« Gueule tordue », l’employé zélé de la Gestapo à l’origine de l’arrestation de l’historien et résistant Marc Bloch
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Il fait partie de ces Français, collaborationnistes convaincus, qui se sont mis au service de l’occupant. A la tête d’une bande de près de 100 individus, Francis André, dit « Gueule tordue », a multiplié les exactions dans la région lyonnaise, semant la terreur par ses vols, arrestations, tortures et meurtres, commis pour son compte et celui des nazis. Parmi ses nombreuses victimes, l’historien et résistant juif Marc Bloch, qui entrera au Panthéon le 23 juin.
Francis André, dit « Gueule tordue », défilant bras tendu à Lyon en juin 1941 avec #Jacques_Doriot (costume et cravate rayée), fondateur du Parti populaire français et collaborateur. FONDS LADISLAS DE HOYOS/ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DU RHÔNE ET DE LA MÉTROPOLE DE LYONCe sont des membres de cette équipe, des Français, donc, qui ont arrêté le 8 mars 1944 à Lyon, et pour certains torturé, leur compatriote, l’historien #Marc_Bloch (1886-1944). Aucune notice nécrologique consacrée à l’auteur de L’Etrange Défaite (essai sur la défaite française de 1940, publié à titre posthume en 1946 aux éditions Franc-Tireur) ne fait pourtant mention de cette responsabilité française, pas même celle lui rendant hommage sur le site de son université d’origine, Paris-I Panthéon-Sorbonne : la Gestapo reste désignée comme seule coupable.
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(...) selon l’historienne Alya Aglan (...) « la politique allemande élaborée par Otto Abetz [ambassadeur d’Allemagne en France] dès l’été 1940 vise délibérément à encourager le pullulement de tous les groupuscules #collaborationnistes, mis en rivalité les uns avec les autres. L’objectif est non seulement de diviser pour mieux contrôler, mais aussi de créer des “liens de sang” pour rendre la collaboration irréversible. La politique de corruption participe pleinement à l’entreprise de compromission extrême. »
Au nom d’un nébuleux Mouvement national antiterroriste (MNAT), pas vraiment une organisation en bonne et due forme mais plutôt un instrument visant à mener une campagne d’assassinats ciblés, « Gueule tordue » et ses hommes sont chargés par Jacques Doriot et les Allemands de débarrasser la ville de la « vermine communiste ». Les notables lyonnais soupçonnés de ne pas adhérer au régime du maréchal Pétain sont les premières victimes, avant que ne vienne le tour de tous les groupes qui constituent, selon la terminologie de Vichy, « l’anti-France » : les juifs et les résistants, notamment. En vertu de la « loi du talion » revendiquée par le MNAT, un morceau de papier indiquant « Terreur contre Terreur » est accroché au revers de la veste des personnes éliminées.




