnée ?

    "Mitchell Whitelaw, universitaire australien, définit les données comme « des mesures extraites du flux de la réalité ». En général, lorsqu’on pense à de grands ensembles de données, il s’agit de choses importantes : le recensement d’une population, les données de l’Organisation mondiale de la santé, et toutes les informations amassées par les grandes entreprises comme Google, Amazon ou Facebook.

    De ce point de vue, cette définition est admirablement concise et efficace. L’emploi du verbe « extraire » désigne avec pertinence les données comme des matières premières. De la même manière que Shosana Zuboff parle de « capitalisme de surveillance » en expliquant que le capitalisme actuel monétise des données recueillies par le biais d’une surveillance généralisée, la formulation de Mitchell Whitelaw évoque la conception des entreprises : les données sont des ressources à exploiter. Dans une société capitaliste, enregistrer des données ne peut être que bon pour les affaires. Le monde est ainsi enregistré, classifié, rendu déchiffrable, rentable.

    Plus loin dans le livre, les auteurs soulèvent un point déterminant de cette classification du monde. « Aucun système de classification n’est capable d’organiser la réalité pour tout le monde », préviennent-ils. « Exemple : le rouge, l’orange et le vert des feux tricolores ne fonctionnent pas pour les personnes non voyantes, elles ont besoin d’un signal sonore. Si l’on considère ces schémas de classification comme le moyen d’organiser le passé, il est facile d’oublier ceux qui en ont été exclus. »

    Quant à ma liste, son rapport direct avec ces concepts d’extraction de ressources et de surveillance omniprésente n’est pas forcément évident. Elle regroupe des ensembles de données qui sont peut-être assez inédits, mais ils sont le summum de la quantification, ce sont des faits extraits de pans insolites de la réalité. Une définition plus simple me vient à l’esprit.

    Données : choses que nous mesurons et qui comptent à nos yeux.

    C’est ce qui fait toute la beauté de cette étrange liste. Si la définition de Mitchell Whitelaw décrit le monde comme n’étant qu’une immense source de matières premières à extraire pour remplir les cellules bien alignées d’un fichier Excel, la mienne affirme l’inverse : tous les ensembles de données sont créés par des êtres humains dans un but bien précis.❞

    Missing Datasets : les informations manquantes

    "Voici quelques exemples de données que nous ignorons :

    Le nombre de personnes vivant dans des sous-locations illégales à New York,
    La traçabilité des armes vendues aux États-Unis et les informations sur leurs propriétaires,
    Le nombre de gens expulsés des États-Unis selon l’État où ils vivaient,
    Le nombre de Rohingyas en Birmanie.

    J’emploie le terme « Missing Datasets », pour désigner ces informations manquantes, angles morts d’un monde qui semble aujourd’hui criblé de données. Autant de fantômes qui font penser à la liste scotchée sur un coin de mon bureau. Ces données représentent tout autant la réalité de notre monde, summum d’une quantification qui a été mise de côté. Nous ne mesurons que les choses qui nous intéressent suffisamment. Les données manquantes ont aussi de la valeur, mais elles ne peuvent pas être mesurées.

    La complexité et le désordre de ces données sont passionnants, car elles trahissent un certain type de pouvoir. Une absence toujours remarquée laisse entrevoir le spectre d’un autre monde, où les priorités seraient différentes. Aucune donnée n’existe sur les violences policières faites aux Amérindiens, mais que se passerait-il si c’était le cas ?

    Ces données manquantes n’apportent aucune réponse, mais elles font office de rappel cinglant : nous sommes responsables de la manière dont nous cataloguons le monde. En choisissant les données à prendre en compte et en leur allouant une crédibilité, nous déterminons les limites de notre monde. Si tel est le cas, alors nous sommes aussi capables de changer cet état de fait, et à chaque instant, de changer notre monde."

    #Données #Données_manquantes #Classification

    merci @fil, c’est passionnant

  • VIDEO: Content Standards and Their Consequences

    http://events7.mediasite.com/Mediasite/Play/37894d13440949c6be404481e08904c21d

    “The structures that we currently have to address content moderation and issues like fake news are ill-equipped to deal with issues of context.” — Data & Society Researcher Robyn Caplan, Keynote at the 13th Annual ER&L Conference

    #Fake_news #Classification #Plateformes

  • Pas encore lu, mais on m’a fortement conseillé de le lire, je mets ici et essaie d’ajouter quelques mots-clés à travers une lecture rapide :

    « En #Afrique, l’#héritage esclavagiste est loin d’être soldé »

    Pour l’historien sénégalais #Ibrahima_Thioub, la vente aux enchères de migrants subsahariens en Libye éclaire d’un jour nouveau les traites du passé.

    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/02/27/en-afrique-l-heritage-esclavagiste-est-loin-d-etre-solde_5263215_3212.html#1

    #esclavagisme #Libye #histoire #traite_d'êtres_humains #mémoire #négrophobie #Maghreb #extractivisme #identité_chromatique (concept intéressant...) #commerce_triangulaire #racisme #classification_raciste #traite_atlantique #colonialisme #école #éducation #école_publique

    ça peut notamment intéresser @reka sur la continuité de l’esclavagisme dans l’#esclavagisme_moderne

  • Migration Statistics and the Making of an International Point of View in the Interwar Period

    In the first week of October 1932, an International Conference on Migration Statistics was held in Geneva. Over the course of five days, some thirty statisticians from twenty-six countries discussed how to produce more reliable international migration statistics. This kind of methodological discussion about statistical standardization was not at all unusual in the new world of international organization. Since 1920, the standardization of statistics had become an ordinary activity in the “Palace” of the International Labour Organization and the League of Nations in the hills above Lake Geneva.

    The International Conference on Migration Statistics offers particularly interesting insights into the historical attempt by international organizations to measure the world. On the one hand, “international migration” was not yet a category in scholarship and policy making. It was an international invention intended to bring together the existing categories of “emigration” and “immigration.” Before this time, these last two categories were perceived as two fundamentally separate phenomena. Perhaps more plainly than other objects targeted by statistical analysis, “international migration” was connected to the effort to construct a new international understanding of the world after the Great War.

    On the other hand, the discussions among the statisticians at the conference also revealed barriers to and complications for the creation of an international consensus on the subject under consideration. The biggest problem was that the statistical object “international migration” touched on delicate political questions concerning the significance of territories, borders, and belonging in a world organized substantially along colonial lines whose legitimacy faced increasingly serious opposition. Focusing not only on the statistical knowledge itself but also on the context in which it was produced, the discussion of statistical problems in Geneva in 1932 manifested contemporary international political tensions and genuine ambivalence about the role of international organizations and their new international point of view.

    https://historyofknowledge.net/2017/10/05/migration-statistics-and-the-making-of-an-international-point-of
    #migrations #statistiques #histoire #chiffres #monde #ILO #organisations_internationales #statistiques_historiques #BIT
    cc @reka @simplicissimus

    • The statistical construction of alterity: Governing national population by numbers in France and Germany (1860-1900)

      This paper is aimed to contribute to the history of statistics as science but also as governing tool (Foucault 2004). It explores the role of official statistics in the nation building process in the second part of the 19th century in France and Germany. Following the analyses of Desrosières and Foucault the study asks how science produced “imagined communities” (Anderson 1983) by using and constructing statistical categories on migration. By doing that, official statistics contributed to produce differentiations between national and foreign populations, which both aim to be governed differently. In the first step I will argue that the historical development of official statistics in the 19th century in France and Germany led to its use in both countries as a governing tool to administrate population, but in different national ways. In the second step the paper recontextualizes and deconstructs the statistical categories of foreigners and citizens, to show how official statistics took part in the historical process of nation building. Scientific journals (Journal de la Société de Statistique de Paris, Zeitschrift des königlich preussischen statistischen Bureaus and Allgemeines Statistisches Archiv) between 1860 and 1900 form the empirical basis of the study. About 160 articles on migration statistics have been qualitatively analysed in order to sketch the statistical discourse about migration as well as the discursive construction of German and French nations by statisticians.

      http://hal.univ-grenoble-alpes.fr/hal-01331683
      #Allemagne #France #catégorisation #altérité #classification

  • Trois petits extraits autour de la notion de #frontières et de #territoire dans le livre de #Luc_Cambrézy, « Réfugiés et exilés : crise des sociétés, crise des territoires ».
    C’est plutôt inspirant.

    Les frontières politiques des Etats - parce qu’elles résultent de constructions sociales dans un espace continu - sont des limites anthropiques, nées de circonstances historiques particulières à chaque pays et à chaque cas. Cette observation s’oppose donc à l’idée qu’il y aurait de "bonnes" et de "mauvaises" frontières comme à l’hypothèse de l’existence de frontières "naturelles". On ne voit pas en quoi, en effet, le milieu d’un fleuve ou la crête d’une montagne constituerait une meilleure frontière et une limite moins artificielle qu’un tracé suivant un méridien. De ce fait, les propos habituels sur l’artificialité des frontières étatiques en Afrique s’effondrent et l’arbitraire de leur tracé ne peut en rien être interprété comme l’une des causes des guerres et du sous-développement. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les frontières interviennent si peu dans l’origine des guerres.
    Or, on continue d’entretenir l’idée qu’il y aurait des "bonnes" frontières permettant que la réalité de l’Etat-nation s’impose d’elle-même, comme une évidence. Le droit international - en affirmant l’intangibilité du tracé de limites politiques des Etats et l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre – a largement contribué à réifier la nation, ou tout au moins, son concept. Ce faisant, la multiplication des conflits identitaires et des mouvements sécessionnistes est à considérer au regard de ce culte de la frontière et du territoire. Ce culte fait le choix de la différence plutôt que celui du cousinage et du voisinage. Il est la conséquence d’une perception délibérément limitée du réel par les discontinuités que cette perception introduit dans l’espace comme dans le champ social. Or, cette limite, ces limites faudrait-il plutôt dire, sont celles que se donnent les sociétés, elles n’ont rien d’immanentes ; elle sont ce que le rapport d’une société avec les sociétés environnantes permet qu’elles soient. Comme pour l’ethnie, la division artificielle des territoires s’est partout imposée. Pour le meilleur comme pour le pire, elle gouverne le monde et semble empêcher de penser l’espace géographique et social comme une totalité - qui n’est pas infinie, certes - mais pourtant continue. (Cambrézy, 2001 : 209-210)

    Je ne nie pas l’existence des différences, je nie seulement la "qualité" des frontières lorsque celles-ci cristallisent des différences qui ne sont en fait que des nuances. Car les catégories dans lesquelles nous ordonnons le réel ne sont pas étanches ni même clairement définies, et les choses ne sont ni simples, ni blanches ou noires. Si elles l’étaient, alors l’histoire serait différente ; dans un vieil Etat-nation comme la France, nous n’aurions pas ce débat sur l’appartenance de la Corse à la République ; il n’y aurait pas eu, au Rwanda, des « Hutus modérés » massacrés ; il n’y aurait pas des Palestiniens de nationalité israélienne. A situation complexe, réponses complexes. Dès lors, le seul "mérite" des frontières, des catégories et des classes est de simplifier. Mais c’est toujours au risque du simplisme. (Cambrézy, 2001 : 210-211)

    #conflits #guerres #frontières_naturelles #frontières_artificielles #bonnes_frontières #mauvaises_frontières #classification
    #livre


    cc @reka

  • Dans cette vidéo (à propos de la #Turquie de #Erdogan), il y a une partie dédiée à la #définition de #génocide... peut-être intéressant à garder sur seenthis :

    https://www.youtube.com/watch?v=OBPtB-KETNs&sns=tw


    #mots #terminologie #vocabulaire

    Définition donnée par Dr. Ismail Mesut Sezgin, directeur du Centre for Hizmet Studies
    https://www.hizmetstudies.org

    The 8 steps to genocide :
    – classification
    – symbolisation
    – dehumanisation
    – organisation
    – polarisation
    – preparation
    – extermination
    – denial

    #classification #déshumanisation #extermination

    • [...]

      4 : Dans le capitalisme contemporain, l’affect réactionnel dominant est l’anxiété.

      Le secret de polichinelle d’aujourd’hui c’est que toutE le monde est anxieuses/eux. L’anxiété s’est déplacée de ces localisations précédentes (comme la sexualité) pour s’étendre à tout le champs social. Toutes les formes d’intensités, d’expression de soi, de connexion émotionnelle, d’immédiateté, et de jouissance sont maintenant entrelacées d’anxiété. C’est devenu le pivot de la subordination.

      Une grande partie du fondement social de l’anxiété est le réseau omniprésent et à multi-facette de #surveillance. La NSA, la vidéosurveillance, les contrôles de gestion de performance, le pôle emploi, les systèmes de privilèges dans les prisons, les constants #contrôles et #classifications des écoliers les plus jeunes. Mais ce réseau évident n’est que la carapace extérieure. Nous devons réfléchir aux façons par lesquelles une conception néolibérale du succès inculque ces mécanismes à l’intérieur des subjectivités et des histoires de vies de la plupart de la population.

      Nous devons penser comment l’exposition de soi délibérée et ostensiblement volontaire des gens, à travers les médias sociaux, la consommation ostentatoire et le choix de postes dans le domaine de l’opinion, joue aussi un rôle dans le regard permanent des autres virtuel-le-s. Nous devons penser aux façons dont ce regard modifie la manière dont on trouve, mesure et connaît l’autre, en tant que co-actrices/eurs dans une perpétuelle performance indéfiniment observée. Par la suite, notre succès dans cette performance affecte entièrement notre capacité à accéder à de la chaleur humaine jusqu’à notre capacité à accéder à des moyens de subsistance, pas seulement sous forme de salaires mais aussi sous forme de crédits. Les dehors du champs de surveillance médiatisée sont de plus en plus fermés, tout comme l’espace public est bureaucratisé et privatisé, et une gamme croissante de l’activité humaine est criminalisée [note de Zinzin Zine : ou psychiatrisée !] en raison du #risque, de la #sécurité, de la #nuisance, de la #qualité_de_vie, ou du comportement antisocial.

      [...]

  • ABS Executive Delivers Wakeup Call on #Cyber_Risks – gCaptain
    http://gcaptain.com/abs-executive-delivers-wakeup-call-cyber-risks

    ABS, a leading provider of classification and technical services to the marine and offshore industries, participated in the 32nd annual CMA Shipping Conference and Exhibition in Stamford, CT, where ABS Chief Operating Officer Tony Nassif shared his perspective on cyber-related challenges faced by the marine industry.
     
    The main challenge we face is that in our industry not all users of new technology understand the way the software they are using was built, how it operates, what happens when it fails and what mitigation they have,” Nassif said. “Now, our ships and assets employ a ‘system of systems’ approach that combines operational and information technology.
     
    Nassif spoke about how these new challenges make it an exciting time to be working for a class society, explaining how class is adapting to address these new risks. “Looking at the future, we can see that cyber and software risk are overlapping and converging, and as a result, class and industry both have to adapt. With the expansion of the regulatory environment, class is widening its remit to include verification of compliance with regulations and new topics such as cyber security.

    Cette #société_de_classification présente ensuite son offre…

    #classification

  • Les scènes de « #sexe non simulé » n’entraîneront plus d’interdiction automatique des #films aux #mineurs
    http://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/les-scenes-de-sexe-non-simule-n-entraineront-plus-d-interdiction-automa

    Les films contenant des scènes de « sexe non simulé » ne seront plus automatiquement interdits aux moins de 18 ans, selon un décret modifiant les critères de #classification_des_films, publié jeudi 9 février au Journal officiel. Ce décret entend adapter les textes après une série de procédures en justice engagées par l’#association_Promouvoir, proche des catholiques traditionalistes, afin de relever l’âge autorisé pour voir des films comme Love ou La Vie d’Adèle.

    #cinéma

  • Seeing like a market - Marion Fourcade and Kieran Healy
    https://kieranhealy.org/files/papers/slam-2.pdf

    What do markets see when they look at people? Information dragnets increasingly yield huge quantities of individual-level data, which are analyzed to sort and slot people into categories of taste, riskiness or worth. These tools deepen the reach of the market and define new strategies of profit-making. We present a new theoretical framework for understanding their development.

    We argue that
    (a) modern organizations follow an institutional data imperative to collect as much data as possible;
    (b) as a result of the analysis and use of this data, individuals accrue a form of capital flowing from their positions as measured by various digital scoring and ranking methods;
    (c) the facticity of these scoring methods makes them organizational devices with potentially stratifying effects. They offer firms new opportunities to structure and price offerings to consumers. For individuals, they create classification situations that identify shared life-chances in product and service markets. We discuss the implications of these processes and argue that they tend toward a new economy of moral judgment, where outcomes are experienced as morally deserved positions based on prior good actions and good tastes, as measured and classified by this new infrastructure of data collection and analysis.

    #surveillance #fichage #classification #marché

  • Qu’on se le dise : les classes sociales n’existent pas
    http://blog.europa-museum.org/post/2016/11/08/Qu-on-se-le-dise

    Jean-Luc Mélechon, dans sa phase de conquête de l’hégémonie idéologique de la PBI (Petite-Bourgeoisie Intellectuelle), c’est à dire des agents du marketing (une petite-partie dans les médias mainstream, une grande partie chez les blogueurs et petits-entrepreneurs des "médias sociaux", surveillés de près par les logiciels des propriétaires des moyens de production de la Silicon Valley, ce qui pourrait bien faire de Mélenchon l’idiot utile de l’impérialisme américain, ce que tout les esprits sensés redoutent...) s’est appuyé sur Chantal Mouffe (une prétendue belge inconnue au bataillon en Belgique) pour affirmer : « Au siècle où les humains n’étaient « que » deux milliards, il y avait le « parti de classe ». Il était nécessairement aussi délimité que l’était « la classe » elle-même dans une société où elle n’était nullement hégémonique. En fait, les ouvriers constituaient une sorte d’archipel dans un océan de paysannerie et de travailleurs indépendants de la boutique et de l’artisanat. Sa verticalité correspondait à une organisation du travail lui-même. La centralisation découlait des moyens de transports et de communication autant que comme reflet de la centralisation de son adversaire. Bref, le « parti de classe » correspondait à une réalité sociale et matérielle qui s’est elle-même dépassée de toutes les façons possibles. L’émergence du « peuple » comme catégorie sociale protagoniste face à l’oligarchie de la période du capitalisme financiarisé dominant appelle sa forme spécifique d’organisation. »

    http://descartes.over-blog.fr/2016/11/de-la-democratie-selon-le-pcf-et-du-mouvement-selon-melenchon.ht
    http://www.librairie-tropiques.fr/2016/10/chantal-mouffe-championne-de-l-esbroufe.html

  • How to Use #t-SNE Effectively
    http://distill.pub/2016/misread-tsne

    A popular method for exploring high-dimensional data is something called t-SNE, introduced by van der Maaten and Hinton in 2008. The technique has become widespread in the field of machine learning, since it has an almost magical ability to create compelling two-dimensonal “maps” from data with hundreds or even thousands of dimensions. Although impressive, these images can be tempting to misread. The purpose of this note is to prevent some common misreadings.

    #algorithme de #classification #visualisation #machine_learning

  • Hot Spots : What They Mean

    The title of this section of the Cultural Anthropology website also happens to be the name given by the European Union to its imagined solution to the so-called refugee crisis. Hot spots are reception centers situated at main points of entry to the territory of the European Union, particularly in Italy, for people coming from the African continent, and in Greece, for those arriving from the Middle East and Central Asia. Placed under the authority of the governments concerned, the hot spots benefit from the financial and administrative support of the European Union via the agencies that coordinate the functions of control, policing, and legal assistance across countries. Their role consists in classifying those entering the European territory as either “true refugees” or “economic migrants,” acting on the assumption that such a distinction is relevant and possible. The former are to be “relocated” according to a plan for the equitable distribution of asylum seekers among European nations. The latter have their return to their country “facilitated.” In other words, this process will lead to resettlement for some and deportation for the others.

    https://culanth.org/fieldsights/897-hot-spots-what-they-mean
    #hotspots #asile #migrations #réfugiés #classification #tri #migrants_économiques

  • l’antiracisme bourgeois, un contresens et une impasse : le débat est intéressant, il avait avancé durant l’hiver grâce aux discussions occasionnées par la #marche_de_la_dignité , au cours de laquelle les #NonDisCriminateurs ont en revanche surtout brillé par leur #absence, et leur trop durable absence d’initiative #antiraciste conséquente. Ils sont durablement et irrémédiablement #disqualifiés, non sans causes profondes, aux yeux des mouvements sociaux et les #luttes sociales, par leur #discours prétendant analyser le #statu_quo #raciste et #bourgeois actuel comme une absence de racisme. refuser les prétentions aussi ridicules que furtives des thèses racistes en #science (les races sont en effet des catégorisations arbitraires, sans pertinence ni surtout sans avoir la moindre assise scientifique ni le moindre caractère de #nécessité en terme de #classifications #spécifiques et #interspécifiques ) est une chose, passer sous silence le racisme sous prétexte de #non_discrimination en est une autre, pas limite mais strictement odieuse et caractéristique de nos régimes bourgeois , toujours prompts a faire diversion antisociale en direction des conservatismes xénophobes et de classe ; c ’est, comme avec nombre d’organisations compromises avec les régimes successifs socdem , national-liberal-reac et d’extrême-droite en perspective en #fRAnCE(sauf #Ruptures_Révolutionnaires_Salvatrices ) , un positionnement passif lourdement responsable de l’etat d’imbecilite générale cultivée avec #zèle par les #classes #dominantes, pour leur maintien et contre les #intérêts_communs_public_et_général de touTEs les #dominÉes et sans hésitation : #rédhibitoire ./

    L’abolition des discriminations, fondées sur une construction raciste des regards , des routines sociales, administratives comme psychologique , exige et appelle à cors et à cris le #dépassement #égalisateur et #transcendantal des #postures des #embusquées capitalisant sur un statu quo aussi #raisonnable qu ’une #marmite_renversée #rue_des_bons_enfants ...

    ·•Ⓐ∞

    http://www.non-fides.fr/?Saint-Denis-Non-a-la-promotion-de-la-segregation-raciale-dans-une-fac-occ

  • Cartographie de l’ordre mondial politique et moral

    Bon, c’est pas contemporain, la carte date de 1828 et c’est William Woodbridge qui s’y est collé. Mais deux siècles c’est quelques secondes à l’échelle géologique et on peut dire que c’était la semaine dernière. Et je me dis que peut-être on peut comprendre un peu de ce qui se joue aujourd’hui dans ce monde bouleversé en regardant bien cette carte...

    C’est l’époque ou les trois quart des États-Unis étaient classés en catégorie « sauvages ». Dans un certain sens, ça n’a pas beaucoup changé depuis. A part les sauvages, il y a aussi les barbares et une distinction ésotérique entre les peuples « demi-civilisés » et les « civilisés ».

    Enjoy, c’est en HD en dessous.

    la source : David Rumsey map collection
    http://www.davidrumsey.com/luna/servlet/detail/RUMSEY~8~1~219033~5504425:Moral-And-Political-Chart-Of-The-Wo?sort=Pub_Date%2CPub_List_No_InitialSort&qvq=w4s:/who%2FWoodbridge%25252C%2BWilliam%2BC.%2Fwhere%2FWorld;sort:Pub_Date%2C

    #cartographie #civilisations #sauvages #barbares #demi-civilisés #peuples #classification #hiérarchisation #morale

  • Curation par algorithme, le rêve déçu de la toute-puissance de la machine | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/106135/critique-curation-algorithme-reve-decu

    76.897 genres ! Lorsque les journalistes du magazine américain The Atlantic ont découvert ce secret de Netflix, ils n’en sont pas revenus. Leur enquête originale, réalisée à partir des URL des films consultés, a permis de décoder l’algorithme du géant américain. Car le site qui propose du cinéma et des séries en streaming a bâti un système très sophistiqué pour proposer à ses abonnés des recommandations « customisées ». Grâce à 600 ingénieurs à temps-plein regroupés à Los Gatos, dans la Silicon Valley, Netflix a mis au point un algorithme basé sur des catégories prédéfinies de genres : les fameux 76.897 « personalized genres » ou « micro-genres », jusque là tenus (...)

  • Les métiers de l’informatique dans la classification de Dewey
    http://www.dsfc.net/formation/metiers-informatique-classification-dewey

    En matière #Informatique aussi, il y a deux catégories de personnes : ceux qui ont un flingue et ceux qui creusent !Autres lectures sur le thèmeLes métiers liés à l’intégration informatiqueCDI : ingénieur d’applications informatique sur…Les tendances de l’emploi informatique en France en…

    #Formation #Bases_de_données #Classification_décimale_de_Dewey #Langages_de_programmation #Métiers_de_l'informatique #Réseau #Sécurité_des_données #Systèmes_d'exploitation

  • Étiquetage de la viande : prend-on les consommateurs pour des veaux ? | Contrepoints
    http://www.contrepoints.org/2014/08/05/175839-etiquetage-de-la-viande-prend-on-les-consommateurs-pour-des-vea

    l paraîtrait que nos concitoyens, les plus démunis bien sûr ou les jeunes, qui se fournissent en viande dans les grandes surfaces, aux rayons viandes préemballées, ne comprendraient pas ce que signifient les mots « filet, bavette, plat de côtes, collier, échine, tendrons, escalopes… »

    Heureusement l’État est là : un arrêté à valeur réglementaire, remplacera ces mots « archaïques », qui n’ont aucun sens, dixit le représentant de l’Union des consommateurs sur une antenne de radio matinale par un « système simple et transparent » : une étoile, deux étoiles, trois étoiles ; on suppose que même les consommateurs illettrés savent compter jusqu’à trois et comprendront que trois étoiles, c’est mieux qu’une !

    Et de justifier le remplacement des mots poétiques, poire, merlan, hampe, basse côte, gîte, paleron, filet mignon, onglet par une « vraie évaluation de la qualité » ! On se demande d’ailleurs si ce brave représentant ne prend pas les consommateurs pour des imbéciles, quand il critique le fait que le morceau dit « poire » ait un nom de fruit ou merlan un nom de poisson. On ne sait jamais avec les gens du peuple, ils pourraient croire qu’ils achètent des filets de poisson !

    Le système est simple, simpliste même : aux morceaux à griller les trois étoiles, aux morceaux à bouillir l’étoile unique et aux intermédiaires, escalope ou morceau à braiser, deux étoiles. La qualité d’une viande disait ce brave homme, c’est sa tendreté et son moelleux. C’est tout !

    Oublieux de deux choses : selon le mode de cuisson, un morceau de basse côte lentement braisé ou un morceau de gîte cuit longuement dans un bouillon de légumes acquièrent une tendresse égale et conservent souvent un goût incomparable. Par ailleurs, les qualités de la viande, son goût, sa saveur, sa tendresse sont liés à la qualité de l’élevage (nourriture et mode de pacage de la bête), à la découpe (savoir faire des maîtres bouchers) et à la conservation de la viande au moins autant qu’au type de morceau de la bête.....

    >>>

    Et ceci au profit d’un fantasme d’étiquetage généralisé pour illettrés ne sachant plus distinguer un pot au feu d’une daube et une pièce de bœuf d’une escalope de veau.

    <<<

    >>>

    Ce qui est triste, c’est de voir disparaître tout un pan de notre culture gastronomique

    <<<

    #Étiquetage
    #viande
    #classification
    #opération #marketing du #gouvernement qui #infantilise le #consommateur.

  • via oAnth at D* : https://joindiaspora.com/posts/2611396

    Revealed: how the FBI coordinated the crackdown on Occupy | Naomi Wolf | Comment is free | guardian.co.uk
    http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/dec/29/fbi-coordinated-crackdown-occupy
    – Revealed: how the FBI coordinated the crackdown on Occupy

    New documents prove what was once dismissed as paranoid fantasy: totally integrated corporate-state repression of dissent

    [...]

    [S]ix American universities are sites where campus police funneled information about students involved with OWS to the FBI, with the administrations’ knowledge (p51); banks sat down with FBI officials to pool information about OWS protesters harvested by private security; plans to crush Occupy events, planned for a month down the road, were made by the FBI – and offered to the representatives of the same organizations that the protests would target; and even threats of the assassination of OWS leaders by sniper fire – by whom? Where? – now remain redacted and undisclosed to those American citizens in danger, contrary to standard FBI practice to inform the person concerned when there is a threat against a political leader (p61).

    As Mara Verheyden-Hilliard, executive director of the PCJF, put it, the documents show that from the start, the FBI – though it acknowledges Occupy movement as being, in fact, a peaceful organization – nonetheless designated OWS repeatedly as a “terrorist threat”:

    [...]

    #ows #occupy #surveillance #FBI #classification #USA