• « Gueule tordue », l’employé zélé de la Gestapo à l’origine de l’arrestation de l’historien et résistant Marc Bloch
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/14/gueule-tordue-l-employe-zele-de-la-gestapo-a-l-origine-de-l-arrestation-de-l

    Il fait partie de ces Français, collaborationnistes convaincus, qui se sont mis au service de l’occupant. A la tête d’une bande de près de 100 individus, Francis André, dit « Gueule tordue », a multiplié les exactions dans la région lyonnaise, semant la terreur par ses vols, arrestations, tortures et meurtres, commis pour son compte et celui des nazis. Parmi ses nombreuses victimes, l’historien et résistant juif Marc Bloch, qui entrera au Panthéon le 23 juin.


    Francis André, dit « Gueule tordue », défilant bras tendu à Lyon en juin 1941 avec #Jacques_Doriot (costume et cravate rayée), fondateur du Parti populaire français et collaborateur. FONDS LADISLAS DE HOYOS/ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DU RHÔNE ET DE LA MÉTROPOLE DE LYON

    Ce sont des membres de cette équipe, des Français, donc, qui ont arrêté le 8 mars 1944 à Lyon, et pour certains torturé, leur compatriote, l’historien #Marc_Bloch (1886-1944). Aucune notice nécrologique consacrée à l’auteur de L’Etrange Défaite (essai sur la défaite française de 1940, publié à titre posthume en 1946 aux éditions Franc-Tireur) ne fait pourtant mention de cette responsabilité française, pas même celle lui rendant hommage sur le site de son université d’origine, Paris-I Panthéon-Sorbonne : la Gestapo reste désignée comme seule coupable.

    [...]

    (...) selon l’historienne Alya Aglan (...) « la politique allemande élaborée par Otto Abetz [ambassadeur d’Allemagne en France] dès l’été 1940 vise délibérément à encourager le pullulement de tous les groupuscules #collaborationnistes, mis en rivalité les uns avec les autres. L’objectif est non seulement de diviser pour mieux contrôler, mais aussi de créer des “liens de sang” pour rendre la collaboration irréversible. La politique de corruption participe pleinement à l’entreprise de compromission extrême. »

    Au nom d’un nébuleux Mouvement national antiterroriste (MNAT), pas vraiment une organisation en bonne et due forme mais plutôt un instrument visant à mener une campagne d’assassinats ciblés, « Gueule tordue » et ses hommes sont chargés par Jacques Doriot et les Allemands de débarrasser la ville de la « vermine communiste ». Les notables lyonnais soupçonnés de ne pas adhérer au régime du maréchal Pétain sont les premières victimes, avant que ne vienne le tour de tous les groupes qui constituent, selon la terminologie de Vichy, « l’anti-France » : les juifs et les résistants, notamment. En vertu de la « loi du talion » revendiquée par le MNAT, un morceau de papier indiquant « Terreur contre Terreur » est accroché au revers de la veste des personnes éliminées.

    https://justpaste.it/8bpcp

    #collabo-banditisme

  • Une rareté : la photo de Vidkun Quisling, le Pétain norvégien, quelques minutes avant son exécution. Afteposten proposeun grand reportage sur celui qui a dirigé la Norvège pour le compte des Nazis entre 1940 et 1945. Dommage que ce soit en Norsk, c’est historiquement passionnant.

    Dette ukjente bildet viser Quisling kort tid før henrettelsen - Aftenposten

    http://www.aftenposten.no/amagasinet/Dette-ukjente-bildet-viser-Quisling-kort-tid-for-henrettelsen-8215067.ht

    13. oktober 1945. Høyesterettsdommer Sigurd Fougner leser opp kjennelsen. Den er enstemmig. Anken fra lagmannsretten avvises blankt. Tiltalte Vidkun Abraham Laurits Quisling dømmes til døden for å ha samarbeidet med tyskerne da Norge ble overfalt 9. april 1940. Han utnevnte seg selv som regjeringssjef, foretok et statskupp over radio og tilbakekalte mobiliseringsordre. Han oppfordret til krigsinnsats for tyskerne og dannet en nasjonal regjering 1. februar 1942. Han medvirket til deportasjon av norske jøder til Auschwitz og var medansvarlig for henrettelser av nordmenn.

    #norvège #quisling #occupation #nazis #collaborateurs

    • Cette photographie, comme toutes celles de ce genre, est glaçante. Cela renvoie toujours au chapitre sur les temps d’une photographie dans la Chambre claire de Roland Barthes, celui qui prend racine avec la photographie de Stuart Alexander.

      En 1865, le jeune Lewis Payne tenta d’assassiner le Secrétaire d’Etat américain W.H. Seward. Alexander Gardner l’a photographié dans sa cellule ; il attend sa pendaison. La photo est belle, le garçon aussi : c’est le studium . Mais le punctum , c’est : il va mourir. Je lis en même temps : cela sera et cela a été ; j’observe avec horreur un futur antérieur dont la mort est l’enjeu. En me donnant le passé absolu de la pose ( aoriste ), la photographie me dit la mort au futur. Ce qui me point c’est la découverte de cette équivalence. Devant la photo de ma mère enfant, je me dis : elle va mourir : je frémis, tel le psychotique de Winnicot, d’une catastrophe qui a déjà eu lieu. Que le sujet en soit la mort ou non, toute photographie est cette catastrophe.

      Dans le cas de Vidkun Quisling, cela n’adoucit rien de se dire qu’il ne l’avait sans doute pas volé. J’étais tombé une fois sur une photographie de la pendaison de Rudolf Höss depuis la potence même à laquelle il avait fait pendre tant et tant de personnes, à quelques mètres de la première des chambres à gaz d’Auschwitz, il y a chaque fois dans de telles images une atmosphère effroyable, due en grand epartie parce que l’on sait, on le sait au delà même du contexte, que la personne photographiée n’est plus.

      Et c’est évidemment insoutenable, par exemple, dans le cas des photographies de S21

      Et finalement, l’effet lointain de la silhouette de Vidkun Quisling n’atténue rien. Une silhouette reste la représentation, même minimale, d’un être humain. Et de celui-là plutôt qu’un autre. Ce qui dans le cas présent renvoie aux quatre photographies des Sonderkommandos

      Les images de personnes qui vont mourir mais dont on sait que justement elles sont mortes au moment où on les voit sont effectivement extrêmement troublantes. Et c’est comme si on le savait, en dehors de tout contexte.

      J’imagine que le palier suivant c’est le snuff movie .