• Pourquoi, pendant les canicules, les #arbres ne jouent plus leur rôle ? - Questions d’environnement - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/questions-d-environnement/20260728-pourquoi-pendant-les-canicules-les-arbres-ne-jouent-plus-leur-r%C3%B4le

    Certaines forêts françaises, lors de la vague de chaleur fin juin, ont émis plus de #CO2 qu’elles n’en ont absorbé. Un véritable cercle vicieux : la canicule fragilise les arbres qui n’assurent plus leur fonction essentielle contre le réchauffement climatique qui met en péril les forêts.

    #climat

  • Sans eau, les forêts arrêtent de capter du CO₂
    https://theconversation.com/sans-eau-les-forets-arretent-de-capter-du-co-286708

    La surface des feuilles est en partie couverte de stomates, de minuscules fentes qui peuvent s’ouvrir et se fermer. C’est par ces pores que le #CO2 pénètre dans l’#arbre. Ce déplacement du CO2 ne nécessite pas d’énergie à l’arbre. Il se fait naturellement du milieu où le CO2 est plus abondant – l’atmosphère – vers le milieu où il l’est moins, ici l’intérieur de la feuille.

    Mais l’ouverture des stomates ne permet pas seulement au CO2 d’entrer. Elle entraîne aussi une perte en #eau pour l’arbre, car les cellules de l’intérieur des feuilles sont bien plus riches en vapeur d’eau que l’atmosphère, et ce, même dans les régions les plus humides. C’est ce qu’on appelle la #transpiration des arbres. En moyenne, pour chaque molécule de CO2 absorbée par un stomate, environ 400 molécules d’eau s’échappent simultanément.

    Cette transpiration est nécessaire à la croissance et au métabolisme des plantes. Elle peut représenter jusqu’à plusieurs centaines de litres d’eau – l’équivalent de plusieurs baignoires – par jour selon la taille de l’arbre en saison de croissance, et plusieurs dizaines de milliers de litres par jour pour un hectare de #forêt. Ces grandes quantités d’eau sont puisées dans le #sol par les racines de l’arbre.

    Pour acheminer l’eau des racines jusqu’aux feuilles, les plantes ont besoin d’un système hydraulique performant. Le moteur de ce transport, à contre-courant de la gravité, est l’évaporation de l’eau au niveau des stomates. Celle-ci crée une tension qui « tire » les colonnes d’eau vers le haut, comme une paille géante, grâce à la forte cohésion des molécules d’eau entre elles.

    Ce principe a été formulé à la fin du XIXᵉ siècle par le botaniste irlandais Henry Horatio Dixon, et a ainsi été appelé « tension-cohésion ». Il explique comment la transpiration est un mécanisme passif, sans coût énergétique pour l’arbre.

    Pourtant, la tension nécessaire pour élever l’eau jusqu’à la cime des arbres est colossale. Imaginez que l’eau est aspirée comme à travers une paille de plusieurs dizaines de mètres, mais que cette paille est remplie d’obstacles : les parois des vaisseaux, les cellules… Résultat ? La force nécessaire pour faire monter l’eau jusqu’au sommet de l’arbre équivaut à celle qu’il faudrait pour pomper de l’eau d’un puits de plusieurs centaines de mètres de profondeur !

    Dans ces conditions extrêmes, l’eau se trouve dans un état dit « métastable », c’est-à-dire qu’elle peut brusquement passer à l’état gazeux si la tension augmente encore : si c’est le cas, c’est la #cavitation. Lorsque la cavitation survient, cela génère des bulles d’air dans ce réseau qu’on appelle le système hydraulique de l’arbre. Des embolies gazeuses empêchent alors la circulation de l’eau et le système hydraulique défaille. Les feuilles ainsi que les autres tissus de l’arbre se déshydratent progressivement, jusqu’à se dessécher de manière irréversible.

    La cavitation est un phénomène irréversible qui intervient lors des sécheresses extrêmes, souvent liées au manque de pluie combiné aux vagues de chaleur. Dans ces situations, d’une part, l’eau du sol est de plus en plus difficile à extraire au fur et à mesure que celui-ci s’assèche, on parle de sécheresse du sol. D’autre part, lorsque l’atmosphère chauffe, l’air devient plus desséchant et le moteur de l’évaporation au niveau des feuilles s’emballe, ce qui augmente la tension dans la plante et accélère la vidange du sol. On parle de sécheresse atmosphérique.

  • #IA : les centres de données émettent bien plus de #CO2 qu’estimé, selon Allianz Trade

    Les centres de données, dont les besoins explosent avec l’essor de l’IA, émettraient beaucoup plus de CO2 qu’estimé jusqu’ici, selon une étude publiée mardi par l’assureur-crédit #Allianz_Trade.

    Les applications d’IA générative se multiplient, faisant que les centres de données, qui hébergent et alimentent ces services, deviennent un moteur majeur de la consommation mondiale d’électricité.

    Selon l’étude, les émissions de ces infrastructures ont atteint 286 millions de tonnes de CO2 en 2025, soit 57% de plus que les évaluations antérieures.

    L’IA représente déjà entre 15% et 20% de la consommation électrique des centres de données, et cette proportion pourrait grimper à 40% d’ici à 2030, est-il expliqué.

    « Les centres de données passent d’un phénomène marginal à un moteur structurel de la demande d’électricité dans de nombreuses régions », souligne Patrick Hoffmann, économiste climat chez Allianz Trade, cité dans un communiqué.

    Une même puissance de calcul peut générer des émissions très différentes selon l’origine de l’électricité utilisée.

    Les émissions liées au courant dépassent ainsi 600 grammes de CO2 par kilowattheure (kWh) en Inde, contre moins de 30 grammes en Norvège ou en Suède, où l’électricité est largement décarbonée.

    La France en est à 41 grammes de CO2 par kWh, contre 329 grammes en Allemagne, pays parmi les moins bien classés en Europe en raison du poids encore important du charbon dans sa production d’électricité.

    Selon Allianz Trade, près de 70% des émissions mondiales des centres de données sont aujourd’hui concentrées aux Etats-Unis et en Chine.

    Sans accélération de la décarbonation, elles pourraient atteindre jusqu’à 643 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2030.

    Les besoins en eau augmentent également rapidement : les centres de données auraient consommé quelque 814 milliards de litres d’eau dans le monde en 2025, un volume susceptible de passer à 1.800 milliards de litres d’ici à la fin de la décennie, selon l’étude.

    S’exprimant mardi dernier à Londres, en pleine canicule en Europe, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a demandé aux entreprises de l’IA de dire « toute la vérité » sur le coût écologique de leurs centres de données et à s’engager à recourir aux énergies renouvelables d’ici 2030.

    https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260630-ia-les-centres-de-donn%C3%A9es-%C3%A9mettent-bien-plus-de-co2-qu-

    #AI #intelligence_artificielle #émissions_de_CO2 #rapport #statistiques #chiffres #infrastructure #data_centers #centres_de_données

    • Code, carbon, kilowatts: AI’s hidden toll and the race to green the grid

      - Data-center investment reached USD580bn in 2025, putting AI on track to become one of the world’s fastest-growing sources of electricity demand. Installed capacity is expected to double by 2030, with AI workloads already accounting for 15–20% of data-center electricity use and potentially approaching 40% by the end of the decade. Yet the sector’s environmental footprint remains underestimated as most analyses focus only on operational electricity use. This analysis takes a broader systems view across 26 countries (+93% of global capacity), adding lifecycle emissions, water use and AI’s growing resource demand.
      – Identical workloads can generate up to 24 times more emissions depending on the emission intensity of the grid, making location as decisive as demand growth. Fossil-dependent grids in Indonesia, India and Malaysia exceed 600 gCO₂/kWh, compared with under 30 gCO₂/kWh in Norway and Sweden. The US and China, which host the largest data-center clusters, sit in between at 384 gCO₂/kWh and 526 gCO₂/kWh, respectively, giving Europe’s cleaner power mix a structural advantage for low-carbon AI growth. These disparities are amplified by transmission and distribution losses of 10–15% in some markets, while less reliable grids raise electricity needs and dependence on backup generation.
      – At 286 MtCO₂ in 2025, the true carbon footprint of data centers is 57% larger than IEA estimates suggest. Electricity consumption (Scope 2) accounted for 76% of this footprint, at 218 MtCO₂, with hardware manufacturing and construction (Scope 3) contributing a further 66 MtCO₂, or 23%, and direct Scope 1 emissions remaining negligible (<1%). Emissions are also heavily concentrated geographically, with the US and China alone accounting for roughly 70% of the global total. AI accounts for an estimated 43-60 MtCO₂ of today’s emissions, and this is set to climb steeply as deployment widens and computing demand grows.
      – Without grid decarbonization, global data-center emissions would more than double to 643 MtCO₂ by 2030, leading to an estimated USD154bn in annual climate damages (up from USD68bn today). AI workloads already account for an estimated USD13bn in climate damages annually and could exceed USD50bn by 2030. By contrast, an ambitious decarbonization pathway would hold emissions to around 329 MtCO₂ despite continued growth in computing demand, and keep climate damages at USD79bn. This makes the pace of power-sector decarbonization the primary determinant of whether AI growth can be decoupled from emissions in the near term. Even under ambitious decarbonization, however, the footprint does not vanish but moves up the supply chain: as Scope 2 falls from more than 70% of the footprint today to around half by 2030, embodied emissions from servers, semiconductors and infrastructure become the binding constraint, approaching 50% of the total. Achieving genuinely low-carbon AI will therefore require not only cleaner power, but also closer attention to emissions embedded in digital infrastructure supply chains.
      – Deployed across the economy, AI could cut global CO₂ emissions by around 1.4 Gt a year by 2035, more than offsetting the emissions generated by its own infrastructure and creating net savings of roughly 750 MtCO₂. According to the IEA, these reductions would result from efficiency gains, optimization and improved resource management across sectors such as energy, industry, buildings and transport, and are equivalent to around 2.6% of current global emissions. However, this outcome is not guaranteed. With most AI applications still at an early stage of deployment, its ultimate climate impact will depend on whether these economy-wide benefits can scale faster than the infrastructure required to support them.
      – Data centers consumed 814bn liters of water in 2025 and could require 1.3–1.8trn liters by 2030, comparable to Switzerland’s annual consumption, making water the overlooked resource constraint of AI. Most of this footprint is indirect, with roughly three-quarters originating from electricity generation and the remainder from on-site cooling and semiconductor manufacturing. This ties water use closely to the energy transition, since fossil and nuclear plants require substantial cooling water while wind and solar use little or none in operation, lowering both the carbon and water footprints of a cleaner grid. Although power-sector decarbonization can help moderate future water demand, water-related risks are becoming increasingly concentrated in water-stressed regions such as South Korea, India, Mexico and parts of China, where rapid data-center growth is colliding with existing pressure on local water resources, raising the risk of access constraints and community or regulatory opposition to new capacity.
      – Realizing “green AI” will depend less on making data centers marginally more efficient than on transforming the energy systems that power them. Unlocking AI’s environmental potential will require a broader policy framework, combining clean-power expansion, greater transparency on resource use, stronger incentives to price environmental costs, and faster deployment of AI applications that reduce emissions across the wider economy.

      https://www.allianz.com/en/economic_research/insights/publications/specials_fmo/260630-ai-carbon.html

  • Le #réchauffement #climatique devrait atteindre 1,5°C autour de 2030, alertent les scientifiques

    https://www.rfi.fr/fr/environnement/20260611-le-r%C3%A9chauffement-climatique-devrait-atteindre-1-5%C2%B0c-autour-de

    « Il ne reste donc plus beaucoup de temps, complète Pierre Friedlingstein du CNRS. Le budget #carbone restant est de l’ordre de 130 milliards de tonnes de #CO2. C’est la quantité d’émissions qu’on peut émettre dans le futur pour rester compatible avec un réchauffement qu’on limite à 1,5°C. C’est l’équivalent de trois ans d’émissions de CO2 au rythme actuel. »

    Les trois quarts de ces émissions sont directement dus à notre utilisation des #énergies #fossiles : pétrole, gaz et charbon. Les chercheurs appellent donc à intensifier massivement les efforts pour s’en passer au cours de cette décennie critique pour freiner le réchauffement planétaire.

  • Combien d’énergie consomme vraiment l’IA ? La réponse en infographies
    https://reporterre.net/ChatGPT-Deepseek-Gemini-combien-d-energie-coute-vraiment-une-requete

    Combien d’énergie consomme une conversation avec une intelligence artificielle ? Les entreprises du secteur cultivent l’omerta, mais des chercheurs ont conduit des estimations. Le point en infographies.

    La consommation d’énergie et l’impact climatique de l’intelligence artificielle sont un des grands secrets de l’industrie du numérique. Aucun des grands fabricants ne communique de données détaillées et actualisées sur l’électricité nécessaire pour faire tourner les serveurs dédiés à leurs différents modèles d’intelligence artificielle générative (#IAg).

    Les trois-quarts des modèles d’IAg ne font l’objet d’aucune information environnementale, regrette également l’Autorité de régulation des communications électroniques (#Arcep) dans un rapport paru fin mai 2026. Si bien qu’il est impossible de connaître avec certitude la consommation d’une requête sur #ChatGPT, par exemple.

  • Nucléaire français : l’atout stratégique que Berlin a voulu neutraliser

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12483478

    https://www.fpop.media/nucleaire-francais-latout-strategique-que-berlin-a-voulu-neutraliser

    Par Georges Renard-Kuzmanovic
    2026-05-21

    ’Union européenne a produit 649,524 gigawattheures d’électricité d’origine nucléaire en 2024, soit 4,8% de plus qu’en 2023. La France en a fourni 380,451 GWh, ce qui représente à elle seule 58,6% du total européen. Le nucléaire a compté pour 23,3% de la production électrique de l’Union européenne en 2024, et pour 67,3% de l’électricité produite en France. Autrement dit, l’atome reste un pilier matériel du système électrique européen, et la France en constitue de très loin le centre de gravité.

    Ce poids énergétique n’a rien d’abstrait. Il touche directement à la souveraineté industrielle, à la #stabilité des #réseaux, au prix de l’ #électricité, mais aussi à la capacité de l’ #Europe à maintenir une économie numérisée et industrialisée sans retomber massivement dans le charbon (très polluant) et le #gaz (qui a le malheur d’être russe ou très cher quand il est américain). Derrière les débats techniques et les slogans écologiques se joue en réalité une bataille économique et géopolitique majeure, celle du contrôle de l’énergie qui alimentera les industries stratégiques du XXIe siècle.

    Une bataille industrielle dissimulée derrière l’ #écologie

    Pendant des années, l’ #Allemagne a défendu au niveau européen une ligne consistant à refuser à l’atome le même traitement politique qu’aux énergies renouvelables. Berlin reconnaît pourtant officiellement que le nucléaire est une énergie bas carbone (comme le GIEC – Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du #climat). Mais en refusant de lui accorder un statut comparable aux renouvelables dans les mécanismes européens, l’Allemagne a cherché à limiter l’avantage compétitif français. Ce choix n’a jamais été neutre. Il relevait d’un affrontement industriel à peine dissimulé.

    Car le nucléaire français procure à la France un avantage comparatif colossal que Berlin n’a jamais réellement accepté. Avec un parc nucléaire amorti, une production pilotable, stable et peu carbonée, la France dispose théoriquement d’une électricité moins chère et plus décarbonée que celle de son voisin allemand. Or, cette différence remet directement en cause le modèle industriel construit outre-Rhin depuis des décennies autour d’un accès privilégié à un gaz russe abondant et bon marché.

    L’arrêt du nucléaire allemand, finalisé en avril 2023, a profondément aggravé cette contradiction. L’Allemagne a fermé des capacités pilotables bas carbone tout en augmentant sa dépendance au gaz et, dans certaines périodes critiques, au charbon. Les chiffres des émissions sont d’ailleurs éloquents : la production électrique allemande émet toujours plusieurs fois plus de CO2 par kilowattheure que la production française. Là où la France bénéficie d’un mix largement dominé par le nucléaire et l’hydraulique, l’Allemagne demeure contrainte de compenser l’intermittence de l’éolien et du solaire par des centrales fossiles. Le paradoxe est désormais visible : Berlin continue de donner des leçons climatiques tout en produisant une électricité significativement plus carbonée que celle de la France.

    La bataille des datacenters et de l’intelligence artificielle

    Le cas des datacenters illustre parfaitement cette bataille énergétique et réglementaire. La Commission européenne a mis en place en 2024 un dispositif commun de notation de la durabilité de ces infrastructures, dont la consommation électrique explose sous l’effet du cloud, de l’intelligence artificielle et de la multiplication des usages numériques. Bruxelles rappelle déjà que les centres de données représentent près de 3% de la demande d’électricité de l’Union européenne et que cette part doit encore progresser fortement dans les années à venir.

    Or, cette évolution change complètement l’échelle du débat énergétique européen. Les datacenters ne sont pas de simples bâtiments techniques. Ils deviennent des infrastructures critiques comparables à ce qu’étaient hier les ports, les raffineries ou les grands complexes sidérurgiques. Celui qui contrôle l’électricité capable de les alimenter contrôle une part croissante de l’économie numérique, de l’intelligence artificielle, du stockage des données, des services cloud, de la recherche et même des capacités militaires futures.

    Et c’est précisément ici que la ligne allemande révèle toute sa contradiction. En Allemagne, la loi sur l’efficacité énergétique impose aux opérateurs de datacenters de couvrir 50% de leur consommation par de l’électricité renouvelable depuis le 1er janvier 2024, puis 100% à partir du 1er janvier 2027. Le critère retenu repose exclusivement sur l’origine renouvelable de l’électricité, et non sur l’ensemble des moyens bas carbone disponibles. En pratique, cela revient à exclure l’électricité nucléaire française de certains standards présentés comme « verts », alors même que cette électricité est l’une des moins émettrices de #CO2 du continent.

    Derrière le discours environnemental apparaît alors une réalité beaucoup plus politique et industrielle. Cette réglementation favorise mécaniquement certains modèles énergétiques nationaux au détriment d’autres. Elle permet à Berlin de promouvoir une vision de la transition énergétique compatible avec ses propres choix industriels, tout en pénalisant indirectement l’avantage comparatif français. L’Allemagne veut les bénéfices économiques des futurs datacenters européens, mais sans reconnaître pleinement l’atout énergétique français qui permet justement de les alimenter dans des conditions stables et décarbonées.
    Le beurre et l’argent du beurre diraient certains…

    Le mur des réalités physiques

    Le problème est que les réalités physiques finissent toujours par rattraper les constructions idéologiques. Les datacenters ont besoin d’une alimentation massive, continue, pilotable et prévisible. L’ #intelligence_artificielle [#AI] générative, les supercalculateurs, les services cloud mondiaux ou encore les infrastructures numériques critiques ne peuvent fonctionner uniquement sur des productions intermittentes dépendantes du vent ou de l’ensoleillement. Les gigantesques besoins électriques des futurs centres de calcul imposent des capacités pilotables permanentes. Et aujourd’hui, en Europe, seule une combinaison de nucléaire, d’hydraulique et éventuellement de gaz permet réellement d’assurer cette stabilité.

    La question du prix de l’électricité devient alors centrale. Les datacenters sont extrêmement gourmands en énergie. Pour être rentables, ils nécessitent un coût électrique le plus bas possible. Or le système européen actuel de fixation des prix de l’électricité continue largement d’indexer les prix sur le coût marginal du gaz naturel. Ce mécanisme avait une logique dans une Europe dominée par les centrales thermiques et fortement dépendante du gaz, notamment russe. Mais il devient absurde dans une Europe où certains pays, comme la France, disposent d’une production nucléaire amortie et très largement décarbonée.

    Concrètement, cela signifie que le consommateur français peut payer une électricité artificiellement renchérie par les fluctuations du gaz alors même qu’une grande partie de cette électricité est produite par des centrales nucléaires déjà amorties depuis longtemps. Ce système pénalise directement les projets industriels fortement consommateurs d’énergie, et notamment les datacenters.

    Oui, sortir de cette logique donnerait un avantage à la France. Mais en quoi cela serait-il illégitime ? Pendant des décennies, l’Allemagne a bénéficié d’un euro fort parfaitement adapté à son modèle exportateur et industriel, au détriment d’autres économies européennes, notamment françaises, qui ont subi une désindustrialisation massive. Berlin a également bénéficié d’un accès privilégié au gaz russe bon marché qui a soutenu sa compétitivité industrielle pendant plus de vingt ans. À aucun moment l’Allemagne ne s’est privée d’utiliser ses avantages structurels lorsqu’ils servaient ses intérêts économiques.

    Mais ce qu’on comprend encore moins c’est l’attitude de la quasi totalité de la classe politique française qui a laissé faire l’Allemagne et laissé filé notre avantage compétitif en se soumettant à des diktats venus d’outre-Rhin qui n’avaient ni queue ni tête.

    Le nucléaire français comme levier de puissance

    Le partenariat européen et spécifiquement franco-allemand ne peut pas fonctionner à sens unique. Si la France possède aujourd’hui un avantage énergétique stratégique grâce à son parc nucléaire, il est logique qu’elle l’utilise pour attirer des investissements industriels, numériques et technologiques. C’est même une nécessité stratégique. D’autant que la France se trouve actuellement en situation de relative surproduction électrique, avec des capacités pilotables disponibles immédiatement et susceptibles d’alimenter de futurs projets industriels lourds. Pour rappel, aux Etats-Unis, Microsoft, rachète la dangereuse et controversée centrale nucléaire de Three Mile Island pour la relancer au service exclusif de ses datacenters.

    Le gouvernement français l’a – enfin – bien compris. Paris cherche désormais à utiliser l’avantage nucléaire pour attirer des projets de datacenters, d’intelligence artificielle et de calcul haute performance. Cette orientation traduit une logique industrielle simple : utiliser une infrastructure énergétique déjà existante pour capter des investissements, des emplois qualifiés et des capacités technologiques stratégiques plutôt que de laisser d’autres pays définir seuls les règles du jeu numérique européen.

    Le débat dépasse donc largement la seule question écologique. Ce qui se joue autour du nucléaire français, c’est le contrôle des normes européennes, la hiérarchie des filières industrielles et la répartition future de la puissance économique en Europe. Derrière les querelles réglementaires se cache une lutte d’influence pour savoir quel modèle énergétique structurera l’économie continentale des prochaines décennies.

    Le rapport de force commence d’ailleurs à évoluer. En mai 2025, le nouveau gouvernement allemand a signalé à la France qu’il ne s’opposerait plus au traitement du nucléaire sur un pied d’égalité avec les renouvelables dans la législation européenne. Ce revirement ne répare évidemment pas les années perdues. Il ne compense ni les retards industriels accumulés, ni les distorsions réglementaires passées. Mais il constitue malgré tout un aveu implicite, l’Europe ne peut pas simultanément vouloir électrifier son économie, développer massivement l’intelligence artificielle, accueillir des datacenters, réindustrialiser son territoire et affaiblir sa principale source d’électricité pilotable bas carbone.

    Une question de souveraineté

    Car les faits énergétiques résistent aux slogans. Une économie numérique avancée ne fonctionne pas avec des déclarations d’intention. Elle fonctionne avec des gigawatts disponibles en permanence, à prix compétitif et avec un haut niveau de stabilité du réseau. Dans un contexte mondial marqué par la montée des tensions géopolitiques, la fragmentation des chaînes d’approvisionnement et la compétition technologique entre grandes puissances, l’énergie redevient ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : la base matérielle de la puissance.

    La querelle autour du nucléaire français révèle ainsi une réalité plus profonde de la construction européenne contemporaine. Derrière le discours officiel sur la transition écologique et la convergence des intérêts européens subsistent des rivalités industrielles nationales extrêmement dures. Chaque grande puissance du continent cherche à préserver ses avantages structurels et à orienter les règles communes à son bénéfice.

    Lorsque la France produit à elle seule plus de la moitié du nucléaire européen, l’enjeu dépasse très largement la seule question énergétique. Il touche directement à la place du pays dans l’économie continentale, à sa capacité d’attraction industrielle et à son autonomie stratégique future. À l’heure des datacenters, de l’intelligence artificielle, de l’électrification massive et de la réindustrialisation, le débat ne porte plus sur une technologie abstraite. Il porte sur la maîtrise des conditions matérielles de l’indépendance économique et technologique française et éventuellement européenne… si Bruxelles accepte – enfin – la prééminence française en la matière.

  • L’#Europe est en pleine #ébullition climatique | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/290426/l-europe-est-en-pleine-ebullition-climatique

    L’été dernier, en l’espace d’une semaine à peine, les mégafeux qui ont ravagé l’Espagne et le Portugal ont entraîné le plus haut niveau annuel d’#émissions de polluants et de #CO2 liés aux feux de forêt jamais mesuré en Europe.

    « À cause du changement climatique, l’Europe du Sud est une #zone_anticyclonique de plus en plus sous cloche, affectée par les masses chaudes du continent africain qui remontent, avance Philippe Drobinski. Cela entraîne des canicules plus intenses, une aridification de cette partie du continent et, par conséquent, des risques d’incendie plus importants. »

    Le débit des cours d’eau du réseau fluvial européen dans son ensemble est pour sa part resté inférieur à la moyenne pendant onze mois de l’année 2025. Dès le mois de mai, plus de la moitié du territoire continental était atteinte de sécheresse.

    Dernier triste record battu en 2025 : la température annuelle à la surface de la mer pour la région océanique européenne a été la plus forte jamais enregistrée. Une tendance à long terme, puisque 2025 marque la quatrième année consécutive de chaleur marine hors norme.

    Les chercheurs et chercheuses ont estimé que 86 % des mers européennes avaient subi, l’an dernier, un fort épisode de #canicule. Ici aussi, l’impact sur la biodiversité est massif. À titre d’illustration, rien qu’entre 2015 et 2019, les canicules marines en Méditerranée ont entraîné la disparition récurrente d’une cinquantaine d’espèces d’éponges, de mollusques ou de coraux aux longs cycles de régénération.

    Pour résumer, entre sa partie nord à proximité de l’Arctique qui fond et son arc méditerranéen en proie à l’assèchement, l’Europe « se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale », ont alerté les scientifiques de l’OMM et de Copernicus. Ce qui en fait « le continent qui se réchauffe le plus rapidement sur Terre » – à un rythme de + 0,56 °C par décennie depuis les années 1990. Alors qu’on estime que le réchauffement global actuel est d’environ 1,4 °C supérieur au niveau préindustriel (1850-1900), en Europe, la hausse des températures avoisine déjà les 2,5 °C.

    Pis, 2026 pourrait déjà s’annoncer comme une nouvelle année de records climatiques en Europe. Le 24 avril, l’OMM a signalé le développement « de plus en plus probable », à partir de cet été, d’un nouvel épisode #El_Niño, un phénomène naturel cyclique qui réchauffe le Pacifique équatorial, engendrant des bouleversements importants sur la météo des différentes régions du globe.

    Selon l’institution météorologique, cette fluctuation du climat, qui se produit en moyenne tous les deux à sept ans, pourrait se traduire à partir du mois de mai par un accroissement des températures de surface « particulièrement fort » en Europe.

  • State of European Transport

    Europe is in an existential global competition to achieve its climate goals, lead on clean future technologies, and to provide a beacon to the rest of the world. This year’s addition to the state of transport is a story of EU competitiveness in a global race against time.

    https://www.transportenvironment.org/state-of-european-transport/state-of-transport-2026

    #rapport #transport #Europe #climat #statistiques #chiffres #CO2 #émissions_de_CO2 #transports

  • La #Chine a planté tellement d’arbres dans le #désert du Taklamakan qu’il absorbe désormais du CO2 | Slate.fr
    https://www.slate.fr/sciences/chine-plantation-arbres-desert-taklamalan-carbone-puits-ecologie-pollution-veg

    Selon une étude parue dans la revue PNAS en janvier, la périphérie du #Taklamakan absorbe désormais plus de #CO2 qu’elle n’en émet.

    Autrement dit, cet océan de sable commence à stocker du carbone, un exploit que les scientifiques jugeaient auparavant impensable dans un environnement aussi extrême. « Pour la première fois, nous montrons qu’une intervention humaine peut réellement renforcer la séquestration de carbone dans des zones arides, et transformer un désert en puits de carbone », explique Yuk Yung, chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la #NASA et professeur à Caltech [California Institute of Technology].

    Source :
    Human-induced biospheric carbon sink : Impact from the Taklamakan Afforestation Project | PNAS
    https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2523388123

    • Cette végétalisation a même modifié le climat local : les précipitations estivales ont doublé et renforcé la couverture végétale, créant une boucle vertueuse. Plus de plantes, donc plus d’humidité, donc encore plus de plantes.

  • Le emissioni climalteranti e gli sponsor fossili delle Olimpiadi “più sostenibili di sempre”

    I Giochi olimpici invernali di Milano Cortina determineranno l’emissione di 930mila tonnellate di anidride carbonica. Lo sostiene una ricerca del Scientists for global responsibility e del New weather institute. Un valore che cresce ulteriormente se si considerano i partner dell’evento che comprendono #Eni, #Stellantis, #Ita. Il tutto mentre la crisi climatica minaccia la sopravvivenza stessi degli sport invernali.

    Le Olimpiadi più sostenibili di sempre causeranno emissioni di gas climalteranti pari a circa 930mila tonnellate di anidride carbonica equivalente. Un simile contributo porterà a una perdita stimata di 2,3 chilometri quadrati di manto nevoso -ovvero circa 1.300 piste olimpiche di hockey su ghiaccio- e di oltre 14 milioni di tonnellate di ghiaccio glaciale.

    Sono questi i calcoli di una nuova ricerca realizzata dai think tank Scientists for global responsibility e dal New weather institute che evidenziano come l’impatto climatico delle Olimpiadi invernali potrebbe mettere a rischio nel futuro gli stessi Giochi.

    “Questo rapporto si aggiunge alle prove su come la copertura nevosa si sta perdendo a causa del cambiamento climatico, dimostrando che gli stessi sport invernali contribuiscono a tale impatto sia direttamente attraverso le loro emissioni di carbonio sia promuovendo i principali inquinatori attraverso la pubblicità e le sponsorizzazioni”, ha dichiarato Stuart Parkinson, direttore di Scientists for global responsibility, climatologo e principale autore del rapporto. È bene tenere presente che si tratta comunque di una ricerca che, anche per esigenze di tempo, non è stata pubblicata su una rivista scientifica né valutata da un comitato esterno.

    Responsabili delle emissioni sono soprattutto i viaggi che gli spettatori di tutto il mondo effettueranno per assistere ai giochi, circa 410mila tonnellate. Il resto è diviso più o meno equamente fra l’organizzazione dei Giochi e le sue infrastrutture. Sotto la prima ricadono quei gas prodotti a causa dell’energia usata durante l’evento, la costruzione di infrastrutture temporanee, i viaggi dello staff e il merchandise. Le infrastrutture includono invece le emissioni provocate dalla costruzione di edifici permanenti che non saranno smantellati alla fine. Ma il report fa un passo ulteriore, sottolineando come queste siano solo le cifre conteggiate ufficialmente dagli organizzatori. Se si prendono in considerazione anche quelle degli sponsor, i numeri crescono esponenzialmente.

    I ricercatori hanno infatti sviluppato un metodo per stimare anche quelle emissioni che deriverebbero dall’aumento delle vendite dei prodotti sponsorizzati e che provengono da settori con un alto impatto sul clima. Sotto questo aspetto, Milano Cortina 2026 non fa invidia alle precedenti edizioni: tre dei suoi maggiori sostenitori sono infatti Eni, il gigante fossile italiano; la casa automobilistica Stellantis; e la compagnia aerea nazionale Ita Airways.

    Prendendo in considerazione anche il loro contributo, le emissioni aumentano così di un 40%, aggiungendo fino a 1,3 milioni di tonnellate di CO2. Gli scienziati hanno così stimato che l’impatto complessivo dei Giochi porterà quindi alla perdita di circa 5,5 chilometri quadrati di manto nevoso e a oltre 34 milioni di tonnellate di ghiaccio.

    Gli autori avvertono comunque che le loro sono stime preliminari con significative incertezze, poiché non esiste un dato ufficiale pubblico sull’ammontare versato dalle singole imprese. Ma “indicano comunque un impatto molto grande degli accordi con sponsor altamente carbonici, che è stato finora completamente negato dal comitato olimpico”, scrivono nel report.

    “Abbiamo guardato a eventi del passato, prendendo in considerazione i dati sulle diverse categorie di sponsorizzazione e facendo una stima -spiega ad Altreconomia Andrew Simms, condirettore del New weather institute e ricercatore associato in Economia politica globale all’Università di Sussex-. Dato che questi numeri non sono disponibili pubblicamente, è l’unico modo per farlo. Ma probabilmente sono stime addirittura conservative”.

    Ad Altreconomia Eni ha però replicato di aver comunicato in modo “trasparente”, il 23 dicembre scorso che il suo supporto è relativo soltanto alla fornitura di prodotti e servizi e non genera attività climalteranti aggiuntive. In particolare, rifornirà i giochi di un bio-Gpl da materie prime rinnovabili per alimentare il bruciatore delle torce olimpiche e paralimpiche e di carburanti provenienti al 90% da materie prime rinnovabili. Di conseguenza, Eni reputa che il report stimi “in modo tendenzioso il valore delle emissioni di anidride carbonica indotte dai principali sponsor dei Giochi. Nel caso specifico di Eni, le stime sono calcolate sulla base dei dati globali relativi all’anno 2024 disponibili online e non possono quindi essere riconducibili al contributo di Eni in qualità di premium partner di Milano Cortina 2026”.

    Altreconomia ha contattato anche Stellantis, Ita e la Fondazione Milano Cortina 2026 per avere la loro versione, ma al momento della pubblicazione (29 gennaio) non è arrivata alcuna risposta. Ad oggi si sa che Stellantis fornirà una flotta di circa tremila veicoli, metà dei quali elettrificati.

    Il paradosso rimane che le prossime Olimpiadi si terranno proprio nel momento in cui il cambiamento climatico sta mettendo a dura prova la presenza della neve sulle Alpi. Uno studio pubblicato dalla rivista Nature climate change nel 2023 rivela come il manto nevoso non fosse mai stato così effimero negli ultimi 600 anni, con la neve che permane oltre un mese in meno rispetto a 20 anni fa. Secondo gli ultimi dati della Fondazione Cima la quantità di acqua presente nella neve a gennaio in tutta Italia era inferiore del 33% rispetto alla media degli anni dal 2011 in avanti. A causa di questi cambiamenti, il New weather institute ricorda che negli ultimi cinque anni l’Italia ha perso 265 stazioni sciistiche. Mentre la Francia, che ospiterà i Giochi nel 2030, ne ha viste sparire 180.

    L’ultimo rapporto “Consumo di suolo, dinamiche territoriali e servizi ecosistemici” del Sistema nazionale per la protezione dell’ambiente (Snpa) ha inoltre sottolineato come delle 94 opere “olimpiche” per Milano Cortina da realizzare solo 15 contenessero il termine “ristrutturazione”. Inoltre, circa il 50% non è mai stato accompagnato da una “valutazione ambientale formale”, come ha già raccontato Altreconomia.

    Quando si guarda alla maggiore riduzione delle emissioni, è inevitabile però notare come sia avvenuta ai giochi di Pechino in Cina del 2022 a causa della pandemia da Covid-19, che aveva ridotto quasi a zero il numero di spettatori, generando un risparmio di circa 805mila tonnellate di CO2. “I grandi eventi dovrebbero avere attività più localizzate e una chiara preferenza di base per le popolazioni locali, proprio perché le maggiori emissioni provengono dai viaggi”, sostiene quindi Simms.

    Per gli autori del report, la vera differenza sarebbe comunque iniziare a rifiutare le sponsorizzazioni di industrie con un’alta impronta carbonica. Se le cinque maggiori aziende che supportano Milano Cortina fossero sostituite da imprese con le stesse emissioni che ha, ad esempio, il Gruppo Ferrovie dello Stato, si sarebbero potute risparmiare 1,4 milioni di tonnellate di CO2.

    “Ispirate da atleti, esperti di salute e scienziati, i Giochi di Calgary in Canada nel 1988 hanno preso una posizione decisiva contro la pubblicità e le sponsorizzazioni del tabacco -conclude Simms-. Ora che la conta dei morti a causa dell’inquinamento atmosferico causato dai combustibili fossili è ai livelli del tabacco, è il momento che le Olimpiadi seguano quel precedente e mettano fine a quei collegamenti che minacciano non solo i suoi atleti ma la loro stessa esistenza”.

    https://altreconomia.it/le-emissioni-climalteranti-e-gli-sponsor-fossili-delle-olimpiadi-piu-so
    #JO #Milano-Cortina #émissions_de_CO2 #jeux_olympiques #JO2026 #sponsors #CO2

    • The hidden carbon footprint of the Winter Olympics

      Over the past five years, the host of the 2026 Winter Olympics, Italy, lost a reported 265 ski resorts, while France, due to host the next Winter Games in 2030 has seen the loss of over 180 resorts. The disappearance of snow due to global heating is a prime factor undermining winter sports, with the Games increasingly dependent on artificial snow. Yet, through the promotion of high carbon corporations in Olympic sponsorship deals - for example, oil and gas companies, airlines and car-makers - the Winter Games are in danger of torching their own future. This is the main conclusion of a new report by the New Weather Institute (NWI) and Scientists for Global Responsibility (SGR), in association with Champions for Earth.

      The key findings of the report are:

      – Based only on official data - and excluding emissions related to sponsorship deals with major polluters - this report estimates that the 2026 Winter Olympics in Milan Cortina will cause greenhouse gas emissions of about 930,000 tonnes of carbon dioxide equivalent (tCO2e), with the largest contribution – about 410,000 tCO2e – being due to spectator travel.
      – Based on climate research, this total will in the coming years cause a loss of approximately 2.3 square kilometres (km2) of snow cover and over 14 million tonnes (Mt) of glacier ice – major impacts on exactly the environment needed to support winter sports.
      - But, this report estimates that sponsorship deals between the 2026 Winter Olympics at Milan Cortina promoting three major, heavily polluting corporations - oil and gas producer, Eni; car-maker, Stellantis (whose brands include Maserati and Fiat); and ITA Airways - will induce additional greenhouse gas (GHG) emissions of about 1.3 million tCO2e - about 40% more than the rest of the estimated carbon footprint of the event - including emissions due to preparation, infrastructure construction, hosting, and spectator travel. These emissions are not normally included in carbon footprint assessments, but they are a key part of the bigger picture.
      – These extra emissions will lead to additional future losses of 3.2 km2 of snow cover and over 20 Mt of glacier ice. That puts the total impact for the Games and these three sponsorship deals at 5.5 km2 of snow cover loss and over 34 Mt of glacier ice.
      – The additional emissions induced by the sponsorship deal with Eni alone are estimated to be nearly 700,000 tCO2e and will push on its own the estimated losses of 1.7 km2 of snow cover and 11 Mt of glacier ice.
      – Based on an assessment of several Winter Olympics, the most effective actions for reducing GHG emissions would be to: end sponsorship deals with high carbon corporations; avoid construction of new venues and other infrastructure; and markedly reduce the numbers of spectators travelling by air.

      Without change, Milan Cortina will hand a baton of melting snow and ice to the French Alpine hosts of 2030. But, instead of being a billboard for the carbon emissions behind climate breakdown, the Winter Games could draw on its own recent history to be a poster child for progress towards clean, pollution free sport.

      Inspired by athletes speaking out, and medical experts explaining the scientific evidence, it was the Calgary Winter Games in 1988 that took a decisive stand against tobacco advertising and sponsorship that ultimately rid the Olympics, and much of sport more widely, of its lethal influence. With the death toll today from the air pollution alone caused by burning fossil fuels on a par with tobacco, the time has come for the Olympics to end a link that threatens not just its athletes, but its very existence.

      https://www.sgr.org.uk/resources/hidden-carbon-footprint-winter-olympics
      #rapport #empreinte_carbone

  • Les JO d’hiver de Milan-Cortina vont accélérer la fonte de la #neige et des #glaciers

    C’est ce qu’il s’appelle scier la branche sur laquelle on est assis. À moins de trois semaines des Jeux olympiques d’hiver, un #rapport (https://www.newweather.org/wp-content/uploads/2026/01/Olympics_Torched_report_18-01-2026.pdf) publié le 18 janvier montre que la compétition risque d’accélérer la fonte de la neige et des glaciers de #montagne.


    D’après les deux organisations autrices — Scientists for Global Responsibility et le New Weather Institute — les Jeux d’hiver de 2026 à Milan-Cortina devraient générer environ 930 000 tonnes d’émissions d’équivalent CO₂, entraînant la disparition estimée de 2,3 km² de couverture neigeuse et la fonte de plus de 14 millions de tonnes de glace glaciaire.

    Des #sponsors très polluants

    Le rapport souligne également le poids des partenariats commerciaux : trois accords de sponsoring avec des entreprises fortement émettrices — le pétrolier #Eni, le constructeur automobile #Stellantis et la compagnie aérienne #ITA_Airways — pourraient à eux seuls provoquer environ 1,3 million de tonnes supplémentaires d’équivalent CO₂ équivalent, soit 40 % de plus que l’empreinte directe des Jeux.

    Au total, l’événement et ses contrats de sponsoring entraîneraient une perte d’environ 5,5 km² de neige et la fonte de plus de 34 millions de tonnes de glace, concluent les auteurs. Les auteurs appellent donc les organisateurs des Jeux olympiques à renoncer aux partenariats avec des entreprises polluantes.

    Au-delà du poids climatique, plusieurs #chantiers — piste de bobsleigh, retenue d’eau, projets routiers — sont lourdement critiqués par des associations et des habitants. Quatre ans avant les JO d’hiver 2030 en France, l’Italie était pourtant censée montrer l’exemple, avec des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver promus comme les plus écolos de l’histoire.

    https://reporterre.net/Les-JO-d-hiver-de-Milan-Cortina-vont-accelerer-la-fonte-de-la-neige-et-d
    #JO #jeux_olympiques #JO2026 #Milano-Cortina #CO2

  • Comment l’#IA dévore la planète

    L’incroyable essor de l’intelligence artificielle, technologie particulièrement vorace en énergie, en eau et en terres rares, interroge à l’heure où les géants du secteur sont lancés dans une course au gigantisme.

    Derrière les réponses presque magiques de ChatGPT, les vidéos imaginaires sans limites de Sora ou les images synthétiques bluffantes de Grok ou Gemini, l’intelligence artificielle (IA) a une empreinte bien réelle sur le monde. Dans une industrie du numérique énergivore, cette technologie se distingue par l’intensité de la puissance de calcul qu’elle nécessite pour chaque requête. Cela se reflète dans l’explosion inédite des investissements des géants de l’IA dans les data centers : 620 milliards de dollars (529 milliards d’euros) en 2026, selon la banque Morgan Stanley, soit déjà près de quatre fois plus qu’en 2023.
    Cette course au gigantisme – Meta a ainsi un projet de data center grand comme la moitié de l’île de Manhattan et puissant comme cinq réacteurs nucléaires – a de nombreux impacts tout au long de la chaîne de valeur de l’IA.
    Cette absorption de ressources fait craindre des pénuries ou des conflits d’usage locaux avec d’autres besoins essentiels tels que l’agriculture, l’électrification des transports ou de l’industrie. L’IA doit-elle donc être développée à tout prix ? Il convient de la piloter « avec sobriété », en choisissant « le juste niveau de technologie au service d’un besoin réel », met en garde l’Agence de la transition écologique (Ademe) dans une étude publiée début novembre. Et le 8 décembre, plus de 230 ONG ont demandé un moratoire sur la construction de nouveaux centres de données aux Etats-Unis.

    Pour évaluer l’impact sur la planète de ces cartes,des chercheurs ont démantelé et broyé l’une des plus utilisées au monde, la Nvidia A100. Ils y ont trouvé plus d’une vingtaine de métaux différents, dont des terres rares.

    L’essor de l’IA donne un coup de fouet à l’industrie des semi-conducteurs, qui pourrait doubler en cinq ans. Le marché des GPU et autres puces destinées à l’IA domine la croissance et devrait dépasser les 280 milliards de dollars d’ici à 2029.

    Or, ce secteur est gourmand en eau, énergie, métaux et produits chimiques. Et ce alors que, pour augmenter la puissance de calcul, les éléments de base doivent être de plus en plus petits, et donc de plus en plus purs, ce qui nécessite l’utilisation de toujours plus de produits toxiques.

    Dans les usines du taïwanais TSMC, plus important industriel du secteur, la production d’un seul « wafer » de 12 pouces, où sont gravées les puces, requiert plus de 7 000 litres d’eau. Le groupe – qui indique recycler 88 % de l’eau qu’il utilise – en fabrique l’équivalent de 16 millions par an.

    Artificialisation des sols
    L’expansion de l’IA nourrit une croissance inédite des dépenses dans les data centers : les géants du secteur, d’OpenAI à Meta, en passant par Google, Amazon ou Microsoft, vont investir 470 milliards de dollars dans ces infrastructures en 2025 et même 620 milliards en 2026, selon la banque Morgan Stanley. Soit près de quatre fois plus qu’en 2023.

    Il n’existe pas de recensement mondial du nombre de kilomètres carrés aujourd’hui occupés par les data centers. Mais, aux Etats-Unis, les montants investis dans la construction de ces infrastructures sont sur le point de dépasser ceux des bureaux traditionnels.

    Et d’immenses chantiers ont été lancés : Stargate, d’OpenAI, situé dans la petite ville d’Abilene, au Texas, comptera huit bâtiments sur une zone de près de 4,5 kilomètres carrés – plus vaste que Central Park à New York. Le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a annoncé que le méga data center Hyperion, prévu en Louisiane, pourrait couvrir l’équivalent d’« une partie importante de la superficie de Manhattan ».

    En France, le gouvernement a annoncé avoir identifié 35 sites « favorables » à l’installation de centres de données pour un total de 12 km² – soit 1 680 terrains de foot.

    Consommation d’électricité
    Cette course au gigantisme s’illustre par leur puissance électrique exponentielle. Les plus gros sites en construction prévoient désormais d’égaler ou de dépasser une capacité électrique de 1 gigawatt (GW). Soit environ l’équivalent de la puissance d’un réacteur nucléaire.
    Et les objectifs sont encore plus démesurés : xAI sera « le premier à mettre en fonctionnement 10 GW, 100 GW, 1 TW [térawatt]… », a affirmé sur X Elon Musk, en septembre.

    L’augmentation de la puissance installée des data centers devrait en conséquence faire bondir leur consommation électrique annuelle liée à leur utilisation. Celle-ci pourrait tripler d’ici à 2030.

    Pour le moment, l’électricité alimentant les data centers ne représente qu’environ 1,5 % de la consommation mondiale, selon l’AIE. Mais aux Etats-Unis, cette part pourrait passer de 4,4 % à entre 7 % et 12 % en 2028, selon le ministère de l’énergie américain. En Europe, les data centers pourraient peser 7,5 % de la consommation électrique d’ici à 2035, contre 2,5 % aujourd’hui, selon le Shift Project, le cercle de réflexion présidé par Jean-Marc Jancovici.

    Consommation d’eau
    L’IA n’est pas seulement vorace en énergie, elle est aussi insatiable en eau. En 2023, les prélèvements associés aux centres de données auraient déjà dépassé les 5 000 milliards de litres, selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Soit l’équivalent de toute l’eau potable puisée en France en une année.

    Une partie de cette eau est recyclée, c’est pourquoi la part réellement consommée – notamment en raison de l’évaporation – représente environ 560 milliards de litres.

    A l’avenir, l’AIE s’attend à ce que la consommation d’eau associée aux centres de données soit multipliée par deux d’ici à 2030, pour atteindre environ 1 200 milliards de litres par an.
    Les conséquences d’un même prélèvement sur les nappes et les rivières varient selon les territoires. A titre d’exemple, 14 % de l’eau utilisée par Google viennent de zones à risque « élevé » de pénurie, selon les documents de l’entreprise.

    Emissions de CO2
    Aujourd’hui, l’électricité des data centers provient pour plus de la moitié d’énergie carbonée.

    La croissance des émissions de gaz à effet de serre des data centers devrait doubler, voire tripler, selon les scénarios établis par le Shift Project.

    Les data centers, dont une partie sert à l’IA, émettent plus de gaz à effet de serre que la France : 369 millions de tonnes en équivalent CO₂, en 2024, selon le ministère de la transition écologique.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/26/comment-l-ia-devore-la-planete_6659449_3234.html
    #AI #visualisation #statistiques #extractivisme #eau #énergie #terres_rares #ChatGPT #Sora #Gemini #Grok #empreinte #puissance_de_calcul #data_centers #centres_de_données #investissements #Meta #ressources #conflits #pénurie #extractivisme #mines #cartes_graphiques #GPU #graphics_processing_unit #serveurs #impact #Nvidia_A100 #métaux #semi-conducteurs #puces #produits_chimiques #toxicité #TSMC #wafer #artificialisation_des_sols #OpenAI #Google #Amazon #Microsoft #chiffres #statistiques #Stargate #Abilene #Texas #Hyperion #France #CO2 #gaz_à_effet_de_serre #infographie

  • « En Chine, les économies de CO₂ obtenues grâce au TGV sont sans commune mesure avec celles de la voiture électrique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/26/en-chine-les-economies-de-co-obtenues-grace-au-tgv-sont-sans-commune-mesure-

    Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas grâce aux véhicules électriques, mais par le développement des trains à grande vitesse que les Chinois ont réussi à limiter leur consommation de pétrole, constate (...) Jean-Baptiste Fressoz.

    [...]

    Les économies de #CO₂ obtenues grâce au #train sont sans commune mesure avec celles de la #voiture_électrique : les émissions sont divisées par cent par rapport à la voiture à essence [au lieu de 2 par l’électrification du parc auto] et par quatre-vingt par rapport à l’avion – alors même que le mix électrique chinois est encore carboné.

    Ce succès fulgurant repose sur le choix de l’imitation. Au début des années 2000, le ministère des chemins de fer chinois renonce à concevoir un TGV national et adopte une stratégie de « marché contre technologie » : les constructeurs étrangers (Siemens, Alstom, Bombardier, Kawasaki) peuvent vendre leur matériel en échange de transferts technologiques et de partenariats industriels. Rapidement, les entreprises chinoises perfectionnent les modèles européens ou japonais, à l’instar du CRH5 [rame multiple à grande vitesse non pendulaire], développé conjointement par le français Alstom et l’entreprise chinoise CNR à partir du Pendolino italien.

    Le cas des TGV chinois illustre les œillères du débat climatique actuel. On vante l’innovation, les batteries, Tesla et BYD, le numéro un chinois des véhicules électriques, alors que ce sont des trains et des entreprises méconnues, comme BST, coentreprise chinoise de la multinationale canadienne Bombardier, ou CNR, qui, depuis un quart de siècle, ont réellement contenu la hausse des émissions chinoises. A force d’attendre l’innovation, nous avons fini par oublier que la solution efficace est sur les rails depuis deux siècles, si familière qu’on ne la voyait plus.

    https://justpaste.it/m75ux

    #voiture #transports_collectifs #rail

  • COP30 : présence en force des partisans du captage de CO2
    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/cop30-presence-en-force-des-partisans-du-captage-de-co2-251

    Connaissance des Énergies avec AFP parue le 17 novembre 2025

    Une ONG a dénombré plus de 500 participants de la #COP30 liés, de près ou de loin, à des entreprises ou institutions promouvant les technologies de captage de #CO2, accusées de retarder l’abandon du #pétrole et du #gaz, selon la liste fournie en exclusivité à l’AFP.

    Le Centre pour le droit environnemental international (#Ciel), basé à #Washington et à #Genève, a analysé la liste des quelque 42.000 participants accrédités à la conférence climatique de #Belem publiée par les #Nations_unies.

    (...)

    Ces technologies sont jugées nécessaires, dans une petite proportion, par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (#Giec), notamment pour décarboner l’industrie du ciment ou de l’acier.

    « Le #CCS a un historique de plusieurs décennies de promesses excessives et non-tenues », dénonce le Ciel, citant entre autres une étude de 2024 dans la revue Nature selon laquelle près de neuf projets sur dix ne tiennent pas leurs objectifs de captage.

  • Bastioni di Orione a #Belem, in Africa Occidentale e nel #saharawi
    https://radioblackout.org/podcast/bastioni-di-orione-a-belem-in-africa-occidentale-e-nel-saharawi

    Questa settimana ci siamo dedicati dapprima alle proteste degli abitanti dell’Africa occidentale esasperati dalla perpetuazione di regimi autoritari, rintuzzate da un potere ancora postcoloniale che fa da perno al residuo controllo francese sui paesi della Françafrique, scatenate dalla rielezione truffaldina di dinosauri ultranovantenni in Africa occidentale, ponendole a confronto insieme a Roberto Valussi con la […]

    ##maghreb #aes #Algeria #co2 #Cop30 #costa_d'avorio #fosfati #marocco #Ouattara #sahel #sostenibilità

  • Les #biocarburants émettent plus de #CO2 que les #carburants_fossiles

    Malgré son nom, le biocarburant reste d’abord un combustible polluant. Sa production mondiale émet 16 % de CO2 de plus que les carburants fossiles qu’il doit remplacer, selon un #rapport commandé par la Fédération européenne pour le transport et l’environnement (T&E). Cette pollution est due aux effets indirects de l’#agriculture et de la #déforestation nécessaire pour le produire.

    Selon ce rapport, la culture des #plantes destinées à être brûlées comme #carburant occupe 32 millions d’hectares de #terres, soit environ la superficie de l’Italie, pour répondre à seulement 4 % de la demande mondiale en énergie pour les transports. Cette superficie pourrait atteindre d’ici à 2030 près de 52 millions d’hectares, soit celle de la France.

    « Les biocarburants sont une #fausse_solution climatique. Ils gaspillent des terres, de la #nourriture et des millions d’euros de #subventions, estime Bastien Gebel, responsable de la #décarbonation de l’industrie automobile pour T&E France. En privilégiant le recours aux #énergies_renouvelables, et notamment au #solaire, cela laisserait beaucoup plus d’espace pour l’alimentation et la restauration de la nature. »

    https://reporterre.net/Les-biocarburants-emettent-plus-de-CO2-que-les-carburants-fossiles
    #énergie #pollution

  • #Intelligence_artificielle : le vrai #coût_environnemental de la course à l’IA

    “L’IA et la réussite de la #transition_énergétique vont de pair. Nous n’assisterons pas à une transition à grande échelle vers une énergie sans carbone sans les avancées significatives que l’IA promet d’apporter.” Cette citation de Mélanie Nakagawa, la responsable développement durable de Microsoft en février 2025, est à l’image de la #pensée_magique que l’on rencontre de plus en plus fréquemment dans les médias et la société. Celle d’une IA mystique et providentielle qui serait la #solution à tous nos problèmes, et qui justifierait son développement effréné depuis l’arrivée de #ChatGPT en 2022.

    Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé en février 2025 des #investissements privés de 109 milliards d’euros pour développer l’IA et que plus de 35 nouveaux projets de #centres_de_données ont été annoncés en France, nous vous proposons une analyse approfondie pour déconstruire ces discours et découvrir la #face_cachée de l’intelligence artificielle. Comme le résume la chercheuse en IA Kate Crawford, elle repose sur une triple #extraction : extraction de #ressources_naturelles, extraction de #données, #exploitation_humaine. Dans cet article nous nous concentrerons sur les impacts environnementaux directs de l’IA (consommation énergétique, émissions carbone, impacts locaux des data centers), mais insistons sur la nécessité d’appréhender ces technologies dans leur ensemble pour comprendre les bouleversements sociétaux que son adoption massive génère (enjeux de #pouvoir, #surveillance_de_masse, #militarisation, #inégalités sociales, etc)

    Nous commencerons par définir ce qu’est l’intelligence artificielle, son évolution récente, les acteurs qui la sous-tendent et détaillerons le fonctionnement particulier des #IA_génératives. Puis dans un second temps nous décrirons l’#infrastructure_matérielle qui la soutient. Loin de flotter au-dessus de toute réalité physique, comme le champ lexical du “cloud” et de la “dématérialisation” aime à nous le faire croire, ces #technologies ont des conséquences matérielles très tangibles.

    Sommaire

    - Qu’est ce que l’intelligence artificielle ?
    - L’ère de l’IA générative depuis la sortie de ChatGPT en 2022
    - L’IA, bien plus qu’une #technologie
    - Qui est derrière l’IA ?
    - Le voyage d’une requête ChatGPT
    - L’inférence pour l’usage quotidien
    – Le problème de la #transparence
    – Quel est l’impact d’une requête ChatGPT ?
    – L’optimisation de la #consommation_électrique de l’IA
    – Les impacts directs de l’intelligence artificielle
    – La consommation électrique des data centers explose à cause de l’IA
    – Émissions de #CO2, la roue libre
    – Google, Microsoft, Meta.. Quid des émissions des géants du numérique ?
    – La consommation d’#eau
    - Ressources abiotiques pour la fabrication des équipements et bâti : dépendance aux #métaux et à l’#industrie_chimique
    - Conclusion
    - Infographie

    https://bonpote.com/intelligence-artificielle-le-vrai-cout-environnemental-de-la-course-a-lia
    #IA #AI #environnement #à_lire

  • Les capacités de stockage du CO2 beaucoup plus limitées qu’espéré, selon une étude
    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/les-capacites-de-stockage-du-co2-beaucoup-plus-limitees-que

    Connaissance des Énergies avec AFP parue le 03 septembre 2025

    Les capacités de #stockage #géologique du CO2 dans le monde ne sont « pas illimitées », selon une étude publiée mercredi dans la revue Nature, qui relativise le potentiel de cette technologie pour lutter contre le changement climatique.

    (...)

    Mais l’équipe internationale de chercheurs qui publie ses conclusions mercredi souligne que le potentiel de stockage avec cette technologie, par ailleurs très coûteuse, n’est « pas illimité ». Ils ont écarté les endroits jugés trop dangereux, par exemple situés trop près de villes ou sur une faille sismique.

    (...)

    « Cette étude devrait changer la donne pour le stockage du carbone. Il ne peut plus être considéré comme une solution sans limite pour ramener notre climat à un niveau sûr », a commenté un chercheur à l’Imperial College de Londres, co-auteur de l’étude, Joeri Rogelj.

    (...)

    La technologie du captage et stockage du #CO2 est citée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) parmi les solutions pour réduire l’empreinte d’industries difficiles à décarboner telles que les cimenteries ou la sidérurgie.

    Mais les auteurs de l’étude, compte tenu des limites mises en évidence, pensent que la #séquestration du #carbone ne pourrait limiter le #réchauffement #climatique que de 0,7°C. Là aussi, c’est beaucoup moins que de précédentes estimations.

    #technologisme #optimisme

  • « Les entreprises de #capture du #CO₂ dans l’air émettent plus de #carbone qu’elles n’en éliminent »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/05/21/les-entreprises-de-capture-du-co-dans-l-air-emettent-plus-de-carbone-qu-elle

    En 2017, #Zurich devint le lieu de rendez-vous de la jet-set climatique. Journalistes, activistes et investisseurs s’y pressèrent, non pour admirer les rives paisibles du lac ou les demeures cossues de la ville, mais pour contempler les énormes ventilateurs installés par la start-up Climeworks sur le toit d’un incinérateur à ordures. Même Greta Thunberg fit le déplacement. A l’époque, l’entreprise se présentait comme la vitrine technologique de la capture du carbone. Ses fondateurs, Christoph Gebald et Jan Wurzbacher, accueillaient les visiteurs, leur présentant un dispositif où de puissants ventilateurs aspiraient l’air ambiant pour le faire passer à travers une substance absorbante à la composition tenue secrète, chargée de piéger le CO₂.

    Le #gaz ainsi capturé était ensuite redirigé vers une serre où l’on cultivait des concombres. Les deux ingénieurs affirmaient pouvoir capter et stocker 1 % des émissions mondiales en 2025, soit environ 400 millions de tonnes de CO₂ par an. L’annonce fit sensation. Les articles fleurirent, les capitaux affluèrent. En 2021, Climeworks inaugura une installation de plus grande envergure en Islande, alimentée par la géothermie. Cette fois, le CO₂ n’était plus utilisé pour faire pousser des légumes, mais injecté dans le sous-sol pour y être minéralisé, générant ainsi des « émissions négatives ». En 2022, la start-up atteignait une valorisation supérieure à 1 milliard de dollars (environ 890 millions d’euros).

    Un quart de l’énergie mondiale
    Le filon ouvert par Climeworks a été suivi par de nombreuses autres start-ups – Carbon Engineering, Global Thermostat, Rewind, Terraformation, Living Carbon, Charm Industrial, Brilliant Planet, Planetary Technologies, Infinitree… pour n’en citer que quelques-unes. Elles sont aujourd’hui plus de 150, affublées de noms bien grandiloquents pour des entreprises qui émettent plus de carbone qu’elles n’en éliminent.

    A cette liste s’ajoutent les entreprises spécialisées dans la « certification » des émissions négatives – Puro. earth, Agoro Carbon Alliance, Riverse – dont le rôle est de valider des crédits carbone aussi douteux que les procédés qui les sous-tendent. En France, on peut citer la récente Association française pour les émissions négatives, financée par la Quadrature Climate Foundation, elle-même financée par les entreprises pétrolières.

    Le problème des émissions négatives relève de la thermodynamique. Ce constat est loin d’être nouveau. Dès 2015, une étude publiée dans Nature rappelait que la capture du CO₂ directement dans l’air, pour passer à plus grande échelle, devrait consommer des quantités colossales d’énergie – plus du quart de l’énergie mondiale – à une seule tâche : aspirer le carbone de l’atmosphère. En 2019, l’analyse du cycle de vie d’une centrale à charbon américaine équipée de dispositifs de capture montrait que ceux-ci ne permettaient d’éliminer que 10,8 % des émissions. Au prix d’une pollution importante liée à l’utilisation de solvants pour capturer le CO₂.

    Questions fondamentales
    #Climeworks se heurte aux mêmes difficultés. En 2024, loin de capter 1 % des émissions mondiales, l’entreprise n’a réussi à extraire que 105 tonnes de CO₂ de l’atmosphère. Sur son site Internet, l’entreprise reconnaît qu’elle ne parvient même pas à compenser ses propres émissions – estimées à 1 700 tonnes de CO₂ par an, sans compter les voyages de presse. Au lieu des 400 millions de tonnes d’émissions négatives, Climeworks annonce maintenant vouloir devenir la première entreprise d’émissions négatives à devenir #neutre_en_carbone avant 2030…

    L’échec de Climeworks pose une série de questions fondamentales. La première concerne la crédibilité des trajectoires de neutralité carbone qui reposent trop souvent sur des techniques inexistantes. La deuxième concerne les finances publiques : est-il légitime de subventionner des start-up dont les promesses sont systématiquement démenties par les faits ? La troisième question est judiciaire. Climeworks a déjà vendu, par anticipation, des crédits carbone équivalant à plusieurs dizaines de milliers de tonnes à des dizaines d’entreprises, dont Microsoft, J.P. Morgan, Swiss Re, TikTok, British Airways, ainsi qu’à 21 000 particuliers désireux de compenser leur empreinte carbone. Beaucoup pourraient se considérer floués, et envisager des recours. Le business des émissions négatives commence à ressembler à une pyramide de Ponzi – avec le climat pour victime.

    #Jean-Baptiste_Fressoz (Historien, chercheur au CNRS)

  • Vous imaginiez quoi ? Sauver la planète avec des technologies Terran ?
    Ce qui marche, c’est les forets et la mer. Ces 2 trucs que vous voulez « valoriser » donc bousiller.

    Les entreprises de capture du CO₂ dans l’air émettent plus de carbone qu’elles n’en éliminent
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/05/21/les-entreprises-de-capture-du-co-dans-l-air-emettent-plus-de-carbone-qu-elle

    La start-up Climeworks se proposait de piéger le CO₂. Vite valorisée à 1 milliard de dollars, elle a été imitée par bien d’autres. Cette technologie n’a pas tenu ses promesses, et, aujourd’hui, beaucoup d’entreprises et de particuliers pourraient s’estimer floués.

    Cela veut-il dire que la tonne de CO₂ vaut 0,0022 € ?

    Article complet sans #paywall :
    https://seenthis.net/messages/1116417

  • Climeworks’ capture fails to cover its own emissions - Heimildin
    https://heimildin.is/grein/24581

    According to data available to Heimildin, it is clear that this goal has never been achieved and that #Climeworks does not #capture enough #carbon units to offset its own operations , emissions amounting to 1,700 tons of #CO2 in 2023.

    La capture de CO2, ça ne permet pas de capturer le CO2 produit pour capturer le CO2 pour capturer le CO2 pour capturer le CO2.

    #shadoks_encore_plagiés #carbon_capture

  • L’accélération de l’#IA pose déjà des questions de #pénuries d’#eau et d’#énergie

    Le Royaume-Uni comme les États-Unis viennent de présenter de nouveaux plans pour soutenir la mise en place d’#infrastructures pour l’IA dans leurs territoires. Mais actuellement, aux États-Unis, de nouvelles #centrales au gaz sont ouvertes pour répondre aux demandes d’énergie de l’IA. Au Royaume-Uni, l’implantation par le gouvernement de sa « première zone de croissance de l’IA » près d’un nouveau réservoir pose la question des priorités d’#accès_à_l'eau.

    Ce mardi 14 janvier et six jours avant la passation de pouvoir à Donal Trump, Joe Biden a publié un décret pour l’investissement des États-Unis dans des infrastructures. « Je signe aujourd’hui un décret historique visant à accélérer la vitesse à laquelle nous construisons la prochaine génération d’infrastructures d’IA ici aux États-Unis, de manière à renforcer la compétitivité économique, la sécurité nationale, la sécurité de l’IA et l’énergie propre », affirme-t-il.

    Selon certaines estimations, la consommation énergétique de l’IA devrait être multipliée par 4 à 9 d’ici 2050 et la consommation d’énergie des #data_centers aux États-Unis est déjà très carbonée.

    Le #gaz comme source d’énergie future aux États-Unis

    Mais, malgré les différentes annonces d’investissements dans le nucléaire par les géants du numérique, les États-Unis seraient plutôt à l’aube d’un boom de la construction de #centrales_électriques au gaz naturel, selon le Financial Times. Le journal économique américain explique que « les grandes entreprises technologiques se tournent vers les #combustibles_fossiles pour répondre aux énormes besoins en #électricité de la révolution de l’intelligence artificielle, ce qui met en péril les objectifs en matière de climat ».

    Le journal cite le cabinet de conseil en énergie #Enverus qui prévoit qu’au moins 80 centrales électriques au gaz seront construites aux États-Unis d’ici à 2030. Le Financial Times estime la capacité supplémentaire de ces centrales à 46 gigawatts, « soit la taille du réseau électrique norvégien et près de 20 % de plus que ce qui a été ajouté au cours des cinq dernières années ». Et selon Corianna Mah, analyste pour Enverus interrogée par le journal, « le gaz croît en fait plus rapidement aujourd’hui, et à moyen terme, que jamais auparavant ». Aucun des projets qu’Enverus a listés ne prévoit d’être équipé d’un système de capture de dioxyde de carbone.

    Approvisionnement de l’eau dans un lac de barrage prévu pour la population britannique

    De son côté, le gouvernement du Royaume-Uni vient d’annoncer une stratégie nationale pour faire de son pays un leader en matière d’intelligence artificielle. Dedans, il prévoit entre autres des « Zones de croissance de l’IA » (#IA_growth_zones), « des zones bénéficiant d’un meilleur accès à l’électricité et d’un soutien pour les autorisations de planification, afin d’accélérer la mise en place d’une infrastructure d’IA sur le sol britannique », comme l’explique le communiqué du Secrétariat d’État à la science, à l’innovation et à la technologie.

    Mais des questions se posent sur l’emplacement prévu de la première « #zone_de_croissance ». Situé à Culham, au siège de l’Autorité britannique de l’énergie atomique (UKAEA), cet endroit est aussi celui du premier nouveau lac de barrage construit depuis 30 ans aux Royaume-Uni, « qui était censé fournir de l’eau aux habitants du sud-est de l’Angleterre, qui souffre d’un grave problème d’approvisionnement en eau », explique le Guardian.

    Le journal britannique souligne que cette région est celle qui, selon l’agence environnementale nationale, est la plus sensible du pays aux manques d’eau. Entre les réserves d’eau disponibles et la demande attendue sans compter les data centers, le sud-est du pays sera confronté à un déficit potentiel de plus de 2,5 milliards de litres par jour d’ici 2050.

    Du côté énergétique, le gouvernement britannique a mis en place un Conseil de l’énergie de l’IA qui doit travailler avec les entreprises du secteur pour « pour comprendre les demandes et les défis énergétiques » liés à l’intelligence artificielle. Il parie encore sur la possibilité de mettre en place des #SMR (#réacteurs_nucléaires_modulaires).

    « L’expansion de l’IA a été un sujet de préoccupation pour #National_Grid [entreprise de distribution de l’électricité et du gaz notamment au Royaume-Uni], mais la vitesse à laquelle la demande de calcul de l’IA augmente a pris tout le monde par surprise et, à moins que nous n’équilibrions correctement les compromis ci-dessus, avec des politiques appropriées, toute l’énergie verte et bon marché dont nous disposons sera utilisée par les grandes entreprises technologiques, ce qui privera les familles qui souffrent déjà de la pauvreté énergétique », explique Gopal Ramchurn, chercheur de l’université de Southampton, interrogé par le Guardian.

    La #France s’appuie sur son #nucléaire, mais des tensions sont présentes

    Quant à la France, l’instabilité politique ne permet pas d’y voir très clair dans la politique du pays concernant l’IA. Lors de son discours de politique générale, le premier Ministre François Bayrou a évoqué l’IA lorsqu’il a annoncé la création d’un fonds spécial « entièrement [consacré] à la réforme de l’État ». Ce fonds sera financé par des actifs « en particulier immobiliers, qui appartiennent à la puissance publique, de façon à pouvoir investir, par exemple, dans le déploiement de l’intelligence artificielle dans nos services publics ».

    Lors de ses vœux, le Président de la Région Normandie Hervé Morin a évoqué la volonté de sa région d’être référente en matière d’intelligence artificielle et d’accueillir des data centers sur trois ou quatre points du territoire. Il a mis en avant « son potentiel énergétique décarboné », faisant référence aux centrales nucléaires de Flamanville, Paluel et Penly et à l’EPR situé lui aussi à Flamanville.

    Mais RTE tirait récemment un signal d’alarme sur le foisonnement de projets de data centers prévus pour l’IA. Si l’entreprise affirmait en novembre à l’Usine Nouvelle avoir « assez d’électricité pour répondre à la croissance des besoins », elle pointait aussi du doigt une « course à la capacité » et un manque de planification :« plusieurs projets ont été abandonnés en raison de tensions sur la distribution de l’énergie », ajoutait-il.

    https://next.ink/165467/lacceleration-de-lia-pose-deja-des-questions-de-penuries-deau-et-denergie

    #intelligence_artificielle #AI #énergie_nucléaire

    • Pourquoi l’IA générative consomme-t-elle tant d’énergie ?

      #DeepSeek défraye la chronique en proposant un modèle dont les #performances seraient comparables à celles des modèles préexistants, pour un coût très réduit en termes de puissance de calcul et de données, et donc une #consommation_énergétique moindre. Quand on sait que Microsoft a indiqué une hausse de 29,1 % d’émission de carbone sur l’année 2023 et que différentes grandes entreprises du numérique investissent dans des capacités de production d’électricité, le tout en lien avec l’essor de l’#IA_générative, l’enjeu est de taille. Pourquoi l’IA générative consomme-t-elle tant ? Décryptage.

      Les grands modèles de langage (Large Language Models ou LLM), comme ChatGPT (OpenAI), Gemini (Google/DeepMind) ou encore les modèles génératifs d’images comme #Midjourney, sont devenus en très peu de temps des outils incontournables avec des usages qui ne cessent de s’amplifier et de se diversifier. Il est vrai que la fluidité des échanges avec ChatGPT impressionne, et que les promesses de développement sont enthousiasmantes.

      Néanmoins, ces promesses cachent des coûts de calcul, et donc énergétiques, considérables. Or, aujourd’hui l’idée dominante dans l’industrie des modèles génératifs est : « Plus grand est le modèle, mieux c’est. » Cette compétition s’accompagne d’une croissance de la consommation énergétique et, donc, de l’empreinte écologique qui ne peut plus être ignorée et qui questionne quant à sa pérennité et sa viabilité pour la société.
      Pourquoi un tel coût ?

      Un modèle génératif de texte comme un chatbot est un ensemble de paramètres numériques ajustés à partir de données pour accomplir une tâche spécifique. L’architecture dominante s’appuie sur les « transformers ».

      Les #transformers prennent une séquence en entrée, par exemple un prompt (soit votre question), pour la transformer numériquement. En empilant les couches de transformers, le modèle multiplie ces transformations afin de construire la réponse en prolongeant son entrée. Cet empilement de couches confère au modèle son efficacité et fait croître le nombre de paramètres. C’est pourquoi un modèle tel que GPT-4 contient au moins 1 tera (1 000 milliards) de paramètres et nécessite donc au moins 2 tera octets (To) de mémoire vive pour être utilisable.

      Que ce soit pour l’entraînement, pour le stockage des données et des paramètres, ou pour le calcul d’une réponse, des infrastructures de calcul de plus en plus puissantes sont donc indispensables. En d’autres termes, contrairement à ce que l’on croit souvent, ce n’est pas juste pour entraîner le modèle que ces techniques sont très coûteuses.

      Des données émerge la « connaissance »

      Avant tout, un modèle génératif doit être « appris ». Pour cela des données (textes, images, sons, etc.) lui sont présentées à maintes reprises afin d’ajuster ses paramètres. Plus il y a de paramètres, plus la phase d’apprentissage est coûteuse en données, mais aussi en temps et en énergie.

      Ainsi, pour un LLM (grand modèle de langage), on parle par exemple de l’ordre de la dizaine de trillions de données (environ 10 trillions pour GPT-4 et 16 trillions pour Gemini) et aux alentours de trois mois de préapprentissage sur environ 20 000 puces A100 de NVIDIA pour le dernier-né d’OpenAI. Ces modèles les plus performants sont en fait une combinaison de plusieurs énormes modèles (les « Mixture of Experts »), GPT-4 étant ainsi le résultat de 16 experts de 110 milliards de paramètres, selon les rares informations disponibles.

      Après cette phase d’apprentissage, le modèle est déployé afin de répondre aux utilisateurs dans une phase dite d’« inférence ». Pour faire face à la demande (ces systèmes construits pour répondre à plusieurs personnes en même temps) avec un temps de réponse satisfaisant, le modèle est alors dupliqué sur différents clusters de calcul. Un article de recherche constate également que les architectures génératives polyvalentes consomment significativement plus d’énergie à l’inférence que les systèmes spécifiques à une tâche, même à taille de modèle équivalente.

      Ce survol des besoins en termes de calcul donne une idée des ordres de grandeur qui se cachent derrière nos interactions — qui semblent si rapides et efficaces — avec ces énormes modèles. Il permet surtout de poser différemment la question de l’évaluation de ces modèles, en y incluant la question de la soutenabilité en termes énergétiques et écologiques. Des travaux récents proposent ainsi un modèle pour évaluer les impacts environnementaux de la fabrication des cartes graphiques et une analyse multicritère des phases d’entraînement et d’inférence des modèles d’apprentissage automatique.
      Obsolescence et frugalité

      Ainsi les grands modèles génératifs nécessitent des infrastructures matérielles colossales.

      Au-delà de considérations économiques, il a été montré que passé un certain point, les gains de performances ne justifient pas une telle explosion du nombre de paramètres. Toutes les applications ne nécessitent pas d’énormes modèles et des approches plus modestes peuvent être aussi performantes, plus rapides et moins coûteuses.

      Sur le plan environnemental, l’apprentissage et l’inférence de modèles massifs ont un coût énergétique qui nécessitent réflexion. Les travaux de certains auteurs soulignent la complexité de mesurer avec précision l’empreinte carbone de ces grands modèles, tout en montrant leur impact considérable : 50,5 tonnes équivalent CO2 (CO2 eq) pour un modèle de 176 milliards de paramètres, appris en 2023… et pratiquement considéré comme obsolète aujourd’hui. Pour rappel, si un Français moyen rejette actuellement environ 10 tonnes CO2 eq par an, l’objectif à l’horizon 2050 pour respecter l’engagement des accords de Paris est d’environ 2 tonnes CO₂ eq par Français et par an.

      Quant à la phase d’inférence (ou d’utilisation, quand on pose une question à GPT), lorsqu’elle est réalisée des millions de fois par jour, comme c’est le cas pour un assistant conversationnel, elle peut engendrer un coût énergétique considérable, parfois bien supérieur à celui de l’entraînement.

      Ainsi, un outil développé en 2019 a permis d’estimer qu’une inférence de ChatGPT 3.5 produisait environ 4,32 grammes de CO2.

      À l’heure où les assistants conversationnels sont peut-être en passe de remplacer les moteurs de recherche standards (Google, Bing, Qwant), la question de son utilisation se pose, car ces derniers ont un coût 10 à 20 fois moindre (0,2 gramme de CO2 la recherche, d’après Google).

      Enfin, la concentration de pouvoir entre quelques acteurs disposant des ressources nécessaires pour développer ces modèles — data centers, données, compétences — pose des problèmes scientifiques en limitant la diversité des recherches, mais aussi stratégiques et politiques.
      Les recherches en IA frugale

      La frugalité consiste à se fixer dès le départ une enveloppe de ressources (calcul, mémoire, données, énergie) et à concevoir des modèles capables de s’y adapter. L’idée n’est pas de sacrifier les performances, mais de privilégier la sobriété : optimiser chaque étape, du choix de l’architecture à la collecte des données, en passant par des méthodes d’apprentissage plus légères, afin de réduire l’empreinte environnementale, d’élargir l’accès à l’IA et de favoriser des applications réellement utiles.

      La recrudescence de travaux de recherche sur ce thème illustre la volonté de penser l’IA sous l’angle de la sobriété. Il s’agit ainsi de replacer la pertinence, l’impact sociétal et la soutenabilité au cœur de la recherche.

      Concrètement, de nombreuses pistes émergent. Sur le plan de l’apprentissage, il s’agit d’explorer des alternatives algorithmiques au paradigme actuel, hérité du milieu des années 1980 et qui n’a jamais été remis en question alors même que les quantités de données et la puissance de calcul n’ont plus rien à voir avec celles qui prévalaient aux débuts de ces modèles.

      Ainsi, au-delà des optimisations techniques, une réflexion méthodologique de fond s’impose, tant le contexte scientifique a évolué depuis les années 1980. Cette réflexion est au cœur, par exemple, du projet Sharp, financé par le programme France 2030. L’étude d’architectures plus compactes et spécialisées est également abordée avec le projet Adapting du même programme.

      Les mathématiques appliquées peuvent jouer un rôle clé en proposant des « représentations parcimonieuses », des méthodes de factorisation, ou en optimisant l’usage de données faiblement annotées.

      Ainsi, en travaillant avec des contraintes de ressources, ces recherches visent un développement en IA plus frugal et donc durable, ainsi que plus accessible, et indépendant de l’hyperconcentration du marché. Elles limitent les externalités négatives — environnementales, éthiques, économiques — liées à la course effrénée vers le gigantisme.

      Mais pour atteindre ces objectifs, il est aussi important d’avancer sur les critères et les méthodes d’évaluations en IA : avec le paradigme dominant actuel, la dimension de frugalité peine encore à s’imposer, que ce soit du côté de la recherche ou industriel. Il ne faut d’ailleurs pas confondre la récente explosion des outils de DeepSeek avec de la frugalité, les coûts en calcul et en données étant eux aussi extrêmement élevés, avec des méthodes probablement éthiquement répréhensibles.

      Ainsi, le monde académique doit mieux intégrer cette dimension afin d’améliorer la visibilité et la valorisation des travaux qui visent la frugalité.
      L’IA que nous développons est-elle vraiment utile ?

      La frugalité en IA n’est pas un simple concept, mais une nécessité face aux enjeux actuels. Les travaux récents sur son empreinte carbone illustrent l’urgence de repenser nos méthodes. Avant même d’envisager les manières de rendre l’IA plus sobre, il est légitime de se demander si l’IA que nous développons est vraiment utile.

      Une approche plus frugale, mieux pensée et mieux orientée, permettra de construire une IA tournée vers le bien commun, s’appuyant sur des ressources maîtrisées, plutôt que sur la surenchère permanente en taille et en puissance de calcul.

      Cet article a été écrit dans le cadre de la troisième édition des Dauphine Digital Days qui a eu lieu à l’Université Paris Dauphine — PSL, du 18 au 20 novembre 2024.

      https://theconversation.com/pourquoi-lia-generative-consomme-t-elle-tant-denergie-247406

    • IA : un puits sans fond de dépenses en énergie, en #eau et en #CO2

      Emmanuel Macron veut croire que la France a « des #data_centers_propres ». Mais les dégâts environnementaux des industries numériques sont déjà tangibles (consommation d’#électricité, émissions de CO2, besoins en eau et en #minerais, conflits d’usage sur le #foncier) alors que l’idée d’une #IA_verte n’est encore qu’une promesse.

      Si le climat était une intelligence artificielle (IA), le monde serait en train de le sauver. Face au tsunami d’investissements publics et privés programmés pour ses infrastructures, il est tentant de détourner le fameux slogan : « Si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé. » Car si ces annonces financières brillent de l’or des profits à venir, elles éclipsent un problème tout aussi exponentiel : les impacts environnementaux désastreux de l’IA.

      109 milliards d’euros en France dans les prochaines années annoncés par Emmanuel Macron, ainsi qu’un projet de méga data center cofinancé par les #Emirats_arabes_unis ; 500 milliards de dollars débloqués pour #Stargate (« la porte des étoiles ») et ses futurs data centers aux États-Unis par #OpenAI et #SoftBank ; 65 milliards de dollars par #Meta, la maison-mère de #Facebook, qui a par ailleurs démoli un centre de données en cours de construction pour le remplacer par un autre adapté aux besoins de l’IA. #Microsoft veut débourser 80 milliards de dollars en divers équipements techniques dans le même objectif.

      Secteur industriel en plein boom ou au bord d’une bulle financière, l’avenir le dira. Mais l’#empreinte_carbone et matérielle de la ruée mondiale vers les #données_numériques est, elle, déjà palpable. Une requête via #ChatGPT consomme dix fois plus d’électricité qu’une recherche Google, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ses expert·es anticipent une explosion de la demande énergétique, équivalente à la consommation actuelle d’un pays comme la Suède ou même l’Allemagne – selon la place du curseur sur la fourchette d’estimation.

      Requêtes énergivores

      Pourquoi ? Deux explications principales semblent faire consensus parmi les spécialistes. D’abord, des raisons strictement matérielles : les #serveurs configurés pour l’#IA_générative utilisent beaucoup plus de courant électrique que leurs prédécesseurs. Notamment parce qu’ils utilisent des puces spécifiques, les #GPU (« # graphics_processing_unit », des #processeurs_graphiques), « qui ont des capacités de #calcul nécessaires à la #technologie d’apprentissage qui permet aux modèles d’IA d’améliorer leur performance, explique Loup Cellard, chercheur associé au médialab de Sciences Po. Une requête sur ChatGPT demande plus de mémoire vive et plus de capacité de #stockage qu’une simple recherche sur un moteur internet ».

      Or, chacun de ces services correspond à des besoins matériels supplémentaires. « Faire une requête ChatGPT pour demander un truc que pourrait donner Google, c’est comme couper votre baguette de pain avec une scie électrique : ça marche mais ça n’est pas la meilleure utilisation que vous pouvez faire des ressources », résume Sylvain Waserman, président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), selon qui « il serait absurde de s’opposer à l’IA et il est irresponsable de ne pas s’intéresser à ses impacts ».

      La phase d’entraînement des machines est plus intense en énergie à l’unité, car elles doivent être beaucoup stimulées pour ramasser et distribuer les données. Mais c’est bien sûr celle des usages qui finalement est la plus énergivore, car le nombre des utilisateurs de la technologie dépasse de loin celui des ingénieur·es qui la développent.

      Ainsi « la migration vers le cloud, l’essor de l’IA générative et les #cryptomonnaies sont les trois principaux vecteurs de la reconfiguration en cours des impacts des centres informatiques » selon l’association GreenIT, dont les rapports font référence. Les data centers, les cryptomonnaies et l’intelligence artificielle ont consommé près de 2 % de l’électricité mondiale en 2022, selon l’AIE. Cela peut sembler dérisoire. Mais la quantité d’électricité qu’ils consomment pourrait doubler en 2026 (par rapport à 2022). Il existe aujourd’hui plus de 8 000 centres de données dans le monde, principalement situés aux États-Unis.

      Les data centers adaptés aux besoins de l’intelligence artificielle consomment 18 % de l’électricité des centres informatiques, alors qu’ils n’en représentent que 2 % de la quantité dans le monde, selon les dernières estimations de GreenIT. Ils émettent près de 4 % de tout le CO2 de la filière numérique, soit déjà plus que l’ensemble des ordinateurs portables en circulation. Selon #France_Datacenter, le lobby du secteur, la demande supplémentaire liée à l’IA générative en France d’ici à dix ans sera de 1 gigawatt, l’équivalent d’un petit réacteur nucléaire.

      Mais les opérateurs de data centers n’aiment pas trop aborder le sujet de leurs impacts environnementaux. Interrogé par Mediapart sur ses besoins en électricité pour soutenir le développement de son activité, #Amazon_Web_Service (#AWS), la branche data center du Gafam, répond par la liste très détaillée de ses investissements et créations d’emplois à venir, sans un mot sur ses besoins énergétiques.

      « Avec l’IA, on pourrait changer d’échelle d’ici à 2030 en termes d’impact environnemental car ses serveurs ne représentent que 2 % des équipements et la demande est très importante pour les années à venir, constate Cécile Diguet, spécialiste des infrastructures numériques. Aujourd’hui, le numérique est un des secteurs qui nous mettent dans le rouge quant au respect des limites planétaires : consommation d’énergie, de ressources en minerais et terres rares, en eau. Les technologies et le numérique prétendent régler des problèmes qu’ils aggravent. Grâce à une IA, on pourra peut-être traiter une base de données plus vite ou mieux gérer la complexité de réseaux d’électricité. Mais en définitive, l’accumulation perpétuelle de matériels et de data centers fait que tous les gains en énergie sont consommés derrière. Le numérique n’est pas source de sobriété. »

      C’est particulièrement vrai concernant les quantités de minerais utilisés pour fabriquer les équipements (centres de données mais aussi puces et autres composants) nécessaires à l’IA – et les déchets en résultant. Ils sont la « colonne vertébrale » de l’intelligence artificielle, selon la chercheuse états-unienne Kate Crawford, qui appelle à créer un nouvel atlas du monde pour visualiser les besoins matériels, financiers et politiques de l’IA, qu’elle décrit comme un système « extractiviste » (Contre-Atlas de l’intelligence artificielle, Zulma, 2024).

      En Chine, l’institut de recherche sur le réseau électrique s’attend à ce que la demande en électricité des centres de données double d’ici à 2030 (par rapport à 2020). Cette consommation est dopée par l’expansion rapide de la 5G et de l’Internet des objets. Le concurrent chinois de ChatGPT, #DeepSeek, a été développé à moindre coût économique et avec moins de consommation énergétique, promettent ses fabricants. Mais personne n’est aujourd’hui en mesure de le vérifier.

      En Europe, le cas de l’#Irlande est spectaculaire : les data centers y représentent 17 % de toute la demande en électricité du pays. C’est autant que toute la consommation du résidentiel en ville. Si tous les projets de centres de données qui ont été approuvés sont menés à terme dans les prochaines années, ils utiliseraient 32 % de tout le courant électrique. Au #Danemark, qui mise aussi sur l’économie des data centers tout en soutenant une initiative européenne de réduction du CO2 du numérique, les centres de données pourraient avaler 20 % de l’électricité en 2026. Est-ce soutenable, alors que le Pacte vert européen fixe aux États l’objectif de réduire d’au moins 38 % leur consommation d’énergie finale d’ici à 2050 ? Pour la Commission européenne, la demande en électricité des data centers pourrait augmenter de 30 % dans l’Union entre 2018 et 2030.

      #Bilan_carbone désastreux

      Surtout que, malgré l’essor des énergies dites renouvelables dans le monde, les sources d’électricité du numérique restent globalement très émettrices en carbone. Apple et Google prétendent être neutres en impact climatique, mais c’est parce qu’ils achètent des crédits de compensation carbone, rappelle la chercheuse Kate Crawford. Elle cite l’exemple de la Chine, où l’industrie des centres de données tire à 73 % son électricité du charbon. En France, l’Ademe a dû revoir à la hausse l’empreinte carbone des data centers à 42 % du secteur du numérique, en intégrant les centres de données à l’étranger que font tourner les utilisateurs nationaux.

      En 2022, l’ensemble du secteur numérique a émis autant de CO2 que le secteur des poids lourds (un peu plus de 4 % de tous les rejets de carbone) dans l’Hexagone. Mais grâce à son électricité décarbonée, la France cherche à se positionner sur le marché des usines à données : « Les data centers en France, ce n’est pas comme aux États-Unis où on utilise du pétrole et du gaz. Ce sont des data centers propres », a prétendu Emmanuel Macron dimanche 9 février.

      Ainsi, entraîner le modèle #GPT3 de la firme OpenAI équivaudrait à conduire 112 voitures à essence pendant un an, selon des scientifiques cités dans AOC par les chercheurs Loup Cellard et Christine Parker. Ils y critiquent pourtant les méthodes d’évaluation des impacts de l’intelligence artificielle. Selon eux, les gains écologiques que permettrait « l’IA verte » sont surestimés et potentiels, alors que les impacts sont immédiats et réels. Les projets de récupération de chaleur pour chauffer une piscine, une résidence, une usine, un hôpital sont multiples et s’affrontent à des obstacles : niveau de température de sortie pas toujours assez haut, risque d’intermittence, etc. – voir aussi le rapport de l’ONG Beyond Fossil Fuels sur le sujet.

      « L’IA n’est pas une activité différente des autres, ajoute Loup Cellard. C’est une industrie capitaliste comme une autre, à laquelle se posent les mêmes questions de responsabilité environnementale, de calcul et de mise en visibilité de ses impacts. »

      À titre d’exemple, de nombreux opérateurs de data centers sont des #fonds_d’investissement_immobiliers (#Real_Estate_Investment_Trust, #Digital_Realty, #Equinix), comme le remarque l’Ademe. La multiplication de leurs constructions ainsi que l’augmentation de leur taille posent des problèmes d’#artificialisation et d’#urbanisme : quelle forme de villes annonce la multiplication des centres de données ? Qui a envie de vivre à côté d’un immeuble de serveurs et de ses stocks de fioul inflammable ? En France, un véritable cluster s’est développé à l’ouest de la #Seine-Saint-Denis (La Courneuve, Saint-Denis, Le Bourget, Dugny) et au nord de #Marseille.
      Parmi les effets déjà tangibles aujourd’hui : la consommation en #eau. Car les data centers doivent être refroidis. Plus ils grossissent et produisent de la chaleur, plus la quantité d’eau nécessaire à baisser leur température est importante. Cette question peut s’avérer critique en période de canicule, signale l’Ademe dans un avis de novembre dernier – en France, ses expert·es estiment qu’en fonction de leur système, ils peuvent consommer 2 litres d’eau par kilowattheure. Au prochain épisode de sécheresse, combien de personnes accepteront que leur data center continue d’être alimenté alors que leur eau potable est coupée ? Et qui décidera ?

      Ainsi #Thames_Water, principale compagnie britannique de distribution d’eau, a demandé aux opérateurs de data centers, notamment à #Google_Cloud et #Oracle, un plan de réduction de leur consommation, jugée excessive à l’été 2022 pendant un pic de chaleur. À Amsterdam, Microsoft a dû présenter un plan drastique de réduction de ses besoins en eau. Aux États-Unis, un des plus gros data centers en fonctionnement est celui de l’agence de renseignement NSA, qui s’étend sur plus de 100 000 mètres carrés dans l’Utah, une terre particulièrement exposée à la sécheresse. Il avale à lui tout seul plus de la moitié de la consommation de l’eau de l’État, autour de 60 %, selon une étude.

      Ouvrir le capot des IA ?

      Après avoir longtemps refusé de révéler la quantité de liquide absorbée par son data center, la NSA a finalement fait savoir en 2022 qu’il avait besoin de près de 90 millions de litres d’eau – soit 35 fois la piscine olympique de Paris 2024 – chaque mois. L’Utah mise sur l’industrie des centres de données et leur vend son eau à des prix battant toute concurrence. Les méga hangars à serveurs s’y multiplient – il y en a deux douzaines aujourd’hui. Mais le Grand Lac salé s’en ressent, selon les défenseurs de l’environnement qui s’inquiètent de le voir s’assécher. En novembre 2022, il a atteint son étiage le plus bas, au point de mettre en danger son écosystème, et notamment ses populations de crustacés, dont se nourrissent des millions d’oiseaux migrateurs.

      En France, l’Ademe estime que les data centers pourraient utiliser 6 % de l’électricité en 2050 – aujourd’hui, le numérique en dépense 11 %. Selon RTE, le gestionnaire des réseaux, les data centers en France pourraient tripler leur consommation d’électricité d’ici à 2035, passant d’environ 10 térawattheures aujourd’hui à 28, selon leur plus haute projection. Les demandes de raccordement de nouveaux centres de grande taille sont en très forte hausse depuis quatre à cinq ans, note l’Ademe, et dépassent de 8 gigawatts – soit plus de quatre réacteurs EPR.

      Son président, Sylvain Waserman, veut défendre la thèse « d’une IA française et européenne qui pourrait trouver un avantage concurrentiel en étant plus respectueuse des ressources ». Il estime que ce peut être une piste de différenciation face à des Gafam « qui jamais n’accepteront qu’on ouvre le capot pour étudier leur impact ».

      En attendant, le gouvernement vient de désigner 35 sites privilégiés pour y construire de nouveaux data centers : simplification des procédures administratives, possible dérogation aux obligations de débat public, réduction des délais de recours juridiques… Sans savoir si les industriels accepteront de communiquer sur leur empreinte énergétique, ils bénéficient d’ores et déjà d’une belle offre de dérégulation.

      https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/100225/ia-un-puits-sans-fond-de-depenses-en-energie-en-eau-et-en-co2

    • #Antonio_Casilli : « L’intelligence artificielle est l’une des industries extractives de notre époque »

      Professeur de sociologie à Télécom Paris, à l’Institut Polytechnique de Paris, il est l’auteur d’En attendant les robots, enquête sur le travail du clic (Seuil, 2019), dont une version augmentée vient de paraître en anglais aux éditions University of Chicago Press. Antonio Casilli est aussi co-auteur du documentaire Les Sacrifiés de l’IA, qui se penche sur les conditions de production des technologies d’IA utilisées en Occident, et sera diffusé sur France 2 le 11 février.

      À cette occasion, et en parallèle du sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, Next l’a rencontré.

      (#paywall)

      https://next.ink/169487/antonio-casilli-lintelligence-artificielle-est-lune-des-industries-extractives

    • L’IA générative a le potentiel de détruire la planète (mais pas comme vous le pensez)

      Le risque premier avec l’intelligence artificielle n’est pas qu’elle s’attaque aux humains comme dans un scénario de science-fiction. Mais plutôt qu’elle participe à détruire notre #environnement en contribuant au #réchauffement_climatique.

      La course à l’intelligence artificielle (IA) s’intensifie. Le 9 février, veille du sommet de l’IA à Paris, Emmanuel Macron promettait 109 milliards d’euros d’investissements publics et privés dans cette technologie pour les années à venir. Il entend concurrencer les États-Unis sur ce terrain, en faisant référence au programme « #Stargate » promis par Donald Trump, qui prévoit des dépenses de 500 milliards de dollars (484 milliards d’euros) dans l’IA aux États-Unis.

      Des deux côtés de l’Atlantique, ces centaines de milliards seront principalement investis dans la construction de nouveaux centres de données pour entraîner puis faire fonctionner les outils d’intelligence artificielle. Pourtant, les impacts environnementaux de ces « data centers », mis de côté dans ce sprint à l’IA, présentent un danger réel pour notre planète.

      « Plus grand est le modèle, mieux c’est »

      L’ouverture au public de l’agent conversationnel d’OpenAI, ChatGPT, en novembre 2022 a marqué un tournant dans les usages de l’intelligence artificielle. Depuis, des dizaines d’IA génératives sont accessibles avec la capacité de résoudre des problèmes variés, allant de la rédaction d’un email professionnel à des suggestions de recette de tartes, en passant par des lignes de code informatique.

      Ces grands #modèles_de_langage (en anglais, « #Large_language_models », ou #LLM), avec un grand nombre de paramètres, se sont développés ces dernières années, comme #Gemini de #Google, #Le_Chat de l’entreprise française #MistralAI ou #Grok de #X. D’autres modèles permettent de créer de toutes pièces des images – on pense à #Dall-E ou #Midjourney –, des vidéos ou des chansons.

      Si leur utilisation est gratuite (bien que des versions payantes existent), le prix est payé non seulement par les utilisateurs dont les données personnelles sont captées, mais aussi par les populations les plus vulnérables au changement climatique. Avec leurs dizaines voire centaines de milliards de paramètres et des terabytes de données pour les alimenter, faire tourner les systèmes d’IA générative demande beaucoup de #puissance_de_calcul de #serveurs, situés dans des centres de données. Donc beaucoup d’#électricité.

      Ces chiffres ne font qu’augmenter à mesure que les modèles se perfectionnent. « Aujourd’hui, l’idée dominante dans l’industrie des modèles génératifs est : "Plus grand est le modèle, mieux c’est" », résument les chercheurs Paul Caillon et Alexandre Allauzen dans The Conversation. Malgré un manque de transparence des entreprises, la consommation d’électricité de leurs modèles et leur #impact_climatique ont fait l’objet d’estimations par nombre de chercheurs et institutions.

      Combien consomme une requête ChatGPT ?

      On sait déjà que la version de ChatGPT sortie en mars 2023, #GPT-4, a demandé plus de puissance de calcul que la précédente. Le Conseil économique et social (Cese), dans un avis de septembre 2024, cite OpenAI et explique : entraîner la troisième version de son modèle de langage a demandé l’équivalent de l’énergie consommée par 120 foyers américains. La version suivante a multiplié par 40 cette consommation, avoisinant la consommation de 5000 foyers.

      Selon une étude, début 2023, une requête ChatGPT consommait environ 2,9 Wh d’électricité, soit presque dix fois plus qu’une simple recherche Google (0,3 Wh). D’autres études estiment l’impact carbone d’une requête à ChatGPT autour de 4 à 5 grammes d’équivalent CO2.

      Produire une image, c’est pire. La startup #HuggingFace, à l’origine de l’IA #Bloom, a été l’une des premières à estimer les émissions de gaz à effet de serre de ces modèles. Dans une étude co-écrite avec l’Université états-unienne de Carnegie-Mellon, elle montre que la génération d’image est de loin la plus polluante des requêtes formulées à une IA générative (l’étude ne prend pas en compte les vidéos).

      Pour donner un ordre d’idée, générer 1000 images correspondrait à conduire environ 7 kilomètres avec une voiture essence. En comparaison, 1000 textes générés équivalent à moins d’un 1 mètre parcouru avec un même véhicule. Mais leur utilisation massive rend cet impact non négligeable. Selon le PDG d’OpenAI Sam Altman, à la fin de l’année 2024, plus d’un milliard de requêtes étaient envoyées à ChatGPT par jour.

      En janvier 2023, soit quelques mois après qu’elle a été rendue accessible au public, ChatGPT avait accumulé 100 millions d’utilisateurs. Selon une estimation de Data for Good, rien que ce mois-là, l’utilisation de ChatGPT aurait pollué à hauteur de 10 113 tonnes équivalent CO2 – soit environ 5700 allers-retours en avion entre Paris et New York.

      En décembre 2024, selon son PDG, le service avait atteint les 300 millions d’utilisateurs… par semaine. Et ce, avec une version bien plus performante – donc bien plus polluante – que la précédente.

      De plus en plus de personnes utilisent l’IA au quotidien, et pour de plus en plus de tâches. Installés dans nos smartphones, accessibles en ligne ou même intégrés dans les frigos haut de gamme, les outils d’intelligence artificielle sont presque partout.

      Une explosion de la consommation d’électricité

      Selon l’Agence internationale de l’énergie, les centres de données représenteraient aujourd’hui environ 1 % de la consommation d’électricité mondiale. Mais cette consommation risque d’augmenter avec les usages croissants et le développement de nouveaux modèles d’IA. Selon l’agence, la consommation des centres de données pour l’IA et les cryptomonnaies a dépassé 460 TWh en 2022. C’est autant que la consommation de la France. D’ici l’année prochaine, selon les scénarios, cette demande en électricité pourrait augmenter de 35 % (160 TWh en plus) à 130 % (590 TWh) ! « Soit l’équivalent d’au moins une Suède et au maximum une Allemagne » de plus dans le monde en quelques années.

      Une autre étude de l’ONG Beyond Fossils Fuels est encore plus alarmiste : « Au cours des six prochaines années, l’explosion de la demande en énergie des centres de données dans l’UE [Union européenne] pourrait entraîner une hausse de 121 millions de tonnes des émissions de CO2, soit presque l’équivalent des émissions totales de toutes les centrales électriques au gaz d’Italie, d’Allemagne et du Royaume-Uni en 2024 combinées » écrit l’ONG en février 2025.

      Les grandes entreprises de la tech cherchent à faire oublier leurs promesses écologiques. Selon le Financial Times, dans un article d’août 2024, les Gafam tentent de remettre en cause les règles de « zéro carbone net » qui leur permettent de compenser leurs émissions de CO2 par le financement d’énergies renouvelables (des règles déjà critiquées pour leur mode de calcul qui dissimule une grande partie de l’impact carbone réel de leurs consommation d’électricité).

      « Ces géants de la technologie sont sur le point de devenir les plus gros consommateurs d’énergie de demain, dans leur course au développement d’une intelligence artificielle énergivore », écrit le média britannique. Les émissions de gaz à effet de serre de Google augmentent par exemple de 13% par an (selon des chiffres de 2023). Une hausse notamment portée par l’augmentation de la consommation d’énergie de ses centres de données. Les émissions de #Microsoft ont bondi de 29 % entre 2020 et 2023.

      Des investissements massifs aux dépens des populations

      Les chefs d’État des États-Unis comme de la France ont pourtant annoncé des investissements massifs dans l’IA pour les années à venir. L’Union européenne, par la voix d’Ursula von der Leyen, a également annoncé un investissement de 200 milliards en partenariat avec de grands groupes.

      Dans les trois cas, ces centaines de milliards d’euros sur la table serviront majoritairement à construire des centres de données pour permettre l’entraînement puis l’utilisation de ces technologies. En France, en amont du sommet de l’IA, le fonds canadien Brookfield a annoncé investir 15 milliards d’euros dans la construction de centres de données, tandis que les Émirats arabes unis ont mis entre 30 et 50 milliards sur la table pour la construction d’un centre de données géant.

      Il est peu probable que cette consommation d’électricité massive ne se fasse pas au détriment des populations. En Irlande, les centres de données monopolisent une part grandissante de l’électricité du pays, ils représentent aujourd’hui plus de 20 % de sa consommation. Cette situation crée des tensions avec les habitants, qui voient leurs factures augmenter alors que la consommation des ménages n’augmente pas.
      Des engagements « durables » non contraignants

      Aux États-Unis, raconte un article de Vert, Microsoft va rouvrir le premier réacteur de la centrale nucléaire de Three Mile Island, site d’un accident en 1979 qui avait irradié toute cette partie de la Pennsylvanie et traumatisé les habitants. Les géants de la Tech – Google, Amazon et Microsoft en tête – cherchent également à investir dans les « petits réacteurs modulaires » nucléaires, en cours de développement, pour alimenter leurs centres de données, ce qui pose la question de la sûreté d’une multitude de petites installations nucléaires face au risque d’accidents. Autre conséquence : le retour en grâce du charbon, fortement émetteur en gaz à effet de serre. Dans l’État de Géorgie, la promesse faite il y a trois ans de fermer toutes ses centrales à charbon a été abandonnée pour répondre au pic de demande d’électricité créé par les centres de données.

      Face à ces risques pour les populations locales comme pour celles les plus vulnérables au changement climatique dans le monde entier, les actions semblent faibles. Une déclaration d’intention a été signée à l’issue du sommet de l’IA, notamment avec l’Inde et la Chine. Il prévoit entre autres la création d’un observatoire de l’impact énergétique de l’IA, sous la responsabilité de l’Agence internationale de l’énergie. Il planifie également la création d’une « coalition pour l’IA durable » avec de grandes entreprises du secteur.

      Ces engagements en matière d’intelligence artificielle signés par les États et les entreprises présentes ne sont pas contraignants, et ne sont pas tournés vers l’action immédiate. De plus, ni le Royaume-Uni ni les États-Unis, qui concentre un tiers des centres de données du monde, n’ont signé ce texte.

      https://basta.media/l-ia-generative-a-le-potentiel-de-detruire-la-planete-mais-pas-comme-vous-l

      #schéma #visualisation #comparaison

    • Comment l’intelligence artificielle et ses data centers s’accaparent l’eau

      La consommation d’eau de l’intelligence artificielle est souvent oubliée des discussions sur l’impact de cette technologie. Pourtant, les centres de données consomment chaque année des milliards de mètres cubes d’eau – et cela risque d’empirer.

      Google a soif. En 2023, les centres de données et les bureaux de la multinationale du numérique ont à eux seuls englouti 24 milliards de litres d’eau – dont la grande majorité utilisée par les data centers. C’est l’équivalent de la consommation d’eau annuelle d’environ 453 000 Français. La question des besoins en eau est l’un des grands enjeux environnementaux du numérique. Il est amplifié par le développement rapide et incontrôlé de l’intelligence artificielle (IA).

      Chaque année, les grandes entreprises de la tech augmentent de dizaines de pourcents leur consommation d’eau. Entre 2021 et 2022, Microsoft a accru de 34 % la quantité d’eau utilisée pour ses activités, et Google de 20 %. Cela représente des milliards de litres d’eau, en grande partie potable, prélevés en plus chaque année. La course au développement d’intelligences artificielles toujours plus performantes – et donc toujours plus polluantes – participe à cette augmentation. Rien que l’entraînement de GPT-3 (la version en usage jusqu’à mars 2023 du robot conversationnel d’OpenAI) aurait consommé 700 000 litres d’eau dans les centres de données de Microsoft basés aux États-Unis.
      Des centres de données géants dans des régions en proie à la sécheresse

      Les ressources en eau globales sont déjà mises en danger par le réchauffement climatique. De nombreuses régions du monde sont en stress hydrique : l’accès à l’eau y est limité, si ce n’est difficile. Selon des estimations de chercheurs, partagées par The Washington Post, un grand centre de données – comme ceux des Gafam – peut consommer entre 3,8 et 19 millions de litres d’eau par jour.

      Ces millions de litres sont utilisés pour produire l’électricité qui les alimente, mais aussi, pour environ un quart, directement pour le refroidissement des serveurs de ces centres de données. Si cela représente encore une faible partie de la consommation d’eau à l’échelle mondiale, les conséquences locales se font souvent déjà sentir. Le journal américain cite l’exemple de la commune de The Dalles, dans l’Oregon, où Google s’accapare plus d’un quart de l’eau de la petite ville.

      Le refroidissement par l’eau est brandi comme argument écologique par les grandes entreprises. Google, par exemple, s’est vanté d’avoir réduit son empreinte carbone de 300 000 tonnes de CO2 en 2021 grâce à des centres de données refroidis par de l’eau plutôt qu’avec de l’air conditionné. Malgré ses promesses de plus grande responsabilité écologique, deux ans plus tard encore, plus de 30 % de l’eau utilisée venait de zones où les risques de pénurie d’eau sont considérés comme moyens ou élevés.

      En Espagne, à une centaine de kilomètres de Madrid, la ville de Talavera de la Reina s’apprête à accueillir un centre de données de 191 hectares, propriété de Meta (la maison-mère de Facebook et Instagram). Depuis 2022, une trentaine de projets similaires ont été lancés dans le pays, rapporte le média indépendant espagnol elDiario.es. Dans la région de l’Aragón, « la situation est grave : 146 000 hectares ne peuvent être cultivés et 175 000 autres sont gravement endommagés par le manque d’eau ». C’est pourtant là qu’Amazon a décidé d’investir 15,7 milliards d’euros pour installer ses centres de données « hyperscale », autrement dit de très grande taille.
      « 4,2 à 6,6 milliards de mètres cubes d’eau en 2027 »

      Amazon tente de montrer patte blanche, promettant un approvisionnement électrique provenant à 100 % d’énergies renouvelables, mais des mouvements écologistes s’opposent vivement à ce projet. « Nous refusons le discours selon lequel cette méga-infrastructure serait bénigne pour les territoires, bien au contraire. Les dégâts écologiques et sociaux causés par le déploiement massif de centres de données peuvent déjà être observés dans d’autres territoires tels que la Virginie (États-Unis), le Mexique, l’Irlande et les Pays-Bas », écrit Tu Nube Seca Mi Río (« Ton nuage assèche ma rivière »).

      « La consommation directe d’eau pour le refroidissement représentera la moitié de la consommation totale d’eau de la ville de Saragosse (plus de 300 000 personnes et ses commerces et entreprises) et aurait permis d’irriguer 170 hectares de terres, [et ce,] si les chiffres avancés par projet sont respectés, ce qui semble fort peu probable. » Le collectif, qui agrège plusieurs associations écologistes espagnoles, dénonce les conséquences multiples qu’auront ces data centers pour l’accès à l’eau dans la région, tant pour l’agriculture, pour les populations que dans la lutte contre les incendies, de plus en plus fréquents. Tu Nube Seca Mi Río alerte aussi sur le danger pour la faune locale.

      Ce risque n’est pas présent qu’à l’étranger. En France, à Marseille, le collectif Le nuage était sous nos pieds – composé notamment de la Quadrature du Net – dénonce « la quasi-absence des enjeux environnementaux et territoriaux des infrastructures du numérique dans le débat public », entre autres quand il est question de la construction de nouveaux data centers. « Le méga-ordinateur surchauffe, renvoie l’air ou l’eau chaude dans une ville déjà trop souvent sujette à la canicule, pompe des quantités astronomiques d’eau et d’électricité sur le réseau public, et ne génère pratiquement aucun emploi direct », résument-ils, face à un nouveau projet de l’entreprise Digital Realty dans la ville.

      Le développement et la massification de l’utilisation de l’intelligence artificielle entraînent les entreprises dans une course effrénée à la construction de centres de données, sans considérer les conséquences écologiques et sociales. Selon une étude menée par des chercheurs et chercheuses de l’Université de Cornell, aux États-Unis, en 2023, « la demande mondiale en IA devrait représenter 4,2 à 6,6 milliards de mètres cubes d’eau en 2027, soit plus que le prélèvement annuel total d’eau de quatre à six Danemark ou de la moitié du Royaume-Uni ».

      https://basta.media/comment-intelligence-artificielle-IA-data-centers-gafam-s-accaparent-eau

    • Big tech’s water-guzzling data centers are draining some of the world’s driest regions

      #Amazon, #Google, and #Microsoft are expanding data centers in areas already struggling with drought, raising concerns about their use of local water supplies for cooling massive server farms.

      In short:

      - The three largest cloud companies are building or operating 62 data centers in regions facing water scarcity, including in Spain, #Arizona, and other drought-prone areas across five continents.
      - Amazon’s new centers in Spain’s #Aragon region are licensed to use enough water to irrigate hundreds of acres of farmland annually, and the company has requested a 48% increase in water for its existing sites.
      – Tech firms promise to become “water positive” by 2030, but experts and even internal critics say offsetting water use elsewhere doesn’t solve shortages in the communities where centers operate.

      Key quote:

      “Neither people nor data can live without water. But human life is essential and data isn’t.”

      — Aurora Gómez, Tu Nube Seca Mi Río

      Why this matters:

      Data centers are the invisible engines of the internet — processing everything from emails to AI, video calls to cloud storage — but they come with a physical footprint. That footprint includes massive energy use and a surprising dependence on fresh water to keep machines cool. In places where droughts are worsening with climate change, the demands of these centers are clashing with local needs for drinking water and agriculture. Some of these regions are already edging toward desertification, and water-intensive industries like tech may tip them further. Critics worry that promises of sustainability are greenwashing efforts that mask the environmental costs of maintaining digital infrastructure.

      https://www.dailyclimate.org/big-techs-water-guzzling-data-centers-are-draining-some-of-the-worlds-
      #Espagne

    • Big tech’s new datacentres will take water from the world’s driest areas

      Amazon, Google and Microsoft are building datacentres in water-scarce parts of five continents
      Luke Barratt, Costanza Gambarini and data graphics by Andrew Witherspoon and Aliya Uteuova
      Wed 9 Apr 2025 13.30 CEST
      Last modified on Wed 9 Apr 2025 17.40 CEST

      Amazon, Microsoft and Google are operating datacentres that use vast amounts of water in some of the world’s driest areas and are building many more, the non-profit investigatory organisation SourceMaterial and the Guardian have found.

      With Donald Trump pledging to support them, the three technology giants are planning hundreds of datacentres in the US and across the globe, with a potentially huge impact on populations already living with water scarcity.

      “The question of water is going to become crucial,” said Lorena Jaume-Palasí, founder of the Ethical Tech Society. “Resilience from a resource perspective is going to be very difficult for those communities.”

      Efforts by Amazon, the world’s largest online retailer, to mitigate its water use have sparked opposition from inside the company, SourceMaterial’s investigation found, with one of its own sustainability experts warning that its plans are “not ethical”.

      In response to questions from SourceMaterial and the Guardian, spokespeople for Amazon and Google defended their developments, saying they always take water scarcity into account. Microsoft declined to provide a comment.

      Datacentres, vast warehouses containing networked servers used for the remote storage and processing of data, as well as by information technology companies to train AI models such as ChatGPT, use water for cooling. SourceMaterial’s analysis identified 38 active datacentres owned by the big three tech firms in parts of the world already facing water scarcity, as well as 24 more under development.

      https://www.theguardian.com/environment/2025/apr/09/big-tech-datacentres-water

      Datacentres’ locations are often industry secrets. But by using local news reports and industry sources Baxtel and Data Center Map, SourceMaterial compiled a map of 632 datacentres – either active or under development – owned by Amazon, Microsoft and Google.

      It shows that those companies’ plans involve a 78% increase in the number of datacentres they own worldwide as cloud computing and AI cause a surge in the world’s demand for storage, with construction planned in North America, South America, Europe, Asia, Africa and Australia.

      In parts of the world where water is plentiful, datacentres’ high water usage is less problematic, but in 2023 Microsoft said that 42% of its water came from “areas with water stress”, while Google said 15% of its water consumption was in areas with “high water scarcity”. Amazon did not report a figure.

      Now these companies plan to expand their activities in some of the world’s most arid regions, SourceMaterial and the Guardian’s analysis found.

      “It’s no coincidence they are building in dry areas,” as datacentres have to be built inland, where low humidity reduces the risk of metal corrosion, while seawater also causes corrosion if used for cooling, Jaume-Palasí said.
      ‘Your cloud is drying my river’

      Amazon’s three proposed new datacentres in the Aragon region of northern Spain – each next to an existing Amazon datacentre – are licensed to use an estimated 755,720 cubic metres of water a year, roughly enough to irrigate 233 hectares (576 acres) of corn, one of the region’s main crops.

      In practice, the water usage will be even higher as that figure doesn’t take into account water used to generate the electricity that will power the new installations, said Aaron Wemhoff, an energy efficiency specialist at Villanova University in Pennsylvania.

      Between them, Amazon’s new datacentres in the Aragon region are predicted to use more electricity than the entire region currently consumes. Meanwhile, Amazon in December asked the regional government for permission to increase water consumption at its three existing datacentres by 48%.

      Opponents have accused the company of being undemocratic by trying to rush through its application over the Christmas period. More water is needed because “climate change will lead to an increase in global temperatures and the frequency of extreme weather events, including heat waves”, Amazon wrote in its application.

      “They’re using too much water. They’re using too much energy,” said Aurora Gómez of the campaign group Tu Nube Seca Mi Río – Spanish for “Your cloud is drying my river” – which has called for a moratorium on new datacentres in Spain due to water scarcity.

      Spain has seen rising numbers of heat-related deaths in extreme weather events linked by scientists to the climate crisis. Last month, Aragon’s government asked for EU aid to tackle its drought.

      Farmer Chechu Sánchez said he’s worried the datacentres will use up water he needs for his crops.

      “These datacentres use water that comes from northern Aragon, where I am,” he said. “They consume water – where do they take it from? They take it from you, of course.”

      With 75% of the country already at risk of desertification, the combination of the climate crisis and datacentre expansion is “bringing Spain to the verge of ecological collapse”, Jaume-Palasí said.

      Asked about the decision to approve more datacentres, a spokesperson for the Aragonese government said they would not compromise the region’s water resources because their impact is “imperceptible”.
      Water offsetting

      Amazon does not provide overall figures for the water its datacentres use worldwide. But it does claim that it will be “water positive” by 2030, offsetting its consumption by providing water to communities and ecosystems in areas of scarcity elsewhere.

      Amazon says it is currently offsetting 41% of its water usage in areas it deems unsustainable. But it’s an approach that has already caused controversy inside the company.

      “I raised the issue in all the right places that this is not ethical,” said Nathan Wangusi, a former water sustainability manager at Amazon. “I disagreed quite a lot with that principle coming from a pure sustainability background.”

      Microsoft and Google have also pledged to become “water positive” by 2030 through water offsetting, as well as finding ways to use water more efficiently.

      Water offsetting ca not work in the same way as carbon offsetting, where a tonne of pollutants removed from the atmosphere can cancel out a tonne emitted elsewhere, said Wemhoff, the Villanova University specialist. Improving access to water in one area does nothing to help the community that has lost access to it far away.

      “Carbon is a global problem – water is more localised,” he said.

      Amazon should pursue water accessibility projects “because it’s the right thing to do”, not to offset the company’s usage and make claims about being “water positive”, Wangusi said.

      In March, Amazon announced that it would use AI to help farmers in Aragon use water more efficiently.

      But that is “a deliberate strategy of obfuscation” that distracts from the company’s request to raise water consumption, said Gómez, the campaigner.

      Amazon said its approach shouldn’t be described as offsetting because the projects are in communities where the company operates.

      “We know that water is a precious resource, and we’re committed to doing our part to help solve this challenge,” said Harry Staight, an Amazon spokesperson. “It’s important to remember many of our facilities do not require the ongoing use of water to cool operations.”
      ‘Extreme drought’

      Amazon is by far the biggest owner of datacentres in the world by dint of its Amazon Web Services cloud division, but Google and Microsoft are catching up.

      In the US, which boasts the largest number of datacentres in the world, Google is the most likely to build in dry areas, SourceMaterial’s data shows. It has seven active datacentres in parts of the US facing water scarcity and is building six more.

      “We have to be very, very protective around the growth of large water users,” said Jenn Duff, a council member in Mesa, Arizona, a fast-growing datacentre hub. In January, Meta, the owner of Facebook, WhatsApp and Instagram, opened a $1bn datacentre in the city, and Google is developing two more.

      The surrounding Maricopa county, where Microsoft also has two active datacentres, is facing “extreme drought”, according to the National Oceanic and Atmospheric Administration. In June 2023, Arizona state officials revoked construction permits for some new homes there due to a lack of groundwater.

      Drought has not halted Google’s plans for a second Mesa datacentre, while its first centre has a permit to use 5.5m cubic metres of water a year – about the same quantity used by 23,000 ordinary Arizonans.

      “Is the increase in tax revenue and the relatively paltry number of jobs worth the water?” said Kathryn Sorensen, an Arizona State University professor and a former director of Mesa’s water department. “It is incumbent on city councils to think very carefully and examine the trade-offs.”

      Google said it won’t use the full amount of water in its Mesa permit as it plans to use an air cooling system.

      “Cooling systems are a hyperlocal decision – informed by our data-driven strategy called ‘climate-conscious cooling’ that balances the availability of carbon-free energy and responsibly sourced water to minimise climate impact both today and in the future,” said Google spokesperson Chris Mussett.
      Stargate

      In January at the White House, Trump announced “Project Stargate”, which he called “the largest AI infrastructure project in history”.

      Starting in Texas, the $500bn joint venture between OpenAI, the American software company Oracle, Japan-based SoftBank and Emirati investment firm MGX will finance datacentres across the US.

      The day before the Stargate announcement, Trump’s inauguration date, the Chinese company DeepSeek launched its own AI model, claiming it had used far less computing power – and therefore less water – than its western rivals.

      More recently, Bloomberg has reported that Microsoft is pulling back on some of its plans for new datacentres around the world. Microsoft has also published plans for a “zero water” datacentre, and Google has said it will incorporate air cooling to reduce water use – though it isn’t yet clear how its systems will work.

      “I’ll believe it when I see it,” said Jaume-Palasí. “Most datacentres right now are going from air cooling to water cooling because liquid is more efficient when you try to cool down high-density racks, which are the ones that are mostly being used for AI.”

      And while the Trump administration has pledged to fast-track new energy projects to power these new datacentres, it has so far said nothing about the water they could use up.

      “Neither people nor data can live without water,” said Gómez. “But human life is essential and data isn’t.”

  • #Électricité, #eau, #minéraux, #CO2 : on a tenté de mesurer l’#empreinte_écologique de #ChatGPT

    GPT la planète ? L’#impact_environnemental de l’incontournable outil d’intelligence artificielle est souvent insoupçonné et sous-estimé, et risque bien d’empirer dans les années à venir. Décryptage.
    On peut l’utiliser pour tout : trouver des idées de repas, préparer un programme de sport, vérifier une info, mener une séance de thérapie gratuite… En deux ans, ChatGPT est devenu un outil du quotidien pour plus de 200 millions d’utilisateur·ices régulier·es. Mais l’essor de ce modèle d’intelligence artificielle (IA) générative, développé par l’entreprise américaine Open AI, va de pair avec une empreinte environnementale croissante.

    « ChatGPT n’est pas intrinsèquement écologique, mais son impact environnemental dépend de divers facteurs, comme l’énergie utilisée pour le faire fonctionner et la source de cette énergie. Bien que l’utilisation de ChatGPT ait une empreinte environnementale, des efforts sont en cours pour rendre ces systèmes plus durables », promet l’outil quand on l’interroge sur le sujet.

    Malgré tous les efforts des expert·es du secteur, cette empreinte demeure très compliquée à estimer. La faute à des modèles qui évoluent très vite et rendent caduques les estimations, ainsi qu’à des effets volontairement sous-documentés par les entreprises du secteur. « Le problème principal, c’est qu’il n’y a aucune transparence des acteurs sur le sujet », relève Lou Welgryn, spécialiste de l’IA et coprésidente de l’association Data for good, qui cherche à mettre la tech au service du climat.
    Une consommation électrique qui monte en flèche

    L’impact énergétique est le plus évident et varie selon la source d’électricité utilisée pour alimenter les centres de données – cela n’aura pas les mêmes conséquences en France, où l’électricité est majoritairement décarbonée, qu’aux États-Unis, où elle est encore fortement alimentée par les fossiles.

    L’intelligence artificielle représente environ 10 à 20% de l’électricité utilisée dans les centres de données, un pourcentage qui pourrait grandir tous les ans de quelque 70% dans les prochaines années. D’ici à 2027, l’IA générative pourrait utiliser autant d’électricité que l’Espagne en 2022, anticipe la banque américaine Morgan Stanley dans une étude (https://vert.eco/wp-content/uploads/2024/11/MSNA20231222338642.pdf).

    Des modèles assoiffés

    Les programmes d’intelligence artificielle sont très gourmands en eau pour produire les composants des serveurs qui font tourner les modèles, mais aussi pour les refroidir. ChatGPT ne fait pas exception : en 2023, une étude américaine a estimé que le modèle ChatGPT-3 consomme 500 millilitres d’eau pour quelques dizaines de requêtes – un chiffre sûrement déjà obsolète depuis le passage à ChatGPT-4, encore plus avide en eau. Et si l’on pense au nombre de requêtes réalisées au quotidien, les calculs deviennent vite vertigineux.
    Des besoins en minéraux

    Comme tous les usages du numérique, l’intelligence artificielle nécessite des composants fabriqués à partir de minéraux (cuivre, lithium, cobalt, etc.). L’extraction de ces minéraux entraîne son lot de conséquences (pollution de l’eau, déforestation, violation de droits humains, etc.) dans les pays concernés. Autant de matériaux qui ne pourront pas être utilisés dans des secteurs critiques de la transition, comme la fabrication de voitures électriques ou la production d’énergies renouvelables.
    Une empreinte carbone de plus en plus conséquente

    Pour se faire une idée de l’empreinte carbone de ChatGPT, nous nous sommes basés sur un comparateur créé par l’association Gen AI impact et l’application Ecologits. Une courte conversation (quelques interactions) avec le dernier modèle de ChatGPT émet environ 0,27 kilogramme d’équivalent CO2 (eqCO2), soit près d’une tonne de CO2 par an pour dix échanges par jour. C’est la moitié de ce que l’on devrait émettre en 2050 pour respecter l’Accord de Paris sur le climat et limiter le réchauffement à moins de deux degrés avant la fin du siècle.

    À rebours de ce que l’on pourrait penser, on note une aggravation de l’impact avec l’évolution des modèles, toujours plus émetteurs en CO2 et demandeurs en eau et en électricité. Un échange rapide avec ChatGPT-4 émet cent fois plus de CO2 que le modèle précédent (ChatGPT-3,5). Or, lorsque ChatGPT-4 a été développé, les abonné·es payant·es du programme sont automatiquement passé·es à cette nouvelle version. « Quand Open AI décide d’un coup de basculer des millions d’utilisateurs sur la version ChatGPT-4, on a un effet rebond absolument effrayant », souligne Lou Welgryn.
    Problème : un usage normalisé au quotidien

    ChatGPT s’est si profondément ancré dans les habitudes des internautes qu’elles et ils sont nombreux·ses à le préférer à Google. Un choix qui n’est pas anodin, puisqu’une requête sur ChatGPT utilise entre six et dix fois plus d’énergie qu’une recherche traditionnelle sur internet, d’après de récentes projections.

    « La question n’est pas tant le nombre d’utilisateurs que le nombre de requêtes réalisées au quotidien. Or, les gens se mettent à utiliser ChatGPT plutôt que Google pour la moindre demande. On prend l’habitude d’avoir recours à une solution compliquée pour une requête simple », décrypte Amélie Cordier, spécialiste de l’IA et fondatrice de Graine d’IA, qui accompagne les entreprises pour un usage responsable de l’intelligence artificielle. « Alors certes, c’est très marrant de lui demander de réciter la météo à la manière de Shakespeare, mais ça ne sert à rien », balaie l’experte.

    « Si les utilisateurs avaient conscience de l’impact concret de leurs requêtes, ils se serviraient sûrement bien différemment de ChatGPT », veut-elle croire. Malheureusement, il est d’autant plus complexe pour les utilisateurs de s’en rendre compte que ces impacts sont complètement invisibles pour ces derniers. « Il est difficile de comprendre l’étendue des impacts environnementaux de l’IA compte tenu de la distance entre là où vous l’utilisez et là où cette interaction a été générée. La plupart du temps, les modèles tournent via des centres de données situés très loin de leurs utilisateurs », explique Sasha Luccioni, informaticienne et chercheuse experte de l’intelligence artificielle, dans un article très complet sur l’empreinte écologique de l’IA.
    Conflits d’usage et renoncements

    « On estime que la demande d’électricité liée à l’IA va être multipliée par deux d’ici à 2030. Le problème, c’est que cela croît plus vite que notre capacité à développer des énergies renouvelables », soulève Lou Welgryn de Data for good. Au risque de générer des conflits d’usage critiques, et de ralentir la nécessaire transition énergétique. L’électrification des usages aujourd’hui dépendants des énergies fossiles (comme le chauffage, les transports, etc.) est un levier incontournable pour permettre à la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050 – c’est-à-dire l’équilibre entre le carbone émis et celui qui est absorbé. « Les Big Tech peuvent-elles décider d’utiliser de l’électricité propre pour verdir leur bilan carbone, tandis que le reste du monde doit utiliser des énergies carbonées ? », interroge Lou Welgryn.

    La croissance du secteur de l’IA est tellement effrénée qu’elle met déjà à mal les ambitions climatiques de géants de la tech, comme Google ou Microsoft. Les émissions de CO2 de Microsoft ont bondi de 30% entre 2020 et 2024, et ce, alors que l’entreprise américaine s’est engagée à atteindre la neutralité carbone dès 2030. Chez Google, ce saut dans les émissions s’est élevé à 48% entre 2019 et 2023. Dans les deux cas, l’essor de l’IA et sa place grandissante dans les centres de données sont en cause.
    L’IA, un outil « qui dope notre monde carboné »

    En matière d’IA, il y a le modèle mais aussi ce qu’il permet de produire. Par exemple, il peut aider des entreprises fossiles à accélérer la production de secteurs polluants (le textile, la tech, etc.). Or, cet élément est quasiment impossible à prendre en compte lorsque l’on calcule l’impact de ces outils. « L’intelligence artificielle dope notre monde carboné, nous rend plus productifs. Et il faut dire les choses clairement : devenir plus efficace dans un monde carboné, ça crée juste plus de carbone », résume Lou Welgryn.

    Bien sûr, l’intelligence artificielle peut aussi être un outil très utile pour l’environnement : elle peut améliorer la modélisation climatique, optimiser l’usage des ressources, détecter des fuites de méthane et globalement réduire les émissions de gaz à effet de serre de certaines activités. Elle peut aussi favoriser la connaissance citoyenne sur ces sujets via un outil comme « Climate Q&A », qui permet d’interroger les rapports scientifiques sur le climat (notre article).
    Un DPE de l’intelligence artificielle ?

    Mais la question se pose moins avec ChatGPT, qui est un produit d’appel majoritairement destiné aux particulier·es. D’autant plus que les modèles généralistes « fourre-tout » comme ChatGPT sont peu efficients d’un point de vue énergétique : ils ont été entraînés avec un nombre incalculable de données – un processus long et polluant. « Si on veut utiliser l’IA générative pour explorer des articles scientifiques de médecine, on n’a a priori pas besoin d’un modèle qui dispose par ailleurs de connaissances approfondies sur la pêche à la mouche », illustre la spécialiste.

    Elle suggère d’instaurer une sorte de « DPE » [diagnostic de performance énergétique, utilisé pour classer les bâtiments et logements selon leur impact écologique, NDLR] des différents modèles d’IA : « Cela serait une vraie révolution qui forcerait les entreprises du secteur à s’améliorer et qui nous aiderait en tant qu’utilisateur à faire des choix plus pertinents ». Et ainsi peut-être utiliser l’intelligence artificielle générative pour des usages plus vertueux que simplement connaître la météo du coin.

    https://vert.eco/articles/electricite-eau-mineraux-co2-on-a-tente-de-mesurer-lempreinte-ecologique-de-ch
    #IA #intelligence_artificielle #impact

  • « Nous assistons à une escalade de la #prédation_minière »

    Une nouvelle #ruée_minière a commencé et touche aussi la #France. Au nom de la lutte contre la crise climatique, il faudrait extraire de plus en plus de #métaux. Celia Izoard dénonce l’impasse de cette « #transition » extractiviste. Entretien.

    Basta/Observatoire des multinationales : Il est beaucoup question aujourd’hui de renouveau minier en raison notamment des besoins de la transition énergétique, avec la perspective d’ouvrir de nouvelles mines en Europe et même en France. Vous défendez dans votre #livre qu’il ne s’agit pas du tout d’un renouveau, mais d’une trajectoire de continuité. Pourquoi ?

    #Celia_Izoard : Les volumes de #métaux extraits dans le monde aujourd’hui augmentent massivement, et n’ont jamais cessé d’augmenter. Ce qui est parfaitement logique puisqu’on ne cesse de produire de nouveaux objets et de nouveaux équipements dans nos pays riches, notamment avec la #numérisation et aujourd’hui l’#intelligence_artificielle, et qu’en plus de cela le reste du monde s’industrialise.

    En conséquence, on consomme de plus en plus de métaux, et des métaux de plus en plus variés – aussi bien des métaux de base comme le #cuivre et l’#aluminium que des métaux de spécialité comme les #terres_rares. Ces derniers sont utilisés en très petite quantité mais dans des objets qui sont partout, comme les #smartphones, et de façon trop dispersive pour permettre le #recyclage.

    Et la production de tous ces métaux devrait continuer à augmenter ?

    Oui, car rien ne freine cette production, d’autant plus qu’on y ajoute aujourd’hui une nouvelle demande qui est un véritable gouffre : celle de métaux pour le projet très technocratique de la transition. « Transition », dans l’esprit de nos élites, cela signifie le remplacement des #énergies_fossiles par l’#énergie_électrique – donc avec des #énergies_renouvelables et des #batteries – avec un modèle de société inchangé. Mais, par exemple, la batterie d’une #voiture_électrique représente souvent à elle seule 500 kg de métaux (contre moins de 3 kg pour un #vélo_électrique).

    Simon Michaux, professeur à l’Institut géologique de Finlande, a essayé d’évaluer le volume total de métaux à extraire si on voulait vraiment électrifier ne serait-ce que la #mobilité. Pour le #lithium ou le #cobalt, cela représenterait plusieurs décennies de la production métallique actuelle. On est dans un scénario complètement absurde où même pour électrifier la flotte automobile d’un seul pays, par exemple l’Angleterre ou la France, il faut déjà plus que la totalité de la production mondiale. Ce projet n’a aucun sens, même pour lutter contre le #réchauffement_climatique.

    Vous soulignez dans votre livre que l’#industrie_minière devient de plus en plus extrême à la fois dans ses techniques de plus en plus destructrices, et dans les #nouvelles_frontières qu’elle cherche à ouvrir, jusqu’au fond des #océans et dans l’#espace

    Oui, c’est le grand paradoxe. Les élites politiques et industrielles répètent que la mine n’a jamais été aussi propre, qu’elle a surmonté les problèmes qu’elle créait auparavant. Mais si l’on regarde comment fonctionne réellement le #secteur_minier, c’est exactement l’inverse que l’on constate. La mine n’a jamais été aussi énergivore, aussi polluante et aussi radicale dans ses pratiques, qui peuvent consister à décapiter des #montagnes ou à faire disparaître des #vallées sous des #déchets_toxiques.

    C’est lié au fait que les teneurs auxquelles on va chercher les métaux sont de plus en plus basses. Si on doit exploiter du cuivre avec un #filon à 0,4%, cela signifie que 99,6% de la matière extraite est du #déchet. Qui plus est, ce sont des #déchets_dangereux, qui vont le rester pour des siècles : des déchets qui peuvent acidifier les eaux, charrier des contaminants un peu partout.

    Les #résidus_miniers vont s’entasser derrière des #barrages qui peuvent provoquer de très graves #accidents, qui sont sources de #pollution, et qui sont difficilement contrôlables sur le long terme. Nous assistons aujourd’hui à une véritable #escalade_technologique qui est aussi une escalade de la #prédation_minière. La mine est aujourd’hui une des pointes avancées de ce qu’on a pu appeler le #capitalisme_par_dépossession.

    Comment expliquer, au regard de cette puissance destructrice, que les populations occidentales aient presque totalement oublié ce qu’est la mine ?

    Il y a un #déni spectaculaire, qui repose sur deux facteurs. Le premier est la religion de la #technologie, l’une des #idéologies dominantes du monde capitaliste. Nos dirigeants et certains intellectuels ont entretenu l’idée qu’on avait, à partir des années 1970, dépassé le #capitalisme_industriel, qui avait été tellement contesté pendant la décennie précédente, et qu’on était entré dans une nouvelle ère grâce à la technologie. Le #capitalisme_post-industriel était désormais avant tout une affaire de brevets, d’idées, d’innovations et de services.

    Les mines, comme le reste de la production d’ailleurs, avaient disparu de ce paysage idéologique. Le #mythe de l’#économie_immatérielle a permis de réenchanter le #capitalisme après l’ébranlement des mouvements de 1968. Le second facteur est #géopolitique. Aux grandes heures du #néo-libéralisme, le déni de la mine était un pur produit de notre mode de vie impérial. Les puissances occidentales avaient la possibilité de s’approvisionner à bas coût, que ce soit par l’#ingérence_politique, en soutenant des dictatures, ou par le chantage à la dette et les politiques d’#ajustement_structurel. Ce sont ces politiques qui ont permis d’avoir par exemple du cuivre du #Chili, de #Zambie ou d’#Indonésie si bon marché.

    Les besoins en métaux pour la #transition_climatique, si souvent invoqués aujourd’hui, ne sont-ils donc qu’une excuse commode ?

    Invoquer la nécessité de créer des mines « pour la transition » est en effet hypocrite : c’est l’ensemble des industries européennes qui a besoin de sécuriser ses approvisionnements en métaux. La récente loi européenne sur les métaux critiques répond aux besoins des grosses entreprises européennes, que ce soit pour l’#automobile, l’#aéronautique, l’#aérospatiale, les #drones, des #data_centers.

    L’argument d’une ruée minière pour produire des énergies renouvelables permet de verdir instantanément toute mine de cuivre, de cobalt, de lithium, de #nickel ou de terres rares. Il permet de justifier les #coûts_politiques de la #diplomatie des #matières_premières : c’est-à-dire les #conflits liés aux rivalités entre grandes puissances pour accéder aux #gisements. Mais par ailleurs, cette transition fondée sur la technologie et le maintien de la #croissance est bel et bien un gouffre pour la #production_minière.

    Ce discours de réenchantement et de relégitimation de la mine auprès des populations européennes vous semble-t-il efficace ?

    On est en train de créer un #régime_d’exception minier, avec un abaissement des garde-fous réglementaires et des formes d’extractivisme de plus en plus désinhibées, et en parallèle on culpabilise les gens. La #culpabilisation est un ressort psychologique très puissant, on l’a vu durant le Covid. On dit aux gens : « Si vous n’acceptez pas des mines sur notre territoire, alors on va les faire ailleurs, aux dépens d’autres populations, dans des conditions bien pires. » Or c’est faux. D’abord, la #mine_propre n’existe pas.

    Ensuite, la #loi européenne sur les #métaux_critiques elle prévoit qu’au mieux 10% de la production minière soit relocalisée en Europe. Aujourd’hui, on en est à 3%. Ce n’est rien du tout. On va de toute façon continuer à ouvrir des mines ailleurs, dans les pays pauvres, pour répondre aux besoins des industriels européens. Si l’on voulait vraiment relocaliser la production minière en Europe, il faudrait réduire drastiquement nos besoins et prioriser les usages les plus importants des métaux.

    Peut-on imaginer qu’un jour il existe une mine propre ?

    Si l’on considère la réalité des mines aujourd’hui, les procédés utilisés, leur gigantisme, leur pouvoir de destruction, on voit bien qu’une mine est intrinsèquement problématique, intrinsèquement prédatrice : ce n’est pas qu’une question de décisions politiques ou d’#investissements. L’idée de « #mine_responsable » n’est autre qu’une tentative de faire accepter l’industrie minière à des populations en prétendant que « tout a changé.

    Ce qui m’a frappé dans les enquêtes que j’ai menées, c’est que les industriels et parfois les dirigeants politiques ne cessent d’invoquer certains concepts, par exemple la #mine_décarbonée ou le réemploi des #déchets_miniers pour produire du #ciment, comme de choses qui existent et qui sont déjà mises en pratique. À chaque fois que j’ai regardé de plus près, le constat était le même : cela n’existe pas encore. Ce ne sont que des #promesses.

    Sur le site de la nouvelle mine d’#Atalaya à #Rio_Tinto en #Espagne, on voir des panneaux publicitaires alignant des #panneaux_photovoltaïques avec des slogans du type « Rio Tinto, la première mine d’autoconsommation solaire ». Cela donne à penser que la mine est autonome énergétiquement, mais pas du tout. Il y a seulement une centrale photovoltaïque qui alimentera une fraction de ses besoins. Tout est comme ça.

    Le constat n’est-il pas le même en ce qui concerne le recyclage des métaux ?

    Il y a un effet purement incantatoire, qui consiste à se rassurer en se disant qu’un jour tout ira bien parce que l’on pourra simplement recycler les métaux dont on aura besoin. Déjà, il n’en est rien parce que les quantités colossales de métaux dont l’utilisation est planifiée pour les années à venir, ne serait-ce que pour produire des #batteries pour #véhicules_électriques, n’ont même pas encore été extraites.

    On ne peut donc pas les recycler. Il faut d’abord les produire, avec pour conséquence la #destruction de #nouveaux_territoires un peu partout sur la planète. Ensuite, le recyclage des métaux n’est pas une opération du saint-Esprit ; il repose sur la #métallurgie, il implique des usines, des besoins en énergie, et des pollutions assez semblables à celles des mines elles-mêmes.

    L’accent mis sur le besoin de métaux pour la transition ne reflète-t-il pas le fait que les #multinationales ont réussi à s’approprier ce terme même de « transition », pour lui faire signifier en réalité la poursuite du modèle actuel ?

    Le concept de transition n’a rien de nouveau, il était déjà employé au XIXe siècle. À cette époque, la transition sert à freiner les ardeurs révolutionnaires : on accepte qu’il faut des changements, mais on ajoute qu’il ne faut pas aller trop vite. Il y a donc une dimension un peu réactionnaire dans l’idée même de transition.

    Dans son dernier livre, l’historien des sciences #Jean-Baptiste_Fressoz [Sans transition - Une nouvelle histoire de l’énergie, Seuil, 2024] montre que la #transition_énergétique tel qu’on l’entend aujourd’hui est une invention des #pro-nucléaires des États-Unis dans les années 1950 pour justifier des #investissements publics colossaux dans l’#atome. Ils ont tracé des belles courbes qui montraient qu’après l’épuisement des énergies fossiles, il y aurait besoin d’une #solution_énergétique comme le #nucléaire, et qu’il fallait donc investir maintenant pour rendre le passage des unes à l’autre moins brutal.

    La transition aujourd’hui, c’est avant tout du temps gagné pour le capital et pour les grandes entreprises. Les rendez-vous qu’ils nous promettent pour 2050 et leurs promesses de #zéro_carbone sont évidemment intenables. Les technologies et l’#approvisionnement nécessaire en métaux n’existent pas, et s’ils existaient, cela nous maintiendrait sur la même trajectoire de réchauffement climatique.

    Ces promesses ne tiennent pas debout, mais elles permettent de repousser à 2050 l’heure de rendre des comptes. Ce sont plusieurs décennies de gagnées. Par ailleurs, le terme de transition est de plus en plus utilisé comme étendard pour justifier une #croisade, une politique de plus en plus agressive pour avoir accès aux gisements. Les pays européens et nord-américains ont signé un partenariat en ce sens en 2022, en prétendant que certes ils veulent des métaux, mais pour des raisons louables. La transition sert de figure de proue à ces politiques impériales.

    Vous avez mentionné que l’une des industries les plus intéressées par la sécurisation de l’#accès aux métaux est celle de l’#armement. Vous semblez suggérer que c’est l’une des dimensions négligées de la guerre en Ukraine…

    Peu de gens savent qu’en 2021, la Commission européenne a signé avec l’#Ukraine un accord de partenariat visant à faire de ce pays une sorte de paradis minier pour l’Europe. L’Ukraine possède de fait énormément de ressources convoitées par les industriels, qu’ils soient russes, européens et américains. Cela a joué un rôle dans le déclenchement de la #guerre. On voit bien que pour, pour accéder aux gisements, on va engendrer des conflits, militariser encore plus les #relations_internationales, ce qui va nécessiter de produire des #armes de plus en plus sophistiquées, et donc d’extraire de plus en plus de métaux, et donc sécuriser l’accès aux gisements, et ainsi de suite.

    C’est un #cercle_vicieux que l’on peut résumer ainsi : la ruée sur les métaux militarise les rapports entre les nations, alimentant la ruée sur les métaux pour produire des armes afin de disposer des moyens de s’emparer des métaux. Il y a un risque d’escalade dans les années à venir. On évoque trop peu la dimension matérialiste des conflits armés souvent dissimulés derrière des enjeux « ethniques ».

    Faut-il sortir des métaux tout comme il faut sortir des énergies fossiles ?

    On a besoin de sortir de l’extractivisme au sens large. Extraire du pétrole, du charbon, du gaz ou des métaux, c’est le même modèle. D’ailleurs, d’un point de vue administratif, tout ceci correspond strictement à de l’activité minière, encadrée par des #permis_miniers. Il faut cesser de traiter le #sous-sol comme un magasin, de faire primer l’exploitation du sous-sol sur tout le reste, et en particulier sur les territoires et le vivant.

    Concrètement, qu’est ce qu’on peut faire ? Pour commencer, les deux tiers des mines sur la planète devraient fermer – les #mines_métalliques comme les #mines_de_charbon. Ça paraît utopique de dire cela, mais cela répond à un problème urgent et vital : deux tiers des mines sont situées dans des zones menacées de #sécheresse, et on n’aura pas assez d’#eau pour les faire fonctionner à moins d’assoiffer les populations. En plus de cela, elles émettent du #CO2, elles détruisent des territoires, elles déplacent des populations, elles nuisent à la #démocratie. Il faut donc faire avec une quantité de métaux restreinte, et recycler ce que l’on peut recycler.

    Vous soulignez pourtant que nous n’avons pas cessé, ces dernières années, d’ajouter de nouvelles technologies et de nouveaux objets dans notre quotidien, notamment du fait de l’envahissement du numérique. Réduire notre consommation de métaux implique-t-il de renoncer à ces équipements ?

    Oui, mais au préalable, quand on dit que « nous n’avons pas cessé d’ajouter des nouvelles technologies polluantes », il faut analyser un peu ce « nous ». « Nous » n’avons pas choisi de déployer des #caméras_de_vidéosurveillance et des #écrans_publicitaires partout. Nous n’avons pas choisi le déploiement de la #5G, qui a été au contraire contesté à cause de sa consommation d’énergie.

    La plupart d’entre nous subit plutôt qu’elle ne choisit la #numérisation des #services_publics, instrument privilégié de leur démantèlement et de leur privatisation : l’usage de #Pronote à l’école, #Doctissimo et la télémédecine dont la popularité est due à l’absence de médecins, etc. Dans le secteur automobile, la responsabilité des industriels est écrasante. Depuis des décennies, ils ne cessent de bourrer les véhicules d’électronique pour augmenter leur valeur ajoutée.

    Ces dernières années, ils ont massivement vendu d’énormes voitures électriques parce qu’ils savaient que le premier marché de la voiture électrique, c’était d’abord la bourgeoisie, et que les bourgeois achèteraient des #SUV et des grosses berlines. Donc quand je dis que nous devons réduire notre #consommation de métaux, j’entends surtout par-là dénoncer les industries qui inondent le marché de produits insoutenables sur le plan des métaux (entre autres).

    Mais il est vrai que nous – et là c’est un vrai « nous » - devons réfléchir ensemble aux moyens de sortir de l’#emprise_numérique. Du point de vue des métaux, le #smartphone n’est pas viable : sa sophistication et son caractère ultra-mondialisé en font un concentré d’#exploitation et d’#intoxication, des mines aux usines d’assemblage chinoises ou indiennes.

    Et bien sûr il a des impacts socialement désastreux, des addictions à la #surveillance, en passant par la « #surmarchandisation » du quotidien qu’il induit, à chaque instant de la vie. Là-dessus, il faut agir rapidement, collectivement, ne serait-ce que pour se protéger.

    https://basta.media/nous-assistons-a-une-escalade-de-la-predation-miniere
    #extractivisme #minières #électrification #acidification #contamination #hypocrisie #relocalisation #prédation #guerre_en_Ukraine #militarisation #déplacement_de_populations #dématérialisation #industrie_automobile

  • Big oil firms knew of dire effects of fossil fuels as early as #1950s, memos show

    Newly unearthed documents contain warning from head of #Air_Pollution_Foundation, founded in #1953 by oil interests.

    Major oil companies, including #Shell and precursors to energy giants #Chevron, #ExxonMobil and #BP, were alerted about the planet-warming effects of fossil fuels as early as 1954, newly unearthed documents show.

    The warning, from the head of an industry-created group known as the Air Pollution Foundation, was revealed by Climate Investigations Center and published Tuesday by the climate website #DeSmog. It represents what may be the earliest instance of big oil being informed of the potentially dire consequences of its products.

    “Every time there’s a push for climate action, [we see] fossil fuel companies downplay and deny the harms of burning fossil fuels,” said Rebecca John, a researcher at the Climate Investigations Center who uncovered the historic memos. “Now we have evidence they were doing this way back in the 50s during these really early attempts to crack down on sources of pollution.”

    The Air Pollution Foundation was founded in 1953 by oil interests in response to public outcry over smog that was blanketing Los Angeles county.

    Researchers had identified hydrocarbon pollution from fossil fuel sources such as cars and refineries as a primary culprit and Los Angeles officials had begun to proposal pollution controls.

    The Air Pollution Foundation, which was primarily funded by the lobbying organization Western States Petroleum Association, publicly claimed to want to help solve the smog crisis, but was set up in large part to counter efforts at regulation, the new memos indicate.

    It’s a commonly used tactic today, said Geoffrey Supran, an expert in climate disinformation at the University of Miami.

    “The Air Pollution Foundation appears to be one of the earliest and most brazen efforts by the oil industry to prop up a … front group to exaggerate scientific uncertainty to defend business as usual,” Supran said. “It helped lay the strategic and organizational groundwork for big oil’s decades of climate denial and delay.”

    Then called the Western Oil and Gas Association, the lobbying group provided $1.3m to the group in the 1950s – the equivalent of $14m today – to the Air Pollution Foundation. That funding came from member companies including Shell and firms later bought by or merged with ExxonMobil, BP, Chevron, Sunoco and ConocoPhillips, as well as southern California utility SoCalGas.

    The Air Pollution Foundation recruited the respected chemical engineer Lauren B Hitchcock to serve as its president. And in 1954, the organization – which until then was arguing that households incinerating waste in backyards was to blame – asked Caltech to submit a proposal to determine the main source of smog.

    In November 1954, Caltech submitted its proposal, which included crucial warnings about the coal, oil, and gas and said that “a changing concentration of CO2 in the atmosphere with reference to climate” may “ultimately prove of considerable significance to civilization”, a memo previously uncovered by John shows. The newly uncovered documents show the Air Pollution Foundation shared the warning with the Western Oil and Gas Association’s members in March 1955.

    In the mid-1950s, climate researchers were beginning to understand the planet-heating impact of fossil fuels, and to discuss their emergent research in the media. But the newly uncovered Air Pollution Foundation memo represents the earliest known cautionary message to the oil industry about the greenhouse effect.

    The Air Pollution Foundation’s board of trustees, including representatives from SoCalGas and Union Oil, which was later acquired by Chevron, approved funding for the Caltech project. In the following months, foundation president Hitchcock advocated for pollution controls on oil refineries and then testified in favor of state-funded pollution research in the California Senate.

    Hitchcock was reprimanded by industry leaders for these efforts. In an April 1955 meeting, the Western Oil and Gas Association told him he was drawing too much “attention” to refinery pollution and conducting “too broad a program” of research. The Air Pollution Foundation was meant to be “protective” of the industry and should publish “findings which would be accepted as unbiased”, meeting minutes uncovered by John show.

    After this meeting, the foundation made no further reference to the potential climate impact of fossil fuels, publications reviewed by DeSmog suggest.

    “The fossil fuel industry is often seen as having followed in the footsteps of the tobacco industry’s playbook for denying science and blocking regulation,” said Supran. “But these documents suggest that big oil has been running public affairs campaigns to downplay the dangers of its products just as long as big tobacco, starting with air pollution in the early-to-mid-1950s.”

    In the following months, many of the foundation’s research projects were scaled back or designed to be conducted in direct partnerships with lobbying groups. Hitchcock resigned as president in 1956.

    Last year, the largest county in Oregon sued the Western States Petroleum Association for allegedly sowing doubt about the climate crisis despite longstanding knowledge of it.

    DeSmog and the Climate Investigations Center previously found that the Air Pollution Foundation underwrote the earliest studies on CO2 conducted in 1955 and 1956 by renowned climate scientist Charles David Keeling, paving the way for his groundbreaking “Keeling Curve,” which charts how fossil fuels cause an increase in atmospheric carbon dioxide.

    Other earlier investigations have found that major fossil companies spent decades conducting their own research into the consequences of burning coal, oil and gas. One 2023 study found that Exxon scientists made “breathtakingly” accurate predictions of global heating in the 1970s and 1980s, only to then spend decades sowing doubt about climate science.

    The newly unearthed documents come from the Caltech archives, the US National Archives, the University of California at San Diego, the State University of New York Buffalo archives and Los Angeles newspapers from the 1950s.

    The Western States Petroleum Association and the American Petroleum Institute, the top US fossil fuels lobby group, did not respond to requests for comment.

    https://www.theguardian.com/us-news/2024/nov/12/big-oil-fossil-fuel-warning

    #effets #énergie_fossile #lobby #CO2 #changement_climatique #climat #alerte

    • Revealed: Big Oil Told 70 Years Ago That Fossil Fuel Emissions Could Impact ‘Civilization’

      New documents show how a deceptive PR strategy pioneered in 1950s California first exposed the risk of climate change and then helped the industry deny it.

      April 6, 1955, was a perfect spring day in Los Angeles. Downtown, the skies were unusually smog-free as Lauren B. Hitchcock, president of the Air Pollution Foundation, made his way up the marble steps of the city’s exclusive California Club for a meeting with some of the West Coast’s most powerful businessmen. Waiting inside the club’s oak-paneled rooms were top executives from California’s major oil companies. They were the Air Pollution Foundation’s largest funders, and they were not happy.

      As the foundation’s president, it was Hitchcock’s job to oversee a research program aimed at solving Southern California’s escalating smog crisis – a crisis that had provoked mass protests throughout Los Angeles County only a few months before. Determined to tackle every possible source of smog, Hitchcock was investigating the region’s numerous oil and gas refineries. On top of this, he was publicly demanding action to curtail air pollution across the state, angering the members of the industry’s oldest lobby group, the Western States Petroleum Association (WSPA), then known as the Western Oil and Gas Association (WOGA). Several weeks earlier, the foundation had also published a report containing the bombshell warning that carbon dioxide (CO2) emissions from fossil fuels could have considerable long-term consequences for “civilization.” Displeased, WSPA’s senior leaders summoned Hitchcock to the California Club where they reprimanded him, spelling out in no uncertain terms exactly what they expected in return for their hefty financial contributions.

      Over lunch, WSPA’s oilmen criticized Hitchcock for supporting pollution controls across California, for drawing “attention” to refinery pollution, and for conducting “too broad a program” of research. Instead, they told him they had formed the Air Pollution Foundation to be “protective,” that Hitchcock should serve as “the research director for the oil industry” and the foundation should publish “findings which would be accepted as unbiased” where the oil industry’s findings were not seen as trustworthy.

      This frank exchange, reported in detail by Hitchcock in a never-before-seen memo, unmasks the strategic motivations behind Big Oil’s sponsorship of air pollution research. Alongside dozens of other newly obtained documents, the memo shows that 1950s L.A. was ground zero for a tactic that has since become a key element of the oil industry’s PR playbook: funding a third-party community front group to sponsor and publicize research aimed at downplaying or denying the harmful impacts of burning fossil fuels.

      Following Big Oil’s intervention, the Air Pollution Foundation’s reports referred to CO2 as “innocuous.”

      Since the 1950s, oil and gas companies have repeatedly used front groups to influence public opinion, block clean air regulation, and stall climate action.

      This deceptive tactic, rooted in California history, is a major focus of climate litigation currently progressing through the state’s courts.

      Ironically, this strategy, designed to protect oil and gas producers from local air pollution controls, led to WSPA members being informed in 1954 of a far greater potential danger resulting from their operations: global climate change.

      This month, the 70th anniversary of researchers warning Big Oil about the risks of climate change, atmospheric carbon dioxide is 50 percent higher than before the Industrial Revolution. Record-breaking heat waves, violently destructive storms, wildfires, drought, and flooding are all increasing due to the effects of greenhouse-gas-induced climate change. Yet, in meetings held behind closed doors over multiple decades, oil and gas executives have consistently decided to deny, dismiss, or downplay the risk of burning fossil fuels to protect their business – just like WSPA’s oilmen of the 1950s. Compelling new evidence shows this pattern of behavior was already hardwired into the industry’s DNA by 1955 and persists today.
      An ‘Air Pollution Siege’

      “Outraged L.A. Citizens Still Suffer from Smog,” a Los Angeles Times headline in December 1952 cried out. That fall had seen Southern California experience its “most prolonged air pollution siege,” suffering five straight weeks of smog that pushed public anger to the “boiling point.” Thick, acrid, and irritating to the eyes and lungs, smog had plagued Los Angeles’ once idyllic corner of the southwestern U.S. since 1943 when, during World War II, the sudden arrival of a blanket of noxious fumes had been mistaken for an enemy gas attack. Obscuring the sun, smog reduced visibility to less than a few blocks, caused fatal traffic accidents, halted movie productions, confined children indoors, and canceled sporting events. On bad smog days, emergency rooms saw higher numbers of deaths from heart or lung diseases, and rates of asthma and bronchitis increased. Smog also damaged property and ruined crops.

      Angry citizens soon demanded action, pointing to the highly visible stack gases emitted daily by Los Angeles County’s many oil refineries. To deflect blame away from the industry, in 1947 WSPA established an internal Smoke and Fumes Committee chaired by William L. Stewart, Jr., a vice president of Union Oil (now Chevron). Through the committee, WSPA sponsored smog studies at the Stanford Research Institute (SRI), downplaying the industry’s role.

      By 1950, however, Caltech chemist Arie Haagen-Smit had identified hydrocarbon pollution from “oil fields, refineries, filling stations, automobiles, etc.” as the primary sources of smog. Using this emerging science, county authorities developed plans to enforce pollution controls. In response, oil industry leaders dialed up their anti-regulatory counteroffensive, dismissing Haagen-Smit’s findings as “unproved speculation,” and citing their own SRI research to claim that the substances responsible for smog had “not been positively identified.” WSPA, now aided by the oil industry’s national association, the American Petroleum Institute (API), argued to delay regulatory action, and recommended expanding research into the causes of smog instead.

      Meanwhile, the smog crisis intensified. Taking matters into their own hands, a group of independent L.A. citizens established the Pure Air Committee, holding public meetings that sought “legal remedies” to combat air pollution. Big Oil’s strategy of relying on SRI’s industry-funded research to stem the tide of bad publicity and prevent regulation was failing. “The policeman is coming!” an executive of Union Oil, warned the API at the group’s mid-year meeting.
      Foundation for War on Smog

      It was out of this battleground that WSPA formed the Air Pollution Foundation (APF). In September 1953, an official account of the foundation’s origins stated that a group of unnamed “civic leaders” gathered to discuss what they could do to eliminate smog. According to this official version of events, “It was obvious that more facts concerning the nature and origin of smog were necessary before proper controls could be invoked.”

      However, Hitchcock’s confidential memo, written in the aftermath of his 1955 California Club meeting, reveals that senior WSPA officials and oil industry executives were among this group of “civic leaders” and that the APF was, in fact, intended as a vehicle for publishing supposedly “unbiased” findings.

      By filtering information “concerning the nature and origin of smog” through a foundation staffed with reputable scientists as well as its own representatives, WSPA hoped to win public credibility among L.A.’s angry residents, stall regulation, and protect the industry’s bottom line. This was a tactic that the U.S.’s heavy industries had used since the 1930s to fight worker health and safety reforms. However, the oil and gas industry, finding themselves directly in the regulatory firing line, now repurposed the same technique for their own agenda. At first, everything seemed to go according to plan.

      “Foundation Set Up For War On Smog,” a November 7, 1953, L.A. Times headline stated, heralding the APF’s official launch. The paper reported that more than “75 businessmen, industrialists, civic leaders, churchmen and government officials” had announced a “community-wide, long-range” program for tackling the smog crisis. A list of the APF’s trustees revealed a cross-section of the city’s most influential figures including the heads of southern California’s most prestigious academic institutions, retail magnates, founders of the state’s leading banks, and the presidents of SoCalGas, Southern California Edison, and Union Oil (acquired by Chevron in 2005).


      According to the foundation’s “Statement of Policy,” these board members who represented “polluting industries” had a particular responsibility to ensure that they would be “parties to all facts and evidence brought to light on the problem” so that they and their colleagues in the fossil fuel industry could “continue their best efforts toward the abatement of air pollution.” In reality, these efforts would fall short but, for the moment, WSPA’s prototype front group received a warm welcome in the press, which heralded the APF as a “Citizens’ Group.”

      Timeline of Events – (Click arrows to browse)

      Follow the Money

      Behind the scenes, documents show that the oil and gas industry was the APF’s largest funder by far, making annual contributions of approximately $200,000 (equivalent to $2.4 million today). In 1955, “oil companies” contributed $200,000 out of the foundation’s total income of $348,000. Throughout the foundation’s six-year existence, WSPA members contributed over a third of the APF’s total income, totaling $1.3 million (around $14 million today).

      But which companies were behind WSPA’s funding of the APF? A November 1954 APF press release is the only surviving document revealing the identity of these individual oil and gas companies. The list includes General Petroleum and Humble Oil (ExxonMobil); Richfield Oil (BP); Shell; Southern California Edison; Southern California Gas Company (SoCalGas); Sunray Oil (Sunoco); Tidewater (ConocoPhillips); and Standard Oil of California, the Texas Company, Union Oil, and Western Gulf (all now Chevron).

      With the money came influence, starting with the APF’s choice of president. The chairman of Standard Oil of Indiana (now BP) scouted universities for recommendations, but it was an APF trustee with ties to Standard Oil of California (Chevron) who eventually recruited Lauren B. Hitchcock, the East Coast chemical engineer and World War I Naval Aviation Corps veteran, to serve as president of the APF.

      With his track record of working for the chemical industry, Hitchcock likely appeared a safe pair of hands to run a front group for Big Oil. Unanimously approved by the APF’s trustees, he relocated his family from New York to Los Angeles, where he began formulating the APF’s research program. From the start of Hitchcock’s tenure, oil and gas industry representatives were omnipresent in the foundation’s operations, as consultants or members of important APF committees. However, despite these guardrails, Hitchcock would turn out to be more independent-minded than the oil industry had hoped.

      Meanwhile, as each month passed, the air pollution crisis in southern California deepened. “Crowd Overflows Smog Meeting,” warned an October 1954 L.A. Times headline. Ten consecutive days of smog had resulted in mass civic protests in the region and on October 20, a crowd of 4,500 “smog-weary citizens” attended a meeting at the Pasadena Civic Auditorium where speakers outlined plans for a citizens’ movement.

      A few weeks later, on November 16, 1954, Hitchcock unveiled the foundation’s ambitious “Twelve-Month Research Program.” Billed as “unprecedented in scope,” the program focused on investigating the fundamental causes of smog and developing technology to reduce pollution from automobiles. Among the dozens of research projects listed, only one related specifically to exploring refinery emissions – even though refineries in the area contributed an estimated 33 percent to L.A.’s total air pollution.
      CO2 and Climate Change

      Tucked away at the end of the “Twelve-Month Research Program,” under the category of “Fundamental Research in Physics, Meteorology and Chemistry” the APF quietly listed a project that would lead to one of the most important scientific discoveries of the 20th century: “Study of Carbon Isotopes.”

      A few months earlier, in September 1954, the APF’s Research Committee had asked Caltech to submit a proposal for studying the source of aerial carbon compounds, hoping it would determine whether “gasoline combustion products” or “the burning of rubbish” were responsible for LA’s carbon pollution. If burning trash proved to be the major source of the city’s carbon pollution, the fossil fuel industry might not be blamed for the smog problem.

      Responding to the APF’s request on November 15, 1954, Caltech’s Samuel Epstein, associate professor of geochemistry, submitted a research proposal outlining how recent scientific advances, applied to carbon dioxide samples, might tell researchers more about the sources of air pollution.

      But what the APF got from Epstein may have been more than they bargained for. As well as offering a possible “contribution to the solution of the smog problem,” Epstein’s proposal outlined how Caltech’s study could be used to predict the future. Increasing concentrations of atmospheric CO2 by burning fossil fuels might affect the Earth’s climate, wrote Epstein, describing the “concentration of CO2 in the atmosphere” as a matter “of well recognized importance to our civilization.” He emphasized that “the possible consequences of a changing concentration of CO2 in the atmosphere with reference to climate” may “ultimately prove of considerable significance to civilization.”

      Epstein proposed “a thorough investigation.” To do this, a Caltech researcher would gather atmospheric samples of CO2 “over the ocean, over mountain areas, and from industrial localities similar to the Los Angeles Basin.”

      As previously revealed by Desmog, APF funding of this project underwrote the earliest studies on CO2 conducted in 1955 and 1956 by Charles David Keeling, then a young postdoctoral researcher at Caltech. This research paved the way for Keeling’s later revelatory findings on global atmospheric CO2, and the publication of the iconic “Keeling Curve,” which charts how the level of atmospheric CO2 is rising due to the effects of burning fossil fuels. Keeling’s work, which has been used by climate researchers from James Hansen, who testified to Congress in the 1980s about global warming, to Michael Mann, creator of the famous “Hockey Stick” graph showing temperature rises from burning fossil fuels during the Industrial era, underpins our understanding of man-made climate change.
      WSPA Knew

      In late 1954, Caltech’s research proposal moved quickly up the foundation’s chain of command, informing oil and gas industry representatives of CO2’s potential climate danger at each stage of the approval process.

      First, the APF’s Research Committee, which included SoCalGas president F. M. Banks, endorsed the study. Next, the APF’s Board of Trustees, with its representatives from Union Oil (Chevron) and Southern California Edison, approved the proposal’s funding.

      A few months later, in March 1955, the APF shared Caltech’s CO2 warning widely among its supporters in a First Technical Progress Report, repeating the message that CO2 emissions from burning fossil fuels could seriously impact the atmosphere. According to President Hitchcock’s official annual statement later that year, copies of all the Foundation’s reports printed to date, which were also available to the public, had been sent to its “trustees and contributors.”

      This shows that WSPA and its major dues-paying members, including Shell, SOCAL Gas, and Southern California Edison, as well as the companies owned or later acquired by Chevron, ExxonMobil, ConocoPhillips and BP, were all warned 70 years ago that the product they profited from could pose a threat to the stability of the Earth’s climate.

      During the mid-1950s scientific understanding of the “greenhouse effect” was increasing among climate researchers, who published their findings outside of academia in publications such as The New York Times and Time magazine. However, these APF documents are the first to show that the oil industry was directly informed of the link during this period. Nevertheless, it seems this information was something the industry might ultimately have preferred to keep private.
      California Club Showdown

      In the months prior to his California Club summons Hitchcock had been busy. In February 1955, he had urged state leaders to take action on refinery pollution, encouraging the Bay Area “to start an air pollution control program” built on knowledge gained from Los Angeles’s smog problem.

      Then, in March 1955, the APF First Technical Progress Report outlined the possible climate risk caused by burning fossil fuels and featured an APF refinery emissions audit showing higher pollution levels than those previously reported by the WSPA-sponsored SRI. And, in early April, during a hearing of the California State Senate in Sacramento, Hitchcock publicly testified in favor of state-funded “fact-finding efforts on air pollution.”

      Two days later, frustrated WSPA leaders summoned him to the California Club.

      At the meeting, Philip S. Magruder, chairman of WSPA’s Smoke and Fumes Committee and executive vice president of General Petroleum (ExxonMobil), told Hitchcock the committee was “questioning the advisability” of the foundation “calling attention” to refinery stack gases “or publicizing them.”

      Next, George Davidson, vice president of the Standard Oil Company of California (Chevron), stated it was his understanding that sulfur dioxide (SO2) from refineries was “actually beneficial to plants and people” in the amounts presently emitted. This even though by 1955 scientists had already identified SO2 as harmful to plants and human health – sometimes even lethal. Davidson endorsed Magrudger’s view that the foundation should not investigate such refinery emissions, criticizing Hitchock’s San Francisco speech for calling “attention to a growing Bay Area air pollution problem.”

      Finally, WSPA brought out their big gun, William L. Stewart, Jr., vice president of Union Oil (Chevron), now chairman of the national Smoke and Fumes Committee for the API, who revealed some important truths about the oil industry’s sponsorship of the foundation.

      First, Stewart complained that the APF was attempting to cover “too broad a program” of research before divulging that “he and others present had been part of the group which formed the Foundation.” As chairman of WSPA’s Smoke and Fumes Committee at the time the APF had been created, Stewart told Hitchcock it was WSPA’s “understanding that, in diverting substantial funds to the Foundation,” the APF would “serve as the research department for the oil industry,” that it would “be of a ‘protective’ nature,” publishing “findings which would be accepted as unbiased,” whereas the industry’s own findings were seen as favorable to its interests. In short, he conveyed that WSPA did not want the APF to concern itself with refinery emissions, but should just “stick to research.” As for Hitchcock’s own role, Stewart told Hitchcock that WSPA expected the APF president to act as “the research director for the oil industry.”

      Surprised and disappointed, Hitchcock referred the matter to the foundation’s Executive Committee, requesting they consider how WSPA’s “basic misunderstanding of the Foundation’s purposes” might be resolved.

      The resolution came soon enough but not as Hitchcock had hoped. Another recently recovered set of documents, written less than a week after the meeting, shows Union Oil executive, Vance N. Jenkins, condemning the APF’s entire research program. In a memo sent to Stewart, Jenkins denigrated every single APF project except for one: its proposal to establish a “first-class public information bureau” to give the public so-called “definite facts” (approved by oil industry executives) about the smog problem. According to Jenkins, this was the “purpose for which the Foundation was established” and the only aspect of its activity he could “fully recommend.” The following day, president of Union oil and APF Trustee, Reese H. Taylor, submitted Jenkins’ damning memo to the foundation’s Executive Committee.
      Records show that WSPA’s efforts hit their target. From this point on, the oil industry exerted tighter control over the APF’s activities. At a special meeting of the Executive Committee on April 13, 1955, unnamed participants put forward a proposal for a new “scientific sub-committee” to advise on “technical matters” whose members should be selected from “organizations such as the American Petroleum Institute, the Western Oil and Gas Association.”. By July, the APF had duly installed this new Technical Advisory Committee, which included representatives from the API and Richfield Oil (BP).

      In line with Union Oil’s suggestions, APF research projects were scaled back, focusing exclusively on automobile emissions, often conducted jointly with the API. After 1955, APF-sponsored research was increasingly used to lobby County authorities against clean air regulations or to boost the oil and gas industry’s public image. APF newsletters and reports also emphasized the high cost of pollution control, arguing that regulation would have negative economic impacts, and repeated the mantra that more research was necessary before regulatory action should be taken. Additionally, from March 1956, records show that WSPA issued a series of direct requests that the APF focus exclusively on public relations instead of air pollution research.

      Finding himself increasingly sidelined to a fundraising role and at odds with WSPA’s intentions, Hitchcock resigned as president and managing director in September 1956.

      His successor, W. L. Faith, had ties to the API and would steer the foundation in line with WSPA’s demands.

      After resigning, Hitchcock moved back east, where he joined the faculty at the University of Buffalo’s engineering school and founded his own air pollution consulting firm.
      ‘Harmless’ Carbon Dioxide

      Following WSPA’s California Club intervention, APF publications reviewed by DeSmog made no further reference to CO2’s potential impact on the Earth’s climate. These subsequent APF reports also did not explain the implications of Keeling’s Caltech findings for advancing scientific understanding of the atmospheric changes caused by burning fossil fuels, even though APF members had been explicitly warned that these changes might “ultimately prove of considerable significance to civilization.” While APF publications reported some of Keeling’s findings – principally that CO2 in the L.A. atmosphere “increased mainly as a direct result of combustion” and that approximately two-thirds of this overall CO2 was “traceable to the combustion of petroleum products” – these APF reports did not mention the potential long-term impacts of fossil-fuel-generated CO2 emissions.

      Moreover, in what might be some of the earliest known examples of climate denial, APF reports that followed declared CO2 to be “innocuous.” Additionally, individual industry representatives affiliated with WSPA also denied the potential harmfulness of CO2, setting a precedent for an oil industry practice that would be repeated over the following decades.

      At the U.S. Public Health Service’s November 1958 National Conference on Air Pollution in Washington, D.C., Shell executive Charles A. Jones, a WSPA and API air pollution expert who had formerly served on the APF’s Technical Advisory Sub-Committee, publicly described CO2 as “harmless.” In stark contrast, one of the conference’s keynote speakers had earlier that same day discussed the potential climate consequences of CO2 emissions – such as global warming, the melting of polar ice caps, and rising sea levels.

      Asked about Jones’ statement, Shell told DeSmog the company had “nothing to add.”
      Legacy

      The APF disbanded at the end of 1960 without fanfare. According to its official history, the foundation had “fulfilled its mission,” despite its failure to resolve the smog problem in California. In reality, however, by 1961, air pollution regulation was expanding across the U.S., turning the oil and gas industry’s pollution-control problem into a national issue. Consequently, the industry’s national trade association, the API, became increasingly active in both air pollution research and in working to prevent emissions-limiting regulation of the oil industry.

      From the 1950s up to today, the oil and gas industry has used the playbook that it first deployed through the APF, funding apparently ‘independent’ research via third-party community groups to fight against air pollution legislation and climate action. These efforts have repeatedly stalled clean air and climate regulations. At the same time, oil and gas companies have leveraged this research spending to boost their public image as a responsible partner in the search for climate or clean air solutions, and to promote voluntary measures or technological fixes in place of legally mandated pollution controls.

      WSPA’s member companies, including BP, Chevron, ExxonMobil, and Shell, funded outright climate denial via their membership in the Global Climate Coalition (GCC), which operated from 1989 to 2001. The GCC built on the APF legacy by sponsoring its own “independent research” and using industry-funded studies to promote climate denial, lobbying the UN’s official scientific advisory body the International Panel on Climate Change (IPCC). This derailed international efforts to prevent the catastrophic impacts of climate change.

      In 1998, an API, Exxon, and Chevron-approved “Global Climate Science Communications Action Plan” included forming a Global Climate Science Data Center, which bore an even closer resemblance to the APF. According to the plan, the Center would function as “a non-profit educational foundation with an advisory board of respected climate scientists . . . staffed initially with professionals on loan from various companies and associations with a major interest in the climate issue,” who would fund research designed to “fill the gaps in climate science.”

      “Victory will be achieved when average citizens ‘understand’ (recognize) uncertainties in climate science,” announced the “Action Plan,” echoing the APF’s 1954 declaration that “while there is much we don’t know about smog, there are some definite facts which have not been made clear to the public. We should inform them fully as to all that is really known.”

      Even in the 21st century, WSPA and its member companies continue to influence public opinion and block clean air regulations and state climate initiatives through third-party front groups like Californians for Energy Independence and Californians Against Higher Taxes, which have used industry-sponsored research to battle even modest reforms. In 2014, a leaked PowerPoint presentation revealed WSPA support for more than a dozen front groups, with many still actively opposing climate policy a decade later. Last month, WSPA was named as a defendant in an Oregon climate lawsuit for its support of front groups listed in the leaked presentation. The complaint alleges that WSPA funded the front groups as part of a “multimillion dollar public relations campaign to further the oil industry’s propaganda machine.”

      Today, some 70 years after the Air Pollution Foundation’s launch, the communities surrounding Los Angeles’ refineries persistently suffer severe public health impacts from fossil fuel emissions. At the same time, the region continues to experience some of the country’s worst air quality. As a state, California is also the second-highest emitter of CO2 in the U.S.

      Nationally, oil industry-funded groups like Natural Allies for a Clean Energy Future or the Partnership to Address Global Emissions advocate for using ‘natural’ (methane) gas by sponsoring and publicizing industry-friendly research boosting gas as a climate solution.

      These new Air Pollution Foundation documents show how WSPA and its member companies played a central role in establishing the tradition of the oil industry’s deceptive tactics. Now, five major oil companies (Chevron, ExxonMobil, BP, ConocoPhillips, and Shell), as well as the API, are being sued for the use of such tactics in the landmark California v. Big Oil lawsuit, part of the landscape of litigation launched by former presidential candidate Kamala Harris. Despite functioning as a pioneer in the evolution of these tactics, WSPA has not been named as a defendant in the California suit.

      Commenting on the lawsuit, a Shell spokesperson told DeSmog that the company does “not believe the courtroom is the right venue to address climate change, but that smart policy from government and action from all sectors is the appropriate way to reach solutions and drive progress.”

      Neither WSPA nor API responded to a request for comment by DeSmog.

      https://www.desmog.com/2024/11/12/revealed-big-oil-told-70-years-ago-that-fossil-fuel-emissions-could-impact-c