• Ecole, protection et dignité pour les enfants amérindiens de Guyane !

    En septembre 2022, le Ministre de l’Education Nationale, de la jeunesse et des sports, Pap N’Diaye, se targuait de mettre en place une « rentrée scolaire exemplaire ». L’Etat français manque une nouvelle fois au rendez-vous et oublie que les enfants amérindiens guyanais sont des enfants français, qui doivent jouir des mêmes droits que les jeunes de l’Hexagone ; la garantie de l’effectivité de ces droits est du ressort et de la responsabilité de la France et de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG). Ainsi, nous déplorons les réalités suivantes :

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/28/ecole-protection-et-dignite-pour-les-enfants-a

    #école #international #guyane. #colonisation

  • Lumina Sophie et la révolte de 1870 : la résistance des femmes en Martinique

    Le 5 novembre, Culture Égalité, organisation féministe de la Martinique, se souvient et célèbre l’anniversaire de Lumina Sophie, une leader de l’Insurrection du Sud, révolte contre l’esclavage et les préjugés à l’égard des Noirs dans le pays. En sa mémoire, nous partageons un extrait de la publication Karbé Fanm n°2, Lumina dite Surprise, un numéro commémorant le 150ème anniversaire de l’Insurrection du Sud en Martinique, publié en 2021. En plus du texte racontant l’histoire, l’organisation a publié une carte multimédia interactive intitulée Sur le chemin de Lumina, accessible ici. Découvrez ci-dessous l’histoire de Lumina.

    Lumina Sophie dite Surprise !
    Elle naît donc au Vauclin, le 5 novembre 1848, soit 5 mois après l’Abolition.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/24/lumina-sophie-et-la-revolte-de-1870-la-resista

    #colonisation #féminisme

  • L’accès aux documents liés à la guerre d’Algérie reste toujours aussi difficile

    Dans une tribune au Monde, l’historien Marc André explique que par méconnaissance de la guerre d’Algérie et de la nature de ses archives, ces dernières sont trop souvent inaccessibles aux demandeurs. Emmanuel Macron s’était pourtant engagé à en faciliter la consultation.

    Huit mois après l’annonce de l’ouverture à tous « des archives publiques produites dans le cadre d’affaires relatives à des faits commis en relation avec la guerre d’Algérie » (décret du 22 décembre 2021), le président de la République, Emmanuel Macron, affirmait le 25 août la nécessité de donner aux historiens « un accès complet aux archives de la guerre d’Algérie ». Cette insistance témoigne de l’instrumentalisation politique de la question des archives. Car malgré l’intention réitérée d’« ouvrir », « simplifier » ou « faciliter » l’accès aux documents liés à cette guerre, en pratique cela reste difficile tant pour les familles que pour les historiens.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/23/lacces-aux-documents-lies-a-la-guerre-dalgerie

    #histoire #archive #colonisation

  • L’augmentation alarmante de la violence des colons israéliens

    La violence des colons israéliens contre les Palestiniens augmente à un rythme effarant. Nous avons documenté visuellement cet aspect de la vie sous l’occupation militaire israélienne en collaboration avec Première Urgence Internationale, qui surveille la violence des colons israéliens depuis 2012, notamment les pertes humaines, les dommages matériels, les intimidations et le harcèlement.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/21/laugmentation-alarmante-de-la-violence-des-col

    #international #palestine #colonisation

  • Torture en Algérie, une reconnaissance de la responsabilité de l’État

    Le 23 septembre, Médiapart publiait l’Appel à la reconnaissance des responsabilités de l’État dans le recours à la torture durant la guerre d’Algérie lancé le 1er septembre par l’Association des Combattants de la Cause Anticoloniale.

    Le recourt à la torture comme système durant la guerre d’Algérie ne pouvant être nié devant le nombre de témoignages, de preuves et de documents révélés dans le cours des événements et après 1962, l’Appel de l’ACCA pose une fois encore la question : Comment, dix ans après la libération du nazisme, l’État, les instances gouvernementales, militaires et judiciaires n’ont-elles pas réagi quand des officiers français ont théorisé le recours à la torture sous le concept de « guerre révolutionnaire » ?

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/31/torture-en-algerie-une-reconnaissance-de-la-re

    #histoire #colonisation #algérie #torture

  • Alcool et colonisation | Des colonisations
    https://spectremedia.org/podcast/alcools-et-colonisation-2-profits-et-contrebandes-dans-les-empires-2-2/?playing=889

    Dans cette nouvelle série, Des Colonisations vous propose d’aborder la colonisation à travers un objet anodin, quotidien, qui peut paraître léger, festif, et que vous ne manquerez sans doute pas de croiser au cours de ces longues soirées d’été : l’alcool. Du vin au rhum, de la bière à l’alcool de riz, quels sont les rapports entre alcool et colonisation ? Comment la production et la consommation d’alcool sont-elle étroitement liées à des dynamiques coloniales et impériales ? Dans ce premier épisode, Julie et Margo discutent avec Antoine des enjeux politiques, culturels et religieux de la vigne et du vin au Mexique sous domination espagnole, à l’époque moderne. Durée : 36 min. Source : (...)

    https://episodes.castos.com/60c88ecb8244e2-60091627/e17c1cae-cb93-41a1-87b8-dc89bfbf9af0-DC-S2-ep1-VF.mp3

  • L’invention du Sahel, par Jean-Loup Amselle - Histoire coloniale et postcoloniale
    https://histoirecoloniale.net/L-invention-du-Sahel-par-Jean-Loup-Amselle.html

    Le #Sahel est une catégorie, comme toutes les catégories qui s’appliquent à l’#Afrique, ethniques et géographiques entre autres, qui semble aller de soi. Evoquant les famines et les sécheresses des années 1970, les révoltes et insurrections qui se produisent dans toute cette zone depuis des décennies, le Sahel est vu avant tout comme une terre dangereuse. Peut-être en va-t-il ainsi parce qu’il s’agit d’une catégorie instable, hybride, intermédiaire entre le désert et la savane, entre le nomadisme et la sédentarité, entre des populations « blanches » (Touaregs, Maures), des populations « rouges » (Peuls) et des populations « noires », entre l’animisme et l’islam. Impossible donc de définir de façon stricte ce qu’il en est du Sahel, de ses limites, de ce qui le caractérise en propre. Il s’agit d’une notion totalement arbitraire qui ne doit son existence qu’à la consolidation que lui ont fait subir un certain nombre de savants coloniaux et dans la foulée des écrivains et des cinéastes africains dont le plus célèbre d’entre eux est Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du prix Goncourt 2021 pour son roman La plus secrète histoire des hommes. L’hypothèse de ce livre est donc que les problèmes de ce qui forme aujourd’hui le Sahel (en particulier la défaite de l’armée française) sont en grande partie le résultat d’une représentation figée de cette région géographique d’Afrique de l’ouest.

    #livre #colonisation

  • La France pleure encore son Algérie (française) !!! !!!

    Dans l’évolution de « l’histoire moderne » la colonisation avait servie de crime fondateur des sociétés occidentales des droits de l’homme, ainsi cette société s’est structurée autour de ce marqueur essentiel de la culpabilité, c’est le crime colonial contre l’humanité (à l’exemple d’une tribu archaïque qui s’est structurée autour du meurtre du mâle patriarcal et en a souscrit des lois).

    Aujourd’hui après plus de soixante années de liberté la meilleure initiative mémoriel surtout pour la société française serait celle de leur dire que l’Algérie n’est plus un récit d’aventure et d’épouvante, c’est un pays avec une population qui vivait paisiblement avec une histoire que l’on peut comparer à d’autres. L’histoire de la colonisation est une conquête, des violences, d’une mainmise des terres par un système colonial ridicule avec tous ces ingrédients : indigénat, racisme, attentats, torture, camps, viols, bombardements, assassinats, etc. La colonisation est une histoire de prédation, de violence, d’asservissement et d’effacement de toute une population.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/23/la-france-pleure-encore-son-algerie-francaise

    #colonisation #france #algérie

  • #Helvécia. Une histoire coloniale oubliée

    Dans son exposition photographique « Helvécia. Une histoire coloniale oubliée », le MEG lève le voile sur un aspect peu connu de l’histoire helvétique. Si la Suisse n’a jamais eu de pays placés sous sa #domination, elle a néanmoins collaboré avec des puissances coloniales à l’#appropriation de terres étrangères et à la pratique esclavagiste.

    L’exposition du MEG présente la rencontre avec les habitant-e-s d’Helvécia au #Brésil, au croisement d’une quête identitaire et d’une recherche sur le passé de cette ancienne colonie suisse.

    https://www.youtube.com/watch?v=ruoxD4d0vU4&feature=emb_logo


    https://www.meg.ch/fr/expositions/helvecia-histoire-coloniale-oubliee
    #colonialisme #colonisation #Suisse #Suisse_coloniale #colonialisme_suisse #exposition #photographie #esclavage #Helvecia #Dom_Smaz

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    voir aussi :
    #Helvécia : A Swiss Colonial History in Brazil
    https://seenthis.net/messages/972693

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    ajouté à la métaliste sur le colonialisme suisse :
    https://seenthis.net/messages/868109

    ping @cede

  • 17 octobre 1961 – 17 octobre 2022, 61ᵉ anniversaire, Vérité et Justice

    Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police parisiennes.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/14/17-octobre-1961-17-octobre-2022-61ᵉ-anniversai

    #histoire #colonisation

    • Antwerp Chocolate Hands

      These sweet hands come with stories of triumph and brutality.

      Antwerp is the capital of chocolate, selling it in various shapes and flavors, ranging from little peeing boys (manneken pis) to more traditional shapes such as animals and happy faces. But one of the most popular shapes is a severed hand.

      As the myth behind Antwerpse handjes (Antwerp hands) goes, there once was a mighty giant called Druon Antigoon. The giant terrorized the people by demanding tolls to anyone passing his lair near the Scheldt river. When someone could not pay, the giant chopped off their hand and threw it into the river. One day, however, a brave soldier named Silvius Brabo defeated the giant in battle, then chopped off his hand and threw it into the river. Some suggest that the name Antwerp comes from the Dutch for the words hand werpen or “hand throwing” (though this is debated among etymologists). Over the years, severed hands have became a symbol of the city, first as cookies decorated with sliced almonds, and later as chocolates filled with praline or marzipan. Outside Antwerp’s city hall, the Brabo Fountain even features a statue of the hero tossing the giant’s hand.

      While the legend about Antwerp’s chocolate hands tells a story of sweet victory, there is a more complex, bitter, and oft-overlooked history associated with the symbol of severed hands in Belgium. From 1885 to 1908, the Congo Free State was a private holding controlled by Belgium’s King Leopold II. Leopold grew rich, exporting valuable Congolese resources such as rubber and ivory. To do this, the king’s army forced many Congolese into labor. And for those who did not meet quotas? Soldiers would sever their hands and present them to officials as proof of enforcement. And while the news of Leopold’s horrific regime sparked an international outcry that resulted in his losing control over the state in 1908, the Congo remained a Belgian colony until regaining its independence in 1960.

      Though they may seem like simple candies, the chocolate hands represent a complex story of symbolism. The triumphant myth of vanquishing the giant is tempered by the less-than-savory realties of exploitation and colonization in the Congo. Perhaps the best way to consume such complicated stories is not by rewriting history or rejecting their edible symbols, but rather by using them as tool for discussion about how to build a better, sweeter future.

      https://www.atlasobscura.com/foods/antwerp-chocolate-hands

    • The Chocolate Hands of Belgium

      In the late 1800s, the great powers of Europe carved up Africa, grabbing colonies for themselves.

      One not-so-great power also got involved: The tiny kingdom of Belgium. Belgium itself had no colonial aspirations. But its ruler, King Leopold II, was greedy beyond measure. Early in life, Leopold set his heart on having a colony – of his own, as a personal possession and source of wealth. The best spots were already taken so Leopold looked at the vast, unmapped interior of Africa. To win acceptance from other Western powers – the only voices that mattered – he portrayed himself as a humanitarian. He would save the Congo from evil Arab slave traders. Furthermore, his European allies would also benefit; he promised to open the Congo to free trade.

      At first, ivory was the main export. In the 1890s an unexpected invention changed the world: The inflatable tire. Now you could have a comfortable ride on a bicycle, with the tires acting as cushions. Soon automobile tires created an even bigger market. The West grew hungry for more rubber.

      The Congo had wild rubber, the trick was to collect it. Leopold turned his energies toward this new source of wealth.

      Collecting rubber sap is unpleasant and often dangerous work. Congolese farmers weren’t interested. They had to be forced, and Leopold’s overseers had several methods. One that worked well: Women were seized and held hostage until their husbands returned with a full quota of rubber. There was a booklet of tips for hostage-takers: “When you feel you have enough captives, you should choose among them an old person, preferably an old woman. Make her a present and send her to her chief to begin negotiations.”

      Whippings, torture, rape, and casual murder were also widely documented.

      One method became notorious above all others: Cutting off hands. Leopold and his lieutenants had no objection to villagers being murdered for refusal to cooperate. But they didn’t want bullets “wasted” on private hunting. A soldier who shot and killed someone was required to cut off the right hand, and present it as evidence that the bullet had been used for an approved purpose.

      That was how it started. But the practice didn’t stay confined to corpses. Sometimes, a soldier might use a bullet for hunting, then chop off the hand of a living person, with blood spurting out from the arm stub. Or the amputations could be punishment: A picture from 1905 shows a young boy who had one hand and one foot cut off when his village failed to meet its rubber quota.

      A number of people tried to tell the world about the atrocities in the Congo. Among the first was George Washington Williams, a black American who at first believed the stories he heard about Leopold’s humanitarianism, went to see for himself the utopia that had been created, and instead found a living hell. He was a skilled orator and writer, and might have threatened Leopold’s plans… but he came down with tuberculosis and died soon thereafter. A British man named E.D. Morel, through his work for a shipping company, realized that Leopold was using slave labor to loot the Congo; he and others, joined by several missionaries, organized the opposition.

      At first, it was hard to get the world’s attention. Then Morel and his allies circulated photos of people in the Congo missing one or both hands. These images seared themselves into viewers’ minds.

      Two prominent writers, Arthur Conan Doyle (creator of Sherlock Holmes) and Mark Twain, bought the issue to wider attention. European newspapers printed cartoons, some of which depicted chopped hands and human victims.

      Leopold’s colony became Belgium’s shame. In 1908, the government of Belgium negotiated to buy the Congo from Leopold. Cruel forced labor continued, but Belgium put an end to the hand-chopping which had cause it such embarrassment.

      Today, anyone who knows this story might be horrified to walk into a confectionary shop in Antwerp, Belgium’s most populous city, and find chocolate hands on sale.

      These hands have nothing to do with the Congo, explains Antwerp mayor Bart De Wever. They’re about Antwerp. According to local legend, a mythical giant once lived near the Scheldt river and charged a toll to everyone who crossed the river. If anyone objected, he cut off one of their hands and threw it in the river. A hero named Brabo finally killed the giant and threw one of his hands into the river.

      The Dutch words “hand werpen” (“hand throw”) became the name Antwerp. A statue of Brabo stands in city center; he holds a hand in the air, poised to throw it as water spurts from the wrist.

      Does that mean it’s okay to buy and sell chocolate hands in Antwerp? I believe two more points should be considered.

      First, symbolism matters. In the United States, the Confederate flag has been a controversial symbol for many decades. In 1861, thirteen slave-holding southern states seceded from the U.S.A., calling themselves the Confederate States. A chief cause, and the one identified with the Confederacy today, was slavery. After the Civil War, these states rejoined the U.S, but many incorporated the Confederate flag into their state flag. This was defended with statements such as: “This isn’t a defense of racism, it represents regional pride.” Maybe. Maybe they were fibbing. Rarely if ever did the people waving the Confederate flag ever take a stance against racism.

      Slowly, attitudes changed. Flags changed. For seventeen years only one state, Mississippi, continued to include the Confederate flag in its state flag. In 2020, voters overwhelmingly agreed to dump that and to adopt a new flag featuring a magnolia flower.

      Severed hands symbolize one chapter of Belgium’s history. To insist on making snacks in this shape is to mock those who were murdered, tortured, raped, and mutilated – even if it’s only a coincidence that a severed hand symbolized both Antwerp’s founding myth and Leopold’s Congo.

      And second: Is this story really, entirely, coincidence?

      The severed-hand snacks date to 1934. A man named Jos Hakker, of the Antwerp Pastry Bakers Association, arranged a competition to select a culinary symbol for Antwerp. The winner was…. Jos Hakker himself, with his “Antwerp Hands,” which could be molded from cookie dough, chocolate, or whatever edible you wanted to sell.

      Hakker was born in Amsterdam in 1887, then moved to Antwerp in 1903. He was in his late teens and very early twenties as the European campaign against Leopold’s atrocities reached its zenith. A leading foe of King Leopold was E.D. Morel, whose shipping-company job often took him to Antwerp, Belgium’s main port. Antwerp was the doorway through which Leopold’s loot entered his country. Antwerp was the city where Morel observed that as shiploads of ivory and rubber arrived from the Congo, it was mostly army officers, guns, and bullets being sent. There was no trade going on. The only explanation was that the Congo was being looted through the use of slave labor.

      Morel tirelessly spread word of Leopold’s crimes. It seems likely that he would have done so in the key Belgian port where he spent so much time; and likely that Hakker, and others in his association, would have seen the pictures from the Congo. And right in their town square was Brabo holding a severed hand. Could anyone, seeing atrocity pictures from the Congo, have failed to think of their Brabo statue? Twenty-six years later, when they selected a severed hand as their symbol, had they really all forgotten it?

      Or did it seem irrelevant, perhaps even humorous? We’re unlikely to ever know. But let’s remember that Europeans and Americans of that era generally saw Africans as sub-human. Leopold shipped 138 people from the Congo to be put on exhibit at a “human zoo” in Antwerp in 1894. Eight died soon after arrival. No matter. He shipped in another group to put on display in 1897. Seven died this time, after a rough voyage all too reminiscent of the slave trade, and were buried in unmarked graves.

      Belgium wasn’t alone in this. The Philippines was a U.S. colony in 1904 when the U.S. shipped in Filipinos to exhibit at the St. Louis World’s Fair, as evidence that these people – who had been independent for millennia until Europeans invaded – were not ready for independence.

      As recently as 1958, Belgium clung to the idea that Africans existed for the amusement of white people. It shipped 183 families from the Belgian Congo (which gained independence two years later) to Brussels, to be exhibited in a “human zoo” at its Expo 58. The Congolese lived in a mock village. White spectators threw coins or bananas over the fence, to provoke a reaction. It appears, from one surviving photo, that there was even a petting zoo. Belgium was the last country in the world to host a “human zoo.”

      So it’s entirely plausible to imagine a clique of Belgian bakers in 1934, chuckling over the double meaning of their newly-chosen symbol.

      That’s pure speculation. We don’t know. We do know that Belgium was behind one of the world’s great mass murders. Belgians today enjoy public works paid for with Congo blood. After independence in 1960, the Congo elected Patrice Lumumba as its first prime minister. He talked of genuine economic independence. Within a year, Belgium (with U.S. support) had orchestrated his assassination.

      Belgium has shamed itself by being slow to reckon with its past. Belgium cannot undo that past. It cannot bring back the dead, nor undo the pain. But here is an opportunity to take a small step toward showing a bit of remorse; inadequate of course, but better than thumbing its nose. Antwerp refuses.
      Notes and Sources

      My main source for the colonial era, which I highly recommend, has been King Leopold’s Ghost: A Story of Greed, Terror and Heroism in Colonial Africa, by Adam Hochschild.

      “De Wever takes up arms for contested Antwerp Hands,” by Alan Hope, The Brussels Times, 1 April 2021

      Information about Jos Hakker and the history of the Antwerp Hands comes (with assistance from Google Translate) from “Uitvinder van de Antwerpse Handjes werd vervolgd tijdens WO II” and “Jos Hakker, de uitvinder van de ‘Antwerpse Handjes’ gedeporteerd uit de Dossinkazerne.”

      Daniel Boffey has written about human zoos in The Guardian: “Belgium Comes to Terms with Human Zoos of its Colonial Past,” and “New find reveals grim truth of colonial Belgium’s ‘human zoos’“

      https://karmacolonialism.org/the-chocolate-hands-of-belgium

    • #De_Wever takes up arms for contested Antwerp Hands

      Bart De Wever is the president of the Flemish nationalist party N-VA, as well as the mayor of Antwerp, but that doesn’t mean he has no time to take to social media to defend confectionery.

      The issue concerns the Antwerps Handjes, or Antwerp Hands, sold in all bakery and souvenir shops in the port city, and consisting of a bite-sized representation in pastry or chocolate of a human hand.

      The confectionery traces its origins back to 1934, but only now has it become the target of a campaign on Twitter, accusing it of being a reminder of the horrors perpetrated in the Congo under Belgian rule. In that period, slaves would have their hands – sometimes both hands – amputated for the slightest offence. Women and children were not excused.

      The issue has been picked up by the group Africa Archives, and the link made between the pastry and the atrocity. The group posted a tweet earlier this week (warning: contains a shocking image of a double amputee) describing the link as ‘diabolical’.

      “Totally unjustified,” responded Bruno Kuylen, director of the trade union for makers of bread, pastry, chocolate and ice cream in De Morgen.

      “Long before the A of Antwerp functioned as a logo and signboard for the city, the hand was used as a symbol by both the province and the city itself. A direct reference to the myth of how Antwerp originated.”

      As far as Antwerp’s origin is concerned, the story goes as follows.

      “The villain and giant Druoon Antigoon took a heavy toll on the skippers using the river, and whoever refused had their hand cut off. As everyone knows, the giant was outwitted by the Roman Silvius Brabo. He in turn cut off Antigoon’s hand and threw it into the Scheldt. According to legend, ‘hand werpen’ (hand throwing) became ‘Antwerpen,’ and the hand became the symbol of hospitality and friendship.”

      The confectionery came about as the result of a contest held in 1934 by the Royal Association of Master Patissiers, for something that could represent the city. Six chose to turn to the hand, and the prize went to Jos Hakker.

      Hakker, De Wever posted on Facebook, was Jewish, from a Dutch background.

      “He narrowly escaped the horrors of the Holocaust. Last year he received a memorial plaque in Provinciestraat. Or how the victim of one genocide is now linked to another genocide. The step from woke to witless is quickly taken. This shameful fabrication couldn’t be further from the truth.”

      https://www.brusselstimes.com/news/art-culture/162991/bart-de-wever-takes-up-arms-for-contested-antwerp-hands-congo-belgium

    • Uitvinder van de Antwerpse Handjes werd vervolgd tijdens WO II

      De crème de la crème van de Antwerpse zoetigheden zijn ongetwijfeld de #Antwerpse_Handjes. Toch was er tot voor kort maar weinig geweten over de maker van deze koekjes. Het is bakker Jos Hakker, een Joodse Amsterdammer, die deze specialiteit bedenkt in 1934. Een minder gekende verdienste van Hakker is zijn getuigenis over de Kazerne Dossin tijdens de Tweede Wereldoorlog. Tijdens de Tweede Wereldoorlog pakt de bezetter Hakker op voor deportatie naar Auschwitz-Birkenau. Onderweg weet hij te ontsnappen.

      Jos Hakker (°1887) groeit met zijn twee broers op in een weeshuis in Amsterdam. Daar krijgt hij een opleiding banketbakkerij. Wanneer deze afgerond is, verhuist hij in 1903 naar Antwerpen waar hij in de bakkerij van verre familie, het gezin Simons-Kahn, mag werken. Hier leert hij zijn vrouw kennen, de Nederlandse Rachel Simons, met wie hij later een zoon krijgt, Simon. Het koppel opent een eigen bakkerij in de Provinciestraat.

      Hoewel Jos en Rachel beiden Joods zijn, is de bakkerij niet koosjer. Hakker maakt typische Nederlandse zoetigheden en voorziet ook in Belgische tradities zoals chocolade bij Sinterklaas. In 1934 organiseert de Antwerpse Meesterbanketbakkersvereniging een wedstrijd op zoek naar een nieuwe Antwerpse specialiteit. Jos Hakker wint de eerste prijs met zijn creatie, de Antwerpse Handjes.

      Verraden tijdens de vlucht

      Wanneer in mei 1940 de oorlog uitbreekt, maakt Jos Hakker zich aanvankelijk geen grote zorgen. Pas wanneer hij in de nacht van 15 op 16 augustus 1942 getuige is van de eerste grote razzia in Antwerpen, dringt de ernst van de situatie pijnlijk door. Ondertussen is zijn vrouw ernstig ziek opgenomen in het Sint-Erasmusziekenhuis. Wanneer zij overlijdt, beslist Hakker om uit Antwerpen weg te vluchten. Hij probeert clandestien naar het neutrale Zwitserland te reizen, waar zijn zoon en diens verloofde verblijven. Maar onderweg verraden twee collaborateurs hem. Jos Hakker valt in handen van de bezetter.

      Uniek relaas van de Jodenvervolging

      Na twee weken gevangenschap in de Antwerpse Begijnenstraat wordt Hakker naar de Kazerne Dossin in Mechelen gevoerd. Hij houdt nauwgezet bij wat hij hier meemaakt. Na de oorlog is hij een van de eersten die getuigt over het gevangenschap in de kazerne.

      Op 15 januari 1943 vertrekken Transport XVIII en XIX vanuit Mechelen richting het concentratie- en vernietigingskamp Auschwitz-Birkenau, met Jos Hakker aan boord. Van de 1.623 inzittenden komen er slechts 1.557 aan in Auschwitz. Tientallen mensen kunnen onderweg uit de wagons springen. Van hen kunnen er 40 definitief ontsnappen aan de greep van de nazi’s, zo ook Jos Hakker. Hij gaat terug naar België, duikt onder en sluit zich aan bij het Luikse verzet.

      In 1943 en 1944 schrijft Jos Hakker de eerste teksten over de Kazerne Dossin in het clandestiene blad Le Coq Victorieux. Meteen na de bevrijding publiceert hij zijn boek De Geheimzinnige Kazerne Dossin – Deportatiekamp der Joden. Het is tot op vandaag een uniek document over de Jodenvervolging in België.

      Wereldberoemd in Antwerpen

      Na de oorlog heropent Jos Hakker samen met zijn zoon Simon de bakkerij in de Provinciestraat. De door hem bedachte Antwerpse handjes kennen nog veel succes. Tot op vandaag zijn ze wereldberoemd in Antwerpen en daarbuiten. Tegelijk bewaren ze ook het bijzondere verhaal van hun maker.

      https://www.antwerpenherdenkt.be/oorlogsgetuigen/jos-hakker-uitvinder-van-de-antwerpse-handjes-werd-vervolgd-tijden

  • Colonisation et interventions : une constante de la doctrine militaire de la France

    « La doctrine militaire est une construction intellectuelle qui formule le savoir jugé nécessaire et suffisant pour guider les personnels militaires dans leur action. » [1]

    Elle donne un cadre à ce qui est militairement possible selon les politiques de défense et les objectifs géopolitiques du gouvernement, les projections des armées de terre, de mer et de l’air et les armements proposés par le complexe militaro-industriel. Une doctrine évolutive selon la situation intérieure et internationale, le degré d’intensité des guerres engagées ou potentielles et les développements technologiques et scientifiques. Ainsi, c’est en 2019 que la France s’est dotée d’une doctrine militaire dans le domaine du cyberespace et de l’intelligence artificielle, concrétisée en 2021 par le L21 : doctrine militaire de lutte informatique et d’influence. Cela apparaît comme un sujet très éloigné de la Françafrique, sauf que cela dicte la présence militaire de la France sur le continent africain de la colonisation à la situation de crise actuelle.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/07/colonisation-et-interventions-une-constante-de

    #colonisation

  • @cdb_77

    Quando Mussolini si proclamò Protettore dell’Islam

    https://www.africarivista.it/quando-mussolini-si-proclamo-protettore-dellislam/207506

    Sembrerà assurdo, ma il regime fascista, noto per la brutale aggressione e repressione coloniale in Libia e nel Corno d’Africa, ostentò una retorica filo-araba e filo-islamica, specie in campo culturale, autoproclamandosi amico e difensore dei popoli maghrebini, in chiave di contrapposizione all’espansionismo britannico e francese

    di Uoldelul Chelati Dirar

    L’avvicinarsi del centenario della Marcia su Roma offre molti spunti per una riflessione sul fascismo e anche sull’attualità della sfida tra libertà e autoritarismo, tra democrazia e dittatura. Vi sono però aspetti che rimangono poco esplorati e colgo l’occasione per evidenziarne uno particolarmente curioso in quest’epoca di diffusa islamofobia.

    La politica coloniale fascista, culminante nella costituzione dell’Impero dell’Africa Orientale, viene vista prevalentemente nella sua dimensione militare e di brutale violenza, in particolare per la repressione in Libia e l’invasione dell’Etiopia. Vi è tuttavia un altro aspetto. Va ricordato che l’espansione coloniale fu vista anche come chiave per un rilancio dell’Italia quale interlocutore privilegiato del mondo arabo. Questa politica di avvicinamento al mondo arabo si basava sulla convinzione che vi fosse una possibile convergenza di interessi tra Italia e mondo arabo-islamico, motivata dalle frustrazioni derivate dalla conferenza di pace di Versailles che aveva definito gli equilibri internazionali dopo la Prima guerra mondiale.

    L’Italia recriminava le mancate concessioni territoriali nel Settentrione e negli ex possedimenti coloniali tedeschi in Africa. Il mondo arabo era invece in fibrillazione per la politica britannica nella regione e in particolare in Palestina, dove erano state promesse nuove entità statuali alle popolazioni arabe e simultaneamente alla diaspora ebraica. I passaggi principali della politica filo-islamica del fascismo furono la pubblicazione, nel 1932, di un periodico bilingue (arabo e italiano), L’Avvenire Arabo, diretto dall’illustre arabista Carlo Alfonso Nallino, inteso a promuovere l’immagine del fascismo nel mondo arabo e allo stesso tempo a migliorare la conoscenza del mondo arabo in Italia. Venne poi costituito, nel dicembre 1933, l’Istituto di Studi per il Medio e l’Estremo Oriente (Ismeo) con l’intento di promuovere i rapporti tra Italia e Asia; nella stessa settimana veniva ospitato a Roma il primo Convegno degli Studenti Asiatici, con seicento partecipanti, alla cui apertura intervenne Mussolini in persona con un discorso incentrato sulla funzione di cerniera di Roma imperiale tra Occidente e Oriente. Infine, nel 1934 iniziarono le trasmissioni in lingua araba di Radio Bari, prima emittente europea in questa lingua.

    Dopo questi primi passi, l’episodio simbolicamente più significativo si ebbe il 18 marzo 1937, quando Mussolini entrò in Tripoli seguito da duemila cavalieri delle truppe coloniali libiche, e si presentò sguainando una spada, la cosiddetta “spada dell’islam”, e si autoproclamò Hāmī al-Islām (Protettore dell’Islam – v. foto). L’episodio, nonostante l’eccessiva teatralità, rappresentava il culmine di un processo di costruzione di relazioni con il mondo arabo che includeva rapporti stretti con importanti esponenti del nazionalismo anticoloniale arabo quali il libanese Shekib Arslan, Yahya Muhammad Hamid ed-Din, imam dello Yemen, e lo stesso mufti di Gerusalemme Mohammed Amin al-Husseini.

    In un involontariamente ironico capovolgimento di ruoli, l’Italia di Mussolini intendeva così accreditarsi come interlocutore privilegiato dei settori del mondo arabo in fermento per via del dominio franco-britannico in Medio Oriente e fortemente preoccupati dalla prospettiva della creazione dello Stato d’Israele. A giustificazione della sua ambizione, Mussolini presentava il colonialismo italiano come radicalmente diverso, una sorta di colonialismo “dal volto umano”. L’ironia sta nel fatto che l’autoproclamazione di Mussolini avvenne sullo stesso suolo libico che così duramente aveva pagato l’oppressione coloniale italiana con più di 40.000 morti nei campi di concentramento allestiti dal maresciallo Rodolfo Graziani, lo stesso che poco dopo coordinerà la brutale repressione della resistenza etiopica.

    #Islam#Mussolini#Fascisme#Libye#Ethiopie#Colonialisme#Italie #colonisation#histoire #mémoire #Italie_coloniale

  • #David_Van_Reybrouck : « Il existe une forme de #colonisation de l’avenir »

    Dix ans après l’épais « Congo, une histoire », l’historien flamand déploie une histoire de la #décolonisation de l’#Indonésie. Entretien sur la #mémoire_coloniale, la #révolution et l’#héritage du #non-alignement forgé lors de la #conférence_de_Bandung en 1955.

    « Ce qui rend la Revolusi indonésienne passionnante, c’est l’énorme impact qu’elle a eu sur le reste de l’humanité : non seulement sur la décolonisation d’autres pays, mais plus encore sur la coopération entre tous ces nouveaux États. »

    David Van Reybrouck, écrivain et essayiste, auteur notamment de Congo, une histoire (prix Médicis Essai 2012), de Contre les élections ou de Zinc est un touche-à-tout obsédé par la volonté d’élargir sans cesse le spectre et le registre des expériences, qu’il s’agisse de promouvoir des innovations démocratiques ou des manières d’écrire l’histoire.

    Pour rédiger Revolusi. L’Indonésie et la naissance du monde moderne, que viennent de publier les éditions Actes Sud dans une traduction d’Isabelle Rosselin et Philippe Noble, David Van Reybrouck a mené près de deux cents entretiens dans près d’une dizaine de langues, et fait un usage inédit de Tinder, s’en servant non comme d’une application de rencontres mais comme un moyen de contacter les grands-parents de celles et ceux qui voulaient bien « matcher » avec lui dans tel ou tel espace du gigantesque archipel indonésien.

    Le résultat de cinq années de travail fait plus de 600 pages et remonte une histoire mal connue, d’autant que les Pays-Bas ont longtemps mis un écran entre leur monde et la violence du passé colonial de leur pays, mis en œuvre non pas par la Couronne ou le gouvernement lui-même mais par la VOC, la Compagnie Unie des Indes orientales, parce que « l’aventure coloniale néerlandaise n’a pas commencé par la soif de terres nouvelles, mais par la recherche de saveurs ».

    Cela l’a mené à la rencontre d’un géant démographique méconnu, et à une mosaïque politique et linguistique inédite, puisqu’un terrien sur 27 est indonésien, et que 300 groupes ethniques différents y parlent 700 langues. Entretien sur la mémoire coloniale, la révolution et l’héritage du non-alignement forgé lors de la conférence de Bandung en 1955.

    Mediapart : Zinc racontait le destin des plus petites entités territoriales et démographiques du monde. À l’inverse, votre dernier ouvrage déroule une copieuse histoire de l’Indonésie, fondée sur de très nombreux entretiens oraux. Pourquoi l’Indonésie demeure-t-elle pour nous un « géant silencieux », pour reprendre vos termes ?

    David Van Reybrouck : L’Indonésie est devenue un pays invisible, alors qu’il y a encore une soixantaine d’années, elle dominait la scène internationale, surtout après la conférence de Bandung de 1955 [qui réunissait pour la première fois les représentants de 29 pays africains et asiatiques - ndlr], qu’on peut qualifier de « 14-Juillet » à l’échelle mondiale.

    Sukarno, son président, était alors reçu à Washington, au Vatican, en Chine. Comment un pays aussi central dans les années 1940-1950 a-t-il pu devenir aussi invisible, alors qu’il demeure la quatrième puissance au monde, par sa démographie, et qu’il est devenu un acteur économique essentiel en Asie du Sud-Est ?

    J’ai l’impression que plus son économie devient importante, plus sa diplomatie devient discrète. C’est une grande démocratie qui, pour sa taille, se porte bien si on la compare à l’Inde ou même aux États-Unis, même s’il y a des tensions, notamment entre l’État laïc et l’État musulman, comme en Turquie.

    L’importance de l’Indonésie au sortir de la guerre était aussi liée à la figure de Sukarno, atypique dans le paysage politique indonésien : flamboyant, charismatique, charmeur, vaniteux, insupportable, brillant. Il me fait penser à Mohamed Ali en raison de la vitesse à laquelle il débitait ses mots. Il pouvait enthousiasmer l’audience.

    Le président actuel, Joko Widodo, surnommé Jokowi, est compétent, mais il a la particularité d’être un petit commerçant n’appartenant ni à l’élite traditionnelle ni à celle qui s’est forgée pendant et après l’indépendance.

    Pourquoi avoir choisi de raconter l’émancipation de l’Indonésie, dix ans après votre somme sur le « Congo » ?

    Pour des raisons à la fois subjectives et objectives. C’est un pays immense dont on ne parle jamais, le premier pays à avoir proclamé son indépendance, deux jours après la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais cela demeure peu connu, même les Indonésiens ne s’en vantent pas.

    J’étais encore au Congo en train de faire mes recherches dans une petite ville proche de l’océan lorsque j’ai rencontré un bibliothécaire de l’époque coloniale qui n’avait plus que 300 livres en flamand. Parmi eux se trouvait Max Haavelar, le grand roman anticolonial hollandais du XIXe siècle – l’équivalent de Moby Dick ou de La Case de l’Oncle Tom –, écrit par Eduard Douwes Dekker, dit Multatuli, un pseudonyme emprunté au latin qui signifie « J’ai beaucoup supporté ». Le roman est écrit à partir de son expérience de fonctionnaire envoyé aux Indes néerlandaises, où il découvre l’exploitation coloniale dans la culture du café.

    À partir de ce point de départ, j’avais gardé en tête l’idée de m’intéresser à l’Indonésie, d’autant que le roi belge Léopold II s’est beaucoup inspiré de la colonisation hollandaise, notamment du principe d’utiliser l’aristocratie indigène pour mener une politique de domination indirecte. Max Havelaar dépeint d’ailleurs très bien la corruption de l’élite indigène qui exploite son propre peuple.

    Pourquoi insister sur l’idée de révolution plutôt que celle de « guerre d’indépendance » pour désigner ce qui s’est déroulé en Indonésie en 1945 ?

    Ce fut à la fois une révolution et une guerre d’indépendance. La proclamation d’indépendance, le 17 août 1945, n’a pas été jugée crédible par les Occidentaux, et les Britanniques ont cru pouvoir reprendre le contrôle du territoire et le redonner aux Hollandais. Mais cela a provoqué une colère immense de la jeunesse indonésienne, dont j’ai retrouvé des témoins qui racontent une expérience particulièrement humiliante et répressive de la colonisation britannique dans les années 1930.

    Lorsque les Japonais arrivent en Indonésie en 1942, ils commencent par donner à cette jeunesse une leçon de fierté. Ils politisent les jeunes générations à travers des slogans, des entraînements de gymnastique, des films, des affiches… À partir de 1943, cette politisation se militarise, et les jeunes apprennent à manier les armes, à faire d’une tige de bambou verte une arme blanche.

    Mais les nonagénaires que j’ai interviewés, qui avaient pu au départ accueillir les Japonais avec reconnaissance, virent ensuite leurs pères emmenés de force comme travailleurs, des millions de personnes mourir de la famine en 1944, leurs sœurs et leurs mères enlevées pour les troupes japonaises pour devenir « des femmes de réconfort ».

    La sympathie initiale pour les Japonais s’est retournée contre eux, et la guerre d’indépendance contre les colons a ainsi pris l’air d’une révolution comparable à la Révolution française, mais menée par des personnes beaucoup plus jeunes. La volonté de renverser le régime était présente d’emblée. Alors que Sukarno était encore en train de négocier avec les Japonais, ce sont les plus jeunes qui l’ont poussé à proclamer l’indépendance sans attendre, avec une certaine improvisation et un drapeau indonésien cousu par sa femme la veille…

    Très vite, on a établi les ébauches de ce nouvel État. Début septembre, les Britanniques arrivent. Les Hollandais sont toujours dans les camps d’internement du Japon, ou alors partis en Australie ou au Sri Lanka. Les Britanniques assurent préparer le retour, désarmer les Japonais. Un premier bateau arrive, puis un deuxième, avec quelques officiers hollandais à bord et des parachutistes pour aller dans les camps d’internement des Japonais.

    Comme souvent dans les révolutions, celle-ci a eu sa part de violence, avec des atrocités commises envers les Indo-Européens, les Chinois et les Hollandais détenus dans les camps par les Japonais, et un bilan total qu’on a longtemps estimé à 20 000 morts, mais que certains estiment aujourd’hui plutôt autour de 6 000.

    Vous avez rencontré des survivants des massacres commis par les Hollandais. Beaucoup vous ont dit : « Vous êtes le premier Blanc à venir nous interroger. » Est-ce que cela vous a questionné ?

    J’ai interviewé presque 200 personnes, la plupart avaient au-delà de 90 ans. J’ai passé un an sur le terrain, même si ça n’était pas d’un bloc. Pour mon livre Congo, j’avais onze cahiers d’entretiens. Là, j’en avais 28. Je me suis retrouvé avec une documentation extrêmement riche. Il fallait organiser tout cela avec des résumés des entretiens, des schémas pour les axes chronologiques, les protagonistes, les figurants…

    Personne n’a refusé de témoigner et j’étais assez étonné de ce qui s’est dévoilé. La plupart des témoins parlent plus facilement des moments où ils étaient victimes que bourreaux, mais j’ai retrouvé des Hollandais et des Indonésiens qui n’hésitaient pas à décrire en détail les tortures qu’ils avaient eux-mêmes commises.

    J’avais la crainte qu’on juge que ce n’était pas à un Blanc de raconter cette histoire, mais j’avais la facilité de pouvoir dire que j’étais belge. Beaucoup de mes témoins ne connaissaient pas la Belgique. La différence aussi est que le souvenir du passé colonial est peut-être moins vif en Indonésie qu’au Congo, qui demeure dans une situation économique pénible. Même si l’Indonésie est un pays pauvre, il se trouve dans une dynamique positive.

    Comment la mémoire du passé colonial est-elle organisée en Indonésie et aux Pays-Bas ?

    Je suis frappé par le talent de l’oubli de la mémoire coloniale indonésienne. Nous, nous sommes obsédés par le passé. C’est important de le travailler, d’avoir une introspection morale, mais il faut aussi le laisser cicatriser pour avancer. Le livre se termine avec l’idée que le rétroviseur n’est pas le seul champ de vision à explorer.

    Souvent les traumatismes sont trop grands, la souffrance est encore trop forte, mais il existe aussi un conditionnement culturel différent. Pour la jeune génération indonésienne, l’époque coloniale est révolue. On trouve des cafés à Djakarta décorés dans un style colonial. Il y a en quelque sorte une appropriation culturelle du passé colonial, qui se voit lors de la fête de l’Indépendance, où il existe un folklore inspiré de la Hollande mais où personne ne parle de ce pays.

    Un sondage de YouGov, commandé par les Britanniques, a récemment cherché à savoir quelle était la nation la plus fière de son passé colonial. Les Britanniques, qui ont encore des colonies, pensaient que ce serait eux. Et, à leur grande surprise et soulagement, ce sont les Hollandais qui remportent haut la main ce triste concours de mémoire coloniale ! Plus de 50 % des sondés hollandais sont fiers du passé colonial, et seulement 6 % expriment de la honte…

    Ces dernières années, il y a cependant eu une accélération aux Pays-Bas de la mise en mémoire du passé colonial avec des excuses du roi, du premier ministre, une exposition au Rijksmuseum d’Amsterdam…

    Mais cette histoire demeure largement ignorée. Ma compagne est hollandaise, mais s’étonnait chaque soir de ce que je lui racontais et qui ne lui avait pas été enseigné, comme l’existence d’un véritable « goulag » où étaient envoyés, dans les années 1920-1930, les indépendantistes et les communistes, ou le fait que la Hollande exigeait des milliards de florins pour reconnaître l’indépendance et payer le coût de la guerre qu’elle avait perdue…

    Le non-alignement, qu’on a vu ressurgir au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a-t-il le même sens qu’en 1955 ? On voit comment il peut tendre à se confondre avec un refus de prendre la mesure de l’impérialisme russe. Vous semble-t-il malgré cela une position d’avenir ?

    Je trouve que nous assistons là à une perversion du mouvement du non-alignement. L’esprit de Bandung consiste à refuser l’impérialisme et constitue un mouvement moral fondé sur les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Si n’être pas aligné aujourd’hui, c’est ne pas s’exprimer sur la Russie, un Nehru, un Nasser ou un Mandela ont de quoi se retourner dans leur tombe. Le non-alignement est un idéalisme géopolitique, pas la somme de calculs économiques.

    Vous écrivez : « Même si nous parvenons un jour à apurer complètement le passif du colonialisme d’antan, nous n’aurons encore rien fait pour enrayer la colonisation dramatique à laquelle nous nous livrons aujourd’hui, celle de l’avenir. L’humanité confisque le siècle à venir avec la même rigueur impitoyable dont elle fit preuve aux temps anciens pour s’approprier des continents entiers. Le colonialisme est un fait non plus territorial, mais temporel. » Solder les comptes du colonialisme est-il une priorité si on veut faire face collectivement à un défi qui se situe à l’échelle planétaire ?

    Le passé est une plaie qu’on a très mal guérie, pas seulement dans le Sud. Elle continue à ternir ou à influencer les rapports entre Nord et Sud. Il faut s’occuper de cette plaie, d’autant plus qu’elle est toujours grande ouverte, comme le montre une carte des pays les plus vulnérables au changement climatique qui est superposable à celle des anciens pays colonisés. Ce qui se joue avec le changement climatique, ce n’est pas un ours polaire sur une banquise qui fond, c’est d’abord ce qui arrive aux peuples du Sud. Quand on parle de colonialisme, on pense en premier lieu au passé, mais il existe une forme de colonisation de l’avenir qui est menée par les mêmes pays qui ont été les acteurs du colonialisme du passé. Il est faux de dire que c’est l’humanité en général qui est responsable du changement climatique, les responsabilités ne sont pas égales.

    Pourquoi écrivez-vous alors que « le quatrième pays du monde n’aurait jamais vu le jour sans le soutien d’adolescents et de jeunes adultes – encore que j’ose espérer que les jeunes activistes de la “génération climat” recourent à des tactiques moins violentes ». Ne faut-il pas une « revolusi » pour le climat ?

    J’ai travaillé sur ce livre au moment où le mouvement de Greta Thunberg faisait parler de lui. Il y avait un regard condescendant sur ces adolescents, les considérant comme une forme politique non sérieuse. Regardez pourtant ce que la jeunesse a fait en Indonésie. Si le pays en est là, c’est grâce aux jeunes, même si j’espère que Greta Thunberg ne va pas se saisir de lances en bambou !

    Je participe à différentes conventions sur le climat qui se déroulent mieux qu’en France, où la transmission vers le politique a été mal faite. Je pense qu’il faut plutôt penser à une désobéissance civile, qui relève d’abord pour moi d’une désobéissance fiscale. Au milieu du XIXe siècle, David Thoreau refuse de payer l’impôt dans l’État du Massachusetts à cause de l’esclavagisme et de la guerre contre le Mexique. Il a été arrêté au bout de six ans.

    Regardons le budget de nos États, et calculons quel pourcentage des dépenses de l’État belge ou hollandais va vers le secteur fossile. Si c’est 18 %, on enlève 18 % de nos impôts et on le met au pot commun. Quand les lois ne sont pas justes, il est juste de leur désobéir.

    Dans la longue liste de vos remerciements, vous remerciez un tableau, « Composition en noir » de Nicolas de Staël, c’est étrange, non ?

    Je remercie deux peintures, celle que vous évoquez et une d’Affandi, un peintre indonésien. J’étais en train d’écrire, je cherchais encore le bon registre pour décrire les atrocités, sans esquiver les détails, mais sans perdre de vue l’ensemble. J’ai une passion pour la peinture et les arts plastiques, qui me vient de ma mère, elle-même peintre. Je me trouvais donc à Zurich, en pleine écriture de mon livre, et je vois cette toile qui m’a montré le chemin, fait de noirceur, d’humanisme, de précision et de lueur aussi. Celle d’Affandi aussi, parce qu’elle était faite de violence et de joie. Il aurait été considéré comme un peintre majeur s’il avait été américain ou français.

    La forme originale, très personnelle de cet ouvrage, comme celui sur le Congo, interpelle. Vous humanisez une histoire abstraite en ayant recours à la non-fiction littéraire. Pourquoi ? Pour la rendre plus accessible ?

    Le discours sur le Congo est trop souvent un monologue eurocentrique. Je voulais rédiger un dialogue en donnant la parole aux Congolais, mais aussi en écoutant des Belges. Dans ce livre sur l’Indonésie, je ne vais pas seulement du monologue vers le dialogue, mais je tends vers la polyphonie. Je suis parti aussi au Japon ou au Népal. Il était important de montrer la dimension internationale de cette histoire et de ne pas la réduire aux rapports verticaux et en silo entre les anciennes métropoles et les anciennes colonies, d’où le sous-titre de l’ouvrage : « et la naissance du monde moderne ».

    https://www.mediapart.fr/journal/international/011022/david-van-reybrouck-il-existe-une-forme-de-colonisation-de-l-avenir
    #Pays-Bas #violence #passé_colonial #livre #Sukarno #guerre_d'indépendance #politisation #fierté #Japon #torture #oubli #appropriation_culturelle #plaie #colonisation_de_l'avenir #désobéissance_civile #désobéissance_fiscale

    ping @cede

    • #Revolusi. L’Indonésie et la naissance du monde moderne

      Quelque dix ans après "Congo", David Van Reybrouck publie sa deuxième grande étude historique, consacrée cette fois à la saga de la décolonisation de l’Indonésie - premier pays colonisé à avoir proclamé son indépendance, le 17 août 1945. Il s’agit pour lui de comprendre l’histoire de l’émancipation des peuples non européens tout au long du siècle écoulé, et son incidence sur le monde contemporain.
      Fidèle à la méthode suivie dès son premier ouvrage, l’auteur se met lui-même en scène au cours de son enquête, alternant sans cesse, et avec bonheur, exposé de type scientifique et “reportage” à la première personne – ce qui rend la lecture de l’ouvrage à la fois aisée et passionnante.

      https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/revolusi

  • Les grandes écoles de commerce françaises de plus en plus présentes en Afrique (2mn23)

    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-%C3%A9conomie/20220929-les-grandes-%C3%A9coles-de-commerce-fran%C3%A7aises-de-plus-en-plus-pr%

    HEC, Essec, Toulouse Business School, ou encore Paris-Dauphine, les grandes écoles de commerce françaises développent de plus en plus leur présence en Afrique. Malgré les 1 200 universités que compte le continent, les besoins sont immenses. Sur le marché africain, les grandes écoles françaises s’appuient souvent sur des partenaires universitaires locaux. Avec un credo, fournir le même degré d’excellence à Rabat ou à Abidjan, qu’à Paris.

    « L’Afrique est une priorité stratégique pour HEC-Paris. » Difficile d’être plus clair que Philippe Oster, le directeur des Affaires internationales de HEC-Paris. L’Afrique a besoin de former ses managers, et HEC entend y contribuer. « Des deux côtés de la Méditerranée, notre objectif est de fournir une qualité d’enseignement absolument identique », explique-t-il.

    L’intérêt de HEC pour l’Afrique ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 2007, l’école forme des cadres administratifs et bancaires pour le compte des États. En quinze ans, 25 000 cadres ont reçu une formation par HEC. Mais depuis 2018, le groupe accentue sa présence sur le continent avec l’ouverture d’un bureau en Côte d’Ivoire. Depuis, les programmes pour managers, dirigeants et hauts fonctionnaires se multiplient.

    « Il y a un beau programme que nous avons lancé en 2019, baptisé “Lead Campus Sustainable Leadership”, autour du leadership responsable », dit Philippe Oster. « C’est un programme itinérant, car nous l’avons fait en partenariat avec une université marocaine, Mohammed VI-Polytechnique, et l’université de Cape Town. C’est un programme panafricain. »
    Former à l’Afrique, former l’Afrique

    À HEC, les cadres sont formés en Afrique, mais les étudiants sont toujours tenus de venir sur le campus parisien. L’école s’attachant à y intégrer chaque année davantage de postulants africains. L’autre grande école de commerce française, l’Essec, possède quant à elle depuis 2018 un campus à Rabat, au Maroc. Il sert de hub pour ses activités transcontinentales.

    « Connecter, former, rayonner sont les trois piliers de notre stratégie en Afrique », annonce Vinenzo Vinzi, directeur général de l’Essec Busniess School. Si l’Essec forme des étudiants venus de tout le continent sur son campus marocain, elle va proposer, dès novembre, une formation dédiée aux dirigeants et cadres européens soucieux de découvrir les marchés africains, leurs particularités économiques et managériales.

    La dimension culturelle qui, par ailleurs, fait partie de ce programme, est extrêmement importante. C’est vrai dans la manière dont on manage les équipes, mais aussi dans la manière dont les économies se développent. Pour vous donner un exemple, dans l’approche modulaire de ce programme, il va y avoir un cours sur le rôle de l’économie informelle en Afrique. l’économie informelle existe partout, mais le rôle que cet économie joue en Afrique est assez spécifique. Et donc les participants à ce programme auront une formation à ce sujet.

    Former à l’Afrique, former l’Afrique... En termes de marché, le continent est une terre d’opportunités pour les grandes écoles de commerce. Elles ont aussi compris que pour y réussir, elles devaient s’appuyer sur les universités locales. La coopération entre les universités africaines et celles des autres continents est en plein boom. Les Français sont loin d’être les seuls. Américains, Chinois, Indiens ou Anglais proposent, eux aussi, des partenariats transcontinentaux.

    #Enseignement#Économie#Afrique#Libéralisme#colonisation#commerce#Formatage#HEC#Management#Manager

  • @cdb_77

    Hôtel Abyssinie (57mn)

    https://images.cnrs.fr/video/806

    Auteur(s)
    LE HOUEROU Fabienne

    En 1935, l’Italie fasciste tente une annexion de l’Ethiopie qu’elle souhaite ajouter à l’Erythrée et la Somalie précédemment colonisées. Mussolini envoie 300 000 hommes pour cette guerre (100 000 volontaires, et d’importantes troupes africaines, les Ascari). Amedeo, César, Oreste, Alba, Gino..., partis en Abyssinie pour ce combat, se sont fixés ("ensablés") sur les hauts plateaux, malgré la défaite italienne en 1941.
    Le film retrace, à l’aide de nombreux extraits d’actualités de l’époque et des souvenirs de ces Italiens, l’histoire de cette conquête et la propagande fasciste qui présentait l’Ethiopie comme un merveilleux Eldorado. Ceux-ci racontent leur vie quotidienne et leurs rapports très particuliers avec l’Ethiopie qui, pour la plupart, est devenue leur deuxième patrie.
    Amedeo et ses amis témoignent des raisons qui les ont incités à rester et à accepter cet exil insolite : un certain rêve de liberté, les facilités pour trouver du travail bien mieux payé qu’en Italie, les femmes... Les nombreuses traces de la culture italienne, comme l’architecture, les traditions culinaires, la reprise de certains termes de la langue, manifestent l’influence de cette communauté dans ce pays.

    #cinéma #Ethiopie #colonialisme #colonialisme_italien #colonisation#ensablés#Fabienne_le_houerou#documentaire#Asmara#Massawa#Erythrée#Addis_Abeba#Piassa

  • Italy’s bloody secret

    The Guardian, London, UK, 25 Jun 2003

    http://www.derechos.org/nizkor/impu/itaimp1.html

    They were always portrayed as victims of fascism, but Mussolini’s soldiers committed atrocities which for 60 years have gone unpunished. Now the conspiracy of silence is at last starting to unravel. Rory Carroll reports.

    The footnotes of Italian history record Giovanni Ravalli waging war on criminals. He was a police prefect who kept the streets safe and pursued gangs such as the one which stole Caravaggio’s The Nativity from a Palermo church in 1969. An adviser to the prime minister, a man of the establishment, he retired on a generous pension to his home at 179 Via Cristoforo Colombo, south Rome, to tend his plants and admire the view. He died on April 30 1998, aged 89.

    The footnotes do not record a Greek policeman called Isaac Sinanoglu who was tortured to death over several days in 1941. His teeth were extracted with pliers and he was dragged by the tail of a galloping horse. Nor do they mention the rapes, or the order to pour boiling oil over 70 prisoners.

    After the war Ravalli, a lieutenant in the Italian army’s Pinerolo division, was caught by the Greeks and sentenced to death for these crimes. The Italian government saved him by threatening to withhold reparations unless he was released. Ravalli returned home to a meteoric career that was questioned only once: in 1992 an American historian, Michael Palumbo, exposed his atrocities in a book but Ravalli, backed by powerful friends, threatened to sue and it was never published.

    His secrets remained safe, just as Italy’s secrets remained safe. An audacious deception has allowed the country to evade blame for massive atrocities committed before and during the second world war and to protect the individuals responsible, some almost certainly still alive. Of more than 1,200 Italians sought for war crimes in Africa and the Balkans, not one has faced justice. Webs of denial spun by the state, academe and the media have re-invented Italy as a victim, gulling the rest of the world into acclaiming the Good Italian long before Captain Corelli strummed a mandolin.

    In reality Benito Mussolini’s invading soldiers murdered many thousands of civilians, bombed the Red Cross, dropped poison gas, starved infants in concentration camps and tried to annihilate cultures deemed inferior. “There has been little or no coming to terms with fascist crimes comparable to the French concern with Vichy or even the Japanese recognition of its wartime and prewar responsibilities,” says James Walston, a historian at the American University of Rome.

    The cover-up lasts to this day but its genesis is now unravelling. Filippo Focardi, a historian at Rome’s German Historical Institute, has found foreign ministry documents and diplomatic cables showing how the lie was constructed. In 1946 the new republic, legitimised by anti-fascists who had fought with the allies against Mussolini, pledged to extradite suspected war criminals: there was a commission of inquiry, denunciations, lists of names, arrest warrants. It was a charade. Extraditions would anger voters who still revered the military and erode efforts to portray Italy as a victim of fascism. Focardi’s research shows that civil servants were told in blunt language to fake the quest for justice. A typical instruction from the prime minister, Alcide De Gasperi, on January 19 1948 reads: “Try to gain time, avoid answering requests.”

    Yugoslavia, Greece, Albania, Ethiopia and Libya protested to no avail. “It was an elaborate going through the motions. They had no intention of handing over anybody,” says Focardi. Germans suspected of murdering Italians - including those on Cephalonia, Corelli’s island - were not pursued lest a “boomerang effect” threaten Italians wanted abroad: their files turned up decades later in a justice ministry cupboard in Rome. Britain and the US, fearful of bolstering communists in Italy and Yugoslavia, collaborated in the deception. “Justice requires the handing over of these people but expediency, I fear, militates against it,” wrote a Foreign Office mandarin. The conspiracy succeeded in frustrating the United Nations war crimes investigation. There was no Nuremberg for Italian criminals.

    Given the evidence against them, it must rank as one of the great escapes. General Pietro Badoglio’s planes dropped 280kg-bombs of mustard gas over Ethiopian villages and strafed Red Cross camps. He died of old age in his bed, was buried with full military honours and had his home town named after him. General Rudolfo Graziani, aka the butcher of Libya, massacred entire communities; his crimes included an infamous assault on the sick and elderly of Addis Ababa. His men posed for photographs holding severed heads. General Mario Roatta, known to his men as the black beast, killed tens of thousands of Yugoslav civilians in reprisals and herded thousands more to their deaths in concentration camps lacking water, food and medicine. One of his soldiers wrote home on July 1 1942: “We have destroyed everything from top to bottom without sparing the innocent. We kill entire families every night, beating them to death or shooting them.” Italy’s atrocities did not match Germany’s or Japan’s in scale and savagery, and it is no myth that Italian soldiers saved Jews and occasionally fraternised with civilians. Glows of humanity amid the darkness; yet over time they have suffused the historic memory with blinding light.

    The distortion can partly be blamed on British prejudices about Italian soldiers being soft and essentially harmless, says Nic Fields, a military historian at the University of Edinburgh: “Many British historians liked to focus on the luxury items found in Italian barracks. It reinforced the image of opera buffoons. Your average Tommy tended to caricature the Italians as poor sods caught up in the war.”

    The crimes have been chronicled in specialist journals but never became part of general knowledge. Ask an Italian about his country’s role in the war and he will talk about partisans fighting the Germans or helping Jews. Ask about atrocities and he will talk about Tito’s troops hurling Italians into ravines. Unlike France, which has deconstructed resistance mythology to explore Vichy, Italy’s awareness has evolved little since two film-makers were jailed in the 1950s for straying off-message in depicting the occupation of Greece.

    When Japanese or Austrians try to gloss over their shame there is an outcry, but the Italians get away with it. The 1991 film Mediterraneo, about occupiers playing football, sipping ouzo and flirting with the locals on a Greek island, was critically acclaimed. Captain Corelli’s sanctification of Italian martyrdom was not challenged. Ken Kirby’s 1989 BBC Timewatch documentary, Fascist Legacy, detailing Italian crimes in Africa and the Balkans and the allies’ involvement in the cover-up, provoked furious complaints from Italy’s ambassador in London. The Italian state broadcaster, Rai, agreed to buy the two one-hour programmes, but executives got cold feet and for 11 years it has sat in a vault in Rome, too controversial to broadcast. “It’s the only time I can remember a client shelving a programme after buying it,” says a BBC executive. Kirby did manage to show it at a film festival in Florence. The reaction was toxic. “They put security on me. After the first reel the audience turned around and looked at me, thinking ’what a bastard’.”

    A brief storm of publicity engulfed Michael Palumbo, the documentary’s historical consultant. “I was practically assaulted by several Italian journalists. There was a sackful of death threats, some from former soldiers.” The documentary gave a voice to Italian historians such as Giorgio Rochat, who have provoked disapproval from colleagues by attacking the myth. “There remains in Italian culture and public opinion the idea that basically we were colonialists with a human face.”

    Another historian, Angelo Del Boca, says those guilty of genocide were honoured. “A process of rehabilitation is being organised for some of them by sympathetic or supportive biographers.” He says that for decades his research was obstructed - an accusation echoed by Focardi. Vital documents are “mislaid” or perpetually out on loan. Just one example: 11 years ago a German researcher found documents and photographs of Italian atrocities in Yugoslavia in the central state archive, a fascist-built marble hulk south of Rome. No one has been able to gain access to them since.

    Such scholars are few, but thanks to their work a tentative reappraisal may be under way. While paying homage last march to the Italian troops massacred by Germans on Cephalonia, President Carlo Azeglio Ciampi, noting that Italy invaded Greece, asked forgiveness. Newspapers such as La Stampa and Manifesto have reported new research, and a weekly magazine, Panorama, confronted Ravalli before he died. But Italy remains entranced by its victimhood. Television commentary for a military parade in Rome earlier this month hummed the glory and sacrifice of the armed forces. Newspapers splashed on the possibility that a 92-year-old former Nazi SS officer living in Hamburg, Friedrich Engel, may be prosecuted for crimes in Genoa. Other former Nazis accused of murdering Italians are being pursued now that the fear of a “boomerang” effect against Italian criminals has evaporated.

    Last month workers digging in northern Ethiopia stumbled on yet another Italian arms depot suspected of containing mustard gas. Addis Ababa asked Rome to respect an international weapons treaty by revealing the location of stockpiles and helping to clear them. Like all other requests over past decades, it was rebuffed. “All efforts on Ethiopia’s side to convince Italy to live up to its responsibilities have failed,” lamented the government.

    That week Italy’s media did indeed delve into the evils of fascism: Italians forced to work in Adolf Hitler’s factories were campaigning for compensation.

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#AOI#Yekatit12#Graziani#Addis_Abeba

    • Fascist Legacy

      Fascist Legacy ("L’eredità del fascismo") è un documentario in due parti sui crimini di guerra commessi dagli italiani durante la seconda guerra mondiale, realizzato dalla BBC e mandato in onda nei giorni 1 e 8 novembre 1989.

      https://it.wikipedia.org/wiki/Fascist_Legacy

      La prima parte tratta dei crimini di guerra commessi durante l’invasione italiana dell’Etiopia e nel Regno di Jugoslavia. Viene messo in rilievo l’impiego dell’iprite, o gas mostarda, da parte del generale Pietro Badoglio, sui bombardamenti di ospedali della Croce Rossa e sulle rappresaglie dopo un attentato contro l’allora governatore italiano dell’Etiopia. La sezione che esamina l’occupazione della Jugoslavia cita gli oltre 200 campi di prigionia italiani sparsi nei Balcani, in cui morirono 250.000 internati (600.000 secondo il governo jugoslavo), e si sofferma sulle testimonianze relative al campo di concentramento di Arbe (Rab in lingua serbo-croata) e sulle atrocità commesse nel villaggio croato di Podhum, presso Fiume.

      La seconda parte tratta del periodo successivo alla capitolazione italiana nel 1943 e si rivolge principalmente all’ipocrisia mostrata tanto dagli USA quanto soprattutto dai britannici in questa fase della guerra. L’Etiopia, la Jugoslavia e la Grecia richiesero l’estradizione di 1.200 criminali di guerra italiani (i più attivamente ricercati furono Pietro Badoglio, Mario Roatta e Rodolfo Graziani), sugli atti dei quali fu fornita una completa documentazione. Entrambi i governi alleati videro però in Badoglio anche una garanzia per un dopoguerra anticomunista in Italia, e fecero del loro meglio per ritardare tali richieste fino al 1947 quando i trattati di Parigi restituirono la piena sovranità al paese. L’unico ufficiale italiano mai perseguito e condannato a morte da un tribunale britannico fu un antifascista, Nicola Bellomo, responsabile della morte di prigionieri di guerra britannici.

      La voce narrante originale è di Michael Palumbo, storico statunitense che ha pubblicato il libro L’olocausto rimosso, Rizzoli editore. Vengono inoltre intervistati gli storici italiani Angelo Del Boca, Giorgio Rochat, Claudio Pavone e il britannico David Ellwood. Il documentario termina cinicamente con una citazione di Winston Churchill su the better tomorrow with a new world order ("un domani migliore in un nuovo ordine mondiale"). I diritti dell’opera, tradotta in lingua italiana dal regista Massimo Sani, furono acquistati dalla RAI nel 1991, ma il documentario non venne mai mandato in onda. L’emittente LA7, invece, trasmise degli ampi stralci di Fascist Legacy nel 2004 all’interno del programma Altra Storia. Proiezioni del documentario vengono organizzate in Italia da parte di gruppi di orientamento antifascista. Dal 2013 il documentario è visibile su YouTube.

  • Palma, Silvana. – L’Italia coloniale

    Roma, Editori Riuniti (« Storia fotografica della società italiana », 35), 1999, 191 p., références photos, bibl.

    par Alain Gascon

    https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.1556

    Ce recueil de photographies publié dans la Storia Fotografica della Società Italiana est remarquable : à la qualité des reproductions s’ajoute le choix judicieux de documents souvent rares. Silvana Palma, qui enseigne l’histoire et les institutions des pays afro- asiatiques à l’Université de Rome, a assuré la présentation et le choix des photographies. Ce petit ouvrage complète utilement les travaux des historiens italiens sur l’aventure coloniale italienne notamment Gli Italiani in Libia et Gli Italiani in Africa Orientale d’Angelo Del Boca1. Il montre que les colonisateurs italiens n’ont pas été fondamentalement différents des autres Européens. En effet, tardive et marquée par la défaite d’Adwa, on attribue à la colonisation italienne un caractère amateur, improvisé voire bon-enfant, en contradiction avec l’âpreté et la brutalité des Anglais, des Français, des Allemands, des Belges ou des Portugais. Les nombreux Métis nés en dépit des lois raciales et les « ensablés »2, les Italiens demeurés en Éthiopie et en Érythrée après la chute de l’Impèro, en 1941, en seraient la preuve. Or, ce livre – et d’autres – montrent combien la poigne italienne n’a pas été moins rude que les autres férules coloniales. Ainsi, en couverture, on voit deux Érythréens enchaînés gardés par des soldats italiens et en page de présentation, le duc des Abruzzes qui s’embraque à Mogadiscio, porté sur un fauteuil par des Somali afin d’épargner à sa princière personne le contact de l’eau de mer. En introduction, le portrait halluciné d’un grazmach3 rebelle sur le point d’être fusillé, une bella Somalia peu vêtue et plus loin la « reconstitution » d’un village érythréen pour une exposition coloniale nous rappellent des clichés coloniaux maintes fois rencontrés.

    https://editoririuniti.it/products/litalia-coloniale?variant=29137087186

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#Emigration#AOI#Photographie

  • Au Kenya, une exposition multimédia sur les déplacements forcés sous la colonisation britannique

    Nairobi accueille une exposition multimédia consacrée à la politique de déplacements forcés du temps de la répression menée par l’empire britannique contre la révolte dite « Mau Mau ». Elle est organisée dans le cadre du projet du « musée du colonialisme britannique », un musée digital, lancé en 2018 par des chercheurs britanniques et kényans.

    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220927-au-kenya-une-exposition-multim%C3%A9dia-sur-les-d%C3%A9placements-forc%

    Objectif de cette exposition : reconstituer l’expérience vécue par 1,2 million de Kényans déplacés de force sous la colonisation britannique. On y trouve des maquettes, des vidéos de témoignages et des installations en trois dimensions qui permettent de se représenter le quotidien dans ce que les Britanniques appelaient « villages », mais qui étaient en réalité des camps de concentration.

    « Nous sommes habitués à lire l’histoire ou à l’appréhender à travers des photographies ou des enregistrements audios, mais avec ces outils, il est difficile de montrer avec exactitude la violence du colonialisme, explique Suhayl Omar, chercheur associé au musée du colonialisme britannique. Grâce aux installations 3D, nous arrivons à mettre les gens en situation pour leur permettre de voir comment ça se passait vraiment. Les médias coloniaux britanniques utilisaient des images biaisées pour manipuler : ils montraient des femmes en train d’apprendre à cuisiner, des rassemblements de gens bien habillés... Mais quand on reconstitue ces lieux et ces villages, on découvre l’ampleur de la violence qui était à l’œuvre. »

    Pour ce travail, les chercheurs s’appuient essentiellement sur des témoignages oraux de Kényans ayant connu cette période et ces lieux. Des paroles trop souvent marginalisées afin de pallier les difficultés d’accès aux archives britanniques ainsi que leurs lacunes.

    L’historienne Beth Rebisz, chercheuse enseignante à l’université de Bristol, est l’une des initiatrices de ce projet. Elle témoigne des lacunes des archives britanniques permettant de documenter cet épisode sanglant décolonisation britannique. Des archives que le gouvernement britannique a d’ailleurs très longtemps cachées… à travers ce qu’on a appelé l’opération « legacy » (opération « héritage »).

    Il s’agissait d’une opération menée par le gouvernement qui a consisté à cacher ou détruire secrètement tous les documents qui pouvaient de quelque manière que ce soit embarrasser le gouvernement britannique, sa majesté la reine, ou impliquer toute personne ayant travaillé au sein de l’administration coloniale. Lorsque ces archives ont finalement été ouvertes en 2011, les historiens ont pu avoir confirmation de l’ampleur des violations des droits de l’homme qui ont été commises. Mais aujourd’hui, si vous allez consulter ces archives à Londres, cela reste des dossiers gouvernementaux écrits par des administrateurs coloniaux, qui essaient de dépeindre les choses d’une certaine manière. C’est pourquoi dans mon travail, j’essaie de les questionner et de les remettre en cause en menant des entretiens avec des femmes qui ont été déplacées et réinstallées de force.

    https://www.museumofbritishcolonialism.org

    #Kenya#Mau_Mau#colonisation#colonialisme#villagisation#migration#Archives#Histoire#Medias#resettlement

  • L’Esclave blanc

    Un Long-métrage de Jean-Paul Paulin

    Sortie en France : 02/10/1936

    https://www.unifrance.org/film/39227/l-esclave-blanc

    Bande annonce :

    https://www.dailymotion.com/video/x5l1irr

    Sur la côte orientale d’Afrique, un riche planteur, homme irascible, fait venir sa fille Simone auprès de lui pour travailler à l’exploitation. Son employé principal, Georges, est le seul blanc de la région.

    Evidemment, Georges et Simone deviennent amis et s’éprennent l’un de l’autre. Le père s’oppose au mariage. Georges quitte la maison du planteur et va vivre maritalement avec une indigène.

    Les lois de la tribu s’opposent à cette liaison et la femme noire est assassinée. Georges lui-même est fait prisonnier par les noirs. Il va être massacré lorsque une troupe au service du planteur, conduite par Simone, le délivrera à temps. Le père se laissera fléchir.

    #colonialisme #colonisation #Italie#histoire#somalis#issas#Ethiopie#Emigration#Cinema#Propagande#Somalie#Djibouti

  • SENTINELLE DI BRONZO

    Version : 1937 - Italie - Noir et Blanc - 92 Minutes.

    Peu de mois avant le déclenchement de la guerre d’Ethiopie, quelques survivants fidèles à l’Italie se sont réfugiés dans un petit fort alors assiégé par les autochtones. Le courage du commandant et l’héroïsme d’un sergent permettent finalement de renverser la situation...

    #Italie #colonialisme #colonisation #histoire #mémoire #oubli #fascisme#Emigration#AOI#Cinema#Propagande

  • ALDO BARATTI : “FOTO-RIFLESSIONI” ED ESTETISMI DALL’AFRICA ORIENTALE

    par Claudio Crescentini

    https://lalbatros.it/index.php/arte/201-aldo-baratti-foto-riflessioni-e

    Nel recuperare i germi della crisi del pensiero e della critica “attualista” degli anni Trenta del Novecento, volta con coerenza sia contro Croce che contro Gentile, potremmo rintracciare, in funzione estetico-visiva, una chiave di lettura coerente per analizzare la fotografia di quel periodo e in particolare quella tranche di storia della fotografia italiana – tipicamente italiana – legata alle italiche colonie africane. Un settore specifico della fotografia italiana del primo Novecento sempre meno studiato, anche per motivi ideologici e che va lentamente scomparendo proprio negli ambiti di studio ufficiali nazionali. Il recupero contemporaneo non deve ovviamente apparire come di “tipo ideologico”, ma appunto di studio e conoscenza di parte del nostro passato artistico, anche quello meno, per così dire, “politicamente corretto”. La storia e quindi la storia dell’arte è fatta d’altronde anche di queste parentesi nere che però non devono gettare ombra sugli studi successivi, come ad esempio è avvenuto col Futurismo, per la rivalutazione del quale abbiamo dovuto aspettare gli storici americani degli anni Sessanta.

    In tale percorso critico risulta quindi interessante recuperare tale “frangia” di storia della fotografia, partendo dal pensiero di Adelchi Baratono,[1] in particolare per quello che riguarda la persistenza concettuale del soggetto guardante abbinata al valore tecnico-sensibile dell’esperienza estetica e per la derivante “redenzione” del concetto di praticità dell’arte e dei suoi differenti orientamenti tecnici.

    Si tratta di un concetto che, a nostro avviso, è possibile anche sostenere tramite il razionalismo critico di Antonio Banfi, del quale ci limiteremo a porre in nuce la medianità direttiva della sua riflessione estetica, nel momento in cui, proprio negli anni Trenta, la forte ripresa della riflessione sull’arte costituisce uno dei momenti più salienti e, in maggior misura, qualificanti dell’arte e del pensiero italico.

    La sfera estetica così trattata esaudisce in contemporanea due esigenze contrastanti dell’intellettuale e, per traslato, dell’artista che, per quanto riguarda la nostra analisi del fotografo Aldo Baratti, finisce per «cogliere e privilegiare la dimensione dinamica, la provocazione irrazionale, la irriducibilità istituzionale e organizzativa della realtà presente, il “caos del vivente”; e insieme quella di riorganizzarla, formalizzarne la necessità, realizzarne la “composizione razionale”».[2] Così come fa, da altro punto di vista, anche Antonio Banfi, il pensiero del quale, fra l’altro, sembra oscillare fra due dimensioni vicine seppur distinte: quella che potremmo definire del «dover essere» dell’arte e perciò della bellezza, e quella maggiormente pragmatica dal filosofo definita come «corrente di vita», di volta in volta nutrita dall’inestinguibile molteplicità e autonomia dell’esperienza estetica stessa.[3]

    Inevitabile diviene perciò l’opposizione con l’estetica crociana e la collisione con i movimenti di pensiero più aperti e internazionali che porteranno, per traslato, lo ripetiamo, a ripercorrere il concetto dell’arte – leggi ancora fotografia – di questo periodo con un’ottica completamente nuova rispetto al precedente.

    La ricomposizione avviene ancora mediante i due indicati concetti dedotti dal Banfi e che definiscono, in sintesi, la dicotomia fra dogmatismo e pragmatismo. Per intenderci: decorativismo > funzionalità; gusto contro teoria. Del resto questo è un po’ il problema di tutta la fotografia e dell’arte in generale nel decennio affrontato.[4] Ed è tutto qui – e non è da poco – tutto riassumibile per mezzo delle due già indicate categorie estetiche di Banfi, che finiscono per definire, dal nostro punto di vista, la sperimentazione di un’arte fotografica da intendere soprattutto come tecnica, media funzionale valido per sé stesso, e dall’altra la determinazione di una tecnica artistica definita dal risultato, cioè dall’immagine in sé e per sé. La fotografia quindi come dogmatismo estetico abbinato, ed è il caso esplicito dell’Italia, con l’ideologia dominante.

    Si tratta di una dicotomia già a suo tempo verificata da Guido Pellegrini, allora Presidente del Circolo Fotografico Milanese, personaggio e teorico di spicco della fotografia italiana del periodo, per mezzo soprattutto delle sue cronache e recensioni pubblicate sulle pagine della rivista «Cinema». In particolare, nel descrivere i caratteri della fotografia a lui contemporanea, ne schematizza i tratti peculiari nell’ambivalenza fra «foto statica», che riproduce passivamente la visione propria dell’occhio umano, e «foto dinamica» che riproduce ciò che «vede» la camera oscura, la quale «per mezzo del suo occhio acutissimo e luminosissimo “ferma” sulla superficie oggi enormemente sensibile, nudamente e solamente “quello che è”».[5]

    In questo periodo ci troviamo comunque nel contesto di una vera e propria rivoluzione internazionale, legata soprattutto alla diffusione della pratica fotografica che vede come mezzo principale il lancio sul mercato di nuove macchine fotografiche economiche, di medio e piccolo formato. Tipo la Rolleiflex, immessa nel mercato dal 1929, cui fece seguito nel ’33 un modello più economico, la Rolleicord, ben presto gradita e utilizzata, oltre che dai foto-cronisti, anche da molti fotoamatori.[6]

    A queste va anche ricordata la distribuzione delle più note Leica, Reflex-Korelle e Contax, la prima utilizzata, fra gli altri, anche da Robert Capa e Gerda Taro durante il loro periodo di inviati free lance per documentare la Guerra di Spagna. Ma questa è tutta un’altra storia[7] rispetto a quella che andiamo ad analizzare, con ideali, concetti e inquadrature che insegnano altro rispetto al potere dominante.

    Possiamo realmente dire che negli anni Trenta ci troviamo in piena evoluzione della fotografia istantanea, ma non ancora totalmente di tipo amatoriale come avverrà più tardi e comunque nei decenni Quaranta-Cinquanta. Istantanea quindi, ma sempre legata alla visione artistica del soggetto da riprodurre, estrapolato “dal di dentro” della cronaca per divenire storia, seppur interpretata da angolazioni e prospettive diverse come nel caso di quello che abbiamo definito come «foto-riflessioni» di Aldo Baratti.

    Presente ad Asmara, in Eritrea, probabilmente già dagli anni Venti,[8] Baratti ha fatto sicuramente parte di quella serie di italiani emigrati nella parte orientale del Corno d’Africa dalla fine dell’Ottocento,[9] con un’accentuazione numerica realmente importante proprio fra gli anni Venti e Trenta, per mezzo anche – se non soprattutto – della propaganda del Regime Fascista.[10]

    Baratti comunque rientra senza ombra di dubbio fra i diffusori del “nuovo” mezzo di riproduzione meccanica in Eritrea dove, infatti, proprio dagli anni Trenta si rileva una notevole concentrazione locale di fotografi, anche non italiani.

    Molti, infatti, i professionisti eritrei della fotografia che fuoriescono dalla consultazione dei documenti e relazioni economiche dell’epoca, che spesso però non disponevano di un locale fisso dove svolgere la loro attività, un negozio e/o uno studio, anche per la mancanza di reperire i capitali giusti per dare forma ad un importante investimento produttivo com’era appunto quello dell’apertura di una sede commerciale, e che preferivano svolgere la loro attività in maniera, diciamo così, più flessibile.

    Ci troviamo di fronte alla presenza e all’attività in loco di quelli che venivano all’epoca inseriti nella categoria dei «Fotoambulanti» che, in un certo senso, riportano alla mente l’ormai famoso personaggio di Don Pasquale il fotografo, amico e coinquilino di Felice Sciosciammocca, felicemente descritto da Eduardo Scarpetta nel 1887 in Miseria e Nobiltà e che appunto professava l’attività di fotografo – in questo caso “semi-ambulante” – sotto il Teatro San Carlo di Napoli.[11]

    Aldo Baratti al contrario è iscritto già nel 1931 nel Registro delle ditte presenti in Eritrea, al n. 43, come «ditta / ragione sociale: individuale; oggetto del commercio o dell’industria: Studio fotografico e commercio in articoli fotografici; sede e succursali: Asmara».[12]

    Un professionista quindi, con sede professionale stabile registrata a suo nome, nella città dove vive da tempo, Asmara.

    Un fotografo non di guerra quindi, ma di realtà, quella realtà “esotica” tanto amata in Italia e che Baratti esportava come parte integrante del sogno italiano in Africa. In tale contesto colpisce la sua serie fotografica delle Venere nera, realizzata negli anni 1930-35, ancora oggi indubbiamente il concept fotografico più conosciuto di Baratti (fig. 1).

    Fig. 1 Aldo Baratti, Ragazza eritrea (serie Venere nera), 1930-35, fotografia, coll. privata

    Immagini originali di ragazze in posa, riprodotte poi in cartoline distribuite anche in Italia, con appunto «(…) giovani ragazze arabe e bilene, baria e cunama. Le foto erano in bianco e nero e per l’epoca erano terribilmente audaci perché offrivano la più stupefacente collezione di seni turgidi, di pose ardite e di sguardi provocanti. Destinate originariamente alle truppe del corpo di spedizione, le cartoline avevano conosciuto una larga diffusione anche in Italia».[13]

    Ritratti di giovani ragazze di colore realizzati da Baratti con un occhio particolarmente estetizzante, come a voler quasi rafforzare l’immagine iconica delle stesse rappresentate. Con in più un tocco “esotico”, o ritenuto tale, dato ad esempio dalle pelli animali dove le ragazze venivano sdraiate e/o sedute o da autoctone decorazioni parietali di scenografia.

    Evidente anche il taglio cinematografico della rappresentazione, dove, per l’immagine di questa serie di ritratti femminili, il fotografo fa uso di una specifica delineazione dell’utilizzo di un certo tipo di pose languide, divistiche, di tipo prettamente occidentale. Pose che però caricano la forza visuale della rappresentazione mediante il confronto/scontro con la semplicità dell’atteggiamento fisionomico di queste stesse ragazze, dei loro sorrisi che rimandano ancora alle loro coetanee italiane utilizzate nel cosiddetto cinema dei “telefoni bianchi” che proprio all’epoca andava invadendo il mercato cinematografico italiano e delle colonie italiche. E che tanto piaceva al pubblico italiano d’Italia e dell’Africa italiana.[14]

    Non è ovviamente da porre in secondo piano la sensualità della posa scelta per queste ragazze, altro elemento sul quale il fotografo andava vivamente insistendo, in modo quasi da implementare un nuovo mercato dell’immagine fotografica, fra Africa ed Europa, fra nord e sud, con ragazze nere in, quelle che si potremmo definire, “pose da bianche”. Continuando con i riferimenti cinematografici, potremmo dire che Baratti fotografava ragazze nere come ragazze “della porta accanto”, ovviamente più “spudorate” e ammiccanti rispetto al coevo contraltare filmico.

    Oltre a questa serie, Baratti si specializza anche in rappresentazioni più, diciamo così, sociali, sempre da collegare alla curiosità occidentale e del pubblico della madrepatria, mediante la realizzazione di fotografie scattate nei dintorni di Asmara e raffiguranti scene di vita e di lavoro quotidiano. Come nella serie Lavoro contadino, del periodo 1932-34 (figg. 2-3).

    Fig. 2 Aldo Baratti, Bambini nella campagna dei dintorni di Asmara, (serie Lavoro contadino), 1932-34, fotografia, coll. privata❞

    Fig. 3 Aldo Baratti, Costruzione di recipienti per granaglie (serie Lavoro contadino), 1932-34, fotografia, coll. privata

    In questo caso possiamo quasi parlare di istantanea e di un lavoro sull’immagine in qualche modo “meno accurato” per quanto riguarda la composizione della scena, rispetto alla serie Venere nera realizzata da Baratti totalmente nel suo studio di Asmara.

    Scatti comunque non casuali e non preparati, ma che proprio per questa loro ricercata immediatezza riescono a definire la freschezza e la semplicità della scena fermata dal fotografo.

    In tal senso ci troviamo proprio nell’attivazione pragmatica delle teorie già riportate di Guido Pellegrini, nella più totale ambivalenza proprio fra quella realizzazione di «foto statica» e «foto dinamica» che il teorico della fotografia aveva ampiamente teorizzato negli anni Trenta in Italia.

    Il tentativo di Baratti sembra essere quello di voler superare l’impasse del foto-documento nei confronti di una (pre)meditata idea di foto d’arte composta da immagini scarne, essenziali, emblematiche, che ormai, negli anni Trenta, era diventata serva integerrima del Fascismo e che, dopo la caduta del Regime, tornerà ad essere relegata a pura fonte di documentazione più che di arte, quasi di tipo sociale, in qualche modo antropologico, etnografico. Mentre a nostro avviso Baratti cerca di realizzare una fotografia che va decisamente al di là dello stereotipo dell’idea epica del mondo divulgata, ad esempio, da molto coeva fotografia americana, per una fotografia invece che seppur puntata verso la “diversità” della rappresentazione di razze e società, riesce però a farlo con un occhio che non è solo da colonizzatore ma appunto quello curioso e indagatore del fotografo e quindi dell’arte.

    Si veda in tal senso Scena rituale (fig. 4). In questo caso la scena fotografata da Baratti è identificabile con i rituali del clero copto che proprio nella comunità cristiana italiana delle colonie d’Africa aveva trovato un ambiente decisamene benevolo e disponibile, anche per quella sua particolarità di creare fulcri monacali dediti alla preghiera e all’aiuto sociale e familiare dei credenti, soprattutto nelle zone desertiche.

    Fig. 4 Aldo Baratti, Scena rituale (o Clero copto), 1932 ca., fotografia, coll. privata

    La fotografia è giocata per giustapposizioni strutturali date dal trattamento dei corpi e dei panneggi delle vesti, come ad esempio in una fotografia di architettura di Luciano Morpurgo. Ma le fotografie di Baratti hanno comunque il pregio di non restare “mute” ma di trasmettere all’osservatore il senso, anche naturale, della realtà “così com’è”, con la pretesa quindi di “parlare”, di affermare anche un pensiero, una riflessione dell’artista fotografo relativa a ciò che vede e per chi guarda.

    Imprescindibile l’adesione alla retorica nazionalista del Fascismo, in un’epoca in cui la fotografia, con la sua connaturata attitudine indagatoria e rivelatrice, si era ormai già ampiamente avviata a divenire un potente e persuasivo mezzo mass-mediologico.

    Ma con Baratti ci sembra però che la fotografia torna ad essere, seppur nella logica di una contestualizzazione storica ben definita e di una impostazione culturale altamente identificata, elemento dinamico e pensiero, con in più quel senso più spiccatamente – sfacciatamente – esotico che tanto piaceva al Regime e ai suoi sudditi.

    La fotografia quindi si va sempre più ad integrare all’operazione intellettuale del fotografo, «foto-riflessioni» come l’abbiamo definita, in funzione ideologica e di Regime, il quale, preme ricordare, per lungo tempo ha affidato la divulgazione della propria immagine al mussoliniano Istituto Luce, laboratorio e medium di persuasione e di celebrazione dei miti del Regime stesso.

    In questo modo il fotografo Baratti supera in un colpo solo la divisione, ancora molto attuale nella pratica della fotografia italiana così come nelle teorizzazioni divulgate dalle riviste specializzate italiane del periodo, tra fotografia artistica e fotografia documentaria e sociale, cercando d’imporre, per quanto sia possibile da Asmara, un nuovo modo di fare e vedere la fotografia, focalizzata in primis su una sua propria e più totale forza di persuasione e perciò di pensiero, dove ovviamente l’intento politico non è minimamente da porre in secondo piano.

    [1] Cfr. A. Baratono, Il mondo sensibile. Introduzione all’estetica, Messina-Milano 1934.

    [2] A.L. De Castris, Egemonia e fascismo, Bologna 1981, p. 103.

    [3] Per quanto riguarda il pensiero di Antonio Banfi rimandiamo al suo Per un razionalismo critico, Como 1943 e alle Lezioni di estetica raccolte a cura di Maria Antonietta Fraschini e Ida Vergani, Milano 1945. Ricordiamo comunque che il pensiero di Antonio Banfi aveva ovviamente come unico riferimento critico la scrittura da noi nella presente sede applicato, come già anticipato, alla fotografia.

    [4] Per un maggior approfondimento della questione, sia a livello estetico che sul piano fotografico e quindi artistico del periodo, cfr. C. Crescentini, Dicotomie nella fotografia italiana all’epoca del déco, in F. Benzi a c. di, Il Deco in Italia, cat. mostra, Roma 2004, Milano 2004, pp. 302-317.

    [5] G. Pellegrini, La nuova fotografia, in «Il Progresso Fotografico», n. 3, 30 marzo 1933.

    [6] «Nell’evoluzione della macchina fotografica, vanno [anche] ricordate l’Exacta, che è stata la prima reflex monoculare di piccolo formato, cm 4x6,5 (1933), la Primarflex di Curt Bentzin, cm 5x6 (1934)». I. Zannier, Storia e tecnica della fotografia, Roma-Bari 2003, p. 160.

    [7] Una storia così bene raccontata di recente sotto forma di romanzo da H. Janeczek, La ragazza con la Leica, Milano 2017, libro vincitore del LXXII Premio Strega.

    [8] A quanto risulta dalla residua e frammentata documentazione relativa all’attività fotografica di Aldo Baratti fra l’Italia e Asmara, ricordiamo che alcune sue foto risultano pubblicate nel testo: Prime letture tigrigna. Qadamaje masehafe nebabe, Asmara, Missione Evangelica, 1928. Mentre nel 1931 risulta «Premiata foto Baratti, Asmara – Massaua. Rappresentante esclusiva depositaria della casa M. Cappelli di Milano. Lastre – pellicole – carte. Fotografie artistiche e commerciali nere e colorate. Riproduzioni e ingrandimenti. Laboratorio per stampe e sviluppi per dilettanti con perfetto macchinario moderno. Ricco assortimento di materiale fotografico di 1° ordine. Vedute – usi – costumi e tipi della Colonia in qualsiasi formato. Montature inglesi e pittura ad acquarello e olio». Cfr. L. Goglia, Africa, colonialismo, fotografia: il caso italiano (1885-1940), in Fonti e problemi della politica coloniale italiana, Atti del Convegno di Studio, Taormina-Messina, 23-29 ottobre 1989, Roma 1996, pp. 827-829.

    [9] Ricordiamo, con solo un minimo cenno storico, che l’inizio dell’occupazione italiana dell’Eritrea avvenne nel novembre 1869 con l’avviò delle trattative per la cessione della Baia di Assab al Governo italiano, portate avanti da padre Giuseppe Sapeto per conto della Società di Navigazione Rubattino di Genova. Nel 1890 l’Eritrea fu ufficialmente dichiarata colonia italiana. Cfr. per la storia del periodo, di “quel periodo”, nella sua versione commerciale: E.Q.M. Alamanni, La Colonia Eritrea e i suoi commerci, Torino 1891.

    [10] L’Eritrea, rispetto all’Etiopia e alla Somalia Italiana, fu indubbiamente la colonia con la più forte concentrazione di italiani civili. Si pensi che nel censimento del 1939 solo ad Asmara furono censiti 53.000 Italiani su una popolazione totale di 98.000 abitanti. Cfr. T. Negash, Italian colonisation in Eritrea: policies, praxis and Impact, Uppsala 1987.

    [11] Così come da trasposizione cinematografica del 1954 di Mario Mattoli, con Totò, Sophia Loren e Carlo Croccolo.

    [12] Cfr. quanto riportato presso l’Ufficio Eritreo dell’Economia, nel Registro delle ditte, 1° elenco delle ditte residenti nel territorio dello Hamasien (europei e assimilati), in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. III, n. 33-34, marzo-aprile 1931, pp. 1177-1186. Nello stesso registro è presente anche un altro Baratti, Guido, iscritto al n. 104, sempre con ditta e ragione e/o ragione sociale individuale, proprietario del locale cinema “Dante” (Idem). Ad oggi non siamo riusciti a rivelare una possibile parentela fra i due Baratti attivi contemporaneamente ad Asmara. Il nome di Baratti è ancora presente nell’elenco ufficiale del 1939. Cfr. Rilevazione degli esercizi a carattere artigiano. Elenco delle attività artigiane, in Bollettino Economico dell’Eritrea, a. XII, n. 96, 31 ottobre 1939, p. 387.

    [13] A. Del Boca, L’Impero, in M. Isnaghi a c. di, I luoghi della memoria. Simboli e miti dell’Italia unita, Roma-Bari 1996, pp. 423-424. In realtà Del Boca descrive Baratti come «un furbo tipografo di Asmara», mentre in realtà, come abbiamo già in parte affermato, il fotografo è iscritto come proprietario di uno studio fotografico e, quindi, come succedeva il più delle volte in Europa, attivo in prima persona nella professione di fotografo, alla quale si andava abbinando, quella appunto di rivenditore di prodotti fotografici. Più difficile pensarlo come tipografo anche se le fotografie le stampa sicuramente da solo nel proprio edificio commerciale. Anche questo in realtà rientra nella norma della professione, almeno fino agli anni Sessanta, periodo in cui il fotografo acquisisce una maggiore autonomia gestionale e concettuale della sua professione per divenire a tutti gli effetti artista, con lo studio che si trasforma da luogo anche di vendita ad appunto studio di posa fotografica tout court.

    [14] Per una visione di tale argomento di più ampio raggio cfr. N. La Banca, L. Tomassini a c. di, Album africano, Mandria 1997.

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