• Comment « l’arc républicain » pave la voie de Marine Le Pen au pouvoir, par Michel Feher
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/comment-larc-republicain-pave-la-voie-de-marine-le-pen-au-pouvoir-par-mic

    Politique migratoire, retour des pesticides, présomption de légitime défense des policiers… La droite et le macronisme font tout pour que nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les éventuels premiers mois d’une présidence Le Pen, estime le philosophe.

    Du sommet de l’Etat aux formations centristes et conservatrices, le comité d’accueil est fin prêt et ne laisse rien au hasard. Loin de se borner à dédiaboliser le Rassemblement national, parti cofondé par des anciens Waffen-SS et un tortionnaire de la guerre d’Algérie, ses membres anticipent son arrivée au pouvoir et s’affairent pour que le passage de témoin s’effectue sans heurt. Mieux encore, le défi qu’ils se proposent de relever consiste à faire en sorte que nul ne décèle la différence entre l’avant et l’après.

    A défaut d’avoir fait reculer l’#extrême_droite, comme il l’avait promis au début de son premier mandat, Emmanuel Macron est parvenu à la rendre indiscernable de ce qui lui tenait naguère lieu de majorité. Pour qu’une formation politique jusque-là infréquentable cesse de détonner, ne suffit-il pas que d’autres épousent ses priorités et ses phobies ?

    Qu’on en juge : de la présomption de légitime défense accordée aux forces de l’ordre au grand retour des pesticides dans nos campagnes, en passant par le vote sur les « hubs de retour » au Parlement européen, tout est mis en œuvre pour que les parlementaires du RN se sentent pleinement chez eux au sein de ce que leurs futurs compères de la droite et du centre appellent déjà l’« #arc_républicain ».

    Cerise sur le gâteau : Sébastien Lecornu, le discret et obligeant Premier ministre, fait actuellement diligence pour que des banques accordent à Marine Le Pen le prêt nécessaire au financement de sa future campagne, en dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics. Si les créanciers se montrent assez généreux, peut-être pourra-t-elle s’offrir un bracelet électronique assorti aux dorures de l’Elysée ?

    Du « Front » à l’« arc » républicain

    Il faut dire que la démarche entamée par le chef du gouvernement n’aurait pas été possible si la cour d’appel n’avait préparé le terrain en réduisant la peine d’inéligibilité de la députée européenne délinquante. Usant de l’argument, cher à Bruno Retailleau, selon lequel l’Etat de droit n’est « ni intangible ni sacré », le juge s’était prononcé pour que les tribunaux n’abusent pas de leur indépendance en privant l’électorat lepéniste de sa candidate préférée. Bien que formellement maintenue, la séparation des pouvoirs ne devrait plus empêcher l’exécutif de renforcer ses prérogatives.

    Pour assurer la parfaite continuité de l’arc républicain, il importe encore de lever un obstacle rhétorique important. Car même si le président de la République l’a usée jusqu’à la corde, la litanie du « refus des extrêmes » demeure un élément structurant dans le discours des politiques qui briguent le monopole du raisonnable. Or, force est d’admettre que le renvoi dos à dos est une pratique discursive dont le RN est fondé à prendre ombrage : ne le range-t-il pas parmi les formations politiques que l’arc républicain a vocation à ostraciser ?

    L’urgence est donc de remiser le haro sur les extrêmes au bénéfice d’une union sacrée contre l’apologie du terrorisme. Celle-ci, on le sait, commence par l’usage du mot génocide pour décrire ce qui se passe à Gaza, mais peut rapidement s’étendre à la dénonciation des violences policières en France, voire à l’opposition aux mégabassines ou à un traitement autre que sécuritaire des incendies qui ravagent la Gironde, en cherchant par exemple à mettre l’accent sur l’arrestation d’éventuels pyromanes pour mieux occulter l’inaction de l’Etat en matière de prévention des feux. En contrepartie, et c’est bien normal, il appartiendra aux dirigeants lepénistes de renoncer à s’en prendre aux partis du système, comme ils avaient coutume de le faire à l’époque où le « front » républicain ne s’était pas encore mué en « arc ».

    D’où viendra la résistance

    Peut-on imaginer que le changement de régime en cours produise une vague de démissions parmi les salariés de la fonction publique ? Comparaison n’est pas raison, dit l’adage, mais on rappellera quand même qu’en 1940, les hauts fonctionnaires sont massivement restés à leur poste – pour servir la nation et nourrir leur famille, expliqueront-ils après la guerre. Pourquoi en irait-il autrement aujourd’hui, alors que tout est fait pour qu’à l’exception des populations racisées et des obsédés de l’intangibilité de l’Etat de droit, nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les premiers mois d’une présidence Le Pen ?

    La transition sera même d’autant plus facile à opérer qu’à la différence des fondateurs du Front national, leurs héritiers ne rêvent ni à un Reich de mille ans ni à la restauration de l’Empire colonial français – et n’appellent même plus à rompre avec les institutions de Bruxelles. A l’instar de leurs futurs partenaires de la droite et du centre, leur seule ambition consiste à faire de l’Europe une maison de retraite fortifiée pour épargnants de souche.

    Faute de retrouver leur lustre et leur vigueur d’antan, les pensionnaires y jouiront du privilège de vieillir ensemble, les yeux dans les rides, à l’abri des regards indiscrets. Une fois les frontières fermées et les services livrés aux fournisseurs privés d’intelligence artificielle, il ne leur restera qu’à attendre patiemment la fin, en regardant les flammes dévorer les forêts et en écoutant les jérémiades des derniers éditorialistes atrabilaires.

    Longtemps, arrogance, hypocrisie, lâcheté ont été les devises du macronisme. Toutefois, à mesure que l’échéance de 2027 approche, le temps semble venu pour un choc de simplification : #collaboration, collaboration, collaboration sont les nouveaux mots d’ordre. D’où viendra la résistance ? De la jeunesse au premier chef, même si l’actuel président de la République et le potentiel Premier ministre de Marine le Pen ont déjà fait la preuve qu’il ne suffisait pas d’être jeune pour ne pas être vieux.

    Mais surtout, la démographie de la France étant ce qu’elle est, les tranches d’âge les plus menacées par le programme de l’union des droites ne sont pas assez nombreuses pour conjurer l’arrivée au pouvoir de ses maîtres d’œuvre. Aussi faut-il espérer que le pays compte assez de parents résolus à préserver leurs enfants du destin funeste que les enquêtes d’opinions leur promettent.

    Michel Feher est l’auteur de : Producteurs et Parasites aux éditions la Découverte (2024).

  • Guerre au Liban : les « zones pilotes » contrôlées par l’armée libanaise au cœur des discussions
    https://www.la-croix.com/international/guerre-au-liban-les-zones-pilotes-controlees-par-l-armee-libanaise-au-cour

    Même Karim Bitar parle de légitimation de l’occupation sioniste

    "Il y a un véritable piège : le risque que l’on retombe dans le mécanisme d’#Oslo qui avait finalement conduit à un renforcement de l’occupation et parallèlement à un renforcement du Hamas”, souligne Karim Bitar.”

    Et le risque est aussi de « légitimer un mécanisme profondément déséquilibré où les États-Unis vérifieraient surtout ce que fait l’armée libanaise, sans imposer de limites aux frappes et à l’occupation israéliennes », craint-il.

    « Techniquement, la zone pilote devrait être un moyen de tester la réciprocité de l’accord, pas seulement la capacité du Liban à exécuter des ordres ou des obligations unilatérales », observe Karim Bitar, pointant le caractère asymétrique du texte.

    Le projet porté par Washington prévoit le retrait israélien de cinq localités, situées à la fois au nord et au sud du fleuve Litani, dont deux ne sont pas occupées par Israël. « Il est plus facile d’annoncer une “réussite” dans un secteur où il n’y a pas eu de retrait israélien important à organiser », ironise Karim Bitar.

    Pour l’armée libanaise, soumise à une forte pression de résultats, l’enjeu est de taille. Elle doit démontrer qu’elle peut exercer un contrôle effectif du territoire libanais sans devenir l’exécutante de renseignements ou d’objectifs fixés par Israël. Si elle peut renforcer son déploiement, multiplier les postes permanents ou sécuriser certaines opérations, la nature exacte des attentes demeure floue. « Que lui demande-t-on exactement de plus ? Doit-elle procéder à des fouilles systématiques de maisons privées sur la base de renseignements israéliens ? », interroge Karim Bitar. (Comme l’avait d’ailleurs reconnu lui-même l’envoyé spécial américain Tom Barrack), l’armée ne peut pas transformer des villages entiers en espaces soumis à des perquisitions permanentes sans mandat… »

    #Liban #collaboration

  • En Belgique, des communes wallonnes coupent les ponts avec les nouvelles villes #RN

    Au nom du « cordon sanitaire » instauré pour lutter contre la montée de l’extrême droite, des municipalités belges comme #Huy ou #Namur remettent en question leur #jumelage avec des mairies françaises conquises par le #Rassemblement_national aux élections municipales de mars.

    Juché sur un éperon rocheux, le fort de Huy offre une vue imprenable sur les bords de Meuse et les ruelles pavées du centre-ville de #Huy, une cité de presque 22 000 habitants dans la province wallonne de Liège, en Belgique. Au pied de cette forteresse construite au XIXe siècle, des plaques commémoratives mentionnent la part sombre de l’histoire de l’édifice.

    Entre 1940 et 1944, l’armée allemande, qui occupait la Belgique lors de la seconde guerre mondiale, s’en servit de prison pour y détenir des milliers de Belges et d’étrangers, avant de les envoyer vers des camps de concentration. Parmi les prisonniers : 273 mineurs originaires de la ville de Grenay (Pas-de-Calais), arrêtés en 1941 lors de la grève des 100 000 mineurs du Nord-Pas-de-Calais, l’un des premiers actes de résistance collective à l’occupation nazie en France. Ils furent déportés à Sachsenhausen. La moitié d’entre eux y ont perdu la vie.

    Le fort de Huy est devenu aujourd’hui un site touristique et un lieu de mémoire. En 2016, pour marquer le 75e anniversaire du mouvement social des mineurs, l’ancien maire communiste de #Grenay, Christian Champiré, prend attache avec le bourgmestre de Huy, Christophe Collignon, élu maire socialiste quelques mois auparavant. Depuis, chaque année au mois de juillet, une commémoration se déroule aux abords du fort en présence d’un représentant de la ville de Grenay.
    Ce lien donne naissance, en 2022, à un « #pacte_d’amitié », suivi, deux ans plus tard, d’un « #serment_de _jumelage » signé le 23 juillet 2024. Les deux communes s’engagent alors à « maintenir des liens permanents et à favoriser les échanges entre leurs habitants pour développer par une meilleure compréhension mutuelle le sentiment vivant de la fraternité européenne ».

    « Ce parti incarne le #rejet_de_l’autre »

    En cette fin mai, les choses ont bien changé. Assis dans son bureau avec vue sur le fort belge, Christophe Collignon tourne littéralement le dos à ce serment, accroché sur un mur derrière lui. A Grenay, la candidate du Rassemblement national (RN) Daisy Duveau l’a emporté au second tour des élections municipales de mars avec un score de 42,43 %. Face à ce changement d’orientation politique dans la ville du bassin minier français, la municipalité de Huy a décidé, le 13 avril, lors d’un conseil communal, de rompre le pacte. « Rencontrer des élus RN est une #ligne_rouge, confie posément l’édile belge. Pour nous, celui qui s’intègre à notre société est le bienvenu, on prône une ouverture sur le monde. A contrario, ce parti incarne le #rejet_de_l’autre, il est incompatible avec nos #valeurs. »

    La ville de Huy n’est pas la seule à remettre en question son jumelage avec une commune récemment con­quise par le RN. C’est le cas aussi de #Namur. La capitale de la #Wallonie a décidé, le 21 avril, de mettre fin à son jumelage de soixante-dix ans avec #Menton (Alpes-Maritimes), après l’élection d’#Alexandra_Masson, la candidate du RN, au scrutin de mars. Le conseil communal de la ville belge a décidé de « suspendre, à titre conservatoire et avec effet immédiat, les relations entre la ville de Namur et la ville de Menton, dans leur dimension institutionnelle ».

    Pour justifier cette mise à distance, Christophe Collignon invoque « le cordon sanitaire » mis en place en Belgique depuis plus de trente ans pour lutter contre l’extrême droite. Le 24 novembre 1991, le Vlaams Blok, un parti d’extrême droite flamand, créait la surprise en obtenant 12 sièges au Parlement belge. Dans la foulée, les partis francophones et néerlandophones décidèrent d’adopter une charte édictant les règles de bonne conduite liant les partis démocratiques et d’inscrire dans le marbre le « cordon sanitaire ». Celui-ci consiste, aussi bien en Flandre qu’en Wallonie, à refuser toute #alliance avec l’extrême droite, laquelle se voit également privée d’antenne par les #médias. Un #cordon_médiatique uniquement en vigueur en Wallonie, dont la dernière charte actualisée date de 2022 tandis qu’en Flandre, la dernière version remonte à 2000.

    Des décisions symboliques

    Alors même que le cordon sanitaire n’englobe pas le jumelage des villes, les communes wallonnes d’#Arlon et de #Farciennes avaient déjà suspendu en 2014 leur jumelage avec les villes de #Hayange (Moselle) et de #Beaucaire (Gard), emportées par le FN (ex-RN) cette année-là. « Tous les partis démocratiques y sont ­attachés, argue Christophe Collignon. On a grandi dans cette culture politique, et il n’est pas question d’y transiger. »

    Depuis 2006, la mairie de Namur est dirigée par #Les_Engagés, un parti politique belge francophone centriste et social-libéral. Dès les résultats du premier tour des élections municipales en France, consigne a été donnée par le parti « de suspendre les jumelages avec les communes dirigées par les extrêmes ». « Ils mettent en danger notre modèle de société et notre vivre-ensemble », affirme au téléphone Yvan Verougstraete, eurodéputé (Renew) et président des Engagés.

    « En avril 2025, la ville de Namur a voté une motion qui réaffirme notre attachement aux valeurs démocratiques, à l’Etat de droit, à l’#égalité et au respect des #droits_fondamentaux, détaille Stéphanie Scailquin, adjointe au maire de la ville. Cette motion nous oblige, en cohérence, à veiller à ce que nos relations extérieures ne contredisent pas ces principes. »

    En Wallonie, être lié à une commune d’extrême droite relève du pacte avec le diable. « Il y a une défiance viscérale vis-à-vis de l’extrême droite, y compris au sein de la population, explique Benjamin Biard, politologue belge et chercheur au Centre de recherches et d’information socio-politiques. La prise de distance de Namur ou de Huy en est une illustration. Ces décisions sont surtout symboliques, car leurs jumelages n’ont en réalité jamais été très actifs. »

    Les relations associatives perdurent

    L’association entre Namur et Menton avait été conclue en 1956 mais n’avait en effet jamais fait l’objet de relations particulières. En 2023, à l’initiative de la municipalité française, la coopération avait été relancée. Une fois par an, l’une des deux délégations faisait le déplacement. Un panneau à l’entrée de la ville des Alpes-Maritimes indique le jumelage, tandis qu’une « allée de Menton » a vu le jour près de la citadelle de la capitale wallonne.

    « Menton n’a pas changé d’histoire le soir du scrutin, écrit par mail la nouvelle maire RN, Alexandra Masson. Elle n’a pas changé d’âme. Elle n’a pas changé d’habitants. Elle demeure une ville ouverte, frontalière, attachée à ses traditions, à son patrimoine, à ses relations d’amitié et à la dignité de ses engagements. Je crois que la démocratie mérite mieux que cela. Elle suppose d’accepter le verdict des urnes, y compris lorsqu’il ne correspond pas à ses préférences politiques. » Selon l’adjointe Stéphanie Scailquin, le divorce entre Namur et Menton « ne concerne que les relations entre ­exécutifs locaux. Les relations associatives et entre les habitants des deux communes peuvent naturellement se poursuivre ».

    A Huy, Christophe Collignon assure que la rupture des liens avec l’édile de Grenay ne portera pas non plus préjudice aux relations associatives unissant les deux communes. « Cela peut être même une bonne chose que des liens perdurent, notamment pour que notre histoire commune ne soit pas caviardée par les autorités de Grenay. » La municipalité du Pas-de-Calais n’a pas répondu à nos sollicitations. Les habituelles commémorations de juillet à Huy se dérouleront cette fois sans élus officiels de la ville de Grenay. Des habitants ont en revanche manifesté leur souhait de se joindre à l’événement pour rendre hommage à leurs martyrs de la seconde guerre mondiale, et continuer ainsi à entretenir leur histoire.

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/19/en-belgique-des-communes-wallonnes-coupent-les-ponts-avec-les-villes-passees
    #jumelage #collaboration #arrêt #cordon_sanitaire #Belgique #France #extrême_droite #suspension

    ping @karine4

  • « Gueule tordue », l’employé zélé de la Gestapo à l’origine de l’arrestation de l’historien et résistant Marc Bloch
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/14/gueule-tordue-l-employe-zele-de-la-gestapo-a-l-origine-de-l-arrestation-de-l

    Il fait partie de ces Français, collaborationnistes convaincus, qui se sont mis au service de l’occupant. A la tête d’une bande de près de 100 individus, Francis André, dit « Gueule tordue », a multiplié les exactions dans la région lyonnaise, semant la terreur par ses vols, arrestations, tortures et meurtres, commis pour son compte et celui des nazis. Parmi ses nombreuses victimes, l’historien et résistant juif Marc Bloch, qui entrera au Panthéon le 23 juin.


    Francis André, dit « Gueule tordue », défilant bras tendu à Lyon en juin 1941 avec #Jacques_Doriot (costume et cravate rayée), fondateur du Parti populaire français et collaborateur. FONDS LADISLAS DE HOYOS/ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DU RHÔNE ET DE LA MÉTROPOLE DE LYON

    Ce sont des membres de cette équipe, des Français, donc, qui ont arrêté le 8 mars 1944 à Lyon, et pour certains torturé, leur compatriote, l’historien #Marc_Bloch (1886-1944). Aucune notice nécrologique consacrée à l’auteur de L’Etrange Défaite (essai sur la défaite française de 1940, publié à titre posthume en 1946 aux éditions Franc-Tireur) ne fait pourtant mention de cette responsabilité française, pas même celle lui rendant hommage sur le site de son université d’origine, Paris-I Panthéon-Sorbonne : la Gestapo reste désignée comme seule coupable.

    [...]

    (...) selon l’historienne Alya Aglan (...) « la politique allemande élaborée par Otto Abetz [ambassadeur d’Allemagne en France] dès l’été 1940 vise délibérément à encourager le pullulement de tous les groupuscules #collaborationnistes, mis en rivalité les uns avec les autres. L’objectif est non seulement de diviser pour mieux contrôler, mais aussi de créer des “liens de sang” pour rendre la collaboration irréversible. La politique de corruption participe pleinement à l’entreprise de compromission extrême. »

    Au nom d’un nébuleux Mouvement national antiterroriste (MNAT), pas vraiment une organisation en bonne et due forme mais plutôt un instrument visant à mener une campagne d’assassinats ciblés, « Gueule tordue » et ses hommes sont chargés par Jacques Doriot et les Allemands de débarrasser la ville de la « vermine communiste ». Les notables lyonnais soupçonnés de ne pas adhérer au régime du maréchal Pétain sont les premières victimes, avant que ne vienne le tour de tous les groupes qui constituent, selon la terminologie de Vichy, « l’anti-France » : les juifs et les résistants, notamment. En vertu de la « loi du talion » revendiquée par le MNAT, un morceau de papier indiquant « Terreur contre Terreur » est accroché au revers de la veste des personnes éliminées.

    https://justpaste.it/8bpcp

    #collabo-banditisme

  • « Les Rayons et les ombres » : « La banalité consistant à dire qu’un personnage n’est jamais tout blanc ou tout noir ne justifie pas la main forcée à la compassion »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/01/les-rayons-et-les-ombres-la-banalite-consistant-a-dire-qu-un-personnage-n-es

    Les arrangements avec la vérité du film de Xavier Giannoli finissent par faire de son héros, Jean Luchaire, un pacifiste fourvoyé alors qu’il fut un collaborateur jusqu’au-boutiste, explique l’historienne Bénédicte Vergez-Chaignon dans une tribune au « Monde ».

  • What ties do French Universities have to Israel?

    Why map the ties between French Universities and Israel?

    Since early 2024, in response to the ongoing genocide in Palestine perpetrated by the state of Israel, students and staff of French universities increased pressure on their institutions to cut ties with companies and Israeli universities complicit in this crime against humanity. Students and staff have been calling for the academic boycott of Israel for many years prior, because Israeli academic institutions have been complicit in the commission of apartheid, colonization, and occupation against the Palestinian people for many decades. This website serves as an information source in support of their activities, and for anyone else interested in this issue.

    Based on a variety of sources, including the CORDIS-website with EU funded research projects, university websites, results from Freedom of Information requests and the work of Dr. Maya Wind, this website maps institutional ties that are current as of March 2025. It builds on research by Stop Academic Complicity and students and staff at various French universities, and is a work in progress.
    What does this overview show?

    This overview focuses on the ongoing multi-year partenerships between Israeli universities and French universities. There is two types of these institutional ties, ones conclued by bilateral contrats, others founded by the European Union through the Horizon Europe funding programme for research and innovation (from 2021 to 2027).

    French universities is understood as public academic institutions. Therefore, this overview does not include private academic institutions neither universities’ investments - such as foundations -, which do not publish their portfolios.

    In line with the calls of the international BDS movement, the overview focuses on institutional ties and does not include collaborations between individual academics. We mapped all ties between French universities and Israeli academic institutions, since all Israeli academic institutions are documented and known to be actively complicit in the violation of Palestinian rights. This makes them subject to the PACBI/BDS call for academic boycott.

    Others important types of relationship are excluded or missing from this overview: university partenerships with Israeli companies, neither campanies that has long-term relations with major international military security companies that provide arms and technologies to the Israeli Defence Forces and/or are involved in ongoing cooperation with the Israeli arms industry.

    https://academiccomplicity.fr
    #université #complicité #Israël #cartographie #visualisation #France #ESR #coopération #collaboration #recherche #enseignement_supérieur

  • #Cryptpad —> testé, adopté !

    CryptPad provides a full-fledged office suite with all the tools necessary for productive collaboration. Applications include: Rich Text, Spreadsheets, Code/Markdown, Kanban, Slides, Whiteboard and Forms.

    https://cryptpad.fr
    #pad #gestion_de_projets #logiciel #alternative #google_drive #drive #kandan #google_sheet #excel #office_suite #crypté #open_source #logiciel_libre #collaboration #XWiki

  • Chore Wheel
    https://www.zaratan.world/chorewheel

    Chore Wheel is Zaratan’s suite of #collaboration tools, turning unspoken expectations into shared agreements.
    Created by coliving veterans and game designers, Chore Wheel is Zaratan’s family of Slack apps for helping people share space and avoid burnout:

    – Chores for fairly sharing tasks, without schedules or passive-aggressive sticky notes
    – Hearts for mutual accountability, resolving conflict clearly and respectfully
    – Things for group purchasing, avoiding spreadsheets and Venmo requests

    Designed for intentional communities, casual roommates, cohabitating partners, and everything in-between, Chore Wheel helps people share the emotional and mental labor of sustaining communities, increasing quality of life and reducing leadership burnout.

    Imagine life with fewer meetings, less conflict, and more time for actually being together.

    #logement #colocation #slack #corvées #achats #cœurs

  • Der Weg in die Diktatur : „Nicht mitmachen ist kein Widerstand“
    https://www.berliner-zeitung.de/kultur-vergnuegen/der-weg-in-die-diktatur-nicht-mitmachen-ist-kein-widerstand-li.2351

    On savait que le fascisme allemand a été un projet des jeunes petit bourgeois éduqués soutenu par les banqiers et industriels. Dans son nouveau livre Götz Aly décrit la méthode de la transformation institutionnelle par les nazis. D’après lui les mouvements de résistance allemands sont restés insignifiants car les conditions de vie des allemands se sont effectivement améliorées et les nazis ont su faire des allemands les complices de leurs crimes.

    24.8.2025 von Michael Maier -Der Historiker Götz Aly erklärt, wie es den Nazis gelungen ist, so viele gebildete Menschen zum Mitmachen zu bringen. Wie wird ein System schleichend totalitär?

    Wir treffen Götz Aly in einem kleinen Café nahe dem Ludwigkirchplatz in Wilmersdorf. Wir wollen mit ihm über sein neues Buch sprechen. Es trägt den Titel „Wie konnte das geschehen? Deutschland 1933 bis 1945“. Aly wirkt erleichtert: Die Wochen nach dem Verkaufsstart seien immer hart für einen Autor, aber erste Reaktionen wie die des britischen Historikers Ian Kershaw sind offenbar euphorisch ausgefallen. Aly lächelt und sagt, er habe nun begonnen, seine Bibliothek auszumisten, er wolle nicht dauernd „vom Führer“ umgeben sein.

    Götz Aly hat jahrelang über den Nationalsozialismus, den Holocaust und das Judentum in Europa geforscht und geschrieben. Ihn trieb die Frage um, die nun zum Titel seines phänomenalen Buchs geworden ist: Wie konnte das geschehen? Götz Aly sagt, das Buch sei „aus der Herrschaftsperspektive“ geschrieben: „Wie haben die die Leute dazu gekriegt, da mitzumachen?“ Die Leute seien vorher und nachher nicht unmoralischer, krimineller oder dümmer als wir heute. Da die Österreicher „auch ganz gut mitgemacht haben, ist widerlegt, dass man da vorher sechs Jahre ideologische Schulung braucht“.

    Der Auschwitz -Prozess habe gezeigt, dass für den organsierten Massenmord ab 1941 nicht nur fanatische Rassisten und Ideologen zuständig waren. „Ein großer Teil des KZ-Personals ist über die Arbeitsämter gekommen“, sagt Aly. Viele der Täter waren „umgesiedelte junge Männer aus den südosteuropäischen deutschen Minderheiten, die jeden Sonntag in die Kirche gehen“. Die hätten „sofort funktioniert“.

    Das System „Hitlerdeutschland“ – Aly möchte bewusst nicht von „Faschismus“ sprechen – habe im Wesentlichen darauf beruht, dass Millionen Menschen von ihm profitiert hätten. In „Hitlers Volksstaat. Raub, Rassenkrieg und nationaler Sozialismus“ stellte Aly 2005 erstmals seine These vor: „Den Deutschen ging es im Zweiten Weltkrieg besser als je zuvor, sie sahen im nationalen Sozialismus die Lebensform der Zukunft – begründet auf Raub, Rassenkrieg und Mord.“

    Diese These vertieft Aly in dem neuen Buch um einige zentrale Aspekte: das Tempo, mit dem die Nationalsozialisten Freund und Feind ständig in Atem hielten; die Schuldenmacherei mit dem Krieg als alternativlosem Exit-Szenario; die Euthanasie-Verbrechen als Vorläufer der Massenvernichtung der Juden und schließlich das Bestreben von Propagandaminister Joseph Goebbels, alle Deutschen zu Mitwissern an den Verbrechen zu machen und sie aus Angst vor dem schrecklichen Ende bis zum letzten Mann in einem längst aussichtslos gewordenen Krieg bei der Stange zu halten: „Goebbels erfindet die deutsche Kollektivschuld“, heißt provokant ein Kapitel.

    Aly bringt in dem Buch zahlreiche Belege, dass es nicht nur Fanatiker waren, die das System stützten. Er zeigt, wie Organisationen sich angepasst haben und bricht zu diesem Zweck auch Tabus. „Ich bin der erste, der die Gewerkschaften frontal angreift, sagt Aly. „Dieser Quatsch, dass das alles am 2. Mai zerschlagen wurde!“ Er erläutert: „Ich bin ja ein 68er. Ich habe viele Kampfgenossen von damals, die in der Gewerkschaft oder im IG-Metall-Bildungsapparat aufgestiegen sind, schon vor 20 Jahren gefragt: Es geht nicht, dass wir immer nur auf die Deutsche Bank und Daimler zeigen. Können wir nicht einmal eine Ortsverwaltung von tausend Mitgliedern in einer Studie untersuchen um herauszufinden: Wie sind die denn durch die Zeit gekommen? Es gibt zahlreiche Tonbänder, die man auswerten könnte.“ Doch niemand wollte die Studie machen.

    Foto
    Die Rednertribüne des Kongreßsaales während der Eröffnungsfeierlichkeiten. Am 12. Oktober 1949 wird im festlich geschmückten Kongreßsaal des Deutschen Museums in München die Gründungstagung des Deutschen Gewerkschaftsbundes in Anwesenheit von Vertretern der westdeutschen Bundesregierung, der bayerischen Staatsregierung, der Hohen Kommissare der westlichen Besatzungsmächte und des Auslandes eröffnet. dpa

    Aly erlaubt sich in dem Buch an einige Stellen Hinweise auf Kontinuitäten, prangert Geschichtsfälschungen an, etwa jene bei den Gewerkschaften. Er zeigt, wie aus der Deutschen Arbeitsfront (DAF) der Deutsche Gewerkschaftsbund (DGB) wurde – eine Umwandlung, die ähnlich „geschmeidig“ erfolgte wie zuvor der Übergang von den Freien Deutschen Gewerkschaften zur DAF.

    Aly schildert die Entwicklungen am Beispiel von Geislingen. Dort empfahl am 9. Juni 1933 der aus Stuttgart angereiste Bezirksleiter des Deutschen Metallarbeiterverbandes (DMV) den 300 DMV-Mitgliedern, „mitzuhelfen am Aufbau … im Sinne der Gleichschaltung und zum Wohle jedes Mitglieds im neuen Deutschland“. Der DMV wurde schließlich in den DAF überführt und bestand unter dem Namen „Fachschaft Eisen und Metall“ bis 1945 „als heimelige Attrappe“ weiter, wie Aly schreibt. 1949 geht aus der Fachschaft die Gewerkschaft der Metaller hervor.

    Grundlage ist eine Studie des Historikers Gunther Mai, der den Übergang „quellengesättigt dargelegt“ habe. Sie trägt den Titel „Die Geislinger Metallarbeiterbewegung zwischen Klassenkampf und Volksgemeinschaft 1931–1933/34“. Nach offizieller Geschichtserzählung waren die Gewerkschaften schon am 2. Mai 1933 verboten worden, was formal auch stimmt. Doch es gab eben keine Revolution, keinen Generalstreik. Die Einzelgewerkschaften wurden geräuschlos in die DAF überführt. Götz Aly: „Die Nazis waren nicht dumm: Sie haben die Mitgliedsbeiträge halbiert und haben ihnen die Versicherungen und ihre Ersparnisse gelassen.“ In Geislingen erfolgte die Anpassung „weitgehend konfliktfrei“, so Mai. Er nennt „Anpassungsdruck, Opportunismus und Angst um den Arbeitsplatz“ und „mehr oder minder ausgeprägte Zustimmung“ als Ursachen für den geräuschlosen Übergang.

    Foto
    Götz Aly hat ein Buch vorgelegt, dass in jedem deutschen Haushalt stehen sollte. Benjamin Pritzkuleit/Berliner Zeitung

    Wie wenig die Gewerkschaften imstande waren, sich auch noch Jahrzehnte später selbstkritisch mit der eigenen Rolle auseinanderzusetzen, zeigt der Umgang mit der Studie von Mai. Aly schreibt: „Kaum hatte Gunther Mai seine fundierte Studie 1984 veröffentlicht, wurde ihm von einem entsprechend engagierten Kollegen vorgeworfen, er betreibe ,Sozialgeschichte in denunziatorischer Absicht‘.“ Die IG Metall in Geislingen gab eine schönfärberische „Dokumentation“ in Auftrag, die gegen die Erkenntnisse Mais gerichtet war. Der Historiker wurde mit seiner profunden, aber eben unangenehmen Recherche „an keiner Stelle zitiert und alles ausgelassen, was dieser anhand des Protokollbuchs des Deutschen Metallarbeiterverbandes dargelegt und nachgewiesen hatte“.

    Die IG Metall ging sogar noch einen Schritt weiter. Aly schreibt: „Das Protokollbuch des DMV störte die gewerkschaftseigenen antifaschistischen Heldenerzählungen sehr. Genau deshalb wurde es mittlerweile willentlich oder fahrlässig an einem unbekannten Tag vernichtet.“ Es sei „abhandengekommen“, sagt dazu ein IG-Metall-Funktionär. Zum Glück hatte der Historiker Mai alle für das Jahr 1933 wichtigen Protokolle abgeschrieben.

    Aly räumt in dem Buch auch noch mit anderen Märchen auf und untersucht, warum die Nationalsozialisten so leicht in die zivilgesellschaftlichen Bereiche vordringen konnten: „Sie wussten für jede Gruppe, wie sie es machen“, sagt er. Bei den Protestanten fiel es ihnen leicht – seine Ausführungen über die Willfährigkeit und Schleimerei dieser Kirche tragen den Titel „Der protestantische Tanz um das Braune Kalb“. Auch die Katholiken kommen nicht durchweg gut weg, wenngleich Aly diese Gruppe grundlegend besser beurteilt: „Anders als die akademische Jugend, die übergroße Mehrheit der Protestanten und ein erheblicher Teil der Arbeiterschaft ließ sich die katholische Kirche kaum in das System der Gleichschaltung eingliedern“, schreib Aly.

    Foto
    Götz Aly vor seinem Büro in der Mohrenstraße in Mitte.Benjamin P ritzkuleit/Berliner Zeitung

    Sehr eindringlich erläutert er, welche Taktik die Nationalsozialisten anwandten, um die „Kleriker zu zermürben“ und die „katholischen Milieus“ zu zerstören: Die Kirche hatte sich schon damals in zahlreichen Fällen des sexuellen Missbrauchs an Jugendlichen schuldig gemacht. Dies geschah auch damals in „strafrechtlich verbotener Weise“. Das Regime nutze diesen Umstand und startete die sogenannten „Pfaffenprozesse“ – nicht, um den Opfern Gerechtigkeit widerfahren zu lassen, sondern um die Kirche zu diskreditieren. Die Prozesse wurden teilweise öffentlich geführt: „Angeführt von ihrem Minister (Goebbels) entfalten Dutzende willige Journalisten eine furiose Kampagne.“ Die Zeitungen brachten zahlreiche Berichte über angeklagte und verhaftete Priester und Ordensleute, 1938 wurden die Prozesse beendet.

    Aly erläutert, „im unmittelbar bevorstehenden Krieg“ sei es Hitler wichtig gewesen, einen „offenen Konflikt mit der katholischen Kirche zu vermeiden“. 1941 zeigte sich, dass Widerstand möglich war: Der Bischof von Münster, August Graf von Galen, prangerte die gerade laufenden Euthanasiemorde mit „katholisch-fundamentaler Wucht“ an und brachte die grausame Aktion gegen das sogenannte „unwerte Leben“ quasi im Alleingang zum Stillstand. Die Schilderungen der Euthanasiemorde sind in Alys Buch besonders erschütternd – weil er mit eiskalter, chirurgischer Distanz beschreibt, wie ein Kulturvolk dazu gebracht werden konnte, zentrale Werte der Menschlichkeit aufzugeben, ohne das geringste schlechte Gewissen. Mit dem Euthanasie-Programm töteten die Deutschen ihre eigenen Landleute, es war also die Bestialität minus Rassenwahn, ein Art Vorstufe zum Holocaust. Aly zufolge waren die Euthanasie-Morde auch nach innen gerichtet. Doch entmythologisiert der Historiker auch dieses Kapitel in einigen Punkten. Die Tatsache, dass geistig behinderte Menschen in der Regel dem Tod im Gas entkamen, wenn ihre Verwandten regelmäßig nach ihnen fragten, sei nüchtern zu bewerten: „Es ist kein Widerstand, wenn ich jeden Sonntag einen Patienten besuche. Aber es wurden Leben gerettet.“ Und zu den Motiven der Mörder und ihrer Helfer: „Es war keine Ideologie, sondern die damals herrschende wissenschaftliche Lehre, dass man das als Erbgut in sich trägt, es auf die eigene Familie vererben kann.“ Hunderttausende Menschen wurden im Rahmen der sogenannten Operation „T4“ ermordet. Aly schreibt, dass der Widerstand von Bischof Galen ein Beleg dafür sei, was möglich gewesen wäre, wenn Galen nicht allein geblieben wäre, sondern sich die moralische Elite des Landes geschlossen erhoben hätte.

    Das Thema Widerstand und Opposition bleibt ein Randaspekt: „Es geht mir um die innere Dynamik“, sagt Aly. Auch die Einflüsse von außen, der mangelnde Widerstand der Westmächte, das Gewährenlassen Hitlers, die Finanzierung, die Blockaden gegen Juden, die in die USA einwandern wollten. So erläutert er: „Es gibt zwei Punkte, an denen eine Intervention geklappt hätte: Da war die wahnsinnige Angst der Nazis, dass sie durch die Unterstützung für Franco zu früh in den Krieg hineingezogen werden, als die Aufrüstung noch nicht fertig war. Und dann die Rheinlandbesetzung mit 30.000 Leuten.“

    Die zivile oder militärische Opposition behandelt Aly nicht – und begründet das lapidar: „Das Milieu war marginal, weil es marginalisiert wurde.“ Die „Heftigkeit, die Überwältigung durch Tempo und Unübersichtlichkeit“ habe es der Opposition schwer gemacht. „Mit dieser Führung werden wir nie zur Ruhe kommen“, zitiert Aly einen Tagebuchschreiber: „Immer kam etwas Neues, so ein Element haben Sie auch bei Trump“, sagt Aly. Es ist der einzige aktuelle Vergleich, den er im Gespräch anstellt.

    Dass es trotz allem Oppositionsbemühungen gegeben hat, kann man nachlesen etwa bei Hans Rothfels („Die deutsche Opposition gegen Hitler“), Annedore Leber („Das Gewissen steht auf. 64 Lebensbilder aus dem deutschen Widerstand“), Ruth Andreas-Friedrich („Der Schattenmann“) oder Margret Boveri („Wir lügen alle“). Aly lächelt milde und sagt, wenn er die Namen der Autoren hört: „Ja, ja!“ Natürlich habe es Todesurteile gegeben, etwa gegen Kommunisten oder in den besetzten Gebieten Österreich, Tschechien, Elsass: „Die wollten keine Deutschen sein, das ist eine andere Art von Widerstand. Mindestens 20.000 deutsche Soldaten seien erschossen worden – mehr als in allen Ländern des Westens, bilanziert Aly mit nüchternen Zahlen.

    Photo
    Abtransport von tschechoslowakischen Kommunisten durch die Nazis.TT/imago

    Aly hat strenge Maßstäbe: „Nichtmitmachen ist kein Widerstand.“ Der Akzent seiner Forschung liegt auf den Verführten und den Begünstigten: „Die Schauspieler – alle bestochen; das Gehalt eines Gewerkschaftsführers der DAF lag am Ende über dem Regierungsrat; die Frauen hatten 90 Prozent des letzten Nettolohns, der Alte war bei der Wehrmacht in Vollpension.“ Außerdem habe Hitler alles unterbunden, was ins zivile Leben eingegriffen und die Deutschen verstört hätte. Aly erzählt: „Beamte des Reichsernährungsministeriums haben ausgerechnet, dass die Haustiere das Getreide für sechs Millionen Menschen fressen, die müssen alle weg. Da sagte Hitler: Das darf nicht sein, das verdirbt die Stimmung. Was bleibt übrig? Den Juden werden die Haustiere weggenommen. Das wird heute noch in Kinderbüchern als antisemitischer Akt dargestellt. Es ist aber das einzige, was übrigbleibt von einem größeren Plan.“ Aly interessiert sich nicht für stille Helden, sondern für die Frage, wie Oppositionsströmungen aus Herrschaftsperspektive gesteuert wurden. Anhand der Nennung des Führers in Todesanzeigen entwickelt er eine Art retrospektive Meinungsumfrage. Sie zeigt, dass mit der Wende im Russlandkrieg die Stimmung kippte und Hitler darauf reagierte, indem er die Ermordung der Juden beschleunigte und das Volk zu Mitwissern machte.

    Die Verfolgung und Vernichtung der Juden in Europa ist Götz Alys wichtigster Forschungsschwerpunkt über viele Jahrzehnte, siehe sein Buch „Europa gegen die Juden 1880–1945“. Aly wurde von Mainstream-Forschern immer wieder kritisiert, weil er die Raubzugkomponente des Massenmords in den Blickpunkt gerückt hat. Aly lässt diese Kritik kalt, er weiß es buchstäblich besser. So verschränkt er in seinem „Opus magnum“ die rassistische Komponente mit der ökonomischen und erklärt, die Nationalsozialisten seien „eine jugendliche Bewegung“ gewesen. Das war auch den Umständen geschuldet: „Die Lebenszeit hatte sich fast verdoppelt. Es herrschte blühender Fortschritt, alle wollen nach oben. Es gab eine gute Bildungspolitik in der Weimarer Republik – ein Gymnasium in jeder Kreisstadt. Die jungen Leute wollen vorwärtsstürmen – und die Weltwirtschaftskrise hat sie gestoppt.“ Es seien „nicht die sozial Abgehängten und Frustrierten“ gewesen, „sondern die, die nach oben wollten, die mehr erreichen wollten als ihre Eltern“. Die jungen Nazis „waren die ersten, die nicht mit Büchern im Rücken aufgewachsen sind“ und trotzdem auf die Universität drängten. Dort fanden sie viele Juden, die traditionell gebildet waren: „Die Juden waren mehrsprachig, diskursiv, urbanisiert. Ihre Pogrom-Erfahrungen haben sie gelehrt: Bildung ist das einzige, was man uns nicht wegnehmen kann.“ In der Republik wurde der Abstand geringer: „In dem Maß, in dem der Abstand kleiner wird, steigt der Neid und die Lust, den Juden etwas wegzunehmen, was man selbst haben will.“ 1933 wurden in Berlin 1500 Lehrer entlassen. Die sie ersetzt hätten, seien nicht nur Nazis gewesen. Aly hat hinter jeden Namen im Buch die Lebensdaten gesetzt: „Ich wollte zeigen, wie jung die waren.“

    Aly nennt noch einen weiteren Grund, dass nämlich der Antisemitismus unter demokratischen Bedingungen wächst: „Man sagt ja, der Antisemitismus kommt aus den schmutzigsten Ecken des Österreichers und des Deutschen. Das stimmt nicht. Metternich war kein Antisemit, die Demokraten in Deutschland waren es. Metternich hat die Rechte der Juden auf dem Wiener Kongress verteidigt, die Deutschen waren von Erst Moritz Arndt über Turnvater Jahn bis hin zum Doktorvater von Karl Marx alle antijüdisch eingestellt.“

    Die Friedensverträge nach dem Ersten Weltkrieg seien schlecht gewesen, sagt Aly. Die Staatsmänner von Versailles hätten die Verträge anders gemacht, wenn sie nicht unter dem Druck ihrer Völker gestanden hätten. Sie mussten sich zur Wahl stellen. Der Wiener Kongress habe dagegen gesagt: Keine Reparationen, keine Gebietsabtretungen, wir stellen nur die alte Ordnung wieder her. „Es war einer der ganzen wenigen Friedensschlüsse, wo anschließend nicht Rache- oder Revanchegefühle entstanden sind.“

    Die nächste Generation sollte sich mit Regierungssystemen beschäftigen, meint Götz Aly: „Es gibt zwischen Demokratie und Diktatur Systeme, die regelbasiert sind und für den Bürger berechenbar. Es stimmt nicht zu sagen: Auf der einen Seite haben wir die westliche Wertegemeinschaft – die übrigens immer weniger überzeugt! –, und auf der anderen hat man mehr oder weniger böse Autokraten.“

    Götz Aly sagt schließlich, die ganze Zeitgeschichte sei „moralistisch verseucht“. Er liest in seiner Freizeit Mediävisten: Die „betrachten mit 500 Jahren Distanz die Menschen wie Käfer, deren Verhalten sie beschreiben. Diese Neutralität müsste man auch für die neuen Stoffe gewinnen.“

    Götz Aly: Wie konnte das geschehen? Deutschland 1933 bis 1944. S. Fischer Verlag, 762 Seiten, 34 Euro. Am 11. September findet im Pfefferberg-Theater die Vorstellung des Buchs mit Klaus Lederer statt.

    #Allemagne #histoire #nazis #guerre #collaboration

  • Cloaked in Silence: UN Aid Agencies Entertaining Collaboration with Gaza Humanitarian Foundation - 21st Century Wire
    https://21stcenturywire.com/2025/08/11/cloaked-in-silence-un-aid-agencies-entertaining-collaboration-with-

    The meeting is a massive departure as leading humanitarian figures – including some whose organisations were represented at the meeting – have publicly sought to distance themselves from GHF and its toxic operations. For example, Tom Fletcher, the UN relief chief who heads OCHA, described GHF in May as a “cynical sideshow, a deliberate distraction, a fig leaf for further violence and displacement”. Msuya, who attended the meeting and co-signed the read-out, is Fletcher’s deputy at OCHA.

    #collaboration #normalisation #onu #dystopie

  • #power, #vulnerability, and Soulful #collaboration
    https://intimatemirror.substack.com/p/power-vulnerability-and-creative

    Origin and #inspiration: Dechen was inspired to write the article after a personal realization on a plane. She sent apologetic messages to the host, acknowledging past power dynamics in their #friendship and work, having gained new empathy after stepping into more #authority herself. The article flowed from this specific insight, which then "fractaled out" to broader experiences. Key Concepts Discussed:

    "Source": They use this term (from Tom Nixon’s "Work with #source";) to describe the person with creative authority in a project. This concept helps clarify power dynamics. Nature of their Collaborative Work: Their collaborations are often driven by art, soul vows, and a desire for #intimacy, truth, and beauty, rather than money. This deep personal investment (...)

    #creativity #authenticity #leadership #growth #projection #attachment #salvation #vision #passivity #proactivity #feedback #asking #impact #commitment #sensitivity #openheartedness #helplessness #spirituality #powerdynamics #relationships