• #Témoignage de P. de retour de #Kobané au #Rojava.

    Soirée organisée par Lajin_Assemble des femmes kurdes à Lausanne, LibertÀirs_groupe féministe et groupe #femmes migrantes et SYKP-Groupe femmes pour la Reconstruction socialiste.
    1.Témoignage de Pauline de retour du Rojava après s’être impliquée des mois durant dans le Comité de la Santé à Kobané :
    http://libradio.org/wp-content/uploads/2020/03/Pauline_Master.mp3
    Puis 2 Entretien avec une personne du collectif LibertÀirs :
    http://libradio.org/wp-content/uploads/2020/03/Libert%C3%80irs_Master.mp3
    Enfin sous peu 3. Entretien avec une membre de #Lajin.


    http://libradio.org/?page_id=7892

  • La #préparation_physique et mentale du #combattant : rencontre avec un membre des #forces_spéciales !

    La #Marine_nationale, l’Association des officiers de réserve de la Marine nationale Isère et l’#Université_Grenoble_Alpes vous invitent à une soirée-débat exceptionnelle avec un membre des forces spéciales.

    Membre des forces spéciales, actuellement en poste au #Centre_d'information_et_de_recrutement_des_forces_armées (#CIRFA) de Lyon, le #Maître_W sera à Grenoble #IAE sur le campus (plan d’accès) le mercredi 19 février 2020 pour une #soirée-débat sur la « Préparation physique & mentale du combattant » (#PPMC).

    La préparation physique et mentale du combattant
    A seulement 27 ans, Will a déjà parcouru plus de 30 pays, dont une bonne partie d’entre eux au cours d’opérations au sein de la Marine nationale. Ancien membre du pôle France de Judo, et après un bac S et une école d’ingénieur, il a intégré l’institution et a notamment travaillé sur Lorient au sein du Groupe anti-terrorisme. Parachutisme, plongée, secourisme, tir...
    Aujourd’hui il vient nous parler de performance et de préparation physique et mentale :

    Comment se prepare-t-on au #combat ?
    Quels sont les 3 piliers de la #performance ?
    Qu’est-ce que la PPMC ? Qu’est-ce qu’une #TOP ?
    Tous les #militaires sont-ils des #sportifs ?
    Quels sont les parallèles avec les #sportifs_de_haut_niveau ?
    Comment travaille-t-on la #résilience et la #résistance_psychologique ?
    Où et comment se font ces #formations ?

    #Entraînement, #phsychologie_adaptive, méthodologies, #outils_mentaux... Autant de questions auxquelles nous essayerons d’apporter des réponses lors de cette soirée-débat.
    Des moments d’échange sont prévus, n’hésitez pas à venir avec vos questions !
    Programme et inscription à la soirée-débat

    Accueil et afterwork à partir de 18h00 et jusqu’à 18h30
    Conférence et échanges de 18h30 à 20h
    Cocktail convivial de 20h à 20h30

    Pour vous inscrire (entrée libre dans la limite des places disponibles), rendez-vous sur la page :
    https://www.weezevent.com/preparation-physique-et-mentale

    https://www.univ-grenoble-alpes.fr/actualites/agenda/agenda-sport/la-preparation-physique-et-mentale-du-combattant-rencontre-avec-

    #complexe_universitaro-militaro-industriel

    –—

    voir à propos du complexe universitaro-militaro-industriel l’article :
    Grenoble, l’université (dés)intégrée. Un enquête sur le #complexe_universitaro-militaro-industriel grenoblois
    https://seenthis.net/messages/697249

  • Décolonisations (1/3) - L’apprentissage | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/086124-001-A/decolonisations-1-3

    1. L’apprentissage
    De la #révolte des #cipayes de 1857 à l’étonnante République du #Rif, mise sur pied de 1921 à 1926 par #Abdelkrim_el-Khattabi avant d’être écrasée par la #France, ce premier épisode montre que la #résistance, autrement dit la #décolonisation, a débuté avec la #conquête. Il rappelle comment, en 1885, les puissances européennes se partagent l’#Afrique à #Berlin, comment les Allemands commettent le premier #génocide du XXe siècle en #Namibie, rivalisant avec les horreurs accomplies sous la houlette du roi belge #Léopold_II au #Congo. Il retrace aussi les parcours de l’anthropologue haïtien #Anténor_Firmin, de la Kényane #Mary_Nyanjiru, de la missionnaire anglaise #Alice_Seeley_Harris ou de #Lamine_Senghor, jeune tirailleur sénégalais devenu #militant #communiste et #anticolonialiste.

  • « Assez parlementé, vive la lutte armée, qu’on empale tous les mâles » : Brigitte Fontaine en pleine forme dans Vendetta.
    https://www.youtube.com/watch?v=WDWHyDshKxQ


    #féminisme #musique #lutte #combat #patriarcat

    “Assez parlementé, vive la lutte armée, qu’on empale tous les mâles” sont des paroles issues du morceau Vendetta de Brigitte Fontaine. Un titre surprenant, rock et (très) engagé. Brigitte Fontaine y lève un majeur à l’attention de la gent masculine et adresse un message aux femmes, les appelant à se soulever.

    https://www.lesinrocks.com/2019/12/13/musique/musique/quon-empale-tous-les-males-brigitte-fontaine-sort-un-single-surprenant

  • #Antoine_Petit contesté au #CNRS

    Antoine Petit, le PDG du CNRS, avait cru bon d’en appeler à une loi « darwinienne » pour le financement de la recherche. « Une loi ambitieuse, inégalitaire — oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. »

    Il vient de se prendre un retour de manivelle percutant. Signé par le gratin de son établissement. Dont la présidente du Conseil scientifique, Dorothée Berthomieu (Institut de chimie moléculaire et des matériaux – Institut Charles-Gerhardt à Montpellier), mais aussi la quasi-totalité des présidents de section du Comité national de la recherche scientifique, des présidents des conseils scientifiques des Instituts du CNRS.

    Cette réaction très officielle et très fâchée s’ajoute à un texte cinglant publié dans Le Monde, intitulé « Le darwinisme social appliqué à la recherche est une absurdité ». Un texte déjà signé par plus de 9 000 personnes et des sociétés savantes (1) qui souligne l’aporie de la métaphore utilisée par Antoine Petit : « Invoquer Darwin pour justifier une #politique_de_la_recherche est un contresens : la #sélection naturelle porte sur des variations aléatoires, or les chercheurs ne travaillent pas au hasard. De plus, ils ne transmettent pas à leurs élèves leur supposé talent… Si l’analogie est vide de sens, peut-être faut-il se tourner vers la doctrine dite du #darwinisme_social ? C’est sous ce label que l’accent mis sur la compétition a été instrumentalisé par ceux qui, derrière le philosophe et sociologue anglais Herbert Spencer (1820-1903), cherchaient à justifier le laisser-faire propre au libéralisme économique, grâce auquel les “plus aptes” écraseraient naturellement les “inaptes”. Pourtant, Darwin lui-même vit très tôt ce que les évolutionnistes explorent massivement depuis cinquante ans : l’entrelacement de la compétition et de la coopération. »

    Plébéiens et patriciens

    L’ironie des auteurs du texte, dont quelques biologistes spécialistes de l’évolution des espèces, s’explique. Les métaphores biologiques utilisées en politiques, c’est une vieille histoire. Déjà, sous la République romaine naissante, un consul expliquait à la plèbe en grève que la société, c’est comme un corps. Certes, l’estomac (les patriciens) semblent n’être que des parasites des bras et des jambes (la plèbe), mais sans estomac, ils ne seraient pas nourris. Donc, faire grève, et ne pas fournir ses aliments à l’estomac allait se retourner contre eux. On ne sait si les plébéiens furent convaincus, mais la solution fut de les engager dans l’armée pour aller conquérir les esclaves qui allaient travailler à leur place.

    Dans le cas de la recherche, la #métaphore_biologique bancale d’Antoine Petit débouche sur la nécessité de dire qui est bon et qui est mauvais, de gaver le premier et de sacrifier le second. Mais comment le savoir ? A la fin des années 1970, le pouvoir politique voulait sacrifier la recherche en virologie, jugée obsolète et peu performante. Un laboratoire plutôt modeste, qui serait aujourd’hui très mal noté par les visiteurs du Haut Conseil pour l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (l’outil que le président Emmanuel Macron veut utiliser pour désigner les bons et les mauvais), s’y consacrait à l’Institut Pasteur. Heureusement, ses dirigeants n’ont pas suivi le vouloir politique. Et l’équipe de M. Montagnier et Mme Barré-Sinoussi ne fut pas éliminée. Du coup, elle découvrit le virus du sida, ce qui accéléra grandement diagnostics et traitements, sauva un nombre de vies innombrable, et, accessoirement, apporta deux Nobel.

    Ajoutons un exemple plus récent : la découverte de CRISPR (une technique d’édition des génomes qui permet d’intervenir avec plus de précision sur l’ADN) dont le potentiel en biotechnologies pour la santé et l’agriculture est immense. Voici ce qu’en dit dans un livre Jennifer Doudna, l’une des deux scientifiques qui ont le plus contribué à sa découverte : « Un ingénieur de la Silicon Valley m’avait dit : “Donnez-moi n’importe quel problème et je vais y investir 10 millions de dollars puis j’embaucherai la meilleure équipe et je résoudrai le problème.” Cela s’applique-t-il à CRISPR ? Probablement pas, car, cette découverte « a été inspirée par une recherche motivée par la curiosité envers les phénomènes naturels. La technologie que nous avons créée n’a pas demandé 10 à 20 millions de dollars pour être développée, mais elle nécessitait une compréhension approfondie de la chimie et de la biologie de l’immunité adaptative bactérienne, un sujet qui peut sembler sans rapport avec l’édition de gènes. Ceci n’est qu’un exemple de l’importance que revêt la recherche fondamentale — la poursuite de la recherche scientifique afin de comprendre notre monde naturel — et de sa pertinence dans le développement de nouvelles technologies. » Au moment où cette recherche commence, impossible de la ranger parmi les « bons » ou « mauvais sujets », impossible de juger ses auteurs comme « bons » ou « mauvais ».

    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2019/12/12/antoine-petit-conteste-au-cnrs
    #recherche #France #darwinisme #compétition #inégalité #loi #réforme #it_has_begun #sélection

    • « Le darwinisme social appliqué à la recherche est une absurdité »

      La politique de la science est de plus en plus conduite par la compétition « au détriment de la coopération », s’indigne un collectif de 16 chercheurs.
      Le monde de la recherche française a bondi deux fois en une seule journée, le mardi 26 novembre : le matin, en lisant les propos du président-directeur général du CNRS [publiés dans le quotidien Les Echos], et le soir en visionnant le discours du président de la République pour les 80 ans de cette institution.

      Le premier, Antoine Petit, résumait ainsi l’idéologie qui sous-tend la future loi de programmation de la recherche, dont la présentation est prévue pour février 2020 : « Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. »

      Le second assurait que les innombrables évaluations auxquelles sont soumis les chercheurs (annuelle, biennale, quinquennale, et lors de chaque publication et projet évalué par les pairs) pourraient diminuer à condition qu’elles permettent une « différenciation » et que les « mauvais » en « assument les conséquences ». Emmanuel Macron a également cité, parmi les « chantiers » de la future loi, la création, à côté des modes de travail statutaires de plus en plus rares, de « CDI de projets », nouvel oxymore désignant des contrats voués à durer le temps d’un projet.

      La dévalorisation des « mauvais » chercheurs fait ainsi écho à l’éloge des « plus performants » par le PDG du CNRS. Une « loi inégalitaire » ? Mesurons la charge : on propose ici de poser comme principe légal la négation d’un des piliers de notre devise républicaine. Mais, au-delà, un « darwinisme » dans la recherche, qu’est-ce à dire ?

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/06/le-darwinisme-social-applique-a-la-recherche-est-une-absurdite_6021868_3232.

      #paywall

    • Lettre à MM. Petit et Macron, et à tous les tenants de la compétition comme mode de fonctionnement des sociétés humaines

      Cela fait de très nombreuses années que les gouvernements successifs cherchent à mettre en avant les inégalités de traitement comme moteur d’une plus grande efficacité supposée des services publics. Le dernier exemple en date concerne le monde de la recherche et émane de M. Petit, président du CNRS, dans une tribune publiée par Les Echos (26/11/2019). Parlant de la future Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche, M. Petit appelle de ses vœux « une loi ambitieuse, inégalitaire - oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. » Ces propos ont déjà fait réagir plusieurs chercheurs dans deux tribunes publiées simultanément par Le Monde (ici et là) la semaine dernière.

      Nous, acteurs de la recherche publique, souhaitons maintenant collectivement interpeller M. Petit et toutes les personnes pensant que la compétition entre individus est une solution pour améliorer le fonctionnement de nos sociétés : depuis Charles Darwin, plus de 150 ans de recherche nous ont appris que la sélection naturelle n’est pas un processus d’optimisation collective. Au contraire, la sélection naturelle opère souvent à l’échelle des individus, favorisant les caractéristiques des individus les plus aptes à survivre et à se reproduire, parfois au détriment du groupe. En biologie évolutive, on ne compte plus les exemples de « culs de sacs évolutifs », voire de « suicides évolutifs », où les avantages à court terme des individus finissent à long terme par faire disparaître une population entière.

      Pour ne prendre que l’exemple de la recherche, que nous connaissons mieux : si l’objectif de la future loi est bien, comme nous l’espérons, de faire progresser la connaissance et son utilité pour la société, sur quels critères devrait se fonder une loi soi-disant « darwinienne » ? Sur l’attribution de plus de moyens aux chercheur.e.s, ou aux groupes de chercheur.e.s, les plus productifs ? Une telle approche repose sur plusieurs postulats non vérifiés, notamment :

      – Qu’il est possible d’évaluer de façon objective la productivité ou la créativité des chercheurs. Or, la dérive du système d’évaluation actuel de la recherche pose beaucoup de questions [1]. Ce système est fondé sur des indicateurs quantitatifs, et favorise donc les chercheur.e.s qui publient le plus, parfois en utilisant des méthodes au mieux discutables (« sélection naturelle d’une mauvaise science », [2]), au pire frauduleuses [3].

      – Que les avancées scientifiques sont obtenues par quelques génies ou dans quelques « centres d’excellence ». Une vision critique de l’histoire des sciences balaie cette assertion [4]. La recherche est avant tout le fait d’équipes de recherche, de travaux expérimentaux de plus en plus collectifs, d’échanges d’idées et de discussions qui enrichissent nos perceptions des problèmes auxquels nous faisons face, rarement d’éclairs de génie isolés.

      – Que les moyens financiers sont « mieux » utilisés lorsqu’ils sont réorientés vers quelques rares personnes ou centres de recherche. Au contraire, miser de manière très inégalitaire sur quelques chercheur.e.s conduit inéluctablement à une perte de productivité de la science. En effet, la productivité marginale (en termes de connaissances produites) d’un euro injecté dans la recherche diminue avec les montants alloués - autrement dit, la même somme produit plus quand elle est divisée entre un plus grand nombre de groupes de recherche (voir la synthèse sur ce sujet [5]).

      En résumé, nous pensons qu’une politique de la recherche fondée sur une augmentation à outrance de la compétition sera contre-productive, parce qu’elle ne sélectionnera pas les caractéristiques des chercheurs qui promeuvent une science de qualité : rigueur, coopération, inventivité, scepticisme et originalité. Ces caractéristiques seront indispensables pour répondre aux défis scientifiques posés par les grands problèmes de société tels que les changements planétaires.

      Nous pensons également que notre raisonnement est valable pour le fonctionnement de bien d’autres institutions, au-delà du monde de la recherche : dès lors qu’un raisonnement fondé sur la mise en concurrence des acteurs est appliqué, les individus qui tirent leur épingle du jeu sont celles et ceux qui ont compris comment remplir les critères de sélection. Dans certains cas, cela peut aller de pair avec une augmentation du bien commun, mais c’est souvent fortuit, et dans de nombreux cas cela conduira à une diminution du bien commun et à une augmentation des inégalités : lorsque réduire son investissement pour le collectif permet de mieux remplir les critères de sélection, alors cette stratégie sera sélectionnée.

      Enfin, les choix de société ne doivent pas nécessairement être inspirés de ce qui se passe dans la nature. C’est aux sociétés humaines de choisir leur système de valeur en utilisant des arguments moraux. Les effets de la compétition dans la recherche et de nombreux autres secteurs de la société font déjà des dégâts considérables démontrés sur la santé mentale des personnes (« Le blues des chercheurs français », Le Monde 14/10/2019). Les recherches les plus sérieuses qui se sont penchées sur le sujet démontrent d’ailleurs que les inégalités pécuniaires ou de statut sont un moteur de mal-être et d’inefficacité, et ce dans toutes les couches de la société [6].

      Concernant la future loi de programmation de la recherche, nous soutenons donc les recommandations des sociétés savantes académiques de France, qui résultent d’une longue consultation de l’ensemble des acteurs de la recherche. Les recommandations identifiées comme prioritaires sont :

      – Faciliter l’organisation de la recherche en redonnant du temps de recherche aux chercheur.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s, en rétablissant une confiance mutuelle entre administrations et chercheur.e.s et en facilitant la gestion des laboratoires via un assouplissement des règles budgétaires notamment ;

      – Donner plus de moyens à la recherche publique civile en augmentant les dotations de base des laboratoires, en améliorant le fonctionnement et la transparence de l’agence nationale de la recherche [ANR, l’agence en charge de distribuer les crédits sur projet] et en soutenant le montage des dossiers européens et la gestion des contrats obtenus ;

      – Renforcer l’emploi scientifique en augmentant les recrutements permanents dans tous les corps, contrairement à la tendance de ces dix dernières années, et en améliorant les carrières académiques, notamment en diminuant la précarité des jeunes chercheur.e.s ;

      – Dynamiser les interactions entre la sphère académique et le reste de la société en valorisant le doctorat dans le monde économique, en prenant en compte dans leur formation et leur progression de carrière l’implication des acteurs de la recherche publique dans des interactions avec la société et en encourageant des collaborations mutuellement bénéfiques entre la recherche publique et d’autres sphères de la société.

      A l’heure où les acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur se doivent d’être des parangons de rigueur scientifique pour contrer la montée des nouveaux obscurantismes, l’irruption d’un projet de réorganisation du monde de la recherche fondé sur une adhésion dogmatique à des idées néfastes, qui s’appuient sur des postulats systématiquement contredits par les données, suggère une incompréhension, feinte ou patentée, du métier de chercheur par ceux qui aimeraient le régenter. Ne nous méprenons pas sur la justification pseudo-darwinienne donnée à ce projet, renforcer l’inégalité ne saurait augmenter la productivité académique, mais permettra bel et bien d’appliquer la maxime latine Divide et Impera : diviser pour mieux régner. Et régner sur une recherche publique vidée de ses forces vives n’améliorera certainement pas le rang de la France dans les classements académiques qui servent de bréviaires aux défenseurs de ce projet.

      Bibliographie

      [1] Gingras, Y. (2014) Les dérives de l’évaluation de la recherche : du bon usage de la bibliométrie, Raisons d’agir.

      [2] Smaldino, P. E. & McElreath, R. (2016) The natural selection of bad science. Royal Society Open Science, 3. https://doi.org/10.1098/rsos.160384

      [3] Chevassus-au-Louis, N. (2016) Malscience. De la fraude dans les labos, Le Seuil.

      [4] Conner, C. (2011) Histoire populaire des sciences, L’Echappée.

      [5] Aagaard, K., Kladakis, A. & Nielsen, M. W. (2019) Concentration or dispersal of research funding ? Quantitative Science Studies, https://doi.org/10.1162/qss_a_00002

      [6] Wilkinson, R. & Pickett, K. (2013) Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous, Les Petits Matins.

      https://www.petitions.fr/recherche__non_a_une_loi_inegalitaire

    • « Loi darwinienne » : au CNRS, le torchon brûle entre le PDG et les scientifiques

      Ses déclarations sur le financement de la recherche publique n’ont pas convaincu les chercheurs - c’est un euphémisme. Résultats : voilà Antoine Petit, actuel PDG du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), sous le feu des critiques, rapporte ce jeudi le Monde, et notamment celles de la présidente du Conseil scientifique de l’établissement, Dorothée Berthomieu et de l’ensemble des présidents de section du CNRS. Dénonçant dans un courrier les écrits d’Antoine Petit, qui appelaient fin novembre à l’élaboration d’une « loi inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne » en vue de la future loi de programmation de la recherche, les scientifiques s’inquiètent en effet du vote d’un texte qui « ne pourrait que renforcer les fragilités actuelles de la recherche publique française » et « une vision de la recherche basée sur la compétition à tous les niveaux ».

      Ils rejoignent ainsi un collectif d’éminents scientifiques auteur·e·s d’une tribune (dans le Monde également) sévère à l’égard de la direction, mais également d’Emmanuel Macron après son discours fin novembre pour les 80 ans de l’institution. Interrogé sur les moyens de la recherche, le président de la République avait alors affirmé qu’« on ne pourra pas mettre plus de moyens pour tout le monde » et qu’il faudra « travailler sur l’attractivité » de la recherche. « La référence au darwinisme social dit le fond d’une politique de la recherche, soulèvent quant à eux les signataires de la tribune, depuis vingt ans, le curseur a été sciemment poussé vers la compétition au détriment de la coopération. (...) La loi à venir poussera à son terme cette logique, dont aucun effet positif n’a pu être observé. »

      https://www.liberation.fr/direct/element/loi-darwinienne-au-cnrs-le-torchon-brule-entre-le-pdg-et-les-scientifique

    • François-Xavier Fauvelle : « Monsieur le PDG du CNRS, savez-vous ce que votre darwinisme fait à la recherche ? »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/23/francois-xavier-fauvelle-monsieur-le-pdg-du-cnrs-savez-vous-ce-que-votre-dar

      M. Petit nous dit qu’il aurait été mal compris et que ce darwinisme social serait très éloigné de ses valeurs personnelles [Le Monde du 18 décembre]. Le problème, voyez-vous, M. Petit, c’est que ce sont vos mots et vos formules qui nous permettent de juger de vos valeurs.

      Les propos d’Antoine Petit ne sont ni tout à fait neufs ni surtout de nature à améliorer le système français de recherche. Ils s’inscrivent dans une histoire déjà longue de gouvernance managériale du milieu académique, appliquée par tous les gouvernements successifs depuis deux décennies et dont M. Petit est aujourd’hui l’instrument. Le mot d’ordre de cette gouvernance est : soyez plus « compétitifs ». Les moyens pour y parvenir sont la précarisation, l’évaluation, et à présent la sélection darwinienne.

      #paywall

    • #Merci @simplicissimus voici le texte complet :

      #François-Xavier_Fauvelle : « Monsieur le PDG du CNRS, savez-vous ce que votre darwinisme fait à la recherche ? »

      L’historien interpelle, dans une tribune au « Monde », Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, après le plaidoyer de celui-ci en faveur d’une recherche plus compétitive. Ce n’est pas, estime le professeur au Collège de France, ce qui améliorera les performances, mais ce qui les entrave aujourd’hui et pourrait les détruire demain.

      Tribune. Antoine Petit, PDG du CNRS, le plus grand organisme français de recherche, a livré à la communauté scientifique et au public sa vision du monde de la recherche et les orientations qu’il compte faire inscrire dans la future loi de programmation [Les Echos du 26 novembre, Le Monde du 18 décembre]. Quelques « petites phrases » savamment dosées et plusieurs fois réitérées ont fait bouillir l’immense majorité de la communauté scientifique. Selon Monsieur Petit, la recherche serait un monde « darwinien » dans lequel les « meilleurs » chercheurs et équipes devraient être favorisés par des lois « inégalitaires », et les autres condamnés à la disparition.

      De tels propos reflètent une ambiance politique décidément à la mode, qui aime à se représenter la société comme le théâtre d’un combat à mort dont sortent des « vainqueurs » et des « perdants »

      De tels propos reflètent une ambiance politique décidément à la mode, qui aime à se représenter la société comme le théâtre d’un combat à mort dont sortent des « vainqueurs » (winners) et des « perdants » (losers). On croyait à tort ce darwinisme social confiné à certaines marges idéologiques de nos sociétés. Car comment peut-on lucidement plaider pour que des lois naturelles qui expliquent la lutte pour la survie des espèces deviennent des lois normatives s’appliquant à la société ? M. Petit nous dit qu’il aurait été mal compris et que ce darwinisme social serait très éloigné de ses valeurs personnelles [Le Monde du 18 décembre]. Le problème, voyez-vous, M. Petit, c’est que ce sont vos mots et vos formules qui nous permettent de juger de vos valeurs.

      Les propos d’Antoine Petit ne sont ni tout à fait neufs ni surtout de nature à améliorer le système français de recherche. Ils s’inscrivent dans une histoire déjà longue de gouvernance managériale du milieu académique, appliquée par tous les gouvernements successifs depuis deux décennies et dont M. Petit est aujourd’hui l’instrument. Le mot d’ordre de cette gouvernance est : soyez plus « compétitifs ». Les moyens pour y parvenir sont la précarisation, l’évaluation, et à présent la sélection darwinienne.

      Un supposé « modèle américain » caricaturé

      Ce discours n’a cessé de brandir deux instances qui commanderaient une telle orientation. D’une part un supposé « modèle américain » caricaturé, qui garantirait des résultats quantifiables (comme par le classement dit « de Shanghaï ») dans un environnement de compétition internationale. On a donc « américanisé » le système français de recherche. Par l’assèchement des crédits récurrents des laboratoires et des universités, on a jeté chacun contre tous en quête d’un poste salarié, d’un programme financé ; on a multiplié les procédures d’évaluation ; on a diminué le nombre de postes et multiplié les contrats courts. Mais on a oublié de compenser cette pression supposément « vertueuse » par des conditions « américaines » de recherche : la sécurité de l’emploi (dont bénéficient, sauf banqueroute de leur institution, la quasi-totalité des universitaires en poste aux Etats-Unis, universités publiques et privées comprises), les salaires plusieurs fois supérieurs à ceux de la France, les crédits de recherche systématiquement alloués aux chercheurs individuels, l’accès à de multiples agences de financement.

      L’autre instance est le « contribuable » : c’est en lui hurlant à l’oreille pour s’assurer ses bonnes grâces que nos gouvernants n’ont cessé de répéter que les chercheurs et chercheuses devaient être soumis à une « évaluation », comme les élus sont soumis à l’évaluation de leurs électeurs, les boulangers à celle des clients du quartier, les entreprises à celle du marché, du manageur, des actionnaires. On a donc créé de toutes pièces, à l’intention des chercheurs, des procédures « démarche qualité » envahissantes. Il y a pourtant de très bonnes raisons pour que la recherche ne soit pas soumise à ces procédures : notre domaine d’activité est fondé sur des règles de fonctionnement instituées depuis deux siècles. Ce sont des procédures dites d’« évaluation par les pairs » (peer review), parfois publique (dans le cas d’une thèse, par exemple, parce que c’est un diplôme universitaire qui donne le titre de docteur, reconnu par l’Etat), parfois anonyme (pour éviter les conflits de personnes), parfois même en « double anonyme » (double blind).

      La loi du métier

      C’est la loi de ce métier, sans doute le seul soumis à une évaluation permanente : on ne cesse d’évaluer et d’être évalué à chaque diplôme que l’on passe, à chaque concours, à chaque article que l’on soumet pour publication, à chaque demande de financement que l’on dépose à un bâilleur de fonds publics ou une fondation. Faut-il s’étonner, comme le font certains, de l’autonomie de ces procédures internes par rapport au reste de la société ? Elles sont pourtant le fruit d’un équilibre entre le consensus nécessaire à l’existence de savoirs partagés et le dissensus qui permet le dépassement de vérités par d’autres vérités.

      M. Antoine Petit, votre vision d’une recherche plus compétitive et mieux évaluée n’est pas ce qui améliorera les performances des chercheuses et des chercheurs ; elle est ce qui les entrave aujourd’hui et ce qui les détruira demain si nous vous laissons faire. La « sélection » que vous appelez de vos vœux pour satisfaire votre représentation rêvée de l’Amérique et du contribuable est en réalité déjà là. La politique systématique d’assèchement des crédits récurrents de la recherche, la réduction catastrophique du nombre de postes ouverts aux jeunes chercheurs, la compétition pour les financements de recherche « sur projet » pour pallier la pénurie de financements récurrents, l’évaluation administrative permanente aux niveaux individuel et collectif et à tous les échelons de toutes les structures (universités, organismes, laboratoires, filières de formation…) ont déjà pour effet de jeter tout le monde contre tout le monde.

      « En vouloir »

      Il faut déjà « en vouloir » pour réaliser une thèse de doctorat qui durera quatre, cinq ou six ans selon les spécialités, en ne bénéficiant le plus souvent pas (du moins dans les sciences humaines et sociales) de contrats doctoraux financés ; l’oublier, c’est négliger le fait que la formation doctorale est de ce fait essentiellement subventionnée par les chercheurs eux-mêmes et leurs familles, qui sont aussi des contribuables. Il faut « en vouloir » pour se présenter plusieurs années de suite aux concours de recrutement des universités et des grands organismes de recherche ou dans le privé, souvent sans salaire, tout en répondant de son mieux à l’injonction « Tu publieras, pour être recrutable, trois articles par an comme premier auteur dans une revue de rang A » ; l’oublier, c’est refuser de voir qu’une partie essentielle de ce que la recherche produit de plus neuf l’est par des hommes et des femmes en recherche de postes et par leurs familles, qui sont toujours nos contribuables.

      Savez-vous, M. Petit, ce que ce système, les mots que vous employez pour le décrire, votre darwinisme, fait à la recherche ? Savez-vous la misère morale, les rancœurs, les renoncements, qu’engendre cette compétition inutile et toxique ? Voyez-vous son absurdité économique ?

      Quant aux « perdants » des recrutements, celles et ceux qui à la mi-trentaine, après avoir consacré leur première carrière bénévole à la recherche, se tournent, faute de postes, vers d’autres métiers, diriez-vous qu’ils ou elles sont des losers qui ne méritent que leur sort, des spécimens moins adaptés que d’autres et voués à l’extinction darwinienne ? Il faut encore « en vouloir » pour, ayant satisfait de telles exigences, avoir néanmoins poursuivi une recherche de fond qui ne privilégie pas la « rentabilité » à court terme, l’article court et sexy, facilement publiable et vite périmé. Il faut « en vouloir » pour, constatant, à peine recruté, qu’on ne bénéficiera de rien d’autre que de son salaire et d’un bureau partagé à trois ou quatre, et que le système ne vous alloue pas de crédits de recherche, comprendre qu’il faudra alors « se battre », c’est-à-dire déposer plusieurs fois chaque année, jusqu’au succès, des projets de recherche à plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros.

      A ce jeu, bien sûr, il ne peut pas y avoir que des vainqueurs, la principale agence de financement française (l’Agence nationale de la recherche) offrant des taux de retour de projets « gagnants » inférieurs à 15 % : un taux aussi scandaleusement bas ne peut pas garantir qu’un excellent projet, même soumis plusieurs fois, l’emporte sur d’autres projets, excellents ou pas. Ce système est donc plus injuste qu’une loterie. Il faut « en vouloir » pour, n’ayant pas obtenu ce type de financement sur projet, poursuivre néanmoins sa recherche sur ses crédits personnels, ou bien frapper à la porte de sa ou de son collègue de bureau, ni plus ni moins méritant, ou peut-être plus constant, ou peut-être plus winner, et lui demander quelques centaines d’euros pour un déplacement. Savez-vous, M. Petit, ce que ce système, les mots que vous employez pour le décrire, votre darwinisme, fait à la recherche ? Savez-vous la misère morale, les rancœurs, les renoncements, qu’engendre cette compétition inutile et toxique ? Voyez-vous son absurdité économique ? Avez-vous la moindre idée que ce système éteint chez beaucoup le génie et le désir, pour favoriser vos survivants darwiniens qui n’ont jamais demandé que leur succès passe par un tel gâchis ?

      Une réforme en profondeur

      Puisque vous avez l’air, M. Antoine Petit, de vouloir une réforme en profondeur, nous vous en proposons une, radicale et authentiquement ambitieuse ; elle libérerait l’énergie, le talent, l’excellence, aujourd’hui freinés. Elle tient en deux points qui ne vous coûteront rien, plus un qui nous coûtera.

      Un : réabondez les crédits récurrents de la recherche en diminuant drastiquement ceux alloués sur projets. L’immense majorité des chercheurs et des chercheuses y retrouveront les modestes moyens dont ils ont besoin pour travailler et, le moment venu au cours de leur carrière, ils déposeront un projet ambitieux nécessitant des moyens plus importants. Les agences de financement ne seront plus dès lors inondées de demandes, évalueront avec sérieux celles soumises et offriront des taux de retour de 40 %, conformes aux moyennes « américaines » qui garantissent qu’un projet excellent soit financé à la première, deuxième ou troisième tentative.

      Deux : exigez que soient supprimées toutes les « agences de notation » qui s’ajoutent à nos procédures scientifiques en mobilisant, plusieurs semaines par an, soit en tant qu’évalué, soit en tant qu’évaluateur, tous les acteurs de l’enseignement et de la recherche, au prix d’un invraisemblable gaspillage d’énergie, de temps et d’argent.

      Trois : ouvrez des postes, recrutez à tour de bras dans tous les domaines où nous avons besoin de connaissances nouvelles, de connaissances pas forcément « rentables » mais néanmoins utiles pour nous diriger dans le monde et connaître nos prochains, mais aussi de connaissances dont nous n’avons pas encore besoin. Ce dernier conseil permettrait au système français de recherche de se rapprocher un tout petit peu du modèle « américain » ; et c’est un contribuable qui vous parle.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/23/francois-xavier-fauvelle-monsieur-le-pdg-du-cnrs-savez-vous-ce-que-votre-dar
      #performance #vainqueurs #perdants #précarisation #évaluation #sélection_darwinienne #modèle_américain #compétition_internationale #évaluation_par_les_pairs #peer_review #évaluation_administrative

    • Le cauchemar de Darwin — à propos d’une tribune d’Antoine Petit, pdg du CNRS (18 décembre 2019)

      Antoine Petit a commis une tribune en accès payant dans le quotidien Le Monde ce 18 décembre 2019, dont le ton et le contenu restent à l’opposé de ce que la communauté des chercheurs et chercheuses a récemment dit attendre (voir https://academia.hypotheses.org/6055 et https://academia.hypotheses.org/5859). En voici une lecture assurée par le mathématicien #Antoine_Chambert-Loir, nouveau rédacteur d’Academia.

      Dans une tribune publiée par le journal Le Monde du mercredi 18 décembre 2019 (https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/18/antoine-petit-nous-avons-un-imperieux-besoin-d-une-grande-loi-ambitieuse-et-), Antoine Petit, président-directeur-général du CNRS, revient sur les « réelles ambitions scientifiques » qu’il a pour l’établissement qu’il dirige. Cette tribune fait suite à une précédente, qu’il avait publiée dans Les Echos, du 26 novembre 2019 (https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/la-recherche-une-arme-pour-les-combats-du-futur-1150759) et à son discours du même jour, prononcé au Palais de la découverte, à l’occasion du 80e anniversaire du CNRS, en présence du président de la République.

      Les propos d’Antoine Petit avaient déjà suscité étonnement et colère, en particulier par la référence à la théorie de l’évolution de Darwin :

      « Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire — oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale, une loi qui mobilise les énergies. »

      et par le #vocabulaire_guerrier employé tout au long de sa tribune, dès son titre : « La #recherche, une #arme pour les #combats du futur. »

      Des réseaux sociaux jusqu’au Conseil scientifique du CNRS (https://www.lemonde.fr/blog/huet/2019/12/12/antoine-petit-conteste-au-cnrs), de nombreux collègues ont émis une contestation détaillée des propos d’Antoine Petit.

      La façon dont Antoine Petit revient aujourd’hui sur ses propos initiaux est encore plus problématique. Petite revue en quelques points.

      1. Son texte commence par un auto-satisfecit bienvenu du CNRS et par l’affirmation de la volonté de la communauté scientifique de répondre aux grands défis du moment. C’est une entrée en matière et on peut comprendre que la recherche

      fondamentale disparaisse provisoirement du radar. Il continue en évoquant « une très large consultation des laboratoires » qui a permis au CNRS de formuler dès juillet 2019 des propositions « que ce soit en matière de financement de la recherche, d’attractivité des emplois et carrières scientifiques, ou plus largement de recherche partenariale et d’innovation ». Là, Antoine Petit marche joyeusement sur la tête — ou plutôt sur les pieds de toute la communauté scientifique.
      Car ce qui est sorti de ces consultations était très différent du rapport produit par la direction du CNRS, malgré toute la diversité que commandent des pratiques scientifiques parfois assez éloignées.
      La communauté réclame des moyens, des postes, la diminution du poids de la recherche par projet ; le CNRS propose des contrats de chantier, la création de « tenure tracks pour les universités volontaires » et diminue le nombre de postes statutaires. Invité à l’émission du Téléphone sonne (France Inter) du 27 novembre (https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-27-novembre-2019), Petit énonçait l’idée même qu’un recrutement précoce lui semblait anachronique.

      2. Antoine Petit devait bien sûr revenir sur sa demande d’une « loi vertueuse et darwinienne » pour la recherche, d’une « loi ambitieuse, inégalitaire – ou différenciante s’il faut faire dans le #politiquement_correct ».
      Tout le monde est passé assez vite sur sa demande d’une loi « inégalitaire » dans un pays dont la devise est Liberté, égalité, fraternité. L’allusion au « politiquement correct » n’a pas non plus fait couler trop d’encre ; elle est pourtant une génuflexion à la droite extrême américaine qui est peu à peu parvenue à imposer cette idée que le souci de l’égalité serait une aberration utopique un peu

      ridicule.
      Des collègues juristes pourraient probablement commenter longuement l’idée qu’une loi soit « vertueuse ». Antoine Petit reconnaît aujourd’hui « bien volontiers » une provocation. Est-ce bien là une posture raisonnable pour le président-directeur-général du principal établissement de recherche publique français que de diffuser des provocations à l’encontre de ses personnels dans une presse (Les Échos) pas particulièrement bienveillante envers la recherche publique ? Est-ce que ce « bien volontiers » un peu patelin peut excuser ce débordement ?
      Des collègues biologistes ont expliqué dans le détail en quoi la comparaison avec Darwin était un contre-sens, comment cette théorie explique l’évolution des espèces sur un temps long, et non par une compétition immédiate entre individus. D’autres ont démontré comment ce darwinisme relevait plutôt de la théorie du « darwinisme social » — une adaptation par Herbert Spencer de la théorie de Darwin à la société, que Darwin avait d’ailleurs lui-même combattue. Il aurait pu tenir compte de ces explications, les lire, se documenter. Mais non, il reproche un « glissement sémantique », fait référence à ses opinions personnelles qui, en tant que président-directeur-général du CNRS, nous intéressent beaucoup moins que le projet qu’il a pour cet établissement.
      Et c’est justement là qu’Antoine Petit, précisément en tant qu’il est le président-directeur-général du CNRS, dépasse largement les bornes de la décence, lorsqu’il qualifie de façon méprisante ces collègues « d’esprits savants » en regrettant seulement qu’il ait « pu heurter la sensibilité de certains ». Manifestement, Antoine Petit a quitté le cercle des scientifiques auquel il appartenait pour rejoindre celui où l’on espère quelque profit politique à moquer les savants qui, chaque jour, font progresser la connaissance, les mêmes savants dont il a pourtant la charge.

      3. Il évoque les difficultés financières du CNRS, « la perte de plus de 3000 emplois en 10 ans ». Mais il ne dit rien de son attitude face aux représentants du collectif RogueESR lorsque la communauté, au début de cette année, avait protesté contre les suppressions de 50 postes de chargés de recherche. Il ne dit rien non plus de la façon dont le Conseil scientifique modifie les classements de recrutements qu’avaient effectué les collègues des sections du Comité national (https://academia.hypotheses.org/3289), certes en en ayant le droit, mais en s’asseyant de façon très cavalière sur leur travail fouillé, le dénigrant même comme lorsqu’il disait au micro de France Culture le 25 juin 2019 (https://www.franceculture.fr/societe/cnrs-le-pdg-repond-aux-accusations-de-discrimination :

      « J’imagine que dans votre métier, vous êtes capable de me dire : ceux-là, c’est plutôt des “bons journalistes”, ça c’est plutôt des “journalistes moyens”, et ceux-là sont plutôt “moyennement journalistes”… »

      Il sait pourtant, il n’a probablement pas oublié, que le travail de recrutement d’un Comité national est un peu plus détaillé que de classer les candidats en bons ou moyens. Il ne dit rien encore de la façon dont il espère attirer des « stars » venues de l’étranger. Sans parler des différences de rémunération, on pourrait par exemple imaginer qu’il se préoccupe de leur future retraite, notamment dans la situation incertaine de la réforme proposée par le gouvernement.
      Il n’évoque pas non plus les craintes soulevées par le journaliste Martin Clavey dans son blog The Sound of Science (https://www.soundofscience.fr/1899) que d’utiliser la section 50 (Gestion de la recherche) du Comité national, cette année dotée de 12 postes de directeur de recherche (contre 2 ou 3 les années précédentes) pour nommer — via le Conseil scientifique — des candidats éventuellement désignés par les autres sections du CNRS. Bien entendu, il n’évoque pas le fait que ces dernières années, la politique du CNRS ait explicitement prohibé (sous menace de déclassement) le recrutement de directeurs de recherche qui ne fussent pas issus du CNRS, au mépris des lois sur l’impartialité des recrutements.

      4. Le 26 novembre, Antoine Petit, à moins que ce ne fût Emmanuel Macron lui-même, nous disait « vous ne serez pas moins évalués ». Aujourd’hui au moins, il reconnaît un « trop-plein d’évaluation ». Mais il exige de ne soutenir que les recherches « au meilleur niveau international ». Et cela n’a aucun sens ! Cela signifierait ne plus soutenir des disciplines dans laquelle la France ne serait pas en pointe, au risque d’une perte de savoir-faire, sans voir que le développement de ces disciplines pourrait être fondamental pour des disciplines voisines. Il feint aussi d’ignorer que, presque par principe, la recherche scientifique connaît des creux, des obstacles ; grâce à l’acharnement des collègues, ce n’est que pour mieux rejaillir ensuite.

      5. Il fallait bien qu’Antoine Petit évoque le financement de la recherche. Il le fait au moyen d’un truisme « L’argent n’est pas infini » problématique à plusieurs titres. Tout d’abord, il admet sans contestation les arbitrages de Bercy. Si la fonction d’Antoine Petit n’est pas d’aller chercher l’argent avec les dents, à quoi sert-il ?
      Ensuite, ce truisme minore le faible investissement de la France dans sa recherche publique. On peut revenir ici sur le rôle qu’il laisse à l’Agence nationale de la recherche lorsqu’il demande que son budget « s’aligne sur les standards internationaux ». Alors que la communauté scientifique lui a dit, dans le détail, le temps qu’elle perdait à répondre à ces appels d’offre, que ne réclame-t-il que cet argent soit affecté directement au CNRS et à ses chercheurs ? Si c’est une question d’évaluation des travaux, le CNRS, via le Comité national, ou l’Hceres, seraient en très bonne position pour lui indiquer les équipes les plus dynamiques, ou celles dont les besoins sont les plus urgents.

      6. Comme lors du 26 novembre, c’est la perspective de la loi de programmation pluriannuelle pour la recherche qui semble motiver la tribune d’Antoine Petit. Seulement, il y a loin d’une loi à ses effets. Surtout quand ce qui empêche la recherche française de fonctionner raisonnablement n’est pas tant son organisation que le manque de moyens qui lui est donné. Car si tous les exposés des motifs des lois successives consistent à répéter « excellence, excellence, excellence » (en sautant sur sa chaise comme un cabri ?), on devinait dès 2008, et on sait aujourd’hui, tant par l’analyse a posteriori des différents rapports produits dès 2003, que par les effets de la #loi_LRU, comment cette invocation de l’excellence n’a pour seul but que de masquer la baisse de l’investissement français à la recherche publique.

      7. La fin de la tribune d’Antoine petit évoque la « #coopétition, mélange de coopération et de compétition ». Dans l’entreprise, ce néologisme caractérise des situations où des concurrents décident de mener un partenariat industriel ou commercial. Mais je dis que dans le contexte de la recherche, ce mot subtil n’est que du baratin. Il existe bien sûr une forme de compétition dans la recherche, qui consiste dans certains cas à faire la course pour obtenir une découverte avant une équipe concurrente.
      Mais prenons un peu de recul : à l’échelle de l’humanité, du point de vue des connaissances acquises par les humains, quel intérêt cette compétition a-t-elle ?

      Institutionnalisée, elle est en revanche un remarquable outil de management. Il y a une dizaine d’années, le ministre allemand de la recherche était invité à prononcer un discours lors de l’inauguration de la promotion de l’Institut universitaire de France auquel j’avais été nommé. Son vocabulaire m’avait déjà frappé : lorsqu’il s’agissait d’États ou d’organismes de recherche, il s’agissait de coopération ; dès qu’il était question de chercheurs, de compétition. Antoine Petit dit que « la compétition ne nous fait pas peur ». Et bien elle devrait. Car toutes ces choses-là, de la compréhension du VIH à celle de la cohomologie des schémas en passant par les trous noirs et le linéaire B, sont trop importantes pour être ravalées à une sordide compétition.

      https://academia.hypotheses.org/6219
      #LRU

    • Backlash over call for ‘Darwinism’ in French research funding

      Ahead of a new law that critics fear will reduce tenure rights, French scientists have opposed CNRS chief’s full-throated support for competition.

      The chief executive of France’s leading network of research institutes has faced a huge backlash from scientists after calling for a new law to unleash “Darwinian” competition among academics for funding.

      Antoine Petit’s comments appear to have set off an unprecedented row within the French National Centre for Scientific Research (CNRS) ahead of a new research law set to come before the French parliament in February or March.

      Writing in Les Echos in November, Professor Petit called for an “ambitious, unequal law – yes, unequal, a virtuous and Darwinian law, which encourages the most efficient scientists, teams, laboratories and establishments on an international scale”.

      Some of the CNRS’ top scientists, including the president of its scientific council, responded that the comments had caused “deep disapproval and deep concern” in an open letter released the following month.

      “There is complete consensus within the CNRS [against this approach] – except for the head,” said François Massol, a CNRS evolutionary ecologist.

      The row has continued into the new year, with a steady stream of public condemnation from French scientists. One geneticist argued in a recent Liberation article that Darwin himself, who preferred “patient reflection away from competitive relentlessness”, would never have had his research supported under the CNRS as envisaged by Professor Petit.

      Meanwhile, 29 faculties and 26 labs were reported to be on strike in protest against the proposed changes, and the wider pension reforms that in December brought hundreds of thousands of protesters on to the streets.

      One group of researchers, including Dr Massol, have taken aim at what they see as Professor Petit’s misapplication of Darwinism.

      “Natural selection operates at the individual level, favouring the characteristics of those who can survive and reproduce, sometimes to the detriment of the group or even the species,” they wrote in a petition in December, which has garnered close to 15,000 signatures and support from 39 academic societies. Instead, they recommend freeing up more research time, better funding and more permanent positions.

      Professor Petit has been “misusing science for the sake of science policy”, said Dr Massol.

      Speaking to Times Higher Education, Professor Petit acknowledged that if looked at “from a specialist point of view, the use of the Darwin term was not fully appropriate”.

      The point was to emphasise that France needs to “attract the best scientists and support the best teams” and that it would be “useless” to distribute money equally across all the country’s research institutions, he said.

      “Sometimes in France, we have a problem with equality, we like to have everybody equal,” Professor Petit said. “Science is like sport. Everybody can play soccer, but not everybody can play in the Champions League.”

      Critics disagreed. “If you concentrate research money on a few labs or people, you’ll have much more conservative science, which is less exploratory,” said Philippe Huneman, a CNRS research director focusing on evolutionary biology.

      Pervasive job insecurity would drive more academics to research fraud, he added.

      France’s new research law is yet to be made public. But judging from preliminary discussions, Professor Huneman feared it could make the previously permanent positions of assistant professor and CNRS junior researcher temporary.

      Professor Petit said that he would be “very surprised” if the law scrapped tenure for these positions, given the strength of opposition. Instead, it could introduce a new “experimentation” career track for a small proportion of academics, with tenure awarded later than it is now. He also hoped that the new law would come with substantial new funding.

      https://www.timeshighereducation.com/news/backlash-over-call-darwinism-french-research-funding

      Comme dit Benoît Kloeckner sur twitter :

      « Chaque fois que Petit s’explique sur sa sortie Darwinnienne c’est pire »

      –-> commentaire à cette citation :

      « “Sometimes in France, we have a problem with equality, we like to have everybody equal,” Professor Petit said. “Science is like sport. Everybody can play soccer, but not everybody can play in the Champions League.” » (Antoine Petit cité par le THE).

      https://twitter.com/BrKloeckner/status/1219714969505271809?s=03
      #sport #football

    • Petit debunk sur la notion d’#égalité par Julien Gossa

      « Le système de la recherche n’est pas égalitaire, ça n’a pas de sens. »
      Interview d’Antoine Petit dans @TheMeta_News

      –---

      1. « C’est la #nature »

      C’est la définition même du spencérisme ou darwinisme social.

      2. « C’est partout pareil »

      Il s’agit d’une pure reprise de @LaurenceParisot, ex présidente du MEDEF : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

      Ce type de comparaison a très peu de sens :
      – les domaines ne sont en rien comparables ;
      – rien ne prouve que les inégalités dans ces domaines soient efficaces.

      Exemple : le sport est inégalitaire, mais les règles sont claires et on peut facilement mesurer les performances. Au 100m, le premier arrivé gagne.

      En recherche, on ne sait pas définir "premier arrivé" et on ne sait pas le mesurer.

      La comparaison tombe à l’eau.

      Exemple : le cinéma et la grande cuisine sont inégalitaires, mais a-t-on mesuré ce qu’on y gagnait et ce qu’on y perdait ?
      De combien de bons plats ou films se passe-t-on à cause de ce système ? Impossible à dire.

      L’inégalité existe, mais elle n’est pas nécessairement bonne.

      3. « On le fait déjà, il n’y a donc rien de choquant »

      On a là l’enchaînement logique qui permet de tout justifier.
      « [insérez un truc ignoble] ? C’est la nature humaine, d’autres le font, et nous aussi on le fait déjà. » Donc c’est ok ?

      (essayez, ça marche vraiment)

      4. Mélange du #besoin et des #performances

      Ce n’est pas du tout la même démarche que de distribuer à chacun selon ses besoins et selon ses performances.

      Mélanger les deux est particulièrement spécieux.

      Une analogie avec la santé pour essayer de préciser les choses :
      Soigner selon les besoins, c’est décider de soigner les plus malades.
      Soigner selon les performances, c’est décider de soigner les plus importants (donc les plus riches).

      Ca s’exclue mutuellement.

      5. Le coup du tabou : Antoine Petit dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas...
      Ou pas. Il n’en sait rien. Qu’il le prouve.

      Il a les moyens de monter une enquête auprès des personnels, qu’il le fasse. Et qu’il en tire les conséquences.

      En attendant, on a une très grosse consultation menée par 23 sociétés savantes qui a reçu plus de 9000 réponses, et ses conclusions sont contraires aux affirmations du PDG du CNRS.

      http://blog.educpros.fr/julien-gossa/2019/08/15/bilan-2018-2019-iv-recherche

      6. Mélange de trois choses qui n’ont strictement rien à voir : ANR, classements et disputatio (édition scientifique).

      La #disputatio est inhérente et aussi vieille que la production scientifique.

      L’ANR et les classements ont 15 ans et n’ont jamais prouvé leur efficacité.

      En clair, il est indispensable pour la production scientifique que les chercheurs soumettent leurs articles à d’autres chercheurs qui les sélectionnent.

      Il n’est pas du tout indispensable de passer par l’ANR et les classements. On a fait très longtemps sans, et mieux.

      7. Parmi ceux qui s’expriment contre les inégalités, on trouve des gagnants des inégalités. « c’est d’ailleurs drôle ».

      Ici, on a simplement une négation des principes et de l’idéal. Pour Petit, si on est gagnant d’un système, on ne doit pas le critiquer.

      Illustration : Sauf à me balader nu, je dois porter des vêtements, la plupart fabriqués par des enfants de pays pauvres. Donc je dois être pour le travail des enfants, et la pauvreté d’autres pays.

      C’est « Mister Gotcha », dans le texte :

      Les raisonnements et confusions présentés par M. Petit visent à empêcher toute pensée critique et donc toute amélioration.

      Ils oublient simplement les notions de principe, d’idéal et de progrès, en justifiant l’existant par l’existant.

      Il ne peuvent conduire qu’au pire.

      https://twitter.com/JulienGossa/status/1220633089107464193?s=20

    • « Le milieu de la recherche est inégalitaire »

      Antoine Petit, PDG du CNRS, a choisi TMN pour parler de la future loi de programmation, du système de recherche, de la parité… et de Darwin, bien sûr. Interview.

      Si on lit la tribune des Echos parue en novembre dernier, vous plaidez pour une réforme darwinienne, d’une part, mais surtout inégalitaire. Qu’est-ce qu’une réforme inégalitaire ?
      J’ai indiqué le soir des 80 ans du CNRS devant Emmanuel Macron que la réforme devait être inégalitaire ou « différenciante », si l’on devait faire dans le politiquement correct [Si vous voulez réécouter, c’est par ici, NDLR]. Pour moi, le milieu de la recherche est par nature inégalitaire, comme le sont tous les milieux de haut niveau : le sport est inégalitaire, la grande cuisine est inégalitaire, le cinéma aussi. En recherche, on passe notre temps à créer des inégalités : entre les gens pris au CNRS et ceux qui ne le sont pas, entre les directeurs de recherche et ceux qui ne le sont pas, etc. Je ne pensais pas que cela allait perturber les gens à ce point-là : je voulais simplement dire qu’on ne pouvait pas avoir une loi qui consisterait à avoir 100 et à donner 1 à chacun. La loi devait assumer que tout n’est pas égal, que certaines disciplines ont besoin de plus de moyens que d’autres, qu’il y a des champs où il faut moins investir, que des gens sont plus performants que d’autres, etc. Ce sur quoi tout le monde est d’accord… mais il ne faut pas le dire. Je n’ai notamment pas entendu grand monde remettre en cause l’existence de l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui crée des inégalités de fait : soit vous êtes pris, soit vous ne l’êtes pas. Nous avons en 2019 proposé que les taux de succès aux appels à projet soient portés à 30% ou 40%, cela crée également des inégalités. Autre exemple : le classement de Shanghai, qui traumatise totalement les universités. C’est donc une fausse polémique comme on les adore ; le milieu de la recherche veut se croire égalitaire alors qu’il est tout sauf égalitaire, en commençant par la base : quand on soumet un papier, il peut être rejeté. C’est le quotidien des chercheurs. Mais le fait de le dire a perturbé un certain nombre de gens, y compris parmi des normaliens, des gens en poste à l’institut universitaire de France ou même, c’est d’ailleurs drôle, au Collège de France. Le système de la recherche n’est pas égalitaire, ça n’a pas de sens.« M’accuser de darwinisme social
      est très facile mais ce n’est que
      de la rhétorique . »

      https://www.themeta.news/interview-a-petit

  • #Afghanistan : CIA-Backed Forces Commit Atrocities | Human Rights Watch
    https://www.hrw.org/news/2019/10/31/afghanistan-cia-backed-forces-commit-atrocities

    Ces #milices ne sont pas simplement « appuyées » par les #états-unis, ces derniers participent à leurs #atrocités.

    “[...] the CIA has enabled abusive Afghan forces to commit atrocities including extrajudicial executions and disappearances,” said Patricia Gossman, associate Asia director and author of the report. “In case after case, these forces have simply shot people in their custody and consigned entire communities to the terror of abusive night raids and indiscriminate airstrikes.”

    [...]

    Night raids have often been accompanied by airstrikes that have indiscriminately or disproportionately killed Afghan civilians. The dramatic increase in civilian casualties from US air operations over the past year may reflect changes to tactical directives eliminating measures that had formerly reduced civilian harm, including limitations on striking residential buildings. The US and Afghan governments have not adequately investigated alleged unlawful airstrikes in Afghanistan. In one case Human Rights Watch investigated, an airstrike called in by strike forces in Nangarhar killed at least 13 civilian members of two families, including several children.

    Afghanistan : HRW dénonce des #crimes paramilitaires soutenus par la CIA - Asie-Pacifique - RFI
    http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20191031-afghanistan-hrw-crimes-paramilitaires-cia

    L’ONG HRW précise que les forces paramilitaires afghanes ont été recrutées, entraînées et équipées par la CIA. Leurs liens étroits dateraient des années 1980, lorsque la CIA équipait les rebelles afghans et les moudjahidines contre les troupes soviétiques.

    #combattants_de_la_liberté #propagande

  • British orphans found trapped in Syria IS camp

    The war in Syria has been reignited on new fronts by Turkey’s incursion into the north east of the country.

    In camps across the regions are thousands of terrified children whose parents supported the Islamic State group, but most of their countries don’t want them home.

    In one camp, the BBC has discovered three children, believed to be from London, whose parents joined IS five years ago, and were subsequently killed in the fighting.

    The children - Amira, Heba and Hamza - are stranded, in danger and they want to come home.

    https://www.bbc.com/news/av/world-middle-east-50030567/british-orphans-found-trapped-in-syria-is-camp
    #enfants #enfance #ISIS #EI #Etat_islamique #camps #orphelins #Syrie #conflit #guerre #combattants_étrangers

    • Gli svizzeri della Jihad

      Chi sono gli jihadisti elvetici, di che reti facevano parte e cosa li ha spinti a partire? Da Winterthur a Ginevra, dai palazzi popolari ai quartieri borghesi, siamo andati a cercare i giovani che si sono uniti all’ISIS.

      Sono svizzeri e sono partiti per fare la jihad. Molti di loro hanno combattuto per lo stato islamico, altri sono entrati in contatto con gli attentatori che hanno colpito l’Europa. Sono stati catturati in Siria e adesso si trovano nelle prigioni nel nord del paese.Con loro ci sono donne e bambini. Per ora nessun tribunale sta giudicando i loro crimini, tutti quanti sono in attesa che i rispettivi paesi d’origine decidano come procedere nei loro confronti. Uno stallo che sembra però sbloccarsi: secondo alcune indiscrezioni Berna starebbe considerando l’ipotesi di far rientrare le donne e i bambini.Una squadra di Falò è stata nei campi di prigionia che ospitano donne e bambini dell’ISIS; tendopoli al collasso in cui l’ideologia radicale sta risorgendo. Ma ci sono anche svizzeri che hanno fatto parte dello Stato Islamico e sono già rientrati in Svizzera.Chi sono questi jihadisti elvetici, di che reti facevano parte e cosa li ha spinti a partire? Da Winterthur a Ginevra, dai palazzi popolari ai quartieri borghesi, siamo andati a cercare i giovani che si sono uniti all’ISIS. Alcuni si dicono pentiti, altri sembrano aver mantenuto dei legami con gli ambienti radicalizzati. A che punto stanno i processi nei loro confronti? Chi si occupa di sorvegliare le loro attività? Quanto pericolosi li dobbiamo considerare?

      https://www.rsi.ch/play/tv/falo/video/gli-svizzeri-della-jihad----------?id=12256843
      #documentaire #film #suisse #femmes #al-Hol #camps_de_réfugiés #détention #prison

    • UK special forces may help British orphans escape Syria

      Home Office reverses stance and says it will consider repatriating children in camps.
      https://i.guim.co.uk/img/media/d0a1d88ba6202391e12730afd5aac7dc8694af18/0_235_5616_3370/master/5616.jpg?width=620&quality=85&auto=format&fit=max&s=204f73a9482a4debc42258

      Britain will consider repatriating orphans and unaccompanied children in north-east Syria if they are alerted to their presence by local military or aid agencies.

      Home Office officials said the UK would assist British orphans trapped in Syria after the Turkish invasion, reversing a previous policy that children had to be taken out of the country before they might get any help.

      Officials would not say exactly how children might be extracted from the country, implying that SAS or other special forces, still understood to be based in the region, could be involved in the repatriations.

      They said children thought to be British would be assessed on a case-by-case basis once removed from Syria and only orphans and unaccompanied children would be eligible to be brought back to the UK.

      The shift in policy comes after a BBC reporting team found three English-speaking orphans aged 10 or under in a Syria camp over the weekend. The children are believed to have been taken by their parents to live under Islamic State five years ago.

      The eldest, Amira, 10, told the film crew that their parents and other immediate adult family members were killed in an air assault on Baghouz, the last Isis stronghold, which fell in March, and she wanted to return to the UK.

      Save the Children, one of the few charities operating in north-east Syria, said the Home Office developments were a step in the right direction but more detail was required.

      “For this to translate into a real change of policy, we need to know that the government is working on how to bring all British children to the UK while we still can, not just those featured in the media,” the charity said.

      It is not clear how many British unaccompanied children remain in the crowded refugee camps in the Kurdish region of Syria. Some unofficial estimates put the figure at around 30.

      Any child born to a Briton – whether inside or outside the UK – is a British citizen. Before the Turkish invasion the government had said it was too risky to try to attempt any rescue children with a legitimate claim.

      When Shamima Begum was deprived of her UK citizenship in February, the British government said her infant son was still British. After the child died at a Syrian refugee camp at the age of three weeks, Jeremy Hunt, then foreign secretary, said it had been too dangerous for British officials to attempt to a rescue.

      Opposition MPs questioned whether the change in stance would lead to more orphaned children getting help. Stephen Gethins, the SNP’s foreign affairs spokesman, said: “We know the UK government’s record on resettling refugees and vulnerable people leaves a lot to be desired. Beyond the rhetoric there is very little substance from the UK government.”

      On Tuesday the foreign secretary, Dominic Raab, had hinted at a change of policy when, during an urgent debate on the Syrian crisis, he said: “We are looking at whether orphans and unaccompanied minors who bear UK nationality can be given safe passage to return to the UK.”

      Further details were spelled out on Wednesday by the Home Office, which has been leading on repatriations from Syria.

      The government does not want former Isis fighters and adult supporters to return to the UK, although around 450 are thought to have previously done so, and it is suggesting they could be put on trial in the region.

      https://www.theguardian.com/politics/2019/oct/16/uk-shifts-stance-on-helping-british-orphans-escape-syria?CMP=Share_iOSA
      #orphelins #rapatriement

  • « IL Y A LA VOLONTÉ QUE LES COLLÈGUES SE LÂCHENT »

    Le mouvement des gilets jaunes ébranle les forces de police. Certains fonctionnaires, comme Martin, #CRS, ont décidé de se mettre en #arrêt_maladie pour ne plus se sentir du mauvais côté de la barricade.

    Martin (1) est CRS depuis de nombreuses années. Des #manifestations et des interventions parfois violentes, il en a connu un nombre incalculable. Malgré des conditions de travail difficiles et des doutes occasionnels, il a toujours appliqué les directives avec #discipline et #obéissance, comme le veut la profession. Mais la réponse policière aux manifestations de ces dernières semaines ordonnée par le ministère de l’Intérieur l’a tellement écœuré qu’il a préféré se mettre en arrêt maladie pour ne plus cautionner cette #répression_aveugle. « Je ne me voyais pas taper sur des gens qui n’ont rien fait. L’usage de la #force est censé être proportionné. Même si ce terme est subjectif, ça veut dire qu’on n’a pas le droit de tout faire. Or, quand on nous dit de gazer sans sommation des #lycéens qui manifestent pacifiquement, c’est un #ordre_illégal. Dans le mouvement des gilets jaunes, ce ne sont plus des groupes de #casseurs bien identifiés qu’on a en face de nous, c’est le #peuple : des gens qui ont un réel #combat ou même qui se retrouvent en situation de #légitime_défense face à la police », s’insurge-t-il.

    « On se demande si notre devoir ne serait pas d’être avec le peuple. On subit la même #violence_sociale... »
    D’après lui, il y a une réelle volonté politique de jeter de l’huile sur le feu. « Quand on voit dans les comptes rendus opérationnels le nombre de lacrymos ou de #Flash-Ball utilisés, on est à des niveaux exceptionnels, alors qu’on a vécu des manifestations beaucoup plus dangereuses pour nous où on avait interdiction d’utiliser les lanceurs de balles de défense (nom officiel du Flash-Ball – NDLR) », affirme-t-il. « Et ça, ce sont des décisions qui viennent du #ministère_de_l’Intérieur », souligne-t-il. En parallèle, « aucune #consigne de mesure n’est donnée aux CRS, contrairement à d’autres manifestations où on nous met la pression. Là, il y a une volonté que les collègues se lâchent », estime-t-il. D’autant que l’état physique des fonctionnaires de police n’arrange pas vraiment les choses. « Quand on doit se lever à 2 heures du matin pour rejoindre sa compagnie à 3 heures et être sur les Champs-Élysées de 7 heures du matin à 22 heures, c’est sûr qu’on est épuisé et qu’on n’a plus le même discernement ni le même self-control », rappelle-t-il.

    Et ce n’est pas la prime promise par Emmanuel Macron qui suffira à apaiser les tensions. « Tous les collègues auxquels j’en ai parlé se sont sentis insultés. On l’a ressenti comme si c’était un susucre qu’on nous donnait pour qu’on ferme notre gueule et qu’on aille faire le #sale_boulot », lâche-t-il. D’après lui, le mouvement des gilets jaunes a fait naître des débats inédits dans sa compagnie. « Certains taperaient sur père et mère si on leur en donnait l’ordre. Mais il y a une vraie #crise_existentielle pour d’autres. On se demande si notre devoir ne serait pas d’être avec le peuple. On subit la même #violence sociale en termes de salaire, et on est doublement #victimes de l’#autoritarisme de l’État parce qu’en plus c’est notre patron et qu’on est muselés », souligne le fonctionnaire, qui a observé plusieurs arrêts maladie dans sa compagnie ces derniers jours. « Il ne manque pas grand-chose pour que les flics refusent de retourner en manif la prochaine fois », estime-t-il.

    Concernant le revirement annoncé dans la #stratégie_de_maintien_de_l’ordre mise en place par la préfecture de police de Paris – d’un dispositif plus statique samedi dernier à celui prévu comme plus mobile et offensif pour ce samedi –, Martin estime qu’il s’agit là d’une « décision politique habituelle ». « C’est ce qui a été fait lors des dernières manifestations contre la loi travail ou le 1er Mai : on nous donne l’ordre de laisser casser pour que le mouvement devienne impopulaire, et la fois d’après on y va fort parce que l’#opinion_publique attend une réaction de #répression_policière. »

    (1) Le prénom a été modifié.

    http://www.frontsyndical-classe.org/2018/12/un-crs-temoigne-on-nous-donne-l-ordre-de-laisser-casser-pour-q
    #CRS #gilets_jaunes #police #témoignage #résistance

  • 40 ans de slogans féministes
    http://www.hobo-diffusion.com/catalogue/1560/40-ans-de-slogans-feministes-racine-de-ixe

    Les quelque 600 #slogans ici rassemblés tracent le fil rouge des #combats_féministes en France entre 1970 et 2010. Paroles vivantes scandées, criées, chantées dans les manifestations, ces “mots de désordre” témoignent de la créativité sans cesse renouvelée des innombrables actrices d’une histoire collective. Ils restituent la spécificité de la culture militante du Mouvement de #libération des #femmes, l’inventivité et l’impertinent brassage des traditions de lutte qui furent d’emblée sa marque de fabrique.La centaine de photos qui rythme les textes présente les multiples facettes de cette #contestation ludique et déterminée, réimaginée de manif en manif par celles qui descendent dans la rue revendiquer leurs #droits et clamer leur #liberté.

    #féminisme #mlf

  • Quand le foot se conjuguait au féminin Jonathan Lefèvre - 22 Juin 2018 - Solidaire
    https://solidaire.org/articles/quand-le-foot-se-conjuguait-au-feminin

    Et si au lieu de crier après Eden, Cristiano ou Lionel, nous encouragions Helen, Nadia ou Rose ? Durant quelques années, des ouvrières britanniques ont défié la domination masculine. Retour sur cette (trop) brève période.


    Latrobe Ladies’ football Club, 1921 (State Library of Queensland / Flickr)

    « La maternité, c’est aussi un sport, le vrai sport de la femme. » Alors que les femmes tentent de participer à l’émergence du football à la fin du 19è siècle, cette phrase du sportif Robert Miles résume la perception masculine de l’époque. À ce moment, le football a déjà gagné une bonne partie des cœurs de la classe ouvrière britannique, berceau du jeune football moderne.

    Cette classe ouvrière est en pleine expansion et si les premiers clubs de football sont fondés par le patronat afin de contenir les velléités de conquêtes sociales des travailleurs, ces derniers retournent l’« arme » contre l’agresseur en fondant eux-mêmes leurs clubs.

    Et les femmes ? Elles sont parties prenantes dans la lutte pour l’émancipation. Une lutte qui passera, entre autres, par le gazon. En 1894, le British Ladies’ Football Club est fondé par une militante féministe, Nettie Honeyball, et une écrivaine politique, Florence Dixie. Ce premier club féminin de foot joue son premier match en mars de l’année suivante. « Il n’y a rien de grotesque à propos du British Ladies’ Football Club. J’ai fondé l’association l’an dernier avec la ferme résolution de prouver au monde que les femmes ne sont pas ces créatures “ornementales” et “inutiles” que les hommes imaginent. Je dois avouer qu’en ce qui concerne les questions où la division des sexes est encore prégnante, toutes mes convictions penchent du côté de l’émancipation et j’attends avec impatience le temps où les femmes seront présentes au Parlement pour faire entendre leur voix dans les affaires qui les concernent », déclarait la secrétaire du club, Nettie Honeyball, quelques jours avant le match qui va rassembler 10 000 spectateurs.


    Le British Ladies’ Football Club

    La presse, présente en nombre pour couvrir cette « bizarrerie », traite plus des tenues des joueuses que du match même. Mais le mépris ne durera pas longtemps…

    « Enchainant plus de 150 matchs entre 1895 et 1897, drainant des milliers de spectateurs, les footballeuses cristallisent malgré leur popularité sportive l’anxiété masculine d’une remise en cause de la hiérarchie sexuelle », note le journaliste Mickaël Correia dans son livre « Une histoire populaire du football ». L’« anxiété masculine » grandit à la mesure de l’enchainement des victoires du club féminin. Surtout quand ces victoires ont lieu contre des hommes… De plus, le club a l’idée subversive d’aligner une joueuse noire. Bref, pour l’establishment local, c’en est trop. En 1902, la Fédération anglaise de football interdit à tous ses joueurs de jouer contre des femmes. En 1903, le British Ladies’ Football Club cesse ses activités

    Entre cette année et le début da Première Guerre mondiale, la lutte pour les droits des femmes fait rage. C’est le conflit qui va marquer le retour des joueuses sur les terrains.

    Alors qu’elles sont engagées par milliers dans l’industrie de munitions (« au plus fort de la guerre, près d’un million d’ouvrières produisent 80 % de l’armement militaire britannique dont 700 000 uniquement dans l’industrie des munitions », relève encore Correia), ces « Munitionnettes » travaillent 12 heures par jour et sont exposées à de gros risques vu qu’elles manipulent de l’explosif. Afin de contenir leurs revendications sociales, le patronat utilise la même stratégie que pour les ouvriers quelques décennies auparavant. Mais, comme lors de la première tentative d’utilisation du foot comme « opium » du peuple ouvrier, cela va se retourner contre l’establishment.

    Le foot, les ouvrières connaissent : leurs frères, leur père, leur mari parlaient du dernier match en rentrant à la maison le dimanche. Entre 1915 et 1918, 150 équipes se forment. La fédération ne s’inquiète pas trop, jugeant que cet épiphénomène cessera dès que la guerre sera gagnée…

    En 1917, la « Munitionnettes’ Cup », première compétition exclusivement féminine est créée. Elle rassemble 14 équipes. La finale de la coupe se joue devant 22 000 spectateurs.

    L’armistice sonne la fin du travail dans les industries de munitions. Mais, contrairement aux vœux de l’establishment, les footballeuses-ouvrières ne sortent pas du terrain. Elles commencent même à jouer des matchs à l’étranger (en France, aux États-Unis…). Le 26 décembre 1920, 53 000 personnes envahissent le stade d’Everton (Liverpool) pour un match entre les Dick, Kerr Ladies, l’équipe la plus populaire du moment, et le St Helen’s Ladies. L’année suivante, les Dick, Kerr Ladies jouent 67 matchs, dont plusieurs en soutien aux grèves des mineurs débutées en avril, devant 13 000 spectateurs en moyenne.

    La presse suit l’avis du public : « Si les joueurs de la ligue irlandaise pouvaient jouer un football de l’habileté et d’un caractère aussi attractif que celui joué par les dick, Kerr Ladies à Windsor Park la semaine dernière, il y aurait plus de foule et un plus grand nombre d’entrées. Les femmes étaient aussi rapides et habiles que les internationaux le week-end précédent et de bien meilleurs frappeuses », relate ainsi le journal irlandais « Sport of Dublin ».

    Cette popularité et cette reconnaissance sportive ne plait évidemment pas à la fédération qui y voit une concurrence inattendue avec « son » championnat. Et voit le risque que le football pratiqué par des femmes s’implante durablement. Résultat ? Les décideurs interdisent le foot s’il n’est pas pratiqué par des hommes : le 5 décembre 1921, la fédération interdit officiellement à ses clubs affiliés de prêter leurs infrastructures et empêche toute assistance technique et arbitrale. Les clubs qui ne respectent pas cette règle sont sanctionnés. Pour la fédération, « le football n’est pas adapté aux femmes et ne devrait jamais être encouragé ».

    Il faudra attendre 50 ans et de nombreux combats pour l’égalité des droits avant de revoir des femmes dans une compétition de football.

    Entre-temps, les femmes ont brisé le cliché qui dit que le foot est un sport masculin. Même si beaucoup doit encore être fait pour arriver à l’égalité devant le but.

    #Femmes #Emancipation #Sport #Football #Histoire #Angleterre #combats #Munitionnettes

  • Grenoble, l’université (dés)intégrée. Un enquête sur le #complexe_universitaro-militaro-industriel grenoblois

    Il y a deux ans, nous publiions une « petite histoire du génie et des ingénieurs » de Jacques Fradin, généalogie idéologique des grandes entreprises françaises et de leurs dirigeants.

    Cette semaine, nous publions cette longue enquête sur le « #modèle_grenoblois » qu’un lecteur nous a transmise. À partir du grand projet d’« université intégrée », l’auteur décortique l’articulation de l’#industrie, de la #recherche et de l’#armée qui fait de la région Rhône-Alpes l’un des « pôles » les plus « dynamiques » de France dans plusieurs domaines, en particulier les #nano-technologies. La présente enquête a l’avantage de retrouver les hommes derrière les acronymes infinis qui agissent comme autant d’écrans qui nous empêchent d’y voir clair et donc, aussi, d’appréhender ces institutions.

    Si la conclusion de l’article fait usage de conceptualisations qui nous paraissent quelques peu datées et difficilement opérantes, le travail de recherche est méticuleux et précieux pour qui tente de mettre à nu les structures qui soutiennent le présent.


    https://lundi.am/Grenoble-l-universite-des-integree
    #UGA #Université_Grenoble_Alpes #université_intégrée #université #complexe_militaro-industriel #fac
    cc @daphne @marty @albertocampiphoto @fil


  • http://endehors.net/news/eduardo-colombo-est-mort

    Lu sur OCL : "Eduardo Colombo est mort hier soir
    Cérémonie lundi 16 h au Crématorium du Père Lachaise
    #Eduardo_Colombo
    Né en 1929 en Argentine il milite à la #FORA et est rédacteur du journal La Protesta. La federacion obrera regional argentina développe une position originale au sein du mouvement anarchiste international consistant à ne pas séparer le « politique » (la finalité anarchiste communiste) du « syndical » revendicatif. Elle s’oppose ainsi au syndicalisme révolutionnaire qui veut devenir la colonne vertébral de la société future.

    http://www.oclibertaire.lautre.net/spip.php?article2047
    http://www.autrefutur.net/Eduardo-Colombo-1929-2018
    https://florealanar.wordpress.com/2018/03/14/eduardo-colombo-est-mort
    http://refractions.plusloin.org/spip.php?article1158
    #combattant_anarchiste

  • « Ce jour est un jour de honte pour les amis de la liberté et du peuple kurde. »
    https://www.youtube.com/watch?v=_BnOqrzhrZM&feature=youtu.be

    « Ce samedi 10 mars 2018, l’offensive du dictateur turc Erdogan contre la ville kurde d’Afrin, en Syrie, entre dans sa dernière phase. Nous envoyons tout notre soutien aux Kurdes, nos alliés dans la guerre contre Daech, ainsi qu’aux habitants et réfugiés qui se trouvent dans la ville. »

    #Afrin #massacre #peuple_kurde #combattants_de_Daech #Turquie #Erdogan #dictature_islamiste

  • La charge des boutiquiers !

    Après plusieurs jours assez tumultueux d’acharnement médiatique et de pressions démesurées, posons nous la question : pourquoi tant de virulence concernant le départ de journalistes et de quelques socios renommés du Média qui avaient signé le manifeste pour un média citoyen ?

    L’être humain sait très bien construire des justifications après coup quand ce qui déclenche le ramdam est insignifiant. Mais que s’est-il passé exactement ? Tout d’abord, on assiste au départ d’une journaliste, suite à la fin d’une période d’essai non concluante. Ensuite, un autre journaliste opte pour une position de précaution face à la difficulté de vérifier la source des images venant de la zone du Ghouta. Pourtant, l’Histoire nous a appris qu’en situation de conflits, les images sont aussi un vecteur de manipulation des opinions pour justifier tel ou tel engagement guerrier.

    Que nous révèle cette période en prenant un peu de hauteur ? Interrogeons nous sur ce que j’appellerais la charge des boutiquiers.

    Au delà des projections de chacun sur ce que devait être Le Média, qui, ce nouveau venu dans le paysage médiatique dérange-t-il autant ? Et pourquoi ?

    Un milieu journalistique « bien pensant » qui ne supporte pas cet autre regard sur l’actualité car il leur renvoie leur propre subjectivité dans leur couverture de l’information ?
    Un milieu politique inquiet de voir une brèche, dans leur storytelling, dans une communication orientée en leur faveur ; que sais-je encore ?

    Dans cette société du tout compétition, où la lutte des places est exacerbée puisqu’il n’y en a pas assez pour chacun.e, les médias n’échappent pas à cette condition. Comme l’information est sujet politique, chacun.e y va de la défense ou de la promotion de son pré-carré en fonction des pouvoirs en place. De cet assujettissement, s’en suit un conformisme aux intérêts des dirigeants des grandes entreprises de presse qui les emploient pour se maintenir en place. Cela se traduit fréquemment par des méthodes journalistiques bien basses pour provoquer l’audience et la réaction émotionnelle.

    Grâce à son indépendance financière, l’arrivée du Média ne s’inscrit pas dans cette conformité ambiante. Il ne faut pas s’étonner qu’en s’attaquant à la « grande messe du 20 Heures », ils provoquent des commentaires qui dénotent d’un manque de tolérance à un traitement différent de l’information. En permettant l’expression d’une parole critique aux politiques sociales, environnementales, économiques, internationales et en donnant la parole à des personnes qui n’ont plus ou pas l’accès aux chaînes de radio-télévision, aux tribunes dans la presse, la différence avec les autres médias est criante. C’est vrai qu’entendre autant de voix critiques ou dissonantes dans les "journaux de 20 H dominants" n’est pas légion. Sans doute, certaines chaînes privilégient d’autres approches pour distraire plutôt que cultiver. Je crois que nous pouvons féliciter Le Média d’avoir pris le chemin inverse.

    Mais, derrière cette profusion de réactions épidermiques, ne ressentons nous pas ici autre chose, comme la peur d’une classe politique et des puissances économiques qui possèdent les grands médias ? Tout ce qui démontrerait que la logique comptable actuelle des projets « libéraux » produit un déficit humain, environnemental et à terme financier, inquiète. Rendre visible cela, c’est mettre en question le pouvoir, la position dominante ou installée d’une oligarchie.

    Nous avons certainement ici la raison pour laquelle celles et ceux qui s’emploient à éclairer les citoyens sont renvoyés au sempiternel manœuvre d’étiquetage politique de toute part. C’est d’ailleurs ce que recherchent tous ces boutiquiers médiatiques qui n’ont pas hésité à le faire avant même son démarrage. En le qualifiant de média insoumis, c’est vouloir l’enfermer, au regard de l’opinion, dans une vision politicienne (ce scénario est en place et va continuer) alors qu’il se définit autour de valeurs.

    Cependant, se déclarer un média engagé dans des causes écologiques, féministes, humanistes est une preuve d’honnêteté qui devrait inspirer celles et ceux qui critiquent cette initiative dans le champ médiatique audiovisuel d’aujourd’hui. Au lieu de cela, certains.es ont beau jeu de se réclamer d’une neutralité qui n’existe pas dans le traitement de l’information. Il s’arroge une objectivité tout en laissant paraître leur orientation sur ce qui serait bien ou ce qui serait mal de penser.

    Y a-t-il des insoumis dans l’équipe du Média ? Il serait difficile de dire le contraire. Mais, en faire l’exclusivité n’est pas juste au regard des personnalités invitées à l’antenne et de la diversité des socios. Dans un contexte de dislocation des partis politiques traditionnels, singulièrement, il ne serait pas étonnant non plus qu’une certaine « gauche socialiste » participe, de concert avec la droite, pour tenter d’isoler une webtélé trop critique à leur goût envers « cette pensée unique du libéralisme ». Tout ce petit monde et ce microcosme « HS » (Hors Sol) se retrouvent unis dans les lieux d’influence, cherchant à défendre leur « boutique de pensée », faisant croire qu’ils ne font pas partis d’une même chaîne de boutiques franchisées.

    Une autre famille médiatique de gauche (dont j’ai pu à une époque m’identifier à leurs analyses), préfère voir l’arrivée de ce nouveau média audiovisuel comme un concurrent, plutôt que rechercher des complémentarités et des coopérations. Elle profite de la situation actuelle pour salir Le Média avec une argumentation digne d’un procès politique ; ce qui révèle bien des choses. Au lieu de prendre de la distance, elle s’inscrit pleinement dans cette querelle de boutiquiers. Elle privilégie le marché d’un lectorat qu’elle voudrait captif plutôt que l’information. Ne serait-ce pas également un signe de fragilité idéologique et d’un conservatisme au regard des enjeux de société ? Quelle déception !

    Pourtant, Le Média n’est pas un mouvement politique. Il présente des témoignages, il confronte des points de vue et propose l’analyse de questions de société en les mettant en débats. Au regard du journal et des émissions, nous l’avons constaté sur sa toute petite période d’existence. Permettre de mieux comprendre le monde, cette globalisation « libérale », me paraît être la démarche sensée du Média pour penser des réponses à ce qui s’annonce ?

    Le climat se réchauffe. La sixième extinction de masse des animaux s’accélère. L’humanité épuise les ressources naturelles. La concentration de richesse mondiale atteint des proportions dangereuses. Les dépenses militaires continuent d’augmenter au niveau mondial etc., autant de sujets qui, je ne doute pas, feront l’objet d’émission un jour. Face à ces enjeux pour les habitants de la planète, combien de leaders d’opinions politiques, médiatiques, économiques nous endorment avec leur novlangue « néolibérale » ? Et de fait, notre intégration consciente ou inconsciente de leur mode de pensée ou notre résignation font de nous des complices.

    Dans ce combat culturel, le courage devient, une des qualités supplémentaires des journalistes existants et futurs du Média et ils peuvent compter sur des abonnés en augmentation pour les soutenir. La charge des boutiquiers en sera pour ses frais.

    #LeMédia #combat_culturel

    https://www.lemediatv.fr/articles/la-charge-des-boutiquiers-article-modifie-et-augmente

    • #AsilePolitiquePourNoël par Gérard Miller :D !

      Ainsi l’émoi médiatique soulevé par le départ d’Aude Rossigneux n’était que l’arbre qui cache la forêt. Naïfs journalistes du Figaro ou de BFM qui pensiez avoir affaire à des insoumis ! Grâce aux révélations de Noël Mamère et à son exfiltration audacieuse de Montreuil, la vérité éclate : le Média citoyen n’était qu’un repaire de rouges, le couteau entre les dents, avec à sa tête rien de moins qu’un « comité des soviets ». Fier de l’amitié que m’a toujours portée Noël, je tiens à saluer publiquement son courage.

      Certes, c’est avec quelques mois de retard qu’il a décidé de fêter le centenaire de la révolution bolchévique, mais j’imagine ce qu’il a dû subir, émission après émission, en se retrouvant plongé dans les heures les plus sombres de la Guerre froide qui opposa les Etats-Unis à l’URSS. Qu’on ne compte donc pas sur moi pour dénoncer le « transfuge » qu’il est aujourd’hui sous le fallacieux prétexte qu’après avoir signé à ma demande le Manifeste du Média, il m’a en revanche lui-même contacté pour participer audit Média, comme en témoigne l’un des messages (parmi quelques autres) que j’ai reçus de lui. Comme le célèbre Viktor Andreïevitch Kravtchenko , auteur de I chose freedom, livre publié à New York en 1946, Noël Andreïevitch Mamère a choisi la liberté.

      Je le dis clairement : le gouvernement d’Edouard Philippe s’honorerait en accordant à Noël l’asile politique et je lance à l’instant même l’hashtag #AsilePolitiquePourNoël. Ayant moi-même parlé de nombreuses fois avec lui ces deux dernières semaines, et encore une heure avant qu’il ne franchisse le mur de Berlin, j’imagine les pressions qu’il a subies pour m’écrire ou me dire sur tous les tons qu’il avait été toujours libre au Média, qu’il avait choisi comme il l’entendait ses thèmes et ses invités, et qu’il gardait toute sa sympathie à une équipe qui lui avait ainsi laissé carte blanche.

      Je connais trop les méthodes des bolcheviks pour ne pas anticiper les railleries que Noël va subir. Certains diront par exemple que le jour même où il faisait sa déclaration bouleversante à Quotidien, il prenait la parole, quelques instants plus tard, à une réunion publique... de la France insoumise, rue Marcadet à Paris, et se faisait photographie, « en homme libre », devant le soviet du 18ème arrondissement. Moi, tout au contraire, j’admire cette duplicité salutaire, qui lui permet d’infiltrer l’ennemi pour mieux le dénoncer ensuite.

      J’apporte donc ici tout mon soutien à Noël Mamère. C’est vrai qu’il dit une chose et son contraire, mais c’est simplement parce qu’il est l’un des dirigeants du mouvement Générations et qu’il lui est plus utile de se contredire que de se répéter. Je l’affirme donc : Noël n’a qu’une parole et elle lui est précieuse. C’est pourquoi, quand il la donne, il la reprend.

  • Kaya... 19 ans après, ses mots sont toujours des armes - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/kaya-15-ans-apres-ses-mots-sont.html

    Le #21février 1999 est un jour sombre dans l’histoire de l’île #. Au petit matin de ce « #bloodySunday », #Kaya est retrouvé mort au fond de sa #cellule, le crâne ouvert... 19 ans après, l’inventeur du #seggae est devenu la figure emblématique d’un #combat qui se poursuit pour plus de #justice et de #paix au sein de la société mauricienne. Un documentaire de Michel Vuillermet, réalisé en 1992, retrace le parcours hors norme de #JosephRéginaldTopize, alias Kaya.

    #RacineTatane #Mauritius #IleMaurice #prison #repression #cannabis #assassinat

  • Migranti soccorsi nel Mediterraneo, cade l’obbligo di trasferirli in Italia

    Il nuovo accordo siglato dal Dipartimento Immigrazione del Viminale con #Frontex

    I migranti soccorsi nel Mediterraneo dovranno essere trasferiti nel porto più vicino. E dunque cade l’obbligo che vengano portati direttamente in Italia, come era invece previsto dalla missione Triton. È quanto prevede il nuovo accordo siglato dall’Italia con Frontex, l’Agenzia europea della guardia di frontiera e costiera. Nell’intesta siglata dai rappresentati del Dipartimento di immigrazione del Viminale con i rappresentanti Ue si prevede di arretrare la linea di pattugliamento dei nostri mezzi navali a 24 miglia, restringendo in questo modo il campo d’azione.
    In una nota Frontex sottolinea come la nuova operazione nel mar Mediterraneo centrale, «servirà per assistere l’Italia nelle attività di controllo dei confini». La nuova operazione congiunta si chiamerà Themis, «inizierà il 1 febbraio e sostituirà l’operazione Triton lanciata nel 2014. L’operazione Themis continuerà a includere la ricerca e soccorso come componente cruciale. Allo stesso tempo, la nuova operazione avrà un focus rafforzato sulle forze dell’ordine». L’area in cui sarà operativa «coprirà il mar Mediterraneo centrale, dalle acque che coprono i flussi da Algeria, Tunisia, Libia, Egitto, Turchia e Albania».

    http://roma.corriere.it/notizie/cronaca/18_gennaio_31/migranti-soccorsi-mediterraneo-cade-l-obbligo-trasferirli-italia-168b6

    #Italie #asile #migrations #réfugiés #Méditerranée #contrôles_frontaliers #frontières #opération_Themis #frontières_mobiles
    cc @isskein

    • Frontex lance une opération en Méditerranée centrale, nommée Thémis
      Dénommée Themis, cette opération démarre ce 1er février. Elle remplace l’opération Triton, lancée en 2014. L’opération Themis continuera d’inclure la recherche et le sauvetage. Des missions menées sous la coordination des « différents centres de coordination du sauvetage maritime responsables ». Mais la nouvelle opération aura aussi un axe plus important sur le respect de la loi. Sa zone opérationnelle s’étendra sur la mer Méditerranée centrale dans les eaux couvrant les flux venant d’Algérie, de Tunisie, Libye, Egypte, Turquie et Albanie. NB : la zone d’opération est donc plus large que celle de l’opération Sophia, puisqu’elle couvre également le flanc est (Egypte, Turquie) et le flanc ouest (Algérie) et l’Adriatique.

      Dans le cadre de cette opération, Frontex va aussi poursuivre sa présence dans les hotspots en Italie, où les agents déployés par l’agence aideront les autorités nationales à enregistrer les migrants, notamment en prenant leurs empreintes digitales et en confirmant leur nationalité.

      –-> sauf que le programme de #relocalisations n’est plus actif... pauvre Italie, obligée de prendre des empreintes digitales, mais plus possible de compter sur le programme de relocalisation (même si c’était un échec)

      Le volet sécurité de l’opération Themis comprendra également la collecte de #renseignements et d’autres mesures visant à détecter les #combattants_étrangers et autres menaces terroristes aux frontières extérieures.

      #terrorisme #ISIS #Etat_islamique

      http://www.bruxelles2.eu/2018/01/31/frontex-lance-une-operation-en-mediterranee-centrale-nommee-themis

      –-> Dans cet article il n’est pas fait mention d’un élément mis en avant par Il Corriere :

      I migranti soccorsi nel Mediterraneo dovranno essere trasferiti nel porto più vicino. E dunque cade l’obbligo che vengano portati direttamente in Italia, come era invece previsto dalla missione Triton. È quanto prevede il nuovo accordo siglato dall’Italia con Frontex, l’Agenzia europea della guardia di frontiera e costiera. Nell’intesta siglata dai rappresentati del Dipartimento di immigrazione del Viminale con i rappresentanti Ue si prevede di arretrare la linea di pattugliamento dei nostri mezzi navali a 24 miglia, restringendo in questo modo il campo d’azione.

      –-> les personnes sauvées en Méditerranée devront être transférées dans le #port_le_plus_proche, il n’y a plus l’obligation de les transporter en Italie... Le port le plus proche = retour en Libye, notamment...
       :-(

    • Frontex launching new operation in Central Med

      Frontex, the European Border and Coast Guard Agency, is launching a new operation in the Central Mediterranean to assist Italy in border control activities.

      The new Joint Operation Themis will begin on 1 February and will replace operation Triton, which was launched in 2014. Operation Themis will continue to include search and rescue as a crucial component. At the same time, the new operation will have an enhanced law enforcement focus. Its operational area will span the Central Mediterranean Sea from waters covering flows from Algeria, Tunisia, Libya, Egypt, Turkey and Albania.

      “Operation Themis will better reflect the changing patterns of migration, as well as cross border crime. Frontex will also assist Italy in tracking down criminal activities, such as drug smuggling across the Adriatic,” said Frontex Executive Director Fabrice Leggeri.

      The security component of Operation Themis will include collection of intelligence and other steps aimed at detecting foreign fighters and other terrorist threats at the external borders.

      “We need to be better equipped to prevent criminal groups that try to enter the EU undetected. This is crucial for the internal security of the European Union,” Leggeri said.

      As part of Operation Themis, Frontex will continue its presence in the hotspots in Italy, where officers deployed by the agency will assist the national authorities in registering migrants, including taking their fingerprints and confirming their nationalities.

      Frontex vessels will continue search and rescue operations under the coordination of the responsible Maritime Rescue Coordination Centres. Last year, Frontex assisted in the rescue of 38 000 people at sea in operations in Italy, Greece and Spain.

      http://frontex.europa.eu/thumb/Images_News/2018/new_misson_planning_small.prop_300x.37d0f4e879.JPG
      http://frontex.europa.eu/news/frontex-launching-new-operation-in-central-med-OESzij

    • FRONTEX ed il governo italiano contro il diritto internazionale del mare, contro il diritto alla vita dei migranti

      Un articolo del Corriere della Sera ha anticipato la nuova operazione Themis di Frontex che dovrebbe sostituire la precedente operazione TRITON e limitare il ruolo dei mezzi italiani nelle attività di soccorso, addirittura a 24 miglia a sud di Lampedusa, con la possibilità di sbarcare i naufraghi soccorsi in alto mare ( in acque internazionali) nel “porto più vicino” e non nel “place of safetty” imposto dalle Convenzioni internazionali di Montego Bay (UNCLOS) del 1984 e di Amburgo (SAR) del 1979.

      Risalendo alla fonte della notizia le informazioni diffuse dal Corriere appaiono frutto di una visione fortemente influenzata dai rapporti con le polizie e i servizi di informazione. La posizione ufficiale di Frontex è affidata ad un comunicato. Ma un comunicato di polizia non costituisce fonte del diritto. Almeno finora.

      https://www.a-dif.org/2018/02/01/frontex-ed-il-governo-italiano-contro-il-diritto-internazionale-del-mare-cont

    • Con Themis le navi Ue riporteranno i migranti salvati in Libia? No, ma...

      La nuova Operazione dell’agenzia europea Frontex fa prevalere l’opzione del porto più vicino rispetto a quello più sicuro: stop alla prassi di arrivo esclusivo in Italia e incertezza sui futuri luoghi di sbarco, anche se Frontex stessa rassicura sul rispetto della legge marittima internazionale. Manzione, sottosegretario agli Interni: “L’Europa si conferma a due velocità sul tema migranti: per le operazioni di controllo delle frontiere si decide rapidamente, per le alternative ai drammatici viaggi in mare - come i corridoi umanitari - non si arriva mai al dunque”

      http://www.vita.it/it/article/2018/02/01/la-ue-riportera-i-migranti-salvati-in-libia-dietro-le-quinte-della-nuo/145828

    • Opération Thémis. L’agence Frontex agit-elle sans contrôle démocratique ?

      Le lancement récent d’une nouvelle opération au large de la Méditerranée par le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes (l’agence Frontex) est interpellant.

      Un objectif très flou

      Le communiqué diffusé à cette occasion laisse planer un certain flou et pose plus de questions qu’il n’en résout. La nouvelle opération s’occupe à la fois de recherche et sauvetage en mer, de renforcement de la loi, de lutte contre la criminalité, contre les réseaux terroristes (lire : Frontex lance une opération en Méditerranée centrale, nommée Thémis). Mais on ne comprend pas vraiment bien l’objectif de la nouvelle mission.

      Une proximité d’objectifs avec EUNAVFOR Med

      Nous avons demandé des précisions à Frontex (basée à Varsovie), surtout sur la façon dont les deux opérations EUNAVFOR Med et Thémis allaient se coordonner. La réponse reçue tout à l’heure (à 13h) est un peu vasouillarde…. Tout d’abord, on nous a annoncé doctement que THEMIS était civile là où EUNAVFOR Med militaire. Une vraie information ! (1). Ensuite, on nous a expliqué que cette mission n’avait pour fonction que le sauvetage en mer et n’avait pas pour tâche la lutte contre les trafics de migrants. Ce qui est, là, en pleine contradiction avec l’énoncé même du communiqué officiel.

      « At the same time, the new operation will have an enhanced law enforcement focus. Its operational area will span the Central Mediterranean Sea from waters covering flows from Algeria, Tunisia, Libya, Egypt, Turkey and Albania. « Operation Themis will better reflect the changing patterns of migration, as well as cross border crime. (…) said Frontex Executive Director Fabrice Leggeri.

      Les mots ne sont pas totalement identiques. Mais ils sont très proches des mots employés pour l’opération EUNAVFOR Med. En tout cas, rien ne permet de faire un réel distinguo entre les deux opérations.

      Une opération déployée sans contrôle démocratique

      Ce raté dans la communication révèle en fait un problème plus général. A la différence des opérations PSDC, qui opèrent dans un cadre précis, ces opérations sont menées sans aucun cadre ni autorisation légale. Certes il y a un règlement définissant l’action du corps européen, certes il y a eu un plan d’opération approuvé au sein de Frontex, en accord avec le pays d’origine. Mais tout cela se fait de façon discrète, « sous la table », à un niveau infrapolitique, sans approbation formelle, ni transparence. Bref, sans contrôle démocratique d’une façon ou d’une autre et sans aucune transparence. Ce qui est contraire aux règles, et surtout, à l’esprit européen.

      … sans aucun cadre légal publié

      Aucune autorité politique compétente au niveau de l’Union européenne — le conseil des ministres par exemple — n’a approuvé une telle opération. Aucune décision cadre n’en a fixé l’objectif, les moyens, les limites, voire la zone d’opération. Aucune décision n’a été publiée au journal officiel ou sur un autre support. Aucune information n’a été donnée sur le coût de cette opération, ni sa durée. Aucun procès verbal n’a été constaté et est accessible publiquement. Aucune information au parlement européen n’a été effectuée officiellement. Aucune traduction même dans les principales langues concernées par cette opération n’a été publiée.

      Une absence de justification expliquant l’exception

      Les bons esprits estimeront sans doute que la nécessité opérationnelle impose cette absence de formalisme. On peut douter de la pertinence de cet argument, du moins au plan européen. Une opération militaire menée au nom de l’Union européenne, financée par les seuls États membres, respecte toutes ces conditions : une décision cadre est approuvée par les ministres et publiée au journal officiel dans toutes les langues. Elle fixe l’objectif, les missions, les moyens, les règles tenant au secret et à la protection des données, donne des indications sur la zone d’opération, le budget affecté, la durée de l’opération et le contrôle politique de l’opération.

      Commentaire : les militaires respectent une certaine obligation démocratique, pourquoi pas les garde-frontières ?

      On peut se demander pourquoi une opération civile, menée toujours au nom de l’Union européenne, dans un cadre communautaire, avec de l’argent communautaire, sous une hiérarchie communautaire, puisse s’abstraire du respect de ces procédures. Quel est le raisonnement politique, démocratique, constitutionnel, juridique, qui peut justifier pareille exception ? (2) Les militaires y arrivent très bien, le corps des garde-frontières et des garde-côtes européens s’il veut garder sa pertinence et sa légitimité devrait y arriver fort bien.

      (Nicolas Gros-Verheyde)

      (1) Ce qui est un peu prendre le public européen pour un imbécile. Nos questions sur l’utilité d’avoir deux opérations plus ou moins dans la même zone, avec plus ou moins les mêmes objectifs, les moyens de coordination, l’utilisation adéquate des financements européens est en revanche restée sans réponse.

      (2) Nous avons demandé la raison d’un tel manque. Aucune réponse satisfaisante n’a été fourni.

      https://www.bruxelles2.eu/2018/02/01/lagence-frontex-est-elle-democratique

    • #Themis: la missione di Frontex voluta da Minniti di cui ora dispone Matteo Salvini

      Themis sostituisce la vecchia missione #Triton, con un mandato allargato e che poco si concentra sugli sbarchi dalla Libia. Per la prima volta una missione dell’agenzia europea Frontex supporta le forze dell’ordine marittime di un governo che dice di voler respingere i “clandestini” direttamente in mare.

      Il 28 agosto 2014 la Lega non era ancora al governo, e Matteo Salvini si esprimeva così sulla sua pagina Facebook: “Secondo voi dire che FRONTEX PLUS è una PRESA PER IL CULO è troppo forte??? Il 18 ottobre TUTTI A MILANO per dire NO a Mare Nostrum, Frontex, Frontex Plus o come diavolo vorranno chiamare operazioni che, invece di respingere i clandestini, favoriscono l’invasione!”.

      #Frontex_Plus, diventata poi Triton, è stata fino a febbraio di quest’anno la missione di Frontex a difesa della frontiere marittime italiane. Non è “indipendente”: infatti lo scopo è il supporto ai mezzi italiani impiegati per la ricognizione in mare, cioè Guardia di Finanza, Guardia costiera e Polizia di stato. L’Agenzia europea per il pattugliamento delle frontiere – Frontex appunto – finanzia e aiuta il coordinamento della missione Themis, mentre i paesi partecipanti contribuiscono mettendo a disposizione uomini e mezzi, a seconda delle esigenze espresse dall’Italia.

      Alla fine del 2016, la storia tra Salvini e Frontex ha preso un’altra piega: il Financial Times ha pubblicato il famoso report interno (ve ne raccontammo qui: http://openmigration.org/analisi/accuse-alle-ong-cosa-ce-di-falso-o-di-sviante) in cui l’agenzia sosteneva che i trafficanti dessero ai migranti “precise indicazioni prima di partire per raggiungere le navi delle Ong”. Luigi Di Maio, ad aprile 2017, ha attribuito a un altro report di Frontex (Risk Analysis 2017: https://frontex.europa.eu/assets/Publications/Risk_Analysis/Annual_Risk_Analysis_2017.pdf) la tanto citata espressione “taxi del mare” per definire le Ong. Quella frase nel report non c’è, ma ci sono critiche all’atteggiamento poco collaborativo delle Ong e a salvataggi che avverrebbero “prima di chiamate d’emergenza”.

      Quello è stato l’inizio delle intese tra Lega e Cinque Stelle sull’immigrazione, con Frontex citata a sostegno delle argomentazioni anti-Ong – il primo atto della campagna condotta dalla procura di Catania e dal suo capo Carmelo Zuccaro. “Io sto con Zuccaro, io sto con Frontex”, diceva Salvini a maggio 2017, “che certificano, sostengono e confermano quello che qualunque normodotato in Italia e nel mondo ha ormai intuito: l’immigrazione clandestina è organizzata, finanziata, è un business da 5 miliardi di euro e ha portato a 13 mila morti sul fondo del mare”.

      Ora la missione di Frontex cominciata a febbraio è cambiata per nuove esigenze dell’Italia. La “revisione” del mandato è cominciata a luglio del 2017 per volere dell’allora ministro Marco Minniti, che aveva inserito questa missione nella strategia più complessiva dell’Italia in Libia. Come vedremo, il compito principale di raccordo con le autorità marittime locali lo svolge la Marina Militare.

      La nuova missione di Frontex è stata battezzata Themis. È la prima a supporto di un governo che dice di voler respingere i “clandestini” in mare.
      Da paese di frontiera, è ovvio che l’Italia sia uno dei principali interlocutori di Frontex. Il fatto che il governo Lega-Cinque Stelle abbia in animo di respingere i migranti prima che sbarchino, presumibilmente anche con l’ausilio dei mezzi messi a disposizione da Themis, è invece un fatto unico.

      Queste sono le caratteristiche della missione pensata da Minniti e che si ritroverà a gestire, invece, Matteo Salvini. E questo è il modo in cui la missione si inserisce all’interno del piano italiano ed europeo sulla Libia, spesso scoordinato e incomprensibile.
      Le novità di Themis e l’allargamento del mandato deciso dal Viminale

      Nella missione Themis partecipano insieme a Frontex 27 stati membri. La missione dispone di dieci navi, due elicotteri e altrettanti aerei e un budget annuale di 39 milioni di euro, con i quali Frontex paga sia per i propri mezzi, sia per quelli appartenenti ai paesi europei impiegati poi nella missione.

      Themis ha alcune caratteristiche differenti rispetto alla precedente Triton. In primo luogo, come spiega il Viminale, il limite dalle coste italiane della linea di pattugliamento: Triton arrivava fino a 30 miglia nautiche dalle nostre coste, Themis si fermerà a 24, ossia il confine delle cosiddette acque continue. È il limite canonico delle acque di competenza di un paese, superato in occasione della missione Triton a causa delle condizioni particolari del 2014, il suo anno di nascita. C’è da ipotizzare che il lieve indietreggiare di Themis sia anche un modo per dare maggiore spazio di manovra alle nuove autorità libiche, alle quali l’Italia sta fornendo assistenza per realizzare a Tripoli un nuovo Mrcc, il centro di coordinamento dei salvataggi a Tripoli.

      Una seconda differenza tra Triton e Themis riguarda il mandato. Themis non ha come unico scopo il contrasto all’immigrazione irregolare, né si concentra solo sul Mediterraneo centrale: copre anche i flussi di uomini e droga nel Mediterraneo orientale (Albania e Turchia) e occidentale (Tunisia e Algeria), che erano fuori dal mandato di Triton. Uno spostamento di focus legato anche al calo negli sbarchi.

      Le nuove aree interessano a Frontex e agli inquirenti italiani soprattutto per gli “sbarchi fantasma” dalla Tunisia. Pescherecci, barche a vela, motoscafi con poche decine di persone a bordo che sbarcano sulle coste della Sicilia meridionale senza che i migranti a bordo passino da strutture di accoglienza o identificazione: ogni loro spostamento è gestito da organizzazioni italo-tunisine. Sono vittime di tratta? Lavoratori forzati? Manodopera criminale? Potenziali terroristi? Le ipotesi sono tutte al vaglio degli inquirenti.

      Sulla carta, poi, Themis rompe il vincolo stabilito da Triton per il quale ogni migrante salvato nella missione doveva sbarcare in un porto sicuro italiano. Al momento, però, non sono registrati sbarchi, a parte per urgenze mediche individuali, in porti diversi da quelli italiani. E il 7 giugno c’è stato l’ennesimo braccio di ferro tra Malta e l’Italia, quando le autorità dell’isola non hanno concesso a Sea Watch di sbarcare 120 migranti in un momento in cui l’imbarcazione dell’Ong era in difficoltà per le condizioni del mare. Ora, con il caso Aquarius, lo scontro con La Valletta è diventato aperto e duro.
      Poca trasparenza

      Da parte di Frontex c’è molta riservatezza sulle operazioni in corso. Piano operativo e contratti di utilizzo di ogni mezzo impiegato in mare sono i documenti fondamentali per capire esattamente cosa faccia Themis. L’agenzia per il pattugliamento delle frontiere, però, fino a oggi ha diffuso questo genere di documenti soltanto a missioni concluse.

      “Nella mia esperienza, Frontex è molto riluttante a condividere i dati delle proprie missioni, soprattutto i piani operativi”, spiega Luisa Izuzquiza, ricercatrice indipendente che da un anno e mezzo deposita richieste di accesso agli atti presso gli uffici dell’Agenzia europea per il pattugliamento delle frontiere. La motivazione con cui le viene negato l’accesso è sempre la stessa: la pubblica sicurezza.

      A gennaio 2018, dopo l’ennesimo rifiuto, Luisa Izuzquiza ha portato Frontex di fronte alla Corte di giustizia europea per ottenere la pubblicazione dei contratti impiegati nella scorsa missione, Triton. Alcuni Stati membri, come la Svezia, non hanno avuto problemi a rendere pubblici i documenti con cui mettono a disposizione di Triton i propri mezzi. Tipologia di accordi e costi sono certamente molto simili anche nel caso di Themis. Le spese coperte interamente da Frontex sono un forte incentivo affinché i paesi diano il proprio contributo alle missioni.
      Il coordinamento e i sistemi di condivisione dei dati

      A partire da settembre 2015, la Commissione europea ha introdotto gli hotspot, sviluppati in via sperimentale in Grecia e in Italia, come prime strutture di identificazione dei migranti. A Catania c’è la sede della Task force regionale (Eurtf), che coordina le strutture italiane. Qui, per evitare sovrapposizioni fra le missioni gestite da ciascuno, siedono nello stesso ufficio uomini di Frontex, Easo (l’ufficio europeo per il sostegno all’asilo), Europol, Eurojust, operazione Sophia, polizia, Guardia di finanza e Guardia costiera.

      Meno chiara, però, è la situazione dei canali di comunicazione delle diverse missioni, specialmente fuori dai confini europei. Il principale canale di condivisione dei dati per i paesi del Mediterraneo si chiama Seahorse Mediterraneo Network, una piattaforma utilizzata dalle polizie dei paesi dell’area allo scopo di “rafforzare il controllo delle frontiere”. È un database al momento adottato da Spagna, Italia, Malta, Francia, Grecia, Cipro e Portogallo. La Commissione europea ha messo sul piatto 10 milioni di euro per fare in modo che possano partecipare allo scambio anche Libia, Egitto, Tunisia e Algeria. Se ne discute da ormai tre anni, ma l’unico paese che sembra poterci (e volerci) entrare – tramite l’Italia – è la Libia. Vuol dire che la guardia costiera locale avrà accesso, almeno via Seahorse, agli stessi database marittimi delle nostre forze dell’ordine.

      Nella “Relazione sulla performance per il 2016” (http://www.senato.it/service/PDF/PDFServer/DF/332676.pdf) del Viminale si legge che Seahorse “è stata installata nel Centro Interforze di Gestione e Controllo (Cigc) Sicral di Vigna di Valle (Roma), teleporto principale del Ministero della Difesa, mentre presso il Centro Nazionale di Coordinamento per l’immigrazione “Roberto Iavarone” – Eurosur, sede del Mebocc [Mediterranean Border Cooperation Center], sono stati installati gli altri apparati funzionali alla rete di comunicazione”.

      Il nodo italiano, dunque, sembrerebbe operativo: Seahorse è gestito dal Cigc Sicral, mentre il database-ombrello per mappare in tempo reale tutto ciò che sta accadendo in mare, Eurosur, è gestito dal Centro Roberto Iavarone, che è anche sede del Mebocc, la centrale operativa da cui passano le comunicazioni tra paesi europei, Frontex e paesi terzi.

      Nella stessa relazione c’è anche un secondo passaggio, che conferma la partecipazione dei libici: si legge che nel 2016 in tutto sei “ufficiali della Guardia Costiera-Marina Militare Libica” sono stati ospitati in Italia “con funzioni di collegamento con le autorità libiche e per migliorare/stimolare la cooperazione nella gestione degli eventi di immigrazione irregolare provenienti dalla Libia” nell’ambito del progetto Sea Horse Mediterranean Network. Non è chiaro, al momento, se gli ufficiali libici hanno poi avuto l’accesso al sistema Seahorse anche da Tripoli.
      La sovrapposizione fra Marina militare italiana e autorità marittima libica

      Nel Mediterraneo centrale agisce poi la Marina militare. Rispetto alle tre forze dell’ordine che collaborano con Frontex ha altre regole di ingaggio e un’altra linea di comando. Come ora vedremo, ha anche altre priorità.

      Oltre a partecipare alle operazioni congiunte di Eunavformed, infatti, la Marina militare italiana ha riattivato la cooperazione con la Libia nata nel 2002, all’epoca di Gheddafi, con il nome in codice di Nauras. Difficile sapere quali navi vengono utilizzate e quali siano gli obiettivi strategici attuali dell’accordo militare tra Roma e Tripoli.

      I pochi elementi certi sono emersi grazie al caso giudiziario che ha portato questa primavera prima al sequestro e poi al dissequestro della nave Open Arms, fermata alla fine di marzo 2018 dopo un salvataggio in zona Sar, che aveva visto un duro scontro con le motovedette libiche. Attraverso le informative del comando generale della Guardia costiera italiana, i magistrati – prima di Catania e poi di Ragusa – hanno potuto ricostruire la gestione dei salvataggi del 15 marzo, quando il Mrcc di Roma aveva affidato il coordinamento delle operazioni alle motovedette libiche. Lì emergeva che la nave Capri della Marina militare italiana era intervenuta fin dalle prime ore del mattino parlando con Roma per conto di Tripoli e chiedendo espressamente di fermare l’intervento della Ong – le informative riportano anche un messaggio partito dall’addetto militare italiano a Tripoli.

      Dai brogliacci delle comunicazioni partite e ricevute dal Mrcc di Roma durante le operazioni di salvataggio si ricava inoltre che la Marina militare è intervenuta più volte – sia da unità navali inserite nell’operazione Nauras, sia dal Comando della squadra navale (Cincinav), che dipende direttamente dallo Stato maggiore della Difesa. Tra le carte dell’inchiesta c’è anche una relazione del comando di un’altra nave militare coinvolta, la Alpino – qui nelle vesti di polizia giudiziaria e presente a poche miglia dall’area di salvataggio dove stavano agendo contemporaneamente la Open Arms e la Guardia costiera di Tripoli.

      Lo stretto legame che esiste tra la Guardia costiera libica e la Marina Militare italiana appare ancora più evidente da un messaggio inviato dal comando delle motovedette libiche al Mrcc di Roma. Il numero di telefono del mittente – ovvero dell’autorità marittima libica – ha il prefisso +39 della rete italiana, e porta direttamente alla nave Capri. In altre parole, se chiami la Guardia costiera libica risponde la Marina militare italiana. E non è l’unico caso. Un paio di mesi dopo, la nave di soccorso tedesca Sea Watch ha ricevuto una telefonata dai libici durante un’operazione di salvataggio, che appariva sul display con un numero italiano.

      Quanto siano coinvolte la Marina militare e la Guardia costiera italiana nel respingimento dei migranti è un tema che presto verrà affrontato dalla Corte europea dei Diritti dell’Uomo, chiamata a discutere una denuncia presentata nei mesi scorsi contro le autorità di Roma.


      http://openmigration.org/analisi/themis-la-missione-di-frontex-voluta-da-minniti-di-cui-ora-dispone-ma
      #Eurtf #Mebocc #Eurosur #Eunavfor_med

    • Themis: la missione di Frontex voluta da Minniti di cui ora dispone Matteo Salvini

      Themis sostituisce la vecchia missione Triton, con un mandato allargato e che poco si concentra sugli sbarchi dalla Libia. Per la prima volta una missione dell’agenzia europea Frontex supporta le forze dell’ordine marittime di un governo che dice di voler respingere i “clandestini” direttamente in mare.

      http://openmigration.org/analisi/themis-la-missione-di-frontex-voluta-da-minniti-di-cui-ora-dispone-ma
      cc @albertocampiphoto

  • Welcome to a new kind of war: the rise of endless urban conflict

    The traditional security paradigm in our western-style democracies fails to accommodate a key feature of today’s wars: when our major powers go to war, the enemies they now encounter are irregular combatants. Not troops, organised into armies; but “freedom” fighters, guerrillas, terrorists. Some are as easily grouped by common purpose as they are disbanded. Others engage in wars with no end in sight.

    What such irregular combatants tend to share is that they urbanise war. Cities are the space where they have a fighting chance, and where they can leave a mark likely to be picked up by the global media. This is to the disadvantage of cities – but also to the typical military apparatus of today’s major powers.

    Irregular combatants are at their most effective in cities. They cannot easily shoot down planes, nor fight tanks in open fields. Instead, they draw the enemy into cities, and undermine the key advantage of today’s major powers, whose mechanised weapons are of little use in dense and narrow urban spaces.
    Nor do contemporary urban wars even prioritise direct combat. Rather, they produce forced urbanisation and de-urbanisation. In many cases, such as Kosovo, displaced people swell urban populations. In other cases, such as Baghdad, ethnic cleansing expels people – in that case the “voluntary” departures of Sunnis, Christians and other religious groups, all of whom had long co-existed in Iraq’s large cities.

    Indeed, warring forces now often avoid battle. Their main strategy is to gain control over territory, through the expulsion of “the other” – often defined in terms of ethnicity, religion, tribal membership or political affiliation. Their main tactic is the terror of conspicuous atrocities, such as in South Sudan, home to a brutal and bloody war with no end in sight fought between two strongmen (and former collaborators), or the Congo, where irregular armies fighting for control of mining wealth have killed millions.

    The western military is learning. The US now has training camps featuring imitation “Arab” urban districts, and has picked up the Israeli practice of entering a dense neighbourhood not via the street, but by crossing through homes – a parallel pathway to the street, running from one interior room to another by carving holes in contiguous walls, and dealing with the inhabitants as they come across them.

    Global media certainly have an easier time reporting on major cities than on villages and fields. But even when those “remote” deaths are invoked, the shock and the engagement is not as strong as it is with terrorist attacks in cities. This engagement with the urban goes beyond attacks on people: when a major historic building or work of art is destroyed, it can generate huge responses of horror, pain, sadness, sense of loss – but 6 million killed in Congo? Nothing.

    We have gone from wars commanded by hegemonic powers that sought control over sea, air, and land, to wars fought in cities – either inside the war zone, or enacted in cities far away. The space for action can involve “the war”, or simply specific local issues; each attack has its own grievances and aims, seeking global projection or not. Localised actions by local armed groups, mostly acting independently from other such groups, let alone from actors in the war zone – this fragmented isolation has become a new kind of multi-sited war.

    In the old wars, there was the option of calling for an armistice. In today’s wars, there are no dominant powers who can decide to end it. Today’s urban wars, above all, are wars with no end in sight.


    https://www.theguardian.com/cities/2018/jan/30/new-war-rise-endless-urban-conflict-saskia-sassen?CMP=Share_AndroidApp_
    #villes #guerres #conflits #urban_matter #urbanisation_des_conflits #guerres_urbaines #médiatisation #milices #combattants #guérilla #Saskia_Sassen #villes_en_guerre

    cc @albertocampiphoto @reka @isskein @tchaala_la @fil @ville_en

  • News - La vache d’#Hérens contre les attaques du #loup ? En France on y croit - Rhône FM, la radio de l’info en Valais
    http://www.rhonefm.ch/fr/news/la-vache-d-herens-contre-les-attaques-du-loup-en-france-on-y-croit-1004777

    La vache d’Hérens, une réponse aux attaques du loup : en France, des éleveurs y croient.
     
    C’est en tout cas la conviction du président de la race d’Hérens en France, Gilles Dupenloup. Depuis plusieurs années, il mène une étude sur cette vache combattante. Et une conclusion, parmi un troupeau de bovins, la vache d’Hérens ferait fuir le loup et éviterait les attaques.
     
    Les promoteurs de la « vache d’Hérens France » ont sollicité leurs dirigeants. Ils ont écrit entre autre à Nicolas Hulot, Ministre de la Transition Ecologique, en juillet dernier, avec l’intention de proposer la création d’une filière spécialisée dans le futur. Pour l’heure, le ministre n’a pas répondu.
     
    Alors ce qui marche pour les troupeaux de vaches, peut-il être reproduit avec des moutons ? Gilles Dupenloup y songe sérieusement et compte mener l’expérience. Pour le président de la race d’Hérens France, cette pratique pourrait intéresser les régions concernées telles que le Val d’Aoste, la Savoie/haute-Savoie et bien sûr le Valais.
     
    Les différents éleveurs valaisans contactés se montrent sceptiques. Exemple avec Benoit Berguerand, vice-président de la Fédération suisse d’élevage de la race d’Hérens : « Je n’ai jamais entendu parler d’une telle pratique, honnêtement, je doute que cela puisse marcher dans nos régions ».

    #combat_de_reines

  • Revenants, un défi méditerranéen

    Autour de la Méditerranée, les États font face à un défi commun alors que des combattants partis en Syrie et en Irak reviennent dans leurs pays. Si les méthodes et les solutions choisies diffèrent, un consensus apparaît : il faut discuter avec ses voisins.

    https://www.1538mediterranee.com/2017/12/05/revenants-un-defi-mediterraneen

    #terrorisme #djihad #revenants #les_revenants #EI #Etat_islamique #retour #retour_au_pays #combattants

  • #LE_MEDIA : C’EST PARTI | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/alberteins/blog/121017/le-media-cest-parti

    Il réunit d’ores et déjà des dizaines de youtubeurs comme #Usul, #Osons_causer, Mr Mondialisation, de blogs comme #Le_Vent_se_lève, lesCrises.fr et d’autres revues indépendantes comme #Ballast. Chacun dans son style et dans ses priorités, en toute indépendance et liberté. Qu’il est heureux de les retrouver tous fédérés pour faire vivre une culture commune.

    Tous les médias alternatifs étaient présents ainsi que #Marianne seul #Médiapart était absent [...]

    • Un nouveau média ? Pour liquider ceux qui font leur travail ?
      Rappelons, que le NON au référendum 2005 n’a pas eu besoin d’un nouveau média.

      Les personnalités sollicitées ne pouvaient donner leur approbation.
      Pour tenir quelques rubriques sur ce média, quelques signataires sont parfaitement à leur place :
      Laurent Baffie , rubrique Féminisme et la dignité.
      Marie-George Buffet , rubrique accords politiques locaux et l’affairisme des elus.
      Aurélie Filippetti , rubrique remplacement du social par la Culture.
      Pierre Joxe , rubrique trucage des budgets.
      Noël Mamère , rubrique l’écologie molle.
      Arnaud Montebourg , rubrique redressement français.
      Karl Zéro , rubrique, médias et affairisme.
      mariane , rubrique simulation, avec médiapart .
      . . . . . .

      Les cinquante premiers signataires du Manifeste pour un nouveau média citoyen
      https://www.legrandsoir.info/liste-des-premiers-signataires-du-manifeste-pour-un-nouveau-media-cito
      Cécile Amar (journaliste), Christian Audouin (directeur de rédaction), Laurent Baffie (chroniqueur), Josiane Balasko (comédienne), Blick Bassy (chanteur), Lucas Belvaux (réalisateur), Marie-George Buffet (députée), Bernard Cassen (président d’honneur d’Attac), Judith Chemla (comédienne), Sophia Chikirou (communicante), Antoine Comte (avocat), Jean-Pierre Darroussin (comédien), Antoine Deltour (lanceur d’alerte), Jack Dion (journaliste), Aurélie Filippetti (ancienne ministre), Bruno Gaccio (auteur), Raquel Garrido (avocate), Frédéric Gros (philosophe), Robert Guédiguian (réalisateur), Thomas Guénolé (politologue), Janette Habel (politologue), Cédric Herrou (agriculteur), Eva Joly (députée européenne), Pierre Joxe (ancien ministre), Jul (dessinateur), Juliette (chanteuse), Aude Lancelin (journaliste), Dany Lang (économiste), L.E.J (chanteuses), Philippe Lioret (réalisateur), Noël Mamère (ancien député), Jean Massiet (youtubeur), Guillaume Meurice (humoriste), Gérard Miller (psychanalyste), Giovanni Mirabassi (pianiste), Tania de Montaigne (écrivaine), Arnaud Montebourg (ancien ministre), Gérard Mordillat (écrivain), François Morel (comédien), Patrick Pelloux (médecin urgentiste), Edouard Perrin (journaliste), Philippe Poutou (ouvrier syndicaliste), Adrien Quatennens (député), François Ruffin (député), Bruno Solo (comédien), Jean Teulé (écrivain), Usul (youtubeur), Jacques Weber (comédien), Martin Winckler (écrivain), Karl Zéro (réalisateur).

    • Cher Le Média, les médias libres te souhaitent la bienvenue
      Reporterre - 13 octobre 2017 / Coordination permanente des médias libres
      https://reporterre.net/Cher-Le-Media-les-medias-libres-te-souhaitent-la-bienvenue


      L’appel à créer un « nouveau média collaboratif, pluraliste, culturel et francophone, humaniste et antiraciste, féministe et pro LGBTI, écologiste et progressif » prépare le lancement de « Le Média », proche de la France insoumise. Les auteurs de cette tribune rappellent que des médias correspondant à ces critères existent déjà partout en France.

      Soutenez les médias citoyens !
      . . . . .
      La suite : https://seenthis.net/messages/637583

    • Son modèle économique et sa gouvernance correspondent aux valeurs de solidarité et d’implication populaire qui font bouger les choses dans tous les domaines : culture, sport, divertissement, actualité. Il réunit d’ores et déjà des dizaines de youtubeurs comme Usul, Osons causer, Mr Mondialisation, de blogs comme Le Vent se lève, lesCrises.fr et d’autres revues indépendantes comme Ballast. Chacun dans son style et dans ses priorités, en toute indépendance et liberté. Qu’il est heureux de les retrouver tous fédérés pour faire vivre une culture commune.

      Tous les médias alternatifs étaient présents ainsi que Marianne seul Médiapart était absent, comme le disait David Koubbi normalement lorsqu’un nouveau média sort il est salué par l’ensemble de ses confrères mais là c’est l’inverse, il ironise sur l’Express notamment mais il aurait également pu citer Médiapart, Europe1 etc . Et de conclure «  si l’on critique autant cette alternative c’est qu’elle fait peur et donc qu’elle est bonne ».