• La plus grande victoire de la #mafia est d’avoir cessé de ressembler à la mafia

    Aujourd’hui, la mafia semble plus puissante que jamais – il suffit de regarder les chiffres de la #cocaïne pour s’en rendre compte –, mais aussi plus invisible. Comment en est-on arrivé là ?

    Quand j’ai écrit Extra pure en 2020, la cocaïne était déjà partout ; aujourd’hui, elle est partout et coûte moins cher. La production mondiale a plus que triplé et les saisies atteignent des niveaux records. C’est justement là le problème : saisir des tonnes sans faire grimper le prix revient à vider l’océan à la cuillère.

    La structure a changé : on n’a plus de cartels verticaux, mais un système de courtage, des cellules interchangeables, l’Équateur devenu une plaque tournante, l’Europe du Nord avec Anvers et Rotterdam comme portes d’entrée, la ‘Ndrangheta en tant que banquier du système. Et puis les drogues de synthèse, qui n’ont besoin ni de terre ni d’agriculteurs, mais seulement d’un hangar.

    Mais la véritable nouveauté se trouve là où l’on ne regarde pas.
    Quel est cet angle mort ?

    Oliver Bullough l’a baptisé « Moneyland », un pays sans frontières où l’argent sale circule librement tandis que les lois censées le traquer restent nationales. Le criminologue Michael Levi répète depuis des années que, en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, on mesure l’activité et jamais le résultat : on compte le nombre de signalements envoyés et non la quantité de crimes qui ont été empêchés.

    Il en résulte que l’on récupère 0,05 % des produits du crime et que les coûts de mise en conformité dépassent de cent fois l’argent saisi
    1
    . C’est le paradoxe du réverbère : nous cherchons les clefs là où il y a de la lumière, dans les formulaires, dans les signalements des banques, dans la bureaucratie de la conformité, alors que les clefs se trouvent dans l’obscurité et que personne ne veut s’y aventurer.
    Quels signaux plus ou moins faibles voyez-vous en France où l’on parle de plus en plus d’une mexicanisation du pays ?

    Chaque fois qu’un jeune meurt à Marseille, la France regarde le cadavre et dit : « Le Mexique ». C’est là que réside l’erreur. Le mort est la seule partie du trafic de drogue qui accepte de se laisser photographier. C’est le résidu, le bilan des erreurs, le coût d’un marché qui n’a pas encore trouvé son équilibre. Un marché qui tue est un marché immature. Quand le système fonctionne vraiment, personne ne meurt : on signe un acte notarié. Le sang n’est pas le signe de la puissance criminelle, c’est le signe de son adolescence.

    Le signal grave, c’est l’autre, et par définition, on ne le voit pas, car sa réussite coïncide exactement avec son invisibilité.

    Commençons par la langue, qui trahit toujours. Les Français parlent de « blanchiment ». En Italie, nous parlons de « recyclage ». Ce sont deux philosophies opposées.
    C’est-à-dire ?

    Le blanchiment promet la purification, la tache qui disparaît, l’argent qui redevient innocent. Le recyclage admet au contraire que la substance reste et ne change que de forme. La France s’est bercée pendant des décennies de l’illusion de pouvoir « laver » ; l’Italie a appris à ses dépens que rien ne se lave, mais se transforme. Ce n’est pas un détail lexical : Tracfin appelle encore aujourd’hui « sociétés lessiveuses » les entités qui blanchissent les fonds du crime organisé. Toute la métaphore de la lessive est présente dans le vocabulaire administratif de l’État.

    Et voici la partie historique que la France refuse de lire. Le trafic qui a inondé l’Amérique d’héroïne pendant trente ans s’appelait la « French Connection ». Le mot « français » figurait dans son nom, les laboratoires se trouvaient à Marseille, et la France a tout de même réussi à considérer cela comme l’affaire des autres : d’abord des Corses, puis des Italiens, ensuite des Maghrébins, aujourd’hui des Slaves et des Albanais.

    Chaque génération a eu son étiquette ethnique, et chaque étiquette a servi à ne pas nommer la structure. Car si les laboratoires étaient marseillais, l’argent ne restait jamais dans le milieu : il passait par des banques, des biens immobiliers sur la Côte d’Azur, des casinos, des chantiers. Le trafic peut être étranger.
    Et le blanchiment ?

    Le blanchiment, non. Le blanchiment est toujours local, par nécessité technique : pour blanchir de l’argent, il faut un notaire, un expert-comptable, un établissement de crédit, un marché public, un cadastre. Il faut donc les institutions de ce pays et les professionnels de ce pays.

    Les chiffres le montrent avec une brutalité que les chroniques n’ont pas. La Cour des comptes européenne a estimé le blanchiment à 1,3 % du PIB de l’Union chaque année, soit environ 38 milliards d’euros pour la seule France. La commission d’enquête du Sénat évalue à 50 milliards le chiffre d’affaires des réseaux spécialisés dans le blanchiment de capitaux d’origine criminelle dans le pays. Le chiffre d’affaires du trafic de drogue français est estimé par les autorités entre trois et six milliards.

    Mettons ces chiffres côte à côte : la drogue n’en représente qu’une fraction. Le Sénat l’écrit sans détours dans son rapport du 18 juin 2025 : le blanchiment d’argent est aujourd’hui le trafic le plus lucratif de France, et il n’existe pas de stratégie cohérente pour le combattre ; le système n’est qu’un assemblage de dispositifs disparates. Le titre du rapport est déjà un verdict : « Ces dizaines de milliards qui gangrènent la société. »
    Qu’en est-il des chiffres sur la supposée origine étrangère du problème ?

    Nous avons un chiffre qui met fin à tout débat sur l’origine étrangère du problème. En 2024, Tracfin a reçu plus de 215 000 déclarations de soupçons, mais le secteur non financier — notaires, greffiers, maisons de jeux — ne représente que 7 % du total. Les avocats n’en ont transmis que quinze. Les agents sportifs, une catégorie à très haut risque, n’en ont jamais transmis une seule.

    Quinze signalements pour toute une profession. Ce n’est pas un problème de frontières : c’est un problème de classe professionnelle. La ligne qui sépare l’argent sale du patrimoine propre passe par les cabinets du centre de Paris, pas par les ports. Le cas le plus révélateur remonte à sept semaines.
    Que s’est-il passé ?

    Le 9 juin 2026, la JIRS de Marseille a démantelé un réseau de blanchiment d’argent en bande organisée : treize interpellations, cinq personnes mises en examen, des sommes réinvesties dans l’immobilier ou transférées à l’étranger. 2,7 millions d’euros, des lingots d’or et quatorze voitures de luxe ont été saisis. Tout avait commencé au printemps 2024 par un simple contrôle fiscal dans la banlieue de Narbonne.

    Les sociétés utilisées comme écrans étaient des entreprises de construction de Perpignan, Narbonne et Béziers, avec une activité économique réelle et un chiffre d’affaires réel. Pas de sociétés fantômes aux Seychelles : des chantiers français qui construisaient réellement. Le président de la fédération du bâtiment des Bouches-du-Rhône admet que ces entreprises remportent les appels d’offres avec des propositions inférieures de 25, 30, voire 40 % au prix du marché, et que le secteur subit des menaces et du racket concernant les embauches sur les chantiers autour de Marseille.

    Autrement dit : l’argent de la drogue remporte des marchés publics français en vendant à perte. Il élimine les entreprises légales pour cette raison même : sa rentabilité, il l’a déjà faite ailleurs. C’est la définition parfaite d’une méthode mafieuse, et personne ne l’a importée de l’extérieur.

    Le nouveau Parquet national anticriminalité organisée a saisi, en cinq mois, près de 990 millions.
    Ce n’est donc pas suffisant…

    C’est un bon début. Mais il faut le mettre en perspective avec les 38 milliards estimés chaque année. Le rapport entre ces deux chiffres résume tout le problème français.

    C’est pourquoi le terme de « mexicanisation » est réconfortant, et doit être rejeté précisément par ceux qui dénoncent ces pratiques. Parler du Mexique revient à dire : « Ils nous importent leur violence. » Cela déplace le centre de gravité vers l’extérieur, vers l’ethnie, vers l’immigration, et transforme un problème de système économique en un problème d’ordre public.

    Les mafias ne se mesurent pas au nombre de morts qu’elles causent : elles se mesurent aux patrimoines qu’elles parviennent à blanchir. Les meurtres, c’est ce que le trafic de drogue perd. Le blanchiment d’argent, c’est ce qu’il gagne. Et aucun État n’a jamais été détruit par ce que les criminels perdent.
    La déstabilisation de certains pays européens pourrait-elle atteindre les niveaux que l’on a connus en Amérique latine ?

    La différence est structurelle, et non de degré. En Amérique latine, le trafic de drogue a érodé le monopole de l’État sur la violence, avec des territoires où l’État ne pénètre pas, des taux d’homicides à deux chiffres pour 100 000 habitants, des forces de police infiltrées jusqu’aux plus hauts échelons, des candidats assassinés en pleine campagne électorale.

    En Europe, ce n’est pas le cas. Ici, les mafias ne défient pas l’État, elles le traversent. Elles achètent des marchés publics, blanchissent des capitaux, s’immiscent dans la logistique portuaire et dans le secteur du bâtiment. Peu de violence, forte pénétration économique. Un modèle opposé, et justement pour cette raison plus difficile à percevoir.
    Quelle devrait être la réponse à adopter ?

    La dérive autoritaire n’est la réponse à aucun de ces deux modèles. Les mafias n’ont jamais eu peur d’un État fort. Elles ont peur de l’État qui contrôle l’argent. Ce qui les touche, ce sont une magistrature indépendante, les enquêtes patrimoniales, les confiscations, la transparence des marchés publics, un journalisme capable d’écrire sans craindre de poursuites abusives. Ce sont les mêmes outils que tout gouvernement autoritaire s’empresse d’affaiblir en premier lieu, car ils peuvent aussi le toucher.

    Deux exemples historiques. Le fascisme s’est vanté d’avoir vaincu la mafia grâce au préfet Mori, mais il n’a frappé que la base et a laissé intacte, voire favorisée, la bourgeoisie mafieuse qui avait rejoint le régime, à tel point qu’en 1943, ce réseau était prêt à se reconstituer. Aujourd’hui, le modèle Bukele, avec ses prisons de masse et son état d’exception permanent, a fait chuter le nombre d’homicides sans toucher au trafic de drogue ni au blanchiment d’argent. On arrête la rue, on laisse le capital intact.

    L’autoritarisme produit une sécurité perçue et une impunité réelle aux échelons supérieurs. Contre les mafias, c’est le contraire qu’il faut. Moins de spectacle, plus de bilans.
    En matière de lutte contre le crime organisé, l’Italie a une certaine expérience (notamment depuis les années 1980). Pensez-vous qu’elle est assez étudiée par les autres pays européens ?

    Absolument pas. L’Europe est à la traîne, le reste du monde l’est encore plus.

    L’Italie possède le meilleur savoir-faire au monde, et c’est un savoir-faire né du sang : l’article 416-bis existe parce que Pio La Torre a été assassiné ; l’article 41-bis et le système des collaborateurs de justice existent parce que Falcone et Borsellino ont été assassinés. Derrière chaque instrument législatif italien se cache un cercueil. C’est une législation écrite dans le deuil, et c’est pour cela qu’elle fonctionne : elle n’est pas née dans un séminaire, mais de l’urgence d’un État qui était en train de perdre pied.

    Presque aucun autre pays européen ne connaît le délit d’association de type mafieux. On juge les délits individuels – le trafic, le meurtre, le blanchiment d’argent –, mais pas l’organisation en tant que telle, ni la méthode, ni la force d’intimidation que représente le lien d’appartenance. Et presque partout, l’attaque contre le patrimoine fait défaut : mesures de prévention, confiscation élargie, administration judiciaire des entreprises. Le reste de l’Europe arrête des personnes ; l’Italie a compris qu’il fallait leur retirer leur argent, car un parrain en prison dont le patrimoine reste intact continue de diriger.

    Y a-t-il à ce niveau un décalage entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud ?

    L’Europe du Nord a longtemps entretenu un malentendu : celui selon lequel la mafia serait un problème folklorique du Sud, fait de casquettes et de fusils. Pendant qu’on pensait cela, la cocaïne est entrée par Rotterdam et Anvers, la ‘ndrangheta a investi dans toute l’Allemagne (Duisbourg 2007 n’a rien enseigné) et à Marseille, la DZ Mafia a mis en place un système de violence que la France peine même à nommer. Ce n’est pas que les mafias soient arrivées en Europe : c’est que l’Europe ne disposait pas des catégories pour les percevoir.

    Car le véritable phénomène est tout autre : ce ne sont pas seulement les mafias qui se sont capitalisées, c’est le capitalisme qui s’est mafiosisé. Les organisations criminelles ne sont plus le corps étranger qui s’attaque à l’économie légale. Elles sont le fournisseur de liquidités le plus fiable du marché : elles ne demandent pas de garanties, paient en espèces, et en cas de crise, elles arrivent avant les banques. Et l’économie légale a cessé de se demander d’où vient cet argent.

    Tant que l’Europe traitera la mafia comme une question d’ordre public et non de marché, de marchés publics, de logistique portuaire, de fonds publics, elle restera structurellement sans défense, et continuera à demander conseil à l’Italie sur les morts sans en copier les lois.
    S’il ne fallait retenir qu’une seule leçon de votre travail et de vos livres, laquelle ce serait ?

    La leçon est simple. On ne peut pas changer ce qu’on ne connaît pas.

    Le capitalisme criminel existe parce qu’il reste indéchiffrable. On ne peut pas le combattre si l’on ne comprend pas son mécanisme, conçu exprès pour passer inaperçu.

    Il est très facile de dire que ce sont les immigrés qui s’en prennent aux villes. La détresse a un corps, un visage, elle est dans la rue, on peut la photographier. L’argent, non. Il passe par des virements, des sociétés écrans, des marchés publics, et ne fait pas la une des journaux télévisés. Ainsi, l’indignation se porte toujours sur le pauvre visible et jamais sur le flux invisible — ce qui est exactement ce que ce flux souhaite.

    Mon travail a consisté à mettre en lumière cette ombre. J’en ai payé le prix. Chaque jour, je me demande si cela en valait la peine.
    Comment comprendre la fascination que suscitent les narcotrafiquants ? Netflix, par exemple, semble en avoir fait son fond de commerce.

    Le trafiquant de drogue ne fascine pas parce qu’il se tient en marge du système. Il fascine parce qu’il incarne le système débarrassé de toute hypocrisie. L’entrepreneur légal doit présenter un récit moral de son enrichissement : le mérite, l’innovation, la valeur apportée au territoire, et aujourd’hui, le bilan de développement durable. Le trafiquant de drogue en est dispensé. Son capital n’a pas besoin de s’excuser. Le spectateur reconnaît une structure qu’il connaît déjà : l’ascension, le risque, le capital réinvesti, l’élimination du concurrent, débarrassée des mots qui la rendent méconnaissable lorsqu’elle revêt une veste. Ce n’est pas le revers de notre monde, c’est notre monde dont on a coupé le son de la justification.

    De là naît un plaisir que j’appellerais gnostique, et c’est le véritable moteur de la série. Celui qui regarde a le sentiment d’avoir été admis au secret, d’avoir enfin vu comment fonctionne vraiment le monde. C’est la face B. Mais c’est un plaisir épistémologique, non moral, et pour cette raison dangereusement compatible avec l’inertie. Comprendre comment fonctionne la machine procure une satisfaction qui ressemble beaucoup à la capitulation.
    Que faudrait-il faire ?

    Il y a une objection à se faire à soi-même, et c’est la partie qui fait tenir tout le reste. Le narcotrafiquant n’est pas du tout dépourvu d’hypocrisie. Il dispose d’un appareil de légitimation extrêmement raffiné : la famille, l’honneur, le terrain de foot construit dans la commune, le pauvre qui se venge de l’oligarchie, la Vierge sur le mur.

    Escobar avait un discours politique, pas seulement une fortune. Il ne dit pas la vérité sur le capital : il raconte un autre mensonge, archaïque plutôt que managérial, et justement pour cela plus séduisant, car il parle le langage du mythe et non celui du communiqué de presse.

    Et là, le piège réside dans le récit lui-même. La véritable face cachée n’est pas spectaculaire. C’est le notaire, la facture gonflée, le transporteur, la société écran à Malte. La série raconte l’exception, le parrain, la fusillade, le charisme, et finit ainsi par protéger la règle, qui est la continuité parfaite entre l’économie criminelle et l’économie légale. Le narcotrafiquant représenté comme un monstre est un alibi. Si le narcotrafiquant était présenté comme un collègue, ce serait alors vraiment insupportable.
    Qu’a pu apporter en plus du livre, selon vous, l’adaptation de Gomorra aux écrans ?

    Je ne pense pas que la série apporte quelque chose : je pense qu’elle enlève. Elle enlève le « je », elle enlève la voix off, elle enlève le témoin. Il ne reste que le monde, sans personne pour le juger à notre place.

    C’est par cette soustraction que Gomorra est devenue une grammaire visuelle mondiale — au point d’universaliser Scampia. PNL tourne le clip Le monde ou rien aux Vele parce que cette banlieue est déjà la leur : Manille, Philadelphie, Paris, Le Caire… toutes les banlieues obéissent à la même logique.
    La légalisation représente-t-elle une solution pour casser les trafics de drogue ?

    Non, la légalisation ne met pas fin au trafic de drogue. Elle en élimine une partie, et il faut préciser laquelle.

    En ce qui concerne les drogues douces, l’expérience a déjà été menée et elle a fonctionné. Après la légalisation au Colorado et dans l’État de Washington, le trafic de cannabis mexicain s’est effondré : les saisies à la frontière ont été réduites à une fraction négligeable. Aucune opération de police n’avait jamais obtenu un résultat similaire. La légalisation a accompli ce que quarante ans de guerre contre la drogue n’avaient pas réussi à faire.

    Le pire modèle est celui qui reste à mi-chemin : une demande tolérée, une offre illégale. Le backdoor problem néerlandais a alimenté pendant quarante ans la filière à partir de laquelle s’est développée la Mocro Maffia. Dépénaliser la consommation sans réglementer la production est le cadeau idéal pour le crime organisé. Les Néerlandais ont reconnu le problème et tentent d’y remédier. Depuis 2023, l’Experiment gesloten coffeeshopketen, la « chaîne fermée », est en cours : dix communes — dont Breda, Tilburg, Arnhem, Groningue, Maastricht et Nimègue — où les coffee shops ne vendent que du cannabis issu d’une production légale, provenant de cultivateurs privés agréés, sous le contrôle de l’Inspection et de l’autorité alimentaire. À partir d’avril 2025, la vente de tout autre produit est interdite. Durée prévue : quatre ans.
    Quel rapport entretenez-vous maintenant avec Naples, vos terres natales mais terres où vous êtes en permanence menacé ? Comment se manifeste chez vous cette ambivalence ?

    Naples m’a chassé. C’est la blessure la plus profonde, car elle ne vient pas de mes ennemis. De la part de mes ennemis, on s’y attend, ça fait partie du jeu. Elle vient de chez moi. D’une partie de ma ville qui a décidé que le problème n’était pas la camorra, mais ceux qui en parlaient.

    Et on m’a chassé sur la base d’une fausse accusation : celle selon laquelle parler du mal détruirait le lieu qui l’abrite. C’est exactement le contraire qui s’est produit. Après ces récits, le tourisme a explosé, les ruelles dont j’avais parlé se sont remplies. Ce n’est pas à moi qu’en revient le mérite. Mais cette théorie, selon laquelle le silence protège et la parole détruit, est le mensonge le plus ancien du pouvoir criminel. Naples en est la réfutation vivante.

    C’est là que réside le paradoxe le plus obscène : ceux qui m’accusent d’avoir diffamé Naples sont très souvent ceux qui ont tiré profit de cette transformation. Ceux qui ont acheté, ceux qui ont vu la valeur d’un bien immobilier tripler dans un quartier que personne ne voulait traverser il y a vingt ans. Ils vivent de ce changement et crachent sur ceux qui l’ont déclenché.
    Si c’était à refaire, écririez-vous et publieriez-vous de nouveau vos livres à cause desquels vous êtes aujourd’hui menacé ?

    Non. Je ne le referais pas. Non pas parce que je renie quoi que ce soit de ce que j’ai écrit, mais parce que je n’ai pas été le seul à en payer le prix. Le livre est vivant et continue son chemin ; moi, je suis resté figé depuis vingt ans et ma famille s’est effondrée.
    Les derniers mots de Gomorra (« Fils de pute, je suis encore vivant ! ») sont-ils devenus, de façon presque performative, les mots qui caractérisent votre vie ?

    Je les ai écrits à 26 ans et ils sont devenus une prophétie sur ma vie.
    Quel est le lieu le plus important pour vous à Naples ? Y avez-vous un beau souvenir ?

    Je répondrais à ces deux dernières questions en citant Dante : « Il n’est pas de plus grande douleur que de se souvenir des temps heureux dans la misère »…

    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/08/02/la-plus-grande-victoire-de-la-mafia-est-davoir-cesse-de-ressembler-
    #criminalité_organisée #Roberto_Saviano #in/visibilité #drogue #ndrangheta #Moneyland #blanchiment_d'argent #mort #puissance #invisibilité #lessive #vocabulaire #terminologie #mots #Marseille #France #French_connection #trafic_de_drogue #argent_sale #BTP #bâtiment #appels_d'offre #marchés_publics #mexicanisation #économie #pénétration_économique #autoritarisme #loi #législation #patrimoine #argent #Rotterdam #Anvers #capitalisme #fonds_publics #lutte_contre_la_mafia #logistique #narcotrafique #mythe #légalisation #légalisation_de_la_drogue #coffee_shops #Pays-Bas

  • In nome del business: la metamorfosi della violenza da parte della criminalità organizzata
    https://irpimedia.irpi.eu/mafieglocal-metamorfosi-violenza-criminalita-organizzata

    Oggi in Italia la violenza mafiosa è silenziosa: viene utilizzata come strumento per regolare il commercio al dettaglio e le faide interne ai clan. In Europa, invece, cresce e si sposta anche verso i centri più piccoli L’articolo In nome del business: la metamorfosi della violenza da parte della criminalità organizzata proviene da IrpiMedia.

    #Mafie_e_Criminalità #'Ndrangheta #Calabria #Camorra #Campania #Cosa_Nostra #Mafieglocal #Puglia #Sicilia

    • Governance and trade: Mafias’ multifunctional violence in Italian drug markets

      Systemic violence is a structural feature of drug economies and a key spillover of prohibitionist drug policies. Despite its centrality, the concept is often applied in ways that obscure its distinct purposes, market levels, and organizational contexts. To address this gap, the study examines violence at the intersection of mafia activity and drug markets, focusing on its distribution across market levels (retail, national wholesale, transnational), organizational functions (governance and trade), and rivalry configurations (inter-, intra-, and extra-clan). It draws on a press-based dataset of mafia-related homicides in Italy (2014–2024) to code and analyze these dynamics. Results show that more than half of all mafia homicides are drug-related, mainly tied to governance activities and concentrated at the retail level of the market. This pattern marks a qualitative shift in mafia violence: increasingly selective, embedded in market dynamics, confined to criminal circuits. Statistical analyses reveal significant associations between activity type, market level, and rivalry configuration, indicating that coercion concentrates where regulatory control and market participation intersect. This pattern underscores the multifunctional nature of Italian mafias, which govern markets from within while actively engaging in trade. By grounding this overlap empirically, the study advances theoretical debates on organized crime’s role in shaping illicit economies. It also offers a replicable framework for analyzing drug-related violence in the absence of official statistics.

      https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0955395926000356

  • L’autostrada della cocaina disegnata dai motoscafi veloci
    https://irpimedia.irpi.eu/narcotraffico-cocaina-barche-veloci

    Come una flotta di go-fast abbia cambiato il volto del mare, e del #Narcotraffico. L’Europa viene inondata di cocaina in un moderno Mad Max tra narcos e forze dell’ordine in pieno Oceano Atlantico L’articolo L’autostrada della cocaina disegnata dai motoscafi veloci proviene da IrpiMedia.

    #Mafie_e_Criminalità

  • Newsroom – Cocaina: il più grande sequestro in mare di sempre. Il drop-off e la nuova geografia del #Narcotraffico
    https://irpimedia.irpi.eu/newsroom-nave-arconian-sequestro-cocaina-mafia-turca

    Dalla super alleanza turco-olandese che ha riscritto le rotte della cocaina, fino all’evoluzione dei metodi di trasporto L’articolo Newsroom – Cocaina: il più grande sequestro in mare di sempre. Il drop-off e la nuova geografia del narcotraffico proviene da IrpiMedia.

    #Mafie #Narcos #Paesi_Bassi #Turchia

  • La raffineria di cocaina nella #Locride non è un episodio, ma un allarme che pochi colgono

    La scoperta di un laboratorio di coca a #Sant'Agata_del_Bianco (Reggio Calabria) dimostra un salto di qualità nel narcotraffico nazionale. In Calabria non solo si importa polvere bianca, ma si produce anche.

    Rinvenire una raffineria di cocaina nelle campagne italiane è indubbiamente una notizia, di quelle che a volte finiscono in prima pagina di cronaca. Ma siccome succede in Calabria se ne occupano davvero soltanto quei giornalisti attenti dei quotidiani locali che si trovano spesso (quando si tratta di ‘ndrangheta ancora di più), per onor di cronaca e interesse pubblico, a coprire ciò che la stampa nazionale non tratta se non con trafiletti di agenzie di stampa. In generale, la mafia fa notizia solo quando si tratta dei tesori o delle donne di Matteo Messina Denaro. In Calabria non fa notizia se non si tratta di grandi numeri e grandi scandali, nemmeno quando si tratta di una certa criminalità organizzata o alcune sue evoluzioni. Questa notizia, cioé che in Calabria si produce – non solo si importa – cocaina e che dunque si è fatto un enorme salto di qualità e di pericolo nel narcotraffico nazionale, pare riguardare pochi.

    Nella Locride, un laboratorio adibito a raffineria di cocaina

    “Le attività investigative (…) permettevano, nelle prime ore del 14 febbraio 2026, di rinvenire, all’intemo delle campagne della Locride, nel comune di Bianco, un vero e proprio laboratorio adibito a raffineria di cocaina, come inequivocabilmente risulta dal materiale utilizzato per la produzione, taglio ed essicazione della sostanza, dalle presse idrauliche per la formazione dei panetti, stampi, fornelli a gas, forni a microonde, lampade, mestoli, acido citrico, materiale per imballaggio e confezionamento e bilancia sequestrati”.

    Si tratta di un’operazione coordinata dai carabinieri di Civitavecchia per la Direzione distrettuale antimafia di Roma: dodici soggetti indagati, quattro fermati, tra cui tre della Colombia, due della Repubblica dominicana e gli altri della Campania e del Lazio. Ma nessun calabrese. La cosa dovrebbe sorprendere, ma non sembra venir registrata a pieno.

    Due soggetti sono accusati di essere broker sudamericani della cocaina. Uno, dominicano, “responsabile dei contatti con fornitori nazionali ed esteri, dell’organizzazione logistica dei trasporti e della gestione dei flussi finanziari, anche mediante l’utilizzo di piattaforme di cambio in criptovalute, nonché principale anello di raccordo tra il sodalizio e narcotrafficanti calabresi”; l’altro, colombiano, “detto il ‘presidente’, avvalendosi di propri connazionali (…), gestisce i corrieri, le consegne ed il prezziario”.

    In seguito a una frenetica ricerca a Pescara, intercettata dalle autorità a Civitavecchia, di 200 kg di acido borico (che viene impiegato per aumentare il peso e il volume della sostanza stupefacente conferendole l’aspetto cristallino che contraddistingue la cocaina di alta qualità, ndr), il soggetto dominicano e un altro vengono “sorpresi, in piena notte, intenti, all’interno del laboratorio predetto, ad armeggiare quantità notevoli di quella che appariva essere pasta di cocaina, la quale, assieme a diversi panetti, anch’essi apparentemente di cocaina, sottovuoto con tanto di timbro (per un totale complessivo di 518 kg), veniva sottoposta a sequestro”.

    Narcotraffici in Calabria, ma senza calabresi, né ’ndrangheta?

    Quindi, ricapitolando, fino al febbraio del 2026, un’organizzazione criminale sudamericana, in combutta con un gruppo di distribuzione dello stupefacente nel Lazio, opera una raffineria di cocaina in Aspromonte, per la precisione a Sant’Agata del Bianco.

    Ma non solo non ci sono calabresi tra i fermati, ma nemmeno pare esserci menzione nel decreto di fermo, di chi siano i calabresi coinvolti: si menzionano ‘fornitori calabresi’, altri ‘calabresi potenti’, delle stesse zone di un soggetto di origini calabrese del gruppo romano. Ma – come spesso succede anche alle autorità di mezzo mondo – si usa il termine ‘calabrese’ per indicare sciattamente qualcuno coinvolto nel giro criminale quando non si riesce a essere più precisi. Perché ovviamente, a Sant’Agata del Bianco, tutti si aspettano che ci sia di mezzo la ‘ndrangheta. La Locride, e Bianco nello specifico, sono terre di mafia antica, di famiglie che hanno fatto la storia dell’organizzazione criminale calabrese. È impensabile per qualcuno che ci sia una raffineria di cocaina nella Locride e non sia coinvolto qualche clan, forse più di uno. Ma di ‘ndrangheta in questa indagine non se ne parla, non viene nemmeno menzionata. E allora che succede?

    Il narcotraffico e la ‘ndrangheta non sono sempre la stessa cosa

    Ed ecco che arriva il punto cruciale per l’analisi. Da una parte c’è una narrazione diventata mainstream che vuole la ‘ndrangheta immutabile forza conservatrice che controlla ogni centimetro di vita in Calabria, soprattutto nei tuoi territori più longevi, come la Locride. Per questa narrazione, la raffineria di Sant’Agata del Bianco a gestione sudamericana non rientra nella narrazione della ‘ndrangheta se non a patto di dire che le fila del tutto siano proprio mosse dai clan locali. Ma non sembra essere così, perché se fosse stato così dall’indagine sarebbe emerso un clan o due.

    Dall’altra parte esiste una realtà che diventa sempre più complessa da decifrare, ma che mostra una qualche riluttanza e resistenza alla narrazione della ‘ndrangheta-piglia-tutto. In questa seconda prospettiva sembra emergere un aspetto non trascurabile che cambia tutto: il narcotraffico e la ‘ndrangheta non sono sempre la stessa cosa, nemmeno in Calabria. La ‘ndrangheta non fa solo narcotraffico, e il narcotraffico non è solo ‘ndrangheta.

    In questa prospettiva la vicenda della raffineria di Sant’Agata del Bianco si fa ancora più cupa. Se è plausibile immaginare una sorta di signoria pagata dai sudamericani-laziali ai clan del luogo (perché è improbabile che un placet non ci sia stato, per questioni di controllo del territorio), è altresì plausibile immaginare che tale signoria non venga accompagnata dalla protezione mafiosa e che, soprattutto, non sia associata a operazioni congiunte tra clan e trafficanti. Per dirla in altro modo, per un gruppo basato nel Lazio andare nella Locride per investire in una raffineria ha un senso strategico: oltre all’isolamento geografico, lì si è nel cuore della potenza ‘ndranghetista, ci sono contatti, alleanze possibili, il porto di Gioia Tauro.

    Ma ci sono anche dei rischi, come dice proprio uno del gruppo, se ti trovano ‘coi calabresi’ “quella è associazione a delinquere, ti danno il 41bis e ti fai vent’anni” per sottolineare il rischio di espozione alle inchieste antimafia (diverse dalle inchieste sul narcotraffico). La Calabria è terra disperata, una operazione di polizia in più o in meno è più probabile che perda nella moltitudine delle inchieste e che venga attribuita comunque alla ‘ndrangheta.

    Per la ‘ndrangheta ci sono vantaggi se altri mettono su un business: i boss locali, senza alzare un dito ma semplicemente dando un nulla osta, ci guadagnano comunque qualcosa e rimangono sovrani del territorio. Non possono offrire protezione perché magari non gliela chiedono e perché a volte non possono: ce lo insegna l’esperienza al porto di Gioia Tauro dove da anni ormai la sovranità dei clan della Piana viene esercitata senza protezione, ma solo come lascia passare. La signoria dunque non rende questo un business di ‘ndrangheta, altrimenti non si spiegherebbe l’assenza di calabresi ‘specifici’ nell’indagine, e nemmeno l’affidamento della raffineria a soggetti che si fanno scoprire perché frenetici nella ricerca dei materiali, non proprio affidabili. Resta probabile che i rapporti coi ‘calabresi’ a cui il gruppo sudamericano-laziale fa riferimento siano di appartenenza varia e non omogenea, come ormai è il traffico di stupefacenti in Calabria, mai sotto una unica regia.

    La trasformazione locale della cocaina, un salto sconvolgente

    Oltre a cozzare con la narrazione della ‘ndrangheta ‘world wide mafia’, onnipresente e onnipotente, questa analisi ci restituisce due pensieri finali.

    Uno, il guadagno qui è enorme e difficile da stimare con precisione, ma le intercettazioni offrono uno squarcio illuminante: il «presidente» colombiano spiega che acquistando un chilogrammo di cocaina «grezza» a 16.500 € e trasformandola in prodotto «cotto» è possibile rivenderla a 20.500 €, con un profitto di 4.000 € per chilogrammo. Moltiplicato per i 518 kg sequestrati nella raffineria di Sant’Agata del Bianco, si parla di oltre due milioni di euro di guadagno potenziale da una singola operazione. E questa è solo una raffineria scoperta, in un solo momento. Il business della trasformazione locale della cocaina rappresenta un salto economico e strategico di portata sconvolgente.

    E due, c’è qualcosa di ancora più inquietante che dovrebbe allarmare tutti e che invece è passato completamente in sordina. Se la Calabria diventa produttrice di cocaina – cioè se oltre a curare l’importazione della sostanza finita ora importa anche pasta di coca per raffinarla sul territorio – i danni possibili per la regione e per la nazione sono di un livello di pericolo mai visto prima. La Colombia insegna cosa significa diventare terra di produzione: violenza endemica legata al controllo delle raffinerie, infiltrazione capillare delle istituzioni per proteggere gli impianti, devastazione ambientale causata dai prodotti chimici utilizzati nel processo di raffinazione, e soprattutto la trasformazione del territorio in zona contesa tra gruppi criminali per il controllo di un business dai margini stratosferici, per una terra povera e marginale.

    La produzione locale significa radicamento permanente e militarizzazione del crimine, significa che la Calabria non è più solo un punto di transito o smistamento ma il cuore pulsante di un’industria che genera miliardi. E tutto questo sta accadendo mentre la stampa nazionale guarda altrove e la narrazione pubblica resta ancorata a schemi che non riescono più a leggere la realtà. La raffineria di Sant’Agata del Bianco non è un episodio: è un segnale di allarme che pochi sembrano voler ascoltare di come il narcotraffico cambia non solo la regione, ma anche la sua mafia.

    https://lavialibera.it/it-schede-2709-la_raffineria_di_cocaina_nella_locride_non_e_un_episodio_

    #cocaïne #Italie #Calabre #production #raffinerie #drogue #mafia #narcotrafic #Aspromonte #Bianco

  • Trenta tonnellate di cocaina: il più grande carico di sempre era diretto al Mediterraneo
    https://irpimedia.irpi.eu/nave-arconian-sequestro-cocaina-mafia-turca

    Una nuova alleanza criminale fra mafia turca e #Narcos olandesi ha a disposizione un’intera flotta di navi da cargo, e ha messo a punto una nuova rotta dai Caraibi all’Europa, passando dal Sierra Leone L’articolo Trenta tonnellate di cocaina: il più grande carico di sempre era diretto al Mediterraneo proviene da IrpiMedia.

    #Mafie #Mondo #Narcotraffico #Paesi_Bassi #Turchia
    https://irpimedia.irpi.eu/public/uploads/2035/07/video-nave-plutus-lancio-cocaina.mp4

  • Des requins exposé à la cocaïne et aux médicaments : une découverte inquiétante aux Bahamas
    https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/des-requins-expose-a-la-cocaine-et-aux-medicaments-une-decouverte-

    Au large d’une île pourtant préservée des #Bahamas, des chercheurs ont détecté des traces de #cocaïne, de #caféine et d’#analgésiques dans le #sang de plusieurs #requins. Une #pollution invisible qui interroge sur l’état des #océans et ses conséquences sur la #faune #marine.

  • Le ambizioni dell’antimafia francese

    Tra Corsica e Marsiglia, le bande continuano a farsi guerra e mietere vittime. Intanto, a Parigi ha cominciato a operare la procura nazionale contro la criminalità organizzata, creata sul modello della Dna italiana

    Alain Orsoni, imprenditore ed ex leader nazionalista della Corsica, ucciso al funerale della madre. Una magistrata a Grenoble rapita da banditi che volevano un riscatto in criptovalute dal marito imprenditore. Un ventenne ammazzato per mettere a tacere suo fratello, Amine Kessaci, attivista impegnato nella lotta ai narcotrafficanti. In Francia non passa mese senza un fait divers, un caso di cronaca, cruento e spietato. Negli ultimi anni lo Stato ha cercato di contrastare la violenza e i traffici. Da gennaio è entrata in attività la Procura nazionale contro la criminalità organizzata (Pnaco), ispirata alla Direzione nazionale antimafia e antiterrorismo (Dna) ideata da Giovanni Falcone. Sarà questa autorità a coordinare le inchieste su questi ultimi casi eclatanti.

    Nell’Esagono è difficile parlare di una mafia così come la conosciamo in Italia, ma di organizzazioni criminali sempre più voraci e violente: «Al momento – ha detto la procuratrice nazionale Vanessa Perrée durante un incontro pubblico con Roberto Saviano a Parigi il 16 febbraio – abbiamo ancora a che fare soprattutto con gangster interessati principalmente al denaro», e non al potere politico ed economico, come le organizzazioni mafiose italiane. «Non sono uomini d’onore, ma criminali per i quali non c’è differenza tra regole e legge, perché in realtà non ci sono né regole, né leggi», ha aggiunto.

    Questa caratteristica riguarda soprattutto le organizzazioni legate al traffico di droga, quelle nate nelle banlieue di Marsiglia, come la DZ Mafia (per Perrée, un marchio che dalla città portuale si è allargato in altre città, Clermont-Ferrand, Digione, Besançon, come fosse un franchising) e il gruppo chiamato Yoda. Sono queste le principali bande dietro i regolamenti di conti del 2023 e 2024. Se il Paese ha registrato 139 morti nel 2023 e 110 nel 2024 nell’ambito di regolamenti di conti tra criminali, la maggior parte dei “narcomicidi”, come li chiamano in Francia, è avvenuta a Marsiglia: 49 persone uccise nel 2023 (di cui quattro vittime collaterali), 24 l’anno successivo, qualcuna di meno nel 2025.

    Molte bande sono cresciute con i traffici di hashish dal Marocco e negli ultimi anni sono passate alla cocaina, quella che arriva in grandi quantità nei porti del Nord Europa, tra cui quello di Le Havre, dove pure sono stati registrati omicidi e violenze per il controllo dei varchi di uscita degli stupefacenti dallo scalo. Più polvere bianca, a costi più accessibili, con un risultato: il consumo di cocaina in Francia «sta esplodendo» ha spiegato Perrée durante l’incontro pubblico. L’aumento riguarda anche i sequestri di droga. Nel 2025 sono state intercettate 84,3 tonnellate di cocaina contro le 53,5 dell’anno precedente.

    L’offerta è forte e la distribuzione è capillare: «Abbiamo un’uberizzazione (in riferimento al servizio di “taxi” Uber, ndr) del traffico: le piazze di spaccio diminuiscono a favore di persone che consegnano». Questo sistema coinvolge persone sempre più giovani «che vanno a commettere reati, a volte per somme modiche, dopo esser stati reclutati tramite Snapchat, TikTok o altre piattaforme». Un caso di cronaca parla per tutti: il 4 ottobre 2024 un 14enne, soprannominato “Pepito” – assoldato come sicario tramite social network da un detenuto della DZ Mafia – ha ucciso un autista di 39 anni, innocente. Uno scambio di persona che ha lasciato tre bambini orfani di padre. Il 12 febbraio scorso il tribunale dei minori di Parigi ha condannato l’adolescente a 17 anni di detenzione. «Mi sembra sia necessario porre l’accento sulla questione dei minori, dato che un numero sempre maggiore di giovani è reclutato attraverso i social media per commettere reati gravissimi in cambio di somme irrisorie – ha detto la procuratrice nel corso di un’audizione alla commission des lois al Senato, il 14 gennaio –. La legge prevede misure per punire più severamente chi li recluta, e ci aiuterà a invertire la tendenza in modo che lo sfruttamento di questi minori diventi più un problema che un vantaggio».

    Le nuove organizzazioni marsigliesi sono spietate. Lo sa bene Amine Kessaci, attivista di 22 anni che ha perso due fratelli per mano criminale. Il 29 dicembre 2020 suo fratello Brahim, coinvolto in attività di spaccio, è stato vittima di un regolamento di conti tra bande, ucciso e bruciato all’interno di un’automobile. Da quel giorno Amine, già attivo nel sociale con l’associazione Conscience da lui creata, ha fatto della lotta al narcotraffico una delle sue battaglie, cercando di creare una rete di aiuto ai familiari delle vittime. Un impegno che gli è costato molto caro: il 13 novembre scorso, un altro fratello, Medhi, estraneo ai traffici, è stato ucciso in un agguato. Qualcuno vuole mettere a tacere il giovane militante, che ormai vive sotto scorta. Il 5 febbraio, durante un meeting politico a Aix-en-Provence, Kessaci è stato allontanato dagli agenti per il rischio di un imminente agguato: secondo quanto ricostruito da Le Parisien, la Gendarmerie temeva l’attacco di un commando della DZ Mafia.

    Corsica, colpi di coda

    Sembra invece di vedere uno stile diverso, più antico, in Corsica, su cui si sono riaccesi i riflettori dopo l’omicidio di Alain Orsoni, 71 anni, imprenditore attivo nel settore del gioco d’azzardo ed ex presidente dell’Ac Ajaccio, club di calcio che ha militato a lungo nei principali campionati francesi. Qui lo scenario è differente da quello dell’Esagono: criminalità, imprenditoria e politica si intrecciano.

    La stessa vittima, già a capo del Front de libération nationale corse (Flnc), aveva lasciato l’isola nel 1996, durante una faida interna ai nazionalisti corsi. Rientrato dal suo “esilio” nel 2008, era scampato a un attentato grazie all’intervento provvidenziale della polizia, ma la spirale violenta non è stata interrotta. Il 12 gennaio era al cimitero di Vero, a una trentina di chilometri dal capoluogo, per il funerale della madre. Qualcuno, forse un cecchino dotato di un’ottima mira, lo ha colpito al cuore uccidendolo sul colpo. Una scena da film.

    La storia ci racconta di una rivalità tra il clan Orsoni e il gruppo del Petit Bar, locale del capoluogo e luogo di ritrovo di una banda. Nel maggio 2025 il figlio di Orsoni, Guy, è stato condannato per il tentato omicidio di un componente della gang rivale, Pascal Porri, che aveva provato a ucciderlo. A dicembre, un appartenente al clan del Petit Bar – André Bacchilelli – è stato condannato a 30 anni di reclusione per l’omicidio di un avvocato, Antoine Sollacaro, difensore di Orsoni, avvenuto nel 2012, e il tentato omicidio di un amico dell’imprenditore. Una scia di sangue che, lenta ma inesorabile, prosegue tutt’oggi. Il modello Dna.

    Sull’omicidio di Orsoni indagano insieme la Pnaco e la procura di Marsiglia: «Questa modalità d’azione – ha spiegato Perrée nell’audizione al Senato – ci permetterà di agire in modo complementare, da un lato, con un attore che conosce le reti locali e, dall’altro, una forza d’urto nazionale». Questo è un obiettivo della nuova procura nazionale, che potrà coordinare lo svolgimento delle indagini su tutti i territori, condividendo informazioni e strategie.

    Una svolta nelle strategie anticrimine+

    «La criminalità organizzata in Francia non è una novità – ha specificato la procuratrice Perrée all’incontro con Saviano –. Ce ne occupiamo dal 2004, quindi da 20 anni», quando sono stati creati i tribunali interregionali specializzati (Jirs). Prima di assumere la guida della nuova procura, Perrée, magistrata di 52 anni, aveva diretto l’Agenzia nazionale di gestione e recupero dei beni sequestrati e confiscati e, prima ancora, la sezione “Criminalità organizzata” della procura di Parigi.

    «Ci siamo resi conto che in Francia la criminalità organizzata si stava evolvendo e avevamo bisogno di un organismo nazionale, simile alla Procura nazionale antiterrorismo, per coordinare gli sforzi ed essere più efficaci». La nuova struttura ha preso il posto dalla Junalco, una sezione specializzata della procura di Parigi creata nel 2019, da cui ha ereditato 170 inchieste e otto dei suoi sedici magistrati, destinati ad aumentare di dieci unità entro settembre.

    Come la Dnaa italiana, la Pnaco ha anche altri compiti, come l’analisi dei fenomeni criminali e il coordinamento. Non si occuperà soltanto di traffici di droga, ma anche di migrazioni irregolari, prostituzione, tratta degli esseri umani, dei relativi aspetti finanziari, ma anche delle nuove tendenze delle attività illecite, come le truffe internazionali e soprattutto i rapimenti dei possessori di criptovalute: sono già diversi i casi di questo tipo, tra i quali quello più noto riguarda il cofondatore della start-up Ledger, David Balland, e – ultimo in ordine di tempo – quello di una magistrata di Grenoble, moglie di un imprenditore del settore.

    La Pnaco ha grandi ambizioni ma pochi mezzi, nota il quotidiano Libération, mentre si aspettano ancora i decreti attuativi per l’entrata in funzione dei nuovi provvedimenti su pentiti e infiltrati civili che – insieme ad altri strumenti come le sezioni speciali nelle carceri, per controllare meglio i detenuti più pericolosi – dovranno contrastare la criminalità organizzata. L’avvio delle attività della procura nazionale «non è che l’inizio», riprendendo lo slogan del Sessantotto francese. Sicuramente, la prima tappa di un lungo percorso.

    https://lavialibera.it/it-schede-2631-le_ambizioni_dell_antimafia_francese
    #antimafia #France #Alain_Orsoni #Amine_Kessaci #gangster #argent #criminalité #trafic_de_drogue #Marseille #DZ_Mafia #Yoda #narchomicides #homicides #drogue #haschisch #cocaïne #Le_Havre #ports #uberisation #Brahim_Kessaci #Medhi_Kessaci #Corse #Petit_Bar #clan_Orsoni #Guy_Orsoni #Pascal_Porri #André_Bacchilelli #Antoine_Sollacaro

    • Le #parquet_national_anticriminalité_organisée entre en fonction

      Le parquet national anticriminalité organisée est entré en fonction le 5 janvier 2026. Cette nouvelle juridiction va permettre de mieux lutter contre la criminalité organisée, fléau qui constitue une menace grandissante pour nos institutions et notre démocratie.

      Le 5 janvier 2026, le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) a été installé par Gérald Damanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice, au tribunal judiciaire de Paris. Prévu par la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, il permet d’adapter l’organisation judiciaire aux modes opératoires toujours plus professionnels des réseaux criminels (narcotrafic, filières d’immigration clandestines, traite des êtres humains, proxénétisme…), et vise à apporter une réponse pénale d’une grande fermeté.

      Le Pnaco a une double mission :

      traiter les infractions les plus graves relevant de la très grande criminalité organisée, y compris économique et financière. Le Pnaco intervient depuis la conduite des enquêtes judiciaires jusqu’à l’exécution et l’application des peines ;
      coordonner l’ensemble des acteurs judiciaires de la lutte contre la criminalité, à l’échelle régionale (juridictions interrégionales spécialisées), nationale et en lien avec les partenaires européens et internationaux.

      Dirigé par Vanessa Perrée, procureure de la République anticriminalité organisée, le Pnaco est composé d’une équipe de 16 magistrats, avec une montée en puissance progressive à 30 magistrats à l’horizon septembre 2026, 13 greffiers, trois assistants spécialisés, trois attachés de justice et juristes, ainsi que des officiers de liaison membres des services des douanes, du renseignement, de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale.

      Le #Pnaco repose sur une architecture judiciaire autonome éprouvée, sur le modèle des parquets nationaux financier (PNF) et antiterroriste (PNAT). Il dispose de moyens et d’outils procéduraux dédiés.

      Parmi les priorités de cette nouvelle juridiction pénale spécialisée : endiguer le blanchiment d’argent issu du narcotrafic qui représente chaque année 6 milliards d’euros.

      https://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/parquet-national-anticriminalite-organisee-entre-fonction
      #criminalité_organisée #lutte #démocratie

    • Association #conscience

      Grandir à #Frais-Vallon, dans les quartiers nord de Marseille, c’est apprendre très tôt à vivre dans un environnement marqué par la #précarité, l’#insécurité et le #sentiment_d’oubli. Mais c’est aussi un lieu où naissent la #solidarité, l’#entraide et la force du #collectif.

      C’est dans ce quartier qu’Amine Kessaci a grandi. Au fil des années, il a été témoin des difficultés que rencontrent trop de familles et de jeunes : le manque d’opportunités, l’injustice sociale et la fatalité qui semble parfois condamner certains à l’échec, à la prison ou au pire.

      Refusant d’accepter cette réalité comme une fatalité, Amine décide d’agir. En 2020, il crée l’association Conscience avec une conviction simple : les habitants des #quartiers_populaires méritent les mêmes chances que les autres.

      Depuis, l’association s’engage chaque jour aux côtés des habitants pour accompagner, soutenir et ouvrir des perspectives, en particulier pour les plus jeunes. Derrière chaque action, il y a la même détermination : redonner de l’espoir et prouver que le changement est possible.

      https://associationconscience.org
      #lutte #résistance

  • Narcotraffico, «più del 98% dei proventi non è tracciato», dice il procuratore olandese Lucas
    https://lavialibera.it/it-schede-2608-narcotraffico_proventi_illeciti_non_tracciato_procuratore

    Un "hub fondamentale per il traffico di cocaina in Europa", ma anche la capitale europea delle droghe sintetiche e un terreno di frontiera per le innovazioni investigative. Il procuratore generale dei Paesi Bassi, John Lucas, è intervenuto martedì 10 marzo davanti alla commissione parlamentare antimafia fornendo un quadro della lotta alla criminalità organizzata nel suo Stato che, negli ultimissimi anni è diventato un terreno conteso tra vari gruppi criminali, anche con la violenza. Un punto di osservazione particolare per molti aspetti legati al narcotraffico. I traffici di cocaina attraverso i Paesi Bassi "Non serve essere un economista per vedere la differenza. Prezzo basso, meno sequestri: questo significa che arriva ancora moltissima cocaina in Europa" (…)

    #MAFIE_●_RESISTENZE

  • Speciale 21 marzo. Tutti i processi di mafia in Piemonte
    https://lavialibera.it/it-schede-2577-speciale_21_marzo_i_processi_di_mafia_in_piemonte

    Per la conoscenza e il contrasto alle mafie in Piemonte esiste un prima e un dopo Minotauro. L’operazione, scattata all’alba dell’8 giugno 2011 con l’arresto di 142 presunti ’ndranghetisti e complici, ha cambiato la percezione comune della presenza criminale nella regione. Da quella indagine e successivamente dalle udienze del processo, celebrato nell’aula bunker del carcere di Torino, sono emersi i legami tra certi esponenti della ’ndrangheta e politici locali, alcuni dei quali (come il sindaco di Leinì, Nevio Coral, o un assessore di Chivasso, Bruno Trunfio) condannati per le loro pesanti complicità. A 10 anni da Minotauro, politica e imprenditoria assenti "È evidente che l’organizzazione ha cercato di infiltrare la politica e le istituzioni", aveva detto l’allora (...)

    #MAFIE_●_RESISTENZE

    • Speciale 21 marzo. Narcotraffico, cantieri e clan stranieri: tutti i processi di mafia in Piemonte

      Dal 2011 a oggi, oltre 25 inchieste giudiziarie e decine di condanne per mafia. In Piemonte i clan, anche stranieri, si occupano di narcotraffico e lavori pubblici. E coltivano buoni rapporti con i colletti bianchi

      Per la conoscenza e il contrasto alle mafie in Piemonte esiste un prima e un dopo Minotauro. L’operazione, scattata all’alba dell’8 giugno 2011 con l’arresto di 142 presunti ‘ndranghetisti e complici, ha cambiato la percezione comune della presenza criminale nella regione. Da quella indagine e successivamente dalle udienze del processo, celebrato nell’aula bunker del carcere di Torino, sono emersi i legami tra certi esponenti della ‘ndrangheta e politici locali, alcuni dei quali (come il sindaco di Leinì, Nevio Coral, o un assessore di Chivasso, Bruno Trunfio) condannati per le loro pesanti complicità.

      «È evidente che l’organizzazione ha cercato di infiltrare la politica e le istituzioni», aveva detto l’allora procuratore capo di Torino, Gian Carlo Caselli, nel corso della sua requisitoria. Il maxiprocesso e le condanne seguite hanno modificato la consapevolezza pubblica del problema ma anche, più tecnicamente, l’operato della magistratura.

      Prima di Minotauro gli inquirenti partivano dall’indagine sui reati scopo (cioè su quei reati compiuti dagli associati, ad esempio le estorsioni) per poi cercare di dimostrare l’esistenza di un’associazione mafiosa. Con Minotauro il metodo cambia: «C’è l’associazione, ne parlano nelle intercettazioni, andiamo a vedere cosa fa», ha sintetizzato durante un incontro di Libera nel 2021 Roberto Sparagna, il magistrato che – raccogliendo le confessioni del pentito Rocco Varacalli – ha imbastito la maxi-inchiesta ed è oggi procuratore aggiunto a Torino.

      I frutti di quel lavoro hanno portato ad almeno altre 25 inchieste giudiziarie sul territorio piemontese. Inchieste che – con più di 450 indagati e parecchie decine di condanne per 416 bis – hanno dimostrato come la presenza criminale in Piemonte sia un fenomeno in costante evoluzione. L’ultimo rapporto della Direzione investigativa antimafia del 2024 indica la presenza della ‘ndrangheta in almeno 24 comuni.
      Politici e mafiosi

      Pochi giorni dopo Minotauro, il 21 giugno 2011, l’indagine Albachiara ha rivelato le presenze mafiose nel Basso Piemonte, tra le province di Asti, Cuneo e Alessandria, dove la criminalità aveva stretto rapporti con la politica: un consigliere comunale, Giuseppe Caridi, era stato addirittura affiliato e perciò poi condannato per mafia.

      Nel 2012 l’operazione Colpo di coda ha approfondito la presenza della ‘ndrangheta a Chivasso (Torino) e Livorno Ferraris (Vercelli). In quel contesto, gli investigatori hanno scoperto l’impegno di alcuni affiliati nella raccolta dei voti a favore del candidato sindaco del centrosinistra, Gianni De Mori, per le elezioni amministrative di Chivasso. De Mori non fu mai coinvolto nel procedimento, ma si dimise evitando lo scioglimento del Comune per infiltrazioni mafiose.

      Provvedimento che invece colpì il comune di Leinì e quello di Rivarolo Canavese. Il 2012 è stato l’annus horribilis per gli enti locali piemontesi, con il Piemonte prima regione del Nord Italia per numero di comuni sciolti per mafia: tre, in totale, considerando anche il caso di Bardonecchia (Torino), datato 1995. Nel 2014 l’operazione San Michele ha rivelato gli appetiti di alcuni ‘ndranghetisti sui lavori di movimento terra e smaltimento degli inerti nei lavori della Tav Torino-Lione.

      Alcune inchieste successive, come Alto Piemonte, Barbarossa e Carminius, hanno fatto luce sugli insediamenti della ‘ndrangheta fuori dal capoluogo. La prima, del 2016, ha rivelato i legami tra uomini delle ‘ndrine e gli ultras della Juventus e scoperto altre presenze nelle province di Biella e di Vercelli. La seconda, datata 2018, ha sgominato quella che secondo gli inquirenti era la “locale” astigiana, portando all’arresto di 26 persone tra Asti, Alba e Costigliole d’Asti.
      La terza, del 2019, si è concentrata sull’area di Carmagnola, ma ha colpito anche i piani alti della Regione Piemonte: un assessore, Roberto Rosso, è stato arrestato e processato per voto di scambio politico-mafioso. Secondo gli inquirenti, Rosso aveva chiesto il sostegno elettorale a due uomini della ‘ndrangheta. L’accusa ha retto fino al 2025, quando la Cassazione ha annullato la sentenza ordinando un nuovo processo d’appello: per i giudici non è dimostrato che Rosso fosse consapevole di interloquire con uomini dei clan.

      Traffici di cocaina e cantieri

      Il 2019 è stato l’anno di altre tre grosse indagini. Cerbero (su 66 persone legate alle locali di ‘ndrangheta a San Giusto Canavese e Volpiano, alcune delle quali coinvolte in grossi traffici internazionali di cocaina), Criminal Consulting e Pugno di ferro. Dalle ultime due operazioni è emersa una ‘ndrangheta capace di servirsi di colletti bianchi per intascare ampie fette di fondi pubblici con il ricorso ad aziende fittizie e prestanomi.

      Nel 2021 l’inchiesta Platinum-Dia ha smantellato una grossa rete di narcotraffico che si riforniva nei porti del Nord Europa. Il narcotraffico con il Sudamerica è il core business anche di alcune famiglie di origini calabresi insediate da decenni a Torino e a Volpiano, come gli Agresta, i Marando, gli Assisi, già coinvolti in altre indagini come Pinocchio (2015), Cerbero e Samba.

      Nel 2024 l’operazione Echidna ha fatto luce su una serie di condotte illecite nella gestione di appalti pubblici. Tra le persone messe agli arresti domiciliari figura Roberto Fantini, ex amministratore delegato di Sitalfa, parte del gruppo Sitaf che gestisce l’autostrada A32 Torino-Bardonecchia. Questa indagine ha dimostrato i legami tra l’imprenditore e un anziano ‘ndranghetista, Giuseppe Pasqua, ma anche tra quest’ultimo e un politico navigato con un trascorso tra i socialisti, Salvatore Gallo, padre dell’allora capogruppo regionale del Pd Raffaele Gallo.

      Infine, la recente inchiesta Factotum ha mostrato che a Torino gli ‘ndranghetisti potevano contare su un loro “rappresentante” anche all’interno del sindacato Cisl. Secondo quanto ricostruito, l’uomo, rappresentante della Filca (la sigla dei lavoratori edili), era attivo nel favorire la latitanza di alcuni mafiosi, trovare lavori alle imprese edili degli affiliati, sostenere gli “amici” nelle vertenze e aiutare alcuni a ottenere il reddito di cittadinanza.
      Clan rumeni e nigeriani

      L’attività giudiziaria ha certificato la presenza sul territorio piemontese anche di mafie straniere: nel 2014 l’inchiesta Brigada ha portato per la prima volta in Italia a una condanna per 416 bis, confermata anche in Cassazione, a carico di un gruppo di cittadini rumeni dediti a estorsioni, rapine e controllo dei traffici illeciti. La successiva operazione Athenaeum ha invece confermato la presenza dei clan nigeriani Black Axe, Eiye e Maphite.

      Le indagini hanno mostrato che questi gruppi sono organizzati in strutture verticistiche, rinsaldate dal vincolo di fedeltà e dalla pressione esercitata sui propri associati, anche attraverso la minaccia di ritorsioni contro i familiari rimasti in patria.

      #ndrangheta #Piémont #mafia #cartographie #ndrine #visualisation #familles #colpo_di_coda #enquêtes #Cerbero #Criminal_Consulting #pugno_di_ferro #Platinum-Dia #cocaïne #Echidna #Sitalfa #Sitaf #Factotum #Cisl #Filca #Athenaeum #mafia_nigériane #mafia_roumaine #Black_Axe #Eiye #Maphite

  • Philippe Pujol, prix Albert-Londres : « Le narcotrafic prolifère sur les vulnérables d’une société détraquée » – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/philippe-pujol-prix-albert-londres-le-narcotrafic-prolifere-sur-les-vulne

    Prenons #Marseille et son million d’habitants en comptant les petites villes qui lui sont accolées. La moitié de la population est pauvre, un tiers vit sous le seuil de #pauvreté, la bourgeoisie y est famélique, pas de show-biz, peu de cadres d’entreprises puisque très peu de sièges de grosses sociétés, pas un bien gros barreau d’avocats, trois fois rien comme journalistes, écrivains et autres créatifs, des bobos qui sont plutôt des intellos précaires venus à Marseille pour son immobilier pas cher et un centre-ville paupérisé jusqu’à s’effondrer.

    Et, pourtant, la police compte autour de 160 points de vente actifs en permanence, sans compter les livraisons façon Uber Shit. C’est l’une des villes qui se #drogue le plus en France et le chiffre d’affaires global est de plusieurs centaines de millions d’euros par mois. Pour une raison simple, ce sont les habitants des quartiers eux-mêmes qui consomment de la drogue. Et pas pour écouter de la musique electro en gigotant dans un club.

    Car, pour que tourne si bien le trafic, il faut des gros consommateurs, bien accrocs. Réguliers. Il faut des addictions, appelons ça des « toxicomanes ». Et aller dire à un toxicomane : « Si tu consommes, panpan cucul », c’est comme confisquer la bouteille d’un alcoolique, il s’en procurera une autre. Chaque époque a ses drogues.

    Notre société n’a jamais été aussi exigeante : métiers en tension, mise en concurrence dès les études, culture du rendement… La performance est nécessaire, et le stimulant du moment est la cocaïne. Des réseaux de #cocaïne se sont spécialisés, par exemple, dans la clientèle du BTP et ouvrent dès 6 heures du matin, avant les Point P et les Plateforme du bâtiment ; les ouvriers sont passés du petit jaune au rail de poudre.

    Près des universités, des dealers accueillent les étudiants avec une gentillesse touchante : « Ça va tes exams ? Avec ce pochon tu vas pouvoir réviser pendant des nuits entières. » Les métiers de la restauration sont plutôt alimentés par des livreurs, un peu plus chers, mais immédiatement disponibles. Et, aujourd’hui, quand le médecin du travail qui, aux pupilles du patient a déjà tout compris, demande s’il y a consommation de cocaïne, la réponse est toujours non.

    Au Portugal, vendre est interdit, mais consommer est légal. Le travailleur portugais répond donc : « Oui, un peu de coke pour travailler plus et, le soir, un gros joint pour redevenir calme. » Cette décriminalisation de l’usage a permis de mettre en place des campagnes de réduction des risques avec pour résultat des baisses de la consommation. Pas par des panpan cucul, mais par des traitements médicaux, dans un cadre légal. Et, c’est pareil avec le cannabis, drogue au service d’une société pathogène.

    Discriminations, chômage, emplois précaires, travailleurs pauvres, exigences de rendement, jusqu’à la rupture du lien social favorisent la désespérance. Il y a des anxiolytiques légaux, sur ordonnance, et il y a le cannabis. La question n’est donc pas de sanctionner les consommateurs, mais de comprendre pourquoi ils consomment, puis de venir en aide ; avec quelques moyens, le médico‐social sait faire.

    La vulnérabilité est la clé. Moins il y en aura, moins les trafiquants de drogue trouveront leur main‐d’œuvre et moins il y aura de consommation. Ensuite, il sera peut-être temps d’installer une légalisation contrôlée de certaines drogues. En attendant, commençons par prendre soin des faibles, des jeunes, avant que certains ne deviennent des diables et d’autres leurs subordonnés.

    https://justpaste.it/fhn4h

    Assassinat de de Mehdi Kessaci, trafic, DZ mafia :
    https://seenthis.net/messages/1147019

    #usagers_de_drogue #prohibition_des_drogues #rdr

    • Prenons Marseille et son million d’habitants en comptant les petites villes qui lui sont accolées. La moitié de la population est pauvre, un tiers vit sous le seuil de pauvreté, la bourgeoisie y est famélique, pas de show-biz, peu de cadres d’entreprises puisque très peu de sièges de grosses sociétés, pas un bien gros barreau d’avocats, trois fois rien comme journalistes, écrivains et autres créatifs, des bobos qui sont plutôt des intellos précaires venus à Marseille pour son immobilier pas cher et un centre-ville paupérisé jusqu’à s’effondrer.

      Marseille concentre beaucoup de pauvreté. Voir le classement des arrondissements les plus pauvres, les 10 premiers sont à Marseille :

      https://www.inegalites.fr/Les-communes-les-plus-touchees-par-la-pauvrete-2086

      Mais il y a aussi des riches dans cette ville :

      Le quartier le plus inégalitaire de notre pays en termes de revenus en 2021 selon l’indice de Gini [1] est « Cadenelle » dans l’ouest de Marseille, dans le 8e arrondissement. Un quartier huppé, où les riches sont très riches.

      https://www.inegalites.fr/Les-vingt-quartiers-les-plus-inegalitaires-de-France

      Et la tendance est à l’enclosure et à la privatisation de l’espace public :

      Les espaces résidentiels fermés à Marseille, la fragmentation urbaine devient-elle une norme ?

      https://shs.cairn.info/revue-espace-geographique-2018-4-page-323?lang=fr&tab=texte-integral

      Marseille est donc aussi et surtout très inégalitaire.

      Et, sans contester l’expertise de Pujol, il y a aussi de grosses boites (CMA-CGM), pour le show-biz, il y a les stars du rap et pour les média, 2 quotidiens locaux (dont 1 sans cesse au bord de la faillite certes), Marsactu, la culture : tout ce qui gravite autour de la Friche de la Belle-de-Mai etc.

    • DZ Mafia : deux agentes du tribunal judiciaire de Marseille mises en examen pour avoir consulté des documents pour le groupe criminel
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/09/marseille-deux-agentes-du-tribunal-mises-en-examen-pour-avoir-consulte-des-d

      L’enquête a établi que l’une des deux agentes administratives, dont l’ex-petit ami est le cousin d’un homme présenté par la police judiciaire comme le patron de la DZ Mafia, avait été rétribuée pour la consultation illicite de fichiers.

      Deux jeunes agentes administratives du tribunal judiciaire de Marseille ont été mises en examen, vendredi 5 décembre, a appris Le Monde, mardi 9 décembre, pour la consultation illégale de fichiers que l’une d’elles monnayait à un interlocuteur proche de la DZ Mafia. Toutes les deux travaillent dans un service civil du tribunal et leur implication, à ce stade des investigations, apparaît bien différente. Occasionnel pour l’une, le recours aux fichiers semble beaucoup plus massif et lucratif pour l’autre.

      La juge d’instruction a d’ailleurs placé la première sous contrôle judiciaire avec une interdiction professionnelle d’exercer. Pour la seconde, le parquet de Marseille avait requis le placement en détention, mais le juge des libertés et de la détention a fait le choix d’un contrôle judiciaire strict lui interdisant de fréquenter le palais de justice de Marseille et lui fermant la porte à tout emploi au sein des ministères de la justice, de l’intérieur et de la défense. Le procureur de la République a fait appel de ce refus de placement sous mandat de dépôt, une éventualité qu’examinera très prochainement la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

      Mise en examen pour des délits de détournement de la finalité de traitement de données à caractère personnel mais aussi de violation du secret professionnel, du secret de l’enquête et de l’instruction révélés à une personne susceptible d’être inquiétée, cette deuxième agente vacataire aurait procédé à la consultation de divers fichiers sur une cinquantaine de profils, dont huit liés à des affaires d’assassinat.

      L’enquête a établi des liens avec un ex-petit ami qui, s’il n’est connu que pour des violences conjugales, est le cousin de Mehdi Laribi, alias « Tic », présenté par la police judiciaire comme le patron de la DZ Mafia. Il est également ami avec un narcotrafiquant de premier plan, en fuite à la suite d’une permission de sortie. Ce jeune homme a été mis en examen notamment pour #corruption passive et association de malfaiteurs. Alors qu’il a été placé sous contrôle judiciaire en dépit de réquisitions d’un mandat de dépôt, le parquet là encore a fait appel.

      Dossiers « chauds »

      Le compagnon de la sœur de cette agente du tribunal avait été placé en garde à vue, en avril, dans le cadre d’une affaire de stupéfiants concernant un important point de deal marseillais. Les consultations auraient porté sur des dossiers « chauds » de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, comme les tirs, en mai 2024, sur deux véhicules de joueurs de l’Olympique de Marseille que trois jeunes membres du narcobanditisme avaient pris pour des rivaux venus en découdre et impliqués dans des actions violentes.

      Alors que l’agente administrative a fait le choix de garder le silence durant sa garde à vue, les policiers ont retrouvé la trace de 18 virements sur son compte pour un total de 3 600 euros, mais aussi le règlement de son loyer et possiblement de voyages [soit peanut, ndc].
      Les deux agentes avaient accès à des fichiers dont Cassiopée, dans lequel figurent les procédures pénales, les mandats de recherche, les gardes à vue… « On peut ainsi savoir si une enquête est ouverte contre vous ou si des écoutes tournent sur vos lignes », explique un connaisseur.

      « Endiguer le phénomène »

      Des accès ont été identifiés sur d’autres logiciels sensibles comme Genesis (gestion nationale des personnes écrouées pour le suivi individualisé et la sécurité), qui recense les activités des détenus, parloirs, procédures disciplinaires et d’aménagement de peine, ou encore Romeo (réquisitions et ordres de mission extérieurs pour les opérateurs), destiné à la gestion des extractions judiciaires et des visioconférences. Contactés, Mes Jérôme Pagani et Brice Grazzini, défenseurs des deux agentes, n’ont pas souhaité réagir.

      Le tribunal de Marseille avait connu un précédent, en avril, avec la mise en cause et le placement en détention pour quelques mois d’une greffière qui, là encore, consultait illégalement des fichiers et transmettait des informations à son compagnon, un narcotrafiquant.

      En octobre, le procureur de la République Nicolas Bessone avait, lors d’une audience solennelle, annoncé la création d’une cellule anticorruption et criminalité organisée au sein du parquet, confiée au service économique et financier. Ce dossier est le premier significatif dont elle est saisie. L’objet de cette cellule est de centraliser les procédures de corruption ou de tentatives jusqu’alors confiées à des services du parquet différents selon qu’elles concernaient des policiers, gendarmes, douaniers, des agents pénitentiaires, des greffiers, afin de ne plus traiter ces dossiers par secteur professionnel mais « de façon transversale ». « L’objectif est d’endiguer le phénomène et de le faire reculer », avait expliqué M. Bessone.

      #DZ_Mafia

  • L’assassinat de Mehdi Kessaci, un crime politique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/l-assassinat-de-mehdi-kessaci-un-crime-politique_6653984_3232.html

    L’alerte d’Amine Kessaci, qui, après la mort de son jeune frère, exhorte l’Etat à « comprendre qu’une lutte à mort est engagée », doit être entendue. Outre celles et ceux qui tombent sous les balles, c’est bien l’Etat de droit, la paix civile et la démocratie qui sont dans le viseur des « narcos ».

    [le] narcotrafic (...) fait vivre 200 000 personnes, dégage un chiffre d’affaires annuel estimé autour de 5,5 milliards d’euros et approvisionne en cocaïne 1,1 million d’usagers (...)

    #drogues #crime_organisé #narcotrafic #narco_terreur

    • « Non, je ne me tairai pas. Je dirai et répéterai que mon frère Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du narcotrafic », Amine Kessaci, Militant écologiste, fondateur de l’Association Conscience
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/amine-kessaci-militant-ecologiste-non-je-ne-me-tairai-pas-je-dirai-et-repete

      Hier [le 18 novembre], j’ai enterré mon frère. Mon cœur n’est que blessure. La douleur m’éparpille. Mais elle n’effrite pas ma lucidité. Nous ne sommes dupes de rien. J’entends les belles paroles, les discours soudain volontaires. Je vois les postures de ceux qui prennent des mines affligées et demain continueront leur route comme si de rien n’était, parce que pour eux la vie des autres n’est rien et que seul compte le manège de leurs propres vanités. Je vois sans les lire la foule des commentaires de tout un chacun qui croit savoir mais ne sait rien.
      Parce que sa mort ne doit pas être recouverte par les sables de l’indifférence et de l’oubli. Mille fois j’écrirai son nom et je ferai face à ses assassins. Je serai le gardien de sa mémoire. Non, je ne me tairai pas.

      Je dirai et répéterai que Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du #narcotrafic. Son emprise. Je dirai la lâcheté des commanditaires des crimes. Je dirai la dérive folle de ceux qui exécutent des contrats, brisent des vies et souillent leur âme à jamais. Je dirai pour trouer le silence comme eux trouent les corps de nos proches. Je dirai les carences de l’Etat, les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées.

      Un jour du mois d’août, la #police m’a demandé de quitter ma ville et de fermer les locaux de l’Association Conscience parce que j’étais ciblé. Sans m’en dire plus. Les semaines ont passé, sans m’en dire plus. Devant mon insistance à savoir, et parce que les menaces ne se tarissaient pas, on m’a accordé une protection policière, mais sans l’étendre aux miens. Pourtant, qui ignorait que ma famille avait déjà payé un tribut de sang ? Comment ne pas savoir que ma famille pouvait être touchée ?

      Il est temps d’agir

      Alors maintenant j’entends les discours. Mais qui rendra ses enfants assassinés à ma mère ? Le premier tombé, Brahim [dont le corps a été retrouvé le 29 décembre 2020], repose à Alger. Le second, Mehdi, avait 20 ans. Il a été touché en plein thorax par ses assassins. Il n’était coupable que d’être mon frère. Qui me rendra nos jeux, ses moqueries, sa tendresse, son soutien ?

      On me parle de crime d’avertissement. Mais un crime n’est jamais un avertissement. Le sang versé l’est pour toujours, et a plongé ma famille dans l’infini de la mort. On nous frappe pour nous briser, pour nous domestiquer, pour nous asservir. Voici ce que font les trafiquants : ils tentent d’annihiler toute résistance, de briser toute volonté, de tuer dans l’œuf tout embryon de révolte pour étendre leur pouvoir sur nos vies.

      Face à un tel ennemi, l’Etat doit prendre la mesure de ce qu’il se passe et comprendre qu’une lutte à mort est engagée. Il est temps d’agir, par exemple de faire revenir les services publics dans les quartiers, de lutter contre l’échec scolaire qui fournit aux trafiquants une main-d’œuvre soumise, de doter les enquêteurs et les forces de police des moyens dont ils ont besoin, de renforcer, de soutenir réellement les familles de victimes du narcotrafic. Nous comptons nos morts, mais que fait l’Etat ?

      Hier, j’ai enterré mon frère, et aujourd’hui je parle. Je parle et je ne me tairai pas parce que ma mère m’a appris à ne pas baisser la tête. Je parle, depuis mon deuil, depuis l’épicentre de ma souffrance, pour demander justice pour les miens, mais aussi pour toutes les autres victimes. Je parle parce que je ne peux que lutter si je ne veux pas mourir. Je parle parce que je sais que le silence est l’abri de nos ennemis. Je parle parce que je veux que mille voix s’épanouissent. Que notre révolte face au narcotrafic soit durable, et collective. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple.

      Amine Kessaci, frère de Brahim et de Mehdi, militant écologiste, fondateur en 2020 de l’Association Conscience.

    • Narcotrafic : aux obsèques de Mehdi Kessaci, à Marseille, « la réalité, c’est qu’on a tous peur », Par Gilles Rof 
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/aux-obseques-de-mehdi-kessaci-a-marseille-la-realite-c-est-qu-on-a-tous-peur

      L’enterrement du jeune frère du militant Amine Kessaci a eu lieu, mardi 18 novembre, sous haute protection. Tout en affichant leur esprit de résistance, ceux qui osent dénoncer le trafic de stupéfiants s’avouent tétanisés par cet assassinat.


      Des habitants de la cité de Frais-Vallon se rendent à la mosquée pour la prière organisée pour Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Hommes du RAID masqués et armés de fusils d’assaut, équipes de déminage, berlines blindées pour accompagner la famille et un dispositif policier bouclant totalement la cité de Frais-Vallon (13e arrondissement) puis le cimetière de Saint-Henri (16e) dans le nord de #Marseille. Les obsèques de Mehdi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste et figure de la lutte contre le narcotrafic Amine Kessaci, ont pris, mardi 18 novembre, une allure irréelle. Le déploiement inédit de forces de l’ordre pour un enterrement, la tension venant se mêler à la douleur des proches : tout au long de la journée, les circonstances ont rappelé à quel point l’assassinat, jeudi 13 novembre, de cet homme de 20 ans constitue une première en France.

      Encore étudiant en BTS banque dans un lycée du centre-ville, se préparant à repasser le concours de fonctionnaire de police, Mehdi Kessaci n’avait, selon le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, « rien à voir avec le narcotrafic ». Après quelques jours d’enquête, l’hypothèse d’un crime visant Amine Kessaci à travers son jeune frère reste la piste privilégiée par la justice. « Un crime d’intimidation », selon le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, qui constituerait un « point de bascule » dans l’ampleur prise par les réseaux de trafic de stupéfiants en France.

      Des amis de la famille, des habitants de la cité où les Kessaci ont des attaches, des élus, des militants écologistes et des associatifs qui œuvrent dans les quartiers populaires de Marseille : devant la mosquée de Frais-Vallon, bloc de béton brut encerclé de barres d’immeubles, chacun se faufile, en début d’après-midi, au milieu des véhicules de police. Les responsables du petit lieu de culte sortent des tapis de prière à l’extérieur, ouvrent une salle annexe pour les non-musulmans. Les mots sont rares, formulés à voix basse. « Qu’on soit venus là est déjà un acte de résistance… Bien sûr qu’on a la trouille. On n’a pas envie d’être la prochaine cible », lâche la présidente d’une association des quartiers nord, connue pour son franc-parler et qui, pour une fois, requiert l’anonymat.


      Sur le lieu où a été assassiné Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      « Les gens sont estomaqués et la réalité, c’est qu’on a tous peur. Se dire qu’en parlant de ce qui se passe d’anormal dans nos quartiers, tu peux y passer, cela freine évidemment », souffle Nassurdine Haidari. A 47 ans, ce militant multicarte est engagé chez Les Ecologistes, dans les luttes décoloniales comme dans le combat contre les ravages du trafic de drogue. « Aujourd’hui, le plus dur à gérer, c’est le sentiment d’impuissance », ajoute-t-il.

      Gilet pare-balles

      Amine Kessaci, qui, ces dernières semaines, vivait sous protection policière à l’extérieur de la ville, n’était pas apparu publiquement depuis l’assassinat de son frère. Ceux qui ont pu lui parler à son retour à Marseille racontent un « homme dévasté », qui « s’interroge sur son combat ». A cette heure-là, personne ne savait encore qu’il prendrait la parole, mercredi, dans une tribune au Monde, dans laquelle il affirme vouloir continuer de « lutter » et incite chacun à s’exprimer parce que « le silence est l’abri de nos ennemis ».

      Blouson en jean masquant à peine son gilet pare-balles, visage marqué par la douleur, soutenu par ses proches et encadré par les policiers qui ne le quittent plus depuis la mort de Mehdi, il monte les quelques marches qui mènent à la mosquée, sans pouvoir prendre le temps de saluer les présents. La violence du narcotrafic vient, alors qu’il a 22 ans à peine, de lui arracher un second frère. Après Brahim, son aîné assassiné en 2020, celui pour la mémoire de qui il se bat depuis.

      L’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, avec laquelle il a fait campagne pour les élections européennes de 2024, est là, l’ancienne secrétaire d’Etat à la ville et au plan Marseille en grand, Sabrina Agresti-Roubache (Renaissance), aussi. Elle accompagne Laurent Carrié, le conseiller territoires du président de la République, Emmanuel Macron, venu à la demande de ce dernier. Ce haut fonctionnaire connaît bien Amine Kessaci. Il l’a souvent croisé lorsqu’il était préfet à l’égalité des chances à Marseille, d’octobre 2021 à août 2023. Une période où la ville a connu un nombre inédit de #narchomicides – 49 en 2023 –, dont le meurtre de Socayna, jeune étudiante touchée par une balle perdue alors qu’elle était dans sa chambre. « A cette époque, l’émotion était déjà très forte. Mais, là, un cap est passé », estime l’envoyé du chef de l’Etat.

      A l’heure où l’imam lance la prière au défunt à Frais-Vallon, la nouvelle qu’un homme vient d’être abattu de plusieurs balles dans le quartier des Olives, à quelques kilomètres, sidère les présents. C’est le troisième meurtre en plein jour à Marseille, depuis octobre.

      Enquête délocalisée

      Dans cette journée de deuil pour la famille Kessaci et tous ses soutiens, l’Etat a tenu à afficher sa présence. A Marseille, par la protection ostensible des obsèques, sous le commandement direct de la préfète de police déléguée, Corinne Simon. A Paris, en accélérant la nomination, qui doit être officialisée mercredi 19 novembre en conseil des ministres, selon la Lettre A, du nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, ancien gendarme, jusqu’alors préfet du Grand Est. Et en décidant de délocaliser l’enquête sur le meurtre de Mehdi Kessaci.


      Devant le cimetière Saint-Henri, où est enterré Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Les investigations, ouvertes des chefs de « meurtre en bande organisée avec préméditation » et « associations de malfaiteurs en vue de commettre un crime », sont désormais confiées au parquet de Paris et à la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée. Une manière d’afficher politiquement et judiciairement l’importance donnée à l’affaire, alors que, à Marseille, certains proches d’Amine Kessaci et lui-même, dénoncent le fait que sa famille n’avait pas bénéficié, ces dernières semaines, de mesures de protection malgré les menaces qui pesaient sur lui.

      Depuis l’assassinat du jeune Mehdi, le ministère de l’intérieur aurait décidé la mise sous protection d’une dizaine de personnes, connues pour leurs prises de parole ou leurs actions contre le narcotrafic. Des figures du militantisme marseillais assurent également avoir reçu des autorités le conseil appuyé d’éviter les déclarations publiques « pendant quelque temps ».
      Jeudi 20 novembre, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la justice, Gérald Darmanin, doivent se rendre à Marseille. Une double visite que la ville espère depuis le meurtre de Mehdi Kessaci, qualifié par le maire, Benoît Payan (divers gauche), de « défi lancé à la France ».

      Marche blanche et action de l’Etat

      Les larmes aux yeux à la sortie du cimetière Saint-Henri, l’écologiste Michèle Rubirola, première adjointe, souligne la responsabilité globale de l’Etat dans la situation vécue par sa ville. « Les options sécuritaires ne suffiront pas à gagner la guerre contre le narcotrafic. Il faut aussi porter des politiques sociales et sanitaires pour répondre à une jeunesse qui a l’impression de ne plus avoir d’avenir et des consommateurs de drogue qu’on laisse en errance », insiste l’ex-maire de Marseille.
      Militant historique de la lutte contre le mal-logement, compagnon de l’aventure de l’Après M, ce fast-food transformé en lieu de solidarité, Fathi Bouaroua souligne, lui aussi, la nécessité d’une action au plus haut niveau. « Nous ne sommes plus face à de simples dealeurs. Ces gens-là osent se confronter directement à l’Etat. Leur message, c’est : “Sachez que vous ne pouvez pas passer de l’autre côté, nous dénoncer et collaborer avec la police contre nous.” Amine a peut-être été un peu trop seul dans son combat. S’opposer à ce genre de menaces nécessite un autre type de moyens », plaide-t-il.

      Sur les réseaux sociaux, il a incité ceux qui veulent montrer leur soutien au militant écologiste à acheter son livre Marseille, essuie tes larmes (Le Bruit du Monde, 224 pages, 20 euros). En attendant la marche blanche, qui doit se dérouler samedi 22 novembre à l’appel de Conscience, l’association créée par Amine Kessaci. « Les gens arriveront-ils aussi à mobiliser ?, interroge, troublé, Mohamed Bensaada, fondateur du syndicat des quartiers populaires de Marseille et militant de La France insoumise. J’ai peur que cette violence qui nous terrifie aujourd’hui devienne juste la norme pour les jeunes générations. Mais, si nous nous taisons, vivre ne vaudra pas la peine. »

      Sur le rond-point Claude-D’Arcy, là même où a été abattu Mehdi Kessaci, des gerbes de fleurs commencent à s’amonceler. L’une d’elles porte un ruban marqué d’un court message : « Notre affaire à tous. »

    • C’est « marrant » ça faisait quelques jours que je passais des heures à lire des trucs sur les mafias actuelles en France (après avoir lu des heures sur les mafias des années 30 aux USA la semaine dernière), et donc forcément sur la DZ Mafia :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/DZ_Mafia

      Notamment parce que c’est eux qui à priori tente de raquetter le rappeur SCH, et ce pourquoi il vit à Paris sous protection, et ce pourquoi il a été ciblé par un assassinat (qui a tué son directeur commercial), l’année dernière.
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/marseille-assassinat-du-proche-du-rappeur-sch-extorsion-dune-discotheque-

      Et donc pour les deux frères d’Amine Kessaci tués :
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/derriere-le-meurtre-de-mehdi-kessaci-la-piste-mamine-redoutable-chef-de-l

      #DZ_Mafia #France #Marseille #narcotrafic #mexicanisation #cartels

    • Une "mafia" sans omerta (la poukave est un attribut du trafic de dope là où, suite aux Carbonari la mafia s’est fondée sur le secret), un cartel sans contrôle de la production (il y a des tentatives sur les drogues de synthèse), et, centralisent, un imaginaire de film de gangsters. Une organisation qui privilégie l’embauche de petites mains intérimaires ou auto-entrepreneurs pour préserver un noyau qui est le sous produit de la guerre de territoires, constitutive de ce type de commerce (au moins avant l’ubérisation de la vente) et de l’archipel carcéral.
      L’autodésignation comme mafia (reprise de Mocro Mafia pour exprimer une ambition de grandeur) est par essence contradictoire avec l’idée même de mafia qui est et doit rester une société secrète, celle des héroïques https://fr.wikipedia.org/wiki/%27Ndrangheta, celle qui défend sa chose https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosa_nostra ; des « bons à rien » https://fr.wikipedia.org/wiki/Yakuza ; ou comme les triades, à la fois opposées au régime et inféodées aux patrons de l’économie, les Triades, autre société secrète https://fr.wikipedia.org/wiki/Triades_chinoises). Le marketing publicitaire vient renforcer l’intimidation.

      Certes issues de territoires spécifiques (les Quartiers Nord), ces sociétés commerciales relèvent avant tout de l’atomisation des relations capitalistes, et non d’anciennes formes communautaires de contrôle social (famille, clan, village). L’histoire est passée par là. Et il n’y a ici aucun contre modèle, tout au plus un miroir tendu (cf la hype vouée aux friqués de Dubaï, dont certains trafiquants importants).

      https://seenthis.net/messages/1137633
      https://seenthis.net/messages/1090030

      Sous couvert de lutte anti carcérale, il s’agissait avec les attaques de prison d’avril dernier de répandre la panique, des matons au directeurs de taules. C’était d’abord pour conserver aux huiles de cette société des marges organisationnelles à l’intérieur des prisons. Sans doute aussi en vue d’élargir le recrutement à davantage de main d’œuvre qualifiée (une entreprise se jauge à sa réputation). Tel est du moins mon avis, n’en déplaise à LM ou Contre attaque qui aimeraient légitimement être les contemporains de luttes contre la prison et font mine (?) de ne pas savoir ce que c’est que de risquer sa liberté, voire sa peau pour 2000 balles, sans même connaître, le plus souvent, ses employeurs (on est dans un schéma inverse des mafia, féodalité qui repose sur l’"honneur" dont il faut faire preuve dans une chaine de relations interpersonnelles hiérarchisées).

      https://seenthis.net/messages/1109775

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaques_de_2025_contre_des_prisons_françaises#cite_ref-TF1_1-1

      Par ailleurs, même sans jouer à follow the money, il suffit de regarder dans divers quartiers, y compris dans des petits bleds de province, le nombre de boutiques diverses sans chiffre d’affaires apparent pour se dire que le blanchiment, c’est pas juste du bitcoin et du paradis bancaire.
      Comme la paix sociale dépend des emplois (aussi risqués soient-ils), et surtout des revenus (aussi faibles soit-ils) qui ruissellent depuis les trafics de drogue, ça devrait pas cesser.

      Sauf que des protagonistes ont décidément pris la confiance, jusqu’à dépasser les bornes (la logique des territoire de deal cède le pas), créant un immense trouble à l’ordre public (innombrables exécutions, victimes "collatérales, et maintenant meurtre d’intimidation sur personne sans lien avec leur activité). Les cartes vont être rebattues par le gérant du Casino, c’est annoncé. Évidemment pas au point de revenir sur la prohibition des drogues. Voilà une série promise à de nombreuses saisons.

      edit quant aux pratiques d’extorsions dans le rap amoureux du fric, des extraits de « L’Empire », dans les coulisses criminelles d’une industrie aux chiffres vertigineux
      https://seenthis.net/messages/1143488

    • A Dubaï, les luxueux appartements des « narcos » dans le viseur de la coopération judiciaire
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/a-dubai-les-luxueux-appartements-des-narcos-dans-le-viseur-de-la-cooperation

      En visite aux Emirats arabes unis, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a dévoilé une liste de biens immobiliers que les autorités locales ont saisis à la demande de la France.

      Les visites diplomatiques de Gérald Darmanin aux #Emirats_arabes_unis, en tant que garde des sceaux, sont l’objet d’un rituel immuable : la remise à son homologue d’une « liste » recensant les criminels français en cavale, dont Paris espère l’extradition. Mercredi 19 novembre, sans déroger à cette tradition, Gérald Darmanin a remis une sélection d’une quinzaine de narcotrafiquants présumés, à la portée semblable à celle des affiches « Wanted » du Far West américain. Mais c’est d’un autre listing qu’est venue la nouveauté. Celui-ci détaille une quarantaine de biens immobiliers appartenant aux « narcos » ayant élu domicile à #Dubaï, et dont la saisie a été actée par les autorités locales.

      Postant sur le réseau social X un bref compte rendu de son déplacement, Gérald Darmanin se félicitait de cette première, précisant qu’il avait « transmis une liste de plusieurs dizaines de millions d’euros de patrimoine » aux autorités émiraties, « en particulier des appartements et des villas de luxe achetés en cash ou en cryptomonnaies ». Ce volet immobilier avait déjà été amorcé lors de la précédente visite du ministre, en janvier. Vanessa Perrée, alors directrice de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués, était du voyage. Cette magistrate, dont le nom a désormais été proposé par Gérald Darmanin pour diriger le futur Parquet national anticriminalité organisée, avait sensibilisé ses interlocuteurs sur la question des confiscations et des saisies. Restait à fournir les détails opérationnels.

      Comme le permet la loi sur le narcotrafic, promulguée en juin, la saisie des avoirs criminels peut être réalisée avant même la condamnation définitive des prévenus. C’est en exportant le concept de « taper au portefeuille » des trafiquants du haut du spectre qu’a été lancé ce processus, sans pour autant que soit encore clarifié le devenir des biens en question, parfois situés dans les gratte-ciels les plus iconiques de Dubaï.

      « Coopération fructueuse »

      Si des résultats rapides sont attendus au sujet des « narcos » dont les noms ont été livrés à la police locale (il est habituel que quelques arrestations ponctuent le retour du ministre, comme un gage de bonne foi), la réalisation du diptyque « interpellation - extradition » n’est pas toujours fluide. Il a ainsi fallu s’y reprendre à deux fois, après une première remise en liberté, avant de faire revenir en France en juin, sous une lourde escorte policière, Abdelkader Bouguettaia, dit « Bibi », importateur présumé de larges quantités de cocaïne via le port du Havre et résidant à Dubaï depuis 2019. Après avoir quitté subrepticement cette ville, c’est finalement au Maroc, en mars 2024, qu’avait été cueilli Félix Bingui, dit « Le Chat », cadre dirigeant du clan marseillais Yoda, désormais emprisonné à Vendin-Le-Vieil (Pas-de-Calais).

      En dépit de ces circonvolutions, les relations diplomatiques se sont réchauffées depuis quelques années. Au-delà des voyages réguliers des ministres en exercice, l’installation, en avril 2024, d’un magistrat de liaison, a permis de faciliter le dialogue avec les Emirats, et de limiter les incompréhensions. « Depuis 2020, il y avait eu zéro extradition, et cette année, on en a recensé 14 en dix mois, c’est une coopération fructueuse », souligne-t-on à la chancellerie. Les gains en termes d’image sur la scène internationale, notamment pour ne plus apparaître comme une oasis tranquille pour criminels en cavale, participent à ce changement de paradigme côté émirati. Pour preuve, le prince héritier en personne a participé aux rencontres avec la délégation française.

      Mais ce déplacement, qui a coïncidé avec la réunion d’urgence organisée mardi par Emmanuel Macron sur le narcotrafic, s’inscrit aussi dans un moment politique particulièrement sensible au sujet de la lutte contre les trafics de stupéfiants et aux violences qui y sont corrélées. Une semaine après l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, sont attendus jeudi à Marseille. La ville figure, sans surprise, comme l’un des principaux ports d’attache des narcotrafiquants ayant misé sur les luxueux appartements surplombant Dubaï pour y réinvestir l’argent du crime.

    • D’autres voix autorisées

      Trafic de stupéfiants : « L’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer le phénomène », Jean-Baptiste Perrier, Professeur de droit
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/trafic-de-stupefiants-l-approche-exclusivement-penale-si-necessaire-soit-ell

      Les récentes violences liées au trafic de stupéfiants rappellent, une fois encore, que la France se trouve confrontée à un phénomène qui ne relève plus de la seule délinquance de rue, mais d’ une dynamique criminelle profondément enracinée.
      L’assassinat, le 13 novembre, du frère du militant écologiste Amine Kessaci et la fusillade, dans la nuit du 15 au 16 novembre, touchant un garçon de 12 ans à Grenoble – ne sont pas des faits isolés. Ils témoignent au contraire d’une aggravation inquiétante du phénomène : extension géographique des réseaux, rajeunissement des acteurs impliqués, banalisation de l’usage des armes , menaces sur les magistrats et le personnel pénitentiaire , montée en puissance des logiques de représailles et des actes d’intimidation.

      Pourtant, depuis plusieurs années, les chercheurs spécialisés et les acteurs des milieux associatifs alertent sur une transformation structurelle du trafic de stupéfiants (qu’il convient de nommer pour ce qu’il est, en évitant tout terme qui renverrait à une image populaire séduisante [raté : le populaire plus ou moins jeune est repu d’un imaginaire de films de gangsters, apte à le régurgiter, vaguement]). L’offre de stupéfiants se diffuse toujours plus largement, tirée par une économie criminelle souple, agile, qui sait tirer parti du numérique et, plus encore, des vulnérabilités sociales. Ce constat est étayé par de nombreux rapports : en août, l’Office anti-stupéfiants alertait sur un véritable « tsunami blanc » de cocaïne [c’est plutôt une submersion, mais utiliser ce terme serait dangereux à d’autres égards], le nombre de consommateurs ayant presque doublé en quatre ans, et la France est devenue « sans zone blanche » ; c’est-à-dire que le trafic de drogue s’étend désormais sur tout le territoire, des métropoles aux zones rurales.

      Face à cette aggravation du phénomène, la réponse française demeure hélas centrée sur la répression : la loi du 13 juin 2025 ne fait que durcir les outils existants, alors que son intitulé même reconnaît que le pays serait déjà tombé dans le « piège du narcotrafic ».

      Cette orientation répressive n’est pas illégitime , et la lutte contre la criminalité organisée implique d’appréhender et de punir les auteurs, mais elle a montré depuis longtemps ses limites. Alors qu’un rapport du Sénat évoquait, en mai 2024, une « menace existentielle », la réponse est à l’évidence insuffisante : l’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer un phénomène qui s’alimente de facteurs économiques, sociaux ou encore éducatifs.

      Des travaux en criminologie ont en effet montré que l es marchés illicites, au premier rang desquels le trafic de stupéfiants, prospèrent lorsque les services publics et les perspectives pour la jeunesse reculent. [ pas question de renoncer pour si peu !] Le chômage massif des jeunes, la déscolarisation, le sentiment d’abandon sont autant d’interstices dont le crime organisé profite, en promettant des #revenus faciles (mais souvent illusoires) ainsi qu’un sentiment d’#appartenance que d’autres institutions ne parviennent plus toujours à offrir. La lutte contre le trafic de stupéfiants et le crime organisé ne peut donc ignorer ces dimensions : elle doit s’inscrire dans une approche pluridisciplinaire et de long terme.

      Une conférence de consensus

      Il ne s’agit pas d’être naïf, en pensant pouvoir éradiquer ce phénomène, ni de renoncer à l’outil répressif, mais de comprendre qu’il est absolument nécessaire d’agir simultanément sur plusieurs leviers : sécuritaire, mais aussi social, économique ou encore sanitaire . Le sujet doit être sorti de l’urgence permanente pour être inscrit dans une stratégie nationale et cohérente.

      Pour cela, l’organisation d’une conférence de consensus apparaît plus nécessaire que jamais. Une telle démarche, éprouvée pour d’autres politiques publiques [les retraites ? la santé publique ? l’école ?], permettrait de dépasser les postures partisanes et de réunir autour d’une même table chercheurs, pouvoirs publics, élus locaux, magistrats, policiers, associations de terrain, travailleurs sociaux, experts en santé publique ou encore [la rustine démocratique des] familles de victimes.

      L’objectif serait d’élaborer un diagnostic commun, d’évaluer rigoureusement les mesures existantes et de proposer un plan stratégique de long terme, tant pour la répression que pour la prévention, pour renforcer les dispositifs éducatifs, pour sécuriser les quartiers, en somme pour faire reculer les réseaux criminels en faisant avancer le lien social.

      La lutte contre le trafic de stupéfiants exige désormais de dépasser les logiques de court terme pour élaborer une politique véritablement intégrée, articulant prévention, sécurité, justice et action sociale. La crise est profonde et le point de basculement est probablement atteint, mais rien n’est irréversible. Un sursaut collectif s’impose pour dépasser l’illusion du tout-sécuritaire et affronter ce défi dans toute sa complexité humaine, sociale et territoriale.

      Jean-Baptiste Perrier est professeur à Aix-Marseille Université et doyen de la faculté de droit et de science politique. Spécialiste des questions de justice pénale, il a dirigé l’Institut de sciences pénales et de criminologie d’Aix-en-Provence et il est également président de l’Association française de droit pénal.

      #territoires #social

    • De nouveau pour dire que la répression ne suffit pas, et cette fois qu’il faudrait en finir avec celle de l’usage de cannabis, sans pour autant remettre en cause une répression des autres drogues prohibées (ainsi efficacement recentrée), répression qui est pourtant la condition native des organisation criminelles, d’illégalismes plus ou moins saumâtres.

      « Il est temps de mettre en œuvre une politique globale envers toutes les drogues, qui associe pleinement santé publique et ordre public », Bernard Basset, Médecin spécialiste en santé publique, Amine Benyamina, Professeur de psychiatrie et d’addictologie
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/il-est-temps-de-mettre-en-uvre-une-politique-globale-envers-toutes-les-drogu

      L’assassinat de sang-froid à Marseille du frère d’un militant associatif contre l’emprise du narcotrafic dans la ville a suscité l’horreur et témoigne des risques que fait courir à la société française la diffusion des méthodes brutales des #cartels de la drogue. La réponse répressive est indispensable et urgente, mais elle ne saurait être la seule pour lutter efficacement contre un phénomène qui se nourrit aussi de l’absence d’une politique cohérente de #santé_publique.

      La réunion contre le narcotrafic convoquée dans l’urgence mardi 18 novembre par le président de la République est révélatrice d’une approche uniquement centrée sur la répression, et dont on peut constater depuis un demi-siècle les limites sur le long terme. En effet, les professionnels de santé en ont été exclus.

      Il est légitime et indispensable de lutter vigoureusement contre l’emprise progressive des entreprises mafieuses sur les quartiers et, au-delà, sur son essaimage sur tout le territoire. Mais cette action de la police et de la justice s’accompagne à tort de l’idée que la répression est aussi le seul levier qui doit être employé contre les consommateurs. Cette logique normative et mécaniciste doit être évaluée, au-delà de toute considération morale, à l’expérience de ses échecs depuis des décennies. La diffusion des #drogues_illégales défie les coups de menton prétendument volontaristes et l’idée que seule la répression des consommateurs peut venir à bout du problème.

      En matière de stupéfiants, les objectifs d’une politique de santé sont souvent présentés à tort comme complaisants envers l’usage des drogues. Ce n’est jamais le cas car les professionnels de l’#addictologie ont une claire conscience de l’importance des risques et des dommages pour les personnes et pour leur entourage. Mais prévenir les usages et aider les usagers à sortir de leur dépendance sont des œuvres de longue haleine pour lesquels les a priori doivent céder la place concrètement et intellectuellement à la science et aux expériences évaluées.

      Salles de consommation supervisées

      Notre pays a longtemps été exemplaire en ce domaine avec une politique de #réduction_des_risques et des dommages qui s’est progressivement mise en place dans le contexte dramatique du début de l’épidémie de VIH. Il s’agit d’une réussite spectaculaire sur le plan sanitaire, mais aussi pour l’ordre public car la mise à disposition des #produits_de_substitution a mis fin aux braquages de pharmacies par les personnes en état de manque, qui faisaient la une des journaux dans les années 1980. La recherche d’efficacité, le pragmatisme et le courage politique des responsables d’alors devraient nous inspirer aujourd’hui.

      Depuis vingt ans, on assiste à un recul de la politique de santé – quand ce n’est pas simplement un abandon –, ce qui suscite l’étonnement voire l’incompréhension de nos collègues étrangers. L’exemple le plus frappant est celui des #salles_de_consommation_supervisées (appelées « haltes soins addictions ») dont les évaluations scientifiques et administratives sont clairement positives, mais dont la diffusion sur le territoire se heurte à la démagogie et à la stigmatisation des personnes dépendantes. Pourtant, il est clairement établi qu’elles contribuent aussi à la tranquillité publique et qu’elles offrent, pour une partie des utilisateurs, une issue à la dépendance.

      Les professionnels de l’addictologie et de la santé publique sont regardés avec condescendance quand ils demandent que la politique de lutte contre les drogues repose sur la prise en compte rationnelle des risques et des dommages pour chacun des produits. Il ne s’agit pas uniquement d’une préoccupation de rationalité de santé publique, mais aussi d’un souci de mieux employer les forces de répression contre les trafics les plus dangereux.
      C’est pourquoi la répression de la consommation de #cannabis est non seulement inefficace, mais affaiblit la lutte contre des drogues plus dangereuses et aux mains de réseaux criminels sans pitié. La #légalisation_du_cannabis est une option que d’autres pays ont déjà retenue, qui rapporte aux finances publiques et qui présente bien moins de risques pour la santé que l’#alcool qui est porté aux nues. Cette proposition ancienne ne doit pas être vue comme provocatrice, mais comme une opportunité pour les forces de répression de se consacrer au combat contre le cœur le plus inquiétant du trafic.

      Je suis un peu largué, et si il y a bien un retour de l’héro, je vois pas bien comment l’explosion de la conso de diverses drogues de synthèse (diversification causée par une loi qui n’est pas exclusivement celle du profit : vendre avant que le produit soit considéré comme une drogue prohibée) ou la conso de coke pourraient voir leurs dangers réduits sans dépénalisation (qui ne se fera pas dans des salles de conso).

      #usagers_de_drogues #prohibition_des_drogues

    • Assassinat de Mehdi Kessaci : les enquêteurs demeurent prudents, la piste d’un cadre de la DZ Mafia étudiée
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/22/assassinat-de-mehdi-kessaci-les-enqueteurs-demeurent-prudents-la-piste-d-un-

      La signature du plus puissant groupe de narcotrafiquants marseillais – la #DZ_Mafia – est une piste qui semble s’imposer à ce stade. Un profil serait même privilégié, selon l’édition du Parisien du 20 novembre : celui d’Amine O., l’un des leaders de la DZ Mafia, emprisonné depuis mars à la maison d’arrêt de Bourg-en-Bresse. C’est depuis sa cellule qu’il aurait pu commanditer cet assassinat.

      Amine O., aussi surnommé « Mamine », ou « Jalisco », est bien connu des enquêteurs marseillais, mais aussi des magistrats de la juridiction nationale contre la criminalité organisée, à Paris, qui pilote désormais ce dossier sensible. Une note blanche du service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée documentant les activités de la DZ Mafia, datée d’octobre 2024, détaille que « Mamine », dont les photos anthropométriques montrent un regard déterminé, une moustache épaisse et une barbiche, des cheveux ramenés en catogan, est connu pour sa « capacité de recrutement rapide d’équipes “à tiroir” pour la DZ Mafia », et constitue une « pièce maîtresse dans cette organisation criminelle ».
      Cet homme de 31 ans, qui a grandi dans la cité des Micocouliers, dans le 14e arrondissement de Marseille, fut essentiellement condamné, au début de son ascension criminelle, entre 2013 et 2016, pour violences aggravées, vols aggravés ou association de malfaiteurs. Depuis 2020, et plus encore ces trois dernières années, ses incriminations judiciaires, dans des affaires d’#assassinats_ciblés particulièrement sauvages, accompagnent la montée en puissance de la DZ Mafia. C’est un triple meurtre, remarquable de violence, qui connecte « Mamine » à la famille Kessaci…

      A la fin décembre 2020 et début janvier 2021, trois corps sont retrouvés, carbonisés, dans des voitures incendiées et abandonnées. Il s’agit de trois amis, considérés comme des figures montantes du trafic de stupéfiants. L’un d’entre eux, découvert gisant dans une Audi S3 en flammes, est un jeune homme âgé de 22 ans nommé Brahim Chabane. Il est le demi-frère d’Amine Kessaci, qui avait fondé depuis quelques mois à peine l’association Conscience, engagée sur le terrain de l’écologie comme de la lutte contre les trafics de drogues. Amine O. est poursuivi pour assassinat et, à l’époque, placé sous mandat de dépôt.

      Pourquoi n’a-t-il pas fait partie de la première sélection de détenus installés dans la « narcoprison » de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), dès la fin juillet ? « Comme il y a déjà 21 détenus de la DZ Mafia à Vendin, l’idée était de ne pas y reconstituer toute la tête de réseau, mais, au contraire, de répartir sur les deux sites les principaux », explique un responsable de l’administration pénitentiaire.

      « Les commanditaires sont dans nos prisons », a affirmé, vendredi, en marge de la présentation de son plan « zéro portable », le garde des sceaux, Gérald Darmanin, au sujet de l’assassinat de Mehdi Kessaci. Il a aussi souligné que « l’administration pénitentiaire n’avait rien à se reprocher » concernant la gestion du cas Amine O.

    • https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/marseille-les-nouvelles-cibles-du-narcotrafic-5904452

      Le journaliste Xavier Monnier, spécialiste du milieu criminel marseillais, nuance la dimension ethnique : « Il faut faire attention à avoir une lecture trop ethnique… au sein de la DZ Mafia comme du groupe Yoda, vous avez des Français d’origine comorienne, italienne, corse, algérienne, tunisienne. » Il rappelle que la DZ Mafia est née et organisée depuis la prison, fruit d’une décennie d’évolution : « On est face à l’aboutissement d’une chrysalide criminelle et là, on affronte l’éclosion. »

      Xavier Monnier qui avait donc fait une grosse enquête sur la DZ Mafia avant ce crime :
      En vidéo déjà lié https://seenthis.net/messages/1137633
      Et en écrit aussi en 3 articles :
      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 1 : Terreur sur Marseille
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-1-terreur-sur-marseille-h

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 2 : La prison comme berceau et quartier général
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-2-la-prison-comme-berceau

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 3 : La nouvelle ère du narcocapitalisme
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-3-la-nouvelle-ere-du-narc

      Et sa réaction au dernier meurtre
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/marseille-don-quichotte-contre-les-moulins-des-narcos-yTR7NfaRR12EFEpXFK9

    • Bruno Mangin, pharmacien : « Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, n’ajoutons pas de la honte à leur souffrance »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/25/bruno-mangin-pharmacien-les-consommateurs-de-drogue-portent-deja-une-culpabi

      Depuis plusieurs jours, les propos d’Emmanuel Macron visant les consommateurs « bourgeois des centres-villes » accusés de financer le narcotrafic ont suscité bien des réactions. La mobilisation de cette rhétorique est inquiétante : loin d’éclairer les enjeux, elle renforce de vieux préjugés à l’égard des consommateurs de drogues et conduit la lutte contre le narcotrafic dans une impasse politique et opérationnelle. Réduire un phénomène aussi complexe à un mécanisme de culpabilisation individuelle revient à nier la réalité des déterminants sociaux et des responsabilités publiques.

      Oui, sans clientèle, il n’existe pas de marché. C’est l’évidence. Mais réduire la question du narcotrafic à une équation morale et individuelle – faute, culpabilité, responsabilité personnelle – revient à masquer l’essentiel. La consommation ne peut être dissociée du contexte social, économique et politique qui la rend possible ou supportable. Pointer les usagers du doigt, c’est détourner le regard des causes profondes sur lesquelles, collectivement, nous refusons d’agir.

      Notre société est en proie à une perte de repères, à une inquiétude face à l’avenir, à une montée de l’isolement et à un effritement du lien social. Le vertige écologique, la fragilisation économique et l’injonction permanente à la performance touchent toutes les catégories sociales. Ce que l’on demandait autrefois à la communauté, on le demande désormais aux individus. C’est dans ce vide que les conduites addictives deviennent les palliatifs fragiles qui permettent de rester debout face à un réel devenu trop lourd. La question n’est pas seulement de savoir qui consomme, mais ce qui, dans notre organisation sociale, rend ces usages attractifs, nécessaires ou tolérables.

      L’histoire nous l’a appris : la « #guerre_contre_la_drogue », déclarée il y a plus de cinquante ans [aux Etats-Unis] par Richard Nixon, est un échec mondial. Des milliards dépensés, des vies brisées, sans jamais parvenir à la réduction durable des trafics ou de la disponibilité des produits. Le constat est clair : la seule répression ne modifie ni les marchés ni les logiques d’usage. En revanche, elle fragilise les plus vulnérables, aggrave les risques et éloigne des dispositifs de prise en charge.

      Explications simplistes

      Les données issues des organismes publics, dont l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, montrent que les usages évoluent, s’étendent et se diversifient. Elles documentent une progression globale tout en soulignant des différences selon les âges, les produits et les contextes.

      Ces éléments invitent à analyser, à comprendre, à débattre, plutôt qu’à désigner des coupables simplifiés. S’agissant des jeunes, les indicateurs suggèrent une évolution contrastée, mais il serait imprudent d’en déduire des conclusions causales. Leur mal-être augmente, leur rapport au monde change, mais rien ne permet d’affirmer ce qui relie ou distingue ces tendances. La responsabilité publique oblige à dépasser les explications simplistes et à repenser nos politiques à l’aune de réalités complexes, où la détresse sociale, existentielle et économique joue un rôle déterminant.

      Face à cela, les réponses politiques demeurent fragmentées. Les débats sur la légalisation du cannabis ou les haltes soins addictions sont trop souvent caricaturés, réduits à des slogans qui empêchent toute réflexion sérieuse. Cette caricature, devenue réflexe, produit de fait une absence de débat démocratique. Pourtant, la légalisation, expérimentée dans de nombreux pays, contribue à affaiblir les réseaux criminels, réduire les violences et mieux contrôler les substances. De même, les haltes soins addictions – évaluées officiellement – démontrent leur efficacité sanitaire, sociale et sécuritaire. Malgré cela, leur déploiement reste marginal, sans stratégie nationale.

      La lutte contre le narcotrafic nécessite une coordination réelle entre l’Etat, garant du cadre régalien, et les collectivités territoriales, au contact des réalités sociales. Sans articulation entre justice, police, prévention, santé publique, action sociale et politiques de jeunesse, aucune stratégie ne peut produire d’effets durables. C’est cette coopération – et non la désignation de boucs émissaires – qui permettra d’agir sur les causes, protéger les populations et réduire l’emprise des réseaux.

      Débat sur la légalisation

      A l’approche des élections municipales, il appartiendra aux candidates et candidats d’assumer leurs responsabilités : proposer des politiques locales qui ne se limitent pas à la seule sécurité, mais qui intègrent prévention, accompagnement social, soutien économique, réponses sanitaires structurées et vision politique cohérente. Ignorer cette dimension, c’est condamner les territoires à des solutions inopérantes.

      L’urgence est claire : cesser d’opposer morale et santé publique, prévention et répression, usagers et non-usagers. Lutter efficacement contre le narcotrafic exige une stratégie globale : fermeté contre les réseaux criminels, mais aussi courage face aux réalités sociales, économiques et politiques qui nourrissent la demande. Cela suppose d’ouvrir enfin un débat sérieux sur la légalisation, de déployer des haltes soins addictions dans toutes les grandes villes et de reconnaître l’usager non comme un coupable, mais comme un citoyen dont la santé et la dignité doivent être protégées. Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, et il est inutile d’ajouter de la honte à leur souffrance.

      Si nous voulons réduire le narcotrafic, ni la stigmatisation ni les proclamations ne seront suffisantes. Si nous voulons avancer, nous devons nous occuper de ceux qui souffrent, cesser de les accuser et contribuer à soigner une société qui vacille. Une société adulte ne se contente pas d’indignation ou de simplification. Elle regarde la réalité, elle l’affronte, elle construit. C’est cela que nous devons à nos concitoyens, à nos jeunes, à nos territoires et à notre démocratie.

      Bruno Mangin, pharmacien à Nîmes et président de l’association Ekko, qui œuvre pour la prise en charge des personnes en situation d’addiction et pour la prévention des conduites addictives.

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe -Disponible jusqu’au 05/04/2026
      https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027444/narcotrafic-le-poison-de-l-europe

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. En retraçant l’histoire de ce narcotrafic d’un type nouveau, cette captivante enquête montre combien l’ultralibéralisme contemporain lui permet de prospérer.

      « le débat ne prend pas en compte la place du système financier », estime Roberto Saviano
      https://seenthis.net/messages/1151976

      La richesse d’une nation
      https://seenthis.net/messages/1151911

      #narcotrafic

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe (2/2)
      La faiblesse des États
      https://www.arte.tv/fr/videos/118270-000-A/narcotrafic-le-poison-de-l-europe-2-2

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas et la Belgique ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. Ce second volet retrace la patiente enquête des polices européennes pour frapper le narcotrafic à sa tête. Une victoire temporaire, puisqu’il s’est reconstitué aussitôt, ailleurs et avec d’autres…

      pas mal de blabla, et pas que.
      découvre qu’en raison de ce commerce, le port de Rotterdam a été robotisé (le narcotrafic se dirige vers des ports moins équipés : Anvers n’a pas atteint la capacité de scanner tous les conteneurs ; le Havre est loin de tout ça, etc.)
      #cocaïne #Europe #mondialisation #commerce_mondial #marché_mondial #Dubaï #corruption #encrochat (hacké par la gendarmerie française) #sky_ECC (corrompue grâce à une demande d’actualisation policière)

  • Trump contre la Colombie : cocaïne ou pétrole ?
    https://www.leshumanites-media.com/post/trump-contre-la-colombie-coca%C3%AFne-ou-p%C3%A9trole

    A en croire les informations diffusées ici et là, les États-Unis s’apprêtent à intervenir en Colombie, dont le président de gauche Gustavo Petro serait, aux dires de Donald Trump, un « baron de la drogue ». Elle a bon don, la cocaïne... Et si les véritables raisons du courroux trumpiste étaient à chercher ailleurs ?

    La guerre à la drogue ? 1 cocktail gagnant cocaïne/hydrocarbure/glyphosate = 1 shaker bien frappé.
    "Colombie : Poison contre Poison », un documentaire d’enquête"
    https://rebellyon.info/Colombie-Poison-contre-Poison-un-17353
    https://www.youtube.com/watch?v=ZZDCBdLs6Go


    https://reporterre.net/Alternative-empoisonnee-en-Colombie-le-glyphosate-ou-la-coca

    #Colombie #glyphosate #pétrole #cocaïne #narcotrafic #USA

  • La France est submergée par la cocaïne, alerte un rapport RTS - Benjamin Luis

    Un « tsunami blanc », telle est l’image choc choisie par l’Office anti-stupéfiants français. Selon un rapport confidentiel de l’office, auquel ont eu accès des médias français, le pays est submergé par la cocaïne et gangréné par une économie parallèle violente, jusqu’au cœur des villes moyennes. 

    En France, la drogue est partout, selon le constat dressé dans le dernier rapport de l’Office anti-stupéfiants français (OFAST) paru fin juillet, un document à diffusion restreinte. Il parle d’une offre désormais « sans zone blanche  », donc plus aucun territoire n’est épargné.

    Dans cette offre, la cocaïne domine. Les saisies ont bondi, les prix ont chuté et la consommation s’est envolée. Plus d’un million de Français et Françaises en feraient un usage régulier.


    Pas moins de 37 tonnes de cocaïne ont été saisies sur les six premiers mois de l’année 2025, une hausse de 50% par rapport au début 2024, relate France Info.

    Fusillades, guet-apens et assassinats
    La violence est alarmante : fusillades, guet-apens, assassinats commandités… Près de 400 attaques liées au trafic ont été recensées en 2024, le tout dans une logique de marché, avec des tarifs fixés pour intimider ou éliminer.

    Des réseaux structurés, en lien direct avec les cartels sud-américains, travaillent en coulisses. Ils s’adaptent, se numérisent et livrent désormais à domicile, investissent même les locations de courte durée.

    Selon l’OFAST, la France fait face à un système criminel qui infiltre la société et défie l’Etat. Filant la métaphore du raz de marée, le ministre de l’Intérieur français Bruno Retailleau évoque une « menace existentielle pour le pays ».

    Les passages aux urgences ont « plus que triplé » à cause la cocaïne
    En France, la consommation de cocaïne fait peser un « poids significatif » sur l’hôpital et les services d’urgence, où le nombre de passages qui y sont liés ont « plus que triplé » entre 2012 et 2023, avant de se stabiliser l’an dernier, affirme l’agence française de santé publique.

    En 2024, 5067 passages aux urgences en lien avec l’usage de cocaïne et 1619 hospitalisations (consécutives à un passage) ont été recensés. Ces taux de passages aux urgences sont « très élevés en Guyane, Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie ».

    Surtout des hommes trentenaires
    Entre 2012 et 2024, sur 32’749 passages aux urgences liés à l’usage de la cocaïne, environ les trois quarts (74%) concernaient des hommes et l’âge médian était de 32 ans, correspondant au profil des personnes les plus consommatrices au sein de la population générale.

    Sur cette période, les passages aux urgences liés à la consommation de cocaïne étaient « fréquemment associés à des diagnostics de consommation d’autres substances », en « premier lieu l’alcool » (29%), puis les narcotiques (dont les opiacés, 14%), le cannabis (11%) et les benzodiazépines (7%).

    #France #élites #cocaïne #drogue #drogues #stupéfiants #mafia #corruption #épidémie_de_cocaïne
    Source : https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/rapport-choc-la-france-submergee-par-un-tsunami-de-cocaine-et-de-violence-289599

  • L’opération « Trident », un fiasco sans précédent des policiers marseillais pour faire tomber un narcotrafiquant
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/05/11/l-operation-trident-un-fiasco-sans-precedent-des-policiers-marseillais-pour-

    (...)Des faits susceptibles de relever d’« une logique de corruption » appuyée sur des « pratiques professionnelles dévoyées (…) avec une validation de la chaîne hiérarchique ».

    Pourtant, un an après ces conclusions, l’intérêt de la justice pour la « chaîne hiérarchique » policière s’est interrompu à ses premiers maillons. Outre les deux principaux indicateurs de la police, poursuivis pour « importation et trafic de stupéfiants », seuls les deux policiers du Groupe 8, le brigadier-chef G. et le major D., qui pilotaient l’enquête avec leur chef, ont été incarcérés après leur mise en examen, le 4 avril, pour « importation et trafic de stupéfiants en bande organisée, blanchiment, association de malfaiteurs, faux en écriture publique » et captation illégale d’images. Une sévérité sélective, selon Karim Bouguessa, avocat de brigadier-chef G. : « Soit le dossier est construit avec l’idée qu’il n’y a que deux brebis galeuses au sein du service et l’histoire ne sera pas difficile à écrire, soit c’est un peu plus compliqué et il y a d’autres responsables. Le levier est entre les mains des magistrats. »

    Sous le couvert de l’anonymat, certains policiers et magistrats redoutent désormais d’éventuelles conséquences des « pratiques professionnelles dévoyées » et leur « validation par la hiérarchie » sur des dossiers judiciaires en cours. Qu’en est-il des dizaines d’autres affaires traitées par l’antenne Ofast de Marseille, l’un des symboles de l’action de l’Etat dans la lutte contre le narcotrafic ? Par l’intermédiaire de son service de communication, la direction générale de la police nationale n’a pas donné suite aux questions du Monde, « une procédure judiciaire étant en cours ».

    https://archive.ph/Ulfv3

    Ils ne palpaient pas tous mais tous étaient mouillés.

    #Marseille #Police #procédure #procédure_extra_légale #OFAST #indicateurs #coup_d'achat #illégalité #illégalismes_policiers #corruption

  • « Le capitalisme libéral est devenu mafieux » : notre émission spéciale avec #Roberto_Saviano

    Dans « #Giovanni_Falcone », l’écrivain documente le « courage » du juge assassiné par la mafia en 1992. Invité d’« À l’air libre », il évoque l’ampleur du narcotrafic et juge qu’il faut « légaliser » les drogues. Il alerte : en France, l’extrême droite aussi peut arriver au pouvoir.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/070225/le-capitalisme-liberal-est-devenu-mafieux-notre-emission-speciale-avec-rob

    #interview #solitude #Italie #crime_organisé #capitalisme #bitcoin #capitalisme_criminel #capitalisme_financiarisé #blanchissement_d'argent #banques #capitalisme_libéral #mafia #drogue #cocaïne #économie #Europe #France #épidémie_de_cocaïne #Corse #argent #grande_distribution #légalisation_de_la_drogue #corruption #juges #magistrature #séparation_des_pouvoirs #Giorgia_Meloni

    A partir de la minute 14’00 : question sur la présence mafieuse en France... Saviano dit ne pas comprendre comment ça se fait qu’alors qu’en France sont présentes les plus grandes mafias du monde, on en parle pas...

  • It’s Not Funny Anymore : #Vice to #Proud_Boys | #URBANIA Média
    https://urbania.media/fr/productions/it-s-not-funny-anymore-vice-to-proud-boys

    Découvrez Gavin McInnes, ce Canadien audacieux qui a laissé derrière lui deux héritages polarisants : d’un côté, l’empire médiatique VICE, évalué à plusieurs milliards et marqué par son progressisme, et de l’autre, les Proud Boys, une milice d’extrême droite violente, tristement célèbre pour son rôle lors de l’assaut du Capitole le 6 janvier.

    je découvre cette société de prod canadienne (progressiste non militante selon les dires du patron)...

    autre exemple de production :

    Substances | URBANIA Média
    https://urbania.media/fr/productions/substances

    Trois journalistes d’URBANIA, Hugo Meunier, Sara Buzzell et Jean Bourbeau, plongent dans l’univers des drogues en explorant sans tabou la place qu’elles occupent dans la société québécoise d’aujourd’hui. 

    Au fil des six épisodes portant sur le #cannabis, le GHB, le Xanax, la #cocaïne, le #Fentanyl et les #psychédéliques, les journalistes s’immergent dans l’univers d’une drogue en particulier, d’abord par leurs rencontres avec des expert.e.s, puis par une immersion sur le terrain.

    trouvée au hasard de lecture :

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/02/10/les-medias-videos-comme-brut-ou-konbini-percutes-par-les-changements-d-algor

  • #Colombie : les affrontements entre l’ELN et les ex-FARC font plus de 80 morts et 11 000 déplacés
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250120-colombie-les-affrontements-entre-l-eln-et-les-farc-font-plus-de-80-mort

    Le Catatumbo est une région très pauvre. Mais il y pousse de la #coca (quelque 50 000 hectares de cultures de coca) et pour les groupes armés qui vivent du trafic de #cocaïne, elle est stratégique. Depuis trois jours, l’ELN (en activité depuis 1964 et qui compte quelque 5 800 membres selon les services de renseignement militaire) multiplie les assassinats, les enlèvements et les menaces pour tenter d’éliminer son rival régional, un groupe armé qui se réclame de l’ancienne guérilla des FARC.

    Hier dimanche, l’armée a annoncé l’envoi de 5 000 soldats dans la région. Les militaires veulent d’abord sécuriser un couloir humanitaire pour permettre aux civils d’échapper aux règlements de compte entre les deux groupes armés. Le commandant en chef de l’armée a annoncé la mise en place d’un plan stratégique pour tenter ensuite de contrer l’ELN.

  • Les niveaux d’usage des drogues illicites en France en 2023 | OFDT
    https://www.ofdt.fr/actualite/les-niveaux-d-usage-des-drogues-illicites-en-france-en-2023-2123

    En 2023, la part des expérimentateurs de #cannabis a continué d’augmenter et concerne désormais plus de la moitié de la population française âgée de 18 à 64 ans. En revanche, les autres indicateurs d’usage de cannabis relatifs à une consommation actuelle n’ont pas augmenté entre 2017 et 2023 à l’exception de ceux concernant les adultes les plus âgés (55-64 ans). Aujourd’hui, les usages de cannabis restent le fait des jeunes générations (plus de 30 % des adolescents âgés de 17 ans en avaient déjà consommé en 2022).

    La consommation des #drogues_illicites autres que le cannabis, qui avait connu une période de stabilisation entre 2014 et 2017, présente en 2023 des niveaux d’usage en forte augmentation quelle que soit la substance psychoactive, et notamment pour les stimulants. Près d’un adulte sur dix a déjà consommé au moins une fois de la #cocaïne en poudre dans la vie, et un sur douze a déjà consommé de la #MDMA. Ces augmentations s’inscrivent dans un contexte de disponibilité accrue des drogues, en France comme en Europe.

    Abstinence, ennui et dépendance
    https://shs.cairn.info/revue-cliniques-2014-1-page-52

    Au risque de tout perdre, moi qui suis à peu près abstinent de toute conduite addictive sauf du tabac et de la connerie. J’ai comme l’idée à mes 70 ans si je me les souhaite de rallumer la chaudière — histoire de finir en feu d’artifice et de bien faire chier mon monde avant de partir.
    #alcool #addiction #abstinence #ennui

  • How a Brazilian prison gang became an international criminal leviathan
    https://www.theguardian.com/world/2023/nov/11/pcc-brazil-drug-trade-gang

    But over the past five years, investigators say the PCC – which the US now calls one of the world’s most powerful organized crime groups – has morphed into an even more formidable force after forging lucrative alliances with partners ranging from Bolivian cocaine producers to Italian mafiosi. Today, the group boasts tens of thousands of members and has a growing portfolio of interests, including illegal goldmines in the Amazon. It controls one of South America’s most important trafficking routes – linking Bolivia and Brazil to Europe and Africa – and is partly responsible for a tsunami of cocaine that has brought car bombings, assassinations and gunfights to parts of Europe.

    “If someone is using cocaine in France, England or Spain there’s a very good chance it got there through the hands of the PCC,” said Lincoln Gakiya, a prosecutor from São Paulo’s organized crime taskforce, Gaeco, who estimates the group now makes $1bn a year – almost entirely from international trafficking.

    [...]

    “They start in this nightmarish situation and they gather up enough power to subdue all rivals. They become a kind of a leviathan and they take over and then they put in place a kind of social order, a peace, that makes everybody better off.

    “Of course, some people don’t like it,” Lessing added. “But for the average prisoner they are happy to be governed, just like the average citizen is happy that there is a state.”

    #Brazil #Brésil

  • Drogue. La Silicon Valley carbure aux substances psychédéliques… y compris au boulot
    https://www.courrierinternational.com/article/drogue-la-silicon-valley-carbure-aux-substances-psychedelique

    Le milieu de la tech aux États-Unis carbure aux drogues psychédéliques, raconte “The Wall Street Journal”. Des entrepreneurs vantent les bienfaits des “microdoses” pour la santé et la créativité, allant parfois jusqu’à encourager tacitement leurs employés. Un mouvement qui n’est pas sans lien avec les perspectives mirobolantes qu’offre le développement des substances hallucinogènes à des fins médicales.

    The Wall Street Journal
    Traduit de l’anglais
    Dessin de Willis, Tunisie.
    [...]
    Tim Sae Koo avait créé une start-up de marketing numérique à San Francisco lorsqu’il a découvert les substances psychédéliques à Coachella, en 2014. Il raconte avoir compris par ce moyen qu’il avait créé son entreprise pour que sa mère soit fière de lui et qu’il était temps de la revendre. “Beaucoup de ces explorations pendant mes voyages psychédéliques m’ont aidé à voir plus clairement que j’avais créé l’entreprise en raison de traumatismes”, témoigne-t-il.

    Depuis cinq ans, il organise des cérémonies d’ayahuasca au Costa Rica pour des entrepreneurs et PDG de la tech. Il compte à ce jour plus de 500 participants, y compris quelques fondateurs de start-up qui pèsent plus d’un milliard de dollars, précise-t-il.

    https://jpst.it/3lcI0

    • https://www.arte.tv/fr/videos/113512-034-A/28-minutes (à partir de 42’25’’) :
      Transcription de l’exposé de Marie Bonnisseau :

      Jean Mathieu Pernin : Marie, vous, ce soir vous allez nous parler de la fin d’un tabou en entreprise, hein, dans les start up de la Silicon Valley, il est désormais courant de cosommer et de parler de drogues.
      Marie Bonnisseau : oui et c’est très sérieux, c’est une tendance qui fait l’objet d’un long article dans le très sérieux Wall Street Journal, la bible des milieux d’affaires américains, et qui racontent comment un demi siècle, plus d’un demi-siècle après le « summer of love », les drogues psychédéliques sont en train de faire leur retour main dans la main avec le capitalisme. Et de citer Elon Musk qui prendrait de la kétamine, Sergey Brin, le cofondateur de Google qui s’autorise parfois quelques champignons hallucinogènes, et plus largement des milliers de cadres de ces start up (j’ai pas le chiffre exact évidemment car c’est illégal) qui, le matin avec leur thé vert, s’administreraient une micro-dose, toute petite dose de LSD, de MDMA, de psylocibe, ce champignon qu’on dit magique, juste avant de se mettre au travail. Ou alors le vendredi avec ce qu’on appelle les « microdosing fridays », oui ça existe.
      Alors pourquoi ? Oui ces substances, nous disent-ils, prises en très très petites quantités régulièrement ne donnent non pas des hallucinations mais seraient sensées aider à se concentrer, à être plus présent sur le moment et à penser « out of the box », hors du cadre, vous savez, cette expression chérie de la tech qui survalorise les idées nouvelles, les innovations constantes. L’i-phone n’aurait jamais existé sans LSD, une phrase qu’on attribue à Steve Jobs, et qui est reprise en boucle par ces adeptes, euh ... de la drogue. Renaissance psychédélique qui est beaucoup plus cadrée professionnelle que dans les années 70, et qui est paradoxalement poussée par une méfiance de la jeune génération envers toute l’industrie pharmaceutique accusée de zombifier les patients, l’expression est d’Elon Musk, à coups d’antidépresseurs. Et comme on est dans la Silicon Valley, ce projet s’accompagne de millions de $ d’investissements dans la recherche et les essais cliniques privés sur ces psychotropes qu’on dit à fin thérapeutique. Même si pour le moment beaucoup sont en train de s’auto-administrer ces drogues sans aucun suivi médical et ignorent délibérément cette réalité que je vous rappelle : « l’usage des produits stupéfiants est dangereux pour la santé et strictement interdit par la loi ». Qu’importe, il y a de gros investisseurs qui sont déjà en train de parier sur une prochaine légalisation, ils y croient, de la MDMA, des champignons, et ils prévoient même un marché de 12 millions de $ d’ci la fin de la décennie. En attendant, ils ne craignent pas grand chose :
      - La FDA (qui est le régulateur américain) se fiche complétement de nous - ça c’est un adepte du micro-dosing qui explique ça avec beaucoup de cynisme au journal les Échos.
      – C’est une industrie, dit-il, qui ne draine pas beaucoup d’argent pour l’instant, qui ne génère pas de violence. Pourquoi aller embêter des Blancs éduqués qui peuvent se payer un avocat ?

      Drogues de riches, drogues de privilégiés, que certains d’ailleurs comparent à la cocaïne qui a ravagée Wall Street dans les années 80, et qui transforment aujourd’hui cette « expérience psychédélique » des hippies d’antan en dopage de bureau.

  • Près de 7 tonnes de cocaïne au milieu d’un container de bananes dans le port d’Anvers : 4 suspects interpellés RTBF - Belga

    La douane a trouvé une grosse quantité de cocaïne cachée dans un container de bananes dimanche au port d’Anvers, communique le parquet anversois mardi. Au total, 6822 kilos de drogue ont été découverts. La police a appréhendé quatre individus.

    La saisie s’est opérée sur le quai 1742 au port du pays de Waes, une section du port d’Anvers. La cocaïne se trouvait avec un chargement de bananes en provenance d’Équateur. La Police Judiciaire Fédérale (PJF) d’Anvers a appréhendé quatre suspects lors de l’opération. Ils ont entretemps été présentés à un juge d’instruction, qui a décidé de les maintenir en détention.

    #drogues #cocaïne #mafia #santé #addiction #société #trafic #criminalité #cocaine #Anvers #criminalité

    Source : https://www.rtbf.be/article/pres-de-7-tonnes-de-cocaine-au-milieu-dun-container-de-bananes-dans-le-port-dan

  • Une nouvelle campagne met les groupes à risque en garde contre les dangers de la cocaïne Anne François - Vrt nws

    La consommation de cocaïne augmente en Flandre, à tel point que la ministre du Bien-être, de la Santé publique et de la Famille Hilde Crevits (CD&V) vient de lancer une campagne de sensibilisation, en collaboration avec le Centre flamand d’expertise sur l’alcool et autres drogues (VAD). Via des films courts placés sur les réseaux sociaux, la ministre veut informer et attirer l’attention sur les dangers de la cocaïne. « Ce sont avant tout les jeunes adultes qui consomment cette drogue addictive », souligne Kathleen Peleman du VAD.

    Les films de sensibilisation seront avant tout destinés à trois profils de consommateurs de cocaïne : les personnes qui veulent répondre à une pression élevée de travail ou de prestations professionnelles, les consommateurs de cocaïne qui veulent accroître leur plaisir lors de sorties nocturnes, et les personnes qui prennent des stupéfiants pour tenter d’oublier leurs problèmes. Ces publics différents recevront des informations sur les dangers de la consommation de cocaïne et seront dirigés vers le site internet d’information sur les drogues, pour davantage de détails et une aide personnalisée.

    Un quatrième film est destiné aux citoyens qui s’inquiètent de la consommation de cocaïne d’une personne dans leur entourage. Ils recevront des indications sur la façon d’aborder le sujet, tout en se protégeant. Les quatre films seront également diffusés via Google, à l’attention des personnes qui font une recherche sur la cocaïne via l’internet.

    « En plus de tous les moyens qui sont déployés dans le domaine de la sécurité et de la lutte contre la criminalité, il est important de veiller à la santé des consommateurs de cocaïne. C’est la raison pour laquelle nous lançons quatre films destinés aux divers types de consommateurs », expliquait la ministre flamande de la Santé publique Hilde Crevits.

    Groupes cibles
    D’après le Centre flamand d’expertise sur l’alcool et autres drogues, la consommation de cocaïne est avant tout répandue parmi les citoyens âgés de 25 à 34 ans. « Des études indiquent que les hommes qui font partie de cette catégorie d’âge sont huit fois plus susceptibles de consommer de la cocaïne que les femmes », souligne Kathleen Peleman.

    Elle précise que les films qui seront diffusés ne montreront pas des images choquantes. « Quand on mène une campagne de sensibilisation avec des images effrayantes, on atteint avant tout les personnes qui sont déjà convaincues des dangers de la drogue. Les personnes qui sont tentées par la cocaïne ou qui la consomment vont rejeter la campagne ».

    La campagne de sensibilisation ne sera pas visible dans des lieux publics. « Parce que la consommation de cocaïne est très basse au sein de la population. Et parce que nous ne voulons pas normaliser la cocaïne », conclut Peleman.

    #drogues #cocaïne #mafia #santé #addiction #société #trafic #criminalité #cocaine #opioides

    Source : https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2023/06/27/une-nouvelle-campagne-met-les-groupes-a-risque-en-garde-contre-l