• Covid-19, la #frontiérisation aboutie du #monde

    Alors que le virus nous a rappelé la condition de commune humanité, les frontières interdisent plus que jamais de penser les conditions du cosmopolitisme, d’une société comme un long tissu vivant sans couture à même de faire face aux aléas, aux menaces à même d’hypothéquer le futur. La réponse frontalière n’a ouvert aucun horizon nouveau, sinon celui du repli. Par Adrien Delmas, historien et David Goeury, géographe.

    La #chronologie ci-dessus représente cartographiquement la fermeture des frontières nationales entre le 20 janvier et le 30 avril 2020 consécutive de la pandémie de Covid-19, phénomène inédit dans sa célérité et son ampleur. Les données ont été extraites des déclarations gouvernementales concernant les restrictions aux voyages, les fermetures des frontières terrestres, maritimes et aériennes et des informations diffusées par les ambassades à travers le monde. En plus d’omissions ou d’imprécisions, certains biais peuvent apparaitre notamment le décalage entre les mesures de restriction et leur application.

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    En quelques semaines, le nouveau coronavirus dont l’humanité est devenue le principal hôte, s’est propagé aux quatre coins de la planète à une vitesse sans précédent, attestant de la densité des relations et des circulations humaines. Rapidement deux stratégies politiques se sont imposées : fermer les frontières nationales et confiner les populations.

    Par un processus de #mimétisme_politique global, les gouvernements ont basculé en quelques jours d’une position minimisant le risque à des politiques publiques de plus en plus drastiques de contrôle puis de suspension des mobilités. Le recours systématique à la fermeture d’une limite administrative interroge : n’y a-t-il pas, comme répété dans un premier temps, un décalage entre la nature même de l’#épidémie et des frontières qui sont des productions politiques ? Le suivi de la diffusion virale ne nécessite-t-il un emboîtement d’échelles (famille, proches, réseaux de sociabilité et professionnels…) en deçà du cadre national ?

    Nous nous proposons ici de revenir sur le phénomène sans précédent d’activation et de généralisation de l’appareil frontalier mondial, en commençant par retrouver la chronologie précise des fermetures successives. Bien que resserrée sur quelques jours, des phases se dessinent, pour aboutir à la situation présente de fermeture complète.

    Il serait vain de vouloir donner une lecture uniforme de ce phénomène soudain mais nous partirons du constat que le phénomène de « frontiérisation du monde », pour parler comme Achille Mbembe, était déjà à l’œuvre au moment de l’irruption épidémique, avant de nous interroger sur son accélération, son aboutissement et sa réversibilité.

    L’argument sanitaire

    Alors que la présence du virus était attestée, à partir de février 2020, dans les différentes parties du monde, la fermeture des frontières nationales s’est imposée selon un principe de cohérence sanitaire, le risque d’importation du virus par des voyageurs était avéré. Le transport aérien a permis au virus de faire des sauts territoriaux révélant un premier archipel économique liant le Hubei au reste du monde avant de se diffuser au gré de mobilités multiples.

    Pour autant, les réponses des premiers pays touchés, en l’occurrence la Chine et la Corée du Sud, se sont organisées autour de l’élévation de barrières non-nationales : personnes infectées mises en quarantaine, foyers, ilots, ville, province etc. L’articulation raisonnée de multiples échelles, l’identification et le ciblage des clusters, ont permis de contrôler la propagation du virus et d’en réduire fortement la létalité. A toutes ces échelles d’intervention s’ajoute l’échelle mondiale où s‘est organisée la réponse médicale par la recherche collective des traitements et des vaccins.

    Face à la multiplication des foyers de contamination, la plupart des gouvernements ont fait le choix d’un repli national. La fermeture des frontières est apparue comme une modalité de reprise de contrôle politique et le retour aux sources de l’État souverain. Bien que nul dirigeant ne peut nier avoir agi « en retard », puisque aucun pays n’est exempt de cas de Covid-19, beaucoup d’États se réjouissent d’avoir fermé « à temps », avant que la vague n’engendre une catastrophe.

    L’orchestration d’une réponse commune concertée notamment dans le cadre de l’OMS est abandonnée au profit d’initiatives unilatérales. La fermeture des frontières a transformé la pandémie en autant d’épidémies nationales, devenant par là un exemple paradigmatique du nationalisme méthodologique, pour reprendre les termes d’analyse d’Ulrich Beck.

    S’impose alors la logique résidentielle : les citoyens présents sur un territoire deviennent comptables de la diffusion de l’épidémie et du maintien des capacités de prise en charge par le système médical. La dialectique entre gouvernants et gouvernés s’articule alors autour des décomptes quotidiens, de chiffres immédiatement comparés, bien que pas toujours commensurables, à ceux des pays voisins.

    La frontiérisation du monde consécutive de la pandémie de coronavirus ne peut se résumer à la seule somme des fermetures particulières, pays par pays. Bien au contraire, des logiques collectives se laissent entrevoir. A défaut de concertation, les gouvernants ont fait l’expérience du dilemme du prisonnier.

    Face à une opinion publique inquiète, un chef de gouvernement prenait le risque d’être considéré comme laxiste ou irresponsable en maintenant ses frontières ouvertes alors que les autres fermaient les leurs. Ces phénomènes mimétiques entre États se sont démultipliés en quelques jours face à la pandémie : les États ont redécouvert leur maîtrise biopolitique via les mesures barrières, ils ont défendu leur rationalité en suivant les avis de conseils scientifiques et en discréditant les approches émotionnelles ou religieuses ; ils ont privilégié la suspension des droits à grand renfort de mesures d’exception. Le risque global a alors légitimé la réaffirmation d’une autorité nationale dans un unanimisme relatif.

    Chronologie de la soudaineté

    La séquence vécue depuis la fin du mois janvier de l’année 2020 s’est traduite par une série d’accélérations venant renforcer les principes de fermeture des frontières. Le développement de l’épidémie en Chine alarme assez rapidement la communauté internationale et tout particulièrement les pays limitrophes.

    La Corée du Nord prend les devants dès le 21 janvier en fermant sa frontière avec la Chine et interdit tout voyage touristique sur son sol. Alors que la Chine développe une stratégie de confinement ciblé dès le 23 janvier, les autres pays frontaliers ferment leurs frontières terrestres ou n’ouvrent pas leurs frontières saisonnières d’altitude comme le Pakistan.

    Parallèlement, les pays non frontaliers entament une politique de fermeture des routes aériennes qui constituent autant de points potentiels d’entrée du virus. Cette procédure prend des formes différentes qui relèvent d’un gradient de diplomatie. Certains se contentent de demander aux compagnies aériennes nationales de suspendre leurs vols, fermant leur frontière de facto (Algérie, Égypte, Maroc, Rwanda, France, Canada, entre autres), d’autres privilégient l’approche plus frontale comme les États-Unis qui, le 2 février, interdisent leur territoire au voyageurs ayant séjournés en Chine.

    La propagation très rapide de l’épidémie en Iran amène à une deuxième tentative de mise en quarantaine d’un pays dès le 20 février. Le rôle de l’Iran dans les circulations terrestres de l’Afghanistan à la Turquie pousse les gouvernements frontaliers à fermer les points de passage. De même, le gouvernement irakien étroitement lié à Téhéran finit par fermer la frontière le 20 février. Puis les voyageurs ayant séjourné en Iran sont à leur tour progressivement considérés comme indésirables. Les gouvernements décident alors de politiques d’interdiction de séjour ciblées ou de mises en quarantaine forcées par la création de listes de territoires à risques.

    Le développement de l’épidémie en Italie amène à un changement de paradigme dans la gestion de la crise sanitaire. L’épidémie est dès lors considérée comme effectivement mondiale mais surtout elle est désormais perçue comme incontrôlable tant les foyers de contamination potentiels sont nombreux.

    La densité des relations intra-européennes et l’intensité des mobilités extra-européennes génèrent un sentiment d’anxiété face au risque de la submersion, le concept de « vague » est constamment mobilisé. Certains y ont lu une inversion de l’ordre migratoire planétaire. Les pays aux revenus faibles ou limités décident de fermer leurs frontières aux individus issus des pays aux plus hauts revenus.

    Les derniers jours du mois de février voient des gouvernements comme le Liban créer des listes de nationalités indésirables, tandis que d’autres comme Fiji décident d’un seuil de cas identifiés de Covid-19. Les interdictions progressent avec le Qatar et l’Arabie Saoudite qui ferment leur territoire aux Européens dès le 9 mars avant de connaître une accélération le 10 mars.

    Les frontières sont alors emportées dans le tourbillon des fermetures.

    La Slovénie débute la suspension de la libre circulation au sein de l’espace Schengen en fermant sa frontière avec l’Italie. Elle est suivie par les pays d’Europe centrale (Tchéquie, Slovaquie). En Afrique et en Amérique, les relations avec l’Union européenne sont suspendues unilatéralement. Le Maroc ferme ses frontières avec l’Espagne dès le 12 mars. Ce même jour, les États-Unis annonce la restriction de l’accès à son territoire aux voyageurs issu de l’Union européenne. La décision américaine est rapidement élargie au monde entier, faisant apparaitre l’Union européenne au cœur des mobilités planétaires.

    En quelques jours, la majorité des frontières nationales se ferment à l’ensemble du monde. Les liaisons aériennes sont suspendues, les frontières terrestres sont closes pour éviter les stratégies de contournements.

    Les pays qui échappent à cette logique apparaissent comme très minoritaires à l’image du Mexique, du Nicaragua, du Laos, du Cambodge ou de la Corée du Sud. Parmi eux, certains sont finalement totalement dépendants de leurs voisins comme le Laos et le Cambodge prisonniers des politiques restrictives du Vietnam et de la Thaïlande.

    Au-delà de ces gouvernements qui résistent à la pression, des réalités localisées renseignent sur l’impossible fermeture des frontières aux mobilités quotidiennes. Ainsi, malgré des discours de fermeté, exception faite de la Malaisie, des États ont maintenus la circulation des travailleurs transfrontaliers.

    Au sein de l’espace Schengen, la Slovénie maintient ses relations avec l’Autriche, malgré sa fermeté vis-à-vis de l’Italie. Le 16 mars, la Suisse garantit l’accès à son territoire aux salariés du Nord de l’Italie et du Grand Est de la France, pourtant les plus régions touchées par la pandémie en Europe. Allemagne, Belgique, Norvège, Finlande, Espagne font de même.

    De l’autre côté de l’Atlantique, malgré la multiplication des discours autoritaires, un accord est trouvé le 18 mars avec le Canada et surtout le 20 mars avec le Mexique pour maintenir la circulation des travailleurs. Des déclarations conjointes sont publiées le 21 mars. Partout, la question transfrontalière oblige au bilatéralisme. Uruguay et Brésil renoncent finalement à fermer leur frontière commune tant les habitants ont développé un « mode de vie binational » pour reprendre les termes de deux gouvernements. La décision unilatérale du 18 mars prise par la Malaisie d’interdire à partir du 20 mars tout franchissement de sa frontière prend Singapour de court qui doit organiser des modalités d’hébergement pour plusieurs dizaines de milliers de travailleurs considérés comme indispensables.

    Ces fermetures font apparaitre au grand jour la qualité des coopérations bilatérales.

    Certains États ferment d’autant plus facilement leur frontière avec un pays lorsque préexistent d’importantes rivalités à l’image de la Papouasie Nouvelle Guinée qui ferme immédiatement sa frontière avec l’Indonésie pourtant très faiblement touchée par la pandémie. D’autres en revanche, comme la Tanzanie refusent de fermer leurs frontières terrestres pour maintenir aux États voisins un accès direct à la mer.

    Certains observateurs se sont plu à imaginer des basculements dans les rapports de pouvoirs entre l’Afrique et l’Europe notamment. Après ces fermetures soudaines, le bal mondial des rapatriements a commencé, non sans de nombreuses fausses notes.

    L’accélération de la frontiérisation du monde

    La fermeture extrêmement rapide des frontières mondiales nous rappelle ensuite combien les dispositifs nationaux étaient prêts pour la suspension complète des circulations. Comme dans bien des domaines, la pandémie s’est présentée comme un révélateur puissant, grossissant les traits d’un monde qu’il est plus aisé de diagnostiquer, à présent qu’il est suspendu.

    Ces dernières années, l’augmentation des mobilités internationales par le trafic aérien s’est accompagnée de dispositifs de filtrage de plus en plus drastiques notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les multiples étapes de contrôle articulant dispositifs administratifs dématérialisés pour les visas et dispositifs de plus en plus intrusifs de contrôle physique ont doté les frontières aéroportuaires d’une épaisseur croissante, partageant l’humanité en deux catégories : les mobiles et les astreints à résidence.

    En parallèle, les routes terrestres et maritimes internationales sont restées actives et se sont même réinventées dans le cadre des mobilités dites illégales. Or là encore, l’obsession du contrôle a favorisé un étalement de la frontière par la création de multiples marches frontalières faisant de pays entiers des lieux de surveillance et d’assignation à résidence avec un investissement continu dans les dispositifs sécuritaires.

    L’épaisseur des frontières se mesure désormais par la hauteur des murs mais aussi par l’exploitation des obstacles géophysiques : les fleuves, les cols, les déserts et les mers, où circulent armées et agences frontalières. À cela s’est ajouté le pistage et la surveillance digitale doublés d’un appareil administratif aux démarches labyrinthiques faites pour ne jamais aboutir.

    Pour décrire ce phénomène, Achille Mbembe parlait de « frontiérisation du monde » et de la mise en place d’un « nouveau régime sécuritaire mondial où le droit des ressortissants étrangers de franchir les frontières d’un autre pays et d’entrer sur son territoire devient de plus en plus procédural et peut être suspendu ou révoqué à tout instant et sous n’importe quel prétexte. »

    La passion contemporaine pour les murs relève de l’iconographie territoriale qui permet d’appuyer les représentations sociales d’un contrôle parfait des circulations humaines, et ce alors que les frontières n’ont jamais été aussi polymorphes.

    Suite à la pandémie, la plupart des gouvernements ont pu mobiliser sans difficulté l’ingénierie et l’imaginaire frontaliers, en s’appuyant d’abord sur les compagnies aériennes pour fermer leur pays et suspendre les voyages, puis en fermant les aéroports avant de bloquer les frontières terrestres.

    Les réalités frontalières sont rendues visibles : la Norvège fait appel aux réservistes et retraités pour assurer une présence à sa frontière avec la Suède et la Finlande. Seuls les pays effondrés, en guerre, ne ferment pas leurs frontières comme au sud de la Libye où circulent armes et combattants.

    Beaucoup entretiennent des fictions géographiques décrétant des frontières fermées sans avoir les moyens de les surveiller comme la France en Guyane ou à Mayotte. Plus que jamais, les frontières sont devenues un rapport de pouvoir réel venant attester des dépendances économiques, notamment à travers la question migratoire, mais aussi symboliques, dans le principe de la souveraineté et son autre, à travers la figure de l’étranger. Classe politique et opinion publique adhèrent largement à une vision segmentée du monde.

    Le piège de l’assignation à résidence

    Aujourd’hui, cet appareil frontalier mondial activé localement, à qui l’on a demandé de jouer une nouvelle partition sanitaire, semble pris à son propre piège. Sa vocation même qui consistait à décider qui peut se déplacer, où et dans quelles conditions, semble égarée tant les restrictions sont devenues, en quelques jours, absolues.

    Le régime universel d’assignation à résidence dans lequel le monde est plongé n’est pas tant le résultat d’une décision d’ordre sanitaire face à une maladie inconnue, que la simple activation des dispositifs multiples qui préexistaient à cette maladie. En l’absence d’autres réponses disponibles, ces fermetures se sont imposées. L’humanité a fait ce qu’elle savait faire de mieux en ce début du XXIe siècle, sinon la seule chose qu’elle savait faire collectivement sans concertation préalable, fermer le monde.

    L’activation de la frontière a abouti à sa consécration. Les dispositifs n’ont pas seulement été activés, ils ont été renforcés et généralisés. Le constat d’une entrave des mobilités est désormais valable pour tous, et la circulation est devenue impossible, de fait, comme de droit. Pauvres et riches, touristes et hommes d’affaires, sportifs ou diplomates, tout le monde, sans exception aucune, fait l’expérience de la fermeture et de cette condition dans laquelle le monde est plongé.

    Seuls les rapatriés, nouveau statut des mobilités en temps de pandémie, sont encore autorisés à rentrer chez eux, dans les limites des moyens financiers des États qu’ils souhaitent rejoindre. Cette entrave à la circulation est d’ailleurs valable pour ceux qui la décident. Elle est aussi pour ceux qui l’analysent : le témoin de ce phénomène n’existe pas ou plus, lui-même pris, complice ou victime, de cet emballement de la frontiérisation.

    C’est bien là une caractéristique centrale du processus en cours, il n’y a plus de point de vue en surplomb, il n’y a plus d’extérieur, plus d’étranger, plus de pensée du dehors. La pensée est elle-même confinée. Face à la mobilisation et l’emballement d’une gouvernementalité de la mobilité fondée sur l’entrave, l’abolition pure et simple du droit de circuler, du droit d’être étranger, du droit de franchir les frontières d’un autre pays et d’entrer sur son territoire n’est plus une simple fiction.

    Les dispositifs de veille de ces droits, bien que mis à nus, ne semblent plus contrôlables et c’est en ce sens que l’on peut douter de la réversibilité de ces processus de fermeture.

    Réversibilité

    C’est à l’aune de ce constat selon lequel le processus de frontiérisation du monde était à déjà l’œuvre au moment de l’irruption épidémique que l’on peut interroger le caractère provisoire de la fermeture des frontières opérée au cours du mois de mars 2020.

    Pourquoi un processus déjà enclenché ferait machine arrière au moment même où il accélère ? Comme si l’accélération était une condition du renversement. Tout se passe plutôt comme si le processus de frontiérisation s’était cristallisé.

    La circulation internationale des marchandises, maintenue au pic même de la crise sanitaire, n’a pas seulement permis l’approvisionnement des populations, elle a également rappelé que, contrairement à ce que défendent les théories libérales, le modèle économique mondial fonctionne sur l’axiome suivant : les biens circulent de plus en plus indépendamment des individus.

    Nous venons bien de faire l’épreuve du caractère superflu de la circulation des hommes et des femmes, aussi longtemps que les marchandises, elles, circulent. Combien de personnes bloquées de l’autre côté d’une frontière, dans l’impossibilité de la traverser, quand le moindre colis ou autre produit traverse ?

    Le réseau numérique mondial a lui aussi démontré qu’il était largement à même de pallier à une immobilité généralisée. Pas de pannes de l’Internet à l’horizon, à l’heure où tout le monde est venu y puiser son travail, ses informations, ses loisirs et ses sentiments.

    De là à penser que les flux de data peuvent remplacer les flux migratoires, il n’y qu’un pas que certains ont déjà franchi. La pandémie a vite fait de devenir l’alliée des adeptes de l’inimitié entre les nations, des partisans de destins et de développement séparés, des projets d’autarcie et de démobilité.

    Alors que le virus nous a rappelé la condition de commune humanité, les frontières interdisent plus que jamais de penser les conditions du cosmopolitisme, d’une société comme un long tissu vivant sans couture à même de faire face aux aléas, aux zoonoses émergentes, au réchauffement climatique, aux menaces à même d’hypothéquer le futur.

    La réponse frontalière n’a ouvert aucun horizon nouveau, sinon celui du repli sur des communautés locales, plus petites encore, formant autant de petites hétérotopies localisées. Si les étrangers que nous sommes ou que nous connaissons se sont inquiétés ces dernières semaines de la possibilité d’un retour au pays, le drame qui se jouait aussi, et qui continue de se jouer, c’est bien l’impossibilité d’un aller.

    https://blogs.mediapart.fr/adrien-delmas/blog/280520/covid-19-la-frontierisation-aboutie-du-monde
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    • Épisode 1 : Liberté de circulation : le retour des frontières

      Premier temps d’une semaine consacrée aux #restrictions de libertés pendant la pandémie de coronavirus. Arrêtons-nous aujourd’hui sur une liberté entravée que nous avons tous largement expérimentée au cours des deux derniers mois : celle de circuler, incarnée par le retour des frontières.

      https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/droits-et-libertes-au-temps-du-corona-14-liberte-de-circulation-le-ret

    • #Anne-Laure_Amilhat-Szary (@mobileborders) : « Nous avons eu l’impression que nous pouvions effectivement fermer les frontières »

      En Europe, les frontières rouvrent en ordre dispersé, avec souvent le 15 juin pour date butoir. Alors que la Covid-19 a atteint plus de 150 pays, la géographe Anne-Laure Amilhat-Szary analyse les nouveaux enjeux autour de ces séparations, nationales mais aussi continentales ou sanitaires.

      https://www.franceculture.fr/geopolitique/anne-laure-amilhat-szary-nous-avons-eu-limpression-que-nous-pouvions-e

    • « Nous sommes très loin d’aller vers un #repli à l’intérieur de #frontières_nationales »
      Interview avec Anne-Laure Amilhat-Szary (@mobileborders)

      Face à la pandémie de Covid-19, un grand nombre de pays ont fait le choix de fermer leurs frontières. Alors que certains célèbrent leurs vertus prophylactiques et protectrices, et appellent à leur renforcement dans une perspective de démondialisation, nous avons interrogé la géographe Anne-Laure Amilhat Szary, auteure notamment du livre Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ? (PUF, 2015), sur cette notion loin d’être univoque.

      Usbek & Rica : Avec la crise sanitaire en cours, le monde s’est soudainement refermé. Chaque pays s’est retranché derrière ses frontières. Cette situation est-elle inédite ? À quel précédent historique peut-elle nous faire penser ?

      Anne-Laure Amilhat Szary : On peut, semble-t-il, trouver trace d’un dernier grand épisode de confinement en 1972 en Yougoslavie, pendant une épidémie de variole ramenée par des pèlerins de La Mecque. 10 millions de personnes avaient alors été confinées, mais au sein des frontières nationales… On pense forcément aux grands confinements historiques contre la peste ou le choléra (dont l’efficacité est vraiment questionnée). Mais ces derniers eurent lieu avant que l’État n’ait la puissance régulatrice qu’on lui connaît aujourd’hui. Ce qui change profondément désormais, c’est que, même confinés, nous restons connectés. Que signifie une frontière fermée si l’information et la richesse continuent de circuler ? Cela pointe du doigt des frontières aux effets très différenciés selon le statut des personnes, un monde de « frontiérités » multiples plutôt que de frontières établissant les fondements d’un régime universel du droit international.

      Les conséquences juridiques de la fermeture des frontières sont inédites : en supprimant la possibilité de les traverser officiellement, on nie l’urgence pour certains de les traverser au péril de leur vie. Le moment actuel consacre en effet la suspension du droit d’asile mis en place par la convention de Genève de 1951. La situation de l’autre côté de nos frontières, en Méditerranée par exemple, s’est détériorée de manière aiguë depuis début mars.

      Certes, les populistes de tous bords se servent de la menace que représenteraient des frontières ouvertes comme d’un ressort politique, et ça marche bien… jusqu’à ce que ces mêmes personnes prennent un vol low-cost pour leurs vacances dans le pays voisin et pestent tant et plus sur la durée des files d’attentes à l’aéroport. Il y a d’une part une peur des migrants, qui pourraient « profiter » de Schengen, et d’autre part, une volonté pratique de déplacements facilités, à la fois professionnels et de loisirs, de courte durée. Il faut absolument rappeler que si le coronavirus est chez nous, comme sur le reste de la planète, c’est que les frontières n’ont pas pu l’arrêter ! Pas plus qu’elles n’avaient pu quelque chose contre le nuage de Tchernobyl. L’utilité de fermer les frontières aujourd’hui repose sur le fait de pouvoir soumettre, en même temps, les populations de différents pays à un confinement parallèle.

      Ne se leurre-t-on pas en croyant assister, à la faveur de la crise sanitaire, à un « retour des frontières » ? N’est-il pas déjà à l’œuvre depuis de nombreuses années ?

      Cela, je l’ai dit et écrit de nombreuses fois : les frontières n’ont jamais disparu, on a juste voulu croire à « la fin de la géographie », à l’espace plat et lisse de la mondialisation, en même temps qu’à la fin de l’histoire, qui n’était que celle de la Guerre Froide.

      Deux choses nouvelles illustrent toutefois la matérialité inédite des frontières dans un monde qui se prétend de plus en plus « dématérialisé » : 1) la possibilité, grâce aux GPS, de positionner la ligne précisément sur le terrain, de borner et démarquer, même en terrain difficile, ce qui était impossible jusqu’ici. De ce fait, on a pu régler des différends frontaliers anciens, mais on peut aussi démarquer des espaces inaccessibles de manière régulière, notamment maritimes. 2) Le retour des murs et barrières, spectacle de la sécurité et nouvel avatar de la frontière. Mais attention, toute frontière n’est pas un mur, faire cette assimilation c’est tomber dans le panneau idéologique qui nous est tendu par le cadre dominant de la pensée contemporaine.

      La frontière n’est pas une notion univoque. Elle peut, comme vous le dites, se transformer en mur, en clôture et empêcher le passage. Elle peut être ouverte ou entrouverte. Elle peut aussi faire office de filtre et avoir une fonction prophylactique, ou bien encore poser des limites, à une mondialisation débridée par exemple. De votre point de vue, de quel type de frontières avons-nous besoin ?

      Nous avons besoin de frontières filtres, non fermées, mais qui soient véritablement symétriques. Le problème des murs, c’est qu’ils sont le symptôme d’un fonctionnement dévoyé du principe de droit international d’égalité des États. À l’origine des relations internationales, la définition d’une frontière est celle d’un lieu d’interface entre deux souverainetés également indépendantes vis-à-vis du reste du monde.

      Les frontières sont nécessaires pour ne pas soumettre le monde à un seul pouvoir totalisant. Il se trouve que depuis l’époque moderne, ce sont les États qui sont les principaux détenteurs du pouvoir de les fixer. Ils ont réussi à imposer un principe d’allégeance hiérarchique qui pose la dimension nationale comme supérieure et exclusive des autres pans constitutifs de nos identités.

      Mais les frontières étatiques sont bien moins stables qu’on ne l’imagine, et il faut aujourd’hui ouvrir un véritable débat sur les formes de frontières souhaitables pour organiser les collectifs humains dans l’avenir. Des frontières qui se défassent enfin du récit sédentaire du monde, pour prendre véritablement en compte la possibilité pour les hommes et les femmes d’avoir accès à des droits là où ils vivent.

      Rejoignez-vous ceux qui, comme le philosophe Régis Debray ou l’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, font l’éloge des frontières et appellent à leur réaffirmation ? Régis Débray écrit notamment : « L’indécence de l’époque ne provient pas d’un excès mais d’un déficit de frontières »…

      Nous avons toujours eu des frontières, et nous avons toujours été mondialisés, cette mondialisation se réalisant à l’échelle de nos mondes, selon les époques : Mer de Chine et Océan Indien pour certains, Méditerranée pour d’autres. À partir des XII-XIIIe siècle, le lien entre Europe et Asie, abandonné depuis Alexandre le Grand, se développe à nouveau. À partir du XV-XVIe siècle, c’est l’âge des traversées transatlantiques et le bouclage du monde par un retour via le Pacifique…

      Je ne suis pas de ces nostalgiques à tendance nationaliste que sont devenus, pour des raisons différentes et dans des trajectoires propres tout à fait distinctes, Régis Debray ou Arnaud Montebourg. Nous avons toujours eu des frontières, elles sont anthropologiquement nécessaires à notre constitution psychologique et sociale. Il y en a même de plus en plus dans nos vies, au fur et à mesure que les critères d’identification se multiplient : frontières de race, de classe, de genre, de religion, etc.

      Nos existences sont striées de frontières visibles et invisibles. Pensons par exemple à celles que les digicodes fabriquent au pied des immeubles ou à l’entrée des communautés fermées, aux systèmes de surveillance qui régulent l’entrée aux bureaux ou des écoles. Mais pensons aussi aux frontières sociales, celles d’un patronyme étranger et racialisé, qui handicape durablement un CV entre les mains d’un.e recruteur.e, celles des différences salariales entre femmes et hommes, dont le fameux « plafond de verre » qui bloque l’accès aux femmes aux fonctions directoriales. Mais n’oublions pas les frontières communautaires de tous types sont complexes car mêlant à la fois la marginalité choisie, revendiquée, brandie comme dans les « marches des fiertés » et la marginalité subie du rejet des minorités, dont témoigne par exemple la persistance de l’antisémitisme.

      La seule chose qui se transforme en profondeur depuis trente ans et la chute du mur de Berlin, c’est la frontière étatique, car les États ont renoncé à certaines des prérogatives qu’ils exerçaient aux frontières, au profit d’institutions supranationales ou d’acteurs privés. D’un côté l’Union Européenne et les formes de subsidiarité qu’elle permet, de l’autre côté les GAFAM et autres géants du web, qui échappent à la fiscalité, l’une des raisons d’être des frontières. Ce qui apparaît aussi de manière plus évidente, c’est que les États puissants exercent leur souveraineté bien au-delà de leurs frontières, à travers un « droit d’ingérence » politique et militaire, mais aussi à travers des prérogatives commerciales, comme quand l’Arabie Saoudite négocie avec l’Éthiopie pour s’accaparer ses terres en toute légalité, dans le cadre du land grabbing.

      Peut-on croire à l’hypothèse d’une démondialisation ? La frontière peut-elle être précisément un instrument pour protéger les plus humbles, ceux que l’on qualifie de « perdants de la mondialisation » ? Comment faire en sorte qu’elle soit justement un instrument de protection, de défense de certaines valeurs (sociales notamment) et non synonyme de repli et de rejet de l’autre ?

      Il faut replacer la compréhension de la frontière dans une approche intersectionnelle : comprendre toutes les limites qui strient nos existences et font des frontières de véritables révélateurs de nos inégalités. Conçues comme des instruments de protection des individus vivant en leur sein, dans des périmètres où l’Etat détenteur du monopole exclusif de la violence est censé garantir des conditions de vie équitables, les frontières sont désormais des lieux qui propulsent au contraire les personnes au contact direct de la violence de la mondialisation.

      S’il s’agit de la fin d’une phase de la mondialisation, celle de la mondialisation financière échevelée, qui se traduit par une mise à profit maximalisée des différenciations locales dans une mise en concurrence généralisée des territoires et des personnes, je suis pour ! Mais au vu de nos technologies de communication et de transports, nous sommes très loin d’aller vers un repli à l’intérieur de frontières nationales. Regardez ce que, en période de confinement, tous ceux qui sont reliés consomment comme contenus globalisés (travail, culture, achats, sport) à travers leur bande passante… Regardez qui consomme les produits mondialisés, du jean à quelques euros à la farine ou la viande produite à l’autre bout du monde arrivant dans nos assiettes moins chères que celle qui aurait été produite par des paysans proches de nous… Posons-nous la question des conditions dans lesquelles ces consommateurs pourraient renoncer à ce que la mondialisation leur offre !

      Il faut une approche plus fine des effets de la mondialisation, notamment concernant la façon dont de nombreux phénomènes, notamment climatiques, sont désormais établis comme étant partagés - et ce, sans retour possible en arrière. Nous avons ainsi besoin de propositions politiques supranationales pour gérer ces crises sanitaires et environnementales (ce qui a manqué singulièrement pour la crise du Cocid-19, notamment l’absence de coordination européenne).

      Les frontières sont des inventions humaines, depuis toujours. Nous avons besoin de frontières comme repères dans notre rapport au monde, mais de frontières synapses, qui font lien en même temps qu’elles nous distinguent. De plus en plus de personnes refusent l’assignation à une identité nationale qui l’emporterait sur tous les autres pans de leur identité : il faut donc remettre les frontières à leur place, celle d’un élément de gouvernementalité parmi d’autres, au service des gouvernants, mais aussi des gouvernés. Ne pas oublier que les frontières devraient être d’abord et avant tout des périmètres de redevabilité. Des espaces à l’intérieur desquels on a des droits et des devoirs que l’on peut faire valoir à travers des mécanismes de justice ouverts.

      https://usbeketrica.com/article/on-ne-va-pas-vers-repli-a-interieur-frontieres-nationales

  • Marseille : face à des « clusters » familiaux, les médecins somment les autorités d’agir
    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/040520/marseille-face-des-clusters-familiaux-les-medecins-somment-les-autorites-d

    Dépêche AFP

    A Marseille, où ont été repérés des foyers épidémiques de Covid-19 dans des familles des quartiers Nord, des médecins somment les autorités d’agir pour attribuer au plus vite des places d’hébergement à des malades afin de les isoler efficacement de leurs proches.

    A Marseille, où ont été repérés des foyers épidémiques de Covid-19 dans des familles des quartiers Nord, des médecins somment les autorités d’agir pour attribuer au plus vite des places d’hébergement à des malades afin de les isoler efficacement de leurs proches.

    Depuis la mi-avril, un dispositif spécial ville/hôpital de dépistage du coronavirus appelé NordCovid a été déployé au pied des tours des quartiers pauvres de Malpassé et Kallisté, au nord de Marseille.

    Avec près de 200 tests par jour, les médecins de NordCovid ont observé « de véritables "clusters" familiaux », décrit Annie Levy-Mozziconacci, médecin à l’Hôpital Nord et conseillère municipale d’opposition.

    Face à ce phénomène et au constat de surpopulation de beaucoup d’appartements dans ces quartiers où l’isolement d’une personne malade est une gageure, Mme Levy-Mozziconacci insiste sur « l’extrême nécessité de trouver des lieux d’hébergement ».

    Encouragée par une « réelle volonté d’accompagnement » de l’Agence régionale de santé et par les discours gouvernementaux, la médecin a identifié plusieurs solutions : un centre social, des hôtels, des centres de vacances, et même un locataire de mobil-homes prêts à mettre à disposition des chambres pour les malades le temps de leur quarantaine, qui attendent une « réquisition » nécessaire de l’Etat.

    Pourtant, rien ne bouge : « Là nous sommes dans une situation d’urgence : j’ai envoyé une lettre à la préfète à l’égalité des chances le 20 avril, nous sommes début mai et nous n’avons pu mettre personne à l’abri », déplore Mme Levy-Mozziconacci. « On attend du gouvernement une note et un budget », martèle-t-elle.

    « Ca se décante un peu car a priori on va obtenir une aile dédiée aux patients covid+ dans un centre d’hébergement spécialisé », ajoute Aloys Vimard, coordinateur du projet pour Médecins sans frontières.

    « Mais c’est inquiétant cette latence pour prendre des décisions alors qu’on est en crise sanitaire », s’alarme cet habitué de la médecine d’urgence.

    « Il y a bien une volonté d’accompagner la démarche d’isolement des personnes malades qui ne pourraient le faire dans des conditions correctes à domicile », a assuré la préfecture à l’AFP lundi soir, ajoutant que « ce type de dispositif a vocation à se mettre en place à compter de la période de déconfinement de manière plus globale à l’échelle nationale ».

    Dans un courriel à l’AFP, la préfecture a ajouté que ce type de dispositif ayant vocation à se déployer à l’échelle nationale « à compter de la période de déconfinement », elle attendait « des instructions nationales sur la mise en oeuvre et la prise en charge de tels dispositifs pour pouvoir donner une réponse favorable définitive en termes d’orientation de ces publics ».

    Selon M. Vimard, « avec le déconfinement le nombre de personnes positives va augmenter, et l’éviction est la seule solution pour casser les chaînes de transmission ».

    Egalement contactés, les services de l’ARS n’ont pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

    #Marseille #covid19 #cluster_familiaux

  • Penser la pandémie

    Le déconfinement relève d’une décision politique. Cette décision, en démocratie, doit pouvoir être prise après un débat contradictoire. Elle doit se fonder sur la compréhension des phénomènes épidémiques par les sciences, toutes les sciences : virologie, épidémiologie et infectiologie, mais aussi sciences humaines et sociales. Si l’on pense aux errements politiques qui ont conduit au confinement pour tous au même moment et aux conséquences économiques, sociales, individuelles d’un tel choix, encore difficiles à mesurer, si l’on observe que suivre l’expérience chinoise signifierait pour la France un déconfinement entre mi-juin et fin juillet, on voit l’intérêt de discuter les stratégies possibles de déconfinement en mobilisant des disciplines et des savoirs complémentaires.

    https://www.youtube.com/watch?v=iVH9GJzkxGs&feature=emb_logo

    #déconfinement #épidémie #coronavirus #covid-19 #confinement #démocratie #chronologie #décision_politique #virus #Bruno_Canard #recherche #Hubert_Laude #appels_à_projets #politique_de_la_recherche #ressources_pédagogiques #incubation #patient_zéro #tests #dépistage #désindustrialisation #Allemagne #France #masques #clusters_familiaux #stocks #flux_tendus #LEAN_management #néo-management #santé_publique #OMS #épidémie #Agnès_Buzyn #asymptomatiques #porteurs_asymptomatiques #liberté_publique #Phillippe_Klein #Chine #Didier_Raoult #Raoult #modèle_SIR #taux_de_létalité #hôpitaux #services_hospitalités #hôpital #système_de_santé #UK #Angleterre #Boris_Johnson #immunité_de_groupe #immunité_collective #Dominic_Cummings #Dominic_Mckenzie_Cummings #économie #R0 #taux_de_reproduction #49_3 #49-3 #France #fil_chronologique #vidéo

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    Les sources figurent sur la page dédiée du séminaire :
    https://pds.hypotheses.org/2840

  • Coronavirus : l’AP-HP expérimente l’isolement de malades à l’hôtel
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/18/coronavirus-l-ap-hp-experimente-l-isolement-de-malades-a-l-hotel_6037024_324
    Un hôtel du groupe Accor à Paris, le jeudi 16 avril. Le groupe hôtelier accueille des personnes atteintes du Covid-19. Francois Mori / AP

    Le dispositif pilote « Covisan », lancé avec l’appui du groupe Accor, vise à casser les chaînes de transmission du virus. Ce dispositif pilote est destiné aux patients atteints de formes modérées.

    De nombreux spécialistes de santé publique réclamaient depuis plusieurs semaines la mise en œuvre d’une telle stratégie, c’est désormais une priorité pour l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) : limiter coûte que coûte les chaînes de transmission du Covid-19, notamment au sein des familles, en repérant et isolant des personnes potentiellement contaminantes. Et ce pour éviter toute nouvelle flambée épidémique alors que se profile la phase de déconfinement, prévue à partir du 11 mai.

    En concertation avec des collectivités territoriales, en premier lieu la Mairie de Paris et le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, l’AP-HP expérimente depuis mercredi 15 avril un dispositif de suivi sur trois sites pilotes : la Pitié-Salpêtrière (13e arrondissement), les hôpitaux Bichat (18e) - Louis-Mourier à Colombes (Hauts-de-Seine), et Avicenne à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Pour endiguer la transmission du virus à l’entourage, diagnostic, équipements et hébergement à l’hôtel si nécessaire sont proposés aux personnes infectées dont l’état ne nécessite pas ou plus d’hospitalisation.

    Baptisé « Covisan », « ce projet s’inscrit dans la politique nationale de déconfinement et de prévention d’une deuxième vague. On fonctionne sur un pied d’égalité avec la médecine de ville, ça leur permet d’inclure leurs propres patients », précise au Monde Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP.

    L’initiative avait été ébruitée jeudi par Sébastien Bazin, PDG du groupe hôtelier Accor, qui avait annoncé, sur France Inter, mettre à disposition une partie de ses établissements pour ces malades pas ou peu symptomatiques. Pour l’heure, seuls trois hôtels du groupe, à proximité des quatre hôpitaux concernés, sont mobilisés. Il n’y aura pas de médicalisation des hôtels au sens strict. « C’est là où notre expérience d’avoir suivi 50 000 patients à distance à travers la plate-forme Covidom depuis un mois est utile, nous avons rodé un système de suivi de personnes porteuses de Covid » , assure Martin Hirsch, qui précise que la Croix-Rouge sera aussi mobilisée. Pour assurer les tests de dépistage, les équipes d’intervention seront constituées d’infirmiers et d’internes.

    Valeur de test pour Accor

    Le dispositif, sous l’égide de la préfecture d’Ile-de-France et de l’Agence régionale de santé, s’effectuera sur la base du volontariat. Pour les personnes qui souhaitent rester chez elles, « des équipes vont être formées pour les accompagner et les aider à s’organiser, vérifier qu’elles disposent du matériel de protection individuel , résume Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris chargé de l’urbanisme. Et pour éviter qu’elles se rendent dans les magasins, on leur livrera des repas ou produits frais » .

    En Seine-Saint-Denis, qui fait partie des départements les plus touchés par un excès de mortalité lié à l’épidémie de Covid-19, seront réalisées des enquêtes épidémiologiques parallèlement à la détection de « clusters » locaux. « L’idée est de mobiliser un ensemble de partenaires : services sociaux, associations, bailleurs sociaux, car au-delà de la dimension de santé, il faut articuler l’accompagnement social pour les familles et les enfants » , explique Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.

    La durée de cette opération n’a pas encore été fixée. La phase pilote sera menée pendant « quelques jours pour tirer le plus d’enseignements possible , indique Martin Hirsch. Si ces pilotes donnent des résultats favorables, ils seront utiles pour élargir et dupliquer le dispositif. » Cet accueil limité semble aussi avoir valeur de test pour Accor. Toutefois, le groupe, qui compte 1 700 établissements en France, se déclare capable de monter rapidement en puissance. Selon M. Bazin, il y aurait déjà « plus de 300 hôtels volontaires ».

    « Prix coûtant »

    « L’opération ne nous coûte rien ni ne nous rapporte » , précise le numéro un de l’hôtellerie en Europe, dont près de 300 établissements accueillent déjà des personnels soignants ou des routiers depuis quelques semaines. En revanche, l’AP-HP – qui a déjà recours aux locaux du centre national d’entraînement de la Fédération française de tennis, dans le 16e arrondissement de Paris et à un bâtiment de l’hôpital Sainte-Périne voisin – devrait verser de 30 à 50 euros, « prix coûtant », par chambre occupée aux propriétaires des hôtels.

    L’ouverture de structures intermédiaires permettant de mettre en quarantaine des patients atteints de formes simples ou modérées de Covid-19 a déjà été mise en place à l’étranger, comme en Chine, en Espagne ou en Italie. Depuis le début de la pandémie, le groupe Accor a lui-même ouvert certains de ses hôtels en Corée du Sud et en Espagne. Jusqu’à présent en France, si des patients atteints du Covid-19 ont été mis à l’isolement, c’est d’abord pour soulager des hôpitaux sous forte tension. Comme dans les Pyrénées-Orientales, où, depuis le 26 mars, un hôtel de la périphérie de Perpignan a ainsi permis de libérer des lits d’hospitalisation.

    L’initiative de l’AP-HP vient « un peu tard mais mieux vaut tard que jamais , estime le professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. C’est une politique qui devrait concerner la France entière, c’est assez symbolique des initiatives locales ou régionales qui ne font que témoigner qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion républicain » . Selon lui, il serait urgent de s’attaquer à des « clusters » plus importants encore que la cellule familiale : « Quid par exemple des grosses chaînes de transmission dans les hôpitaux de l’AP-HP, des structures médico-sociales intermédiaires, des foyers de travailleurs, de migrants ? C’est un vrai problème. »

    Il y a trois semaines
    https://seenthis.net/messages/835151

    #hôtel #isolement_des_malades #cluster #structures_intermédiaires

  • France : de la prison au confinement, une sortie « surréaliste » – Prison Insider
    https://www.prison-insider.com/articles/france-de-la-prison-au-confinement-une-sortie-surrealiste


    http://prison.eu.org/coronavirus-et-detention-l-urgence

    Arbi, sorti du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin le 26 mars, s’est confié au journal Ouest-France. Après environ huit années passées derrière les barreaux, il regrette notamment de ne pas pouvoir vivre à nouveau une vie normale, alors que les rues et les villes sont aujourd’hui désertes.

    L’homme de 41 ans parle avec amertume de ses derniers jours de prison, qu’il compare à un nid à microbes. Dans sa famille, en région rennaise, il profite au moins du luxe d’avoir un balcon. “Après des années dans 9 m², c’est le palace”, plaisante-t-il.

    Mais une fois dehors, la réinsertion n’est pas aisée. À part quelques paperasses administratives qu’il a pu faire à distance, comme l’ouverture d’un compte bancaire et l’inscription à Pôle emploi, Arbi se retrouve vite face à un mur. “Je suis sorti avec un vrai élan de passer à autre chose, j’ai plein de projets. Mais, pour le coup, retrouver du travail dans ces conditions, pour respecter mes obligations, c’est compliqué”, explique-t-il à Ouest-France.

    Une sortie “surréaliste”

    D’autres, comme Annie, une Américaine en libération conditionnelle depuis novembre dans l’Arizona, profitent de chaque instant de cette nouvelle vie, et peu importe si un virus rode.

    Être libérée de prison alors que le coronavirus se propageait a été un moment “surréaliste”, raconte-t-elle à Vice. Tandis que le monde se confine dans la peur, elle préfère savourer les joies de la solitude, qu’elle n’avait pas connue depuis plusieurs années. Après trente-huis mois dans une prison de l’État de Washington, elle se réjouit de pouvoir se doucher seule, cuisiner pour elle et jouer avec ses deux chats.

    Ce contraste entre la peur des autres et son bonheur à elle la fait parfois culpabiliser. “Je me sens un peu coupable d’être heureuse quand tout le monde a si peur. Mais je me sens tellement reconnaissante d’avoir une maison où je peux me mettre en quarantaine”, ajoute Annie.

    Depuis qu’elle est sortie de prison, les règles carcérales se sont durcies aux États-Unis, en raison de la contamination au Covid-19 de cinquante-sept détenu·es et trente-sept gardien·nes. Désormais, l’ensemble des 170.000 prisonnièr·es des prisons fédérales américaines sont placé·es à l’isolement total pour au moins deux semaines.

    #prison #Cluster_Clovid19 #coronavirus #pandémie

  • The #Sydney suburbs with #COVID-19 #clusters

    Sydney’s eastern suburbs have become the epicentre of the battle to contain the spread of coronavirus in NSW, with Waverley and Woollahra local government areas accounting for nearly 15 per cent of confirmed cases in the state.

    NSW Health has revealed that Waverley has 105 cases and Woollahra 66 cases. Sydney City has 69, the Northern Beaches 68 and the Central Coast has 44.


    https://www.smh.com.au/national/nsw/the-sydney-suburbs-with-covid-19-clusters-20200326-p54e5t.html
    #coronavirus #Australie #épidémiologie #cartographie #visualisation

    ping @reka @fil

  • Configuring Multiple Multiple Node Pools
    https://hackernoon.com/configuring-multiple-multiple-node-pools-b2509641ac82?source=rss----3a81

    Configuring Multiple Node Pools in AWSCustomise your EC2 to your deployment needsPicture the scene. You’ve got a few small, simple microservices. They all run beautifully on 200mb of ram and scale instantly. Engineering bliss. But wait… in this blue sky, a scar in the scenery, lies an omen. A storm cloud in the shape of a monolith. You need to get this beast running in your #kubernetes #cluster but it’s dramatically larger than your other applications. In the words of the internet, “wut do?”Your cluster is gonna need some guns of steel.Is your Microservice EC2 Instance Type enough?Your Microservices can be packed into small boxes, but your monolith needs some juice. There simply isn’t enough horsepower in a single instance to run your application as a pod. The purists are going to tell you “Well (...)

    #node-pools #node-pools-in-aws #multiple-node-pools

  • Selon le président-directeur général de la République, les métropoles "sont une chance pour notre pays", "une source de développement, d’activité, d’emploi, de rayonnement" (Emmanuel Macron,Révolution, XO éditions, 2016) . Au contraire, la prolifération urbaine est une calamité sociale et écologique, répond le géographe Guillaume Faburel, auteur de l’ouvrage Les Métropoles barbares (Le Passager Clandestin, 2018). Une seule issue : décroissance et désurbanisation.

    entretien dans le Journal La Decroissance - n°152 septembre 2018
    http://www.ladecroissance.net/?chemin=journal&numero=152
    http://lepassagerclandestin.fr/catalogue/essais/les-metropoles-barbares.html
    #métropolisation #touristification_planétaire #NBIC #clusters #urbanisation #le_progrès_qui_progresse

  • Create a #mongodb sharded cluster with SSL enabled
    https://hackernoon.com/create-a-mongodb-sharded-cluster-with-ssl-enabled-dace56bc7a17?source=rs

    Near two months ago I started learning MongoDB seriously. At Growthfunnel.io we use MongoDB, and we need to scale our system for a large volume of data(approximately 6TB+) and high throughput. #sharding, database #clustering it was all new to me, so I started learning. The purpose of this article is sharing and validating my knowledge with the community. I’m not an expert on any of this. I’m just sharing what have I have learned.This tutorial explains step by step how to create a MongoDB sharded cluster. We will deploy this demo on a single machine.Prerequisites:MongoDB — 3.6.2OpenSSLNodeJSBashBasic knowledge of mongodb shardingWhat is database sharding anyway?Sharding is a process of splitting data across multiple machines that separate large database into smaller, faster, easily managed parts (...)

    #shard #mongo

  • Chinese Researchers Experiment with Making HIV-Proof Embryos
    https://www.technologyreview.com/s/601235/chinese-researchers-experiment-with-making-hiv-proof-embryos

    Chinese fertility doctors have tried to make HIV-proof human embryos, but the experiments ended in a bust. The new report is the second time researchers in China revealed that they had a go at making genetically modified human embryos.

    [...]

    The Chinese scientists tried to make human embryos resistant to HIV by editing a gene called CCR5. It’s known that some people possess versions of this gene which makes them immune to the virus, which causes AIDS. The reason is they no longer make a protein that HIV needs to enter and hijack immune cells.

    [...]

    One day endowing people with protective genes could become a real possibility. It would be like a vaccine, except one that is installed in a person’s genome from birth. And there’s a long list of genes people might demand for their children in addition to HIV resistance. One DNA change, for instance, seems to completely prevent Alzheimer’s. Another generates people with twice the muscle mass.

    “Made in China”

    #CCR5 #Chine #Clustered_Regularly_Interspaced_Short_Palindromic_Repeats #Embryon #Guangzhou_Medical_University #Génétique_humaine #Organisme_génétiquement_modifié #Recherche_scientifique #Syndrome_d'immunodéficience_acquise #Virus_de_l'immunodéficience_humaine

    • It would be like a vaccine, except one that is installed in a person’s genome from birth.

      Ou ça serait comme une girafe, sauf que ça serait pas un animal et que ça serait installé dans le génome d’une personne à la naissance.

      Ou comme un iPhone, sauf que ça serait pas un objet et que ça serait installé dans le génome d’une personne à la naissance.

  • Quelle place pour l’État dans la chaîne de l’innovation ?
    http://www.paristechreview.com/2015/02/27/etat-innovation

    Les clusters, notons-le, ne sont pas nécessairement physiques. On peut aussi penser à des clusters virtuels – des collectifs, des plateformes, des réseaux, comme ceux que l’on retrouve dans le logiciel libre. Les pouvoirs publics, ici, sont plutôt à la traîne, mais rien ne les empêche de se joindre au mouvement.

    #Challenges.gov #Cluster_(économie) #Innovation #Innovation_ouverte #Partenariat_public-privé #Stefan_Lindegaard #Technologie #Transfert_de_technologie #Économie #État