• Loi Blanquer : quand les parlementaires se défoulent
    https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/160219/loi-blanquer-quand-les-parlementaires-se-defoulent

    Dans un contexte brutalement populiste de remise en cause du principe parlementaire, l’Assemblée nationale, avec la discussion du projet de loi #Blanquer, est en train d’apporter à ses détracteurs la pire réponse qui soit : brutale et populiste.

    Sur le fond comme sur la forme, c’est une semaine de défoulement que se sont offerte les députés. Des amendements à la pelle chaudement défendus sur des sujets comme l’uniforme scolaire (et la tenue vestimentaire des enseignants), la présence des symboles nationaux (un lever des couleurs chaque matin dans les écoles ?), la suppression de l’éducation sexuelle, du principe d’égalité entre hommes et femmes, de l’enseignement de l’anglais en primaire, la possibilité d’une amende de 450 euros (!) pour toute insulte proférée par un élève, bien sûr l’incontournable question du foulard etc : les préoccupations reflétées par ces propositions, discutées ou pas, adoptées ou non en quelques minutes, voire en quelques secondes, donnent une bien piteuse image de la représentation nationale. Et lorsqu’au fil des débats, on en arrive à une question aussi lourde de conséquences que « l’école du socle », qui porte en germes le risque d’absorption de l’enseignement primaire par le secondaire - une question donc fondamentale mais qui n’a fait l’objet d’aucune étude préalable, d’aucune concertation – il ne faut néanmoins pas plus d’une demi-heure à une poignée de parlementaires pour en adopter le principe.

    Méconnaissance du sujet (par exemple l’ignorance crasse des députés sur les programmes scolaires), dogmatisme et incapacité réelle à prendre en considération la complexité des choses, refus du débat, mépris pour l’opinion d’autrui, conception abusive de la majorité (les plus nombreux ont nécessairement raison), inclination à satisfaire momentanément ses électeurs plutôt qu’à œuvrer pour l’intérêt général : en proie au populisme le plus débridé, les députés ont fait le choix de décisions insensées qui engagent l’avenir pour de longues années.

    Face à un projet de loi ministériel porté par une idéologie lourdement réactionnaire, les parlementaires non seulement n’ont pas joué leur rôle de contrôle du gouvernement mais ils ont renforcé le ministre dans son arrogance et son sentiment de toute puissance. Arrogance et sentiment de toute puissance qui ne tombent pas de nulle part mais qui ont été incontestablement encouragés par le silence ou la complaisance qui accompagnent Blanquer depuis bientôt deux ans : brutal et doctrinaire, il l’était déjà à sa nomination. Mais l’on est bien forcé de constater que ses premières mesures, ses premières annonces – suspension de la réforme du collège, retour à la semaine de quatre jours en primaire, encouragement au redoublement etc – n’avaient guère suscité de critiques, pas davantage que son mode opératoire fait d’une communication forcenée et d’annonces démagogiques. Tradition bien française : il aura fallu la réforme du lycée et celle du bac pour faire émerger de la quasi confidentialité une contestation qui n’avait sans doute pas jugé nécessaire (ou suffisamment digne…) de s’appliquer aux autres niveaux d’enseignement.

    Alors que les parlementaires font l’objet de menaces et d’agressions personnelles difficilement justifiables même dans une démocratie aussi étriquée que la 5e république, que le Palais-Bourbon a été la cible d’une attaque qui n’est pas sans évoquer les émeutes factieuses de février 34, que la contestation politique se noie dans l’hystérie verbale et la violence physique, que certains syndicats ne voient pas d’inconvénients à défendre leur cause au côté d’irresponsables aventuriers, la question éducative mérite sans doute une autre approche. Il y a urgence, même…

    #éducation #nationalisme #classisme #sexisme #islamophobie #réactionnaires #école

    • Plus de détails ici
      http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/02/14022019Article636857263009013863.aspx

      Le rapport de la seconde journée dit

      Proximité idéologique LR - Blanquer

      Face à ces amendements, JM Blanquer ne se braque pas. Bien au contraire, il répond avec beaucoup de tact. « Vous avez raison il faut une carte de France », répond-il à D Lorion(LR). « L’amour du pays doit être partagé et c’est mon rôle de ministre de l’éducation. Mais ce débat nous amènerait à tapisser toutes les salles de classe de nos bonnes intentions ». Sur l’uniforme : « j’ai vu les bienfaits de l’uniforme. Je continue à l’encourager ». La proximité idéologique est telle qu’une députée LR, Mme Kuster, invite JM BLanquer à la rejoindre. « Vous vous retenez. Lâchez vous. Allez jusqu’au bout. On a besoin de vous ».

      L’occasion est rapidement trouvée de secondes retrouvailles. Les Républicains et la majorité se mettent d’accord sur un amendement commun sur des sanctions pour les harceleurs (amendement 1134).

      Aussi l’amendement de V Petit (LREM) en faveur des parents homosexuels passe t-il sans autre réaction que celle ,indignée, de Mme Thill (LREM). Cet amendement demande que les questionnaires de l’éducation nationale parlent de « parent 1 » et « parent2 » au lieu de père et mère (834).

      Lors de la seconde séance ,
      http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/02/13022019Article636856375738954541.aspx
      le débat se porte sur l’histoire nationale, ou plutôt le roman national, et la priorité donnée aux familles en éducation sur l’Etat. A Ramadier veut qu’on apprenne les grands hommes de l’histoire de France et JM Blanquer rappelle qu’il a changé les programmes. L’EMC est particulièrement ciblée car portant une éducation morale qui devrait rester l’apanage des parents. Ce qui est enseigné à l’école doit l’être « dans le respect de l’éducation qu’il reçoit dans sa famille ». « Personne ne nie le rôle primordial des parents », répond JM Blanquer.

      Je ne comprend pas bien la phrase sur les #grand_homme que j’ai graissé. Quand Blanquer dit qu’il a changé les programmes, est-ce que ca veut dire qu’il a déjà renforcé la place des grands hommes dans les programmes d’enseignement ?


  • Pourquoi vous ne savez presque rien du clitoris ou de l’endométriose ? - FRUSTRATION - Corps médical vs corps des femmes

    https://www.frustrationlarevue.fr/pourquoi-vous-ne-savez-presque-rien-du-clitoris-ou-de-lendometrio

    Quel est ce corps caverneux, mesurant entre 11 et 15 centimètres au repos, uniquement dédié au plaisir, composé de plus de 8 000 terminaisons nerveuses, de la forme d’un papillon ou d’un poulpe, capable de produire plusieurs orgasmes consécutifs ? Le clitoris. Ce grand machin, enserrant le vagin et l’urètre, qui a souvent été limité, dans les manuels scolaires et les cours d’anatomie, à sa partie externe, petite, et ne rendant pas du tout compte de sa taille ni de sa fonction dans le plaisir des femmes.

    Vous ne le saviez pas ? Ne vous inquiétez pas, plus de 90 % des jeunes filles ne le savent pas non plus, une fille sur quatre de 16 ans ignore qu’elle a un clitoris.

    L’homme, quel étalon !

    Le clitoris est une illustration de ce que l’on ne connaît le corps des femmes qu’en comparaison à celui des hommes : c’est à l’aune du corps de ceux-ci qu’a été déterminée la norme anatomique. En conséquence, les différences physiques des femmes ont largement été analysées comme étant des défaillances. Des dysfonctionnements. Des monstruosités à cacher, des tabous à taire. Cela semble évident lorsque l’on évoque les règles ou le clitoris, autour desquels subsiste le halo de la honte pour celle qui les évoque. Ces différences ont induit des normes culturelles à l’effet considérable : beaucoup de cultures dans le monde ont cherché à dissimuler les particularités physiques des femmes et s’en sont servies comme prétextes pour les exclure et les dominer.

    • Puisqu’elles ont d’un statut d’infériorisées dans l’ensemble du corps social, les femmes ont fait l’objet d’expérimentations scientifiques que les hommes ont subies dans une moindre mesure : elles n’ont pas seulement été ignorées par la médecine, elles ont aussi été maltraitées. En témoigne par exemple le nombre de lobotomies – exploratoires plus souvent que curatives. Le 30 août 2017, une étude de la revue Nature démontre que 84 % des lobotomies pratiquées en France, en Belgique et en Suisse entre 1935 et 1985 l’ont été sur des femmes. Avec des conséquences considérables sur leur personnalité et leur santé.

      La méconnaissance du corps des femmes n’est pas due au hasard ou à la flemme. Quand il a été utile pour la médecine, qui avait besoin de cobaye, de se pencher sur des corps féminins, cela a été possible. Cette maltraitance résulte bien entendu de la position dominante des hommes dans la société – et dans les professions médicales – qui avaient et ont toujours un pouvoir immense sur le corps des femmes, disposant de leur sexualité, de leurs organes reproductifs et de leur liberté.

      J’avais trouvé une étude sur la pratique des électrochocs au Canada (les chiffres sont introuvables en France) et en particulier utilisé comme mesure punitive par le personnel psychiatrique à l’encontre des femmes et qui est utilisé aussi pour effacer les souvenir des traumatismes vecus par les femmes et les renvoyés à leurs foyer.
      c’est ici : https://seenthis.net/messages/143771

      Intéressant de voire que la médecine ne fait des expériences sur les femmes que lorsque ces expériences sont profitables aux hommes (par exemple en obstétrique et génétique pour leur garantir des fils et en psychiatrie-psychologie pour leur facilité la domination sur les femmes).
      Par rapport à la contraception, qui a été expérimenté sur des femmes, le fait que la pilule ait été commercialisé pour les femmes malgré le fait qu’elle donnait le cancer et faisait baisser la libido, alors que ce sont ces mêmes raisons qui justifient l’absence de commercialisation de la pilule masculine.
      La plus grande espérance de vie des femmes (très récentes liée aux mesures d’hygiène pratiqué depuis la fin du XIX lors des accouchements) par rapport à l’espérance de vie des hommes est toujours montré comme un scandale.

      Dans le livre « Cobayes humains - Le grand secret des essais pharmaceutiques », Sonia Shah parle longuement des testes sur les femmes enceintes séropositives afin d’évité la contamination du fœtus. Dans ce cas là les testes pratiqués sur les femmes l’étaient au bénéfice des enfants qu’elles portent et non pour elles-mêmes.

      –----

      Gynécologie – À quand une andrologie ?

      Que l’on imagine ces sévices subis par des hommes, convoqués une fois par an, pour qu’ils prennent une contraception qui leur convienne (et donc mangent des hormones quotidiennes et prennent une part de la responsabilité de l’enfantement), se voient rappeler qu’ils ne doivent pas fumer, qu’ils ont pris du poids, puis qu’on leur inflige un doigt permettant de vérifier le tonus de leur prostate, sans les prévenir bien sûr. Qu’on les laisse nus, barboter devant des spécialistes qui commenteraient leurs parties. Qu’on leur découpe, parfois à vif, le périnée, sans le leur demander. Impossible à imaginer, n’est-ce pas ? On se dit tout de suite qu’il s’agirait d’une société barbare. Il est temps que l’on ait le même niveau d’exigence pour l’intégrité physique des femmes que pour celle des hommes.

      Et encore, parmi les femmes, certaines souffrent plus que d’autres.

      #mégèrisme #andrologie #racisme #classisme #médecine #violence_médicale #violence_gynecologique


  • Le maire de Chartres dit non à une entreprise qui promettait 2000 #emplois
    http://www.lefigaro.fr/social/2018/11/10/20011-20181110ARTFIG00045-le-maire-de-chartres-dit-non-a-une-entreprise-qui


    Même si c’est raisonnable, je me demande s’il n’y a pas un peu de #classisme derrière.

    Le maire doute enfin de la pérennité de l’activité de cette entreprise de e-commerce. « Ce type d’entreprise s’installe très rapidement et peut repartir tout aussi facilement, en laissant derrière les employés sur le carreau », ajoute Jean-Pierre Gorges, reprenant une fameuse expression utilisée par Emmanuel Macron lors de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. « C’est de la poudre de perlimpinpin ». Jean-Pierre Gorges tient à garder la main sur les entreprises qui s’implantent et visent avant tout la diversité des activités et une taille modeste. Chartres « doit pouvoir choisir ses entreprises », explique-t-il.


  • Jean-Marc Bustamante quitterait les Beaux-Arts de Paris
    http://next.liberation.fr/arts/2018/07/04/jean-marc-bustamante-quitterait-les-beaux-arts-de-paris_1664051

    Le directeur très chahuté de l’Académie des Beaux-Arts, Jean-Marc Bustamante, enfariné par ses étudiants lors d’une cérémonie à l’école la semaine dernière, serait sur le départ, rapporte le journal le Monde. Pris à partie par les étudiants lors de la remise des prix des Amis des Beaux-Arts pour son « absence totale de considération pour les signalements répétés de cas de harcèlement de professeurs envers les étudiant-e-s […] », dénoncés dans une pétition datant de mars, le plasticien a envoyé un mail à son entourage le 3 juillet au soir qui laisse penser qu’il ferait ses valises. Reçu par le ministère de la Culture le matin-même, Jean-Marc Bustamante a estimé qu’il n’y aurait pas reçu le soutien attendu durant la crise. « J’allais chercher du réconfort au ministère, toujours un peu traumatisé par cette violence qui m’a frappé, commence le message, auquel Libération a eu accès. La ministre ne m’a pas reçu, sinon une cheffe de cabinet froide et cassante. Dans les heures qui ont suivi, je me suis senti très fatigué et lâché. L’artiste reprend le dessus. Je vous souhaite de vous y retrouver et vous revoir ailleurs. Et vive l’art que nous faisons et non la culture qui nous ait faite (sic). »

    Le plasticien dirigeait l’école depuis octobre 2015. Son mandat avait été entaché ces derniers mois par les témoignages de harcèlement (gestes et propos déplacés, violence morale) recueilli par un collectif d’étudiants, et qui avaient nécessité l’intervention du ministère de la Culture, ainsi que par des plaintes pour racisme déposées par le personnel de nettoyage, salariés d’une entreprise externe, qui faisaient état d’humiliations d’une rare violence. Tout cela aurait « agacé » au ministère. Mais le Monde rapporte aussi que des publications en soutien à Jean-Marc Bustamante déposées sur Facebook, notamment par l’artiste Alberto Sorbelli, qui avait participé à un colloque à l’école en juin 2016, n’auraient pas aidé. Sorbelli y accuserait les étudiants à l’origine de la pétition de « médiocre petit soldat nazi-catto [sic] », recommandant par ailleurs « l’enculage quotidien des disciples qui trouveront ainsi les connaissances nécessaires ».

    #sexisme #racisme #homophobie #classisme & bon débarras.



  • Toni Morrison : aux origines du racisme, la violence du langage - regards.fr
    http://www.regards.fr/idees/article/toni-morrison-aux-origines-du-racisme-la-violence-du-langage

    « le #langage de l’#oppression représente bien plus que la #violence ; il est la violence elle-même ; il représente bien plus que les limites de la connaissance ; il limite la connaissance elle-même ». Le langage fait bien plus que représenter, refléter les choses et les personnes. Il est un acte, une performance, qui façonne violemment le monde et ce que l’on peut en connaître. Et le langage raciste, sexiste, classiste, n’est pas une représentation parmi d’autre du #racisme, du #sexisme, du #classisme ; il est le racisme, le sexisme, le classisme eux-mêmes.


    • Nous le sentions. Nous le pressentions. Elle était là. Tapie dans l’ombre. La revoilà. La lutte des classes. LA LUTTE DES CLASSES. Mais entre temps les plateformes, les algorithmes et les données, sont passés par là.

      Voici donc venu le temps de la lutte des classes, mise en algorithme. Et c’est Facebook cette fois qui s’y colle. A tout seigneur, tout déshonneur.
      La lutte des classes. Mais la lutte algorithmique déclasse.

      Le 1er Février 2018 Facebook a obtenu la publication d’un brevet qu’il avait déposé en Juillet 2016, brevet intitulé « Socioeconomic group classification based on user features ». (disponible en pdf et en intégralité par ici)

      C’est un brevet permettant de prédire le « groupe socio-économique » d’un utilisateur. C’est à dire sa classe sociale. Pourquoi ? Pour le bien de l’humanité et des peuples opprimés. Nan je déconne. Pour permettre aux « tierces-parties » (c’est à dire aux annonceurs) d’améliorer leur ciblage publicitaire.

      #GAFAM, #Facebook, #Big_Data, #algorithmes, #Privacy, #vie_privée, #classisme, #lutte_des_classes, #Réseaux_sociaux


  • Akim Oualhaci, « Se faire respecter. Ethnographies de sports virils dans des quartiers populaires en France et aux États-Unis »
    http://journals.openedition.org/lectures/22350

    Les regards socio-anthropologiques sur les activités physiques et sportives sont armés de nombreuses enquêtes de terrain, en France et ailleurs dans le monde, depuis une cinquantaine d’années au moins. Les théories mobilisées sont désormais plurielles, après avoir longtemps prolongé, pour l’essentiel en France, les approches bourdieusiennes ou relevant d’une critique radicale. Dans cet ouvrage qui propose une ethnographie multi-site, Akim Oualhaci explore, largement dans le sillage de Loïc Wacquant mais pas uniquement, les dispositions d’engagement de jeunes adultes résidant dans des quartiers populaires dans des pratiques de #boxe anglaise et de bodybuilding aux USA, et de boxe thaïlandaise en France. Trois salles ad hoc ont été l’objet d’une observation, deux à New York et une en banlieue parisienne. Trois parties égrènent la restitution d’un travail réalisé dans le cadre d’une thèse soutenue en 2011.

    La première partie se centre sur les #corps masculins modifiés et stylisés par les pratiques de combat et de renforcement musculaire hyperbolique. Dans « ces quartiers urbains marginalisés [sic] », la #virilité populaire gagne une respectabilité tout d’abord locale, entre pairs, pour éventuellement s’étendre hors du quartier par l’intermédiaire des rencontres sportives. La place des femmes y est réduite, et le rapport au corps devient le vecteur d’une construction identitaire positive à force de rigueur, de codes valorisant le respect du travail, des partenaires d’entrainement et des adversaires.

    La seconde partie explore les rapports de domination et la prise d’autonomie via la carrière combattante, qu’elle soit professionnelle ou amateure. Selon l’auteur, paradoxalement, les transformations corporelles naturalisent les stéréotypes raciaux (les Noirs des ghettos américains sont musculeux alors que les Noirs-Maghrébins banlieusards français sont violents). Le travail corporel effectué avec ardeur par ces jeunes adultes vise à les rendre respectables, voire estimables, au moins dans l’entre-soi populaire. La #violence y est fortement contrôlée, éloignant d’autant les bagarres de rue et les comportements déviants fortement stigmatisés à l’intérieur des espaces enquêtés. Comme le défend Stéphane face à l’enquêteur : « J’essaye de leur faire comprendre, à ceux qui pensent que la boxe thaï est un sport de voyous, que c’est un sport avec des codes et beaucoup de respect… choses que les voyous ne connaissent pas ».

    La dernière partie de l’ouvrage, dont la lecture est agréable, défend la thèse d’une conformisation aux normes légitimes de ces populations populaires, notamment de cette jeunesse considérée indûment comme violente et déviante, par l’œuvre des entraineurs ou des anciens combattants qui leur transmettent des connaissances techniques mais aussi éthiques, patiemment et fermement. Les ethnographies montrent comment l’engagement de ces jeunes hommes dans des pratiques corporelles qui forgent à donner et recevoir des coups, à prendre une carapace musculaire plus importante (vecteur d’une place sociale désirée), devient progressivement, à force de méthode et de rigueur, une véritable école de la vie… dominée.

    #livre via @prac_6

    • Non ce n’est pas vraiment expliqué et je ne vois toujours pas le rapport avec le masculinisme. Si on le définit grosso modo comme un anti-féminisme militant c’est quoi le rapport ?
      Que tu parles de domination masculine comme elle existe partout certes, même si ça ne semble pas être le propos du livre (je peux me tromper étant donné que je ne l’ai pas lu). Mais parler de « masculinisme » WTF !
      Le milieu des sports de combat et des arts martiaux est un milieu que je connais et côtoie en tant que pratiquante depuis des années, qui plus est dans les quartiers populaires. Les motivations profondes qui traversent ces pratiques ne sont pas liées de façon prégnante à la question de la domination femmes/hommes. Les hommes ne s’entraînent pas à taper sur des sacs pour mieux défoncer leur meuf, il n’y a pas un projet derrière tout ça. Les conséquences sur ces relations peuvent paradoxalement aussi être des relations de rencontre, de séduction à la marge, autour des événements organisés par les clubs, autour des entraînements en commun, même si les gars sont toujours majoritaires en nombre.
      Les clubs sont incités à avoir une mixité de genre par les municipalités (ce qui favorise les subventions) tout comme pour les combattantes compétitrices. C’est logique : le discours politique présente toujours les mecs des cités comme des gros sexistes violents donc ces clubs ont des coercitions qui n’existent pas pour les clubs des autre types de quartiers.
      Après, ça arrive que quand tu débarques dans un cours au début les gars ne veulent pas s’entrainer avec toi, tout comme avec un gars débutant qui a l’air pas doué mais pour les meufs c’est pour toutes quel que soit leur niveau. C’est forcément lié à du mépris de genre mais j’ai connu la même chose quand j’ai fait une formation en informatique où il y avait très peu de meufs : c’est toujours comme ça quand tu es dans un milieu majoritairement masculin, ce n’est en rien spécifique au milieu des sports de combat.
      Tout ceci rend les choses beaucoup plus complexes que ça en a l’air.
      Fondamentalement ce type de questions devrait être traité par une meuf qui ferait une recherche sur le terrain en interrogeant d’autres meufs. Mais la problématique serait différente, ça ne parlerait pas du même sujet.
      J’ai l’impression qu’il y a un gros problème ici parmi certaines de vous dès qu’il y a un sujet abordé et que les relations de domination hommes/femmes n’y sont pas forcément évoquées. Moi j’en ai rien à battre en tant que féministe que les gars qui font une recherche ne parlent pas des relations avec les femmes, je préfère même qu’ils n’en parlent pas. C’est à nous de prendre la parole sur nous mêmes, les premières concernées. Pourquoi attendez-vous que ce soit les mecs qui mettent nos problématiques au centre ?
      Quand dans sa critique, Carine Guérandel dit que le livre « n’aborde pas la question des relations quotidiennes entre les hommes et les femmes » (qui est un sujet totalement différent d’ailleurs) ben ça ne m’étonne pas et ça ne me choque absolument pas. J’irais même dire que ça me rassure quelque part. À chacun·e son taf !

    • Tiré d’une interview d’Elsa Dorlin dont je n’ai pas lu le livre Se défendre, une philosophie de la violence :

      En France, vous avez repéré des mouvements d’autodéfense dans les quartiers ?
      Il y a une grande pratique de l’autodéfense et de l’ascèse martiale dans les quartiers ségrégués visés par le harcèlement policier : des corps s’entraînent, s’entraînent, s’entraînent… On adopte des postures corporelles très affirmées. Les arts martiaux ont une place importante dans la culture populaire. Le fait même de rester calme quand on est contrôlé trois fois par jour, c’est de l’autodéfense. Tout est fait pour cantonner ces corps qui s’entraînent et, surtout, éviter la confrontation. On a souvent décrit des régimes de domination qui ont pour modalité la répression sur les corps. Mais il y a une autre modalité de répression : différer sans cesse l’affrontement. Que ce soit par l’isolement géographique, par la mise en place de terrains de foot comme seules infrastructures publiques, d’exutoire. L’entraînement est une forme de ressassement mais c’est aussi une forme d’ascèse, c’est cultiver la révolte, se remodeler soi-même comme sujet politique. Refaire corps, c’est déjà de l’autodéfense.

      http://www.liberation.fr/debats/2017/12/08/elsa-dorlin-le-ju-jitsu-est-utile-contre-la-police-contre-les-maris-les-p



  • Sports virils et hommes « respectables » dans les quartiers populaires - Métropolitiques
    http://www.metropolitiques.eu/Sports-virils-et-hommes-respectables-dans-les-quartiers-populaires.h

    C’est tout l’intérêt de l’ouvrage que de faire la démonstration empirique de l’ambivalence des effets de la #socialisation sportive de cette jeunesse masculine des quartiers paupérisés et stigmatisés. En décrivant finement la manière dont « les pratiques étudiées oscillent entre #émancipation et ajustement à la position dominée » (p. 106), l’enquête menée par Akim Oualhaci montre bien qu’il existe au sein de ces espaces sportifs une tension entre la culture populaire et la culture légitime. Perçues par les enquêtés comme des « écoles de la vie », les pratiques sportives étudiées sont à la fois des « bastions de sociabilité masculine populaire au moment où le mouvement ouvrier et ses institutions se désagrègent et se “privatisent” » (p. 322) et des espaces où se desserre « l’étau d’un destin social cloisonné » (p. 9). Autrement dit, elles valorisent la force physique et les valeurs de #virilité – par ailleurs disqualifiées, voire racialisées – et, dans le même temps, elles permettent l’acculturation des pratiquants à une culture légitime par l’intériorisation de certaines normes, en introduisant notamment un nouveau rapport au corps, à la santé, à l’esthétisme des techniques et à l’avenir. Pour autant, les pratiquants se heurtent au manque de légitimité des capitaux accumulés dans les autres sphères du social, comme sur le marché de l’emploi. La socialisation sportive contribue ainsi à la construction d’un capital culturel incorporé et d’un capital social qui tend à maintenir ces jeunes sportifs à distance de la « rue » et participe de leur autonomie, tout en restant ajustée à leur « culture populaire ». En ce sens, elle favorise avant tout la « réorganisation des formes de sociabilité populaire mises à mal par la désindustrialisation » (p. 322).

    • Par ailleurs, l’auteur, s’il étudie la construction de la virilité dans des sports majoritairement investis par des hommes et les effets de la présence de quelques femmes sur les sociabilités populaires, n’aborde pas la question des relations quotidiennes entre les hommes et les femmes. Or « la masculinité » [5] – à comprendre de manière relationnelle et comme constitutive des rapports sociaux de genre (Connell 2014) – génère un certain rapport aux femmes qui s’exprime aussi dans les interactions avec l’autre groupe de sexe (Goffman 2002).

      Comme d’habitude dans l’étude « des masculinités », la domination des hommes sur les femmes est effacée. Ici le reproche fait à la culture viril du sport c’est que ca normalise la hiérarchie intramasculine.
      #virilité #domination_masculine #classisme #racisme #mâle-alphisme

    • C’est exactement pour cela que j’ai référencé ce papier : l’invisibilisation des femmes dans ce processus me semblait monstrueusement porteuse de sens, comme le fait que la virilisation des pratiques sportives impliquent le surinvestissement dans les infrastructures dédiées aux sports « masculins » et donc la minoration des espaces « féminins », non seulement dans les pratiques du corps, mais carrément dans toute la structure de la ville.


  • Université : pas de #sélection, mais des conditions d’entrée
    https://www.mediapart.fr/journal/france/301017/universite-pas-de-selection-mais-des-conditions-dentree

    Jean-Michel Blanquer, Édouard Philippe et #Frédérique_Vidal © DR Les nouvelles modalités d’accès à l’enseignement supérieur ont été dévoilées le 30 octobre. Si l’option de la sélection sèche a été écartée, chaque filière aura dorénavant ses propres critères d’admission et des « attendus » seront réclamés aux étudiants. Passage en revue des principales annonces.

    #France #APB #jean-Michel_Blanquer #licence #Université

    • La ministre promet des places supplémentaires dans les filières dites en tension au fil du quinquennat. Si les capacités d’accueil d’une filière sont épuisées, les universités pourront en dernier recours en refuser l’accès aux étudiants. Les établissements d’enseignement supérieur auront accès aux dossiers scolaires des candidats, et pourront admettre en priorité les meilleurs élèves ou ceux qui auront par exemple fait montre d’une motivation importante, décrite dans une lettre jointe au formulaire de candidature. Pour intégrer une filière de Staps, la pratique antérieure d’une activité sportive pourra être prise en compte par exemple. Et ce même si cela peut générer des inégalités entre élèves favorisés et les autres.

      Les « attendus »

      Les prérequis avaient polarisé l’attention médiatique et politique. Désormais, sous l’effet d’une rénovation sémantique, il faudra parler « d’attendus », moins connotés. En théorie, les élèves seront mieux orientés car en amont, ils auront pris connaissance du taux de réussite et d’insertion de chaque filière et de ces « attendus » pour chaque cursus. Un élève qui n’aurait pas le niveau requis devra suivre une remise à niveau obligatoire et personnalisée, selon les lacunes de l’élève au regard de ses bulletins scolaires et l’avis de ses professeurs de Terminale. Ces remises à niveau pourront durer jusqu’à un an et pourraient aussi être effectuées sous la forme de #Moocs, ces cours en ligne gratuits sanctionnés par un examen final. Ces attendus revêtiront un caractère national. Toutes les facultés de droit auront les mêmes exigences mais au niveau local, les établissements pourront édicter des spécificités liées à la formation dispensée.

      [...] Le lycée mis à contribution

      Le gouvernement entend introduire plus « d’humain » dans le processus d’orientation. Un nouveau maillon intervient. Le conseil de classe du deuxième trimestre formulera officiellement un avis sur chaque vœu d’orientation des élèves. Les enseignants sont désormais associés au processus et leur recommandation, jointe au dossier des candidats, sera prise en compte par chaque université. En revanche, il faut veiller à ce que les professeurs puissent juger dans leur globalité des capacités d’un élève et non pas uniquement sa propre matière. Sans compter qu’il s’agit d’une demande supplémentaire. Le conseil de classe du premier trimestre fera ainsi une première recommandation. Celui du deuxième trimestre donnera officiellement un avis sur ses choix d’orientation, qui sera transmis aux universités.


  • L’#imposture de l’#art_contemporain - Zones subversives
    http://www.zones-subversives.com/2017/03/l-imposture-de-l-art-contemporain.html

    Les expositions d’#art contemporain restent incompréhensibles pour les non initiés. Mais cet élitisme bourgeois masque en réalité la vacuité d’un art creux sous emballage marketing.

    L’art contemporain peut susciter le scepticisme d’un public non avertit. Toute forme d’objet peut devenir artistique si le monde de l’art nous le présente comme tel. La créativité n’exprime plus rien et l’art contemporain semble se contenter d’un nombrilisme superficiel. Deux universitaires, Alain Troyas et Valérie Arrault, analysent ce phénomène dans le livre Du #narcissisme de l’art contemporain.


  • France : Macron se défend d’être « arrogant » et s’en prend aux envieux - La Libre
    http://www.lalibre.be/actu/international/france-macron-se-defend-d-etre-arrogant-et-s-en-prend-aux-envieux-59e0e864cd

    Emmanuel Macron affirme en outre qu’il ne cèdera pas face à ceux qui développent selon lui des réflexes de jalousie typiquement français car c’est « justement l’envie qui paralyse le pays », selon des bribes de propos tirés du communiqué de Der Spiegel et traduits de l’allemand.

    Der Spiegel ne précise pas qui visait le président français par le terme d’"envie", ni quelle était la question posée.

    Il avait déjà critiqué « les cyniques » et « les fainéants » et fustigé dans un discours sur l’agriculture « les sceptiques, les fatalistes », ceux « qui haussent les épaules et prennent des mines d’avoir tout vu en disant ’il ne va pas y arriver’ ».

    #mépris #classisme



  • Kebab, football et « savoir-être » - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Kebab-football-et-savoir-etre

    – Conseillère d’orientation 2 : C’est vrai que c’est difficile de trouver des stages mais bon, ils cherchent beaucoup la facilité à tous vouloir faire des stages dans les sandwicheries et kebabs du coin au lieu de trouver de vraies entreprises.

    – Moi : Qu’est-ce que vous entendez par « vraies entreprises » ?

    – Conseillère d’orientation 2 : Eh bien une entreprise où ils apprendront des choses.

    – Moi : et vous pensez qu’on ne peut rien apprendre dans une sandwicherie ou un kebab ?

    – Éducateur : Il faut que les jeunes côtoient l’excellence, sortent de leur quotidien... Qu’ils aillent en dehors du quartier.

    – Moi : Attendez, vous dites plusieurs choses en même temps. Je reviens sur votre propos, de « vraies entreprises ». c’est quoi une entreprise pour vous ?

    – Assistante sociale 1 : Je ne crois pas que ce soit le sujet, nous devons discuter d’autres choses plus importantes.

    – Moi : Pardon mais je vous écoute depuis tout à l’heure, je ne dis rien et il me semble que si je suis ici, c’est aussi pour participer aux échanges.

    – Principale collège 2 : Oui vous avez raison, moi je vous écoute.

    – Moi : Vous utilisez des expressions sans même les définir : « codes sociaux, savoir-être, excellence », ça veut tout et rien dire et je n’ai pas l’impression que ce soit très clair dans vos têtes.

    – Éducateur : Ben, un kebab c’est juste un petit business, il devrait aller faire des stages dans des pharmacies, chez des opticiens, chez des médecins.

    – Conseillère d’orientation 2 : Oui voilà, des entreprises qui tournent bien, qui ne sont pas « fermées », de vraies entreprises quoi.

    – Moi : Écoutez, une entreprise c’est une structure qui propose des biens ou services pour répondre à des besoins et qui réalise un chiffre d’affaires. Ça, c’est une définition, non exhaustive certes, de ce qu’est une entreprise. et il me semble qu’un kebab fait tout ça. Après que vous trouviez ça peu reluisant, c’est autre chose non ?

    – Assistante sociale 3 : Oui mais où est l’excellence là-dedans ?

    – Moi : Pardon ?

    – Assistante sociale 1 : Oui, l’excellence, qu’est-ce qu’ils vont apprendre dans un kebab ? déjà qu’ils y sont tous les midis haha !

    #racisme #classisme #mépris #domination


  • Une société peut-elle vivre en considérant 99 % comme inutiles ? | PrototypeKblog
    https://prototypekblog.wordpress.com/2017/09/13/une-societe-peut-elle-vivre-en-considerant-99-comme-inutil

    Derrière un vernis scientifique, ou méritocratique, cette phrase est d’essence oligarchique. Cela fait bien longtemps, en ce qui me concerne, que j’ai compris que le discours transhumaniste, derrière une façade idéaliste ou utopique, cache un projet fondamentalement inégalitaire et antisocial. Quand j’ai essayé, il y a quelques années, de rassembler des « pistes de lecture » sur le thème du « transhumanisme », je suis arrivé à deux billets : d’abord, « Transhumanisme et utopie » ; ensuite « Transhumanisme et oligarchie » .

    J’ai mis longtemps. Je viens d’un temps, d’une culture, d’une sensibilité, où le progrès technologique était vecteur de progrès social et facteur d’égalité. On n’en est plus là.

    Derrière l’illusion technologique, ou l’hypothèse technologique, le projet contemporain est bien de rendre 50 % de la population, ou 80 %, ou 90 %, ou plus, juste inutiles. Ils ne serviront à rien. On pourra considérer qu’ils ne servent à rien. C’est du « salauds de pauvres » assisté par ordinateur.

    Mais qu’est-ce que vous êtes venus faire sur Terre, nom de Dieu ? Vous n’avez pas honte d’exister ?

    Certains croient encore que « l’intelligence » est indépendante de l’origine sociale. Je n’y crois plus. Je me suis toujours méfié de l’idée même de mesurer l’intelligence en valeur absolue, du QI et de ce genre de notions ; j’ai toujours considéré que l’intelligence est plurielle et contextuelle. Mais surtout, je pense que « l’intelligence » utile socialement est socialement construite. Pour faire court, les gosses de riches, même idiots, bornés, bêtes, auront accès aux outils et aux formations « d’élite », et finiront par passer pour « plus intelligents ». Les gosses de pauvres, même brillants, futés, doués, n’auront rien, et finiront par passer pour « moins intelligents ».

    #oligarchie #transhumanisme #inégalités #domination #surnuméraires

    • En 2050, les gens avec moins de 150 de QI ne serviront à rien.
      La […] phrase est de Laurent Alexandre.
      […]
      Des gens augmentés disposant de 180 de QI ne demanderont pas plus mon avis qu’il ne me viendrait à l’idée de donner le droit de vote aux chimpanzés.

      avec l’hypothèse la plus classique pour le QI (moyenne = 100, écart-type = 15), on obtient (avec 7 Mds d’êtres humains)

      !  x  ! Pr(QI>x) ! nb personnes !
      !  x  !   (ppm)  !
      ! 150 !     429  !   3 003 422  !
      ! 180 !     0,05 !         337  !
    • Laurent Alexandre : « Bienvenue à Gattaca deviendra la norme »
      http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/02/31003-20170602ARTFIG00207-laurent-alexandre-bienvenue-a-gatacca-deviendra-l

      Comment maintenir le principe démocratique « un homme, une voix », si les différences d’intelligence s’accentuent ?
      On ne sauvera pas la démocratie si nous ne réduisons pas les écarts de QI. Des gens augmentés disposant de 180 de QI ne demanderont pas plus mon avis qu’il ne me viendrait à l’idée de donner le droit de vote aux chimpanzés.
      Il va falloir parler QI ce qui n’est pas simple tant le sujet est politiquement chaud. Ne nous y trompez pas : le tabou du QI traduit le désir inconscient et indicible des élites intellectuelles de garder le monopole de l’intelligence à une époque où elle est de plus en plus le moteur de la réussite et du pouvoir : cela est politiquement et moralement inacceptable.
      […]
      Peut-on parler finalement de « dictature de l’intelligence » ?
      L’Intelligence dans une société numérique est la clé de tout pouvoir politique et économique. Nous avons créé une société de la connaissance sans réfléchir aux conséquences. Nous avons bâti une économie de la connaissance, sans comprendre que nous allions donner un avantage immense aux gens maîtrisant les données, dotés de plasticité cérébrale leur permettant de changer régulièrement de métiers et de se former leur vie durant : toutes qualités qui sont mesurées par le QI. Un point de QI supplémentaire fera de plus en plus la différence dans la société de la connaissance.

      Il faudrait rebaptiser le QI et l’appeler QCIA, le Quotient de Complémentarité avec l’Intelligence Artificielle, pour lui ôter son caractère stigmatisant.

      À partir de 2020, le QI minimum pour avoir un emploi va augmenter de l’ordre de 5 à 10 points par décennie. Il faut entamer la modernisation de l’école, pour permettre aux enfants de rester compétitifs face à l’IA. Il y a une désynchronisation complète entre nos institutions -dont l’école, qui forme aux métiers d’hier- et la technologie qui galope. L’école envoie les enfants des classes populaires là où l’IA va les laminer et ignore les formations où ils seraient complémentaires et donc protégés. Il faut, au contraire, cartographier en permanence la frontière technologique pour constamment adapter le système éducatif aux progrès de l’IA et agir sur tous les leviers permettant d’augmenter les capacités cognitives de la population, puisque dans le futur la quasi-totalité des inégalités seront liées aux capacités cognitives. La course effrénée de l’IA est un immense challenge pour notre civilisation.

    • Donner le droit de vote aux chimpanzés c’est pas si impensable. Les US ont élu un affreux orang-outang comme big boss.
      En cherchant des infos sur le QI des non humains je suis tombé sur cette page comme première réponse gogol : https://www.intelligence-humaine.com/faq-intelligence/#FAQ8
      Page qui donne plein d’indications racistes et classiste de critères de QI.

      100 = Moyenne des européens = Intelligence normale
      95 = Moyenne d’un garagiste
      90 = Moyenne homo sapiens

      #racisme #classisme #castes

    • En réalité, on sait que « le QI », ça s’apprend. Faudrait retrouver les études, mais c’est comme n’importe quels tests (et comme quand on fait faire de la géométrie à des filles sans leur dire que c’est des maths, ou l’autre test inverse qui a été fait pour les garçons), plus on s’entraine à faire ce genre de tests (les trucs de logiques, de suites, etc), plus l’esprit se façonne pour les comprendre vite, et on finit par progresser, quelque soit d’où on vient. Donc ça ne signifie rien en soi, comme si c’était une valeur absolue pour la vie entière.



  • Guyane : quand la colonialité dépolitise la contestation
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2017/03/30/guyane-quand-la-colonialite-depolitise-la-contestation

    La misère guyanaise est inconnue, enfouie, balayée sous le tapis de l’histoire coloniale du département français. Selon l’Office de l’eau en Guyane[1], 46 000 personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Le taux de chômage est de 22,3 % (25% pour les femmes et 21% pour les hommes, deux fois plus élevé que celui de la métropole), et … Lire la suite →


    http://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa

    • Ses actions se veulent musclées et ses revendications visent davantage à renforcer les moyens policiers et judiciaires : éradication des squats, construction d’une deuxième prison, maintien d’un escadron de gendarmes mobiles affecté en renfort, renvoi dans leur pays d’origine des détenus étrangers pour y purger leur peine, soit plus de 50 % des détenus. Les 500 frères dénoncent une immigration non contrôlée[8]. Mickaël Mancée, un des porte-parole, assume la radicalité du collectif en la matière : « Un voleur mort, c’est un voleur qui ne vole plus », en sous-entendant que la majorité des voleurs sont des étrangers. Il se dit prêt à mobiliser ses « frères » s’il n’aboutit pas : « Aujourd’hui, on dialogue. On fait tout pour empêcher une guerre civile. On est tous pères de famille, on n’en a pas envie… Mais si les voyous veulent la guerre, on la fera. »

      Cagoulés et vêtus de noir des pieds à la tête, ces hommes – il n’y a pas de femmes – aujourd’hui soutenus par la population, disent remettre en cause l’abandon des pouvoirs publics. Parmi eux, on compte des artisans, pêcheurs, ouvriers, chefs d’entreprise, d’anciens militaires… âgés de 25 à 55 ans[9]. Leur nom viendrait du film « 300 », un péplum américain sorti en 2007 qui sublime la vaillance et la beauté de 300 soldats spartiates face à l’armée perse, représentée comme barbare et décadente. Même si 100 serait le nombre des membres du collectif, soit un Guyanais sur 3 000, le lien entre le groupuscule et la fiction ainsi que la bande dessinée dont elle est issue, est certainement incarnée par l’idéologie véhiculée : un penchant pour l’ordre et la lutte contre la barbarie, personnifiée par l’Autre. Enfin, « Frères, parce que la Guyane est notre mère », explique Mancée.

      « Pères de famille », « frères », fils de la « mère » génitrice, êtres de sexe masculin, virils assumés en somme, ces hommes en uniforme revendiquent leurs xénophobie, classisme, paternalisme et sexisme. Ils sont prêts à en découdre, à tuer, à faire la « guerre » aux étrangers, aux pauvres (les squatteurs par exemple) et à protéger « leurs » femmes, sœurs, mères. L’émergence récente de ce groupe fait écho à l’Afrique du Sud, où les manifestations xénophobes et la violence vont croissant, et, en raison des cagoules et du besoin de dissimuler les visages, aux actions des groupes fascistes et des commandos militaires ou policiers.

      Car enfin, cette situation critique et la mise en exergue de ce groupuscule manifestement peu progressiste posent question. Elles révèlent un détournement des luttes anticapitalistes, anticolonialistes, anti-impérialistes, une forme d’instrumentalisation des mouvements et par là même la dépolitisation de leurs actions et revendications. On assiste à une mystification viriliste et militariste de la contestation.

      #Guyane #500_frères #virilisme #classisme #xénophobie #politique

    • Merci @marielle pour le référencement. Oui, je me suis dit que j’allais faire une compilation de tout ce qui se publierait sur la Guyane. Maintenant, comme le temps passe vite, je n’ai pas le temps de tout lire et les avis seront forcément divergents quant à l’analyse politique de la situation dans ce confetti d’ ex-empire colonial.
      Et bizarrement (enfin, façon de parler, hein !), Seenthis s’auto-alimente car sur les médias « officiels » (et decodex-compatibles), à part l’évènementiel, on ne peut pas vraiment trouver de quoi alimenter le débat ... Donc, encore une fois : @seenthis, c’est bien !!!


  • Parce qu’un contact citait la zetetique comme source fiable, j’me suis rapelée d’un texte lu y’a un moment et que je n’ai pas trouvé ici. Je vous le partage donc (en plus il a le bon goût de ne pas parler que de ça et d’être super bien écrit)

    #Zététique et #Féminisme
    http://lechodessorcieres.net/zetetique-et-feminisme

    /.../ j’ai commencé à comprendre que j’étais féministe, sans le savoir là aussi. Non, le mot “féministe” n’est pas une insulte. J’ai pleinement embrassé cette manière de vouloir changer les choses et les outils zététiques m’ont été précieux. La découverte des biais cognitifs et des différents sophismes m’a permis de comprendre ce qui se cachait souvent derrière les discours sexistes ou pseudo-égalitaristes : une volonté de surtout ne jamais changer l’ordre établi.

    Tout a été parfait dans le meilleur des mondes durant plusieurs mois, et puis ces deux univers ont commencé à entrer en collision. Je lisais souvent dans les groupes zét des propos vraiment limite. Cela a été jusqu’à ce jour où une personne a pu tenir tranquillement des propos transphobes sans jamais être remise en question. /.../

    #epistemologie, #scepticisme, #zetetique, #sexisme, #racisme, #homophobie, #validisme, #classisme, #oppressions_systemiques

    • La zététique sur les questions politiques est très diversifié. Participant a divers de ces mouvements, on y trouve de tout. Par ex. je suis impliqué dans un groupe qui précisément essaye de prendre en compte le militantisme et regarde les questions de sexisme et de féminisme avec justement de la documentation, pour contrer d’autres sceptiques qui aurait des a priori sur tout cela.
      La science n’a pas a dire ce qui est bon ou mauvais, mais a décrire ce qu’il se passe, c’est ensuite a nous de prendre position sur le bon ou le mauvais.
      Sur la manière de faire du scepticisme du point de vue de la méthode (et pas de la politique), j’ai écris ça :
      http://florianolivier.blogspot.fr/2017/01/reflexions-sur-quelques-methodes.html

      Et merci en tout cas pour m’avoir contacté.
      Par ex. les militants sceptiques que je connais et qui sont engagé dans le féminisme ou antipatriarcat, prennent a coeur justement de lister et d’avoir toujours a porter un ensemble d’étude qui rappelle clairement les inégalités du aux stéréotypes de genres.


  • Études de mœurs : quand nos riches ou nos élites se rencontrent (et font leur business) en partie de chasse. Édifiant !

    Les parties de chasse secrètes des grands patrons - Capital.fr
    http://www.capital.fr/enquetes/revelations/les-parties-de-chasse-secretes-des-grands-patrons-1206295

    Rien de mieux qu’une bonne battue dès l’aurore pour que patrons, politiques et élus locaux tissent des liens profonds… bien utiles pour les affaires. Plongée dans un monde secret.

    Les dizaines de bois de cerfs du préau plantent le décor, mais le visiteur reste néanmoins sans voix quand il entre dans la salle des trophées. Deux loups et un grizzli toutes griffes dehors le mettent sur ses gardes. Plus loin, un élan de 2 mètres garde un air impassible alors que, derrière une table de billard français, une meute de lions semble sur le point de bondir. En tout, 500 grands animaux africains sont figés en pleine action sous une voûte de bois de chevreuils et de défenses de sangliers.

    Bienvenue dans l’antre du bien nommé Yves Forestier ! Ce patron inconnu du grand public a fait fortune dans le camion frigorifique. Sa société, Petit Forestier, est d’ailleurs devenue leader européen du secteur. Quand il n’est pas à l’affût, Beretta en main, en Sibérie ou en Namibie, le septuagénaire reçoit ses voisins, Franck Provost, Olivier Dassault, les fils Bissonnet (patrons des Boucheries nivernaises) et ses nombreux clients sur ses terres de plus de 1.500 hectares au cœur de la Sologne.


  • Toute la pornographie est une vengeance contre les femmes | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/02/09/toute-la-pornographie-est-une-vengeance-contre

    il est important de comprendre que l’abus du « consentement », ainsi que l’humiliation et la dégradation, sont les caractéristiques principales de l’industrie de la pornographie.

    D’abord, les inégalités que subissent les femmes – sur le plan économique, social, politique et sexuel – contribuent à une sorte de contrainte culturelle à leur participation à l’industrie de la pornographie. Il est insensé de laisser entendre que la pornographie commerciale est une question de « libre choix », comme si le consentement pouvait exister à l’extérieur d’une culture pornographique capitaliste et patriarcale.

    Ensuite, il y a la représentation des femmes. La violence sexuelle et l’agression sexuelle contre les femmes sont extrêmement courantes dans la pornographie commerciale. La façon dont certains groupes de femmes y sont représentés démontre que l’humiliation et la dégradation accompagnent la violence sexuelle la plus évidente.

    Le racisme est également omniprésent dans la pornographie hétérosexuelle (et gay). Comme l’explique Gail Dines

    « Se cachant derrière la façade du fantasme et du divertissement inoffensif, la pornographie se permet de promouvoir des stéréotypes racistes réactionnaires qui seraient considérés comme inacceptables fussent-ils présentés dans n’importe quel autre type de média de masse. Cependant, la puissance de la pornographie est que ses messages agissent en profondeur, se maintiennent et résonnent toujours, à un niveau sous-textuel, avec l’idéologie de la suprématie blanche, qui continue de diriger les politiques tant sur le plan économique que social en discriminant contre les personnes de couleur. »

    Dines démontre comment le sexisme et le racisme sont inséparables des tropes régulièrement utilisés tels que : les femmes asiatiques sont fragiles et soumises ou les femmes noires sont pauvres, « du ghetto », et facilement influencées par les proxénètes. La pornographie non seulement renforce la domination masculine et la suprématie blanche, mais elle sexualise aussi les inégalités : l’inégalité est quelque chose qui aide les hommes à s’exciter sexuellement.

    Fondamentalement, l’industrie de la pornographie requiert l’objectivation sexuelle afin de fonctionner. Comme Kathleen Barry le fait valoir dans The Prostitution of Sexuality, la prolifération de la pornographie a été, du moins en partie, basée sur la réduction des femmes à des organes sexués disponibles pour le regard masculin. Elle affirme que, dans les sociétés post-industrielles :

    « Lorsque les femmes atteignent un potentiel d’indépendance économique, les hommes se sentent menacés par leur perte de contrôle sur elles, qui ne sont plus leur propriété juridique et économique dans le mariage. Pour reprendre le contrôle, la domination patriarcale se reconfigure autour du sexe en produisant une condition sociale et publique de subordination sexuelle qui suit les femmes jusque dans la sphère publique. »

    En ce sens, en termes de classes, toute pornographie est du revenge porn. Au lieu qu’un individu homme profite et abuse d’une individue femme – comme ce qui est entendu avec le revenge porn – ce sont les hommes en tant que classe qui tirent profit et abusent des femmes en tant que classe.

    #domination_masculine #pornographie #féminisme #racisme #sexisme #classisme


  • Combattre la racialisation des questions de genre et de sexualité à la racine | Le blog de João
    https://joaogabriell.com/2016/11/18/combattre-la-racialisation-des-questions-de-genre-et-de-sexualite-a-la

    Selon un article paru le 15 novembre de cette année, s’appuyant lui-même sur des sources allemandes, l’affaire des « viols de masse » en Allemagne se révèle de plus en plus être une construction médiatique s’appuyant sur de faux témoignages de policiers ou de témoins :

    […] la décision du tribunal de Hambourg affirme que les accusations et les preuves avancées ont été trafiquées par la police.[…] De fil en aiguille, autorités judiciaires, politiques mais aussi médias ont tricoté de toutes pièces l’« affaire de Cologne » pour « renforcer l’appareil policier, étendre la surveillance de la population et durcir les lois visant les étrangers et les réfugiés dans le but de pouvoir expulser aussi rapidement que possible les réfugiés du pays », écrit le journaliste du World Socialist Web Site Dietmar Henning. En plus du petit nombre des personnes condamnées pour agression (une seule), la décision du tribunal laisse donc entendre que les « événements survenus la nuit de la Saint-Sylvestre » ont été en grande partie une invention des médias. Un verdict effarant au vu de l’encre déversée autour de cette affaire, fustigeant les réfugiés syriens et dénonçant des « valeurs » et une « culture » non compatibles avec celles de l’Europe.

    Le verdict de Hambourg est tombé, viendra ensuite celui de Cologne, où vraisemblablement on se dirige vers un résultat similaire, ou en tout cas bien loin de ce que la construction médiatique de cette affaire laissait penser. Profitons de cette funeste occasion pour aborder les mécanismes de production par l’idéologie raciste des immigrés comme « problèmes » ; processus qui dépasse de loin cette seule affaire. Revenons aussi dans un second temps sur la manière bien connue dont les hommes non blancs sont présentés, là encore par l’idéologie raciste, comme des « menaces » pour l’intégrité sexuelle des femmes blanches européennes ; constructions dont il me semble que les fondements ne sont pas sapés, même par des pensées antiracistes radicales. Et c’est à ce dernier point que j’aimerais tenter de proposer des analyses et discours alternatifs.

    #racisme #sexisme #genre #classisme #culture_du_viol #harcèlement_sexuel #domination_masculine #violences_sexuelles


  • Le collectif Le Seum a vu « Merci Patron ! », n’a pas aimé, et vous dit pourquoi
    http://www.lecinemaestpolitique.fr/le-collectif-le-seum-a-vu-merci-patron-na-pas-aime-et-vous-dit-

    Nous reproduisons ici la critique de « Merci Patron ! » publiée par le collectif Le Seum sur leur site internet, que nous conseillons vivement de découvrir si vous ne le connaissez pas ! Résumé du film : La famille Klur (un homme, une femme, et leur fils), vivant dans le nord de la France, se trouve dans une situation […]

    #Brèves #Cinéma #capitalisme #classisme


  • Orientation scolaire et filières professionnelles : la paille dans l’œil des élèves, la poutre dans l’œil des élites | A Contrario
    http://www.acontrario.fr/2016/09/09/orientation-scolaire-filiere-professionnelle-elitisme-devalorisation

    Je n’apprendrai rien à personne en disant que les filières générales sont les plus valorisées, tandis que les filières professionnelles sont dévalorisées. On note d’ailleurs, et à juste titre, une abondance de contenus indignés sur le sujet depuis des années, y compris de la part des pouvoirs publics qui, dans une vertueuse démarche de propagande feignent encore de croire que la dévalorisation des filières pro est à corréler aux résultats et aux débouchés, et qui proposent donc comme solution une meilleure connexion entre ces filières et le monde de l’entreprise.

    Ailleurs, on va un peu plus loin dans le raisonnement en osant aborder le récurrent problème de la perception de ces filières, et on émet – il était temps – l’idée que l’orientation en filière professionnelle est devenu une sorte de pis aller pour les élèves dont les notes ne permettent pas d’entrer en seconde générale. On déplore aussi la reproduction des schémas professionnels inter-générationnels – les enfants d’ouvriers en filière pro, les enfants de cadres en filière générale – et la « non correction » de ces schémas par le corps enseignant, qui entraîne de fait une consolidation des inégalités sociales.

    Tout ceci marque d’évidentes bonnes intentions, sauf dans le cas des pouvoirs publics, chez qui on constate toujours la même et désolante déconnexion de certaines réalités de terrain. Mais globalement, on a bien compris que les filières professionnelles sont dévalorisées et que c’est moche. Il faut faire quelque chose et en premier lieu permettre à toutes et tous de faire de vrais choix. C’est beau comme un poney à qui on fait une tresse.

    Le problème, c’est que dans la perception collective de ce qu’on nomme un « vrai choix », on ne va pas jusqu’à questionner la hiérarchisation implicite et systémique des orientations, à travers l’axe de classe sociale. Si la notion d’élitisme est parfois abordée dans certains contenus, on se garde bien d’aller gratter au-delà d’une indignation de surface pour interroger vraiment ce que cet élitisme implique et de quoi il découle.

    Pour ancrer ce propos dans la réalité, je poserai donc une question concrète : au vu de l’état actuel de l’organisation des études en filières professionnelles, des moyens dont elles disposent, des formations proposées et du statut social « tracé » des élèves qui en sortiront diplômés, combien de parents, profs, penseurs et indignés parmi ceux qui s’indignent de la dévalorisation des filières professionnelles y enverraient leur enfant avec le sourire au cas où celui-ci aurait 16 de moyenne générale ?

    Bien. Ceci posé, on peut commencer à réfléchir.

    #classisme #éducation #travail


  • Cette abominable violence policière... - Les Chroniques de Paige Palmer
    http://paigepalmer.neowp.fr/2016/07/20/cette-abominable-violence-policiere

    Pourquoi est-ce que des jeunes racisés sont prêts à tout pour échapper à un contrôle de police ? Tout simplement parce qu’on sait qu’on sera toujours perdants. Parce que dès le premier contact, on sait parfaitement qu’on a tout contre nous et on ne remerciera jamais toute la propagande qui nous a rendu coupable avant, pendant et après le rapport policier. On restera jugés avant même d’être accusés, qu’on soit en jean, jogging ou en costume.