• Réchauffement climatique et phénomène météo exceptionnel : décryptage de la canicule en Sibérie
    https://theconversation.com/rechauffement-climatique-et-phenomene-meteo-exceptionnel-decryptage

    20 juin 2020 : la température atteint 38 °C à Verkhoïansk, une ville russe située au nord du cercle polaire arctique. Cette petite cité est également réputée pour avoir connu l’une des plus basses températures jamais enregistrées sur Terre (hors Antarctique).

    Ces derniers mois, d’autres vagues de chaleur exceptionnelles ont été rapportées dans une bonne partie de l’hémisphère Nord, suivies par des feux dévastateurs en Sibérie.

    #climat #réchauffement_climatique #pergélisol #feu #Sibérie #canicule

  • Italian homes evacuated over risk of Mont Blanc glacier collapse

    Roads near #Courmayeur closed to tourists because of threat from falling #Planpincieux ice.

    Homes have been evacuated in Courmayeur in Italy’s Aosta valley, after a renewed warning that a huge portion of a Mont Blanc glacier is at risk of collapse.

    The measures were introduced on Wednesday morning after experts from the Fondazione Montagne Sicura (Safe Mountains Foundation) said 500,000 cubic metres of ice was in danger of sliding off the Planpincieux glacier on the Grandes Jorasses park.

    Some 65 people, including 50 tourists, have left homes in Val Ferret, the hamlet beneath the glacier. Roads have been closed to traffic and pedestrians.

    “We will find [alternative] solutions for residents,” Stefano Miserocchi, the mayor of Courmayeur, told the Italian news agency Ansa. “The tourists will have to find other solutions.”

    Glaciologists monitoring Planpincieux say a new section of ice is at risk of collapse. Homes were also evacuated in September last year following a warning that 250,000 cubic meters of ice could fall. The movement of the glacial mass was due to “anomalous temperature trends”, the experts said.

    The glacier has been closely monitored since 2013 to detect the speed at which the ice is melting.

    In August 2018, a heavy storm unleashed a debris flow, killing an elderly couple when their car was swept from the road that is currently closed.

    In the event of a collapse, it would take less than two minutes for the mass to reach the municipal road below.

    Safe Mountain Foundation experts are monitoring 184 glaciers in the Aosta valley region.

    There are 4,000 glaciers across the Mont Blanc massif, the highest mountain range in Europe, which straddles Italy, France and Switzerland.

    Scientists predict that if emissions continue to rise at the current rate, the Alpine glaciers could shed half of their ice by 2050.

    https://www.theguardian.com/environment/2020/aug/06/italian-homes-evacuated-risk-mont-blanc-glacier-ice-planpincieux?CMP=sh
    #Mont_Blanc #évacuation #glacier #montagne #changement_climatique #climat #Italie #réfugiés #réfugiés_climatiques #Vallée_d'Aoste #glace #Alpes

    ping @reka @albertocampiphoto

  • Pour une politique patrimoniale cohérente avec le contexte d’urgence climatique
    https://topophile.net/savoir/pour-une-politique-patrimoniale-coherente-avec-le-contexte-durgence-clima

    Tribune. Alors que les journées caniculaires s’enchainent, que tout le monde souffre de la chaleur plombante et que les chauffagistes font fortune en installant des climatiseurs, les architectes du patrimoine Sébastien Clément et Emmanuel Mille, et le philosophe Thierry Paquot appellent à une réhabilitation du bâti existant en phase avec l’urgence climatique afin que nos... Voir l’article

  • Le nombre d’assassinats de militants pour la défense de la terre et de l’environnement en une année a été plus élevé que jamais, s’alarme Global Witness | Global Witness
    https://www.globalwitness.org/fr/global-witness-records-the-highest-number-of-land-and-environmental-a

    Mercredi 29 juillet 2020 – Global Witness dévoile aujourd’hui un sombre record de défenseurs des droits à la terre et de l’environnement assassinés en une seule année : 212 personnes ont été tuées en 2019 pour avoir défendu pacifiquement leurs maisons et s’être opposées à la destruction de la nature.

    Le rapport annuel de l’ONG a également mis en lumière le rôle critique que jouent les défenseurs des droits à la terre et de l’#environnement dans la lutte urgente contre la dégradation du #climat. Ils s’opposent directement aux industries non durables qui émettent le plus de carbone et accélèrent le réchauffement climatique et les dégâts environnementaux. Le rapport montre comment, dans un contexte de répression et de surveillance accrues pendant le confinement de la COVID-19, la protection de ces militants est devenue indispensable pour reconstruire une planète plus sûre et plus verte.

    En moyenne, quatre défenseurs ont été tués chaque semaine depuis la création de l’accord de Paris sur le climat en décembre 2015. Sans compter les nombreux défenseurs réduits au silence par des attaques violentes, des arrestations, des menaces de mort ou des poursuites judiciaires.

    Mais ce qui est particulièrement frappant et consternant c’est que plus de la moitié des meurtres signalés l’année dernière se sont produits dans deux pays seulement : la Colombie (qui détient la palme avec un triste record de 64 assassinats) et les Philippines (un nombre en hausse, passant de 30 assassinant en 2018 à 43 en 2019). À l’échelle mondiale, le nombre réel d’assassinats est sans doute plus élevé que celui qui est connu, car trop souvent les cas ne sont pas enregistrés.

    #assassinat #intimidation #militantisme

  • Deforestation in the Amazon is drying up the rest of Brazil: Report
    https://news.mongabay.com/2020/08/deforestation-in-the-amazon-is-drying-up-the-rest-of-brazil-report

    Over the past two years, drought has severely affected much of Brazil. According to a bulletin from the National Center for Monitoring and Alerts on Natural Disasters (Cemaden), an agency of the Ministry of Science, Technology, Innovations and Communications, rainfall has been below historical averages in the center-west, south and part of the southeast regions of the country, including in the state of São Paulo.

    The phenomenon became more evident in 2012. “Severe drought started in the northeast and lasted almost seven years,” says Cemaden researcher Adriana Cuartas. “Then, in 2014, water supply was in critical conditions in the Greater São Paulo area. Now the focus of concerns turns to the south, where rainfall has been below average for almost two years.”

    Scientist Antônio Donato Nobre, author of the report “The Future Climate of Amazonia,” is emphatic: “South America is drying up as a result of the combined effects of deforestation and climate change.”

    #climat #déforesation

  • Italie : un glacier du Mont Blanc menace de se détacher, évacuations en cours - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/060820/italie-un-glacier-du-mont-blanc-menace-de-se-detacher-evacuations-en-cours

    Un fragment d’un glacier des Grandes Jorasses, dans la partie italienne du massif du Mont Blanc, menace de s’effondrer du fait de la chaleur, nécessitant l’évacuation de plusieurs dizaines de résidents et touristes dans la zone, ont annoncé jeudi les autorités locales.

    Un volume de glace estimé à 500.000 mètres cube serait sur le point de se détacher du glacier de Planpincieux, sur le territoire de la commune de Courmayeur, indique une ordonnance de cette municipalité de la région du Val d’Aoste située près de la frontière avec la France.

    #climat

  • #climat : peut-on vraiment faire confiance au GIEC ?
    https://bonpote.com/climat-peut-on-vraiment-faire-confiance-au-giec

    Si cela n’était pas encore clair, la réponse à la question ‘peut-on faire confiance au GIEC ?’ est bien évidemment OUI. Pour rappel, le GIEC ne fait que la synthèse des connaissances scientifiques disponibles sur les différents sujets du changement climatique. Cette synthèse fait consensus, et est validée par tous les pays. Critiquer aujourd’hui les conclusions du GIEC, c’est critiquer des centaines de scientifiques et relève tout simplement du climatoscepticisme. — Permalien

    #sciences

  • A Quarter of Bangladesh Is Flooded. Millions Have Lost Everything. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/07/30/climate/bangladesh-floods.html

    Torrential rains have submerged at least a quarter of Bangladesh, washing away the few things that count as assets for some of the world’s poorest people — their goats and chickens, houses of mud and tin, sacks of rice stored for the lean season.

    It is the latest #calamity to strike the delta nation of 165 million people. Only two months ago, a cyclone pummeled the country’s southwest. Along the coast, a rising sea has swallowed entire villages. And while it’s too soon to ascertain what role climate change has played in these latest floods, Bangladesh is already witnessing a pattern of more severe and more frequent river flooding than in the past along the mighty Brahmaputra River, scientists say, and that is projected to worsen in the years ahead as #climate change intensifies the rains.

  • Réchauffement climatique : comme prévu il y a trente ans, la machine s’emballe dans le cercle arctique
    https://www.franceculture.fr/environnement/rechauffement-climatique-comme-prevu-il-y-a-trente-ans-la-machine-semb

    La Sibérie vit une vague de chaleur sans précédent depuis l’hiver dernier avec des températures moyennes supérieures de 6 degrés à la normale. L’Arctique se réchauffe deux à trois fois plus vite que le reste de la planète et le constat se vérifie via tous les indicateurs : thermomètre mais aussi fonte du pergélisol et de la banquise (deux fois plus vite que la moyenne 1980-2010 d’après la NSIDC, le National Snow and Ice Data Center aux États-Unis) ou encore les incendies, qui auraient libéré 59 mégatonnes de CO2 dans l’atmosphère contre 53 l’an dernier d’après Copernicus, programme européen d’observation de la Terre.

    Les scientifiques ont identifié depuis longtemps que les variations climatiques étaient plus intenses au pôle Nord mais la persistance de ce phénomène sur plusieurs mois en impressionne plus d’un. C’est le cas de Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS et climatologue, qui nous explique les ressorts de ce réchauffement prononcé dans le grand nord.

    #réchauffement_climatique #france_culture

  • Sibérie : la vague de chaleur et les incendies libèrent du méthane qui risque de rendre « hors de contrôle » le changement climatique, alerte un membre du GIEC
    https://www.francetvinfo.fr/meteo/canicule/siberie-la-vague-de-chaleur-et-les-incendies-liberent-du-methane-qui-ri

    Est-ce que cette partie du monde se réchauffe plus vite que le reste de la planète ?

    François Gemenne : Elle se réchauffe à peu près deux fois plus vite que le reste du monde. Et l’anomalie de température est vraiment très particulière. Depuis le début de l’année, on a une vague de chaleur très importante, avec des températures cinq degrés supérieures à la normale et même 10 degrés supérieures au mois de juin.

    shit, ventilateur, toussa toussa.

  • Where Will Everyone Go ?

    ProPublica and The New York Times Magazine, with support from the Pulitzer Center, have for the first time modeled how climate refugees might move across international borders. This is what we found.

    #climate #climate_refugee #migration #international_migration #map

    ping @cdb_77

    https://features.propublica.org/climate-migration/model-how-climate-refugees-move-across-continents

  • #Air_conditionné et Covid : attention aux risques de #transmission aérienne
    https://francais.medscape.com/voirarticle/3606172

    Le fonctionnement même des #climatiseurs est à interroger. Quand les températures extérieures sont extrêmes, les systèmes #HVAC (climatisation - chauffage - ventilation) ajustent le mélange d’air frais pour ne pas trop utiliser d’énergie. En d’autres termes, plus il fait chaud dehors, plus l’air intérieur va recirculer. Cela signifie que « vous respirez un plus grand pourcentage d’air exhalé par d’autres personnes », indique le Pr Edward Nardell ( Harvard’s T.H. Chan School of Public Health, Etats-Unis). Donc si quelqu’un dans l’immeuble a le Sars-CoV-2, il est vraisemblable que le nouveau virus se retrouve dans l’air recirculant.

    De plus, les petites particules virales - les #aérosols - restent plus longtemps en suspension dans l’air à cause des ventilateurs et des climatiseurs qui brassent l’air. « Les courants d’air produits par les climatiseurs et les #ventilateurs peuvent transporter des particules à des distances plus importantes » ajoute-t-il. Avant de rappeler que les climatiseurs assèchent l’air, « un air sec, ce que les virus préfèrent. »

    Dans certaines situations, cette combinaison de facteurs pourrait se révéler être les conditions parfaites pour une #contagion.

    Ebauches de preuves en défaveur des climatiseurs

    En juillet, une équipe chinoise a publié ses travaux[3] sur un #cluster de cas qui avaient tous diné dans un même #restaurant de Guangzhou. Les dix personnes qui sont tombées malades étaient toutes assises à des tables du même côté de la pièce. Les tables étaient espacées de plus d’un mètre, ce qui laisse à penser que le virus n’a pas été capable d’être véhiculé par des gouttelettes qui tombent relativement rapidement une fois qu’elles sont expulsées dans l’air. Les auteurs considèrent qu’un « fort courant d’air » produit par un climatiseur mural a probablement dispersé des aérosols, ou « #microgouttelettes », depuis un seul individu asymptomatique, vers l’ensemble des tables, infectant trois familles différentes.

    Dans une autre étude, qui n’a pas encore été reviewée, des chercheurs ont analysé le contenu de climatiseurs HVAC d’un hôpital de Portland (Oregon, Etats-Unis). Grâce à des tampons, ils ont recherché la présence du matériel génétique du #SARS-CoV-2. Les tampons étaient positifs dans un quart des échantillons.

    « Nous en avons trouvé dans différentes localisations du système de traitement de l’#air », indique Kevin Van Den Wymelenberg (Institute for Health in the Built Environment, University of Oregon, Eugene, Etats-Unis).

    Une étude similaire[4] a montré qu’il était possible de détecter du matériel génétique du virus dans des échantillons d’air collectés dans les chambres de patients Covid. Plus inquiétant d’après les auteurs, même dans les échantillons d’air collectés à plus de deux mètres.

    Cela dit, Kevin Van Den Wymelenberg précise que ces deux études ne prouvent pas le potentiel infectieux des échantillons positifs. Pour le savoir, il aurait fallu aller plus loin, à savoir mettre en présence ces échantillons avec des cellules en culture, ce qui nécessite un laboratoire sécurisé de type P3.

    Mais revenant à son étude, il considère que retrouver du matériel génétique viral dans la machinerie du système de refroidissement des hôpitaux, même ceux qui ont de bons filtres , devrait faire réagir les experts de #santé_publique, lesquels devraient considérer l’air conditionné comme un moteur de la dissémination virale.

    Une règle d’or : aérer

    La Pr Shelly Miller indique que le geste le plus simple pour que le virus ne s’accumule pas dans l’air intérieur est d’aérer en ouvrant régulièrement portes et fenêtres. Un conseil difficile à appliquer dans les bâtiments commerciaux.

    « Ce que nous avons recommandé pour minimiser les risques à l’intérieur, est d’apporter 100 % de l’air extérieur, ce qui est impossible si vous essayer de chauffer ou de refroidir parce que cela serait extrêmement coûteux » concède-t-elle.

    Une autre solution serait de recourir à des systèmes germinicides de radiation UV muraux ou à disposer sur le plafond. Ces systèmes, sans danger pour la peau, permettent de tuer les pathogènes. Ils ont fait leur preuve pour lutter contre des virus à transmission aérienne comme la tuberculose, indique le Pr Nardell.

    Il est toujours possible d’investir dans un purificateur d’air. Mais là aussi, prévient Shelly Miller, il faut connaître les subtilités d’utilisation, et notamment le CADR (la quantité d’air purifié par minute). « J’en ai acheté un que je fais marcher seulement si quelqu’un est malade chez moi afin de réduire la charge virale dans l’air de ma maison ».

  • The Climate Expert Who Delivered News No One Wanted to Hear | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2009/06/29/the-catastrophist

    Hansen, who is sixty-eight, has greenish eyes, sparse brown hair, and the distracted manner of a man who’s just lost his wallet. (In fact, he frequently misplaces things, including, on occasion, his car.) Thirty years ago, he created one of the world’s first climate models, nicknamed Model Zero, which he used to predict most of what has happened to the climate since. Sometimes he is referred to as the “father of global warming,” and sometimes as the grandfather.

    Hansen has now concluded, partly on the basis of his latest modelling efforts and partly on the basis of observations made by other scientists, that the threat of global warming is far greater than even he had suspected. Carbon dioxide isn’t just approaching dangerous levels; it is already there. Unless immediate action is taken—including the shutdown of all the world’s coal plants within the next two decades—the planet will be committed to change on a scale society won’t be able to cope with. “This particular problem has become an emergency,” Hansen said.

    Hansen’s revised calculations have prompted him to engage in activities—like marching on Washington—that aging government scientists don’t usually go in for. Last September, he travelled to England to testify on behalf of anti-coal activists who were arrested while climbing the smokestack of a power station to spray-paint a message to the Prime Minister. (They were acquitted.) Speaking before a congressional special committee last year, Hansen asserted that fossil-fuel companies were knowingly spreading misinformation about global warming and that their chairmen “should be tried for high crimes against humanity and nature.” He has compared freight trains carrying coal to “death trains,” and wrote to the head of the National Mining Association, who sent him a letter of complaint, that if the comparison “makes you uncomfortable, well, perhaps it should.”

    Hansen insists that his intent is not to be provocative but conservative: his only aim is to preserve the world as we know it. “The science is clear,” he said, when it was his turn to address the protesters blocking the entrance to the Capitol Power Plant. “This is our one chance.”

    When Hansen began his modelling work, there were good theoretical reasons for believing that increasing CO2 levels would cause the world to warm, but little empirical evidence. Average global temperatures had risen in the nineteen-thirties and forties; then they had declined, in some regions, in the nineteen-fifties and sixties. A few years into his project, Hansen concluded that a new pattern was about to emerge. In 1981, he became the director of GISS. In a paper published that year in Science, he forecast that the following decade would be unusually warm. (That turned out to be the case.) In the same paper, he predicted that the nineteen-nineties would be warmer still. (That also turned out to be true.) Finally, he forecast that by the end of the twentieth century a global-warming signal would emerge from the “noise” of natural climate variability. (This, too, proved to be correct.)

    Throughout the nineteen-eighties and nineties, the evidence of climate change—and its potential hazards—continued to grow. Hansen kept expecting the political system to respond. This, after all, was what had happened with the ozone problem. Proof that chlorofluorocarbons were destroying the ozone layer came in 1985, when British scientists discovered that an ozone “hole” had opened up over Antarctica. The crisis was resolved—or, at least, prevented from growing worse—by an international treaty phasing out chlorofluorocarbons which was ratified in 1987.

    “At first, Jim’s work didn’t take an activist bent at all,” the writer Bill McKibben, who has followed Hansen’s career for more than twenty years and helped organize the anti-coal protest in D.C., told me. “I think he thought, as did I, If we get this set of facts out in front of everybody, they’re so powerful—overwhelming—that people will do what needs to be done. Of course, that was naïve on both our parts.”

    What is now happening, Hansen explained to the group in New Hampshire, is that climate history is being run in reverse and at high speed, like a cassette tape on rewind. Carbon dioxide is being pumped into the air some ten thousand times faster than natural weathering processes can remove it.

    “So humans now are in charge of atmospheric composition,” Hansen said. Then he corrected himself: “Well, we’re determining it, whether we’re in charge or not.”

    Among the many risks of running the system backward is that the ice sheets formed on the way forward will start to disintegrate. Once it begins, this process is likely to be self-reinforcing. “If we burn all the fossil fuels and put all that CO2 into the atmosphere, we will be sending the planet back to the ice-free state,” Hansen said. “It will take a while to get there—ice sheets don’t melt instantaneously—but that’s what we will be doing. And if you melt all the ice, sea levels will go up two hundred and fifty feet. So you can’t do that without producing a different planet.”

    Once you accept that CO2 levels are already too high, it’s obvious, Hansen argues, what needs to be done. He displayed a chart of known fossil-fuel reserves represented in terms of their carbon content. There was a short bar for oil, a shorter bar for natural gas, and a tall bar for coal.

    “We’ve already used about half of the oil,” he observed. “And we’re going to use all of the oil and natural gas that’s easily available. It’s owned by Russia and Saudi Arabia, and we can’t tell them not to sell it. So, if you look at the size of these fossil-fuel reservoirs, it becomes very clear. The only way we can constrain the amount of carbon dioxide in the atmosphere is to cut off the coal source, by saying either we will leave the coal in the ground or we will burn it only at power plants that actually capture the CO2.” Such power plants are often referred to as “clean coal plants.” Although there has been a great deal of talk about them lately, at this point there are no clean-coal plants in commercial operation, and, for a combination of technological and economic reasons, it’s not clear that there ever will be.

    Hansen continued, “If we had a moratorium on any new coal plants and phased out existing ones over the next twenty years, we could get back to three hundred and fifty parts per million within several decades.” Reforestation, for example, if practiced on a massive scale, could begin to draw global CO2 levels down, Hansen says, “so it’s technically feasible.” But “it requires us to take action promptly.”

    “In nearly all areas, the developments are occurring more quickly than had been assumed,” Hans Joachim Schellnhuber, the head of Germany’s Potsdam Institute for Climate Impact Research, recently observed. “We are on our way to a destabilization of the world climate that has advanced much further than most people or their governments realize.”

    Scientifiques et responsablité : une véritable question à dépasser. Si on se limite à ce qui est « acceptable politiquement », est-on encore un scientifique quand la réalité de l’évolution de la planète est en jeu ? C’est à ce moment là qu’on devient un sciento-politique conservateur. La « communauté scientifique » a peur de son ombre, et pas seulement dans ce domaine. Hansen a raison de dire les conséquences politiques de ce que son travail scientifique lui a permis de découvrir.

    But if Hansen’s anxieties about D.A.I. and coal are broadly shared, he is still, among climate scientists, an outlier. “Almost everyone in the scientific community is prepared to say that if we don’t do something now to reverse the direction we’re going in we either already are or will very, very soon be in the danger zone,” Naomi Oreskes, a historian of science and a provost at the University of California at San Diego, told me. “But Hansen talks in stronger terms. He’s using adjectives. He has started to speak in moral terms, and that always makes scientists uncomfortable.”

    Hansen is also increasingly isolated among climate activists. “I view Jim Hansen as heroic as a scientist,” Eileen Claussen, the president of the Pew Center on Global Climate Change, said. “He was there at the beginning, he’s faced all kinds of pressures politically, and he’s done a terrific job, I think, of keeping focussed. But I wish he would stick to what he really knows. Because I don’t think he has a realistic view of what is politically possible, or what the best policies would be to deal with this problem.”

    #Climat #Jim_Hansen #Science_et_politique

  • Global #methane levels soar to record high
    https://www.nature.com/articles/d41586-020-02116-8

    Methane, an odourless gas, comes from several natural and anthropogenic sources. It is an important contributor to global warming because it traps heat in the atmosphere. It is also involved in ground-level formation of #ozone, which is an air pollutant and bad for human health.

    Methane’s atmospheric lifetime — around 12 years — is much shorter than that of carbon dioxide, which lingers for more than a century. But methane is, per unit, more than 20 times as potent as CO2 as a greenhouse gas. That means that over a 20-year period, the global-warming potential of one tonne of atmospheric methane is similar to that of around 85 tonnes of CO2, according to the Intergovernmental Panel on Climate Change. When looking at its impact over 100 years, one tonne of methane is still equivalent to about 28 tonnes of CO2.

    Roughly one-third of global methane emissions come from bacteria in natural wetlands that produce the gas when decomposing organic material. Agriculture and fossil-fuel sources each account for 20–25% of global methane emissions.

    The scientists found no evidence that emissions from wetlands or other natural sources had increased substantially from the 2000–06 average. But emissions from agriculture — driven by rising red meat consumption in some parts of the world — rose by almost 12%, to 227 million tonnes in 2017. Fossil fuels — including natural-gas fields and leaking pipelines — contributed 108 million tonnes of methane emissions in 2017, a rise of 17%.

    [...]

    The reports find that emissions have increased in most regions, and most markedly in Africa, the Middle East, China and South Asia. Europe is the only region where methane emissions seem to have dropped in recent years, thanks to declining cattle numbers and policy efforts to reduce emissions such as from landfills and manure.

    #climat

  • SUVs Are Worse for the Climate Than You Ever Imagined | WIRED
    https://www.wired.com/story/suvs-are-worse-for-the-climate-than-you-ever-imagined

    It turns out that vehicles like mine—known as sport utility vehicles, or SUVs—are even worse for the climate than I had imagined. And I imagined they were pretty bad.
    A massive carbon footprint

    According to a summary analysis of a report by the International Energy Agency that was released on November 13, SUVs are the second-biggest cause of the rise in global carbon dioxide emissions during the past decade. Only the power sector is a bigger contributor.

    The analysis, which surprised even its own authors, found a dramatic shift toward SUVs. In 2010, one in five vehicles sold was an SUV; today it’s two in five. “As a result, there are now over 200 million SUVs around the world, up from about 35 million in 2010,” the agency reports.

    https://www.iea.org/newsroom/news/2019/october/growing-preference-for-suvs-challenges-emissions-reductions-in-passenger-car-ma

    #automobile #voiture #pollution #climat

  • The healthiness and sustainability of food based dietary guidelines | The BMJ
    https://www.bmj.com/content/370/bmj.m2417

    Perhaps the most important finding from this study is the uncertainty that it highlights, not least about plant based foods. In overall terms the EAT-Lancet Commission proposals seem superior in terms of reducing mortality from non-communicable diseases and cutting greenhouse gas emissions. However, adopting the EAT-Lancet recommendations globally would not be affordable for many in low income countries without concomitant economic growth, improved local food production and supply, and expansion of the range of lower cost animal products, fruits, and vegetables.17 We still have some way to go before diets can become healthier and more sustainable worldwide.

    #nutrition #santé #environnement #Climat #pauvreté

  • Organizing amidst Covid-19


    Organizing amidst Covid-19: sharing stories of struggles
    Overviews of movement struggles in specific places

    Miguel Martinez
    Mutating mobilisations during the pandemic crisis in Spain (movement report, pp. 15 – 21)

    Laurence Cox
    Forms of social movement in the crisis: a view from Ireland (movement report, pp. 22 – 33)

    Lesley Wood
    We’re not all in this together (movement report, pp. 34 – 38)

    Angela Chukunzira
    Organising under curfew: perspectives from Kenya (movement report, pp. 39 – 42)

    Federico Venturini
    Social movements’ powerlessness at the time of covid-19: a personal account (movement report, pp. 43 – 46)

    Sobhi Mohanty
    From communal violence to lockdown hunger: emergency responses by civil society networks in Delhi, India (movement report, pp. 47 – 52)
    Feminist and LGBTQ+ activism

    Hongwei Bao
    “Anti-domestic violence little vaccine”: a Wuhan-based feminist activist campaign during COVID-19 (movement report, pp. 53 – 63)

    Ayaz Ahmed Siddiqui
    Aurat march, a threat to mainstream tribalism in Pakistan (movement report, pp. 64 – 71)

    Lynn Ng Yu Ling
    What does the COVID-19 pandemic mean for PinkDot Singapore? (movement report, pp. 72 – 81)

    María José Ventura Alfaro
    Feminist solidarity networks have multiplied since the COVID-19 outbreak in Mexico (movement report, pp. 82 – 87)

    Ben Trott
    Queer Berlin and the Covid-19 crisis: a politics of contact and ethics of care (movement report, pp. 88 – 108)
    Reproductive struggles

    Non Una Di Meno Roma
    Life beyond the pandemic (movement report, pp. 109 – 114)
    Labour organising

    Ben Duke
    The effects of the COVID-19 crisis on the gig economy and zero hour contracts (movement report, pp. 115 – 120)

    Louisa Acciari
    Domestic workers’ struggles in times of pandemic crisis (movement report, pp. 121 – 127)

    Arianna Tassinari, Riccardo Emilia Chesta and Lorenzo Cini
    Labour conflicts over health and safety in the Italian Covid19 crisis (movement report, pp. 128 – 138)

    T Sharkawi and N Ali
    Acts of whistleblowing: the case of collective claim making by healthcare workers in Egypt (movement report, pp. 139 – 163)

    Mallige Sirimane and Nisha Thapliyal
    Migrant labourers, Covid19 and working-class struggle in the time of pandemic: a report from Karnataka, India (movement report, pp. 164 – 181)
    Migrant and refugee struggles

    Johanna May Black, Sutapa Chattopadhyay and Riley Chisholm
    Solidarity in times of social distancing: migrants, mutual aid, and COVID-19 (movement report, pp. 182 – 193)

    Anitta Kynsilehto
    Doing migrant solidarity at the time of Covid-19 (movement report, pp. 194 – 198)

    Susan Thieme and Eda Elif Tibet
    New political upheavals and women alliances in solidarity beyond “lock down” in Switzerland at times of a global pandemic (movement report, pp. 199 – 207)

    Chiara Milan
    Refugee solidarity along the Western Balkans route: new challenges and a change of strategy in times of COVID-19 (movement report, pp. 208 – 212)

    Marco Perolini
    Abolish all camps in times of corona: the struggle against shared accommodation for refugees* in Berlin (movement report, pp. 213 – 224)
    Ecological activism

    Clara Thompson
    #FightEveryCrisis: Re-framing the climate movement in times of a pandemic (movement report, pp. 225 – 231)

    Susan Paulson
    Degrowth and feminisms ally to forge care-full paths beyond pandemic (movement report, pp. 232 – 246)

    Peterson Derolus [FR]
    Coronavirus, mouvements sociaux populaires anti-exploitation minier en Haïti (movement report, pp. 247 – 249)

    Silpa Satheesh
    The pandemic does not stop the pollution in River Periyar (movement report, pp. 250 – 257)

    Ashish Kothari
    Corona can’t save the planet, but we can, if we listen to ordinary people (movement report, pp. 258 – 265)
    Food sovereignty organising

    Dagmar Diesner
    Self-governance food system before and during the Covid-crisis on the example of CampiAperti, Bologna (movement report, pp. 266 – 273)

    URGENCI
    Community Supported Agriculture is a safe and resilient alternative to industrial agriculture in the time of Covid-19 (movement report, pp. 274 – 279)

    Jenny Gkougki
    Corona-crisis affects small Greek farmers who counterstrike with a nationwide social media campaign to unite producers and consumers on local level! (movement report, pp. 280 – 283)

    John Foran
    Eco Vista in the quintuple crisis (movement report, pp. 284 – 291)
    Solidarity and mutual aid

    Michael Zeller
    Karlsruhe’s “giving fences”: mobilisation for the needy in times of COVID-19 (movement report, pp. 292 – 303)

    Sergio Ruiz Cayuela
    Organising a solidarity kitchen: reflections from Cooperation Birmingham (movement report, pp. 304 – 309)

    Clinton Nichols
    On lockdown and locked out of the prison classroom: the prospects of post-secondary education for incarcerated persons during pandemic (movement report, pp. 310 – 316)

    Micha Fiedlschuster and Leon Rosa Reichle
    Solidarity forever? Performing mutual aid in Leipzig, Germany (movement report, pp. 317 – 325)
    Artistic and digital resistance

    Kerman Calvo and Ester Bejarano
    Music, solidarities and balconies in Spain (movement report, pp. 326 – 332)

    Neto Holanda and Valesca Lima [PT]
    Movimentos e ações político-culturais do Brasil em tempos de pandemia do Covid-19 (movement report, pp. 333 – 338)

    Margherita Massarenti
    How Covid-19 led to a #Rentstrike and what it can teach us about online organizing (movement report, pp. 339 – 346)

    Dounya
    Knowledge is power: virtual forms of everyday resistance and grassroots broadcasting in Iran (movement report, pp. 347 – 354)
    Imagining a new world

    Donatella della Porta
    How progressive social movements can save democracy in pandemic times (movement report, pp. 355 – 358)

    Jackie Smith
    Responding to coronavirus pandemic: human rights movement-building to transform global capitalism (movement report, pp. 359 – 366)

    Yariv Mohar
    Human rights amid Covid-19: from struggle to orchestration of tradeoffs (movement report, pp. 367 – 370)

    Julien Landry, Ann Marie Smith, Patience Agwenjang, Patricia Blankson Akakpo, Jagat Basnet, Bhumiraj Chapagain, Aklilu Gebremichael, Barbara Maigari and Namadi Saka,
    Social justice snapshots: governance adaptations, innovations and practitioner learning in a time of COVID-19 (movement report, pp. 371 – 382)

    Roger Spear, Gulcin Erdi, Marla A. Parker and Maria Anastasia
    Innovations in citizen response to crises: volunteerism and social mobilization during COVID-19 (movement report, pp. 383 – 391)

    Breno Bringel
    Covid-19 and the new global chaos (movement report, pp. 392 – 399)

    https://www.interfacejournal.net/interface-volume-12-issue-1

    #mouvements_sociaux #résistance #covid-19 #confinement #revue #aide_mutuelle #Espagne #résistance #Irlande #Kenya #impuissance #sentiment_d'impuissance #faim #violence #Delhi #Inde #féminisme #Wuhan #Pakistan #PinkDot #LGBT #Singapour #solidarité_féministe #solidarité #Mexique #care #Berlin #Allemagne #queer #gig_economy #travail #travail_domestique #travailleurs_domestiques #Italie #Egypte #travailleurs_étrangers #Karnataka #distanciation_sociale #migrations #Suisse #route_des_Balkans #Balkans #réfugiés #camps_de_réfugiés #FightEveryCrisis #climat #changement_climatique #décroissance #Haïti #extractivisme #pollution #River_Periyar #Periyar #souveraineté_alimentaire #nourriture #alimentation #CampiAperti #Bologne #agriculture #Grèce #Karlsruhe #Cooperation_Birmingham #UK #Angleterre #Leipzig #musique #Brésil #Rentstrike #Iran #droits_humains #justice_sociale #innovation #innovation_sociale

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  • #Souffrance_au_travail à #Campus_France : le coût social du « #soft_power »

    Plusieurs salariés de l’agence Campus France dénoncent un management agressif dans un contexte de réduction des effectifs, alors que la structure chargée de la promotion de l’#enseignement_supérieur français à l’étranger fait face à de multiples #procédures_judiciaires. La direction parle de litiges isolés.

    Pour se rencontrer, cela n’a pas été simple. Ces salariés ou ancien salariés de Campus France réunis ce jour de printemps autour d’une table sont tous hospitalisés en psychiatrie après des #dépressions sévères et doivent presque chaque jour se faire soigner pour ne pas vaciller davantage. « J’ai deux enfants, c’est dur pour eux de me voir comme ça », glisse Laura Foka, ancienne cadre du service communication. Ils dénoncent tous un #management_toxique qui les rend malades.

    Campus France est un établissement public industriel ou commercial (#Epic) chargé de la #promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger ainsi que de l’accueil des étudiants et des chercheurs étrangers en France, sous la double tutelle du ministère des affaires étrangères et du ministère de l’enseignement supérieur. Ces Epic, qui ont fleuri ces dernières décennies en marge de l’#administration_française, tirent leur financement de la puissance publique mais appliquent à leurs salariés les règles du #droit_privé.

    En mai 2018, neuf salariés de Campus France, constitués en collectif, alertent leur direction ainsi que toutes leurs tutelles dans un courrier sévère sur ce qu’ils considèrent comme une surexposition délétère aux #risques_psychosociaux : « Aujourd’hui, de nombreux salariés sont touchés par un management qui repose sur une #désorganisation_du_travail, une absence d’objectifs clairs, une extrême #violence des échanges entre la direction et certains collaborateurs. » Quelques mois après, l’un d’entre eux fait une tentative de #suicide.

    « J’étais en #dépression à cause du travail depuis deux ans, explique Ronel Tossa, salarié du service comptabilité, sous le coup d’une procédure de licenciement notamment pour « #abus_de_liberté_d’expression », qu’il conteste aux prud’hommes (ce motif a été utilisé dans d’autres procédures de #licenciement chez Campus France). J’accompagnais beaucoup de gens qui n’allaient pas bien… C’est moi qui ai fini par passer à l’acte. » Après que le Samu l’eut trouvé à son domicile, Ronel Tossa a passé deux jours dans le coma, puis est resté quatre mois hospitalisé en psychiatrie. Il continue aujourd’hui d’aller à l’hôpital trois jours et demi par semaine. Son geste ainsi que sa maladie ont été reconnus en accident et maladie professionnelle.

    La situation, cependant, n’évolue guère. En novembre 2019, Ronel Tossa, Laura Foka et deux autres salariés couchent à nouveau par écrit leurs vives inquiétudes : « Qu’attendez-vous donc pour réagir ? » Là encore, aucune réponse des tutelles ou des membres du conseil d’administration de Campus France, pourtant en copie.

    Abdelhafid Ramdani, l’un des signataires, a lui cessé d’attendre. Il entend porter plainte au pénal, notamment pour #harcèlement_moral_systémique_et_institutionnel, notion entrée dans la jurisprudence à la suite du procès France Télécom. Plusieurs autres salariés devraient, si la plainte est instruite, se constituer parties civiles.

    « J’adorais mon métier, explique Abdelhafid Ramdani, responsable informatique, en poste depuis 1997. Pendant vingt ans, et auprès de quatre chefs différents, pas toujours simples, je n’ai eu que des bons retours. Puis un nouveau manager, proche de la nouvelle direction, est arrivé et à partir de là, la situation s’est dégradée. »

    Il est en arrêt de travail depuis 2017, sa dépression a également été reconnue comme #maladie_professionnelle et sa situation a fait l’objet d’un rappel à l’ordre de l’#inspection_du_travail : « Le #risque_suicidaire qu’il avance et repris par le médecin du travail est avéré […]. Une fois de plus la direction relativise et écarte même d’un revers de main ce risque. » Avant de conclure : « Je n’omets pas que le dossier de M. Ramdani est à replacer dans un contexte plus large et qui concerne l’ensemble de l’organisation du travail de votre entreprise notamment sur les relations tendues et pathogènes existant entre la direction et un certain nombre de salariés. » Abdelhafid Ramdani a depuis porté #plainte devant les prud’hommes pour harcèlement et pour contester une #sanction_disciplinaire à son encontre et déposé une première plainte au pénal, classée sans suite en mai 2020.

    Au total, sur un effectif de 220 salariés, Campus France a dû faire face, ces dernières années, à au moins une douzaine de procédures prud’homales. Pour la direction de Campus France, interrogée par Mediapart sur ces alertes, « ces litiges isolés ne reflètent en rien une détérioration générale du climat social » au sein de l’établissement. Elle vante de son côté le faible nombre de démissions depuis la création de l’établissement en 2012 (8 sur les 190 salariés présents à l’époque), ainsi que son « souci de préserver le bien-être au travail des salariés », y compris dans la période récente liée au Covid-19. Selon nos informations, plusieurs dizaines de salariés en CDD ont néanmoins vu leur contrat s’achever brutalement à l’issue de la crise sanitaire, ce qui a fragilisé les équipes.

    Campus France rappelle également que « seules deux situations conflictuelles ont été tranchées par la juridiction prud’homale. Dans les deux cas, les salariés ont été déboutés de l’intégralité de leurs demandes, y compris celles qui portaient sur l’éventualité d’un harcèlement moral ». Contactés par Mediapart, les deux représentants des salariés au conseil d’administration ainsi que la nouvelle secrétaire du comité économique et social (CSE), qui a pris ses fonctions au printemps, abondent dans une réponse identique par courriel, estimant avoir « fait le vœu d’une construction collective plutôt que d’une opposition portant constamment sur les mêmes cas isolés et non représentatifs de l’ambiance actuelle positive de Campus France et du traitement des salariés, que ce soit pour les conditions de travail ou salariales ».

    Nombre de dossiers sont cependant en procédure. L’agence a été condamnée en mars 2019 pour #discrimination_syndicale, puis en appel, en décembre de la même année, pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Par ailleurs, elle fait face à plusieurs contentieux devant le tribunal administratif, soit pour contester des reconnaissances de maladie professionnelle ou d’accident du travail, portant tous sur la #santé_mentale, soit pour contester un refus de licenciement de salarié protégé. Enfin, à Montpellier, où Campus France possède une délégation, une main courante a été déposée par un salarié contre un collègue, résultat de tensions laissées en jachère pendant plusieurs années.

    Lors de l’avant-dernier conseil d’administration (CA) de l’agence le 25 novembre 2019, le représentant du ministère des finances a d’ailleurs pointé, à l’occasion d’une « cartographie des risques », le recours à au moins cinq avocats – un nombre significatif pour une structure de cette taille –, le coût financier des procédures juridiques engagées et la multiplication de ces procédures. « Ce qui veut dire que même les tutelles, alors même qu’il n’y a pas plus mauvais employeur que l’État, ont remarqué cette dérive », ironise l’un des participants, qui souhaite rester anonyme.

    « Au cours de ce CA de novembre, on m’a présenté un accord d’entreprise, signé par la direction comme les syndicats, c’est un signe clair d’apaisement, tempère Frédéric Petit, député MoDem des Français de l’étranger et membre depuis 2017 du conseil d’administration de Campus France. Que dans un effort de restructuration administrative il y ait des tensions, c’est plutôt normal. Je sais qu’il y avait des salariés isolément qui n’étaient pas bien, j’en étais conscient et cela a été exprimé au cours des conseils d’administration, surtout entre 2017 et 2018. »

    « C’est comme si le petit avait mangé le gros »

    Le collectif de salariés n’est cependant pas le seul à avoir sonné l’alarme sur le #climat_social. D’après plusieurs documents et témoignages recueillis par Mediapart, de nombreux élus du personnel, membres du comité hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), puis le CSE se sont inquiétés des tensions existantes, presque sans relâche depuis la création de Campus France, tout comme les deux inspecteurs du travail successivement en poste jusqu’en 2018.

    L’un de ces élus, bien au fait des dossiers, résume la situation ainsi : « Campus France, c’est un bateau ivre. Le management y est devenu agressif, sans imagination, et il se contente d’enterrer les dossiers ou de pousser à la faute. »

    L’histoire de Campus France explique en partie ces problèmes. L’établissement a fusionné en 2012 plusieurs organismes en une seule et unique agence : l’association #Egide, opérateur à l’époque pour la gestion des bourses et des séjours des étudiants étrangers ; le groupement d’intérêt public #EduFrance, renommé Campus France, chargé de la promotion de l’enseignement du français à l’étranger, et les activités internationales du #Centre_national_des œuvres_universitaires_et_scolaires (#Cnous). Au sein de la toute nouvelle agence Campus France, les cultures professionnelles s’entrechoquent presque immédiatement.

    Pensée pour gagner en #efficacité, l’agence agglomère différents statuts, salaires, fonctions, et des personnes issues d’organismes ayant déjà subi des réorganisations, parfois douloureuses. Dans un rapport commandé par le CHSCT de Campus France en 2016, les experts tentent de résumer la situation : celle d’une petite structure, Campus France, comparée à une start-up d’intellos faiblement hiérarchisée, d’une quarantaine de salariés, jeunes et presque tous cadres, qui a avalé une grosse association, Egide, et une partie du Cnous, où travaillaient majoritairement des employés, parfois vieillissants.

    « On a de manière intelligente et novatrice réorganisé l’administration d’État sur des objectifs, se félicite Fréderic Petit, membre, en tant que député, du conseil d’administration de plusieurs structures de ce type. On a enfin une gestion des deniers de l’État par projet, et non plus par structure, ce qui était quand même hallucinant. »

    « C’est comme si le petit avait mangé le gros », souligne pourtant, rétrospectivement, Laura Foka, dans une structure où va régner des années durant un « #mépris_réciproque » raconte également un ancien cadre dirigeant, entre « manants » et « jeunes flambeurs ».

    À l’époque, c’est donc en partie à ces #réorganisations successives que la plupart des salariés attribuent, selon ce même rapport, leurs difficultés, qui confinent aux risques psychosociaux. L’arrivée d’une nouvelle directrice à la tête de Campus France, en juillet 2015, semble avoir jeté de l’huile sur le feu.

    #Béatrice_Khaiat a passé une bonne partie de sa carrière dans les cabinets ministériels, notamment celui de l’éducation et de la culture. Proche des milieux socialistes, elle entre en 2012 dans celui du premier ministre Jean-Marc Ayrault, après avoir été directrice déléguée de Campus France, avant la fusion. En 2015, elle devient directrice générale de l’établissement, par décret du président de la République, un mandat renouvelé pour trois ans le 7 mars 2019, malgré les différentes alertes.

    Plusieurs membres de la direction quittent d’ailleurs le navire peu de temps avant sa nomination, à coup de transactions financières. D’après des courriels que nous avons pu consulter, on s’y inquiète déjà de « #harcèlement_caractérisé », d’une volonté de « faire la peau » à d’anciens membres d’Egide, de la persistance de « clans et de factions ». L’un d’entre eux a même, selon nos informations, porté #plainte contre sa directrice auprès de la police, après des propos tenus en réunion. Une plainte classée sans suite.

    Dès le départ, ses manières très directes étonnent : « Lors de la première réunion avec le personnel, Béatrice Khaiat nous a dit qu’à Campus France, on ne vendait pas “des putes ou de la coke”, une manière de souligner que notre matière était noble, se souvient un salarié, qui souhaite rester anonyme. Nous étions dirigés jusque-là par un ambassadeur, tout en retenue… Disons que c’était rafraîchissant. Mais ce mode d’expression a donné le ton sur la suite. J’ai des dizaines de témoignages d’#humiliation de salariés, de feuilles jetées à la figure… »

    Laura Foka en a fait l’expérience. À son retour de congé maternité en 2016, après avoir donné naissance à un deuxième enfant, elle participe à une réunion de service où Béatrice Khaiat plaisante sur son cas. « Au troisième enfant, je licencie », lâche la directrice. Lors d’un point d’actualité, rebelote : « Après deux enfants, il faut se remettre au travail », déclare Béatrice Khaiat devant le personnel réuni. Laura Foka se recroqueville au fond de la salle, et fond en larmes.

    « Mère de famille elle aussi, madame Khaiat a plaisanté avec l’une de ses collègues sur une expérience vécue par toutes les deux, celle d’une jeune mère devant assumer tout à la fois ses obligations professionnelles et familiales, explique aujourd’hui la direction, qui rappelle une #féminisation à 62 % de l’encadrement de Campus France ainsi qu’un score « presque parfait » à l’index de l’égalité homme-femme. Ces propos ont été repris de manière déformée. » Ils ont pourtant été confirmés par plusieurs témoignages et jugés suffisamment sérieux pour avoir fait l’objet d’un courrier de l’inspecteur du travail, qui rappelait à Campus France le risque de « #harcèlement_discriminatoire ».

    Très fragilisée par ces propos, Laura Foka se sent depuis un moment déjà sur la sellette. Dans son service communication, presse et études, c’est l’hécatombe depuis l’arrivée d’un nouveau manager. Les salariés serrent les dents, préviennent en vain les ressources humaines, attendent près d’un an et demi avant d’alerter les syndicats en 2017. Nombre d’entre eux ont des #pensées_suicidaires. Une enquête du CHSCT est déclenchée pour danger grave et imminent.

    Dans l’intervalle, cinq salariés du service, soit presque la totalité du département, quittent Campus France, « à l’américaine, leurs cartons sous le bras », raconte Laura Foka. Cette dernière pour inaptitude, qu’elle finit par accepter, de guerre lasse, face à l’inquiétude de son médecin, et deux pour faute grave ; les derniers dans le cadre de #rupture_conventionnelle, plus ou moins contrainte.

    L’une d’entre eux écrit ainsi ceci, un an plus tard, dans un courrier officiel à la DIRECCTE : « J’en suis arrivée au point de demander une rupture conventionnelle en septembre 2017 pour fuir des conditions de travail intenables et une situation devenue insupportable. » Contredisant les déclarations de la direction qui affirme que « l’intégralité des ruptures conventionnelles depuis la création de l’établissement en 2012 ont été faites à la demande des salariés qui souhaitaient partir et ont été approuvées par les administrateurs salariés ».

    Pour Zoubir Messaoudi, salarié du service informatique, la descente aux enfers professionnelle coïncide également avec l’arrivée de Béatrice Khaiat aux manettes et d’un nouveau manager au service informatique : « Mon ancien chef avait jeté l’éponge, mon N+1 était mis sur la touche. J’arrivais le premier au bureau et repartait le dernier, et pourtant, je recevais des mails où l’on me reprochait tout et n’importe quoi, comme si la direction essayait de constituer un dossier… Je viens du domaine de la prestation de service, où nous sommes clairement de la chair à canon, mais même là-bas, j’étais traité avec plus de respect. »

    Après un premier avertissement pour avoir quitté les locaux à 16 heures un jour de grève des transports (avertissement contesté aux prud’hommes, qui a tranché en sa faveur en 2018), Zoubir Messaoudi est convoqué pour licenciement en juin 2019. Sous le choc, il s’évanouit, ce qui nécessite l’intervention des pompiers et son hospitalisation en psychiatrie. Placé en arrêt de travail, il sera licencié quelques mois après pour faute grave, alors que l’arrêt court toujours, accusé de mauvaise foi vis-à-vis de son supérieur, de dénigrement de sa hiérarchie et de négligence professionnelle.

    « Durant un arrêt de travail et sous certaines conditions, l’employeur peut licencier un salarié, argumente Campus France. En l’occurrence, nous avons estimé, au vu de la gravité des faits commis par le salarié, que ces conditions étaient réunies. » Zoubir Messaoudi se souvient, lui, d’avoir passé « un sale été » l’an passé : « J’avais envie de me jeter par la fenêtre tellement j’avais mal. J’ai négligé ma femme, ma fille. » Il conteste aujourd’hui son licenciement aux prud’hommes.

    Se développer tous azimuts, trouver des recettes propres, répondre à l’ambition politique

    À quand remontent les alertes collectives ? Campus France les a-t-il ignorées ? Le premier rapport sur les risques psychosociaux, rédigé par le cabinet Orseu, agréé par le ministère du travail, est immédiatement contesté par la direction, qui remet en cause le professionnalisme des experts mandatés. Il concluait néanmoins en avril 2016 à un « risque psychosocial majeur ».

    Le deuxième rapport sur la qualité de vie au travail, rédigé par le cabinet (non agréé) Empreinte humaine un an plus tard est bien moins sévère, mais ne dément pas que l’organisation du travail puisse être améliorée. Il s’est ensuivi de séances menées par des psychologues du travail, pour que les salariés aient le moyen de s’exprimer. « Ces séances ont été l’occasion de larmes, de colère, d’insultes, rapporte un élu. Et il a fallu attendre un an et demi pour avoir un retour. Malgré nos demandes, la direction n’en a strictement rien fait. »

    Le 27 mars 2018, le CHSCT se félicite qu’une formation en droit social, de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ait finalement été organisée à destination des managers, avant de regretter qu’elle ait été essentiellement « dédiée au processus de licenciement, à l’éventail des sanctions disciplinaires, au recueil des preuves, etc. » avant de s’interroger benoîtement pour savoir si ces formations « ne visent pas à étayer une politique de réduction de l‘effectif ». Une formation, s’insurgeaient les élus, qui abordait aussi la question « du licenciement des salariés protégés ».

    Deux autres enquêtes, à la suite d’alertes pour danger grave et imminent, ont donné lieu à des passes d’armes. La première, lancée par le CHSCT (où sont représentés direction et élus du personnel) au sujet de Ronel Tossa, aboutit à deux rapports divergents, l’un de la direction et l’autre des élus. C’est pourtant le premier que transmettra Campus France au juge en charge de trancher sur la légalité de son licenciement, le présentant comme le rapport du CHSCT, ce que ne manqueront pas de contester les élus de l’époque ainsi que le salarié concerné.

    Le ministère du travail lui-même, sollicité sur le licenciement de Ronel Tossa, mandaté par la CFDT comme délégué du personnel, a débouté l’établissement public en février 2019, reprenant les mots de l’inspecteur pour justifier sa position. Dans un mémoire auquel nous avons eu accès, il parle d’une « organisation pathogène volontaire » où le cas de ce salarié est à « replacer dans le contexte global de cette société, une hiérarchie qui dénie tout droit à ses salariés et qui a organisé un système de #souffrance_au_travail ».

    Campus France a fait appel de cette décision et assure avoir « contesté ces propos dans le cadre d’un recours hiérarchique mettant en cause l’impartialité de l’inspecteur du travail ». L’agence a manifestement eu gain de cause, car cet inspecteur a depuis été remplacé, au grand dam de plusieurs salariés. La direction enfonce d’ailleurs le clou : « Aucune situation correspondant à du harcèlement moral n’a été retenue et aucune mesure en conséquence n’a été prise par l’inspection du travail. »

    Elle se félicite également qu’aucune alerte pour danger grave et imminent n’ait été déclenchée depuis 2018. Même son de cloche auprès des salariés du conseil d’administration et de la secrétaire du CSE : « Le personnel Campus France a tourné la page depuis longtemps – sachant que la grande majorité ignorait ces #conflits_sociaux – afin de poursuivre la construction d’une véritable #culture_d’entreprise qui a pu être en défaut lors de la création de l’EPIC par la fusion en 2012 de deux entités distinctes et avec des fonctionnement différents. »

    Or pour cet ancien élu, très au fait de tous ces dossiers, la direction n’a pas cessé de vouloir au fil des ans « casser le thermomètre ». Lors d’une réunion du CHSCT, où sont évoquées la situation d’Abdelhafid Ramdani et la nécessité de déclencher une nouvelle #alerte pour #danger_grave_et_imminent (la médecin du travail évoquant le risque suicidaire), le directeur des ressources humaines explique ainsi à l’assemblée sidérée que « tout le monde meurt un jour ». « Après plusieurs tergiversations, on a quand même obtenu une enquête, élargie à toute la direction informatique », poursuit l’élu présent ce jour-là, sans trop y croire. « Les gens savaient que ceux qui étaient en conflit avec la direction étaient virés ou au placard, et donc ils se sont tus. » De fait, ce deuxième rapport ne conclut pas à un quelconque harcèlement.

    La médecin du travail elle-même, ont raconté à plusieurs reprises les salariés, se contente souvent de renvoyer la souffrance dos à dos, et évoque le décès, en 2015, d’Elsa Khaiat (parfois orthographié Cayat), la sœur de Béatrice Khaiat, lors de l’attentat de Charlie Hebdo, pour expliquer une forme d’emportement de la directrice générale. Le service de presse de Campus France fera d’ailleurs de même, en préambule de ses réponses à nos questions, pour nous décrire une « femme entière », issue d’une « famille engagée ».

    Plus profondément, ce que redoutent certains élus et salariés, c’est une forme de dégraissage déguisé des #effectifs, alors qu’une première vague de départs a déjà eu lieu lors de la fusion, en 2012. Cinq ans plus tard, en 2017, l’expert du comité d’entreprise s’inquiète d’une hausse des ruptures conventionnelles et d’une enveloppe dédiée à ces départs de 150 000 euros.

    « Un #abus_de_droit », soutien ce même expert, qui rappelle la mise sur pied par le gouvernement d’un « nouveau dispositif de rupture conventionnelle collective pour éviter des dérives ». Ce même expert, en septembre 2019, revient à la charge : « La première cause des départs sont les ruptures conventionnelles, qui représenteraient 30 % des départs sur les quatre dernières années », soit 31 postes en CDI. Tous ont été « homologués par l’inspection du travail », se défend Campus France, qui parle de « faits erronés », sans plus de précisions et assure que son équipe a maintenu les effectifs à flot, depuis la fusion.

    Mais à plusieurs reprises, le message envoyé aux salariés est clair : « La porte est grande ouverte », dira même un représentant de la direction lors d’une réunion avec les délégués du personnel, en mars 2017. Lors d’un pot de départ d’une salariée à l’occasion d’une rupture conventionnelle, à l’extérieur des locaux de Campus France, Béatrice Khaiat prend la parole, et incite, selon des témoins de la scène, les salariés à faire de même : « Faites comme elle, d’ailleurs, c’est magnifique ! », s’enthousiasme la responsable.

    « La direction, en CHSCT, devant l’inspecteur du travail et au cours de points d’information, a fait savoir, à de multiples reprises, que la porte était “grande ouverte”. Cela n’a jamais été un incident isolé, mais des propos récurrents », témoigne Ambroise Dieterle, secrétaire du CSE jusqu’en mai 2020, aujourd’hui en reconversion professionnelle.

    La question financière n’est pas étrangère à cette tendance. Un an après son arrivée, la directrice générale l’annonce aux élus : la #masse_salariale est trop importante au vu du #budget dont elle dispose, et devra être amputée d’un million d’euros. Les départs auront lieu, au fil de l’eau, alors même que l’agence doit se développer tous azimuts, trouver des recettes propres, et répondre à l’ambition politique. Derniers en date, le « #Make_our_planet_great_again », d’Emmanuel Macron, initiative qui a fortement mobilisé Campus France, ou encore le récent programme #Al-Ula, accord de coopération entre la France et l’Arabie saoudite.

    « C’est une question de dosage dans sa mission d’intérêt public, rappelle un ancien haut dirigeant de Campus France. Un Epic comme Campus France doit faire des recettes mais reste soumis à un agent comptable public. On a toutes les contraintes du droit privé, très contraignant, et celles de la comptabilité publique, extraordinairement lourdes. »

    Pour un ancien salarié œuvrant dans la gestion des bourses étudiantes, qui vient de quitter Campus France avec pas mal d’amertume, le problème réside plutôt dans ce que tout le monde « vienne prendre commande » chez Campus France, ministères, université, grandes écoles. Or l’arbitre à la toute fin, « c’est Bercy [le ministère des finances – ndlr] ». Quitte à une perte de sens dans les missions, poursuit-il : « Nous étions des fluidificateurs pour les étudiants, nous sommes devenus des auxiliaires de police, des collectionneurs de pièces. Notre image auprès d’eux, et des ambassades, se dégrade considérablement. »

    La critique n’est pas neuve. En 2012, un article du Monde racontait les débuts chaotiques de l’agence Campus France, ses tarifs devenus élevés, et ces étudiants étrangers, livrés à eux-mêmes à leur descente de l’avion. Quelques jours plus tard, le président du conseil d’administration Christian Demuynck (membre des Républicains) présentait même sa démission, critiquant une « gestion sans stratégie ni ambition de l’établissement par quelques fonctionnaires des tutelles nuisant gravement tant à son indépendance qu’à la qualité de son travail ».

    Dans la même lettre, que nous avons pu consulter, il rajoutait ceci : « J’espère que ma démission sera l’occasion pour l’État de mener un examen nécessaire des établissements publics qui sont nombreux, comme Campus France, à subir un tel mode de gestion. » Tout comme leurs salariés, sommés de suivre, parfois dans la douleur.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/080720/souffrance-au-travail-campus-france-le-cout-social-du-soft-power?onglet=fu
    #travail #conditions_de_travail

  • Le groupe de travail Biden-Sanders sur le climat vise une énergie sans CO2 en 2035
    8 juillet 2020 | Le blogue de Richard Hétu
    https://richardhetu.com/2020/07/08/le-groupe-de-travail-biden-sanders-sur-le-climat-vise-une-energie-sans-

    Le jour d’avril où Bernie Sanders a donné son appui à Joe Biden, les deux rivaux ont annoncé la mise sur pied de six groupes de travail chargés recommander aux vainqueurs de la course à l’investiture démocrate des politiques dans autant de secteurs. Ces groupes de travail ont publié ce mercredi leurs recommandations. Le groupe dédié au climat et co-présidé par Alexandria Ocasio-Cortez et John Kerry appelle notamment à l’élimination de la pollution atmosphérique des centrales électriques en 2035 et à l’atteinte de la neutralité carbonique pour tous les nouveaux bâtiments en 2030.

    Le groupe de travail consacré à la santé a été moins ambitieux que celui du climat, tournant le dos à l’objectif du sénateur du Vermont d’instaurer un sytème à payeur unique. Il recommande plutôt d’adopter l’approche de l’ancien président, qui consiste à trouver des façons d’étendre la couverture santé des Américains par l’entremise de l’Obamacare. (...)

  • « C’est sidérant de mépris » : ce que les acteurs du mouvement social pensent du nouveau gouvernement
    https://www.bastamag.net/Remaniement-Castex-Darmanin-Dupont-Moretti-Bachelot-Pompili-reforme-retrai

    Une fin de non-recevoir radicale à la demande d’égalité qui parcourt la société. Avec un nouveau ministre de l’Intérieur accusé de viol, un garde des sceaux qui a affiché des positions résolument anti-féministes, une ministre du Travail qui inquiète les syndicats, un ministre de l’Education décrédibilisé ou le retour en grâce des « réformateurs » de l’hôpital public, la composition du nouveau gouvernement ne passe pas. Les nominations de Eric Dupont Moretti au ministère de la #Justice, et de Gérald Darmanin au (...) #Décrypter

    / #Politique, Santé , Justice, #Education, #Climat, A la une

    #Santé_

    • Thread sur twitter :
      https://twitter.com/Disclose_ngo/status/1279049745659559938

      Une enquête de @TBIJ, avec @Disclose_ngo et le @guardian révèle que 2,3 milliards d’euros ont été versés à l’industrie de la viande et du lait par la #BERD et #IFC, deux des principales banques d’aide au développement de @Banquemondiale.

      Principal bénéficiaire des financements de l’IFC et de la BERD : la filière laitière, avec plus de 890 millions d’euros investis en 10 ans. Les filières de la #volaille et du #porc ont obtenu 445 millions d’euros chacune.

      et ses partenaires ont découvert que ces #fonds_publics ont été largement mis au service de l’expansion de #multinationales. Des géants de l’#agrobusiness qui les ont utilisés pour construire des #abattoirs et des « #méga-fermes » industrielles à travers le monde.

      Parmi les bénéficiaires se trouve des poids lourds de l’agroalimentaire français. En 2010, la BERD a pris une participation dans les filiales d’Europe de l’Est et d’Asie centrale du groupe @DanoneFR – 25,3 milliards d’euros de CA en 2019.
      En 2016, c’est le @groupe_lactalis, n°1 mondial du lait, qui obtient un prêt de 15 millions d’euros de la part de la BERD. Les fonds ont bénéficié à #Foodmaster, la filiale de Lactalis au Kazakhstan.

      A l’époque, la #BERD annonce que « ce programme permettra à #Foodmaster d’augmenter la production et la qualité des produits laitiers » locaux. Ces dernières années, #Lactalis a été impliqué dans plusieurs scandales, dont la contamination de lait infantile à la salmonelle en 2017.
      Récemment, l’IFC a validé un prêt de 48M d’euros à la société indienne Suguna, le plus gros fournisseur de volaille du pays et l’un des dix plus gros producteurs mondiaux. En 2016, une ferme de Suguna a été accusée d’utiliser un antibiotique pointé du doigt par l’OMS.

      Autant d’investissements en contradiction avec les engagements de la BERD et de l’IFC en faveur de la lutte contre le changement climatique. Incohérence d’autant plus criante que l’élevage industriel est responsable de près de 15% des émissions de gaz à effets de serre.

      #Danone #France #Lactalis #Kazakhstan #produits_laitiers #lait_infantile #Suguna #antibiotiques

    • Le groupe #Carrefour complice de la #déforestation de l’#Amazonie

      Au #Brésil, les supermarchés Carrefour se fournissent en viande de #bœuf auprès d’un géant de l’agroalimentaire baptisé #Minerva. Une multinationale accusée de participer à la déforestation de l’Amazonie, et qui bénéficie du financement de la Banque mondiale.

      Chaque année, le Brésil exporte près de deux millions de tonnes de viande de boeuf. Pour assurer un tel niveau de production, l’élevage intensif est devenu la norme : partout à travers le pays, des méga-fermes dévorent la forêt amazonienne pour étendre les zones de pâturages.

      L’organisation internationale Trase, spécialisée dans l’analyse des liens entre les chaînes d’approvisionnement et la déforestation, a publié en 2019 une étude indiquant que l’industrie de la viande bovine au Brésil est responsable du massacre de 5 800 km2 de terres chaque année. Cette déforestation massive met en danger la faune et la flore, accélère les dérèglements climatiques et favorise les incendies, souvent localisés dans les zones d’élevage.

      Parmi les géants du bœuf brésilien qui sont aujourd’hui dans le viseur de plusieurs ONG : Minerva. Cette société inconnue en France est l’un des leaders de l’exportation de viande transformée, réfrigérée et congelée vers les marchés du Moyen-Orient, d’Asie ou d’Europe. Selon nos informations, l’un de ses principaux clients n’est autre que le groupe français Carrefour, qui a fait du Brésil son deuxième marché après la France.

      Fin 2019, après les incendies qui ont dévasté l’Amazonie, Noël Prioux, le directeur général de Carrefour au Brésil, s’est fendu d’une lettre à ses fournisseurs brésiliens, dont Minerva. Il souhaitait s’assurer que la viande de bœuf fournie par Minerva, mais aussi JBS et Marfrig, ne provenait pas d’élevages installés dans des zones déboisées. Quelques mois plus tôt, en juin, Carrefour s’était engagé à ce que « 100% de sa viande fraîche brésilienne » soit issue d’élevages non liés à la déforestation.

      Contacté par Disclose, Carrefour qualifie Minerva de fournisseur « occasionnel » au Brésil. Selon un responsable de la communication du groupe, Carrefour Brasil » a demandé à l’ensemble de ses fournisseurs de la filière bœuf un plan d’action pour répondre à l’engagement de lutte contre la déforestation. Dès que le groupe a connaissance de preuves de pratiques de déforestation, il cesse immédiatement d’acheter les produits dudit fournisseur. »

      https://www.youtube.com/watch?v=6ACsayFkw_Y&feature=emb_logo

      Le groupe continue pourtant à se fournir en viande bovine auprès de Minerva, mis en cause dans un rapport de Greenpeace Brésil au début du mois de juin. Selon l’ONG, l’entreprise aurait acheté des milliers de bovins à une exploitation appelée « Barra Mansa ». Laquelle est soupçonnée de se fournir auprès d’éleveurs accusés de déforestation. À l’image de la ferme de Paredão, installée dans le Parc national Serra Ricardo, dont la moitié des 4000 hectares de terrain auraient été déboisés illégalement. Barra Mansa, située à quelques kilomètres à peine, y a acheté 2 000 bovins, qui ont été achetés à leur tour par Minerva, le fournisseur de Carrefour au Brésil. Les analyses de données effectuées par Trase indiquent, elles aussi, qu’il existerait un lien direct entre les chaînes d’approvisionnement de Minerva et la déforestation de plus de 100 km2 de terres chaque année ; Minerva conteste ces conclusions.

      Minerva bénéficie du soutien de la Banque mondiale

      En décembre 2019, notre partenaire, The Bureau of Investigative Journalism (TBIJ), et le quotidien britannique The Guardian ont révélé que la Banque mondiale et son bras financier, la Société internationale financière (IFC), soutiennent directement l’activité de Minerva. Une participation financière initiée en 2013, date de la signature d’un prêt de 85 millions de dollars entre Minerva et l’IFC. Objectif affiché à l’époque : « Soutenir [le] développement [de Minerva] au Brésil, au Paraguay, en Uruguay et probablement en Colombie ». En clair, une institution d’aide au développement finance un géant mondial du bœuf soupçonné de participer à la déforestation de l’Amazonie. Le tout, avec de l’argent public.

      Selon des experts de l’ONU interrogés par le BIJ, la Banque mondiale doit absolument reconsidérer ses investissements au sein de Minerva. « Compte tenu de la crise climatique mondiale, la Banque mondiale devrait veiller à ce que tous ses investissements soient respectueux du climat et des droits de l’Homme et doit se retirer des industries qui ne respectent pas ces critères », a déclaré David Boyd, le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme et l’environnement. Une position également défendue par son prédécesseur, le professeur de droit international John Knox : « Le financement international de projets contribuant à la déforestation et la détérioration du climat est totalement inexcusable ».

      Contactée, l’IFC explique avoir « investi dans Minerva afin de promouvoir une croissance pérenne (…) dans le but de créer une industrie bovine plus durable ». L’organisation assure que sa participation dans l’entreprise a permis à Minerva de prendre « des mesures pour améliorer la traçabilité de son approvisionnement auprès de ses fournisseurs directs », précisant qu’aujourd’hui « 100 % de ses achats directs proviennent de zones qui n’ont pas été déforestées. » Quid, dès lors, des fournisseurs indirects ? Ceux qui font naître et élèvent les bovins, avant qu’ils n’arrivent aux ranchs qui les enverront à l’abattoir ? Ils constituent de fait le premier maillon de la chaîne d’approvisionnement.

      Taciano Custódio, responsable du développement durable de Minerva, reconnaît lui-même qu’ « à ce jour, aucun des acteurs de l’industrie n’est en mesure de localiser les fournisseurs indirects ». Il en rejette la faute sur l’administration brésilienne et l’absence de réglementation en la matière, tout en justifiant la déforestation : « Les pays d’Amérique du Sud possèdent encore un grand pourcentage de forêts et de terres non défrichées qui peuvent être exploitées légalement et de manière durable. Certains pays invoquent notamment la nécessité d’agrandir leur territoire de production afin de pouvoir développer la santé et l’éducation publiques et investir dans des infrastructures. ».

      Depuis le début de l’année 2020, plus de 12 000km2 de forêt ont disparu. Soit une augmentation de 55% par rapport à l’année dernière sur la même période.

      https://disclose.ngo/fr/news/au-bresil-le-groupe-carrefour-lie-a-la-deforestation-de-lamazonie

  • Rapid Arctic meltdown in Siberia alarms scientists - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/climate-environment/rapid-arctic-meltdown-in-siberia-alarms-scientists/2020/07/03/4c1bd6a6-bbaa-11ea-bdaf-a129f921026f_story.html

    The fires that have erupted in Siberia this summer have been massive, sending out plumes of smoke that have covered a swath of land spanning about 1,000 miles at times. While much of the fire activity has occurred in the Sakha Republic, known for such blazes, scientists are observing more fires farther north, above the Arctic Circle, in peatlands and tundra.

    “This seems to be a new pattern,” said Jessica McCarty, a researcher at Miami University in Ohio. In past years, fires “were sparse if not unheard of in these regions.”

    One concern is that such fires could be destabilizing peatlands and permafrost — the carbon-rich frozen soil that covers nearly a quarter of the Northern Hemisphere’s land mass, stretching across large parts of Alaska, Canada, Siberia and Greenland.

    Merritt Turetsky, director of the Institute for Arctic and Alpine Research at the University of Colorado at Boulder, said fires in Siberia are burning “in areas where we expect #permafrost to be more vulnerable.” Typically, these fires would break out in July and August, but this year they spiked in May, a sign of the unusual heat and early snow melt.

    Turetsky said the fires are removing the blanket of vegetation that covers permafrost, making it more vulnerable to melting.

    #pergélisol #arctique #climat #incendies #co2 #méthane

  • « Les propositions de la convention citoyenne pour le #climat portent davantage sur les obligations des citoyens que sur celles de l’#Etat »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/03/les-propositions-de-la-convention-citoyenne-pour-le-climat-portent-davantage

    Au lendemain de la vague verte des élections municipales, Emmanuel Macron a reçu, lundi 29 juin, les 150 citoyens tirés au sort et les a chaleureusement félicités pour leur travail. Sans doute s’en est-il aussi félicité, par la même occasion, puisqu’il a avalisé 146 des 149 mesures proposées.