• #David_Van_Reybrouck : « Il existe une forme de #colonisation de l’avenir »

    Dix ans après l’épais « Congo, une histoire », l’historien flamand déploie une histoire de la #décolonisation de l’#Indonésie. Entretien sur la #mémoire_coloniale, la #révolution et l’#héritage du #non-alignement forgé lors de la #conférence_de_Bandung en 1955.

    « Ce qui rend la Revolusi indonésienne passionnante, c’est l’énorme impact qu’elle a eu sur le reste de l’humanité : non seulement sur la décolonisation d’autres pays, mais plus encore sur la coopération entre tous ces nouveaux États. »

    David Van Reybrouck, écrivain et essayiste, auteur notamment de Congo, une histoire (prix Médicis Essai 2012), de Contre les élections ou de Zinc est un touche-à-tout obsédé par la volonté d’élargir sans cesse le spectre et le registre des expériences, qu’il s’agisse de promouvoir des innovations démocratiques ou des manières d’écrire l’histoire.

    Pour rédiger Revolusi. L’Indonésie et la naissance du monde moderne, que viennent de publier les éditions Actes Sud dans une traduction d’Isabelle Rosselin et Philippe Noble, David Van Reybrouck a mené près de deux cents entretiens dans près d’une dizaine de langues, et fait un usage inédit de Tinder, s’en servant non comme d’une application de rencontres mais comme un moyen de contacter les grands-parents de celles et ceux qui voulaient bien « matcher » avec lui dans tel ou tel espace du gigantesque archipel indonésien.

    Le résultat de cinq années de travail fait plus de 600 pages et remonte une histoire mal connue, d’autant que les Pays-Bas ont longtemps mis un écran entre leur monde et la violence du passé colonial de leur pays, mis en œuvre non pas par la Couronne ou le gouvernement lui-même mais par la VOC, la Compagnie Unie des Indes orientales, parce que « l’aventure coloniale néerlandaise n’a pas commencé par la soif de terres nouvelles, mais par la recherche de saveurs ».

    Cela l’a mené à la rencontre d’un géant démographique méconnu, et à une mosaïque politique et linguistique inédite, puisqu’un terrien sur 27 est indonésien, et que 300 groupes ethniques différents y parlent 700 langues. Entretien sur la mémoire coloniale, la révolution et l’héritage du non-alignement forgé lors de la conférence de Bandung en 1955.

    Mediapart : Zinc racontait le destin des plus petites entités territoriales et démographiques du monde. À l’inverse, votre dernier ouvrage déroule une copieuse histoire de l’Indonésie, fondée sur de très nombreux entretiens oraux. Pourquoi l’Indonésie demeure-t-elle pour nous un « géant silencieux », pour reprendre vos termes ?

    David Van Reybrouck : L’Indonésie est devenue un pays invisible, alors qu’il y a encore une soixantaine d’années, elle dominait la scène internationale, surtout après la conférence de Bandung de 1955 [qui réunissait pour la première fois les représentants de 29 pays africains et asiatiques - ndlr], qu’on peut qualifier de « 14-Juillet » à l’échelle mondiale.

    Sukarno, son président, était alors reçu à Washington, au Vatican, en Chine. Comment un pays aussi central dans les années 1940-1950 a-t-il pu devenir aussi invisible, alors qu’il demeure la quatrième puissance au monde, par sa démographie, et qu’il est devenu un acteur économique essentiel en Asie du Sud-Est ?

    J’ai l’impression que plus son économie devient importante, plus sa diplomatie devient discrète. C’est une grande démocratie qui, pour sa taille, se porte bien si on la compare à l’Inde ou même aux États-Unis, même s’il y a des tensions, notamment entre l’État laïc et l’État musulman, comme en Turquie.

    L’importance de l’Indonésie au sortir de la guerre était aussi liée à la figure de Sukarno, atypique dans le paysage politique indonésien : flamboyant, charismatique, charmeur, vaniteux, insupportable, brillant. Il me fait penser à Mohamed Ali en raison de la vitesse à laquelle il débitait ses mots. Il pouvait enthousiasmer l’audience.

    Le président actuel, Joko Widodo, surnommé Jokowi, est compétent, mais il a la particularité d’être un petit commerçant n’appartenant ni à l’élite traditionnelle ni à celle qui s’est forgée pendant et après l’indépendance.

    Pourquoi avoir choisi de raconter l’émancipation de l’Indonésie, dix ans après votre somme sur le « Congo » ?

    Pour des raisons à la fois subjectives et objectives. C’est un pays immense dont on ne parle jamais, le premier pays à avoir proclamé son indépendance, deux jours après la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais cela demeure peu connu, même les Indonésiens ne s’en vantent pas.

    J’étais encore au Congo en train de faire mes recherches dans une petite ville proche de l’océan lorsque j’ai rencontré un bibliothécaire de l’époque coloniale qui n’avait plus que 300 livres en flamand. Parmi eux se trouvait Max Haavelar, le grand roman anticolonial hollandais du XIXe siècle – l’équivalent de Moby Dick ou de La Case de l’Oncle Tom –, écrit par Eduard Douwes Dekker, dit Multatuli, un pseudonyme emprunté au latin qui signifie « J’ai beaucoup supporté ». Le roman est écrit à partir de son expérience de fonctionnaire envoyé aux Indes néerlandaises, où il découvre l’exploitation coloniale dans la culture du café.

    À partir de ce point de départ, j’avais gardé en tête l’idée de m’intéresser à l’Indonésie, d’autant que le roi belge Léopold II s’est beaucoup inspiré de la colonisation hollandaise, notamment du principe d’utiliser l’aristocratie indigène pour mener une politique de domination indirecte. Max Havelaar dépeint d’ailleurs très bien la corruption de l’élite indigène qui exploite son propre peuple.

    Pourquoi insister sur l’idée de révolution plutôt que celle de « guerre d’indépendance » pour désigner ce qui s’est déroulé en Indonésie en 1945 ?

    Ce fut à la fois une révolution et une guerre d’indépendance. La proclamation d’indépendance, le 17 août 1945, n’a pas été jugée crédible par les Occidentaux, et les Britanniques ont cru pouvoir reprendre le contrôle du territoire et le redonner aux Hollandais. Mais cela a provoqué une colère immense de la jeunesse indonésienne, dont j’ai retrouvé des témoins qui racontent une expérience particulièrement humiliante et répressive de la colonisation britannique dans les années 1930.

    Lorsque les Japonais arrivent en Indonésie en 1942, ils commencent par donner à cette jeunesse une leçon de fierté. Ils politisent les jeunes générations à travers des slogans, des entraînements de gymnastique, des films, des affiches… À partir de 1943, cette politisation se militarise, et les jeunes apprennent à manier les armes, à faire d’une tige de bambou verte une arme blanche.

    Mais les nonagénaires que j’ai interviewés, qui avaient pu au départ accueillir les Japonais avec reconnaissance, virent ensuite leurs pères emmenés de force comme travailleurs, des millions de personnes mourir de la famine en 1944, leurs sœurs et leurs mères enlevées pour les troupes japonaises pour devenir « des femmes de réconfort ».

    La sympathie initiale pour les Japonais s’est retournée contre eux, et la guerre d’indépendance contre les colons a ainsi pris l’air d’une révolution comparable à la Révolution française, mais menée par des personnes beaucoup plus jeunes. La volonté de renverser le régime était présente d’emblée. Alors que Sukarno était encore en train de négocier avec les Japonais, ce sont les plus jeunes qui l’ont poussé à proclamer l’indépendance sans attendre, avec une certaine improvisation et un drapeau indonésien cousu par sa femme la veille…

    Très vite, on a établi les ébauches de ce nouvel État. Début septembre, les Britanniques arrivent. Les Hollandais sont toujours dans les camps d’internement du Japon, ou alors partis en Australie ou au Sri Lanka. Les Britanniques assurent préparer le retour, désarmer les Japonais. Un premier bateau arrive, puis un deuxième, avec quelques officiers hollandais à bord et des parachutistes pour aller dans les camps d’internement des Japonais.

    Comme souvent dans les révolutions, celle-ci a eu sa part de violence, avec des atrocités commises envers les Indo-Européens, les Chinois et les Hollandais détenus dans les camps par les Japonais, et un bilan total qu’on a longtemps estimé à 20 000 morts, mais que certains estiment aujourd’hui plutôt autour de 6 000.

    Vous avez rencontré des survivants des massacres commis par les Hollandais. Beaucoup vous ont dit : « Vous êtes le premier Blanc à venir nous interroger. » Est-ce que cela vous a questionné ?

    J’ai interviewé presque 200 personnes, la plupart avaient au-delà de 90 ans. J’ai passé un an sur le terrain, même si ça n’était pas d’un bloc. Pour mon livre Congo, j’avais onze cahiers d’entretiens. Là, j’en avais 28. Je me suis retrouvé avec une documentation extrêmement riche. Il fallait organiser tout cela avec des résumés des entretiens, des schémas pour les axes chronologiques, les protagonistes, les figurants…

    Personne n’a refusé de témoigner et j’étais assez étonné de ce qui s’est dévoilé. La plupart des témoins parlent plus facilement des moments où ils étaient victimes que bourreaux, mais j’ai retrouvé des Hollandais et des Indonésiens qui n’hésitaient pas à décrire en détail les tortures qu’ils avaient eux-mêmes commises.

    J’avais la crainte qu’on juge que ce n’était pas à un Blanc de raconter cette histoire, mais j’avais la facilité de pouvoir dire que j’étais belge. Beaucoup de mes témoins ne connaissaient pas la Belgique. La différence aussi est que le souvenir du passé colonial est peut-être moins vif en Indonésie qu’au Congo, qui demeure dans une situation économique pénible. Même si l’Indonésie est un pays pauvre, il se trouve dans une dynamique positive.

    Comment la mémoire du passé colonial est-elle organisée en Indonésie et aux Pays-Bas ?

    Je suis frappé par le talent de l’oubli de la mémoire coloniale indonésienne. Nous, nous sommes obsédés par le passé. C’est important de le travailler, d’avoir une introspection morale, mais il faut aussi le laisser cicatriser pour avancer. Le livre se termine avec l’idée que le rétroviseur n’est pas le seul champ de vision à explorer.

    Souvent les traumatismes sont trop grands, la souffrance est encore trop forte, mais il existe aussi un conditionnement culturel différent. Pour la jeune génération indonésienne, l’époque coloniale est révolue. On trouve des cafés à Djakarta décorés dans un style colonial. Il y a en quelque sorte une appropriation culturelle du passé colonial, qui se voit lors de la fête de l’Indépendance, où il existe un folklore inspiré de la Hollande mais où personne ne parle de ce pays.

    Un sondage de YouGov, commandé par les Britanniques, a récemment cherché à savoir quelle était la nation la plus fière de son passé colonial. Les Britanniques, qui ont encore des colonies, pensaient que ce serait eux. Et, à leur grande surprise et soulagement, ce sont les Hollandais qui remportent haut la main ce triste concours de mémoire coloniale ! Plus de 50 % des sondés hollandais sont fiers du passé colonial, et seulement 6 % expriment de la honte…

    Ces dernières années, il y a cependant eu une accélération aux Pays-Bas de la mise en mémoire du passé colonial avec des excuses du roi, du premier ministre, une exposition au Rijksmuseum d’Amsterdam…

    Mais cette histoire demeure largement ignorée. Ma compagne est hollandaise, mais s’étonnait chaque soir de ce que je lui racontais et qui ne lui avait pas été enseigné, comme l’existence d’un véritable « goulag » où étaient envoyés, dans les années 1920-1930, les indépendantistes et les communistes, ou le fait que la Hollande exigeait des milliards de florins pour reconnaître l’indépendance et payer le coût de la guerre qu’elle avait perdue…

    Le non-alignement, qu’on a vu ressurgir au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a-t-il le même sens qu’en 1955 ? On voit comment il peut tendre à se confondre avec un refus de prendre la mesure de l’impérialisme russe. Vous semble-t-il malgré cela une position d’avenir ?

    Je trouve que nous assistons là à une perversion du mouvement du non-alignement. L’esprit de Bandung consiste à refuser l’impérialisme et constitue un mouvement moral fondé sur les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Si n’être pas aligné aujourd’hui, c’est ne pas s’exprimer sur la Russie, un Nehru, un Nasser ou un Mandela ont de quoi se retourner dans leur tombe. Le non-alignement est un idéalisme géopolitique, pas la somme de calculs économiques.

    Vous écrivez : « Même si nous parvenons un jour à apurer complètement le passif du colonialisme d’antan, nous n’aurons encore rien fait pour enrayer la colonisation dramatique à laquelle nous nous livrons aujourd’hui, celle de l’avenir. L’humanité confisque le siècle à venir avec la même rigueur impitoyable dont elle fit preuve aux temps anciens pour s’approprier des continents entiers. Le colonialisme est un fait non plus territorial, mais temporel. » Solder les comptes du colonialisme est-il une priorité si on veut faire face collectivement à un défi qui se situe à l’échelle planétaire ?

    Le passé est une plaie qu’on a très mal guérie, pas seulement dans le Sud. Elle continue à ternir ou à influencer les rapports entre Nord et Sud. Il faut s’occuper de cette plaie, d’autant plus qu’elle est toujours grande ouverte, comme le montre une carte des pays les plus vulnérables au changement climatique qui est superposable à celle des anciens pays colonisés. Ce qui se joue avec le changement climatique, ce n’est pas un ours polaire sur une banquise qui fond, c’est d’abord ce qui arrive aux peuples du Sud. Quand on parle de colonialisme, on pense en premier lieu au passé, mais il existe une forme de colonisation de l’avenir qui est menée par les mêmes pays qui ont été les acteurs du colonialisme du passé. Il est faux de dire que c’est l’humanité en général qui est responsable du changement climatique, les responsabilités ne sont pas égales.

    Pourquoi écrivez-vous alors que « le quatrième pays du monde n’aurait jamais vu le jour sans le soutien d’adolescents et de jeunes adultes – encore que j’ose espérer que les jeunes activistes de la “génération climat” recourent à des tactiques moins violentes ». Ne faut-il pas une « revolusi » pour le climat ?

    J’ai travaillé sur ce livre au moment où le mouvement de Greta Thunberg faisait parler de lui. Il y avait un regard condescendant sur ces adolescents, les considérant comme une forme politique non sérieuse. Regardez pourtant ce que la jeunesse a fait en Indonésie. Si le pays en est là, c’est grâce aux jeunes, même si j’espère que Greta Thunberg ne va pas se saisir de lances en bambou !

    Je participe à différentes conventions sur le climat qui se déroulent mieux qu’en France, où la transmission vers le politique a été mal faite. Je pense qu’il faut plutôt penser à une désobéissance civile, qui relève d’abord pour moi d’une désobéissance fiscale. Au milieu du XIXe siècle, David Thoreau refuse de payer l’impôt dans l’État du Massachusetts à cause de l’esclavagisme et de la guerre contre le Mexique. Il a été arrêté au bout de six ans.

    Regardons le budget de nos États, et calculons quel pourcentage des dépenses de l’État belge ou hollandais va vers le secteur fossile. Si c’est 18 %, on enlève 18 % de nos impôts et on le met au pot commun. Quand les lois ne sont pas justes, il est juste de leur désobéir.

    Dans la longue liste de vos remerciements, vous remerciez un tableau, « Composition en noir » de Nicolas de Staël, c’est étrange, non ?

    Je remercie deux peintures, celle que vous évoquez et une d’Affandi, un peintre indonésien. J’étais en train d’écrire, je cherchais encore le bon registre pour décrire les atrocités, sans esquiver les détails, mais sans perdre de vue l’ensemble. J’ai une passion pour la peinture et les arts plastiques, qui me vient de ma mère, elle-même peintre. Je me trouvais donc à Zurich, en pleine écriture de mon livre, et je vois cette toile qui m’a montré le chemin, fait de noirceur, d’humanisme, de précision et de lueur aussi. Celle d’Affandi aussi, parce qu’elle était faite de violence et de joie. Il aurait été considéré comme un peintre majeur s’il avait été américain ou français.

    La forme originale, très personnelle de cet ouvrage, comme celui sur le Congo, interpelle. Vous humanisez une histoire abstraite en ayant recours à la non-fiction littéraire. Pourquoi ? Pour la rendre plus accessible ?

    Le discours sur le Congo est trop souvent un monologue eurocentrique. Je voulais rédiger un dialogue en donnant la parole aux Congolais, mais aussi en écoutant des Belges. Dans ce livre sur l’Indonésie, je ne vais pas seulement du monologue vers le dialogue, mais je tends vers la polyphonie. Je suis parti aussi au Japon ou au Népal. Il était important de montrer la dimension internationale de cette histoire et de ne pas la réduire aux rapports verticaux et en silo entre les anciennes métropoles et les anciennes colonies, d’où le sous-titre de l’ouvrage : « et la naissance du monde moderne ».

    https://www.mediapart.fr/journal/international/011022/david-van-reybrouck-il-existe-une-forme-de-colonisation-de-l-avenir
    #Pays-Bas #violence #passé_colonial #livre #Sukarno #guerre_d'indépendance #politisation #fierté #Japon #torture #oubli #appropriation_culturelle #plaie #colonisation_de_l'avenir #désobéissance_civile #désobéissance_fiscale

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    • #Revolusi. L’Indonésie et la naissance du monde moderne

      Quelque dix ans après "Congo", David Van Reybrouck publie sa deuxième grande étude historique, consacrée cette fois à la saga de la décolonisation de l’Indonésie - premier pays colonisé à avoir proclamé son indépendance, le 17 août 1945. Il s’agit pour lui de comprendre l’histoire de l’émancipation des peuples non européens tout au long du siècle écoulé, et son incidence sur le monde contemporain.
      Fidèle à la méthode suivie dès son premier ouvrage, l’auteur se met lui-même en scène au cours de son enquête, alternant sans cesse, et avec bonheur, exposé de type scientifique et “reportage” à la première personne – ce qui rend la lecture de l’ouvrage à la fois aisée et passionnante.

      https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/revolusi

  • Les grandes écoles de commerce françaises de plus en plus présentes en Afrique (2mn23)

    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-%C3%A9conomie/20220929-les-grandes-%C3%A9coles-de-commerce-fran%C3%A7aises-de-plus-en-plus-pr%

    HEC, Essec, Toulouse Business School, ou encore Paris-Dauphine, les grandes écoles de commerce françaises développent de plus en plus leur présence en Afrique. Malgré les 1 200 universités que compte le continent, les besoins sont immenses. Sur le marché africain, les grandes écoles françaises s’appuient souvent sur des partenaires universitaires locaux. Avec un credo, fournir le même degré d’excellence à Rabat ou à Abidjan, qu’à Paris.

    « L’Afrique est une priorité stratégique pour HEC-Paris. » Difficile d’être plus clair que Philippe Oster, le directeur des Affaires internationales de HEC-Paris. L’Afrique a besoin de former ses managers, et HEC entend y contribuer. « Des deux côtés de la Méditerranée, notre objectif est de fournir une qualité d’enseignement absolument identique », explique-t-il.

    L’intérêt de HEC pour l’Afrique ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 2007, l’école forme des cadres administratifs et bancaires pour le compte des États. En quinze ans, 25 000 cadres ont reçu une formation par HEC. Mais depuis 2018, le groupe accentue sa présence sur le continent avec l’ouverture d’un bureau en Côte d’Ivoire. Depuis, les programmes pour managers, dirigeants et hauts fonctionnaires se multiplient.

    « Il y a un beau programme que nous avons lancé en 2019, baptisé “Lead Campus Sustainable Leadership”, autour du leadership responsable », dit Philippe Oster. « C’est un programme itinérant, car nous l’avons fait en partenariat avec une université marocaine, Mohammed VI-Polytechnique, et l’université de Cape Town. C’est un programme panafricain. »
    Former à l’Afrique, former l’Afrique

    À HEC, les cadres sont formés en Afrique, mais les étudiants sont toujours tenus de venir sur le campus parisien. L’école s’attachant à y intégrer chaque année davantage de postulants africains. L’autre grande école de commerce française, l’Essec, possède quant à elle depuis 2018 un campus à Rabat, au Maroc. Il sert de hub pour ses activités transcontinentales.

    « Connecter, former, rayonner sont les trois piliers de notre stratégie en Afrique », annonce Vinenzo Vinzi, directeur général de l’Essec Busniess School. Si l’Essec forme des étudiants venus de tout le continent sur son campus marocain, elle va proposer, dès novembre, une formation dédiée aux dirigeants et cadres européens soucieux de découvrir les marchés africains, leurs particularités économiques et managériales.

    La dimension culturelle qui, par ailleurs, fait partie de ce programme, est extrêmement importante. C’est vrai dans la manière dont on manage les équipes, mais aussi dans la manière dont les économies se développent. Pour vous donner un exemple, dans l’approche modulaire de ce programme, il va y avoir un cours sur le rôle de l’économie informelle en Afrique. l’économie informelle existe partout, mais le rôle que cet économie joue en Afrique est assez spécifique. Et donc les participants à ce programme auront une formation à ce sujet.

    Former à l’Afrique, former l’Afrique... En termes de marché, le continent est une terre d’opportunités pour les grandes écoles de commerce. Elles ont aussi compris que pour y réussir, elles devaient s’appuyer sur les universités locales. La coopération entre les universités africaines et celles des autres continents est en plein boom. Les Français sont loin d’être les seuls. Américains, Chinois, Indiens ou Anglais proposent, eux aussi, des partenariats transcontinentaux.

    #Enseignement#Économie#Afrique#Libéralisme#colonisation#commerce#Formatage#HEC#Management#Manager

    • Le taux de suicide en Afrique étant encore très bas, ce qui est mauvais pour la croissance, le nombre de personnes prenant des anti-dépresseurs quasi inexistant, il est naturel après avoir envoyé des prêtres et missionnaires (pédophiles), des militaires (stupides et violents), des armes dernier cri ou dépassées mais toujours meurtrières, d’exporter ce qui fait la fierté de l’Occident et est une des gloires de notre beau pays : des profs de management...

      L’Afrique était encore respirable, la joie de vivre encore une réalité quotidienne malgré le blanchissement des élites, voici venus après les nuages de sauterelles dévastatrices, les nuages de profs de libéralisme...

  • Hôtel Abyssinie (57mn)

    https://images.cnrs.fr/video/806

    Auteur(s)
    LE HOUEROU Fabienne

    En 1935, l’Italie fasciste tente une annexion de l’Ethiopie qu’elle souhaite ajouter à l’Erythrée et la Somalie précédemment colonisées. Mussolini envoie 300 000 hommes pour cette guerre (100 000 volontaires, et d’importantes troupes africaines, les Ascari). Amedeo, César, Oreste, Alba, Gino..., partis en Abyssinie pour ce combat, se sont fixés ("ensablés") sur les hauts plateaux, malgré la défaite italienne en 1941.
    Le film retrace, à l’aide de nombreux extraits d’actualités de l’époque et des souvenirs de ces Italiens, l’histoire de cette conquête et la propagande fasciste qui présentait l’Ethiopie comme un merveilleux Eldorado. Ceux-ci racontent leur vie quotidienne et leurs rapports très particuliers avec l’Ethiopie qui, pour la plupart, est devenue leur deuxième patrie.
    Amedeo et ses amis témoignent des raisons qui les ont incités à rester et à accepter cet exil insolite : un certain rêve de liberté, les facilités pour trouver du travail bien mieux payé qu’en Italie, les femmes... Les nombreuses traces de la culture italienne, comme l’architecture, les traditions culinaires, la reprise de certains termes de la langue, manifestent l’influence de cette communauté dans ce pays.

    #cinéma #Ethiopie #colonialisme #colonialisme_italien #colonisation#ensablés#Fabienne_le_houerou#documentaire#Asmara#Massawa#Erythrée#Addis_Abeba#Piassa

  • Mia Couto, le Mozambique au cœur des mots (28mn)

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/bienvenue-au-club/mia-couto-le-mozambique-au-coeur-des-mots-8966420

    L’écrivain mozambicain lusophone Mia Couto est notre invité aujourd’hui. A l’occasion de la parution de son dernier ouvrage, « Le Cartographe des absences », il revient sur le passé de son pays et sur ses propres souvenirs.

    Après La Véranda au frangipanier (2000), L’Accordeur de silences (2011) ou encore Les sables de l’empereur (2020), l’écrivain Mia Couto revient avec Le Cartographe des absences (traduit par Elisabeth Monteiro Rodrigues, Métailié, septembre 2022). Un ouvrage où le réel - celui de la guerre, de la colonisation -, côtoie la poésie.

    #Afrique#Mozambique#Littérature#Poesie#Lusophonie#Colonialisme#Décolonisation

  • Les angles morts de l’impérialisme et du colonialisme français

    « Ce livre vient en complément de l’exposition « C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ? », réalisée par la commission Nord/Suds de la Fédération des associations de solidarité avec tou-tes les immigré·es(Fasti). En plus des textes des différents panneaux, il contient le présent édito, un entretien croisé avec trois intervenant∙es : Ludivine Bantigny (historienne), Patrice Garesio (coprésident de Survie) et Jean-Louis Marziani (Solidaires Val-de-Marne), ainsi que des références bibliographiques et audiovisuelles « pour aller plus loin ». Le temps manque parfois pour lire l’intégralité d’une exposition, alors là, vous avez tout (et même plus) entre les mains ! »

    note sur : Fasti : C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ?
    10 exemples de la politique coloniale française
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/29/les-angles-morts-de-limperialisme-et-du-coloni

    #colonialisme

  • Anti-colonialist #sculpture unveiled in London’s #Trafalgar_Square

    Samson Kambalu’s post-colonial sculpture “#Antelope” was unveiled on Wednesday as the new sculpture on the empty Fourth Plinth of London’s Trafalgar Square.

    The bronze resin sculpture features Baptist preacher and educator #John_Chilembwe, who led an uprising in 1915 against British colonial rule in #Nyasaland — now #Malawi.

    He was later killed by colonial police and is commemorated in Malawi on John Chilembwe Day, which marks the beginning of the Malawi independence struggle.

    The sculpture is the latest in a rolling programme overseen by the mayor of London that began in 1998 to showcase contemporary art on the empty plinth.

    Previous installations have included a giant ship in a bottle and a swirl of replica whipped cream, topped with a sculpted cherry, fly and drone.

    At Chilembwe’s side in Kambalu’s sculpture is his friend and supporter, the European missionary John Chorley.

    The artist said it was designed to shed light on Britain’s colonial legacy in southern Africa.

    “People present colonialism as a kind of conqueror and victim (story),” Kambalu told AFP at the unveiling.

    “But actually, it’s more complex than that. There are heroes on both sides. There is dignity on both sides.”

    Chorley is life-sized, while Chilembwe is “larger than life” — elevating the pastor’s story and Britain’s colonial past into the public eye.

    “There’s a lot to be addressed,” said Kambalu.

    Kambalu said that by highlighting what he said was Britain’s failure to address its colonial legacy in southern Africa, such as Malawi, he hoped his work would shed light on this “hidden history”.

    Both figures in the sculpture wear hats — a banal feature at a first glance but evoking the colonial prohibition which barred African men from wearing hats in front of a white person.

    “Antelope” is the 14th commission in the programme.

    “It sparks conversation with the general public. Everyone loves to have an opinion about the Fourth Plinth. It generates debate,” said Justine Simons, deputy mayor for culture and the creative industries.

    The sculpture will be succeeded in 2024 by Teresa Margolles’ “850 Improntas” (850 Imprints), which features casts of the faces of 850 transgender people from around the world.

    Recent calls by MPs and others have urged the Mayor of London to feature a statue of the late Queen Elizabeth II on the Fourth Plinth.

    “That will be a decision for His Majesty the King, at the appropriate moment,” said Simons.

    "It’s a programme that’s been going for 20 years, and we’ve got at least another four years of sculptures already commissioned.”

    https://www.rfi.fr/en/people-and-entertainment/20220928-anti-colonialist-sculpture-unveiled-in-london-s-trafalgar-square
    #monument #Londres #colonialisme #anti-colonialisme #UK #Angleterre #Samson_Kambalu #histoire #historicisation #mémoire #passé_colonial #villes

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  • Italy’s bloody secret

    The Guardian, London, UK, 25 Jun 2003

    http://www.derechos.org/nizkor/impu/itaimp1.html

    They were always portrayed as victims of fascism, but Mussolini’s soldiers committed atrocities which for 60 years have gone unpunished. Now the conspiracy of silence is at last starting to unravel. Rory Carroll reports.

    The footnotes of Italian history record Giovanni Ravalli waging war on criminals. He was a police prefect who kept the streets safe and pursued gangs such as the one which stole Caravaggio’s The Nativity from a Palermo church in 1969. An adviser to the prime minister, a man of the establishment, he retired on a generous pension to his home at 179 Via Cristoforo Colombo, south Rome, to tend his plants and admire the view. He died on April 30 1998, aged 89.

    The footnotes do not record a Greek policeman called Isaac Sinanoglu who was tortured to death over several days in 1941. His teeth were extracted with pliers and he was dragged by the tail of a galloping horse. Nor do they mention the rapes, or the order to pour boiling oil over 70 prisoners.

    After the war Ravalli, a lieutenant in the Italian army’s Pinerolo division, was caught by the Greeks and sentenced to death for these crimes. The Italian government saved him by threatening to withhold reparations unless he was released. Ravalli returned home to a meteoric career that was questioned only once: in 1992 an American historian, Michael Palumbo, exposed his atrocities in a book but Ravalli, backed by powerful friends, threatened to sue and it was never published.

    His secrets remained safe, just as Italy’s secrets remained safe. An audacious deception has allowed the country to evade blame for massive atrocities committed before and during the second world war and to protect the individuals responsible, some almost certainly still alive. Of more than 1,200 Italians sought for war crimes in Africa and the Balkans, not one has faced justice. Webs of denial spun by the state, academe and the media have re-invented Italy as a victim, gulling the rest of the world into acclaiming the Good Italian long before Captain Corelli strummed a mandolin.

    In reality Benito Mussolini’s invading soldiers murdered many thousands of civilians, bombed the Red Cross, dropped poison gas, starved infants in concentration camps and tried to annihilate cultures deemed inferior. “There has been little or no coming to terms with fascist crimes comparable to the French concern with Vichy or even the Japanese recognition of its wartime and prewar responsibilities,” says James Walston, a historian at the American University of Rome.

    The cover-up lasts to this day but its genesis is now unravelling. Filippo Focardi, a historian at Rome’s German Historical Institute, has found foreign ministry documents and diplomatic cables showing how the lie was constructed. In 1946 the new republic, legitimised by anti-fascists who had fought with the allies against Mussolini, pledged to extradite suspected war criminals: there was a commission of inquiry, denunciations, lists of names, arrest warrants. It was a charade. Extraditions would anger voters who still revered the military and erode efforts to portray Italy as a victim of fascism. Focardi’s research shows that civil servants were told in blunt language to fake the quest for justice. A typical instruction from the prime minister, Alcide De Gasperi, on January 19 1948 reads: “Try to gain time, avoid answering requests.”

    Yugoslavia, Greece, Albania, Ethiopia and Libya protested to no avail. “It was an elaborate going through the motions. They had no intention of handing over anybody,” says Focardi. Germans suspected of murdering Italians - including those on Cephalonia, Corelli’s island - were not pursued lest a “boomerang effect” threaten Italians wanted abroad: their files turned up decades later in a justice ministry cupboard in Rome. Britain and the US, fearful of bolstering communists in Italy and Yugoslavia, collaborated in the deception. “Justice requires the handing over of these people but expediency, I fear, militates against it,” wrote a Foreign Office mandarin. The conspiracy succeeded in frustrating the United Nations war crimes investigation. There was no Nuremberg for Italian criminals.

    Given the evidence against them, it must rank as one of the great escapes. General Pietro Badoglio’s planes dropped 280kg-bombs of mustard gas over Ethiopian villages and strafed Red Cross camps. He died of old age in his bed, was buried with full military honours and had his home town named after him. General Rudolfo Graziani, aka the butcher of Libya, massacred entire communities; his crimes included an infamous assault on the sick and elderly of Addis Ababa. His men posed for photographs holding severed heads. General Mario Roatta, known to his men as the black beast, killed tens of thousands of Yugoslav civilians in reprisals and herded thousands more to their deaths in concentration camps lacking water, food and medicine. One of his soldiers wrote home on July 1 1942: “We have destroyed everything from top to bottom without sparing the innocent. We kill entire families every night, beating them to death or shooting them.” Italy’s atrocities did not match Germany’s or Japan’s in scale and savagery, and it is no myth that Italian soldiers saved Jews and occasionally fraternised with civilians. Glows of humanity amid the darkness; yet over time they have suffused the historic memory with blinding light.

    The distortion can partly be blamed on British prejudices about Italian soldiers being soft and essentially harmless, says Nic Fields, a military historian at the University of Edinburgh: “Many British historians liked to focus on the luxury items found in Italian barracks. It reinforced the image of opera buffoons. Your average Tommy tended to caricature the Italians as poor sods caught up in the war.”

    The crimes have been chronicled in specialist journals but never became part of general knowledge. Ask an Italian about his country’s role in the war and he will talk about partisans fighting the Germans or helping Jews. Ask about atrocities and he will talk about Tito’s troops hurling Italians into ravines. Unlike France, which has deconstructed resistance mythology to explore Vichy, Italy’s awareness has evolved little since two film-makers were jailed in the 1950s for straying off-message in depicting the occupation of Greece.

    When Japanese or Austrians try to gloss over their shame there is an outcry, but the Italians get away with it. The 1991 film Mediterraneo, about occupiers playing football, sipping ouzo and flirting with the locals on a Greek island, was critically acclaimed. Captain Corelli’s sanctification of Italian martyrdom was not challenged. Ken Kirby’s 1989 BBC Timewatch documentary, Fascist Legacy, detailing Italian crimes in Africa and the Balkans and the allies’ involvement in the cover-up, provoked furious complaints from Italy’s ambassador in London. The Italian state broadcaster, Rai, agreed to buy the two one-hour programmes, but executives got cold feet and for 11 years it has sat in a vault in Rome, too controversial to broadcast. “It’s the only time I can remember a client shelving a programme after buying it,” says a BBC executive. Kirby did manage to show it at a film festival in Florence. The reaction was toxic. “They put security on me. After the first reel the audience turned around and looked at me, thinking ’what a bastard’.”

    A brief storm of publicity engulfed Michael Palumbo, the documentary’s historical consultant. “I was practically assaulted by several Italian journalists. There was a sackful of death threats, some from former soldiers.” The documentary gave a voice to Italian historians such as Giorgio Rochat, who have provoked disapproval from colleagues by attacking the myth. “There remains in Italian culture and public opinion the idea that basically we were colonialists with a human face.”

    Another historian, Angelo Del Boca, says those guilty of genocide were honoured. “A process of rehabilitation is being organised for some of them by sympathetic or supportive biographers.” He says that for decades his research was obstructed - an accusation echoed by Focardi. Vital documents are “mislaid” or perpetually out on loan. Just one example: 11 years ago a German researcher found documents and photographs of Italian atrocities in Yugoslavia in the central state archive, a fascist-built marble hulk south of Rome. No one has been able to gain access to them since.

    Such scholars are few, but thanks to their work a tentative reappraisal may be under way. While paying homage last march to the Italian troops massacred by Germans on Cephalonia, President Carlo Azeglio Ciampi, noting that Italy invaded Greece, asked forgiveness. Newspapers such as La Stampa and Manifesto have reported new research, and a weekly magazine, Panorama, confronted Ravalli before he died. But Italy remains entranced by its victimhood. Television commentary for a military parade in Rome earlier this month hummed the glory and sacrifice of the armed forces. Newspapers splashed on the possibility that a 92-year-old former Nazi SS officer living in Hamburg, Friedrich Engel, may be prosecuted for crimes in Genoa. Other former Nazis accused of murdering Italians are being pursued now that the fear of a “boomerang” effect against Italian criminals has evaporated.

    Last month workers digging in northern Ethiopia stumbled on yet another Italian arms depot suspected of containing mustard gas. Addis Ababa asked Rome to respect an international weapons treaty by revealing the location of stockpiles and helping to clear them. Like all other requests over past decades, it was rebuffed. “All efforts on Ethiopia’s side to convince Italy to live up to its responsibilities have failed,” lamented the government.

    That week Italy’s media did indeed delve into the evils of fascism: Italians forced to work in Adolf Hitler’s factories were campaigning for compensation.

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#AOI#Yekatit12#Graziani#Addis_Abeba

    • Fascist Legacy

      Fascist Legacy ("L’eredità del fascismo") è un documentario in due parti sui crimini di guerra commessi dagli italiani durante la seconda guerra mondiale, realizzato dalla BBC e mandato in onda nei giorni 1 e 8 novembre 1989.

      https://it.wikipedia.org/wiki/Fascist_Legacy

      La prima parte tratta dei crimini di guerra commessi durante l’invasione italiana dell’Etiopia e nel Regno di Jugoslavia. Viene messo in rilievo l’impiego dell’iprite, o gas mostarda, da parte del generale Pietro Badoglio, sui bombardamenti di ospedali della Croce Rossa e sulle rappresaglie dopo un attentato contro l’allora governatore italiano dell’Etiopia. La sezione che esamina l’occupazione della Jugoslavia cita gli oltre 200 campi di prigionia italiani sparsi nei Balcani, in cui morirono 250.000 internati (600.000 secondo il governo jugoslavo), e si sofferma sulle testimonianze relative al campo di concentramento di Arbe (Rab in lingua serbo-croata) e sulle atrocità commesse nel villaggio croato di Podhum, presso Fiume.

      La seconda parte tratta del periodo successivo alla capitolazione italiana nel 1943 e si rivolge principalmente all’ipocrisia mostrata tanto dagli USA quanto soprattutto dai britannici in questa fase della guerra. L’Etiopia, la Jugoslavia e la Grecia richiesero l’estradizione di 1.200 criminali di guerra italiani (i più attivamente ricercati furono Pietro Badoglio, Mario Roatta e Rodolfo Graziani), sugli atti dei quali fu fornita una completa documentazione. Entrambi i governi alleati videro però in Badoglio anche una garanzia per un dopoguerra anticomunista in Italia, e fecero del loro meglio per ritardare tali richieste fino al 1947 quando i trattati di Parigi restituirono la piena sovranità al paese. L’unico ufficiale italiano mai perseguito e condannato a morte da un tribunale britannico fu un antifascista, Nicola Bellomo, responsabile della morte di prigionieri di guerra britannici.

      La voce narrante originale è di Michael Palumbo, storico statunitense che ha pubblicato il libro L’olocausto rimosso, Rizzoli editore. Vengono inoltre intervistati gli storici italiani Angelo Del Boca, Giorgio Rochat, Claudio Pavone e il britannico David Ellwood. Il documentario termina cinicamente con una citazione di Winston Churchill su the better tomorrow with a new world order ("un domani migliore in un nuovo ordine mondiale"). I diritti dell’opera, tradotta in lingua italiana dal regista Massimo Sani, furono acquistati dalla RAI nel 1991, ma il documentario non venne mai mandato in onda. L’emittente LA7, invece, trasmise degli ampi stralci di Fascist Legacy nel 2004 all’interno del programma Altra Storia. Proiezioni del documentario vengono organizzate in Italia da parte di gruppi di orientamento antifascista. Dal 2013 il documentario è visibile su YouTube.

  • Pour en finir avec « l’outre-mer »

    Après sa rencontre, le 7 septembre prochain, avec les présidents des collectivités, régions et départements non hexagonaux, le Président de la République Française dispose de tous les éléments pour embraser d’une flambée de lucioles cette ténèbre d’archaïsmes et d’aberrations qu’est le « système outremer ».

    Depuis « l’Appel de Fort de France », ces élus de terrain, confrontés à des difficultés insurmontables, ont en substance réclamé au gouvernement plus de « responsabilité » domiciliée. Le phénomène est assez inhabituel pour que le plus haut responsable politique de la France se saisisse de l’appel. D’habitude, les interpellations unanimes à ce niveau politique, relèvent plutôt du secours, de l’exonération fiscale, de la subvention ou du rattrapage d’un retard millénaire. C’est donc l’occasion pour la France d’assainir son rapport à ces terres lointaines, de refonder l’économie-containers régnante, mais, surtout à mon sens, de réoxygéner les fondements de sa présence au monde en tant que grande nation. Pour circonscrire l’enjeu, interrogeons les termes « outremer » et « responsabilité ».

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/27/pour-en-finir-avec-loutre-mer

    #international #colonialisme

  • Palma, Silvana. – L’Italia coloniale

    Roma, Editori Riuniti (« Storia fotografica della società italiana », 35), 1999, 191 p., références photos, bibl.

    par Alain Gascon

    https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.1556

    Ce recueil de photographies publié dans la Storia Fotografica della Società Italiana est remarquable : à la qualité des reproductions s’ajoute le choix judicieux de documents souvent rares. Silvana Palma, qui enseigne l’histoire et les institutions des pays afro- asiatiques à l’Université de Rome, a assuré la présentation et le choix des photographies. Ce petit ouvrage complète utilement les travaux des historiens italiens sur l’aventure coloniale italienne notamment Gli Italiani in Libia et Gli Italiani in Africa Orientale d’Angelo Del Boca1. Il montre que les colonisateurs italiens n’ont pas été fondamentalement différents des autres Européens. En effet, tardive et marquée par la défaite d’Adwa, on attribue à la colonisation italienne un caractère amateur, improvisé voire bon-enfant, en contradiction avec l’âpreté et la brutalité des Anglais, des Français, des Allemands, des Belges ou des Portugais. Les nombreux Métis nés en dépit des lois raciales et les « ensablés »2, les Italiens demeurés en Éthiopie et en Érythrée après la chute de l’Impèro, en 1941, en seraient la preuve. Or, ce livre – et d’autres – montrent combien la poigne italienne n’a pas été moins rude que les autres férules coloniales. Ainsi, en couverture, on voit deux Érythréens enchaînés gardés par des soldats italiens et en page de présentation, le duc des Abruzzes qui s’embraque à Mogadiscio, porté sur un fauteuil par des Somali afin d’épargner à sa princière personne le contact de l’eau de mer. En introduction, le portrait halluciné d’un grazmach3 rebelle sur le point d’être fusillé, une bella Somalia peu vêtue et plus loin la « reconstitution » d’un village érythréen pour une exposition coloniale nous rappellent des clichés coloniaux maintes fois rencontrés.

    https://editoririuniti.it/products/litalia-coloniale?variant=29137087186

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#Emigration#AOI#Photographie

  • Au Kenya, une exposition multimédia sur les déplacements forcés sous la colonisation britannique

    Nairobi accueille une exposition multimédia consacrée à la politique de déplacements forcés du temps de la répression menée par l’empire britannique contre la révolte dite « Mau Mau ». Elle est organisée dans le cadre du projet du « musée du colonialisme britannique », un musée digital, lancé en 2018 par des chercheurs britanniques et kényans.

    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220927-au-kenya-une-exposition-multim%C3%A9dia-sur-les-d%C3%A9placements-forc%

    Objectif de cette exposition : reconstituer l’expérience vécue par 1,2 million de Kényans déplacés de force sous la colonisation britannique. On y trouve des maquettes, des vidéos de témoignages et des installations en trois dimensions qui permettent de se représenter le quotidien dans ce que les Britanniques appelaient « villages », mais qui étaient en réalité des camps de concentration.

    « Nous sommes habitués à lire l’histoire ou à l’appréhender à travers des photographies ou des enregistrements audios, mais avec ces outils, il est difficile de montrer avec exactitude la violence du colonialisme, explique Suhayl Omar, chercheur associé au musée du colonialisme britannique. Grâce aux installations 3D, nous arrivons à mettre les gens en situation pour leur permettre de voir comment ça se passait vraiment. Les médias coloniaux britanniques utilisaient des images biaisées pour manipuler : ils montraient des femmes en train d’apprendre à cuisiner, des rassemblements de gens bien habillés... Mais quand on reconstitue ces lieux et ces villages, on découvre l’ampleur de la violence qui était à l’œuvre. »

    Pour ce travail, les chercheurs s’appuient essentiellement sur des témoignages oraux de Kényans ayant connu cette période et ces lieux. Des paroles trop souvent marginalisées afin de pallier les difficultés d’accès aux archives britanniques ainsi que leurs lacunes.

    L’historienne Beth Rebisz, chercheuse enseignante à l’université de Bristol, est l’une des initiatrices de ce projet. Elle témoigne des lacunes des archives britanniques permettant de documenter cet épisode sanglant décolonisation britannique. Des archives que le gouvernement britannique a d’ailleurs très longtemps cachées… à travers ce qu’on a appelé l’opération « legacy » (opération « héritage »).

    Il s’agissait d’une opération menée par le gouvernement qui a consisté à cacher ou détruire secrètement tous les documents qui pouvaient de quelque manière que ce soit embarrasser le gouvernement britannique, sa majesté la reine, ou impliquer toute personne ayant travaillé au sein de l’administration coloniale. Lorsque ces archives ont finalement été ouvertes en 2011, les historiens ont pu avoir confirmation de l’ampleur des violations des droits de l’homme qui ont été commises. Mais aujourd’hui, si vous allez consulter ces archives à Londres, cela reste des dossiers gouvernementaux écrits par des administrateurs coloniaux, qui essaient de dépeindre les choses d’une certaine manière. C’est pourquoi dans mon travail, j’essaie de les questionner et de les remettre en cause en menant des entretiens avec des femmes qui ont été déplacées et réinstallées de force.

    https://www.museumofbritishcolonialism.org

    #Kenya#Mau_Mau#colonisation#colonialisme#villagisation#migration#Archives#Histoire#Medias#resettlement

    • Toute comparaison avec la villagisation en Algérie durant la guerre, sur la « villagisation » en Ethiopie à partir de 1958, dont on peu observer aujourd’hui les conséquences dans les régions de Gambella, du Benishangul-Gumuz ou dans le Wolkait ne serait pas pure coïncidence.

  • L’Esclave blanc

    Un Long-métrage de Jean-Paul Paulin

    Sortie en France : 02/10/1936

    https://www.unifrance.org/film/39227/l-esclave-blanc

    Bande annonce :

    https://www.dailymotion.com/video/x5l1irr

    Sur la côte orientale d’Afrique, un riche planteur, homme irascible, fait venir sa fille Simone auprès de lui pour travailler à l’exploitation. Son employé principal, Georges, est le seul blanc de la région.

    Evidemment, Georges et Simone deviennent amis et s’éprennent l’un de l’autre. Le père s’oppose au mariage. Georges quitte la maison du planteur et va vivre maritalement avec une indigène.

    Les lois de la tribu s’opposent à cette liaison et la femme noire est assassinée. Georges lui-même est fait prisonnier par les noirs. Il va être massacré lorsque une troupe au service du planteur, conduite par Simone, le délivrera à temps. Le père se laissera fléchir.

    #colonialisme #colonisation #Italie#histoire#somalis#issas#Ethiopie#Emigration#Cinema#Propagande#Somalie#Djibouti

  • SENTINELLE DI BRONZO

    Version : 1937 - Italie - Noir et Blanc - 92 Minutes.

    Peu de mois avant le déclenchement de la guerre d’Ethiopie, quelques survivants fidèles à l’Italie se sont réfugiés dans un petit fort alors assiégé par les autochtones. Le courage du commandant et l’héroïsme d’un sergent permettent finalement de renverser la situation...

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#Emigration#AOI#Cinema#Propagande

  • ALDO BARATTI : “FOTO-RIFLESSIONI” ED ESTETISMI DALL’AFRICA ORIENTALE

    par Claudio Crescentini

    https://lalbatros.it/index.php/arte/201-aldo-baratti-foto-riflessioni-e

    Nel recuperare i germi della crisi del pensiero e della critica “attualista” degli anni Trenta del Novecento, volta con coerenza sia contro Croce che contro Gentile, potremmo rintracciare, in funzione estetico-visiva, una chiave di lettura coerente per analizzare la fotografia di quel periodo e in particolare quella tranche di storia della fotografia italiana – tipicamente italiana – legata alle italiche colonie africane. Un settore specifico della fotografia italiana del primo Novecento sempre meno studiato, anche per motivi ideologici e che va lentamente scomparendo proprio negli ambiti di studio ufficiali nazionali. Il recupero contemporaneo non deve ovviamente apparire come di “tipo ideologico”, ma appunto di studio e conoscenza di parte del nostro passato artistico, anche quello meno, per così dire, “politicamente corretto”. La storia e quindi la storia dell’arte è fatta d’altronde anche di queste parentesi nere che però non devono gettare ombra sugli studi successivi, come ad esempio è avvenuto col Futurismo, per la rivalutazione del quale abbiamo dovuto aspettare gli storici americani degli anni Sessanta.

    In tale percorso critico risulta quindi interessante recuperare tale “frangia” di storia della fotografia, partendo dal pensiero di Adelchi Baratono,[1] in particolare per quello che riguarda la persistenza concettuale del soggetto guardante abbinata al valore tecnico-sensibile dell’esperienza estetica e per la derivante “redenzione” del concetto di praticità dell’arte e dei suoi differenti orientamenti tecnici.

    Si tratta di un concetto che, a nostro avviso, è possibile anche sostenere tramite il razionalismo critico di Antonio Banfi, del quale ci limiteremo a porre in nuce la medianità direttiva della sua riflessione estetica, nel momento in cui, proprio negli anni Trenta, la forte ripresa della riflessione sull’arte costituisce uno dei momenti più salienti e, in maggior misura, qualificanti dell’arte e del pensiero italico.

    La sfera estetica così trattata esaudisce in contemporanea due esigenze contrastanti dell’intellettuale e, per traslato, dell’artista che, per quanto riguarda la nostra analisi del fotografo Aldo Baratti, finisce per «cogliere e privilegiare la dimensione dinamica, la provocazione irrazionale, la irriducibilità istituzionale e organizzativa della realtà presente, il “caos del vivente”; e insieme quella di riorganizzarla, formalizzarne la necessità, realizzarne la “composizione razionale”».[2] Così come fa, da altro punto di vista, anche Antonio Banfi, il pensiero del quale, fra l’altro, sembra oscillare fra due dimensioni vicine seppur distinte: quella che potremmo definire del «dover essere» dell’arte e perciò della bellezza, e quella maggiormente pragmatica dal filosofo definita come «corrente di vita», di volta in volta nutrita dall’inestinguibile molteplicità e autonomia dell’esperienza estetica stessa.[3]

    Inevitabile diviene perciò l’opposizione con l’estetica crociana e la collisione con i movimenti di pensiero più aperti e internazionali che porteranno, per traslato, lo ripetiamo, a ripercorrere il concetto dell’arte – leggi ancora fotografia – di questo periodo con un’ottica completamente nuova rispetto al precedente.

    La ricomposizione avviene ancora mediante i due indicati concetti dedotti dal Banfi e che definiscono, in sintesi, la dicotomia fra dogmatismo e pragmatismo. Per intenderci: decorativismo > funzionalità; gusto contro teoria. Del resto questo è un po’ il problema di tutta la fotografia e dell’arte in generale nel decennio affrontato.[4] Ed è tutto qui – e non è da poco – tutto riassumibile per mezzo delle due già indicate categorie estetiche di Banfi, che finiscono per definire, dal nostro punto di vista, la sperimentazione di un’arte fotografica da intendere soprattutto come tecnica, media funzionale valido per sé stesso, e dall’altra la determinazione di una tecnica artistica definita dal risultato, cioè dall’immagine in sé e per sé. La fotografia quindi come dogmatismo estetico abbinato, ed è il caso esplicito dell’Italia, con l’ideologia dominante.

    Si tratta di una dicotomia già a suo tempo verificata da Guido Pellegrini, allora Presidente del Circolo Fotografico Milanese, personaggio e teorico di spicco della fotografia italiana del periodo, per mezzo soprattutto delle sue cronache e recensioni pubblicate sulle pagine della rivista «Cinema». In particolare, nel descrivere i caratteri della fotografia a lui contemporanea, ne schematizza i tratti peculiari nell’ambivalenza fra «foto statica», che riproduce passivamente la visione propria dell’occhio umano, e «foto dinamica» che riproduce ciò che «vede» la camera oscura, la quale «per mezzo del suo occhio acutissimo e luminosissimo “ferma” sulla superficie oggi enormemente sensibile, nudamente e solamente “quello che è”».[5]

    In questo periodo ci troviamo comunque nel contesto di una vera e propria rivoluzione internazionale, legata soprattutto alla diffusione della pratica fotografica che vede come mezzo principale il lancio sul mercato di nuove macchine fotografiche economiche, di medio e piccolo formato. Tipo la Rolleiflex, immessa nel mercato dal 1929, cui fece seguito nel ’33 un modello più economico, la Rolleicord, ben presto gradita e utilizzata, oltre che dai foto-cronisti, anche da molti fotoamatori.[6]

    A queste va anche ricordata la distribuzione delle più note Leica, Reflex-Korelle e Contax, la prima utilizzata, fra gli altri, anche da Robert Capa e Gerda Taro durante il loro periodo di inviati free lance per documentare la Guerra di Spagna. Ma questa è tutta un’altra storia[7] rispetto a quella che andiamo ad analizzare, con ideali, concetti e inquadrature che insegnano altro rispetto al potere dominante.

    Possiamo realmente dire che negli anni Trenta ci troviamo in piena evoluzione della fotografia istantanea, ma non ancora totalmente di tipo amatoriale come avverrà più tardi e comunque nei decenni Quaranta-Cinquanta. Istantanea quindi, ma sempre legata alla visione artistica del soggetto da riprodurre, estrapolato “dal di dentro” della cronaca per divenire storia, seppur interpretata da angolazioni e prospettive diverse come nel caso di quello che abbiamo definito come «foto-riflessioni» di Aldo Baratti.

    Presente ad Asmara, in Eritrea, probabilmente già dagli anni Venti,[8] Baratti ha fatto sicuramente parte di quella serie di italiani emigrati nella parte orientale del Corno d’Africa dalla fine dell’Ottocento,[9] con un’accentuazione numerica realmente importante proprio fra gli anni Venti e Trenta, per mezzo anche – se non soprattutto – della propaganda del Regime Fascista.[10]

    Baratti comunque rientra senza ombra di dubbio fra i diffusori del “nuovo” mezzo di riproduzione meccanica in Eritrea dove, infatti, proprio dagli anni Trenta si rileva una notevole concentrazione locale di fotografi, anche non italiani.

    Molti, infatti, i professionisti eritrei della fotografia che fuoriescono dalla consultazione dei documenti e relazioni economiche dell’epoca, che spesso però non disponevano di un locale fisso dove svolgere la loro attività, un negozio e/o uno studio, anche per la mancanza di reperire i capitali giusti per dare forma ad un importante investimento produttivo com’era appunto quello dell’apertura di una sede commerciale, e che preferivano svolgere la loro attività in maniera, diciamo così, più flessibile.

    Ci troviamo di fronte alla presenza e all’attività in loco di quelli che venivano all’epoca inseriti nella categoria dei «Fotoambulanti» che, in un certo senso, riportano alla mente l’ormai famoso personaggio di Don Pasquale il fotografo, amico e coinquilino di Felice Sciosciammocca, felicemente descritto da Eduardo Scarpetta nel 1887 in Miseria e Nobiltà e che appunto professava l’attività di fotografo – in questo caso “semi-ambulante” – sotto il Teatro San Carlo di Napoli.[11]

    Aldo Baratti al contrario è iscritto già nel 1931 nel Registro delle ditte presenti in Eritrea, al n. 43, come «ditta / ragione sociale: individuale; oggetto del commercio o dell’industria: Studio fotografico e commercio in articoli fotografici; sede e succursali: Asmara».[12]

    Un professionista quindi, con sede professionale stabile registrata a suo nome, nella città dove vive da tempo, Asmara.

    Un fotografo non di guerra quindi, ma di realtà, quella realtà “esotica” tanto amata in Italia e che Baratti esportava come parte integrante del sogno italiano in Africa. In tale contesto colpisce la sua serie fotografica delle Venere nera, realizzata negli anni 1930-35, ancora oggi indubbiamente il concept fotografico più conosciuto di Baratti (fig. 1).

    Fig. 1 Aldo Baratti, Ragazza eritrea (serie Venere nera), 1930-35, fotografia, coll. privata

    Immagini originali di ragazze in posa, riprodotte poi in cartoline distribuite anche in Italia, con appunto «(…) giovani ragazze arabe e bilene, baria e cunama. Le foto erano in bianco e nero e per l’epoca erano terribilmente audaci perché offrivano la più stupefacente collezione di seni turgidi, di pose ardite e di sguardi provocanti. Destinate originariamente alle truppe del corpo di spedizione, le cartoline avevano conosciuto una larga diffusione anche in Italia».[13]

    Ritratti di giovani ragazze di colore realizzati da Baratti con un occhio particolarmente estetizzante, come a voler quasi rafforzare l’immagine iconica delle stesse rappresentate. Con in più un tocco “esotico”, o ritenuto tale, dato ad esempio dalle pelli animali dove le ragazze venivano sdraiate e/o sedute o da autoctone decorazioni parietali di scenografia.

    Evidente anche il taglio cinematografico della rappresentazione, dove, per l’immagine di questa serie di ritratti femminili, il fotografo fa uso di una specifica delineazione dell’utilizzo di un certo tipo di pose languide, divistiche, di tipo prettamente occidentale. Pose che però caricano la forza visuale della rappresentazione mediante il confronto/scontro con la semplicità dell’atteggiamento fisionomico di queste stesse ragazze, dei loro sorrisi che rimandano ancora alle loro coetanee italiane utilizzate nel cosiddetto cinema dei “telefoni bianchi” che proprio all’epoca andava invadendo il mercato cinematografico italiano e delle colonie italiche. E che tanto piaceva al pubblico italiano d’Italia e dell’Africa italiana.[14]

    Non è ovviamente da porre in secondo piano la sensualità della posa scelta per queste ragazze, altro elemento sul quale il fotografo andava vivamente insistendo, in modo quasi da implementare un nuovo mercato dell’immagine fotografica, fra Africa ed Europa, fra nord e sud, con ragazze nere in, quelle che si potremmo definire, “pose da bianche”. Continuando con i riferimenti cinematografici, potremmo dire che Baratti fotografava ragazze nere come ragazze “della porta accanto”, ovviamente più “spudorate” e ammiccanti rispetto al coevo contraltare filmico.

    Oltre a questa serie, Baratti si specializza anche in rappresentazioni più, diciamo così, sociali, sempre da collegare alla curiosità occidentale e del pubblico della madrepatria, mediante la realizzazione di fotografie scattate nei dintorni di Asmara e raffiguranti scene di vita e di lavoro quotidiano. Come nella serie Lavoro contadino, del periodo 1932-34 (figg. 2-3).

    Fig. 2 Aldo Baratti, Bambini nella campagna dei dintorni di Asmara, (serie Lavoro contadino), 1932-34, fotografia, coll. privata❞

    Fig. 3 Aldo Baratti, Costruzione di recipienti per granaglie (serie Lavoro contadino), 1932-34, fotografia, coll. privata

    In questo caso possiamo quasi parlare di istantanea e di un lavoro sull’immagine in qualche modo “meno accurato” per quanto riguarda la composizione della scena, rispetto alla serie Venere nera realizzata da Baratti totalmente nel suo studio di Asmara.

    Scatti comunque non casuali e non preparati, ma che proprio per questa loro ricercata immediatezza riescono a definire la freschezza e la semplicità della scena fermata dal fotografo.

    In tal senso ci troviamo proprio nell’attivazione pragmatica delle teorie già riportate di Guido Pellegrini, nella più totale ambivalenza proprio fra quella realizzazione di «foto statica» e «foto dinamica» che il teorico della fotografia aveva ampiamente teorizzato negli anni Trenta in Italia.

    Il tentativo di Baratti sembra essere quello di voler superare l’impasse del foto-documento nei confronti di una (pre)meditata idea di foto d’arte composta da immagini scarne, essenziali, emblematiche, che ormai, negli anni Trenta, era diventata serva integerrima del Fascismo e che, dopo la caduta del Regime, tornerà ad essere relegata a pura fonte di documentazione più che di arte, quasi di tipo sociale, in qualche modo antropologico, etnografico. Mentre a nostro avviso Baratti cerca di realizzare una fotografia che va decisamente al di là dello stereotipo dell’idea epica del mondo divulgata, ad esempio, da molto coeva fotografia americana, per una fotografia invece che seppur puntata verso la “diversità” della rappresentazione di razze e società, riesce però a farlo con un occhio che non è solo da colonizzatore ma appunto quello curioso e indagatore del fotografo e quindi dell’arte.

    Si veda in tal senso Scena rituale (fig. 4). In questo caso la scena fotografata da Baratti è identificabile con i rituali del clero copto che proprio nella comunità cristiana italiana delle colonie d’Africa aveva trovato un ambiente decisamene benevolo e disponibile, anche per quella sua particolarità di creare fulcri monacali dediti alla preghiera e all’aiuto sociale e familiare dei credenti, soprattutto nelle zone desertiche.

    Fig. 4 Aldo Baratti, Scena rituale (o Clero copto), 1932 ca., fotografia, coll. privata

    La fotografia è giocata per giustapposizioni strutturali date dal trattamento dei corpi e dei panneggi delle vesti, come ad esempio in una fotografia di architettura di Luciano Morpurgo. Ma le fotografie di Baratti hanno comunque il pregio di non restare “mute” ma di trasmettere all’osservatore il senso, anche naturale, della realtà “così com’è”, con la pretesa quindi di “parlare”, di affermare anche un pensiero, una riflessione dell’artista fotografo relativa a ciò che vede e per chi guarda.

    Imprescindibile l’adesione alla retorica nazionalista del Fascismo, in un’epoca in cui la fotografia, con la sua connaturata attitudine indagatoria e rivelatrice, si era ormai già ampiamente avviata a divenire un potente e persuasivo mezzo mass-mediologico.

    Ma con Baratti ci sembra però che la fotografia torna ad essere, seppur nella logica di una contestualizzazione storica ben definita e di una impostazione culturale altamente identificata, elemento dinamico e pensiero, con in più quel senso più spiccatamente – sfacciatamente – esotico che tanto piaceva al Regime e ai suoi sudditi.

    La fotografia quindi si va sempre più ad integrare all’operazione intellettuale del fotografo, «foto-riflessioni» come l’abbiamo definita, in funzione ideologica e di Regime, il quale, preme ricordare, per lungo tempo ha affidato la divulgazione della propria immagine al mussoliniano Istituto Luce, laboratorio e medium di persuasione e di celebrazione dei miti del Regime stesso.

    In questo modo il fotografo Baratti supera in un colpo solo la divisione, ancora molto attuale nella pratica della fotografia italiana così come nelle teorizzazioni divulgate dalle riviste specializzate italiane del periodo, tra fotografia artistica e fotografia documentaria e sociale, cercando d’imporre, per quanto sia possibile da Asmara, un nuovo modo di fare e vedere la fotografia, focalizzata in primis su una sua propria e più totale forza di persuasione e perciò di pensiero, dove ovviamente l’intento politico non è minimamente da porre in secondo piano.

    [1] Cfr. A. Baratono, Il mondo sensibile. Introduzione all’estetica, Messina-Milano 1934.

    [2] A.L. De Castris, Egemonia e fascismo, Bologna 1981, p. 103.

    [3] Per quanto riguarda il pensiero di Antonio Banfi rimandiamo al suo Per un razionalismo critico, Como 1943 e alle Lezioni di estetica raccolte a cura di Maria Antonietta Fraschini e Ida Vergani, Milano 1945. Ricordiamo comunque che il pensiero di Antonio Banfi aveva ovviamente come unico riferimento critico la scrittura da noi nella presente sede applicato, come già anticipato, alla fotografia.

    [4] Per un maggior approfondimento della questione, sia a livello estetico che sul piano fotografico e quindi artistico del periodo, cfr. C. Crescentini, Dicotomie nella fotografia italiana all’epoca del déco, in F. Benzi a c. di, Il Deco in Italia, cat. mostra, Roma 2004, Milano 2004, pp. 302-317.

    [5] G. Pellegrini, La nuova fotografia, in «Il Progresso Fotografico», n. 3, 30 marzo 1933.

    [6] «Nell’evoluzione della macchina fotografica, vanno [anche] ricordate l’Exacta, che è stata la prima reflex monoculare di piccolo formato, cm 4x6,5 (1933), la Primarflex di Curt Bentzin, cm 5x6 (1934)». I. Zannier, Storia e tecnica della fotografia, Roma-Bari 2003, p. 160.

    [7] Una storia così bene raccontata di recente sotto forma di romanzo da H. Janeczek, La ragazza con la Leica, Milano 2017, libro vincitore del LXXII Premio Strega.

    [8] A quanto risulta dalla residua e frammentata documentazione relativa all’attività fotografica di Aldo Baratti fra l’Italia e Asmara, ricordiamo che alcune sue foto risultano pubblicate nel testo: Prime letture tigrigna. Qadamaje masehafe nebabe, Asmara, Missione Evangelica, 1928. Mentre nel 1931 risulta «Premiata foto Baratti, Asmara – Massaua. Rappresentante esclusiva depositaria della casa M. Cappelli di Milano. Lastre – pellicole – carte. Fotografie artistiche e commerciali nere e colorate. Riproduzioni e ingrandimenti. Laboratorio per stampe e sviluppi per dilettanti con perfetto macchinario moderno. Ricco assortimento di materiale fotografico di 1° ordine. Vedute – usi – costumi e tipi della Colonia in qualsiasi formato. Montature inglesi e pittura ad acquarello e olio». Cfr. L. Goglia, Africa, colonialismo, fotografia: il caso italiano (1885-1940), in Fonti e problemi della politica coloniale italiana, Atti del Convegno di Studio, Taormina-Messina, 23-29 ottobre 1989, Roma 1996, pp. 827-829.

    [9] Ricordiamo, con solo un minimo cenno storico, che l’inizio dell’occupazione italiana dell’Eritrea avvenne nel novembre 1869 con l’avviò delle trattative per la cessione della Baia di Assab al Governo italiano, portate avanti da padre Giuseppe Sapeto per conto della Società di Navigazione Rubattino di Genova. Nel 1890 l’Eritrea fu ufficialmente dichiarata colonia italiana. Cfr. per la storia del periodo, di “quel periodo”, nella sua versione commerciale: E.Q.M. Alamanni, La Colonia Eritrea e i suoi commerci, Torino 1891.

    [10] L’Eritrea, rispetto all’Etiopia e alla Somalia Italiana, fu indubbiamente la colonia con la più forte concentrazione di italiani civili. Si pensi che nel censimento del 1939 solo ad Asmara furono censiti 53.000 Italiani su una popolazione totale di 98.000 abitanti. Cfr. T. Negash, Italian colonisation in Eritrea: policies, praxis and Impact, Uppsala 1987.

    [11] Così come da trasposizione cinematografica del 1954 di Mario Mattoli, con Totò, Sophia Loren e Carlo Croccolo.

    [12] Cfr. quanto riportato presso l’Ufficio Eritreo dell’Economia, nel Registro delle ditte, 1° elenco delle ditte residenti nel territorio dello Hamasien (europei e assimilati), in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. III, n. 33-34, marzo-aprile 1931, pp. 1177-1186. Nello stesso registro è presente anche un altro Baratti, Guido, iscritto al n. 104, sempre con ditta e ragione e/o ragione sociale individuale, proprietario del locale cinema “Dante” (Idem). Ad oggi non siamo riusciti a rivelare una possibile parentela fra i due Baratti attivi contemporaneamente ad Asmara. Il nome di Baratti è ancora presente nell’elenco ufficiale del 1939. Cfr. Rilevazione degli esercizi a carattere artigiano. Elenco delle attività artigiane, in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. XII, n. 96, 31 ottobre 1939, p. 387.

    [13] A. Del Boca, L’Impero, in M. Isnaghi a c. di, I luoghi della memoria. Simboli e miti dell’Italia unita, Roma-Bari 1996, pp. 423-424. In realtà Del Boca descrive Baratti come «un furbo tipografo di Asmara», mentre in realtà, come abbiamo già in parte affermato, il fotografo è iscritto come proprietario di uno studio fotografico e, quindi, come succedeva il più delle volte in Europa, attivo in prima persona nella professione di fotografo, alla quale si andava abbinando, quella appunto di rivenditore di prodotti fotografici. Più difficile pensarlo come tipografo anche se le fotografie le stampa sicuramente da solo nel proprio edificio commerciale. Anche questo in realtà rientra nella norma della professione, almeno fino agli anni Sessanta, periodo in cui il fotografo acquisisce una maggiore autonomia gestionale e concettuale della sua professione per divenire a tutti gli effetti artista, con lo studio che si trasforma da luogo anche di vendita ad appunto studio di posa fotografica tout court.

    [14] Per una visione di tale argomento di più ampio raggio cfr. N. La Banca, L. Tomassini a c. di, Album africano, Mandria 1997.

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#Emigration#AOI#Photographie#Baratti#Asmara#Erythrée

  • L’émigration italienne en Afrique orientale

    par Gian-Luca Podesta
    Dans Annales de démographie historique 2007/1 (n° 113)

    https://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2007-1-page-59.htm

    A ses débuts, la politique coloniale italienne ne fut aucunement influencée par la question de l’émigration, bien que cette dernière ait déjà pris vers 1870 une ampleur considérable (Sori, 1979, 20). Les objectifs d’expansion dans la région de la mer Rouge étant de nature commerciale, il s’agissait de créer les conditions nécessaires pour trouver des fonds d’approvisionnement en matières premières pour les manufactures nationales et des débouchés pour les marchandises italiennes. D’autre part, l’inauguration du canal de Suez et la création de nouvelles routes maritimes entre l’Europe et l’Orient avaient incité l’Italie à entrer dans la compétition coloniale, avec l’illusion que le nouvel État unitaire pouvait redevenir le pont entre l’Orient et l’Europe, comme l’avaient été Gênes et Venise autrefois. Les velléités expansionnistes en Tunisie et en Tripolitaine et Cyrénaïque s’étaient brusquement essoufflées et la seule zone où l’Italie jouissait d’une certaine liberté de mouvement, notamment grâce à l’appui britannique, était l’Afrique orientale.

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#Emigration#AOI#Erythée#Somalie#Ethiopie#Addis_Abeba

  • Allons enfants de la Guyane | Éditions Anacharsis
    http://www.editions-anacharsis.com/Allons-enfants-de-la-Guyane

    En #Guyane, pendant des décennies – et aujourd’hui encore à Saint-Georges-de-l’Oyapock –, des #enfants de différentes #communautés_autochtones ont grandi dans des « #homes_indiens », #pensionnats tenus par des #congrégations_catholiques. La politique d’#assimilation_forcée ainsi menée par l’#État_français avec l’appui du #clergé atteste des persistances coloniales dans ce jeune département d’#outre-mer.

    Dans une enquête approfondie mêlant #archives et #témoignages, Hélène Ferrarini lève le voile sur une #histoire jusqu’alors ignorée dans laquelle la parole des anciens #pensionnaires trouve enfin une place.

    #colonisation #livre

  • A propos de la colonisation de l’Ethiopie par l’Italie :

    Extrait de l’article :

    « UNE ÉCONOMIE SALAFIE DE LA PRIÈRE DANS LA RÉGION DU BALÉ EN ÉTHIOPIE »

    Par Terje Østebø « Afrique contemporaine » 2009/3 n° 231 | pages 43 à 60

    https://www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine1-2009-3-page-43.htm

    L’arrivée du salafisme dans le sud-est de l’Éthiopie est largement facilitée par l’occupation italienne (1936-1941). Dans le cadre de leurs efforts visant à améliorer leur image de protecteurs des musulmans éthiopiens, les Italiens encouragent activement et subventionnent les pèlerinages dans les villes saintes qui empruntent les moyens de communication qu’ils développent (14). À leur retour, les pèlerins commencent par introduire l’enseignement salafi dans la ville de Harar, avant que cet enseignement ne gagne les Oromo de la région de Hararge, puis les contrées voisines, l’Arsi et le Balé.

    Note : (14). En 1933, il n’y avait, selon Erlich (2007, p. 73 et suiv.), que 11 pèlerins éthiopiens au Hijaz (Pélerinage à la Mecque) (sur un total de 19 500 pèlerins comptabilisés). En 1936, ils étaient entre 1 600 et 1 900, et leur nombre est retombé à 57 seulement après le rétablissement de la monarchie en 1941.

    Pour mémoire la plus grande mosquée de Dire Dawa a été offerte aux musulmans de la ville par les occupants italiens ጣሊያን መስጊድ « Mesjid Italy Mesjid Taliani » elle est située dans le quartier de Megala (le marché)

    de même que le Gidir megala, « grand marché » ou marché italien de Harar et la coupole de la mosquée situé en face የሰዒድ አሊ ሀምዶኝም መቃብር « Aw Ali Hamdogn » chef religieux du XIIéme siècle.

    (Aw signifie père dans le sens de fondateur de la ville, du quartier, de la mosquée etc...)

    (on aperçoit derrière de style indien, le musée Rimbaud)

    ironie de l’histoire, la récente offensive des Shabbab somaliens à destination de la région du Balé dont une des hypothèse est qu’ils venaient y développer un « front djihadiste oromo » serait donc une des conséquence de l’occupation italienne de l’Ethiopie entre 1935 et 1941…

    Al-Shabaab : the latest addition to Ethiopia’s woes

    https://www.ethiopia-insight.com/2022/09/09/al-shabaab-the-latest-addition-to-ethiopias-woes

    #Italie #colonisation #colonialisme #histoire #mémoire #Italie_coloniale#Islam#Oromos#Shabaab#Somalie#Ethiopie#Architecture#Harar#Arsi#Harargue#Salafisme

  • From Warriors to Urban Dwellers
    Ascari and the Military Factor in the Urban Development of Colonial Eritrea*

    Des guerriers devenus résidents urbains. Les ascaris et le facteur militaire dans le développement urbain de l’Érythrée

    https://journals.openedition.org/etudesafricaines/4717

    Le facteur militaire a joué un rôle important dans le processus d’urbanisation de l’Érythrée entre 1890 et 1941, pendant la période coloniale italienne. Les priorités militaires ont été plus déterminantes que les priorités économiques ou fonctionnelles dans le choix des lignes de développement dans l’urbanisme des débuts de la colonie. Le facteur militaire a également été décisif pour déterminer la nature et l’étendue de l’interaction entre l’urbanisme colonial et la société érythréenne. Les troupes coloniales érythréennes, connues sous le nom d’ascaris ont joué un rôle majeur dans ce processus. Du fait de leurs relations étroites avec les autorités, les ascaris sont devenus une sorte de tampon entre les colonisateurs et les colonisés et, pour cette raison, ont été en partie impliqués dans la stratégie coloniale qui visait à redéfinir le paysage économique et social de l’Érythrée. Les ascaris ont joué un rôle décisif dans la tentative menée par les autorités coloniales de mettre en place un ensemble de relations et de stratégies qui ont constitué le milieu colonial. L’histoire urbaine de l’Érythrée représente un sujet idéal pour l’étude du développement de la société coloniale dans laquelle les soldats coloniaux ont été des acteurs importants en tant que créateurs d’espaces urbains sociaux et territoriaux.

    #Italie #colonisation #colonialisme #histoire #mémoire #Italie_coloniale#Erythree#Asmara#Ascaris#Guerre#Soldats

  • Ethiopie, la légende #Luciano_Vassalo n’est plus

    https://africafootunited.com/ethiopie-carnet-noir-la-legende-luciano-vassalo-nest-plus

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    LUCIANO VASSALLO : IL MAGNIFICO SUPERSTITE

    L’incredibile storia di Luciano Vassallo, italo-eritreo, protagonista assoluto della vittoria dell’Etiopia alla Coppa d’Africa del 1963, miglior calciatore della competizione, miglior calciatore etiope della storia, definito il «Di Stefano africano». Una bellissima storia di discriminazione razziale nell’Eritrea colonia italiana, di straordinari successi sportivi, di fuga dalla dittatura di Menghistu, fino alla nuova vita costruita a Roma. Di seguito la versione italiana del pezzo uscito oggi su France Football.

    http://www.antoniofelici.it/2013/01/luciano-vassallo-il-magnifico-superstite.html

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    Luciano Vassallo e Coppa Africa

    Nel 1968, prima di lasciare definitivamente l’Eritrea, dove sono nato e cresciuto, seguii per l’ultima volta come redattore sportivo del Quotidiano Eritreo la Coppa Africa di calcio, che si disputava in quello che era allora l’Impero Etiopico di Haile Sellassie I, Negus Neghesti, Re dei Re, Leone Conquistatore della Tribù di Giuda. Ricordo che la squadra del Congo era venuta all’Asmara per il girone di qualificazione e il suo gioco mi aveva incantato. Ricordo un giovane giornalista congolese con un nome che in italiano era femminile che era sorpreso di essere trattato alla pari da un collega bianco. Ricordo che le speranze etiopiche erano grandi perché sei anni prima la squadra di casa aveva vinto la finale contro l’Egitto ad Addis Abeba per 4-2 e il capitano aveva ricevuto il trofeo dalle mani dell’Imperatore. Quel capitano era il mio amico Luciano Vassallo, che aveva speso inutilmente qualche ora a tentare di insegnarmi come toccare la palla con la parte esterna del piede, da fermo, per spostarla lateralmente e lasciare in asso il difensore avversario. Era una mossa che aveva inventato lui e della quale era molto fiero. Non riuscii mai a farla come aveva tentato di insegnarmi.

    In quella Coppa Africa, vinta dalla squadra congolese che aveva un attacco brillante e un portiere fenomenale, l’Etiopia non arrivò alla finale, dovette accontentarsi del quarto posto, ma Luciano Vassallo fu votato miglior giocatore del torneo.

    Negli anni successivi ci fu la diaspora degli italiani dell’Eritrea. La guerra civile che covava dal 1962, anno in cui l’Etiopia aveva seppellito la Federazione e incamerato l’Eritrea fra le province dell’Impero, aveva portato alla rivoluzione e al terrore rosso del colonnello Menghistu Hailemariam. Io, che dal giornale avevo un osservatorio privilegiato, me n’ero andato già nel 1968, altri avevano tenuto duro fino al 1973-74, ma poi chi non se l’era sentita di unirsi ai partigiani eritrei e di andare nella boscaglia a combattere i carri armati e i jet etiopi aveva dovuto comunque prendere la strada dell’esilio. Fra loro Luciano Vassallo.

    Non ne avevo saputo più niente fino a quando, la settimana scorsa, Emanuela Curnis, già console d’Italia a Città del Capo, mi ha mandato da New York la copia di un ritaglio di giornale con la nota: “Ho appena letto l’articolo allegato e non ho potuto non pensare al Ciro asmarino che potrebbe avere anche conosciuto questa persona”. Grazie Emanuela.

    Eccovi dunque la storia di Luciano Vassallo come è stata pubblicata dall’Avvenire il 31 gennaio 2013:

    Vassallo, il re del gol cancellato dall’Etiopia –

    La vicenda sportiva e umana di un eritreo (figlio di un ufficiale italiano) che negli anni Sessanta era il capitano della nazionale etiope di cui è ancora il recordman con 104 gare disputate e 90 gol segnati –

    Massimiliano Castellani –
    Avvenire del 31 gennaio 2013 –

    Girma alza le braccia sotto il cielo di Nelspruit (Sudafrica). Esulta felice, quasi incredulo per il gol segnato ai campioni d’Africa dello Zambia. Grazie a quella rete, l’Etiopia è riuscita a pareggiare la sua prima (e sola) partita di Coppa d’Africa dopo 31 anni di assenza dalla competizione continentale.

    Spento il televisore il nostro primo pensiero è stato: chissà se Girma ha mai sentito parlare di Luciano Vassallo? Un eroe dimenticato del calcio africano, un capitano, come Girma, la “bandiera” di quella nazionale che riportò ad Addis Abeba l’unica Coppa d’Africa conquistata dall’Etiopia. Il perche di questa «storia insabbiata», ce lo racconta la viva voce del 77enne Luciano Vassallo dalla sua casa di Marcellina (Roma).

    «I ricordi mi fanno stare ancora male, ma questa storia vorrei tanto che arrivasse al cuore dei giovani etiopi e anche di quelli italiani…».

    Quella di Luciano è stata una giovinezza e un’esistenza tutta in salita. «Nostra madre Mebrak (“Luce” in italiano) ad Asmara mi mise al mondo nel 1935 – l’anno dell’invasione delle truppe italiane – e cinque anni dopo nacque il mio “fratellino” Italo», comincia il racconto in un italiano che conserva forte l’accento dell’«eritreo, cattolico apostolico e romano», dice orgoglioso.

    «Nostro padre, Vittorio Vassallo, era un ufficiale dell’esercito coloniale di Mussolini, ma noi non lo abbiamo mai conosciuto. Di suo c’è rimasto solo il cognome. Così la mamma, tra stenti e mille rinunce, ci ha cresciuti da sola povera donna». L’infanzia di due ragazzini meticci, orfani di un padre di cui si persero subito le tracce e che vennero emarginati fin dai banchi di scuola. «Gli etiopi ci consideravano dei “bastardi”. Con gli italiani era la stessa storia. Per via delle leggi razziali anche i coloniali ci trattavano con disprezzo. Eravamo additati come i “figli delIa colpa”. Sfottuti e umiliati tutti i giorni, così in terza elementare ho abbandonato gli studi».

    Quello che poi ha appreso e gli è servito nella vita gliel’ha insegnato la strada, dove cominciò presto a tirare calci ad un pallone fatto di stracci. «Ma il calcio è sempre venuto dopo il lavoro. Grazie a un milanese, un certo Cattaneo, entrai, ragazzino, nell’officina delle Ferrovie e imparai il mestiere di meccanico. Finito il turno mi allenavo con una formazione di soli meticci, la Stella Asmarina. Il nostro “meticciato” si riconosceva già dalla maglia: era nera con una striscia sottile, bianca, che indicava il colore della pelle del genitore che ci aveva generati».

    Dalla squadra dei meticci al Gaggiret e poi in una formazione di italiani, il Gs Asmara. “Un anno eravarno arrivati a un passo dalla vittoria del titolo nazionale, ma la federazione fece di tutto per impedirlo e ci riuscì». In quel campionato al quale partecipavano 12 squadre, Vassallo ci tiene a sottoIineare che «c’erano tanti calciatori di notevole livello tecnico che non avrebbero sfigurato nel campionato italiano. Uno di questi era mio fratello Italo, la punta di diamante dell’Hamasien». Due fratelli unitissimi fuori, ma mai in campo, almeno con le squadre di club si ritrovarono sempre da avversari. Poi, finalmente, assieme nella nazionale del 62. «Eravamo una squadra fortissima come non si e più rivista in Etiopia. Io e Italo disputammo una Coppa d’Africa eccezionale e nella finale di Addis Abeba, vinta contro l’Egitto, due dei 4 gol (la gara finì 4-2) li segnammo noi, i fratelli Vassallo». Una rete del bomber ltalo e una di Luciano, il capitano, il primo a salire sul palco delle autorità per ricevere la Coppa direttamente dalle mani dell’Imperatore, sua maestà Haile Selassie (foto). «Un grande uomo Selassie, fatto fuori (scomparso misteriosamente il 27 agosto 1975) da quelle “iene” del regime militare, il terrorismo rosso scatenato da Menghistu Haile Mariam».

    Menghistu era anche il nome del calciatore che segnò il 4° gol nella finale della Coppa d’Africa del ’62. «E infatti per l’omonimia con quell’aguzzino, nell’albo ufficiale tutti e 4 i gol adesso risultano realizzati da Menghistu. Hanno scandalosamente cancellato i nostri nomi dalle statistiche dei marcatori». Luciano Vassallo a tutt’oggi invece sarebbe il calciatore con più presenze nella nazionale d’Etiopia. «Ho indossato quella maglia 104 volte e sono anche il miglior marcatore di sempre con 90 gol – ci tiene a precisare -. Era stato eletto anche miglior giocatore della Coppa d’Africa del ’68, ma anche quel riconoscimento non risulta più negli annali della federazione. Il regime del resto voleva cancellarmi anche fisicamente. Cominciarono, complice l’allenatore Milosevic, con il togliermi il posto di lavoro al cotonificio di Dire Dawa, a 1.400 km da Asmara. Lavoravo duro e giocavo con la squadra locale per mandare i soldi a casa a nostra madre. Percepivo uno stipendio da 630 dollari al mese, quando un etiope a malapena arrivava a 40». Soldi guadagnati lavorando sodo e reinvestiti ad Addis Abeba per costruire una casa con annessa officina di quasi 3mila metri quadrati.

    «Mi hanno confiscato tutto, ma prima mi fecero arrestare dalle “squadracce della morte”. Quelle arrivavano con una Volkswagen verdolina, ti caricavano su e poi sparivi per sempre. A migliaia sono finiti così… Grazie a Dio mi sono salvato. In carcere un militare che era mio tifoso, mi ha riconosciuto e ha fatto in modo che potessi fuggire in Italia”. Nel ’70 Luciano lascia per sempre il suo Paese per venire in quello dell’uomo che non ha mai potuto chiamare papà. «Ero troppo vecchio per continuare a giocare, però sentivo di poter dare ancora qualcosa al calcio e così mi sono iscritto al corso per allenatori a Coverciano». Suoi compagni di corso erano Cesare Maldini, Luis Vinicio e Armando Picchi, i quali trovarono subito una panchina in Serie A, mentre l’eritreo Vassallo dovette accontentarsi di aprire una scuola calcio ad Ostia.

    http://www.ethioroma.com/luciano-vassallo-e-coppa-africa

    #football #Erythrée #Ethiopie #Luciano_Vassallo #métisse #métissage #Italie_coloniale

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    ajouté à la métaliste sur la #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

    via @olivier_aubert

  • #Tempo_di_uccidere (#film)
    Le Raccourci

    Etiopia, 1936: il Tenente Silvestri soffre di un terribile mal di denti e intraprende un viaggio per raggiungere l’accampamento militare più vicino munito di servizi ospedalieri. Durante il percorso, incontra un’indigena e, incapace di controllarsi di fronte alla sua bellezza, la violenta. Silvestri fa fuoco nel tentativo di tener lontane alcune bestie feroci ma la donna viene ferita a morte da un proiettile vagante, al che il tenente, per non incorrere in un processo militare, ne nasconde il cadavere. Raggiunto l’ospedale militare egli viene colto dal rimorso per il terribile incidente e, via via roso dal sospetto di essere stato contagiato dalla lebbra durante lo stupro, perde la ragione.

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    L’action se déroule pendant l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie en 1936.

    Ethiopie, 1936. Parce qu’il a raté un virage avec son camion, le jeune lieutenant Enrico Silvestri se retrouve à pied, et prend un raccourci qui le conduit dans la brousse. Il y rencontre une jeune indigène, Mariam, qu’il viole. Il la tue accidentellement, et l’enterre sur place. La terreur d’être découvert le transforme en animal traqué : il s’enfuit, prêt à tout pour ne pas être pris. Une angoisse proche de la névrose s’empare de lui quand il croit avoir contracté la lèpre...

    https://it.wikipedia.org/wiki/Tempo_di_uccidere_(film)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Raccourci

    Le film est tiré du roman homonyme de #Ennio_Flaiano :

    «Quando la campagna sarà finita non po­chi si precipiteranno a scrivere dei libri» annota Flaiano nel febbraio del 1936, men­tre, sottotenente del Genio, partecipa alla guerra d’Etiopia. «Già immagino il con­tenuto e i titoli: “Fiamme nel Tigrai”, “Africa te teneo”, “Tricolore sull’Amba”!». Non a caso, attenderà dieci anni prima di rica­vare da quella sofferta esperienza – fatta di sete e stanchezza, caldo e paura – un ro­manzo. Un romanzo sconcertante, tanto più in pieno clima neorealista, che ha come sfondo non la «terra ideale dei films Para­mount», ma il paese triste, ingrato, ambi­guo, sfuggente delle iene (e che dunque cela di necessità «qualcosa di guasto»), e al centro una vicenda «assolutamente fan­tastica»: un delitto futile e fatale, che scate­na in chi l’ha commesso un corrosivo deli­rio. E gli trasmette il morbo di un «impe­ro contagioso», di un senso di colpa in­scindibile dal rancore, di una pietà com­mista a disprezzo per un mondo ignoto, l’Africa – «lo sgabuzzino delle porcherie», dove gli occidentali vanno «a sgranchirsi la coscienza».

    https://www.adelphi.it/libro/9788845935152
    #livre

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    ajouté à la métaliste sur la #colonialisme_italien :
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    #cinéma #Ethiopie #colonialisme #colonialisme_italien #colonisation #viol

    via @olivier_aubert

  • Life in soil: The psychology of soil in California

    Isabelle Legeron travels to California, a part of the world whose soil holds a complex history. She meets the indigenous Californians reviving ancestral methods of tending to the land, and the soil scientists exploring the impact of colonisation and agriculture on the soil of the Golden State.

    With indigenous Californian land steward Redbird (Pomo/Paiute/Wailaki/Wintu), director of the California Indian museum Nicole Lim (Pomo), indigenous ecologist Dr Melissa Nelson (Anishinaabe/Métis/Norwegian), indigenous educator Sara Moncada (Yaqui/Irish), professor Paul Starrs (USA) and soil scientists Suzanne Pierre (India/Haiti/USA), Kenzo Esquivel (Japanese/Mexican/USA) and Yvonne Socolar (USA).

    https://www.bbc.co.uk/sounds/play/w3ct43cn

    #sol #terre #Californie #peuples_autochtones #colonisation #colonialisme #géographie_du_vide #paysage #agriculture #maïs #USA #Etats-Unis #végétation
    #podcast #audio

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  • Un leone, le stragi, la censura e uno schifezzario

    Quanto fu infame l’Italia in Libia. Stragista 100 anni fa e poi negli anni ’20-30. Ma infame anche nel nuovo secolo l’Italia di Berlusconi-Frattini con i profughi ma – sarà bene non scordarlo – l’accordo per il respingimento fu bipartisan (pochissimi a sinistra votarono contro).

    Il 16 settembre di 81 anni fa viene ammazzato «il leone del deserto»: è una storia che i nostri governanti (di vario colore) ritengono non dovremmo conoscere, dunque io la racconto ogni volta che posso.

    Omar Al Mukhtar ha 63 anni quando, nel 1923, diventa il capo della resistenza anti-italiana in Cirenaica, come allora veniva chiamata la Libia. Una vita da insegnante del Corano e poi gli ultimi anni da eroe e genio militare. Infinitamente superiori per numero (oltre 20 mila contro 2-3mila) e per armamento (aerei e gas tossici massicciamente usati) i fascisti ci misero un decennio per piegare la resistenza libica che dalla sua aveva solo l’appoggio della popolazione e la conoscenza del territorio.
    A vincere fu il generale Rodolfo Graziani, con massacri e campi di concentramento. Fascisti certo. Ma anche il colonialismo di Giolitti fu sanguinario quando nel 1911 (su fortissime pressioni del Banco di Roma, legato a interessi vaticani) aggredì la Libia: repressione scientifica, deportazioni (migliaia tra Favignana, Ustica e Ventotene ma anche tantissimi schiavizzati nelle grandi fabbriche del Nord Italia) e massacri come quello di Sciara Sciat su cui calò la censura. «Tripoli, bel suol d’amore» si cantava: in realtà suolo di orrore. Fra il 1911 e il ’15 la popolazione della Cirenaica passa da 300mila a 120 mila. Allora la sinistra italiana si opponeva al colonialismo. Forse perché una sinistra c’era.
    Un salto avanti nel tempo. Fu dunque Graziani, un criminale di guerra al pari delle Ss, a sconfiggere Omar al Mukhtar. A esempio deportando circa 100mila libici in 13 campi di concentramento: in 40mila vi moriranno. Non erano guerriglieri ma avrebbero potuto dar cibo o rifugio ai nemici dell’Italia.

    Nell’estate del ’31 «il leone del deserto» è con soli 700 uomini, pochi viveri e quasi zero munizioni. L’11 settembre è catturato e dopo un processo-farsa impiccato il 16 settembre. Ha 70 anni e sale al patibolo sereno. «Non ci arrenderemo, la prossima generazione combatterà e poi la successiva e la successiva ancora». Da uomo religioso aggiunge: «da Dio veniamo e a Dio torniamo».
    Di tutto questo sapremmo in Italia zero se non fosse per il coraggio di Angelo Del Boca e di pochi altri storici. Come si sa, il fascismo non ebbe la sua Norimberga. Una serie di amnistie (assai discutibili e comunque applicate in modo scandaloso) poi procedimenti archiviati, documenti nascosti per anni negli “armadi della vergogna” consentirono la libertà sia agli anelli minori di quella catena criminale che fu il fascismo che ai peggiori assassini e ai capi, compresi boia confessi come Rodolfo Graziani o Valerio Borghese.

    Quasi tutti in Italia, compreso Gianfranco Fini, hanno chiesto «scusa» – chi prima e chi molto dopo – agli ebrei per le persecuzioni ma le istituzioni non hanno ricordato e pianto quelli che siamo andati a massacrare in Africa. Anzi passano gli anni e i governi le imprese africane degli italiani – fascisti e non – restano nascoste.

    Nei libri e persino nelle sale cinematografiche.

    La censura – strisciante, mai dichiarata ma netta – colpisce dagli anni ‘80 sino a oggi Il leone del deserto di Moustapha Akkad, un campione d’incasso in molti Paesi. Un filmone tipico di Hollywood, con tutti i pregi e i difetti delle grandi produzioni, con ottimi attori (Anthony Quinn, Oliver Reed, Rod Steiger, Irene Papas, John Gielgud… ) e nessun falso storico anti-italiano; anzi, notò Del Boca, facciamo miglior figura che nella realtà: nel film alcuni italiani si ribellano a Graziani il che purtroppo non accadde (avvenne invece in Etiopia e in Somalia, pochi anni dopo). Quel film non lo si vide e tuttora non si può vedere. Questioni burocratiche pare; no anzi, è “vilipendio”; rettifica “manca il visto”; anzi no “è il distributore che preferisce non farlo girare”; in ogni modo qua e là arriva la Digos a sequestrarlo; passa solo in un paio di festival minori e in qualche cineclub coraggioso.

    Il vero, solo, indubitabile motivo della censura è che Akkad mostra, in modo documentato, gli orrori italiani in Libia. Il «leone» del titolo era appunto Omar Al Muktar, tuttora notissimo nell’Africa intera (in ogni grande città si trova una via a lui intitolata).

    Per riparare a tanta viltà si potrebbe chiedere adesso al nostro ministro della Pubblica istruzione di aprire il prossimo anno scolastico con questo film. Scusate, avevo dimenticato che non abbiamo più una scuola pubblica ma solo macerie dove resistono (questo sì) un po’ di professori, professoresse, studentesse e studenti non asserviti, non rincoglioniti, non domati da manganelli (molti) e carote (poche).

    Da questa estate all’ignoranza, alla rimozione, all’auto-assoluzione si aggiunge uno schifezzario: ad Affile (nel Lazio) c’è un sacrario dedicato al boia Graziani che lì era nato. Il cosiddetto sacrario è una doppia vergogna: per l’omaggio a un criminale ma anche per lo sperpero di soldi pubblici. Vi immaginate cosa succederebbe se in Germania si facesse un monumento a Himmler o a Eichmann? Naturalmente la classe politica italiana non si è accorta – prima, durante la costruzione e dopo – dell’omaggio al massacratore (in Africa ma anche altrove). Ben pochi – Zingaretti, Vincenzo Vita, Touadi, Vendola – hanno preso posizione e/o hanno chjesdyo spiegazioni o interventi del governo che “ovviamente” si è fatto di nebbia. La s-governatrice Polverini, prima di dimettersi, ha stanziato altri 20mila euro per il completamento e la video-sorveglianza dello schifezzario che lei chiama sacrario. Se in Italia quasi tutto tace “in alto” (“in basso no: manifestazioni di protesta ci sono state e, se vi interessa saperne di più, ne racconto sul mio blog) fuori dallo stagno italiano il monumento a Graziani è uno scandalo internazionale.

    Ovviamente il passato si lega sempre al presente e al futuro. Oggi nel Lazio i gruppi neofascisti vengono aiutati dalle istituzioni: Casa Pound ha avuto in regalo (di nuovo denaro pubblico) un bel palazzo dal sindaco Eia-Eia-Ale-danno. E voi credete che sui molti misfatti di Forza Nuova o sui senegalesi uccisi il 13 dicembre 2011 a Firenze si sia davvero indagato? E che qualche istituzione si sia davvero preoccupata dei feriti, uno dei quali rimarrà del tutto paralizzato? E’ pur vero che alcuni magistrati e poliziotti con coraggio indagano sul neo-nazifascismo e sui suoi complici. Ma che peso volete abbiano nei palazzi dell’Italia che non ha trovato i colpevoli di piazza Fontana e delle altre stragi, che censura un serio film anticolonialista e che non manda subito le ruspe ad Affile?

    NOTA CON QUASI SPOT

    Se già sapete cos’è il mensile «Pollicino gnus» (quel «gnus» sarebbe «news» all’emiliana) e conoscete la sovversiva Mag-6 (Mutua auto gestione) di Reggio Emilia mi congratulo. Se no… informatevi. Questo qui sopra è l’editoriale del numero di gennaio 2013 dedicato alla Libia. Visto che sono il direttore ir/responsabile della rivista mi hanno chiesto di introdurlo: ho ripreso discorsi perlopiù già fatti in blog, cercando di attualizzarli. Se andate su www.pollicinognus.ittrovate l’indice di questo numero e indicazioni utili (sugli arretrati, su come abbonarsi, sull’info-shop). Di abbonarvi e di capire come funziona la Mag – una piccola, lunga, vincente storia di un modo diverso per rapportarsi al denaro – lo consiglio davvero. (db)

    https://www.labottegadelbarbieri.org/un-leone-le-stragi-la-censura-e-uno-schifezzario
    #mémoire #fascisme #histoire #Italie #Rodolfo_Graziani #Graziani #colonisation #passé_colonial #Italie_coloniale #colonisation #leone_de_deserto #Omar_Al_Mukhtar #Omar_al-Mokhtar #résistance #Libye #Cyrénaïque #résistance_libyenne #camps_de_concentration #massacres #Giolitti #censure #Sciara_Sciat #déportations #amnistie #Valerio_Borghese #Affile #leone_del_deserto #cinéma

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  • Village’s Tribute Reignites a Debate About Italy’s Fascist Past

    This village in the rolling hills east of Rome is known for its fresh air, olive oil and wine — and its residual appreciation of Benito Mussolini, whose image adorns some wine bottles on prominent display in local bars.

    This month, the town’s fascist sympathies became the subject of intense debate when its mayor unveiled a publicly financed memorial to one of its most controversial former citizens: Rodolfo Graziani, a general under Mussolini who was accused of war crimes at the end of World War II and earned the title of “the Butcher” in two campaigns during Italy’s colonization of North Africa in the 1920s and ’30s.

    The monument, in a style reminiscent of fascist architecture, sits on the town’s highest hill, with the Italian flag flying from the top and inscriptions reading “Honor” and “Homeland.” Inside sits an austere marble bust of General Graziani, surrounded by original copies of the front pages of the newspapers from the day of his death in 1955, a plaque from a street once dedicated to him here and a list of his deeds and honors.

    The dedication elicited harsh criticism from left-wing politicians and commentators in the pages of some Italian newspapers, and has raised deeper questions about whether Italy, which began the war on the side of the Axis powers and ended it with the Allies, has ever fully come to terms with its wartime past.

    In an interview, Ettore Viri, the mayor of Affile, brushed off the criticism. “The head is a donation of a citizen,” he said, glancing proudly at the bust, before quickly acknowledging that he was the citizen. “Actually, I had it in my living room,” he said, adding that he had given large donations of his own money to maintain Mussolini’s grave in northern Italy.

    Yet the mayor’s political opponents are aghast at the town’s honoring General Graziani — and using $160,000 in public money to do so. In a statement released the day before the dedication ceremony, Esterino Montino, a regional leader of the Democratic Party, said, referring to the Nazi leader Hermann Goering: “It’s as if some little village in some German province built a monument to Goering. The fact that such a scandal is planned in a small village outside of Rome does not downgrade the episode to provincial folklore.”

    By and large, however, the memorial appears to have won acceptance in this mostly conservative town of 1,600. More than 100 people attended the dedication, some of them holding flags of far-right extremist groups and wearing black shirts in a nod to Mussolini’s Blackshirt squads, according to several people who attended.

    For some, General Graziani’s crimes from World War II pale in comparison to what he did in Africa earlier, killing hundreds of thousands of people — sometimes with chemical weapons — and wiping out entire communities, especially in Eritrea.

    In the 1930s, General Graziani commanded some of the Italian troops who invaded Ethiopia under the reported slogan “ ‘Il Duce’ will have Ethiopia, with or without the Ethiopians.” He later became the viceroy of Ethiopia, where he earned his second title as butcher — the first came in Libya — for a particularly brutal campaign in reprisal for an attempt on his life.

    After the fall of Mussolini’s government in 1943, General Graziani remained loyal to him and became the minister of war of the Italian Social Republic, a rump government led by Mussolini in the parts of Italy not controlled by the Allies. General Graziani was never prosecuted for any war crimes in Africa, but in 1948 the United Nations War Crimes Commission said there were plausible charges against him and other Italians.

    In 1948, an Italian court in Rome sentenced General Graziani to 19 years in prison for collaborating with the Nazis, but he received a suspended sentence that was later commuted.

    But it was the African campaigns, which went entirely unpunished, that critics say are the greatest stain on his record, and the strongest argument against a memorial. “A monument to somebody who committed crimes against humanity in his fierce repression using gas against young Ethiopians is serious and unacceptable, regardless of where it happens,” Mr. Montino, the left-wing lawmaker, wrote.

    Here in Affile, many regard General Graziani more as a local boy who made good than the perpetrator of some of the most heinous massacres in Mussolini’s bloody colonization campaigns.

    “To me it’s a recognition of our fellow citizen who was the youngest colonel of the Italian Army,” said Alberto Viri, a 65-year-old retiree who lives in Milan but was vacationing on a recent afternoon in his native Affile. “He defended the homeland until the end, as he was loyal to our first allies, the Germans, even after Sept. 8,” Mr. Viri added, referring to the armistice when Italy shifted from the Axis to the Allies.

    Some are more upset by the financing than by the monument itself. “I am not a fascist,” said Aldo Graziani, 72, a retiree (no relation) who joined in the conversation in a local bar. “I am not bothered by the monument to Graziani, per se. I am rather bothered by the fact that they should have built it with their own money, not with public money.”

    Mr. Viri, the retiree, has childhood memories of General Graziani riding around the village on his white horse with a white dog to get the paper at the Viri family’s news kiosk. He remembers how soldiers attending the general’s funeral in 1955 distributed food to hungry local children.

    Some scholars say that Italy’s failure to bring fascist officials to justice has caused a “selective memory” of the fascist era, where visions of the past fall along contemporary political lines.

    “Antifascist culture has remained the privilege of the left, some liberals and Christian Democrats,” said Luca Alessandrini, the director of the Parri Institute in Bologna, referring to the centrist Catholic party that dominated in the postwar era. “The big weakness of Italian history is that these forces have failed to produce an historical judgment on fascism,” he added.

    Much the same is true of the colonial era. Compared with Britain and France, Italy developed colonial aspirations rather late in the game, invading Libya in 1911 and Ethiopia, for the second time, in 1935. (The first Ethiopian invasion, in 1895, failed.) Even today, few Italians are particularly aware of the colonial episodes, which have not been central to national debate.

    “Italy was so poor and destroyed after World War II that nobody really worried about the colonies, and the loss thereof, let alone people’s education on this,” said the historian Giorgio Rochat.

    In Affile, many deny that General Graziani was a fascist tyrant, arguing that he just obeyed his superiors’ orders. But some are outraged by the monument.

    “This has always been a center-right village,” said Donatella Meschini, 52, a teacher who served on the City Council from 2003 to 2008 under the only center-left mayor in Affile in 50 years. “But after this memorial, what can we expect? That they call us up on Saturday to do gymnastics in the main square like the fascist youth used to do?”

    “April 25 has just never arrived here,” Ms. Meschini added, referring to the day of the Allied liberation of Italy in 1945.

    https://www.nytimes.com/2012/08/29/world/europe/village-reignites-debate-over-italys-fascist-past.html

    #Affile #mémoire #fascisme #histoire #Italie #Mussolini #Benito_Mussolini #Rodolfo_Graziani #Graziani #mémorial #colonisation #passé_colonial #Italie_coloniale #colonisation #monument #patria #onore #Ettore_Viri

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    • Flash mob dell’ANPI ad Affile, Pagliarulo: «Il monumento al boia Rodolfo Graziani è un’ ignominia!»

      In occasione dell’84esimo anniversario della strage di Debra Libanos (Etiopia) ordita dal criminale di guerra Rodolfo Graziani. L’intervento del Presidente nazionale ANPI Gianfranco Pagliarulo

      Oggi 28 maggio alle 18 si è svolto ad Affile (Roma) un flash mob promosso dall’ANPI - con la presenza del Presidente nazionale Gianfranco Pagliarulo e del Presidente dell’ANPI provinciale di Roma Fabrizio De Sanctis - in occasione dell’84esimo anniversario della strage di Debra Libanos (Etiopia).

      Dal 21 al 29 maggio 1937 nel monastero di Debra Libanos furono trucidati monaci, diaconi, pellegrini ortodossi, più di 2.000, per opera degli uomini del generale Pietro Maletti, dietro ordine di Rodolfo Graziani, viceré d’Etiopia. Ad Affile è situato un monumento dedicato proprio a Graziani.

      In un passaggio del suo intervento così si è espresso Pagliarulo: «Siamo qui per denunciare una grande ignominia: un monumento intitolato non al soldato affilano più rappresentativo, come incautamente affermato, ma all’uomo delle carneficine, delle impiccagioni, dei gas letali. Perché questo fu Rodolfo Graziani. E le due parole sulla pietra del monumento, Patria e Onore, suonano come il più grande oltraggio alla Patria e all’Onore. Onore è parola che significa dignità morale e sociale. Quale onore in un uomo che sottomette un altro popolo in un’orgia di sangue? Patria. La nostra patria è l’Italia. La parola Italia è nominata nella Costituzione due sole volte: L’Italia è una repubblica fondata sul lavoro, L’Italia ripudia la guerra. Tutto il contrario di un Paese fondato sul razzismo imperiale. Perché, vedete, le stragi di Graziani furono certo l’operato di un criminale di guerra, e non fu certo l’unico. Ma furono anche stragi dello Stato fascista, di una macchina di violenza e di costrizione verso l’altro».

      Era presenta anche una delegazione dell’Associazione della Comunità etiopica di Roma.

      https://www.anpi.it/articoli/2504/flash-mob-dellanpi-ad-affile-pagliarulo-il-monumento-al-boia-rodolfo-graziani-e
      #résistance #flash_mob

    • Nicola Zingaretti: no al monumento per ricordare un criminale di guerra fascista, stragista del colonialismo. #25aprile

      Caro Presidente Nicola Zingaretti,

      mi chiamo Igiaba Scego, sono una scrittrice, figlia di somali e nata in Italia. Sono una della cosiddetta seconda generazione. Una donna che si sente orgogliosamente somala, italiana, romana e mogadisciana.

      Le scrivo perchè l’11 Agosto 2012 ad Affile, un piccolo comune in provincia di Roma, è stato inaugurato un “sacrario” militare al gerarca fascista Rodolfo Graziani. Il monumento è stato costruito con un finanziamento di 130mila euro erogati della Regione Lazio ed originariamente diretti ad un fondo per il completamento del parco di Radimonte.

      Rodolfo Graziani, come sa, fu tra i più feroci gerarchi che il fascismo abbia mai avuto. Si macchiò di crimini di guerra inenarrabili in Cirenaica ed Etiopia; basta ricordare la strage di diaconi di Debra Libanos e l’uso indiscriminato durante la guerra coloniale del ’36 di gas proibiti dalle convenzioni internazionali.

      Dopo la fine del secondo conflitto mondiale, l’imperatore d’Etiopia Hailè Selassié, chiese a gran voce che Rodolfo Graziani fosse inserito nella lista dei criminali di guerra. La Commissione delle Nazioni Unite per i crimini di guerra lo collocò naturalmente al primo posto.

      Il monumento a Rodolfo Graziani è quindi un paradosso tragico, una macchia per la nostra democrazia, un’offesa per la nostra Costituzione nata dalla lotta antifascista.

      In questi ultimi giorni, i neoparlamentari Kyenge, Ghizzoni e Beni hanno depositato un’interpellanza affinché il Governo si pronunci sulla questione di Affile.

      Io in qualche modo legandomi alla loro iniziativa chiedo a lei, Presidente Zingaretti un impegno concreto contro questo monumento della vergogna. Non solo parole, ma fatti (demolizione e/o riconversione del monumento) che possano far risplendere un sole di democrazia in questa Italia che si sta avviando a celebrare il 68° anniversario del 25 Aprile.

      Mio nonno è stato interprete di Rodolfo Graziani negli anni ’30. Ha dovuto tradurre quei crimini e io da nipote non ho mai vissuto bene questa eredità. Mio nonno era suddito coloniale, subalterno, costretto a tradurre, suo malgrado, l’orrore. Oggi nel 2013 io, sua nipote, ho un altro destino per fortuna. Per me e per tutt* le chiedo un impegno serio su questa questione cruciale di democrazia.

      _____________________________________________________________

      Dear President Nicola Zingaretti,

      My name is Igiaba Scego, I am a writer, born in Italy, daughter of Somali people.

      I am one of the so-called «second generation». A woman who proudly feel herself both Somali, Italian, Roman.

      I am writing to you because on the 11th of August 2012, in Affile, a small town in the province of Rome, it was inaugurated a monument in honour of the fascist Rodolfo Graziani. The monument was built with a loan of 130 thousand euro from the Lazio region, a fund originally intended to finance the Radimonte park.

      Rodolfo Graziani, as you know, was one of the most ferocious commander that fascism has ever had. He was found guilty of war crimes in Cyrenaica and Ethiopia; the massacre of deacons in Debra Libanos and the use of prohibited gas during the colonial war of ’36 are just two of those massacres that can be mentioned.

      After the end of World War II, the emperor of Ethiopia, Haile Selassie, firmly asked for Rodolfo Graziani to be included in the list of war criminals. The Commission of the United Nations War Crimes placed him at the first place in that list.

      The monument to Rodolfo Graziani is therefore a tragic paradox, a stain on our democracy, an insult to our constitution born from the struggle against fascism.

      In the recent days, the neoparlamentari Kyenge, Ghizzoni and Beni filed an interpellation to address this problem to the Government.

      I am somehow trying to be with them, by asking to you, Mr President Zingaretti, a real commitment against this monument of shame. I am not only asking for words but for a real commitment (demolition and / or conversion of the monument) that can let the sun of democracy to shine again in Italy, approaching the 68th anniversary of the April 25.

      My grandfather had to translate Graziani’s crimes, he was a colonial victim, and had to translate the horror, against his will. Today in 2013, his niece, has another destiny. For me and for all I am asking to you a serious commitment on this crucial issue of democracy.

      https://www.change.org/p/nicola-zingaretti-no-al-monumento-per-ricordare-un-criminale-di-guerra-fasci

      #pétition

  • Présentation et introduction du livre : C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ?

    Ce livre vient en complément de l’exposition « C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ? », réalisée par la commission Nord/Suds de la Fédération des associations de solidarité avec tou-tes les immigré·es(Fasti). En plus des textes des différents panneaux, il contient le présent édito, un entretien croisé avec trois intervenant∙es : Ludivine Bantigny (historienne), Patrice Garesio (coprésident de Survie) et Jean-Louis Marziani (Solidaires Val-de-Marne), ainsi que des références bibliographiques et audiovisuelles « pour aller plus loin ». Le temps manque parfois pour lire l’intégralité d’une exposition, alors là, vous avez tout (et même plus) entre les mains !

    Fasti : C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ?

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/16/presentation-et-introduction-du-livre-cest-quo

    #colonialisme

  • Letter of support for #Uju_Anya after she was targeted by Jeff Bezos and her employer for her criticism of the Queen’s commitments to colonial violence

    Dear Supporters of Dr. Uju Anya,

    Dr. Uju Anya is a world-renowned Nigerian-Trinidadian-American Associate Professor of Second Language Acquisition at Carnegie Mellon University. Her groundbreaking research focuses on the experiences of African American students in world language education. She brings attention to systemic barriers that African American students face in accessing world language education and the marginalization they experience in world language classrooms. Yet, her research isn’t only focused on these challenges. Her work points to concrete ways of making world language education more equitable. The significance and quality of her scholarship can be seen in the fact that her widely-cited book, Racialized Identities in Second Language Language: Speaking Blackness in Brazil (https://www.routledge.com/Racialized-Identities-in-Second-Language-Learning-Speaking-Blackness-in/Anya/p/book/9780367197469), was awarded the prestigious 2019 American Association for Applied Linguistics First Book Award (https://www.aaal.org/first-book-award).

    Dr. Anya has also been at the forefront of leading efforts to promote diversity, equity and inclusion in the field of applied linguistics, a field that has struggled to diversify and that remains white dominated. She mentors Black students and other students of color, as well as assume leadership roles in a range of professional organizations, such as the American Association for Applied Linguistics where she amplifies the voices of emerging scholars of color. She has also been able to amass a broad social media presence on Twitter that showcases her love of Black people across the Diaspora, her passion for uplifting the voices LGBTQA+ persons, and a space for collective joy.

    The Issue

    On September 8, 2022, shortly before Queen Elizabeth II died at the age of 96, Dr. Anya tweeted her feelings about the queen’s death. As a Black woman who was born in Nigeria, whose family has been directly harmed by the insidious impacts of British imperialism, genocide, and white supremacy, Dr. Anya expressed her pain on her personal Twitter account. Not only did Queen Elizabeth II sit on a throne of Indigenous and Black blood, embedded in the overall legacy of the British monarchy, her actual government presided over and directly facilitated the genocide that Dr. Anya’s parents and siblings barely survived (https://www.dailymaverick.co.za/article/2020-04-29-how-britains-labour-government-facilitated-the-massacre-). This genocide entailed the massacre of more than 3 million Igbo people, including other family members of Dr. Anya. While within public discourse, the term “colonizer” can appear to be an abstract term that people have only read about in history books, Dr. Anya experienced the reverberations of colonial white supremacy first hand. Thus, Queen Elizabeth II was not figuratively but literally her colonizer, and the colonizer of millions of people across the world—and particularly countries in Africa, the Caribbean, and Indian Ocean territories. As if these atrocities weren’t enough, during her tenure, Queen Elizabeth II oversaw ​​the brutal detainment camps in colonial Kenya (https://www.nytimes.com/2022/09/09/world/africa/queen-africa-british-empire.html), banned ‘’coloured or foreign’ staff in the palace (https://www.theguardian.com/uk-news/2021/jun/02/buckingham-palace-banned-ethnic-minorities-from-office-roles-papers-rev), and committed her career to the “service of our great imperial family’’ in a 1947 speech in South Africa (https://theconversation.com/five-ways-the-monarchy-has-benefited-from-colonialism-and-slavery-1). Over the course of more than 70 years, the imperial reign of Queen Elizabeth II was inextricably tied to the legacy of the British Empire’s commitment to white supremacy and colonialism.

    Dr. Uju Anya’s tweet, again sent from her personal Twitter account, quickly went viral—largely due to an outpouring of global support from others harmed by the British colonial regime. At the same time, there was also a torrent of criticism as well as targeted harassment directed against Dr. Anya. While “going viral” is not an uncommon occurrence for Dr. Anya or any public intellectual, having a tweet picked up by billionaire Amazon founder, Jeff Bezos was however extraordinary. Bezos did not condemn the words and sentiment of Dr. Anya’s tweet, which would’ve been his right to free speech. Instead, he vilified her by suggesting that her pedagogical, activist, and scholarly contributions are “supposedly” not “working to make the world better.” We beg to differ, as would the many students with improved experiences in world language education and the increasing number of African American students entering applied linguistics because they now see themselves within historically white spaces precisely because of the groundwork laid by Dr. Anya. Although this particular tweet would’ve been highly inappropriate from any person in power, it is particularly pernicious as an attack against a Black Nigerian-Trinidadian-American Professor, coming from a man that has amassed his wealth through global domination and exploitation without regard for the most vulnerable and precarious humans on our planet (https://www.theguardian.com/commentisfree/2021/may/26/amazon-workers-are-rising-up-around-the-world-to-say-enough). This is, frankly, not dissimilar to the British monarchy’s colonial project—Bezos simply remixed the colonial schema through neoliberal racial capitalism, exploitation, and greed.

    The strength of Bezos’ platform is no secret either. With over 5 million followers on Twitter, Bezos has the capacity to impress hundreds of millions of people with a single tweet. Bezos also utilizes his reputation and mass fortune to support university projects across the globe. In the last decade Bezos has made donations to countless universities, including Carnegie Mellon University—Dr. Anya’s home institution. This financial paper trail is highly relevant to Professor Anya’s treatment and the university’s subsequent statement. Now, Dr. Anya faces violent threats, harassment, and abuse.

    Reflections on CMU’s Statement on Dr. Anya’s Tweet

    As colleagues at other institutions, one thing that sticks out to us is that universities have nothing to gain by calling out individual employees on free speech—especially when they can be seen doing it selectively—as is the case for CMU. Professor Anya’s twitter clearly states: “Views are mine.” Yet, her institution took up the charge to admonish a Black woman professor, calling her response to her lived experiences of the real and tangible impacts of colonialism and white supremacy, "offensive and objectionable.” This is unacceptable and dehumanizing. Simultaneously, the institution arguing that Professor Anya’s critical reflections were "not representative of the level of discourse at CMU ’’ forces us to ask: Where is the space for this sort of discourse if not within the free speech that academia purports to uplift? Where else is it safe for students, scholars, and thinkers alike to openly express the horrors of white supremacy, colonial atrocities and genocide? “Who is the ‘we’ referenced here?” asks UPenn Professor, Dr. Nelson Flores (https://twitter.com/nelsonlflores/status/1568217467058544643). And, importantly, “What are the standards of discourse when somebody is speaking truth to their oppressors?”

    (https://twitter.com/ProfeRandolph/status/1568238263579693061?s=20&t=zDodej-DbG_rmHMhjurGtg).

    We also note the strikingly different institutional response to the social media activity of Richard Grenell, a CMU-affiliated senior fellow and Trump official who used his Twitter platform to spread hateful messages and conspiracy theories that have been characterized as sinophobic and antisemitic. When student groups and community members expressed outrage and alarm, CMU President Farnam Jahanian refused to condemn Grennell’s statements and instead expressed strong support for his first amendment rights (https://www.cmu.edu/leadership/president/campus-comms/2020/2020-11-18.html).

    As a counter example to CMU’s deplorable response, Syracuse University’s Chancellor and Dean issued a statement in support of their colleague and employee (https://www.insidehighered.com/news/2021/09/14/syracuse-offers-unequivocal-support-targeted-professor), Dr. Jenn Jackson (another Black woman violently threatened and abused after a viral tweet). Her institution immediately denounced the violent threats against her, refused to sanction or discipline her, and honored her right to free speech. While we by no means think this process was or is perfect, we cite this to note that other peer-institutions have responded in more humane and supportive ways to their Black female faculty. CMU had a choice and their response was a deliberate betrayal against one of their own highly regarded and respected scholars. It has further exposed her to threats of violence.

    Forward and Onward

    The British Monarchy and “The Royal Family” are much more than the weddings, the kids, and the racialized intrafamily drama that American pop culture has seen over the past decade. The British Monarchy has caused and is directly responsible for widespread irreparable harm in the past, now in the present, and likely in the future because the impacts of white supremacy and settler colonialism are insidious. It is inappropriate, harmful, and ahistorical to admonish colonized people or “tell them how they should feel about their colonizer’s health and wellness” as University of Michigan tenured professor, Dr. Ebony Elizabeth Thomas astutely tweeted.

    More than our thoughts and prayers, we request actionable support to be shown towards Professor Uju Anya. We ask university officials at CMU to consider what harms are both elided from critical discourse and reproduced in the classroom when they choose to stand on the side of the oppressor. Universities must be intentional about how they respond to public discourse and critically evaluate who they are targeting and/or harming by their response or lack of response. We call on universities to stop being reactive when issues of structural oppression are called to their attention and take seriously its impacts on staff, faculty, students, and families.

    In closing, we echo Dr. Nelson Flores’ tweet from September 9th (https://twitter.com/nelsonlflores/status/1568242131067625472), which asks, “Whose deaths are mourned versus ignored or celebrated,” and who gets to decide?

    Signed,

    Chelsey R. Carter, PhD, MPH (Assistant Professor, Yale University)

    Nelson Flores, PhD (Associate Professor, University of Pennsylvania)

    Sirry Alang, PhD (Associate Professor, University of Pittsburgh)

    Crystal M. Fleming, PhD (Professor, Stony Brook University)

    Dick Powis, PhD (Postdoctoral Fellow, University of South Florida)

    https://docs.google.com/document/u/1/d/e/2PACX-1vRFMu3jSCsN44H13pWc_hkLBNwKLmXvWd63U7nXIu1JYPwygdDS6nWuWHeIcG5HUr8lyw_1W_YUJniJ/pub?urp=gmail_link

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