• Doctorow : rendre l’interopérabilité contraignante | CNNum | Traducteur et éclaireur des transformations numériques
    https://cnnumerique.fr/lettre-dinformation/doctorow-rendre-linteroperabilite-contraignante

    Doctorow : rendre l’interopérabilité contraignante

    Hubert Guillaud

    Le rapt d’Internet. Voilà des années que Cory Doctorow traverse les enjeux des technologies. En France, il est surtout connu pour ses romans de science-fiction, dont quelques titres ont été traduits (Le grand abandon, Bragelonne, 2021 ; De beaux et grands lendemains, Goater, 2018, Little Brother, éditions 12-21, 2012 ; Dans la dèche au royaume enchanté, Folio, 2008). Cela explique que beaucoup connaissent moins le journaliste et militant prolixe, qui de Boing Boing (le blog qu’il a animé pendant 20 ans) à Pluralistic (le blog personnel qu’il anime depuis 5 ans), de Creative Commons à l’Electronic Frontier Foundation, dissémine ses prises de positions engagées et informées depuis toujours, quasiment quotidiennement et ce avec un ton mordant qui fait le sel de ses prises de paroles. Depuis des années, régulièrement, quelques-unes de ses prises de position parviennent jusqu’à nous, via quelques entretiens disséminés dans la presse française ou quelques traductions de certaines de ses tribunes. D’où l’importance du Rapt d’Internet (C&F éditions, 2025, traduction de The internet con, publié en 2023 chez Verso), qui donne enfin à lire un essai du grand activiste des libertés numériques.

    #Cory_Doctorow #Hubert_Guillaud #CNNum

  • Doctorow : rendre l’interopérabilité contraignante | LinkedIn
    https://www.linkedin.com/pulse/doctorow-rendre-linterop%25C3%25A9rabilit%25C3%25A9-contraignante-4p1ke

    Doctorow : rendre l’interopérabilité contraignante

    Hubert Guillaud

    Le rapt d’Internet. Voilà des années que Cory Doctorow traverse les enjeux des technologies. En France, il est surtout connu pour ses romans de science-fiction, dont quelques titres ont été traduits (Le grand abandon, Bragelonne, 2021 ; De beaux et grands lendemains, Goater, 2018, Little Brother, éditions 12-21, 2012 ; Dans la dèche au royaume enchanté, Folio, 2008). Cela explique que beaucoup connaissent moins le journaliste et militant prolixe, qui de Boing Boing (le blog qu’il a animé pendant 20 ans) à Pluralistic (le blog personnel qu’il anime depuis 5 ans), de Creative Commons à l’Electronic Frontier Foundation, dissémine ses prises de positions engagées et informées depuis toujours, quasiment quotidiennement et ce avec un ton mordant qui fait le sel de ses prises de paroles. Depuis des années, régulièrement, quelques-unes de ses prises de position parviennent jusqu’à nous, via quelques entretiens disséminés dans la presse française ou quelques traductions de certaines de ses tribunes. D’où l’importance du Rapt d’Internet (C&F éditions, 2025, traduction de The internet con, publié en 2023 chez Verso), qui donne enfin à lire un essai du grand activiste des libertés numériques.

    On retrouve dans ce livre à la fois le ton volontaire et énergisant de Doctorow, mais aussi son côté brouillon, qui permet bien souvent de nous emmener plus loin que là où l’on s’attendait à aller. Dans son livre, Doctorow explique le fonctionnement des technologies comme nul autre, sans jamais se tromper de cible. Le défi auquel nous sommes confrontés n’est pas de nous débarrasser des technologies, mais bien de combattre la forme particulière qu’elles ont fini par prendre : leur concentration. Nous devons œuvrer à remettre la technologie au service de ceux qui l’utilisent, plaide-t-il depuis toujours. Pour cela, Doctorow s’en prend aux monopoles, au renforcement du droit d’auteur, au recul de la régulation... pour nous aider à trouver les leviers pour reprendre en main les moyens de production numérique.

    En Guerre. Voilà longtemps que Cory Doctorow est en guerre. Et le principal ennemi de Doctorow c’est la concentration. Doctorow est le pourfendeur des monopoles quels qu’ils soient et des abus de position dominantes. A l’heure où les marchés n’ont jamais autant été concentrés, le militant nous rappelle les outils que nous avons à notre disposition pour défaire cette concentration. “La réforme de la tech n’est pas un problème plus pressant qu’un autre. Mais si nous ne réformons pas la tech, nous pouvons abandonner l’idée de remporter d’autres combats”, prévient-il. Car la technologie est désormais devenue le bras armé de la concentration financière, le moyen de l’appliquer et de la renforcer. Le moyen de créer des marchés fermés, où les utilisateurs sont captifs et malheureux.

    Pour résoudre le problème, Doctorow prône l’interopérabilité. Pour lui, l’interopérabilité n’est pas qu’un moyen pour disséminer les technologies, mais un levier pour réduire les monopoles. L’interopérabilité est le moyen “pour rendre les Big Tech plus petites”. Pour Doctorow, la technologie et notamment les technologies numériques, restent le meilleur moyen pour nous défendre, pour former et coordonner nos oppositions, nos revendications, nos luttes. “Si nous ne pouvons nous réapproprier les moyens de production du numérique, nous aurons perdu”.

    Cory Doctorow est un militant aguerri. En historien des déploiements de la tech, son livre rappelle les combats technologiques que nous avons remportés et ceux que nous avons perdus, car ils permettent de comprendre la situation où nous sommes. Il nous rappelle comme nul autre, l’histoire du web avant le web et décrypte les manœuvres des grands acteurs du secteur pour nous enfermer dans leurs rets, qui ont toujours plus cherché à punir et retenir les utilisateurs dans leurs services qu’à leur fournir un service de qualité. Nous sommes coincés entre des “maniaques de la surveillance” et des “maniaques du contrôle”. “Toutes les mesures prises par les responsables politiques pour freiner les grandes entreprises technologiques n’ont fait que cimenter la domination d’une poignée d’entreprises véreuses”. La régulation a produit le contraire de ce qu’elle voulait accomplir. Elle a pavé le chemin des grandes entreprises technologiques, au détriment de la concurrence et de la liberté des usagers.

    Police sans justice. En revenant aux racines du déploiement des réseaux des années 90 et 2000, Doctorow nous montre que l’obsession au contrôle, à la surveillance et au profit, ont conduit les entreprises à ne jamais cesser d’œuvrer contre ce qui pouvait les gêner : l’interopérabilité. En imposant par exemple la notification et retrait pour modérer les infractions au copyright, les grandes entreprises se sont dotées d’une procédure qui leur permet tous les abus et face auxquelles les utilisateurs sont sans recours. En leur confiant la police des réseaux, nous avons oublié de confier la justice à quelqu’un. Dans les filtres automatiques des contenus pour le copyright, on retrouve les mêmes abus que dans tous les autres systèmes : des faux positifs en pagaille et des applications strictes au détriment des droits d’usage. En fait, les grandes entreprises de la tech, comme les titulaires des droits, tirent avantage des défaillances et des approximations de leurs outils de filtrage. Par exemple, rappelle Doctorow, il est devenu impossible pour les enseignants ou interprètes de musique classique de gagner leur vie en ligne, car leurs vidéos sont systématiquement bloquées ou leurs revenus publicitaires captés par les maisons de disques qui publient des interprétations de Bach, Beethoven ou Mozart. L’application automatisée de suppression des contenus terroristes conduit à la suppression automatisée des archives de violations des droits humains des ONG. Pour Doctorow, nous devons choisir : “Soit nous réduisons la taille des entreprises de la Tech, soit nous les rendons responsables des actions de leurs utilisateurs”. Cela fait trop longtemps que nous leur faisons confiance pour qu’elles s’améliorent, sans succès. Passons donc à un objectif qui aura plus d’effets : œuvrons à en réduire la taille !, recommande Doctorow.

    L’interopérabilité d’abord. Pour y parvenir, l’interopérabilité est notre meilleur levier d’action. Que ce soit l’interopérabilité coopérative, celle qui permet de construire des normes qui régulent le monde moderne. Ou que ce soit l’interopérabilité adverse. Doctorow s’énerve légitimement contre toutes les entreprises qui tentent de protéger leurs modèles d’affaires par le blocage, à l’image des marchands d’imprimantes qui vous empêchent de mettre l’encre de votre choix dans vos machines ou des vendeurs d’objets qui introduisent des codes de verrouillages pour limiter la réparation ou l’usage (qu’on retrouve jusque chez les vendeurs de fauteuils roulants !). Ces verrous ont pourtant été renforcés par des lois qui punissent de prison et de lourdes amendes ceux qui voudraient les contourner. L’interopérabilité est désormais partout entravée, bien plus encore par le droit que par la technique.

    Doctorow propose donc de faire machine avant. Nous devons imposer l’interopérabilité partout, ouvrir les infrastructures, imposer des protocoles et des normes. Cela suppose néanmoins de lutter contre les possibilités de triche dont disposent les Big Tech. Pour cela, il faut ouvrir le droit à la rétro-ingénierie, c’est-à-dire à l’interopérabilité adverse (ou compatibilité concurrentielle). Favoriser la “fédération” pour favoriser l’interconnexion, comme les services d’emails savent échanger des messages entre eux. Doctorow défend la modération communautaire et fédérée, selon les règles que chacun souhaite se donner. Pour lui, il nous faut également favoriser la concurrence et empêcher le rachat d’entreprises concurrentes, comme quand Facebook a racheté Instagram ou WhatsApp, qui a permis aux Big Techs de construire des empires toujours plus puissants. Nous devons nous défendre des seigneuries du web, car ce ne sont pas elles qui nous défendront contre leurs politiques. Sous prétexte d’assurer notre protection, bien souvent, elles ne cherchent qu’à maximiser les revenus qu’elles tirent de leurs utilisateurs.

    L’interopérabilité partout. Le livre de Doctorow fourmille d’exemples sur les pratiques problématiques des Big Tech. Par exemple, sur le fait qu’elles ne proposent aucune portabilité de leurs messageries, alors qu’elles vous proposent toujours d’importer vos carnets d’adresse. Il déborde de recommandations politiques, comme la défense du chiffrement des données ou du droit à la réparabilité, et ne cesse de dénoncer le fait que les régulateurs s’appuient bien trop sur les Big Tech pour produire de la réglementation à leur avantage, que sur leurs plus petits concurrents. Nous devons rendre l’interopérabilité contraignante, explique-t-il, par exemple en la rendant obligatoire dans les passations de marchés publics et en les obligeant à l’interopérabilité adverse, par exemple en faisant que les voitures des flottes publiques puissent être réparables par tous, ou en interdisant les accords de non-concurrence. “Les questions de monopole technologique ne sont pas intrinsèquement plus importantes que, disons, l’urgence climatique ou les discriminations sexuelles et raciales. Mais la tech - une tech libre, juste et ouverte - est une condition sine qua non pour remporter les autres luttes. Une victoire dans la lutte pour une meilleure tech ne résoudra pas ces autres problèmes, mais une défaite annihilerait tout espoir de remporter ces luttes plus importantes”. L’interopérabilité est notre seul espoir pour défaire les empires de la tech.

    Le verrouillage des utilisateurs est l’un des nœuds du problème techno actuel, expliquait-il récemment sur son excellent blog, et la solution pour y remédier, c’est encore et toujours l’interopérabilité. Ces services ne sont pas problématiques parce qu’ils sont détenus par des entreprises à la recherche de profits, mais bien parce qu’elles ont éliminé la concurrence pour cela. C’est la disparition des contraintes réglementaires qui produit "l’emmerdification", assure-t-il, d’un terme qui est entré en résonance avec le cynisme actuel des plateformes pour décrire les problèmes qu’elles produisent. Zuckerberg ou Musk ne sont pas plus diaboliques aujourd’hui qu’hier, ils sont juste plus libres de contraintes. "Pour arrêter l’emmerdification, il n’est pas nécessaire d’éliminer la recherche du profit – il faut seulement rendre l’emmerdification non rentable". Et Doctorow de nous inviter à exploiter les divisions du capitalisme. Nous ne devons pas mettre toutes les entreprises à but lucratif dans le même panier, mais distinguer celles qui produisent des monopoles et celles qui souhaitent la concurrence. Ce sont les verrous que mettent en place les plateformes en s’accaparant les protocoles que nous devons abattre. Quand Audrey Lorde a écrit que les outils du maître ne démantèleront jamais la maison du maître, elle avait tort, s’énerve-t-il. "Il n’y a pas d’outils mieux adaptés pour procéder à un démantèlement ordonné d’une structure que les outils qui l’ont construite".

    Cet essai est une chance. Il va permettre à beaucoup d’entre nous de découvrir Cory Doctorow, de réfléchir avec lui, dans un livre joyeusement bordélique, mais qui sait comme nul autre relier l’essentiel et le décortiquer d’exemples toujours édifiants. Depuis plus de 20 ans, le discours de Doctorow est tout à fait cohérent. Il est temps que nous écoutions un peu plus !

    #Cory_Doctorow #Hubert_Guillaud #interopérabilité #Cnnum

  • Constituer un réseau pluriel d’informations | CNNum | Traducteur et éclaireur des transformations numériques
    https://cnnumerique.fr/lettre-dinformation/constituer-un-reseau-pluriel-dinformations

    « Non seulement la jeunesse utilise de nouveaux outils pour se cultiver, mais elle produit elle-même de la culture, comme jamais auparavant. » Dans un entretien pour Le Monde, Anne Cordier revient sur l’idée selon laquelle les écrans rendraient les enfants et adolescents moins curieux et moins ouverts sur le monde qu’« avant. » Un cliché qui ne date pas d’hier, rappelle la chercheuse en sciences de l’information et de la communication, puisque déjà dans l’antiquité des textes font mention d’une inquiétude quant à « la baisse de niveau intellectuel de la jeunesse, son manquement à l’ordre social établi, son incapacité à faire lien social [...] provoquée par les comportements et les pratiques juvéniles. » L’article revient sur les nombreuses confusions qui entourent les mots-valise « écran » ou « temps d’écran » dont on ne peut se fonder pour distinguer les activités et mesurer la curiosité et la pratique culturelle. Anne Cordier avertit également sur l’erreur souvent commise de comparer trop rapidement les époques. S’appuyant sur une recherche menée avec une classe de terminale d’un lycée du Pas-de-Calais, elle affirme que les adolescents s’informent tout autant qu’il y a 20 ou 30 ans, et que leur capacité à écrire a considérablement augmenté à travers la prise de notes, la création de listes, la rédaction de récits sur des groupes Whatsapp…

    #Anne_Cordier #CNNUM

  • Mikrodystopies : 280 caractères pour développer nos imaginaires technologiques | CNNum | Traducteur et éclaireur des transformations numériques
    https://cnnumerique.fr/paroles-de/mikrodystopies-280-caracteres-pour-developper-nos-imaginaires-technologi

    Paroles de | 20 décembre 2023

    A l’origine un exercice d’écriture sous contrainte, le concept des micro-dystopies de François Houste est devenu un moyen de se pencher sur les impacts des nouvelles technologies sur nos habitudes, nos façons de faire société. Formats courts et place de l’utopie, plongée dans la démarche.
    Comment l’idée des Mikrodystopies est-elle née et en quoi consiste-t-elle ?

    J’ai lancé le compte Twitter Mikrodystopies en 2018 en écrivant une histoire dans la limite des 280 caractères permis par le réseau social. Puis en un peu plus de 4 ans, j’ai écrit plus de 2 000 histoires. Depuis, certaines d’entre elles ont été publiées dans un recueil paru chez C & F Éditions, elles ont fait l’objet de nombreux ateliers d’écriture avec différents types d’acteurs (privés, publics, associatifs, éducatifs, etc.). Un mode d’emploi a également été mis à disposition pour organiser son propre atelier d’écriture de micro-dystopies (voir à la fin de l’entretien). Mais cette expérience de construction et de déconstruction des technologies m’a surtout permis de me rendre compte de la collision entre la perfection supposée des outils numériques, de la robotique, et le côté imparfait de l’être humain, notamment dans sa capacité à penser au pire lorsqu’il imagine le futur.

    L’idée derrière les micro-dystopies, c’est d’aller chercher le moment où ça dérape, le moment où la logique s’efface, où quelque chose ne fonctionne plus. C’est une ouverture sur la vie quotidienne, sur l’humain. En ce sens, la technologie est un terrain de jeu intéressant, elle permet de faire jouer nos imaginaires, des Temps modernes de Chaplin à Blade Runner en passant par la scène de la cuisine dans Mon Oncle de Tati. Il y a aussi une part de réel dans les micro-dystopies. On a par exemple vu en 2020 à Chicago des livreurs accrocher leur téléphone dans des arbres situés aux abords d’entrepôts Amazon dans l’espoir d’avoir des courses plus rapidement. Ça aurait pu être une micro-dystopie !

    "Pourquoi s’embêter avec des auteurs ? demanda le directeur de la maison d’édition. Nous avons désormais des intelligences artificielles capables d’écrire un roman de cinq cents pages en à peine quinze minutes !
    Et sans fautes d’orthographe ! ajouta-t-il après une pause."

    — Mikrodystopies 🤖 (@mikrodystopies) October 5, 2020

    Les Mikrodystopies ne sont pas à proprement parler des histoires, ce sont plutôt des « situations ». Écrire une histoire est un exercice rigoureux. Il faut avoir le sens du retournement, du suspens, être capable de construire le déroulé d’une intrigue, etc. Ce qui m’intéresse personnellement dans la fiction, c’est plutôt la situation elle-même. Il y a souvent dans la relation à la technologie un moment où ça picote, ça grince, parce que cette relation devient irrationnelle. Les formats courts permettent justement de se poser uniquement sur cette situation, sans forcément se plonger dans l’élaboration de personnages ou se confronter à une forme de narration. C’est un autre type d’exercice.

    Mais quand on conduit des ateliers dans des collèges et lycées, le format d’écriture court fait moins peur. Les élèves se rendent vite compte qu’il est possible de raconter des choses, de partager, même avec peu de mots.
    Votre projet est né de l’utilisation d’un réseau social. Quel est votre rapport aux réseaux sociaux, à internet, au numérique ?

    Le numérique est arrivé dans ma vie à la fin des années 1980 avec un ordinateur Amstrad CPC. Internet est venu plus tard, sur les bancs de l’IUT vers 1996/1997, avec les premiers accès à des sites Web. Je me considère comme un enfant du numérique, un espace que je trouvais tout simplement formidable à l’époque : j’allais y chercher des images de l’espace sur le site de la NASA, j’y retrouvais les paroles de chansons que j’aimais, c’était franchement chouette ! Depuis, je suis passé de la presse informatique au monde des startups, jusqu’à celui des agences marketing, avec en « ligne de fuite » l’exploration du numérique, de la façon dont il est devenu un langage et un imaginaire commun.

    Twitter est une plateforme qui a compté pour moi. J’y ai construit des relations professionnelles et sociales fortes. Mais depuis le rachat d’Elon Musk, j’utilise moins, voire plus du tout, la plateforme. L’arrivée des comptes payants, la perte d’impact et de réactivité de l’algorithme, et plus largement son évolution, m’ont semble-t-il aussi eu un effet négatif sur la manière dont les personnes y interagissent.

    Que faire face à cela ? Reproduire la même expérience ailleurs n’aurait pas eu réellement de sens. Les Mikrodystopies sont un moment, un format d’écriture intimement lié à Twitter et à mon aventure sur ce réseau. Aujourd’hui, à titre personnel j’utilise Mastodon, mais sans toutefois y avoir copié ce que j’ai pu faire sur le compte Twitter des Mikrodystopies.
    Que pensez-vous des IA génératives en termes d’outil d’aide à l’écriture ?

    Je n’utilise pas les intelligences artificielles pour m’assister dans l’écriture. Ça ne fait pas partie de mes outils, ni de ma culture. En réponse à un fan qui lui avait envoyé une chanson écrite par ChatGPT dans son propre style, Nick Cave, un chanteur, compositeur et interprète australien, est revenu sur ce que le processus de création à d’humain. Dans sa lettre d’information, Nick Cave commente "les chansons naissent de la souffrance, qu’elles sont fondées sur la lutte humaine complexe et interne de la création et, pour autant que je sache, les algorithmes ne ressentent rien. Les données ne souffrent pas.”

    Personnellement, ce qui m’intéresse, à l’inverse des IA génératives, c’est le hasard, l’inattendu. Ce décalage ne peut émerger que des liens que nous avons dans nos têtes, des imaginaires propres que nous avons développés. L’intelligence artificielle n’est pas capable de créer cela. Elle est mathématique. Statistique. Elle ne laisse pas de place à l’absurde ou à la surprise. C’est aussi ce qui fait la force d’internet quand il est créé, piloté par des humains : cette capacité à créer de l’inédit, de l’humour, du rire, à partir de la multitude des liens offerts par tout un chacun en un même endroit.

    Je propose néanmoins de jouer de ce manque de décalage de l’intelligence artificielle. Lorsque je tente de faire comprendre l’humour à une IA, souvent les réponses sont basiques et à côté. Ce paramètre de la machine est une piste intéressante à explorer, mais il découle du fait que nous attendons des IA, génératives notamment, un comportement humain, et qu’elles-mêmes manquent parfois à répondre à cette attente. C’est ce décalage avec notre attente et notre perception qui crée alors l’absurde, pas une capacité à faire rire des IA.
    Dans le sillage des micro-dystopies, vous avez conduit le projet Climatopie. En quoi consiste-t-il ?

    Le projet Climatopie est le fruit d’une commande du Laboratoire d’Innovation Numérique (LINC) de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) aurpès de l’agence de design digital Plan.Net France. Le site qui en résulte vise à explorer des futurs à travers six nouvelles qui traitent des liens entre numérique, environnement, protection des données ou encore libertés.

    Pour faire un pas de côté, nous nous sommes intéressés à la fois aux imaginaires existants sur le numérique et sur la transition écologique, à l’actualité de ces sujets et aux innovations dont il est dit qu’elles vont sauver la planète. En jouant avec cette matière, nous avons fait émerger trois axes, trois types de scénario, distincts : “une vie rythmée par les quotas”, “l’impact environnemental comme donnée publique” et “demain, l’écroulement des ressources”. Nous avons ensuite travaillé lors d’ateliers avec différents profils d’intervenants, tous professionnels du numérique, mais en faisant autant que possible attention à la diversité de leurs parcours, de leurs personnalités et du secteur dans lequel ils opèrent (service public et entreprises privées se sont ainsi côtoyés, et des secteurs comme la mobilité, l’éducation, l’innovation, le tourisme, l’agro-alimentaire ou encore la communication) pour imaginer des moments du quotidien. Sur cette base, six nouvelles ont enfin été rédigées, constituant autant de matière pour échanger et débattre sur la place des données dans les transitions numérique et climatique.

    Illustration de Béranger Colette pour illustrer la nouvelle intitulée Visite de Contrôle, issue du cahier Climatopie
    Illustration de la nouvelle Visite de Contrôle, signée Béranger Colette
    Existe-t-il une pente naturelle entre utopie et dystopie ?

    Il est plus facile de dire ce qui ne va pas. Dans le dernier numéro Utopies, dystopies, le futur, c’était mieux après ? de Métal Hurlant, un magazine de bande dessinée de science-fiction, l’auteur de science-fiction Romain Lucazeau explique notamment que l’utopie ne fait pas trembler, ne nous remue pas ou encore ne nous réveille pas la nuit. Pour lui, écrire de la fiction, c’est chercher à susciter des émotions.

    Il a raison sur un point : il est plus facile de se projeter dans ce qui ne va pas, de faire résonner des peurs plutôt que des situations positives. La dystopie vend mieux. Je dirais que sur l’ensemble des Mikrodystopies publiées sur Twitter, deux tiers sont des dystopies, le reste est soit absurde soit utopique. Mais Romain Lucazeau a raison sur un point : il n’est pas évident de définir l’utopie, ou plutôt de la redéfinir aujourd’hui. De la sortir d’un imaginaire hippie ou d’un simple retour à la terre. En termes d’imaginaire, il faudrait aller chercher quelqu’un comme Becky Chambers, une américaine qui renouvelle le genre de la science-fiction positive.

    Mais peut-on apprendre l’utopie ? C’est sûrement une habitude à prendre, un vrai travail à effectuer. Le collectif Futurs proches qui “conçoit et anime des ateliers d’imagination et de co-écriture de récits d’anticipation sur des thématiques d’adaptation et de résilience écologique ainsi que de transition sociale et démocratique” a par exemple animé un atelier autour de la sobriété technologique de demain inspiré des Mikrodystopies. Après avoir écrit des micro-dystopies, ils les ont transformé en micro-utopies, en cherchant le contournement et les moyens de tourner la dystopie de départ en utopie.

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    Pour aller plus loin
    – Les Mikrodystopies sur Twitter/X
    – Le livre Mikrodystopies (C&F Éditions)
    – Les ateliers d’écriture Mikrodystopies
    – Mode d’emploi des Mikrodystopies

    À propos de François Houste
    François Houste est Digital Stuff Manager au sein de l’agence Plan.Net France et s’occupe d’accompagner les clients de celle-ci dans leur stratégie digitale et leur production de contenu.
    Navigant sur le Web depuis plus de 25 ans, il a auparavant été journaliste dans la presse spécialisée (auprès du magazine .net notamment), responsable et chef de produit chez MultiMania et Lycos France avant de rejoindre le monde des agences digitales.
    Auteur de livres de vulgarisation informatique, il a publié en 2020 aux éditions C&F les Mikrodystopies, de très courtes nouvelles explorant notre relation à la technologie. Il publie également, à fréquence irrégulière, la newsletter Cybernetruc explorant elle aussi nos imaginaires numériques.

    #François_Houste #Mikrodystopies #CNNUM

  • Salwa Toko nouvelle présidente du Conseil national du numérique ?
    https://www.latribune.fr/technos-medias/salwa-toko-nouvelle-presidente-du-conseil-national-du-numerique-778840.htm

    Mais après six mois d’agonie et d’hésitations quant à sa survie, le Conseil national du numérique s’apprête à renaître de ses cendres. D’après nos informations, c’est Salwa Toko, la fondatrice et présidente de l’association Becomtech, continuation du programme Wifilles, qui en prendrait la tête.
    […]
    La probable nouvelle présidente, qui devra remettre le #CNNum sur les rails, incarne un profil parfaitement compatible avec le gouvernement et surtout avec Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au Numérique. En charge du grand chantier de la numérisation de l’État et VRP de la French Tech, l’ancien startuppeur promeut une vision inclusive et sociale de l’innovation, et tient à valoriser la diversité dans l’entrepreneuriat. Il va d’ailleurs annoncer dans les prochains jours la nomination officielle de Kat Borlongan, française d’origine philippine, à la tête de la Mission French Tech.

    D’après nos informations, le nouveau CNNum, en cours de validation, sera entièrement renouvelé... à l’exception de Gilles Babinet, qui en sera le vice-président. L’actuel « digital champion », représentant de la France auprès de la Commission européenne, a été le premier président du CNNum, créé par Nicolas Sarkozy en 2011. Le nouveau collège devrait se composer de membres de la société civile, d’entrepreneurs et de personnalités du monde scientifique et académique, respecter la parité et mettre l’accent sur la diversité. Aucun membre du CNNum de Marie Ekeland ne serait reconduit.

  • #Axiom sur le #CNNum : « Ils ont cassé l’espoir. Il faut en prendre acte » - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/201217/axiom-sur-le-cnnum-ils-ont-casse-l-espoir-il-faut-en-prendre-acte

    Ce que nous avons vu à l’œuvre ces sept derniers jours, c’est une véritable ligue, allant de l’extrême-droite traditionnelle à cette sorte de gauche faussement laïcarde incarnée par Manuel Valls et le Printemps républicain. Sur Twitter, on a quand même pu voir l’annonce de l’éviction de Rokhaya tweetée par Caroline Fourest, elle-même retweetée par Manuel Valls et lui-même retweeté par Robert Ménard. Tout est dit.

    Qu’entendez-vous aujourd’hui par « en prendre acte » ?

    "Ces gens ont fait leur une théorie de la confrontation. Ils ne cessent de nous attaquer et ne nous laissent aucun répit. Mais nous ne répondons jamais. Je dis ÇA SU-FFIT, Stop, basta, y en a marre.
    Il n’y aura ni négociation, ni discussion. Ceci est une déclaration : nous n’accepterons plus d’être essentialisés. Ce sont nos vies, nos quartiers. Il ne s’agit aucunement de menaces physiques (loin de là je suis anti-militariste et pour la non-violence) mais un appel clair et démocratique. Nous devons utiliser tous les moyens nécessaires pour les faire taire.
    Ce message, je l’adresse à toutes les forces progressistes et aux quartiers. Nous n’occupons pas l’espace politique. Il faut que ça change. Il faut un retour de flammes.
    Ça suffit car on a des enfants. Eux aussi ils vont devoir vivre tout ça ? Toute leur vie on leur demandera de se justifier ? Je dis non. Mon grand-père a fait la guerre. Mon père était mineur, il a construit la France et a participé aux combats syndicaux de l’époque. Si mourir pour la France et la construire n’a pas suffi, que pouvons nous faire de plus ?
    Moi je suis un entrepreneur, je fais bosser dix-huit personnes, mon casier judiciaire est vierge. Et on me dit de me barrer ? En quoi sont-ils plus français que nous ? Je veux qu’on me l’explique. Je suis totalement d’accord pour débattre des notions de racisme d’État, racisme produit par l’État, racisme systémique… si nous ne sommes pas d’accord, discutons-en ! Mais qui a porté plainte contre Finkielkraut ? Pourquoi, lui, reste-t-il à l’Académie française. Pourquoi, encore une fois, ce sont toujours les mêmes qui sont écartés de la société ?"

  • Axiom: «Ils ont cassé l’espoir. Il faut en prendre acte» - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/201217/axiom-ils-ont-casse-l-espoir-il-faut-en-prendre-acte

    Moi, le soir des attaques contre le Bataclan, j’ai perdu dix amis qui se trouvaient au bar La Belle Équipe, rue de Charonne. Je devais être présent avec eux ce soir-là, mais je n’avais pas pu venir. Alors qu’on ne vienne pas nous bassiner avec les attentats comme si on devait quelque chose à qui que ce soit sous prétexte de nos origines ou nos religions. On est la cible tout autant que les autres et parfois plus d’ailleurs.
    J’ai dédié une chanson à l’un de mes amis morts ce soir là en protégeant une amie, Ludo. Mais Valérie Boyer préfère citer hors de son contexte une phrase tirée d’une de mes chansons dont n’importe qui comprendrait en l’écoutant qu’il s’agit d’une fiction. Mais non, cet essentialisme à deux balles fonctionne. Quoi qu’il arrive, nous sommes perdants. Ces réseaux ont encore une fois gagné.

    De quels « réseaux » parlez-vous ?

    Ce que nous avons vu à l’œuvre ces sept derniers jours, c’est une véritable ligue, allant de l’extrême-droite traditionnelle à cette sorte de gauche faussement laïcarde incarnée par Manuel Valls et le Printemps républicain. Sur Twitter, on a quand même pu voir l’annonce de l’éviction de Rokhaya tweetée par Caroline Fourest, elle-même retweetée par Manuel Valls et lui-même retweeté par Robert Ménard. Tout est dit.
    Cette ligue médiatique a des vrais réseaux et un agenda. Et celui-ci est clair. Il faut se rappeler qu’il y a eu, la même semaine, les attaques coordonnées contre Yassine Belattar. Je constate que ces deux tirs sont venus des mêmes réseaux.
    Que ce soit avec Yassine Belattar, Rokhaya Diallo ou même avec Karim Benzema, dès qu’un Noir ou un Arabe ose lever la tête, on voit cette même séquence se répéter, orchestrée par les mêmes réseaux. Leur message reste simple : si vous êtes noir ou arabe, si vous venez de certains quartiers, quand bien même vous seriez compétents, vous n’avez aucune chance d’y arriver.

    Ce message, je l’adresse à toutes les forces progressistes et aux quartiers. Nous n’occupons pas l’espace politique. Il faut que ça change. Il faut un retour de flammes.
    Ça suffit car on a des enfants. Eux aussi ils vont devoir vivre tout ça ? Toute leur vie on leur demandera de se justifier ? Je dis non. Mon grand-père a fait la guerre. Mon père était mineur, il a construit la France et a participé aux combats syndicaux de l’époque. Si mourir pour la France et la construire n’a pas suffi, que pouvons nous faire de plus ?
    Moi je suis un entrepreneur, je fais bosser dix-huit personnes, mon casier judiciaire est vierge. Et on me dit de me barrer ? En quoi sont-ils plus français que nous ? Je veux qu’on me l’explique. Je suis totalement d’accord pour débattre des notions de racisme d’État, racisme produit par l’État, racisme systémique… si nous ne sommes pas d’accord, discutons-en ! Mais qui a porté plainte contre Finkielkraut ? Pourquoi, lui, reste-t-il à l’Académie française. Pourquoi, encore une fois, ce sont toujours les mêmes qui sont écartés de la société ?

    Le numérique est un secteur sujet à de très nombreuses pressions potentielles. S’il n’est pas indépendant, qui protégera le CNNum, lorsqu’il travaillera par exemple sur les cryptomonnaie, des pressions des banques ? Quelle confiance peut-on avoir en une institution qui cède dès qu’un groupe de pression joue de la flûte ?

    #CNNum

  • Une crise sans précédent au Conseil national du numérique
    https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-22h/journal-de-22h-mardi-19-decembre-2017

    Politique et numérique : un mariage impossible ? La présidente du Conseil national du numérique, suivie de tous ses membres (ou presque), a démissionné ce mardi, en pleine guerre ouverte avec le gouvernement.

    Marie Ekeland, présidente du Conseil national du numérique, a démissionné le 19 décembre 2017 (photo d’archives).• Crédits : KENA BETANCUR - AFP

    La pagaille la plus complète au sein du Conseil national du numérique. Démission de sa présidente et de presque tous ses membres... L’invitée de ce journal : Valérie Peugeot, ancienne vice-présidente de cet organisme et chercheuse à l’Orange Labs :

    #CNNum

  • (20+) L’indépendance du Conseil national du numérique n’est pas négociable - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2017/12/20/l-independance-du-conseil-national-du-numerique-n-est-pas-negociable_1617

    Alors qu’elle est au Caire, invitée par l’ONU en tant qu’influenceuse pour traiter de la haine sur Internet, voilà qu’elle essuie une nouvelle campagne… de haine sur Internet. Dès l’annonce de la composition du CNNum, un soulèvement de personnes et groupes très actifs sur Internet se fait entendre, tentant de faire plier le gouvernement. Et cela fonctionne. Après avoir communiqué la liste de nominations avec satisfaction, le ministre Mounir Mahjoubi fait machine arrière et demande deux jours plus tard à Marie Ekeland de proposer une nouvelle composition du conseil. Soutenue par l’extrême droite et le Printemps Républicain entre autres, cette frange réactionnaire de nos élites, de gauche comme de droite, prend à nouveau en otage le gouvernement, qui plie sous leur pression.

    Car ce n’est pas sans rappeler d’autres événements survenus récemment : l’annulation du service civique pour l’association Lallab dont le but est de faire entendre les voix des femmes musulmanes, les intimidations contre le festival afroféministe Nyansapo organisé par Mwasi, la campagne menée contre l’humoriste Yassine Belattar jusqu’à la couverture de Marianne titrant « faux comique, vrai danger »,… les manœuvres d’intimidation sont nombreuses. Cette volonté d’éviction de certaines idées, aux relents de maccarthysme, empêche tout débat public et met gravement en danger notre démocratie.

    Ces campagnes, dont les cibles sont systématiquement issues de groupes minoritaires déjà peu représentés dans l’espace public, contribuent à leur confisquer une parole qui leur est rarement donnée, au sein des institutions, bien qu’elle soit tout à fait légitime. Harcèlement, diffamation et rumeurs sont autant d’outils dont ces personnes se servent, avec l’appui de certains médias, pour discréditer la parole de leurs cibles, et in fine, les réduire au silence. Nous observons régulièrement des membres du gouvernement ou représentant·e·s d’institutions céder à ces pressions, tomber dans les pièges qui leur sont tendus, et, de fait, altérer le travail de nombreux militant·e·s dont l’unique objectif est de défendre l’égalité des chances, de protéger nos libertés fondamentales.

    Se battre pour l’indépendance de nos institutions, de nos associations, de nos universités, de nos centres nationaux de recherche et de formation, cela porte un nom : la résistance.

    En conséquence, nous, actrices et acteurs de la société civile, soucieux.ses de l’intégrité et de l’indépendance de nos institutions, demandons au gouvernement de prouver qu’il joue son rôle d’arbitre en restant le garant des valeurs de la République appliquées à tou·te·s, y compris celles et ceux qui le critiquent. Le gouvernement doit certes assurer l’unité de la nation, mais celle-ci ne peut se faire au détriment de la liberté d’opinion.

    #CNNum

  • Le CNNum explose à la figure du gouvernement | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/191217/le-cnnum-explose-la-figure-du-gouvernement?onglet=full

    Marie Ekeland a donc refusé de céder aux exigences du secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi, qui lui avait demandé, mercredi dernier, de présenter une nouvelle liste de trente membres du CNNum excluant la militante féministe et antiraciste (lire notre précédent article ici). « Le projet que j’ai porté d’ouverture, d’indépendance de pensée et de diversité, a été mis à l’épreuve dès le démarrage, écrit l’ex-présidente dans un communiqué publié mardi matin sur le site du Conseil. Je ne vois pas aujourd’hui, comment continuer à le porter en maintenant son essence et de bonnes chances de réussite ».

    « Nous avons beaucoup travaillé de concert cette dernière semaine avec Mounir Mahjoubi et les membres du CNNum à trouver une solution qui permette d’en conserver son intégrité et son entièreté », précise Marie Ekeland. « Nous n’y sommes pas arrivés. J’ai donc présenté aujourd’hui ma démission à Mounir Mahjoubi afin de laisser la place à une autre vision au CNNum. »

    Mais pour le gouvernement, il s’agit en fait de céder à la droite raciste et anti-féministe.

    Le revirement de l’exécutif est intervenu le mercredi 13 décembre après 24 heures d’une polémique lancée tout d’abord sur Internet par une partie de la droite et du Printemps républicain. Le 12 décembre, le président du mouvement, Amine El-Khatmi, réagit ainsi sur Twitter à l’annonce de la nomination de Rokhaya Diallo : « Vous avez demandé le racisme d’État, ne quittez pas… »

    Le lendemain, la députée Les Républicains, Valérie Boyer, interpelle directement le premier ministre Édouard Philippe dans un courrier qu’elle publie sur Twitter. Dans celui-ci, la nouvelle secrétaire générale adjointe chargée des questions de société du parti de Laurent Wauquiez reproche plusieurs propos tenus par Rokhaya Diallo ces dernières années.

    L’élue rappelle notamment une interview accordée à la web-émission Regards par la militante féministe. « Je ne vois pas en quoi le fait de marquer la féminité par un voile, c’est plus sexiste que de le marquer par des talons aiguilles ou une minijupe », avait affirmé Rokhaya Diallo. Il existe un « déni extrêmement profond du fait qu’il y a une production du racisme qui est ancrée à gauche », poursuivait-elle.

    Les différents propos pointés par Valérie Boyer étaient déjà connus. Rokhaya Diallo, connue pour sa lutte contre l’islamophobie, est en effet une des cibles favorites de l’extrême droite et de certains mouvements laïcistes ou islamophobes. Ce qui est plus étonnant, c’est la célérité avec laquelle l’exécutif a cédé à leurs pressions alors qu’aucun élément nouveau n’est apparu.

    Du côté du secrétariat d’État au numérique, on assurait, la semaine dernière, que ce n’est pas la lettre de Valérie Boyer ni la mobilisation sur Internet, qui a conduit à l’éviction de Rokhaya Diallo. Les services de Mounir Mahjoubi auraient en effet reçu de nombreux messages de la part de personnes de « l’écosystème numérique ». On reconnaissait cependant avoir bien validé la composition du CNNum telle que présentée lundi. Et qu’à ce moment, elle ne posait aucun problème.

    Dans son communiqué annonçant sa démission, Marie Ekeland défend sa décision de nommer Rokhaya Diallo qui « déconstruit les mécanismes de la construction de la haine en ligne et défend les droits des afro-descendants et des minorités au sens large ». « Je ne renie rien, écrit-elle. J’ai été choquée par les caricatures auxquels Rokhaya Diallo et Axiom ont été réduits : elles n’ont rien à voir avec ce qu’ils sont vraiment. »

    L’exclusion de la militante est due, estime l’ex-présidente du CNNum, à « un emballement médiatique et politique violent, révélateur des tensions françaises et de la difficulté à les traiter sereinement. Nous en avons été les témoins impuissants », explique-t-elle.

    Le plus drôle vient quand même de la bouche du ministre

    Contacté par Le Figaro, Mounir Mahjoubi a assumé sa décision. « J’ai signé le décret, j’étais là à la nomination. Il n’y a eu aucune surprise. Le problème, ce sont les réactions et l’incapacité du CNNum à travailler dans la sérénité », affirme le secrétaire d’État. « Il ne s’agit pas d’une association, d’un parti politique ou d’un lobby. Le CNNum doit être proche du gouvernement pour nous orienter, et le gouvernement lui fait confiance sur ces sujets. Ce n’est pas une force d’opposition, même si conseiller peut signifier dire quand ça ne va pas. C’est cet équilibre subtil qui a été cassé », poursuit-il.

    La composition du nouveau CNNum devrait être prête au début de l’année 2018, précise encore Mounir Mahjoubi. Elle « sera faite d’experts du numérique. Elle aura aussi une plus grande représentativité des quartiers, de la ruralité ».

    ON va donc faire représenter les quartiers par des gens qui surtout ne font pas de vagues, ne sont ni activistes, ni rappeurs, peut être par exemple la nouvelle bourgeoisie de couleur du numérique... pourquoi pas ceux qui ont utilisé les ZRU et autres zones franches pour y mettre les click-travailleurs/ses ou des entrepôts de livraison amazoniens. Des experts du numérique qui surtout n’auront jamais l’idée d’utiliser le langage épicène. Des experts comme on les aime dans les cercles de pouvoir : experts en courbettes et génuflexions !

    Cela dit, je n’aimerais pas être à la place du futur nominé... Il ne s’agit plus d’avaler des couleuvres, mais bien des boas, des anacondas. Le CNNum est mort, mais ce n’est que le premier pas. Je ne veux plus voir une tête qui dépasse. Tiens, les honteux de l’audiovisuel comme Elise Lucet... ou les merdeux de SUD Education qui osent penser qu’il existe un racisme d’Etat. Mettez moi tout ça en ordre !

    #CNNUM #hypocrisie #Macronie

    • C’est pourtant clair, il suffit de lire les articles 1 des décrets successifs…

      • 2011-476 29/04/11 (Nicolas Sarkozy)

      Le Conseil national du numérique a pour mission d’éclairer le Gouvernement et de participer au débat public dans le domaine du numérique.

      Il peut être consulté par le Gouvernement sur tout projet de disposition législative ou réglementaire susceptible d’avoir un impact sur l’économie numérique.

      Il formule également de sa propre initiative des recommandations en faveur du développement de l’économie numérique en France et contribue aux réflexions prospectives sur ce secteur.

      • 2012-1400 13/12/12 (François Hollande)
      (l’article 8 abroge le précédent décret)

      Le Conseil national du numérique a pour mission de formuler de manière indépendante et de rendre publics des avis et des recommandations sur toute question relative à l’impact du numérique sur la société et sur l’économie.

      A cette fin, il organise des concertations régulières, au niveau national et territorial, avec les élus, la société civile et le monde économique.

      Il peut être consulté par le Gouvernement sur tout projet de disposition législative ou réglementaire dans le domaine du numérique.

      • 2017-1677 8/12/17 (Emmanuel Macron)
      (l’article 8 abroge le précédent décret)

      Le Conseil national du numérique est chargé d’étudier les questions relatives au numérique, en particulier les enjeux et les perspectives de la transition numérique de la société, de l’économie, des organisations, de l’action publique et des territoires. Il est placé auprès du ministre chargé du numérique.

      Dans son champ de compétence, il a pour missions :
      1° D’informer et de conseiller le Gouvernement dans l’élaboration, la conduite et l’évaluation des politiques et de l’action publiques ;
      2° De contribuer à l’élaboration des positions de la France aux niveaux européen et international ;
      3° De formuler de manière indépendante et de rendre publics des avis et des recommandations.

      A cette fin, il organise des concertations régulières, aux niveaux européen, national et territorial, avec les pouvoirs publics, les élus, les secteurs économique, associatif et académique, et la société civile.

      Il peut être saisi pour avis par le Premier ministre, par le ministre chargé du numérique et, le cas échéant, conjointement avec les autres ministres concernés, ou par la majorité de ses membres de toute question entrant dans son champ de compétence. Dans ce cadre, il peut se voir confier des missions de prospective, d’expertise, d’étude et de consultation.

      Il peut être consulté par le Gouvernement sur tout projet de disposition législative ou réglementaire dans le domaine du numérique.

      Dans cette dernière version, l’#indépendance n’est invoquée que dans la troisième mission. Pour les autres, on s’imprègnera de la signification de « l’indépendance » pour le ministre…

      CNNum : Marie Ekeland démissionne
      https://www.linformaticien.com/actualites/id/46908/cnnum-marie-ekeland-demissionne.aspx

      Réaction de Mounir Mahjoubi : « le CNNum doit être proche du gouvernement pour nous orienter, et le gouvernement lui fait confiance sur ces sujets. Ce n’est pas une force d’opposition, même si conseiller peut signifier dire quand ça ne va pas. C’est cet équilibre subtil qui a été cassé » explique au Figaro le secrétaire d’État au Numérique. La polémique née des nominations aurait rendu le CNNum « inaudible ».

    • Un bel exemple du principe bien connu des juristes : lister restreint. Plus on énumère des missions, plus on restreint le champ d’action.

      La mission tient en une phrase dans la version 2, on retrouve bien cette même phrase dans la version 3, mais en troisième rang d’une liste de missions…

  • Demain est un autre jour : message collectif | CNNum | Traducteur et éclaireur des transformations numériques
    https://cnnumerique.fr/demain_autrejour_message-collectif

    Nous avons rejoint le Conseil national du numérique en tant que membres bénévoles à la demande de Marie Ekeland et par intérêt pour son projet novateur : “penser demain” en réunissant des voix plurielles et fortes et en misant sur l’intelligence du débat.

    Marie Ekeland présente aujourd’hui sa démission. Constatant donc l’impossibilité de mettre en oeuvre son projet, considérant que le travail du Conseil ne peut plus se faire selon des modalités efficaces, nous avons décidé de présenter collectivement notre #démission.

    BEAUVALLET Godefroy, BRUGIERE Amandine, CARREEL Éric, DALOZ Pascal, DIALLO Rokhaya, DOUZET Frédérick, DRON Dominique, DUPORTET Xavier, DUVAL Gaël, GALLET Clémentine, GEOFFARD Pierre-Yves, GUIRAUD Nadège, HERVE-GRUYER Perrine, HINDI Rand, HOANG Aymeril, « Axiom » KOCHMAN Hicham, MERCADAL-DELASALLES Françoise, MERRIAUX Jean-Marc, PETIT Antoine, PHELIP Margault, SEBAG Michèle, TADDEI François, TEROSIER Claude, THIEULIN Benoit, TRAN Nguyen, VASSEUR Flore, ZOLYNSKI Célia

    #cnnum #Rokhaya_Diallo

  • Le #CNNum explose à la figure du gouvernement
    https://www.mediapart.fr/journal/france/191217/le-cnnum-explose-la-figure-du-gouvernement

    Sommée par le secrétaire d’État au numérique #Mounir_Mahjoubi d’exclure de son équipe la militante féministe et antiraciste, la nouvelle présidente du Conseil national du numérique, Marie Ekeland, a préféré donner sa démission. Quelques heures plus tard, elle a été suivie par 25 des 30 membres du conseil.

    #France #Rokhaya_Diallo

  • La quasi-totalité du #CNNum démissionne après l’éviction de #Rokhaya_Diallo
    https://www.mediapart.fr/journal/france/191217/la-quasi-totalite-du-cnnum-demissionne-apres-l-eviction-de-rokhaya-diallo

    Sommée par le secrétaire d’État au numérique #Mounir_Mahjoubi d’exclure de son équipe la militante féministe et antiraciste, la nouvelle présidente du Conseil national du numérique, Marie Ekeland, a préféré donner sa démission. « La forme actuelle de nomination et de fonctionnement du CNNum portent à confusion et ne peuvent pas garantir son indépendance », explique-t-elle dans un communiqué. Quelques heures plus tard, elle a été suivie par 25 des 30 membres du conseil.

    #France

  • La présidente du #CNNum démissionne après l’éviction de #Rokhaya_Diallo
    https://www.mediapart.fr/journal/france/191217/la-presidente-du-cnnum-demissionne-apres-l-eviction-de-rokhaya-diallo

    Sommée par le secrétaire d’État au numérique #Mounir_Mahjoubi d’exclure de son équipe la militante féministe et antiraciste, la nouvelle présidente du Conseil national du numérique, Marie Ekeland, a préféré donner sa démission. « La forme actuelle de nomination et de fonctionnement du CNNum portent à confusion et ne peuvent pas garantir son indépendance », explique-t-elle dans un communiqué.

    #France

  • Le gouvernement impose au #CNNum l’exclusion de #Rokhaya_Diallo
    https://www.mediapart.fr/journal/france/141217/le-gouvernement-impose-au-cnnum-l-exclusion-de-rokhaya-diallo

    Lundi, le gouvernement installait officiellement le Conseil national du numérique avec, parmi ses membres, la militante féministe et anti-islamophobie. Trois jours plus tard, il demande à la présidente du CNNum de revoir sa copie, en l’excluant. Le secrétaire d’État au numérique explique avoir reçu de nombreux messages s’indignant de cette nomination.

    #France #anti-racisme #islamophobie #Mounir_Mahjoubi

  • L’avis du CNNum (Conseil National du Numérique) sur les lois sécuritaires est court et plein de bonnes choses :

    Législations après législations, la logique du soupçon semble l’emporter.

    De ponctuelles et ciblées, les pratiques de surveillance deviennent permanentes et générales.

    Le chiffrement ne constitue pas un obstacle insurmontable pour les enquêtes. Il est possible de le contourner dans le cadre d’une surveillance ciblée. À ce titre, il est surtout un rempart contre la surveillance de masse.

    https://cnnumerique.fr/avis-chiffrement
    #algorithmes #chiffrement #cnnum

  • Le CNNum publie son manifeste - Conseil National du Numérique
    https://cnnumerique.fr/manifeste

    Le CNNum a, dans un premier temps, analysé les grands sujets d’intérêt général. Il a expliqué les impacts économiques de la transition numérique et la nécessité de stimuler la création de valeur. Il a alerté sur la protection des droits et libertés des citoyens dans ce nouvel environnement. Il a défriché de grandes questions réglementaires (neutralité, fiscalité, portabilité, loyauté). Puis il a abordé des sujets essentiels de politique publique, citoyenneté numérique, éducation, santé, travail et emploi, transformation des PME. Il a, en particulier, été à l’initiative de la concertation en amont de la loi pour une République numérique. Ses travaux ont soutenu des valeurs liées au numérique : communs de la connaissance, innovation ascendante, solidarité et partage.

    Aujourd’hui l’accélération de la transformation, est lourde de conséquences sociétales. Elle est aussi riche d’opportunités. Parmi les sujets au cœur de ses réflexions et de ses propositions à venir : la reconfiguration de l’économie par les plateformes, la coexistence entre l’intelligence des machines et l’intelligence humaine, la régulation des données, les inégalités sociales et territoriales, la démocratie ouverte dans un monde dangereux, la convergence entre transformation numérique et transition écologique. L’accompagnement de ces reconfigurations, la transformation de l’éducation et de la formation tout au long de la vie figurent également au nombre de ses préoccupations majeures.

    #politique_numérique #cnnum

  • Le Conseil du numérique maintient sa demande de suspension du #fichier_TES
    https://www.mediapart.fr/journal/france/131216/le-conseil-du-numerique-maintient-sa-demande-de-suspension-du-fichier-tes

    Peu après la publication du décret autorisant la création de ce fichier des données biométriques des 60 millions de détenteurs de carte d’identité, le Conseil national du numérique avait demandé sa suspension le temps de mener une consultation. L’avis rendu lundi confirme les principales inquiétudes et demande le remplacement du fichier par un autre système, plus respectueux de la vie privée.

    #France #Bernard_Cazeneuve #Cnil #CNNum #fichage #libertés_publiques

  • Le conseil national du numérique demande la suspension du #fichier_TES
    https://www.mediapart.fr/journal/france/071116/le-conseil-national-du-numerique-demande-la-suspension-du-fichier-tes

    Le conseil national du numérique dénonce la publication « sans aucune consultation préalable » du décret autorisant la création d’un fichier rassemblant les données biométriques de l’ensemble des détenteurs de carte d’identité ou de passeport. Il demande au gouvernement de trouver des « alternatives techniques ».

    #France #Axelle_Lemaire #Bernard_Cazeneuve #Cnil #CNNum #fichage #Jean-Jacques_Urvoas #libertés_publiques #vie_privée

  • Le logiciel libre perd presque tous ses représentants au Conseil national du numérique
    http://www.zdnet.fr/actualites/le-logiciel-libre-perd-presque-tous-ses-representants-au-conseil-national-du-n

    Ce nouvel équilibre, intéressant, se fait toutefois aux dépens de l’Open Source et du Logiciel Libre. Exit les piliers de cette mouvance, dont Valérie Peugeot (Orange et Vecam), Michel Briand, Serge Abiteboul (chercheur, professeur, blogueur et… romancier !) et moi-même. À une période où les signaux anti-logiciel libre se sont multipliés (EducNat et Microsoft, absence de priorité au libre et refus des biens communs dans la loi numérique), #c’est très très préoccupant. L’excellente Véronique Torner, cofondatrice et présidente d’Alter Way, se sentira bien seule quand il s’agira de pousser les thématiques du libre au CNNum… (...)

  • “Jules ferry 3.0″ : récit d’une convergence
    http://www.internetactu.net/2014/10/13/jules-ferry-3-0-recit-dune-convergence

    Le Conseil National du Numérique vient de publier son rapport sur l’éducation, intitulé “Jules Ferry 3.0, bâtir une école créative et juste dans un monde numérique.” Je faisais partie de ce groupe piloté par Sophie Pène. Il s’y est passé quelque chose que je vois assez rarement arriver dans les débats sur l’éducation : entrés dans ce travail collectif avec…

    #éducation #CNNum

  • Défendre les libertés, c’est combattre le terrorisme
    http://blogs.mediapart.fr/edition/libres-enfants-du-numerique/article/200714/defendre-les-libertes-c-est-combattre-le-terrorisme

    Le numérique est à l’origine d’une amélioration importante du pouvoir d’agir des citoyens. A chacun, il offre l’opportunité de s’informer ad libidum, de développer son sens critique et de prendre la parole. Il renforce l’initiative collective, renouvelle l’action politique dans un sens plus horizontal et autorise le développement d’une “voix de retour” entre élus et population. Pour autant, s’il étend nos libertés, il n’empêche naturellement pas la haine, la violence et la peur qui se déversent dans des sites spécialisés ainsi que dans les échanges individuels sur les réseaux sociaux. L’apologie du terrorisme, l’incitation à la haine, n’ont pas plus de place en ligne qu’ailleurs. Il revient au gouvernement de chercher les moyens de s’opposer aux manipulations criminelles quel que soit l’endroit où elles se déroulent. Mais encore faut-il le faire sur la base d’une compréhension complète de l’état de la technique et des usages d’Internet, et d’une analyse approfondie des potentiels effets pervers des mesures prises.

    #liberté #censure #terrorisme #CNNUM