• Le droit au froid

    Le #combat d’une #femme pour protéger sa culture, l’#Arctique et la planète.

    Il [existe] une autre façon de plaider pour la protection de notre planète : exiger de la communauté internationale la reconnaissance du #bien-être_environnemental comme un droit humain fondamental. Sans la jouissance d’un #climat_stable et sécuritaire, les peuples ne peuvent exercer leurs #droits économiques, sociaux et culturels. Pour les #Inuit, comme pour nous tous, c’est ce que j’appelle « le droit au froid ».

    Cette formule singulière du « droit au froid » concentre bien tout l’esprit de la #lutte que #Sheila_Watt-Cloutier a menée durant plus d’une vingtaine d’années sur la scène internationale pour faire des changements climatiques un enjeu de droits humains. C’est d’ailleurs sous sa présidence au Conseil circumpolaire inuit qu’une pétition en ce sens a été déposée en 2005 auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, la première action juridique internationale du genre. Comme la culture et l’autonomie économique des Inuit sont tributaires du #froid et de la glace, le réchauffement planétaire d’origine anthropique constitue une négation de leurs droits sociaux, culturels et sanitaires. « L’impact des changements climatiques sur l’Arctique est un signe précurseur de ce qui attend le reste du monde », dira-t-elle.

    De son enfance à #Kuujjuaq, dans le nord du #Québec – à une époque où la culture inuit traditionnelle du transport en traîneau à chiens et de la chasse sur glace était encore dominante –, à son engagement pour l’environnement dans les instances internationales, Le droit au froid est le récit d’une femme inspirante, devenue un modèle de leadership pour le XXIe siècle.

    https://ecosociete.org/livres/le-droit-au-froid
    #droit_au_froid #livre #climat #changement_climatique #glace #résistance #droits_humains #droits_fondamentaux #écologie

  • Europe. Elnet, au service du business israélien de la guerre - Mathieu Rigouste - Sarah Benichou - Simon Mauvieux
    https://orientxxi.info/Europe-Elnet-au-service-du-business-israelien-de-la-guerre

    Fondé à Bruxelles en 2007, Elnet, le réseau d’influence favorable aux intérêts d’Israël, s’est fait connaître pour son entregent politique au sein des parlements d’Europe, voire de certains exécutifs en France ou en Allemagne. Implantée aussi en Italie, au Royaume-Uni, en Pologne et auprès des institutions européennes et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles, l’organisation non gouvernementale (ONG) encourage un soutien inconditionnel aux politiques coloniales et génocidaires de l’État sioniste en Palestine.

    Si son travail de plaidoyer politique est de plus en plus documenté, notamment auprès de députés ou de sénateurs
    2
    , Elnet assure aussi la promotion des industries militaires et sécuritaires israéliennes.
    .../...« combat proven » (« éprouvées au combat ») sur les Palestiniens, et servent à renforcer les liens avec des ministres « sensibilisés » aux intérêts d’Israël. Parmi les personnalités politiques qui y ont pris part ces trois dernières années figurent Aurore Bergé, actuellement chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Annie Genevard, à l’agriculture, ou Françoise Gatel, à la ruralité, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet ou la secrétaire du groupe d’amitié France-Israël et députée de la 8e circonscription des Français de l’étranger Caroline Yadan, ainsi que de nombreux députés macronistes ou des Républicains.

    #Elnet #armement #Israël #Palestine #combat_proven
    #stratégie_d'influence #guerres_punitives

  • #Payer_la_terre. À la rencontre des premières nations des #Territoires_du_Nord-Ouest_canadien

    En 2015, Joe Sacco s’est rendu par deux fois dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, au-dessous de l’Arctique. Il est allé à la rencontre des Denes, un peuple autochtone. L’auteur nous raconte l’histoire de ce peuple, ses traditions, restées intactes pour certaines, les premières rencontres avec les Anglais.
    Pendant longtemps, les peuples indigènes du Grand Nord, vivant sur des terres non propices à la colonisation agricole, restèrent livrés à eux-mêmes, jusqu’à ce que la découverte de pétrole et d’or incite le gouvernement à officialiser son autorité sur eux, comme sur leurs terres. À cette période, les autorités s’appropriaient les territoires, non plus par les massacres, mais cliniquement, méthodiquement, et de façon administrative – grâce à des traités.
    En lisant ceux-ci, on n’échappe pas à l’impression que les « Indiens » ont donné la terre où ils vivaient en échange de la promesse d’une annuité de quelques dollars, de quelques outils et de médailles pour ceux qui se disaient leurs chefs. Aujourd’hui, la fracturation hydraulique ajoute la pollution à la spoliation initiale.

    https://www.futuropolis.fr/9782754818551/payer-la-terre.html
    #BD #livre #bande-dessinée
    #Joe_Sacco #Canada #peuples_autochtones #Dene
    #nature #forêt #nomadisme #environnement #montagne #animaux #humilité #fracturation_hydraulique #fracking #pétrole #Territoires_du_Nord-Ouest #industrie_pétrolière #Compagnie_de_la_Baie_d'Huston #extractivisme #conflits #résistance #travail #alcoolisme #drogue #alcool #argent #éducation #champs_pétroliers #exploitation_minière #développement #gaz_naturel #Sahtu #Mackenzie_Valley_Land_and_Water_Board #missionnaires #Eglise_catholique #religion #spiritualité #communauté #mines #uranium #ski-doo #fourrures #or #Traité_8 #Traité_11 #René_Fumoleau #oralité #tradition_orale #Wunk_Sheek #Fraternité_indienne_des_Territoires_du_Nord-Ouest #Denedeh #affaire_Paulette #François_Paulette #justice #combat_juridique #gazoduc #prise_de_conscience #identité #Fort_Simpson #Nation_dene #diamants #prospection #droits_miniers #accords_territoriaux #quantum #autonomie_gouvernementale #Fraternité_indienne #logement #harcèlement_policier #Hire_North #Accord_tlicho #colonisation #sédentarisation #genre #langue #violence_domestique #maltraitance #abus_sexuels #suicide #scolarisation #évangélisation #pensionnats #assimilation #acculturation #pensionnats_autochtones #christianisation #châtiments_physiques #commission_de_vérité_et_conciliation #viols #travail_salarié #excuses #génocide_culturel #souffrance #traumatisme #dédommagement #inceste #colère #déculturation #parentalité #Trout_lake #aides_sociales #revendication_territoriale #différend_territorial #Colombie-Britannique #Yukon #Fort_Liard #mer_de_Beaufort #Inuvik #racisme #identité #violence_relationnelle #Dene_Nahjo #Idle_No_More #déracinement #capitalisme #genre #dépossession #mine_Giant #complexe_d'infériorité

    • ’My work is not finished’ : #François_Paulette named officer of Order of Canada

      Denesuline elder has long advocated for Indigenous and treaty rights

      Denesuline Elder François Paulette has many accomplishments under his belt. He’s an educator, activist, spiritualist, father, grandfather, former chief, and a traditional knowledge holder.

      Now he can add one more title to his name — officer of the Order of Canada.

      The national order recognizes people who have made extraordinary contributions to the country. Paulette is among 120 people — six from the North — who are being honoured this year. He is being recognized for his longtime contributions to treaty and Indigenous rights and his promotion of circumpolar health research.

      “My biggest job has always been protecting the Earth and the water. And that’s always for the future of the children. And also the rights of Indigenous people, treaty rights,” he said.

      But Paulette, who is a member of the Smith’s Landing First Nation, said he’s not one for medals and awards. When he learned he was an Order of Canada recipient, he said he had to think about whether or not to accept the honour. He ultimately decided to do it for his 10 grandchildren.

      “It’s not in my blood to get recognition, at least from the Canadian government or the Crown for the work I’ve done, because my work is all about protecting Mother Earth and working on rights of Indigenous people,” he said.

      For Paulette, one of his proudest accomplishments is moving back to his home community where he and his wife built a log home and raised their children in a contemporary-traditional lifestyle.

      “It was a sense of renewal for me,” he said.

      Paulette was born in April 1949, near Fort Fitzgerald, Alta, and lived there until his community was relocated to Fort Smith, N.W.T., by the federal government beginning in 1959.

      Paulette said he’s also proud of his work negotiating outstanding Crown treaty obligations.

      In 1969, Paulette was one of the founding members of the Indian Brotherhood of the Northwest Territories — renamed the Dene Nation in 1978 — which was formed in opposition to The White Paper. That federal document proposed terminating existing treaties and assimilating Indigenous people in Canada.

      A turning point for the Dene

      In 1971, Paulette became the youngest chief in the territory at that time. The following year, he was part of the Paulette Case, something he said was a “turning point for the Dene.”

      In that case, Paulette and 16 other chiefs from the Mackenzie Valley, challenged the Canadian government to recognize Indigenous title to over 1,165,494 square kilometres of land in the N.W.T. They filed a caveat arguing the Dene didn’t surrender their rights or land when they signed Treaty 8 and Treaty 11 and sought to prevent construction of the proposed Mackenzie Valley Gas Pipeline.

      In 1973, Supreme Court Justice William Morrow ruled that the chiefs had established a case for claiming rights to the land. While the ability to register the caveat was overturned by the Supreme Court of Canada, Morrow’s findings regarding Indigenous rights were upheld. The case also helped prompt the Berger Inquiry, which led to a moratorium on the proposed gas pipeline.

      “I think that turned the page of how the Dene were to begin to negotiate … Canada’s outstanding obligation to the First Nations,” Paulette said.

      Paulette said he is also proud to have been one of the delegates that travelled to Geneva, Switzerland, in 1977, to begin talks that led to the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.

      “That was nice to see that eventually unfold and be recognized by the world.”

      Since then, Paulette has been involved with the Institute for Circumpolar Health Research and is now an adjunct professor at the University of Alberta’s School of Public Health. He has also travelled around the globe speaking to people about Indigenous and treaty rights, spiritualism, healing and environmental protection.

      “If this little token of, this Order of Canada can elevate my profile, I will continue,” he said. “My life in that way is not going to change, my work is not finished.”

      Paulette will be honoured by the Order of Canada at a ceremony in Ottawa later this year.

      https://www.cbc.ca/news/canada/north/francois-paulette-order-of-canada-1.5413265

  • #Covid et #Sida : mutualiser les luttes pour la #santé_publique | À ta #santé camarade !

    « À ta santé camarade ! » est une chronique mensuelle des #Canards_Masquées. Cette septième édition interroge les nombreux points communs entre Sida et Covid mais aussi ce qui différencie ces #épidémies. Elle prend le parti de tirer profit de l’expérience des luttes contre le Sida pour construire une #lutte_commune et auto-organisée pour la santé publique.

    Dans le monde de celleux qui ont conscience des dangers du Covid, il n’est pas rare de lire ou d’entendre des comparaisons entre Covid et Sida. Elles se fondent sur les points communs entre les virus du Sars-COV-2 et du #VIH, leurs effets sanitaires, les caractéristiques des deux épidémies et les #combats_politiques qu’elles ont fait émerger. Les comparaisons sont stimulantes quand elles dessinent des perspectives de lutte. Elles sont éclairantes pour intégrer les dimensions sociales et politiques des épidémies ou pour comprendre pourquoi les maladies virales touchent toujours plus durement les personnes déjà marginalisées et discriminées. Mais, aussi séduisantes qu’elles puissent paraître, ces comparaisons sont souvent simplistes et occultent les différences permettant une meilleure compréhension des deux épidémies et des enjeux qui en découlent.

    Sur le plan épidémiologique, les virus à l’origine du Sida et du Covid ont plus de points communs qu’on ne voudrait le croire. En particulier, ce sont tous les deux des virus systémiques (c’est-à-dire touchant tous les systèmes d’organes), qui attaquent le système immunitaire des personnes infectées. Dans le détail, les deux virus partagent le même déclencheur de destruction de lymphocytes (les globules blancs qui servent à la défense de l’organisme), comme on a pu le voir chez 72% des patient·es atteint·es de formes sévères de Covid. Cette similitude explique pour partie les formes longues de la maladie : les lymphocytes continuent de dysfonctionner pendant 2 ans après une contamination. Enfin, des études suggèrent également que le SARS-CoV-2 provoque l’apoptose cellulaire (mort cellulaire programmée) de certains lymphocytes T du système immunitaire.

    Dans l’épidémie de Sida comme dans celle de Covid, le dépistage précoce constitue un outil essentiel pour empêcher la transmission et permettre une prise en charge rapide (traitement post-exposition à prendre dans les 48h et antirétroviral dès le diagnostic pour le Sida, antiviraux à prendre dans les 5 jours pour le Covid). L’absence de prévention et de traitement peut mener dans les deux maladies à un isolement grandissant (perte d’emploi et de vie sociale) et à la mort. Les maladies liées au VIH ont encore causé 2,6 millions de décès de 2020 à 2023 dans le monde, la majorité d’entre elles en Afrique. En France, les personnes qui continuent à mourir du Sida sont majoritairement des femmes hétérosexuelles originaires d’Afrique subsaharienne âgées de 60 ans en moyenne. Sur la même période, le Covid a causé 35 millions de morts, ce qui inclue les décès directs dus à l’infection comme les décès résultant du Covid long, notamment celui à forme d’encéphalomyélite myalgique : les États-Unis ont officiellement reconnu 5 000 morts du Covid long, un chiffre largement sous-estimé mais qui a le mérite de reconnaître qu’en effet, on meurt également des effets différés du Covid. Là aussi, les personnes vieilles, handies, racisées, LGBT, pauvres, neuroatypiques, ont payé le plus lourd tribut à la pandémie.

    Du côté de la prise en charge politique et sociale des deux maladies, la catégorisation de certaines franges de la population comme vulnérables (les hommes gays et les consommateur·ices de drogues injectables dans le cas du VIH, les personnes âgées et immunodéprimées dans le cas du Sars-COV-2) a fabriqué en retour un sentiment d’invulnérabilité erroné dans le reste de la population. Le sentiment d’invincibilité des hétérosexuel·les vis-à-vis du Sida ou des personnes sans « comorbidités » vis-à-vis du Covid ont contribué au déni — largement encouragé par les gouvernements occidentaux — sur ces maladies, et au refus de la prévention. La capote en son temps a provoqué une levée de boucliers similaire, si ce n’est plus forte, que le masque. L’interdiction de publicité pour son usage n’a été levée qu’en 1986, après 10 ans d’un long travail militant d’éducation et d’acceptation. Dans le cas du Sida comme du Covid, l’opinion sanitaire est faite par les dominant·es : homophobes et sérophobes dans un cas, covidonégationnistes et validistes dans l’autre. Cela a favorisé, dans les deux épidémies, la dissémination de théories racistes sur l’origine des virus (négrophobes pour le Sida, sinophobes pour le Covid) et le foisonnement de supposés traitements alternatifs de la part des milieux complotistes et pseudo-scientifiques.

    La réticence à la réduction des risques (RDR) dans le cas du Covid reprend par ailleurs des fragments de discours qui font long feu : les hommes cis qui n’arrivent pas à être en érection avec un préservatif n’arrivent pas non plus à respirer avec un masque. Quant à l’accessibilité des seringues, la question reste un vrai problème qui continue à se heurter au mur de la toxicophobie. Plus largement, l’indifférence quasi générale au sort des autres relève d’un eugénisme de privilégié·es vis-à-vis de populations fragiles, vulnérables, considérées comme dispensables, et dont la santé ou la survie ne mériteraient aucun effort, aucune disposition. Dans les deux cas il est attendu des populations « surnuméraires » qu’elles arrêtent de vivre : en définitive, il était demandé aux transpédégouines d’arrêter de l’être, tandis que les personnes âgées, immunodéprimées ou handies sont aujourd’hui priées de cesser de sortir de leurs logements. En réponse à cet abandon généralisé, ce sont des militant·es isolé·es y compris dans le camp des luttes qui auto-organisent la prévention, produisent de l’information à partir des connaissances scientifiques et des avancées de traitements. Peu nombreuxses, ces militant·es qui crient dans le désert, passent pour des fanatiques — avant, c’est avéré pour le Sida et attendu pour le Covid, que leurs demandes ne deviennent des fondements de la santé publique.

    Cependant, les différences entre les deux épidémies ne manquent pas. Elles sont fondamentales à relever pour ne pas invisibiliser les spécificités des maladies comme des luttes. En premier lieu, les modes de transmission n’ont rien à voir. Se battre contre une épidémie qui se transmet par l’air partagé n’est pas identique au fait de se battre contre une maladie transmissible sexuellement, in utero et par injection/transfusion. Dans la première, le risque est présent constamment dans tous les espaces du quotidien ce qui impose de bâtir des solutions collectives (assurer une bonne qualité de l’air partout) et fragilise les seules mesures de prévention individuelle (le masque porté unilatéralement). Dans la seconde au contraire, si l’organisation étatique de la prévention constitue là aussi une base fondamentale, des outils personnels comme le préservatif, les seringues à usage unique ou la Prep se montrent essentiels.

    La perception de la maladie par le grand public n’est pas non plus la même en ce que l’homophobie structure totalement la perception du Sida, des malades, et les conséquences sur les proches des personnes qui décèdent. La lutte contre l’homophobie est inséparable de la lutte contre le Sida. Elle a été menée au cours des années 1980 et 1990 par une communauté LGBT et elle s’est poursuivie hors des enjeux de santé par les combats pour le PACS puis le mariage. Plus globalement, les systèmes d’oppression ne sont pas interchangeables et l’homophobie et la toxicophobie ne sont pas des oppressions identiques au validisme et à l’âgisme. Si les deux épidémies frappent des personnes en situation de vulnérabilité sociale, ces oppressions ne portent pas la même charge morale. La lutte du VIH/Sida notamment a pu se développer car elle a été prise en charge par des groupes gays et lesbiens partageant déjà une marginalité politique et des habitudes d’organisation collective lorsqu’ils ont été frappés de plein fouet par l’épidémie (bien qu’il n’existe historiquement pas de communauté gay sur ce plan). Cela a facilité à la fois la politisation du Sida et les actions de soin communautaire au sein de la communauté LGBT. À ce stade, aucune communauté politique ne s’est emparée du Covid, les associations de malades et handi·es refusant majoritairement de se politiser autant que de se saisir de la situation — la politisation de l’épidémie patine.

    Malgré leurs spécificités et en s’appuyant sur elles, les deux luttes peuvent se rejoindre dans la nécessaire défense d’une politique de santé publique orientée vers la prévention, la réduction des risques, l’autodéfense sanitaire, la recherche et les traitements. Dès le début de la pandémie de Covid, la branche new-yorkaise d’ActUp s’est montrée très active et continue aujourd’hui à être au cœur des collectifs étatsuniens assurant une veille scientifique et produisant de l’information sur la réduction des risques (tests, masques, vaccination, qualité de l’air). En Allemagne, le collectif d’autodéfense sanitaire Berlin Buyers Club s’est fondé en 2023 en référence au Dallas Buyers Club, l’un des groupes d’entraide monté par des malades du VIH/Sida dans les années 1980 aux États-Unis pour donner accès à l’information, à la prévention et aux traitements. Le Berlin Buyers Club produit un travail similaire sur le Covid, en menant des actions inspirées d’ActUp : il a par exemple organisé un die-in devant le siège de Pfizer à Berlin en septembre 2024 pour réclamer un prix accessible à toustes pour le Paxlovid (antiviral utilisé dans les formes graves de Covid, dont le coût est passé de 5€ à 1000€ la boîte en février 2024), un investissement immédiat dans la recherche sur le Covid long et la priorisation des vies sur les profits. En France, le travail conjoint des associations Winslow Santé Publique et ActUp Paris a mené à la rédaction d’une riche synthèse sur les avancées de la recherche en matière de Covid quatre ans après le début de la pandémie : « 65 millions de covid long et ça continue » (quelques jours après la publication, une étude évaluait à 400 millions le nombre de personnes atteintes du Covid long dans le monde).

    Un des axes possibles de lutte commune est la mutualisation d’outils et de pratiques de réduction des risques (RDR). Même si les initiatives pour la réduction des risques Sida/IST ne considèrent pas pour l’instant la question du Covid et ses conséquences, il s’agit de travailler ensemble à intégrer la protection contre les virus aéroportés à toutes les actions et mesures de RDR en matière de santé. Faire front pour l’autodéfense sanitaire et la réduction des risques permet entre autres de prendre acte que rien n’est jamais acquis et de grossir les rangs de la lutte pour la santé publique dans le contexte de destruction du système de soins. En témoigne par exemple le recul de la protection contre les infections sexuellement transmissibles en France. Bâtir un réseau structuré d’autodéfense sanitaire et de santé communautaire permettrait, dans un contexte hautement fascisant, d’assurer l’accès à l’information, aux dépistages, aux protections et aux traitements de l’ensemble de la population, notamment les personnes les plus éloignées des soins et les plus violemment ciblées par l’eugénisme.

    Si comparaison n’est pas raison, le fait de souligner les points de convergence entre Sida et Covid permet de retenir l’importance d’une lutte communautaire contre la hiérarchisation des vies, pour la défense d’une santé publique préventive, orientée patient·es/soins, et en faveur d’une médecine fondée sur des preuves scientifiquement produites et validées. Les deux luttes démontrent amplement qu’il faut sortir de la représentation de la santé comme un capital individuel à préserver, seul·e, et la penser comme une interdépendance qui nécessite une attention collective. Comme l’a dit Gwen Fauchois, militante de l’autodéfense sanitaire et ex vice-présidente d’Act Up Paris, lors d’une conférence en septembre 2024 : « La base, c’est que ni les institutions de pouvoir, ni les oppositions ne répondront à nos exigences sans y être obligées. La base, c’est que sans auto-organisation populaire des concerné·es, nous confions à l’État la définition des politiques de soin. Et que celui-ci développe un capitalisme sanitaire quand nous voulons une politique de production de soin. » La santé de chacun·e est la santé de toustes.

    https://rebellyon.info/Covid-et-Sida-mutualiser-les-luttes-pour-26364

  • 4 militaires tués au combat dans le sud de Gaza - The Times of Israël
    https://fr.timesofisrael.com/4-militaires-tues-au-combat-dans-le-sud-de-gaza

    Dans le même incident au cours duquel les quatre soldats ont été tués, un officier et deux soldats du bataillon Shaked ont été grièvement blessés, et deux autres soldats du bataillon ont été modérément blessés.

    […]

    Lors d’un autre incident, un officier de l’unité de reconnaissance de la brigade Givati ​​a été grièvement blessé par des tirs de RPG à Rafah mardi, a ajouté l’armée

    #combats

  • Désobéissance civile : citoyens hors la loi

    LSD explore les aspirations de la désobéissance civile. #Blocages, #sabotages, actions coup de poing : quelle place pour la possibilité de désobéir en #démocratie ?

    Du chantier de l’autoroute A69 aux assemblées générales de Total, pour soutenir les personnes exilées ou les femmes victimes de violences, des #luttes ont aujourd’hui en commun d’assumer publiquement d’enfreindre le cadre. De désobéir pour se faire entendre.

    La désobéissance civile n’est pas un phénomène nouveau. Ses aînés s’appellent #Act_Up, #Jeudi_noir, #Faucheurs_volontaires. Ses ancêtres #Gandhi, #Martin_Luther_King, #Hubertine_Auclert. Elle est le fruit d’une histoire longue, faite de multiples #combats. Elle connaît aujourd’hui un essor particulier, dans des luttes environnementales, sociales, féministes, qui ont toutes leurs spécificités, mais qui partagent une arme, celle de l’action illégale, politique, publique et non violente dans le but de changer la loi : la désobéissance civile.

    Avec cette série, c’est ce mode de lutte que nous avons voulu comprendre : questionner son essor, sa pratique, son efficacité, et sa place en démocratie. Pour ses partisans la désobéissance est un dernier recours, illégal, mais légitime. Pour ses opposants, elle est l’ennemie de l’Etat de droit, car comment vivre en société si l’on accepte que la règle commune soit niée, en conscience ?

    Cette tension entre #illégalité et légitimité, entre #interdiction et #nécessité, se manifeste avec force dans la #répression policière et judiciaire à laquelle les personnes désobéissantes s’exposent. Répression qui faisait dire en février dernier à Michel Forst, rapporteur des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement, qu’elle constitue “une #menace majeure pour la démocratie et les droits humains”.

    Elle s’est aussi incarnée à l’été 2023 dans les déclarations bien différentes de deux des plus hautes autorités françaises en matière de justice. D’un côté le Conseil d’Etat, lorsqu’il a suspendu la dissolution des Soulèvements de la terre, a estimé que les actions du mouvement s’inscrivaient “en faveur d’initiatives de désobéissance civile”. De l’autre le ministre de la Justice Eric Dupont-Moretti, auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, disait en avoir “ras le bol de la petite musique de la désobéissance civile”, et poursuivait : “On a le droit, selon certains, quand on est porteur d’une cause que l’on estime légitime, de ne plus obéir à la loi. Rien n’est plus liberticide que cela.”

    Alors comment démêler les fils de la désobéissance ? Est-elle une remise en cause de l’#Etat_de_droit, ou une composante essentielle de la démocratie, comme l’affirmait son premier théoricien #Henry_David_Thoreau ?

    En partant sur la montagne de #Lure, auprès d’#Utopia_56 ou des #Robin_des_bois_de_l’énergie à la rencontre de celles et ceux qui vivent la désobéissance civile dans leurs luttes, en suivant avec ses spécialistes les chemins d’une pensée désobéissante sans cesse réinventée, en explorant avec #José_Bové, #Cédric_Herrou et les #Soulèvements_de_la_terre ce qui se joue lors des #procès, nous comprenons à quel point la tension est le cœur battant de la désobéissance civile. “Je reconnais tout de suite que le mot tension ne m’effraie pas”, écrivait Martin Luther King dans sa célèbre lettre de la prison de Birmingham, assumant que son combat voulait “engendrer une #tension telle que la communauté soit forcée de regarder la situation en face”.

    Aujourd’hui encore, il s’agit pour les actrices et acteurs de la désobéissance civile de révéler au grand jour les tensions déjà existantes. De sentir avec force qu’il serait possible d’agir ensemble. Leurs actions se préparent, se pensent, s’organisent en s’inspirant d’expériences passées, en utilisant les médias, les tribunaux et la puissance du collectif. La désobéissance civile dénonce l’illégitimité ou l’insuffisance des lois. Écouter ses battements, d’hier et d’aujourd’hui, nous raconte comment penser au-delà du cadre pourrait peut-être, parfois, parvenir à le faire changer.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-desobeissance-civile-citoyens-hors-la-loi

    #désobéissance_civile #loi #légalité #légitimité #désobéissance #violence #non-violence #femmes #dissidence
    #audio #podcast
    ping @karine4

  • Un soldat israélien tué pendant des #combats à Rafah - The Times of Israël
    https://fr.timesofisrael.com/un-soldat-de-larmee-tue-pendant-les-combats-a-rafah

    Un autre militaire de la même Brigade a été grièvement blessé au cours de l’incident qui a coûté la vie à son camarade.

    Two soldiers killed in #Gaza combat […] in Khan Younis | The Times of Israel
    https://www.timesofisrael.com/two-soldiers-killed-in-gaza-combat-as-idf-strikes-terror-targets-in-k

    Another reservist of the 121st Battalion was seriously wounded in the same incident, which was still being investigated by the Israel Defense Forces.

    Separately, a soldier of the 401st Armored Brigade’s 52nd Battalion was seriously wounded by anti-tank fire in Gaza, […]

    #combats

  • Deux réservistes tués, 3 grièvement blessés dans une attaque au mortier à Gaza - The Times of Israël
    https://fr.timesofisrael.com/deux-reservistes-tues-3-grievement-blesses-dans-une-attaque-au-mor

    Par ailleurs, deux soldats du 46e bataillon de la 401e brigade blindée ont été grièvement blessés lors de combats à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, plus tôt dans la journée de jeudi, a indiqué l’armée.

    #combats #gaza

  • Mise à jour matinale du 16 juin 2024 09:34 BST | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/morning-update-79

    Voici les dernières mises à jour de la guerre israélienne contre Gaza, qui en est à son 254e jour :

    Les Palestiniens de Gaza et de Jérusalem-Est occupée ont célébré l’Aïd al-Adha alors que les attaques israéliennes se poursuivent dans la bande de Gaza.

    Dix soldats israéliens ont été tués dans deux attaques distinctes du Hamas à Gaza samedi. Deux soldats ont été tués par l’explosion de leur char dans le nord de la bande de Gaza, et huit autres ont été tués dans une embuscade du Hamas à Rafah.

    Le ministre israélien des finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, a appelé à « la destruction complète de l’ennemi » à la suite de l’attaque.

    L’armée israélienne a annoncé une « pause tactique » dans les combats sur une route au sud de Gaza afin de permettre l’acheminement de l’aide dans la bande.

    Le bilan des Palestiniens tués par les forces israéliennes à Gaza depuis le 7 octobre s’élève à au moins 37 296 personnes, auxquelles s’ajoutent 85 197 blessés, selon le ministère de la santé de Gaza. Le ministère a ajouté que 30 d’entre eux ont été tués et 95 autres blessés au cours des dernières 24 heures.

    Récapitulatif de la soirée du 15 juin 2024 23:41 BST
    https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/evening-recap-138?nid=370681&topic=Israel%2527s%2520war%2520on%2520Ga

    Voici les principaux développements du 253ème jour du conflit :
    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les forces israéliennes ont tué au moins 547 Palestiniens et en ont blessé 5 200 autres, dont 800 enfants, dans les territoires palestiniens occupés depuis le 7 octobre.

    Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré que 498 membres du personnel médical avaient été tués depuis le début de la guerre d’Israël contre Gaza.

    L’armée israélienne a déclaré que huit de ses soldats avaient été tués à Rafah samedi, lorsqu’un véhicule blindé dans lequel ils se trouvaient a explosé. La branche armée du Hamas, les Brigades Qassam, a déclaré avoir tué et blessé un certain nombre de soldats israéliens dans cette « embuscade complexe », l’un des incidents les plus meurtriers impliquant l’armée israélienne en plus de huit mois de guerre dans le territoire palestinien.

    Au moins 19 Palestiniens, dont un bébé, ont été tués et 50 autres blessés dans des frappes aériennes israéliennes visant des habitations près de la ville de Gaza.

    Le ministère palestinien de la santé a déclaré que les troupes israéliennes avaient abattu un adolescent palestinien en Cisjordanie occupée samedi, tandis qu’un responsable de l’armée a confirmé que les troupes avaient ouvert le feu lors d’un raid.

    Plus de 50 000 enfants de Gaza ont besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë, a déclaré samedi l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa). Les restrictions continues de l’accès humanitaire à l’enclave provoquent « des niveaux désespérés de faim », a déclaré l’agence.

    Les forces israéliennes ont effectué des raids à l’aube dans des villes de la Cisjordanie occupée, notamment à Beita, Kafr Dan, Qalqilya et Hébron. À Beita, les soldats ont saccagé plusieurs maisons et tiré des gaz lacrymogènes sur un jeune Palestinien.

    La branche armée du Jihad islamique palestinien, les Brigades Al-Quds, a déclaré que les captifs ne seraient libérés qu’après le retrait des forces israéliennes de Gaza.

    La police israélienne a arrêté cinq manifestants qui avaient organisé une manifestation devant la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la ville côtière israélienne de Césarée.

    #Bilan

  • Tsahal annonce la mort de 8 soldats tués dans une explosion à Rafah - The Times of Israël
    https://fr.timesofisrael.com/tsahal-annonce-la-mort-de-8-soldats-tues-dans-une-explosion-a-rafa

    « Cet ennemi monstrueux n’a pas l’intention de s’arrêter là. Avec le reste de l’axe du mal iranien, il continuera à essayer de nous détruire. Si nous ne l’arrêtons pas, il ne s’arrêtera pas. C’est pourquoi il n’y a pas de substitut à la victoire », a poursuivi Netanyahu.

    #combats #gaza

  • Retours d’expérience de ripostes antifascistes locales
    https://www.autonomiedeclasse.org/actions/retours-dexperience-de-ripostes-antifascistes-locales

    « Depuis 1942, les salauds sont toujours là ». #Maurice_Rajsfus dressait cette réalité il y a 32 ans, dans une interview publiée dans Rouge, le journal de la LCR. 50 ans après la rafle du Vel d’Hiv, ce révolutionnaire devenu orphelin par la Shoah, voyait dans le développement du FN de l’époque, la principale nécessité de la continuité du #combat_antifasciste. Aujourd’hui ce parti est donné premier aux élections européennes et les #milices_fascistes multiplient attaques et démonstrations. Heureusement, notre camp réagit lui aussi. A Saint-Brieuc et à Paris par exemple, l’antifascisme vit et se construit. Retours d’expériences de camarades impliqué·es dans ces dynamiques.

    #A2C

  • Four Israeli Solders Killed in House Explosion in Rafah, Southern Gaza - Israel News - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/2024-06-11/ty-article-live/biden-on-un-cease-fire-resolution-hamas-must-prove-it-wants-a-deal/00000190-0517-d5ad-ad93-255fa9c30000

    Auxquels s’ajoutent 5 blessés graves dont un officier et un blessé modérément, dit l’article.

    Four Givati Brigade soldiers were killed in combat in Gaza’s south, the Israeli army has said.

    […]

    A Givati officer and four soldiers in training were severely wounded, and another combat soldier was moderately wounded in the incident.

    #combats #gaza

  • La gauche française peut-elle retrouver l’avant-garde mondiale ? - AOC media
    https://aoc.media/opinion/2024/06/03/la-gauche-francaise-peut-elle-retrouver-lavant-garde-mondiale

    Par Agathe Cagé
    Politiste

    L’attachement de la gauche française à être, et peut-être même encore plus à paraître, raisonnable, n’est à même de susciter ni espoir, ni engouement. Pour retrouver son poste à l’avant-garde, la gauche française doit retrouver le goût de l’inattendu.

    Le 6 mars 2024, le magazine du New York Times publiait un long article d’analyse consacré à la situation de la gauche française sous le titre « Pourquoi le pouvoir échappe à la gauche française » (Why Power Eludes the French Left). Un an après le mouvement social massif et unitaire contre la réforme des retraites, le chapeau de l’article en résumait la tonalité générale : « La France a souvent été à l’avant-garde des politiques de gauche –mais le soutien dans la rue ne se traduit pas toujours en votes dans les urnes ».
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    L’affirmation ne dit pas seulement la complexité et la non-linéarité des relations entre mouvements sociaux et résultats électoraux. Elle place surtout la gauche française actuelle face au miroir de son histoire. Peut-elle encore se considérer aujourd’hui comme à l’avant-garde mondiale des politiques de gauche, ou même en capacité de l’être ? Est-elle dans son état actuel à même de concevoir, puis de mettre en œuvre, des politiques novatrices et de rupture ? On ne peut répondre par l’affirmative à cette interrogation. La gauche française a perdu sa place historique d’avant-garde. Si elle peut la retrouver, c’est à la condition d’abord de le vouloir, ensuite de s’en donner les moyens, ce qui suppose qu’elle rompe avec l’indolence qui paraît désormais la caractériser et qu’elle retrouve le sens des ambitions véritables.

    En 1936, de 1944 à 1946 à travers son implication dans le Gouvernement provisoire de la République française qui crée la Sécurité sociale et le modèle français d’État-Providence, en 1981, en 1997, la gauche française incarne pleinement son ADN révolutionnaire, à l’avant-garde des politiques mondiales de gauche. Elle fait figure de défricheur sur la scène internationale et d’étalon de référence dans le débat politique national. L’historien Jacques Julliard peut d’ailleurs, en 2012, la définir ainsi : « La gauche est la gauche ; la droite est une non-gauche ».
    La gauche désespérante

    Une décennie plus tard, les mots du journaliste Nicolas Truong dans Le Monde le 4 mars 2022 disent, mieux peut-être encore que les résultats électoraux successifs, l’ampleur de l’effondrement : « une gauche désespérante », écrit-il à propos de la gauche française. Au moment même où les gauches espagnole, portugaise, allemande, norvégienne sont au pouvoir et au travail. La définition de la gauche par Jacques Julliard a vécu. La gauche française ne sait plus ni qui elle est, ni ce qu’elle ambitionne d’incarner.

    L’attachement de la gauche française à être, et peut-être même encore plus à paraître, raisonnable, n’est à même de susciter ni espoir, ni engouement. Pour retrouver son poste à l’avant-garde, la gauche française doit retrouver le goût de l’inattendu. Elle doit cesser d’attendre un vent qui tourne ou de récolter une partie des fruits des colères sociales. Elle doit cesser de croire qu’un balancier politique la ramènera au pouvoir si elle ne sait plus faire la différence pour prétendre l’exercer. Elle doit réapprendre à surprendre.

    #Politique #Gauche #France #Combattre_la_désespérance

  • « Maria et moi, c’est différent : je ne suis plus la bagarreuse solitaire, j’ai une alliée. Le combat devient ainsi moins aride, presque comique. Au fond, n’est-ce pas grandiose et burlesque de combattre l’adversité avec une visière pour heaume et un Bic pour épée ? Ce serait encore plus drôle, bien sûr, si ça faisait moins mal dans les côtelettes et les vertèbres, mais ça… »

    Partie II chapitre XIII

    #lutte #solidarité #amour #comique #humour #solitude #alliance #combat #écriture #bic

  • #Chowra_Makaremi : « Le #viol devient le paradigme de la loi du plus fort dans les #relations_internationales »

    En #Ukraine, Poutine revendique de faire la guerre au nom du genre. En #Iran, le régime réprime implacablement la révolution féministe. Dans d’autres pays, des populistes virilistes prennent le pouvoir. Une réalité que décrypte l’anthropologue Chowra Makaremi.

    IranIran, Afghanistan, invasion russe en Ukraine, mais aussi les discours des anciens présidents Donald Trump ou Jair Bolsonaro ou du chef de l’État turc, Recep Tayyip Erdogan : tous ont en commun de s’en prendre aux #femmes, comme l’explique l’anthropologue Chowra Makaremi.

    L’autrice de Femme ! Vie ! Liberté ! Échos du soulèvement en Iran (La Découverte, 2023) fait partie des chercheuses sollicitées par Mediapart pour #MeToo, le combat continue, l’ouvrage collectif publié récemment aux éditions du Seuil et consacré à la révolution féministe qui agite le monde depuis l’automne 2017 et le lancement du fameux mot-clé sur les réseaux sociaux. Depuis, toutes les sociétés ont été traversées de débats, de controverses et de prises de conscience nouvelles. Entretien.

    Mediapart : « Que ça te plaise ou non, ma jolie, il va falloir supporter. » Cette phrase a été prononcée le 7 février 2022 par le président russe, #Vladimir_Poutine, devant Emmanuel Macron. Elle était adressée à l’Ukraine et à son président, Volodymyr Zelensky, qui venait de critiquer les accords de Minsk, signés en 2015 pour mettre fin à la guerre dans le Donbass. Quelle lecture en faites-vous ?

    Chowra Makaremi : Le viol devient le paradigme de la #loi_du_plus_fort dans les relations internationales. La philosophe #Simone_Weil souligne dans un texte combien la #guerre relève de la logique du viol, puisque sa matrice est la #force qui, plus que de tuer, a le pouvoir de changer l’être humain en « une #chose » : « Il est vivant, il a une âme ; il est pourtant une chose. [L’âme] n’est pas faite pour habiter une chose ; quand elle y est contrainte, il n’est plus rien en elle qui ne souffre violence », écrit-elle.

    Cette comptine vulgaire de malfrats que cite #Poutine dit la culture criminelle qui imprègne sa politique. Elle me fait penser à ce que l’anthropologue Veena Das nomme la dimension voyou de la souveraineté étatique : la #truanderie comme n’étant pas seulement un débordement illégitime du pouvoir mais, historiquement, une composante de la #souveraineté, une de ses modalités.

    On le voit avec le pouvoir de Poutine mais aussi avec ceux de #Narendra_Modi en #Inde (dont parle Veena Das), de #Donald_Trump aux #États-Unis, de #Jair_Bolsonaro au #Brésil, de #Recep_Tayyip_Erdogan en #Turquie. Quand Poutine a dit sa comptine, personne n’a quitté la salle, ni Emmanuel Macron ni la presse, qui a cherché, au contraire, à faire parler la symbolique de cette « remarque ». Tout le réseau de sens et de connexions qui permet à cette cruelle boutade de tenir lieu de discours guerrier intuitivement compréhensible et audible montre que le type d’#outrage dont elle relève est une #transgression qui appartient, à la marge, à l’#ordre.

    On parle de la #masculinité_hégémonique au pouvoir avec Poutine, mais elle fait écho à celle de nombreux autres chefs d’État que vous venez de citer. Quelles sont les correspondances entre leurs conceptions de domination ?

    Il n’y a pas, d’un côté, les théocraties comme l’Iran et l’Afghanistan, et, de l’autre, les populismes virilistes de Trump, Erdogan, Bolsonaro, qui s’appuient sur des « #paniques_morales » créées par la remise en cause des rôles traditionnels de #genre, pour s’adresser à un électorat dans l’insécurité. Bolsonaro, très lié à l’armée et à l’Église, s’est appuyé sur je ne sais combien de prêcheurs pour mener sa campagne. Dimension religieuse que l’on retrouve chez Poutine, Modi, Erdogan.

    La #religion est un des éléments fondamentaux d’un #pouvoir_patriarcal très sensible à ce qui peut remettre en question sa #légitimité_symbolique, sa #domination_idéologique, et dont la #puissance est de ne pas paraître comme une #idéologie justement. Cette bataille est menée partout. Il y a un même nerf.

    Quand l’anthropologue Dorothée Dussy parle de l’inceste et de sa « fonction sociale » de reproduction de la domination patriarcale, son analyse est inaudible pour beaucoup. C’est ainsi que fonctionne l’#hégémonie : elle est sans pitié, sans tolérance pour ce qui peut en menacer les ressorts – et du même coup, en cartographier le pouvoir en indiquant que c’est là que se situent les boulons puisque, précisément, la puissance de l’hégémonie est dans l’invisibilité de ses boulons.

    Si on prend le #droit_de_disposer_de_son_corps, en Occident, il s’articule autour de la question de la #santé_contraceptive et du #droit_à_l’avortement et dans les mondes musulmans, autour de la question du #voile. De façon troublante, une chose est commune aux deux situations : c’est le viol comme la vérité des rapports entre genres qui organise et justifie la #contrainte sur les femmes à travers leur #corps.

    En Occident, le viol est le cas limite qui encadre juridiquement et oriente les discussions morales sur l’#avortement. Dans les sociétés musulmanes, la protection des femmes – et de leur famille, dont elles sont censées porter l’honneur – contre l’#agression_masculine est la justification principale pour l’obligation du voile. Il y a de part et d’autre, toujours, cet impensé du #désir_masculin_prédateur : un état de nature des rapports entre genres.

    C’est ce qu’assènent tous les romans de Michel Houellebecq et la plupart des écrits du grand Léon Tolstoï… « L’homme est un loup pour l’homme, et surtout pour la femme », dit un personnage du film Dirty Dancing. Cette population définie par ces rapports et ces #pulsions, il s’agit de la gouverner à travers l’#ordre_patriarcal, dont la domination est posée dès lors comme protectrice.

    L’Iran et l’#Afghanistan figurent parmi les pays les plus répressifs à l’encontre des femmes, les régimes au pouvoir y menant un « #apartheid_de_genre ». Concernant l’Afghanistan, l’ONU parle même de « #crime_contre_l’humanité fondé sur la #persécution_de_genre ». Êtes-vous d’accord avec cette qualification ?

    Parler pour la persécution de genre en Afghanistan de « crime contre l’humanité » me semble une avancée nécessaire car elle mobilise les armes du #droit pour désigner les #violences_de_masse faites aux femmes et résister contre, collectivement et transnationalement.

    Mais il me paraît tout aussi important de libérer la pensée autour de la #ségrégation_de_genre. À la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan, au #Baloutchistan, après la mort de Jina Mahsa Amini en septembre 2022, les femmes sont sorties dans la rue au cri de « Femme, vie, liberté », « Avec ou sans le voile, on va vers la révolution ». Dans cette région, leur place dans l’espace public n’est pas un acquis – alors qu’il l’est à Téhéran – et elles se trouvent au croisement de plusieurs dominations de genre : celle d’un patriarcat traditionnel, lui-même dominé par la puissance étatique centrale, iranienne, chiite.

    Or, en participant au soulèvement révolutionnaire qui traversait le pays, elles ont également renégocié leur place à l’intérieur de ces #dominations_croisées, chantant en persan, avec une intelligence politique remarquable, le slogan des activistes chiliennes : « Le pervers, c’est toi, le salopard, c’est toi, la femme libérée, c’est moi. »

    C’est en écoutant les femmes nommer, en situation, la #ségrégation qu’on saisit le fonctionnement complexe de ces #pouvoirs_féminicides : en saisissant cette complexité, on comprend que ce n’est pas seulement en changeant des lois qu’on les démantèlera. On se trouve ici aux antipodes des #normes_juridiques, lesquelles, au contraire, ressaisissent le réel dans leurs catégories génériques. Les deux mouvements sont nécessaires : l’observation en situation et le #combat_juridique. Ils doivent fonctionner ensemble.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/040124/chowra-makaremi-le-viol-devient-le-paradigme-de-la-loi-du-plus-fort-dans-l

  • Guerre au Proche-Orient : à #Beyrouth, #Mona_Fawaz résiste par la #cartographie

    Professeure d’urbanisme et cofondatrice du #Beirut_Urban_Lab, la chercheuse cartographie le conflit à la frontière entre le #Liban et Israël. Et montre ainsi le « déséquilibre profond » entre les attaques visant le territoire libanais et celles ciblant le sol israélien.

    « Je suis entrée dans le centre de recherche ; tous mes collègues avaient les yeux rivés sur les nouvelles, l’air horrifié. C’est là que nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas simplement regarder : il fallait agir, et le faire du mieux possible », se rappelle Mona Fawaz, professeure d’urbanisme à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) et cofondatrice du Beirut Urban Lab, un laboratoire de recherche interdisciplinaire créé en 2018 et spécialisé dans les questions d’#urbanisme et d’#inclusivité.

    Lundi 4 décembre, dans ce centre de recherche logé à l’AUB, près de deux mois après l’attaque sans précédent du groupe militant palestinien Hamas en Israël et le début des bombardements intensifs de l’armée israélienne sur la bande de Gaza, elle revoit l’élan impérieux qui a alors saisi ses collègues du Beirut Urban Lab, celui de cartographier, documenter et analyser.

    « Certains ont commencé à cartographier les dommages à #Gaza à partir de #photographies_aériennes. Personnellement, j’étais intéressée par la dimension régionale du conflit, afin de montrer comment le projet colonial israélien a déstabilisé l’ensemble de la zone », y compris le Liban.

    La frontière sud du pays est en effet le théâtre d’affrontements violents depuis le 8 octobre entre #Israël et des groupes alliés au #Hamas emmenés par le #Hezbollah, une puissante milice soutenue par l’#Iran. Qualifiés de « #front_de_pression » par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, les #combats sur le #front_libanais, qui visent notamment à détourner l’effort militaire israélien contre Gaza, ont tué au moins 107 personnes du côté libanais, dont 14 civils. Du côté israélien, six soldats et trois civils ont été tués.

    C’est ainsi que l’initiative « Cartographier l’escalade de violence à la frontière sud du Liban » est née. Le projet répertorie le nombre de #frappes quotidiennes et leur distance moyenne par rapport à la frontière depuis le début du conflit, en s’appuyant sur les données collectées par l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled : https://acleddata.com). Sur son écran d’ordinateur, Mona Fawaz montre une #carte_interactive, une des seules en son genre, qui révèle un déséquilibre saisissant entre les attaques revendiquées par Israël, au nombre de 985 depuis le début du conflit, et celles menées depuis le Liban : 270 frappes répertoriées sur le sol israélien.

    L’occasion pour Mona Fawaz de questionner les expressions répétées dans les médias, qui façonnent la compréhension du conflit sans remettre en cause leurs présupposés. « On parle de tirs transfrontaliers, par exemple, alors même qu’il y a un déséquilibre profond entre les deux parties impliquées », souligne-t-elle. « Une distorsion médiatique » que la chercheuse dénonce aussi dans la couverture de l’offensive israélienne contre l’enclave palestinienne.

    Une « lutte partagée » avec les Palestiniens

    Pour Mona Fawaz, il est important de documenter un conflit dont les racines vont au-delà des affrontements présents. « La création de l’État d’Israël en 1948 a provoqué une perturbation majeure au sud du Liban, brisant [ses] liens historiques, sociaux, politiques et économiques » avec la Galilée, explique-t-elle.

    Des bouleversements que la chercheuse, originaire du village de Tibnine, dans le sud du pays, connaît bien, puisqu’ils ont marqué son histoire familiale et personnelle. Elle explique que la proximité entre les populations était telle qu’au cours de la « #Nakba » (la « catastrophe », en arabe) en 1948 – l’exode massif de plus de 700 000 Palestinien·nes après la création de l’État d’Israël –, sa mère a été évacuée de son village aux côtés de Palestinien·nes chassés de leurs terres. « Les déplacés ne savaient pas où s’arrêteraient les Israéliens, raconte-t-elle. Dans cette région du Liban, on a grandi sans sentir de différences avec les Palestiniens : il y a une lutte partagée entre nous. »

    En 1982, Mona Fawaz, qui avait alors à peine 9 ans, vit plusieurs mois dans son village sous l’occupation de l’armée israélienne, qui a envahi le pays en pleine guerre civile (1975-1990) afin de chasser du Liban l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Elle se souvient des scènes d’#humiliation, des crosses des fusils israéliens défonçant le mobilier chez son grand-père. « Ce n’est rien par rapport à ce que Gaza vit, mais il y a définitivement un effet d’association pour moi avec cette période », explique-t-elle.

    Dans le petit pays multiconfessionnel et extrêmement polarisé qu’est le Liban, l’expérience de la chercheuse n’est cependant pas générale. Si une partie des Libanais·es, notamment dans le sud, est marquée par la mémoire des guerres contre Israël et de l’occupation encore relativement récente de la région – les troupes israéliennes se sont retirées en 2000 du Sud-Liban –, une autre maintient une défiance tenace contre la #résistance_palestinienne au Liban, notamment tenue responsable de la guerre civile.

    Celle qui a ensuite étudié au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Boston (États-Unis), pour y faire son doctorat en aménagement urbain à la fin des années 1990, explique ensuite qu’il a fallu des années aux États-Unis pour réaliser que « même le soldat qui est entré dans notre maison avait été conditionné pour commettre des atrocités ». Si l’ouverture à d’autres réalités est une étape indispensable pour construire la paix, c’est aussi un « luxe », reconnaît la chercheuse, qui semble hors de portée aujourd’hui. « L’horreur des massacres à Gaza a clos toute possibilité d’un avenir juste et pacifique », soupire-t-elle.

    Le tournant de la guerre de 2006

    Peu après son retour au Liban en 2004, Mona Fawaz se concentre sur les questions de l’informalité et de la justice sociale. Un événement majeur vient bouleverser ses recherches : le conflit israélo-libanais de 2006. Les combats entre Israël et le Hezbollah ont causé la mort de plus de 1 200 personnes du côté libanais, principalement des civil·es, en seulement un mois de combat.

    Du côté israélien, plus de 160 personnes, principalement des militaires, ont été tuées. Cette guerre va être une expérience fondatrice pour le Beirut Urban Lab. C’est à ce moment que ses quatre cofondateurs, Mona Fawaz, Ahmad Gharbieh, Howayda Al-Harithy et Mona Harb, chercheurs et chercheuses à l’AUB, commencent leurs premières collaborations sur une série de projets visant à analyser l’#impact de la guerre. L’initiative actuelle de cartographie s’inscrit en continuité directe avec les cartes quotidiennes produites notamment par #Ahmad_Gharbieh en 2006. « Le but était de rendre visible au monde entier le caractère asymétrique et violent des attaques israéliennes contre le Liban », explique Mona Fawaz.

    Dans les années qui suivent, les chercheurs participent à plusieurs projets en commun, notamment sur la militarisation de l’#espace_public, le rôle des réfugié·es en tant que créateurs de la ville ou la #privatisation des #biens_publics_urbains, avec pour objectif de faire de la « donnée un bien public », explique Mona Fawaz, dans un « pays où la collectivité n’existe pas ». « Nos recherches s’inscrivent toujours en réponse à la réalité dans laquelle nous vivons », ajoute-t-elle. Une réalité qui, aujourd’hui dans la région, est de nouveau envahie par la guerre et les destructions.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/121223/guerre-au-proche-orient-beyrouth-mona-fawaz-resiste-par-la-cartographie

    #résistance

    ping @visionscarto @reka

    • #Beirut_Urban_Lab

      The Beirut Urban Lab is a collaborative and interdisciplinary research space. The Lab produces scholarship on urbanization by documenting and analyzing ongoing transformation processes in Lebanon and its region’s natural and built environments. It intervenes as an interlocutor and contributor to academic debates about historical and contemporary urbanization from its position in the Global South. We work towards materializing our vision of an ecosystem of change empowered by critical inquiry and engaged research, and driven by committed urban citizens and collectives aspiring to just, inclusive, and viable cities.

      https://beiruturbanlab.com

      –—

      Mapping Escalation Along Lebanon’s Southern Border Since October 7

      Since October 7, the Middle East has occupied center stage in global media attention. Already rife with uncertainty, subjected to episodic bouts of violence, and severely affected by an ongoing project of ethnic cleansing for 75 years in Historic Palestine, our region is again bearing the weight of global, regional, and local violence. As we witness genocide unfolding and forceful population transfers in Gaza, along with an intensification of settler attacks in the West Bank and Jerusalem and the silencing of Palestinians everywhere, the conflict is also taking critical regional dimensions.

      As part of its effort to contribute to more just tomorrows through the production and dissemination of knowledge, the Beirut Urban Lab is producing a series of maps that document and provide analytical insights to the unfolding events. Our first intervention comes at a time in which bombs are raining on South Lebanon. Titled Escalation along Lebanon’s Southern Border since October 7, the platform monitors military activity between the Israeli Armed Forces and Lebanese factions. Two indicators reflect the varying intensity of the conflict: the number of daily strikes and the average distance of strikes from the border.

      The map uses data from the Armed Conflict Location and Event Data (ACLED) crisis mapping project, which draws upon local reporting to build its dataset. Since ACLED updates their dataset on Mondays, site visitors can expect updates to our mapping and analysis to be released on Tuesday afternoons. Please refer to ACLED’s methodology for questions about data sources and collection.

      As of November 14, the frequency and distribution of strikes reveals a clear asymmetry, with northward aggression far outweighing strikes by Lebanese factions. The dataset also indicates a clear escalation, with the number of incidents increasing day by day, particularly on the Lebanese side of the border.

      We see this contribution as an extension of our previous experiences in mapping conflicts in Lebanon and the region, specifically the 2006 Israeli assault on Lebanon.

      https://beiruturbanlab.com/en/Details/1958/escalation-along-lebanon%E2%80%99s-southern-border-since-october-7
      #cartographie_radicale #cartographie_critique #visualisationi

  • Dans la ville de Gaza encerclée par l’armée israélienne, un déluge de fer, de feu et de sang

    Sur le terrain, si les #combats ont déjà commencé entre les forces israéliennes au sol – qui avancent méthodiquement depuis une semaine – et les hommes du #Hamas, ces derniers n’ont pas jeté tous leurs éléments dans les affrontements. Une grande partie des combattants (les pertes du groupe islamiste se compteraient en centaines, sur un total de plusieurs dizaines de milliers avant les affrontements) se trouve encore à l’abri du réseau de #tunnels, avec des stocks de vivres et de munitions. Certains se filment en train de sortir de tunnels et d’attaquer des unités israéliennes, profitant de la surprise. L’armée, depuis jeudi, est engagée de plus en plus dans des combats directs et collecte des renseignements pour demander des frappes sur des objectifs tels que les groupes d’assaillants ennemis ou leurs infrastructures, notamment les entrées de tunnel. L’unité spécialisée dans ce type de guerre, Yahalom, est à l’œuvre, a affirmé un communiqué de l’armée israélienne.

    Mais prendre d’assaut ce que le général Giora Eiland, ancien chef du Conseil national de sécurité israélien, décrit comme « la position militaire la plus fortifiée de la planète », et qui inclut des centaines de kilomètres de conduits souterrains et d’installations en profondeur, ne se fera pas facilement. L’officier supérieur, chercheur à l’Institut national d’études de sécurité en Israël, estime que l’opération pourrait demander « quelques semaines », et en résume ainsi les objectifs : « Démanteler l’infrastructure du Hamas – incluant le réseau de tunnels ; tuer la plupart des combattants et leurs chefs ; détruire le commandement et les stocks d’armes. Quand on aura terminé tout cela, on pourra passer au sud de Gaza. Mais peut-être qu’à ce moment-là les combattants du Hamas auront compris qu’ils n’ont pas la moindre chance de l’emporter, et peut-être alors verra-t-on leur organisation s’effondrer. »

    « Il nous faut une victoire claire et nette »

    Mais, selon le général Eiland, Israël se voit à présent confronté à un autre « défi » – le premier étant le Hamas : celui des «  initiatives internationales, qui appellent à un #cessez-le-feu à #Gaza ». Son point vue, largement partagé par les officiers supérieurs israéliens, se résume ainsi : « Accepter un cessez-le-feu, dans la situation actuelle, reviendrait à reconnaître qu’Israël a perdu la #guerre. Ce serait une catastrophe pour nous. »
    Le général Yaakov Amidror, lui aussi ex-responsable du Conseil national de sécurité, ancienne tête pensante des renseignements militaires, désormais à l’Institut d’études stratégiques de Jérusalem, explique ainsi les manœuvres en cours : « On avance lentement, avec des précautions pour ne pas tomber dans les pièges du Hamas. Pour l’instant, nous visons les commandants de rang intermédiaire, autant pour déstabiliser le mouvement – dans son fonctionnement opérationnel – que pour éliminer ceux qui se voient comme les successeurs potentiels de la direction actuelle lorsque nous l’aurons éliminée. Il nous faut une victoire claire et nette. »
    S’il est question, d’un point de vue froidement opérationnel, de « quelques semaines », il apparaît en effet que le temps est compté à Israël : le monde prend la mesure, avec un effroi grandissant, de l’ampleur des destructions infligées à Gaza. En appelant à des « pauses humanitaires », les Etats-Unis semblent piégés par leur propre choix sémantique. L’administration Biden se refuse en effet à appeler à un cessez-le-feu à Gaza, estimant qu’il constituerait une victoire pour le Hamas, qui pourrait reprendre son souffle et se réorganiser.
    https://www.lemonde.fr/international/article/2023/11/04/dans-la-ville-de-gaza-encerclee-par-l-armee-israelienne-un-deluge-de-fer-de-

    https://archive.ph/dG6kC

    #cimetierre_d'enfants #Israël #U.S.A #Giora_Eiland

  • A Gaza, la guerre urbaine a commencé

    ... Le chef d’état-major, Herzi Alevi, a précisé qu’il était hors de question de s’en tenir aux incursions « modulaires » actuelles : « Les objectifs de cette guerre requièrent une opération terrestre. Les meilleurs soldats sont à présent en train d’opérer à Gaza. »

    Il avait été envisagé que le contingent de 360 000 réservistes, rappelés en toute urgence après le 7 octobre, puisse être mobilisé pour cette campagne. Ce n’est plus le cas. « Les opérations doivent être menées par des unités bien entraînées. Ce serait une erreur de déployer dans Gaza des réservistes. Avec eux, c’est le cœur de la société qui pourrait être touché. Benyamin Nétanyahou le sait bien. Il sait aussi que le pays s’engage dans une guerre longue. Demain, cela peut conduire à de nouvelles manifestations contre le gouvernement », analyse Yagil Levy, politiste à l’Open University d’Israël et spécialiste de l’armée.

    ... Côté israélien, d’autres « surprises » pourraient être employées dans cette guerre des tunnels. Il a été envisagé de les boucher en coulant du béton, d’y injecter de l’eau sous forte pression ou de les noyer en forant depuis la Méditerranée des conduits laissant entrer l’eau de mer. Des armes font aussi partie de cet arsenal anti-tunnels, comme les bombes « bunker busters ». Au final, conclut Daphné Richemond-Barak : « Ce n’est qu’en dernier ressort qu’on envoie des soldats dans les tunnels, car c’est beaucoup trop meurtrier. »

    https://www.lemonde.fr/international/article/2023/10/30/a-gaza-la-guerre-urbaine-a-commence_6197329_3210.html

    https://archive.ph/3reHu

    contrairement à Piotr Smolar (correspondant Le Monde USA), Jean-Philippe Rémy (envoyé spécial à Jerusalem) ne marque aucune distance. soldats US, otages et gaz incapacitant non cités
    https://seenthis.net/messages/1023220

    #Gaza #Underground_Warfare #Guerre #guerre_urbaine #tunnels #guerre_souterraine #Israël

    • Aujourd’hui, à Gaza, les chars et les véhicules blindés d’Israël – complètement scellés et tirant donc en grande partie à l’aveugle – sont détruits par des attaques à bout portant de la part de combattants de la résistance palestinienne, à une distance rapprochée contre laquelle aucun blindage au monde n’est suffisant.[27] L’#infanterie inefficace d’Israël, plus habituée à harceler les Palestinien.nes aux points de contrôle qu’à affronter des ennemis entrainés et qui ripostent réellement, n’est pas préparée au #combat_rapproché dans un paysage de ruines urbaines, ce qui, depuis la bataille de #Stalingrad, a toujours donné l’avantage aux défenseurs sur les attaquants.

      « Malgré la pression exercée » par l’armée israélienne, a rapporté le correspondant militaire du Ha’aretz, Amos Harel, le 5 novembre, « il n’y a pas d’effet significatif apparent sur le commandement et le contrôle du Hamas, qui continue de fonctionner ». Quiconque a regardé les vidéos d’attaques palestiniennes contre des troupes et des blindés israéliens sur Al Jazeera Arabic aurait pu arriver à la même conclusion.[28] Depuis son incursion terrestre dans la bande de Gaza il y a deux semaines, Israël a reconnu que des centaines de soldats ont été tués ou blessés (? ndc) : comme l’armée impose des limites strictes à la déclaration de ces pertes, les journalistes affirment que les chiffres réels sont sans aucun doute plus élevés. Il est difficile de savoir combien de pertes supplémentaires l’armée israélienne peut supporter en son propre camp – en dépit de l’indifférence face aux victimes que son acharnement aveugle cause parmi les civil.es palestinien.nes.

      https://seenthis.net/messages/1028515

      #pertes #soldats_morts

  • Toujours à propos de la façon dont on désigne les choses (voir https://seenthis.net/messages/1021010#message1021580), j’appartiens à une culture politique et à une génération qui s’efforçait d’éviter l’emploi des termes « terrorisme » ou « terroristes » pour rendre compte des « mouvements de lutte armée » (c’est ainsi que nous les désignions), tels que la RAF, les BR, AD, etc. ou les organisations de lutte de libération nationale palestinienne, irlandaise, basque, etc.

    Ces différents mouvements, même dans leurs aspects militaristes débiles les plus caricaturaux, représentaient une sorte de folklore largement compatible avec diverses versions du récit insurrectionnel et révolutionnaire commun à une large partie de l’extrême-gauche voire de la « gauche ».

    On n’est pas du tout fasciné par les armes, comme c’est mon cas. On est même clairement antimilitariste, mais on sait que le pouvoir ne disparaîtra pas de lui-même (à la suite d’une élection) et que, même si l’on n’adhère pas au schéma « prise du palais d’hiver », on a conscience que la révolution émancipatrice est nécessairement violente. Cette problématique (qui demande beaucoup de développements dans l’explication, donc ce ne sera pas ici) représente même, selon moi, l’une de ses principales contradictions que les futurs révolutionnaires auront à traiter (cela m’étonnerait que je vois ça).

    Pour ce qui me concerne, très souvent, je n’approuvais ni les objectifs ni les modes d’action de ces « mouvements de lutte armée » des années 70, mais il me semblait assez évident qu’ils participaient globalement d’un même champ (camp ?) d’émancipation en lutte contre la domination capitaliste, champ dans lequel je m’inscrivais aussi. Naïveté ? Peut-être.

    Nous disions, plus ou moins facilement, à propos de ces « mouvements de lutte armée », qu’ils ne s’agissait pas de « terroristes » mais de « militants révolutionnaires ».

    Il semblait important de ne pas reprendre le langage avec lequel nos adversaires communs criminalisaient ces mouvements, sachant que le pouvoir d’État (puisqu’il s’agit essentiellement de lui, ici) procède toujours par amalgame et par dissociation, lorsqu’il s’agit de désigner ses ennemis, et que personne n’est à l’abri de l’anathème dès lors qu’on s’affirme un tant soit peu en une position de lutte contre lui. Un constat, une fois de plus vérifié ces jours-ci.

    Je considère que ces repères politiques, idéologiques et sémantiques, ont été modifiés radicalement quand des organisations, telles que Al-Qaïda se sont efforcées, contrairement aux mouvement de lutte armées des années 70, de montrer qu’elles adopteraient désormais tous les signes distinctifs du « terrorisme » et des « terroristes », tel que le pouvoir aime à le théoriser et à le représenter, notamment au travers du concept de « guerre des civilisations ». L’art de la mise en scène hollywoodien de ce « terrorisme » spectaculaire et assumé ayant atteint son apogée avec le « 9/11 ».

    Il ne s’agit plus du tout des mêmes catégories que les mouvements des années 70 évoqués plus haut. Certaines actions de ces mouvements « gauchistes » étaient parfois difficiles à défendre mais avec le « 9/11 » on est clairement dans l’indéfendable. Déjà il est difficile de reconnaître qu’il puisse y avoir de « bonnes guerres » (certains concepts tels que « guerre sociale » ou « guerre de classe » me semblent quelque peu fumeux) mais avec les actes tels que ceux d’Al-Qaïda, il est clair qu’il ne s’agit en rien de « notre guerre ».

    Ces mouvements, du type Al-Qaïda, s’assument sans aucun complexe comme étant « terroristes » dans leur stratégie et dans leur modalités. La plupart du temps, ces organisations ne sont guidés que par des motifs religieux et, au nom de ces objectifs, elles pratiquent systématiquement des carnages aveugles, adoptant, de surcroît, une posture idéologique, sans équivoque, du combattant suicidaire. Il m’est impossible d’envisager que ces actions puissent avoir le moindre rapport avec la lutte pour l’émancipation humaine, sociale et politique, etc.

    Pour ce qui concerne l’attaque du Hamas du 7 octobre, nous ne sommes pas dans la même caractérisation que les mouvements tels qu’Al-Qaïda. D’une part, comme indiqué dans le fil du message référencé ci-dessus, il s’agit réellement d’une guerre entre deux entités pour un même territoire. Alors, certes, toutes les guerre sont criminelles, méprisables et condamnables mais celle-ci est imposée et il est impossible d’y échapper si on est du mauvais côté du manche ; c’est à dire, si on est Palestinien. C’est même la première chose à dire pour caractériser cette guerre : admettre qu’il y a ici un dominé et un dominant. Il faut rappeler que cette guerre est totalement disproportionnée et asymétrique. À ce titre, il est insupportable, comme on l’entend si souvent, de renvoyer dos à dos Israël et Palestine, comme s’il s’agissait d’un conflit entre le France et l’Allemagne pour récupérer l’Alsace–Lorraine.

    Aucune issue politique n’est donnée aux Palestiniens depuis plusieurs décennies, si ce n’est leur disparition pure et simple en tant que peuple, ou leur dissolution dans les autres nations arabes et la situation s’empire. Il ne reste plus que l’énergie du désespoir et l’expression de celle-ci est parfois aveugle, sur le plan humain, tant on inflige à ce peuple, une situation inhumaine dans les territoires occupés. La différence avec Al-Qaïda, de ce point de vue, peu sembler ténue, mais elle existe et il est essentiel de la rappeler : c’est l’ancrage réel des protagonistes palestiniens dans un territoire en guerre et subissant les pires conditions humanitaires. Comment attendre d’eux qu’ils adoptent parfois, dans leurs révoltes, d’autres comportements que « criminels », quand ils n’ont eux-mêmes que d’autres crimes de guerre comme seules réponses à leur revendications et qu’ils vivent, depuis plusieurs générations leur extermination ?

    Le Hamas est la créature monstrueuse du pouvoir d’État Israélien. Ce pouvoir, après avoir transformé sa guerre coloniale en guerre religieuse, pensait qu’il maîtrisait sa créature et qu’elle lui permettrait tranquillement de pourrir la cause palestinienne en discréditant toute issue politique. Mais la créature est sortie pour attaquer de façon indiscriminée tout ce qui vit en dehors de sa cage.

    Et maintenant le pouvoir israélien dit qu’il faut abattre la créature monstrueuse, sachant qu’elle est devenue, avec la contribution active de l’État d’Israël, la seule représentation politique crédible du peuple Palestinien. On peut s’attendre au pire et le pire a déjà commencé dans la réplique de l’armée d’Israël, ces derniers jours, contrer la population civile gazaouie.

    Les diplomates occidentaux, sont au summum de l’hypocrisie quand on les voit tous au garde-à vous derrière la « démocratie israélienne », alors que son gouvernement d’extrême droite, homophobe, religieux et raciste (qui n’est jamais nommé parmi la liste des « pays populistes ») continue de mener sa sale guerre contre la Palestine et que cela ne pouvait que conduire à l’attaque du 7 octobre.

  • Le scandale du chlordécone en #Martinique et en #Guadeloupe | Le mensuel
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2023/06/26/le-scandale-du-chlordecone-en-martinique-et-en-guadeloupe_72

    Texte de l’exposé introductif au débat organisé par les militants trotskystes de #Combat_ouvrier à la fête de Lutte ouvrière, à Presles, le 28 mai dernier.

    Sommaire :
    – Les origines du #chlordécone
    – Un #pesticide reconnu comme toxique dès les années soixante
    – Les effets du chlordécone sur les ouvriers de la banane
    – Les effets sur la santé des populations
    – L’État complice des empoisonneurs
    – Scandale dans le #scandale  : le non-lieu
    – La lutte doit continuer

  • [Les Promesses de l’Aube] #arbres - Bruxelles en mouvement
    https://www.radiopanik.org/emissions/les-promesses-de-l-aube/arbres-bruxelles-en-mouvement

    Pour la dernière mercredinale de la saison, nous parlerons de ceux qui ont un rôle écologique de prime importance : les arbres. Neutralisateurs de climat, apportant la fraîcheur, hôtes de biodiversité, apaisant les esprits et les corps, et bien d’autres apports encore.

    les arbres, c’est la thématique du dernier numéro de Bruxelles en Mouvement et pour en parler j’aurai le plaisir d’accueillir Stéphanie D’Haenens, Chloé Deligne et Amandine Tiberghien

    Playlist :

    All the world is green, Camille O’Sullivan La princesse arabe, Claire Diterzi Que Son Aüros, Cocanha A Child’s Question, August, PJ Harvey Valsa, Dom La Nena So We Won’t Forget, Khruangbin Par ta petite tête, Signal Faible T’es donné, Lifestolz Clémence en vacances, Anne (...)

    #lutte #biodiversité #défense #citoyens #combat #lutte,biodiversité,défense,arbres,citoyens,combat
    https://www.radiopanik.org/media/sounds/les-promesses-de-l-aube/arbres-bruxelles-en-mouvement_16230__1.mp3